Montée aux extrêmes: Vous avez dit République de la haine ? (Extreme democracy: from their country’s elites or their common people, Trump and Macron seem to attract more hatred than anyone can remember)

3 février, 2019
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Emmanuel Macron à l'Elysée le 9 février dernier.

Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
L’exigence chrétienne a produit une machine qui va fonctionner en dépit des hommes et de leurs désirs. Si aujourd’hui encore, après deux mille ans de christianisme, on reproche toujours, et à juste titre, à certains chrétiens de ne pas vivre selon les principes dont ils se réclament, c’est que le christianisme s’est universellement imposé, même parmi ceux qui se disent athées. Le système qui s’est enclenché il y a deux millénaires ne va pas s’arrêter, car les hommes s’en chargent eux-mêmes en dehors de toute adhésion au christianisme. Le tiers-monde non chrétien reproche aux pays riches d’être leur victime, car les Occidentaux ne suivent pas leurs propres principes. Chacun de par le vaste monde se réclame du système de valeurs chrétien, et, finalement, il n’y en a plus d’autres. Que signifient les droits de l’homme si ce n’est la défense de la victime innocente? Le christianisme, dans sa forme laïcisée, est devenu tellement dominant qu’on ne le voit plus en tant que tel. La vraie mondialisation, c’est le christianisme! René Girard
Ça n’est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps. S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français. Emmanuel Macron (24.07.2018)
Parce qu’on veut à tout prix se débarrasser de Trump. Joy Behar
Because we’re desperate to get Trump out of office. That’s why. I think the press jumps the gun a lot because we just — we have so much circumstantial evidence against this guy that we basically are hoping that Cohen has the goods and what have you and so it’s wishful thinking. Joy Behar
Je n’oublie pas d’où je viens. Je ne suis pas l’enfant naturel de temps calme de la vie politique. Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’histoire, d’une effraction parce que la France était malheureuse et inquiète, si j’oublie tout cela, ce sera le début de l’épreuve. Emmanuel Macron
Je n’ai pas souvenir que des gens aient été écartés pour des questions de morale, il n’y a pas eu de jury de moralité pour savoir si quelqu’un pouvait devenir ministre ou pas.  (…) Je n’ai pas demandé au Premier ministre si les ministres avaient fait l’objet de plainte regardée par les juges et classée sans suite parce que les faits étaient non établis et prescrits. (…) Il faut collectivement qu’on se méfie. La question est de savoir où commence le sérieux et où doit s’arrêter la nécessaire transparence et le jeu des contre-pouvoirs. On veut que les dirigeants soient exemplaires. On s’est donné des règles. Mais quand le but des contre-pouvoirs finit par être de détruire ceux qui exercent le pouvoir sans qu’il n’y ait de limite ni de principe, ce n’est plus une version équilibrée de la démocratie. Penser que quelque chose qui a été regardé, jugé, devrait, soit nous conduire à écarter quelqu’un du pouvoir, soit à l’empêcher d’exercer, ça devient une forme de République du soupçon. Emmanuel Macron
La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois. C’est une question de dignité, une question d’humanité et d’efficacité. Emmanuel Macron
Je suis le fils de cette crise. Toutes les colères que vous évoquez aujourd’hui, ce sont elles qui m’ont porté. (…) On écrase tous nos débats en France sur la fiscalité. On pense qu’on règle tout par la fiscalité. On ne règle pas par la fiscalité les vrais inégalités de départ. J’ai supprimé l’ISF pour réindustrialiser le pays, créer de l’emploi. La vraie inégalité, c’est le chômage. Est-ce qu’il y a deux ans, on vivait mieux quand il y avait l’ISF, est-ce qu’il y avait moins de SDF ? Non. Je n’ai pas supprimé l’ISF pour faire des cadeaux à certains, c’est pour qu’ils réinvestissent dans le pays. Je n’ai pas pris l’engagement de campagne qu’il y ait zéro SDF. J’entends beaucoup ça mais je n’ai jamais dit ça. J’ai eu un mot sur les demandeurs d’asile qui dorment dehors. Emmanuel Macron (24.01.2109)
Nous n’avons pas réussi. Il y a des publics fragiles qui sont en dehors des politiques publiques mises en places et (…) la pression migratoire forte en fin de trimestre.  (…) ces dernières années, de nombreuses places en chambres d’hôtel ont été ouvertes (…) ce n’est pas une bonne mesure, car on laisse les gens loin de la socialisation. aujourd’hui, on diminue la part des chambres d’hôtel pour faire de la place aux pensions de famille. Ne plus avoir de personnes qui dorment dans la rue doit rester un objectif, on ne peut pas s’accommoder de cette situation. Emmanuel Macron
Selon les chiffres donnés par certaines associations, le nombre de sans-abri s’élève à 200.000 en France. Ce sont majoritairement des hommes seuls, auxquels s’ajoutent de plus en plus de familles, notamment des familles de migrants, en situation irrégulière ou en situation de demande d’asile. RTL
J’ai été élu par les Français. (…) Il y a des gens qui pensent comme ça, avec d’ailleurs, je dois dire, des relents de choses que j’aime pas beaucoup (…) Parce que derrière, ça s’appellerait la banque Dupont, il y aurait certainement moins d’arguments !  Et ça, ça me plait pas dans votre réflexion. Il y a des gens qui vous mettent comme ça un poinçon (…) Vous savez, je suis pas un héritier. Moi, je suis né à Amiens, il y a personne personne dans ma famille qui était banquier, ni politicien, ni énarque. Ce que je dois, je le dois à une famille qui m’a appris le sens de l’effort. Ceux qui m’ont élevé, qui m’ont éduqué et après, j’ai jamais lâché le morceau ! Donc, si j’étais né banquier d’affaires, vous pourriez me faire la leçon. Si j’étais né avec une petite cuillère dans la bouche ou fils de politicien, vous pourriez me faire la leçon, c’est pas le cas ! Donc je peux vous regarder en face. Vous pouvez ne pas aimer les banquiers, en attendant, vous aurez pas de prêt sans banquier. C’est comme ça !  Emmanuel Macron (24.01.2019)
The news obsesses over the recent government shutdown, the latest Robert Mueller arrest and, of course, fake news—from the BuzzFeed Michael Cohen non-story to the smears of the Covington Catholic High School students. But aside from the weekly hysterias, the world has dramatically changed since 2016 in ways we scarcely have appreciated. The idea that China systematically rigged trade laws and engaged in technological espionage to run up huge deficits is no longer a Trump, or even a partisan, issue. The world did not fall apart after the U.S. pulled out of the flawed Iran nuclear deal. Most yawned when the U.S. left the symbolic but empty Paris Climate Accord. Ditto when the U.S. moved its embassy in Israel from Tel Aviv to Jerusalem. There is also a growing, though little reported, consensus about what created the current economic renaissance: tax cuts, massive deregulation, recalibration of trade policy, tax incentives to bring back offshore capital, and dramatic rises in oil and natural gas production. Although partisan bickering continues over the extent of the upswing, most appreciate that millions of Americans are now back again working—especially minority youth—in a manner not seen in over a decade. For all the acrimony about illegal immigration, the government shutdown over the wall and the question of amnesties, most Americans also finally favor some sort of grand bargain compromise. The public seems to be agreeing that conservatives should get more border fencing or walls in strategic areas, an end to new illegal immigration and deportation for those undocumented immigrants with criminal records. Liberals in turn will likely obtain green cards for those long-time immigrants here illegally who have a work history and have not committed violent crimes. Both sides will be forced to agree that illegal immigration, sanctuary cities and open borders should end and legal immigration should be reformed. Today U.S. foreign policy actually reflects those paradoxes. The public supports a withdrawal from the quagmires in Afghanistan and Syria. But it also approved of bombing ISIS into retreat and muscular efforts to denuclearize North Korea. Two years ago, most Americans accepted that the European Union and NATO were sacrosanct status quo institutions beyond criticism. Today there is growing agreement that our NATO allies will only pay their fair share of mutual defense if they are forced to live up to their promises. Most Americans have now concluded that while the EU may be necessary to prevent another intra-European war, it is increasingly a postmodern, anti-democratic and unstable entity. (…) Trump has not changed his campaign reputation for being mercurial, crass and crude. But what has changed is the media’s own reputation in its hysterical reaction to Trump. Instead of empirical reporting, the networks and press have become unhinged. When reporting of the presidency has proved 90 percent negative, and false news stories are legion, the media are no longer seen as the remedy to Trump but rather an illness themselves. Since 2016, polls show that Americans have assumed that the proverbial mainstream media cannot be counted on for honest reporting but will omit, twist and massage facts and evidence for the higher “truth” of neutralizing the Trump presidency. When asked on “The View” why so often the liberal press keeps making up facts, “jumps the gun” and has to “walk stuff back when it turns out wrong,” Joy Behar honestly answered, “Because we’re desperate to get Trump out of office. That’s why.” Trump’s popularity is about where it was when he was elected—ranging on average from the low to mid-forties. But many of his policies have led to more prosperity and address festering problems abroad. And despite the negative news, they are widely supported, even—or especially—if Trump himself is not given proper credit for enacting most of them. Victor Davis Hanson
Il ne faut pas dissimuler que les institutions démocratiques développent à un très haut niveau le sentiment de l’envie dans le coeur humain. Ce n’est point tant parce qu’elle offrent à chacun les moyens de s’égaler aux autres, mais parce que ces moyens défaillent sans cesse à ceux qui les emploient. Les institutions démocratiques réveillent et flattent la passion de l’égalité sans pouvoir jamais la satisfaire entièrement. Cette égalité complète s’échappe tous les jours des mains du peuples au moment où il croit la saisir, et fuit, comme dit Pascal, d’une fuite éternelle; le peuple s’échauffe à la recherche de ce bien d’autant plus précieux qu’il est assez proche pour être connu et assez loin pour ne pas être goûté. Tout ce qui le dépasse par quelque endroit lui paraît un obstacle à ses désirs, et il n’y a pas de supériorité si légitime dont la vue ne fatigue sas yeux. Tocqueville
Il y a en effet une passion mâle et légitime pour l’égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands ; mais il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté. Tocqueville
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Parfois, la durée du règne [du nouveau roi] est fixée dès le départ: les rois de Djonkon (…) régnaient sept ans à l’origine. Chez les Bambaras, le nouveau roi déterminait traditionnellement lui-même la longueur de son propre règne. On lui passait au cou une bande de coton, dont deux hommes tiraient les extrémités en sens contraire pendant qu’il extrayait d’une calebasse autant de cailloux qu’il pouvait en tenir. Ces derniers indiquaient le nombre d’années de son règne, à l’expiration desquelles on l’étranglait. (…) Le roi paraissait rarement en public. Son pied nu ne devait jamais toucher le sol, car les les récoltes en eussent été desséchées; il ne devait rien ramasser sur la terre non plus. S’il venait à tomber de cheval, on le mettait autrefois à mort. Personne n’avait le droit de dire qu’il était malade; s’il contractait une maladie grave, on l’étranglait en grand secret. . . . On croyait qu’il contrôlait la pluie et les vents. Une succession de sécheresses et de mauvaises récoltes trahissait une relâchement  de sa force et on l’étranglait en secret la nuit. Elias Canetti
Le roi ne règne qu’en vertu de sa mort future; il n’est rien d’autre qu’une victime en instance de sacrifice, un condamné à mort qui attend son exécution. (…) Prévoyante, la ville d’Athènes entretenait à ses frais un certain nombre de malheureux […]. En cas de besoin, c’est-à-dire quand une calamité s’abattait ou menaçait de s’abattre sur la ville, épidémie, famine, invasion étrangère, dissensions intérieures, il y avait toujours un pharmakos à la disposition de la collectivité. […] On promenait le pharmakos un peu partout, afin de drainer les impuretés et de les rassembler sur sa tête ; après quoi on chassait ou on tuait le pharmakos dans une cérémonie à laquelle toute la populace prenait part. […] D’une part, on […] [voyait] en lui un personnage lamentable, méprisable et même coupable ; il […] [était] en butte à toutes sortes de moqueries, d’insultes et bien sûr de violences ; on […] [l’entourait], d’autre part, d’une vénération quasi-religieuse ; il […] [jouait] le rôle principal dans une espèce de culte.  René Girard
Le roi a une fonction réelle et c’est la fonction de toute victime sacrificielle. Il est une machine à convertir la violence stérile et contagieuse en valeurs culturelles positives. René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Le règne du roi n’est que l’entracte prolongé d’un rituel sacrificiel violent. Gil Bailie
J’ai suivi cette campagne avec un sentiment de malaise franchement (…) qui s’est peu à peu transformé en honte.  (…) Malaise parce que la deuxième France, dont vous parlez, la France qui est périphérique, qui hésite entre Marine Le Pen et rien,  je me suis rendu compte que je ne la comprenais pas, que je ne la voyais pas, que j’avais perdu le contact. Et ça, quand on veut écrire des romans, je trouve que c’est une faute professionnelle assez lourde.  (….) Parce que je ne la vois plus, je fais partie de l’élite mondialisée, maintenant. (…) Et pourtant, je viens de cette France. (…) Elle habite pas dans les mêmes quartiers que moi. Elle habite pas à Paris. A Paris, Le Pen n’existe pas. Elle habite dans des zones périphériques décrites par Christophe Guilluy. Des zones mal connues. (…) Mais le fait est que j’ai perdu le contact. (…) Non, je la comprends pas suffisamment, je veux dire, je pourrais pas écrire dessus. C’est ça qui me gêne, c’est pour ça que suis mal à l’aise. (…) Non, je suis pas dans la même situation. Moi, je ne crois pas au vote idéologique, je crois au vote de classe. Bien que le mot est démodé. Il y a une classe qui vote Le Pen, une classe qui vote Macron, une classe qui vote Fillon. Facilement identifiables et on le voit tout de suite. Et que je le veuille ou non, je fais partie de la France qui vote Macron. Parce que je suis trop riche pour voter Le Pen ou Mélenchon. Et parce que je suis pas un hériter, donc je suis pas la classe qui vote Fillon. (…) Ce qui est apparu et qui est très surprenant – alors, ça, c’est vraiment un phénomène imprévu – c’est un véritable parti confessionnel, précisément catholique. Dans tout ce que j’ai suivi – et, je vous dis, j’ai tout suivi  – Jean-Frédéric Poisson était quand même le plus étonnant. (…) Une espèce d’impavidité et une défense des valeurs catholiques qui est inhabituelle pour un parti politique. (….) Ca m’a interloqué parce que je croyais le catholicisme mourant. (…) [Macron] L’axe de sa  campagne, j’ai l’impression que c’est une espèce de thérapie de groupe pour convertir les Français à l’optimisme. Michel Houellebecq
La participation médiocre, les conditions de cette victoire dans le contexte du «Fillongate», puis face à un adversaire «repoussoir», dans sa fonction d’épouvantail traditionnel de la politique française, donnent à cette élection un goût d’inachevé. Les Français ont-ils jamais été en situation de «choisir»? Tandis que la France «d’en haut» célèbre son sauveur providentiel sur les plateaux de télévision, une vague de perplexité déferle sur la majorité silencieuse. Que va-t-il en sortir? Par-delà l’euphorie médiatique d’un jour, le personnage de M. Macron porte en lui un potentiel de rejet, de moquerie et de haine insoupçonnable. Son style «jeunesse dorée», son passé d’énarque, d’inspecteur des finances, de banquier, d’ancien conseiller de François Hollande, occultés le temps d’une élection, en font la cible potentielle d’un hallucinant lynchage collectif, une victime expiatoire en puissance des frustrations, souffrances et déceptions du pays. Quant à la «France d’en haut», médiatique, journalistique, chacun sait à quelle vitesse le vent tourne et sa propension à brûler ce qu’elle a adoré. Jamais une présidence n’a vu le jour sous des auspices aussi incertains. Cette élection, produit du chaos, de l’effondrement des partis, d’une vertigineuse crise de confiance, signe-t-elle le début d’une renaissance ou une étape supplémentaire dans la décomposition et la poussée de violence? En vérité, M. Macron n’a aucun intérêt à obtenir, avec «En marche», une majorité absolue à l’Assemblée qui ferait de lui un nouvel «hyperprésident» censé détenir la quintessence du pouvoir. Sa meilleure chance de réussir son mandat est de se garder des sirènes de «l’hyperprésidence» qui mène tout droit au statut de «coupable idéal» des malheurs du pays, à l’image de tous ses prédécesseurs. De la part du président Macron, la vraie nouveauté serait dans la redécouverte d’une présidence modeste, axée sur l’international, centrée sur l’essentiel et le partage des responsabilités avec un puissant gouvernement réformiste et une Assemblée souveraine, conformément à la lettre – jamais respectée – de la Constitution de 1958. Maxime Tandonnet (07.05.2017)
La violente polémique qui secoue la candidature de François Fillon à l’élection présidentielle n’a rien d’une surprise. Il fallait s’y attendre. La vie politique française n’a jamais supporté les têtes qui dépassent, les personnalités qui prennent l’ascendant. Dans l’histoire, les hommes d’État visionnaires, ceux qui ont eu raison avant tout le monde, ont été descendus en flammes et leur image est restée maudite des décennies ou des siècles après leur mort (…) Dans mon livre les Parias de la République(Perrin, 2017), j’ai raconté la descente aux enfers de ces parias qui furent aussi de grands hommes d’État, et une femme Premier ministre, leur diabolisation qui les poursuit jusqu’aux yeux de la postérité. Cet ouvrage annonce aussi la généralisation et la banalisation de la figure du paria dans la vie politique contemporaine. La médiatisation, Internet et la puissance des réseaux sociaux, les exigences de transparence, la défiance face à l’autorité et surtout, la personnalisation du pouvoir à outrance, transforme tout homme ou femme incarnant de pouvoir en bouc émissaire des frustrations et des angoisses d’une époque. Qui ne se souvient à quel point Nicolas Sarkozy fut traîné dans la boue de 2007 à 2012? Dans un tout autre genre, François Hollande a aussi connu, à la tête de l’État, le vertige de l’humiliation. La diabolisation des hommes politiques s’accélère: non seulement Sarkozy, puis Hollande, mais aussi Alain Juppé et Manuel Valls viennent de chuter. L’hécatombe est désormais inarrêtable… Sans aucun doute, le tour viendra d’Emmanuel Macron, et sa chute sera aussi subite et aussi violente que son ascension fondée sur la sublimation d’une image. (…) Oui, il fallait s’attendre, tôt ou tard, à la lapidation de François Fillon. Le prétexte de l’emploi de son épouse à ses côtés est ambigu. Le recrutement de proches par des responsables politiques est une vieille – et mauvaise – habitude française. Alexandre Millerand , Vincent Auriol, François Mitterrand employaient leur fils à l’Elysée et Jacques Chirac sa fille. Combien de ministres ont recruté un proche dans leurs cabinets? Combien de fils et de fille «de» ont hérité de la position politique de leur père? 20% des parlementaires emploient un membre de leur famille. L’un des plus hauts responsables actuels de la République a l’habitude de salarier sa femme auprès de lui. Tout cela est bien connu. À l’évidence, cette pratique n’est pas à l’honneur de notre République. Mais tout le monde s’en est jusqu’à présent accommodé, hypocritement, sans poser de question. Personne ne s’est interrogé sur la nature et l’effectivité des tâches accomplies par le conjoint ou le parent. Et voici que soudain, le dossier est opportunément rouvert, contre François Fillon. (…) L’homme se prête particulièrement à une diabolisation. Son caractère à la fois discret et volontariste a tout pour exaspérer un microcosme politico-médiatique plus enclin à idolâtrer le clinquant stérile et l’impuissance bavarde. La ligne de défense de François Fillon transparaît dans son discours du 29 janvier. Il s’apprête à endosser le rôle de paria, comptant sur un retournement en sa faveur. En témoigne la présence de Pénélope à ses côtés. Sa parole, conservatrice et libérale, semble avoir été façonnée pour exacerber les haines des idéologues de la table rase: «On me décrit comme le représentant d’une France traditionnelle. Mais celui qui n’a pas de racines marche dans le vide. Je ne renie rien de ce qu’on m’a transmis, rien de ce qui m’a fait, pas plus ma foi personnelle que mes engagements politiques». Peut-il réussir? In fine, le résultat des élections de 2017 dépendra du corps électoral: emprise de l’émotionnel ou choix d’un destin collectif? Mais au-delà, une grande leçon de ces événements devrait s’imposer: l’urgence de refonder la vie politique française, sur une base moins personnalisée et plus collective, tournée vers le débat d’idées et non plus l’émotion – entre haine et idolâtrie – autour de personnages publics. Maxime Tandonnet (30.01.2017)
Un homme d’État doit concilier trois qualités: une vision de l’histoire, le sens du bien commun et le courage personnel. Ils sont très peu nombreux à avoir durablement émergé dans l’histoire politique française. En effet, en raison de leur supériorité, ils sont rapidement pris en chasse par le marais et réduits au silence avant d’être lapidés. Le véritable homme d’État est un paria en puissance. Le Général de Gaulle fut un paria tout à fait particulier, un paria qui a réussi. Il faut se souvenir de la manière dont il fut traité dans les années 1950 et 1960. Il était en permanence insulté, qualifié de réactionnaire et de fasciste. Dans Le Coup d’État permanent, François Mitterrand utilise à son propos les mots de «caudillo, duce, führer…». C’est un comble pour le chef de la résistance française au nazisme… S’il fut un paria qui a réussi, c’est en raison de sa place hors norme dans l’histoire, auteur de l’appel du 18 juin 1940 et de la décolonisation. Mais dès lors, il n’est plus vraiment un paria au sens de la définition que j’en donne, son image à la postérité étant largement positive et consensuelle. (…) la lecture des livres de René Girard, notamment La violence et le sacré et Les choses cachées depuis la fondation du monde m’a inspiré l’idée de cet ouvrage sur les parias de la République. Sa grille de lecture peut s’appliquer à l’histoire politique française: la quête d’un bouc émissaire, victime expiatoire de la violence collective, et son lynchage par lequel la société politique retrouve son unité. Le cas d’Édith Cresson est intéressant à cet égard. Quand on lit la presse de l’époque, quand on replonge dans les actualités du début des années 1990, la violence, la férocité de son lynchage nous apparaissent comme sidérantes. On a beaucoup parlé de ses maladresses, provocations et fautes de communication qui furent réelles. Mais l’acharnement contre elle, les insultes, la caricature, la diffamation contre une femme Premier ministre qui prenait une place convoitée par des hommes, a atteint des proportions vertigineuses. On en a oublié des aspects positifs de sa politique: le rejet des 35 heures, la promotion de l’apprentissage, des privatisations et de la politique industrielle, la volonté de maîtriser les frontières. Elle fut vraiment une femme lynchée. Et sur ce sacrifice, les politiques de son camp ont tenté de se refaire une cohésion. Sans succès. Encore aujourd’hui, je constate à quel point elle fut haïe. Des personnalités de droite ou de gauche m’ont vivement reproché de tenter de la «réhabiliter» parmi mes parias! De fait, je ne cherche pas à la réhabiliter et ne cache rien de ses erreurs, mais je mets le doigt sur un épisode qui n’est pas à l’honneur de la classe politique française. La violence est certes inhérente à la république dès lors que la république suppose une concurrence pour les postes, les mandats, les honneurs. Cette violence devrait être tempérée par la morale, le sens de l’honneur, du respect des autres, par les valeurs au sens du duc de Broglie. Elle ne l’a pas été à l’égard d’Édith Cresson. Elle l’est de moins en moins aujourd’hui, comme en témoigne la multiplication des lynchages politico-médiatiques à tout propos. (…) Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’un lynchage permanent et violent pendant son quinquennat: insultes au jour le jour, calomnies et les aspects positifs du bilan de son action ont été étrangement passés sous silence. Pourtant, il me semble trop tôt pour lui appliquer le qualificatif de paria au sens où je l’entends dans mon ouvrage, supposant un bannissement qui se poursuit dans l’histoire. Comment sera-t-il jugé dans vingt ans? Qui peut le dire? Souvenons-nous de Mitterrand et de Chirac. Leur fin de règne fut pathétique, pitoyable. Qui s’en souvient encore? La mémoire contemporaine est tellement courte… Aujourd’hui, ils sont plutôt encensés et n’ont rien de parias… (…) [François Fillon] a le profil d’un bouc émissaire, sans aucun doute, faute de pouvoir parler de paria à ce stade. D’ici à l’élection présidentielle et par la suite, s’il l’emporte, il sera inévitablement maltraité et son tempérament à la fois réservé et volontaire ne peut qu’exciter la hargne envers lui. Il faut noter que François Hollande, quoi qu’on en pense, n’a pas été épargné par le monde médiatique et la presse qu’il croyait tout acquise à sa cause… C’est une vraie question que je me pose: le président de la République, qui incarnait du temps du général de Gaulle et de Pompidou, le prestige, l’autorité, la grandeur nationale, est-il en train de devenir le bouc émissaire naturel d’un pays en crise de confiance? Ultramédiatisé, il incarne à lui tout seul le pouvoir politique dans la conscience collective. Mais ne disposant pas d’une baguette magique pour régler les difficultés des Français, apaiser leurs inquiétudes, il devient responsable malgré lui de tous les maux de la création. Je pense qu’il faut refonder notre vision du pouvoir politique, lui donner une connotation moins personnelle et individualiste. Le temps est venu de redécouvrir les vertus d’une politique davantage axée sur l’engagement collectif, le partage de la responsabilité, entre le chef de l’État, le Premier ministre, la majorité, la nation, au service du bien commun. Maxime Tandonnet (13.01.2017)
La suppression de l’ISF symbolise à elle seule la fin de la solidarité des plus riches avec le reste de la société. Macron a aussi procédé à la création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat-tax) sur les revenus du capital, mesure moins connue du grand public mais tout aussi importante. Non seulement, les riches ne sont plus concernés par la solidarité nationale mais en plus on les dispense de la progressivité de l’impôt sur les revenus du capital, c’est-à-dire de payer leurs impôts à hauteur de leur fortune. Que vous ayez seulement quelques actions, pour peu que vous en ayez, ou que vous soyez Bernard Arnault, vous paierez tous le même impôt forfaitaire. Avec Macron, les impostures se font en cascade. Car en répétant à l’envi que cet impôt forfaitaire était de 30 %, le gouvernement a oublié de préciser que ce chiffre comprend aussi le prélèvement social, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie et le prélèvement de solidarité. Au final, l’impôt forfaitaire en tant que tel n’est que de 12,8 %. Cela signifie que le plus mal payé des contribuables paie plus en impôts sur le revenu que le plus riche des actionnaires sur chaque euro de dividendes perçus. (…) Plus encore que chez ses prédécesseurs, le profil d’Emmanuel Macron se prête à la sociologie bourdieusienne, son habitus étant en adéquation parfaite avec les conditions de la pratique de sa position sociale. Autrement dit, sa manière d’être et de gouverner est très liée au milieu dans lequel il évolue : celui du pouvoir et de l’argent. Le storytelling médiatico-politique qui a entouré son élection a voulu nous faire croire à un ovni politique, sans passif. Mais notre enquête, qui croise le contenu de sa politique sociale et économique avec sa trajectoire sociobiographique et les réseaux oligarchiques, démontre qu’il est bien un enfant du sérail, adoubé par les puissants et soutenu par de généreux donateurs. A sa sortie de l’ENA, il intègre l’inspection des finances sous la direction de Jean-Pierre Jouyet, une des figures centrales du maillage oligarchique français. Très vite, Macron participe à la fameuse «commission Attali» («pour la libéralisation de croissance») sous Sarkozy, où il rencontre les plus grands patrons. Il occupe ensuite un poste de directeur à la banque Rothschild et devient en même temps le meneur du volet économique de la campagne de François Hollande pour la présidentielle. Entre la création du CICE et le pacte de responsabilité, il imprègne ensuite le mandat socialiste de la politique de l’offre selon laquelle plus on donne aux entreprises, plus elles investissent dans l’appareil productif. Enfin, il se sert de son poste de ministre l’Economie pour concourir à la mandature suprême. (…) Macron est pieds et poings liés aux ultra-riches qui ont financé sa campagne. Il est leur obligé. Prenons une fois de plus l’exemple de la suppression de l’ISF. Cette mesure devait intervenir au 1er janvier 2018. Or sa suppression est une des premières décisions prises par Macron en octobre 2017. Cette façon de précipiter l’agenda politique néolibéral est symptomatique de la pression exercée par les puissants, les nantis, les actionnaires et les créanciers qui utilisent l’argent comme arme d’asservissement et de division des individus. Pour autant, les gilets jaunes font preuve d’une unité remarquable. En tant que sociologues, nous n’avions jamais imaginé qu’un jour un tel mouvement social surgirait. On s’est beaucoup fait à l’idée que les gens modestes, rivés aux urgences d’une vie quotidienne difficile, trouveraient leur bonheur dans l’achat d’un pavillon individuel installé à proximité d’un centre commercial. Comme si le bonheur était dans le magasin où l’on achète le dernier iPhone. C’était un leurre. Nous nous réjouissons de la colère qu’expriment les gilets jaunes. Elle ne s’arrêtera pas. Le processus est irréversible. Pour la première fois, ils ont permis d’interconnecter toutes les inégalités à partir d’une question à la fois de pouvoir d’achat et d’écologie. Ils ont mis en lumière l’imposture écologique du gouvernement. Nous savons désormais que seuls 19 % des recettes de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) seront directement dédiés à l’écologie. (…) En refusant d’être parqués sur le Champ-de-Mars le 24 novembre, ils ont attaqué les hauts lieux du pouvoir. Ils ont dénoncé l’agrégation spatiale des élites sociales dans les quartiers huppés. Cela s’est fait grâce au court-circuitage des corps intermédiaires, ne se laissant pas prendre au piège institutionnel. En se rassemblant aux abords des Champs-Elysées, les gilets jaunes ont fait le choix de ne pas s’attaquer à leurs patrons, puisqu’ils ne sont pas en grève, mais de s’adresser directement à Macron en tant que chef d’entreprise de la France. C’est Macron le capitaliste en chef qui mène la guerre de classes en France. «Le chef, c’est moi !» avait-il dit le 14 juillet 2017. C’est donc lui que les gilets jaunes interpellent. Logique. Maintenant, il faut espérer une convergence des luttes avec les syndicats, les cheminots et autres militants de gauche. Il faut être attentif à ne pas s’opposer les uns aux autres. Les gilets jaunes nous rendent le service du siècle. Monique Pinçon-Charlot
Les tyrans ont plus souvent suscité la passion et la fascination que la haine. (…) La haine personnelle qui s’attache aujourd’hui à la personne du président de la République est inédite. (…) L’explication par la seule politique semble insuffisante même s’il ne faut pas la négliger. Il est vrai que la concentration du pouvoir a pour effet de concentrer aussi les critiques et les indignations. On le sait, la Ve république confie l’essentiel du pouvoir à un monarque républicain élu par le peuple. Les révisions constitutionnelles n’ont cessé de renforcer le pouvoir du président, de l’élection au suffrage universel direct en 1962 à l’introduction du quinquennat et l’élection législative dans la foulée en 2000, sans oublier les effets de la pratique gouvernementale. En sorte que l’affaiblissement progressif des corps intermédiaires n’est pas seulement dû à la personnalité des présidents ou à leur appétit de pouvoir, mais des institutions elles-mêmes. En 1968, on s’inquiétait de ce qu’entre le général de Gaulle et Daniel Cohn-Bendit il n’y eût pas de corps intermédiaires et que la révolte des étudiants, qui souhaitaient entrer dans les dortoirs des filles, débouchât finalement sur une remise en cause de toutes les institutions. Pourtant, à l’époque, le Premier ministre négocia avec les syndicats les accords de Grenelle. Les partis politiques, en particulier le Parti communiste, pouvaient apparaître débordés par les manifestants gauchistes, mais ils organisaient encore les débats et les élections. L’élection continuait à définir la légitimité des gouvernants, seuls quelques gauchistes faisaient écho à la formule inoubliable de Jean-Paul Sartre, « élection piège à cons », quand le président de la République décida de dissoudre l’Assemblée nationale. Le Parti communiste se mit immédiatement en ordre de bataille pour organiser la campagne électorale et personne ne contesta la légitimité de l’Assemblée « introuvable » qui fut élue en juin 1968. Les institutions politiques n’ont pas changé mais aujourd’hui le délitement de la société de la démocratie qu’en empruntant à Montesquieu, j’ai appelée « extrême » est frappant. Toutes les institutions sont contestées. Seule la CFDT s’efforce héroïquement de contribuer aux débats publics, mais les autres syndicats, les partis traditionnels semblent épuisés, les pouvoirs locaux assurent la gestion et s’opposent au gouvernement central, le rôle des assemblées est affaibli et l’on n’est pas sûr qu’une dissolution de l’Assemblée nationale redonnerait une légitimité politique au président légitiment élu en 2017 et dont le mandat s’achève en 2022. Le mouvement des Gilets jaunes qui se veut sans chefs et sans organisation, purement « transversal », qui refuse de se plier aux règles qui organisent les manifestations et remet en cause la légitimité du président est à l’image d’une société qui, en profondeur, refuse les hiérarchies, l’autorité, les distinctions et les compétences. Lorsque le dialogue démocratique, qui fait appel à la raison commune, n’est plus possible, il reste la violence et la haine. La démocratie « extrême » donne à cette haine une forme particulière. Dans le monde de la passion de l’égalité et du refus de la reconnaissance des compétences, le président actuel n’est plus seulement celui qui concentre le pouvoir, et, à ce titre, concentre les critiques, comme les précédents présidents de la République. Il est celui qui tranche radicalement avec la passion égalitaire. Il est scandaleux qu’il soit aussi jeune et talentueux. De plus, il semble n’avoir connu ni les épreuves ni les échecs. Mitterrand n’a été élu qu’après une longue vie publique et deux échecs à l’élection présidentielle, Chirac n’est devenu président de la République qu’après de longues souffrances politiques et deux échecs : ces cicatrices l’ont comme rapproché de ses électeurs. Le terme d’arrogant, qui est en train de devenir une sorte d’adjectif homérique, traduit la haine à l’égard de celui qui n’a pas traversé les épreuves initiatiques. Le seul précédent qu’on puisse évoquer est celui de Valéry Giscard d’Estaing qui, à la fin de son septennat, a cristallisé une haine dont l’origine était comparable : personnalité politique talentueuse, brillant pédagogue, jeune et beau, à la silhouette athlétique. Mais cette haine fut beaucoup moins violente que celle à laquelle nous assistons aujourd’hui. La démocratie était alors moins « extrême ». La haine à l’égard de Nicolas Sarkozy était teintée d’agacement, mais sa vulgarité apparente et son goût affiché de l’argent et de la réussite matérielle n’étaient pas étrangers à ses électeurs ; si les intellectuels le trouvaient odieux, ce n’était pas le cas de la majorité de ses partisans. Quant à François Hollande, le sentiment dominant était le mépris plutôt que la haine. Or, le mépris donne des satisfactions, puisqu’il procure l’agréable impression que les autres ne nous sont pas supérieurs. Se sentir supérieur suscite un sentiment de confiance en soi – ce qui fait dire à certains anthropologues que notre appétence pour le malheur d’autrui serait un héritage des sociétés primitives. Il est difficile de mépriser l’actuel président de la République. Son électorat se recrute d’ailleurs parmi les plus diplômés et les plus assurés dans la vie sociale. En revanche, il est la victime de ce qu’on peut appeler une haine démocratique. La société démocratique, où toutes les fonctions sont formellement ouvertes à tous, suscite les espoirs et les ambitions. Elle multiplie en conséquence, à tous les niveaux le nombre des déçus et des humiliés. En organisant une concurrence générale qui ouvre formellement à tous toutes les possibilités et toutes les positions sociales, elle n’accorde plus d’excuses aux échecs inévitables que les individus n’ont plus la ressource d’expliquer par la volonté de Dieu, la naissance ou le destin. En proclamant l’égalité des chances et la méritocratie républicaine, elle déçoit inévitablement ceux qui ne réussissent pas, en nourrissant leur sentiment de l’injustice sociale et leurs ressentiments. Tous les démocrates sont jugés responsables de leurs propres échecs, alors que ceux-ci ont des causes sociales autant que personnelles. Les démocrates risquent donc de devenir insatisfaits et envieux. Ils font tous l’expérience de l’échec – même les anciens présidents de la République qui ne sont pas réélus – et nourrissent le ressentiment et la haine pour ceux qui sont trop évidemment et trop publiquement dotés par la nature des « talents » et des « vertus » qui, selon la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, sont les seules distinctions sociales légitimes et qui, ensuite, n’ont connu dans leur vie que les succès. Par leurs échecs avant leur élection, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient démontré une forme de proximité avec leurs électeurs. Il faut ajouter le rôle que jouent désormais les réseaux sociaux qui révèlent, sans aucun contrôle, des faits jugés d’autant plus scandaleux qu’on ne vérifie pas leur véracité et donnent une illusion de transparence et de compréhension sur des sujets, par définition complexes. La maîtrise dont a fait preuve le président de la République six heures devant des maires ruraux, démontrant sa connaissance des dossiers et même sa capacité à écouter et ses qualités de pédagogue, risque de renforcer cette image : il est trop jeune et trop intelligent. Arrogant en un mot… On peut craindre que nombre d’électeurs, devant ce spectacle, se sentent aussi humiliés que Mme Le Pen lors du fameux débat d’entre les deux tours de l’élection présidentielle. Lors de ce moment historique, combien d’entre eux, devant la supériorité aveuglante du futur Président de la République, se sont sentis solidaires d’une candidate écrasée par la compétence de son concurrent ? Comment alors répondre autrement que par la haine ? Dominique Schnapper

Quand il ne reste plus que la haine …

A l’heure de cet étrange et formidable chassé croisé …

Qui voit en dépit ou plutôt à cause de ses formidables succès économiques comme diplomatiques …

La tête d’un président américain littéralement mise à prix par les élites, presse comprise, de son propre pays …

Tandis que de ce côté-ci de l’Atlantique …

Désormais contraint de jouer les bateleurs de foire dans les sous-préfectures …

Le bénéficiaire du casse du siècle d’il y a à peine deux ans face au véritable assassinat politique de ses concurrents …

Se retrouve, via le mouvement des gilets jaunes, conspué depuis des mois par la base cette fois de sa population …

Comment ne pas voir …

Au-delà du « service du siècle », pour reprendre l’expression de la sociologue Monique Pinçon-Charlot, que nous rendent effectivement les gilets jaunes …

Avec la mise à jour non seulement de l’explosion d’inégalité que produit la mondialisation

Mais également face à ses perdants la profonde solidarité de classe et le mépris de ses gagnants  …

Cette montée aux extrêmes de la démocratie …

Que rappelle la sociologue Dominique Schnappner …

Ou poussé par la passion de l’égalité qu’avait si bien repéré Tocqueville …

Qui en organisant, égalité des chances et méritocratie républicaine obligent, une concurrence générale ouvrant formellement à tous toutes les possibilités et toutes les positions sociales …

Ne peut manquer de produire l’envie et le ressentiment parmi ses inévitables perdants et frustrés …

Et transformer pour les plus dotés comme l’avait rappelé René Girard …

Dans cet « entracte prolongé d’un rituel sacrificiel violent » qu’est (re)devenu, réseaux sociaux aidant, un mandat présidentiel …

La fascination des débuts en la plus grande des haines ?

Emmanuel Macron: pourquoi cette haine?
Dominique Schnapper
Telos
28 janvier 2019

Un souvenir de mars 1953, au début de ma classe d’hypokhâgne au lycée Fénelon : les larmes de l’une de mes camarades venue de Tunisie. Nous venions d’apprendre la mort de Staline. L’émotion était largement répandue, bien au-delà des militants du parti communiste. Les tyrans ont plus souvent suscité la passion et la fascination que la haine.
Un degré inédit de haine

La haine personnelle qui s’attache aujourd’hui à la personne du président de la République est inédite. A l’égard de leurs gouvernants, les Français ont manifesté au cours de l’histoire des sentiments divers et extrêmes, de l’admiration à l’attachement jusqu’à la détestation. On fait volontiers l’hypothèse que la mort de Louis XVI reste un impensé de notre histoire qui continue à marquer notre vie collective. Mais la passion autour de la personne d’Emmanuel Macron nous a pris par surprise. On peut évidemment critiquer sa politique ou son style personnel, pointer ses maladresses ou ses provocations, mais n’est-ce pas le cas de tous ceux qui sont dans l’action ?

L’explication par la seule politique semble insuffisante même s’il ne faut pas la négliger. Il est vrai que la concentration du pouvoir a pour effet de concentrer aussi les critiques et les indignations. On le sait, la Ve république confie l’essentiel du pouvoir à un monarque républicain élu par le peuple. Les révisions constitutionnelles n’ont cessé de renforcer le pouvoir du président, de l’élection au suffrage universel direct en 1962 à l’introduction du quinquennat et l’élection législative dans la foulée en 2000, sans oublier les effets de la pratique gouvernementale. En sorte que l’affaiblissement progressif des corps intermédiaires n’est pas seulement dû à la personnalité des présidents ou à leur appétit de pouvoir, mais des institutions elles-mêmes. En 1968, on s’inquiétait de ce qu’entre le général de Gaulle et Daniel Cohn-Bendit il n’y eût pas de corps intermédiaires et que la révolte des étudiants, qui souhaitaient entrer dans les dortoirs des filles, débouchât finalement sur une remise en cause de toutes les institutions. Pourtant, à l’époque, le Premier ministre négocia avec les syndicats les accords de Grenelle. Les partis politiques, en particulier le Parti communiste, pouvaient apparaître débordés par les manifestants gauchistes, mais ils organisaient encore les débats et les élections. L’élection continuait à définir la légitimité des gouvernants, seuls quelques gauchistes faisaient écho à la formule inoubliable de Jean-Paul Sartre, « élection piège à cons », quand le président de la République décida de dissoudre l’Assemblée nationale. Le Parti communiste se mit immédiatement en ordre de bataille pour organiser la campagne électorale et personne ne contesta la légitimité de l’Assemblée « introuvable » qui fut élue en juin 1968.

Les institutions politiques n’ont pas changé mais aujourd’hui le délitement de la société de la démocratie qu’en empruntant à Montesquieu, j’ai appelée « extrême » est frappant[1]. Toutes les institutions sont contestées. Seule la CFDT s’efforce héroïquement de contribuer aux débats publics, mais les autres syndicats, les partis traditionnels semblent épuisés, les pouvoirs locaux assurent la gestion et s’opposent au gouvernement central, le rôle des assemblées est affaibli et l’on n’est pas sûr qu’une dissolution de l’Assemblée nationale redonnerait une légitimité politique au président légitiment élu en 2017 et dont le mandat s’achève en 2022. Le mouvement des Gilets jaunes qui se veut sans chefs et sans organisation, purement « transversal », qui refuse de se plier aux règles qui organisent les manifestations et remet en cause la légitimité du président est à l’image d’une société qui, en profondeur, refuse les hiérarchies, l’autorité, les distinctions et les compétences.

Lorsque le dialogue démocratique, qui fait appel à la raison commune, n’est plus possible, il reste la violence et la haine. La démocratie « extrême » donne à cette haine une forme particulière. Dans le monde de la passion de l’égalité et du refus de la reconnaissance des compétences, le président actuel n’est plus seulement celui qui concentre le pouvoir, et, à ce titre, concentre les critiques, comme les précédents présidents de la République. Il est celui qui tranche radicalement avec la passion égalitaire. Il est scandaleux qu’il soit aussi jeune et talentueux. De plus, il semble n’avoir connu ni les épreuves ni les échecs. Mitterrand n’a été élu qu’après une longue vie publique et deux échecs à l’élection présidentielle, Chirac n’est devenu président de la République qu’après de longues souffrances politiques et deux échecs : ces cicatrices l’ont comme rapproché de ses électeurs. Le terme d’arrogant, qui est en train de devenir une sorte d’adjectif homérique, traduit la haine à l’égard de celui qui n’a pas traversé les épreuves initiatiques.

Le seul précédent qu’on puisse évoquer est celui de Valéry Giscard d’Estaing qui, à la fin de son septennat, a cristallisé une haine dont l’origine était comparable : personnalité politique talentueuse, brillant pédagogue, jeune et beau, à la silhouette athlétique. Mais cette haine fut beaucoup moins violente que celle à laquelle nous assistons aujourd’hui. La démocratie était alors moins « extrême ».

La haine à l’égard de Nicolas Sarkozy était teintée d’agacement, mais sa vulgarité apparente et son goût affiché de l’argent et de la réussite matérielle n’étaient pas étrangers à ses électeurs ; si les intellectuels le trouvaient odieux, ce n’était pas le cas de la majorité de ses partisans. Quant à François Hollande, le sentiment dominant était le mépris plutôt la haine. Or, le mépris donne des satisfactions, puisqu’il procure l’agréable impression que les autres ne nous sont pas supérieurs. Se sentir supérieur suscite un sentiment de confiance en soi – ce qui fait dire à certains anthropologues que notre appétence pour le malheur d’autrui serait un héritage des sociétés primitives. Il est difficile de mépriser l’actuel président de la République. Son électorat se recrute d’ailleurs parmi les plus diplômés et les plus assurés dans la vie sociale.
La haine démocratique

En revanche, il est la victime de ce qu’on peut appeler une haine démocratique. La société démocratique, où toutes les fonctions sont formellement ouvertes à tous, suscite les espoirs et les ambitions. Elle multiplie en conséquence, à tous les niveaux le nombre des déçus et des humiliés. En organisant une concurrence générale qui ouvre formellement à tous toutes les possibilités et toutes les positions sociales, elle n’accorde plus d’excuses aux échecs inévitables que les individus n’ont plus la ressource d’expliquer par la volonté de Dieu, la naissance ou le destin. En proclamant l’égalité des chances et la méritocratie républicaine, elle déçoit inévitablement ceux qui ne réussissent pas, en nourrissant leur sentiment de l’injustice sociale et leurs ressentiments. Tous les démocrates sont jugés responsables de leurs propres échecs, alors que ceux-ci ont des causes sociales autant que personnelles. Les démocrates risquent donc de devenir insatisfaits et envieux. Ils font tous l’expérience de l’échec – même les anciens présidents de la République qui ne sont pas réélus – et nourrissent le ressentiment et la haine pour ceux qui sont trop évidemment et trop publiquement dotés par la nature des « talents » et des « vertus » qui, selon la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, sont les seules distinctions sociales légitimes et qui, ensuite, n’ont connu dans leur vie que les succès. Par leurs échecs avant leur élection, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient démontré une forme de proximité avec leurs électeurs.

Il faut ajouter le rôle que jouent désormais les réseaux sociaux qui révèlent, sans aucun contrôle, des faits jugés d’autant plus scandaleux qu’on ne vérifie pas leur véracité et donnent une illusion de transparence et de compréhension sur des sujets, par définition complexes.

La maîtrise dont a fait preuve le président de la République six heures devant des maires ruraux, démontrant sa connaissance des dossiers et même sa capacité à écouter et ses qualités de pédagogue, risque de renforcer cette image : il est trop jeune et trop intelligent. Arrogant en un mot… On peut craindre que nombre d’électeurs, devant ce spectacle, se sentent aussi humiliés que Mme Le Pen lors du fameux débat d’entre les deux tours de l’élection présidentielle. Lors de ce moment historique, combien d’entre eux, devant la supériorité aveuglante du futur Président de la République, se sont sentis solidaires d’une candidate écrasée par la compétence de son concurrent ? Comment alors répondre autrement que par la haine ?

Voir aussi:

Interview

Les Pinçon-Charlot «Macron est l’obligé des ultra-riches»

Le storytelling médiatico-politique a voulu en faire un ovni politique, sans passif. Les deux sociologues affirment, au contraire, que la manière d’être et de gouverner du Président est très liée au milieu dans lequel il évolue : celui du pouvoir et de l’argent.

Simon Blin

Pas sûr que le dernier livre du couple de sociologues raccommode le Président avec les gilets jaunes. Huit ans après le Président des riches (2010), une enquête sur l’oligarchie dans la France de Sarkozy, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, ex-directeurs de recherche au CNRS engagés à gauche, poursuivent leur travail d’investigation sur les accointances du pouvoir avec le monde de l’argent dans le Président des ultra-riches (La Découverte). Résultat, le portrait d’un gouvernant toujours plus proche des plus fortunés et encore plus éloigné du reste de la société.

Que doit-on attendre du «grand débat national», lancé le 15 janvier par Emmanuel Macron, étant donné que les principales revendications des gilets jaunes en termes de justice fiscale, dont le rétablissement de l’ISF, ne seront pas discutées ?

Peu de choses. La suppression de l’ISF symbolise à elle seule la fin de la solidarité des plus riches avec le reste de la société. Macron a aussi procédé à la création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat-tax) sur les revenus du capital, mesure moins connue du grand public mais tout aussi importante. Non seulement, les riches ne sont plus concernés par la solidarité nationale mais en plus on les dispense de la progressivité de l’impôt sur les revenus du capital, c’est-à-dire de payer leurs impôts à hauteur de leur fortune. Que vous ayez seulement quelques actions, pour peu que vous en ayez, ou que vous soyez Bernard Arnault, vous paierez tous le même impôt forfaitaire. Avec Macron, les impostures se font en cascade. Car en répétant à l’envi que cet impôt forfaitaire était de 30 %, le gouvernement a oublié de préciser que ce chiffre comprend aussi le prélèvement social, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie et le prélèvement de solidarité. Au final, l’impôt forfaitaire en tant que tel n’est que de 12,8 %. Cela signifie que le plus mal payé des contribuables paie plus en impôts sur le revenu que le plus riche des actionnaires sur chaque euro de dividendes perçus.

A vous lire, ce tour de passe-passe fiscal semble faire partie du code génétique du Président.

Plus encore que chez ses prédécesseurs, le profil d’Emmanuel Macron se prête à la sociologie bourdieusienne, son habitus étant en adéquation parfaite avec les conditions de la pratique de sa position sociale. Autrement dit, sa manière d’être et de gouverner est très liée au milieu dans lequel il évolue : celui du pouvoir et de l’argent. Le storytelling médiatico-politique qui a entouré son élection a voulu nous faire croire à un ovni politique, sans passif. Mais notre enquête, qui croise le contenu de sa politique sociale et économique avec sa trajectoire sociobiographique et les réseaux oligarchiques, démontre qu’il est bien un enfant du sérail, adoubé par les puissants et soutenu par de généreux donateurs.

A sa sortie de l’ENA, il intègre l’inspection des finances sous la direction de Jean-Pierre Jouyet, une des figures centrales du maillage oligarchique français. Très vite, Macron participe à la fameuse «commission Attali» («pour la libéralisation de croissance») sous Sarkozy, où il rencontre les plus grands patrons. Il occupe ensuite un poste de directeur à la banque Rothschild et devient en même temps le meneur du volet économique de la campagne de François Hollande pour la présidentielle. Entre la création du CICE et le pacte de responsabilité, il imprègne ensuite le mandat socialiste de la politique de l’offre selon laquelle plus on donne aux entreprises, plus elles investissent dans l’appareil productif. Enfin, il se sert de son poste de ministre l’Economie pour concourir à la mandature suprême.

Derrière Emmanuel Macron, diriez-vous qu’il existe en pratique une solidarité de riches ?

C’est pire que cela. Macron est pieds et poings liés aux ultra-riches qui ont financé sa campagne. Il est leur obligé. Prenons une fois de plus l’exemple de la suppression de l’ISF. Cette mesure devait intervenir au 1er janvier 2018. Or sa suppression est une des premières décisions prises par Macron en octobre 2017. Cette façon de précipiter l’agenda politique néolibéral est symptomatique de la pression exercée par les puissants, les nantis, les actionnaires et les créanciers qui utilisent l’argent comme arme d’asservissement et de division des individus.

Pour autant, les gilets jaunes font preuve d’une unité remarquable. En tant que sociologues, nous n’avions jamais imaginé qu’un jour un tel mouvement social surgirait. On s’est beaucoup fait à l’idée que les gens modestes, rivés aux urgences d’une vie quotidienne difficile, trouveraient leur bonheur dans l’achat d’un pavillon individuel installé à proximité d’un centre commercial. Comme si le bonheur était dans le magasin où l’on achète le dernier iPhone. C’était un leurre. Nous nous réjouissons de la colère qu’expriment les gilets jaunes. Elle ne s’arrêtera pas. Le processus est irréversible. Pour la première fois, ils ont permis d’interconnecter toutes les inégalités à partir d’une question à la fois de pouvoir d’achat et d’écologie. Ils ont mis en lumière l’imposture écologique du gouvernement. Nous savons désormais que seuls 19 % des recettes de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) seront directement dédiés à l’écologie.

Les gilets jaunes s’en sont pris aux beaux quartiers sur lesquels vous enquêtez depuis trente ans. Avez-vous été surpris ?

Pas tant que ça. En refusant d’être parqués sur le Champ-de-Mars le 24 novembre, ils ont attaqué les hauts lieux du pouvoir. Ils ont dénoncé l’agrégation spatiale des élites sociales dans les quartiers huppés. Cela s’est fait grâce au court-circuitage des corps intermédiaires, ne se laissant pas prendre au piège institutionnel. En se rassemblant aux abords des Champs-Elysées, les gilets jaunes ont fait le choix de ne pas s’attaquer à leurs patrons, puisqu’ils ne sont pas en grève, mais de s’adresser directement à Macron en tant que chef d’entreprise de la France. C’est Macron le capitaliste en chef qui mène la guerre de classes en France. «Le chef, c’est moi !» avait-il dit le 14 juillet 2017. C’est donc lui que les gilets jaunes interpellent. Logique. Maintenant, il faut espérer une convergence des luttes avec les syndicats, les cheminots et autres militants de gauche. Il faut être attentif à ne pas s’opposer les uns aux autres. Les gilets jaunes nous rendent le service du siècle.

Voir également:

Affaire Hulot : Emmanuel Macron met en garde contre « la République du soupçon »

Mariana Grépinet

Paris Match

Pouvoir d’achat, Syrie, migrants et SDF, service national universel et exercice du pouvoir, le chef de l’Etat a répondu pendant 2 heures à une centaine de journalistes ce soir.

Pour la première fois depuis son élection en mai dernier, Emmanuel Macron avait accepté l’invitation de l’Association de la presse présidentielle (APP) qui réunit journalistes français et étrangers. Devant une centaine d’entre eux, pendant près de deux heures ce mardi soir, il a répondu à toutes les questions.

Affaire Hulot

« Je n’ai pas souvenir que des gens aient été écartés pour des questions de morale, il n’y a pas eu de jury de moralité pour savoir si quelqu’un pouvait devenir ministre ou pas », a expliqué Emmanuel Macron. Et d’ajouter, soutenant son ministre sans jamais le citer, « je n’ai pas demandé au Premier ministre si les ministres avaient fait l’objet de plainte regardée par les juges et classée sans suite parce que les faits étaient non établis et prescrits ». « Il faut collectivement qu’on se méfie, a exhorté le chef de l’Etat. La question est de savoir où commence le sérieux et où doit s’arrêter la nécessaire transparence et le jeu des contre-pouvoirs. On veut que les dirigeants soient exemplaires. On s’est donné des règles. Mais quand le but des contre-pouvoirs finit par être de détruire ceux qui exercent le pouvoir sans qu’il n’y ait de limite ni de principe, ce n’est plus une version équilibrée de la démocratie. Penser que quelque chose qui a été regardé, jugé, devrait, soit nous conduire à écarter quelqu’un du pouvoir, soit à l’empêcher d’exercer, ça devient une forme de République du soupçon. » Emmanuel Macron a évoqué l’affaire Cahuzac, pour insister « il ne faut pas tout confondre, si tout se vaut, on perdra beaucoup ». Et d’assurer encore à propos de son ministre de la Transition écologique : « Non, je n’étais pas au courant, car ce n’est pas une question que j’ai posée. »

La foi

Interrogé sur son rapport à la foi, Emmanuel Macron a confié « Je crois oui. Si on ne croit pas en sa bonne étoile, en son pays, en son action, on n’a pas le quotidien que j’ai aujourd’hui. Je crois en une forme de transcendance. Je respecte la place que les religions occupent dans notre société. Croire en des religions, en des formes métaphysiques fait partie de la vie en société. On ne doit pas gommer cette part irréductible. »

Loger tous les SDF

Emmanuel Macron a rappelé que son engagement de ne plus avoir d’hommes ou de femmes dans les rues ou dans les bois avant la fin 2017 avait été tenu en juillet dernier lors d’un discours relatif à l’accueil des migrants. Mais il a reconnu, ce qui est rare, son échec :« Nous n’avons pas réussi. » Il a avancé deux explications, l’existence de « publics fragiles qui sont en dehors des politiques publiques mises en places » et « la pression migratoire forte en fin de trimestre ». Le président a expliqué que ces dernières années, de nombreuses places en chambres d’hôtel avaient été ouvertes « ce n’est pas une bonne mesure, car on laisse les gens loin de la socialisation ». Et de poursuivre « aujourd’hui, on diminue la part des chambres d’hôtel pour faire de la place aux pensions de famille ». Et de conclure : « Ne plus avoir de personnes qui dorment dans la rue doit rester un objectif, on ne peut pas s’accommoder de cette situation. »

Service national universel

Dans un de ses rares traits d’humour, Emmanuel Macron a reconnu à demi-mots que la parole gouvernementale n’avait pas été claire à propos du service national universel. Il a donc lui-même confirmé que ce dernier serait bien obligatoire et universel, pour les hommes et les femmes donc. Sa forme pourra être civique mais ne sera pas militaire. Or, « ce qui coûte très cher, c’est un service militaire à l’ancienne où il faut loger pendant un temps donné des gens loin de leur famille », a souligné Macron. Le service national tel qu’il l’envisage, qui a « un intérêt en terme de cohésion nationale », aura un coût « mais ne sera pas prohibitif ». Il devrait durer entre 3 et 6 mois et pourra être plus long si on y intègre une composante service civique.

Rôle de son épouse Brigitte

« Dans la fonction qui est la mienne on ne gomme pas sa vie personnelle. Mon épouse Brigitte a une fonction de représentation indispensable, qu’elle assume et qui est utile sur le pays. Et elle s’engage, comme le prévoit la charte de l’été dernier, sur des causes qui lui tiennent à cœur où sa présence peut apporter quelque chose et qui sont en cohérence avec les priorités que j’ai pu définir », a explique Emmanuel Macron et de citer les deux causes sur lesquelles, selon lui « sa présence, son regard, son action peuvent aider, accélérer, faciliter » : « tous les sujets qui relèvent de l’éducation, et en particulier pour les jeunes enfants en situation de handicap » et « le sujet des violences faites aux personnes et plus particulièrement aux femmes ». « Mettre un coup de projecteur, venir aider une association, parrainer tel événement, faciliter les choses, en appui avec le rôle des ministres, est utile et pertinent », a assuré le chef de l’Etat.

L’épreuve du pouvoir

« Depuis que j’ai été élu, j’ai pris la mesure de la charge, du poids de celle-ci, de la part de solitude qu’elle implique, de la fin de l’innocence qu’elle décrète, mais je ne crois pas que ce soit une épreuve ; c’est faire », a expliqué le président en précisant qu’il ne se sentait pas autorisé « à prendre une forme de loisir ». « Il y a une part d’ascèse », a t il encore insisté. « Je n’oublie pas d’où je viens. Je ne suis pas l’enfant naturel de temps calmes de la vie politique. Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’histoire. Une effraction parce que la France était malheureuse et inquiète. Si j’oublie un seul instant tout cela, ce sera sans doute le début de l’épreuve. » Et de lâcher : « Il n’y a pas d’innocence et pas de répit, mais c’est au fond ce que j’ai souhaité, je ne me plaindrai pas. »

Voir par ailleurs:

Much Has Changed for the Better Since 2016—Not That Trump Will Get Credit

Victor Davis Hanson
American greatness
January 30th, 2019

 

The news obsesses over the recent government shutdown, the latest Robert Mueller arrest and, of course, fake news—from the BuzzFeed Michael Cohen non-story to the smears of the Covington Catholic High School students.

But aside from the weekly hysterias, the world has dramatically changed since 2016 in ways we scarcely have appreciated.

The idea that China systematically rigged trade laws and engaged in technological espionage to run up huge deficits is no longer a Trump, or even a partisan, issue.

In the last two years, a mainstream consensus has grown that China poses a commercial and mercantile threat to world trade, to its neighbors and to the very security of the United States—and requires a strong response, including temporary tariffs.

The world did not fall apart after the U.S. pulled out of the flawed Iran nuclear deal. Most yawned when the U.S. left the symbolic but empty Paris Climate Accord. Ditto when the U.S. moved its embassy in Israel from Tel Aviv to Jerusalem.

In retrospect, most Americans accept that such once controversial decisions were not ever all that controversial.

There is also a growing, though little reported, consensus about what created the current economic renaissance: tax cuts, massive deregulation, recalibration of trade policy, tax incentives to bring back offshore capital, and dramatic rises in oil and natural gas production.

Although partisan bickering continues over the extent of the upswing, most appreciate that millions of Americans are now back again working—especially minority youth—in a manner not seen in over a decade.

The Supreme Court and federal judges will be far more conservative for a generation—as Trump’s judicial nominations are uniformly conservative, mostly young and well qualified.

For all the acrimony about illegal immigration, the government shutdown over the wall and the question of amnesties, most Americans also finally favor some sort of grand bargain compromise.

The public seems to be agreeing that conservatives should get more border fencing or walls in strategic areas, an end to new illegal immigration and deportation for those undocumented immigrants with criminal records.

Liberals in turn will likely obtain green cards for those long-time immigrants here illegally who have a work history and have not committed violent crimes.

Both sides will be forced to agree that illegal immigration, sanctuary cities and open borders should end and legal immigration should be reformed.

Americans have paradoxically grown tired both of costly overseas interventions and perceptions of American weakness that led to the Libyan fiasco, the Syrian genocide, the rise of the ISIS caliphate, and Iranian-inspired terrorism.

Today U.S. foreign policy actually reflects those paradoxes. The public supports a withdrawal from the quagmires in Afghanistan and Syria. But it also approved of bombing ISIS into retreat and muscular efforts to denuclearize North Korea.

Two years ago, most Americans accepted that the European Union and NATO were sacrosanct status quo institutions beyond criticism. Today there is growing agreement that our NATO allies will only pay their fair share of mutual defense if they are forced to live up to their promises.

Europe is not stable and steady, but torn by Eastern European anger at open borders, Southern European resentment at the ultimatums of German banks, and acrimonious negotiations over the withdrawal of the United Kingdom from the EU.

Most Americans have now concluded that while the EU may be necessary to prevent another intra-European war, it is increasingly a postmodern, anti-democratic and unstable entity.

Trump has not changed his campaign reputation for being mercurial, crass and crude.

But what has changed is the media’s own reputation in its hysterical reaction to Trump. Instead of empirical reporting, the networks and press have become unhinged.

When reporting of the presidency has proved 90 percent negative, and false news stories are legion, the media are no longer seen as the remedy to Trump but rather an illness themselves.

Since 2016, polls show that Americans have assumed that the proverbial mainstream media cannot be counted on for honest reporting but will omit, twist and massage facts and evidence for the higher “truth” of neutralizing the Trump presidency.

When asked on “The View” why so often the liberal press keeps making up facts, “jumps the gun” and has to “walk stuff back when it turns out wrong,” Joy Behar honestly answered, “Because we’re desperate to get Trump out of office. That’s why.”

Trump’s popularity is about where it was when he was elected—ranging on average from the low to mid-forties. But many of his policies have led to more prosperity and address festering problems abroad.

And despite the negative news, they are widely supported, even—or especially—if Trump himself is not given proper credit for enacting most of them.


Miss France 2019: A quand le QI comme critère d’admission ? (Is Miss America turning into the thinking woman’s debutante ball ?)

