Héritage Obama: Nous avions un messie à la Maison Blanche et nous ne le savions pas (Misunderstood Messiah: Far from the skeptic of American messianism that many see in him, Obama is animated by an overwhelming faith in the unstoppable power of American ideals)

18 janvier, 2016
  St MLK
ObamaMessiah
SecondComing
O'sHalo
O'sCrusade
SurrenderGI'sFarsi-IslandobamaangelNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
We are powerful enough to be able to test these propositions without putting ourselves at risk. And that’s the thing … people don’t seem to understand. You take a country like Cuba. For us to test the possibility that engagement leads to a better outcome for the Cuban people, there aren’t that many risks for us. It’s a tiny little country. It’s not one that threatens our core security interests, and so [there’s no reason not] to test the proposition. And if it turns out that it doesn’t lead to better outcomes, we can adjust our policies. The same is true with respect to Iran, a larger country, a dangerous country, one that has engaged in activities that resulted in the death of U.S. citizens, but the truth of the matter is: Iran’s defense budget is $30 billion. Our defense budget is closer to $600 billion. Iran understands that they cannot fight us. … You asked about an Obama doctrine. The doctrine is: We will engage, but we preserve all our capabilities.” The notion that Iran is undeterrable — “it’s simply not the case,” he added. “And so for us to say, ‘Let’s try’ — understanding that we’re preserving all our options, that we’re not naïve — but if in fact we can resolve these issues diplomatically, we are more likely to be safe, more likely to be secure, in a better position to protect our allies, and who knows? Iran may change. If it doesn’t, our deterrence capabilities, our military superiority stays in place. … We’re not relinquishing our capacity to defend ourselves or our allies. In that situation, why wouldn’t we test it? Barack Hussein Obama
It’s the dreamers — no matter how humble or poor or seemingly powerless — that are able to change the course of human events. We saw it in South Africa, where citizens stood up to the scourge of apartheid. We saw it in Europe, where Poles marched in Solidarity to help bring down the Iron Curtain. In Argentina, where mothers of the disappeared spoke out against the Dirty War. It’s the story of my country, where citizens worked to abolish slavery, and establish women’s rights and workers’ rights, and rights for gays and lesbians. It’s not to say that my country is perfect — we are not. And that’s the point. We always have to have citizens who are willing to question and push our government, and identify injustice. We have to wrestle with our own challenges — from issues of race to policing to inequality. But what makes me most proud about the extraordinary example of the United States is not that we’re perfect, but that we struggle with it, and we have this open space in which society can continually try to make us a more perfect union. (…) As the United States begins a new chapter in our relationship with Cuba, we hope it will create an environment that improves the lives of the Cuban people -– not because it’s imposed by us, the United States, but through the talent and ingenuity and aspirations, and the conversation among Cubans from all walks of life so they can decide what the best course is for their prosperity. As we move toward the process of normalization, we’ll have our differences, government to government, with Cuba on many issues — just as we differ at times with other nations within the Americas; just as we differ with our closest allies. There’s nothing wrong with that. (…) And whether it’s crackdowns on free expression in Russia or China, or restrictions on freedom of association and assembly in Egypt, or prison camps run by the North Korean regime — human rights and fundamental freedoms are still at risk around the world. And when that happens, we believe we have a moral obligation to speak out. (…) As you work for change, the United States will stand up alongside you every step of the way. We are respectful of the difference among our countries. The days in which our agenda in this hemisphere so often presumed that the United States could meddle with impunity, those days are past. (…) We have a debt to pay, because the voices of ordinary people have made us better. That’s a debt that I want to make sure we repay in this hemisphere and around the world. (…) God bless you. Barack Hussein Obama (Sommet des Amériques, Panama city, April 10, 2015)
Nous vivons dans une époque de changement extraordinaire – le changement qui est le remodelage de la façon dont nous vivons, la façon dont nous travaillons, notre planète et de notre place dans le monde. Il est le changement qui promet d’étonnantes percées médicales, mais aussi des perturbations économiques qui grèvent les familles de travailleurs. Cela promet l’éducation des filles dans les villages les plus reculés, mais aussi relie des terroristes qui fomentent séparés par un océan de distance. Il est le changement qui peut élargir l’occasion, ou élargir les inégalités. Et que cela nous plaise ou non, le rythme de ce changement ne fera que s’accélérer. L’Amérique s’est faite par le biais de grands changements avant – la guerre et la dépression, l’afflux d’immigrants, les travailleurs qui luttent pour un accord équitable, et les mouvements pour les droits civiques. Chaque fois, il y a eu ceux qui nous disaient de craindre l’avenir; qui prétendaient que nous ne pourrions freiner le changement, promettant de restaurer la gloire passée si nous venons de quelque groupe ou une idée qui menaçait l’Amérique sous contrôle. Et à chaque fois, nous avons surmonté ces craintes. Nous ne sommes pas, selon les mots de Lincoln, à adhérer aux « dogmes du passé calme. » Au lieu de cela nous avons pensé de nouveau, et de nouveau agi. Nous avons fait le travail de changement pour nous, étendant toujours la promesse de l’Amérique vers l’extérieur, à la prochaine frontière, à de plus en plus de gens. Et parce que nous l’avons fait – parce que nous avons vu des opportunités là où d’autres ne voyaient que péril – nous sommes sortis plus forts et mieux qu’avant. Ce qui était vrai, alors peut être vrai aujourd’hui. Nos atouts uniques en tant que nation – notre optimisme et notre éthique de travail, notre esprit de découverte et d’innovation, notre diversité et de l’engagement à la règle de droit – ces choses nous donnent tout ce dont nous avons besoin pour assurer la prospérité et la sécurité pour les générations à venir. En fait, il est cet esprit qui a fait le progrès de ces sept dernières années possible. Il est comment nous avons récupéré de la pire crise économique depuis des générations. Il est comment nous avons réformé notre système de soins de santé, et réinventé notre secteur de l’énergie; comment nous avons livré plus de soins et les avantages pour nos troupes et les anciens combattants, et comment nous avons obtenu la liberté dans tous les états d’épouser la personne que nous aimons. Mais ces progrès ne sont pas inévitables. Il est le résultat de choix que nous faisons ensemble. Et nous sommes confrontés à ces choix en ce moment. Allons-nous répondre aux changements de notre temps avec la peur, le repli sur soi en tant que nation, et en nous tournant les uns contre les autres en tant que peuple ? Ou allons-nous affronter l’avenir avec confiance dans ce que nous sommes, ce que nous représentons, et les choses incroyables que nous pouvons faire ensemble ? Donc, nous allons parler de l’avenir, et de quatre grandes questions que nous avons en tant que pays à répondre – peu importe qui sera le prochain président, ou qui contrôlera le prochain Congrès. Tout d’abord, comment pouvons-nous donner à chacun une chance équitable de l’occasion et de la sécurité dans cette nouvelle économie ? Deuxièmement, comment pouvons-nous mettre la technologie pour nous, et non contre nous – surtout quand cela concerne la résolution de problèmes urgents comme le changement climatique? Troisièmement, comment pouvons-nous garder l’Amérique en sécurité et conduire le monde sans en devenir le policier ? (…) Il y a soixante ans, quand les Russes nous ont battus dans l’espace, nous ne niions pas que Spoutnik était là-haut. Nous ne disputions pas sur la science, ou aller à réduire notre budget de recherche et développement. Nous avons construit un programme spatial presque du jour au lendemain, et douze ans plus tard, nous marchions sur la lune. Cet esprit de découverte est dans notre ADN. Nous sommes Thomas Edison et Carver les frères Wright et George Washington. Nous sommes Grace Hopper et Katherine Johnson et Sally Ride. Nous sommes tous les immigrants et entrepreneurs de Boston à Austin à la Silicon Valley dans la course à façonner un monde meilleur. Et au cours des sept dernières années, nous avons nourri cet esprit. (…) Je vous ai dit plus tôt tous les discours sur le déclin économique de l’Amérique est de l’air chaud politique. Eh bien, il en est pareil de toute la rhétorique d’entendre dire que nos ennemis deviennent plus forts et que l’Amérique est en train de devenir plus faible. Les Etats-Unis d’Amérique sont la nation la plus puissante de la Terre. Point final. Ce n’ est même pas proche. Nous dépensons plus sur nos militaires que les huit pays suivants combinés. Nos troupes sont la force de combat la plus belle dans l’histoire du monde. Aucune nation n’ose nous défier ou nos alliés attaquer parce qu’ils savent que ce serait leurn perte. Les enquêtes montrent notre position dans le monde est plus élevée que lorsque je fus élu à ce poste, et quand il vient à chaque question internationale importante, les gens du monde ne regardent pas Pékin ou Moscou  – ils nous appellent. Comme quelqu’un qui commence chaque journée par un briefing sur le renseignement, je sais que cela est un moment dangereux. Mais cela ne cause de la puissance américaine diminution ou une superpuissance imminente. Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes moins menacés par les empires du mal et plus par les Etats défaillants. Le Moyen-Orient passe par une transformation qui va se jouer pour une génération, enracinée dans les conflits qui remontent à des millénaires. Les difficultés économiques soufflent d’une économie chinoise en transition. Même que leurs contrats de l’économie, la Russie verse des ressources pour soutenir l’Ukraine et la Syrie – Unis qu’ils voient glisser hors de leur orbite. Et le système international que nous avons construit après la Seconde Guerre mondiale a maintenant du mal à suivre le rythme de cette nouvelle réalité. Il est à nous pour aider à refaire ce système. Et cela signifie que nous devons établir des priorités. La priorité numéro un est de protéger le peuple américain et aller après les réseaux terroristes. Les deux d’Al-Qaïda et maintenant ISIL posent une menace directe pour notre peuple, parce que dans le monde d’aujourd’hui, même une poignée de terroristes qui ne donnent aucune valeur à la vie humaine, y compris leur propre vie, peut faire beaucoup de dégâts. Ils utilisent l’Internet pour empoisonner l’esprit des individus à l’intérieur de notre pays; ils sapent nos alliés. Mais comme nous nous concentrons sur la destruction ISIL, over-the-top on affirme que cela est la troisième guerre mondiale qui vient jouer dans leurs mains. Messes de combattants à l’arrière de camionnettes et âmes tordues traçage dans des appartements ou des garages posent un énorme danger pour les civils et doivent être arrêtés. Mais ils ne menacent pas notre existence nationale. Voilà ce que l’histoire ISIL veut dire; Voilà le genre de propagande qu’ils utilisent pour recruter. Nous ne devons pas les faire augmenter pour montrer que nous sommes sérieux, et nous ne devons repousser nos alliés essentiels dans ce combat en faisant l’écho  du mensonge que ISIL est représentant d’une des plus grandes religions du monde. Nous avons juste besoin de les appeler ce qu’ils sont – des tueurs et des fanatiques qui doivent être extirpés, traqués et détruits. (…) Nous ne pouvons pas essayer de prendre le relais et de reconstruire tous les pays qui tombent dans la crise. Cela ne se veut pas le leadership; qui est une recette pour un bourbier, déversant du sang américain et le trésor qui nous affaiblit finalement. C’ est la leçon du Vietnam, de l’Irak – et nous devrions avoir appris par l’entreprise. Heureusement, il y a une approche plus intelligente, une stratégie patiente et disciplinée qui utilise tous les éléments de notre puissance nationale. Elle dit que l’Amérique agira toujours, seule si nécessaire, pour protéger notre peuple et nos alliés; mais sur des questions d’intérêt mondial, nous mobiliserons le monde pour travailler avec nous, et s’assurer que les autres pays fassent leur part. Voilà notre approche de conflits comme la Syrie, où nous travaillons en partenariat avec les forces locales et conduisant efforts internationaux pour aider cette société brisée à poursuivre une paix durable. Voilà pourquoi nous avons construit une coalition mondiale, avec des sanctions et la diplomatie de principe, pour empêcher un Iran nucléaire. A l’heure où nous parlons, l’Iran a réduit son programme nucléaire, expédié ses stocks d’uranium, et le monde a évité une autre guerre. (…) Voilà la force. Voilà le leadership. Et ce genre de leadership dépend de la puissance de notre exemple. (…) Voilà pourquoi nous devons rejeter toute politique qui vise les personnes en raison de la race ou de la religion. Ce ne sont pas une question de politiquement correct. Il est une question de comprendre ce qui nous rend forts. Le monde nous respecte pas seulement pour notre arsenal; il nous respecte pour notre diversité et notre ouverture et de la façon dont nous respectons toutes les religions. Sa Sainteté, François, dit ce corps de l’endroit même je me tiens ce soir que « d’imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est le meilleur moyen de prendre leur place. » Quand les politiciens insultent les musulmans, quand une mosquée est vandalisée, ou un enfant victime d’intimidation, qui ne nous rend pas plus sûr. Cela ne la raconte comme il est. Il est tout simplement faux. Il nous diminue dans les yeux du monde. Il rend plus difficile à atteindre nos objectifs. Et il trahit qui nous sommes en tant que pays. (…) Ce ne sera pas facile. Notre modèle de démocratie est difficile. Mais je peux vous promettre que dans un an à partir de maintenant, quand je ne tiens plus ce bureau, je serai là avec vous en tant que citoyen – inspiré par ces voix de l’équité et de la vision, de courage et de bonne humeur et de gentillesse qui ont aidé l’Amérique voyager si loin. Voix qui nous aident à nous voyons pas en premier lieu comme noir ou blanc ou asiatique ou latino, non pas comme gay ou hétéro, immigrant ou natifs; pas tant que démocrates ou républicains, mais en tant que premier Américains, liés par une croyance commune. La Voix du Dr King aurait cru avoir le dernier mot – voix de la vérité désarmée et l’amour inconditionnel. Ils sont là, ces voix. Ils ne reçoivent pas beaucoup d’attention, ils ne sollicitent pas, mais ils sont en train de faire le travail ce pays a besoin de faire. (…) Voilà l’Amérique que je connais. Voilà le pays que nous aimons. Lucide. Grand coeur. Optimiste que la vérité désarmée et l’amour inconditionnel auront le dernier mot. Voilà ce qui me rend si optimiste sur notre avenir. À cause de toi. Je crois en toi. Voilà pourquoi je suis ici convaincu que l’état de notre Union est forte. Merci, que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique. Barack Hussein Obama
C’est un bon jour parce qu’une nouvelle fois nous voyons ce qu’il est possible de faire grâce à une diplomatie américaine forte. Ces choses nous rappellent ce que nous pouvons obtenir quand nous agissons avec force et sagesse. Barack Hussein Obama
Since the end of the Second World War, no country has been able to arrest American military personnel. I saw the weakness, cowardice, and fear of American soldiers myself. Despite having all of the weapons and equipment, they surrendered themselves with the first action of the guardians of Islam. American forces receive the best training and have the most advanced weapons in the world. But they did not have the power to confront the Guard due to weakness of faith and belief. We gave all of the weapons and equipment to American forces according to an Islamic manner. They formally apologized to the Islamic Republic. Be certain that with the blood of martyrs, the revolution advances. No one can inflict the smallest insult upon our Islamic country. Ahmad Dolabi (IRGC commander)
This incident was a quiet yet an important battle, since it took place off the Saudi coast, targeted an American force, and triggered American [responses expressing] hope [that Iran would not hurt the sailors], which were akin to apologizing to Iran. Washington did not threaten war or raise its voice… (…) The Revolutionary Guards, which are in charge of defending the Gulf, are known to ‘see but not be seen’ – a term coined by the head of their navy, General Ali Fadavi. This means that they watch [the goings on] in the Gulf without being noticed by anyone, and in an emergency, they suddenly appear. (…) The Revolutionary Guards possibly wanted to send a message to all, that if Iran feels that its interests and security are at stake, it will be willing to enter any conflict, even with the U.S…. [Furthermore,] dealing with Washington in this way ensures that smaller [countries] understand that Tehran will never hesitate to respond to any violation of its sovereignty, and that the rules of the game have changed, and therefore certain [elements] should recognize the limits of their power. Lebanese daily Al-Akhbar (close to Hizbullah)
When Iran’s Revolutionary Guards seized two American naval craft in the Gulf on Tuesday evening [January 13, 2016], with ten American sailors on board, it was not the sailors who were the important point, but the fact that the Revolutionary Guards effectively kidnapped U.S. President Barak Obama [himself only] a few hours before he was to deliver his final State of the Union address, towards the end of his second term in office. The crisis of the American sailors [detained by] Iran ended [just] a few hours after their arrest, but it was Obama’s speech that was hijacked, since the Iranians deprived Obama of the opportunity to appear as the strong man who had forced Iran to capitulate on the nuclear dossier. The sailors’ arrest deprived Obama of the chance to boast of the legitimacy of the nuclear agreement and to tell America, which is divided on the Iranian issue, as is the entire world, that Iran has changed and will once again become an active member of the international community, [a country] that renounces violence and respects international treaties and agreements. Some may say that the Iranians’ conduct was foolish, and this is true – but so was placing faith in the Iranian regime! (…) Hence, the arrest of the Iranian sailors [right] before Obama’s address exposed the weakness of the American president and sparked doubts even in those who defend his foreign policy, especially [his policy] towards Iran’s [behavior] in our region. Embarrassment was apparent even among the White House staff, as manifest in leaks and excuses conveyed by Obama’s staff to the U.S. media during the sailors’ detention. The biggest embarrassment was over Obama’s handling of the incident… and [the question of] whether or not he would refer to it in his pre-prepared speech. So what we witnessed was not so much the abduction of the sailors but the abduction of the American president himself. His ransom was the missed opportunity to present himself as a strong president enjoying the legitimacy of achieving the nuclear agreement with Iran. (…) With the premeditated intent to abuse the American president and to present his weakness to all, the Revolutionary Guards arrested the American sailors, and in fact kidnapped Obama himself, [just] days before the expected implementation of the nuclear agreement they will not submit and that Obama is too weak to boast of victory over them. Likewise, the Revolutionary Guards seek to tell anyone, in Iran and outside it, that their hand is still uppermost in Tehran, despite everything that has happened to Iran recently, after the wild attack on the Saudi Embassy in Iran and Tehran’s apology to the [UN] Security Council for this. Additionally, the IRGC’s action [i.e. detaining the sailors] is a response that embarrasses the propaganda of the Iranian president [Rohani] and his men – particularly the wily foreign minister [Zarif] and others – who claim that they want peace and openness, as they market lies and corrupt accusations against Saudi Arabia. (…) Obama’s predicament is not manifested only in his kidnapping, but [also] in that he wants to take a neutral stand vis-à-vis the recent Iranian hostility against Saudi Arabia and the entire region. But he himself became a victim of Iran when [Iran] kidnapped him [just] before his final State of the Union address, and wrecked his opportunity to present himself as an accomplished hero when [his accomplishments] are in fact not yet completed. Tareq Al-Homayed (former editor of the London-based Saudi daily Al-Sharq Al-Awsat)
L’activisme intensif de Barack Obama résulte d’une part du sentiment d’un « non- accompli » sur la scène interne – celle sur laquelle il pensait agir dès la crise financière – et d’autre part, il a compris que constitutionnellement le président n’a pas beaucoup de marge de manœuvre interne. Elu pour son charisme, il pensait, pouvoir gouverner grâce à celui-ci. Ce n’est pourtant pas possible car le Congrès est en place pour une durée plus longue que la présidence et a beaucoup plus de pouvoir sur les affaires internes. Comme beaucoup de présidents qui font leur deuxième mandat aux Etats-Unis, il se penche donc sur la politique étrangère car c’est le seul domaine dans lequel il peut agir. Mais surtout, il pense à son héritage politique : il faut qu’Obama représente quelque chose. A-t-il finalement réussi à convaincre ? Auprès d’une grande partie du public américain, la réponse est négative. Son bilan international se résume en une énorme déception du peu de travail accompli pendant six ans alors qu’il apprenait les rouages du pouvoir. Il a finalement réussi à s’imposer sur ces derniers mois : les dossiers les plus importants ne seront pas le retrait de l’Afghanistan et de l’Irak, ce seront les accords sur le nucléaire iranien et les politiques contre le changement climatique sur lesquels il suit la France, pour le meilleur. (…) Ce modèle multilatéraliste a très difficilement pris racine pendant les mandats d’Obama et survivra aussi très difficilement. Les décideurs américains ne s’intéressent pas à la conception des Etats-Unis dans un monde multipolaire, ils cherchent à réactiver la suprématie américaine. On accuse Obama de manque de cohérence mais il y a, de fait, fait une « Doctrine Obama ». Il l’a très bien exposée dans son discours à l’académie militaire de West Point en mai 2014 mais l’establishment à Washington D.C. et plus largement dans le pays n’a ni compris ni accepté la nécessité pour les Etats-Unis de se positionner correctement dans un monde multipolaire dans lequel ils ne sont pas la puissance prédominante. Nicholas Dungan 
All jawboning by ‪#‎Kerry‬ and other numbskulls aside, this photo will forever represent the disaster that was ‪#‎Obama‬ James Woods5:53 PM – 13 Jan 2016
President Obama (…) believes history follows some predetermined course, as if things always get better on their own. Obama often praises those he pronounces to be on the “right side of history.” He also chastises others for being on the “wrong side of history” — as if evil is vanished and the good thrives on autopilot. When in 2009 millions of Iranians took to the streets to protest the thuggish theocracy, they wanted immediate U.S. support. Instead, Obama belatedly offered them banalities suggesting that in the end, they would end up “on the right side of history.” Iranian reformers may indeed end up there, but it will not be because of some righteous inanimate force of history, or the prognostications of Barack Obama. Obama often parrots Martin Luther King Jr.’s phrase about the arc of the moral universe bending toward justice. But King used that metaphor as an incentive to act, not as reassurance that matters will follow an inevitably positive course. Another of Obama’s historical refrains is his frequent sermon about behavior that doesn’t belong in the 21st century. At various times he has lectured that the barbarous aggression of Vladimir Putin or the Islamic State has no place in our century and will “ultimately fail” — as if we are all now sophisticates of an age that has at last transcended retrograde brutality and savagery. In Obama’s hazy sense of the end of history, things always must get better in the manner that updated models of iPhones and iPads are glitzier than the last. In fact, history is morally cyclical. Even technological progress is ethically neutral. It is a way either to bring more good things to more people or to facilitate evil all that much more quickly and effectively. In the viciously modern 20th century — when more lives may have been lost to war than in all prior centuries combined — some 6 million Jews were put to death through high technology in a way well beyond the savagery of Attila the Hun or Tamerlane. Beheading in the Islamic world is as common in the 21st century as it was in the eighth century — and as it will probably be in the 22nd. The carnage of the Somme and Dresden trumped anything that the Greeks, Romans, Franks, Turks, or Venetians could have imagined. (…) What explains Obama’s confusion? A lack of knowledge of basic history explains a lot. (…) Obama once praised the city of Cordoba as part of a proud Islamic tradition of tolerance during the brutal Spanish Inquisition — forgetting that by the beginning of the Inquisition an almost exclusively Christian Cordoba had few Muslims left. (…) A Pollyannaish belief in historical predetermination seems to substitute for action. If Obama believes that evil should be absent in the 21st century, or that the arc of the moral universe must always bend toward justice, or that being on the wrong side of history has consequences, then he may think inanimate forces can take care of things as we need merely watch. In truth, history is messier. Unfortunately, only force will stop seventh-century monsters like the Islamic State from killing thousands more innocents. Obama may think that reminding Putin that he is now in the 21st century will so embarrass the dictator that he will back off from Ukraine. But the brutish Putin may think that not being labeled a 21st-century civilized sophisticate is a compliment. In 1935, French foreign minister Pierre Laval warned Joseph Stalin that the Pope would admonish him to go easy on Catholics — as if such moral lectures worked in the supposedly civilized 20th century. Stalin quickly disabused Laval of that naiveté. “The Pope?” Stalin asked, “How many divisions has he got?” There is little evidence that human nature has changed over the centuries, despite massive government efforts to make us think and act nicer. What drives Putin, Boko Haram, or ISIS are the same age-old passions, fears, and sense of honor that over the centuries also moved Genghis Khan, the Sudanese Mahdists, and the Barbary pirates. Obama’s naive belief in predetermined history — especially when his facts are often wrong — is a poor substitute for concrete moral action. Victor Davis Hanson
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
President Obama has a habit of asserting strategic nonsense with such certainty that it is at times embarrassing and frightening. Nowhere is that more evident than in his rhetoric about the Middle East. (…) in July 2015, Obama claimed that the now growing ISIS threat could not be addressed through force of arms, assuring the world that “Ideologies are not defeated with guns, they are defeated by better ideas.” Such a generic assertion seems historically preposterous. The defeat of German Nazism, Italian fascism, and Japanese militarism was not accomplished by Anglo-American rhetoric on freedom. What stopped the growth of Soviet-style global communism during the Cold War were both armed interventions such as the Korean War and real threats to use force such as during the Berlin Airlift and Cuban Missile Crisis— along with Ronald Reagan’s resoluteness backed by a military buildup that restored credible Western military deterrence. In contrast, Obama apparently believes that strategic threats are not checked with tough diplomacy backed by military alliances, balances of power, and military deterrence, much less by speaking softly and carrying a big stick. Rather, crises are resolved by ironing out mostly Western-inspired misunderstandings and going back on heat-of-the moment, ad hoc issued deadlines, red lines, and step-over lines, whether to the Iranian theocracy, Vladimir Putin, or Bashar Assad. Sometimes the administration’s faith in Western social progressivism is offered to persuade an Iran or Cuba that they have missed the arc of Westernized history—and must get back on the right side of the past by loosening the reins of their respective police states. Obama believes that engagement with Iran in non-proliferation talks—which have so far given up on prior Western insistences on third-party, out of the country enrichment, on-site inspections, and kick-back sanctions—will inevitably ensure that Iran becomes “a successful regional power.” That higher profile of the theocracy apparently is a good thing for the Middle East and our allies like Israel and the Gulf states.  (…) In his February 2, 2015 outline of anti-ISIS strategy—itself an update of an earlier September 2014 strategic précis—Obama again insisted that “one of the best antidotes to the hateful ideologies that try to recruit and radicalize people to violent extremism is our own example as diverse and tolerant societies that welcome the contributions of all people, including people of all faiths.” The idea, a naïve one, is that because we welcome mosques on our diverse and tolerant soil, ISIS will take note and welcome Christian churches. One of Obama’s former State Department advisors, Georgetown law professor Rosa Brooks, recently amplified that reductionist confidence in the curative power of Western progressivism. She urged Americans to tweet ISIS, which, like Iran, habitually executes homosexuals. Brooks hoped that Americans would pass on stories about and photos of the Supreme Court’s recent embrace of gay marriage: “Do you want to fight the Islamic State and the forces of Islamic extremist terrorism? I’ll tell you the best way to send a message to those masked gunmen in Iraq and Syria and to everyone else who gains power by sowing violence and fear. Just keep posting that second set of images [photos of American gays and their supporters celebrating the Supreme Court decision]. Post them on Facebook and Twitter and Reddit and in comments all over the Internet. Send them to your friends and your family. Send them to your pen pal in France and your old roommate in Tunisia. Send them to strangers.” Such zesty confidence in the redemptive power of Western moral superiority recalls First Lady Michelle Obama’s efforts to persusade the murderous Boko Haram to return kidnapped Nigerian preteen girls. Ms. Obama appealed to Boko Haram on the basis of shared empathy and universal parental instincts. (“In these girls, Barack and I see our own daughters. We see their hopes, their dreams and we can only imagine the anguish their parents are feeling right now.”) Ms. Obama then fortified her message with a photo of her holding up a sign with the hash-tag #BringBackOurGirls. Vladimir Putin’s Russia has added Crimea and Eastern Ukraine to his earlier acquisitions in Georgia. He is most likely eyeing the Baltic States next. China is creating new strategic realities in the Pacific, in which Japan, South Korea, Taiwan, and the Philippines will eventually either be forced to acquiesce or to seek their own nuclear deterrent. The Middle East has imploded. Much of North Africa is becoming a Mogadishu-like wasteland. The assorted theocrats, terrorists, dictators, and tribalists express little fear of or respect for the U.S. They believe that the Obama administration does not know much nor cares about foreign affairs. They may be right in their cynicism. A president who does not consider chlorine gas a chemical weapon could conceivably believe that the Americans once liberated Auschwitz, that the Austrians speak an Austrian language, and that the Falklands are known in Latin America as the Maldives. Both friends and enemies assume that what Obama or his administration says today will be either rendered irrelevant or denied tomorrow. Iraq at one point was trumpeted by Vice President Joe Biden as the administration’s probable “greatest achievement.” Obama declared that Iraq was a “stable and self-reliant” country in no need of American peacekeepers after 2011. Yanking all Americans out of Iraq in 2011 was solely a short-term political decision designed as a 2012 reelection talking point. The American departure had nothing to do with a disinterested assessment of the long-term security of the still shaky Iraqi consensual government. When Senator Obama damned the invasion of Iraq in 2003; when he claimed in 2004 that he had no policy differences with the Bush administration on Iraq; when he declared in 2007 that the surge would fail; when he said in 2008 as a presidential candidate that he wanted all U.S. troops brought home; when he opined as President in 2011 that the country was stable and self-reliant; when he assured the world in 2014 that it was not threatened by ISIS; and when in 2015 he sent troops back into an imploding Iraq—all of these decisions hinged on perceived public opinion, not empirical assessments of the state of Iraq itself. The near destruction of Iraq and the rise of ISIS were the logical dividends of a decade of politicized ambiguity. After six years, even non-Americans have caught on that the more Obama flip-flops on Iraq, deprecates an enemy, or ignores Syrian redlines, the less likely American arms will ever be used and assurances honored. The world is going to become an even scarier place in the next two years. The problem is not just that our enemies do not believe our President, but rather that they no longer even listen to him. Victor Davis Hanson
President Obama has deep-sixed the ‘realism’ that marked the first two years of his approach to the Middle East.  He has returned to the foreign policy of George W. Bush. The United States is no longer, the President told us in words he could have borrowed from his predecessor, a status quo power in the Middle East.  The realist course of cooperating with oppressive regimes in a quest for international calm is a dead end.  It breeds toxic resentment against the United States; it stores up fuel for an inevitable conflagration when the oppressors weaken; it stokes anti-Israel resentment when hatred of Israel becomes the only form of political activism open to ordinary people; it strengthens the hold of extremist religion and strangles the growth of liberal forces. More, he attacked Iran.  All that talk about avoiding polarization with Iran is gone.  Instead, President Obama singled out Iran as an oppressive, tyrannical regime supporting terror and running an “illicit nuclear program” as well. He also followed Bush in attacking some US allies, calling on Bahrain and Yemen to make changes.  It was a speech that enraged almost every powerful actor in the Middle East and put America out on a limb.  Like Bush, Obama is willing to confront some of America’s closest allies (the Saudis, who back the crackdown in Bahrain).  Like Bush, he hailed Iraq as an example of democracy and pluralism that can play a vital role in the transformation of the region. Like Bush, he proposes to work with opposition groups in friendly countries. His policy on Israel-Palestine is also looking Bushesque.  Like Bush, he wants a sovereign but demilitarized Palestinian state.  Like Bush, he believes that the 1967 lines with minor and mutually agreed changes should be the basis for the permanent boundaries between the two countries — and like Bush he set Jerusalem and the refugees to one side. Walter Russell Mead
President Obama’s approach to Iran, the lynchpin of his Middle Eastern strategy, is a classic example of Jeffersonian statecraft through which Obama hopes to stabilize and ultimately democratize the Middle East while reducing America’s profile in the region. By achieving a nuclear agreement and reopening Iran’s economy to the world, Obama hopes to reduce the chances for war (and the need for close American alliances with difficult allies like Israel and Saudi Arabia) while accelerating the democratic transition of a modernizing Iran by integrating that country into international markets. The original ‘grand design’ of the Obama global strategy was loosely modeled on the Nixon/Kissinger foreign policy: a mix of détente, withdrawal and engagement. Where Nixon and Kissinger pursued détente with the Soviet Union, withdrawal from Indochina and outreach to China, Obama proposed détente with Russia, Sunni Islam, and Iran; withdrawal from Iraq; and the ‘pivot to Asia’ as a new kind of American engagement in Asia. (…) The most important open question remains the fate of President Obama’s outreach to Iran. The nuclear agreement, slated to go into effect the same week as the State of the Union address, was the most important diplomatic agreement reached under President Obama and remains highly controversial in the United States. The controversy is less over the specific terms of the agreement than about whether détente with Iran can be achieved on terms that reduce rather than exacerbate the chaotic situation in the Middle East as a whole. The logic of President Obama’s Iran and Russia policies, for example, strongly suggests an ultimate American acquiescence in the continued presence of the Assad government in Damascus as part of an overall political settlement in Syria. For President Obama, acquiescing in a de facto Iranian sphere of influence extending from Basra in southern Iraq to Beirut, even if Iran and Russia remain aligned, can potentially be seen as the first step in stabilizing the Middle East while reducing America’s profile there. (…) Ultimately, the future of President Obama’s Iran policy will be decided by events on the ground. Traditional American allies in the region, Saudi Arabia, Egypt, Israel and now increasingly Turkey are pushing against the outreach to Iran; the President remains committed to his policy but as President Obama approaches the end of his term, both in Iran and elsewhere policymakers will increasingly discount him as a factor in future American policy and it is impossible to predict how the regional environment will evolve. Jihadi violence is another wild card. Sensational attacks, like the one in Paris, or ‘lone wolf’ attacks like the one in San Bernardino are deeply unsettling to American public opinion. The President is committed to the argument that overreaction leads to counterproductive policy decisions; he has so far failed to bring the public with him. If the pace and/or the intensity of such attacks increases during 2016, the impact on public opinion and even on the election could be decisive, with major consequences for the President’s legacy. Many observers at home and abroad misunderstand President Obama’s foreign policy, seeing him as skeptical of American claims to a unique global role. On the contrary, President Obama’s Jeffersionian minimalism is animated by an overwhelming faith in the unstoppable power of American ideals. Iran in particular, the President believes, is moving America’s way. The young, educated population of the Islamic Republic will push the country irresistibly toward some kind of accommodation with western ideas in ways that the less advanced Gulf monarchies cannot hope to emulate. The President has repeatedly declared that the tide of history will carry everyone to liberal democratic shores. He dismisses challenges to American power as mere short-term concerns; Putin, the mullahs and the terrorists are incapable of reversing the march of history or of destabilizing the world system. The next President is unlikely to be as optimistic; what that means for American foreign policy remains to be seen. Walter Russell Mead

Attention: un messianisme peut en cacher un autre !

« Connaître la sécurité et de diriger le monde sans devenir son policier », « faire en sorte que notre vie politique reflète le meilleur en nous », « puissance de notre exemple », « amour inconditionnel », références appuyées au Pape et à Martin Luther King …

En cette Journée Martin Luther King

Et au lendemain du dernier discours de l’Etat de l’union, véritable testament politique avancé d’une semaine pour ne pas être parasité par le début de la campagne électorale pour sa succession, d’un président américain qui après le cowboy messianiste Bush aura soulevé presque autant d’espoirs que de déceptions

Prononcé, ironie de l’histoire, au moment même de l’incroyable humiliation de soldats américains par un Iran qui venait d’obtenir la levée de sanctions économiques et le débloquage de dizaines de millliards de dollars de ses avoirs bancaires …

Pendant qu’entre diatribes anti-femmes, anti-immigrés et anti-musulmanes, son possible successeur et maitre du politiquement incorrect mutliplie les occasions de se faire détester

Comment ne pas voir, dans la pose quasi-christique des ces soldats agenouillés et implorant la merci de leurs ennemis si bien repérée par l’acteur américain James Woods, l’image qui résume le mieux la présidence et la doctrine Obama ?

A savoir, de la part de celui qui avait passé 20 ans à écouter les sermons de feu du révérend Jeremiah Wright puis abandonné en quelques mois et avec les conséquences que l’on sait jusque dans nos rues européennes l’Irak à ses démons djiahdistes et avalé entre ses occasionnels coups de mentons bellicistes et ses drones toutes les couleuvres et provocations d’un Iran recherchant ostensiblement à se doter de l’arme nucléaire …

La folle conviction, comme le rappelle aussi le politologue américain Walter Russell Mead, d’être dans le sens de l’histoire et le pari fou de la victoire à terme de l’exemplarité américaine ?

Mais peut-être aussi, comme l’avait annoncé le Christ lui-même, non la venue de la paix mais de l’épée dans le monde ?

Assessing Obama’s foreign policy
Walter Russell Mead
ISPI
13 January, 2016

President Obama’s final State of the Union address comes at a time when, for the first time in his administration, the public believes that the nation’s most serious problems involve foreign policy rather than domestic issues, the majority disapproves of the President’s handling of foreign affairs, and 73 percent say they want the next President to take a “different approach” to foreign policy. President Obama, for his part, remains deeply committed to his approach to foreign affairs, is determined to continue on his current course through the end of his mandate, and wants a new kind of foreign policy to be part of the political legacy of his administration.

This will be an uphill battle. Even Hillary Clinton, the President’s former Secretary of State, has moved to distance herself from some of the President’s signature policies. (She would have been more interventionist in Syria, more patient with Israel, less forthcoming with Russia.) As for the Republicans, Senator Rand Paul was the candidate whose foreign policy views most resemble those of the President, and in large part because of the changes in public sentiment that the President is struggling with, Senator Paul has now been relegated to the second, insignificant tier of Republican hopefuls and dropped from the principal debates.

President Obama and Senator Paul both stand within the Jeffersonian tradition of American foreign policy. This school of thought believes that the principles of the American Revolution fare best when American foreign policy is least active. To actively seek America’s Manifest Destiny through the expansion of America’s global role, Jeffersonians believe, exposes the United States to foreign hostility, endangers civil liberties at home, and entangles the United States with untrustworthy powers who are fundamentally hostile to American ideals. America can best change the world, Jeffersonians believe, by cultivating its own garden and setting an example of democratic prosperity that others will emulate.

President Obama’s approach to Iran, the lynchpin of his Middle Eastern strategy, is a classic example of Jeffersonian statecraft through which Obama hopes to stabilize and ultimately democratize the Middle East while reducing America’s profile in the region. By achieving a nuclear agreement and reopening Iran’s economy to the world, Obama hopes to reduce the chances for war (and the need for close American alliances with difficult allies like Israel and Saudi Arabia) while accelerating the democratic transition of a modernizing Iran by integrating that country into international markets.

The original ‘grand design’ of the Obama global strategy was loosely modeled on the Nixon/Kissinger foreign policy: a mix of détente, withdrawal and engagement. Where Nixon and Kissinger pursued détente with the Soviet Union, withdrawal from Indochina and outreach to China, Obama proposed détente with Russia, Sunni Islam, and Iran; withdrawal from Iraq; and the ‘pivot to Asia’ as a new kind of American engagement in Asia.

Parts of the Obama policy are less controversial than others. In particular, the pursuit of closer ties with Asian nations concerned about a rising China is likely to remain a feature in American foreign policy no matter who occupies the White House in January of next year. Other elements of his foreign strategy are generally considered to have failed. The next White House, Democratic or Republican, is likely to take a harder line with Moscow and to take a hard and skeptical look at the President’s counterterrorism strategy.

The most important open question remains the fate of President Obama’s outreach to Iran. The nuclear agreement, slated to go into effect the same week as the State of the Union address, was the most important diplomatic agreement reached under President Obama and remains highly controversial in the United States. The controversy is less over the specific terms of the agreement than about whether détente with Iran can be achieved on terms that reduce rather than exacerbate the chaotic situation in the Middle East as a whole. The logic of President Obama’s Iran and Russia policies, for example, strongly suggests an ultimate American acquiescence in the continued presence of the Assad government in Damascus as part of an overall political settlement in Syria. For President Obama, acquiescing in a de facto Iranian sphere of influence extending from Basra in southern Iraq to Beirut, even if Iran and Russia remain aligned, can potentially be seen as the first step in stabilizing the Middle East while reducing America’s profile there. It is not at all clear that any of the current contenders for the presidency, Hillary Clinton not excluded, would agree with that assessment.

Ultimately, the future of President Obama’s Iran policy will be decided by events on the ground. Traditional American allies in the region, Saudi Arabia, Egypt, Israel and now increasingly Turkey are pushing against the outreach to Iran; the President remains committed to his policy but as President Obama approaches the end of his term, both in Iran and elsewhere policymakers will increasingly discount him as a factor in future American policy and it is impossible to predict how the regional environment will evolve.

Jihadi violence is another wild card. Sensational attacks, like the one in Paris, or ‘lone wolf’ attacks like the one in San Bernardino are deeply unsettling to American public opinion. The President is committed to the argument that overreaction leads to counterproductive policy decisions; he has so far failed to bring the public with him. If the pace and/or the intensity of such attacks increases during 2016, the impact on public opinion and even on the election could be decisive, with major consequences for the President’s legacy.

Many observers at home and abroad misunderstand President Obama’s foreign policy, seeing him as skeptical of American claims to a unique global role. On the contrary, President Obama’s Jeffersionian minimalism is animated by an overwhelming faith in the unstoppable power of American ideals. Iran in particular, the President believes, is moving America’s way. The young, educated population of the Islamic Republic will push the country irresistibly toward some kind of accommodation with western ideas in ways that the less advanced Gulf monarchies cannot hope to emulate. The President has repeatedly declared that the tide of history will carry everyone to liberal democratic shores. He dismisses challenges to American power as mere short-term concerns; Putin, the mullahs and the terrorists are incapable of reversing the march of history or of destabilizing the world system.

The next President is unlikely to be as optimistic; what that means for American foreign policy remains to be seen.

Walter Russell Mead is the Distinguished Scholar in American Strategy and Statesmanship at the Hudson Institute, the James Clarke Chace Professor of Foreign Affairs and Humanities at Bard College, and Editor-at-Large of The American Interest.

Voir aussi:

Obama’s Hazy Sense of History
For the president, belief in historical predetermination substitutes for action.
Victor Davis Hanson
National Review On line
August 28, 2014
President Obama doesn’t know much about history.
In his therapeutic 2009 Cairo speech, Obama outlined all sorts of Islamic intellectual and technological pedigrees, several of which were undeserved. He exaggerated Muslim contributions to printing and medicine, for example, and was flat-out wrong about the catalysts for the European Renaissance and Enlightenment.
He also believes history follows some predetermined course, as if things always get better on their own. Obama often praises those he pronounces to be on the “right side of history.” He also chastises others for being on the “wrong side of history” — as if evil is vanished and the good thrives on autopilot.
When in 2009 millions of Iranians took to the streets to protest the thuggish theocracy, they wanted immediate U.S. support. Instead, Obama belatedly offered them banalities suggesting that in the end, they would end up “on the right side of history.” Iranian reformers may indeed end up there, but it will not be because of some righteous inanimate force of history, or the prognostications of Barack Obama.
Obama often parrots Martin Luther King Jr.’s phrase about the arc of the moral universe bending toward justice. But King used that metaphor as an incentive to act, not as reassurance that matters will follow an inevitably positive course.
Another of Obama’s historical refrains is his frequent sermon about behavior that doesn’t belong in the 21st century. At various times he has lectured that the barbarous aggression of Vladimir Putin or the Islamic State has no place in our century and will “ultimately fail” — as if we are all now sophisticates of an age that has at last transcended retrograde brutality and savagery.
In Obama’s hazy sense of the end of history, things always must get better in the manner that updated models of iPhones and iPads are glitzier than the last. In fact, history is morally cyclical. Even technological progress is ethically neutral. It is a way either to bring more good things to more people or to facilitate evil all that much more quickly and effectively.
In the viciously modern 20th century — when more lives may have been lost to war than in all prior centuries combined — some 6 million Jews were put to death through high technology in a way well beyond the savagery of Attila the Hun or Tamerlane. Beheading in the Islamic world is as common in the 21st century as it was in the eighth century — and as it will probably be in the 22nd. The carnage of the Somme and Dresden trumped anything that the Greeks, Romans, Franks, Turks, or Venetians could have imagined.
What explains Obama’s confusion?
A lack of knowledge of basic history explains a lot. Obama or his speechwriters have often seemed confused about the liberation of Auschwitz, “Polish death camps,” the political history of Texas, or the linguistic relationship between Austria and Germany. Obama reassured us during the Bowe Bergdahl affair that George Washington, Abraham Lincoln, and Franklin Roosevelt all similarly got American prisoners back when their wars ended — except that none of them were in office when the Revolutionary War, Civil War, or World War II officially ended.
Contrary to Obama’s assertion, President Rutherford B. Hayes never dismissed the potential of the telephone. Obama once praised the city of Cordoba as part of a proud Islamic tradition of tolerance during the brutal Spanish Inquisition — forgetting that by the beginning of the Inquisition an almost exclusively Christian Cordoba had few Muslims left.
A Pollyannaish belief in historical predetermination seems to substitute for action. If Obama believes that evil should be absent in the 21st century, or that the arc of the moral universe must always bend toward justice, or that being on the wrong side of history has consequences, then he may think inanimate forces can take care of things as we need merely watch. In truth, history is messier. Unfortunately, only force will stop seventh-century monsters like the Islamic State from killing thousands more innocents. Obama may think that reminding Putin that he is now in the 21st century will so embarrass the dictator that he will back off from Ukraine. But the brutish Putin may think that not being labeled a 21st-century civilized sophisticate is a compliment.
In 1935, French foreign minister Pierre Laval warned Joseph Stalin that the Pope would admonish him to go easy on Catholics — as if such moral lectures worked in the supposedly civilized 20th century. Stalin quickly disabused Laval of that naiveté. “The Pope?” Stalin asked, “How many divisions has he got?”
There is little evidence that human nature has changed over the centuries, despite massive government efforts to make us think and act nicer. What drives Putin, Boko Haram, or ISIS are the same age-old passions, fears, and sense of honor that over the centuries also moved Genghis Khan, the Sudanese Mahdists, and the Barbary pirates. Obama’s naive belief in predetermined history — especially when his facts are often wrong — is a poor substitute for concrete moral action.

— Victor Davis Hanson is a classicist and historian at the Hoover Institution, Stanford University, and the author, most recently, of The Savior Generals.

Voir également:

Obama’s failings among reasons for Trump’s rise
Victor Davis Hanson

San Jose Mercury news

01/13/2016

Three truths fuel Donald Trump.

One, Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster.

If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse.

If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot.

But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush.

Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis.

Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria.

In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts?

Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity.

Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements?

Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. »

Two, the Republican establishment also jolted Trump to life.

Trump supporters apparently don’t believe that Chamber of Commerce, Wall Street or Republican Party grandees offer many antidotes to Obamaism.

Three, Trump is a nihilist, but he is a canny nihilist unlike any we have seen in recent campaigns.

In about a day, Trump wrecked Hillary Clinton’s planned « war on women » talking points that had helped to win the election for Obama in 2012. « If Hillary thinks she can unleash her husband, with his terrible record of women abuse, while playing the women’s card on me, she’s wrong, » Trump declared recently.

Street fighter Trump has an uncanny ability to spot these apparent contradictions. Trump’s unkind « low-energy » label of Jeb Bush stuck.

Politicians really do pander in shameless fashion to big-money donors. Who better than Trump to know that? He claims he used to lavish cash on lots of them. Trump does not play by any political rules because he has always made up or bought his own rules.

How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats?

Voir encore:

Obama’s Dangerous Rhetoric
Victor Davis Hanson
Hoover

July 22, 2015

President Obama has a habit of asserting strategic nonsense with such certainty that it is at times embarrassing and frightening. Nowhere is that more evident than in his rhetoric about the Middle East.

Not long ago, Obama reassured the world that, despite evidence of the use of chemical weapons in Syria, “Chlorine itself is not listed as a chemical weapon.” What could he have meant by that? Obama apparently was referring to the focus on Sarin gas by the Organization for Prohibition of Chemical Weapons, the UN watchdog agency that was supposed to monitor Obama’s Syria red line warnings against further gas attacks. To reassure the public that the United States would not consider chlorine gas a violation of its own red line about chemical weapons use in Syria—and, therefore, to assure the public that his administration would not intervene militarily in Syria—Obama said:  “Chlorine itself, historically, has not been listed as a chemical weapon.”

Nothing could be further from the truth. Chlorine was the father of poison gas, the first chemical agent used in World War I—and it was used to lethal effect by the Germans at the battle of Ypres in April 1915. Subsequently, it was mixed and upgraded with phosgene gas to make an even deadlier brew and employed frequently throughout the war—most infamously at the Battle of the Somme.

The president was clearly bothered that he had boxed himself into a rhetorical corner and might have had to order air strikes against the defiant Assad regime—lest he appear wavering in carrying out his earlier threats. One way out of that dilemma would be to deny that chorine constituted a serious weapon used to kill soldiers and civilians. Another would simply be to claim that he had never issued such a red line to Bashar al-Assad at all. That refuge is exactly what Obama fell back upon at press conference on September 4, 2013: “I didn’t set a red line. The world set a red line.”

Here is what the president had earlier stated on August 20, 2012, in threatening Assad: “We have been very clear to the Assad regime, but also to other players on the ground, that a red line for us is we start seeing a whole bunch of chemical weapons moving around or being utilized. That would change my calculus. That would change my equation.”

The use of the presidential pronouns “we” and “my” are synonymous with the voice of his administration. Indeed, Obama had doubled down on his 2012 red line with the clarification that, “When I said that the use of chemical weapons would be a game-changer, that wasn’t unique to—that wasn’t a position unique to the United States and it shouldn’t have been a surprise.”

In the summer of 2014, Obama had dismissed the emergence of ISIS with colorful language about its inability to project terrorism much beyond its local Iraqi embryo: “I think the analogy we use around here sometimes, and I think is accurate, is if a JV team puts on Lakers uniforms, that doesn’t make them Kobe Bryant. I think there is a distinction between the capacity and reach of a bin Laden and a network that is actively planning major terrorist plots against the homeland versus jihadists who are engaged in various local power struggles and disputes, often sectarian.”

ISIS, remember, had already conducted terrorist operations across the Mediterranean. Both organized and lone-wolf terrorists, with claims of ISIS ties or inspiration, would go on to attack Westerners from France to Texas.

Obama compounded his obfuscations by later claiming to Meet the Press anchor Chuck Todd that he had never said such a thing at all about ISIS—an assertion that was deemed false by even the liberal fact-checking organization PolitiFact. More recently, in July 2015, Obama claimed that the now growing ISIS threat could not be addressed through force of arms, assuring the world that “Ideologies are not defeated with guns, they are defeated by better ideas.”

Such a generic assertion seems historically preposterous. The defeat of German Nazism, Italian fascism, and Japanese militarism was not accomplished by Anglo-American rhetoric on freedom. What stopped the growth of Soviet-style global communism during the Cold War were both armed interventions such as the Korean War and real threats to use force such as during the Berlin Airlift and Cuban Missile Crisis— along with Ronald Reagan’s resoluteness backed by a military buildup that restored credible Western military deterrence.

In contrast, Obama apparently believes that strategic threats are not checked with tough diplomacy backed by military alliances, balances of power, and military deterrence, much less by speaking softly and carrying a big stick. Rather, crises are resolved by ironing out mostly Western-inspired misunderstandings and going back on heat-of-the moment, ad hoc issued deadlines, red lines, and step-over lines, whether to the Iranian theocracy, Vladimir Putin, or Bashar Assad.

Sometimes the administration’s faith in Western social progressivism is offered to persuade an Iran or Cuba that they have missed the arc of Westernized history—and must get back on the right side of the past by loosening the reins of their respective police states. Obama believes that engagement with Iran in non-proliferation talks—which have so far given up on prior Western insistences on third-party, out of the country enrichment, on-site inspections, and kick-back sanctions—will inevitably ensure that Iran becomes “a successful regional power.” That higher profile of the theocracy apparently is a good thing for the Middle East and our allies like Israel and the Gulf states.

In his well-publicized Cairo speech of June 2009, Obama declared that Islam had a hand in prompting the Western Renaissance and Enlightenment, as well as offering other underappreciated gifts to the West, from medicine to navigation. Obama’s tutorial was offered to remind the Muslim Brotherhood members in his audience that the West really does owe much to the Muslim World—and thus by inference should expect reciprocal consideration in the current war on terror.

In his February 2, 2015 outline of anti-ISIS strategy—itself an update of an earlier September 2014 strategic précis—Obama again insisted that “one of the best antidotes to the hateful ideologies that try to recruit and radicalize people to violent extremism is our own example as diverse and tolerant societies that welcome the contributions of all people, including people of all faiths.” The idea, a naïve one, is that because we welcome mosques on our diverse and tolerant soil, ISIS will take note and welcome Christian churches.

One of Obama’s former State Department advisors, Georgetown law professor Rosa Brooks, recently amplified that reductionist confidence in the curative power of Western progressivism. She urged Americans to tweet ISIS, which, like Iran, habitually executes homosexuals. Brooks hoped that Americans would pass on stories about and photos of the Supreme Court’s recent embrace of gay marriage: “Do you want to fight the Islamic State and the forces of Islamic extremist terrorism? I’ll tell you the best way to send a message to those masked gunmen in Iraq and Syria and to everyone else who gains power by sowing violence and fear. Just keep posting that second set of images [photos of American gays and their supporters celebrating the Supreme Court decision]. Post them on Facebook and Twitter and Reddit and in comments all over the Internet. Send them to your friends and your family. Send them to your pen pal in France and your old roommate in Tunisia. Send them to strangers.”

Such zesty confidence in the redemptive power of Western moral superiority recalls First Lady Michelle Obama’s efforts to persusade the murderous Boko Haram to return kidnapped Nigerian preteen girls. Ms. Obama appealed to Boko Haram on the basis of shared empathy and universal parental instincts. (“In these girls, Barack and I see our own daughters. We see their hopes, their dreams and we can only imagine the anguish their parents are feeling right now.”) Ms. Obama then fortified her message with a photo of her holding up a sign with the hash-tag #BringBackOurGirls.

Vladimir Putin’s Russia has added Crimea and Eastern Ukraine to his earlier acquisitions in Georgia. He is most likely eyeing the Baltic States next. China is creating new strategic realities in the Pacific, in which Japan, South Korea, Taiwan, and the Philippines will eventually either be forced to acquiesce or to seek their own nuclear deterrent. The Middle East has imploded. Much of North Africa is becoming a Mogadishu-like wasteland.

The assorted theocrats, terrorists, dictators, and tribalists express little fear of or respect for the U.S. They believe that the Obama administration does not know much nor cares about foreign affairs. They may be right in their cynicism. A president who does not consider chlorine gas a chemical weapon could conceivably believe that the Americans once liberated Auschwitz, that the Austrians speak an Austrian language, and that the Falklands are known in Latin America as the Maldives.

Both friends and enemies assume that what Obama or his administration says today will be either rendered irrelevant or denied tomorrow. Iraq at one point was trumpeted by Vice President Joe Biden as the administration’s probable “greatest achievement.” Obama declared that Iraq was a “stable and self-reliant” country in no need of American peacekeepers after 2011.

Yanking all Americans out of Iraq in 2011 was solely a short-term political decision designed as a 2012 reelection talking point. The American departure had nothing to do with a disinterested assessment of the long-term security of the still shaky Iraqi consensual government. When Senator Obama damned the invasion of Iraq in 2003; when he claimed in 2004 that he had no policy differences with the Bush administration on Iraq; when he declared in 2007 that the surge would fail; when he said in 2008 as a presidential candidate that he wanted all U.S. troops brought home; when he opined as President in 2011 that the country was stable and self-reliant; when he assured the world in 2014 that it was not threatened by ISIS; and when in 2015 he sent troops back into an imploding Iraq—all of these decisions hinged on perceived public opinion, not empirical assessments of the state of Iraq itself. The near destruction of Iraq and the rise of ISIS were the logical dividends of a decade of politicized ambiguity.

After six years, even non-Americans have caught on that the more Obama flip-flops on Iraq, deprecates an enemy, or ignores Syrian redlines, the less likely American arms will ever be used and assurances honored.

The world is going to become an even scarier place in the next two years. The problem is not just that our enemies do not believe our President, but rather that they no longer even listen to him.

Voir de plus:

Moyen-Orient

Vidéo : images de l’arrestation des marins américains en Iran
FRANCE 24
13/01/2016

La télévision iranienne a diffusé les images de l’arrestation des 10 marins américains qui s’étaient égarés dans les eaux territoriales iraniennes. Ils ont depuis repris leur route.
Mains sur la tête, agenouillés et ne pouvant plus bouger, les marins des deux navires américains arraisonnés mardi au large des côtes iranienne ont été filmés par la télévision du pays (IRNN) et les images diffusées mercredi sur les réseaux sociaux.

Neuf hommes et une femme avaient été interceptés mardi alors qu’ils étaient entrés de « deux kilomètres à l’intérieur des eaux territoriales iraniennes », selon l’agence Fars, proche des Gardiens de la révolution. Ils avaient été emmenés sur l’île Farsi située dans la partie nord du Golfe.

Les 10 marins américains, arrêtés à la suite d’une panne de leur système de navigation qui les a amenés dans les eaux territoriales de l’Iran, « ont été libérés » après avoir présenté leurs excuses. Les autorités iraniennes se sont assurées que leur action n’était pas « intentionnelle ».

Voir également:

Iran: ‘American Sailors Started Crying After Arrest’
IRGC Official: ‘I saw the weakness, cowardice, and fear of American soldiers myself’
Adam Kredo
Washington Beacon
January 16, 2016

A senior Iranian military commander in charge of the country’s Revolutionary Guard Corps claimed that the 10 U.S. sailors who were recently captured and subsequently released by the Islamic Republic “started crying after [their] arrest,” according to Persian language comments made during military celebrations this weekend.

Hossein Salami, deputy commander of the IRGC, which is responsible for boarding the U.S. ships and arresting the sailors, claimed in recent remarks, the “American sailors started crying after arrest, but the kindness of our Guard made them feel calm.”

Hossein went on to brag that the incident provides definitive evidence of the Iranian military’s supremacy in the region.

“Since the end of the Second World War, no country has been able to arrest American military personnel,” the commander said, according to an independent translation of his Persian-language remarks made Friday during a “martyrs’ commemoration ceremony” in Isfahan.

Since the capture and release of the U.S. sailors this week, critics of the Obama administration’s handling of the situation have expressed embarrassment at State Department’s move to profusely thank Iran, despite its release of photos depicting the sailors on their knees with their hands held over their heads.

Iranian state television additionally published video purporting to show one of the detained soldiers apologizing to Iran.

Meanwhile, during Friday prayers in Iran, a commander of the IRGC unit that detained the U.S. boats and claimed that the American military cowered when faced down by Iranian troops.

“I saw the weakness, cowardice, and fear of American soldiers myself. Despite having all of the weapons and equipment, they surrendered themselves with the first action of the guardians of Islam,” Ahmad Dolabi, an IRGC commander, said in Persian-language remarks at a prayer service in Iran’s Bushehr providence.

“American forces receive the best training and have the most advanced weapons in the world,” he added. “But they did not have the power to confront the Guard due to weakness of faith and belief.”

Dolabi emphasized that the Obama administration formally apologized over the incident, a claim that senior White House official continue to dispute.

“We gave all of the weapons and equipment to American forces according to an Islamic manner. They formally apologized to the Islamic Republic,” Dolabi said. “Be certain that with the blood of martyrs, the revolution advances. No one can inflict the smallest insult upon our Islamic country.”

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Administration Obama : un héritage qui s’inscrira sur le long terme ?
Interview
Nicholas Dungan
9 septembre 2015

Comment expliquer l’activisme intensif de Barack Obama sur les crises et les accords internationaux ces derniers mois ? A-t-il finalement réussi à convaincre en politique étrangère ? Quelle est votre analyse de son bilan international ?

L’activisme intensif de Barack Obama résulte d’une part du sentiment d’un « non- accompli » sur la scène interne – celle sur laquelle il pensait agir dès la crise financière – et d’autre part, il a compris que constitutionnellement le président n’a pas beaucoup de marge de manœuvre interne. Elu pour son charisme, il pensait, pouvoir gouverner grâce à celui-ci. Ce n’est pourtant pas possible car le Congrès est en place pour une durée plus longue que la présidence et a beaucoup plus de pouvoir sur les affaires internes. Comme beaucoup de présidents qui font leur deuxième mandat aux Etats-Unis, il se penche donc sur la politique étrangère car c’est le seul domaine dans lequel il peut agir. Mais surtout, il pense à son héritage politique : il faut qu’Obama représente quelque chose. A-t-il finalement réussi à convaincre ? Auprès d’une grande partie du public américain, la réponse est négative.
Son bilan international se résume en une énorme déception du peu de travail accompli pendant six ans alors qu’il apprenait les rouages du pouvoir. Il a finalement réussi à s’imposer sur ces derniers mois : les dossiers les plus importants ne seront pas le retrait de l’Afghanistan et de l’Irak, ce seront les accords sur le nucléaire iranien et les politiques contre le changement climatique sur lesquels il suit la France, pour le meilleur.

Obama a voulu inscrire les Etats-Unis dans un monde multipolaire. Pensez- vous que ce modèle, à l’opposé de l’ère Bush, survivra à l’administration Obama ?

Ce modèle multilatéraliste a très difficilement pris racine pendant les mandats d’Obama et survivra aussi très difficilement. Les décideurs américains ne s’intéressent pas à la conception des Etats-Unis dans un monde multipolaire, ils cherchent à réactiver la suprématie américaine. On accuse Obama de manque de cohérence mais il y a, de fait, fait une « Doctrine Obama ». Il l’a très bien exposée dans son discours à l’académie militaire de West Point en mai 2014 mais l’establishment à Washington D.C. et plus largement dans le pays n’a ni compris ni accepté la nécessité pour les Etats-Unis de se positionner correctement dans un monde multipolaire dans lequel ils ne sont pas la puissance prédominante.

Concernant les primaires démocrates et républicaines qui auront lieu en 2016, quels grands thèmes de la politique étrangère américaine pourraient mettre les candidats au défi ?

Ce seront les grands thèmes de l’administration Obama : les accords sur le nucléaire iranien et la lutte contre le changement climatique. La droite aux Etats-Unis ne pardonnera pas : le républicain Donald Trump tentera de démontrer qu’il faut rejeter ces politiques multilatérales pour « make America great again ». Les autres républicains auront beaucoup de mal, par exemple Jeb Bush, s’il arrive à survivre jusqu’à la nomination républicaine, à contrer cette position extrêmement dure de Donald Trump.
Et bien sûr, la question de l’immigration, à cheval entre politique interne et étrangère, sera à l’ordre du jour : la problématique des sans-papiers, des naturalisations des enfants nés aux Etats-Unis d’immigrés illégaux, etc. A l’heure actuelle, le droit du sol est encore strictement appliqué aux Etats-Unis mais Donald Trump déclare vouloir changer cette accession à la nationalité américaine, en tout cas pour ces catégories de migrants illégaux.

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Sept phrases à retenir du dernier discours sur l’état de l’Union de Barack Obama
Dans un discours résolument optimiste, le président des Etats-Unis a exhorté l’Amérique à ne pas céder à la peur.
Francetv info avec AFP
13/01/2016

Barack Obama a prononcé, mardi 12 janvier, son ultime discours sur l’état de l’Union. Ce rendez-vous traditionnel était pour le 44e président des Etats-Unis la dernière occasion de s’adresser aux Américains en prime time, avant que Washington et le reste du pays ne braquent tous leurs projecteurs sur les primaires démocrates et républicaines, qui débutent le 1er février dans l’Iowa.

Dans un discours résolument optimiste, le président a exhorté l’Amérique à ne pas céder à la peur, face aux turbulences économiques comme à la menace du groupe Etat islamique qu’il a appelé à ne pas surestimer. Déterminé à marquer le contraste avec les républicains qui espèrent lui succéder à la Maison Blanche en 2017, le président démocrate, très à l’aise, enjoué, a invité ses concitoyens à accompagner les « extraordinaires changements » en cours. Retour sur ses principales déclarations en sept phrases-clés.

« Les Etats-Unis ont l’économie la plus forte, la plus durable du monde »
Barack Obama a battu en brèche les déclarations alarmistes du milliardaire Donald Trump, candidat à la primaire républicaine. Parler du déclin de l’économie américaine est « une fiction politique ». « Laissez-moi commencer avec l’économie et un fait basique : les Etats-Unis d’Amérique, à l’heure actuelle, ont l’économie la plus forte, la plus durable du monde, a lancé le président américain. Tous ceux qui affirment que l’économie américaine est en déclin, ce n’est que de la fiction. Mais ce qui est vrai, et c’est la raison pour laquelle beaucoup d’Américains sont inquiets, c’est que l’économie change profondément, des changements qui ont démarré longtemps avant la grande récession qui nous a frappés. »

« L’Etat islamique ne représente pas une menace existentielle pour notre nation »
A l’attention de ses adversaires, Barack Obama a mis en garde contre les déclarations excessives sur l’Etat islamique selon lesquelles le monde serait engagé dans « la troisième guerre mondiale ». « Elles font le jeu » des jihadistes, a-t-il averti. « Des masses de combattants à l’arrière de pick-ups et des esprits torturés complotant dans des appartements ou des garages posent un énorme danger pour les civils et doivent être arrêtés. Mais ils ne représentent pas une menace existentielle pour notre nation, a-t-il martelé. Nous devons simplement les désigner pour ce qu’ils sont, des tueurs et des fanatiques qui doivent être éradiqués, pourchassés et détruits. »

Sûr de son effet, il a précisé : « Si vous doutez de la détermination de l’Amérique, ou de la mienne, pour que justice soit faite, demandez à Oussama Ben Laden ! » Avant d’ajouter : « Le monde va se tourner vers nous pour aider à résoudre ces problèmes, et notre réponse doit être plus que des mots durs ou des appels à couvrir de bombes des civils. Cela peut marcher pour des slogans chocs à la télé, mais cela ne passera pas sur la scène mondiale. »

Changement climatique : si vous voulez le nier, « vous allez vous sentir assez seuls »
Autre avertissement à ses adversaires républicains : il est vain de nier le réchauffement de la planète sous l’effet des émissions de carbone. « Si quelqu’un veut encore nier la science autour du changement climatique, allez-y, a-t-il prévenu. Mais vous allez vous sentir assez seuls, parce que vous allez devoir débattre avec nos militaires, avec la plupart des patrons américains, avec la majorité des Américains, avec presque toute la communauté scientifique et avec 200 pays à travers le monde qui sont d’accord pour dire que c’est un problème et qui entendent le régler. »

D’autant que ce changement peut être une opportunité : « Même si la planète n’était pas en jeu, même si 2014 n’avait pas été l’année la plus chaude jamais enregistrée, jusqu’à ce que 2015 s’avère encore plus chaude, pourquoi voudrions-nous laisser passer la chance pour les entreprises américaines de produire et de vendre l’énergie du futur ? » a questionné Barack Obama.

Immigration :  « A chaque fois, nous avons vaincu ces peurs »
Même chose sur l’immigration : évoquant les bouleversements profonds qui ont touché les Etats-Unis au cours de l’histoire, il a appelé à garder le cap : « A chaque fois, certains nous disaient d’avoir peur de l’avenir. (…) A chaque fois, nous avons vaincu ces peurs. » Début décembre, la Maison Blanche avait dénoncé les propos « cyniques » et « destructeurs » de Donald Trump après sa proposition visant, sur fond de craintes d’attentats jihadistes, à interdire temporairement l’entrée des Etats-Unis aux musulmans.

« J’annonce un nouvel effort national » contre le cancer
Le président américain a annoncé une grande offensive pour « éradiquer » le cancer aux Etats-Unis. Une mission confiée à son vice-président Joe Biden, dont le fils est mort d’un cancer au cerveau.

« L’an dernier, le vice-président Biden avait dit que l’Amérique pourrait soigner le cancer comme elle a su conquérir la Lune. Le mois dernier, il a travaillé avec le Congrès pour donner aux scientifiques de l’Institut national de la santé les ressources les plus importantes qu’ils aient eues depuis plus de dix ans. Ce soir, j’annonce un nouvel effort national pour faire ce qu’il faut, a-t-il déclaré solennellement. Pour ceux qui nous sont chers et que nous avons perdus, pour les familles que nous pouvons encore sauver, faisons de l’Amérique le pays qui éradique le cancer une fois pour toutes. »

« Je continuerai à m’efforcer de fermer la prison de Guantanamo, tract de recrutement pour nos ennemis »
Le président a enfin replacé au premier plan une ancienne promesse de campagne sur laquelle il a jusqu’ici échoué : fermer la prison de Guantanamo, ouverte après les attentats du 11 septembre 2001. « Elle coûte cher, elle est inutile, et elle n’est qu’un tract de recrutement pour nos ennemis », a-t-il lancé, sous des applaudissements nourris.

Cuba : « Levez l’embargo ! »
Mettant en avant le chemin parcouru depuis l’annonce il y a un an du rapprochement avec Cuba, Barack Obama a une nouvelle fois appelé le Congrès à lever l’embargo économique américain. « Cinquante ans passés à isoler Cuba n’ont pas réussi à promouvoir la démocratie et nous ont fait reculer en Amérique latine. Vous voulez renforcer notre leadership et notre crédibilité sur le continent ? Admettez que la guerre froide est finie. Levez l’embargo ! »

Voir encore:
Obama Embraces His Inner Bush
Walter Russell Mead
The American interest
May 19, 2011

President Obama’s speech to State Department employees today was billed as a major address on recasting American foreign policy in the Middle East.
It lived up to its billing. President Obama has deep-sixed the ‘realism’ that marked the first two years of his approach to the Middle East. He has returned to the foreign policy of George W. Bush. [I’m not sure of either contention] [but he has returned to Bush lite] [and Bush lite was very much Clinton who was very much Bush 41] [and US foreign policy is mostly continuity with incremental change and very little dramatic change] [and that’s just the way it is] [*]
The United States is no longer, the President told us in words he could have borrowed from his predecessor, a status quo power in the Middle East. The realist course of cooperating with oppressive regimes in a quest for international calm is a dead end. It breeds toxic resentment against the United States; it stores up fuel for an inevitable conflagration when the oppressors weaken; it stokes anti-Israel resentment when hatred of Israel becomes the only form of political activism open to ordinary people; it strengthens the hold of extremist religion and strangles the growth of liberal forces. [again, did we hear and read different speeches?] [or is this just the gas that is punditry?] [*]
More, he attacked Iran. All that talk about avoiding polarization with Iran is gone. Instead, President Obama singled out Iran as an oppressive, tyrannical regime supporting terror and running an “illicit nuclear program” as well.
He also followed Bush in attacking some US allies, calling on Bahrain and Yemen to make changes. It was a speech that enraged almost every powerful actor in the Middle East and put America out on a limb. Like Bush, Obama is willing to confront some of America’s closest allies [?] [*] (the Saudis, who back the crackdown in Bahrain). Like Bush, he hailed Iraq as an example of democracy and pluralism that can play a vital role in the transformation of the region. Like Bush, he proposes to work with opposition groups in friendly countries. [he pointedly avoided mentioning the Saudis] [*]
His policy on Israel-Palestine is also looking Bushesque. Like Bush, he wants a sovereign but demilitarized Palestinian state. Like Bush, he believes that the 1967 lines with minor and mutually agreed changes should be the basis for the permanent boundaries between the two countries — and like Bush he set Jerusalem and the refugees to one side. [yes] [*]
The President is nailing his colors to the mast of the Anglo-American revolutionary tradition. Open societies, open economies, religious freedom, minority rights: these are revolutionary ideas in much of the world. Americans have often been globally isolated as we stand for the rights of ordinary people (like immigrant African chambermaids in New York hotels) against the privilege of elites. [perhaps true but they have long been the stuff of U.S. mythology and therefore implicitly in US foreign policy] [take a look at Truman’s two models! Ours and theirs] [*] A faith in the capacity of the common woman and the common man to make good decisions (and in their right to make those decisions even if they are sometimes wrong) is the basis of America’s political faith; President Obama proclaimed today that this needs to be the basis of our policy in the Middle East.
In Power, Terror, Peace, and War, I wrote that the Bush administration had articulated a post 9/11 national strategy for the United States that was not only right, it was inescapable. But the Bush administration’s tactical errors and profoundly wrongheaded public diplomacy undermined support for those policies at home and abroad. [they made a hash of Iraq, to be sure] [I’m not sure there was any other option once in?] [*]
President Obama has long hesitated between the idea that Bush had the wrong strategy and the idea that the strategy was sound but that the tactics and presentation was poor. He seems now to have come down firmly on the side of the core elements of the Bush strategy. This frankly is more or less where I thought he would end up; American interests, American values and the state of the region don’t actually leave us that many alternatives.
The question President Obama — and we — now face is whether he can advance this strategy more effectively than President Bush did. I very much hope so, but the obstacles are high. [*] President Obama offended and annoyed virtually every important leader in the Middle East during his short speech. Some of the objectives he outlined (in particular, for successful economic development in Egypt) are horribly difficult to achieve. [any time a president says anything, he offends many of the leaders of the Middle East] [*] Our open enemies and many of our so-called ‘friends’ in the region will be working to foil our plans. One of the President’s assets, his relative popularity in the Arab world, is in free-fall as the latest Pew Survey reveals.
President Bush was and President Obama is, I believe, right to proclaim that history, even in the Middle East, is on America’s side. But history doesn’t always move on America’s timetable.

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Iran. Une nouvelle ère s’ouvre après la levée des sanctions économiques
Courrier international
17/01/2016

L’accord sur le nucléaire entre l’Iran et les puissances occidentales est entré en vigueur samedi après d’ultimes négociations à Vienne. Les sanctions économiques sur l’Iran sont désormais levées. Premier signe de réchauffement : Washington et Téhéran ont chacun libéré des prisonniers.

Une étape décisive a été franchie samedi 16 janvier dans la réconciliation entre l’Iran, les Etats-Unis et les puissances occidentales. “En fin de journée, après une gesticulation diplomatique empreinte de dramaturgie, écrit le New York Times, les Etats-Unis et les nations européennes ont levé les sanctions financières et sur le pétrole à l’encontre de l’Iran et débloqué quelque 100 milliards de dollars d’avoirs gelés [91 milliards d’euros]”.

Après l’accord historique sur le nucléaire signé le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les chefs de la diplomatie américaine et européenne, par lequel Téhéran s’est engagé à limiter ses capacités nucléaires à un usage civil, il fallait encore attendre le verdict des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur “les promesses de l’Iran de démanteler de larges parts de son programme nucléaire”, explique le New York Times.

C’est donc chose faite, rapporte le quotidien iranien anglophone Tehran Times , qui annonce que “l’accord entre formellement en vigueur ce samedi”.

Cité par le journal, le président iranien Hassan Rouhani a déclaré en termes solennels que “les Iraniens ont fait un geste amical en direction du monde, laissant les inimitiés de côté, ainsi que les suspicions et les complots et ouvrant un nouveau chapitre des relations de l’Iran avec le monde”.

Signe de bonne volonté générale, dans la journée de samedi, annonce la presse américaine, le président Obama a libéré sept prisonniers iraniens tandis que l’Iran libérait de son côté quatre Américains dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian. Ce correspondant, qui possède la double nationalité américaine et iranienne, était en poste à Téhéran depuis 2012 pour le journal, rappelle le Washington Post qui accueille la nouvelle avec le titre “Enfin libre !”.

Les prisonniers, enjeu de la dispute
Jason Rezaian a été arrêté avec son épouse Yeganeh Salehi Rezaian le 22 juillet 2014, explique le Washington Post, “supposément en raison de ses ‘conspirations’ pour améliorer les relations des Etats-Unis avec l’Iran, ce que le chef suprême Ali Khameini s’était promis d’empêcher”. Malgré ces libérations de prisonniers en Iran, le quotidien demeure manifestement très réservé sur “le changement de cap de l’Iran” et inquiet “quant à ses transgressions du droit international”.

De leur côté, note le New York Times, les sept Iraniens libérés par les Etats-Unis étaient emprisonnés “pour violation des sanctions” économiques contre l’Iran. Le quotidien observe que cet échange de prisonniers “a effacé l’une des grandes causes d’irritation entre les deux parties”. L’administration Obama a prudemment devancé les critiques des opposants – républicains – à ces tractations souligne le journal. “Il a expliqué qu’il s’agissait d’une décision propice à renforcer le climat diplomatique qui s’est développé au cours des négociations sur le nucléaire”.

Au demeurant, les Iraniens “avaient soumis une liste bien plus longue de prisonniers à libérer”, poursuit le New York Times. De son côté, Téhéran n’a donné aucune indication aux Américains sur l’un de leurs ressortissants Robert A.Levinson, un agent du FBI à la retraite, “disparu” en 2007 en Iran.

Un grand marché qui s’ouvre
Sur le plan économique, l’accord sur le nucléaire qui entre en vigueur est vécu comme une excellente nouvelle pour toutes les parties. “La levée des sanctions est un tournant pour notre économie”, a souligné le président Hassan Rouhani dans un discours cité par Tehran Times.
A Munich, la Süddeutsche Zeitung rappelle que les sanctions économiques contre l’Iran ont aussi pénalisé les pays européens privés de pétrole et de gaz iranien depuis 2012. “Les importations ont alors chuté de 112 milliards de dollars à 42 milliards entre 2011 et 2013”, écrit le quotidien allemand.
La levée des sanctions profitera aussi “ à de nombreuses entreprises occidentales qui voient ainsi s’ouvrir un marché de 78 millions d’habitants”, conclut le journal.

Tout le monde ne se réjouit pas pour autant. En Algérie par exemple, le quotidien El Watan s’inquiète du retour du pétrole iranien sur le marché alors que les cours du pétrole sont déjà au plus bas, autour des 30 dollars le baril. Va-t-on “vers un baril à 20 dollars ?” titre le quotidien d’Alger. “Ce qui est certaitn pour bon nombre d’observateurs, c’est que l’excédent de pétrole stocké en Iran recherchera un débouché dès la levée des sanctions”, introduisant ainsi une nouvelle concurrence entre pays exportateurs dont l’Algérie fait partie.

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Donald Trump : pourquoi l’Amérique adore le détester
Métro news
14-09-2015
ETATS UNIS – Le magnat de l’immobilier, qui participe mercredi au second débat pour la primaire républicaine, est le grand favori des sondages. Une ascension surprenante pour un candidat habitué aux polémiques en tous genres. La preuve par cinq.

Parmi les 17 candidats encore en lice, l’homme qui valait 4 milliards de dollars est en effet en tête des sondages.

Sa candidature devait être un feu de paille. Las, trois mois après son lancement dans la course à l’investiture républicaine, Donald Trump continue de faire cavalier seul. Parmi les 17 candidats encore en lice, l’homme qui valait 4 milliards de dollars est en effet en tête des sondages :  Il recueille 32% des intentions de vote dans un nouveau sondage CNN, publié la semaine dernière. Une ascension faite à coup de grosses polémiques et de petites phrases, comme en témoignent les morceaux choisis suivants.

► Le racisme
Dès l’annonce de sa candidature, Donald Trump a stigmatisé les immigrés illégaux arrivant du Mexique, estimant que certains »sont des gens biens » mais que »la plupart sont des criminels et des violeurs. » Les communautés noire ou juive ne sont pas en reste, comme en témoigne cette anecdote rapportée par un ancien associé dans un livre : « Des Noirs qui comptent mon argent ? Je déteste ça. Les seules personnes que je veux voir compter mon argent sont des petits hommes portant la kippa tous les jours. »

► La misogynie
Jamais avare d’un commentaire salace sur Twitter, Donald Trump s’en est déjà pris à Hillary Clinton : « Comment peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari ? ». Même tonalité à l’égard de la patronne du Huffington Post, Arian na Huffington : « Elle est laide, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Je comprends tout à fait que son ex-mari l’ait quittée pour un homme : il a pris la bonne décision. »

► La méchanceté gratuite
En 2008, le candidat républicain John McCain s’incline face à Barack Obama. Est-ce la raison pour laquelle Donal Trump osera s’en prendre à ce vétéran du Vietnam ? « Il n’est pas un héros. Il est un héros de guerre parce qu’il a été capturé. J’aime les gens qui n’ont pas été capturés. » Plus récemment, c’est au tour de  Rick Perry, ex-gouverneur du Texas, de faire les frais du milliardaire : « Il met des lunettes pour faire croire qu’il est intelligent, mais ça ne marche pas. »

► L’art du raccourci
Simple manque de culture ou bêtise profonde ? Donald Trump se fait régulièrement épingler durant ses interviews pour son incapacité à répondre à des questions évidentes quand on postule au poste de patron de la plus grande puissance du monde. Dernier exemple en date vendredi, sur une radio américaine : questionné sur l’importance de connaître la différence entre le Hamas et le Hezbollah, deux groupes qui menacent Israël, il a répondu : « Ce le sera quand ce sera approprié ». L’an passé, il soutient mordicus que les vaccins sont responsables de l’autisme : « Plus d’injections massives. Les petits enfants ne sont pas des chevaux. »

► Un ego surdimensionné
« Le festival du narcissisme de Donal Trump ». En juin dernier, le Washington Post s’est amusé à compiler les citations auto promotionnelles du candidat. Garanties sans trucages : « Je ferais le meilleur président des Etats-Unis jamais créé par Dieu », « Personne ne serait aussi efficace contre Daech que moi. Personne », « Je donne beaucoup d’argent à des œuvres caritatives et d’autres associations. Au fond, je pense être une bonne personne. » Rien que ça.

Voir de même:

Robert Levinson ne fait pas partie des prisonniers libérés par l’Iran
i24news
Publié: 17/01/201

Robert Levinson, 68 ans, a disparu en 2007 dans l’île iranienne de Kish

Téhéran nie toute implication officielle dans sa disparition survenue il y a neuf ans
Le Juif américain Robert Levinson n’a pas été inclus dans l’échange de prisonniers avec l’Iran, a rapporté dimanche le quotidien Haaretz.

L’ Iran a libéré samedi cinq Américains, détenus dans ses prisons, dont quatre dans le cadre d’un échange de prisonniers qui incluait la libération de Jason Rezaian, un journaliste du Washington Post arrêté sur des accusations d’espionnage depuis 2014.

Levinson, 68 ans, originaire de Coral Springs, une ville située dans le sud-est de la Floride, a disparu depuis près de neuf ans.

CNN a cité la famille de Levinson exprimant son bonheur pour les autres familles, mais a déclaré être « dévastée » qu’il ne fasse pas partie des personnes libérées.

Sa famille a reconnu ces dernières années que Levinson, père de sept enfants, avait travaillé pour la CIA dans une opération secrète au moment de sa disparition dans l’île iranienne de Kish.

Levinson est un détective privé et ancien agent du FBI. Pendant des années, il a été rapporté qu’il travaillait en tant que détective privé quand il a disparu.
En 2013, le Washington Post et l’Associated Press ont révélé qu’il travaillait alors pour la CIA et était rémunéré par elle pour des missions, a rappelé le Times of Israel. Selon les mêmes sources, il se serait rendu sur place pour rencontrer un informateur en Iran, dans le but de récupérer des informations sur le programme nucléaire iranien.

« Bob Levinson n’était pas un employé du gouvernement américain quand il a disparu en Iran », avait affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, en 2013.

L’Iran nie toute implication officielle dans sa disparition et le Washington Post, a cité un responsable américain anonyme déclarant que dans le cadre de l’accord d’échange, l’Iran « s’engageait à continuer à coopérer avec les Etats-Unis pour déterminer la localisation de Robert Levinson ».

Voir enfin:

Obama son ultime discours sur l’état de l’union (SOTU, 2016)

Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, les membres du Congrès, mes compatriotes américains :
Ce soir marque la huitième année, je suis venu ici pour rendre compte de l’état de l’Union. Et pour cette dernière, je vais essayer de faire court. Je sais que certains d’entre vous sont impatients de revenir à Iowa.

Je comprends également que parce qu’elle est une saison d’élection, les attentes pour ce que nous allons atteindre cette année sont faibles. Pourtant, Monsieur le Président, je vous remercie de l’approche constructive que vous et les autres dirigeants ont pris à la fin de l’année dernière à adopter un budget et de faire des réductions d’impôt permanentes pour les familles qui travaillent. Donc, je l’espère, nous pouvons travailler ensemble cette année sur les priorités bipartites comme la réforme de la justice pénale, et aider les gens qui luttent contre l’abus de médicaments. Nous venons peut surprendre à nouveau les cyniques.
Mais ce soir, je veux aller simple sur la liste traditionnelle des propositions pour l’année à venir. Ne vous inquiétez pas, j’en ai beaucoup, d’aider les élèves à apprendre  à écrire du code informatique de personnaliser les traitements médicaux pour les patients. Et je vais continuer à pousser pour des progrès sur le travail qui reste à faire. La réparation d’un système d’immigration cassé. Protéger nos enfants contre la violence armée. L’égalité de rémunération pour un travail égal, les congés payés, augmentation du salaire minimum. Toutes ces choses ont encore de l’importance pour les familles qui travaillent dur; elles sont toujours la bonne chose à faire; et je ne vais pas laisser tomber jusqu’à ce qu’elles se fassent.

Mais pour ma dernière allocution à cette chambre, je ne veux pas seulement parler de la prochaine année. Je veux me concentrer sur les cinq prochaines années, dix ans, et au-delà.
Je veux me concentrer sur notre avenir.
Nous vivons dans une époque de changement extraordinaire – le changement qui est le remodelage de la façon dont nous vivons, la façon dont nous travaillons, notre planète et de notre place dans le monde. Il est le changement qui promet d’étonnantes percées médicales, mais aussi des perturbations économiques qui grèvent les familles de travailleurs. Cela promet l’éducation des filles dans les villages les plus reculés, mais aussi relie des terroristes qui fomentent séparés par un océan de distance. Il est le changement qui peut élargir l’occasion, ou élargir les inégalités. Et que cela nous plaise ou non, le rythme de ce changement ne fera que s’accélérer.
L’Amérique s’est faite par le biais de grands changements avant – la guerre et  la dépression, l’afflux d’immigrants, les travailleurs qui luttent pour un accord équitable, et les mouvements pour les droits civiques. Chaque fois, il y a eu ceux qui nous disaient de craindre l’avenir; qui prétendaient que nous ne pourrions freiner le changement, promettant de restaurer la gloire passée si nous venons de quelque groupe ou une idée qui menaçait l’Amérique sous contrôle. Et à chaque fois, nous avons surmonté ces craintes. Nous ne sommes pas, selon les mots de Lincoln, à adhérer aux « dogmes du passé calme. » Au lieu de cela nous avons pensé de nouveau, et de nouveau agi. Nous avons fait le travail de changement pour nous, étendant toujours la promesse de l’Amérique vers l’extérieur, à la prochaine frontière, à de plus en plus de gens. Et parce que nous l’avons fait – parce que nous avons vu des opportunités là où d’autres ne voyaient que péril – nous sommes sortis plus forts et mieux qu’avant.
Ce qui était vrai, alors peut être vrai aujourd’hui. Nos atouts uniques en tant que nation – notre optimisme et notre éthique de travail, notre esprit de découverte et d’innovation, notre diversité et de l’engagement à la règle de droit – ces choses nous donnent tout ce dont nous avons besoin pour assurer la prospérité et la sécurité pour les générations à venir.
En fait, il est cet esprit qui a fait le progrès de ces sept dernières années possible. Il est comment nous avons récupéré de la pire crise économique depuis des générations. Il est comment nous avons réformé notre système de soins de santé, et réinventé notre secteur de l’énergie; comment nous avons livré plus de soins et les avantages pour nos troupes et les anciens combattants, et comment nous avons obtenu la liberté dans tous les états d’épouser la personne que nous aimons.
Mais ces progrès ne sont pas inévitables. Il est le résultat de choix que nous faisons ensemble. Et nous sommes confrontés à ces choix en ce moment. Allons-nous répondre aux changements de notre temps avec la peur, le repli sur soi en tant que nation, et en nous tournant les uns contre les autres en tant que peuple ? Ou allons-nous affronter l’avenir avec confiance dans ce que nous sommes, ce que nous représentons, et les choses incroyables que nous pouvons faire ensemble ?
Donc, nous allons parler de l’avenir, et de quatre grandes questions que nous avons en tant que pays à répondre – peu importe qui sera le prochain président, ou qui contrôlera le prochain Congrès.
Tout d’abord, comment pouvons-nous donner à chacun une chance équitable de l’occasion et de la sécurité dans cette nouvelle économie ?
Deuxièmement, comment pouvons-nous mettre la technologie pour nous, et non contre nous – surtout quand cela concerne la résolution de problèmes urgents comme le changement climatique?
Troisièmement, comment pouvons-nous garder l’Amérique en sécurité et conduire le monde sans en devenir le policier ?
Et enfin, comment pouvons-nous faire que nos politiques reflètent ce qui est meilleur en nous, et non pas ce qui est pire ?
Permettez-moi de commencer par l’économie, et un fait de base : les États-Unis d’Amérique, en ce moment, a la plus forte économie, la plus durable dans le monde. Nous sommes au milieu de la plus longue série de la création d’emplois par le secteur privé dans l’histoire. Plus de 14 millions de nouveaux emplois; les deux plus fortes années de croissance de l’emploi depuis les années 90; un taux de chômage réduit de moitié. Notre industrie automobile a juste eu sa meilleure année. Le secteur manufacturier a créé près de 900 000 nouveaux emplois au cours des six dernières années. Et nous avons fait tout cela tout en réduisant nos déficits de près des trois quarts.

Toute personne affirmant que l’économie américaine est en déclin colporte une fiction. Ce qui est vrai – et la raison pour laquelle beaucoup d’Américains se sentent anxieux – est que l’économie a changé de manière profonde, changements qui ont commencé bien avant la Grande Récession et ne l’ont pas laissée en place. Aujourd’hui, la technologie ne remplace pas simplement des emplois sur la ligne d’assemblage, mais tout emploi où le travail peut être automatisé. Les entreprises dans une économie mondiale peuvent localiser n’importe où, et faire face à une concurrence accrue. En conséquence, les travailleurs ont moins de levier pour une relance. Les entreprises ont moins de loyauté à leurs communautés. Et de plus en plus de richesses et de revenus sont concentrées au sommet.
Toutes ces tendances ont pressé les travailleurs, même quand ils ont un emploi; même lorsque l’économie est en croissance. Il est rendu plus difficile pour une famille travailleuse de se sortir de la pauvreté, plus difficile pour les jeunes de commencer leur carrière, et plus difficile pour les travailleurs de prendre leur retraite quand ils veulent. Et même si aucune de ces tendances n’est unique en Amérique, elles n’ offensent pas notre conviction typiquement américaine que tout le monde qui travaille dur devrait avoir une chance équitable.
Pour les sept dernières années, notre objectif a été de plus en plus une économie qui fonctionne mieux pour tout le monde. Nous avons fait des progrès. Mais nous devons en faire plus. Et malgré tous les arguments politiques que nous avons eus ces dernières années, il y a certains domaines où les Américains s’accordent dans l’ensemble.
Nous convenons que la réelle opportunité exige que chaque Américain puisse obtenir l’éducation et la formation dont il a besoin pour décrocher un emploi bien rémunéré. La réforme bipartisane de No Child Left Behind a été un début important, et ensemble, nous avons augmenté l’éducation de la petite enfance, levé le taux de diplome du secondaire à de nouveaux sommets, et stimulé les diplômés dans des domaines tels que l’ingénierie. Dans les prochaines années, nous devons nous appuyer sur ces progrès, en fournissant Pre-K pour tous, offrant à chaque élève les mains sur les classes d’informatique et de mathématiques faisant de ses élèves  prêts à l’emploi le jour J, et nous devons recruter et soutenir une plus grande quantité d’enseignants pour nos enfants.

