Noël/2017e: Un film de Noël qui parle de Jésus ? (You know something’s wrong when truth is the new fake news or hate speech)

25 décembre, 2017
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Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d’étourdissement pour tous les peuples d’alentour, et aussi pour Juda dans le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples; tous ceux qui la soulèveront seront meurtris; et toutes les nations de la terre s’assembleront contre elle. Zacharie 12: 2-3
La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. C’est de l’Éternel que cela est venu: C’est un prodige à nos yeux. Psaume 118: 22-23
N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle; c’est du Seigneur que cela est venu, et c’est un prodige à nos yeux? C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. Jésus (Matthieu 21: 43-44)
Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Les nations (occidentales) voudraient réduire les revendications d’Israël sur la Judée et la Samarie à un problème politique. Mais pour Israël, le problème n’est pas politique, il est essentiellement moral, celui de la reconnaissance de son identité historique et métahistorique. (…) Le combat d’Israël contre la prétention palestinienne est en fait le combat de l’histoire contre l’anti-histoire, de la mémoire contre l’anti-mémoire, de l’homme contre l’illusion et le mensonge politiques. (…) Le temps du Retour est aussi un temps de rupture et de cassure… le monde nouveau du Retour surgit ainsi lentement du sein de la dégradation d’un monde moralement désemparé. (…)  La libération du Retour ne concerne d’ailleurs pas seulement le peuple juif. Au-delà d’Israël, elle concerne l’ensemble des peuples. Car le Retour d’Israël est, en vérité, l’espérance du monde. Avraham Livni
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position. Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu. De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni. Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens. Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour. Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis. (…) Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité. Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine. In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington. À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto. Le Devoir
Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance. Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien. Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés. Mahmoud Abbas
Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons. Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées. (…) Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc. En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne. Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient. Huff Post Maroc
#nycattack Expect more Muslims driving into crowds. This is the easiest way for them to kill multitudes. And they will not stop until they kill us all or we surrender. The solution is to declare Islam a terrorist creed and ban its practice. Faithfreedom.org
La journaliste de Canal + : Que pensez-vous de l’islam « modéré »? Moi: L’islam n’est pas arrivé à ce stade et on ne peut pas parler d’islam modéré. Journaliste: Mais j’ai des amis musulmans qui boivent de l’alcool et n’ont pas de problèmes. Comment ne pas les appeler « musulmans modérés »? Moi: Ce sont des musulmans pacifiques à ce stade, ni plus ni moins. Regardez les terroristes qui ont endeuillé Paris il y a deux ans. Vous auriez pu dire qu’ils étaient modérés, car ils fréquentaient les boites de nuits et buvaient de l’alcool jusqu’à quelques semaines avant de basculer et de commettre le massacre. Ils ont basculé dès que l’opportunité leur était offerte car ils ont reçu la violence à travers l’éducation islamique. Le problème c’est que l’islam est violent par définition, il est violent dans ses textes sacrés. Aujourd’hui, cette conversation a été coupée à l’antenne. Censure, crainte ou complaisance? Peu importe, le résultat est le même. On enterre la tête dans le sable pour ne pas voir le problème et continuer à dire qu’il n’existe pas. Al-Husseini Waalid
Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015. (…) Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico. L’Orient du jour
When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades. Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay. Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S. The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism. These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going. The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations. The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends. The WSJ
Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire. A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump. Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis. (…) les militants palestiniens (…) savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville. (…) Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux. (…) Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ? (…) Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte. Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ? Bassam Tawil
Once again, the Palestinians are disappointed with their Arab brothers. A declaration of war on the US, in the Palestinians’ view, would have been the appropriate response to US President Donald Trump’s December 6 announcement recognizing Jerusalem as Israel’s capital. (…) All they have gotten so far from the Arab and Islamic leaders and governments are demonstrations on the streets and statements of condemnations. Moreover, it does not look as if the Palestinians should be expecting more from their Arab and Muslim brothers. (…) Welcome to the Palestinian mindset, where an Arab leader who talks about peace with Israel is a traitor, while an Arab leader who talks about destroying Israel or launching rockets at it, like Saddam Hussein, is a « hero. » (…) The Palestinians have placed themselves on a collision course not only with the US, but also with the Arab world. The question now is: How will the Arab regimes respond to this latest charge of fratricide leveled against them by their Palestinian brothers? Khaled Abu Toameh
Les peuples de toute l’humanité ou presque se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde. Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump. Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible. Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans! (…) L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire. La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles. Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman, voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel. Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“: “Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“. La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations. Shmuel Trigano
Ouf ! On a évité le pire : des enfants auraient pu apprendre l’origine d’une des traditions les plus importantes de notre pays. Heureusement que les enseignants ont réagi à temps… Léo Castellote
Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes. Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait. Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… » Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque… Le Républicain-sud-Gironde

Attention: une énormité peut en cacher une autre !

En cette nouvelle fête de la Nativité

Qui ressemble toujours plus étouffée par sa gangue de guimauve et de papas Noël …

A un enterrement de première classe …

De l’énormité du décalage que 2 000 après l’on peine encore à mesurer …

Entre l’incroyable humilité d’une naissance de « pierre rejetée » et le véritable statut de « pierre angulaire »

Que paradoxalement à travers l’extrême abjection de sa mise à mort celle-ci a fini par acquérir …

Jusque dans ses dérives pour nos sociétés désormais mondialisées …

Tout en se demandant lucidement si à la fin des temps il « trouverait de la foi sur la terre » …

En ce monde étrangement inversé …

Où le président de la première puissance mondiale se voit mis au pilori …

Par la même ONU qui nous avait donné il y a  42 ans (et abrogée 16 ans après) sa tristement fameuse résolution sionisme = racisme

Abandonné par ses soi-disant alliés, Grande-Bretagne, France, Japon et Allemagne, se joignant pour cela à ses pires ennemis, Iran, Chine et Corée du nord …

D’abord pour avoir voulu, contrairement à son prédécesseur, préserver son territoire du terrorisme …

Quand nombre de pays musulmans peuvent interdire tout Israélien de leur sol pour leur simple appartenance nationale …

Puis sur Jérusalem avoir reconnu la simple réalité …

Et pointé les habits neufs du président Abbas …

Où le même empereur nu revendique haut et fort son inspiration de Jésus

Tout en redoublant, avec nos médias en mal d’images fortes, dans son incitation quotidienne à la violence

Pendant qu’entre Syrie, Yémen, Libye, Irak et Egypte et depuis six ans, c’est par centaines de milliers que se comptent les victimes des musulmans entre eux …

Où les seuls pays qui refusent de hurler avec les loups onusiens …

Se  font pour cause de fascisme présumé mettre au ban de l’Europe …

Où se voit traitée en victime une jeune Palestinienne prise en flagrant délit de gifle à un soldat israélien …

Qui lui tend christiquement l’autre joue …

Où pour avoir osé dire à la télévision, à l’instar d’un twitter américain, la vérité violente de l’islam …

Un dissident musulman réfugié au Pays des droits de l’homme voit ses paroles coupées au montage …

Où après avoir nettoyé ethniquement le Moyen-Orient de la quasi-totalité de ses juifs et chrétiens d’origine …

La Religion de paix vide, soutenue par ses idiots utiles, les banlieues françaises de leurs juifs

Pendant que dans un magazine pour les petits l’on apprend que comme la Corée du nord, Israël n’est « pas un vrai pays »

Quel meilleur et plus révélateur conte de Noël …

Que celui de ces écoliers d’une petite ville du sud-ouest de la France …

Qui sans l’incroyable sang froid et présence d’esprit de leurs enseignantes et projectionniste …

Auraient pu découvrir que le film de Noël que celles-ci par mégarde les avaient amenés voir …

Parlait en fait… de la naissance de Jésus ?

Langon : le film « L’Étoile de Noël » arrêté en pleine séance scolaire

Une séance scolaire du film d’animation américain sur la nativité « L’Étoile de Noël » a été stoppée en pleine projection au cinéma Le Rio à Langon.
Le Républicain-sud-Gironde
22 Déc 2017

Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes.

Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait.

Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… »

L’histoire de la nativité

Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque…

« J’avoue que je n’avais pas vu le film avant, il vient d’un grand studio américain », reconnaît le responsable du Rio, Emmanuel Raymond, qui a remboursé la séance.

Les écoliers sont retournés en classe et une autre séance de cinéma aura lieu l’an prochain.

Voir aussi:

Jérusalem: le retour des temps bibliques

Shmuel Trigano

Nous sommes aujourd’hui les témoins et les acteurs d’une histoire vraiment fascinante quand on l’approche à la lumière de l’histoire juive.

Je fais référence, bien sûr, à ce qui se passe sur le plan international, autour de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le pays le plus puissant du monde, les Etats-Unis.

En soi, cette reconnaissance est déjà un fait majeur, mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est l’unité de la planète contre cette décision, comme on a pu la constater au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale de l’ONU.

Réfléchissons à l’énormité de cet événement.
Reformulons-le objectivement: les peuples de toute l’humanité ou presque [1]se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire  toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde.

Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump.

Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible.

Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans!  Il y avait sans doute méprise sur son sens.

Et pas seulement auprès des non Juifs  – essentiellement les Occidentaux car le déni islamique est entier sur ce point-là – mais aussi de cette frange du peuple juif qui conçoit I’aventure israélienne comme une rupture avec l’histoire juive et la civilisation judaïque.

L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire.

La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles.

Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman,  voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel.

Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“:

Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“.

La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations.

Mais c’est ce peuple, l’Etat fantoche de Palestine, qui mobilisent la scène internationale et obtiennent l’assentiment de super-puissances pour faire d’Israël un hors-la-loi universel. Ici, c’est la figure d’Amalek qui resurgit dont le tradition nous dit qu’il avait fédéré toutes les nations de la terre pour détruire Israël au moment même où il se constituait, au sortir de la servitude égyptienne…

Le fait que tant de nations se liguent contre la réapparition d’Israël dans son lieu électif, celui où son existence prend tout son sens historique, a, certes, quelque chose d’accablant et d’inquiétant pour ce qu’il révèle de la haine à l’encontre des Juifs, mais si l’on reste dans l’esprit de cette philosophie de l’histoire, l’oracle biblique nous donne à privilégier une tout autre attitude: il nous enjoint, face à ce défi métaphysique, symbolique autant que politique, à ne pas abandonner nos habits de lumière.

*À partir d’une chronique sur Radio J, le 22 décembre 2017.

[1] 128 nations sur 193 (35 abstentions)

Voir également:

Next Year in Jerusalem
The U.N. reveals the depth of its anti-U.S., anti-Israel politics.
The Wall Street Journal
Dec. 22, 2017

When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades.
Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay.

Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S.
The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism.
“We will remember [this vote],” Ms. Haley said, “when we are called upon to once again make the world’s largest contribution to the United Nations. And we will remember it when so many countries come calling on us, as they so often do, to pay even more and to use our influence for their benefit.” President Trump said something similar at his cabinet meeting, that “we’ll save a lot” by cutting aid to countries that went against us.

These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going.
The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations.

The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends.

Voir encore:

Statut de Jérusalem: les États-Unis condamnés à l’ONU malgré les menaces de Trump
Francesco Fontemaggi – Agence France-Presse à Washington
Carole Landry – Agence France-Presse aux Nations unies

Le Devoir
21 décembre 2017

Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis.

« Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. « Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution » financière à l’ONU, a-t-elle lancé, menaçant à nouveau de « mieux dépenser » l’argent des Américains à l’avenir.

Donald Trump avait pris les devants mercredi. « Ils prennent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous », avait tempêté le président américain. « Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup, cela nous est égal. »

Un deuxième désaveu en moins d’une semaine

Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité.

Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine.

In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington.

À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto.

Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain.

Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position.

Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu.

De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni.

Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens.

Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour.

Le texte adopté jeudi affirme que toute décision sur le statut de Jérusalem « n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée ». Il souligne que cet épineux statut doit faire partie d’un accord de paix final entre Israéliens et Palestiniens, ces derniers voulant établir à Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Menaces et pressions américaines

À l’approche du scrutin, Washington, qui assure que sa décision ne préjuge pas de l’issue de futures négociations de paix, a multiplié menaces et pressions. Des avertissements qui ont sidéré nombre de diplomates onusiens.

En réponse à la menace de Nikki Haley de « noter les noms » de ceux qui ont voté la résolution, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, a estimé que « l’Histoire note les noms » de « ceux qui défendent ce qui est juste » et de « ceux qui mentent ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, parmi les opposants les plus virulents à la position américaine malgré l’alliance entre Washington et Ankara, avait lui exhorté la communauté internationale à ne pas se « vendre » pour « une poignée de dollars » face aux menaces de Donald Trump de couper des aides financières.

L’impact des pressions américaines était diversement apprécié après le vote.

Les Palestiniens ont salué un « revers cinglant » pour les États-Unis. Cela « réaffirme que la juste cause des Palestiniens bénéficie du soutien du droit international », a réagi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, qui espère ainsi maximiser son poids lors d’une éventuelle reprise du processus de paix.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rejetant la décision de l’Assemblée générale de l’ONU, qualifiée de « maison des mensonges », a lui au contraire réagi « avec satisfaction face au nombre important de pays qui n’ont pas voté en faveur » de la résolution.

« Il est clair que de nombreux pays ont donné la priorité à leur relation avec les États-Unis par rapport à une tentative vaine de nous isoler », s’est aussi réjoui un porte-parole de la mission américaine à l’ONU à la lecture des résultats détaillés du vote.

 Voir de plus:

Abbas: “Nous sommes inspirés par le message de Jésus ..”

Le chef de l’entité terroriste “Autorité palestinienne”, Mahmoud Abbas, a présenté vendredi Jésus comme une source d’inspiration pour les Palestiniens luttant contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

“Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance”, a déclaré le dirigeant palestinien dans ses vœux de Noël adressés aux Chrétiens.

“Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien”, a-t-il expliqué

“Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir”, a-t-il poursuivi. “Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés”, a cité le dirigeant palestinien, en référence au Sermon sur la montagne prononcé par Jésus.

En 2015, un prêtre orthodoxe israélien, le Père Gabriel Naddaf, avait fustigé l’instrumentalisation politique de Jésus par les Palestiniens.

Voir encore:

Qui est Ahed Tamimi, l’activiste palestinienne jugée pour avoir giflé des soldats israéliens

PALESTINE – Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux.

Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons.

Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées.

Selon l’agence de presse palestinienne Maan, les soldats israéliens ont saisi des téléphones cellulaires, des organisateurs portables et des appareils photos au domicile de la jeune fille. D’après son père, Bassem Tamimi, les militaires auraient fait irruption dans la maison familiale avec « une extrême brutalité », auraient frappé Nariman Tamimi, la mère d’Ahed, ainsi que ses frères et sœurs, avant d’embarquer la jeune fille sans leur préciser où elle serait emmenée.

Le père a ajouté sur Facebook que sa fille était visée depuis qu’elle avait été attaquée par les médias israéliens, pour avoir protesté contre les soldats qui avaient abattu un adolescent de 14 ans d’une balle enrobée de caoutchouc à Nabi Saleh. Elle aurait pris la défense du jeune garçon, Mohammed Tamimi, plongé actuellement dans un coma artificiel.

Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc.

En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne.

Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient.

Voir par ailleurs:

La vraie réponse palestinienne au discours de Jérusalem de Trump
Bassam Tawil
Gatestone institute
21 décembre 2017
Traduction du texte original: The Real Palestinian Response to Trump’s Jerusalem Speech

Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire.

A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump.

Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis.

Si les photographes et les cameramen avaient boycotté l’embrasement « spontané » de la rue palestinienne et la mise à feu de l’effigie de Trump, les activistes palestiniens auraient tranquillement battu en retraite en direction de l’un ou l’autre des excellents cafés de Bethléem.

Mais les militants palestiniens n’avaient aucune inquiétude : ils savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville.

En laissant croire que la « cérémonie » du bucher de Trump était l’expression de la rage palestinienne, les médias internationaux ont à nouveau agi en complices des propagandistes palestiniens. Les dirigeants palestiniens et leurs porte-paroles veulent faire croire que la décision de Trump concernant Jérusalem va enflammer la région. Ils cherchent également à faire croire au peuple américain que la politique de leur président met leur vie de citoyens en danger. Là, encore et toujours, les médias se mettent au service des campagnes d’intimidation palestiniennes. Et l’écho qu’ils ont donné à la farce des affiches de Bethléem n’est que le début.

Maintenant que les Palestiniens ont réussi, avec l’aide des médias, à incruster ces images dans l’esprit de millions d’Américains, ils envisagent des manifestations plus importantes. L’objectif : terrifier le public américain et faire reculer Trump sur le statut de Jérusalem. Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux.

Aujourd’hui, journalistes palestiniens et occidentaux ont été invités à couvrir une série de manifestations que les Palestiniens ont organisé pour les jours et les semaines à venir. Photographes et reporters de télévision se sont vu remettre la liste et les horaires détaillés des événements prévus en différents endroits de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Palestiniens leur ont promis encore plus d’effigies de Trump et de drapeaux américains en flammes. Certains journalistes ont été informés des meilleurs « affrontements » entre émeutiers palestiniens et soldats des Forces de défense israéliennes. En d’autres termes, ils savent exactement ou se rendre pour filmer des Palestiniens en train de lapider les soldats – avec la riposte prévisible de Tsahal.

Le plus drôle est que si, pour une raison ou une autre, les caméras sont absentes, les « activistes » ne se montreront pas non plus. Dans le monde palestinien, il s’agit seulement d’enrôler et de manipuler les médias pour une cause unique : dénigrer Israël – et Trump avec.

Oui, les Palestiniens vont manifester contre Trump. Oui, ils descendront dans les rues et lanceront des pierres sur les soldats de Tsahal. Oui, ils vont brûler des images de Trump et des drapeaux américains. Oui encore, ils tenteront des attaques terroristes contre les Israéliens.,

Mais quand, confortablement installés ans nos salons nous verrons les « informations » en provenance de Cisjordanie et de la bande de Gaza, nous devrons nous poser la question : ces « événements » ne sont-ils pas en réalité des farces médiatiques ? Une question qui entraîne d’autres questions. Pourquoi les journalistes se laissent-ils duper par la machine de propagande palestinienne, qui crache haine et violence du matin au soir ? Et, pourquoi les journalistes amplifient-ils et aggravent-ils les menaces de violence et d’anarchie proférées par les Palestiniens ?

La première réponse à ces questions est que de nombreux journalistes répondent à la demande de leurs lecteurs et rédacteurs en chef en proposant des articles négatifs sur Israël. Certains journalistes sont également convaincus qu’une couverture anti-israélienne représente une voie royale pour obtenir les trophées et récompenses que décernent diverses organisations bien pensantes. Troisièmement, de nombreux journalistes pensent que des articles anti-israéliens leur donne la possiblité de copiner avec la gauche intellectuelle et de fréquenter des coteries soi-disant « éclairées » persuadées d’être dans « le sens de l’histoire ». Ils ne veulent surtout pas voir que, depuis plusieurs décennies, 21 États musulmans tentent de détruire un État juif ; ces plumitifs « de gauche » et à l’ « esprit ouvert » préfèrent se raconter l’histoire qu’il est de leur devoir de soutenir l’« opprimé », qui est selon eux « le Palestinien ». Enfin, la plupart des journalistes réduisent le conflit a une opposition entre les méchants (les Israéliens) et les gentils (les Palestiniens) ; ils croient de leur devoir de se ranger du côté des « gentils », peu importe que ces « gentils » pratiquent la violence et le terrorisme.

Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ?

Il serait temps que les médias se livrent à un minimum d’introspection : veulent-ils vraiment continuer à « servir la soupe » aux Arabes et aux musulmans qui intimident et terrorisent l’Occident ?

Les journalistes entrent en collusion avec l’Autorité palestinienne et le Hamas pour créer la fausse impression que la troisième guerre mondiale va éclater si l’ambassade américaine est déplacée à Jérusalem. Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ?

Bassam Tawil est un musulman basé au Moyen-Orient.

Voir aussi:

Voir de plus:

400 attaques contre des Israéliens ont été déjouées en 2017 (Shin Bet)


Police israélienne
Selon la sécurité intérieure, le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Cisjordanie

Près de 400 attaques terroristes contre des Israéliens ont été déjoués en 2017, a indiqué dimanche le chef du service de sécurité intérieure (Shin Bet), Nadav Argaman.

« Le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Judée et en Samarie (Cisjordanie) et de porter atteinte à la stabilité » dans la région, a affirmé le responsable sécuritaire israélien lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Sécurité du Parlement.

« Le calme relatif que nous vivons est un calme trompeur. Sous la surface, les choses sont préoccupantes », a souligné Nadav Argaman.

Selon le chef du Shin Bet, 400 attaques terroristes significatives contre des Israéliens ont été déjouées en 2017, dont treize attentats-suicides, huit enlèvements et 94 attentats « sacrifices », qui désignent ceux au terme desquels les terroristes savent que leurs chances d’être encore en vie sont faibles.

Près de 100 terroristes isolés potentiels ont été neutralisés, et seulement 54 sont parvenus à mener une attaque, contre 108 l’année dernière.

« La période à venir va être très difficile », a conclu Argaman. « Il y a des troubles sur le terrain et une incitation à la violence de l’Autorité palestinienne qui fait descendre les Palestiniens dans la rue ».

« Il faut analyser la signification de l’échec du processus de réconciliation », a-t-il affirmé, faisant allusion au difficile rapprochement entre le Hamas et le Fatah, qui laisse présager ‘ »une période instable dans les prochains mois ».

Depuis l’annonce de la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël le 6 décembre dernier, des affrontements quasi-quotidiens entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens ont eu lieu en Cisjordanie et à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, faisant des centaines de blessés.

Onze Palestiniens ont perdu la vie au cours de ces violences, et des dizaines d’autres ont été arrêtés.

Lors d’une rare apparition télévisée, le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a exhorté jeudi les Palestiniens à attaquer les soldats israéliens et les civils qui vivent en Cisjordanie.

Cependant, malgré les appels à une troisième intifada des dirigeants du Hamas, les affrontements restent limités et le nombre d’émeutiers ne constituent pas une menace sérieuse pour l’instant, selon l’appareil sécuritaire israélien.

Voir encore:

L’Administration Obama a tenté d’entraver une vaste opération d’investigation visant le Hezbollah, assure Politico

Le magazine américain publie une grande enquête dans laquelle il explique pourquoi l’ancienne administration américaine a mis des bâtons dans les roues d’une vaste investigation visant les « activités criminelles » du Hezbollah à travers le monde.

L’Orient le jour

18/12/2017

Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015.

Politico, fondé en 2007, est un grand média américain qui se concentre sur l’actualité de la Maison Blanche, du Congrès américain et de la politique gouvernementale des États-Unis.

Le résultat de cette enquête, menée par Josh Meyer, est un long article divisé en trois parties. Dans la première, intitulée « L’émergence d’une menace mondiale », le journaliste décrit l’évolution du Hezbollah, la présentant comme une milice agissant principalement, dans un premier temps, pour des raisons politiques au Moyen-Orient, avant de se transformer en une plateforme de trafic de drogues et d’armes, finançant son expansion et blanchissant ses rentrées financières via un trafic de voitures en direction de plusieurs pays d’Afrique.

Dans cette première partie, Politico évoque notamment le Projet Cassandra, une campagne lancée en 2008, « après que la Drug Enforcement Administration (DEA) ait rassemblé des preuves que le Hezbollah s’était transformé d’organisation militaire et politique focalisée sur le Moyen-Orient en organisation criminelle internationale dont certains enquêteurs estimaient qu’elle tirait d’opérations de trafic de drogue, d’armes, de blanchiment et d’autres activités criminelles un bénéfice d’un milliard de dollars par an ».

Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico.

Des bâtons dans les roues
La seconde partie de l’article, intitulée « Partout et nulle part », revient sur l’expansion des réseaux criminels du Hezbollah en Amérique latine, en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis et sur les moyens déployés par le Projet Cassandra pour en découvrir toutes les ramifications.

Dans la troisième et dernière partie de son article, M. Meyer explique en détail les différents moyens mis en œuvre par l’administration Obama pour freiner l’avancée des enquêtes menées dans le cadre du Projet Cassandra, notamment en rejetant les demandes de poursuites criminelles contre des personnalités-clés du parti chiite libanais ou en refusant de mettre en place des stratégies pour les attirer vers des pays où ils auraient pu être arrêtés.

Les réticences de Barack Obama et de son administration étaient surtout liées à leur volonté de ne pas mettre à mal les négociations, alors en cours, avec Téhéran concernant le nucléaire, et qui ont mené, en juillet 2015 à la signature d’un accord entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni, France et Russie), l’Allemagne et l’Iran. Les obstacles placés par l’administration américaine de l’époque visaient également, selon des sources, la plupart anonymes, interrogées par Politico, à faciliter les pourparlers en cours pour la libération d’Américano-iraniens détenus par l’Iran. Politico évoque enfin le fait que l’Administration Obama voulait pouvoir compter sur l’Iran dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Kerry réfute
L’ancien secrétaire d’Etat, John Kerry, qui a supervisé tout le processus de négociations avec l’Iran, rejette les conclusions de l’enquête. « Les négociations nucléaires se sont faites de façon indépendante, aucune discussion n’a jamais eu lieu sur les liens existant entre ces négociations et d’autres dossiers », affirme-t-il. Mais un ancien officier de la CIA, qui était basé à l’époque au Moyen-Orient, assure à Politico que « très tôt dans les négociations, les Iraniens ont dit +Écoutez, vous devez relâcher la pression sur le Hezbollah+, ce que l’administration Obama a accepté de faire ». « Il s’agissait d’une décision stratégique visant (pour les Américains) à faire preuve de bonne volonté envers les Iraniens dans le cadre de la recherche d’un accord (sur le nucléaire iranien), ajoute-t-il. Et l’équipe d’Obama voulait vraiment, vraiment, vraiment, cet accord ».

Cet article intervient alors que l’Administration de Donald Trump est en passe de renforcer les sanctions contre le Hezbollah, et alors que le président américain dénonce régulièrement l’accord sur le nucléaire iranien, le « pire » conclu par les Etats-unis selon lui. Le 13 octobre dernier, il avait refusé d’endosser son application. S’il avait, à cette occasion, prononcé un discours virulent aux accents de déclaration de guerre contre Téhéran, M. Trump n’était cependant pas allé jusqu’à « déchirer » l’accord, comme il s’y était engagé pendant la campagne.

Lire ici l’intégralité de l’enquête de Politico

Voir de plus:

Israël «pas un vrai pays» : le magazine Youpi retiré des ventes

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s’était ému auprès du groupe Bayard d’une carte du monde ne reconnaissant pas l’État hébreu comme un «vrai pays». L’éditeur a choisi de retirer la publication des kiosques dès mardi.
Le Figaro
25/12/2017

Le numéro de janvier du magazine pour enfants Youpi va être retiré de la vente mardi, après avoir écrit qu’Israël n’était «pas un vrai pays», a annoncé lundi le groupe Bayard, répondant favorablement à la requête du président du Crif, Francis Kalifat. L’édition de janvier du mensuel contient une carte du monde avec la légende suivante: «On appelle ces 197 pays des États, comme la France, l’Allemagne ou l’Algérie. Il en existe quelques-uns de plus, mais tous les autres pays du monde ne sont pas d’accord pour dire que ce sont de vrais pays (par exemple l’État d’Israël ou la Corée du Nord)».

«Une maladresse»

«On reconnaît une erreur, une maladresse, nous ne voulions évidemment en aucun cas contester l’existence de l’État d’Israël», a déclaré Pascal Ruffenach, président du groupe Bayard, qui édite le magazine Youpi. «Nous faisons acte de bonne volonté, c’est important de contribuer à l’esprit de pacification et d’apaisement», a-t-il ajouté. Contacté un peu plus tôt par l’AFP, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat avait annoncé qu’à sa demande, le groupe Bayard allait retirer le numéro 352 de Youpi de la vente. Francis Kalifat avait été avisé par des lecteurs de cette «contrevérité historique livrée à l’esprit de jeunes enfants entre 5 et 10 ans. Je me suis empressé d’écrire au rédacteur en chef du magazine et au président du groupe Bayard sur cette erreur flagrante qui y figurait et leur demander de rétablir les choses».

Francis Kalifat estime désormais qu’il s’agit d’«un non-évènement», jugeant qu’il n’y avait «plus matière à polémique». Le Crif a en outre demandé la publication dans le prochain numéro d’un «rectificatif ainsi qu’un article expliquant ce qu’est Israël et comment et pourquoi il est né», indique-t-il sur Facebook. Pascal Ruffenach n’a pas dit s’il donnerait suite à cette requête. «On a sorti le numéro de décembre dans lequel on expliquait les religions aux enfants. Nos publications suivent le rythme d’enfants de six ans, on verra comment faire au mieux pour les prochaines fois», a-t-il réagi.

L’État d’Israël a été proclamé en mai 1948 à la suite d’un vote de l’ONU sur le partage de la Palestine. Israël est membre de l’ONU depuis mai 1949.

Voir enfin:

A l’université, attention à « la banalisation de l’antisémitisme »
Dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels s’indigne de la multiplication de colloques à visées militantes. Un nouvel antiracisme assimile juifs et oppresseurs et ravive ainsi des clichés antisémites.
Alain Policar (Sociologue) et Emmanuel Debono (Historien)
Le Monde
30.11.2017

« Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? » (Université de La Rochelle).

Tribune. Nous souhaitons vivement attirer l’attention sur certains ­processus de banalisation de l’antisémitisme à l’université depuis quelques années. Fin 2012, à l’université de La Rochelle, des étudiants voulant critiquer la marchandisation du monde montaient une pièce de théâtre dans laquelle le prétendu rapport des juifs à l’argent était présenté comme une évidence. Malgré les protestations, l’université était restée impassible.

L’invitation d’Houria Bouteldja à l’université de Limoges, le 24 novembre, obéit à une logique semblable. Pour en défendre l’opportunité, le président de l’université – qui a dû, face aux protestations, se résoudre à annuler l’événement – a argué que « les séminaires de recherche doivent être l’occasion de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentes dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure ».

Discuter de tout est une chose. La question est de savoir avec qui et dans quel but. Quand approfondit-on la recherche et la visée de connaissance ? A partir de quand bascule-t-on dans l’idéologie et la propagande ? Peut-on suggérer, pour une prochaine rencontre, un débat entre un représentant du créationnisme et un théoricien de l’évolution ? Ou ­entre un négationniste et un historien de la Shoah ?

Car après avoir officiellement soutenu la « résistance du Hamas », déclaré, en 2012, « Mohamed Merah, c’est moi », après avoir fièrement posé à côté d’un graffiti « Les sionistes au goulag » et ­condamné les mariages mixtes, Houria Bouteldja a pu, dans son dernier livre, Les Blancs, les Juifs et nous (La Fabrique, 2016), renvoyer à longueur de pages les Blancs à leur indépassable « blanchité » et exprimer son obsession des juifs.

Elle se dit capable de reconnaître les juifs « entre mille », par leur « soif de vouloir se fondre dans la blanchité ». L’antisémitisme serait l’apanage des Blancs, l’antisionisme étant au contraire un instrument d’émancipation : « L’antisionisme est notre terre d’asile. Sous son haut patronage, nous résistons à l’intégration par l’antisémitisme tout en poursuivant le combat pour la ­libération des damnés de la terre. » Propos présentant l’intérêt d’être discutés « sans préjugés » ou appels caractérisés au mépris sinon à la haine ?

L’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme

Certains chercheurs ont répondu à cette question en trouvant quelque vertu à la pensée de la présidente du Parti des indigènes de la République (PIR). Déjà le 19 juin, sur Le Monde.fr, ils furent quelques-uns à lui témoigner leur soutien dans ce qui se voulait une vi­goureuse défense de l’antiracisme politique. La pensée de la militante était alors promue comme le début d’un travail d’émancipation à l’égard des catégories oppressives.

Critiquer cette perspective, c’était se détourner de la lutte en faveur des plus démunis, « prolétaires, paysans, chômeurs, laissés-pour-compte, sacrifiés de l’Europe des marchés et de l’Etat ». Qui trop embrasse… On voit mal pourtant comment concilier la mixophobie revendiquée et la « politique de l’amour ­révolutionnaire » chantée par l’auteure. Aveuglés, nous avions osé penser qu’il s’agissait là d’idées incompatibles !
D’étranges syndicalistes

La banalisation de l’antisémitisme emprunte le chemin d’une confusion des genres, d’un refus de hiérarchiser, lorsque l’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme. La multi­plication, depuis quelque temps, de ­colloques ou de journées d’études à visées militantes, faisant intervenir des proches du PIR ou des partisans de ses théories, a de quoi inquiéter.

Le phénomène a son pendant dans l’enseignement secondaire, où d’étranges syndicalistes ont tenté d’organiser des ateliers « en non-mixité raciale ». Car ce nouvel « antiracisme » a la particularité de réinvestir la pensée essentialisante et racisante, en circonscrivant la pro­blématique du racisme dans un rapport dominants-dominés que nourriraient l’ethnocentrisme, le capitalisme et les survivances du colonialisme.

Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? Force est alors de constater que les antisémites sont légion, mais que l’antisémitisme a disparu.

Lire aussi : En France, l’antisémitisme « du quotidien » s’est ancré et se propage

Il y a des chercheurs pour lesquels l’obsession d’une « question juive », l’idée d’un affrontement émancipateur entre « sionistes » et « indigènes », le recours à la racialisation et à la séparation en fonction des origines constitueraient des bases d’échange acceptables dans l’espace universitaire ou l’institution scolaire. Aussi ne sait-on plus vraiment si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des « opinions » ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom de la loi et des principes de la démocratie.

Le texte publié ce 24 novembre par ­Libération (« Contre le lynchage médiatique et les calomnies visant les anti­racistes ») participe de ce brouillage. Il ne serait pas permis de condamner, comme nous venons de le faire, les vecteurs de l’antisémitisme ordinaire sans être englobés dans la sphère identitaire fondamentalement xénophobe. Nous ne sommes pas de ceux-là : notre combat contre les idéologies d’exclusion profondément antirépublicaines, lesquelles témoignent de l’intolérance à la diversité visible, est sans concession.

Sont également co-signataires de cette tribune : Joëlle Allouche (psychosociologue), Claudine Attias-Donfut (sociologue), Martine Benoit (historienne), Antoine Bevort (sociologue), Claude Cazalé Bérard (italianiste), Vincenzo Cicchelli (sociologue), André Comte-Sponville (philosophe), Claudine Cohen (philosophe et historienne), Patricia Cotti (psychopathologue), Stéphanie Courouble Share (historienne), Laurence Croix (psychologue), Danielle Delmaire (historienne), Gilles Denis (historien et épistémologue), Michel Dreyfus (historien), Alexandre Escudier (historien et politiste), Christian Gilain (mathématicien), Yana Grinshpun (linguiste), Valérie Igounet (historienne), Gunther Jikeli (historien), Yann Jurovics (juriste), Andrée Lerousseau (germaniste), Jean-Claude Lescure (historien), Françoise Longy (philosophe), Marylène Mante Dunat (juriste), Céline Masson (psychopathologue), Isabelle de Mecquenem (philosophe), Sylvie Mesure (sociologue et philosophe), Denis Peschanski (historien), Christine Pietrement (pédiatre), Valéry Rasplus (sociologue), Bernard Reber (philosophe), Myriam Revault d’Allonnes (philosophe), Sophie Richardot (psychosociologue), Maryse Souchard (sciences de la communication), Christophe Tarricone (historien), Francis Wolff (philosophe), et Paul Zawadzki (politiste).

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Antichristianisme: Ce qui reste de l’antisémitisme quand on a tout oublié (Will anti-christianism replace antisemitism as the new socialism of fools ?)

4 décembre, 2017

Fantastic Ruins with Saint Augustine and the Child (Francois de Nome aka Monsù Desiderio, 1623, The National Gallery, London)

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Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Les athées ne commettent pas d’abominations au nom de l’athéisme. Richard Dawkins
Finally, there is the matter of atheism itself, Dawkins finds it incapable of belligerent intent — « why would anyone go to war for the sake of an absence of belief? » It is a peculiarity of our language that by war we generally mean a conflict between nations, or at least one in which both sides are armed. There has been persistent violence against religion — In the French Revolution, in the Spanish Civil War, in the Soviet Union, in China. In three of these instances the extirpation of religion was part of a program to reshape society by excluding certain forms of thought, by creating an absence of belief. Neither sanity nor happiness appears to have been served by these efforts. The kindest conclusion one can draw is that Dawkins has not acquainted himself with the history of modern authoritarianism. Marilynne Robinson
L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles. Ferdinand Kronawetter  (attribué à August Bebel)
Le christianisme est une religion d’historiens. D’autres systèmes religieux ont pu fonder leurs croyances et leurs rites sur une mythologie à peu près extérieure au temps humain; pour livres sacrés, les chrétiens ont des livres d’histoire, et leurs liturgies commémorent, avec les épisodes de la vie terrestre d’un Dieu, les fastes de l’Eglise et des saints. Marc Bloch
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed. Martin Hirsch
Le moyen le plus rapide de rendre l’Église d’Angleterre plus accueillante est de prier pour que le prince George soit béni un jour avec l’amour d’un beau jeune homme. Les chrétiens devraient prier pour que le prince George soit homosexuel afin de forcer l’Église d’Angleterre à soutenir le mariage entre personnes de même sexe. Un mariage royal pourrait régler les choses remarquablement facilement, bien que nous puissions devoir attendre 25 ans pour que cela se produise. Qui sait cela pourrait arriver plus tôt que par le succès par d’autres moyens? Rev. Kelvin Holdsworth
Raconte l’histoire de France. Comment sais-tu tout ça ? Si tu avais à résumer, en une phrase, une expression ou un mot l’histoire de France, qu’écrirais-tu personnellement ? Enquête Presses universitaires de Lyon
Particulièrement depuis les années 1970 et jusqu’à récemment en France, les instructions officielles, les manuels scolaires, les formations d’enseignants ont mis le récit à distance. (…) En dehors de la classe, en revanche, les élèves ont accès à un grand nombre de récits historiques de formes et de contenus variés, transmis dans le milieu familial, par la télévision, le cinéma, la littérature, des jeux vidéo, Internet, etc. Par ailleurs, le récit est redevenu central pour les historiens et pour ceux qui se préoccupent de l’apprentissage. Ricœur a, en 1983, a souligné la dimension narrative des textes historiques et la place structurante de l’intrigue qui l’organise. La narratologie contemporaine a, de son côté, montré comment le récit est une stratégie de communication. Tandis que pour Jérôme Bruner, le récit est le moyen de donner forme à l’expérience, de comprendre le monde, de se l’approprier, de s’y projeter entre passé et devenir, à partir du monde présent. Il en conclut que le récit a à voir avec la culture car l’imitation dont il témoigne inscrit l’homme dans une culture. (…) Après avoir constitué une équipe de recherche internationale pluridisciplinaire (histoire, sociologie, narratologie, didactique), le recueil de récits de l’histoire nationale a été fait en 2011-2012 (…) Pour la France, le traitement quantitatif et qualitatif des 5823 récits recueillis a fait ressortir plusieurs thèmes. (…) Les thèmes finalement retenus ont été les personnages, le politique, les guerres, la religion, le territoire ainsi que l’origine, déclarée par les élèves, de leurs connaissances. (…) les jeunes, scolarisés en France, interrogés ont exprimé leur fierté de l’histoire nationale et une vision à la fois humaniste et optimiste de l’histoire de leur pays dans laquelle les guerres jouent un rôle décisif et le politique structure le sens de l’histoire tandis que le panthéon, marqué par certaines permanences, connaît aussi des évolutions et une mobilisation des personnages historiques de façon plus iconique que comme des acteurs aux actes bien identifiés. Par exemple, les élèves évoquant l’origine de l’histoire de France (tous ne le font pas), l’associent majoritairement aux Gaulois et à la Gaule (plus de 1700 récits) (…) Mais nombreux sont aussi ceux qui lui attribuent une autre origine (la Révolution française, la Première Guerre mondiale, par exemple) (…) La religion a par ailleurs une place limitée dans des récits très sécularisés montrant une méfiance à l’égard de la dimension temporelle du religieux. Enfin, contrairement à une de nos hypothèses, le territoire joue un rôle minime face à un récit très nationalisé. L’école, ses dispositifs et objets restent leur première source de savoir, d’après les élèves, mais la famille et certaines pratiques sociales jouent également un rôle. En revanche, Internet est peu identifié comme source de savoir historique. Françoise Lantheaume
On verra que, globalement, les élèves considèrent la religion comme un phénomène négatif. L’islam et le judaïsme sont beaucoup moins présents que le christianisme. Sébastien Urbanski
Michel Onfray se rend-il compte que presque tout ce qu’il dit ne provient d’aucune source, d’aucune archive, mais de mémoires ou d’écrits apocryphes pour la plupart publiés au XIXe siècle par l’historiographie catholique et royaliste ? (…) La récupération de ce patrimoine et des arguments de l’extrême droite est malhonnête car, comme auteur, Onfray exerce une certaine responsabilité : en l’absence de notes de bas de page et d’une bibliographie sérieuse, il ne donne jamais à ses lecteurs les moyens de vérifier ses affirmations. (…) Lorsqu’elles sont commises par un des auteurs les plus médiatiques et les plus aimés du grand public et qu’elles passent inaperçues dans la critique, ces révisions de l’Histoire et ces dérives idéologiques participent d’un lent travail de sape contre les valeurs démocratiques. Sans conduire à dénigrer l’ensemble des initiatives d’Onfray, elles doivent donc être dénoncées avec la plus grande fermeté. On ne peut être spécialiste de tout. Michel Onfray ferait bien d’en tirer quelques enseignements. Guillaume Mazeau
Un temps, avec les “cafés philo”, on a cru que la philosophie envahissait les bistrots. Ce Traité d’athéologie remet les pendules à l’heure : c’est bien le café du commerce qui a investi la philosophie. Laurent Dandrieu
La méthodologie s’appuie sur le principe de la préfiguration : tout est déjà dans tout avant même la survenue d’un événement. Cela lui a permis d’affirmer des choses extravagantes : qu’Emmanuel Kant était le précurseur d’Adolf Eichmann – parce que celui-ci se disait kantien (…) -, que les trois monothéismes (judaïsme, christianisme et islam) étaient des entreprises génocidaires, que l’évangéliste Jean préfigurait Hitler et Jésus Hiroshima, et enfin que les musulmans étaient des fascistes (…). Fondateurs d’un monothéisme axé sur la pulsion de mort, les juifs seraient donc les premiers responsables de tous les malheurs de l’Occident. A cette entreprise mortifère, M. Onfray oppose une religion hédoniste, solaire et païenne, habitée par la pulsion de vie. (…) il retourne l’accusation de « science juive » prononcée par les nazis contre la psychanalyse pour faire de celle-ci une science raciste : puisque les nazis ont mené à son terme l’accomplissement de la pulsion de mort théorisée par Freud, affirme-t-il, cela signifie que celui-ci serait un admirateur de tous les dictateurs fascistes et racistes. Mais Freud aurait fait pire encore : en publiant, en 1939, L’Homme Moïse et la religion monothéiste, c’est-à-dire en faisant de Moïse un Egyptien et du meurtre du père un moment originel des sociétés humaines, il aurait assassiné le grand prophète de la Loi et serait donc, par anticipation, le complice de l’extermination de son peuple. (…) Bien qu’il se réclame de la tradition freudo-marxiste, Michel Onfray se livre en réalité à une réhabilitation des thèses paganistes de l’extrême droite française. (…) On est loin ici d’un simple débat opposant les partisans et les adeptes de la psychanalyse, et l’on est en droit de se demander si les motivations marchandes ne sont pas désormais d’un tel poids éditorial qu’elles finissent par abolir tout jugement critique. Elisabeth Roudinesco
Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques: haine de la raison et de l’intelligence, haine de la liberté, haine de tous les livres au nom d’un seul, haine de la vie… Michel Onfray
Hitler, disciple de saint Jean ! Michel Onfray
Gott mit uns procède des Écritures, notamment du Deutéronome, l’un des livres de la Torah. Michel Onfray
L’enseignement du fait religieux réintroduit le loup dans la bergerie : ce que les prêtres ne peuvent plus commettre ouvertement ils pourraient désormais le faire en douce, en enseignant les fables de l’Ancien et du Nouveau Testament, celles du Coran, et des Hadiths sous prétexte de permettre aux scolaires d’accéder plus facilement à Marc Chagall, à la Divine Comédie, à la Chapelle Sixtine ou à la musique de Ziryab. Michel Onfray
Enseigner le fait athée supposerait une archéologie du sentiment religieux : la peur, l’incapacité à regarder la mort en face, l’impossible conscience de l’incomplétude et de la finitude chez les hommes, le rôle majeur et moteur de l’angoisse existentielle. La religion, cette création de fiction, appellerait un démontage en bonne et due forme de ces placebos ontologiques – comme en philosophie on aborde la sorcellerie et la folie pour produire une définition de la raison. Michel Onfray
Trois millénaires témoignent, des premiers textes de l’Ancien Testament à aujourd’hui : l’affirmation d’un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant, belliqueux, a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix. Michel Onfray
Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d’un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l’obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l’au-delà, l’ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l’épouse et la mère, l’âme et l’esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré. (…) Les monothéismes n’aiment pas l’intelligence, les livres, le savoir, la science. À cela, ils ajoutent une forte détestation pour la matière et le réel, donc toute forme d’immanence. Michel Onfray
Des millions de morts, des millions de morts sur tous les continents, pendant des siècles, au nom de Dieu, la bible dans une main, le glaive dans l’autre : l’Inquisition, la torture, la question; les croisades, les massacres, les pillages, les viols, les pendaisons, les exterminations, les bûchers; la traite des noirs, l’humiliation, l’exploitation, le servage, le commerce des hommes, des femmes et des enfants; les génocides , les ethnocides des conquistadores très chrétiens, certes, mais aussi, récemment, du clergé rwandais aux côtés des exterminateurs hutus; le compagnonnage de route avec tous les fascismes du XXième siècle, Mussolini, Pétain, Hitler, Pinochet, Salazar, les colonels de la Grèce, les dictateurs d’Amérique du Sud; etc… Des millions de morts pour l’amour du prochain. Michel Onfray
A l’heure où se profile un ultime combat – déjà perdu… – pour défendre les valeurs des Lumières contre les propositions magiques, il faut promouvoir une laïcité post-chrétienne, à savoir athée, militante et radicalement opposée à tout choix de société entre le judéo-christianisme occidental et l’islam qui le combat. Ni la Bible, ni le Coran. Aux rabbins, aux prêtres, aux imams, ayatollahs et autres mollahs, je persiste à préférer le philosophe. A toutes ces théologies abracadabrantesques, je préfère en appeler aux pensées alternatives à l’historiographie philosophique dominante : les rieurs, les matérialistes, les radicaux, les cyniques, les hédonistes, les athées, les sensualistes, les voluptueux. Ceux-là savent qu’il n’existe qu’un monde et que toute promotion d’un arrière- monde nous fait perdre l’usage et le bénéfice du seul qui soit. Péché réellement mortel. Michel Onfray
On connaît les rapports entretenus par le Vatican avec le national-socialisme […] On connaît moins bien la défense faite par Adolf Hitler de Jésus, du Christ, du christianisme, de l’Église… La lecture de Mon combat suffit pour constater de visu la fascination du Führer pour le Jésus chassant les marchands du Temple et pour l’Église capable d’avoir construit une civilisation européenne, voire planétaire. Michel Onfray
La civilisation judéo-chrétienne se construit sur une fiction: celle d’un Jésus n’ayant jamais eu d’autre existence qu’allégorique, métaphorique, symbolique, mythologique. Il n’existe de ce personnage aucune preuve tangible en son temps. Michel Onfray
Il fallut, pour cette transmutation du concept de Jésus en or religieux, l’action d’un homme qui eut un corps véritable, lui, mais un corps défaillant. J’ai nommé Paul de Tarse. Paul fit de Jésus le doux un Christ à l’épée. Et le tranchant de cette épée ruisselle de sang pendant plus de mille ans. Michel Onfray
L’Etat chrétien, totalitaire (…) est également terroriste. Michel Onfray
Comme Mussolini, Hitler entend faire de l’Eglise catholique un partenaire pour ce projet antisémite. Elle ne dira pas non. Pie XII dira même plutôt oui. Michel Onfray
(Vatican II) est un camouflet pour Pie XII, certes, mais aussi, et surtout, pour plus d’un millénaire d’Eglise catholique, apostolique et romaine. Car, depuis l’empereur Constantin, elle a justifié: l’usage du glaive contre l’adversaire; le recours aux autodafés des livres non chrétiens; les pogroms antisémites (…). Ce concile était une bombe. Michel Onfray
Tout est fait pour que l’on ne soit pas adulte. Quand je vois ces grands adultes sur des trottinettes en train d’écouter des trucs avec des écouteurs et avec des tatouages partout, cela me déplaît. Plus personne n’est adulte aujourd’hui. (…) Quand on a des enfants aujourd’hui, on ne cherche plus à les cultiver, mais à les amuser. (…) les enfants sont faits pour devenir des adultes et les adultes ne sont pas faits pour rester des enfants. Michel Onfray
« Jésus, reviens ! » Étonnant trait d’ironie au cœur de Décadence. L’apostrophe tranche radicalement avec la ligne générale de Michel Onfray : d’abord parce que, selon lui, Jésus n’a pas existé. La naissance même du Christ est une fiction complète, le délire d’une secte qui haïssait tellement la sexualité qu’elle s’est imaginé pour Dieu un enfant né sans union. Cette affirmation catégorique, que l’auteur n’accepte de suspendre de façon hypothétique qu’une seule fois dans la suite du livre, est le point de départ qui ouvre sa démonstration : 600 pages d’une histoire dense, énergique, serrée… Le Point
Depuis plusieurs décennies, Michel Onfray, professeur de lycée reconverti en philosophe de salon, enchaîne les livres, les conférences et les plateaux télé avec un talent médiatique digne de tous les éloges : la voix onctueuse et le style fluide ont le don de réconcilier le grand public avec la philosophie ou du moins ce qu’il en dit. Au contraire des philosophes ordinaires, qui posent des questions, lui choisit d’asséner des certitudes. Dès 2005, il s’est attiré un réel succès avec son Traité d’athéologie (Grasset), dans lequel il répète à l’envi que tous les maux de la Terre viennent des monothéismes. Que lui-même cherche son épanouissement dans un athéisme éclairé, quoi de plus légitime ? Mais a-t-il pour autant besoin de noircir les opinions contraires ? Sa démarche est d’autant plus contestable qu’elle travestit l’Histoire de la façon la plus fantaisiste qui soit. Exalter dans ledit Traité d’athéologie les bienfaits de l’athéisme institutionnel sans dire un seul mot de ses grands zélateurs que furent Lénine, Staline, Mao, Pol Pot ou encore les radicaux mexicains relève d’un étrange oubli sélectif. Et qualifier les croisades d’il y a neuf siècles de « crime contre l’humanité » constitue un anachronisme de la pire espèce… Dans un nouvel essai, Décadence (Flammarion, 2017), l’auteur renouvelle ses assertions et même imagine d’hypothétiques compromissions entre Hitler et le pape Pie XII. Hérodote
La Torah contient une malédiction portée contre les pendus (Dt 21, 23 …); or la crucifixion était alors assimilée à une pendaison. Il est donc impensable que des Juifs aient pu forger le mythe d’un Messie « pendu » au bois de la croix, quand l’attente était celle d’un Messie royal ou sacerdotal. C’eut été pousser le défi un peu loin. Bernard Pouderon
Ce qu’il y a de plus contestable, méthodologiquement, c’est que la narration adopte un découpage chronologique mais que les chapitres sont de véritables fourre-tout, bourrés d’anachronismes au hasard d’associations d’idées. On s’étonne de voir la figure du Juif errant invoquée à l’appui de la thèse d’un antisémitisme daté de 130 et rapproché d’une malédiction de Jésus sur son Chemin de croix, sortie d’une « source évangélique » qu’on ne connait pas et qui n’est pas citée. Maie-Françoise Balez
La phrase (…) résonne comme en écho avec les fureurs actuelles: hier l’Eglise et la foi chrétienne, aujourd’hui les poseurs de bombes. Or, s’il es indéniable que l’Eglise médiévale était une contruction idéologique toale, englobante, objet de croyance en elle-même, et que la violence des châtiments terrestres était conçue comme exemplaire, les sicècles de pastorale n’ont pas reposé uniquement sur la crainte. La seule lecture de quelques rares textes (principalement le Directoire des inquisiteurs d’Eymeric et le Marteau des sorcières) sans consultation d’autres sources ni de travaux d’historiens, mène à une accumulation d’erreurs: ainsi loin d’être une « justice de classeé » (p. 254) la justice inquisitoriale n’épargna pas les élites et la chasse aux sorcières ne se limita pas à la persécution des guérisseuses ou des femmes insoumises: la répression de de la d »éviance fut autant politique tout autant que religieuse, et les pouvoirs laïques y jouèrent un rôle majeur en usant der la force de l’aveu – mais de cela, Michel Onfray passe totalement à côté. Ludocvic Viallet
Les choses se gâtent lorsqu’Onfray commence à parler du fascisme. Il en fait, contre toute évidence historique, une version contre-révolutionnaire du bolchevisme, en fait inspirée du christianisme. Pour sauver le matérialisme athée malgré le goulag, il faut expliquer que l’anti-goulag s’est appuyé sur toute une histoire césaro-papiste, dans la lignée de Constantin. Les chrétiens ont dénoncé le racisme nazi bien avant la gauche, dans les années 1930, mais Onfray ne veut rien en savoir ; les chrétiens ont été décisifs dans la construction de réseaux de sauvetage de Juifs sur tout le territoire national (voir les travaux de Limore Yagil) mais notre prof expulse ce fait de sa construction intellectuelle. (…) Peu importent les faits pour Onfray. On connaît de mieux en mieux l’immense effort de sauvetage de Juifs persécutés par Pie XII ; il préfère affirmer que Pacelli n’a rien fait. On prend de plus en plus la mesure de l’antichristianisme hitlérien, fanatique, viscéral, qui devait rester dissimulé tant que la guerre n’était pas finie. Or Onfray tombe dans le panneau de la propagande hitlérienne ; il prétend faire de Hitler un catholique, un peu anticlérical mais héritier de Constantin, des croisades et de la doctrine de la « guerre juste ». C’est sans doute au nom de saint Augustin et de saint Thomas que Hitler voulait tuer tous les handicapés et les personnes atteintes de maladie mentale ? Que des milliers de prêtres et des centaines de milliers de chrétiens européens, à commencer par les Polonais, ont été persécutés, déportés, exterminés ? Que le commandement « Tu ne tueras pas » devait être éradiqué de la conscience occidentale, d’abord en tuant tous les Juifs puis en lançant l’arrestation du pape et une persécution généralisée de l’Église catholique ? Edouard Husson
Michel Onfray conteste l’existence historique de Jésus, une thèse qui a fait parler d’elle au XIXe siècle et au début du XXe, mais qui n’est plus soutenue par aucun historien. Le Jésus de Michel Onfray est tellement fantasmé – vu à travers des écrits apocryphes, des œuvres d’art très postérieures à l’époque de sa prédication… – qu’on a l’impression que tout a été retenu sauf, précisément, ce qui permet d’avoir des informations exploitables du point de vue de l’historien. C’est très curieux : cela consiste à prendre les sources les moins fiables ou ce qui n’a même pas le statut de source pour dire : « Voilà, il y a toute cette élaboration fictive autour de Jésus, donc Jésus n’existe pas. » Or des sources fiables existent bien, même si elles doivent être interprétées selon des méthodes scientifiques éprouvées. Par ailleurs, on peut très bien faire de l’élaboration fictive à partir d’un personnage qui a existé, c’est le cas de bien des figures historiques. Regardez Alexandre le Grand, Charlemagne… (…) Selon Onfray, le langage antisémite qui a servi aux nazis trouverait ses origines chez saint Paul. Historiquement, c’est totalement infondé. L’antijudaïsme chrétien a pu hélas ! contribuer chez certaines personnes à faire accepter l’antisémitisme nazi, mais la continuité massive que Michel Onfray affirme n’est appuyée sur aucune source. Ce n’est pas non plus de la philosophie de l’Histoire, puisqu’il n’y a aucun raisonnement digne de ce nom. On est dans le domaine de l’amalgame au service d’une propagande. Je ne me prononce pas sur la philosophie de l’Histoire d’Onfray en général, je dis simplement que sur cette affirmation précise, notamment lorsqu’il évoque Hitler comme un exemple de catholique, on passe dans le domaine de l’absurde. Le texte de Mein Kampf qu’il cite n’a strictement rien de chrétien : il témoigne d’une totale incompréhension du personnage de Jésus. Et puis, Onfray passe sous silence l’antichristianisme des nazis et l’engagement de nombreux chrétiens contre le nazisme. (…) Ces propos sont intégrés à une grande fresque épique. Décadence est le second volume de ce que Michel Onfray présente comme une « Brève encyclopédie du monde ». Le premier volume était Cosmos, le troisième devrait s’intituler Sagesse. ­Décadence est le volume dédié à la philosophie de l’Histoire. Ce livre a donc des dimensions et une construction qui peuvent donner l’impression qu’il s’agit d’un ouvrage d’érudition et de réflexion. Or, en ce qui concerne le christianisme antique – et je ne me prononce que sur ce domaine qui m’est familier, en ayant lu ce livre de très près, ligne à ligne, en mettant en fiches tout ce que j’y ai trouvé sur les premiers siècles chrétiens –, on est de toute évidence dans une démarche qui ne tient absolument pas compte des faits dans leur ensemble, des nuances, des sources, de l’état actuel des connaissances… L’ouvrage est volumineux, il est porté par un certain souffle rédactionnel, avec une très grande sûreté de ton, qui frise un peu le dogmatisme. Mais en ce qui me concerne, pour ma spécialité, on en est à un taux d’erreurs et d’affirmations insoutenables que, sans exagération, j’estime à environ 80%. Dans un livre, il y a toujours des erreurs. Mais ici, le nombre d’affirmations factuellement fausses ou abusivement générales, de rapprochements incongrus atteint des proportions inédites. Même lorsque certains faits évoqués par Onfray sont avérés, la manière de les présenter est tendancieuse. Prenez le meurtre ­d’Hypatie, cette philosophe d’Alexandrie assassinée en 415 par des chrétiens déchaînés. Cet épisode est honteux. Mais le problème, c’est qu’Onfray ne dit pas : « Des chrétiens ont tué Hypatie. » Il prétend que ce sont les chrétiens qui ont commis ce meurtre atroce. À chaque fois que certains chrétiens commettent des violences, il écrit « les chrétiens »?. (…)  ce que je reproche à Michel Onfray, ce n’est pas la critique du christianisme. Ce qui me gêne, c’est que ce qui se présente chez lui comme une critique n’en est pas une, car il fait abstraction de toutes les précautions méthodologiques qui s’imposent. Chez lui, dès que les chrétiens entrent en scène, tout est négatif. Ce qui est frappant dans Décadence, c’est qu’il n’y a pas la moindre nuance, aucune circonstance atténuante, pas de bénéfice du doute. Rien. Les chrétiens ont toujours tort. Lorsqu’il y a deux hypothèses historiques sur un sujet, Onfray prend toujours celle qui est défavorable aux chrétiens sans mentionner l’existence de l’autre. En travaillant sur son texte, je me suis dit : si j’étais totalement ignorant du christianisme, en lisant ce livre, je penserais que, vraiment, les chrétiens sont des salauds et ne valent pas mieux que les nazis. Je détesterais les chrétiens. [sur] les Pères de l’Église (…) Il dresse une sorte de catalogue de noms, de questions discutées par eux, de problèmes théo­logiques, pour conclure que, au fond, les Pères de l’Église, c’est nul. Il dit « trop de noms, trop de titres ». C’est le fameux « Too many notes ! » que l’empereur Léopold lance à Mozart dans le film de Miloš Forman. Michel Onfray se permet de juger les Pères en bloc, sans, de toute évidence, les avoir étudiés sérieusement. Ce qu’il prouve en faisant cela, c’est donc d’abord son ignorance. Il parle des Pères comme d’un trou noir dans l’histoire intellectuelle de l’Occident. « Tant d’intelligence au service de tant de bêtises », écrit-il. Pour lui, les questions théologiques ne sont que des bêtises. Méthodologiquement, c’est fâcheux. Je ne considère pas, moi, en lisant Onfray, que son antichristianisme rendrait son livre inutile. Je le lis d’abord scrupuleusement, avant de porter un jugement précis et argumenté. (…) Michel Onfray, en allant chercher des auteurs peu connus, en mettant en avant des anecdotes inattendues, semble exhumer des pans de connaissance cachés ou oubliés. Le grand public peut se laisser impressionner. Les spécialistes, eux, ne sont pas dupes. Jean-Marie Salamito

Vous avez dit nouveau socialisme des imbéciles ?

Affirmations factuellement fausses, généralisations abusives, rapprochements incongrus, présentation tendancieuse de faits avérés, confusions, extrapolations et interprétations arbitraires,  amplifications dramatiques, chiffres trompeurs, déformations de la réalité historique, anachronismes, grossiers amalgames, citations d’ouvrages franchement datés, absences de notes,  …

A l’heure où, charité chrétienne oblige, le même pasteur anglican écossais qui avait fait lire le Coran en plein service de l’Epiphanie …

Appelle à présent à prier, pour faire avancer la cause homosexuelle, pour que le petit prince George d’Angleterre soit homosexuel …

Quand il y a quelques années un haut fonctionnaire français appelait, intégration oblige, les catholiques à nommer leurs enfants Mohammed …

Et qu’un cadre du parti socialiste français se voit très justement  mis à pied pour un montage antisémite d’un autre âge …

Comment ne pas voir …

L’évident parallèle, hasard du calendrier  confirmé par  leur recension conjointe dans le dernier numéro de la revue chrétienne Codex …

Entre la parution d’une enquête sur les connaissances historiques des élèves français montrant la place non seulement limitée mais la véritable défiance dans le récit national de nos jeunes pour une religion associée au passé, au pouvoir et à l’intolérance  …

Et la nouvelle déconstruction en règle que sortait au même moment notre Michel Onfray  national contre 2 000 ans d’une civilisation chrétienne …

Réduite, comme son fondateur, à une pure mythologie juste bonne à justifier la domination d’un Occident fait d’antisémitisme, de mépris du corps et d’asservissement de la raison …

Mais aussi comme le confirme l’historien Jean-Marie Salamito …

Le plus parfait exemple de ce que disait René Girard du post-christianisme actuel …

Voué dès lors qu’Auschwitz en avait irrémédiablement condamné l’expression ouverte …

A remplacer l’antisémitisme de naguère non tant par un anti-christianisme …

Que par un ultra-christianisme toujours plus caricatural ?

Idées

Jean-Marie Salamito recadre Michel Onfray

Dans Monsieur Onfray au pays des mythes, Jean-Marie Salamito, professeur d’histoire du christianisme ancien à l’université Paris-IV-Sorbonne, s’inquiète des erreurs, approximations et généralisations de l’auteur de Décadence à propos du christianisme.

Spécialiste du christianisme antique, Jean-Marie Salamito est connu pour ses travaux académiques et éditoriaux, dont récemment, avec les professeurs Bernard Pouderon et Vincent Zarini, un volume de la Pléiade sur les Premiers écrits chrétiens. En 2009, il avait déjà interrogé dans les Chevaliers de l’apocalypse (DDB) les présupposés du documentaire de Jérôme Prieur et Gérard ­Mordillat, l’Apocalypse, diffusé sur Arte. Cette fois-ci, l’universitaire entreprend de regarder de plus près ce que Michel Onfray dit du christianisme ancien dans son dernier ouvrage, Décadence (Flammarion). Apparemment, le philosophe le plus médiatisé de France n’a pas beaucoup changé sa méthode depuis son fameux Traité d’athéologie (Grasset, 2005). Entretien.

Vous écrivez dans votre livre, à propos des considérations de Michel Onfray sur le christianisme antique, qu’il « s’attaque à des moulins qu’il a lui-même bâtis ». Que voulez-vous dire ?

Cette formule m’est venue très vite à l’esprit, quand je lisais les pages où Michel Onfray conteste l’existence historique de Jésus, une thèse qui a fait parler d’elle au XIXe siècle et au début du XXe, mais qui n’est plus soutenue par aucun historien. Le Jésus de Michel Onfray est tellement fantasmé – vu à travers des écrits apocryphes, des œuvres d’art très postérieures à l’époque de sa prédication… – qu’on a l’impression que tout a été retenu sauf, précisément, ce qui permet d’avoir des informations exploitables du point de vue de l’historien. C’est très curieux : cela consiste à prendre les sources les moins fiables ou ce qui n’a même pas le statut de source pour dire : « Voilà, il y a toute cette élaboration fictive autour de Jésus, donc Jésus n’existe pas. » Or des sources fiables existent bien, même si elles doivent être interprétées selon des méthodes scientifiques éprouvées. Par ailleurs, on peut très bien faire de l’élaboration fictive à partir d’un personnage qui a existé, c’est le cas de bien des figures historiques. Regardez Alexandre le Grand, Charlemagne…

Le nombre d’affirmations factuellement fausses ou abusivement générales atteint des proportions inédites.

À propos de la manière dont Michel Onfray aborde la question de l’antisémitisme, vous dites : « Ce n’est pas de l’histoire, ce n’est pas même de la philosophie de l’Histoire, c’est de la calomnie. »

Selon Onfray, le langage antisémite qui a servi aux nazis trouverait ses origines chez saint Paul. Historiquement, c’est totalement infondé. L’antijudaïsme chrétien a pu hélas ! contribuer chez certaines personnes à faire accepter l’antisémitisme nazi, mais la continuité massive que Michel Onfray affirme n’est appuyée sur aucune source. Ce n’est pas non plus de la philosophie de l’Histoire, puisqu’il n’y a aucun raisonnement digne de ce nom. On est dans le domaine de l’amalgame au service d’une propagande. Je ne me prononce pas sur la philosophie de l’Histoire d’Onfray en général, je dis simplement que sur cette affirmation précise, notamment lorsqu’il évoque Hitler comme un exemple de catholique, on passe dans le domaine de l’absurde. Le texte de Mein Kampf qu’il cite n’a strictement rien de chrétien : il témoigne d’une totale incompréhension du personnage de Jésus. Et puis, Onfray passe sous silence l’antichristianisme des nazis et l’engagement de nombreux chrétiens contre le nazisme.

Les critiques qu’adresse Michel Onfray au christianisme peuvent sembler convenues : antisémitisme, violence, mépris du corps… Pourquoi s’en émouvoir plus que d’habitude ?

Ces propos sont intégrés à une grande fresque épique. Décadence est le second volume de ce que Michel Onfray présente comme une « Brève encyclopédie du monde ». Le premier volume était Cosmos, le troisième devrait s’intituler Sagesse. ­Décadence est le volume dédié à la philosophie de l’Histoire. Ce livre a donc des dimensions et une construction qui peuvent donner l’impression qu’il s’agit d’un ouvrage d’érudition et de réflexion. Or, en ce qui concerne le christianisme antique – et je ne me prononce que sur ce domaine qui m’est familier, en ayant lu ce livre de très près, ligne à ligne, en mettant en fiches tout ce que j’y ai trouvé sur les premiers siècles chrétiens –, on est de toute évidence dans une démarche qui ne tient absolument pas compte des faits dans leur ensemble, des nuances, des sources, de l’état actuel des connaissances… L’ouvrage est volumineux, il est porté par un certain souffle rédactionnel, avec une très grande sûreté de ton, qui frise un peu le dogmatisme. Mais en ce qui me concerne, pour ma spécialité, on en est à un taux d’erreurs et d’affirmations insoutenables que, sans exagération, j’estime à environ 80%. Dans un livre, il y a toujours des erreurs. Mais ici, le nombre d’affirmations factuellement fausses ou abusivement générales, de rapprochements incongrus atteint des proportions inédites. Même lorsque certains faits évoqués par Onfray sont avérés, la manière de les présenter est tendancieuse. Prenez le meurtre ­d’Hypatie, cette philosophe d’Alexandrie assassinée en 415 par des chrétiens déchaînés. Cet épisode est honteux. Mais le problème, c’est qu’Onfray ne dit pas : « Des chrétiens ont tué Hypatie. » Il prétend que ce sont les chrétiens qui ont commis ce meurtre atroce. À chaque fois que certains chrétiens commettent des violences, il écrit « les chrétiens ».

Si j’étais totalement ignorant du christianisme, en lisant ce livre, je penserais que, vraiment, les chrétiens sont des salauds.

Vous évoquez d’ailleurs une « présomption de culpabilité à l’égard des chrétiens ». On pourrait vous objecter qu’on a bien le droit de critiquer les chrétiens et le christianisme…

Bien entendu ! Mais ce que je reproche à Michel Onfray, ce n’est pas la critique du christianisme. Ce qui me gêne, c’est que ce qui se présente chez lui comme une critique n’en est pas une, car il fait abstraction de toutes les précautions méthodologiques qui s’imposent. Chez lui, dès que les chrétiens entrent en scène, tout est négatif. Ce qui est frappant dans Décadence, c’est qu’il n’y a pas la moindre nuance, aucune circonstance atténuante, pas de bénéfice du doute. Rien. Les chrétiens ont toujours tort. Lorsqu’il y a deux hypothèses historiques sur un sujet, Onfray prend toujours celle qui est défavorable aux chrétiens sans mentionner l’existence de l’autre. En travaillant sur son texte, je me suis dit : si j’étais totalement ignorant du christianisme, en lisant ce livre, je penserais que, vraiment, les chrétiens sont des salauds et ne valent pas mieux que les nazis. Je détesterais les chrétiens.

Sur la manière dont il aborde la patristique, vous écrivez : « Il méprise ce qu’il ignore. »

Entendons-nous : je n’ai pas supposé a priori que Michel Onfray ne connaissait pas les Pères de l’Église, j’ai lu ce qu’il a écrit à leur propos. Que fait-il ? Il dresse une sorte de catalogue de noms, de questions discutées par eux, de problèmes théo­logiques, pour conclure que, au fond, les Pères de l’Église, c’est nul. Il dit « trop de noms, trop de titres ». C’est le fameux « Too many notes ! » que l’empereur Léopold lance à Mozart dans le film de Miloš Forman. Michel Onfray se permet de juger les Pères en bloc, sans, de toute évidence, les avoir étudiés sérieusement. Ce qu’il prouve en faisant cela, c’est donc d’abord son ignorance. Il parle des Pères comme d’un trou noir dans l’histoire intellectuelle de l’Occident. « Tant d’intelligence au service de tant de bêtises », écrit-il. Pour lui, les questions théologiques ne sont que des bêtises. Méthodologiquement, c’est fâcheux. Je ne considère pas, moi, en lisant Onfray, que son antichristianisme rendrait son livre inutile. Je le lis d’abord scrupuleusement, avant de porter un jugement précis et argumenté.

Je suis désolé de devoir dire que beaucoup de pages de Décadence relèvent du café du Commerce.

Une des clés du succès de Michel Onfray est peut-être justement d’oser dire clairement des choses que d’autres intellectuels, plus scrupuleux, n’affirmeraient jamais. C’est sa force…

Il y a, en effet, chez Onfray quelque chose de l’Hernani de Victor Hugo : « Une force qui va. » Mais si je m’en tiens à ce qu’il écrit sur ce que je connais, je constate que cette force, il l’utilise à dire des choses fausses. Si d’autres ne disent pas ces choses, ce n’est peut-être pas qu’ils n’osent pas, mais tout simplement qu’ils savent qu’elles sont fausses. Dire qu’après Marc Aurèle il n’y a plus de philosophie pendant mille ans est insoutenable. Quand on travaille sur des auteurs, la première chose qui s’impose est d’avoir d’eux une connaissance de première main : on les lit vraiment, on regarde de près et alors seulement on se prononce. Mais faire des grands raccourcis comme cela… À la limite, ne travaillons plus ! Allons au bistrot, refaisons le monde en jugeant l’Histoire, la culture, la philosophie et des civilisations entières… Je suis désolé de devoir dire que beaucoup de pages de Décadence relèvent du café du Commerce.