16 décembre, 2018

San Remo (Italie, 1949)San Remo (Italie, 1949)San Remo (Italie, 1949)Break the dull steak habit poster (1968)Image result for social origins of Miss America winners since 1920Miss France 2016 IMCMonique Lemaire (Miss France 1962)Irène Tunc (Miss France 1954)Sonia Rolland (Miss France 2000)Sylvie Tellier (Miss France 2002)Iris Mittenaere (Miss France/Miss Universe 2016)Miss France 2019Image result for Miss France 2019 costumes de super-héroïnesimage.pngImage result for Miss France 2019 costumes de super-héroïnesVaimalama Chaves (Miss France 2019)

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Share of employees reported as having very good looks by occupation in Germany

 

 

Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Jésus (Marc 4: 25)
Il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence. (…) Ce racisme est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend, pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d’être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l’intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une « théodicée de leur propre privilège », comme dit Weber, c’est-à-dire une justification de l’ordre social qu’ils dominent. (…) Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Dans le débat sur la parité (…) on risque de remplacer des hommes bourgeois par des femmes encore plus bourgeoises. Si du moins on se dispense de faire ce qu’il faudrait pour que cela change vraiment : par exemple, un travail systématique, notamment à l’école, pour doter les femmes des instruments d’accès à la parole publique, aux postes d’autorité. Sinon, on aura les mêmes dirigeants politiques, avec seulement une différence de genre. Bourdieu
Les corps auraient toutes les chances de recevoir un prix strictement proportionné à la position de leurs possesseurs dans la structure de la distribution des autres propriétés fondamentales si l’autonomie de la logique de l’hérédité biologique par rapport à la logique de l’hérédité sociale n’accordait parfois aux plus démunis sous tous les autres rapports les propriétés corporelles les plus rares, par exemple la beauté (que l’on dit parfois «fatale» parce qu’elle menace l’ordre établi) et si, à l’inverse, les accidents de la biologie ne privaient parfois les «grands» des attributs corporels de leur position comme la grande taille ou la beauté. Bourdieu
One of the more fascinating aspects of beauty pageants is that virtually everyone involved with pageants, including the contestants, deny that beauty is the driving force behind the pageant. This denial is stunning, considering that the events are called, after all, beauty pageants. Beauty is a four-letter word in the pageant business. But it wasn’t always that way. Up until the 1960’s, no one seemed to have a problem acknowledging the importance of « beauty » in beauty pageants. It was during that decade that feminists became particularly vocal in their criticism of judging beauty, especially within the context of a beauty pageant. (…) debutante balls, unlike the more egalitarian and working class ritual of beauty pageants, are more controlled and influenced by money than looks alone, though beauty is a dominant factor in both. Anthony Napoleon
Beauty pageants are an extension of the competition between women that begins at birth. All women are in competition with other women to get themselves a good husband. Alfred Patricelli (Miss World-USA)
Les statistiques, c’est comme le bikini: ça donne des idées mais ça cache l’essentiel! Aaron Levenstein (repris par Coluche)
Well, obviously it’s great outer beauty. I mean, we could say politically correct that look doesn’t matter, but the look obviously matters. Like you wouldn’t have your job if you weren’t beautiful. Donald Trump (2014)
It is a well-established view amongst economists that good-looking people have a better chance of employment and can earn more than those who are less physically attractive. A “beauty premium” is particularly apparent in jobs where there is a productivity gain associated with good looks, though this is different for women and men, and 
varies across countries. People also sort into occupations according to the relative returns to their physical characteristics; good-looking people take jobs where physical appearance is deemed important while less-attractive people steer away from them, or they are 
required to be more productive for the same wage. (…) There is substantial empirical evidence that supports the existence of employer discrimination against less-attractive or short workers. In theory, there could be two reasons why employers may choose to avoid working with less-attractive people. First, employers may believe that physically attractive employees are better workers and are more productive. This is the stereotypical view that better-looking people might be more capable at performing their tasks, and does not take into account the innate ability of workers. Second, employers may simply prefer to work with individuals who are more pleasing to look at, even though they do not have any overt prejudice regarding their abilities as workers (“taste-based discrimination”). (…) There is evidence that, in an experimental setting, more-attractive people receive additional call-backs from employers compared to people who are deemed to be less-attractive. (…) As a result, less-attractive or unattractive workers may have to accept lower wages for the same level of productivity as attractive people. Or, alternatively, they will need to be more productive for the same wage. Another explanation for why people’s looks could affect their labor market outcomes is “customer discrimination.” In some occupations, where looks are deemed to be important, physically attractive workers may be more productive than unattractive ones. These occupations might include, for example, salespeople (e.g. in cosmetics or car dealerships); actors; sales assistants; waiting staff, etc. Such occupations generally require extensive worker–customer engagement and interaction. Therefore, if customers prefer to interact with physically attractive workers this could generate advantages in terms of workers’ productivity and thus customer satisfaction. (…) Attractive salespeople generally enjoy the benefits from this type of customer “discrimination.” Purchasers interacting with an attractive salesperson are more likely to book an appointment for a demonstration and, as a result, are probably more likely to go on to purchase the product. Moreover, perceptions of attractiveness appear to induce buyers to behave more favorably toward better-looking sellers. (…) Evidence also indicates that workers appear to “sort” themselves into occupations according to their looks. Individuals who are relatively more endowed with physical beauty seem to concentrate in occupations where the payoff to appearance is high. These occupations usually require very extensive interactions with customers (such as sales assistants), where the effect of physical appearance can be quite significant. Thus, overall, attractive people tend to work in jobs where appearance is important, while less-attractive individuals prefer professions that do not demand good looks. (…) The empirical evidence suggests that good-looking women cluster in managerial and administrative types of jobs and are less likely to be found in blue-collar jobs, such as operative or skilled-craft occupations. (…) A different strand of literature has focused on the extra return to beauty on wages as a result of the fact that good looks may be related to other labor-market-enhancing skills, such as communication skills, confidence, leadership capabilities, test scores, etc. Such skills are valued in the labor market and could have an enhancing effect on physical appearance. They could also effectively increase a worker’s productivity and thus their payoff in the labor market. Research has found that cognitive and non-cognitive skills that have been acquired during secondary education also prove to be important in future labor market outcomes. These include test scores, college enrollment, social behavior, employment, occupational attainment, and wages. Different activities in secondary school contribute to the development of these skills during adolescence, via socialization or other high-school activities. For example, a child who is good looking tends to be given more time and attention by teachers and peers. This suggests that physical attractiveness at younger ages already contributes to the development of the individual’s human capital and investment in future employment. Similarly, attractive and/or tall adolescents are more likely to take part in extracurricular activities at secondary school, such as sports and general interest clubs. Participation in these activities results in a relatively higher acquisition of confidence compared to other peers and this in turn promotes higher future wages. Since good looks may be correlated with cognitive/non-cognitive skills, research estimates could be biased toward the effect of attractiveness. In order to accommodate this, some studies have included IQ scores, secondary school activities, and, if the data permits, the “big five” personality traits (openness, conscientiousness, extraversion, agreeableness, and neuroticism). In general, better-looking individuals exhibit better communication skills, have more confidence, and are more extroverted. These skills most often translate into higher wages. However, one study compared the effects of beauty and confidence measures in Germany and Luxembourg and found wages to be driven more by looks than self-esteem. More attractive young adults also exhibit a lower tendency toward criminal activity, which is again explained by higher student human capital development during high school. Physical attractiveness at the secondary school and university levels has been shown to be correlated with better individual cognitive skills, such as higher test scores and superior study performance. Good looks and capabilities—those qualities/characteristics that would allow you to perform well at your job—have also been found to be complementary at high levels of physical attractiveness, but substitutable at low levels. This means that for attractive individuals an increase in their capabilities would increase the wage premium, while for less-attractive individuals there could be negative returns to capabilities. Women and men differ in the way they make their decisions to participate in the labor market. Consequently, the effect of “attractiveness” on labor market outcomes also differs for the two groups. At the same time, an individual’s physical appearance results in different opportunities for men and women in the labor market. For example, for some occupations (such as sales assistants, waiting staff, television presenters, etc.), good-looking women will have a higher probability of obtaining a job and securing a higher wage than less-attractive women. In addition, better-looking women might be more likely to work in the first place because they are more confident that they will find a job. Since beauty is very likely to enhance their productivity at work, women will also be more inclined to take advantage of this opportunity. However, less-attractive women, given the payoff to good looks, will be more likely to avoid entering the labor market precisely because of the perceived disincentives. (…) In addition, since women may be self-selecting into the labor market according to their good looks, this may alter the distribution of good looks that we observe in the labor market. In other words, better-looking women are more likely to take jobs, while less good-looking women are more likely to stay out of the labor force. As a result, there is less beauty variation in the labor market among women and so the payoff to good looks for women will be smaller. However, the same does not hold true for men. In their case, selection based on physical appearance is smaller and they have higher labor force participation rates in general. This suggests that, in theory, they will also have larger premiums due to good looks compared 
with women. However, with the increased labor force participation of women, the gap in the effect is expected to decrease. This argument is supported by empirical studies from different countries and using different data. For example, studies in the US and Canada report that less-attractive men incur a 9% penalty in hourly earnings, while those who are deemed as having above-average attractiveness receive an earnings premium of 5%. Women, on the other hand, receive a lower beauty premium than men of around 4%, and a similar plainness penalty as men of about 5% in hourly earnings. Other research that captures information about good looks at younger ages indicates that men who are rated as “homely” at both age seven and 11 incur a large and significant pay penalty of 14.9% later in life. This pattern also applies to their female counterparts, with a lower penalty for plain looks of about 10.9%. Within occupations, effects for men are also stronger than for women. Accordingly, men receive higher premiums or penalties than women. One study shows that good-looking men receive higher salaries at the beginning of their careers and continue to earn more over time. Women’s starting salaries, however, do not exhibit a beauty effect; but better-looking women do earn more with experience than their average-looking counterparts. Examining payoffs of law school graduates from the 1970s and 1980s finds that even five years after graduation there is still a statistically significant effect of physical appearance on male, but not on female, wages. (…) There is some cross-country variation in the beauty–wage premium and penalty. Good looks lead to a wage premium in most of the countries examined. The highest beauty premiums are present in Germany and China. And the return is particularly large for women. British and Australian studies show the largest penalties for “below-average” looks . In the UK, however, individuals do not receive a wage premium for good looks, while in Australia, good-looking women also do not receive a positive wage effect for physical appearance. This similarity in the payoff of physical appearance in the two countries may be a result of similarities in their historical economic structures, as well as in their cultures. Eva Sierminska
Since the late ’80s, Miss America has been adjusting its image to maintain relevance and keep viewership. Part of that is about the culture around it. At some point people didn’t need to see scantily clad ladies on the stage anymore — they could see it on their computers. Margot Mifflin (City University of New York)
Sans mon QI, je n’aurais pas été invitée. Je n’y croyais pas quand on me l’a dit. Quand je suis rentrée chez moi et que je l’ai dit à ma mère elle n’a pas réalisé. Mais quand mon professeur l’a appelée pour expliquer les résultats on a compris que c’était une bonne chose. (…) J’ai vraiment hâte d’y être. Plus la soirée approche, plus je suis excitée et stressée. Je pense que ça va passer au moment du bal. Je vais essayer d’en profiter au maximum et de ne pas me prendre la tête. Ce qui m’effraie, c’est de me retrouver dans un univers totalement nouveau pour moi mais je vais faire ce que je peux. Lauren Marbe
C’est une tradition de la noblesse européenne qui revit depuis quelques années. Lors du Bal des Débutantes samedi, une vingtaine de jeunes filles « bien nées » d’horizons différents feront leur entrée dans l’aristocratie sous les lambris de l’Automobile club de France. Parmi elles, Lauren Marbe, une jeune Anglaise qui participera à son premier Bal. Du haut de ses 17 ans, son profil tranche avec celui des autres filles : son quotient intellectuel est plus élevé que celui d’Einstein. Avec 161 de quotient intellectuel, Lauren Marbe fait figure de surdouée. Samedi, Lauren participera à son premier Bal. Une intronisation dans le monde, selon la formule consacrée, que la jeune fille attend avec impatience. RTL
La richesse n’est pas un critère de sélection. Tout est payé par les sponsors donc peu importe la fortune de ces jeunes filles. Ce qui compte le plus, c’est de réunir des familles d’univers différents. (…) Nous choisissons essentiellement des jeunes filles bien éduquées et studieuses, qui font de bonnes études. (…) [la valse] C’est ce qui effraie le plus les filles. Certaines prennent des cours à l’avance pour apprendre à danser la valse. Nous n’organisons qu’une seule répétition de deux heures le vendredi soir, veille du bal. Ophélie Renouard
Elles ont déjà tout et pourtant elles rêvent de ce bal depuis qu’elles sont toutes petites. Inspiré d’une tradition aristocratique européenne, le Bal des débutantes de Paris, le plus renommé, donné cette année au profit de l’association Enfants d’Asie, se déroulera, samedi 30 novembre, à l’Automobile Club de France. Ce grand évènement mondain permet à vingt jeunes filles d’une douzaine de pays, triées sur le volet, de faire leur « entrée » dans le monde, comme l’exigeait le protocole dans les cours royales. Principales conditions d’éligibilité : avoir entre 16 et 22 ans, être jolie et surtout pouvoir rentrer dans les robes prêtées par les maisons de haute couture comme Dior, Chanel ou Armani. Autant dire que passé le 38, c’est fichu. Mais ces trois conditions ne suffisent pas. Si vous voulez danser la valse avec le gratin ou goûter aux petits plats du chef étoilé Christopher Hache, il vous faudra correspondre à un ou plusieurs des critères suivants. Rares sont les élues à pouvoir enfiler les Louboutin pour participer au Bal des « déb ». Tradition oblige. A l’origine, les jeunes filles issues de la noblesse du Royaume-Uni attendaient impatiemment leur dix-huitième anniversaire afin de se présenter devant la reine au bras de leur père. Si vous descendez d’une grande famille aristocratique ou, mieux, d’une famille royale, il vous sera donc plus facile de décrocher une invitation. Cette année, la Grande-Bretagne est représentée par Lady Amelia Windsor, dont le grand-père est Edward, duc de Kent et cousin germain de la reine Elizabeth II. Aux côtés de ces jeunes pousses de l’aristocratie, les filles d’acteurs et de réalisateurs sont de plus en plus souvent invitées. Samedi, Romy David, fille du producteur et acteur américain Larry David, sera de la partie. Ces dernières années, les filles de Rosanna Arquette, de Luc Besson, de Bruce Willis, de Clint Eastwood, de Sylvester Stallone ou encore d’Andie MacDowell ont pu s’illustrer à la valse, sous les ors de l’hôtel de Crillon. Mais les filles de riches industriels ou d’hommes d’affaires ne sont pas en reste. Zoe Springer, petite-fille, très tatouée, du magnat de la presse allemand Axel Springer, compte parmi les débutantes de 2013. (…) Cette année, le rôle de Cendrillon sera tenu par Lauren Marbe, dont Paris Match a fait le portrait. Cette fille d’un chauffeur de taxi londonien aura l’occasion de découvrir un monde qu’elle côtoie peu. Invitée pour son talent et non pour son patronyme, cette lycéenne britannique de 17 ans est devenue célèbre pour son QI Mensa de 161, supérieur à celui d’Einstein. Aussi riche, célèbre et « fille de » soit-elle, Paris Hilton a été recalée du Bal des débutantes. Pas assez classe pour participer. La plupart des filles ne postulent même pas pour être choisies. L’organisatrice Ophélie Renouard s’enorgueillit d’avoir acquis, au fil des ans, un réseau suffisant pour pouvoir inviter les jeunes filles « bien nées » du monde entier. Mais quelques audacieuses tentent malgré tout leur chance et se voient régulièrement refuser l’entrée. Ophélie Renouard, qui a toujours le dernier mot sur le choix des « déb », reçoit près d’une centaine de candidatures par an. (…) Cette année, c’est Kyra Kennedy, la petite-nièce du président John F. Kennedy (ici interviewée par Paris Match), qui ouvrira le bal au bras de son père. Même si une ambiance musicale plus moderne succède aux valses, vers la fin de la soirée, il vaut donc mieux avoir pris quelques cours pour ne pas se prendre les pieds dans sa robe Chanel. Pas de bal sans cavaliers, bien sûr. Les filles ont le choix d’amener le leur. « Avant, la moitié des filles venaient accompagnées. Dorénavant, elles sont paresseuses et la plupart préfèrent que je trouve moi-même leur cavalier », s’amuse Ophélie Renouard. Si vous êtes beau, riche, bien élevé et de bonne famille, vous avez une chance d’être choisi. Parmi les chevaliers servants, cette année, Anthony Ghosn, 19 ans, fils du PDG de Renault Carlos Ghosn, arrivera au bras d’une jeune Hongkongaise. Amaury de Bourbon-Parme et Pierre de L’Espée, deux jeunes aristocrates, sont eux aussi conviés. Les cavaliers qui font forte impression sont invités à revenir d’une année sur l’autre. France info
It’s a night filled with glamour and excitement and, of course, gorgeous gowns. Any girl would enjoy being dolled up and trying on fabulous gowns. When I tried on the [Dior couture] gown, I instantly knew it was the one. I love the gorgeous beadings and intricate details such as pockets on each side, which are perfect for a lip gloss and an iPhone. It also comes with a tuxedo jacket, which gives the gown an edge. Eleanor Liam
A deb needs to be well educated and well-mannered. If she needs an etiquette lesson, she won’t be on my invitation list. (…) The purpose of having the ball in Shanghai is to catch up on the international trend. Chow Wong (daughter of Beijing opera master Zhou Xinfang)
You have the ball in Paris, London, New York and now Shanghai, a city with so much history and heritage to offer. I’m proud to be Chinese … the event was memorable and out-of-the-ordinary. Soo
The introduction of international debutantes enhances the social life and experience of all participants. It also [promotes] international understanding. London Season organiser Hallam-Peel.
In this age of Facebook and other social media, these girls don’t need to be introduced to society. The event now serves as their couture and media premiere. Even if they come from privileged families, they might not have tried a couture gown or worn fabulous jewellery, and most of the time, they have not been [featured] in the media. Ophélie Renouard (founder of Parisian Le Bal)
Eleanor Lam is no stranger to high society’s glitter and glamour. Her father is entertainment tycoon Peter Lam, and her mother is actress-turned-socialite Lynn Hsieh. Lam is used to being in the spotlight but, even for her, the Parisian Le Bal des Débutantes was a once-in-a-lifetime experience. (…) Lam was among the 24 young women from around the world invited to the ball held last November at the heritage Hotel Raphael in the heart of Paris. On the night of the ball, the debs (debutantes) were dressed in lavish haute couture gowns created by top fashion houses the likes of Dior, Elie Saab and Giambattista Valli. After spending hours with a small army of make-up artists and hairstylists to perfect their looks, the debs make their entrance on the arms of their cavaliers and waltz the rest of the night away. While the original purpose of debutante balls – to introduce well-presented young women from upper-class families to society as well as to potential husbands – might have lost its cultural relevance, modern debutante balls have reinvented themselves as highly exclusive social networking events that not only appeal to eligible socialites, but also to luxury brand sponsors. The tradition has been reinvented in Paris, London and New York, and has even sparked new editions in Shanghai. In addition to the Parisian Le Bal, another prominent debutante ball in the 1960s and ’70s – The London Season – was revived by former deb Jennie Hallam-Peel in 2007. In 2011, Hallam-Peel helped Chinese socialite Vivian Chow Wong launch the Shanghai International Debutante Ball. The first edition of the Shanghai ball took place at the heritage Waldorf Astoria hotel on the Bund and has since moved to the nearby Peninsula Hotel. Luxury brands such as jeweller Chaumet and French luxury beauty brand Guerlain are among the headline sponsors for the event. (…) Le Bal, named one of the top 10 parties in the world by Forbes, was created by Renouard in 1992. It puts a modern spin on the traditional ball by bringing in French couturiers and high jewellers to dress the debs. (…) Le Bal has since grown into a party of the year, where European aristocrats mingle with heiresses of Asian and Russian billionaires, politicians and international stars. Among the debs were actor Sylvester Stallone’s daughter, Sophia Stallone; musician Phil Collins’ daughter, actress Lily Collins; Britain’s Lord Ivar Mountbatten’s daughter, Ella Mountbatten; and former Italian prime minister Silvio Berlusconi’s daughter, Barbara Berlusconi. The purpose for the debutante balls might have shifted, yet the selection of debs remain ultra-exclusive. Family background naturally comes first in the screening process. To be invited to the Le Bal, for example, Renouard says the debutante has to be very special. « Her looks, style, lineage or achievements [have to be outstanding]. (…) Family background, however, isn’t the only requirement, Renouard adds. In 2013, for example, Lauren Marbe, the then-17-year-old daughter of a British taxi driver, was invited because she has an IQ of 161 – higher than that of Albert Einstein. Lavish experience and networking aside, being part of the stellar event also helps to boost the debs’ CV – which makes the invitation to the exclusive balls a sought-after ticket for the world’s rich and famous. (…) Debutante balls have opened up to Asian socialites in recent years, addressing the booming Asian economy and the region’s ultra-high-net-worth individuals. Parisian Le Bal first included Asian debs in 2003 with the participation of Wan Baobao, granddaughter of Wan Li, former chairman of the China’s National People’s Congress, as well as Penelope Pei-Tang from China and Candy Soo from Singapore. (…) Putting Asia on the map also helps raise awareness of debutante balls. Although it takes place in China, Chow Wong says the Shanghai International Debutante Ball is an international event, hence only two to three Chinese debs are included each year. (…) Recent Asian debs include Jen Hau, daughter of Taipei’s former mayor Hau Lung-bin, and Annie Liang, a descendant of famous Chinese scholar and philosopher Liang Qichao. (…) Recent Asian debs include Jen Hau, daughter of Taipei’s former mayor Hau Lung-bin, and Annie Liang, a descendant of famous Chinese scholar and philosopher Liang Qichao. Vivian Chen
Nous ne sommes plus un concours de beauté, nous sommes une compétition. Gretchen Carlson (gagnante 1989, présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization)
Le nouvel objectif de Miss America est de préparer de grandes femmes pour le monde, et de préparer les grandes femmes au monde. Regina Hopper (présidente de Miss America)
Aux États-Unis, le comité d’organisation de Miss America a fait paraître une annonce importante, ce mardi 5 juin. À compter de la prochaine édition de la compétition, qui doit se tenir le 9 septembre à Atlantic City, les participantes ne défileront plus devant les juges ni en maillot de bain, ni en robe de soirée. À la place, les 50 concurrentes de chaque État devront se présenter pour parler de leurs passions, de leurs engagements, de leur motivations et de leur vision du poste auquel elles aspirent de la manière qu’elles souhaitent. Autrement dit: dans des vêtements avec lesquels elles se sentent à l’aise et en sécurité, afin que leur tenue vestimentaire ne détourne pas l’attention de leurs propos. (…) En France, lors de la dernière cérémonie, plusieurs internautes s’étaient offusqués sur les réseaux sociaux et avaient dénoncé l’aspect sexiste des défilés de Miss en maillot de bain. Cette annonce pourrait-elle s’appliquer dans l’hexagone? Il semblerait que non. Contactée par Le HuffPost, Sylvie Tellier, ancienne détentrice du titre et actuelle directrice de la société Miss France, confirme que ce n’est pas à l’ordre du jour. (…) D’après les propos de Gretchen Carlson, actuelle présidente du conseil d’administration de l’organisation américaine, rien n’empêche les prétendantes au titre de défiler de la sorte. C’est à elles-seules de décider de la tenue dans laquelle elles veulent apparaître: en jean, en jupe, en robe, ou en bikini. Ça ne dépend que d’elles. Huffpost
Le concours de Miss France rassemble de nombreux téléspectateurs. C’est un programme qui fédère et plaît beaucoup aux Français. Ils sont attachés à ces éléments, aux robes de princesse, notamment. Pour reprendre les propos d’Eva Colas [Miss Corse 2017, NDLR], on peut défiler en maillot de bain et être féministe. On n’a jamais obligé une jeune femme à faire ce qu’elle ne voulait pas faire. Elles sont libres de choisir le maillot de bain ou la robe qu’elles veulent porter. Ce n’est pas une révolution. Qu’est-ce qui se passe si une concurrente a envie de défiler en maillot de bain? Sylvie Tellier
J’ai du mal à saisir le sens de ces déclarations. Si ce n’est plus un concours de beauté alors il faudrait définir ce que c’est. Une compétition d’éloquence, de talent, de chant ? Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection. (…) Avant le test de culture générale importait peu, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La future Miss France a un rôle d’ambassadrice même si on ne fait pas de politique. (…) L’interview au micro fait souvent basculer les voix, preuve que les téléspectateurs ne sont pas uniquement dans une recherche esthétique. (…) c’est surtout le reflet de la massification scolaire. (…) Je connais bien l’élection de Miss USA, à ne pas confondre avec l’élection de Miss America qui est moins médiatisée. C’est peut-être un levier d’action pour revenir sur le devant de la scène. Sylvie Tellier (directrice de l’Organisation Miss France)
Cette élection sera un moment pour prendre la parole et sensibiliser les téléspectateurs sur les violences faites aux femmes. (…) L’élection de Miss France, c’est quand même trente jeunes femmes en direct à la télévision pendant trois heures, à une heure de grande écoute. C’est l’occasion de parler de la femme et de dénoncer les violences faites aux femmes qui sont encore beaucoup trop importantes en France aujourd’hui et dont on ne parle pas assez. (…) Miss France 2018 permet de soutenir des causes et de les faire avancer, la prise de parole des Miss au Pérou en est la preuve. Elles agissent à leur niveau pour améliorer la condition féminine. Sylvie Tellier (directrice générale de la société Miss France)
Il est dommage que la seule soirée de l’année dédiée aux femmes à la télévision, cultive l’idée de la femme objet. L’élection Miss France est un concours qui repose sur des critères de beauté réducteurs et ridicules. Il serait plus judicieux de valoriser les talents, plutôt que des stéréotypes physiques irréels. Raphaëlle Rémy-Leleu (Osez le féminisme)
Des body moulants et flashy au décolleté plongeant ont remplacé les maillots de bain deux pièces. En effet, pas de défilé en bikini cette année. À la place, les douze demi-finalistes du concours Miss France 2019 ont enfilé des tenues de super héroïnes… très sexy. Façon Wonder Woman, elles ont déambulé sur la scène du Zenith de Lille, capes couvertes de slogans féministes sur le dos. «Yes women can» (traduction : «Oui, les femmes peuvent») ou encore «Fight for your rights» («Battez-vous pour vos droits») a-t-on ainsi pu lire. Le tout sur les musiques des Spices Girls, «Wannabe», ou encore des Destiny’s Child, «Survivor». Sur scènes, les candidates ont été rejointes par Miss France 2018 Maëva Coucke, en body argenté, avec une cape simplement ornée des mots «Miss France». Paris Match
Ne pas être mariée, ne pas avoir d’enfant, ne pas avoir de tatouage, mesurer 1,70 mètres minimum et avoir moins de 26 ans font partie des règles imposées aux candidates et jugées archaïques et sexistes par les associations. L’Express
C’est en tout cas ce qui permet de rendre le concours socialement plus acceptable. (…) Il y a une injonction à affirmer son ‘je’. Il faut être capable de monter sur scène et prouver que l’on est la meilleure, que l’on est engagée. Pour le moment ce tempérament self-woman est surtout américain, dans la version française nous n’avons d’ailleurs pas de compétition de talents. (…) On veut que la question du jugement esthétique soit plus floue, mais elle ne recule pas. Elle est simplement davantage combinée à la personnalité. Camille Couvry
Je pense qu’un maillot une pièce ouvert sur les hanches et couvrant un peu plus les fessiers éviterait que les candidates deviennent des exhibitionnistes. Geneviève de Fontenay
Encore une fois, le corps des femmes est un objet, comme dans la publicité. Ce sont des corps souvent nus, et l’épreuve du maillot de bain est celle qui est la plus attendue. Éléonore Stévenin (Osez le féminisme)
Il est très curieux qu’en 2016, on éprouve encore le besoin de mettre en concurrence des femmes non pas sur des critères intellectuels ou de mérites, mais sur des critères purement physiques. Le plus problématique est que le concours Miss France, ultra médiatisé, impose des stéréotypes physiques irréels, sans compter le culte de la pureté avec des concurrentes sans petits amis. Cette mise en concurrence à une heure de grande écoute, entraîne beaucoup de souffrance pour d’autres femmes qui ne font pas 1,75m pour 50 kilos. Claire Serre-Combe (Osez le féminisme)
C’est un concours de beauté avec juste une limite de taille. Les critères ne sont pas seulement physiques. Sylvie Tellier
Ces concours se présentent comme de véritables fabriques : le corps des jeunes femmes est façonné par de nombreuses épreuves combinant des exercices de modelage et d’expression corporelle à des séances d’évaluation. L’appréciation de la beauté semble s’effectuer dans le double mouvement du corps regardé et du corps exposé, qui aboutit au classement des postulantes. Les progressives éliminations des candidates (dans les étapes régionales et nationales des compétitions) conduisent à la consécration de la lauréate qui a réussi à incarner l’idéal esthétique de la parfaite féminité. (…) La poursuite du rêve de la parfaite « gynométrie » (…) semble traverser les siècles et les continents. Ainsi, dans l’Inde traditionnelle, la danseuse doit exhiber autour de sa taille trois plis arrondis et gracieux. En France, les seins de Joséphine Bonaparte auraient donné la forme de la coupe à champagne. Si le corps sert de modèle, il est aussi mesuré : par exemple, les « bonnes » proportions des beautés nordiques, et en particulier de leurs jambes et de leur buste (2/3 et 1/3 de la hauteur totale de la femme), font fantasmer les hommes méditerranéens. De façon plus extrême, il peut être modelé pour approcher un idéal culturel et historique de vénusté. Jacques Gélis [1984] et France Borel [1992] rappellent les différentes formes de manipulations possibles et les objets utilisés (habits, postiches, chaussures, bandages, bistouris…), en conséquence, pour le transformer. Leur liste variée et complexe semble négliger les outils de mesure et de calibrage, indispensables à l’estimation des interventions esthétiques souhaitées. Le corps de la Miss est, a fortiori, soumis à la mesure, le rôle des jurys est essentiel dans cette opération, souvent préliminaire, de contrôle. Au sein d’un même concours se succèdent plusieurs instances de jugement : une fois passé les sélections régionales, les jeunes femmes doivent se montrer à des yeux de plus en plus qualifiés, choisis pour leur compétence ; en effet, la spécialisation du jury s’accroît au fil des étapes : les professionnels de la beauté et de la santé, les artistes et les spectateurs réunis décortiquent la jeune fille « sous toutes les coutures », préparant leur vote. Pour l’élection de Miss Italia, les instances de jugements sont multiples ; le jury technique a été composé, après la Seconde Guerre mondiale, par des professionnels de la santé chargés de vérifier les mensurations des concurrentes. En 1949, l’Institut d’éducation physique « Physicol » assurera, au nom de ses compétences, cette visite médicale. Un reportage photographique réalisé par Federico Patellani [Bolognesi, Calvenzi, 2002] nous montre des médecins et des infirmières qui, parés de blouses blanches, inspectent la dentition, pèsent et mesurent (poitrine, taille, hanche, cuisse, cheville). Comme le fait remarquer Paul Ginzborg [1989], l’Italie de l’après-guerre est sensible à l’image d’efficacité et de performance qui vient des États-Unis, les attitudes des experts et leurs équipements renvoient volontairement à ce modèle. La toise, le mètre, le compas sont sortis pour l’occasion. Toute la rigueur de la mesure est mobilisée pour offrir, à la Nation, une Miss aussi belle que saine. Le chiffre magique 90/60/90, indiquant les tours de poitrine, de taille et de hanches, a formalisé pendant longtemps la silhouette recherchée. Il n’est aboli qu’en 1990, à l’initiative du président du jury, étant considéré désuet et insuffisant quant à la définition de la beauté contemporaine. Depuis cette date, la commission technique est formée par des professionnels du monde de la mode et du show-business ayant, pour tout instrument de mesure, leur regard d’experts. Cependant, avant les finales de Salsomaggiore, d’autres présélections, régionales et nationales, sont effectuées dans le peloton des concurrentes : d’une manière radicale sont exclues de la compétition les jeunes trop maigres, celles qui ont un handicap défigurant ou encore celles à la morale douteuse. (…) Aujourd’hui, les instruments de mesure sont utilisés avec plus de discrétion lors des présélections. Toujours présents, ils s’enrichissent de cartes signalétiques et de photographies. Le comité de Miss France, dès le formulaire d’inscription – structuré comme une véritable fiche technique – demande à la candidate de fournir sur l’honneur une longue liste de renseignements, entre autres, sur sa constitution physique, son état de santé et sur sa conduite. Bien que les règlements des concours stipulent que les mensurations ne sont pas des critères exclusifs, parmi les membres du comité de Miss France 2002, on comptait le paléontologue Yves Coppens. (…)Autrefois, la candidate devait effectuer seule les choix de ses tenues et de ses coiffures, tout en se conformant au modèle attendu, voire imposé par le comité. Aujourd’hui, les nombreux sponsors, parfois membres du jury, prennent en charge avec les organisateurs la garde-robe, le « styling » et le maquillage des concurrentes pour lier leur marque à l’événement. L’économique est donc loin d’être absent dans les critères de choix : par exemple, les jambes peuvent être à l’honneur quand les sponsors du concours sont des fabricants de collants. Le port de maillots ou de toilettes « griffés » suscite des émotions dont les publicitaires et les industriels mesurent l’impact commercial. Parfois, les préférences esthétiques pour l’une ou l’autre des parties du corps se combinent à des intérêts politiques. Ainsi, dans l’Allemagne de l’après-guerre, il faut attendre 1957 pour assister au retour des blondes la blondeur ayant été considérée comme le stigmate de l’aryanité. (…) À la lecture des mensurations des élues entre 1920 et 1970, on remarque tout de suite la différence de taille des concurrentes américaines, sensiblement plus grande que celle des Européennes. On assiste, par ailleurs, à leur progressif amincissement, bien que, depuis les débuts du concours, la gagnante ait généralement présenté un poids inférieur à la moyenne nationale. Il faut voir dans ce diktat de la minceur l’influence d’une mode qui trouvait en Poirier et Coco Chanel ses créateurs, et dans les stars et les femmes du « beau monde », ses égéries. Dans le contexte des échanges globalisés, peut-on encore parler de stéréotypes localisés du beau et de ses critères spécifiques ? Ou doit-on plutôt convenir d’une uniformisation de la beauté mondiale, qui impliquerait une mondialisation [Assayag : 1999] des critères de mesure ? Le questionnement reste ouvert. Cependant, on peut remarquer dans le concours français l’émergence de « types exotiques » représentés par les ressortissantes des départements d’outre-mer, et dans le concours « Miss Italia nel mondo », la recherche du « type italien » à travers les jeunes femmes de la communauté vivant à l’étranger. (…) Les organisateurs utilisent l’uniforme, soulignant efficacement les caractéristiques propres à chaque corps, ce qui rend possible la comparaison. Les jeunes femmes défilent dans différentes tenues, souvent semblables, voire identiques. Habillée du simple maillot de bain, la candidate s’expose et est exposée parmi ses camarades. Elle est identifiée par un numéro qui permet de la reconnaître sans véritablement la connaître ; on évalue son corps comme on pourrait évaluer les proportions d’un bel animal. Paradoxalement, les instruments des juges sont aussi les armes de séduction de la Miss. Par exemple, le maillot de bain, apparat le plus simple de la manifestation, sert à la fois les logiques de l’évaluation et celle de la mise en spectacle de la Miss. (…) Appartenir au groupe et s’en distancier caractérise les attitudes que les candidates auront à tenir. Tout au long du concours, les différentes séquences des élections conduisent chacune à un progressif dévoilement, à la déclinaison de son identité : elles tenteront de séduire le public, se présenteront sous différentes facettes, suivant les critères d’un modèle idéal imposé ou affirmant des qualités personnelles. Oscillant entre subjectif et objectif, entre la norme et l’exception [Monjaret, Tamarozzi, à paraître], on passe du mesurable au non-mesurable. (…) À travers la danse, les défilés et tout type d’exercice physique, les concurrentes exposent leurs atouts et les membres du jury évaluent d’autres caractéristiques que la simple plastique : la grâce, l’équilibre des masses musculaires, l’élégance… Le « tout » est une autre clé de lecture et, par là même, de distinction des candidates. (…) Les règlements des concours sont, sur ce point, très différents. Celui de Miss Italia, par exemple, permet aux candidates qui n’ont pas atteint le podium de se représenter à deux ou plusieurs années d’intervalle. Plus récemment (1994), il consent l’accès aux jeunes épouses et mères. Quand la maturité n’est pas là, elle se fabrique de la même manière que les photographies de presse (…) la lauréate est d’abord attachée à l’année de son élection et le restera à vie. Elle représente une époque. Ainsi, les idéaux esthétiques fluctuent [Hubert, 2000]. (…) Selon François Dagognet, « la richesse de la mesure vient de ce qu’elle impose un esprit communautaire : non seulement les expérimentateurs pourront, grâce à elle, échanger leurs résultats et les comparer, mais l’intelligence d’une chose ne peut jaillir que de la comparaison avec ses semblables : il n’est pas de compréhension possible de la “particularité”, encore moins de la “singularité” qui étonne. Il faut, donc, apprendre à rapporter toute chose à ses proches (le rationnel entraîne le relationnel) » [… La règle de la beauté n’est pas absolue [Morin, 1987 : 61]. Elle se fait et se défait au gré des nouveaux impératifs de mode, des représentations du corps, pérennes ou émergentes, ainsi que de principes moraux. Le concours est, donc, avant tout, une mise à l’épreuve, physique et morale, de la jeune fille : le corps est l’instrument de sa métamorphose en femme, mais aussi le porteur des codes sociaux. L’identification au canon est un travail délicat pour la candidate qui doit conjointement jouer entre se conformer au modèle du beau et dévoiler juste le nécessaire de sa personne. (…) Malgré cette liberté, elle est cependant guidée dans son parcours. Les bulletins qu’elle aura à remplir ou les questions qui lui seront posées par le comité d’organisation donnent un aperçu des critères de sélection qui formalisent le canon idéal. Ainsi, dans celui du Comité Miss France (Geneviève de Fontenay, Endemol) disponible sur Internet, parmi les nombreuses rubriques ayant trait à la morphologie des jeunes femmes, l’une d’elles confirme son souci d’une recherche esthétique : « Avez-vous une imperfection physique ? Si oui, laquelle ? » (…) Tout du moins, la Miss doit être en bonne santé, ni trop grosse, ni trop maigre, ce qui sous-entend qu’elle suit un régime alimentaire équilibré où la gourmandise, quand elle est sage, est un signe de vitalité. (…) Dans certains concours comme celui de Miss World France, les conditions médicales sont clairement posées dans le règlement : « Attention, afin de lutter contre l’anorexie (maladie malheureusement à la mode), nous refusons toute candidate qui accusera un rapport poids/taille anormal, ou qui nous semblera trop maigre sur ses photos. » Une fois admise à concourir, la candidate ne doit plus être suspectée d’être malade. (…) Aujourd’hui, sans doute par réaction à ces diktats de la minceur et de la santé, se développent des concours du type Miss obèse, Miss transsexuel. Comme le corps, l’esprit est sondé. Les atouts physiques ne suffisent pas à faire une Miss, il lui faut des bagages intellectuels. Les fiches d’inscription détaillées, quand elles existent, ce qui n’est pas le cas pour Miss Italia, sont en cela significatives. Diplômes, langues étrangères, formations en cours, professions font partie des rubriques mentionnées. Les loisirs et les passions peuvent être aussi demandés. Le comité d’organisation se chargera par la suite de tester leur culture générale qui doit, précise le règlement de Miss World France, « correspondre à leur âge et à leur milieu social ». Jusqu’où va donc la mesure de l’esprit, de l’intelligence ? Le qi deviendra-t-il un critère d’admission ? Les candidates ne doivent donc pas se présenter comme des poupées écervelées, elles doivent également faire preuve de « bonne moralité », de savoir-vivre autant que de savoir-être. Ne pas avoir posé nues pour des photographies de charme ou pornographiques est l’une des conditions. La pudeur est de bon ton. La convenance se joue dans l’équilibre du montré et du caché. Esthétique et qualités morales se combinent pour définir les caractères de la beauté idéale. (…) La Miss est donc une femme intègre. Après la mise à plat de ces données identitaires, en quelque sorte mesurables, l’examen se poursuit pour départager les lauréates sans intégrer, en principe, les critères sociaux, confessionnels et raciaux. (…) La subjectivité et l’objectivité conjointes établissent les modalités de choix de la Miss, qui réussit à se singulariser dans l’uniformité. La souplesse de l’expertise peut conduire le public à s’étonner de la proposition finale, susciter les jalousies. Certains s’amusent à la remettre en question. Sur Internet, une rumeur circule à propos de la non-conformité de la taille de Miss France 2002. Geneviève de Fontenay aurait affirmé « qu’il était exclu que Miss France 2002 se fasse re-mesurer », comme le demandait une candidate évincée. (…) « Explicites ou implicites, connues ou secrètes, les normes de la beauté existent. Elles permettent aux cultures de forger leur identité dans un modèle » [Borel]. Le corps et ses normes deviennent étalons de la société. « C’est donc le corps, le seul instrument de mesure dont on ne puisse se passer, celui que les autres supposent, à la fois sensible et raisonnable, mesureur et mesuré […] » [Comte-Sponville, 1995 : 94]. Les modèles féminins changent ou se reproduisent selon les époques et les valeurs associées à la féminité [Fourmaux, 2001 ; Duret, Roussel, 2003]. (…) Les images du corps ne sont pas des entités rigides : nous construisons et reconstruisons sans cesse notre image » [Borel]. C’est ce qui faire dire à Desmond Morris [1978] que le titre de Miss Monde est dépourvu de sens, qu’il efface les données culturelles et peut contredire les stéréotypes locaux. De nos jours, dans les concours, nationaux ou internationaux, les critères qui permettent de classer les candidates visent principalement à la valorisation de canons qui véhiculés par les médias sont propices au développement des marchés mondiaux de la mode et de la beauté. La mesure des corps appartient à des logiques d’organisation sociale [Baudrillard, 1970], économique et, sans doute, politique. « Il est dans la nature de la mesure de devenir “commune mesure” […]. La commune mesure est une réalité éminemment politique. C’est ce à partir de quoi un groupe s’institue comme société, ce qui définit ses codes, ce qui les pacifie et lui fournit les instruments de sa régularisation. C’est aussi bien ce pour quoi on se bat, on se dispute, on se déchire, ce qu’il faut contrôler si l’on veut détenir le pouvoir et se rendre maître de la norme. Ainsi donc, les élections de Miss sont de bons observatoires de la formalisation des normes, en particulier de la norme d’exception qui s’élabore dans la tension entre mesurable et non-mesurable, universel et culturel, global et local. Anne Monjaret et Federica Tamarozzi
Au milieu des critères esthétiques d’un concours de beauté, il en est un que l’organisation se garde bien d’évoquer. Celui du poids. L’organisation a donc logiquement refusé de nous communiquer, pour ces mêmes raisons, ces données. Mais sur internet, la question continue d’être débattue. Des chiffres circulent sur les pages Wikipédia des anciennes miss France, sans que celles-ci n’interviennent. Des blogs listent inlassablement le poids des jeunes filles, sans que l’on sache le vrai du faux. Les miss livrent parfois un chiffre au détour d’une interview. Sur le modèle du travail du site américain PsychGuides, nous avons cherché à connaître l’évolution de l’indice de masse corporel, cette combinaison entre le poids et la taille d’une personne, des miss à travers le temps. Nos recherches ont permis de lister le poids de 16 miss. Cinq proviennent de sources de confiance. Le graphique ci-dessous est donc purement indicatif, mais il a le mérite de compiler et de mettre en forme les données circulant sur la question. Il en ressort qu’avec un IMC moyen de 18,1 depuis 1954, miss France n’est pas une Française comme les autres. Elle est même beaucoup plus mince. Pour les Françaises de 18 à 35 ans, l’Insee relevait un IMC de 22,4 en 2002, toujours très loin des miss France qui ne sont pas sorties d’un couloir allant de 18,5 à 16,4 entre 2000 et 2017. Plus globalement, en 2016, l’IMC d’une Française était de 23,1 selon les relevés de l’Organisation mondiale de la santé. Cette même organisation évalue l’IMC normal entre 18,5 et 25. Seules cinq miss se trouvent dans cette fourchette. Onze d’entre elles se situent par contre entre 16,5 et 18,5 et seraient donc en situation de maigreur selon l’OMS. Des chiffres inquiétants ? Pas forcément. « Il s’agit plutôt d’une situation de minceur, recadre Emmanuelle Couturier, diététicienne-nutritionniste à Marcq-en-Barœul. L’IMC n’est pas forcément très parlant, car il ne fait pas la différence entre masse graisseuse et masse musculaire. Il ne prend pas non plus en compte l’ossature. Par contre si elles font un régime pour entretenir cette minceur, c’est là que cela peut être compliqué. » La Voix du nord
Je l’ai vécue. On a moins de chance d’être élue car il n’y a pas d’identité régionale en Ile-de-France. Avant l’élection Miss France, aucun média ne s’est intéressé à moi. Je n’ai fait aucune interview, eu aucun soutien. Ça plombe le moral. Margaux Savarit (Miss Ile-de-France 2014 et 11e du concours Miss France)
Beaucoup de Parisiens ou de Franciliens viennent d’autres régions. Moi en tant qu’ancienne Miss Bourgogne vivant à Paris, j’avais tendance à soutenir Miss Bourgogne. Laure Mattioli (Comité Miss Ile-de-France)
La dimension affective liée à sa région d’origine peut se retrouver dans les votes. Le succès au concours Miss France des régions à forte identité locale ne colle pas aux revendications régionales, culturelles ou politiques. Camille Couvry
Le 16 décembre 2017, Maëva Coucke a été élue Miss France 2018, décrochant un troisième sacre pour le Nord-Pas-de-Calais. Si la beauté des jeunes filles originaires du Nord a séduit les téléspectateurs de l’élection à trois reprises ces quatre dernières années, aucune Miss originaire du Nord-Pas-de-Calais n’avait remporté le concours qui existe depuis 1919 avant…2015. Il y a 99 ans, la première Miss France élue, Agnès Souret, venait de Bayonne et portait l’écharpe de Miss Aquitaine. En tout, six jeunes femmes de cette région du Sud-Ouest ont été nommées plus belle femme de France, la dernière en 1995. Il s’agissait de Mélody Vilbert, native de Toulouse. L’Aquitaine a le même palmarès que l’Alsace et la Normandie. Tout en haut du palmarès des régions qui ont remporté l’élection de Miss France le plus grand nombre de fois : l’Ile-de-France. Entre 1933 (date de la première victoire) et 1997 (date de la dernière victoire), l’Ile-de-France a été couronnée 13 fois au concours, loin devant la région Rhône-Alpes qui totalise quant à elle 7 victoires. A l’autre bout du classement, on retrouve la Guyane, le Centre-Val-de-Loire, la Provence et la Corse qui ont chacune une victoire. Les moins bien loties sont les Miss originaires d’Auvergne, de Mayotte, de la Martinique, Champagne-Ardenne, du Limousin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou encore de Saint-Martin-Saint-Barthélemy, qui n’ont jamais eu la chance de porter l’écharpe tant convoitée de Miss France. Paris Match
Depuis 1929, les Miss Paris ou Ile-de-France ont remporté 15 fois le concours Miss France. Mais la plupart des titres ont été gagnés entre 1930 et 1950. La dernière Miss France francilienne remonte à 1997 avec l’élection de Patricia Spehar. L’an dernier Lison Di Martino avait terminé 2e dauphine de Maëva Coucke. Alors que l’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants, pourquoi sa Miss ne profite-t-elle pas du vote du public pour gagner la couronne? L’Ile-de-France aime-t-elle sa miss ? La région est la plus peuplée de France avec 12 millions d’habitants, pourtant quand Lison Di Martino, Miss Ile-de-France 2017, est arrivée dans les cinq finalistes l’an dernier, ce n’est pas elle qui a reçu le plus de votes du public mais la Nordiste Maëva Coucke. Une région avec une identité bien plus forte que l’Ile-de-France… C’est là l’une des faiblesses de la candidature francilienne. 20 minutes
Comme chaque année depuis 1920, date de création du concours de beauté par le journaliste et écrivain belge Maurice de Waleffe, une jeune femme sera en décembre élue Miss France parmi les 30 candidates en lice. Un show présenté pour la 23e année par Jean-Pierre Foucault, accompagné de Sylvie Tellier, directrice générale de la Société Miss France depuis 2010. La cérémonie, bien qu’organisée « dans le respect de la tradition », a connu bien des changements depuis sa naissance il y a près d’un siècle. Aux prémices de l’élection, Maurice de Waleffe avait choisi le terme « La plus belle femme de France » pour désigner le concours. Les portraits des candidates de la première édition étaient publiés dans le quotidien Le Journal. Chacune était présentée sous un pseudo de nom de fleur, de pierre, d’oiseau ou de déesse, révèle Le Figaro Archives dans un article réalisé en partenariat avec l’INA. Entre 1922 et 1926, le concours de beauté n’a pas lieu. Il ne reprend qu’en 1927 sous le nom qu’on lui connaît aujourd’hui : Miss France. Roberte Cusey, Miss Jura 1926, est élue cette année-là. Les jeunes femmes en lice pour le concours Miss France représentent chacune une région de l’Hexagone. Elles étaient 45 en 2006, 33 pour l’élection de Miss France 2011. Cette année, elles seront 30. La réforme territoriale de 2016 n’a pourtant pas eu d’impact sur le nombre de candidates. « Ce nouveau découpage est une affaire politique et économique et nous sommes loin de ces considérations. Notre concours est indépendant du gouvernement », avait confié Sylvie Tellier à L’Express, rappelant que sa priorité était que tous les Français « se retrouvent dans l’élection ».  D’ailleurs, le nombre de candidates n’a jamais véritablement collé à la carte administrative de la France. Pour la directrice du comité Miss France, le but est surtout « d’avoir des identités fortes ». Raison pour laquelle certaines provinces sont absorbées pour renforcer certaines identités territoriales. Les titres de Miss Centre et de Miss Orléanais ont ainsi fusionné pour devenir Miss Centre-Val-de-Loire. Les critères depuis la création de l’élection Miss France excluent une bonne partie de la population féminine. Il faut être une femme -mais pas transsexuelle- et avoir entre 18 et 24 ans. Il faut également mesurer 1,70 mètre minimum, ne pas avoir d’enfant, ni être mariée, et posséder un casier judiciaire vierge. Les tatouages sont également interdits, l’éviction de Miss Martinique en 2017 pour cause de colibri sur l’omoplate avait d’ailleurs suscité l’incompréhension des internautes. Pour Sylvie Tellier, le concours ne repose plus uniquement sur des mensurations. « Les critères ont évolué depuis la création de l’élection pour être plus en accord avec les femmes d’aujourd’hui et correspondre au rôle qui incombe à la future reine de beauté. On porte de l’attention sur la façon de se mouvoir, l’éloquence et le parcours de la jeune femme », nous expliquait la directrice dans un article consacré à la fascination des miss.  Leur temps de parole a d’ailleurs été allongé. « Cette épreuve est parfois décisive pour les candidates », affirme Sylvie Tellier. L’esthétique des jeunes femmes se combine à la personnalité. Le comité du concours Miss America a préféré remplacer le défilé en robe du soir par un exercice d’éloquence durant lequel les jeunes femmes sont habillées de la tenue de leur choix. Pour Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté, « c’est surtout une manière de rendre la question du jugement esthétique plus floue et de rendre le concours socialement acceptable ». On attend aujourd’hui de la future Miss France qu’elle soit capable d’argumenter et de s’informer sur l’actualité. « J’élabore avec mes équipes le test de culture générale. Une note en-dessous de la moyenne est pour moi éliminatoire », explique Sylvie Tellier. Une épreuve qui existait déjà aux débuts du concours mais que l’ancienne Miss France 2002 a adapté en s’appuyant sur l’actualité.  (…) Une niveau d’exigence accru en adéquation avec l’augmentation du niveau d’études des candidates. Il faut remonter jusqu’en 2000 pour trouver une Miss qui n’a pas obtenu le baccalauréat. Les diplômes seraient-ils devenus un critère de sélection non-officiel pour espérer décrocher la couronne ? Pour Sylvie Tellier, c’est surtout « le reflet de la massification scolaire ». (…) Depuis 2017, les miss bénéficient de cours de bonnes manières enseignés par Jérémy Côme, auteur de L’Art de maîtriser les codes pour se sentir bien partout en toutes circonstances (éd. Michel Lafon). La future ambassadrice doit être capable de se comporter en parfaite maîtresse de maison et se doit d’être élégante en toute circonstance. Si l’on a envie de crier au sexisme, Jérémy Côme voit plutôt son intervention comme une manière « d’enlever du stress » à la future gagnante. « Je leur donne des tuyaux pour trouver de l’assurance, pour maîtriser l’art de la conversation notamment devant des assemblées -que ce soit pour remettre un prix aux NRJ Music Awards ou pour participer à l’inauguration d’un musée en local-, pour avoir une bonne posture quand on est face à quelqu’un », explique-t-il au site Pure People. Il ajoute également qu’une Miss doit « savoir être chaleureuse, ponctuelle, soignée. Il ne faut pas parler de soi. Globalement, elles n’ont pas besoin de parler d’elles puisqu’on sait qu’elles sont Miss. » Peut-on manger ou non sa salade avec un couteau, à quelle heure arriver à un dîner, comment déguster des huîtres ou qu’apporter à un hôte à l’occasion d’un repas font également partie des conseils distillés par le spécialiste. L’épreuve du passage en bikini cristallise les accusations de sexisme des associations féministes à l’encontre du concours Miss France.  Un défilé supprimé de l’élection Miss America l’année dernière mais qui sera maintenu dans la version française du concours. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection », souligne Sylvie Tellier.  L’épreuve du bikini est récente en France : elle n’a été mise en place qu’après la démission de Geneviève de Fontenay de son titre de directrice du comité Miss France en 2010. Le défilé est d’ailleurs critiqué chaque année par la dame au chapeau qui réclame le retour du maillot une pièce. (…) Le système de vote a été modifié après le départ de Geneviève de Fontenay pour l’élection de Miss France 2010. Le jour du concours, douze miss ont déjà été désignées par le jury -présidé cette année par l’actrice de 90 ans, Line Renaud- durant la semaine précédant l’élection. Pour la sélection des cinq finalistes, se mêlent le vote du public et celui du jury, composé de six célébrités. Enfin, pour déterminer la gagnante et les dauphines, les compteurs sont remis à zéro et c’est uniquement aux téléspectateurs de voter. Lancé en 1993, l’élection de Mister France, le versant masculin, peine à se faire une place sur la scène médiatique. « C’est un spectacle qui ne prend pas. La notion de compétition autour de la beauté de l’homme n’est pas assez enracinée dans notre Histoire », explique l’anthropologue Élisabeth Azoulay, qui a dirigé l’ouvrage 100 000 ans de beauté (éd. Gallimard). Il y a des choses qui ne changent pas. L’Express
Le 15 décembre, une nouvelle jeune française sera couronnée Miss France de l’année 2019. Pour la 89e année consécutive, le concours de beauté le plus célèbre de l’hexagone élira « la plus belle femme de France » devant plusieurs millions de téléspectateurs (7 millions lors de l’édition précédente). Pourtant, l’heureuse élue reste encore très éloignée du physique de la femme française. Pour devenir Miss France, plusieurs critères très précis sont à respecter. Les candidates doivent avoir entre 18 et 24 ans, être françaises de naissance (ou naturalisées) célibataires, ni veuves ni pacsées, sans enfant. Côté physique, elles doivent mesurer au minimum 1m70, ne pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique, ne pas avoir de tatouage visible, de piercing, perruque, faux-cils ou autre « artifice tendant à transformer son aspect naturel », comme il est inscrit dans le règlement officiel. Si la liste des recommandations s’étend sur plusieurs pages, un critère important n’est jamais mentionné : le poids minimum ou maximum des futures Miss. France 24
Le critère n’existe pas, c’est sans doute qu’il n’y a aucune justification socialement acceptable par les personnes qui organisent les concours. Cela n’empêche pas les personnes qui sont engagées dans des concours – et une partie au moins de celles qui les regardent – de considérer qu’avoir un poids ‘moyen’ (relatif à la taille minimale de 1m70) est un critère de beauté et d’élégance. (…) Les processus de sélection dans les concours ne sont pas extérieurs à la société dans laquelle ils s’insèrent. Les jurés, tout comme les candidates qui évaluent leurs chances – et peuvent parfois s’auto-éliminer – sont évidemment influencés. (…) Il y a eu dans l’histoire des élections de Miss, et plus largement de la beauté, un souci de la mesure du corps et des critères de beauté. (…) Le changement pourrait venir du bas. J’ai déjà assisté à des concours locaux qui avaient éliminé le défilé en maillot de bain lors d’une ou deux éditions. Camille Couvry (Université de Rouen)
Il y a des différences entre les régions mais il est clair qu’en envoyant des photos de soi, on donne déjà une indication de ses mensurations. Ce ne sont pas seulement les comités qui votent, mais aussi le public, à 50 – 50. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça changerait peut-être. Il n’y a pas de régime imposé mais une observation de comment on se nourrit, ce que l’on choisit au buffet de l’hôtel par les chaperons. Si l’on se ressert plusieurs fois, ça va être remarqué. (…) C’est l’inconscient collectif qui valide des normes de beauté. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça pourrait changer. Pauline Darles (Miss Ile-de-France 2011)
Les métisses sont un peu plus visibles cette année dans le concours et représentent une tendance de fond de la société française, rappelle l’autrice. C’est assez intéressant parce que ça montre la réalité de la société française qui est mélangée quoi qu’on veuille nous faire croire, issue de vagues d’immigration​ très anciennes. Un Francais sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui n’est pas né en France. C’est révélateur du métissage progressif de la société française.  Elles viennent toutes plus ou moins de la classe moyenne, et les vagues d’immigration sont souvent dans les classes populaires. Là, le fait que la plupart de ces jeunes femmes soient de classe moyenne montre l’intégration des anciens immigrés à la société française. Ces jeunes filles sont un vrai panel de ce qu’est la société française. (…) C’est un concours lié à l’apparence. Montrer davantage de femmes noires dans ce cadre ne lutte pas contre les stéréotypes parce que ça rentre dans les stéréotypes de la femme et encore plus de la femme noire [une femme très érotisée dans l’imaginaire collectif]. Il faudrait un concours sur la personnalité, le charme, la façon de s’exprimer en public, pas que sur la beauté pour que ça lutte contre les stéréotypes. Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision, pas que dans les concours de beauté et dans le foot. Jessie Magana (autrice d’ouvrages jeunesse autour de la lutte contre les stéréotypes et le sexisme)
“Miss America 2.0.” The new version of the 97-year-old pageant, Carlson and its other organizers announced, will aim to be “empowering.” And “inclusive.” And “transparent” about its own workings. “We are no longer a pageant,” Carlson said on Good Morning America. “We are a competition.”Which means, among other things, as the Times’ and so many other headlines emphasized on Tuesday morning: no more swimsuits. (Which means, even more specifically: no more bikinis.) And also: no more mandatory evening gowns. Instead, contestants will be able to choose clothing that “makes them feel confident, expresses their personal style, and shows how they hope to advance the role of Miss America.” The Tracy Flicks will have their moment. “We want you,” Carlson told prospective pageant participants, “and we want to celebrate your accomplishments and your talents and then we want to hand you scholarships.The updates are a combination of admirable and inevitable. Miss America 2.0, after all, steps onto the American stage after a scandal that involved the publication of misogynistic emails exchanged among Sam Haskell, then the CEO of the pageant organization, and his staffers: notes that critiqued the intelligence—and the sexual behaviors—of pageant contestants. Miss America 2.0 arrives, as well, after news organizations reported on the ways the pageants of Miss America’s fellow organizations, Miss Teen USA and Miss Universe, allegedly served as hunting grounds for their former owner Donald Trump. (…) On the one hand, there is Miss America, the organization that declares, “Miss America is more than a title, it’s a movement of empowering young women everywhere to achieve their dreams” … and on the other, there is Miss America, the show that equates the fulfillment of dreams with the ability to fill out a bikini top.The pageant began as a marketing ploy—in 1921, business owners in Atlantic City, looking for ways to extend the summer season, established a September competition that sought to find “The Most Beautiful Bathing Girl in America”—and the event that was eventually dubbed the “Miss America” pageant remains true to that initial vision. The event that still takes place in late summer is an extended advertisement not for taffy shops on the boardwalk, or even for particular Beautiful Bathing Girls, but indeed for the opposite: for the Beautiful Bathing Girl, as a general idea. For feminine beauty itself—as a standard. As a structure. As a set of rigidly enforced rules. (…) What might a pageant, shed of the myth, actually look like? When Gretchen Carlson announces that Miss America 2.0 will help young women “learn leadership skills and pay for college and be able to show the world who you are as a person from the inside of your soul” … what, realistically, will that mean? Will Miss America become a speech contest? Will it become a talent show? An essay competition? A spelling bee? A platform for young women to share their visions for a better world—ted, but with better clothes? The NewYorker
Fifty years ago, the swimsuit-wearing beauties of the Miss America pageant were confronted with a spectacle on the Atlantic City boardwalk: 100 feminists throwing bras, girdles, curling irons, false eyelashes and other “instruments of female torture” into a trash can labeled “Freedom.” The protesters had planned to set the can on fire but could not get the right permits — so, alas, no bras were burned that summer day, though it is the origin of the term “bra burning.” They were condemning what even then they saw as an antiquated institution, which had mostly male judges scrutinize women’s bodies, women of color at one point not allowed to compete, corporations profiting on the event, and three in four American households watching it all happen on television. “Everybody tuned into Miss America back then — this was like the Oscars,” said the author Alix Kates Shulman, 85, one of the organizers of that 1968 protest. Fifty years later, it appears that #MeToo has done what a protest could not: eradicate one of the most derided aspects of the competition, the swimsuit. The Miss America Organization — whose chief executive resigned in December over lewd emails and whose new chairwoman, Gretchen Carlson, once sued Fox News for sexual harassment — on Tuesday announced it would scrap both the swimsuit and evening gown portion of the competition, replacing them with “a live interactive session with the judges” in which a contestant “will highlight her achievements and goals in life.” (…) The changes will take effect at the national finals, again in Atlantic City, in September. State and local competitions will follow suit after that, but they are likely to continue including swimsuits during the current season. Ms. Carlson said the decision was made in March by a unanimous vote from the organization’s leadership committee. This, of course, is Miss America’s new leadership committee, the one appointed after chief executive Sam Haskell was ousted and replaced by a woman, and a new board was reappointed. Seven of the nine board members are women. (…) Contestants take part in community service, and the organization said it awarded more than $2 million in scholarships last year. But swimsuits have for at least as long defined the pageant — and been at the heart of the debate over its place in American culture. “Speaking for myself, when I competed 20 years ago, I found the swimsuit competition oddly empowering, because once I could walk across the stage in a two-piece swimsuit and high heels I could do just about anything,” said Kate Shindle, the 1998 Miss America who is now a board member of the organization. “But I also don’t think I processed everything at the time. It’s strange — it gives strangers a kind of ownership over your body that you don’t quite anticipate.” The Miss America competition began in Atlantic City in 1921 — one year after women gained the right to vote in the United States — as a way to extend the summer tourist season beyond Labor Day. It “was, literally, about the use of women’s bodies to sell a product — or a place,” the author Jennifer Weiner recently wrote in a column in The New York Times. At the time, it was not only rare to see a woman in a swimsuit in public, it was barred — and so the event, with eight contestants, required the temporary suspension of a ban on revealing beachwear. It was all beauty pageant until 1936, when a talent portion was added. The competition was limited to never-married women ages 18 to 28, and for a time, until 1940, it was written in the guidelines that they must be “of good health and of the white race.” The organization would not have its first African-American winner until Vanessa Williams earned the 1984 crown. “The Miss America state and national process was — and maybe still is — the single largest source of scholarship money for women in the U.S., yet the crucial requirements were physical, not intellectual,” the author and feminist Gloria Steinem said in an interview on Tuesday. “If the same were true for men, people would be saying, ‘No wonder China is winning!’” “It’s not just the bathing suits, it’s physical appearance, irrelevant talents and, until very recently, being white,” Ms. Steinem added. “It’s also less about being unique than conformist.” (…) And in 1995, Miss America encouraged its viewers to call a 1-900 number to say whether swimsuits should be scrapped: two out of three said no. “We are not stupid,” Leonard Horn, then the organization’s chief executive, said in 1993. “We are very sensitive to the fact that the swimsuit competition has always been our Achilles’ heel. The swimsuit competition has been controversial since the early 1920s, but it’s been retained because the majority of the people like it.” Appearing on ABC News to announce the change on Tuesday, Ms. Carlson declared, “We are not going to judge you on your outward appearance.” But it is hard to imagine what Miss America would be without conventional beauty standards at its core. The 2017 Judges’ Manual lists the qualities and attributes required of titleholders, in this order: “beautiful, well-spoken, intelligent, talented, able to relate to young people, reflective of women her age (she should not be a 35-year-old trapped inside a 20-year-old body), charismatic, dynamic/energetic — that ‘IT’ quality that is so hard to define, mature enough to handle the job and all of its responsibilities, comfortable ‘in her own skin,’ manageable, punctual and flexible.” “The American public has an expectation that she will be beautiful and physically fit,” the manual continues. “This is the same expectation they have for all of their celebrities, from music and film to sports, and Miss America is no exception. You must look at her physical beauty as well as her physical fitness. » (…) Tuesday’s announcement was quickly added to the lengthy list of stunning changes that have reverberated through Hollywood, politics and workplaces around the world in the wake of #MeToo. It was a ripple effect, so to speak — one that expanded the conversation from sexual harassment to the larger way that women’s bodies are viewed and consumed. Still, it seemed like a small step to some. “If Miss America wants to get out of the sexism game, it should probably end Miss America,” the writer Jill Filipovic posted on Twitter. NYT
Les candidates à l’élection Miss America ne défileront pas en bikini lors de la prochaine édition du concours. Dans un communiqué publié le 5 juin, les organisateurs ont annoncé la suppression de la présentation des candidates en maillot de bain qui comptait pour 10% de la note finale. Elle est remplacée par un dialogue avec les membres du jury. Le temps pour les participantes d’évoquer les causes pour lesquelles elles souhaiteraient s’investir si elles étaient élues. Autre changement dans les règles du concours dont l’édition 2019 sera diffusé le 9 septembre prochain sur la chaîne américaine ABC, le passage des jeunes femmes en robe de soir -15% de la note finale- deviendra une présentation des candidates, habillées dans une tenue de leur choix. Gretchen Carlson, gagnante du concours Miss America en 1989 et nommée présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization affiche clairement sa volonté de nettoyer l’élection de son image sexiste. (…) Une prise de décision qui ne trouve pas écho auprès de Sylvie Tellier. (…) Impossible pour la directrice de l’Organisation Miss France d’envisager le concours annuel sans le défilé en robe couture ou sans le passage en maillot de bain. (…) Mais peut-on encore parler de concours de beauté si la majorité des critères pour remporter l’élection tendent à s’orienter sur des qualités intellectuelles et sur la personnalité plus que sur le physique ? (…) En France aussi, les règles ont évolué. Une note inférieure à la moyenne au test de culture générale est éliminatoire. (…) Le temps de parole consacré aux Miss a été augmenté et c’est désormais le vote des téléspectateurs à 100% qui décide de la gagnante. (…) Le niveau d’études des candidates a lui aussi augmenté. Il faut remonter le temps jusqu’en 2000 pour trouver une gagnante qui n’a pas obtenu le bac. Ces dernières années, la grande majorité des jeunes femmes en lice pour remporter la couronne étaient diplômées d’un BTS, d’une licence ou d’un master. Marine Lorphelin -Miss France 2013- était étudiante en médecine, Iris Mittenaere -Miss France 2016- étudiante en cinquième année de chirurgie dentaire et plus récemment Maëva Coucke – actuelle Miss France 2018- est étudiante en licence de droit. Les diplômes sont-ils devenus un critère de sélection pour redorer le blason d’un rendez-vous qui a mauvaise presse du côté des féministes ? (…) L’appréciation physique tend à être reléguée au second plan, pour laisser place à une recherche de personnalité. (…) L’actualisation des règles du concours de Miss America est aussi une façon de s’adapter -sous-couvert de féminisme- à une évolution de la représentation des femmes dans notre société. Sylvie Tellier s’interroge sur la sincérité de l’organisation américaine à l’origine de la polémique (…) Paradoxalement, les critères de sélection pour se présenter au concours de Miss France, eux, ne bougent pas d’un iota. Il faut avoir entre 18 et 24 ans, mesurer minimum 1m70 et n’avoir jamais eu recours à la chirurgie esthétique. La personnalité et les éventuels engagements des jeunes femmes sont évidemment un plus, mais ne sont pas mentionnés dans le règlement. L’évaluation du corps des femmes demeure omniprésente dans ce type de concours, même si l’on supprime le défilé en bikini. (…) Les Miss ne sont plus soumises à la maxime « sois belle et tais toi ». L’art oratoire en France et la maîtrise d’un talent artistique aux Etats-Unis -chant, théâtre- pèsent considérablement dans la balance. Si la beauté est un avantage considérable et demeure une condition sine qua non pour accéder à ce type de concours, cela ne suffit plus. L’Express

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

Jury entièrement féminin, présidé par Line Renaud, moitié des candidates noires, métisses ou issues de l’immigration dont la gagnante, costumes sexy de super-héroïnes, capes couvertes de slogans féministes (« Yes women can », « Fight for your rights »), musiques de girl power (Spice Girls, Destiny’s Child) …

Au lendemain d’une bientôt centenaire élection Miss France

Qui met fin non seulement à la propre malédiction de surpoids de la gagnante

Et à 20 ans de malédiction des candidates tahitiennes « éternelles dauphines du concours » …

Mais envisage déjà, six mois après Miss America, la suppression de l’épreuve du maillot de bain …

Comment ne pas voir

Après la cantatrice, digne d’un bal de débutante, de Miss America en septembre dernier

Et cette élection d’une titulaire – multiculturelle comme il se doit elle aussi du côté français – d’un master en management …

Face, sur fond de crise de gilets jaunes vite oubliée, à celles qui n’avaient que leur physique …

La domination désormais non plus seulement physique et sociale (minceur comprise) …

Mais proprement intellectuelle de la classe moyenne supérieure diplômée ?

Concours de beauté

L’épreuve du bikini est-elle indispensable aux Miss ?

Les organisateurs de l’élection Miss America ont décrété la fin du passage en maillot de bain des candidates.

Camille Moreau

Les candidates à l’élection Miss America ne défileront pas en bikini lors de la prochaine édition du concours. Dans un communiqué publié le 5 juin, les organisateurs ont annoncé la suppression de la présentation des candidates en maillot de bain qui comptait pour 10% de la note finale. Elle est remplacée par un dialogue avec les membres du jury. Le temps pour les participantes d’évoquer les causes pour lesquelles elles souhaiteraient s’investir si elles étaient élues.

Autre changement dans les règles du concours dont l’édition 2019 sera diffusé le 9 septembre prochain sur la chaîne américaine ABC, le passage des jeunes femmes en robe de soir -15% de la note finale- deviendra une présentation des candidates, habillées dans une tenue de leur choix.

« Nous ne sommes plus un concours de beauté »

Gretchen Carlson, gagnante du concours Miss America en 1989 et nommée présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization affiche clairement sa volonté de nettoyer l’élection de son image sexiste. « Nous ne sommes plus un concours de beauté, nous sommes une compétition », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Et Regina Hopper, présidente de Miss America d’ajouter : « Le nouvel objectif de Miss America est de préparer de grandes femmes pour le monde, et de préparer les grandes femmes au monde. »

Une prise de décision qui ne trouve pas écho auprès de Sylvie Tellier. « J’ai du mal à saisir le sens de ces déclarations. Si ce n’est plus un concours de beauté alors il faudrait définir ce que c’est. Une compétition d’éloquence, de talent, de chant ? » Impossible pour la directrice de l’Organisation Miss France d’envisager le concours annuel sans le défilé en robe couture ou sans le passage en maillot de bain. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection. »

Une évolution des critères de sélection

Mais peut-on encore parler de concours de beauté si la majorité des critères pour remporter l’élection tendent à s’orienter sur des qualités intellectuelles et sur la personnalité plus que sur le physique ? C’est en tout cas ce « qui permet de rendre le concours socialement plus acceptable », explique Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté.

En France aussi, les règles ont évolué. Une note inférieure à la moyenne au test de culture générale est éliminatoire. « Avant le test de culture générale importait peu, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La future Miss France a un rôle d’ambassadrice même si on ne fait pas de politique », souligne Sylvie Tellier. Le temps de parole consacré aux Miss a été augmenté et c’est désormais le vote des téléspectateurs à 100% qui décide de la gagnante. « L’interview au micro fait souvent basculer les voix, preuve que les téléspectateurs ne sont pas uniquement dans une recherche esthétique », ajoute la directrice du comité Miss France.

Le niveau d’études des candidates a lui aussi augmenté. Il faut remonter le temps jusqu’en 2000 pour trouver une gagnante qui n’a pas obtenu le bac. Ces dernières années, la grande majorité des jeunes femmes en lice pour remporter la couronne étaient diplômées d’un BTS, d’une licence ou d’un master. Marine Lorphelin -Miss France 2013- était étudiante en médecine, Iris Mittenaere -Miss France 2016- étudiante en cinquième année de chirurgie dentaire et plus récemment Maëva Coucke – actuelle Miss France 2018- est étudiante en licence de droit. Les diplômes sont-ils devenus un critère de sélection pour redorer le blason d’un rendez-vous qui a mauvaise presse du côté des féministes ? Pour Sylvie Tellier, « c’est surtout le reflet de la massification scolaire ».

Laisser plus de place à la personnalité

L’appréciation physique tend à être reléguée au second plan, pour laisser place à une recherche de personnalité. « Il y a une injonction à affirmer son ‘je’. Il faut être capable de monter sur scène et prouver que l’on est la meilleure, que l’on est engagée. Pour le moment ce tempérament self-woman est surtout américain, dans la version française nous n’avons d’ailleurs pas de compétition de talents », note Camille Couvry.

L’actualisation des règles du concours de Miss America est aussi une façon de s’adapter -sous-couvert de féminisme- à une évolution de la représentation des femmes dans notre société. Sylvie Tellier s’interroge sur la sincérité de l’organisation américaine à l’origine de la polémique : « Je connais bien l’élection de Miss USA, à ne pas confondre avec l’élection de Miss America qui est moins médiatisée. C’est peut-être un levier d’action pour revenir sur le devant de la scène. »

La question esthétique, toujours bien présente

Paradoxalement, les critères de sélection pour se présenter au concours de Miss France, eux, ne bougent pas d’un iota. Il faut avoir entre 18 et 24 ans, mesurer minimum 1m70 et n’avoir jamais eu recours à la chirurgie esthétique. La personnalité et les éventuels engagements des jeunes femmes sont évidemment un plus, mais ne sont pas mentionnés dans le règlement.

L’évaluation du corps des femmes demeure omniprésente dans ce type de concours, même si l’on supprime le défilé en bikini. « On veut que la question du jugement esthétique soit plus floue, mais elle ne recule pas, estime Camille Couvry. Elle est simplement davantage combinée à la personnalité. » Les Miss ne sont plus soumises à la maxime « sois belle et tais toi ». L’art oratoire en France et la maîtrise d’un talent artistique aux Etats-Unis -chant, théâtre- pèsent considérablement dans la balance. Si la beauté est un avantage considérable et demeure une condition sine qua non pour accéder à ce type de concours, cela ne suffit plus.

Voir aussi:

Pour Miss France, Sylvie Tellier ne compte pas suivre l’exemple de Miss America sur les défilés en maillot de bain

À compter de la prochaine édition, les participantes américaines ne défileront plus devant les juges ni en maillot de bain, ni en robe de soirée
Valentin Etancelin
Huffpost
05.06.2018

MISS – Aux États-Unis, le comité d’organisation de Miss America a fait paraître une annonce importante, ce mardi 5 juin. À compter de la prochaine édition de la compétition, qui doit se tenir le 9 septembre à Atlantic City, les participantes ne défileront plus devant les juges ni en maillot de bain, ni en robe de soirée.

À la place, les 50 concurrentes de chaque État devront se présenter pour parler de leurs passions, de leurs engagements, de leur motivations et de leur vision du poste auquel elles aspirent de la manière qu’elles souhaitent. Autrement dit: dans des vêtements avec lesquels elles se sentent à l’aise et en sécurité, afin que leur tenue vestimentaire ne détourne pas l’attention de leurs propos.

En France, lors de la dernière cérémonie, plusieurs internautes s’étaient offusqués sur les réseaux sociaux et avaient dénoncé l’aspect sexiste des défilés de Miss en maillot de bain. Cette annonce pourrait-elle s’appliquer dans l’hexagone? Il semblerait que non. Contactée par Le HuffPost, Sylvie Tellier, ancienne détentrice du titre et actuelle directrice de la société Miss France, confirme que ce n’est pas à l’ordre du jour.

« Le concours de Miss France rassemble de nombreux téléspectateurs, explique cette dernière. C’est un programme qui fédère et plaît beaucoup aux Français. Ils sont attachés à ces éléments, aux robes de princesse, notamment. »

« Défiler en maillot de bain et être féministe »

Au sujet des bikinis, pour elle, la question ne se pose même pas. « Pour reprendre les propos d’Eva Colas [Miss Corse 2017, NDLR], on peut défiler en maillot de bain et être féministe », considère Sylvie Tellier. Elle ajoute: « On n’a jamais obligé une jeune femme à faire ce qu’elle ne voulait pas faire. Elles sont libres de choisir le maillot de bain ou la robe qu’elles veulent porter. »

La responsable du concours émet quelques réserves à la suite de l’annonce du comité de Miss America. « Ce n’est pas une révolution, affirme-t-elle. Qu’est-ce qu’il se passe si une concurrente a envie de défiler en maillot de bain? »

D’après les propos de Gretchen Carlson, actuelle présidente du conseil d’administration de l’organisation américaine, rien n’empêche les prétendantes au titre de défiler de la sorte. C’est à elles-seules de décider de la tenue dans laquelle elles veulent apparaître: en jean, en jupe, en robe, ou en bikini. Ça ne dépend que d’elles.

Voir également:

Miss France 2019 : douze super-héroïnes sexy

Paris Match

Cette année, pas de défilé en bikini. À la place, les douze finalistes ont enfilé des tenues de super-héroïnes… très sexy.

Des body moulants et flashy au décolleté plongeant ont remplacé les maillots de bain deux pièces. En effet, pas de défilé en bikini cette année. À la place, les douze demi-finalistes du concours Miss France 2019 ont enfilé des tenues de super héroïnes… très sexy. Façon Wonder Woman, elles ont déambulé sur la scène du Zenith de Lille, capes couvertes de slogans féministes sur le dos. «Yes women can» (traduction : «Oui, les femmes peuvent») ou encore «Fight for your rights» («Battez-vous pour vos droits») a-t-on ainsi pu lire. Le tout sur les musiques des Spices Girls, «Wannabe», ou encore des Destiny’s Child, «Survivor».

Sur scènes, les candidates ont été rejointes par Miss France 2018 Maëva Coucke, en body argenté, avec une cape simplement ornée des mots «Miss France». Après un an de règne, la Miss Nord-Pas-de-Calais 2017 posera la couronne sur la tête de celle qui lui succèdera. «J’aurais aimé rester Miss France encore un peu», nous a confié Maëva Coucke, à quelques heures du début de la cérémonie.

