Iran: Les mollahs iront-ils jusqu’au sacrifice du roi? (Will Iran’s mullahs go for the ultimate Kings’ gambit?)

11 juillet, 2009
Dangerous movesLe gambit du roi ou gambit roi est une très ancienne ouverture du jeu d’échecs. (…) c’est une ouverture tranchante mais risquée pour les Blancs, et on tend à considérer aujourd’hui que les Noirs conservent de bonnes contre-chances. Wikipedia
C’est la grande loterie pour le régime: il refait sa révolution (en interne) pour donner un nouveau souffle de légitimité à la révolution islamique et à ses dirigeants… il relance le mythe de la réformabilité du régime et de la démocratie de ses élections, il espère ainsi écarter définitivement le danger d’une contre-révolution… Au passage il régénère ses structures de base, en particulier la fonction clef du Guide qui devient démocratique! Iran-Resist
Ultime preuve de la profondeur de la contestation du régime iranien ou de la folle passion du jeu qui anime ses dirigeants?
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A l’heure où tant nos courageux dirigeants que nos médias pressés ont déjà, malgré les dernières manifestations d’avant-hier et mort de Michael Jackson aidant, enterré la pire contestation de la République islamique depuis sa fondation il y a 30 ans

La formidable partie d’échecs qui se joue depuis un mois en Iran est, si l’on en croit ses plus perspicaces observateurs, loin d’être terminée.

Les mollahs se préparant bien au contraire, pris par leur folle surenchère à démontrer au monde la légitimité de leur Révolution ou affolés par le spectre d’une inéluctable contre-révolution, à l’un des plus audacieux – et risqués (le précédent Saddam à côté avec son  bluff fatal aux ADM à côté n’est, de leur point de vue, guère encourageant!) – coups du répertoire.

A savoir celui du gambit du roi, le véritable patron du régime Rafsandjani se préparant, si l’on en croit nos amis d’Iran-Resist, à jouer son va-tout avec le sacrifice ultime de sa pièce maitresse du « Guide suprême » lui-même

Iran: Le régime doit sacrifier Khamenei
Iran-Resist
11.07.2009

Actuellement, on parle beaucoup de Khamenei, le guide suprême, comme étant le protecteur qui aurait aidé Ahmadinejad à prendre le pouvoir illégalement, comme si le régime des mollahs était une véritable démocratie. On entend aussi des faux opposants basés en Occident qui organisent des manifestations pro-Moussavi pour la soi-disant révolution verte et crient « à bas Khamenei » ! Mais personne ne crie « à bas la république islamique » ou « à bas la fonction du guide » : rien de plus normal, nous assistons et parfois participons à notre insu à un projet qui entend métamorphoser le régime pour lui permettre de survivre aux turbulences à venir.

Slogans suspects | Si l’on assiste aux manifestations de la révolution verte organisée ces jours-ci à Paris par le cinéaste Mohsen Makhmalbaf, auteur d’un assassinat islamiste sous le régime du chah et révolutionnaire islamiste des premières heures, on entend cirer « Mort à Khamenei », le n°1 officiel du régime, le garant officiel du caractère religieux du régime et aussi on entend « Mort à Ahmadinejad », le président de la république islamique. On pourrait donc très naïvement penser qu’en visant les deux n°1, les auteurs des slogans et les organisateurs visent le régime tout entier.

CDR | Rien n’est moins vrai car Ahmadinejad n’est pas l’équivalent du président de la république en France ou aux Etats-Unis et Khamenei est loin d’être le n°1 du régime. Celui qui détient tous les pouvoirs est le président à vie du Conseil du Discernement du Régime (de la tutelle du Guide Suprême) , Rafsandjani qui aux commandes de cet organisme créé pour lui par Khomeiny (son demi-frère) décide de l’ensemble des grandes orientations de la république islamique dans tous les domaines.

Le CDR comprend tous les membres fondateurs du régime comme le soi-disant modéré Moussavi ou encore Jannati, le mollah chargé de valider les candidats aux diverses élections de cette soi-disant république. Tout se décide là au CDR : qui peut être candidat et qui sera déclaré vainqueur.

Le reste est un décor politiquement correct où un président, des ministres et des parlementaires jouent à la république et donnent une enveloppe populaire et démocratique à des décisions prises de manière collégiale par Rafsandjani et ceux qui en 1988 ont été jugés dignes de faire partie de son club de décideurs discrets et inamovibles.

Khamenei et le CDR | Une précision de taille est nécessaire : Khamenei, le n°1 officiel du régime, celui que l’on insulte dans les rues ne fait pas partie du CDR ! Il n’était pas au départ et n’a jamais été intégré alors que d’autres (mollahs, Pasdaran et bassidjis) l’ont été au fil des ans. Le dernier arrivé est le milicien Firouzabadi, un des hauts commandants du bassidj. Au point que pour avoir un pied dans ce club, Khamenei a eu recours à un mariage entre son fils cadet le mollah Mojtaba et la fille de Gh.-A. Haddad-Adel, l’idéologue islamiste qui est un des membres permanents du CDR. Le mariage est d’ailleurs un outil politique très prisé du régime.

Parmi les autres grands absents, on peut citer Khatami, le gentil officiel du régime et l’actuel président, Ahmadinejad, qui peut néanmoins assister à certaines réunions si elles concernent le président ! C’est-à-dire quand on doit lui transmettre les directives du CDR.

En criant à bas l’un ou l’autre, on ne remet donc pas en cause le centre des décisions du régime, mais deux employés sans pouvoir qui sont érigés au rang de méchants boucs émissaires par 4 rivaux politiques (Rafsandjani, Moussavi, Rezaï et Karroubi) qui sont -par le plus grand des hasards- tous membres à vie du CDR.

En fait en criant à bas Khamenei, loin d’abattre le régime, on va lui donner les moyens de se renforcer car en septembre 2007, Rafsandjani a été élu président de l’Assemblée des Experts, organe chargé de superviser l’activité du Guide Suprême, et aussi de nommer son successeur en cas de décès ou d’incapacité. Le régime est en fait en train de donner une légitimité populaire voire démocratique à la nomination d’un autre guide.