Et nous devons faire l’université abordable pour tous les Américains. Parce qu’aucun étudiant travailleur ne doit être coincé dans le rouge. Nous avons déjà réduit les paiements de prêts aux étudiants de dix pour cent du revenu de l’emprunteur. Maintenant, nous sommes effectivement arrivés à réduire le coût de collège. Fournir deux années de collège communautaire à aucun coût pour chaque étudiant responsable est l’une des meilleures façons de faire cela, et je vais continuer à me battre pour obtenir cela en commençant cette année.
Bien sûr, une bonne éducation n’est pas tout ce dont nous avons besoin dans cette nouvelle économie. Nous devons aussi les avantages et les protections qui fournissent une mesure de sécurité de base. Après tout, il n’y a pas beaucoup de dire que certaines des seules personnes en Amérique qui vont travailler le même travail, au même endroit, avec un package de santé et de retraite, pendant 30 ans, sont assis dans cette chambre. Pour tous les autres, en particulier les gens dans la quarantaine et la cinquantaine, l’épargne pour la retraite ou rebondissant d’une perte d’emploi c’est beaucoup plus difficile. Aux Américains de comprendre qu’à un certain moment de leur carrière, ils peuvent avoir à se rééquiper et se recycler. Mais ils ne doivent pas perdre ce qu’ils ont déjà travaillé si dur à construire.
Voilà pourquoi la sécurité sociale et l’assurance-maladie sont plus importants que jamais; nous ne devrions pas les affaiblir, nous devrions les renforcer. Et pour les Américains à court de retraite, les prestations de base devraient être tout aussi mobiles que tout le reste aujourd’hui. Voilà ce que l’Affordable Care Act représente. Il s’agit de combler les lacunes dans les soins par l’employeur de sorte que lorsque nous perdons un emploi ou si on retourne à l’école, de démarrer cette nouvelle activité, nous aurons encore la couverture. Près de dix-huit millions ont acquis la couverture jusqu’ici. L’inflation des soins de santé  a ralenti. Et nos entreprises ont créé des emplois chaque mois depuis que c’est devenu loi.

Maintenant, je devine que nous ne serons pas d’accord sur les soins de santé de sitôt. Mais il devrait y avoir d’autres façons pour les deux parties d’améliorer la sécurité économique. Dites un travailleur perd son emploi américain – nous ne devrions pas faire en sorte qu’il puisse obtenir l’assurance-chômage; nous devons nous assurer que le programme l’encourage à se recycler pour une entreprise qui est prête à l’embaucher. Si ce nouvel emploi ne paie pas autant, il devrait y avoir un système d’assurance de salaire en place de sorte qu’il peut encore payer ses factures. Et même s’il va d’un emploi à un autre, il devrait encore être en mesure d’épargner pour la retraite et de prendre ses économies avec lui. Voilà la façon dont nous faisons au mieux, travail pour tout le monde la nouvelle économie.
Je sais aussi le Président Ryan a parlé de son intérêt dans la lutte contre la pauvreté. L’Amérique c’est de donner un coup de main à tous prêts à travailler , et je serais heureux d’une discussion sérieuse sur les stratégies que nous pouvons tous à appuyer, comme l’expansion des réductions d’impôt pour les travailleurs à faible revenu sans enfants.
Mais il y a d’autres domaines où il a été plus difficile de trouver un accord au cours des sept dernières années – à savoir quel rôle le gouvernement devrait jouer pour assurer le système pas truqué en faveur des sociétés les plus riches et les plus grands. Et ici, le peuple américain a un choix à faire.
Je crois à un secteur privé florissant l’élément vital de notre économie. Je pense qu’il y a des règlements désuets qui ont besoin d’être changés, et il y a la paperasserie qui doit être coupée. Mais après des années de bénéfices des sociétés records, les familles de travailleurs n’auront pas obtenu plus de chances ou de grands chèques de paie en laissant de grandes banques ou des fonds de gros de pétrole ou de hedge funds qui font leurs propres règles au détriment de tout le monde; ou en permettant que des attaques sur la négociation collective restent sans réponse. Les bénéficiaires de bons d’alimentation n’ont pas causé la crise financière; l’imprudence de Wall Street l’a fait. Les immigrants ne sont pas la raison de la hausse des salaires ; ces décisions sont prises dans les conseils d’administration qui mettent trop souvent des résultats trimestriels plus que rendements à long terme. Il est sûr que ce n’est pas la famille moyenne qui regarde ce soir qui évite de payer des impôts à travers des comptes offshore. Dans cette nouvelle économie, les travailleurs et les start-ups et les petites entreprises ont besoin de plus d’une voix, pas moins. Les règles devraient travailler pour eux. Et cette année, je prévois de lever les nombreuses entreprises qui ont compris que faire le droit par leurs travailleurs finit par être bon pour leurs actionnaires,  leurs clients et leurs collectivités, de sorte que nous pouvons diffuser ces meilleures pratiques à travers l’Amérique.
En fait, beaucoup de nos meilleures entreprises citoyennes sont aussi nos plus créatives. Cela nous amène à la deuxième grande question que nous devons répondre en tant que pays : comment pouvons-nous raviver cet esprit d’innovation pour répondre à nos plus grands défis ?
Il y a soixante ans, quand les Russes nous ont battus dans l’espace, nous ne niions pas que Spoutnik était là-haut. Nous ne disputions pas sur la science, ou aller à réduire notre budget de recherche et développement. Nous avons construit un programme spatial presque toute la nuit, et douze ans plus tard, nous marchions sur la lune.
Cet esprit de découverte est dans notre ADN. Nous sommes Thomas Edison et Carver les frères Wright et George Washington. Nous sommes Grace Hopper et Katherine Johnson et Sally Ride. Nous sommes tous les immigrants et entrepreneurs de Boston à Austin à la Silicon Valley dans la course à façonner un monde meilleur. Et au cours des sept dernières années, nous avons nourri cet esprit.
Nous avons protégé un internet ouvert, et pris de nouvelles mesures audacieuses pour obtenir plus d’étudiants et les Américains à faible revenu en ligne. Nous avons lancé des  centres de fabrication de la prochaine génération, et des outils en ligne qui donnent à un entrepreneur tout ce qu’il ou elle a besoin pour démarrer une entreprise en une seule journée.
Mais nous pouvons faire beaucoup plus. L’année dernière, le vice-président Biden a déclaré que, avec une nouvelle moonshot, l’Amérique ne peut guérir le cancer. Le mois dernier, il a travaillé avec le Congrès pour donner des scientifiques des National Institutes of Health des ressources les plus fortes qu’ils aient eues depuis plus d’une décennie. Ce soir, je vais annoncer une nouvelle initiative nationale pour le faire. Et parce qu’il est allé au charbon pour nous tous, sur tant de questions au cours des quarante dernières années, je suis en train de mettre Joe en charge du contrôle de la mission. Pour les proches, nous avons tous perdu, pour la famille, nous pouvons encore sauver, nous allons faire de l’Amérique le pays qui guérit le cancer une fois pour toutes.
La recherche médicale est critique. Nous avons besoin du même niveau d’engagement en matière de développement de sources d’énergie propre.
Regardez, si quelqu’un veut encore contester la science dans le changement climatique, … Vous serez assez solitaire, parce que vous serez à vous débatter contre nos militaires, la plupart de l’Amérique des chefs d’entreprise, la majorité du peuple américain, la quasi-totalité de la communauté scientifique, et 200 pays à travers le monde qui sont d’accord que c’est un problème et qui tentent de le résoudre.

Mais même si la planète n’était pas en jeu; même si 2014 n’avait pas été l’année la plus chaude enregistrée – jusqu’en 2015 avérée encore plus chaud – pourquoi voudrions-nous laisser passer la chance pour les entreprises américaines de produire et vendre l’énergie de l’avenir?
Il y a sept ans, nous avons fait le plus gros investissement dans l’énergie propre dans notre histoire. Voici les résultats. Dans les champs de l’Iowa au Texas, l’énergie éolienne est maintenant moins chère que sale, puissance conventionnelle. Sur les toits de l’Arizona à New York, l’énergie solaire aide des Américains à sauver des dizaines de millions  de dollars par an sur leurs factures d’énergie, et emploie plus d’Américains que le charbon – dans des emplois qui paient mieux que la moyenne. Nous prenons des mesures pour donner aux propriétaires la liberté de produire et de conserver leur propre énergie – quelque chose écologiste et Tea Partiers se sont associés pour soutenir. Pendant ce temps, nous avons réduit nos importations de pétrole étranger de près de soixante pour cent, et réduirt la pollution de carbone de plus que tout autre pays sur Terre.
l’essence à moins de deux dollars par gallon c’est pas mal non plus.

Maintenant, nous devons accélérer la transition loin de l’énergie sale. Plutôt que de subventionner le passé, nous devons investir dans l’avenir – en particulier dans les communautés qui dépendent des combustibles fossiles. Voilà pourquoi je vais pousser à changer la façon dont nous gérons nos ressources de pétrole et de charbon, afin qu’ils reflètent mieux les coûts qu’ils imposent aux contribuables et de notre planète. De cette façon, nous avons mis de l’argent dans ces communautés et de mettre des dizaines de milliers d’Américains à travailler à la construction d’un système de transport du 21e siècle.
Rien de tout cela ne se produira du jour au lendemain, et oui, il ya beaucoup d’intérêts bien établis qui veulent protéger le statu quo. Mais les emplois, nous allons créer, l’argent que nous allons économiser, et la planète nous allons préserver – voilà le genre d’avenir à nos enfants et petits-enfants méritent.
Le changement climatique est l’une des nombreuses questions où notre sécurité est liée au reste du monde. Et voilà pourquoi la troisième grande question que nous devons répondre est de savoir comment garder l’Amérique sûre et forte sans que ni nous isoler ou d’essayer de nation-construction partout il ya un problème.
Je vous ai dit plus tôt tous les discours sur le déclin économique de l’Amérique est de l’air chaud politique. Eh bien, il en est pareil de toute la rhétorique d’entendre parler que nos ennemis deviennent plus forts et que l’Amérique est en train de devenir plus faible. Les Etats-Unis d’Amérique est la nation la plus puissante de la Terre. Point final. Ce n’ est même pas proche. Nous dépensons plus sur nos militaires que les huit pays suivants combinés. Nos troupes sont la force de combat la plus belle dans l’histoire du monde. Aucune nation n’ose nous défier ou nos alliés attaquer parce qu’ils savent que le chemin est vers la ruine. Les enquêtes montrent notre position dans le monde est plus élevée que lorsque je fus élu à ce poste, et quand il vient à chaque question internationale importante, les gens du monde ne regardent pas à Pékin ou Moscou  – ils nous appellent.
Comme quelqu’un qui commence chaque journée par un briefing sur le renseignement, je sais que cela est un moment dangereux. Mais cela ne cause de la puissance américaine diminution ou une superpuissance imminente. Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes moins menacés par les empires du mal et plus par les Etats défaillants. Le Moyen-Orient passe par une transformation qui va se jouer pour une génération, enracinée dans les conflits qui remontent à des millénaires. Les difficultés économiques soufflent d’une économie chinoise en transition. Même que leurs contrats de l’économie, la Russie verse des ressources pour soutenir l’Ukraine et la Syrie – Unis qu’ils voient glisser hors de leur orbite. Et le système international que nous avons construit après la Seconde Guerre mondiale a maintenant du mal à suivre le rythme de cette nouvelle réalité.
Il est à nous pour aider à refaire ce système. Et cela signifie que nous devons établir des priorités.
La priorité numéro un est de protéger le peuple américain et aller après les réseaux terroristes. Les deux d’Al-Qaïda et maintenant ISIL posent une menace directe pour notre peuple, parce que dans le monde d’aujourd’hui, même une poignée de terroristes qui ne donnent aucune valeur à la vie humaine, y compris leur propre vie, peut faire beaucoup de dégâts. Ils utilisent l’Internet pour empoisonner l’esprit des individus à l’intérieur de notre pays; ils sapent nos alliés.
Mais comme nous nous concentrons sur la destruction ISIL, over-the-top on affirme que cela est la troisième guerre mondiale qui vient jouer dans leurs mains. Messes de combattants à l’arrière de camionnettes et âmes tordues traçage dans des appartements ou des garages posent un énorme danger pour les civils et doivent être arrêtés. Mais ils ne menacent pas notre existence nationale. Voilà ce que l’histoire ISIL veut dire; Voilà le genre de propagande qu’ils utilisent pour recruter. Nous ne devons pas les faire augmenter pour montrer que nous sommes sérieux, et nous ne devons repousser nos alliés essentiels dans ce combat en faisant l’écho  du mensonge que ISIL est représentant d’une des plus grandes religions du monde. Nous avons juste besoin de les appeler ce qu’ils sont – des tueurs et des fanatiques qui doivent être extirpés, traqués et détruits.
Voilà exactement ce que nous faisons. Pendant plus d’un an, l’Amérique a mené une coalition de plus de 60 pays pour couper le financement de ISIL, perturber leurs parcelles, arrêter le flux de combattants terroristes et éradiquer leur idéologie vicieuse. Avec près de 10 000 frappes aériennes, nous prenons leur leadership, leur pétrole, leurs camps d’entraînement, et leurs armes. Nous formons, l’armement, et de soutenir les forces qui vont régulièrement récupéer ses territoires en Irak et la Syrie.
Si ce Congrès est sérieux au sujet de gagner cette guerre, et veut envoyer un message à nos troupes et au monde, vous devriez enfin autoriser l’usage de la force militaire contre ISIL. Prenez un vote. Mais le peuple américain doit savoir que, avec ou sans action du Congrès, ISIL va apprendre les mêmes leçons que les terroristes avant eux. Si vous doutez de l’engagement de l’Amérique – ou du mien – de voir que justice soit faite, demander à Oussama ben Laden. Demandez au chef d’Al-Qaïda au Yémen, qui a été pris l’an dernier, ou l’auteur des attaques de Benghazi, qui se trouve dans une cellule de prison. Quand vous venez après les Américains, nous allons après vous. Cela peut prendre du temps, mais nous avons la mémoire longue, et notre portée n’a pas de limite.
Notre politique étrangère doit être axée sur la menace de ISIL et al-Qaïda, mais elle ne peut pas s’arrêter là. Car même sans ISIL, l’instabilité continuera pendant des décennies dans de nombreuses parties du monde – dans le Moyen-Orient, en Afghanistan et au Pakistan, dans certaines parties de l’Amérique centrale, en Afrique et en Asie. Certains de ces endroits peuvent devenir des refuges pour les nouveaux réseaux terroristes; d’autres seront victimes de conflit ethnique, ou la faim, nourrir la prochaine vague de réfugiés. Le monde se tournent vers nous pour aider à résoudre ces problèmes, et notre réponse doit être plus que de parler dur ou des appels aux civils tapis de bombes. Cela peut fonctionner comme une morsure sonore du téléviseur, mais il ne passe pas de rassemblement sur la scène mondiale.

Nous ne pouvons pas essayer de prendre le relais et de reconstruire tous les pays qui tombent dans la crise. Cela ne se veut pas le leadership; qui est une recette pour un bourbier, déversant du sang américain et le trésor qui nous affaiblit finalement. C’ est la leçon du Vietnam, de l’Irak – et nous devrions avoir appris par l’entreprise.
Heureusement, il y a une approche plus intelligente, une stratégie patiente et disciplinée qui utilise tous les éléments de notre puissance nationale. Il dit l’Amérique agira toujours, seule si nécessaire, pour protéger notre peuple et nos alliés; mais sur des questions d’intérêt mondial, nous allons mobiliser le monde pour travailler avec nous, et assurez-vous que les autres pays tirent leur propre poids.
Voilà notre approche de conflits comme la Syrie, où nous travaillons en partenariat avec les forces locales et conduisant efforts internationaux pour aider cette société brisée à poursuivre une paix durable.
Voilà pourquoi nous avons construit une coalition mondiale, avec des sanctions et la diplomatie de principe, pour empêcher un Iran nucléaire. Alors que nous parlons, l’Iran a roulé en arrière de son programme nucléaire, expédié ses stocks d’uranium, et le monde a évité une autre guerre.
Voilà comment nous nous sommes arrêtés la propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest. Notre armée, nos médecins et nos travailleurs de développement mis en place la plate-forme qui a permis à d’autres pays à se joindre à éradiquer cette épidémie.
Voilà comment nous avons noué un partenariat Trans-Pacifique à ouvrir les marchés, protéger les travailleurs et l’environnement, et de faire progresser le leadership américain en Asie. Il coupe 18.000 taxes sur les produits Made in America, et prend en charge plus de bons emplois. Avec PPT, la Chine ne définit pas les règles dans cette région, ce que nous faisons. Vous voulez montrer notre force dans ce siècle ? Approuver cet accord. Donnez-nous les outils pour le faire respecter.
Cinquante ans d’isolement de Cuba ont échoué à promouvoir la démocratie, nous mettant de retour en Amérique latine. Voilà pourquoi nous avons rétabli des relations diplomatiques, a ouvert la porte de voyager et de commerce, et nous sommes positionnés pour améliorer la vie du peuple cubain. Vous souhaitez consolider notre leadership et la crédibilité dans l’hémisphère ? Reconnaître que la guerre froide est terminée. Levez l’embargo.
Le leadership américain dans le 21e siècle n’est pas un choix entre ignorer le reste du monde – sauf quand nous tuons les terroristes; ou l’occupation et la reconstruction de ce que la société se délite. Leadership signifie une application judicieuse de la puissance militaire, et de rallier le monde derrière les causes qui sont droites. Cela signifie voir notre aide à l’étranger dans le cadre de notre sécurité nationale, pas la charité. Lorsque nous menons près de 200 nations à l’accord le plus ambitieux de l’histoire à lutter contre le changement climatique – qui aide les pays vulnérables, mais il protège aussi nos enfants. Lorsque nous aidons l’Ukraine à défendre sa démocratie, ou la Colombie à résoudre une guerre longue de plusieurs décennies, qui renforce l’ordre international nous dépendons. Lorsque nous aidons les pays africains à nourrir leur population et de soins pour les malades, qui empêche la prochaine pandémie d’atteindre nos côtes. En ce moment, nous sommes sur la bonne voie pour mettre fin au fléau du VIH / sida, et nous avons la capacité d’accomplir la même chose avec le paludisme – quelque chose que je vais poussais ce Congrès pour financer cette année.
Voilà la force. Voilà leadership. Et ce genre de leadership dépend de la puissance de notre exemple. Voilà pourquoi je vais continuer à travailler pour fermer la prison de Guantanamo: il est coûteux, il est inutile, et il ne sert que d’une brochure de recrutement pour nos ennemis.
Voilà pourquoi nous devons rejeter toute politique qui vise les personnes en raison de la race ou de la religion. Ce ne sont pas une question de rectitude politique. Il est une question de comprendre ce qui nous rend forts. Le monde nous respecte pas seulement pour notre arsenal; il nous respecte pour notre diversité et notre ouverture et de la façon dont nous respectons toutes les religions. Sa Sainteté, François, dit ce corps de l’endroit même je me tiens ce soir que « d’imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est le meilleur moyen de prendre leur place. » Quand les politiciens insulte les musulmans, quand une mosquée est vandalisée, ou un enfant victime d’intimidation, qui ne nous rend pas plus sûr. Cela ne la raconte comme il est. Il est tout simplement faux. Il nous diminue dans les yeux du monde. Il rend plus difficile à atteindre nos objectifs. Et il trahit qui nous sommes en tant que pays.
« Nous le peuple. »
Notre Constitution commence par ces trois mots simples, des mots que nous avons appris à reconnaître signifient toutes les personnes, pas seulement certains; mots qui insistent pour que nous ascension et la chute ensemble. Cela me amène à la quatrième, et peut-être la chose la plus importante que je veux dire ce soir.
L’avenir que nous voulons – possibilités et la sécurité pour nos familles; une progression du niveau de vie et, une planète pacifique durable pour nos enfants – tout ce qui est à notre portée. Mais il ne se produira que si nous travaillons ensemble. Il ne se produira que si nous pouvons avoir des débats constructifs, rationnels.
Il ne se produira que si nous fixons notre politique.
Une meilleure politique ne signifie pas que nous avons d’accord sur tout. Ceci est un grand pays, avec différentes régions et les attitudes et les intérêts. Voilà une de nos forces, aussi. Nos fondateurs distribués pouvoir entre les Etats et les branches du gouvernement, et nous attend pour faire valoir, tout comme ils l’ont fait, au cours de la taille et la forme du gouvernement, sur le commerce et les relations étrangères, sur le sens de la liberté et les impératifs de sécurité.
Mais la démocratie exige obligations de base de la confiance entre ses citoyens. Il ne fonctionne pas si nous pensons que les gens qui sont en désaccord avec nous sont tous motivés par la malveillance, ou que nos adversaires politiques sont antipatriotiques. Démocratie enraye sans volonté de compromis; ou quand même des faits fondamentaux sont contestés, et nous écoutent qu’à ceux qui sont d’accord avec nous. Notre vie publique flétrit lorsque seules les voix les plus extrêmes attirer l’attention. La plupart de tous, la démocratie tombe en panne lorsque la personne moyenne se sent leur voix n’a pas d’importance; que le système est truqué en faveur de la riche ou puissant ou un certain intérêt étroit.
Trop nombreux Américains se sentent de cette façon en ce moment. Il est l’un des quelques regrets de ma présidence – que la rancœur et de méfiance entre les parties a empiré au lieu de mieux. Il ne fait aucun doute un président avec les dons de Lincoln ou Roosevelt pourrait avoir mieux comblé le fossé, et je vous garantis que je vais continuer à essayer de mieux tant que je tiens ce bureau.
Mais, mes chers compatriotes, ce ne peut pas être ma tâche – ou tout président de – seul. Il ya un tas de gens dans cette enceinte qui aimeraient voir plus de coopération, un débat plus élevée à Washington, mais se sentent piégés par les exigences de se faire élire. Je sais; vous me l’avez dit. Et si nous voulons une meilleure politique, il ne suffit pas de simplement changer un député ou d’un sénateur ou même un président; nous devons changer le système afin de refléter nos meilleures mêmes.
Nous devons mettre fin à la pratique du dessin nos districts du Congrès afin que les politiciens peuvent choisir leurs électeurs, et non l’inverse. Nous devons réduire l’influence de l’argent dans notre politique, de sorte que d’une poignée de familles et intérêts cachés ne peut pas financer nos élections – et si notre approche actuelle de financement de la campagne ne peut pas passer rassemblement devant les tribunaux, nous avons besoin de travailler ensemble de trouver une vraie solution. Nous devons rendre le vote plus facile, pas plus dur, et le moderniser pour la façon dont nous vivons aujourd’hui. Et au cours de cette année, je me propose de parcourir le pays pour promouvoir des réformes qui le font.
Mais je ne peux pas faire ces choses sur mon propre. Des changements dans notre processus politique – dans non seulement qui est élu, mais la façon dont ils sont élus – qui ne se produira que lorsque les Américains l’exigent. Il dépendra de vous. Voilà ce qui signifiait par un gouvernement de, par et pour le peuple.
Qu’est-ce que je demande est difficile. Il est plus facile d’être cynique; à accepter que le changement est impossible, et la politique est sans espoir, et de croire que nos voix et les actions ne comptent pas. Mais si nous abandonnons maintenant, alors que nous abandonnons un avenir meilleur. Ceux qui ont de l’argent et le pouvoir aura un plus grand contrôle sur les décisions qui pourraient envoyer un jeune soldat à la guerre, ou permettre à un autre désastre économique, ou reculer l’égalité des droits et des droits de vote que des générations d’Américains ont combattu, même morts, à sécuriser. Comme la frustration grandit, il y aura des voix qui nous exhortent à se replier en tribus, bouc émissaire concitoyens qui ne nous ressemblent pas, ou de prier comme nous, ou voter comme nous le faisons, ou de partager le même fond.
Nous ne pouvons pas aller dans cette voie. Il ne livrera pas l’économie que nous voulons, ou la sécurité que nous voulons, mais la plupart de tous, il contredit tout ce qui fait l’envie du monde.
Donc, mon compagnon Américains, tout ce que vous pouvez croire, si vous préférez un parti ou d’aucun parti, notre avenir collectif dépend de votre volonté de respecter vos obligations en tant que citoyen. Voter. Pour parler. Pour se lever pour d’autres, en particulier les faibles, en particulier les plus vulnérables, sachant que chacun de nous est ici seulement parce que quelqu’un, quelque part, se leva pour nous. Pour rester actif dans notre vie publique de sorte qu’il reflète la bonté et de la décence et d’optimisme que je vois dans le peuple américain chaque jour.
Ce ne sera pas facile. Notre marque de la démocratie est difficile. Mais je peux vous promettre que dans un an à partir de maintenant, quand je ne tiens plus ce bureau, je serai là avec vous en tant que citoyen – inspiré par ces voix de l’équité et de la vision, de courage et de bonne humeur et de gentillesse qui ont aidé l’Amérique voyager si loin. Voix qui nous aident à nous voyons pas en premier lieu comme noir ou blanc ou asiatique ou latino, non pas comme gay ou hétéro, immigrant ou nées; pas tant que démocrates ou républicains, mais en tant que premier Américains, liés par une croyance commune. La Voix du Dr King aurait cru avoir le dernier mot – voix de la vérité désarmée et l’amour inconditionnel.
Ils sont là, ces voix. Ils ne reçoivent pas beaucoup d’attention, ils ne sollicitent pas, mais ils sont en train de faire le travail ce pays a besoin de faire.
Je les vois partout où je voyage dans cet incroyable pays qu’est le nôtre. Je te vois. Je sais que vous êtes là. Vous êtes la raison pour laquelle je dois tels incroyable confiance en notre avenir. Parce que je vois votre calme, la citoyenneté solide tout le temps.
Je le vois dans le travailleur sur la ligne d’assemblage qui a réussi quarts de travail supplémentaires pour garder son entreprise ouverte, et le patron qui lui verse des salaires plus élevés pour le garder à bord.
Je le vois dans le Rêveur qui reste jusqu’à la fin pour terminer son projet de science, et l’enseignant qui vient au début parce qu’il sait qu’elle pourrait un jour guérir une maladie.
Je le vois dans l’américain qui a servi son temps, et rêve de partir sur – et le propriétaire de l’entreprise qui lui donne une deuxième chance. Le manifestant déterminé à prouver que les questions de justice, et le jeune flic marchant le rythme, traiter tout le monde avec respect, faire le brave, le travail calme de nous protéger.
Je le vois dans le soldat qui donne presque tout pour sauver ses frères, l’infirmière qui tend à lui ’til il peut courir un marathon, et la communauté qui aligne pour l’encourager.
Il est le fils qui trouve le courage de sortir de qui il est, et le père dont l’amour pour ce fils l’emporte sur tout ce qu’il a été enseigné.
Je le vois dans la femme âgée qui va attendre en ligne pour jeter son vote tant qu’elle doit; le nouveau citoyen qui lui jette pour la première fois; les bénévoles dans les urnes qui croient que chaque vote doit compter, parce que chacun d’entre eux de différentes manières savent combien ce droit précieux vaut.
Voilà l’Amérique que je connais. Voilà le pays que nous aimons. Lucide. Grand coeur. Optimiste que la vérité désarmée et l’amour inconditionnel auront le dernier mot. Voilà ce qui me rend si optimiste sur notre avenir. À cause de toi. Je crois en toi. Voilà pourquoi je suis ici convaincu que l’état de notre Union est forte.
Merci, que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique.


René Girard: L’Angleterre victorienne vaut donc les sociétés archaïques (Only in America: René is, like Tocqueville, a great French thinker who could yet nowhere exist but in the United States)

5 novembre, 2015
GirardPassion

Nul n’est prophète en son pays. Jésus

Écris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles. Jean (Apocalypse 1: 19)
Que signifie donc ce qui est écrit: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle? Jésus (Luc 20: 17)
Soyez fils de votre Père qui est dans les cieux (qui) fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et (…) pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Jésus (Matthieu 5: 45)
Il n’y a pas en littérature de beaux sujets d’art et (…) Yvetot donc vaut Constantinople. Gustave Flaubert
I’ve said this for years: The best analogy for what René represents in anthropology and sociology is Heinrich Schliemann, who took Homer under his arm and discovered Troy. René had the same blind faith that the literary text held the literal truth. Like Schliemann, his major discovery was excoriated for using the wrong methods. Academic disciplines are more committed to methodology than truth. Robert Pogue Harrison (Stanford)
René would never have experienced such a career in France. Such a free work could indeed only appear in America. That is why René is, like Tocqueville, a great French thinker and a great French moralist who could yet nowhere exist but in the United States. René ‘discovered America’ in every sense of the word: He made the United States his second country, he made there fundamental discoveries, he is a pure ‘product’ of the Franco-American relationship, he finally revealed the face of an universal – and not an imperial – America. Benoît Chantre
Il était mondialement reconnu mais ne le fut jamais vraiment en France – même s’il était membre de l’Académie Française. Il était trop archaïque pour les modernes, trop littéraire pour les philosophes, pas assez à la mode pour l’intelligentsia dominante et même trop chrétien pour un grand nombre – y compris certaines instances catholiques. S’il est reconnu (l’est et le sera de plus en plus), il l’a été contre l’époque, contre les pensées dominantes, contre les institutions en place, contre les médias. En France, il fut un marginal, un intellectuel qualifié «d’original» pour mieux le laisser en dehors de l’université quand, en elle, le règne des structures et du marxisme écrasait tout le reste. Pour avoir fait toute sa carrière universitaire aux Etats-Unis, à Stanford en particulier ; pour ne s’être rangé sous le drapeau d’aucunes des modes intellectuelles germanopratines, qu’elle soit structuraliste, sartrienne, foucaldienne, maoïste, deleuzienne ou autres ; Pour s’être intéressé, trente ans avant Régis Debray, au «fait religieux» quand il était encore classé dans l’enfer de la superstition ; pour avoir osé se dire «chrétien» – crime de lèse modernité – ce qui, aux yeux de nos maîtres à penser (et donc à excommunier), lui retirait toute légitimité scientifique ; pour n’avoir pas, ou peu, de relais en France (même s’il était devenu, sur le tard, membre de l’Académie française) alors qu’il est traduit en plus de vingt-cinq langues ; Pour toutes ces raisons et bien d’autres, René Girard fut à part dans le paysage intellectuel hexagonal. Damien Le Guay
Nous qui faisions les malins avec notre tradition, nous qui moquions la ringardise de nos pères, découvrions en lisant Girard que ce vieux livre poussiéreux, la Bible, était encore à lire. Qu’elle nous comprenait infiniment mieux que nous ne la comprenions. Ce que Girard nous a donné à lire, ce n’est rien moins que le monde commun des classiques de la France catholique, de l’Europe chrétienne, celui dont nous avions hérité mais que nous laissions lui aussi prendre la poussière dans un coin du bazar mondialisé. Nous pouvions grâce à lui nous plonger dans les livres de nos pères et y trouver une merveilleuse intelligence du monde. Avec lui, nous nous découvrions tout uniment fils de nos pères, français et catholiques. Car ce que nous apprend René Girard, c’est que nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, que nous avons pour vivre et exister besoin du désir des autres, que nous ne sommes pas ces être libres et sans attaches que les catastrophes du XXe siècle auraient fait de nous. « C’est un garçon sans importance collective, c’est tout juste un individu. » Cette phrase de Céline qui m’a longtemps trotté dans la tête adolescent était tout un programme. Elle plaisait beaucoup à Sartre qui l’a mise en exergue de La Nausée. Elle donnait à la foule des pékins moyens dans mon genre une image très avantageuse d’eux-mêmes, au moment de l’effondrement des grands récits. Nous n’appartenions à rien ni à personne. Nous étions seulement nous-mêmes, libres et incréés. La lecture attentive de Girard balaye ces prétentions infantiles, qui pourtant structurent encore la psyché de l’Occident. Non, nous ne sommes pas à nous-mêmes nos propres pères. Non, nous ne sommes pas libres et possesseurs de nos désirs. Comme le dit l’Eglise depuis toujours, nous naissons esclaves de nos péchés, de notre désir dit Girard, et seul le Dieu de nos pères peut nous en libérer.  Prouver cette vérité constitue toute l’ambition intellectuelle de Girard, une vérité bien particulière puisqu’elle appartient à la fois à l’ordre de la science et à celui de la spiritualité. (…) Or, pour avoir raison aujourd’hui, pour gagner la compétition médiatique, il faut s’affirmer victime de la violence du monde, de l’Etat, du groupe. « Le monde moderne est plein de vertus chrétiennes devenues folles » disait Chesterton, un auteur selon le goût de René Girard. À quelques heureuses exceptions près, l’université s’est pendant longtemps gardée de se pencher sérieusement sur l’œuvre d’un penseur que son catholicisme de mieux en mieux assumé rendait de plus en plus hérétique. Cependant, à court de concept opératoire pour penser le réel, la sociologie a aujourd’hui recours jusqu’à la nausée (qui lui vient facilement) au concept du bouc émissaire pour expliquer à peu près tout et son contraire : la façon dont on traite la religion musulmane et la condition féminine en Occident par exemple. Typiquement, le girardien sans christianisme, cet oxymoron  qui prolifère aujourd’hui, s’efforce de découvrir la violence, les boucs émissaires et le ressentiment partout, sauf là où cela ferait vraiment une différence, la seule différence qui tienne, c’est-à-dire en lui-même. C’est ainsi que les bien-pensants passent leur temps à dénoncer le racisme dégoutant du bas-peuple de France sans paraître voir le racisme de classe dont ils font preuve à cette occasion.  Ce girardisme sans christianisme est le pire des contresens d’un monde qui pourtant n’en est pas avare : le monde post-moderne est plein de concepts girardiens devenus fous. Emmanuel Dubois de Prisque
Il n’y a que l’Occident chrétien qui ait jamais trouvé la perspective et ce réalisme photographique dont on dit tant de mal: c’est également lui qui a inventé les caméras. Jamais les autres univers n’ont découvert ça. Un chercheur qui travaille dans ce domaine me faisait remarquer que, dans le trompe l’oeil occidental, tous les objets sont déformés d’après les mêmes principes par rapport à la lumière et à l’espace: c’est l’équivalent pictural du Dieu qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes comme sur les injustes. On cesse de représenter en grand les gens importants socialement et en petit les autres. C’est l’égalité absolue dans la perception. René Girard
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est vraiment unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. René Girard
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Je crois que les intellectuels sont même fréquemment moins clairvoyants que la foule car leur désir de se distinguer les pousse à se précipiter vers l’absurdité à la mode alors que l’individu moyen devine le plus souvent, mais pas toujours, que la mode déteste le bon sens. (…)  dans notre univers médiatique, chacun se choisit un rôle dans une pièce de théâtre écrite par quelqu’un d’autre. Cette pièce tient l’affiche pendant un certain temps et tous les jours chacun la rejoue consciencieusement dans la presse, à la télévision et dans les conversations mondaines. Et puis, un beau jour, en très peu de temps, on passe à autre chose de tout aussi stéréotypé, car mimétique toujours. Le répertoire change souvent, en somme, mais il y a toujours un répertoire. (…) Il y a une dissidence qui est pur esprit de contradiction, un désir mimétique redoublé et inversé, mais il y a aussi une dissidence réelle, héroïque et proprement géniale, devant laquelle il convient de s’incliner. Pensez à la «dissidence» d’Antigone dans la pièce de Sophocle, par exemple! Je ne prétends pas expliquer Soljénitsyne par le désir mimétique. (…) Notre univers mental nous paraît constitué essentiellement de valeurs positives auxquelles nous adhérons librement, parce qu’elles sont justes, raisonnables, vraies. L’envers de tout cela au sein des cultures les plus diverses repose sur l’expulsion de certaines victimes et l’exécration des «valeurs» qui leur sont associées. Les valeurs positives sont l’envers de cette exécration. Dans la mesure où cette exécration «structure» notre vision du monde, elle joue donc elle aussi un rôle très important. (…) Il est bien évident que nos descendants, en regardant notre époque, y repèreront un même type d’uniformité, de conformisme et d’aveuglement que nous découvrons dans les époques passées. Bien des choses qui nous paraissent aujourd’hui comme des évidences indubitables leur paraîtront proches de la superstition collective. A mes yeux, la «conversion» consiste justement à prendre conscience de cela. A s’arracher à ces adhérences inconscientes. C’est d’ailleurs un premier pas vers la modestie… René Girard
Dans tout l’Occident, d’ailleurs, la confusion systématique entre le message chrétien et l’institution cléricale persiste en dépit de tout ce qui devrait la faire cesser. Depuis le XVIIe siècle, l’Eglise catholique a perdu non seulement tout ce qu’il lui restait de pouvoir temporel mais la plupart de ses fidèles, et aussi son clergé, qui, en dehors d’exceptions remarquables, est au-dessous de zéro, aux Etats-Unis notamment, pourri de contestations puériles, ivre de conformisme antireligieux. Les anticatholiques militants ne semblent rien voir de tout cela. Ils sont plus croyants, au fond, que leurs adversaires et ils voient plus loin qu’eux, peut-être. Ils voient que l’effondrement de toutes les utopies antichrétiennes, plus la montée de l’islam, plus tous les bouleversements à venir, va forcément, dans un avenir proche, transformer de fond en comble notre vision du christianisme. (…) Ce qui est sûr, c’est qu’en exilant le religieux dans une espèce de ghetto, comme notre conception de la laïcité tend à le faire, on s’interdit de comprendre. On appauvrit tout à la fois la religion et la recherche non religieuse. René Girard
Je suis personnellement convaincu que les écrivains occidentaux majeurs, qu’ils soient ou non chrétiens, des tragiques grecs à Dante, de Shakespeare à Cervantès ou Pascal et jusqu’aux grands romanciers et poètes de notre époque, sont plus pertinents pour comprendre le drame de la modernité que tous nos philosophes et tous nos savants. René Girard
On n’arrive plus à faire la différence entre le terrorisme révolutionnaire et le fou qui tire dans la foule. L’humanité se prépare à entrer dans l’insensé complet. C’est peut-être nécessaire. Le terrorisme oblige l’homme occidental à mesurer le chemin parcouru depuis deux mille ans. Certaines formes de violence nous apparaissent aujourd’hui intolérables. On n’accepterait plus Samson secouant les piliers du Temple et périr en tuant tout le monde avec lui. Notre contradiction fondamentale, c’est que nous sommes les bénéficiaires du christianisme dans notre rapport à la violence et que nous l’avons abandonné sans comprendre que nous étions ses tributaires. René Girard
People are against my theory, because it is at the same time an avant-garde and a Christian theory. The avant-garde people are anti-Christian, and many of the Christians are anti-avant-garde. Even the Christians have been very distrustful of me. René Girard
Theories are expendable. They should be criticized. When people tell me my work is too systematic, I say, ‘I make it as systematic as possible for you to be able to prove it wrong. René Girard
Pour restituer à la crucifixion sa puissance de scandale, il suffit de la filmer telle quelle, sans rien y ajouter, sans rien en retrancher. Mel Gibson a-t-il réalisé ce programme jusqu’au bout? Pas complètement sans doute, mais il en a fait suffisamment pour épouvanter tous les conformismes. (…) Les récits de la Passion contiennent plus de détails concrets que toutes les œuvres savantes de l’époque. Ils représentent un premier pas en avant vers le toujours plus de réalisme qui définit le dynamisme essentiel de notre culture dans ses époques de grande vitalité. Le premier moteur du réalisme, c’est le désir de nourrir la méditation religieuse qui est essentiellement une méditation sur la Passion du Christ. En enseignant le mépris du réalisme et du réel lui-même, l’esthétique moderne a complètement faussé l’interprétation de l’art occidental. Elle a inventé, entre l’esthétique d’un côté, le technique et le scientifique de l’autre, une séparation qui n’a commencé à exister qu’avec le modernisme, lequel n’est peut-être qu’une appellation flatteuse de notre décadence. La volonté de faire vrai, de peindre les choses comme si on y était a toujours triomphé auparavant et, pendant des siècles, elle a produit des chefs-d’oeuvre dont Gibson dit qu’il s’est inspiré. Il mentionne lui-même, me dit-on, le Caravage. Il faut songer aussi à certains Christ romans, aux crucifixions espagnoles, à un Jérôme Bosch, à tous les Christ aux outrages… (…) Pour comprendre ce qu’a voulu faire Mel Gibson, il me semble qu’il faut se libérer de tous les snobismes modernistes et postmodernistes et envisager le cinéma comme un prolongement et un dépassement du grand réalisme littéraire et pictural. (…)  Dans la tragédie grecque, il était interdit de représenter la mort du héros directement, on écoutait un messager qui racontait ce qui venait de se passer. Au cinéma, il n’est plus possible d’éluder l’essentiel. Court-circuiter la flagellation ou la mise en croix, par exemple, ce serait reculer devant l’épreuve décisive. Il faut représenter ces choses épouvantables «comme si on y était». Faut-il s’indigner si le résultat ne ressemble guère à un tableau préraphaélite? (..)  D’où vient ce formidable pouvoir évocateur qu’a sur la plupart des hommes toute représentation de la Passion fidèle au texte évangélique? Il y a tout un versant anthropologique de la description évangélique, je pense, qui n’est ni spécifiquement juif, ni spécifiquement romain, ni même spécifiquement chrétien et c’est la dimension collective de l’événement, c’est ce qui fait de lui, essentiellement, un phénomène de foule. (…) D’un point de vue anthropologique, la Passion n’a rien de spécifiquement juif. C’est un phénomène de foule qui obéit aux mêmes lois que tous les phénomènes de foule. Une observation attentive en repère l’équivalent un peu partout dans les nombreux mythes fondateurs qui racontent la naissance des religions archaïques et antiques. Presque toutes les religions, je pense, s’enracinent dans des violences collectives analogues à celles que décrivent ou suggèrent non seulement les Evangiles et le Livre de Job mais aussi les chants du Serviteur souffrant dans le deuxième Isaïe, ainsi que de nombreux psaumes. Les chrétiens et les juifs pieux, bien à tort, ont toujours refusé de réfléchir à ces ressemblances entre leurs livres sacrés et les mythes. Une comparaison attentive révèle que, au-delà de ces ressemblances et grâce à elles on peut repérer entre le mythique d’un côté et, de l’autre, le judaïque et le chrétien une différence à la fois ténue et gigantesque qui rend le judéo-chrétien incomparable sous le rapport de la vérité la plus objective. A la différence des mythes qui adoptent systématiquement le point de vue de la foule contre la victime, parce qu’ils sont conçus et racontés par les lyncheurs, et ils tiennent toujours, par conséquent, la victime pour coupable (l’incroyable combinaison de parricide et d’inceste dont Œdipe est accusé, par exemple), nos Écritures à nous tous, les grands textes bibliques et chrétiens innocentent les victimes des mouvements de foules, et c’est bien ce que font les Évangiles dans le cas de Jésus. (…) Il y a deux grandes attitudes à mon avis dans l’histoire humaine, il y a celle de la mythologie qui s’efforce de dissimuler la violence, car, en dernière analyse, c’est sur la violence injuste que les communautés humaines reposent. (…) Cette attitude est trop universelle pour être condamnée. C’est l’attitude d’ailleurs des plus grands philosophes grecs et en particulier de Platon, qui condamne Homère et tous les poètes parce qu’ils se permettent de décrire dans leurs oeuvres les violences attribuées par les mythes aux dieux de la cité. Le grand philosophe voit dans cette audacieuse révélation une source de désordre, un péril majeur pour toute la société. Cette attitude est certainement l’attitude religieuse la plus répandue, la plus normale, la plus naturelle à l’homme et, de nos jours, elle est plus universelle que jamais, car les croyants modernisés, aussi bien les chrétiens que les juifs, l’ont au moins partiellement adoptée. L’autre attitude est beaucoup plus rare et elle est même unique au monde. Elle est réservée tout entière aux grands moments de l’inspiration biblique et chrétienne. Elle consiste non pas à pudiquement dissimuler mais, au contraire, à révéler la violence dans toute son injustice et son mensonge, partout où il est possible de la repérer. C’est l’attitude du Livre de Job et c’est l’attitude des Evangiles. C’est la plus audacieuse des deux et, à mon avis, c’est la plus grande. C’est l’attitude qui nous a permis de découvrir l’innocence de la plupart des victimes que même les hommes les plus religieux, au cours de leur histoire, n’ont jamais cessé de massacrer et de persécuter. C’est là qu’est l’inspiration commune au judaïsme et au christianisme, et c’est la clef, il faut l’espérer, de leur réconciliation future. C’est la tendance héroïque à mettre la vérité au-dessus même de l’ordre social. C’est à cette aventure-là, il me semble, que le film de Mel Gibson s’efforce d’être fidèle. René Girard

La Passion selon René

Au lendemain de la mort, au vénérable âge de 91 ans,  de l’anthropologue franco-américain de la violence René Girard …

Nouveau Tocqueville lui aussi longtemps ignoré dans son pays natal …

Mais introducteur dans son pays d’adoption de la « peste » du structuralisme et de la fameuse French theory dont il ne cessera de se démarquer …

Et en cette première journée nationale contre le harcèlement à l’école

Confirmant la prise de conscience par nos sociétés de l’importance, dès l’enfance, des phénomènes de bouc émissaire analysés par Girard …

Alors qu’avec le rejet coup sur coup de la marijuana récréationnelle, des droits transgenres et des sanctuaires pour immigrés clandestins ainsi que l’élection d’un gouverneur anti-« mariage pour tous » dans un certain nombre d’états américains, la fin catastrophique des années Obama pourrait bien voir le reflux de ces idées chrétiennes devenues folles que nos prétendus progressistes avaient cru pouvoir définitivement imposer à l’Occident tout entier …

Quel meilleur hommage que cette magistrale défense  …

 Que republie aujourd’hui Le Figaro à qui il l’avait alors livrée  …

Du réalisme, à travers le film honni de Mel Gibson, tant dans l’art que dans la recherche qu’il avait défendu toute sa vie ?

Lui qui, contre le structuralisme et le postmodernisme déréalisants des sciences humaines, avaient toujours insisté …

Pour accorder le même regard dans la lignée des grands peintres et des grands écrivains

Tant à l’Angleterre victorienne qu’aux sociétés archaïques …

Et tant aux grands mythes grecs qu’aux grands textes bibliques

Pour finir par y découvrir comme moteur même de cette attitude aussi singulière que révolutionnaire …

Le scandale suprême de la supériorité de la révélation judéo-chrétienne ?

La Passion du Christ vue par René Girard
René Girard
Le Figaro

05/11/2015

FIGAROVOX/DOCUMENT – Le philosophe et professeur René Girard est mort ce 4 novembre. Lors de la sortie de La Passion du Christ en 2004, il avait écrit pour Le Figaro un texte fleuve en défense du film de Mel Gibson. Archives.

Philosophe français ayant enseigné 45 ans aux États-Unis, René Girard a vu le film de Mel Gibson pour Le Figaro Magazine. Il salue le travail du cinéaste pour inscrire la Passion du Christ dans une tradition esthétique et théologique.

Une violence au service de la foi

Bien avant la sortie de son film aux Etats-Unis, Mel Gibson avait organisé pour les sommités journalistiques et religieuses des projections privées. S’il comptait s’assurer ainsi la bienveillance des gens en place, il a mal calculé son coup, ou peut-être a-t-il fait preuve, au contraire, d’un machiavélisme supérieur.

Les commentaires ont tout de suite suivi et, loin de louer le film ou même de rassurer le public, ce ne furent partout que vitupérations affolées et cris d’alarme angoissés au sujet des violences antisémites qui risquaient de se produire à la sortie des cinémas. Même le New Yorker, si fier de l’humour serein dont, en principe, il ne se départ jamais, a complètement perdu son sang-froid et très sérieusement accusé le film d’être plus semblable à la propagande nazie que toute autre production cinématographique depuis la Seconde Guerre mondiale.

Rien ne justifie ces accusations. Pour Mel Gibson, la mort du Christ est l’oeuvre de tous les hommes, à commencer par Gibson lui-même. Lorsque son film s’écarte un peu des sources évangéliques, ce qui arrive rarement, ce n’est pas pour noircir les Juifs mais pour souligner la pitié que Jésus inspire à certains d’entre eux, à un Simon de Cyrène par exemple, dont le rôle est augmenté, ou à une Véronique, la femme qui, selon une tradition ancienne, a offert à Jésus, pendant la montée au Golgotha, un linge sur lequel se sont imprimés les traits de son visage.

Plus les choses se calment, plus il devient clair, rétrospectivement, que ce film a déclenché dans les médias les plus influents du monde une véritable crise de nerfs qui a plus ou moins contaminé par la suite l’univers entier.

Plus les choses se calment, plus il devient clair, rétrospectivement, que ce film a déclenché dans les médias les plus influents du monde une véritable crise de nerfs qui a plus ou moins contaminé par la suite l’univers entier. Le public n’avait rien à voir à l’affaire puisqu’il n’avait pas vu le film. Il se demandait avec curiosité, forcément, ce qu’il pouvait bien y avoir dans cette Passion pour semer la panique dans un milieu pas facile en principe à effaroucher. La suite était facile à prévoir: au lieu des deux mille six cents écrans initialement prévus, ils furent plus de quatre mille à projeter The Passion of the Christ à partir du mercredi des Cendres, jour choisi, de toute évidence, pour son symbolisme pénitentiel.

Dès la sortie du film, la thèse de l’antisémitisme a perdu du terrain mais les adversaires du film se sont regroupés autour d’un second grief, la violence excessive qui, à les en croire, caractériserait ce film. Cette violence est grande, indubitablement, mais elle n’excède pas, il me semble, celle de bien d’autres films que les adversaires de Mel Gibson ne songent pas à dénoncer. Cette Passion a bouleversé, très provisoirement sans doute, l’échiquier des réactions médiatiques au sujet de la violence dans les spectacles. Tous ceux qui, d’habitude, s’accommodent très bien de celle-ci ou voient même dans ses progrès constants autant de victoires de la liberté sur la tyrannie, voilà qu’ils la dénoncent dans le film de Gibson avec une véhémence extraordinaire. Tous ceux qui, au contraire, se font d’habitude un devoir de dénoncer la violence, sans obtenir jamais le moindre résultat, non seulement tolèrent ce même film mais fréquemment ils le vénèrent.

Jamais on n’avait filmé avec un tel réalisme

Pour justifier leur attitude, les opposants empruntent à leurs adversaires habituels tous les arguments qui leur paraissent excessifs et même ridicules dans la bouche de ces derniers. Ils redoutent que cette Passion ne «désensibilise» les jeunes, ne fasse d’eux de véritables drogués de la violence, incapables d’apprécier les vrais raffinements de notre culture. On traite Mel Gibson de «pornographe» de la violence, alors qu’en réalité il est un des très rares metteurs en scène à ne pas systématiquement mêler de l’érotisme à la violence.

Certains critiques poussent l’imitation de leurs adversaires si loin qu’ils mêlent le religieux à leurs diatribes. Ils reprochent à ce film son «impiété», ils vont jusqu’à l’accuser, tenez-vous bien, d’être «blasphématoire».

Cette Passion a provoqué, en somme, entre des adversaires qui se renvoient depuis toujours les mêmes arguments, un étonnant chassé-croisé. Cette double palinodie se déroule avec un naturel si parfait que l’ensemble a toute l’apparence d’un ballet classique, d’autant plus élégant qu’il n’a pas la moindre conscience de lui-même.

Quelle est la force invisible mais souveraine qui manipule tous ces critiques sans qu’ils s’en aperçoivent? A mon avis, c’est la Passion elle-même. Si vous m’objectez qu’on a filmé celle-ci bien des fois dans le passé sans jamais provoquer ni l’indignation formidable ni l’admiration, aussi formidable sans doute mais plus secrète, qui déferlent aujourd’hui sur nous, je vous répondrai que jamais encore on n’avait filmé la Passion avec le réalisme implacable de Gibson.

C’est la saccharine hollywoodienne d’abord qui a dominé le cinéma religieux, avec des Jésus aux cheveux si blonds et aux yeux si bleus qu’il n’était pas question de les livrer aux outrages de la soldatesque romaine. Ces dernières années, il y a eu des Passions plus réalistes, mais moins efficaces encore, car agrémentées de fausses audaces postmodernistes, sexuelles de préférence, sur lesquelles les metteurs en scène comptaient pour pimenter un peu les Evangiles jugés par eux insuffisamment scandaleux. Ils ne voyaient pas qu’en sacrifiant à l’académisme de «la révolte» ils affadissaient la Passion, ils la banalisaient.

Pour restituer à la crucifixion sa puissance de scandale, il suffit de la filmer telle quelle, sans rien y ajouter, sans rien en retrancher. Mel Gibson a-t-il réalisé ce programme jusqu’au bout? Pas complètement sans doute, mais il en a fait suffisamment pour épouvanter tous les conformismes.

Le principal argument contre ce que je viens de dire consiste à accuser le film d’infidélité à l’esprit des Evangiles. Il est vrai que les Evangiles se contentent d’énumérer toutes les violences que subit le Christ, sans jamais les décrire de façon détaillée, sans jamais faire voir la Passion «comme si on y était».

Tirer de la nudité et de la rapidité du texte évangélique un argument contre le réalisme de Mel Gibson, c’est escamoter l’histoire. C’est ne pas voir que, au premier siècle de notre ère, la description réaliste au sens moderne ne pouvait pas être pratiquée, car elle n’était pas encore inventée.
C’est parfaitement exact, mais tirer de la nudité et de la rapidité du texte évangélique un argument contre le réalisme de Mel Gibson, c’est escamoter l’histoire. C’est ne pas voir que, au premier siècle de notre ère, la description réaliste au sens moderne ne pouvait pas être pratiquée, car elle n’était pas encore inventée. L’impulsion première dans le développement du réalisme occidental vient très probablement de la Passion. Les Évangiles n’ont pas délibérément rejeté une possibilité qui n’existait pas à leur époque. Il est clair que, loin de fuir le réalisme, ils le recherchent, mais les ressources font défaut. Les récits de la Passion contiennent plus de détails concrets que toutes les œuvres savantes de l’époque. Ils représentent un premier pas en avant vers le toujours plus de réalisme qui définit le dynamisme essentiel de notre culture dans ses époques de grande vitalité. Le premier moteur du réalisme, c’est le désir de nourrir la méditation religieuse qui est essentiellement une méditation sur la Passion du Christ.

En enseignant le mépris du réalisme et du réel lui-même, l’esthétique moderne a complètement faussé l’interprétation de l’art occidental.
En enseignant le mépris du réalisme et du réel lui-même, l’esthétique moderne a complètement faussé l’interprétation de l’art occidental. Elle a inventé, entre l’esthétique d’un côté, le technique et le scientifique de l’autre, une séparation qui n’a commencé à exister qu’avec le modernisme, lequel n’est peut-être qu’une appellation flatteuse de notre décadence. La volonté de faire vrai, de peindre les choses comme si on y était a toujours triomphé auparavant et, pendant des siècles, elle a produit des chefs-d’oeuvre dont Gibson dit qu’il s’est inspiré. Il mentionne lui-même, me dit-on, le Caravage. Il faut songer aussi à certains Christ romans, aux crucifixions espagnoles, à un Jérôme Bosch, à tous les Christ aux outrages…

Loin de mépriser la science et la technique, la grande peinture de la Renaissance et des siècles modernes met toutes les inventions nouvelles au service de sa volonté de réalisme. Loin de rejeter la perspective, le trompe-l’oeil, on accueille tout cela avec passion. Qu’on songe au Christ mort de Mantegna…

Pour comprendre ce qu’a voulu faire Mel Gibson, il me semble qu’il faut se libérer de tous les snobismes modernistes et postmodernistes et envisager le cinéma comme un prolongement et un dépassement du grand réalisme littéraire et pictural. Si les techniques contemporaines passent souvent pour incapables de transmettre l’émotion religieuse, c’est parce que jamais encore de grands artistes ne les ont transfigurées. Leur invention a coïncidé avec le premier effondrement de la spiritualité chrétienne depuis le début du christianisme.

Si les artistes de la Renaissance avaient disposé du cinéma, croit-on vraiment qu’ils l’auraient dédaigné? C’est avec la tradition réaliste que Mel Gibson s’efforce de renouer. L’aventure tentée par lui consiste à utiliser à fond les ressources incomparables de la technique la plus réaliste qui fût jamais, le cinéma. Les risques sont à la mesure de l’ambition qui caractérise cette entreprise, inhabituelle aujourd’hui, mais fréquente dans le passé.

Si l’on entend réellement filmer la Passion et la crucifixion, il est bien évident qu’on ne peut pas se contenter de mentionner en quelques phrases les supplices subis par le Christ. Il faut les représenter. Dans la tragédie grecque, il était interdit de représenter la mort du héros directement, on écoutait un messager qui racontait ce qui venait de se passer. Au cinéma, il n’est plus possible d’éluder l’essentiel. Court-circuiter la flagellation ou la mise en croix, par exemple, ce serait reculer devant l’épreuve décisive. Il faut représenter ces choses épouvantables «comme si on y était». Faut-il s’indigner si le résultat ne ressemble guère à un tableau préraphaélite?

Au-delà d’un certain nombre de coups, la flagellation romaine, c’était la mort certaine, un mode d’exécution comme les autres, en somme, au même titre que la crucifixion. Mel Gibson rappelle cela dans son film. La violence de sa flagellation est d’autant plus insoutenable qu’elle est admirablement filmée, ainsi que tout le reste de l’oeuvre d’ailleurs.

Mel Gibson se situe dans une certaine tradition mystique face à la Passion: «Quelle goutte de sang as-tu versée pour moi?», etc. Il se fait un devoir de se représenter les souffrances du Christ aussi précisément que possible, pas du tout pour cultiver l’esprit de vengeance contre les Juifs ou les Romains, mais pour méditer sur notre propre culpabilité.

Cette attitude n’est pas la seule possible, bien sûr, face à la Passion. Et il y aura certainement un mauvais autant qu’un bon usage de son film, mais on ne peut pas condamner l’entreprise a priori, on ne peut pas l’accuser les yeux fermés de faire de la Passion autre chose qu’elle n’est. Jamais personne, dans l’histoire du christianisme, n’avait encore essayé de représenter la Passion telle que réellement elle a dû se dérouler.

Dans la salle où j’ai vu ce film, sa projection était précédée de trois ou quatre coming attractions remplies d’une violence littéralement imbécile, ricanante, pétrie d’insinuations sado-masochistes, dépourvue de tout intérêt non seulement religieux mais aussi narratif, esthétique ou simplement humain. Comment ceux qui consomment quotidiennement ces abominations, qui les commentent, qui en parlent à leurs amis, peuvent-ils s’indigner du film de Mel Gibson? Voilà qui dépasse mon entendement.

Comment pourrait-on exagérer les souffrances d’un homme qui doit subir, l’un après l’autre, les deux supplices les plus terribles inventés par la cruauté romaine ?
Il faut donc commencer par absoudre le film du reproche absurde «d’aller trop loin», «d’exagérer à plaisir les souffrances du Christ». Comment pourrait-on exagérer les souffrances d’un homme qui doit subir, l’un après l’autre, les deux supplices les plus terribles inventés par la cruauté romaine?

Une fois reconnue la légitimité globale de l’entreprise, il est permis de regretter que Mel Gibson soit allé plus loin dans la violence que le texte évangélique ne l’exige. Il fait commencer les brutalités contre Jésus tout de suite après son arrestation, ce que les Evangiles ne suggèrent pas. Ne serait-ce que pour priver ses critiques d’un argument spécieux, le metteur en scène aurait mieux fait, je pense, de s’en tenir à l’indispensable. L’effet global serait tout aussi puissant et le film ne prêterait pas le flanc au reproche assez hypocrite de flatter le goût contemporain pour la violence.

D’où vient ce formidable pouvoir évocateur qu’a sur la plupart des hommes toute représentation de la Passion fidèle au texte évangélique? Il y a tout un versant anthropologique de la description évangélique, je pense, qui n’est ni spécifiquement juif, ni spécifiquement romain, ni même spécifiquement chrétien et c’est la dimension collective de l’événement, c’est ce qui fait de lui, essentiellement, un phénomène de foule.

La foule qui fait un triomphe à Jésus ce dimanche-là est celle-là même qui hurlera à la mort cinq jours plus tard. Mel Gibson a raison, je pense, de souligner le revirement de cette foule, l’inconstance cruelle des foules, leur étrange versatilité.
Une des choses que le Pilate de Mel Gibson dit à la foule ne figure pas dans les Evangiles mais me paraît fidèle à leur esprit: «Il y a cinq jours, vous désiriez faire de cet homme votre roi et maintenant vous voulez le tuer.» C’est une allusion à l’accueil triomphal fait à Jésus le dimanche précédent, le dimanche dit des Rameaux dans le calendrier liturgique. La foule qui fait un triomphe à Jésus ce dimanche-là est celle-là même qui hurlera à la mort cinq jours plus tard. Mel Gibson a raison, je pense, de souligner le revirement de cette foule, l’inconstance cruelle des foules, leur étrange versatilité. Toutes les foules du monde passent aisément d’un extrême à l’autre, de l’adulation passionnée à la détestation, à la destruction frénétique d’un seul et même individu. Il y a d’ailleurs un grand texte de la Bible qui ressemble beaucoup plus à la Passion évangélique qu’on ne le perçoit d’habitude, et c’est le Livre de Job. Après avoir été le chef de son peuple pendant de nombreuses années, Job est brutalement rejeté par ce même peuple qui le menace de mort par l’intermédiaire de trois porte-parole toujours désignés, assez cocassement, comme «les amis de Job».

Le propre d’une foule agitée, affolée, c’est de ne pas se calmer avant d’avoir assouvi son appétit de violence sur une victime dont l’identité le plus souvent ne lui importe guère. C’est ce que sait fort bien Pilate qui, en sa qualité d’administrateur, a de l’expérience en la matière. Le procurateur propose à la foule, pour commencer, de faire crucifier Barrabas à la place de Jésus. Devant l’échec de cette première manoeuvre très classique, à laquelle il recourt visiblement trop tard, Pilate fait flageller Jésus dans l’espoir de satisfaire aux moindres frais, si l’on peut dire, l’appétit de violence qui caractérise essentiellement ce type de foule.

Si Pilate procède ainsi, ce n’est pas parce qu’il est plus humain que les Juifs, ce n’est pas forcément non plus à cause de son épouse. L’explication la plus vraisemblable, c’est que, pour être bien noté à Rome qui se flatte de faire régner partout la pax romana, un fonctionnaire romain préférera toujours une exécution légale à une exécution imposée par la multitude.

D’un point de vue anthropologique, la Passion n’a rien de spécifiquement juif. C’est un phénomène de foule qui obéit aux mêmes lois que tous les phénomènes de foule. Une observation attentive en repère l’équivalent un peu partout dans les nombreux mythes fondateurs qui racontent la naissance des religions archaïques et antiques.

Presque toutes les religions, je pense, s’enracinent dans des violences collectives analogues.
Presque toutes les religions, je pense, s’enracinent dans des violences collectives analogues à celles que décrivent ou suggèrent non seulement les Evangiles et le Livre de Job mais aussi les chants du Serviteur souffrant dans le deuxième Isaïe, ainsi que de nombreux psaumes. Les chrétiens et les juifs pieux, bien à tort, ont toujours refusé de réfléchir à ces ressemblances entre leurs livres sacrés et les mythes. Une comparaison attentive révèle que, au-delà de ces ressemblances et grâce à elles on peut repérer entre le mythique d’un côté et, de l’autre, le judaïque et le chrétien une différence à la fois ténue et gigantesque qui rend le judéo-chrétien incomparable sous le rapport de la vérité la plus objective. A la différence des mythes qui adoptent systématiquement le point de vue de la foule contre la victime, parce qu’ils sont conçus et racontés par les lyncheurs, et ils tiennent toujours, par conséquent, la victime pour coupable (l’incroyable combinaison de parricide et d’inceste dont Œdipe est accusé, par exemple), nos Écritures à nous tous, les grands textes bibliques et chrétiens innocentent les victimes des mouvements de foules, et c’est bien ce que font les Évangiles dans le cas de Jésus. C’est ce que montre Mel Gibson.

Tandis que mythes répètent sans fin l’illusion meurtrière des foules persécutrices, toujours analogues à celles de la Passion, parce que cette illusion apaise la communauté et lui fournit l’idole autour de laquelle elle se rassemble, les plus grands textes bibliques, et finalement les Évangiles, révèlent le caractère essentiellement trompeur et criminel des phénomènes de foule sur lesquels reposent les mythologies du monde entier.

Il y a deux grandes attitudes à mon avis dans l’histoire humaine, il y a celle de la mythologie qui s’efforce de dissimuler la violence, car, en dernière analyse, c’est sur la violence injuste que les communautés humaines reposent. Et c’est ce que nous faisons tous si nous nous abandonnons à notre instinct. Nous essayons de recouvrir du manteau de Noé la nudité de la violence humaine. Et nous marchons à reculons s’il le faut, pour ne pas nous exposer, en regardant de trop près la violence, à sa puissance contagieuse.

Cette attitude est trop universelle pour être condamnée. C’est l’attitude d’ailleurs des plus grands philosophes grecs et en particulier de Platon, qui condamne Homère et tous les poètes parce qu’ils se permettent de décrire dans leurs oeuvres les violences attribuées par les mythes aux dieux de la cité. Le grand philosophe voit dans cette audacieuse révélation une source de désordre, un péril majeur pour toute la société.

Cette attitude est certainement l’attitude religieuse la plus répandue, la plus normale, la plus naturelle à l’homme et, de nos jours, elle est plus universelle que jamais, car les croyants modernisés, aussi bien les chrétiens que les juifs, l’ont au moins partiellement adoptée.

L’autre attitude est beaucoup plus rare et elle est même unique au monde. Elle est réservée tout entière aux grands moments de l’inspiration biblique et chrétienne. Elle consiste non pas à pudiquement dissimuler mais, au contraire, à révéler la violence dans toute son injustice et son mensonge, partout où il est possible de la repérer. C’est l’attitude du Livre de Job et c’est l’attitude des Evangiles. C’est la plus audacieuse des deux et, à mon avis, c’est la plus grande. C’est l’attitude qui nous a permis de découvrir l’innocence de la plupart des victimes que même les hommes les plus religieux, au cours de leur histoire, n’ont jamais cessé de massacrer et de persécuter. C’est là qu’est l’inspiration commune au judaïsme et au christianisme, et c’est la clef, il faut l’espérer, de leur réconciliation future. C’est la tendance héroïque à mettre la vérité au-dessus même de l’ordre social. C’est à cette aventure-là, il me semble, que le film de Mel Gibson s’efforce d’être fidèle.

Voir aussi:

Mort de l’académicien René Girard
Sebastien Lapaque
Le Figaro
05/11/2015

Penseur franc-tireur et lecteur universel, le philosophe s’est éteint mercredi à l’âge de 91  ans aux États-Unis a annoncé l’Université de Stanford. Il y a longtemps enseigné.

Il concevait son œuvre comme une participation active à un combat intellectuel et spirituel essentiel pour notre avenir. Observateur attentif du monde, il lui arrivait d’être très inquiet. Mais il ne lui déplaisait pas de voir scintiller dans les brasiers du siècle quelques lueurs d’apocalypse. Il se souvenait de l’exhortation de Jean à Patmos: «Écris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui doit arriver ensuite.» L’inspiration évangélique du titre d’un nombre important de ses livres – Des choses cachées depuis la fondation du monde, Quand ces choses commenceront, Je vois Satan tomber comme l’éclair… – marque bien où était son cœur. Penseur franc-tireur et lecteur universel, René Girard assumait le scandale de croire à la vérité révélée du christianisme dans un siècle voué au doute et à la déconstruction.

Il avait cependant des Évangiles une lecture toute à lui. Pendant près de trente ans, il s’est employé à démontrer que ces récits de la vie de Jésus étaient une théorie de l’homme avant d’être une théorie de Dieu. Quand ses contemporains cherchaient la vérité sur l’origine des institutions humaines chez Marx et Freud, il la trouvait dans les Écritures, lues avec Le Rouge et le Noir, Madame Bovary, Don Quichotte, Les Frères Karamazov, Le Général Dourakine et À la recherche du temps perdu. Par là, il a imposé une herméneutique nouvelle. Une des singularités de son esprit est d’avoir toujours refusé le divorce du savoir et de la littérature. En plein triomphe des sciences humaines, René Girard répétait qu’après les Évangiles, les textes les plus éclairants sur notre culture n’étaient ni philosophiques, ni psychologiques, ni sociologiques, mais littéraires. «Je suis personnellement convaincu, expliquait-il, que les écrivains occidentaux majeurs, qu’ils soient ou non chrétiens, des tragiques grecs à Dante, de Shakespeare à Cervantès ou Pascal et jusqu’aux grands romanciers et poètes de notre époque, sont plus pertinents pour comprendre le drame de la modernité que tous nos philosophes et tous nos savants.»

«Je suis personnellement convaincu que les écrivains occidentaux majeurs, qu’ils soient ou non chrétiens… sont plus pertinents pour comprendre le drame de la modernité que tous nos philosophes et tous nos savants»
Longtemps dédaigné par un clergé intellectuel acquis au structuralisme, à la linguistique et au formalisme, ignoré par l’institution universitaire française, peu connu du grand public, élu à l’Académie française à 80 ans passés, René Girard s’était très tôt fait connaître aux États-Unis. Né à Avignon le jour de Noël 1923, élève à l’École des chartes de 1943 à 1947, où il a passé un diplôme d’archiviste-paléographe, il avait 23 ans lorsqu’il traversa l’Atlantique. Il a alors enseigné la littérature française à l’université d’Indiana, où il a obtenu son doctorat d’histoire, avant de rejoindre l’université John Hopkins de Baltimore, puis la fameuse université de Stanford, en 1974, où il a dirigé le département de langue, littérature et civilisation françaises jusqu’à la fin de sa carrière. Il a souvent expliqué que cet exil dans l’Université américaine, où les chercheurs se voient réserver un cadre et des conditions de travail exceptionnels, a été la chance de sa vie.

Il était admiré et méprisé pour la même raison: avoir eu la prétention de proposer une théorie générale de l’agir et du désir au moment où toute intelligence du monde de portée universelle était frappée de suspicion. Glissant de la critique littéraire à l’anthropologie, René Girard a décortiqué le mécanisme du désir mimétique tel qu’il était mis en scène dans les textes qu’il étudiait et montré qu’il était inhérent à la condition humaine. Par la suite, il a bouleversé la conception que l’on se faisait de la violence et imposé une défense anthropologique du christianisme, ultime scandale d’une pensée qui s’est épanouie livre après livre au long de cinq décennies. Parmi ses ouvrages devenus des classiques, retenons Mensonge romantique et vérité romanesque (1961),La Violence et le Sacré (1972), Critique dans un souterrain (1976), Le Bouc émissaire (1982), Shakespeare: les feux de l’envie (1990).

Anthropologue révolutionnaire, intellectuel au parcours singulier, catholique romain assez peu en phase avec la pastorale de son temps, René Girard n’a jamais été revendiqué par l’institution ecclésiale, comme le fut par exemple Jacques Maritain, familier de la Cour de Rome. Peut-être parce que sa pensée, comme celle de tout vrai penseur chrétien – Érasme, Pascal, Kierkegaard -, sentait un peu le fagot. Persuadé que la vocation des critiques littéraires est de maintenir le sens et la fonction religieuse du langage, René Girard a souvent défendu la nécessité du scandale pour la pensée, un mot qu’on rencontre plus souvent dans le grec des Évangiles que le mot péché. Le skandalon, c’est le piège qui fait trébucher. Mais, parce qu’il nous tient et retient, cet obstacle nous permet d’avancer. Ainsi celui de la Croix, point nodal de toute la réflexion sur la condition humaine de René Girard, matière et mobile d’une grande partie de ses livres. Selon lui, c’est grâce au Christ que le bouc émissaire a cessé d’être coupable et que les origines de la violence ont enfin été révélées. Par là, la Croix nous a délivré des religions archaïques. En rendant tout sacrifice absurde, Jésus s’impose comme un anti-Œdipe. Son histoire est un «retournement de mythe» qui montre que la victime dit la vérité et que c’est la persécution qui porte le mensonge. Dans les histoires précédentes, c’était déjà vrai, mais ce n’était pas dit, les dieux paraissant déchaînés contre les victimes.

Spectateur curieux du nihilisme contemporain et de ses manifestations, René Girard regardait la montée de la violence dans le monde à la fois avec effroi et avec beaucoup d’intérêt. «On n’arrive plus à faire la différence entre le terrorisme révolutionnaire et le fou qui tire dans la foule, nous confiait-il voici quelques années. L’humanité se prépare à entrer dans l’insensé complet. C’est peut-être nécessaire. Le terrorisme oblige l’homme occidental à mesurer le chemin parcouru depuis deux mille ans. Certaines formes de violence nous apparaissent aujourd’hui intolérables. On n’accepterait plus Samson secouant les piliers du Temple et périr en tuant tout le monde avec lui. Notre contradiction fondamentale, c’est que nous sommes les bénéficiaires du christianisme dans notre rapport à la violence et que nous l’avons abandonné sans comprendre que nous étions ses tributaires.»

Bibliographie
1961Mensonge romantique et vérité romanesque
1963Dostoïevski: du double à l’unité
1972La Violence et le sacré
1976Critique dans un souterrain
1978Des choses cachées depuis la fondation du monde
1982Le Bouc émissaire
1985La Route antique des hommes pervers
1990Shakespeare: les feux de l’envie
1994Quand ces choses commenceront…
1999Je vois Satan tomber comme l’éclair
2001Celui par qui le scandale arrive
2002La Voix méconnue du réel
2003Le Sacrifice
2004Les Origines de la culture
2006Vérité ou foi faible. Dialogue sur christianisme et relativisme
2007Dieu, une invention?
De la violence à la divinité
Achever Clausewitz
2008Anorexie et désir mimétique
2009Christianisme et modernité
2010La Conversion de l’art
2011Géométries du désir
Sanglantes origines

Voir aussi:

Religion, désir, violence : pourquoi il faut lire René Girard

Damien Le Guay

Le Figaro
05/11/2015

FIGAROVOX/ANALYSE -Damien Le Gay explique pourquoi le philosophe et académicien compte et comptera de plus en plus.


Damien Le Guay, philosophe, président du comité national d’éthique du funéraire, membre du comité scientifique de la SFAP, enseignant à l’espace éthique de l’AP-HP, vient de faire paraitre un livre sur ces questions: Le fin mot de la vie – contre le mal mourir en France, aux éditions du CERF.


Depuis le début des années 1960, sa place intellectuelle fut singulière et sa pensée originale. C’est pourquoi son œuvre, pour avoir été rejeté pendant longtemps, restera comme l’une des plus importante de l’époque. Il était mondialement reconnu mais ne le fut jamais vraiment en France – même s’il était membre de l’Académie Française. Il était trop archaïque pour les modernes, trop littéraire pour les philosophes, pas assez à la mode pour l’intelligentsia dominante et même trop chrétien pour un grand nombre – y compris certaines instances catholiques. S’il est reconnu (l’est et le sera de plus en plus), il l’a été contre l’époque, contre les pensées dominantes, contre les institutions en place, contre les médias. En France, il fut un marginal, un intellectuel qualifié «d’original» pour mieux le laisser en dehors de l’université quand, en elle, le règne des structures et du marxisme écrasait tout le reste. Et pourtant, il compte et comptera de plus en plus.

Pour avoir fait toute sa carrière universitaire aux Etats-Unis, à Stanford en particulier ; pour ne s’être rangé sous le drapeau d’aucunes des modes intellectuelles germanopratines, qu’elle soit structuraliste, sartrienne, foucaldienne, maoïste, deleuzienne ou autres ; Pour s’être intéressé, trente ans avant Régis Debray, au «fait religieux» quand il était encore classé dans l’enfer de la superstition ; pour avoir osé se dire «chrétien» – crime de lèse modernité – ce qui, aux yeux de nos maîtres à penser (et donc à excommunier), lui retirait toute légitimité scientifique ; pour n’avoir pas, ou peu, de relais en France (même s’il était devenu, sur le tard, membre de l’Académie française) alors qu’il est traduit en plus de vingt-cinq langues ; Pour toutes ces raisons et bien d’autres, René Girard fut à part dans le paysage intellectuel hexagonal.

En 1961, avec Mensonge romantique et vérité romanesque, Il s’intéresse à la littérature pour ce qu’elle dit de l’homme ; En 1972, avec La violence et le sacré, il décortique les mécanismes religieux pour mieux comprendre la violence ; En 1978, avec Des choses cachées depuis la fondation du monde, il considère le christianisme comme une sorte de «sur-religion» qui vient abolir les autres, les rendant inefficaces et presque obsolètes. Sa pensée s’inscrit mal dans une lignée clairement définie. Pour être ailleurs, certains la mettent nulle part. Voilà qui est plus commode pour ronronner entre soi! Anthropologue Il critique l’anthropologie quand, avec Lévi-Strauss, elle condamne le sacrifice en le dépouillant de toute signification ; critique littéraire, il rejette ceux qui, comme Georges Poulet, pensent que la littérature, devenue un monde en soi, ne se réfère qu’a elle seule, n’a rien à révéler des vérités humaines radicales – comme le mimétisme ; chrétien, il critique les catholiques trop immergés dans le monde et peu conscients des enjeux de l’Apocalypse.

René Girard, un Durkheim pascalien…

Alors qui est-il? D’où sort-il? Sorte de guelfe chez les gibelins et de gibelin chez les guelfes, selon la posture d’un Erasme, soucieux de ne rien céder à personne, il était à la fois disciple de Durkheim et s’inscrit dans la lignée de Pascal. Posture intenable s’il en est. Dans le camp des religieux il est trop durkheimien ; dans le camp des sociologues, trop religieux. Et quand il est question de ces «maîtres du soupçon» qui depuis la fin du XIX ème siècle, tendent à renvoyer l’homme vers des forces qui, en coulisse, le domineraient, comme s’il était marionnette plutôt qu’acteur, René Girard, lui aussi, se réclame de cette tradition qui disqualifie l’autonomie moderne. Il ne met pas en exergue des forces sociales, des pulsions inconscientes ou des généalogies insoupçonnées, mais, dans un même effet de déplacement, une rivalité mimétique au fondement de tout. L’individu n’est jamais seul. La conscience s’acquiert non par la raison mais le désir.

Alors il est un Durkheim pascalien – ce qui équivaut à un oxymore intellectuel. Unique membre de cette singulière catégorie, il retient de l’auteur des Formes élémentaires de la vie religieuse, une approche qui fait de la religion un effet de coagulation sociale et une manière collective de réguler la violence. De Pascal il garde le souci d’une apologie chrétienne pleine de raison. «Tous mes livres», dit-il «sont des apologies plus ou moins explicites du christianisme.» Le Christ, première victime innocente, qui dit son innocence à la face du monde, dénude, par-là même, tous les mécanismes du religieux archaïque. Alors, aujourd’hui, nous ne pouvons qu’être chrétiens, même si le christianisme n’a pas été pleinement reçu. René Girard en appelle à une «éthique nouvelle» qui ne peut naître, selon lui, «qu’au sein du mimétisme libéré – libéré par le christianisme».

Qu’il soit du coté de Durkheim ou de celui de Pascal, il privilégie l’analyse et délaisse les a priori idéologiques. Ni rationalisme ni fidéisme. Il faut dire qu’aujourd’hui la situation est inédite. La violence est déchaînée. Plus rien ne la tient. Le religieux ne fait plus son office. Tenir les deux termes de l’équation: à la fois l’analyse du religieux, selon les méthodes durkheimiennes et l’horizon chrétien, dans la lignée d’un prophétisme pascalien. C’est ce que fit René Girard, laissant, dans son sillage, beaucoup de mécontentements, d’incompréhensions, d’incertitudes et de points d’interrogations.

Comment sortir de la nature violente de l’homme?

René Girard, lui, insiste sur une histoire par nature tragique et une violence en dehors de toute maîtrise. Contrairement aux «modernes» qui pensent pouvoir contrôler les réactions en chaîne de la violence, comme on contrôle une fusion nucléaire, il met l’accent sur un processus qui finit par ne plus être tenu. Il échappe à tout le monde. Telle fut la leçon du siècle passé: cette «montée aux extrêmes», selon la formule de Clausewitz, stratège prussien mort en 1831 auquel il confronte sa pensée dans Achever Clausewitz (2007), ne conduit pas, après coup, à la réconciliation des hommes entre eux. Cette formule d’une «montée» de la violence lui parait pertinente. René Girard, lui, sorte d’écologiste de la violence, met l’accent sur un processus d’imitation qui oppose les hommes entre eux. Tout débute par la rivalité. Cette rivalité appelle en retour la vengeance et la vengeance le meurtre et le meurtre la vengeance. L’humanité entre ainsi dans un cercle sans fin. Notons que pour lui la violence vient toujours répondre à une offense – que cette offense soit réelle, imaginaire ou symbolique. La violence est une réponse. Elle n’est pas première. La rivalité, elle, est première. Le désir de ce que l’autre possède est à l’origine de tout. Le violent, lui, est d’abord un offensé. Du moins le croit-il. Toute vengeance est une revanche. Un retour. Un second temps. Une réponse.

Comment alors briser ce cercle, interrompre ce jeu à l’infini de renvoi? Seul, nous dit René Girard, le religieux, par l’instauration du sacrifice, rompt cette circularité de la vengeance et du meurtre. De toute évidence le sacrifice archaïque est arbitraire. La victime est chargée de «tous les péchés du monde». Son meurtre réconcilie la communauté avec les puissances divine et surtout avec elle-même. Dans toutes les sociétés, fussent-elles des plus primitives, on retrouve ce mécanisme du «bouc émissaire». Il permet d’évacuer la violence, d’apaiser les consciences et de mettre un terme, provisoire, aux rivalités en cascade. D’une certaine façon le sacrifice brise le miroir des rivalités. Elles ne se voient plus, ne se répondent plus l’une l’autre. La réconciliation s’opère donc sur le dos d’un autre. Ce meurtre fondateur, instaure des rites qui eux-mêmes font naître les institutions. Et c’est ainsi que naît la culture et toutes les institutions qui la mettent en forme.

La nouveauté chrétienne…

Or, le christianisme, dans un souci de vérité, retire à l’homme ses «béquilles sacrificielles» en reconnaissant la pleine et entière innocence de la victime. Le Christ, dit et reconnu innocent, n’endosse plus la culpabilité sociale bien commode pour justifier des sacrifices. «Le religieux» dit rené Girard «invente le sacrifice ; le christianisme l’en prive». Cette privation est un pari éthique, une invitation à sortir du cycle de la violence par le haut (les Béatitudes). Et si les hommes s’accordaient entre eux au diapason de la bienveillance! Telle est le sens de l’invitation chrétienne.

L’avantage des intuitions creusées et explorées de bien des manières, comme celle de René Girard autour des rivalités mimétiques, est qu’elles prennent le risque de devenir obsessionnelles. Au début, il rêvait d’un savoir sur la violence qui, une fois connu, permettrait de la maîtriser. Cette prétention l’a quitté. La réconciliation des hommes entre eux, conçue, au début, comme quasiment automatique est devenue, au fil des années, incertaine pour ne pas dire problématique. Reste une certitude: le religieux empêche la société de se détruire. Certitude d’autant plus vitale que nous assistons à une montée planétaire de la violence religieuse avec le risque d’une déflagration totale. Sur ce versant-là de nos inquiétudes qui se profilent à l’horizon, René Girard peut nous aider à avancer. Il reste un appui sérieux pour nous éviter de mourir. Mourir par cet actuel jeu de miroir à l’infini des rivalités mimétiques – autre nom de la démocratie-égalitariste. Mourir par ce retour au fondamentalisme religieux, loin de l’intelligence des textes et de la compréhension du vrai mécanisme de la violence.

Voir encore:

Hommage à René Girard
Une pensée profonde exposée aux malentendus
François Hien
Causeur
05 novembre 2015

René Girard est mort hier, à 91 ans. Nous sommes nombreux à avoir l’impression d’avoir perdu un être proche. Pour ma part, et malgré son grand âge, il m’a fallu sa mort pour que je prenne conscience que j’avais toujours pensé le rencontrer un jour. Le contraire me semblait inconcevable.

René Girard a signé une des œuvres les plus profondes de notre époque, dans une langue constamment limpide. Cette œuvre protéiforme déploie une intuition unique, grâce à laquelle elle retrace l’entièreté de l’histoire de l’homme. Je vais essayer de résumer ici en termes simples l’histoire de l’humanité selon Girard.

De nombreux mammifères, nous apprend l’éthologie, ont un comportement mimétique. Ce mimétisme est d’appropriation, c’est-à-dire qu’un individu va désirer l’objet qu’un autre désire, par imitation. Evidemment, cette convergence sur un même objet crée un conflit, que le monde animal résout par l’instauration de « systèmes de dominance » : l’individu qui a remporté le conflit gagne une position de domination qui n’est pas transmissible. C’est donc improprement qu’on parle de « sociétés animales ».

Il nous faut supposer qu’à une époque très éloignée, une certaine catégorie de mammifères n’a pas su engendrer ces sociétés de dominance, et est restée dans l’instabilité de la violence. Or, les individus  n’imitent  pas  seulement  le  désir  de  leur  voisin,  ils  imitent  aussi  sa  violence.  Ces ralliements mimétiques à la violence du voisin convergent comme une série de ruisseaux qui se mêlent et se transforment en un puissant torrent ; la violence intestine va devenir unanime, et un seul individu en sera la victime.

À ce stade, cet individu n’est rien d’autre que la cible malchanceuse d’un mécanisme aveugle. Or, il se trouve que sa mise à mort va calmer, pour un temps, les violences. Les hommes disposent alors d’un calme relatif à la faveur duquel ils commencent à inventer trois institutions, pour éviter le retour de la violence : les interdits, les rituels, et les mythes. Les interdits sont autant de moyens d’éviter les convergences de désir ; les rituels rejouent une partie de la crise mimétique et s’achèvent par un sacrifice, la répétition rituelle du meurtre fondateur ; et les mythes sont des interprétations, du  point  de  vue  des  persécuteurs,  de  cette  violence  fondatrice.  Voilà  pourquoi  les  divinités archaïques sont toujours ambivalentes, à la fois bonnes et mauvaises : les hommes leur assimilent la violence  intestine,  mais  également  sa  résolution  sacrificielle.  La  divinité  n’est  qu’une  fausse transcendance, une manière qu’ont trouvé les hommes de projeter leur violence hors d’eux. C’est la raison pour laquelle on a dit de la théorie girardienne qu’elle était «  la première vraie théorie athée du sacrifice ».

Les systèmes culturels sont des systèmes de différences qui empêchent la convergence des désirs sur les mêmes objets. Là où les rapports de force suffisent à produire cet effet dans le monde animal, les humains ont  besoin  de déployer  des systèmes  d’autant plus  complexes qu’ils  sont cumulatifs. Le mécanisme victimaire fait accéder les hommes au symbolisme, et leur permet de transmettre  l’ordre  différencié.  Ces  sociétés  se  complexifient,  certaines  inventent  des  formes d’organisation politique, des échanges économiques.

Mais ces institutions ne fonctionnent qu’en maintenant dans la méconnaissance les hommes qui en bénéficient. Par principe, la victime émissaire (ou la longue série de victimes émissaire qui a progressivement affiné l’institution) fait écran à la violence de tous. Or cette méconnaissance, si elle est nécessaire au bon fonctionnement des ordres culturels, peut aussi leur être fatale. Peu à peu, le souvenir de la violence se perd. Certains interdits sont moins respectés, des éléments essentiels du rituel disparaissent. Les désirs convergent à nouveau sur les mêmes objets, et c’est le retour de l’indifférenciation violente : les frères s’affrontent en doubles mimétiques, chacun croyant réagir à la violence de l’autre. Les hiérarchies ne tiennent plus, les liens familiaux se dissolvent : c’est la crise mimétique, que si souvent les mythes figurent sous le nom de « peste » – cette maladie de la contagion fatale et de l’indifférencié.

Comme  les  fois  précédentes,  il  faut  bien  trouver  un  coupable  à  ces  « pestes ».  Les mécanismes victimaires se remettent en place, la victime émissaire est mise à mort, la paix revient, les différences affluent de nouveau ; de nouveaux interdits sont générés par la crise  ; un nouveau mythe en garde une trace déformée.

Voilà selon Girard le modèle, ici schématisé, de la genèse des cultures humaines et de leur fonctionnement cyclique. Une société est un système de différences mécaniquement générées par des  crises  sacrificielles.  Elle  est  intégralement  fille  du  religieux.  Le  religieux,  c’est  cette transcendance de la violence que les hommes ont besoin de poser hors de soi tout autant qu’ils ont besoin de s’en protéger. Le religieux procède à ce double miracle, sans qu’il y ait besoin que quiconque l’ait conçu : il protège de la violence, et il sacralise cette violence, il la rend étrangère aux hommes, il leur fait croire qu’ils n’y étaient pour rien. Ce n’est qu’au prix de cette méconnaissance que les hommes peuvent vivre entre eux et se doter de règles positives. Mais cette méconnaissance est en elle-même dangereuse puisqu’elle camoufle le danger véritable, la violence intestine, qui finit invariablement par revenir.

Cette histoire de l’humanité nous serait insaisissable si nous n’étions pas nous-mêmes sortis du cycle  décrit  ci-dessus.  Etre  encore  dans  ce  cycle,  c’est  être  situé  quelque  part  dans  la méconnaissance évolutive qui enveloppe le mécanisme sacrificiel. Notre sortie du cycle, Girard l’attribue au judéo-chrétien. Le  Christ,  lui,  n’est  rien  d’autre  qu’une  victime  émissaire consentante qui refuse absolument de répondre à la violence, et qui révèle par sa Passion ce qui était jusqu’alors  resté  dissimulé :  que  les  victimes  immolées  par  les  foules  sacrificielles  étaient innocentes de ce dont on les accusait.

La révélation évangélique peut être source de violence plus encore que de paix. Car à des hommes incapables de se réconcilier, elle a retiré les « béquilles sacrificielles » qui les protégeaient de leur propre violence. L’Apocalypse prédit par les Ecritures n’est pas celle d’un Dieu vengeur déchaîné contre nous : ce n’est que le fruit de notre propre violence, montée aux extrêmes. Et René Girard de s’étonner qu’en une époque où il est devenu concevable, et même probable, que l’homme finisse par détruire l’homme, personne n’aille regarder la pertinence des textes apocalyptiques, leur validité anthropologique.

Nous avons toujours le réflexe de créer des boucs émissaires (notre société contemporaine est saturée de ces mécanismes), mais la sacralisation ne prend pas – et notre civilisation ne se clôt plus sur le dos de ses victimes. Nous sommes condamnés à avancer vers un paroxysme de violence réciproque et planétaire – ou bien, nous suggère Girard, à devenir enfin «  chrétiens », c’est-à-dire à imiter le Christ : refuser radicalement l’engrenage de la violence, quitte à y laisser sa vie.