En attendant, Michel Onfray est un des rares intellectuels qui réussit à parler au grand public d’auteurs qu’on ne fréquente guère, en dehors des spécialistes. Il participe en quelque sorte à une entreprise d’éducation populaire, qu’il revendique.

Qui entend parler des Pères de l’Église ? Peu de monde, en effet… Michel Onfray, en allant chercher des auteurs peu connus, en mettant en avant des anecdotes inattendues, semble exhumer des pans de connaissance cachés ou oubliés. Le grand public peut se laisser impressionner. Les spécialistes, eux, ne sont pas dupes. En ce qui me concerne, c’est en pensant au grand public que j’ai écrit ce livre. Onfray lui-même, un jour, a expliqué dans une interview que ce qui l’intéressait, c’étaient « les gens ».

Je dis exactement la même chose. Je me sens absolument responsable, dans mon domaine, de la diffusion du savoir et des mises au point à faire pour le maximum de gens. C’est pour ça que j’ai écrit ce livre, Monsieur Onfray au pays des Mythes. Réponses sur Jésus et le christianisme, ce qui n’est pas forcément simple quand on est habitué aux travaux académiques. Moi non plus je n’ai pas envie de me retrouver parmi des intellectuels qui vivraient à l’écart du monde. Je suis intimement convaincu que le partage du savoir et de la réflexion est indispensable dans une démocratie. Et les raccourcis, les amalgames, les erreurs, les arguments d’autorité sont dangereux pour elle. Étant un enseignant-­chercheur, je plaide pour la diffusion de la connaissance, contre les livres qui éblouissent au lieu d’éclairer, qui subjuguent au lieu de libérer.

Le magicien du vide
Michel Onfray a changé. C’est du moins ce qu’on dit depuis que le philosophe le plus lu de France déplaît à ceux qui, autrefois, se délectaient de son audace « hédoniste » et « libertaire ». En gros, il était de gauche, le voici de droite. Certains s’en réjouissent, d’ailleurs. Rémi Lélian, lui, contemple le phénomène et tente de dégonfler la baudruche à la suite d’autres, comme Matthieu Baumier (Anti-Traité d’athéologie, 2005) ou Michael Paraire (Michel Onfray, une imposture intellectuelle, 2013). Quiconque se met à lire de près Onfray se persuade très vite que la soupe servie est, malgré son épaisseur, fort peu nourrissante. C’est qu’Onfray a réussi cette prouesse de faire passer les erreurs, ses approximations, voire l’absurdité, comme des vertus « puisqu’il écrit pour que le peuple le comprenne » ! Dès lors, la critique est désarmée. Onfray « répond café du commerce quand on lui parle philosophie et philosophie quand on lui parle café du commerce ». Sa soi-disant évolution n’est tout compte fait que le fruit d’un système qui ne peut prospérer que sur le vide. L’auteur de Cosmos et de Décadence sert ce que le peuple attend, précédant ses désirs avec un instinct d’une remarquable sûreté. Comme un magicien qui, lui aussi, se meut entre le vide de ses passes et le désir de son assistance. J.A.

> Michel Onfray, la raison du vide, de Rémi Lélian, éd. Pierre-Guillaume de Roux, 15,90€.

> À lire

Monsieur Onfray au pays des Mythes, de Jean-Marie Salamito, Salvator, 15 €.

Voir également:

Décadence

Edouard Husson

Hérodote

L’historien Édouard Husson, spécialiste de la Shoah et du nazisme, s’est penché sur le nouvel essai de Michel Onfray, Décadence (Flammarion, 2017). Avec quelques autres universitaires, il a livré son analyse au magazine Codex #03 (printemps 2017).

Nous reproduisons son texte ci-après avec son aimable autorisation…

Depuis plusieurs décennies, Michel Onfray, professeur de lycée reconverti en philosophe de salon, enchaîne les livres, les conférences et les plateaux télé avec un talent médiatique digne de tous les éloges : la voix onctueuse et le style fluide ont le don de réconcilier le grand public avec la philosophie ou du moins ce qu’il en dit. Au contraire des philosophes ordinaires, qui posent des questions, lui choisit d’asséner des certitudes.

Dès 2005, il s’est attiré un réel succès avec son Traité d’athéologie (Grasset), dans lequel il répète à l’envi que tous les maux de la Terre viennent des monothéismes. Que lui-même cherche son épanouissement dans un athéisme éclairé, quoi de plus légitime ? Mais a-t-il pour autant besoin de noircir les opinions contraires ? Sa démarche est d’autant plus contestable qu’elle travestit l’Histoire de la façon la plus fantaisiste qui soit.

Exalter dans ledit Traité d’athéologie les bienfaits de l’athéisme institutionnel sans dire un seul mot de ses grands zélateurs que furent Lénine, Staline, Mao, Pol Pot ou encore les radicaux mexicains relève d’un étrange oubli sélectif. Et qualifier les croisades d’il y a neuf siècles de « crime contre l’humanité » constitue un anachronisme de la pire espèce…

Dans un nouvel essai, Décadence (Flammarion, 2017), l’auteur renouvelle ses assertions et même imagine d’hypothétiques compromissions entre Hitler et le pape Pie XII. Voici ce qu’en dit l’historien Édouard Husson, spécialiste de la Shoah et du nazisme :

Édouard Husson : « Onfray tombe dans le panneau de la propagande hitlérienne »

Michel Onfray me rappelle mon professeur de philosophie de khâgne. Il mélangeait allègrement une information aux apparences encyclopédiques et des thèses passionnées qui relevaient de la croyance plus que de la raison. La religion d’Onfray se trouve dans le De Natura Rerum du poète épicurien Lucrèce.

Régulièrement, cet auteur pas antipathique mais un peu logorrhéeux se replonge avec délices dans la grande révolte intellectuelle contre le christianisme issue de la Renaissance et des Lumières. C’est le cœur du livre : il est évidemment précédé de la reprise, pas très originale, des milliers d’inexactitudes déversées par L’Encyclopédie de Diderot sur le christianisme.

S’accrochant à Lucrèce et Diderot, Onfray se rend bien compte qu’il doit expliquer l’horreur du totalitarisme, en partie fils du culte occidental de la Raison athée. En prof rusé, Onfray commence par dénoncer le caractère totalitaire du jacobinisme. Oui, concède-t-il, la Raison a trahi l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité de la Révolution commençante. Et il peut ensuite se mettre à souffler dans la trompette bruyante de l’anticommunisme en distinguant entre un bon matérialisme (Lucrèce) et un mauvais (Marx).

Les choses se gâtent lorsqu’Onfray commence à parler du fascisme. Il en fait, contre toute évidence historique, une version contre-révolutionnaire du bolchevisme, en fait inspirée du christianisme. Pour sauver le matérialisme athée malgré le goulag, il faut expliquer que l’anti-goulag s’est appuyé sur toute une histoire césaro-papiste, dans la lignée de Constantin. Les chrétiens ont dénoncé le racisme nazi bien avant la gauche, dans les années 1930, mais Onfray ne veut rien en savoir ; les chrétiens ont été décisifs dans la construction de réseaux de sauvetage de Juifs sur tout le territoire national (voir les travaux de Limore Yagil) mais notre prof expulse ce fait de sa construction intellectuelle.

Le sommet de la fantaisie est atteint lorsque l’auteur invente une nouvelle théorie de la conspiration. Au cas où vous l’ignoriez, Pie XI n’est pas mort de maladie mais vraisemblablement poussé vers la tombe par de mystérieux agents à la solde d’Hitler et de Mussolini désireux de placer Pie XII sur le trône pontifical. À quand la version co-écrite avec Dan Brown ou Robert Harris ?

Peu importent les faits pour Onfray. On connaît de mieux en mieux l’immense effort de sauvetage de Juifs persécutés par Pie XII ; il préfère affirmer que Pacelli n’a rien fait. On prend de plus en plus la mesure de l’antichristianisme hitlérien, fanatique, viscéral, qui devait rester dissimulé tant que la guerre n’était pas finie. Or Onfray tombe dans le panneau de la propagande hitlérienne ; il prétend faire de Hitler un catholique, un peu anticlérical mais héritier de Constantin, des croisades et de la doctrine de la « guerre juste ».

C’est sans doute au nom de saint Augustin et de saint Thomas que Hitler voulait tuer tous les handicapés et les personnes atteintes de maladie mentale ? Que des milliers de prêtres et des centaines de milliers de chrétiens européens, à commencer par les Polonais, ont été persécutés, déportés, exterminés ? Que le commandement « Tu ne tueras pas » devait être éradiqué de la conscience occidentale, d’abord en tuant tous les Juifs puis en lançant l’arrestation du pape et une persécution généralisée de l’Église catholique ?

Voir également:

L’histoire nationale racontée… par les élèves
Françoise Lantheaume
Professeure en sciences de l’éducation, sociologue, Université Lumière Lyon
The Conversation France
2 octobre 2016

Le débat public s’enflamme régulièrement en France sur la question de la transmission de l’histoire nationaleaux élèves. Pour les uns, l’histoire de France ne serait plus enseignée ou bien son enseignement oublierait des pans entiers de l’histoire forgeant une identité nationale en danger. D’autres critiques portent sur une reconnaissance insuffisante de certains groupes dans une histoire nationale qui ne leur ferait guère de place.

Ces critiques correspondent à des références idéologiques, à des projets politiques et à des conceptions de l’enseignement de l’histoire qui, pour légitimes qu’ils soient, ont le défaut de ne reposer sur aucune donnée empirique. Ce constat a présidé à l’enquête qui a donné lieu à un ouvrage collectif, Le récit du commun : l’histoire nationale racontée par les élèves, dont certains éléments seront relayés par The Conversation.

Choisissant de nous tourner vers ceux qui sont en phase d’apprentissage de l’histoire, nous avons souhaité étudier la réception que des jeunes scolarisés avaient des connaissances historiques qui leur sont transmises de différentes façons. L’enquête a ainsi été conduite auprès des élèves situés en fin de cycle scolaire, 11-12 ans ; 15-16 ans et 18-19 ans.

La persistance de la place de l’histoire nationale dans un contexte de mondialisation et de développement de niveaux de décision infra et supra nationaux, n’allait pas de soi.

Structurait-elle encore la vision historique de la jeunesse scolarisée ? Comment la diversité géographique, sociale et culturelle influait-elle sur la façon de restituer l’histoire nationale ?

Le recueil de récits de l’histoire nationale

Plutôt que de faire un Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves des connaissances scolaires sur l’histoire nationale, nous avons pris un autre chemin : recueillir des récits d’élèves dans différents pays. Pourquoi des récits ? C’est en effet rarement sous cette forme que les connaissances des élèves sont sollicitées. Particulièrement depuis les années 1970 et jusqu’à récemment en France, les instructions officielles, les manuels scolaires, les formations d’enseignants ont mis le récit à distance. Il a rarement été conçu comme un moyen d’accéder à des savoirs historiques.

Ont été alors privilégiés la démarche historienne par l’étude de documents, leur mise en relation, et des exercices privilégiant des formes de rédaction courtes : réponse à des questionnaires par une ou quelques phrases, commentaire lapidaire d’un document, reproduction d’un bref résumé pour les plus jeunes, dissertation organisant le texte selon une forme attendue pour les plus avancés.

En dehors de la classe, en revanche, les élèves ont accès à un grand nombre de récits historiques de formes et de contenus variés, transmis dans le milieu familial, par la télévision, le cinéma, la littérature, des jeux vidéo, Internet, etc.

Par ailleurs, le récit est redevenu central pour les historiens et pour ceux qui se préoccupent de l’apprentissage. Ricœur a, en 1983, a souligné la dimension narrative des textes historiques et la place structurante de l’intrigue qui l’organise. La narratologie contemporaine a, de son côté, montré comment le récit est une stratégie de communication. Tandis que pour Jérôme Bruner, le récit est le moyen de donner forme à l’expérience, de comprendre le monde, de se l’approprier, de s’y projeter entre passé et devenir, à partir du monde présent. Il en conclut que le récit a à voir avec la culture car l’imitation dont il témoigne inscrit l’homme dans une culture.

S’intéresser aux récits des élèves n’était pas non plus complètement nouveau. En effet, Jocelyn Létourneau avait déjà réalisé en 2014 une enquête auprès de 4 000 jeunes Québécois de niveaux scolaires, de langues et de cultures variées vivant dans des villes et régions différentes, en leur demandant de raconter l’histoire du Québec.

Une enquête dans plusieurs pays

La construction d’États-nations en Europe ayant suivi des voies singulières, nous avons choisi de prendre comme terrains d’enquête des situations aussi variées que la France, l’Allemagne, la Suisse et la Catalogne afin d’identifier des invariants possibles dans les récits des élèves et de comprendre le sens de leurs variations.

Après avoir constitué une équipe de recherche internationale pluridisciplinaire (histoire, sociologie, narratologie, didactique), le recueil de récits de l’histoire nationale a été fait en 2011-2012 à partir d’une consigne simple dans un cadre garantissant l’anonymat. Pour la France : « Raconte l’histoire de France ».

Précisons qu’il ne s’agissait pas d’une évaluation scolaire et que l’enquête ne dit rien du travail des enseignants, ni même ce que des consignes plus précises auraient pu produire, mais l’enquête nous renseigne sur la façon dont les élèves restituent, sous la forme d’un récit, ce qui leur a été transmis par différents canaux à propos de l’histoire nationale. La première question était complétée par deux autres :

  • « Comment sais-tu tout ça ? »
  • « Si tu avais à résumer, en une phrase, une expression ou un mot l’histoire de France, qu’écrirais-tu personnellement ? ».

Pour la France, le traitement quantitatif et qualitatif des 5823 récits recueillis a fait ressortir plusieurs thèmes. D’autres ont été explorés par les chercheurs. Les thèmes finalement retenus ont été les personnages, le politique, les guerres, la religion, le territoire ainsi que l’origine, déclarée par les élèves, de leurs connaissances.

Des résultats inédits

L’ampleur et la diversité du corpus permettent d’étayer des résultats inédits et robustes qui vont à l’encontre de certaines de nos hypothèses et de bien des discours publics. Ils ouvrent aussi des pistes de réflexion et d’action pour la diffusion des savoirs historiques en milieu scolaire ou ailleurs.

La mise en regard des corpus des différents pays souligne une convergence concernant la tendance des jeunes à mélanger faits historiques scientifiquement établis et représentations sociales historiques circulant dans une société à un moment donné. Ils racontent l’histoire depuis le présent et y cherchent du sens. Les résultats montrent aussi des différences importantes, selon les pays.

La richesse de cette enquête, d’ampleur inhabituelle, permet de battre en brèche bien des idées reçues. Les élèves ont des connaissances, ils partagent un récit commun de l’histoire nationale. Les variations selon les pays montrent cependant des rapports différenciés à l’histoire et à la nation.

Face à la consigne intimidante qui leur était donnée, les jeunes, scolarisés en France, interrogés ont exprimé leur fierté de l’histoire nationale et une vision à la fois humaniste et optimiste de l’histoire de leur pays dans laquelle les guerres jouent un rôle décisif et le politique structure le sens de l’histoire tandis que le panthéon, marqué par certaines permanences, connaît aussi des évolutions et une mobilisation des personnages historiques de façon plus iconique que comme des acteurs aux actes bien identifiés.

Par exemple, les élèves évoquant l’origine de l’histoire de France (tous ne le font pas), l’associent majoritairement au Gaulois et à la Gaule (plus de 1700 récits), comme dans ce récit :

« Au tout début la France s’appelait la Gaule, pendant des siècles il y a eu des guerres et des empires mais c’était toujours la monarchie. Des siècles ont passé. Et finalement, à l’époque du roi Louis XVI il y a eu une révolution. Depuis nous élisons un président et c’est la république et la démocratie ». (récit n°1968)

Mais nombreux sont aussi ceux qui lui attribuent une autre origine (la Révolution française, la Première Guerre mondiale, par exemple) comme ces extraits de récits l’indiquent :

« L’histoire de France commence à la 1ère guerre mondiale qui a été la plus importante car, elle a changé beaucoup de choses. […] » (récit n°3857).

« L’histoire de la France débute lors de la Révolution avec la prise de la Bastille en 1789. […] » (récit n° 2669)

La religion a par ailleurs une place limitée dans des récits très sécularisés montrant une méfiance à l’égard de la dimension temporelle du religieux. Enfin, contrairement à une de nos hypothèses, le territoire joue un rôle minime face à un récit très nationalisé. L’école, ses dispositifs et objets restent leur première source de savoir, d’après les élèves, mais la famille et certaines pratiques sociales jouent également un rôle. En revanche, Internet est peu identifié comme source de savoir historique.

Le tableau dressé à l’issue de cette enquête peut être une source de réflexion pour l’enseignement de l’histoire et constituer un jalon pour que, dans quelques années, une autre enquête puisse comparer les résultats, alors que le récit est remis à l’honneur dans l’enseignement de l’histoire.

L’équipe, dirigée par Françoise Lantheaume, était composée, en France, de Vincent Chambarlhac (université de Bourgogne), Laurence De Cock et Sébastien Urbanski (université Lyon 2), Benoît Falaize (université Cergy-Pontoise), Bruno Garnier et Christelle Mazière (université de Corse), Raoul Lucas, Stéphane Guesnet et Mario Serviable (université de la Réunion), Angelina Ogier Cesari (ESPE de Lyon), Frédéric Mole (université de Saint-Étienne) ainsi que d’enseignants associés à l’Institut français de l’éducation (IFE-ENS) (Jacqueline Brégeard, Stéphane Clerc, Laurence de Cock, Églantine Wuillot) et de Valérie Fontanieu, statisticienne à l’IFE-ENS. En Allemagne, Peter Carrier (Institut Georg Eckert, centre de recherche internationale sur les manuels scolaires, Braunschweig). Pour la Catalogne, Neus González-Monfort, Joan Pagès-Blanch, Antoni Santisteban-Fernández (université autonome de Barcelone) et Edda Sant-Obiols (Manchester Metropolitan University). Et en Suisse, Charles Heimberg, Valérie Operiol et Alexia Panagiotounakos (université de Genève). Jocelyn Létourneau a joué un rôle de conseiller.

Voir par ailleurs:

Le pasteur de la cathédrale de Glasgow critiqué pour avoir autorisé la lecture du Coran lors de l’Epiphanie

Dans la tourmente pour avoir consenti à ce que la prestigieuse cathédrale Sainte-Marie de Glasgow résonne de versets coraniques choisis avec soin –  extraits de la sourate 19 « Maryam » dédiée à Marie, la mère de Jésus de Nazareth – le Révérend Kelvin Holdsworth, le pasteur attitré de ce phare de la foi chrétienne, plie mais ne rompt pas, convaincu du bien-fondé de sa décision.

Ce haut dignitaire religieux reste en effet stoïque dans la tempête qui s’abat sur lui, depuis le fameux office religieux célébré pour l’Epiphanie, au cours duquel il a non seulement ouvert grand les portes de son église à la communauté musulmane locale, mais a aussi souhaité que ses propres paroissiens entendent le récit coranique sur la place prépondérante de Jésus (Paix et bénédiction soient sur lui) dans l’islam, considéré comme l’un des prophètes les plus éminents et indulgents, mais pas comme le fils de Dieu à qui l’on voue un culte.

C’est à Madinah Javed, un étudiant musulman très impliqué dans le dialogue interreligieux, qu’a été confiée la noble mission de lire ces versets, au pupitre, devant un auditoire qui était tout ouïe. La voix claire et limpide, il n’a pas tremblé au moment de présenter Jésus sous un autre éclairage, sous le regard bienveillant du Révérend Kelvin Holdsworth.

Si certains paroissiens ont pleinement adhéré à la démarche de leur pasteur, heureux de l’opportunité qui leur était offerte de découvrir l’importance insoupçonnée de Jésus dans l’islam, d’autres ont eu, en revanche, les oreilles particulièrement heurtées par cette autre version religieuse, très éloignée de la leur, qui a retenti dans leur église.

Les critiques virulentes n’ont pas tardé non plus à fuser en haut lieu. Le pasteur incompris de la cathédrale Sainte-Marie de Glasgow, si désireux de promouvoir le dialogue et la compréhension entre le christianisme et l’islam, essuie aujourd’hui les remontrances de ses pairs, notamment de l’ancien évêque de Rochester qui a jeté l’anathème sur lui : « Les autorités de l’Église épiscopale écossaise doivent immédiatement condamner cette ouverture à l’islam très mal avisée et sanctionner sévèrement celui ou ceux qui l’ont autorisée ».

Aussi forte soit la tempête, elle ne parviendra pas à faire chanceler le Révérend Kelvin Holdsworth dans ses convictions profondes, et c’est la tête haute qu’il lui fait face, inébranlable.

« Ces lectures ont déjà eu lieu, dans le passé, dans d’autres églises. Elles ont, à chaque fois, permis de tisser des liens d’amitié pérennes entre chrétiens et musulmans à l’échelle locale, favorisé une réelle prise de conscience sur les valeurs que nous en avons en commun, tout en créant les conditions d’un dialogue enrichissant et serein », a-t-il déclaré avec une émotion palpable, en s’affirmant plus que jamais comme un bâtisseur de ponts au-dessus des torrents tumultueux.

Voir aussi:

Militantisme. C’est “le moyen le plus rapide de rendre l’Église d’Angleterre plus accueillante”, affirme un révérend homosexuel.

Valeurs actuelles

1 décembre 2017

Tout est bon pour faire avancer la cause LGBT. Un prêtre de l’Église épiscopale d’Écosse a appelé ses fidèles à prier pour que le prince George, fils du prince William et de son épouse Kate, âgé de quatre ans et troisième dans l’ordre de succession au trône britannique, soit homosexuel, afin d’accélérer l’acceptation du mariage gay par l’Église anglicane, rapporte l’AFP.

“Le moyen le plus rapide de rendre l’Église d’Angleterre plus accueillante est de prier pour que le prince George soit béni un jour avec l’amour d’un beau jeune homme”, a ainsi écrit le révérend Kelvin Holdsworth, recteur de la cathédrale St Mary de Glasgow, lui-même homosexuel et militant des droits LGBT, sur son compte Twitter.

Contrairement à l’Église d’Angleterre, qui s’oppose au mariage gay, l’Église épiscopale d’Écosse a décidé lors d’un vote en juin de retirer de sa doctrine la phrase affirmant que le mariage est une union “entre un homme et une femme” et même célébré plusieurs mariages homosexuels, s’attirant des sanctions de sa maison mère.

L’appel du recteur de la cathédrale St Mary à Glasgow a été qualifié d‘ »anti-chrétien » et de « mauvais sort de conte de fée » par l’ancien chapelain de la reine Elizabeth II, le révérend Gavin Ashenden. « Mieux vaut souhaiter au prince George… d’accomplir son devoir de prince en se mariant et en ayant des enfants », a-t-il dit vendredi au Times.

Voir encore:

Michel Onfray, le raisonneur du vide

Avec son Michel Onfray ou la raison du vide (Pierre-Guillaume de Roux, 2017) Rémi Lélian donne un pamphlet incisif, tout en saillies de haut vol : pour qu’il « advienne, qu’un tel surgissement de néant fût rendu possible, il fallait un peuple prêt à le recevoir, un peuple aux élites rompues depuis longtemps déjà au règne de l’opinion (…) Les premiers disciples du sorcier Onfray, ceux qui ont préparé le peuple à sa venue en corps de gloire médiatique, les grands prêtres de la bêtise moderne qui ont dressé la table de la cène en son honneur afin de l’accueillir dans le saint des saints, ce sont nos élites confondues à partir de l’instant où elles prirent ce bouffon au sérieux pour l’habiller des vêtements du prêtre royal ».

« Michel Homais »

Le pamphlet s’attaque à celui que Philippe Muray nommait « Michel Homais ». Monsieur Homais est l’archétype flaubertien de l’individu anticlérical, athée, ambitieux aux prétentions scientifiques et cherchant en permanence les feux de la rampe. La formule sonne juste. Pour Lélian, l’imposture Onfray dure car il s’adapte en permanence aux nouveautés du temps. Un produit formaté en fonction des évolutions de la consommation ambiante. Dans le Traité d’athéologie par exemple : « Il ressort les antiennes idiotes que chacun entend depuis qu’au lycée un abruti de section littéraire a eu le malheur d’ouvrir un livre de Nietzsche pour pavoiser devant la gent féminine et lui donner des rougeurs en prononçant « rien que la terre » : « Le-croyant-croit-parce-qu’il-a-peur-de-la-mort-et-les-religions-ne-sont-que-la-seule-invention-des-prêtres-qui-cherchent-à-dominer ! ».

Un faiseur?

Aucun doute à ce propos, aux yeux de Rémi Lélian. Peu de pensée, beaucoup de commerce. Certains diront de « la bonne vulgarisation ». Lélian : « Certes, le bonhomme est malin, il ne navigue pas radicalement à vue, choisit avec circonspection ses contradicteurs, on ne le verra pas jouter avec quelques intellectuels renseignés sur les questions qu’il aborde ». Pas fou. Michel Onfray ou la raison duvide est un livre à la fois enjoué et sérieux. Parti à la recherche de « l’œuvre » de l’essayiste, Lélian revient les mains vides. Il y a bien des titres mais pas d’œuvre, et guère de philosophie. Le livre de Lélian a le ton des pamphlets pétris de talent. L’art est difficile. La réputation de « faussaire » et de « faiseur » de l’essayiste médiatique n’est plus à faire. Plusieurs livres et articles ont détaillé par le menu les incohérences des pavés signés Onfray. Ainsi, Le Traité d’Athéologie, au sujet des religions monothéistes et principalement du christianisme, ou encore Le crépuscule d’une idole consacré à Freud. Des contradicteurs informés ont montré combien Onfray manipule les textes qu’il utilise au service de ses thèses, jouant à sa guise avec la réalité. De plus, Onfray, nous dit Lélian, suit le vent de l’époque. À gauche quand il faut, ailleurs quand c’est utile. À Noël, un cadeau. À Pâques, des chocolats. Deux fois par an, 500 pages d’Onfray. Vu chez Carrefour et sur BFM. L’essayiste est un excellent patron de sa propre PME, là-dessus rien à redire. Doublé d’un sophiste apte à faire passer des vessies pour des lanternes.

Partout, Onfray explique qu’il n’est nulle part

Lélian : « N’appartenant à rien ni à personne, sans fidélité pour aucune école, Onfray pouvait alors tranquillement se livrer à ces élites qui l’ont laissé pénétrer leur palais, et ont promu sa pensée comme si elle en était une, en lui ouvrant grande la porte des médias qu’il fréquente assidûment tout en arguant de les mépriser ». Rémi Lélian est courageux. En lançant en guise de premier livre un pamphlet dans la mare d’un essayiste à succès, il essuiera à coup sûr des accusations simplettes. Jalousie, volonté de faire un coup etc. Il faut oser s’attaquer au phénomène Onfray, soutenu par toutes les officines du milieu éditorialo-médiatique. Onfray l’affirme pourtant : il est anticapitaliste. Il serait aussi victime des médias et de l’idéologie dominante. On ne rigole pas au fond de la classe. En pile dans toutes les librairies et tous les supermarchés, en tête de gondole comme l’on dit à bon escient, Onfray passe de plateau télé en plateau télé, de chaîne d’information continue en studio de radio. On l’entend expliquer en direct combien il est tricard dans les médias. Un livre paraît, ce Décadence par exemple, finement démonté par Lélian, et Onfray fait la Une du Figaro. Cette Une est même devenue une habitude. Onfray ou l’anticapitalisme au Figaro. Pour Lélian, l’art de l’essayiste est celui du faussaire. Un exemple ? Aujourd’hui l’essayiste se plaint d’être maltraité dans les médias. Du fait de ses positions concernant l’Islam. Le vent l’a poussé par là. Pourtant, longtemps Onfray est passé à la télé. À la radio aussi. Un accident de voiture en Angleterre, hop ! France Info téléphonait à Onfray. Il officie d’ailleurs au quotidien sur France Culture depuis une douzaine d’années. Chaque été. Avec une émission de propagande athée où il réécrit l’histoire des religions. Un prêtre de l’athéisme militant en direct chaque soir durant un mois, en juillet.

Il est libre, Michel

On n’ose imaginer ce qu’il serait dit, par exemple, d’une émission quotidienne sur France Culture, chaque année, chaque soir, au mois de juillet, présentée par un prêtre catholique s’attaquant à coups de marteau à l’athéisme. Ou bien d’une émission quotidienne où un Imam réécrirait l’histoire de l’athéisme du point de vue de l’islam militant. Sans doute la France laïque se soulèverait-elle. À juste titre d’ailleurs. Des émissions vendues elles aussi en piles de CD enregistrés par France Culture. L’État, parfois c’est bon pour les affaires. Il est libre maintenant, Michel, il a sa webtélé. Sur abonnement. La révolution a besoin de fonds. Lélian : « Onfray ne désespère pas Billancourt, il l’instrumentalise, Onfray ne fortifie pas un système prétendu d’oppression, il le sert quand cela le sert ».

Michel Onfray ou la présence réelle du sophiste. Une présence qui, au-delà de la personnalité de l’essayiste, que chacun est libre d’apprécier ou non, dit beaucoup du temps où nous sommes : « Michel Onfray figure seulement la rencontre de l’époque avec le vide dont elle est issue », écrit Rémi Lélian. Situation qui lui permet de gérer sa petite entreprise. Pourquoi pas ? Dans un monde où le produit de masse est érigé au rang de divinité médiatique, le produit peut bien s’appeler Onfray. La marque déposée importe peu, elle est fumisterie de toutes les façons. L’entreprise économique Onfray, Lélian le signale à plusieurs reprises, a été nommée par Guy Debord. Elle s’appelle le Spectaculaire. Là, le démagogue peut s’épanouir et pratiquer l’anticapitalisme militant… oups… sans rire ? Je n’en crois rien. Je crois en l’humour d’un Michel Onfray pleinement conscient de la façon dont il abuse de la crédulité de son lectorat. Gageons que, démocratiquement, chaque médiathèque de France achètera un exemplaire du livre de Rémi Lélian : une médiathèque, c’est de gauche et c’est ouvert sur la pensée d’autrui. N’est-ce pas ?

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Entretien

Pierre-André Taguieff : « Dans la nouvelle judéophobie, les juifs sont assimilés non seulement à des racistes mais à des nazis »

Le philosophe et historien Pierre-André Taguieff revient sur l’affaire du tweet antisémite de Gérard Filoche et analyse les moments fondateurs de la haine des juifs dans le monde moderne.

Revue des Deux Mondes – Qu’avez-vous pensé du tweet de Gérard Filoche et de ses arguments pour se défendre ?

Pierre-André Taguieff – Si Gérard Filoche n’est pas l’auteur de ce montage à connotation antisémite (dû à Alain Soral), il a en tout cas immédiatement adhéré au message qu’il véhicule, un message mélangeant antisionisme radical et antiaméricanisme grossier. La centralité du motif antijuif n’est en effet pas niable : le drapeau israélien et le portrait de trois juifs supposés riches montrent l’assimilation des juifs à la finance. Dans le détail, ce visuel évoque trois amalgames polémiques : « Israël = sionisme = racisme », « juifs = argent » et « juifs = puissance de manipulation ». Les juifs sont accusés, d’après ce photomontage, d’être  des racistes, des prédateurs de la finance et des manipulateurs, Macron étant leur marionnette.

« Gérard Filoche a ici oublié toute responsabilité au profit de la diffusion de ses convictions profondes. »

Au-delà de l’image, l’homme lui-même est emblématique puisque Gérard Filoche représentait, jusqu’à son exclusion en cours, l’aile gauche du Parti socialiste. Manifestement, il a tweeté sous le coup de la séduction : il semble avoir retrouvé sa vision du monde dans ce photomontage anti-juif. Cette mixture douteuse ne l’a pas gêné, elle l’a séduit au point de lui faire négliger toute prudence, dans un domaine où des responsables politiques agissent, en principe, selon l’éthique de la responsabilité. Gérard Filoche a ici oublié toute responsabilité au profit de la diffusion de ses convictions profondes.

Cette affaire joue le rôle d’un dévoilement. Elle révèle des choses cachées depuis les origines du socialisme. Aujourd’hui, on pense souvent à l’antisémitisme nationaliste ou raciste, en oubliant la phase révolutionnaire, socialiste, anarchiste et communiste de l’antisémitisme au XIXe siècle. Or l’antisémitisme révolutionnaire et anticapitaliste, qui commence en France avec Fourier, Toussenel et Proudhon, a précédé l’antisémitisme nationaliste. Le mythe répulsif du juif comme parasite social et prédateur, cette invention de l’anticapitalisme révolutionnaire, y a pris place, à côté de la figure du juif comme principe de dissolution des nations. L’affaire du tweet de Gérard Filoche rappelle à ceux qui ne connaissent pas l’histoire des doctrines et des mentalités antijuives l’un des moments fondateurs de la haine des juifs dans le monde moderne.

Revue des Deux Mondes – Tweet de Gérard Filoche, deuxième profanation de la stèle dressée à la mémoire d’Ilan Halimi début novembre, vague d’antisémitisme sur fond de complot judéo-sioniste dans l’affaire Tariq Ramadan…  Qu’est-ce que ces épisodes récents nous disent du climat d’aujourd’hui ?

Pierre-André Taguieff – La vulgate antijuive est aujourd’hui bien installée, surtout à l’extrême gauche et dans les milieux islamistes. Il n’y a là rien de véritablement nouveau, mais simplement la confirmation de la grande diffusion des thèmes centrés sur la diabolisation des juifs, notamment grâce aux réseaux sociaux qui sont le principal vecteur des insultes et des menaces antijuives, et plus largement de tout ce qui est de l’ordre des rumeurs malveillantes et des récits de complot.

Il est intéressant d’observer que, dans la situation que nous connaissons en ce moment, l’extrême droite est assez peu mobilisée, notamment du fait qu’elle a le regard tourné vers l’immigration d’origine extra-européenne et ce qu’elle perçoit comme une islamisation des nations européennes. Si des marginaux de l’extrême droite, comme les réseaux d’Alain Soral ou les animateurs de l’hebdomadaire Rivarol, sont impliqués dans la mobilisation antijuive actuelle, l’extrême gauche, alliée avec les milieux islamistes dans l’agitation « antisioniste », joue un rôle infiniment plus important.

« Parmi les héritiers de l’utopie communiste, les trotskistes sont désormais les principaux défenseurs de Tariq Ramadan, présenté mensongèrement comme la cible d’une vaste campagne contre l’islam et les musulmans. »

Précisons par ailleurs qu’Alain Soral est un ex-communiste. S’il est le responsable du photomontage qu’a relayé Gérard Filoche, il exprime cette propagande communiste oubliée, violemment anti-israélienne et aux connotations antijuives, lancée dès 1952 au moment du procès Slánský suivi, en janvier-février 1953, par le prétendu « complot des blouses blanches » (celui des médecins juifs accusés de vouloir assassiner Staline et de hauts dirigeants soviétiques, complot parfaitement imaginaire). À l’époque, il y avait eu en France une vague très importante de soutien à Staline, les intellectuels communistes s’étaient mobilisés. Aujourd’hui, mutatis mutandis, on observe une vague de soutien à Tariq Ramadan, pseudo-victime d’un pseudo-complot. Parmi les héritiers de l’utopie communiste, les trotskistes sont désormais les principaux défenseurs de Ramadan, présenté mensongèrement comme la cible d’une vaste campagne contre l’islam et les musulmans.

Revue des Deux Mondes – Vous ne parlez pas de “nouvel antisémitisme” mais plutôt de “nouvelle judéophobie”. Quelle différence faites-vous entre ces deux termes ?

Pierre-André Taguieff – Au début des années 1980, je parlais de l’« antijudaïcisme contemporain » car je trouvais que l’expression « antisémitisme », créée par des antijuifs autour de 1879-1880, ne permettait pas de comprendre la vague antijuive observable dans la période post-nazie. Dans les interprétations de la « question juive », les mots ont une grande importance et une puissance symbolique. Or, à mes yeux, le terme « antisémitisme » ne symbolisait pas correctement ce qu’il se passait. La reconstitution d’une « question juive » en Europe ne se faisait pas autour du conflit racial entre Sémites et Aryens mais autour de l’opposition entre « sionistes » et « antisionistes ».

« Dans le cas de la nouvelle judéophobie, c’est au contraire au nom de l’antiracisme que les juifs sont stigmatisés et diabolisés, en tant que “racistes”. »

L’instrumentalisation de l’antiracisme m’a paru être un élément nouveau dans l’antisionisme radical. C’est pourquoi j’ai utilisé le vieux terme de « judéophobie » en le redéfinissant à ma manière. Dans la judéophobie « classique », qu’on appelle antisémitisme, nous sommes dans le racisme, au sens où les juifs étaient considérés comme une race hostile. Dans le cas de la nouvelle judéophobie, c’est au contraire au nom de l’antiracisme que les juifs sont stigmatisés et diabolisés, en tant que « racistes ». Dans un cas, on accuse les juifs d’être une race maudite, dans l’autre, on accuse les juifs d’être racistes. Les juifs sont considérés comme des sionistes, réels ou potentiels, et le sionisme est accusé d’être un racisme, à une « forme de discrimination raciale ».

Cette instrumentalisation de l’antiracisme va totalement brouiller les cartes. Ainsi beaucoup de gens de bonne foi penseront être antiracistes en s’affirmant farouchement anti-israéliens, en dénonçant le sionisme comme une « forme de racisme » et en érigeant la cause palestinienne en nouvelle cause universelle et absolue, justifiant tout. La cause palestinienne est un puissant catalyseur des convergences entre intellectuels et groupes idéologiquement hétérogènes. Elle réunit des islamistes et des trotskistes, des révolutionnaires professionnels et des intellectuels « humanistes », etc. Tariq Ramadan ou Carlos communient dans la grande Cause avec feu Stéphane Hessel, Edgar Morin, Étienne Balibar ou Judith Butler. Sans oublier Edwy Plenel et ses fans. La cause prolétarienne est derrière nous, la cause palestinienne l’a remplacée, mais elle risque d’être incorporée dans la cause islamique.

Revue des Deux Mondes – Quels sont les visages  de cette “nouvelle judéophobie” ?

Pierre-André Taguieff – La page raciste de la judéophobie a été tournée. Nous sommes passés à sa page antiraciste, ou pseudo-antiraciste. Dans ce cadre, les juifs sont assimilés polémiquement non seulement à des racistes mais à des nazis. C’est là la grande inversion victimaire, permettant de présenter les Palestiniens comme les nouveaux juifs et les Israéliens comme les nouveaux nazis. La nazification des juifs en tant que sionistes est au cœur de la propagande antisioniste.

Cette opération de propagande mensongère est liée à une transformation de la rhétorique judéophobe : l’islamisation croissante du discours antijuif et des mobilisations antijuives. Pour comprendre cette islamisation, qui fait que le vieil antijudaïsme chrétien est aujourd’hui un archaïsme, il faut percevoir et reconnaître le dynamisme international de l’islamisme sous ses différentes formes (Frères musulmans, salafisme séparatiste, salafisme jihadiste). Dans ce cadre de réflexion, l’affaire n’est plus franco-française, au sens où nous n’avons pas à chercher des origines proprement françaises de la nouvelle judéophobie. Celle-ci, telle qu’on l’observe en France, est seulement un cas particulier d’une grande vague judéophobe internationale.

« Nous sommes entrés dans une phase où le principal foyer de la haine antijuive est le monde musulman, et plus précisément les mouvances islamistes de l’islam mondial. »

Après l’orchestration d’un antisémitisme mondial par la propagande soviétique du début des années 1950 jusqu’au début des années 1980, nous sommes entrés dans une phase où le principal foyer de la haine antijuive est le monde musulman, et plus précisément les mouvances islamistes de l’islam mondial. À la fin des années 1980, avant même la chute de l’URSS, au moment où la première Intifada est lancée et le Hamas créé, la nouvelle judéophobie est centrée non plus seulement sur la nazification des juifs, mais sur l’islamisation des discours d’accusation. Des accusations traditionnelles que l’islam tranquille avait oubliées, et que des idéologues du djihad comme Sayyid Qutb ou le Palestinien Adallah Azzam, le maître à penser des fondateur d’Al-Qaida, ont ressuscitées et réinterprétées, notamment en termes conspirationnistes.

Les islamistes, qu’ils soient à visage souriant comme Tariq Ramadan ou à visage terroriste, reprennent des passages du Coran interprétés de telle ou telle façon, ou des hadîths qui font autorité dans la tradition musulmane, pour montrer que les juifs sont des comploteurs, des lâches, des traîtres, et sont par nature des ennemis de l’islam. Le juif n’est alors plus l’ennemi de la chrétienté, comme il l’a longtemps été. Il est devenu l’ennemi mondial de l’islam. C’est ce discours d’accusation qui, aujourd’hui, se diffuse massivement sur les réseaux sociaux.

Revue des Deux Mondes – Vous dites que la France n’est pas devenue antijuive mais qu’il existe une France antijuive dans la France contemporaine. Comment la caractériser ?

Pierre-André Taguieff – Cette nouvelle France antijuive n’est pas toute la France. Elle se concentre dans les populations issues de l’immigration de culture musulmane. Les faits sont là : depuis l’horrible assassinat de Sébastien Sellam par Adel Amastaibou le 20 novembre 2003 jusqu’au meurtre de Sarah Halimi, torturée et massacrée dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 par Kobili Traoré, la plupart des agressions et massacres antijuifs sont le fait de djihadistes professionnels ou amateurs (c’est-à-dire des musulmans influencés par la propagande djihadiste).

Le principal foyer de la France antijuive est donc cette troisième France. Je m’inspire ici librement des analyses du géographe Christophe Guilluy. Il existe une France des grandes métropoles, celle des élites mondialisées, une France périphérique dont les populations sont relativement pauvres et marginalisées, et une France des banlieues à dominante culturelle musulmane où l’antisionisme est très virulent et joue même le rôle d’une véritable vision du monde : tout s’explique par le complot sioniste ou juif, la domination juive dans les médias, l’économie ou la politique, etc.

Revue des Deux Mondes – La violence antijuive est particulièrement présente en France mais est un phénomène mondial. Quels sont les moyens de lutte à mettre en œuvre pour combattre ces nouvelles formes de haine envers les juifs ?

Pierre-André Taguieff – Il faut d’abord bien poser le problème. Qu’on l’appelle « nouvel antisémitisme » ou « nouvelle judéophobie », il s’agit d’identifier son noyau dur sans le diluer dans le racisme ou l’antisémitisme. S’il y a certes de la xénophobie ou du racisme anti-immigrés dans certains pays européens, ce phénomène n’a rien à voir avec ce que j’appelle la nouvelle judéophobie. Cette dernière a une forte spécificité, qu’elle soit diffuse, diluée, d’ambiance, ou élaborée et relevant d’une haine antijuive très intellectualisée, où l’on rencontre toujours une forte imprégnation conspirationniste – j’allais dire « conspira-sioniste ».

« De Jean Genet à Alain Badiou, en passant par les négationnistes Roger Garaudy et Serge Thion, l’intellectualisation de la judéophobie est restée fixée à l’extrême gauche. »

De Jean Genet à Alain Badiou, en passant par les négationnistes Roger Garaudy et Serge Thion, l’intellectualisation de la judéophobie est restée fixée à l’extrême gauche. Le pourrissement intellectuel de l’extrême gauche attend d’être étudié d’une façon systématique.

Concernant la lutte directe, il s’agit bien sûr d’appliquer la loi, mais le plus important me semble être de corriger l’image d’Israël et du sionisme dans l’enseignement et les médias, en les responsabilisant. La diabolisation du sionisme et d’Israël a commencé quelques années après la création de l’État juif. La propagande soviétique, relayée ensuite par la propagande panarabe (Nasser) et palestinienne et, plus récemment, par la propagande islamiste ont diabolisé Israël, en construisant peu à peu une image intrinsèquement négative. Il faut tout faire pour redresser cette image et faire barrage au processus d’endoctrinement auquel on a affaire.

La lutte indirecte passe, elle, par une lutte contre l’islamisme en tant que doctrine, comme ensemble de représentations et de croyances, et contre la séduction qu’il exerce. Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas facile. Nous avons trop pris l’habitude de traiter les islamistes comme de simples délinquants islamisés ou comme des déséquilibrés. Or il s’agit de croyants qui peuvent avoir un très fort effet de séduction, d’entraînement ou de fascination. Le fanatisme est contagieux.

Il faut reprendre la lutte intellectuelle contre le fanatisme qui, aujourd’hui, dérive principalement des mondes de l’islam. C’est regrettable car je ne suis pas de ceux qui assimilent l’islam tout entier aux divers islamismes qui prétendent le représenter. Sur ce point, je renvoie la question aux intellectuels et aux théologiens musulmans, mais aussi aux islamologues. Il leur appartient de balayer devant leur porte, ce qu’ils font assez peu en dépit des efforts très méritoires d’Abdennour Bidar et du regretté Abdelwahab Meddeb. Deux intellectuels qui ont montré qu’ils connaissaient les mondes de l’islam, les traditions musulmanes, leurs corruptions idéologiques et leurs dérives politiques, et qu’ils savaient faire la part des choses afin d’éclairer le débat.

 Voir de même:

France : Musulmans d’abord, Juifs dehors
Giulio Meotti
Gatestone institute
26 novembre 2017

  • Les banlieues sont le signe le plus visible de l’islamisation de la France. L’antisémitisme dévore la République française.
  • Les signes du judaïsme disparaissent, mais les symboles islamiques prolifèrent, du burkini sur la plage au voile en entreprise. Les Juifs qui n’ont pas fui la France jouent la carte de l’« invisibilité ».
  • Les banlieues françaises sont devenues des sociétés d’apartheid. La haine des Juifs est la porte d’entrée de « la France soumise » – la soumission de la France.

Les banlieues – loin des boulevards et des bistrots de Paris – forment « l’autre France ». La « France périphérique » comme la nomme le géographe Christophe Guilluy dans un livre important. Là où le « vivre ensemble » entre les communautés est testé quotidiennement.

En vingt ans, ces banlieues françaises se sont délestées de leurs populations juives. Elles sont devenues des « concentrés de pauvreté et d’isolement social » pour finir en « territoires perdus de la République », selon le titre que l’historien Georges Bensoussan a donné à son livre Les territoires perdus de la République .

Ces banlieues sont aujourd’hui le signe le plus évident de l’islamisation de la France.

L’antisémitisme, cette grande maladie européenne est de retour. La France accueille encore la plus grande communauté juive d’Europe, mais nombre de Juifs ont été contraints d’émigrer à l’étranger ou de déménager vers les quartiers embourgeoisés des grandes villes, où ils se sentent plus à l’abri. Ce qu’il adviendra des Juifs aura un effet sismique sur tout le continent.

A Bagneux, des inconnus ont de nouveau vandalisé la plaque commémorative d’Ilan Halimi, kidnappé, torturé et assassiné par le « gang des barbares » en 2006, simplement parce qu’il était juif. Ilan Halimi a représenté l’un des tout premiers cas d’antisémitisme meurtrier en France depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Depuis, régulièrement, des islamistes assassinent des juifs comme ils l’ont fait en 2012 dans une école de Toulouse, puis en 2015 dans un supermarché casher à Paris.

Dans une effrayante enquête, Le Monde rapporte que l’antisémitisme est devenu pour les Français juifs un risque palpable au quotidien. En un authentique mouvement migratoire, les Français juifs ont dû quitter leurs banlieues : ils sont devenus des « réfugiés de l’ intérieur ».

Les Français juifs sont menacés dans leurs synagogues et leurs écoles, mais aussi dans leurs foyers. Une famille juive a récemment été attaquée, prise en otage, battue et volée à domicile en Seine Saint-Denis. Avant cela, Sarah Halimi, médecin et enseignante retraitée, a été battue à mort et défenestrée depuis son balcon, dans le quartier de Belleville à Paris. L’homme qui l’a assassinée aux cris de « Allahou Akbar » (« Allah est plus grand ») était son voisin musulman. Deux frères juifs ont été récemment menacés dans une rue de Paris par des hommes brandissant une scie à métaux. Ils criaient : « Sales juifs ! Vous allez mourir ».

Tout récemment, à Noisy-le-Grand, « Paul » a trouvé dans sa boite aux lettre des menaces de mort. La note disait « Allahou Akbar » et contenait une balle de 9mm. Une seconde lettre est arrivée le lendemain, accompagnée d’une balle de Kalachnikov. Elle disait : « vous mourrez tous ». De nombreuses familles juives dit Le Monde, vivent sous pression. A Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), de jeunes juifs, occupés à construire une soucca dans la cour de leur synagogue pour la fête des Cabanes, ont été attaqués par des voyous aux cris de : « sales juifs ».

Les quartiers juifs historiques se sont vidés de leur population juive. Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, dans « L’an prochain à Jérusalem ? », expliquent que, pour des raisons de sécurité, les enfants juifs quittent l’enseignement public pour des écoles privées. Des associations d’entraide ont financé la réinscription de 400 familles juives dans des écoles privées.

Entre 2005 et 2015, les Français juifs ont subi 4 092 attaques antisémites. Selon une étude réalisée en septembre par la Fondation pour l’innovation politique, 60% des Français juifs se disent « inquiets d’être agressés physiquement dans la rue en tant que juifs ».

Après les attaques terroristes de Paris en 2015, l’Agence juive a mis en place un plan pour aider 120 000 Juifs français à émigrer en Israël. Cinq mille départs ont eu lieu en 2016 et 7 900 en 2015. Mais si 20 000 Juifs ont rejoint Israël au cours des trois dernières années, plus nombreux sont ceux qui ont opté pour la « mobilité interne ». Les juifs qui vivaient à l’est de Paris ont massivement quitté leur banlieue pour rejoindre l’ouest de Paris, y compris les seizième et dix-septième arrondissements de Paris pour les plus fortunés. Au cours des 10 dernières années, « 60 000 des 350 000 Juifs d’Île-de-France ont déménagé », indique Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

Le gouvernement français a lancé l’Opération Sentinelle pour protéger 800 synagogues, écoles et centres communautaires. Mais comme Le Monde lexplique, il n’y a pas grand-chose à faire pour protéger les Juifs dans la rues ou à domicile. L’antisémitisme musulman dévore la République française.

Selon une étude menée par l’Ifop , « l’exposition à la violence antisémite est fortement corrélée au port de la kippa ». La calotte juive a disparu du paysage urbain dans de nombreuses régions de France. A Marseille, très explicitement, au nom de la sécurité, un responsable communautaire a demandé aux juifs d’éviter le port de signes juifs en public. Alors que les signes du judaïsme disparaissent, les symboles islamiques, – du burkini sur la plage au voile islamique en entreprise -, prolifèrent. Les Juifs qui n’ont pas fui la France sont contraints à l’« invisibilité ».Jusqu’en 2000, la vie à Bondy, en banlieue parisienne, « était belle et tranquille, avec 250 à 300 familles juives et des synagogues complètes le jour du sabbat. Il ne reste plus aujourd’hui qu’une centaine de familles juives », a déclaré Alain Benhamou. Lui aussi, a fini par déménager après que les mots « sales juifs » ont été tagués sur les murs.L’antisémitisme a aussi obligé des familles juives à quitter Toulouse. L’ancien Premier ministre Manuel Valls parlait des banlieues comme d’un « apartheid territorial, ethnique et social ». Elles sont surtout devenues des sociétés d’apartheid.Il y a quelques jours, les autorités françaises ont condamné Abdelkader Merah, le frère du terroriste qui a assassiné quatre juifs à Toulouse, à 20 ans de prison pour participation à une conspiration terroriste criminelle. Gilles Kepel, expert français de l’islam, a parlé de ce procès comme d’une « radiographie » de « l’autre France »: la France islamisée, déjudaïsée, périphérique. « Il est frappant qu’après des décennies passées en France, la mère [Merah] parle encore très mal le français et que la cour fasse appel à un traducteur », a déclaré Kepel .En Seine-Saint-Denis, 40% des habitants sont désormais musulmans. Résultat ? Les communautés juives historiques de La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis ont presque fini de disparaître. A La Courneuve, faute de sécurité, les 600 à 700 familles juives ont fondu à moins de 100. Pour beaucoup de ces juifs, il s’agit d’une seconde émigration.Sur le demi-million de Juifs vivant en France, 70% sont des séfarades – ceux qui ont été expulsés d’Espagne en 1492 et qui ont fui vers le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et la Turquie, plutôt que vers l’Europe. Ils sont venus en France entre 1956 et 1962, quand l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont accédé à l’indépendance – apportant en cadeau deux Prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, au Maroc.Au sud de Paris, au Kremlin-Bicêtre, un quart de la population (25 000 personnes en tout) est musulman. Jusqu’en 1990, 10% de la population du Kremlin-Bicêtre était juive ; il n’y en a plus que la moitié aujourd’huiL’antisémitisme a révolutionné la France – sa géographie et sa démographie. La haine du juif est aujourd’hui la porte d’entrée de la « France Soumise » – la soumission de la France.

Giulio Meotti, journaliste culturel à Il Foglio, est un journaliste et auteur italien.

CANBERRA, Australia — On a Sunday afternoon in October, Rabbi Shmueli Feldman was hosting a small celebration at his home in a Canberra suburb. Suddenly, a car carrying four teenagers swerved in front of the house. One passenger leaned out the window and cursed Jews before the car sped off.

Rabbi Feldman reported the incident to the police and gave them the car’s license plate number, but nothing came of it.

“They said the men were drunk, and the driver wouldn’t tell them who yelled out the words, and there was nothing further they could do,” the rabbi said.

The list of anti-Semitic abuses directed at Rabbi Feldman and his community over the past year or two is long. He says he has been egged, and that a rock was thrown through his child’s bedroom window.

Objects have been hurled through the window of his Jewish center on several occasions: rocks, a chair and, in one instance, the building’s security camera. In May, he told the police that swastikas had been scrawled in a park near his synagogue, but the graffiti was not removed until August.

“For the first time in my life, I don’t feel safe in Australia,” said Rabbi Feldman, a fourth-generation Australian. “I have little children who don’t feel safe playing outside. They’ve already seen too much.”

His experiences are not isolated incidents. An annual report on anti-Semitism compiled by the Executive Council of Australian Jewry, released Sunday, found an increase of almost 10 percent in racially motivated incidents against Jews in the past year, and almost 20 percent over the past two years. The council represents about 200 Jewish groups.

Between October 2016 and September this year, the Australian Jewish council logged 230 incidents of anti-Semitism, an increase of 9.5 percent over the previous year. The incidents ranged from the distribution of leaflets expressing extreme views to street violence.

“It’s concerning to see this rise,” said Tim Soutphommasane, Australia’s race discrimination commissioner. “The difficulty with monitoring racism is that the vast majority of incidents go unreported. So if we’re seeing a 10 percent rise in the number of reported acts, then it’s a concerning development.”

In particular, the council and other Jewish groups are concerned by the rise of far-right activists who are singling out Jews. The group Antipodean Resistance, formed just over a year ago and claiming just a handful of members, has already caused alarm. On April 20 — Hitler’s birthday — the group put up posters at universities and near high schools in parts of Melbourne and Sydney that called for Australia to legalize the execution of Jews.

“That day, the reports of sightings came in early in the morning, and kept coming throughout the day,” recalled Julie Nathan, research officer for the Executive Council of Australian Jewry. “It was like an avalanche.”

Another study, conducted by Western Sydney University in 2015 and 2016, found that while 80 percent of respondents said that multiculturalism was a good thing, almost the same number said that racism existed in Australia.

And the Australian Reconciliation Barometer, which records attitudes toward indigenous groups, found that both indigenous and nonindigenous Australians believed that racism had increased in just the past two years.

“For a long time extremist racist organizations in Australia have operated largely underground,” said Mr. Soutphommasane, the race discrimination commissioner. “But in more recent times, they’ve shown greater confidence and a greater willingness to operate in public sight.”

For his part, Rabbi Feldman said he was trying to bridge the divide between the perpetrators and victims of racial abuse. After the police caught the young man who had hurled the security camera though the Jewish center’s window, the rabbi invited him to the center and explained the impact of his actions.

“We told him about the work we do,” Rabbi Feldman said. “We told him about Kristallnacht, and about the Holocaust survivors in our community. He was remorseful, paid for the damage and committed to changing his ways.”


Affaire Weinstein: C’est l’Esprit de vérité, imbécile ! (Blowing in the wind: The rules are changing invisibly underneath our feet and we’re just trying to catch up, Hollywood actor says)

11 novembre, 2017
Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. Jésus (Jean 3: 8)
Si vous m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Jésus (Jean 14: 15-17)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
The answer, my friend, is blowin’ in the wind. Robert Zimmerman
Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, La Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome, Et se jetant, de loin, un regard irrité, Les deux sexes mourront chacun de son côté. Vigny
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus. Nietzsche
A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Hitler
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
C’est parce que nos ancêtres se sont longtemps nourris de la Bible et des Evangiles que nous comprenons ces phénomènes et que nous les condamnons. (…) L’idéal d’une société étrangère à la violence remonte visiblement à la prédication de Jésus, à l’annonce du royaume de Dieu. Loin de diminuer à mesure que le christianisme s’éloigne, son intensité augmente. Ce paradoxe est facile à expliquer. Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (…) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête (…) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d’abord sur les victimes qu’on s’accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l’hypocrisie de toute lamentation; on se lamente enfin  sur le christianisme, indispensable bouc émissaire  car il n’est pas de rite sans victime (…) depuis le haut Moyen Age, toutes les grandes institutions humaines évoluent dans le même sens, le droit public et privé, la législation pénale, la pratique judiciaire, le statut des personnes. Tout se modifie très lentement d’abord mais le rythme s’accélère de plus en plus, et, vue de très haut, l’évolution va toujours dans le même sens, vers l’adoucissement des peines, vers la plus grande protection des victimes. (…) Notre société a aboli l’esclavage puis le servage. Plus tard sont venues la protection de l’enfance, des fermmes, des vieillards, des étrangers du dehors et des étrangers du dedans, la lutte contre la misère et le « sous-développement ». Plus récemment encore on a universalisé les soins médicaux, la protection des handicapés, etc.Tous les jours, de nouveaux seuils sont franchis. (…) De nos jours, il s’exaspère parfois de façon caricaturale qu’il suscite le rire mais il faut se garder d’y voir une simple mode, un bavardage toujours plus inefficace. Il n’est pas d’abord une hypocrite comédie. Au cours des âges, il a créé une société incomparable à toutes les autres. Il a unifié le monde. (…) A chaque génération, les législateurs descendaient plus profondément dans un héritage ancestral qu’ils se faisaient un devoir de transformer. Là où leurs ancêtres ne voyaient rien à réformer, ils découvraient l’oppression et l’injustice. Le statu quo avait longtemps paru intouchable, déterminé par la nature ou voulu par les dieux, souvent même par le Dieu chrétien. Depuis des siècles, les vagues successives  du souci  des victimes ont révélé et réhabilité de nouvelles catégories de boucs émissaires dans les soubassements de la société, des êtres dont seuls quelques génies spirituels, dans le passé, soupçonnaient que les injustices dont ils souffraient pouvaient être éliminées. (…) Il y a une avance historique inexorable de la vérité chrétienne dans notre monde. Elle ne fait qu’un paradoxalement avec l’affaiblissement apparent du christianisme. (… ) Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente  que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. (…) La montée en puissance de la victime ne coïncide pas par hasard avec l’avènement de la première culture vraiment planétaire. (..) Au-delà des absolus récemment écroulés, l’humanisme, le rationalisme, la révolution, la science même, il n’y a pas aujourd’hui le vide absolu qu’on nous annonçait naguère. Il y a le souci des victimes et c’est lui qui, pour le meilleur et pour le pire, domine la monoculture planétaire dans laquelle nous vivons. La mondialisation est le fruit de ce souci et non pas l’inverse. Dans toutes les activités économiques, scientifiques, artistiques et même religieuses, c’est le souci des victimes qui détermine l’essentiel, ce n’est ni le progrès des sciences, ni l’économie de marché, ni « l’histoire de la métaphysique ».  (…) De nos jours, tout se décante et le souci des victimes apparait au grand jour, dans toute sa pureté et son impureté. Rétrospectivement c’est lui, on le voit bien , qui depuis des siècles, gouverne en sous-main  l’évolution de notre monde. (…) Ce qui exigeait encore pour être repéré, il y a un siècle, la perspicacité d’un Nietzsche, aujourd’hui le premier venu le perçoit. La surenchère perpétuelle transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. Les médias même s’en aperçoivent et se moquent de la « victimologie », ce qui ne les empêche pas de l’exploiter. Le fait que notre monde devienne massivement antichrétien, au moins dans ses élites, n’empêche donc pas le souci des victimes de se perpétuer et de se renforcer, tout en prenant souvent des formes aberrantes. L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Cela ressemble bien aux Américains d’inventer un big bang à l’origine de nos univers. Julien Green (écrivain franco-américain)
L’univers a été réglé très précisément pour l’émergence de la vie et de la conscience. Le réglage initial est d’une virtuosité époustouflante: on pourrait le comparer à l’habileté d’un archer qui réussirait à planter sa flèche au milieu d’une cible carrée de 1 centimètre de coté, éloignée de 15 milliards d’années-lumière… Trinh Xuan Thuan
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Loin que les nécessités de la reproduction biologique déterminent l’organisation symbolique de la division sexuelle du travail, et de proche en proche, de tout l’ordre naturel et social, c’est une construction arbitraire du biologique, et en particulier du corps, masculin et féminin, de ses usages et de ses fonctions, notamment dans la reproduction biologique, qui donne un fondement en apparence naturel à la vision androcentrique de la division du travail sexuel et de la division sexuelle du travail et, par-là, de tout le cosmos. Pierre Bourdieu
Je ne veux pas éliminer les hommes, bien entendu. Ségolène Royal
In the context of sexual relationships, masculinity is expressed through ‘erection, penetration, and climax,’ so it is possible that threats to gender identity . . . manifest as sexual problems. Cornwell and Laumann
Our findings suggest the importance of socialized gender roles for sexual frequency in heterosexual marriage. (…) Couples in which men participate more in housework typically done by women report having sex less frequently. Similarly, couples in which men participate more in traditionally masculine tasks — such as yard work, paying bills, and auto maintenance — report higher sexual frequency. (…) The first mechanism—that sexual scripts activate desire and sexual behavior in the presence of gendered activity—would operate in the following fashion. Traditional gender per- formances serve as cues of masculine and feminine behavior; these cues activate individuals’ internalized cultural sexscripts, creating sexual desire and activity. In essence, traditionally masculine and feminine behaviors consciously or unconsciously serve as turn-ons for individuals. We do not argue that this takes place instantly, but rather over time, individuals perceive their spouse as more masculine or feminine as they engage in gender-traditional behaviors, and this increases sexual attraction. To the extent that masculinity and femininity are central parts of both the household division of labor and sexual attraction and activity, we expect that households with more traditionally gendered divisions of labor will experience greater sexual frequency. (…) A second possibility is that couples with more gender-traditional divisions of house- work hold more traditional beliefs and act in more gender-typical ways, which leads to more frequent sex. More masculine-identified men may value more frequent sex, and more highly feminine-identified wives may refuse sex less often because they view providing sex as part of being a good wife. Thus, men may initiate sex more frequently, and wives refuse less, with no link to desire. In essence, this mechanism suggests that both housework and sexual behavior are ways that couples do gender, and any observed relationship between the two would reflect couples’ under- lying orientations toward gender rather than causal influence. (…) A third possibility is simply that gender- traditional arrangements are linked to sexual activity because couples perceive greater affection and love when partners do more (albeit in traditionally gendered ways) in the household. Rather than couples engaging in more sexual activity because traditional divisions of housework act as signals of masculinity and femininity, couples may instead feel more affection and satisfaction within their relationships under traditional gender divisions of labor, and this leads to more frequent sex. Doing housework can convey affection, although often in traditionally gendered ways. As DeVault notes, “the gender relations of feeding and eating seem to convey the message that giving service is part of being a woman, and receiving it fundamentally part of being a man.” Gender-traditional beliefs and practices are often associated with greater marital happiness and men’s emotion work in the family. Sexual frequency appears to lie in the realm of sexual scripts, but couples are not purely interested in the amount of sex they have—they undoubtedly also care about the quality of sex. Although sexual frequency is correlated with sexual satisfaction, the correlation is far from perfect. Sabino Kornrich
« Ville sanctuaire » désigne une ville qui met en place certaines pratiques pour protéger les immigrants illégaux/sans-papiers. Elles sont une trentaine aux Etats-Unis à avoir ce « label ». Ces pratiques peuvent être définies par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Concrètement, une ville n’accordera aucun budget pour lutter contre l’immigration illégale ou ne permettra pas aux autorités locales de contrôler le statut d’immigrant d’un civil. Depuis 1996 et surtout depuis 2006, des séries de lois portées en majorité par le parti Républicain, lutte contre ces « libertés » accordées aux immigrants illégaux et tente de donner davantage de pouvoir au gouvernement fédéral (dont dépend la gestion de l’immigration) localement au sein des Etats. A l’heure actuelle, ce sont surtout les Etats du Sud du pays qui sont touchés : Alabama, Texas, Arizona, Mississippi et Géorgie… Mais la tendance, surtout depuis la crise financière de 2008, s’oriente vers davantage de contrôle ainsi qu’un renforcement des lois. A New York, il est possible mais peu probable que des agents de l’immigration débarquent dans un restaurant ou un bar pour faire un contrôle car vous l’aurez compris, les lois locales sont en « faveur » des immigrants. Et dans la réalité, la plupart des bars et restaurants de la ville fermeraient car la main d’œuvre utilisée par cette industrie est en majorité ici illégalement ! Dans la pratique donc, les travailleurs illégaux sont « tolérés » par les autorités locales. Dans les faits, la police peut vérifier votre identité mais n’a pas le droit (contrairement à la France) de vérifier la situation relative à votre visa. Par exemple, il est tout à fait possible en étant sans-papiers, de passer devant un juge et être condamné pour des faits mineurs, sans se faire par la suite expulser. C’est arrivé à un de nos cuisiniers mexicains… Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que ce n’est pas le rôle de la justice locale de s’occuper de l’immigration ! Cela tient aussi au fait que le travail des différentes agences locales ou fédérales ne collaborent pas vraiment ensemble et ne travaillent pas à partir des mêmes bases de données. Lyon69rue89
Dès la Rome antique s’opère un clivage radical entre les pénétrants (les citoyens, les maîtres) et les pénétrés (souvent de jeunes esclaves). L’homme libre se devait d’être marié, d’honorer sa femme et ses maîtresses et pouvait aussi soumettre de jeunes corps masculins pour son plaisir. Pour reprendre le langage cru qu’appréciaient les Romains, un vir [un mâle romain] « encule » mais n’est pas « enculé », alors que les « culs larges » et les « suceurs de bites » étaient méprisés et insultés. Autrement dit, la virilité, c’est la pénétration active ; la dévirilisation, c’est la pénétration passive. Prenez le viol carcéral, un phénomène très répandu et largement tabou. Selon une enquête menée aux Etats-Unis par Human Rights Watch, ces viols sont majoritairement perpétrés par des prisonniers qui, hors les murs, sont hétérosexuels. Ce sont des caïds, qui n’hésitent pas à se glorifier de leurs prouesses sexuelles avec les femmes, et qui « baisent » des détenus pour les humilier et affirmer leur virilité triomphale. Les hommes victimes de ces agressions sont perçus comme féminins, car ils n’affichent pas les marqueurs de la virilité : une voix fluette, un petit gabarit, ou trop peu d’appétit pour la bagarre suffisent pour être rangés du côté des « tafioles », qu’on soit ou non homosexuel. Et, pour le violeur, il s’agit, là encore, d’imposer sa loi par l’asservissement sexuel de l’autre. (…) Ce genre de compliments [« Je t’encule » ou « Je te nique ], très prisés au volant, signifie « Je te soumets à mon phallus » et cela ne va pas te laisser un très bon souvenir. De nombreuses métaphores assimilent le pénis à une arme : pistolet, fusil, gourdin, braquemart… C’est dire que celui qui profère ce type de phrases parle de la puissance de son membre et de sa capacité à anéantir l’autre. Quant à « sale pédé », c’est une amabilité qui est aussi souvent adressée à des hétérosexuels qu’à des homosexuels. Elle vise juste à déprécier l’autre. (…) C’est parce que le féminin est dévalorisé que l’effémination est perçue comme un avilissement (…) C’est, d’après moi, l’une des leçons à tirer de l’affaire Weinstein et de ses suites : pour que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes, comme dominants et pénétrants. Le vrai sujet tabou, il est là. On parle énormément, et à juste titre, de la discrimination envers les femmes ; en revanche, l’oppression de l’homme par l’homme, l’homophobie, la confusion entre effémination et homosexualité sont des sujets dont on s’empare trop peu. Il y a un vrai travail de pédagogie à faire pour dissocier l’« effemination », c’est-à-dire le fait de posséder des caractères essentialisés comme féminins (la douceur, la sensibilité, la bienveillance, l’empathie…) et l’orientation sexuelle, qui est un tout autre sujet. Il existe des homos très virils et des hétéros efféminés (…) Cette discrimination archaïque entre le pénétrant-dominant et le pénétré-dominé mérite d’être définitivement abandonnée. Olivia Gazalé
I have been silenced for 20 years. I have been slut-shamed. I have been harassed. I have been maligned, and you know what? I’m just like you because what happened to me behind the scenes happens to all of us in this society. And that cannot stand, and it will not stand. No more. Name it. Shame it. Call it out. It’s time to be whole, it’s time to rise, it’s time to be brave. Rose McGowan
Well, I know what you mean. Sometimes I think that coming into the studio with you, John, is a bit like going into Harvey Weinstein’s bedroom. John goes way past groping – way past groping. You just pray that you emerge with your dignity intact, but the broader point is that, yes, you can make a fool of yourself. Michael Gove
 Le Coran comporte un grand nombre de versets concernant les juifs, dont certains leur sont très hostiles. Enfants, nous les apprenions par cœur à l’école. Les juifs étaient, pour nous, perfides, falsificateurs, immoraux, diaboliques, etc., et, chose primordiale, ces versets étaient les paroles de Dieu. Chaque enfant arabe grandit avec ces images. Dans une monarchie arabe du Golfe par exemple, on lit aujourd’hui dans les manuels scolaires que les juifs descendent des singes parce qu’un verset du Coran (II-65) menace les transgresseurs du Sabbat d’être transformés en singes. (…) les juifs du Coran étaient, en réalité, les juifs de Médine, qui avaient été d’abord perçus par Mahomet comme des alliés potentiels avant de devenir ses ennemis mortels puisqu’ils ne le reconnurent pas comme prophète. L’âge d’or de la condition juive dans le monde arabe est un mythe. Les juifs y vivaient dans une situation meilleure que celle des juifs d’Europe avec des périodes de relative tolérance mais, globalement, du Maroc à l’Irak, ils étaient méprisés, brimés et humiliés quand ils n’étaient pas massacrés de sorte qu’ils n’avaient pas d’autre choix que celui de quitter les terres de leurs ancêtres pour aller s’établir en Europe ou en Israël. C’est dans le monde arabe que les protocoles des sages de Sion ont connu et continuent de connaître leur plus grand succès de vente. L’antisémitisme des Arabes, aujourd’hui, est le même que le vieil antisémitisme européen. Il fonctionne sur le même registre, comme une paranoïa dépourvue d’argumentation. Les juifs ont beaucoup d’argent et sont solidaires entre eux. C’est ce que disait Merah, l’assassin des enfants juifs de l’école Ozar-Hatorah de Toulouse, mais aussi toute une littérature européenne d’avant 1945 (que Merah n’a certainement pas lue). Que de fois ai-je entendu des gens dire en Tunisie que les récoltes sont mauvaises parce que le Mossad empoisonne les sols ou que ce dernier est à l’origine de l’attentat du 11-Septembre, afin d’aider les Américains à mettre la main sur le pétrole irakien. Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes. Des centaines de milliers d’Arabes meurent assassinés par d’autres Arabes en Syrie, en Irak, en Libye, au Soudan, mais cela nous importe apparemment moins que les crimes commis par l’armée israélienne qui sont, eux, toujours dénoncés par une partie, fut-elle minoritaire, de la presse et de la société civile de ce pays. Said Ben Said
À la une du Parisien, le 25 octobre, seize portraits d’hommes « soutenus » par ce titre en gras : « Les hommes s’engagent. » Ces messieurs font connaître urbi et orbi qu’ils sont opposés… au harcèlement sexuel (et, sans doute, à la faim dans le monde, au dépassement d’honoraires des notaires sans cravate, aux intempéries, aux hémorroïdes) : « Après l’onde de choc créée par l’affaire Weinstein, seize personnalités masculines sollicitées par notre journal expriment leur solidarité avec les femmes. » On reconnaît l’intellectuel azuréen Christian Estrosi, et Michel Cymes, conseiller omnimédiatique à caducée. Ce dernier profite de l’occasion pour parler… de lui ! « Moi aussi, lorsque j’avais 15 ans, j’ai subi des attouchements par un homme dans le métro. C’est très perturbant. Sur le moment je n’ai rien osé dire. » Contrairement à ce que ces déclarations pourraient faire croire, le sujet de l’article n’est nullement Michel Cymes et sa psychose suburbaine, mais bel et bien la condition faite aux femmes par de grossiers personnages, qui profitent de leur pouvoir pour exiger d’elles des faveurs sexuelles. Mais, ô surprise ! Perdu au milieu des seize messagers féministes, qui voit-on ? François Hollande ! Alors, un souvenir nous revient… M. Hollande sur une estrade, à Tulle, au soir de sa victoire, le 6 mai 2012 : à ses côtés Valérie Trie – rweiler, heureuse, compagne épanouie du vainqueur et présentée comme telle à la foule. Bref, une femme amoureuse, compagne d’un homme comblé, entrait officiellement à l’Élysée. Las ! La ronde 1 des corps et des visages ne saurait suivre une voie rectiligne. M. Hollande, non pas saisi par la débauche, mais fidèle à sa devise « le changement, c’est maintenant ! » s’éprend d’une jolie comédienne. Le 10 janvier 2014, le magazine Closer le montre casqué, furtif, quittant le domicile de l’élue au petit matin. Mme Trierweiler découvre son infortune en même temps que les Français : rage, désespoir, dépression ! Le 25, s’adressant au téléphone à l’AFP, il déclare ceci : « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » Par cette formule de dix-huit mots M. Hollande, ineffable « partageur » de vie commune (!) paraissait plutôt congédier une courtisane que rompre avec une compagne, et moins encore répudier une reine. Nombre d’observateurs virent d’ailleurs dans ce communiqué lapidaire et glaçant tout le caractère de la goujaterie. Patrick Mandon
Les temps d’émotion obligatoire peuvent susciter, chez les esprits contrariants, de coupables tendances goguenardes, qu’il vaudrait mieux savoir réprimer. Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou, tenter de glisser un doigt de contradiction, ou plus grave encore, d’ironie, est plutôt périlleux. Ainsi, apprend-on, entre mille nouvelles de la même veine, que le ministre britannique de l’Environnement s’est fait poisser pour une « blague douteuse » – que je trouve pour ma part très drôle – et de surcroît très facile à adapter chez nous. Entrant dans le studio de BBC Radio 4, Michael Gove a déclaré : « C’est comme entrer dans la chambre à coucher de Harvey Weinstein – on espère en sortir avec sa dignité intacte. » La plaisanterie a, paraît-il, beaucoup amusé l’auditoire présent, mais précise l’article, « elle a été largement condamnée sur les réseaux sociaux », ce qui laisse penser que la merveilleuse génération ne rigole pas beaucoup. (…)  Quand Carol Galand, l’une des activistes du mouvement antiporc, se réjouit parce que « les #metoo qui se sont répandus comme un feu de forêt ont mis sur le grill des milliers de porcs, vaste méchoui d’une omerta honteuse », le mâle blanc ne s’insurge pas contre cette animalisation, il implore son pardon. On saluera BHL qui pour le coup, s’est énervé – « Je n’aime pas qu’on traite un homme de porc ! » –, Alain Finkielkraut, qui ne cède rien à la pression ambiante (…), sans oublier Jaccard, Mandon, Rosenzweig et tous ceux qui prennent le risque de se voir dénoncés comme complices de l’infâme. Mais pour l’essentiel, la gent masculine se tient à carreau. L’homme occidentalisé n’est pas un porc, mais un repentant. Face à la forêt planétaire de doigts accusateurs, il finit par croire à sa propre culpabilité. « Je me suis mal exprimé », confesse Bruno Lemaire, coupable, non pas de gestes indécents (on a vraiment du mal à l’imaginer), mais de refus de dénoncer. « J’ai honte pour les hommes », roucoule le chef Yves Camdeborde dans un numéro du Parisien qui figurera un jour dans les annales de la domination féminine, où seize people mâles (dont François Hollande, voir encadré) s’engagent pour la sauvegarde de nos amies les femmes. Ces seize- là, suppose-t-on, n’ont jamais contraint aucune femme, mais ils ne le feront plus. Plus de blagues lourdes, plus de regards insistants, plus d’avances « non désirées ». Plus rien qui puisse mettre une femme mal à l’aise, comme l’expliquera bientôt aux contrevenants le « zéro-six anti – relous » (comprenez le numéro de mobile qu’on utilisera comme un leurre antidragueur et au bout duquel le relou se fera sermonner – espérons qu’ils ne choisiront pas une voix trop sexy). À mon humble avis, beaucoup d’histoires d’amour commencent par quelque chose qui peut mettre mal à l’aise, mais passons. (…) Il faut cependant répondre, non pas à cet argument lourdingue, mais à tous ceux qui s’indignent sincèrement que l’on plaisante alors que nous voyons défiler sur nos écrans des femmes, brisées ou combatives, qui relatent pour certaines un véritable calvaire où la contrainte sexuelle se double de sévices, pour d’autres une situation pesante, pour d’autres encore un incident pénible. Certains de ces témoignages sont difficilement supportables et appellent la compassion, l’effroi, voire la furieuse envie de planter quelques coups de genou dans quelques génitoires dûment sélectionnées. Mais l’esprit de sérieux qui s’est abattu sur le féminisme ne rend pas cette souffrance plus tolérable, au contraire. Du reste, ce n’est pas seulement l’humour qui est placé sous surveillance, mais tout propos sur le sujet, surtout s’il est tenu par un homme. Le fossé abyssal entre ce qui se raconte en privé (où on blague à tout-va y compris sur les moments difficiles) et ce qu’on ose dire publiquement révèle une forme de terreur. Bien sûr, nul n’a été arrêté pour avoir contesté le déballage en cours, mais tout homme public, qu’il officie dans le show-biz, la politique ou les médias, sait qu’il pourrait perdre son job, des contrats et l’estime de ses contemporains pour un mot de trop. (…) En attendant, un pays où des adultes craignent de soutenir publiquement une opinion minoritaire n’est pas libre. Que la censure ne soit pas imposée par le pouvoir mais par les réseaux sociaux et qu’on ne risque pas sa vie mais sa vie sociale ne rend pas ce climat étouffant plus supportable. « La peur change de camp » , s’enchantent des féministes, bruyamment applaudies par des hommes qui consentent ainsi à leur destitution. Quel aveu que cette peur des hommes célébrée comme une victoire ! Ce n’est donc pas de la souffrance qu’on s’amuse, mais du flot de sottises que l’on entend à son sujet. Les indignés d’aujourd’hui ne cessent de s’émerveiller de la libération de la parole, oubliant à quel point ils la trouvaient malodorante, cette parole libérée, quand elle pointait la sécession en cours dans l’islam européen, et combien il était alors urgent de l’interdire. Tenir en suspicion les témoignages de ceux qui vivent au quoti dien le choc des civilisations (des ploucs) n’était pas un crime, mais un devoir moral. Les mêmes, aujourd’hui, ne se soucient guère de la liberté de parole de tous ceux qui trouvent la délation aussi abjecte que les agissements qu’elle vise, et encore moins de celle des porcs présumés. Il y a deux raisons fondamentales (et pas mal d’accessoires) d’être terrifié par la mécanique irrépressible qui s’est mise en place à partir d’un scandale hollywoodien certes déplorable, mais assez classique : tout d’abord, on ne saurait obtenir justice en suspendant les formes et les garanties essentielles de la justice ; ensuite, ce déferlement de vérités individuelles brosse un tableau global mensonger de la vie des femmes et des hommes en France. (…) Cette nouvelle forme du pilori envoie aussi aux oubliettes la présomption d’innocence à laquelle même le dernier des salauds a droit. (…) Il faut donc se défier du réflexe qui nous fait penser « bien fait pour sa gueule ! » quand les turpitudes de tel ou tel sont étalées – et plus encore quand l’étalage confirme la piètre opinion que l’on avait du personnage. Après avoir entendu l’effroyable récit de Henda Ayari sur Tariq Ramadan, on s’en veut de mégoter sa solidarité à une femme qui a eu le courage de parler. Car, bien sûr, on la croit, et c’est tout le problème : pour moi, comme pour les millions de Français qui l’ont entendue, Ramadan est déjà coupable. Et il a été condamné sans jugement. Il est vrai que, contrairement à tous ceux à qui on reprochera des faits prescrits, lui aura droit, malgré tout, à un procès. Mais quelle qu’en soit l’issue, il restera aux yeux de tous comme un gros dégueulasse. Au lieu de faire croire aux femmes agressées qu’elles obtiendront toutes réparation et d’agiter le fantasme de l’imprescriptibilité des crimes sexuels (également contraire à tout notre droit), on devrait avoir le courage de dire aux femmes que la justice des hommes ne peut pas réparer toutes les injustices de l’existence et que, sauf s’ils ont laissé des traces physiques, des méfaits commis entre quatre yeux ont toutes les chances de rester impunis, comme le sont du reste des milliers de crimes et délits qui passent à travers les mailles de notre système libéral. En leur racontant le contraire, en les invitant à « se lâcher », on ne les aide pas, on les traite comme des enfants qui demandent à être consolés, serait-ce par des mensonges. Moi aussi ! Moi aussi ! Mon chef ! Mon collègue ! Mon plombier ! Mon prof de macramé ! Mon dentiste ! À en juger par le succès viral de ce hashtag en forme de cri du cœur, on vivait au milieu des porcs et on ne le savait pas. Du cinéma à l’hôpital, de la fonction publique au journalisme, du monde du sport à l’armée, tous les milieux, toutes les corporations ont été invitées à faire leur examen de conscience. (…) Alors que le Code pénal sanctionne (et heureusement) tout l’éventail des mauvais traitements infligés aux femmes et que ces comportements suscitent un haut-le-cœur général, ce pathos délirant m’a donné un fou rire. (…) L’échec patent de ce happening victimaire laisse supposer que, comme pour l’écriture inclusive, c’est une avant-garde groupusculaire et radicale qui veut faire passer les déviances pour la norme et la transgression pour la règle. Notons que cette même avant-garde préfère regarder ailleurs quand l’infériorité des femmes est effectivement la norme, c’est-à-dire dans les quartiers islamisés. Caroline De Haas, qui n’a pas de la « merde raciste dans les yeux » , voit des porcs partout, sauf à Cologne ou à La Chapelle-Pajol où il n’y a, pour elle, que des victimes de l’islamophobie. Seulement, pour accomplir ce tour de passe-passe et faire admettre comme une vérité que toute femme ou presque avait déjà été harcelée, il a fallu, comme l’analyse Finkielkraut, étendre considérablement le domaine du harcèlement. (…) Si on désigne comme prédateurs tous les hommes qui ont un jour manqué de respect verbalement à une femme, on n’a pas fini de rire. Alors que se préparent les festivités du cinquantième anniversaire de Mai 68, la rage punitive et policière des héritières de la joyeuse libération sexuelle a de quoi terrifier. Toutes les femmes n’ont pas subi de violences ou d’outrages. En revanche, toutes ont eu à faire avec le désir des hommes et toutes savent que, s’il est souvent un délicieux hommage, il peut aussi être importun, pesant, embarrassant. Tant qu’il ne s’impose pas par la force physique, le chantage ou la pression morale – pratiques sanctionnées par la loi –, il relève des relations entre adultes et non de la surveillance citoyenne. (…) Quand la demande égalitaire s’offusque de toute différence, en particulier de l’entêtante différence des sexes, la sexualité demeure le refuge de la dissymétrie acceptée, de la domination fluctuante et, surtout, du secret qui protège la chambre à coucher (ou la table de la cuisine) de l’aveuglante et déprimante lumière de la transparence. Reste à savoir pour combien de temps. Elisabeth Lévy
I became an a–hole — the kind of performative masculine man my father had modeled for me to be. I lived by the motto, ‘If you don’t flirt, you die.’ And flirt I did. I flirted with all women, be they actresses, producers, or 80-year-old grandmothers. I even flirted with those who were out of bounds, like the wives of some of my best friends, which especially revolts me. I disrespected myself, and I disrespected them, and ignored my own ethics, which I regret more deeply than I can express. During those years I was swept up in a world of celebrity and drugs — which are not excuses, just truths. Since then I have had to redefine what it means to be a man, and an ethical man. I think every man on Earth has or will have to grapple with this question. But I am not an assaulter. I emphatically deny ever “exposing” myself to Jessica Teich, whom I have considered a friend for 30 years. I did flirt with her, and I remember trying to kiss Jessica as part of what I thought was a consensual seduction ritual that went on and on for many years. I am horrified and bewildered to discover that it wasn’t consensual. I didn’t get it. It makes me reassess every relationship I have ever thought was playful and mutual. There is a sea-change happening right now, which we can look upon as a problem or an opportunity. We all of us are awakening to the reality that how men have behaved toward women for eons is not OK. The rules are changing invisibly underneath our feet. I am playing catch up. Maybe we all are. I hope people can join me in honestly looking at our behavior and trying to make it right. We have to relearn every rule we thought we knew about how men and women interact, because after all getting together is the most fundamental human compulsion. And if we don’t succeed in that, what do we have? I hope this is the beginning of a larger conversation we can have as a culture. Richard Dreyfuss
Wow, I don’t quite know what to make of that. I respect that he’s trying to grapple with it, and I regret that he’s not being totally honest. Sadly, what I regret even more is I’ll never forget the sight of his penis because I was so surprised to see it there. The fact that he can’t quite acknowledge all of it is understandable. But he certainly acknowledges that something happened, and he certainly acknowledges that it might have been inappropriate now that he looks back on. Jessica Teich
It’s blowing in the wind, stupid !