Motif de cette focalisation sur Khamenei | Il ne s’agit pas d’une guerre interne au régime car sans la personne de Khamenei, jamais Rafsandjani n’aurait pu devenir le patron tentaculaire du régime via le CDR. En 1989, alors un petit mollah sans poids dans le clergé, Rafsandjani aurait pu disparaître de la hiérarchie du régime après la mort de Khomeiny (son demi-frère et protecteur), poussé vers l’extérieur par les successeurs désignés de ce dernier, des ayatollahs très hauts placés dans le clergé chiite iranien. Il doit son pouvoir actuel au fait qu’il a éliminé ses rivaux pourtant sélectionnés par Khomeiny pour lui succéder au sein d’un « Haut Conseil de tutelle » en imposant son ami Khamenei, homme sans réseau, sans clan et sans danger, via un faux testament écrit avec la complicité d’Ahmad, le fils, secrétaire et scribe de Khomeiny. C’est ainsi que Rafsandjani a pu prospérer et devenir via le CDR, le vrai successeur de Khomeiny. Il a préservé ce pouvoir tout au long de ces années en maintenant Khamenei au poste du guide suprême.

Le motif de cette opération qui se dessine contre Khamenei n’est donc pas le résultat d’une guerre interne mais d’une agression extérieure. Depuis des années, pour contester la légitimité du régime, les dirigeants ou experts américains insistent dans leur discours sur l’illégitimité populaire et démocratique du Guide, qualifié d’entité non élue.

Révolution verte | C’est ce que le régime veut corriger en destituant l’actuel guide Khamenei, suite à des soi-disant contestations populaires que l’on appelle la révolution verte : le régime affirmera ainsi que le Guide est une émanation du peuple musulman, soumis à sa volonté. Cette révolution verte renferme en lui la solution à tous les problèmes. C’est la grande loterie pour le régime : il refait sa révolution (en interne) pour donner un nouveau souffle de légitimité à la révolution islamique et à ses dirigeants… il relance le mythe de la réformabilité du régime et de la démocratie de ses élections, il espère ainsi écarter définitivement le danger d’une contre-révolution… Au passage il régénère ses structures de base, en particulier la fonction clef du Guide qui devient démocratique !

Avenir du régime | Vraisemblablement, cette opération cosmétique devra aussi faire évoluer la fonction du Guide vers le « Haut Conseil de 3 ayatollahs », dont ne voulait pas Rafsandjani à ses débuts. Aujourd’hui ayatollah, il peut y siéger entouré d’au moins un allié, ce qui lui permettra de préserver l’avantage qu’il avait sur la hiérarchie du clergé avec Khamenei dans son jeu. La forme collégiale qui se veut plus démocratique car pluraliste aura un antre avantage : elle installera une forme d’indécision (une autre soi-disant guerre des clans) au sommet visible de l’Etat, permettant au régime d’ajouter une nouvelle couche d’opacité à la chaîne de commandement pour satisfaire pleinement ce régime fondé sur le chantage et non sur le dialogue.

Il est donc recommandé d’être prudent à l’écoute du discours d’apparence antifasciste des nouveaux lobbyistes du régime qui militent pour la révolution verte avec des slogans uniquement hostiles à Ahmadinejad ou à Khamenei.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG
Dans l’immédiat | Cette opération permet néanmoins de repérer tous les agents du réseau de Rafsandjani qui ont un libre accès aux médias pour taper sur Khamenei. On trouve dans le lot, le fondateur des Pasdaran Sazgara ou encore l’agent des renseignements du bassidj Amir-Farshad Ebrahimi, qui font tous les deux semblants d’être des exilés.

Ces deux moussavistes affichés ont été interrogés par Delphine Minoui, dans un article consacré au fils cadet du Guide Suprême, Mojtaba Khamenei à qui l’on impute la direction du Bassidj et les récentes répressions pour sauver la mise à son papa. Or, il y a encore une semaine, personne n’avait jamais entendu parler de ce Mojtaba, mollah de surcroit, comme un chef du bassidj ! Vraisemblablement, son entrée en scène est une opération du régime pour réduire les charges contre son père : pour adoucir le sacrifice utile d’un allié serviable, opération toujours mal vu dans les cercles maffieux, on se focalise sur son turbulent garçon, Mojtaba (dont il n’existe aucune photo homologuée).

Khamenei senior sera destitué pour faute professionnelle grave et Khamenei junior sera le bouc émissaire pour les répressions, la soi-disant fraude et tout le reste. La révolution verte fera donc tomber un guide fantoche et un chef de bassidj qui n’existe pas ! N’importe qui pourrait jouer le rôle de ce coupable sans visage et le commandement du bassidj est épargné !

C’est ce que veut le régime, mais ce n’est pas sûr qu’il l’obtienne car tous ceux qui crient « Mort à Khamenei » dans les rues de Téhéran ne sont pas dans le secret des mollahs et espèrent vraiment la fin de ce régime. C’est le seul aspect positif de cette opération : pour assurer sa survie, le régime joue borderline.

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Calvin/500e: Grandeurs et misères de la tolérance – les Protestants aussi! (Calvin’s mixed political legacy)

10 juillet, 2009
Michel Servet monument (Geneva, 1909)Michel Servet counter-monument (Annemasse, 1908/1960)Tuer un homme, ce n’est pas défendre une idée. C’est tuer un homme. Sébastien Castellion
Fils respectueux et reconnaissants de Calvin notre grand réformateur mais condamnant une erreur qui fut celle de son siècle et fermement attachés à la liberté de conscience selon les vrais principes de la Réformation et de l’Évangile nous avons élevé ce monument expiatoire le XXVII octobre MCMIII (27 octobre 1903) Emile Doumergue
Le XXVII octobre MDLIII (27 octobre 1553) mourut sur le bûcher à Champel Michel Servet de Villeneuve d’Aragon né le XXIX septembre MDXI (29 septembre 1511) Inscriptions sur le monument de Servet de Genève
Michel Servet a eu la singulière infortune d’être brûlé deux fois: en effigie par les catholiques, et par les protestants en chair et en os. Roland Bainton
Cette sentence tombe alors que Calvin est en plein conflit avec le Conseil de la Ville sur les rapports entre l’Eglise et l’Etat.(…) Dans ce contexte, la mise à mort de Servet permet au Réformateur de raffermir son autorité. C’est aussi l’occasion, pour les protestants genevois, de montrer qu’ils sont d’aussi bons chrétiens que leurs adversaires catholiques. En se montrant capables d’orthodoxie et de fermeté sur les dogmes centraux, les réformés cherchent à prouver la légitimité et la crédibilité de leur Eglise. Sarah Scholl

A quand une rue Servet à… Noyon?