Parmi les trente candidates régionales, seules douze ont été sélectionnées en demi-finale et pourront faire partie des cinq finalistes. Voici la liste des demi-finalistes :
– Miss Guadeloupe, Ophély Mezino ;
– Miss Provence, Wynona Gueraïni ;
– Miss Nord-Pas-de-Calais, Annabelle Varane ;
– Miss Limousin : Aude Destour ;
– Miss Ile de France : Alice Querette ;
– Miss Franche Compté : Lauralyne Demesmay ;
– Miss Tahiti : Vaiamala Chaves ;
– Miss Lorraine : Emma Virtz ;
– Miss Aquitaine : Carla Bonesso ;
– Miss Réunion : Morgane Soucramanien ;
– Miss Côte d’Azur : Caroline Perengo ;
– Miss Languedoc : Lola Brengues.

Bal des Débutantes : « Sans mon QI, je n’aurais pas été invitée », dit une participante

INVITÉE RTL – Lauren Marbe, une jeune Anglaise dotée d’un quotient intellectuel de 161 participe ce samedi à son premier Bal des Débutantes.

C’est une tradition de la noblesse européenne qui revit depuis quelques années. Lors du Bal des Débutantes samedi, une vingtaine de jeunes filles « bien nées » d’horizons différents feront leur entrée dans l’aristocratie sous les lambris de l’Automobile club de France. Parmi elles, Lauren Marbe, une jeune Anglaise qui participera à son premier Bal. Du haut de ses 17 ans, son profil tranche avec celui des autres filles : son quotient intellectuel est plus élevé que celui d’Einstein.

Un QI de surdouée

Avec 161 de quotient intellectuel, Lauren Marbe fait figure de surdouée. « Sans mon QI, je n’aurais pas été invitée », assure la jeune fille au micro de RTL. Lauren a pris conscience de ses prédispositions après avoir passé le test de Mensa, un club international regroupant des personnes obtenant des scores parmi les 2% les plus élevés aux tests d’intelligence.

« Je n’y croyais pas quand on me l’a dit. Quand je suis rentrée chez moi et que je l’ai dit à ma mère elle n’a pas réalisé. Mais quand mon professeur l’a appelée pour expliquer les résultats on a compris que c’était une bonne chose », explique-t-elle.

Entre stress et excitation

Si sa vie « n’est plus du tout la même » depuis, la jeune Anglaise ne se sens pas différente des filles de son âge pour autant. « Je pense que je suis toujours la même personne. Je ne passe pas mon temps à le crier sous tous les toits. Je n’ai pas envie de passer pour celle qui a la grosse tête », confie-t-elle.

Samedi, Lauren participera à son premier Bal. Une intronisation dans le monde, selon la formule consacrée, que la jeune fille attend avec impatience. « J’ai vraiment hâte d’y être. Plus la soirée approche, plus je suis excitée et stressée. Je pense que ça va passer au moment du bal. Je vais essayer d’en profiter au maximum et de ne pas me prendre la tête. Ce qui m’effraie, c’est de me retrouver dans un univers totalement nouveau pour moi mais je vais faire ce que je peux« , lâche-t-elle.

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Le traditionnel Bal des débutantes réunira, samedi, vingt jeunes filles triées sur le volet ainsi que leurs familles au très prestigieux Automobile Club de France, place de la Concorde, à Paris.

Elles ont déjà tout et pourtant elles rêvent de ce bal depuis qu’elles sont toutes petites. Inspiré d’une tradition aristocratique européenne, le Bal des débutantes de Paris, le plus renommé, donné cette année au profit de l’association Enfants d’Asie, se déroulera, samedi 30 novembre, à l’Automobile Club de France. Ce grand évènement mondain permet à vingt jeunes filles d’une douzaine de pays, triées sur le volet, de faire leur « entrée » dans le monde, comme l’exigeait le protocole dans les cours royales.

Principales conditions d’éligibilité : avoir entre 16 et 22 ans, être jolie et surtout pouvoir rentrer dans les robes prêtées par les maisons de haute couture comme Dior, Chanel ou Armani. Autant dire que passé le 38, c’est fichu. Mais ces trois conditions ne suffisent pas. Si vous voulez danser la valse avec le gratin ou goûter aux petits plats du chef étoilé Christopher Hache, il vous faudra correspondre à un ou plusieurs des critères suivants.

Descendre d’une grande famille aristocratique

Rares sont les élues à pouvoir enfiler les Louboutin pour participer au Bal des « déb ». Tradition oblige. A l’origine, les jeunes filles issues de la noblesse du Royaume-Uni attendaient impatiemment leur dix-huitième anniversaire afin de se présenter devant la reine au bras de leur père.

Si vous descendez d’une grande famille aristocratique ou, mieux, d’une famille royale, il vous sera donc plus facile de décrocher une invitation. Cette année, la Grande-Bretagne est représentée par Lady Amelia Windsor, dont le grand-père est Edward, duc de Kent et cousin germain de la reine Elizabeth II.

Etre fille d’acteur, d’industriel ou de magnat de la presse

Aux côtés de ces jeunes pousses de l’aristocratie, les filles d’acteurs et de réalisateurs sont de plus en plus souvent invitées. Samedi, Romy David, fille du producteur et acteur américain Larry David, sera de la partie. Ces dernières années, les filles de Rosanna Arquette, de Luc Besson, de Bruce Willis, de Clint Eastwood, de Sylvester Stallone ou encore d’Andie MacDowell ont pu s’illustrer à la valse, sous les ors de l’hôtel de Crillon.

Mais les filles de riches industriels ou d’hommes d’affaires ne sont pas en reste. Zoe Springer, petite-fille, très tatouée, du magnat de la presse allemand Axel Springer, compte parmi les débutantes de 2013.

Etre intelligente ou connue pour soi-même

Ophélie Renouard, qui a créé en 1992 la version contemporaine de ce bal, tombé dans les oubliettes après 1968, l’assure à francetv info : « La richesse n’est pas un critère de sélection. Tout est payé par les sponsors donc peu importe la fortune de ces jeunes filles. Ce qui compte le plus, c’est de réunir des familles d’univers différents. »

Cette année, le rôle de Cendrillon sera tenu par Lauren Marbe, dont Paris Match a fait le portrait. Cette fille d’un chauffeur de taxi londonien aura l’occasion de découvrir un monde qu’elle côtoie peu. Invitée pour son talent et non pour son patronyme, cette lycéenne britannique de 17 ans est devenue célèbre pour son QI Mensa de 161, supérieur à celui d’Einstein.

Savoir se tenir en société et ne pas avoir fait de sex-tape

Aussi riche, célèbre et « fille de » soit-elle, Paris Hilton a été recalée du Bal des débutantes. Pas assez classe pour participer. La plupart des filles ne postulent même pas pour être choisies. L’organisatrice Ophélie Renouard s’enorgueillit d’avoir acquis, au fil des ans, un réseau suffisant pour pouvoir inviter les jeunes filles « bien nées » du monde entier. Mais quelques audacieuses tentent malgré tout leur chance et se voient régulièrement refuser l’entrée.

Ophélie Renouard, qui a toujours le dernier mot sur le choix des « déb », reçoit près d’une centaine de candidatures par an. Parfois complètement farfelues, « comme cette fille qui postule en arguant : ‘j’ai 30 ans mais je ne les fais pas' », raconte-t-elle. « Nous choisissons essentiellement des jeunes filles bien éduquées et studieuses, qui font de bonnes études. »

Savoir danser la valse

Que serait un bal sans valse ? « C’est ce qui effraie le plus les filles. Certaines prennent des cours à l’avance pour apprendre à danser la valse. Nous n’organisons qu’une seule répétition de deux heures le vendredi soir, veille du bal », explique Ophélie Renouard.

Cette année, c’est Kyra Kennedy, la petite-nièce du président John F. Kennedy (ici interviewée par Paris Match), qui ouvrira le bal au bras de son père. Même si une ambiance musicale plus moderne succède aux valses, vers la fin de la soirée, il vaut donc mieux avoir pris quelques cours pour ne pas se prendre les pieds dans sa robe Chanel.

Etre l’un des cavaliers

Pas de bal sans cavaliers, bien sûr. Les filles ont le choix d’amener le leur. « Avant, la moitié des filles venaient accompagnées. Dorénavant, elles sont paresseuses et la plupart préfèrent que je trouve moi-même leur cavalier », s’amuse Ophélie Renouard. Si vous êtes beau, riche, bien élevé et de bonne famille, vous avez une chance d’être choisi.

Parmi les chevaliers servants, cette année, Anthony Ghosn, 19 ans, fils du PDG de Renault Carlos Ghosn, arrivera au bras d’une jeune Hongkongaise. Amaury de Bourbon-Parme et Pierre de L’Espée, deux jeunes aristocrates, sont eux aussi conviés. Les cavaliers qui font forte impression sont invités à revenir d’une année sur l’autre.

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Debutante balls reinvent themselves as highly exclusive social networking events

The tradition has been reinvented in Paris, London and New York, and has even sparked new editions in Shanghai

Vivian Chen

Eleanor Lam is no stranger to high society’s glitter and glamour. Her father is entertainment tycoon Peter Lam, and her mother is actress-turned-socialite Lynn Hsieh. Lam is used to being in the spotlight but, even for her, the Parisian Le Bal des Débutantes was a once-in-a-lifetime experience. « It’s a night filled with glamour and excitement and, of course, gorgeous gowns, » she says. « Any girl would enjoy being dolled up and trying on fabulous gowns. »

Lam was among the 24 young women from around the world invited to the ball held last November at the heritage Hotel Raphael in the heart of Paris.

On the night of the ball, the debs (debutantes) were dressed in lavish haute couture gowns created by top fashion houses the likes of Dior, Elie Saab and Giambattista Valli. After spending hours with a small army of make-up artists and hairstylists to perfect their looks, the debs make their entrance on the arms of their cavaliers and waltz the rest of the night away.

While the original purpose of debutante balls – to introduce well-presented young women from upper-class families to society as well as to potential husbands – might have lost its cultural relevance, modern debutante balls have reinvented themselves as highly exclusive social networking events that not only appeal to eligible socialites, but also to luxury brand sponsors.

The tradition has been reinvented in Paris, London and New York, and has even sparked new editions in Shanghai. In addition to the Parisian Le Bal, another prominent debutante ball in the 1960s and ’70s – The London Season – was revived by former deb Jennie Hallam-Peel in 2007.

In 2011, Hallam-Peel helped Chinese socialite Vivian Chow Wong launch the Shanghai International Debutante Ball. The first edition of the Shanghai ball took place at the heritage Waldorf Astoria hotel on the Bund and has since moved to the nearby Peninsula Hotel. Luxury brands such as jeweller Chaumet and French luxury beauty brand Guerlain are among the headline sponsors for the event.

« The introduction of international debutantes enhances the social life and experience of all participants. It also [promotes] international understanding, » says London Season organiser Hallam-Peel.

Ophélie Renouard, founder of Parisian Le Bal, agrees. « In this age of Facebook and other social media, these girls don’t need to be introduced to society. The event now serves as their couture and media premiere. Even if they come from privileged families, they might not have tried a couture gown or worn fabulous jewellery, and most of the time, they have not been [featured] in the media. » Le Bal, named one of the top 10 parties in the world by Forbes, was created by Renouard in 1992. It puts a modern spin on the traditional ball by bringing in French couturiers and high jewellers to dress the debs.

Lam was fitted with a Dior couture gown which made her feel like a modern-day princess. « When I tried on the gown, I instantly knew it was the one, » she says.

« I love the gorgeous beadings and intricate details such as pockets on each side, which are perfect for a lip gloss and an iPhone. It also comes with a tuxedo jacket, which gives the gown an edge. »

Le Bal has since grown into a party of the year, where European aristocrats mingle with heiresses of Asian and Russian billionaires, politicians and international stars. Among the debs were actor Sylvester Stallone’s daughter, Sophia Stallone; musician Phil Collins’ daughter, actress Lily Collins; Britain’s Lord Ivar Mountbatten’s daughter, Ella Mountbatten; and former Italian prime minister Silvio Berlusconi’s daughter, Barbara Berlusconi.

The purpose for the debutante balls might have shifted, yet the selection of debs remain ultra-exclusive. Family background naturally comes first in the screening process. To be invited to the Le Bal, for example, Renouard says the debutante has to be very special. « Her looks, style, lineage or achievements [have to be outstanding]. »

Chow Wong agrees. « A deb needs to be well educated and well-mannered. If she needs an etiquette lesson, she won’t be on my invitation list. »

Family background, however, isn’t the only requirement, Renouard adds. In 2013, for example, Lauren Marbe, the then-17-year-old daughter of a British taxi driver, was invited because she has an IQ of 161 – higher than that of Albert Einstein.

Lavish experience and networking aside, being part of the stellar event also helps to boost the debs’ CV – which makes the invitation to the exclusive balls a sought-after ticket for the world’s rich and famous.

« When I see the number of requests that Le Bal gets every week of the year, I have to admit that the event is a true fantasy for the debs and cavaliers, » Renouard says.

Debutante balls have opened up to Asian socialites in recent years, addressing the booming Asian economy and the region’s ultra-high-net-worth individuals. Parisian Le Bal first included Asian debs in 2003 with the participation of Wan Baobao, granddaughter of Wan Li, former chairman of the China’s National People’s Congress, as well as Penelope Pei-Tang from China and Candy Soo from Singapore.

« I’m proud to be Chinese … the event was memorable and out-of-the-ordinary, » Soo says.

Putting Asia on the map also helps raise awareness of debutante balls. Although it takes place in China, Chow Wong says the Shanghai International Debutante Ball is an international event, hence only two to three Chinese debs are included each year.

« The purpose of having the ball in Shanghai is to catch up on the international trend, » says Chow Wong, whose father is Beijing opera master Zhou Xinfang. « You have the ball in Paris, London, New York and now Shanghai, a city with so much history and heritage to offer. »

Recent Asian debs include Jen Hau, daughter of Taipei’s former mayor Hau Lung-bin, and Annie Liang, a descendant of famous Chinese scholar and philosopher Liang Qichao.

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Les Miss France et le poids : une omerta qui perdure en 2018

Si l’on ne connaît pas encore le visage de la future Miss France, sa silhouette ne sera certainement pas une surprise. Décryptage de ce qui modèle le corps de « la plus belle femme de France ».

Le 15 décembre, une nouvelle jeune française sera couronnée Miss France de l’année 2019. Pour la 89e année consécutive, le concours de beauté le plus célèbre de l’hexagone élira « la plus belle femme de France » devant plusieurs millions de téléspectateurs (7 millions lors de l’édition précédente). Pourtant, l’heureuse élue reste encore très éloignée du physique de la femme française.

Un règlement strict, mais qui ne mentionne pas le poids

Pour devenir Miss France, plusieurs critères très précis sont à respecter. Les candidates doivent avoir entre 18 et 24 ans, être françaises de naissance (ou naturalisées) célibataires, ni veuves ni pacsées, sans enfant. Côté physique, elles doivent mesurer au minimum 1m70, ne pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique, ne pas avoir de tatouage visible, de piercing, perruque, faux-cils ou autre « artifice tendant à transformer son aspect naturel », comme il est inscrit dans le règlement officiel. Si la liste des recommandations s’étend sur plusieurs pages, un critère important n’est jamais mentionné : le poids minimum ou maximum des futures Miss.

« Si le critère n’existe pas, c’est sans doute qu’il n’y a aucune justification socialement acceptable par les personnes qui organisent les concours », suggère à France 24 Découvertes Camille Couvry, enseignante et chercheuse au Laboratoire des Dynamiques Sociales de l’Université de Rouen. Une absence qui aurait pu être saluée, si les Miss ne faisaient pas toutes un poids plume, largement en dessous de l’IMC de la française moyenne comme le rapportait La Voix du Nord dans un article daté de décembre 2017. « Cela n’empêche pas les personnes qui sont engagées dans des concours – et une partie au moins de celles qui les regardent – de considérer qu’avoir un poids ‘moyen’ (relatif à la taille minimale de 1m70) est un critère de beauté et d’élégance », ajoute Camille Couvry.

À qui la faute ?

Pauline Darles, Miss Ile-de-France 2011, avait quitté l’aventure Miss France en plein voyage préparatoire aux Maldives car elle n’était « pas en accord » avec l’esprit du concours. Quand on l’interroge sur l’uniformité du poids des Miss, la jeune femme nous explique le processus par lequel elle est passée. « Il y a des différences entre les régions mais il est clair qu’en envoyant des photos de soi, on donne déjà une indication de ses mensurations », dit-elle avant de préciser que lors des sélections, « ce ne sont pas seulement les comités qui votent, mais aussi le public, à 50 – 50. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça changerait peut-être ».

Pour elle, cette omerta vient donc d’une responsabilité collective. Idée que partage Camille Couvry, qui nous rappelle que « les processus de sélection dans les concours ne sont pas extérieurs à la société dans laquelle ils s’insèrent. Les jurés, tout comme les candidates qui évaluent leurs chances – et peuvent parfois s’auto-éliminer – sont évidemment influencés. » Influencés par les réseaux sociaux, les arts, la publicité… En bref, tout ce qui ce qui prône l’idéal d’un corps féminin fin et élancé joue un rôle dans cette injonction à la minceur.

Enfin, Pauline Darles se souvient à propos de son expérience au sein de Miss France : « Il n’y a pas de régime imposé mais une observation de comment on se nourrit, ce que l’on choisit au buffet de l’hôtel par les chaperons. Si l’on se ressert plusieurs fois, ça va être remarqué ». Une loi du silence qui règne jusque dans les comportements des participantes, au sein même de la compétition. Contacté par France 24 Découvertes à plusieurs reprises, le Comité Miss France n’a pour le moment pas donné suite à nos questions.

Discours engagés et défilé en bikini 

Certes, les jeunes prétendantes au titre de Miss sont, à certains moments de l’émission, mises en valeur autrement que physiquement. Lors de leurs discours par exemple, ou des courts portraits réalisés par la production. Mais s’en suivra le traditionnel défilé en bikini, exercice très paradoxal puisqu’il consiste à juger les candidates exclusivement sur leurs corps.

À titre de comparaison, le concours Miss America avait annoncé en juin dernier que ce défilé en maillot de bain ne figurerait dorénavant plus dans leur compétition. Sylvie Tellier, directrice de l’organisation Miss France, avait quant à elle indiqué que la France ne suivrait pas cette décision, puisque ledit exercice fait « partie de la magie Miss France ».

« Il y a eu dans l’histoire des élections de Miss, et plus largement de la beauté, un souci de la mesure du corps et des critères de beauté », ajoute Camille Couvry. Des propos qui font écho à ceux des chercheuses Anne Monjaret et Frederica Tamarozzi dans l’article « Pas de demi-mesure pour les Miss : la beauté en ses critères », publié dans  la revue « Ethnologie Française » : « Il faut voir dans ce diktat de la minceur l’influence d’une mode qui trouvait en Poirier et Coco Chanel ses créateurs, et dans les stars et les femmes du ‘beau monde’, ses égéries ».

Certains milieux responsables en partie de ce culte de la minceur commencent pourtant à faire des efforts : Mattel, maison-mère de Barbie, propose depuis 2016 une poupée « plus size » aux mensurations plus généreuses que l’originale. En 2017, deux grands groupes de luxe français LVMH et Kering ont signé une charte les engageant à ne plus faire défiler de mannequin de taille 32. De petits pas en avant, mais des avancées quand même.

Pourra-t-on voir un jour une femme aux proportions plus réalistes être élue Miss France ? « Oui, c’est envisageable », affirme Pauline Darles. « C’est l’inconscient collectif qui valide des normes de beauté. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça pourrait changer ». De son côté, Camille Couvry pense que « le changement pourrait venir du bas ». « J’ai déjà assisté à des concours locaux qui avaient éliminé le défilé en maillot de bain lors d’une ou deux éditions », nous raconte-t-elle. Affaire à suivre, donc.

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Miss France 2018 Des miss à l’IMC si éloigné de la moyenne des Françaises

Au milieu des critères esthétiques d’un concours de beauté, il en est un que l’organisation se garde bien d’évoquer. Celui du poids. En 2016, l’association Osez le féminisme avait, une nouvelle fois, soulevé la question en dénonçant «  cette mise en concurrence à une heure de grande écoute  » entraînant «  beaucoup de souffrance pour d’autres femmes qui ne font pas 1,75 m pour 50 kilos ». « C’est un concours de beauté avec juste une limite de taille. Les critères ne sont pas seulement physiques  » avait alors répondu Sylvie Tellier, directrice générale de la société organisatrice.

Pas un mot sur l’IMC des lauréates

L’organisation a donc logiquement refusé de nous communiquer, pour ces mêmes raisons, ces données. Mais sur internet, la question continue d’être débattue. Des chiffres circulent sur les pages Wikipédia des anciennes miss France, sans que celles-ci n’interviennent. Des blogs listent inlassablement le poids des jeunes filles, sans que l’on sache le vrai du faux. Les miss livrent parfois un chiffre au détour d’une interview.

Sur le modèle du travail du site américain PsychGuides, nous avons cherché à connaître l’évolution de l’indice de masse corporel, cette combinaison entre le poids et la taille d’une personne, des miss à travers le temps. Nos recherches ont permis de lister le poids de 16 miss. Cinq proviennent de sources de confiance. Le graphique ci-dessous est donc purement indicatif, mais il a le mérite de compiler et de mettre en forme les données circulant sur la question.

Cliquez ici pour ouvrir cette infographie en plein écran.

Il en ressort qu’avec un IMC moyen de 18,1 depuis 1954, miss France n’est pas une Française comme les autres. Elle est même beaucoup plus mince. Pour les Françaises de 18 à 35 ans, l’Insee relevait un IMC de 22,4 en 2002, toujours très loin des miss France qui ne sont pas sorties d’un couloir allant de 18,5 à 16,4 entre 2000 et 2017.

« Plutôt une situation de minceur »

Plus globalement, en 2016, l’IMC d’une Française était de 23,1 selon les relevés de l’Organisation mondiale de la santé. Cette même organisation évalue l’IMC normal entre 18,5 et 25. Seules cinq miss se trouvent dans cette fourchette. Onze d’entre elles se situent par contre entre 16,5 et 18,5 et seraient donc en situation de maigreur selon l’OMS. Des chiffres inquiétants ? Pas forcément. « Il s’agit plutôt d’une situation de minceur, recadre Emmanuelle Couturier, diététicienne-nutritionniste à Marcq-en-Barœul. L’IMC n’est pas forcément très parlant, car il ne fait pas la différence entre masse graisseuse et masse musculaire. Il ne prend pas non plus en compte l’ossature. Par contre si elles font un régime pour entretenir cette minceur, c’est là que cela peut être compliqué. »

Pour mieux se rendre compte de l’évolution des miss. Le diaporama vidéo ci-dessous permet de remonter le temps d’Agnès Souret à Alicia Aylies.

Miss France dédié à la cause des femmes, une hypocrisie selon des féministes
Camille Moreau

L’Express

14/12/2017

Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France, affirme que l’élection Miss France 2018 aura pour objectif majeur de dénoncer les violences faites aux femmes. Des propos qui passent mal auprès des associations féministes.

L’élection de Miss France 2018 qui se tiendra le 16 décembre à Châteauroux s’inspirera-t-elle de l’élection de Miss Pérou dont les candidates avaient dénoncé les violences faites aux femmes dans le pays? C’est en tout cas ce qu’a annoncé Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France, lors de la conférence de presse du concours de beauté. « Cette élection sera un moment pour prendre la parole et sensibiliser les téléspectateurs sur les violences faites aux femmes. »

Une volonté confirmée lors d’un entretien donné à nos confrères du Parisien. « L’élection de Miss France, c’est quand même trente jeunes femmes en direct à la télévision pendant trois heures, à une heure de grande écoute. C’est l’occasion de parler de la femme et de dénoncer les violences faites aux femmes qui sont encore beaucoup trop importantes en France aujourd’hui et dont on ne parle pas assez », affirme Sylvie Tellier.

« Des critères de beauté réducteurs »
Des propos qui font grincer des dents les associations féministes, jugeant le concours Miss France sexiste et dégradant. « Il est dommage que la seule soirée de l’année dédiée aux femmes à la télévision, cultive l’idée de la femme objet. L’élection Miss France est un concours qui repose sur des critères de beauté réducteurs et ridicules. Il serait plus judicieux de valoriser les talents, plutôt que des stéréotypes physiques irréels », s’est par exemple exprimée Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de l’association Osez le féminisme.

Ne pas être mariée, ne pas avoir d’enfant, ne pas avoir de tatouage, mesurer 1,70 mètres minimum et avoir moins de 26 ans font partie des règles imposées aux candidates et jugées archaïques et sexistes par les associations. « Je ne vois pas comment on peut se battre pour l’égalité des sexes, revendiquer le respect de la femme tout en cautionnant ce genre de concours », s’indignait il y a quelques semaines une lectrice de la Styles Room.

« Miss France permet de soutenir et faire avancer des causes »

Des critiques qui n’ont pas lieu d’être pour Sylvie Tellier. « Miss France 2018 permet de soutenir des causes et de les faire avancer, la prise de parole des Miss au Pérou en est la preuve. Elles agissent à leur niveau pour améliorer la condition féminine. »

La 88e édition de Miss France sera animée pour la 23e fois par Jean-Pierre Foucault et présidée par Iris Mittenaere, Miss Univers 2017, et le couturier Jean-Paul Gaultier.

Voir également:

VIDEO. Miss France 2019: Pourquoi l’Ile-de-France, région la plus titrée, ne gagne-t-elle plus le concours?
BEAUTE Miss Ile-de-France n’a plus été élue Miss France depuis 1996. Et si cela changeait cette année? Réponse samedi soir au micro de Jean-Pierre Foucault….

Floréal Hernandez

20 minutes

le 14/12/18

Depuis 1929, les Miss Paris ou Ile-de-France ont remporté 15 fois le concours Miss France. Mais la plupart des titres ont été gagnés entre 1930 et 1950.

La dernière Miss France francilienne remonte à 1997 avec l’élection de Patricia Spehar. L’an dernier Lison Di Martino avait terminé 2e dauphine de Maëva Coucke.
Alors que l’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants, pourquoi sa Miss ne profite-t-elle pas du vote du public pour gagner la couronne?

L’Ile-de-France aime-t-elle sa miss ? La région est la plus peuplée de France avec 12 millions d’habitants, pourtant quand Lison Di Martino, Miss Ile-de-France 2017, est arrivée dans les cinq finalistes l’an dernier, ce n’est pas elle qui a reçu le plus de votes du public mais la Nordiste Maëva Coucke. Une région avec une identité bien plus forte que l’Ile-de-France

C’est là l’une des faiblesses de la candidature francilienne. « Je l’ai vécue, avoue Margaux Savarit, Miss Ile-de-France 2014 et 11e du concours Miss France. On a moins de chance d’être élue car il n’y a pas d’identité régionale en Ile-de-France. Avant l’élection Miss France, aucun média ne s’est intéressé à moi. Je n’ai fait aucune interview, eu aucun soutien. Ça plombe le moral. »

Présidente depuis 2014 du comité Miss Ile-de-France, le plus titré avec 15 miss, Laure Mattioli rejoint l’avis de Margaux Savarit. « Beaucoup de Parisiens ou de Franciliens viennent d’autres régions. Moi en tant qu’ancienne Miss Bourgogne vivant à Paris, j’avais tendance à soutenir Miss Bourgogne. » Chercheuse en sociologie à l’université Rouen-Normandie, Camille Couvry reconnaît que « la dimension affective liée à sa région d’origine peut se retrouver dans les votes ».

L’auteure de la thèse Beauté, classe sociale et empowerment : les jeunes femmes de classes populaires dans les élections de Miss en Normandie estime possible l’hypothèse que les miss issues d’une région à forte identité soient avantagée pour capter les votes locaux. « Le succès au concours Miss France des régions à forte identité locale ne colle pas aux revendications régionales, culturelles ou politiques », souligne-t-elle. Et, elle rappelle les victoires depuis 2010 des Miss Normandie, Bourgogne ou Orléanais.

Laure Mattioli incite tout de même « les Franciliens à se sentir investis par rapport à leur miss ». Ça a été le cas pour Lison Di Martino l’an passé mais c’est resté circonscrit à son département d’origine. « La Seine-et-Marne s’est vraiment bougée pour elle, note celle qui est de la promo de Sylvie Tellier en 2002. Elle était l’une des favorites dans la presse, sur les réseaux sociaux. Ça n’a pas suffi. »

Cela va-t-il se répéter pour Alice Quérette, Miss Ile-de-France 2018, 24 ans et originaire de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ? Margaux Savarit ne l’espère pas. « Elle est dans mon top 3 avec Franche-Comté et Languedoc-Rousillon. Je la vois aller très loin, comme l’an dernier. »

Comme en 2017, Miss Ile-de-France – « quelqu’un de bien physiquement et moralement », selon la présidente du comité régional – est l’une des favorites du concours, selon une partie de la presse présente à l’Ile Maurice avec les miss. A Lille, ce samedi, Alice Quérette sera soutenue par quinze personnes, issues de sa famille et du comité, qui s’est mobilisé sur les réseaux sociaux.

Mais, d’après une étude réalisée pour 20 Minutes sur ces mêmes réseaux sociaux à 7 jours de l’élection, et qui sera dévoilée samedi, elle ne figure pas parmi les miss les plus populaires. Si elle souhaite la victoire de sa protégée, Laure Mattioli appelle à « un vote objectif pour faire gagner la plus méritante ». Et l’ex-Miss Bourgogne de conclure : « Le public se trompe rarement. »

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Miss France 2019: La moitié des miss noires ou métisses, une avancée pour le concours?

DIVERSITE Cette année, nombreuses sont les miss noires et métisses et « 20 Minutes » s’est demandé si ça pourrait aider à combattre les stéréotypes…

Claire Barrois

20 minutes

  • Cette année, la moitié des candidates à Miss France 2019 sont noires et métisses.
  • L’élection faisant partie des programmes télé les plus regardés de l’année, nous nous sommes demandé si cela signifiait une avancée de la diversité à la télévision.

L’avez-vous remarqué ? Cette année, la moitié des candidates à la couronne de Miss France 2019 sont noires, métisses ou issues de l’immigration. Près de 8 millions de téléspectateurs vont donc assister à un concours plus proche de la société telle qu’elle est alors que la télévision ne montre quasiment que des blancs. Cette soirée peut-elle porter un message ?

Du côté des miss concernées, on n’en est pas convaincues. Miss Guadeloupe, Ophély Mézino, et Miss Picardie, Assia Kerim, partagent plutôt l’avis de Miss Guyane, Laureline Decocq, pour qui « c’est important d’être nombreuses parce que la France d’aujourd’hui c’est beaucoup de métissages. On montre toutes les facettes de la beauté française. »

« Ça représente la France d’aujourd’hui »

Pour Miss Limousin, Aude Destour, mi-Ch’ti mi-Martiniquaise, l’intérêt c’est que « nous ne sommes pas du tout les mêmes métisses. Par exemple, Miss Provence a des origines algériennes. C’est super bien pour le concours parce que ça représente la France d’aujourd’hui. Il y a aussi des origines d’autres pays d’Europe. » Un constat que partage Jessie Magana, autrice d’ouvrages jeunesse autour de la lutte contre les stéréotypes et le sexisme.

« Les métisses sont un peu plus visibles cette année dans le concours et représentent une tendance de fond de la société française, rappelle l’autrice. C’est assez intéressant parce que ça montre la réalité de la société française qui est mélangée quoi qu’on veuille nous faire croire, issue de vagues d’immigration​ très anciennes. Un Francais sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui n’est pas né en France. C’est révélateur du métissage progressif de la société française. »

Mais selon l’autrice, ce qui est aussi intéressant dans le métissage des miss, c’est leur origine sociale. « Elles viennent toutes plus ou moins de la classe moyenne, et les vagues d’immigration sont souvent dans les classes populaires. Là, le fait que la plupart de ces jeunes femmes soient de classe moyenne montre l’intégration des anciens immigrés à la société française. Ces jeunes filles sont un vrai panel de ce qu’est la société française. » Mais cela ne suffira pas forcément à faire évoluer les mentalités.

« Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision »

« C’est un concours lié à l’apparence, rappelle Jessie Magana. Montrer davantage de femmes noires dans ce cadre ne lutte pas contre les stéréotypes parce que ça rentre dans les stéréotypes de la femme et encore plus de la femme noire [une femme très érotisée dans l’imaginaire collectif]. Il faudrait un concours sur la personnalité, le charme, la façon de s’exprimer en public, pas que sur la beauté pour que ça lutte contre les stéréotypes. Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision, pas que dans les concours de beauté et dans le foot. »

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Têtes couronnées

Miss France: ce qui a changé depuis le début de l’élection

Près de 100 ans après sa création, le concours Miss France a connu plusieurs évolutions.

Camille Moreau

L’Express

Comme chaque année depuis 1920, date de création du concours de beauté par le journaliste et écrivain belge Maurice de Waleffe, une jeune femme sera en décembre élue Miss France parmi les 30 candidates en lice. Un show présenté pour la 23e année par Jean-Pierre Foucault, accompagné de Sylvie Tellier, directrice générale de la Société Miss France depuis 2010. La cérémonie, bien qu’organisée « dans le respect de la tradition », a connu bien des changements depuis sa naissance il y a près d’un siècle.

« La plus belle femme de France »

Aux prémices de l’élection, Maurice de Waleffe avait choisi le terme « La plus belle femme de France » pour désigner le concours. Les portraits des candidates de la première édition étaient publiés dans le quotidien Le Journal. Chacune était présentée sous un pseudo de nom de fleur, de pierre, d’oiseau ou de déesse, révèle Le Figaro Archives dans un article réalisé en partenariat avec l’INA.

Entre 1922 et 1926, le concours de beauté n’a pas lieu. Il ne reprend qu’en 1927 sous le nom qu’on lui connaît aujourd’hui : Miss France. Roberte Cusey, Miss Jura 1926, est élue cette année-là.

Une baisse du nombre de candidates

Les jeunes femmes en lice pour le concours Miss France représentent chacune une région de l’Hexagone. Elles étaient 45 en 2006, 33 pour l’élection de Miss France 2011. Cette année, elles seront 30. La réforme territoriale de 2016 n’a pourtant pas eu d’impact sur le nombre de candidates. « Ce nouveau découpage est une affaire politique et économique et nous sommes loin de ces considérations. Notre concours est indépendant du gouvernement », avait confié Sylvie Tellier à L’Express, rappelant que sa priorité était que tous les Français « se retrouvent dans l’élection ».

D’ailleurs, le nombre de candidates n’a jamais véritablement collé à la carte administrative de la France. Pour la directrice du comité Miss France, le but est surtout « d’avoir des identités fortes ». Raison pour laquelle certaines provinces sont absorbées pour renforcer certaines identités territoriales. Les titres de Miss Centre et de Miss Orléanais ont ainsi fusionné pour devenir Miss Centre-Val-de-Loire.

Des critères qui ne sont pas uniquement physiques

Les critères depuis la création de l’élection Miss France excluent une bonne partie de la population féminine. Il faut être une femme -mais pas transsexuelle- et avoir entre 18 et 24 ans. Il faut également mesurer 1,70 mètre minimum, ne pas avoir d’enfant, ni être mariée, et posséder un casier judiciaire vierge. Les tatouages sont également interdits, l‘éviction de Miss Martinique en 2017 pour cause de colibri sur l’omoplate avait d’ailleurs suscité l’incompréhension des internautes.

Pour Sylvie Tellier, le concours ne repose plus uniquement sur des mensurations. « Les critères ont évolué depuis la création de l’élection pour être plus en accord avec les femmes d’aujourd’hui et correspondre au rôle qui incombe à la future reine de beauté. On porte de l’attention sur la façon de se mouvoir, l’éloquence et le parcours de la jeune femme », nous expliquait la directrice dans un article consacré à la fascination des miss.

Leur temps de parole a d’ailleurs été allongé. « Cette épreuve est parfois décisive pour les candidates », affirme Sylvie Tellier. L’esthétique des jeunes femmes se combine à la personnalité. Le comité du concours Miss America a préféré remplacer le défilé en robe du soir par un exercice d’éloquence durant lequel les jeunes femmes sont habillées de la tenue de leur choix. Pour Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté, « c’est surtout une manière de rendre la question du jugement esthétique plus floue et de rendre le concours socialement acceptable ».

Des miss en prise avec l’actualité

On attend aujourd’hui de la future Miss France qu’elle soit capable d’argumenter et de s’informer sur l’actualité. « J’élabore avec mes équipes le test de culture générale. Une note en-dessous de la moyenne est pour moi éliminatoire », explique Sylvie Tellier. Une épreuve qui existait déjà aux débuts du concours mais que l’ancienne Miss France 2002 a adapté en s’appuyant sur l’actualité. « Lorsque j’avais passé le test, je me souviens qu’on m’avait demandé de décrire ma chambre. Mais aussi, quel Beatles était mort », se souvient la directrice générale dans une interview accordée au Figaro.

Une niveau d’exigence accru en adéquation avec l’augmentation du niveau d’études des candidates. Il faut remonter jusqu’en 2000 pour trouver une Miss qui n’a pas obtenu le baccalauréat. Les diplômes seraient-ils devenus un critère de sélection non-officiel pour espérer décrocher la couronne ? Pour Sylvie Tellier, c’est surtout « le reflet de la massification scolaire ».

Des cours de bonnes manières

Depuis 2017, les miss bénéficient de cours de bonnes manières enseignés par Jérémy Côme, auteur de L’Art de maîtriser les codes pour se sentir bien partout en toutes circonstances (éd. Michel Lafon). La future ambassadrice doit être capable de se comporter en parfaite maîtresse de maison et se doit d’être élégante en toute circonstance. Si l’on a envie de crier au sexisme, Jérémy Côme voit plutôt son intervention comme une manière « d’enlever du stress » à la future gagnante. « Je leur donne des tuyaux pour trouver de l’assurance, pour maîtriser l’art de la conversation notamment devant des assemblées -que ce soit pour remettre un prix aux NRJ Music Awards ou pour participer à l’inauguration d’un musée en local-, pour avoir une bonne posture quand on est face à quelqu’un », explique-t-il au site Pure People. Il ajoute également qu’une Miss doit « savoir être chaleureuse, ponctuelle, soignée. Il ne faut pas parler de soi. Globalement, elles n’ont pas besoin de parler d’elles puisqu’on sait qu’elles sont Miss. »

Peut-on manger ou non sa salade avec un couteau, à quelle heure arriver à un dîner, comment déguster des huîtres ou qu’apporter à un hôte à l’occasion d’un repas font également partie des conseils distillés par le spécialiste.

Quid du défilé en maillot de bain

L’épreuve du passage en bikini cristallise les accusations de sexisme des associations féministes à l’encontre du concours Miss France. « Encore une fois, le corps des femmes est un objet, comme dans la publicité. Ce sont des corps souvent nus, et l’épreuve du maillot de bain est celle qui est la plus attendue », dénonce Éléonore Stévenin, porte-parole d’Osez le féminisme. Un défilé supprimé de l’élection Miss America l’année dernière mais qui sera maintenu dans la version française du concours. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection », souligne Sylvie Tellier.

L’épreuve du bikini est récente en France : elle n’a été mise en place qu’après la démission de Geneviève de Fontenay de son titre de directrice du comité Miss France en 2010. Le défilé est d’ailleurs critiqué chaque année par la dame au chapeau qui réclame le retour du maillot une pièce. « Je pense qu’un maillot une pièce ouvert sur les hanches et couvrant un peu plus les fessiers éviterait que les candidates deviennent des exhibitionnistes », expliquait-elle dans une lettre envoyée à Sylvie Tellier, publiée sur le site de Jean-Marc Morandini.

Le public souverain dans le choix de la future Miss France

Le système de vote a été modifié après le départ de Geneviève de Fontenay pour l’élection de Miss France 2010. Le jour du concours, douze miss ont déjà été désignées par le jury -présidé cette année par l’actrice de 90 ans, Line Renaud- durant la semaine précédant l’élection. Pour la sélection des cinq finalistes, se mêlent le vote du public et celui du jury, composé de six célébrités. Enfin, pour déterminer la gagnante et les dauphines, les compteurs sont remis à zéro et c’est uniquement aux téléspectateurs de voter.

Lancé en 1993, l’élection de Mister France, le versant masculin, peine à se faire une place sur la scène médiatique. « C’est un spectacle qui ne prend pas. La notion de compétition autour de la beauté de l’homme n’est pas assez enracinée dans notre Histoire », explique l’anthropologue Élisabeth Azoulay, qui a dirigé l’ouvrage 100 000 ans de beauté (éd. Gallimard). Il y a des choses qui ne changent pas.

Miss France 2019 : quelle région a le plus souvent remporté le concours ?
A.B.

Quelle région de France a été couronnée le plus de fois à l’élection de Miss France? Quelles autres, au contraire, ont eu le moins les faveurs des Français? Paris Match fait les comptes.

Le 16 décembre 2017, Maëva Coucke a été élue Miss France 2018, décrochant un troisième sacre pour le Nord-Pas-de-Calais. Si la beauté des jeunes filles originaires du Nord a séduit les téléspectateurs de l’élection à trois reprises ces quatre dernières années, aucune Miss originaire du Nord-Pas-de-Calais n’avait remporté le concours qui existe depuis 1919 avant…2015.

Il y a 99 ans, la première Miss France élue, Agnès Souret, venait de Bayonne et portait l’écharpe de Miss Aquitaine. En tout, six jeunes femmes de cette région du Sud-Ouest ont été nommées plus belle femme de France, la dernière en 1995. Il s’agissait de Mélody Vilbert, native de Toulouse. L’Aquitaine a le même palmarès que l’Alsace et la Normandie. Tout en haut du palmarès des régions qui ont remporté l’élection de Miss France le plus grand nombre de fois : l’Ile-de-France. Entre 1933 (date de la première victoire) et 1997 (date de la dernière victoire), l’Ile-de-France a été couronnée 13 fois au concours, loin devant la région Rhône-Alpes qui totalise quant à elle 7 victoires.

L’Auvergne, Mayotte ou encore la Champagne-Ardenne attendent toujours une victoire

A l’autre bout du classement, on retrouve la Guyane, le Centre-Val-de-Loire, la Provence et la Corse qui ont chacune une victoire. Les moins bien loties sont les Miss originaires d’Auvergne, de Mayotte, de la Martinique, Champagne-Ardenne, du Limousin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou encore de Saint-Martin-Saint-Barthélemy, qui n’ont jamais eu la chance de porter l’écharpe tant convoitée de Miss France.


Sommet d’Helsinki: Attention, une faute peut en cacher une autre ! (Leftist witch hunt: Guess who forced Trump into the impossible choice of kowtowing to Putin or to the delegitimization of his own election ?)

19 juillet, 2018

Sur toutes ces questions, mais particulièrement la défense antimissiles, on peut trouver une solution, mais il doit me laisser une marge de manœuvre. Sur toutes ces questions, mais particulièrement la défense antimissiles, on peut trouver une solution, mais il doit me laisser une marge de manœuvre. (…) C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Barack Obama (27.03.2012)
Je n’ai jamais vu de ma vie, ou dans l’histoire politique moderne, un candidat à la présidentielle chercher à discréditer les élections et le processus électoral avant que le vote n’ait lieu. C’est sans précédent et ce n’est basé sur aucun fait. Si quand les choses tournent mal pour vous et que vous commencez à perdre, vous rejetez le blâme sur autrui, alors vous n’avez pas ce qu’il faut pour faire ce boulot. (…) Mais le point important sur lequel je veux insister ici, c’est qu’il n’y a pas de personne sérieuse qui pourrait suggérer que vous pourriez même manipuler les élections américaines, en partie parce qu’elles sont très décentralisées et que le nombre de votes est important. Il n’y a aucune preuve que cela s’est déjà produit par le passé ou qu’il y a des cas où cela se produira cette fois-ci. Et donc je conseillerais à M. Trump d’arrêter de pleurnicher et d’essayer de défendre ses opinions pour obtenir des suffrages. Barack Obama (18.10. 2016)
Il n’y a jamais eu collusion, l’élection, je l’ai gagnée haut la main. Cette enquête russe nous empêche de coopérer, alors qu’il y a tant à faire. Donald Trump
The probe is a disaster for our country. I think it’s kept us apart. It’s kept us separated. There was no collusion at all. Everybody knows it. People are being brought out to the fore, so far that I know virtually none of it related to the campaign. And they are going to have to try really hard to find somebody that did relate to the campaign. It was a clean campaign. (…) I do have a relationship with him. And I think that he’s done a very brilliant and amazing job. Really, a lot of people would say, he has put himself at the forefront of the world as a leader. Donald Trump
First of all, he said there was no collusion whatsoever. I guess he said he said as strongly as you can say it. (…) I think it’s a shame, we are talking about nuclear proliferation. We’re talking about Syria and humanitarian aid, we’re talking about all these different things, and we get questions on the witch hunt. And I don’t think the people out in the country buy it. But the reporters like to give it a shot. I thought that President Putin was very, very strong. (…) And at the end of this meeting, I think we really came to a lot of good conclusions, a really good conclusion for Israel. Something very strong.(…) in Syria, we are getting very close. I think it’s becoming a humanitarian situation, and a lot of people are going to move back to Syria from Turkey and from Jordan and from different places, they’re going to move back, less so from Europe. But they will be moving back from lots of different places. So I really think we are not far apart on Syria. I do think that on Iran, he probably would have liked to keep the deal in place because that’s good for Russia. You know, they do business with — it’s good for a lot of the countries that do business with Iran, but it’s not good for this country and it’s ultimately not good for the world. And if you look at what is happening, is falling apart, they have rights in all their cities. The inflation is rampant and going through the roof, and not that you want to hurt anybody, but that regime, we will let the people know that we are behind them 100 percent. But they are having big protests all over the country, probably as big as they have ever had before. And that all happens since I terminated that deal. (…) And he also said he wants to be very helpful with North Korea. We are doing well with North Korea. We have time. There is no rush. You know, it’s been going on for many years, but we are doing very well. As you know, we got our hostages back. There’s been no testing. There’s been no nuclear explosion, which we would have known about immediately. There’s been no rockets going over Japan. No missiles going over Japan. And that’s now been nine months, and the relationship is very good. You saw the nice letter he wrote. (…) I think it was great today, but I think it was really bad five hours ago. I think we really had a potential problem. I think with two nuclear nations. Ninety percent of the nuclear power in the world between these two nations, and we’ve had a phony witch hunt deal drive us apart. (…) You have to understand, you take a look, you look at all these people, I mean, some were hackers, some of them. Then again, you know, these are 14 people and they have 12 people. These aren’t 12 people involve in the campaign. Then you have many other people. Some told a lie. You look at Flynn, it’s a shame. But the FBI didn’t think he was lying. With Paul Manafort, who clearly is a nice man. You look at what’s going on with him. It’s like Al Capone. Donald Trump
I’ll begin by stating that I have full faith and support for America’s great intelligence agencies. Always have. And I have felt very strongly that, while Russia’s actions had no impact at all on the outcome of the election, let me be totally clear in saying that — and I’ve said this many times — I accept our intelligence community’s conclusion that Russia’s meddling in the 2016 election took place. Could be other people also; there’s a lot of people out there. There was no collusion at all. And people have seen that, and they’ve seen that strongly. The House has already come out very strongly on that. A lot of people have come out strongly on that. (…)  Now (…) I got a transcript. I reviewed it. I actually went out and reviewed a clip of an answer that I gave, and I realized that there is need for some clarification. It should have been obvious — I thought it would be obvious — but I would like to clarify, just in case it wasn’t. In a key sentence in my remarks, I said the word « would » instead of « wouldn’t. » The sentence should have been: I don’t see any reason why I wouldn’t — or why it wouldn’t be Russia. So just to repeat it, I said the word « would » instead of « wouldn’t. » And the sentence should have been — and I thought it would be maybe a little bit unclear on the transcript or unclear on the actual video — the sentence should have been: I don’t see any reason why it wouldn’t be Russia. Sort of a double negative. (…) I have, on numerous occasions, noted our intelligence findings that Russians attempted to interfere in our elections. Unlike previous administrations, my administration has and will continue to move aggressively to repeal any efforts — and repel — we will stop it, we will repel it — any efforts to interfere in our elections. (…) As you know, President Obama was given information just prior to the election — last election, 2016 — and they decided not to do anything about it. The reason they decided that was pretty obvious to all: They thought Hillary Clinton was going to win the election, and they didn’t think it was a big deal. When I won the election, they thought it was a very big deal. And all of the sudden they went into action, but it was a little bit late. So he was given that in sharp contrast to the way it should be. And President Obama, along with Brennan and Clapper and the whole group that you see on television now — probably getting paid a lot of money by your networks — they knew about Russia’s attempt to interfere in the election in September, and they totally buried it. And as I said, they buried it because they thought that Hillary Clinton was going to win. (…) Yesterday, we made significant progress toward addressing some of the worst conflicts on Earth. So when I met with President Putin for about two and a half hours, we talked about numerous things. (…) President Putin and I addressed the range of issues, starting with the civil war in Syria and the need for humanitarian aid and help for people in Syria. We also spoke of Iran and the need to halt their nuclear ambitions and the destabilizing activities taking place in Iran. As most of you know, we ended the Iran deal, which was one of the worst deals anyone could imagine. And that’s had a major impact on Iran. And it’s substantially weakened Iran. And we hope that, at some point, Iran will call us and we’ll maybe make a new deal, or we maybe won’t. But Iran is not the same country that it was five months ago, that I can tell you. They’re no longer looking so much to the Mediterranean and the entire Middle East. They’ve got some big problems that they can solve, probably much easier if they deal with us. (…) We discussed Israel and the security of Israel. And President Putin is very much involved now with us in a discussion with Bibi Netanyahu on working something out with surrounding Syria and — Syria, and specifically with regards to the security and long-term security of Israel. A major topic of discussion was North Korea and the need for it to remove its nuclear weapons. Russia has assured us of its support. President Putin said he agrees with me 100 percent, and they’ll do whatever they have to do to try and make it happen. Donald Trump

Today is about how we can strengthen America’s economy even more. And we think the best place to start is with America’s middle-class families and our small businesses. So today, we’re here to talk to you about making permanent this tax relief — one, so they can continue to grow; two, so we can add a million and a half new jobs; and three, we can protect them against a future Washington trying to steal back those hard-earned dollars that you and the Republican Congress has given them.J’ai relu le texte de mes déclarations et je me suis aperçu qu’il manquait une négation. Je voulais dire: «Je ne vois pas de raison pour que la Russie ne l’ait pas fait» (interférer dans l’élection, NDLR). Je pense que ceci clarifie la question. J’ai une foi et une confiance entières en nos formidables agences de renseignement. J’accepte leurs conclusions selon lesquelles des interventions de la Russie ont eu lieu. Nous agirons avec force pour repousser et stopper toute (nouvelle) interférence dans nos élections. Cette ingérence de Moscou «n’a eu aucun impact» sur le résultat du scrutin qu’il a remporté.
Donald Trump
Many on the left, they want you to believe this alleged interference is shocking, unprecedented turn of events, but we all know that Russian election meddling is not new at all. Now, remember, ahead of the 2016 presidential election cycle. In 2014, the House Intel Committee chairman, Devin Nunes, he issued a very stern warning about Putin’s belligerent actions and attempts to denigrate the United States and, by the way, yes, impact our 2016 election. And we also know, you can go way back to 2008, we know that Russia hacked into both the McCain campaign and even the presidential campaign of Barack Obama himself. And despite this, in 2016, when Hillary Clinton appeared to have a firm lead in the polls — oh, just before the election, it was President Obama who laughed off any notion that American elections could possibly be tampered with. How wrong he was. (…) That’s when he thought Hillary was going to win. Now that Trump is president, after nearly a decade of playing down Russian interference and its impact on our elections, the left is in total freak out mode, trying desperately to connect Russian hacking to the Trump presidency. This is a total left-wing conspiracy, a fantasy. This is the witch hunt. Every single report, every investigation into our election shows absolutely no votes were changed, none were altered in the 2016 election. Not a single vote. And by the way, it’s important to point out every major country in the world engages in election interference. As Senator Rand Paul put it, we all do it, and this includes the Clinton campaign. In fact, if you’re looking for Russian interference, look no further than Hillary Clinton and the DNC in 2016. They actually paid, oh, yes, through a law firm that they funnel money, Fusion GPS. Yes, then they got a foreign entity, foreign spy by the name of Christopher Steele, he put together phony opposition research, and now the infamous dossier, which has been debunked, filled with lies, Russian lies, Russian propaganda, and all paid for by Hillary Clinton and the Democratic Party to manipulate you, the American people in the lead up to the 2016 election. Nobody in the media seems to care about Obama’s attempt at interference in the last Israeli election against our number one ally in the Middle East, Israel, and Prime Minister Benjamin Netanyahu. And by all accounts, today’s meeting, always productive and very important. As we all know, there are a lot of serious issues between the U.S. and Russia, but predictably, even before this meeting took place, yes, the destroy Trump, hate Trump media, they were already, hoping and predicting failure. You see, success for Donald Trump is bad for their agenda, especially in the lead up to the 2018 midterm elections. (…) Former CIA director, you know the guy that was a former communist turned CNN paid hack, John Brennan, he actually tweeted out: Donald Trump’s press conference performance in Helsinki rises to and exceeds the threshold of high crimes and misdemeanors. It was nothing short of treasonous. Not only were his comments imbecilic, he is wholly in the pocket of Putin. Republican patriots, where are you? John, let’s address you for a second here. What have you done on Obama’s watch to prevent Russian meddling? What role did you play in all of this?  (…) As you can see, it was all a predetermined outcome. It didn’t matter what happened at today’s meeting. Your mainstream media just blind hatred for President Trump and they long predetermined that anything the president does is terrible. It’s devastating, apocalyptic. And at this point, they are just a broken record. (…) Look at the economy. Look at the progress in North Korea. And while the left always acts like the sky is literally falling because Donald Trump actually wants to discuss safety and security with nuclear weapons, nuclear proliferation, Syria, Iran, a lot of other important issues, including interference. By the way, meeting with Putin is that bad, we all know the truth. U.S. diplomacy is in good hands, despite what they have told you. The president has never been afraid to walk away from a bad deal, never been afraid to call out foreign leaders, and hold all of them accountable. As we saw, he was critical of the British government’s execution of Brexit. And, by the way, he rightfully called out many of our allies in NATO. Why? They are not paying their fair share for their own national defense, even criticizing the German Chancellor Angela Merkel, and her country’s lucrative energy deals Vladimir Putin’s Russia, which creates a dangerous dependency on Russia and energy, which is the lifeblood of their economy. After all, if the West is so worried about Russia, well, why would they be willing to give him billions and billions of dollars to make Russia rich again? Instead, the president is now rightly pushing Germany to kill its oil and gas deals with Russia and get their energy from us in that the United States, which would also mean millions of high-paying career jobs for Americans. Now, this move would not only benefit the United States, it would also absolutely wreck Russia’s economy. Now, Putin should be very concerned about that possibility, as it would literally destroy Russia’s economy and probably destroy him politically. (…) And now, the president has been even more forceful with our enemies. Look at North Korea, little rocket man, fire and fury. Our button works, yours doesn’t, and it’s bigger. Now, despite what the media predicted, there is real progress on the Korean peninsula, because the president’s peace through strength strategy is working. It always works. Appeasement doesn’t work. Bribing dictators doesn’t work. Now, there hasn’t been a single rocket fired in months, American hostages, thank God, they have come home. One nuclear site in fact has been dismantled and shuttered, and the process continues to this day. And this is something else that the mainstream media will never tell you. President Trump has been incredibly tough on Russia. This is something they won’t report under his administration, the U.S. issued sanctions against roughly 200 individuals and entities related to Russia. Other stinging economic sanctions against Russia have also increased, and U.S. forces on the ground in Syria inflicted heavy casualties on even Russian soldiers during a skirmish earlier this year, an enormous embarrassment for Vladimir Putin. And the United States has been busy arming Ukraine with lethal weapon systems, but the media, they are not going to focus on any of this. Instead, it’s Russia, Russia, Russia, collusion, collusion, collusion. If they are not talking about Stormy, it’s all the time. It’s 24/7. Now, with this is a backdrop, the president moves forward with his very important diplomacy and as a leader of the free world, President Trump, he must meet with the leaders of Russia, China, North Korea, and others (…) And specifically, Russia must stop coordinating with the Iranian regime. They must stop supporting President Assad in Syria. And yes, they need to stop, yes, meddling in anybody’s elections and be held accountable for their actions. Now, the years of weak and feckless leadership under Obama are now over. No more cargo planes full of cash, and as President Trump frequently says, a good relationship with Putin and Russia, when you’re not trying to bribe them, it is very positive thing for the country. However, under President Trump, any hostile or aggressive action by Putin’s regime will be and should be met with strength, not appeasement, not bribery, not cash, not kissing the rings of dictators. And while the mainstream media and left, as they peddle their conspiracy theories, well, the administration is now putting forth some truth and some precedent and some facts. And by the way, Reagan proved it to all of us. Peace through strength works. Diplomacy is important. Trust but verify. Sean Hannity
Let me go back, because everybody in the media is so focused on this. In 2014, in « The Washington times, » Devin Nunes said with certainty that Russia would try to impact the 2016 elections. Barack Obama in the month before the 2016 elections, and I will read and I will quote , « No serious person out there would suggest that somehow you can even rig America’s elections, no evidence that it has happened in the past, which is not true, and number two, or that it could happen in this election, and I invite Mr. Trump to stop whining and to go out there and try to get votes. » He said that two weeks before the election. Sean Hannity
L’un des premiers producteurs d’aluminium du monde, le russe Rusal, s’est retrouvé gravement fragilisé ce lundi par les nouvelles sanctions décrétées par les Etats-Unis contre des oligarques russes et leurs entreprises, qui risquent de porter un nouveau coup à l’économie russe. (…) Confronté à un vent de panique boursière généralisé sur les marchés russes, le gouvernement russe a dû monter au créneau pour assurer qu’il soutiendrait les entreprises visées par ce nouveau train de mesures punitives, qui constituent une escalade d’une violence inattendue dans la confrontation entre Moscou et Washington. Au total, ces sanctions, censées punir Moscou notamment pour ses « attaques » « les démocraties occidentales », ciblent 38 personnes et entreprises qui ne peuvent plus faire affaire avec des Américains, notamment sept Russes désignés comme des « oligarques » proches du Kremlin par l’administration de Donald Trump, présents dans des dizaines de sociétés en Russie comme à l’étranger. Le Dauphiné Libéré (09.04.2018)
How did Trump luck out by getting such hopeless geebos for opponents? It can’t just be chance. At every turn, these dummies choose to lock themselves into the most implausible and indefensible positions imaginable, then push all their chips into the center of the table. It’s almost supernatural – maybe Trump won the intervention of some ancient demon by heading over to the offices of the Weekly Standard and snatching away one of its Never Trump scribblers to use as a virgin sacrifice. How did this guy win, and in doing so crush the avatar of the establishment, the smartest woman in the world, Felonia Milhous von Pantsuit? One of his secrets to success is really no secret at all. It is to embrace the obvious. Unlike our exhausted establishment, Trump rarely holds to bizarre, indefensible positions. You would think that would be an instinctive thing for politicians of both parties – “I know! I’ll adopt stands on issues that won’t make my constituents ask ‘What the hell is wrong with you?’” – but it isn’t. Instead, the establishment has somehow talked itself into taking positions that are so clearly ridiculous that Normals scratch their heads, baffled at what they are being told by their betters via the lapdog liberal media. Look at NATO. The entire foreign policy establishment is scandalized that Trump says he expects the Europeans to cover their fair share of the NATO nut. Now a normal American is going to think “Yeah, I think they ought to pay their share of their own defense. Sounds reasonable.” But the establishment collectively wets itself – “HE’S DESTROYING THIS ESSENTIAL ALLIANCE BY ASKING THE PEOPLE BENEFITING FROM IT MOST TO ACTUALLY PARTICIPATE IN IT!” And the Normals (many of whom, like me, actually served in NATO) wonder, “Well, if it’s so essential, why aren’t the allies eager to pay for it?” And the establishment responds, “SHUT UP, RUSSIAN STOOGE! ASKING THE ALLIES TO MAKE NATO MORE EFFECTIVE BY PAYING WHAT THEY PROMISED, WHICH IS STILL A FRACTION OF WHAT THE U.S. PAYS, IS PLAYING RIGHT INTO PUTIN’S HANDS. ALSO, THE EMOLUMENTS CLAUSE SOMEHOW.” Here’s a test. Leave DC or New York, drive a few hours out to America, find a random guy on the street and ask, “Hey, don’t you think it’s awful that Trump wants our allies to increase their contributions to their own defense to just about half of what the U.S. pays?” You can safely assume he’ll respond, “Wait, why only half?” The Normal/Elite disconnect was also in full effect regarding the new SCOTUS dude. The establishment decided it’s going to bork Brett by pointing out that he bought baseball tickets and apparently liked beer in college, like there’s not a significant portion of Americans who wouldn’t be thrilled to have their next justice be nicknamed “Kegmaster K.” And what’s the new fussiness about alcohol, or are they upset because he quaffs brewskis (RUSSIANS!) instead of guzzling chardonnay? The Dems weren’t so picky about partying in 2016 when Stumbles McMyTurn was staggering all over the map. Well, not in Wisconsin. Then the establishment attacked Brett’s family for looking like a normal family instead of a traveling freak show. The Kavanaugh kids didn’t have nose rings or teen tatts, and they presumably know which bathroom to use. This, to the establishment, is unforgiveable. To Normal Americans, this constant social warfare against people who don’t want to be sketchy mutants is just more inspiration for more militancy. The Democrats have also decided that they want to go into November on the platform of abolishing ICE and opening the borders to future Democrat voters from festering Third World hellholes. Perhaps they didn’t read the polls, but Normal Americans – the ones not appearing on CNN, working for Soros-funded agitator collectives, or in college squandering their dads’ money on degrees in Oppression Studies – actually like borders. If Trump’s brain trust gathered together in his palatial Mar-a-Lago estate to concoct a scheme to get the Democrat Party to adopt the most tone-deaf possible platform, they could not have drafted one better than what the Democrats have created for themselves. The Dems ought to be required to report everything they have done lately to the Federal Elections Commission as an in-kind donation to the Republicans in 2018. And then there is the Mueller/ FBI/Collusion/Treason charade, which has normal people asking, “Is that still a thing?” Yeah, kind of, though it becomes less thingy every day as it becomes obvious that Sad Bassett Hound Mueller and the Conflict-of-Interest Crew’s got no-thing. The establishment is convinced that Peter Strzok came out of that hearing not looking like a guy who probably has a sex dungeon in his basement. But he totally looked like he has a sex dungeon in his basement, thereby launching a thousand memes of him leering, smirking, and generally channeling Paul Lynde. One of the secrets of Trump’s success is having really, really stupid enemies, enemies who are so tone-deaf and out-of-touch that they simply cannot adopt commonsense positions that resonate among normal Americans. The establishment instead insists on telling Americans that up is down, black is white, and girls can have penises. Nope. No wonder the Normals have gotten militant, and no wonder a leader like Donald Trump came along with the vision to exploit the opening the establishment left for an outsider to rise and prevail by embracing the obvious. Kurt Sclichter
Trump being Trump, he is unable to separate (a) the way Russia’s perfidy has been exploited by his political opponents to attack him (i.e., the unsuccessful attempt to delegitimize his presidency) from (b) Russia’s perfidy itself, as an attack on the United States. No matter how angry this president may be at the Democrats and the media, the significance to any president of Russia’s influence operation must be that it succeeded beyond Putin’s wildest dreams. Whether you’re a Democrat invested in the narrative that Russia’s shenanigans cost Hillary Clinton the presidency, or a Republican in denial that Putin sought to boost Trump at Clinton’s expense, the reality is that Putin was undoubtedly trying to sow discord in our body politic. That interpretation of events is something any president should be able to rally most of the country behind. The provocation warrants a determined response that bleeds Putin, the very opposite of kowtowing to the despot on the world stage. Now, let’s put to the side the recent cyber-espionage and other influence operations directed at our country. It has been only four months since Putin’s regime attempted to murder former double agent Sergei Skripal and his daughter, Yulia, in the British city of Salisbury. It has been only a few days since a British couple fell into a coma after exposure to the same Soviet-era nerve agent (Novichok) used on the Skripals. The second incident happened just seven miles from the first, strongly suggesting that Putin’s regime is guilty of depraved indifference to the dangers its targeted assassinations on Western soil — the territory of our closest ally — pose to innocent bystanders. In 2006, the Putin regime similarly murdered a former Russian spy, Alexander Litvinenko, in London, poisoning his tea with radioactive polonium. Meanwhile, reporting that is based mainly on the account of a former KGB agent (who defected to the West and has been warned he is a target) indicates that Putin’s operatives are working off a hit list of eight people (including Sergei Skirpal) who reside in the West. Putin’s annexation of Crimea was just the most notorious of his recent adventures in territorial aggression. He has effectively annexed the Georgian regions of Abkhazia and South Ossetia, and the separatist war he is puppeteering in eastern Ukraine still rages in this its fifth year. He is casting a menacing eye at the Baltics. This, even as Russia props up the monstrous Assad regime in Syria and allies with Iran, the jihadist regime best known for sponsoring anti-American terrorism around the world. And just five months ago, at a major speech touting improved weapons capabilities, Putin spiced up the demonstration with a video diagramming a hypothetical nuclear missile attack on . . . yes . . . Florida. There is no doubt that we have to deal with this monster. Realpolitik adherents may even be right that there is potential for cooperation with Russia in areas of mutual interest (at least provided that the dealing is done with eyes open about Putin’s core anti-Americanism). But there is no reason why we need to deal with Russia in a forum at which the U.S. president stands there and pretends that a brutal autocrat, who has become incalculably rich by looting his crumbling country, is a statesman promoting peace and better relations. I would say that no matter who was president. In the case of President Trump specifically, for all his “you’re fired” bravado and reports of mercurial outbursts at some subordinates, he does not like unpleasant face-to-face confrontations. He may unload at a rally, but face to face, the president’s m.o. is to defuse confrontation with unctuous banter — an easy solution for someone who seems not to believe that anything he says in the moment will bind him in the future. This, inevitably, leads to foolish and sometimes reprehensible assertions (e.g., saying, in apparent defense of Putin, “There are a lot of killers. What? You think our country’s so innocent?”). The president appears to subscribe to the Swamp school of thought that negotiations are good for their own sake — though he conflates what is good for him (promoting his image as a master deal-maker) with what is good for the country (negotiations often aren’t). This is another iteration of the president’s tendency to personalize things, particularly relations between governments. That trait puts him at a distinct disadvantage with someone like Putin, who knows well the uses of flattery and grievance.
Donald Trump avait déjà tenu de tels propos et indiqué ses doutes sur le rapport des renseignements concluant à l’ingérence de la Russie dans l’élection, au premier semestre 2017. Mais ce qui était peu prévisible, c’est qu’il a remis en cause le travail des renseignements américains devant Vladimir Poutine, et en terre étrangère. Cela montre qu’il a franchi un seuil, une étape. (…) Cela choque les Républicains qui ne peuvent désormais plus ignorer la position de Donald Trump, qui a dit devant des caméras, et face à Vladimir Poutine, qu’il fait davantage confiance au président russe qu’à la justice et la police de son pays. Or, le parti des Républicains est le parti de la loi et de l’ordre. Pour eux, voir un président des Etats-Unis faire moins confiance aux institutions qu’à un dirigeant étranger, cela pose un énorme problème. D’autant plus qu’avant l’élection de Trump, les Républicains étaient en opposition avec la Russie de Poutine. Leurs critiques reflètent aussi ce malaise. (…) au-delà des protestations verbales symboliques, il ne devrait rien se passer concrètement, pour trois raisons. D’abord, Trump est aujourd’hui bien plus proche de l’électorat républicain que ne le sont les élus du parti au Congrès (élus en 2012, 2014 et 2016). La preuve, c’est que selon l’institut de sondages américain Gallup, en 2014 22 % des sympathisants républicains sondés jugeait la Russie comme étant une amie ou un allié, mais ils sont 40 % aujourd’hui. L’électorat républicain, sans doute sous l’effet de Trump, s’est radouci envers la Russie. Deuxièmement, que pourraient faire les Républicains ? Les institutions américaines permettent au président des Etats-Unis de faire à peu près ce qu’il veut en politique étrangère. Un impeachment ou une motion de censure sont hautement improbables. D’autant que les élus sont en pleine campagne électorale des mid-terms, ils n’ont pas d’intérêt à aller contre le président. Enfin, il faut se souvenir que les Républicains ont passé un pacte faustien avec Trump. La plupart des élus y sont allés avec des pincettes, en se bouchant le nez, mais Trump leur a apporté la Maison Blanche, de manière inespérée, et il a exécuté l’agenda économique et social des conservateurs : baisse d’impôts, nomination de deux juges conservateurs à la Cour suprême… Cela vaut bien un Helsinki. (…) Trump n’a jamais fait mystère de sa volonté d’un « reboot », un redémarrage dans les échanges avec la Russie. Sauf qu’à Helsinki on a plutôt vu une soumission, une vassalisation du président américain. Pour Poutine, dont le pays est sous le coup de fortes sanctions à la fois américaines et européennes, c’est une victoire diplomatique et symbolique importante. C’est tout de même très étrange, pour un président dont l’entourage est sous le coup d’enquêtes fédérales pour une collusion avec la Russie, de donner autant de gages éventuels de quelque chose de trouble dans son lien avec Poutine. (…) Par ailleurs, sur le fond, les deux dirigeants n’ont pas annoncé grand-chose à l’issue de leur tête à tête de 2 heures et de leur entretien avec leurs conseillers d’une heure. Ils ont relancé l’idée d’un groupe commun de cybersécurité, mais c’est tout. En dépit de cette volonté affichée d’un nouveau départ, comme avec la Corée du Nord d’ailleurs, il n’y a aucune matière pour l’instant. Le seul dossier sur lequel ils ont insisté, c’est le désarmement nucléaire et la lutte contre la prolifération nucléaire. Mais Poutine a réitéré à Helsinki son soutien à l’Iran, à l’encontre de la position de Trump. Corentin Sellin
Les excuses ne sont pas le fort de Donald Trump. Il a été nourri par ses mentors – feus son père, Fred, et l’avocat maccarthyste Roy Cohn – dans la conviction qu’elles ne sont qu’un aveu de faiblesse. Depuis, il s’y tient: ne jamais reconnaître une erreur, ne jamais battre en retraite. Il faut donc que la tempête ait été puissante pour que le président américain ait effectué mardi un repli tactique. À Helsinki, la veille, il avait accordé plus de crédit aux protestations d’innocence de Vladimir Poutine qu’aux accusations étayées de ses services de renseignements à propos des interférences russes dans la campagne de 2016. Il était parfaitement satisfait de sa prestation, confirme un collaborateur à la Maison-Blanche, jusqu’à ce qu’il prenne la mesure des reproches quasi universels en regardant la télévision à bord d’Air Force One durant le vol de retour. Même Fox News, qui l’applaudit en tout, jugeait «une clarification nécessaire». Même Newt Gingrich, l’ancien speaker de la Chambre, qui a écrit deux livres en deux ans pour donner du sens au trumpisme, l’appelait à «corriger immédiatement la plus grave erreur de sa présidence». Trump s’est donc plié à cet exercice déplaisant, à sa manière. Il a formulé le démenti le moins vraisemblable qu’on puisse trouver, afin que ses supporteurs ne soient pas dupes. «Je voulais dire: je ne vois aucune raison pour laquelle ce ne serait PAS la Russie», a déclaré le président. (…) «Cette excuse défie toute crédibilité, estime Jonathan Lemire, le correspondant de l’Associated Press dont la question avait provoqué le dérapage. Pour admettre que sa langue ait fourché dans cette phrase, il faudrait ignorer tout le reste de sa conférence de presse» avec le président russe. (…) Bien peu, chez ses partisans comme parmi ses adversaires, ont pris cette mise au point pour argent comptant. Car Donald Trump l’a lue ostensiblement devant les caméras avec le ton mécanique de quelqu’un qui accomplit une formalité, et en s’écartant deux fois du script préparé par ses collaborateurs. D’abord pour s’exclamer: «Il n’y a pas eu de collusion du tout!», une phrase qu’il avait rajoutée à la main. Ensuite pour atténuer le démenti tout juste formulé: «J’accepte la conclusion de notre communauté du renseignement selon laquelle l’interférence de la Russie dans l’élection de 2016 a eu lieu. Ce pourrait aussi être d’autres gens ; des tas de gens un peu partout.» (…) «Trump a mis au point une méthode d’excuses composée à parts égales de retraite et de réaffirmation», analyse Marc Fisher dans le Washington Post, pointant «le changement de ton quand il exprime ses véritables sentiments». Selon lui, on assiste au même «processus» que l’été dernier lors des incidents racistes de Charlottesville: «Insulte, excuses réticentes, signal clair qu’il croit vraiment ce qu’il avait dit au départ, répétition.» De fait, le correctif de mardi ne vise pas à clore la polémique, il lui offre seulement la protection d’avoir dit une chose et son contraire. Maintenant qu’il a rempli cette «obligation formelle», le chef de la Maison-Blanche peut continuer à asséner sa version des faits. Le Figaro
Sous les yeux d’un Poutine buvant visiblement du petit-lait, Donald Trump lâche une réponse surréaliste ce lundi au palais présidentiel d’Helsinki où il donne une conférence de presse avec son homologue russe, au terme de leur sommet bilatéral de quelques heures, face à une salle pleine à craquer de journalistes. Du jamais-vu. Le reporter de l’agence AP vient tout juste de lui demander qui il croit, concernant l’existence d’une immixtion russe dans la campagne présidentielle de 2016. Ses propres services qui affirment unanimes qu’il y a eu une attaque russe massive pour orienter le cours de l’élection? Ou Poutine qui dément absolument? À la stupéfaction générale des journalistes, Donald Trump ne veut pas trancher. «J’ai confiance dans les deux. Je fais confiance à mes services, mais la dénégation de Vladimir Poutine a été très forte et très puissante», déclare-t-il. Ce faisant, il assène un coup terrible aux services de renseignement de son propre pays, au vu et su de la planète entière. C’est une manière de dire qu’il est si soupçonneux à l’encontre de l’enquête russe qu’il pencherait presque pour «la vérité» que Poutine entend imposer. «Ce que j’aimerais savoir, c’est où sont passés les serveurs?» (du Parti démocrate, qui ont été hackés par la Russie, NDLR), s’interroge Trump. Il insiste: «Et où sont passés les 33.000 e-mails de Hillary Clinton, ce n’est pas en Russie qu’ils se seraient perdus!» Pour le président américain, «il n’y a jamais eu collusion, l’élection, je l’ai gagnée haut la main», sans l’aide de personne. «Cette enquête russe nous empêche de coopérer, alors qu’il y a tant à faire», dit Trump. Sur l’estrade, où les deux hommes sont côte à côte, Poutine jubile, comme s’il assistait à un spectacle qui ne semble pas le concerner mais dont il se délecte néanmoins. Événement sans précédent dans l’histoire des deux pays, Trump ouvre un boulevard à son homologue qui a toujours défendu une forme de relativisme, destiné à démontrer que les institutions démocratiques des États-Unis ne sont pas plus fiables que la parole du président russe. C’est une technique éprouvée. (…) Avant la séance de questions, la conférence de presse avait pourtant plutôt bien commencé, les deux hommes mettant l’accent sur la nécessité de reconstruire une relation «très détériorée» sur une base pragmatique. «Notre relation n’a jamais été aussi mauvaise mais depuis quatre heures, cela a changé», avait déclaré Donald Trump, visiblement satisfait, mais plutôt sérieux et contenu. Lisant ses fiches d’un ton neutre, Vladimir Poutine, lui, avait énuméré une longue liste de sujets sur lesquels Washington et Moscou pourraient coopérer, de l’établissement d’un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan jusqu’au désarmement bilatéral entre les deux plus grandes puissances nucléaires, en passant par la dénucléarisation de la péninsule nord-coréenne. Cerise sur le gâteau, le chef du Kremlin a aussi proposé de prolonger l’accord de livraison de gaz qui unit son pays à l’Ukraine et qui doit expirer à la fin de cette année. Une initiative susceptible d’apaiser à la fois Washington et l’Union européenne. Mais très vite, la relation russo-américaine a été rattrapée par ses vieux démons, ceux de l’ingérence russe dans le scrutin présidentiel de 2016. Toutes les inquiétudes que les observateurs américains et européens nourrissaient vis-à-vis de l’ambiguïté de Trump sur la Russie, et de sa capacité à être manipulé par l’ex-espion du KGB Vladimir Poutine, ont soudain trouvé confirmation. Ce lundi soir, des réactions indignées commençaient à fuser depuis Washington. Le Figaro
De retour d’Helsinki, le président américain s’est employé mardi à éteindre la tempête politique provoquée par ses propos tenus la veille, dans lesquels il désavouait ses propres services secrets. Au milieu des critiques suscitées par son attitude devant Poutine à Helsinki, Donald Trump, de retour mardi à Washington DC, a profité d’une réunion à la Maison-Blanche avec des élus pour se dédire: «J’ai relu le texte de mes déclarations et je me suis aperçu qu’il manquait une négation. Je voulais dire: «Je ne vois pas de raison pour que la Russie ne l’ait pas fait» (interférer dans l’élection, NDLR). Je pense que ceci clarifie la question. J’ai une foi et une confiance entières en nos formidables agences de renseignement. J’accepte leurs conclusions selon lesquelles des interventions de la Russie ont eu lieu. Nous agirons avec force pour repousser et stopper toute (nouvelle) interférence dans nos élections.» Cette ingérence de Moscou «n’a eu aucun impact» sur le résultat du scrutin qu’il a remporté, a toutefois tenu à souligner le milliardaire républicain. Difficile de se contredire plus explicitement, une démarche en soi remarquable de la part d’un président allergique à admettre le moindre tort. Mais les accusations touchaient un nerf sensible, jetant sur lui le soupçon infamant de faiblesse, ou pire, de trahison. «J’ai vu les renseignements russes manipuler beaucoup de gens dans ma carrière, mais je n’aurais jamais cru que le président des États-Unis serait l’un d’eux», avait ainsi déclaré Will Hurd, un ancien de la CIA élu républicain du Texas. Le Washington Post dénonçait «la collusion, à la vue de tous», entre Trump et Poutine. Le New York Times l’accusait de «s’être couché aux pieds» du président russe, par «mollesse» et «obséquiosité». Même le conservateur Wall Street Journal avait dénoncé son «empressement» auprès du chef du Kremlin comme «un embarras national». Le Figaro
Dans le flot de réactions inquiètes qui fusent, trois explications du «mystère d’Helsinki» émergent. La première, revendiquée à demi-mot par nombre de leaders démocrates et même républicains, est une explication carrément complotiste. Elle présuppose que Donald Trump a été «ferré» depuis longtemps par les services secrets russes et que ces derniers auraient finalement fini par le propulser au sommet du pouvoir américain, au terme d’une magnifique opération de déstabilisation. Une variante de cette hypothèse est que Trump a été compromis lors de son voyage russe de 2013 et que Moscou «le tient». Deuxième hypothèse, sans doute plus crédible: celle de l’obsession de la légitimité chez un président en divorce total avec le système politique qu’il est censé présider. Parce qu’il a le sentiment que toute la machine d’État – ce fameux État profond qu’il déteste – est contre lui et que son élection est constamment en question, Trump semble incapable d’accepter l’idée qu’une immixtion russe ait pu faciliter sa victoire. Son insécurité est telle qu’il préfère croire aux «contes» politiques de Poutine plutôt que de reconnaître les conclusions de ses services sur les attaques russes contre la démocratie américaine. Un scénario qui aurait été facilité par son ego surdimensionné, face à un ancien espion du KGB ultra-expérimenté. À ces versions peut s’en ajouter une troisième. Celle d’un plan de Trump en direction de la Russie, pour la rallier à l’Amérique, sur des dossiers clé comme la en dépit des divergences idéologiques et des conseils quasi unanimes des experts (que Trump a toujours méprisés). Ce mardi, plusieurs observateurs russes évoquaient une telle hypothèse, soulignant que la première partie de la conférence de presse avait fait apparaître certains thèmes de coopération potentiels, notamment le soutien à Israël (contre l’Iran?). «Je suis prêt à prendre un risque politique pour promouvoir la paix, plutôt que de sacrifier la paix à la politique», a d’ailleurs dit Trump pendant la conférence de presse, phrase qui a été noyée dans le scandale de la question de l’immixtion. Laure Mandeville
NATO’s problems predated Trump and in many ways come back to Germany, whose example most other NATO nations ultimately tend to follow. The threat to both the EU and NATO is not Trump’s America, but a country that is currently insisting on an artificially low euro for mercantile purposes and that is at odds with its southern Mediterranean partners over financial liabilities, with its Eastern European neighbors over illegal immigration, with the United Kingdom over the conditions of Brexit, and with the U.S. over a paltry investment in military readiness of 1.3 percent of GDP while it’s piling up the largest account surplus in the world, at over $260 billion, and a $65 billion trade surplus with the U.S. Germany, a majority of whose tanks and fighters are thought not to be battle-ready, cannot expect an American-subsidized united NATO front against the threat of Vladimir Putin if it is now cutting a natural-gas agreement with Russia that undermines the Baltic States and Ukraine — countries that Putin is increasingly targeting. The gas deal will not only empower Putin; it will make Germany dependent on Russian energy — an untenable situation. Merkel can package all that in mellifluous diplomatic-speak, and Trump can rail about it in crude polemics, but the facts remain facts, and they are of Merkel’s making, not Trump’s. The same themes hold true regarding attitudes toward Putin, who (again) predated Trump and his press conference in Helsinki, where the president gave to the press an unfortunate apology-tour/Cairo-speech–like performance, reminiscent of past disastrous meetings with or assessments of Russian leaders by American presidents, such as FDR on Stalin: “I just have a hunch that Stalin is not that kind of man. Harry [Hopkins] says he’s not and that he doesn’t want anything but security for his country, and I think if I give him everything I possibly can and ask for nothing in return, noblesse oblige, he won’t try to annex anything and will work with me for a world of democracy and peace.” Or Kennedy’s blown summit with Khrushchev in Geneva: “He beat the hell out of me. It was the worst thing in my life. He savaged me.” Or Reagan’s weird offer to share American SDI technology and research with Gorbachev or, without much consultation with his advisers, to eliminate all ballistic missiles at Reykjavik. Trump confused trying to forge a realist détente with some sort of bizarre empathy for Putin, whose actions have been hostile and bellicose to the U.S. and based on perceptions of past American weakness. But again, Trump did not create an empowered Putin — and he has done more than any other president so far to check Putin’s ambitions. Putin in 2016 continued longstanding Russian cyberattacks and election interference because of past impunity (Obama belatedly told Putin to “cut it out” only in September 2016). He swallowed Crimea and parts of eastern Ukraine after the famous Hillary-managed “reset” — a surreal Chamberlain-like policy in which we simultaneously appeased Putin in fact while in rhetoric lecturing him about his classroom cut-up antics and macho style. Had Trump been overheard on a hot mic in Helsinki promising more flexibility with Putin on missile defense after our midterm elections, in expectation for electorally advantageous election-cycle quid pro quo good behavior from the Russians, we’d probably see articles of impeachment introduced on charges of Russian collusion. And yet the comparison would be even worse than that. After all, America kept Obama’s 2011 promise “to Vladimir,” in that we really did give up on creating credible missile defenses in Eastern Europe, breaking pledges made by a previous administration — music to Vladimir Putin’s ears. It would be preferable if Trump’s rhetoric reinforced his solid actions, which in relation to Putin’s aggression consist of wisely keeping or increasing tough sanctions, accelerating U.S. oil production, decimating Russian mercenaries in Syria, and arming Ukrainian resistance. But then again, Trump has not quite told us that he has looked into Putin’s eyes and seen a straightforward and trustworthy soul. Nor in desperation did he invite Putin into the Middle East after a Russian hiatus of nearly 40 years to prove to the world that Bashar al-Assad had eliminated his WMD trove — which Assad subsequently continued to use at his pleasure. There is currently no scandal over uranium sales to Russia, and the secretary of state’s spouse has not been discovered to have recently pocketed $500,000 to speak in Moscow. In a perfect world, we would like to see carefully chosen words enhancing effective muscular action. Instead, in the immediate past, we heard sober and judicious rhetoric ad nauseam, coupled with abject appeasement and widely perceived dangerous weakness. Now we have ill-timed bombast that sometimes mars positive achievement. Neither is desirable. But the latter is far preferable to the former. Victor Davis Hanson
We are in dangerous times. Amid the hysteria over the Russian summit, the Mueller collusion probe, nonstop unsupported allegations and rumors, the Strzok and Page testimonies, the ongoing congressional investigations into improper CIA and FBI behavior, and a completely unhinged media, there is a growing crisis of rising tensions between two superpowers that together possess a combined arsenal of 3,000 instantly deployable nuclear weapons and another 10,000 in storage. That latter existential fact apparently has been forgotten in all the recriminations. So it is time for all parties to deescalate and step back a bit. Trump understandably wants to avoid progressive charges that he is obstructing Robert Mueller’s ostensible investigation of Russian collusion, and he also wants some sort of détente with Russia. Mueller has likely indicted Russians, timed on the eve of the summit, in part on the assumption that they would more or less not personally defend themselves and never appear on U.S. soil. Add that all up, and Trump apparently has discussed with Putin an idea of allowing Mueller’s investigators to visit Russia to interview those they have indicted. But in the quid pro quo world of big-power rivalry, Putin, of course, wants reciprocity — the right also to interview American citizens or residents (among them a former U.S. ambassador to Russia) whom he believes have transgressed against Russia. Trump needs to squash Putin’s ridiculous “parity” request immediately. Mueller would learn little or nothing from interviewing his targets on Russian soil — and likely never imagined that he would or could. On the other hand, given recent Russian attacks on critics abroad, Moscow’s interviewing any Russian antagonist anywhere is not necessarily a safe or sane enterprise. And being indicted under the laws of a constitutional republic is hardly synonymous with earning the suspicion of the Russian autocracy. Most importantly, the idea that a former U.S. ambassador to Russia, Professor Michael McFaul — long after the expiration of his government tenure — would submit to Russian questioning is absurd. Of course, it would also undermine the entire sanctity of American ambassadorial service. So, Putin’s offer, to the extent we know the details of it, will soon upon examination be seen as patently unhinged. In refusal, Trump has a good opportunity to remind the world why all American critics of the Putin government — and especially of his own government as well — are uniquely free and protected to voice any notion they wish. Victor Davis Hanson
AP reporter John Lemire placed Trump in an impossible position. Noting that Putin denied meddling in the 2016 elections and the intelligence community insists that Russia meddled, he asked Trump, “Who do you believe?” If Trump had said that he believed his intelligence community and gave no credence to Putin’s denial, he would have humiliated Putin and destroyed any prospect of cooperative relations.Trump tried to strike a balance. He spoke respectfully of both Putin’s denials and the US intelligence community’s accusation. It wasn’t a particularly coherent position. It was a clumsy attempt to preserve the agreements he and Putin reached during their meeting. And it was blindingly obviously not treason. In fact, Trump’s response to Lemire, and his overall conduct at the press conference, did not convey weakness at all. Certainly he was far more assertive of US interests than Obama was in his dealings with Russia. In Obama’s first summit with Putin in July 2009, Obama sat meekly as Putin delivered an hour-long lecture about how US-Russian relations had gone down the drain. As Daniel Greenfield noted at Frontpage magazine Tuesday, in succeeding years, Obama capitulated to Putin on anti-missile defense systems in Poland and the Czech Republic, on Ukraine, Georgia and Crimea. Obama gave Putin free rein in Syria and supported Russia’s alliance with Iran on its nuclear program and its efforts to save the Assad regime. He permitted Russian entities linked to the Kremlin to purchase a quarter of American uranium. And of course, Obama made no effort to end Russian meddling in the 2016 elections. Trump in contrast has stiffened US sanctions against Russian entities. He has withdrawn from Obama’s nuclear deal with Iran. He has agreed to sell Patriot missiles to Poland. And he has placed tariffs on Russian exports to the US. So if Trump is Putin’s agent, what was Obama? (…) The Democrats and their allies in the media use the accusation that Trump is an agent of Russia as an elections strategy. Midterm elections are consistently marked with low voter turnout. So both parties devote most of their energies to rallying their base and motivating their most committed members to vote. (…) But (…) the problem with playing domestic politics on the international scene is that doing so has real consequences for international security and for US national interests.(…)  for instance (…) Europe is economically dependent on trade with the US and strategically dependent on NATO. So why are the Europeans so open about their hatred of Trump and their rejection of his trade policies, his policy towards Iran and his insistence that they pay their fair share for their own defense? (…) The answer of course is that they got a green light to adopt openly anti-American policies from the forces in the US that have devoted their energies since Trump’s election nearly two years ago to delegitimizing his victory and his presidency. Those calling Trump a traitor empowered the Europeans to defy the US on every issue. Trump’s opponents’ unsubstantiated allegation that his campaign colluded with Russia during the 2016 elections has constrained Trump’s ability to perform his duties.(…) Time will tell if we just averted war. But what we did learn is that Israel’s position in a war with Iran is stronger than it could have been if the two leaders hadn’t met in Helsinki. (…) Trump’s opponents’ obsession with bringing him down has caused great harm to his presidency and to America’s position worldwide. It is a testament to Trump’s commitment to the US and its allies that he met with Putin this week. And the success of their meeting is something that all who care about global security and preventing a devastating war in the Middle East should be grateful for. Caroline Glick