Au-delà, entre tribunaux du viol universitaires ou  villes-sanctuaires et listes progressives, des habituelles et inévitables dérives et hypocrisies (les fameuses « vertus chrétiennes devenues folles » de Chesterton) …

Comme des risques de lynchage et de chasse aux sorcières que nos esprits contrariants ont raison de dénoncer …
« Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou » …
Alors que du côté même de ses pratiquants la vérité sort enfin sur l’islam
Pendant qu’en Occident certains voudraient étendre à la division du travail sexuel la remise en question de la division sexuelle du travail
Comment ne pas trouver complètement fou ce que l’on est en train de vivre …
Qui aurait imaginé en effet jusqu’il y a deux ou trois semaines un tel degré d’introspection publique de la part d’un acteur d’Hollywood …
Comme cette confession que l’actualité vient d’arracher à un poids lourd d’Hollywood tel que Richard Dreyfus
Reconnaissant que « les règles sont en train de changer de manière invisible sous nos pieds et qu’on essaie juste de suivre » ?
Comment ne pas voir …
Même si on n’est pas judéo-chrétien ou girardien …
Qu’il devient ou va devenir de plus en plus difficile de ne pas être affecté …
Par le souffle désormais planétaire et instantané via les communications actuelles …
De l’autre big bang pourtant vieux de 2 000 ans …
De l’irruption du judéo-christianisme sur la scène humaine ?

L.A. Writer Says Richard Dreyfuss Sexually Harassed and Exposed Himself to Her in the 1980s

Jada Yuan

Vulture

Six days ago, the actor and writer Harry Dreyfuss gave a detailed account to BuzzFeed News, alleging that Kevin Spacey groped his crotch when he was 18, while his father, Richard Dreyfuss, was in the room. Richard confirmed to BuzzFeed that he didn’t see the groping and didn’t know about it until his son told him years later, but was present the night Harry says it occurred. “[Spacey] knew he could fondle me in a room with my father and that I wouldn’t say a word,” wrote Harry. “He knew I wouldn’t have had the guts. And I didn’t.” A few hours after the story was published, Richard tweeted a statement in support of his son:

It was a response that many applauded. But as Los Angeles–based writer Jessica Teich read the elder Dreyfuss’s tweet, she grew “bothered,” she says. “When I read about his support for his son, which I would never question, I remember thinking, But wait a minute, this guy harassed me for months,” Teich told me in an interview. “He was in a position of so much power over me, and I didn’t feel I could tell anyone about it. It just seemed so hypocritical.” She began drafting a Facebook post that she shared with her friends, one of whom is a New York staff member, who gave Teich my number. The harassment, Teich says, was constant over a two- to three-year period in the mid-1980s when she worked as a researcher and junior writer on a TV passion-project of Dreyfuss’s — and included an incident where she says that he exposed himself to her.

The project was an ABC comedy special called Funny, You Don’t Look 200: A Constitutional Vaudeville, which Dreyfuss dreamed up, hosted, co-wrote, and produced to mark the bicentennial of the American Constitution. When Teich and Dreyfuss began working together in 1984 — first at the Mark Taper Forum theater in Los Angeles, where they met, and then on 200 — Teich was in her mid-20s and in an entry-level job, fresh out of grad school. Dreyfuss was 12 years older, married with a child, and starring in a play at the Taper, where Teich was a dramaturg. At the time, he held the record for becoming the youngest Best Actor Academy Award winner ever. “He wasn’t that much older than I was, but in every possible way his position in life couldn’t have been less comparable to mine,” says Teich. “That’s how vast the power differential was. He was famous, he was rich, he had an Oscar.” And, as she pointed out to me emphatically, “He was my boss. There was no question about it.”

While they were both at the Taper, Dreyfuss had asked Teich to work on developing 200 with him, first on an informal basis over lunches, and then with the formal backing of the Disney Channel, where they had a tiny production office. Over the next several years, they spent countless hours together developing the script. One day, deep into the development process, with the TV special set to air in October 1987, Teich says Dreyfuss asked her to meet him in his trailer on the Los Angeles studio lot of a movie he was starring in at the time. As with all her script meetings with Dreyfuss, this one was set up by his female secretary. (The secretary could not be reached for comment.)

“I remember walking up the steps into the trailer and turning towards my left,” says Teich, “and he was at the back of the trailer, and just — his penis was out, and he sort of tried to draw me close to it.” Dreyfuss never asked for her to fellate him or jerk him off, Teich says, but she remembers the situation being unambiguous. “He was hard. I remember my face being brought close to his penis,” she continues. “I can’t remember how my face got close to his penis, but I do remember that the idea was that I was going to give him a blow job. I didn’t, and I left.”

How she extricated herself, she can’t recall. “It was like an out-of-body experience. I just tried to swiftly get out of the room. I pretended it hadn’t really happened,” she says. “I kept moving because it was part of my job, and I knew he was, at the time, a very important guy, and certainly important to me. I trusted him. That’s what’s always so weird. I liked him. That’s part of why it’s so painful, because of the level of innocence one brings to these things. I felt responsible, that I must have indicated in some way that I was available for this.”

Teich says that, at the time, she told no one about the exposure incident, or what she claims were years of continual, overt, lewd comments and invitations from Dreyfuss. “He created a very hostile work environment, where I felt sexualized, objectified, and unsafe,” says Teich. The exposure in the trailer, she says, was the most shocking Dreyfuss’s behavior got, but perhaps more pernicious, she contends, was that she couldn’t do her job without him coming on to her. She’s referring to moments when Dreyfuss tried to kiss her in professional settings, slip her “I love you” notes during meetings, and his unsubtle verbal sneak attacks. “He has that way of sidling up to you and saying things like, ‘I want to fuck you,’” Teich says. “That was said all the time. He would constantly steer conversations to this yucky, insinuating thing, and I would sort of try to pull us back to a place where we could actually get some work done.” Throughout the research process, Teich says, Dreyfuss set up multiple trips where it was just the two of them, to Yale, Stanford, and Washington, D.C. One morning, when they were going to meet with Ronald Reagan, Teich recalls, Dreyfuss “told me he’d spent the night with his ear next to the wall, listening to my movements in my hotel room.”

Despite how unequivocal Teich is about her experience, she believes “Richard would be very surprised if 30-odd years later he heard that I felt completely coerced and disenfranchised. I think he’d be like, ‘Oh no, I thought you really liked me.’ I don’t think he had any idea.”

Dreyfuss, who’s now 70, responded swiftly to my request for comment, through representation, and asked for a limited deadline extension so he could write something thoughtful. Here are the first, most pertinent, paragraphs of his statement:

I value and respect women, and I value and respect honesty. So I want to try to tell you the complicated truth. At the height of my fame in the late 1970s I became an asshole–the kind of performative masculine man my father had modeled for me to be. I lived by the motto, “If you don’t flirt, you die.” And flirt I did. I flirted with all women, be they actresses, producers, or 80-year-old grandmothers. I even flirted with those who were out of bounds, like the wives of some of my best friends, which especially revolts me. I disrespected myself, and I disrespected them, and ignored my own ethics, which I regret more deeply than I can express. During those years I was swept up in a world of celebrity and drugs – which are not excuses, just truths. Since then I have had to redefine what it means to be a man, and an ethical man. I think every man on Earth has or will have to grapple with this question. But I am not an assaulter.

I emphatically deny ever “exposing” myself to Jessica Teich, whom I have considered a friend for 30 years. I did flirt with her, and I remember trying to kiss Jessica as part of what I thought was a consensual seduction ritual that went on and on for many years. I am horrified and bewildered to discover that it wasn’t consensual. I didn’t get it. It makes me reassess every relationship I have ever thought was playful and mutual.

“Wow, I don’t quite know what to make of that,” Teich said, when I read the statement to her aloud. She paused for a long time before speaking again. “I respect that he’s trying to grapple with it, and I regret that he’s not being totally honest. Sadly, what I regret even more is I’ll never forget the sight of his penis because I was so surprised to see it there. The fact that he can’t quite acknowledge all of it is understandable. But he certainly acknowledges that something happened, and he certainly acknowledges that it might have been inappropriate now that he looks back on it.”

In the last 30 years, Teich, who is 58, says she confided in three people about Dreyfuss: a family member and a close confidante, who both asked to remain anonymous, and her therapist. The family member confirmed that Teich had discussed Dreyfuss’s alleged misconduct decades ago, including the exposure incident. The confidante provided a statement recalling that Teich long ago talked about her discomfort with Dreyfuss hitting on her. Her therapist declined to comment due to doctor-patient confidentiality.

Teich’s memoir, The Future Tense of Joy, released in 2016, details a year of sexual molestation and horrific beatings she endured when she was 16, at the hands of a man who was 12 years her senior, and whom she’d also met in a professional setting at an Orlando ballet company they were both in. “When I wouldn’t do some of the things that he wanted me to do, sexually, he would beat the shit out of me,” she tells me. She believes this prior experience with abuse, plus the power imbalance between her and Dreyfuss and the culture surrounding allegations of sexual assault 30 years ago, contributed to why she kept silent. “I knew it was incredibly unpleasant,” she says. “I knew I felt awful about it and during it, but it wasn’t of such greater horribleness than a lot of other things that happened. And because I had been abused as a 16-year-old, and that was my introduction to any kind of intimacy, I thought, Oh, is this okay? I just didn’t have any perspective on it because no one was talking about it.” She’d worried about going public because Dreyfuss has grown children, and his son’s story of abuse is what prompted her post. “But then I thought, ‘I have children, too’” — daughters, 16 and 21 — “and I don’t want them to live in a world where people can’t tell the truth about these things.”

In his statement, Dreyfuss concluded with a broader acknowledgment of the conversations currently happening around sexual harassment and assault:

There is a sea-change happening right now, which we can look upon as a problem or an opportunity. We all of us are awakening to the reality that how men have behaved toward women for eons is not OK. The rules are changing invisibly underneath our feet. I am playing catch up. Maybe we all are.

I hope people can join me in honestly looking at our behavior and trying to make it right. We have to relearn every rule we thought we knew about how men and women interact, because after all getting together is the most fundamental human compulsion. And if we don’t succeed in that, what do we have? I hope this is the beginning of a larger conversation we can have as a culture.

After I read Teich the statement, I asked if she felt like this was a dialogue she would ever have with Dreyfuss. “Yeah, I think if I did it in a context where there were other people involved,” she says. “Because I’m not confronting him, I’m not suing him for damages of any kind. And his statement to you is more than I thought anyone would get from him.” Still, she did take issue with certain words he’d used that she found to be “loaded.” “‘Flirt’ is absolutely not the right word,” Teich says. “It suggests something mutual, and that was not the case.” She also thought he was stretching when he called her someone “whom I have considered a friend for 30 years.” The word “friend” was problematic in this context. “The suggestion is that if I were a true colleague I never would’ve been public about this, that it should’ve all been kept among friends,” she says. “I’m not that guy’s friend. I haven’t seen that guy or spoken to him in 25 years. But as a person, I respond to the sense of hurt that underlies his words, and something in me feels compassion for him, even though he made my life hell. And that’s part of the complexity of the whole thing, I think.

Voir aussi:

Harcèlement féministe: Habeas Porcus
Les magistrates de #balancetonporc ont condamné la gent masculine
Elisabeth Lévy
Causeur
10 novembre 2017

Avant même que la justice s’en mêle, les magistrates de #balancetonporc ont déjà condamné l’ensemble de la gent masculine. Quand il s’agit de stigmatiser tous les hommes, les féministes n’ont pas peur de l’amalgame.

Les temps d’émotion obligatoire peuvent susciter, chez les esprits contrariants, de coupables tendances goguenardes, qu’il vaudrait mieux savoir réprimer. Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou, tenter de glisser un doigt de contradiction, ou plus grave encore, d’ironie, est plutôt périlleux. Ainsi, apprend-on, entre mille nouvelles de la même veine, que le ministre britannique de l’Environnement s’est fait poisser pour une « blague douteuse » – que je trouve pour ma part très drôle – et de surcroît très facile à adapter chez nous. Entrant dans le studio de BBC Radio 4, Michael Gove a déclaré : « C’est comme entrer dans la chambre à coucher de Harvey Weinstein – on espère en sortir avec sa dignité intacte. » La plaisanterie a, paraît-il, beaucoup amusé l’auditoire présent, mais précise l’article, « elle a été largement condamnée sur les réseaux sociaux », ce qui laisse penser que la merveilleuse génération ne rigole pas beaucoup. Ou alors des blagues d’Alex Wizorek.

Et comme la justice se rend désormais sur Twitter, le ministre a dû s’excuser.
Le problème, c’est la blague

Cet épisode a valeur d’apologue. Pour le parti de « la parole libérée », le problème, c’est la blague. Pour les défenseurs de l’humour libre, ce sont les excuses. Quand Carol Galand, l’une des activistes du mouvement antiporc, se réjouit parce que « les #metoo qui se sont répandus comme un feu de forêt ont mis sur le grill des milliers de porcs, vaste méchoui d’une omerta honteuse », le mâle blanc ne s’insurge pas contre cette animalisation, il implore son pardon. On saluera BHL qui pour le coup, s’est énervé – « Je n’aime pas qu’on traite un homme de porc ! » –, Alain Finkielkraut, qui ne cède rien à la pression ambiante (pages 50-51), sans oublier Jaccard, Mandon, Rosenzweig et tous ceux qui prennent le risque de se voir dénoncés comme complices de l’infâme. Mais pour l’essentiel, la gent masculine se tient à carreau. L’homme occidentalisé n’est pas un porc, mais un repentant. Face à la forêt planétaire de doigts accusateurs, il finit par croire à sa propre culpabilité. « Je me suis mal exprimé », confesse Bruno Lemaire, coupable, non pas de gestes indécents (on a vraiment du mal à l’imaginer), mais de refus de dénoncer.

« J’ai honte pour les hommes », roucoule le chef Yves Camdeborde dans un numéro du Parisien qui figurera un jour dans les annales de la domination féminine, où seize people mâles (dont François Hollande, voir encadré) s’engagent pour la sauvegarde de nos amies les femmes. Ces seize- là, suppose-t-on, n’ont jamais contraint aucune femme, mais ils ne le feront plus. Plus de blagues lourdes, plus de regards insistants, plus d’avances « non désirées ». Plus rien qui puisse mettre une femme mal à l’aise, comme l’expliquera bientôt aux contrevenants le « zéro-six anti – relous » (comprenez le numéro de mobile qu’on utilisera comme un leurre antidragueur et au bout duquel le relou se fera sermonner – espérons qu’ils ne choisiront pas une voix trop sexy). À mon humble avis, beaucoup d’histoires d’amour commencent par quelque chose qui peut mettre mal à l’aise, mais passons.

L’inévitable Caroline De Haas ayant semble-t-il échoué à faire reculer le président sur sa réforme du droit du travail, elle a dégainé là où on l’atten – dait, c’est-à-dire en balançant Eugénie Bastié comme « l’alliée indéfectible des agresseurs » . Si tu n’es pas avec moi, tu es avec les cogneurs. Dialectique, quand tu nous tiens. Il faut cependant répondre, non pas à cet argument lourdingue, mais à tous ceux qui s’indignent sincère – ment que l’on plaisante alors que nous voyons défiler sur nos écrans des femmes, brisées ou combatives, qui relatent pour certaines un véritable calvaire où la contrainte sexuelle se double de sévices, pour d’autres une situation pesante, pour d’autres encore un incident pénible. Certains de ces témoignages sont difficilement supportables et appellent la compassion, l’effroi, voire la furieuse envie de planter quelques coups de genou dans quelques génitoires dûment sélectionnées. Mais l’esprit de sérieux qui s’est abattu sur le féminisme ne rend pas cette souffrance plus tolérable, au contraire. Du reste, ce n’est pas seulement l’humour qui est placé sous surveillance, mais tout propos sur le sujet, surtout s’il est tenu par un homme. Le fossé abyssal entre ce qui se raconte en privé (où on blague à tout-va y compris sur les moments difficiles) et ce qu’on ose dire publique – ment révèle une forme de terreur.

Bien sûr, nul n’a été arrêté pour avoir contesté le débal – lage en cours, mais tout homme public, qu’il officie dans le show-biz, la politique ou les médias, sait qu’il pourrait perdre son job, des contrats et l’estime de ses contempo – rains pour un mot de trop. Quelques-uns ont renoncé à intervenir dans ce numéro, persuadés de ne récolter que des ennuis – incluant parfois une bonne engueulade de madame. On ne saurait leur donner tort. En attendant, un pays où des adultes craignent de soutenir publique – ment une opinion minoritaire n’est pas libre. Que la censure ne soit pas imposée par le pouvoir mais par les réseaux sociaux et qu’on ne risque pas sa vie mais sa vie sociale ne rend pas ce climat étouffant plus supportable. « La peur change de camp » , s’enchantent des féministes, bruyamment applaudies par des hommes qui consentent ainsi à leur destitution. Quel aveu que cette peur des hommes célébrée comme une victoire ! Ce n’est donc pas de la souffrance qu’on s’amuse, mais du flot de sottises que l’on entend à son sujet. Les indignés d’aujourd’hui ne cessent de s’émerveiller de la libération de la parole, oubliant à quel point ils la trouvaient malodorante, cette parole libérée, quand elle pointait la sécession en cours dans l’islam européen, et combien il était alors urgent de l’interdire. Tenir en suspicion les témoignages de ceux qui vivent au quoti – dien le choc des civilisations (des ploucs) n’était pas un crime, mais un devoir moral. Les mêmes, aujourd’hui, ne se soucient guère de la liberté de parole de tous ceux qui trouvent la délation aussi abjecte que les agisse – ments qu’elle vise, et encore moins de celle des porcs présumés. Il y a deux raisons fondamentales (et pas mal d’acces – soires) d’être terrifié par la mécanique irrépressible qui s’est mise en place à partir d’un scandale hollywoodien certes déplorable, mais assez classique : tout d’abord, on ne saurait obtenir justice en suspendant les formes et les garanties essentielles de la justice ; ensuite, ce déferlement de vérités individuelles brosse un tableau global mensonger de la vie des femmes et des hommes en France.

« Toi aussi, raconte, en donnant le nom et les détails, un harcèlement dont tu as été victime. » C’est avec ce message, dont nous avons charitablement corrigé l’orthographe, que Sandra Muller, journaliste basée aux États-Unis, a lancé le 13 octobre le hashtag « balance ton porc », la grammaire suggérant que toute femme a un porc à balancer. Comme l’observe alors Le Monde , extatique, « le verrou a sauté. La vanne s’est ouverte ». En quelques jours, des centaines de microrécits sont publiés, l’écœurant côtoyant le futile et le sordide l’ano – din. L’une parle d’attouchements subis à 11 ans, l’autre d’une blague sur ses bottes. Très vite, des noms sont divulgués : dans la liste noire qui s’enrichit d’heure en heure, on trouve un ancien ministre balancé par la fille d’un autre, quelques journalistes et animateurs, un député promptement débarqué de son groupe. Qu’une femme ayant subi une agression sans pouvoir se défendre ait le sentiment de rétablir la balance en jetant le nom de son agresseur en pâture au public, on peut le comprendre. Il n’en est pas moins choquant que la quasi-totalité de la classe médiatique et poli – tique, garde des Sceaux compris, l’encourage dans cette fâcheuse illusion. Votée en 1679 par le Parlement anglais, la loi sur l’Habeas corpus (qui intègre des dispositions antérieures) prévoit que « toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle est arrêtée et de quoi elle est accusée » . Ce principe, inscrit dans notre droit bien avant 1789, est encore l’un des fondements de toute justice démocratique, puisque c’est de lui que découle le caractère contradictoire d’un procès équi – table. C’est sans doute difficile à admettre quand on a eu affaire à un gros dégueulasse, mais c’est ainsi : la seule façon d’obtenir justice, c’est de porter plainte et de se plier aux règles formelles exigées par la procé – dure. La justice ne fait pas son boulot, répondra-t- on. Admettons qu’il reste dans nos commissariats et dans nos prétoires des dinosaures qui détournent la tête quand une femme vient demander leur protec – tion. On a du mal à croire que ce soit la règle. De plus, faut-il, au prétexte que la justice fonctionne mal, laisser les femmes se faire justice elles-mêmes ? Cette nouvelle forme du pilori envoie aussi aux oubliettes la présomption d’innocence à laquelle même le dernier des salauds a droit. Tandis que Murielle Salmona réclame à leur profit une « présomption de vérité » (!), des femmes se déclarent « humiliées » qu’on mette leur parole en doute. Mais le premier devoir de tout juge est de mettre en doute la parole de la victime présu – mée. Même quand elle est criante de vérité. Il faut donc se défier du réflexe qui nous fait penser « bien fait pour sa gueule ! » quand les turpitudes de tel ou tel sont étalées – et plus encore quand l’étalage confirme la piètre opinion que l’on avait du personnage. Après avoir entendu l’effroyable récit de Henda Ayari sur Tariq Ramadan, on s’en veut de mégoter sa soli – darité à une femme qui a eu le courage de parler. Car, bien sûr, on la croit, et c’est tout le problème : pour moi, comme pour les millions de Français qui l’ont enten – due, Ramadan est déjà coupable. Et il a été condamné sans jugement. Il est vrai que, contrairement à tous ceux à qui on reprochera des faits prescrits, lui aura droit, malgré tout, à un procès. Mais quelle qu’en soit l’issue, il restera aux yeux de tous comme un gros dégueulasse. Au lieu de faire croire aux femmes agressées qu’elles obtiendront toutes réparation et d’agiter le fantasme de l’imprescriptibilité des crimes sexuels (également contraire à tout notre droit), on devrait avoir le courage de dire aux femmes que la justice des hommes ne peut pas réparer toutes les injustices de l’existence et que, sauf s’ils ont laissé des traces physiques, des méfaits commis entre quatre yeux ont toutes les chances de rester impu – nis, comme le sont du reste des milliers de crimes et délits qui passent à travers les mailles de notre système libéral. En leur racontant le contraire, en les invitant à « se lâcher », on ne les aide pas, on les traite comme des enfants qui demandent à être consolés, serait-ce par des mensonges.

Moi aussi ! Moi aussi ! Mon chef ! Mon collègue ! Mon plombier ! Mon prof de macramé ! Mon dentiste ! À en juger par le succès viral de ce hashtag en forme de cri du cœur, on vivait au milieu des porcs et on ne le savait pas. Du cinéma à l’hôpital, de la fonction publique au journalisme, du monde du sport à l’armée, tous les milieux, toutes les corporations ont été invitées à faire leur examen de conscience. « Je ne savais pas que c’ était aussi répandu » , déclarent les hommes inter – rogés par Le Parisien . Sauf qu’on ne le sait toujours pas. À entendre les récits qui se succèdent, emplissant tout l’espace médiatique, confortés par une litanie de chiffres terrifiants, la révolution féministe n’a jamais eu lieu et la vie des femmes est un chemin de croix – maltraitance sur fond d’omerta. Il n’y a plus des femmes singulières, mais « nous les femmes » , comme l’écrit Laure Adler dans un texte sobrement intitulé « La nuit des femmes » et publié par Madame Figaro le 20 octobre. « Nous les femmes. Nous les femmes qui sommes déshonorées, déconsidérées, violentées dans notre intégrité physique et psychique, dans notre dignité d’ être humain. Nous les femmes qui n’osons pas énoncer la violence dont nous sommes l’objet, juste – ment parce que nous ne sommes plus sujets. Nous les femmes, quand sortirons-nous de notre nuit immémo – riale, douloureuse, silencieuse ? » Alors que le Code pénal sanctionne (et heureusement) tout l’éventail des mauvais traitements infligés aux femmes et que ces comportements suscitent un haut-le-cœur général, ce pathos délirant m’a donné un fou rire. Tout comme celui de Carol Galland qui a appelé les femmes harce – lées à manifester le dimanche 29 octobre. « Non, il n’est pas normal que la quasi-totalité des femmes cache au creux de son cœur une salissure qui la dégoûte et lui fait honte » , écrit cette amatrice de méchoui qui ne cache pas grand-chose au creux du sien car elle exhibe tous les sentiments qui s’y trouvent, assaisonnés de force formules prétendument drôles. Avant d’ajouter : « Les femmes sont tellement brisées qu’aujourd’ hui, elles vont jusqu’ à penser qu’un rassemblement #metoo ouvert aux hommes serait dangereux pour elles. » On appréciera la réduction de toutes les femmes à de petites choses perdant leurs moyens en présence d’un butor. Un siècle de féminisme pour en arriver là. Seulement, ce ne sont pas « les femmes », mais moins de 2 000 personnes qui ont répondu à son appel dans toute la France, le dimanche 29 octobre, ce qui n’a pas empêché les perroquets de la radio publique de se féliciter que le combat quitte internet pour descendre dans la rue. L’échec patent de ce happening victimaire laisse supposer que, comme pour l’écriture inclu – sive, c’est une avant-garde groupusculaire et radicale qui veut faire passer les déviances pour la norme et la transgression pour la règle. Notons que cette même avant-garde préfère regarder ailleurs quand l’infériorité des femmes est effectivement la norme, c’est-à-dire dans les quartiers islamisés. Caroline De Haas, qui n’a pas de la « merde raciste dans les yeux » , voit des porcs partout, sauf à Cologne ou à La Chapelle-Pajol où il n’y a, pour elle, que des victimes de l’islamophobie. Seulement, pour accomplir ce tour de passe-passe et faire admettre comme une vérité que toute femme ou presque avait déjà été harcelée, il a fallu, comme l’analyse Finkielkraut, étendre considérablement le domaine du harcèlement. « Si nous aussi on donnait les noms des prédateurs sexuels qui nous ont 1/ manqué de respect verbalement 2/ tenté des tripotages » , suggère Sandra Muller dans un deuxième tweet. Si on désigne comme prédateurs tous les hommes qui ont un jour manqué de respect verbalement à une femme, on n’a pas fini de rire. Alors que se préparent les festivités du cinquantième anniversaire de Mai 68, la rage puni – tive et policière des héritières de la joyeuse libération sexuelle a de quoi terrifier. Toutes les femmes n’ont pas subi de violences ou d’outrages. En revanche, toutes ont eu à faire avec le désir des hommes et toutes savent que, s’il est souvent un délicieux hommage, il peut aussi être importun, pesant, embarrassant. Tant qu’il ne s’impose pas par la force physique, le chantage ou la pression morale – pratiques sanctionnées par la loi –, il relève des relations entre adultes et non de la surveillance citoyenne.

Or, à entendre les « agitées du porte-plainte » , pour reprendre la tranchante expression de Muray, on devrait verbaliser tous les amoureux suffisamment transis pour ne pas se laisser décourager à la première rebuffade – dont notre littérature regorge. Et comme il l’a écrit en 1991 dans le texte inédit que nous publions (pages 42-43), derrière la lutte contre le harcèle – ment, « c’est bel et bien le sexuel qui est aujourd’ hui l’objet d’une entreprise de criminalisation, ou plutôt de re-criminalisation, acharnée » . Quand la demande égalitaire s’offusque de toute différence, en particulier de l’entêtante différence des sexes, la sexualité demeure le refuge de la dissymétrie acceptée, de la domination fluctuante et, surtout, du secret qui protège la chambre à coucher (ou la table de la cuisine) de l’aveuglante et déprimante lumière de la transparence. Reste à savoir pour combien de temps. Muray aimait à ce sujet citer « La Colère de Samson », poème de Vigny : « Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, La Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome, Et se jetant, de loin, un regard irrité, Les deux sexes mourront chacun de son côté. » Alors que l’on prétend nous faire croire que l’humanité se partage entre victimes et porcs, l’âge de la séparation a peut-être commencé.

Un goujat nommé Hollande Par Patrick Mandon À la une du Parisien , le 25 octobre, seize portraits d’hommes « soutenus » par ce titre en gras : « Les hommes s’engagent. » Ces messieurs font connaître urbi et orbi qu’ils sont opposés… au harcèlement sexuel (et, sans doute, à la faim dans le monde, au dépassement d’honoraires des notaires sans cravate, aux intempéries, aux hémorroïdes) : « Après l’onde de choc créée par l’affaire Weinstein, seize personnalités masculines sollicitées par notre journal expriment leur solidarité avec les femmes. » On reconnaît l’intellectuel azuréen Christian Estrosi, et Michel Cymes, conseiller omnimé – diatique à caducée. Ce dernier profite de l’occa – sion pour parler… de lui ! « Moi aussi, lorsque j’avais 15 ans, j’ai subi des attouchements par un homme dans le métro. C’est très perturbant. Sur le moment je n’ai rien osé dire. » Contrairement à ce que ces déclarations pour – raient faire croire, le sujet de l’article n’est nulle – ment Michel Cymes et sa psychose suburbaine, mais bel et bien la condition faite aux femmes par de grossiers personnages, qui profitent de leur pouvoir pour exiger d’elles des faveurs sexuelles. Mais, ô surprise ! Perdu au milieu des seize messagers féministes, qui voit-on ? François Hollande ! Alors, un souvenir nous revient… M. Hollande sur une estrade, à Tulle, au soir de sa victoire, le 6 mai 2012 : à ses côtés Valérie Trie – rweiler, heureuse, compagne épanouie du vain – queur et présentée comme telle à la foule. Bref, une femme amoureuse, compagne d’un homme comblé, entrait officiellement à l’Élysée. Las ! La ronde 1 des corps et des visages ne saurait suivre une voie rectiligne. M. Hollande, non pas saisi par la débauche, mais fidèle à sa devise « le chan – gement, c’est maintenant ! » s’éprend d’une jolie comédienne. Le 10 janvier 2014, le magazine Closer le montre casqué, furtif, quittant le domi – cile de l’élue au petit matin. Mme Trierweiler découvre son infortune en même temps que les Français : rage, désespoir, dépression ! Le 25, s’adressant au téléphone à l’AFP, il déclare ceci : « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » Par cette formule de dix-huit mots M. Hollande, ineffable « partageur » de vie commune (!) paraissait plutôt congédier une courtisane que rompre avec une compagne, et moins encore répudier une reine. Nombre d’observateurs virent d’ailleurs dans ce communiqué lapidaire et glaçant tout le caractère de la goujaterie… 1. La Ronde , film de Max Ophüls. Nul n’a mieux montré le manège enchanté du désir qui fait tourner les femmes et les hommes, puis les rend à leur solitude fondamentale.

Voir également:

Saïd Ben Saïd : « L’antisémitisme des Arabes aujourd’hui est le même que le vieil antisémitisme européen »

Le producteur de cinéma s’exprime dans une tribune au « Monde » après avoir appris qu’il ne pouvait plus présider le jury des journées cinématographiques de Carthage (du 4 au 11 novembre) en Tunisie. On lui reproche d’avoir produit des films en Israël.

Saïd Ben Saïd (Producteur de cinéma franco-tunisien)

Tribune. J’ai reçu au début du mois d’août une invitation pour présider le jury des journées cinématographiques de Carthage (JCC) qui se déroulent du 4 au 11 novembre à Tunis.

J’ai accepté très chaleureusement la proposition mais, lorsque le délégué général, M. Nejib Ayed, a appris que je produisais le prochain film du cinéaste israélien Nadav Lapid et que j’avais fait partie du jury du dernier festival de Jérusalem, il m’a demandé un délai de réflexion de vingt-quatre heures et ne m’a plus donné signe de vie.

Une grande partie de la presse tunisienne et du public, en prenant connaissance de mes entreprises israéliennes, aurait certainement réagi avec beaucoup de virulence à cette invitation et le festival a probablement eu raison de m’épargner (et de s’épargner) un lynchage médiatique. Cet incident tout à fait fâcheux, et qui l’est d’autant plus qu’il m’a opposé bien involontairement à des personnes que je n’ai aucune envie de désobliger, est révélateur de l’état actuel du débat sur ce pays dont le nom est devenu en Tunisie imprononçable.

Je suis né en Tunisie. J’y ai grandi dans une famille musulmane pratiquante et je m’affirme aujourd’hui avec le même enthousiasme musulman, français et tunisien. Il y a dans mon pays d’origine, et dans le monde arabe de façon générale, une hostilité (quand ce n’est pas une haine) à l’égard d’Israël, qui est liée au sort dramatique des Palestiniens dont les Tunisiens et les Arabes se sentent solidaires.

Vocable antisémite

En vérité, les choses sont un peu plus compliquées que cela. Nul ne peut nier le malheur du peuple palestinien, mais il faut bien admettre que le monde arabe est, dans sa majorité, antisémite et cette haine des juifs a redoublé d’intensité et de profondeur non pas avec le conflit israélo-arabe, mais avec la montée en puissance d’une certaine vision de l’islam.

La lecture littérale du Coran, dépourvue de tout contexte historique, donne lieu depuis un siècle et demi environ à des propos délirants sur les juifs

Bien entendu, un tas de gens sont persuadés, mais alors mordicus, qu’étant des sémites, les Arabes ne peuvent être antisémites. Or, rien n’est plus faux. Le vocable antisémite, inventé en Europe au XIXe siècle, n’a jamais concerné les Arabes. Il désignait exclusivement les juifs. A la vérité, il existe dans le Coran un discours antirabbinique qui a été à travers l’histoire progressivement décontextualisé et déshistoricisé pour devenir d’abord un discours antijudaïque, puis un discours antisémite.

La lecture littérale du Coran, dépourvue de tout contexte historique, donne lieu depuis un siècle et demi environ à des propos délirants sur les juifs. Le Coran comporte un grand nombre de versets concernant les juifs, dont certains leur sont très hostiles. Enfants, nous les apprenions par cœur à l’école. Les juifs étaient, pour nous, perfides, falsificateurs, immoraux, diaboliques, etc., et, chose primordiale, ces versets étaient les paroles de Dieu. Chaque enfant arabe grandit avec ces images. Dans une monarchie arabe du Golfe par exemple, on lit aujourd’hui dans les manuels scolaires que les juifs descendent des singes parce qu’un verset du Coran (II-65) menace les transgresseurs du Sabbat d’être transformés en singes.

Paranoïa dépourvue d’argumentation

Lorsque je suis arrivé en France à l’âge de 18 ans, je fis la connaissance de Mohamed Arkoun et Jacques Berque et je considère aujourd’hui encore ces rencontres comme un bienfait du destin. Je relus grâce à eux le Coran en m’appuyant sur un savoir construit et historique, ébranlant ainsi toutes mes certitudes passées. J’appris alors que les juifs du Coran étaient, en réalité, les juifs de Médine, qui avaient été d’abord perçus par Mahomet comme des alliés potentiels avant de devenir ses ennemis mortels puisqu’ils ne le reconnurent pas comme prophète.

L’âge d’or de la condition juive dans le monde arabe est un mythe. Les juifs y vivaient dans une situation meilleure que celle des juifs d’Europe avec des périodes de relative tolérance mais, globalement, du Maroc à l’Irak, ils étaient méprisés, brimés et humiliés quand ils n’étaient pas massacrés de sorte qu’ils n’avaient pas d’autre choix que celui de quitter les terres de leurs ancêtres pour aller s’établir en Europe ou en Israël.

Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes

C’est dans le monde arabe que les protocoles des sages de Sion ont connu et continuent de connaître leur plus grand succès de vente. L’antisémitisme des Arabes, aujourd’hui, est le même que le vieil antisémitisme européen. Il fonctionne sur le même registre, comme une paranoïa dépourvue d’argumentation. Les juifs ont beaucoup d’argent et sont solidaires entre eux. C’est ce que disait Merah, l’assassin des enfants juifs de l’école Ozar-Hatorah de Toulouse, mais aussi toute une littérature européenne d’avant 1945 (que Merah n’a certainement pas lue).

Que de fois ai-je entendu des gens dire en Tunisie que les récoltes sont mauvaises parce que le Mossad empoisonne les sols ou que ce dernier est à l’origine de l’attentat du 11-Septembre, afin d’aider les Américains à mettre la main sur le pétrole irakien.

Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes. Des centaines de milliers d’Arabes meurent assassinés par d’autres Arabes en Syrie, en Irak, en Libye, au Soudan, mais cela nous importe apparemment moins que les crimes commis par l’armée israélienne qui sont, eux, toujours dénoncés par une partie, fut-elle minoritaire, de la presse et de la société civile de ce pays.

La vérité historique me semble être une exigence morale de premier rang. Un musulman qui en fait son deuil et qui se définit uniquement par le Coran qu’il n’a pas (ou mal) lu ou par la cause palestinienne qu’il ne connaît pas me paraît manquer à sa propre islamité.

Saïd Ben Saïd a, entre autres, produit le film Elle, de Paul Verhoeven, César du meilleur film de l’année 2016.

Voir enfin:

«La norme virile valorise le pénétrant et stigmatise le pénétré», déplore la philosophe Olivia Gazalé

INTERVIEW A l’occasion de «Movember», «20 Minutes» s’intéresse au plaisir prostatique. Une pratique taboue car elle implique que l’homme soit pénétré, ce qui, symboliquement, serait associé à une perte de virilité. Entretien avec Olivia Gazalé, auteure du « Mythe de la virilité »…

  • A l’occasion de « Movember », mouvement dédié à la sensibilisation des cancers masculins, « 20 Minutes » se penche sur le plaisir prostatique. Une pratique encore taboue et source de clichés
  • « Si on veut que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes », analyse dans cette interview, Olivia Gazalé, enseignante en philosophie, maître de conférences à Science-Po Paris

Vous aurez peut-être remarqué qu’une des insultes les plus courantes en français est « enculé ». Plus rarement « enculée » et jamais « enculeur ». Autrement dit, l’opprobre est jeté sur celui qui est pénétré ou soupçonné de l’être. C’est peut-être ce qui explique en partie que le sujet du plaisir prostatique soit aussi tabou, cette idée que la pénétration anale passive ferait perdre à un homme sa virilité. Olivia Gazalé (photo ci-contre), enseignante en philosophie, maître de conférences à Science-Po Paris et cofondatrice des Mardis de la philo aborde ce sujet dans l’un des chapitres de son livre Le Mythe de la virilité, paru chez Robert Laffont. Entretien.

Un des chapitres de votre livre s’intitule « Entrer : l’exigence de pénétration ». Autrement dit, est viril celui qui pénètre et non celui qui est pénétré ?

Entendons-nous bien : il ne s’agit évidemment pas ici de porter un jugement de valeur sur ces pratiques, mais seulement d’observer comment elles ont été considérées l’une et l’autre au cours de l’histoire. Dès la Rome antique s’opère un clivage radical entre les pénétrants (les citoyens, les maîtres) et les pénétrés (souvent de jeunes esclaves). Les catégories d’homosexualité et d’hétérosexualité telles que nous les entendons aujourd’hui, comme deux groupes clairement séparés, n’existaient pas. L’homme libre se devait d’être marié, d’honorer sa femme et ses maîtresses et pouvait aussi soumettre de jeunes corps masculins pour son plaisir. Pour reprendre le langage cru
qu’appréciaient les Romains, un vir [un mâle romain] « encule » mais n’est pas « enculé », alors que les « culs larges » et les « suceurs de bites » étaient méprisés et insultés. Autrement dit, la virilité, c’est la pénétration active ; la dévirilisation, c’est la pénétration passive. Pour certains hommes, cela n’a pas changé depuis l’Antiquité, hélas : ils considèrent toujours leur phallus comme un outil de domination.

Qui sont ces hommes ?

Prenez le viol carcéral, un phénomène très répandu et largement tabou. Selon une enquête menée aux Etats-Unis par Human Rights Watch, ces viols sont majoritairement perpétrés par des prisonniers qui, hors les murs, sont hétérosexuels. Ce sont des caïds, qui n’hésitent pas à se glorifier de leurs prouesses sexuelles avec les femmes, et qui « baisent » des détenus pour les humilier et affirmer leur virilité triomphale. Les hommes victimes de ces agressions sont perçus comme féminins, car ils n’affichent pas les marqueurs de la virilité : une voix fluette, un petit gabarit, ou trop peu d’appétit pour la bagarre suffisent pour être rangés du côté des « tafioles », qu’on soit ou non
homosexuel. Et, pour le violeur, il s’agit, là encore, d’imposer sa loi par l’asservissement sexuel de l’autre.

Vous citez dans votre livre les insultes comme « Je t’encule » ou « Je te nique » qui, paradoxalement, peuvent être prononcées sans que celui qui les profère soit perçu comme homosexuel…

Au contraire, même ! Ce genre de compliments, très prisés au volant, signifie « Je te soumets à mon phallus » et cela ne va pas te laisser un très bon souvenir. De nombreuses métaphores assimilent le pénis à une arme : pistolet, fusil, gourdin, braquemart… C’est dire que celui qui profère ce type de phrases parle de la puissance de son membre et de sa capacité à anéantir l’autre. Quant à « sale pédé », c’est une amabilité qui est aussi souvent adressée à des hétérosexuels qu’à des homosexuels. Elle vise juste à déprécier l’autre.

Derrière cela, il y a une dimension homophobe, mais aussi misogyne ?

Oui, car l’homophobie découle de la gynéphobie. C’est parce que le féminin est dévalorisé que l’effémination est perçue comme un avilissement. C’est en ce sens que la défense de la cause des femmes et celle des LGBTQ relèvent d’un seul et même combat : celui qu’il faut continuer à mener contre le caractère aliénant des normes sexuées, qui interdisent aux individus des deux sexes de se construire librement. Cela fait déjà plus d’un siècle que les femmes ont remis en question la notion d’« éternel féminin », mais les hommes, eux, sont encore trop souvent conditionnés par les stéréotypes sexués qui leur imposent de faire sans cesse la démonstration de leur puissance, de leur performance, de leur combativité, de leur courage… et de leur hétérosexualité.

Il faudrait donc que les hommes se remettent en question ?

C’est, d’après moi, l’une des leçons à tirer de l’affaire Weinstein et de ses suites : pour que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes, comme dominants et pénétrants. Le vrai sujet tabou, il est là. On parle énormément, et à juste titre, de la discrimination envers les femmes ; en revanche, l’oppression de l’homme par l’homme, l’homophobie, la confusion entre effémination et homosexualité sont des sujets dont on s’empare trop peu. Il y a un vrai travail de pédagogie à faire pour dissocier l’« effémination », c’est-à-dire le fait de posséder des caractères essentialisés comme féminins (la douceur, la sensibilité, la bienveillance, l’empathie…) et l’orientation sexuelle, qui est un tout autre sujet. Il existe des homos très virils et des hétéros efféminés. Sortons des caricatures. Cette discrimination archaïque entre le pénétrant-dominant et le pénétré-dominé mérite d’être définitivement abandonnée. De même que le fait de considérer le terme de « pédé » comme une insulte. C’est à nous qu’il revient d’éduquer la prochaine génération en ce sens.

Voir encore:

Why Campus Rape Tribunals Hand Down So Many ‘Guilty’ Verdicts

Title IX training is a travesty.

In November 2014, a female member of Brown University’s debate team had oral sex with a male colleague while they watched a movie. Eleven months later, she filed a complaint with Brown, accusing him of sexual assault.

Both parties in the case had credibility issues; he had violated a no-contact order, she had withheld from the university the bulk of their text messages. But the accused student possessed strong exculpatory evidence. He produced the full record of their communications, which included texts from the accuser to him discussing the encounter in a highly positive fashion and referencing a “plan” to have sex again. Further, a friend of the accuser, who saw her shortly after the incident, recalled her raving about her “really hot” experience.

Nonetheless, Brown’s disciplinary panel returned a guilty finding by 2-to-1. The decisive vote came from Besenia Rodriguez, the university’s associate dean for curriculum.

In subsequent court testimony after the accused sued Brown, Rodriguez admitted that she had not considered the accuser’s text messages or other post-incident behavior as having any bearing on the case. The reason, she said, was the hours of training that Brown had provided to prepare her to adjudicate the complaint—training required by the federal government. Rodriguez was specifically told that the impact of trauma on sexual-assault victims often causes them to behave in counterintuitive ways, such as not being able to recount a consistent set of facts or choosing to communicate with (rather than to avoid) the alleged assailant. “I felt like it couldn’t—I couldn’t really put myself in her shoes to understand why she was representing it that way,” explained Rodriguez, “so best not to attempt to judge her behavior.”

But judging the accuser’s behavior, noted U.S. District Judge William Smith, “was precisely her job as a panel member: to interpret the evidence and make factual determinations about it.” He added, “It appears what happened here was that a training presentation was given that resulted in at least one panelist completely disregarding an entire category of evidence”—evidence severely damaging to the accuser’s credibility.

Smith invalidated the university’s decision, noting, even apart from Rodriguez’s dereliction of duty, the overall process was far from equitable. The Brown official who designed the training Rodriguez received, Alana Sacks, did not respond to a request for comment.

Since 2011, the federal government has required all universities that receive federal money to provide “training or experience in handling complaints of sexual harassment and sexual violence” to adjudicators and investigators. Since nothing in the experience of most academics prepares them to competently investigate an offense that’s a felony in all 50 states, it makes sense to train those who are assigned to investigate campus sexual-assault allegations. But the ideological regimes used on many campuses are designed more to stack the deck against accused students than to ensure a fair inquiry. The risk of injustice is enhanced by the fact that, to the best of our knowledge, no school discloses the contents of its training materials to accused students before commencing the disciplinary process. The contrast between this training regime and the instructions given by judges to jurors in criminal trials—most obviously, that they should presume defendants innocent until proven guilty—is stark.

“In a criminal trial,” says former Baltimore state’s attorney Gregg L. Bernstein, “we ask jurors to use their common sense and apply their own life experiences to determining questions of credibility and guilt or innocence. We do not ‘train’ jurors at the expense of considering equally plausible factors as to why [an alleged] victim’s testimony might not be credible.” Bernstein, who during his term in office created a special unit to handle sexual-assault cases, believes a balance “can be struck in which the victim’s account is given credence and she is respected, while at the same time, the alleged assailant has the right to test the story. We should ask for no less when a person’s reputation can be altered for life by these types of [campus] allegations.”

The training mandate originated with the Obama administration’s 2011 “Dear Colleague” letter, which dictated campus procedures for sexual-assault allegations that dramatically increased the chances of guilty findings. Expanded guidance in 2014 from the Department of Education’s Office for Civil Rights ordered that the training include “the effects of trauma, including neurobiological change”—a phrase pregnant with hidden meaning. The Obama training requirements (without the “neurobiological change” part) were then formalized in a binding federal regulation in 2015.

While Secretary of Education Betsy DeVos has rescinded the 2011 and 2014 Obama commands, the 2015 regulation keeps most of the Obama training mandate in place. All the while, the secrecy of almost all the training materials has enabled them largely to escape public scrutiny.

“The biggest problem with these training materials,” says Justin Dillon, a Washington, D.C., lawyer who has defended dozens of students accused of sexual assault, “is that if the accuser comes in, contradicts herself and the evidence, all that gets explained away because of ‘trauma.’ Junk science like that makes it extraordinarily hard for students to defend themselves effectively. Schools cherry-pick studies without actually understanding anything about them; they just take this chicanery at face value. Students would need to first pay a lawyer, and then pay that lawyer to find a neuroscience expert who is both willing and qualified to take on this issue. And if you think lawyers are expensive, wait until you see how much experts charge.”

Middlebury College’s training, for instance, urges adjudicators to “start by believing” the accuser, while asking themselves whether the accused student is “who he said he is.” The training materials twice feature a hypothetical campus rapist announcing: “I am going to have sex tonight. If it is consensual, fine. But, I am going to have sex tonight.”

The college further orders that in order to be “objective,” investigation reports must not use the word “alleged” before “victim” or “sexual assault” and must avoid passages such as “the victim’s account of the incident is not believable or credible to officers given her actions during and after the encounter with the suspect” or the “victim has inconsistencies with her story.”

The role of the investigative report is especially important at Middlebury because, like more and more schools, it has abandoned disciplinary hearings on sexual-assault claims in favor of a single-investigator system. This was designed to shield the accuser from cross-examination, but also empowers a school-appointed official to serve as “detective, judge and jury,” in the words of Greg Lukianoff, president of the Foundation for Individual Rights in Education. In the specific system used at Middlebury, a college administrator renders the final decision based primarily on a report prepared by the investigator. The accused student and his representatives have no opportunity to cross-examine the accuser or the investigator. The training’s restrictions on the content of the investigator’s report thus have a direct effect on the final outcome.

After we wrote about the Middlebury training, the firm that conducted it, Margolis Healy, removed the associated material from its website. The company did not respond to a request for comment.

Eric Rosenberg, an Ohio lawyer who has represented accused students in both state and federal lawsuits, says that the “systemic bias” in training materials extends to essentially “mandating adjudicators shield accusers from exculpatory evidence” as it might “re-victimize the victim.” A state or federal judge, Rosenberg explains, “would undoubtedly find [that any] jury pool members who promise not to re-victimize a party who alleges an injury should be stricken for cause.”

Beyond putting a thumb on the scale towards guilt, campus-training materials are permeated by highly debatable psychological theories, spawned in part by the Obama administration’s requirement of training about “neurobiological change.”

Emily Yoffe’s blockbuster September article in the Atlantic on “The Bad Science Behind Campus Response to Sexual Assault” uncovered widespread use of a concept called “tonic immobility.” Yoffe explored the pervasive influence of Rebecca Campbell, a Michigan State psychology professor, who claims that as many as half of all sexual-assault victims experience tonic immobility and that this condition, along with other neurological effects that occur during an assault, renders them unable either to resist or to recall the alleged attack accurately later. Campbell has done no empirical research on tonic immobility, and there is no clear evidence that the phenomenon—in which some prey animals go into a type of temporary paralysis when threatened—occurs in humans.

Training at Harvard Law School in 2014 borrowed heavily from Campbell’s ideas about tonic immobility, according to an article by Harvard Law professor Janet Halley. She said the school provides its tribunals with “a sixth-grade level summary of selected neurobiological research,” which claims that rape victims’ trauma causes neurological changes, which can result in tonic immobility. This “can cause the victim to appear incoherent and to have emotional swings, memory fragmentation, and ‘flat affect’ [so that her statements] can be ‘[m]isinterpreted as being cavalier about [the event] or lying.’ ” The Harvard training, Halley wrote, is “100% aimed to convince [disciplinary panelists] to believe complainants, precisely when they seem unreliable and incoherent.”

A still-pending case led U.S. District Judge John Padova to suggest that the University of Pennsylvania’s training of campus adjudicators is so biased that it may violate Title IX by discriminating against males. In a September 13, preliminary ruling, Padova cited the university’s training materials as a basis for rejecting Penn’s motion to dismiss a Title IX claim in a lawsuit filed by a student the school had found guilty of sexual assault.

Penn used a training document, “Sexual Misconduct Complaint: 17 Tips for Student Discipline Adjudicators,” disseminated by Legal Momentum, a women’s advocacy group that has harshly assailed Betsy DeVos’s efforts to make the handling of campus sexual-assault complaints more fair. The 17 “tips” about accusers include:

“The fact that a complainant recounts a sexual assault somewhat differently from one retelling to the next may reflect memory processes rather than inattentiveness or deceit.” Legal Momentum provides no guidance on how adjudicators should identify “memory processes,” “inattentiveness,” or “deceit.” The implication that inconsistencies are irrelevant to assessing credibility is contrary both to our legal traditions and human experience.

“Victim behaviors during and after a sexual assault may appear counterintuitive to those unfamiliar with sexual assault.” The Legal Momentum document goes on to offer examples suggesting that virtually any conduct or statement by an accuser—resisting or not resisting the alleged assaulter; subsequently contacting or subsequently avoiding the alleged assaulter; testifying emotionally or listlessly; recalling or not recalling events—is consistent with the guilt of the accused.

“False allegations of rape are not common” and “research places the [false rape report] rate in the general population between 2% and 10%.” But this research defines “false” extremely restrictively and excludes a great many cases in which the accused is clearly not guilty of sexual assault and many more in which the available evidence leaves unclear the veracity of the accuser’s account.

As for accused students, Penn’s training material seems designed to sow skepticism about their claims of innocence. The “typical” campus rapist, according to the document, might possess many “apparent positive attributes such as talent, charm, and maturity [and] a deep commitment to community service.” But such traits are “generally irrelevant.” Campus rapists “[p]lan and premeditate their attacks, using sophisticated strategies to groom their victims for attack and isolate them physically.”

Bernstein, the former top Baltimore prosecutor, expressed concern that the Penn training did not meet the “standards” necessary for an “objective process” that could determine the truth of allegations. Most of the tips, he notes, “leave a clear presumption of guilt in the investigator or adjudicator’s mind and provide a victim-centric explanation for otherwise inconclusive, inconsistent, and exculpatory testimony to the exclusion of other factors.” Legal Momentum did not respond to a request for comment.

The training materials and practices that have surfaced from other institutions are equally one-sided.

George Mason’s training plan contains a lengthy section instructing investigators and adjudicators to “avoid an implication of blaming a complainant,” such as by holding “the belief or expressing an opinion that a person who is alleging sexual assault was in some way responsible, whether wholly or in part, for what happened.” Testing an accuser’s truthfulness by asking about her pre-incident behavior with the accused student or why she waited for months to file a report or why she did not go to the police would all constitute blaming the victim. If even considering asking any such questions, the adjudicator is ordered by the training to adjourn the meeting and consult with fellow panelists before proceeding. There is no comparable caution regarding questions asked of accused students.

A University of Texas blueprint for sexual-assault investigations recommends reducing “the number of reports prepared by investigators,” so as to frustrate defense lawyers’ efforts to point out contradictions among an accuser’s statements. This recommendation belies any pretense that the university’s investigators are neutral fact-finders.

The training at Ohio State tells disciplinary panelists that as many as “57 percent” of college males “report perpetrating a form of sexual[ly] aggressive behavior,” among other points seemingly designed to prompt guilty findings. We are aware of no reliable study that makes such a statistical claim. The judge who cited the 57 percent did not say where Ohio State got it, and the school’s full training materials remain sealed.

Cooper Union’s training program describes a “typical” sexual-assault case as the work of a scheming predator: An upper class male who meets a freshman female at a party, accompanies her alone back to her room, and “pours ten shots out of a bottle he pulls out of his backpack” for her to drink. The accuser can later recall nothing, but believes that they had sex.

At SUNY-Plattsburgh, the school’s Title IX coordinator trains the members of sexual-assault hearing panels. In a recent appellate hearing in New York state court, it was revealed that she had misstated the university’s own definition of consent to make a guilty finding more likely, by ruling out “consent by conduct” to sex. SUNY’s lawyer conceded to the appellate judges that the coordinator’s explanations of Plattsburgh policy to the tribunal members were “admittedly confusing.”

The head of a Title IX disciplinary panel at the University of North Carolina, Charlotte, testified in federal court that his institution’s training prompted him to deny the accused student a chance to present friendly, post-incident text messages the accuser sent to him, even though they contradicted her claim that she had come to fear him after they had sex. The panel chair said that the training allowed the tribunal to consider only any messages that “directly answer[ed] the question of consent, to consent to sexual acts.” A federal judge called this exclusion of exculpatory evidence “troubling” and denied the university’s motion for summary judgment.

Such training regimes are the norm across the country, according to four lawyers we talked to and to public statements by two others who have through lawsuits obtained the training materials adopted by many schools. The training materials used by the vast majority of colleges still remain secret.

The new regulations that Betsy DeVos has promised to issue regarding campus proceedings—probably next fall, after publishing proposed rules and considering public comments—will likely continue to require training of some kind, which, at least for investigators, is sensible if it is done well.

Meanwhile, the training materials we have seen are flatly contrary to the Trump administration’s interim guidance for colleges on campus sexual-assault allegations, which provides that “training materials or investigative techniques and approaches that apply sex stereotypes or generalizations may violate Title IX.” DeVos has repeatedly called for colleges to make their processes fair to accused students as well as their accusers.

The time is ripe for some of the accused to file complaints with the Department of Education’s Office for Civil Rights challenging these training programs as violating Title IX’s prohibition on sex discrimination. Such complaints would encourage the Education Department to require that schools make public the contents of their training for sexual assault investigations and tribunals. The accused—many of whom have wrongly assumed that they would be treated fairly and the truth would set them free—would then know what they are up against.
K.C. Johnson and Stuart Taylor Jr. are the authors of The Campus Rape Frenzy: The Attack on Due Process at America’s Universities (2017).

Voir de plus:

Pedagogy questioned

Penn grad student says she’s under fire on campus and off for using a teaching technique that involves specifically calling on students from underrepresented groups.

Colleen Flaherty
Inside higher ed
October 20, 2017

Anyone who’s ever taught a class knows some students say more than others. And most professors eventually develop some way of encouraging quieter students to contribute. In one more formal discussion-management technique, called progressive stacking, professors call on students who may be — for a variety of reasons — less likely to have their say. While every student is different, the reasons typically reflect the implicit biases observed outside the classroom, such as those related to race, gender, religion, sexual orientation or disability status. So, according to progressive stacking, a professor would call on a black or Latina woman before a white man, for example.

There’s the rub, at least in one class at the University of Pennsylvania. Stephanie McKellop, a graduate teaching assistant in history there, says she is under attack by fringe-right groups for using progressive stacking in her classes and then tweeting about it. Worse, she says, the university is cowing to such groups instead of supporting her. She’s claimed on social media that her classes were canceled this week and she may be asked to leave her program.