En ce 500e anniversaire de la naissance du réformateur français Jean Cauvin dit Calvin (de son nom latinisé Calvinus) né le 10 juillet 1509 dans la petite ville picarde de Noyon …

Retour, en ces temps de capitulation préventive et de dhimmisation avancée, sur l’un de ces premiers esprits libres …

Qui, avec la traduction de la Bible en langue vulgaire et en s’élevant contre la confiscation et la marchandisation de la religion par les élites ecclésiastiques et au prix de la mort et de l’exil, contribuèrent tant à la démocratisation de nos sociétés.

Mais retour également, contre l’étrange amnésie de Noyon, sur la longue et difficile marche que fut aussi, pour les Protestants et notamment les calvinistes, l’accès à la tolérance.

Comme en témoigne encore aujourd’hui non pas tant le bannissement des objets ornementaux auquel on doit indirectement (via le recyclage forcé des orfèvres et joailliers) l’hégémonie actuelle de l’industrie horlogère suisse.

Que la singulière multiplication, des rues et des places au menhir expiatoire ou au vénérable club de foot, des références genevoises à l’hérétique espagnol Miguel Serveto dit Michel Servet qui y fut en ce funeste jour d’octobre 1553, condamné à être « bruslé tout vif »…

Pourquoi Genève a-t-elle brûlé Michel Servet?
Sarah Scholl
Le Courrier
25 Octobre 2003

– Le 27 octobre 1553, il y a 450 ans, Michel Servet mourait sur un bûcher dressé à Champel, près de Genève, condamné pour ses idées trop radicales.

«Michel Servet a eu la singulière infortune d’être brûlé deux fois: en effigie par les catholiques, et par les protestants en chair et en os.»[1] Michel Servet, déclaré hérétique, mourait il y a 450 ans – le 27 octobre 1553 – sur un bûcher dressé à Champel, non loin du centre historique de Genève. Au même endroit, il y a un siècle, des protestants érigeaient une stèle à sa mémoire. Si le destin tragique de ce médecin et théologien d’origine espagnole est largement connu, les raisons de sa condamnation à mort ne sont guère explicitées. Et ce n’est que rarement que l’on mentionne la discussion que son martyr suscite, mettant et remettant à l’ordre du jour la question de la tolérance au coeur du christianisme. Petit parcours historique à la veille d’un anniversaire quelque peu oublié.
Né entre 1509 et 1511 à Villanueva, en Espagne, Michel Servet (ou plutôt Miguel Serveto) se trouve rapidement engagé au sein des polémiques confessionnelles qui secouent l’Europe. Il sillonne le Vieux-Continent, apprenant le droit à Toulouse, la médecine à Paris, vivant en Allemagne, en Suisse et en Italie. Il se passionne pour les questions religieuses et se trouve une âme de Réformateur. Mais ses idées vont le mener à être considéré en ennemi autant par les catholiques que par les protestants. Qu’écrit donc Michel Servet?

TRAITE CONTRE LA TRINITE

Il publie son premier traité en juin 1531, De Trinitaris erroribus (Des Erreurs de la Trinité). Le titre révèle son contenu. Le théologien va s’attaquer à ce qui constitue le pilier de la foi chrétienne: le concept de Trinité. Servet – dans la foulée des Réformateurs – relit les Ecritures. Il s’attache à montrer qu’on ne trouve pas dans la Bible les fondements du dogme trinitaire. Pour lui, Dieu est unique. Fort de cette constatation, le théologien rêve d’une Réforme radicale, dépassant celle de Luther et Calvin. Son livre est interdit et l’auteur menacé d’un procès.
Il va désormais vivre sous un faux nom: Michel de Villeneuve, du nom de sa ville natale. Pendant vingt ans, il continue ses travaux scientifiques et publie des traités de médecine, d’astrologie et de géographie. En 1553, alors qu’il est réfugié à Vienne, près de Lyon, il fait imprimer clandestinement un nouvel ouvrage: Le Christianisme restitué, dans lequel il nie formellement la divinité du Christ.

UN FACE-A-FACE GENEVOIS

C’est à cette époque que commence le face-à-face bien connu entre Michel Servet et Jean Calvin. Les deux théologiens avaient auparavant entretenu une correspondance dont il nous reste une trentaine de lettres. A la publication du Christianisme restitué, un proche de Calvin dénonce Michel Servet auprès de l’Inquisition (catholique) de Vienne et lui fournit des preuves. Michel Servet est arrêté. Il réussit à s’enfuir mais est condamné par contumace au bûcher et brûlé en effigie avec son livre. En août 1553, il passe par Genève, en route vers l’Italie. Il est reconnu et arrêté alors qu’il se rend à un prêche au temple de la Madeleine. Son crime? La «propagation d’hérésies» liées au rejet de la Trinité, de la divinité de Jésus et du baptême des enfants. Le Conseil (le gouvernement civil de Genève) lui intente un procès sur une plainte de Calvin. Sa condamnation à mort sera approuvée par la majorité des Eglises protestantes de Suisse.
Cette sentence tombe alors que Calvin est en plein conflit avec le Conseil de la Ville sur les rapports entre l’Eglise et l’Etat. Luttant pour une réforme en profondeur des moeurs et des croyances, Calvin et la Compagnie des pasteurs interviennent régulièrement auprès du Conseil, créant de nombreuses tensions. Dans ce contexte, la mise à mort de Servet permet au Réformateur de raffermir son autorité. C’est aussi l’occasion, pour les protestants genevois, de montrer qu’ils sont d’aussi bons chrétiens que leurs adversaires catholiques. En se montrant capables d’orthodoxie et de fermeté sur les dogmes centraux, les réformés cherchent à prouver la légitimité et la crédibilité de leur Eglise.