C’est bien la chasse aux sorcières et la conspiration gauchiste, imbécile !

A l’heure où au lendemain d’un aussi calamiteux qu’énigmatique sommet du président américain avec son homologue russe …

Qui nous a valu un surréaliste – mais depuis doublement désavoué – numéro de génuflexion de Donald Trump devant un Poutine empoisonneur des peuples et maitre reconnu des fausses équivalences morales

Comme, entre les références à – excusez du peu ! – Pearl Harbor, la Nuit de cristal et le 11/9, un tout aussi invraisemblable déluge des plus délirantes critiques de la part de ses adversaires politiques ou médiatiques …

Qui rappelle …

Mis à part le chroniqueur de Fox news Sean Hannity, l’historien militaire américain Victor Davis Hanson ou la célèbre éditorialiste du Jerusalem Post Caroline Glick

Qui il y à peine six ans ces mêmes belles âmes n’avaient rien trouvé à redire lorsque le président Obama avait fait part à Poutine, sur un micro resté ouvert, de sa « flexibilité » possible après sa réélection …

Que deux semaines avant l’élection présidentielle de 2016 le même Obama rappelait au candidat Trump « l’impossibilité de manipuler les élections » américaines du fait de leur caractère « décentralisé » et du « nombre de bulletins » …

Et qu’enfin, contrairement à l‘Administration précédente et entre sanctions et actions militaires ou dénonciations de mauvais traités, il y a longtemps qu’il n’y avait pas eu un gouvernement américain aussi intransigeant avec la Russie et ses affidés ?

Et dès lors comment qualifier …

Pour expliquer un comportement aussi mystérieux et schizophrénique de la part du président américain …

Les agissements d’une gauche américaine qui n’ayant toujours pas digéré sa défaite de 2016 …

Court-circuite totalement, via ses chiens de garde médiatiques, les réelles avancées dudit sommet notamment concernant la sécurité d’Israël face à l’aventurisme militaire iranien …

Et place délibérément son président à nouveau devant un choix impossible

A savoir celui cette fois-ci de la génuflexion devant Poutine ..

Contre ses propres services qui n’avaient alors rien fait …

Ou sous prétexte d’une influence russe qui, hostilité anti-démocrate oblige après huit ans d’administration Obama, ne pouvait avoir qu’un effet marginal ou anecdotique …

L’assentiment à la délégitimation de sa propre élection ?

Le voyage européen de Trump, un «carnage» et une énigme
Laure Mandeville
Le Figaro
17/07/2018

DÉCRYPTAGE – Durant son périple de cinq jours sur le Vieux continent, le président américain a mis l’Otan en ébullition tout en amorçant un redémarrage des relations russo-américaines, quitte à provoquer le désarroi américain et occidental.

Le voyage avait commencé par une volée de bois de vert administrée à ses alliés de l’Otan et de l’Union européenne. Il s’est fini par une «génuflexion» devant le président Poutine à Helsinki et un désaveu de son propre pays, exprimé à la face du monde entier. «Un carnage diplomatique», a pour sa part écrit l’éditorialiste du Financial Times Edward Luce, qui affirme que le contraste entre la brutalité utilisée face aux Européens et le soutien inconditionnel apporté à Poutine (malgré l’annexion de la Crimée, l’invasion rampante de l’Ukraine, l’attaque au poison Novitchok contre l’ex-espion Skripal, les mensonges répétés sur la frappe d’un missile russe contre un avion de ligne néerlandais et, pour finir, les tentatives de déstabilisation des élections) a jeté «l’Occident dans une crise existentielle».

«Le résultat du voyage de cinq jours de M. Trump, est un Otan en ébullition et un redémarrage réel des relations russo-américaines, entièrement en faveur de M. Poutine», constate-t-il.

Difficile d’être en désaccord avec l’analyse. Mais reste une lourde énigme. Pourquoi Donald Trump a-t-il pris le risque de susciter un séisme américain et occidental, en prenant fait et cause pour Vladimir Poutine sur la question de l’immixtion russe dans la campagne présidentielle, allant jusqu’à dénigrer ses propres services de renseignements en sa présence?

Quand on revient sur le fil des événements, la séquence «occidentale» du voyage d’Europe est finalement assez compréhensible. Face à l’Otan, l’ancien homme d’affaires s’est comporté en accord avec ses priorités de toujours, à savoir qu’il lui fallait absolument arracher à ses alliés ce que ses prédécesseurs avaient toujours échoué à obtenir, faute, selon lui, de ténacité: un rééquilibrage du budget de la défense de l’Alliance qui allégerait le fardeau américain. «Il faut que ça change, l’état des lieux est injuste pour l’Amérique», n’a-t-il cessé de tonner, avant de parler de l’Otan comme d’un «facteur d’unification formidable». Tout dans cette partie était du Trump classique. Les «coups de poing» sur la table, la capacité à hurler le matin puis à apaiser le jeu le soir. Tout ne visait qu’un but: obtenir un changement favorable à l’intérêt de «L’Amérique d’abord».

Séquence russe

Le problème de la mystérieuse et scandaleuse séquence russe qui a suivi à Helsinki est que, en désavouant son pays, Trump a semblé oublier qu’il était le président des États-Unis. «À la fin de la semaine, “L’Amérique d’abord” s’est mise à ressembler incroyablement à “La Russie d’abord”», a résumé d’un tweet l’expert Richard Haas. À travers toute la classe politique américaine, les accusations de «trahison» et de «faiblesse» se sont multipliées. Interrogé sur le fait de savoir si on pouvait comparer le comportement de Trump avec Poutine à celui de Roosevelt face à Staline à Yalta, l’historien Robert Dallek semblait perplexe: «Roosevelt était face aux dures réalités de la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Nous n’avons pas d’idée claire mais juste des hypothèses sur la question de savoir pourquoi Trump semble être à un tel degré dans la poche de Vladimir Poutine», a-t-il répondu.

Dans le flot de réactions inquiètes qui fusent, trois explications du «mystère d’Helsinki» émergent. La première, revendiquée à demi-mot par nombre de leaders démocrates et même républicains, est une explication carrément complotiste. Elle présuppose que Donald Trump a été «ferré» depuis longtemps par les services secrets russes et que ces derniers auraient finalement fini par le propulser au sommet du pouvoir américain, au terme d’une magnifique opération de déstabilisation. Une variante de cette hypothèse est que Trump a été compromis lors de son voyage russe de 2013 et que Moscou «le tient».

L’obsession de la légitimité

Deuxième hypothèse, sans doute plus crédible: celle de l’obsession de la légitimité chez un président en divorce total avec le système politique qu’il est censé présider. Parce qu’il a le sentiment que toute la machine d’État – ce fameux État profond qu’il déteste – est contre lui et que son élection est constamment en question, Trump semble incapable d’accepter l’idée qu’une immixtion russe ait pu faciliter sa victoire. Son insécurité est telle qu’il préfère croire aux «contes» politiques de Poutine plutôt que de reconnaître les conclusions de ses services sur les attaques russes contre la démocratie américaine. Un scénario qui aurait été facilité par son ego surdimensionné, face à un ancien espion du KGB ultra-expérimenté.

À ces versions peut s’en ajouter une troisième. Celle d’un plan de Trump en direction de la Russie, pour la rallier à l’Amérique, sur des dossiers clé comme la Corée, la Chine ou l’Iran, en dépit des divergences idéologiques et des conseils quasi unanimes des experts (que Trump a toujours méprisés). Ce mardi, plusieurs observateurs russes évoquaient une telle hypothèse, soulignant que la première partie de la conférence de presse avait fait apparaître certains thèmes de coopération potentiels, notamment le soutien à Israël (contre l’Iran?). «Je suis prêt à prendre un risque politique pour promouvoir la paix, plutôt que de sacrifier la paix à la politique», a d’ailleurs dit Trump pendant la conférence de presse, phrase qui a été noyée dans le scandale de la question de l’immixtion.

Les deux heures de conversation en tête à tête entre les deux hommes ont-elles pu déboucher sur un accord stratégique secret, que Trump a jugé suffisamment important pour faire front avec Poutine, sur la question de l’immixtion dans la campagne américaine? «On avait l’impression qu’ils étaient alliés face aux journalistes», a noté un observateur russe. Le résultat immédiat de ce plan, s’il existe, sera sans doute à l’opposé de ce que voulait Trump. Un désarroi américain et occidental qui devrait susciter une levée de boucliers contre Poutine. «Je crains la réponse qui va venir Washington», a noté l’éditorialiste du Moskovski Komsomolets, appelant à ne pas crier victoire.

Voir aussi:

Trump prend parti pour Poutine, contre ses propres services
Laure Mandeville et Pierre Avril
Le Figaro
16/07/2018

VIDÉO – À Helsinki, le président des Etats-Unis a obstinément refusé de condamner Moscou pour l’ingérence dans la campagne présidentielle américaine.

À Helsinki

Sous les yeux d’un Poutine buvant visiblement du petit-lait, Donald Trump lâche une réponse surréaliste ce lundi au palais présidentiel d’Helsinki où il donne une conférence de presse avec son homologue russe, au terme de leur sommet bilatéral de quelques heures, face à une salle pleine à craquer de journalistes. Du jamais-vu. Le reporter de l’agence AP vient tout juste de lui demander qui il croit, concernant l’existence d’une immixtion russe dans la campagne présidentielle de 2016. Ses propres services qui affirment unanimes qu’il y a eu une attaque russe massive pour orienter le cours de l’élection? Ou Poutine qui dément absolument? À la stupéfaction générale des journalistes, Donald Trump ne veut pas trancher. «J’ai confiance dans les deux. Je fais confiance à mes services, mais la dénégation de Vladimir Poutine a été très forte et très puissante», déclare-t-il.

Ce faisant, il assène un coup terrible aux services de renseignement de son propre pays, au vu et su de la planète entière. C’est une manière de dire qu’il est si soupçonneux à l’encontre de l’enquête russe qu’il pencherait presque pour «la vérité» que Poutine entend imposer. «Ce que j’aimerais savoir, c’est où sont passés les serveurs?» (du Parti démocrate, qui ont été hackés par la Russie, NDLR), s’interroge Trump. Il insiste: «Et où sont passés les 33.000 e-mails de Hillary Clinton, ce n’est pas en Russie qu’ils se seraient perdus!» Pour le président américain, «il n’y a jamais eu collusion, l’élection, je l’ai gagnée haut la main», sans l’aide de personne. «Cette enquête russe nous empêche de coopérer, alors qu’il y a tant à faire», dit Trump.

Poutine jubile

Sur l’estrade, où les deux hommes sont côte à côte, Poutine jubile, comme s’il assistait à un spectacle qui ne semble pas le concerner mais dont il se délecte néanmoins. Événement sans précédent dans l’histoire des deux pays, Trump ouvre un boulevard à son homologue qui a toujours défendu une forme de relativisme, destiné à démontrer que les institutions démocratiques des États-Unis ne sont pas plus fiables que la parole du président russe. C’est une technique éprouvée.

«Moi aussi j’ai travaillé dans les services de renseignement, lance le chef du Kremlin au journaliste américain. Mais la Russie est un pays démocratique. Les États-Unis aussi non? Si l’on veut tirer un bilan définitif de cette affaire, cela doit être réglé non pas par un service de renseignement mais par la justice.» Au reporter qui le presse de dire s’il est intervenu dans le processus électoral américain, il répond seulement: «Je voulais que Trump gagne parce qu’il voulait normaliser les relations russo-américaines… Mais laissez tomber cette histoire d’ingérence, c’est une absurdité totale!… La Russie ne s’est jamais ingérée dans un processus électoral et ne le fera jamais.»

Vladimir Poutine a été piqué par la question d’un journaliste de Reuters qui évoquait la possibilité d’une extradition des douze agents russes suspectés par le procureur Robert Mueller d’avoir piraté le compte du serveur démocrate. «Nous y sommes prêts à condition que cette coopération soit réciproque», a rétorqué le chef du Kremlin, laissant entendre que les États-Unis devaient eux aussi poursuivre les espions américains opérant sur le sol russe.

Avant la séance de questions, la conférence de presse avait pourtant plutôt bien commencé, les deux hommes mettant l’accent sur la nécessité de reconstruire une relation «très détériorée» sur une base pragmatique. «Notre relation n’a jamais été aussi mauvaise mais depuis quatre heures, cela a changé», avait déclaré Donald Trump, visiblement satisfait, mais plutôt sérieux et contenu.

Lisant ses fiches d’un ton neutre, Vladimir Poutine, lui, avait énuméré une longue liste de sujets sur lesquels Washington et Moscou pourraient coopérer, de l’établissement d’un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan jusqu’au désarmement bilatéral entre les deux plus grandes puissances nucléaires, en passant par la dénucléarisation de la péninsule nord-coréenne.

Cerise sur le gâteau, le chef du Kremlin a aussi proposé de prolonger l’accord de livraison de gaz qui unit son pays à l’Ukraine et qui doit expirer à la fin de cette année. Une initiative susceptible d’apaiser à la fois Washington et l’Union européenne. Mais très vite, la relation russo-américaine a été rattrapée par ses vieux démons, ceux de l’ingérence russe dans le scrutin présidentiel de 2016. Toutes les inquiétudes que les observateurs américains et européens nourrissaient vis-à-vis de l’ambiguïté de Trump sur la Russie, et de sa capacité à être manipulé par l’ex-espion du KGB Vladimir Poutine, ont soudain trouvé confirmation.

«Un signe de faiblesse»

Ce lundi soir, des réactions indignées commençaient à fuser depuis Washington. «La Maison-Blanche est maintenant confrontée à une seule, sinistre question: qu’est-ce qui peut bien pousser Donald Trump à mettre les intérêts de la Russie au-dessus de ceux des États-Unis», a écrit le chef de l’opposition démocrate au Sénat, Chuck Schumer, sur Twitter après la conférence de presse commune des deux dirigeants à Helsinki, parlant de propos «irréfléchis, dangereux et faibles».

«Le président Trump a raté une occasion de tenir la Russie clairement responsable pour son ingérence dans les élections de 2016 et de lancer un avertissement ferme au sujet des prochains scrutins», a regretté le sénateur républicain Lindsey Graham. «Cette réponse du président Trump sera considérée par la Russie comme un signe de faiblesse», a ajouté cet élu souvent en phase avec le milliardaire républicain. «C’est une honte», a dénoncé pour sa part l’ancien sénateur d’Arizona Jeff Flake, dans l’opposition républicaine à Trump. «Je n’aurais jamais pensé voir un jour notre président américain se tenir à côté du président russe et mettre en cause les États-Unis pour l’agression russe.»

Voir également:

Après avoir rencontré Poutine à Helsinki, Trump est-il «un faible» ou «un traître» ?
Philippe Gélie
Le Figaro
17/07/2018

Le chef de la Maison-Blanche a fait l’unanimité contre lui aux États-Unis en se désolidarisant de ses services de renseignement devant le président russe.

De notre correspondant à Washington,

Donald Trump est parvenu à faire quasiment l’unanimité contre lui avec sa prestation à Helsinki face à Vladimir Poutine. «Lamentable», «surréaliste», «répugnant», «horrible», «antipatriotique», «une honte nationale»… Un déluge de commentaires négatifs venus de la droite comme de la gauche. Même Fox News a eu des états d’âme, c’est dire.

Si l’empressement de Trump auprès de Poutine lui a valu son lot de reproches, c’est surtout l’échange avec Jonathan Lemire de l’Associated Press qui a marqué les esprits. «Le président russe nie avoir interféré dans l’élection de 2016, toutes les agences de renseignement américaines concluent l’inverse: qui croyez-vous?» À question simple, réponse alambiquée. «Où sont les serveurs (informatiques du Parti démocrate, NDLR)?», s’est lancé Trump, avant de donner son sentiment: «Le président Poutine dit que ce n’est pas la Russie. Je ne vois pas de raison pour que ce soit elle

Le directeur du renseignement national, Dan Coats, nommé par Trump, a jugé bon de publier une mise au point immédiate, apparemment sans l’avoir fait valider par la Maison-Blanche: «Nous avons été clairs dans notre évaluation des interférences russes dans l’élection de 2016 et de leurs efforts persistants, généralisés, de saper notre démocratie. Nous continuerons à fournir du renseignement objectif et sans fard en appui de notre sécurité nationale.»

Le «Charlottesville» de la politique étrangère?

«Extraordinaire», s’est exclamé le New York Times, pour qui cet épisode est «l’équivalent de Charlottesville en politique étrangère», une référence aux événements racistes de l’été dernier où Donald Trump avait vu «des gens bien des deux côtés». Cette fois, «il a jeté aux orties toute notion conventionnelle sur la façon dont un président doit se comporter à l’étranger. Au lieu de défendre l’Amérique contre ceux qui la menacent, il attaque ses propres concitoyens et institutions tout en applaudissant le chef d’une puissance hostile.»

Le site du Washington Post affichait lundi soir une pleine page de chroniques aux titres incendiaires: «Trump remplace la fierté nationale par la vanité personnelle», «C’est un fan de Poutine, un jour nous saurons pourquoi»… Même le Wall Street Journal, habituellement mesuré dans ses critiques, s’est fendu d’un éditorial sévère, titré: «La doctrine ‘Trump d’abord’». Estimant que son «empressement» au côté du président russe fut «un embarras national», il l’accuse «d’avoir projeté de la faiblesse.»

Plus que les adjectifs désobligeants, c’est ce soupçon qui risque de toucher un point sensible chez Trump. La plupart des interrogations suscitées par le sommet d’Helsinki oscillent entre deux infamies: est-il un faible ou un traître?

Les démocrates confortés dans leur thèse

Le représentant républicain du Texas Will Hurd, un ancien agent de la CIA, déclare sur CNN: «J’ai vu les renseignements russes manipuler beaucoup de gens dans ma carrière. Je n’aurais jamais cru que le président des États-Unis serait l’un d’eux.» John O’Brennan, ancien directeur de la CIA sous Barack Obama, ose tweeter le mot: la conférence de presse de Trump «n’était rien moins que de la trahison.» Nancy Pelosi, chef des démocrates à la Chambre, embraye: «Cela prouve que les Russes ont quelque chose sur le président, personnellement, financièrement ou politiquement.»

Dans les rangs républicains, John McCain est le plus sévère, comme d’habitude, l’accusant «d’avoir été non seulement incapable, mais de n’avoir pas voulu se dresser contre Poutine» et d’avoir fait «le choix conscient de défendre un tyran.» Lindsey Graham déplore «une occasion manquée» qui sera «perçue comme de la faiblesse» et recommande de vérifier si un système d’écoute n’a pas été dissimulé dans le ballon de foot offert par Poutine à Trump! Côté démocrate, le sénateur Chuck Schumer reproche lui aussi au président d’être «inconséquent, dangereux et faible.»

Ari Fleisher, ancien porte-parole de George W. Bush et supporteur de Trump, avoue son désarroi sur Twitter: «Je continue à croire qu’il n’y a pas eu de collusion entre sa campagne et la Russie, mais quand Trump accepte les arguments de Poutine aussi facilement et naïvement, je peux comprendre pourquoi les démocrates pensent que Poutine doit avoir quelque chose sur lui.»

Une rencontre programmée avec les élus du Congrès

Sur Fox News, Bret Baier a qualifié la performance présidentielle de «surréaliste» et Neil Cavuto de «répugnante», un ton inédit sur cette antenne. Il ne s’est guère trouvé que Sean Hannity, confident et inconditionnel du président, pour le défendre dans son émission lundi soir: c’est la «chasse aux sorcières», la «conspiration gauchiste» qui est «dégoûtante», a-t-il martelé, avant de diffuser l’interview que lui avait accordée Trump juste après le sommet. On n’y a rien appris de plus, mais le journaliste a fait de son mieux, saluant d’emblée la réponse «très forte» du chef de la Maison-Blanche sur «les serveurs démocrates».

Durant le vol du retour, Donald Trump a tweeté à bord d’Air Force One: «J’ai une grande confiance dans mes responsables du renseignement. Toutefois, pour construire un meilleur avenir, nous ne pouvons pas nous focaliser sur le passé. Les deux plus grandes puissances nucléaires doivent s’entendre!» Une rencontre avec les élus du Congrès a été ajoutée à son agenda ce mardi pour tenter d’apaiser leurs inquiétudes.

Voir de même:

Trump se dédit et accuse la Russie d’ingérence dans la présidentielle de 2016
Philippe Gélie
Le Figaro
17/07/2018

De retour d’Helsinki, le président américain s’est employé mardi à éteindre la tempête politique provoquée par ses propos tenus la veille, dans lesquels il désavouait ses propres services secrets.

Au milieu des critiques suscitées par son attitude devant Poutine à Helsinki, Donald Trump, de retour mardi à Washington DC, a profité d’une réunion à la Maison-Blanche avec des élus pour se dédire: «J’ai relu le texte de mes déclarations et je me suis aperçu qu’il manquait une négation. Je voulais dire: «Je ne vois pas de raison pour que la Russie ne l’ait pas fait» (interférer dans l’élection, NDLR). Je pense que ceci clarifie la question. J’ai une foi et une confiance entières en nos formidables agences de renseignement. J’accepte leurs conclusions selon lesquelles des interventions de la Russie ont eu lieu. Nous agirons avec force pour repousser et stopper toute (nouvelle) interférence dans nos élections.» Cette ingérence de Moscou «n’a eu aucun impact» sur le résultat du scrutin qu’il a remporté, a toutefois tenu à souligner le milliardaire républicain.

Difficile de se contredire plus explicitement, une démarche en soi remarquable de la part d’un président allergique à admettre le moindre tort. Mais les accusations touchaient un nerf sensible, jetant sur lui le soupçon infamant de faiblesse, ou pire, de trahison. «J’ai vu les renseignements russes manipuler beaucoup de gens dans ma carrière, mais je n’aurais jamais cru que le président des États-Unis serait l’un d’eux», avait ainsi déclaré Will Hurd, un ancien de la CIA élu républicain du Texas. Le Washington Post dénonçait «la collusion, à la vue de tous», entre Trump et Poutine. Le New York Times l’accusait de «s’être couché aux pieds» du président russe, par «mollesse» et «obséquiosité». Même le conservateur Wall Street Journal avait dénoncé son «empressement» auprès du chef du Kremlin comme «un embarras national».

Stupéfaction générale

Lundi, les dénégations du 45e président des États-Unis sur la question brûlante de l’ingérence russe dans la campagne 2016, attestée de façon unanime par les enquêteurs du FBI et les agences américaines du renseignement, avaient provoqué la stupéfaction générale. Interrogé lors d’une conférence de presse commune avec le président Vladimir Poutine à Helsinki sur la question d’une ingérence russe dans la présidentielle américaine, Trump avait affirmé que cette information lui avait été fournie par le chef de la CIA, mais qu’il n’avait aucune raison de la croire. «J’ai le président Poutine qui vient de dire que ce n’était pas la Russie (…) Et je ne vois pas pourquoi cela le serait», avait lancé Donald Trump, laissant entendre qu’il était plus sensible aux dénégations du dirigeant russe qu’aux conclusions de ses propres services.

Lors de son vol de retour de la capitale finlandaise, le président américain n’avait pu que constater les conséquences de ses égards vis-à-vis de son homologue russe, se retrouvant vertement critiqué jusque par des ténors du parti républicain. Donald Trump doit réaliser que «la Russie n’est pas notre alliée», a ainsi lancé le chef de file des républicains au Congrès, Paul Ryan. Le sénateur républicain John McCain a quant à lui dénoncé «un des pires moments de l’histoire de la présidence américaine».

Voir de plus:

Les zigzags diplomatiques de Trump sèment le trouble
Philippe Gélie
Le Figaro
18/07/2018

VIDÉOS – Les changements de pied du président américain sur l’attitude à adopter face à la Russie suscitent l’incompréhension en Europe et aux États-Unis.

De notre correspondant à Washington

Les excuses ne sont pas le fort de Donald Trump. Il a été nourri par ses mentors – feus son père, Fred, et l’avocat maccarthyste Roy Cohn – dans la conviction qu’elles ne sont qu’un aveu de faiblesse. Depuis, il s’y tient: ne jamais reconnaître une erreur, ne jamais battre en retraite.

Il faut donc que la tempête ait été puissante pour que le président américain ait effectué mardi un repli tactique. À Helsinki, la veille, il avait accordé plus de crédit aux protestations d’innocence de Vladimir Poutine qu’aux accusations étayées de ses services de renseignements à propos des interférences russes dans la campagne de 2016. Il était parfaitement satisfait de sa prestation, confirme un collaborateur à la Maison-Blanche, jusqu’à ce qu’il prenne la mesure des reproches quasi universels en regardant la télévision à bord d’Air Force One durant le vol de retour. Même Fox News, qui l’applaudit en tout, jugeait «une clarification nécessaire». Même Newt Gingrich, l’ancien speaker de la Chambre, qui a écrit deux livres en deux ans pour donner du sens au trumpisme (1), l’appelait à «corriger immédiatement la plus grave erreur de sa présidence».

Trump s’est donc plié à cet exercice déplaisant, à sa manière. Il a formulé le démenti le moins vraisemblable qu’on puisse trouver, afin que ses supporteurs ne soient pas dupes. «Je voulais dire: je ne vois aucune raison pour laquelle ce ne serait PAS la Russie», a déclaré le président. «On se demande bien qui a pensé à ça, mais peu importe», ironisait mercredi le Wall Street Journal dans son éditorial. «Cette excuse défie toute crédibilité, estime Jonathan Lemire, le correspondant de l’Associated Press dont la question avait provoqué le dérapage. Pour admettre que sa langue ait fourché dans cette phrase, il faudrait ignorer tout le reste de sa conférence de presse» avec le président russe. Même en lui faisant crédit de rectifier le tir, «cette déclaration a été faite avec 24 heures de retard et au mauvais endroit», a déclaré le sénateur démocrate Chuck Schumer.

«Obligation formelle»
Bien peu, chez ses partisans comme parmi ses adversaires, ont pris cette mise au point pour argent comptant. Car Donald Trump l’a lue ostensiblement devant les caméras avec le ton mécanique de quelqu’un qui accomplit une formalité, et en s’écartant deux fois du script préparé par ses collaborateurs. D’abord pour s’exclamer: «Il n’y a pas eu de collusion du tout!», une phrase qu’il avait rajoutée à la main. Ensuite pour atténuer le démenti tout juste formulé: «J’accepte la conclusion de notre communauté du renseignement selon laquelle l’interférence de la Russie dans l’élection de 2016 a eu lieu. Ce pourrait aussi être d’autres gens ; des tas de gens un peu partout.» Pour faire bonne mesure, il avait biffé de sa plume une phrase l’engageant à «amener toute personne impliquée devant la justice», une promesse qu’il n’a pas faite.

«Trump a mis au point une méthode d’excuses composée à parts égales de retraite et de réaffirmation», analyse Marc Fisher dans le Washington Post, pointant «le changement de ton quand il exprime ses véritables sentiments». Selon lui, on assiste au même «processus» que l’été dernier lors des incidents racistes de Charlottesville: «Insulte, excuses réticentes, signal clair qu’il croit vraiment ce qu’il avait dit au départ, répétition.» De fait, le correctif de mardi ne vise pas à clore la polémique, il lui offre seulement la protection d’avoir dit une chose et son contraire. Maintenant qu’il a rempli cette «obligation formelle», le chef de la Maison-Blanche peut continuer à asséner sa version des faits: «Tellement de gens au sommet du renseignement ont adoré ma performance à la conférence de presse d’Helsinki», a-t-il tweeté mercredi. Et: «Si la réunion de l’Otan a été un triomphe reconnu […], la rencontre avec la Russie pourrait se révéler être, sur le long terme, un succès encore plus grand.»

Les supporteurs du président l’approuvent quoi qu’il fasse et, lorsqu’ils ont des doutes, se convainquent qu’«il est plus dur en privé» ou qu’«il a un plan» ou qu’il concocte en secret «un mégadeal». Mais les responsables républicains semblent de moins en moins enclins à cette crédulité.

Tandis que le Wall Street Journalappelle le Congrès à «endiguer Poutine – et Trump», les élus envisagent d’adopter de nouvelles sanctions contre le Kremlin, voire d’inscrire la Russie sur la liste des États sponsors du terrorisme. Les démocrates demandent aussi à auditionner tous les participants au sommet d’Helsinki, ce que le secrétaire d’État, Mike Pompeo, fera mercredi prochain devant le Sénat.

(1) Understanding Trump , 2017, et Trump’s America , 2018.

Voir encore:

Sommet d’Helsinki: «On a vu une soumission, une vassalisation de Trump» face à Poutine
INTERVIEW Le spécialiste des Etats-Unis Corentin Sellin revient pour « 20 Minutes » sur l’attitude de Donald Trump lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine…
Propos recueillis par Laure Cometti
20 minutes
17/07/18

Les propos de Donald Trump sur l’éventuelle ingérence russe lors de l’élection présidentielle de 2016 ont provoqué un coup de tonnerre outre-Atlantique. Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Helsinki, le président américain a indiqué croire davantage aux dénégations de son homologue russe  qu’aux rapports établis par les services de renseignements de son pays.

Ces déclarations faites lors d’une conférence de presse commune ont suscité de très virulentes critiques, même au sein de l’entourage du président des Etats-Unis. 20 Minutes revient sur cette séquence diplomatique et politique avec Corentin Sellin, agrégé d’histoire, professeur en classe préparatoire et spécialiste des Etats-Unis*.

Les propos de Donald Trump sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016 sont-ils si nouveaux ?

Ils étaient prévisibles car Donald Trump avait déjà tenu de tels propos et indiqué ses doutes sur le rapport des renseignements concluant à l’ingérence de la Russie dans l’élection, au premier semestre 2017. Mais ce qui était peu prévisible, c’est qu’il a remis en cause le travail des renseignements américains devant Vladimir Poutine, et en terre étrangère. Cela montre qu’il a franchi un seuil, une étape.

Pourquoi cette prise de position du président américain choque autant aux Etats-Unis, même ses alliés Républicains ?

Cela choque les Républicains qui ne peuvent désormais plus ignorer la position de Donald Trump, qui a dit devant des caméras, et face à Vladimir Poutine, qu’il fait davantage confiance au président russe qu’à la justice et la police de son pays. Or, le parti des Républicains est le parti de la loi et de l’ordre. Pour eux, voir un président des Etats-Unis faire moins confiance aux institutions qu’à un dirigeant étranger, cela pose un énorme problème. D’autant plus qu’avant l’élection de Trump, les Républicains étaient en opposition avec la Russie de Poutine. Leurs critiques reflètent aussi ce malaise.

Ce tollé suscité par Trump chez les Républicains peut-il lui coûter quelque chose politiquement ?

Non, au-delà des protestations verbales symboliques, il ne devrait rien se passer concrètement, pour trois raisons. D’abord, Trump est aujourd’hui bien plus proche de l’électorat républicain que ne le sont les élus du parti au Congrès (élus en 2012, 2014 et 2016). La preuve, c’est que selon l’institut de sondages américain Gallup, en 2014 22 % des sympathisants républicains sondés jugeait la Russie comme étant une amie ou un allié, mais ils sont 40 % aujourd’hui. L’électorat républicain, sans doute sous l’effet de Trump, s’est radouci envers la Russie.

Deuxièmement, que pourraient faire les Républicains ? Les institutions américaines permettent au président des Etats-Unis de faire à peu près ce qu’il veut en politique étrangère. Un impeachment ou une motion de censure sont hautement improbables. D’autant que les élus sont en pleine campagne électorale des mid-terms, ils n’ont pas d’intérêt à aller contre le président.

Enfin, il faut se souvenir que les Républicains ont passé un pacte faustien avec Trump. La plupart des élus y sont allés avec des pincettes, en se bouchant le nez, mais Trump leur a apporté la Maison Blanche, de manière inespérée, et il a exécuté l’agenda économique et social des conservateurs : baisse d’impôts, nomination de deux juges conservateurs à la Cour suprême… Cela vaut bien un Helsinki.

Ce sommet marque-t-il un tournant dans les relations entre Washington et Moscou ?

Trump n’a jamais fait mystère de sa volonté d’un « reboot », un redémarrage dans les échanges avec la Russie. Sauf qu’à Helsinki on a plutôt vu une soumission, une vassalisation du président américain. Pour Poutine, dont le pays est sous le coup de fortes sanctions à la fois américaines et européennes, c’est une victoire diplomatique et symbolique importante.

C’est tout de même très étrange, pour un président dont l’entourage est sous le coup d’enquêtes fédérales pour une collusion avec la Russie, de donner autant de gages éventuels de quelque chose de trouble dans son lien avec Poutine. Selon le Washington Post, il y a aussi un problème interne à la Maison Blanche, car Trump n’a pas suivi les recommandations de ses conseillers.

Par ailleurs, sur le fond, les deux dirigeants n’ont pas annoncé grand-chose à l’issue de leur tête à tête de 2 heures et de leur entretien avec leurs conseillers d’une heure. Ils ont relancé l’idée d’un groupe commun de cybersécurité, mais c’est tout. En dépit de cette volonté affichée d’un nouveau départ, comme avec la Corée du Nord d’ailleurs, il n’y a aucune matière pour l’instant. Le seul dossier sur lequel ils ont insisté, c’est le désarmement nucléaire et la lutte contre la prolifération nucléaire. Mais Poutine a réitéré à Helsinki son soutien à l’Iran, à l’encontre de la position de Trump.

* Coauteur de Les Etats-Unis et le monde de la doctrine de Monroe à la création de l’ONU : (1823-1945) (Ed. Atlande).

Voir aussi:

Who is betraying America?
So far, unlike Obama’s foreign policy by this point in his presidency, none of Trump’s exchanges have brought disaster on America or its allies.
Caroline B. Glick
The Jerusalem Post
07/20/2018

Did US President Donald Trump commit treason in Helsinki when he met Monday with Russian President Vladimir Putin? Should he be impeached?

That is what his opponents claim. Former president Barack Obama’s CIA director John Brennan accused Trump of treason outright.
Brennan tweeted, “Donald Trump’s press conference performance in Helsinki [with Putin] rises to and exceeds the threshold of ‘high crimes and misdemeanors.’ It was nothing short of treasonous.”

Fellow senior Obama administration officials, including former FBI director James Comey, former defense secretary Ashton Carter, and former deputy attorney general Sally Yates parroted Brennan’s accusation.

Almost the entire US media joined them in condemning Trump for treason.

Democratic leaders have led their own charge. Democratic Congressman Steve Cohen from Tennessee insinuated the US military should overthrow the president, tweeting, “Where are our military folks? The Commander-in-Chief is in the hands of our enemy!”

Senate minority leader Charles Schumer said that Trump is controlled by Russia. And Trump’s Republican opponents led by senators Jeff Flake and John McCain attacked him as well.

Trump allegedly committed treason when he refused to reject Putin’s denial of Russian interference in the US elections in 2016 and was diffident in relation to the US intelligence community’s determination that Russia did interfere in the elections.

Trump walked back his statement from Helsinki at a press appearance at the White House Tuesday. But it is still difficult to understand what all the hullaballoo about the initial statement was about.

AP reporter John Lemire placed Trump in an impossible position. Noting that Putin denied meddling in the 2016 elections and the intelligence community insists that Russia meddled, he asked Trump, “Who do you believe?”

If Trump had said that he believed his intelligence community and gave no credence to Putin’s denial, he would have humiliated Putin and destroyed any prospect of cooperative relations.

Trump tried to strike a balance. He spoke respectfully of both Putin’s denials and the US intelligence community’s accusation. It wasn’t a particularly coherent position. It was a clumsy attempt to preserve the agreements he and Putin reached during their meeting.

And it was blindingly obviously not treason.

In fact, Trump’s response to Lemire, and his overall conduct at the press conference, did not convey weakness at all. Certainly he was far more assertive of US interests than Obama was in his dealings with Russia.

In Obama’s first summit with Putin in July 2009, Obama sat meekly as Putin delivered an hour-long lecture about how US-Russian relations had gone down the drain.

As Daniel Greenfield noted at Frontpage magazine Tuesday, in succeeding years, Obama capitulated to Putin on anti-missile defense systems in Poland and the Czech Republic, on Ukraine, Georgia and Crimea. Obama gave Putin free rein in Syria and supported Russia’s alliance with Iran on its nuclear program and its efforts to save the Assad regime. He permitted Russian entities linked to the Kremlin to purchase a quarter of American uranium. And of course, Obama made no effort to end Russian meddling in the 2016 elections.

TRUMP IN contrast has stiffened US sanctions against Russian entities. He has withdrawn from Obama’s nuclear deal with Iran. He has agreed to sell Patriot missiles to Poland. And he has placed tariffs on Russian exports to the US.

So if Trump is Putin’s agent, what was Obama?

Given the nature of Trump’s record, and the context in which he made his comments about Russian meddling in the 2016 elections, the question isn’t whether he did anything wrong. The question is why are his opponents accusing him of treason for behaving as one would expect a president to behave? What is going on?

The answer to that is clear enough. Brennan signaled it explicitly when he tweeted that Trump’s statements “exceed the threshold of ‘high crimes and misdemeanors.’” The unhinged allegations of treason are supposed to form the basis of impeachment hearings.

The Democrats and their allies in the media use the accusation that Trump is an agent of Russia as an elections strategy. Midterm elections are consistently marked with low voter turnout. So both parties devote most of their energies to rallying their base and motivating their most committed members to vote.

To objective observers, the allegation that Trump betrayed the United States by equivocating in response to a rude question about Russian election interference is ridiculous on its face. But Democratic election strategists have obviously concluded that it is catnip for the Democratic faithful. For them it serves as a dog whistle.

The promise of impeachment for votes is too radical to serve as an official campaign strategy. For the purpose of attracting swing voters and not scaring moderate Democrats away from the party and the polls, Democratic leaders Nancy Pelosi and Steny Hoyer say they have no interest in impeaching Trump. Impeachment talk, they insist, is a mere distraction.

But by embracing Brennan’s claim of treason, Pelosi, Hoyer, Schumer and other top Democrats are winking and nodding to the progressive radicals now rising in their party. They are telling the Linda Sarsours and Cynthia Nixons of the party that they will impeach Trump if they win control of the House of Representatives.

The problem with playing domestic politics on the international scene is that doing so has real consequences for international security and for US national interests.

Consider, for instance, Europe’s treatment of Trump.

Europe is economically dependent on trade with the US and strategically dependent on NATO. So why are the Europeans so open about their hatred of Trump and their rejection of his trade policies, his policy towards Iran and his insistence that they pay their fair share for their own defense?

Why did EU Council President Donald Tusk attack Trump with such contempt and condescension in Brussels? Tusk, who chairs the meetings of EU leaders, is effectively the EU president. And the day before last week’s NATO conference he chided Trump for criticizing Europe’s low defense spending.

“America,” he said with a voice dripping with contempt, “appreciate your allies. After all you don’t have that many.”

That of course, was news to the countries of Asia, Africa, Latin America, Europe and the Middle East that depend on America and work diligently to develop and maintain strong ties to Washington.

Leaving aside the ridiculousness of his remarks, where did Tusk get the idea that it is reasonable to speak so scornfully to an American president?

Where did EU’s foreign policy commissioner Federica Mogherini get the idea that it is okay for her to work urgently and openly to undermine legally constituted US sanctions against Iran for its illicit nuclear weapons program?

The answer of course is that they got a green light to adopt openly anti-American policies from the forces in the US that have devoted their energies since Trump’s election nearly two years ago to delegitimizing his victory and his presidency. Those calling Trump a traitor empowered the Europeans to defy the US on every issue.

Trump’s opponents’ unsubstantiated allegation that his campaign colluded with Russia during the 2016 elections has constrained Trump’s ability to perform his duties.

Consider his relations with Putin.

If there is anything to criticize about Trump’s summit with Putin it is that it came too late. It should have happened a year ago. That it happened this week speaks not to Trump’s eagerness to meet Putin but to the urgency of the hour.

After securing control over the Deraa province along Syria’s border with Jordan last week, the Assad regime, supported by Iranian regime forces, Hezbollah forces and Shiite militia forces began its campaign to restore regime control over the Quneitra province along the Syrian border with Israel.

As Prime Minister Binyamin Netanyahu and all government and military officials have stated clearly and consistently for years, Israel cannot accept Iranian presence in Syria. If Iran does not remove its forces from Syria generally and from southern Syria specifically, there will be war imminently between Israel, Iran and its Hezbollah, Shiite militia and Syrian regime allies.

Israel prefers to fight that war sooner rather than later to prevent Iran and its allies from entrenching their positions in Syria and make victory more difficult. So, in the interest of preventing such a war, Trump had no choice but to bite the political bullet and sit down to discuss Syria face to face with Putin to try to come up with a deal that would see Russia push Iran and Hezbollah out of Syria.

From what the two leaders said at their joint press conference it’s hard to know what was agreed to. But Netanyahu’s jubilant response indicates that some deal was reached.

Certainly their statements were strong, unequivocal signals to Iran. When Trump said, “The United States will not allow Iran to benefit from our successful campaign against ISIS,” he signaled strongly that US forces in eastern Syria will support Israel in a war against Iran and its allied forces in Syria just as it fought with the Kurds and its other allies in Syria against ISIS.

When Putin endorsed Israel’s position that the 1974 Syrian-Israeli disengagement agreement must be implemented along the border, he told the Iranians that in any Iranian-Israeli war in Syria, Putin will not side with Iran.

Time will tell if we just averted war. But what we did learn is that Israel’s position in a war with Iran is stronger than it could have been if the two leaders hadn’t met in Helsinki.

And this is exceedingly important.

Trump is being condemned for adopting a conciliatory tone towards Putin while employing a combative tone towards the Europeans and particularly Germany at the NATO summit. This criticism ignores how Trump operates in the international arena.

Trump views his exchanges with foreign leaders as separate engagements. He has goals he wishes to advance with China; with North Korea; with Russia; with Canada; with Mexico; with Europe; with Britain; with US Arab allies. In each separate engagement, Trump employs a combination of carrots and sticks. In each engagement he adopts a distinct manner that he believes advances his goals.

So far, unlike Obama’s foreign policy by this point in his presidency, none of Trump’s exchanges have brought disaster on America or its allies. To the contrary, America and its allies have much greater strategic maneuver room across a wide spectrum of threats and joint adversaries than they had when Obama left office.

Trump’s opponents’ obsession with bringing him down has caused great harm to his presidency and to America’s position worldwide. It is a testament to Trump’s commitment to the US and its allies that he met with Putin this week. And the success of their meeting is something that all who care about global security and preventing a devastating war in the Middle East should be grateful for.

Voir également:

Peter Beinart’s Amnesia
NATO’s problems, Putin’s aggression, and American passivity predate Trump, who had my vote in 2016 — a vote I don’t regret.
Victor Davis Hanson
National Review
July 17, 2018

Peter Beinart has posted a trademark incoherent rant, this time against Rich Lowry and me over our supposed laxity in criticizing Trumpian over-the-top rhetoric on NATO.

At various times, I have faulted Germany for much of NATO’s problems; I was delighted that we got out of the Iran deal and happier still that we pulled out of the empty Paris climate-change accord; and I agree that NAFTA needs changes. All that apparently for Beinart constitutes support for Trump’s sin of saying that the U.S. has “no obligation to meet America’s past commitments to other countries.”

Last time I looked, the Paris climate accord and the Iran deal (and its stealth “side” deals) were pushed through as quasi-executive orders and never submitted to Congress as treaties — largely because the Obama administration understood that both deals would have been summarily rejected and lacked support from most of Congress and also the American people, owing to the deal’s inherent flaws.

The U.S. may soon come closer to meeting carbon-emission-reduction goals than most of the signatories of the Paris farce. Following the Iran pullout, Iranians now seem more inclined to protest their theocratic government. They are confident in voicing their dissent in a way we have not seen since we ignored Iranian protesters during the Green Revolution of 2009. Incidents of Iranian harassment of U.S. ships in the Persian Gulf this year have mysteriously declined to almost zero.

The architects of NAFTA who in 1993 promised normalization and parity in North America through free trade and porous borders apparently did not envision something like the Andrés Manuel López Obrador presidency, which seems to think it exercises sovereignty over U.S. immigration policy, a cumulative influx of some 20 million foreign nationals illegally crossing the southern border over the last three decades, a current $71 billion Mexican trade surplus, $30 billion in remittances sent annually out of the U.S. to Mexico, record numbers of assassinations, and a nearly failed state as cartels virtually run affairs in some areas of Mexico. After all that, asking for clarifications of and likely modification to NAFTA is hardly breaking American commitments.

Beinart believes that, by giving some credence to Trump’s art-of-the-deal bombast about NATO, I therefore have excused Trump’s existential threats to the alliance. Beinart needs to take a deep breath and examine carefully whether Trump’s rhetoric about the vast majority of NATO’s members’ reluctance to meet their past promises undermines the alliance more than what the members themselves have actually done.

So far, Trump has upped U.S. defense spending and by extension its contribution to NATO’s military readiness, and he has gained some traction in getting members to pay what they pledged after the utter failure of past presidential jawboning (Obama rebuked “free-riders”). The real crisis in NATO is not U.S. capability or willpower, but whether a Dutch or Belgian youth would, could, or should march off to Erdogan’s Turkey should Ankara invoke Article V in a dispute with Israel, the Kurds, or Iraq, or whether governments such as those in Spain or Italy would really keep commitments and order their troops to Estonia if Russian troops swarmed in.

So NATO’s problems predated Trump and in many ways come back to Germany, whose example most other NATO nations ultimately tend to follow. The threat to both the EU and NATO is not Trump’s America, but a country that is currently insisting on an artificially low euro for mercantile purposes and that is at odds with its southern Mediterranean partners over financial liabilities, with its Eastern European neighbors over illegal immigration, with the United Kingdom over the conditions of Brexit, and with the U.S. over a paltry investment in military readiness of 1.3 percent of GDP while it’s piling up the largest account surplus in the world, at over $260 billion, and a $65 billion trade surplus with the U.S.

Germany, a majority of whose tanks and fighters are thought not to be battle-ready, cannot expect an American-subsidized united NATO front against the threat of Vladimir Putin if it is now cutting a natural-gas agreement with Russia that undermines the Baltic States and Ukraine — countries that Putin is increasingly targeting. The gas deal will not only empower Putin; it will make Germany dependent on Russian energy — an untenable situation.

Merkel can package all that in mellifluous diplomatic-speak, and Trump can rail about it in crude polemics, but the facts remain facts, and they are of Merkel’s making, not Trump’s.

The same themes hold true regarding attitudes toward Putin, who (again) predated Trump and his press conference in Helsinki, where the president gave to the press an unfortunate apology-tour/Cairo-speech–like performance, reminiscent of past disastrous meetings with or assessments of Russian leaders by American presidents, such as FDR on Stalin: “I just have a hunch that Stalin is not that kind of man. Harry [Hopkins] says he’s not and that he doesn’t want anything but security for his country, and I think if I give him everything I possibly can and ask for nothing in return, noblesse oblige, he won’t try to annex anything and will work with me for a world of democracy and peace.” Or Kennedy’s blown summit with Khrushchev in Geneva: “He beat the hell out of me. It was the worst thing in my life. He savaged me.” Or Reagan’s weird offer to share American SDI technology and research with Gorbachev or, without much consultation with his advisers, to eliminate all ballistic missiles at Reykjavik.

Trump confused trying to forge a realist détente with some sort of bizarre empathy for Putin, whose actions have been hostile and bellicose to the U.S. and based on perceptions of past American weakness. But again, Trump did not create an empowered Putin — and he has done more than any other president so far to check Putin’s ambitions.

Putin in 2016 continued longstanding Russian cyberattacks and election interference because of past impunity (Obama belatedly told Putin to “cut it out” only in September 2016). He swallowed Crimea and parts of eastern Ukraine after the famous Hillary-managed “reset” — a surreal Chamberlain-like policy in which we simultaneously appeased Putin in fact while in rhetoric lecturing him about his classroom cut-up antics and macho style.

Had Trump been overheard on a hot mic in Helsinki promising more flexibility with Putin on missile defense after our midterm elections, in expectation for electorally advantageous election-cycle quid pro quo good behavior from the Russians, we’d probably see articles of impeachment introduced on charges of Russian collusion. And yet the comparison would be even worse than that. After all, America kept Obama’s 2011 promise “to Vladimir,” in that we really did give up on creating credible missile defenses in Eastern Europe, breaking pledges made by a previous administration — music to Vladimir Putin’s ears.

It would be preferable if Trump’s rhetoric reinforced his solid actions, which in relation to Putin’s aggression consist of wisely keeping or increasing tough sanctions, accelerating U.S. oil production, decimating Russian mercenaries in Syria, and arming Ukrainian resistance. But then again, Trump has not quite told us that he has looked into Putin’s eyes and seen a straightforward and trustworthy soul. Nor in desperation did he invite Putin into the Middle East after a Russian hiatus of nearly 40 years to prove to the world that Bashar al-Assad had eliminated his WMD trove — which Assad subsequently continued to use at his pleasure. There is currently no scandal over uranium sales to Russia, and the secretary of state’s spouse has not been discovered to have recently pocketed $500,000 to speak in Moscow.

In a perfect world, we would like to see carefully chosen words enhancing effective muscular action. Instead, in the immediate past, we heard sober and judicious rhetoric ad nauseam, coupled with abject appeasement and widely perceived dangerous weakness. Now we have ill-timed bombast that sometimes mars positive achievement.

Neither is desirable. But the latter is far preferable to the former.

Finally, Beinart ends by mistakenly suggesting that in 2016 I weighed in with “count us out” Republicans along with the other National Review authors. And he now suggests that I have flipped back to Trump: “Now, it appears, Lowry and Hanson want back in.”

But here, too, he is mistaken. I never participated in the “Against Trump” NR issue and never counted myself “out” during the November 2016 election, so how could I beg to be let back in?

Rather, like about half the country and 90 percent of the Republican party, I (as a deplorable) saw the choice in 2016 as a rather easy one between the latest iteration of Hillary Clinton and her known progressive agenda and Trump’s proposed antithesis to the ongoing Obama project of fundamental transformation.

And so far, nothing since November 2016 has convinced me otherwise.

Voir de même:

Putin’s False Equivalency
Victor Davis Hanson
National Review
July 19, 2018

We are in dangerous times. Amid the hysteria over the Russian summit, the Mueller collusion probe, nonstop unsupported allegations and rumors, the Strzok and Page testimonies, the ongoing congressional investigations into improper CIA and FBI behavior, and a completely unhinged media, there is a growing crisis of rising tensions between two superpowers that together possess a combined arsenal of 3,000 instantly deployable nuclear weapons and another 10,000 in storage. That latter existential fact apparently has been forgotten in all the recriminations. So it is time for all parties to deescalate and step back a bit.

Trump understandably wants to avoid progressive charges that he is obstructing Robert Mueller’s ostensible investigation of Russian collusion, and he also wants some sort of détente with Russia. Mueller has likely indicted Russians, timed on the eve of the summit, in part on the assumption that they would more or less not personally defend themselves and never appear on U.S. soil.

Add that all up, and Trump apparently has discussed with Putin an idea of allowing Mueller’s investigators to visit Russia to interview those they have indicted.

But in the quid pro quo world of big-power rivalry, Putin, of course, wants reciprocity — the right also to interview American citizens or residents (among them a former U.S. ambassador to Russia) whom he believes have transgressed against Russia.

Trump needs to squash Putin’s ridiculous “parity” request immediately. Mueller would learn little or nothing from interviewing his targets on Russian soil — and likely never imagined that he would or could.

On the other hand, given recent Russian attacks on critics abroad, Moscow’s interviewing any Russian antagonist anywhere is not necessarily a safe or sane enterprise. And being indicted under the laws of a constitutional republic is hardly synonymous with earning the suspicion of the Russian autocracy.

Most importantly, the idea that a former U.S. ambassador to Russia, Professor Michael McFaul — long after the expiration of his government tenure — would submit to Russian questioning is absurd. Of course, it would also undermine the entire sanctity of American ambassadorial service.

McFaul, a colleague at the Hoover Institution, who would probably disagree with most of my views, years ago was targeted as an enemy by Vladimir Putin and more recently has been sharply critical of the Trump administration. But, of course, he is a widely admired patriot, a scholar, and voices his candid views, like all of us, under the assumption of free speech and absolute protection under the Constitution. As an ambassador, he was also accorded diplomatic immunity as insurance that his implementation of then U.S. policy would not earn him retaliation from Moscow, both then or now. McFaul is wise enough not to voluntarily submit to be questioned by Russian operatives, and the U.S. government must never suggest that he should.

So, Putin’s offer, to the extent we know the details of it, will soon upon examination be seen as patently unhinged. In refusal, Trump has a good opportunity to remind the world why all American critics of the Putin government — and especially of his own government as well — are uniquely free and protected to voice any notion they wish.

No, the President Did Not Need to Meet with Putin
Andrew C. McCarthy
National Review
July 17, 2018

The United States should have contacts with Russia, but the president should not be holding summit meetings with a despot.Prior to President Trump’s dismal performance at Monday’s meeting with Russian despot Vladimir Putin, I expressed bafflement over his longstanding insistence that we need to have good relations with Moscow. This has never made sense to me. We have often done quite well, thank you very much, while having a strained modus vivendi with Moscow, even when it was the seat of a much more important power than today’s Russia.

It is not possible to have good relations with a thug regime unless one is willing to overlook and effectively ratify its thug behavior. Yet the widely perceived “need” to have good relations with Russia leads seamlessly to a second wrongheaded notion: It was appropriate, indeed essential, for the two leaders to meet at a ceremonial summit.

There is no need, nor is it desirable, for the president of the United States to give the dictator of the Kremlin the kind of prestigious spectacle Putin got in Helsinki. When I’ve made this point, as recently as Monday night in a panel on The Story, Martha MacCallum’s Fox News program, I’ve gotten pushback that, I respectfully suggest, misses the point.

The counterargument, premised on the fact that it is important for the United States and Russia to have dialogue, maintains that this dialogue must be conducted at the chief-executive-to-chief-executive level. There is, after all, a long history of such meetings, tracing back to FDR’s recognition of the Soviet Union in 1933 (only after, I would note, years of antagonistic relations following the October Revolution).