Here’s some of what McKellop tweeted earlier this week. Her social media accounts are private, but the posts have since been shared by her supporters, some of whom have contacted Penn on her behalf. The trouble apparently began with a post in which she wrote, « I will always call on my black women students first. Other [people of color] get second-tier priority. [White women] come next. And, if I have to, white men. » In a later post, she wrote, « Penn thinks I’m racist and discriminatory towards my students for using a very well worn pedagogical tactic which includes calling on [people of color]. »

Steven J. Fluharty, dean of the School of Arts and Sciences, refuted some of those claims in a statement Thursday, saying that McKellop has not been removed from her program and that Penn has “and will continue to respect and protect the graduate student’s right to due process.”

Penn knows and values the “importance of ensuring that students in groups that were historically marginalized have full opportunity to participate in classroom discussions,” Fluharty added. “Penn is strongly committed to providing respectful work and learning environments for all members of our community.”

Yet Fluharty seemed to validate McKellop’s claim that Penn has taken issue with her teaching style, saying that Penn is “looking into the current matter involving a graduate student teaching assistant to ensure that our students were not subjected to discriminatory practices in the classroom and to ensure that all of our students feel heard and equally engaged.”

McKellop did not immediately respond to an interview request Thursday. A spokeswoman for Penn said that McKellop has not been barred from teaching, but she provided no further details. McKellop’s adviser did not respond to a request for comment.

A number of academics expressed support for McKellop on social media and for progressive stacking. In general, it doesn’t mean excluding men or white students from conversations, or forcing underrepresented students to talk. Instead, it means calling on students who want to talk in the reverse order that one might predictably do so, based on social biases.

Jessie Daniels, a professor of sociology at Hunter College and the Graduate Center of the City University of New York, said progressive stacking has been around at least since she was in graduate school in the 1990s. She still uses it informally, to right her own tendency to call on men more frequently than women.

“If I have a class of 40 students, since Hunter is predominantly young women, I may have four or five young men in class,” Daniels said. “There’s still implicit bias, where we value men’s voices more than women’s voices, or men’s voices are deeper and carry more in a class. So I’m always trying to overcome my own bias to pick on men in class more than the women.”

As to whether purposely asking a woman to answer a question over a man was a kind of discrimination, Daniels said, “That gets it the wrong way around. This is a way of dealing with discrimination that we as professors can introduce into the classroom. It’s a good strategy, if you can do it.”

Daniels said she thought that the online backlash against McKellop seemed ripped from the “playbook” of the far right, which has attacked numerous professors involved in issues of race in recent months. Worse still, she said, McKellop, as a graduate student, is a particularly vulnerable target.

Cathy Davidson, director of the Futures Initiative at CUNY’s Graduate Center, has long advocated for inclusive teaching methods, including via the Humanities, Arts, Science and Technology Alliance and Collaboratory, which she co-founded. Davidson said Thursday that she didn’t particularly like progressive stacking, and that other methods seem “far better to me than making judgments on others’ privilege.”

Davidson instead recommended « inventory » methods that require participation by all students in the classroom, such as thoughtful « exit tickets » from a session, think-pair-share exercises or asking everyone to write down and then share a memorable sentence from a given reading.

Daniels said she didn’t know how pervasive progressive stacking is, but underscored that it’s nothing new. As for the situation at Penn specifically, Daniels said it would be unfortunate for the university to punish someone trying to “uphold its values. It would be a very misguided step on the part of Penn.”

Voir également:

Cannibalism Among the Oppressed

June 10, 2013

When big-bootied FLOTUS Michelle Obama was heckled last week by a grizzled lesbian activist who sort of resembles Glenn Beck with AIDS, the entire progressive coalition nearly came crashing to the ground.

Mrs. Obama was speaking about somethin’-somethin’ black when the activist interrupted her to start screaming about somethin’-somethin’ gay, at which point Obama left the podium to confront the woman. Video documentation of the event is scant, so it’s unclear whether Obama did that black-lady thing where they wag their finger and swivel their head.

“She came right down in my face,” said gay heckler Ellen Sturtz. “I was taken aback.”

Then, but of course, Sturtz was accused of using “white privilege” and “coded racial words” to play into ancient, hateful, and obviously disproved-by-science stereotypes of an “angry black woman.”

One can only imagine the furor if the lez had accused Michelle of chimping out.

“I take tremendous pleasure when my supposed enemies start shooting each other with friendly fire.”

A fat black lesbian who says she embraces the term “BlaQueer” to describe her multiple Identities of Oppression wrote a Huffington Post puff piece about how she couldn’t decide whose side to take:

I, like many other queer people of color, can’t separate my race and its history from my sexuality (or my gender performance/identity) and its history.

Like my mom always said, “‘Can’t’ means ‘won’t.’”

In the event’s wake, pro-homo serial event-interrupters Code Pink apparently made remarks critical of Michelle Obama on Twitter, then offered a groveling apology when told to check their privilege.

This shit never ends, and I love it. Since a white penis dangles atween my legs, progressive identity groups have designated me as their natural-born enemy. Therefore, I take tremendous pleasure when my supposed enemies start shooting each other with friendly fire.

One of the most fascinating aspects of the O. J. Simpson murder trial is that it forced the progressive-minded to take sides: Do they go against the woman-killer or the racist cop?

There are numerous examples of such seemingly insoluble liberal dilemmas, all of them hilarious to me.

Do you protect the environment, or do you allow the Third World to continue breeding like dusky hamsters?

Do you support Islam or the women who are getting their clits sliced off?

Do you come down on the side of unions or illegal-alien scab laborers?

Do you support Greenpeace or Injun whalers?

Do you oppose censorship or rape jokes?

Such constant squabbling usually devolves into pissing contests about who is more oppressed and who exactly is bullying whom.

The term for when one person’s oppression collides with another’s is intersectionality. It was allegedly coined by a black female lawyer named Kimberlé Crenshaw, and the way she spells “Kimberly” is really all you need to know about her. The general concept supposedly arose in the 1970s when black feminists started bitching about white feminists over who was more oppressed. In other words, it was the fruit of infighting among leftist identity groups, the result of cannibalism among the oppressed.

People who buy into this notion that they suffer from multiple forms of oppression—rather than the more likely explanation, which is that they suffer from multiple personalities—tend to explain intersectionality in ways either histrionically angry or academically tortured.

A shining example of the histrionically angry school is a screed called “MY FEMINISM WILL BE INTERSECTIONAL OR IT WILL BE BULLSHIT!” written by a “Latina” who claims she screams so much, it sometimes scares her cat.

Intersectionality, because it is by definition an insane if unfalsifiable notion, has gained traction in the so-called social sciences. In Sweden (of course), you can get a master’s degree in it. Never have so few used so many words to say so little. Intersectionality’s proponents prattle on about standpoint epistemology and interlocking matrices of oppression, about how intercategorical approaches are needed to determine how essentialist identities foster stereotyping, about how power carries gendered connotations and has androcentric biases that promote racialized belonging, and about how straight white males suck.

This is one of the reasons I sort of hope for a wholesale economic collapse—because people who talk like this will not have jobs.

The concept of intersectionality is also related to the “progressive stack,” which assumes that white males at all times bear noxious degrees of unearned power, which is why they have to get to the back of the line and let all the legless black lesbians speak first.

So much for transcending labels and viewing one another as individuals. These people want to institutionalize such labels. They balk at the concept of “assigned identity,” yet they also seem unable to live without it. So many of these multitudinous oppressed “identities” seem like nothing more than cheap cloaks to mask nakedly annoying personalities. People with bad personalities seem to have a built-in defense mechanism that makes them believe you actually hate them for any other possible reason besides their bad personalities. With all the banter about oppression, it’s hard to think of anything that stifles free speech and free expression more than such strident humorlessness.

As an unapologetic white male and therefore a designated cultural pariah, I take a sort of emperor’s glee in the gladiatorial spectacle of these special-interest ninnies eating each other. But it’s different from lions eating Christians. It’s more like Christians eating Christians.

Personally, I found these people far more likable when they were disenfranchised.

Voir encore:

San Francisco is once again the epicenter of the sanctuary city debate with the beginning of the sad and explosive trial of one of the most well-known and infamous illegal aliens in U.S. history. Juan Garcia Zarate (also known as Juan Francisco Lopez-Sanchez), an illegal alien from Mexico with seven felony convictions and five deportations, is on trial for the murder of 32 year-old Kate Steinle. Steinle was allegedly gunned down in broad daylight as she walked arm in arm with her father near the city’s Embarcadero district.

Just months before the shooting, instead of being deported, Garcia Zarate was released from jail and allowed back onto the streets due to San Francisco’s controversial and illegal sanctuary policies. Not surprisingly, when asked why he repeatedly returned to San Francisco, Zarate told local authorities that the city attracted him because of its sanctuary policies.

For many Americans, this senseless murder was regarded as something that could have easily been prevented through adequate border enforcement and a firm federal crackdown on sanctuary cities. On the one hand, Steinle’s death served as a wake-up call for the nation, made immigration reform a rallying cry and helped to propel Donald Trump to the Oval Office.

But sadly, many California pols were more than happy to turn a deaf ear to the suffering of the Steinle family, as well as the cries from other parents across the country who had lost loved ones to illegal aliens shielded by sanctuary policies. To them, Steinle was simply an acceptable loss on the altar of open borders.Just three months after Steinle’s murder, San Francisco, her hometown, revisited the sanctuary issue and instead of scrapping the dangerous policy, doubled down on its commitment to remain a sanctuary city. By a unanimous vote, the board of supervisors embraced the longstanding policy of releasing criminal illegal aliens back onto the streets instead of notifying Immigration and Customs Enforcement so that they can be removed from the country.

The California General Assembly demonstrated equal empathy for the Steinle family, with the passage of a bill that designated California as a sanctuary state. California Assemblyman Joaquin Arambula exclaimed that the bill would ensure that “California is a safe place for immigrants,” begging the question of what, if any, value is being placed on the lives of native-born Americans and legal residents.

It’s not just in the Golden State that sanctuary fever has caught on. At the beginning of this year, FAIR estimated that there were roughly 300 sanctuary cities and jurisdictions across the nation. Unbelievably, that number has now grown to an estimated 500, according to a list compiled by the Ohio Jobs and Justice Political Action Committee, a group that has tracked the issue for a decade. Not surprisingly, 101 of them are in California.

Thankfully, there’s some good news too. President Trump campaigned on ridding the nation of dangerous sanctuary cities and his attorney general, Jeff Sessions, has promised to “claw back” key federal funds from sanctuary jurisdictions. Several cities including Miami, Florida and Dayton, Ohio, dropped their sanctuary policies to avoid losing precious federal funding. The state of Texas recently passed anti-sanctuary legislation forbidding sanctuary policies across the state, and other states, are following suit.

There is also renewed action and commitment to fight dangerous sanctuary jurisdictions on the federal level. Two bills with strong bipartisan support recently passed the House of Representatives. They are now awaiting action in the Senate and there is hope that they will soon be scheduled for a vote, despite an already crowded agenda.

Kate’s Law,” named in memory of Kate Steinle, would increase current maximum sentences for illegal reentry into the United States. The No Sanctuary for Criminals Act clarifies ICE detainer authority to hold criminal aliens for up to 48 hours so they can be handed over to ICE. At the same time, it holds state and local governments responsible for so-called sanctuary policies that protect deportable criminal aliens from being removed from the country. Additionally, the bill also protects jurisdictions that comply with detainers from being sued, while allowing victims of crime to sue jurisdictions that refuse to comply and subsequently release criminal aliens onto the streets.

The sanctuary issue might be popular with the open border pols in California, but public sentiment is clearly on the side of immigration enforcement. According to a recent Zogby poll of 11 key swing states, three out of four registered voters believe that police and sheriffs must comply with detainer requests by ICE, with Hispanic voters showing considerably stronger support. By equal margins, voters believe sanctuary jurisdictions must be held accountable for crimes committed by people who were released into the community because of those policies.

While these laws won’t be able to bring back the loved ones lost by misguided sanctuary policies, they will go a long way in preventing future heartbreak for families who needlessly lose a loved one to someone here illegally.

Dave Ray is director of communication at the Federation for American Immigration Reform (FAIR), a nonprofit aimed at promoting legal immigration.

Voir enfin:

J’ai vécu (sans encombre) à New York, dans la clandestinité

Tout a commencé au printemps 2009 lorsqu’un ami m’a proposé d’aller passer trois mois à New York pour l’été. Ses deux frères habitant à Brooklyn, il m’explique que l’on pourra loger gratuitement chez eux et travailler…

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New York – Lyon69

Tout a commencé au printemps 2009 lorsqu’un ami m’a proposé d’aller passer trois mois à New York pour l’été. Ses deux frères habitant à Brooklyn, il m’explique que l’on pourra loger gratuitement chez eux et travailler (illégalement) dans des bars et restaurants où l’on sera payé grassement en pourboires.

Je suis un brin sceptique quant à notre capacité à nous faire embaucher « sans papiers » mais ses deux frères travaillant dans l’hôtellerie me confirment que ce ne sera effectivement qu’une simple formalité.

De nature aventureuse, je me débrouille pour récupérer un congé de six mois. J’achète mon billet d’avion quelques jours plus tard et me prépare mentalement à l’idée de passer un été à New York et me remplir les poches de dollars.

L’objectif, c’était d’y rester trois mois, économiser un maximum d’argent puis d’aller le dépenser en Amérique du Sud les trois mois suivants, avant de rentrer en Europe pour reprendre le boulot.

La concurrence est rude

Première constatation : ce n’est pas si évident de trouver un job. La très grande majorité des restaurants et bars ne me demande pas si je suis en règle. En parlant avec certains employés, la plupart d’entre eux travaillent illégalement en étant payé cash, du sous-chef mexicain à la serveuse d’Europe de l’Est.

A force d’acharnement, je finis par trouver un boulot de serveur à Brooklyn. Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf que je ne gagne pas tant de dollars que ça et que la fin de l’été approche, tout comme la validité de mon visa touristique de 90 jours.

On décide donc avec mon ami de faire un aller-retour à Montréal pour récupérer un nouveau visa de 90 jours et poursuivre l’aventure jusqu’aux fêtes de Noël, réputées très juteuses dans la restauration.

De retour à New York (sans encombre), je dois trouver au plus vite une chambre pour me loger – après trois mois à squatter les canapés. Je ne roule malheureusement pas sur l’or après un été calamiteux sur le plan des revenus. Grâce à un collègue, je dégote cependant une chambre pas chère, mais dans un appartement de Brooklyn miteux à souhait. Après avoir changé de travail et déménagé deux fois (de plus), je finis par être bien installé ainsi qu’a gagner ma vie correctement.

La saison des fêtes s’avère très rentable et en moins de deux mois j’ai réussi à économiser un joli petit pactole. Mais mon visa arrive à échéance bientôt et je dois prendre une décision :

  • dois-je rentrer en Europe pour reprendre un boulot intéressant mais très mal payé ?
  • dois-je rester à New York à faire un travail pas intéressant mais payé cinq fois plus ?

Entre temps, je suis tombé amoureux de New York : je décide finalement de rester plus longtemps. J’achète un billet d’avion pour l’Equateur et tente de récupérer un troisième visa touristique d’affilé, avec tous les risques que cela comporte. En effet, en tant que citoyens européens, nous sommes limités par la loi à deux visas touristiques de 90 jours pour une période de douze mois.

Pour l’immigration américaine, il est indispensable de posséder un billet prouvant votre intention de quitter le territoire sous 90 jours. J’ai donc également acheté un billet d’avion New York-Montréal (remboursable) qui décolle quelques jours à peine après mon retour l’Equateur.

Le passage à la douane s’est de nouveau passé sans encombre, mais cela, je le dois aux deux pauvres passagers me précédant dans la queue, qui se sont fait embarquer pour un interrogatoire. Grâce à eux, notre agent a expédié la queue dans laquelle je me trouvais, car plusieurs passagers derrière moi se plaignaient de l’attente. Comme quoi, parfois, ça ne tient pas à grand chose…

Impossible n’est pas Américain !

Maintenant que j’ai décidé de rester aux Etats-Unis un peu plus longtemps, je dois me débrouiller pour me simplifier la vie. Je commence par ouvrir un compte en banque. Techniquement, il est « impossible » aux USA de travailler, ouvrir un compte en banque, emprunter, accéder à la sécurité sociale… sans numéro de sécurité sociale.

Dans la pratique, c’est un peu différent… J’ai ouvert un compte en banque grâce à une banquière peu regardante, signé un bail à un propriétaire qui ne posait pas de questions, ouvert un contrat de téléphonie mobile. Je vais dans un centre destiné aux immigrants pour voir un dentiste et, en cas d’urgence, je peux toujours aller dans un des nombreux hôpitaux publics de la ville pour me faire soigner.

L’un des propriétaires du restaurant où je travaille, depuis mon retour d’Equateur, vient tout juste de se faire régulariser après avoir vécu ici illégalement pendant douze ans ! Il possédait une entreprise de construction
et un bar, il avait un emprunt immobilier pour sa maison et possédait deux voitures… Ici, rien n’est impossible !

Donc, même âpres avoir vécu illégalement aux Etats-Unis pendant des années, il est tout à fait possible de se faire régulariser très facilement. Il suffit pour cela, de se marier avec un(e) citoyen(ne) américain(e).

Ce n’est plus possible dans tous les Etats mais cela reste permis dans un certain nombre, notamment l’Etat de New York et ceux du Connecticut ou de Californie. Une fois marié, il suffit de faire les démarches nécessaires et sous moins de deux mois on reçoit une « green card » temporaire ainsi qu’un numéro de sécurité sociale. Sous deux ans, votre « green card » définitive vous sera délivrée suite éventuellement à un rendez-vous avec les services de l’immigration où vous aurez à prouver que votre mariage est légitime.

Il est même possible de faire la demande d’un « numéro de taxe » (ID Tax Number) pour payer des impôts en travaillant illégalement. Aussi surprenant que cela puisse paraître, payer des impôts en travaillant illégalement, c’est tout à fait possible et même conseillé ! Car si par la suite vous parvenez à vous faire régulariser (par le mariage), toutes les années ou vous aurez payé des impôts seront alors prises en compte dans les délais d’octroi de la citoyenneté américaine.

Alors, comment se fait-il qu’il soit donc plutôt aisé de vivre et travailler illégalement aux USA ?

New York, ville « sanctuaire » pour les immigrants illégaux

« Ville sanctuaire » désigne une ville qui met en place certaines pratiques pour protéger les immigrants illégaux/sans-papiers. Elles sont une trentaine aux Etats-Unis à avoir ce « label ».

Ces pratiques peuvent être définie par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Concrètement, une ville n’accordera aucun budget pour lutter contre l’immigration illégale ou ne permettra pas aux autorités locales de contrôler le statut d’immigrant d’un civil. Depuis 1996 et surtout depuis 2006, des séries de lois portées en majorité par le parti Républicain, lutte contre ces « libertés » accordées aux immigrants illégaux et tente de donner davantage de pouvoir au gouvernement fédéral (dont dépend la gestion de l’immigration) localement au sein des Etats.

A l’heure actuelle, ce sont surtout les Etats du Sud du pays qui sont touchés : Alabama, Texas, Arizona, Mississippi et Géorgie… Mais la tendance, surtout depuis la crise financière de 2008, s’oriente vers davantage de contrôle ainsi qu’un renforcement des lois.

A New York, il est possible mais peu probable que des agents de l’immigration débarquent dans un restaurant ou un bar pour faire un contrôle car vous l’aurez compris, les lois locales sont en « faveur » des immigrants. Et dans la réalité, la plupart des bars et restaurants de la ville fermeraient car la main d’œuvre utilisée par cette industrie est en majorité ici illégalement ! Dans la pratique donc, les travailleurs illégaux sont « tolérés » par les autorités locales.

Dans les faits, la police peut vérifier votre identité mais n’a pas le droit (contrairement à la France) de vérifier la situation relative à votre visa.

Par exemple, il est tout à fait possible en étant sans-papiers, de passer devant un juge et être condamné pour des faits mineurs, sans se faire par la suite expulser. C’est arrivé à un de nos cuisiniers mexicains… Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que ce n’est pas le rôle de la justice locale de s’occuper de l’immigration !

Cela tient aussi au fait que le travail des différentes agences locales ou fédérales ne collaborent pas vraiment ensemble et ne travaille pas à partir des mêmes bases de données.

Il ne faut pas être claustrophobe

Après avoir obtenu mon troisième visa touristique d’affilé, j’ai décidé, après mûre réflexion, de poursuivre l’aventure à New York, au-delà de mon visa et donc de rentrer dans la clandestinité.

Le risque je le connaissais bien : si je quittais ensuite le territoire moins de 365 jours après l’expiration de mon visa, je m’exposais à une exclusion du territoire de trois ans – plus de 365 jours, une exclusion de dix ans.

Dans le pire des cas, j’allais être banni des USA pour les dix prochaines années, mais à n’importe quel moment, il me suffisait de me marier avec une américaine pour faire sauter les sanctions.

Pour moi, l’un des principaux inconvénients de vivre illégalement aux Etats-Unis, c’est qu’on finit par se sentir légèrement enfermé… Il ne faut pas être claustrophobe.

Le voyage est l’une de mes grandes passions et il ne m’est pas vraiment possible de prendre l’avion. Techniquement, on peut prendre des lignes intérieures sans passer pas l’immigration mais il y a un risque, car il y a toujours un agent de l’immigration présent dans tous les terminaux des aéroports. Donc cela va faire bientôt deux ans et demi que je n’ai pas mis les pieds dans un avion et ça, c’est le coté un peu difficile à vivre.

Je me suis marié l’année dernière à l’Hôtel de ville de New York sans que l’on ne me pose la moindre question (une fois de plus !). Ma femme n’étant pas américaine (on ne force pas l’amour), nous avons donc décidé d’aller poursuivre notre aventure ailleurs. Mais j’ai passé trois années fantastiques à New York.

 COMPLEMENT:

Abus sexuels : le cauchemar sans fin de Hollywood
Harvey Weinstein, Kevin Spacey, Louis C. K., Brett Ratner… Les révélations en cascade d’abus sexuels bouleversent le monde du divertissement américain, au point d’écorner l’image d’une usine à rêves mythique.
Constance et Jamet Etienne Sorin
Le Figaro
14/11/2017

Il règne à Hollywood une atmosphère de guerre. On ignore qui, demain, sera le prochain à être reconnu comme prédateur sexuel. Des noms circulent. Des projets de films, de séries en cours suscitent l’inquiétude à la seule idée que l’une de leurs pièces maîtresses puisse être concernée», résume Jordan Mintzer, correspondant du Hollywood Reporter à Paris. Cela fait un mois que le New York Times et le New Yorker ont ouvert la boîte de Pandore en révélant les abus auxquels se livrait Harvey Weinstein envers ses collaboratrices, des actrices et même des journalistes. La chute du nabab a libéré la parole. D’autres harceleurs ont été dénoncés: le producteur Brett Ratner, le cinéaste et scénariste James Toback, les acteurs Steven Seagal, Louis C. K. et Kevin Spacey ou encore Roy Price, patron d’Amazon Studio, la branche de production de films du géant du commerce en ligne. Un séisme dont l’onde de choc ne montre aucun signe d’affaiblissement.

Contrairement aux scandales sexuels de l’âge d’or de Hollywood, les studios ne ferment plus les yeux. Craignant pour leurs recettes et leur image, ils affichent une tolérance zéro et prennent leur distance avec les mis en cause, enterrant ou suspendant des franchises emblématiques. « La rapidité et la sévérité de leur réponse sont d’une ampleur inédite » , confirme Jordan Mintzer. Vingt-quatre heures après les déclarations d’Anthony Rapp, l’acteur de Star Trek Discovery , qui accusait Kevin Spacey d’avoir tenté de le violer alors qu’il n’avait que 14 ans, Netflix, le diffuseur, et la société de production MRC interrompent le tournage de la saison 6 de House of Cards. Les témoignages des techniciens et assistants s’accumulant, la plateforme SVOD annonce, trois jours plus tard, limoger sa star et geler la production afin de permettre aux scé- naristes de réécrire leurs intrigues et trouver un moyen de tuer le personnage incarné par Spacey, le président américain sans scrupules Frank Underwood. Une solution d’autant plus complexe que deux épisodes étaient déjà en boîte. Netflix abandonne aussi le film co-produit par et avec Spacey, Gore, sur la relation entre un jeune homme et célèbre écrivain américain Gore Vidal, qui devait sortir l’an prochain. La postproduction était presque terminée. De son côté, Sony maintient la sortie en salle fin décembre de Tout l’argent du monde , projet phare de Ridley Scott avec Spacey dans un second rôle, par égard pour « les 800 comédiens et techniciens ayant contribué au long-métrage » . Mais, sans attendre l’aval de Sony, le réalisateur remplace, à moins de cinq semaines de la sortie, Kevin Spacey par Christopher Plummer. Un geste jamais vu qui a sidéré les observateurs. Le film était terminé ; les bandes-annonces en ligne sur YouTube. Les huit à dix jours de tournage additionnels, l’insertion dans le montage terminé de Plummer – qui nécessitera de nombreux effets spéciaux – se chiffreront en millions de dollars ! Mais cette audace pourrait valoir à Ridley Scott, qui s’était vu imposer Spacey par le studio, la nomination aux Oscars qui lui manque tant. Même bannissement pour l’humoriste Louis C. K.. Ayant bâti sa carrière sur son personnage quasi autobiographique d’artiste déprimé ayant le sexe triste, la vedette de stand-up a reconnu des comportements exhibitionnistes. Aussitôt, Netflix, la chaîne FX Networks, filiale de la Fox, et ses agents ont cessé toute collaboration. Sa comédie noire qui devait sortir le lendemain a été reportée sine die. ARP, le distributeur français qui a acheté I Love You Daddy ! au Festival de Toronto en septembre dernier, prévoyait une sortie le 27 décembre. Louis C. K. a annulé sa venue en France et ARP est tributaire de la décision des Américains. « C’est un film formidable, regrette Michèle Halberstadt, chez ARP. Malheureusement, il n’est plus montrable dans le contexte actuel. Le film ne peut plus être vu pour ce qu’il est. » Matthew Weiner, le showrunner de la série Mad Men , est quant à lui accusé de harcèlement sexuel par l’une des anciennes scénaristes du show, Kater Gordon. En pleine promotion de son premier roman, Heather, par dessus tout , il conteste les faits. Son éditeur français, Gallimard, confirme sa venue à Paris les 29 et 30 novembre prochain. Mais gare aux studios qui seraient trop lents à prendre la mesure du problème ! Partenaire majeur de Warner Bros via sa société RatPac, le producteur Brett Ratner a maltraité plusieurs femmes, dont les actrices Olivia Munn et Ellen Page. Warner Bros a annoncé rompre avec le réalisateur de block busters (Rush Hour , X-Men : L’Affrontement final ), chassé de ses bureaux. Le contrat de 450 millions de dollars liant RatPac et Warner court néanmoins jusqu’en 2018. Une ambiguïté insupportable pour Gal Gadot. La star de Wonder Woman, produit par Ra- tner, aurait exigé pour reprendre son rôle que la Warner rachète les parts du cinéaste, le privant ainsi de tout bénéfice. Même les rescapés de précédents scandales ne sont plus intouchables. Woody Allen, qui a survécu dans l’industrie en dépit d’accusations d’attouchements sur ses enfants adoptifs vieilles de vingt ans, vacille. Produit par Amazon, son prochain long-métrage, Wonder Wheel, a vu sa première supprimée in extremis mi-octobre. Le cinéaste, dont le fils Ronan Farrow est l’auteur de l’enquête dévastatrice du New Yorker, s’inquiétait du moral de Harvey Weinstein et d’une éventuelle chasse aux sorcières (avant de faire machine arrière). De quoi plomber son film et son interprète Kate Wins- let, qui pouvait espérer briller dans cette saison des prix mise complètement sens dessus dessous. Jadis silencieuse, car dépendante de la manne publicitaire des studios, la presse spécialisée a joint ses forces d’investigation au grand déballage. Variety et The Hollywood Reporter ont, ce week-end, révélé des témoignages à charge contre George Takei, l’icône de Star Trek , et Andrew Kreisberg, producteur exécutif de Supergirl , Flash et Arrow , les séries de super-héros de la CW, propriété de la Warner. « La mentalité machiste de Hollywood qu’incarnait à merveille Weinstein où une actrice, scénariste ou réalisatrice devait supporter gestes et paroles salaces pour être acceptée est désormais contestée » , veut croire Jordan Mintzer. Cependant, le journaliste du Hollywood Reporter reconnaît que l’affaire Weinstein est à double tranchant : « Les femmes devant et derrière la caméra seront sans doute mieux traitées. Mais, côté business, pour s’éviter des risques de procès, les agences et les studios pourraient freiner les embauches. »


Réfugiés: Attention, une préférence peut en cacher une autre (Refugee madness: Our tradition has never been an unlimited open-door policy)

29 janvier, 2017
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Si certains veulent utiliser la laïcité, ça a déjà été fait dans le passé, contre certaines catégories de populations, c’était il y a quarante ans les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes, c’est aujourd’hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans qu’on amalgame d’ailleurs souvent avec les islamistes radicaux. C’est intolérable. Vincent Peillon (France 2)
Nous déclarons notre droit sur cette terre, à être des êtres humains, à être respectés en tant qu’êtres humains, à accéder aux droits des êtres humains dans cette société, sur cette terre, en ce jour, et nous comptons le mettre en œuvre par tous les moyens nécessaires. Malcom X (1964)
Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes. (…) Tous les moyens sont bons lorsqu’ils sont efficaces. Jean-Paul Sartre (les mains sales, II, 5, 1963)
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Ils ont été horriblement traités. Savez-vous que si vous étiez chrétien en Syrie, il était impossible, ou du moins très difficile d’entrer aux États-Unis ? Si vous étiez un musulman, vous pouviez entrer, mais si vous étiez chrétien, c’était presque impossible et la raison était si injuste, tout le monde était persécuté… Ils ont coupé les têtes de tout le monde, mais plus encore des chrétiens. Et je pensais que c’était très, très injuste. Nous allons donc les aider. Donald Trump
L’amour du prochain est une valeur chrétienne et cela implique de venir en aide aux autres. Je crois que c’est ce qui unit les pays occidentaux. Sigmar Gabriel (ministre allemand des Affaires étrangères)
Obama, franchement il fait partie des gens qui détestent l’Amérique. Il a servi son idéologie mais pas l’Amérique. Je remets en cause son patriotisme et sa dévotion à l’église qu’il fréquentait. Je pense qu’il était en désaccord avec lui-même sur beaucoup de choses. Je pense qu’il était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci. Evelyne Joslain
Christians are believed to have constituted about 30% of the Syrian population as recently as the 1920s. Today, they make up about 10% of Syria’s 22 million people. Hundreds of thousands of Christians have been displaced by fighting or left the country. Melkite Greek Catholic Patriarch Gregorios III Laham said last year that more than 1,000 Christians had been killed, entire villages cleared, and dozens of churches and Christian centres damaged or destroyed. Many fear that if President Assad is overthrown, Christians will be targeted and communities destroyed as many were in Iraq after the US-led invasion in 2003. They have also been concerned by the coming to power of Islamist parties in post-revolutionary Egypt and Tunisia. Patriarch Gregorios said the threat to Christianity in Syria had wider implications for the religion’s future in the Middle East because the country had for decades provided a refuge for Christians from neighbouring Lebanon, Iraq and elsewhere. BBC
The Orlando nightclub shooter, the worst mass-casualty gunman in US history, was the son of immigrants from Afghanistan. The San Bernardino shooters were first and second generation immigrants from Pakistan. Nidal Hassan, the Fort Hood killer, was the son of Palestinian immigrants. The Tsarnaev brothers who detonated bombs at the 2013 Boston marathon held Kyrgyz nationality. The would-be 2010 Times Square car bomber was a naturalized immigrant from Pakistan. The ringleader of the Paris attacks of November 2015, about which Donald Trump spoke so much on the campaign trail, was a Belgian national of Moroccan origins. President Trump’s version of a Muslim ban would have protected the United States from none of the above. (…) As ridiculous as was the former Obama position that Islamic terrorism has nothing to do with Islam, the new Trump position that all Muslims are potential terrorists is vastly worse. What Trump has done is to divide and alienate potential allies—and push his opponents to embrace the silliest extremes of the #WelcomeRefugees point of view. By issuing his order on Holocaust Remembrance Day, Trump empowered his opponents to annex the victims of Nazi crimes to their own purposes. The Western world desperately needs a more hardheaded approach to the issue of refugees. It is bound by laws and treaties written after World War II that have been rendered utterly irrelevant by a planet on the move. Tens of millions of people seek to exit the troubled regions of Central America, the Middle East, West Africa, and South Asia for better opportunities in Europe and North America. The relatively small portion of that number who have reached the rich North since 2013 have already up-ended the politics of the United States, the United Kingdom, and the European Union. German chancellor Angela Merkel’s August 2015 order to fling open Germany’s doors is the proximate cause of the de-democratization of Poland since September 2015, of the rise of Marine LePen in France, of the surge in support for Geert Wilders in the Netherlands, and—I would argue—of Britain’s vote to depart the European Union. The surge of border crossers from Central America into the United States in 2014, and Barack Obama’s executive amnesties, likewise strengthened Donald Trump. (…) without the dreamy liberal refusal to recognize the reality of nationhood, the meaning of citizenship, and the differences between cultures, Trump would never have gained the power to issue that order. (…) When liberals insist that only fascists will defend borders, then voters will hire fascists to do the job liberals won’t do. This weekend’s shameful chapter in the history of the United States is a reproach not only to Trump, although it is that too, but to the political culture that enabled him. Angela Merkel and Donald Trump may be temperamental opposites. They are also functional allies. David Frum
Trump isn’t making this up; Obama-administration policy effectively discriminated against persecuted religious-minority Christians from Syria (even while explicitly admitting that ISIS was pursuing a policy of genocide against Syrian Christians), and the response from most of Trump’s liberal critics has been silence (…) Liberals are normally the first people to argue that American policy should give preferential treatment to groups that are oppressed and discriminated against, but because Christians are the dominant religious group here — and the bêtes noires of domestic liberals — there is little liberal interest in accommodating U.S. refugee policy to the reality on the ground in Syria. So long as Obama could outsource religious discrimination against Christian refugees to Jordan and the U.N., his supporters preferred the status quo to admitting that Trump might have a point. On the whole, 2016 was the first time in a decade when the United States let in more Muslim than Christian refugees, 38,901 overall, 75 percent of them from Syria, Somalia, and Iraq, all countries on Trump’s list — and all countries in which the United States has been actively engaged in drone strikes or ground combat over the past year. Obama had been planning to dramatically expand that number, to 110,000, in 2017 — only after he was safely out of office. This brings us to a broader point: The United States in general, and the Obama administration in particular, never had an open-borders policy for all refugees from everywhere, so overwrought rhetoric about Trump ripping down Lady Liberty’s promise means comparing him to an ideal state that never existed. In fact, the Obama administration completely stopped processing refugees from Iraq for six months in 2011 over concerns about terrorist infiltration, a step nearly identical to Trump’s current order, but one that was met with silence and indifference by most of Trump’s current critics. Only two weeks ago, Obama revoked a decades-old “wet foot, dry foot” policy of allowing entry to refugees from Cuba who made it to our shores. His move, intended to signal an easing of tensions with the brutal Communist dictatorship in Havana, has stranded scores of refugees in Mexico and Central America, and Mexico last Friday deported the first 91 of them to Cuba. This, too, has no claim on the conscience of Trump’s liberal critics. After all, Cuban Americans tend to vote Republican. Even more ridiculous and blinkered is the suggestion that there may be something unconstitutional about refusing entry to refugees or discriminating among them on religious or other bases (a reaction that was shared at first by some Republicans, including Mike Pence, when Trump’s plan was announced in December 2015). There are plenty of moral and political arguments on these points, but foreigners have no right under our Constitution to demand entry to the United States or to challenge any reason we might have to refuse them entry, even blatant religious discrimination. Under Article I, Section 8 of the Constitution, Congress’s powers in this area are plenary, and the president’s powers are as broad as the Congress chooses to give him. If liberals are baffled as to why even the invocation of the historically problematic “America First” slogan by Trump is popular with almost two-thirds of the American public, they should look no further than people arguing that foreigners should be treated by the law as if they were American citizens with all the rights and protections we give Americans. Liberals are likewise on both unwise and unpopular ground in sneering at the idea that there might be an increased risk of radical Islamist terrorism resulting from large numbers of Muslims entering the country as refugees or asylees. There have been many such cases in Europe, ranging from terrorists (as in the Brussels attack) posing as refugees to the infiltration of radicals and the radicalization of new entrants. The 9/11 plotters, several of whom overstayed their visas in the U.S. after immigrating from the Middle East to Germany, are part of that picture as well. Here in the U.S., we have had a number of terror attacks carried out by foreign-born Muslims or their children. The Tsarnaev brothers who carried out the Boston Marathon bombing were children of asylees; the Times Square bomber was a Pakistani immigrant; the underwear bomber was from Nigeria; the San Bernardino shooter was the son of Pakistani immigrants; the Chattanooga shooter was from Kuwait; the Fort Hood shooter was the son of Palestinian immigrants. All of this takes place against the backdrop of a global movement of radical Islamist terrorism that kills tens of thousands of people a year in terrorist attacks and injures or kidnaps tens of thousands more. There are plenty of reasons not to indict the entire innocent Muslim population, including those who come as refugees or asylees seeking to escape tyranny and radicalism, for the actions of a comparatively small percentage of radicals. But efforts to salami-slice the problem into something that looks like a minor or improbable outlier, or to compare this to past waves of immigrants, are an insult to the intelligence of the public. The tradeoffs from a more open-borders posture are real, and the reasons for wanting our screening process to be a demanding one are serious. Like it or not, there’s a war going on out there, and many of its foot soldiers are ideological radicals who wear no uniform and live among the people they end up attacking. If your only response to these issues is to cry “This is just xenophobia and bigotry,” you’re either not actually paying attention to the facts or engaging in the same sort of intellectual beggary that leads liberals to refuse to distinguish between legal and illegal immigrants. Andrew Cuomo declared this week, “If there is a move to deport immigrants, I say then start with me” — because his grandparents were immigrants. This is unserious and childish: President Obama deported over 2.5 million people in eight years in office, and I didn’t see Governor Cuomo getting on a boat back to Italy. (…) A more trenchant critique of Trump’s order is that he’s undercutting his own argument by how narrow the order is. Far from a “Muslim ban,” the order applies to only seven of the world’s 50 majority-Muslim countries. Three of those seven (Iran, Syria, and Sudan) are designated by the State Department as state sponsors of terror, but the history of terrorism by Islamist radicals over the past two decades — even state-sponsored terrorism – is dominated by people who are not from countries engaged in officially recognized state-sponsored terrorism. The 9/11 hijackers were predominantly Saudi, and a significant number of other attacks have been planned or carried out by Egyptians, Pakistanis, and people from the various Gulf states. But a number of these countries have more significant business and political ties to the United States (and in some cases to the Trump Organization as well), so it’s more inconvenient to add them to the list. Simply put, there’s no reason to believe that the countries on the list are more likely to send us terrorists than the countries off the list. That said, the seven states selected do include most of the influx of refugees and do present particular logistical problems in vetting the backgrounds of refugees. If Trump’s goal is simply to beef up screening after a brief pause, he’s on firmer ground. (…) But our tradition has never been an unlimited open-door policy, and President Trump’s latest moves are not nearly such a dramatic departure from the Obama administration as Trump’s liberal critics (or even many of his fans) would have you believe. Dan McLaughlin
Experts say another reason for the lack of Christians in the makeup of the refugees is the makeup of the camps. Christians in the main United Nations refugee camp in Jordan are subject to persecution, they say, and so flee the camps, meaning they are not included in the refugees referred to the U.S. by the U.N. “The Christians don’t reside in those camps because it is too dangerous,” Shea said. “They are preyed upon by other residents from the Sunni community, and there is infiltration by ISIS and criminal gangs.” “They are raped, abducted into slavery and they are abducted for ransom. It is extremely dangerous; there is not a single Christian in the Jordanian camps for Syrian refugees,” Shea said. Fox news
Les États-Unis ont accepté 10 801 réfugiés syriens, dont 56 chrétiens. Pas 56 pour cent; 56 au total, sur 10 801. C’est-à-dire la moitié de 1 pour cent. Newsweek

Attention: une préférence peut en cacher une autre !

Alors qu’après l’accident industriel Obama qui a mis avec l’abandon de l’Irak le Moyen-Orient à feu et à sang …

Et sa version Merkel qui a déversé sur l’Europe, avec son lot d’attentats, une véritable invasion musulmane …

Sans compter après l’expulsion des juifs et leur interdiction d’accès dans nombre de pays musulmans, la menace de la disparition de son berceau historique de la totalité de la population chrétienne …

Nos belles âmes n’ont pas, entre deux appels plus ou moins subtils à l’assassinat du nouveau président américain, de mots assez durs …

Pour condamner – même s’il oublie étrangement les fourriers saoudiens et qataris ou pakistanais dudit terrorisme – le moratoire de trois mois de ce dernier …

Sur l’entrée des citoyens de sept pays particulièrement à risque (Syrie, Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yemen) …

Et de quatre mois sur l’accueil de réfugiés de pays en guerre ainsi que la priorité aux réfugiés chrétiens de Syrie …

Devinez combien de chrétiens figuraient dans les quelque 10 000 réfugiés syriens que les Etats-Unis ont accueillis l’an dernier ?

Tollé international après le décret anti-réfugiés de Donald Trump
Les Echos
28/01 / 17

Au lendemain de la signature d’un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de sept pays à majorité musulmane, la communauté internationale a fait part de son indignation.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Au lendemain de la signature d’un décret suspendant l’entrée aux Etats-Unis des réfugiés et des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, la communauté internationale n’a pas dissimulé son indignation.

A commencer par François Hollande qui a exhorté l’Europe à « engager avec fermeté » le dialogue avec le président américain. Le chef de l’Etat français a d’ailleurs fait cette déclaration quelques heures avant son premier entretien téléphonique avec son homologue américain.

Ce samedi soir, à l’occasion d’un appel prévu entre les deux présidents, Hollande en a profité pour rappeler à Trump que « le repli sur soi est une réponse sans issue », a rapporté l’Elysée. Il a par ailleurs invité le président américain au « respect » du principe de « l’accueil des réfugiés ».

L’Allemagne et la France sur la même ligne

Plus tôt dans la journée, les chefs de la diplomatie française et allemande ont aussi exprimé leur inquiétude. « Nous avons des engagements internationaux que nous avons signés. L’accueil des réfugiés qui fuient la guerre, qui fuient l’oppression, ça fait partie de nos devoirs », a martelé Jean-Marc Ayrault.

« L’amour du prochain est une valeur chrétienne et cela implique de venir en aide aux autres. Je crois que c’est ce qui unit les pays occidentaux », a renchérit Sigmar Gabriel, nommé ministre allemand des Affaires étrangères vendredi.

Côté Royaume-Uni, Theresa May a quant à elle refusé de condamner la décision de Donald Trump. « Les Etats-Unis sont responsables de la politique américaine sur les refugiés. Le Royaume-Uni est responsable de la politique britannique sur les réfugiés », a-t-elle répondu. « Nous ne sommes pas d’accord avec ce type d’approche », a néanmoins précisé un porte-parole, indiquant que le gouvernement britannique interviendrait si la mesure venait à avoir un impact sur les citoyens de son pays.

Réactions des principaux concernés

Concerné par le décret, l’Iran a vivement réagi ce samedi. La République islamique « prendra les mesures consulaires, juridiques et politiques appropriées », a expliqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, parlant d' »un affront fait ouvertement au monde musulman et à la nation iranienne ».

L’exécutif iranien a aussi déclaré que « tout en respectant le peuple américain et pour défendre les droits de ses citoyens », il a décidé « d’appliquer la réciprocité après la décision insultante des Etats-Unis concernant les ressortissants iraniens et tant que cette mesure n’aura pas été levée. »

Pour l’instant, les autres pays visés par ce décret, à savoir l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen, n’ont pas réagi publiquement. En revanche, le Premier ministre turc a affirmé que la crise des réfugiés ne serait pas résolue « en érigeant des murs ». La Turquie est le premier pays à subir de plein fouet les conséquences de la guerre civile en Syrie et l’afflux de réfugiés.

Le Canada continuera d’accueillir des réfugiés « indépendamment de leur foi »

Sans commenter directement la décision américaine, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a affirmé la volonté de son pays d’accueillir les réfugiés « indépendamment de leur foi ».

Répondant d’autre part à des inquiétudes sur l’impact du décret sur le Canada, le bureau du Premier ministre a affirmé tard dans la soirée avoir reçu des assurances de Washington que les Canadiens possédant la double nationalité des pays visés ne seraient pas affectés par l’interdiction.

Soutien israélien

Le président américain a en revanche été applaudi par le président tchèque Milos Zeman qui s’est félicité de que le président américain « protège son pays » et se soucie « de la sécurité de ses citoyens. Exactement ce que les élites européennes ne font pas », a tweeté son porte-parole.

De même pour le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a écrit sur son compte twitter : « Président Trump a raison. J’ai fait construire un mur aux frontières sud d’Israël. Ca a empêché l’immigration illégale. Un vrai succès. Une grande idée. »

Indignation aux Etats-Unis

Sur le sol américain, le décret intitulé « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis » a déjà fait déjà l’objet d’une plainte déposée par plusieurs associations de défense des droits civiques américaines, dont la puissante ACLU, qui veulent le bloquer.

L’opposition démocrate aux Etats-Unis a de son côté dénoncé un décret « cruel » qui sape « nos valeurs fondamentales et nos traditions, menace notre sécurité nationale et démontre une méconnaissance totale de notre strict processus de vérification, le plus minutieux du monde » selon les mots du sénateur démocrate Ben Cardin, membre de la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Ces mesures figuraient en bonne place dans le programme du candidat républicain, qui avait un temps envisagé d’interdire à tous les musulmans de se rendre aux Etats-Unis.

Voir aussi:

Trump annonce la suspension du programme d’accueil des réfugiés le 27 janvier 2017 dans les locaux du Pentagone à Washington. © Carlos Barria/Reuters

Donald Trump tient ses promesses de campagne. Cette fois, c’est sur la protection du territoire contre la menace terroriste qu’il a signé deux décrets. L’un interdit l’accès aux citoyens de sept pays arabes, l’autre met en pause l’accueil de réfugiés de pays en guerre.

Les ressortissants de sept pays sont désormais persona non grata aux Etats-Unis. Ainsi en a décidé le nouveau président Donald Trump en fermant temporairement l’accès de son pays aux citoyens de Syrie, de l’Irak, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et du Yemen. Objectif affirmé par Donald Trump, «maintenir les terroristes islamistes radicaux hors des Etats-Unis d’Amérique».

Il a annoncé que de nouvelles mesures de contrôle seraient mises sur pied, sans préciser lesquelles. «Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l’étranger.»
Dans le même temps le président annonce que priorité sera donnée aux réfugiés chrétiens de Syrie.

Washington va également arrêter pendant quatre mois le programme d’accueil des réfugiés de pays en guerre. Pour l’année 2016, l’administration américaine avait admis près de 85.000 réfugiés, dont 10.000 Syriens. Elle s’était donné pour objectif d’accueillir 110.000 réfugiés en 2017, un chiffre ramené à 50.000 par l’administration Trump. Ce programme date de 1980 et n’a été interrompu qu’une fois, après les attentats du 11 septembre 2001.

Réactions indignées
Les murs qui se dressent, les barrières qui se ferment, partout dans le monde, les réactions aux premières mesures de Donald Trump se multiplient.
La plus symbolique est surement celle de la jeune Pakistanaise Malala Yousafzaï, cible des fondamentalistes talibans et prix Nobel de la paix en 2014. Elle a déclaré avoir «le coeur brisé de voir l’Amérique tourner le dos à son fier passé d’accueil de réfugiés et de migrants».

Onze autres prix Nobel et des universitaires renommés ont également lancé une pétition réclamant la reprise de l’accueil des visiteurs des sept pays visés. «Une épreuve injustifiée pour des gens qui sont nos étudiants, nos collègues, nos amis et des membres de notre communauté.»

Deux ONG, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR), ont appelé Donald Trump à maintenir l’accueil aux Etats-Unis. «Les besoins des réfugiés et des migrants à travers le monde n’ont jamais été aussi grands et le programme américain de réinstallation est l’un des plus importants du monde», écrivent les deux ONG dans un communiqué commun.

Même le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, s’en est indigné sur sa page, rappelant que les Etats-Unis sont un pays de migrants, à commencer par sa famille.

Conséquences
Selon A. Ayoub, directeur juridique du Comité arabo-américain contre les discriminations, les conséquences sont immédiates. Ces mesures frappent notamment des Arabo-Américains dont des proches étaient en route pour une visite aux Etats-Unis. Le regroupement de familles séparées par la guerre va aussi devenir impossible.

Voir également:

Middle East

‘Gross injustice’: Of 10,000 Syrian refugees to the US, 56 are Christian

September 02, 2016

The Obama administration hit its goal this week of admitting 10,000 Syrian refugees — yet only a fraction of a percent are Christians, stoking criticism that officials are not doing enough to address their plight in the Middle East.

Of the 10,801 refugees accepted in fiscal 2016 from the war-torn country, 56 are Christians, or .5 percent.

A total of 10,722 were Muslims, and 17 were Yazidis.

The numbers are disproportionate to the Christian population in Syria, estimated last year by the U.S. government to make up roughly 10 percent of the population. Since the outbreak of civil war in 2011, it is estimated that between 500,000 and 1 million Christians have fled the country, while many have been targeted and slaughtered by the Islamic State.

In March, Secretary of State John Kerry said the U.S. had determined that ISIS has committed genocide against minority religious groups, including Christians and Yazidis.

“In my judgment, Daesh is responsible for genocide against groups in territory under its control, including Yazidis, Christians and Shia Muslims,” Kerry said at the State Department, using an alternative Arabic name for the group.

He also accused ISIS of “crimes against humanity” and « ethnic cleansing. »

Yet, despite the strong words, relatively few from those minority groups have been brought into the United States. A State Department spokesperson told FoxNews.com that religion was only one of many factors used in determining a refugee’s eligibility to enter the United States.

Critics blasted the administration for not making religion a more important factor, as the U.S. government has prioritized religious minorities in the past in other cases.

“It’s disappointingly disproportional,” Matthew Clark, senior counsel at the American Center for Law and Justice (ACLJ), told FoxNews.com. “[The Obama administration has] not prioritized Christians and it appears they have actually deprioritized them, put them back of the line and made them an afterthought.”

“This is de facto discrimination and a gross injustice,” said Nina Shea, director of the Hudson Institute’s Center for Religious Freedom.

Experts say another reason for the lack of Christians in the make-up of the refugees is the make-up of the camps. Christians in the main United Nations refugee camp in Jordan are subject to persecution, they say, and so flee the camps, meaning they are not included in the refugees referred to the U.S. by the U.N.

“The Christians don’t reside in those camps because it is too dangerous,” Shea said. “They are preyed upon by other residents from the Sunni community and there is infiltration by ISIS and criminal gangs.”

“They are raped, abducted into slavery and they are abducted for ransom. It is extremely dangerous, there is not a single Christian in the Jordanian camps for Syrian refugees,” Shea said.

However, Kristin Wright, director of advocacy for Open Doors USA – a group that advocates for Christians living in dangerous areas across the world – told FoxNews.com that another reason is many Christians are choosing to stick it out in Syria, or going instead to urban areas for now.

“Many have fled to urban areas instead of the camps, so they may be living in Beirut instead of living in a broader camp, meaning many are not registering as refugees,” Wright said. “They may still come to the U.S. but may come through another immigration pathway.”

However, others called on the Obama administration, in light of its genocide declaration, to do more to assist Christians, including setting up safe zones in Syria or actively seeking out Christians via the use of contractors to bring them to safety.

In March, Sen. Tom Cotton, R-Ark., introduced legislation that would give special priority to refugees who were members of persecuted religious minorities in Syria.

“We must not only recognize what’s happening as genocide, but also take action to relieve it, » Cotton said.

“The administration did the right thing by recognizing genocide, but by not taking action, it deflates it and makes it so Christians and others are not receiving any help,” Clark said. “So it’s all words and no actions, it’s just lip service on the issue of the genocide.”

This week, the ACLJ filed a lawsuit against the State Department for not responding to Freedom of Information Act requests about what the administration is doing to combat the genocide.

For Shea, the question is not just about helping refugees, but the very survival of Christianity in the 2,000-year community that has existed since the apostolic era of Christianity.

« This Christian community is dying, » she said. « I fear that there will be no Christians left when the dust settles. »

Adam Shaw is a Politics Reporter and occasional Opinion writer for FoxNews.com. He can be reached here or on Twitter: @AdamShawNY.

 Voir encore:
Refugee Madness: Trump Is Wrong, But His Liberal Critics Are Crazy
Dan McLaughlin
January 28, 2017
The anger at his new policy is seriously misplaced.

President Trump has ordered a temporary, 120-day halt to admitting refugees from seven countries, all of them war-torn states with majority-Muslim populations: Iraq, Iran, Syria, Yemen, Sudan, Libya, and Somalia. He has further indicated that, once additional screening provisions are put in place, he wants further refugee admissions from those countries to give priority to Christian refugees over Muslim refugees. Trump’s order is, in characteristic Trump fashion, both ham-handed and underinclusive, and particularly unfair to allies who risked life and limb to help the American war efforts in Iraq and Afghanistan. But it is also not the dangerous and radical departure from U.S. policy that his liberal critics make it out to be. His policy may be terrible public relations for the United States, but it is fairly narrow and well within the recent tradition of immigration actions taken by the Obama administration.

First, let’s put in context what Trump is actually doing. The executive order, on its face, does not discriminate between Muslim and Christian (or Jewish) immigrants, and it is far from being a complete ban on Muslim immigrants or even Muslim refugees. Trump’s own stated reason for giving preference to Christian refugees is also worth quoting:

Trump was asked whether he would prioritize persecuted Christians in the Middle East for admission as refugees, and he replied, “Yes.” “They’ve been horribly treated,” he said. “Do you know if you were a Christian in Syria it was impossible, at least very tough, to get into the United States? If you were a Muslim you could come in, but if you were a Christian it was almost impossible. And the reason that was so unfair — everybody was persecuted, in all fairness — but they were chopping off the heads of everybody, but more so the Christians. And I thought it was very, very unfair. “So we are going to help them.”

Trump isn’t making this up; Obama-administration policy effectively discriminated against persecuted religious-minority Christians from Syria (even while explicitly admitting that ISIS was pursuing a policy of genocide against Syrian Christians), and the response from most of Trump’s liberal critics has been silence:

The United States has accepted 10,801 Syrian refugees, of whom 56 are Christian. Not 56 percent; 56 total, out of 10,801. That is to say, one-half of 1 percent. The BBC says that 10 percent of all Syrians are Christian, which would mean 2.2 million Christians. . . . Experts say [one] reason for the lack of Christians in the makeup of the refugees is the makeup of the camps. Christians in the main United Nations refugee camp in Jordan are subject to persecution, they say, and so flee the camps, meaning they are not included in the refugees referred to the U.S. by the U.N. “The Christians don’t reside in those camps because it is too dangerous,” [Nina Shea, director of the Hudson Institute’s Center for Religious Freedom] said. “They are preyed upon by other residents from the Sunni community, and there is infiltration by ISIS and criminal gangs.” “They are raped, abducted into slavery and they are abducted for ransom. It is extremely dangerous; there is not a single Christian in the Jordanian camps for Syrian refugees,” Shea said.

Liberals are normally the first people to argue that American policy should give preferential treatment to groups that are oppressed and discriminated against, but because Christians are the dominant religious group here — and the bêtes noires of domestic liberals — there is little liberal interest in accommodating U.S. refugee policy to the reality on the ground in Syria. So long as Obama could outsource religious discrimination against Christian refugees to Jordan and the U.N., his supporters preferred the status quo to admitting that Trump might have a point.

On the whole, 2016 was the first time in a decade when the United States let in more Muslim than Christian refugees, 38,901 overall, 75 percent of them from Syria, Somalia, and Iraq, all countries on Trump’s list — and all countries in which the United States has been actively engaged in drone strikes or ground combat over the past year. Obama had been planning to dramatically expand that number, to 110,000, in 2017 — only after he was safely out of office.

This brings us to a broader point: The United States in general, and the Obama administration in particular, never had an open-borders policy for all refugees from everywhere, so overwrought rhetoric about Trump ripping down Lady Liberty’s promise means comparing him to an ideal state that never existed. In fact, the Obama administration completely stopped processing refugees from Iraq for six months in 2011 over concerns about terrorist infiltration, a step nearly identical to Trump’s current order, but one that was met with silence and indifference by most of Trump’s current critics.

Only two weeks ago, Obama revoked a decades-old “wet foot, dry foot” policy of allowing entry to refugees from Cuba who made it to our shores. His move, intended to signal an easing of tensions with the brutal Communist dictatorship in Havana, has stranded scores of refugees in Mexico and Central America, and Mexico last Friday deported the first 91 of them to Cuba. This, too, has no claim on the conscience of Trump’s liberal critics. After all, Cuban Americans tend to vote Republican.

Even more ridiculous and blinkered is the suggestion that there may be something unconstitutional about refusing entry to refugees or discriminating among them on religious or other bases (a reaction that was shared at first by some Republicans, including Mike Pence, when Trump’s plan was announced in December 2015). There are plenty of moral and political arguments on these points, but foreigners have no right under our Constitution to demand entry to the United States or to challenge any reason we might have to refuse them entry, even blatant religious discrimination. Under Article I, Section 8 of the Constitution, Congress’s powers in this area are plenary, and the president’s powers are as broad as the Congress chooses to give him. If liberals are baffled as to why even the invocation of the historically problematic “America First” slogan by Trump is popular with almost two-thirds of the American public, they should look no further than people arguing that foreigners should be treated by the law as if they were American citizens with all the rights and protections we give Americans.

Liberals are likewise on both unwise and unpopular ground in sneering at the idea that there might be an increased risk of radical Islamist terrorism resulting from large numbers of Muslims entering the country as refugees or asylees. There have been many such cases in Europe, ranging from terrorists (as in the Brussels attack) posing as refugees to the infiltration of radicals and the radicalization of new entrants. The 9/11 plotters, several of whom overstayed their visas in the U.S. after immigrating from the Middle East to Germany, are part of that picture as well. Here in the U.S., we have had a number of terror attacks carried out by foreign-born Muslims or their children. The Tsarnaev brothers who carried out the Boston Marathon bombing were children of asylees; the Times Square bomber was a Pakistani immigrant; the underwear bomber was from Nigeria; the San Bernardino shooter was the son of Pakistani immigrants; the Chattanooga shooter was from Kuwait; the Fort Hood shooter was the son of Palestinian immigrants. All of this takes place against the backdrop of a global movement of radical Islamist terrorism that kills tens of thousands of people a year in terrorist attacks and injures or kidnaps tens of thousands more.

There are plenty of reasons not to indict the entire innocent Muslim population, including those who come as refugees or asylees seeking to escape tyranny and radicalism, for the actions of a comparatively small percentage of radicals. But efforts to salami-slice the problem into something that looks like a minor or improbable outlier, or to compare this to past waves of immigrants, are an insult to the intelligence of the public. The tradeoffs from a more open-borders posture are real, and the reasons for wanting our screening process to be a demanding one are serious.

Like it or not, there’s a war going on out there, and many of its foot soldiers are ideological radicals who wear no uniform and live among the people they end up attacking. If your only response to these issues is to cry “This is just xenophobia and bigotry,” you’re either not actually paying attention to the facts or engaging in the same sort of intellectual beggary that leads liberals to refuse to distinguish between legal and illegal immigrants. Andrew Cuomo declared this week, “If there is a move to deport immigrants, I say then start with me” — because his grandparents were immigrants. This is unserious and childish: President Obama deported over 2.5 million people in eight years in office, and I didn’t see Governor Cuomo getting on a boat back to Italy.

Conservatives have long recognized these points — which is another way of saying that a blank check for refugee admissions is no more a core principle of the Right than it is of the Left.

A more trenchant critique of Trump’s order is that he’s undercutting his own argument by how narrow the order is. Far from a “Muslim ban,” the order applies to only seven of the world’s 50 majority-Muslim countries. Three of those seven (Iran, Syria, and Sudan) are designated by the State Department as state sponsors of terror, but the history of terrorism by Islamist radicals over the past two decades — even state-sponsored terrorism – is dominated by people who are not from countries engaged in officially recognized state-sponsored terrorism. The 9/11 hijackers were predominantly Saudi, and a significant number of other attacks have been planned or carried out by Egyptians, Pakistanis, and people from the various Gulf states. But a number of these countries have more significant business and political ties to the United States (and in some cases to the Trump Organization as well), so it’s more inconvenient to add them to the list. Simply put, there’s no reason to believe that the countries on the list are more likely to send us terrorists than the countries off the list.

That said, the seven states selected do include most of the influx of refugees and do present particular logistical problems in vetting the backgrounds of refugees. If Trump’s goal is simply to beef up screening after a brief pause, he’s on firmer ground.

The moral and strategic arguments against Trump’s policy are, however, significant. America’s open-hearted willingness to harbor refugees from around the world has always been a source of our strength, and sometimes an effective tool deployed directly against hostile foreign tyrannies. Today, for example, the chief adversary of Venezuela’s oppressive economic policies is a website run by a man who works at a Home Depot in Alabama, having been granted political asylum here in 2005. And the refugee problem is partly one of our own creation. My own preference for Syrian refugees, many of them military-age males whom Assad is trying to get out of his country, has been to arm them, train them, and send them back, after the tradition of the Polish and French in World War II and the Czechs in World War I. But that requires support that neither Trump nor Obama has been inclined to provide, and you can’t seriously ask individual Syrians to fight a suicidal two-front war against ISIS and the Russian- and Iranian-backed Assad without outside support. So where else can they go?

Also, some people seeking refugee status or asylum may have stronger claims on our gratitude. Consider some of the first people denied entry under the new policy:

The lawyers said that one of the Iraqis detained at Kennedy Airport, Hameed Khalid Darweesh, had worked on behalf of the United States government in Iraq for ten years. The other, Haider Sameer Abdulkhaleq Alshawi, was coming to the United States to join his wife, who had worked for an American contractor, and young son, the lawyers said.

These specific cases may or may not turn out to be as sympathetic as they appear; these are statements made by lawyers filing a class action, who by their own admission haven’t even spoken to their clients. But in a turn of humorous irony that undercut some of the liberal narrative, it turns out that Darweesh told the press that he likes Trump. Trump’s moves are not as dramatic a departure from the Obama administration as his critics would have you believe.

Certainly, we should give stronger consideration to refugee or asylum claims from people who are endangered as a result of their cooperation with the U.S. military. But such consideration can still be extended on a case-by-case basis, as the executive order explicitly permits: “Notwithstanding a suspension pursuant to subsection (c) of this section or pursuant to a Presidential proclamation described in subsection (e) of this section, the Secretaries of State and Homeland Security may, on a case-by-case basis, and when in the national interest, issue visas or other immigration benefits to nationals of countries for which visas and benefits are otherwise blocked.”

Trump also seems to have triggered some unnecessary chaos at the airports and borders around the globe by signing the order without a lot of adequate advance notice to the public or to the people charged with administering the order. That’s characteristic of his early administration’s public-relations amateur hour, and an unnecessary, unforced error. Then again, the core policy is one he broadcast to great fanfare well over a year ago, so this comes as no great shock.

The American tradition of accepting refugees and asylees from around the world, especially from the clutches of our enemies, is a proud one, and it is a sad thing to see that compromised. And while Middle Eastern Christians should be given greater priority in escaping a region where they are particularly persecuted, the next step in this process should not be one that seeks to permanently enshrine a preference for Christians over Muslims generally. But our tradition has never been an unlimited open-door policy, and President Trump’s latest moves are not nearly such a dramatic departure from the Obama administration as Trump’s liberal critics (or even many of his fans) would have you believe. — Dan McLaughlin is an attorney in New York City and an NRO contributing columnist.

Voir enfin:

The Roots of a Counterproductive Immigration Policy
The liberal scorn for nationhood and refusal to adapt immigration policy to changing circumstances enables the rise of extremism in the West.
David Frum
The Atlantic monthly
Jan 28, 2017

The Orlando nightclub shooter, the worst mass-casualty gunman in US history, was the son of immigrants from Afghanistan. The San Bernardino shooters were first and second generation immigrants from Pakistan. Nidal Hassan, the Fort Hood killer, was the son of Palestinian immigrants. The Tsarnaev brothers who detonated bombs at the 2013 Boston marathon held Kyrgyz nationality. The would-be 2010 Times Square car bomber was a naturalized immigrant from Pakistan. The ringleader of the Paris attacks of November 2015, about which Donald Trump spoke so much on the campaign trail, was a Belgian national of Moroccan origins. President Trump’s version of a Muslim ban would have protected the United States from none of the above.

If the goal is to exclude radical Muslims from the United States, the executive order Trump announced on Friday seems a highly ineffective way to achieve it. The Trump White House has incurred all the odium of an anti-Muslim religious test, without any attendant real-world benefit. The measure amounts to symbolic politics at its most stupid and counterproductive. Its most likely practical effect will be to aggravate the political difficulty of dealing directly and speaking without euphemisms about Islamic terrorism. As ridiculous as was the former Obama position that Islamic terrorism has nothing to do with Islam, the new Trump position that all Muslims are potential terrorists is vastly worse.
What Trump has done is to divide and alienate potential allies—and push his opponents to embrace the silliest extremes of the #WelcomeRefugees point of view. By issuing his order on Holocaust Remembrance Day, Trump empowered his opponents to annex the victims of Nazi crimes to their own purposes.

The Western world desperately needs a more hardheaded approach to the issue of refugees. It is bound by laws and treaties written after World War II that have been rendered utterly irrelevant by a planet on the move. Tens of millions of people seek to exit the troubled regions of Central America, the Middle East, West Africa, and South Asia for better opportunities in Europe and North America. The relatively small portion of that number who have reached the rich North since 2013 have already up-ended the politics of the United States, the United Kingdom, and the European Union. German chancellor Angela Merkel’s August 2015 order to fling open Germany’s doors is the proximate cause of the de-democratization of Poland since September 2015, of the rise of Marine LePen in France, of the surge in support for Geert Wilders in the Netherlands, and—I would argue—of Britain’s vote to depart the European Union. The surge of border crossers from Central America into the United States in 2014, and Barack Obama’s executive amnesties, likewise strengthened Donald Trump.

It’s understandable why people in the poor world would seek to relocate. It’s predictable that people in the destination nations would resist. Interpreting these indelible conflicts through the absurdly inapt analogy of German and Austrian Jews literally fleeing for their lives will lead to systematically erroneous conclusions.

We need a new paradigm for a new time. The social trust and social cohesion that characterize an advanced society like the United States are slowly built and vulnerable to erosion. They are eroding. Trump is more the symptom of that erosion than the cause.

Trump’s executive order has unleashed chaos, harmed lawful U.S. residents, and alienated potential friends in the Islamic world. Yet without the dreamy liberal refusal to recognize the reality of nationhood, the meaning of citizenship, and the differences between cultures, Trump would never have gained the power to issue that order.

Liberalism and nationhood grew up together in the 19th century, mutually dependent. In the 21st century, they have grown apart—or more exactly, liberalism has recoiled from nationhood. The result has not been to abolish nationality, but to discredit liberalism.

When liberals insist that only fascists will defend borders, then voters will hire fascists to do the job liberals won’t do. This weekend’s shameful chapter in the history of the United States is a reproach not only to Trump, although it is that too, but to the political culture that enabled him. Angela Merkel and Donald Trump may be temperamental opposites. They are also functional allies.