Dans tous les livres que Girard a publiés, du premier au dernier, il ne raconte jamais autre chose que cette longue histoire, qui prend l’humanité à son origine et qui prédit sa fin. Girard moque souvent le besoin qu’à la psychanalyse d’engendrer pulsions et instincts à tout va pour expliquer des phénomènes qu’elle est incapable d’unifier. « Freud n’en est plus à un instinct près » dit-il. De ce point de vue, Girard est particulièrement économe mais n’écrase pas le divers  : il prétend qu’à partir du mimétisme seul, on peut redéployer toutes les manifestations humaines, ses institutions, son art, sa violence…

Pour finir, je voudrais dire un mot des implications pour le lecteur d’une telle théorie. Devenir « girardien », ce n’est pas appartenir à une secte ; ce n’est pas tenir pour vrai tout ce que Girard a écrit ; c’est d’abord se laisser aller à une «  conversion » qui n’est pas d’ordre religieux, mais qui est un bouleversement du regard sur soi, une critique personnelle de son propre désir.

Pour comprendre à quel point la théorie de Girard est vraie, il faut avoir cheminé à rebours de son désir, non pas pour atteindre un illusoire « moi » authentique, mais au contraire pour aboutir à l’inexistence de ce moi, toujours déjà agi par des « désirs selon l’autre ». La théorie mimétique est un dévoilement progressif dont le lecteur n’est jamais absent de ce qui se dévoile à lui. Elle menace l’existence du sujet que je croyais être. Elle s’attaque à ce que je croyais le plus original chez moi.

Il n’est pas un lecteur de Girard, même le plus convaincu, qui ne se soit dit à la lecture de Mensonge romantique et vérité romanesque : « Il a raison, tout ça est vrai. Heureusement que pour ma part j’y échappe en partie. » Il serait suicidaire de ne se lire soi-même qu’avec les lunettes girardiennes ; on a besoin de croire un minimum aux raisons que notre désir se donne ; ces raisons constituent toujours une résistance en nous à la théorie mimétique, plus ou moins grande selon les individus. Il ne s’agit pas de s’en défendre, mais de le savoir. La lecture de Girard nous impose donc un double processus de révélation : on se rend compte d’abord que notre propre désir obéit aux lois décelées par Girard ; et dans un second temps, on se rend compte qu’on a feint l’adhésion totale à ses thèses, et qu’il reste en nous un moi « néo-romantique » qui ne se croit pas concerné par ces lois. Ainsi, la découverte de Girard doit nous interdire, in fine, le surplomb de celui qui aurait compris, contre tous ceux qui seraient encore des croyants naïfs en l’autonomie de leur désir.

Les théories modernes, fussent-elles particulièrement humiliantes pour le sujet, tournent en avant-garde parce qu’un petit noyau de fidèles s’enorgueillit d’avoir le courage intellectuel de les tenir pour vraies. Par nature, il ne peut en être de même avec René Girard : construire une avant-garde autour de ses théories, ce serait reconstituer la distinction de valeur entre «  moi » et « les autres » dont sa lecture devrait nous avoir guéris. Nous n’avons pas d’autre choix que d’entrer en dissidence de notre propre désir, et de n’en tirer aucun profit social qui nous replongerait dans les postures dont Girard nous aide à nous affranchir.

Bien entendu, cela n’empêche pas d’éminents girardiens de se prévaloir de ses thèses contre tous  les  imbéciles  qui  n’y  comprennent  rien.  Girard  n’est  pas  à  l’abri  des  malentendus.  Sa bonhommie et sa gentillesse, vantées par tous ceux qui l’ont côtoyé, auraient sans doute pardonné même ces contresens moraux. « Ils ne savent pas ce qu’ils font ».

René Girard est mort à Stanford, à 91 ans. Nous sommes nombreux à pleurer ce cher professeur.

Voir aussi:

Le génie du girardisme
Il faut lire René Girard
Basile de Koch
Causeur
13 janvier 2008

Je ne pense pas que “toutes les religions se valent”, contrairement à l’opinion professée par 62% de mes camarades catholiques pratiquants (sondage La Croix, 11-11-07). Sinon je laisserais tomber aussi sec le catholicisme, et peut-être même sa pratique.

Au contraire je suis intimement touché, non par la grâce hélas, mais par la beauté de ma religion à moi, la seule qui repose tout entière sur l’Amour. Le coup du Créateur qui va jusqu’à se faire homme par amour pour sa créature (et pour lui montrer qu’elle-même peut “faire le chemin à l’envers”, comme disait le poète), c’est dans la Bible et nulle part ailleurs !

Le génie du christianisme, c’est d’avoir transmis aux hommes vaille que vaille depuis 2000 ans cette Bonne Nouvelle : si ça se trouve, Dieu tout-puissant nous aime inconditionnellement depuis toujours et pour toujours ; Il l’aurait notamment prouvé dans les années 30 de notre ère, à l’occasion d’une apparition mouvementée en Judée-Galilée.

Le génie du girardisme, c’est de mettre en lumière le message christique comme l’unique et évident remède aux maux dont souffre la race humaine depuis la Genèse, c’est-à-dire depuis toujours, et dont notre époque risque désormais de crever, grâce aux progrès des sciences et des techniques.

J’ai mis longtemps à comprendre René Girard. Il répondait brillamment, dans un langage philosophique et néanmoins sensé, à des questions que je ne me posais pas (sur le mimétisme, le désir, la violence…) Et puis j’ai fini par comprendre que mes “questions métaphysiques” manquaient de précision – et aussitôt j’ai commencé d’apprécier les réponses de René. Il faut dire aussi que ce mec ne fait rien comme tout le monde. Y a qu’à voir comment il définit son métier : “anthropologue de la violence et des religions”, je vous demande un peu ! Qu’est-ce que c’est que cette improbable glace à deux boules ? Serait-ce à dire que toute violence vient du religieux, comme l’ânonne avec succès un vulgaire Onfray ? Non, cent fois non : Girard est un philosophe chrétien, c’est-à-dire l’inverse exact d’Onfray.

Au commencement était le “désir mimétique”, nous dit René Girard. Et d’opposer le besoin, réel et parfois vital, au désir, “essentiellement social (…) et dépourvu de tout fondement dans la réalité”. Alors, je vous vois venir : cette critique du désir ne serait-elle pas une vulgaire démarcation de l’infinie sagesse bouddhiste ? Eh bien pas du tout, si je puis me permettre ! Le christianisme ne nous propose pas de choisir entre le désir et le Néant (rebaptisé “Nirvana”), mais entre le désir et l’Amour, source de vie éternelle.

Il est cocasse, à propos du désir mimétique, de voir notre anthropologue mettre dans le même sac Don Quichotte et Madame Bovary. “Individualistes”, ces personnages ? Tu parles ! Don Quichotte se rêve en “chevalier errant”… comme tous les Espagnols de qualité en ce début de XVIIe siècle décadent. Quant à Emma, c’est la lecture de romans qui instille en elle l’envie mimétique d’être une « Parisienne » comme ses héroïnes. Au moins Quichotte et Emma ont-ils l’excuse d’être eux-mêmes des personnages de fiction – ce qui n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.

Proust, par exemple, n’est pas un héros de roman, c’est le contraire : un écrivain. Même que son premier roman Jean Santeuil (découvert, par bonheur, seulement en 1956) était plat et creux à la fois. Explication de l’anthropologue, qui décidément se fait critique littéraire quand il veut : Marcel n’a pas encore pigé l’idée qui fera tout le charme de sa Recherche. Le désir est toujours extérieur, inaccessible ; on court après lui et, quand on croit enfin le saisir, il est bientôt rattrapé par la réalité qui le tue aussitôt : “Ce n’était que cela…”

“Le désir dure trois semaines”, confiait l’an dernier Carla Bruni, favorite de notre président depuis maintenant neuf semaines et demi. “L’amour dure trois ans”, prêche en écho le beigbederologue Beigbeder. Mais ces intéressantes considérations sont faussées par une fâcheuse confusion de vocabulaire. L’amour au sens girardien, et d’ailleurs chrétien du terme, n’a rien à voir avec le désir. On peut jouer tant qu’on veut au cache-cache des désirs mimétiques croisés, et même appeler ça “amour” ; mais comme dit l’ami René, “comprendre et être compris, c’est quand même plus solide” !

Voir également:

René Girard, l’éclaireur

Victimes partout, chrétiens nulle part?

Emmanuel Dubois de Prisque

Causeur

6 novembre 2015

 

René Girard, qui n’était ni philosophe, ni anthropologue, ni critique littéraire, est mort le 4 novembre 2015 à Stanford, Californie, à l’âge de 91 ans. René Noël Théophile Girard, dont le père, esprit libre, conservateur du palais des Papes, se prénommait Joseph, et la mère, catholique pratiquante, se prénommait Marie, est né le 25 décembre 1923 à Avignon. Parti de France après la guerre et ses études à l’école des Chartes, il est devenu aux Etats-Unis  un universitaire sans chapelle. Il s’est converti au catholicisme de son enfance peu avant la quarantaine, sous l’effet de ses lectures.

À le lire, je connais plus d’un post-moderne autoproclamé, à commencer par moi, dont la vie a été bouleversée. Nous qui faisions les malins avec notre tradition, nous qui moquions la ringardise de nos pères, découvrions en lisant Girard que ce vieux livre poussiéreux, la Bible, était encore à lire. Qu’elle nous comprenait infiniment mieux que nous ne la comprenions. Ce que Girard nous a donné à lire, ce n’est rien moins que le monde commun des classiques de la France catholique, de l’Europe chrétienne, celui dont nous avions hérité mais que nous laissions lui aussi prendre la poussière dans un coin du bazar mondialisé. Nous pouvions grâce à lui nous plonger dans les livres de nos pères et y trouver une merveilleuse intelligence du monde. Avec lui, nous nous découvrions tout uniment fils de nos pères, français et catholiques. Car ce que nous apprend René Girard, c’est que nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, que nous avons pour vivre et exister besoin du désir des autres, que nous ne sommes pas ces être libres et sans attaches que les catastrophes du XXe siècle auraient fait de nous.

« C’est un garçon sans importance collective, c’est tout juste un individu. » Cette phrase de Céline qui m’a longtemps trotté dans la tête adolescent était tout un programme. Elle plaisait beaucoup à Sartre qui l’a mise en exergue de La Nausée. Elle donnait à la foule des pékins moyens dans mon genre une image très avantageuse d’eux-mêmes, au moment de l’effondrement des grands récits. Nous n’appartenions à rien ni à personne. Nous étions seulement nous-mêmes, libres et incréés. La lecture attentive de Girard balaye ces prétentions infantiles, qui pourtant structurent encore la psyché de l’Occident. Non, nous ne sommes pas à nous-mêmes nos propres pères. Non, nous ne sommes pas libres et possesseurs de nos désirs. Comme le dit l’Eglise depuis toujours, nous naissons esclaves de nos péchés, de notre désir dit Girard, et seul le Dieu de nos pères peut nous en libérer.  Prouver cette vérité constitue toute l’ambition intellectuelle de Girard, une vérité bien particulière puisqu’elle appartient à la fois à l’ordre de la science et à celui de la spiritualité.

J’ai eu la chance de rencontrer Girard et de discuter à deux reprises assez longuement avec lui. Il aimait à s’amuser des malentendus provoqués par son œuvre.  Il racontait qu’à la fin de ses conférences, des lecteurs enthousiastes venaient le voir pour lui confier qu’il avait vu juste, que les boucs émissaires existaient, qu’ils étaient effectivement le socle de la vie commune, et que d’ailleurs lui, René Girard, avait la chance d’en avoir un en face de lui.  Ce qu’il percevait ainsi, c’était la naissance de cette concurrence victimaire qu’une mauvaise compréhension de son œuvre contribuait à exacerber. Pour René Girard, comprendre son œuvre ou se convertir au christianisme (ce qui fut pour moi une seule et même chose) impliquait de se découvrir non pas victime, mais pécheur.

Or, pour avoir raison aujourd’hui, pour gagner la compétition médiatique, il faut s’affirmer victime de la violence du monde, de l’Etat, du groupe. « Le monde moderne est plein de vertus chrétiennes devenues folles » disait Chesterton, un auteur selon le goût de René Girard. À quelques heureuses exceptions près, l’université s’est pendant longtemps gardée de se pencher sérieusement sur l’œuvre d’un penseur que son catholicisme de mieux en mieux assumé rendait de plus en plus hérétique. Cependant, à court de concept opératoire pour penser le réel, la sociologie a aujourd’hui recours jusqu’à la nausée (qui lui vient facilement) au concept du bouc émissaire pour expliquer à peu près tout et son contraire : la façon dont on traite la religion musulmane et la condition féminine en Occident par exemple.

Typiquement, le girardien sans christianisme, cet oxymoron  qui prolifère aujourd’hui, s’efforce de découvrir la violence, les boucs émissaires et le ressentiment partout, sauf là où cela ferait vraiment une différence, la seule différence qui tienne, c’est-à-dire en lui-même. C’est ainsi que les bien-pensants passent leur temps à dénoncer le racisme dégoutant du bas-peuple de France sans paraître voir le racisme de classe dont ils font preuve à cette occasion.  Ce girardisme sans christianisme est le pire des contresens d’un monde qui pourtant n’en est pas avare : le monde post-moderne est plein de concepts girardiens devenus fous.

Voir de même:

Mort de René Girard, anthropologue et théoricien de la « violence mimétique »
Jean Birnbaum

Le Monde

05.11.2015

L’anthropologue René Girard est mort mercredi 4 novembre, à Stanford, aux Etats-Unis. Il avait 91 ans. Fondateur de la « théorie mimétique », ce franc-tireur de la scène intellectuelle avait bâti une œuvre originale, qui conjugue réflexion savante et prédication chrétienne. Ses livres, commentés aux quatre coins du monde, forment les étapes d’une vaste enquête sur le désir humain et sur la violence sacrificielle où toute société, selon Girard, trouve son origine inavouable.

« Le renommé professeur français de Stanford, l’un des quarante Immortels de la prestigieuse Académie française, est décédé à son domicile de Stanford mercredi des suites d’une longue maladie », a indiqué l’université californienne où il a longtemps enseigné.
Né le 25 décembre 1923, à Avignon, René Noël Théophile grandit dans une famille de la petite bourgeoisie intellectuelle. Son père, radical-socialiste et anticlérical, est conservateur de la bibliothèque et du musée d’Avignon, puis du Palais des papes. Sa mère, elle, est une catholique tendance Maurras, passionnée de musique et de littérature. Le soir, elle lit du Mauriac ou des romans italiens à ses cinq enfants. La famille ne roule pas sur l’or, elle est préoccupée par la crise, la montée des périls. Plutôt heureuse, l’enfance de René Girard n’en est donc pas moins marquée par l’angoisse.

Quand on lui demandait quel était son premier souvenir politique, il répondait sans hésiter : les manifestations ligueuses du 6 février 1934. « J’ai grandi dans une famille de bourgeois décatis, qui avait été appauvrie par les fameux emprunts russes au lendemain de la première guerre mondiale, nous avait-il confié lors d’un entretien réalisé en 2007. Nous faisions partie des gens qui comprenaient que tout était en train de foutre le camp. Nous avions une conscience profonde du danger nazi et de la guerre qui venait. Enfant, j’ai toujours été un peu poltron, chahuteur mais pas batailleur. Dans la cour de récréation, je me tenais avec les petits, j’avais peur des grands brutaux. Et j’enviais les élèves du collège jésuite qui partaient skier sur le mont Ventoux… »

Longue aventure américaine
Après des études agitées (il est même renvoyé du lycée pour mauvaise conduite), le jeune Girard finit par obtenir son bac. En 1940, il se rend à Lyon dans l’idée de préparer Normale-Sup. Mais les conditions matérielles sont trop pénibles, et il décide de rentrer à Avignon. Son père lui suggère alors d’entrer à l’Ecole des chartes. Il y est admis et connaît à Paris des moments difficiles, entre solitude et ennui. Peu emballé par la perspective de plonger pour longtemps dans les archives médiévales, il accepte une offre pour devenir assistant de français aux Etats-Unis. C’est le début d’une aventure américaine qui ne prendra fin qu’avec sa mort, la trajectoire académique de Girard se déroulant essentiellement outre-Atlantique.

Vient alors le premier déclic : chargé d’enseigner la littérature française à ses étudiants, il commente devant eux les livres qui ont marqué sa jeunesse, Cervantès, Dostoïevski ou Proust. Puis, comparant les textes, il se met à repérer des résonances, rapprochant par exemple la vanité chez Stendhal et le snobisme chez Flaubert ou Proust. Emerge ainsi ce qui sera le grand projet de sa vie : retracer le destin du désir humain à travers les grandes œuvres littéraires.

De la littérature à l’anthropologie religieuse
En 1957, Girard intègre l’université Johns-Hopkins, à Baltimore. C’est là que s’opérera le second glissement décisif : de l’histoire à la littérature, et de la littérature à l’anthropologie religieuse. « Tout ce que je dis m’a été donné d’un seul coup. C’était en 1959, je travaillais sur le rapport de l’expérience religieuse et de l’écriture romanesque. Je me suis dit : c’est là qu’est ta voie, tu dois devenir une espèce de défenseur du christianisme », confiait Girard au Monde, en 1999.

A cette époque, il amasse les notes pour nourrir le livre qui restera l’un de ses essais les plus connus, et qui fait encore référence aujourd’hui : Mensonge romantique et vérité romanesque (1961). Il y expose pour la première fois le cadre de sa théorie mimétique. Bien qu’elle engage des enjeux profonds et extrêmement complexes, il est d’autant plus permis d’exposer cette théorie en quelques mots que Girard lui-même la présentait non comme un système conceptuel, mais comme la description de simples rapports humains. Résumons donc. Pour comprendre le fonctionnement de nos sociétés, il faut partir du désir humain et de sa nature profondément pathologique. Le désir est une maladie, chacun désire toujours ce que désire autrui, voilà le ressort principal de tout conflit. De cette concurrence « rivalitaire » naît le cycle de la fureur et de la vengeance. Ce cycle n’est résolu que par le sacrifice d’un « bouc émissaire », comme en ont témoigné à travers l’histoire des épisodes aussi divers que le viol de Lucrèce, l’affaire Dreyfus ou les procès de Moscou.

Prédicateur chrétien
C’est ici qu’intervient une distinction fondamentale aux yeux de Girard : « La divergence insurmontable entre les religions archaïques et le judéo-chrétien. » Pour bien saisir ce qui les différencie, il faut commencer par repérer leur élément commun : à première vue, dans un cas comme dans l’autre, on a affaire au récit d’une crise qui se résout par un lynchage transfiguré en épiphanie. Mais là où les religions archaïques, tout comme les modernes chasses aux sorcières, accablent le bouc émissaire dont le sacrifice permet à la foule de se réconcilier, le christianisme, lui, proclame haut et fort l’innocence de la victime. Contre ceux qui réduisent la Passion du Christ à un mythe parmi d’autres, Girard affirme la singularité irréductible et la vérité scandaleuse de la révélation chrétienne. Non seulement celle-ci rompt la logique infernale de la violence mimétique, mais elle dévoile le sanglant substrat de toute culture humaine : le lynchage qui apaise la foule et ressoude la communauté.

Girard, longtemps sceptique, a donc peu à peu endossé les habits du prédicateur chrétien, avec l’enthousiasme et la pugnacité d’un exégète converti par les textes. De livre en livre, et de La Violence et le sacré (1972) jusqu’à Je vois Satan tomber comme l’éclair (1999), il exalte la force subversive des Evangiles.

Un engagement religieux critiqué
Cet engagement religieux a souvent été pointé par ses détracteurs, pour lesquels sa prose relève plus de l’apologétique chrétienne que des sciences humaines. A ceux-là, l’anthropologue répondait que les Evangiles étaient la véritable science de l’homme… « Oui, c’est une espèce d’apologétique chrétienne que j’écris, mais elle est bougrement bien ficelée », ironisait, dans un rire espiègle, celui qui ne manquait jamais ni de culot ni d’humour.

Adoptant une écriture de plus en plus pamphlétaire, voire prophétique, il était convaincu de porter une vérité que personne ne voulait voir et qui pourtant crevait les yeux. Pour lui, la théorie mimétique permettait d’éclairer non seulement la construction du désir humain et la généalogie des mythes, mais aussi la violence présente, l’infinie spirale du ressentiment et de la colère, bref l’apocalypse qui vient. « Aujourd’hui, il n’y a pas besoin d’être religieux pour sentir que le monde est dans une incertitude totale », prévenait, un index pointé vers le ciel, celui qui avait interprété les attentats du 11-Septembre comme la manifestation d’un mimétisme désormais globalisé.

Il y a ici un autre aspect souvent relevé par les critiques de Girard : sa prétention à avoir réponse à tout, à tout expliquer, depuis les sacrifices aztèques jusqu’aux attentats islamistes en passant par le snobisme proustien. « Don’t you think you are spreading yourself a bit thin ? » [« tu ne penses pas que tu t’étales un peu trop ? »], lui demandaient déjà ses collègues américains, poliment, dans les années 1960… « Je n’arrive pas à éviter de donner cette impression d’arrogance », admettait-il, narquois, un demi-siècle plus tard.

Relatif isolement
Ajoutez à cela le fait que Girard se réclamait du « bon sens » populaire contre les abstractions universitaires, et vous comprendrez pourquoi ses textes ont souvent reçu un accueil glacial dans le monde académique. Les anthropologues, en particulier, n’ont guère souhaité se pencher sur ses hypothèses, hormis lors d’une rencontre internationale qui eut lieu en 1983 en Californie, non loin de Stanford, l’université où Girard enseigna de 1980 jusqu’à la fin de ses jours.

Confrontant son modèle conceptuel à leurs enquêtes de terrain, quelques chercheurs français ont aussi accepté de discuter les thèses de Girard. A chaque fois, l’enjeu de cette confrontation s’est concentré sur une question : les sacrifices rituels propres aux sociétés traditionnelles relèvent-ils vraiment du lynchage victimaire ? Et, même quand c’est le cas, peut-on échafauder une théorie de la religion, voire un discours universel sur l’origine de la culture humaine, en se fondant sur ces pratiques archaïques ?

Cordiale ou frontale, cette discussion revenait toujours à souligner le relatif isolement, mais aussi la place singulière, de René Girard dans le champ intellectuel. Ayant fait des Etats-Unis sa patrie d’adoption, cet autodidacte jetait un regard perplexe sur la pensée française, et notamment sur le structuralisme et la déconstruction. Mêlant sans cesse littérature, psychanalyse et théologie, cet esprit libre ne respectait guère les cadres de la spécialisation universitaire. Animé d’une puissante conviction chrétienne, cet homme de foi ne craignait pas d’affirmer que sa démarche évangélique valait méthode scientifique. Se réclamant de l’anthropologie, ce provocateur-né brossait la discipline à rebrousse-poil en optant pour une réaffirmation tranquille de la supériorité culturelle occidentale. Pour Girard, en effet, qui prétend découvrir l’universelle origine de la civilisation, on doit d’abord admettre la prééminence morale et culturelle du christianisme.

« Vous n’êtes pas obligés de me croire », lançait René Girard à ceux que son pari laissait perplexes. Du reste, il aimait exhiber ses propres doutes, comme s’il était traversé par une vérité à prendre ou à laisser, et dont lui-même devait encore prendre toute la mesure. Rythmant ses phrases de formules du type « si j’ai raison… », confiant ses incertitudes à l’égard du plan qu’il avait choisi pour tel ou tel livre, il séduisait les plus réticents par la virtuosité éclairante de son rapport aux textes. Exégète à la curiosité sans limites, il opposait à la férocité du monde moderne, à l’accélération du pire, la virtuosité tranquille d’un lecteur qui n’aura jamais cessé de servir les Ecritures.

Voir encore:

René Girard, dernier désir
Robert Maggiori
Libération
5 novembre 2015

L’inventeur de la théorie mimétique et penseur d’une anthropologie fondée sur l’exclusion-sacralisation du bouc émissaire s’est éteint mercredi.

Membre de l’Académie française, René Girard n’a pourtant pas trouvé place dans l’université française : dans l’immédiat après-guerre, il émigre aux Etats Unis, obtient son doctorat en histoire à l’université d’Indiana, puis enseigne la littérature comparée à la Johns Hopkins University de Baltimore (il organise là un célèbre colloque sur «le Langage de la critique et les sciences de l’homme» auquel participent Roland Barthes, Jacques Lacan et Jacques Derrida, qui fait découvrir le structuralisme aux Américains) et, jusqu’à sa retraite en 1995, à Stanford – où, professeur de langue, littérature et civilisation françaises, il côtoie Michel Serres et Jean-Pierre Dupuy.

Né le jour de Noël 1923 à Avignon, élève de l’Ecole des chartes, il est mort mercredi à Stanford, Californie, à l’âge de 91 ans. C’était une forte personnalité, tenace, parfois bourrue, qui a creusé son sillon avec l’énergie des solitaires, et entre mille difficultés, car le retentissement international de ses théories – dont certains des concepts, notamment celui de «bouc émissaire», sont quasiment tombés dans la grammaire commune des sciences humaines et même le langage commun – n’a jamais fait disparaître les violentes critiques, les incompréhensions, les rejets, encore accrus par le fait que Girard, traditionaliste, a toujours refusé les crédos postmodernes, marxistes, déconstructivistes, structuralistes, psychanalytiques…

Porté par une profonde foi religieuse, fin interprète du mystère de la Passion du Christ, il a bâti une œuvre considérable, qui se déploie de la littérature à l’anthropologie, de l’ethnologie à la théologie, à la psychologie, la sociologie, la philosophie de la religion et la philosophie tout court. Les linéaments de toute sa pensée sont déjà contenus dans son premier ouvrage, Mensonge romantique et vérité romanesque (1961) dans lequel, à partir de l’étude très novatrice des grands romans occidentaux (Stendhal, Cervantes, Flaubert, Proust, Dostoïevski…), il forge la théorie du «désir mimétique» – l’homme ne désire que selon le désir de l’autre –, qui aura un écho considérable à mesure qu’il l’appliquera à des domaines extérieurs à la littérature.

Etre désirant
La nature humaine a en son fond la mimesis : au sens où les actions des hommes sont toujours entreprises parce qu’ils les voient réalisées par un «modèle». L’homme est par excellence un être désirant, qui nourrit son désir du désir de l’autre et adopte ainsi coutumes, modes, façons d’être, pensées, actions en adaptant les coutumes, les modes, les façons d’être de ceux qui sont «autour» de lui. La différence entre l’animal et l’homme n’est pas dans l’intelligence ou quoi que ce soit d’autre, mais dans le fait que le premier a des appétits, qui le clouent à l’instinct, alors que le second a des désirs, qui l’incitent d’abord à observer puis à imiter. C’est ce principe mimétique qui guide les «mouvements» des individus dans la société. De là la violence généralisée, car le conflit apparaît dès qu’il y a «triangle», c’est-à-dire dès que le désir porte sur un «objet» qui est déjà l’objet du désir d’un autre.

Naissent ainsi l’envie, la jalousie, la haine, la vengeance. La vengeance ne cesse de s’alimenter de la haine des «rivaux», et implique toute la communauté, menaçant ainsi les fondements de l’ordre social. Seul le sacrifice d’une victime innocente, qu’une «différence» (réelle ou créée) distingue de tous les autres, pourra apaiser les haines et guérir la communauté. C’est la théorie du «bouc émissaire», qui a rendu René Girard célèbre. En focalisant son attention sur l’aspect le plus énigmatique du sacré, l’auteur de la Violence et le sacré (1972) montre en effet – on peut en avoir une illustration dans le film de Peter Fleischmann, Scènes de chasse en Bavière, où un jeune homme, soupçonné d’être homosexuel, devient l’objet d’une véritable chasse à l’homme de la part de tous les habitants du village – que l’immolation d’une victime sacrificielle, attestée dans presque toutes les traditions religieuses et la littérature mythologique, sert à apaiser la «guerre de tous contre tous» dont Thomas Hobbes avait fait le centre de sa philosophie.

Lorsqu’une communauté est sur le point de s’autodétruire par des affrontements intestins, des «guerres civiles», elle trouve moyen de se «sauver» si elle trouve un bouc émissaire (on peut penser à la «chasse aux sorcières», à n’importe qu’elle époque, sous toutes latitudes, et quelle que soit la «sorcière»), sur lequel décharger la violence : bouc émissaire à qui est ensuite attribuée une valeur sacrée, précisément parce qu’il ramène la paix et permet de recoudre le lien social. Souvent, les mythes et les rites ont occulté l’innocence de la victime, mais, selon Girard, la révélation biblique, culminant avec les récits évangéliques de la Passion du Christ, l’a au contraire révélée, de sorte que le christianisme ne peut être considéré comme une simple «variante» des mythes païens (d’où la violente critique que Girard fait de la Généalogie de la morale de Nietzsche, de la conception «dionysiaque» célébrée par le philosophe allemand, et de l’assimilation entre le Christ et les diverses incarnations païennes du dieu-victime).

Faits et événements réels
Dans l’optique girardienne, il s’agissait assurément de proposer un «autre discours» anthropologique, qui se démarquât (et montrât la fausseté) de ceux qui étaient devenus dominants, grâce, évidemment, à l’œuvre de Levi-Strauss (et, d’un autre côté, de Freud). Ne pensant pas du tout qu’on puisse rendre raison de la «pensée sauvage» en s’attachant aux mythes, entendus comme «création poétique» ou «narration» coupée du réel, René Girard enracine son anthropologie dans des faits et des événements réellement arrivés, comme des épisodes de lynchage ou de sacrifices rituels dont la victime est ensuite sacralisée mais qui se fondent toujours, d’abord, sur des accusations absurdes, comme celles de diffuser la peste, de rendre impure la nourriture ou d’empoisonner les eaux.

La théorie mimétique et l’anthropologie fondée sur l’exclusion-sacralisation du bouc émissaire, sont les deux paradigmes que Girard applique à de nombreux champs du savoir, et qui lui permettent de définir un schéma herméneutique capable d’expliquer une foule de phénomènes, sociaux, politiques, littéraires, religieux. Son travail, autrement dit, visait à la constitution d’une anthropologie générale, rationnelle, visant à une explication globale des comportements humains. C’est sans doute pourquoi il a suscité tant d’enthousiasmes et attiré tant de critiques. On ne saurait ici pas même citer toutes les thématiques qu’il a traitées, ni les auteurs avec lesquels il a critiquement dialogué. Ce qui est sûr, c’est que René Girard a toujours maintenu droite la barre de son navire, malgré les vents contraires, et, à l’époque de l’hyper-spécialisation contemporaine, a eu l’audace de formuler une «pensée unitaire» qui a fait l’objet de mille commentaires dans le monde entier, parce que vraiment suggestive, et dont l’ambition était de mettre à nu les racines de la culture humaine. «La vérité est extrêmement rare sur cette terre. Il y a même raison de penser qu’elle soit tout à fait absente.» Ce qui n’a pas été suffisant pour dissuader René Girard de la chercher toute sa vie.

Voir de plus:

René Girard, l’homme qui nous aidait à penser la violence et le sacré
Henri Tincq

Slate

05.11.2015

Mort à l’âge de 91 ans, il n’avait cessé de s’interroger sur la façon dont la religion devient violente, ou est instrumentalisée au nom de la violence.

Mort le 4 novembre à Stanford (Etats-Unis) à l’âge de 91 ans, le philosophe et anthropologue français René Girard, membre de l’Académie française, est sans doute le penseur qui a le mieux mis à jour le lien entre la violence et le sacré.

C’est en développant (après Aristote) sa thèse sur le «désir mimétique» qui anime tout homme que René Girard a été conduit à s’interroger sur la violence. En effet, si le «désir mimétique» –celui de possèder à son tour ce que l’autre possède– permet à l’homme d’accroître ses facultés d’apprentissage, il accroît aussi sa propre violence et provoque la plupart des conflits d’appropriation. La notion de «rivalité mimétique» permet d’éclairer non seulement la construction du désir humain et la généalogie des mythes, mais aussi la spirale du ressentiment et de la colère, en un mot la violence du monde.

Découlant de cette première thèse, la deuxième théorie de René Girard –qu’il expose dans son célèbre ouvrage La violence et le sacré (1972)– est celle du «mécanisme victimaire», selon lui à l’origine de toute forme de religieux archaïque et extrémiste. A son paroxysme, la violence se fixe toujours sur une «victime arbitraire», qui fait contre elle l’unanimité du groupe. L’élimination du «bouc émissaire» devient alors un impératif collectif. C’est elle qui exorcise et fait retomber la violence du groupe. La «victime émissaire» devient «sacrée», c’est-à-dire porteuse de ce pouvoir de déchaîner la crise comme de ramener la paix.

René Girard découvre ainsi la genèse du «religieux archaïque»; du sacrifice rituel comme répétition de l’événement originaire; du mythe comme récit de cet événement; des interdits fixés à l’accès des objets à l’origine des «rivalités» qui ont dégénéré dans cette crise. Cette élaboration religieuse se fait au long de la répétition de crises mimétiques, dont la résolution n’apporte la paix que de façon temporaire. Pour l’anthopologue, l’élaboration des rites et des interdits constituait une sorte de «savoir empirique» sur la violence.

Comment les religions sont devenues extrémistes

Ces deux thèses liées sur la «rivalité mimétique» et le «mécanisme émissaire» ont conduit René Girard –qui a toujours affiché sa foi chrétienne malgré les critiques d’une partie de la communauté scientifique– à s’interroger sur l’origine et le devenir des religions, jusqu’à leurs formes extrémistes d’aujourd’hui. Pour lui, à la naissance des religions, il existe aussi une «rivalité mimétique» autour d’un même «capital symbolique», fondé sur les trois «piliers» que sont le monothéisme, la fonction prophétique et la Révélation.

Pendant des siècles, ce capital symbolique avait été monopolisé par l’Ancien Testament biblique et par le message de Jésus de Nazareth. Mais au septième siècle surgissait le prophète Mahomet et un troisième acteur –l’islam– affirmant que ce qui avait été transmis par les précédents prophètes n’était pas complet, que leur message avait été altéré. Cette rivalité a engendré de la violence entre les «peuples du Livre» dès les premiers temps de l’islam. Au point qu’aujourd’hui encore, on dit que les monothéismes sont porteurs d’une violence structurelle: ils ont fait naître une notion de «vérité» unique, exclusive de toute articulation concurrente.

René Girard va interpréter les attentats du 11 septembre 2001 comme la manifestation d’un «mimétisme» désormais globalisé. Il déclare, dans une interview au Monde en novembre 2001, que le terrorisme islamique s’explique par la volonté «de rallier et mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans des rapports de rivalité mimétique avec l’Occident». Pour lui, les «ennemis» de l’Occident font des Etats-Unis «le modèle mimétique de leurs aspirations, au besoin en le tuant». Il a cette formule:

«Le terrorisme est suscité par un désir exacerbé de convergence et de ressemblance avec l’Occident. L’islam fournit le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. Son rapport mystique avec la mort nous le rend le plus mystérieux encore.»
Double rapport
Les rapports entre la violence et le sacré vont poursuivre le philosophe jusqu’à la fin de sa vie. On se souvient que le nom de Dieu porté à l’absolu pour combler des frustrations sociales, politiques, identitaires ou pour justifier un projet totalitaire est responsable d’une partie des plus grands crimes. La Torah, l’Evangile et le Coran ont été le prétexte à nombre de pogroms, de croisades et d’Inquisitions.

Autrement dit, le sacré suscite et engendre de la violence. Fondé ou non sur une transcendance divine, il constitue un mode de représentation de l’univers qui échappe à l’emprise de l’homme, exige sa soumission totale, définit des prescriptions et des interdits. C’est le sacré qui, en dernière instance, donne à l’homme son identité, le conduit à «sacrifier» sa propre vie ou celle des autres. Dans tous les mythes religieux, babyloniens ou autres, les divinités du bien et de l’ordre s’arrachent toujours, dans une lutte violente, au chaos, au mal et à la mort.

Les panthéons des religions monothéistes sont remplis de dieux de la guerre
Mais si le sacré produit de la violence, le processus fonctionne aussi en sens inverse. La violence produit du sacré. L’homme utilise, ou même construit le sacré, pour justifier, légitimer, réguler sa propre violence. Les «guerres saintes» n’ont d’autre but que de mobiliser les ressources du sacré pour une prétendue noble cause: Gott mit uns («Dieu est avec nous»), écrivaient les soldats nazis sur leur ceinturon, alors que l’idéologie nazie était fondamentalement athée.  Cela a toujours existé, quelles que soient les civilisations et les époques. Les panthéons des religions monothéistes sont remplis de dieux de la guerre.

Après René Girard, la question reste ainsi posée: est-ce que ce sont les religions qui sèment les germes de discorde et de violence, par des vérités transformées en dogmatismes? Ou est-ce que ce sont les hommes qui se réclament d’elles et qui se fabriquent leur propre image de Dieu, qui prennent prétexte de tout, y compris du nom divin, pour justifier leur propre violence et fanatisme?

Voir aussi:

L’académicien René Girard est mort à 91 ans
Le philosophe chrétien est décédé mercredi 4 novembre, à Stanford aux États-Unis, à l’âge de 91 ans.
La Croix (avec AFP)
5/11/15

Le philosophe René Girard en novembre 1990. Ce spécialiste des religions et du phénomène de violence est décédé mercredi 4 novembre à 91 ans .

« Le nouveau Darwin des sciences humaines », s’est éteint mercredi 4 novembre, à l’âge de 91 ans. « Le renommé professeur français de Stanford, l’un des 40 immortels de la prestigieuse Académie française, est décédé à son domicile de Stanford mercredi des suites d’une longue maladie », a indiqué l’université américaine dans un communiqué.

René Girard, philosophe et académicien, théoricien du « désir mimétique », était reconnu pour ses livres qui « ont offert une vision audacieuse et vaste de la nature, de l’histoire et de la destinée humaine », poursuit l’université, où il a longtemps dirigé le département de langue, littérature et civilisation française. Archiviste-paléographe de formation, René Girard était installé aux États-Unis depuis 1947.

L’Académie française, une reconnaissance
Traduites dans de nombreuses langues et très reconnues aux États-Unis, ses œuvres sont assez mal connues du grand public français. C’est pourquoi sa nomination au fauteuil numéro 37 de l’Académie française, en 2005, était une véritable reconnaissance pour l’intellectuel.

« Je peux dire sans exagération que, pendant un demi-siècle, la seule institution française qui m’ait persuadé que je n’étais pas oublié en France, dans mon propre pays, en tant que chercheur et en tant que penseur, c’est l’Académie française », avait-il expliqué ce jour-là dans son discours devant les Immortels. Le penseur chrétien succédait alors au Père dominicain Ambroise-Marie Carré.

Une œuvre autour des religions
Né un soir de Noël 1923 à Avignon, René Girard a d’abord consacré sa carrière à l’étude des religions dans les sociétés humaines et aux logiques de mimétisme qui aboutissent à la violence. Selon l’anthropologue, tous les récits sacrés ont en commun un meurtre fondateur. Ce constat servit de base à son livre La Violence et le Sacré en 1972. René Girard s’intéressa également au rôle du bouc émissaire dans les groupes.

Pour René Girard, seul le christianisme – à la lecture de l’Évangile – est capable de mettre à nu le mécanisme victimaire qui fonde les religions, à la différence des croyances archaïques, et permet de dépasser les logiques de mimétisme à l’origine de toutes les violences.

Ses textes ont provoqué engouement ou critique, les uns lui reprochant son analyse trop anthropologique, les autres de dresser par son travail une apologie croyante du christianisme.

Voir également:

Entretien
René Girard : “Si l’Histoire a vraiment un sens, alors ce sens est redoutable”
Propos recueillis par Xavier Lacavalerie
Publié le 05/01/2008. Mis à jour le 05/11/2015

DisparitionRené Girard, l’anthropologue des désirs et de la violence n’est plus
EntretienDavid Graeber, anthropologue : “Nous pourrions être déjà sortis du capitalisme sans nous en rendre compte”
Portrait René Girard, l’essence du sacrifice

L’anthropologue René Girard est mort mercredi 4 novembre, à Stanford, aux Etats-Unis. Nous l’avions rencontré en 2008 : poursuivant sa réflexion sur la violence et le sacré, relisant Clausewitz, le théoricien de la guerre, il nous expliquait que selon lui, nous vivions en pleine apocalypse. En attendant de revenir sur sa carrière et son oeuvre, voici cet entretien tel qu’il avait été publié dans “Télérama”.

Critique littéraire, fasciné par l’étude des religions dans les sociétés archaïques, le chartiste et historien René Girard (né à Avignon en 1923) se livre depuis 1961 à une activité qui l’a longtemps fait passer pour un doux rêveur, un peu marginal et farfelu. A l’époque où tous les intellectuels français se passionnaient pour le politique, le structuralisme ou la psychanalyse, il effectuait tranquillement une relecture anthropologique des Evangiles et de toute la tradition prophétique juive. Pas seulement en tant que croyant, mais comme scientifique, avec l’ambition de réaliser, selon son propre aveu, « l’équivalent ethnologique de L’Origine des espèces ». Quelques ouvrages clés – La Violence et le Sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), Le Bouc émissaire (1982), Celui par qui le scandale arrive (2001) – témoignent de la singularité de ce parcours et de l’originalité de son apport à l’histoire de la pensée et de l’anthropologie. Longtemps « exilé » aux Etats-Unis, où il a enseigné à l’université de Stanford (Californie), René Girard a entraîné dans son sillage nombre d’admirateurs et d’élèves, et a reçu une tardive consécration hexagonale en étant élu à l’Académie française (1). Il vient de publier un livre d’entretiens assez inattendu, consacré à… Clausewitz, le théoricien de la guerre, sur lequel, en son temps, Raymond Aron avait écrit un essai brillantissime (2), mais forcément daté, oblitéré par les enjeux de la guerre froide entre les Etats-Unis et le monde communiste. Explications et rencontre avec un franc-tireur de la pensée.

On pourrait dire que le point de départ de toute votre oeuvre réside dans ce que vous appelez le « désir mimétique » et dans la violence, que vous mettez au fondement même de toute organisation sociale…
Toute l’histoire – et le malheur ! – de l’humanité commence en effet par la rivalité mimétique. A savoir : je veux ce que l’autre désire ; l’autre souhaite sûrement ce que je possède. Tout désir n’est que le désir d’un autre pris pour modèle. Lorsque cette rivalité mimétique entre deux personnes se met en place, elle a tendance à gagner rapidement tout le groupe, par contagion, et la violence se déchaîne. Cette violence, il faut bien la réguler. Elle se focalise alors sur un individu, sur une victime désignée, un bouc émissaire, quelqu’un de coupable, forcément coupable. Son lynchage collectif a pour fonction de rétablir la paix dans la communauté, jusqu’aux prochaines tensions. Le désir mimétique est donc à la fois un mal absolu – puisqu’il déchaîne la violence – et un remède – puisqu’il régule les sociétés et réconcilie les hommes entre eux, autour de la figure du bouc émissaire. Dans la ritualisation de cette violence inaugurale s’enracine le fonctionnement de toutes les sociétés et les religions archaïques. Puis vint le christianisme. Là, n’en déplaise aux anthropologues et aux théologiens qui ont trop souvent vu dans la figure du Christ un bouc émissaire comme tous les autres, il se passe quand même quelque chose de radicalement différent. La personne lynchée n’est pas une victime qui se sait coupable. Au contraire, elle revendique son innocence et rachète le monde par sa passion.

A vos yeux, il s’agit donc d’une rupture essentielle ?
Oui, définitive même. Mais la Passion a dévoilé une fois pour toutes l’origine sacrificielle de l’Humanité en nous confrontant à ce qui était caché depuis la fondation du monde : la réalité crue de la violence et la nécessité du sacrifice d’un innocent. Elle a défait le sacré en révélant sa violence fondamentale, même si le Christ a confirmé la part de divin que toutes les religions portent en elles. Le christianisme n’apparaît pas seulement comme une autre religion, comme une religion de plus, qui a su libérer la violence ou la sainteté : elle proclame, de fait, la fin des boucs émissaires, donc la fin de toutes les religions possibles. Moment historique décisif, qui consacre la naissance d’une civilisation privée de sacrifices humains, mais qui génère aussi sa propre contradiction et un scepticisme généralisé. Le religieux est complètement démystifié – ce qui pourrait être une bonne chose, dans l’absolu, mais se révèle en réalité une vraie catastrophe, car les êtres humains ne sont pas préparés à cette terrible épreuve : les rites qui les avaient lentement éduqués, qui les avaient empêchés de s’autodétruire, il faut dorénavant s’en passer, maintenant que les victimes innocentes ne peuvent plus être immolées. Et l’homme, pour son malheur, n’a rien de rechange.

Dans ces conditions, à quoi aboutissent les inévitables tensions, au sein des sociétés humaines ?
A la violence généralisée et aux guerres. J’ai retrouvé chez le baron Carl von Clausewitz (1780-1831), auteur d’un célèbre traité au titre spartiate mais éloquent, De la guerre (3), une reformulation étonnante de cette « rivalité mimétique », quand il définit la guerre comme une « montée aux extrêmes ». On peut analyser cette expression comme une incapacité de la politique à contenir l’accroissement mimétique, c’est-à-dire réciproque, de la violence. Longtemps, les innombrables lecteurs et commentateurs de ce texte (3), Raymond Aron en tête, se sont aveuglés sur une autre célèbre formule : « La guerre, c’est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Elle tendrait à affirmer que la guerre est une étape, un moment exceptionnel, qui a forcément une fin et une solution politique, alors que c’est exactement l’inverse : le politique est constamment débordé par le déchaînement de la violence. Et cette violence se développe et s’intensifie, jusqu’à son paroxysme, chacune des parties opposées renchérissant en permanence sur l’autre, avec encore plus de vigueur et de détermination.

Qui était ce fameux baron von Clausewitz ?
Un militaire, un général prussien. A l’âge de 12 ans, il a assisté à l’incroyable bataille de Valmy (le 20 septembre 1792), au cours de laquelle une armée de volontaires français, mal habillés, mal armés et sous-équipés, a battu la formidable armée de métier prussienne commandée par le duc de Brunswick. Quelques années plus tard, il se retrouve à la bataille d’Iéna (14 octobre 1806) et subit la plus humiliante et la plus rapide des défaites imposées par l’armée napoléonienne à ses ennemis. Et savez-vous ce qu’il fait ? Contrairement à la plupart des généraux prussiens battus qui se rangent au côté de leur vainqueur, il choisit l’exil. Il rejoint l’armée russe du maréchal Koutouzov et la coalition, afin de continuer à combattre les armées de Napoléon, cet ennemi qui l’agace tant, mais qui le fascine. L’armée prussienne ne lui pardonnera d’ailleurs jamais d’avoir eu raison, à peu près seul contre tous, mais le conservera quand même dans ses rangs. Clausewitz en gardera longtemps une certaine amertume et une profonde mélancolie. Il passera le reste de son existence à rédiger son fameux traité, De la guerre, qui restera inachevé et sera publié un an après sa mort, en 1832, par les soins de sa femme.
Dans ce traité posthume se profile tout le drame du monde moderne, la période où les guerres européennes se sont exaspérées, particulièrement entre la France et ce qui allait devenir l’Allemagne, de la bataille d’Iéna à l’écrasement des nazis en 1945 : un siècle et demi d’affrontements et d’escalades, tissé de victoires, de défaites et d’esprit de revanche. Si cette rivalité, et cette montée aux extrêmes, n’avait pas fait des millions et des millions de morts, elle aurait vraiment un aspect presque comique. Car les Prussiens parlent des Français exactement comme les Français parlent des Prussiens. Ils disent que nous sommes un peuple de guerriers par excellence, dignes héritiers des légions romaines ; que notre langue manque d’harmonie et qu’elle est faite pour donner des ordres ou aboyer des commandements. Toujours le mimétisme…

Vous prétendez « achever Clausewitz », pour reprendre le titre de votre ouvrage. « Achever », comme on tue un ennemi ? Ou comme on termine un livre ?
D’un certain côté, Clausewitz a fait oeuvre de visionnaire. Il a parfaitement compris que, dans cette montée aux extrêmes, il fallait tenir compte des outils de la violence et du rôle prépondérant qu’allaient jouer les moyens technologiques auxquels il pouvait penser. Mais il ne pouvait pas prévoir l’invention des armes modernes de destruction massive, ni la prolifération des engins nucléaires, l’espionnage par satellite ou la communication généralisée en temps réel. On dirait que la montée aux extrêmes ne lui a pas assez fait peur pour qu’il puisse envisager le pire.
« Achever Clausewitz », c’est à la fois reconnaître en quoi son travail a été prémonitoire, mais aussi pousser son raisonnement jusqu’au bout. Car, fort des campagnes et des expéditions de Napoléon, Clausewitz a eu des intuitions très fortes. Il a, par exemple, compris l’importance que pouvait revêtir la guérilla – il fait naturellement référence aux affrontements entre les Espagnols et l’armée de Napoléon – et l’utilité de ce harcèlement permanent, capable de tenir en échec les armées classiques, aussi puissantes soient-elles. Il a également défendu l’idée que, dans un conflit, c’était finalement toujours le défenseur qui avait le dernier mot, et qu’il y avait toujours une Berezina pour mettre un point final à tous les Austerlitz triomphants. Voyez combien la suite lui a donné raison.

Mais sa vision était forcément limitée…
Effectivement, il ne pouvait pas prévoir le déchaînement de la violence généralisée au niveau de la planète. Car c’est là que nous en sommes arrivés, après deux conflits mondiaux, deux bombardements atomiques, plusieurs génocides et sans doute la fin des guerres « classiques », armée identifiable contre armée identifiée, au profit d’une violence en apparence plus sporadique, mais autrement plus dévastatrice. Prenez le génocide perpétré par les Khmers rouges ou les massacres inter-ethniques au Rwanda : 800 000 personnes exécutées à la machette en quelques semaines ! On revient d’un coup plusieurs milliers d’années en arrière, peut-être à l’époque de l’affrontement entre l’homme de Neandertal et l’homme de Cro-Magnon, dont on n’est même pas sûr qu’il se soit produit, mais qui a vu, dans tous les cas, l’éradication complète d’un groupe de population… Sauf qu’au Rwanda cela a pris beaucoup moins de temps.

Et puis il y a la question du terrorisme…
Oui, le terrorisme est, en quelque sorte, une métastase de la guerre. Mais ce qui me paraît le plus flagrant dans cette affaire, ce n’est pas ce que l’on souligne généralement. Il ne s’agit pas simplement d’un affrontement entre deux religions, entre musulmans radicaux d’un côté et protestants fondamentalistes de l’autre. Encore moins d’un choix de civilisations qui seraient opposées. Ce qui me frappe plutôt, c’est la diffusion de ce terrorisme. Partout, au Moyen-Orient, en Asie et en Asie du Sud-Est, il existe de petits groupes, des voisins, des communautés, qui se dressent les unes contre les autres, pour des raisons complexes, liées à l’économie, au mode de vie, autant qu’aux différences religieuses. Bien sûr, l’acte fondateur et symbolique des attentats du 11 septembre 2001, à New York, a frappé tous les esprits. Vivant moi-même aux Etats-Unis, j’ai pu voir les effets ravageurs de ce terrorisme, désormais perçu comme une menace sans fin, sans visage, frappant à l’aveugle, à laquelle les républicains n’ont pu apporter aucune parade efficace, uniquement parce qu’ils cherchent obscurément à rester dans le monde d’hier, où l’on pense qu’il faut simplement écraser son ennemi, « l’axe du Mal ».

Au regard de cette évolution, on s’aperçoit que la vision de Clausewitz était prémonitoire.
Clausewitz a eu l’intuition fulgurante du cours accéléré de l’Histoire. Mais il l’a aussitôt dissimulée pour essayer de donner à son traité un ton technique, froid et savant. C’est un homme rationnel, héritier des Lumières, comme d’ailleurs tous ses commentateurs ultérieurs, freinés dans leurs analyses et retenus par leur époque, leur sagesse, leur esprit raisonnable, leur optimisme. Mais il faut regarder la réalité en face. Achever l’interprétation de ce traité, De la guerre, c’est lui donner son sens religieux et sa véritable dimension d’apocalypse. C’est en effet dans les textes apocalyptiques, dans les Evangiles synoptiques de Matthieu, Marc et Luc et dans les Epîtres de Paul, qu’est décrit ce que nous vivons, aujourd’hui, nous qui savons être la première civilisation susceptible de s’autodétruire de façon absolue et de disparaître. La parole divine a beau se faire entendre – et avec quelle force ! -, les hommes persistent avec acharnement à ne pas vouloir reconnaître le mécanisme de leur violence et s’accrochent frénétiquement à leurs fausses différences, à leurs erreurs et à leurs aveuglements. Cette violence extrême est, aujourd’hui, déchaînée à l’échelle de la planète entière, provoquant ce que les textes bibliques avaient annoncé il y a plus de deux mille ans, même s’ils n’avait pas forcément une valeur prédicative : une confusion générale, les dégâts de la nature mêlés aux catastrophes engendrées par la folie humaine. Une sorte de chaos universel. Si l’Histoire a vraiment un sens, alors ce sens est redoutable…

C’est totalement désespérant…
L’esprit humain, libéré des contraintes sacrificielles, a inventé les sciences, les techniques, tout le meilleur – et le pire ! – de la culture. Notre civilisation est la plus créative et la plus puissante qui fût jamais, mais aussi la plus fragile et la plus menacée. Mais, pour reprendre les vers de Hölderlin, « Aux lieux du péril croît/Aussi ce qui sauve »…

A LIRE
Achever Clausewitz, entretiens avec Benoît Chantre, éd. Carnets Nord, 364 p., 22 EUR.

(1) Lire son discours de réception du 15 décembre 2005 (publié sous le titre Le Tragique et la Pitié, éd. du Pommier, 2007), non pour l’éloge que fait René Girard, selon la coutume, du révérend père Carré, auquel il succède, mais pour la flamboyante réponse de Michel Serres, exposant avec chaleur et clarté tout le système girardien.

(2) Penser la guerre, Clausewitz, éd. Gallimard, 1976, 2 vol. Lire également Sur Clausewitz (1987, rééd. éd. Complexe, 2005).

(3) Ce traité est universellement considéré comme LA grande théorie de la guerre moderne. Il est même cité en référence par un général de l’armée américaine en opération en Afghanistan dans le dernier film de Robert Redford, Lions et Agneaux, une histoire d’apocalypse en marche…

Voir encore:

Réné Girard en débat

Deux ouvrages témoignent des échanges et débats provoqués par les théories de René Girardsur la violence et le sacrifice

Elodie Maurot
La Croix

23/2/11

SANGLANTES ORIGINES René Girard Flammarion , 394 pages , 23 € 

Jusqu’à aujourd’hui, les théories de René Girard sur la violence et le phénomène du bouc émissaire ont fait débat. Les uns louant une oeuvre quasi prophétique, dévoilant les mécanismes inconscients à l’oeuvre dans la société. Les autres dénonçant une vision trop générale, voire idéologique, donnant au judéo-christianisme un rôle majeur, celui d’avoir révélé le mécanisme du sacrifice et d’en avoir détruit l’efficacité.

Les deux ouvrages qui viennent d’être publiés offrent l’occasion de prendre le pouls de ce débat qui se joua essentiellement à l’extérieur de nos frontières. Les échanges dont ils témoignent faisaient suite à la publication de La Violence et le Sacré, en 1972, dans lequel René Girard exposait les grandes lignes de sa thèse : l’universalité du « désir mimétique » qui pousse les hommes à désirer les mêmes objets et à entrer en rivalité, la violence engendrée par cette concurrence, le choix de boucs émissaires permettant de reconstituer le groupe.

Sanglantes origines montre que le monde universitaire américain fut loin d’acquiescer univoquement à ces propositions. Aux États-Unis comme en France, beaucoup d’universitaires restèrent méfiants vis-à-vis d’une oeuvre se jouant des frontières entre disciplines, mêlant anthropologie, psychologie, philosophie, voire théologie. Les entretiens qui eurent lieu en Californie à l’automne 1983, entre René Girard et divers confrères (Walter Burkert, historien du rite ; Jonathan Smith, historien des religions ; Renato Rosaldo, ethnologue) témoignent de ces débats contradictoires, toutefois régulés par une éthique de la discussion exemplaire.

Le noeud du désaccord apparaît essentiellement lié au statut de la théorie girardienne. Sans faire mystère de ses convictions chrétiennes, Girard a toujours revendiqué un point de vue strictement scientifique, regardant les phénomènes religieux comme une classe particulière de phénomènes naturels. Cette lecture générale, quasi darwinienne, viendra heurter l’empirisme de ces adversaires, qui lui reprochent d’ignorer le terrain et d’accorder trop d’importance aux représentations et aux textes.

La discussion devait aussi se tenir sur un autre versant, avec les théologiens. La publication en français de l’ouvrage du jésuite suisse Raymund Schwager (1935-2004) offre un bel exemple de la réception des travaux de Girard dans le milieu théologique. De manière précoce, Schwager accepta son hypothèse clé : la vérité du christianisme est reliée à la question de la violence. Depuis la figure du serviteur souffrant chez Isaïe jusqu’à la mise à mort du Christ, le théologien trace le dévoilement progressif d’une logique de violence.

Pourquoi cette démystification ne fut-elle pas prise en compte plus tôt par les Églises ? Pourquoi celles-ci eurent-elles recours à la violence contre l’enseignement de leurs Écritures, notamment envers les juifs ? Telle est la question qui taraude Schwager. « La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement », constate-t-il.

La vérité biblique sur la violence, « obscurcie sur de nombreux points, (……) dénaturée en partie », n’a pourtant « jamais été totalement falsifiée par les Églises », juge-t-il. « Elle a traversé l’histoire et agi comme un levain », puis fut indirectement reprise par les Lumières. D’où cet hommage de Schwager à la modernité et aux « maîtres du soupçon » : « Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. »

Selon lui, c’est donc dans un dialogue avec les philosophes de la modernité que le christianisme peut retrouver son coeur ardent, la non-violence.

Lire aussi « Avons-nous besoin d’un bouc émissaire ? » de Raymond Schwager.

Voir de même:

Que valent nos valeurs? Interview: René Girard
La Croix
13/12/02

Le temps s’est remis à la philosophie
La Croix s’est interrogée sur les valeurs, en se demandant notamment, dans la suite du 11 septembre, s’il existe des valeurs universelles. Quelle serait votre réponse à une telle interrogation ?

René Girard : Le mot me gêne parce que, lorsqu’on dit « valeur », on parle de quelque chose de purement conceptuel que nous reconnaissons. Or, nous avons nombre de valeurs que nous ne sommes pas capables de formuler, mais qui comptent énormément pour nous, dont certaines sont dues à un état de la société assez récent. Par exemple, les valeurs égalitaires, très fortes en France, ne seraient pour beaucoup de gens pas reconnues comme des valeurs, mais comme des données irréductibles de l’existence humaine. Pour répondre sur le 11 septembre, je constate que le terrorisme est regardé par beaucoup comme une fatalité, comme une manière de lutter contre d’autres valeurs que les siennes. Cela me donne à penser que les « valeurs universelles » sont bien compromises.

_ En quoi la valeur d’égalité peut elle, justement, être reliée à la violence qui a éclaté le 11 septembre ?

_ Nous vivons dans un monde très égalitaire et concurrentiel à la fois où chacun aspire au même type de réussite. L’existence démocratique est très difficile. Et il est évident que nous vivons dans un univers où il y a des gagnants et des perdants, un univers plein de ressentiment, d’humiliation. Si vous lisez les déclarations de Ben Laden, vous observez qu’il met les nations et les individus sur le même plan. Dans une déclaration, il se réfère à Hiroshima : il est dans ce globalisme moderne et il pose des revendications au niveau planétaire. Par conséquent, c’est vraiment un homme moderne, influencé par les valeurs occidentales. Car il n’y a plus que les valeurs occidentales, le reste c’est du folklore.

_ Pourtant, Al-Qaeda utilise un mode d’action suicidaire inconnu en Occident…

_ Le phénomène est effectivement inédit en Occident et donc peu compréhensible. Il peut malgré tout se lier à ce que Nietzsche appelle le « ressentiment », ce que Dostoïevski appelle aussi le « souterrain ». L’une des qualités majeures du ressentiment, c’est que l’on préfère perdre soi-même pourvu que l’autre perde. Chez le kamikaze, cela est poussé à l’extrême. Pourtant, l’islam, ce n’est pas cela. Nous sommes donc dans l’exceptionnel.

_ On aurait pu penser qu’au lendemain du 11 septembre, les Etats-Unis s’interrogeraient sur ce qui avait suscité une telle haine à leur égard. Cela a-t-il été le cas ?

_ Si des terroristes avaient fait sauter la tour Eiffel, est-ce que cela aurait provoqué ce genre d’examen de conscience ? Je ne le crois pas. En Amérique comme en France, il y a une confiance morale en soi imperturbable et totale. Aujourd’hui, nous sommes dans des attitudes extrêmement tranchées, des réactions vitales en somme. L’Américain du Middle West dit : « Je me défends quand on m’attaque. » Ce qu’il faut dire aux Américains, ce n’est pas : « Vous êtes des sauvages », mais plutôt : « Vous êtes peut-être en train de commettre la plus grande erreur stratégique qui soit. » Il y a un discours impérial qui n’avait jamais été tenu aux Etats-Unis et qui y est tenu maintenant, notamment dans le milieu intellectuel gravitant autour du président Bush. Beaucoup d’Américains pensent pourtant qu’il n’y a pas d’empire américain possible. La comparaison que l’on fait parfois avec l’Empire romain est d’ailleurs très fausse. A l’époque de l’Empire romain, les populations concernées vivaient à l’état tribal. Alors, être protégé par l’Empire romain ou par un autre…

_ L’Occident s’est-il trompé pour en arriver à être si déconcerté aujourd’hui ?

_ Rappelons-nous les dernières pages de La Légende des siècles de Victor Hugo : l’aviation qui apporte la paix au monde. On nous a refait le coup récemment en nous disant que c’était les ordinateurs qui avaient battu les Soviétiques et le communisme. Devant Ben Laden, c’est tout le contraire qui se produit : nous nous trouvons face à des gens qui s’installent en Amérique, qui deviennent assez Américains pour fonctionner dans cet univers et qui tout à coup se jettent avec des avions sur les tours. La technologie se retourne contre l’Amérique, qui avait tellement cru en la bonté de l’homme !

_ Le message chrétien pourrait-il être redécouvert dans un tel contexte ?

_ Le monde ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans le christianisme. Mais beaucoup de gens ne savent pas ce qu’ils doivent au judéo-christianisme, à la Bible, sur le plan des valeurs. Nous avons trahi le christianisme en l’utilisant à des fins matérialistes, consuméristes. Dès que l’on parle de la violence, il se trouve des gens pour s’insurger : « Et le religieux, qui nous promettait la paix universelle, qu’a-t-il fait pour nous ? » Je leur réponds que les Evangiles ne promettent pas la paix universelle. Le christianisme, c’est : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » Vous prenez le christianisme comme un gadget permettant de repousser la violence chez le voisin. Vous vous imaginez que l’on peut se servir du christianisme comme d’un instrument politique au niveau le plus bas, que l’on peut l’asservir. Mais le christianisme dit des vérités sur l’homme. Loin d’être usé, il pourrait revenir comme une espèce de coup de tonnerre. Les gens n’ont pas envie d’être rassurés. Ils veulent que les chrétiens leur apportent du sens et de la signification. Ce que ne peut fournir le tout économique.

_ Dans ce tableau très sombre, quelle issue proposez-vous ?

_ Elle est dans le partage : des matières premières, de la recherche, des ressources médicales… C’est ce qui nous sauverait peut-être, y compris sur le plan économique. Souvenons-nous du plan Marshall, qui a réussi à tous les niveaux. Globalement, je m’inquiète du manque de sérieux, du manque d’unité des gouvernants, de leur inconscience de la situation psychologique extraordinaire dans laquelle le monde se trouve. Ce n’est pas nouveau. J’ai vécu depuis 1937 dans un monde en désarroi. Mais on ne se rend pas compte que la période qui a suivi la guerre, de Khrouchtchev à aujourd’hui, nous a rendus plus complaisants envers nous-mêmes.

_ On vous a cru d’abord « oiseau de malheur », parce que votre pensée s’élaborait autour du thème de la violence. Votre oeuvre est aujourd’hui relue sous un autre jour. Qu’en pensez-vous ?

_ Ce que je disais n’a pas été pris au sérieux parce que, durant ces cinquante dernières années, la philosophie a évacué la violence. La philosophie et la théologie ont présenté les textes eschatologiques et apocalyptiques un peu comme une bonne farce. Mais ce n’est pas cela du tout ! Leur présence dans les Evangiles pose de sérieux problèmes. Lorsque les hommes sont privés du garde-fou sacrificiel, ils peuvent se réconcilier _ c’est ce que le christianisme appelle Royaume de Dieu. Ce Royaume de Dieu, pour l’obtenir, il ne suffit pas de renoncer à l’initiative de la violence : ce que prône l’Evangile, c’est le renoncement universel à la violence. Voilà une valeur qui pourrait être universelle, et qui ne l’est pas encore !

Recueilli par Laurent d’ERSU et Robert MIGLIORINI

La brillante carrière d’un expatrié

Né en 1923 à Avignon, René Girard a choisi, au sortir de la guerre, de s’expatrier aux Etats-Unis. Il était diplômé de l’école des Chartes, à la Sorbonne. Il y avait acquis le goût de l’érudition et l’art du déchiffrement des textes. Installé d’abord, en 1947, à l’université d’Indiana où il enseigne alors le français, il rejoint finalement, en 1974, la renommée Stanford University en Californie. Il y dirige à partir de 1981 le département de langue, littérature et civilisation françaises. Il n’enseigne plus depuis 1996 et poursuit la publication d’ouvrages, vivant entre Paris et les Etats-Unis. Il est notamment l’auteur de l’essai La Violence et le sacré (1972) et des Choses cachées depuis la fondation du monde (1978). Dans cette oeuvre qui suscite des réactions passionnelles, René Girard développe la thèse du conflit mimétique, explication globale du conflit dans nos sociétés fondée sur l’analyse du rôle central du bouc émissaire. Il vient de publier, toujours chez Grasset, une sélection de textes jusqu’ici seulement disponibles en anglais, La Voix méconnue du réel (318 p., 20 E).

Sagesses

« Pour voir face à face, dans son universalité et son imprégnation de toutes choses, l’esprit de Vérité, il faut être en mesure d’aimer comme soi-même la plus chétive des créatures. Et qui aspire à cela ne peut se permettre de s’exclure d’aucun domaine où se manifeste la vie. C’est pourquoi mon dévouement à la Vérité m’a entraîné dans le champ de la politique ; et je puis dire sans la moindre hésitation, mais aussi en toute humilité, que ceux-là n’entendent rien à la religion, qui prétendent que la religion n’a rien de commun avec la politique. »

(Gandhi, Autobiographie)

MIGLIORINI Robert

Voir par ailleurs:

Ben Laden, un an après
Un essai girardien de Bruno de Cessole
Causeur

Jérome Leroy

06 mai 2012

Un an après sa mort, il est peut-être temps d’essayer de comprendre le sens du phénomène Ben Laden, d’interroger celui qui reste la figure la plus accomplie du Négatif en ce début de XXIème siècle : celle de Ben Laden. On pourra utilement se tourner vers le livre de Bruno de Cessole Ben Laden, le bouc émissaire idéal (La Différence), écrivain et critique à Valeurs Actuelles. Après tout, ce sont les écrivains qui durent, contrairement aux spécialistes qui se démodent au gré des événements. C’est l’écrivain qui discerne, presque malgré lui, comme une plaque sensible, ce qui fait la ligne de force d’une époque, ses zones névralgiques cachées et douloureuses, ses glissements tectoniques et occultes.

Atlantistes fascinés par le choc des civilisations, européens accrochés à des vestiges de grandeur ou altermondialistes en mal de nouvelles grilles de lecture, abandonnez tout espoir à l’orée de Ben Laden, le bouc émissaire idéal ! Ce livre commencera par vous renvoyer dos à dos : « Au fanatisme mortifère des « fous d’Allah », à leur mépris de la vie et de la mort, à leur attirance pour le sacrifice et l’holocauste, nous ne pouvons opposer que le mol oreiller de notre scepticisme, l’obscénité de notre matérialisme consumériste, et la fragilité d’un modèle économico-politique, qui depuis la crise américaine de 2008 et la crise de la zone euro de 2011, prend l’eau de toute part et ne fait plus rêver. »
Avec celui qui, un certain 11 septembre 2001, nous fit rentrer dans l’Histoire aussi vite que Fukuyama avait voulu nous en faire sortir après la chute du Mur de Berlin, Bruno de Cessole veut cerner ce qui s’est joué et se jouera encore longtemps dans la cartographie bouleversée de nos imaginaires.

Le cœur du raisonnement de Cessole, la ligne de force entêtante et mélancolique de son essai, c’est que rien ne s’est terminé avec l’opération militaire des Seals, le 1er mai 2011, quand Ben Laden fut exécuté dans sa résidence d’Abottabad, à quelques centaines de mètres du Saint-Cyr Pakistanais, avant que sa dépouille ne soit immergée en mer d’Oman. Cette opération nocturne minutieusement décrite par l’auteur, ressemblait davantage à une cérémonie d’exorcisme qu’à une action de commando, comme s’il s’était agi de répondre symboliquement par l’obscurité d’un refoulement définitif à la surexposition pixélisée des Twin Towers s’effondrant sur elles-mêmes dans un cauchemar d’une horrible et insoutenable perfection plastique.

Mais on ne refoule pas le réel et Ben Laden a d’une certaine manière gagné la guerre qu’il avait déclenchée : « Peut-on considérer comme une flagrante défaite stratégique le formidable chaos irakien, le réveil des affrontements entre chiites et sunnites, la prolifération des terroristes islamistes dans un pays où Al-Qaïda n’était pas implanté auparavant ; la fragilité du régime corrompu de Karzaï ; la dégradation des relations américaines avec le Pakistan, et les innombrables bavures commises par les Américains depuis leur entrée en guerre, sources d’un ressentiment durable, sinon inexpiable dans le monde musulman. »

Plus grave encore, pour ce lecteur attentif de René Girard qu’est Cessole, Ben Laden a remporté des batailles symboliques sur plusieurs plans. Nous avons voulu tricher avec lui, en faire un bouc émissaire idéal, fabriqué à la demande, si commode pour réaffirmer notre propre cohésion vacillante. Mais voilà que la créature nous échappe, que Ben Laden devient le rival mimétique par excellence, réintroduit la violence archaïque jusque dans notre vocabulaire, comme Bush partant en « croisade » contre l’ « axe du mal », et qu’il nous force à désirer en lui à la fois ce qui nous manque et ce qui nous tue.

Ben Laden aurait pu être notre salut paradoxal, conclut Cessole en pessimiste bernanosien; mais il n’est que la preuve ultime de notre fascination nihiliste pour notre propre fin.

Voir enfin:

Une campagne contre le harcèlement scolaire hérisse les profs
Mattea Battaglia

Le Monde

03.11.2015

La ministre de l’éducation nationale se serait sans doute volontiers passé de cette polémique. Najat Vallaud-Belkacem se voit sommée de retirer la vidéo de sa campagne contre le harcèlement à l’école, qui suscite un tollé chez les syndicats d’enseignants.

Le petit film, déjà mis en ligne par le ministère, doit aussi être diffusé au cinéma et à la télévision à compter de jeudi 5 novembre, jour de la première journée nationale « Non au harcèlement ».
L’exaspération des professeurs dépasse, largement, les clivages habituels : du SGEN-CFDT, syndicat dit réformateur, au SNALC, habituellement présenté comme « de droite » (même s’il le récuse), en passant par la Société des agrégés ou l’organisation des inspecteurs SNPI-FSU, tous y sont allés de leur critique contre un clip qui, à leurs yeux, rend l’enseignant, présenté au mieux comme inattentif, au pire comme harcelant, directement responsable du harcèlement scolaire. Un phénomène qui touche 700 000 élèves chaque année, de source ministérielle.

« Une vidéo caricaturale et méprisante »
Ce sujet grave « ne peut être réduit à une enseignante, le nez collé au tableau, qui ne se soucierait pas des élèves et notamment de ceux victimes de gestes et de paroles humiliantes pendant la classe », a réagi lundi le principal syndicat d’instituteurs, le SNUipp-FSU, qui dénonce une vidéo « caricaturale et méprisante pour les enseignants et pour les élèves victimes ». (…) Avec les fonds dégagés pour financer ce clip, le ministère aurait été bien mieux avisé de diffuser dans les écoles des ressources pédagogiques existantes et les vidéos de qualité réalisées par les élèves eux-mêmes ». Qu’importe si, en l’occurrence, les fonds en question sont… nuls : « Nous n’avons pas déboursé un seul euro pour ce clip réalisé en partenariat avec Walt Disney », fait-on valoir dans l’entourage de Mme Vallaud-Belkacem. Mais dans le climat d’inquiétude, voire de net désenchantement, de la communauté éducative face aux réformes promises pour 2016 (collège, programmes), ce « couac » dans la communication ministérielle passe mal.

D’après le ministère de l’éducation, le clip d’une minute « est d’abord censé interpeller les écoliers de 7 à 11 ans, car c’est dès le plus jeune âge que débute le harcèlement ». Coproduit par la journaliste Mélissa Theuriau, qui aurait elle-même été victime de harcèlement au collège, le petit film montre un petit garçon aux cheveux roux, Baptiste, qui, en plein cours, se voit la cible des quolibets et boulettes de papier lancés par ses camarades.

Une campagne plus vaste
A l’origine de l’indignation des syndicats, les neuf secondes au cours desquelles son enseignante, les yeux rivés au tableau, semble ignorer la détresse de l’enfant harcelé, auquel elle tourne le dos avant de l’interpeller : « Baptiste, t’es avec nous ? ». Le « happy end » – une petite camarade vient en aide à Baptiste, lui enjoignant d’« en parler » pour que « ça cesse » – n’atténue guère l’impression d’une mise en scène peu nuancée.

Si la vidéo fait mouche du côté des enfants, comme on veut le croire au cabinet de la ministre, le moins qu’on puisse dire est qu’elle a manqué sa cible côté enseignants. Et risque d’occulter, aux yeux de l’opinion publique, le contenu plus vaste de la campagne contre le harcèlement présentée le 29 octobre par Najat Vallaud-Belkacem. Parmi les mesures annoncées, figure entre autres, l’ouverture d’un numéro vert (le 30 20) et l’objectif de former au cours des dix-huit prochains mois pas moins de 300 000 enseignants et personnels de direction sur la question.

Mélissa Theuriau défend son clip
Mélissa Theuriau, coproductrice du petit film, s’est expliquée au micro d’Europe 1 : « Je montre une institutrice qui a le dos tourné, comme tous les professeurs et les instituteurs qui font un cours à des enfants, et qui ne voit pas dans son dos une situation d’isolement, une petite situation qui est en train de s’installer et qui arrive tous les jours dans toutes les salles de classe de ce pays et des autres pays. »

La journaliste assure que son but était de ne pas faire un clip qui s’adresse aux adultes ou aux professeurs, mais bel et bien aux enfants. « Si tous les instituteurs étaient alertes et réactifs à cette problématique de l’isolement, on n’aurait pas besoin de former, de détecter le harcèlement, on n’aurait pas 700 000 enfants par an en souffrance », a-t-elle poursuivi.

Voir de même:

René Girard, penseur chrétien

Brice Couturier

France Culture

06.11.2015

La pensée de René Girard est absolument essentielle pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, en ce début du XXI° siècle. Pourquoi ? Parce qu’elle tourne autour de la question de la violence dans son rapport avec la religion. Y a-t-il question plus actuelle ? Le bouc-émissaire se conclut sur une méditation sur la prophétie « L’heure vient même où qui vous tuera estimera rendre un culte à Dieu. » On ne saurait être plus contemporain, vous en conviendrez…

Pour connaître la pensée de René Girard, rien de mieux que de se reporter au résumé très pratique qu’il en donne lui-même dans l’Introduction de 2007 à la réédition, par Grasset, de ses œuvres majeures. Il s’agit d’un recueil intitulé De la violence à la divinité. On y voit, en effet, sa pensée s’y constituer dans sa cohérence, faire système.

Mensonge romantique et vérité romanesque pose le concept de base de cette pensée : celui désir médiatisé, de désir mimétique : le désir le plus violent est celui qui poursuit ce que possède l’être auquel nous nous identifions. Il est la conséquence de la rivalité mimétique. Celle-ci mêle étrangement haine et vénération, aspiration à la ressemblance et à l’élimination. De manière générale, nous sommes attirés par ce qui attire les autres et non par les objets de convoitise pour eux-mêmes. Le « mensonge romantique », c’est le refus de reconnaître l’existence de ce tiers – l’autre, les autres dans l’émergence du désir.

La concurrence, qu’elle soit « mimétique » ou non, est à l’origine, dit Girard, de « mille choses utiles ». On n’invente, on n’innove que dans l’espoir de précéder un autre inventeur, un autre innovateur. Comment dompter la compétition, saine en soi, mais qui peut à tout moment s’emballer et déboucher sur la violence ?

C’est ici qu’intervient, avec La violence et le sacré, la figure du bouc-émissaire. « On ne peut tromper la violence que dans la mesure où on ne la prive pas de tout exutoire, où on lui fournit quelque chose à se mettre sous la dent », écrit Girard. L’unanimité du groupe, menacée par la rivalité mimétique, se fait sur le dos d’une victime expiatoire ; souvent, dit Girard, un étranger en visite. Sa mise à mort collective permet à la communauté de se ressouder.

Par la suite, cette victime pourra bien être divinisée, dans la mesure où l’on aura pris conscience du rôle, bien involontaire, de « sauveur de la communauté » qu’elle a été amenée à jouer. Mais sur le moment, elle est désignée comme coupable. Et la communauté massacreuse comme innocente. Telle serait l’origine des religions archaïques, dont leurs mythes livrent la clé, à travers le sacrifice rituel, répétition, symbolique ou non, de la mise à mort originelle.

Girard était chrétien. Non pas par héritage et tradition. Mais parce que christianisme lui est apparu comme la conséquence logique de son cheminement intellectuel. Si Jésus est, en effet, présenté comme un nouveau bouc-émissaire, le récit qui rapporte son supplice (les Evangiles) prend fait et cause pour la victime. Là réside la nouveauté. C’est ce que développe le bouc émissaire. Ce qui était caché devient manifeste au moment même où le Dieu nouveau cesse d’exiger le sacrifice et même l’empêche – c’est la signification de l’intervention d’un ange, arrêtant le sacrifice d’Isaac par Abraham.

René Girard était un inclassable. Il travaillait sur les textes littéraires, comme sur les récits des ethnologues et lisait la Bible et les Evangiles autant en théologien qu’en mythologue.

L’intelligentsia française a toujours eu du mal à digérer cet intellectuel, mondialement connu, mais qui présentait le défaut de n’être ni marxiste dans les années 60, ni structuraliste dans les années 70, ni déconstructiviste dans les années 90, ni keynésien aujourd’hui… En outre, il prenait très au sérieux la religion à une époque où elle était donnée comme en voie d’extinction…

On sait à présent comment les choses ont tourné. Comme le rappelle Damien Le Gay dans son excellent article du FigaroVox d’hier, l’Université, en France, n’en a pas voulu. Il ne fallait pas compter sur les média pour le comprendre, tant sa théorie est étrangère à leur doxa. Je signale l’article d’Olivier Rey, dans Le Figaro de ce matin, qui met le doigt sur le problème central posé par cette pensée, ce qu’il appelle « une boucle assumée » : prétendre comprendre le christianisme à la lumière de ce qu’on croit en avoir découvert. Dieu sait quel usage le Parti des Média va bien pouvoir faire de sa dépouille…

La mort de René Girard, penseur de la violence
Jean-Claude Guillebaud
Le Nouvel Obs

13-08-2010

Mis à jour le 05-11-2015

Le philosophe et académicien français René Girard est décédé mercredi à l’âge de 91 ans aux Etats-Unis. C’est l’Université de Stanford, en Californie, où il a longtemps dirigé le département de langue, littérature et civilisation française, qui l’a annoncé
Si son œuvre a été largement traduite pour l’étranger, elle reste mal connue du grand public en France
Désir mimétique, mythologie sacrificielle et enseignement évangélique : en 2010, Jean-Claude Guillebaud présentait dans «le Nouvel Observateur» le message du plus américain de nos grands esprits.

Le théoricien du « désir mimétique »
Nous sommes quelques-uns à tenir René Girard pour l’un des trois ou quatre principaux penseurs de ce temps. Longtemps professeur à l’université de Stanford en Californie, René Girard – académicien depuis 2005 – vit aux Etats-Unis depuis 1947. Ce philosophe, historien des religions et spécialiste de littérature française, né en 1923 à Avignon, a gagné de cette vie «ailleurs» un statut éditorial singulier.

Il ne fut pas mêlé aux querelles de l’après-guerre, ni à celles qui suivirent. Ainsi ses livres furent-ils perçus, dès l’origine, comme des objets philosophiques non identifiés. A bien réfléchir, son œuvre théorique n’a cessé de bousculer le champ de la pensée. Une œuvre venue d’ailleurs, à tous les sens du terme. Elle a suscité une abondance incroyable de commentaires, gloses, ouvrages collectifs, attaques, accusations, etc.

On ne résumera pas ici la pensée de Girard, organisée tout entière autour du «désir mimétique» et d’une relecture «non sacrificielle» du message évangélique. On en dira seulement quelques mots. Depuis «Mensonge romantique et vérité romanesque», paru en 1961, et «la Violence et le sacré» (1972), René Girard creuse infatigablement son sillon. Peu d’auteurs auront été aussi opiniâtres que lui.

René Girard et son « hypothèse »
De livre en livre, Girard approfondit et enrichit ce qu’il appelle son «hypothèse» : la mise en évidence du rôle de l’imitation, de la mimésis, dans le fonctionnement du désir et tout ce qui en résulte, notamment le sacrifice d’un bouc émissaire par un groupe humain en proie à la réciprocité concurrente du désir. Pour Girard – et pour Freud qui l’avait pressenti dans «Totem et tabou» – ce meurtre inaugural, ce lynchage d’une victime par ses persécuteurs est le fondement anthropologique de toutes les cultures humaines.

Le groupe, en somme, refait son unité sur le sacrifice d’un seul, sacrifice qui ramène temporairement le calme tandis qu’est promue une «vérité» unanime, celle des persécuteurs. Cette fausse vérité sert de fondement culturel à la persécution des victimes puisqu’elle les présente comme des coupables, des trublions, des menaces. Ainsi la foule des persécuteurs se convainc-elle de la justesse ontologique de l’oppression qu’elle exerce. Les foules en mal de lapidation sont «unanimes», chaque résolution se nourrissant – par contagion mimétique – de la résolution des «autres».

Depuis son second livre, «la Violence et le sacré» (1973), Girard réexamine avec une patiente finesse le texte biblique, et surtout évangélique, en qui il voit un dévoilement radical de l’unanimité sacrificielle, une déconstruction du discours meurtrier. La subversion radicale du christianisme – à ne pas confondre avec son instrumentalisation historique par la «chrétienté» – tient au fait qu’il déconstruit le discours des persécuteurs, en montre la fausseté et contribue, de siècle en siècle, à le rendre illégitime.

Le point de vue des victimes retrouve une pertinence que nous avons le plus intériorisée sans nous en rendre compte. Aujourd’hui, nul ne peut tenir «innocemment» un discours de l’oppression. Ce dernier doit se déguiser en projet «libérateur», il doit contrefaire, en somme, le message évangélique. Toute l’histoire des totalitarismes contemporains – ceux qui ont ensanglanté le XXe siècle, peut être relue comme une immense et meurtrière contrefaçon. Comme le phénoménologue Michel Henry disparu en 2002 et au-delà de toute bondieuserie, Girard définit donc le message évangélique comme une prodigieuse «subversion» anthropologique qui n’en finit pas de faire son chemin dans le monde.

Girard, Lévi-Strauss : un désaccord complice
Pour Girard, il faut prendre au sérieux ce que racontent les mythes. La violence sacrificielle sur laquelle se fondent très lointainement nos cultures n’est pas une figure de style. La grande rupture évangélique qui dévoile en quelque sorte le mécanisme sacrificiel et disqualifie sa violence ne l’est pas non plus.

C’est notamment sur ce point que Girard a entretenu pendant des décennies avec Claude Lévi-Strauss ce qu’on pourrait appeler un désaccord complice. Pour dire les choses en peu de mots, Girard reproche à l’auteur du «Totémisme aujourd’hui» de ne voir dans les mythes qu’une aptitude à symboliser la pensée, un «truc» archaïque, ce qui le conduit à minimiser le rôle joué par la violence effective dont les mythes, de siècle en siècle, conservent le souvenir terrifié.

Avec Nietzsche, on n’ira pas jusqu’à parler de «complicité» dans la mesure où Girard est le plus conséquent des anti-nietzschéens contemporains. Il n’empêche que sa familiarité avec l’œuvre et la lecture qu’il fait de ce maître du soupçon perpétue entre eux une singulière «intimité», dont c’est peu de dire qu’elle est féconde. Sauf à tenir Girard pour un fou ou un imposteur de génie, après l’avoir lu, on ne peut plus considérer notre histoire de la même façon. Girard est aujourd’hui académicien, mais son œuvre, n’en doutons pas, est une bombe à retardement.

Le Nouvel Observateur. Dans votre dernier livre, à une réponse sur la croyance en général, vous suggérez une analyse de la «conversion»? au sens large du terme et pas seulement dans son acception religieuse? tout à fait saisissante. Vous dites que votre conversion personnelle fut la découverte de votre propre mimétisme. Qu’est-ce à dire?

René Girard. Notre regard sur le réel est très évidemment influencé par nos désirs. Depuis Marx, par exemple, nous savons que notre situation économique, notre désir d’argent, aussi mimétique que possible, influence notre vision de toutes choses. Depuis Freud nous savons qu’il en va de même pour nos désirs sexuels, même et surtout si nous ne nous en rendons pas compte.

Nous cherchons à nous défaire de toutes ces distorsions, mais les méthodes objectives telles que l’analyse sociologique ou la psychanalyse restent grossières, mensongères même, dans la mesure où le mimétisme toujours individuel de nos désirs et de leurs conflits leur échappe. Les méthodes faussement objectives ne tiennent aucun compte de l’influence qu’exerce sur chacun de nous notre propre expérience, notre existence concrète.

Pour analyser mes propres désirs, personne n’est compétent, pas même moi si je ne réussis pas à jeter sur eux un regard aussi soupçonneux que sur le désir des autres. Et je trouve toujours au départ de mes désirs un modèle souvent déjà transformé en rival.

Je définis donc comme «conversion» le pouvoir de se détacher suffisamment de soi pour dévoiler ce qu’il y a de plus secrètement public en chacun de nous, le modèle, collectif ou individuel, qui domine notre désir. Il faut renoncer à s’agripper (consciemment ou inconsciemment) à autrui comme à un moi plus moi que moi-même, celui que je rêve d’absorber. Il y a quelque chose d’héroïque à révéler ce que chacun de nous tient le plus à dissimuler, en se le dissimulant à lui-même. C’est beaucoup plus difficile que de faire étalage de sa propre sexualité.

Cela signifie-t-il que la plupart des «opinions» ou «convictions» auxquelles nous sommes si attachés sont le produit mimétique d’un climat historique particulier, d’une opinion majoritaire, etc.?

R. Girard. Le plus souvent, mais pas toujours. Les oppositions systématiques – et symétriques – sont souvent des efforts délibérés pour échapper au mimétisme, et par conséquent sont mimétiques également. Soucieuses de s’opposer à l’erreur commune, elles finissent par ne plus en être que l’image inversée. Elles sont donc tributaires de cela même à quoi elles voulaient échapper. Il faut analyser chaque cas séparément. Ce qui est certain, c’est que nous sommes infiniment plus imprégnés des «préjugés» de notre époque et de notre groupe humain que nous ne l’imaginons. Nous sommes mimétiquement datés et situés, si je puis dire.

Vous citez le cas de Heidegger, qui se croit étranger au mimétisme et qui pourtant, en devenant nazi, se met à penser lui aussi comme «on» pense autour de lui. Cela signifie-t-il que sa propre réflexion ne suffit pas à le prémunir contre la puissance du mimétisme? Peut-on généraliser la remarque

R. Girard. Le désir mimétique est de plus en plus visible dans notre monde et, depuis le romantisme, nous voyons beaucoup le désir mimétique des autres mais pour n’en réussir que mieux, le plus souvent, à nous cacher le nôtre. Nous nous excluons de nos propres observations.

C’est ce que fait Heidegger, il me semble, lorsqu’il définit le désir du vulgum pecus par le «on», qu’il appelle aussi «inauthenticité», tout en se drapant fort noblement dans sa propre authenticité, autrement dit dans un individualisme inaccessible à toute influence. Il est facile de constater que, au moment où «on» était nazi autour de lui, Heidegger l’était aussi et, au moment où «on» a renoncé au nazisme, Heidegger aussi y a renoncé.

Ces coïncidences justifient une certaine méfiance à l’égard de la philosophie heideggérienne. Elles ne justifient pas, en revanche, qu’on traite ce philosophe en criminel de guerre ainsi que le font nos «politiquement corrects». Ces derniers ressemblent plus à Heidegger qu’ils ne s’en doutent car, comme lui, ils représentent leur soumission aux modes politiques comme enracinée au plus profond de leur être. Peut-être ont-ils moins d’être qu’ils ne pensent.

Cet enfermement inconscient dans le mimétisme aide-t-il à comprendre pourquoi de nombreux intellectuels français ont pu se fourvoyer, selon les époques, dans le stalinisme, le maoïsme, le fascisme? Et pourquoi, de ce point de vue, ils n’étaient guère plus clairvoyants que les foules? Le mimétisme serait un grand «égalisateur» en faisant de chacun, fût-il savant, un simple «double»? 

R. Girard. Je crois que les intellectuels sont même fréquemment moins clairvoyants que la foule car leur désir de se distinguer les pousse à se précipiter vers l’absurdité à la mode alors que l’individu moyen devine le plus souvent, mais pas toujours, que la mode déteste le bon sens.

Ce que vous dites là fait penser à une belle phrase de Bernanos, prononcée en 1947: «Le mensonge a changé de répertoire.» Ce «mensonge» dont parle Bernanos, n’est-ce pas, précisément, le «suivisme» désespérant des foules, c’est-à-dire le mimétisme? 

R. Girard. Le mot «répertoire» est admirable car, dans notre univers médiatique, chacun se choisit un rôle dans une pièce de théâtre écrite par quelqu’un d’autre. Cette pièce tient l’affiche pendant un certain temps et tous les jours chacun la rejoue consciencieusement dans la presse, à la télévision et dans les conversations mondaines. Et puis, un beau jour, en très peu de temps, on passe à autre chose de tout aussi stéréotypé, car mimétique toujours. Le répertoire change souvent, en somme, mais il y a toujours un répertoire.

Mais si le mimétisme est si puissant, comment expliquer le phénomène de la dissidence? Comment et pourquoi des hommes et des femmes échappent-ils à l’opinion commune et se révèlent capables, comme l’a fait Soljénitsyne et quelques autres, d’avoir «raison contre tous»?