To be clear, I did not and do not take the position that the United States should not have contacts with Russia in areas of mutual concern, or that it should not defuse tensions lest they escalate into unnecessary confrontations between the world’s two dominant nuclear powers. But these communications channels have long existed. They range from diplomatic, military, intelligence, and even law-enforcement contacts all the way up to occasional phone calls between the heads of state, and even the odd sidelines conferral between leaders at this or that multilateral conference.

The question, to the contrary, is whether the president of the United States should hold summit-style meetings with the Russian despot, complete with the pride, pomp, and circumstance of a glorious press conference, at which the two stand before the world as if they were amiable peers, trying their best to address the world’s problems.

We are no longer in the era of the Second World War, or even the Cold War. We are not in a ferocious global conflict in which a grudging alliance with Stalin’s Soviet Union makes sense (especially when the Russians are taking the vast majority of the casualties). Nor are we in a bipolar global order in which we are rivaled by a tyrannical Soviet empire. Modern Russia is a fading country. Yes, it has a worrisome nuclear stockpile, strong armed forces, and highly capable intelligence services; but these assets can scarcely obscure Russia’s declining population, pervasive societal dysfunction (high levels of drunkenness, disease, and unemployment), low life expectancy, and third-rate economy. Putin’s regime — more like a marriage of rulers and organized crime than a principled system of government — must terrorize its people to maintain its grip on power.

We don’t need summit meetings between our head of state and theirs. Even during the Cold War, when it could rightly be argued that we had to deal with our ubiquitous geopolitical foe, such meetings did not happen very often. For example, in the decade-plus between President Kennedy’s Vienna meeting with Khrushchev and President Nixon’s trip to Moscow, there appears to have been just one meeting (between LBJ and Alexei Kosygin in 1967). Contact was also sparse in the decade between the end of the Nixon–Ford term and Reagan’s first meeting with Gorbachev in 1985 (after which the meetings became more frequent as the Soviet Union declined and collapsed). Many of these meetings are memorable precisely because they were unusual events. Whether the top-level U.S.–U.S.S.R. meetings succeeded or not, they were arguably worth having because there was something potentially highly beneficial in them for us.

That is not true of top-level meetings with Putin’s Russia. We could have them or not have them and nothing would change for the better — in fact, as yesterday shows, things are more apt to change for the worse. Putin should be made to earn his meeting with America’s president by good behavior.

Whether you’re a Democrat invested in the narrative that Russia’s shenanigans cost Hillary Clinton the presidency, or a Republican in denial that Putin sought to boost Trump at Clinton’s expense, the reality is that Putin was undoubtedly trying to sow discord in our body politic.

Let’s consider the background circumstances of Monday’s meeting.

There is, of course, the cyber-espionage attack on the election. Trump being Trump, he is unable to separate (a) the way Russia’s perfidy has been exploited by his political opponents to attack him (i.e., the unsuccessful attempt to delegitimize his presidency) from (b) Russia’s perfidy itself, as an attack on the United States. No matter how angry this president may be at the Democrats and the media, the significance to any president of Russia’s influence operation must be that it succeeded beyond Putin’s wildest dreams.

Whether you’re a Democrat invested in the narrative that Russia’s shenanigans cost Hillary Clinton the presidency, or a Republican in denial that Putin sought to boost Trump at Clinton’s expense, the reality is that Putin was undoubtedly trying to sow discord in our body politic. That interpretation of events is something any president should be able to rally most of the country behind. The provocation warrants a determined response that bleeds Putin, the very opposite of kowtowing to the despot on the world stage.

Now, let’s put to the side the recent cyber-espionage and other influence operations directed at our country. It has been only four months since Putin’s regime attempted to murder former double agent Sergei Skripal and his daughter, Yulia, in the British city of Salisbury. It has been only a few days since a British couple fell into a coma after exposure to the same Soviet-era nerve agent (Novichok) used on the Skripals. The second incident happened just seven miles from the first, strongly suggesting that Putin’s regime is guilty of depraved indifference to the dangers its targeted assassinations on Western soil — the territory of our closest ally — pose to innocent bystanders. In 2006, the Putin regime similarly murdered a former Russian spy, Alexander Litvinenko, in London, poisoning his tea with radioactive polonium. Meanwhile, reporting that is based mainly on the account of a former KGB agent (who defected to the West and has been warned he is a target) indicates that Putin’s operatives are working off a hit list of eight people (including Sergei Skirpal) who reside in the West.

Putin’s annexation of Crimea was just the most notorious of his recent adventures in territorial aggression. He has effectively annexed the Georgian regions of Abkhazia and South Ossetia, and the separatist war he is puppeteering in eastern Ukraine still rages in this its fifth year. He is casting a menacing eye at the Baltics. This, even as Russia props up the monstrous Assad regime in Syria and allies with Iran, the jihadist regime best known for sponsoring anti-American terrorism around the world.

He may unload at a rally, but face to face, the president’s m.o. is to defuse confrontation with unctuous banter — an easy solution for someone who seems not to believe that anything he says in the moment will bind him in the future.

And just five months ago, at a major speech touting improved weapons capabilities, Putin spiced up the demonstration with a video diagramming a hypothetical nuclear missile attack on . . . yes . . . Florida.

There is no doubt that we have to deal with this monster. Realpolitik adherents may even be right that there is potential for cooperation with Russia in areas of mutual interest (at least provided that the dealing is done with eyes open about Putin’s core anti-Americanism). But there is no reason why we need to deal with Russia in a forum at which the U.S. president stands there and pretends that a brutal autocrat, who has become incalculably rich by looting his crumbling country, is a statesman promoting peace and better relations.

I would say that no matter who was president. In the case of President Trump specifically, for all his “you’re fired” bravado and reports of mercurial outbursts at some subordinates, he does not like unpleasant face-to-face confrontations. He may unload at a rally, but face to face, the president’s m.o. is to defuse confrontation with unctuous banter — an easy solution for someone who seems not to believe that anything he says in the moment will bind him in the future. This, inevitably, leads to foolish and sometimes reprehensible assertions (e.g., saying, in apparent defense of Putin, “There are a lot of killers. What? You think our country’s so innocent?”).

The president appears to subscribe to the Swamp school of thought that negotiations are good for their own sake — though he conflates what is good for him (promoting his image as a master deal-maker) with what is good for the country (negotiations often aren’t). This is another iteration of the president’s tendency to personalize things, particularly relations between governments. That trait puts him at a distinct disadvantage with someone like Putin, who knows well the uses of flattery and grievance.

Summit meetings with brutal dictators do not well serve the president. More important, they do not well serve the nation.

Voir de plus:

The Likeliest Explanation for Trump’s Helsinki Fiasco
Jonah Goldberg
National review
July 18, 2018

Character, not collusion, best explains the president’s bizarre deference to Vladimir Putin.Last week, I wrote that the best way to think about a Trump Doctrine is as nothing more than Trumpism on the international stage. By Trumpism, I do not mean a coherent ideological program, but a psychological phenomenon, or simply the manifestation of his character.

On Monday, we literally saw President Trump on an international stage, in Helsinki, and he seemed hell-bent on proving me right.

During a joint news appearance with Russian president Vladimir Putin, Trump demonstrated that, when put to the test, he cannot see any issue through a prism other than his grievances and ego.

In a performance that should elicit some resignations from his administration, the president sided with Russia over America’s national-security community, including Dan Coats, the Trump-appointed director of national intelligence.

Days ago, Coats issued a blistering warning that not only had Russia meddled in our election — undisputed by almost everyone save the president himself — but it is preparing to do so again. But when asked about Russian interference in Helsinki, Trump replied, “All I can do is ask the question. My people came to me, Dan Coats came to me and some others. They said they think it’s Russia. I have President Putin. He just said it’s not Russia. I will say this. I don’t see any reason why it would be [Russia]. . . . I have confidence in both parties.”

Separately, when asked about the frosty relations between the two countries, Trump said, “I hold both countries responsible. . . . I think we’re all to blame. . . . I do feel that we have both made some mistakes.”

Even if Russia hadn’t meddled in the election at all, Trump would still admire Putin because Trump admires men like Putin — which is why he’s praised numerous other dictators and strongmen.

Amid these and other appalling statements, Trump made it clear that he can only understand the investigation into Russian interference as an attempt to rob him of credit for his electoral victory, and thus to delegitimize his presidency.

For most people with a grasp of the facts — supporters and critics alike — the question of Russian interference and the question of Russian collusion with the Trump campaign are separate. Russia did interfere in the election, full stop. Whether there was collusion is still an open question, even if many Trump supporters have made up their minds about it. Whether Russian interference, or collusion, got Trump over the finish line is ultimately unknowable, though I think it’s very unlikely.

But for Trump these distinctions are meaningless. Even when his own Department of Justice indicts twelve Russian intelligence agents, the salient issue for Trump in Helsinki is that “they admit these are not people involved in the campaign.” All you need to know is: We ran a brilliant campaign, and that’s why I’m president.

The great parlor game in Washington (and beyond) is to theorize why Trump is so incapable of speaking ill of Putin and so determined to make apologies for Russia.

Among the self-styled “resistance,” the answer takes several sometimes overlapping, sometimes contradictory forms. One theory is that the Russians have “kompromat” — that is, embarrassing or incriminating intelligence on Trump. Another is that he is a willing asset of the Russians — “Agent Orange” — with whom he colluded to win the presidency.

These theories can’t be wholly dismissed, even if some overheated versions get way ahead of the available facts. But their real shortcoming is that they are less plausible than the Aesopian explanation: This is who Trump is. Even if Russia hadn’t meddled in the election at all, Trump would still admire Putin because Trump admires men like Putin — which is why he’s praised numerous other dictators and strongmen.

The president’s steadfast commitment to a number of policies — animosity toward NATO, infatuation with protectionism, an Obama-esque obsession with eliminating nuclear weapons, and his determination that a “good relationship” with Russia should be a policy goal rather than a means to one — may have some ideological underpinning. (These policies all seem to be rooted in intellectual fads of the 1980s.)

But Trump’s stubborn refusal to listen to his own advisers in the matter of the Russia investigation likely stems from his inability to admit that his instincts are ever wrong. As always, Trump’s character trumps all.

Voir encore:

Sanctions américaines : le géant russe Rusal dégringole de 50 % en bourse
Les nouvelles sanctions décrétées par les Etats-Unis contre des oligarques russes et leurs entreprises ont fait l’effet d’un coup de tonnerre ce lundi.
Le Dauphiné libéré
09.04.2018

L’un des premiers producteurs d’aluminium du monde, le russe Rusal, s’est retrouvé gravement fragilisé ce lundi par les nouvelles sanctions décrétées par les Etats-Unis contre des oligarques russes et leurs entreprises, qui risquent de porter un nouveau coup à l’économie russe.

À la Bourse de Hong Kong, où ce géant est coté, l’action de Rusal a perdu 50 % de sa valeur, soit plus de 3,5 milliards d’euros partis en fumée. Le groupe a prévenu que les sanctions « pourraient aboutir à un défaut technique sur certaines obligations du groupe », affirmant évaluer « l’impact de tels défauts techniques sur sa position financière ».

Au delà de l’entreprise, qui joue un rôle majeur sur les marchés des matières premières, le prix de l’aluminium a connu sa plus forte hausse en trois ans sur la Bourse des métaux de Londres, le LME, la tonne prenant 3,55 %.

À Moscou, le marchés boursiers, pourtant habitués à de réguliers durcissements des sanctions occidentales depuis 2014, ont réagi violemment, chutant ce lundi de près de 10 %, tandis que le rouble revenait à ses plus bas niveau depuis plusieurs mois.

38 personnes et entreprises visées par les sanctions

Confronté à un vent de panique boursière généralisé sur les marchés russes, le gouvernement russe a dû monter au créneau pour assurer qu’il soutiendrait les entreprises visées par ce nouveau train de mesures punitives, qui constituent une escalade d’une violence inattendue dans la confrontation entre Moscou et Washington.

Au total, ces sanctions, censées punir Moscou notamment pour ses « attaques » « les démocraties occidentales », ciblent 38 personnes et entreprises qui ne peuvent plus faire affaire avec des Américains, notamment sept Russes désignés comme des « oligarques » proches du Kremlin par l’administration de Donald Trump, présents dans des dizaines de sociétés en Russie comme à l’étranger.

Parmi ces multimilliardaires figure Oleg Deripaska et les actifs sous son contrôle : les holdings Basic Element et En+ mais aussi Rusal, l’un des premiers producteurs mondiaux d’aluminium, dont il représente environ 7% de la production mondiale d’aluminium, au risque de déstabiliser tout ce secteur à l’échelle de la planète.

Oleg Deripaska, 50 ans et déjà proche du clan de Boris Eltsine dans les années 1990, a déclaré que son inclusion dans la liste était « désagréable mais anticipée » : « Les raisons de me mettre sur la liste des sanctions sont complètement dépourvues de fondements, ridicules, et simplement absurdes ».

Sa holding En+, également en chute libre à la bourse de Londres, a été « suspendue temporairement » par l’autorité financière. Elle avait débuté en fanfare sa cotation à Londres en novembre 2017, première société russe à s’y introduire depuis les sanctions de 2014.

« Il est très probable que l’impact soit défavorable aux activités et aux perspectives du groupe », a déclaré En+ dans un communiqué ce lundi. « Le groupe a l’intention de continuer à remplir ses engagements tout en recherchant des solutions (…) pour gérer l’impact des sanctions »

Moscou entend riposter

Moscou ayant promis une réponse « dure » dès vendredi, elle pourrait entraîner une nouvelle surenchère. « Cette histoire est scandaleuse au vu de l’illégalité (de ces sanctions), au vu de la violation de toutes les normes », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le Premier ministre Dmitri Medvedev a demandé à ses adjoints de lui préparer des propositions concrètes pour soutenir les entreprises sanctionnées.

« Les sanctions américaines pourraient se traduire en une perturbation de l’offre mondiale, notamment aux Etats-Unis », ont expliqué les analystes de Commerzbank.

Voir par ailleurs:

Trump: Witch hunt drove a phony wedge between US, Russia
Fox news
July 16, 2018

President Trump addresses nuclear proliferation, European Union and media attacks. On ‘Hannity,’ the president calls Strzok a ‘disgrace’ to the country and FBI.

This is a rush transcript from « Hannity, » July 16, 2018. This copy may not be in its final form and may be updated.

SEAN HANNITY, HOST: And this is a Fox News alert.

It is 9:00 p.m. in New York City and our nation’s capital, 6:00 p.m. on the West Coast. It is 4:00 a.m. in Helsinki, Finland. And earlier today, President Trump, he went face to face with the Russian president, Vladimir Putin.

Now, this is their third in person meeting, but their first official summit. All topics were on the table and appeared to be a no-holds-barred open, productive, adult discussion on many of the issues between our two countries.

I sat down for an interview with the president right after he met with Vladimir Putin. We’re going to play that for you in just a moment.

But first, a lot to get to, so sit tight for our breaking news — Helsinki addition — opening monologue.

(MUSIC)

HANNITY: All right. President Trump is just not slowing down, and some people in the media, on the left, they are having a very hard time dealing with the fact that he moved so fast. As I like to call it, it’s kind of moving at the speed of Trump. Now, this was the president’s 21st visit to a foreign country in just 18 months. And after today’s one-on-one meeting with Vladimir Putin, the two leaders held a joint press conference.

Let’s take a look.

(BEGIN VIDEO CLIP)

PRESIDENT DONALD TRUMP: I’m here today to continue the proud tradition of bold American diplomacy. From the earliest days of our republic, American leaders have understood that diplomacy and engagement is preferable to conflict and hostility. Nothing would be easier politically than to refuse to meet, to refuse to engage, but that would not accomplish anything.

As president, I cannot make decisions on foreign policy in a futile effort to appease artisan critics or the media or Democrats who want to do nothing but resist and obstruct.

(END VIDEO CLIP)

HANNITY: Now, big leaders, they also addressed the big elephant in the room, and that was election interference. Let’s watch this.

(BEGIN VIDEO CLIP)

TRUMP: The probe is a disaster for our country. I think it’s kept us apart. It’s kept us separated. There was no collusion at all. Everybody knows it. People are being brought out to the fore, so far that I know virtually none of it related to the campaign. And they are going to have to try really hard to find somebody that did relate to the campaign. It was a clean campaign.

(END VIDEO CLIP)

HANNITY: Now, of course, this meeting comes just days after the Deputy Attorney General Rod Rosenstein announced the indictments of 12 Russian agents who were accused of hacking the DNC and the Clinton campaign chairman John Podesta, even though the DNC, they have refused to turn over their hack server to the FBI.

When will they turn that over? Where is that server?

Now, President Trump weighed in on this very issue during this joint presser. Let’s take a look at this.

(BEGIN VIDEO CLIP)

TRUMP: Let me just say, we have two thoughts. We have groups that are wondering why the FBI never took the server. Why haven’t they taken the server? Why would was the FBI told to lead the office of the Democratic National Committee?

I really believe that this will probably go on for a while, but I don’t think it can go on without finding out what happened to the server. What happened to the servers of the Pakistani gentlemen that worked on the DNC? Where are those servers? They are missing. Where are they?

What happened to Hillary Clinton’s emails? Thirty-three thousand emails gone. Just gone to.

(END VIDEO CLIP)

HANNITY: Exactly. What happened to all of those things?

And tonight, many on the left, they want you to believe this alleged interference is shocking, unprecedented turn of events, but we all know that Russian election meddling is not new at all. Now, remember, ahead of the 2016 presidential election cycle.

In 2014, the House Intel Committee chairman, Devin Nunes, he issued a very stern warning about Putin’s belligerent actions and attempts to denigrate the United States and, by the way, yes, impact our 2016 election. And we also know, you can go way back to 2008, we know that Russia hacked into both the McCain campaign and even the presidential campaign of Barack Obama himself.

And despite this, in 2016, when Hillary Clinton appeared to have a firm lead in the polls — oh, just before the election, it was President Obama who laughed off any notion that American elections could possibly be tampered with. How wrong he was. You may remember this.

(BEGIN VIDEO CLIP)

BARACK OBAMA, FORMER PRESIDENT: There is no serious person out there who would suggest somehow that you could even rig America’s elections. There’s no evidence that that has happened in the past or that there are instances in which that will happen this time.

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HANNITY: Interesting. That’s when he thought Hillary was going to win.

Now that Trump is president, after nearly a decade of playing down Russian interference and its impact on our elections, the left is in total freak out mode, trying desperately to connect Russian hacking to the Trump presidency.

This is a total left-wing conspiracy, a fantasy. This is the witch hunt. Every single report, every investigation into our election shows absolutely no votes were changed, none were altered in the 2016 election. Not a single vote.

And by the way, it’s important to point out every major country in the world engages in election interference. As Senator Rand Paul put it, we all do it, and this includes the Clinton campaign.

In fact, if you’re looking for Russian interference, look no further than Hillary Clinton and the DNC in 2016. They actually paid, oh, yes, through a law firm that they funnel money, Fusion GPS. Yes, then they got a foreign entity, foreign spy by the name of Christopher Steele, he put together phony opposition research, and now the infamous dossier, which has been debunked, filled with lies, Russian lies, Russian propaganda, and all paid for by Hillary Clinton and the Democratic Party to manipulate you, the American people in the lead up to the 2016 election.

Nobody in the media seems to care about Obama’s attempt at interference in the last Israeli election against our number one ally in the Middle East, Israel, and Prime Minister Benjamin Netanyahu.

And by all accounts, today’s meeting, always productive and very important. As we all know, there are a lot of serious issues between the U.S. and Russia, but predictably, even before this meeting took place, yes, the destroy Trump, hate Trump media, they were already, hoping and predicting failure. You see, success for Donald Trump is bad for their agenda, especially in the lead up to the 2018 midterm elections.

Take a look.

(BEGIN VIDEO CLIPS)

ANDREA MITCHELL, MSNBC: We have never had a summit with the KGB spy master, someone who has, you know, completely studied and examined Donald Trump, and a president who spends the weekend golfing and has not been preparing.

JAKE TAPPER, CNN: What do you think is going through Putin’s mind? And how is he likely to be interpreting President Trump’s behavior?

UNIDENTIFIED MALE: He’s delighted. He’s absolutely delighted. He wants to throw the United States off balance, and he wants to divide the United States with its allies. Mission almost accomplished.

UNIDENTIFIED MALE, CBS: This does not seem like a president who is really going there to really hold Putin accountable.

UNIDENTIFIED FEMALE, NBC: I just don’t see how we can expect anything to come out of this and why Donald Trump is forcing the issue so much.

(END VIDEO CLIPS)

HANNITY: And it gets even worse. Take a look at this despicable cartoon, yes, published by so-called paper of record, The New York Times Opinion Page on Twitter early this morning.

Take a look.

(BEGIN VIDEO CLIP)

HOST: Do you have a relationship with a Vladimir Putin?

TRUMP: I do have a relationship with him. And I think that he’s done a very brilliant and amazing job. Really, a lot of people would say, he has put himself at the forefront of the world as a leader.

(END VIDEO CLIP)

HANNITY: Now, that’s your corrupt mainstream media, pretty disgusting.

Now naturally, the anti-Trump hatred, the hysteria continued after today’s meeting. Look at this. Former CIA director, you know the guy that was a former communist turned CNN paid hack, John Brennan, he actually tweeted out: Donald Trump’s press conference performance in Helsinki rises to and exceeds the threshold of high crimes and misdemeanors. It was nothing short of treasonous. Not only were his comments imbecilic, he is wholly in the pocket of Putin. Republican patriots, where are you?

John, let’s address you for a second here. What have you done on Obama’s watch to prevent Russian meddling? What role did you play in all of this?

Now, you had just undermined this country, and frankly, you should be ashamed. Let’s take a look at this corruption.

(BEGIN VIDEO CLIPS)

UNIDENTIFIED MALE, MSNBC: We are under attack from Russia. If they were physical missiles, like during the Cuban missile crisis, Americans would be in the streets and protesting, and asking the president to protect us. These are invisible missiles.

UNIDENTIFIED FEMALE, MSNBC: It’s time for Americans to be out on the streets and it to speak up about the democracy that we hold dear, and what we expect of the president of the United States.

ANDERSON COOPER, CNN: You have been watching the most disgraceful performances by an American president at a summit in front of a Russian leader joint that I have ever seen.

(END VIDEO CLIPS)

Voir enfin:

TRANSCRIPT: Trump backtracks on Russia comments

CNN

July 17, 2018

(CNN)President Donald Trump, facing an onslaught of bipartisan fury over his glowing remarks about Vladimir Putin, said more than 24 hours afterward that he had misspoken during his news conference with the autocratic Russian leader.

Here are Trump’s full remarks, in which he said « there is some need for clarification » about his comments on Russian interference in the 2016 election, as released by the White House:
THE PRESIDENT: Thank you, everybody. Yesterday, I returned from a trip from Europe where I met with leaders from across the region to seek a more peaceful future for the United States. We’re working very hard with our allies, and all over the world we’re working. We’re going to have peace. That’s what we want; that’s what we’re going to have. I say peace through strength.
I have helped the NATO Alliance greatly by increasing defense contributions from our NATO Allies by over $44 billion. And Secretary Stoltenberg was fantastic. As you know, he reported that they’ve never had an increase like this in their history, and NATO was actually going down as opposed to going up. And I increased it by my meeting last year — $44 billion. And this year will be over — it will be hundreds of billions of dollars over the coming years.
And I think there’s great unity with NATO. There’s a lot of very positive things happening. There’s a great spirit that we didn’t have before, and there’s a lot of money that they’re putting up. They weren’t paying their bills on time, and now they’re doing that. And I want to just say thank you very much to Secretary Stoltenberg. He really has been terrific. So we had a tremendous success.
I also had meetings with Prime Minister May on the range of issues concerning our special relationship, and that’s between the United Kingdom and ourselves. We met with the Queen, who is absolutely a terrific person, where she reviewed her Honor Guard for the first time in 70 years, they tell me. We walked in front of the Honor Guard, and that was very inspiring to see and be with her. And I think the relationship, I can truly say, is a good one. But she was very, very inspiring indeed.
Most recently, I returned from Helsinki, Finland, and I was going to give a news conference over the next couple of days about the tremendous success. Because as successful as NATO was, I think this was our most successful visit. And that had to do, as you know, with Russia.
I met with Russian President Vladimir Putin in an attempt to tackle some of the most pressing issues facing humanity. We have never been in a worse relationship with Russia than we are as of a few days ago, and I think that’s gotten substantially better. And I think it has the possibility of getting much better. And I used to talk about this during the campaign. Getting along with Russia would be a good thing. Getting along with China would be a good thing. Not a bad thing; a good thing. In fact, a very good thing.
We’re nuclear powers — great nuclear powers. Russia and us have 90 percent of the nuclear weapons. So I’ve always felt getting along is a positive thing, and not just for that reason.
I entered the meeting with the firm conviction that diplomacy and engagement is better than hostility and conflict. And I feel that with everybody. We have 29 members in NATO, as an example, and I have great relationships — or at least very good relationships — with everybody.
The press covered it quite inaccurately. They said I insulted people. Well, if asking for people to pay up money that they are supposed to pay is insulting, maybe I did. But I can tell you, when I left, everybody was thrilled. And that’s the way this was, too.
My meeting with President Putin was really interesting in so many different ways because we haven’t had relationships with Russia for a long time, and we started. Let me begin by saying that, once again, the full faith and support for America’s intelligence agencies — I have a full faith in our intelligence agencies.
Whoops, they just turned off the light. That must be the intelligence agents. (Laughter.) There it goes. Okay. You guys okay? Good. (Laughter.) That was strange. But that’s okay.
So I’ll begin by stating that I have full faith and support for America’s great intelligence agencies. Always have. And I have felt very strongly that, while Russia’s actions had no impact at all on the outcome of the election, let me be totally clear in saying that — and I’ve said this many times — I accept our intelligence community’s conclusion that Russia’s meddling in the 2016 election took place. Could be other people also; there’s a lot of people out there.
There was no collusion at all. And people have seen that, and they’ve seen that strongly. The House has already come out very strongly on that. A lot of people have come out strongly on that.
I thought that I made myself very clear by having just reviewed the transcript. Now, I have to say, I came back, and I said, « What is going on? What’s the big deal? » So I got a transcript. I reviewed it. I actually went out and reviewed a clip of an answer that I gave, and I realized that there is need for some clarification.
It should have been obvious — I thought it would be obvious — but I would like to clarify, just in case it wasn’t. In a key sentence in my remarks, I said the word « would » instead of « wouldn’t. » The sentence should have been: I don’t see any reason why I wouldn’t — or why it wouldn’t be Russia. So just to repeat it, I said the word « would » instead of « wouldn’t. » And the sentence should have been — and I thought it would be maybe a little bit unclear on the transcript or unclear on the actual video — the sentence should have been: I don’t see any reason why it wouldn’t be Russia. Sort of a double negative.
So you can put that in, and I think that probably clarifies things pretty good by itself.
I have, on numerous occasions, noted our intelligence findings that Russians attempted to interfere in our elections. Unlike previous administrations, my administration has and will continue to move aggressively to repeal any efforts — and repel — we will stop it, we will repel it — any efforts to interfere in our elections. We’re doing everything in our power to prevent Russian interference in 2018.
And we have a lot of power. As you know, President Obama was given information just prior to the election — last election, 2016 — and they decided not to do anything about it. The reason they decided that was pretty obvious to all: They thought Hillary Clinton was going to win the election, and they didn’t think it was a big deal.
When I won the election, they thought it was a very big deal. And all of the sudden they went into action, but it was a little bit late. So he was given that in sharp contrast to the way it should be. And President Obama, along with Brennan and Clapper and the whole group that you see on television now — probably getting paid a lot of money by your networks — they knew about Russia’s attempt to interfere in the election in September, and they totally buried it. And as I said, they buried it because they thought that Hillary Clinton was going to win. It turned out it didn’t happen that way.
By contrast, my administration has taken a very firm stance — it’s a very firm stance — on a strong action. We’re going to take strong action to secure our election systems and the process. Furthermore, as has been stated — and we’ve stated it previously and on many occasions: No collusion.
Yesterday, we made significant progress toward addressing some of the worst conflicts on Earth. So when I met with President Putin for about two and a half hours, we talked about numerous things. And among those things are the problems that you see in the Middle East, where they’re much involved, we’re very much involved. I entered the negotiations with President Putin from a position of tremendous strength. Our economy is booming. And our military is being funded $700 billion this year; $716 billion next year.
It will be more powerful as a military than we’ve ever had before. President Putin and I addressed the range of issues, starting with the civil war in Syria and the need for humanitarian aid and help for people in Syria.
We also spoke of Iran and the need to halt their nuclear ambitions and the destabilizing activities taking place in Iran. As most of you know, we ended the Iran deal, which was one of the worst deals anyone could imagine. And that’s had a major impact on Iran. And it’s substantially weakened Iran. And we hope that, at some point, Iran will call us and we’ll maybe make a new deal, or we maybe won’t.
But Iran is not the same country that it was five months ago, that I can tell you. They’re no longer looking so much to the Mediterranean and the entire Middle East. They’ve got some big problems that they can solve, probably much easier if they deal with us. So we’ll see what happens. But we did discuss Iran.
We discussed Israel and the security of Israel. And President Putin is very much involved now with us in a discussion with Bibi Netanyahu on working something out with surrounding Syria and — Syria, and specifically with regards to the security and long-term security of Israel.
A major topic of discussion was North Korea and the need for it to remove its nuclear weapons. Russia has assured us of its support. President Putin said he agrees with me 100 percent, and they’ll do whatever they have to do to try and make it happen.
Discussions are ongoing and they’re going very, very well. We have no rush for speed. The sanctions are remaining. The hostages are back. There have been no tests. There have been no rockets going up for a period of nine months. And I think the relationships are very good. So we’ll see how that goes.
We have no time limit. We have no speed limit. We have — we’re just going through the process. But the relationships are very good. President Putin is going to be involved in the sense that he is with us. He would like to see that happen.
Perhaps the most important issue we discussed at our meeting prior to the press conference was the reduction of nuclear weapons throughout the world. The United States and Russia have 90 percent, as I said, and we could have a big impact. But nuclear weapons is, I think, the greatest threat of our world today.
And they’re a great nuclear power. We’re a great nuclear power. We have to do something about nuclear. And so that was a matter that we discussed actually in great detail, and President Putin agrees with me.
The matters we discussed are profound in their importance and have the potential to save millions of lives. I understand the many disagreements between our countries, but I also understand the dialogue and the — when you think about it, dialogue with Russia or dialogue with other countries. But dialogue with Russia, in this case, where we’ve had such poor relationships for so many years, dialogue is a very important thing and it’s a very good thing.
So if we get along with them, great. If we don’t get along with them, then, well, we won’t get along with them. But I think we have a very good chance of having some very positive things.
I thought that the meeting that I had with President Putin was really strong. I think that they were willing to do things that, frankly, I wasn’t sure whether or not they would be willing to do. And we’ll be having future meetings and we’ll see whether or not that comes to fruition. But we had a very, very good meeting.
So I just wanted to clear up, I have the strongest respect for our intelligence agencies headed by my people. We have great people, whether it’s Gina or Dan Coats, or any of them. I mean, we have tremendous people, tremendous talent within the agencies. I think they’re being guided properly. And we all want the same thing; we want success for our country.
So with that, we’re going to start a meeting now on tax reductions. We’re going to be putting in a bill. Kevin Brady is with us, and I might ask Kevin just to say a couple of words about that, and then we’ll get back on to a private meeting. But, Kevin, could you maybe give just a brief discussion about what we’ll be talking about?
REPRESENTATIVE BRADY: Yes, sir. Mr. President, thank you for having members of the Ways and Means Committee here today. You know, peace through strength is foreign policy that works. And it works best when America has a strong economy and a strong military. Under your leadership, House and Senate Republicans are delivering on both of them.
Today is about how we can strengthen America’s economy even more. And we think the best place to start is with America’s middle-class families and our small businesses. So today, we’re here to talk to you about making permanent this tax relief — one, so they can continue to grow; two, so we can add a million and a half new jobs; and three, we can protect them against a future Washington trying to steal back those hard-earned dollars that you and the Republican Congress has given them.
So thank you very much for having us here today.
THE PRESIDENT: And the time of submittal, what would you think that would be, Kevin?
REPRESENTATIVE BRADY: So we anticipate to the House voting on this in September and the Senate setting a timetable as well.
THE PRESIDENT: Good. Well, that’s great.
Thank you very much everybody. Thank you very much. Thank you.
Q Did you talk about reducing sanctions with Mr. Putin? Did you talk about — did you talk about rolling back sanctions?
THE PRESIDENT: We’re not lifting sanctions. What?
Q The Russians sanctions will remain. Is that what you meant?
THE PRESIDENT: Yeah, everything is remaining. We’re not lifting sanctions.
Q Are you going to increase sanctions on Russia, sir?
THE PRESIDENT: Not lifting sanctions. No.

Société: Comme une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang (From François Fillon to David Hamilton, the same fashion the populace banishes or acclaims its kings)

4 février, 2018

Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Saniette (Monsieur): Homme foncièrement bon et simple, d’une grande timidité, il recherche le contact humain mais fait souvent preuve de maladresse. Il fréquente assidûment le salon des Verdurin qui se disent être ses amis, en fait, il est leur souffre-douleur ainsi que celui de la « petite bande ». Parfois la cruauté des convives à son égard atteint des sommets surprenants. Les Verdurin sont heureux d’avoir tous les soirs à leur table un bouc émissaire mais pour que Saniette n’abandonne pas définitivement leur salon, ils alternent savamment méchanceté et paroles aimables. Lorsque, encouragé par l’acquiescement des convives, M Verdurin devient par trop cruel et grossier envers le falot Saniette, sa femme intervient pour le tempérer, non pas par bonté d’âme mais tout simplement pour que Saniette ne quitte pas le salon. Mais les remissions sont de courte durée et les attaques reprennent de plus belle. Malgré les humiliations, Saniette retourne fidèlement chez ses bourreaux comme un chien battu retourne chez son maître (est-ce un hasard si le nom de « Saniette » est l’anagramme de « Sainteté » ?). Proust, ses personnages
Jewish religious law holds that the child of a Jewish mother is a Jew, but Proust never considered himself one, and neither did his friends. Still, his parentage occasionally presented difficulties. Once, as a young man, he stood silent and unresponsive when a revered mentor, Comte Robert de Montesquiou-Fezensac, delivered an anti-Semitic tirade in the company of friends and then asked Proust for his opinion on the 1894 conviction of Captain Alfred Dreyfus, a Jew, who had been tried for treason on the charge of selling military secrets to the Germans. The next day, Proust wrote to Montesquiou that he had not said anything because, although he himself was Catholic like his father and brother, his mother was Jewish: “I am sure you understand that this is reason enough for me to refrain from such discussions.” Whether Proust’s private frankness made up for his public reticence is a vexing question, and all the more so because he went on to confide that he was “not free to have the ideas I might otherwise have on the subject.” Proust’s tacit fear, in other words, was that if he defended the Jews he would be taken for a Jew, and what he wanted above all was to be thought of as a Christian gentleman. He even seemed to leave open the possibility that Montesquiou might be right: that only filial piety forbade him from thinking as Montesquiou did. (…) Proust was only as forthright as his social cowardice—his fear of sacrificing his respectability—would allow. He was to find his courage when events made it easier to be courageous. By 1898, more and more people had become convinced that Dreyfus had been railroaded, and an uproar ensued that was to shake French society for years. The salon of Mme. Genevieve Straus (the widow of the composer Georges Bizet), where Proust had been a habitue for several years, turned into a Dreyfusard hotbed. Old friends of the anti-Dreyfus persuasion, including the painter Edgar Degas, stalked off and never came back. Drawing strength from those around him, Proust now joined in the growing drumbeat for a retrial that was led by the novelist Emile Zola. He was even to boast that he was the first of the Dreyfusards, because he secured the signature of his literary hero Anatole France on a petition. Still, when an anti-Semitic newspaper numbered him among the “young Jews” who defied decency and right thinking, Proust, who at first thought to correct the paper’s misapprehension, decided to keep quiet, lest he draw any more attention to himself. He must have known that, in the eyes of anti-Dreyfusards, his political affiliations only served to confirm the sad fact of his birth. If the Dreyfus affair exposed the moral cretinism that extended into the upper echelons of French society, this hardly deterred Proust from wanting a place in that world. His social career had begun during his last year of high school, when, thanks to the mothers of some of his school friends, he gained admission to certain exclusive Parisian salons. His chum Jacques Bizet, whom he had tried to seduce, without success, made it up to him by serving as his ticket to the beau monde. At the salon of Mme. Straus, young Bizet’s mother, Proust became acquainted with artistic and aristocratic grandees like the composer Gabriel Fauré, the writer Guy de Maupassant, the actress Sarah Bernhardt, and Princesse Mathilde, the niece of Napoleon I. In time he became a regular at Princesse Mathilde’s as well, where the old-line nobility rubbed shoulders with arrivistes, and distinguished Jews mingled with those who detested them. (The writer Léon Daudet, to whom Proust would dedicate a volume of his novel, confided to his diary after one party: “The imperial dwelling was infested with Jews and Jewesses.”) Another hostess conquered by the high-flying young Proust was Mme. Madeleine Lemaire, renowned for her musical gatherings. It was she who introduced him to Montesquiou-Fezensac, the aristocratic poet whose opinions on Jews Proust was willing to overlook for the sake of the Count’s artistic and social cachet. And there was something else: Montesquiou was boldly aboveboard about his homosexuality, at a time when, as Carter writes, “few Frenchmen dared, if they cared for their reputation and social standing, to display amorous affection for another man.” This frankness earned Proust’s regard—although he was, of course, ambivalent about going public on the issue of his own sexual nature. (…) Normality, decency, goodness are, in short, the rarest of commodities in Proust’s world. Nor does their scarcity make them prized, except in the eyes of Marcel and a few other uncharacteristic souls. Instead, decency is seen by most as a social handicap; the Verdurins’ circle of bourgeois snobs, for example, barely tolerates a stammering, clumsy paleographer named Saniette. Monsieur Verdurin’s mockery of Saniette’s speech impediment makes “the faithful burst out laughing, looking like a group of cannibals in whom the sight of a wounded white man has aroused the thirst for blood.” And nowhere is this savage tribalism more marked than in the antipathy that those who consider themselves true Frenchmen feel for Jews. Anti-Semitism is everywhere in Proust’s novel. Perhaps the most repellent instance occurs when the madam of a cheap brothel Marcel is visiting touts the exotic richness of the prostitute Rachel’s flesh: “And with an inane affectation of excitement which she hoped would prove contagious, and which ended in a hoarse gurgle, almost of sensual satisfaction: ‘Think of that, my boy, a Jewess! Wouldn’t that be thrilling? Rrrr!’ ” Those in the highest reaches of society share the sentiments of the lowest. Thus, Charlus is given to maniacal explosions of loathing for Jews, while the Prince de Guermantes, Swann tells Marcel, hates Jews so much that, when a wing of his castle caught fire, he let it burn to the ground rather than send for fire extinguishers to the house next door, which happened to be the Rothschilds’. Swann is himself one of the rare Jews allowed entrance to the highest society, which leads to the outrage of the Duc de Guermantes when Swann, who had always impressed him as a Jew of the right sort, “an honorable Jew,” turns out to be an outspoken Dreyfusard. As in its sentiments toward Jews, so in every other way, the social world in Proust is revealed as a “realm of nullity.” Any glimmer of moral discrimination, let alone of true understanding, shines like a beacon; for the most part, darkness prevails. In the famous closing scene of The Guermantes Way, the duke and duchess, on their way to a dinner party, are bidding good evening to Swann and Marcel. The duchess inquires whether Swann will join them on a trip to Italy ten months hence; Swann replies that he is mortally ill and will be dead by then. The duchess does not know how to respond: “placed for the first time in her life between two duties as incompatible as getting into her carriage to go out to dinner and showing compassion for a man who was about to die, she could find nothing in the code of conventions that indicated the right line to follow.” With his “instinctive politeness,” Swann senses the duchess’s discomfort and says he must not detain them: “he knew that for other people their own social obligations took precedence over the death of a friend.” And yet, although the duke and duchess do not have a moment to spare to comfort their dying friend, they nevertheless do delay their departure while the duchess, who is wearing black shoes with her red dress, changes at her husband’s insistence into a more suitable pair of red shoes. This portrait of gross moral insensibility in the face of death is comedy of manners at its most scathing, perhaps even overdone: the duke complains that his wife is dead-tired, and that he is dying of hunger. The indignant Marcel rewards the stupidity of these preposterous creatures with unforgettable strokes of cold fury. Marcel’s triumph is that he does find a way to bear it, indeed to overcome it. In Time Regained, after spending years in a sanatorium, he is on his way to a party hosted by the Duchesse de Guermantes. The previous day he had experienced what he thought was his final disillusionment with the life of literature, but as he enters the courtyard of the Guermantes mansion a revelatory sensation changes his life. A car nearly hits him, and when he steps back out of its way he places his foot on a paving stone that is slightly lower than the one next to it; this unevenness underfoot fills him with an inexplicable and extraordinary joy. Rocking back and forth on the irregular pavement, Marcel remembers standing on two uneven stones in the baptistery of St. Mark’s in Venice, and all the various sensations associated with that particular moment come flooding back. Similar marvels await him when he enters the Guermantes house and, twice more, involuntary memories overwhelm him in their glory. He is supremely happy, but cannot at first explain it. Why should this sudden efflorescence of memory have “given me a joy which . . . sufficed, without any other proof, to make death a matter of indifference”? He concludes that such episodes of transfiguring lucidity, for as long as they last, annihilate time, and are the most that a living man will know of eternity. (…) At last Marcel has penetrated the real world, and sees what he is supposed to do with his new knowledge: to write the book that one is reading. The awareness of time’s passing spurs him to get down to the serious work that will offer him life’s supreme pleasure: illuminating the nature of timelessness. “How happy would he be, I thought, the man who had the power to write such a book! What a task awaited him!” (…) His vision of human solitude in the face of death reminds one of Edvard Munch’s great and dreadful painting Grief, in which a roomful of people are arrayed around the bed of a dead woman: no one touches or even looks at anyone else; each is locked in his own impenetrable sorrow, mourning by himself and, one suspects, for himself. But unlike Munch, Proust does admit the possibility of consolation, even of redemption. The writer Bergotte dies while sitting in a museum and looking at a patch of yellow wall in a painting by his beloved Vermeer. This devotional attitude moves Marcel to think of “a different world, a world based on kindness, scrupulousness, self-sacrifice, a world entirely different from this one and which we leave in order to be born on this earth, before perhaps returning there. . . . So that the idea that Bergotte was not permanently dead is by no means improbable.” It is this spiritual capaciousness that Saul Bellow’s Mr. Sammler has in mind when he speaks of In Search of Lost Time as “a high-ceilinged masterpiece.” (…) A lifetime of hard suffering went into this masterpiece, and, for better and for worse, it is humanity in its heartache and failure that enjoys pride of place. Algis Valiunas
Le règne du roi n’est que l’entracte prolongé d’un rituel sacrificiel violent. Gil Bailie
Parfois, la durée du règne [du nouveau roi] est fixée dès le départ: les rois de Djonkon (…) régnaient sept ans à l’origine. Chez les Bambaras, le nouveau roi déterminait traditionnellement lui-même la longueur de son propre règne. On lui passait au cou une bande de coton, dont deux hommes tiraient les extrémités en sens contraire pendant qu’il extrayait d’une calebasse autant de cailloux qu’il pouvait en tenir. Ces derniers indiquaient le nombre d’années de son règne, à l’expiration desquelles on l’étranglait. (…) Le roi paraissait rarement en public. Son pied nu ne devait jamais toucher le sol, car les les récoltes en eussent été desséchées; il ne devait rien ramasser sur la terre non plus. S’il venait à tomber de cheval, on le mettait autrefois à mort. Personne n’avait le droit de dire qu’il était malade; s’il contractait une maladie grave, on l’étranglait en grand secret. . . . On croyait qu’il contrôlait la pluie et les vents. Une succession de sécheresses et de mauvaises récoltes trahissait une relâchement  de sa force et on l’étranglait en secret la nuit. Elias Canetti
Le roi ne règne qu’en vertu de sa mort future; il n’est rien d’autre qu’une victime en instance de sacrifice, un condamné à mort qui attend son exécution. (…) Prévoyante, la ville d’Athènes entretenait à ses frais un certain nombre de malheureux […]. En cas de besoin, c’est-à-dire quand une calamité s’abattait ou menaçait de s’abattre sur la ville, épidémie, famine, invasion étrangère, dissensions intérieures, il y avait toujours un pharmakos à la disposition de la collectivité. […] On promenait le pharmakos un peu partout, afin de drainer les impuretés et de les rassembler sur sa tête ; après quoi on chassait ou on tuait le pharmakos dans une cérémonie à laquelle toute la populace prenait part. […] D’une part, on […] [voyait] en lui un personnage lamentable, méprisable et même coupable ; il […] [était] en butte à toutes sortes de moqueries, d’insultes et bien sûr de violences ; on […] [l’entourait], d’autre part, d’une vénération quasi-religieuse ; il […] [jouait] le rôle principal dans une espèce de culte.  René Girard
Le roi a une fonction réelle et c’est la fonction de toute victime sacrificielle. Il est une machine à convertir la violence stérile et contagieuse en valeurs culturelles positives. René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Il arrive que les victimes d’une foule soient tout à fait aléatoires ; il arrive aussi qu’elles ne le soient pas. Il arrive même que les crimes dont on les accuse soient réels, mais ce ne sont pas eux, même dans ce cas-là, qui joue le premier rôle dans le choix des persécuteurs, c’est l’appartenance des victimes à certaines catégories particulièrement exposées à la persécution. (…) il existe donc des traits universels de sélection victimaire (…) à côté des critères culturels et religieux, il y en a de purement physiques. La maladie, la folie, les difformités génétiques, les mutilations accidentelles et même les infirmités en général tendent à polariser les persécuteurs. (…) l’infirmité s’inscrit dans un ensemble indissociable du signe victimaire et dans certains groupes — à l’internat scolaire par exemple — tout individu qui éprouve des difficultés d’adaptation, l’étranger, le provincial, l’orphelin, le fils de famille, le fauché, ou, tout simplement, le dernier arrivé, est plus ou moins interchangeables avec l’infirme. (…) lorsqu’un groupe humain a pris l’habitude de choisir ses victimes dans une certaine catégorie sociale, ethnique, religieuse, il tend à lui attribuer les infirmités ou les difformités qui renforceraient la polarisation victimaire si elles étaient réelles. (…) à la marginalité des miséreux, ou marginalité  du dehors, il faut en ajouter une seconde, la marginalité du dedans, celle des riches et du dedans. Le monarque et sa cour font parfois songer à l’oeil d’un ouragan. Cette double marginalité suggère une organisation tourbillonnante. En temps normal, certes, les riches et les puissants jouissent de toutes sortes de protections et de privilèges qui font défaut aux déshérités. Mais ce ne sont pas les circonstances normales qui nous concernent ici, ce sont les périodes de crise. Le moindre regard sur l’histoire universelle révèle que les risques de mort violente aux mains d’une foule déchaînée sont statistiquement plus élevés pour les privilégiés que pour toute autre catégorie. A la limite ce sont toutes les qualités extrêmes qui attirent, de temps en temps, les foudres collectives, pas seulement les extrêmes de la richesse et de la pauvreté, mais également ceux du succès et de l’échec, de la beauté et de la laideur, du vice de la vertu, du pouvoir de séduire et du pouvoir de déplaire ; c’est la faiblesse des femmes, des enfants et des vieillards, mais c’est aussi la force des plus forts qui devient faiblesse devant le nombre (…) La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils. René Girard
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
La participation médiocre, les conditions de cette victoire dans le contexte du «Fillongate», puis face à un adversaire «repoussoir», dans sa fonction d’épouvantail traditionnel de la politique française, donnent à cette élection un goût d’inachevé. Les Français ont-ils jamais été en situation de «choisir»? Tandis que la France «d’en haut» célèbre son sauveur providentiel sur les plateaux de télévision, une vague de perplexité déferle sur la majorité silencieuse. Que va-t-il en sortir? Par-delà l’euphorie médiatique d’un jour, le personnage de M. Macron porte en lui un potentiel de rejet, de moquerie et de haine insoupçonnable. Son style «jeunesse dorée», son passé d’énarque, d’inspecteur des finances, de banquier, d’ancien conseiller de François Hollande, occultés le temps d’une élection, en font la cible potentielle d’un hallucinant lynchage collectif, une victime expiatoire en puissance des frustrations, souffrances et déceptions du pays. Quant à la «France d’en haut», médiatique, journalistique, chacun sait à quelle vitesse le vent tourne et sa propension à brûler ce qu’elle a adoré. Jamais une présidence n’a vu le jour sous des auspices aussi incertains. Cette élection, produit du chaos, de l’effondrement des partis, d’une vertigineuse crise de confiance, signe-t-elle le début d’une renaissance ou une étape supplémentaire dans la décomposition et la poussée de violence? En vérité, M. Macron n’a aucun intérêt à obtenir, avec «En marche», une majorité absolue à l’Assemblée qui ferait de lui un nouvel «hyperprésident» censé détenir la quintessence du pouvoir. Sa meilleure chance de réussir son mandat est de se garder des sirènes de «l’hyperprésidence» qui mène tout droit au statut de «coupable idéal» des malheurs du pays, à l’image de tous ses prédécesseurs. De la part du président Macron, la vraie nouveauté serait dans la redécouverte d’une présidence modeste, axée sur l’international, centrée sur l’essentiel et le partage des responsabilités avec un puissant gouvernement réformiste et une Assemblée souveraine, conformément à la lettre – jamais respectée – de la Constitution de 1958. Maxime Tandonnet (07.05.2017)
La violente polémique qui secoue la candidature de François Fillon à l’élection présidentielle n’a rien d’une surprise. Il fallait s’y attendre. La vie politique française n’a jamais supporté les têtes qui dépassent, les personnalités qui prennent l’ascendant. Dans l’histoire, les hommes d’État visionnaires, ceux qui ont eu raison avant tout le monde, ont été descendus en flammes et leur image est restée maudite des décennies ou des siècles après leur mort (…) Dans mon livre les Parias de la République(Perrin, 2017), j’ai raconté la descente aux enfers de ces parias qui furent aussi de grands hommes d’État, et une femme Premier ministre, leur diabolisation qui les poursuit jusqu’aux yeux de la postérité. Cet ouvrage annonce aussi la généralisation et la banalisation de la figure du paria dans la vie politique contemporaine. La médiatisation, Internet et la puissance des réseaux sociaux, les exigences de transparence, la défiance face à l’autorité et surtout, la personnalisation du pouvoir à outrance, transforme tout homme ou femme incarnant de pouvoir en bouc émissaire des frustrations et des angoisses d’une époque. Qui ne se souvient à quel point Nicolas Sarkozy fut traîné dans la boue de 2007 à 2012? Dans un tout autre genre, François Hollande a aussi connu, à la tête de l’État, le vertige de l’humiliation. La diabolisation des hommes politiques s’accélère: non seulement Sarkozy, puis Hollande, mais aussi Alain Juppé et Manuel Valls viennent de chuter. L’hécatombe est désormais inarrêtable… Sans aucun doute, le tour viendra d’Emmanuel Macron, et sa chute sera aussi subite et aussi violente que son ascension fondée sur la sublimation d’une image. (…) Oui, il fallait s’attendre, tôt ou tard, à la lapidation de François Fillon. Le prétexte de l’emploi de son épouse à ses côtés est ambigu. Le recrutement de proches par des responsables politiques est une vieille – et mauvaise – habitude française. Alexandre Millerand , Vincent Auriol, François Mitterrand employaient leur fils à l’Elysée et Jacques Chirac sa fille. Combien de ministres ont recruté un proche dans leurs cabinets? Combien de fils et de fille «de» ont hérité de la position politique de leur père? 20% des parlementaires emploient un membre de leur famille. L’un des plus hauts responsables actuels de la République a l’habitude de salarier sa femme auprès de lui. Tout cela est bien connu. À l’évidence, cette pratique n’est pas à l’honneur de notre République. Mais tout le monde s’en est jusqu’à présent accommodé, hypocritement, sans poser de question. Personne ne s’est interrogé sur la nature et l’effectivité des tâches accomplies par le conjoint ou le parent. Et voici que soudain, le dossier est opportunément rouvert, contre François Fillon. (…) L’homme se prête particulièrement à une diabolisation. Son caractère à la fois discret et volontariste a tout pour exaspérer un microcosme politico-médiatique plus enclin à idolâtrer le clinquant stérile et l’impuissance bavarde. La ligne de défense de François Fillon transparaît dans son discours du 29 janvier. Il s’apprête à endosser le rôle de paria, comptant sur un retournement en sa faveur. En témoigne la présence de Pénélope à ses côtés. Sa parole, conservatrice et libérale, semble avoir été façonnée pour exacerber les haines des idéologues de la table rase: «On me décrit comme le représentant d’une France traditionnelle. Mais celui qui n’a pas de racines marche dans le vide. Je ne renie rien de ce qu’on m’a transmis, rien de ce qui m’a fait, pas plus ma foi personnelle que mes engagements politiques». Peut-il réussir? In fine, le résultat des élections de 2017 dépendra du corps électoral: emprise de l’émotionnel ou choix d’un destin collectif? Mais au-delà, une grande leçon de ces événements devrait s’imposer: l’urgence de refonder la vie politique française, sur une base moins personnalisée et plus collective, tournée vers le débat d’idées et non plus l’émotion – entre haine et idolâtrie – autour de personnages publics. Maxime Tandonnet (30.01.2017)
Un homme d’État doit concilier trois qualités: une vision de l’histoire, le sens du bien commun et le courage personnel. Ils sont très peu nombreux à avoir durablement émergé dans l’histoire politique française. En effet, en raison de leur supériorité, ils sont rapidement pris en chasse par le marais et réduits au silence avant d’être lapidés. Le véritable homme d’État est un paria en puissance. Le Général de Gaulle fut un paria tout à fait particulier, un paria qui a réussi. Il faut se souvenir de la manière dont il fut traité dans les années 1950 et 1960. Il était en permanence insulté, qualifié de réactionnaire et de fasciste. Dans Le Coup d’État permanent, François Mitterrand utilise à son propos les mots de «caudillo, duce, führer…». C’est un comble pour le chef de la résistance française au nazisme… S’il fut un paria qui a réussi, c’est en raison de sa place hors norme dans l’histoire, auteur de l’appel du 18 juin 1940 et de la décolonisation. Mais dès lors, il n’est plus vraiment un paria au sens de la définition que j’en donne, son image à la postérité étant largement positive et consensuelle. (…) la lecture des livres de René Girard, notamment La violence et le sacré et Les choses cachées depuis la fondation du monde m’a inspiré l’idée de cet ouvrage sur les parias de la République. Sa grille de lecture peut s’appliquer à l’histoire politique française: la quête d’un bouc émissaire, victime expiatoire de la violence collective, et son lynchage par lequel la société politique retrouve son unité. Le cas d’Édith Cresson est intéressant à cet égard. Quand on lit la presse de l’époque, quand on replonge dans les actualités du début des années 1990, la violence, la férocité de son lynchage nous apparaissent comme sidérantes. On a beaucoup parlé de ses maladresses, provocations et fautes de communication qui furent réelles. Mais l’acharnement contre elle, les insultes, la caricature, la diffamation contre une femme Premier ministre qui prenait une place convoitée par des hommes, a atteint des proportions vertigineuses. On en a oublié des aspects positifs de sa politique: le rejet des 35 heures, la promotion de l’apprentissage, des privatisations et de la politique industrielle, la volonté de maîtriser les frontières. Elle fut vraiment une femme lynchée. Et sur ce sacrifice, les politiques de son camp ont tenté de se refaire une cohésion. Sans succès. Encore aujourd’hui, je constate à quel point elle fut haïe. Des personnalités de droite ou de gauche m’ont vivement reproché de tenter de la «réhabiliter» parmi mes parias! De fait, je ne cherche pas à la réhabiliter et ne cache rien de ses erreurs, mais je mets le doigt sur un épisode qui n’est pas à l’honneur de la classe politique française. La violence est certes inhérente à la république dès lors que la république suppose une concurrence pour les postes, les mandats, les honneurs. Cette violence devrait être tempérée par la morale, le sens de l’honneur, du respect des autres, par les valeurs au sens du duc de Broglie. Elle ne l’a pas été à l’égard d’Édith Cresson. Elle l’est de moins en moins aujourd’hui, comme en témoigne la multiplication des lynchages politico-médiatiques à tout propos. (…) Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’un lynchage permanent et violent pendant son quinquennat: insultes au jour le jour, calomnies et les aspects positifs du bilan de son action ont été étrangement passés sous silence. Pourtant, il me semble trop tôt pour lui appliquer le qualificatif de paria au sens où je l’entends dans mon ouvrage, supposant un bannissement qui se poursuit dans l’histoire. Comment sera-t-il jugé dans vingt ans? Qui peut le dire? Souvenons-nous de Mitterrand et de Chirac. Leur fin de règne fut pathétique, pitoyable. Qui s’en souvient encore? La mémoire contemporaine est tellement courte… Aujourd’hui, ils sont plutôt encensés et n’ont rien de parias… (…) [François Fillon] a le profil d’un bouc émissaire, sans aucun doute, faute de pouvoir parler de paria à ce stade. D’ici à l’élection présidentielle et par la suite, s’il l’emporte, il sera inévitablement maltraité et son tempérament à la fois réservé et volontaire ne peut qu’exciter la hargne envers lui. Il faut noter que François Hollande, quoi qu’on en pense, n’a pas été épargné par le monde médiatique et la presse qu’il croyait tout acquise à sa cause… C’est une vraie question que je me pose: le président de la République, qui incarnait du temps du général de Gaulle et de Pompidou, le prestige, l’autorité, la grandeur nationale, est-il en train de devenir le bouc émissaire naturel d’un pays en crise de confiance? Ultramédiatisé, il incarne à lui tout seul le pouvoir politique dans la conscience collective. Mais ne disposant pas d’une baguette magique pour régler les difficultés des Français, apaiser leurs inquiétudes, il devient responsable malgré lui de tous les maux de la création. Je pense qu’il faut refonder notre vision du pouvoir politique, lui donner une connotation moins personnelle et individualiste. Le temps est venu de redécouvrir les vertus d’une politique davantage axée sur l’engagement collectif, le partage de la responsabilité, entre le chef de l’État, le Premier ministre, la majorité, la nation, au service du bien commun. Maxime Tandonnet (13.01.2017)
«J’avais ourdi le complot» raconte l’avocat Robert Bourgi dans l’émission de BFM, intitulée «Qui a tué François Fillon?» Son témoignage nous remémore le fond des ténèbres atteintes par la politique française il y a tout juste un an. (…) Aujourd’hui, la mode est à l’optimisme. Le discours dominant dans les médias et la presse sublime la recomposition de la classe politique et son rajeunissement. Le nouveau monde aurait définitivement enterré l’ancien. Les événements de l’hiver 2017 semblent être à des années-lumière. La France a le plus jeune président de son histoire. Un grand balayage a entraîné le renouvellement du visage des députés et des ministres. La croissance est au rendez-vous, et «France is back», la France est de retour. Et si tout cela n’était qu’illusion? Et si les causes profondes du Fillongate de 2017, la pire catastrophe démocratique de l’histoire contemporaine, bien loin de se résorber, n’avaient jamais été aussi vivaces sous le couvercle du brouhaha quotidien? Le déclin de la culture et de l’intelligence politiques est au centre du grand malaise, touchant en premier lieu les élites dirigeantes et médiatiques. (…) Où a-t-on vu, depuis la déflagration de 2017, le moindre essai de réflexion sur un régime politique évidemment à bout de souffle, fondé sur l’idolâtrie narcissique, la démagogie, la dissimulation, l’impuissance publique, la frime inefficace, la fuite devant la réalité et le sens de l’intérêt général au profit de l’image? Nulle part! Cette réflexion est comme interdite, étouffée par le carcan d’un abêtissement collectif. (…) La cassure entre le peuple et la classe dirigeante, comme le souligne le nouveau sondage CEVIPOF 2018 sur la confiance des Français, n’a jamais été aussi profonde: comme les années précédentes, 77 % des Français ont une image négative de la politique qui leur inspire de la méfiance (39 %), du dégoût (25 %), de l’ennui (9 %), de la peur (3%). Loin de l’effervescence joyeuse de la «France d’en haut», la fracture démocratique, ce mal qui ronge le pays, ne cesse de s’aggraver. L’obsession élyséenne, quintessence de la dérive mégalomaniaque de la politique française au détriment du bien commun de la Nation, et les guerres d’ego qui ont conduit les Républicains à cette hallucinante déflagration de 2017, vont-elles enfin cesser? En effet, la chute du FN et du PS, les tâtonnements de LREM, pourraient ouvrir un nouvel espace aux Républicains. Ont-ils enfin décidé de se mettre au service du pays et non d’eux-mêmes? Tout laisse penser que non. La révolte des barons contre M. Wauquiez donne le sentiment que rien n’a changé à cet égard. (…) Le récit de M. Bourgi sur BFM est purement anecdotique. Il est l’arbre qui cache la forêt. La politique française connaît une vertigineuse crise du sens dont le séisme de 2017 fut la première manifestation. D’autres viendront, plus terribles encore. Aujourd’hui, rien n’a changé. Le mélange de nihilisme et de fureur narcissique, sur les ruines de l’intelligence politique, n’en finit pas de détruire la démocratie. Vous avez aimé 2017? Vous allez adorer 2022! Maxime Tandonnet
J’apprends non sans stupéfaction que Flavie Flament, dans l’émission « Philosophie » d’Arte, que chacun peut consulter, se réjouit, trente ans après, de la stratégie qu’elle a mise en œuvre pour devenir « le bourreau de son bourreau », stratégie qui lui a permis de se « reconstruire ». Elle parle d’Hamilton comme d’un monstre de lâcheté, mort de manière vulgaire et sans panache, le visage couvert d’un sac en plastique, car il ne supportait pas de voir son image. On a rarement été plus loin dans l’ignominie. (…) Cette sordide histoire m’a rappelé celle de Valérie Solanas, intellectuelle féministe radicale, qui appelait dans son Scum Manifeste à châtrer les hommes et qui tenta d’abattre Andy Warhol et deux de ses compagnons. Elle passera trois ans en prison, soutenue par les féministes américaines (le National Organization for Women) qui voyait en elle la championne la plus remarquable des droits des femmes. Lou Reed, lui, chanta: « Je crois bien que j’aurais appuyé sur l’interrupteur de la chaise électrique moi-même. » Sans recourir à de telles extrémités, on s’interrogera légitimement – Houellebecq l’avait fait à l’époque – sur la haine des sexes et la férocité du désir de vengeance de femmes sans doute humiliées et blessées à un âge où elles idéalisaient encore les rapports amoureux. Mais quoi qu’ait subi Flavie Flament de la part de David Hamilton, ce qui n’est pas prouvé, sa jouissance à l’annonce de son suicide et la stratégie à long terme mise pour y parvenir, me laisse pour le moins songeur. Je me garderai bien de me scandaliser, ne sachant ce qui relève d’une obsession pathologique ou d’un désir immodéré de rester sous les feux de la rampe en un temps où ce genre de dénonciation vous valorise plus qu’il n’inspire le dégoût. Faut-il vraiment, comme le suggère Madame Taubira, que les hommes apprennent ce qu’est l’humiliation ? Auquel cas je ne saurai leur conseiller meilleure maîtresse que Flavie Flament. Roland Jaccard
Tout au long de la campagne, les affaires ont contribué à envoyer par le fond les chances de succès de l’ancien Premier ministre. Ces révélations poursuivaient-elles un calcul politique ou personnel? Qui a tué François Fillon? Voilà les questions posées par une équipe de BFMTV dans un documentaire exceptionnel diffusé ce lundi soir sur notre antenne. A la croisée des regards, les journalistes du Canard enchaîné, bien sûr, qui ont dévoilé peu à peu les vicissitudes présumées du clan Fillon. Devant nos caméras, Hervé Liffran et Isabelle Barré l’assurent: leur travail ne doit rien à une « taupe » à droite, ni à une quelconque aide extérieure. C’est naturellement qu’après le premier tour de la primaire, ils se sont penchés sur les déclarations de patrimoine et de revenus du couple, puis ont découvert, intrigués, que Penelope Fillon avait travaillé pour La Revue des deux mondes, mais aussi et surtout comme collaboratrice parlementaire de son mari et du suppléant de celui-ci pendant huit ans, dans la plus grande discrétion. Naturellement que les montants perçus pour une activité peu évidente (100.000 euros brut entre mai 2012 et décembre 2013 pour la revue et 500.000 euros brut perçus auprès du Palais-Bourbon) les ont intéressés. « Pas de Dark Vador, pas de force obscure », sourit aujourd’hui Isabelle Barré. Pourtant le 24 janvier à 18 heures, lorsque le compte Twitter du Canard enchaîné jette son pavé dans la mare, les principales figures de la droite, alors réunies autour d’une galette des rois dans les locaux de campagne de leur candidat, sont persuadées qu’il s’agit là d’un acte de malveillance, peut-être venu de l’intérieur. Parmi les figures entretenant une inimitié notoire avec François Fillon, les noms de Jean-François Copé et Rachida Dati courent sur les lèvres. Tous deux écartent toujours ces allégations. « Si on devait mettre en cause tous ceux à qui François Fillon a fait du mal, la liste serait longue », ajoute l’ancien ministre du Budget. La piste d’un « cabinet noir » élyséen, lancée par François Fillon lui-même, ne mènera pas plus loin. De toute façon, les revenus des Fillon ne sont pas un secret pour tout le monde: à l’Assemblée nationale, 95 personnes ont accès aux fiches de paie des collaborateurs dans le cadre de leur travail. S’il est difficile de savoir d’où sont partis les premiers coups, nombreux sont ceux à avoir cherché à achever François Fillon. Dès fin janvier, c’est François Bayrou qui cherche un « plan B » à la droite et au centre. Début février, le président du Sénat, Gérard Larcher, veut mettre un terme à l’équipée, après avoir appris que les enfants de François Fillon avaient aussi été rémunérés par la Haute assemblée durant le mandat sénatorial de leur père. Peu à peu, les leaders de la droite prennent leurs distances. (…) Pendant toute cette période, Nicolas Sarkozy, vaincu à la primaire, joue un jeu trouble. Comme nous le raconte Rachida Dati, tout le monde ne cesse de l’appeler: Xavier Bertrand, François Bertrand, Laurent Wauquiez. Tous veulent qu’il pousse François Fillon à l’abandon. « A la faveur de chacun d’entre eux… Tout le monde voulait y aller! » s’amuse l’ancienne Garde des Sceaux. BFM
L’homme qui a offert des costumes à François Fillon, Robert Bourgi, s’est vanté chez Jean-Jacques Bourdin, avec une faconde que n’auraient pas reniée «Les Tontons flingueurs», d’avoir «ourdi un complot» contre le candidat pour peser dans sa chute. Invité chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce 29 janvier, Robert Bourgi, proche de Nicolas Sarkozy et des cercles du pouvoir, a fait de nouvelles révélations sardoniques sur son ancien «ami» François Fillon. L’homme de loi a reconnu avoir monté un complot contre l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, avec l’intention de «le niquer» pendant la campagne présidentielle. Sa ruse : lui offrir des costumes hors de prix. Le jour de la diffusion du documentaire «Qui a tué François Fillon ?» sur BFM TV, Robert Bourgi est venu livrer les dessous de son «complot». Il donne le ton en jetant d’emblée à Jean-Jacques Bourdin : «Votre service de sécurité m’a enlevé ma boîte à outils. J’avais la sulfateuse, le marteau et les clous pour le cercueil pour Monsieur Fillon mais pour vous, j’ai quelque chose.» Et l’homme de dégainer un mètre de couturière, pour prendre les mesures de l’animateur. «Ce sera pas Arny’s, ce sera Petit Bateau», rit-il, très content de sa blague. Il déroule alors l’historique qui le fait apparaître comme un intriguant, avide de relations de pouvoir, éclairant d’un jour nouveau les réseaux d’influence et alliances impitoyables autour des têtes de l’UMP, devenue les Républicains en 2015. L’avocat d’origine libano-sénégalaise Robert Bourgi, figure de la Françafrique, a toujours courtisé les puissants : Jacques Chirac, Omar Bongo, Laurent Gbagbo et surtout son «ami» Nicolas Sarkozy. Il explique avoir fréquenté régulièrement François Fillon pendant son mandat de Premier ministre. (…) Mais Robert Bourgi s’est retourné contre l’ancien Premier ministre lorsque deux journalistes lui ont livré un scoop signé François Hollande durant la campagne de la primaire. Le duo confie à l’avocat : «Ton ami Fillon a demandé la peau de ton ami Sarko.» L’ancien chef du gouvernement avait demandé que la justice accélère concernant les affaires dans lesquelles était impliqué l’ancien chef d’Etat. Dès lors, Robert Bourgi se métamorphose en nettoyeur des couloirs feutrés des cabinets ministériels. (…) Il décide alors de fomenter un complot, selon ses propres termes, contre le Sarthois en exploitant ses faiblesses. (…) Robert Bourgi ne souhaitait pas parler chiffon mais tentait d’influencer François Fillon sur le choix de ses lieutenants. Il souhaitait le voir s’entourer «de compagnons de Nicolas Sarkozy» qui voulaient le «servir», en lui conseillant de les inclure dans son «comité politique». Aucun retour. Et c’est en homme vexé de ne pas arriver à faire aboutir ses petites manœuvres qu’il se plaint : «Il m’a humilié.» Russia Today
Je lui ai dit : « Nicolas, il n’ira jamais à l’Elysée » […] parce que je vais le niquer, j’avais ourdi le complot […] à cause du comportement de Fillon à mon endroit qui n’était pas correct. Je savais exactement que j’allais payer ces costumes par chèque et que j’allais appeler mon ami Valdiguié au JDD, lui montrer le chèque. Quand on a fait campagne sur les vertus morales, la difficulté des Français à joindre les deux bouts, je me suis dit : « C’est quelque chose qui va le tuer ». Robert Bourgi
François Fillon, j’ai décidé de le tuer pour diverses raisons. D’abord parce qu’il a violé toutes les règles de l’amitié avec moi. J’ai toujours été correct avec lui, […] j’ai toujours défendu la position de Fillon auprès de Nicolas dans le but de les réunir un jour ou l’autre. […] Il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy. Il l’a toujours détesté, il a toujours eu les mots les plus inélégants à son égard. A chaque fois je lui disais : « François, tu n’as pas le droit de parler de Nicolas comme ça » […] François Fillon m’avait promis d’être un peu plus loyal à l’endroit de Nicolas Sarkozy, il n’a jamais tenu parole. Robert Bourgi
En fait, je fais au mois de janvier, une conférence sur Bourreaux et victimes. Et on se rend compte qu’à un moment donné, la victime peut devenir aussi quelque part – c’est pour ça que je parlais de stratégie – le bourreau de son bourreau en retournant effectivement ça. Et je pense que c’est là-dessus qu’on se reconstruit. (…) Et la façon dont il est mort m’a vraiment interrogée. Il est mort avec un sac en plastique sur la tête. (…) Il est mort d’une façon vulgaire. (…) Il avait pas de panache.  Certains mettent en scène leur mort (…) Je me suis consolée quelque part en me disant qu’il s’était regardé. Quand on se met un sac en plastique de supermarché  sur la tête et qu’on disparait de cette façon là dans un petit appartement du boulevard de Montparnasse, il y a quand même (…) quelque chose de fou. Flavie Flamant
Au lieu de lui tirer une balle, vous lui envoyez un missile. Raphael Enthoven

Attention: une curée peut en cacher une autre !