 


Repentance: C’est la faute à Jésus, imbécile ! (Between Mother Teresa and John Wayne: The moral double bind which the West and the world currently face is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded cultures under biblical influence)

28 mai, 2016
Time1993cherchez-femmehiroshima-pourquoi-le-japon-prefere-quobama-ne-sexcuse-pas-web-tete-021973685430ObamaGreetingsYairGolanHeroPolicemanbatmanvsupermanOn vit la vie en regardant en avant mais on ne peut la comprendre qu’en regardant en arrière. Kierkegaard
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. (…) Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. Jésus (Matthieu 20:16-27)
Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Jésus (Matthieu 5: 43-45)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Rouget de Lisle
Ils disent: nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de dieu. Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute, ils n’ont que des opinions, ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant, Dieu est le sage. Le Coran (Sourate IV, verset 157-158)
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus. Nietzsche
A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Hitler
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
Dans la Bible, c’est la victime qui a le dernier mot et cela nous influence même si nous ne voulons pas rendre à la Bible l’hommage que nous lui devons. René Girard
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Tu vois, ce que nous appelons Dieu dépend de notre tribu, Clark Joe, parce que Dieu est tribal; Dieu prend parti! Aucun homme dans le ciel n’est intervenu quand j’étais petit pour me délivrer du poing et des abominations de papa. J’ai compris depuis longtemps que Si Dieu est tout puissant, il ne peut pas être tout bienveillant. Et s’il est tout bienveillant, il ne peut pas être tout puissant. Et toi non plus ! Lex Luthor
Cette sorte de pouvoir est dangereux. (…) Dans une démocratie, le bien est une conversation et non une décision unilatérale. Sénatrice Finch (personnage de Batman contre Superman)
La bonne idée de ce nouveau film des écuries DC Comics, c’est de mettre en opposition deux conceptions de la justice, en leur donnant vie à travers l’affrontement de deux héros mythiques. (…) Superman et Batman ne sont pas des citoyens comme les autres. Ce sont tous les deux des hors-la-loi qui œuvrent pour accomplir le Bien. Néanmoins, leur rapport à la justice n’est pas le même: l’un incarne une loi supérieure, l’autre cherche à échapper à l’intransigeance des règles pour mieux faire corps avec le monde. Le personnage de Superman évoque une justice divine transcendante, ou encore supra-étatique. À plusieurs reprises, le film met en évidence le défaut de cette justice surhumaine, trop parfaite pour notre monde. Superman est un héros kantien, pour qui le devoir ne peut souffrir de compromission. Cette rigidité morale peut alors paradoxalement conduire à une vertu vicieuse, trop sûre d’elle même. On reprochait au philosophe de Königsberg sa morale de cristal, parfaite dans ses intentions mais prête à se briser au contact de la dure réalité. Il en va de même pour Superman et pour sa bonne volonté, qui vient buter sur la brutalité de ses adversaires et sur des dilemmes moraux à la résolution impossible. Le personnage de Batman incarne quant à lui une justice souple, souterraine, infra-étatique et peut-être trop humaine. Le modèle philosophique le plus proche est celui de la morale arétique du philosophe Aristote. Si les règles sont trop rigides, il faut privilégier, à la manière du maçon qui utilise comme règle le fil à plomb qui s’adapte aux contours irréguliers, une vertu plus élastique. Plutôt que d’obéir à des impératifs catégoriques, le justicier est celui qui sait s’adapter et optimiser l’agir au cas particulier. Paradoxalement, cette justice de l’ombre peut aller jusqu’à vouloir braver l‘interdit suprême ; le meurtre; puisque Batman veut en finir avec Superman. (…) De la même façon, le film pose dès le départ, à travers les discours d’une sénatrice, le problème critique du recours au super-héros. Ce dernier déresponsabilise l’homme, court-circuite le débat démocratique et menace par ses super-pouvoirs toute possibilité d’un contre-pouvoir. Les « Watchmen », adaptation plus subtile de l’oeuvre de Alan Moore par le même Zack Snyder posait déjà la question : « Who watches the Watchmen ? » Le Nouvel Obs
Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique. Eric Cantona
 As often as not in Israel, military leaders and security officials are to the left of the public and their civilian leadership. (…) At a ceremony marking Holocaust Remembrance Day earlier this month, Yair Golan, Israel’s deputy chief of staff, compared trends in Israeli society to Germany in the 1930s. When Mr. Netanyahu rebuked him—correctly—for defaming Israel and cheapening the memory of the Holocaust, Mr. Ya’alon leapt to the general’s defense and told officers that they should feel free to speak their minds in public. Hence his ouster. At stake here is no longer the small question about Sgt. Azariah, where the military establishment is in the right. It’s the greater question of civilian-military relations, where Israel’s military leaders are dead wrong. A security establishment that feels no compunction about publicly telling off its civilian masters is on the road to becoming a law unto itself—the Sparta of Mr. Tyler’s imagination, albeit in the service of leftist goals.(…) It was Israel’s security establishment, led by talented former officers such as Yitzhak Rabin and Ehud Barak, that led Israelis down the bloody cul-de-sac formerly called the peace process. If their views are no longer regarded as sacrosanct, it’s a sign of Israel’s political maturity, not decline. There’s a larger point here, relevant not only to Israel, about the danger those who believe themselves to be virtuous pose to those who merely wish to be free. In the Middle East, the virtuous are often the sheikhs and ayatollahs, exhorting the faithful to murder for the sake of God. In the West, the virtuous are secular elites imposing what Thomas Sowell once called “the vision of the anointed” on the benighted masses. Mr. Lieberman is nobody’s idea of an ideal defense minister. And both he and his boss are wrong when it comes to the shameful case of Sgt. Azariah. But those who believe that Israel must remain a democracy have no choice but to take Mr. Netanyahu’s side. Bret Stephens
La scène est surréaliste. Montrant le contre-champ des images qui ont circulé toute la journée et sur lesquelles ont peut voir un véhicule de police incendié par des casseurs en marge de la manifestation « anti-flic » ce mercredi 18 mai à Paris, la séquence permet de mesurer la violence qui s’est abattue sur ces policiers (…). Avant que le véhicule disparaisse dans les flammes, on peut le voir arriver sur le quai de Valmy, alors que la circulation est perturbée par les manifestants. La patrouille se retrouve donc bloquée, sans issue, constituant une cible de choix pour les casseurs les plus déterminés. Un individu attaque à coups de pieds la vitre côté conducteur, alors que divers projectiles commencent à pleuvoir. Les jeunes encagoulés vont alors ensuite entreprendre de se servir d’objets plus lourds, comme des bornes anti-stationnement, pour attaquer le véhicule. À force de coups répétés, la vitre arrière se brise et l’un d’eux entreprend de jeter un objet enflammé dans l’habitacle, alors toujours occupé par les policiers. Quand le conducteur du véhicule sort, il est pris à partie par un manifestant qui lui assène plusieurs coups de bâtons. L’agent de police garde son calme, esquivant les coups jusqu’à tourner les talons. Huffington Post
Je serais ravi de les rencontrer pour les remercier d’être dans ce pays, et présenter mes excuses auprès d’eux au nom du Parti républicain pour Donald Trump. Bob Bennett
Une chose m’effraie. C’est de relever les processus nauséabonds qui se sont déroulés en Europe en général et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80 et 90 ans. Et de voir des signes de cela parmi nous en cette année 2016. La Shoah doit inciter à une réflexion fondamentale sur la façon dont on traite ici et maintenant l’étranger, l’orphelin et la veuve.  Il n’y a rien de plus simple que de haïr l’étranger, rien de plus simple que de susciter les peurs et d’intimider… Yaïr Golan (chef d’état major de l’armée israélienne)
L’ensemble du musée célèbre une forme d’année « zéro » du Japon, passé soudain, en août 1945, du statut d’agresseur brutal de l’Asie à celui de victime. Non loin de là, dans le mémorial pour les victimes de la bombe atomique, construit au début des années 2000 par le gouvernement, quelques lignes expliquent vaguement « qu’à un moment, au XXe siècle, le Japon a pris le chemin de la guerre » et que « le 8 décembre 1941, il a initié les hostilités contre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres ». Nulle évocation de la colonisation brutale de la région par les troupes nippones au début des années trente. Rien sur les massacres de civils et les viols de masse commis en Chine, à Nankin. Pas une ligne sur le sort des milliers de jeunes femmes asiatiques transformées en esclaves sexuelles pour les soldats nippons dans la région. Aucune mise en perspective permettant aux visiteurs japonais de tenter un travail de mémoire similaire à celui réussi en Allemagne dès la fin du conflit. Les enfants japonais n’ont pas d’équivalent de Dachau à visiter. Beaucoup ont, un temps, espéré que Barack Obama bouleverserait cette lecture, qui a été confortée par des années d’un enseignement et d’une culture populaire expliquant que le pays et son empereur, Hirohito, avaient été entraînés malgré eux par une poignée de leaders militaires brutaux. Le dirigeant allait, par un discours de vérité, forcer le Japon à se regarder dans le miroir. Mais le président américain a déjà annoncé qu’il ne prononcerait pas à Hiroshima les excuses symboliques qui auraient pu contraindre les élites nippones à entamer une introspection sur leur vision biaisée de l’histoire. Le responsable devrait essentiellement se concentrer sur un discours plaidant pour un monde sans armes nucléaires, au grand soulagement du Premier ministre nippon, Shinzo Abe, qui estime que son pays a, de toute façon, suffisamment demandé pardon et fait acte de contrition. (…) S’ils craignent que la venue du président américain à Hiroshima n’incite le Japon à se cloîtrer dans cette amnésie et cette victimisation, les partisans d’un réexamen du passé nippon veulent encore croire que la seule présence de Barack Obama alimentera un débat sur la capacité de Tokyo à entamer une démarche similaire auprès de ses grands voisins asiatiques et de son allié américain. Déjà, mercredi soir, des médias ont embarrassé Shinzo Abe en le questionnant publiquement sur son éventuelle visite du site américain de Pearl Harbor, à Hawaii. Le 7 décembre 1941, cette base américaine fut attaquée par surprise par l’aéronavale japonaise et 2.403 Américains furent tués au cours du raid, qui reste vécu comme un traumatisme aux Etats-Unis. Les médias sud-coréens et chinois vont, eux, défier le Premier ministre japonais d’oser venir dans leur pays déposer des fleurs sur des monuments témoins de l’oppression nippone d’autrefois. A quand une visite de Shinzo Abe à Nankin, demanderont-ils. Jamais, répondra le gouvernement conservateur. En déstabilisant Pékin, qui nourrit sa propagande des trous de mémoire de Tokyo, un tel geste symbolique témoignerait pourtant d’une maturité du Japon plus marquée et lui donnerait une aura nouvelle dans l’ensemble de l’Asie-Pacifique. Yann Rousseau
Formuler des excuses pour un chef d’Etat reste très compliqué, Barack Obama ne serait sans doute pas hostile à l’idée d’exprimer des regrets pour les souffrances infligées, mais d’un point de vue diplomatique, s’excuser revient à ouvrir un débat historique qui n’a jamais existé. Lorsque la guerre s’est terminée, une sorte de compromis a été établi entre les Américains et les Japonais, visant à ne plus évoquer le mal fait dans les deux camps. Guibourg Delamotte
I’m not too proud of Hollywood these days with the immorality that is shown in pictures, and the vulgarity. I just have a feeling that maybe Hollywood needs some outsiders to bring back decency and good taste to some of the pictures that are being made. Ronald Reagan (1989)
An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured into Somalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise. Lance Morrow (1993)
It is never too soon to learn to identify yourself as a victim. Such, at least, is the philosophy of today’s college freshman orientation, which has become a crash course in the strange new world of university politics. Within days of arrival on campus, « new students » (the euphemism of choice for « freshmen ») learn the paramount role of gender, race, ethnicity, class and sexual orientation in determining their own and others’ identity. Most important, they are provided with the most critical tool of their college career: the ability to recognize their own victimization. Heather Mac Donald (24.09.1992)
All the patched clothes seen around town recently were not a result of the present recession, nor yet of nostalgia for the Great Depression of the 1930’s, when patching clothes was a necessity. Today’s patches are all about status and style.Christian Francis Roth’s clothes have intricate patch inserts that are part of Mr. Roth’s designs. Patched jeans have been around since the 1960’s. The newer ones are imitating Mr. Roth’s more expensive designs with appliqued patches that don’t cost as much. And not to be confused with those styles are the rap-style patches with fringed — or frayed — edges on denim clothes. New York Times
Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours. Un livre qui (…) révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage. (…) un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure. (…) La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements » [p. 50]. Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde. Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard, cité p. 128]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » [p. 68]. Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime. Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme. A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste » [p. 75]. Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ? La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ » [p. 150]. La Bible, notre « cahier de souvenirs » [p. 214], est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles » [p. 186]. Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation. Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. (…) Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons » [p. 131]. L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique » [p. 81]. Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice » [p. 70] : elle a perdu «  son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer » [p. 72]. L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre » [p. 104]. De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique. A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde  » [p.  24], Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui » [p. 24]. Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » [p. 277] qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre » [p. 280]. La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité » [p. 271]. D’ou son impasse en tant que vraie transcendance. Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile » [p. 282], qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté  ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles » [p. 284]. Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance » [p. 284]. Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance » [p. 32]. La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence » [p. 32]. A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer » [p. 84]. Marie Liénard

Vous avez dit double contrainte ?

Premier réseau social du monde contraint de s’excuser d’avoir censuré la photo en bikini d’un mannequin clairement obèse, sénateur américain implorant le pardon des musulmans de la planète entière pour la proposition de moratorium migratoire du candidat de son propre parti face à la menace du terrorisme islamiste, président israélien accusé de dérive belliciste face à la folie meurtrière de ses voisins djihadistes par ses propres généraux, policier français astreint à une abnégation quasi-christique face à des militants d’extrême-gauche prêts à l’incinérer vivant, sélectionneur de l’équipe de France de football suspecté de port de nom trop français, superhéros sommés de répondre des conséquences du moindre de leurs  actes…

En ces temps tellement étranges …

Qu’on n’en remarque même plus l’incroyable singularité …

Où le président de la plus grande puissance de la planète se voit à la fois reproché de ne pas s’être excusé pour Hiroshima et Nagasaki …

Et secrètement remercié de n’avoir pas ce faisant impliqué ses hôtes dans  la ronde sans fin des excuses …

Comment ne pas voir …

Avec la véritable et hélas méconnue mise à jour de l’Apocalypse qu’avait faite il y a plus de vingt ans le girardien Gil Bailie (La violence révélée : l’humanité à l’heure du choix) …

Et derrière l’apparemment irrépressible montée du chaos que nous connaissons …

L’influence délétère et bimillénaire de « l’immortelle flétrissure de l’humanité » et de cette « rebellion contre la loi naturelle » qu’avaient si bien repérée Nietzsche et son émule Hitler

A savoir ce maudit christianisme qui avec les conséquences potentiellement apocalyptiques que l’on sait …

Est en train d’imposer bientôt à la planète entière comme l’avait aussi prédit Auden

Son irresponsable et incontrôlable inversion de toutes les hiérarchies et de toutes les valeurs ?

La Violence révélée : l’humanité à l’heure du choix
Gil Bailie
Traduction Claude Chastagner
Castelnau-le-Lez : Climats, 2004.
25 euros, 290 pages + notes, ISBN 2-84158-254-X.

Marie Liénard
Ecole polytechnique

Le titre ne laisse rien présager de la richesse de l’ouvrage. Il semble en effet sacrifier à l’effet d’une mode qui a rendu la thématique de la violence omniprésente. Certes l’avant-propos de René Girard attire l’attention. On garde en mémoire la révolution opérée par La Violence et le sacré (1972) dont les concepts fondateurs — désir mimétique et bouc émissaire — font presque partie du langage courant. Le sous-titre, l’humanité à l’heure du choix, laisse entendre une certaine urgence — et intrigue.

Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours.

Un livre qui bouscule, intellectuellement d’abord. Un livre difficile, comme nous en avertit Girard dans son avant-propos. Difficile, ensuite, en ce qu’il révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage.

On ne peut que regretter que ce rendez-vous ne parvienne aux lecteurs non anglophones que neuf ans après la parution du livre aux Etats-Unis sous le titre Violence Unveiled: Humanity at the Crossroads en 1995 (The Crossroad Publishing Company). Par ailleurs, on se plait à imaginer ce que l’auteur aurait à dire — révéler — des récents événements, de l’après 11 septembre en particulier.

Pour moi, donc, un livre incontournable pour quiconque s’intéresse à aujourd’hui — à l’aujourd’hui d’un monde dans lequel nous sommes « embarqués », dirait Pascal. Livre à laisser et à reprendre, sans doute. Mais un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure.

Le livre contient 14 chapitres suivis de notes (pas de bibliographie). Dans l’avant-propos, René Girard avertit que « La Violence révélée parle de la crise spirituelle que traverse notre époque » [p. 11], et qu’il s’agit d’un « livre magnifique sur le christianisme et sur la culture contemporaire … un superbe ouvrage de critique littéraire » [p. 12]. L’éditeur Frédéric Joly le présente comme un « ouvrage de critique sociale profondément original » [p. 6]. Finalement, seul le lecteur, avec ses convictions et ses intérêts, pourra se situer avec justesse.

La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements » [p. 50]. Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde.

Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard, cité p. 128]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » [p. 68]. Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime.

Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme.

A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste » [p. 75]. Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ?

La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ » [p. 150]. La Bible, notre « cahier de souvenirs » [p. 214], est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles » [p. 186]. Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation.

Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. Bailie relit le Nouveau Testament en montrant comment le Christ déjoue le mécanisme de victimisation mimétique. Face à la Trinité divine, Bailie décrit une trinité diabolique : « diabolos », « satan », « skandalov » [p. 225]. Il rappelle l’étymologie du diable (celui qui divise), de Satan (celui qui accuse) et de « scandale » (offense, obstacle). Le diabolos sème la discorde en déclenchant les passions mimétiques ; le satan, c’est l’accusateur — celui qui désigne le bouc émissaire ; le scandalov, c’est le piège de l’indignation qui peut engendrer précisément ce qui l’avait provoquée. Or le Christ désamorce en proposant pardon, miséricorde et amour. Bailie propose une lecture extrêmement intéressante du passage de la femme adultère (en particulier du rapport de Jésus à la foule : en l’obligeant à sortir de l’anonymat, il désamorce la contagion violente) ; de la différence entre le ministère de Jean et celui du Christ, de la multiplication des Pains (« Jésus ouvrit leur coeur et, en retour, la foule ouvrit ses sacs » [p.  230]) ; Jésus invite à « sortir du cocon culturel » [p. 238]) ; de Barabbas , le « fils du père » face au Christ, «  le fils du Père » [p. 239]. Le récit évangélique annonce comment passer du logos de la violence au Logos d’amour.

Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons » [p. 131]. L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique » [p. 81]. Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice » [p. 70] : elle a perdu «  son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer » [p. 72]. L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre » [p. 104]. De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique.

A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde  » [p.  24], Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui » [p. 24]. Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » [p. 277] qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre » [p. 280]. La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité » [p. 271]. D’ou son impasse en tant que vraie transcendance.

Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile » [p. 282], qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté  ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles » [p. 284].

Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance » [p. 284]. Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance » [p. 32]. La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence » [p. 32]. A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer » [p. 84].

Bailie est amené, au cours de son exposé, à traiter de plusieurs phénomènes contemporains. Son analyse offre ainsi un éclairage stimulant sur la place de la superstition et de ses nouvelles formes dans nos sociétés (il rejoindrait en cela des remarques de Carl Sagan dans A Candle in the Dark par exemple), ou le culte des stars et autres célébrités télévisuelles. La lecture qu’il fait de l’intervention en Somalie [pp. 33-36] — et de la réaction du public américain aux victimes somaliennes puis américaines  — éclaire, indirectement, la situation iraquienne ; l’opinion publique américaine, après s’être enthousiasmée pour « free the Iraki people », a fait preuve du même retournement. La décision du gouvernement américain de ne pas montrer les images que Michael Moore montrera dans son film ne relève pas seulement de la censure ou du balisage du journalisme de guerre, ou même d’une « politique du mensonge », comme le suggèrerait l’analyse de Baillie. Par ailleurs, son hypothèse peut arriver à rendre compte du choc moral ressenti au cours d’une exécution publique, même si on sait que la victime est coupable, à cause de « l’innocence structurelle » de la victime isolée [p. 100]. Enfin son analyse de la portée mythique de la rhétorique de la guerre invite à reconsidérer la « War on Terror » et les discours qui se rattachent aux interventions militaires. Lynn Spigel suggère ainsi dans American Quarterly de juin 2004 : « Whatever one thinks about Bush’s speech, it is clear that the image of suffering female victims was a powerful emotional ploy through which he connected his own war plan to a sense of moral righteousness and virtue » [« Entertainment Wars », p. 248].

D’autre part, à l’heure où la référence religieuse dans la Constitution européenne a donné l’occasion de réfléchir à ce qui fondait l’Occident, le livre de Bailie offre quelques pistes de réflexion. Dans un autre registre, les questions soulevées par la définition girardienne du désir nous interpellent au moment où l’on parle d’individualisme et de développement personnel (et du coaching qui y est associé). D’autre part, en mettant à nu les désordres engendrés par le désir mimétique et ses corollaires (envie et ambition par exemple) Bailie jette un éclairage pertinent sur la logique de la performance et de la compétitivité de nos sociétés : on mesure déjà le potentiel destructeur de cette dynamique dans un contexte économique où le profit est devenu le seul impératif catégorique.

Enfin, l’ouvrage propose des remarques intéressantes — même si elles sont un peu rapides — pour considérer le rapport entre sexualité et violence [p. 206] ; question au coeur, entre autres, du débat sur la pornographie et son évolution vers des contenus très violents.

Dans son avant-propos, Girard introduit le livre en indiquant qu’il s’agit « d’une pièce essentielle d’un combat intellectuel et spirituel aux conséquences capitales pour notre avenir » [p.  11]. Comme tout combat, il est animé, parfois emporté dans la logique de sa propre légitimité. Cette passion amène par moments l’auteur à des redites : maladresse ? geste pédagogique envers un lecteur qu’il risque de perdre, ou qui risque de se perdre ? volonté de convaincre ? En tout cas, signe d’une pensée « au travail », selon son expression.

Dans les remerciements, Bailie mentionne sa rencontre avec Howard Thurman qui lui aurait dit : « Ne te demande pas ce dont le monde a besoin. Demande-toi ce qui te fait vivre et te fait agir, parce que ce dont le monde a besoin, c’est de gens vivants » [p. 15]. La lecture de ce livre nous invite à être des « gens vivants » — vivants dans le choix à faire entre la fascination et le dégoût, ou l’accueil d’une révélation qui nous dévoile la violence pour la dévisager et faire entendre son cri sans chercher à la faire taire. Ainsi, enfin, nous saurons ce que nous faisons…

Voir aussi:

The Fraying Of America
Robert Hughes
Time

June 24, 2001

Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » A society obsessed with therapies and filled with distrust of formal politics, skeptical of authority and prey to superstition, its political language corroded by fake pity and euphemism. A nation like late Rome in its long imperial reach, in the corruption and verbosity of its senators, in its reliance on sacred geese (those feathered ancestors of our own pollsters and spin doctors) and in its submission to senile, deified Emperors controlled by astrologers and extravagant wives. A culture that has replaced gladiatorial games, as a means of pacifying the mob, with high-tech wars on television that cause immense slaughter and yet leave the Mesopotamian satraps in full power over their wretched subjects.

Mainly it is women who object, for due to the prevalence of their mystery- religions, the men are off in the woods, affirming their manhood by sniffing one another’s armpits and listening to third-rate poets rant about the moist, hairy satyr that lives inside each one of them. Meanwhile, artists vacillate between a largely self-indulgent expressiveness and a mainly impotent politicization, and the contest between education and TV — between argument and persuasion by spectacle — has been won by TV, a medium now more debased in America than ever before, and more abjectly self-censoring than anywhere in Europe.

The fundamental temper of America tends toward an existential ideal that can probably never be reached but can never be discarded: equal rights to variety, to construct your life as you see fit, to choose your traveling companions. It has always been a heterogeneous country, and its cohesion, whatever cohesion it has, can only be based on mutual respect. There never was a core America in which everyone looked the same, spoke the same language, worshipped the same gods and believed the same things.

America is a construction of mind, not of race or inherited class or ancestral territory. It is a creed born of immigration, of the jostling of scores of tribes that become American to the extent to which they can negotiate accommodations with one another. These negotiations succeed unevenly and often fail: you need only to glance at the history of racial relations to know that. The melting pot never melted. But American mutuality lives in recognition of difference. The fact remains that America is a collective act of the imagination whose making never ends, and once that sense of collectivity and mutual respect is broken, the possibilities of American-ness begin to unravel.

If they are fraying now, it is at least in part due to the prevalence of demagogues who wish to claim that there is only one path to virtuous American- ness: paleoconservatives like Jesse Helms and Pat Robertson who think this country has one single ethic, neoconservatives who rail against a bogey called multiculturalism — as though this culture was ever anything but multi! — and pushers of political correctness who would like to see grievance elevated into automatic sanctity.

BIG DADDY IS TO BLAME

Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged.

Forty years ago, one of the epic processes in the assertion of human rights started unfolding in the U.S.: the civil rights movement. But today, after more than a decade of government that did its best to ignore the issues of race when it was not trying to roll back the gains of the ’60s, the usual American response to inequality is to rename it, in the hope that it will go away. We want to create a sort of linguistic Lourdes, where evil and misfortune are dispelled by a dip in the waters of euphemism. Does the cripple rise from his wheelchair, or feel better about being stuck in it, because someone back in the early days of the Reagan Administration decided that, for official purposes, he was « physically challenged »?

Because the arts confront the sensitive citizen with the difference between good artists, mediocre ones and absolute duffers, and since there are always more of the last two than the first, the arts too must be politicized; so we cobble up critical systems to show that although we know what we mean by the quality of the environment, the idea of quality in aesthetic experience is little more than a paternalist fiction designed to make life hard for black, female and gay artists.

Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. Hence the rise of cult therapies teaching that we are all the victims of our parents, that whatever our folly, venality or outright thuggishness, we are not to be blamed for it, since we come from « dysfunctional families. » The ether is jammed with confessional shows in which a parade of citizens and their role models, from LaToya Jackson to Roseanne Arnold, rise to denounce the sins of their parents. The cult of the abused Inner Child has a very important use in modern America: it tells you that nothing is your fault, that personal grievance transcends political utterance.

The all-pervasive claim to victimhood tops off America’s long-cherished culture of therapeutics. Thus we create a juvenile culture of complaint in / which Big Daddy is always to blame and the expansion of rights goes on without the other half of citizenship: attachment to duties and obligations. We are seeing a public recoil from formal politics, from the active, reasoned exercise of citizenship. It comes because we don’t trust anyone. It is part of the cafard the ’80s induced: Wall Street robbery, the savings and loan scandal, the wholesale plunder of the economy, an orgy released by Reaganomics that went on for years with hardly a peep from Congress — events whose numbers were so huge as to be beyond the comprehension of most people.

Single-issue politics were needed when they came, because they forced Washington to deal with, or at least look at, great matters of civic concern that it had scanted: first the civil rights movement, and then the environment, women’s reproductive rights, health legislation, the educational crisis. But now they too face dilution by a trivialized sense of civic responsibility. What are your politics? Oh, I’m antismoking. And yours? Why, I’m starting an action committee to have the suffix -man removed from every word in every book in the Library of Congress. And yours, sir? Well, God told me to chain myself to a fire hydrant until we put a fetus on the Supreme Court.

In the past 15 years the American right has had a complete, almost unopposed success in labeling as left-wing ordinary agendas and desires that, in a saner polity, would be seen as ideologically neutral, an extension of rights implied in the Constitution. American feminism has a large repressive fringe, self- caricaturing and often abysmally trivial, like the academic thought police who recently managed to get a reproduction of Goya’s Naked Maja removed from a classroom at Pennsylvania State University; it has its loonies who regard all sex with men, even with consent, as a politicized form of rape. But does this in any way devalue the immense shared desire of millions of American women to claim the right of equality to men, to be free from sexual harassment in the workplace, to be accorded the reproductive rights to be individuals first and mothers second?

The ’80s brought the retreat and virtual disappearance of the American left as a political, as distinct from a cultural, force. It went back into the monastery — that is, to academe — and also extruded out into the art world, where it remains even more marginal and impotent. Meanwhile, a considerable and very well-subsidized industry arose, hunting the lefty academic or artist in his or her retreat. Republican attack politics turned on culture, and suddenly both academe and the arts were full of potential Willie Hortons. The lowbrow form of this was the ire of figures like Senator Helms and the Rev. Donald Wildmon directed against National Endowment subventions for art shows they thought blasphemous and obscene, or the trumpetings from folk like David Horowitz about how PBS should be demolished because it’s a pinko-liberal-anti- Israel bureaucracy.

THE BATTLES ON CAMPUS

The middle-to-highbrow form of the assault is the ongoing frenzy about political correctness, whose object is to create the belief, or illusion, that a new and sinister McCarthyism, this time of the left, has taken over American universities and is bringing free thought to a stop. This is flatly absurd. The comparison to McCarthyism could be made only by people who either don’t know or don’t wish to remember what the Senator from Wisconsin and his pals actually did to academe in the ’50s: the firings of tenured profs in mid- career, the inquisitions by the House Committee on Un-American Activities on the content of libraries and courses, the campus loyalty oaths, the whole sordid atmosphere of persecution, betrayal and paranoia. The number of conservative academics fired by the lefty thought police, by contrast, is zero. There has been heckling. There have been baseless accusations of racism. And certainly there is no shortage of the zealots, authoritarians and scramblers who view PC as a shrewd career move or as a vent for their own frustrations.

In cultural matters we can hardly claim to have a left and a right anymore. Instead we have something more akin to two puritan sects, one masquerading as conservative, the other posing as revolutionary but using academic complaint as a way of evading engagement in the real world. Sect A borrows the techniques of Republican attack politics to show that if Sect B has its way, the study of Milton and Titian will be replaced by indoctrination programs in the works of obscure Third World authors and West Coast Chicano subway muralists, and the pillars of learning will forthwith collapse. Meanwhile, Sect B is so stuck in the complaint mode that it can’t mount a satisfactory defense, since it has burned most of its bridges to the culture at large.

In the late ’80s, while American academics were emptily theorizing that language and the thinking subject were dead, the longing for freedom and . humanistic culture was demolishing European tyranny. Of course, if the Chinese students had read their Foucault, they would have known that repression is inscribed in all language, their own included, and so they could have saved themselves the trouble of facing the tanks in Tiananmen Square. But did Vaclav Havel and his fellow playwrights free Czechoslovakia by quoting Derrida or Lyotard on the inscrutability of texts? Assuredly not: they did it by placing their faith in the transforming power of thought — by putting their shoulders to the immense wheel of the word. The world changes more deeply, widely, thrillingly than at any moment since 1917, perhaps since 1848, and the American academic left keeps fretting about how phallocentricity is inscribed in Dickens’ portrayal of Little Nell.

The obsessive subject of our increasingly sterile confrontation between the two PCs — the politically and the patriotically correct — is something clumsily called multiculturalism. America is a place filled with diversity, unsettled histories, images impinging on one another and spawning unexpected shapes. Its polyphony of voices, its constant eddying of claims to identity, is one of the things that make America America. The gigantic, riven, hybridizing, multiracial republic each year receives a major share of the world’s emigration, legal or illegal.

To put the argument for multiculturalism in merely practical terms of self- interest: though elites are never going to go away, the composition of those elites is not necessarily static. The future of American ones, in a globalized economy without a cold war, will rest with people who can think and act with informed grace across ethnic, cultural, linguistic lines. And the first step in becoming such a person lies in acknowledging that we are not one big world family, or ever likely to be; that the differences among races, nations, cultures and their various histories are at least as profound and as durable as the similarities; that these differences are not divagations from a European norm but structures eminently worth knowing about for their own sake. In the world that is coming, if you can’t navigate difference, you’ve had it.

Thus if multiculturalism is about learning to see through borders, one can be all in favor of it. But you do not have to listen to the arguments very long before realizing that, in quite a few people’s minds, multiculturalism is about something else. Their version means cultural separatism within the larger whole of America. They want to Balkanize culture.

THE AUTHORITY OF THE PAST

This reflects the sense of disappointment and frustration with formal politics, which has caused many people to look to the arts as a field of power, since they have power nowhere else. Thus the arts become an arena for complaint about rights. The result is a gravely distorted notion of the political capacity of the arts, just at the moment when — because of the pervasiveness of mass media — they have reached their nadir of real political effect.

One example is the inconclusive debate over « the canon, » that oppressive Big Bertha whose muzzle is trained over the battlements of Western Civ at the black, the gay and the female. The canon, we’re told, is a list of books by dead Europeans — Shakespeare and Dante and Tolstoy and Stendhal and John Donne and T.S. Eliot . . . you know, them, the pale, patriarchal penis people. Those who complain about the canon think it creates readers who will never read anything else. What they don’t want to admit, at least not publicly, is that most American students don’t read much anyway and quite a few, left to their own devices, would not read at all. Their moronic national baby-sitter, the TV set, took care of that. Before long, Americans will think of the time when people sat at home and read books for their own sake, discursively and sometimes even aloud to one another, as a lost era — the way we now see rural quilting bees in the 1870s.

The quarrel over the canon reflects the sturdy assumption that works of art are, or ought to be, therapeutic. Imbibe the Republic or Phaedo at 19, and you will be one kind of person; study Jane Eyre or Mrs. Dalloway, and you will be another. For in the literary zero-sum game of canon-talk, if you read X, it means that you don’t read Y. This is a simple fancy.

So is the distrust of the dead, as in « dead white male. » Some books are deeper, wider, fuller than others, and more necessary to an understanding of our culture and ourselves. They remain so long after their authors are dead. Those who parrot slogans like « dead white male » might reflect that, in writing, death is relative: Lord Rochester is as dead as Sappho, but not so moribund as Bret Easton Ellis or Andrea Dworkin. Statistically, most authors are dead, but some continue to speak to us with a vividness and urgency that few of the living can rival. And the more we read, the more writers we find who do so, which is why the canon is not a fortress but a permeable membrane.

The sense of quality, of style, of measure, is not an imposition bearing on literature from the domain of class, race or gender. All writers or artists carry in their mind an invisible tribunal of the dead, whose appointment is an imaginative act and not merely a browbeaten response to some notion of authority. This tribunal sits in judgment on their work. They intuit their standards from it. From its verdict there is no appeal. None of the contemporary tricks — not the fetishization of the personal, not the attempt to shift the aesthetic into the political, not the exhausted fictions of avant-gardism — will make it go away. If the tribunal weren’t there, every first draft would be a final manuscript. You can’t fool Mother Culture.

That is why one rejects the renewed attempt to judge writing in terms of its presumed social virtue. Through it, we enter a Marxist never-never land, where all the most retrograde phantoms of Literature as Instrument of Social Utility are trotted forth. Thus the Columbia History of the American Novel declares Harriet Beecher Stowe a better novelist than Herman Melville because she was « socially constructive » and because Uncle Tom’s Cabin helped rouse Americans against slavery, whereas the captain of the Pequod was a symbol of laissez-faire capitalism with a bad attitude toward whales.

With the same argument you can claim that an artist like William Gropper, who drew those stirring cartoons of fat capitalists in top hats for the New Masses 60 years ago, may have something over an artist like Edward Hopper, who didn’t care a plugged nickel for community and was always painting figures in lonely rooms in such a way that you can’t be sure whether he was criticizing alienation or affirming the virtues of solitude.

REWRITING HISTORY

It’s in the area of history that PC has scored its largest successes. The reading of history is never static. There is no such thing as the last word. And who could doubt that there is still much to revise in the story of the European conquest of North and South America that historians inherited? Its basic scheme was imperial: the epic advance of civilization against barbarism; the conquistador bringing the cross and the sword; the red man shrinking back before the cavalry and the railroad. Manifest Destiny. The notion that all historians propagated this triumphalist myth uncritically is quite false; you have only to read Parkman or Prescott to realize that. But after it left the histories and sank deep into popular culture, it became a potent myth of justification for plunder, murder and enslavement.

So now, in reaction to it, comes the manufacture of its opposite myth. European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World.

The need for absolute goodies and absolute baddies runs deep in us, but it drags history into propaganda and denies the humanity of the dead: their sins, their virtues, their failures. To preserve complexity, and not flatten it under the weight of anachronistic moralizing, is part of the historian’s task.

You cannot remake the past in the name of affirmative action. But you can find narratives that haven’t been written, histories of people and groups that have been distorted or ignored, and refresh history by bringing them in. That is why, in the past 25 years, so much of the vitality of written history has come from the left. When you read the work of the black Caribbean historian C.L.R. James, you see a part of the world break its long silence: a silence not of its own choosing but imposed on it by earlier imperialist writers. You do not have to be a Marxist to appreciate the truth of Eric Hobsbawm’s claim that the most widely recognized achievement of radical history « has been to win a place for the history of ordinary people, common men and women. » In America this work necessarily includes the histories of its minorities, which tend to break down complacent nationalist readings of the American past.

By the same token, great changes have taken place in the versions of American history taught to schoolchildren. The past 10 years have brought enormous and hard-won gains in accuracy, proportion and sensitivity in the textbook treatment of American minorities, whether Asian, Native, black or ^ Hispanic. But this is not enough for some extremists, who take the view that only blacks can write the history of slavery, only Indians that of pre- European America, and so forth.

That is the object of a bizarre document called the Portland African- American Baseline Essays, which has never been published as a book but, in photocopied form, is radically changing the curriculums of school systems all over the country. Written by an undistinguished group of scholars, these essays on history, social studies, math, language and arts and science are meant to be a charter of Afrocentrist history for young black Americans. They have had little scrutiny in the mainstream press. But they are popular with bureaucrats like Thomas Sobol, the education commissioner in New York State — people who are scared of alienating black voters or can’t stand up to thugs like City College professor Leonard Jeffries. Their implications for American education are large, and mostly bad.

WAS CLEOPATRA BLACK?

The Afrocentrist claim can be summarized quite easily. It says the history of the cultural relations between Africa and Europe is bunk — a prop for the fiction of white European supremacy. Paleohistorians agree that intelligent human life began in the Rift Valley of Africa. The Afrocentrist goes further: the African was the cultural father of us all. European culture derives from Egypt, and Egypt is part of Africa, linked to its heart by the artery of the Nile. Egyptian civilization begins in sub-Saharan Africa, in Ethiopia and the Sudan.

Hence, argued the founding father of Afrocentrist history, the late Senegalese writer Cheikh Anta Diop, whatever is Egyptian is African, part of the lost black achievement; Imhotep, the genius who invented the pyramid as a monumental form in the 3rd millennium B.C., was black, and so were Euclid and Cleopatra in Alexandria 28 dynasties later. Blacks in Egypt invented hieroglyphics, and monumental stone sculpture, and the pillared temple, and the cult of the Pharaonic sun king. The habit of European and American historians of treating the ancient Egyptians as other than black is a racist plot to conceal the achievements of black Africa.

No plausible evidence exists for these claims of Egyptian negritude, though it is true that the racism of traditional historians when dealing with the cultures of Africa has been appalling. Most of them refused to believe African societies had a history that was worth telling. Here is Arnold Toynbee in A Study of History: « When we classify mankind by color, the only one of the primary races . . . which has not made a single creative contribution to any of our 21 civilizations is the black race. »

No black person — indeed, no modern historian of any race — could read such bland dismissals without disgust. The question is, How to correct the record? Only by more knowledge. Toynbee was writing more than 50 years ago, but in the past 20 years, immense strides have been made in the historical scholarship of both Africa and African America. But the upwelling of research, the growth of Black Studies programs, and all that goes with the long-needed expansion of the field seem fated to be plagued by movements like Afrocentrism, just as there are always cranks nattering about flying saucers on the edges of Mesoamerican archaeology.

To plow through the literature of Afrocentrism is to enter a world of claims about technological innovation so absurd that they lie beyond satire, like those made for Soviet science in Stalin’s time. Afrocentrists have at one time or another claimed that Egyptians, alias Africans, invented the wet-cell battery by observing electric eels in the Nile; and that late in the 1st millennium B.C., they took to flying around in gliders. (This news is based not on the discovery of an aircraft in an Egyptian tomb but on a silhouette wooden votive sculpture of the god Horus, a falcon, that a passing English businessman mistook some decades ago for a model airplane.) Some also claim that Tanzanians 1,500 years ago were smelting steel with semiconductor technology. There is nothing to prove these tales, but nothing to disprove them either — a common condition of things that didn’t happen.

THE REAL MULTICULTURALISM

Nowhere are the weaknesses and propagandistic nature of Afrocentrism more visible than in its version of slave history. Afrocentrists wish to invent a sort of remedial history in which the entire blame for the invention and practice of black slavery is laid at the door of Europeans. This is profoundly unhistorical, but it’s getting locked in popular consciousness through the new curriculums.

It is true that slavery had been written into the basis of the classical world. Periclean Athens was a slave state, and so was Augustan Rome. Most of their slaves were Caucasian. The word slave meant a person of Slavic origin. By the 13th century slavery spread to other Caucasian peoples. But the African % slave trade as such, the black traffic, was an Arab invention, developed by traders with the enthusiastic collaboration of black African ones, institutionalized with the most unrelenting brutality, centuries before the white man appeared on the African continent, and continuing long after the slave market in North America was finally crushed.

Naturally this is a problem for Afrocentrists, especially when you consider the recent heritage of Black Muslim ideas that many of them espouse. Nothing in the writings of the Prophet forbids slavery, which is why it became such an Arab-dominated business. And the slave traffic could not have existed without the wholehearted cooperation of African tribal states, built on the supply of captives generated by their relentless wars. The image promulgated by pop- history fictions like Roots — white slavers bursting with cutlass and musket into the settled lives of peaceful African villages — is very far from the historical truth. A marketing system had been in place for centuries, and its supply was controlled by Africans. Nor did it simply vanish with Abolition. Slave markets, supplying the Arab emirates, were still operating in Djibouti in the 1950s; and since 1960, the slave trade has flourished in Mauritania and the Sudan. There are still reports of chattel slavery in northern Nigeria, Rwanda and Niger.

But here we come up against a cardinal rule of the PC attitude to oppression studies. Whatever a white European male historian or witness has to say must be suspect; the utterances of an oppressed person or group deserve instant credence, even if they’re the merest assertion. The claims of the victim do have to be heard, because they may cast new light on history. But they have to pass exactly the same tests as anyone else’s or debate fails and truth suffers. The PC cover for this is the idea that all statements about history are expressions of power: history is written only by the winners, and truth is political and unknowable.

The word self-esteem has become one of the obstructive shibboleths of education. Why do black children need Afrocentrist education? Because, its promoters say, it will create self-esteem. The children live in a world of media and institutions whose images and values are created mainly by whites. The white tradition is to denigrate blacks. Hence blacks must have models that show them that they matter. Do you want your children to love themselves? Then change the curriculum. Feed them racist claptrap a la Leonard Jeffries, about . how your intelligence is a function of the amount of melanin in your skin, and how Africans were sun people, open and cooperative, whereas Europeans were ice people, skulking pallidly in caves.

It is not hard to see why these claims for purely remedial history are intensifying today. They are symbolic. Nationalism always wants to have myths to prop itself up; and the newer the nationalism, the more ancient its claims. The invention of tradition, as Eric Hobsbawm has shown in detail, was one of the cultural industries of 19th century Europe. But the desire for self-esteem does not justify every lie and exaggeration and therapeutic slanting of evidence that can be claimed to alleviate it. The separatism it fosters turns what ought to be a recognition of cultural diversity, or real multiculturalism, tolerant on both sides, into a pernicious symbolic program. Separatism is the opposite of diversity.

The idea that European culture is oppressive in and of itself is a fallacy that can survive only among the fanatical and the ignorant. The moral and intellectual conviction that inspired Toussaint-Louverture to focus the rage of the Haitian slaves and lead them to freedom in 1791 came from his reading of Rousseau and Mirabeau. When thousands of voteless, propertyless workers the length and breadth of England met in their reading groups in the 1820s to discuss republican ideas and discover the significance of Shakespeare’s Julius Caesar, they were seeking to unite themselves by taking back the meanings of a dominant culture from custodians who didn’t live up to them.

Americans can still take courage from their example. Cultural separatism within this republic is more a fad than a serious proposal; it is not likely to hold. If it did, it would be a disaster for those it claims to help: the young, the poor and the black. Self-esteem comes from doing things well, from discovering how to tell a truth from a lie and from finding out what unites us as well as what separates us. The posturing of the politically correct is no more a guide to such matters than the opinions of Simon Legree.

Voir également:

Welcome, Freshman! Oppressor or Oppressed?

Heather Mac Donald

The Wall Street Journal

Sep. 29, 1992

It is never too soon to learn to identify yourself as a victim. Such, at least, is the philosophy of today’s college freshman orientation, which has become a crash course in the strange new world of university politics. Within days of arrival on campus, « new students » (the euphemism of choice for « freshmen ») learn the paramount role of gender, race, ethnicity, class and sexual orientation in determining their own and others’ identity. Most important, they are provided with the most critical tool of their college career: the ability to recognize their own victimization.

An informal survey shows that two themes predominate at freshmen orientation programs – oppression and difference — foreshadowing the leitmotifs of the coming four years. Orientations present a picture of college life in which bias lurks around every corner. This year, for example, the University of California at Berkeley changed the focus of its freshman orientation from « stereotyping » to « racism, homophobia, status-ism, sexism, and age-ism. » According to Michele Frasier, assistant director of the new student program at Berkeley, the program organizers « wanted to talk more specifically about specific issues the students will face ». The objective of the emphasis on discrimination is « to make students aware [of the] issues they need to think about, so they’re not surprised when they face them. »

Various Forms of ‘Isms’

Dartmouth’s assistant dean of freshmen, Tony Tillman, offered no less bleak a vision of the academic community. A mandatory program for freshmen, « Social Issues, » presented skits on « the issues first year students face, » which he defined as « the various forms of ‘isms’: sexism, racism, classism, etc. » If the content of the skits overlapped, such overlap was, according to Mr. Tillman, unavoidable. The experience of discrimination cannot be compartmentalized: « It’s not as if today, I have a racist experience, tomorrow, a sexist [one] . In any one day, one may be up against several issues. Some issues of sexism have a racist foundation, and vice versa. »

The point of the program (and, indeed, of much of the subsequent education at Dartmouth and other schools) is to « try to weave a common thread » through these various instances of oppression. If one can’t fit oneself into the victim role, however, today’s freshmen orientation offers an alternative: One can acknowledge oneself as the oppressor. Columbia University brought in a historian from the National Museum of American History in Washington to perform, in effect, an ideological delousing of the students. Her mission, as she said in her speech, was to help students recognize their own beliefs that foster inequality. By describing the stereotypes in American society that support racism and prejudice, she hoped to give students a chance to « re-evaluate [and] learn new things. »

Learning to see yourself as a victim is closely tied to seeing yourself as different. At Columbia, freshmen heard three of their classmates read essays on what being different–gay, black and Asian American – had meant in their lives. According to assistant dean Michael Fenlon, « the goal is to initiate an awareness of difference and the implications of difference for the Columbia community. And this is not a one-shot program. We expect it will continue through their four years here, not just in the classrooms, but in the residence halls, on the playing fields, and in every aspect of student life. »

« Faces of Community, » a program organized by Stanford’s « multicultural educator, » presented freshmen with a panel of students and staff who each embodied some officially recognized difference. James Wu, orientation coordinator of Stanford’s Residential Education program, says that the « Faces » program « gives students a sense that everyone’s different. » At Bowdoin, the assistant to the president for multicultural programs hosted a brown-bag lunch for freshmen entitled « Defining Diversity: Your Role in Racial-Consciousness Raising, Cultural Differences, and Cross-Cultural Social Enhancers. » Oberlin shows its new students a performance piece on « differences in race, ethnicity, sexuality, gender, and culture, » and follows up with separate orientation programs for Asian-Americans, blacks, Latinos, and gay, lesbian and bisexual students.

The presupposition behind the contemporary freshman initiation is the need for political re-education. Columbia’s assistant dean for freshmen, Kathryn Balmer, explained that « you can’t bring all these people together and say, ‘Now be one big happy community,’ without some sort of training…. It isn’t an ideal world, so we need to do some education. » That students have somehow managed for years to form a college community in the absence of such « education » has apparently escaped administrative attention.

Stanford’s outgoing multicultural educator, Greg Ricks, revealed the dimensions of the task: « White students need help to understand what it means to be white in a multicultural community. We have spent a lot of money and a lot of time trying to help students of color, and women students, and gay and disabled students to figure out what it means for them. But for the white heterosexual male who feels disconnected and marginalized by multiculturalism, we’ve got to do a lot of work here. »

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Obsessive Emphasis on Difference If all this sounds more appropriate for a war-crimes trial than for the first year of college, the incoming student can at least look forward to one unexpected area of freedom at Duke. According to President Brodie, « gender » is a « preference » that should be respected. Anyone who feels oppressed by their chromosomes can apparently simply « prefer » to be of the opposite sex. »

Today’s freshman orientations, prelude to the education to come, raise one of the great unexplained mysteries of our time: how the obsessive emphasis on « difference » and victimization will lead to a more unified, harmonious culture. Students who have been taught from day one to identify themselves and their peers with one or another oppressed or oppressing group are already replicating those group divisions in their intellectual and social lives.

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Ms. Mac Donald is a lawyer living in New York.

Voir encore:

Hiroshima : pourquoi le Japon préfère qu’Obama ne s’excuse pas

Barack Obama a choisi de ne pas prononcer d’excuses, au grand soulagement de Shinzo Abe et des élites japonaises, tant cette tragédie occulte encore aujourd’hui le vrai rôle du Japon pendant la guerre.
Yann Rousseau
Les Echos

Au Japon, c’est la saison des voyages scolaires. Jeudi, à la veille de la visite historique de Barack Obama, premier président américain en exercice à venir dans la ville martyre, des milliers d’élèves de primaire et de secondaire se pressaient dans les allées du musée de la Paix d’Hiroshima pour tenter d’appréhender le drame.

Ils ont vu les statues de cire, à taille réelle, représentant des enfants brûlés vifs dans les trois secondes qui ont suivi l’explosion, le 6 août 1945, de la bombe atomique « Little Boy » au-dessus de la ville. Plus loin, des restes de peau et d’ongles prélevés par une mère sur le cadavre de son fils. Et des images atroces, en noir et blanc, de corps irradiés. Dans le dernier couloir, ils ont signé un livret appelant la communauté internationale à renoncer aux armes nucléaires. Enfin, ils sont ressortis effarés par la violence et l’inhumanité du drame qu’a vécu leur nation il y a soixante et onze ans. A aucun moment, ils n’auront été exposés aux causes du drame.

L’ensemble du musée célèbre une forme d’année « zéro » du Japon, passé soudain, en août 1945, du statut d’agresseur brutal de l’Asie à celui de victime. Non loin de là, dans le mémorial pour les victimes de la bombe atomique, construit au début des années 2000 par le gouvernement, quelques lignes expliquent vaguement « qu’à un moment, au XXe siècle, le Japon a pris le chemin de la guerre » et que « le 8 décembre 1941, il a initié les hostilités contre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres ».

Pas d’excuses, pas d’introspection

Nulle évocation de la colonisation brutale de la région par les troupes nippones au début des années trente. Rien sur les massacres de civils et les viols de masse commis en Chine, à Nankin. Pas une ligne sur le sort des milliers de jeunes femmes asiatiques transformées en esclaves sexuelles pour les soldats nippons dans la région. Aucune mise en perspective permettant aux visiteurs japonais de tenter un travail de mémoire similaire à celui réussi en Allemagne dès la fin du conflit. Les enfants japonais n’ont pas d’équivalent de Dachau à visiter.

Beaucoup ont, un temps, espéré que Barack Obama bouleverserait cette lecture, qui a été confortée par des années d’un enseignement et d’une culture populaire expliquant que le pays et son empereur, Hirohito, avaient été entraînés malgré eux par une poignée de leaders militaires brutaux. Le dirigeant allait, par un discours de vérité, forcer le Japon à se regarder dans le miroir. Mais le président américain a déjà annoncé qu’il ne prononcerait pas à Hiroshima les excuses symboliques qui auraient pu contraindre les élites nippones à entamer une introspection sur leur vision biaisée de l’histoire. Le responsable devrait essentiellement se concentrer sur un discours plaidant pour un monde sans armes nucléaires, au grand soulagement du Premier ministre nippon, Shinzo Abe, qui estime que son pays a, de toute façon, suffisamment demandé pardon et fait acte de contrition.

Il est vrai que plusieurs responsables politiques japonais ont, au fil des décennies, formulé des excuses fortes pour les exactions commises par l’armée impériale avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais autant de dirigeants ont fait douter, ces dernières années, de la sincérité de ces regrets. Plusieurs membres de l’actuel gouvernement ont eux aussi flirté avec un révisionnisme malsain. Des ministres proches de la droite nationaliste continuent aussi de se rendre plusieurs fois par an au sanctuaire shinto de Yasukuni, à Tokyo, considéré à Pékin et Séoul comme le symbole odieux du passé militariste du Japon. Ils y honorent les 2,5 millions de morts pour le Japon dans les derniers grands conflits, mais aussi 14 criminels de guerre condamnés pour leurs exactions dans la région lors de la Seconde Guerre mondiale. Et l’exécutif n’émet jamais de communiqué clarifiant sa position sur ces visites controversées.

Amnésie et victimisation

S’ils craignent que la venue du président américain à Hiroshima n’incite le Japon à se cloîtrer dans cette amnésie et cette victimisation, les partisans d’un réexamen du passé nippon veulent encore croire que la seule présence de Barack Obama alimentera un débat sur la capacité de Tokyo à entamer une démarche similaire auprès de ses grands voisins asiatiques et de son allié américain. Déjà, mercredi soir, des médias ont embarrassé Shinzo Abe en le questionnant publiquement sur son éventuelle visite du site américain de Pearl Harbor, à Hawaii. Le 7 décembre 1941, cette base américaine fut attaquée par surprise par l’aéronavale japonaise et 2.403 Américains furent tués au cours du raid, qui reste vécu comme un traumatisme aux Etats-Unis.

Les médias sud-coréens et chinois vont, eux, défier le Premier ministre japonais d’oser venir dans leur pays déposer des fleurs sur des monuments témoins de l’oppression nippone d’autrefois. A quand une visite de Shinzo Abe à Nankin, demanderont-ils. Jamais, répondra le gouvernement conservateur. En déstabilisant Pékin, qui nourrit sa propagande des trous de mémoire de Tokyo, un tel geste symbolique témoignerait pourtant d’une maturité du Japon plus marquée et lui donnerait une aura nouvelle dans l’ensemble de l’Asie-Pacifique.

Voir de plus:

Hiroshima : Obama a-t-il tort de ne pas s’excuser pour la bombe atomique ?
Metronews
23-05-2016

POLITIQUE – A quatre jours de sa visite à Hiroshima, le président américain a prévenu qu’il ne s’excuserait pas pour le mal causé par le bombardement de la ville à l’arme atomique en 1945. Guibourg Delamotte, maître de conférences en sciences politiques au département Japon à Inalco, nous explique les raisons de ce refus.

Barack Obama a-t-il raison de ne pas s’excuser pour Hiroshima ?

Barack Obama se rendra à Hiroshima ce vendredi à l’issue d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G7 organisé à Ise-Shima, dans le centre du Japon. Il sera le premier président américain en exercice à mettre les pieds dans la ville ravagée par l’attaque nucléaire américaine du 6 août 1945. Ce matin-là, à 8h15, un bombardier américain, l’Enola Gay, larguait au-dessus d’Hiroshima la première bombe atomique de l’histoire, tuant 75 000 personnes d’un coup.

Aussi symbolique soit aujourd’hui le geste de Barack Obama, il n’en reste pas moins refréné. Le chef d’Etat a en effet prévenu dans une déclaration à la chaîne japonaise NHK qu’il ne présenterait pas d’excuses. « Non, car je pense qu’il est important de reconnaître qu’en pleine guerre, les dirigeants doivent prendre toutes sortes de décisions ». Et de poursuivre : »C’est le rôle des historiens de poser des questions et de les examiner mais je sais, ayant moi-même été à ce poste depuis sept ans et demi, que tout dirigeant prend des décisions très difficiles, en particulier en temps de guerre ».

►Les Japonais aussi disposaient d’un « outil nucléaire »

De nombreux historiens ont pourtant établi, au fil des décennies, que la bombe atomique n’avait pas joué de rôle majeur pour gagner la Seconde guerre mondiale, le Japon ayant à l’époque, déjà décidé de capituler. Qu’en est-il vraiment ?

Contacté par metronews, Guibourg Delamotte, maître de conférences en sciences politiques au département Japon à Inalco, rappelle que les Japonais disaient également disposer « d’un outil nucléaire » à cette époque. D’autre part, « les effets de la bombe nucléaire sur la santé n’étaient pas encore connus. Les Américains eux-mêmes sous-estimaient les risques et restaient à quelques centaines de mètres des essais réalisés dans le désert, avec pour seule protection des lunettes de soleil ».

►Pourquoi Barack Obama ne s’excuse-t-il pas ?

« Formuler des excuses pour un chef d’Etat reste très compliqué », explique Guibourg Delamotte. « Barack Obama ne serait sans doute pas hostile à l’idée d’exprimer des regrets pour les souffrances infligées, mais d’un point de vue diplomatique, s’excuser revient à ouvrir un débat historique qui n’a jamais existé. Lorsque la guerre s’est terminée, une sorte de compromis a été établi entre les Américains et les Japonais, visant à ne plus évoquer le mal fait dans les deux camps ». Les Américains laissaient les Japonais tranquilles, en échange de quoi ces derniers ne demandaient pas d’excuses.

►A-t-il tort de ne pas le faire ?

Selon une enquête réalisée par l’agence japonaise Kyodo, 78,3%  des 115 survivants des attaques atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ne demandent pas d’excuses. « La visite du président américain constitue un geste de réconciliation symbolique et une reconnaissance du mal fait aux Japonais par les Américains », estime la spécialiste. Et de conclure : « Ne pas s’excuser est une sage décision diplomatique ».

Voir également:

Obama à Hiroshima : si, si, les USA s’excusent parfois, du bout des lèvres
Le président américain l’a annoncé : il ne s’excusera pas pour Hiroshima. Les Américains n’aiment pas la repentance. Cela leur est pourtant arrivé de présenter des excuses, tardivement et sans publicité.
Pascal Riché
Nouvel Obs

23 mai 2016

La visite d’un président américain à Hiroshima, le 27 mai prochain, est une première historique. Mais Barack Obama n’ira pas plus loin : il ne s’excusera pas au nom des Etats-Unis. Il l’a déclaré à la télévision japonaise NHK, en expliquant que dans le brouillard de la guerre, les leaders prenaient des décisions très difficiles.
Les Américains détestent l’exercice des excuses, cela n’entre pas dans le cadre dessiné par leurs ambitions universalistes : la grande puissance modèle, gardienne des valeurs démocratiques et humanistes, ne peut avoir commis de crimes. S’excuser n’est jamais neutre pour l’identité d’un pays : c’est une entaille portée à la narration qu’on essaye d’imposer.

Il est toutefois arrivé aux Etats-Unis, à quelques rares reprises, de présenter des excuses d’Etat. La plupart du temps à reculons et sans tambour ni trompette.

1. Le massacre des indiens

Il a fallu attendre avril 2009 pour qu’un début de repentance soit officiellement exprimé. Et encore : ces excuses n’ont pas été claironnées, elles n’ont pas été clamées lors d’une cérémonie devant les chefs des tribus indiennes réunies sur la colline du Capitole. Elles ont été camouflées dans un recoin des 67 pages de la loi portant sur le budget de la Défense pour 2010.

Les médias n’ont même pas été invités à assister à la signature, par Barack Obama le 19 décembre 2009, de cette résolution par laquelle le peuple américain s’excuse des « violences » et des « mauvais traitements » subies par les peuples natifs. Une repentance en catimini.

2. L’esclavage

Il aura fallu attendre 143 ans après l’abolition de l’esclavage pour que les Etats-Unis formulent des excuses. Mais sans grande publicité, sans signature présidentielle et en deux temps. En 2008, avant l’élection présidentielle qui a porté Obama à la Maison Blanche, la chambre des représentants a voté une première résolution ; puis, après l’investiture d’Obama, le Sénat a a son tour voté un texte allant dans le même sens.

Les deux n’ont pas été fusionnés et le président n’a pas eu à les signer. Ces textes n’ont donc, pour reprendre une comparaison faite par The Atlantic,  « pas plus de poids que des résolutions félicitant l’équipe victorieuse du Super Bowl ».

Auparavant, Bill Clinton avait exprimé pour la première fois des « regrets » et George W. Bush, à Gorée, avait qualifié l’esclavage « d’un des plus grands crime de l’histoire« , mais sans aller plus loin.

3. Les camps d’internement de Japonais

En 1988, le Congrès a voté une résolution pour présenter des excuses concernant les rafles de japonais après Pearl Harbour en 1942. Toutes les familles japonaises ou d’origine japonaise, devenues subitement suspectes, avaient été jetées dans des camps d’internement sans autre forme de procès. La majorité des parlementaires républicains a voté contre cette résolution qui déplore une « injustice fondamentale », présente des « excuses au nom du peuple américain » et prévoit une indemnisation pour les survivants et descendants des victimes. Mais la très grande majorité des démocrates a voté pour et Ronald Reagan l’a signée le 10 août, en s’en félicitant malgré les réserves de son camp : « Je pense que c’est une belle journée ».

4. les recherches sur la syphilis

Un médecin prélève du sang sur des « cobayes » à Tuskegee (Archives nationales)

Ces excuses aussi sont passées par un discours présidentiel. Bill Clinton, en 1997 a demandé pardon pour l’étude Tuskegee sur la syphilis. Un monstrueux programme de recherche sur l’évolution de la maladie, engagé dans les années 30 et se poursuivant sur plusieurs décennies, qui passait par des expérimentations sur des métayers noirs d’Alabama atteints de la maladie. On leur refusait tout traitement comme la pénicilline, tout en leur faisant croire qu’ils étaient soignés. Le scandale a fini par éclater dans les années 1970 mais il a fallu encore attendre 20 ans avant d’obtenir des excuses de la Maison Blanche :

« Le peuple américain est désolé, pour les pertes, pour les années de souffrance. Vous n’aviez rien fait de mal, vous avez été gravement victimes d’une mauvaise action. Je présente des excuses et je suis désolé qu’elles aient mis tant de temps à venir ».

Par ailleurs, en octobre 2010, Barack Obama s’est excusé publiquement, auprès du peuple du Guatemala, pour les recherches sur la syphilis pratiquées dans les années 1940 sur 1.500 citoyens de ce pays. Ces cobayes avaient été sciemment infectés par le virus de la Syphilis afin d’étudier l’efficacité de la pénicilline.

5. Les coups d’Etat et les coups tordus à l’étranger

Sur ces sujets là, très sensibles, les Etats-Unis sont très avares de repentance. En 1993, Bill Clinton s’est excusé, au nom des Etats-Unis, pour le coup d’Etat à Hawai en 1893. La reine Lili’uokalani, suspectée de vouloir prendre trop d’indépendance vis-à-vis des occidentaux, avait été déposée à la suite d’un débarquement américain.

Bill Clinton signe les excuses américaines pour avoir organisé un coup d’Etat en 1893 à Hawai (Willima J.Clinton Library)

Mais c’est une exception à la règle. Les Etats-Unis ne se sont jamais excusé d’avoir aidé les dictatures en Amérique latine dans les années 70. Du bout des lèvres, le 24 mars 2016, à Buenos Aires, devant la liste des noms des victimes de la dictature militaire gravés sur le mur du Parc de la Mémoire, Barack Obama a admis que les Etats-Unis « avaient tardé à défendre les droits de l’homme en Argentine et dans d’autres pays ». De même, on attend toujours les excuses américaines pour avoir soutenu l’apartheid en Afrique du Sud, envoyé du napalm au Vietnam. Ou lâché des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

Mais des excuses vis-à-vis d’un autre pays sont des opérations qui se discutent à deux, et celui qui « coince » n’est pas toujours celui auquel on pense. En 2011, il était déjà question d’une visite d’Obama à Hiroshima et d’excuses publiques. Mais comme on peut le lire dans un télégramme diplomatique dévoilé par Wikileaks, le gouvernement japonais a alors nettement repoussé l’idée, qui risquait notamment selon lui de renforcer dans son opinion publique le camp des antinucléaires.

Voir de plus:

Dying GOP Senator spends his last days apologizing to Muslims for Trump

This story epitomizes how hysterical and thoughtless the public discourse is nowadays. Trump is presented by the late Bob Bennett and the Daily Beast as an “Islamophobe” — someone with an irrational hatred of or fear of Islam and Muslims. In reality, he hasn’t said anything about Islam at all except that clearly there is a “problem,” and there obviously is. He has called for a temporary moratorium on Muslim immigration as an attempt to stop Islamic jihadis from entering the country. Did Bennett address that problem? Not from the looks of this story. Did Bennett propose an alternative method for keeping jihadis out of the country? No, and neither have any of the others who have likened Trump to Hitler for suggesting this. We are apparently just supposed to allow Muslims into the country without question, and accept that there will be jihad mass murder attacks in the U.S., because the alternative — appearing “racist,” even though Islam is not a race — is far worse. Death before political incorrectness.

“Dying GOP Senator Apologizes to Muslims for Donald Trump,” by Tim Mak, Daily Beast, May 18, 2016:

Bob Bennett spent his last days letting Muslims know how sorry he was that an Islamophobe had become his party’s all-but-certain nominee.

Former GOP senator Bob Bennett lay partially paralyzed in his bed on the fourth floor of the George Washington University Hospital. He was dying.

Not 48 hours had passed since a stroke had complicated his yearlong fight against pancreatic cancer. The cancer had begun to spread again, necessitating further chemotherapy. The stroke had dealt a further blow that threatened to finish him off.

Between the hectic helter-skelter of nurses, doctors, and well wishes from a long-cultivated community of friends and former aides, Bennett faced a quiet moment with his son Jim and his wife Joyce.

It was not a moment for self-pity.

Instead, with a slight slurring in his words, Bennett drew them close to express a dying wish: “Are there any Muslims in the hospital?” he asked.

“I’d love to go up to every single one of them to thank them for being in this country, and apologize to them on behalf of the Republican Party for Donald Trump,” Bennett told his wife and son, both of whom relayed this story to The Daily Beast.

The rise of Donald Trump had appalled the three-term Utah senator, a Republican who fell victim to the tea-party wave of the 2010 midterms. His vote for the Troubled Asset Relief Program, or TARP, had alienated many conservative activists in his state, who chose lawyer Mike Lee as the GOP nominee for Senate instead.

But as Bennett reflected on his life and legacy in mid-April, following the stroke, he wasn’t focused on the race that ended his political career. Instead, he brought up the issue of Muslims in America—over and over again.

He mentioned it briefly in a hospital interview with the Deseret News, a Utah news outlet. “There’s a lot of Muslims here in this area. I’m glad they’re here,” the former senator told the newspaper in April, describing them as “wonderful.”

“In the last days of his life this was an issue that was pressing in his mind… disgust for Donald Trump’s xenophobia,” Jim Bennett said. “At the end of his life he was preoccupied with getting things done that he had felt was left undone.”

Trump’s proposal to ban Muslim immigrants from America had outraged the former senator, his wife Joyce said, triggering his instincts to do what he could on a personal level. They ultimately did not canvass the hospital, but Bennett had already made an effort in his last months of life.

As they traveled from Washington to Utah for Christmas break, Bennett approached a woman wearing a hijab in the airport.

“He would go to people with the hijab [on] and tell them he was glad they were in America, and they were welcome here,” his wife said. “He wanted to apologize on behalf of the Republican Party.”

“He was astonished and aghast that Donald Trump had the staying power that he had… He had absolutely no respect for Donald Trump, and I think got angry and frustrated when it became clear that the party wasn’t going to steer clear of Trumpism,” his son relayed.

Bennett’s Mormon faith also played into his beliefs on Trump and Muslims: the billionaire’s proposal to ban Muslims prompted the LDS Church to issue a statement in support of religious freedom, quoting its founder saying he would “die in defending the rights… of any denomination who may be unpopular and too weak to defend themselves.”

“That was something my father felt very keenly—recognizing the parallel between the Mormon experience and the Muslim experience. [He] wanted to see these people treated with kindness, and not ostracized,” Jim Bennett said….

He died Wednesday, May 4.

Voir de même:

Israël : des généraux de Tsahal se mettent le pays à dos

En comparant l’atmosphère en Israël à celle de l’Allemagne des années 1930, le chef d’état-major de l’armée a mis en colère le gouvernement et l’opinion.

Danièle Kriegel

 Le Point
09/05/2016

PHOTO. Facebook s’excuse pour avoir censuré l’image d’un mannequin grande taille

24/05/2016
RÉSEAUX SOCIAUX – Facebook a dû faire machine arrière après avoir interdit la photographie d’un mannequin aux formes généreuses en bikini dans une publicité australienne destinée à promouvoir l’image positive du corps, jugeant que le corps en question était montré sous un jour « indésirable« . Le réseau social a ensuite présenté ses excuses aux organisateurs expliquant avoir mal jaugé la publicité.

Facebook avait, dans un premier temps, bloqué la publicité de l’association de Melbourne « Cherchez la femme » pour un événement baptisé « graisse et féminisme », disant que la photo contrevenait à ses règlements.

Une publicité qui ne répondait pas « à leurs critères »

Lorsque les organisateurs se sont inquiétés de la décision, Facebook a expliqué que la publicité ne répondait pas à leurs critères en matière de santé et de fitness car « l’image dépeint un corps ou des parties du corps d’une manière indésirable ». « Les publicités de ce type ne sont pas permises car elles entraînent chez ceux qui les voient une mauvaise image d’eux-mêmes », écrit Facebook à l’une des organisatrices de l’événement Jessamy Gleeson, qui a publié sur internet une capture d’écran de la lettre.

Mme Gleeson s’est dit abasourdie que Facebook « ne sache apparemment pas que des rondes, des femmes qui se décrivent comme grosses, peuvent se sentir très bien dans leur peau ». Elle a appelé les internautes à « crier fort contre quiconque tenterait de nous dire que certains corps sont plus désirables que d’autres ».

« Facebook n’a pas tenu compte du fait que notre événement va aborder l’image corporelle positive, qui peut concerner tous les types de corps, mais dans notre cas en l’occurrence les gros corps », ajoute-t-elle.

Voir aussi:
T’as vu ?

Pour Facebook, un mannequin grande taille ne peut pas être une icône de pub

WEB Facebook a bloqué la promotion d’un message en raison d’une photo jugée «inopportune»…

Le message en question était censé promouvoir un panel de discussion nommé « Le féminisme et les gros ». Plutôt raccord, donc. Mais Facebook a considéré que la pub montrait le corps « de manière inopportune ». Il a donc bloqué la diffusion du message auprès d’un large public, ce que permet le réseau social contre rémunération, sans pour autant le supprimer. « Les publicités ne doivent pas faire la promotion d’un état de santé ou d’un poids parfait ou à l’inverse non désirable », justifie ainsi l’entreprise dans un message à l’adresse de Cherchez la Femme. Avant de préciser : « Les pubs comme celle-ci ne sont pas admises parce qu’elles mettent les spectateurs mal à l’aise. »

Une réponse trollissime

De quoi faire « enrager » le groupe australien, contacté par The Telegraph. D’autant que Facebook lui conseille d’utiliser à la place une image « d’une activité pertinente [au regard du sujet], comme la course ou le vélo ». « Facebook ignore le fait que notre événement consiste à discuter du corps… et conclut que nous mettons les femmes mal à l’aise en postant la photo d’un mannequin grande taille », soupire un porte-parole de Cherchez la Femme.

Prenant le réseau social au mot, le groupe a changé la photo de son post promotionnel. Sur sa nouvelle image, un vélo… chevauché par une femme ronde.

Voir encore:

Le fonc­tion­naire âgé de 29 ans a fait preuve d’un sang-froid incroyable alors que sa vie était en danger. Les inter­nautes lui rendent hommage.

 Luca Andreolli

VSD

19 mai 2016

Hier, une mani­fes­ta­tion assez inédite s’est tenue à Paris. Les syndi­cats de police ont appelé les repré­sen­tants des forces de l’ordre à dénon­cer la « haine anti-flics » qui semble se répandre dans les diffé­rents cortèges orga­ni­sés contre la loi Travail depuis des semaines. Cette contre-offen­sive poli­cière fait direc­te­ment écho au slogan « Tout le monde déteste la police », crié à tue-tête par les mani­fes­tants les plus véhé­ments. L’idée était ainsi d’ap­pe­ler « au soutien de la popu­la­tion » et à la condam­na­tion des groupes orga­ni­sés de « casseurs » qui sévissent dans les rues de France. Ce coup de commu­ni­ca­tion bien orches­tré a été renforcé par la viru­lence de jeunes mani­fes­tants, qui ont, quant à eux, tenu à se réunir en marge du rassem­ble­ment poli­cier, malgré les inter­dic­tions formu­lées par la préfec­ture.

Et une fois de plus, la situa­tion a dégé­néré. Preuve de la gravité des faits commis, une enquête a même été ouverte pour « tenta­tive d’ho­mi­cide volon­taire » suite à l’at­taque d’une voiture de police, qui a débou­ché sur l’inter­pel­la­tion de cinq personnes. La scène a déjà fait le tour du monde et choqué l’opi­nion publique. Elle a été filmée par une caméra embarquée, offrant un point de vue simi­laire à celui des assaillants. La séquence a été postée sur Youtube et a été vision­née plus de 245 000 fois. Elle a donné lieu à de nombreuses réuti­li­sa­tions, notam­ment sur Twit­ter, où des inter­nautes ont isolé quelques courts passages pour en faire des GIF ou des Vine, c’est-à-dire des vidéos de quelques secondes.

Dans ce flot de conte­nus très expli­cites, on découvre une violence inouïe. Une voiture de poli­ciers se retrouve isolée dans une rue proche de la place de la Répu­blique, où déboulent des dizaines de mani­fes­tants hostiles. Beau­coup sont masqués par des écharpes ou des cagoules. Les insultes pleuvent et les coups sur la carlingue commencent à défer­ler. À l’in­té­rieur, les deux fonc­tion­naires (un homme et une femme) sont en très fâcheuse posture. Mais ils ne peuvent rien faire, étant bloqués par la file de voitures qui les précèdent. Soudain, un casseur assène un violent coup de pied dans la vitre du conduc­teur, qui explose en mille morceaux. Un autre se préci­pite pour s’en prendre direc­te­ment au poli­cier coincé à l’in­té­rieur. Puis, c’est au tour de la plage arrière d’être prise d’as­saut.

Plusieurs projec­tiles sont utili­sés pour malme­ner les forces de l’ordre, notam­ment des bornes anti-station­ne­ment. Un objet incen­diaire est fina­le­ment balancé à l’in­té­rieur du véhi­cule, qui commence à prendre feu. Le conduc­teur semble alors char­ger son arme, avant de sortir pour sauver sa peau. On découvre une carrure impo­sante se déga­ger de ce brasier. Mais pas las d’har­ce­ler les poli­ciers, un casseur se présente avec un long bâton pour frap­per de nouveau le fonc­tion­naire. Celui-ci ne se démonte pas pour autant. Il somme son agres­seur de s’ar­rê­ter. Ce dernier, décon­te­nancé par le gaba­rit de son oppo­sant, semble esquis­ser un geste de recul, mais tente malgré tout d’as­sé­ner d’autres coups. Le poli­cier choi­sit de parer chaque tenta­tive, sans attaquer, en se conten­tant simple­ment d’avan­cer de quelques pas pour dissua­der le casseur de conti­nuer. Il est fina­le­ment secouru par des collègues et s’échappe calme­ment et sans se retour­ner, lais­sant la voiture s’em­bra­ser derrière lui.