ELOGE DE LA TOLERANCE

La mort de Servet ne fut toutefois pas saluée par tous. La polémique enfla au lendemain du supplice, «les cendres de ce malheureux étaient à peine refroidies qu’on se mit à discuter du châtiment des hérétiques»[2], écrit Théodore de Bèze. Sébastien Castillon, par exemple, s’élève contre l’exécution: «Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme.» Reste que l’idée de tolérance est combattue par Calvin et par son successeur, Théodore de Bèze, qui réaffirme la nécessité de punir les hérétiques.

REPENTANCE PROTESTANTE

Les débats se poursuivront tout au long des siècles suivants. Valentine Zuber, chercheuse française et organisatrice d’un colloque sur Michel Servet[3], a analysé ce phénomène dans un article[4]. Pour elle, le théologien devient un symbole, «la victime» du protestantisme. Sa figure cristallise les tensions entre adversaires et partisans de l’Eglise. Voltaire y fera référence, tout comme ceux qui remettent en cause le lien – si cher aux protestants – entre leur religion et la liberté de conscience. Le débat fait rage jusqu’au début du XXe siècle. En 1903, les autorités protestantes genevoises tenteront de le désamorcer, en manifestant leur repentance. Un monument expiatoire est alors érigé.
Note : [1]Roland Bainton, Michel Servet, hérétique et martyr.
[2]Cité par Vincent Schmid dans Le Protestant, octobre 2003.
[3]Ce colloque a lieu à Paris du 11 au 13 décembre prochain. Pour tous renseignement: % 0033 (0) 1 34 84 15 41 ou
valentine.zuber@ephe.sorbonne.fr. Il est ouvert au public sur inscription.
[4]Valentine Zuber, «Pour en finir avec Michel Servet», Bulletin de la Société d’Histoire du protestantisme français, 1995.

Voir aussi:

De Noyon à Genève, itinéraire d’un dissident
LE MONDE DES LIVRES
14.05.09

Jean Calvin, né à Noyon le 10 juillet 1509, étudie la théologie à Paris, le droit aux universités de Bourges et Orléans, puis bascule de l’humanisme chrétien à la dissidence religieuse entre 1533 et 1535. Réfugié à Bâle en 1535, il y publie une première version (latine) de l’Institution de la religion chrétienne en mars 1536. Après un premier séjour à Genève (1536-1537), il y est rappelé en 1541 pour promouvoir une discipline, un culte et une ecclésiologie réformés.

Il fait, par sa correspondance, par la diffusion imprimée de ses écrits dogmatiques, polémiques, catéchétiques, par la création d’une académie destinée à la formation de ministres missionnaires, de la petite cité du Léman une capitale du protestantisme. Il meurt le 27 mai 1564.

Denis Crouzet

Voir enfin:

John Calvin at 500
Reflections on a mixed political legacy.
by Joseph Loconte
07/10/2009

Today marks the 500th anniversary of the birth of John Calvin, the French theologian who helped carry the Protestant Reformation into the heart of Europe and shatter the spiritual hegemony of the Catholic Church. Though Calvin was never the theocratic thug of popular imagination, neither was he a champion of individual freedom. If his system of thought inspired later democratic reformers–especially the Puritan ministers who backed the American Revolution–it was largely because they sought to overcome Calvinism’s internal contradictions.

Calvin was born on July 10, 1509, into a religious world already in crisis–a cacophony of superstitions, inquisitions, clerical concubines, and souls for sale. After coming under the influence of Martin Luther, he converted to Protestantism. A severe crackdown on the « new heresy » in Catholic France forced him to seek refuge in Switzerland, where he settled in Geneva. Over the next 25 years Calvin would combine his powerful intellect and elegant prose to become the Reformation’s leading theologian.

His most important work, The Institutes of the Christian Religion, helped revolutionize the meaning of divine mercy. Against a religious culture of rituals, indulgences, and pilgrimages to earn God’s favor, Calvin preached a message of grace. Salvation, he taught, could neither be bought nor earned: It was a gift from God through faith in Jesus. « We could not lay hold of his mercy, if he did not offer it, » he wrote. « Christ is the only pledge of love, for without him, everything speaks of hatred and anger. » Calvin’s doctrine of predestination, however, went beyond Luther in delineating God’s « elect, » those chosen for eternal life, from those destined for eternal damnation. Many would find the doctrine repugnant, since it seemed to make God the author of evil and nullify human choice in matters of faith.

Against a political system that threatened to subjugate and enfeeble the church, Calvin elevated the concept of God’s sovereign rule over every earthly power. Although he taught obedience to civil magistrates, every ruler was accountable to God. All political authority was therefore provisional, derivative–and limited. The king should defend and promote Christian teachings, Calvin wrote, but keep his nose out of the spiritual affairs of the church. If the magistrate commanded anything contrary to the will of God, « it must be as nothing to us. »

Unlike previous reformers, Calvin did not expect the rapid arrival of the Second Coming of Christ. His aim was to establish a holy commonwealth, a « new Israel, » where God’s elect–functioning as a democratic polity–would glorify him through their earthly vocations. No Protestant reformer did more to help dignify secular work and inspire Christian engagement in culture. Calvinism would spread to Holland, France, England, Scotland, and New England, where it would shape America’s colonial experiments in self-government. « Calvin came out with a resolute summons to action within the sphere of society, » writes historian Roland Bainton. « Calvinism therefore bred a race of heroes. »