A l’heure où, forts de leur coup, BFM et France 5 nous balancent en boucle …

Leur publireportage sur le « niquage » du candidat Fillon il y a un an par un porte-flingue de Nicolas Sarkozy …

Mais où, fortes du nombre désormais de leur côté et avec la complicité active de prétendus philosophes sur des prétendues chaines culturelles, certaines femmes se laissent emporter par la plus primaire des vindictes anti-hommes

Comment avec Maxime Tandonnet …

Qui, après avoir un moment conseillé l’ancien président Sarkozy, avait écrit des pages éloquentes sur la bouc-émissarisation de la politique française …

Ne pas repenser à la si pertinente définition proustienne du fonctionnement fondamental de nos sociétés comme de nos foules …

Qui « gouvernées par l’instinct d’imitation et l’absence de courage » …

Se muent pour « chasser ou acclamer ses rois » …

En « bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang » ?

Derrière Bourgi, la déliquescence de la politique française
Maxime Tandonnet
Le Figaro
31/01/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Après la diffusion d’un reportage de BFM en début de semaine, on voudrait croire que c’est bien Robert Bourgi qui a «tué François Fillon». Il n’en est rien, selon Maxime Tandonnet : l’assassin court toujours, et il n’a pas fini de faire des victimes. Il s’agit de la crise du sens que traverse la politique française.


Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, haut-fonctionnaire, Maxime Tandonnet décrypte chaque semaine l’exercice de l’État pour le FigaroVox. Il a écrit Les parias de la République (éd. Perrin, 2017).


«J’avais ourdi le complot» raconte l’avocat Robert Bourgi dans l’émission de BFM, intitulée «Qui a tué François Fillon?» Son témoignage nous remémore le fond des ténèbres atteintes par la politique française il y a tout juste un an. Qu’est-ce que la politique? En principe, le débat d’idées, le choix d’un projet en vue de bâtir un destin commun et de régler le mieux possible les défis du présent et de l’avenir. Ces révélations donnent un nouvel aperçu du pire de la vie publique, un cocktail de batailles d’ego, de rancœurs, de vengeances personnelles qui anéantit toute idée de bien commun et d’intérêt général.

Aujourd’hui, la mode est à l’optimisme. Le discours dominant dans les médias et la presse sublime la recomposition de la classe politique et son rajeunissement. Le nouveau monde aurait définitivement enterré l’ancien. Les événements de l’hiver 2017 semblent être à des années-lumière. La France a le plus jeune président de son histoire. Un grand balayage a entraîné le renouvellement du visage des députés et des ministres. La croissance est au rendez-vous, et «France is back», la France est de retour.

Et si tout cela n’était qu’illusion? Et si les causes profondes du Fillongate de 2017, la pire catastrophe démocratique de l’histoire contemporaine, bien loin de se résorber, n’avaient jamais été aussi vivaces sous le couvercle du brouhaha quotidien?

Le déclin de la culture et de l’intelligence politiques est au centre du grand malaise, touchant en premier lieu les élites dirigeantes et médiatiques. Toute la vie politico-médiatique se ramène désormais à des effets de personnalisation narcissique au détriment des convictions. La Nation doit voter pour l’image d’un individu, les sensations qu’il inspire, une image parfaitement volatile, conditionnée par les soubresauts des émotions collectives, au fil de l’actualité et du matraquage médiatique. Dès lors s’efface la notion de choix de société sur les grands sujets du moment: l’école, l’industrie, la dette, l’immigration, le chômage, l’autorité de l’État, la sécurité, la refondation de l’Europe…

Où a-t-on vu, depuis la déflagration de 2017, le moindre essai de réflexion sur un régime politique évidemment à bout de souffle, fondé sur l’idolâtrie narcissique, la démagogie, la dissimulation, l’impuissance publique, la frime inefficace, la fuite devant la réalité et le sens de l’intérêt général au profit de l’image? Nulle part! Cette réflexion est comme interdite, étouffée par le carcan d’un abêtissement collectif.

«Renouvellement», disiez-vous? La cassure entre le peuple et la classe dirigeante, comme le souligne le nouveau sondage CEVIPOF 2018 sur la confiance des Français, n’a jamais été aussi profonde: comme les années précédentes, 77 % des Français ont une image négative de la politique qui leur inspire de la méfiance (39 %), du dégoût (25 %), de l’ennui (9 %), de la peur (3%). Loin de l’effervescence joyeuse de la «France d’en haut», la fracture démocratique, ce mal qui ronge le pays, ne cesse de s’aggraver.

L’obsession élyséenne, quintessence de la dérive mégalomaniaque de la politique française au détriment du bien commun de la Nation, et les guerres d’ego qui ont conduit les Républicains à cette hallucinante déflagration de 2017, vont-elles enfin cesser? En effet, la chute du FN et du PS, les tâtonnements de LREM, pourraient ouvrir un nouvel espace aux Républicains. Ont-ils enfin décidé de se mettre au service du pays et non d’eux-mêmes? Tout laisse penser que non. La révolte des barons contre M. Wauquiez donne le sentiment que rien n’a changé à cet égard. Summum de l’absurdité et de l’obsession élyséenne: plutôt que de se pencher sur les raisons profondes de la crise politique française, certains, songeant uniquement à leur destin personnel, ramènent déjà la question des «primaires» de 2022, sans la moindre considération pour leur faillite en 2016-2017!

Le récit de M. Bourgi sur BFM est purement anecdotique. Il est l’arbre qui cache la forêt. La politique française connaît une vertigineuse crise du sens dont le séisme de 2017 fut la première manifestation. D’autres viendront, plus terribles encore. Aujourd’hui, rien n’a changé. Le mélange de nihilisme et de fureur narcissique, sur les ruines de l’intelligence politique, n’en finit pas de détruire la démocratie. Vous avez aimé 2017? Vous allez adorer 2022!

Voir aussi:

David Hamilton: Flament glose…
Roland Jaccard

Causeur

3 février 2018

J’aimais bien David Hamilton de quelques années mon aîné, que je croisais parfois boulevard Montparnasse. Ses photos avaient bercé mon adolescence. Et personne n’y voyait rien d’obscène. Les plus grands artistes avaient travaillé avec lui et même Alain Robbe-Grillet avait signé un livre : Rêves de jeunes filles avec Hamilton dont la notoriété s’étendait au monde entier. Il y régnait un érotisme doux, presque chaste, qui n’offusquait personne. Ses films, en revanche, passaient inaperçus : le photographe avait éclipsé le cinéaste dont on retiendra néanmoins Laura ou les ombres de l’été avec Dawn Dunlap actrice à laquelle Olivier Mathieu a rendu un bel hommage dans Le Portrait de Dawn Dunlap.

Je savais par un ami commun que la situation de David Hamilton était devenue précaire et que certaines rétrospectives de son œuvre avaient été annulées après des accusations de pédophilie : sans doute portait-il aux très jeunes filles un amour immodéré. Mais jamais la justice, en dépit de deux plaintes, ne l’avait jugé coupable. Et voici que trente années plus tard, une présentatrice de télévision, Flavie Flament, un de ses anciens modèles le prend pour cible dans un médiocre roman intitulé : La Consolation. Le nom de Hamilton sent alors le soufre, tout comme ceux de Weinstein, d’Allen, de Polanski, de Balthus et de tant d’autres.

Devenir « le bourreau de son bourreau »
Sans doute lassé par une époque où la délation et la vulgarité commandent l’esprit du temps, David Hamilton se donne la mort dans des circonstances encore mal élucidées. On le trouve étouffé dans la nuit du 25 novembre 2016 « avec un sac plastique sur la tête » et la porte ouverte de son appartement. Certains pensent qu’il aurait pu être assassiné. Je crois surtout qu’il était dégoûté par un monde où il n’avait plus sa place et qu’il en a tiré la conclusion logique.

Mais j’apprends non sans stupéfaction que Flavie Flament, dans l’émission « Philosophie » d’Arte, que chacun peut consulter, se réjouit, trente ans après, de la stratégie qu’elle a mise en œuvre pour devenir « le bourreau de son bourreau », stratégie qui lui a permis de se « reconstruire ».

Elle parle d’Hamilton comme d’un monstre de lâcheté, mort de manière vulgaire et sans panache, le visage couvert d’un sac en plastique, car il ne supportait pas de voir son image. On a rarement été plus loin dans l’ignominie. Et, au passage, tous ceux qui ont eu recours au sac plastique pour se suicider apprécieront… s’ils en ont encore l’occasion.

Au mauvais souvenir de Lou Reed
Cette sordide histoire m’a rappelé celle de Valérie Solanas, intellectuelle féministe radicale, qui appelait dans son Scum Manifeste à châtrer les hommes et qui tenta d’abattre Andy Warhol et deux de ses compagnons. Elle passera trois ans en prison, soutenue par les féministes américaines (le National Organization for Women) qui voyait en elle la championne la plus remarquable des droits des femmes. Lou Reed, lui, chanta: « Je crois bien que j’aurais appuyé sur l’interrupteur de la chaise électrique moi-même. »

Sans recourir à de telles extrémités, on s’interrogera légitimement – Houellebecq l’avait fait à l’époque – sur la haine des sexes et la férocité du désir de vengeance de femmes sans doute humiliées et blessées à un âge où elles idéalisaient encore les rapports amoureux. Mais quoi qu’ait subi Flavie Flament de la part de David Hamilton, ce qui n’est pas prouvé, sa jouissance à l’annonce de son suicide et la stratégie à long terme mise pour y parvenir, me laisse pour le moins songeur. Je me garderai bien de me scandaliser, ne sachant ce qui relève d’une obsession pathologique ou d’un désir immodéré de rester sous les feux de la rampe en un temps où ce genre de dénonciation vous valorise plus qu’il n’inspire le dégoût. Faut-il vraiment, comme le suggère Madame Taubira, que les hommes apprennent ce qu’est l’humiliation ? Auquel cas je ne saurai leur conseiller meilleure maîtresse que Flavie Flament.

Voir également:

DOCUMENTAIRE – Qui a tué François Fillon? L’enquête de BFMTV

BFM

29/01/2018

D’affaire en affaire, de coup de théâtre en coup de théâtre, les espoirs de la droite et de son candidat à la présidentielle, François Fillon, se sont évaporés pendant la campagne. Un mystère demeure: quelqu’un voulait-il la peau de François Fillon? C’est la question que s’est posée une équipe de BFMTV dans un documentaire exceptionnel diffusé ce lundi soir à 22h40 sur notre antenne.

La campagne présidentielle s’est éloignée depuis longtemps et, avec elle, ses illusions perdues, mais François et Penelope Fillon sont toujours mis en examen pour détournement de fonds publics. L’enquête doit être bouclée au cours de cette année 2018.

« Pas de Dark Vador »
S’ils sont sous le coup de cette procédure judiciaire, c’est en raison d’une affaire qui a éclaté au grand jour il y a un an: les soupçons d’emplois fictifs visant Penelope Fillon, l’épouse de celui qui était le candidat de la droite au scrutin suprême. Tout au long de la campagne, les affaires ont contribué à envoyer par le fond les chances de succès de l’ancien Premier ministre. Ces révélations poursuivaient-elles un calcul politique ou personnel? Qui a tué François Fillon? Voilà les questions posées par une équipe de BFMTV dans un documentaire exceptionnel diffusé ce lundi soir sur notre antenne.

A la croisée des regards, les journalistes du Canard enchaîné, bien sûr, qui ont dévoilé peu à peu les vicissitudes présumées du clan Fillon. Devant nos caméras, Hervé Liffran et Isabelle Barré l’assurent: leur travail ne doit rien à une « taupe » à droite, ni à une quelconque aide extérieure. C’est naturellement qu’après le premier tour de la primaire, ils se sont penchés sur les déclarations de patrimoine et de revenus du couple, puis ont découvert, intrigués, que Penelope Fillon avait travaillé pour La Revue des deux mondes, mais aussi et surtout comme collaboratrice parlementaire de son mari et du suppléant de celui-ci pendant huit ans, dans la plus grande discrétion. Naturellement que les montants perçus pour une activité peu évidente (100.000 euros brut entre mai 2012 et décembre 2013 pour la revue et 500.000 euros brut perçus auprès du Palais-Bourbon) les ont intéressés. « Pas de Dark Vador, pas de force obscure », sourit aujourd’hui Isabelle Barré.

Des fiches de paie accessibles à 95 personnes
Pourtant le 24 janvier à 18 heures, lorsque le compte Twitter du Canard enchaîné jette son pavé dans la mare, les principales figures de la droite, alors réunies autour d’une galette des rois dans les locaux de campagne de leur candidat, sont persuadées qu’il s’agit là d’un acte de malveillance, peut-être venu de l’intérieur. Parmi les figures entretenant une inimitié notoire avec François Fillon, les noms de Jean-François Copé et Rachida Dati courent sur les lèvres. Tous deux écartent toujours ces allégations. « Si on devait mettre en cause tous ceux à qui François Fillon a fait du mal, la liste serait longue », ajoute l’ancien ministre du Budget.

La piste d’un « cabinet noir » élyséen, lancée par François Fillon lui-même, ne mènera pas plus loin. De toute façon, les revenus des Fillon ne sont pas un secret pour tout le monde: à l’Assemblée nationale, 95 personnes ont accès aux fiches de paie des collaborateurs dans le cadre de leur travail.

Qui veut débrancher la candidature de François Fillon?
S’il est difficile de savoir d’où sont partis les premiers coups, nombreux sont ceux à avoir cherché à achever François Fillon. Dès fin janvier, c’est François Bayrou qui cherche un « plan B » à la droite et au centre. Début février, le président du Sénat, Gérard Larcher, veut mettre un terme à l’équipée, après avoir appris que les enfants de François Fillon avaient aussi été rémunérés par la Haute assemblée durant le mandat sénatorial de leur père.

Peu à peu, les leaders de la droite prennent leurs distances. François Fillon lui-même ne se rend pas service, en affirmant à la télévision qu’il renoncera s’il venait à être mis en examen. Or, quand cette mise en examen lui est notifiée le 28 février par une convocation judiciaire que lui annonce Patrick Stefanini, son directeur de campagne, François Fillon ne renonce pas à faire campagne. Et le meeting du Trocadéro, lors de la matinée pluvieuse du 5 mars à Paris, lui servira de tremplin vers le mur du premier tour du 23 avril.

Pendant toute cette période, Nicolas Sarkozy, vaincu à la primaire, joue un jeu trouble. Comme nous le raconte Rachida Dati, tout le monde ne cesse de l’appeler: Xavier Bertrand, François Bertrand, Laurent Wauquiez. Tous veulent qu’il pousse François Fillon à l’abandon. « A la faveur de chacun d’entre eux… Tout le monde voulait y aller! » s’amuse l’ancienne Garde des Sceaux. Alain Juppé l’appelle aussi, mais tombe sur le répondeur de l’ancien président de la République, à ce moment-là tranquillement installé au parc des Princes devant un match du Paris-Saint-Germain. Devant le peu de cohésion de son camp, et l’obstination de François Fillon, le maire de Bordeaux jette lui aussi l’éponge.

Voir de même:

«Je vais le niquer» : les révélations truculentes de Robert Bourgi, le «tueur» de Fillon

L’homme qui a offert des costumes à François Fillon, Robert Bourgi, s’est vanté chez Jean-Jacques Bourdin, avec une faconde que n’auraient pas reniée «Les Tontons flingueurs», d’avoir «ourdi un complot» contre le candidat pour peser dans sa chute.

Invité chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce 29 janvier, Robert Bourgi, proche de Nicolas Sarkozy et des cercles du pouvoir, a fait de nouvelles révélations sardoniques sur son ancien «ami» François Fillon. L’homme de loi a reconnu avoir monté un complot contre l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, avec l’intention de «le niquer» pendant la campagne présidentielle. Sa ruse : lui offrir des costumes hors de prix.

Le jour de la diffusion du documentaire «Qui a tué François Fillon ?» sur BFM TV, Robert Bourgi est venu livrer les dessous de son «complot». Il donne le ton en jetant d’emblée à Jean-Jacques Bourdin : «Votre service de sécurité m’a enlevé ma boîte à outils. J’avais la sulfateuse, le marteau et les clous pour le cercueil pour Monsieur Fillon mais pour vous, j’ai quelque chose.» Et l’homme de dégainer un mètre de couturière, pour prendre les mesures de l’animateur. «Ce sera pas Arny’s, ce sera Petit Bateau», rit-il, très content de sa blague.

Il déroule alors l’historique qui le fait apparaître comme un intriguant, avide de relations de pouvoir, éclairant d’un jour nouveau les réseaux d’influence et alliances impitoyables autour des têtes de l’UMP, devenue les Républicains en 2015.

L’avocat d’origine libano-sénégalaise Robert Bourgi, figure de la Françafrique, a toujours courtisé les puissants : Jacques Chirac, Omar Bongo, Laurent Gbagbo et surtout son «ami» Nicolas Sarkozy. Il explique avoir fréquenté régulièrement François Fillon pendant son mandat de Premier ministre. L’homme de loi révèle que le Sarthois souhaitait savoir ce que Nicolas Sarkozy pensait de lui.

Mais Robert Bourgi s’est retourné contre l’ancien Premier ministre lorsque deux journalistes lui ont livré un scoop signé François Hollande durant la campagne de la primaire. Le duo confie à l’avocat : «Ton ami Fillon a demandé la peau de ton ami Sarko.» L’ancien chef du gouvernement avait demandé que la justice accélère concernant les affaires dans lesquelles était impliqué l’ancien chef d’Etat.

Une haine nourrie envers François Fillon pour défendre Nicolas Sarkozy

Dès lors, Robert Bourgi se métamorphose en nettoyeur des couloirs feutrés des cabinets ministériels.

«François Fillon, j’ai décidé de le tuer pour diverses raisons. D’abord parce qu’il a violé toutes les règles de l’amitié avec moi. J’ai toujours été correct avec lui, […] j’ai toujours défendu la position de Fillon auprès de Nicolas dans le but de les réunir un jour ou l’autre. […] Il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy», explique-t-il. Et Robert Bourgi ne plaisante pas avec le sujet. «Il l’a toujours détesté, il a toujours eu les mots les plus inélégants à son égard. A chaque fois je lui disais : « François, tu n’as pas le droit de parler de Nicolas comme ça » […] François Fillon m’avait promis d’être un peu plus loyal à l’endroit de Nicolas Sarkozy, il n’a jamais tenu parole», déplore l’avocat.

J’avais déjà conçu le projet que j’ai réalisé de niquer François Fillon

Il décide alors de fomenter un complot, selon ses propres termes, contre le Sarthois en exploitant ses faiblesses. «J’avais déjà conçu le projet que j’ai réalisé de niquer François Fillon, c’est mieux que tuer», explique-t-il en toute décontraction. «Je savais que l’homme avait des relations étranges avec l’argent parce que nous avions beaucoup parlé, François Fillon et moi», avoue-t-il.

Au cours d’un petit déjeuner au Ritz, Robert Bourgi piège François Fillon. «Je lui dis : « Comme je te sens amoureux de belles choses je vais t’offrir trois costumes pour ta campagne« », raconte-t-il. Le candidat LR accepte sur le champ, mais Robert Bourgi ne règle pas les complets, laissant passer quatre mois jusqu’en février 2017. Pendant ce temps, il dit avoir envoyé de nombreux textos à l’élu de la Sarthe, qui n’a jamais répondu.

Les petites manœuvres de Robert Bourgi pour placer d’anciens proches de Sarkozy

Robert Bourgi ne souhaitait pas parler chiffon mais tentait d’influencer François Fillon sur le choix de ses lieutenants. Il souhaitait le voir s’entourer «de compagnons de Nicolas Sarkozy» qui voulaient le «servir», en lui conseillant de les inclure dans son «comité politique». Aucun retour. Et c’est en homme vexé de ne pas arriver à faire aboutir ses petites manœuvres qu’il se plaint : «Il m’a humilié.»

J’avais ourdi le complot

Alors que François Fillon est en lice pour le second tour de la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy confie à l’avocat lors d’un rendez-vous : «Tu as suivi les sondages, ils sont favorables à Fillon. Tu sais, il va droit à l’Elysée.» «Je lui ai dit : « Nicolas, il n’ira jamais à l’Elysée » […] parce que je vais le niquer, j’avais ourdi le complot […] à cause du comportement de Fillon à mon endroit qui n’était pas correct. Je savais exactement que j’allais payer ces costumes par chèque et que j’allais appeler mon ami Valdiguié [rédacteur en chef] au JDD, lui montrer le chèque. Quand on a fait campagne sur les vertus morales, la difficulté des Français à joindre les deux bouts, je me suis dit : « C’est quelque chose qui va le tuer »», justifie l’avocat.

 Ne t’inquiète pas ma fille, je me vengerai

Puis l’affaire s’emballe, en écho avec les soupçons d’emplois fictifs visant sa femme Pénélope Fillon. Sur le plateau du même Jean-Jacques Bourdin, François Fillon qualifie l’avocat d’«homme âgé qui n’a plus aucune espèce de responsabilité». La fille de Robert Bourgi l’appelle en larmes pour l’en informer. L’avocat piqué au vif, toujours aussi à l’aise avec son rôle de porte-flingue, conclut son entreprise de démolition : «Je lui ai dit : « Ne t’inquiète pas ma fille, je me vengerai »». Mission accomplie.

Voir par ailleurs:

Proust’s Way

Love, death, society, art, time, timelessness–and (perhaps) the greatest novelist of the 20th century.

Among the great modern artists, some seem to possess a boundless vitality, a spiritual extravagance that, even in the face of life’s hot suffering, causes them to profess their gratitude for the very fact of existence and to pour forth their praise of nobility, goodness, beauty, fortitude, love. Goethe, Beethoven, Victor Hugo, and Tolstoy are perhaps the foremost such figures.

Admirers of Wagner might place him, too, among the life-enhancers; yet he could write, at the age of thirty-nine, “I lead an indescribably worthless life . . . [F]or me, enjoyment, love are imaginary, not experienced.” Flaubert, who consecrated himself to a prose so beautiful that no real life could touch it, found himself exclaiming with envy at the sight of a bourgeois family enjoying a picnic, “They have it right.” In bitterness of heart, Kafka let loose with “I am made of literature,” meaning he was unfit for life.

And then there is the case of Marcel Proust (1871-1922), whose 3,000-page novels À la recherche du temps perdu (In Search of Lost Time) outshines the masterworks of Wagner, Flaubert, and Kafka but whose life makes theirs look unattainably bold and merry by comparison. Proust may have been the greatest novelist of the 20th century, but he is almost singlehandedly responsible for turning the term “exquisite sensibility” into a jeer. Everyone knows about the madeleine that Proust’s narrator, Marcel, dunks in his tea, triggering a monumental reflux of childhood memories; the asthma that hounded Proust to an early death; the silent, cork-lined room that he rarely left. Speaking to William F. Buckley, Jr. at the height of the cold war, a prominent European intellectual upheld the honor of European manhood by declaring, “We’re not all a bunch of little Prousts over there.”

Sickly, homosexual, addicted to the social whirl, the real-life Proust seemed, to his contemporaries, irreparably frivolous, terminally brittle. Everyone recognized his brilliance, but no one thought he would forge anything lasting out of it. An 1893 portrait by Jacques-Emile Blanche, who was to make his reputation by painting artistic eminences, depicts Proust as a ludicrous dandy in wing collar and cravat. His forehead has a greenish cast, like a week-old bruise, while the rest of his face is waxen. The flower on his lapel, which picks up his facial coloring, bears a disturbing resemblance to an out-sized malign insect. The eyes, though large and alert, do not reveal anything remarkable behind them. There is nothing to indicate that this young man might be more than a fop smitten with his own elegance. The only hint of otherworldliness is in the morbid tints of his face, which suggest that life is already beginning to prove too much for him and that his days are numbered.

To be sure, modern art has made room for, has even become the preserve of, wayward and misshapen souls. In 1918, with his masterpiece largely finished, Proust himself wrote that contemporary reality yielded its subtlest favors to the debauched and the incurable, and (referring to certain 19th-century artists) that “an unknown part of the mind or an additional nuance of affection was bursting with all the drunkenness of a Musset or a Verlaine, with all the perversions of a Baudelaire or a Rimbaud, even a Wagner, with the epilepsy of a Flaubert.” Suffering has its perquisites, and Proust took them for everything he could.

Yet he was also to prove himself a titan. Two identically titled new biographies help us see how, from unprepossessing beginnings, he did it. Both William C. Carter’s Marcel Proust: A Life1 and Jean-Yves Tadié’s Marcel Proust: A Life2 provide moving and cogent accounts of a life that ultimately had a single raison d’être.

The two books differ somewhat in approach. Carter, a professor of French at the University of Alabama at Birmingham, is more considerate to the American reader, deftly filling in the social and political background of Proust’s life and work—as in the case of the Dreyfus affair, which figures so prominently in Proust’s novel. Tadié, who teaches at the Sorbonne in Paris and is widely acknowledged as the world’s leading authority on Proust, takes it for granted that his reader knows things that most Americans do not. His book, which appeared in France in 1996 and which Carter cites repeatedly and respectfully, is the superior work of scholarship, but it is studded with impedimenta that sometimes make for tough going. (Tadié will record who wrote a review in a certain newspaper on a given day, for instance, but not what the review said, or set down the guest lists for parties that Proust attended, without a clue as to who these people were.) Still, there is much that Tadié knows that one is grateful to have between the covers of a book, and taken together Carter and Tadié constitute a treasure trove.

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Marcel Proust was the son of Adrien Proust, an eminent Parisian doctor, and his wife, born Jeanne Weil. The father was Catholic and the mother Jewish. Although she herself refused to convert, Jeanne agreed that their children would be raised as Catholics. As it happened, however, neither parent practiced his faith and, once Marcel had made his first communion, his church-going days were pretty much over.

Jewish religious law holds that the child of a Jewish mother is a Jew, but Proust never considered himself one, and neither did his friends. Still, his parentage occasionally presented difficulties. Once, as a young man, he stood silent and unresponsive when a revered mentor, Comte Robert de Montesquiou-Fezensac, delivered an anti-Semitic tirade in the company of friends and then asked Proust for his opinion on the 1894 conviction of Captain Alfred Dreyfus, a Jew, who had been tried for treason on the charge of selling military secrets to the Germans. The next day, Proust wrote to Montesquiou that he had not said anything because, although he himself was Catholic like his father and brother, his mother was Jewish: “I am sure you understand that this is reason enough for me to refrain from such discussions.”

Whether Proust’s private frankness made up for his public reticence is a vexing question, and all the more so because he went on to confide that he was “not free to have the ideas I might otherwise have on the subject.” Proust’s tacit fear, in other words, was that if he defended the Jews he would be taken for a Jew, and what he wanted above all was to be thought of as a Christian gentleman. He even seemed to leave open the possibility that Montesquiou might be right: that only filial piety forbade him from thinking as Montesquiou did. In Carter’s view, “Proust stated his position and his independence, but he might have been less ambiguous about the ethical implications of racist remarks.” Carter is too kind. Proust was only as forthright as his social cowardice—his fear of sacrificing his respectability—would allow.

He was to find his courage when events made it easier to be courageous. By 1898, more and more people had become convinced that Dreyfus had been railroaded, and an uproar ensued that was to shake French society for years. The salon of Mme. Genevieve Straus (the widow of the composer Georges Bizet), where Proust had been a habitue for several years, turned into a Dreyfusard hotbed. Old friends of the anti-Dreyfus persuasion, including the painter Edgar Degas, stalked off and never came back. Drawing strength from those around him, Proust now joined in the growing drumbeat for a retrial that was led by the novelist Emile Zola. He was even to boast that he was the first of the Dreyfusards, because he secured the signature of his literary hero Anatole France on a petition. Still, when an anti-Semitic newspaper numbered him among the “young Jews” who defied decency and right thinking, Proust, who at first thought to correct the paper’s misapprehension, decided to keep quiet, lest he draw any more attention to himself. He must have known that, in the eyes of anti-Dreyfusards, his political affiliations only served to confirm the sad fact of his birth.

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If the Dreyfus affair exposed the moral cretinism that extended into the upper echelons of French society, this hardly deterred Proust from wanting a place in that world. His social career had begun during his last year of high school, when, thanks to the mothers of some of his school friends, he gained admission to certain exclusive Parisian salons. His chum Jacques Bizet, whom he had tried to seduce, without success, made it up to him by serving as his ticket to the beau monde. At the salon of Mme. Straus, young Bizet’s mother, Proust became acquainted with artistic and aristocratic grandees like the composer Gabriel Fauré, the writer Guy de Maupassant, the actress Sarah Bernhardt, and Princesse Mathilde, the niece of Napoleon I. In time he became a regular at Princesse Mathilde’s as well, where the old-line nobility rubbed shoulders with arrivistes, and distinguished Jews mingled with those who detested them. (The writer Léon Daudet, to whom Proust would dedicate a volume of his novel, confided to his diary after one party: “The imperial dwelling was infested with Jews and Jewesses.”)

Another hostess conquered by the high-flying young Proust was Mme. Madeleine Lemaire, renowned for her musical gatherings. It was she who introduced him to Montesquiou-Fezensac, the aristocratic poet whose opinions on Jews Proust was willing to overlook for the sake of the Count’s artistic and social cachet. And there was something else: Montesquiou was boldly aboveboard about his homosexuality, at a time when, as Carter writes, “few Frenchmen dared, if they cared for their reputation and social standing, to display amorous affection for another man.” This frankness earned Proust’s regard—although he was, of course, ambivalent about going public on the issue of his own sexual nature.

Not that it was any secret to those who knew him. In high school, Proust had laid elaborate sexual siege to friends, writing them letters fraught with passion. When his disposition became apparent to his father, in the name of decency the agitated Dr. Proust slipped the boy ten francs and sent him off to a (female) prostitute; the mission wound up a fiasco when Proust broke a chamber pot and spoiled the romance of the moment.

Such happiness as Proust had from love was not made to last. Probably his first consummated affair was with the composer Reynaldo Hahn, whom he met at Mme. Lemaire’s when he was twenty-two and Hahn nineteen. Raw nerves and ceaseless importunity characterized Proust’s love for Hahn, who quickly tired of his friend’s demanding antics. But it was really Proust who fell out of love first, as he fell in love with the stripling Lucien Daudet, son of the novelist Alphonse Daudet and brother of the venomous Leon. Proust would even fight a duel with a journalist, himself homosexual, who hinted salaciously in print that his friendship with Lucien was not quite respectable; both duelists fired and missed.

Proust had good reason to keep his intimate proclivities under wraps. But biographers have their job to do, and Carter and Tadié leave little unsaid. Both record his favored mode of sexual recreation: going to a homosexual brothel and masturbating while watching as the man he had hired masturbated in front of him. If this procedure failed of its effect, the obliging prostitute would bring in a pair of hungry rats and loose them on each other, a spectacle that would invariably afford Proust the needed relief. (For this information we have the testimony both of one such prostitute and of the writer André Gide, in whom Proust confided.)

To the innocent observer, Proust’s sexual preferences may well appear about as demented as such things get; but normality of any kind was never Proust’s strong suit. Abysmal health plagued him his life long, and he cultivated the perpetual invalid’s peculiarities. Wracked by asthma, he spent six hours a day burning eucalyptus powders and inhaling the fumes. He needed veronal and opium and morphine to sleep, caffeine to revive him and also to help his asthma. The huge doses he took of caffeine brought on angina; the sedatives and painkillers destroyed his ability to register temperature, so that on sweltering days he would wear a heavy coat. A year’s supply of medications cost him the equivalent of $20,000 in today’s money. (His parents left him an inheritance of some $4.6 million, so the expenses were not insupportable.)

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From his early twenties, Proust kept vampire’s hours, sleeping during the day and venturing abroad only under cover of darkness. As he grew older and sicker, he ventured out less and less. His cork-lined room became his refuge. Illness, he wrote to a friend, had made it necessary for him “to do without nearly everything and to replace people by their images and life by thought.” He subscribed to a device called the theatrophone, over which he could hear live operatic and dramatic performances without leaving his bed. He hired the best string quartet in Paris to play just for him in the middle of the night. In his latter days, he subsisted largely on ice cream and iced beer, ordered from the Ritz.

And through the worst of his misery, when it was almost impossible to eat, sleep, or breathe, he worked. From his youth he had wanted to be a writer, but the full seriousness of his vocation did not impress itself upon him until he was well into his thirties. His first book, Plaisirs et Jours (Pleasures and Days), a collection of stories, poems, and pastiches, had appeared when he was twenty-three and was generally dismissed as a fussy curiosity. Fuming at the critics’ condescension, Proust set to work on a vast autobiographical novel, Jean Santeuil, which he abandoned after five years and a thousand pages. He translated a volume of John Ruskin, the English art and social critic; produced essays of his own on such artists as Watteau, Chardin, Rembrandt, Moreau, and Monet; and worked abortively on another novel that converged with a study of the literary critic Sainte-Beuve.

His painful failures made for an invaluable apprenticeship. Though the record is hazy, it was perhaps in 1908 that Proust conceived the work for which he would be known; by the next year, the novel was well tinder way. Carter says that by 1916 or soon thereafter, Proust “gave his book its ultimate shape if not its final dimensions,” but his tugging and worrying at the manuscript would continue to his final days. À la recherche du temps perdu appeared in eight volumes, published between 1913 and 1927, the last four posthumously. The titles of the constituent parts are Du côté de chez Swann (Swann’s Way), À l’ombre des jeunes filles en fleur (In the Shade of the Young Girls in Flower), Le côté de Guermantes (The Guermantes Way), Sodome et Gomorrhe (Sodom and Gomorrah), La prisonnière (The Captive), Albertine disparue (Albertine Gone), and Le temps retrouvé (Time Regained).3

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Proust’s novel takes as its great themes the illusions and disappointments of love, friendship, and society (in the limited sense of that word), and the joyous satisfactions of art. The book opens with the narrator’s reminiscence—his name is Marcel, although one has to read over 2,000 pages to find that out—of lying in bed as a boy and waiting for his mother’s good-night kiss; proceeds to a recollection of youthful days in the countrified Parisian suburb of Combray; then goes back to a time before Marcel was born and portrays the agonizing love of Monsieur Swann, an old friend of the family, for the courtesan Odette de Crécy.

Most of the rest of the book has to do with Marcel’s being in love, seeing others in love, and going to parties. His first romance, physically quite innocent but emotionally flaying, is with the Swanns’ daughter, Gilberte. (Unlike his creator, Marcel is heterosexual.) Next comes Albertine, whom Marcel singles out from a fascinating crowd of rowdy girls in the seaside resort of Balbec; this love is not innocent and is even more destructive. Meanwhile Marcel becomes friendly with the Duchesse de Guermantes, who embodies a social grandeur that sets him dreaming; gets to know the novelist Bergotte and the painter Elstir, who provide lessons in what art can and cannot do; mixes with the Verdurins, a couple of distasteful bourgeois climbers, and their circle of fools; and is courted in a most unnerving fashion by the Baron de Charlus, lord prince of the sodomites. Interleaved throughout are meditations and conversations on actual and imagined works of art, ladies’ fashions, etymology, military strategy, homosexuality, anti-Semitism, social transformations, time, and timelessness.

For most of the novel, finally, Marcel is a writer manqué, an aspirant who lacks the understanding to conceive a novel and the will to see it through. The book then records the process by which he becomes the writer who has written the extraordinary work one is reading. “And thus,” he concludes, “my whole life up to the present day might and yet might not have been summed up under the title: A Vocation.”

What does that “vocation” reveal? No other writer/narrator has attended with such extravagant care to the surface of things: the grace or ungainliness of a gesture, the historical associations of a great name, the import of a gravely formal bow in response to a friendly greeting, the radiance of a distinguished smile or shirtfront, party talk that goes on for miles. Yet, although the charms of love, friendship, and society present a brilliant and beguiling surface, they never please Marcel for long. Real life is to be found elsewhere, and only the rare soul manages to find it.

For Marcel, there is no desire more imperious than the desire to know. It is the motive force of his life and of his relentless pursuit of what he calls reality. The words “real” and “reality” must recur a thousand times in this novel, being signposts—like “virtue” for Machiavelli, “happiness” for Tolstoy, or “good” for Hemingway—that lead the reader to the heart of its unfolding significance. But to disclose the reality at life’s core requires one to experience illusion, in all its manifold and obdurate guises, and this experience is Marcel’s meat and drink.

Nowhere in Proust’s world are illusion’s guises harder to penetrate than when it comes to sex and love. The Proustian lover typically ascribes to the object of his desire all manner of enchanting virtues, which generally have no basis in fact, and then torments himself with a plague of suspected vices, which as a rule prove only too real. Every conceivable infidelity must be envisioned in gross detail, since as long as one is in love one can never assure oneself of the reality of the beloved’s heart. This ignorance is torture—but knowledge brings an end to love itself. Even carnal knowledge is no knowledge at all, only an initiation into the pangs of uncertainty.

In the early stages of Swann’s love for Odette, he believes he knows her better than anyone else does; the rumors he has heard that she is an elegant whore who has been kept by a number of men cannot be true, for she is incomparably sensitive and kind and good. In time he finds out otherwise. But even when Swann falls out of love, he cannot be indifferent to Odette unless he continues to possess her; his only recourse is to marry this woman whom he knows to be a slut.

Marcel emulates Swann in his need—ruinous to a lover, exceedingly useful to an aspiring writer—to know everything about the woman he loves, especially the worst. Albertine’s fishy answers to some pointed questions about a sexually charged encounter she has had with Gilberte (Swann’s daughter and Marcel’s first love) set the young man’s mental wheels turning. Once the lever is tripped and the questions begin, there is no stopping them. Jealous obsession is a perpetual-motion machine; it will quit its savage taunting only when love is smashed to pieces, and maybe not even then.

As it happens—as it always happens in Proust—Marcel’s worst imaginings turn out to be true: tireless researches and numberless rounds of cat and mouse confirm that Albertine is a lesbian. When she leaves him and is killed in a riding accident, Marcel is grief-stricken; but in due course his tender memories give way to renewed jealousy, a jealousy “stamped with the character, at once tormenting and solemn, of puzzles left forever insoluble by the death of the one person who could have explained them.”

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Then there is the case of the Baron de Charlus, who chats with the young man at a party and invites him up to his place afterward. This nobleman, whom Marcel has heard spoken of as the lover of Mme. Swann, is a caricature of virility, swaggering like a preening cock and proclaiming his disgust with the effeminacy of modern youth. He intimates to Marcel that he might be interested in taking him under his protection and bestowing upon him the untold benefits of his exalted position, his peerless taste, his unrivaled knowledge of the world. But when they next meet, Charlus is outraged at the young man’s ignorance, presumption, and cloddishness. Their friendship is finished before it ever really gets started.

The next sighting clarifies matters: Marcel spies Charlus in the courtyard of the Guermantes mansion—Charlus belongs to that venerable family—evidently bemused by the look of a tailor named Jupien who has a shop there. After a wordless mating dance, the two men withdraw to Jupien’s shop, where they have at it with vociferous gusto. The noise they make—Marcel can hear but cannot see them—sounds as though one might be slitting the other’s throat, so close are the groans of pleasure to those of pain. Once the indispensable facts are known, everything else falls into place. Charlus is in love with an ideal manliness because he is, in the crucial respect, a woman.

The long meditation on homosexuality that follows this episode is often taken to be Proust’s definitive word on the subject. Some passages are certainly heartfelt and magniloquent: “a race upon which a curse is laid and which must live in falsehood and perjury because it knows that its desire, that which constitutes life’s dearest pleasure, is held to be punishable, shameful, an inadmissible thing.” Marcel is even capable of attributing to sexual collisions like Charlus’s and Jupien’s a kind of sublime necessity:

[T]his Romeo and this Juliet may believe with good reason that their love is not a momentary whim but a true predestination, determined by the harmonies of their temperaments, and not only by their own personal temperaments but by those of their ancestors, by their most distant strains of heredity, so much so that the fellow creature who is conjoined with them has belonged to them from before their birth, has attracted them by a force comparable to that which governs the worlds on which we spent our former lives.

But as Marcel comes to know more and more about Charlus, his frothy enthusiasm turns to disgust and horror. At the funeral of Charlus’s wife, whom Charlus has spoken of as the most noble and beautiful person he had ever known, the Baron tries to pick up an altar boy. When World War I depletes the supply of eligible men, he takes to molesting children. He bankrolls a male brothel, of which Jupien becomes the innkeeper. There Marcel, who has wandered in innocently one night, sees Charlus chained to a bed and beaten with a whip studded with nails, afterward protesting to Jupien that his torturer was not “sufficiently brutal.” When Charlus leaves, Jupien boasts to Marcel that his establishment has the toniest, most cultivated clientele. Marcel replies that it is “worse than a madhouse, since the mad fancies of the lunatics who inhabit it are played out as actual, visible drama—it is a veritable pandemonium.”

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Normality, decency, goodness are, in short, the rarest of commodities in Proust’s world. Nor does their scarcity make them prized, except in the eyes of Marcel and a few other uncharacteristic souls. Instead, decency is seen by most as a social handicap; the Verdurins’ circle of bourgeois snobs, for example, barely tolerates a stammering, clumsy paleographer named Saniette. Monsieur Verdurin’s mockery of Saniette’s speech impediment makes “the faithful burst out laughing, looking like a group of cannibals in whom the sight of a wounded white man has aroused the thirst for blood.” And nowhere is this savage tribalism more marked than in the antipathy that those who consider themselves true Frenchmen feel for Jews.

Anti-Semitism is everywhere in Proust’s novel. Perhaps the most repellent instance occurs when the madam of a cheap brothel Marcel is visiting touts the exotic richness of the prostitute Rachel’s flesh: “And with an inane affectation of excitement which she hoped would prove contagious, and which ended in a hoarse gurgle, almost of sensual satisfaction: ‘Think of that, my boy, a Jewess! Wouldn’t that be thrilling? Rrrr!’ ”

Those in the highest reaches of society share the sentiments of the lowest. Thus, Charlus is given to maniacal explosions of loathing for Jews, while the Prince de Guermantes, Swann tells Marcel, hates Jews so much that, when a wing of his castle caught fire, he let it burn to the ground rather than send for fire extinguishers to the house next door, which happened to be the Rothschilds’. Swann is himself one of the rare Jews allowed entrance to the highest society, which leads to the outrage of the Duc de Guermantes when Swann, who had always impressed him as a Jew of the right sort, “an honorable Jew,” turns out to be an outspoken Dreyfusard.

As in its sentiments toward Jews, so in every other way, the social world in Proust is revealed as a “realm of nullity.” Any glimmer of moral discrimination, let alone of true understanding, shines like a beacon; for the most part, darkness prevails. In the famous closing scene of The Guermantes Way, the duke and duchess, on their way to a dinner party, are bidding good evening to Swann and Marcel. The duchess inquires whether Swann will join them on a trip to Italy ten months hence; Swann replies that he is mortally ill and will be dead by then. The duchess does not know how to respond: “placed for the first time in her life between two duties as incompatible as getting into her carriage to go out to dinner and showing compassion for a man who was about to die, she could find nothing in the code of conventions that indicated the right line to follow.”

With his “instinctive politeness,” Swann senses the duchess’s discomfort and says he must not detain them: “he knew that for other people their own social obligations took precedence over the death of a friend.” And yet, although the duke and duchess do not have a moment to spare to comfort their dying friend, they nevertheless do delay their departure while the duchess, who is wearing black shoes with her red dress, changes at her husband’s insistence into a more suitable pair of red shoes.

This portrait of gross moral insensibility in the face of death is comedy of manners at its most scathing, perhaps even overdone: the duke complains that his wife is dead-tired, and that he is dying of hunger. The indignant Marcel rewards the stupidity of these preposterous creatures with unforgettable strokes of cold fury. On another distressing occasion, a doctor preoccupied with his social calendar pronounces casually that Marcel’s grandmother is dying, and Marcel observes, “Each of us is indeed alone.” One has friends and lovers and family, one mixes in the best society, but finally one has no intimates. Death comes for us strictly one by one—a thought hardly to be borne.

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Marcel’s triumph is that he does find a way to bear it, indeed to overcome it. In Time Regained, after spending years in a sanatorium, he is on his way to a party hosted by the Duchesse de Guermantes. The previous day he had experienced what he thought was his final disillusionment with the life of literature, but as he enters the courtyard of the Guermantes mansion a revelatory sensation changes his life. A car nearly hits him, and when he steps back out of its way he places his foot on a paving stone that is slightly lower than the one next to it; this unevenness underfoot fills him with an inexplicable and extraordinary joy.

Rocking back and forth on the irregular pavement, Marcel remembers standing on two uneven stones in the baptistery of St. Mark’s in Venice, and all the various sensations associated with that particular moment come flooding back. Similar marvels await him when he enters the Guermantes house and, twice more, involuntary memories overwhelm him in their glory. He is supremely happy, but cannot at first explain it. Why should this sudden efflorescence of memory have “given me a joy which . . . sufficed, without any other proof, to make death a matter of indifference”? He concludes that such episodes of transfiguring lucidity, for as long as they last, annihilate time, and are the most that a living man will know of eternity.

But just when he believes himself certain of the ultimate reality of timelessness, he is reminded sharply that time, too, is undeniably real. The party to which he is presently admitted strikes him, at first, as a masquerade, where everyone has been made up to look old. But the truth is that everyone looks old because everyone is old. Marcel has been away a long time, and time has done its work. Withered, sagging, shuffling, sputtering, wheezing, this assemblage of geezers and crones is the sad remnant of a company once distinguished for its beauty and vigor.

At last Marcel has penetrated the real world, and sees what he is supposed to do with his new knowledge: to write the book that one is reading. The awareness of time’s passing spurs him to get down to the serious work that will offer him life’s supreme pleasure: illuminating the nature of timelessness. “How happy would he be, I thought, the man who had the power to write such a book! What a task awaited him!”

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Love, death, society, art: Proust takes on the great themes. Does he do them justice?

Love as Proust writes about it is love as he experienced it: a neediness so desperate no possible response can satisfy it, a relentless harrying demand for complete possession, intensified by the perversity or promiscuity or unavailability of the beloved. What Proust knows of love he knows as almost no one else does. On jealousy—and the hatred and self-hatred it causes—he is an indisputable authority, who has perhaps only Shakespeare for a rival. But about love itself, Shakespeare knows a great deal else, while Proust has the specialist’s habit of going on about his subject as though it were the only thing deserving attention. The effect is of moral lopsidedness and incompletion, as though Tolstoy had devoted the whole of Anna Karenina to Anna and Vronsky’s wretched adultery without the counterweight of Levin and Kitty’s triumphant love; such a novel could still be a great one, but something vital would be missing.

Complicating this picture of Proustian love is Marcel’s attitude toward homosexuality. Although Proust enjoys cult status among homosexuals, the treatment of homosexuality in his great novel is, as we have seen, anything but purely admiring. André Gide, outspoken champion of homosexual freedom, chastised Proust, though only in private, for the disservice he did the cause: by taking an “impartial point of view,” Gide said, Proust had “branded this subject with a red-hot iron that serves conventional morality far more effectively than the most emphatic moral treatises.” (And Gide was commenting only on Sodom and Gomorrah; he had yet to read the brothel scene, which takes place in Time Regained.)

Gide later relented of his severity, after a conversation with Proust left him with the realization “that what we find ignoble, derisive, or disgusting [in his book] does not seem to him so repulsive.” But can it really be that Proust intended the reader to see Marcel’s revulsion at the scene in the male brothel as wrong, or as some sort of moral defect? Admittedly, there are passages (like the one quoted earlier) in which Marcel rises to an overt defense of homosexuality; and a rhetorical ploy he favors is to compare the plight of homosexuals to that of the Jews. Yet although Marcel may claim that the two conditions are morally comparable, he shows otherwise. If there is an unsavory Jew or two in the novel—the social-climbing writer Bloch, for instance—their peccadilloes do not approach the patent monstrosities of Charlus.

While Proust spends countless pages of fevered analysis on love, death gets only a few brief passages—but they are extraordinary. Marcel’s most exacting criticism of society is that its forms do not accommodate the fact of mortality: the overriding concern with propriety turns the heart to stone, and the death of a friend or relative only gets in the way of those who go on living. His vision of human solitude in the face of death reminds one of Edvard Munch’s great and dreadful painting Grief, in which a roomful of people are arrayed around the bed of a dead woman: no one touches or even looks at anyone else; each is locked in his own impenetrable sorrow, mourning by himself and, one suspects, for himself.

But unlike Munch, Proust does admit the possibility of consolation, even of redemption. The writer Bergotte dies while sitting in a museum and looking at a patch of yellow wall in a painting by his beloved Vermeer. This devotional attitude moves Marcel to think of “a different world, a world based on kindness, scrupulousness, self-sacrifice, a world entirely different from this one and which we leave in order to be born on this earth, before perhaps returning there. . . . So that the idea that Bergotte was not permanently dead is by no means improbable.” It is this spiritual capaciousness that Saul Bellow’s Mr. Sammler has in mind when he speaks of In Search of Lost Time as “a high-ceilinged masterpiece.”

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In the end, of course, there is only one sort of life that Proust believes to be worth living: the life of the artist. Neither bourgeois respectability nor aristocratic gaiety possesses any lasting hold on Marcel; both represent the unreal world he finds his way out of, and are of interest only insofar as they give him something to write about. But more towering artists than Proust have rendered ordinary lives with an imaginative sympathy that makes such lives extraordinary. Indeed, this imaginative sympathy, this sense that life holds out the possibility of fulfillment and happiness even for people who do not happen to be artists, is what makes both Goethe and Tolstoy greater writers than Proust.

As for those masters—Flaubert, Joyce, Wallace Stevens—who claim that art is the best thing life has to offer, none of them delivers so grandly as Proust. But here another irony needs to be registered. For what lives most memorably in his novel is not the “real” world of Marcel’s highest aspirations but the “unreal” world, the world of thumbscrew love and puddinghead society; the timeless reality Marcel evokes seems dim indeed beside Charlus’s bed of pain or the duchess’s red shoes. A lifetime of hard suffering went into this masterpiece, and, for better and for worse, it is humanity in its heartache and failure that enjoys pride of place.

Whether Proust found the joy in the writing of his novel that Marcel professes to know is a question. The writing certainly took everything he had. His devoted housekeeper Céleste Albaret recalled that one night in the spring of 1922 Proust summoned her and declared, “I have important news. Tonight, I wrote the word ‘end.’ Now I can die.” He did everything that he had it in him to do. That is a claim few can make.

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1 Yale University Press, 960 pp., $35.00.

2 Translated by Evan Cameron. Viking, 934 pp., $45.00.

3 The first English translation of the novel (1922-1931), by C.K. Scott-Moncrieff, is justly renowned; F. Scott Fitzgerald called it “a masterpiece in itself.” Revised by Terence Kilmartin (1982), it is still available under the title Remembrance of Things Past, and this is the translation I will be referring to (Vintage paperback). D.J. Enright’s further revision of this version bears the more accurate title In Search of Lost Time (Modern Library). Penguin Books promises yet another translation due out next year.


Hillbilly elegy: Attention, une relégation sociale peut en cacher une autre ! (It’s the culture, stupid !)