Une preuve de courage et un sang-froid unani­me­ment salués depuis par de nombreux Twit­tos, qui ont notam­ment utilisé le mot dièse #KungFuFigh­ting. Quant au « héros » du jour, peu d’in­for­ma­tions sur lui ont filtré. Le préfet de Paris, Bernard Cadot, a simple­ment précisé que le poli­cier de 29 ans était un adjoint de sécu­rité, membre de « la brigade du péri­phé­rique », et que l’agres­sion dont il a été victime s’est produite en rentrant d’in­ter­ven­tion. Même s’il a échappé au pire et ne souffre que de bles­sures super­fi­cielles, il a néan­moins passé la nuit en obser­va­tion à l’hô­pi­tal Bégin de Saint-Mandé. Le ministre de l’In­té­rieur, Bernard Caze­neuve, lui a d’ailleurs visite pour « louer son courage abso­lu­ment formi­dable, comme la plupart des poli­ciers qui sont mobi­li­sés dans la période ».

Voir aussi:

Equipe de France : Cantona accuse Deschamps d’être trop français
Valeurs actuelles
26 Mai 2016

Accusations. L’ancien joueur de l’équipe de France, Eric Cantona, a attaqué violemment le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps. Il lui reproche un nom « très français » et une famille qui n’est « pas mélangée, comme les Mormons ». Il l’accuse de n’avoir pas convoqué dans le groupe les attaquants Karim Benzema et Hatem Ben Arfa en raison de leurs origines.

Eric Cantona n’a pas sa langue dans sa poche, même quand il s’agit de jeter des accusations pour le moins étranges. Dans une interview au Guardian, l’ancienne star de Manchester United s’en est pris à Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France : « Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique. Je ne suis pas surpris qu’il ait utilisé la situation de Benzema pour ne pas le prendre. Surtout après que Valls ait dit qu’il ne devrait pas jouer pour la France. Ben Arfa est peut-être le meilleur joueur en France aujourd’hui, mais il a des origines. Je suis autorisé à m’interroger à propos de ça ».
Des propos à peine surprenants pour l’ancien joueur de l’équipe de France, habitué des sorties hasardeuses et investi dans la lutte contre le racisme. Plus tard dans l’interview, il en a rajouté lorsqu’on lui a demandé si les choix de Didier Deschamps étaient racistes : « Peut-être non, peut-être oui. Pourquoi pas ? Une chose est sûre, Benzema et Ben Arfa sont deux des meilleurs joueurs français et ne seront pas à l’Euro. Et pour sûr, Benzema et Ben Arfa ont des origines nord-africaines. Donc le débat est ouvert ».

En équipe de France, d’autres excellents joueurs
Eric Cantona fait preuve de mauvaise foi dans ses propos. Si Karim Benzema n’est pas sélectionné malgré son excellent niveau, c’est en raison de son implication dans un chantage à la sextape à l’encontre de l’un de ses anciens coéquipiers en bleu, Mathieu Valbuena. L’attaquant du Real Madrid, s’il n’est plus sous contrôle judiciaire, reste mis en examen dans cette affaire. Quant à Hatem Ben Arfa, il sort effectivement d’une saison brillante avec son club de Nice. Mais la concurrence en attaque est très rude chez les Bleus. Affirmer que ces deux joueurs sont les meilleurs joueurs français est discutable. Antoine Griezmann joue par exemple la finale de la Ligue des champions samedi prochain, et a pris une place de leader dans l’une des meilleures équipes d’Europe, l’Atletico Madrid. On peut également citer des joueurs comme Paul Pogba ou Blaise Matuidi, deux joueurs français très cotés qui participeront à l’Euro.

Voir enfin:

Je condamne le christia­nisme
Friedrich Nietzsche

L’Antréchrist

(1895)

Je termine ici et je prononce mon jugement. Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme.

Qu’on ose encore me parler de ses bienfaits « humanitaires ». Supprimer une misère était contraire à sa plus profonde utilité, elle vécut de misères, elle créa des misères pour s’éterniser… Le ver du péché par exemple : une misère dont l’Église seulement enrichit l’huma­nité ! — L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… les bienfaits « humanitaires » du christia­nisme ! Faire de l’humanitas une contradiction, un art de pollution, une aversion, un mépris de tous les instincts bons et droits ! Cela serait pour moi des bienfaits du christianisme ! — Le parasitisme, seule pratique de l’Église, buvant, avec son idéal d’anémie et de sainteté, le sang, l’amour, l’espoir en la vie ; l’au-delà, négation de toute réalité ; la croix, signe de ralliement pour la conspiration la plus souterraine qu’il y ait jamais eue, — conspiration contre la santé, la beauté, la droiture, la bravoure, l’esprit, la beauté d’âme, contre la vie elle-même…

Je veux inscrire à tous les murs cette accusation éternelle contre le chris­tianisme, partout où il y a des murs, — j’ai des lettres qui rendent voyants même les aveugles… J’appelle le christianisme l’unique grande calamité, l’unique grande perversion intérieure, l’unique grand instinct de haine qui ne trouve pas de moyen assez venimeux, assez clandestin, assez souterrain, assez petit — je l’appelle l’unique et l’immortelle flétrissure de l’humanité…


Scoop du siècle: un leader mondial célèbre le christianisme et il n’est pas américain ! (Shallow, clichéd Easter message: David Cameron spills the beans on the universality of Judeo-Christian values and pays for it)

5 avril, 2016

OBunny
batmanvsuperman
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Lévitique 19: 18
N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. Jésus (Psaume 118: 22/Matthieu 21: 42)
Soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Jésus (Matthieu 5: 45)
Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Paul (2 Thessaloniciens 3: 10)
L’Europe n’est rien de substantiel. L’envers de cette vacuité substantielle est une tolérance, une ouverture radicale. Ulrich Beck
L’Europe meurt de sa lâcheté et de sa faiblesse morales, de son incapacité à se défendre et de l’ornière morale évidente dont elle ne peut s’extraire depuis Auschwitz. Imre Kertész (L’Ultime auberge)
La basse continue de la morale humaniste, celle qui existe chez Bach avec des accords parfaits, des tonalité en mi majeur ou en sol majeur, une culture fermée où chaque mot signifiait ce qu’il voulait dire et seulement cela, voilà ce qui a disparu avec Auschwitz et le totalitarisme. Comme Arnold Schoenberg [1874-1951, qui a révolutionné le langage musical en renonçant au système tonal de sept notes] l’a fait pour la musique, j’ai découvert, avec mon écriture, une « prose atonale », qui illustre la fin du consensus et de la culture humaniste, celle qui valait à l’époque de Bach et ensuite. Dans Etre sans destin, j’ai renversé le Bildungsroman, le roman de formation allemand. On peut dire que mes livres sont des récits de la « dé-formation ». (…) Cette recrudescence de l’antisémitisme, qui est un phénomène mondial, je la trouve bien entendu effarante. Avant même les attaques terroristes de janvier à Paris, j’avais fait la remarque que l’Europe était en train de mourir de sa lâcheté et de sa faiblesse morale, de son incapacité à se protéger et de l’ornière morale évidente dont elle ne pouvait s’extraire après Auschwitz. La démocratie reste impuissante à se défendre, et insensible devant la menace qui la guette. Et le risque est grand de voir les gardes-frontières qui entreprennent de défendre l’Europe contre la barbarie montante, les décapitations, la « tyrannie orientale », devenir à leur tour des fascistes. Que va devenir l’humanité dans ces conditions ? Auschwitz n’a pas été un accident de l’Histoire, et beaucoup de signes montrent que sa répétition est possible. Imre Kertész
Tu vois, ce que nous appelons Dieu dépend de notre tribu, Clark Joe, parce que Dieu est tribal; Dieu prend parti! Aucun homme dans le ciel n’est intervenu quand j’étais petit pour me délivrer du poing et des abominations de papa. J’ai compris depuis longtemps que Si Dieu est tout puissant, il ne peut pas être tout bienveillant. Et s’il est tout bienveillant, il ne peut pas être tout puissant. Et toi non plus ! Lex Luthor
Cette sorte de pouvoir est dangereux. (…) Dans une démocratie, le bien est une conversation et non une décision unilatérale. Sénatrice Finch (personnage de Batman contre Superman)
La bonne idée de ce nouveau film des écuries DC Comics, c’est de mettre en opposition deux conceptions de la justice, en leur donnant vie à travers l’affrontement de deux héros mythiques. (…) Superman et Batman ne sont pas des citoyens comme les autres. Ce sont tous les deux des hors-la-loi qui œuvrent pour accomplir le Bien. Néanmoins, leur rapport à la justice n’est pas le même: l’un incarne une loi supérieure, l’autre cherche à échapper à l’intransigeance des règles pour mieux faire corps avec le monde. Le personnage de Superman évoque une justice divine transcendante, ou encore supra-étatique. À plusieurs reprises, le film met en évidence le défaut de cette justice surhumaine, trop parfaite pour notre monde. Superman est un héros kantien, pour qui le devoir ne peut souffrir de compromission. Cette rigidité morale peut alors paradoxalement conduire à une vertu vicieuse, trop sûre d’elle même. On reprochait au philosophe de Königsberg sa morale de cristal, parfaite dans ses intentions mais prête à se briser au contact de la dure réalité. Il en va de même pour Superman et pour sa bonne volonté, qui vient buter sur la brutalité de ses adversaires et sur des dilemmes moraux à la résolution impossible. Le personnage de Batman incarne quant à lui une justice souple, souterraine, infra-étatique et peut-être trop humaine. Le modèle philosophique le plus proche est celui de la morale arétique du philosophe Aristote. Si les règles sont trop rigides, il faut privilégier, à la manière du maçon qui utilise comme règle le fil à plomb qui s’adapte aux contours irréguliers, une vertu plus élastique. Plutôt que d’obéir à des impératifs catégoriques, le justicier est celui qui sait s’adapter et optimiser l’agir au cas particulier. Paradoxalement, cette justice de l’ombre peut aller jusqu’à vouloir braver l‘interdit suprême ; le meurtre; puisque Batman veut en finir avec Superman. (…) De la même façon, le film pose dès le départ, à travers les discours d’une sénatrice, le problème critique du recours au super-héros. Ce dernier déresponsabilise l’homme, court-circuite le débat démocratique et menace par ses super-pouvoirs toute possibilité d’un contre-pouvoir. Les « Watchmen », adaptation plus subtile de l’oeuvre de Alan Moore par le même Zack Snyder posait déjà la question : « Who watches the Watchmen ? » Le Nouvel Obs
“Batman v. Superman” may lack the social commentary of “The Dark Knight” trilogy or bold iconoclasm of “V for Vendetta,” but it does have an ideology – namely, its distrust of power. To Batman and many residents of both Metropolis and Gotham, Superman is a self-appointed overlord whose complete unaccountability makes him an existential threat to humanity, regardless of his claims that he only wants to help. Indeed, the film opens by revisiting the controversial Metropolis fight from “Man of Steel,” one that many critics noted would have resulted in hundreds of thousands of civilian casualties, showing how the stupendous loss of life (and Superman’s callous disregard for it) motivates Batman’s hatred. Of course, in Superman’s eyes, Batman is nothing more than a vigilante, someone whose ability to operate above the law speaks not to his superior moral qualities but rather the corruption of a police department that refuses to prosecute him. And when we see Bruce Wayne branding criminals with the Bat logo, it’s hard to disagree with Superman’s assessment. Coming from a movie in which one character declares that “on this earth, every act is a political act,” it’s obvious that these political messages were included by design. Regardless of their political affiliation, director Zack Snyder and screenwriters David S. Goyer and Chris Terrio have created an operatic superhero film that abhors the real-world consequences which would ensue if superheroes actually existed. In the “Batman v. Superman” paradigm, it doesn’t matter that those wielding the power think of themselves as virtuous – whether sent from above with a divine destiny or crawling the streets to protect the innocent – because “in a democracy, good is a conversation, not a unilateral decision” (to quote the movie’s idealistic United States Senator played by Holly Hunter). This isn’t to say that “Batman v. Superman” is a masterpiece of political commentary, or even that its message is always presented effectively. Aside from shots of anti-Superman protesters carrying protest signs modeled after the anti-Mexican rhetoric that contaminates our discourse today, there isn’t much of an exploration of xenophobia vis-à-vis Superman’s origin story (a missed opportunity in any ostensibly politicized Superman parable). There are similarly fleeting references to drone strikes and civil liberties violations, all dutifully ticked off as vestiges of a security state run amok before quickly forgotten. The movie does include commendably strong female characters like Lois Lane and Wonder Woman, but they receive such insufficient attention that they barely make an impact (a shortcoming more likely attributable to its cluttered narrative than outright sexism). At the same time, there is actually something very intelligent, even subversive, about a superhero film that is so brazen in challenging the political legitimacy of those who would-be superheroes. It is the central conflict that drives the narrative and keeps the audience engaged in the on-screen action, even if the flat characters make it hard to invest on a deeper level. This isn’t a movie that simply includes those elements to make itself seem more profound; without that political subtext, the film barely exists at all. While it remains to be seen whether this political message will give “Batman v. Superman” the same timelessness as other blockbuster political parables from the superhero genre (again, think “V for Vendetta” or “The Dark Knight”), I suspect it goes a long way toward explaining why many audiences are connecting with it. For better or worse, the movie uses two well-known contemporary mythologies – that of the Batman and Superman characters – to ask provocative questions about whether we can trust concentrations of great power. Critics may deride these attempts as incoherent or simplistic, but if John and Jane Q. Public are intrigued by them, then perhaps we should hesitate before dismissing them outright. After all, any movie that tries to make its audience smarter isn’t completely devoid of merit. When cultural historians look back on cinema circa 2016, they will likely marvel at our growing ambivalence toward the superhero characters who have become so popular over the past couple decades. Later this year “Batman v. Superman” will be joined by “Captain America: Civil War,” another movie in which two iconic superheroes feud over ideological differences about concentrations of power (this time Captain America and Iron Man). There is a mass catharsis at play here, a phenomenon in which the anxieties toward demagogues and potential demagogues – liberals and conservatives can fill in their own blanks here with the names of their least-favorite politicians – is being reflected back to us on the silver screen. This, politically speaking, may be the most important takeaway from “Batman v. Superman.” It may be a good movie, a bad movie, or anything in between, but it is without question an important film today, and a quintessential product of the America we inhabit. Matthew Rozsa
Superman vs. Batman … accomplishes its lofty goal to approach Superman (Henry Cavill) from a more mythological discourse, with Christian symbolism coming to the forefront. Those who saw « Man of Steel » are undoubtedly familiar with these sorts of Christian references, especially given that film’s use of the Holy Trinity. That symbolism is even more overt in « Batman v Superman, » or should we call it « The Passion of Superman »? The godly hero is venerated throughout the film. His morality is also called into question. At one point he essentially decimates an entire village in order to rescue Lois Lane (Amy Adams) in the middle of the desert. But this scorn is often countered by images of his redemption, as when Superman saves a girl from a burning building and gets mobbed by a group of people all stretching out to touch him. Jesus — I mean Superman — even goes on trial in front of Congress so that the world can get a better idea of where he stands. Is he on Earth to dominate mankind? Or is he there to collaborate with humanity? Of course, like Christ, there are those that fear Superman, including Bruce Wayne (Ben Affleck). (…) Likely because he heard for two years how oblivious Superman seemed in « Man of Steel » about killing millions of people during his fight with General Zod (Michael Shannon), Snyder decided to then show audiences this same destruction from a different viewpoint, using overt 9/11 references. While Snyder’s attempts to acknowledge the carnage in a way his previous film didn’t, the rewrite does not in reveal how Superman feels about anything. More to the point, despite seeing the mayhem, Bruce Wayne’s alter ego Batman seems to have no sympathy for killing other characters during the various chase or action sequences he takes on. (…) Jesse Eisenberg’s Lex Luthor is often used to bring the Messianic imagery to the forefront – he ceaselessly refers to Superman as an analogy for God. Even his hatred of Superman is rooted in that analogy. Jewish Rabbi Elie Wiesel was faced with the horrors of the Holocaust, and his theology was utterly transformed by it. Wiesel came to the belief that, in the face of Auschwitz, God must be either all-loving or all-powerful – He could not be both. Lex Luthor has come to a similar view; and, where Wiesel was comfortable with the distinction, Luthor is angry. Conflating Superman with God, his desire is to reveal either the limits of Superman’s character, or of his power. In the film, there’s a fascinatingly spiritual scene in which Superman has been tempted away from the path of interaction with the world. Curiously enough, this time round it is his own mother who has tried to tell him to let go – « You don’t owe the world anything, » she tells him. Superman heads off to a mountain (again, a spiritual place in the Bible), and has a spiritual encounter with his deceased father, Jonathan, that prepares him for what is to come. (…) Luthor uses Kryptonian technology to create Doomsday, and it’s notable that doing so requires his blood – again, a Biblical notion (Leviticus 17: 11, « For the life of a creature is in the blood »). Philosopher Friedrich Nietzsche famously argued that man created God in his own image. Batman V Superman neatly inverts this postmodern trope, with, instead, man creating the devil in response to God’s presence. The battle between Doomsday and the DC superheroes culminates in a brutal conflict that goes so far as the boundaries of the atmosphere! Ultimately, Superman and Doomsday strike each other with fatal blows, in a scene that seems analogous to the first Biblical prophecy of what the Cross would achieve, in Genesis 3: 15: « He will crush your head, and you will strike his heel. » In this first prophecy, the decisive battle between the Son of Man (a title Jesus claimed for himself) and the Devil would involve both striking powerful blows against the other. The Devil, in Genesis spoken of as a serpent, will strike Jesus on the heel – infecting him with venom, and thus taking his life. Jesus, meanwhile, will crush the Devil’s head as he dies. True to this form, Superman and Doomsday literally impale one another, both dying. Tellingly, as Lois weeps (analogous to many images of Jesus’ mother weeping over his body), the camera pans out to reveal wooden rubble in the shape of Crosses. It’s also no coincidence that this film was released on Good Friday, when Christians celebrate the death of Jesus! (…) Sometimes crucifixions were a long and messy affair, and the Romans tried to hurry them up. As Jesus hung upon the Cross, the Roman soldiers moved between the three men hanging on the Crosses, and broke the legs of the two thieves – so they would hang, and asphyxiate. They believed that Jesus was already dead, though, and pierced his side with a spear. The Bible is very specific to describing a flow of « blood and water », which indicates that the spear had penetrated the lung – and it was filled, proving Jesus was truly dead. In roughly the same way, the crucial weapon in this film is a Kryptonite spear, fashioned by Batman, and ultimately used against Doomsday. As Doomsday dies, the creature’s right arm – taking on the form of a spear – pierces Superman’s chest, also killing him. It’s not a coincidence, even though the symbolism breaks apart when you look too deeply at this one. Is there anyone who believes Superman will stay dead? The funeral processions – complete with the famous religious tune Amazing Grace – and the mourning masses are eerily reminiscent of the Bible’s descriptions. Just as with Jesus, Superman is left in the grave – and the final scenes hint that he’s not quite dead yet… This, of course, was based off the famous Death of Superman event – and yes, Superman came back pretty quickly … Latin Post
Every other scene is a murky allusion to classical mythology or baroque religious art. But that’s categorically all they are: the film regularly defies common sense and logic in order to cue up the next cod-transfiguration or pietà. When Lois Lane (Amy Adams) hurls that kryptonite spear into the water, she does it for no apparent reason other than the fact it looks, like, totally cool – and accordingly, she and Superman are fishing it back out again five minutes later. The heavy religious symbolism of Man of Steel now looks relatively restrained: Superman himself has gone Full Christ Metaphor, and his life is an endless cycle of rescuing people (mainly Lois) and pulling expressions of pained benificence. Cavill has almost nothing to do apart from look chiseled, which makes a depressing kind of sense, given the film seems to view his character as a living statue. Batman V Superman launches into its myth-making immediately and humourlessly, setting the tone for everything that follows. Under the opening credits we get a refresher course in Bruce Wayne’s childhood trauma: yet again, we see the shooting of his parents (this time outside a cinema showing Excalibur and The Mark of Zorro) and his subsequent tumble down a bat-infested shaft. It’s staged with sadistic elegance – there’s a skin-prickling shot of the mugger’s pistol hitching up Bruce’s mother’s string of pearls – although there are only so many slow-motion aerial shots of coffins and black umbrellas a man can come up with, and much of it smacks of similar passages in Snyder’s earlier films, Sucker Punch and Watchmen. It also turns out to be the only substantial insight we get into who Bruce Wayne actually is, or what drives him, in the film’s entire two-and-a-half-hour running time. Giving Affleck’s Batman the physique of a concrete pillar makes aesthetic sense, but did he need the personality of one too? One more thing about Bruce: he loathes Superman, because of his city-razing antics at the end of Man of Steel, which toppled Wayne Tower with hundreds of employees inside it. Here, Snyder gives us a street-level recap, transparently invoking 9/11 in every shot. (Later, the film works the terrorism angle even harder: Superman’s actions prove to be the catalyst for a suicide bomb attack on US soil.) In short, Batman has grounds for vengeance. But it’s Lex Luthor who has the appetite. After hauling a clump of glowing green kryptonite from the Indian Ocean, the young technology mogul devises a ‘silver bullet’ that could bring Superman to heel. Eisenberg gives a catastrophic performance here, all itchy and spasmodic, and built on mumbled rants about Copernicus and Nietzsche … The Telegraph
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est vraiment unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. René Girard
Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort. Erdogan
Alors que la Turquie accueille trois millions (de migrants), ceux qui sont incapables de faire de la place à une poignée de réfugiés et qui, au coeur de l’Europe, maintiennent des innocents dans des conditions honteuses, doivent d’abord regarder chez eux. Erdogan (2016)
Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. Jacques Chirac
Nous l’avons été, mais nous ne sommes plus une nation chrétienne, du moins, pas seulement. Nous sommes aussi une nation juive, une nation musulmane, une nation bouddhiste, une nation hindoue, une nation d’athées. Barack Hussein Obama (2006)
Whatever we once were, we are no longer just a Christian nation; we are also a Jewish nation, a Muslim nation, a Buddhist nation, a Hindu nation, and a nation of nonbelievers. And even if we did have only Christians in our midst, if we expelled every non-Christian from the United States of America, whose Christianity would we teach in the schools? Would we go with James Dobson’s, or Al Sharpton’s? Which passages of Scripture should guide our public policy? Should we go with Leviticus, which suggests slavery is ok and that eating shellfish is abomination? How about Deuteronomy, which suggests stoning your child if he strays from the faith? Or should we just stick to the Sermon on the Mount – a passage that is so radical that it’s doubtful that our own Defense Department would survive its application? So before we get carried away, let’s read our bibles. Folks haven’t been reading their bibles. This brings me to my second point. Democracy demands that the religiously motivated translate their concerns into universal, rather than religion-specific, values. It requires that their proposals be subject to argument, and amenable to reason. I may be opposed to abortion for religious reasons, but if I seek to pass a law banning the practice, I cannot simply point to the teachings of my church or evoke God’s will. I have to explain why abortion violates some principle that is accessible to people of all faiths, including those with no faith at all. Now this is going to be difficult for some who believe in the inerrancy of the Bible, as many evangelicals do. But in a pluralistic democracy, we have no choice. Politics depends on our ability to persuade each other of common aims based on a common reality. It involves the compromise, the art of what’s possible. At some fundamental level, religion does not allow for compromise. It’s the art of the impossible. If God has spoken, then followers are expected to live up to God’s edicts, regardless of the consequences. To base one’s life on such uncompromising commitments may be sublime, but to base our policy making on such commitments would be a dangerous thing. And if you doubt that, let me give you an example. We all know the story of Abraham and Isaac. Abraham is ordered by God to offer up his only son, and without argument, he takes Isaac to the mountaintop, binds him to an altar, and raises his knife, prepared to act as God has commanded. Of course, in the end God sends down an angel to intercede at the very last minute, and Abraham passes God’s test of devotion. But it’s fair to say that if any of us leaving this church saw Abraham on a roof of a building raising his knife, we would, at the very least, call the police and expect the Department of Children and Family Services to take Isaac away from Abraham. We would do so because we do not hear what Abraham hears, do not see what Abraham sees, true as those experiences may be. So the best we can do is act in accordance with those things that we all see, and that we all hear, be it common laws or basic reason. Finally, any reconciliation between faith and democratic pluralism requires some sense of proportion. This goes for both sides. Even those who claim the Bible’s inerrancy make distinctions between Scriptural edicts, sensing that some passages – the Ten Commandments, say, or a belief in Christ’s divinity – are central to Christian faith, while others are more culturally specific and may be modified to accommodate modern life. The American people intuitively understand this, which is why the majority of Catholics practice birth control and some of those opposed to gay marriage nevertheless are opposed to a Constitutional amendment to ban it. Religious leadership need not accept such wisdom in counseling their flocks, but they should recognize this wisdom in their politics. But a sense of proportion should also guide those who police the boundaries between church and state. Not every mention of God in public is a breach to the wall of separation – context matters. It is doubtful that children reciting the Pledge of Allegiance feel oppressed or brainwashed as a consequence of muttering the phrase « under God. » I didn’t. Having voluntary student prayer groups use school property to meet should not be a threat, any more than its use by the High School Republicans should threaten Democrats. And one can envision certain faith-based programs – targeting ex-offenders or substance abusers – that offer a uniquely powerful way of solving problems. Barack Hussein Obama (2006)
Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d’hindous, et d’athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l’amertume d’une guerre de Sécession et de la ségrégation (raciale), et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l’élan d’une nouvelle ère de paix. Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l’intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l’Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire. Barack Hussein Obama (2009)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam. D’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète. Barack Hussein Obama (entretien pour Canal +, le 2 juin 2009)
Salamm aleïkoum (…) Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (…) Je suis chrétien, mais mon père était issu d’une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j’ai passé plusieurs années en Indonésie où j’ai entendu l’appel à la prière (azan) à l’aube et au crépuscule. Jeune homme, j’ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j’ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane. Barack Hussein Obama (Prêche du Caire)
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Humanity has been grappling with these questions throughout human history.  And lest we get on our high horse and think this is unique to some other place, remember that during the Crusades and the Inquisition, people committed terrible deeds in the name of Christ.  In our home country, slavery and Jim Crow all too often was justified in the name of Christ. (…) And so, as people of faith, we are summoned to push back against those who try to distort our religion — any religion — for their own nihilistic ends. Barack Hussein Obama (2015)
As a Christian, I am supposed to love. And I have to say that sometimes when I listen to less than loving expressions by Christians, I get concerned. But that’s a topic for another day. (…) For me, the celebration of Easter puts our earthly concerns into perspective. With humility and with awe, we give thanks to the extraordinary sacrifice of Jesus Christ, our Saviour. We reflect on the brutal pain that he suffered, the scorn that He absorbed, the sins that he bore, this extraordinary gift of salvation that he gave to us. And we try, as best we can, to comprehend the darkness that He endured so that we might receive God’s light. And yet, even as we grapple with the sheer enormity of Jesus’s sacrifice, on Easter we can’t lose sight of the fact that the story didn’t end on Friday. The story keeps on going. On Sunday comes the glorious Resurrection of our Saviour. Barack Hussein Obama (2015)
This is a little bittersweet — my final Easter Prayer Breakfast as President.   (…) Now, as Joe said, in light of recent events, this gathering takes on more meaning.  Around the world, we have seen horrific acts of terrorism, most recently Brussels, as well as what happened in Pakistan — innocent families, mostly women and children, Christians and Muslims.  And so our prayers are with the victims, their families, the survivors of these cowardly attacks.  And as Joe mentioned, these attacks can foment fear and division.  They can tempt us to cast out the stranger, strike out against those who don’t look like us, or pray exactly as we do.  And they can lead us to turn our backs on those who are most in need of help and refuge.  That’s the intent of the terrorists, is to weaken our faith, to weaken our best impulses, our better angels. And Pastor preached on this this weekend, and I know all of you did, too, as I suspect, or in your own quiet ways were reminded if Easter means anything, it’s that you don’t have to be afraid.  We drown out darkness with light, and we heal hatred with love, and we hold on to hope.  And we think about all that Jesus suffered and sacrificed on our behalf — scorned, abandoned shunned, nail-scarred hands bearing the injustice of his death and carrying the sins of the world. And it’s difficult to fathom the full meaning of that act.  Scripture tells us, “For God so loved the world that He gave His only Son, that whoever believes in Him should not perish but have eternal life.”  Because of God’s love, we can proclaim “Christ is risen!”  Because of God’s love, we have been given this gift of salvation.  Because of Him, our hope is not misplaced, and we don’t have to be afraid. And as Christians have said through the years, “We are Easter people, and Alleluia is our song!”  We are Easter people, people of hope and not fear.  Now, this is not a static hope.  This is a living and breathing hope.  It’s not a gift we simply receive, but one we must give to others, a gift to carry forth.  I was struck last week by an image of Pope Francis washing feet of refugees — different faiths, different countries.  And what a powerful reminder of our obligations if, in fact, we’re not afraid, and if, in fact, we hope, and if, in fact, we believe.  That is something that we have to give.  His Holiness said this Easter Sunday, God “enables us to see with His eyes of love and compassion those who hunger and thirst, strangers and prisoners, the marginalized and the outcast, the victims of oppression and violence.”  To do justice, to love kindness –- that’s what all of you collectively are involved in in your own ways each and every day. Feeding the hungry.  Healing the sick.  Teaching our children.  Housing the homeless.  Welcoming immigrants and refugees.  And in that way, you are teaching all of us what it means when it comes to true discipleship.  It’s not just words.  It’s not just getting dressed and looking good on Sunday.  But it’s service, particularly for the least of these. And whether fighting the scourge of poverty or joining with us to work on criminal justice reform and giving people a second chance in life, you have been on the front lines of delivering God’s message of love and compassion and mercy for His children.  And I have to say that over the last seven years, I could not have been prouder to work with you.  We have built partnerships that have transcended partisan affiliation, that have transcended individual congregations and even faiths, to form a community that’s bound by our shared ideals and rooted in our common humanity.  And that community I believe will endure beyond the end of my presidency, because it’s a living thing that all of you are involved with all around this country and all around the world. And our faith changes us.  I know it’s changed me.  It renews in us a sense of possibility.  It allows us to believe that although we are all sinners, and that at time we will falter, there’s always the possibility of redemption.  Every once in a while, we might get something right, we might do some good; that there’s the presence of grace, and that we, in some small way, can be worthy of this magnificent love that God has bestowed on us. Barack Hussein Obama (2016)
L’Angleterre est encore un pays chrétien (…) la foi chrétienne joue un rôle dans ce pays (…) les valeurs de la foi chrétienne sont les valeurs sur lesquelles notre pays est construit et nous devrions tous être fiers de dire “ceci est un pays chrétien” (..) Mais elles ne sont pas l’apanage d’une foi ou d’une religion particulière. Elles sont quelque chose en quoi chacun croit dans notre pays. Après tout, tel est le cœur du message chrétien et le principe autour duquel est construite la célébration de Pâques : Pâques, c’est d’abord et avant tout se souvenir de l’importance du changement, de la responsabilité et de faire ce qui est juste pour nos enfants. (…) Quand nous voyons, en 2015, des chrétiens être persécutés pour leur foi dans d’autres parties du monde, nous devons nous affirmer et tenir debout avec ceux qui pratiquent leur foi avec courage. (…) C’est le grand combat qui nous attend. Nos frères et soeurs musulmans veulent notre aide. Nous devons nous étendre et les aider dans la bataille contre l’extrémisme. Nous devons construire des communautés plus fortes et plus résistantes. Nous devons nous assurer que ceux qui dérivent vers l’extrémisme soient tirés en arrière. David Cameron (2015)
Across Britain, Christians don’t just talk about ‘loving thy neighbour’, they live it out… in faith schools, in prisons, in community groups. And it’s for all these reasons that we should feel proud to say, ‘This is a Christian country.’ Yes, we are a nation that embraces, welcomes and accepts all faiths and none but we are still a Christian country. And as a Christian country, our responsibilities don’t end there. We have a duty to speak out about the persecution of Christians around the world too. It is truly shocking to know that in 2015 there are still Christians being threatened, tortured, even killed, because of their faith from Egypt to Nigeria, Libya to North Korea. Across the Middle East, Christians have been hounded out of their homes, forced to flee from village to village, many of them forced to renounce their faith or be brutally murdered. To all those brave Christians in Iraq and Syria who are practising their faith, or sheltering others, we must say, ‘We stand with you’. David Cameron (Dec. 2015)
The message of Easter is a message of hope for millions of Christians in our country and all around the world. We see that hope every day in the many faith-inspired projects that help the homeless, that get people into work, that help keep families together and offer loving homes to children who need them. We see it in the compassion of church leaders and volunteers who visit our hospitals, care homes and hospices – and those who comfort the bereaved. And we see that hope in the aid workers and volunteers who so often risk their own lives to save the lives of others in war-torn regions across the world. These are values we treasure. They are Christian values and they should give us the confidence to say yes, we are a Christian country and we are proud of it. David Cameron (Mar. 2016)
Au coeur de toutes ces actions de gentillesse et de courage, il y a les valeurs et les croyances qui ont fait de notre pays ce qu’il est. Des valeurs de responsabilité, de travail, de charité, de compassion, la fierté de travailler pour le bien commun et d’honorer les obligations sociales que nous avons les uns pour les autres, pour nos familles, pour nos communautés. Nous chérissons ces valeurs. Ce sont des valeurs chrétiennes. Elles doivent nous donner la force de dire : Oui, nous sommes un pays chrétien, et nous en sommes fiers. David Cameron (Mar. 2016)
Le christianisme de Mr Cameron est une tentative de ne choquer personne et que, en tant que tel, il insulte à la fois les chrétiens et les non-chrétiens. Sa liste vague et cotonneuse de vertus – la compassion, le travail, la responsabilité – n’a rien de spécialement chrétien. Le christianisme de Mr Cameron est une tentative de ne choquer personne ; en tant que tel, il insulte à la fois les chrétiens et les non-chrétiens. The Guardian (2015)
That is what we mark today as we celebrate the birth of God’s only son, Jesus Christ – the Prince of Peace. As a Christian country, we must remember what his birth represents: peace, mercy, goodwill and, above all, hope. I believe that we should also reflect on the fact that it is because of these important religious roots and Christian values that Britain has been such a successful home to people of all faiths and none. David Cameron (Dec. 24, 2015)
We look to political leaders for leadership, not theology, and this kind of language reveals him to be less than statesmanlike. David Cameron needs to appreciate that he isn’t a leader of Christians, he’s the prime minister of a diverse, multi-faith, and increasingly non-religious nation. Stephen Evans (National Secular Society, Dec. 2015)
Voilà un chef de gouvernement qui a fait adopter ces derniers mois plusieurs mesures en contradiction directe avec la vision chrétienne de l’homme – le mariage entre personnes de même sexe est légal depuis le 29 mars 2014. Un homme qui est à la tête d’un pays où l’on détruit 170 000 embryons par an, où les agences d’adoption catholiques ont dû fermer les unes après les autres, et où les sages-femmes qui refusent de pratiquer l’avortement sont sanctionnées par la justice. Or, dans ce message dont on peut voir la vidéo par exemple sur le site du Telegraph, il rappelle que l’Angleterre est, « encore un pays chrétien », que « la foi chrétienne joue un rôle dans ce pays », et que « les valeurs de la foi chrétienne sont les valeurs sur lesquelles notre pays est construit » et que « nous devrions tous être fiers de dire “ceci est un pays chrétien” ». À la différence de ses prédécesseurs, Cameron ne répugne pas à évoquer le caractère chrétien de la Grande-Bretagne. Bien sûr, ce message de Pâques est donné un mois avant les élections générales. Il s’inscrit dans une série de messages bienvenus (et généralement bien tournés) de tous les politiques anglais sans exception, qui ont salué les chrétiens à l’occasion de Pâques. Tout le monde s’est fendu d’un (bref) message pascal. Même le libéral Nick Clegg (« athée », mais dont les enfants sont « élevés dans la foi catholique de leur mère »). Même le souverainiste Nigel Farage (qui se définit comme « un anglican apostat ») a tweeté un courtois « Joyeuses Pâques, passez une journée agréable et reposante ». Tous les politiques anglais ont sans exception dénoncé au quart de tour la tragédie des chrétiens persécutés en général, et l’attaque de l’université de Garissa, au Kenya anglophone en particulier – la moindre des choses, après la sévère dénonciation des Pilate de notre temps par le pape François.  Mais il n’est pas sûr que, en voulant donner plus qu’un tweet et en se fendant d’un message de Pâques en bonne et due forme, Cameron ait marqué des points auprès des croyants. Tous les commentateurs ont remarqué le côté lénifiant d’un message – si consensuel qu’il en devenait gênant et peu accordé aux drames de l’heure. Et, en effet, pourquoi se donner la peine de saluer les « valeurs chrétiennes » si c’est pour dire précisément « qu’elles ne sont pas l’apanage d’une foi ou d’une religion particulière » ? Il poursuit : « Elles sont quelque chose en quoi chacun croit dans notre pays. Après tout, tel est le cœur du message chrétien et le principe autour duquel est construite la célébration de Pâques : Pâques, c’est d’abord et avant tout se souvenir de l’importance du changement, de la responsabilité et de faire ce qui est juste pour nos enfants ». Face à cet aimable gloubi-boulga, la presse britannique (qui visiblement connaît encore un peu de catéchisme) a donné au Premier ministre une volée de bois vert. (…) Mais même si c’est un raté de com’ (en cela, tout à fait comparable avec celui – quoique bien plus piteux à vrai dire – de la RATP sur les chrétiens d’Orient), ce message prouve que, décidément, la foi chrétienne est bien dans l’air du temps. Du coup, les politiques se doivent de bien réfléchir avant de se lancer sur ce terrain. Et parfois, ils sont capables de faire un sans-faute. Ainsi nul n’a moqué la reine Élisabeth lorsqu’elle évoquait (dans le royal message de Noël dernier) avec une grande simplicité « Jésus, une ancre dans ma vie ». Un témoignage public, à la fois pudique et sans complexe, que la souveraine britannique a donné à son peuple. Famille chrétienne (2015)
Pour nous autres Français, affligés de voir le mot « chrétien » banni un temps des couloirs de métro et de façon plus pérenne, du lexique présidentiel, cette phrase de David Cameron mériterait nos applaudissements. Outre-Manche, la presse lui a tapé sur les doigts. Il faut dire que la fin du message de Pâques du Premier ministre est indigeste (tout comme certaines réformes, en premier lieu la légalisation du « mariage » homosexuel) : « [Les valeurs chrétiennes] ne sont pas l’apanage d’une foi ou d’une religion particulière. Elles sont quelque chose en quoi chacun croit dans notre pays. Après tout, tel est le cœur du message chrétien et le principe autour duquel est construite la célébration de Pâques : Pâques, c’est d’abord et avant tout se souvenir de l’importance du changement, de la responsabilité et de faire ce qui est juste pour nos enfants ». Comme le remarque Jean-Claude Bésida, les journalistes britanniques ont par conséquent révisé leur catéchisme. Et réclamé des convictions, au lieu de ce gloubi-boulga consensuel destiné à ne déplaire à personne à un mois des élections générales. Salon beige
That’s the thing about America: constitutional separation of Church and state prevents prayers being said in schools and stops the president himself sending out Christmas cards with the word “Christmas” on them. Yet the politician who doesn’t energetically declare his or her Christian faith can expect to be shunned by voters. Whereas in Britain, politicians don’t do God. Paradoxically, in the country where seats in the (albeit unelected) legislature are reserved for leaders of the established Christian Church, religion is seen as a very private and personal affair. Its intrusion into the political domain is seen as very … well, unBritish. So by declaring (not for the first time) in his Easter message that Britain is “a Christian country”, the Prime Minister was either being brave or reckless. Whenever public figures are invited to define Christian values as applied to an entire nation, the homespun answers given are invariably along the lines of charity, loyalty, generosity, honesty, compassion, etc. Yet Christianity was never intended (originally, anyway) to be a comforting faith; it was, and remains, a challenging and deeply uncomfortable philosophy. Every Sunday-school pupil is familiar with the traditional figure of “meek and mild” Jesus, the man dressed all in white who suffered all children to come to Him; who only ever got angry with the money-changers in the Temple; who never said a bad word about gay people and was virtually vegetarian (until he threw a whole herd of pigs off a cliff to save a demon-possessed man). The passage from the Gospel of Matthew where Jesus declared “do not suppose that I have come to bring peace to the earth. I did not come to bring peace, but a sword”, is just one glimpse of a radical faith quite different from the image of old maids cycling to Evensong through the mist. Early Christians were persecuted not because of their love for their fellow citizens, or for their tolerance or charity, but because they challenged the status quo. They said things that made others, including the authorities, feel deeply uncomfortable. (…) Yet all those qualities which Cameron claims describe Christian Britain – responsibility, hard work and compassion – can be just as easily applied to the followers of almost any religion (or, indeed, of none). So labelling us as “Christian” is meaningless. (…) Given that the Prime Minister is not going to take a stand with the church and its core beliefs against those who would oppose and denigrate them, however, why is he raising the standard in the first place? To gain a reputation as a “man of faith”, thereby gaining the respect of followers of all faiths? Perhaps. Today, throughout the world, Christians are being persecuted and killed for their beliefs – not for their tolerance or compassion – and now would be a good time for politicians to speak out. If you’re not prepared to do that, if you want to limit your expression of faith to the inside of a Hallmark greetings card, maybe you should say nothing at all. The Easter story is inspiring and profound. The lesson the Bible teaches about the resurrection is not that good people go to Heaven and that we should all be nice to one another; it is that Jesus’s sacrifice and return from the dead gives hope to anyone who chooses to believe in him. If that’s an uncomfortable message, then spiritually it’s probably the right one. (…) But it’s not what Cameron is driving at. His message may have been broadcast during Easter weekend, but it was no more Christian than any other party political broadcast. Given that he is the secular head of a secular government, that is as it should be. Alastair Campbell once announced that the politicians he served “don’t do God”. The traps are too wide and the advantages too few. In Christian Britain, when politicians do decide to give God the glory, they are best advised to do so in private. The Telegraph

Cachez ces valeurs judéo-chrétiennes que je ne saurai voir !

Dans ce monde étrange tellement « imprégné du souci évangélique des victimes » qu’il a « fait de nous des chrétiens qui s’ignorent » …

Passant leur temps, sous les coups de la barbarie islamique revenue, en minutes de silence, vigiles et bougies quasi-ininterrompus …

Où nos superhéros mêmes, dans un film sorti comme par hasard un Vendredi saint et où le héros se sacrifie à la fin, se voient désormais sommés de répondre des conséquences de leurs actes …

Pendant qu’entre deux pas de dance avec les dictateurs, nos nouveaux messies n’ont jamais de mots assez durs pour dénoncer les manquements passés de notre héritage chrétien ou (jusqu’à caviarder des déclarations de dirigeants étrangers ?) vanter les mérites supposés des autres religions et notamment de celle du Prophète …

Ou entre légions d’honneur, rançons de milliards d’euros et burkha chic sur fond d’épuration ethnique de ce qui peut rester de juif ou de chrétien du prétendu Monde musulman, récompenser les coupeurs de tête de Riyad ou les maitres chanteurs d’Ankara …

Comment ne pas s’étonner au lendemain d’un nouveau message de Pâques d’un premier ministre britannique …

Qui désavouant nos Chirac et Obama du moment et, pour électoralisme et gnangnanisme cette fois, sous la volée de bois vert de sa propre presse …

Comme de l’indifférence habituelle de la nôtre de ce côté-ci de la Manche et de l’enthousiasme attendu d’une certaine presse outre-atlantique

Ose rappeler, appelant même ses compatriotes à dénoncer les actuelles persécutions de leurs coreligionnaires dans le monde …

Tout en en oubliant certes au passage son Lévitique …

La vérité désormais universelle desdites valeurs (judéo)chrétiennes ?

David Cameron : « Oui, nous sommes un pays chrétien et nous en sommes fiers. »
Info chrétienne
28 mars 2016

Suite aux différentes attaques terroristes, David Cameron, Premier Ministre anglais, rappelle dans son discours de Pâques à Downing Street, que l’Angleterre est un pays chrétien. Il explique que ça ne doit pas être une honte, ni une invitation à rabaisser les autres croyances. Il souhaite que son message pour Pâques soit « un message d’espoir pour des millions de chrétiens en Angleterre et dans le monde entier. »

Barack Obama, alors sénateur en 2006, avait lui exprimé une toute autre opinion à l’égard des Etats-Unis : « Nous l’avons été, mais nous ne sommes plus une nation chrétienne, du moins, pas seulement. Nous sommes aussi une nation juive, une nation musulmane, une nation bouddhiste, une nation hindoue, une nation d’athées. »

Le Premier Ministre anglais rappelle les différentes actions sociales menées par les chrétiens dans son pays :

« Au coeur de toutes ces actions de gentillesse et de courage, il y a les valeurs et les croyances qui ont fait de notre pays ce qu’il est. Des valeurs de responsabilité, de travail, de charité, de compassion, la fierté de travailler pour le bien commun et d’honorer les obligations sociales que nous avons les uns pour les autres, pour nos familles, pour nos communautés. Nous chérissons ces valeurs. Ce sont des valeurs chrétiennes. Elles doivent nous donner la force de dire : Oui, nous sommes un pays chrétien, et nous en sommes fiers. «
Puis il pense aux chrétiens persécutés :

» Quand nous voyons, en 2016, des chrétiens être persécutés pour leur foi dans d’autres parties du monde, nous devons nous affirmer et tenir debout avec ceux qui pratiquent leur foi avec courage. »
David Cameron invite les leaders chrétiens dans un combat : aider « leurs frères et soeurs musulmans » à lutter contre l’extrémisme.

» C’est le grand combat qui nous attend. Nos frères et soeurs musulmans veulent notre aide. Nous devons nous étendre et les aider dans la bataille contre l’extrémisme. Nous devons construire des communautés plus fortes et plus résistantes. Nous devons nous assurer que ceux qui dérivent vers l’extrémisme soient tirés en arrière. »
Cameron le rappelle : « Il y a une place pour la foi. »

Voir aussi:

David Cameron invoque l’identité chrétienne de son pays pour la défense des chrétiens persécutés
Christophe Chaland
La Croix
07/04/2015

« La Grande Bretagne est un pays chrétien », a affirmé le premier ministre britannique David Cameron dans son message de Pâques, dimanche 5 avril, ajoutant : « En tant que chrétiens, notre responsabilité nous engage à dénoncer la persécution des chrétiens dans le monde ».

Dans un message vidéo de moins de trois minutes, le premier ministre a loué comme il l’avait fait en 2014 l’engagement des chrétiens : « Les chrétiens en Grande Bretagne ne disent pas seulement d’aimer son prochain, ils le mettent en pratique, dans des écoles confessionnelles, dans les prisons, dans des communautés locales, et pour toutes ces raisons, nous pouvons être fiers de dire : “Ce pays est chrétien.” »

Élections
« Nous sommes un pays qui inclut, accueille et accepte toutes les religions ainsi que les athées, mais nous sommes toujours une nation chrétienne », a précisé le chef du gouvernement britannique à un mois des élections générales par lesquelles le pays se dotera d’un nouveau parlement.

David Cameron a rappelé que son gouvernement avait contribué à hauteur de « dizaines de millions de livres » à la restauration du patrimoine chrétien du pays, étendant « la responsabilité » de cette « nation chrétienne » à la défense des chrétiens persécutés dans le monde : « Il est vraiment choquant de savoir qu’en 2015, des chrétiens sont toujours menacés, torturés et même tués en raison de leur foi, de l’Égypte au Nigeria, à la Libye et à la Corée du Nord. »

« Au Moyen-Orient, les chrétiens ont été chassés de leurs maisons, contraints à fuir de village en village, beaucoup d’entre eux ayant dû renier leur foi ou être assassinés » a poursuivi le premier ministre conservateur. « À tous ces chrétiens courageux d’Irak et de Syrie, nous devons dire : nous sommes avec vous. » « Durant le mois qui vient, nous devons continuer de parler d’une seule voix pour la liberté de religion », a-t-il ajouté.

Polémique
En 2014, le message pascal de David Cameron avait déclenché une polémique sur la possibilité de parler de la Grande Bretagne comme d’une nation chrétienne. L’Église anglicane, par ailleurs, ne se prive pas de critiquer à l’occasion la politique sociale du gouvernement.

Dans la presse britannique, des critiques n’ont pas manqué cette année encore, The Guardian remarquant dans un éditorial qu’aucune des « bonnes actions » imputées aux chrétiens par le premier ministre n’était spécifique de la religion chrétienne et dénonçant « une pêche aux votes ».

Christophe Chaland

Voir également:

David Cameron et son curieux message de Pâques
Jean-Claude Bésida

Famille chrétienne

08/04/2015

Alors que le Premier ministre britannique ne brille pas par sa foi, son message de Pâques insiste sur l’héritage chrétien de la Grande-Bretagne. Un exercice de communication à un mois des élections qui se révèle finalement assez raté – trop de consensus et d’édulcoration. Mais qui, par défaut, prouve que la foi chrétienne est dans l’air du temps.
En ces temps où le pape François est le leader le plus populaire de la planète, où la guerre déclarée aux chrétiens d’Orient réussit à faire bouger une RATP laïque et gleedenisée, quelque chose est peut-être en train de changer. Le christianisme – la foi chrétienne – redevient un peu à la mode. En tout cas, elle n’est plus tout à fait quelque chose de totalement ringard et déphasé. Est-il in d’être chrétien ?

C’est la question qu’on peut se poser face au message de Pâques qu’a donné le Premier ministre britannique, David Cameron à Premier Christianity Magazine.

« Nous devrions tous être fiers de dire “ceci est un pays chrétien” »

Voilà un chef de gouvernement qui a fait adopter ces derniers mois plusieurs mesures en contradiction directe avec la vision chrétienne de l’homme – le mariage entre personnes de même sexe est légal depuis le 29 mars 2014. Un homme qui est à la tête d’un pays où l’on détruit 170 000 embryons par an, où les agences d’adoption catholiques ont dû fermer les unes après les autres, et où les sages-femmes qui refusent de pratiquer l’avortement sont sanctionnées par la justice.

Or, dans ce message dont on peut voir la vidéo par exemple sur le site du Telegraph, il rappelle que l’Angleterre est, « encore un pays chrétien », que « la foi chrétienne joue un rôle dans ce pays », et que « les valeurs de la foi chrétienne sont les valeurs sur lesquelles notre pays est construit » et que « nous devrions tous être fiers de dire “ceci est un pays chrétien” ». À la différence de ses prédécesseurs, Cameron ne répugne pas à évoquer le caractère chrétien de la Grande-Bretagne.

Bien sûr, ce message de Pâques est donné un mois avant les élections générales. Il s’inscrit dans une série de messages bienvenus (et généralement bien tournés) de tous les politiques anglais sans exception, qui ont salué les chrétiens à l’occasion de Pâques. Tout le monde s’est fendu d’un (bref) message pascal. Même le libéral Nick Clegg (« athée », mais dont les enfants sont « élevés dans la foi catholique de leur mère »). Même le souverainiste Nigel Farage (qui se définit comme « un anglican apostat ») a tweeté un courtois « Joyeuses Pâques, passez une journée agréable et reposante ».

Un aimable gloubi-boulga qui a valu au Premier ministre une volée de bois vert

Tous les politiques anglais ont sans exception dénoncé au quart de tour la tragédie des chrétiens persécutés en général, et l’attaque de l’université de Garissa, au Kenya anglophone en particulier – la moindre des choses, après la sévère dénonciation des Pilate de notre temps par le pape François.

Mais il n’est pas sûr que, en voulant donner plus qu’un tweet et en se fendant d’un message de Pâques en bonne et due forme, Cameron ait marqué des points auprès des croyants. Tous les commentateurs ont remarqué le côté lénifiant d’un message – si consensuel qu’il en devenait gênant et peu accordé aux drames de l’heure. Et, en effet, pourquoi se donner la peine de saluer les « valeurs chrétiennes » si c’est pour dire précisément « qu’elles ne sont pas l’apanage d’une foi ou d’une religion particulière » ? Il poursuit : « Elles sont quelque chose en quoi chacun croit dans notre pays. Après tout, tel est le cœur du message chrétien et le principe autour duquel est construite la célébration de Pâques : Pâques, c’est d’abord et avant tout se souvenir de l’importance du changement, de la responsabilité et de faire ce qui est juste pour nos enfants ».

Face à cet aimable gloubi-boulga, la presse britannique (qui visiblement connaît encore un peu de catéchisme) a donné au Premier ministre une volée de bois vert. L’éditorialiste du Spectator regrette que David Cameron ait donné une version « curieusement édulcorée de ce qu’est la foi chrétienne » : « En général, on considère que le cœur du message chrétien est qu’un homme, appelé le Fils de Dieu, a été mis à mort sur une croix et est ressuscité des morts ».

Le Guardian répond carrément que « le christianisme de Mr Cameron est une tentative de ne choquer personne et que, en tant que tel, il insulte à la fois les chrétiens et les non-chrétiens. Sa liste vague et cotonneuse de vertus – la compassion, le travail, la responsabilité – n’a rien de spécialement chrétien».

Le christianisme de Mr Cameron est une tentative de ne choquer personne ; en tant que tel, il insulte à la fois les chrétiens et les non-chrétiens.

Le Guardian
Quant à l’hebdomadaire Catholic Herald, il retient une seule chose : « Cameron a honte de se dire chrétien » : « L’ironie est que le Premier ministres a essayé très fort de donner l’impression qu’il n’avait pas peur de se dire chrétien. Le problème, c’est qu’il a surtout montré qu’il était terrorisé à l’idée d’être identifié comme tel. Il a bien le droit de croire ce qu’il veut et il devrait s’y tenir plutôt que d’essayer, avec un cynisme maladroit, de séduire les électeurs chrétiens pour les élections du 7 mai ». Bref, pour le principal hebdo catholique britannique, Cameron s’est pris les pieds dans le tapis.

Un raté de com’ qui prouve cependant que la foi chrétienne est dans l’air du temps

Mais même si c’est un raté de com’ (en cela, tout à fait comparable avec celui – quoique bien plus piteux à vrai dire – de la RATP sur les chrétiens d’Orient), ce message prouve que, décidément, la foi chrétienne est bien dans l’air du temps. Du coup, les politiques se doivent de bien réfléchir avant de se lancer sur ce terrain.

Et parfois, ils sont capables de faire un sans-faute. Ainsi nul n’a moqué la reine Élisabeth lorsqu’elle évoquait (dans le royal message de Noël dernier) avec une grande simplicité « Jésus, une ancre dans ma vie ». Un témoignage public, à la fois pudique et sans complexe, que la souveraine britannique a donné à son peuple.

Voir de même:

Le curieux message de Pâques de David Cameron
Le Salon Beige
08 avril 2015

« Nous devrions tous être fiers de dire “ceci est un pays chrétien” »
Pour nous autres Français, affligés de voir le mot « chrétien » banni un temps des couloirs de métro et de façon plus pérenne, du lexique présidentiel, cette phrase de David Cameron mériterait nos applaudissements. Outre-Manche, la presse lui a tapé sur les doigts. Il faut dire que la fin du message de Pâques du Premier ministre est indigeste (tout comme certaines réformes, en premier lieu la légalisation du « mariage » homosexuel) :
« [Les valeurs chrétiennes] ne sont pas l’apanage d’une foi ou d’une religion particulière. Elles sont quelque chose en quoi chacun croit dans notre pays. Après tout, tel est le cœur du message chrétien et le principe autour duquel est construite la célébration de Pâques : Pâques, c’est d’abord et avant tout se souvenir de l’importance du changement, de la responsabilité et de faire ce qui est juste pour nos enfants ».

Comme le remarque Jean-Claude Bésida, les journalistes britanniques ont par conséquent révisé leur catéchisme. Et réclamé des convictions, au lieu de ce gloubi-boulga consensuel destiné à ne déplaire à personne à un mois des élections générales. Et de conclure :

nul n’a moqué la reine Élisabeth lorsqu’elle évoquait (dans le royal message de Noël dernier) avec une grande simplicité « Jésus, une ancre dans ma vie ». Un témoignage public, à la fois pudique et sans complexe, que la souveraine britannique a donné à son peuple. »

Voir encore:

David Cameron’s shallow, clichéd Easter message shows why politicians really shouldn’t do God 
Tom Harris
The Telegraph

28 March 2016

Ted Cruz gets it. When the US Senator was declared the winner of the Iowa caucus in February, his first words to his adoring fans were: “To God be the glory!” And he meant it.

That’s the thing about America: constitutional separation of Church and state prevents prayers being said in schools and stops the president himself sending out Christmas cards with the word “Christmas” on them. Yet the politician who doesn’t energetically declare his or her Christian faith can expect to be shunned by voters.

Whereas in Britain, politicians don’t do God. Paradoxically, in the country where seats in the (albeit unelected) legislature are reserved for leaders of the established Christian Church, religion is seen as a very private and personal affair. Its intrusion into the political domain is seen as very … well, unBritish.

So by declaring (not for the first time) in his Easter message that Britain is “a Christian country”, the Prime Minister was either being brave or reckless.
David Cameron says Britain must ‘proudly’ defend its Christian values in the face of Islamic extremists Play! 01:23
Whenever public figures are invited to define Christian values as applied to an entire nation, the homespun answers given are invariably along the lines of charity, loyalty, generosity, honesty, compassion, etc. Yet Christianity was never intended (originally, anyway) to be a comforting faith; it was, and remains, a challenging and deeply uncomfortable philosophy.

Every Sunday-school pupil is familiar with the traditional figure of “meek and mild” Jesus, the man dressed all in white who suffered all children to come to Him; who only ever got angry with the money-changers in the Temple; who never said a bad word about gay people and was virtually vegetarian (until he threw a whole herd of pigs off a cliff to save a demon-possessed man).

The passage from the Gospel of Matthew where Jesus declared “do not suppose that I have come to bring peace to the earth. I did not come to bring peace, but a sword”, is just one glimpse of a radical faith quite different from the image of old maids cycling to Evensong through the mist. Early Christians were persecuted not because of their love for their fellow citizens, or for their tolerance or charity, but because they challenged the status quo. They said things that made others, including the authorities, feel deeply uncomfortable.

Most importantly of all, they declared that there was only one true faith, that followers of other faiths were wrong, misguided and were going to Hell unless they changed their minds about which God to worship. In modern, secular Britain, that message is actually well understood by adherents of faiths other than Christianity. Other major religions reserve no place in their afterlife for those who foolishly ignore the teachings of their own sacred texts. That is not an eccentric thing for a religion to do, it is its unique selling point.
Paul Owens, left, leads a prayer over Republican presidential candidate Ted Cruz at Fresh Start Church on Sunday, March 20, 2016 in Peoria, Arizona
Yet all those qualities which Cameron claims describe Christian Britain – responsibility, hard work and compassion – can be just as easily applied to the followers of almost any religion (or, indeed, of none). So labelling us as “Christian” is meaningless. We are certainly a Christian country if by that term you mean a country whose culture and heritage are based on a centuries-long tradition of Western, state-approved Christianity. But I’m not convinced that’s what Cameron meant.

Given that the Prime Minister is not going to take a stand with the church and its core beliefs against those who would oppose and denigrate them, however, why is he raising the standard in the first place? To gain a reputation as a “man of faith”, thereby gaining the respect of followers of all faiths? Perhaps.

Today, throughout the world, Christians are being persecuted and killed for their beliefs – not for their tolerance or compassion – and now would be a good time for politicians to speak out.

If you’re not prepared to do that, if you want to limit your expression of faith to the inside of a Hallmark greetings card, maybe you should say nothing at all.

The Easter story is inspiring and profound. The lesson the Bible teaches about the resurrection is not that good people go to Heaven and that we should all be nice to one another; it is that Jesus’s sacrifice and return from the dead gives hope to anyone who chooses to believe in him. If that’s an uncomfortable message, then spiritually it’s probably the right one. Certainly, Senator Cruz would need no persuasion on the issue.

But it’s not what Cameron is driving at. His message may have been broadcast during Easter weekend, but it was no more Christian than any other party political broadcast. Given that he is the secular head of a secular government, that is as it should be.

Alastair Campbell once announced that the politicians he served “don’t do God”. The traps are too wide and the advantages too few. In Christian Britain, when politicians do decide to give God the glory, they are best advised to do so in private.

Voir de plus:

David Cameron’s Easter and Christmas messages are all really similar
Have you ever noticed the Prime Minister’s annual holiday messages are all basically the same?

Mikey Smith

The Mirror

27 Mar 2016

David Cameron called on people of all faiths and none to remember Britain’s Christian values, today, in his annual Easter message.

He paid tribute to British volunteers and servicemen and women doing work abroad and reminded us that as we tuck into our seasonal treats, that some Christians across the world are fleeing persecution.

And he made solemn reference to tragic events unfolding in the news in recent weeks.

Wait. Hang on.

That was his Christmas message.

Come to think of it, it’s also a pretty good description of his Christmas 2014 message. And his Easter message from a couple of years back…

That’s weird…

Happy Easter from robo-Cameron

Observant viewers – ones that can get past the fact that the Prime Minister looks a bit like a semi-intelligent cyborg replica of David Cameron in his 2016 Easter message video – might have noticed some similarities between today’s speech…and almost every other seasonal address he’s made to the nation.

Whereas the Queen usually picks a different theme for her Christmas speeches, Mr Cameron’s are startlingly uniform.

It’s almost as if there’s a formula for it. He plays all the same notes – but like Eric Morecambe playing the piano – not necessarily in the same order.

We took a look back at David Cameron ‘s previous holiday messages to work out the formula for the perfect Prime Ministerial holiday message.

1. Reference a recent event

Mr Cameron usually makes reference to a recent event

Usually tragic

Easter 2016

« And when terrorists try to destroy our way of life as they have tried to do again so despicably in Brussels this week – we must stand together and show that we will never be cowed by terror. »

Christmas 2015

« Millions of families are spending this winter in refugee camps or makeshift shelters across Syria and the Middle East, driven from their homes by Daesh and Assad. »

Christmas 2014

« NHS doctors, nurses and other British volunteers will be in Ebola-affected countries, working selflessly to help stop this terrible disease from spreading further. »

Easter 2014

« And we saw that same spirit during the terrible storms that struck Britain earlier this year. »

Christmas 2013

« 2013 was a significant year for the Christian faith – a year that welcomed The Most Reverend Justin Welby as the new Archbishop of Canterbury and saw His Holiness Pope Francis elected to lead the Roman Catholic Church. »

Easter 2013

« This year’s Holy Week and Easter celebrations follow an extraordinary few days for Christians; not only with the enthronement of Justin Welby as our new Archbishop of Canterbury, but also with the election of Pope Francis in Rome. »

Christmas 2012

« We cheered our Queen to the rafters with the Jubilee, showed the world what we’re made of by staging the most spectacular Olympic and Paralympic Games ever and – let’s not forget – punched way about our weight in the medal table. »

2. Pay tribute to our brave servicemen and women and/or health/aid workers serving at home and abroad

Getty
He almost always talks about our boys

Easter 2016

« And we see that hope in the aid workers and volunteers who so often risk their own lives to save the lives of others in war-torn regions across the world. »

Christmas 2015

« We must pay tribute to the thousands of doctors, nurses, carers and volunteers who give up their Christmas to help the vulnerable – and to those who are spending this season even further from home. Right now, our brave armed forces are doing their duty, around the world: in the skies of Iraq and Syria… »

Christmas 2014

« On Christmas Day thousands of men and women in our armed forces will be far from home protecting people and entire communities from the threat of terrorism and disease. »

Christmas 2013

« With peace in mind, I would like to say thank you to our brave service women and men who are helping bring peace here and around the world; to their families who cannot be with them; and to all the dedicated men and women in the emergency and caring services who are working hard to support those in need this Christmas. »

Easter 2013

« That legacy lives on in so many Christian charities and churches both at home and abroad. Whether they are meeting the needs of the poor, helping people in trouble, or providing spiritual guidance and support to those in need, faith institutions perform an incredible role to the benefit of our society. »

Christmas 2012

« With that in mind, I would like to pay particular tribute to our brave service men and women who are overseas helping bring safety and security to all of us at home; their families who cannot be with them over the holidays; and to all the dedicated men and women in the emergency services who are working hard to support those in need. »

This is almost word for word what he said in 2013

3. Declare solidarity with persecuted Christians

He’s been worried about persecuted Christians for a number of years

Easter 2016

 » When we see Christians today in 2016 being persecuted for their beliefs in other parts of the world – we must speak out and stand with those who bravely practice their faith. »

Christmas 2015

« Christians from Africa to Asia will go to church on Christmas morning full of joy, but many in fear of persecution. »

Easter 2015

« It is truly shocking that in 2015, there are still christians being threatened, tortured, even killed because of their faith.

« From Egypt to Nigeria, Libya to North Korea. Across the Middle East, Christians have been hounded out of their homes, forced to flee from village to village. Many of them forced to renounce their faith or brutally murdered. To all those brave Christians in Iraq or Syria who are practicing their faith, or sheltering others, we must say « we stand with you. » »

Christmas 2014

« And as we celebrate Easter, let’s also think of those who are unable to do so, the Christians around the world who are ostracised, abused – even murdered – simply for the faith they follow. Religious freedom is an absolute, fundamental human right. »

4. Remind people that British values are Christian values

We are a Christian country, after all

Easter 2016

« And as we celebrate Easter, let’s also think of those who are unable to do so, the Christians around the world who are ostracised, abused – even murdered – simply for the faith they follow. Religious freedom is an absolute, fundamental human right. »

Christmas 2015

« As a Christian country, we must remember what his birth represents: peace, mercy, goodwill and, above all, hope. I believe that we should also reflect on the fact that it is because of these important religious roots and Christian values that Britain has been such a successful home to people of all faiths and none. »

Easter 2015

« Across Britain, Christians don’t just talk loving thy neighbour they live it out in faith schools and prisons and community groups and it’s for all these reasons that we should feel proud to say this is a Christian country. »

Christmas 2014

« Among the joyous celebrations we will reflect on those very Christian values of giving, sharing and taking care of others. This Christmas I think we can be very proud as a country at how we honour these values through helping those in need at home and around the world. »

Easter 2012

« The New Testament tells us so much about the character of Jesus; a man of incomparable compassion, generosity, grace, humility and love. These are the values that Jesus embraced, and I believe these are values people of any faith, or no faith, can also share in, and admire. It is values like these that make our country what it is – a place which is tolerant, generous and caring. »

Easter 2011

« Easter reminds us all to follow our conscience and ask not what we are entitled to, but what we can do for others. It teaches us about charity, compassion, responsibility, and forgiveness. »

5. Remind people that even if they’re not Christian, these values still apply to them.

Try and include a riff on the phrase « people of all faiths and of none »

Easter 2016

« But they are also values that speak to everyone in Britain – to people of every faith and none. »

Christmas 2015

« I believe that we should also reflect on the fact that it is because of these important religious roots and Christian values that Britain has been such a successful home to people of all faiths and none. »

Easter 2015

« Yes we’re a nation that embraces and accepts all faiths and none. »

Christmas 2014

Thousands of churches – whether in the smallest village or biggest city – will hold open their doors and welcome people of faith and none to give thanks and celebrate together. »

Easter 2014

« So as we approach this festival I’d like to wish everyone, Christians and non-Christians, a very happy Easter. »

Easter 2012

« These are the values that Jesus embraced, and I believe these are values people of any faith, or no faith, can also share in, and admire. »

Easter 2011

« No matter what faiths we follow, these are values which speak to us all. »

Voir par ailleurs:

The central theme of this leader’s two-minute-and-25-second address was that his nation is “a Christian country.”

So who offered the inspirational message?

British Prime Minister David Cameron.

“Easter is a time for Christians to celebrate the ultimate triumph of life over death in the resurrection of Jesus,” Cameron began. “And for all of us, it’s a time to reflect on the part that Christianity plays in our national life.”

“The church is not just a collection of beautiful, old buildings; it is a living, active force doing great works right across our country,” he continued, noting how the church helps the homeless, the addicted, the suffering and the grieving.

“Across Britain, Christians don’t just talk about ‘loving thy neighbor’, they live it out in faith schools, in prisons, in community groups,” Cameron noted. “And it’s for all these reasons that we should feel proud to say, ‘This is a Christian country.’ Yes, we’re a nation that embraces, welcomes and accepts all faiths and none, but we are still a Christian country.”

Cameron also urged his fellow citizens to speak out about the persecution of Christians around the world.

Voir aussi:

Obama concerned about ‘less-than-loving expressions by Christians’
Brian Hughes

The Washington Examiner

4/7/15

President Obama used an Easter breakfast at the White House Tuesday to call out what he viewed as unbecoming comments by fellow members of the Christian community.

« On Easter, I do reflect on the fact that as a Christian, I’m supposed to love, and I have to say that sometimes when I listen to less-than-loving expressions by Christians, I get concerned, » the president said to a gathering of Christian leaders. « But that’s a topic for another day. »

Obama appeared to go off script in that exchange. He did not allude to whom he was referring.

Obama said the Easter holiday reminded him that even in the White House, some of life’s problems are trivial compared to the « extraordinary sacrifice of Jesus Christ. »

« For me, the celebration of Easter puts our earthly concerns into perspective, » Obama said. « With humility and with awe we give thanks to the extraordinary sacrifice of Jesus Christ, our savior, and reflect on the brutal pain that he suffered, the scorn that he absorbed, the sins that he bore, this extraordinary gift of salvation that he gave to us. »

The president has ignited controversy in the past with his remarks on religion. Earlier this year, Obama drew a comparison between Islamic extremism and the Christian crusades.

« And lest we get on our high horse and think this is unique to some other place, remember that during the Crusades and the Inquisition, people committed terrible deeds in the name of Christ, » he said at the National Prayer Breakfast.

Obama kept his remarks lighter on Tuesday.

Noting that his daughters were now visiting colleges, Obama said simply, « I need prayer. »

Voir encore:

On Easter, UK’s Cameron Speaks Up for Persecuted Christians, Obama Tells Christians to be Less Hateful

In a world where Western leaders and politicians regularly distance themselves from their Christian heritage, preferring to tout “multiculturalism,” United Kingdom Prime Minister David Cameron’s Easter message is refreshing.

Among other things, Cameron (see video below) made it a point to say “that we should feel proud to say, ‘This is a Christian country.’ Yes, we’re a nation that embraces, welcomes and accepts all faiths and none, but we are still a Christian country.”

In this context, the Islamic Umma – where non-Muslims are not “welcomed” or “accepted” — comes to mind: whereas the West, thanks to its Christian heritage, developed in a way as to be open and tolerant of others, the Islamic world has and likely will not.

 

In fact, Cameron also urged his fellow citizens to speak out about the persecution of Christians:

We have a duty to speak out about the persecution of Christians around the world too.  It is truly shocking that in 2015 there are still Christians being threatened, tortured, even killed because of their faith.  From Egypt to Nigeria, Libya to North Korea.  Across the Middle East Christians have been hounded out of their homes, forced to flee from village to village; many of them forced to renounce their faith or brutally murdered.  To all those brave Christians in Iraq and Syria who practice their faith or shelter others, we will say, “We stand with you.”

Meanwhile, U.S. President Obama—who is on record saying “we are no longer a Christian nation” and, unlike Cameron, never notes the Islamic identity of murderers or the Christian identity of their victims and ignored a recent UN session on Christian persecution—had this to say at the Easter Prayer Breakfast:  “On Easter, I do reflect on the fact that as a Christian, I am supposed to love.  And I have to say that sometimes when I listen to less than loving expressions by Christians, I get concerned.”

This is in keeping with his earlier statements calling on Americans in general Christians in particular to be nonjudgmental of Islamic terrorism.

In other words, those Christians who are critical and speak up against injustices, in this case, Muslim persecution of Christians, need to shut up and be doormats that allow anything and everything.  Such is “tolerance.”  Christians are being persecuted?  That’s okay, turn the other cheek, seems to be the American president’s message at a time when Christians, as Cameron noted, are being slaughtered all throughout the Islamic world.