Something less than heroic, however, emerged in Calvin’s Geneva. His view of the church, guiding God’s people with « motherly care, » took a repressive turn once his Reformed vision gained political power in the city council. Although he vigorously attacked Catholicism for its theology of persecution, he soon formulated his own: Faith could not be compelled, but neither could civil or religious authorities tolerate false teachings. Dissent–viewed as both a political and spiritual threat–was criminalized. A denial of predestination meant banishment. « When God is blasphemed in a most loathsome manner, when souls are led to perdition by godless and destructive teachings, then it is necessary to find the remedy which will prevent the deadly poison from spreading. »

When it came to the poison of heresy, the safest remedy was execution. Calvin’s infamous role in the trial and death of Michael Servetus, condemned and burned as a heretic in Geneva in 1553, shocked the conscience of the Protestant community. Many accused the Protestant leaders in Geneva of adopting the « popish » ways of the Catholic Church. Sebastian Castellio, a linguist and colleague, broke with Calvin over the principle of religious toleration: « I do not see how we can retain the name of Christian, » Castellio said, « if we do not imitate His clemency and mercy. »

Calvin did not yield an inch. Invoking Old Testament passages condemning the worship of false gods, he defended the use of violence against those who challenged orthodoxy and threatened the purity of the elect. Detractors were presumed to be insincere, morally debased–or worse. Despite their dark view of human nature, Calvin and his followers seemed to invite a new form of hubris into the church. « They did not usually act as if they believed what their own theology said about the huge gap between divine omniscience and human finitude, » writes Notre Dame historian Mark Noll, « nor did they seem to really believe their own claim that even believers continued to abuse the gifts of God for idolatrous, selfish ends. »

Thus, John Calvin and the Reformed tradition he launched were simultaneously medieval and modern. Much like his Catholic antagonists, Calvin viewed the political and religious realms as part of an unbroken spiritual unity. For all his theological innovation, he never imagined that the church could maintain its fidelity to the truth without the assistance of the state.

Nevertheless, Calvin anticipated the modern, liberal world by demanding that church authority yield to individual judgment when its traditions seemed to contradict conscience and the word of God. He insisted on the functional independence of the church from the state. He emphasized the spiritual freedom and equality of all believers, regardless of their station in life. In this way, Calvin helped sanctify a doctrine of liberty that democratic reformers–from John Locke to James Madison–would put to good use.

Joseph Loconte is a senior research fellow at The King’s College in New York City and a frequent contributor to THE WEEKLY STANDARD. He is working on a book on the history of religious freedom in the West.


Antisémitisme: Le message caché de la Finance islamique (Islamic banking: Islams’s newest weapon against Israel)

10 juillet, 2009
Islam's oil weaponIslam's oil weaponIslam's oil weapon
Nous pensons que le monde financier islamique peut contribuer à établir des règles pour un nouveau fondement de la finance occidentale, car nous devons surmonter une crise qui, après la résolution des premiers problèmes de liquidité, est devenue principalement une crise de confiance envers le système. Le système bancaire international a besoin d’instruments qui placent l’éthique au centre des affaires, et qui permettent de récolter des liquidités et de participer à la reconstruction de la réputation d’un modèle capitaliste qui a échoué. Les gens veulent des investissements sûrs et c’est pourquoi ils commencent de nouveau à acheter davantage de titres de gouvernement. Mais les rentes baissent continuellement et se trouvent bientôt au niveau zéro. Les banques occidentales pourraient modifier le système de garantie des « soukuks » ou les reprendre directement sous cette forme afin de stimuler la croissance économique. Les « soukouks » (emprunts islamiques) pourraient par exemple être mis en pratique dans l’industrie automobile souffrante ou pour financer les prochains jeux olympiques de Londres. A la suite de la crise de 1929, un surplus de liquidité passive s’est formé qui doit être mis en circulation, et le «soukouk» pourrait être un moyen approprié pour cela. Les principes éthiques qui caractérisent la nature de la finance islamique pourraient de nouveau rapprocher les banques de leurs clients et organiser les prestations de services de telle sorte qu’un esprit réel d’aide caractérise chaque service bancaire. Loretta Napoleoni et Claudia Segre (L’Osservatore Romano, journal officiel du Vatican, le 4 mars 2009)
La « Finance islamique », c’est l’islam qui s’introduit sous l’apparence apparemment neutre des «banques», des banques présentées comme plus « morales », plus « humaines ». Mais plus morales, plus humaines par rapport à quoi ? Cela n’est pas dit mais tout le monde a compris. La finance islamique qui interdit la spéculation, proscrit l’intérêt est implicitement opposée à la « Finance juive américano-sioniste », aidée par la finance chrétienne protestante. Cette finance juive et cette finance chrétienne auraient trahi, volé, piétiné les principes éthiques. (…) Mais c’est en même temps une incitation à stigmatiser la «finance juive», à « boycotter Israël ». Ce n’est jamais dit mais c’est implicite et beaucoup acceptent lâchement ce non-dit. Anne-Marie Delcambre
Après l’arme du pétrole, voici celle de la finance!Face à l’actuel engouement occidental pour la finance islamique censée, dans les bagages du nouveau messie noir de la Maison Blanche, enfin apporter à un monde en crise la moralisation qui lui fait tant défaut …Il faut à nouveau toute la sagacité et le courage de l’islamologue Anne-Marie Delcambre pour oser en décrypter les véritables message et ordre du jour cachés comme les ultimes conséquences.A savoir, bien sûr l’objectif ultime d’islamisation et de chariarisation du monde et de nos sociétés occidentales.

Mais aussi, ce qui en explique l’attrait secret pour tant de nos antisémites et anti-américains (pardon: « antisionistes et anti-impérialistes »!) comme du Vatican lui-même, l’appel implicite à la stigmatisation et au boycott de la finance juive et américaine.

Qui nous avait déjà valu les tristement fameux chocs pétroliers des années 70, délibérément déclenchés, faut-il le rappeler, par les pays arabes eux-mêmes lors de leur guerre du Kippour contre Israël.