17 septembre, 2017

Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Alexis de Tocqueville
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises.  Bourdieu
If you’re not working, over time you’re much more likely to develop attitudes and orientations and behavior patterns that are associated with casual or infrequent work. And then when you open up opportunities for people, you notice that these attitudes, orientations, habits and styles also change. William Julius Wilson
Crime, family dissolution, welfare, and low levels of social organization are fundamentally a consequence of the disappearance of work. William Julius Wilson
Racism should be viewed as an intervening variable. You give me a set of conditions and I can produce racism in any society. You give me a different set of conditions and I can reduce racism. You give me a situation where there are a sufficient number of social resources so people don’t have to compete for those resources, and I will show you a society where racism is held in check. If we could create the conditions that make racism difficult, or discourage it, then there would be less stress and less need for affirmative action programs. One of those conditions would be an economic policy that would create tight labor markets over long periods of time. Now does that mean that affirmative action is here only temporarily? I think the ultimate goal should be to remove it. William Julius Wilson
Ces dernières années, la gauche américaine a cédé, à propos des identités ethniques, de genre et de sexualité, à une sorte d’hystérie collective qui a faussé son message, au point de l’empêcher de devenir une force fédératrice capable de gouverner. Mark Lilla
Né à Detroit dans les années 1950, j’ai grandi dans une famille où personne n’avait fréquenté l’université. Lorsque j’ai obtenu une bourse pour l’université du Michi­gan, j’ai été confronté à un snobisme de gauche qui méprisait la classe ouvrière, son attache­ment à la famille, la religion. Cette gauche caviar a suscité chez moi une forte réaction. Mark Lilla
Aux Etats-­Unis, les notions de citoyen et de bien commun ont été emportées par l’individua­lisme, tandis qu’en France elles existent tou­jours : la gauche comme la droite peuvent les revendiquer, elles permettent de défendre autant l’éducation publique que la nation. (…) Le seul moyen de sortir de l’im­passe est d’en appeler à quel­ que chose que tous les Améri­cains partagent mais qui n’a rien à voir avec nos identités, sans nier leur existence et leur importance. Une telle chose existe, si seulement les progres­sistes acceptaient d’en parler de nouveau : la citoyenneté. Mark Lilla
Une des nombreuses leçons à tirer de la présidentielle américaine et de son résultat détestable, c’est qu’il faut clore l’ère de la gauche « diversitaire ». Hillary Clinton n’a jamais été aussi excellente et stimulante que lorsqu’elle évoquait l’engagement des États-Unis dans les affaires du monde et en quoi il est lié à notre conception de la démocratie. En revanche, dès qu’il s’agissait de politique intérieure, elle n’avait plus la même hauteur de vue et tendait à verser dans le discours de la diversité, en en appelant explicitement à l’électorat noir, latino, féminin et LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans). Elle a commis là une erreur stratégique. Tant qu’à mentionner des groupes aux États-Unis, mieux vaut les mentionner tous. Autrement, ceux que l’on a oubliés s’en aperçoivent et se sentent exclus. C’est exactement ce qui s’est passé avec les Blancs des classes populaires et les personnes à fortes convictions religieuses. Pas moins des deux tiers des électeurs blancs non diplômés du supérieur ont voté pour Donald Trump, de même que plus de 80 % des évangéliques blancs. (…) l’obsession de la diversité à l’école et dans la presse a produit à gauche une génération de narcissiques, ignorant le sort des personnes n’appartenant pas aux groupes auxquels ils s’identifient, et indifférents à la nécessité d’être à l’écoute des Américains de toutes conditions. Dès leur plus jeune âge, nos enfants sont incités à parler de leur identité individuelle, avant même d’en avoir une. Au moment où ils entrent à l’université, beaucoup pensent que le discours politique se réduit au discours de la diversité, et on est consterné de voir qu’ils n’ont pas d’avis sur des questions aussi éternelles que les classes sociales, la guerre, l’économie et le bien commun. L’enseignement de l’histoire dans les écoles secondaires en est grandement responsable, car les programmes adoptés plaquent sur le passé le discours actuel de l’identité et donnent une vision déformée des grandes forces et des grands personnages qui ont façonné notre pays (les conquêtes du mouvement pour les droits des femmes, par exemple, sont réelles et importantes, mais on ne peut les comprendre qu’à la lumière des accomplissements des Pères fondateurs, qui ont établi un système de gouvernement fondé sur la garantie des droits). Quand les jeunes entrent à l’université, ils sont incités à rester centrés sur eux-mêmes par les associations étudiantes, par les professeurs ainsi que par les membres de l’administration qui sont employés à plein temps pour gérer les « questions de diversité » et leur donner encore plus d’importance. La chaîne Fox News et d’autres médias de droite adorent railler la « folie des campus » autour de ces questions, et il y a le plus souvent de quoi. Cela fait le jeu des démagogues populistes qui cherchent à délégitimer le savoir aux yeux de ceux qui n’ont jamais mis les pieds sur un campus. Comment expliquer à l’électeur moyen qu’il y a censément urgence morale à accorder aux étudiants le droit de choisir le pronom personnel par lequel ils veulent être désignés ? Comment ne pas rigoler avec ces électeurs quand on apprend qu’un farceur de l’université du Michigan a demandé à se faire appeler « Sa majesté » ? Cette sensibilité à la diversité sur les campus a déteint sur les médias de gauche, et pas qu’un peu. L’embauche de femmes et de membres des minorités au titre de la discrimination positive dans la presse écrite et l’audiovisuel est une formidable avancée sociale – et cela a même transformé le visage des médias de droite. Mais cela a aussi contribué à donner le sentiment, surtout aux jeunes journalistes et rédacteurs en chef, qu’en traitant de l’identité ils avaient accompli leur travail. (…) Combien de fois, par exemple, nous ressert-on le sujet sur le « premier ou la première X à faire Y » ? La fascination pour les questions d’identité se retrouve même dans la couverture de l’actualité internationale qui est, hélas, une denrée rare. Il peut être intéressant de lire un article sur le sort des personnes transgenre en Égypte, par exemple, mais cela ne contribue en rien à informer les Américains sur les puissants courants politiques et religieux qui détermineront l’avenir de l’Égypte et, indirectement, celui de notre pays. (…) Mais c’est au niveau de la stratégie électorale que l’échec de la gauche diversitaire a été le plus spectaculaire, comme nous venons de le constater. En temps normal, la politique nationale n’est pas axée sur ce qui nous différencie mais sur ce qui nous unit. Et nous choisissons pour la conduire la personne qui aura le mieux su nous parler de notre destin collectif. Ronald Reagan a été habile à cela, quoiqu’on pense de sa vision. Bill Clinton aussi, qui a pris exemple sur Reagan. Il s’est emparé du Parti démocrate en marginalisant son aile sensible aux questions d’identité, a concentré son énergie sur des mesures de politique intérieure susceptibles de bénéficier à l’ensemble de la population (comme l’assurance-maladie) et défini le rôle des États-Unis dans le monde d’après la chute du mur de Berlin. En poste pour deux mandats, il a ainsi été en mesure d’en faire beaucoup pour différentes catégories d’électeurs membres de la coalition démocrate. La politique de la différence est essentiellement expressive et non persuasive. Voilà pourquoi elle ne fait jamais gagner des élections – mais peut en faire perdre. L’intérêt récent, quasi ethnologique, des médias pour l’homme blanc en colère en dit autant sur l’état de la gauche américaine que sur cette figure tant vilipendée et, jusqu’ici, dédaignée. Pour la gauche, une lecture commode de la récente élection présidentielle consisterait à dire que Donald Trump a gagné parce qu’il a réussi à transformer un désavantage économique en colère raciste – c’est la thèse du whitelash, du retour de bâton de l’électorat blanc. C’est une lecture commode parce qu’elle conforte un sentiment de supériorité morale et permet à la gauche de faire la sourde oreille à ce que ces électeurs ont dit être leur principale préoccupation. Cette lecture alimente aussi le fantasme selon lequel la droite républicaine serait condamnée à terme à l’extinction démographique – autrement dit, que la gauche n’a qu’à attendre que le pays lui tombe tout cuit dans l’assiette. Le pourcentage étonnamment élevé du vote latino qui est allé à M. Trump est là pour nous rappeler que plus des groupes ethniques sont établis depuis longtemps aux États-Unis, moins leur comportement électoral est homogène. Enfin, la thèse du whitelash est commode parce qu’elle disculpe la gauche de ne pas avoir vu que son obsession de la diversité incitait les Américains blancs, ruraux, croyants, à se concevoir comme un groupe défavorisé dont l’identité est menacée ou bafouée. Ces personnes ne réagissent pas contre la réalité d’une Amérique multiculturelle (en réalité, elles ont tendance à vivre dans des régions où la population est homogène). Elles réagissent contre l’omniprésence du discours de l’identité, ce qu’elles appellent le « politiquement correct ». La gauche ferait bien de garder à l’esprit que le Ku Klux Klan est le plus ancien mouvement identitaire de la vie politique américaine, et qu’il existe toujours. Quand on joue au jeu de l’identité, il faut s’attendre à perdre. Il nous faut une gauche postdiversitaire, qui s’inspire des succès passés de la gauche prédiversitaire. Cette gauche-là s’attacherait à élargir sa base en s’adressant aux Américains en leur qualité d’Américains et en privilégiant les questions qui concernent une vaste majorité d’entre eux. Elle parlerait à la nation en tant que nation de citoyens qui sont tous dans le même bateau et doivent se serrer les coudes. Pour ce qui est des questions plus étroites et symboliquement très chargées qui risquent de faire fuir des électeurs potentiels, notamment celles qui touchent à la sexualité et à la religion, cette gauche-là procéderait doucement, avec tact et sens de la mesure. Les enseignants acquis à cette gauche-là se recentreraient sur la principale responsabilité politique qui est la leur dans une démocratie : former des citoyens engagés qui connaissent leur système politique ainsi que les grandes forces et les principaux événements de leur histoire. Cette gauche postdiversitaire rappellerait également que la démocratie n’est pas qu’une affaire de droits ; elle confère aussi des devoirs à ses citoyens, par exemple le devoir de s’informer et celui de voter. Une presse de gauche postdiversitaire commencerait par s’informer sur les régions du pays dont elle a fait peu de cas, et sur les questions qui les préoccupent, notamment la religion. Et elle s’acquitterait avec sérieux de sa responsabilité d’informer les Américains sur les grandes forces qui régissent les relations internationales. J’ai été invité il y a quelques années à un congrès syndical en Floride pour parler du célèbre discours du président Franklin D. Roosevelt de 1941 sur les quatre libertés. La salle était bondée de représentants de sections locales – hommes, femmes, Noirs, Blanc, Latinos. Nous avons commencé par chanter l’hymne national puis nous nous sommes assis pour écouter un enregistrement du discours de Roosevelt. J’observais la diversité des visages dans l’assistance et j’étais frappé de voir à quel point ces personnes si différentes étaient concentrées sur ce qui les rassemblait. Et, en entendant Roosevelt invoquer d’une voix vibrante la liberté d’expression, la liberté de culte, la liberté de vivre à l’abri du besoin et la liberté de vivre à l’abri de la peur – des libertés qu’il réclamait « partout dans le monde » – cela m’a rappelé quels étaient les vrais fondements de la gauche américaine moderne. Mark Lilla
On brode beaucoup sur la non intégration des jeunes de banlieue. En réalité, ils sont totalement intégrés culturellement. Leur culture, comme le rap, sert de référence à toute la jeunesse. Ils sont bien sûr confrontés à de nombreux problèmes mais sont dans une logique d’intégration culturelle à la société monde. Les jeunes ruraux, dont les loisirs se résument souvent à la bagnole, le foot et l’alcool, vivent dans une marginalité culturelle. En feignant de croire que l’immigration ne participe pas à la déstructuration des plus modestes (Français ou immigrés), la gauche accentue la fracture qui la sépare des catégories populaires. Fracture d’autant plus forte qu’une partie de la gauche continue d’associer cette France précarisée qui demande à être protégée de la mondialisation et de l’immigration à la « France raciste ». Dans le même temps, presque malgré elle, la gauche est de plus en plus plébiscitée par une « autre France », celle des grands centres urbains les plus actifs, les plus riches et les mieux intégrés à l’économie-monde ; sur ces territoires où se retrouvent les extrêmes de l’éventail social (du bobo à l’immigré), la mondialisation est une bénédiction. Christophe Guilluy
La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. (…)  En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille. (…) On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives. (…)  ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés. (…) Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. (…) L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés. (…) Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés». (…) Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir. Christophe Guilluy
Parler de relégation sociale n’a pas grand sens quand on est à dix minutes du métro et au coeur d’un marché de l’emploi gigantesque. Christophe Guilluy
J’ai suivi cette campagne avec un sentiment de malaise franchement (…) qui s’est peu à peu transformé en honte.  (…) Malaise parce que la deuxième France, dont vous parlez, la France qui est périphérique, qui hésite entre Marine Le Pen et rien,  je me suis rendu compte que je ne la comprenais pas, que je ne la voyais pas, que j’avais perdu le contact. Et ça, quand on veut écrire des romans, je trouve que c’est une faute professionnelle assez lourde.  (….) Parce que je ne la vois plus, je fais partie de l’élite mondialisée, maintenant. (…) Et pourtant, je viens de cette France. (…) Elle habite pas dans les mêmes quartiers que moi. Elle habite pas à Paris. A Paris, Le Pen n’existe pas. Elle habite dans des zones périphériques décrites par Christophe Guilluy. Des zones mal connues. (…) Mais le fait est que j’ai perdu le contact. (…) Non, je la comprends pas suffisamment, je veux dire, je pourrais pas écrire dessus. C’est ça qui me gêne, c’est pour ça que suis mal à l’aise. (…) Non, je suis pas dans la même situation. Moi, je ne crois pas au vote idéologique, je crois au vote de classe. Bien que le mot est démodé. Il y a une classe qui vote Le Pen, une classe qui vote Macron, une classe qui vote Fillon. Facilement identifiables et on le voit tout de suite. Et que je le veuille ou non, je fais partie de la France qui vote Macron. Parce que je suis trop riche pour voter Le Pen ou Mélenchon. Et parce que je suis pas un hériter, donc je suis pas la classe qui vote Fillon. (…) Ce qui est apparu et qui est très surprenant – alors, ça, c’est vraiment un phénomène imprévu – c’est un véritable parti confessionnel, précisément catholique. Dans tout ce que j’ai suivi – et, je vous dis, j’ai tout suivi  – Jean-Frédéric Poisson était quand même le plus étonnant. (…) Une espèce d’impavidité et une défense des valeurs catholiques qui est inhabituelle pour un parti politique. (….) Ca m’a interloqué parce que je croyais le catholicisme mourant. (…) [Macron] L’axe de sa  campagne, j’ai l’impression que c’est une espèce de thérapie de groupe pour convertir les Français à l’optimisme. Michel Houellebecq
Marine Le Pen aurait pu être la porte-parole du parti de l’inquiétude, elle aurait pu faire venir sur le plateau l’humeur de cette partie du pays qui voit sa disparition programmée et s’en désole. Elle aurait pu évoquer le séparatisme islamiste et l’immense tâche qui nous attend consistant à convaincre des dizaines, peut-être des centaines, de milliers de jeunes Français de l’excellence de leur pays, de ses arts, ses armes et ses lois. Or, du début à la fin, elle a paru retourner à son adversaire le procès en légitimité dont elle est sans cesse l’objet. Incapable de lui concéder le moindre point, autant que de lui opposer une véritable vision, elle a ânonné des mots-clefs comme « UOIF » et « banquier », croyant sans doute que cela suffirait à faire pleuvoir les votes, ce qui laisse penser qu’elle tient ses électeurs en piètre estime. Les insinuations sur l’argent de son adversaire, sa façon de dire à demi-mot au téléspectateur « si vous êtes dans la mouise, c’est parce que lui et ses amis se goinfrent », m’ont rappelé les heures sombres de l’affaire Fillon, quand des journalistes répétaient en boucle le même appel au ressentiment. L’autre France, celle qui n’a pas envie de l’avenir mondialisé et multiculti qu’on lui promet, mérite mieux que ce populisme ras des pâquerettes. (…) On n’est pas obligé, cependant, de hurler avec les bisounours. Quoi que répètent fiévreusement ceux qui adorent voler au secours des victoires, un faux pas, même de taille, ne suffit pas à faire de Marine Le Pen quelqu’un d’infréquentable. À la différence de l’intégralité de mes confrères qui se frottent les mains sur l’air de « je vous l’avais bien dit ! », je ne suis pas sûre qu’elle ait « montré son vrai visage ». L’ayant interviewée à plusieurs reprises, nous avons eu avec elles des engueulades homériques : jamais je ne l’ai vue, dans ces circonstances, faire preuve de la mauvaise foi fielleuse qu’elle a opposée à son adversaire – et je ne lui avais jamais vu, même sur un plateau, ce masque sarcastique. Avait-elle en quelque sorte intégré sa propre illégitimité, a-t-elle été mal conseillée par son cher Florian Philippot ou était-elle décidément très mal préparée à la fonction qu’elle briguait ? Toujours est-il qu’elle a raté son rendez-vous avec le peuple français. (…) Il faudra bien résoudre un jour ce petit problème de logique : il existe chez nous un parti que les tribunaux ne peuvent pas interdire, qui a le droit de se présenter aux élections, mais les électeurs n’ont pas le droit de voter pour lui et ses dirigeants n’ont pas le droit de gagner. Ce qui, on en conviendra, est assez pratique pour ceux qui l’affrontent en duel. On me dit qu’il respecte le cadre de la République, mais pas ses fameuses valeurs. Sauf que, pardon, qui est arbitre des valeurs, Le Monde, les Inrocks, Jacques Attali ? N’est-ce pas une façon bien commode d’exclure de la compétition ceux qui vous déplaisent ? Je ne me résous pas à vivre dans un monde où il y a une seule politique possible, un seul vote raisonnable et un seul point de vue acceptable. (…) Post Scriptum : je viens d’entendre un bout de la chronique de François Morel, l’un des papes du comico-conformisme sur France Inter. Il comparait – ou assimilait je ne sais – Marine Le Pen à une primate: Taubira, c’était dégueulasse; mais pour une Le Pen, c’est normal. Digne conclusion de la quinzaine de la haine (et de l’antifascisme nigaud) que nous a offerte la radio publique. Elisabeth Lévy
The paradox of France is that it is desperate for reform — and desperate not to be reformed. It wants the benefits of a job-producing competitive economy but fears relinquishing a job-protecting uncompetitive one. A Macron presidency will have to devote its intellectual and rhetorical energies to explaining that it can be one or the other, but not both. I don’t want to close this column without allowing for the awful chance that Le Pen might win. That would be a moral tragedy for France and a probable disaster for Europe. But it would also be a reminder that chronic economic stagnation inevitably begets nationalist furies. In the United States, a complacent left acquits itself too easily of its role in paving the way to the Trump presidency. Many of Le Pen’s supporters might be bigots, but their case against the self-satisfaction, self-dealing, moral preening and economic incompetence of the French ruling classes is nearly impeccable. Bret Stephens
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ… David Brooks
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
Murray, the W.H. Brady Scholar at the American Enterprise Institute, contends that before the 1960s, Americans of all classes participated in a traditional common culture of civic and social engagement that valued marriage, industriousness, honesty and religiosity — credited as « American exceptionalism » by Alexis de Tocqueville in his 19th century classic « Democracy in America. » Today, that culture persists among highly educated elites, winners in globalization’s economic redistribution, but those vigorous virtues are dissolving among globalization’s losers, the 21st century working class. Increased demographic segregation means that the elites who run the nation know little about the ominous cultural breakdown creeping up the socioeconomic ladder. Murray describes a new, highly educated upper class of the most successful 5% of professionals and managers who direct the nation’s major institutions. Most reside in high-income, socially homogeneous « super ZIP Codes » near urban power centers. Exclusivity is self-reinforcing: Elites socialize primarily with and marry one another (« homogamy »), ensuring their children’s future dominance based on genetic intelligence, other inherited talents and a high-achievement culture nourished by access to elite educational institutions. To emphasize that the new cultural divide is largely based on class, not race/ethnicity, Murray confines core sections of « Coming Apart » to comparing socio-cultural differences among middle-aged whites (age 30-49) in two communities: upper-middle-class Belmont, Mass., and working-class Fishtown, Pa. (Murray builds somewhat « fictionalized » versions of these communities through statistically adjusted models that control for age, race, income and occupation to heighten the contrasts between them.) Belmont represents perhaps 20% of the total U.S. population; Fishtown, about 30%. Murray reveals alarming levels of social isolation and disengagement among Fishtown’s working-class whites. By the early 2000s, only 48% were married, down from 84% in 1960; children living in households with both biological parents fell from 96% to 37%; the number of disabled quintupled from 2% to 10%; arrest rates for violent crime quadrupled from 125 to 592 per 100,000 people; and the percent attending church only once a year nearly doubled from 35% to 59%. In 2008, almost 12% of prime-age males with a high school diploma were « not in the labor force » — quadruple the percentage from the all-time low of 3% in 1968. The well-educated, upper-middle-class whites in Murray’s Belmont model fare far better: 83% are married; 84% of children reside in two-biological-parent homes; less than 1% are on disability, though nearly 40% attend church only once a year. Nearly all adult males are in the workforce. The primary problem with « Coming Apart » is that Murray’s focus on a cultural divide among whites obscures something else: The destruction of values, economic sectors and entire occupational classes by automation and outsourcing. And don’t forget the massive movements of cheap legal and illegal immigrant labor: This factor sets up a classic conflict, the ethnically split labor market, in which you find unionized working-class whites pitted against minority newcomers who are willing to work for less (sometimes « off the books » and under abysmal conditions). Frederick Lynch
I think like a lot of people I was surprised, maybe not as surprised as everybody else. But, yeah, it was a pretty big shocker. (…) I think I heard a lot of the things that people have talked about. I heard a very large amount of frustration, a feeling that things weren’t going especially well, also that the elites didn’t care necessarily about a lot of the folks living in middle America. So I do think that feeling of alienation and frustration really drove a lot of people to make a political decision that obviously a lot of people don’t quite understand. (…) I think it’s important to ask, too pessimistic for who? And my sense, if you look at the polling, is that the most pessimistic of sub-demographic in our entire country is the white working class. And so, yes, he was very pessimistic. He was very critical of the direction of the country. But there was one group of people in the country for whom that message really made sense and rang true. (…) I don’t think in a wholesale way. There is obviously an element of sort of racial anxiety that animates at least part of Trump’s appeal. But, you know, my sense is the gross majority of people who voted for Trump were not primarily motivated by anything like racial animus. And if we talk like it was, then I think we do ourselves a disservice because we sort of discredit some of the very real things that are going on in this area of the country. (…) I think some folks – and again, I wouldn’t say that everyone or even most people feel like that. But I definitely think that there are some people who are motivated by a certain fear that other people are getting ahead of them in the proverbial line. And that’s some of what’s going on. But again, I think that a lot of folks are more motivated by the sense that things just aren’t going especially well and nobody really cares about them. (…) again, I don’t know how large the population is. But my suspicion is that there are a lot of people who were at least relatively attracted to the optimistic message of Obama. And over the last eight years they’ve really had their optimism shattered, and so were willing to go for somebody like Trump. (…) Just because he was so different. Because he was offering a very harsh critique of sort of mainstream elite opinion. And he was offering it at a time when a lot of folks felt like the elites had failed in various ways. J.D. Vance
As an economic experiment, if your goal is to promote growth and innovation, [Silicon valley]’s incredibly successful. As a social experiment, if you’re meaning to foster a long-term sense of community, and an attachment not just to the people that you see every day but the people that live around you, then it is not going very well at all. (…) Poor in Middletown is you live in a really crappy, dilapidated house and you get your food through food stamps. Poor out here is: ‘I’m sleeping in a street, I have no one who I really depend on’. (…) There’s this worry that I have that most of the people who live here don’t feel a special attachment to the place, or to the people who are less fortunate who live here. (…) It is in your face, in your family, in your home. (…) There’s absolutely been a difference in a way I think the country has responded psychologically to the crack epidemic versus the opioid epidemic. So I think a lot of black Americans are completely justified in being sensitive about that fact. (… [white privilege] collapses a poor kid who is the son of an unemployed coalminer into the same group as a rich boarding school kid who grew up in New England. (…) when Trump [delivered] a very similar message – your communities are falling apart, you can’t get any jobs, it’s terrible – to white audiences, they were much more willing to listen. (…) I think that Obama is everything that the American meritocracy values at a time when a lot of us feel like the American meritocracy doesn’t value very much about us at all. It is just sort of like everything about him. He’s like the American ideal at the very moment that we feel like we’re the opposite of the American ideal. (…) The natural question that comes – especially in the modern political context as part of that – is the fact he has black skin. I think for some people that’s definitely part of it. But I continue to think the racial explanation of the reaction to Obama doesn’t quite capture how much everything about him is both enviable but also dislikable. Because we dislike the things that we envy. (…) He talks in a way that a professor talks, he talks in a way that you sort of aspire to talk if you’re a young law student. Trump talks like a guy at a bar in West Virginia. Trump talks like my dad sitting around the dinner table. J.D. Vance
My politics had started to drift to the right of my family, many of them classic blue dog Democrats. Still, I admired President Clinton in a way that happens when someone like you really makes it. He was a poor boy with a vaguely Southern accent, raised by a single mother with a heavy dose of loving grandparents. As my grandmother told me, presidents were almost always rich people, but Bill Clinton was one of us. Yet it was that very relatability that made Mr. Clinton’s personal failings frightening. The data shows that working-class families like mine face much higher rates of marital strife and domestic instability. Demons like Mr. Clinton’s had haunted my home and family for generations, and at an age when I first began to develop strong feelings about my future, I knew that I wanted to outrun them. I cared little for Mr. Clinton’s elite education, his economic success or even his ascendancy to the most powerful office in the world. I cared that he had managed to build the domestic tranquillity that he lacked as a child. But here, in one sex scandal, he had blown it all up. If a man of his abilities had done this, then what hope was there for me? I often wonder how many kids look at our current president the way I once looked at President Clinton. Barack Obama was elected during my second year of college, and save for his skin color, he had much in common with Bill Clinton: Despite an unstable life with a single mother, aided by two loving grandparents, he had made in his adulthood a family life that seemed to embody my sense of the American ideal. I suspected that there were skeletons lurking in his closet, too. Surely this was a man with a secret sex addiction, or at least an alcohol problem. I secretly guessed that before the end of his term, some major personal scandal would reveal his family life to be a sham. I disagreed with many of his positions, so perhaps a dark part of me wanted such a scandal to come out. But it never came. He and his wife treated each other with clear love and respect, and he adored and cared for his children. Whatever scars his childhood left, he refused to let those scars control him. The president’s example offered something no other public figure could: hope. I wanted so desperately to have what he had — a happy marriage and beautiful, thriving children. But I thought that those things belonged to people unlike me, to those who came from money and intact nuclear families. For the rest of us, past was destiny. Yet here was the president of the United States, a man whose history looked something like mine but whose future contained something I wanted. His life stood in stark contrast to my greatest fear. Eventually, I achieved something roughly similar to the president’s early, personal accomplishments: a prestigious law degree, a strong professional career and a modicum of fame as a writer. There were many personal heroes in my life: aunts and uncles, a protective sister, a father who re-entered my life at the right time. But I benefited, too, from the example of a man whose public life showed that we need not be defeated by the domestic hardships of youth. It is one of the great failures of recent political history that the Republican Party was too often unable to disconnect legitimate political disagreements from the fact that the president himself is an admirable man. Part of this opposition comes from this uniquely polarized moment in our politics, part of it comes from Mr. Obama’s leadership style — more disconnected and cerebral than personal and emotive — and part of it (though a smaller amount than many on the left suppose) comes from the color of his skin. On Jan. 20, the political side of my brain will breathe a sigh of relief at Mr. Obama’s departure. I will hope for better policy from the new administration, a health reform package closer to my ideological preferences, and a new approach to foreign policy. But the child who so desperately wanted an American dream, with a happy family at its core will feel something different. For at a pivotal time in my life, Barack Obama gave me hope that a boy who grew up like me could still achieve the most important of my dreams. For that, I’ll miss him, and the example he set. J.D. Vance
Experts have warned for years now that our rates of geographic mobility have fallen to troubling lows. Given that some areas have unemployment rates around 2 percent and others many times that, this lack of movement may mean joblessness for those who could otherwise work. But from the community’s perspective, mobility can be a problem. The economist Matthew Kahn has shown that in Appalachia, for instance, the highly skilled are much likelier to leave not just their hometowns but also the region as a whole. This is the classic “brain drain” problem: Those who are able to leave very often do. The brain drain also encourages a uniquely modern form of cultural detachment. Eventually, the young people who’ve moved out marry — typically to partners with similar economic prospects. They raise children in increasingly segregated neighborhoods, giving rise to something the conservative scholar Charles Murray calls “super ZIPs.” These super ZIPs are veritable bastions of opportunity and optimism, places where divorce and joblessness are rare. As one of my college professors recently told me about higher education, “The sociological role we play is to suck talent out of small towns and redistribute it to big cities.” There have always been regional and class inequalities in our society, but the data tells us that we’re living through a unique period of segregation. This has consequences beyond the purely material. Jesse Sussell and James A. Thomson of the RAND Corporation argue that this geographic sorting has heightened the polarization that now animates politics. This polarization reflects itself not just in our voting patterns, but also in our political culture: Not long before the election, a friend forwarded me a conspiracy theory about Bill and Hillary Clinton’s involvement in a pedophilia ring and asked me whether it was true. It’s easy to dismiss these questions as the ramblings of “fake news” consumers. But the more difficult truth is that people naturally trust the people they know — their friend sharing a story on Facebook — more than strangers who work for faraway institutions. And when we’re surrounded by polarized, ideologically homogeneous crowds, whether online or off, it becomes easier to believe bizarre things about them. This problem runs in both directions: I’ve heard ugly words uttered about “flyover country” and some of its inhabitants from well-educated, generally well-meaning people. I’ve long worried whether I’ve become a part of this problem. For two years, I’d lived in Silicon Valley, surrounded by other highly educated transplants with seemingly perfect lives. It’s jarring to live in a world where every person feels his life will only get better when you came from a world where many rightfully believe that things have become worse. And I’ve suspected that this optimism blinds many in Silicon Valley to the real struggles in other parts of the country. So I decided to move home, to Ohio. (…) we often frame civic responsibility in terms of government taxes and transfer payments, so that our society’s least fortunate families are able to provide basic necessities. But this focus can miss something important: that what many communities need most is not just financial support, but talent and energy and committed citizens to build viable businesses and other civic institutions. Of course, not every town can or should be saved. Many people should leave struggling places in search of economic opportunity, and many of them won’t be able to return. Some people will move back to their hometowns; others, like me, will move back to their home state. The calculation will undoubtedly differ for each person, as it should. But those of us who are lucky enough to choose where we live would do well to ask ourselves, as part of that calculation, whether the choices we make for ourselves are necessarily the best for our home communities — and for the country. J. D. Vance
“ Hillbilly Elegy ” is a very important book and it also resonated with me in a very personal way because I also experienced the problems of rural poverty. I grew up in a small town in Western Pennsylvania. My father was a coal miner. He worked in these coal mines of Western Pennsylvania and occasionally he worked in steel mills in Western Pennsylvania. He died at the age of 39, with a lung disease. Left my mother with six kids and I was the oldest at 12 years of age. My father had a 10th grade education, my mother had a 10th grade education. My mother who lived to the ripe old age of 94, raised us by cleaning house occasionally. Initially we were on relief. We call it welfare now. She got off welfare and supported us by cleaning house; and what I distinctly remember about growing up in rural poverty is hunger. (…) Now, given my family background, black person, black family in rural poverty; as one of my colleagues at Harvard told me, the odds that I would end up at Harvard as a University professor and capital U on University, are very nearly zero. Like J.D. I’m an outlier. An outlier in — Malcolm Gladwell says in his book “ Outlier, The Study of Success. ” We are both outliers; but it’s interesting that J.D. never talks about holding himself up by his own bootstraps, and that’s something that I reject. I don’t refer to myself that way, because both J.D. and I, were in the right places at the right times, and we had significant individuals who were there to rescue us from poverty and enabled us to escape. We are the outliers being at the right place at the right time, and when I think about your question, that’s one thing I think about; how lucky I was. I had some significant individuals who helped me escape poverty. (…) ointing out some differences that I have with J.D. It’s really kind of a matter of emphasis. Not that we differ, it’s just a matter of emphasis. First of all, we both agree that too many liberal social scientists focus on social structure and ignore cultural conditions. You know, they talk about poverty, joblessness and discrimination, but they also don’t talk about some of the cultural conditions, that grow out of these situations, in response to these situations. Too many conservatives focus on cultural forces and ignore structural factors. Now J.D. has made the same point in “ Hillbilly Elegy ” and you also have made the same point in some subsequent interviews talking about the book. Now where we disagree and this relates back to your question, Camille, is in the interpretation of these cultural factors. J.D. places a lot of emphasis on agency. That people even in the most impoverished circumstances have choices that can either improve or exacerbate their situation, their predicaments. And I also think that a gency is important and should not be ignored, even in situations where individuals confront overwhelming structural impediments. But what J.D., and I’d like to hear your response to this J.D., wha t you don’t make explicit or emphasize enough from my point of view, is that agency is also constrained by these structural factors, even among people who you know, make positive choices to improve their lives, there are still constraints and I maintain th at the part of your book where you talking about agency, really cries out for a deeper interrogation. A deeper interrogation of how personal a gency is expanded or inhibited by the circumstance that the poor or working classes confront, including you know, their interactions and families, social networks , and institutions, in these distressed communities. In other words, what I’m trying to suggest is that personal agency is recursively associated with the structural forces within which it operates. And here you know, it’s sort of insightful to talk about intermediaries and insightful to talk about people who aid, who help you in making choices, and you do that well in the book. But here’s the point, given the American belief system on poverty and welfare in which Americans as you point out Camille, place far greater emphasis on personal shortcomings as opposed to structural barriers and especially when you’re talking about the behavior of African Americans. I believe that explanations that focus — don’t get me wrong, you don’t even talk about African Americans in the sense, I’m talking about people out there in the general public. Given this focus on personal shortcomings as opposed to structural barriers in a common for outcomes, I believe that explanations that focus on agency are likely to overshadow explanations that focus on structural impediments. Some people read a book, but they’re not that sophisticated, the take away will be those personal factors and you know, I would have liked to have seen you sort of try to put things in context you know. Talk about the constraints that people have. Now this relates to the second point I want to make. In addition, to feeling that they have little control over themselves, that is lack of agency. You point out that the individuals in these hillbilly communities tend to blame themselves — I’m sorry, blame everyone but themselves, and the term you used to explain this phenomenon is cognitive dissonance, when our beliefs are not consistent with our behaviors. And I agree, and many people often do tend to blame others and not themselves, but I think that when we talk about cognitive dissonance, we also have to recognize that individuals in these communities do indeed have some complaints, some justifiable complaints, including complaints about industries that have pulled off stakes and relocated to cheaper labor areas overseas and in the process, have devastated communities like Middletown, Ohio. Including complaints about automation replacing the jobs of cashiers and parking lot attendants. Including the complaints that government and corporate actions have undermined unions and therefore led to a decrease in the wages or workers in Middletown. (…) And let me also point out, here’s where we really do agree. We both agree that there are cultural practices within families and so on and in communities that reinforce problems created by the structural barriers. (…) Practiced behaviors that perpetuate poverty and disadvantage. So, this we agree. Too often liberals ignore the role of these cultural forces in perpetuating or reinforcing conditions associated with poverty or concentrated (inaudible). (…) even in extreme property, my mother kept telling me, you’re going to college. And my Aunt Janice also reinforced — my Aunt Janice was the first person in my extended family who got a college education, and I used to go to New York to visit her during the summer months, and I said you know, I want to be like Aunt Janice, you know? (…) you really see this when you look at neighborhoods. Neighborhoods in which an overwhelming majority of the population are poor, but employed are entirely different from neighborhoods in which people are poor but jobless. Jobless neighborhoods trigger all kinds of problems. Crime, drug addiction, gang behavior, violence. And one of the things that I had focused on when I wrote my book, When Work Disappears is what happens to intercity neighborhoods that experience increasing levels of joblessness. And we did some research in Chicago and it was really you know, sad, talking to some of the mothers who were just fearful about allowing their children to go outside because the neighborhood was so incredibly dangerous. And I remember talking with one woman and she says — who was obese and she says you know, I went to the doctor he said that I should go out and exercise. Can you imagine jogging in this neighborhood? Because the joblessness had created problems among young people who were trying to make ends meet and they’re involved in crime and drugs and so on. So, I would say that if you want to focus on improving neighborhoods, the first thing that I would do would try to increase or enhance employment opportunities. (…) I don’t know if the conditions have changed that much, since I wrote The Truly Disadvantaged. The one big difference is that I think there’s increasing technology and automation that has created problems for a lot of low skilled workers. You know, I mentioned automation replacing jobs that cashiers held, and parking lot attendants held. So, you have a combination not only of the relocation of industries overseas, that I talked about in The Truly Disadvantaged; but now you have increasing automation and technology replacing jobs, and this worries me because I think that people who have poor education are going to be in difficult situations increasingly down the road. You look at intercity schools, not only schools in intercities, but in many other neighborhoods, and kids are not being properly educated. So, they’re not being prepared for the changes that are occurring in the economy. I remember one social scientist saying that it’s as if — talking about the black population. It’s as if racism and racial discrimination put black people in their place only to watch increasing technology and automation destroy that place. So, the one significant difference from the time I wrote The Truly Disadvantaged in 1987, is the growing problems created by increasing technology for the poor.(…) it seems that poor whites right now are more pessimistic than any group, and the question is why. I was sort of impressed with your analysis of the white working class in the age of Trump. You know, you pointed out that when Barack Obama became president there were a lot of people in your community who were really struggling and who believe that the modern American meritocracy did not seem to apply to them. These people were not doing well, and then you have this black president who’s a successful product of meritocracy who has raised the hope of African Americans and he represented every positive thing that these working-class folks that you write about did not possess or lacked. And Trump emerged as candidate who sort of spoke to these people. What is interesting is that if you look at the Pew Research polls, recent Pew Research polls, I think you pointed this out in your book, the working-class whites right now are more pessimistic than any other group about their economic future and their children’s future. Now is that pessimism justified? I think they’re overly pessimistic. I still maintain that to be black, poor and jobless is worse than being white, poor and jobless, okay? But, for some reason, the white poor is more pessimistic. Now I think with respect to the black poor and working class has kind of an Obama effect you know. I think that may wear off and then blacks will become even more equally as pessimistic as whites in a few years. (this reminds me of your points J.D., reminds me of a paper that Robert Sampson, a colleague at Harvard and I wrote in 1995 entitled Toward a Theory of Race, Crime and Urban Inequality. A paper that has become a classic actually in the field of criminology because it’s generated dozens of research studies. Our basic thesis we were addressing you know, race and violent crime, is that racial disparities and violent crime are attributable in large part to the persistent structural disadvantages that are disproportionately concentrated in African American urban communities. Nonetheless, we argue that the ultimate cause of crime were similar for both whites and blacks, and we pose a central question. In American cities, it is possible to reproduce in white communities the structural circumstances under which many blacks live. You know, the whites haven’t fully experienced the structural reality that blacks have experienced does not negate the power of our theory because we argue had whites been exposed to the same structural conditions as blacks then white communities would behave – – the crime rate would be in the predicted direction. And then we had an epiphany. What about the rural white communities that you talk about. Where you’re not only talking about joblessness, you’re not only talking about poverty, but you’re also talking about family structure. So, here in Appalachia, you could reproduce some of the conditions that exist in intercity neighborhoods and therefore it would be good to test our theory in these areas because we’d be looking at the family structure. The rates of single parent families. We’d be looking at joblessness, we’d be loo king at poverty. So, we need to move beyond the urban areas and see if we can look at communities that come close to approximating or even worse in some cases, and some intercity neighborhoods. (…) Mark Lilla and a number of other post-election analysts observed that as you point out that the Democrats should not make the same mistake that they made in the last election, namely an attempt to mobilize people of color, women, immigrants and the LGBT community with identity politics. They tended to ignore the problems of poor white Americans. I was watching the Democratic convention with my wife on a cruise to Alaska, and one concern I had was there did not seem to be any representatives on the stage representing poor white America. I could just see some of these poor whites saying they don’t care about us. They’ve got all these blacks, they’ve got immigrants, they’ve got (inaudible), but you don’t have any of us on the stage. Maybe I’m overstating the point, but I was concerned about that. Now one notable exception, critics like Mark Lilla point out was Bernie Sanders. Bernie Sanders had a progressive and unifying populous economic message in the Democratic primaries. A message that resonated with a significant segment of the white lower-class population. Lower class, working class populations. Bernie Sanders was not the Democratic nominee and Donald Trump was able to, as we all know, capture notable support from these populations with a divisive not unifying populous message. I agree with Mark Lilla that we don’t want to make the same mistake again. We’ve go to reach out to all groups. We’ve got to start to focus on coalition politics. We have to develop a sense of interdependence where groups come to recognize that they can’t accomplish goals without the support of other groups. We have to frame issues differently. We can’t go the same route. We can’t give up on the white working class. (…) Addressing the question of increase in economic segregation. People don’t realize that racial segregation is on the decline, while economic segregation is a segregation of families by income is on the increase. William Julius Wilson
I’m a bit of a fan boy of William Julius Wilson as I wrote Hillbilly Elegy, so it was real exciting to be able to get him to sign this book.  (…) Culture (…) is a really, really, difficult and amorphous concept to define, and one of the things that I was trying to do with “ Hillbilly Elegy ” is try to in some ways draw the discussion away from this structure versus personal responsibility narrative and convince us to look at culture as a third and I think very important variable. I often think that the way that conservatives, and I’m a conservative, talk about culture is in some ways an excuse to end the conversation instead of starting a much more important conversation. It’s look at their bad culture, look at their deficient culture, we can’t do anything to help them; instead of trying to understand culture as this much bigger social and institutional force that really is important that some cases can come from problems related to poverty and some cases can come from a host of different factors that are difficult to understand. So, here’s what I mean by that. One of the most important I think cultural problems that I talk about is the prevalence of family and stability and family trauma in some of the communities that I write about; and I take it as a given that that trauma and that instability is really bad, that it has really negative downstream effects on whether children are able to get an education, whether their able to enter the workforce, whether they’re  able to raise and maintain successful families themselves. I think it’s tempting to sort of look at the problems of family instability and families like mine and say there’s a structural problem if only people had access to better economic opportunities, they wouldn’t have this problem. I think that’s partially true, but also consequently partially false. I think there’s a tendency on the right to look at that and say these parents need to take better care of their families and of their children, and unless they do it, there’s nothing that we can do. And I think again, that is maybe partially true, but it’s also very significantly false. What I’m trying to point to in this concept of culture, is we know that when children grow up in very unstable families that it has important cognitive effects, we know that it has important psychological effects, and unless we understand the problem of family instability and trauma, not just as a structural problem, or problem with personal responsibility, but as a long-term problem, in some cases inherited from multiple generations back, then we’re not going to be able to appreciate what’s really going on in some of these families and why family instability and trauma is so durable and so difficult to actually solve. So, I tend to think of culture as in some ways, this way to sum all of the things that are neither structural nor individual. What is it that’s going on in people’s environments good and bad that make it difficult for them to climb out of poverty. What are the things that they inherit. It’s not just from their own families, but from multiple generations back. Behaviors, expectations, environmental attitudes that make it really hard for them to succeed and do well. That’s the concept of culture that I think is most important, and also frankly that I think is missing a little bit from our political conversation when we talk about these questions of poverty, we’re really comfortable talking about personal responsibility, we’re really comfortable talking about structural problems. We don’t often talk about culture in this way that I’m trying to talk about it, in “ Hillbilly Elegy. ” (…) the second point that I wanted to make (…) is this question of Agency and whether I overemphasize the role of Agency. I think that for me, this is a really tough line to tow because I’m sort of writing about these problems you know, having in my personal memory, I’m not that far removed from a lot of them. I know that myself, one of the biggest problems that I faced was that I really did start to give up on myself early in high school, and I think that’s a really significant problem. At the same time, I understand and recognize the problem that Bill mentions which is that we have this tendency to sort of overemphasize Personal Agency and to proverbially blame the victim for a lot of these problems. So, what I was trying to do with this discussion of Personal Agency in the book, and I may have failed, but this is the effort, this is what I’m really trying to accomplish. Is that the first instance, I do think that it’s important for kids like me in circumstances like mine, to pick up the book and to have at least some reinforcement of the Agency that they have. I do think that’s a significant problem from the prospective of kids who grew up in communities like mine. The second thing that I’m trying to do, is talk about Personal Agency, not jus t from the prospective of individual poor people, but from the entire community that surrounds them. So, one of the things that I talk about is as religious communities in these areas, do they have the, as I say in the book, toughness to build Churches that encourage more social engagement as opposed to more social disaffection. I think that’s a question of Personal Agency, not from the perspective of the impoverished kid, but from a religious leader and community leaders that exist in their neighborhood. So, I think that sense of Personal Agency is really important. One of the worries that I have, is that when we talk about the problems of impoverished kids and this is especially true amongst sort of my generation, so this is — I’m a tail end of t he millennials here, is that we tend to think about helping people, 10 million people at a time a very superficial level, and one of the calls to action that I make in the book with this — by pointing out to Personal Agency is the idea that it can be really impactful to make a difference in 10 lives at a very deep level at the community level. And I think that sometimes is missing from these conversations. And then, the final point that I’ll make is that there’s a difference between recognizing the importance of Personal Agency and I think ignoring the role of structural factors in some of these problems, right? So, the example that I used to highlight this in the book is this question of addiction. So, there’s some interesting research that suggests that people who believe inherently that their addiction is a disease, show slightly less proclivity to actually fight that addiction and overcome that addiction. So, that creates sort of a catch 22, because we know there are biological components to addiction. We know that there are these sorts of structural non-personal decision-making drivers of addiction, and yet, if you totally buy in to the non-individual choice explanation for addiction, you show less of a proclivity to fight it. So, I think that there is this really tough under current to some of our discussions on these issues, where as a society we want to simultaneously recognize the barriers that people face, but also encourage them not to play a terrible hand in a terrible way, and that’s what I’m trying to do with this discussion of Personal Agency. The final point that I’ll make on that, is that the person who towed that line better than anyone I’ve ever known was my Grandma, my Ma’ma who I think is in some ways the hero of the book. She always told me. Look J.D., like is unfair for us, but don’t be like those people who think the deck is hopelessly stacked against them. I think that’s a sentiment that you hear far too infrequently among America’s elites. This simultaneous recognition that life is unfair for a lot of poor Americans, but that we still have to emphasize the role of individual agency in spite of that unfairness and I think that’s again a difficult balancing act. I may not have struck that balancing act perfectly in the book, but that was the intention. (…) the first thing is definitely you know, going back to my grandma. I think if anybody had a reason for pessimism and cynicism about the future, it was her. It’s sort of difficult to imagine a woman who had lived a more difficult life and yet ma’ma had this constant optimism about the future, in the sense that we had to do better because that was just the way that America worked. I mean I think that she was this woman who had this deep and abiding faith in the American dream in a way that is obviously disappearing And in fact, as I wrote about in the book, was I started to see disappearing even you know, when I was a young kid in my early 20’s. So, I think that my grandma was a huge part of that. I also think that the Marine Corp was a really huge part of that, and this is sort of a transformational experience that I write about in the book. The military is this really remarkable institution. It brings people from diverse backgrounds together, gets them on the same team. Gets them marching proverbially and literally towards the same goal, and for a kid who had grown up in a community that was starting to lose faith in that American dream, I think that the military was a really useful way to, as I say in the book, teach a certain amount of willfulness as opposed to despair and hopelessness. So, I think that was a really critical piece of it. (…) On the other hand, one thing I really worried about and one thing that I increasingly worried about as I actually did research for the book, is this idea of faith and religion, not just as something that people believe in, but as an actual positive institutional and social role player in their lives. And one of the things you do see, that this is something that Charles Murray’s written about, is that you see the institutions of faith declining in some of these lower income communities faster than you do in middle and upper income communities. I don’t think you have to be a person of faith to think that that’s worrisome. I think you can just read a paper by Jonathan Gruber that talks about all of these really positive social impacts of being a regular participatory Church member. So, you know, I think I was lucky in that sense, but a lot of folks, and when I look at the community right now, it worries me a little bit that you don’t see these robust social institutions in the same way that you certainly did 30, 40 years ago, and even when I was growing up in Middletown. The last point that I’ll make about that, is that (…) these trends often take half a century or more to really reveal themselves and I do sometimes see signs of resilience in some of these communities that I sort of didn’t fully anticipate and didn’t expect when the book was published. So, one of the things I’ve started to realize for example is when we talk about the decline of institutional faith, even though I continue to worry about that, one of the institutions that’s actually picked up the slack are groups like Alcoholics Anonymous and Narcotics Anonymous. They almost have this faith effect. It brings people together. There’s even a sort of liturgical element to some of these meetings that I find really, really fascinating and interesting. So, people try to find and replace community when it’s lost but you know, clearly, they haven’t at least as of yet, replaced it even remotely to the degree that it has been lost which is why I think you see some of the issues that we do. (…) on this question of identity politics, I think that what worries me is that a lot — it’s not a recognition that there are disadvantaged non-white groups that need some help or there needs to be some closing of the gap you know. When I talk to folks back home, very conservative people, they’re actually pretty open-minded if you talk about the problems that exist in the black ghetto because of problems of concentrated poverty and the fact that the black ghetto was in some ways created by housing policy. It was the choice of black Americans. It was in some ways created by housing policy. I find actually a lot of openness when I talk to friends and family about that. What I find no openness about is when somebody who they don’t know, and who they think judges them, points at them and says you need to apologize for your white privilege. So, I think that in some ways making these questions of disadvantage zero sum, is really toxic, but I think that’s one way that the Democrats really lost the white working class in the 2016 election. The second piece that occurs to me, and this applies across the political spectrum, is that what we’re trying to do in the United States, it’s very easy to be cynical about American politics, but we’re rying to build a multi-racial, multi-ethnic, multi-religious nation, not just a conglomeration, an actual nation of people from all of these different tribes and unify them around a common creed. I think that’s really delicate. It’s basically never been done success fully over a long period in human history and I think it requires a certain amount of rhetorical finesse that we don’t see from many of our politicians on either side these days and that really, really worries me. (…) my general worry with the college education in the book at large is sort of two things. So, the first is that, I think we’ve constructed a society effectively in which a college education is now the only pathway to the middle class, and I think that’s a real failure on our part. It’s not something you see in every country, and I don’t think it necessarily has to be the case here. There are other ways to get post-secondary education and I absolutely think that we have to make that easier, and I really see this as sort of the defining policy challenge of the next 10 years is to create more of those pathways; because the second born on this is that college is a really, really culturally terrifying place for a lot of working class people. We can try to make it less culturally terrifying, we can try to make for the elites of our universities a little bit more welcoming to folks like me, and this is something that I wrote about in the book, really feeling like a true outsider at Yale for the first time, in an educational institution. I think that we also have to acknowledge that part of the reason that people feel like cultural outsiders is for reasons that aren’t necessarily going to be easy to fix, and if we don’t create more pathways for these folks, we shouldn’t be surprised that a lot of them aren’t going to take the one pathway that’s there, that effectively runs through a culturally alien institution.  (…) in certain areas, especially in Ohio, Kentucky, West Virginia and so forth. I think the biggest under reported problem for the baby boomers is the fact that they are taking care of children that they didn’t necessarily anticipate taking care of because of the opioid crisis. This is the biggest dr iver of elder poverty in the State of Ohio, is that you have entire families that have been transplanted from one generation to the next. They were planning for retirement based on one social security income, and now all of a sudden, they have two, three additional mouths to feed. I think my concern for the baby boom generation is especially those folks of course because it’s not just bad for them, it’s bad for these children who are all of a sudden thrown into poverty because of the opioid addition of that middle generation of the parents, of the kids and the sons and daughters of the grandkids. And then the very last question, culture, I think of as a way to understand the sum of the environmental impacts that you can’t necessarily define as structural rights, so the effects of family instability and trauma that exists in people, the effects of social capital and social networks in people’s lives, You know, all of these things I think add up to a broad set of variables that can either promote upward mobility or inhibit upward mobility; and again I think we very often talk about job opportunities and educational opportunities, we very often talk about individual responsibility and Personal Agency. We very rarely I think talk about those middle layers and those institutional factors that in a lot of ways are the real drivers of this problem. (…) on the inequality and concentration wealth, the top thing, I’ll say this one area where I actually think conservative senator Mike Leaf from Utah has had some really, really, interesting ideas. One of the tax reform proposals Senator Leaf has advocated for is actually setting the capital taxation rate at the same rate as the ordinary income rate. Because that’s what’s really driving this difference, right. It’s not ordinary income earners. It’s not salaried professionals. Those Richard Reeve says that’s a problem. It’s primarily actually that folks in the global economy, especially the ultra-elite, folks in the global economy have achieved some sort of economic lift off from the rest of the country and I think that in light of that, it doesn’t make a ton of sense that we continue to have the taxation policy that we do. Frankly, that’s one of the reasons why I am sort of so conflicted about President Trump because I think in some ways instinctively at least the President recognizes this, but we’ll see what actually happens with tax reform over the next few months. The question about job competition is absolutely correct. You can’t just have a better educated workforce but hold the number of workers constant. At the same time, I do think there’s a bit of a chicken and egg problem here right because you know, while the skills gap is overplayed and while it violates all of these rules of Econ 101, one of the things you hear pretty consistently from folks who would l ike to expand, would like to hire more, would like to produce more, is that there are real labor force constraints, especially in what might be called non-cognitive skills, right; and this is a thing that you hear a lot. In my home state if you really want to hire more, and you really want to produce more, and sell more, then the problem is the opioid epidemic has effectively thinned the pool of people who were even able to work. So, I do think that productivity is really important, but I also think that we tend to think of these things in too mathematical and sort of hyper-rational ways, but part of the reason productivity is held back, is because we have real problems in the labor market, and if you fix one, you could help another, and they may create a virtuous cycle. J.D. Vance
It is immoral because it perpetuates a lie: that the white working class that finds itself attracted to Trump has been victimized by outside forces. It hasn’t. The white middle class may like the idea of Trump as a giant pulsing humanoid middle finger held up in the face of the Cathedral, they may sing hymns to Trump the destroyer and whisper darkly about “globalists” and — odious, stupid term — “the Establishment,” but nobody did this to them. They failed themselves. If you spend time in hardscrabble, white upstate New York, or eastern Kentucky, or my own native West Texas, and you take an honest look at the welfare dependency, the drug and alcohol addiction, the family anarchy — which is to say, the whelping of human children with all the respect and wisdom of a stray dog — you will come to an awful realization. It wasn’t Beijing. It wasn’t even Washington, as bad as Washington can be. It wasn’t immigrants from Mexico, excessive and problematic as our current immigration levels are. It wasn’t any of that. Nothing happened to them. There wasn’t some awful disaster. There wasn’t a war or a famine or a plague or a foreign occupation. Even the economic changes of the past few decades do very little to explain the dysfunction and negligence — and the incomprehensible malice — of poor white America. So the gypsum business in Garbutt ain’t what it used to be. There is more to life in the 21st century than wallboard and cheap sentimentality about how the Man closed the factories down. The truth about these dysfunctional, downscale communities is that they deserve to die. Economically, they are negative assets. Morally, they are indefensible. Forget all your cheap theatrical Bruce Springsteen crap. Forget your sanctimony about struggling Rust Belt factory towns and your conspiracy theories about the wily Orientals stealing our jobs. Forget your goddamned gypsum, and, if he has a problem with that, forget Ed Burke, too. The white American underclass is in thrall to a vicious, selfish culture whose main products are misery and used heroin needles. Donald Trump’s speeches make them feel good. So does OxyContin. What they need isn’t analgesics, literal or political. They need real opportunity, which means that they need real change, which means that they need U-Haul. Williamson
This book is about (…) what goes on in the lives of real people when the industrial economy goes south. It’s about reacting to bad circumstances in the worst way possible. It’s about a culture that increasingly encourages social decay instead of counteracting it. The problems that I saw at the tile warehouse run far deeper than macroeconomic trends and policy. too many young men immune to hard work. Good jobs impossible to fill for any length of time. And a young man [one of Vance’s co-workers] with every reason to work — a wife-to-be to support and a baby on the way — carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself. This is distinct from the larger economic landscape of modern America. (…) People talk about hard work all the time in places like Middletown [where Vance grew up]. You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than twenty hours a week and find not a single person aware of his own laziness. (…) I learned little else about what masculinity required of me other than drinking beer and screaming at a woman when she screamed at you. In the end, the only lesson that took was that you can’t depend on people. “I learned that men will disappear at the drop of a hat,” Lindsay [his half-sister] once said. “They don’t care about their kids; they don’t provide; they just disappear, and it’s not that hard to make them go.” (…) Dad’s church offered something desperately needed by people like me. For alcoholics, it gave them a community of support and a sense that they weren’t fighting addiction alone. For expectant mothers, it offered a free home with job training and parenting classes. When someone needed a job, church friends could either provide one or make introductions. When Dad faced financial troubles, his church banded together and purchased a used car for the family. In the broken world I saw around me — and for the people struggling in that world — religion offered tangible assistance to keep the faithful on track. (…) Why didn’t our neighbor leave that abusive man? Why did she spend her money on drugs? Why couldn’t she see that her behavior was destroying her daughter? Why were all of these things happening not just to our neighbor but to my mom? It would be years before I learned that no single book, or expert, or field could fully explain the problems of hillbillies in modern America. Our elegy is a sociological one, yes, but it is also about psychology and community and culture and faith. During my junior year of high school, our neighbor Pattie called her landlord to report a leaky roof. The landlord arrived and found Pattie topless, stoned, and unconscious on her living room couch. Upstairs the bathtub was overflowing — hence, the leaking roof. Pattie had apparently drawn herself a bath, taken a few prescription painkillers, and passed out. The top floor of her home and many of her family’s possessions were ruined. This is the reality of our community. It’s about a naked druggie destroying what little of value exists in her life. It’s about children who lose their toys and clothes to a mother’s addiction. This was my world: a world of truly irrational behavior. We spend our way into the poorhouse. We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being. We spend to pretend that we’re upper class. And when the dust clears — when bankruptcy hits or a family member bails us out of our stupidity — there’s nothing left over. Nothing for the kids’ college tuition, no investment to grow our wealth, no rainy-day fund if someone loses her job. We know we shouldn’t spend like this. Sometimes we beat ourselves up over it, but we do it anyway. (…) Our homes are a chaotic mess. We scream and yell at each other like we’re spectators at a football game. At least one member of the family uses drugs — sometimes the father, sometimes both. At especially stressful times, we’ll hit and punch each other, all in front of the rest of the family, including young children; much of the time, the neighbors hear what’s happening. A bad day is when the neighbors call the police to stop the drama. Our kids go to foster care but never stay for long. We apologize to our kids. The kids believe we’re really sorry, and we are. But then we act just as mean a few days later. (…) I once ran into an old acquaintance at a Middletown bar who told me that he had recently quit his job because he was sick of waking up early I later saw him complaining on Facebook about the “Obama economy” and how it had affected his life. I don’t doubt that the Obama economy has affected many, but this man is assuredly not among them. His status in life is directly attributable to the choices he’s made, and his life will improve only through better decisions. But for him to make better choices, he needs to live in an environment that forces him to ask tough questions about himself. There is a cultural movement in the white working class to blame problems on society or the government, and that movement gains adherents by the day. (…) The wealthy and the powerful aren’t just wealthy and powerful; they follow a different set of norms and mores. … It was at this meal, on the first of five grueling days of [law school job] interviews, that I began to understand that I was seeing the inner workings of a system that lay hidden to most of my kind. … That week of interviews showed me that successful people are playing an entirely different game. (…) I believe we hillbillies are the toughest goddamned people on this earth. … But are we tough enough to do what needs to be done to help a kid like Brian? Are we tough enough to build a church that forces kids like me to engage with the world rather than withdraw from it? Are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. These problems were not created by governments or corporations or anyone else. We created them, and only we can fix them. (…) I believe we hillbillies are the toughest god—-ed people on this earth. But are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. . . . I don’t know what the answer is precisely, but I know it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.” J.D. Vance
This is the heart of Hillbilly Elegy: how hillbilly white culture fails its children, and how the greatest disadvantages it imparts to its youth are the life of violence and chaos in which they are raised, and the closely related problem of a lack of moral agency. Young Vance was on a road to ruin until certain people — including the US Marine Corps — showed him that his choices mattered, and that he had a lot more control over his fate than he thought. Vance talks about how, in his youth, there was a lot of hardscrabble poverty among his people, but nothing like today, dominated by the devastation of drug addiction. Everything we are accustomed to hearing about black inner city social dysfunction is fully present among these white hillbillies, as Vance documents in great detail. He writes that “hillbillies learn from an early age to deal with uncomfortable truths by avoiding them, or by pretending better truths exist. This tendency might make for psychological resilience, but it also makes it hard for Appalachians to look at themselves honestly.” (…) Vance talks about the hillbilly habit of stigmatizing people who leave the hollers as “too big for your britches” — meaning that you got above yourself. It doesn’t matter that they may have left to find work, and that they’re living a fairly poor life not too far away, in Ohio. The point is, they left, and that is a hard sin to forgive. What, we weren’t good enough for you?  This is the white-people version of “acting white,” if you follow me: the same stigma and shame that poor black people deploy against other poor black people who want to better themselves with education and so on. (…) Vance plainly loves his people, and because he loves them, he tells hard truths about them. He talks about how cultural fatalism destroys initiative. When hillbillies run up against adversity, they tend to assume that they can’t do anything about it. To the hillbilly mind, people who “make it” are either born to wealth, or were born with uncanny talent, winning the genetic lottery. The connection between self-discipline and hard work, and success, is invisible to them. (…) Vance was born into a world of chaos. It takes concentration to follow the trail of family connections. Women give birth out of wedlock, having children by different men. Marriages rarely last, and informal partnerings are more common. Vance has half-siblings by his mom’s different husbands (she has had five to date). In his generation, Vance says, grandparents are often having to raise their grandchildren, because those grandparents, however impoverished and messy their own lives may be, offer a more stable alternative than the incredible instability of the kids’ parents (or more likely, parent). (…) This is what happens in inner-city black culture, as has been exhaustively documented. But these are rural and small-town white people. This dysfunction is not color-based, but cultural. I could not do justice here to describe the violence, emotional and physical, that characterizes everyday life in Vance’s childhood culture, and the instability in people’s outer lives and inner lives. To read in such detail what life is like as a child formed by communities like that is to gain a sense of why it is so difficult to escape from the malign gravity of that way of life. You can’t imagine that life could be any different. Religion among the hillbillies is not much help. Vance says that hillbillies love to talk about Jesus, but they don’t go to church, and Christianity doesn’t seem to have much effect at all on their behavior. Vance’s biological father is an exception. He belonged to a strict fundamentalist church, one that helped him beat his alcoholism and gave him the severe structure he needed to keep his life from going off track. (…) Vance says the best thing about life in his dad’s house was how boring it was. It was predictable. It was a respite from the constant chaos. On the other hand, the religion most hillbillies espouse is a rusticated form of Moralistic Therapeutic Deism. God seems to exist only as a guarantor of ultimate order, and ultimate justice; Jesus is there to assuage one’s pain. Except for those who commit to churchgoing — and believe it or not, this is one of the least churched parts of the US — Christianity is a ghost. (…) One of the most important contributions Vance makes to our understanding of American poverty is how little public policy can affect the cultural habits that keep people poor. He talks about education policy, saying that the elite discussion of how to help schools focuses entirely on reforming institutions. “As a teacher at my old high school told me recently, ‘They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.” (…) Vance says his people lie to themselves about the reality of their condition, and their own personal responsibility for their degradation. He says that not all working-class white hillbillies are like this. There are those who work hard, stay faithful, and are self-reliant — people like Mamaw and Papaw. Their kids stand a good chance of making it; in fact, Vance says friends of his who grew up like this are doing pretty well for themselves. Unfortunately, most of the people in Vance’s neighborhood were like his mom: “consumerist, isolated, angry, distrustful.” (…) As I said earlier, the two things that saved Vance were going to live full time with his Mamaw (therefore getting out of the insanity of his mom’s home), and later, going into the US Marine Corps. I’ve already written at too much length about Vance’s story, so I won’t belabor this much longer. Suffice it to say that as imperfect as she was, Mamaw gave young Vance the stability he needed to start succeeding in school. And she wouldn’t let him slack off on his studies. She taught him the value of hard work, and of moral agency. The Marine Corps remade J.D. Vance. It pulverized his inner hillbilly fatalism, and gave him a sense that he had control over his life, and that his choices mattered.  (…) Anyway, Vance talks about how the contemporary hillbilly mindset renders them unfit for participation in life outside their own ghetto. They don’t trust anybody, and are willing to believe outlandish conspiracy theories, particularly if those theories absolve them from responsibility. Hence the enormous popularity of Donald Trump among the white working class. Here’s a guy who will believe and say anything, and who blames Mexicans, Chinese, and Muslims for America’s problems. The elites hate him, so he’s made the right enemies, as far as the white working class is concerned. And his “Make America Great Again” slogan speaks to the deep patriotism that Vance says is virtually a religion among hillbillies. (…) The sense of inner order and discipline Vance learned in the Marine Corps allowed his natural intelligence to blossom. The poor hillbilly kid with the druggie mom ends up at Yale Law School. He says he felt like an outsider there, but it was a serious education in more than the law (…) What he’s talking about is social capital, and how critically important it is to success. Poor white kids don’t have it (neither do poor black or Hispanic kids). You’re never going to teach a kid from the trailer park or the housing project the secrets of the upper middle class, but you can give them what kids like me had: a basic understanding of work, discipline, confidence, good manners, and an eagerness to learn. A big part of the problem for his people, says Vance, is the shocking degree of family instability among the American poor. “Chaos begets chaos. Instability begets instability. Welcome to family life for the American hillbilly.” (…) The worst problems of his culture, the things that held kids like him back, are not things a government program can fix. For example, as a child, his culture taught him that doing well in school made you a “sissy.” Vance says the home is the source of the worst of these problems. There simply is not a policy fix for families and family systems that have collapsed. (…) Voting for Trump is not going to fix these problems. For the black community, protesting against police brutality on the streets is not going to fix their most pressing problems. It’s not that the problems Trump points to aren’t real, and it’s not that police brutality, especially towards minorities, isn’t a problem. It’s that these serve as distractions from the core realities that keep poor white and black people down. A missionary to inner-city Dallas once told me that the greatest obstacle the black and Latino kids he helped out had was their rock-solid conviction that nothing could change for them, and that people who succeeded got that way because they were born white, or rich, or just got lucky. Until these things are honestly and effectively addressed by families, communities, and their institutions, nothing will change. (…) If white lives matter — and they do, because all lives matter — then sentimentality and more government programs aren’t going to rescue these poor people. Vance puts it more delicately than Williamson, but getting a U-Haul and getting away from other poor people — or at least finding some way to get their kids out of there, to a place where people aren’t so fatalistic, lazy, and paranoid — is their best hope. And that is surely true no matter what your race. Rod Dreher
I believe, and so does J.D., that government really does have a meaningful role to play in ameliorating the problems of the poor. But there will never be a government program capable of compensating for the loss of stable family structures, the loss of community, the loss of a sense of moral agency, and the loss of a sense of meaning in the lives of the poor. The solution, insofar as there is a “solution,” is not an either-or (that is, either culture or government), but a both-and. (…) The loss of industrial jobs plays a big role in the catastrophe. J.D. Vance acknowledges that plainly in his book. But it’s not the whole story. The wounds are partly self-inflicted. The working class, he argues, has lost its sense of agency and taste for hard work. In one illuminating anecdote, he writes about his summer job at the local tile factory, lugging 60-pound pallets around. It paid $13 an hour with good benefits and opportunities for advancement. A full-time employee could earn a salary well above the poverty line. That should have made the gig an easy sell. Yet the factory’s owner had trouble filling jobs. During Vance’s summer stint, three people left, including a man he calls Bob, a 19-year-old with a pregnant girlfriend. Bob was chronically late to work, when he showed up at all. He frequently took 45-minute bathroom breaks. Still, when he got fired, he raged against the managers who did it, refusing to acknowledge the impact of his own bad choices. “He thought something had been done to him,” Vance writes. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself.” (…)  JDV openly credits his Mamaw and the Marine Corps with making him the man he is today. He does not claim he got there entirely on his own, by bootstrapping it. The American conservative
A harrowing portrait of the plight of the white working class J. D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture in Crisis couldn’t have been better timed. For the past year, as Donald Trump has defied political gravity to seize the Republican nomination and transform American politics, those who are repelled by Trump have been accused of insensitivity to the concerns of the white working class. For Trump skeptics, this charge seems to come from left field, and I use that term advisedly. By declaring that a particular class and race has been “ignored” or “neglected,” the Right (or better “right”) has taken a momentous step in the Left’s direction. With the ease of a thrown switch, people once considered conservative have embraced the kind of interest-group politics they only yesterday rejected as a matter of principle. It was the Democrats who urged specific payoffs, er, policies to aid this or that constituency. Conservatives wanted government to withdraw from the redistribution and favor-conferring business to the greatest possible degree. If this was imperfectly achieved, it was still the goal — because it was just. Using government to benefit some groups comes at the expense of all. While not inevitably corrupt, the whole transactional nature of the business does easily tend toward corruption. Conservatives and Republicans understood, or seemed to, that in many cases, when government confers a benefit on one party, say sugar producers, in the form of a tariff on imported sugar, there’s a problem of concentrated benefits (sugar producers get a windfall) and dispersed costs (everyone pays more for sugar, but only a bit more, so they never complain). In the realm of race, sex, and class, the pandering to groups goes beyond bad economics and government waste — and even beyond the injustice of fleecing those who work to support those who choose not to — and into the dangerous territory of pitting Americans against one another. Democrats have mastered the art of sowing discord to reap votes. Powered by Now they have company in the Trumpites. Like Democrats who encourage their target constituencies to nurse grievances against “greedy” corporations, banks, Republicans, and government for their problems, Trump now encourages his voters to blame Mexicans, the Chinese, a “rigged system,” or stupid leaders for theirs. The problems of the white working class should concern every public-spirited American not because they’ve been forgotten or taken for granted — even those terms strike a false note for me — but because they are fellow Americans. How would one adjust public policy to benefit the white working class and not blacks, Hispanics, and others? How would that work? And who would shamelessly support policies based on tribal or regional loyalties and not the general welfare? As someone who has written — perhaps to the point of dull repetition — about the necessity for Republicans to focus less on entrepreneurs (as important as they are) and more on wage earners; as someone who has stressed the need for family-focused tax reform; as someone who has advocated education innovations that would reach beyond the traditional college customers and make education and training easier to obtain for struggling Americans; as someone who trumpeted the Reformicon proposals developed by a group of conservative intellectuals affiliated with the American Enterprise Institute and the Ethics and Public Policy Center; and finally, as someone who has shouted herself hoarse about the key role that family disintegration plays in many of our most pressing national problems, I cannot quite believe that I stand accused of indifference to the white working class. I said that Hillbilly Elegy could not have been better timed, and yes, that’s in part because it paints a picture of Americans who are certainly a key Trump constituency. Though the name Donald Trump is never mentioned, there is no doubt in the reader’s mind that the people who populate this book would be enthusiastic Trumpites. But the book is far deeper than an explanation of the Trump phenomenon (which it doesn’t, by the way, claim to be). It’s a harrowing portrait of much that has gone wrong in America over the past two generations. It’s Charles Murray’s “Fishtown” told in the first person. The community into which Vance was born — working-class whites from Kentucky (though transplanted to Ohio) — is more given over to drug abuse, welfare dependency, indifference to work, and utter hopelessness than statistics can fully convey. Vance’s mother was an addict who discarded husbands and boyfriends like Dixie cups, dragging her two children through endless screaming matches, bone-chilling threats, thrown plates and worse violence, and dizzying disorder. Every lapse was followed by abject apologies — and then the pattern repeated. His father gave him up for adoption (though that story is complicated), and social services would have removed him from his family entirely if he had not lied to a judge to avoid being parted from his grandmother, who provided the only stable presence in his life. Vance writes of his family and friends: “Nearly every person you will read about is deeply flawed. Some have tried to murder other people, and a few were successful. Some have abused their children, physically or emotionally.” His grandmother, the most vivid character in his tale (and, despite everything, a heroine) is as foul-mouthed as Tony Soprano and nearly as dangerous. She was the sort of woman who threatened to shoot strangers who placed a foot on her porch and meant it. Vance was battered and bruised by this rough start, but a combination of intellectual gifts — after a stint in the Marines he sailed through Ohio State in two years and then graduated from Yale Law — and the steady love of his grandparents helped him to leapfrog into America’s elite. This book is a memoir but also contains the sharp and unsentimental insights of a born sociologist. As André Malraux said to Whittaker Chambers under very different circumstances in 1952: “You have not come back from Hell with empty hands.” The troubles Vance depicts among the white working class, or at least that portion he calls “hillbillies,” are quite familiar to those who’ve followed the pathologies of the black poor, or Native Americans living on reservations. Disorganized family lives, multiple romantic partners, domestic violence and abuse, loose attachment to work, and drug and alcohol abuse. Children suffer from “Mountain Dew” mouth — severe tooth decay and loss because parents give their children, sometimes even infants with bottles, sugary sodas and fail to teach proper dental hygiene. “People talk about hard work all the time in places like Middletown [Ohio],” Vance writes. “You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than 20 hours a week and find not a single person aware of his own laziness.” He worked in a floor-tile warehouse and witnessed the sort of shirking that is commonplace. One guy, I’ll call him Bob, joined the tile warehouse just a few months before I did. Bob was 19 with a pregnant girlfriend. The manager kindly offered the girlfriend a clerical position answering phones. Both of them were terrible workers. The girlfriend missed about every third day of work and never gave advance notice. Though warned to change her habits repeatedly, the girlfriend lasted no more than a few months. Bob missed work about once a week, and he was chronically late. On top of that, he often took three or four daily bathroom breaks, each over half an hour. . . . Eventually, Bob . . . was fired. When it happened, he lashed out at his manager: ‘How could you do this to me? Don’t you know I’ve a pregnant girlfriend?’ And he was not alone. . . . A young man with every reason to work . . . carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. The addiction, domestic violence, poverty, and ill health that plague these communities might be salved to some degree by active and vibrant churches. But as Vance notes, the attachment to church, like the attachment to work, is severely frayed. People say they are Christians. They even tell pollsters they attend church weekly. But “in the middle of the Bible belt, active church attendance is actually quite low.” After years of alcoholism, Vance’s biological father did join a serious church, and while Vance was skeptical about the church’s theology, he notes that membership did transform his father from a wastrel into a responsible father and husband to his new family. Teenaged Vance did a stint as a check-out clerk at a supermarket and kept his social-scientist eye peeled: I also learned how people gamed the welfare system. They’d buy two dozen packs of soda with food stamps and then sell them at a discount for cash. They’d ring up their orders separately, buying food with the food stamps, and beer, wine, and cigarettes with cash. They’d regularly go through the checkout line speaking on their cell phones. I could never understand why our lives felt like a struggle while those living off of government largesse enjoyed trinkets that I only dreamed about. . . . Perhaps if the schools were better, they would offer children from struggling families the leg up they so desperately need? Vance is unconvinced. The schools he attended were adequate, if not good, he recalls. But there were many times in his early life when his home was so chaotic — when he was kept awake all night by terrifying fights between his mother and her latest live-in boyfriend, for example — that he could not concentrate in school at all. For a while, he and his older sister lived by themselves while his mother underwent a stint in rehab. They concealed this embarrassing situation as best they could. But they were children. Alone. A teacher at his Ohio high school summed up the expectations imposed on teachers this way: “They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.” Hillbilly Elegy is an honest look at the dysfunction that afflicts too many working-class Americans. But despite the foregoing, it isn’t an indictment. Vance loves his family and admires some of its strengths. Among these are fierce patriotism, loyalty, and toughness. But even regarding patriotism (his grandmother’s “two gods” were Jesus Christ and the United States of America), this former Marine strikes a melancholy note. His family and community have lost their heroes. We loved the military but had no George S. Patton figure in the modern army. . . . The space program, long a source of pride, had gone the way of the dodo, and with it the celebrity astronauts. Nothing united us with the core fabric of American society. Conspiracy theories abound in Appalachia. People do not believe anything the press reports: “We can’t trust the evening news. We can’t trust our politicians. Our universities, the gateway to a better life, are rigged against us. We can’t get jobs.” Conspiracy theories abound in Appalachia. Sound familiar? The white working class has followed the black underclass and Native Americans not just into family disintegration, addiction, and other pathologies, but also perhaps into the most important self-sabotage of all, the crippling delusion that they cannot improve their lot by their own effort. This is where the rise of Trump becomes both understandable and deeply destructive. He ratifies every conspiracy theory in circulation and adds news ones. He encourages the tribal grievances of the white working class and promises that salvation will come — not through their own agency and sensible government reforms — but only through his head-knocking leadership. He calls this greatness, but it’s the exact reverse. A great people does not turn to a strongman. The American character has been corrupted by multiple generations of government dependency and the loss of bourgeois virtues like self-control, delayed gratification, family stability, thrift, and industriousness. Vance has risen out of chaos to the heights of stability, success, and happiness. He is fundamentally optimistic about the chances for the nation to do the same. Whether his optimism is justified or not is unknowable, but his brilliant book is a signal flashing danger. Mona Charen
To further quell their culpability and show that the American Dream still functions as advertised, conservatives are fond of trotting out success stories — people who prove that pulling one’s self up by one’s bootstraps is still a possibility and, by extension, that those who don’t succeed must own their shortcomings. Lately, the right has found nobody more useful, both during the presidential election and after, than their modern-day Horatio Alger spokesperson, J. D. Vance, whose bestselling book “Hillbilly Elegy” chronicled his journey from Appalachia to the hallowed halls of the Ivy League, while championing the hard work necessary to overcome the pitfalls of poverty. Traditionally this would’ve been a Fox News kind of book — the network featured an excerpt on their site that focused on Vance’s introduction to “elite culture” during his time at Yale — but Vance’s glorified self-help tome was also forwarded by networks and pundits desperate to understand the Donald Trump phenomenon, and the author was essentially transformed into Privileged America’s Sherpa into the ravages of Post-Recession U.S.A. Trumpeted as a glimpse into an America elites have neglected for years, I first read “Hillbilly Elegy” with hope. I’d been told this might be the book that finally shed light on problems that’d been killing my family for generations. I’d watched my grandparents and parents, all of them factory workers, suffer backbreaking labor and then be virtually forgotten by the political establishment until the GOP needed their vote and stoked their social and racial anxieties to turn them into political pawns. In the beginning, I felt a kinship to Vance. His dysfunctional childhood looked a lot like my own. There was substance abuse. Knockdown, drag-out fights. A feeling that people just couldn’t get ahead no matter what they did. And then the narrative took a turn. Due to references he downplays, not to mention his middle-class grandmother’s shielding and encouragement, Vance was able to lift himself out of the despair of impoverishment and escaped to Yale and eventually Silicon Valley, where he was able to look back on his upbringing with a new perspective. (…) The thesis at the heart of “Hillbilly Elegy” is that anybody who isn’t able to escape the working class is essentially at fault. Sure, there’s a culture of fatalism and “learned helplessness,” but the onus falls on the individual. (…) Oh, the working class and their aversion to difficulty. If only they, like Vance, could take the challenge head on and rise above their circumstances. If only they, like Vance, weren’t so worried about material things like iPhones or the “giant TVs and iPads” the author says his people buy for themselves instead of saving for the future. This generalization is not the only problematic oversimplification in Vance’s book — he totally discounts the role racism played in the white working class’s opposition to President Obama and says, instead, it was because Obama dressed well, was a good father, and because Michelle Obama advocated eating healthy food — but it would be hard to understate what role Vance has played in reinvigorating the conservative bootstraps narrative for a new generation and, thus, emboldening Republican ideology. To Vance’s credit, he has been critical of Donald Trump, calling the working class’s support of the billionaire a result of a “false sense of purpose,” but Vance’s portrait of poor Americans is alarmingly in lockstep with the philosophy of Republicans who are shamefully using Trump’s presidency to forward their own agenda of economic warfare. (…) The message is loud and clear: Help is on the way, but only to those who “deserve” it. And how does one deserve it? By working hard. And the only metric to show that one has worked sufficiently hard enough is to look at their income, at how successful they are, because, in Vance’s and the Republican’s America, the only one to blame if you’re not wealthy is yourself. Never mind how legislation like this healthcare bill, cuts in education funding, continued decreases in after-school and school lunch programs, not to mention a lack of access to mental health care or career counseling, disadvantages the poor. Jared Yates Sexton (Assistant Professor of Creative Writing)
Hillbilly Elégie, qui vient de paraître aux éditions Globe traduit de l’anglais (américain) (…) est l’un des best-sellers de l’année aux Etats-Unis et son adaptation cinématographique est déjà en cours de tournage sous la direction de Ron Howard. Rien que ça ! Ensuite, c’est un livre hors du commun, qui a été salué avec un bel ensemble par la presse intellectuelle américaine, tant du côté conservateur que du côté libéral. On a beaucoup écrit qu’il constituait, en effet, l’une des clefs de cet événement tellement improbable : l’élection à la présidence des Etats-Unis « du Donald ». Ce n’est pourtant pas un essai politique. Il a été écrit avant que « le Donald » ne soit désigné comme candidat par les primaires républicaines. Et cependant, oui, il donne les clefs d’un facteur décisif ayant entraîné la victoire de Trump : le basculement de son côté de ces petits blancs, électeurs des Etats ravagés par le démantèlement des vieilles industries : Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, Ohio, ce qui reste de la Rust Belt, la ceinture de rouille. Rappelons que Trump a bénéficié massivement du « vote blanc ». Il est majoritaire dans cet électorat, même chez les femmes, alors qu’il affrontait, lui, le macho sans vergogne, la première candidate à la présidence de l’histoire des Etats-Unis. Mais ce qui est révélateur, c’est que Trump a obtenu ses meilleurs scores, chez les blancs qui n’ont pas fait d’études universitaires : 72 %, pour les hommes et 62 % chez les femmes. (…) Hillbilly Elégie est impressionnant parce que c’est un livre d’une rare honnêteté intellectuelle, alors qu’il est écrit depuis l’autre côté de la rive : son auteur, J.D. Vance s’est extrait de son milieu d’origine. Il a cessé d’être un hillbilly – autrement dit un crétin des collines, un plouc, un péquenaud – le vrai sens du mot hillbilly. Par un heureux concours de circonstances (son dressage chez les Marines) et grâce à une volonté de fer et une puissance de travail très américaines, il a intégré l’une des universités les plus prestigieuses du pays, Yale, et il est diplômé dans l’un des départements les plus prestigieux de cette université, son Ecole de droit. Né dans la classe ouvrière, il donc a rejoint les rangs de la grande bourgeoisie en devenant un avocat d’affaires renommé. (…) C’est un livre âpre, lucide, sans complaisance, écrit par un homme qui est, certes, passé de l’autre côté de la barrière des classes, mais qui garde une grande tendresse pour sa « communauté » d’origine. Et il se conclut par une série de recommandations sur la meilleure manière de remédier à la misère, tant matérielle que morale, où les siens se sont enfoncés. A travers son témoignage personnel, il nous livre une véritable enquête sur cette réalité sociale peu connue : le déclin de l’ancienne classe ouvrière blanche américaine. Son livre est d’un grand intérêt pour quiconque s’intéresse aux Etats-Unis ; mais il comporte aussi des leçons pour tous les pays anciennement industrialisés qui ont vu, comme le nôtre, fermer les usines et se désertifier certains territoires. Et d’abord son nom, Vance : il le porte par hasard. C’est celui de son géniteur, un chrétien évangéliste du Sud, alcoolique repenti, avec qui il n’a jamais eu le moindre contact avant son adolescence. Sa mère, en effet, est allée, durant toute sa vie d’homme en homme et de drogue en drogue. Comme beaucoup d’enfants de ce milieu, il a été traumatisé par la succession de ses « beaux-pères » de six mois ou d’un an. En quête d’un modèle masculin auquel s’identifier, il est passé de l’un à l’autre. Et l’instabilité à la fois géographique et affective de sa jeunesse en a fait un être angoissé. Première leçon de Hillbilly Elégie : être né dans une famille stable dont les membres adultes ne se hurlent pas après tous les soirs en se jetant à la figure tout ce qui leur tombe sous la main est un atout formidable pour réussir dans la vie…. La vraie famille de J.D., c’étaient ses grands-parents, d’authentiques hillbillies, eux, venus de leur Kentucky natal dans les années 1950 pour travailler dans l’Ohio voisin, où il y avait des mines et des aciéries. Mais Papaw et Mamaw (c’est comme ça qu’on dit Papy et Mamie chez les hillbillies) n’ont jamais oublié leur Kentucky natal, cette région des Appalaches connue pour la beauté de ses paysages… et l’arriération de ses habitants. Délivrance, le film de John Boorman, se passe, on s’en souvient, dans une région des Appalaches et donne de ses habitants une image assez peu flatteuse. Papaw et Mamaw, qui ne voyageaient jamais sans une arme à feu dans leur voiture, ont emporté dans leur Ohio d’adoption leur culture « hillbilly » des collines du Kentucky. Une culture que partageaient beaucoup de familles ouvrières originaires des Appalaches et qui imprègnent encore aujourd’hui les mentalités de leurs descendants. Papaw, ouvrier dans la grande aciérie locale et mécanicien apprécié, était un partisan du Parti démocrate, « le parti qui – je cite – défendait les travailleurs ». On était démocrate parce qu’on était ouvrier. Et c’est précisément cela qui a changé. Brice Couturier
En juin 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, paraissait Hillbilly Elegy, un récit autobiographique signé d’un illustre inconnu. Il y racontait son enfance dans la « Rust Belt », cette large région industrielle du nord-est des Etats-Unis, touchée de plein fouet par les crises successives. Quelques semaines plus tard, un long entretien publié sur le site The American Conservative propulsait J.D. Vance au rang de phénomène : l’auteur y défendait la candidature de Trump, qui avait, selon lui, « le mérite d’essayer » de s’adresser aux Blancs les plus pauvres, d’en appeler à leur « fierté » et de vilipender cette « élite » honnie, incarnée par Barack Obama et par Hillary Clinton. Le discours frontal et brutal de la droite, la condescendance embarrassée de la gauche… Dans ce récit à la première personne, publié cette semaine en France (éditions Globe), l’écrivain pointait du doigt ce qui amènerait Donald Trump au pouvoir. (…) Hillbilly Elegy est une plongée dans ses racines, son enfance, son ascension sociale. Vance est né et a grandi entre le Kentucky et l’Ohio, dans cette région des Appalaches dont on entend régulièrement parler tantôt comme le siège de la pire épidémie d’addiction aux opiacés qu’ait connue le pays ces dernières années, tantôt comme cette zone dévastée par le chômage lié à la fermeture des mines de charbon. Vance, lui, s’en est tiré : après un passage dans les Marines, il a quitté son patelin pour partir étudier, d’abord à l’université d’Etat de l’Ohio, puis à la très réputée Yale, dans le Connecticut. A force de volonté, et avec le soutien d’une grand-mère exceptionnelle qui a pallié jusqu’à sa mort les manquements de ses parents (un père « qu’[il] connaissai [t] à peine » et une mère qu’il aurait « préféré ne pas connaître », écrit-il), Vance a réussi ce que peu parviennent à accomplir : il a changé de classe sociale. Il est, écrit-il, un « émigré culturel », qui affirme cependant être resté, au fond de lui, un « hillbilly », un Américain « qui [se] reconnaî [t] dans les millions de Blancs d’origine irlando-écossaise de la classe ouvrière américaine qui n’ont pas de diplôme universitaire ». Se réappropriant au passage ce terme popularisé pendant la grande dépression pour qualifier les migrants économiques venus de la campagne, et devenu depuis franchement péjoratif. Hillbilly Elegy se lit comme un document sur la pauvreté blanche en Amérique. Vance y décrit de l’intérieur une communauté qui vit d’aides alimentaires tout en se plaignant d’un Etat incompétent, passe « plus de temps à parler de travail qu’à travailler réellement », apprend à ses enfants « la valeur de la loyauté, de l’honneur, ainsi qu’à être dur au mal », mais persiste à confondre, chez ses petits, « intelligence et savoir », faisant passer pour idiots des gamins éduqués de manière inefficace. Parce qu’il parle des siens, le jeune homme dresse un constat très rude, dénonce la « fainéantise » de ses anciens semblables tout en appelant le monde politique à « juger moins et [à] comprendre plus ». En mars dernier, dans un éditorial du New York Times intitulé « Pourquoi je rentre chez moi », Vance annonçait sa décision de quitter la Californie pour retourner dans les Appalaches, où il a créé une association de lutte contre la conduite addictive aux opiacés et a participé, au cours des derniers mois, à de nombreux meetings du Parti républicain.M le magazine du Monde

Attention: une relégation sociale peut en cacher une autre ! (It’s the culture, stupid !)

« Amers, accros des armes et de la religion » (Obama), « pitoyables « Hillary Clinton), « sans-dents » (Hollande), « fainéants » (Macron) …

Quatre mois après l’élection volée que l’on sait …

Qui a vu suite à l’assassinat médiatico-politique du candidat de l’alternance …

Et au fourvoiement et auto-sabordement – jusqu’à en oublier son texte – de la candidate des victimes de l’immigration sauvage et de l’insécurité culturelle …

L’élection par défaut d’un candidat qui au-delà de sa réelle volonté de réformer une France jusqu’ici irréformable …

Ne prend même plus la peine, à l’instar de ses prédécesseurs américains ou français, de cacher son mépris pour les « gens qui ne sont rien » et autres « illettrés » ou « fainéants »  …

Et en ces temps où après la passion que l’on sait pour les immigrés et en gommant du coup toute la dimension délictuelle, nos belles âmes n’ont que le mot « migrant » à la bouche …

Comment ne pas voir …

Alors que sort la traduction française du livre de « l’auteur américain qui avait vu venir Trump » (Hillbilly elegy, J.D. Vance) …

Et après la revanche de ces véritables « immigrés de l’intérieur » …

Qui aux Etats-Unis ont largement contribué à la victoire de Trump

Celle qui pourrait bien venir

De tous ceux qui au-delà des cas extrêmes de familles déstructurées, de fatalisme social et d’addictions aux opiacés de la Rust belt américaine dont parle Vance …

Mais à l’instar des vraies victimes de la mondialisation de la « France périphérique » évoqués par le géographe Christophe Guilly …

Ne se résignent pas, face au rouleau compresseur de la prétendue « modernité » et du « progrès », à la disparition programmée de leur culture nationale ?

J.D. Vance, l’auteur américain qui avait vu venir Trump

Publié pendant la campagne présidentielle, « Hillbilly Elegy » est devenu un best-seller. J.D. Vance, 33 ans, y raconte cette Amérique blanche et pauvre dont il est issu. Et qui a porté Trump au pouvoir.

M le magazine du Monde

Clémentine Goldszal

04.09.2017

En juin 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, paraissait Hillbilly Elegy, un récit autobiographique signé d’un illustre inconnu. Il y racontait son enfance dans la « Rust Belt », cette large région industrielle du nord-est des Etats-Unis, touchée de plein fouet par les crises successives. Quelques semaines plus tard, un long entretien publié sur le site The American Conservative propulsait J.D. Vance au rang de phénomène : l’auteur y défendait la candidature de Trump, qui avait, selon lui, « le mérite d’essayer » de s’adresser aux Blancs les plus pauvres, d’en appeler à leur « fierté » et de vilipender cette « élite » honnie, incarnée par Barack Obama et par Hillary Clinton.

Le discours frontal et brutal de la droite, la condescendance embarrassée de la gauche… Dans ce récit à la première personne, publié cette semaine en France (éditions Globe), l’écrivain pointait du doigt ce qui amènerait Donald Trump au pouvoir. En août 2016, Hillbilly Elegy entrait dans la liste des meilleures ventes du New York Times (il y figure encore aujourd’hui). Cinq mois plus tard, au lendemain de l’élection, les ventes faisaient un nouveau bond. Sous le choc, les progressistes américains cherchaient à comprendre ceux qui avaient porté Trump au pouvoir : traditionnellement démocrates, les Etats de la Rust Belt avaient cette fois-ci largement soutenu le candidat républicain.

L’histoire d’une ascension sociale

J.D. Vance a 33 ans, le visage rond, la raie sur le côté, les yeux bleus. Il s’exprime bien, et son livre est remarquablement écrit. Pas de la grande littérature, mais un ton sans détour, qui lui permet d’exprimer avec une grande clarté sa pensée complexe. Il est marié – à une jeune femme rencontrée durant ses études de droit à Yale – et, à la sortie de son livre, vivait encore à San Francisco, où il gagnait très bien sa vie dans la finance.