R. Girard. Il y a une dissidence qui est pur esprit de contradiction, un désir mimétique redoublé et inversé, mais il y a aussi une dissidence réelle, héroïque et proprement géniale, devant laquelle il convient de s’incliner. Pensez à la «dissidence» d’Antigone dans la pièce de Sophocle, par exemple! Je ne prétends pas expliquer Soljénitsyne par le désir mimétique.

Ce que vous dites, c’est qu’il est infiniment plus difficile qu’on le croit d’accéder à un minimum d’objectivité, c’est-à-dire à une vision non mimétique et non sacrificielle de «notre» monde? 

R. Girard. Notre univers mental nous paraît constitué essentiellement de valeurs positives auxquelles nous adhérons librement, parce qu’elles sont justes, raisonnables, vraies. L’envers de tout cela au sein des cultures les plus diverses repose sur l’expulsion de certaines victimes et l’exécration des «valeurs» qui leur sont associées. Les valeurs positives sont l’envers de cette exécration. Dans la mesure où cette exécration «structure» notre vision du monde, elle joue donc elle aussi un rôle très important.

Nous savons aujourd’hui que même dans le domaine des sciences de la nature, au niveau de l’infiniment petit, l’observation affecte l’objet observé. Pour toute recherche soucieuse de vérité, l’objectivité est essentielle. Mais pour se rendre objectif, il faut tenir compte de tout ce qui influence notre perception de l’objet, la distance qui nous sépare de lui, l’éclairage, etc.

Dans le domaine des sciences de la nature, tout au moins en ce qui concerne la perception ordinaire, on est dans le domaine du mathématiquement mesurable, on peut reproduire les conditions d’observation pour tous les observateurs. Une certaine objectivité est donc relativement facile à obtenir.

L’erreur du vieux positivisme fut de croire qu’il en irait de même dans le domaine de l’homme, une fois le religieux éliminé. L’observateur pourrait se détacher sans peine de ce qu’il observe et se mettre à distance en appliquant des recettes standardisées. Il est bien évident que nos descendants, en regardant notre époque, y repéreront un même type d’uniformité, de conformisme et d’aveuglement que nous découvrons dans les époques passées. Bien des choses qui nous paraissent aujourd’hui comme des évidences indubitables leur paraîtront proches de la superstition collective.

A mes yeux, la «conversion» consiste justement à prendre conscience de cela. A s’arracher à ces adhérences inconscientes. C’est d’ailleurs un premier pas vers la modestie…

Le faites-vous toujours? Vous-même, dans ce dernier livre, vous donnez in fine un texte très polémique qui est une réponse à Régis Debray. Serait-ce de votre part une façon de succomber à votre tour au mimétisme polémique? 

R. Girard. L’esprit rivalitaire joue un rôle, je le crains, dans tous mes textes polémiques. Ecrire est si pénible pour moi que je ne pourrais pas m’y remettre, parfois, sans l’aide d’un excitant quelconque. Le plus puissant de tous, car il se rapporte directement à ce que je veux dire, c’est une bonne rasade de rivalité mimétique.

Régis Debray m’a intéressé pour deux raisons: l’une est négative, c’est son ignorance totale de ce que je répète depuis plus de quarante ans, la rivalité mimétique justement. Il n’a jamais regardé cela de près. L’autre est positive, c’est son réalisme face au phénomène religieux. Les solutions qu’il ébauche vont dans la direction qui m’intéresse mais s’arrêtent en cours de route.

Diriez-vous que le tort principal de Régis Debray, c’est d’être plus fasciné par la «messagerie» (le catholicisme historique) que par le «message», c’est-à-dire la rupture évangélique, dont il ne saisit pas l’importance?

R. Girard. Oui. Dans tout l’Occident, d’ailleurs, la confusion systématique entre le message chrétien et l’institution cléricale persiste en dépit de tout ce qui devrait la faire cesser. Depuis le XVIIe siècle, l’Eglise catholique a perdu non seulement tout ce qu’il lui restait de pouvoir temporel mais la plupart de ses fidèles, et aussi son clergé, qui, en dehors d’exceptions remarquables, est au-dessous de zéro, aux Etats-Unis notamment, pourri de contestations puériles, ivre de conformisme antireligieux.

Les anticatholiques militants ne semblent rien voir de tout cela. Ils sont plus croyants, au fond, que leurs adversaires et ils voient plus loin qu’eux, peut-être. Ils voient que l’effondrement de toutes les utopies antichrétiennes, plus la montée de l’islam, plus tous les bouleversements à venir, va forcément, dans un avenir proche, transformer de fond en comble notre vision du christianisme.

Récemment, en France, vous avez scandalisé en défendant le film de Mel Gibson, réduisant la force du témoignage christique à la violence exhibitionniste par lui endurée, alors même que les représentants des institutions chrétiennes, de l’archevêque de Paris à de nombreux évêques, pasteurs ou théologiens, se montraient très hostiles à ce film.

R. Girard. C’est aux Etats-Unis que j’ai vu le film et que j’ai écrit un article sur lui. J’ai dit ce que je pensais en fonction des réactions américaines, parfois très virulentes dans l’hostilité, mais beaucoup plus diverses qu’ici. La France a trop tendance à imaginer l’Amérique dans cette Passion: «Hollywood à l’état pur», ai-je pu lire, alors qu’en réalité Hollywood est étranger à l’affaire. Un évêque du Québec m’a dit qu’il avait amené une de ses paroisses voir ce film et que, après la projection, lesdits paroissiens, tous de langue française, étaient restés en prière une bonne demi-heure dans le cinéma spontanément transformé en église.

Comment expliquez-vous qu’en France seuls les catholiques très traditionalistes aient soutenu le film? N’est-ce pas paradoxal de vous retrouver dans ce camp-là?

R. Girard. Le fait d’être un anthropologue révolutionnaire ne m’empêche pas, bien au contraire, d’être un catholique très conservateur. J’évite comme la peste les liturgies filandreuses, les catéchismes émasculés et les théologies désarticulées. Ce qui est sûr, c’est qu’en exilant le religieux dans une espèce de ghetto, comme notre conception de la laïcité tend à le faire, on s’interdit de comprendre. On appauvrit tout à la fois la religion et la recherche non religieuse.

Voir enfin:

Stanford professor and eminent French theorist René Girard, member of the Académie Française, dies at 91
A member of the prestigious Académie Française, René Girard was called « the new Darwin of the human sciences. » His many books offered a bold, sweeping vision of human nature, human history and human destiny. He died Nov. 4 at 91.
Cynthia Haven

Stanford news

November 4, 2015

René Girard was one of the leading thinkers of our era – a provocative sage who bypassed prevailing orthodoxies and « isms » to offer a bold, sweeping vision of human nature, human history and human destiny.

L.A. Cicero French theorist René Girard was one of the leading thinkers of our era, a faculty member at Stanford since 1981 and one of the immortels of the Académie Française.
The renowned Stanford French professor, one of the 40 immortels of the prestigious Académie Française, died at his Stanford home on Nov. 4 at the age of 91, after long illness.

Fellow immortel and Stanford Professor Michel Serres once dubbed him « the new Darwin of the human sciences. » The author who began as a literary theorist was fascinated by everything. History, anthropology, sociology, philosophy, religion, psychology and theology all figured in his oeuvre.

International leaders read him, the French media quoted him. Girard influenced such writers as Nobel laureate J.M. Coetzee and Czech writer Milan Kundera – yet he never had the fashionable (and often fleeting) cachet enjoyed by his peers among the structuralists, poststructuralists, deconstructionists and other camps. His concerns were not trendy, but they were always timeless.

In particular, Girard was interested in the causes of conflict and violence and the role of imitation in human behavior. Our desires, he wrote, are not our own; we want what others want. These duplicated desires lead to rivalry and violence. He argued that human conflict was not caused by our differences, but rather by our sameness. Individuals and societies offload blame and culpability onto an outsider, a scapegoat, whose elimination reconciles antagonists and restores unity.

According to author Robert Pogue Harrison, the Rosina Pierotti Professor in Italian Literature at Stanford, Girard’s legacy was « not just to his own autonomous field – but to a continuing human truth. »

« I’ve said this for years: The best analogy for what René represents in anthropology and sociology is Heinrich Schliemann, who took Homer under his arm and discovered Troy, » said Harrison, recalling that Girard formed many of his controversial conclusions by a close reading of literary, historical and other texts. « René had the same blind faith that the literary text held the literal truth. Like Schliemann, his major discovery was excoriated for using the wrong methods. Academic disciplines are more committed to methodology than truth. »

Girard was always a striking and immediately recognizable presence on the Stanford campus, with his deep-set eyes, leonine head and shock of silver hair. His effect on others could be galvanizing. William Johnsen, editor of a series of books by and about Girard from Michigan State University Press, once described his first encounter with Girard as « a 110-volt appliance being plugged into a 220-volt outlet. »

Girard’s first book, Deceit, Desire and the Novel (1961 in French; 1965 in English), used Cervantes, Stendhal, Proust and Dostoevsky as case studies to develop his theory of mimesis. The Guardian recently compared the book to « putting on a pair of glasses and seeing the world come into focus. At its heart is an idea so simple, and yet so fundamental, that it seems incredible that no one had articulated it before. »

The work had an even bigger impact on Girard himself: He underwent a conversion, akin to the protagonists in the books he had cited. « People are against my theory, because it is at the same time an avant-garde and a Christian theory, » he said in 2009. « The avant-garde people are anti-Christian, and many of the Christians are anti-avant-garde. Even the Christians have been very distrustful of me. »

Girard took the criticism in stride: « Theories are expendable, » he said in 1981. « They should be criticized. When people tell me my work is too systematic, I say, ‘I make it as systematic as possible for you to be able to prove it wrong.' »

In 1972, he spurred international controversy with Violence and the Sacred (1977 in English), which explored the role of archaic religions in suppressing social violence through scapegoating and sacrifice.

Things Hidden Since the Foundation of the World (1978 in French; 1987 in English), according to its publisher, Stanford University Press, was « the single fullest summation of Girard’s ideas to date, the book by which they will stand or fall. » He offered Christianity as a solution to mimetic rivalry, and challenged Freud’s Totem and Taboo.

He was the author of nearly 30 books, which have been widely translated, including The Scapegoat, I Saw Satan Fall Like Lightning, To Double Business Bound, Oedipus Unbound and A Theater of Envy: William Shakespeare.

His last major work was 2007’s Achever Clausewitz (published in English as Battling to the End: Politics, War, and Apocalypse), which created the kind of firestorm only a public intellectual in France can ignite. French President Nicolas Sarkozy cited his words, and reporters trekked to Girard’s Paris doorstep daily. The book, which takes as its point of departure the Prussian military historian and theorist Carl von Clausewitz, had implications that placed Girard firmly in the 21st century.

A French public intellectual in America
René Noël Théophile Girard was born in Avignon on Christmas Day, 1923.

His father was curator of Avignon’s Musée Calvet and later the city’s Palais des Papes, France’s biggest medieval fortress and the pontifical residence during the Avignon papacy. Girard followed in his footsteps at l’École des Chartes, a training ground for archivists and librarians, with a dissertation on marriage and private life in 15th-century Avignon. He graduated as an archiviste-paléographe in 1947.

In the summer of 1947, he and a friend organized an exhibition of paintings at the Palais des Papes, under the guidance of Paris art impresario Christian Zervos. Girard rubbed elbows with Picasso, Matisse, Braque and other luminaries. French actor and director Jean Vilar founded the theater component of the festival, which became the celebrated annual Avignon Festival.

Girard left a few weeks later for Indiana University in Bloomington, perhaps the single most important decision of his life, to launch his academic career. He received his PhD in 1950 with a dissertation on « American Opinion on France, 1940-43. »

« René would never have experienced such a career in France, » said Benoît Chantre, president of Paris’ Association Recherches Mimétiques, one of the organizations that have formed around Girard’s work. « Such a free work could indeed only appear in America. That is why René is, like Tocqueville, a great French thinker and a great French moralist who could yet nowhere exist but in the United States. René ‘discovered America’ in every sense of the word: He made the United States his second country, he made there fundamental discoveries, he is a pure ‘product’ of the Franco-American relationship, he finally revealed the face of an universal – and not an imperial – America. »

At Johns Hopkins University, Girard was one of the organizers for the 1966 conference that introduced French theory and structuralism to America. Lucien Goldmann, Roland Barthes, Jacques Lacan and Jacques Derrida also participated in the standing-room-only event. Girard quipped that he was « bringing la peste to the United States. »

Girard had also been on the faculties at Bryn Mawr, Duke and the State University of New York at Buffalo before he came to Stanford as the inaugural Andrew B. Hammond Professor in French Language, Literature and Civilization in 1981.

Girard was a fellow of the American Academy of Arts and Sciences and twice a Guggenheim Fellow. He was elected to the Académie Française in 2005, an honor previously given to Voltaire, Jean Racine and Victor Hugo. He also received a lifetime achievement award from the Modern Language Association in 2009. In 2013, King Juan Carlos of Spain awarded him the Order of Isabella the Catholic, a Spanish civil order bestowed for his « profound attachment » to « Spanish culture as a whole. » He was also a Chevalier de la Légion d’honneur and Commandeur des Arts et des Lettres.

Others were impressed, but Girard was never greatly impressed with himself, though his biting wit sometimes rankled critics. Stanford’s Hans Ulrich Gumbrecht, the Albert Guérard Professor in Literature, called him « a great, towering figure – no ostentatiousness. » He added, « It’s not that he’s living his theory – yet there is something of his personality, intellectual behavior and style that goes with his work. I find that very beautiful.

« Despite the intellectual structures built around him, he’s a solitaire. His work has a steel-like quality – strong, contoured, clear. It’s like a rock. It will be there and it will last. »

Girard is survived by his wife of 64 years, Martha, of Stanford; two sons, Daniel, of Hillsborough, California, and Martin, of Seattle; a daughter, Mary Girard Brown, of Newark, California; and nine grandchildren.

Memorial plans have not been announced.

Voir enfin:

Politics
Are Liberals Losing the Culture Wars ?
Tuesday’s elections, which hinged on social issues such as gay rights and pot, call into question Democrats’ insistence that Republicans are out of step with the times.
Molly Ball
The Atlantic
Nov 4, 2015

In Tuesday’s elections, voters rejected recreational marijuana, transgender rights, and illegal-immigrant sanctuaries; they reacted equivocally to gun-control arguments; and they handed a surprise victory to a Republican gubernatorial candidate who emphasized his opposition to gay marriage.

Democrats have become increasingly assertive in taking liberal social positions in recent years, believing that they enjoy majority support and even seeking to turn abortion and gay rights into electoral wedges against Republicans. But Tuesday’s results—and the broader trend of recent elections that have been generally disastrous for Democrats not named Barack Obama—call that view into question. Indeed, they suggest that the left has misread the electorate’s enthusiasm for social change, inviting a backlash from mainstream voters invested in the status quo.

Consider these results:

  • The San Francisco sheriff who had defended the city’s sanctuary policy after a sensational murder by an illegal immigrant was voted out.
  • Two Republican state senate candidates in Virginia were targeted by Everytown for Gun Safety, former New York Mayor Mike Bloomberg’s gun-control group. One won and one lost, leaving the chamber in GOP hands.
  • Matt Bevin, the Republican gubernatorial nominee in Kentucky, pulled out a resounding victory that defied the polls after emphasizing social issues and championing Kim Davis, the county clerk who went to jail rather than issue same-sex marriage licenses. Bevin told the Washington Post on the eve of the vote that he’d initially planned to stress economic issues, but found that “this is what moves people.”

There were particular factors in all of these races: The San Francisco sheriff was scandal-ridden, for example, and the Ohio initiative’s unique provisions divided pro-pot activists. But taken together these results ought to inspire caution among liberals who believe their cultural views are widely shared and a recipe for electoral victory.

Democrats have increasingly seized the offensive on social issues in recent years, using opposition to abortion rights and gay marriage to paint Republican candidates as extreme and backward. In some cases, this has been successful:
Red-state GOP Senate candidates Todd Akin and Richard Mourdock lost after making incendiary comments about abortion and rape in 2012, a year when Obama successfully leaned into cultural issues to galvanize the Democratic base. “The Republican Party from 1968 up to 2008 lived by the wedge, and now they are politically dying by the wedge,” Democratic consultant Chris Lehane told the New York Times last year, a view echoed by worried Republicans urging their party to get with the times.But the Democrats’ culture-war strategy has been less successful when Obama is not on the ballot. Two campaigns that made abortion rights their centerpiece in 2014, Wendy Davis’s Texas gubernatorial bid and Mark Udall’s Senate reelection campaign in Colorado, fell far short. In most of the country, particularly between the coasts, it’s far from clear that regular voters are willing to come to the polls for social change. Gay marriage won four carefully selected blue-state ballot campaigns in 2012 before the Supreme Court took the issue to the finish line this year. Recreational marijuana has likewise been approved only in three blue states plus Alaska. Gun-control campaigners have repeatedly failed to outflank the N.R.A. in down-ballot elections that turned on the issue. Republicans in state offices have liberalized gun laws and restricted abortion, generating little apparent voter backlash.

An upcoming gubernatorial election in Louisiana is turning into a referendum on another hot button issue—crime—with Republican David Vitter charging that his opponent, John Bel Edwards, wants to release “dangerous thugs, drug dealers, back into our neighborhoods.” The strategy, which has been criticized for its racial overtones, may or may not work for Vitter, who is dealing with scandals of his own. Yet many liberals angrily reject the suggestion that the push to reduce incarceration could lead to a political backlash based on anecdotal reports of sensational crimes.

To be sure, Tuesday was an off-off-year election with dismally low voter turnout, waged in just a handful of locales. But liberals who cite this as an explanation often fail to take the next step and ask why the most consistent voters are consistently hostile to their views, or why liberal social positions don’t mobilize infrequent voters. Low turnout alone can’t explain the extent of Democratic failures in non-presidential elections in the Obama era, which have decimated the party in state legislatures, governorships, and the House and Senate. Had the 2012 electorate shown up in 2014, Democrats still would have lost most races, according to Michael McDonald, a University of Florida political scientist, who told me the turnout effect “was worth slightly more than 1 percentage point to Republican candidates in 2014”—enough to make a difference in a few close races, but not much across the board.Liberals love to point out the fractiousness of the GOP, whose dramatic fissures have racked the House of Representatives and tormented party leaders. But as Matt Yglesias recently pointed out, Republican divisions are actually signs of an ideologically flexible big-tent party, while Democrats are in lockstep around an agenda whose popularity they too often fail to question. Democrats want to believe Americans are on board with their vision of social change—but they might win more elections if they meet voters where they really are.

Lieux saints: Attention, un statu quo peut en cacher un autre ! (Unlike the powers who have ruled Jerusalem in the past, Israel respects the holy sites and freedom of worship of all)

22 octobre, 2015

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rubinMa maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Esaïe 56: 7
S’ils se taisent, les pierres crieront! Jésus (Luc 19 : 40)
Imaginons deux enfants dans une pièce pleine de jouets identiques. Le premier prend un jouet, mais il ne semble pas fort intéressé par l’objet. Le second l’observe et essaie d’arracher le jouet à son petit camarade. Celui-là n’était pas fort captivé par la babiole, mais – soudain – parce que l’autre est intéressé cela change et il ne veut plus le lâcher. Des larmes, des frustrations et de la violence s’ensuivent. Dans un laps de temps très court un objet pour lequel aucun des deux n’avait un intérêt particulier est devenu l’enjeu d’une rivalité obstinée. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Ceux qui ne peuvent se souvenir de leur passé sont condamnés à le répéter. George Santayana
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
L’Esplanade des Mosquées ou Mont du Temple ou encore Esplanade du Temple est le premier lieu saint du judaïsme, et le troisième de l’islam sunnite (après La Mecque et Médine). Située dans la vieille ville de Jérusalem sur le mont du Temple, elle est aussi appelée « mont de la Maison [de Dieu] » par les juifs (en hébreu : הר הבית, har ha bayit), « mont du Temple » par les chrétiens, en référence au Temple de Jérusalem, et « Noble Sanctuaire » (en arabe : الحرم الشريف al-Ḥaram aš-Šarīf) par les musulmans. Elle constitue, depuis le VIIe siècle un haut lieu de l’islam réunissant la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher (ainsi que la petite mosquée du Bouraq). En contre-bas se trouve le mur des Lamentations vestige du mur occidental du Second Temple. (…) Selon Jérôme Bourdon, l’expression « Esplanade des Mosquées » est une ancienne appellation utilisée par la presse française qui n’a pas d’équivalent dans d’autres langues. Pour les juifs, c’est le mont du Temple, pour les musulmans le Haram al Sharif, c’est-à-dire le Noble Sanctuaire4. La presse anglophone utilise plutôt « Mont du temple » (Temple Mount) ou plus récemment « Haram al-Sharif ». Un exemple de cette différence d’appellation entre anglophones et francophones est donné par l’ouvrage de Bill Clinton My life qui évoque page 923 le Mont du Temple (Temple Mount) quand la traduction française « Ma vie » parle, page 965, de « l’esplanade des Mosquées » Le mont a une signification très importante dans le judaïsme (le lieu le plus sacré) et le christianisme. Selon le Talmud, c’est du sol de ce lieu que Dieu rassemble l’argile qui forme Adam. C’est là qu’Adam puis, selon son exemple, Caïn, Abel et Noé font leur holocauste. La tradition juive place aussi à cet endroit, le dôme du Rocher actuel et le mont Moriah de la Bible, le geste sacrificiel d’Abraham (…) Le roi David achète cette terre pour y construire un autel permanent (II Samuel 24:24). Le roi Salomon réalise ce vœu en construisant à cet endroit le premier Temple en -950, détruit par Nabuchodonosor II en -586, date qui marque l’exil des Juifs à Babylone. Le second Temple y est établi à partir de -516, après le retour d’exil. Il est détruit par Titus Flavius Vespasianus en 70, à l’exception du mur ouest, aujourd’hui connu comme le mur des Lamentations, lieu de prière le plus important des juifs contemporains. C’est aussi le site du troisième Temple de Jérusalem lors du retour du Messie selon la tradition juive. Wikipedia
La Porte dorée (שער הרחמים, Sha’ar Harahamim) est la plus ancienne ouverture pratiquée dans les fortifications de la vieille ville de Jérusalem et date du Ve siècle. Appelée aussi Porte de la Miséricorde ou encore Porte de la Vie éternelle, elle est située au milieu de la muraille Est et c’est la seule qui permettait d’accéder directement au Mont du Temple, de l’extérieur de la ville. Elle aurait été utilisée à des fins rituelles dans les temps bibliques. Cette porte est fermée depuis 1541, sur l’ordre de Soliman le Magnifique, car, selon la tradition juive, c’est par celle-ci que le Messie entrera dans Jérusalem. Un cimetière fut également établi devant celle-ci, car les musulmans auraient été convaincus par la prophétie d’Élie, précurseur du Messie, qui annonçait que, lors de son retour tant attendu par les juifs, le nouveau prophète n’oserait pas pénétrer dans un tel lieu étant donné que celui-ci était un Cohen. En effet, l’entrée des cimetières est théoriquement interdit à cette lignée sacerdotale pour cause d’impureté (Lv 10,6, Lv 21,1–5; 44,20-25). Wikipedia
« L’échelle inamovible » (en hébreu : סולם הסטטוס קוו, littéralement « l’échelle du statu quo ») est une échelle en bois située sous l’une des fenêtres de la façade de l’église du Saint-Sépulcre dans le quartier chrétien de la Vieille ville de Jérusalem. Faite de bois de cèdre, éventuellement en provenance du Liban, cette échelle est mentionnée la première fois en 1757 et est restée au même emplacement depuis le XVIIIe siècle, hormis deux déplacements temporaires. L’échelle est désignée comme « inamovible » en raison du fait qu’aucun clerc des six ordres chrétiens œcuméniques ne peut déplacer, réorganiser ou modifier quelque chose sans le consentement des cinq autres ordres. Sur les ordres pontificaux du pape Paul VI en 1964, l’échelle doit rester en place jusqu’au moment où l’Église catholique et l’Église orthodoxe atteignent un état d’œcuménisme. L’échelle est depuis liée à l’accord de Statu quo. Wikipedia
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme. Hitler (1942)
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Mein Kampf (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. Churchill
Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, et bien la foi musulmane impose à chaque Musulman de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. Hassan el Banna (fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tariq et Hani Ramadan)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Le collaborateur le plus important des nazis et un antisémite arabe absolu était Haj Amin Al-Husseini, le mufti de Jérusalem. Klaus Michael Mallmann et Martin Cueppers
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Cet accord (…) doit inclure (…) un accès libre aux Lieux saints et aux institutions culturelles et l’utilisation du cimetière du Mont des oliviersAccord entre la Transjordanie et Israël (3 avril 1949)
Les Lieux Saints seront protégés contre la profanation et contre toute atteinte, ainsi que contre tout ce qui peut prévenir la liberté d’accès des croyants des différentes religions à leurs lieux sacrés, et tout ce qui peut heurter leurs sentiments à l’égard de ces lieux. Loi fondamentale sur Jérusalem (30 juillet 1980)
Nous ne sommes pas venus pour conquérir les lieux saints des autres ou restreindre leurs droits religieux, mais pour assurer l’intégrité de la ville et y vivre avec d’autres dans la fraternité. Moshe Dayan
C’est une mosquée depuis mille trois cents ans, les Juifs doivent se contenter de la visiter et de prier devant les tombes. Moshe Dayan
Président Abbas (…) cessez de répandre des mensonges sur les intentions alléguées d’Israël pour le Mont du Temple. Israël est pleinement engagé au maintien du statu quo là-bas. Ce que le président Abbas doit critiquer, ce sont les actions des militants islamistes qui introduisent en contrebande des explosifs dans la mosquée Al Aqsa et qui essaient d’empêcher les Juifs et les Chrétiens de visiter des lieux saints. Telle est la véritable menace sur ces lieux saints. Un millier d’années avant la naissance du christianisme, plus de 1500 ans avant la naissance de l’islam, le roi David a fait de Jérusalem notre capitale, et le roi Salomon a construit le Temple sur ce Mont. Or Israël, respectera toujours les Lieux saints de tout le monde. Dans une région empestée par la violence et par une intolérance inimaginable, où des fanatiques islamiques détruisent les trésors antiques de la civilisation, Israël se dresse comme un phare de lumière et de tolérance. Loin de mettre en danger les sites sacrés, c’est Israël qui assure leur sauvegarde. Parce qu’à la différence des pouvoirs qui ont gouverné Jérusalem dans le passé, Israël respecte les Lieux saints et la liberté de croyance de tout le monde, Juifs, Musulmans, Chrétiens, tout le monde. Benyamin Nétanyahu
 Haj Amin Al-Husseini fut l’un des architectes de la “solution finale”. Il s’était rendu à Berlin. Il avait fait pression et imploré Hitler (…) et le persuada plus que quiconque de conduire la “solution finale”. Ne pas laisser les juifs partir de peur qu’ils ne viennent ici, mais les annihiler, les brûlerJe n’avais pas l’intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction diabolique de la communauté juive européenne. Hitler était responsable de la solution finale pour l’extermination de six millions de juifs. Il a pris la décision. » Mais  il serait « absurde d’ignorer le rôle joué par le mufti Haj Amin Al-Husseini. » Je voulais montrer que les aïeux de la nation palestinienne, sans pays et sans la soi-disant “occupation”, sans territoire et sans colonie, aspiraient déjà à inciter systématiquement à l’extermination des juifs. Benyamin Nétanyahou (Knesset, janvier 2012)
Le Mont du Temple est le site le plus sacré du judaïsme, et ce bien avant l’Islam, toutefois Israël n’a jamais eu l’intention de violer le statu quo. Affirmer le contraire est un mensonge. (…) Les Arabes mentent depuis 100 ans sur Al-Aqsa. (…) Israël et le seul pays au Moyen-Orient qui protège ses mosquées alors que les combats partout dans la région les réduisent en miettes. (…) Pour la première fois dans l’histoire de notre peuple, nous faisons face à une menace qui allie des accusations antijuives ancestrales à la technologie d’aujourd’hui. Tous les crimes contre les Juifs sont précédés par des mensonges contre notre peuple. (…) Les pogroms antijuifs de 1920, 1921, 1929, ont été incités par le Grand Mufti de Jérusalem, un criminel de guerre reconnu en tant que tel lors du Procès de Nuremberg pour son implication dans la Solution finale contre les Juifs. Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait les expulser. Et Mohammed Amin al-Husseini est allé voir Hitler et lui a dit: si vous les expulsez, ils vont tous venir ici. Hitler a alors demandé: que dois-je faire ?, et le Mufti a répondu: « Brûlez-les. » Benyamin Nétanyahu (37e Congrès sioniste, Jérusalem)
Je n’avais pas l’intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction diabolique de la communauté juive européenne. Hitler était responsable de la solution finale pour l’extermination de six millions de juifs. Il a pris la décision. » Mais  il serait « absurde d’ignorer le rôle joué par le mufti Haj Amin Al-Husseini. » Je voulais montrer que les aïeux de la nation palestinienne, sans pays et sans la soi-disant “occupation”, sans territoire et sans colonie, aspiraient déjà à inciter systématiquement à l’extermination des juifs. Benyamin Nétanyahu
Nétanyahou a résumé ce que le mufti voulait accomplir. Je pense que Hitler et le mufti se sont inspirés mutuellement. On ne peut pas dire qui voulait le plus tuer les juifs. Par contre, il faut souligner que la “solution finale” n’a débuté qu’après sa visite à Berlin. C’est lui qui a inventé l’idée selon laquelle la mosquée Al-Aqsa était en péril. Il voulait l’aide du monde arabe, de l’argent et des armes, mais ces pays ont hésité. Or le mufti était très intelligent. Il a dit que les juifs voulaient détruire Al-Aqsa pour y construire un troisième temple. Il a été le premier à les accuser de ça. Edy Cohen (université Bar-Ilan)
Qu’a dit Netanyahu ? Dans un discours devant le 37ème Congrès Sioniste Mondial à Jérusalem, il a expliqué que plusieurs attaques contre la communauté juive, dont celles de 1920, 1921 et 1929 (massacre de Hébron, ncgqdi) ont été menés à l’appel du Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin Al Husseini qui sera ensuite recherché pour crimes de guerre dans le Procès de Nuremberg pour avoir joué un rôle central dans la fomentation de la solution finale. C’est là que Netanyahu prononce la phrase qui va lui être reprochée toute sa vie parce que tronquée et sortie de son contexte. Il dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait les expulser ! » Ensuite, il résume de façon très succincte et limite caricaturale une conversation entre le Grand Mufti et Hitler en disant que le Mufti serait allé voir Hitler et lui aurait dit que s’il expulsait les Juifs, ils viendraient tous ici (en Palestine, ncgqdi). Hitler lui aurait répondu « Que dois-je donc en faire ? » et le Mufti aurait répondu « Brûlez-les ». Il conclue cette conversation en expliquant que c’est le même homme, Hadj Amin Al Husseini, qui dès les années 20, fomentait des troubles en prétextant que les Juifs allaient détruire la Mosquée Al Aqsa et que ce mensonge (qui est agité aujourd’hui par Abbas) était donc vieux d’un siècle. Et voilà comment toute la presse mondiale et tous les opposants à Netanyahu tirent la phrase qu’ils vont utiliser pendant des décennies pour nuire à Netanyahu : « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs. » Sauf que ce n’est pas ce qu’il a dit et que sa phrase a été coupée au moment qui arrange ses opposants. Il a dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs, à l’époque« . Donc c’est justement cette époque qui nous intéresse. Dans son article sur ce discours, Haaretz explique que Netanyahu situe cette conversation entre Hitler et le Mufti dans le contexte du mois de novembre 1941. J’invite chacun à lire la page sur la Conférence de Wannsee de Janvier 1942 sur le site de l’United States Holocaust Memorial Museum. On y lit que, bien que les meurtres de Juifs étaient déjà bien engagés, la décision finale d’une extermination a été prise dans le courant de l’année 1941, avec comme dates plus précises, la mention de Septembre 1941 où Hitler autorise la déportation des Juifs allemands, autrichiens et tchèques en Pologne et celle de l’Automne 1941 pour le déploiement en Lettonie de l’Einzatzcommando 2 du Major Lange. Dans d’autres sources, on peut lire que les Einzatzgruppen commencent leur action en Juillet 1941 en Lituanie et que le massacre du ravin de Babi Yar, en Ukraine a lieu en Septembre 1941. On constate plusieurs choses: Dans les faits, les meurtres de masse de Juifs ont commencé avant la conférence de Wannsee qui est pourtant considérée comme la conférence fondatrice de la « solution finale à la question juive dans la sphère d’influence », selon l’expression employée lors de la conférence. Ces meurtres de masse ne sont pas encore une volonté exterminatrice écrite en tant que politique du Reich. Ils sont un nettoyage ethnique de « l’espace vital » allemand à l’Est, tel que théorisé par Hitler dans Mein Kampf. Il est important de préciser qu’on est déjà, avec ce nettoyage ethnique, dans la notion de crime contre l’humanité. L’extermination, entérinée à Wannsee, est une aggravation et une radicalisation du crime contre l’humanité déjà existant, pas une nouveauté. Cette aggravation est effectivement décidée en 1941, vraisemblablement au cours du second semestre et probablement à l’automne, entre Septembre et Décembre 1941, la conférence de Wannsee étant la réunion d’organisation administrative de cette aggravation. Donc, en remettant les choses dans une perspective plus historique et moins politicienne, on peut dire que Netanyahu n’a pas fait de révisionnisme, bien au contraire. A-t-il pour autant raison de sous-entendre que le Mufti a eu une influence importante sur cette aggravation ? Haaretz, en fin d’article explique que cette thèse a récemment été portée par deux auteurs, Barry Rubin et Wolfgang Schwanitz, dans un livre intitulé « Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East », publié aux Editions Universitaires de Yale (qui n’est pas la plus médiocre université au monde). Si les auteurs n’évoquent pas spécifiquement la rencontre et les mots utilisés par Netanyahu, ils soutiennent cependant que la décision d’extermination a été prise par Hitler en partie pour satisfaire le Mufti qui refusait la déportation des Juifs en Palestine. En réaction à la polémique, Netanyahu a expliqué qu’il n’avait aucune intention de minimiser le rôle d’Hitler qui a pris la décision d’assassiner 6 millions de juifs mais qu’il était également absurde de minimiser le rôle du Grand Mufti qui encourageait Hitler, Ribbentrop et Himmler à exterminer les Juifs d’Europe, citant le témoignage de l’adjoint d’Adolf Eichmann au Procès de Nuremberg qui qualifiait le Mufti de « partenaire » et de « conseiller » d’Hitler et d’Eichmann dans la solution finale. On peut donc en effet reprocher à Netanyahu une simplification à outrance et même, si cette conversation n’a pas eu lieu, une forme de malhonnêteté politicienne qui invente une histoire simple pour résumer un contexte général complexe mais on ne peut pas simplement balayer ses propos comme des distorsions coupables de l’histoire ou comme du révisionnisme à la sauce de Faurrisson. Pug
Netanyahu’s quotation of the Grand Mufti is word-for-word accurate, but it is not true that the Fuhrer needed the advice of Islam’s leading anti-Jewish fanatic to implement the Final Solution. That was his dream as far back as 1919 as a letter that he authored and signed now on display at the Simon Wiesenthal Center Museum of Tolerance documents. Prime Minister Netanyahu has been accused of “a dangerous historical distortion” and even “Holocaust Denial” from the predictable political quarters who even dismiss the Grand Mufti as “a lightweight” inconsequential in the history of the Holocaust. This claim wrongly mitigates the Mufti’s mindset and crimes as one of the Hitler era’s leading anti-Jewish haters. (…) A relative of Yasser Arafat as well as ally of Hassan al-Banna, originator of Hamas’ parent organization, the Muslim Brotherhood, the Grand Mufti was a moving force behind Palestinian Jew hatred, from the riots of 1920 and 1929 through the 1936-1939 bloody Arab Uprising against the Holy Land’s Jewish community, long before his WWII support of Nazi Germany. According to Historian Robert Wistrich’s Hitler and the Holocaust (2001), the Mufti escaped British scrutiny in Jerusalem after the war’s outbreak for the more friendly confines of Berlin, where, in November, 1941, he had tea with Hitler who asked him “to lock in the innermost depths of his heart” that he (Hitler) “would carry on the battle to the total destruction of the Judeo-Communist Empire in Europe.” In 1942, Fred Grobba wrote approvingly of the Mufti’s visit with members of the Nazi elite to “the concentration camp Oranienburg . . . . The visit lasted about two hours with very satisfying results . . . . the Jews aroused particular interest among the Arabs. . . . It [the visit] . . . made a very favorable impression on the Arabs.” In 1943, the Mufti extended his relations with the German Foreign Office and Abwehr directly to the SS Main Office. Gottlob Berger arranged a meeting between al-Husayni and SS chief Heinrich Himmler on July 3, 1943. Al-Husayni sent Himmler birthday greetings on October 6, and expressed the hope that “the coming year would make our cooperation even closer and bring us closer to our common goals.” The Grand Mufti also helped organize a Muslim Waffen SS Battalion, known as the Hanjars, that slaughtered ninety percent of Bosnia’s Jews, and were dispatched to Croatia and Hungary. The Mufti also made broadcasts to the Middle East urging Arabs and Muslims to honor Allah by implementing their own Final Solution. After the War, Great Britain, the U.S., and Yugoslavia indicted the Mufti as a war criminal, but Yugoslavia dropped its extradition request to France, and legal proceedings were abandoned so as not to upset the Arab world. Escaping back to the Middle East, Al-Husseini continued his genocidal exhortations and rejectionist demands that the Jewish presence be erased from Palestine continued unabated before and during the 1948 War by five Arab states against Israel. Only then, did his influence gradually decline. He died in 1974, not long after Arab armies almost succeeded in destroying Israel in an attack launched on Judaism’s holiest day, Yom Kippur. Far from “a light weight,” the Grand Mufti will be remembered as one the twentieth century’s most virulent Jew haters and a key cheerleader for Hitler’s genocidal Final Solution. Simon Wiesenthal Center
The now widely accepted international consensus among historians of the Holocaust is that Hitler had both made the decisions to implement the Final Solution and had communicated those decisions to key actors in the Nazi regime at the latest a month before his meeting with Husseini on November 28th. Husseini owed his life to Mussolini and Hitler, both of whom aided his escape from British forces chasing him after the British overthrew the pro-Nazi government he had helped to establish in early 1941. While he agreed with Hitler about fundamental ideological issues, he was in no position to have a major influence on decision-making about German policy toward the Jews in Europe. I examined Husseini’s meeting with Hitler in my Nazi Propaganda for the Arab World. As the text published by this paper yesterday indicates, Hitler told the Mufti that when the German armies drove south from the Caucuses, « Germany’s objective would then be solely the destruction of the Jewish element residing in the Arab sphere under the protection of British power. In that hour the Mufti would be the most authoritative spokesman for the Arab world. It would then be his task to set off the Arab operations, which he had secretly prepared. » Hitler had referred to « the total destruction of the Judeo-Communist empire in Europe, » a typically vague and sinister reference to his anti-Jewish policies in Europe. Yet he was very clear that he was eager to enlist Husseini in his plans to extend the final solution beyond Europe to encompass the Jews of North Africa and the Middle East. It is in this effort to extend the Final Solution beyond the shores of Europe, not its implementation within Europe, that Husseini came to play a prominent role. (…) As the German historians Klaus Michael Mallmann and Martin Cuppers have documented in Nazi Palestine: Plans for the Extermination of the Jews of Palestine, had the Germans won the Battle of Al Alamein, an SS Einsatzgruppe was prepared to come to Egypt to carry out mass murders with techniques that had been perfected on the Eastern Front in Europe. The record of Husseini’s ranting and raving on Nazi radio was well documented by American diplomats at the Embassy in wartime Cairo.  (…) As the British historian David Motadel has recently shown in his important work Islam and Nazi Germany’s War, Husseini and other Muslim clerics did play an important role in German policy in Europe but it was not by exerting an important influence on Holocaust decision-making. Rather he helped to recruit Imams who preached to tens of thousands of Muslims who fought with Wehrmacht, especially on the Eastern Front against the Red Army. While some of these units took part in actions against Jews, this considerable collaboration did not have an influence on Hitler’s decision-making. (…) Though Netanyahu is thus wrong about Husseini’s role in the decisions that led to the Holocaust of the Jews in Europe, he is right to draw attention to Husseini’s disastrous impact on Palestinian politics and society. In response to the storm of criticism that greeted his remarks, Netanyahu replied: My intention was not to absolve Hitler of his responsibility, but rather to show that the forefathers of the Palestinian nation, without a country and without the so-called ‘occupation’, without land and without settlements, even then aspired to systematic incitement to exterminate the Jews. » Husseini absolutely wanted to exterminate the Jews, above all, the Jews of pre-state Palestine, and then the Jews of Israel. The evidence of Husseini’s pleas to kill the Jews, of his boundless hatred of Judaism as a religion and the Jews as a people is well documented in Nazi Propaganda for the Arab World. Husseini embedded his Jew-hatred in his understanding of Islam as early as a 1937 speech in Syria that the Germans published in German the following year. In the midst of the terrorist attacks he led and incited from 1936 to 1939 in Palestine, it was Husseini who claimed that the Zionists wanted to seize or destroy the Al Aksa Mosque. This lie became a central element of Palestinian propaganda over the decades until recent weeks. (…) Haj Amin al-Husseini’s very regrettable but consequential accomplishment was to fuse secular Arab anti-Zionism with the Islamist and thus theologically inspired hatred of the Jews and Judaism. The lies which Mahmoud Abbas and others have told in recent weeks about Israel’s supposed desire to somehow infringe on the rights of Muslims to pay at the Al Aksa Mosque have their origins in lies that are now at least 75 years old. Netanyahu added the following: Unfortunately, Haj Amin al-Husseini is still a revered figure in Palestinian society. He appears in textbooks and it is taught that he is one of the founding fathers of the nation, and this incitement that started then with him, inciting the murder of Jews – continues. Not in the same format, but in a different one, and this is the root of the problem. To stop the murders, it is necessary to stop the incitement. What is important is to recognize the historical facts and not ignore them, not then and not today. (…) The Prime Minister has erred in his understanding of the timing of Hitler’s decision-making but he is right about Husseini’s disastrous impact on Palestinian political culture. I hope that the discussion his comments have generated will draw more attention to the now abundant scholarship on Husseini’s role in collaborating with the Nazis in their failed efforts to murder the Jews of North African and the Middle East during World War II. We need more public discussion about the atrocious legacy he left behind that has been playing itself out, yet again, in the knife attacks on the streets of Israel’s cities. That legacy of a political culture that venerates violence and anti-Semitism is a huge barrier to successful diplomacy and resolution of the old conflict. Jeffrey Herf
Hitler’s interpreter, Paul Schmidt, recorded the meeting with the mufti, and his memorandum of the meeting has long been available in the official publication of German foreign-policy documents. According to Schmidt, it was Hitler who assured the mufti that he had no territorial ambitions in the Middle East. Germans would come as liberators: “Germany’s objective would then be solely the destruction of the Jewish element residing in the Arab sphere under the protection of British power.” Hitler conveniently and deceptively did not tell the Husseini that he deferred to Italy’s Benito Mussolini concerning the final disposition of Arab-populated territories in the Mediterranean region. As Hitler had done with Ukrainians, Lithuanians, Latvians, and others, he seemed to be playing upon the wishful thinking of the grand mufti, trying to give the impression that if Arabs helped in the murder of Jews, this would facilitate their own national independence. Husseini, rather, was not the instigator of the Final Solution but rather the target of Hitler’s attempted manipulations.(…) During the 1930s, the Nazis ignored him entirely, as they gave priority to the emigration of German Jews to Palestine over the objections of Husseini or concerns about the Palestinians. During the war, the mufti was a useful but minor collaborator in disseminating Nazi propaganda in the Arab world. Late in the war, when he was no longer of any use, some in the Nazi regime wanted to cut off the subsidy that the mufti’s entourage in Berlin had been receiving for years. They were deterred from that by a Foreign Office expert who advised that open disregard of their Arab ally would signal defeatism by acknowledging that Germany had given up any hope of affecting Middle Eastern affairs. Christopher R. Browning
Avec les troubles que connaît Israël autour du mont du Temple (« l’esplanade des Mosquées » des musulmans et des journalistes), le conflit du Proche-Orient s’embrase en son cœur le plus profond, en dévoilant qu’il n’est ni national ni territorial comme le voudraient bien les utopies de gauche, mais religieux, une guerre de religion découlant du scandale inadmissible que représente pour l’islam la souveraineté d’un peuple qui n’a le droit de (sur)vivre que comme « dhimmi ». La rumeur que les « Juifs » veulent détruire la mosquée El Aksa est un vieux leurre, manipulé cycliquement depuis les émeutes de 1929 et destiné à susciter la fureur musulmane et à la focaliser sur les Juifs. C’est un mensonge éhonté, du type de ceux qui donnaient naissance à des pogroms. C’est en effet à des actes pogromiques brutaux que nous avons assisté ces derniers jours, comme dans les temps anciens. Je pense notamment à la scène de la femme poignardée appelant au secours sous les lazzis, les crachats et les coups des commerçants des échoppes environnantes. Celà montre bien jusqu’où peut aller le penchant suprématiste, même « sous occupation ». C’est ce que fait entendre la « Liste unie » des députés arabes israéliens qui décrètent (Hanan Zoabi dixit) que c’est toute la montagne qui est une mosquée. Au déni musulman de la sainteté du lieu pour le judaïsme s’ajoute l’intolérance qui veut interdire aux Juifs l’accès non pas aux mosquées mais aux immenses terrasses de la montagne. Le plus piquant c’est que ceux qui hurlent à la profanation des Juifs (Abbas a parlé de « leurs pieds sales… »), sont aussi ceux qui ont effectué en catimini d’immenses excavations sous le mont pour construire sans permis une mosquée souterraine de 12 000 places dans un lieu dénommé « les écuries de Salomon », en détruisant des vestiges inestimables des temples juifs de l’antiquité, à l’instar des destructions de monuments façon Etat islamique. Ceci dit, l’Etat d’Israël retire les fruits amers d’une démission et d’une négligence. La première commence avec Moshe Dayan qui, en 1967, a remis les clefs du mont du Temple au Waqf jordanien, à une puissance qui avait profané tous les lieux saints juifs et interdit aux Juifs tout accès à leurs sites. (…) Mais la situation découle aussi de deux négligences israéliennes : tout d’abord avoir laissé se développer depuis plus de 10 ans la « Ligue du nord », un mouvement islamiste israélien qui est le maître d’œuvre de la crise cyclique « les Juifs vont détruire El Aqsa » et qui stipendie les émeutiers installés dans la mosquée avec armes et munitions.  (…) La deuxième négligence israélienne est de ne pas avoir intenté une procédure en inconstitutionnalité de la Liste arabe unifiée à la Knesset qui est une liste non politique mais ethnique rassemblant des islamistes aux communistes, sur une base ethnico-religieuse, ce qu’une démocratie normale (Cour Suprême ?) ne devrait pas accepter car c’est là le contraire du multipartisme, une forme d’irrédentisme national. Shlomo Trigano
Irrecevable encore, la formule « cycle de violences », ou « spirale des représailles », qui, en renvoyant dos à dos les kamikazes et leurs victimes, entretient la confusion et vaut incitation à recommencer. Insupportable, pour la même raison, la rhétorique de l’« appel à la retenue », ou de l’invitation à ne pas « enflammer la rue », qui renverse, elle aussi, l’ordre des causes et fait comme si le militaire ou le civil en situation de légitime défense avaient les mêmes torts que celui qui a pris le parti de mourir après avoir semé la plus grande terreur autour de lui. Étranges, oui, ces indignations embarrassées et dont on ne peut s’empêcher de penser qu’elles seraient probablement plus fermes si c’était dans les rues de Washington, de Paris ou de Londres que l’on se mettait à occire le premier venu ou à lancer des voitures béliers sur les arrêts de bus. Plus qu’étrange, troublante, la différence de ton entre ces réactions et l’émotion mondiale, la solidarité internationale sans faille ni nuance, suscitées, le 22 mai 2013, par la mort d’un militaire, en pleine rue, à Londres, assassiné à l’arme blanche et selon un scénario pas très différent de celui qui a cours, aujourd’hui, à Jérusalem et Tel-Aviv. (…) Et insupportable enfin, la petite mythologie en train de se constituer autour de cette histoire de poignards : l’arme du pauvre, seulement ? Celle dont on se sert parce qu’elle est là, sous la main, et qu’il n’en est point d’autre ? Quand je vois ces lames, je pense à la lame de la mise à mort de Daniel Pearl ; je pense à celle des décapitations d’Hervé Gourdel, James Foley ou David Haines – je pense que les vidéos de Daesh ont, décidément, fait école et que l’on se trouve là au seuil d’une barbarie qu’il faut inconditionnellement dénoncer si l’on ne veut pas qu’elle exporte partout, je dis bien partout, ses procédures. Bernard-Henri Lévy
Jérusalem est surtout devenue « sainte » depuis que les Juifs sont de retour dans leur unique ville sainte, sainte depuis 3000 ans ! La mosquée Al Aqsa, le soi-disant 3ème Lieu saint de l’islam, à ne pas confondre avec le Dôme du rocher, est le nom de la mosquée « la plus lointaine » citée dans le coran à propos du voyage nocturne de Mahomet qui aurait été transporté à la mosquée Al Aqsa sur sa monture Al Burak et serait monté au ciel où il aurait rencontré les précédents prophètes juifs et chrétien. Historiquement cela ne peut pas être à Jérusalem puisque la mosquée Al Aqsa a été construite bien après la mort en 632 de Mahomet ! (…) Ce n’est que tardivement, qu’après avoir construit une mosquée sur l’esplanade du Temple juif, puis l’avoir nommée Al Aqsa qu’elle est devenue miraculeusement la mosquée Al Aqsa du coran comme l’islam en a la spécialité, puisque d’après lui, même Adam et Eve étaient musulmans et à fortiori tous les personnages de la bible hébraïque et ceux des Evangiles, même Jésus est un prophète musulman et donc il est palestinien ! Jérusalem apparaît 669 fois dans la Bible juive, 154 fois dans la Bible chrétienne mais pas une seule fois dans le Coran, ni Jérusalem, ni Al Qods, le nom arabe de Jérusalem ! Il n’y a jamais eu de pèlerinage à Jérusalem pour les musulmans contrairement aux pèlerinages pratiqués dans leurs autres villes saintes ! Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un pays arabe ou même d’une province arabe ! Danilette
Une résolution sur la Palestine critiquant notamment la politique d’Israël à Jérusalem a été votée mercredi à l’Unesco, dans une version expurgée d’une revendication initiale sur le Mur des Lamentations qui avait suscité la colère de l’Etat hébreu. Soumis par un groupe de pays arabes aux 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le texte a recueilli 26 voix en sa faveur, tandis que six délégations ont voté contre, 25 se sont abstenues et une dernière était absente au moment du vote, selon des sources diplomatiques. Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque et l’Estonie sont les six pays qui s’y sont opposés. La France s’est pour sa part abstenue, d’après les mêmes sources. La résolution votée, dont l’AFP a pris connaissance du contenu, « condamne fermement les agressions israéliennes et les mesures illégales limitant la liberté de culte et l’accès des musulmans au site sacré de la mosquée al-Aqsa ». Elle « déplore vivement » en outre les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ». (…) Toute référence a en revanche été abandonnée à la « place Al Buraq », nom employé par les musulmans pour désigner les abords du Mur des Lamentations, révéré par les juifs, en contrebas de l’esplanade des Mosquées. La rédaction initiale du texte, déposé par l’Algérie, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Maroc et la Tunisie, avait suscité mardi l’ire d’Israël et l’inquiétude de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, opposée à une remise en cause du statut des Lieux saints de Jérusalem. Dans un paragraphe finalement supprimé, les auteurs du texte affirmaient que « la place Al Buraq fait partie intégrante de la mosquée al-Aqsa ». Israël avait dénoncé « une tentative honteuse et trompeuse de réécrire l’Histoire » et Mme Bokova avait « déploré » les initiatives susceptibles d’être « perçues comme des modifications au statut de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts », appelant le Conseil à « prendre des décisions qui n’alimentent pas davantage les tensions sur le terrain ». (…) En vertu de ces règles tacites, les juifs peuvent se rendre sur le site, à la fois troisième lieu saint de l’islam et le plus révéré du judaïsme, sous le nom de mont du Temple, mais seuls les musulmans ont le droit d’y prier. Ces dernières semaines, à l’occasion des fêtes juives du mois de septembre, les tensions ont atteint un niveau rarement égalé autour du site, de violents affrontements ayant gagné l’esplanade même. Les Palestiniens qualifient la recrudescence des visites de juifs de tentative israélienne de prendre le contrôle du lieu saint, actuellement sous la garde de la Jordanie. Israël de son côté assure vouloir maintenir le statu quo et ne pas vouloir céder aux appels d’une frange minoritaire mais de plus en plus audible parmi ses citoyens. I24news
Le coup d’État du 2 décembre 1851 et la création du Second Empire par le président Louis-Napoléon Bonaparte, qui se fit proclamer Napoléon III l’année suivante, mit l’Europe en ébullition. La prise de pouvoir du neveu de Napoléon Ier raviva d’anciennes craintes et les puissances européennes se préparèrent à la guerre65,66. Afin de les rassurer, Napoléon déclara en octobre que « L’Empire, c’est la paix ! », même s’il n’était pas satisfait de la carte de l’Europe issue du congrès de Vienne67. Sa politique étrangère fut donc essentiellement destinée à restaurer l’influence française en Europe et il estima que la meilleure manière d’y parvenir serait de se rapprocher du Royaume-Uni. À l’inverse, le souvenir de la retraite de Russie et le rejet du principe des nationalités par le tsar le poussaient à vouloir s’opposer à la Russie68. En ce sens, la question des lieux saints en Palestine fournissait un prétexte idéal pour une confrontation car elle permettrait de satisfaire la droite catholique désireuse de contrer l’influence orthodoxe tandis que la gauche, opposée au Second Empire, serait ravie d’une guerre pour la liberté contre le « gendarme de l’Europe ». Ces lieux saints, comme le Saint-Sépulcre de Jérusalem ou la basilique de la Nativité de Bethléem, étaient occupés conjointement par diverses congrégations religieuses chrétiennes. Cependant, les différences liturgiques et les luttes de pouvoirs entre catholiques et orthodoxes compliquaient cette cohabitation ; les Ottomans étaient parfois contraints de poster des soldats devant et à l’intérieur des églises pour éviter les affrontements. Cela n’était cependant pas toujours suffisant et le jour de Pâques 1846, une dispute pour savoir qui des orthodoxes ou des catholiques aurait la priorité pour célébrer la messe au Saint-Sépulcre dégénéra en un affrontement sanglant qui fit quarante morts70. La rivalité entre catholiques et orthodoxes fut attisée par le développement de nouveaux moyens de transport comme le chemin de fer et les bateaux à vapeur qui permettaient à un nombre grandissant de pèlerins de se rendre en Terre sainte. Cela était particulièrement vrai pour les Russes orthodoxes dont le nombre augmenta fortement dans la première moitié du XIXe siècle ; dans les années 1840, plus de 15 000 pèlerins russes participaient aux célébrations de Pâques à Jérusalem. Cet accroissement inquiétait les chrétiens occidentaux qui craignaient d’être évincés des lieux saints et irritait les catholiques français pour qui la France avait, depuis les croisades, pour mission de défendre la foi en Palestine. L’empereur français Napoléon III désirait une guerre avec la Russie pour restaurer l’influence de la France en Europe et mettre fin à la Sainte-Alliance. Cette question devint un sujet brûlant à la suite des actions de Charles de La Valette que Napoléon III avait nommé ambassadeur à Constantinople en 1849. Ce dernier était opposé à toute négociation avec les orthodoxes sur l’administration des lieux saints et, en août 1851, il déclara que leur contrôle par les catholiques était « clairement établi » par la Capitulation de 1740 et que la France irait jusqu’à prendre des « mesures extrêmes » pour les faire respecter. Cette déclaration ulcéra les Russes qui avertirent les Ottomans qu’une reconnaissance des revendications catholiques entraînerait la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays76. La Valette fut rappelé à l’été 1852 mais Napoléon III estimait que ces déclarations servaient ses intérêts et il continua à faire pression sur les Ottomans pour obtenir des concessions qui seraient inacceptables pour la Russie et ainsi contraindre le Royaume-Uni à s’allier avec lui contre l’agression russe. En novembre 1852, il envoya le navire de ligne Charlemagne venant à peine d’entrer en service à Constantinople, en violation de la convention de Londres, pour forcer le sultan à accorder aux catholiques les clés de la basilique de la Nativité. En réponse, Nicolas Ier mobilisa plus de 100 000 hommes en Bessarabie et entama des négociations avec le Royaume-Uni dont la flotte jouerait un rôle décisif dans le cas d’une guerre entre la France et la Russie. Les Britanniques hésitèrent sur la politique à adopter car en plus de se méfier tout autant des Russes que des Français, ils étaient divisés entre ceux qui voulaient laisser du temps à la réforme de l’Empire et ceux qui estimaient qu’il n’était pas juste de soutenir un État où les chrétiens étaient persécutés. Pour forcer le sultan à abroger les concessions faites aux catholiques, Nicolas Ier envoya en février 1853 le général Alexandre Menchikov à Constantinople. Allant au-delà de la seule question des lieux saints, les Russes exigèrent un nouveau traité leur garantissant le droit d’intervenir dans tout l’Empire pour protéger les orthodoxes ; en pratique, les provinces européennes deviendraient un protectorat russe tandis que l’Empire ottoman ne serait guère plus qu’un vassal de la Russie. Wikipedia
At the end of World War I, discussions commenced on the future of the Middle East, including the disposition of Palestine. On April 19, 1920, the Allies, Britain, France, Italy and Greece, Japan and Belgium, convened in San Remo, Italy to discuss a peace treaty with Turkey. The Allies decided to assign Great Britain the mandate over Palestine on both sides of the Jordan River, and the responsibility for putting the Balfour Declaration into effect. Arab nationalists were unsure how best to react to British authority. The two preeminent Jerusalem clans, the el-Husseinis and the Nashashibis, battled for influence throughout the mandate, as they had for decades before. The former was very anti-British, whereas the latter favored a more conciliatory policy. One of the el-Husseinis, Haj Amin, who emerged as the leading figure in Palestinian politics during the mandate period, first began to organize small groups of suicide groups, fedayeen (“one who sacrifices himself”), to terrorize Jews in 1919 in the hope of duplicating the success of Kemal in Turkey and drive the Jews out of Palestine, just as the Turkish nationalists were driving the Greeks from Turkey. The first large Arab riots took place in Jerusalem in the intermediary days of Passover, April 1920. (…) Six Jews were killed and some 200 injured in Jerusalem in the course of the 1920 riots. (…) Had it not been for the preliminary organization of Jewish defense, the number of victims would have undoubtedly been much greater. (…) In 1921, Haj Amin el-Husseini began to organize larger scale fedayeen to terrorize Jews. (…) In fact, the British encouraged the Arabs to attack the Jews. According to Meinertzhagen, Col. Waters Taylor, financial adviser to the Military Administration in Palestine 1919-23, met with Haj Amin a few days before Easter, in 1920, and told him “he had a great opportunity at Easter to show the world…that Zionism was unpopular not only with the Palestine Administration but in Whitehall and if disturbances of sufficient violence occurred in Jerusalem at Easter, both General Bols [Chief Administrator in Palestine, 1919-20] and General Allenby [Commander of Egyptian Force, 1917-19, then High Commissioner of Egypt] would advocate the abandonment of the Jewish Home. (…) Haj Amin took the Colonel’s advice and instigated a riot. The British withdrew their troops and the Jewish police from Jerusalem, and the Arab mob attacked Jews and looted their shops. Due to Haj Amin’s overt role in instigating the pogrom, the British arrested him. Yet, despite the arrest, Haj Amin escaped to Jordan, but he was sentenced to 10 years imprisonment in absentia. A year later, however, British Arabists convinced High Commissioner Herbert Samuel to pardon Haj Amin and to appoint him Mufti. (…) Three weeks later, however, riots in Jaffa and Petah Tikvah, instigated by the Mufti, left 43 Jews dead.  (…) Another wave of riots, however, broke out in 1924 after another wave of pogrom’s sent 67,000 Polish Jewish refugees to Palestine. After a week of skirmishes in Jerusalem between the Haganah and Arab mobs, 133 Jews and 116 Arabs lay dead.  (…) Led by Haj Amin al-Husseini once again, rumors of a Jewish plot to seize control of Muslim holy places began to spread. Violence erupted soon after, causing extensive damage. Rioting and looting were rampant throughout Palestine. In Jerusalem, Muslims provoked the violence and tensions by building and praying on or near the holiest place in the world for Jews, the Western Wall. By late August, the Arabs, in well organized formation, attacked Jewish settlements near Jerusalem. The disturbances spread to Hebron and Tsfat, including many settlements in between, and on the Kfar Dorom kibbutz in the Gaza Strip. After six days of rioting, the British finally brought in troops to quell the disturbance. Despite the fact that Jews had been living in Gaza and Hebron for centuries, following these riots, the British forced Jews to leave their homes and prohibited Jews from living in the Gaza strip and Hebron in an attempt to appease Arabs and quell violence. By the end of the rioting, 135 Jews (including eight Americans) were killed, with more than 300 wounded. (…) The Arabs found rioting to be a very effective political tool because the British attitude toward violence against Jews, and their response to the riots, encouraged more outbreaks of violence. In each riot, the British would make little or no effort to prevent the Arabs from attacking the Jews. After each incident, a commission of inquiry would try to establish the cause of the riot. The conclusions were always the same: the Arabs were afraid of being displaced by Jewish immigrants. To stop the disturbances, the commissions routinely recommended that restrictions be made on Jewish immigration. Thus, the Arabs came to recognize that they could always stop Jewish immigration by staging a riot. Jewish Virtual library
Throughout the 1920s, tension had been brewing between Palestinian Jews and Arabs for some time, with little or no action by the mandate government to alleviate it. The Arabs of Palestine had come to be dominated by two clans, the Husseinis and the Nashashibis. The Husseinis controlled the Palestine Arab Executive and Supreme Muslim Council. Haj Amin El Husseini was Grand Mufti of Jerusalem. The Nashashibis became the mu’aridan, the opposition. The Husseinis hoped to further their position by exploiting hatred against the Jews. The issue that generated tension was not land purchases or Jewish immigration. Though there had been large land purchases in the Valley of Jezreel, there was not much Jewish immigration during this period. The issue of contention was an imagined Jewish threat to the Al-Aqsa mosque in Jerusalem, centering around Jewish attempts to improve the facilities of the nearby wailing wall, a remnant of the Jewish temple, where they gathered for prayer. The wailing wall is part of the West Wall, Al Buraq, where according to Muslim belief, Muhammed tethered his horse when he was miraculously transported to Jerusalem. Thus, it is holy to Muslims too. There is no doubt that the mosque built on the site of the temple was never a source of joy for Jews, but Jewish tradition holds that the temple can only be rebuilt when the messiah comes. The Zionists certainly had no designs on the mosque itself. The wailing wall however, because of its proximity to the mosque of Al Aqsa, was long a source of friction. Islamic law holds that no non-Muslims may pray in proximity to a mosque while prayers are held in the mosque, because that would disturb the prayers of the faithful. The Jews of Jerusalem had gotten many warnings during the hundreds of years of Muslim rule, about prayer at the wailing wall or in synagogues in the Jewish quarter that supposedly disturbed the prayers of the Muslims. This « Holy Place » was a natural place of contention. (…) In 1928, the Muslims tried to get the British to confirm their rights over the Western Wall, including the space used by Jews for worship. Husseini had helped to organize refurbishing of the long neglected mosques in Jerusalem now he initiated new construction activities in October of 1928. Bricks from the « construction » fell « accidentally » on Jewish worshippers in the wailing wall area below. The Arabs drove mules through the prayer area. Muezins (the announcers of the mosques) who called the faithful to prayer turned up the volume in their PA systems so as to disturb the Jewish prayer. The Zionist community, especially the right, took up the challenge. Right-wing Zionists of the revisionist movement demanded Jewish control of the wall. Some even demanded rebuilding the temple, alarming the Muslims even more and providing a factual basis for the agitation. On August 14, 1929, about 6,000 Jews paraded in Tel Aviv and that evening, about 3,000 gathered at the wall in Jerusalem for prayer, a huge crowd for the then very cramped space. The next day the right-wing Betar revisionist youth paraded by the hundreds, carrying billy-club batons. Rumors circulated that the Jews were about to march on the Haram as Sharif – the Al-Aqsa mosque compound. The Arabs circulated inflammatory leaflets, apparently printed earlier. One read, « Hearts are in tumult because of these barbaric deeds, and the people began to break out in shouts of ‘war, Jihad… rebellion.’… O Arab nation, the eyes of your brothers in Palestine are upon you… and they awaken your religious feelings and national zealotry to rise up against the enemy who violated the honor of Islam and raped the women and murdered widows and babies. » The Jews had killed no-one, and had attacked no-one. On Friday August 16, after an inflammatory sermon, a mass of Arab demonstrators proceeded from the mosques to the Western Wall, where they burned prayer books. (…) On August 17, a riot in the Bukharian Jewish quarter of Jerusalem left one Jew dead. The funeral, held August 20, turned into a mass demonstration with cries for vengeance. Beginning on August 22, Arab villagers, armed with sticks, knives and guns, gathered in the Haram as Sharif. Following Friday prayers and the usual inflammatory sermon on August 23, they poured out into the streets of Jerusalem and proceeded to murder and loot. By the time the riots were over in Jerusalem on August 24, 17 Jews were dead. The rioters opened fire simultaneously in several neighborhoods, evidence indicating that the massacres were probably orchestrated by the Supreme Muslim Council. Near Jerusalem, the small town of Motza was attacked by Arabs who killed every member of the Makleff family but one. (…) Several settlements next to Motza had to be abandoned. In other settlements, the inhabitants were protected by friendly Arab neighbors. Kibbutz Hulda was evacuated by the British. Arab marauders burned the kibbutz. The British killed 40 Arabs there. The worst fury of the Arabs, however, was directed at the tiny ancient Jewish community of Hebron, where 64-67 Jews were massacred in a few hours of rioting on August 24, 1924. The British flew in additional reinforcements from Egypt and elsewhere. The riots spread to Tel-Aviv and Haifa and Safed.  In Safed, 18 Jews were killed and 80 injured. In all 133 Jews and 116 Arabs were killed in the riots, 339 Jews and 232 Arabs were injured. Most of the Arabs were killed by the British police and some by the Haganah in self defense. There were also instances of Jewish atrocities. Jews broke into a mosque and destroyed a Quran. In Tel Aviv, Arabs killed four Haganah men, so the Haganah retaliated by raiding an Arab house and killing four people. (…) The massacres of 1929 had thus launched two themes that were to recur in the history of Israel and Palestine: agitation related to the al-Aqsa mosques and the Jewish desire for separation from the Arabs of Palestine, for self-protection. (…) The British also issued a set of discriminatory regulations that restricted Jewish rights in the wailing wall, returning the situation to the same state as existed under the Ottoman Empire, when Muslim – Jewish relations were governed by the inferior dhimmi status of Jews in Islam. Jewish Virtual Library
L’Unesco a adopté une résolution réaffirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la Palestine. Mais le paragraphe controversé qui aurait modifié le statut du mur des Lamentations en affirmant que la place Buraq faisait partie intégrante de la mosquée Al Aqsa, sur la très sensible esplanade et lieu saint de l’islam, a été retiré du texte dans la nuit de mardi à mercredi. Néanmoins la résolution « déplore vivement » les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ». Les rumeurs d’une éventuelle restriction de l’accès à l’esplanade des mosquées à Jérusalem est une des causes de la récente flambée de violences qui a coûté la vie à une cinquantaine de personnes en quelques semaines. Le ministère israélien des Affaires étrangères avait lui dénoncé dans un communiqué publié lundi une « falsification des faits historiques à Jérusalem » et une « manœuvre sournoise ». « La tentative palestinienne présente le Mur des Lamentations comme un lieu Saint Musulman », écrivait-il. « Cette tentative est clairement un effort pour détruire l’histoire, pour effacer le lien entre le peuple Juif et ses lieux Saints, et pour créer une fausse réalité. » L’Humanité
Malgré la fausse affirmation selon laquelle Israël a récemment changé le statu quo sur la montagne, le Waqf jordanien en fait continue d’en détenir le contrôle de facto et interdit la prière juive en dépit de la loi israélienne qui stipule que la liberté de culte doit être respectée. Les forces de sécurité ont provisoirement limité l’accès des arabes au Mont du temple comme mesure préventive, étant donné les émeutes arabes fréquentes et violentes qui ont vu la mosquée Al-Aqsa se transformer en base du terrorisme à partir duquel des pierres et des explosifs ont été lancés contre la police. (…) Le Kotel n’est pas le seul site juif que l’AP cherche à usurper dans sa proposition; elle appelle également à la récupération du caveau des patriarches à Hébron – où les patriarches et matriarches juifs sont enterrés (sauf Rachel) – ainsi que le Tombeau de Rachel à Bethléem , et que ces lieux soient déclarés comme partie intégrante de la Palestine. La tentative de revendication du Tombeau de Rachel relève d’un révisionnisme musulman récent selon lequel il serait le tombeau de Bilal ibn Rabah, un compagnon de Mahomet, qui n’a jamais  mis les pieds en Israël. Enfin, la proposition condamne la violence alléguée des juifs qui cherchent à changer le «caractère» musulman de Hébron, alors qu’il s’agit de l’ancienne ville biblique de Judée où vivaient les patriarches et matriarches juives. Arutz 7
It is a historical fact that the Grand Mufti of Jerusalem al-Hajj Amin al-Husaini was an accomplice whose collaboration with Adolf Hitler played an important role in the Holocaust. He was the foremost extra-European adviser in the process to destroy the Jews of Europe. Wolfgang G. Schwanitz
At their meeting [on November 28, 1941, Hitler and al-Husaini] concluded the pact of Jewish genocide in Europe and the Middle East, and immediately afterward, Hitler gave the order to prepare for the Holocaust. The next day invitations went out to thirteen Nazis for the Wannsee Conference to begin organizing the logistics of this mass murder. (…) And since any European Jews let out of Europe might later go to Palestine, al-Husaini made it clear that if Hitler wanted Muslims and Arabs as allies he must close Europe’s exits to Jews. At the same time, al-Husaini and Arab rulers also told Britain that if it wanted to keep Arabs and Muslims from being enemies, it must close entrance to Palestine to all Jews. By succeeding on both fronts, al-Husaini contributed to the Holocaust doubly, directly, and from the start.  Wolfgang G. Schwanitz and Barry Rubin (Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East, 2014)

Attention: un statu quo peut en cacher un autre !

A l’heure où sous prétexte d’une prétendue volonté israélienne de changement du statu quo, on tente de réserver aux seuls musulmans, et à coups de couteau de boucher s’il vous plait, l’accès aux lieux saints juifs comme chrétiens

Et où  après le Tombeau de Joseph et sans compter la Basilique de la Nativité profanée par des terroristes palestiniens en 2002 puis inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 2012, c’est au Caveau des patriarches, à la Tombe de Rachel  et même, dans le projet de départ, au Mur dit des lamentations, et avec l’habituelle complicité de l’ONU, qu’on s’attaque à présent …

Pendant qu’avec la controverse soulevée par les propos de Benyamin Nétanyahou d’hier, on  feint d’oublier la collaboration, attestée historiquement, du Moufti de Jérusalem avec les nazis et leur projet d’extermination Einsatgruppen compris de la totalité du peuple juif, Moyen-orient et Palestine compris …

Qui, parmi nos journalistes et nos gouvernants englués dans leur réthorique de fausse symétrie de « cycle de violences » et de « spirale des représailles », prend la peine de rappeler que ce sont là les mêmes mensonges qui, depuis déjà les pogroms des années 20, tentent de nier l’évidence de la  présence et de l’attachement juifs multimillénaires à une terre que n’a tout simplement jamais pu et ne pourra jamais avoir un islam qui n’existe lui-même que depuis le VIIe siècle ?

Mais aussi qui se souvient qu’à l’instar du statu quo chrétien et de par exemple la fameuse échelle inamovible ledit statu quo n’est en fait que le produit de toute une série de conflits (Guerre de Crimée comprise !) et de statu quos successifs entre des communautés rivales ?

Et  qui sait encore sans parler du Mont du temple, premier lieu sacré et quasiment seul endroit au monde où un juif ne peut prier

Qu’inscrit dans l’architecture même de la Ville sainte à l’image de la fameuse Porte dorée expressément murée (et doublement condamnée, s’il vous plait, par la présence profanante d’un cimetière !) depuis 1541 par Soliman le Magnifique pour en interdire l’entrée au Messie lui-même …

Le statu quo en question est le produit de la même volonté délibérée de négation d’un peuple et d’une religion sans lesquels il n’y aurait jamais eu ni islam ni christianisme ?

Statu quo (lieux saints)

Wikipedia

Le Statu quo, également appelé Status quo, désigne la situation dans laquelle se trouvent les communautés chrétiennes de la Terre sainte dans leurs relations avec les gouvernements de la région, notamment dans le contrôle des sanctuaires des principaux lieux saints chrétiens (église du Saint-Sépulcre, basilique de la Nativité, Sépulcre de Marie, église de l’Ascension).

Historique
À partir du IIIe siècle, sous l’influence des chrétiens qui sont devenus de plus en plus puissants, surtout après l’adoption du christianisme par l’empereur Constantin Ier au IVe siècle, la Palestine prend un statut moral particulier en étant considérée comme Terre sainte. Après la conquête musulmane et les Croisades, la région est sous domination ottomane de 1244 jusqu’au XIXe siècle. Le sultan de l’Empire ottoman confie alternativement les principaux lieux saints chrétiens aux Catholiques (notamment l’Ordre franciscain qui envoie des missions en terre sainte dès le XIIIe siècle) et aux Orthodoxes , ces communautés chrétienne (réunies sous le vocable de al-ṭawā’if al-masīḥiyya) étant organisées sur le modèle des millet et dotées de droits de propriété et d’usage de chaque sanctuaire (communautés gardiennes, propriétaires, ayant-droit, usagères). Chaque communauté religieuse obtient, sur fond de pression politique et de corruption, des capitulations et firmans accordés par la « Sublime Porte », ce qui cause régulièrement des affrontements violents quant à l’administration et l’utilisation des sanctuaires. À partir du XVe siècle, le clergé grec orthodoxe étend son influence en Palestine avec le sultan Mehmed II qui proclame le Patriarche grec de Constantinople autorité religieuse et civile pour l’ensemble des chrétiens résidant dans son empire1.

À la faveur de la défaite des Ottomans à la bataille de Vienne en 1683, un firman de 1690 oblige les Grecs à restituer aux catholiques le contrôle principal des sanctuaires. Les conflits de cohabitation atteignent leur apogée le 2 avril 1757, date à laquelle, la nuit des Rameaux, un soulèvement populaire évince les Franciscains du Saint-Sépulcre. Le nouveau rapport de force favorable aux Grecs orthodoxes est confirmé par le firman de 1767 qui leur remet une grande partie de la basilique de la Nativité, la tombe de la Très Sainte Vierge Marie et la presque totalité de la Basilique du Saint Sépulcre. En 1847, le vol de l’étoile incrustée sous l’autel de la Nativité, vol que les Latins attribuent aux grecs orthodoxes (ces derniers n’auraient pas accepté que l’inscription gravée soit rédigée en latin, est une des causes directes de la participation française à la guerre de Crimée contre la Russie2. Le 8 février 1852, l’empereur ottoman, sous la pression du tsar Nicolas, promulgue un firman qui confirme le Statu Quo (c’est-à-dire la situation de 1767) tel qu’il existe encore aujourd’hui. Confirmé par le traité de Paris de 1856 et déclaré inviolable dans le traité de Berlin de 1878, le Statu Quo jouit en effet d’une garantie continue dans le droit international.

Voir aussi:

Status Quo

Custodia

« Status quo » — ou « Statu quo », comme il est d’usage de dire en Terre Sainte et dans de nombreuses publications – au sens large, se réfère à la situation dans laquelle se trouvent les Communautés chrétiennes de la Terre Sainte dans leurs relations avec les gouvernements de la région.

En particulier, le « Status quo » indique la situation dans laquelle se trouvent les Communautés chrétiennes dans les Sanctuaires de Terre Sainte. Ces situations concernent tant la propriété que les droits qu’elles ont soit seules soit avec d’autres rites au Saint Sépulcre, dans la Basilique de la Nativité à Bethléem et à la Tombe de la Très Sainte Vierge Marie à Jérusalem.

La vie des Sanctuaires est inséparable des régimes politiques de la Terre Sainte qui conduisirent progressivement à la situation actuellement encore en vigueur.

Au cours des XVII° et XVIII° siècles, les Grecs orthodoxes et les Catholiques furent en controverse continuelle à propos de certains Sanctuaires (Saint Sépulcre, Tombe de la Très Sainte Vierge Marie et Bethléem). Ce fut une période de « luttes fraternelles et d’interventions politiques ». Au travers de ces douloureuses vicissitudes, on arriva à la situation ratifiée par un firman du 8 février 1852 et indiqué par le terme de « Statu quo ».

Le « Statu quo » dans les Sanctuaires de Terre Sainte, et spécialement au Saint Sépulcre, détermine les sujets de la propriété des Lieux Saints et plus concrètement les espaces à l’intérieur du Sanctuaire ainsi que les horaires et la durée des fonctions, les déplacements, les parcours et la manière de les réaliser, tant en chant qu’en simple lecture.

Il faut rappeler que les communautés officiant au Saint Sépulcre, outre les Latins, sont les Grecs, les Arméniens, les Coptes et les Syriens et que, pour tout changement, il faut tenir compte de toutes les communautés. Les communautés du Saint Sépulcre se règlent selon le calendrier propre à chacun des rites.

En ce qui concerne la communauté catholique, les Franciscains suivent les fêtes selon le degré de solennité précédent la réforme de Vatican II parce que c’est ce qui détermine le droit acquis avec le « Statu quo » en ce qui concerne les Premières Vêpres solennelles, les Matines, la Messe et autres fonctions qui y sont liées (processions, encensements etc.).

Pour mieux comprendre une telle situation, il est nécessaire d’ajouter quelques notations historiques. Immédiatement après son entrée à Constantinople, Mahomet II proclama le Patriarche grec de Constantinople autorité religieuse et civile pour l’ensemble des chrétiens résidant dans son empire.

Depuis lors, les communautés orthodoxes de Grèce, arguant du fait d’être composées de sujets de l’empire ottoman, purent affluer en Terre Sainte et exercer l’une des plus efficaces influence sur les sultans pour obtenir en leur faveur des avantages dans les sanctuaires. Le clergé grec réussit progressivement à remplacer le clergé autochtone. A partir de 1634, le Patriarche orthodoxe de Jérusalem sera toujours un grec. Au cours de cette période commencent également les revendications de la part du clergé grec sur les Lieux Saints. En 1666, le Patriarche orthodoxe Germain revendiqua les droits des orthodoxes sur la Basilique de Bethléem, comme l’avaient fait avant lui les Patriarches Sophronios IV (1579-1608) et Théphanios (1608-1644). De semblables revendications furent également avancées en ce qui concerne le Saint Sépulcre à Jérusalem.

Les tentatives en question furent bloquées surtout grâce à l’intervention de Venise et de la France auprès de la Sublime Porte (ainsi qu’était appelée l’instance suprême de l’Empire ottoman). En 1633, le Patriarche Théphanios réussit à obtenir un firman antidaté au temps d’Omar (638) qui conférait au Patriarcat grec orthodoxe les droits exclusifs sur la Grotte de la Nativité, le Calvaire et la Pierre de l’Onction.

Les Puissances occidentales réussirent à obtenir, sous la pression du Pape Urbain VII, le retrait du firman. Toutefois, il fut émané une deuxième fois en 1637. A cette époque, Venise, l’Autriche et la Pologne étaient en guerre contre l’Empire et ne purent donc avoir aucune influence en faveur des Franciscains. La situation se fit encore plus drastique en 1676 lorsque le Patriarche Dositeos (1669-1707) reçut un autre firman par lequel il obtint la possession exclusive du Saint Sépulcre. Suite aux protestations occidentales, la Sublime Porte nomma un tribunal spécial chargé d’examiner les différents documents.

En 1690, par un firman ad hoc, ce dernier déclara que les Franciscains sont les légitimes propriétaires de la Basilique. Depuis lors, les puissances occidentales furent toujours plus actives auprès du gouvernement ottoman afin de garantir les droits catholiques dans les Lieux Saints. Ce fut ainsi avec la paix de Carlowitz (1699), Passarowitz (1718), Belgrade (1739) et Sistow (1791). Toutefois, les résultats effectifs de ces interventions ne furent pas des plus importants.

En 1767, suite notamment aux affrontements violents et aux actes de vandalisme qui virent la participation de la population locale, des Grecs orthodoxes et des Franciscains, la Sublime Porte émana un firman qui remettait aux Grecs orthodoxes la Basilique de Bethléem, la tombe de la Très Sainte Vierge Marie et la presque totalité de la Basilique du Saint Sépulcre. Malgré les appels répétés du Pape Clément XIII aux puissances occidentales, le firman fut confirmé et fixa de manière désormais définitive, à part quelques détails, la situation des Lieux Saints jusqu’à nos jours. Au XIX° siècle, la question des Lieux Saints devint un contentieux politique, spécialement entre la France et la Russie.

La France obtint la protection exclusive des droits des Catholiques et la Russie celle des chrétiens orthodoxes. En 1808, un grand incendie dans la Basilique du Saint Sépulcre détruisit presque entièrement l’édicule croisée du Saint Sépulcre. Les grecs obtinrent la permission de reconstruire une nouvelle édicule qui est celle actuellement existante. En 1829, les droits actuels dans la Basilique étaient reconnus de manière définitive aux Arméniens orthodoxes.

En 1847, les grecs enlevèrent l’étoile d’argent située sur le lieu de la naissance du Seigneur dans la Grotte de Bethléem. Sur l’étoile se trouvait en effet une inscription en latin qui attestait ainsi de la propriété latine du lieu. En 1852, l’Ambassadeur français près la Sublime Porte, au nom des puissances catholiques, demanda le rétablissement des droits des Franciscains précédents à 1767 et en particulier le replacement de l’étoile.

L’Empereur ottoman, sous la pression du Tsar Nicolas, refusa et émana un firman par lequel il décrétait que le Status Quo (c’est-à-dire la situation de 1767) devait être maintenu.

Depuis lors, malgré les tentatives répétées et les guerres qui se sont succédées, la situation demeura inchangée même si l’étoile fut remise à sa place. Pas même la chute de l’Empire ottoman et la création du mandat britannique ne conduisirent à la modification du Status Quo.

Une telle situation est aujourd’hui considérée comme un fait acquis.

Les relations et les rapports entre les différentes communautés chrétiennes sont encore réglés par le Status Quo, mais ils sont cordiaux et amicaux.
Le dialogue œcuménique a définitivement affaibli les conflits historiques. Il n’existe plus, au moins pour la partie catholique, d’accusation d’« usurpation » des Lieux Saints.
Au contraire, on considère que la présence chrétienne multiforme en de tels lieux est une richesse à préserver et un droit acquis et inaliénable.
Les rencontres périodiques et les négociations entre les différentes communautés se concentrent aujourd’hui sur les restaurations des Basiliques et sur la possibilité d’une meilleure distribution des différentes liturgies.
Les décisions sont prises d’un commun accord entre les différentes communautés religieuses, sans aucune intervention extérieure qu’elle soit de nature politique ou civile.

Voir également:

Netanyahu et le Mufti

Oh qu’ils sont contents ! Je les imagine trépignants d’une indignation qui masque à peine leur jubilation ! Tous ceux qui essaient depuis si longtemps de faire qualifier le gouvernement Netanyahu « d’extrême-droite » tiennent enfin leur « preuve », leur « argument indiscutable ! ». Netanyahu est un négationniste ! Tellement aveuglé par sa haine des Palestiniens, Benjamin Netanyahu dévoile son « vrai visage » en dédouanant Hitler de la responsabilité de la Shoah et en accusant Hadj Amin Al Husseini, le Grand Mufti de Jérusalem. Haaretz titre fièrement : « Netanyahu : Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs »

Qu’a dit Netanyahu ? Dans un discours devant le 37ème Congrès Sioniste Mondial à Jérusalem, il a expliqué que plusieurs attaques contre la communauté juive, dont celles de 1920, 1921 et 1929 (massacre de Hébron, ncgqdi) ont été menés à l’appel du Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin Al Husseini qui sera ensuite recherché pour crimes de guerre dans le Procès de Nuremberg pour avoir joué un rôle central dans la fomentation de la solution finale.

C’est là que Netanyahu prononce la phrase qui va lui être reprochée toute sa vie parce que tronquée et sortie de son contexte. Il dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque, il voulait les expulser ! » Ensuite, il résume de façon très succincte et limite caricaturale une conversation entre le Grand Mufti et Hitler en disant que le Mufti serait allé voir Hitler et lui aurait dit que s’il expulsait les Juifs, ils viendraient tous ici (en Palestine, ncgqdi). Hitler lui aurait répondu « Que dois-je donc en faire ? » et le Mufti aurait répondu « Brûlez-les ». Il conclue cette conversation en expliquant que c’est le même homme, Hadj Amin Al Husseini, qui dès les années 20, fomentait des troubles en prétextant que les Juifs allaient détruire la Mosquée Al Aqsa et que ce mensonge (qui est agité aujourd’hui par Abbas) était donc vieux d’un siècle.

Et voilà comment toute la presse mondiale et tous les opposants à Netanyahu tirent la phrase qu’ils vont utiliser pendant des décennies pour nuire à Netanyahu : « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs. »

Sauf que ce n’est pas ce qu’il a dit et que sa phrase a été coupée au moment qui arrange ses opposants. Il a dit « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs, à l’époque« . Donc c’est justement cette époque qui nous intéresse.

Dans son article sur ce discours, Haaretz explique que Netanyahu situe cette conversation entre Hitler et le Mufti dans le contexte du mois de novembre 1941. J’invite chacun à lire la page sur la Conférence de Wannsee de Janvier 1942 sur le site de l’United States Holocaust Memorial Museum. On y lit que, bien que les meurtres de Juifs étaient déjà bien engagés, la décision finale d’une extermination a été prise dans le courant de l’année 1941, avec comme dates plus précises, la mention de Septembre 1941 où Hitler autorise la déportation des Juifs allemands, autrichiens et tchèques en Pologne et celle de l’Automne 1941 pour le déploiement en Lettonie de l’Einzatzcommando 2 du Major Lange. Dans d’autres sources, on peut lire que les Einzatzgruppen commencent leur action en Juillet 1941 en Lituanie et que le massacre du ravin de Babi Yar, en Ukraine a lieu en Septembre 1941.

On constate plusieurs choses :

  • Dans les faits, les meurtres de masse de Juifs ont commencé avant la conférence de Wannsee qui est pourtant considérée comme la conférence fondatrice de la « solution finale à la question juive dans la sphère d’influence », selon l’expression employée lors de la conférence. Ces meurtres de masse ne sont pas encore une volonté exterminatrice écrite en tant que politique du Reich. Ils sont un nettoyage ethnique de « l’espace vital » allemand à l’Est, tel que théorisé par Hitler dans Mein Kampf. Il est important de préciser qu’on est déjà, avec ce nettoyage ethnique, dans la notion de crime contre l’humanité. L’extermination, entérinée à Wannsee, est une aggravation et une radicalisation du crime contre l’humanité déjà existant, pas une nouveauté.
  • Cette aggravation est effectivement décidée en 1941, vraisemblablement au cours du second semestre et probablement à l’automne, entre Septembre et Décembre 1941, la conférence de Wannsee étant la réunion d’organisation administrative de cette aggravation.

Donc, en remettant les choses dans une perspective plus historique et moins politicienne, on peut dire que Netanyahu n’a pas fait de révisionnisme, bien au contraire.

A-t-il pour autant raison de sous-entendre que le Mufti a eu une influence importante sur cette aggravation ? Haaretz, en fin d’article explique que cette thèse a récemment été portée par deux auteurs, Barry Rubin et Wolfgang Schwanitz, dans un livre intitulé « Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East », publié aux Editions Universitaires de Yale (qui n’est pas la plus médiocre université au monde). Si les auteurs n’évoquent pas spécifiquement la rencontre et les mots utilisés par Netanyahu, ils soutiennent cependant que la décision d’extermination a été prise par Hitler en partie pour satisfaire le Mufti qui refusait la déportation des Juifs en Palestine.

En réaction à la polémique, Netanyahu a expliqué qu’il n’avait aucune intention de minimiser le rôle d’Hitler qui a pris la décision d’assassiner 6 millions de juifs mais qu’il était également absurde de minimiser le rôle du Grand Mufti qui encourageait Hitler, Ribbentrop et Himmler à exterminer les Juifs d’Europe, citant le témoignage de l’adjoint d’Adolf Eichmann au Procès de Nuremberg qui qualifiait le Mufti de « partenaire » et de « conseiller » d’Hitler et d’Eichmann dans la solution finale.

Il eut été bon également de préciser que satisfaire les exigences des Nationalistes arabes, représentés par le Mufti, était capital pour Hitler en novembre 1941, dans son contexte stratégique. Il ne s’agit pas simplement d’une influence morale du Mufti ou d’une volonté de lui plaire mais bien une volonté de sécuriser des positions stratégiques dans une guerre qui commençait à mal tourner pour le 3ème Reich.

Rappelons que l’Afrika Korps est présent en Libye depuis Février 1941 et qu’en Novembre 1941, il obtient une victoire cruciale contre les Britanniques à Tobrouk, ce qui ouvre à l’Allemagne les portes de l’Egypte britannique. La stratégie allemande au Moyen-Orient est claire : isoler la Grande-Bretagne de ses sources d’approvisionnement en capturant le Canal de Suez et en capturant les zones pétrolifères du Golfe Persique. L’Allemagne fomente également en 1941 un soulèvement nationaliste de l’Irak pour gêner les approvisionnements pétroliers britanniques. A cette époque, le Royaume-Uni est très isolé. Harcelé dans les airs par la Luftwaffe, assiégé par la Kriegsmarine et les U-Boots, il a perdu l’ensemble de ses alliés, à commencer par la France en 1940 et il ne parvient pas à convaincre les USA d’entrer formellement en guerre. Il faudra attendre Pearl Harbor en décembre 1941 pour que les USA entrent définitivement dans le conflit.