Et qui, trois décennies plus tard, avec l’incroyable force de frappe financière qui en a résulté, se retrouve justement être la base de la nouvelle arme ultime de la finance islamique

La Finance islamique ou l’islamisation déguisée
Anne-Marie Delcambre
LibertyVox
le 05/04/2009

Anne-Marie Delcambre dénonce l’hypocrisie de la Finance islamique, un des nombreux chevaux de Troie de notre islamisation.

Les musulmans ont enfin trouvé le moyen de séduire l’Occident par le biais de… la finance.

Qui dit «Finance» dit «argent» et l’imagination populaire a vite fait de conclure que les riches pays musulmans vont nous aider à sortir de la crise financière, crise financière qui nous viendrait, selon les médias, de cette Amérique et de ses financiers sans scrupules qui ont ruiné des centaines de millions de gens. La spéculation effrénée ayant abouti à une crise sans précédent, il est certes plus facile d’accepter une «moralisation» de l’économie.

Or la base de la «Finance islamique» c’est effectivement la prohibition du prêt à intérêt, le refus de la spéculation et de l’aléa, le refus des contrats d’assurance. Il est vrai que le Coran n’a pas de termes trop forts pour stigmatiser l’usure et l’usurier. La Tradition prophétique (Sunna) comporte de nombreux hadîths qui affirment que l’usurier sera possédé par Satan qui l’étranglera de ses propres mains, que l’usurier sera jeté dans un fleuve d’où un autre homme l’empêchera de sortir en lui lançant des pierres. Mais ne nous affolons pas, les traités de droit musulman sont pleins de ces ruses (hiyal) juridiques qui permettent de tourner l’interdiction de l’usure (riba). Par exemple l’opération de double vente.

Le problème s’est posé avec acuité avec la création de banques dites islamiques qui sont, d’ailleurs, de création relativement récente puisqu’à la période classique (au 10ème siècle), à Bagdad, ce sont les Juifs qui étaient responsables des opérations bancaires.

En effet les «banques islamiques» n’ont pris leur essor, qu’à partir de 1971, avec la création de la Nasser Social Bank et surtout en 1975, de la banque islamique de développement, la BID. En 1977, c’est l’Association Internationale des banques islamiques (AIBI) et en 1981, l’Institut international de banque et d’économie islamiques. Depuis, les banques islamiques ont fleuri un peu partout. Mais toutes sont régies selon les principes qu’Allah est le seul et unique propriétaire des biens que l’homme peut posséder. Il ne faut pas oublier que la charî’a régit non seulement les relations de l’homme à Allah (ibadat) mais aussi les relations des hommes entre eux (mu’amalat). Et dans ces mu’amalat, la chari’a indique les différents contrats à établir dans les transactions économiques.

Or, ce qui n’est pas dit, c’est que toute banque islamique est alimentée en partie par les résultats de la zakat (aumône légale). Quant aux dépôts à vue, ils ne bénéficient d’aucune rémunération mais… ils peuvent donner lieu à des primes. Il y a différents subterfuges pour rémunérer les comptes. Cela prouve bien que l’arrivée en Europe de la «Finance islamique» est une islamisation à plus ou moins long terme de notre société et non l’arrivée de nouveaux produits «plus moraux». Il faut dire que dès leur création, les «banques islamiques» ont cherché à entrer en concurrence avec les multinationales capitalistes qu’elles ressentaient comme juives ou chrétiennes, sans grand succès d’ailleurs, et la crise économique actuelle leur fournit une occasion superbe et inespérée de faire entrer sur scène la finance islamique.

L’enthousiasme de nos banquiers et ministres concernant ces produits «islamiques moraux» est bel et bien une soumission déguisée à l’islam à qui on donne alors encore plus d’emprise sur notre société. En effet, derrière les outils juridiques utilisés par la Finance islamique, comme les contrats, qui permettent de tourner la prohibition du prêt à intérêt, il y a la morale islamique qui, elle, ne saurait être contournée. Dans la finance dite islamique il est interdit de financer les activités illicites, la vente d’alcool, de vin, de bière, de porc, la vente d’instruments de musique, de croix, pour ne citer que quelques exemples.

En apportant des capitaux à l’Europe, les musulmans apportent non pas un «supplément d’âme» mais bien un supplément de charî’a. Or si la charî’a vomit l’usure (riba) (Coran, sourate 2, verset 276 ; sourate 3 verset 130. Sourate 4, verset 161) (l’«usure», cet intérêt que le prêteur demande à l’emprunteur), elle vomit aussi, ne l’oublions pas, l’adultère, l’homosexualité, l’apostasie, le blasphème, l’athéisme. Elle dit :
1) que la terre entière appartient à Allah.
2) qu’Allah seul est législateur et qu’il a ordonné de combattre «ceux qui sèment la corruption sur la terre» (moufsidoûn). D’ailleurs le Paradis est à l’ombre des épées et ne s’acquiert qu’en combattant (jihâd). C’est seulement au Paradis que le mot «Paix» (salam) sera prononcé.
3) et surtout la charî’a rappelle que la religion naturelle de l’homme c’est l’islam. Car «l’islam est la vraie religion aux yeux d’Allah» affirme le Coran.

Les principes de la finance islamique seraient sans danger s’ils ne s’inscrivaient pas dans une charî’a globale qui va à l’encontre des principes de notre société occidentale, à savoir la liberté, l’égalité, la fraternité. En effet la charî’a interdit la liberté de religion (interdiction d’en changer et interdiction d’en sortir : elle punit de mort l’apostasie). La chari’a n’accepte pas l’égalité entre musulmans et non-musulmans et établit un statut inégalitaire, le statut de dhimmi , «protégé» moyennant finance (impôts). La charî’a n’accepte pas la fraternité entre musulmans et non-musulmans. «Le musulman est le frère du musulman» (al-muslim akhoû al-muslim), absolument pas le frère du non-musulman.

La «Finance islamique» c’est l’islam qui s’introduit sous l’apparence apparemment neutre des «banques», des banques présentées comme plus «morales», plus «humaines. Mais plus morales, plus humaines par rapport à quoi ? Cela n’est pas dit mais tout le monde a compris. La finance islamique qui interdit la spéculation, proscrit l’intérêt est implicitement opposée à la «Finance juive américano-sioniste», aidée par la finance chrétienne protestante. Cette finance juive et cette finance chrétienne auraient trahi, volé, piétiné les principes éthiques. Mais la finance islamique, elle, arrive, en sauveur, avec des capitaux enveloppés de principes moraux islamiques.