Hillbilly Elegy est une plongée dans ses racines, son enfance, son ascension sociale. Vance est né et a grandi entre le Kentucky et l’Ohio, dans cette région des Appalaches dont on entend régulièrement parler tantôt comme le siège de la pire épidémie d’addiction aux opiacés qu’ait connue le pays ces dernières années, tantôt comme cette zone dévastée par le chômage lié à la fermeture des mines de charbon.

J.D. Vance parle de « la classe ouvrière américaine oubliée »

Vance, lui, s’en est tiré : après un passage dans les Marines, il a quitté son patelin pour partir étudier, d’abord à l’université d’Etat de l’Ohio, puis à la très réputée Yale, dans le Connecticut. A force de volonté, et avec le soutien d’une grand-mère exceptionnelle qui a pallié jusqu’à sa mort les manquements de ses parents (un père « qu’[il] connaissai [t] à peine » et une mère qu’il aurait « préféré ne pas connaître », écrit-il), Vance a réussi ce que peu parviennent à accomplir : il a changé de classe sociale.

Il est, écrit-il, un « émigré culturel », qui affirme cependant être resté, au fond de lui, un « hillbilly », un Américain « qui [se] reconnaî [t] dans les millions de Blancs d’origine irlando-écossaise de la classe ouvrière américaine qui n’ont pas de diplôme universitaire ». Se réappropriant au passage ce terme popularisé pendant la grande dépression pour qualifier les migrants économiques venus de la campagne, et devenu depuis franchement péjoratif.

Hillbilly Elegy se lit comme un document sur la pauvreté blanche en Amérique. Vance y décrit de l’intérieur une communauté qui vit d’aides alimentaires tout en se plaignant d’un Etat incompétent, passe « plus de temps à parler de travail qu’à travailler réellement », apprend à ses enfants « la valeur de la loyauté, de l’honneur, ainsi qu’à être dur au mal », mais persiste à confondre, chez ses petits, « intelligence et savoir », faisant passer pour idiots des gamins éduqués de manière inefficace. Parce qu’il parle des siens, le jeune homme dresse un constat très rude, dénonce la « fainéantise » de ses anciens semblables tout en appelant le monde politique à « juger moins et [à] comprendre plus ».

Une parole conservatrice audible

En mars dernier, dans un éditorial du New York Times intitulé « Pourquoi je rentre chez moi », Vance annonçait sa décision de quitter la Californie pour retourner dans les Appalaches, où il a créé une association de lutte contre la conduite addictive aux opiacés et a participé, au cours des derniers mois, à de nombreux meetings du Parti républicain.

Depuis le printemps, les ténors du parti ont d’ailleurs multiplié les appels du pied pour le convaincre de se présenter aux élections sénatoriales, qui se tiendront en novembre. Son nom est devenu familier des lecteurs de la presse quotidienne, son visage apparaît souvent à la télévision (il est devenu éditorialiste pour CNN, en janvier, et signe régulièrement dans les colonnes du New York Times). Plus d’un million d’exemplaires de son livre ont déjà été écoulés, et les droits ont été vendus à plus d’une dizaine de pays.

Les médias semblent avoir trouvé en J.D. Vance une parole conservatrice audible, reçue comme l’émanation articulée de la rage confusément exprimée par les Blancs les plus pauvres d’Amérique. En mai dernier, Bill Gates recommandait même sur son blog la lecture d’Hillbilly Elegy, affirmant y avoir trouvé « des informations nouvelles sur les facteurs culturels et familiaux qui contribuent à la pauvreté ».

 Voir aussi:

La grande colère des petits Blancs américains
Brice Couturier
France Culture
15/09/2017

La culture hillbilly était fondée sur une fierté de cols bleus. Elle se révèle incompatible avec la méritocratie américaine contemporaine.

Hier, je vous nous avez présenté un livre qui a été un événement de société en même temps qu’un best-seller aux Etats-Unis, et dont l’adaptation est en cours de tournage, Hillbilly Elegy. La traduction française vient de sortir aux Editions Globe. Mais d’abord comment définir cette « culture hillbilly » ?

A l’origine, un Hillbilly, c’est un blanc des Appalaches. Vivaient dans ces montagnes des communautés rurales plus ou moins coupées du monde moderne. Leur musique est l’une des composantes de la country music. Ils lui ont apporté, via le violon et le banjo, ses racines irlando-écossaises. Mais le terme est devenu très péjoratif. Dans l’iconographie classique, un Hillbilly c’est quelqu’un qui porte une salopette en jeans, qui sourit bêtement et à qui il manque pas mal de dents. Un péquenaud, un rustre, mais un rustre dangereux.

Retournant le stigmate, J.D. Vance, l’auteur du livre présente sa propre famille et son milieu d’origine sous des couleurs sombres. Ce ne sont pas de joyeux péquenauds qui dansent au son du violon, mais des gens en colère. Parce qu’ils ont le sentiment d’être des victimes du tournant pris par leur pays. Passés de l’agriculture du Kentucky à l’industrie sidérurgique de l’Ohio dans les années 50, ils avaient créé une culture et un mode de vie originaux, dont ils étaient fiers. Ils étaient des « cols bleus », ils participaient au « rêve américain », selon lequel quand on travaille dur, on peut vivre confortablement. Or, ils constatent que ce n’est plus le cas.

Ce qui a changé, c’est que le système social américain est devenu au moins aussi méritocratique que le nôtre. Le passage par une bonne université, comme le constate le hillbilly J.D. Vance, reçu contre toute attente à Yale, permet de se constituer « un capital social » qui est devenu la véritable clef de toute réussite. Or, dans ce milieu de petits blancs, on fréquente rarement le college, encore moins l’université.

A cause du coût (faramineux) des études, mais pas uniquement. Vance montre que les étudiants méritants issus de milieux pauvres, comme le sien, parviennent à financer leurs études par des bourses qu’ils complètent en travaillant. Non, la véritable cause de l’échec des petits blancs de la classe ouvrière, c’est la culture hillbilly elle-même.

A ses yeux, la première caractéristique de cette culture, c’est un sens de l’honneur, de l’honneur familial en particulier extravagant. Sa grand-mère maternelle qui l’a élevé « Mamaw » « venait d’une famille où l’on préférait – je cite – ouvrir le feu plutôt que de discuter. » (p. 35) L’honneur des mères et des filles, en particulier, fait l’objet d’une agressivité toute particulière. « Je pense que nous, les Hillbillies, sommes les gens les plus durs à cuire de la planète, écrit-il. Si quelqu’un insulte notre mère, nous sortons la tronçonneuse. » (p. 277) C’est un milieu violent où l’on se fait justice soi-même. « On n’a pas besoin des autorités pour leur régler leur compte », écrit-il. Et sa fameuse grand-mère a failli, à 12 ans, exécuter d’une balle dans la tête, l’un des voleurs qui avait tenté de subtiliser une vache à ses parents. Elle en a été empêchée au dernier moment par l’un de ses frères. Ca vous crée une réputation chez les voisins…

Ce culte de la force physique va, évidemment, de pair avec un mépris pour le savoir et les études. « Enfant, écrit-il, j’associai la réussite scolaire aux filles. La masculinité, c’était la force, le courage et la volonté de se battre. Les garçons qui avaient de bonnes notes étaient des « gonzesses » ou des « tarlouzes ». » (p. 268) On le devine, cette culture ne favorise pas l’ascension sociale dans un pays où le diplôme universitaire est dorénavant le sésame obligatoire de la réussite sociale.

Vance raconte, à la fin de son livre, comment il renonce, sous la bonne influence de son épouse, une fille de bonne famille, d’origine indienne qu’il a rencontrée à Yale, à aller casser la figure à un conducteur qui lui a coupé la route en lui faisant un doigt d’honneur. Ce renoncement à ses anciennes mœurs « hillbilly » symbolise, à ses yeux, sa propre accession aux classes supérieures éduquées. Je cite : « C’était « la chose raisonnable à faire » (p. 269) « Mais c’est ça, le progrès, non ? Cela vaut mieux que d’être assis dans une cellule de prison pour avoir donné une leçon à ce fils de pute ». (270)

On le devine : dans ce milieu Barack Obama était détesté. Je cite : « Aux yeux de beaucoup de Middletowniens, le président est un extraterreste pour des raisons qui n’ont rien à voir avec sa couleur de peau. Il ne faut pas oublier qu’aucun de mes camarades de lycée n’est allé dans une grande université. Barack Obama en a fréquenté deux, dans lesquelles il a brillé. Il est riche, intelligent et il s’exprime comme un professeur de droit constitutionnel. (…) Son accent – propre, parfait, neutre – est étranger. (…) Il dégage une confiance qui vient de la certitude que, dans l’Amérique moderne, la méritocratie a été forgée pour lui. (…) Le président Obama a fait ses débuts en politique alors que beaucoup de gens, dans ma communauté, commençaient à croire que, dans l’Amérique moderne, la méritocratie n’avait pas été forgée pour eux. Nous savons que nous sommes en train d’échouer. (…) Barack Obama frappe au plein cœur de nos faiblesses. C’est un bon père, ce que beaucoup d’entre nous ne sont pas. Il porte un costume pour aller travailler, alors que nous mettons des bleus de travail quand nous avons la chance d’avoir un emploi. Et sa femme nous explique que nous ne devrions pas donner certains aliments à manger nos enfants et nous la détestons pour ça – non parce qu’elle a tort, mais parce que nous savons qu’elle a raison. » (p. 212, 213) Fantastique, non ?

Voir également:

Hillbilly Elégie, le roman vrai d’une classe ouvrière blanche américaine en crise
Brice Couturier
France Culture
14/09/2017

En nous racontant son enfance et sa jeunesse, dans une famille de la classe ouvrière en déclin de l’Ohio, J.D. Vance jette une lumière sur les sources de la colère américaine des « petits blancs ». Un électorat qui a basculé des Démocrates aux Républicains en deux générations.

Je voudrais attirer votre attention sur un livre, Hillbilly Elégie, qui vient de paraître aux éditions Globe. Traduit de l’anglais (américain) auquel j’avais déjà fait allusion dans ma chronique du 30 janvier. Je m’y livrai à une tentative d’explication de la victoire électorale de Donald Trump. Hillbilly Elégie, c’est d’abord un phénomène éditorial. C’est l’un des best-sellers de l’année aux Etats-Unis et son adaptation cinématographique est déjà en cours de tournage sous la direction de Ron Howard. Rien que ça ! Ensuite, c’est un livre hors du commun, qui a été salué avec un bel ensemble par la presse intellectuelle américaine, tant du côté conservateur que du côté libéral. On a beaucoup écrit qu’il constituait, en effet, l’une des clefs de cet événement tellement improbable : l’élection à la présidence des Etats-Unis « du Donald ».

Ce n’est pourtant pas un essai politique. Il a été écrit avant que « le Donald » ne soit désigné comme candidat par les primaires républicaines. Et cependant, oui, il donne les clefs d’un facteur décisif ayant entraîné la victoire de Trump : le basculement de son côté de ces petits blancs, électeurs des Etats ravagés par le démantèlement des vieilles industries : Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, Ohio, ce qui reste de la Rust Belt, la ceinture de rouille.

Rappelons que Trump a bénéficié massivement du « vote blanc ». Il est majoritaire dans cet électorat, même chez les femmes, alors qu’il affrontait, lui, le macho sans vergogne, la première candidate à la présidence de l’histoire des Etats-Unis. Mais ce qui est révélateur, c’est que Trump a obtenu ses meilleurs scores, chez les blancs qui n’ont pas fait d’études universitaires : 72 %, pour les hommes et 62 % chez les femmes. Et ce livre explique pourquoi.

Hillbilly Elégie est impressionnant parce que c’est un livre d’une rare honnêteté intellectuelle, alors qu’il est écrit depuis l’autre côté de la rive : son auteur, J.D. Vance s’est extrait de son milieu d’origine. Il a cessé d’être un hillbilly – autrement dit un crétin des collines, un plouc, un péquenaud – le vrai sens du mot hillbilly. Par un heureux concours de circonstances (son dressage chez les Marines) et grâce à une volonté de fer et une puissance de travail très américaines, il a intégré l’une des universités les plus prestigieuses du pays, Yale, et il est diplômé dans l’un des départements les plus prestigieux de cette université, son Ecole de droit. Né dans la classe ouvrière, il donc a rejoint les rangs de la grande bourgeoisie en devenant un avocat d’affaires renommé. Et c’est précisément ce que raconte son livre. C’est le récit d’une trajectoire de vie.

Mais cette autobiographie ne ressemble en aucune façon à ces auto-célébrations exaspérantes qu’aiment dicter à des scribouillards les self-made men qui s’ennuient dans leurs appartements de 300 m² de la 5° avenue. C’est un livre âpre, lucide, sans complaisance, écrit par un homme qui est, certes, passé de l’autre côté de la barrière des classes, mais qui garde une grande tendresse pour sa « communauté » d’origine. Et il se conclut par une série de recommandations sur la meilleure manière de remédier à la misère, tant matérielle que morale, où les siens se sont enfoncés. A travers son témoignage personnel, il nous livre une véritable enquête sur cette réalité sociale peu connue : le déclin de l’ancienne classe ouvrière blanche américaine. Son livre est d’un grand intérêt pour quiconque s’intéresse aux Etats-Unis ; mais il comporte aussi des leçons pour tous les pays anciennement industrialisés qui ont vu, comme le nôtre, fermer les usines et se désertifier certains territoires.

Et d’abord son nom, Vance : il le porte par hasard. C’est celui de son géniteur, un chrétien évangéliste du Sud, alcoolique repenti, avec qui il n’a jamais eu le moindre contact avant son adolescence. Sa mère, en effet, est allée, durant toute sa vie d’homme en homme et de drogue en drogue. Comme beaucoup d’enfants de ce milieu, il a été traumatisé par la succession de ses « beaux-pères » de six mois ou d’un an. En quête d’un modèle masculin auquel s’identifier, il est passé de l’un à l’autre. Et l’instabilité à la fois géographique et affective de sa jeunesse en a fait un être angoissé. Première leçon de Hillbilly Elégie : être né dans une famille stable dont les membres adultes ne se hurlent pas après tous les soirs en se jetant à la figure tout ce qui leur tombe sous la main est un atout formidable pour réussir dans la vie….

La vraie famille de J.D., c’étaient ses grands-parents, d’authentiques hillbillies, eux, venus de leur Kentucky natal dans les années 1950 pour travailler dans l’Ohio voisin, où il y avait des mines et des aciéries. Mais Papaw et Mamaw (c’est comme ça qu’on dit Papy et Mamie chez les hillbillies) n’ont jamais oublié leur Kentucky natal, cette région des Appalaches connue pour la beauté de ses paysages… et l’arriération de ses habitants. Délivrance, le film de John Boorman, se passe, on s’en souvient, dans une région des Appalaches et donne de ses habitants une image assez peu flatteuse.

Papaw et Mamaw, qui ne voyageaient jamais sans une arme à feu dans leur voiture, ont emporté dans leur Ohio d’adoption leur culture « hillbilly » des collines du Kentucky. Une culture que partageaient beaucoup de familles ouvrières originaires des Appalaches et qui imprègnent encore aujourd’hui les mentalités de leurs descendants. Papaw, ouvrier dans la grande aciérie locale et mécanicien apprécié, était un partisan du Parti démocrate, « le parti qui – je cite – défendait les travailleurs ». On était démocrate parce qu’on était ouvrier. Et c’est précisément cela qui a changé. Demain, je vous raconte comment les petits-enfants des ouvriers des années 50 et 60 sont devenus des trumpistes en colère.

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Un changement d’époque intellectuelle
Brice Couturier
France Culture
30/01/2017

La pensée progressiste a dominé sans partage depuis un demi-siècle, grâce à l’alliance, pourtant improbable, de l’esprit libertaire des sixties et du néo-libéralisme des années 80. Le hillbilly des Appalaches pourrait bien devenir le nouveau héros de l’époque.

– Nous vivons manifestement un changement d’époque. On le voit à certains événements politiques, jugés hier encore, impensables. Mais ces bouleversements ont été préparés de longue date par des modifications dans l’air du temps, dans la culture. Ce sera le thème de ces chroniques, cette semaine.

Par exemple, que la contre-culture des sixties se soit avérée parfaitement compatible avec le néo-libéralisme des années 80, c’est devenu une évidence. Une bonne part de l’œuvre de Jean-Claude Michéa est destinée à la critique de cet alliage, a priori contre nature, de l’économie libérale et de l’esprit libertaire. Elle s’est incarnée dans le personnage, emblématique de notre époque, du bourgeois-bohême.

Or, l’un des tout premiers à en avoir eu l’intuition est un professeur de littérature à l’Université Columbia, spécialiste de l’histoire des idées et fin connaisseur de la vie intellectuelle française, Mark Lilla.

Dans un article judicieusement traduit par la revue Esprit en octobre 1998, intitulé La double révolution libérale : Sixties et Reaganomics, Mark Lilla se servait d’un détour par la pensée conservatrice pour montrer combien « la déligitimation de l’autorité publique dans tous les aspects de la vie sociale » avait permis un recul de l’Etat, favorable au déploiement du marché. Comment un individualisme poussé à ses ultimes limites avait produit une culture de l’incivilité et de l’irresponsabilité et rendu possible la contre-révolution reaganienne. « La révolution culturelle et la révolution de Reagan ont eu lieu dans l’espace d’une seule génération, et sont des événements complémentaires et non pas contradictoires », concluait l’auteur.

On peut créditer Mark Lilla d’avoir de la suite dans les idées. Lui, qui n’appartient pas au courant conservateur, ne cesse de réclamer qu’on prenne celui-ci au sérieux. Il s’amusait, il y a quelques temps déjà, dans la Chronicle of Higher Education, que l’étude de la pensée conservatrice dans les universités américaines soit abordée sous l’angle des « questions de race, de genre et de classe » ; ou encore qu’on y étudie tout ensemble les grands auteurs, tels qu’Edmund Burke et Peter Viereck et les groupuscules néo-nazis. Dans beaucoup d’universités, ajoutait-il, on se débarrasse du sujet en faisant du conservatisme américain une affaire classée – une bande d’anticommunistes qui se serait éteinte avec la Guerre froide.

Les universitaires de tendance conservatrice sont très rarement embauchés par les universités, ajoutait-il. « _Nous avons fait de sérieux efforts pour accroître notre diversité raciale et ethnique. Il y a des doyens bien payés qui travaillent uniquement sur ce sujet. Mais les universités ne manifestent pas le plus léger intérêt pour la diversité intellectuelle parmi leur personnel enseignant. »

Mark Lilla, qui connaît bien notre propre milieu intellectuel, y a-t-il trouvé davantage de diversité ? Pas vraiment. Dans ce même article, il évoque un dîner bien parisien, où la conversation avait porté sur l’œuvre de Leo Strauss. Alors qu’elle s’apprêtait à devenir intéressante, une des personnes présentes l’avait refermée d’un seul mot : « Mais n’était-il pas un conservateur ? »

Durant près d’un demi-siècle, la pensée progressiste avait acquis une telle hégémonie qu’elle n’était pas mise en question. Il suffisait de caractériser un penseur comme « conservateur », ou pire « réactionnaire » pour lui retirer toute légitimité intellectuelle. Et à régler les questions posées. Cette époque se termine. On le voit à de nombreux signes, notamment au succès public remporté par des auteurs en rupture ouverte avec la doxa progressiste et condamnés par elle.

Aux Etats-Unis, droite et gauche confondues font un succès au livre de JD Vance, Hillbilly Elegy. A memoir of a family and culture in crisis. Le témoignage d’un de ces « petits blancs en colère » des Appalaches qui ont donné le pouvoir à Trump. Le hillbilly, ou l’anti-bobo, précisément. Ni bourgeois, ni bohême

Mais il semble qu’il suffise de nos jours de dénoncer les « médias de gauche » et la manière dont ils « détruisent la libre expression » pour faire un best-seller aux Etats-Unis. Deux essais viennent de paraître, qui portent ce même sous-titre, dont l’un The Silencing, est signé par Kirsten Powers, une éditorialiste fameuse, qui a servi pourtant dans des administrations démocrates – donc de gauche. L’autre, The intimidating game est signé Kimberley Strassel, éditorialiste au Wall Street Journal.

Et pourtant, écrit Mark Lilla, dans son dernier livre, The Shipwrecked Mind. On political reaction (La pensée du naufrage. Sur la réaction politique), les penseurs réactionnaires ont bien des choses à nous révéler sur ce que nous sommes en train de vivre. Car qui opte pour l’exil intérieur, refuse de participer, perçoit des changements dont la portée échappe aux contemporains. Le refus de l’époque confère une position d’extériorité. Et la nostalgie du passé donne d’utiles éléments de comparaison avec le présent. « Là où d’autres voient le fleuve du temps passer, comme il l’a toujours fait, le réactionnaire voit les débris du paradis flotter à la dérive », écrit-il dans l’introduction à son livre.

La nostalgie politique, contrairement au progressisme, est irréfutable, relève-t-il encore. Or, la nostalgie politique aura été l’une des grandes forces intellectuelles motrices du XX° siècle. A l’issue de chacune des deux guerres mondiales, on a pleuré la disparition du « monde d’hier ». Chaque fois fut proclamée la disparition du « monde tel que nous l’avons connu ».

On trouve des réactionnaires à droite, principalement, mais il en est aussi à gauche, estime Mark Lilla. Dans les deux cas, et c’est le point essentiel de sa démonstration, existe la tentation de remonter le cours de l’histoire, afin de déterminer quel mauvais embranchement aurait été pris. C’est la grande affaire des réactionnaires. Qui font d’excellents historiens.

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Why I’m Moving Home

COLUMBUS, Ohio — In recent months, I’ve frequently found myself in places hit hard by manufacturing job losses, speaking to people affected in various ways. Sometimes, the conversation turns to the conflict people feel between the love of their home and the desire to leave in search of better work.

It’s a conflict I know well: I left my home state, Ohio, for the Marine Corps when I was 19. And while I’ve returned home for months or even years at a time, job opportunities often pull me away.

Experts have warned for years now that our rates of geographic mobility have fallen to troubling lows. Given that some areas have unemployment rates around 2 percent and others many times that, this lack of movement may mean joblessness for those who could otherwise work.

But from the community’s perspective, mobility can be a problem. The economist Matthew Kahn has shown that in Appalachia, for instance, the highly skilled are much likelier to leave not just their hometowns but also the region as a whole. This is the classic “brain drain” problem: Those who are able to leave very often do.

The brain drain also encourages a uniquely modern form of cultural detachment. Eventually, the young people who’ve moved out marry — typically to partners with similar economic prospects. They raise children in increasingly segregated neighborhoods, giving rise to something the conservative scholar Charles Murray calls “super ZIPs.” These super ZIPs are veritable bastions of opportunity and optimism, places where divorce and joblessness are rare.

As one of my college professors recently told me about higher education, “The sociological role we play is to suck talent out of small towns and redistribute it to big cities.” There have always been regional and class inequalities in our society, but the data tells us that we’re living through a unique period of segregation.

This has consequences beyond the purely material. Jesse Sussell and James A. Thomson of the RAND Corporation argue that this geographic sorting has heightened the polarization that now animates politics. This polarization reflects itself not just in our voting patterns, but also in our political culture: Not long before the election, a friend forwarded me a conspiracy theory about Bill and Hillary Clinton’s involvement in a pedophilia ring and asked me whether it was true.

It’s easy to dismiss these questions as the ramblings of “fake news” consumers. But the more difficult truth is that people naturally trust the people they know — their friend sharing a story on Facebook — more than strangers who work for faraway institutions. And when we’re surrounded by polarized, ideologically homogeneous crowds, whether online or off, it becomes easier to believe bizarre things about them. This problem runs in both directions: I’ve heard ugly words uttered about “flyover country” and some of its inhabitants from well-educated, generally well-meaning people.

I’ve long worried whether I’ve become a part of this problem. For two years, I’d lived in Silicon Valley, surrounded by other highly educated transplants with seemingly perfect lives. It’s jarring to live in a world where every person feels his life will only get better when you came from a world where many rightfully believe that things have become worse. And I’ve suspected that this optimism blinds many in Silicon Valley to the real struggles in other parts of the country. So I decided to move home, to Ohio.

It wasn’t an easy choice. I scaled back my commitments to a job I love because of the relocation. My wife and I worry about the quality of local public schools, and whether she (a San Diego native) could stand the unpredictable weather.

But there were practical reasons to move: I’m founding an organization to combat Ohio’s opioid epidemic. We chose Columbus because I travel a lot, and I need to be centrally located in the state and close to an airport. And the truth is that not every motivation is rational: Part of me loves Ohio simply because it’s home.

I recently asked a friend, Ami Vitori Kimener, how she thought about her own return home. A Georgetown graduate, Ami left a successful career in Washington to start new businesses in Middletown, Ohio. Middletown is in some ways a classic Midwestern city: Once thriving, it was hit hard by the decline of the region’s manufacturing base in recent decades. But the town is showing early signs of revitalization, thanks in part to the efforts of those like Ami.

Talking with Ami, I realized that we often frame civic responsibility in terms of government taxes and transfer payments, so that our society’s least fortunate families are able to provide basic necessities. But this focus can miss something important: that what many communities need most is not just financial support, but talent and energy and committed citizens to build viable businesses and other civic institutions.

Of course, not every town can or should be saved. Many people should leave struggling places in search of economic opportunity, and many of them won’t be able to return. Some people will move back to their hometowns; others, like me, will move back to their home state. The calculation will undoubtedly differ for each person, as it should. But those of us who are lucky enough to choose where we live would do well to ask ourselves, as part of that calculation, whether the choices we make for ourselves are necessarily the best for our home communities — and for the country.

 Voir encore:

Hillbilly America: Do White Lives Matter?

Yesterday I read J.D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture In Crisis. Well, “read” is not quite the word. I devoured the thing in a single gulp. If you want to understand America in 2016, Hillbilly Elegy is a must-read. I will be thinking about this book for a long, long time. Here are my impressions.

The book is an autobiographical account by a lawyer (Yale Law School graduate) and sometime conservative writer who grew up in a poor and chaotic Appalachian household. He’s a hillbilly, in other words, and is not ashamed of the term. Vance reflects on his childhood, and how he escaped the miserable fate (broken families, drugs, etc) of so many white working class and poor people around whom he grew up. And he draws conclusions from it, conclusions that may be hard for some people to take. But Vance has earned the right to make those judgments. This was his life. He speaks with authority that has been extremely hard won.

Forgive the rambling nature of this post. I’m still trying to process this extraordinary book.

Vance’s people come from Kentucky and southern Ohio, a deeply depressed region filled with hard-bitten but proud Scots-Irish folks. He begins by talking about how, as a young man, he got a job working in a warehouse, doing hard work for extra money. He writes about how even though the work was physically demanding, the pay wasn’t bad, and it came with benefits. Yet the warehouse struggled to keep people employed. Vance says his book is about macroeconomic trends — outsourcing jobs overseas — but not only that:

But this book is about something else: what goes on in the lives of real people when the industrial economy goes south. It’s about reacting to bad circumstances in the worst way possible. It’s about a culture that increasingly encourages social decay instead of counteracting it. The problems that I saw at the tile warehouse run far deeper than macroeconomic trends and policy. too many young men immune to hard work. Good jobs impossible to fill for any length of time. And a young man [one of Vance’s co-workers] with every reason to work — a wife-to-be to support and a baby on the way — carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself. This is distinct from the larger economic landscape of modern America.

This is the heart of Hillbilly Elegy: how hillbilly white culture fails its children, and how the greatest disadvantages it imparts to its youth are the life of violence and chaos in which they are raised, and the closely related problem of a lack of moral agency. Young Vance was on a road to ruin until certain people — including the US Marine Corps — showed him that his choices mattered, and that he had a lot more control over his fate than he thought.

Vance talks about how, in his youth, there was a lot of hardscrabble poverty among his people, but nothing like today, dominated by the devastation of drug addiction. Everything we are accustomed to hearing about black inner city social dysfunction is fully present among these white hillbillies, as Vance documents in great detail. He writes that “hillbillies learn from an early age to deal with uncomfortable truths by avoiding them, or by pretending better truths exist. This tendency might make for psychological resilience, but it also makes it hard for Appalachians to look at themselves honestly.”

This was one of many points at which Vance’s experience converged somewhat with mine. My people are not hillbillies per se, but I come from working-class Southern country white people. Many of the cultural traits Vance describes are present in a more diluted way in my own family. That fierce pride, a pride that would rather see everything go to hell than admit error. This, I think, has something to do with why Southern Protestant Christianity has traditionally been more Stoic than Christian. Real Christianity has as its heart humility. That’s not a characteristic Scots-Irish people hold dear.

Vance talks about the hillbilly habit of stigmatizing people who leave the hollers as “too big for your britches” — meaning that you got above yourself. It doesn’t matter that they may have left to find work, and that they’re living a fairly poor life not too far away, in Ohio. The point is, they left, and that is a hard sin to forgive. What, we weren’t good enough for you?

This is the white-people version of “acting white,” if you follow me: the same stigma and shame that poor black people deploy against other poor black people who want to better themselves with education and so on.

The most important figure in Vance’s life is his Mamaw (pron. “MAM-maw”), Bonnie Vance, a kind of hillbilly Catherine the Great. She was a phenomenally tough woman. She knew how to use a gun, she had a staggeringly foul mouth, she smoked menthols and stood ready to fight at the drop of a hat. And she saved Vance’s life.

Vance plainly loves his people, and because he loves them, he tells hard truths about them. He talks about how cultural fatalism destroys initiative. When hillbillies run up against adversity, they tend to assume that they can’t do anything about it. To the hillbilly mind, people who “make it” are either born to wealth, or were born with uncanny talent, winning the genetic lottery. The connection between self-discipline and hard work, and success, is invisible to them. Vance:

People talk about hard work all the time in places like Middletown [where Vance grew up]. You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than twenty hours a week and find not a single person aware of his own laziness.

Vance was born into a world of chaos. It takes concentration to follow the trail of family connections. Women give birth out of wedlock, having children by different men. Marriages rarely last, and informal partnerings are more common. Vance has half-siblings by his mom’s different husbands (she has had five to date). In his generation, Vance says, grandparents are often having to raise their grandchildren, because those grandparents, however impoverished and messy their own lives may be, offer a more stable alternative than the incredible instability of the kids’ parents (or more likely, parent).

Vance scarcely knew his biological father until he was a bit older, and lived with his mom and her rotating cast of boyfriends and husbands. Here’s Vance on models of manhood:

I learned little else about what masculinity required of me other than drinking beer and screaming at a woman when she screamed at you. In the end, the only lesson that took was that you can’t depend on people. “I learned that men will disappear at the drop of a hat,” Lindsay [his half-sister] once said. “They don’t care about their kids; they don’t provide; they just disappear, and it’s not that hard to make them go.”

This is what happens in inner-city black culture, as has been exhaustively documented. But these are rural and small-town white people. This dysfunction is not color-based, but cultural.

I could not do justice here to describe the violence, emotional and physical, that characterizes everyday life in Vance’s childhood culture, and the instability in people’s outer lives and inner lives. To read in such detail what life is like as a child formed by communities like that is to gain a sense of why it is so difficult to escape from the malign gravity of that way of life. You can’t imagine that life could be any different.

Religion among the hillbillies is not much help. Vance says that hillbillies love to talk about Jesus, but they don’t go to church, and Christianity doesn’t seem to have much effect at all on their behavior. Vance’s biological father is an exception. He belonged to a strict fundamentalist church, one that helped him beat his alcoholism and gave him the severe structure he needed to keep his life from going off track. Vance:

Dad’s church offered something desperately needed by people like me. For alcoholics, it gave them a community of support and a sense that they weren’t fighting addiction alone. For expectant mothers, it offered a free home with job training and parenting classes. When someone needed a job, church friends could either provide one or make introductions. When Dad faced financial troubles, his church banded together and purchased a used car for the family. In the broken world I saw around me — and for the people struggling in that world — religion offered tangible assistance to keep the faithful on track.

Vance says the best thing about life in his dad’s house was how boring it was. It was predictable. It was a respite from the constant chaos.

On the other hand, the religion most hillbillies espouse is a rusticated form of Moralistic Therapeutic Deism. God seems to exist only as a guarantor of ultimate order, and ultimate justice; Jesus is there to assuage one’s pain. Except for those who commit to churchgoing — and believe it or not, this is one of the least churched parts of the US — Christianity is a ghost.

About Vance’s father’s fundamentalism, I got more details about what this blog’s reader Turmarion, who lives in Appalachia, keeps telling me about that region’s fundamentalism. Even though I live in the rural Deep South, this form of Christianity is alien to me. When he went to live with his dad for a time as an adolescent (if I have my chronology correct), Vance was exposed for the first time to church. He appreciated very much the structure, but noticed that the spirituality on offer was fear-based and paranoid. “[T]he deeper I immersed myself in evangelical theology, the more I felt compelled to mistrust many sectors of society. Evolution and the Big Bang became ideologies to confront, not theories to understand … In my new church … I heard more about the gay lobby and the war on Christmas than about any particular character trait that a Christian should aspire to have.”

This was yet another reminder of why so many Evangelicals react strongly against the Benedict Option. As I often say, I have no experience of this extreme siege mentality in Christianity. In fact, my experience is entirely the opposite. I believe that some Christians coming out of fundamentalism may react so strongly against their miserable, unhappy background that they don’t appreciate the extent to which there really are people and forces out to “get” them. When you have lived almost all your Christian life among highly assimilated Christians who generally don’t pay attention to these things, their complacency can drive you crazy. But Vance helps me to understand how someone who grew up in its opposite would find even the slightest hint of siege Christianity to be anathema.

One of the most important contributions Vance makes to our understanding of American poverty is how little public policy can affect the cultural habits that keep people poor. He talks about education policy, saying that the elite discussion of how to help schools focuses entirely on reforming institutions. “As a teacher at my old high school told me recently, ‘They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.”

He continues:

Why didn’t our neighbor leave that abusive man? Why did she spend her money on drugs? Why couldn’t she see that her behavior was destroying her daughter? Why were all of these things happening not just to our neighbor but to my mom? It would be years before I learned that no single book, or expert, or field could fully explain the problems of hillbillies in modern America. Our elegy is a sociological one, yes, but it is also about psychology and community and culture and faith. During my junior year of high school, our neighbor Pattie called her landlord to report a leaky roof. The landlord arrived and found Pattie topless, stoned, and unconscious on her living room couch. Upstairs the bathtub was overflowing — hence, the leaking roof. Pattie had apparently drawn herself a bath, taken a few prescription painkillers, and passed out. The top floor of her home and many of her family’s possessions were ruined. This is the reality of our community. It’s about a naked druggie destroying what little of value exists in her life. It’s about children who lose their toys and clothes to a mother’s addiction.

This was my world: a world of truly irrational behavior. We spend our way into the poorhouse. We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being. We spend to pretend that we’re upper class. And when the dust clears — when bankruptcy hits or a family member bails us out of our stupidity — there’s nothing left over. Nothing for the kids’ college tuition, no investment to grow our wealth, no rainy-day fund if someone loses her job. We know we shouldn’t spend like this. Sometimes we beat ourselves up over it, but we do it anyway.

More:

Our homes are a chaotic mess. We scream and yell at each other like we’re spectators at a football game. At least one member of the family uses drugs — sometimes the father, sometimes both. At especially stressful times, we’ll hit and punch each other, all in front of the rest of the family, including young children; much of the time, the neighbors hear what’s happening. A bad day is when the neighbors call the police to stop the drama. Our kids go to foster care but never stay for long. We apologize to our kids. The kids believe we’re really sorry, and we are. But then we act just as mean a few days later.

And on and on. Vance says his people lie to themselves about the reality of their condition, and their own personal responsibility for their degradation. He says that not all working-class white hillbillies are like this. There are those who work hard, stay faithful, and are self-reliant — people like Mamaw and Papaw. Their kids stand a good chance of making it; in fact, Vance says friends of his who grew up like this are doing pretty well for themselves. Unfortunately, most of the people in Vance’s neighborhood were like his mom: “consumerist, isolated, angry, distrustful.”

As I said earlier, the two things that saved Vance were going to live full time with his Mamaw (therefore getting out of the insanity of his mom’s home), and later, going into the US Marine Corps. I’ve already written at too much length about Vance’s story, so I won’t belabor this much longer. Suffice it to say that as imperfect as she was, Mamaw gave young Vance the stability he needed to start succeeding in school. And she wouldn’t let him slack off on his studies. She taught him the value of hard work, and of moral agency.

The Marine Corps remade J.D. Vance. It pulverized his inner hillbilly fatalism, and gave him a sense that he had control over his life, and that his choices mattered. This was news to him. Reading this was a revelation to me. I was raised by parents who grew up poor, but who taught my sister and me from the very start that we were responsible for ourselves. Hard work, self-respect, and self-discipline were at the core of my dad’s ethic, for sure. There was no more despicable person in my dad’s way of seeing the world than the sumbitch who won’t work. I doubt that I’ve ever known a man more willing to do hard physical labor than my father was. Knowing what he came from, and knowing how any progress he made came from the sweat of his brow and self-discipline on spending, he had no tolerance for people who were lazy and blamed everybody else for their problems. This is true whether they were poor, middle class, or rich (but especially if they were rich).

Anyway, Vance talks about how the contemporary hillbilly mindset renders them unfit for participation in life outside their own ghetto. They don’t trust anybody, and are willing to believe outlandish conspiracy theories, particularly if those theories absolve them from responsibility.

I once ran into an old acquaintance at a Middletown bar who told me that he had recently quit his job because he was sick of waking up early I later saw him complaining on Facebook about the “Obama economy” and how it had affected his life. I don’t doubt that the Obama economy has affected many, but this man is assuredly not among them. His status in life is directly attributable to the choices he’s made, and his life will improve only through better decisions. But for him to make better choices, he needs to live in an environment that forces him to ask tough questions about himself. There is a cultural movement in the white working class to blame problems on society or the government, and that movement gains adherents by the day.

Hence the enormous popularity of Donald Trump among the white working class. Here’s a guy who will believe and say anything, and who blames Mexicans, Chinese, and Muslims for America’s problems. The elites hate him, so he’s made the right enemies, as far as the white working class is concerned. And his “Make America Great Again” slogan speaks to the deep patriotism that Vance says is virtually a religion among hillbillies.

Trump doesn’t come up in Vance’s narrative, but in truth, he’s all over it. Vance is telling his personal story, not analyzing US politics and culture broadly. It’s also true, however, that the GOP elites set themselves up for their current disaster, by listening to theories that absolved themselves of any responsibility for problems in this country from immigration and free trade (Trump is not all wrong about this).

The sense of inner order and discipline Vance learned in the Marine Corps allowed his natural intelligence to blossom. The poor hillbilly kid with the druggie mom ends up at Yale Law School. He says he felt like an outsider there, but it was a serious education in more than the law:

The wealthy and the powerful aren’t just wealthy and powerful; they follow a different set of norms and mores. … It was at this meal, on the first of five grueling days of [law school job] interviews, that I began to understand that I was seeing the inner workings of a system that lay hidden to most of my kind. … That week of interviews showed me that successful people are playing an entirely different game.

What he’s talking about is social capital, and how critically important it is to success. Poor white kids don’t have it (neither do poor black or Hispanic kids). You’re never going to teach a kid from the trailer park or the housing project the secrets of the upper middle class, but you can give them what kids like me had: a basic understanding of work, discipline, confidence, good manners, and an eagerness to learn. A big part of the problem for his people, says Vance, is the shocking degree of family instability among the American poor. “Chaos begets chaos. Instability begets instability. Welcome to family life for the American hillbilly.”

Vance is admirably humble about how the only reason he got out was because key people along the way helped him climb out of the hole his culture dug for him. When Vance talks about how to fix these problems, he strikes a strong skeptical note. The worst problems of his culture, the things that held kids like him back, are not things a government program can fix. For example, as a child, his culture taught him that doing well in school made you a “sissy.” Vance says the home is the source of the worst of these problems. There simply is not a policy fix for families and family systems that have collapsed.

I believe we hillbillies are the toughest goddamned people on this earth. … But are we tough enough to do what needs to be done to help a kid like Brian? Are we tough enough to build a church that forces kids like me to engage with the world rather than withdraw from it? Are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. These problems were not created by governments or corporations or anyone else. We created them, and only we can fix them.

Voting for Trump is not going to fix these problems. For the black community, protesting against police brutality on the streets is not going to fix their most pressing problems. It’s not that the problems Trump points to aren’t real, and it’s not that police brutality, especially towards minorities, isn’t a problem. It’s that these serve as distractions from the core realities that keep poor white and black people down. A missionary to inner-city Dallas once told me that the greatest obstacle the black and Latino kids he helped out had was their rock-solid conviction that nothing could change for them, and that people who succeeded got that way because they were born white, or rich, or just got lucky.

Until these things are honestly and effectively addressed by families, communities, and their institutions, nothing will change.

Is there a black J.D. Vance? I wonder. I mean, I know there are African-Americans who have done what he has done. But are there any who will write about it? Clarence Thomas did, in his autobiography. Who else? Anybody know?

Vance’s book sends me back to Kevin D. Williamson’s stunning National Review piece on “The White Ghetto” — Appalachia, he means. This is the world J.D. Vance came out of, though he saw more good in it that Williams does in his journalistic tour. It also brings to mind Williamson’s highly controversial piece earlier this year (behind subscription paywall; David French excerpts the hottest part here) in which he said:

It is immoral because it perpetuates a lie: that the white working class that finds itself attracted to Trump has been victimized by outside forces. It hasn’t. The white middle class may like the idea of Trump as a giant pulsing humanoid middle finger held up in the face of the Cathedral, they may sing hymns to Trump the destroyer and whisper darkly about “globalists” and — odious, stupid term — “the Establishment,” but nobody did this to them. They failed themselves.

If you spend time in hardscrabble, white upstate New York, or eastern Kentucky, or my own native West Texas, and you take an honest look at the welfare dependency, the drug and alcohol addiction, the family anarchy — which is to say, the whelping of human children with all the respect and wisdom of a stray dog — you will come to an awful realization. It wasn’t Beijing. It wasn’t even Washington, as bad as Washington can be. It wasn’t immigrants from Mexico, excessive and problematic as our current immigration levels are. It wasn’t any of that. Nothing happened to them. There wasn’t some awful disaster. There wasn’t a war or a famine or a plague or a foreign occupation. Even the economic changes of the past few decades do very little to explain the dysfunction and negligence — and the incomprehensible malice — of poor white America. So the gypsum business in Garbutt ain’t what it used to be. There is more to life in the 21st century than wallboard and cheap sentimentality about how the Man closed the factories down. The truth about these dysfunctional, downscale communities is that they deserve to die.

Economically, they are negative assets. Morally, they are indefensible. Forget all your cheap theatrical Bruce Springsteen crap. Forget your sanctimony about struggling Rust Belt factory towns and your conspiracy theories about the wily Orientals stealing our jobs. Forget your goddamned gypsum, and, if he has a problem with that, forget Ed Burke, too. The white American underclass is in thrall to a vicious, selfish culture whose main products are misery and used heroin needles. Donald Trump’s speeches make them feel good. So does OxyContin. What they need isn’t analgesics, literal or political. They need real opportunity, which means that they need real change, which means that they need U-Haul.

I criticized Williamson at the time for his harshness. I still wouldn’t have put it the way he did, but reading Vance gives me reason to reconsider my earlier judgment. Vance writes from a much more loving and appreciative place than Williamson did (though I believe Williamson came from a similar rough background), but he affirms many of the same truths. If white lives matter — and they do, because all lives matter — then sentimentality and more government programs aren’t going to rescue these poor people. Vance puts it more delicately than Williamson, but getting a U-Haul and getting away from other poor people — or at least finding some way to get their kids out of there, to a place where people aren’t so fatalistic, lazy, and paranoid — is their best hope. And that is surely true no matter what your race.

The book is called Hillbilly Elegy, and I can’t recommend it to you strongly enough. It offers no easy answers. But it does tell the truth. I thank reader Surly Temple for giving it to me.

UPDATE: Hello Browser readers. Glad to see traffic from one of my favorite websites. If you found this piece interesting, I strongly encourage you to take a look at the subsequent interview I did with J.D. Vance about the book. I posted it last Friday, and it has gone viral. This past weekend was a record-setting one for TAC; Vance’s interview was so popular it crashed our server. Take a look at the piece and you’ll understand why. This extraordinary young writer is tapping into something very, very deep in American life right now. I’ve been getting plenty of e-mails from liberals saying how much they appreciated the piece, because Vance tells difficult truths that both liberals and conservatives need to hear.

Voir aussi:

Why Liberals Love ‘Hillbilly Elegy’

My friend Matt Sitman tweets:

Yes, but the more interesting question, at least to me, is why so many liberals like it — or at least why they are writing to me in droves saying how the interview J.D. Vance did with me deeply resonated with them, and inspired them to buy the book. (By the way, that interview was published two weeks ago today, and it’s still drawing so much web traffic to this site that our servers are struggling to handle it.) I’ll give you a sample below of the kind of correspondence I’m getting (with a couple of tweaks to protect privacy). There’s lots of it just like these below:

Mr. Dreher, this article was fantastic.

I grew up in rural Alabama, proudly declared myself “politically somewhere to the right of Attila the Hun”, and enlisted when I was 17. I had a difficult time getting out at 23 years old, several states away from my family, with a grownup’s bills to pay but an MOS that didn’t match the career I was suited for or needed as a civilian. I spent the next several years desperately poor but “self-sufficient” – as far as I knew, anyway.

In reality, of course, I had zero understanding of how taxes work. I saw about a 28% bite taken out of my paycheck, and didn’t understand that FICA/SS didn’t ultimately go to anybody but me, myself, and I, and that I wasn’t actually paying any income tax. I also had heard of but didn’t really understand or care about things like “every federal tax dollar that leaves SC has three federal tax dollars pass by it coming in.”

Truth be told, I wasn’t just unaware, I actively disbelieved that I wasn’t “self sufficient” at all, and I naively thought that I was paying for the “welfare” that the tiny, tiny portion of the population “poorer than me” was getting. I was also completely unaware that I was “desperately poor” at all. I was making $6/hr and I thought I was middle class! I knew people who made $10/hr, and I thought they were on the low end of upper class!
Eventually I made a real career for myself, started my own business, and spent less time scratching and kicking and fighting just to stay alive. The more time and resources I had, the more I learned about how the world, and politics, worked, and the more progressive I became. I am not, today, someone who would normally read articles from a site called “American Conservative”.

But I read yours, and I’m glad I did. What you and J.D. Vance had to say in that article are exactly what I want to hear from the conservative wing of American politics. Speaking candidly, I’m unlikely to be a “conservative” again – I’m a progressive, and likely to stay that way. But what you and Vance said was thoughtful, and reasonable, and – like I try to very publicly be myself, having “been there and done that” – understanding of the realities of the working poor. It’s the real and sensible ballast that even the best of real and sensible balloons (if you’ll permit the analogy between conservative and progressive, and we can both agree to handwave away the fact that the current DNC is neither as real or as sensible as it should be) needs.

That’s probably way too much to slog through, but seriously: thank you.

Another one:

I thoroughly enjoyed this article! The conversation is not one that I have witnessed anyone else having. It is so easy to dismiss people as racist without ever considering from where their views and positions are derived. I am certainly going to read Hillbilly Elegy and look forward to reading more of your articles, By the way I am black, liberal, I most often vote Democrat and I don’t like Trump (for Reasons too high in number to state). I enjoy intelligent conversation and debate and have learned to carefully listen to and understand those who I may disagree with, so I might be educated fully on the issue not just entrenched in my beliefs.

Thank you for a refreshing read in a sea partisan sludge.

Another one, this from a reader who mistakenly believed that J.D. Vance’s experiences were mine. Still, his letter is fascinating:

I wandered in on this article today… and couldn’t stop reading. I’m Californian, a progressive and a Sanders supporter, a former Nader supporter, a former UAW organizer, currently a medical
devices engineer in [state], and have a Ph.D. in engineering. I grew up in a town 5 miles north of the Mexican border in south San Diego, and grew up among Mexican immigrants, many of whom were undocumented… they were my neighbors, my friends, my elders. I myself am an immigrant, came here as a kid with my parents, who were liberals who wanted something better than that right-wing dictatorship in [another country].

But I did grow up around the poverty line. My parents fought hard to stay out of welfare, to stay together, and to teach us the value of work. At 43, I have always worked since I was 14, and have always associated these traits with working-class liberal values… and was quite surprised many election cycles ago to hear silver-spooned class enemies in the GOP pick that up. What did these bastards know about real work? But it also pains me to see the elites, especially the East Coast elites, take over the Democratic Party.

I’m sorry to hear about your experiences at Yale Law. And I’m glad that I didn’t go to a private school, or a school in the East Coast. After moving to [my current state] 3 years ago I’ve found that liberals “out east” (east of the Sierra Nevadas) seem to come from privilege, are more dogmatic, disconnected from the working class, and can be super competitive and vindictive. I even remember starting out as an undergrad and scholarship kid at UC San Diego, how I felt the sting of class. I felt disconnected culturally from the liberals. It wasn’t until friends from high school began shipping back from Desert Storm all crazy and screwed up that I found common cause with these liberals.

As with the folks of Appalachia (I was a member of the Southern Baptist Church… it was a big military town), the defense of our neighborhoods was also paramount to us. What south San Diegans were seeing during the 90s was an entire generation deployed to guard oil fields in Iraq while the princelings of Kuwait lived it up in night clubs, and folks in Sacramento setting up laws that attack immigrants as a cheap shot to get elected. Everything was fine at the border until these demagogues (Republicans in this case) started showing up in our town in staged photo-ops.

Trump does have that appeal of at least pretending to listen to the
broken and forgotten. But just as we were about to forget the vengeance we swore against those who hurt our town, Trump comes by and reopens all the wounds, reminding us that while we might hold some conservative values, Republicans will always see us as sub-human.

I do think dialog and empathy are something of a short supply in
American politics today. The neoliberal policies and unfair trade pacts supported by both parties have been crushing our respective beloved hometowns. And we have a lot more in common than what these entrenched political entities say that we do. I’ve read “Rivethead” and “Deer Hunting with Jesus” and felt this familiarity. I will look for your book.

And here’s another one:

I just wanted to write and tell you that I was fascinated by your interview with the author JD Vance, and I speak as a socialist, agnostic, gay white male who’s never voted Republican in all his years! As a lifelong resident of the suburbs of Houston, Texas, it’s long occurred to me how insulated I am from the struggles of poor and working-class folks today; however my family started out poor, with my parents divorcing when I was six. Luckily our mother was strong enough to help us make it out of the hole by excelling in her profession as a nurse. I remember her telling me that in the days when my sister and I were very young, for Christmas she’d spend $20 on each of us at the dollar store, and she always hoped that we enjoyed our presents. That made me love my mom so much more, and I realized how lucky we’d been to have her, given how things might have turned out. In Houston as you probably know there is a staggering number of people of every imaginable type, and my school years were spent among kids from every walk of life, of every ethnicity and persuasion you can imagine. As an outsider myself, being gay and openly agnostic in an environment where neither was considered acceptable (high school was in the late 90s), I can identify with the feeling of seeming hopelessness, isolation, and fear for the future that Mr Vance describes, though certainly on a different level and for different reasons. I also feel a greater understanding now of the appeal of Trump to certain strata within our society…along with a renewed sense of how dangerous he really is to all of us (not to mention the rest of the world)! I would like to feel as hopeful for the future as Mr Vance seems to, but I’m afraid that until November (though hopefully not after!) I’ll be suffering a case of non-stop indigestion. Maybe we could all use a touch of that hillbilly idealism in our lives.

Anyway, that’s enough rambling out of me. Cheers for an excellent interview, and congratulations for gaining a new reader of the blue persuasion!

I could go on and on. I’m getting so many e-mails like these above that I can’t begin to respond to them all. I’m passing every one of them on to J.D. Vance, though. Interestingly, if I’ve received a single e-mail from a conservative about the interview, I can’t remember it.

I’m genuinely surprised and grateful for all these generous e-mails, and I’m sure J.D. is too. What I find so hopeful about it is that someone has finally found a voice with which to talk substantively about an important economic and cultural issue, but without antagonizing the other side. JDV identifies as a conservative, but his story challenges right-wing free-market pieties. And I’ve gotten plenty of e-mails from liberals who either come from poverty or who work with poor people for a living, who praise JDV’s points about the poor needing to understand that whatever structural problems they face, they retain moral agency.

What do you think, readers? Do you think the runaway success of Hillbilly Elegy, and the powerfully positive response from liberals to a book about class written by a conservative, bodes well for the possibility of constructive engagement around issues of class and poverty? To be sure, I’ve received a handful of letters from angry liberal readers who reject the idea that there’s anything wrong with poor and working class white people that government action can’t solve. I believe, and so does J.D., that government really does have a meaningful role to play in ameliorating the problems of the poor. But there will never be a government program capable of compensating for the loss of stable family structures, the loss of community, the loss of a sense of moral agency, and the loss of a sense of meaning in the lives of the poor. The solution, insofar as there is a “solution,” is not an either-or (that is, either culture or government), but a both-and. From a Washington Post review of the book:

The wounds are partly self-inflicted. The working class, he argues, has lost its sense of agency and taste for hard work. In one illuminating anecdote, he writes about his summer job at the local tile factory, lugging 60-pound pallets around. It paid $13 an hour with good benefits and opportunities for advancement. A full-time employee could earn a salary well above the poverty line.

That should have made the gig an easy sell. Yet the factory’s owner had trouble filling jobs. During Vance’s summer stint, three people left, including a man he calls Bob, a 19-year-old with a pregnant girlfriend. Bob was chronically late to work, when he showed up at all. He frequently took 45-minute bathroom breaks. Still, when he got fired, he raged against the managers who did it, refusing to acknowledge the impact of his own bad choices.

“He thought something had been done to him,” Vance writes. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself.”

Perhaps Vance’s key to success is a simple one: that he just powered through his difficulties instead of giving up or blaming someone else.

“I believe we hillbillies are the toughest god—-ed people on this earth,” he concludes. “But are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. . . . I don’t know what the answer is precisely, but I know it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.”

The loss of industrial jobs plays a big role in the catastrophe. J.D. Vance acknowledges that plainly in his book. But it’s not the whole story. Anybody who comes to Hillbilly Elegy thinking that it’s going to tell a story that affirms the pre-conceived beliefs of mainstream conservatives or liberals is going to be surprised and challenged — in a good way.

By the way, the viral nature of the TAC interview with J.D. Vance has pushed Hillbilly Elegy onto the bestseller list (more details of which will be available shortly). It’s No. 4 on Amazon’s own list as of this morning. They can barely keep enough in stock. It really is that good, folks. All this success could not have happened to a nicer man. Credit for this spark goes to reader Surly Temple, who gave me my copy of Hillbilly Elegy.

UPDATE: A reader writes to point out:

The Washington Post review you quote states, Perhaps Vance’s key to success is a simple one: that he just powered through his difficulties instead of giving up or blaming someone else.” I think that misses the point of the book. J.D. fully acknowledges the importance of his Mamaw, Marine Corps drill instructors, and wife in changing his outcomes.

My takeaway from the book is that we can help these communities and people, but not from a distance. It takes unconditional, sacrificial love.

He’s right about that, and I shouldn’t have posted that WaPo review without commenting. JDV openly credits his Mamaw and the Marine Corps with making him the man he is today. He does not claim he got there entirely on his own, by bootstrapping it.

Voir également:

RACE, CLASS, AND CULTURE: A CONVERSATION WITH WILLIAM JULIUS WILSON AND J.D. VANCE
THE BROOKINGS INSTITUTION
Washington, D.C.
Tuesday, September 5, 2017

MS. BUSETTE: Thanks Richard. I’m indebted to Richard who had the foresight to invite Bill and J.D. for this conversation well before I arrived at Brookings (…) Today we’re going to be covering some very timely and sensitive topics. Topics that explore who we are as Americans and why we are still struggling with entrenched poverty increasing in equality and the tragic waste of significant human potential; some 30 years after Bill Wilson first published his watershed book, “ The Truly Disadvantaged. ” As we begin this conversation, I want our audience to understand the personal experiences you both bring to your perspectives on poor Americans. Bill and J.D., I’d like each of you to share with us a personal experience from your childhood that had a profound impact on you and your perspectives on poverty, and Bill I’m going to ask you to go first.

MR. WILSON: Thank you. So, in answer to that challenging question, I should point out first of all that “ Hillbilly Elegy ” is a very important book and it also resonated with me in a very personal way because I also experienced the problems of rural poverty. I grew up in a small town in Western Pennsylvania. My father was a coal miner. He worked in these coal mines of Western Pennsylvania and oc casionally he worked in steel mills in Western Pennsylvania. He died at the age of 39, with a lung disease. Left my mother with six kids and I was the oldest at 12 years of age. My father had a 10 th grade education, my mother had a 10 th grade education. My mother who lived to the ripe old age of 94, raised us by cleaning house occasionally. Initially we were on r elief. We call it w elfare now. She got off w elfare and supported us by cleaning house; and what I distinctly remember about growing up in ru ral poverty is hunger. You know, I reviewed a book in the New York Times, Kathy Edin and Luke Shaefer’s book, “ Two Dollars a Day, Living on Almost Nothing in America. ” That book really captured my experiences, and I distinctly remember the times when we went hungry because my mother did not have any money and it was during the winter time and sometimes she had to use her own creativity in coming up with food because she couldn’t draw from the garden.

Now, given my family background, black person, black family in rural poverty; as one of my colleagues at Harvard told me, the odds that I would end up at Harvard as a University p rofessor and capital U on University, are very nearly zero. Like J.D. I’m an outlier. An outlier in — Malcolm Gladwell says in his book “ Outlier, The Study of Success. ” We are both outliers; but it’s interesting that J.D. never talks about holding himself up by his own bootstraps, and that’s something that I reject. I don’t refer to myself that way, because both J.D. and I, were in the right places at the right times, and we had significant individuals who were there to rescue us from poverty and enabled us to escape. We are the outliers being at the right place at the right time, and when I think about your question, that’s one thing I think about; how lucky I was. I had some significant individuals who helped me escape poverty.

MS. BUSETTE: Thank you Bill. J.D.?

MR. VANCE: Well first, thanks Camille, thanks Richard for hosting this. It’s really wonderful to be here and I’m a bit of a fan boy of William Julius Wilson as I wrote Hillbilly Elegy, so it was real exciting to be able to get him to sign this book. I think that the story that stands out to me is, and there’s a bit of a background here which is that you know, I was six or seven years old, and I remember my mom who was trying to get some sort of certification to become a nurse; and eventually after a couple of years, I remember being old enough that she sort of had to test how to draw blood on me, and that was sort of something I volunteered for because I thought it was really cool, because I was a weird kid; and I remember that eventually she made it and she was able to work as a nurse for a couple of years, and this just so happened to overlap with a period w here she was married to a truck driver. A guy who hadn’t graduated from high school, but was able to drive a truck and so you think about those two incomes together, there was this period where I felt like we had genuinely made it where we had this financial stability that was pretty remarkable given the history of my family. And I think the way that it fell apart so quickly and the way that even in the midst of that financial security, life was so chaotic and so unstable and eventually when that very precarious middle – class lifestyle fell apart economically, all of the instability that existed in our home sort of came crashing down upon us; and so, it felt like after this two-year period, we were in an even worse situation than we were going into it. I think you know, one of the things that taught me, and one of the ways I think it influenced the way that I think about poverty and inequality and upward mobility, is that the problems that a lot of poor families face aren’t purely income related. That some of the lessons that you learn, some of the things that you acquire when you are really struggling, they follow you even when you’re not struggling in a purely material sense. And then when a material sense returns, it can make all of those non-material things that much worse off, and I think that way of understanding these problems has really influenced the way that I think about a lot of the problems that I write about in the book.

MS. BUSETTE: Great, thank you very much. Thank you both very much. You know I want to talk a little bit about the place of poverty in the American narrative. And that narrative is complicated. In a recent survey conducted by The American Enterprise Institute and the Los Angeles Times, white Americans linked poverty with laziness and lack of ambition, and when we think of the welfare reform debates from the 1990’s, there were ungenerous terms used to describe the poor. The National Opinion Research Center also released a survey that shows that over the last two d ecades, there has never been such a bigger divide between white Republicans and white Democrats when it comes to the views of the intelligence and work ethic of African Americans. More generally, Americans think of poverty as an individual failure, and i ts opposite financial success is the result of hard work and smarts. I want each of you to reflect on these narratives of poverty and give us your perspective. Bill, I’m going to start with you.

MR. WILSON: Okay, that’s a very challenging question and I ‘m going to try to answer it by also pointing out some differences that I have with J.D. It’s really kind of a matter of emphasis. Not that we differ, it’s just a matter of emphasis. First of all, we both agree that too many liberal social scientists focus on social structure and ignore cultural conditions. You know, they talk about poverty, joblessness and discrimination, but they also don’t talk about some of the cultural conditions, that grow out of these situations, in response to these situations. Too many conservatives focus on cultural forces and ignore structural factors. Now J.D. has made the same point in “ Hillbilly Elegy ” and you also have made the same point in some subsequent interviews talking about the book. Now where we disagree and this relates back to your question, Camille, is in the interpretation of these cultural factors. J.D. places a lot of emphasis on agency. That people even in the most impoverished circumstances have choices that can either improve or exacerbate their situation, their predicaments. And I also think that a gency is important and should not be ignored, even in situations where individuals confront overwhelming structural impediments. But what J.D., and I’d like to hear your response to this J.D., wha t you don’t make explicit or emphasize enough from my point of view, is that agency is also constrained by these structural factors, even among people who you know, make positive choices to improve their lives, there are still constraints and I maintain th at the part of your book where you talking about agency, really cries out for a deeper interrogation. A deeper interrogation of how personal a gency is expanded or inhibited by the circumstance that the poor or working classes confront, including you know, their interactions and families, social networks , and institutions, in these distressed communities. In other words, what I’m trying to suggest is that personal agency is recursively associated with the structural forces within which it operates. And here you know, it’s sort of insightful to talk about intermediaries and insightful to talk about people who aid, who help you in making choices, and you do that well in the book. But here’s the point, given the American belief system on poverty and welfare in which Americans as you point out Camille, place far greater emphasis on personal shortcomings as opposed to structural barriers and especially when you’re talking about the behavior of African Americans. I believe that explanations that focus — don’t get me wrong, you don’t even talk about African Americans in the sense, I’m talking about people out there in the general public. Given this focus on personal shortcomings as opposed to structural barriers in a common for outcomes, I believe that explanations that focus on agency are likely to overshadow explanations that focus on structural impediments. Some people read a book, but they’re not that sophisticated, the take away will be those personal factors and you know, I would have liked to have seen you sort of try to put things in context you know. Talk about the constraints that people have. Now this relates to the second point I want to make. In addition, to feeling that they have little control over themselves, that is lack of agency. You point out that the individuals in these hillbilly communities tend to blame themselves — I’m sorry, blame everyone but themselves, and the term you used to explain this phenomenon is cognitive dissonance, when our beliefs are not consistent with our behaviors. And I agree, and many people often do tend to blame others and not themselves, but I think that when we talk about cognitive dissonance, we also have to recognize that individuals in these communities do indeed have some complaints, some justifiable complaints, including complaints about industries that have pulled off stakes and relocated to cheaper labor areas overseas and in the process, have devastated communities like Middletown, Ohio. Including complaints about automation replacing the jobs of cashiers and parking lot attendants. Including the complaints that government and corporate actions have undermined unions and therefore led to a decrease in the wages or workers in Middletown. You know, I just , I’m sorry, I’m going on too far, I’ll let you respond.

MS. BUSETTE: That was interesting. Now, here’s your chance.

MR. VANCE: Sure. So, I’ll make two broad points. One hopefully more responsive to your initial question, second more responsive to Bill’s concerns. So, first this point about culture, which is a really, really, difficult and amorphous concept to define, and one of the things that I was trying to do with “ Hillbilly Elegy ” is try to in some ways draw the discussion away from this structure versus personal responsibility narrative and convince us to look at culture as a third and I think very important variable. I often think that the way that conservatives, and I’m a conservative, talk about culture is in some ways an excuse to end the conversation instead of starti ng a much more important conversation. It’s look at their bad culture, look at their deficient culture, we can’t do anything to help them; instead of trying to understand culture as this much bigger social and institutional force that really is important that some cases can come from problems related to poverty and some cases can come from a host of different factors that are difficult to understand. So, here’s what I mean by that. One of the most important I think cultural problems that I talk about is the prevalence of family and stability and family trauma in some of the communities that I write about; and I take it as a given that that trauma and that instability is really bad, that it has really negative downstream effects on whether children are able to get an education, whether their able to enter the workforce, whether their able to raise and maintain successful families themselves. I think it’s tempting to sort of look at the problems of family instability and families like mine and say the re’s a structural problem if only people had access to better economic opportunities, they wouldn’t have this problem. I think that’s partially true, but also consequently partially false. I think there’s a tendency on the right to look at that and say these parents need to take better care of their families and of their children, and unless they do it, there’s nothing that we can do. And I think again, that is maybe partially true, but it’s also very significantly false. What I’m trying to point to in this concept of culture, is we know that when children grow up in very unstable families that it has important cognitive effects, we know that it has important psychological effects, and unless we understand the problem of family instability and trauma, not just as a structural problem, or problem with personal responsibility, but as a long – term problem, in some cases inherited from multiple generations back, then we’re not going to be able to appreciate what’s really going on in some of these families a nd why family instability and trauma is so durable and so difficult to actually solve. So, I tend to think of culture as in some ways, this way to sum all of the things that are neither structural nor individual. What is it that’s going on in people’s environments good and bad that make it difficult for them to climb out of poverty. What are the things that they inherit. It’s not just from their own families, but from multiple generations back. Behaviors, expectations, environmental attitudes that mak e is really hard for them to succeed and do well. That’s the concept of culture that I think is most important, and also frankly that I think is missing a little bit from our political conversation when we talk about these questions of poverty, we’re real ly comfortable talking about personal responsibility, we’re really comfortable talking about structural problems. We don’t often talk about culture in this way that I’m trying to talk about it, in “ Hillbilly Elegy. ”

MR. WILSON: Can I just —

MR. VANCE : Sure.

MR. WILSON: No, go ahead J.D.

MR. VANCE: (laughing)

MR. WILSON: No, no, I agree. It’s a matter of emphasis, that’s all I’m saying.

MR. VANCE: So this, yeah.

MR. WILSON: And let me also point out, here’s where we really do agree. We both agree that there are cultural practices within families and so on and in communities that reinforce problems created by the structural barriers.

MR. VANCE: Absolutely.

MR. WILSON: Reinforce. Practiced behaviors that perpetuate poverty and disadvantage. So, this we agree. Too often liberals ignore the role of these cultural forces in perpetuating or reinforcing conditions associated with poverty or concentrated (inaudible).

MS. BUSETTE: So —

MR. VANCE: Absolutely. So, the second point that I wanted to make, and I’ll try to be brief is this question of Agency and whether I overemphasize the role of Agency. I think that for me, this is a really tough line to tow because I’m sort of writing about these problems you know, having in my personal memory, I’m not that far removed from a lot of them. I know that myself, one of the biggest problems that I faced was that I really did start to give up on myself early in high school, and I think that’s a really significant problem. At the same time, I understand and recognize the problem that Bill mentions which is that we have this tendency to sort of overemphasize Personal Agency and to proverbially blame the victim for a lot of these problems. So, what I was trying to do with this discussion of Personal Agency in the book, and I may have failed, but this is the effort, this is what I’m really trying to accomplish. Is that the first instance, I do think that it’s important for kids like me in circumstances like mine, to pick up the book and to have at least some reinforcement of the Agency that they have. I do think that’s a significant problem from the prospective of kids who grew up in communities like mine. The second thing that I’m trying to do, is talk about Personal Agency, not jus t from the prospective of individual poor people, but from the entire community that surrounds them. So, one of the things that I talk about is as religious communities in these areas, do they have the, as I say in the book, toughness to build Churches that encourage more social engagement as opposed to more social disaffection. I think that’s a question of Personal Agency, not from the perspective of the impoverished kid, but from a religious leader and community leaders that exist in their neighborho od. So, I think that sense of Personal Agency is really important. One of the worries that I have, is that when we talk about the problems of impoverished kids and this is especially true amongst sort of my generation, so this is — I’m a tail end of t he millennials here, is that we tend to think about helping people, 10 million people at a time a very superficial level, and one of the calls to action that I make in the book with this — by pointing out to Personal Agency is the idea that it can be real ly impactful to make a difference in 10 lives at a very deep level at the community level. And I think that sometimes is missing from these conversations. And then, the final point that I’ll make is that there’s a difference between recognizing the impo rtance of Personal Agency and I think ignoring the role of structural factors in some of these problems, right? So, the example that I used to highlight this in the book is this question of addiction. So, there’s some interesting research that suggests t hat people who believe inherently that their addiction is a disease, show slightly less proclivity to actually fight that addiction and overcome that addiction. So, that creates sort of a catch 22, because we know there are biological components to add iction. We know that there are these sorts of structural non – personal decision – making drivers of addiction, and yet, if you totally buy in to the non – individual choice explanation for addiction, you show less of a proclivity to fight it. So, I think that there is this really tough under current to some of our discussions on these issues, where as a society we want to simultaneously recognize the barriers that people face, but also encourage them not to play a terrible hand in a terrible way, and that’s wh at I’m trying to do with this discussion of Personal Agency. The final point that I’ll make on that, is that the person who towed that line better than anyone I’ve ever known was my Grandma, my Ma’ma who I think is in some ways the hero of the book. She always told me. Look J.D., like is unfair for us, but don’t be like those people who think the deck is hopelessly stacked against them. I think that’s a sentiment that you hear far too infrequently among America’s elites. This simultaneous recogniti on that life is unfair for a lot of poor Americans, but that we still have to emphasize the role of individual agency in spite of that unfairness and I think that’s again a difficult balancing act. I may not have struck that balancing act perfectly in the book, but that was the intention.

MS. BUSETTE: Thank you.

MR. WILSON: Camille, do you mind if I follow – up because I mean this is an interesting conversation and you just raised a point there about optimism which I think is very, very important. Because you know, one point that resonated with me in your book is that you pointed out, I think it was 2010 – 2011, by the way, I read your book twice you know so (laughter) that’s how I remembered it, and I enjoyed it both times. I’m going to say —

MR. VANCE: That’s good.

MR. WILSON: — it’s a great book. You pointed out that in 2010 or 2011, you were overwhelmingly hopeful about the future, and that for the first time in your life, you felt like an outsider in Middletown, Ohio. And what made you feel like an alien as you put it, was your optimism. And I think that that’s the key. People who have some hope for the future behave differently. And I think that if there were some way to generate hope and optimism among people in Appalachia, or among the Appalachian transplants, you would see a change in their behavior, and this argument applies not only to those in distress rural communities, but also distressed urban communities. And I think immediately of the Harlem Children Zone. The kids who are lucky enough to be a part of — I assume all of you know about the Harlem Children’s Zone. The kids who are lucky enough to be a part of the Harlem Children’s Zone, are kids who develop in the process a hopeful feeling. A feeling that they have a future, and therefore they’re not going to do anything to jeopardize that future. You became optimistic. What factors led you to develop that optimism?

MR. VANCE: Yeah, that’s a good question. I might ask you the same question when I’m done answering —

MR. WILSON: Right.

MR. VANCE: — but you know, the first thing is definitely you know, going back to my grandma. I think if anybody had a reason for pessimism and cynicism about the future, it was her. It’s sort of difficult to imagine a woman who had lived a more difficult life and yet ma’ma had this constant optimism about the future, in the sense that we had to do better because that was just the way that America worked. I mean I think that she was this woman who had this deep and abiding faith in the American dream in a way that is obviously disappearing And in fact, as I wrote about in the book, was I started to see disappearing even you know, when I was a young kid in my early 20’s.