La fin de l’année 1941 est donc cruciale pour l’Allemagne. Elle vient d’entamer une invasion de l’URSS qui a échoué puisque l’Armée Rouge a réussi à faire durer sa résistance, au prix de pertes inimaginables, jusqu’au terrible hiver russe qui lui donne un répit. Ce semi-échec allemand fait perdurer une situation qu’Hitler redoute par-dessus tout : la guerre sur plusieurs fronts. Il n’a pas réussi à abattre le Royaume-Uni à l’été 1940 et il n’a pas réussi à abattre l’URSS à l’été 1941. Il sait que la riposte soviétique sera difficile, il sait qu’il doit y concentrer un maximum de forces et il est donc pressé d’en finir avec les Britanniques. Un soulèvement général des Arabes contre les Britanniques en Egypte, Palestine et Mésopotamie est capital pour priver ces derniers de leurs ressources pétrolières et de leurs voies d’approvisionnement par la Méditerranée et ainsi, les contraindre à rechercher la paix avant que les Américains ne s’engagent formellement contre l’Axe Tokyo-Berlin-Rome.

Dans ce contexte, il semble évident qu’Hitler a un besoin impératif de s’attirer les bonnes grâces du Grand Mufti de Jérusalem qui a des intentions compatibles avec les siennes. Sans accuser l’un et excuser l’autre, il semble évident que leurs opinions, leurs options stratégiques et leurs choix politiques respectifs les ont conduit à se radicaliser mutuellement dans le traitement de la question juive.

On peut donc en effet reprocher à Netanyahu une simplification à outrance et même, si cette conversation n’a pas eu lieu, une forme de malhonnêteté politicienne qui invente une histoire simple pour résumer un contexte général complexe mais on ne peut pas simplement balayer ses propos comme des distorsions coupables de l’histoire ou comme du révisionnisme à la sauce de Faurrisson.

La solution nazie finale à la question juive, que l’on appelle Shoah, Holocauste ou génocide des Juifs d’Europe est quelque chose de beaucoup plus complexe qu’on ne le pense et c’est un sujet qui, surtout lorsqu’on aborde les responsabilités morales ou opérationnelles, ne souffre pas d’approximations, de simplifications ou de caricatures. C’est donc le seul reproche que je ferais à Benjamin Netanyahu.

Voir  encore:

La bataille du mont du Temple
Shmuel Trigano

« C’est à des actes pogromiques brutaux que nous avons assisté ces derniers jours »
Le billet de Shmuel Trigano, Professeur des Universités en sociologie

Actualité juive

16/10/2015

Avec les troubles que connaît Israël autour du mont du Temple (« l’esplanade des Mosquées » des musulmans et des journalistes), le conflit du Proche-Orient s’embrase en son cœur le plus profond, en dévoilant qu’il n’est ni national ni territorial comme le voudraient bien les utopies de gauche, mais religieux, une guerre de religion découlant du scandale inadmissible que représente pour l’islam la souveraineté d’un peuple qui n’a le droit de (sur)vivre que comme « dhimmi ». La rumeur que les « Juifs » veulent détruire la mosquée El Aksa est un vieux leurre, manipulé cycliquement depuis les émeutes de 1929 et destiné à susciter la fureur musulmane et à la focaliser sur les Juifs. C’est un mensonge éhonté, du type de ceux qui donnaient naissance à des pogroms.

C’est en effet à des actes pogromiques brutaux que nous avons assisté ces derniers jours, comme dans les temps anciens. Je pense notamment à la scène de la femme poignardée appelant au secours sous les lazzis, les crachats et les coups des commerçants des échoppes environnantes. Celà montre bien jusqu’où peut aller le penchant suprématiste, même « sous occupation ». C’est ce que fait entendre la « Liste unie » des députés arabes israéliens qui décrètent (Hanan Zoabi dixit) que c’est toute la montagne qui est une mosquée. Au déni musulman de la sainteté du lieu pour le judaïsme s’ajoute l’intolérance qui veut interdire aux Juifs l’accès non pas aux mosquées mais aux immenses terrasses de la montagne. Le plus piquant c’est que ceux qui hurlent à la profanation des Juifs (Abbas a parlé de « leurs pieds sales… »), sont aussi ceux qui ont effectué en catimini d’immenses excavations sous le mont pour construire sans permis une mosquée souterraine de 12 000 places dans un lieu dénommé « les écuries de Salomon », en détruisant des vestiges inestimables des temples juifs de l’antiquité, à l’instar des destructions de monuments façon Etat islamique.

Ceci dit, l’Etat d’Israël retire les fruits amers d’une démission et d’une négligence. La première commence avec Moshe Dayan qui, en 1967, a remis les clefs du mont du Temple au Waqf jordanien, à une puissance qui avait profané tous les lieux saints juifs et interdit aux Juifs tout accès à leurs sites. Assumer la souveraineté de l’Etat sur le mont du Temple semblait sans doute trop lourd à porter symboliquement à l’élite politique israélienne. C’est ce qu’ont bien compris les stratèges arabes : ici s’arrêtait la souveraineté d’Israël, bien que le lieu fût en son pouvoir, et c’est dans ce vacuum d’une puissance symbolique planétaire que l’islamisme s’insinuerait pour contester la souveraineté d’Israël en elle-même. Telle est bien la plate-forme idéologique de la Liste arabe unifiée. La démission suprême d’Israël dans sa victoire offrait aux vaincus une bascule pour renverser la situation sans tanks ni avions, ciblant Israël en son point le plus faible : l’assomption de son identité.

« La deuxième négligence israélienne est de ne pas avoir intenté une procédure en inconstitutionnalité de la Liste arabe unifiée à la Knesset  »

Mais la situation découle aussi de deux négligences israéliennes : tout d’abord avoir laissé se développer depuis plus de 10 ans la « Ligue du nord », un mouvement islamiste israélien qui est le maître d’œuvre de la crise cyclique « les Juifs vont détruire El Aqsa » et qui stipendie les émeutiers installés dans la mosquée avec armes et munitions. Les activistes islamistes israéliens (une expression  incroyable !) sont libres de leurs mouvements. Ils drainent avec eux non seulement une partie des Arabes d’Israël mais aussi des territoires. L’intervention de la Turquie de l’islamiste Erdogan est aussi patente.

La deuxième négligence israélienne est de ne pas avoir intenté une procédure en inconstitutionnalité de la Liste arabe unifiée à la Knesset qui est une liste non politique mais ethnique rassemblant des islamistes aux communistes, sur une base ethnico-religieuse, ce qu’une démocratie normale (Cour Suprême ?) ne devrait pas accepter car c’est là le contraire du multipartisme, une forme d’irrédentisme national. Or cette Liste, depuis son élection, montre qu’elle est le ferment de la révolte civile et de la discorde. Ce sont ses députés qui ont pris la tête de la guerre d’El Aqsa. Ils sont les chefs de file de la démonstration de force couplée, selon toute vraisemblance, avec la levée du drapeau palestinien à l’ONU. On subodorait qu’une fois l’Etat proclamé, les Arabes israéliens entreraient en lice. C’est ce scénario qui est simulé aujourd’hui, sans doute fatalement trop intempestif. Merci la France !

Comment la mosquée Al Aqsa peut-elle être un Lieu Saint pour les musulmans ?

Danilette

20 octobre 2015

Le Har HaBayt des Juifs vers lequel sont tournées les prières juives 3 fois par jour et cité dans les Actions de Grâces après chaque repas, le nom original en arabe est la traduction de Har Ha Bayt, c’est Bayt al-Maqdis !!! !

Rappelons d’abord que Jérusalem est considérée aujourd’hui comme le 3ème Lieu Saint de l’islam pour les musulmans sunnites et non pas pour les musulmans chiites qui sont restés avec leurs Lieux saints inchangés à savoir : La Mecque, Médine, Najaf, Kerbala, Meched. Le narratif musulman cherchant à tout prix à sanctifier Jérusalem comme une ville sainte pour les musulmans est en train de gagner du terrain et on s’en aperçoit en faisant une recherche google, il faut désormais bien chercher pour trouver la vérité historique, certaines entrées ont été supprimées, d’autres modifiées ou falsifiées comme sur wikipédia !

Jérusalem est surtout devenue « sainte » depuis que les Juifs sont de retour dans leur unique ville sainte, sainte depuis 3000 ans !

La mosquée Al Aqsa, le soi-disant 3ème Lieu saint de l’islam, à ne pas confondre avec le Dôme du rocher, est le nom de la mosquée « la plus lointaine » citée dans le coran à propos du voyage nocturne de Mahomet qui aurait été transporté à la mosquée Al Aqsa sur sa monture Al Burak et serait monté au ciel où il aurait rencontré les précédents prophètes juifs et chrétien. Historiquement cela ne peut pas être à Jérusalem puisque la mosquée Al Aqsa a été construite bien après la mort en 632 de Mahomet !

D’après les anciens exégètes du coran, il y a différentes interprétations, certains affirment que la mosquée Al Aqsa citée dans le coran est située dans le sinaï, Mohammed al-Ghazalï, un théologien du 11 ème siècle affirme qu’Al Aqsa se trouve au ciel, pour beaucoup d’autres le lieu originel d’Al Aqsa se trouve entre La Mecque et Ta’if comme le rapporte l’historien et géographe musulman al-Waqidi, auteur du « Kitab al-maghazi» :

il y avait deux lieux de prière à al-Gi’ranah, village situé entre La Mecque et Ta’if : l’un était « la Mosquée la plus proche » (al-adana), et l’autre, « la Mosquée la plus éloignée » (al-aqsa), où Muhammad priait lorsqu’il n’était pas à La Mecque

Ce n’est que tardivement, qu’après avoir construit une mosquée sur l’esplanade du Temple juif, puis l’avoir nommée Al Aqsa qu’elle est devenue miraculeusement la mosquée Al Aqsa du coran comme l’islam en a la spécialité, puisque d’après lui, même Adam et Eve étaient musulmans et à fortiori tous les personnages de la bible hébraïque et ceux des Evangiles, même Jésus est un prophète musulman et donc il est palestinien !
Jérusalem apparaît 669 fois dans la Bible juive, 154 fois dans la Bible chrétienne mais pas une seule fois dans le Coran, ni Jérusalem, ni Al Qods, le nom arabe de Jérusalem !
Il n’y a jamais eu de pèlerinage à Jérusalem pour les musulmans contrairement aux pèlerinages pratiqués dans leurs autres villes saintes ! Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un pays arabe ou même d’une province arabe !

Il ne s’agit pas de dénier aux musulmans quoi que ce soit mais de rappeler que la tolérance doit être réciproque et partagée,

The Church of the Holy Sepulchre: A Work in Progress

The Status Quo (capitalized) has referred to the customary set of arrangements regulating possession, usage, and liturgy at the holy places. It allows rivals to live and worship alongside each other in a confined space. Without it there would be a free-for-all. Because the major communities realize this, they insist on its strict observance, though it includes many inconvenient provisions. The Status Quo is a seamless web: if you pick and choose, it will fall apart. Change is not completely ruled out, however, provided the parties can amicably agree.

Raymond Cohen

Chaim Weizmann Professor of International Relations,

Hebrew University, Jerusalem and Corcoran Visiting Professor, Boston College.

He is author of Saving the Holy Sepulchre: How Rival Christians Came Together to Rescue their Holiest Shrine (New York: Oxford University Press, 2008).

May 2009

When the nun Egeria came on pilgrimage to Jerusalem in the early fifth century, she found the communities worshipping together harmoniously at Easter in the Anastasis, the Church of the Resurrection. Though the bishop always spoke Greek, his words were translated into Aramaic and Latin, “that all may understand what is being explained.”

Out of communion for centuries, six ancient churches are represented today at the Holy Sepulchre by communities of monks. The three major communities administering the Holy Sepulchre, the Greek Orthodox, Roman Catholics—represented by the Franciscan Order—and Armenian Orthodox have their own chapels and share common areas, which include the stone of unction, the edicule containing Christ’s tomb, and surrounding paving. Two minor communities, the Coptic Orthodox and Syrian Orthodox, have rights of usage, but no say in the running of the church. The tiny Ethiopian Orthodox community, living on the roof, has no rights in the Anastasis.

Over the centuries, the Catholic and Orthodox Churches, known in Jerusalem as Latins and Greeks, drifted apart for cultural and political, as much as theological reasons. Rivalry for control of the Holy Sepulchre reflected the wider conflict between the parent churches. After the crusaders captured Jerusalem in 1099, a Latin bishop was appointed to the vacant Jerusalem patriarchate, traditionally occupied by an Orthodox prelate. The consecration of a new Holy Sepulchre in 1149 marked the high point of Latin primacy. When Saladin retook Jerusalem in 1187, he restored the patriarchal throne to the Orthodox.

During the Ottoman period (1516-1917), Greeks and Latins contested control of the edifice. They fought on three fronts: in the church with stones and staves; through the local Moslem religious courts with ancient deeds, sometimes forged; and in the corridors of power in Istanbul, where bribes and diplomatic pressure were used to obtain imperial firmans bestowing rights of possession and usage.

A surprise attack launched on Palm Sunday, 1757, brought the Greeks control of plum sites in the church. After a fire in 1808, they received imperial permission to carry out repairs and consolidated their position. A new neo-Byzantine edicule set the seal on their victory. The Armenians, like the Greeks’ millet or recognized religious minority, made gains as well. With their patrons, France and Spain at war, the Franciscans were left weakened and vulnerable.

By the mid-19th century, the Ottoman Empire was in terminal decline. Napoleon III of France pressed the sultan to restore the pre-1757 status quo, appealing to a 1740 treaty. Nicholas I of Russia threatened to invade Turkey if this happened. To defuse the crisis, the sultan issued an 1853 firman, which declared that “The actual status quo will be maintained and the Jerusalem shrines, whether owned in common or exclusively by the Greek, Latin, and Armenian communities, will all remain forever in their present state.”

This decree was like the standstill provisions of a ceasefire imposed by the UN. Bitterly resented by Catholics, it locked Orthodox primacy in place. In 1878, the Treaty of Berlin incorporated the status quo into international law.

Since then, the Status Quo (capitalized) has referred to the customary set of arrangements regulating possession, usage, and liturgy at the holy places. It allows rivals to live and worship alongside each other in a confined space. Without it there would be a free-for-all. Because the major communities realize this, they insist on its strict observance, though it includes many inconvenient provisions. The Status Quo is a seamless web: if you pick and choose, it will fall apart. Change is not completely ruled out, however, provided the parties can amicably agree.

In some respects, the Status Quo functions like a railway timetable, specifying for every day of the ecclesiastical year the time and place of services and processions conducted by the communities in public areas of the church. It also acts as a sort of property register, detailing possession of every stone and nail. Not a carpet can be laid, a candle lit, or a step swept unless it is the custom.

There is not, and never has been, a single, agreed version, so the term The Status Quo, implying the existence of a single, definitive code, is misleading. Rather, it consists of several overlapping bodies of traditional practice. Each community has its own private compilation. Discrepancies between these versions are notoriously hard to reconcile. For instance, in the present dispute between Greeks and Armenians over the choreography of the Easter Saturday Holy Fire ceremony, the parties refute each other by referring back to contradictory practices existing at different points in time.

Historically, disputes were settled by the Moslem religious courts. This was no longer possible after the 1853 firman, which froze a contested state of affairs. Henceforth, disputes were handled administratively by the governor, who investigated the facts and made a determination as to customary practice. This prohibition on adjudication by the local courts was formalized by Britain in a 1924 order-in-council. When an administrative ruling was issued, it was accompanied by the disclaimer that it was “without prejudice to existing rights and claims,” allowing the losing community to save face by continuing to maintain its formal claim. In practice, though, an administrative ruling was as binding as any legal judgment.

The system worked smoothly during the Ottoman period because Turkish governors possessed a definitive record of past practice. Subsequent sovereigns did not. When British officials took over Jerusalem in 1917, they found that the governors’ records had disappeared. Consequently, during the Mandate they could not always authoritatively determine customary rights.

As a substitute for the missing archive, the Mandate authorities commissioned a young official, L.G.A. Cust, to draw up a memorandum describing the Status Quo. Cust did his best, but his superior, H.G. Luke, thought that many details were so debatable that he attached to The Status Quo In The Holy Places (1929) the proviso, “The accounts of practice given in this Print are not to be taken as necessarily having official authority.”

Under the Israeli dispensation, the system of administrative judgment has been discontinued, mostly leaving it up to the communities to sort things out for themselves. The authorities prefer to mediate, suggesting, not imposing solutions. This markedly differs from the Jordanian period when the governor acted as arbiter in the Arab tradition.

The Status Quo system was an improvement on previous practice when the Turks arbitrarily transferred rights from one community to another. A grave drawback was that it contained no satisfactory provision for carrying out major repairs. The problem lay with Turkish property law, which held that payment for repair of a structure indicated possession and that the owner of the covering of a building owned the building. Thus, as much as one community wanted to pay for a certain repair as an assertion of ownership, the other two communities were eager to block it.

In July 1927, a major earthquake struck Jerusalem. The Holy Sepulchre, in poor condition after centuries of neglect, was badly damaged, though this was not discovered until 1933 by the British architect William Harvey, who immediately warned of the danger of imminent collapse and the need for emergency scaffolding.

For the next twenty years, a series of convulsions—Arab revolt, world war, and the 1948 Arab-Israel conflict—postponed sustained treatment of the issue. Finally, in 1954, architects for the three major communities drew up a joint report acknowledging the precarious condition of the Holy Sepulchre and outlining a solution.

Even so, it was to take until 1961 before the project got underway. Mistrust naturally did not disappear overnight. Psychological barriers had to come down and the communities reach consensus on big issues of principle. According to a key 1958 agreement, the project was to rest on the territorial status quo, implying the preservation of alterations in the layout of the church made to Greek advantage in 1809-10. (These included the walling-off of the crossing and the partition of the deambulatory in the rotunda.)

Between 1961 and 1980, the edifice was rehabilitated from top to bottom. This immense task required repairing foundations and cisterns; restoring internal and external walls, replacing thousands of stones, removing old mortar and injecting new; reconstructing columns, carving new capitals and bands where needed; rebuilding vaults and domes in the rotunda, north and south transepts, crossing, and Greek choir; strengthening the entire structure with an interlocking system of reinforced concrete beams and pillars hidden under walls, terraces, and floors.

By the time the rotunda dome was finished in December 1980, the monument was in better shape than it had been for 500 years: many beautiful features had been recovered and ugly scaffolding dismantled. The Anastasis would be able to withstand any conceivable future earthquake.

The most difficult challenge facing the communities throughout was not the technical work of reconstruction, however arduous and complex, but the political task of negotiating scores of agreements, definitively settling possessory rights in the entire basilica.

A set of propitious circumstances facilitated this achievement:

  • Most important was a meeting of minds at the highest level in Jerusalem. Latin compliance was never in doubt. Wider cooperation became possible with the election of Greek Orthodox Patriach Benediktos in 1957 and Armenian Orthodox Patriarch Yeghishe in 1960. Wholly committed to the project, these were pragmatic prelates able to assert their authority.
  • The wider ecumenical movement at this time had a positive impact on local relations. Ahead of Pope Paul VI’s historical 1964 pilgrimage to the Holy Land and his meeting with Ecumenical Patriarch Athenagoras on the Mount of Olives, the Latins conceded the Seven Arches of the Virgin to the Greeks.
  • A tough but fair Jordanian governor, Hassan Bey al-Katib, intervened at critical moments to break deadlocks. Backed by King Hussein, he was not afraid to threaten coercive measures. He also rejected outside interference.
  • There was a businesslike relationship between church representatives, enjoying the full confidence of their principals. Greek Bishop Daniel, Franciscan Father Rock, and Armenian Bishop Guregh were hard bargainers, vigorously defending their communities’ interests, but also ready to accommodate each other’s vital needs.
  • Finally, a common technical bureau brought together experts speaking a common professional language. The bureau functioned at two levels: Distinguished international architects, including Anastas K. Orlandos, Jean Trouvelot, and Edouard Utudjian, bore overall responsibility. Their local representatives, among others the dedicated Dominican Father Charles Coüasnon, implemented planning decisions and found answers to day-to-day problems.

Following completion of the rotunda dome in 1980, the project ground to a halt. Patriarch Benediktos, the motor of the entire venture, died. At the same time, the common technical bureau ceased to operate. For years, community representatives debated inconclusively the politically sensitive issue of the decoration of the dome.

In the end, an inoffensive compromise design was agreed upon by church leaders and inaugurated in January 1997, enabling the scaffolding disfiguring the rotunda to come down. However, the restoration was unfinished: The edicule was left untouched, visibly disintegrating and only held together by steel bands; paving throughout the church was cracked and shabby; the electrical and sewage systems badly needed renovation, as did the malodorous public latrines.

In late 2007, agreement was reached on a plan for new latrines, partly thanks to markedly improved relations between Latins and Greeks. But this accord has not yet been implemented because of a disagreement between the major communities and the Copts over renovation of the sewage line, which runs under the Coptic patriarchate, and because of tense relations between Greeks and Armenians over rights inside the tomb. Twice in 2008 monks clashed over the presence of a Greek sacristan during Armenian pontifical processions. Precedence at the Holy Fire ceremony continues to be bitterly contested.

These are ancient disputes and in time tensions will doubtless abate, as they have in the past. Repair of the latrines would help to build confidence. Meanwhile, completion of the restoration of Christianity’s holiest place awaits better days.

Une résolution critique d’Israël votée à l’Unesco
Jérusalem rejette la résolution expurgée une revendication sur le Mur des Lamentations

I24news

Une résolution sur la Palestine critiquant notamment la politique d’Israël à Jérusalem a été votée mercredi à l’Unesco, dans une version expurgée d’une revendication initiale sur le Mur des Lamentations qui avait suscité la colère de l’Etat hébreu.

Soumis par un groupe de pays arabes aux 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le texte a recueilli 26 voix en sa faveur, tandis que six délégations ont voté contre, 25 se sont abstenues et une dernière était absente au moment du vote, selon des sources diplomatiques.

Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque et l’Estonie sont les six pays qui s’y sont opposés. La France s’est pour sa part abstenue, d’après les mêmes sources.

La résolution votée, dont l’AFP a pris connaissance du contenu, « condamne fermement les agressions israéliennes et les mesures illégales limitant la liberté de culte et l’accès des musulmans au site sacré de la mosquée al-Aqsa ».

Elle « déplore vivement » en outre les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ».

Israël rejette la décision de l’UNESCO la décrivant comme un abus du mandat donné à l’organisation onusienne. Le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé une “résolution honteuse qui vise à transformer le conflit israélo-palestinien en une confrontation religieuse.”

Jérusalem accuse l’UNESCO de “se joindre aux pyromanes qui cherchent à mettre le feu aux sites les plus sensibles de l’humanité.”

Toute référence a en revanche été abandonnée à la « place Al Buraq », nom employé par les musulmans pour désigner les abords du Mur des Lamentations, révéré par les juifs, en contrebas de l’esplanade des Mosquées.

La rédaction initiale du texte, déposé par l’Algérie, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Maroc et la Tunisie, avait suscité mardi l’ire d’Israël et l’inquiétude de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, opposée à une remise en cause du statut des Lieux saints de Jérusalem.

Dans un paragraphe finalement supprimé, les auteurs du texte affirmaient que « la place Al Buraq fait partie intégrante de la mosquée al-Aqsa ».

Israël avait dénoncé « une tentative honteuse et trompeuse de réécrire l’Histoire » et Mme Bokova avait « déploré » les initiatives susceptibles d’être « perçues comme des modifications au statut de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts », appelant le Conseil à « prendre des décisions qui n’alimentent pas davantage les tensions sur le terrain ».

Recevant mercredi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé l’Etat hébreu à respecter strictement les règles régissant l’ultra-sensible esplanade des Mosquées.

« La poursuite des agressions (…) contre Al-Aqsa ouvre la porte à un conflit religieux, qui a malheureusement commencé. Nous ne le voulons pas et nous mettons en garde contre ses conséquences », a affirmé M. Abbas.

En vertu de ces règles tacites, les juifs peuvent se rendre sur le site, à la fois troisième lieu saint de l’islam et le plus révéré du judaïsme, sous le nom de mont du Temple, mais seuls les musulmans ont le droit d’y prier.

Ces dernières semaines, à l’occasion des fêtes juives du mois de septembre, les tensions ont atteint un niveau rarement égalé autour du site, de violents affrontements ayant gagné l’esplanade même.

Les Palestiniens qualifient la recrudescence des visites de juifs de tentative israélienne de prendre le contrôle du lieu saint, actuellement sous la garde de la Jordanie.

Israël de son côté assure vouloir maintenir le statu quo et ne pas vouloir céder aux appels d’une frange minoritaire mais de plus en plus audible parmi ses citoyens.

La querelle des Lieux saints de l’islam et du judaïsme à Jérusalem a été la cause directe de certains des épisodes les plus violents du conflit israélo-palestinien depuis un siècle.

(avec AFP)

Voir aussi:

Israël sommé de respecter les sites palestiniens
L’Humanite/AFP
21 Octobre, 2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé Israël à respecter strictement les règles régissant l’esplanade des Mosquées, particulièrement celle d’Al-Aqsa, à Jérusalem. L’Unesco de son côté a adopté une résolution réaffirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la Palestine.
« La poursuite des agressions (…) contre Al-Aqsa ouvre la porte à un conflit religieux, qui a malheureusement commencé. Nous ne le voulons pas et nous mettons en garde contre ses conséquences », a affirmé Mahmoud Abbas ce mercredi, accusant Israël de ne pas respecter le « statu quo » hérité du conflit de 1967 régissant l’esplanade. En vertu de ces règles, les juifs peuvent se rendre sur le site, à la fois troisième lieu saint de l’islam et le plus révéré du judaïsme, sous le nom de mont du Temple, mais seuls les musulmans ont le droit d’y prier.

Le président palestinien reçoit aujourd’hui le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon en Cisjordanie occupée. « Nous continuerons à soutenir tous les efforts nécessaires pour créer les conditions de véritables négociations. Mais en dernier ressort, c’est aux Palestiniens et aux Israéliens de choisir la paix. Notre défi le plus urgent, c’est d’arrêter la vague de violence actuelle et d’empêcher qu’il y ait plus de morts », a déclaré ce dernier.

Pendant ce temps, l’Unesco a adopté une résolution réaffirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la Palestine. Mais le paragraphe controversé qui aurait modifié le statut du mur des Lamentations en affirmant que la place Buraq faisait partie intégrante de la mosquée Al Aqsa, sur la très sensible esplanade et lieu saint de l’islam, a été retiré du texte dans la nuit de mardi à mercredi. Néanmoins la résolution « déplore vivement » les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ».
Les rumeurs d’une éventuelle restriction de l’accès à l’esplanade des mosquées à Jérusalem est une des causes de la récente flambée de violences qui a coûté la vie à une cinquantaine de personnes en quelques semaines. Le ministère israélien des Affaires étrangères avait lui dénoncé dans un communiqué publié lundi une « falsification des faits historiques à Jérusalem » et une « manœuvre sournoise ». « La tentative palestinienne présente le Mur des Lamentations comme un lieu Saint Musulman », écrivait-il. « Cette tentative est clairement un effort pour détruire l’histoire, pour effacer le lien entre le peuple Juif et ses lieux Saints, et pour créer une fausse réalité. »

La résolution, proposée par l’Algérie, le Koweït, le Maroc, la Tunisie, les Emirats arabes unis et l’Egypte, a été adoptée par 26 voix pour, 6 contre et 25 abstentions par le conseil exécutif de l’organisation des Nations unies. Les Etats-Unis ont voté contre, la France s’est abstenue. L’Unesco « regrette » également le refus d’Israël de se conformer à une décision précédente qui l’appelait à retirer les deux sites de la liste du patrimoine national israélien.

Netanyahou part en vrille. Lors d’un discours prononcé mardi, le chef du gouvernement israélien a affirmé que c’était le mufti de Jérusalem, haut dirigeant musulman dans la Palestine alors sous mandat britannique, qui avait incité en 1941 Hitler au génocide. « Hitler, à ce moment là, ne voulait pas exterminer les juifs mais les expulser. Alors Haj Amin al-Husseini est allé voir Hitler et a dit: +Si vous les expulsez, ils viendront tous ici+ », en Palestine, a dit M. Netanyahu. « +Et qu’est-ce que je vais en faire?+, a demandé (Hitler). Il (le mufti) a dit: +Brûlez-les+ ». L’historienne en chef du mémorial Yad Vashem pour la mémoire de la Shoah, à Jérusalem a immédiatement contredit Netanyahou. « Cette idée est bien antérieure. Dans un discours au Reichstag le 30 janvier 1939, Hitler évoque déjà ‘une extermination de la race juive' », a-t-elle rectifié.

Voir également:

Nétanyahou fait du grand mufti de Jérusalem l’inspirateur de la « solution finale »
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

21.10.2015

A la veille de sa visite officielle en Allemagne, Benyamin Nétanyahou a mis en cause, mardi 20 octobre, l’influence qu’aurait exercée le mufti de Jérusalem sur Hitler, pour le persuader de mener l’extermination des juifs européens, pendant la seconde guerre mondiale. Le premier ministre s’exprimait devant le 37e Congrès sioniste mondial, à Jérusalem. Choisissant de passer en revue « les dix grands mensonges » auxquels est confronté Israël, M. Nétanyahou s’est arrêté sur l’instrumentalisation des lieux saints par les Palestiniens pour mener des attaques contre les juifs, à commencer par la mosquée Al-Aqsa, au cœur du cycle de violences actuel.

A cette occasion, il a revisité l’histoire de la Shoah, en présentant le mufti de Jérusalem, Haj Amin Al-Husseini, comme une source d’inspiration de Hitler. « Il s’est envolé vers Berlin, a expliqué M. Nétanyahou. Hitler ne voulait pas à l’époque exterminer les juifs, il voulait expulser les juifs. Et Haj Amin Al-Husseini est allé voir Hitler en disant : “Si vous les expulsez, ils viendront tous ici.” “Que dois-je faire d’eux ?”, demanda-t-il. Il a répondu : “Brûlez-les.” »

« Dangereuse distorsion historique »
Ce dialogue imaginaire qui aurait eu lieu le 28 novembre 1941 lors de la rencontre, tout à fait réelle, entre Hitler et le mufti, a déclenché un incendie sur les réseaux sociaux. Il a obligé les responsables politiques à intervenir dans le débat, tandis que les historiens étaient invités à se prononcer sur la validité de cette thèse. Yitzhak Herzog, le chef des travaillistes, a réagi mercredi sur sa page Facebook en évoquant « une dangereuse distorsion historique ». « Je demande à Nétanyahou de la corriger immédiatement car elle minimise la Shoah, le nazisme et… le rôle de Hitler dans le désastre terrible de notre peuple ».

Mais la réaction la plus tranchante fut celle de Zehava Galon, la cheffe du parti de gauche Meretz : « Peut-être que les 33 771 juifs assassinés à Babi Yar en septembre 1941 – deux mois avant la rencontre entre le mufti et Hitler – devraient être exhumés et mis au courant que les nazis ne voulaient pas les détruire. » Quant à Saëb Erakat, le secrétaire général de l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP), il a affirmé que « Nétanyahou déteste tant les Palestiniens qu’il est prêt à absoudre Hitler pour le meurtre de six millions de juifs ». M. Erakat a aussi souligné la participation de milliers de Palestiniens dans les rangs des Alliés.

« Peut-être que les 33 771 juifs assassinés à Babi Yar en septembre 1941 devraient être exhumés et mis au courant que les nazis ne voulaient pas les détruire », a ironisé Zehava Galon, la cheffe du parti de gauche Meretz
Moshe Yaalon, le ministre de la défense, a semblé prendre ses distances avec les propos du chef du gouvernement. « Bien entendu, a-t-il dit, Haj Amin Al-Husseini n’a pas inventé “la solution finale à la question juive”. L’histoire montre clairement que Hitler en est à l’origine. Haj Amin Al-Husseini l’a rejoint. » Interrogé par le site d’information Ynet, la professeure Dina Porat, historienne en chef de Yad Vashem, a réfuté l’analyse développée par M. Nétanyahou. « On ne peut pas dire que c’est le mufti qui a donné à Hitler l’idée de tuer ou de brûler les juifs, a-t-elle expliqué. C’est faux. Leur rencontre a eu lieu après une série d’événements qui allaient dans ce sens. » Des collègues de Dina Porat abondent en ce sens. « Al-Husseini a soutenu l’extermination des juifs, il a essayé d’empêcher le sauvetage des juifs, il a recruté des Arabes pour les SS, explique pour sa part l’historien Meir Litvak, de l’université de Tel-Aviv. C’était une personne abominable, mais cela ne doit pas minimiser l’ampleur de la culpabilité de Hitler. »

Pression
Chercheur à l’université Bar-Ilan, au Centre Menachem-Begin pour l’étude des mouvements de résistance, Edy Cohen ne partage pas ce point de vue et se dit « d’accord » avec le premier ministre, au-delà de tout débat politique partisan. « Nétanyahou a résumé ce que le mufti voulait accomplir, dit-il au Monde. Je pense que Hitler et le mufti se sont inspirés mutuellement. On ne peut pas dire qui voulait le plus tuer les juifs. Par contre, il faut souligner que la “solution finale” n’a débuté qu’après sa visite à Berlin. » Selon Edy Cohen, M. Nétanyahou a eu raison de rappeler le rôle du mufti dans les incitations à la violence. « C’est lui qui a inventé l’idée selon laquelle la mosquée Al-Aqsa était en péril. Il voulait l’aide du monde arabe, de l’argent et des armes, mais ces pays ont hésité. Or le mufti était très intelligent. Il a dit que les juifs voulaient détruire Al-Aqsa pour y construire un troisième temple. Il a été le premier à les accuser de ça. »

Ce n’est pas la première fois que Benyamin Nétanyahou fait du mufti de Jérusalem la source d’inspiration du régime nazi pour l’extermination des juifs. Dans un discours prononcé en janvier 2012 devant la Knesset (le Parlement israélien), M. Nétanyahou disait déjà ceci : « Haj Amin Al-Husseini fut l’un des architectes de la “solution finale”. Il s’était rendu à Berlin. Il avait fait pression et imploré Hitler (…) et le persuada plus que quiconque de conduire la “solution finale”. Ne pas laisser les juifs partir de peur qu’ils ne viennent ici, mais les annihiler, les brûler. »

Juste avant de prendre l’avion pour Berlin, mercredi, le premier ministre a tenté de limiter les dégâts causés par ses propos de la veille. « Je n’avais pas l’intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction diabolique de la communauté juive européenne. Hitler était responsable de la solution finale pour l’extermination de six millions de juifs. Il a pris la décision. » Mais, selon Benyamin Nétanyahou, il serait « absurde d’ignorer le rôle joué par le mufti Haj Amin Al-Husseini. » Il a expliqué que son intention était de « montrer que les aïeux de la nation palestinienne, sans pays et sans la soi-disant “occupation”, sans territoire et sans colonie, aspiraient déjà à inciter systématiquement à l’extermination des juifs. »

Vive polémique après les propos de Nétanyahou sur la Shoah
Mathilde Golla , AFP, AP, Reuters Agences
Le Figaro
21/10/2015

Le premier ministre israélien a affirmé que le mufti de Jérusalem de l’époque a donné à Hitler l’idée d’exterminer les juifs d’Europe. En pleine escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens, ces propos ont créé l’émoi.

Une polémique dont Israël se serait bien passée. Le premier ministre israélien a été la cible de nombreuses critiques ce mercredi après ses déclarations sur la Shoah. Lors d’un discours prononcé devant le Congrès sioniste à Jérusalem et faisant référence à une rencontre en novembre 1941 en Allemagne entre Adolf Hitler et le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, Benyamin Nétanyahou a indiqué: «Hitler, à ce moment là, ne voulait pas exterminer les juifs mais les expulser. Alors Haj Amin al-Husseini est allé voir Hitler et a dit: Si vous les expulsez, ils viendront tous ici, en Palestine. Et qu’est-ce que je vais en faire?, a demandé (Hitler). Il (le mufti) a dit: Brûlez-les», a déclaré le premier ministre.

Benyamin Nétanyahou a évoqué cette période de l’histoire pour, selon lui, tenter de réfuter des accusations qu’il juge historiquement mensongères selon lesquelles les juifs ou Israël chercheraient à détruire ou s’accaparer l’esplanade des Mosquées et la mosquée Al-Aqsa qui s’y trouve à Jérusalem, en pleine escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens.

L’Allemagne réaffirme sa responsabilité «inhérente»
Les propos de Benyamin Nétanyahou ont été l’objet de vigoureuses réactions. À commencer par Berlin qui a réaffirmé mercredi la responsabilité «inhérente» de l’Allemagne dans la Shoah. «Je peux dire au nom du gouvernement que, nous Allemands, connaissons très exactement l’Histoire de l’avènement de la folie raciste meurtrière des nationaux-socialistes qui a conduit à la rupture civilisationnelle de la Shoah», a souligné lors d’une conférence de presse Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

«Je ne vois aucune raison de changer de quelque manière que ce soit notre vision de l’Histoire. Nous savons que la responsabilité allemande pour ce crime contre l’humanité est inhérente», a-t-il ajouté tout en refusant de commenter directement les propos de Benyamin Nétanyahou.

Levée de boucliers en Israël
En Israël aussi, les propos choc de Benyamin Nétanyahou ont suscité une véritable levée de boucliers. «Même le fils d’un historien doit être précis lorsqu’il s’agit d’histoire», a écrit sur sa page Facebook le chef de l’opposition travailliste Isaac Herzog, faisant allusion au père de Benyamin Nétanyahu, Benzion Nétanyahou, spécialiste de l’histoire juive, décédé en 2012. Il a en outre estimé que les propos du premier ministre sont une «déformation historique dangereuse (…) minimisant la Shoah, les nazis, et la part qu’Adolf Hitler a prise dans la terrible tragédie qu’a subie notre peuple pendant la Shoah». Il lui a demandé de corriger «immédiatement» ses paroles.

L’historienne en chef du mémorial Yad Vashem pour la mémoire de la Shoah, à Jérusalem, a quant à elle estimé que les propos de Benyamin Nétanyahou n’étaient pas «historiquement exacts». «Ce n’est pas le mufti, même s’il avait des positions antijuives très extrêmes, qui a donné à Hitler l’idée d’exterminer les juifs», a déclaré Dina Porat. «Cette idée est bien antérieure à leur rencontre de novembre 1941. Dans un discours au Reichstag le 30 janvier 1939, Hitler évoque déjà ‘une extermination de la race juive’», a-t-elle dit. Husseini, réfugié en Allemagne en 1941, avait demandé à Hitler son soutien pour l’indépendance de la Palestine et des pays arabes, et empêcher la création d’un foyer juif. L’État d’Israël a été proclamé en 1948.

Les Palestiniens et les internautes vent debout
Les Palestiniens et les internautes ont également vivement condamné les propos du premier ministre. Le négociateur palestinien Saëb Erakat a déploré que le «chef du gouvernement israélien haïsse son voisin (palestinien) au point d’être prêt à absoudre le premier criminel de guerre de l’Histoire, Adolf Hitler, du meurtre de six millions de juifs pendant l’Holocauste».

Sur Twitter, l’incompréhension est totale.

Des plaisantins ont par ailleurs diffusé sur internet des caricatures ou des détournements comme celui des Beatles à une fenêtre étreignant le mufti, avec cette légende: «Il était temps qu’on sache vraiment à cause de qui les Beatles ont rompu». Les internautes ont ainsi décliné la responsabilité du mufti sur de nombreux thèmes.

Face à ces réactions, le premier ministre israélien a pris le temps de se justifier au pied de l’avion qui devait l’emmener en Allemagne. «C’est absurde. Je n’avais aucune intention d’absoudre Hitler de sa responsabilité dans la destruction démoniaque du judaïsme européen. Hitler était responsable de la solution finale», a-t-il dit. Reste à savoir si ces précisions permettront d’apaiser la colère des contradicteurs de Benyamin Nétanyahou.

Voir de plus:

Cisjordanie : le Tombeau de Joseph endommagé par un incendie
Cyrille Louis
Le Figaro
16/10/2015

Des émeutiers palestiniens ont lancé jeudi soir des cocktails Molotov sur cet édifice révéré par les juifs à Naplouse. Le président Mahmoud Abbas a condamné «un acte irresponsable».
Correspondant à Jérusalem

Le Tombeau de Joseph, un site funéraire situé à la périphérie de Naplouse et révéré par les juifs, a été partiellement endommagé par un incendie dans la nuit de jeudi à vendredi. Une centaine de jeunes Palestiniens, selon l’armée israélienne, ont pénétré dans l’enceinte sacrée avant d’y jeter plusieurs cocktails Molotov. La police de l’Autorité palestinienne, territorialement compétente, est aussitôt intervenue pour disperser les émeutiers, tandis que les pompiers s’appliquaient à maîtriser les flammes. Cette attaque «constitue une violation flagrante de la valeur fondamentale de liberté de culte», a dénoncé le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de l’armée, avant de prévenir: «Nous ferons le nécessaire pour traduire les auteurs de cet acte méprisable devant la justice, remettre le site en état et garantir la liberté de culte au Tombeau de Joseph».

L’incendie, condamné par l’Autorité palestinienne ainsi que par la totalité de la classe politique israélienne, survient dans un contexte de très forte tension en Cisjordanie. Le meurtre d’Eitam et Naama Henkin à quelques kilomètres de Naplouse, le 1er octobre, a provoqué un regain de violences entre colons israéliens et villageois palestiniens. Des heurts éclatent, chaque ou presque, aux abords de check-points tenus par l’armée israélienne, et la plupart des factions ont appelé ce vendredi à une «journée de la révolution». Depuis deux semaines, une vingtaine d’attaques au couteau ont par ailleurs visé des juifs dans les Territoires palestiniens et en Israël. Vendredi encore, un Palestinien – déguisé en journaliste selon l’armée israélienne – a poignardé et blessé sérieusement un soldat près de la colonie de Kiryat Arba, non loin de Hébron, avant d’être abattu.

Point de tension entre juifs et musulmans
Le site visé par les émeutiers, qui fut révéré à travers les âges par les juifs, les musulmans, les chrétiens et les Samaritains, est réputé être le lieu de sépulture du patriarche Joseph, fils de Jacob et de Rachel. Il est situé à proximité immédiate du camp de réfugiés de Balata, qui fut l’un des foyers les plus actifs de la seconde intifada. L’armée israélienne fut alors contrainte d’en abandonner le contrôle, si bien que le maintien de l’ordre y est désormais assuré par la police palestinienne. En vertu de la coordination sécuritaire entre les deux parties, elle autorise les fidèles juifs à venir y prier une fois par mois sous sa protection. Mais le lieu, qui fut par le passé le théâtre de plusieurs incendies comme de violents affrontements, demeure un point de tension entre juifs et musulmans.

Sitôt informé de l’incendie, le président Mahmoud Abbas a dénoncé «un acte irresponsable». «Cette attaque nous rappelle les actes des factions islamistes les plus extrémistes, en Afghanistan ou en Libye, a pour sa part dénoncé Dore Gold, directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères. Elle illustre clairement ce qui arriverait si les Lieux saints de Jérusalem se trouvaient sous le contrôle de la direction palestinienne.» Moti Yegev, député du parti nationaliste-religieux Foyer juif, a menacé: «Quiconque brûle la Tombe de Joseph montre que sa place n’est pas ici, de même que ceux qui jettent des explosifs et des pierres autour de la mosquée al-Aqsa prouvent ce lieu n’est pas sacré à leurs yeux. Mais ces endroits finiront par revenir entre nos mains.»

Voir de plus:

Les mensonges palestiniens patrimoine de l’humanité
Arutz 7
20 octobre 2015

La proposition appelle à revendiquer le Kotel à Jérusalem – qui est une paroi externe du Mont du Temple qui est le site le plus saint du judaïsme – pour qu’il soit reconnu comme faisant partie de la mosquée Al-Aqsa situé sur les hauteurs du mont, a rapporté Yedioth Aharonoth vendredi.

L’Autorité palestinienne n’est pas un membre du Conseil exécutif de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), et par conséquent la proposition sera soumise à un vote la semaine prochaine en son nom par les six Etats membres arabes de l’UNESCO qui sont l’Algérie, l’Egypte, le Koweït, le Maroc, la Tunisie et les Émirats arabes unis (EAU ).

Des sources israéliennes de haut rang ont révélé que l’Autorité palestinienne travaille en parallèle pour que la proposition soit soumise au plénum de l’UNESCO, où l’AP est reconnue comme un état.

En réponse, Israël travaille en coulisse pour rallier l’opposition à la proposition, bien qu’il y ait une majorité musulmane automatique faisant craindre son adoption presque certaine.

Une copie de la proposition révèle ses points principaux, qui commencent par l’appel « à déclarer et confirmer que le Mur occidental fait partie de la mosquée Al-Aqsa, et est appelé Buraq Plaza. Il en va de même pour la Porte des Maghrébins. »

Buraq Plaza se réfère à la « Al-Buraq » (mur) le nom donné par les musulmans au Kotel dans les années 1920 dans une tentative de le revendiquer. Le nom fait référence au « coursier ailé» de Mohammed qui l’aurait amené à Jérusalem dans son « voyage nocturne. »

L’Autorité palestinienne a longtemps essayé de révisiter l’histoire et réclamer le Kotel comme le «Al-Buraq », tout récemment encore dans un appel du Grand Mufti de l’AP, le Sheikh Mohammed Hussein en août dernier.

« Condamner Israël – pour tout »

La proposition continue, exigeant que le monde condamne Israël pour ses appels à ce que ses citoyens soient armés pour se défendre de la nouvelle vague de terrorisme arabe, faisant référence  à commentaire récent de maire de Jérusalem, Nir Barkat qui recommandait à tous les citoyens ayant un permis de port d’armes de les porter.

Il appelle de même à la condamnation des actions sécuritaires de Tsahal à Jérusalem, « la capitale occupée de la Palestine», et la condamnation d’Israël pour les fouilles près du Mont du Temple, où les archéologues ont été contraints de passer au peigne fin les décombres après que les Arabes aient démoli les vestiges juifs sur le Mont.

La proposition exige la condamnation de « l’agression israélienne et les mesures illégales prises contre la liberté de culte et l’accès des musulmans à la mosquée Al-Aqsa et les tentatives d’Israël de briser le statu quo de 1967. »

Malgré la fausse affirmation selon laquelle Israël a récemment changé le statu quo sur la montagne, le Waqf jordanien en fait continue d’en détenir le contrôle de facto et interdit la prière juive en dépit de la loi israélienne qui stipule que la liberté de culte doit être respectée.

Les forces de sécurité ont provisoirement limité l’accès des arabes au Mont du temple comme mesure préventive, étant donné les émeutes arabes fréquentes et violentes qui ont vu la mosquée Al-Aqsa se transformer en base du terrorisme à partir duquel des pierres et des explosifs ont été lancés contre la police.

La proposition poursuit en appelant à condamner les « attaques » contre la mosquée par des «extrémistes juifs, et même condamnant Israël pour la construction d’un tramway dans la partie est et nord de la capitale, qui a été construit afin de faciliter le transport des résidents arabes  dont les émeutiers ont détruit trois stations situées dans ces quartiers l’été dernier.

Le Kotel n’est pas le seul site juif que l’AP cherche à usurper dans sa proposition; elle appelle également à avoir posséder le caveau des patriarches à Hébron – où les patriarches et matriarches juifs sont enterrés (sauf Rachel) – ainsi que le Tombeau de Rachel à Bethléem , et que ces lieux soient déclarés comme partie intégrante de la Palestine.

La tentative de revendication du Tombeau de Rachel relève d’un révisionnisme musulman récent selon lequel il serait le tombeau de Bilal ibn Rabah, un compagnon de Mahomet, qui n’a jamais  mis les pieds en Israël.

Enfin, la proposition condamne la violence alléguée des juifs qui cherchent à changer le «caractère» musulman de Hébron, alors qu’il s’agit de l’ancienne ville biblique de Judée où vivaient les patriarches et matriarches juives .

« Mensonges palestiniens sont un patrimoine de l’humanité »

En réponse à la multitude d’appels à la condamnation que contient cette proposition, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO Carmel Shama Hacohen a accusé l’Autorité palestinienne d’alimenter l’incitation au terrorisme.

« Les Palestiniens continuent de mettre de l’huile sur le feu et l’incitation au terrorisme continue », a déclaré Shama Hacohen. « Dans mon premier discours à l’UNESCO l’année dernière j’ai prévenu les pays du monde que les fausses accusations des Palestiniens contre Israël en particulier concernant le Mont du Temple signifie jouer avec le feu. Lors de la dernière conférence de Bonn, je proposai de faire rentrer les mensonges issus de la culture palestinienne comme patrimoine culturel immatériel au patrimoine mondial de l’humanité. »

« La nouvelle proposition équivaut à jeter de l’huile sur le feu de l’incitation et de la terreur continue au lieu d’être responsable et calmer la situation vers le bas », a noté l’ambassadeur.

« Bien sûr, nous ne devons pas désespérer ou s’alarmer, car ce sont des mensonges alors que nous avons la vérité éthique, réaliste et historique pour nous, et elle triomphera. Le peuple juif et le Mur occidental sont l’une des tentatives des Palestiniens d’islamiser le mur occidental qui sont les mêmes que les tentatives d’islamiser le peuple juif. Mais même au lendemain du vote le drapeau israélien flottera encore sur le mur « .

« Nous payons un coût élevé pour notre existence dans notre pays, mais il n’y a pas de partenaire responsable en mesure de réduire ce coût dans un proche avenir, car mis à la question de leur droit à d’avoir un Etat, leur conduite est critiquable. Leur capacité à agir en tant que pays responsable est loin d’être acquise, et cela représente le constat le plus triste de la conduite de l’Autorité palestinienne à l’UNESCO « , a-t-elle conclu.

Ari Yashar – Aroutz7 traduction JForuVoir edemême:

Voir de même:

Rachel’s Tomb, a Jewish Holy Place, Was Never a Mosque

Nadav Shragai
JCPA
November 8, 2010

No. 580 

  • UNESCO has declared that Rachel’s Tomb near Jerusalem is the Bilal ibn Rabah mosque – endorsing a Palestinian claim that first surfaced only in 1996 and which ignores centuries of Muslim tradition.
  • As opposed to the Temple Mount and the Cave of the Patriarchs which also serve as the location of mosques, Rachel’s Tomb never served as a mosque for the Muslims. The Muslim connection to the site derives from its relation to Rachel and has no connection to Bilal ibn Rabah, Mohammed’s first muezzin.
  • Rachel’s Tomb, located some 460 meters south of Jerusalem’s municipal boundary, has been identified for over 1,700 years as the grave of the Jewish matriarch Rachel. Many generations of Jews have visited the place for prayer. The depiction of Rachel’s Tomb has appeared in thousands of Jewish religious books, paintings, photographs, stamps, and works of art.
  • There is a Muslim cemetery on three sides of the compound mainly belonging to the Bedouin Taamra tribe, which began burying its dead at the site due to its proximity to a holy personality. Members of the Taamra tribe harassed Jews visiting the tomb and collected extortion money to enable them to visit the site. With this background, Moses Montefiore obtained a permit from the Turks to build another room adjacent to Rachel’s Tomb in 1841 to keep the Muslims away from the room of the grave and to help protect the Jews at the site.
  • Jewish caretakers managed the site from 1841 until it fell into Jordanian hands in 1948. In contravention of the armistice agreement, Jordan prevented Jews from accessing the site during all the years of its rule (1948-1967). On October 19, 2010, the anniversary of her death, some 100,000 Jews visited Rachel’s Tomb.
  • In 1830 the Turks issued the firman that gave legal force to Rachel’s Tomb being recognized as a Jewish holy site. The governor of Damascus sent a written order to the Mufti of Jerusalem to fulfill the Sultan’s order: “the tomb of esteemed Rachel, the mother of our Lord Joseph…they (the Jews) are accustomed to visit it from ancient days; and no one is permitted to prevent them or oppose them (from doing) this.”
  • Ironically, Turkish Prime Minister Erdogan, whose government has been described as “neo-Ottoman” in outlook, told the Saudi paper al-Watan (March 7, 2010) that the Cave of the Patriarchs and Rachel’s Tomb “were not and never will be Jewish sites, but Islamic sites.”

On October 21, 2010, UNESCO (the UN Educational, Scientific, and Cultural Organization) declared that Rachel’s Tomb near Jerusalem is the Bilal ibn Rabah mosque – endorsing a Palestinian claim that first surfaced only in 1996 and which ignores centuries of Muslim tradition.

In a series of decisions condemning Israel, the UNESCO board called upon the government of Israel to rescind its decision in February to include Rachel’s Tomb and the Cave of the Patriarchs in Hebron on Israel’s official list of national heritage sites. The sharp protests by Israeli Ambassador to UNESCO Nimrod Barkan to the UN body’s decision were expunged from the record by the chairman of the session, the Russian representative, on the pretext that they were too aggressive.1

A scrupulous examination of testimonies and historical sources demonstrates that defining Rachel’s Tomb as a mosque does an injustice to historical facts and traditions anchored in both Muslim documents and Jewish sources, and constitutes distortion, bias, and deception. As opposed to the Temple Mount and the Cave of the Patriarchs which also serve as the location of mosques, Rachel’s Tomb never served as a mosque for the Muslims. The Muslim connection to the site derives from its relation to Rachel and has no connection to Bilal ibn Rabah, Mohammed’s first muezzin.

Rachel’s Tomb – A Jewish Holy Site

Rachel’s Tomb is located on the northern outskirts of Bethlehem some 460 meters south of Jerusalem’s municipal boundary. The site has been identified for over 1,700 years as the grave of the Jewish matriarch Rachel. The copious literature of Jewish, Christian, and Muslim pilgrims identifies and documents the spot as the place where Rachel is buried.2

Many generations of Jews have visited the place for prayer, requests, and entreaties. The site has become a sort of Wailing Wall to which Jews come to pour out their hearts and share their troubles and requests with the beloved matriarch, hoping to find solace and healing. Jewish tradition attributes unique and wondrous qualities to Rachel’s tears,3 and visitors to her grave ask her to cry and pray on their behalf.

According to the Book of Genesis (ch. 35), Rachel died when she gave birth to Benjamin: “And Rachel died, and was buried on the way to Ephrath, which is Bethlehem.” In Jewish tradition, her tears have been identified by authors, poets, and biblical commentators with almost every disaster that befell the Jewish people.4

Over hundreds of years, visitors to her grave have established the tie between Rachel and her burial place. “The house with the dome and the olive tree” became a Jewish symbol.5 An additional room that was attached to the original structure by Sir Moses Montefiore in 1841 has only enhanced the link. The depiction of Rachel’s Tomb has appeared in thousands of Jewish religious books, paintings, photographs, stamps, and works of art.

Yet anyone visiting the site today will find it difficult to identify the image known to generations of Jews. The small, domed structure now sits within an armored concrete sleeve containing firing positions and defensive fortifications, and covered with camouflage netting. At the height of the Second Intifada, the Israeli government decided on September 11, 2002, to place the sacred compound inside the area of the Israeli security barrier in the Jerusalem area.

The Muslim Link to Rachel

The Muslim link to the site derives from the figure of Rachel rather than from Bilal ibn Rabah, who is buried in Damascus. The accepted Muslim tradition which venerates Rachel identifies the site at the outskirts of Bethlehem as her grave. According to Muslim tradition, Rachel’s name comes from the word “to wander,” because she found her death on one of her wanderings and was buried on the way to Bethlehem.6 Rachel is alluded to in the Koran7 and other Muslim sources where, just as in Jewish sources, Joseph tearfully falls upon the grave of his mother, Rachel, when the caravan of his captors passes by the site.8

For hundreds of years, the shape of Rachel’s Tomb resembled the grave of a vali (a Muslim saint). The building received its distinctive shape in 1622 when the Turkish governor of Jerusalem, Mohammad Pasha, permitted the Jews to wall off the four pillars that supported the dome and for the first time Rachel’s Tomb became a closed building.9 This was allowed by the Turkish governor to prevent Arab shepherds from grazing their flocks at the site.10 Yet according to one report, an English traveler claims this was done “to make access to it more difficult for the Jews.”11

For centuries, Rachel’s Tomb was considered only a Jewish holy place. The sixteenth-century Arab historian Mujir al-Din regarded Rachel’s Tomb as a Jewish holy place.12 Beginning in 1841, the keys to the place were deposited exclusively with Jewish caretakers who managed the site until it fell into Jordanian hands in 1948.13 In contravention of the armistice agreement, Jordan prevented Jews from accessing the site during all the years of its rule (1948-1967).14 Following the Six-Day War, Jews returned to Rachel’s Tomb, with millions of Jews from around the world having visited the site. According to Jewish tradition, Rachel died on the 11th day of the Hebrew month of Heshvan (October 19); in 2010, some 100,000 Jews visited Rachel’s Tomb on that day.15

The Harassment of Jews at Rachel’s Tomb

For many centuries, Jews were compelled to pay protection money and ransom to the Arabs who lived in the area so they wouldn’t harm Rachel’s Tomb and the Jews who visited it. In 1796, Rabbi Moshe Yerushalmi, an Ashkenazi Jew from central Europe who immigrated to Israel, related that a non-Jew sits at Rachel’s Tomb and collects money from Jews seeking to visit the site.16 Other sources attest to Jews who paid taxes, levies, and presented gifts to the Arab residents of the region.

Dr. Ludwig August Frankl of Vienna, a poet and author, related that the Sephardi community in Jerusalem was compelled to pay 5,000 piastres to an Arab from Bethlehem at the start of the nineteenth century for the right to visit Rachel’s Tomb.17 Other testimonies relate that in order to prevent damage to Rachel’s Tomb, payment was transferred to Bedouin members of the Taamra tribe who lived in the region, who had also begun to bury their dead near the tomb during that era.18 There is a Muslim cemetery on three sides of the compound that mainly belongs to the Taamra tribe and the entire attitude of the Muslims to Rachel’s Tomb derives to a large extent from this tribe, which began burying its dead at the site during the eighteenth and nineteenth centuries due to its proximity to Rachel’s Tomb. The origins of the practice, as the Land of Israel researcher Eli Schiller writes, is the popular Muslim belief that “the closer that the deceased is buried to the tomb of a sainted personality, the greater will be his rewards in the world to come.”19

Taxes were also collected from the Sephardi Jewish community in Jerusalem to pay the authorities for various “rights,” such as passage to the Western Wall, passage of funerals to the Mount of Olives, and for the protection of gravestones there, as well as payment to the Arabs of Bethlehem for safeguarding Rachel’s Tomb.20

One of the scribes who managed the accounts of the Sephardi Kolel during the eighteenth century reported on the protection money that the Jewish community at that time had to transfer to the “non-Jews and lords of the lands who are called toeffendis…(15,000) Turkish grush…and these are the people who patrol the ways of Jaffa Road, Kiryat Yearim, the people of the Rama, the site of Samuel the Prophet, the people of Nablus Road, the people of the Efrat Road, the tomb of our matriarch Rachel…so they would not come to grave-robbing, heaven forbid. And sometimes they complain to us that we have fallen behind on their routine payments and they come scrabbling on the gravestones in the dead of night, and they did their things in stealth because their home is there. Therefore, we are compelled against our will to propitiate them.”21

Rabbi David d’Beth Hillel, a resident of Vilna who visited Syria and the Land of Israel in 1824, testified about a Muslim cemetery in the region of Rachel’s Tomb. “No person is living there, but there was a cemetery. On the opposite hill there is a village whose residents are Arabs and they are most evil. A stranger who comes to visit Rachel’s Tomb is robbed by them.”22

In 1856, fifteen years after Montefiore had built another room to Rachel’s Tomb, James Finn, the British consul who served in Palestine during the days of Turkish rule, spoke about the payments that the Jews were forced to pay to Muslim extortionists at some holy places including Rachel’s Tomb: “300 lira per annum to the effendi whose house is adjacent to the site of crying” (the Western Wall) for the right to pray there and “100 lira a year to the Taamra Arabs for not wrecking Rachel’s Tomb near Bethlehem.”23

Jews Expand Rachel’s Tomb in 1841 to Prevent Muslim Violence and Strengthen the Jewish Presence at the Site 

In 1841 Moses Montefiore obtained a license from the Turkish authorities to refurbish Rachel’s Tomb and add another room to it, which changed its appearance and improved its formerly neglected status. A door to the domed room was installed and keys were given to two Jewish caretakers, one Sephardi and the other Ashkenazi. Fourteen years previously, an official of the Sephardi Kolelim (religious study centers) in Jerusalem, Avraham Behar Avraham, laid the groundwork for Montefiore’s activity at Rachel’s Tomb when he obtained recognition from the Turkish authorities for the status and rights of Jews at the site. This was, in practice, the original firman (royal decree)24 issued by the Ottoman authorities in Turkey recognizing Jewish rights at Rachel’s Tomb.

The firman was necessary since the Muslims disputed ownership by the Jews of Rachel’s Tomb and even tried by brute force to prevent Jewish visits to the site. From time to time Jews were robbed or beaten by Arab residents of the vicinity, and even the protection money that was paid did not always prevail. Avraham Behar Avraham approached the authorities in Istanbul on this matter and in 1830 the Turks issued the firman that gave legal force to Rachel’s Tomb being recognized as a Jewish holy site.25 Additionally, the governor of Damascus sent a written order to the Mufti of Jerusalem to fulfill the Sultan’s order.

This is our order to you: (the following matter) was submitted to us by the subject of our order, the sage representative of honored Jerusalem’s Jewry and his translator that the tomb of esteemed Rachel, the mother of our Lord Joseph…they (the Jews) are accustomed to visit it from ancient days; and no one is permitted to prevent them or oppose them (from doing) this….It turned out that at this holy site, they have been visiting since ancient times, without any person preventing them or trespassing on their property and they (have it) as was their custom. In accordance with the respected judgment, I order that our commandment be issued to you so you will treat them accordingly without addition or without subtraction, without hindrance and without opposition to them by anyone in any way whatsoever  – written August 10, 1830.26

An additional firman from April 1831, eight months later, determined inter alia:27

To inform and demonstrate to all interested parties and the appointed officials, the right of the Jews who are residents of holy Jerusalem to visit the grave of Rachel, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, without hindrance….The deputy translator and other public functionaries, members of the Jewish community of Jerusalem, approached me with many requests regarding the tomb of Rachel, may peace be upon her, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, and it is known that this grave is located outside the city of Jerusalem opposite the town of Bethlehem, on the highway…and that since ancient times the Jews have tended to visit this holy grave without anybody preventing them from doing so, as an inviolable law. And now people have emerged who have begun to hinder them, although as aforesaid and as proven the Jews have a right to visit the grave according to the Sultan’s order. Hence I approach his honor the governor, may he be exalted, reminding him of the contents of the existing order. I also order him to attempt to remove the obstacles from the Jews, residents of Holy Jerusalem and others, so they can visit the aforementioned holy grave unhindered. Rendered in Istanbul at the end of the month of Shawwal in the year 1246 to the Hejira. Signed: The Sublime Porte.

Ironically, Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, whose government has been described as “neo-Ottoman” in outlook, told the Saudi paper al-Wattan (March 7, 2010) that the Cave of the Patriarchs and Rachel’s Tomb “were not and never will be Jewish sites, but Islamic sites.”28

The two firmans were preserved in the archives of the Sephardic Community Committee in Jerusalem. In 1910 they were transferred to Pinhas Grayevsky, one of Jerusalem’s most important researchers, who published them 22 years later. They were also published in Miginzei Kedem, a more scientific publication.29

Montefiore received the permit for building an additional room attached to the existing structure from the Sublime Porte in Constantinople. The permit, bearing the seal of the Sublime Porte, resided for many years in the museum named after Sir Isaac and Lady Edith Wolfson at Hechal Shlomo in Jerusalem. Many saw it, but it was lost and quite possibly stolen.30

We have no details regarding the conversations of Montefiore with the Turkish authorities on this topic. Nevertheless, one can assume that Montefiore arrived at an informal arrangement with the authorities on a modus for dividing the rights to use the additional room, the room that leans on the older structure from the south.

We can find support for this in the mihrab – a niche symbolizing the direction of prayer to Mecca that was built in the new room.31 Subsequently, Muslim dead were purified in this room on occasion.32Yehuda Burla, the son of Yehoshua Burla, the caretaker of Rachel’s Tomb, and his wife Miriam recount in their memoirs that the additional room was built so the Muslims would keep their hands off of the room marking the grave itself.33 The Jews who came to Rachel’s Tomb also used this room either as a waiting room or as a prayer room, especially on those days when a large public had gathered at Rachel’s Tomb.34 In practice, in any event, presumptive ownership at the location was Jewish. Shlomo Freiman, the last Ashkenazi caretaker of Rachel’s Tomb, documents in his diary the friction with the Muslims who from time to time attempted to purify their dead in the additional room until they desisted from the practice in return for a sizable amount of money.35

Here, for example, is one of Freiman’s descriptions from his diaries:

The 18th day of Sivan 5705: On Wednesday they brought a slain person from Bethlehem. We suffered greatly. They spent around two hours in the outer room and fought among themselves regarding revenge….The sheiks said that one had to wait three more days and the others claimed that it was a pity to wait. The grave was closed until they quitted the place.

Elul 5706: Most of the (Muslim) dead do not enter inside (the anteroom). Only in isolated cases where they bring a slain person from Jerusalem, or a dead person from the hospital, and have not managed to pray at the spot, they bring the dead body into the corridor and pray. Many times they bring the dead deliberately in order to disturb the prayers, for they as well recite a long prayer. Many times they sit for hours upon hours without disturbance….I think that one has to correct this distortion and must not allow them to do as they want. Yesterday I felt that they were afraid. They saw many Jews, so they didn’t bring the dead person inside.

How Rachel’s Tomb Was Islamicized and Became the Bilal Ibn Rabah Mosque 

Between 1993 and 1995, Palestinian groups committed terror and suicide attacks that killed 80 Israelis. In February 1996, the Israel Defense Forces feared that Rachel’s Tomb would furnish a convenient target for an attack of this sort, as it was situated on the main highway connecting Jerusalem and Hebron, with heavy Jewish and Arab traffic. Demonstrations of a nationalist Palestinian character erupted at Rachel’s Tomb as Muslims began to raise the argument that the site involved “Islamic soil.”36

At the end of September 1996 the “Western Wall Tunnel Riots” broke out. After the attack on Joseph’s Tomb in Nablus and its fall to the Palestinians, hundreds of Arab residents from Bethlehem and the Aida refugee camp attacked Rachel’s Tomb. They set on fire the scaffolding that was erected around the tomb as part of fortification work at the site and tried to break into the compound. Marching at their head was Muhammad Rashad al-Jabari, the Governor of Bethlehem, an appointee of the Palestinian Authority. The IDF dispersed the demonstrators with gunfire and stun grenades. Scores were wounded, including Kifah Barakat, the commander of Force 17, the presidential guard force of Palestinian Authority Chairman Yasser Arafat.37

With the outbreak of the Second Intifada in 2000, Palestinians again attacked Rachel’s Tomb, and for 41 days Jews were prevented from visiting the site due to shooting incidents.38

The Muslims also escalated their rhetoric. They stopped calling the site “Rachel’s Dome,” as they had done for hundreds of years, and began calling it the mosque of Bilal ibn Rabah.39 The Muslim religious authorities (wakf) first began to employ this name in 1996, and it eventually took root in Palestinian national discourse.

Bilal ibn Rabah, an Ethiopian by origin, is known in Islamic history as a black slave who served the household of the prophet Mohammed as the person in charge of calling the Muslims to prayer five times a day – the first muezzin.40 Upon the death of Mohammed he went to fight the wars of Islam in Syria, was killed there in 642 CE, and was buried in Damascus.41 The Palestinian Authority raised the argument that, according to Islamic tradition, the Islamic conquerors of the country called the mosque that was established at Rachel’s Tomb after Bilal ibn Rabah.

Yet the Palestinian argument ignores the presumptive ownership that the Jews acquired at the site for many hundreds of years and from the firmans that the Ottoman authorities issued awarding Rachel’s Tomb to the Jews at the beginning of the nineteenth century.42

The Palestinian arguments ignore even the accepted Muslim tradition that venerates Rachel and identifies the site as her burial place. Professor Yehoshua Porat termed the claim of a mosque at Rachel’s Tomb as mendacious. He noted that the place was known in Arabic as “Rachel’s Dome, a Jewish place of worship.”43

For many years in official publications of Palestinian national bodies, there was no reference to any other name for the site, including in the Palestinian Lexicon issued by the Arab League and the PLO in 1984, or in the Al-mawsu’ah al-filastiniyah published in Italy by the Palestinian Encyclopedia organization after 1996. The book Palestine the Holy Land simply relates that “At the northern entrance to the city the Tomb of Rachel appears, the mother of the matriarchs, who died while giving life to Benjamin.”44 The book The West Bank and Gaza – Palestine also fails to mention the location of Rachel’s Tomb as a mosque.45 Despite this, the Deputy Minister of Religious Trusts and Religious Affairs in the Palestinian Authority defined Rachel’s Tomb as an Islamic site.46

On Yom Kippur 2000, six days after the IDF retreated from Joseph’s Tomb in Nablus, the official PLO newspaper Al-Hayat al-Jadida published an article indicating Rachel’s Tomb as the next Palestinian target. “Bethlehem – Rachel’s Tomb or the Mosque of Bilal ibn Rabah is one of the stakes that the occupation government and the Zionist movement drove into most of the Palestinian cities….This grave is spurious and was originally a Muslim mosque.”47 During the Second Intifada, Rachel’s Tomb was attacked by gunfire both from the direction of the Aida refugee camp between Beit Jalla and Bethlehem, as well as from the rooftops of houses to the west, south and east. Palestinian Authority forces, who were presumably in charge of preserving order and should have prevented violence, not only did not prevent it but took an active part in the fighting.

At one point, 50 Jews found themselves besieged at Rachel’s Tomb while a gun battle between the IDF and Palestinian Authority forces was taking place around them.48 On April 2, 2002, the IDF returned to Bethlehem in the framework of Operation Defensive Shield and remained there for a protracted time. At the outset, the IDF besieged wanted terrorists holed up in the Church of the Nativity in Bethlehem not far from Rachel’s Tomb. Violence continued sporadically in the following years as well. A bomb was thrown at Rachel’s Tomb on April 10, 2005, and another on December 27, 2006, while on February 10, 2007, scores of Palestinians attacked the site with rocks.49 Israel’s High Court of Justice has recognized the clear security need of defending this holy site. On February 3, 2005, it rejected petitions by Palestinians who wanted to change the route of the security barrier near Rachel’s Tomb, ruling that the current location of the barrier preserved the balance between freedom of religion and the local residents’ freedom of movement.50

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Notes

1. Report by Gideon Kutz, Israel Radio, October 29, 2010.

2. For more documentation, see Avraham Yaari, Jewish Pilgrims’ Journeys to the Land of Israel  (Gazit, 1946) (Hebrew); Zeev Vilnai, Sacred Tombstones in the Land of Israel (Rav Kook Institute, 1963) (Hebrew); Michael Ish Shalom, Christian Pilgrimages to the Land of Israel (Am Oved, 1979) (Hebrew); Natan Shor, “The Jewish Settlement in Jerusalem according to Franciscan Chronicles and Travelers’ Letters” (Yad Ben-Tzvi, 1979) (Hebrew); Eli Schiller, The Tomb of Rachel (Ariel, 1977) (Hebrew). For a summary of these and other sources, see Nadav Shragai, At the Crossroads, The Story of the Tomb of Rachel, Part I, 1700 Years of Testimony (Jerusalem Studies, 2005) (Hebrew).

3. See the summary in Gilad Messing, And You Were Better than Us All (Private Publication, 2001) (Hebrew), pp. 161-4.

4. See, for example, Shragai, At the Crossroads, pp. 163-5.

5. Ibid., p. 14.

6. Eli Schiller, The Tomb of Rachel, p. 18.

7. Ibid.

8. Ibid.

9. Mendel Reicher, The Gates of Jerusalem (Warsaw, 5639), p. 40, Entry: Bethlehem.

10. See Mordechai Ha’Kohen, The Holy Places in the Land of Israel (Ministry of Religious Affairs, 1971) (Hebrew), p. 33.

11. Shor, p. 413, cites the words of the English traveler Richard Pocock and writes: “in speaking about Rachel’s Tomb he says, the Turks closed the spaces between the arches in order to make access to it more difficult for the Jews.”

12. Shmuel Berkowitz, The Wars of the Holy Places (Jerusalem Institute for Israeli Studies and Hed Artzi, 2000), p. 301.

13. Shragai, At the Crossroads, pp. 65-76.

14. See Nadav Shragai, “The Palestinian Authority and the Jewish Holy Sites in the West Bank: Rachel’s Tomb as a Test Case” November 14, 2007

15.  Data from the Authority for the Holy Places.

16. Yaari, Jewish Pilgrims’ Journeys to the Land of Israel, p. 450.

17. Shoshana Halevi, Affairs at the Beginning of the Yishuv’s History (1989) (Hebrew), p. 71.

18. S. Avitzur, Daily Life in the Land of Israel in the 19th Century (Am Ha’Sefer, 1972) (Hebrew), p. 108.

19. Schiller, The Tomb of Rachel.

20. Yehoshua Kaniel, In Transition, Selected Articles (Yad Yitzhak Ben Zvi, 2000) (Hebrew), p. 29. For details, see Yehoshua Ben Hananiah, “Taxes and Burial Pangs in Jerusalem,” Yerushalayim[n.d.], pp. 43-46, and Meir Benayahu “More on Burial Taxes in Jerusalem,” ibid., pp. 47-49.

21. Avraham Ben Yaakov, Jerusalem between the Walls: a History of the Meyuhas Family (Reuven Maas, 1977) (Hebrew), pp. 60-70.

22. Yaari, pp. 508-9.

23. Ish Shalom, p. 635.

24. A firman was an official order by the governor in the oriental countries. In this case it was a letter on behalf of the central government in Constantinople bestowing authorization and rights.

25. The firmans that were found in the Sephardic Community Committee and subsequently published bear the dates 1830 and 1831. They were received after an agreement in principle obtained in 1827 by Avraham Behar Avraham to award a firman.

26. Malachi Ha’Doar XXVI (5707), Issue 38, pp. 1170-1171; Meir Benayahu “Five Years that Turned Jerusalem into Bedlam,” in Asufot (Yad Harav Nissim, 5752) (Hebrew), pp. 250ff.

27. Miginzei KedemDocuments and Sources from the Writings of Pinhas Grayevsky, ed. Yitzhak Beck (Yad Yitzhak Ben-Tzvi, 1977) (Hebrew), pp. 33-34.

28. “Rachel’s Tomb Was Never Jewish,” Jerusalem Post, March 7, 2010, http://www.jpost.com/MiddleEast/Article.aspx?id=170394.

29. Miginzei Kedem, pp. 30-32.

30. Dov Genachowski, the author and journalist who studied this document when it was still preserved at the Wolfson Museum, told me that it was signed by the Sublime Porte. A search conducted by museum personnel for the documents in October 2003 did not turn up anything. Genachowski also saw the accompanying letter of Montefiore’s secretary, Eliezer Halevi, beseeching Jerusalem’s rabbis in Montefiore’s name not to commemorate his name because of the site’s refurbishing and the construction of the additional room. A copy of this letter is preserved with Genachowski.

31. The mihrab was installed in the southern wall to the right of the window and was concealed after 1967. Details on this matter are included in a letter from Shmuel Hamburger, the Coordinator of Religious Affairs in the Judea and Samaria Civil Administration, to Minister of Religious Affairs Rabbi Yitzhak Cohen, dated November 15, 1999.

32. Details on this matter are included in the Rachel’s Tomb diaries of Shlomo Freiman, the caretaker of Rachel’s Tomb between the years 1918-1948. Photocopies from its pages are in the author’s possession, as well as in the explanations by Yitzhak Ben Zvi, the second president of the State of Israel, that are included in a letter dated November 22, 1961, after information was received that the Jordanians were desecrating Rachel’s Tomb, State Archives Het Tzadi 2963/2. Eli Schiller informs that the purification of the dead at the site was stopped just before the War of Independence in return for a substantial bribe. Miriam Burla also divulges this in her memoirs.

33. Miriam Burla’s Memoirs, photo of a printout in the author’s possession.

34. Freiman Diaries.

35. This emerges from a study of the Freiman Diaries.

36. Danny Rubinstein, “Bethlehem Does Not Want to Be Berlin,” Ha’aretz, February 16, 1996.

37. Shragai, At the Crossroads, p. 216.

38. Ibid., p. 229.

39. Ibid., pp. 230-231.

40. Danny Rubinstein, “The Slave and the Mother,” Ha’aretz, October 9, 1996, and a private conversation with Orientalist Yoni Dehoah-Halevi.

41. Ibid.

42. Shragai, At the Crossroads, pp. 48-52; Miginzei Kedem, pp. 30-32.

43. Yehoshua Porat, “Two Graves, Two Worlds,” from an issue of Maariv from that period.

44. The book was published by PACDAR with an introduction by Yasser Arafat.

45. Islam adopted a similar fable regarding the Western Wall. Further information can be found in Dr. Berkowitz’ book. He found that until the eleventh century Muslim scholars disagreed as to where the prophet Muhammad had tethered al-Buraq, his winged horse, after he had landed following his celestial night ride from Mecca. Some identified the place as the southern wall of the Temple Mount, others as the eastern wall, but none of them suggested any connection to the western wall, sacred to Judaism. The claim was only raised after the “Wall conflict” broke out between Jews and Muslims before the 1929 riots.

46. Shragai, At the Crossroads, p. 233.

47. Al-Hayat al-Jadida, October 8, 2000.

48. Shragai, At the Crossroads, p. 242.

49. From newspaper chronicles and reports on Israeli websites based on the IDF Spokesperson’s Office.

50.  From the High Court of Justice decision on this matter.

*     *     *

Nadav Shragai, author of At the Crossroads, the Story of Rachel’s Tomb (2005), is a senior researcher at the Jerusalem Center for Public Affairs. His recent publications include Demography, Geopolitics, and the Future of Israel’s Capital: Jerusalem’s Proposed Master Plan (2010); Jerusalem: The Dangers of Division, An Alternative to Separation from the Arab Neighborhoods (2008); “Protecting the Continuity of Israel: The E-1 Area and the Link Between Jerusalem and Maale Adumim” (2009); “The U.S.-Israeli Dispute Over Building in Jerusalem: The Sheikh Jarrah-Simon HaTzadik Neighborhood” (2009); and “The Mount of Olives in Jerusalem: Why Continued Israeli Control is Vital” (2009). His books include: The Mount of Foundation, The Struggle for the Temple Mount, Jews and Muslims, Religion and Politics Since 1967 (1995); and the essay: “Jerusalem Is Not the Problem, It Is the Solution,” in Mr. Prime Minister: Jerusalem (2005). He served as a journalist and commentator at Ha’aretz between 1983 and 2009, and has documented the dispute over Jerusalem for 30 years.

Appendix:

Turkish Prime Minister Erdogan Contradicts Ottoman Sultan on Rachel’s TombTurkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, whose government has been described as “neo-Ottoman” in outlook, told the Saudi paper Al Wattan (March 7, 2010) that the Cave of the Patriarchs and Rachel’s Tomb “were not and never will be Jewish sites, but Islamic sites.”

Yet Erdogan’s statement contradicts firmans (deeds of rights) issued by the Ottoman authorities in Turkey recognizing Jewish rights at Rachel’s Tomb.

In 1827 the Turks issued the firman that gave legal force to the Jewish presumption of ownership at the site. Additionally, the governor of Damascus sent a written order to the Mufti of Jerusalem to fulfill the Sultan’s order.

This is our order to you: (the following matter) was submitted to us by the subject of our order, the sage representative of honored Jerusalem’s Jewry and his translator that the tomb of esteemed Rachel, the mother of our Lord Joseph…they (the Jews) are accustomed to visit it from ancient days; and no one is permitted to prevent them or oppose them (from doing) this….It turned out that at this holy site, they have been visiting since ancient times, without any person preventing them or trespassing on their property and they (have it) as was their custom. In accordance with the respected judgment, I order that our commandment be issued to you so you will treat them accordingly without addition or without subtraction, without hindrance and without opposition to them by anyone in any way whatsoever  – written August 10, 1830.

An additional firman from April 1831, eight months later, determined inter alia:

To inform and demonstrate to all interested parties and the appointed officials, the right of the Jews who are residents of holy Jerusalem to visit the grave of Rachel, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, without hindrance….The deputy translator and other public functionaries, members of the Jewish community of Jerusalem, approached me with many requests regarding the tomb of Rachel, may peace be upon her, the mother of the Prophet Joseph, peace be upon him, and it is known that this grave is located outside the city of Jerusalem opposite the town of Bethlehem, on the highway…and that since ancient times the Jews have tended to visit this holy grave without anybody preventing them from doing so, as an inviolable law. And now people have emerged who have begun to hinder them, although as aforesaid and as proven the Jews have a right to visit the grave according to the sultan’s order. Hence I approach his honor the governor, may he be exalted, reminding him of the contents of the existing order. I also order him to attempt to remove the obstacles from the Jews, residents of Holy Jerusalem and others, so they can visit the aforementioned holy grave unhindered. Rendered in Istanbul at the end of the month of Shawwal in the year 1246 to the Hejira. Signed: The Sublime Porte.

About Nadav Shragai:

Nadav Shragai is the author of The « Al-Aksa Is in Danger » Libel: The History of a Lie and the ebook Jerusalem: Correcting the International Discourse – How the West Gets Jerusalem Wrong. He was a reporter for Ha’aretz in 1983-2010 and currently writes for Israel Hayom.

Voir par ailleurs:

Mufti Advised Hitler on Holocaust, Says Middle East Forum Scholar
Middle East Forum

October 21, 2015

Noted Middle East Forum scholar Dr. Wolfgang G. Schwanitz responds to criticism of Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu. Schwanitz, a leading expert on ties between Nazis and Islamists, says al-Hajj Amin al-Husaini was instrumental in the decision to exterminate the Jews of Europe.

« The Mufti of Jerusalem al-Hajj Amin al-Husaini was a war criminal whose collaboration with Adolf Hitler played a key role in the Holocaust, » says noted Middle East Forum scholar Dr. Wolfgang G. Schwanitz.

Philadelphia, PA – Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu has drawn criticism for comments about the role of al-Hajj Amin al-Husaini, the Grand Mufti of Jerusalem, in conceiving and perpetrating the Holocaust. Indeed, leading Nazi aides testified that al-Husaini was one of the instigators of the genocide. In his Damascus memoirs, the mufti admitted how he advised Hitler and other leading Nazis, and that he acquired full knowledge of the ongoing mass murder.

Middle East Forum scholar, historian, and author Wolfgang G. Schwanitz added, « It is a historical fact that the Grand Mufti of Jerusalem al-Hajj Amin al-Husaini was an accomplice whose collaboration with Adolf Hitler played an important role in the Holocaust. He was the foremost extra-European adviser in the process to destroy the Jews of Europe. »

Although Schwanitz hadn’t previously heard the dialogue between Hitler and al-Husaini as told by Netanyahu, he says it is absurd to ignore the role played by al-Hajj Amin al-Husaini, a war criminal, in encouraging and urging Hitler and other leading Nazis to exterminate European Jewry.

According to the foremost expert on the ties between Nazis and Islamists, there is much evidence that al-Husaini’s primary goal was blocking all of the ways out of Europe. He pushed Hitler to slam the last doors of a burning house shut.

In their 2014 book Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East, published by Yale University Press, Schwanitz and co-author Barry Rubin delve into the deep ties between Hitler and the Grand Mufti:

At their meeting [on November 28, 1941, Hitler and al-Husaini] concluded the pact of Jewish genocide in Europe and the Middle East, and immediately afterward, Hitler gave the order to prepare for the Holocaust. The next day invitations went out to thirteen Nazis for the Wannsee Conference to begin organizing the logistics of this mass murder.
The highly acclaimed book also examined the Grand Mufti’s efforts to prevent Europe’s Jews from finding refuge in the land that would become Israel:

And since any European Jews let out of Europe might later go to Palestine, al-Husaini made it clear that if Hitler wanted Muslims and Arabs as allies he must close Europe’s exits to Jews. At the same time, al-Husaini and Arab rulers also told Britain that if it wanted to keep Arabs and Muslims from being enemies, it must close entrance to Palestine to all Jews. By succeeding on both fronts, al-Husaini contributed to the Holocaust doubly, directly, and from the start.

About the Middle East Forum

The Middle East Forum, a Philadelphia-based think tank, is dedicated to defining American interests in the Middle East and protecting America from Islamist threats. It achieves its goals through intellectual, activist, and philanthropic efforts. For more information, visit http://www.meforum.org.

Voir de même:

Roots of Hatred
Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East, by Barry Rubin and Wolfgang G. Schwanitz (Yale, 360 pp., $35)
David Pryce-Jones

National Review
March 10, 2014

In Islamic societies, Jews are still widely thought of as people of bad character who cannot help engaging in criminal conspiracy. Muslims are advised several times in their canonical writings and by Middle Eastern rulers that the rightful ordering of the world depends upon destroying Jews for fear Jews may destroy them. Recent times have fueled this murderous fantasy. The Jewish state is conceived as the outcome of a criminal conspiracy involving Britain and now the United States. Merely by existing, Israel turns up side down the superiority that Muslims believe is their God-given due and induces a sense of shame that must be wiped out by whatever means are available. Huge crowds assemble to shout “Death to America! Death to Israel!” They mean it.
Ayatollah Khamenei, the “Supreme Leader” in Tehran, describes Israel as “a cancerous tumor” that must be removed. One spokesman of his says that “Zionist officials cannot be called human,” while another goes further, finding “jurisprudential justification” to kill all Jews. The Turkish prime minister is not so far behind in his enmity. All over the region, imams are preaching that Jews are descendants of pigs and apes. Hamas, the Palestinian Islamist militia in Gaza, has the intention to annihilate Israel written into its foundational charter. Their Palestinian rivals on the West Bank treat as national heroes those who have killed an Israeli. Sunni Islamists fighting in Syria promise that after they have settled the score with the Shiites, it will be the turn of the Jews.

…the pathological incitement to mass murder owes more to the recent history of European politics and ideology than it does to religious faith.
Barry Rubin, who recently died at age 64, was a professor involved in the cut-and- thrust of Arab–Israeli polemics; his co-author, Wolfgang Schwanitz, is in the same field. Their new book puts the case that the pathological incitement to mass murder owes more to the recent history of European politics and ideology than it does to religious faith. A combination of accident, superstition, and misjudgment left the Arabs losers rather than winners in the two world wars, and no one among them has yet been able to devise a way to be rid of the consequences.

Early chapters of the book show things beginning to go wrong in the 19th century, with the ambition of Germany’s Kaiser Wilhelm to have an empire that rivaled imperial Britain. For the purpose, Germany was to acquire a hold over Ottoman Turkey by training its army and building its railway system. The Kaiser appeared so enthusiastic about Islam that he was rumored to have converted. Fifty-seven professorships were established in 21 universities to provide the expertise necessary if Germany was to increase its presence in the Middle East. With the onset of World War I, German strategists planned to undermine the British by appealing to Muslims everywhere to acknowledge the Ottoman sultan as their caliph and volunteer for jihad in his name. Christians, in short, were provoking Muslims to fight other Christians, leading to the disastrous slaughter and expulsion of a million or more Armenians by the Ottoman Turks. When the British paid the Arabs of Arabia to drive the Ottomans out of the Levant, Christians were provoking Muslims to fight one another. Treating Arabs with hostility, Britain inspired the nationalism that was soon to be her empire’s undoing.

One of the rising generation of Arab nationalists was Haj Amin al-Husseini (al-Husaini in Rubin and Schwanitz’s spelling). Several biographies and studies have already established the immense harm this single-minded and violent man did, above all to his own people. A well-connected Palestinian from Jerusalem, Haj Amin was a natural adventurer whose career is a genuine example of constant criminal conspiracy. As a junior officer in the Ottoman army, according to Rubin and Schwanitz, he became a paid agent of the British, recruiting about 1,500, mainly Palestinians, to fight the Otto mans. Wrongly believing him to be trustworthy, the British rigged his election to be the grand mufti of Jerusalem. This position further enabled him to accumulate enough money and power for the next step of betraying the British. In all but name, he became the dictator of Palestine.

…All over the region, imams are preaching that Jews are descendants of pigs and apes.
Between the wars, Palestinians had to decide how to handle Jews seeking to escape from Nazism to the homeland the British had promised them. From the outset, Haj Amin launched all-out confrontation that could end only with an absolute winner and an absolute loser. Any Arab disposed to compromise was murdered on his orders. Had the Jews not been obliged to mobilize in self-defense, they might have been absorbed and the Jewish state would then not have come into being.

Once in power after 1933, Adolf Hitler set about another and more intensive promotion of German interests in the Middle East. A reliable network was set up of officials, Nazi Party members with local connections of one sort or another, and intelligence agents under cover as scholars or archaeologists. Among the well-known figures were Fritz Grobba, the ambassador in Baghdad, and Paula Koch, a nurse and a spy in Aleppo. Others are more obscure but nevertheless important, for instance Willi Steffen, a Nazi as well as the head of a Christian mission who became “a key figure in planning how to make Iraq into a German client state.” In the Beirut area alone, there were 36 agents. Subsidies were paid to anyone in a position to damage British interests. Four thousand rifles and ammunition were smuggled via Saudi Arabia to the Palestinians.

On the principle that my enemy’s enemy is my friend, Haj Amin hurried to offer Hitler his allegiance. Both men hoped to benefit from making the British position in Palestine untenable, and both anticipated doing down the Jews. After encouraging the Palestinians to revolt and then participating in the fiasco of the pro-Nazi uprising in Iraq, Haj Amin fled to Berlin, where he was to spend the rest of the war. He was given a palatial house, a capital sum of 100,000 reichmarks, and a monthly income of 20,000 more. In an exchange of letters and at subsequent meetings face to face, he and Hitler assured each other of their common hatred of Britain and of the Jews. He and the leading Nazi exponents of racism and anti- Semitism, Josef Goebbels and Alfred Rosenberg, indulged in mutual admiration.

…Thoroughly researched and closely argued…
In July 1943, Heinrich Himmler confided to him that 3 million Jews had already been murdered. Adolf Eichmann was Himmler’s man in charge of the logistics of genocide, and, according to an Eichmann aide with no reason to lie, he escorted Haj Amin in person on an inspection of the killing centers of Auschwitz and Maidanek. It was entirely in keeping with Haj Amin’s conspiratorial character that he wrote secretly to the Yugoslav Communist Josip Tito, asking to be put in touch with the Soviets. He did his utmost to ensure that no Jew was spared in the Holocaust, and furthermore arranged that when the Germans won the war they would extend genocide to the Jews of the Middle East. In which case, as Haj Amin later exulted, “no trace would have been left of Zionists in Palestine and Arab areas.” In the judgment of Rubin and Schwanitz, Haj Amin was Hitler’s most important non-state ally.

Arrested after the war, he conspired with the Allies to escape trial. Returning to the Middle East, he immediately mobilized Palestinians all over again to fight the emerging state of Israel.  Obsession drove him to keep promising what he could not perform. The Muslim troops that he had been able to enroll in the German army were a mixed and untrained lot unable to back up his words with action. Drumming the Palestinians into battle against Jews determined to do or die, he made certain that they, and then other Arabs as well, were absolute losers. Hitler had similarly misled and abused the German people.