On dit que l’argent n’a pas d’odeur. L’argent de la «Finance islamique» en a une : celle de la charî’a. Cela pue la charî’a. En réalité ce sont les pays musulmans qui ont décidé d’acheter l’Occident avec leurs capitaux et de fournir avec la «finance», leur charîa, c’est-à-dire leurs principes religieux. Si ce n’est pas de l’islamisation, on se demande pourquoi on juge nécessaire d’ajouter le terme «islamique» au mot «finance». Mais c’est en même temps une incitation à stigmatiser la «finance juive», à «boycotter Israël». Ce n’est jamais dit mais c’est implicite et beaucoup acceptent lâchement ce non-dit.

«Finance islamique», laissez-moi rire. Comment ne pas être révolté par l’hypocrisie de ce système qui n’hésite pas, la plupart du temps, à contourner ses propres règles pour fonctionner finalement comme la finance normale, comme la finance «laïque».

Si demain le Vatican décidait d’ouvrir des banques pour aider les plus pauvres, mais en rappelant les principes éthiques qui sont ceux de la morale catholique traditionnelle, ce serait aussitôt une levée de boucliers. En revanche les inepties «morales» débitées pour justifier la «Finance islamique» sont gobées sans problème.

On se demande si les médias, passés à la cause arabe, n’ont pas totalement anesthésié nos concitoyens. Mais derrière il n’est pas certain qu’il n’y ait pas aussi cette vieille haine du profit de l’argent, émanant d’une société européenne à base rurale et catholique qui n’a jamais accepté d’avoir un rapport réaliste à l’argent, qui n’a jamais accepté le rôle du commerce et de la finance. D’où son malaise devant la « finance protestante » ou devant la « finance juive ».

Avec la « finance islamique » (il est à remarquer qu’on ne dit pas « finance musulmane ») on veut croire au miracle. Islamique cela rime avec laïque. Décidément les musulmans sont passés maîtres dans l’art de savoir parler aux occidentaux et sont vraiment devenus des stratèges en matière de communication.

Voir aussi (sur un site suisse membre du Réseau Voltaire):

Une alternative: mécanismes de crédit fondés sur un code éthique
Propositions et idées issues du système financier islamique contre la crise économique de l’Occident
Loretta Napoleoni et Claudia Segre*
l’Osservatore Romano
4/3/09

Nous publions de longs extraits de l’article «L’islam peut-il aider le système financier occidental?», qui paraîtra dans le prochain numéro du magazine «Vita e Pensiero».

Nous devons rappeler que déjà à la fin du XIXe siècle, les défenseurs des principes et les amis du système financier islamique ont exprimé à plusieurs reprises leur insatisfaction à propos de l’arrivée du capitalisme dans les pays musulmans. Différentes expertises (Fatwa) ont été publiées pour confirmer que les activités qui s’appuient sur le système d’intérêts des banques des «colonisateurs» ne sont pas compatibles avec la Charia. Les seules banques dans le monde musulman étaient d’empreinte occidentale. La population musulmane a été contrainte à les utiliser bien qu’il s’agisse de son point de vue d’activités non autorisées et du point de vue de la loi religieuse en vigueur d’activités interdites, qui ont pourtant pénétré l’ensemble de la structure sociale et économique de leurs pays.