Voir de plus:

Obama v Cameron: Who really loves Jesus?
Lucinda Borkett-Jones
Christian Today
08 April 2015

Ok, ok I know we’re not meant to judge the hearts of men, but my social media feeds are full of it. Americans are heralding the British Prime Minister for doing what their own leader has seemingly failed to do – standing up for the place of Christianity in our nation.

President Obama’s Passover and Easter message on Saturday certainly didn’t go down well, seen as an interfaith mash-up that was generally felt to appeal to everyone and speak to no-one. And his second Easter message, at yesterday’s Easter Prayer Breakfast, has also faced criticism from Christians because he included an aside about the un-loving way in which Christians sometimes approach him.

Perhaps this is a classic case of things being greener on the other side. But let’s stop for a moment and look at what they actually said.

David Cameron’s Easter message was not thanking God for Christ’s sacrifice, it was thanksgiving to God (perhaps) for Christians’ sacrifice – for the love, support and selflessness of church communities, the Big Society by any other name.

« Easter is a time for Christians to celebrate the ultimate triumph of life over death in the resurrection of Jesus. And for all of us, it’s a time to reflect on the part that Christianity plays in our national life, » the prime minister said.

« The church is not just a collection of beautiful, old buildings; it is a living, active force doing great works right across our country. When people are homeless, the church is there with hot meals and shelter. When people are addicted or in debt, when people are suffering or grieving, the church is there. »

There’s nothing wrong with that. I think it’s great that he’s paused to reflect at Easter on the fact that it’s a Christian festival, which, amid all the Easter egg hunting, can get a bit confused. I haven’t forgotten the privilege of living in a nation where he’s allowed to do that. And I’m really glad that he used the opportunity to speak about the plight of those persecuted for their faith.

But pointing out that at this time of year Christians celebrate the resurrection isn’t exactly mind blowing. And he didn’t say Jesus or the Word of God is a living, active force in the nation, he said the Church was living and active. That’s great, but it is God’s power at work in and through us – isn’t it?

I also can’t help but feel that there was an ulterior motive in what Cameron said. It strikes me that this was a prime opportunity to appeal to Christians (who we know are a politically engaged bunch), and make the most of being the only leader of the major parties with an acknowledged Christian faith.

Cameron said: « I know from the most difficult times in my own life that the kindness of the church can be a huge comfort. » The cynic in me wants to say that again while it is wonderful that he has known the love of the Church, the most important thing would be to know the love of God.

It’s not quite on a par with the Queen’s annual reminder of the love of Christ in the Christmas message, that’s all I’m saying – and even she has stepped it up a notch in recent years. In 2013 Christians got rather excited when, after the usual survey of the year in the royal calendar, she essentially started preaching the gospel to an audience of millions watching slumped on the sofa after lunch.

The Queen said: « For Christians, as for all people of faith, reflection, meditation and prayer help us to renew ourselves in God’s love, as we strive daily to become better people. The Christmas message shows us that this love is for everyone. There is no one beyond its reach. »

By comparison, although the President’s Passover and Easter message didn’t quite hit the mark, he did say that he would spend Easter Sunday « reflecting on the sacrifice of God’s only son, who endured agony on the cross so that we could live together with him ». Admittedly, he did then focus on the hope of the Easter season; a hope shared by all Americans who believe that « with common effort and shared sacrifice, our brighter future is just around the bend. »

But, far more unreasonably, Obama is facing a fair amount of flak again today for questioning whether everything Christians say is particularly Christ-like. He called on Christians to follow Christ’s example and said in an aside: « As a Christian, I am supposed to love. And I have to say that sometimes when I listen to less than loving expressions by Christians, I get concerned. But that’s a topic for another day. »

But what he said about Easter was clearly far more personal, far more about Christ than anything Cameron said: « For me, the celebration of Easter puts our earthly concerns into perspective. With humility and with awe, we give thanks to the extraordinary sacrifice of Jesus Christ, our Saviour. We reflect on the brutal pain that he suffered, the scorn that He absorbed, the sins that he bore, this extraordinary gift of salvation that he gave to us. And we try, as best we can, to comprehend the darkness that He endured so that we might receive God’s light.

« And yet, even as we grapple with the sheer enormity of Jesus’s sacrifice, on Easter we can’t lose sight of the fact that the story didn’t end on Friday. The story keeps on going. On Sunday comes the glorious Resurrection of our Saviour. »

Admittedly, he was speaking to a Christian audience, and so the emphasis was somewhat different, but these things are not confined to the audience in the room.

Now I don’t want to step into a party political debate here, though that’s hard to avoid. But one isn’t an angel and the other isn’t an animal. They are both politicians, and both seem to have some form of Christian faith – how much is anyone’s guess. And so dear friends over the pond, it isn’t so green over here. Make the most of what you have and pray for leaders of all colours to know the love of God.

David Cameron’s Easter Message to Christians
In an exclusive piece for Premier Christianity magazine this Easter, Prime Minister David Cameron speaks up on the significance of the Christian faith.
In a few days’ time, millions of people across Britain will be celebrating Easter. Just as I’ve done for the last five years, I’ll be making my belief in the importance of Christianity absolutely clear. As Prime Minister, I’m in no doubt about the matter: the values of the Christian faith are the values on which our nation was built.

I’m an unapologetic supporter of the role of faith in this country

Of course I know not everyone agrees. Many understandably feel that in this seemingly secular society, talking about faith isolates those who have no faith. Others argue that celebrating Easter somehow marginalises other religions. But I’m an unapologetic supporter of the role of faith in this country. And for me, the key point is this: the values of Easter and the Christian religion – compassion, forgiveness, kindness, hard work and responsibility – are values that we can all celebrate and share.

Personal, not just political

I think about this as a person not just a politician. I’m hardly a model church-going, God-fearing Christian. Like so many others, I’m a bit hazy on the finer points of our faith. But even so, in the toughest of times, my faith has helped me move on and drive forward. It also gives me a gentle reminder every once in a while about what really matters and how to be a better person, father and citizen.

In the toughest of times, my faith has helped me move on and drive forward

As Prime Minister, too, I’m a big believer in the power of faith to forge a better society. And that belief boils down to two things.

First, the Christian message is the bedrock of a good society. Whether or not we’re members of the Church of England, ‘Love thy neighbour’ is a doctrine we can all apply to our lives – at school, at work, at home and with our families. A sense of compassion is the centre piece of a good community.

Second, and more specifically: faith is a massive inspiration for millions of people to go out and make a positive difference. Across the country, we have tens of thousands of fantastic faith-based charities. Every day they’re performing minor miracles in local communities. As Prime Minister, I’ve worked hard to stand up for these charities and give them more power and support. If my party continues in government, it’s our ambition to do even more.

No magic wand

It’s that impulse to act which is particularly important. One of the myths we often hear at election time is the idea that governments have all the answers. It’s been the cry of every party and politician down the years: ‘put us into power and we’ll solve all your problems.’ But when I think of the truly great social changes that have helped our nation, they weren’t led or started by big governments. They were driven by individuals and activists, great businesses and charities – everyday people working to do the right thing.

The Christian message is the bedrock of a good society

One of the biggest things I’ve tried to do as Prime Minister is banish this notion that being in government means you can somehow wave a magic wand and solve all the world’s problems. Instead, it’s about taking the right decisions, and showing the right judgment and leadership, based on clear values and beliefs.

Leading the economy

The biggest area where leadership has been needed over the last five years is in our economy. We came into office at a time of exceptional pressure on the national finances. I am proud that despite the pressure on public spending, we made clear choices to help the poorest paid and most vulnerable in society. In the UK, we have increased NHS spending, despite the overriding need to deal with the deficit. We also raised the threshold of income tax to lift the poorest paid out of income tax altogether. If we came back into government, my party would lift the threshold again.

More fundamentally, the core of our recovery programme – dealing with the deficit to restore confidence in our economy – is based on enduring ideas and principles: hard work, fair play, rewarding people for doing the right thing, and securing a better future for our children.

Guided by conscience

I know that some disagree with those policies – including a number within the Church of England. But I would urge those individuals not to dismiss the people who proposed those policies as devoid of morality – or assume those policies are somehow amoral themselves. As Winston Churchill said after the death of his opponent, Neville Chamberlain, in the end we are all guided by the lights of our own reason. ‘The only guide to a man is his own conscience; the only shield to his memory is the rectitude and sincerity of his actions.’

Across the country, we have tens of thousands of fantastic faith-based charities

From standing up for faith schools to backing those who’ve fought foreign tyranny, helping parents and celebrating families, calling for more adoption of orphaned infants, bringing in a new bill to outlaw the appalling practice of modern slavery, and putting the protection of international development spending into law, this government has consistently taken decisions which are based on fundamental principles and beliefs.

I don’t just speak for myself, but for everyone who is part of my cabinet, when I say that the individuals I have worked with are driven not just by the daily demands of politics, but also by a commitment to making a positive difference. Just because some people have disagreed with our policies, does not mean those policies are missing in moral content.

Lift people up rather than count people out

So I end my argument with this: I hope everyone can share in the belief of trying to lift people up rather than count people out. Those values and principles are not the exclusive preserve of one faith or religion. They are something I hope everyone in our country believes.

That after all is the heart of the Christian message. It’s the principle around which the Easter celebration is built. Easter is all about remembering the importance of change, responsibility, and doing the right thing for the good of our children. And today, that message matters more than ever.

David Cameron, Prime Minister and leader of the Conservative Party

Voir aussi:

The Guardian view on Easter: David Cameron’s wonky cross
Jesus’s big and disruptive idea was that the value of humans has nothing to do with their usefulness. Cameron’s sanitised list of Christian virtues would leave Jesus scratching his head
The Guardian
2 April 2015

David Cameron, fishing for votes, has told an evangelical radio audience that he believes that the message of Easter involves “hard work and responsibility”. So what does he think really happened at the crucifixion? Who were the criminals nailed up on each side of Jesus? Skivers being sanctioned because they had missed their appointments at the job centre? Mr Cameron’s Christianity, as it is displayed in this interview, attempts to offend no one, and the result is an insult to Christianity and to all non-Christians as well.

It’s an insult to non-believers because the vague and fluffy list of virtues – kindness, compassion, and forgiveness as well as hard work and responsibility – have nothing distinctively Christian about them. He might as well have said that he gets his two legs from God. But it is insulting to Christians for exactly the same reason. The point of the Easter story, and especially of the crucifixion, is that none of these virtues is enough to save us. It is absolutely not a story of virtue rewarded and vice punished, but one of virtue scourged and jeered through the streets, abandoned by its friends and tortured in public to death.

Jesus did not really preach hard work, responsibility, or family values. He told his followers to consider the lilies of the field, to have no thought for the morrow, and to leave their father and mother to follow him. He came not to bring peace, but revolt. The Easter story makes even democracy look like an instrument of evil. It is the crowd who demand that Jesus be crucified and Pilate who goes along with them.

What Christianity brought into the world wasn’t compassion, kindness, decency, hard work, or any of the other respectable virtues, real and necessary though they are. It was the extraordinary idea that people have worth in themselves, regardless of their usefulness to others, regardless even of their moral qualities. That is what is meant by the Christian talk of being saved by grace rather than works, and by the Christian assertion that God loves everyone, the malformed, the poor, the disabled and even the foreigner.

The idea that humans are valuable just for being human is, many would say, absurd. We assert it in the face of all the facts of history, and arguably even of biology. This idea entered the world with Christianity, and scandalised both Romans and Greeks, but it is now the common currency of western humanism, and of human rights. It underpinned the building of the welfare state, and its maintenance over the years by millions of people of all faiths and none.

It is also an idea that Mr Cameron’s government has defined itself against. The assaults on social security, on migrants, and even on the teaching of the humanities, are all underpinned by a belief that the essential metric of human worth is their utility, and in practice their usefulness to the rich in particular, because it is the marketplace that provides the only final judgment. There are many Christians in this country who are quite content with that. Surveys show that ordinary Christians are consistently to the right of their clergy on many questions: the clergy runs food banks while the pews are full of people muttering against scroungers who believe that poverty is the fault of the poor.

But the activists have for the most part a much more critical attitude, and it is their activism which has led party leaders to be interviewed by Premier magazine. Even the smallest of the mainline churches have memberships larger than that of the political parties. The Church of England alone has twice as many people in church every Sunday as pay their subscriptions to all the political parties put together. There are at least five million active Christians in England today, and they represent a pool of committed and energetic voters that no party can ignore. They won’t all vote as a bloc, but within the existing blocs they will put in more effort, and perhaps more money, than any other group.

Hence David Cameron’s discovery of his own spiritual side. This newspaper can’t condemn him for that. We can only wish he did it more thoroughly and more often. If he were a better Christian, he might believe in, and he should fear, a judge beyond the market. For the rest of us, this election offers an opportunity to judge both him and his party.

Voir encore:

Obama’s 2006 Speech on Faith and Politics
Following is the text of Barack Obama’s keynote at the Call to Renewal’s Building a Covenant for a New America conference in Washington, D.C., in 2006.

The NYT

June 28, 2006

Good morning. I appreciate the opportunity to speak here at the Call to Renewal’s Building a Covenant for a New America conference. I’ve had the opportunity to take a look at your Covenant for a New America. It is filled with outstanding policies and prescriptions for much of what ails this country. So I’d like to congratulate you all on the thoughtful presentations you’ve given so far about poverty and justice in America, and for putting fire under the feet of the political leadership here in Washington.

But today I’d like to talk about the connection between religion and politics and perhaps offer some thoughts about how we can sort through some of the often bitter arguments that we’ve been seeing over the last several years.

I do so because, as you all know, we can affirm the importance of poverty in the Bible; and we can raise up and pass out this Covenant for a New America. We can talk to the press, and we can discuss the religious call to address poverty and environmental stewardship all we want, but it won’t have an impact unless we tackle head-on the mutual suspicion that sometimes exists between religious America and secular America.

I want to give you an example that I think illustrates this fact. As some of you know, during the 2004 U.S. Senate General Election I ran against a gentleman named Alan Keyes. Mr. Keyes is well-versed in the Jerry Falwell-Pat Robertson style of rhetoric that often labels progressives as both immoral and godless.

Indeed, Mr. Keyes announced towards the end of the campaign that, « Jesus Christ would not vote for Barack Obama. Christ would not vote for Barack Obama because Barack Obama has behaved in a way that it is inconceivable for Christ to have behaved. »

Jesus Christ would not vote for Barack Obama.

Now, I was urged by some of my liberal supporters not to take this statement seriously, to essentially ignore it. To them, Mr. Keyes was an extremist, and his arguments not worth entertaining. And since at the time, I was up 40 points in the polls, it probably wasn’t a bad piece of strategic advice.

But what they didn’t understand, however, was that I had to take Mr. Keyes seriously, for he claimed to speak for my religion, and my God. He claimed knowledge of certain truths.

Mr. Obama says he’s a Christian, he was saying, and yet he supports a lifestyle that the Bible calls an abomination.

Mr. Obama says he’s a Christian, but supports the destruction of innocent and sacred life.

And so what would my supporters have me say? How should I respond? Should I say that a literalist reading of the Bible was folly? Should I say that Mr. Keyes, who is a Roman Catholic, should ignore the teachings of the Pope?

Unwilling to go there, I answered with what has come to be the typically liberal response in such debates – namely, I said that we live in a pluralistic society, that I can’t impose my own religious views on another, that I was running to be the U.S. Senator of Illinois and not the Minister of Illinois.

But Mr. Keyes’s implicit accusation that I was not a true Christian nagged at me, and I was also aware that my answer did not adequately address the role my faith has in guiding my own values and my own beliefs.

Now, my dilemma was by no means unique. In a way, it reflected the broader debate we’ve been having in this country for the last thirty years over the role of religion in politics.

For some time now, there has been plenty of talk among pundits and pollsters that the political divide in this country has fallen sharply along religious lines. Indeed, the single biggest « gap » in party affiliation among white Americans today is not between men and women, or those who reside in so-called Red States and those who reside in Blue, but between those who attend church regularly and those who don’t.

Conservative leaders have been all too happy to exploit this gap, consistently reminding evangelical Christians that Democrats disrespect their values and dislike their Church, while suggesting to the rest of the country that religious Americans care only about issues like abortion and gay marriage; school prayer and intelligent design.

Democrats, for the most part, have taken the bait. At best, we may try to avoid the conversation about religious values altogether, fearful of offending anyone and claiming that – regardless of our personal beliefs – constitutional principles tie our hands. At worst, there are some liberals who dismiss religion in the public square as inherently irrational or intolerant, insisting on a caricature of religious Americans that paints them as fanatical, or thinking that the very word « Christian » describes one’s political opponents, not people of faith.

Now, such strategies of avoidance may work for progressives when our opponent is Alan Keyes. But over the long haul, I think we make a mistake when we fail to acknowledge the power of faith in people’s lives — in the lives of the American people — and I think it’s time that we join a serious debate about how to reconcile faith with our modern, pluralistic democracy.

And if we’re going to do that then we first need to understand that Americans are a religious people. 90 percent of us believe in God, 70 percent affiliate themselves with an organized religion, 38 percent call themselves committed Christians, and substantially more people in America believe in angels than they do in evolution.

This religious tendency is not simply the result of successful marketing by skilled preachers or the draw of popular mega-churches. In fact, it speaks to a hunger that’s deeper than that – a hunger that goes beyond any particular issue or cause.

Each day, it seems, thousands of Americans are going about their daily rounds – dropping off the kids at school, driving to the office, flying to a business meeting, shopping at the mall, trying to stay on their diets – and they’re coming to the realization that something is missing. They are deciding that their work, their possessions, their diversions, their sheer busyness, is not enough.

They want a sense of purpose, a narrative arc to their lives. They’re looking to relieve a chronic loneliness, a feeling supported by a recent study that shows Americans have fewer close friends and confidants than ever before. And so they need an assurance that somebody out there cares about them, is listening to them – that they are not just destined to travel down that long highway towards nothingness.

And I speak with some experience on this matter. I was not raised in a particularly religious household, as undoubtedly many in the audience were. My father, who returned to Kenya when I was just two, was born Muslim but as an adult became an atheist. My mother, whose parents were non-practicing Baptists and Methodists, was probably one of the most spiritual and kindest people I’ve ever known, but grew up with a healthy skepticism of organized religion herself. As a consequence, so did I.

It wasn’t until after college, when I went to Chicago to work as a community organizer for a group of Christian churches, that I confronted my own spiritual dilemma.

I was working with churches, and the Christians who I worked with recognized themselves in me. They saw that I knew their Book and that I shared their values and sang their songs. But they sensed that a part of me that remained removed, detached, that I was an observer in their midst.

And in time, I came to realize that something was missing as well — that without a vessel for my beliefs, without a commitment to a particular community of faith, at some level I would always remain apart, and alone.

And if it weren’t for the particular attributes of the historically black church, I may have accepted this fate. But as the months passed in Chicago, I found myself drawn – not just to work with the church, but to be in the church.

For one thing, I believed and still believe in the power of the African-American religious tradition to spur social change, a power made real by some of the leaders here today. Because of its past, the black church understands in an intimate way the Biblical call to feed the hungry and cloth the naked and challenge powers and principalities. And in its historical struggles for freedom and the rights of man, I was able to see faith as more than just a comfort to the weary or a hedge against death, but rather as an active, palpable agent in the world. As a source of hope.

And perhaps it was out of this intimate knowledge of hardship — the grounding of faith in struggle — that the church offered me a second insight, one that I think is important to emphasize today.

Faith doesn’t mean that you don’t have doubts.

You need to come to church in the first place precisely because you are first of this world, not apart from it. You need to embrace Christ precisely because you have sins to wash away – because you are human and need an ally in this difficult journey.

It was because of these newfound understandings that I was finally able to walk down the aisle of Trinity United Church of Christ on 95th Street in the Southside of Chicago one day and affirm my Christian faith. It came about as a choice, and not an epiphany. I didn’t fall out in church. The questions I had didn’t magically disappear. But kneeling beneath that cross on the South Side, I felt that I heard God’s spirit beckoning me. I submitted myself to His will, and dedicated myself to discovering His truth.

That’s a path that has been shared by millions upon millions of Americans – evangelicals, Catholics, Protestants, Jews and Muslims alike; some since birth, others at certain turning points in their lives. It is not something they set apart from the rest of their beliefs and values. In fact, it is often what drives their beliefs and their values.

And that is why that, if we truly hope to speak to people where they’re at – to communicate our hopes and values in a way that’s relevant to their own – then as progressives, we cannot abandon the field of religious discourse.

Because when we ignore the debate about what it means to be a good Christian or Muslim or Jew; when we discuss religion only in the negative sense of where or how it should not be practiced, rather than in the positive sense of what it tells us about our obligations towards one another; when we shy away from religious venues and religious broadcasts because we assume that we will be unwelcome – others will fill the vacuum, those with the most insular views of faith, or those who cynically use religion to justify partisan ends.

In other words, if we don’t reach out to evangelical Christians and other religious Americans and tell them what we stand for, then the Jerry Falwells and Pat Robertsons and Alan Keyeses will continue to hold sway.

More fundamentally, the discomfort of some progressives with any hint of religion has often prevented us from effectively addressing issues in moral terms. Some of the problem here is rhetorical – if we scrub language of all religious content, we forfeit the imagery and terminology through which millions of Americans understand both their personal morality and social justice. Imagine Lincoln’s Second Inaugural Address without reference to « the judgments of the Lord. » Or King’s I Have a Dream speech without references to « all of God’s children. » Their summoning of a higher truth helped inspire what had seemed impossible, and move the nation to embrace a common destiny.

Our failure as progressives to tap into the moral underpinnings of the nation is not just rhetorical, though. Our fear of getting « preachy » may also lead us to discount the role that values and culture play in some of our most urgent social problems.

After all, the problems of poverty and racism, the uninsured and the unemployed, are not simply technical problems in search of the perfect ten point plan. They are rooted in both societal indifference and individual callousness – in the imperfections of man.

Solving these problems will require changes in government policy, but it will also require changes in hearts and a change in minds. I believe in keeping guns out of our inner cities, and that our leaders must say so in the face of the gun manufacturers’ lobby – but I also believe that when a gang-banger shoots indiscriminately into a crowd because he feels somebody disrespected him, we’ve got a moral problem. There’s a hole in that young man’s heart – a hole that the government alone cannot fix.

I believe in vigorous enforcement of our non-discrimination laws. But I also believe that a transformation of conscience and a genuine commitment to diversity on the part of the nation’s CEOs could bring about quicker results than a battalion of lawyers. They have more lawyers than us anyway.

I think that we should put more of our tax dollars into educating poor girls and boys. I think that the work that Marian Wright Edelman has done all her life is absolutely how we should prioritize our resources in the wealthiest nation on earth. I also think that we should give them the information about contraception that can prevent unwanted pregnancies, lower abortion rates, and help assure that that every child is loved and cherished.

But, you know, my Bible tells me that if we train a child in the way he should go, when he is old he will not turn from it. So I think faith and guidance can help fortify a young woman’s sense of self, a young man’s sense of responsibility, and a sense of reverence that all young people should have for the act of sexual intimacy.

I am not suggesting that every progressive suddenly latch on to religious terminology – that can be dangerous. Nothing is more transparent than inauthentic expressions of faith. As Jim has mentioned, some politicians come and clap — off rhythm — to the choir. We don’t need that.

In fact, because I do not believe that religious people have a monopoly on morality, I would rather have someone who is grounded in morality and ethics, and who is also secular, affirm their morality and ethics and values without pretending that they’re something they’re not. They don’t need to do that. None of us need to do that.

But what I am suggesting is this – secularists are wrong when they ask believers to leave their religion at the door before entering into the public square. Frederick Douglas, Abraham Lincoln, Williams Jennings Bryant, Dorothy Day, Martin Luther King – indeed, the majority of great reformers in American history – were not only motivated by faith, but repeatedly used religious language to argue for their cause. So to say that men and women should not inject their « personal morality » into public policy debates is a practical absurdity. Our law is by definition a codification of morality, much of it grounded in the Judeo-Christian tradition.

Moreover, if we progressives shed some of these biases, we might recognize some overlapping values that both religious and secular people share when it comes to the moral and material direction of our country. We might recognize that the call to sacrifice on behalf of the next generation, the need to think in terms of « thou » and not just « I, » resonates in religious congregations all across the country. And we might realize that we have the ability to reach out to the evangelical community and engage millions of religious Americans in the larger project of American renewal.

Some of this is already beginning to happen. Pastors, friends of mine like Rick Warren and T.D. Jakes are wielding their enormous influences to confront AIDS, Third World debt relief, and the genocide in Darfur. Religious thinkers and activists like our good friend Jim Wallis and Tony Campolo are lifting up the Biblical injunction to help the poor as a means of mobilizing Christians against budget cuts to social programs and growing inequality.

And by the way, we need Christians on Capitol Hill, Jews on Capitol Hill and Muslims on Capitol Hill talking about the estate tax. When you’ve got an estate tax debate that proposes a trillion dollars being taken out of social programs to go to a handful of folks who don’t need and weren’t even asking for it, you know that we need an injection of morality in our political debate.

Across the country, individual churches like my own and your own are sponsoring day care programs, building senior centers, helping ex-offenders reclaim their lives, and rebuilding our gulf coast in the aftermath of Hurricane Katrina.

So the question is, how do we build on these still-tentative partnerships between religious and secular people of good will? It’s going to take more work, a lot more work than we’ve done so far. The tensions and the suspicions on each side of the religious divide will have to be squarely addressed. And each side will need to accept some ground rules for collaboration.

While I’ve already laid out some of the work that progressive leaders need to do, I want to talk a little bit about what conservative leaders need to do — some truths they need to acknowledge.

For one, they need to understand the critical role that the separation of church and state has played in preserving not only our democracy, but the robustness of our religious practice. Folks tend to forget that during our founding, it wasn’t the atheists or the civil libertarians who were the most effective champions of the First Amendment. It was the persecuted minorities, it was Baptists like John Leland who didn’t want the established churches to impose their views on folks who were getting happy out in the fields and teaching the scripture to slaves. It was the forbearers of the evangelicals who were the most adamant about not mingling government with religious, because they did not want state-sponsored religion hindering their ability to practice their faith as they understood it.

Moreover, given the increasing diversity of America’s population, the dangers of sectarianism have never been greater. Whatever we once were, we are no longer just a Christian nation; we are also a Jewish nation, a Muslim nation, a Buddhist nation, a Hindu nation, and a nation of nonbelievers.

And even if we did have only Christians in our midst, if we expelled every non-Christian from the United States of America, whose Christianity would we teach in the schools? Would we go with James Dobson’s, or Al Sharpton’s? Which passages of Scripture should guide our public policy? Should we go with Leviticus, which suggests slavery is ok and that eating shellfish is abomination? How about Deuteronomy, which suggests stoning your child if he strays from the faith? Or should we just stick to the Sermon on the Mount – a passage that is so radical that it’s doubtful that our own Defense Department would survive its application? So before we get carried away, let’s read our bibles. Folks haven’t been reading their bibles.

This brings me to my second point. Democracy demands that the religiously motivated translate their concerns into universal, rather than religion-specific, values. It requires that their proposals be subject to argument, and amenable to reason. I may be opposed to abortion for religious reasons, but if I seek to pass a law banning the practice, I cannot simply point to the teachings of my church or evoke God’s will. I have to explain why abortion violates some principle that is accessible to people of all faiths, including those with no faith at all.

Now this is going to be difficult for some who believe in the inerrancy of the Bible, as many evangelicals do. But in a pluralistic democracy, we have no choice. Politics depends on our ability to persuade each other of common aims based on a common reality. It involves the compromise, the art of what’s possible. At some fundamental level, religion does not allow for compromise. It’s the art of the impossible. If God has spoken, then followers are expected to live up to God’s edicts, regardless of the consequences. To base one’s life on such uncompromising commitments may be sublime, but to base our policy making on such commitments would be a dangerous thing. And if you doubt that, let me give you an example.

We all know the story of Abraham and Isaac. Abraham is ordered by God to offer up his only son, and without argument, he takes Isaac to the mountaintop, binds him to an altar, and raises his knife, prepared to act as God has commanded.

Of course, in the end God sends down an angel to intercede at the very last minute, and Abraham passes God’s test of devotion.

But it’s fair to say that if any of us leaving this church saw Abraham on a roof of a building raising his knife, we would, at the very least, call the police and expect the Department of Children and Family Services to take Isaac away from Abraham. We would do so because we do not hear what Abraham hears, do not see what Abraham sees, true as those experiences may be. So the best we can do is act in accordance with those things that we all see, and that we all hear, be it common laws or basic reason.

Finally, any reconciliation between faith and democratic pluralism requires some sense of proportion.

This goes for both sides.

Even those who claim the Bible’s inerrancy make distinctions between Scriptural edicts, sensing that some passages – the Ten Commandments, say, or a belief in Christ’s divinity – are central to Christian faith, while others are more culturally specific and may be modified to accommodate modern life.

The American people intuitively understand this, which is why the majority of Catholics practice birth control and some of those opposed to gay marriage nevertheless are opposed to a Constitutional amendment to ban it. Religious leadership need not accept such wisdom in counseling their flocks, but they should recognize this wisdom in their politics.

But a sense of proportion should also guide those who police the boundaries between church and state. Not every mention of God in public is a breach to the wall of separation – context matters. It is doubtful that children reciting the Pledge of Allegiance feel oppressed or brainwashed as a consequence of muttering the phrase « under God. » I didn’t. Having voluntary student prayer groups use school property to meet should not be a threat, any more than its use by the High School Republicans should threaten Democrats. And one can envision certain faith-based programs – targeting ex-offenders or substance abusers – that offer a uniquely powerful way of solving problems.

So we all have some work to do here. But I am hopeful that we can bridge the gaps that exist and overcome the prejudices each of us bring to this debate. And I have faith that millions of believing Americans want that to happen. No matter how religious they may or may not be, people are tired of seeing faith used as a tool of attack. They don’t want faith used to belittle or to divide. They’re tired of hearing folks deliver more screed than sermon. Because in the end, that’s not how they think about faith in their own lives.

So let me end with just one other interaction I had during my campaign. A few days after I won the Democratic nomination in my U.S. Senate race, I received an email from a doctor at the University of Chicago Medical School that said the following:

« Congratulations on your overwhelming and inspiring primary win. I was happy to vote for you, and I will tell you that I am seriously considering voting for you in the general election. I write to express my concerns that may, in the end, prevent me from supporting you. » The doctor described himself as a Christian who understood his commitments to be « totalizing. » His faith led him to a strong opposition to abortion and gay marriage, although he said that his faith also led him to question the idolatry of the free market and quick resort to militarism that seemed to characterize much of the Republican agenda.

But the reason the doctor was considering not voting for me was not simply my position on abortion. Rather, he had read an entry that my campaign had posted on my Web site, which suggested that I would fight « right-wing ideologues who want to take away a woman’s right to choose. » The doctor went on to write:

« I sense that you have a strong sense of justice…and I also sense that you are a fair minded person with a high regard for reason…Whatever your convictions, if you truly believe that those who oppose abortion are all ideologues driven by perverse desires to inflict suffering on women, then you, in my judgment, are not fair-minded….You know that we enter times that are fraught with possibilities for good and for harm, times when we are struggling to make sense of a common polity in the context of plurality, when we are unsure of what grounds we have for making any claims that involve others…I do not ask at this point that you oppose abortion, only that you speak about this issue in fair-minded words. »

Fair-minded words.

So I looked at my Web site and found the offending words. In fairness to them, my staff had written them using standard Democratic boilerplate language to summarize my pro-choice position during the Democratic primary, at a time when some of my opponents were questioning my commitment to protect Roe v. Wade.

Re-reading the doctor’s letter, though, I felt a pang of shame. It is people like him who are looking for a deeper, fuller conversation about religion in this country. They may not change their positions, but they are willing to listen and learn from those who are willing to speak in fair-minded words. Those who know of the central and awesome place that God holds in the lives of so many, and who refuse to treat faith as simply another political issue with which to score points.

So I wrote back to the doctor, and I thanked him for his advice. The next day, I circulated the email to my staff and changed the language on my website to state in clear but simple terms my pro-choice position. And that night, before I went to bed, I said a prayer of my own – a prayer that I might extend the same presumption of good faith to others that the doctor had extended to me.

And that night, before I went to bed I said a prayer of my own. It’s a prayer I think I share with a lot of Americans. A hope that we can live with one another in a way that reconciles the beliefs of each with the good of all. It’s a prayer worth praying, and a conversation worth having in this country in the months and years to come. Thank you.

Voir également:

Remarks by the President and the Vice President at Easter Prayer Breakfast

/…/

THE PRESIDENT:  Thank you.  (Applause.)  Thank you so much.  Thank you.  Please, everybody have a seat.  Well, good morning, everybody.

AUDIENCE:  Good morning!

THE PRESIDENT:  Welcome to the White House.  It is so good to be with you again.  We had to change up the format a little bit because I think I’ve got 30 world leaders for dinner tomorrow — (laughter) — in an effort to constrain the threat of nuclear materials getting into the wrong hand.  So it’s a good cause — (laughter) — but when you have folks over — I’m sure all of you have the same experience — you’ve got to clean up — (laughter) — do a little vacuuming, make sure that — you know.  (Laughter.)  Well, to those of you who have kids, make sure that they didn’t do something when you weren’t looking that the guests will discover.  (Laughter.)  Some vegetables they didn’t want to eat.  (Laughter.)

So we’re not at our usual round table of fellowship, but the spirit is still here.  And I know that I speak for all of you in feeling lucky that we’ve had such an extraordinary Vice President in Joe Biden — (applause) — whose faith has been tested time and time again, and has been able to find God in places that sometimes, for a lot of us, is hard to see.  So I’m blessed to have him as a friend as well as a colleague.

This is a little bittersweet — my final Easter Prayer Breakfast as President.  So I want to begin by thanking all of you for all your prayers over the year — I know they have kept us going.  It has meant so much to me.  It’s meant so much to my family.  I want to thank you most of all for the incredible ministries that you’re doing all around the country, because we’ve had a chance to work together and partner with you, and we have seen the good works — the deeds, and not just words — that so many of you have carried out.

And since 2010, this has become a cherished tradition.  I know all of you have had a very busy Holy Week, and the week leading up to Holy Week, and the week before that.  (Laughter.)  And I had a wonderful Easter morning at the Alfred Street Baptist Church — and I want to thank Pastor Wesley for his leadership.  Pastor, outstanding sermon.  (Applause.)

He was telling a few stories of his youth, talking about going to the club.  (Laughter.)  I’m just saying.  (Laughter.)  And since he’s also from Chicago, I knew the club he was talking about.  (Laughter.)  But it all led to a celebration of the Resurrection, I want to be clear.  (Laughter.)  It started with the club, but it ended up with the Resurrection.  (Laughter.)

And his outstanding and handsome young sons are with him here.  And so we want to thank him for an outstanding service.

Here at the White House, we have not had to work as hard as all of you, but we did have to deal with the Easter Egg Roll.  (Laughter.)  Imagine thousands and thousands of children hopped up on sugar — (laughter) — running around your backyard, surrounded by mascots and muppets and Shaquille O’Neal.  (Laughter.)  For 12 hours.  (Laughter.)  That was my Easter Weekend.  (Laughter.)  So we set aside this morning to come together in prayer, and reflection, and quiet.  (Laughter.)

Now, as Joe said, in light of recent events, this gathering takes on more meaning.  Around the world, we have seen horrific acts of terrorism, most recently Brussels, as well as what happened in Pakistan — innocent families, mostly women and children, Christians and Muslims.  And so our prayers are with the victims, their families, the survivors of these cowardly attacks.

And as Joe mentioned, these attacks can foment fear and division.  They can tempt us to cast out the stranger, strike out against those who don’t look like us, or pray exactly as we do.  And they can lead us to turn our backs on those who are most in need of help and refuge.  That’s the intent of the terrorists, is to weaken our faith, to weaken our best impulses, our better angels.

And Pastor preached on this this weekend, and I know all of you did, too, as I suspect, or in your own quiet ways were reminded if Easter means anything, it’s that you don’t have to be afraid.  We drown out darkness with light, and we heal hatred with love, and we hold on to hope.  And we think about all that Jesus suffered and sacrificed on our behalf — scorned, abandoned shunned, nail-scarred hands bearing the injustice of his death and carrying the sins of the world.

And it’s difficult to fathom the full meaning of that act.  Scripture tells us, “For God so loved the world that He gave His only Son, that whoever believes in Him should not perish but have eternal life.”  Because of God’s love, we can proclaim “Christ is risen!”  Because of God’s love, we have been given this gift of salvation.  Because of Him, our hope is not misplaced, and we don’t have to be afraid.

And as Christians have said through the years, “We are Easter people, and Alleluia is our song!”  We are Easter people, people of hope and not fear.

Now, this is not a static hope.  This is a living and breathing hope.  It’s not a gift we simply receive, but one we must give to others, a gift to carry forth.  I was struck last week by an image of Pope Francis washing feet of refugees — different faiths, different countries.  And what a powerful reminder of our obligations if, in fact, we’re not afraid, and if, in fact, we hope, and if, in fact, we believe.  That is something that we have to give.

His Holiness said this Easter Sunday, God “enables us to see with His eyes of love and compassion those who hunger and thirst, strangers and prisoners, the marginalized and the outcast, the victims of oppression and violence.”

To do justice, to love kindness –- that’s what all of you collectively are involved in in your own ways each and every day. Feeding the hungry.  Healing the sick.  Teaching our children.  Housing the homeless.  Welcoming immigrants and refugees.  And in that way, you are teaching all of us what it means when it comes to true discipleship.  It’s not just words.  It’s not just getting dressed and looking good on Sunday.  But it’s service, particularly for the least of these.

And whether fighting the scourge of poverty or joining with us to work on criminal justice reform and giving people a second chance in life, you have been on the front lines of delivering God’s message of love and compassion and mercy for His children.

And I have to say that over the last seven years, I could not have been prouder to work with you.  We have built partnerships that have transcended partisan affiliation, that have transcended individual congregations and even faiths, to form a community that’s bound by our shared ideals and rooted in our common humanity.  And that community I believe will endure beyond the end of my presidency, because it’s a living thing that all of you are involved with all around this country and all around the world.

And our faith changes us.  I know it’s changed me.  It renews in us a sense of possibility.  It allows us to believe that although we are all sinners, and that at time we will falter, there’s always the possibility of redemption.  Every once in a while, we might get something right, we might do some good; that there’s the presence of grace, and that we, in some small way, can be worthy of this magnificent love that God has bestowed on us.

You remind me all of that each and every day.  And you have just been incredible friends and partners, and I could not be prouder to know all of you.  I thank you for sharing in this fellowship.  I pray that our time together will strengthen our souls and fortify our faith and renew our spirit.  That we will continue to build a nation and a world that is worthy of His many blessings.

And I want to remind you all that after a good chunk of sleep when I get out of here, I’m going to be right out there with you doing some work.  (Laughter.)  So you’re not rid of me yet, even after we’re done with the presidency.  But I am going to take three, four months where I just sleep.  (Laughter.)  And I hope you all don’t mind that.

So with that, I would like to invite Reverend Doctor Derrick Harkins for our opening prayer.  (Applause.)

Voir aussi:

Imre Kertesz : « Auschwitz n’a pas été un accident de l’Histoire »
Propos recueillis par Nicolas Weill

Le Monde

27.01.2015

Imre Kertesz, Prix Nobel de littérature (2002), a été déporté lors de la mise en œuvre de l’extermination des juifs de Hongrie, après l’occupation de ce pays par l’armée allemande en 1944. Envoyé d’abord à Auschwitz, en Pologne, puis à Buchenwald et dans le camp satellite de Zeitz, en Allemagne, il survit à la guerre et retourne dans son pays en voie de stalinisation, où il deviendra journaliste, traducteur et auteur. L’essentiel de son œuvre s’attache à transmettre cette expérience de la déportation et de la Shoah, dont il estime que, bien loin d’être le monopole des survivants, elle doit être à la fois une expérience humaine et universelle.

Dans « Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas » (Actes Sud, 1995), vous dites qu’à une « certaine température, les mots perdent leur consistance », deviennent« liquides ». N’y a-t-il pas là un pessimisme fondamental, l’idée qu’il serait finalement impossible de mettre Auschwitz en mots  ?

Je suis étonné d’avoir écrit cela ! Tout le monde dit que je suis pessimiste, pourtant je me suis contenté, depuis très longtemps, de raconter ce que j’ai vécu. Etre sans destin (Actes Sud, 1998) est un récit de ma déportation, construit à partir de mon expérience personnelle. Mais quiconque a connu l’horreur d’Auschwitz a dû réécrire sa biographie et est devenu différent de ce qu’il était avant d’y être allé. Comprendre comment on est parvenu à détruire en si peu de temps physiquement et moralement six millions de juifs, quelle est la technique qui a été employée pour exterminer une telle masse de gens, voilà ce qui m’a toujours intéressé. Dans Etre sans destin, que j’ai mis treize années à écrire, j’ai choisi d’adopter le point de vue d’un enfant qui est le héros du récit, du roman ; parce que, dans les camps de concentration comme dans la dictature, on rabaisse l’homme à un niveau enfantin. Tout, même ce qui ne l’est pas, y devient « naturel ». Jusqu’à aujourd’hui, je me suis appliqué à étudier la façon dont s’élabore la langue de toutes les dictatures.

De cette expérience des camps, quel est l’« acquis » négatif qui vous paraît le principal à transmettre aujourd’hui et demain ?

L’adaptation. Pour moi, les vingt premières minutes de l’arrivée au camp sont les plus importantes. Tout se joue dans ces vingt minutes-là. C’est cela qu’il faut décrire avec les plus grands détails. Beaucoup de survivants ont préféré oublier leur processus d’entrée dans cet univers – or, là en est la leçon la plus importante. Sous la dictature de Matyas Rakosi [1892-1971, premier dirigeant de la Hongrie communiste à l’époque stalinienne], j’ai pu aussi observer ce processus à l’œuvre, surprendre les gens en train de changer, de devenir autres… J’ai rédigé Etre sans destin sous le régime de Janos Kadar [1912-1989, dirigea la Hongrie après la répression du soulèvement de 1956]. A cette époque, en 1964, le titre de l’ouvrage d’Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal – le titre résonnait juste pour moi, avant même que je puisse accéder à son contenu, ce qui, à l’époque, était fort difficile –, m’avait beaucoup stimulé, tant je me sentais sur la même longueur d’onde que cette expression.

Et quel sens prend pour vous cette notion de « banalité du mal » ?

Mon souci principal, encore une fois, est d’analyser la manière dont les gens sombrent dans le totalitarisme. J’ai ainsi rencontré beaucoup d’individus soupçonnés d’avoir été des dénonciateurs sous le régime soviétique. Eux, bien sûr, niaient l’avoir été. Disons plutôt qu’ils ne se souvenaient pas de cette période de leur vie. Cette même attitude, je l’avais remarquée après la libération de Buchenwald par les Américains. Le général Patton a exigé que les civils allemands de Weimar viennent visiter le camp : ces derniers devaient voir de leurs yeux ce que l’on y avait commis en leur nom. C’était le 11 avril 1945, le soleil brillait, j’étais encore là, assis à côté des baraques, et j’ai vu un groupe ­conduit par les Américains arriver à un baraquement où gisaient des malades atteints du typhus. Les Allemands poussaient des cris d’horreur et d’effroi. Huit années durant, ces gens s’étaient pourtant habitués à avoir dans leur voisinage des détenus à qui il arrivait de traverser la ville au vu et au su de tous. Cette horreur, ils l’avaient vue passer, mais sans savoir.

Qu’est-ce qui a irrémédiablement changé avec Auschwitz ?

La basse continue de la morale humaniste, celle qui existe chez Bach avec des accords parfaits, des tonalité en mi majeur ou en sol majeur, une culture fermée où chaque mot signifiait ce qu’il voulait dire et seulement cela, voilà ce qui a disparu avec Auschwitz et le totalitarisme. Comme Arnold Schoenberg [1874-1951, qui a révolutionné le langage musical en renonçant au système tonal de sept notes] l’a fait pour la musique, j’ai découvert, avec mon écriture, une « prose atonale », qui illustre la fin du consensus et de la culture humaniste, celle qui valait à l’époque de Bach et ensuite. Dans Etre sans destin, j’ai renversé le Bildungsroman, le roman de formation allemand. On peut dire que mes livres sont des récits de la « dé-formation ».

Vous avez parlé, dans un recueil d’essais, de « L’Holocauste comme culture »(Actes Sud, 2009). Que vous inspire la renaissance de l’antisémitisme en Europe ? N’y voyez-vous pas comme l’annonce d’un échec de cette « culture d’Auschwitz », devenue si centrale, notamment après la chute du communisme ?

Cette recrudescence de l’antisémitisme, qui est un phénomène mondial, je la trouve bien entendu effarante. Avant même les attaques terroristes de janvier à Paris, j’avais fait la remarque que l’Europe était en train de mourir de sa lâcheté et de sa faiblesse morale, de son incapacité à se protéger et de l’ornière morale évidente dont elle ne pouvait s’extraire après Auschwitz. La démocratie reste impuissante à se défendre, et insensible devant la menace qui la guette. Et le risque est grand de voir les gardes-frontières qui entreprennent de défendre l’Europe contre la barbarie montante, les décapitations, la « tyrannie orientale », devenir à leur tour des fascistes. Que va devenir l’humanité dans ces conditions ? Auschwitz n’a pas été un accident de l’Histoire, et beaucoup de signes montrent que sa répétition est possible.

Dans « L’Ultime Auberge »(Actes Sud, 318 p., 22,80 euros), vous affirmez également que le « juif d’Europe », le juif assimilé, est « un vestige ». Pourquoi ?

Tout dépend de ce que l’on entend par judaïsme. J’ai fait ma bar-mitsva et me souviens qu’à cette occasion on m’avait offert une montre en or, que les gendarmes hongrois m’ont confisquée lorsque j’ai été arrêté et déporté. Est-on juif par naissance ou bien parce que l’on a été élevé dans cette tradition ? Je suis un Européen, j’ai été éduqué en Europe et je n’ai pas beaucoup de notions de la tradition juive. J’ai lu peu de philosophes juifs et ne suis pas citoyen d’Israël… Selon moi, il y a trois façons de percevoir le judaïsme européen après l’Holocauste : celle de Primo Levi, qui le regarde selon le point de vue d’avant Auschwitz, celui de la bourgeoisie assimilée ; celui de l’écrivain polonais Tadeusz Borowski [1922-1951, survivant d’Auschwitz et de Dachau], qui décrit Auschwitz ; et la troisième, la mienne, qui souhaite s’occuper des conséquences d’Auschwitz. En tout cas, je me sens juif quand on persécute les juifs.

A la différence d’autres survivants de la Shoah, vous avez conservé une relation ­intime à la langue et à la culture allemandes, que vous parlez et traduisez en hongrois. Au point d’être allé vivre une dizaine d’années à Berlin, d’où vous êtes revenu récemment pour vous réinstaller à Budapest. Pourquoi ?

Je ne crois nullement que chaque Allemand porte le nazisme dans ses gènes, et je suis sur ce point en désaccord avec l’historien américain Daniel Goldhagen [auteur des Bourreaux volontaires d’Hitler (Seuil, 1997),pour qui il aurait existé un « antisémitisme exterminateur » spécifique à l’Allemagne]. Ma relation à la langue allemande a quant à elle été déterminée par le fait qu’à l’époque de la dictature Rakosi il était impossible de trouver en Hongrie de la littérature correcte. Je me suis procuré des œuvres de Thomas Mann, et c’est grâce à la littérature allemande que j’ai réussi à me préserver de cette propagande réaliste soviétique. Nietzsche était considéré comme une lecture interdite pendant la période communiste, et je me suis mis à traduire La Naissance de la tragédie en hongrois à la fin de la période Kadar. Juste après la guerre, alors que j’étais un apprenti journaliste, je suis allé à l’Opéra. La Walkyrie était au programme. J’avais 19 ou 20 ans. A cette époque, on ne pouvait rien savoir de Wagner, et je n’avais pas la moindre idée de ce que je voyais sur scène, aucun livret n’était disponible. Et pourtant, cette représentation a déterminé ma vie.

Pensez-vous que dans l’ex-Europe ­communiste la mémoire d’Auschwitz joue le même rôle qu’à l’ouest du continent ?

Mon expérience d’Auschwitz est singulière et n’est guère comprise en Hongrie. C’est seulement maintenant qu’on commence à prendre quelques distances dans ce pays avec l’idée que dans ce camp il y a eu une « guerre germano-juive » ! En Europe occidentale, le travail sur l’Holocauste est certes plus avancé. Mais même les soixante-huitards allemands qui demandaient à leurs parents ce qu’ils avaient fait pendant la guerre n’ont pas obtenu de réponse à leur question. Il a manqué une génération.

Dans « Dossier K. » (Actes Sud, 2008), vous parlez de votre découverte de Kant. Y a-t-il une philosophie possible après Auschwitz ?

Un jour, je suis parti en vacances avec ma première femme près du lac Balaton. A cause d’une pluie incessante, on ne pouvait ni se baigner ni aller à la plage. Tout ce qu’on pouvait faire, c’était se mettre sur une terrasse et lire. C’est alors que j’ai jeté un coup d’œil sur La Critique de la faculté de juger, et je n’ai pas pu reposer le livre. Cela a eu un effet incroyable sur moi, même si je ne pratique pas du tout la philosophie, et surtout pas en tant que discipline. Mais cette lecture m’a marqué. Ce que Kant m’a enseigné, c’est que le sujet, le moi, est au centre. Marx oppose le monde, la matière au moi. Dans un pays dont la philosophie officielle était le marxisme, la centralité du moi était une énormité. L’idée d’un monde extérieur absolument indépendant de moi ne m’a jamais plu. Je n’ai rien lu d’autre de Kant, et tout ce que j’en sais est dans cette œuvre. Il m’a enseigné que je suis, que rien n’est indépendant du moi, car si je meurs, le monde meurt avec moi.

(Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzvai)

Parcours
9 novembre 1929 : Imre Kertesz naît dans une famille juive de Budapest.
1944 : à 15 ans, il est arrêté et déporté à Auschwitz, puis dans le camp de travail de Zeitz. Il est libéré par les Américains à Buchenwald. Il retourne à Budapest où il devient journaliste, auteur de comédie, traducteur, et un écrivain au style ironique.
1975 : parution en hongrois du récit de sa déportation Etre sans destin. La plupart de ses œuvres sont axées autour de la Shoah.
2002 : prix Nobel de littérature. Installation à Berlin jusqu’en 2013, avant de retourner à Budapest après la maladie de Parkinson qui le frappe.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/27/auschwitz-n-a-pas-ete-un-accident-de-l-histoire_4564126_3210.html#RHPdsPDLOXx3gsae.99

Voir enfin:

« Batman vs Superman » : c’est Aristote contre Kant (en plus désespérant)
Simon Merle
Philosophie supra-héroïque

Le Nouvel Obs

02-04-2016

LE PLUS. Prenez Batman et Superman dans le dernier film de Zach Snyder, où les deux super-héros s’opposent. Prenez maintenant deux philosophes célébrissimes pour leurs réflexions autour de la morale et de la justice : Artistote et Kant. Quels sont leurs points communs ? Qui gagne à la fin ? Les explications de Simon Merle, auteur de « Super-héros et philo » (Bréal).
Édité par Henri Rouillier

La bonne idée de ce nouveau film des écuries DC Comics, c’est de mettre en opposition deux conceptions de la justice, en leur donnant vie à travers l’affrontement de deux héros mythiques. Mais le sérieux du propos, à la fois force et faiblesse d’une œuvre qui exclue la distanciation de l’humour, est-il assumé jusqu’au bout ?

Superman et Batman ne sont pas des citoyens comme les autres. Ce sont tous les deux des hors-la-loi qui œuvrent pour accomplir le Bien. Néanmoins, leur rapport à la justice n’est pas le même: l’un incarne une loi supérieure, l’autre cherche à échapper à l’intransigeance des règles pour mieux faire corps avec le monde.

Superman, un justicier inflexible

Le personnage de Superman évoque une justice divine transcendante, ou encore supra-étatique. À plusieurs reprises, le film met en évidence le défaut de cette justice surhumaine, trop parfaite pour notre monde. Superman est un héros kantien, pour qui le devoir ne peut souffrir de compromission. Cette rigidité morale peut alors paradoxalement conduire à une vertu vicieuse, trop sûre d’elle même.

On reprochait au philosophe de Königsberg sa morale de cristal, parfaite dans ses intentions mais prête à se briser au contact de la dure réalité. Il en va de même pour Superman et pour sa bonne volonté, qui vient buter sur la brutalité de ses adversaires et sur des dilemmes moraux à la résolution impossible.

Batman, un justicier de l’ombre

Le personnage de Batman incarne quant à lui une justice souple, souterraine, infra-étatique et peut-être trop humaine. Le modèle philosophique le plus proche est celui de la morale arétique du philosophe Aristote. Si les règles sont trop rigides, il faut privilégier, à la manière du maçon qui utilise comme règle le fil à plomb qui s’adapte aux contours irréguliers, une vertu plus élastique.

Plutôt que d’obéir à des impératifs catégoriques, le justicier est celui qui sait s’adapter et optimiser l’agir au cas particulier. Paradoxalement, cette justice de l’ombre peut aller jusqu’à vouloir braver l‘interdit suprême ; le meurtre; puisque Batman veut en finir avec Superman.

L’affrontement n’aura pas lieu

Il est bien dommage que la deuxième partie du film brouille la distinction entre ces deux conceptions du bien, et que l’alliance occasionnelle des deux héros la rende finalement inopérante. De la même façon, le film pose dès le départ, à travers les discours d’une sénatrice, le problème critique du recours au super-héros.

Ce dernier déresponsabilise l’homme, court-circuite le débat démocratique et menace par ses super-pouvoirs toute possibilité d’un contre-pouvoir. Les « Watchmen », adaptation plus subtile de l’oeuvre de Alan Moore par le même Zack Snyder posait déjà la question : « Who watches the Watchmen ? » La dernière moitié de son nouveau film est bien moins interrogative, et elle semble même légitimer l’inflation annoncée du recours au super-héroïsme dans de futurs « League Of Justice ». On peut regretter que le combat des idées n’ait pas eu lieu, en cédant trop rapidement sa place au trop classique combat des poings.

Simon Merle, auteur de « Super-héros et Philo » (Bréal, 2012)


Centenaire des Pâques sanglantes: Soutenue par ses courageux alliés en Europe (Nothing but our own red blood and a little help from our gallant allies from Europe: Looking back at a hundred years of the same old Easter Rising thing)

28 mars, 2016

The Ruins of O’Connell Street (Edmond Delgrenne, 1916)

ICAproclamation

Some very German looking ‘Irish Patriots’ (Washington Herald, 1 May 1916)IRAVictims

J’aime la piété et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. Osée 6: 6-7
Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation… Donc j’ai dit: Voici, je viens. Psaume 40: 7-8
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Une nation ne se régénère que sur un  monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
It’s the same old thing since 1916 … The Cranberries (1994)
Nous ne servons ni le Roi, ni le Kaiser, mais l’Irlande. Banderole de la Maison des syndicats
Vous dites que nous devrions calmer la terre jusqu’à ce que l’Allemagne soit vaincue Mais qui peut dire cela quand Pearse est sourd et muet ? Y a-t-il un raisonnement qui puisse valoir le pouce osseux de MacDonagh ? Yeats (Seize hommes morts)
Il n’y a que notre sang rouge qui puisse faire s’épanouir le rosier. Yeats (Le Rosier)
Etait-ce une mort inutile après tout ? Un sacrifice trop long Peut faire d’un cœur une pierre. Oh ! quand cela pourra-t-il suffire ? C’est le rôle du Ciel, notre rôle De murmurer nom après nom Comme une mère nomme son enfant Quand le sommeil est venu enfin, Sur des membres qui ont couru violemment. (…) Etait-ce une mort inutile après tout ? Car l’Angleterre peut garder la foi En tout ce qui est fait et dit. (…) Je le note en vers – McDonagh et MacBride Et Connolly et Pearse Maintenant et dans les jours à venir, Partout où le vert est défraîchi. Ils ont changé, changé complètement ; Une beauté terrible est née.(…) Je le note en vers – McDonagh et MacBride Et Connolly et Pearse Maintenant et dans les jours à venir, Partout où le vert est défraîchi. Ils ont changé, changé complètement ; Une beauté terrible est née. Yeats (Pâques 1916)
IRLANDAIS ET IRLANDAISES : Au nom de Dieu et des générations disparues desquelles elle a reçu ses vieilles traditions nationales, l’Irlande, à travers nous, appelle ses enfants à se rallier à son étendard et à frapper pour sa libération. Après avoir organisé et entraîné ses hommes dans son organisation révolutionnaire secrète, la Fraternité Républicaine Irlandaise, et ses organisations armées, les Volontaires Irlandais et l’Armée des Citoyens Irlandais, après avoir patiemment perfectionné sa discipline, et attendu fermement le moment opportun pour se révéler, elle saisit l’instant où, soutenue par ses enfants exilés en Amérique et ses courageux alliés en Europe, mais en comptant avant tout sur sa propre force, elle frappe avec la certitude de vaincre. Nous proclamons le droit du peuple d’Irlande à la propriété de l’Irlande, et au contrôle sans entraves de sa destinée; le droit à être souverain et uni. La longue usurpation de ce droit par un peuple et un gouvernement étranger ne l’a pas supprimé, ce droit ne peut disparaître que par la destruction du peuple irlandais. A chaque génération, les Irlandais ont affirmé leur droit à la liberté et à la souveraineté nationale ; six fois durant les trois derniers siècles ils l’ont affirmé par les armes.  En nous appuyant sur ce droit fondamental et en l’affirmant de nouveau  par les armes à la face du monde, nous proclamons la République Irlandaise, Etat souverain et indépendant, et nous engageons nos vies et celles de nos compagnons d’armes à la cause de sa liberté, de son bien-être, et de sa fierté parmi les nations. La République d’Irlande est en droit d’attendre, et d’ailleurs elle le requiert, l’allégeance de tous les Irlandais et Irlandaises. La République garantit la liberté religieuse et civile, des droits égaux et les mêmes opportunités pour tous les citoyens. Elle proclame sa volonté de construire le bonheur et la prospérité de la nation entière et de ses composantes. Elle chérit tous les enfants de la nation de façon égale, sans égard pour les différences entretenues soigneusement par un gouvernement étranger qui les a divisés par le passé entre minorité et majorité. En attendant que nos armes trouvent le moment opportun pour établir une structure nationale permanente, représentative de tous les Irlandais et élue par tous les hommes et toutes les femmes, le Gouvernement Provisoire, désormais constitué, administrera les affaires civiles et militaires de la République pour le compte du peuple. Nous mettons la cause de la République Irlandaise sous la protection de Dieu Tout-Puissant. Nous appelons sa bénédiction sur nos armes, et nous prions pour qu’aucun de ceux qui servent cette cause ne la déshonore par couardise, inhumanité ou avidité. En cette heure suprême, la nation irlandaise doit, par sa valeur, sa discipline, et l’acceptation par ses enfants du sacrifice pour le bien commun, prouver qu’elle est digne de la destinée auguste à laquelle elle est appelée. Proclamation irlandaise (1916)
Les opinions des adversaires de l’autodétermination aboutissent à cette conclusion que la viabilité des petites nations opprimées par l’impérialisme est d’ores et déjà épuisée, qu’elles ne peuvent jouer aucun rôle contre l’impérialisme, qu’on n’aboutirait à rien en soutenant leurs aspirations purement nationales, etc. L’expérience de la guerre impérialiste de 1914-1916 dément concrètement ce genre de conclusions. La guerre a été une époque de crise pour les nations d’Europe occidentale et pour tout l’impérialisme. Toute crise rejette ce qui est conventionnel, arrache les voiles extérieurs, balaie ce qui a fait son temps, met à nu des forces et des ressorts plus profonds. Qu’a-t-elle révélé du point de vue du mouvement des nations opprimées ? Dans les colonies, plusieurs tentatives d’insurrection que les nations oppressives se sont évidemment efforcées, avec l’aide de la censure de guerre, de camoufler par tous les moyens. On sait, néanmoins, que les anglais ont sauvagement écrasé à Singapour une muti- nerie de leurs troupes hindoues; qu’il y a eu des tentatives d’insurrection dans l’Annam français et au Cameroun allemand; qu’en Europe, il y a eu une insurrection en Irlande, et que les Anglais « épris de liberté », qui n’avaient pas osé étendre aux Irlandais le service militaire obligatoire, y ont rétabli la paix par des exécutions; et que, d’autre part, le gouvernement autri- chien a condamné à mort les députés de la Diète tchèque « pour trahison » et fait passer par les armes, pour le même « crime », des régiments tchèques entiers. (…) Le mouvement national irlandais, qui a derrière lui des siècles d’existence, qui est passé par différentes étapes et combinaisons d’in- térêts de classe, s’est traduit, notamment, par un congrès national irlandais de masse, tenu en Amérique (Vorwärts du 20 mars 1916), lequel s’est prononcé en faveur de l’indépendance de l’Irlande; il s’est traduit par des batailles de rue auxquelles prirent part une partie de la petite bourgeoisie des villes,ainsi qu’une partie des ouvriers, après un long effort de propagande au sein des masses, après des manifestations, des interdictions de journaux, etc. Quiconque qualifie de putsch pareille insurrection est, ou bien le pire des réactionnaires, ou bien un doctrinaire absolument incapable de se représenter la révolution sociale comme un phénomène vivant. (…) N’est-il pas clair que, sous ce rapport moins que sous tous les autres, on n’a pas le droit d’opposer l’Europe aux colonies ? La lutte des nations opprimées en Europe, capable d’en arriver à des insurrections et à des combats de rues, à la violation de la discipline de fer de l’armée et à l’état de siège, « aggravera la crise révolutionnaire en Europe » infiniment plus qu’un soulèvement de bien plus grande envergure dans une colonie lointaine. A force égale, le coup porté au pouvoir de la bour- geoisie impérialiste anglaise par l’insurrection en Irlande a une importance politique cent fois plus grande que s’il avait été porté en Asie ou en Afrique. (…) Dans la guerre actuelle, les états-majors généraux s’attachent minutieusement à tirer profit de chaque mouvement national ou révolutionnaire qui éclate dans le camp adverse : les Allemands, du soulèvement irlandais; les Français, du mouvement des Tchèques, etc. Et, de leur point de vue, ils ont parfaitement raison. On ne peut se comporter sérieusement à l’égard d’une guerre sérieuse si l’on ne profite pas de la moindre faiblesse de l’ennemi, si l’on ne se saisit pas de la moindre chance, d’autant plus que l’on ne peut savoir à l’avance à quel moment précis et avec quelle force précise « sautera » ici ou là tel ou tel dépôt de poudre. Nous serions de piètres révolutionnaires, si, dans la grande guerre libératrice du prolétariat pour le socialisme, nous ne savions pas tirer profit de tout mouvement populaire dirigé contre tel ou tel fléau de l’impérialisme, afin d’aggraver et d’approfondir la crise. Si nous nous mettions, d’une part, à déclarer et répéter sur tous les tons que nous sommes « contre » toute oppression nationale, et, d’autre part, à qualifier de « putsch » l’insurrection héroïque de la partie la plus active et la plus éclairée de certaines classes d’une nation opprimée contre ses oppresseurs, nous nous ravalerions à un niveau de stupidité égal à celui des kautskistes. Le malheur des irlandais est qu’ils se sont insurgés dans un moment inopportun, alors que l’insurrection du prolétariat européen n’était pas encore mûre. Lénine
As a second boy died today from wounds from a bombing in Warrington on Saturday, there were signs of a growing public backlash against the Irish Republican Army, which seems to attack more and more ordinary civilians. For some time now bombs or bomb scares have become a feature of life in England, and people appear to accept them with resigned fatalism. But widespread anger and revulsion have been touched off by the two bombs that went off in metal trash baskets in a crowded shopping area Saturday afternoon in Warrington, a town on the Mersey River 16 miles east of Liverpool. Fifty-six people were wounded, many of them seriously, and a 3-year-old boy, Jonathan Ball, who was being taken shopping to buy a Mother’s Day present, was killed. Another boy, Tim Parry, a 12-year-old with a mischievous grin, ran from the first explosion straight into the second. (…) The Warrington bombing touched a particular nerve because the victims were so young and also because it seemed to have been carried out in a way almost calculated to cause harm to ordinary people. In recent years, I.R.A. bombs have been placed in public places. In a relatively new tactic, the terrorists often plant two bombs at once, so people running from one are sometimes struck by the other. « The I.R.A. goes through phases on the targeting of civilians, » said Frank Brenchley, chairman of the Research Institute for the Study of Conflict and Terrorism, a private research agency. Casualties have also been increased lately because the warnings telephoned in by the I.R.A. often are late or have incomplete or misleading information, the authorities say. This is denied by the I.R.A. In the Warrington case, the authorities said the warning was telephoned in to an emergency help line, saying only that a bomb had been placed outside a Boots pharmacy. The police searched a Boots pharmacy in Liverpool, but the bomb went off near a Boots pharmacy in Warrington, 16 miles away. In a statement acknowledging the act, the I.R.A. said it « profoundly » regretted the death and injuries but charged that the responsibility « lies squarely at the door of those in the British authorities who deliberately failed to act on precise and adequate warnings. »  (…) In a rare public demonstration of feeling against the Irish Republican Army, thousands of Irish men and women gathered in downtown Dublin today to express sorrow and revulsion over the deaths of two children in Warrington, England. Thousands waited in line to sign a condolence book outside the Post Office, where the Irish rebellion against British power began in 1916. The NYT
Depuis cent ans, l’insurrection républicaine irlandaise donne lieu à diverses interprétations plus ou moins malveillantes : du sacrifice sanglant au putsch raté en passant par une escarmouche inutile. Or, ce soulèvement armé en pleine guerre mondiale, ne prend sa signification que si on l’englobe dans une période révolutionnaire en Irlande (1912 à 1923), et dans la situation internationale d’alors. Bien peu de personnes à l’époque comprirent que les premiers coups de feu qui résonnèrent à Dublin le 24 avril 1916, sonnaient en fait le glas de l’empire britannique.  La presse de l’époque ne note qu’une tentative de sédition ratée, qui plus est, fomentée par l’Allemagne. Or cet événement s’inscrit dans un contexte très ancien. (…) L’aile modérée des Irish Volunteers par la voix du député John Redmond se joignit à l’Union sacrée pour engager les Irlandais aux cotés du gouvernement anglais dans ce qui promettait d’être une guerre pour le  droit des nations à disposer d’elles-mêmes. A l’opposé la minorité des Volunteers influencée par l’I.R.B. refusa ce soutien et les partisans de l’I.C.A. posèrent cette bannière sur le bâtiment de la maison des syndycats : “Nous ne servons ni le Roi, ni le Kaiser mais l’Irlande”.  Tous espéraient alors que “les difficultés de l’Angleterre seraient l’opportunité de l’Irlande” et espéraient tirer avantage de cette situation pour faire avancer la cause nationale irlandaise.  Ils avaient d’autant moins de scrupules que dès la declaration de la guerre et la promesse de Home Rule reportée, la Grande Bretagne incorporait la milice “rebelle” UVF en bloc au sein de l’armée britannique dans la 36e division d’Ulster tandis qu’elle éparpillait les Irish Volunteers dans tous les regiments, et leur interdisait tout signe distinctif. (…) L’agitation contre la conscription obligatoire rencontre un certain écho en Irlande dès 1915. Les même évènements secouèrent la région de Glasgow où son ami républicain socialiste écossais John MacLean militait contre la guerre et la conscription, où dès 1915, le Comité des Travailleurs de la Clyde mèna une agitation sociale et politique, tout semblait alors indiquer qu’il était concevable, dans les conditions présentes, de transformer la guerre impérialiste en révolution nationale et socialiste. C’est bien dans cette optique qu’il mit en place des entrainements militaires conjoints entre l’ICA et les Irish Volunteers, qu’il prit contact avec le conseil militaire de l’IRB au sein duquel il fut coopté en janvier 1916 en vue du soulèvement prévu pour Pâques. Parmi les préparatifs, la mission de Roger Casement, un Irlandais protestant qui avait rejoint la cause républicaine, était d’importance. Bien qu’il n’eût pas réussi à créer une brigade irlandaise parmi ses compatriotes prisonniers dans les camps allemands, il avait réussi à obtenir un considérable chargement d’armes et de munitions pour la rébellion. Mais, alors qu’il rejoignait l’Irlande à bord d’un sous marin allemand il fut capturé le 21 avril. Le bateau convoyant l’armement ayant en vain attendu sa venue dans la baie de Tralee se saborda alors qu’il était encerclé par la marine britannique (en fait ce bateau, selon les ordres de l’IRB, n’aurait du approcher des côtes irlandaises qu’après le début de l’insurrection). Le 22 avril un dirigeant des Irish Volunteers, Eoin MacNeill,  opposé au soulèvement, annule par voix de presse toutes les manœuvres prévues   pour Pâques semant alors la confusion dans les rangs républicains. La date du soulèvement fut néanmoins maintenue et le lundi 24 avril les volontaires et l’ICA réunis désormais au sein de l’Armée Républicaine Irlandaise (I.R.A.) prirent position en divers points de Dublin. La République fut proclamée devant la Grande Poste qui devint le quartier général du gouvernement provisoire tandis que divers détachements prirent position dans une dizaine d’autres points stratégiques. Outre les contre ordres de Mac Neill qui privèrent les insurgés d’au moins 1000 combattants, certains échecs, comme celui qui  entrava la prise de contrôle du « Château » (l’administration centrale britannique)  ou le central téléphonique fragilisèrent dès le départ l’entreprise. Au delà de la capitale hormis Galway, Ashbourne (comté de Meath) et Enniscorthy  il y eut peu de combats significatifs. Mais, un peu partout, les Volontaires se réunirent et se mirent en marche, sans se battre,  y compris dans le Nord. La réaction britannique fut extrêmement violente : l’utilisation de l’artillerie en plein centre de Dublin réduit en champs de ruines visait autant à en finir rapidement qu’à terroriser la population.  Le samedi 29 avril « afin d’arrêter le massacre d’une population sans défense » Patrick Pearse et le gouvernement provisoire se rendirent sans condition et ordonnaient de déposer les armes. En fait, à part le quartier général de la Grande Poste, tous les autres édifices restèrent aux mains de l’IRA. L’exemple des volontaires (tous très jeunes) regroupés au sein du Mendicity Institute et qui bloquèrent l’armée anglaise pendant plus de trois jours, occasionnant de lourds revers aux britanniques, sans pour autant subir de perte équivalente, est un des exemples qui démontre que l’affaire n’avait pas été envisagé à la légère et que l’insurrection avait de réelles capacités militaires. La « semaine sanglante » coûta la vie à 116 soldats britanniques, 16 policiers et 318 « rebelles » ou civiles. Il y eut plus de 2000 blessés dans la population. La répression fut  immédiate. Plus de 3000 hommes et 79 femmes furent arrêtés, 1480 ensuite internés dans des camps en Angleterre et au Pays de Galles. 90 peines de mort furent prononcées, 15 seront exécutées dont les sept signataires de la proclamation d’indépendance. La légende se construisit aussitôt autour des dernières minutes des fusillés (Plunket qui se maria quelques heures avant son exécution, Connolly blessé et fusillé sur une chaise…) le poète Yeats exprimera si bien cet instant où tout bascule : (…) Tout est changé, totalement changé Une terrible beauté est née. Au delà du retournement de l’opinion publique en faveur des insurgés, suite aux représailles, les questionnements ou les anathèmes fleurissent. Si les condamnations des sociaux démocrates englués dans l’Union sacrée ne furent pas une surprise il est intéressant de noter qu’un des commentaires les plus lucides fut écrit en Suisse par Lénine.  Dans un texte célèbre, il note tout ce que la guerre a « révélé du point de vue du mouvement des nations opprimées », il évoque  les mutineries et les révoltes à Singapour, en Annam et au Cameroun qui démontrent « que des foyers d’insurrections nationales, surgies en liaison avec la crise de l’impérialisme, se sont allumés à la fois dans les colonies et en Europe » Il replace donc, fort justement, Pâques 1916 dans le contexte international de « crise de l’impérialisme » dont le conflit mondial est l’illustration éclatante.  Il fustige ceux qui (y compris à gauche) qualifient l’insurrection de « putsch petit bourgeois» comme faisant preuve d’un  « doctrinarisme et d’un pédantisme monstrueux ». Après avoir rappelé « les siècles d’existence » et le caractère « de masse du mouvement national irlandais » il note qu’au coté de la petite bourgeoisie urbaine « un partie des ouvriers » avait participé au combat. « Quiconque qualifie de putsch pareille insurrection est, ou bien le pire des réactionnaires, ou bien un doctrinaire absolument incapable de se représenter la révolution sociale comme un phénomène vivant.  La lutte des nations opprimées en Europe, capable d’en arriver à des insurrections et à des combats de rues, à la violation de la discipline de fer de l’armée et à l’état de siège, « aggravera la crise révolutionnaire en Europe » infiniment plus qu’un soulèvement de bien plus grande envergure dans une colonie lointaine. A force égale, le coup porté au pouvoir de la bourgeoisie impérialiste anglaise par l’insurrection en Irlande a une importance politique cent fois plus grande que s’il avait été porté en Asie ou en Afrique. » Et de conclure que « le malheur des irlandais est qu’ils se sont insurgés dans un moment inopportun, alors que l’insurrection du prolétariat européen n’était pas encore mûre ». (…) En Irlande la mythologie mise en place autour de l’insurrection de Pâques 1916 gomma toute référence au contexte international. Les tenants du « sacrifice consenti pour réveiller la nation » (avec le message sous-jacent que ce n’était plus un exemple à suivre) n’entendaient courir le risque de se hasarder à réveiller la question sociale en parlant d’anti-impérialisme. Au lendemain de la défaite et alors que l’opinion publique prenait fait et cause pour les révolutionnaires exécutés, ce fut le parti Sinn Fein, qui n’avait eut aucune responsabilité dans le soulèvement, qui remporta les élections en 1918 et devient le symbole de la lute pour l ‘indépendance. Dominique Foulon
Though many people do not know it, the reference in the 1916 Proclamation to « gallant allies in Europe » was an acknowledgement of German assistance to the Irish rebels. In making their stand in Easter Week 1916, a number of leading Irish rebels believed that if Germany won World War One then Irish freedom would be guaranteed by the post-war peace conference. Many of the guns used by Irish nationalists during Easter Week 1916 originated in Germany and had been smuggled into Howth in north Dublin and Kilcoole in County Wicklow during the summer of 1914. The guns had been purchased by Erskine Childers, the father of a future President of Ireland, from the Hamburg-based munitions firm of Moritz Magnus der Jungere. The guns were not sophisticated in terms of the advances that had been made in modern weaponry. Many of these guns actually dated from the Franco-Prussian War in 1870-1, but they were still in good working order. From the outbreak of World War One in 1914, advanced Irish nationalists sought direct assistance for their rebellion plans from the Imperial Government in Germany. With the tacit approval of the German Government, Sir Roger Casement had sought to persuade captured Irishmen in the British Army, who were being held in German prisoner of war camps, to join an Irish Brigade and return to Ireland to fight for Irish freedom. In spring 1915, Casement was joined in Berlin by Joseph Mary Plunkett, a poet, a member of the IRB Military Council and subsequently a signatory of the 1916 Proclamation. Casement and Plunkett met with representatives of the German General Staff. Plunkett confided in the German Government that revolutionary plans were afoot in Ireland. Bethmann Hollweg, the German Chancellor, pledged to deliver arms and ammunition for an Irish uprising against British rule. Ultimately, the German Government declined Irish requests to land German troops in Ireland, but they sent a single shipment of arms consisting of 20,000 rifles, 10 machine guns and 1,000,000 rounds of ammunition. The German arms shipment was of suspect quality and mostly comprised of weapons captured from the Russians on the Eastern Front. Nevertheless, this quantity of weaponry would have significantly boosted the chances of the poorly armed Irish rebels if this arms cargo had actually made it safely ashore. Captain Karl Spindler, a native of Königswinter, near Cologne, and an officer of the Imperial German Navy, was entrusted with the secret mission of delivering the arms shipment to Ireland in time for the planned Easter Rebellion in April 1916. On 9th April 1916, Spindler set out from the Baltic port of Lubeck on board a German ship, the Libau, which was disguised as a neutral Norwegian freighter and renamed the Aud. Two days later, Casement set sail for Ireland from Wilhelmshaven, aboard the German submarine U19 with the intention to rendezvous with the Aud in County Kerry. After a difficult journey and having survived a serious storm, the Aud arrived in Tralee Bay on 20th April 1916. However, poor communications and an unexpected car accident, in which Irish Volunteers who were to meet Casement ended up being drowned, meant that no-one was present to meet the German ship. After a long wait in Tralee Bay, Spindler reluctantly turned his ship around to sail away. Unbeknown to him, his movements were being monitored by the British Navy, who had tracked the Aud on its journey. Earlier in the war, British Navy Intelligence had cracked the German codes so the British Navy was aware of the Aud and its cargo almost from the moment it left port. The Aud was intercepted by Bluebell, a British destroyer, and commanded to sail to Queenstown (Cobh). Though captured, Spindler and his colleagues were not prepared to hand their arms cargo over to the British. After a number of failed manoeuvres to escape, the German sailors ultimately scuttled their own ship using pre-set charges of explosives. Meanwhile, Casement, who had landed from the German U-Boat on Banna Strand, was captured on Good Friday, 21st April 1916. When Eoin MacNeill, the head of the Irish Volunteers, learned that Casement had been captured and the German arms were lost, he issued an order countermanding the Rising, which had been planned for Easter Sunday. Ultimately, the Rising would break out the following day, Easter Monday, 1916. Early on Tuesday morning of Easter Week, German battle cruisers, under the command of Rear Admiral Friedrich Bödicker, shelled the English coastal towns of Lowestoft and Yarmouth. Meanwhile, a German zeppelin raid took place on Essex and Kent. The purpose of these German military actions was to try to divert British attention away from Ireland in order to give the rebellion a chance to take hold. The rebellion lasted only six days. It involved not much more than 1,200 rebels and its leaders knew they had little chance of winning against a far superior number of British troops. One of the rebel leaders, James Connolly, admitted to his comrades as fighting commenced that « we are going out to be slaughtered. » (…) In 1966, as part of the official state commemoration to mark the 50th anniversary of the Easter Rising, surviving members of the crew of the Aud and the U19, including Captain Raimund Weisbach, Walter Augustin, Otto Walter, Hans Dunker and Ferderic Schmidt, visited Ireland as distinguished guests of the Irish Government. The retired German sailors travelled to Kerry to witness the laying of the foundation stone of the Casement Memorial at Banna Strand. In 2016, little mention has been made of the role that German naval officers played in the Easter Rising, but their bravery deserves to be remembered. The Munich eye

Attention: un sacrifice peut en cacher un autre !