In common with Haj Amin, innumerable Arabs had concluded that Hitler would and should win the war. Two final chapters are devoted to the fallout of this wishful mistake. Germans compromised by their Nazi past took refuge in Arab countries. Among them were Walter Rauff and Alois Brunner, two of the more sinister practitioners of genocide. Fugitive and unrepentant Nazis were saying what many in the Middle East wanted to hear, namely that dictatorship is better than democracy and that it is only right and proper to kill Jews. Rubin and Schwanitz take care to make a necessary distinction: Haj Amin and his successors and imitators are not themselves actual Nazis, but the process of interaction led them to adopt whatever they found congenial in that inhuman ideology.

…Muslims in the grip of murderous fantasy should take the indispensable first step by looking at the big historical picture and doing some serious rethinking.
Thoroughly researched and closely argued, this book exposes the reality that the selfsame follies and crimes that wrecked the continent of Europe are now wrecking the Muslim Middle East. The stalemate will endure until rationality ultimately breaks through primitive misrepresentation. Rubin and Schwanitz are suggesting that Muslims in the grip of murderous fantasy should take the indispensable first step by looking at the big historical picture and doing some serious rethinking.

Voir aussi:

FALL 2014 • VOLUME 21: NUMBER 4
Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East.
Barry Rubin and Wolfgang G. Schwanitz
New Haven: Yale University Press, 2014. 340 pp. $35

Reviewed by Lionel Gossman
Princeton University
Middle East Quarterly
Fall 2014

With Islamist groups taking advantage of uprisings across the Middle East, notably in Egypt, where the Muslim Brotherhood succeeded for a time in gaining power and is still widely viewed as the democratically elected government of Egypt, the publication of this richly researched book, a joint production of two leading Middle East scholars, could not be timelier. While many analysts ascribe the so-called « Arab Spring » to a yearning for democracy, Rubin and Schwanitz remind us of a deep and abiding connection between radical Islamism and imperial, then later, Nazi Germany.

It was Kaiser Wilhelm II who first set the template in his cynical World War I strategy of fomenting jihad among Muslim subjects in British, French, and Russian territories in the Near East and North Africa. One side-effect of this strategy was German complicity in the Armenian massacres, which could well have served as a model for Hitler’s treatment of the Jews.

Most of the book is devoted to demonstrating the close collaboration between National Socialism and Islamism, based on a common deployment of racism, nationalism, religious bigotry, and intolerance. Begun before World War II, this collaboration continued for decades after the Nazi defeat with the help of numerous war criminals who found refuge in Arab lands. The key figure in this dark saga was the British-installed Grand Mufti of Jerusalem, Hajj Amin Husseini, an eager associate of Hitler, and just as viciously anti-Semitic.

The authors contend that Husseini was himself partly responsible for the Holocaust. It was almost immediately after his meeting with Hitler on November 28, 1941, at which time the Palestinian leader demanded and received the cessation of all Jewish emigration to Palestine in exchange for Muslim support for the Axis, that Hitler convoked the Wannsee Conference. Having closed the door on the last possible escape route for the Jews, genocide became the « final solution. »

The authors’ essential thesis is that, without Husseini’s influence, more moderate Arab voices might have prevailed over radicalism, and « there might have been other options » to war in 1948: « Once al-Husaini was allowed to re-establish himself as unchallengeable leader of the Palestinian Arabs, this ensured that no compromise or two-state solution would be considered, while making certain that Arab leaders would be intimidated and driven to war. Al-Husaini’s and the radical legacy have continued to dominate the Palestinian national and the Islamist global movement down to the present day. »

The failure of Husseini’s plan to expunge all Jews from Palestine led him to adapt the hitherto rejected notion of partition to his own ends. The two-stage strategy—essentially gaining a foothold in the West Bank and Gaza and using this land as a base for destroying Israel—was crafted by Husseini and passed along to his protégé Yasser Arafat.

Rubin and Schwanitz offer a compelling and somber insight into Islamism that must be taken into account when reflecting on the problems of the Middle East today, not least by thoughtful and open-minded Muslims. Sadly, Rubin did not see the finished product of collaboration with Schwanitz. He died just as their book was coming off the presses.

 Voir également:

The truth about Jerusalem’s grand mufti, Hitler and the Holocaust
Abraham Cooper and Harold Brackman

Simon Wiesenthal Center

Oct. 21, 2015

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu went too far in recent comments that Nazi collaborator Haj Amin al-Husseini, the Grand Mufti of Jerusalem before and during World War II, played a “central role in fomenting the Final Solution” by trying to convince Hitler to destroy the Jews during a 1941 meeting in Berlin. But Netanyahu was right on when he emphasized the Mufti’s Holocaust complicity and activities before, during, and after the war when the Mufti lied about alleged Jewish intentions to expel Muslim and Islam from Jerusalem’s Temple Mount—the same lie that Palestinian Authority President Mahmoud Abbas repeats today in support of the current “knife Intifada.”

Netanyahu said: “Hitler didn’t want to exterminate the Jews at the time, he wanted to expel the Jews.  « And Haj Amin al-Husseini went to Hitler and said, ‘If you expel them, they’ll all come here.’ ‘So what should I do with them?’ he asked. He said, ‘Burn them’.”

Netanyahu’s quotation of the Grand Mufti is word-for-word accurate, but it is not true that the Fuhrer needed the advice of Islam’s leading anti-Jewish fanatic to implement the Final Solution. That was his dream as far back as 1919 as a letter that he authored and signed now on display at the Simon Wiesenthal Center Museum of Tolerance documents.

Prime Minister Netanyahu has been accused of “a dangerous historical distortion” and even “Holocaust Denial” from the predictable political quarters who even dismiss the Grand Mufti as “a lightweight” inconsequential in the history of the Holocaust. This claim wrongly mitigates the Mufti’s mindset and crimes as one of the Hitler era’s leading anti-Jewish haters.

Who was Haj Amin al-Husseini and what was his historical significance? A relative of Yasser Arafat as well as ally of Hassan al-Banna, originator of Hamas’ parent organization, the Muslim Brotherhood, the Grand Mufti was a moving force behind Palestinian Jew hatred, from the riots of 1920 and 1929 through the 1936-1939 bloody Arab Uprising against the Holy Land’s Jewish community, long before his WWII support of Nazi Germany.

According to Historian Robert Wistrich’s Hitler and the Holocaust (2001), the Mufti escaped British scrutiny in Jerusalem after the war’s outbreak for the more friendly confines of Berlin, where, in November, 1941, he had tea with Hitler who asked him “to lock in the innermost depths of his heart” that he (Hitler) “would carry on the battle to the total destruction of the Judeo-Communist Empire in Europe.” In 1942, Fred Grobba wrote approvingly of the Mufti’s visit with members of the Nazi elite to “the concentration camp Oranienburg . . . . The visit lasted about two hours with very satisfying results . . . . the Jews aroused particular interest among the Arabs. . . . It [the visit] . . . made a very favorable impression on the Arabs.”

In 1943, the Mufti extended his relations with the German Foreign Office and Abwehr directly to the SS Main Office. Gottlob Berger arranged a meeting between al-Husayni and SS chief Heinrich Himmler on July 3, 1943. Al-Husayni sent Himmler birthday greetings on October 6, and expressed the hope that “the coming year would make our cooperation even closer and bring us closer to our common goals.” The Grand Mufti also helped organize a Muslim Waffen SS Battalion, known as the Hanjars, that slaughtered ninety percent of Bosnia’s Jews, and were dispatched to Croatia and Hungary. The Mufti also made broadcasts to the Middle East urging Arabs and Muslims to honor Allah by implementing their own Final Solution.

After the War, Great Britain, the U.S., and Yugoslavia indicted the Mufti as a war criminal, but Yugoslavia dropped its extradition request to France, and legal proceedings were abandoned so as not to upset the Arab world. Escaping back to the Middle East, Al-Husseini continued his genocidal exhortations and rejectionist demands that the Jewish presence be erased from Palestine continued unabated before and during the 1948 War by five Arab states against Israel. Only then, did his influence gradually decline. He died in 1974, not long after Arab armies almost succeeded in destroying Israel in an attack launched on Judaism’s holiest day, Yom Kippur.

Far from “a light weight,” the Grand Mufti will be remembered as one the twentieth century’s most virulent Jew haters and a key cheerleader for Hitler’s genocidal Final Solution.

Rabbi Abraham Cooper is Associate Dean of the Simon Wiesenthal Center. Dr. Harold Brackman, a historian is a consultant for the Simon Wiesenthal Center.

Voir encore:

Ce qu’il ne faudrait plus entendre sur l’Intifada des couteaux

Bernard-Henri lévy

Le Monde juif

20 oct 2015

Il est inacceptable de renvoyer dos à dos les kamikazes et leurs victimes, et de laisser croire que cette nouvelle flambée de violence est spontanée.

Inaudible, de plus en plus inaudible, la formule « loups solitaires » au sujet de ces poignées, peut-être demain de ces dizaines et, après-demain, de ces centaines, d’assassins de juifs « likés » par des milliers d’« amis », suivis par des dizaines de milliers de « twittos » et connectés à une constellation de sites (l’« Al-Aqsa Media Center », la page « La troisième intifada de Jérusalem »…) qui, pour partie au moins, orchestrent le ballet sanglant.

Inaudible, de plus en plus inaudible, le refrain sur la « jeunesse palestinienne échappant à tout contrôle » quand on a vu la série de prêches, opportunément mis en ligne par le Memri, où des prédicateurs de Gaza, poignard à la main, face à la caméra, appellent à descendre dans la rue pour supplicier le maximum de juifs, faire couler le maximum de sang ; ou quand on se souvient de Mahmoud Abbas lui-même, il y a quelques semaines, au début de la séquence tragique, trouvant d’abord « héroïque » l’assassinat des époux Henkin en présence de leurs enfants, puis s’indignant de voir des juifs « souiller » de leurs « pieds sales » l’esplanade des Mosquées et, dans la même déclaration, décrétant « pure », à l’inverse, « chaque goutte de sang » de « chaque chahid » tombé pour Jérusalem.

Insupportable et, surtout, irrecevable, le couplet connexe sur la « désespérance politique et sociale » expliquant, ou excusant, ces actes criminels quand tout ce que l’on sait des nouveaux terroristes, de leurs mobiles et, souvent, de la fierté des proches transmuant, après leur mort, le crime en martyre et l’infamie en sacrifice est beaucoup plus proche, hélas, du portrait-robot du djihadiste parti se sacrifier, hier au Cachemire, aujourd’hui en Syrie ou en Irak.

Pas sûr, du coup, que soit toujours approprié le mot d’« intifada » pour désigner ce qui ressemble davantage à un énième épisode de ce djihad mondial dont Israël est une des scènes, mais une des scènes seulement.

La cause palestinienne n’a rien à gagner à cette montée aux extrêmes

Pas sûr que les doctes analyses sur l’occupation, la colonisation, l’intransigeance netanyahesque expliquent encore grand-chose d’une vague de violences qui compte au nombre de ses cibles prioritaires les juifs à papillotes ; donc les juifs les plus visiblement et ostensiblement juifs ; donc ceux que leurs assassins doivent tenir, j’imagine, pour l’image même du juif et qui, soit dit en passant, se tiennent parfois eux-mêmes à grande distance de l’État d’Israël, quand ce n’est pas en sécession ouverte avec lui.

Pas sûr, d’ailleurs, que la question même de l’État, celle des deux États et, donc, du partage négocié de la terre qui est, pour les modérés des deux bords, la seule question qui vaille, ait quoi que ce soit à voir avec cet embrasement où le politique cède la place au fanatisme, voire au complotisme, et où on décide de poignarder un passant, n’importe quel passant, à l’aveugle, du fait d’une vague rumeur rapportant que l’on aurait ourdi le plan secret d’interdire à tout jamais l’accès au troisième lieu saint de l’islam.

Pas sûr, en d’autres termes, que la cause palestinienne gagne quelque chose à cette montée aux extrêmes – et sûr, absolument sûr, qu’elle a tout à y perdre ; que ce sont les esprits raisonnables qui, en son sein, achèveront d’être laminés par ce déferlement ; et que ce sont les derniers partisans du compromis qui, avec ce qui reste du camp de la paix en Israël, paieront au prix fort les imprécations irresponsables des imams de Rafah et Khan Younès.

Irrecevable encore, la formule « cycle de violences », ou « spirale des représailles », qui, en renvoyant dos à dos les kamikazes et leurs victimes, entretient la confusion et vaut incitation à recommencer.

Insupportable, pour la même raison, la rhétorique de l’« appel à la retenue », ou de l’invitation à ne pas « enflammer la rue », qui renverse, elle aussi, l’ordre des causes et fait comme si le militaire ou le civil en situation de légitime défense avaient les mêmes torts que celui qui a pris le parti de mourir après avoir semé la plus grande terreur autour de lui.

Étranges indignations embarrassées

Étranges, oui, ces indignations embarrassées et dont on ne peut s’empêcher de penser qu’elles seraient probablement plus fermes si c’était dans les rues de Washington, de Paris ou de Londres que l’on se mettait à occire le premier venu ou à lancer des voitures béliers sur les arrêts de bus.

Plus qu’étrange, troublante, la différence de ton entre ces réactions et l’émotion mondiale, la solidarité internationale sans faille ni nuance, suscitées, le 22 mai 2013, par la mort d’un militaire, en pleine rue, à Londres, assassiné à l’arme blanche et selon un scénario pas très différent de celui qui a cours, aujourd’hui, à Jérusalem et Tel-Aviv.

Insupportable encore que la plupart des grands médias ne portent pas aux familles israéliennes endeuillées le dixième de l’intérêt qu’ils portent aux familles des Palestiniens.

Et insupportable enfin, la petite mythologie en train de se constituer autour de cette histoire de poignards : l’arme du pauvre, seulement ? Celle dont on se sert parce qu’elle est là, sous la main, et qu’il n’en est point d’autre ? Quand je vois ces lames, je pense à la lame de la mise à mort de Daniel Pearl ; je pense à celle des décapitations d’Hervé Gourdel, James Foley ou David Haines – je pense que les vidéos de Daesh ont, décidément, fait école et que l’on se trouve là au seuil d’une barbarie qu’il faut inconditionnellement dénoncer si l’on ne veut pas qu’elle exporte partout, je dis bien partout, ses procédures.

Voir de même:

Pre-State Israel: Arab Riots of the 1920’s
Jacqueline Shields
Jewish virtual library

At the end of World War I, discussions commenced on the future of the Middle East, including the disposition of Palestine. On April 19, 1920, the Allies, Britain, France, Italy and Greece, Japan and Belgium, convened in San Remo, Italy to discuss a peace treaty with Turkey. The Allies decided to assign Great Britain the mandate over Palestine on both sides of the Jordan River, and the responsibility for putting the Balfour Declaration into effect. Arab nationalists were unsure how best to react to British authority. The two preeminent Jerusalem clans, the el-Husseinis and the Nashashibis, battled for influence throughout the mandate, as they had for decades before. The former was very anti-British, whereas the latter favored a more conciliatory policy.

One of the el-Husseinis, Haj Amin, who emerged as the leading figure in Palestinian politics during the mandate period, first began to organize small groups of suicide groups, fedayeen (“one who sacrifices himself”), to terrorize Jews in 1919 in the hope of duplicating the success of Kemal in Turkey and drive the Jews out of Palestine, just as the Turkish nationalists were driving the Greeks from Turkey. The first large Arab riots took place in Jerusalem in the intermediary days of Passover, April 1920. The Jewish community had anticipated the Arab reaction to the Allies’ convention, and was ready to meet it. Jewish affairs in Palestine were then being administered from Jerusalem by the Vaad Hatzirim (Council of Delegates), appointed by the World Zionist Organization (WZO) (which became the Jewish Agency in 1929). The Vaad Hatzirim charged Ze’ev (Vladimir) Jabotinsky with the task of organizing Jewish self-defense. Jabotinsky was one of the founders of the Jewish battalions, which had served in the British Army during the First World War and had participated in the conquest of Palestine from the Turks. Acting under the auspices of the Vaad Hatzirim, Jabotinsky lead the Haganah (self-defense) organization in Jerusalem, which succeeded in repelling the Arab attack. Six Jews were killed and some 200 injured in Jerusalem in the course of the 1920 riots. In addition, two Americans, Jakov Tucker and Ze’ev Scharff, both WWI veterans, were killed resisting an Arab attack on the Jewish settlementof Tel Hai in March 1920. Had it not been for the preliminary organization of Jewish defense, the number of victims would have undoubtedly been much greater.

After the riots, the British arrested both Arabs and Jews. Among those arrested was Jabotinsky, together with 19 of his associates, on a charge of illegal possession of weapons. Jabotinsky was sentenced to 15 years imprisonment with hard labor and deportation from the country after completion of his sentence. When the sentence became known, the Vaad Hatzirim made plans for widespread protests, including mass demonstrations and a national fast. Meanwhile, however, the mandate for Palestine had been assigned to Great Britain, and the jubilation of the Yishuv outweighed the desire to protest against the harsh sentence imposed on Jabotinsky and his comrades.

With the arrival in Jerusalem of the first High Commissioner, Sir Herbert Samuel, British military government was superseded by a civilian administration. As a gesture toward the civilian population, the High Commissioner proclaimed a general amnesty for both Jews and Arabs who had been involved in the April 1920 riots. Jabotinsky and his comrades were released from prison to an enthusiastic welcome by the Yishuv, but Jabotinsky insisted that the sentence passed against them be revoked entirely, arguing that the defender should not be placed on trial with the aggressor. After months of struggle, the British War Office finally revoked the sentences.

In 1921, Haj Amin el-Husseini began to organize larger scale fedayeen to terrorize Jews. Colonel Richard Meinertzhagen, former head of British military intelligence in Cairo, and later Chief Political Officer for Palestine and Syria, wrote in his diary that British officials “incline towards the exclusion of Zionism in Palestine.” In fact, the British encouraged the Arabs to attack the Jews. According to Meinertzhagen, Col. Waters Taylor, financial adviser to the Military Administration in Palestine 1919-23, met with Haj Amin a few days before Easter, in 1920, and told him “he had a great opportunity at Easter to show the world…that Zionism was unpopular not only with the Palestine Administration but in Whitehall and if disturbances of sufficient violence occurred in Jerusalem at Easter, both General Bols [Chief Administrator in Palestine, 1919-20] and General Allenby [Commander of Egyptian Force, 1917-19, then High Commissioner of Egypt] would advocate the abandonment of the Jewish Home. Waters-Taylor explained that freedom could only be attained through violence.”

Haj Amin took the Colonel’s advice and instigated a riot. The British withdrew their troops and the Jewish police from Jerusalem, and the Arab mob attacked Jews and looted their shops. Due to Haj Amin’s overt role in instigating the pogrom, the British arrested him. Yet, despite the arrest, Haj Amin escaped to Jordan, but he was sentenced to 10 years imprisonment in absentia. A year later, however, British Arabists convinced High Commissioner Herbert Samuel to pardon Haj Amin and to appoint him Mufti.

Samuel met with Haj Amin on April 11, 1921, and was assured “that the influences of his family and himself would be devoted to tranquility.” Three weeks later, however, riots in Jaffa and Petah Tikvah, instigated by the Mufti, left 43 Jews dead. Following these riots England established the Haycraft Commission to evaluate the cause of these riots. The appendix of the report reads, “The fundamental cause of the Jaffa riots and the subsequent acts of violence was a feeling among the Arabs of discontent with, and hostility to, the Jews, due to political and economic causes, and connected with Jewish immigration, and with their conception of Zionist policy as derived from Jewish exponents . . . the Arab majority, who were generally the aggressors, inflicted most of the casualties.”

Following these riots, Haj Amin consolidated his power and took control of all Muslim religious funds in Palestine. He used his authority to gain control over the mosques, the schools and the courts. No Arab could reach an influential position without being loyal to the Mufti. As the “Palestinian” spokesman, Haj Amin wrote to Colonial Secretary Winston Churchill in 1921, demanding that restrictions be placed on Jewish immigration and that Palestine be reunited with Syria and Transjordan. Churchill issued the White Paper of 1922, which tried to allay Arab fears about the Balfour Declaration. The White Paper acknowledged the need for Jewish immigaration to enable the Jewish community to grow, but placed the familiar limit of the country’s absorptive capacity on immigration. Although not pleased with Churchill’s diplomatic Paper, the Zionists accepted it; the Arabs, however, rejected it.

Despite the disturbances in 1920-1921, the yishuv continued to develop in relative peace and security. Another wave of riots, however, broke out in 1924 after another wave of pogrom’s sent 67,000 Polish Jewish refugees to Palestine. After a week of skirmishes in Jerusalem between the Haganah and Arab mobs, 133 Jews and 116 Arabs lay dead. The yishuv’s main concern at that time was its financial difficulties; the economic crisis of 1926-1928 led many to believe that the Zionist enterprise would fail due to lack of funds. Zionist leaders attempted to rectify the situation by expanding the Jewish Agency to incorporate non-Zionists who were willing to contribute to the practical settlement of Palestine.

The prospects for renewed financial support for the yishuv upset Arab leaders who feared economic domination by the Zionists. Led by Haj Amin al-Husseini once again, rumors of a Jewish plot to seize control of Muslim holy places began to spread. Violence erupted soon after, causing extensive damage. Rioting and looting were rampant throughout Palestine. In Jerusalem, Muslims provoked the violence and tensions by building and praying on or near the holiest place in the world for Jews, the Western Wall. By late August, the Arabs, in well organized formation, attacked Jewish settlements near Jerusalem. The disturbances spread to Hebron and Tsfat, including many settlements in between, and on the Kfar Dorom kibbutz in the Gaza Strip. After six days of rioting, the British finally brought in troops to quell the disturbance. Despite the fact that Jews had been living in Gaza and Hebron for centuries, following these riots, the British forced Jews to leave their homes and prohibited Jews from living in the Gaza strip and Hebron in an attempt to appease Arabs and quell violence. By the end of the rioting, 135 Jews (including eight Americans) were killed, with more than 300 wounded.

Like the riots earlier in the decade, afterward the British appointed Sir William Shaw to head an inquiry into the causes of the riots. The Shaw Commission found that the violence occurred due to “racial animosity on the part of the Arabs, consequent upon the disappointment of their political and national aspirations and fear for their economic future.” The report claimed that the Arabs feared economic domination by a group who seemed to have, from their perspective, unlimited funding from abroad. The Commission reported that the conflict stemmed from different interpretations of British promises to both Arabs and Jews. The Commission acknowledged the ambiguity of former British statements and recommended that the government clearly define its intentions for Palestine. It also recommended that the issue of further Jewish immigration be more carefully considered to avoid “a repetition of the excessive immigration of 1925 and 1926.” The issue of land tenure would only be eligible for review if new methods of cultivation stimulated considerable growth of the agricultural sector. The Shaw Commission frustrated Zionists, but the two subsequent reports issued on the future of Palestine were more disturbing. The Hope Simpson report of 1930 painted an unrealistic picture of the economic capacity of the country. It cast doubt on the prospect of industrialization and incorrectly asserted that no more than 20,000 families could be accomodated by the land. The Hope Simpson report was overshadowed, however, by the simultaneous release of the Passfield White Paper, which reflected colonial Secretary Passfield’s deep-seated animus toward Zionism. This report asserted that Britain’s obligations to the Arabs were very weighty and should not be overlooked to satisfy Jewish interests. Many argued that the Passfield Paper overturned the Balfour Declaration, essentialy saying that Britain should not plan to establish a Jewish state. The Passfield Paper greatly upset Jews, and interestingly, also the labor and conservative parties in the British Parliament. The result of this widespread outcry to the Secretary’s report was a letter from British Prime Minister MacDonald to Dr. Chaim Weizmann, reaffirming the commitment to create a Jewish homeland.

The Arabs found rioting to be a very effective political tool becasue the British attitude toward violence against Jews, and their response to the riots, encouraged more outbreaks of violence. In each riot, the British would make little or no effort to prevent the Arabs from attacking the Jews. After each incident, a commission of inquiry would try to establish the cause of the riot. The conclusions were always the same: the Arabs were afraid of being displaced by Jewish immigrants. To stop the disturbances, the commissions routinely recommended that restrictions be made on Jewish immigration. Thus, the Arabs came to recognize that they could always stop Jewish immigration by staging a riot. Despite the restrictions placed on its growth, the Jewish population increased to more than 160,000 by the 1930s, and the community became solidly entrenched in Palestine. Unfortunately, as the Jewish presence grew stronger, so did the Arab opposition. The riots brought recognition from the international Jewish community to the struggle of the settlers in Palestine, and more than $600,000 was raised for an emergency fund that was used to finance the cost of restoring destroyed or damaged homes, establish schools, and build nurseries.

Sources: Mitchell G. Bard, The Complete Idiot’s Guide to Middle East Conflict. 4th Edition. NY: Alpha Books, 2008.
Ahron Bregman, A History of Israel, Palgrave MacMillan; New York, 2002.
The Irgun Site
The Jewish Agency for Israel and The World Zionist Organization.
Leslie Stein, The Hope Fulfilled: The Rise of Modern Israel. CT: Praeger Publishers; 2003.
Michael Oren. Power, Faith and Fantasy: America in the Middle East, 1776 to the Present. NY: W. W. Norton & Company, 2007.

Voir de plus:

Pre-State Israel:
The Hebron Massacre
(August 23, 1929)

Pre-State Israel: Table of Contents | Jewish Claim to Israel | Arab Riots of the 1920’s

For many years, the small Jewish community in the ancient city of Hebron lived in peace with their tens of thousands of Arab neighbors. But, on the night of August 23, 1929, the tension simmering within this cauldron of nationalities bubbled over and for a period of three days, Hebron turned into a city of terror and murder as the Arab residents led a rampaging massacre against the bewildered and helpless Jewish community.

By the time the massacre ended, 67 Jews lay dead – their homes and synagogues destroyed – and the few hundred survivors were relocated to Jerusalem.  The aftermath left Hebron barren of Jews for the first time in hundreds of years.

Destruction at the Avraham Avinu Synagogue in the Jewish Quarter

The summer of 1929 was one of unrest in Palestine as Jewish immigrants were arriving in increasing numbers and the agitations of the mufti in Jerusalem spurred on Jewish-Arab tensions. Just one day prior to the start of the Hebron massacre, three Jews and three Arabs were killed in Jerusalem when fighting broke out after a Muslim prayer service on the Temple Mount. Arabs spread false rumors and libels throughout their communities, saying that Jews were carrying out « wholesale killings of Arabs. »

Hebron had up until this time been outwardly peaceful, although tensions hid below the surface. The Sephardi Jewish community (Jews who were originally from Spain, North Africa and Arab countries) in Hebron had lived quietly with its Arab neighbors for centuries. Theses Sephardi Jews spoke Arabic and had a cultural connection with the the Arabs of Hebron. In the mid-1800s, Ashkenazi (native European) Jews started moving to Hebron and, in 1925, the Slobodka Yeshiva – officially called the Yeshiva of Hevron Knesset Yisrael-Slobodka – was opened.

Yeshiva students lived separately from both the Sephardi Jewish community and from the Arab population.  This isolation fed the Arab views that these « Zionist immigrants » were suspicious and thus hated. Despite the general suspicion, however, one yeshiva student, Dov Cohen, still recalled being on « very good » terms with the Arab neighbors. He remembered yeshiva boys taking long walks late at night on the outskirts of the city and not feeling afraid even though only one British policeman guarded the entire city.

On Friday, August 23, 1929, that tranquility was lost.

Arab youths began the riots by hurling rocks at the yeshiva students as they walked by. That afternoon, student Shmuel Rosenholtz went to the yeshiva alone. Arab rioters broke in to the building and killed him.  Rosenholtz’s was but the first of dozens of murders.

On Friday night, Rabbi Ya’acov Slonim’s son invited any Jews fearful of the worsening situation to stay in their family house. The rabbi was highly regarded in the community, and he kept a gun. Many of the Jews in the community took this offer for shelter.  Unfortunately, many of these people were eventually murdered there.

As early as 8:00 a.m. on Saturday morning – the Jewish Sabbath – Arabs began to gather en masse around the Jewish community. They came in mobs, armed with clubs, knives and axes. While the women and children threw stones, the men ransacked Jewish houses and destroyed Jewish property. With only a single police officer in all of Hebron, the Arabs were able to enter Jewish courtyards with literally no opposition.

Jewish Home in Hebron Plundered
Rabbi Slonim, who had tried to shelter the Jews, was approached by the rioters and offered a deal. If all the Ashkenazi yeshiva students were given over to the Arabs, the rioters would spare the lives of the Sephardi community.

Rabbi Slonim refused to turn over the students.  The Arabs killed him on the spot.

By the end of the massacre, 12 Sephardi Jews and 55 Ashkenazi Jews were murdered.

A few Arabs did try to help the Jews. Nineteen Arab families saved dozens if not hundreds of Hebron’s Jews. Zmira Mani wrote about an Arab named Abu Id Zaitoun who brought his brother and son to rescue her family. The Arab family protected the Manis with their swords, hid them in a cellar along with other Jews they had saved, and eventually found a policeman to escort them safely to the police station at Beit Romano.

The Beit Romano police station turned into a shelter for the Jews on the morning of Saturday, August 24. It also became a synagogue when the Orthodox Jews gathered there said their morning prayers. As they finished praying, they began to hear noises outside the building. Thousands of Arabs descended from Har Hebron, shouting « Kill the Jews! » in Arabic. They even tried to break down the doors of the station.

For three days, the Jews were besieged in Beit Romano by the rampaging Arabs. Each night, ten men were allowed to leave the building and go to Hebron’s ancient Jewish cemetery to conduct a funeral for any Jews murdered that day.

Following the massacre, the surviving Jews of Hebron were forced to leave their city and resettle in Jerusalem. A number of Jewish families tried to move back to Hebron, but were removed by the British authorities in 1936 at the start of the Arab revolt.

In 1948, Israel gained its independence from Britian, but Hebron was captured by King Abdullah’s Arab Legion during the War of Independence and ultimately annexed to Jordan.

When Israel finally regained control of the city in 1967, a small number of survivors from the massacre again tried to reclaim their old houses. Then-Defense Minister Moshe Dayan supposedly told the survivors that if they returned, they would be arrested, and that they should be patient while the government worked out a solution to get their houses back. Years later, settlers moved to parts of Hebron without the permission of the government, but for those massacre survivors still seeking their original homes, that solution never came.

Sources: Arutz Sheva (August 1, 1999); The Jerusalem Post (July 23, 1999).

Voir encore:

The Palestine Riots and Massacres of  1929

The Jewish Virtual Library

In the summer of 1929 the Arabs of Palestine initiated rioting and massacres against the Jewish population in several towns. The targets were not Zionists who had dispossessed Arabs of their lands, but for the most part Jewish communities of the « old Yishuv, » communities that had lived in Palestine for many hundreds of years. The pogroms were of the same general character as pogroms that had taken place sporadically  in Palestine for hundreds of years, usually referred to euphemistically by Jews of Safed, Tiberias, Jerusalem and Hebron as « Meoraot » – « events. » The worst massacres took place in Safed, Hebron, Jerusalem and Motza. Like the pogroms of past ages, these « disturbances » featured angry crowds stirred up over a religious or other dispute, Imams preaching « Kill the Jews wherever you find them » and mobs screaming « Aleihum » (get them) and « Itbach Al Yahood » – murder the Jews. In a few days, over a hundred Jews were murdered and several hundreds were wounded.

The racist riots of 1929, like those of 1920 and 1921, were distinguished from those that took place under the Ottoman Turks by two features. Supposedly, Palestine was now under a British Mandate, and being built as a Jewish national  home, a place of refuge and safety for Jews. The occurrence of the riots did tremendous damage to the Zionist cause, far beyond the actual loss of lives and property, because they it seem that Palestine was unsafe for the Jews after all, just like everywhere else. The second feature was that the riots were part of the anti-Zionist agitation stirred up by the Husseini family, even though they were not directed against Zionist settlers, but against the old communities.

Throughout the 1920s, tension had been brewing between Palestinian Jews and Arabs for some time, with little or no action by the mandate government to alleviate it. The Arabs of Palestine had come to be dominated by two clans, the Husseinis and the Nashashibis. The Husseinis controlled the Palestine Arab Executive and Supreme Muslim Council. Haj Amin El Husseini was Grand Mufti of Jerusalem. The Nashashibis became the mu’aridan, the opposition. The Husseinis hoped to further their position by exploiting hatred against the Jews. The issue that generated tension was not land purchases or Jewish immigration. Though there had been large land purchases in the Valley of Jezreel, there was not much Jewish immigration during this period. The issue of contention was an imagined Jewish threat to the Al-Aqsa mosque in Jerusalem, centering around Jewish attempts to improve the facilities of the nearby wailing wall, a remnant of the Jewish temple, where they gathered for prayer. The wailing wall is part of the West Wall, Al Buraq, where according to Muslim belief, Muhammed tethered his horse when he was miraculously transported to Jerusalem. Thus, it is holy to Muslims too.

There is no doubt that the mosque built on the site of the temple was never a source of joy for Jews, but Jewish tradition holds that the temple can only be rebuilt when the messiah comes. The Zionists certainly had no designs on the mosque itself. The wailing wall however, because of its proximity to the mosque of Al Aqsa, was long a source of friction. Islamic law holds that no non-Muslims may pray in proximity to a mosque while prayers are held in the mosque, because that would disturb the prayers of the faithful. The Jews of Jerusalem had gotten many warnings during the hundreds of years of Muslim rule, about prayer at the wailing wall or in synagogues in the Jewish quarter that supposedly disturbed the prayers of the Muslims. This « Holy Place » was a natural place of contention.

In 1922, a Palestinian delegation to the Hajj (pilgrimage) in Mecca had declared:

The Islamic Palestinian Nation that has been guarding al-Aksa Mosque and Holy Rock since 1,300 years declares to the Muslim world that the Holy Places are in great danger on account of the horrible Zionist aggressions… The Zionist Committee, which is endeavoring to establish Jewish rule in Palestine and to rob al-Aksa from the Muslims on the plea that it was built on the ruins of Solomon’s Temple, aims at making Palestine a base of Jewish influence over the [Arabian] peninsula and the whole East.

In 1928, the Muslims tried to get the British to confirm their rights over the Western Wall, including the space used by Jews for worship. Husseini had helped to organize refurbishing of the long neglected mosques in Jerusalem now he initiated new construction activities in October of 1928. Bricks from the « construction » fell « accidentally » on Jewish worshippers in the wailing wall area below. The Arabs drove mules through the prayer area. Muezins (the announcers of the mosques) who called the faithful to prayer turned up the volume in their PA systems so as to disturb the Jewish prayer.

The Zionist community, especially the right, took up the challenge. Right-wing Zionists of the revisionist movement demanded Jewish control of the wall. Some even demanded rebuilding the temple, alarming the Muslims even more and providing a factual basis for the agitation. On August 14, 1929, about 6,000 Jews paraded in Tel Aviv and that evening, about 3,000 gathered at the wall in Jerusalem for prayer, a huge crowd for the then very cramped space. The next day the right-wing Betar revisionist youth paraded by the hundreds, carrying billy-club batons. Rumors circulated that the Jews were about to march on the Haram as Sharif – the Al-Aqsa mosque compound. The Arabs circulated inflammatory leaflets, apparently printed earlier. One read, « Hearts are in tumult because of these barbaric deeds, and the people began to break out in shouts of ‘war, Jihad… rebellion.’… O Arab nation, the eyes of your brothers in Palestine are upon you… and they awaken your religious feelings and national zealotry to rise up against the enemy who violated the honor of Islam and raped the women and murdered widows and babies. » The Jews had killed no-one, and had attacked no-one.

On Friday August 16, after an inflammatory sermon, a mass of Arab demonstrators proceeded from the mosques to the Western Wall, where they burned prayer books. The British High Commissioner, Sir John Chancellor, was on leave in England. The acting British  High Commissioner, Harry Luke, ignored the problem and claimed that « only pages » of prayer books had been burned.

The British were woefully unprepared to deal with disturbances. In all of Palestine there were 292 British police. In Hebron, there was a single British police officer commanding a tine force of Arabs, many of them old, and one Jew.

On August 17, a riot in the Bukharian Jewish quarter of Jerusalem left one Jew dead. The funeral, held August 20, turned into a mass demonstration with cries for vengeance. Beginning on August 22, Arab villagers, armed with sticks, knives and guns, gathered in the Haram as Sharif. Following Friday prayers and the usual inflammatory sermon on August 23, they poured out into the streets of Jerusalem and proceeded to murder and loot. By the time the riots were over in Jerusalem on August 24, 17 Jews were dead. The rioters opened fire simultaneously in several neighborhoods, evidence indicating that the massacres were probably orchestrated by the Supreme Muslim Council.Near Jerusalem, the small town of Motza was attacked by Arabs who killed every member of the Makleff family but one. A very young boy, Mordechai Makleff, hid under a bed. He grew up to be Chief of Staff of the IDF for a brief time during the War of Independence. Several settlements next to Motza had to be abandoned. In other settlements, the inhabitants were protected by friendly Arab neighbors. Kibbutz Hulda was evacuated by the British. Arab marauders burned the kibbutz. The British killed 40 Arabs there. The worst fury of the Arabs, however, was directed at the tiny ancient Jewish community of Hebron, where 64-67 Jews were massacred in a few hours of rioting on August 24, 1924.

The British flew in additional reinforcements from Egypt and elsewhere. The riots spread to Tel-Aviv and Haifa and Safed.  In Safed, 18 Jews were killed and 80 injured.

In all 133 Jews and 116 Arabs were killed in the riots, 339 Jews and 232 Arabs were injured. Most of the Arabs were killed by the British police and some by the Haganah in self defense. There were also instances of Jewish atrocities. Jews broke into a mosque and destroyed a Quran. In Tel Aviv, Arabs killed four Haganah men, so the Haganah retaliated by raiding an Arab house and killing four people.

The riots of 1929 changed the attitudes of Jews to the Arabs. Arthur Ruppin, who had helped found the Brit Shalom peace group, which advocated a binational state, withdrew from the group. He could no longer believe in Jewish-Arab coexistence. The writer Shai Agnon wrote, « I do not hate them [the Arabs] and I do not love them; I do not wish to see their faces. In my humble opinion we shall now build a large ghetto of half a million Jews in Palestine, because if we do not, we will, heaven forbid, be lost. »

The massacres of 1929 had thus launched two themes that were to recur in the history of Israel and Palestine: agitation related to the al-Aqsa mosques and the Jewish desire for separation from the Arabs of Palestine, for self-protection.

The British were horrified by the massacre. However many of the British personnel had no great love for Zionism or Jews, and the British government was unwilling to subsidize Palestine, which would be required to support a large police force, and no desire to incur the enmity of the Arab world. They refused adamantly to allow any independent legal Jewish self defense force.

The immediate consequences of the riots were that the British caved in to every demand of the Arabs. Though only a small number of Jews had immigrated to Palestine under the mandate, the British accepted at face value the claim of the Mufti that these immigrants, rather than the world economic depression, were at fault for the real or imagined woes of the Arabs of Palestine. In the year 1930, when unemployment reached 25% in some countries, Palestinian Arabs had an unemployment rate of 4%. This « misery » was the « fault » of the Zionist immigration. These were the findings of the Shaw commission which investigated the « causes » of the riots, and of the Hope-Simpson report, which was commissioned to justify the policy changes. Simultaneously with the Hope-Simpson report the British Government issued the Passfield White Paper, which made it clear that Britain intended to sharply curtail Jewish immigration. The Passfield White Paper of 1930 caused an uproar in Parliament however. Moreover, the League of Nations indicated that Britain would be violating the terms of its mandate to foster a national home for the Jewish people if it curtailed immigration. Consequently, Prime Minister Ramsay Macdonald soon backed down and wrote a letter to Chaim Weizmann, read publicly in Parliament, which « explained » that « His Majesty’s Government never proposed to pursue such a policy. »

The British also issued a set of discriminatory regulations that restricted Jewish rights in the wailing wall, returning the situation to the same state as existed under the Ottoman Empire, when Muslim – Jewish relations were governed by the inferior dhimmi status of Jews in Islam.

Ami Isseroff

See here for a General history of Zionism and the Creation of Israel

See here for details about  the Arab-Israeli conflict and History of Israel and Palestine.

See also Zionism and its Impact

This history is based in part on:

Morris, B., Righteous Victims, Alfred Knopf, New York  1994 pages 111-120.

Segev, T., One Palestine Complete,  Henry Holt, N.Y. 1999, pp 294-327

Coins from 17AD found under Jerusalem’s Western Wall hints sacred site NOT built by Herod

Rob Waugh

The Daily Mail
25 November 2011

Ancient site holy to both Jews AND Muslims
Coins stamped with successor to Pontius Pilate
Construction ‘had not even begun’ by Herod’s death

Two ancient bronze coins, which according to Israel Antiquities Authority archaeologists were struck by the Roman procurator of Judea, Valerius Gratus, in the year 17/18 CE – raising questions over the history of Jerusalem
The history of one of the world’s holiest sites – sacred to both Jews and Muslims – is set to be rewritten, following a surprise discovery in a ritual bath beneath the complex.
It proves that the Wall – supposedly built by Herod, the Jewish king who features prominently in the Gospels, was in fact built much later.
Newly found coins underneath Jerusalem’s Western Wall could change the accepted belief about the construction of one of the world’s most sacred sites two millennia ago, Israeli archaeologists said Wednesday.

The man usually credited with building the compound known to Jews as the Temple Mount and to Muslims as the Noble Sanctuary is Herod, a Jewish ruler who died in 4 B.C.
Herod’s monumental compound replaced and expanded a much older Jewish temple complex on the same site.

But archaeologists with the Israel Antiquities Authority now say diggers have found coins underneath the massive foundation stones of the compound’s Western Wall that were stamped by a Roman proconsul 20 years after Herod’s death.
That indicates that Herod did not build the wall – part of which is venerated as Judaism’s holiest prayer site – and that construction was not close to being complete when he died.

‘The find changes the way we see the construction, and shows it lasted for longer than we originally thought,’ said the dig’s co-director, Eli Shukron.

Coins dated 17/18 CE were discovered beneath the Western Wall of Temple Mount, providing scientific confirmation that the Western Wall and Robinsons Arch construction were not completed in King Herods lifetime

Underground archaeological excavations continue along the 600 metre long drainage channel running from the Siloam Pool in the City of David to the Jerusalem Archaeological Garden near the Western Wall
The four bronze coins were stamped around 17 A.D. by the Roman official Valerius Gratus.
He preceded Pontius Pilate of the New Testament story as Rome’s representative in Jerusalem, according to Ronny Reich of Haifa University, one of the two archaeologists in charge of the dig.

Jesus with Pontius Pilate: Pilate was the successor of the official whose face was printed on the coins
The coins were found inside a ritual bath that predated construction of the renovated Temple Mount complex and which was filled in to support the new walls, Reich said.

They show that construction of the Western Wall had not even begun at the time of Herod’s death. Instead, it was likely completed only generations later by one of his descendants.

The Western Wall is Judaism’s holiest site in Jerusalem’s Old City: The new find raises questions over its origins

Archaeologists in Jerusalem have uncovered coins inside an ancient Jewish ritual bath by the Wailing Wall in the Old City which challenge the assumption that all of the walls of the Second Jewish Temple were built by King Herod
The coins confirm a contemporary account by Josephus Flavius, a Jewish general who became a Roman historian.
Writing after a Jewish revolt against Rome and the destruction of the Temple by legionnaires in 70 A.D., he recounted that work on the Temple Mount had been completed only by King Agrippa II, Herod’s great-grandson, two decades before the entire compound was destroyed.

Israeli Archaeologist Eli Shukron of the Israel Antiquities Authority looks inside a ritual bath exposed beneath the Western Wall on November 23, 2011

The coins provide concrete proof that the Western Wall – Judaism’s holiest site – was built at a later date than previously thought
Scholars have long been familiar with Josephus’ account, but the find is nonetheless important because it offers the ‘first clear-cut archaeological evidence that part of the enclosure wall was not built by Herod,’ said archaeologist Aren Maeir of Bar-Ilan University, who was not involved in the dig.

THE WESTERN WALL: A HISTORY

The Western Wall – or Wailing Wall – is a remnant of the ancient wall that surrounded the Jewish Temple’s courtyard,  located in the Old City of Jerusalem at the foot of the western side of the Temple Mount.
It is one of the most sacred sites in Judaism outside of the Temple Mount itself.
According to the Tanakh, Solomon’s Temple was built atop the Temple Mount in the 10th century BC and destroyed by the Babylonians in 586 BC.
The Second Temple was completed and dedicated in 516 BC.
It is believed that more than half the current wall, including a large below current  street level, was constructed around 19 BC by Herod the Great as he launched a massive expansion of the temple.
The remaining layers were added from the 7th century onwards.
It has been a site for Jewish prayer and pilgrimage for centuries, the earliest source mentioning Jewish attachment to the site dating from the 4th century.

After the 1948 Arab-Israeli War the wall came under Jordanian control and Jews were barred from the site for 19 years until Israel captured the Old City in 1967.
Josephus also wrote that the end of construction left 18,000 workmen unemployed in Jerusalem. Some historians have linked this to discontent that eventually erupted in the Jewish revolt.

The compound, controlled since 1967 by Israel, now houses the Al-Aqsa Mosque and the golden-capped Muslim shrine known as the Dome of the Rock

The fact that the compound is holy both to Jews and Muslims makes it one of the world’s most sensitive religious sites.

The dig in which the coins were discovered cleared a Roman-era drainage tunnel that begins at the biblical Pool of Siloam, one of the city’s original water sources, and terminates with a climb up a ladder out onto a 2,000-year-old street inside Jerusalem’s Old City.
The tunnel runs by the foundation stones of the compound’s western wall, where the coins were found.

‘The excavation of the tunnel also yielded a Roman sword that scholars believe are likely debris from a Jewish rebellion’

The drainage tunnel was excavated as part of the dig at the City of David, which is perhaps Israel’s richest archaeological excavation and its most contentious.

The dig is being carried out inside the Palestinian neighborhood of Silwan, and is funded by a group associated with the Israeli settlement movement that opposes any division of the city as part of a future peace deal.

The excavation of the tunnel has also yielded a Roman sword, oil lamps, pots and coins that scholars believe are likely debris from an attempt by Jewish rebels to hide in the underground passage as they fled from the Roman soldiers.

 Voir par ailleurs:

Palestine
À Bethléem, la décision de l’Unesco fait polémique
Fabien Trécourt

Le Monde des religions

06/07/2012

Lieu présumé de la naissance du Christ, l’église de la Nativité a donné lieu à une passe d’armes entre officiels israéliens et palestiniens, dans le cadre de son rattachement au patrimoine mondial de l’Unesco.

C’est le premier site palestinien inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Vendredi 28 juin à Saint-Pétersbourg, l’église de la Nativité de Bethléem a été admise par treize voix contre six, et deux abstentions, lors d’un vote des 21 membres du comité du patrimoine. La session s’est déroulée dans le cadre d’une procédure d’urgence, les représentants palestiniens arguant du « délabrement et de la dégradation des l’ensemble architectural », notamment du fait « des forces d’occupation » israéliennes.

L’Autorité palestinienne s’est félicitée du vote de l’Unesco, première victoire diplomatique depuis son admission l’an dernier. « Cette reconnaissance par le monde des droits du peuple palestinien est une victoire pour notre cause », a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole de Mahmoud Abbas. « Merci pour tous les efforts entrepris pour permettre au peuple palestinien de prendre son droit culturel à l’auto-détermination », a ajouté un délégué palestinien, dont le nom n’a pas été cité.

« Ces sites sont menacés de destruction totale par l’occupation israélienne, la construction du mur de séparation, à cause des sanctions israéliennes et des mesures prises pour opprimer l’identité palestinienne. » Les délégués israéliens ont pour leur part avancé n’avoir eu « aucune objection » à l’inscription du site, mais ont contesté le recours à la procédure d’urgence, estimant que c’était « une façon de laisser entendre qu’Israël ne protégeait pas le site ».

Au contraire, précise un communiqué israélien, l’église de la Nativité, « sacrée pour les chrétiens, a été profanée dans le passé par des terroristes palestiniens ». Pour le correspondant du journal Le Monde, Laurent Zecchini, cette allusion au siège de la basilique en 2002, »tord quelque peu la réalité  (?) : lors de l’opération « Rempart » menée par l’armée israélienne en Cisjordanie, 200 militants palestiniens armés avaient trouvé refuge dans l’édifice. »

Pour Israël et les Etats-Unis, ce verdict prouve que l’Unesco s’est prononcée « sur la base de considérations politiques et non culturelles ». « Au lieu de prendre des décisions pour faire avancer la paix, les Palestiniens adoptent des initiatives unilatérales qui ne font que l’éloigner », insiste le bureau du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, tandis que l’administration américaine se déclarait « profondément déçue »» : Ce « site est sacré pour tous les chrétiens » et l’Unesco « ne devrait pas être politisée », a souligné l’ambassadeur américain auprès de cette instance, David Killion, dans un communiqué.

La basilique a été construite par l’empereur romain Constantin Ier, au IVe siècle, sur le lieu présumé de la naissance de Jésus Christ. Elle est restée, depuis, quasiment inchangée, mis à part une restauration au VIe siècle, sous l’empire de Justinien Ier, et quelques ajouts pendant la première croisade. C’est l’une des plus anciennes églises au monde. Les chrétiens la considèrent comme sacrée, mais aussi les musulmans qui reconnaissent en Jésus de Nazareth un prophète.

Aujourd’hui, les Églises grecques orthodoxes, arméniennes et catholiques administrent conjointement le site. Une polémique s’est d’ailleurs déclenchée s’agissant de leur positionnement : « Des diplomates palestiniens ont fait savoir qu’elles soutenaient l’inscription en urgence de la basilique, rapporter Laurent Zecchini, alors que ce n’était manifestement pas le cas. » Fort de cette décision, les Palestiniens espèrent inscrire d’autres sites sur la liste du patrimoine mondial, notamment le site de Battir, alors qu’un mur de sécurité israélien doit être érigé à proximité.

Situé à flanc de colline à proximité de Bethléem, ce village est célèbre pour ces cultures en terrasses de la vigne et de l’olivier, ainsi que son système d’irrigation. Néanmoins, la décision de l’Unesco pourrait déboucher sur une nouvelle dégradation des relations israélo-palestiniennes, analyse Laurent Zecchini. La rencontre qui devait avoir lieu -la première à ce niveau depuis septembre 2010- dimanche 1er juillet, à Ramallah, entre le vice-premier ministre israélien, Shaul Mofaz, et Mahmoud Abbas a été annulée.


Pape François: Qu’ils mangent de la pauvreté ! (Why is the Pope so ignorant about capitalism: It’s his Argentine origins, stupid !)

8 octobre, 2015
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table (3)

table (6)

Le vrai miracle aujourd’hui, c‘est pas la croissance économique, c’est la pauvreté. Leon Louw (Free Market Foundation of Southern Africa)
Aimez la pauvreté comme une mère. Pape François
L’Église qui vit à Cuba est une Église pauvre, et le témoignage de pauvreté de nos prêtres diocésains et religieux, des diacres et des personnes consacrées, est admirable. Peut-être que c’est justement la pauvreté qui contribue de façon singulière à la solidarité et la fraternité entre tous. Nous espérons que votre témoignage personnel nous stimulera tous à aimer cette pauvreté belle et fructueuse de l’Eglise dans notre terre (…)  La pauvreté est le mur et la mère de la vie consacrée, car elle la protège de toute vie mondaine. Combien de vie qui commencent bien, d’âmes généreuses, se perdent dans l’amour pour cette vie mondaine, riche, et qui se terminent mal, sans amour. (…) La richesse appauvrit. (…) Quand une communauté religieuse commence à compter l’argent à épargner, Dieu est bon de lui donner un économe désastreux pour la mener à la ruine, pour la rendre pauvre ! Dieu veut notre Église pauvre ! Comment est mon esprit de pauvreté ? Pape François
I recognize that globalization has helped many people to lift themselves out of poverty, but it has condemned many other people to starve. It is true that in absolute terms the world’s wealth has grown, but inequality and poverty have arisen.  Pape François
Mais à quoi joue le pape François ? L’annonce dans la presse américaine, mercredi 30 septembre, de sa rencontre secrète avec l’égérie des opposants les plus radicaux au mariage homosexuel aux Etats-Unis a brouillé le message qu’il semblait avoir délivré tout au long de son séjour sur place. Les quelques minutes qu’il a passées jeudi 24 septembre à Washington, avec Kim Davis, une greffière du Kentucky, brièvement emprisonnée au début du mois pour avoir obstinément refusé de délivrer des certificats de mariage aux couples homosexuels, n’ont été ni démenties ni commentées par le Vatican. Mais ce soutien de poids à la frange la plus ultra des chrétiens conservateurs américains, donne en tout cas une dimension politique à un séjour aux Etats-Unis que le pape avait qualifié de purement « pastoral ».Si l’opposition du pape au mariage gay ne fait aucun doute, son choix de conforter une fonctionnaire controversée et désavouée même par une partie du camp conservateur, ne semble pas cadrer avec ses propos d’ouverture, appelant à une Eglise catholique plus inclusive, engagée « dans la construction d’une société tolérante », ainsi qu’il l’a déclaré à la Maison Blanche. Une position qu’il a réitérée tout au long de son voyage aux Etats-Unis, où il a paru éviter avec soin de prendre partie dans « la guerre culturelle » que la hiérarchie catholique sur place, et plus largement les mouvements chrétiens évangéliques – Mme Davis est elle-même chrétienne apostolique –, alimentent au nom de la liberté religieuse. Particulièrement attendu à ce propos, François s’était appliqué à une défense large et globale de ce principe, sans citer d’exemples précis. Il avait notamment dénoncé « un monde où diverses formes de tyrannie moderne cherchent à supprimer la liberté religieuse, ou bien cherchent à la réduire à une sous-culture sans droit d’expression dans la sphère publique, ou encore cherchent à utiliser la religion comme prétexte à la haine et à la brutalité ». Il avait certes rendu une visite surprise à des religieuses, au centre d’une bataille juridique contre le système de santé américain, dit Obamacare, qui oblige les employeurs – y compris leur congrégation – à participer au financement des moyens de contraception de leurs salariés. Mais, parallèlement, il avait aussi loué le travail d’autres congrégations religieuses américaines, réputées elles bien plus libérales sur ces sujets. C’est dans l’avion qui le ramenait à Rome qu’il a été le plus explicite sur le fond, tout en restant ambigu sur la réalité de sa rencontre avec Kim Davis. « L’objection de conscience est un droit », a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait de réagir expressément au cas d’un(e) fonctionnaire qui refuserait de délivrer des certificats de mariage à des couples homosexuels. « Je n’ai pas en mémoire tous les cas d’objection de conscience », a étonnamment éludé le pape, qui a tout de même insisté sur le fait que « dans chaque institution judiciaire, doit exister un droit de conscience ». Le Monde
La brève entrevue entre Madame Kim Davis et le pape François à la nonciature apostolique de Washington D.C., continue à susciter des commentaires et des débats. Afin de contribuer à une compréhension objective de ce qui a été révélé, je suis en mesure d’éclaircir les points suivants : Le pape François a rencontré plusieurs dizaines de personnes qui avaient été invitées à la nonciature afin de le saluer alors qu’il s’apprêtait à quitter Washington pour la ville de New York. De telles salutations brèves se passent lors de chaque visite du pape et sont dues à la gentillesse et la disponibilité caractéristiques du pape. La seule véritable audience que le pape a accordé à la nonciature, le fut pour un des ses anciens étudiants et sa famille. Le Pape n’est pas entré dans les détails de la situation de Madame Davis et sa rencontre avec elle ne doit pas être considérée comme un appui à sa position dans tous ses aspects particuliers et complexes. Père Federico Lombardi (service de presse du Vatican)
L’extrême pauvreté devrait reculer cette année à un niveau sans précédent et frapper moins de 10% de la population mondiale en dépit d’une situation encore « très inquiétante » en Afrique, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) publié dimanche. « Nous pourrions être la première génération dans l’histoire qui pourrait mettre un terme à l’extrême pauvreté », s’est félicité Jim Yong Kim, le président de l’institution qui tient la semaine prochaine son assemblée générale à Lima, au Pérou, avec le FMI. Selon les projections de la BM, quelque 702 millions de personnes, soit 9,6% de la population mondiale, vivent sous le seuil de pauvreté, que l’institution a d’ailleurs relevé de 1,25 à 1,90 dollar par jour pour tenir notamment compte de l’inflation. En 2012, date des données disponibles les plus récentes, les plus défavorisés de la planète étaient 902 millions, soit près de 13% de la population mondiale, une proportion qui atteignait encore 29% en 1999. (…) Si la tendance est à une nette baisse en Asie orientale — et spécialement en Inde — ou en Amérique du Sud, l’extrême pauvreté s’enracine en Afrique subsaharienne où elle frappe encore cette année 35,2% de la population. Selon la Banque, la région abrite ainsi, à elle seule, la moitié des plus défavorisés du globe. (…) La situation est particulièrement préoccupante dans les deux pays les plus touchés sur le globe, Madagascar et la République démocratique du Congo, dont quelque 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, d’après le rapport. L’institution reconnaît par ailleurs qu’elle ne dispose pas de données fiables sur la pauvreté au Moyen-Orient et au Maghreb en raison des « conflits » et de « la fragilité » dans les principaux pays de la région. AFP
Les derniers chiffres de la Banque mondiale communiqués à la presse ce 4 octobre sont explicites et encourageants : le nombre de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté a été largement diminué, passant de 37 % de la population mondiale en 1990 à moins de 10 % aujourd’hui, alors que, dans le même temps, cette dernière a augmenté de 2 milliards d’habitants. Le phénomène s’est accéléré pendant ces quatre dernières années : ces personnes totalement démunies, sujettes aux famines ou aux épidémies, qui étaient encore 902 millions en 2012 (12,8 % de la population), ne sont plus que 702 millions en 2015, soit 9,6 % de la population mondiale. On apprend également que ce seuil de l’extrême pauvreté a été relevé par la Banque mondiale de 1,25 dollar à 1,90 dollar par jour dès 2011, en raison, selon le président de la Banque, Jim Yong Kim, « de l’évolution de l’inflation, du prix des matières premières et des taux de change » constatée entre 2005 et 2011 dans les quinze pays les plus pauvres de la planète. Ce seuil n’est donc plus de 1 dollar par jour comme on nous le serine parfois, mais de près du double. Le Point
The thing that always strikes me when we get into these discussions is the United States takes in more people every year legally than the rest of the world combined. You start from that premise — it was 1.7 million last year, you want to add another 400,000 to 600,000 that came in without the benefit of doing it the right way. What is the right number? If over 2 million is not enough, would someone please tell me what that right number is, and would other countries act accordingly. Rep. Michael Burgess (Texas)
The Vatican, for its part, welcomes millions of visitors a year — but allows only a very select few, who meet strict criteria, to be admitted as residents or citizens. Only about 450 of its 800 or so residents actually hold citizenship, according to a 2012 study by the Library of Congress. That study said citizens are either church cardinals who reside in the Vatican, the Holy See’s diplomats around the world, and those who have to reside in the city because of their jobs, such as the Swiss Guard. Spouses and children who live in the city because of their relationship with citizens — including the Swiss Guard and workers such as the gardener — have also been granted citizenship. But that means few of the Vatican’s citizens are women. The Washington Times
A fair-minded person might infer from his advice that capitalism is more prone to impoverish than to create enough wealth to bring the underclass out of poverty. Yet the poor in the free-market United States are mostly better off than the middle classes in Pope Francis’ homeland. Argentina’s statism has transformed one of the most resource-rich countries in the world into an impoverished nation. Are the wages of socialism therefore less than Christian? Authoritarian regimes such as the Castro dynasty in Cuba or Iran’s theocracy do not receive much criticism from the pope for their administration of state justice. Yet Francis blasted capital punishment, which in America is mostly reserved for first-degree murderers, not the perpetrators of thought crimes as in Cuba and Iran. (…) Hundreds of thousands of migrants are now swarming illegally into the West, whether into Europe mostly from the Middle East, or into America from Latin America. They arrive in numbers that make them difficult to assimilate and integrate, with radical repercussions on the host country’s ability to serve the social needs of its own poorer citizens. Yet Francis reserves most of his advice for host countries to ensure that they treat the often-impoverished and mostly young male newcomers with Christian humanity. That advice is admirable. But the pope might have likewise lectured the leaders of countries such as Syria and Mexico to stop whatever they are doing to heartlessly drive out millions of their own citizens from their homes. Or he might have suggested that migrants seek lawful immigration and thereby more charitably not harm the interests of immigrants who wait patiently until they can resettle lawfully. Or he might have praised the West for uniquely creating conditions that draw in, rather than repel, the world’s migrants. (…) If a Christian truly believes that capitalism is the world’s only hope, that illegal immigration is detrimental to all involved, or that the Iranian nuke deal is a prelude to either war or nuclear proliferation, is he thereby somewhat less Christian or Catholic? (…) Would an American president dare to visit the Vatican to lecture the leaders of the Roman Catholic Church about their blatant sex and age discrimination, and to advise Francis that his successor should be female or under 50? (…) In this new freewheeling climate of frank exchange, should Protestant friends now advise Catholic dioceses to open their aggregate 200 million acres of global church lands to help house current migrants? Or should Francis first deplore the capitalist business practices in the administration of the so-called Vatican Bank? Should the Church turn over to prosecuting attorneys all the names of past and present clergy accused of criminal sexual abuse, and cede all investigation and punishment entirely to the state? (…) But do we really want a priest in the role of Bernie Sanders or Ted Cruz, dressed in ancient Roman miter and vestments, addressing hot-button issues with divine sanction? Victor Davis Hanson
Pope Francis has created political controversy…by blaming capitalism for many of the problems of the poor. …putting aside religious or philosophical questions, we have more than two centuries of historical evidence… Any serious look at the history of human beings over the millennia shows that the species began in poverty. It is not poverty, but prosperity, that needs explaining. …which has a better track record of helping the less fortunate — fighting for a bigger slice of the economic pie, or producing a bigger pie? …the official poverty level in the U.S. is the upper middle class in Mexico. The much criticized market economy of the U.S. has done far more for the poor than the ideology of the left. Pope Francis’ own native Argentina was once among the leading economies of the world, before it was ruined by the kind of ideological notions he is now promoting around the world. Thomas Sowell
He has been called the « slum pope » and « a pope for the poor. » And indeed, it’s true that Pope Francis, leader to 1.3 billion Roman Catholics, speaks often of those in need. He’s described the amount of poverty and inequality in the world as « a scandal » and implored the Church to fight what he sees as a « culture of exclusion. » Yet even as he calls for greater concern for the marginalized, he broadly and cavalierly condemns the market-driven economic development that has lifted a billion people out of extreme poverty within the lifetime of the typical millennial. A lack of understanding of even basic economic concepts has led one of the most influential and beloved human beings on the planet to decry free enterprise, opine that private property rights must not be treated as « inviolable, » hold up as the ideal « cooperatives of small producers » over « economies of scale, » accuse the Western world of « scandalous level[s] of consumption, » and assert that we need « to think of containing growth by setting some reasonable limits. » Given his vast influence, which extends far beyond practicing Catholics, this type of rhetoric is deeply troubling. It’s impossible to know how much of an impact his words are having on concrete policy decisions—but it’s implausible to deny that when he calls for regulating and constraining the free markets and economic growth that alleviate truly crushing poverty, the world is listening. A man Politico described as insisting « reality comes before theory » could not be more mistaken about the empirical truth of capitalism’s role in our world. While income inequality within developed countries may be growing, the income gap between the First World and the rest of the world is decreasing fast. As the World Bank’s Branko Milanovic has documented, we are in the midst of « the first decline in global inequality between world citizens since the Industrial Revolution. » In 1960, notes the Cato Institute’s Marian Tupy, the average America earned 11 times more than the average resident of Asia. Today, Americans make 4.8 times as much. « The narrowing of the income gap, » Tupy found, « is a result of growing incomes in the rest of the world, » not a decline in incomes in developed nations. (…) In just two decades, extreme poverty has been reduced by more than 50 percent. « In 1990, almost half of the population in developing regions lived on less than $1.25 a day, » reads a 2014 report from the United Nations. « This rate dropped to 22 per cent by 2010, reducing the number of people living in extreme poverty by 700 million. » How was this secular miracle achieved? The bulk of the answer is through economic development, as nascent markets began to take hold in large swaths of the world that were until recently desperately poor. (…) There are moments when Pope Francis seems to comprehend all this. In his encyclical, he quotes the now-sainted Pope John Paul II that « science and technology are wonderful products of a God-given human creativity, » and asks, « How can we not feel gratitude and appreciation for this progress? » But a few short pages later he suggests that « a decrease in the pace of production and consumption » would yet be for the best. The lasting impression is not of a staunch anti-capitalist tirelessly advocating for a well-thought-out alternative to the present system, but of a man confused about how to achieve the things he wants. Nowhere is that confusion clearer than when Pope Francis discusses the environment, the overarching topic of Laudato Si. To preserve the earth he wants us to live simpler lives, as by the example he’s set by eschewing the lavish trappings of the papacy. But he goes further than that, not just calling for individual restraint but also for government enforcement of what amounts to a reduction in overall economic activity. It does not seem to occur to him that this prescription might have adverse effects for the people still struggling to pull themselves out of desperate conditions and into the type of comfortable life he’s asking the rest of us to forgo. For the poor, the problem isn’t too much consumption, but too little wealth to afford the basic things the First World takes for granted. (…) Over and over throughout Laudato Si, he writes about the importance of protecting « God’s handiwork, » of providing access to green spaces, of « learning to see and appreciate beauty, » and of living in « harmony with creation. » But over and over we’ve seen that the type of concern for the environment he’s describing is a luxury good—that is, a thing people consume more of as they become richer. This should be surprising to no one. It’s been more than 70 years since Abraham Maslow introduced the idea that human needs can be organized into a hierarchy—and that until a person has satisfied her basic requirements for food, shelter, safety, and the like, she won’t be motivated to pursue higher-level needs, like friendship and « self-actualization. » While Pope Francis is not wrong to suggest that clean air and beautiful vistas matter, he seems to overlook how much less they matter to the mother in Burundi who cannot feed her children than they do to the white-collar professional in the U.S. or his native Argentina. (…) The World Health Organization (WHO) released data last year showing that the most air-polluted cities on the planet are all in India, Pakistan, and Iran. The lowest concentrations of particulate matter are meanwhile found in Iceland, Australia, and Canada. Both the economics and the history are clear: The more prosperous the developing world becomes, the more it too will be able to demand and achieve livable conditions. If your goal is to move the world to concern for the preservation of biodiversity, the answer is economic growth. If you want to increase access to clean water, the solution is to increase global wealth, and the consumer power that comes with it. Stephanie Slade
Il y a un siècle, l’Argentine et les États-Unis étaient à peu près aussi riches (ce qui veut dire, à bien des égards, qu’ils étaient tout aussi pauvres). Au cours des 115 dernières années, l’écart est frappant. Et il est pas accidentel. Comme Ronald Bailey l’a expliqué dans sa critique du livre de 2002 d’Hernando de Soto, Mystères de la capitale, Dans les années 1920, l’Argentine était l’une des plus grandes économies du monde, avec un revenu moyen à peu près équivalent à celui de la France. Riche comme un Argentin était un slogan souvent utilisé dans les cafés parisiens pour qualifier une personne particulièrement riche. (…) Depuis les années 1940, l’Argentine s’est engagée dans une série de politiques – nationalisation des industries, expansion des services de l’Etat et emprunts massifs à l’étranger – qui l’a fait rétrograder dans le monde. Au cours des dernières années, le revenu par habitant argentin s’est effondré, passant de 8 909 dollars – le double de celui du Mexique et trois fois celui de la Pologne – en 1999 à 2500 dollars aujourd’hui, à peu près à égalité avec la Jamaïque et la Biélorussie … Nick Gillespie
Argentina actually was slightly richer than the U.S. back in 1896. But that nation’s shift to statism, particularly after World War II, hindered Argentina’s growth rates. And seemingly modest differences in growth, compounded over decades, have a huge impact on living standards for ordinary people (i.e., inflation-adjusted GDP per person climbing nearly $27,000 in the U.S. vs an increase of less than $6,700 in Argentina). (…) To help make the bigger point about the importance of economic liberty, let’s now compare the United States with a jurisdiction that consistently has been ranked as the world’s freest economy. Look at changes in economic output in America and Hong Kong from 1950 to the present. As you can see, Hong Kong started the period as a very poor jurisdiction, with per-capita output only about one-fourth of American levels. But thanks to better policy, which led to faster growth compounding over several decades, Hong Kong has now caught up to the United States. What’s most remarkable, if you look at the table, is that per-capita output over the past 65 years has soared by more than 1,275 percent in Hong Kong. (…) In 1900, only 3% of American homes had electric lights but more than 99% had them before the end of the century. Infant mortality rates were 165 per thousand in 1900 and 7 per thousand by 1997. By 2001, most Americans living below the official poverty line had central air conditioning, a motor vehicle, cable television with multiple TV sets, and other amenities. A scholar specializing in the study of Latin America said that the official poverty level in the U.S. is the upper middle class in Mexico. The much criticized market economy of the U.S. has done far more for the poor than the ideology of the left. Pope Francis’ own native Argentina was once among the leading economies of the world, before it was ruined by the kind of ideological notions he is now promoting around the world. Ronald Bailey

Attention: un miracle peut en cacher un autre !

Au lendemain de la tournée « Danse avec les tyrans » d »un prétendu chef de la chrétienté …

Qui avait non seulement refusé de rencontrer les dissidents cubains mais nie à présent tout soutien à une greffière anti-« mariage pour tous » rencontrée secrètement juste avant son départ des Etats-Unis …

Et qui oubliant, à la tête d’une église possédant l’un des plus riches patrimoines de la planète (combien de divisions de réfugiés accueillis ?), les persécutions ou même le véritable génocide que subissent actuellement les chrétiens à travers le monde du Moyen-Orient à la Chine

N’avait pas de mots assez durs pour fustiger la richesse et le seul capitalisme qui semblent attirer tant de ses chers réfugiés y compris cubains …

Et de mots assez doux pour louer le miracle de la pauvreté dont les même réfugiés semblent si pressés de séparer …

Comment ne pas voir, avec la revue américaine Reason, le miracle encore plus extraordinaire …

De la pauvreté continuée ou même retrouvée, en ces temps qui ont vu l’extrême pauvreté diminuer de moité en à peine deux décennies, de tout un ensemble de pays…

Dont, suite au même malencontreux choix de l’étatisme que propose aujourd’hui la gauche britannique,… l’Argentine natale dudit pape ?

Poor Planning
How to achieve the miracle of poverty
Ronald Bailey
Reason
September 18, 2002

In his wonderful bookThe Mystery of Capital: Why Capitalism Triumphs in the West and Fails Everywhere Else, the Peruvian economist Hernando De Soto notes: « The cities of the Third World and the former communist countries are teeming with entrepreneurs. You cannot walk through a Middle Eastern market, hike up to a Latin American village, or climb into a taxicab in Moscow without someone trying to make a deal with you. The inhabitants of these countries possess talent, enthusiasm, and an astonishing ability to wring profit out of practically nothing. » It’s possible to keep such people down only if governments dedicate themselves to the pursuit of really bad policies for decades at a time.

Most notorious, of course, was the grinding poverty sustained for seven decades in the communist bloc. The phrase rich communist country has always been an oxymoron. We still have illustrations of communism’s brilliance at sustaining poverty in Cuba and North Korea. Today, even though Cuba has opened a bunch of swank hard currency beach resorts, its GDP per capita is still only $1,700 at purchasing power parity. Per capita GDP in North Korea, which is asking again this year for food aid, is only $1,000.

But policies don’t have to be as bad as totalitarian communism to make people poor. Consider the case of Argentina. In the 1920s Argentina’s was one of the largest economies in the world, with an average income about the same as France’s. Rich as an Argentine was a catch phrase often used in Paris cafés to describe an especially wealthy person.

Since the 1940s Argentina has embarked on a series of policies—nationalization of industries, expansion of state services, and vast overseas borrowing—that has eroded its rank in the world. In recent years, Argentina’s per capita income has collapsed, falling from $8,909—double Mexico’s and three times Poland’s—in 1999 to $2,500 today, roughly on par with Jamaica and Belarus.

Or take Sweden. Long gone are the arguments about the success of that kingdom’s alleged « middle way » between capitalism and communism. In 1970 Sweden was ranked third in per capita income among industrialized nations; today it ranks 17th. The country’s welfare state is strangling its economy. Taxes consume 55 percent of Sweden’s GDP, while public spending equals 65 percent of GDP.

 Just as bad policies can ensure poverty, good policies spark wealth creation. As De Soto points out, in the late 19th century tens of thousands of Japanese emigrated from their impoverished country to Peru in search of a better life. In the 1950s South Korean politicians said they hoped their country’s citizens would some day be as rich as Jamaicans. Clearly Japan (per capita GDP: $24,900) and South Korea (per capita GDP: $16,100) have done something right, while Peru (per capita GDP: $4,550) and Jamaica (per capita GDP: $3,700) have not. Just for comparison, U.S. GDP per capita is $36,200.

Finally, there is the heartbreak of Africa, where average per capita incomes have been falling for three decades. African politicians have embraced at one time or another all of the policy prescriptions for poverty listed below. In between, they have fought numerous civil wars and engaged in various bloody tribal pogroms.

Some recipes guaranteed to get lean results

Here, then, is a short guide for kleptocrats and egalitarians who want to keep their countries poor. All of these policies have stood the test of time as techniques for creating and maintaining poverty. The list is by no means exhaustive, but it will give would-be political leaders a good idea of how to start their countries on the road to ruin.

First, make sure that your country’s money is no good. Print money like there’s no tomorrow. Hyperinflation is one of the easiest and most popular ways to dismantle an economy. Another popular monetary gambit is to make sure your currency is not convertible. This guarantees that no one will ever want to invest in your country.

To further discourage investment, be sure to nationalize all major Industries. Nationalization has additional poverty-enhancing benefits. For example, it will ensure that the nationalized industries never improve technologically or become more efficient, and it makes workers pathetically dependent on their political masters, namely you.

Of course, you may find it too tiresome to nationalize everything, in which case it is very important that you establish high tariffs that insulate your country’s remaining private industries (usually owned by your cronies anyway) from competition.

In addition, your legal system should make it nearly impossible for anyone to license a new business, however small. This will offer opportunities for your bureaucrats to make a living through corruption and will protect your cronies from domestic competition. An added advantage is that most commerce will be made illegal and subject to arbitrary enforcement.

This leads to the point that property is critical. Once people start to own something, they invest in it and improve it, leading inexorably to the creation of wealth. Again, the legal system can help to make it impossible to issue clear titles so that your citizens can’t buy, sell, or borrow against their « property. » Also, force your farmers to sell their crops to government commodity boards at below-market rates. This will discourage them from investing in anything more advanced than subsistence agriculture, and you will be able to sell whatever crops you do seize at low prices to keep the urban populations quiet.

Some Last Advice

Another popular policy is confiscatory taxes. This strategy, which allows you to claim that you are soaking the rich in the name of equity, has long been fashionable among the genteelly stagnating economies of Europe.

Finally, you may have missed the golden age of international graft, when the World Bank and even commercial banks showered the governments of poor countries with loans. But if the opportunity arises, you should follow in the footsteps of two deceased leaders whose fortunes are now being divvied up in « Please Help » spams: Zairean dictator Mobutu Sese Seko and Nigerian General Sani Abacha. Take a page from their book by redirecting international loans directly to your Swiss bank accounts, sticking your citizens with the bill.

Unlike Mobutu, however, make sure to give up the pleasures of arbitrary power before you’re old (or overthrown in a coup), and move to Provence to enjoy your ill-gotten gains. Of course, be sure to invest your purloined riches only in countries with stable money, strong property rights, and honest bureaucracies.

Keeping people poor is hard work, but following the above policies will achieve that goal. Modern poverty is a miracle that only you can make happen.

Voir aussi:

If Pope Francis Wants to Help the Poor, He Should Embrace Capitalism

Markets and globalization have lifted billions out of poverty and lessened global inequality. So what’s behind the pope’s agenda?

Yet even as he calls for greater concern for the marginalized, he broadly and cavalierly condemns the market-driven economic development that has lifted a billion people out of extreme poverty within the lifetime of the typical millennial. A lack of understanding of even basic economic concepts has led one of the most influential and beloved human beings on the planet to decry free enterprise, opine that private property rights must not be treated as « inviolable, » hold up as the ideal « cooperatives of small producers » over « economies of scale, » accuse the Western world of « scandalous level[s] of consumption, » and assert that we need « to think of containing growth by setting some reasonable limits. »

Given his vast influence, which extends far beyond practicing Catholics, this type of rhetoric is deeply troubling. It’s impossible to know how much of an impact his words are having on concrete policy decisions—but it’s implausible to deny that when he calls for regulating and constraining the free markets and economic growth that alleviate truly crushing poverty, the world is listening. As a libertarian who is also a devout Roman Catholic, I’m afraid as well that statements like these from Pope Francis reinforce the mistaken notion that libertarianism and religion are fundamentally incompatible.

There’s no question that the pope at times seems downright hostile to much of what market-loving Catholics believe. In this summer’s lauded-by-the-press environmental encyclical Laudato Si (from which the quotes in the second paragraph were drawn), Pope Francis wrote that people who trust the invisible hand suffer from the same mindset that leads to slavery and « the sexual exploitation of children. » In Evangelii Gaudium, his 2013 apostolic exhortation, he chastised those who « continue to defend trickle-down theories which assume that economic growth, encouraged by a free market, will inevitably succeed in bringing about greater justice and inclusiveness in the world. »

Even more frustratingly, he asserted that such a belief in free markets « has never been confirmed by the facts. » Worse still, this year he stated in an interview: « I recognize that globalization has helped many people to lift themselves out of poverty, but it has condemned many other people to starve. It is true that in absolute terms the world’s wealth has grown, but inequality and poverty have arisen. » Globalization has caused poverty to « arise » and « condemned…many people to starve »?

A man Politico described as insisting « reality comes before theory » could not be more mistaken about the empirical truth of capitalism’s role in our world. While income inequality within developed countries may be growing, the income gap between the First World and the rest of the world is decreasing fast. As the World Bank’s Branko Milanovic has documented, we are in the midst of « the first decline in global inequality between world citizens since the Industrial Revolution. » In 1960, notes the Cato Institute’s Marian Tupy, the average America earned 11 times more than the average resident of Asia. Today, Americans make 4.8 times as much. « The narrowing of the income gap, » Tupy found, « is a result of growing incomes in the rest of the world, » not a decline in incomes in developed nations.

Markets: The Greatest Anti-Poverty Tool

« Entrepreneurial capitalism takes more people out of poverty than aid. » With those 10 words, spoken to an audience at Georgetown University in 2013, philanthropist rock star Bono demonstrated a keener understanding of economic reality than the leader of global Catholicism.

The U2 frontman clearly has it right—and Pope Francis is wrong to suggest that poverty is growing, or that capitalism, free markets, and globalization are fueling the (non-existent) problem. In just two decades, extreme poverty has been reduced by more than 50 percent. « In 1990, almost half of the population in developing regions lived on less than $1.25 a day, » reads a 2014 report from the United Nations. « This rate dropped to 22 per cent by 2010, reducing the number of people living in extreme poverty by 700 million. »

How was this secular miracle achieved? The bulk of the answer is through economic development, as nascent markets began to take hold in large swaths of the world that were until recently desperately poor. A 2013 editorial from The Economist noted that the Millennium Development Goals « may have helped marginally, by creating a yardstick for measuring progress, and by focusing minds on the evil of poverty. Most of the credit, however, must go to capitalism and free trade, for they enable economies to grow—and it was growth, principally, that has eased destitution. »

The image of economic growth as an « engine » that drives progress and lifts people up is nothing novel, of course. In his book The Road to Freedom, American Enterprise Institute president Arthur Brooks discussed the transformation the U.S. underwent in the 1800s as a result of the Industrial Revolution:

Average prosperity in the 19th century began to rocket upwards…In 1850, life expectancy at birth in the United States was 38.3. By 2010, it was 78. The literacy rate in the United States rose from 80 percent in 1870 to 99 percent today. And real per capita GDP increased twenty-two-fold from 1820 to 1998.

Poverty may never be fully a thing of the past. But if you’re looking to increase global prosperity and decrease global hardship—something Christians as a rule are pretty concerned with and Pope Francis has expressed a particular interest in—history has shown us the way to do it: through industrialization and mass production, trade liberalization that lets goods and people flow across borders to serve each other better, and property rights that give everyone the ability to put their wealth to work for them.

Ultimately, hindering the free market system is the surest way we know of to slow the pace of growth. And it’s growth that leads to quality-of-life improvements not just here in America but also—especially—in the developing world. Pope Francis thinks free marketeers have been deluded by a « myth of unlimited material progress. » If we have, it’s because we’ve seen for ourselves the wonders that economic development and technological advancement can bring—from modern medicine stopping diseases that were the scourge of civilizations for centuries, to buildings more able to withstand natural disasters than at any time before, to ever-widening access to the air conditioning he wishes us to use less of.

The pope is enamored of the idea of « small-scale food production systems … using a modest amount of land and producing less waste, be it in small agricultural parcels, in orchards and gardens, hunting and wild harvesting or local fishing. » He does not seem to understand that it is mass-market production—including often-vilfiied biotech crops—that has freed millions of people from hunger by allowing us to reap far more food from far fewer resources.

Productivity gains have been so great that humanity is on the brink of being able to release enormous tracts of farmland back to nature while feeding more people than ever before, according to researchers at the Program for the Human Environment at Rockefeller University. But resisting such advances out of skepticism or nostalgia can have devastating consequences. Take for example the story of Golden Rice, a genetically modified crop fortified with Vitamin A, whose introduction has been delayed since 2000 by government regulations. The grain has the potential to save up to 3 million poor people a year from going blind, and to alleviate Vitamin A deficiency—which compromises the immune system—in a quarter of a billion people a year. But unwarranted fears of « frankenfoods » have kept Golden Rice from widespread use in the developing world. In a study published last year in the journal Environment and Development Economics, scholars at Technische Universität München and the University of California, Berkeley estimated those delays resulted in the loss of 1.4 million life years over the past decade—and that was just in India.

There are moments when Pope Francis seems to comprehend all this. In his encyclical, he quotes the now-sainted Pope John Paul II that « science and technology are wonderful products of a God-given human creativity, » and asks, « How can we not feel gratitude and appreciation for this progress? » But a few short pages later he suggests that « a decrease in the pace of production and consumption » would yet be for the best. The lasting impression is not of a staunch anti-capitalist tirelessly advocating for a well-thought-out alternative to the present system, but of a man confused about how to achieve the things he wants.

Nowhere is that confusion clearer than when Pope Francis discusses the environment, the overarching topic of Laudato Si. To preserve the earth he wants us to live simpler lives, as by the example he’s set by eschewing the lavish trappings of the papacy. But he goes further than that, not just calling for individual restraint but also for government enforcement of what amounts to a reduction in overall economic activity. It does not seem to occur to him that this prescription might have adverse effects for the people still struggling to pull themselves out of desperate conditions and into the type of comfortable life he’s asking the rest of us to forgo. For the poor, the problem isn’t too much consumption, but too little wealth to afford the basic things the First World takes for granted.

To Save the Planet, Empower More Consumers

But perhaps, as the pope suggests, slower economic growth really is required if we are to save the planet?

Here, too, Pope Francis suffers from a blindness to empirical reality. Over and over throughout Laudato Si, he writes about the importance of protecting « God’s handiwork, » of providing access to green spaces, of « learning to see and appreciate beauty, » and of living in « harmony with creation. » But over and over we’ve seen that the type of concern for the environment he’s describing is a luxury good—that is, a thing people consume more of as they become richer.

This should be surprising to no one. It’s been more than 70 years since Abraham Maslow introduced the idea that human needs can be organized into a hierarchy—and that until a person has satisfied her basic requirements for food, shelter, safety, and the like, she won’t be motivated to pursue higher-level needs, like friendship and « self-actualization. » While Pope Francis is not wrong to suggest that clean air and beautiful vistas matter, he seems to overlook how much less they matter to the mother in Burundi who cannot feed her children than they do to the white-collar professional in the U.S. or his native Argentina.

Again, Pope Francis comes maddeningly close to acknowledging this in his encyclical. « In some countries, » he writes, « there are positive examples of environmental improvement: rivers, polluted for decades, have been cleaned up; native woodlands have been restored; landscapes have been beautified thanks to environmental renewal projects; beautiful buildings have been erected; advances have been made in the production of non-polluting energy… » But he ignores that it’s in the most developed parts of the world where the push for sustainability and green energy, for living slow and eating local, for highway beautification and Earth Day and nearly every other conservation effort originate.

The pope decries « the unruly growth of many cities, which have become unhealthy to live in. » He does not seem to recognize that the cities that are true horrors to live in are the very places that would benefit most from robust economic activity. He condemns « the pollution produced by the companies which operate in less developed countries in ways they never could do at home. » He does not consider that rich Americans and Europeans can afford to care about such things because we’re not malnourished or dying of malaria.

The World Health Organization (WHO) released data last year showing that the most air-polluted cities on the planet are all in India, Pakistan, and Iran. The lowest concentrations of particulate matter are meanwhile found in Iceland, Australia, and Canada.

Both the economics and the history are clear: The more prosperous the developing world becomes, the more it too will be able to demand and achieve livable conditions. If your goal is to move the world to concern for the preservation of biodiversity, the answer is economic growth. If you want to increase access to clean water, the solution is to increase global wealth, and the consumer power that comes with it. Studies have shown that deforestation reverses when a country’s annual GDP reaches about $3,000 per capita. While some environmental indicators do get worse during the early stages of industrialization, the widely accepted Environmental Kuznets Curve hypothesis convincingly argues that they quickly reverse themselves when national income grows beyond a certain threshold. If the pope wants a cleaner world, the best way to get there is by creating a richer world—something Pope Francis’ own policy recommendations will make more difficult.

Why This Matters to Me

Watching someone a billion people look to for moral guidance—and who’s been known to broker political agreements between world leaders—assume a critical posture toward capitalism is troubling to me as a believer in free markets. But it’s not just that I fear the pope is weakening public support for the economic freedom that increases standards of living while minimizing poverty. It’s also that when Pope Francis slanders the « magical » thinking of people who trust markets more than government, he’s reinforcing the already widespread idea that libertarianism and religion aren’t compatible.

As a churchgoing, Christ-loving Catholic, I feel duty-bound to push back against that notion. It’s not the case that Rome demands fidelity on matters of economic policy—or that everything a pope teaches must be accepted by the faithful as correct. Actually, the ability to make unerring declarations is narrowly circumscribed according to Church teachings. To quote directly from the Second Vatican Council’s Lumen Gentium (emphasis mine), « The Roman Pontiff, head of the college of bishops, enjoys this infallibility in virtue of his office, when, as supreme pastor and teacher of all the faithful…he proclaims by a definitive act a doctrine pertaining to faith or morals. »

In practice, such « definitive acts, » in which a pope makes clear he’s teaching « from the chair » of Jesus, are almost vanishingly rare.

« Catholic social teaching is not a detailed policy platform that all Catholics are obliged to sign on to, » says Catholic University’s Jay W. Richards. « It’s an articulation of what I’d refer to as ‘perennial principles.’…The encyclicals themselves frequently recognize that it falls to Catholic laymen and laywomen, in their respective roles, to take the principles and apply them in concrete situations. »

Even Pope Francis himself has noted that « neither the Pope nor the Church have a monopoly on the interpretation of social realities or the proposal of solutions to contemporary problems. » The passage, from Evangelii Gaudium, continues:

Here I can repeat the insightful observation of Pope Paul VI: « In the face of such widely varying situations, it is difficult for us to utter a unified message and to put forward a solution which has universal validity. This is not our ambition, nor is it our mission. It is up to the Christian communities to analyze with objectivity the situation which is proper to their own country.

In other words, a faithful Catholic need not always agree with a sitting pope. The New York Times columnist Ross Douthat has repeatedly encouraged the faithful to consider that we might actually have a responsibility to resist the pope so as to help preserve the Church from error. The Catechism of the Catholic Church says that « in all he says and does, man is obliged to follow faithfully what he knows to be just and right »—that is, to listen to his « moral conscience. » And so, although I respect Pope Francis’ office, I feel no compunction in saying I think he needs to reassess his beliefs about the power of free markets to make the world a better place. 

The Freedom to Be Better Christians

Responding to the pope’s statements and writings on these topics is made harder by the fact that, like many non-libertarians, he often blurs the line between private vs. public action. Is he simply encouraging people to resist avarice and demonstrate more Christian charity at an individual level? Or is he condemning the capitalist system and suggesting it be replaced at a government level? We know the pope distrusts « the unregulated market. » But does he think extensive laws are needed to constrict people’s choices and redistribute their property? Or can moral actors, making ethical consumption decisions and voluntarily sharing what they have with the less fortunate, provide regulation enough?

Much of what the pope writes seems to be concerned with micro-level, personal behavior. Consider this passage from Laudato Si: « We are speaking of an attitude of the heart…which accepts each moment as a gift from God to be lived to the full. Jesus taught us this attitude when he invited us to contemplate the lilies of the field and the birds of the air…and in this way he showed us the way to overcome that unhealthy anxiety which makes us superficial, aggressive and compulsive consumers. »

To the extent he’s simply urging his followers to better live out our Christian vocations, I find little on which to disagree. A pastor’s job is to be concerned with the eternal souls of his flock. It’s true that « an appreciation of the immense dignity of the poor » is « one of our deepest convictions as believers, » and the Church has always encouraged its members to be good stewards of natural creation. Moreover, the Holy Father is right to warn that « the mere amassing of things and pleasures are not enough to give meaning and joy to the human heart. » Economists describe people as utility, not profit, maximizers. Even the most rigid libertarian knows the pursuit of happiness is more than the pursuit of material wealth.

But Pope Francis often goes beyond just reminding Christians of our « call to sainthood. » In a speech at the World Meeting of Popular Movements this summer in Bolivia he said: « Let us say no to an economy of exclusion and inequality, where money rules, rather than service. That economy kills. That economy excludes. That economy destroys Mother Earth. » Note that here it isn’t just « compulsive consumerism » and « unfettered greed » in his crosshairs—it’s the economy itself. This gives credence to the idea that he thinks the very structures of the market system need to be upended.

« The problem is [Pope Francis] doesn’t clearly make distinctions between capitalism and trade and greed and corporatism, » like the kind he would have seen in Argentina, Catholic University’s Richards says. « My sense is he’s skeptical of what he thinks capitalism is, but also that he hasn’t made a careful study of these things. »

Evidence that the pope is working with an inaccurate picture of what capitalists really believe comes from Evangelii Gaudium, wherein he wrote that we exhibit « a crude and naïve trust in the goodness of those wielding economic power. » Richards thinks Pope Francis fundamentally misunderstands Adam Smith’s key insight: that even if the people who « wield economic power » are narrowly self-interested, the market will orient their behavior in a way that benefits others.