Pourparlers avec l’Allemagne, tentative de création de brigade de prisonniers irlandais dans les camps allemands, livraison allemande d’armes et de munitions, envoyé nationaliste rapatrié par sous marin allemand, raid de Zeppelins et bombardements navals allemands de diversion sur les côtes britanniques …

En ce Lundi de Pâques et lendemain d’un énième massacre de la religion de paix de ceux qui osent encore célèbrer le sacrifice et la résurrection du Christ …

Et en ce centenaire de l’Insurrection de Pâques et véritable acte de naissance tant de l’indépendance irlandaise que de l’IRA et de ses véritables actes de barbarie dont notamment la mort – avec doubles bombes pour maximiser les pertes entre une pharmacie et un McDonalds le jour de la fête des mères – de deux enfants dans la banlieue de Liverpool en mars 1993 et dénoncée par un fameux tube du groupe The Cranberries …

Qui rappelle que véritable appel à la trahison, après celui dix ans plus tôt de la guerre des Boers qui avait même vu les indépendantistes irlandais prendre contact avec le deuxième bureau français impatient de venger Fachoda, au moment où leurs compatriotes se battaient au coude à coude avec les Anglais sur le sol français …

La « révolution des poètes » qui fit, en ces cinq jours de la Semaine sainte sous prétexte du report – guerre oblige – du statut déjà voté d’autonomie (Home Rule), des centaines de victimes majoritairement civiles …

Ne rencontra en fait sur le moment, entre deux scènes de pillage, que les insultes et les sarcasmes de la population locale …

Et que sans les martyrs que leur fournit juste après la féroce répression des troupes britanniques, n’aurait jamais dépassé le stade de la véritable opération suicide qu’elle était vraiment, saluée d’ailleurs comme il se doit par Lénine lui-même depuis son exil genevois …

Ou plus précisément de l’opération de diversion de ces fameux « courageux alliés en Europe » auquels rend hommage la célèbre Proclamation de la république irlandaise

A savoir, comme le rappelait indirectement la légendaire banderole de la Maison des syndicats de Dublin et sans parler de l’Empire Austro-hongrois ou des Turcs, ceux de l’Allemagne du Kaiser ?

Germany and the Easter Rising
The Munich eye

In Ireland, this Easter hundreds of thousands of people took to the streets to celebrate the centenary of a seminal event that led to Irish independence.

The Easter Rebellion of 1916 dramatically altered the course of Irish history. Immediately prior to this event, Ireland was an integral part of the United Kingdom and only a small minority of its people supported full independence.

The Rising and, more particularly, the heavy-handed and botched British response to the rebellion had a transformative effect. Thousands of Irish people were interned without trial and the main leaders of the Rising were summarily executed. This provoked a rapid sea-change in Irish attitudes.

In the most famous poetic lines written about the rebellion, William Butler Yeats observed « all changed, changed utterly: A terrible beauty is born. » The sacrifice of a small number of Irish separatists in 1916 was the touchstone which set in train a popularly supported national struggle for independence.

On Easter Sunday 2016, as the centre-piece of the largest military parade ever held in Ireland, the President of Ireland, Michael D. Higgins, laid a wreath at the front of Dublin’s General Post Office in memory of those who had fought for Irish freedom one hundred years previously.

The General Post Office was the headquarters of the rebel Irish forces during the Rising and it was at this location that Patrick Pearse read the Proclamation of the Irish Republic.

Though many people do not know it, the reference in the 1916 Proclamation to « gallant allies in Europe » was an acknowledgement of German assistance to the Irish rebels.

In making their stand in Easter Week 1916, a number of leading Irish rebels believed that if Germany won World War One then Irish freedom would be guaranteed by the post-war peace conference.

Many of the guns used by Irish nationalists during Easter Week 1916 originated in Germany and had been smuggled into Howth in north Dublin and Kilcoole in County Wicklow during the summer of 1914. The guns had been purchased by Erskine Childers, the father of a future President of Ireland, from the Hamburg-based munitions firm of Moritz Magnus der Jungere. The guns were not sophisticated in terms of the advances that had been made in modern weaponry. Many of these guns actually dated from the Franco-Prussian War in 1870-1, but they were still in good working order.

From the outbreak of World War One in 1914, advanced Irish nationalists sought direct assistance for their rebellion plans from the Imperial Government in Germany. With the tacit approval of the German Government, Sir Roger Casement had sought to persuade captured Irishmen in the British Army, who were being held in German prisoner of war camps, to join an Irish Brigade and return to Ireland to fight for Irish freedom.

In spring 1915, Casement was joined in Berlin by Joseph Mary Plunkett, a poet, a member of the IRB Military Council and subsequently a signatory of the 1916 Proclamation. Casement and Plunkett met with representatives of the German General Staff. Plunkett confided in the German Government that revolutionary plans were afoot in Ireland. Bethmann Hollweg, the German Chancellor, pledged to deliver arms and ammunition for an Irish uprising against British rule.

Ultimately, the German Government declined Irish requests to land German troops in Ireland, but they sent a single shipment of arms consisting of 20,000 rifles, 10 machine guns and 1,000,000 rounds of ammunition. The German arms shipment was of suspect quality and mostly comprised of weapons captured from the Russians on the Eastern Front. Nevertheless, this quantity of weaponry would have significantly boosted the chances of the poorly armed Irish rebels if this arms cargo had actually made it safely ashore.

Captain Karl Spindler, a native of Königswinter, near Cologne, and an officer of the Imperial German Navy, was entrusted with the secret mission of delivering the arms shipment to Ireland in time for the planned Easter Rebellion in April 1916. On 9th April 1916, Spindler set out from the Baltic port of Lubeck on board a German ship, the Libau, which was disguised as a neutral Norwegian freighter and renamed the Aud. Two days later, Casement set sail for Ireland from Wilhelmshaven, aboard the German submarine U19 with the intention to rendezvous with the Aud in County Kerry.

After a difficult journey and having survived a serious storm, the Aud arrived in Tralee Bay on 20th April 1916. However, poor communications and an unexpected car accident, in which Irish Volunteers who were to meet Casement ended up being drowned, meant that no-one was present to meet the German ship.

After a long wait in Tralee Bay, Spindler reluctantly turned his ship around to sail away. Unbeknown to him, his movements were being monitored by the British Navy, who had tracked the Aud on its journey. Earlier in the war, British Navy Intelligence had cracked the German codes so the British Navy was aware of the Aud and its cargo almost from the moment it left port.

The Aud was intercepted by Bluebell, a British destroyer, and commanded to sail to Queenstown (Cobh). Though captured, Spindler and his colleagues were not prepared to hand their arms cargo over to the British. After a number of failed manoeuvres to escape, the German sailors ultimately scuttled their own ship using pre-set charges of explosives.

Meanwhile, Casement, who had landed from the German U-Boat on Banna Strand, was captured on Good Friday, 21st April 1916. When Eoin MacNeill, the head of the Irish Volunteers, learned that Casement had been captured and the German arms were lost, he issued an order countermanding the Rising, which had been planned for Easter Sunday. Ultimately, the Rising would break out the following day, Easter Monday, 1916.

Early on Tuesday morning of Easter Week, German battle cruisers, under the command of Rear Admiral Friedrich Bödicker, shelled the English coastal towns of Lowestoft and Yarmouth. Meanwhile, a German zeppelin raid took place on Essex and Kent. The purpose of these German military actions was to try to divert British attention away from Ireland in order to give the rebellion a chance to take hold.

The rebellion lasted only six days. It involved not much more than 1,200 rebels and its leaders knew they had little chance of winning against a far superior number of British troops. One of the rebel leaders, James Connolly, admitted to his comrades as fighting commenced that « we are going out to be slaughtered. » Connolly’s fate was to be executed by a British military firing squad, while strapped to a chair and unable to stand because of wounds he had sustained in the Rising.

Sir Roger Casement was hanged in Pentonville Prison, London, in August 1916.

Captain Karl Spindler was interned as a prisoner of war in Donington Hall in Leicestershire. He was released as part of a prisoner exchange towards the end of World War One. He subsequently wrote a best-selling book about his Irish adventure.

In 1931, to mark the 15th anniversary of the Easter Rising, Spindler undertook a lecture tour of the United States. He was enthusiastically greeted by Irish-Americans in Philadelphia, Pittsburgh, Chicago, Detroit and Boston. Spindler died in Bismark, North Dakota, in 1951.

In 1966, as part of the official state commemoration to mark the 50th anniversary of the Easter Rising, surviving members of the crew of the Aud and the U19, including Captain Raimund Weisbach, Walter Augustin, Otto Walter, Hans Dunker and Ferderic Schmidt, visited Ireland as distinguished guests of the Irish Government. The retired German sailors travelled to Kerry to witness the laying of the foundation stone of the Casement Memorial at Banna Strand.

In 2016, little mention has been made of the role that German naval officers played in the Easter Rising, but their bravery deserves to be remembered.

Voir aussi:

Historical reality of 1916 leaders
Martin Mansergh

The Irish Examiner

July 14, 2014

While the words on the banner hung in front of Liberty Hall (‘We serve neither King nor Kaiser but Ireland’) still resonate a century on, representing the values of a patriotic anti-imperialist neutrality, they mask an historical reality that was a good deal more complex than is generally allowed (Letters, July 4).

While James Connolly regarded the Great War, as it was called then, as barbaric, and would have wished the labour movement across Europe to have refused to participate, he also took the view that the war having started he wished the British Empire to be beaten, and that, if forced to choose between the two, the German Empire was ‘a homogeneous Empire of self-governing peoples’ (Poland, German South-West Africa?) and contained ‘in germ more of the possibilities of freedom and civilisation’.

The reality is that the leaders of 1916 were neither neutral nor anti-imperialist. They were anti-British imperialism. The Proclamation referred to ‘our gallant allies in Europe’, which were principally Imperial Germany and the Austro-Hungarian Empire, which incidentally was Arthur Griffith’s and the early Sinn Féin’s model for Irish independence. Undoubtedly, German support for Irish revolution turned out to be a mirage, apart from the guns landed at Howth and Kilcoole in the summer of 1914, which were a fraction of those landed at Larne for the unionists, but it was enough to facilitate the rising. Even after that, as Michael Collins told the American journalist Hayden Talbot in 1922, in his estimation, the Rising and the subsequent national revival ‘were all inseparable from the thought and hope of a German victory’, on which they were counting to gain a place at the peace table.

Certainly, one can be sceptical about the notion that the First World War was started for the sake of small nations, such as Serbia and Belgium, but the fate of Catholic Belgium was the issue that had greatest impact on recruitment in Ireland in the early months of the war. In terms of war outcomes, four defeated empires collapsed, others were weakened, and about a third of the countries that now make up the European Union directly or indirectly gained their freedom, including Ireland. France, which would have lost the war but for the British Expeditionary Force which included thousands of Irishmen, regained Alsace-Lorraine, taken from them in 1871. The principle of national self-determination enunciated in 1917 by President Woodrow Wilson, however imperfect and difficult to apply, has led in the longer run to close to 200 members of the United Nations.

One can certainly argue that Ireland’s freedom came about not just because of the Rising and the struggle for independence, but also because it fitted into the new international order created by the Allied victory. Most people, and all main political parties, now accept that it is right to commemorate Irishmen who gave their lives in World War I, but perhaps we could accept that their sacrifice also contributed to the freedom we enjoy today, acknowledging that people can serve their country honourably in different ways.

Perhaps, post the Good Friday Agreement, we should welcome the fact that we have been able to move beyond any desire to rekindle conflict on this island or between these islands, and adapt Pearse’s eloquent ideal to read: ‘Ireland at peace shall never be unfree’.

Martin Mansergh

Friarsfield House

Tipperary

Voir également:

Our Gallant Allies?
Pat Walsh

2015-08-02
The Easter Proclamation which Padraig Pearse read from the steps of the GPO at Easter 1916 is the founding document of the Irish Republic. It makes specific reference to “our gallant allies in Europe.” Who else could these “gallant allies” be but the Germans and Turks?

The founding fathers of what was to become the independent Irish State quite deliberately chose to mention “our gallant allies” even in the teeth of British propaganda about the behaviour of these allies. All during 1915 and early 1916 Ireland had been bombarded with this propaganda about the “evil Hun” and “merciless Turk” and yet Pearse chose to associate the emerging Irish Nation with its “gallant allies” in Germany and the Ottoman Empire. It was a quite deliberate decision, presumably in order to prevent the volunteering of Irish cannon-fodder, procured through the British propaganda used by the Redmondite recruiting sergeants.

During 1915 and 1916 Lord Bryce, the Belfast born Liberal, made highly-reported speeches in Parliament and helped document and publicise official reports about German and Ottoman atrocities. The leaders of 1916 not only ignored these but attacked them as British lies against “our gallant allies”.

Sir Roger Casement, Bryce’s former colleague in investigating atrocities in South America, took a very hostile view of Bryce’s war work in his article ‘The Far Extended Baleful Power of the Lie’, published in Continental Times, 3.11.1915. Casement condemned Bryce for selling himself as a hireling propagandist. According to Casement, Lord Bryce, had presided over a government body “directed to one end only”:

“the blackening of the character of those with whom England was at war… given out to  the world of neutral peoples as the pronouncement of an impartial court seeking only to discover and reveal the truth.”

Casement particularly criticised Bryce’s methods of reporting atrocities. He noted that in relation to the reporting of Belgian atrocities in the Congo he had investigated these reports “on the spot at some little pain and danger to myself” whilst Bryce had “inspected with a very long telescope.”

Casement continued with a point that is very relevant to any estimation of the validity of the Blue Book:

“I have investigated more bona fide atrocities at close hand than possibly any other living man. But unlike Lord Bryce, I investigated them on the spot, from the lips of those who had suffered, in the very places where the very crimes were perpetuated, where the evidence could be sifted and the accusation brought by the victim could be rebutted by the accused; and in each case my finding was confirmed by the Courts of Justice of the very States whose citizens I had indicted.”

Casement added: “It is only necessary to turn to James Bryce the historian to convict James Bryce the partisan…”

Casement wrote the above about Bryce’s work on the German atrocities but the criticism stands equally against his companion work directed at the Ottomans. Sir Roger was incapable of commenting directly on the Blue Book since he had been hanged by the British in 1916 as a traitor, for doing in Ireland what Bryce and other British Liberals had supported the Armenian revolutionaries in doing within the Ottoman Empire. Casement had followed through on the principles of small nations on which the war was supposedly being fought by Britain and advertised by Lord Bryce. But Casement was found to be a traitor whilst the Armenians and others who went into insurrection were lauded as patriots in Liberal England. T.P. O’Connor, the Redmondite MP, for instance, appeared on a platform in Westminster during June 1919 with General Andranik , the butcher of thousands of Kurds in eastern Anatolia. (Andranik had led the Armenian forces around Erzerum with General Dro, who later fought for Hitler with a Nazi Armenian Legion)

The present writer made it his business to read a lot of Irish newspapers produced between 1900 and 1924 in order to understand the development of Redmondism and the Republican counter-attack against it. What was found was much anti-Turkish propaganda produced by Redmondism and much pro-Turkish sentiment generated in opposition by Irish Republicans. In the book Britain’s Great War on Turkey – an Irish perspective what was found was republished in extensive extracts to demonstrate that Irish Republicans, and particularly Anti-Treaty ones, were fully behind Mustapha Kemal Ataturk and his war of liberation against the British, French, and Italian Imperialists and their Greek and Armenian catspaws.

In the Redmondite hold-out of West Belfast there was continued credence given to British war-propaganda about the massacres of Armenians and Greeks. The Irish News and other Devlinite publications continued to keep the Imperial faith to get Irishmen into British uniform as the rest of Ireland sloughed it off and broke free of the British sphere of influence. But then, even the Irish News, under pressure of what was done to the Northern Catholics who had kept the faith with Joe Devlin and Britain until the end, began to have second thoughts, when they were awarded ‘Northern Ireland’ as their reward for loyalty.

In October 1922 the Irish Independent published a British account of alleged Turkish atrocities in Smyrna (now Ismir). It was immediately attacked by Sinn Fein.

The context of the Sinn Fein counter-attack (reproduced below) on behalf of the Turks was the Greek evacuation of Anatolia after the defeat of their invading army, which had been encouraged by Lloyd George to enforce the Treaty of Sevres on the Turks. Smyrna was burnt and many died.

The reply to the British allegations comes from O. Grattan Esmonde, Sinn Fein’s most famous diplomat who had held the record for being expelled from more countries in the world than any one else (by the British, who held these countries at the time.) Esmonde was the son of Sir Thomas Esmonde who had briefly left the Irish Party in 1906 to stand for Griiffith’s Sinn Fein. The son went with the Treatyites in the Treaty split and was later elected in 1923 as a Cumann na nGaedheal TD for Wexford and was returned in the 1927 election. He was re-elected at the 1932 and 1933 elections.

In the statement he dismisses allegations that the Turks had massacred Greeks and Armenians as British propaganda and puts the Irish Republican forces and Mustafa Kemal (Ataturk) forces together as brothers in arms, fighting British Imperialism:

“I cannot refrain from expressing my astonishment at your leading-article of to-day, and the prominence you are giving to virulent English propaganda directed against the Turkish army, who are on the point of freeing their native land from the invader… We, who have suffered more than any other nation in the world from English propaganda, have no right to accept it when directed against another nation which for four years has been fighting for its life, and whose leaders have in public and in private expressed their sympathy and admiration for Ireland. I notice to-day that the Armenian Archbishop, who was massacred last week, has turned up safely in Greece. The same fate awaits at least ninety-per cent of the 120,000 Christians, slaughtered by Reuter’s news-agency this morning! It is more than probable that at least three zeros have been added inadvertently to the correct number of the victims… The new Turkish army and the Turkish National leaders are clean fighters, and the same type of men as those who have carried through the evolution in this country.” (O. Grattan Esmonde, Sinn Fein diplomat writing to the Irish Independent, from the Catholic Bulletin October 1922)

The political and military assault launched by Britain on neutral Greece and the devastating effect this ultimately had on the Greek people across the Balkans and Asia Minor is almost completely forgotten about these days. The Greek King Constantine and his government tried to remain neutral in the World War but Britain was determined to enlist as many neutrals as possible in their Great War. So they made offers to the Greek Prime Minister, Venizélos, of territory in Anatolia which he found to hard to resist.

The Greek King, however, under the constitution had the final say on matters of war and he attempted to defend his neutrality policy against the British. Constantine was then deposed by the actions of the British Army at Salonika, through a starvation blockade by the Royal Navy and a seizure of the harvest by Allied troops. This had the result of a widespread famine in the neutral nation – and this under the guise of ‘the war for small nations!’

With the Royal Navy’s guns trained on Athens the King was forced to abdicate with a gun to his head.

These events led to the Greek tragedy in Anatolia because the puppet government under Venizélos, installed in Athens through Allied bayonets, was enlisted as a catspaw to bring the Turks to heal after the Armistice at Mudros. This was because Lloyd George had demobilised his army before he could impose the punitive Treaty of Sevres on the Turks. Britain was also highly in debt to the U.S. after its Great War on Germany and the Ottomans had proved so costly. So others were needed to enforce the partition of Turkey whilst England concentrated on absorbing Palestine and Mesopotamia/Iraq into the Empire.

The Greeks were presented with the town of Smyrna first and then, encouraged by Lloyd George, advanced across Anatolia toward where the Turkish democracy had re-established itself, at Ankara, after it had been suppressed in Constantinople. Ataturk had seen that Constantinople was open to the guns of the Royal Navy, as Athens was and he established a new capital inland in a small town.

Britain was using the Greeks and their desire for a new Byzantium (the Megali or Big Idea) in Anatolia to get Ataturk and the Turkish national forces to submit to the Treaty of Sèvres, and the destruction of not only the Ottoman State but Turkey itself.

But the Greek Army perished on the burning sands of Anatolia after being skillfully maneuvered into a position by Ataturk in which their lines were stretched. And the two or three thousand year old Greek population of Asia Minor fled on boats from Smyrna, with the remnants of their Army after Britain had withdrawn its support, because the Greek democracy had reasserted its will to have back its King.

Esmonde’s statement on behalf of Sinn Fein is interesting in referring to the links between the Irish Independence movement and its gallant ally, Turkey.

There was an early contact between the independent Irish Parliament (the Dáil) and the Grand National Assembly of Turkey, established by Mustafa Kemal at Ankara. This contact was made through the Dáil’s ‘Message to the Free Nations of the World’ delivered to the revolutionary Grand National Assembly at Ankara, on a date following 10 August 1921. The Dáil, in its first act of foreign affairs, sent out this message to the other free nations of the world (including Turkey) declaring the existence of an independent Irish Government. It was read out, in Irish, to the Dáil by J.J.O’Kelly, the editor of The Catholic Bulletin in January 1919.

The Catholic Bulletin which published Esmonde’s letter and which was run by De Valera’s teacher and friend, Fr. Timothy Corcoran, drew attention to the many parallels between the experience of Ireland and Turkey between 1919 and 1923. Turkey had agreed to an armistice (ceasefire) at Mudros in October 1918. But that armistice was turned into a surrender when British and French Imperial forces entered Constantinople and occupied it soon after. Turkey found its parliament closed down and its representatives arrested or forced ‘on the run’, at the same time as England meted out similar treatment to the Irish democracy. Then a punitive treaty (The Treaty of Sevres, August 1920) was imposed on the Turks at the point of a gun, sharing out the Ottoman possessions amongst the Entente Powers. Along with that, Turkey itself was partitioned into spheres of influence, with the Greek Army being used to enforce the settlement in Anatolia, in exchange for its irredentist claims in Asia Minor.

The Turks, under the skillful leadership of Mustapha Kemal (Ataturk), decided not to lie down and resisted the imposed Treaty of Sevres. The Greek catspaw was pushed out of Turkey and their Imperialist sponsors forced back to the conference table at Lausanne, after the British humiliation at Chanak.

In February 1923, at the conference in Lausanne, the Turkish delegation refused to be brow-beaten by Lord Curzon and his tactics, reminiscent of the Anglo-Irish negotiations, when the Irish plenipotentiaries were strong-armed into signing a dictat under the threat of “immediate and terrible war.” The Turks stonewalled. When Curzon told the Turks that “the train was waiting at the station,” and it was a case of take it or leave it, the Turks left the offer and Curzon left on his train, never to return. Terms much more advantageous to the Turks were signed by Sir Horace Rumbold six months later, and the Turkish Republic came into being – a free and independent state.

At the Lausanne negotiations the Turks, when confronted with the accusation that they had massacred Christians, replied “what about the Irish, you British hypocrites!” The British from there found their moral card was trumped and discarded it, getting down to the real business. They had no care for the destruction of the centuries old Christian communities that their War on the Ottoman Empire had produced. They saw that Turkey had emerged under a strong leader and they were prepared to do business, as England always was.

The Catholic Bulletin publicised Atatürk’s great achievement in defeating the British Empire and saw it as an inspiration to other countries in the world resisting the great powers. It was particularly impressed with the Turkish negotiating skill at Lausanne and contrasted it to the Irish failure in negotiating with the British in the Anglo-Irish treaty of 1921 that had left the country part of the British Empire. The Turks had successfully achieved independence and ‘The Catholic Bulletin’ described Ataturk as the ‘man of the year’ and one of the few causes for optimism in the world.

Sinn Fein in 1920 were in no doubt that what is now called “the Armenian Genocide” by new Sinn Fein was a construction of British propaganda. Esmonde’s statement was issued a number of years after the Bryce Report of 1916 which was the centrepiece of this. But new Sinn Fein seems to have departed the traditional Republican position. An article in An Phoblacht in April 2015 calling for the “Armenian Genocide” to be recognised did not even mention Britain! That really must be a first for Sinn Fein – not blaming Britain!

There are, in fact no judicial or historical grounds for what is termed the “Armenian Genocide”. It is merely an emotional assertion. No International Court has ever found for such a thing and historians are extremely divided over the issue. It is mindlessly repeated that “most historians” agree on the “Genocide” label being applied. But when has this assertion ever been quantified? And if such an exercise is ever completed how meaningless it will be. This “majority” is, if it actually exists, made up of those from the Anglosphere, predominantly from the Armenian diaspora, and some career-minded Westerners, with a few guilty Turks thrown in (the Roy Fosters and Trinity College Workshops of Turkey, like Taner Aksam). The vast majority of historians are actually “denialists” (on the terms of the lobby) because they do not use the word.

The campaign for recognition of an “Armenian Genocide” is, in fact, a political one, begun quite lately. It is an attempt to muster legislators together to pronounce on a historical and legal issue when they have no competence to do so.

If “Genocide” is just a question of the deaths of a large numbers of people then it is hard to explain why new Sinn Fein is not pursuing the Irish Famine (for which the Ottoman Sultan provided the only international assistance) as an international case against the British Government, or indeed the Cromwellian settlement? One of the leading judicial advocates of an “Armenian Genocide” the famous Mr. Geoffrey Robertson QC has written a book on his great hero, John Cooke – who was he may not realise, Cromwell’s judicial legitimiser of what he did in Ireland!

A new Sinn Fein spokesman says: “If we do not accept what happened in the past we cannot learn from the mistakes and move on. Collectively we must ensure that we oppose the manipulation of history…”

What manipulation of history, one might ask? Surely that is what is being suggested in demanding that a word that didn’t exist in legal form at the time of an event be applied retrospectively to events within a complex historical context by people who do not have competence to make such judgments.

Sinn Fein in 1920 knew that the Turks were no dupes of Imperialism. The Turks know the danger of pleading guilty to such a charge with regard to their self-respect and standing in the world. They are battle-hardened, having engaged in a monumental fight for survival between 1914 and 1922 that not only created their nation, but also ensured its very existence. They were invaded by all the Imperialist powers, with only the Bolsheviks as allies, and with Greek and Armenian armies massacring within their territory.

The new Sinn Fein has done a marvellous job of resurgence on behalf of the Northern Catholics, improving the community’s standing and self-respect to a position nobody would have thought possible in 1969. The present writer will always recognise the achievement of that transformation, having lived through it.

But West Belfast was the storm-centre of Redmondite Hibernianism in the days of Joe Devlin, the most Imperial part of Ireland by a long chalk. And it was saturated with British War propaganda. When a famous pamphlet was produced to highlight the plight of Belfast Catholics in the new construction of ‘Northern Ireland’ Fr. Hassan of St. Mary’s compared the Unionists to Turks and the Catholics to Armenians.

Sinn Fein participation in Great War Remembrance can be justified as part of the necessary reconciliation of the Unionist community that the Peace strategy involves. But perhaps it has been forgotten what the bits of the “Foggy Dew” about “Suvla Side and Sud-el-bar” were supposed to teach about being an Irish Republican!

The new Sinn Fein has been a product, to a very great extent, of the unusual events of half a century ago in the Six Counties. 1969 was Year Zero. That, and the subsequent war and its transition to a peace settlement against substantial and multi-layered opposition, has given it a tremendous ability within the confines of the political situation it operates. It achieved out of brilliant improvisation, drawing from its experience of life in the Six Counties as its stock of knowledge. And it really had to imagine it was something it really wasn’t to carry through its war to a functional peace settlement. And in such a situation too much thinking about its past may have actually proved detrimental to the carving out of a different future.

But that is no longer enough, if greater things are to be done.

Sinn Fein has now made itself a competitor for state power in the 26 Counties. That brings upon it different responsibilities. If it attains that power will it be able to exercise it with reference to the traditional Republican position? Will it be able to exercise the responsibility that this entails, which goes far beyond sloganeering and politicking?

If Sinn Fein persists with its belief in an “Armenian Genocide” surely it should delete the offending phrase in the Proclamation of 1916, or perhaps change it from “our gallant allies” to “our genocidal allies”. That would be logical. But it would be very problematic for next years centenary commemoration.

Voir encore:

Au delà du mythe : l’insurrection irlandaise de Pâques 1916
Dominique Foulon

Mediapart

20 mars 2016

Depuis cent ans, l’insurrection républicaine irlandaise donne lieu à diverses interprétations plus ou moins malveillantes : du sacrifice sanglant au putsch raté en passant par une escarmouche inutile. Or, ce soulèvement armé en pleine guerre mondiale, ne prend sa signification que si on l’englobe dans une période révolutionnaire en Irlande (1912 à 1923), et dans la situation internationale d’alors.

Bien peu de personnes à l’époque comprirent que les premiers coups de feu qui résonnèrent à Dublin le 24 avril 1916, sonnaient en fait le glas de l’empire britannique.  La presse de l’époque ne note qu’une tentative de sédition ratée, qui plus est, fomentée par l’Allemagne. Or cet événement s’inscrit dans un contexte très ancien.

Un pays colonisé

Depuis plusieurs siècles, l’Irlande sauvagement conquise et colonisée par son voisin anglais tente de retrouver son indépendance. Soulèvements armés et luttes politiques alternent selon les époques, sans plus de succès l’un que l’autre.  Si depuis 1798 (1) et tout au long du 19e siècle, le recours régulier à la lutte armée échoue, la lutte parlementaire des députés irlandais à Westminster aboutit à un projet d’autonomie interne dans le cadre du Royaume Uni : le Home Rule. En effet, l’obstruction systématique du parlement de Westminster par les députés irlandais, sous la direction de Charles Parnell,  poussa le premier ministre libéral Gladstone à adhérer à ce vieux projet d’Isaac Butt. Celui-ci un conservateur protestant, s’était rallié à l’idée qu’un parlement irlandais était la meilleur solution pour régler au mieux les affaires domestiques irlandaises.(2)  Ce projet fut violemment combattu par les Conservateurs et une partie du Parti libéral, qui en recevant le soutien de l’Ulster Loyalist Anti Repeal Union leur donna l’idée de jouer la carte orangiste, c’est à dire se servir du loyalisme nord irlandais pour contrer leur adversaires.

En effet, la conquête de l’Irlande avait conduit à un développement différencié dans la province d’Ulster.

Dans la plus grande partie de l’île, une fois la conquête finie, la plupart des terres furent acquises par des aventuriers qui n’en attendaient qu’un profit immédiat, pressurant la paysannerie autant que possible, et la laissant dans un état de misère noire tant de fois décrite par tous les voyageurs au XIXe siècle.  L’Ulster fut la dernière partie de l’île à être (durement) conquise. Pour s’assurer de sa pacification définitive, la couronne anglaise eut recours à l’établissement de plantations. Sur les terres d’où avaient été expulsés les Irlandais, des fermiers  anglais ou écossais s’établissaient en colonies de peuplement afin de consolider la conquête et éviter toute nouvelle insurrection dans cette région. Or les propriétaires terriens ne pouvaient soumettre cette nouvelle paysannerie à une exploitation identique à celles des indigènes du Sud sous peine de voir le projet colonial échouer. Des garanties et des avantages octroyés aux fermiers connus comme « la coutume d’Ulster » permit une relative prospérité et le développement d’activités annexes comme la culture et le tissage du lin. Cela servit de base à la fin des guerres napoléoniennes, à l’industrie du lin qui connut une immense prospérité. Belfast avec ses dizaines d’immenses filatures, était connue comme la Linenopolis de l’Irlande.   La ville connut aussi un   essor industriel fantastique à partir de 1850 avec la création de chantiers navals et des industries annexes. Un développement unique en Irlande qui était le prolongement des  grands centres industriels d’Angleterre et d’Ecosse, parfaitement intégré au marché britannique.

Dans le reste de l’Irlande les industries naissantes se trouvaient en concurrence avec celles de Grande Bretagne, et donc envisageaient l’autonomie dans le cadre de l’Empire  ( Home Rule) comme un moyen de se protéger par le biais de taxes diverses d’importation.

Une révolte conservatrice

Au delà des aspects économiques, la physionomie politique irlandaise était toujours tributaire de la colonisation, bien que cette dernière fut déjà ancienne. Dans le Nord-Est de l’île, les opposants au Home Rule surent profiter de l’existence d’un courant fondamentaliste protestant et conservateur dont l’Ordre d’Orange (3)  était l’expression publique la plus achevée, pour mobiliser le « peuple protestant », ceux dont les ancêtres avaient colonisé la région. En comparant le Home Rule au Rome Rule c’est à dire en utilisant la peur de perdre les libertés religieuses dans un état catholique, en amalgamant l’appartenance religieuse au débat politique, ils réussirent à entretenir et développer le sectarisme religieux et communautaire.  Bien qu’il ne manquât pas de voix dissonantes en son sein pour contester l’hégémonie unioniste, cette dernière réussit à créer un mouvement de masse qui ne cessa de grandir au fil des temps. Le premier projet de Home Rule datait de 1886, le second de 1893, et en 1912 le troisième projet, bien que repoussé par la chambre des Lords, était simplement retardé de deux ans, le veto de cette institution monarchique n’étant plus absolu. L’imminence du « danger » conduisit les tenants de l’Union à d’immenses rassemblements et à organiser de véritables milices armées pour s’opposer au Home Rule. L ‘Ulster Volunteers Force regroupa 100 000 hommes et femmes bénéficiant, à partir de 1914, d’un armement moderne en provenance d’Allemagne. Outre le soutien des Tories anglais, cette sédition reçue aussi celui de la caste des officiers britanniques en Irlande, qui menacèrent de démissionner en masse plutôt que de devoir marcher contre l’UVF si on le leur demandait.

Le réveil républicain

Ces évènements eurent forcément un retentissement dans le reste du pays. Les nationalistes formèrent en réponse au grand jour, en 1913, une autre milice : les Irish Volunteers. Créée au départ sur l’initiative de l‘IRB (4), les constitutionalistes du Parti Irlandais adhérèrent en masse à cette organisation qu’ils contrôlèrent ensuite largement. Toutefois, contrairement à l’UVF, ils ne bénéficièrent pas de la mansuétude de certains militaires en juillet 1914, pour recevoir leur armement,  lui aussi en provenance d’Allemagne. A cela vint se joindre l’Irish Citizen Army du syndicaliste révolutionnaire James Connolly, formée depuis peu à partir des groupes d’auto-défense ouvrier qui  avaient été créés lors de la grande grève de Dublin en 1913 pour faire face aux attaques policières et à celles des jaunes.

Cette grève de 6 mois (et le lock-out qui suivit) avait été soutenue par une partie de l’intelligentsia dublinoise : Patrick Pearse, chantre du renouveau celtique, la comtesse  Markievicz, militante suffragette socialiste, fondatrice des Na Fianna Éireann (scouts nationalistes irlandais)  ainsi que le poète Yeats. La question sociale, malgré la défaite de la grève, s’invitait aux cotés de la question nationale sur la scène politique. Cet épisode permit aussi de constater qu’une partie du mouvement nationaliste (le Sinn Fein d’Arthur Griffith en particulier) était hostile au mouvement ouvrier.

Dès 1913, les Unionistes proposèrent que la province d’Ulster soit tenue à l’écart du Home Rule : refus des nationalistes et du gouvernement britannique. En mai 1914, le gouvernement proposa que la province soit pour une durée de 6 ans, autorisée à rester en dehors : refus des unionistes. La situation semblait bloquée et la guerre civile imminente. Le 4 août la Grande Bretagne déclarait la guerre à l’Allemagne. Le 18 septembre le gouvernement instaurait le Home Rule en Irlande, mais suspendait son application à la fin des hostilités.

Première guerre mondiale

L’aile modérée des Irish Volunteers par la voix du député John Redmond se joignit à l’Union sacrée pour engager les Irlandais aux cotés du gouvernement anglais dans ce qui promettait d’être une guerre pour le  droit des nations à disposer d’elles-mêmes. A l’opposé la minorité des Volunteers influencée par l’I.R.B. refusa ce soutien et les partisans de l’I.C.A. posèrent cette bannière sur le bâtiment de la maison des syndycats : “Nous ne servons ni le Roi, ni le Kaiser mais l’Irlande”.  Tous espéraient alors que “les difficultés de l’Angleterre seraient l’opportunité de l’Irlande” et espéraient tirer avantage de cette situation pour faire avancer la cause nationale irlandaise.  Ils avaient d’autant moins de scrupules que dès la declaration de la guerre et la promesse de Home Rule reportée, la Grande Bretagne incorporait la milice “rebelle” UVF en bloc au sein de l’armée britannique dans la 36e division d’Ulster. (5) tandis qu’elle éparpillait les Irish Volunteers dans tous les regiments, et leur interdisait tout signe distinctif.  Quant à Edward Carson qui avait pris la tête de la sédition unioniste, qui n’avait pas hésité à rechercher le soutien de l’Allemagne et poussé l’Irlande au bord de la guerre civile, il était nommé en 1915 Attorney général de l’Angleterre, avant de rejoindre le cabinet de guerre comme premier Lord de l’Amirauté.

Pour James Connolly, la partition prévisible de l’Irlande ne pouvait amener que deux regimes conservateurs dans chaque partie de l’île, et compromettre alors toute avancée sociale dans l’ensemble du pays. C’est autant en militant internationaliste que nationaliste qu’il envisagea alors une insurrection. L’agitation contre la conscription obligatoire rencontre un certain écho en Irlande dès 1915. Les même évènements secouèrent la région de Glasgow où son ami républicain socialiste écossais John MacLean militait contre la guerre et la conscription, où dès 1915, le Comité des Travailleurs de la Clyde mèna une agitation sociale et politique, tout semblait alors indiquer qu’il était concevable, dans les conditions présentes, de transformer la guerre impérialiste en révolution nationale et socialiste. C’est bien dans cette optique qu’il mit en place des entrainements militaires conjoints entre l’ICA et les Irish Volunteers, qu’il prit contact avec le conseil militaire de l’IRB au sein duquel il fut coopté en janvier 1916 en vue du soulèvement prévu pour Pâques.

Vers l’insurrection

Parmi les préparatifs, la mission de Roger Casement, un Irlandais protestant qui avait rejoint la cause républicaine, était d’importance. Bien qu’il n’eût pas réussi à créer une brigade irlandaise parmi ses compatriotes prisonniers dans les camps allemands, il avait réussi à obtenir un considérable chargement d’armes et de munitions pour la rébellion. Mais, alors qu’il rejoignait l’Irlande à bord d’un sous marin allemand il fut capturé le 21 avril. Le bateau convoyant l’armement ayant en vain attendu sa venue dans la baie de Tralee se saborda alors qu’il était encerclé par la marine britannique (en fait ce bateau, selon les ordres de l’IRB, n’aurait du approcher des côtes irlandaises qu’après le début de l’insurrection). Le 22 avril un dirigeant des Irish Volunteers, Eoin MacNeill,  opposé au soulèvement, annule par voix de presse toutes les manœuvres prévues   pour Pâques semant alors la confusion dans les rangs républicains. La date du soulèvement fut néanmoins maintenue et le lundi 24 avril les volontaires et l’ICA réunis désormais au sein de l’Armée Républicaine Irlandaise (I.R.A.) prirent position en divers points de Dublin. La République fut proclamée devant la Grande Poste qui devint le quartier général du gouvernement provisoire tandis que divers détachements prirent position dans une dizaine d’autres points stratégiques. Outre les contre ordres de Mac Neill qui privèrent les insurgés d’au moins 1000 combattants, certains échecs, comme celui qui  entrava la prise de contrôle du « Château » (l’administration centrale britannique)  ou le central téléphonique fragilisèrent dès le départ l’entreprise. Au delà de la capitale hormis Galway, Ashbourne (comté de Meath) et Enniscorthy  il y eut peu de combats significatifs. Mais, un peu partout, les Volontaires se réunirent et se mirent en marche, sans se battre,  y compris dans le Nord. La réaction britannique fut extrêmement violente : l’utilisation de l’artillerie en plein centre de Dublin réduit en champs de ruines visait autant à en finir rapidement qu’à terroriser la population.  Le samedi 29 avril « afin d’arrêter le massacre d’une population sans défense » Patrick Pearse et le gouvernement provisoire se rendirent sans condition et ordonnaient de déposer les armes. En fait, à part le quartier général de la Grande Poste, tous les autres édifices restèrent aux mains de l’IRA. L’exemple des volontaires (tous très jeunes) regroupés au sein du Mendicity Institute et qui bloquèrent l’armée anglaise pendant plus de trois jours, occasionnant de lourds revers aux britanniques, sans pour autant subir de perte équivalente, est un des exemples qui démontre que l’affaire n’avait pas été envisagé à la légère et que l’insurrection avait de réelles capacités militaires. La « semaine sanglante » coûta la vie à 116 soldats britanniques, 16 policiers et 318 « rebelles » ou civiles. Il y eut plus de 2000 blessés dans la population.

La répression fut  immédiate. Plus de 3000 hommes et 79 femmes furent arrêtés, 1480 ensuite internés dans des camps en Angleterre et au Pays de Galles. 90 peines de mort furent prononcées, 15 seront exécutées dont les sept signataires de la proclamation d’indépendance. La légende se construisit aussitôt autour des dernières minutes des fusillés (Plunket qui se maria quelques heures avant son exécution, Connolly blessé et fusillé sur une chaise…) le poète Yeats exprimera si bien cet instant où tout bascule :

Je l’écris en faisant rimer

Les noms de

Mac Donagh et Mac bride

Et Connolly et Pearse

Maintenant et dans les jours à venir

Partout où le vert sera arboré

Tout est changé, totalement changé

Une terrible beauté est née (6)

Quelle analyse de l’insurrection ?

Au delà du retournement de l’opinion publique en faveur des insurgés, suite aux représailles, les questionnements ou les anathèmes fleurissent. Si les condamnations des sociaux démocrates englués dans l’Union sacrée ne furent pas une surprise il est intéressant de noter qu’un des commentaires les plus lucides fut écrit en Suisse par Lénine.  Dans un texte célèbre, il note tout ce que la guerre a « révélé du point de vue du mouvement des nations opprimées », il évoque  les mutineries et les révoltes à Singapour, en Annam et au Cameroun qui démontrent « que des foyers d’insurrections nationales, surgies en liaison avec la crise de l’impérialisme, se sont allumés à la fois dans les colonies et en Europe » Il replace donc, fort justement, Pâques 1916 dans le contexte international de « crise de l’impérialisme » dont le conflit mondial est l’illustration éclatante.  Il fustige ceux qui (y compris à gauche) qualifient l’insurrection de « putsch petit bourgeois» comme faisant preuve d’un  « doctrinarisme et d’un pédantisme monstrueux ». Après avoir rappelé « les siècles d’existence » et le caractère « de masse du mouvement national irlandais » il note qu’au coté de la petite bourgeoisie urbaine « un partie des ouvriers » avait participé au combat. « Quiconque qualifie de putsch pareille insurrection est, ou bien le pire des réactionnaires, ou bien un doctrinaire absolument incapable de se représenter la révolution sociale comme un phénomène vivant.  La lutte des nations opprimées en Europe, capable d’en arriver à des insurrections et à des combats de rues, à la violation de la discipline de fer de l’armée et à l’état de siège, « aggravera la crise révolutionnaire en Europe » infiniment plus qu’un soulèvement de bien plus grande envergure dans une colonie lointaine. A force égale, le coup porté au pouvoir de la bourgeoisie impérialiste anglaise par l’insurrection en Irlande a une importance politique cent fois plus grande que s’il avait été porté en Asie ou en Afrique. » Et de conclure que « le malheur des irlandais est qu’ils se sont insurgés dans un moment inopportun, alors que l’insurrection du prolétariat européen n’était pas encore mûre ». (7) Il ne s’agit pas de citer Lénine comme un oracle, mais de noter que dans son analyse, à chaud, il situe  clairement la rébellion irlandaise comme une « lutte anti-impérialiste » du point de vue de la lutte des classes internationale et de la révolution mondiale. Il n’est pas inutile de rappeler, qu’à l’époque, il finit la rédaction de « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ».

C’est ce qui sera à nouveau souligné lors du second congrès de la 3e internationale en juillet/août 1920, où la question irlandaise fut discutée dans le cadre de la question coloniale et des mouvements d’émancipation des pays opprimés (en présence de deux irlandais dont Roddy Connolly le fils de James Connolly).(8)

En Irlande la mythologie mise en place autour de l’insurrection de Pâques 1916 gomma toute référence au contexte international. Les tenants du « sacrifice consenti pour réveiller la nation » (avec le message sous-jacent que ce n’était plus un exemple à suivre) n’entendaient courir le risque de se hasarder à réveiller la question sociale en parlant d’anti-impérialisme. Au lendemain de la défaite et alors que l’opinion publique prenait fait et cause pour les révolutionnaires exécutés, ce fut le parti Sinn Fein, qui n’avait eut aucune responsabilité dans le soulèvement, qui remporta les élections en 1918 et devient le symbole de la lute pour l ‘indépendance. Le parti parlementaire irlandais, déconsidéré, ne joua plus de rôle important dans le nouveau processus politique qui s’amorçait. Toutefois sa capacité de nuisance se révéla redoutable, quelques années plus tard, quand plusieurs de ses membres rejoignirent les partisans de la partition du pays et appuyèrent leur démarche contre-révolutionnaire.

Il a été aussi beaucoup question de la mauvaise stratégie militaire des insurgés. Le fait de maintenir l’insurrection malgré les évènements contraires, reposait sur le fait que les autorités britanniques au courant des préparatifs auraient, de toute façon procédé, à une répression massive. Car initier une rébellion, en temps de guerre, avec le soutien et la coopération de l’ennemi ne laissait que peu de chances aux promoteurs du projet. La prise de différents points stratégiques dans la ville ainsi que des principales routes et les tenir se concevait dans le dessein d’attendre les colonnes d’insurgés censées converger vers Dublin. Il fallut l’envoi de 20 000 soldats pour mater la rébellion et la férocité des combats avec l’usage intensif de l’artillerie dans le centre très peuplé de la capitale indique à la fois un mépris colonial pour les indigènes en révolte et la volonté d’en finir au plus vite dans la crainte que la rébellion ne s’étende. Quoiqu’il en fut, certains historiens indiquent que « cette aventure » fut « la plus sérieuse brèche dans les remparts de l’empire britannique depuis la défaite de Yorktown en 1781 » face aux insurgés américains. (9)

(1)          En 1798 la création du mouvement des Irlandais Unis influencé par la Révolution française de 1789 tente un soulèvement armé avec l’appui (tardif) du gouvernement français. Créé, en particulier par des Presbytériens, ce mouvement est à la base du   républicanisme irlandais.

(2)          (2) Le parlement irlandais avait été aboli en 1800 et suivit de l’Acte d’Union (entre la Grande Bretagne et l’Irlande.)

(3)          Confrérie politico-religieuse à caractère maçonnique dont la profession de foi se base sur la défense de la religion réformée, le souvenir de la Glorieuse Révolution de 1689 et le maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume Uni. Son nom est en référence au roi Guillaume d’Orange vainqueur du roi catholique Jacques II en1690.

(4)          Irish Republican Brotherhood : Fraternité Irlandaise Républicaine, société secrète nationaliste et révolutonnaire, héritière du mouvement Fénian du 19e siècle

(5)          La 36e division d’Ulster sera massacrée lors de la bataille de la Somme en juillet 1916

(6)          Il existe plusieurs versions de la traduction du poème de Yeats « A terrible beauty »

(7)          Le texte de Lénine publié en juillet 1916 se trouve sur le site http://www.marxists.org

(8)          Les cahiers du Cermtri n° 127 Irlande : le mouvement national, le mouvement ouvrier et l’Internationale communiste 1913-1941

(9)          P. Brandon cité par Kieran Allen : The 1916  rising : myth. And reality in   Irish marxist review vol 4 number 17

Sources :

Irish marxist review vol 4 number 17,  2015 (téléchargeable en ligne)

James Connolly de Roger Faligot Édition Terre de Brume,  1997

Pour Dieu et l’Ulster : Histoire des Protestants d’Irlande du Nord

de Dominique FoulonÉdition Terre de Brume 1997

Voir aussi:

100 Years of ‘Easter 1916’

Malcolm Jones

The Daily Beast

03.27.16

A century ago, Irish rebels set out on the long road to independence with a fumbled armed insurrection against the occupying British. It took a poet to explain it all.
The Easter Rising, the 1916 armed insurrection that hindsight tells us was the opening act in the successful Irish fight for independence from Great Britain, was by almost any measure a catastrophe.

It did not, at the time, look like the beginning of anything. The conspirators who planned it did not plan well, nor did what plans they laid turn out the way they hoped. Hundreds of people died needlessly.

It would have been almost impossible at the time to predict that the Easter Rising was a turning point in Irish history, that the events of that bloody week would set in motion a chain of events that would ultimately result in Ireland’s independence. Historians and partisans still argue over the efficacy of the revolt and its execution. But Ireland being Ireland, a land that bred some of the finest writing of the last century, it is not surprising that the finest summation of that event comes from a poet, William Butler Yeats, whose ambivalent and mysterious “Easter, 1916” is not only one of the most powerful poems ever written but a splendid snapshot of his nation’s confusion over what had transpired in the revolt and the concurrent understanding that something momentous, a profound game change, had just happened.

When the six-day revolt was over, smothered by fierce British retaliation that left more than 400 people dead—most of them civilians—as well as thousands wounded and the city of Dublin shelled and burned, every aspect of the revolt bore the stench of failure.

A lot of that failure was the fault of the conspirators. They failed to capture key positions in the city of Dublin, including city hall and the docks and railway stations. So when the British sent troops to quell the revolt, they had little trouble entering Dublin, where most of the fighting took place. For that matter, confusion was general all over Ireland.

Worse, the conspirators failed to warn their countrymen about what was happening, so that once the fighting started, some of the fiercest opposition came from the Irish themselves, and not only from the six, largely Protestant counties in the North that would eventually make up what is now Northern Ireland. Many Dubliners, for instance, were confused and baffled by the revolt in their streets, and either actively opposed the insurrectionists or simply refused to help them.

Things might have turned out very differently in the long run had the British settled for merely restoring peace and exploiting that lack of consensus on the part of the Irish. Instead, they savagely put down the revolt and then sent some 90 conspirators to face the firing squad in a matter of days. The reprisals, coupled with the hard line the British took going forward, fueled the opposition and, more important, solidified it. Factions coalesced behind Sinn Fein, the militant group that would spearhead the fight for independence, and the table was set for the civil war that eight years later resulted in the Irish Free State and ultimately in the republic of Ireland in 1937.

The Irish lost in the Easter rebellion, but the English lost Ireland.

Yeats was 50 years old at the time, a prominent poet still known mostly as one of the leaders of the Irish renaissance, a movement that extolled the native traditions and folklore of the country. Like his collaborators, the playwright John Millington Synge and Lady Augusta Gregory, Yeats was a cultural revolutionary, but he was not particularly political and disparaged violence as a means of creating an Irish republic. But at the time of the Easter rebellion, he was in the process of changing as a poet, influenced both by literary modernism and the events in his own country. Going forward, he was guided as much by what he saw in the street outside his door as he was by the past, and what he wrote from then on would secure his reputation as arguably the finest poet of the 20th century.

The amazing thing about this transformation is that it did not make the poet more didactic. Yeats was never a preacher. Rather, it made him more subtle, more open to ambiguity. But ambiguity in Yeats’s hands was neither wishy washy nor vague. He might be oblique, but he was never opaque.

In “Easter, 1916,” written in the months that followed the failed uprising, he would express perfectly the confusion and awe with which he and the citizens of his country were consumed.
“We make out of the quarrel with others, rhetoric, but of the quarrel with ourselves, poetry,” he once said, and no poem of his illustrates that sentiment better than “Easter, 1916.” It begins in everydayness: “I have met them at close of day / Coming with vivid faces / From counter or desk among / Eighteenth-century houses. / I have passed with a nod of the head / Or polite meaningless words, / Or have lingered awhile and said / Polite meaningless words, / And thought before I had done / Of a mocking tale or a gibe / To please a companion / Around the fire at the club, / Being certain that they and I / But lived where motley is worn: / All changed, changed utterly: / A terrible beauty is born.”

This is the plainest of the poem’s four verses, but even here, the quotidian is upended and placed in the past tense. That foolish, almost clownish reality (“where motley is worn”) is seen, as it were, in the rear-view mirror. Something has happened, something both terrible and beautiful, and there is no going back.

The rest of the poem proceeds in similar fashion, with people and realities changing like clouds (“Minute by minute they change”), and each part, fractal fashion, reflects the whole of the poem. Even a man he despised he now sees in a different light, less than a hero perhaps but more than a cad.

In the end Yeats is still not sure whether the price paid was worth it (“Was it needless death after all?”). But on one point he does not dither: The men and women he writes about changed history, and in turn they too were changed, as Yeats was, by what happened in that bloody week a century ago.

The easy explanation for all this is to say that the Easter Rising politicized Yeats, and to the extent that it drew him into more complete engagement with his time and his country, that is true. But to stop there does a disservice to the confusion and mystery he has witnessed and set down with such clarity in his poem. For “Easter, 1916” is not only complex and mysterious, it is about complexity and mystery, about beauties that are terrible. Events, especially cataclysmic events, he tells us, are not easily parsed, and we do them and ourselves an injustice to pretend otherwise. All we can do, the poem reminds us, is to confront conflicting realities and reconcile them as best we can. No poet, not even Yeats himself, ever said it better than in “Easter, 1916.”

Rage at I.R.A. Grows in England As Second Boy Dies From a Bomb
John Darnton
The New York Times
March 26, 1993

LONDON, March 25— As a second boy died today from wounds from a bombing in Warrington on Saturday, there were signs of a growing public backlash against the Irish Republican Army, which seems to attack more and more ordinary civilians.

For some time now bombs or bomb scares have become a feature of life in England, and people appear to accept them with resigned fatalism. But widespread anger and revulsion have been touched off by the two bombs that went off in metal trash baskets in a crowded shopping area Saturday afternoon in Warrington, a town on the Mersey River 16 miles east of Liverpool.

Fifty-six people were wounded, many of them seriously, and a 3-year-old boy, Jonathan Ball, who was being taken shopping to buy a Mother’s Day present, was killed. Another boy, Tim Parry, a 12-year-old with a mischievous grin, ran from the first explosion straight into the second.

For days, as he lingered between life and death, the country followed the reports on his failing condition. Finally, after a brain scan showed little activity, the life-support system was disconnected, and he died at 11:20 A.M. Feeling of Loss

With composure his father, Colin Parry, described the boy’s last moments. Then, when he was asked if he felt anger toward the I.R.A., he fought to hold back tears and said no — all he felt was loss: « We produced a bloody good kid. He was a fine lad. He had his moments; he could be a cheeky impudent little pup. But he was a great kid. The I.R.A., I’ve really got no words for them at all. »

At the same time, four Catholic workmen were killed today in Northern Ireland in an ambush by Protestant paramilitaries in the northern coast town of Castlerock and another Protestant was killed in Belfast.

So far this year, outlawed gangs of loyalist assassins have killed 23 people in Northern Ireland, 17 of them civilians. The gangs warned at the beginning of the year that they would step up their attacks. Touching a Nerve

The Warrington bombing touched a particular nerve because the victims were so young and also because it seemed to have been carried out in a way almost calculated to cause harm to ordinary people.

In recent years, I.R.A. bombs have been placed in public places. In a relatively new tactic, the terrorists often plant two bombs at once, so people running from one are sometimes struck by the other.

« The I.R.A. goes through phases on the targeting of civilians, » said Frank Brenchley, chairman of the Research Institute for the Study of Conflict and Terrorism, a private research agency.

Casualties have also been increased lately because the warnings telephoned in by the I.R.A. often are late or have incomplete or misleading information, the authorities say. This is denied by the I.R.A.

In the Warrington case, the authorities said the warning was telephoned in to an emergency help line, saying only that a bomb had been placed outside a Boots pharmacy. The police searched a Boots pharmacy in Liverpool, but the bomb went off near a Boots pharmacy in Warrington, 16 miles away.

In a statement acknowledging the act, the I.R.A. said it « profoundly » regretted the death and injuries but charged that the responsibility « lies squarely at the door of those in the British authorities who deliberately failed to act on precise and adequate warnings. » ——————– Sorrow in Dublin

DUBLIN, March 25 (Special to The New York Times) — In a rare public demonstration of feeling against the Irish Republican Army, thousands of Irish men and women gathered in downtown Dublin today to express sorrow and revulsion over the deaths of two children in Warrington, England.

Thousands waited in line to sign a condolence book outside the Post Office, where the Irish rebellion against British power began in 1916.

At St. Stephen’s Green, in the fashionable heart of the capital, thousands laid bouquets and wreaths, teddy bears and Snoopys with messages of sorrow and apology around their necks, that are to be taken to Warrington for the boys’ funerals.

Voir enfin:

Chronique de la quinzaine, histoire politique
Charles Benoist
Revue des Deux Mondes
14 mai 1916

Comme la note du Président Wilson au gouvernement impérial allemand réclamait une réponse immédiate, on pouvait croire qu’il ne se passerait pas quinze jours sans que cette réponse fût arrêtée, envoyée, connue dans le détail ; et comme la réponse réclamée consistait uniquement dans le choix entre les deux propositions de la plus simple des alternatives, oui ou non, il semblait qu’il ne fallût pas tant d’allées et venues, tant de consultations, tant d’audiences solennelles, pour n’arriver qu’à tant de car, de si, de mais, et de peut-être. Mais c’était à la fois méconnaître l’esprit et ignorer la situation de l’Allemagne, portée par l’un à ergoter sans bonne foi et obligée par l’autre à tâcher de s’esquiver sans fausse honte. En attendant qu’il fût prêt à ne dire aux États-Unis ni oui, ni non, et que sa presse, docile jusque dans la colère, eût épuisé sur eux le trésor de ses séductions et l’arsenal de ses menaces, l’Empire qui, hier, se croyait déjà le maître du monde, montait contre le plus détesté de ses ennemis, contre l’Angleterre, un triple coup, et le manquait. Pas de doute possible sur l’origine : le coup a bien été monté par l’Allemagne contre l’Angleterre. Tous les faits, ici, sont publics, évidens, incontestables. Par la concordance de ces trois attaques, deux de vive force, maritime et aérienne, une en traîtrise, l’insurrection d’Irlande, la politique prussienne a mis sous son œuvre sa signature, qui est un curieux mélange d’astuce, d’impudence et de niaiserie. Le lundi soir, 24 avril, un raid de zeppelins, le trente-troisième ou le trente-quatrième de la série, mais qu’on eût dit plus méthodique que les autres, fouillait la côte anglaise, comme s’il se fût agi, on en a fait l’observation, de « reconnaître la route entre Helgoland et Lowestoft. » Presque en même temps, ou aussitôt après, une escadre allemande, composée de vaisseaux rapides, croiseurs et contre-torpilleurs, apparaissait, courait le long de cette partie de la côte britannique, de Lowestoft à Yarmouth, lâchait quelques coups de canon, puis, accrochée par les forces, médiocres, de la défense locale, s’échappait et montrait sa légèreté en filant au bout de vingt minutes de combat, dans la crainte d’une plus mauvaise rencontre et d’un pire destin. Presque en même temps encore, voici le mélodrame ou le roman-feuilleton. La scène se passe à Tralee-Bay , sur la côte Sud-Ouest d’Irlande. On voit rôder un sous-marin, qui a l’air d’escorter un second navire. Ce second navire, pour inspirer plus de confiance, louvoie tranquillement sous une honnête et candide figure de caboteur hollandais. Ils avancent tout doucement, à petite vapeur, le corsaire au pas du marchand, comme des gens qui ne porteraient vraiment que des harengs dans leurs barils. Là-haut, en pleine mer du Nord, une patrouille anglaise les a « arraisonnés, » leur a demandé leurs papiers ; ils en ont présenté de si parfaitement en règle qu’ils ont été invités à passer, avec un salut. Le capitaine n’a pas fini d’en rire, lorsque, ayant brusquement piqué au Sud, il arrive en vue de la verte Erin. Soudain, un coup de semonce, « par le travers de l’avant du hollandais. » C’est d’autant plus sérieux qu’il va être procédé à la visite du bâtiment suspect. Il faut avouer que le bâtiment n’est pas hollandais, mais allemand ; que ses vingt hommes d’équipage sont allemands; que ses officiers sont allemands; que sa cargaison, — 20 000 fusils de guerre, des mitrailleuses et des munitions, — est allemande; bref, que ses desseins sont allemands. Tandis qu’ayant reçu l’ordre de suivre jusqu’au port de Queenstown la vedette qui l’a capturé, le faux hollandais, auquel on ne saurait du moins refuser le courage, arbore enfin son drapeau et bravement essaie de se couler, on rattrape deux hommes qui s’enfuyaient dans un canot pliant, et dont l’un ne tarde pas à confesser qu’il est sir Roger (Jasement. Dès son début, l’équipée tourne court : Feringhea a parlé ! Nous n’avons point l’intention d’entreprendre une longue biographie de sir Roger Casement : ce n’était hier qu’un intrigant, mêlé à des affaires louches, traînant en pays étranger les titres qu’il avait emportés du sien, et le reste de crédit que lui avaient laissé ses anciennes fonctions ; c’est maintenant quelque chose de plus, ou quelque chose de moins ; il réglera son compte avec le lord-chief justice, et le règlement sera sans doute sévère, puisque lui, il n’a pas même, dans son crime, cette dernière excuse d’être Allemand. Au surplus, l’aventure de sir Roger ne serait qu’un épisode sans intérêt, si elle n’avait servi à découvrir, dirigeant le complot et tirant les ficelles, la main de l’Allemagne. Trois jours auparavant, le vendredi avril, le bruit avait été répandu à Amsterdam, pour être, de là, répandu à Londres, que sir Roger Casement ,venait d’être arrêté et emprisonné en Allemagne. Arrêté et jeté en prison, pourquoi? Pour lui permettre de s’embarquer, en toute sûreté, à Kiel, ce même Vendredi-Saint, qui devait lui porter malheur. C’était, comme on le devine, le fin alibi, le plus fin qu’ait été capable d’inventer la police allemande; et c’est un paraphe ajouté à la signature de ce beau travail. Mais, dans les plans de l’Allemagne, sir Roger Casement n’était qu’un instrument; l’incursion des croiseurs et le raid des zeppelins n’étaient que des diversions ; sa machine infernale à triple détente ne manquerait pas de semer la révolution en Irlande, la panique en Angleterre, la prudence aux États-Unis. De fait, le lundi de Pâques, 2-4 avril, le lundi des zeppelins et des croiseurs, pendant que, fidèle aux chères habitudes, tout le Dublin officiel était aux courses, éclatait un mouvement d’une violence foudroyante, qui dépassait l’émeute, et d’un coup allait aux extrêmes, à la séparation d’avec la Grande-Bretagne, à la proclamation de la République irlandaise, au comble des désirs profonds et passionnés de l’Allemagne. En un instant, les insurgés se sont emparés de l’hôtel des postes, des deux gares du chemin de fer, du. Palais de justice, de nombre d’édifices publics et privés ; d’autres se sont enfermés dans la Bourse du travail, dans Liberty-Hall ; ils ont, auparavant, dressé des barricades et coupé les communications, si bien que les fonctionnaires, absens de la ville pour les fêtes, ont du mal à y rentrer. Dans les comtés, sur quelques points, des troubles se dessinent ; à Atheney, à Galway, en deux ou trois centres encore. Peut-on dire que c’est une surprise, et que rien n’avait permis de prévoir la rébellion ? Lord Middleton a affirmé le contraire, le lord-lieutenant ou vice-roi d’Irlande, lord Wimborne, l’a reconnu, et le secrétaire d’État pour l’Irlande, M. Birrell, ne l’a point nié. Il semble, en effet, que, depuis le commencement de l’année, les signes se soient multipliés. Le 5 février notamment, et le 17 mars, jour de la Saint-Patrick, à Dublin et à Cork, plusieurs centaines de « volontaires irlandais, » 1 600 ici, et là 1 100, paradent et défilent, armés, pour les deux tiers, de fusils, « du reste hétéroclites ; » ils font, de carrefour en carrefour, « une sorte de répétition de petite guerre. » Perquisitions et saisies d’armes, de munitions ou de manifestes, le 14 mars à Cork, le 22 et le 24 à Dublin; le 27 mars, ordre d’expulsion contre trois organisateurs delà fédération des volontaires, antérieurement arrêtés; le 16 mars, à Tullamore, le 31 à Dublin, meetings et conflits avec la police. Arrive le mois d’avril. Le i, à la conférence irlando-américaine de Londres, un ancien fenian, John Devey, presse les Irlando-Américains de lever un fonds de 1 million de dollars pour organiser une révolte en Irlande ; le 10, arrestation à Dublin de deux individus qui transportaient dans une automobile des fusils et des munitions ; le 23, à Currahane Strand, saisie d’un bateau submersible contenant une cargaison d’armes et de munitions. Sauf le petit courant de la surveillance quotidienne en temps calme, les autorités paraissent n’avoir opposé à tous ces préparatifs que leur flegme : en cela, il y a eu faillite partielle, défaillance de la fonction gouvernementale. Qui ne sait le prix auq