« Now as a matter of fact we live in a fallen world, and so the question is: What is the best economic arrangement to either mitigate human selfishness or even to channel it into something socially beneficial? » Richards asks. « Precisely the reason I believe in limited government and a free economy is because it’s the best of the live alternatives at channeling both people’s creativity and ingenuity, but also their greed. »

The pope doesn’t see it that way. From his perspective, either you support unfettered capitalism or you care about poverty. Among free marketeers, he says dismissively, the problems of the poor « are brought up as an afterthought, a question which gets added almost out of duty or in a tangential way, if not treated merely as collateral damage. » But that is a deeply uncharitable characterization of those who see things differently than he does. The people I know who invest their time and talent into defending economic freedom do so not in spite of the effect we think a capitalist system has on the least among us, but because of it. As John Mackey, the co-founder of Whole Foods (a company that’s a leader in philanthropic giving), argues in a recent interview with Reason, one of the strongest moral arguments for capitalism is that it alleviates poverty.

That’s not to say we shouldn’t still be working to transcend our fallen nature. Within a free society there’s plenty of space, for those who are so inclined, to heed Pope Francis’ appeal—to be less materialistic, more selfless, truer disciples of Christ. In fact, I’ve argued that only a liberalized economic order grants people the autonomy to choose for themselves to be generous. If you don’t have the freedom to accumulate treasure, how can you possibly share it with the world?

Stephanie Slade is deputy managing editor at Reason magazine.

Voir également:

Maybe Pope Francis Doesn’t Understand Capitalism Because He Confuses It with Argentine Corporatism
100 years ago, « rich as an Argentine » was a catchphrase. That hasn’t been true for a long time.
Nick Gillespie
Reason
Sep. 24, 2015

As my colleague—and devout Roman Catholic—Stephanie Slade has argued, Pope Francis doesn’t really understand capitalism, especially its role in lifting up the poor from poverty and deprivation.

The folks at Human Progress, a site operated by the Cato Institute’s Marian Tupy, suggest that the pope’s Argentine origins might be one source of confusion. Argentina is not a capitalist state but a corporatist one. If you mistake corporatism for capitalism, you would surely have a bad view of the latter. A century ago, Argentina and the United States were about equally wealthy (which is to say, in many ways, that they were equally poor).

Over the past 115 years, the divergence is striking. And it’s not accidental. As Ronald Bailey explained in a review of Hernando de Soto’s 2002 book, Mysteries of Capital,

In the 1920s Argentina’s was one of the largest economies in the world, with an average income about the same as France’s. Rich as an Argentine was a catch phrase often used in Paris cafés to describe an especially wealthy person.

Since the 1940s Argentina has embarked on a series of policies—nationalization of industries, expansion of state services, and vast overseas borrowing—that has eroded its rank in the world. In recent years, Argentina’s per capita income has collapsed, falling from $8,909—double Mexico’s and three times Poland’s—in 1999 to $2,500 today, roughly on par with Jamaica and Belarus.

No one is using « rich as an Argentine » these days, that’s for sure. The country’s economy lurches from one crisis to another, so much so that residents now are turning to Bitcoin as a way to escape Argentina’s constantly inflating and deflating currency.

Voir encore:

Pope Wrongly Blames Capitalism For Ills Of Poor

Thomas Sowell

Investor’s Business daily

09/21/2015

Pope Francis has created political controversy, both inside and outside the Catholic Church, by blaming capitalism for many of the problems of the poor. We can no doubt expect more of the same during his visit to the United States.

Pope Francis is part of a larger trend of the rise of the political left among Catholic intellectuals. He is, in a sense, the culmination of that trend.

There has long been a political left among Catholics, as among other Americans. Often they were part of the pragmatic left, as in the many old Irish-run, big-city political machines that dispensed benefits to the poor in exchange for their votes, as somewhat romantically depicted in the movie classic, « The Last Hurrah. »

But there also has been a more ideological left. Where the Communists had their official newspaper, « The Daily Worker, » there was also « The Catholic Worker » published by Dorothy Day.

A landmark in the evolution of the ideological left among Catholics was a publication in the 1980s, by the National Conference of Catholic Bishops, titled « Pastoral Letter on Catholic Social Teaching and the U.S. Economy. »

Although this publication was said to be based on Catholic teachings, one of its principal contributors, Archbishop Rembert Weakland, said: « I think we should be upfront and say that really we took this from the Enlightenment era. »

The specifics of the bishops’ « Pastoral Letter » reflect far more of the secular Enlightenment of the 18th century than of Catholic traditions. Archbishop Weakland admitted that such an Enlightenment figure as Thomas Paine « is now coming back through a strange channel. »

Strange indeed. Paine rejected the teachings of « any church that I know of, » including « the Roman church. » He said: « My own mind is my own church. » Nor was Paine unusual among the leading figures of the 18th-century Enlightenment.

To base social or moral principles on the philosophy of the 18th-century Enlightenment and then call the result « Catholic teachings » suggests something like bait-and-switch advertising.

But, putting aside religious or philosophical questions, we have more than two centuries of historical evidence of what has actually happened as the ideas of people like those Enlightenment figures were put into practice in the real world — beginning with the French Revolution and its disastrous aftermath.

The authors of the « Pastoral Letter » in the 1980s and Pope Francis today blithely throw around the phrase « the poor, » blaming poverty on what other people are doing to or for the poor.

Any serious look at the history of human beings over the millennia shows that the species began in poverty. It is not poverty, but prosperity, that needs explaining. Poverty is automatic, but prosperity requires many things — none of which is equally distributed around the world or even within a given society.

Geographic settings are radically different, both among nations and within nations. So are demographic differences, with some nations and groups having a median age over 40 and others having a median age under 20. This means that some groups have several times as much adult work experience as others. Cultures are also radically different in many ways.

As distinguished economic historian David S. Landes put it, « The world has never been a level playing field. » But which has a better track record of helping the less fortunate — fighting for a bigger slice of the economic pie, or producing a bigger pie?

In 1900, only 3% of American homes had electric lights but more than 99% had them before the end of the century. Infant mortality rates were 165 per thousand in 1900 and 7 per thousand by 1997. By 2001, most Americans living below the official poverty line had central air conditioning, a motor vehicle, cable television with multiple TV sets, and other amenities.

A scholar specializing in the study of Latin America said that the official poverty level in the U.S. is the upper middle class in Mexico. The much criticized market economy of the U.S. has done far more for the poor than the ideology of the left.

Pope Francis’ own native Argentina was once among the leading economies of the world, before it was ruined by the kind of ideological notions he is now promoting around the world.

Voir de plus:

Pope Francis’s Hypocritical Politicking
Victor Davis Hanson
National Review Online
October 2, 2015

Unpopular though it may be to say so, I, for one, grew exhausted by the non-stop pronouncements /commentaries of Pope Francis. The spiritual leader of 1 billion Catholics — roughly half of the world’s Christians — Francis just completed a high-profile, endlessly publicized visit to the United States.

But unlike past visiting pontiffs, the Argentine-born Francis weighed in on a number of hot-button U.S. social, domestic, and foreign-policy issues during a heated presidential-election cycle.

Francis, in characteristic cryptic language, pontificated about climate change. He lectured on illegal immigration. He harped on the harshness of capitalism, as well as abortion and capital punishment.

A fair-minded person might infer from his advice that capitalism is more prone to impoverish than to create enough wealth to bring the underclass out of poverty. Yet the poor in the free-market United States are mostly better off than the middle classes in Pope Francis’ homeland. Argentina’s statism has transformed one of the most resource-rich countries in the world into an impoverished nation. Are the wages of socialism therefore less than Christian?

Authoritarian regimes such as the Castro dynasty in Cuba or Iran’s theocracy do not receive much criticism from the pope for their administration of state justice. Yet Francis blasted capital punishment, which in America is mostly reserved for first-degree murderers, not the perpetrators of thought crimes as in Cuba and Iran.

Francis believes — and ipso facto puts the church behind the creed — that global warming is man-caused. It is supposedly ongoing and can be addressed only though radical state intervention.

Francis, who arrived in the U.S. in a carbon-spewing jet, seems to leave no room for other views. If the climate really is becoming warmer, it cannot be because of naturally occurring cycles of long duration.

Hundreds of thousands of migrants are now swarming illegally into the West, whether into Europe mostly from the Middle East, or into America from Latin America. They arrive in numbers that make them difficult to assimilate and integrate, with radical repercussions on the host country’s ability to serve the social needs of its own poorer citizens.

Yet Francis reserves most of his advice for host countries to ensure that they treat the often-impoverished and mostly young male newcomers with Christian humanity. That advice is admirable. But the pope might have likewise lectured the leaders of countries such as Syria and Mexico to stop whatever they are doing to heartlessly drive out millions of their own citizens from their homes.

Or he might have suggested that migrants seek lawful immigration and thereby more charitably not harm the interests of immigrants who wait patiently until they can resettle lawfully.

Or he might have praised the West for uniquely creating conditions that draw in, rather than repel, the world’s migrants.

In sum, Francis did not fully understand a country founded on the principle of separation of church and state. And he has tragically harmed that delicate American equilibrium.

If a Christian truly believes that capitalism is the world’s only hope, that illegal immigration is detrimental to all involved, or that the Iranian nuke deal is a prelude to either war or nuclear proliferation, is he thereby somewhat less Christian or Catholic?

Is Francis aware of age-old hospitality adages about guests and hosts, or warnings about those who live in glass houses?

Would an American president dare to visit the Vatican to lecture the leaders of the Roman Catholic Church about their blatant sex and age discrimination, and to advise Francis that his successor should be female or under 50?

Should Americans urge the pope to adopt the supposedly enlightened Western doctrine of disparate impact, which might fault senior Vatican clergymen for failing to promote diversity in matters of sex, race, or age?

In this new freewheeling climate of frank exchange, should Protestant friends now advise Catholic dioceses to open their aggregate 200 million acres of global church lands to help house current migrants? Or should Francis first deplore the capitalist business practices in the administration of the so-called Vatican Bank?

Should the Church turn over to prosecuting attorneys all the names of past and present clergy accused of criminal sexual abuse, and cede all investigation and punishment entirely to the state?

Lots of hypocrisy inevitably follows when churches and their leaders politick.

Conservatives who object to Francis’s sermonizing often enjoy it when the moral majority and born-again Evangelicals stamp their own social agendas with Protestant piety.

Liberals might applaud the pope when he weighs in on global warming and cutthroat capitalism but perhaps want him to stick to religion when he frowns on abortions or female priests.

Because Pope Francis has shed the Catholic Church’s historic immunity from American politics, for good or bad, he and the church are fair game for political pushback.

But do we really want a priest in the role of Bernie Sanders or Ted Cruz, dressed in ancient Roman miter and vestments, addressing hot-button issues with divine sanction?

Voir de même:

Pope Francis is just another liberal political pundit
John Podhoretz
The New York Post
September 25, 2015

Pope Francis is unquestionably a man of ­uncommon personal grace, the possessor of a genuinely beautiful soul. “On Heaven and Earth,” his book-length exchange with Rabbi Abraham Skorka first published in 2010, is a remarkable testament to the breadth of his perspective.

But that’s not exactly the guy who showed up Friday at the United Nations. That pope endorsed the Iran deal, the UN’s environmentalist goals and what amounts to a worldwide open-borders policy on refugees — and ­offered a very specific view of how to promote development in the Third World that’s straight out of a left-wing textbook.

“The International Financial Agencies,” the pope said, “should care for the sustainable development of countries and should ensure that they are not subjected to oppressive lending systems which, far from promoting progress, subject people to mechanisms which generate greater poverty, exclusion and dependence.”

We’re told we must not view the pope’s expression of views on contemporary subjects through the lens of day-to-day issues — that we belittle him and ourselves by examining his words through an ideological filter.

Because of the awesome position he holds, and by dint of his own teachings and his life and teachings before he rose to service as the Vicar of Christ, Francis is said to be deeper and loftier than mere politics.

Sorry: When the pontiff sounds less like a theological leader and more like the 8 p.m. host on MSNBC or the editor of Mother Jones, what’s a guy to do?

Pope Francis is entirely within his rights to become the world’s foremost liberal. But, since that’s what he is, it can’t be wrong to say so.

It is undoubtedly the role of theological leaders to speak to our highest selves, to remind us of eternal moral teachings, to remove us from the everyday and put us in touch with the divine. We look to leaders to tell us what our faith traditions expect of us — what we should do and what we must do.

And, of course, it is impossible to do so without touching on the behavior of people and nations in the present. A leader whose role it is to save the souls of his flock must take account of the particular temptations that beset them and the particular challenges they face.

But that’s wildly different from specifically embracing a UN document, or endorsing a specific agreement ­between nations. And this is what Francis told us:

“The adoption of the 2030 Agenda for Sustainable ­Development at the World Summit, which opens today, is an important sign of hope. I am similarly confident that the Paris Conference on Climatic Change will secure fundamental and effective agreements.”

When a leader speaks in these sorts of bureaucratic specifics, he is descending from the highest heavens into ordinary, even trivial,  reality. He’s using his ­authority in the realm of the spiritual to influence the ­political behavior of others.

He becomes just another pundit. And who needs another one of those?

Voir aussi:
Recul historique de la pauvreté dans le monde malgré l’Afrique
AFP

04 Oct 2015
L’extrême pauvreté devrait reculer cette année à un niveau sans précédent et frapper moins de 10% de la population mondiale en dépit d’une situation encore « très inquiétante » en Afrique, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) publié dimanche.

« Nous pourrions être la première génération dans l’histoire qui pourrait mettre un terme à l’extrême pauvreté », s’est félicité Jim Yong Kim, le président de l’institution qui tient la semaine prochaine son assemblée générale à Lima, au Pérou, avec le FMI.

Selon les projections de la BM, quelque 702 millions de personnes, soit 9,6% de la population mondiale, vivent sous le seuil de pauvreté, que l’institution a d’ailleurs relevé de 1,25 à 1,90 dollar par jour pour tenir notamment compte de l’inflation.

En 2012, date des données disponibles les plus récentes, les plus défavorisés de la planète étaient 902 millions, soit près de 13% de la population mondiale, une proportion qui atteignait encore 29% en 1999.

Un jeune mineur sort de la galerie d’une mine d’or clandestine au Burkina-Faso, le 20 février 2014, dans le village de Nobsin
Selon M. Kim, ce recul est le fruit d’une croissance économique dynamique, d’investissements dans la santé, l’éducation et dans les mécanismes de protection sociale qui ont permis d’éviter à des millions de personnes « de retomber dans la pauvreté ».

Cette embellie, espère le dirigeant, pourrait donner un « nouvel élan » à la communauté internationale après la récente adoption par les Nations unies de nouveaux objectifs de développement durable, dont l’éradication de l’extrême pauvreté.

– Obstacles –

La Banque mondiale note toutefois que « de nombreux obstacles » demeurent, notamment en raison de fortes disparités géographiques.

Si la tendance est à une nette baisse en Asie orientale — et spécialement en Inde — ou en Amérique du Sud, l’extrême pauvreté s’enracine en Afrique subsaharienne où elle frappe encore cette année 35,2% de la population.

Selon la Banque, la région abrite ainsi, à elle seule, la moitié des plus défavorisés du globe.

« La concentration croissante de la pauvreté dans le monde en Afrique subsaharienne est extrêmement inquiétante (…). La région dans son ensemble n’arrive pas à suivre le rythme de réduction de la pauvreté du reste du monde », souligne la Banque mondiale.

La situation est particulièrement préoccupante dans les deux pays les plus touchés sur le globe, Madagascar et la République démocratique du Congo, dont quelque 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, d’après le rapport.

L’institution reconnaît par ailleurs qu’elle ne dispose pas de données fiables sur la pauvreté au Moyen-Orient et au Maghreb en raison des « conflits » et de « la fragilité » dans les principaux pays de la région.

La Banque mondiale met surtout en garde contre tout retournement de la croissance dans les pays émergents, qui montre des signes d’essoufflement après avoir porté l’économie mondiale pendant la crise financière de 2008-2009.

« Le développement a été robuste au cours des deux dernières années mais le long ralentissement mondial depuis la crise financière de 2008 commence à produire ses effets sur les pays émergents », a estimé l’économiste en chef de la BM, Kaushik Basu.

La Banque s’inquiète spécifiquement de l’impact du prochain resserrement de la politique monétaire américaine, qui pourrait conduire les investisseurs à quitter en masse les pays à faible revenu au risque de les priver de ressources vitales.

« Il y a des turbulences à venir (…) qui créeront de nouveaux défis dans le combat pour mettre fin à la pauvreté », a estimé l’économiste en chef de la BM.

Tout en saluant la tendance à un recul de la pauvreté, l’organisation Oxfam a estimé que le chiffre global « restait intolérablement élevé ». « Beaucoup reste à faire », a déclaré Nicolas Mombrial, le directeur de l’organisation à Washington.

« La mobilisation de nouvelles ressources et un changement politique radical sont nécessaires », a-t-il ajouté.

Voir également:

Le Point
08/10/2015
Les derniers chiffres de la Banque mondiale communiqués à la presse ce 4 octobre sont explicites et encourageants : le nombre de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté a été largement diminué, passant de 37 % de la population mondiale en 1990 à moins de 10 % aujourd’hui, alors que, dans le même temps, cette dernière a augmenté de 2 milliards d’habitants. Le phénomène s’est accéléré pendant ces quatre dernières années : ces personnes totalement démunies, sujettes aux famines ou aux épidémies, qui étaient encore 902 millions en 2012 (12,8 % de la population), ne sont plus que 702 millions en 2015, soit 9,6 % de la population mondiale.On apprend également que ce seuil de l’extrême pauvreté a été relevé par la Banque mondiale de 1,25 dollar à 1,90 dollar par jour dès 2011, en raison, selon le président de la Banque, Jim Yong Kim, « de l’évolution de l’inflation, du prix des matières premières et des taux de change » constatée entre 2005 et 2011 dans les quinze pays les plus pauvres de la planète. Ce seuil n’est donc plus de 1 dollar par jour comme on nous le serine parfois, mais de près du double.Toujours trop !Si l’on s’éloigne un peu de la froideur des chiffres pour avoir un autre regard sur ce problème tragique, on ne peut en aucun cas se contenter de ces nouvelles positives, alors que des centaines de millions d’êtres humains risquent encore à tout moment de mourir de faim. Ce sera toujours trop et on ne se satisfera jamais de ces statistiques, même si elles sont en amélioration constante. En revanche, on peut observer et particulièrement en France un étrange phénomène : au lieu de se réjouir de ces avancées, de se féliciter de ces progrès significatifs, nos bobos professionnels et nos donneurs de leçons habituels ne sont plus disponibles pour en parler et préfèrent garder le silence.Ceux qui défilaient contre la faim dans le monde il n’y a pas si longtemps, derrière des drapeaux rouges et des pancartes agressives, ont disparu de la circulation. Quant à ceux d’entre eux qui travaillent dans les médias, en particulier audiovisuels, apparemment ils n’ont plus aucune envie d’en faire état et d’ouvrir de nouveaux débats sur la question : cela les obligerait à admettre que c’est grâce à l’économie de marché que la pauvreté diminue dans le monde, grâce à la baisse des prix des produits de première nécessité et des médicaments, obtenue par la liberté du commerce dans un système concurrentiel, et enfin grâce aux dizaines de milliards de dollars déversés chaque année sur les pays les plus pauvres par les pays capitalistes les plus riches.

Sans compter les milliards des immenses fondations de donateurs follement généreux tels que Bill Gates ou Warren Buffett. Chez les anticapitalistes et les antilibéraux qui peuplent nos ministères, nos administrations, nos partis politiques et nos médias, étatisés ou non, ce serait se trahir que d’admettre simplement cette évidence : depuis l’effondrement du communisme à l’est de l’Europe et l’adoption de l’économie de marché par la Chine, la planète se porte beaucoup mieux grâce au capitalisme.

Voir de même:

Royaume-Uni. Jeremy Corbyn, un perturbateur qui doit faire ses preuves
Europe
Judith Sinnige

Courrier international – Paris
14/09/2015

Jeremy Corbyn après son élection à la tête du parti travailliste, le 12 septembre 2015. PHOTO AFP / BEN STANSALL
Avec l’élection de M. Corbyn, le Parti travailliste a amorcé un virage à gauche qui répond aux demandes de l’électorat – las de l’austérité et des inégalités. Mais, face aux problèmes du pays, le nouveau leader ne propose pas forcément des solutions viables, s’inquiète la presse britannique.

“Un glissement de terrain” (The Independent), “une catastrophe” (Financial Times) plongeant le Parti travailliste dans “une guerre civile” ( The Sunday Times)… La presse britannique fait surenchère de métaphores pour décrire la victoire de Jeremy Corbyn, le radical de gauche qui a été élu président des travaillistes le 12 septembre avec près de 60 % des voix.

Avec l’élection de Jeremy Corbyn, nous avons “un non-conformiste d’extrême gauche à la tête d’un grand parti politique. C’est quelque chose de grave, non seulement pour le Parti travailliste mais pour la politique britannique tout entière”, estime le Financial Times. Le quotidien financier comprend “la colère populaire concernant l’austérité et les inégalités sociales” et “l’image d’authenticité [de M. Corbyn]” qui ont contribué à sa victoire, mais regrette que Corbyn soit “vigoureusement antiaméricain”, qu’il se dise “ami” du Hamas et du Hezbollah, et qu’il “envisagerait de retirer le Royaume-Uni de l’Otan et d’abandonner l’arsenal nucléaire britannique”.

“Hommage à Trotski”
Quant à sa politique économique, elle risque de devenir “un hommage à Trotski digne des années 1980”, poursuit le journal. Il rappelle que M. Corbyn propose de nationaliser les chemins de fer et qu’il “flirte avec l’idée de forcer la Banque d’Angleterre à financer le déficit [en ayant recours à la planche à billets], sans prendre en considération le risque d’inflation”. Comme ces idées sont “à contre-courant et très éloignées de celles de son groupe parlementaire” – en effet six ministres du cabinet travailliste fantôme ont quitté leur poste après l’élection de M. Corbyn –, elles ne permettent pas “une opposition crédible”. C’est donc “mauvais pour le Parti travailliste et encore pire pour notre pays”.

“Ses idées sont simplement dangereuses”
Son élection est “un bond en arrière”, surenchérit The Daily Telegraph. Le journal conservateur estime que le nouveau dirigeant a tort sur toute la ligne et que “sa forme de socialisme est tellement extrême qu’il représente même une rupture avec les courants plus radicaux au sein de son propre parti”. En l’élisant, le parti a “propulsé au milieu de la scène publique un homme dont les idées sont tout simplement dangereuses”.

The Observer est plus indulgent et rappelle que

Corbyn a réussi à faire quelque chose d’extraordinaire : il a mobilisé des centaines de milliers de personnes, y compris des jeunes, à devenir membres d’un parti. Aucun dirigeant politique ni de gauche ni de droite ne l’a fait.”
Néanmoins, le journal de gauche note que “les idées [de Corbyn] ne sont guère nouvelles” et apportent “peu de solutions concrètes aux problèmes auxquels le pays est confronté”. De plus, il appelle Corbyn à faire en sorte que le Parti travailliste cesse d’être “un parti obsédé par les très riches et les très pauvres, qui ne propose rien à ceux au milieu”.

“Adversaire redoutable pour David Cameron”
“Jeremy Corbyn pourrait faire beaucoup mieux qu’on ne croit”, prévoit le journaliste Ian Dunt. Dans Politics, il conseille aux Britanniques de ne pas croire les prévisions apocalyptiques au sujet de Corbyn : “Si vous lisez la presse, vous allez croire que [l’élection de Corbyn] est le début de l’annihilation du Parti travailliste, que l’opposition à Corbyn de la part de ses députés va déchirer le parti. Ou qu’il sera détruit dans les urnes si jamais il arrive à tenir bon jusqu’aux élections [en 2019] malgré son programme d’extrême gauche. Or, les choses ne sont pas si simples.” Car Corbyn a de nombreux atouts, le premier étant son “langage normal”:

Le public déteste les politiciens, il est avide de voir des personnes normales pour s’opposer à l’élite de Westminster. Or Corbyn est l’homme qu’il faut pour s’en prendre à l’establishment.
Deuxièmement, le gouvernement conservateur trouvera dans Corbyn “un adversaire beaucoup plus redoutable que l’on ne pense. Son style dépouillé et son franc-parler pourraient être très appréciés face à David Cameron”, prévoit le journaliste.

Voir par ailleurs:
Le Monde|
01.10.2015
Mais à quoi joue le pape François ? L’annonce dans la presse américaine, mercredi 30 septembre, de sa rencontre secrète avec l’égérie des opposants les plus radicaux au mariage homosexuel aux Etats-Unis a brouillé le message qu’il semblait avoir délivré tout au long de son séjour sur place. Les quelques minutes qu’il a passées jeudi 24 septembre à Washington, avec Kim Davis, une greffière du Kentucky, brièvement emprisonnée au début du mois pour avoir obstinément refusé de délivrer des certificats de mariage aux couples homosexuels, n’ont été ni démenties ni commentées par le Vatican. Mais ce soutien de poids à la frange la plus ultra des chrétiens conservateurs américains, donne en tout cas une dimension politique à un séjour aux Etats-Unis que le pape avait qualifié de purement « pastoral ».Si l’opposition du pape au mariage gay ne fait aucun doute, son choix de conforter une fonctionnaire controversée et désavouée même par une partie du camp conservateur, ne semble pas cadrer avec ses propos d’ouverture, appelant à une Eglise catholique plus inclusive, engagée « dans la construction d’une société tolérante », ainsi qu’il l’a déclaré à la Maison Blanche. Une position qu’il a réitérée tout au long de son voyage aux Etats-Unis, où il a paru éviter avec soin de prendre partie dans « la guerre culturelle » que la hiérarchie catholique sur place, et plus largement les mouvements chrétiens évangéliques – Mme Davis est elle-même chrétienne apostolique –, alimentent au nom de la liberté religieuse.
Position ambiguë
Particulièrement attendu à ce propos, François s’était appliqué à une défense large et globale de ce principe, sans citer d’exemples précis. Il avait notamment dénoncé « un monde où diverses formes de tyrannie moderne cherchent à supprimer la liberté religieuse, ou bien cherchent à la réduire à une sous-culture sans droit d’expression dans la sphère publique, ou encore cherchent à utiliser la religion comme prétexte à la haine et à la brutalité ». Il avait certes rendu une visite surprise à des religieuses, au centre d’une bataille juridique contre le système de santé américain, dit Obamacare, qui oblige les employeurs – y compris leur congrégation – à participer au financement des moyens de contraception de leurs salariés. Mais, parallèlement, il avait aussi loué le travail d’autres congrégations religieuses américaines, réputées elles bien plus libérales sur ces sujets.C’est dans l’avion qui le ramenait à Rome qu’il a été le plus explicite sur le fond, tout en restant ambigu sur la réalité de sa rencontre avec Kim Davis. « L’objection de conscience est un droit », a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait de réagir expressément au cas d’un(e) fonctionnaire qui refuserait de délivrer des certificats de mariage à des couples homosexuels. « Je n’ai pas en mémoire tous les cas d’objection de conscience », a étonnamment éludé le pape, qui a tout de même insisté sur le fait que « dans chaque institution judiciaire, doit exister un droit de conscience ».Prisée par les conservateurs, cette initiative du pape a déstabilisé le camp progressiste. Et il n’est pas sûr que ce genre de non-dits contribue à pacifier les débats lors du synode sur la famille, qui s’ouvre lundi 5 octobre à Rome et qui s’annonce tendu.
Voir encore:
3 octobre 2015
Le site officiel News.va du Saint-Siège a publié un article reprenant des précisions données par le Père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican, hier matin 2 octobre, au sujet de la rencontre de Kim Davis avec le pape François à la nonciature de Washington D.C. En voici la traduction intégrale faite depuis la version anglaise (la version française de cette déclaration, qu’on pourra lire ici, est beaucoup plus brève et “arrangée”…) :« Le brève entrevue entre Madame Kim Davis et le pape François à la nonciature apostolique de Washington D.C., continue à susciter des commentaires et des débats. Afin de contribuer à une compréhension objective de ce qui a été révélé, je suis en mesure d’éclaircir les points suivants :Le pape François a rencontré plusieurs dizaines de personnes qui avaient été invitées à la nonciature afin de le saluer alors qu’il s’apprêtait à quitter Washington pour la ville de New York. De telles salutations brèves se passent lors de chaque visite du pape et sont dues à la gentillesse et la disponibilité caractéristiques du pape. La seule véritable audience que le pape a accordé à la nonciature, le fut pour un des ses anciens étudiants et sa famille. Le Pape n’est pas entré dans les détails de la situation de Madame Davis et sa rencontre avec elle ne doit pas être considérée comme un appui à sa position dans tous ses aspects particuliers et complexes ».
C’est un de ces rétropédalages auxquels le Père Lombardi nous a habitué depuis longtemps. Toutefois, du côté de l’intéressée, le son de cloche est assez différent (voir, notamment ici).Liberty Counsel, organisme fondé et dirigé dans le Kentucky par Mat Staver, et qui est le conseil juridique de Kim Davis, a publié également hier un communiqué intitulé « Les faits sur la rencontre de Kim Davis et du pape ». En voici la traduction.

« Les faits concernant la rencontre avec Kim Davis ont été déjà racontés, mais nous allons de nouveau énoncer les détails de cette rencontre en y ajoutant un nouvel élément.

La rencontre avec Kim Davis a été initiée le 14 septembre. Bien que nous ne connaissons pas toutes les personnes qui ont pris part à cette invitation, nous savons tout à fait que le nonce apostolique du Saint-Siège, l’archevêque Carlo Maria Vigano, s’est personnellement entretenu avec Kim Davis sur cette invitation. Cette invitation portait sur une rencontre privée avec le pape François à l’ambassade du Vatican à Washington D.C. le jeudi 24 septembre dans l’après-midi. Il s’agissait une rencontre privée. Aucun autre membre du public [invité] n’y était présent.

Dans la soirée du 23 septembre, Kim Davis a reçu un nouvel appel téléphonique au sujet de la rencontre du lendemain. On lui demanda de se coiffer en ramenant ses cheveux sur le haut de la tête car elle était trop reconnaissable. Vers 8 h du matin, samedi 24, Kim a reçu un autre appel téléphonique lui confirmant qu’on viendrait la chercher à 13 h 15.

À 13 h 15, Staver a accompagné Kim et Joe Davis pour leur faire rencontrer deux hommes du service de sécurité vêtus de costumes et dotés d’oreillettes. Staver a confirmé qu’ils venaient chercher Kim Davis. Ils s’exprimaient avec un très fort accent italien. Staver a accompagné Kim et Joe vers une fourgonnette qui les attendait et est resté à l’hôtel tout en se tenant en contact permanent avec Kim.

Kim et Joe ont été introduits dans une pièce [un salon de la nonciature] dans laquelle il n’y avait aucune autre personne présente. Plus tard, le pape y est entré : il n’était accompagné que d’une seule personne de la sécurité du Vatican ou de l’ambassade. [Le pape] lui a tendu les mains. Kim les lui a saisies et il lui a demandé de prier pour lui. Elle lui a répondu qu’elle le ferait puis a demandé au Pontife de prier pour elle ce à quoi le pape a répondu qu’il le ferait. Le pape François a alors remercié Kim pour “son courage”. Ils se sont étreints. Le pape a déclaré : “Restez forte”. Puis il a offert à Kim et à Joe deux chapelets.

Il n’y avait pas de gens faisant la queue ou d’autres personnes du public visibles quelque part. Kim étant si reconnaissable, il aurait été impossible de garder secrète cette rencontre si d’autres personnes invitées s’étaient trouvées quelque part à proximité du pape ou de Kim Davis.

L’encouragement donné par le pape à Kim et son avertissement à “rester forte” souligne le fait que le pape et d’autres responsables du Vatican connaissaient sa défense de la liberté religieuse. La réponse du pape faite à la question d’un journaliste [à bord de l’avion qui le ramenait à Rome] pour savoir si un fonctionnaire gouvernemental avait le droit à l’objection de conscience pour la délivrance de certificats de mariage, correspond bien à la connaissance [qu’en avait le pape] ».

Liberty Council a maintenu le silence sur cette rencontre jusqu’à ce qu’on lui en autorise la divulgation le mardi 29 septembre. D’où le communiqué du même jour de Liberty Council que nous avons signalé ici le lendemain, mais, avec le décalage horaire, Robert Moynihan, directeur à Rome de Inside the Vatican, en avait largement parlé dans sa Lettre n° 29 sur Internet, dès le 29 au soir…

À chacun désormais de juger au vu des pièces que nous mettons à votre disposition…

Voir enfin:

Chine : la chasse aux chrétiens
En ligne le 7 octobre 2015

Le Parti communiste chinois a pratiquement toujours combattu toutes les religions, dénoncées toutes comme opium du peuple. S’agissant du christianisme, il déclare le suspecter de surcroît de fonctionner comme « agent de l’étranger » entreprenant de saper sa mainmise idéologique.Dans Le Figaro du 5 octobre Sébastien Falletti publie un reportage sur la ville de Wenzhou, 9 millions d’habitants dont 11 % de chrétiens, épicentre de la persécution.Depuis 2013, souligne-t-il, les autorités ont abattu 1 200 croix et détruit plusieurs églises :La cathédrale de Fuyin Jang est une citadelle assiégée, agrippée à la campagne moite du Zhejiang. « Nous ne savons pas combien de temps nous pourrons résister. La croix est le symbole de Jésus-Christ. Sans elle, nous ne pouvons vivre notre foi », explique M. Lin, à l’intérieur de l’église transformée en camp retranché. Sous les ventilateurs, un paroissien en pantalon de flanelle et chemise de ville ronfle sur un matelas de fortune, avec en fond de la musique évangélique. « À l’arrière, nous sommes protégés par la rivière. Ils ont installé des caméras de surveillance pour attendre le moment propice. Chaque nuit, nous nous relayons pour dormir ici et empêcher toute intrusion », explique ce fidèle de cette communauté protestante de 500 âmes, installée depuis plus d’un siècle dans ce bastion chinois de la foi chrétienne. Un bras de fer lancinant de vingt mois, déclenché en mai 2014, lorsque les autorités ont tenté de décapiter l’église de son immense croix, à l’aide d’une grue. La communauté est entrée en résistance, comme la plupart des églises du comté de Pingyang, à 40 minutes à l’ouest de Wenzhou. Ce port surnommé la « Jérusalem chinoise », est la cible d’une campagne antichrétienne sans précédent depuis la Révolution culturelle, lorsque les églises furent saccagées par les gardes rouges maoïstes.Depuis 2013, les autorités ont arraché 1 200 croix et détruit plusieurs églises, dont la plus grande de la ville, selon l’Association des chrétiens du Zhejiang. Cette province côtière du sud-est de la Chine compte plus de 300 000 catholiques et 1 million de protestants, enracinés depuis l’arrivée de missionnaires anglais dès 1860 dans ce port commerçant ouvert aux vents du large. Depuis l’accession au pouvoir du président Xi Jinping, l’un de ses fidèles lieutenants, Xia Baolong, devenu le secrétaire du Parti de la province, fait la chasse aux « constructions illégales », interdisant les croix sur les toits des églises, exigeant qu’elles ne dépassent pas un dixième de la taille de l’édifice sur les murs, selon de nouvelles règles édictées en mai. Ces croix ostentatoires suscitent « l’inconfort » des non-croyants, affirme le quotidien Global Times, contrôlé par le Parti communiste.Mais le pouvoir fait face à une résistance pugnace de nombreuses communautés, formant des boucliers humains autour de leur paroisse. Comme au village crotté de Wuxi, en bout de piste de l’aéroport, où les paysans protestants ont réinstallé leur croix rouge en fer, ce 20 août, dix jours après sa « décapitation » et veillent chaque nuit contre les descentes de sécurité. Depuis l’été, le régime a changé de tactique en procédant à des arrestations aussi brutales que discrètes des leaders de la cause. Au moins dix-neuf chrétiens ont « disparu » sans laisser de trace depuis juillet, selon les témoignages recueillis sur place par Le Figaro.. Comme le pasteur Huang Yizi, cueilli chez lui dans sa petite ville de Shitau, début septembre. « Des hommes ont frappé à sa porte, se faisant passer pour des réparateurs, et ils l’ont embarqué. Depuis, sa famille n’a aucune nouvelle », confie un paroissien sous le choc. Un autre prêtre de la ville de Mapou, Zhang Chongzhu, a lui disparu au volant de sa voiture alors qu’il rentrait de Shanghaï, suivi par un mystérieux véhicule.À Xian Quiao, à quelques kilomètres de là, le silence règne sur la maison ocre de quatre étages posée au bord des rizières, accolée à l’église élancée. À ses pieds, une imposante croix rouge en béton, comme tombée piteusement du clocher. Elle est la cause des malheurs de Zhang Zhi, père d’un bambin de 2 mois et missionnaire ardent. Le 4 septembre, ce trentenaire avait défié le pouvoir en remontant le symbole de sa foi sur le toit de l’église, déposé l’an dernier. Trois jours plus tard, à l’aube, cinq hommes en civil débarquent chez lui pendant qu’il fait sa toilette et l’emportent de force sans explication. « Ses pieds ne touchaient même pas terre, ils ont dû le porter car il refusait de bouger », raconte un voisin témoin de la scène, sous le couvert de l’anonymat. Une descente orchestrée par les services de sécurité publique du comté, qui interdisent à sa femme tout contact avec des médias étrangers. Depuis, la jeune maman se claquemure avec son nourrisson et n’a aucune nouvelle de son mari, incarcéré dans un lieu secret à Wenzhou.L’arrestation la plus spectaculaire a eu lieu, au cœur de la ville, dans la nuit du 26 août. Peu avant minuit, une dizaine d’hommes en civil enjambent le mur protégeant l’arrière de l’église Xia Ling et s’infiltrent dans la pénombre jusqu’au quatrième étage. Quelques minutes plus tard, ils ressortent en encadrant l’avocat Zhang Kai, sous les ordres d’un homme coiffé d’une casquette de police, montrent les images de caméra de surveillance. « Je n’ai rien entendu », se désole le veilleur de la communauté de 400 fidèles, abasourdi. Zhang était le champion de la cause chrétienne défiant devant la justice les ordres de destruction. « Le tribunal nous a dit que nous n’avions pas droit à un avocat », explique un fidèle de la communauté qui s’est opposée par la force à la démolition de « sa » croix. L’escalier défoncé menant au parvis témoigne de l’affrontement. Le juriste chrétien, basé à Pékin, venait régulièrement à Wenzhou mener la bataille, jusqu’à cette nuit fatale. Depuis, même son père n’a pu obtenir de nouvelles. Zhang est accusé d’avoir « perturbé l’ordre public » et « livré des secrets d’État », selon les services de sécurité. Des accusations graves qui autorisent les autorités à le garder au secret pendant six mois. »Le gouvernement a peur, car la population chrétienne est énorme à Wenzhou et risque d’échapper à son emprise. Mais nous ne sommes pas contre le Parti. Le royaume de Jésus est au Ciel, il n’est pas de ce monde » Ces méthodes rappellent celles infligées à un autre avocat chrétien, nommé pour le prix Nobel de la paix. Gao Zhisheng vient de raconter ses tortures à coups de décharges électriques au visage subies pendant une incarcération de trois ans dans une prison du Xinjiang. Il avait lui aussi « disparu » en 2009, embarqué par les services de sécurité à la suite de ses activités de défense des églises chrétiennes et de la secte Falun Gong.Cette vague de « kidnappings » sème l’inquiétude car elle signale une détermination nouvelle du régime à contrôler les religions, depuis l’arrivée au pouvoir de Xi. « Nous avons déjà fait face à des arrestations de quelques jours par le passé, mais c’est la première fois que nous voyons des disparitions ici », explique le dirigeant d’une communauté du district de Pingyang. Pour certains, la campagne est le fruit des ambitions politiques du secrétaire Xia et de sa femme, dévote bouddhiste, visant à plaire au président Xi, pour lequel il a travaillé lorsque ce dernier était gouverneur de la province voisine du Fujian. Pour beaucoup d’autres, il s’agit d’une campagne orchestrée par Xi lui-même, dont l’éventuel succès risque d’être appliqué ensuite dans le reste du pays. « Officiellement, le secrétaire du Parti mène cette campagne, mais il a l’appui du pouvoir central et cela s’inscrit dans une campagne de grande ampleur. Leur objectif réel n’est pas de détruire des croix, mais de siniser le christianisme, à la sauce maoïste », explique M. Lin.Depuis son arrivée à la tête de « l’empire rouge », Xi impose une reprise en main idéologique, bâillonnant toutes les voix discordantes qui menacent la mainmise du Parti, de la presse à l’université en passant par l’art. « Nous devons activement incorporer les religions dans le cadre de la société socialiste », a déclaré le président en mai, devant les représentants des religions, toutes étroitement surveillées par le Parti, athée.Une campagne qui n’ose dire son nom dans le Zhejiang, où les autorités ont recours à des hommes de main et des flics en civil. « Ils n’ont aucun ordre officiel écrit!», s’insurge M. Lin. Une ambiguïté d’ordre tactique. « Ils savent que s’il y a des ordres du pouvoir central, cela entraînera des réactions internationales », analyse un leader de communauté à Pingyang.

Car le Parti a toujours suspecté le christianisme d’être « agent de l’étranger », visant à saper sa mainmise. Une menace agitée par Xi Jinping, dont le « rêve chinois » orchestre un retour au confucianisme et sonne l’alarme contre « les forces occidentales hostiles qui infiltrent constamment la sphère idéologique », selon un document interne distribué aux hauts cadres en 2013.

La popularité du christianisme à Wenzhou, où de nombreux fonctionnaires et cadres sont membres d’Églises richement dotées par leurs prospères fidèles, semble donner corps au spectre de l’infiltration. Mais ces soupçons sont de l’ordre de la paranoïa aux yeux des fidèles de la plupart des Églises « officielles », pourtant sous la coupe du Parti. « Le gouvernement a peur, car la population chrétienne est énorme à Wenzhou et risque d’échapper à son emprise. Mais nous ne sommes pas contre le Parti. Le royaume de Jésus est au Ciel, il n’est pas de ce monde », explique un paroissien, se préparant à une nouvelle nuit de veille incertaine.


Violences: C’est la polygamie, imbécile ! (Polygamous societies are just more violent, researchers say)

21 décembre, 2014
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Tu ne prendras pas pour autre épouse la sœur de ta femme, car tu provoquerais des rivalités entre elles en ayant des relations avec la sœur, tant que ta femme est en vie. Lévitique 18: 18
C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. (…) Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Jésus (Matthieu 19: 8-14)
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Tuez-les, crachez-leur au visage, et écrasez-les avec vos voitures. Jihadiste français (Etat islamique)
Aujourd’hui, c’est le jour du marché aux esclaves. C’est le jour de la distribution, et si Dieu le veut, chacun aura sa part. Militant de l’Etat islamique
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
What do we want? Dead cops! When do we want it? Now! Manifestants de New York (13.12.14)
Plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l’espace Schengen. (…) L’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil.  [d’où] la nécessité d’intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l’armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l’extérieur. Général Jean-Pierre Bosser (chef d’état-major de l’armée de terre)
C’est la peur aussi sciemment installée d’une religion, l’Islam, qui de façon inacceptable est présentée par certains comme incompatible avec la République, alors que la République a toujours respecté les religions, et que les religions ont toujours été capables de comprendre les valeurs qui devaient être respectées. Le fait nouveau, c’est que ces vents mauvais soufflent de plus en plus, et pas seulement en France, partout en Europe. C’est pourquoi il nous faut une fois encore reprendre le combat et faire en sorte de répondre et de ne rien laisser passer, en montrant d’abord la force de l’intégration. François Hollande
De nouveaux détails ont émergé sur le calvaire que subissent les femmes otages et esclaves sexuelles de l’État islamique. Un site d’informations irakien affirme avoir trouvé une grille de tarifs de vente des yazidies et des chrétiennes capturées par les combattants de Daech. Quiconque ne respecte pas ces prix sera exécuté, met en garde cette note, dont l’authenticité n’a pas été contestée à ce jour. Elle rappelle qu’un homme ne peut pas «acquérir» plus de trois femmes, sauf, précision étrange, s’il est un étranger originaire de Syrie, de Turquie, d’Arabie saoudite ou des Émirats. Les femmes les plus chères sont les plus jeunes. Pour une enfant âgée de moins de 10 ans, il en coûtera 200.000 dinars (138 euros). Pour une jeune femme de moins de 20 ans 100.000 dinars (104 euros). Pour une trentenaire 75.000 dinars (52 euros). Pour une femme quadragénaire 50.000 dinars (35 euros). Le document déplore même que «le marché de la femme soit à la baisse, ce qui a nui aux finances de l’État islamique». Une vidéo, tournée à Mossoul et traduite il y a quelques jours en anglais, donne une illustration glaçante de ces pratiques. On y voit des combattants islamiques échanger des conseils pour bien négocier les prix. «Aujourd’hui, c’est le jour du marché aux esclaves. C’est le jour de la distribution, et si Dieu le veut, chacun aura sa part», se réjouit un militant. (…) D’après des ONG, plus de 4.600 femmes yazidies sont portées disparues depuis l’offensive de Daech en Syrie et en Irak. Dans les premières semaines, des otages arrivaient encore à contacter des associations décrivant des bordels où les femmes étaient traitées comme du bétail et où certaines étaient violées plus de 30 fois par jour. Mais désormais, c’est le silence le plus total. D’après des témoignages de djihadistes, l’État islamique a fait de son trafic de femmes un argument de recrutement, faisant miroiter aux nouveaux venus une abondance de concubines. Le Figaro
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins (2006)
Je m’ennuie follement dans la monogamie, même si mon désir et mon temps peuvent être reliés à quelqu’un et que je ne nie pas le caractère merveilleux du dévelopement d’une intimité. Je suis monogame de temps en temps mais je préfère la polygamie et la polyandrie. Carla Bruni
Avec la crise économique dans mon pays, peu d’hommes peuvent entretenir plusieurs épouses. En France, c’est différent, tous ces enfants sont une source de revenus. Oumar Dicko (ministre chargé des Maliens de l’extérieur)
Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
Certains islamistes peuvent se montrer respectueux des lois et raisonnables, mais ils font partie d’un mouvement totalitariste et, à ce titre, doivent être considérés comme des meurtriers potentiels. Daniel Pipes
Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer. Proust
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard
De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. (…) Il est une chose que j’apprécie dans le refus contemporain de cautionner la violence biblique, quelque chose de rafraîchissant et de stimulant, une capacité d’indignation qui, à quelques exceptions près, manque dans la recherche et l’exégèse religieuse classiques. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire au même phénomène social dans la Bible que la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas tant qu’elle n’aura pas lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait de la grande singularité biblique, même de son caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout est raconté du point de vue des bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. (…) Pour moi, les Psaumes racontent la même histoire de base que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, à jamais réduites au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentée. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible. (…) Alors que dans le mythe, nous apprenons le lynchage de la bouche des persécuteurs qui soutiennent qu’ils ont bien fait de lyncher leurs victimes, dans la Bible nous entendons la voix des victimes elles-mêmes qui ne voient nullement le lynchage comme une chose agréable et nous disent en des mots extrêmement violents, des mots qui reflètent une réalité violente qui est aussi à l’origine de la mythologie, mais qui restant invisible, déforme notre compréhension générale de la littérature païenne et de la mythologie. René Girard
Le seul point sur lequel les Etats, les théologiens et les juristes musulmans font une quasi-unanimité, c’est la question de l’interdiction de la polygamie réclamée par certaines associations féminines. Une telle interdiction serait illicite, de leur point de vue, parce qu’elle équivaudrait à rendre illicite ce que Dieu a déclaré licite, puisque c’est le Coran lui-même qui a explicitement défini le statut juridique de la polygamie. (…) De nombreux auteurs estiment que la polygamie se justifiait, au temps de la Révélation, du fait des circonstances très particulières de l’époque. On cite souvent, à ce propos, l’exemple du Prophète, qui s’est marié à plusieurs femmes, pendant les dix dernières années de sa vie, du temps de son séjour à Médine. « C’était une période de guerres, et il y avait un très grand nombre de femmes qui n’avaient personne pour s’enquérir de leur sort. La plupart des femmes du Prophète étaient veuves ou âgées. Beaucoup d’entre elles avaient des enfants de leurs ex-maris. » D’après ces auteurs, la polygamie peut continuer de se justifier, dans les temps modernes, dans des circonstances exceptionnelles. Par exemple, à la suite d’une guerre meurtrière qui a décimé les hommes au front, le nombre de femmes en âge de se marier peut largement dépasser celui des hommes. Khalid Chraibi
Our goal was to understand why monogamous marriage has become standard in most developed nations in recent centuries, when most recorded cultures have practiced polygyny. The emergence of monogamous marriage is also puzzling for some as the very people who most benefit from polygyny — wealthy, powerful men — were best positioned to reject it. Our findings suggest that institutionalized monogamous marriage provides greater net benefits for society at large by reducing social problems that are inherent in polygynous societies. (…)  The scarcity of marriageable women in polygamous cultures increases competition among men for the remaining unmarried women. Prof. Joseph Henrich (University of British Columbia)
Considered the most comprehensive study of polygamy and the institution of marriage, the study finds significantly higher levels rape, kidnapping, murder, assault, robbery and fraud in polygynous cultures. According to Henrich and his research team, which included Profs. Robert Boyd (UCLA) and Peter Richerson (UC Davis), these crimes are caused primarily by pools of unmarried men, which result when other men take multiple wives. Science Daily
Selon les données anthropologiques disponibles, environ 85 % des sociétés humaines passées ont permis aux hommes d’avoir plus d’une épouse par un mariage polygame. On pourrait empiriquement penser que l’accroissement de la richesse des « élites » devraient favoriser encore plus les mariages polygames18. Or, la tendance est contraire : le mariage monogame s’est propagé à travers l’Europe, et plus récemment dans le monde, même chez les « élites », alors même que les écarts de richesse ont grandi. Peter Richerson et son équipe (Université UC Davis, Californie) ont utilisé les données criminologiques disponibles pour comparer sociétés polygames et monogames. Elles laissent penser que les cultures monogames connaissent moins de viol, d’enlèvement, assassinat et maltraitance d’enfants, et d’autres crimes que les sociétés polygames. Comparativement, selon cette étude, l’institutionnalisation du mariage ou couple monogame semble apporter plus d’avantages nets pour la société. Une explication proposée par les auteurs est que dans les sociétés polygames, de nombreux hommes sont contraints au célibat et laissés pour compte, avec moins d’espoir de pouvoir vivre avec une femme. Ils seraient alors plus susceptibles de violence et de comportements asociaux ; Peter Richerson pose l’hypothèse que la monogamie institutionnalisée est associée à un modèle culturel mieux adapté au monde moderne, réduisant la compétition intrasexuelle chez les jeunes, et réduisant par suite le taux de criminalité (dont en termes de viol, assassinat, agression, vol et fraude, ou de certains abus personnels) tout en diminuant les écarts d’âge entre conjoints, la fertilité, et l’inégalité des sexes et en déplaçant les efforts des hommes de la recherche d’une épouse vers plus d’investissement paternel, et une meilleure productivité économique. Peter Richerson estime qu’en augmentant le degré de parenté au sein des ménages, la monogamie normative réduit les conflits intra-ménage, et conduisant= à moins de négligence envers les enfants, moins d’abus, de mort accidentelle et d’homicide. Wikipedia

Viols, enlèvements, assassinats, maltraitance d’enfants, vols, fraudes, inégalités homme-femme …

A l’heure où après avoir exposé au monde, dans les textes sacrés les plus violents de l’histoire de l’humanité et d’Abraham à Jacob et de David à Salomon, tous les travers et méfaits imaginables des relations homme-femme …

Et démontré enfin avec la monogamie tout le bien-fondé d’une singularité judéo-chrétienne que nos élites s’étaient imposées contre leurs intérêts immédiats mêmes …

Nos sociétés dites avancées n’ont pas de mots plus durs pour la source de leurs avancées …

Et, après l’exaltation de la sérialité (polygamique ou monogamique) et du métissage, nous matraquent à présent avec l’aberration du « mariage homosexuel » …

Pendant qu’entre enlèvements, ventes et massacres de femmes et d’enfants et du Proche-Orient au Sous-continent indien et en passant par l’Afrique, la religion de paix et d’amour démontre chaque jour un peu plus malgré les premiers revers le véritable fond de sa pensée …

Et que poussés au passage à l’acte par la  fureur djihadiste ou la victimose ambiante et leur faisant éprouver à leur tour ce que subit depuis des années Israël, s’installent durablement en leur sein même, de New York à Ottawa et de Sydney à New York ou de Tours à Dijon, une véritable classe de perdants

Comment ne pas voir avec une récente étude canadienne …

L’une des évidentes sources, via le surplus de jeunes désoeuvrés et frustrés qu’elle produit, de la violence spécifique des sociétés musulmanes

A savoir sous couvert de défense de la veuve et de l’orphelin suite à leurs incessantes guerres …

La tolérance de la polygamie ?

Monogamy reduces major social problems of polygamist cultures
Science Daily
January 24, 2012

Source:
University of British Columbia
Summary:
In cultures that permit men to take multiple wives, the intra-sexual competition that occurs causes greater levels of crime, violence, poverty and gender inequality than in societies that institutionalize and practice monogamous marriage. That is a key finding of a new study that explores the global rise of monogamous marriage as a dominant cultural institution. The study suggests that institutionalized monogamous marriage is rapidly replacing polygamy because it has lower levels of inherent social problems.

In cultures that permit men to take multiple wives, the intra-sexual competition that occurs causes greater levels of crime, violence, poverty and gender inequality than in societies that institutionalize and practice monogamous marriage.

That is a key finding of a new University of British Columbia-led study that explores the global rise of monogamous marriage as a dominant cultural institution. The study suggests that institutionalized monogamous marriage is rapidly replacing polygamy because it has lower levels of inherent social problems.

« Our goal was to understand why monogamous marriage has become standard in most developed nations in recent centuries, when most recorded cultures have practiced polygyny, » says UBC Prof. Joseph Henrich, a cultural anthropologist, referring to the form of polygamy that permits multiple wives, which continues to be practiced in some parts of Africa, Asia, the Middle East and North America.

« The emergence of monogamous marriage is also puzzling for some as the very people who most benefit from polygyny — wealthy, powerful men — were best positioned to reject it, » says Henrich, lead author of the study that was recently published in the journal Philosophical Transactions of the Royal Society. « Our findings suggest that institutionalized monogamous marriage provides greater net benefits for society at large by reducing social problems that are inherent in polygynous societies. »

Considered the most comprehensive study of polygamy and the institution of marriage, the study finds significantly higher levels rape, kidnapping, murder, assault, robbery and fraud in polygynous cultures. According to Henrich and his research team, which included Profs. Robert Boyd (UCLA) and Peter Richerson (UC Davis), these crimes are caused primarily by pools of unmarried men, which result when other men take multiple wives.

« The scarcity of marriageable women in polygamous cultures increases competition among men for the remaining unmarried women, » says Henrich, adding that polygamy was outlawed in 1963 in Nepal, 1955 in India (partially), 1953 in China and 1880 in Japan. The greater competition increases the likelihood men in polygamous communities will resort to criminal behavior to gain resources and women, he says.

According to Henrich, monogamy’s main cultural evolutionary advantage over polygyny is the more egalitarian distribution of women, which reduces male competition and social problems. By shifting male efforts from seeking wives to paternal investment, institutionalized monogamy increases long-term planning, economic productivity, savings and child investment, the study finds. Monogamy’s institutionalization has been assisted by its incorporation by religions, such as Christianity.

Monogamous marriage also results in significant improvements in child welfare, including lower rates of child neglect, abuse, accidental death, homicide and intra-household conflict, the study finds. These benefits result from greater levels of parental investment, smaller households and increased direct « blood relatedness » in monogamous family households, says Henrich, who served as an expert witness for British Columbia’s Supreme Court case involving the polygamous community of Bountiful, B.C.

Monogamous marriage has largely preceded democracy and voting rights for women in the nations where it has been institutionalized, says Henrich, the Canadian Research Chair in Culture, Cognition and Evolution in UBC’s Depts. of Psychology and Economics. By decreasing competition for younger and younger brides, monogamous marriage increases the age of first marriage for females, decreases the spousal age gap and elevates female influence in household decisions which decreases total fertility and increases gender equality.

Story Source:

The above story is based on materials provided by University of British Columbia. Note: Materials may be edited for content and length.

Journal Reference:

J. Henrich, R. Boyd, P. J. Richerson. The puzzle of monogamous marriage. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 2012; 367 (1589): 657 DOI: 10.1098/rstb.2011.0290

In cultures that permit men to take multiple wives, the intra-sexual competition that occurs causes greater levels of crime, violence, poverty and gender inequality than in societies that institutionalize and practice monogamous marriage.

That is a key finding of a new University of British Columbia-led study that explores the global rise of monogamous marriage as a dominant cultural institution. The study suggests that institutionalized monogamous marriage is rapidly replacing polygamy because it has lower levels of inherent social problems.

« Our goal was to understand why monogamous marriage has become standard in most developed nations in recent centuries, when most recorded cultures have practiced polygyny, » says UBC Prof. Joseph Henrich, a cultural anthropologist, referring to the form of polygamy that permits multiple wives, which continues to be practiced in some parts of Africa, Asia, the Middle East and North America.

« The emergence of monogamous marriage is also puzzling for some as the very people who most benefit from polygyny — wealthy, powerful men — were best positioned to reject it, » says Henrich, lead author of the study that was recently published in the journal Philosophical Transactions of the Royal Society. « Our findings suggest that that institutionalized monogamous marriage provides greater net benefits for society at large by reducing social problems that are inherent in polygynous societies. »

Considered the most comprehensive study of polygamy and the institution of marriage, the study finds significantly higher levels rape, kidnapping, murder, assault, robbery and fraud in polygynous cultures. According to Henrich and his research team, which included Profs. Robert Boyd (UCLA) and Peter Richerson (UC Davis), these crimes are caused primarily by pools of unmarried men, which result when other men take multiple wives.

« The scarcity of marriageable women in polygamous cultures increases competition among men for the remaining unmarried women, » says Henrich, adding that polygamy was outlawed in 1963 in Nepal, 1955 in India (partially), 1953 in China and 1880 in Japan. The greater competition increases the likelihood men in polygamous communities will resort to criminal behavior to gain resources and women, he says.

According to Henrich, monogamy’s main cultural evolutionary advantage over polygyny is the more egalitarian distribution of women, which reduces male competition and social problems. By shifting male efforts from seeking wives to paternal investment, institutionalized monogamy increases long-term planning, economic productivity, savings and child investment, the study finds. Monogamy’s institutionalization has been assisted by its incorporation by religions, such as Christianity.

Monogamous marriage also results in significant improvements in child welfare, including lower rates of child neglect, abuse, accidental death, homicide and intra-household conflict, the study finds. These benefits result from greater levels of parental investment, smaller households and increased direct « blood relatedness » in monogamous family households, says Henrich, who served as an expert witness for British Columbia’s Supreme Court case involving the polygamous community of Bountiful, B.C.

Monogamous marriage has largely preceded democracy and voting rights for women in the nations where it has been institutionalized, says Henrich, the Canadian Research Chair in Culture, Cognition and Evolution in UBC’s Depts. of Psychology and Economics. By decreasing competition for younger and younger brides, monogamous marriage increases the age of first marriage for females, decreases the spousal age gap and elevates female influence in household decisions which decreases total fertility and increases gender equality.

Story Source:

The above story is based on materials provided by University of British Columbia. Note: Materials may be edited for content and length.

Journal Reference:

J. Henrich, R. Boyd, P. J. Richerson. The puzzle of monogamous marriage. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 2012; 367 (1589): 657 DOI: 10.1098/rstb.2011.0290

Voir aussi:
Biblical Polygamy Does Not Turn out Well

Curated by Mike Schultz

Though polygamy is clearly allowed in the Bible, it almost always leads to really bad situations. Of the three religions coming out of the Bible, Christianity (early) and Judaism (much later) ended polygamy while Islam continued it.

Jacob Marries Two Sisters: Rachel and Leah
Source: biblegateway.com

There are several stories of polygamy in the Bible, and they almost all turn out badly.

In Genesis 29 (see this article attached to this learning for the complete story), Jacob has fled Canaan from his murderous brother Esau after deceptively obtaining Esau’s blessing from Isaac. He makes his way to Haran, to his uncle Laban’s house. There he ends up marrying Laban’s two daughters, Leah and Rachel, as well as their two handmaidens, Bilhah and Zilpah. But he only married Leah because he was tricked into it, and as verse 29:31 records, Leah was hated. Some translations offer the nicer « unloved » or « not loved, » but the literal Hebrew is quite clearly hate.

Reading through this chapter, and the explanations that Leah gives to the names each of her children receives, it’s heart-wrenching to see what it can be like for one wife when a different wife is clearly preferred by her husband. And when they’re sisters, of course, it’s that much worse.

This dynamic doesn’t end – the children of Rachel are preferred by Jacob to the children of Leah, leading to a lot of resentment and ultimately the brothers’ selling Joseph (Rachel’s son) down to Egypt.

Later on in the Bible, the reality that it’s not such a good idea to marry two sisters is turned into a proper prohibition:

« You shall not take a woman as a wife after marrying her sister, as her rival, to uncover her nakedness beside the other during her lifetime. » (Vayikra 18:18)

Abraham, Sarah and Hagar: Hagar Is Banished
Source: torah.org

A couple of generations earlier, Abraham’s wife, Sarah, who he loves, is barren for many years. So she suggests that Abraham take her maidservant, Hagar, as his second wife. But she ends up regretting it pretty quickly, as Hagar starts disrespecting her from the moment that she becomes pregnant. In two separate episodes, Sarah demands that Abraham banish Hagar, first when she is pregnant and then after Hagar’s teenaged son, Ishmael, is mistreating Sarah’s young son, Isaac (don’t let the image trick you – Ishmael is 13 years older than Isaac, not the same age as in this painting). In each case, Hagar and Ishmael almost perish in the desert but are miraculously saved.

So Sarah and Hagar did really poorly as co-wives. This post retells the full story and suggests based on a rabbinic source that Sarah acted inappropriately. Here maybe the message is not to marry your wife and her servant.

Very interestingly, after Sarah dies, the midrash suggests that Isaac took an unusual step. Abraham’s servant was off searching for a wife for Isaac. Isaac, according to the midrash, felt that the least he could in return was make sure his father wasn’t alone. So in Genesis 24:62, he went to the Well of the Eternal One Who Sees, the well named by Hagar after her miraculous salvation. Why did he go there? The midrash suggests that this is where Hagar went to live after having been sent away the second time. (Interestingly, I believe Islam says the same thing – this is the Zamzam well outside of Mecca.) And Isaac went there to bring Hagar back to be his father’s wife once more.

So there you have quite a co-wife dynamic: the son of the preferred wife encouraging his father to remarry the rejected wife after his preferred wife passes away. And then after Abraham dies, it says in 25:11 that Isaac went back to the Well again, to ensure that Hagar remains part of the family.

Rival Wives: Hannah and Peninah
Source: biblehub.com

Even when there’s no prior relationship between two wives, it still can go quite badly. In the beginning of the Book of Samuel, as you can read in this post, Elkanah has two wives, and as usual the one he loves better (Hannah) is barren while the one he loves less (Peninah) has kids. And just as this painting captures, Peninah does not hesitate to torture Hannah with incessant reminders of her barrenness.

In Biblical Hebrew, the word tzarah means both « trouble » and « co-wife. » So that makes it pretty clear, I’d say – no illusions here about whether co-wives were likely to get along happily.

King David & King Solomon and Their Many Wives
Source: mechon-mamre.org

When it came to the kings, they can’t say they weren’t warned. Deuteronomy 17:16-17 warns, « The king must not acquire great numbers of horses for himself or make the people return to Egypt to get more of them, for the Lord has told you, « You are not to go back that way again. » He must not take many wives, or his heart will be led astray. »

King David took at least 22 wives and concubines, and suffered greatly from the infighting as to who would inherit his throne.

But King Solomon’s story offers more of a warning. This learning takes you to I Kings 11, where we read of King Solomon’s 1000 wives (which doesn’t include the Queen of Sheba, pictured here, with whom he had a more ambiguous relationship, but the Ethiopian Orthodox Church claims descent from their union, as well as the resulting possession of the holy Ark of the Covenant).

Just as Deuteronomy warned, they lead him astray, building sites of idol worship in his old age, as a result of which he is punished by having the kingdom torn in two in the next generation.

Why (and When) Did Christianity Outlaw Polygamy?
Source: en.wikipedia.org

If polygamy was so clearly allowed in the Hebrew Bible, how did it come to pass that the early Church prohibited it?

You could say they were good readers of the Hebrew Bible and saw how this didn’t go so well. But this Wikipedia article suggests that a major driving force may have been the fact that Roman marriage had to be monogamous. And since Christianity began within the Roman empire, that may well have had a major impact.

As you can see in this article, there is debate as to what the Christian Bible has to say about polygamy. Though there are several Biblical passages that seem to outlaw it, none of them are 100% clear, leaving open the possibility that the Christian prohibition came only after the Bible.

TLC’s Sister Wives: Mormonism and Polygamy
Source: learni.st

It’s well known, thanks to shows like Big Love and the TLC’s series of documentaries of real-life families, that an offshoot of the Mormon church still practices polygamy today.

This  documentary from Discovery highlights TLC’s « Sister Wives »  featuring Kody Brown and his four wives. There’s also an interesting learning about the history of polygamy in the US and the original position of the Mormon church on the question.

Finally, there’s a learning that looks at this issue from a totally different perspective. Many traditional African societies today have polygamy, and in this learning the author argues why polygamy is a good thing.

Maasai Tribe: The Meaning of Love & Polygamy
Source: youtube.com

From the BBC show « Tribal Wives » (where British women get integrated into indigenous tribes around the world), this video provides some interesting perspective on polygamy. If marriage is not about love but about successfully running a household, then polygamy could take on a totally different feel. In the Bible, it kind of feels like marriage is about both love and practicality, or sometimes one and sometimes the other.

Does Jewish Law Forbid Polygamy?
Source: chabad.org

In Judaism, there’s no mention of polygamy in the rabbinic period (~2000 years ago), so it seems to have been a permitted but very uncommon practice. But 1000 years ago, the head of the Ashkenazi (Northern European) Jewish community, Rabbeinu Gershom, put out a new decree. Among other things (like forbidding reading other people’s mail), Rabbeinu Gershom outlawed polygamy.

This article suggests 5 different reasons for Rabbeinu Gershom’s decree, most of them to do with ensuring greater happiness within the home, either because of infighting between the wives or a husband not being nice to all his wives or just because of the financial strain.

However, this decree did not apply to the Sephardic Jewish communities in Spain and later on North Africa and the Middle East.

Jewish Polygamy
Source: jewishencyclopedia.com

This 1906 entry from the Jewish Encyclopedia gives a very thorough look at polygamy in Judaism, from a close reading of the Bible (When did polygamy start? What was the ideal, as represented by Adam and Eve? Why did the Judges take multiple wives? Why did the Prophets not do so?) through the rabbinic period and into the last millenia. Polygamy in the Sephardic world was certainly rare, but it remained a possibility until recent years, when there were basically almost no Jews left living in countries that permitted polygamy.

Why Polygamy Is Allowed in Islam
Source: patheos.com

This blog post written by a Muslim woman attempts to explain the underlying reason behind Islam’s allowing a man to take up to four wives. In addition, she offers suggestions to the women for how to make it work.

In Islam, explicit in the Quran and Hadith (oral teachings of the Prophet Muhammad), a man is allowed to marry up to 4 women. It’s neither encouraged nor discouraged, just allowed. The author argues, based on the context in the Quran of these teachings, that after a time of war, with so many fallen men, polygamy is a means of caring for the widows and orphans.

Islam requires the husband to treat all his wives equally – to divide his time and financial resources evenly and provide similar housing for each.

Towards the end of this post, the author provides an interesting collection of tips and advice for women considering marrying someone who is already married.

Polygyny in Islam: The Historical Context
Source: en.wikipedia.org

Among many interesting pieces in this Wikipedia article, two in particular jump out as worth paying attention to:

1) The historical context. In the Arabian peninsula in the time of the Prophet Muhammad, there were no limits on the number of wives a man could take. There was also in general a good deal of variety of the kinds of marriages allowed by different societies in the region. It was most definitely not a Christian-ruled area with monogamy as the norm. It’s quite possible that Islam actually greatly limited polygamy and added protections for that time period.

2) A current list of Muslim countries with some restrictions on polygamy and what those restrictions are.

Voir enfin:

La charia et la polygamie (1/4)

La polygamie en question

Khalid Chraibi

Oumma.com

25 septembre 2009

Afin de réduire les méfaits importants et amplement documentés de la polygamie, les associations féminines du monde musulman réclament une application plus stricte des prescriptions coraniques en la matière, voire même l’interdiction de la polygamie, comme le fit la Tunisie en 1956. Mais, les Etats musulmans, ultimes décideurs en la matière, ont des points de vue très divergents sur ce qu’il est approprié de faire en ce domaine. D’une part, les versets coraniques relatifs à la polygamie (et en particulier les conditions qu’ils imposent) sont interprétés différemment, d’un Etat à l’autre. D’autre part, pendant treize siècles, un état de laisser-faire a prévalu sur cette question, que les responsables politiques et religieux sont réticents à bousculer trop vigoureusement.

A propos de l’auteur
Khalid Chraibi

Economiste (U. de Paris, France, et U. de Pittsburgh, USA), a occupé des fonctions de consultant économique à Washington D.C., puis de responsable à la Banque Mondiale, avant de se spécialiser dans le montage de nouveaux projets dans son pays.
A Rachida Benchemsi
« Une vie conjugale heureuse dépend de la sincérité, de la tolérance, du sacrifice et de l’harmonie dans le couple. Toutes ces qualités sont menacées lorsqu’il y a polygamie. » Mortada Motahari (1)

Dans les sociétés islamiques, les hommes sont autorisés à épouser jusqu’à 4 femmes à la fois, à la condition de pouvoir les traiter avec équité et d’avoir des ressources suffisantes pour pouvoir subvenir aux besoins de plusieurs ménages.

Mais, dans la pratique, ces conditions sont rarement respectées. Compte tenu de ce dérapage dans l’application des conditions instituées dans le Coran pour la pratique de la polygamie, et des effets néfastes de cette pratique sur la vie quotidienne des femmes et des enfants vivant dans un foyer polygame, tant sur le plan matériel que moral, les ONG féminines réclament, depuis plusieurs décennies, soit son interdiction pure et simple, soit, si cela n’est pas possible, du moins l’institution de contrôles sévères pour réduire ses effets pernicieux sur les familles et sur la société.

Du fait que le statut de la polygamie est défini dans des versets coraniques, les oulémas sont concernés au premier plan par cette question. Dans leur majorité, ils sont partisans du maintien du laisser-faire qui a prévalu jusqu’ici dans ce domaine. Ils estiment que chaque homme est responsable de ses actes devant Dieu, comme l’enseignent les juristes musulmans depuis les temps de la Révélation.

Mais, au 19è s., le mufti d’Egypte Muhammad Abduh a ouvert la voie à de nouveaux axes de réflexion sur cette question, en affirmant qu’en droit musulman, non seulement le mari, mais sa femme également, a des droits institués par la charia. D’après lui, ces derniers doivent être respectés au même titre que ceux du mari.

Analysant le dossier de la polygamie dans cette nouvelle optique, il débouche sur la conclusion qu’il est licite, en droit musulman, d’interdire la polygamie, compte tenu de tous ses effets pernicieux sur les familles et sur la société, qui dépassent très largement tous les « bienfaits » que les hommes peuvent en retirer, sur un plan purement sexuel.

La polygamie en perspective

La polygamie (ou plus exactement la polygynie, c’est-à-dire le mariage d’un homme avec plusieurs femmes) a communément existé dans les sociétés humaines depuis les temps les plus anciens. Les différentes religions l’ont explicitement acceptée ou tacitement tolérée pendant des siècles, avant de l’interdire parfois, comme ce fut le cas du Judaïsme et du Christianisme.(2) (3)

En Arabie, au début du 7è siècle, les Arabes pratiquaient une polygamie débridée, certains hommes prenant jusqu’à 10 épouses et plus, à la fois, en fonction de leurs moyens. L’Islam réforma cet état des choses, plafonnant à quatre le nombre de femmes qu’un homme pouvait épouser en même temps, et uniquement s’il remplissait certaines conditions. Mais, il appartenait à chaque individu de déterminer par lui-même s’il les satisfaisait.

Depuis le milieu du 20e siècle, sous la pression conjointe des mouvements féministes, des mouvements nationalistes et des intellectuels, certains Etats ont institué des procédures de contrôle du régime de la polygamie, qui diffèrent d’ailleurs d’un pays à l’autre. Ces procédures ont été, dans l’ensemble, peu efficaces, parce qu’elles se basent sur des critères d’ordre qualitatif, qui laissent une grande marge de manœuvre à l’appréciation des magistrats et des notaires chargés de leur application.

Cependant, aujourd’hui, dans la majorité des sociétés islamiques, la polygamie est sur le déclin, du fait de nombreux facteurs, dont les conditions socio-économiques plus difficiles et le niveau d’éducation plus élevé. Elle concerne, le plus souvent, moins du dixième des foyers, et est plus répandue en milieu rural qu’urbain. Son taux est particulièrement élevé dans les familles aux revenus modestes, et au faible niveau d’éducation, alors qu’elle diminue de manière considérable, au fur et à mesure que le niveau de revenu et d’éducation du chef du foyer augmente. ( 4) Depuis quelques années, elle retrouve une nouvelle vigueur dans certains pays, du fait de sa promotion par les groupes fondamentalistes.
La polygamie en question

La polygamie se justifie-t-elle dans le monde musulman, en ce début du 21e siècle ? Les associations de défense des droits des femmes répondent par la négative. Elles soulignent ses effets néfastes sur la femme, les enfants et la vie quotidienne au foyer, lorsque le mari prend une nouvelle épouse. De plus, la polygamie réduit de manière considérable les ressources du foyer, quand le même revenu du mari doit être redistribué de manière équitable entre plusieurs épouses et leurs enfants. La communauté elle-même se trouve concernée, parce que des femmes et des enfants en grands nombres se retrouvent abandonnés sans ressources et sans abri, par un mari et un père parti vivre avec sa nouvelle femme.

Afin de réduire les méfaits importants et amplement documentés de la polygamie, les associations féminines du monde musulman réclament une application plus stricte des prescriptions coraniques en la matière, (5) voire même l’interdiction de la polygamie, comme le fit la Tunisie en 1956. (6)
Mais, les Etats musulmans, ultimes décideurs en la matière, ont des points de vue très divergents sur ce qu’il est approprié de faire en ce domaine. D’une part, les versets coraniques relatifs à la polygamie (et en particulier les conditions qu’ils imposent) sont interprétés différemment, d’un Etat à l’autre. D’autre part, pendant treize siècles, un état de laisser-faire a prévalu sur cette question, que les responsables politiques et religieux sont réticents à bousculer trop vigoureusement.

Le seul point sur lequel les Etats, les théologiens et les juristes musulmans font une quasi-unanimité, c’est la question de l’interdiction de la polygamie réclamée par certaines associations féminines. Une telle interdiction serait illicite, de leur point de vue, parce qu’elle équivaudrait à rendre illicite ce que Dieu a déclaré licite, puisque c’est le Coran lui-même qui a explicitement défini le statut juridique de la polygamie.

Le statut juridique de la polygamie

Les versets 3 et 129 de la sourate « an-Nissa » (n° 4) du Coran énoncent les règles de base concernant la pratique de la polygamie dans la société musulmane :
« 3. Si vous craignez de n’être pas équitables en matière d’orphelins… alors épousez ce qui vous plaira d’entre les femmes, par deux, ou trois, ou quatre. Mais si vous craignez de n’être pas justes, alors seulement une, ou contentez-vous de votre droite propriété, plus sûr moyen d’échapper à la partialité. »

« 129. Vous ne pourrez être justes envers vos épouses, même si vous y veillez. Du moins, n’allez pas jusqu’au bout de votre penchant, jusqu’à laisser la (défavorisée) comme en l’air. » (7)

Pour bien saisir le sens de ces versets, et l’importance des règles qu’ils instituent, il faut les replacer dans le contexte de l’époque de leur Révélation.
En Arabie, avant l’Islam, les tribus étaient souvent en conflit, et subissaient de lourdes pertes en hommes. Il en résultait, au niveau de la communauté, un excédent de femmes en état de se marier, par rapport aux hommes. En fonction de leur libido, de leur état de santé et de leurs moyens financiers, les hommes avaient pour habitude d’épouser autant de femmes qu’ils le voulaient, ce qui aidait à résorber une partie de cet excédent.

La polygamie, qui était pratiquée sans aucune restriction, à l’époque, répondait ainsi à un besoin social, même si ses adeptes ne pensaient qu’à satisfaire leurs désirs sexuels personnels. Cependant, les épouses ne jouissaient d’aucun droit et servaient, avant toute chose, à satisfaire les désirs de leur mari. (8)

Par ailleurs, à l’époque de Révélation de ces versets, il y avait à Médine de nombreuses filles orphelines disposant de richesses personnelles, vivant sous la tutelle d’hommes qui envisageaient de les épouser pour mettre la main sur leurs biens. Mais, ces hommes se demandaient, malgré tout, en toute sincérité, si cela était compatible avec les enseignements de la foi à laquelle ils s’étaient convertis.

Le verset 3 s’inscrit dans le contexte de cette situation. Il décourage les hommes de tels agissements, leur recommandant de chercher d’autres femmes à épouser, en dehors de celles sous leur tutelle. Mais, il réforme à cette occasion le statut de la polygamie. Il plafonne à quatre le nombre maximum d’épouses par homme, et établit des conditions et des exigences que l’homme doit satisfaire, « de telle sorte que se marier avec plus d’une femme n’est pas donné à n’importe qui, n’importe comment. » (9)

La condition d’équité envers toutes les épouses

D’après les juristes, le verset 3 impose à l’homme la nécessité de réserver un traitement juste et égal à toutes ses épouses, dans tous les domaines, sur le plan matériel, en respectant scrupuleusement les droits de chacune, sans témoigner de préférence à aucune d’elles par rapport aux autres. S’il craint de ne pas pouvoir faire cela, il doit se limiter à une seule épouse. De telles règles constituaient une innovation fondamentale en Arabie.

Le verset 3 impose également au mari d’avoir des ressources financières adéquates pour subvenir aux besoins de plusieurs foyers, avant qu’il n’ait le droit de prendre plus d’une femme. Les capacités physiques et sexuelles du mari sont également des facteurs dont il doit être tenu compte.
L’islam n’encourageait donc pas la polygamie. Bien au contraire, il la restreignait, puisqu’il limitait, désormais, à quatre le nombre de femmes qu’un homme pouvait prendre simultanément, et établissait la contrainte de l’équité à respecter.

Le verset 129 avertissait, pour sa part, les hommes qu’ils ne pourraient pas faire preuve d’équité (dans les sentiments qu’ils ressentiraient, en leur for intérieur), envers plusieurs épouses. (10) Mais il n’interdisait pas la pratique. Il appartenait à chaque homme de prendre ses responsabilités en la matière, de décider en son âme et conscience s’il serait capable de faire preuve d’équité, sur le plan matériel, et s’il serait capable de subvenir aux besoins de toutes ses femmes dans les conditions fixées par le Coran.

Justification de la polygamie dans des circonstances exceptionnelles
De nombreux auteurs estiment que la polygamie se justifiait, au temps de la Révélation, du fait des circonstances très particulières de l’époque. (11) On cite souvent, à ce propos, l’exemple du Prophète, qui s’est marié à plusieurs femmes, pendant les dix dernières années de sa vie, du temps de son séjour à Médine. « C’était une période de guerres, et il y avait un très grand nombre de femmes qui n’avaient personne pour s’enquérir de leur sort. La plupart des femmes du Prophète étaient veuves ou âgées. Beaucoup d’entre elles avaient des enfants de leurs ex-maris. » (12)

D’après ces auteurs, la polygamie peut continuer de se justifier, dans les temps modernes, dans des circonstances exceptionnelles. Par exemple, à la suite d’une guerre meurtrière qui a décimé les hommes au front, le nombre de femmes en âge de se marier peut largement dépasser celui des hommes. (13) De même, si l’épouse est stérile, ou si elle est atteinte d’une maladie qui l’empêche d’avoir des rapports sexuels avec son mari, la majorité des auteurs pensent que le mari devrait pouvoir prendre une deuxième femme. (14)
Mais, tous les juristes soulignent que la pratique de la polygamie n’est légitime, en Islam, que lorsqu’elle est assortie des conditions et des limites prescrites dans le Coran ; et uniquement lorsque ces conditions sont scrupuleusement et rigoureusement respectées.

Or, observe le philosophe Mortada Motahari à ce propos : « Pour être équitable, il faut dire que le nombre de ceux qui respectent la lettre et l’esprit de toutes les conditions prescrites par l’Islam concernant la polygamie, est insignifiant. » (15)

Notes

(1) Mortada Motahari, « L’Islam et les droits de la femme », Ed. Al Bouraq, 2000, p. 305

(2) Gamal A. Badawi, « Polygamy in Islamic law »

(3) Eric Chaumont, article “Polygamie”, Dictionnaire du Coran, Robert Laffont, Bouquins, Paris, 2007

(4) Mohamed Chafi, “La polygamie”, Marrakech, 2000

(5) Sisters in Islam, Malaysia, Reform of the Islamic family laws on Polygamy, 11 December 1996, a memorandum to the Malaysian authorities

(6) Collectif 95 Maghreb-Egalité : “Cent mesures et dispositions pour une codification égalitaire des Codes de Statut Personnel”, 1995

(7) Le Coran, Traduction par Jacques Berque, Edition de poche, Albin Michel, Paris, 2002, p. 95 et p. 113

(8) Muhammad Abduh, « fatwa fi ta’addud al-zawjate » (fatwa sur la polygamie) dans “al-A’mal al kamila” (Oeuvres complètes éditées par Muhammad Amara) tome 2, 1ère éd. Beyrouth, (1972), p. 91

(9) Mortada Motahari, ibid, p. 260

(10) Muhammad Abduh, « fatwa fi ta’addud al-zawjate », ibid, p. 93

(11) Riffat Hassan, “al-Islam wa huquq al mar’a” (L’Islam et les droits de la femme), Casablanca, 2000, pp. 88-92

(12) Mortada Motahari, ibid, p. 319

(13) Mortada Motahari, ibid, p. 324

(14) Muhammad Abduh, « ta’addud al-zawjate » (La polygamie) dans “al-A’mal al kamila” (Oeuvres complètes éditées par Muhammad Amara) tome 2, p. 87, 1ère éd. Beyrouth, (1972) et « fatwa fi ta’addud al-zawjate », ibid, p. 95

(15) Mortada Motahari, ibid, p. 322

Voir également:

Le trafic de femmes, une source de revenus pour Daech
Le Figaro
06/11/2014

Un site d’informations irakien dit avoir mis la main sur une «grille de tarifs» à appliquer sur les marchés où sont vendues les femmes chrétiennes et yazidies. Des profits qu’empoche ensuite l’organisation terroriste.

De nouveaux détails ont émergé sur le calvaire que subissent les femmes otages et esclaves sexuelles de l’État islamique. Un site d’informations irakien affirme avoir trouvé une grille de tarifs de vente des yazidies et des chrétiennes capturées par les combattants de Daech. Quiconque ne respecte pas ces prix sera exécuté, met en garde cette note, dont l’authenticité n’a pas été contestée à ce jour. Elle rappelle qu’un homme ne peut pas «acquérir» plus de trois femmes, sauf, précision étrange, s’il est un étranger originaire de Syrie, de Turquie, d’Arabie saoudite ou des Émirats.

Les femmes les plus chères sont les plus jeunes. Pour une enfant âgée de moins de 10 ans, il en coûtera 200.000 dinars (138 euros). Pour une jeune femme de moins de 20 ans 100.000 dinars (104 euros). Pour une trentenaire 75.000 dinars (52 euros). Pour une femme quadragénaire 50.000 dinars (35 euros).

Un marché aux esclaves à Mossoul
Le document déplore même que «le marché de la femme soit à la baisse, ce qui a nui aux finances de l’État islamique». Une vidéo, tournée à Mossoul et traduite il y a quelques jours en anglais, donne une illustration glaçante de ces pratiques. On y voit des combattants islamiques échanger des conseils pour bien négocier les prix. «Aujourd’hui, c’est le jour du marché aux esclaves. C’est le jour de la distribution, et si Dieu le veut, chacun aura sa part», se réjouit un militant.

Un marchand propose d’échanger une fille contre un pistolet. Un djihadiste est prêt à avancer 500 dollars pour une captive. Des combattants expliquent que le montant qu’ils sont disposés à offrir dépend du physique des femmes: celles qui ont les yeux bleus ou verts sont très recherchées. Ils recommandent aussi de vérifier l’état de leurs dents.

D’après des ONG, plus de 4.600 femmes yazidies sont portées disparues depuis l’offensive de Daech en Syrie et en Irak. Dans les premières semaines, des otages arrivaient encore à contacter des associations décrivant des bordels où les femmes étaient traitées comme du bétail et où certaines étaient violées plus de 30 fois par jour. Mais désormais, c’est le silence le plus total. D’après des témoignages de djihadistes, l’État islamique a fait de son trafic de femmes un argument de recrutement, faisant miroiter aux nouveaux venus une abondance de concubines.

Voir encore:

« Pour les djihadistes les femmes sont des esclaves sexuelles »
Tatiana Chadenat

19 août 2014

Les fanatiques de l’Etat islamique vendraient des captives pour 150 dollars. Myriam Benraad, politologue spécialiste de l’Irak, nous en parle

En Irak et en Syrie les djihadistes de l’État islamique se sont emparés de vastes régions et y ont proclamé un califat. Ils capturent et « vendent les femmes pour une centaine de dollars », assure le porte-parole du ministère des Droits de l’homme irakien. S’il faut rester prudent, car les rumeurs pullulent et les combattants jouent sur une communication de la terreur, cette marchandisation semble vraisemblable. On fait le point avec Myriam Benraad, politologue spécialiste de l’Irak, chercheuse au CERI.

Lefigaro/madame.fr. – La vente de femmes dénoncée par le porte-parole du ministère des Droits de l’homme Irakien est-elle réelle ?
Myriam Benraad. Elle est vraisemblable car depuis 2003, les djihadistes sont de mèche avec des réseaux de prostitution. Pour l’État islamique les femmes doivent être assujetties et déshumanisées. Les combattants les considèrent comme des objets commerciaux et sexuels. Ils les capturent, les enferment et en font des butins de guerre. Dans le califat proclamé, la femme n’est pas une citoyenne, mais une esclave domestique et sexuelle à la merci de son mari. Récemment, ils ont imposé le voile à Mossoul, dans le Nord de l’Irak et en Syrie. Ces hommes assassinent froidement des populations. Mais la situation des femmes était déjà très périlleuse en Irak depuis 2003.

Ces violences dénoncées aujourd’hui par le porte-parole du ministre existent depuis longtemps ?
Le sort des Irakiennes s’est dégradé progressivement depuis dix ans. Le porte-parole est courageux d’avoir condamné ses exactions. Mais il faut que cela soit suivi d’actes, car jusqu’à présent le gouvernement n’a rien fait pour les protéger. Jusque dans les années 1970, les Irakiennes avait des droits. Avec le premier embargo en 1990, il y a eu une régression juridique et sociale. Dans les provinces tribales, le crime d’honneur est apparu : une femme violée est tuée par son clan car elle a été souillée. Après l’invasion américaine en 2003, l’État qui leur garantissait un statut, s’est effondré. Sans État de droit, elles sont particulièrement exposées à la violence, et ne peuvent pas faire porter leur droit devant les tribunaux. Pendant les élections en avril 2014, il y a eu des candidates, des affiches de campagne qui essayaient de mettre en avant la parité, mais en réalité cela ne changeait pas le fond du problème, les femmes restent exposées. Avec l’État islamique on parle souvent du danger encouru par les minorités, rarement du sort des Irakiennes. Or, elles sont les premières victimes de la guerre, de l’occupation américaine et des djihadistes. Il ne s’agit pas seulement de celles issues des minorités yézidis et chrétiennes, mais de l’ensemble des femmes, sunnites et chiites.

Comment expliquer cette haine des djihadistes envers la femme ?
Une femme libre est le symbole de tout ce que les djihadistes détestent : l’Occident et la liberté. Les islamistes radicaux ont interdit le port du jean ou des vêtements qui laissent apparaître la chair car ils y voient une influence néfaste et mécréante de l’Occident. Ces extrémistes pensent qu’en les soumettant, ils reviennent aux bases de l’Islam. Mais c’est faux. Il n’est écrit nul part dans le Coran qu’il faut asservir, violer, assassiner… ou même imposer le port du voile. C’est un choix personnel pas une obligation. Là aussi, il y a dérive. Les djihadistes vont chercher n’importe quelle justification dans le Coran ou certains Hadith (les paroles prêtées au prophète Mahomet), pour légitimer leurs actions, l’asservissement et le meurtre. Ils opèrent un glissement des textes. C’est une interprétation absurde et meurtrière qu’il ne faut pas chercher à expliquer rationnellement car elle relève d’une dérive salafiste et radicale. Les femmes disposent pourtant de nombreux droits dans l’Islam. Khadija bint Khuwaylid, la première épouse du prophète Mahomet, riche et indépendante, a largement contribué à son succès.

Voir de plus:

Isis morale falls as momentum slows and casualties mount
Erika Solomon in Beirut
Financial Times
December 19, 2014

Flagging morale, desertion and factionalism are starting to affect the Islamic State of Iraq and the Levant, known as Isis, testing the cohesion of the jihadi force as its military momentum slows.

Activists and fighters in parts of eastern Syria controlled by Isis said as military progress slows and focus shifts to governing the area, frustration has grown among militants who had been seen as the most disciplined and effective fighting force in the country’s civil war.

The group hurtled across western Iraq and eastern Syria over the summer in a sudden offensive that shocked the world. Isis remains a formidable force: it controls swaths of territory and continues to make progress in western Iraq. But its fighters have reached the limit of discontented Sunni Muslim areas that they can easily capture and US-led coalition air strikes partnered with offensives by local ground forces have begun to halt their progress.

The US military announced this week that air strikes had killed two senior Isis leaders — though there has been no confirmation of the claim by the group — and on Friday Kurdish peshmerga fighters broke the jihadis’ five-month siege of Mount Sinjar in Iraq.

“Morale isn’t falling — it’s hit the ground,” said an opposition activist from Isis-controlled areas of Syria’s eastern Deir Ezzor province. “Local fighters are frustrated — they feel they’re doing most of the work and the dying . . . foreign fighters who thought they were on an adventure are now exhausted.”

An activist opposed to both the Syrian regime and Isis, and well known to the Financial Times, said he had verified 100 executions of foreign Isis fighters trying to flee the northern Syrian city of Raqqa, Isis’s de facto capital. Like most people interviewed or described in this article, he asked for his name to be withheld for security reasons.

“After the fall of Mosul in June, Isis was presenting itself as unstoppable and it was selling a sense of adventure,” a US official said. He added that the dynamics have changed since the US launched air strikes in August and helped break the momentum of the Isis advance, which has helped stem the flow of foreign recruits — though he warned that the change of mood “doesn’t affect the hardcore people of Isis”.

Analyst Torbjorn Soltvedt, of Verisk Maplecroft, a UK-based risk analysis group, said morale may be taking a hit as militants grapple with the shift from mobile army to governing force.
« They feel they are the ones going to die in big numbers on the battlefield but they don’t enjoy any of the foreigners’ benefits »

“Before they were seizing territory, forcing armies in Iraq and Syria to retreat,” he said. “Now they’re basically an occupying force trying to govern.”

After flocking to Syria and Iraq during Isis’s heady days of quick victories, some foreigners may also be questioning the long, gruelling fight ahead.

Mr Solvedt said his organisation has had many reports of foreign fighters, including Britons, contacting family members and state authorities seeking ways to return home.

Isis members in Raqqa said the organisation has created a military police to crack down on fighters who fail to report for duty. According to activists, dozens of fighters’ homes have been raided and many have been arrested. Militants told a local journalist that they must now carry a document identifying them as a fighter and showing whether they are assigned to a mission.

An opposition activist in close contact with Isis fighters in Raqqa showed the Financial Times a document listing new regulations restricting jihadis’ behaviour. The paper, which could not be verified and which did not appear to have been issued in other Isis-held areas, warned that those who did not report to their offices within 48 hours of receiving the regulations would be punished.

“In Raqqa, they have arrested 400 members so far and printed IDs for the others,” the activist said.

The identification document for one fighter from the Gulf consisted of a printed form stating “name, location, section and mission assignment”, with his details filled in by hand.

“The situation is not good,” he grumbled, adding that fighters have become increasingly discontented with their leaders. He refused to give more details, saying only: “We aren’t able to speak the truth and we are forced to do useless things.”

Activists in Isis-held parts of Syria said many fighters in Raqqa were angry about being sent to Kobani, a small Kurdish town near the Syrian border with Turkey that has become a focal point for coalition strikes. The fighters argued that the town was not strategically important enough to justify the losses they were incurring. According to a December 7 report by the Syrian Observatory for Human Rights, a UK-based monitoring group with a network of activists across Syria, Isis lost about 1,400 fighters in 80 days of fighting. The US official said many Isis fighters have been killed in the town.

Foreign militants have often been the most active in major battles but opposition activists said as fighting intensifies, more demands are being made on local fighters who do not have deep-rooted loyalties to Isis.

Thousands of foreign fighters have flocked to Syria to help create an austere Islamic state harking back to the past. But as Erika Solomon, FT correspondent in Beirut, found out, they have retained their taste for modern-day snacks and gadgets. She spoke to Fiona Symon about what she discovered.

“They pledged allegiance to Isis so they could keep fighting the [Assad] regime and not have to go against Isis,” the Deir Ezzor activist said. “They feel they are the ones going to die in big numbers on the battlefield but they don’t enjoy any of the foreigners’ benefits — high salaries, a comfortable life, female slaves.”

Another problem, locals said, may be a rise in tensions among ethnic groups. Many fighters apparently group themselves by ethnicity or nationality — a practice which undermines Isis’s claim to be ridding Muslims of national borders.

A widely publicised example was a clash between Uzbek and Chechen fighters in Raqqa in early November over control of some villas near the captured Tabqa air base.

“Just like the Uzbek and Chechen issues in Tabqa, we are having similar issues in Manbij with the Tunisians,” said an activist in Syria’s northern city of Manbij. “They won’t let some of the highest level security members [of other nationalities] on to their bases.”

Residents in Raqqa also said they have seen growing signs of discontent. One man recalled a speech at the Fardous mosque last Friday by a Tunisian cleric who often appears in Isis videos.

“He urged the brothers to put aside their disputes, and said all brothers should stay together as one hand,” the man said. “Now I realise why the preacher was saying this . . . Something is wrong.”

(A journalist in Isis-held territory contributed reporting to this article. The name has been withheld for safety reasons.)

Voir enfin:

Discours d’inauguration du Musée de l’histoire de l’immigration
François Hollande

15 Décembre 2014

Présidence de la République française – Élysée.fr

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

Monsieur le Défenseur des droits,

Madame la Présidente du Conseil d’Administration, chère Mercedes ERRA,

Monsieur le Président du Conseil d’Orientation, Cher Benjamin STORA,

Monsieur le Directeur Général,

Mesdames, messieurs,

Je suis fier d’inaugurer aujourd’hui le Musée de l’Histoire de l’Immigration et de rappeler le rôle qui est le sien, dans nos institutions culturelles et éducatives.

Il s’agit de comprendre notre histoire pour aller vers l’avenir. Fernand BRAUDEL avait eu cette formule dans son dernier livre : « définir le passé de la France, c’est situer les Français dans leur propre existence ». Telle est la vocation du Musée national de l’Histoire de l’Immigration, rendre aux immigrés la place qui leur revient dans le récit national et se donner ainsi les moyens d’aborder de façon sereine la question toujours posée de l’immigration.

La vocation de votre musée est de montrer le processus continu par lequel la Nation a intégré les populations d’origine étrangère et a su préserver son unité tout en reconnaissant la diversité des origines et des cultures. Ce musée est plus qu’un symbole. C’est un message de confiance dans l’histoire de notre pays mais aussi dans ce que nous sommes et de ce que nous pouvons faire.

La France est un vieux pays d’immigration, l’un des plus vieux pays d’immigration d’Europe. Commencée dès la deuxième moitié du XIXème siècle pour répondre aux besoins de ce qu’on appelait la première révolution industrielle, l’immigration s’est poursuivie tout au long du XXème siècle et s’est amplifiée avec la reconstruction du pays après la guerre, avec la décolonisation et enfin avec la mondialisation. Aujourd’hui un Français sur quatre a au moins un grand parent étranger. Evoquer l’histoire de l’immigration, c’est évoquer l’histoire de France, c’est l’histoire, c’est notre histoire.

Et pourtant, jusqu’à récemment, l’immigration n’apparaissait que faiblement dans les manuels scolaires. Elle n’était guère présentée comme une chance pour notre récit national et était souvent ignorée des Français y compris même de ceux qui en étaient issus. Elle n’avait pas de lieu de mémoire, pas de lieu pour partager les histoires familiales pour retrouver les récits, pour suivre les parcours qui avaient fait que des hommes, des femmes, des familles étaient venus s’échouer ici en France pour mieux réussir.

Il fallait donc une initiative, et je veux rendre justice à Lionel JOSPIN d’avoir dès 2001, pris conscience de cet étrange oubli, et d’avoir eu la volonté de le réparer en proposant la création d’un musée de l’immigration. Ce projet s’est poursuivi sous la présidence de Jacques CHIRAC, qui a chargé Jacques TOUBON de la responsabilité de faire aboutir cette belle entreprise. Le Palais de la Porte Dorée, qui avait connu son heure de gloire d’une époque dépassée, fut choisi. C’était en 2004. Ce lieu qui avait été celui de l’exposition coloniale, allait devenir le musée de toutes les immigrations, de toutes les fiertés après avoir été ce lieu où des peuples avaient exposé devant le colonisateur, leurs plus belles réussites. Le Musée national a finalement ouvert ses portes en octobre 2007, c’était il y a 7 ans.

Sept ans c’est long pour une inauguration officielle. Il fallait qu’elle soit suffisamment réfléchie pour qu’elle puisse avoir lieu aujourd’hui, comme si l’immigration devait être toujours un sujet difficile dont il vaudrait mieux ne pas parler, ou alors avec certains mots et dans certaines circonstances. Mais le principal, c’est qu’aujourd’hui ce musée soit là et que la France soit dotée d’une institution destinée à conserver et à mettre en valeur le patrimoine de l’immigration, à montrer, à mesurer l’apport des immigrés et de leurs descendants, leur apport à la Nation. Par le sang versé, par le travail, par le talent, par la réussite. Ce Musée a une double volonté : la reconnaissance de toutes ces origines, de tous ces parcours, de toutes ces nationalités et en même temps, le rassemblement dans un même projet, celui de la France.

Je tiens à remercier les équipes de l’établissement qui, malgré les vicissitudes, ne se sont jamais découragées. Les efforts ont porté leurs fruits : l’exposition permanente aura vu passer 500.000 visiteurs depuis 2007. Deux mille enseignants viennent s’y former chaque année. Et les chiffres de fréquentation ne cessent d’augmenter grâce aux expositions temporaires qui s’y succèdent.

Ce musée doit être à la hauteur de l’ambition qui était celle de ses concepteurs, ce qui suppose à mes yeux de réaffirmer sa dimension culturelle et scientifique. C’est un lieu où il convient de mener un travail, un travail long, un travail obscur parfois, un travail de mémoire. Il convient de lui donner les moyens qui jusqu’à présent ne lui ont pas été accordés. C’est pourquoi une augmentation de près d’un million d’euros sera effective dès l’année prochaine, pour parvenir à un doublement de son budget en 5 ans.

Mais ce qui fait l’originalité, la spécificité de ce musée, c’est d’être à la fois une référence en matière de recherche, un espace de débat et une expression de la diversité, de la multiplicité de toutes les migrations, pour qu’il puisse y avoir cette mise en valeur des souvenirs, des mémoires ici rassemblées à travers ces objets familiers. Je remercie les donateurs qui ont fait en sorte de pouvoir par un instrument de musique, une machine, une étoffe, démontrer le lien qu’ils avaient avec la France et avec aussi leur pays d’origine. Comme si le pays d’origine venait ici s’offrir au pays d’accueil, c’est-à-dire à la France.

Comme la mémoire individuelle, la mémoire d’une Nation est capricieuse, tantôt elle est ingrate, tantôt elle est généreuse. Elle a ses propres rythmes et regarde trop souvent le passé avec les yeux du présent. C’est pourquoi nous avons besoin des historiens, c’est leur rôle. Ce sont eux qui nous rappellent que l’immigration fut à la fois le produit de nos propres nécessités, de nos propres besoins, j’entends par là ceux de la France, et en même temps des convulsions de l’Histoire, qui ont fait que des femmes et des hommes sont partis de très loin pour venir s’établir ici. D’abord ce furent des ouvriers, ce fut le labeur qui fut la justification de l’immigration.

Les premiers vinrent de tout près, ce furent les Belges, dans l’industrie textile du nord. Puis les Italiens dans l’industrie lourde de l’Est, les Polonais dans les mines. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Espagnols, les Portugais, les Maghrébins, les Africains, qui contribuèrent à leur façon à la reconstruction du pays, à sa croissance à ce qu’on a appelé les trente glorieuses. Au bout de 30 ans après la guerre, on a estimé que ces forces-là auront construit l’équivalent d’un logement sur deux, d’une machine sur sept, et de 90% des autoroutes de notre pays.

Les crises des années 70 paradoxalement n’ont pas tari les flux, parce que les entreprises continuaient d’appeler de nouveaux immigrés, qui venaient chaque fois de plus loin pour pouvoir occuper des emplois que nul ne voulait occuper. Ce mouvement ne s’est arrêté que récemment.

Enfin la décolonisation poussa des populations jusque-là intimement liées à la France à venir y travailler. Je veux saluer ici, le Président Abdou DIOUF qui jusqu’à récemment était le Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, et qui est là pour nous rappeler ce lien qui unit les pays autrefois dans la communauté française, et qui aujourd’hui ont un lien qui demeure avec la France, et qui parlent en français. Ces populations venaient de cette Afrique, de ce Maghreb, et considéraient qu’elles avaient le droit de venir, ici. Elles avaient le droit parce que l’histoire leur rappelait le rôle qui avait été celui des plus anciens, ce qu’on appelait les « troupes coloniales », et qui étaient venues sauver la France. Ces troupes venaient de partout. Parmi les « Poilus » de 14-18, on comptait ainsi 180.000 Algériens, 60.000 Tunisiens, 37.000 Marocains, 134.000 soldats d’Afrique noire, 34.000 Malgaches. C’était l’empire qui était venu sauver la France.

Comment oublier 30 ans après, les 100.000 soldats africains de l’Armée de De LATTRE, qui accomplirent le débarquement de Provence, les tirailleurs sénégalais, les goumiers, les tabors, les spahis, les zouaves. Comment oublier les résistants de la MOI (Main d’Œuvre Immigrée), juifs, arméniens, les martyrs de l’affiche rouge chantés par Aragon.

Comment oublier le dernier Poilu, Lazare PONTICELLI, né en 1897 dans un petit village en Italie. Il n’était même pas français lorsqu’il s’était engagé dans une unité étrangère à 17 ans, en trichant sur son âge. En 1939, il avait demandé à être naturalisé pour participer à la seconde guerre qui venait d’être déclarée. C’était finalement plus qu’un symbole que le Musée national de l’Histoire de l’Immigration l’ait invité à célébrer son 110ème anniversaire ici-même. Tous s’étaient battus pour la France, mais pour une certaine idée de la France. Pour la France universelle, la France ouverte au monde, pour la France capable de promouvoir des idéaux de progrès. Cette France qu’ils voulaient rejoindre pour la servir, cette France qui était la terre espérée de ceux qui ont fui tout au long du 19ème et du 20ème siècle, les massacres, les pogroms, les guerres, les dictatures, et qui trouvèrent dans notre pays un refuge pour fonder leur foyer.

C’est une grande réussite de ce musée que d’évoquer toutes ces mémoires, de nous rappeler que les immigrés, les enfants d’immigrés ont apporté à la science française, à la physique à la chimie, aux mathématiques. Combien de Prix Nobel et de récompenses glorieuses, de Marie CURIE (qui s’appelait de son nom de jeune fille Maria SKLODOWSKA), à Arthur AVILA, franco-brésilien, qui a reçu la médaille Fields de Mathématiques. Tous ces étrangers, tous ces immigrés qui ont fait la fierté de la France dans les domaines qui paraissaient les plus inaccessibles. S’il fallait livrer ici tous les noms de ces milliers d’étrangers, d’immigrés, d’enfants d’immigrés devenus célèbres dans le cinéma, dans la littérature, la peinture, la musique, le sport et la mode. Je veux ici saluer cette belle exposition sur la mode. La mode fait partie de l’excellence française, la mode fait rayonner la France et nous donne à chaque fois la conviction que nous avons tout inventé. Cette mode, nous en savons maintenant toutes les origines, toutes les provenances, ce sont le plus souvent des créateurs, des créatrices qui ont permis à la France d’être toujours en avant-garde, toujours admirée, toujours reconnue. Voilà ce que montre ce musée, que notre réussite, la réussite la plus flamboyante de la France, elle est celle de tous les Français, et donc de tous ceux qui nés ici ou nés ailleurs, ont donné ce qu’ils avaient de meilleur pour la création, pour l’entreprise, pour l’innovation, pour la recherche, bref, pour la France.

Ce musée national est l’hommage de la Nation à ces millions de gens, qui sont venus en France, qui y ont donné le meilleur d’eux-mêmes et dont les enfants sont pleinement devenus Français et qui en même temps veulent que leur histoire, que leur parcours, que leur diversité, leur singularité et leur origine puissent être reconnus par la République, par celle qu’ils ont voulu servir et à laquelle ils ont profondément adhéré.

L’histoire de l’immigration rappelle néanmoins qu’elle fut toujours l’objet de controverses.

La présence de personnes étrangères a toujours suscité à toutes les époques de l’inquiétude, de la peur, de l’appréhension, surtout quand aux différences de langue, de culture, s’ajoutent des différences de couleur et de religion. Il y a toujours eu des démagogues, pour les attiser, pour utiliser les manquements aux règles communes – qu’il faut déplorer, pour justifier le rejet et démontrer qu’il y en a qui ne s’assimileront jamais. L’exploitation des questions migratoires jusqu’à la tragédie, n’est donc en rien une nouveauté et c’est ce que montre la recherche historique.

Dès août 1893, à Aigues-Mortes, des Français excités par d’absurdes rumeurs, avaient massacré des travailleurs italiens, parce qu’ils venaient prendre des emplois, occuper des villages et finalement mettre en cause les équilibres de telle ou telle famille. Puis la boue antisémite s’est déversée lors de l’affaire DREYFUS.

Les archives de ce musée sont pleines de témoignages dans lesquels des pseudo-scientifiques, mais de vrais idéologues tentaient de démontrer pourquoi les Italiens, les Polonais, les Espagnols, les Arméniens ne pourraient jamais être assimilés par la société française.

Dois-je évoquer la période si noire de la collaboration, le déchaînement des haines, les délations, les compromissions ? Puis la guerre d’Algérie qui déchaîna d’autres passions ? Les années 60 furent aussi des années de violence, des ratonnades. Les années 70 avec – on ne s’en souvient déjà plus, des attentats racistes, des assassinats ? Chaque époque fut marquée par des violences et des intolérances. On pourrait se dire que le pire est passé. Il y a toujours cette récurrence, il y a toujours ce retour.

Certes, il n’y a rien de neuf dans les discours, mais les contextes changent. Les étrangers sont toujours accusés des mêmes maux : venir prendre l’emploi des Français, bénéficier d’avantages sociaux indus quand bien même les études les plus sérieuses montrent qu’ils contribuent davantage aux comptes sociaux qu’ils n’en bénéficient.

Ce sont toujours les mêmes préjugés, les mêmes suspicions qui sont invariablement colportés. Mais le fait nouveau, et nous devons le regarder en face, c’est la pénétration de ces thèses dans un contexte de crise, qui paraît interminable, et d’une mondialisation qui est elle-même insaisissable. C’est là que réside le fait nouveau, le doute qui s’est installé sur notre capacité à vivre ensemble. Est-ce que la France sera encore la France ? Est-ce qu’elle sera en mesure d’intégrer, d’absorber, d’assimiler, de prendre le meilleur et d’éviter le pire ? C’est cette question qui taraude beaucoup de nos compatriotes. C’est la peur aussi sciemment installée d’une religion, l’Islam, qui de façon inacceptable est présentée par certains comme incompatible avec la République, alors que la République a toujours respecté les religions, et que les religions ont toujours été capables de comprendre les valeurs qui devaient être respectées.

Le fait nouveau, c’est que ces vents mauvais soufflent de plus en plus, et pas seulement en France, partout en Europe. C’est pourquoi il nous faut une fois encore reprendre le combat et faire en sorte de répondre et de ne rien laisser passer, en montrant d’abord la force de l’intégration.

Le musée restitue le parcours de ces millions d’exilés dont la plupart ont fait souche dans notre pays pour devenir français soit directement par la naturalisation. Le musée montre bien les actes qui ont été ainsi posés, ainsi délivrés. On m’a rappelé cette reconnaissance de l’artiste à qui l’on demandait si elle voulait une décoration. « La décoration ? », a-t-elle répondu, « c’est mon acte de naturalisation, me faire devenir français c’est la plus belle reconnaissance que pouvait m’accorder la République ». Il y a aussi par la succession des générations, le droit du sol, le fait que ces descendants d’étrangers sont devenus des citoyens français, pleinement français, et donc pleinement citoyens.

C’est ainsi que les immigrés d’hier et les enfants se sont fondus dans notre société, et en même temps que s’est enrichie à chaque étape, à chaque période leur contribution. Voilà ce message que le musée transmet : avoir confiance dans notre histoire pour être capable de regarder le présent avec suffisamment de sérénité, de responsabilité et de force pour ne pas nous laisser emporter là où ne voulons pas aller. Les enfants des immigrés dépeints comme inassimilables hier, sont devenus des patriotes sans avoir jamais à renier leurs origines. Parce que depuis 150 ans, la République n’est pas liée aux origines, c’est l’adhésion à un projet commun. Renan, dans sa fameuse conférence de 1882, affirmait que l’existence d’une Nation était un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu était une affirmation perpétuelle de la vie. Savoir tous les jours que nous sommes Français, vouloir être Français, être pleinement conscient que de vivre en France, c’est une somme de devoirs et de droits. De GAULLE, lui-même, ne disait pas autre chose en disant qu’« Est Français celui qui souhaite que la France continue ». Continue dans sa marche, continue dans son destin, continue de porter le progrès, continue d’être à la hauteur de l’idéal qu’elle porte.

Pour y parvenir, l’école joue un rôle fondamental. Elle reste le creuset de l’intégration. Elle est de plus en plus sollicitée. L’école à qui l’on demande à la fois de former, avec une transmission du savoir exigeante et en même temps d’accueillir, d’accueillir parfois des enfants qui n’ont jamais été dans leur famille éduqués dans une autre langue que leur langue d’origine. On demande beaucoup à l’école, on lui demande aussi de faire en sorte que tous les enfants soient dans les mêmes conditions d’égalité. Les réussites scolaires en matière d’intégration sont multiples. Je veux saluer les enseignants qui s’y dévouent et qui parviennent à chaque fois, à chaque année qu’ils ont à recevoir des enfants, à les porter au plus haut niveau. Mais nous devons aussi regarder les échecs. Ils sont là : les décrochages concernent principalement certains quartiers et certains jeunes. Notre premier devoir est de tenir la promesse de l’égalité républicaine. C’est pourquoi la révision des cartes de l’enseignement prioritaire, les moyens donnés à l’éducation nationale, sont des leviers essentiels si nous voulons aller toujours vers une intégration réussie.

De même la lutte contre les discriminations qui existent dans l’orientation, dans la formation, dans l’accès à l’emploi, doivent être également combattues.

Le second pilier de l’intégration, c’est la laïcité. Elle est proclamée. Elle doit donc être enseignée, traduite en principes simples, intelligibles. La laïcité n’est ni la lutte contre la religion, contre une religion. La laïcité n’est pas la suspicion non plus à l’égard de telle ou telle communauté. La laïcité est une école de respect, de la règle commune, une reconnaissance de la liberté de croire ou de ne pas croire. Cette laïcité, nous devons l’ériger en valeur fondamentale mais nous devons aussi faire en sorte qu’elle puisse être, pour chaque jeune, non pas un concept mais une manière vivre, de respecter l’autre, de pouvoir être pleinement lui-même tout en étant entièrement dans la République. La laïcité n’est pas simplement un principe que l’on voudrait poser, c’est ce qui permet dans les actes de la vie quotidienne de savoir ce qu’il est possible de faire et ce qu’il n’est pas possible de montrer ou de faire.

Nous devons faire en sorte que la laïcité soit célébrée partout le 9 décembre, jour anniversaire de la loi de 1905, et en particulier dans les écoles où désormais est affichée la « Charte de la Laïcité ».

Traiter de façon républicaine la question de l’immigration, c’est imposer la vérité des faits mais c’est aussi nous obliger à agir.

La vérité, c’est de ne rien ignorer des tensions, des difficultés et des risques. L’obligation d’agir, c’est d’aller jusqu’au bout de l’intégration, de traiter avec fermeté aussi et humanité, l’immigration clandestine mais de mieux accompagner l’immigration régulière. Agir, c’est être convaincu que la République doit être sûre de ses principes, fière de ses valeurs mais ne doit jamais céder un pouce de terrain à la facilité et au repli sur soi.

C’est pourquoi, j’ai voulu que la lutte contre le racisme et l’antisémitisme devienne une grande cause nationale. Parce que lorsque l’on a notre Histoire, que l’on porte nos valeurs, lorsque l’on a cette République qui nous rassemble tous, la France ne peut tolérer qu’un citoyen soit agressé pour sa religion, sa couleur de peau, ses origines.

Rien ne sera passé sous silence. Rien ne doit rester impuni. Rien de ce qui fait une insulte à notre République, à notre Histoire, rien ne doit pouvoir passer à côté de la punition qui est justifiée.

Certains s’interrogent sur la volonté des immigrés de s’intégrer – je l’ai dit, le thème n’est pas nouveau – d’autres dissertent sur la capacité de la France à accueillir ces étrangers qui sont là depuis longtemps, ou ces enfants d’étrangers qui sont devenus Français, et se posent la question de l’avenir même de notre identité. Il y en a même qui s’inquiètent de l’efficacité de notre politique migratoire à l’échelle de l’Europe et veulent la reconsidérer.

Nous devons répondre à toutes ces questions. Nous ne devons pas faire comme si elles devaient par principe ou par précaution être écartées. Car sinon, si nous n’avons pas cette franchise entre nous, nous laisserons la place vide pour des discours qui instrumentalisent la peur, la peur de la dissolution de notre pays, de la dislocation, de la disparition.

Vous savez, ceux qui rêvent d’une France en petit, d’une France de dépit, d’une France en repli, bref d’une France qui ne serait plus la France.

C’est pourquoi, nous devons lutter contre ces thèses au nom de la France, pour la France, pour une France qui sera non seulement à la hauteur de son Histoire mais capable de porter un grand projet, de bâtir un avenir, de forger un destin.

C’est pourquoi, au sentiment de dépossession qui est entretenu avec malice, pour ne pas dire avec malignité, il nous faut rappeler à chaque fois aux Français d’où ils viennent, quelles sont les valeurs sur lesquelles notre pays s’est bâti et où nous voulons aller ensemble.

La France est un pays qui porte plus qu’une histoire mais une ambition, qui ne conçoit son destin que dans l’ouverture.

Certes nous devons nous protéger contre toutes les menaces mais la France n’a été victorieuse que lorsqu’elle a été capable de se dépasser. Un pays comme la France n’a pas besoin d’haïr les autres pour aimer les siens. Un pays qui a confiance en lui-même et d’abord dans sa jeunesse. Un pays qui croit en la place de chacun, qui pense que l’éducation est la matrice de tout ce qui fait la citoyenneté, qui fait confiance à la culture pour permettre que chacun puisse s’élever au-delà même de sa condition. Un pays qui veut aller jusqu’au bout de la citoyenneté.

C’est sur ces bases-là que nous devons définir une politique migratoire. Elle est nécessaire.

D’abord, pour ne pas affaiblir les pays d’émigration qui doivent s’appuyer sur leur dynamisme démographique pour leur développement, sur les compétences de leur jeunesse, sur la présence de leurs élites. C’est pourquoi, nous ne pouvons plus regarder le Sud avec les mêmes yeux. Le Sud et notamment l’Afrique qui est un continent de croissance, de développement qui n’a pas besoin de laisser partir sa population, qui a besoin qu’on lui apporte nos investissements, nos technologies et également notre capacité à créer ensemble.

Nous devons aussi avoir une politique migratoire parce que les pays d’accueil ne peuvent pas, justement, accorder aux migrants, notamment à ceux qui sont persécutés dans leur pays, une place digne si les conditions ne sont pas réunies. C’est-à-dire une capacité à donner un avenir et d’abord un emploi.

Nous devons enfin avoir une politique migratoire pour lutter contre les trafics, contre tous ceux qui font commerce. Il y en a toujours eu dans l’Histoire des étrangers avec des réseaux criminels qui mettent en danger la vie des hommes et des femmes chaque jour. Près de 3500 sont morts depuis janvier dans les eaux de la Méditerranée, la route la plus dangereuse du monde.

Cette politique passe par l’Europe. Notre frontière, c’est Schengen. Cet accord est né de la volonté de remplacer des contrôles aux frontières nationales qui n’avaient plus d’efficacité par des coopérations uniques et sans précédent en termes de liberté, de sécurité et de justice. Et on voudrait faire éclater Schengen ? C’est assez facile, personne ne sait exactement ce qu’est Schengen. Peut-être que certains croient que c’est un personnage dont il faudrait rechercher au plus vite l’identité et la personnalité pour le traduire en justice. Mais Schengen, c’est justement ce qui a permis à tous les pays d’Europe de s’organiser pour justement contrôler l’immigration et avoir une coordination des politiques.

Faire éclater Schengen ? Faire disparaître Schengen ? Mais cela serait reculer, aboutir à rétablir des frontières, pays par pays. Peut-être est-ce pour créer des emplois que certains nous font la proposition, mais enfin généralement ce ne sont pas les fonctionnaires qui justifient leurs sentiments les plus doux et les plus accommodants.

Nous devons donc défendre ce principe et faire que l’avenir de l’Europe soit de bâtir avec l’ensemble des Etats du voisinage, une politique permettant – je pense à la Méditerranée et au-delà – de conjuguer, la gestion des crises, l’aide au développement, et les contrôles des mouvements de population.

La France sera à l’initiative dans les mois qui viennent, non pas pour défaire Schengen mais pour mieux assurer la sécurité à l’intérieur et le contrôle à l’extérieur, et pour mieux répartir les charges qui pèsent sur les Etats membres, en Europe.

Pour la France, où la question de l’immigration revient régulièrement, un devoir de vérité s’impose.

Depuis 10 ans, notre pays accueille environ 200 000 personnes par an, soit la proportion la plus faible d’Europe, rapportée, bien sûr, à notre propre population. 200 000, certains disent que c’est trop. Qui trouve-t-on ? 90 000 viennent au titre de l’immigration familiale, c’est notamment le cas des conjoints de citoyens français : va-t-on interdire un rapprochement dès lors que le lien a pu être vérifié ? Ce serait insupportable ! Ce serait même contraire aux principes du droit européen et même du droit international.

60 000 autres arrivent chaque année comme étudiants. C’est une volonté pour notre pays, c’est un enjeu d’accueillir les élites de demain, le temps de leur formation. Devrait-on préférer qu’ils se forment ailleurs, aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie ? Alors que tout le discours que je porte depuis deux ans et demi, c’est de dire que nous avons besoin de plus d’étudiants étrangers parce que c’est un investissement considérable pour la France, c’est une chance extraordinaire de pouvoir avoir les meilleurs talents, chercheurs qui viennent, ici, en France, étudier.

Que serait la France dans 20 ou 30 ans si elle ne les accueillait plus alors que le nombre d’étudiants dans le monde va doubler d’ici 2020 ? C’est la raison pour laquelle, les obstacles concernant les mobilités étudiantes ont été progressivement levés parce que la France doit attirer tous les talents du monde entier.

Il y a deux ans, il y avait une circulaire – je ne rappellerais pas le nom de son auteur, qu’importe- dont le seul objet était de limiter le droit au séjour des étudiants et des chercheurs. Cette circulaire a été abrogée mais notre réglementation est encore trop dissuasive. C’est pourquoi, le Gouvernement a créé les « passeports talents » ouvrant un droit à séjour de quatre ans qui seront délivrés de manière simplifiée et de plein droit dès lors que les critères prévus (les ressources, le niveau d’études, le contrat de travail) seront remplis. « Passeport talent », il ne s’agit plus là, d’étudiants, il s’agit de chefs d’entreprise, de cadres, de jeunes techniciens. Ils amplifieront le mouvement initié avec les visas « talents internationaux » qui ont permis une augmentation de 7% du nombre d’étudiants venant en France, et de 20% pour les chercheurs.

Curieux paradoxe, notre pays ! Quand un jeune Français va à l’étranger, on considère que c’est un exil, que nous n’avons pas pu le retenir. Quand un étudiant étranger vient en France, on viendrait le suspecter. Nous devons faire en sorte qu’il y ait plus d’étudiants français qui aillent aussi à l’étranger pour revenir ensuite et que nous puissions accueillir plus d’étudiants étrangers en France.

Puis, pour arriver aux 200 000, il y a l’asile, c’est-à-dire un droit constitutionnel qui fait partie de l’identité même de la France. Il n’est pas tolérable que notre système d’examen du droit d’asile fonctionne aussi mal. Le constat a été fait depuis longtemps. Plus de 18 mois pour avoir une réponse, on a réduit les délais déjà depuis deux ans mais nous devons encore accélérer parce que c’est un double risque que nous faisons courir.

Si le refus est prononcé, toute chance que celui qui est là depuis 18 mois essaie de se réfugier dans l’immigration illégale et si c’est pour une réponse favorable, pourquoi ne lui a-t-elle pas été communiquée plus tôt pour qu’il puisse pleinement s’insérer ?

Nous avons donc préparé un texte qui est en ce moment en discussion au Parlement qui va être voté – je crois avec une large majorité – pour réduire à 9 mois le délai pour traiter une réponse en termes de droit d’asile.

Quant à l’immigration économique, qui a été considérable, elle est devenue résiduelle dans notre pays. La présence de ceux qu’on appelle les travailleurs détachés et qui n’a rien avoir avec ce que l’on croit être l’immigration économique, mais plutôt un abus de situation – ces travailleurs détachés qui ne sont d’ailleurs pas en cause en tant que tels mais qui sont ceux qui viennent en France, de pays européens pour être moins payés parce que les cotisations sociales ne sont pas facturées aux employeurs.

Alors si nous devons respecter la libre circulation qui est un acquis fondamental de l’Europe, elle ne doit pas être détournée, dévoyée parce qu’aujourd’hui la question des travailleurs détachés fait que sur le plan politique il y a l’exacerbation de tensions et sur le plan économique il y a une concurrence déloyale.

Je ferai donc en sorte dans les prochains Conseils européens de clarifier cette notion de travailleur détaché et d’éviter tous les abus.

Trop de nos concitoyens issus de l’immigration se considèrent encore comme des étrangers, assignés à leurs origines. Et trop de nos compatriotes ont le sentiment qu’ils ne sont plus chez eux quand d’autres se placent en dehors des règles communes. Voilà la tension principale qui existe dans notre pays. Dans les deux cas, c’est la France qui est atteinte, qui est blessée. Nous devons donc réagir à cette double dislocation du pacte républicain pour que chacun se considère français en France et capable de vivre ensemble.

La République n’a d’avenir que si elle sait construire une politique de citoyenneté dont le principe est simple et clair : c’est l’égalité.

La République n’a d’avenir que si les droits et les devoirs sont rappelés à tous, quelle que soit leur nationalité.

La République n’a d’avenir que si aucun territoire n’est relégué, abandonné, oublié. Elle n’a d’avenir que si les quartiers ne deviennent pas des ensembles où vivent les mêmes populations dont la communauté de destin serait celle de leurs communautés supposées d’origines. C’est le sens de la politique de la ville : éviter les concentrations des mêmes sur les mêmes lieux, agir sur les causes des inégalités, multiplier les leviers d’insertion, offrir un avenir en termes de formation, d’emploi, d’accès à la culture.

Le sujet que nous avons à régler, c’est l’immigration d’hier et même d’avant-hier que nous avons à mieux appréhender, où le critère, d’ailleurs, n’est plus la nationalité mais la citoyenneté effective. Quant à l’immigration d’aujourd’hui – dont j’ai dit ici le caractère limité, elle doit être néanmoins accompagnée. C’est le sens du projet de loi sur le séjour des étrangers qui sera discuté au Parlement l’année prochaine. Toute personne qui arrivera en France, quelles qu’en soient les raisons –j’ai évoqué les sources de cette immigration- devra apprendre le français, être formé aux valeurs de la République, à ses règles, à ses usages, à ses droits, à ses devoirs.

Ce parcours d’intégration s’accompagnera de la remise de titres de séjour pluriannuels. A quoi sert-il de faire subir à des étrangers en situation régulière une attente interminable devant les Préfectures, les Sous-préfectures, pour le renouvellement de leur titre de séjour, comme pour bien les punir de ce qu’ils viennent réclamer : un titre de séjour. Ils l’ont déjà, c’est juste pour le renouvellement. Ils l’auront mais ils doivent attendre dans le froid, au petit matin, rien que pour leur montrer qu’ils ne sont pas vraiment, ici, bienvenus.

Ce n’est digne ni pour les fonctionnaires qui ont à traiter ces questions – je veux les saluer, ce n’est pas facile- ni digne pour les personnes ainsi traitées. A quoi sert-il d’instaurer une précarité inutile alors que ces étrangers ont déjà une activité professionnelle ?

Beaucoup d’étrangers, ce ne sont plus les mêmes, sont là depuis des décennies. Ils ont parfois gardé leur nationalité d’origine tout en étant parfaitement intégrés à la société française. C’était leur droit. Ils n’ont pas voulu changer de nationalité ou peut-être n’ont pas pu y accéder. C’est cette situation d’étranger depuis longtemps en France qui a justifié la revendication de leur ouvrir le droit de vote aux élections locales. Beaucoup de pays européens l’ont fait. Pour y parvenir en France, chacun en connait les conditions. Mieux vaut un langage de vérité si l’on veut éviter les passions ou les illusions. Rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution, ce qui suppose, dans notre droit, une majorité des 3/5ème au Parlement. C’est-à-dire l’accord de toutes les forces républicaines. J’y suis pour ma part favorable, à elles de prendre leur responsabilité.

Ces difficultés – que nous connaissons depuis 30 ans – ne doivent pas nous empêcher d’agir pour favoriser l’autre versant de la citoyenneté, l’accès à la naturalisation. Il n’y a pas de meilleure preuve d’amour à la République que cette déclaration d’allégeance à ses principes et à ses valeurs. Dans le passé récent, certains ont été tentés de réduire le nombre de naturalisations, de compliquer ces procédures comme si devenir Français pour des étrangers qui étaient là depuis des années, qui avaient servi la France, constituait une menace. C’était encore une fois oublier, les vertus intégratrices de la République.

C’est pourquoi, j’ai demandé au Gouvernement, dès 2012, de fixer de nouveaux critères justes et transparents pour l’accès à la nationalité française. Des progrès ont été faits. Le nombre des naturalisations a augmenté mais il y a lieu, encore, d’accélérer les procédures, de les unifier sur le territoire et de bien fixer la nature des critères.

Je souhaite également que la République marque enfin sa reconnaissance à l’égard des vieux immigrés, ceux que l’on appelle les Chibanis. Beaucoup ont été recrutés, il y a des décennies, avec l’espoir d’un retour rapide au pays. Puis, ils ont fait souche dans le nôtre et ont contribué à sa construction.

A la France, ils ont donné leur jeunesse, leur labeur, leurs bras. Il est temps que l’on cesse de leur opposer des règles tatillonnes pour qu’ils ne puissent accéder véritablement à leurs droits ou à leurs prestations sociales.

Il est temps aussi que leur naturalisation soit facilitée, comme l’a proposé un rapport parlementaire. C’est la raison pour laquelle la loi sur le vieillissement, puisqu’il s’agit de travailleurs âgés, ouvrira la naturalisation de plein droit à tous les étrangers âgés de plus de 65 ans qui ont vécu plus de 25 ans en France et qui ont au moins un enfant français.

Il y a aussi les jeunes français qui veulent pleinement participer à la vie de notre pays. C’est toute la question de la représentation. Elle n’obéit pas à des logiques législatives, à des quotas ou des règles.

C’est une obligation pour toutes les forces politiques sociales économiques de notre pays. Faire en sorte que ceux qui parlent au nom des autres puissent ressembler aux autres. Faire en sorte que ceux qui décident pour les autres puissent être finalement comme les autres.

Ce travail-là doit être mené systématiquement parce que lorsqu’une représentation n’est plus fidèle à l’état d’une société, la société ne se reconnait plus dans celles et ceux qui les représentent.

C’est un grand enjeu. Des progrès ont été faits lors des élections locales – je sais que dans les entreprises, il y a également cette volonté – mais pourquoi y aurait-il cette facilité dans la culture, dans le sport et cette résistance dans nos institutions ou dans les entreprises ?

Bien sûr qu’il y a la méritocratie scolaire, et elle donne des résultats. Combien de jeunes qui sont de toutes les couleurs de la France ont réussi les meilleurs examens, obtenu les meilleurs diplômes ? Ils frappent à la porte, à leur tour, demandent leur part et à qui on demande plus qu’à d’autres d’attendre, d’attendre encore ? Eh bien non ! Il n’est plus temps d’attendre. Il faut que la société française puisse être représentée avec toutes les couleurs, toutes les forces, toutes les forces vives de la France.

L’immigration en France, c’est l’histoire de millions de personnes venues d’ailleurs, de très loin ou parfois de plus près qui voulurent un jour fondre leurs aspirations personnelles, familiales dans le rêve français.

C’est ainsi que notre histoire s’est faite. Notre pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans cette multiplication de talents et d’atouts. Bien sûr que cette immigration a suscité également tout au long de son histoire, frustrations, fractures, frictions, nous ne devons ni ignorer les talents ni occulter les peurs.

Cette diversité est une chance si nous savons la valoriser, l’enrichir, la dépasser, si nous savons affirmer une volonté commune de vivre ensemble, ce qui suppose une pleine adhésion à la République. Sinon c’est le piège de la division, la menace du communautarisme, la confrontation des cultures et donc, le racisme, l’antisémitisme, la détestation de l’autre.

C’est en prenant en compte ces risques qui sont là, dans la France du 21ème siècle, que nous ne pensions plus imaginer ou voir, c’est en prenant en compte ces risques que nous devons nous élever, pour faire en sorte que la Nation redevienne facteur d’espoir. La France doit avoir confiance dans la France.

C’est une responsabilité dont l’Etat a la charge pour garantir la cohésion et l’apaisement. Je l’ai dit, l’éducation en est la première condition mais l’école ne peut pas répondre à un défi aussi grand. Toutes les institutions sont concernées : les institutions publiques mais également les entreprises privées. La réussite de notre pays dépend de notre capacité à régler cette question de la citoyenneté et de l’immigration.

C’est aussi une responsabilité individuelle car l’histoire de l’immigration nous l’enseigne aussi. Vivre en France, c’est une chance. Elle doit être ressentie, comprise, saisie pour pouvoir être mise au service du destin commun.

Votre musée montre que cet espoir est possible puisqu’il apporte la preuve que des femmes et des hommes arrachés parfois dans la douleur à leur pays d’origine, qui ont connu bien des épreuves, ont été capables, sur notre propre sol, de donner le meilleur de leur vie, de faire en sorte que leurs enfants puissent être pleinement des citoyens et d’accomplir ce qui a été, un moment, leur destin.

L’histoire de l’immigration fait partie de notre histoire nationale mais la réussite de l’intégration déterminera notre destin national.

Votre musée, votre institution, votre Cité a l’immense mérite de donner à des générations d’immigrés la place qui doit leur revenir et de nous faire comprendre qu’ils ont fait le visage de la France.

Un visage qui a la couleur de la République. Celle qui unit, rassemble et fédère. Une Nation qui doit être fière d’elle-même et sûre de son destin. C’est quand la Nation est fière, quand elle sait où elle va et quand son destin est partagé que cette grande Nation qui s’appelle la France peut résister à tout pour faire le meilleur et conjurer le pire.

Merci.


Mort de Simon Leys: Hommage aux hérissons rusés ! (The worst way to be wrong: Looking back at an intellectual by any other name)

25 août, 2014
Sa vigilance nous manque déjà. Sartre (à la mort de Gide)
On ne sait pas si le président russe, Vladimir Poutine, où l’un de ses subordonnés, a donné l’ordre de faire sauter en vol le Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Mais il y a déjà cinq fois plus de civils innocents massacrés à Gaza, ceux-là soigneusement ciblés et sur l’ordre direct d’un gouvernement. Les sanctions de l’Union européenne contre Israël restent au niveau zéro. L’annexion de la Crimée russophone déclenche indignation et sanctions. Celle de la Jérusalem arabophone nous laisserait impavides ? Peut-on à la fois condamner M. Poutine et absoudre M. Nétanyahou ? Encore deux poids deux mesures ? Nous avons condamné les conflits interarabes et intermusulmans qui ensanglantent et décomposent le Moyen-Orient. Ils font plus de victimes locales que la répression israélienne. Mais la particularité de l’affaire israélo-palestinienne est qu’elle concerne et touche à l’identité des millions d’Arabes et musulmans, des millions de chrétiens et Occidentaux, des millions de juifs dispersés dans le monde. Ce conflit apparemment local est de portée mondiale et de ce fait a déjà suscité ses métastases dans le monde musulman, le monde juif, le monde occidental. Il a réveillé et amplifié anti-judaïsme, anti-arabisme, anti-christianisme (les croisés) et répandu des incendies de haine dans tous les continents. (…) N’ayant guère d’accointances avec les actuels présidents du Conseil et de la Commission européens, ce n’est pas vers ces éminentes et sagaces personnalités que nous nous tournons mais vers vous, François Hollande, pour qui nous avons voté et qui ne nous êtes pas inconnu. C’est de vous que nous sommes en droit d’attendre une réponse urgente et déterminée face à ce carnage, comme à la systématisation des punitions collectives en Cisjordanie même. Les appels pieux ne suffisent pas plus que les renvois dos à dos qui masquent la terrible disproportion de forces entre colonisateurs et colonisés depuis quarante-sept ans. L’écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) demandait aux dirigeants soviétiques une seule chose : « Ne mentez pas. » Quand on ne peut résister à la force, on doit au moins résister au mensonge. Ne vous et ne nous mentez pas, monsieur le Président. On doit toujours regretter la mort de militaires en opération, mais quand les victimes sont des civils, femmes et enfants sans défense qui n’ont plus d’eau à boire, non pas des occupants mais des occupés, et non des envahisseurs mais des envahis, il ne s’agit plus d’implorer mais de sommer au respect du droit international. (…) Nous n’oublions pas les chrétiens expulsés d’Irak et les civils assiégés d’Alep. Mais à notre connaissance, vous n’avez jamais chanté La Vie en rose en trinquant avec l’autocrate de Damas ou avec le calife de Mossoul comme on vous l’a vu faire sur nos écrans avec le premier ministre israélien au cours d’un repas familial. (…) Israël se veut défenseur d’un Occident ex-persécuteur de juifs, dont il est un héritier pour le meilleur et pour le pire. Il se dit défenseur de la démocratie, qu’il réserve pleinement aux seuls juifs, et se prétend ennemi du racisme tout en se rapprochant d’un apartheid pour les Arabes. L’école stoïcienne recommandait de distinguer, parmi les événements du monde, entre les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous. On ne peut guère agir sur les accidents d’avion et les séismes – et pourtant vous avez personnellement pris en main le sort et le deuil des familles des victimes d’une catastrophe aérienne au Mali. C’est tout à votre honneur. A fortiori, un homme politique se doit de monter en première ligne quand les catastrophes humanitaires sont le fait de décisions politiques sur lesquelles il peut intervenir, surtout quand les responsables sont de ses amis ou alliés et qu’ils font partie des Nations unies, sujets aux mêmes devoirs et obligations que les autres Etats. La France n’est-elle pas un membre permanent du Conseil de sécurité ? Ce ne sont certes pas des Français qui sont directement en cause ici, c’est une certaine idée de la France dont vous êtes comptable, aux yeux de vos compatriotes comme du reste du monde. Rony Brauman, Régis Debray, Edgar Morin et Christiane Hessel
Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j’ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis. (…) C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur, devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière l’odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l’homme mourra, si elle n’en est pas guérie. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme pour des œuvres de haine, et c’est un crime, enfin, que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’œuvre prochaine de vérité et de justice. (…) Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera.  (…) Je l’ai dit ailleurs, et je le répète ici : quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. Emile Zola (J’accuse, 1898)
Chaque jour j’attache moins de prix à l’intelligence. Chaque jour je me rends mieux compte que ce n’est qu’en dehors d’elle que l’écrivain peut ressaisir quelque chose de nos impressions passées, c’est-à-dire atteindre quelque chose de lui-même et la seule matière de l’art. (…) Mais d’une part les vérités de l’intelligence, si elles sont moins précieuses que ces secrets du sentiment dont je parlais tout à l’heure, ont aussi leur intérêt. Un écrivain n’est pas qu’un poète. Même les plus grands de notre siècle, dans notre monde imparfait où les chefs-d’œuvre de l’art ne sont que les épaves naufragées de grandes intelligences, ont relié d’une trame d’intelligence les joyaux de sentiment où ils n’apparaissent que çà et là. Et si on croit que sur ce point important on entend les meilleurs de son temps se tromper, il vient un moment où on secoue sa paresse et où on éprouve le besoin de le dire. La méthode de Sainte-Beuve n’est peut-être pas au premier abord un objet si important. Mais peut-être sera-t-on amené, au cours de ces pages, à voir qu’elle touche à de très importants problèmes intellectuels, peut-être au plus grand de tous pour un artiste, à cette infériorité de l’intelligence dont je parlais au commencement. Et cette infériorité de l’intelligence, c’est tout de même à l’intelligence qu’il faut demander de l’établir. Car si l’intelligence ne mérite pas la couronne suprême, c’est elle seule qui est capable de la décerner. Et si elle n’a dans la hiérarchie des vertus que la seconde place, il n’y a qu’elle qui soit capable de proclamer que l’instinct doit occuper la première. Marcel Proust (préface de  « Contre Sainte Beuve », édition posthume, 1954)
Les hommes dont la fonction est de défendre les valeurs éternelles et désintéressées, comme la justice et la raison, que j’appelle les clercs, ont trahi fonction au profit d’intérêts pratiques. Julien Benda (La Trahison des clercs, 1927)
Cherchant à expliquer l’attitude des intellectuels, impitoyables aux défaillances des démocraties, indulgents aux plus grands crimes, pourvu qu’ils soient commis au nom des bonnes doctrines, je rencontrai d’abord les mots sacrés : gauche, Révolution, prolétariat. Raymond Aron
Si la tolérance naît du doute, qu’on enseigne à douter des modèles et des utopies, à récuser les prophètes de salut, les annonciateurs de catastrophes. Appelons de nos vœux la venue des sceptiques s’ils doivent éteindre le fanatisme. Raymond Aron (L’Opium des intellectuels, 1955)
L’écrivain est en situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu’ils n’ont pas écrit une ligne pour l’empêcher. Ce n’était pas leur affaire, dira-t-on. Mais le procès de Calas, était-ce l’affaire de Voltaire ? La condamnation de Dreyfus, était-ce l’affaire de Zola ? L’administration du Congo, était-ce l’affaire de Gide ? Chacun de ces auteurs, en une circonstance particulière de sa vie, a mesuré sa responsabilité d’écrivain.  Sartre
Intellectuels : personnes qui ayant acquis quelque notoriété par des travaux qui relèvent de l’intelligence abusent de cette notoriété pour sortir de leur domaine  et se mêler de ce qui ne les regarde pas. Jean-Paul Sartre
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux damnés de la terre, 1961)
J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. (…) Meursault, pour moi, n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde parce que tenace, l’anime : la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi et sur le monde ne sera jamais possible. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant, dans L’Étranger, l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l’aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création. Camus (préface américaine à L’Etranger)
Le thème du poète maudit né dans une société marchande (…) s’est durci dans un préjugé qui finit par vouloir qu’on ne puisse être un grand artiste que contre la société de son temps, quelle qu’elle soit. Légitime à l’origine quand il affirmait qu’un artiste véritable ne pouvait composer avec le monde de l’argent, le principe est devenu faux lorsqu’on en a tiré qu’un artiste ne pouvait s’affirmer qu’en étant contre toute chose en général. Albert Camus
Le besoin de se justifier hante toute la littérature moderne du «procès». Mais il y a plusieurs niveaux de conscience. Ce qu’on appelle le «mythe» du procès peut être abordé sous des angles radicalement différents. Dans L’Etranger, la seule question est de savoir si les personnages sont innocents ou coupables. Le criminel est innocent et les juges coupables. Dans la littérature traditionnelle, le criminel est généralement coupable et les juges innocents. La différence n’est pas aussi importante qu’il le semble. Dans les deux cas, le Bien et le Mal sont des concepts figés, immuables : on conteste le verdict des juges, mais pas les valeurs sur lesquelles il repose. La Chute va plus loin. Clamence s’efforce de démontrer qu’il est du côté du bien et les autres du côté du mal, mais les échelles de valeurs auxquelles il se réfère s’effondrent une à une. Le vrai problème n’est plus de savoir «qui est innocent et qui est coupable?», mais «pourquoi faut-il continuer à juger et à être jugé?». C’est là une question plus intéressante, celle-là même qui préoccupait Dostoïevski. Avec La Chute, Camus élève la littérature du procès au niveau de son génial prédécesseur. Le Camus des premières oeuvres ne savait pas à quel point le jugement est un mal insidieux et difficile à éviter. Il se croyait en-dehors du jugement parce qu’il condamnait ceux qui condamnent. En utilisant la terminologie de Gabriel Marcel, on pourrait dire que Camus considérait le Mal comme quelque chose d’extérieur à lui, comme un «problème» qui ne concernait que les juges, alors que Clamence sait bien qu’il est lui aussi concerné. Le Mal, c’est le «mystère» d’une passion qui en condamnant les autres se condamne elle-même sans le savoir. C’est la passion d’Oedipe, autre héros de la littérature du procès, qui profère les malédictions qui le mènent à sa propre perte. […] L’étranger n’est pas en dehors de la société mais en dedans, bien qu’il l’ignore. C’est cette ignorance qui limite la portée de L’Etranger tant au point de vue esthétique qu’au point de vue de la pensée. L’homme qui ressent le besoin d’écrire un roman-procès n’appartient pas à la Méditerranée, mais aux brumes d’Amsterdam. Le monde dans lequel nous vivons est un monde de jugement perpétuel. C’est sans doute le vestige de notre tradition judéo-chrétienne. Nous ne sommes pas de robustes païens, ni des juifs, puisque nous n’avons pas de Loi. Mais nous ne sommes pas non plus de vrais chrétiens puisque nous continuons à juger. Qui sommes-nous? Un chrétien ne peut s’empêcher de penser que la réponse est là, à portée de la main : «Aussi es-tu sans excuse, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même : puisque tu agis de même, toi qui juges». Camus s’était-il aperçu que tous les thèmes de La Chute sont contenus dans les Epîtres de saint Paul ? […] Meursault était coupable d’avoir jugé, mais il ne le sut jamais. Seul Clamence s’en rendit compte. On peut voir dans ces deux héros deux aspects d’un même personnage dont le destin décrit une ligne qui n’est pas sans rappeler celle des grands personnages de Dostoïevski. » René Girard – Critique dans un souterrain, Pour un nouveau procès de l’Etranger, p.140-142)
Attention, l’Amérique a la rage (…) La science se développe partout au même rythme et la fabrication des bombes est affaire de potentiel industriel. En tuant les Rosenberg, vous avez tout simplement esayé d’arrêter les progrès de la science. Jean-Paul Sartre (« Les animaux malades de la rage », Libération, 22 juin 1953)
Les groupes n’aiment guère ceux qui vendent la mèche, surtout peut-être lorsque la transgression ou la trahison peut se réclamer de leurs valeurs les plus hautes. (…) L’apprenti sorcier qui prend le risque de s’intéresser à la sorcellerie indigène et à ses fétiches, au lieu d’aller chercher sous de lointains tropiques les charmes rassurant d’une magie exotique, doit s’attendre à voir se retourner contre lui la violence qu’il a déchainée. Pierre  Bourdieu
Manet a deux propriétés uniques […] : premièrement, il a rassemblé des choses qui avaient été séparées, et […] c’est une des propriétés universelles des grands fondateurs. […] Et, deuxième propriété, il pousse à la limite les propriétés de chacun de ces éléments constitutifs de l’assemblage qu’il fabrique. Donc, il y a systématicité et passage à la limite. Pierre Bourdieu
Dans la grande maison du symbolique, l´I.T. occupe le palier supérieur parce qu´il a reçu de l´histoire et de l´inconscient collectif le supérieur en charge : la lyre, plus la morale. Position princière. Comme le roi Charles X disait au dauphin, de Chateaubriand venu le visiter en exil à Prague, avec un respect mêlé d´effroi : attention, mon fils, voici « une des puissances de la Terre » . Un magistrat de l´essentiel, qui a « le secret des mots puissants. (…) La capitale, qui excite l´intellectuel, gâte l´artiste. L´iode et la chlorophylle entretiennent les vertus d´enfance ; poètes et enchanteurs, enfants prolongés (c´est un labeur), vieillissent prématurément dans nos bousculades. Calme et silence. Avec son optimisme végétal, Rilke a dit l´essentiel. S´en remettre au lent travail des profondeurs intimes, « laisser mûrir comme l´arbre qui ne précipite pas le cours de sa sève. (…) Quiconque veut se mettre en mesure d´écouter sa musique d´enfance aura tout à gagner à se montrer dur d´oreille aux trompettes et violons qui font frémir les cœurs dans le voisinage. Car il en va des inspirations comme des civilisations : si elles s´ouvrent trop aux autres, elles perdent leur sève et le fil. C´est en quoi l´artiste, au contraire de l´intellectuel, cet être de débat, d´échange ou de collectif, a intérêt, s´il ne veut pas diminuer ses chances, à ne pas trop communiquer avec son époque, le public et les autres artistes. Régis Debray (I.F. suite et fin, 2000)
Il importe de rapporter l’état ultime d’une figure à son état princeps pour déceler ce qui unit et distingue l’I.O. et l’I.T. D’embrasser d’un même trait l’élan, l’inflexion et la chute ; reconnaître la continuité depuis le point de lancement sans déguiser la déconvenue de l’arrivée. L’héritier du nom est à la fois le continuateur du dreyfusard et son contraire. L’I.F. fut un éclaireur, c’est devenu un exorciste. Il accroissait l’intelligibilité, il renchérit sur l’opacité des temps. Il favorisa la prise de distance, il s’applique à resserrer les rangs. Ce fut un futuriste, c’est, tout accrocheur qu’il soit, et volumineux, un déphasé, qui n’aide plus personne à devenir contemporain. Et c’est de lui qu’il faudrait maintenant s’émanciper. Régis Debray (I.F. suite et fin, 2000)
Certes, les attaques faciles où Bourdieu traite Reagan et Bush de « bellâtres de série B », n’étaient pas indispensables… En revanche, quiconque a ressenti la contrainte des rues à angle droit, funestes à toute improvisation, ce commandement totalitaire de sympathie, de familiarité, de véridicité qui rend normal de promettre sur une fiche de douane qu’on ne vient aux Etats-unis ni pour tuer ni pour répandre une infection mortelle, ne peut qu’approuver le diagnostic bourdieusien devant une société déterminée par des principes d’inexorable bienveillance et la conviction de la dichotomie entre logique et éthique. Marie-Anne Lescourret
The idea that art, ethics, and matters of the spirit, including religious faith, come from the same place is central to Leys’s concerns. All his essays, about André Gide or Evelyn Waugh no less than the art of Chinese calligraphy, revolve around this. Leys once described in these pages the destruction of the old walls and gates of Beijing in the 1950s and 1960s as a “sacrilege.” The thick walls surrounding the ancient capital were “not so much a medieval defense apparatus as a depiction of a cosmic geometry, a graphic of the universal order.” Pre-modern Chinese politics were intimately linked with religious beliefs: the ruler was the intermediary between heaven and earth, his empire, if ruled wisely, a reflection of the cosmic order. Classical Beijing, much of it built in the fourteenth and fifteenth centuries, was deliberately planned to reflect this order. It survived almost intact until the 1950s. Apart from a few pockets, such as the Forbidden City, nothing of this old city remains. Critics over the years have attacked Leys for being an elitist, a Western mimic of Chinese literati, an aesthete who cares more about high culture than people, more about walls and temples than the poor Beijingers who had to live in dark and primitive alleys, oppressed by absolute rulers and feudal superstition. But this misses the point. It was not Leys’s intention to defend the Chinese imperial or feudal system. On the contrary, he lamented the fact that Maoists decided to smash the extraordinary artifacts of the past instead of the attitudes that made feudalism so oppressive in the first place. The stones were destroyed; many of the attitudes, alas, remained, albeit under different rulers. Iconoclasts, not only in China, are as enthralled by the sacred properties of the objects they destroy as those who venerate them. This much we know. But Leys goes further. In his view, Maoists didn’t just reduce the walls of Beijing, and much else besides, to rubble because they believed such acts would liberate the Chinese people; they smashed Yuan and Ming and Qing Dynasty treasures because they were beautiful. Yet beauty, as Leys himself insists, is rarely neutral. His use of the term “sacrilege” suggests that there was more to Maoist iconoclasm than a philistine resentment of architectural magnificence. Leys quotes Guo Moruo, one of the most famous mandarins of the Chinese Communist revolution, on the city walls in Sichuan where the scholar and poet grew up. People approaching a town near Guo’s native village felt a “sense of religious awe when confronted with the severe majestic splendor” of the city gate. Guo notes the rarity of such superb walls outside Sichuan—“except in Peking, of course, where the walls are truly majestic.” Guo was a Communist, but not a vandal. He paid a common price for his love of the wrong kind of beauty. Persecuted during the Cultural Revolution, he was forced to declare that his books were worthless and should be burned. Two of his children were driven to suicide, and Guo had to write odes in praise of Chairman Mao for the rest of the Great Helmsman’s life. The point about the walls is, of course, not merely aesthetic, nostalgic, or even to do with awe. Heinrich Heine’s famous dictum—“Where they burn books, they will ultimately also burn people”—applies to China too. It wasn’t just buildings that were shattered under Chairman Mao, but tens of millions of human lives. In one of his essays, Leys refers to the first Communist decades in China as “thirty years of illiterates’ rule,” which might be construed as snobbish; but the relative lack of education among the top Communist cadres is not actually the main issue for Leys. His targets are never uneducated barbarians, people too ignorant or stupid to know what they are doing. The objects of his devastating and bitterly funny barbs are fellow intellectuals, often fellow academics, most often fellow experts on China, people who faithfully followed every twist and turn of the Chinese Communist Party line, even though they knew better. Such people as the writer Han Suyin, for example, who declared that the Cultural Revolution was a Great Leap Forward for mankind until she observed, once the line had changed, that it had been a terrible disaster. (…) Still, the reasons why Leys finds Orwell attractive might be applied in equal measure to Leys himself: “[Orwell’s] intuitive grasp of concrete realities, his non-doctrinaire approach to politics (accompanied with a deep distrust of left-wing intellectuals) and his sense of the absolute primacy of the human dimension.” Both Orwell and Chesterton were good at demolishing cant. Leys is right about that: “[Chesterton’s] striking images could, in turn, deflate fallacies or vividly bring home complex principles. His jokes were irrefutable; he could invent at lightning speed surprising short-cuts to reach the truth.” When Confucius was asked by one of his disciples what he would do if he were given his own territory to govern, the Master replied that he would “rectify the names,” that is, make words correspond to reality. He explained (in Leys’s translation): If the names are not correct, if they do not match realities, language has no object. If language is without an object, action becomes impossible—and therefore, all human affairs disintegrate and their management becomes pointless. Leys comments that Orwell and Chesterton “would have immediately understood and approved of the idea.” If this reading is right, Confucius wanted to strip the language of cant, and reach the truth through plain speaking, expressing clear thoughts. But Leys believes that he also did more than that: “Under the guise of restoring their full meaning, Confucius actually injected a new content into the old ‘names.’” One example is the interpretation of the word for gentleman, junzi. The old feudal meaning was “aristocrat.” But for Confucius a gentleman’s status could be earned only through education and superior virtue. This was a revolutionary idea; the right to rule would no longer be a matter of birth, but of intellectual and moral accomplishment, tested in an examination system theoretically open to all. (…) To be sure, words are used to obfuscate and lie, as well as to tell the truth. Leys believes that grasping the truth is largely a matter of imagination, poetic imagination. Hence his remark that the “Western incapacity to grasp the Soviet reality and all its Asian variants” was a “failure of imagination” (his italics). Fiction often expresses truth more clearly than mere factual information. Truth, Leys writes, referring to science and philosophy, as well as poetry, “is grasped by an imaginative leap.” The question is how we contrive such leaps. Ian Buruma
Le renard sait beaucoup de choses mais le hérisson une seule grande. Archiloque
Mieux vaut les critiques d’un seul que l’assentiment de mille. Sima Qian
People all know the usefulness of what is useful, but they do not know the usefulness of what is useless. Zhuang Zi
Hamlet was my favourite Shakespearean play. Read in a Chinese labour camp, however, the tragedy of the Danish prince took on unexpected dimensions. All the academic analyses and critiques that had engrossed me over the years now seemed remote and irrelevant. The outcry ‘Denmark is a prison’ echoed with a poignant immediacy and Elsinore loomed like a haunting metaphor of a treacherous repressive state. The Ghost thundered with a terrible chorus of a million victims of proletarian dictatorship. Rozencrantz and Guildenstern would have felt like fish in the water had they found their way into a modern nation of hypocrites and informers. As to Hamlet himself, his great capacity for suffering gave the noble Dane his unique stature as a tragic hero pre-eminently worthy of his suffering. I would say to myself ‘I am not Prince Hamlet, nor was meant to be’, echoing Eliot’s Prufrock. Rather I often felt like one of those fellows ‘crawling between earth and Heaven’ scorned by Hamlet himself. But the real question I came to see was neither ‘to be, or not to be’ nor whether ‘in the mind to suffer the slings and arrows of outrageous fortune’, but how to be worthy of one’s suffering. Wu Ningkun
As if I also was hearing it for the first time: like the blast of a trumpet, like the voice of God. For a moment I forget who I am and where I am. The companion begs me to repeat it. How good he is, he is aware that it is doing me good. Or perhaps it is something more – perhaps he has received the message, he has felt that it had to do with him, that it has to do with all men who suffer, and with us in particular; and that it has to do with us two, who dare to reason of these things with the poles for the soup on our shoulders. (…) I have forgotten at least twelve lines; I would give today’s soup to know how to connect the last fragment to the end of the Canto. I try to reconstruct it through the rhymes, I close my eyes, I bite my fingers, but it is no use, the rest is silence. Primo Levi
Let each one examine what he has most desired. If he is happy, it is because his wishes have not been granted.  Prince de Ligne
The madness of tomorrow is not in Moscow, much more in Manhattan. It has been left to the very latest Modernists to proclaim an erotic religion which at once exalts lust and forbids fertility. The next great heresy is going to be simply an attack on morality, and especially on sexual morality. G.K. Chesterton (1926)
I do not believe for instance that it is a mere coincidence that we are witnessing simultaneously the development of a movement supporting euthanasia and the development of a movement in favour of homosexual marriage. Simon Leys
S’il est une chose dont le Belge est pénétré, c’est de son insignifiance. Cela, en revanche, lui donne une incomparable liberté – un salubre irrespect, une tranquille impertinence, frisant l’insouciance. Simon Leys
La pire manière d’avoir tort c’est d’avoir eu raison trop tôt ! Simon Leys
Dans une controverse, on reconnait le vainqueur à ce que ses adversaires finissent par s’approprier ses arguments en s’imaginant les avoir inventés.  Simon Leys
Whenever a minute of silence is being observed in a ceremony, don’t we all soon begin to throw discreet glances at our watches? Exactly how long should a ‘decent interval’ last before we can resume business-as-usual with the butchers of Peking? (…) they may even have a point when they insist, in agreeing once more to sit at the banquet of the murderers, they are actively strengthening the reformist trends in China. I only wish they had weaker stomachs. Simon Leys
The other day, I was reading the manuscript of a forthcoming book by a young journalist – a series of profiles of women living in the Outback – farmer wives battling solitude and natural disasters on remote stations in the bush. One woman was expressing concern for the education and future of her son, and commented on the boy’s choice of exclusively practical subjects for his courses at boarding school. « And I can’t say I blame his choice, as I too, would prefer to be out in the bush driving a tractor of building cattleyards rather than sitting in a classroom learning about Shakespeare, which is something he will never need… » (…) Oddly enough, this disarming remark on the uselessness of literature unwittingly reduplicates, in one sense, a provocative statement by Nabokov. In fact the brave woman from the outback here seems to echo a sardonic paradox of the supreme literate aesthete of our age. Nabokov wrote this (which I shall never tire of quoting, perhaps because I myself taught literature for some time): ‘Let us not kid ourselves; let us remember that literature is of no use whatever, except in the very special case of somebody’s wishing to become, of all things, a Professor of Literature.’ And yet even Professors of Literature, when they are made of the right mettle, but find themselves in extreme situations – divested of their titles, deprived of their books, reduced to their barest humanity, equipped only with their tears and their memory – can reach the heart of the matter and experience in their flesh what literature is really about: our very survival as human beings. Simon Leys
The need to bring down to our own wretched level, to deface, to deride and debunk any splendour that is towering above us, is probably the saddest urge of human nature. Simon Leys
L’intuition de Chesterton est que le christianisme a renversé la vieille croyance platonicienne que la matière est mauvaise et que le spirituel est bon. Simon Leys
Comme Chesterton et comme Bernanos (autres écrivains de génie qui ont montré quel art le journalisme peut et doit être), Orwell a semé des perles un peu partout ; là, il faut donc tout lire, ce n’est pas une obligation, c’est un régal. (…) Chez Orwell, la qualité qui frappe le plus, c’est l’originalité. La vraie originalité, c’est le fait d’un homme qui, ayant d’abord réussi à devenir lui-même, n’a plus qu’à écrire naturellement. L’originalité échappe invinciblement à qui la poursuit pour elle-même, ne trouvant que la fausse originalité – cette lèpre qui ronge les lettres… Or un homme vrai ne saurait se réduire à des simplifications abstraites, à des définitions à sens unique (gauche, droite, progressiste, réactionnaire) ; c’est un noeud naturel de contradictions, un vivant paradoxe, comme Orwell l’a bien suggéré en se décrivant lui-même comme un « anarchiste conservateur ». (…) Orwell a explicitement récusé une façon de lire 1984 comme une description d’événements à venir. Il a lui-même défini son livre comme une « satire », développant les implications logiques de la prémisse totalitaire. Il serait donc vain d’essayer de mettre 1984 à jour. Anthony Burgess a jadis commis un 1985 qui montrait seulement sa profonde incompréhension du livre. Le vrai maître d’Orwell, c’est Swift, qu’il lisait et relisait sans se lasser. Comment concevoir une révision des Voyages de Gulliver ? À la lecture d’une intéressante interview que le professeur Jacques Le Goff vient de donner au Point (n° 1777, 5 octobre), je suis frappé par cette remarque qu’exprime le grand historien en passant : « Je déteste un livre comme 1984 d’Orwell à cause de sa non-insertion dans l’histoire. » Mais, précisément, c’est là le sujet même dont traite Orwell. Car le totalitarisme en action, c’est la négation de l’histoire – à tout le moins, sa suspension effective et délibérée. Orwell en eut la première intuition lors de la guerre d’Espagne ; et l’on peut voir dans la révélation qu’il eut alors comme le premier germe de1984. Il en fit la réflexion à Arthur Koestler, qui avait partagé cette même expérience : « L’Histoire s’est arrêtée en 1936. » Ainsi, la propagande stalinienne effaça toutes traces de batailles gagnées par les républicains lorsqu’il s’agissait de milices anarchistes et inventa de grandes victoires communistes là où nul combat n’avait été livré. Dans la presse communiste, l’expérience du front qu’avaient vécue Orwell et ses camarades se trouva frappée de totale irréalité. L’exercice du pouvoir totalitaire ne peut tolérer l’existence d’une réalité historique. Simon Leys
Le divorce de la littérature et du savoir est une plaie de notre époque et un des aspects caractéristiques de la barbarie moderne où, la plupart du temps, on voit des écrivains incultes tourner le dos à des savants qui écrivent en charabia. Simon Leys
Il est normal que les imbéciles profèrent des imbécillités comme les pommiers produisent des pommes, mais je ne peux pas accepter, moi qui ai vu le fleuve Jaune charrier des cadavres chaque jour depuis mes fenêtres, cette vision idyllique de la Révolution culturelle. Simon Leys
Je pense… que les idiots disent des idioties, c’est comme les pommiers produisent des pommes, c’est dans la nature, c’est normal. Le problème c’est qu’il y ait des lecteurs pour les prendre au sérieux et là évidemment se trouve le problème qui mériterait d’être analysé. Prenons le cas de Madame Macciocchi par exemple — je n’ai rien contre Madame Macciocchi personnellement, je n’ai jamais eu le plaisir de faire sa connaissance — quand je parle de Madame Macciocchi, je parle d’une certaine idée de la Chine, je parle de son œuvre, pas de sa personne. Son ouvrage De la Chine, c’est … ce qu’on peut dire de plus charitable, c’est que c’est d’une stupidité totale, parce que si on ne l’accusait pas d’être stupide, il faudrait dire que c’est une escroquerie. Simon Leys
Une nouvelle interprétation de la Chine par un “China watcher” français de Hongkong travaillant à la mode américaine. Beaucoup de faits, rapportés avec exactitude, auxquels se mêlent des erreurs et des informations incontrôlables en provenance de la colonie britannique. Les sources ne sont d’ordinaire pas citées, et l’auteur n’a manifestement pas l’expérience de ce dont il parle. La Révolution culturelle est ramenée à des querelles de cliques. Alain Bouc (Le Monde)
Une sinologue, Michelle Loi, publie en 1975 un court livre intitulé Pour Luxun. Réponse à Pierre Ryckmans (Simon Leys) (Lausanne, Alfred Eibel éditeur), dont le titre dévoile le nom réel de Simon Leys, au risque de lui interdire de pouvoir retourner en Chine. Wikipedia
« La “Révolution culturelle‘ qui n’eut de révolutionnaire que le nom et de culturel que le prétexte tactique initial, fut une lutte pour le pouvoir, menée au sommet entre une poignée d’individus, derrière le rideau de fumée d’un fictif mouvement de masses […] En Occident, certains commentateurs persistent à s’attacher littéralement à l’étiquette officielle et veulent prendre pour point de départ de leur glose le concept de révolution de la culture, voire même de révolution de la civilisation (le terme chinois wenhua’ laisse en effet place à cette double interprétation). En regard d’un thème aussi exaltant pour la réflexion, toute tentative pour réduire le phénomène à cette dimension sordide et triviale d’une ‘lutte pour le pouvoir sonne de façon blessante, voire diffamatoire aux oreilles des maoïstes européens.  Simon Leys
Le spectacle de cet immense pays terrorisé et crétinisé par la rhinocérite maoïste a-t-il entièrement anesthésié sa capacité d’indignation ? Non, mais il réserve celle-ci à la dénonciation de la détestable cuisine qu’Air France lui sert dans l’avion du retour : «Le déjeuner Air France est si infect (petits pains comme des poires, poulet avachi en sauce graillon, salade colorée, chou à la fécule chocolatée – et plus de champagne !) que je suis sur le point d’écrire une lettre de réclamation ». […] Devant les écrits ‘ chinois ’ de Barthes (et de ses amis de Tel Quel), une seule citation d’Orwell saute spontanément à l’esprit : ‘ Vous devez faire partie de l’intelligentsia pour écrire des choses pareilles ; nul homme ordinaire ne saurait être aussi stupide.‘  Simon Leys
Nos admirations nous définissent, mais parfois elles peuvent aussi cerner nos manques (par exemple, un bègue qui admire un éloquent causeur, un écrivain crispé et taciturne comme Jules Renard qui vénère la tonitruante prolixité de Victor Hugo, ou un romancier concis et pur comme Chardonne qui célèbre le formidable flot deTolstoï…). Quand on rend visite à quelqu’un que l’on souhaiterait mieux connaître, on est naturellement tenté de regarder les livres de sa bibliothèque: ce n’est pas plus indiscret que de regarder son visage -c’est tout aussi révélateur (bien que parfois trompeur). Simon Leys
Je crois à l’universalité et à la permanence de la nature humaine; elle transcende l’espace et le temps. Comment expliquer sinon pourquoi les peintures de Lascaux ou la lecture de Zhuang Zi (Tchouang-tseu) ou de Montaigne peuvent nous toucher de façon plus immédiate que les informations du journal de ce matin? Pour le meilleur et pour le pire, je ne vois donc pas comment les intellectuels du XXIe siècle pourraient fort différer de ceux du siècle précédent. Malraux disait que l’intellectuel français est un homme qui ne sait pas comment on ouvre un parapluie (je soupçonne d’ailleurs qu’il parlait d’expérience; et personnellement je ne me flatte pas d’une bien grande dextérité). Du fait de leur maladresse et de leur faiblesse, certains intellectuels seraient-ils plus vulnérables devant les séductions du pouvoir, et de son incarnation dans des chefs totalitaires? Je me contente de constater mélancoliquement la récurrence du phénomène -je ne suis pas psychologue. Simon Leys
Comme je l’évoque dans le post-scriptum de mon essai sur Liu Xiaobo, par la faute d’un agent consulaire belge, mes fils (jumeaux) se sont trouvés réduits à l’état d’apatrides. La faute aurait pu être rectifiée; malheureusement, elle était tellement grotesque que les autorités responsables n’auraient pu le reconnaître sans se rendre ridicules – aussi fallait-il la cacher. Comme toujours dans ce genre de mésaventure administrative, la tentative de camouflage est cent fois pire que ce qu’elle tente de dissimuler. Le problème devient monumental et rigide, il s’enfle et gonfle comme un monstrueux champignon vénéneux qui, en fin de compte, ne contient RIEN: un vide nauséabond. Ayant jadis passé pas mal de temps à analyser et à décrire divers aspects du phénomène bureaucratique au sein du totalitarisme marxiste, j’ai découvert avec stupeur qu’il avait son pendant naturel dans un ministère bruxellois: des bureaucrates belges placés dans le plus toxique des environnements pékinois se seraient aussitôt sentis comme des poissons dans l’eau. Je voudrais tâcher de dépasser l’anecdote personnelle pour cerner une leçon universelle. De nombreux lecteurs, victimes d’expériences semblables, m’ont d’ailleurs offert des rapports d’une hallucinante absurdité. J’envisage donc de faire une petite physiologie du bureaucrate. Cela pourrait s’intituler Le Rêve de Zazie -par référence à l’héroïne de Queneau: comme on demande à Zazie ce qu’elle voudrait devenir quand elle sera grande, elle répond: « Institutrice! -Ah, fort bien et pourquoi? -Pour faire chier les mômes! » Simon Leys
 No tyrant can forsake humanity and persecute intelligence with impunity: in the end, he reaps imbecility and madness. When he visited Moscow in 1957, Mao declared that an atomic war was not to be feared since, in such an eventuality, only half of the human race would perish. This remarkable statement provided a good sample of the mind that was to conceive the “Great Leap Forward” and the “Cultural Revolution.” The human cost of these ventures was staggering: the famines that resulted from the “Great Leap” produced a demographic black hole into which it now appears that as many as fifty million victims may have been sucked. The violence of the “Cultural Revolution” affected a hundred million people. If, on the whole, the Maoist horrors are well known, what has not been sufficiently underlined is their asinine lunacy. In a recent issue of The New York Review, Jonathan Mirsky quoted an anecdote (from Liu Binyan, Ruan Ming, and Xu Gang’s Tell the World) that is so exemplary and apposite here that it bears telling once more: one day, Bo Yibo was swimming with Mao. Mao asked him what the production of iron and steel would be for the next year. Instead of replying, Bo Yibo told Mao that he was going to effect a turn in the water; Mao misunderstood him and thought that he had said “double.” A little later, at a Party meeting, Bo Yibo heard Mao announce that the national production of iron and steel would double the next year.3 The anecdote is perfectly credible in the light of all the documentary evidence we have concerning Mao’s attitude at the time of the “Great Leap”: we know that he swallowed the gigantic and grotesque deceptions fabricated by his own propaganda, and accepted without discussion the pleasing suggestion that miracles were taking place in the Chinese countryside; he genuinely believed that the yield of cotton and grain could be increased by 300 to 500 percent. And Liu Shaoqi himself was no wiser: inspecting Shandong in 1958, and having been told that miraculous increases had been effected in agricultural output, he said: “This is because the scientists have been kicked out, and people now dare to do things!” The output of steel, which was 5.3 million tons in 1957, allegedly reached 11 million tons in 1958, and it was planned that it would reach 18 million in 1959. The grain output which was 175 million tons in 1957, allegedly reached 375 million tons in 1958, and was planned to reach 500 million in 1959. The Central Committee solemnly endorsed this farce (Wuchang, Sixth Plenum, December 1958)—and planned for more. Zhou Enlai—who never passed for a fool—repeated and supported these fantastic figures and announced that the targets laid in the Second Five Year Plan (1958–1962) had all been reached in the plan’s first year! All the top leaders applauded this nonsense. Li Fuchun and Li Xiannian poured out “Great Leap” statistics that were simply lies. What happened to their common sense? Only Chen Yun had the courage to remain silent. Graphic details of the subsequent famine were provided in the official press only a few years ago, confirming what was already known through the testimonies of countless eyewitnesses. As early as 1961, Ladany published in China News Analysis some of these reports by Chinese travelers from all parts of China. All spoke of food shortage and hunger; swollen bellies, lack of protein and liver diseases were common. Many babies were stillborn because of their mothers’ deficient nutrition. Few babies were being born. As some workers put it, their food barely sufficed to keep them standing on their feet, let alone allowing them to have thoughts of sex. Peasants lacked the strength to work, and some collapsed in the fields and died. City government organisations and schools sent people to the villages by night to buy food, bartering clothes and furniture for it. In Shenyang the newspaper reported cannibalism. Desperate mothers strangled children who cried for food. Many reported that villagers were flocking into the cities in search of food; many villages were left empty…. It was also said that peasants were digging underground pits to hide their food. Others spoke of places where the population had been decimated by starvation. According to the Guang Ming Daily (April 27, 1980), in the North-West, the famine generated an ecological disaster: in their struggle to grow some food, the peasants destroyed grasslands and forests. Half of the grasslands and one third of the forests vanished between 1959 and 1962: the region was damaged permanently. The People’s Daily (May 14, 1980) said that the disaster of the “Great Leap” had affected the lives of a hundred million people who were physically devastated by the prolonged shortage of food. (Note that, at the time, China experts throughout the world refused to believe that there was famine in China. A BBC commentator, for instance, declared typically that a widespread famine in such a well-organized country was unthinkable.) Today, in order to stem the tide of popular discontent which threatens to engulf his rule, Deng Xiaoping is invoking again the authority of Mao. That he should be willing to call that ghost to the rescue provides a measure of his desperation. Considering the history of the last sixty years, one can easily imagine what sort of response the Chinese are now giving to such an appeal. Deng’s attempts to revive and promote Marxist studies are no less unpopular. Marxism has acquired a very bad name in China—which is quite understandable, though somewhat unfair: after all, it was never really tried. Simon Leys
In any debate, you really know that you have won when you find your opponents beginning to appropriate your ideas, in the sincere belief that they themselves just invented them. This situation can afford a subtle satisfaction; I think the feeling must be quite familiar to Father Ladany, the Jesuit priest and scholar based in Hong Kong who for many years published the weekly China News Analysis. Far away from the crude limelights of the media circus, he has enjoyed three decades of illustrious anonymity: all “China watchers” used to read his newsletter with avidity; many stole from it—but generally they took great pains never to acknowledge their indebtedness or to mention his name. Father Ladany watched this charade with sardonic detachment: he would probably agree that what Ezra Pound said regarding the writing of poetry should also apply to the recording of history—it is extremely important that it be written, but it is a matter of indifference who writes it. China News Analysis was compulsory reading for all those who wished to be informed of Chinese political developments—scholars, journalists, diplomats. In academe, however, its perusal among many political scientists was akin to what a drinking habit might be for an ayatollah, or an addiction to pornography for a bishop: it was a compulsive need that had to be indulged in secrecy. China experts gnashed their teeth as they read Ladany’s incisive comments; they hated his clearsightedness and cynicism; still, they could not afford to miss one single issue of his newsletter, for, however disturbing and scandalous his conclusions, the factual information which he supplied was invaluable and irreplaceable. What made China News Analysis so infuriatingly indispensable was the very simple and original principle on which it was run (true originality is usually simple): all the information selected and examined in China News Analysis was drawn exclusively from official Chinese sources (press and radio).  (…) What inspired his method was the observation that even the most mendacious propaganda must necessarily entertain some sort of relation with the truth; even as it manipulates and distorts the truth, it still needs originally to feed on it. Therefore, the untwisting of official lies, if skillfully effected, should yield a certain amount of straight facts. Needless to say, such an operation requires a doigté hardly less sophisticated than the chemistry which, in Gulliver’s Travels, enabled the Grand Academicians of Lagado to extract sunbeams from cucumbers and food from excreta.  (…) Without an ability to decipher non-existent inscriptions written in invisible ink on blank pages, no one should ever dream of analyzing the nature and reality of Chinese communism. Very few people have mastered this demanding discipline, and, with good reason, they generally acknowledge Father Ladany as their doyen. Simon Leys
 G K. CHESTERTON, whose formidable mind drew inspiration from a vast culture – literary, political, poetical, historical and philosophical – once received the naive praise of a lady: “Oh, Mr Chesterton, you know so many things!” He suavely replied: “Madam, I know nothing: I am a journalist.” The many enemies of French philosopher Jean-François Revel (1924-2006) often attempted to dismiss him as a mere journalist which, of course, he was among many other things, and very much in the Chestertonian fashion. At first he may seem odd to associate these two names: what could there be in common between the great Christian apologist and the staunch atheist, between the mystical poet and the strict rationalist, between the huge, benevolent man mountain and the short, fiery, nimble and pugnacious intellectual athlete (and, should we also add, between the devoted husband and the irrepressible ladies’ man)? One could multiply the contrasts, yet, on a deeper level, the essence of their genius was very much alike. Revel was an extrovert who took daily delight in the company of his friends (…) Always sparring with his interlocutors, he was passionately commited to is ideas, but if he took his own beliefs with utter seriousness, he did not take his own person seriously. Again, one could apply to him what Chesterton’s brother said of his famous sibling: “He had a passionate need to express his opinions, but he would express them as readily and well to a man he met on a bus.” Revel’s capacity for self-irony is the crowning grace of his memoirs, The Thief in an Empty House. Personal records can be a dangerous exercice, but in his case it eventuated in a triumphant masterpiece. His humour enchanted his readers, but kept disconcerting the more pompous pundits. The French greatly value wit, which they display in profusion, but humour often makes them uneasy, especially when it is applied to important subjects; they do not have a word for it, they do not know the thing. Whereas wit is a form of duelling – it aims to wound or to kill – the essence of humour is self-deprecatory. Once again, a Chestertonian saying could be apposite: “My critics think that I am not serious, but only funny, because they think that ‘funny’ is the opposite of ‘serious’. But ‘funny’ is the opposite of ‘not funny’ and nothing else. Whether a man chooses to tell the truth in long sentences or in short jokes is analogous to whether he chooses to tell the truth in French or German.” What compounded the dismay of Revel’s pretentious critics was his implacable clarity. One of his close friends and collaborators said he doubted if Revel, in his entire career, had written a single sentence that was obscure. In the Parisian intellectual world such a habit can easily ruin a writer’s credit, for simple souls and solemn mediocrities are impressed only by what is couched in opaque jargon. And, in their eyes, how could one possibly say something important if one is not self-important? With the accuracy of his information and the sharpness of his irony, Revel deflated the huge balloons of cant that elevate the chattering classes. They felt utterly threatened, for he was exposing the puffery of the latest intellectual fashions upon which their livehood depended. At times they could not hide their panic; for instance, the great guru of the intelligentsia, Jacques Lacan, during one of his psychoanalytical seminars at the Sorbonne, performed in front of his devotees a voodoo-like exorcism. He frantically trampled underfoot and destroyed a copy of Revel’s book Why Philosophers?, in which Lacan’s charlatanism was analysed. Yet such outbursts weere mere circus acts; far more vicious was the invisible conspiracy that surrounded Revel with a wall of silence, well documented in Pierre Boncenne’s Pour Jean-François Revel: Un esprit libre (Plon, Paris, 2006), a timely and perceptive book that takes the full measure of Revel’s intellectual, literary and human stature. A paradoxical situation developed: Revel’s weekly newspaper columns were avidly read, nearly every one of his 30-odd books was an instant bestseller, and yet the most influential “progressive” critics studiously ignored his existence. His books were not reviewed, his ideas were not discussed, if his name was mentioned at all it was with a patronising sneer, if not downright slander. Revel was quintessentially French in his literary tastes and sensitivity (his pages on Michel de Montaigne, Francois Rabelais and Marcel Proust marry intelligence with love; his anthology of French poetry mirrors his original appreciation of the poetic language), in his art of living (his great book on gastronomy is truly a “feast in words”) and in his conviviality (he truly cared for his friends). And yet what strikingly set him apart from most other intellectuals of his generation was his genuinely cosmopolitan outlook. He had spent abroad the best part of his formative and early creative years, mostly in Mexico and Italy. In addition to English (spoken by few educated French of his time) he was fluent in Italian, Spanish and German; until the end of his life he retained the healthy habit to start every day (he rose at 5am) by listening to he BBC news and reading six foreign newspapers. On international affairs, on literature, art and ideas, he had universal perspectives that broke completely from the suffocating provincialism of the contemporary Parisian elites. In the 18th century, French was the common language of the leading minds of continental Europe; 20th-century French intellectuals hardly noticed that times had changed in this respect; they retained the dangerous belief that whatever was not expressed in French could hardly matter. Revel never had enough sarcasm to denounce this sort of self-indulgence; on the bogus notion of le rayonnement français, he was scathing: “French culture has radiated for so long, it’s a wonder mankind has not died from sunstroke.” He fiercely fought against chauvinist cultural blindness, and especially against its most cretinous expression: irrational anti-Americanism. At the root of this attitude he detected a subconscious resentment: the French feel that when Americans are playing a leading role in the political-cultural world they are usurping what is by birthright a French prerogative. By vocation and academic training Revel was originally a philosopher (he entered at an exceptionally early age the Ecole Normale Superieure, the apex of the French higher education system). He taught philosophy and eventually wrote a history of Western philosophy (eschewing all technical jargon, it is a model of lucid synthesis). However, he became disenchanted with the contemporary philosophers who, he flet, had betrayed their calling by turning philosophy into a professional career and a mere literary genre. “Philosophy,” he wrote “ought to return to its original and fundamental question: How should I live?” he preferred simply to call himslef “a man of letters”. Ancient Greek poet Archilochus famously said: “The fox knows many things but the hedgehog knows one big thing.” Revel was the archetypical fox, but at the same time he held with all the determination of a hedgehog to one central idea that inspires, pervades and motivates all his endeavours: The belief that each individual destiny, as well as the destiny of mankind, depends upon the accuracy – or the falsity – of the information at their disposal, and upon the way in which they put this information to use. He devoted one of his books specifically to this issue, La Connaissance Inutile (Useless Knowledge), but this theme runs through nearly all his writings. Politics naturally absorbed a great amount of his attention. From the outset he showed his willingness to commit himself personally, and at great risk: as a young man in occupied France he joined the Resistance against the Nazis. After the war, his basic political allegiance was, and always remainded, to the Left and the principles of liberal democracy. He was sharply critical of Charles de Gaulle and of all saviours and providential leaders in military uniforms. Yet, like George Orwell before him, he always believed that only an uncompromising denunciation of all forms of Stalinist totalitarianism can ensure the ultimate victory of socialism. Thus – again, like Orwell – he earned for himself the hostility of his starry-eyed comrades. Simon Leys

Attention: un intellectuel peut ne pas en cacher un autre !

Belge de naissance, chinois de coeur, australien de résidence, chrétien revendiqué, admirateur de Chesterton, Bernanos, Orwell,  ami de Revel et Mario Vargas Llosa, intellectuel ayant fait de la nécessité de l’ « insignifiance » supposée de sa nationalité vertu, vendeur de mèche des secrets de sa tribu maolâtre et antichrétienne ayant osé dénoncer les habits neufs de l’empereur et défendre Mère Teresa, intellectuel n’hésitant pas à critiquer l’anti-intellectualisme tout en se méfiant de l’intelligence, à appeler un imbécile un imbécile,  à pratiquer tout en restant vigilant le meilleur des journalismes, à  mettre en doute  des conquêtes de l’humanité aussi grandes que l’euthanasie et le mariage homosexuel et même à révéler et remercier ses propres sources …

En ces temps étranges où, sur fond de purification ethnique et de génocide revendiqué des derniers chrétiens et juifs du Moyen-Orient …

Et où, après la tentation du fascisme, du nazisme, du communisme, du stalinisme, du maoïsme et de l’antiaméricanisme primaire, ceux qui ont toujours préféré avoir tort avec Sartre semblent repartis à la case départ de l