A partir du milieu des années 50 jusqu’au milieu des années 70, les scientifiques en matière économique, les financiers, les savants de la Charia et les intellectuels se sont concentrés sur l’abolition possible de l’intérêt et ont essayé de construire des institutions financières alternatives. Celles-ci devaient être «compatibles avec la Charia» et se baser sur les règles islamiques reposant sur l’interdiction de prélever des intérêts, c’est-à-dire l’interdiction de paiements d’intérêts comme récompense au jour échéant. Un nouveau système économique islamique devrait en outre respecter l’engagement des croyants musulmans à donner des aumônes (Zakât) selon leur fortune au lieu d’autres formes de financement des pèlerinages à la Mecque. Les premières solutions proposées dans le domaine de la pratique de l’économie islamique ont été réalisées dans les années 50 à Kuala Lumpur en Malaisie et dans la partie sud de l’Egypte. L’essai en Malaisie a été soutenu par la direction et par des moyens financiers des pèlerins malaisiens et par le gouvernement. Celui-ci surveillait entre autres les institutions financières lors de placements d’épargne et lors d’investissements correspondants en accord avec la Charia. L’élément le plus fondamental et connu du mode de fonctionnement du système financier islamique est le refus d’utiliser des intérêts comme composante lors de crédits ou comme partie intégrante d’autres opérations. C’est ainsi que des modes opératoires alternatifs doivent être trouvés, qui sont capables de garantir les taux de réponse du capital et des investissements en préservant les principes éthiques de l’islam. L’économie islamique se fonde, outre l’économie de marché traditionnelle, sur les principes religieux de l’Islam. Les musulmans doivent s’en tenir à la Charia, la loi religieuse qui guide leur vie. Les activistes islamiques, les intellectuels, les producteurs et les dirigeants religieux ont toujours souligné la validité de l’interdiction du prélèvement d’intérêts, l’interdiction des jeux de hasard et de la spéculation, ils ont condamné les intérêts des créanciers et ont accusé le commerce basé sur les valeurs mobilières. Selon ce principe, l’argent ne doit pas être utilisé comme produit pour engendrer encore plus d’argent. La finance islamique évite les investissements de capitaux qui sont gérés de manière alternative et les actions conventionnelles et privilégiées car elles conduisent à la multiplication artificielle de l’argent. Ce dernier doit être un moyen et un instrument productif. C’est le principe qui est appliqué aux soi-disant «soukouks». Ces obligations islamiques sont toujours liées à un investissement réel, par exemple pour payer la construction d’une route ou d’un bâtiment, et n’ont pas de but spéculatif. Ce principe correspondant à la Charia et aux activités interdites par l’Islam et non éthiques (Haram) comme la production et la vente d’armes, le commerce avec le tabac, l’alcool, la pornographie et les jeux de hasard. Pour l’essentiel, une association extraordinaire est née grâce à la recherche d’une forme éthique fongible et compatible avec la Charia. Des professeurs et des scientifiques aisés qui se sentent engagés envers la Charia, ont commencé à coopérer dans l’intérêt d’un système financier islamique plus fort. Cette communauté d’intérêts inhabituelle est un phénomène unique dans l’économie moderne, mais qui a effectivement posé le fondement d’un nouveau système économique. La distinction la plus importante entre l’approche du système financier conventionnel et la finance islamique se manifeste dans le concept de l’Oumma. On désigne par l’Oumma la communauté religieuse de tous les musulmans et son effort commun pour respirer, penser et prier comme un individu unique. C’est l’âme de l’islam. L’individualisme est inconnu dans l’islam parce qu’il est étranger au fond culturel des tribus. Le sentiment d’appartenance communautaire très fort, le devoir d’aider les amis dans le besoin ainsi que l’acceptation de l’autorité des dirigeants religieux sont les valeurs traditionnelles de ces cultures. Les savants de la Charia ont planté ces valeurs au sein de l’économie islamique. Ces principes ont permis aux Bédouins de maîtriser leur vie dure pendant des siècles, malgré la rudesse de l’environnement du désert. Si l’Oumma est le cœur de l’économie islamique, le sens communautaire est son pouls. Nous pensons que le monde financier islamique peut contribuer à établir des règles pour un nouveau fondement de la finance occidentale, car nous devons surmonter une crise qui, après la résolution des premiers problèmes de liquidité, est devenue principalement une crise de confiance envers le système.
Le système bancaire international a besoin d’instruments qui placent l’éthique au centre des affaires, et qui permettent de récolter des liquidités et de participer à la reconstruction de la réputation d’un modèle capitaliste qui a échoué. Les gens veulent des investissements sûrs et c’est pourquoi ils commencent de nouveau à acheter davantage de titres de gouvernement. Mais les rentes baissent continuellement et se trouvent bientôt au niveau zéro. Les banques occidentales pourraient modifier le système de garantie des «soukuks» ou les reprendre directement sous cette forme afin de stimuler la croissance économique. Les «soukouks» (emprunts islamiques) pourraient par exemple être mis en pratique dans l’industrie automobile souffrante ou pour financer les prochains jeux olympiques de Londres. A la suite de la crise de 1929, un surplus de liquidité passive s’est formé qui doit être mis en circulation, et le «soukouk» pourrait être un moyen approprié pour cela.
Les principes éthiques qui caractérisent la nature de la finance islamique pourraient de nouveau rapprocher les banques de leurs clients et organiser les prestations de services de telle sorte qu’un esprit réel d’aide caractérise chaque service bancaire. •

Source: Première publication dans l’Osservatore Romano du 4/3/09
(Traduction Horizons et débats)

*Loretta Napoleoni est née en Italie et elle travaille en tant qu’assistante scientifique dans plusieurs banques et organisations internationales comme les Nations Unies en Europe et aux USA. En outre, elle a été correspondante à l’étranger pour des journaux financiers italiens. Elle est l’auteur entre autre de «Die Zuhälter der Globalisierung. Über Oligarchen, Hedge Fonds, ’Ndrangheta, Drogenkartelle und andere parasitäre Systeme». Edition Riemann, Munich 2008 et «Die Ökonomie des Terrors – Auf den Spuren der Dollars hinter dem Terrorismus». Edition Antje Kunstmann, Munich 2005.


Finance internationale: L’islam lave plus blanc (Keep it cleaner with Islam)

9 juillet, 2009
Money jihadLe loup sait (…) s’habiller en grand-mère. (…) En définitive, la focalisation des médias occidentaux sur la Qaïda est une importante victoire tactique des Frères puisqu’elle amène à ne pas parler d’eux alors que ce sont eux les véritables et permanents auteurs de la violence islamique. Alain Chouet
J’estime qu’il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l’islam où qu’ils se manifestent. Hussein Obama
Dans la situation de crise actuelle, il est probable que de nombreux financiers vont avoir envie de se reconvertir. (…) parmi les raisons qui ont mené à la crise actuelle, il y a eu la perte du lien entre le risque et le gain. La finance islamique, qui permet la traçabilité des risques, pourrait être une source d’inspiration comme une autre. Une affaire Madoff ne pourrait pas se produire dans ce contexte. Elyès Jouini

Et si nos financiers se convertissaient à l’islam?

Respect des principes du droit musulman, exclusion du prêt à intérêt et de la séparation du risque et du gain, interdiction des prises de risque excessives, traçabilité des risques, défense d’investir dans des activités considérées comme porteuses de vices comme l’armement ou les alcooliers …

A l’heure où, de G8 en G20, nos maitres du monde et nos économistes s’arrachent les cheveux pour savoir si la sortie de crise sera en en V, en U, en W ou en racine carrée …

Où, pendant que nos ingénieurs ou nos journalistes laissent leur peau dans les règlements de comptes entre services secrets et politiciens véreux d’ici ou d’ailleurs, nos institutions tirent la sonnette d’alarme sur la pénétration toujours plus grande des grands flux financiers ou même du football par les circuits de blanchiment de l’argent de la drogue …

Et où le Pleurnicheur en chef dont la moitié de la famille est musulmane et qui, de l’Indonésie aux Etats-Unis, a passé toute sa vie dans des grands pays musulmans, joue les attachées de presse bénévoles pour les mérites incommensurables et les bienfaits immémoriaux de l’Islam …

La solution, comme l’ont vite compris tant notre ministre de l’Economie avec une modification fiscale dans les cartons qu’outre la Société Générale à la Réunion, des établissements financiers publics tels que la Banque postale ou la Caisse d’épargne attirés par un marché « estimé à 1 000 milliards d’euros à l’horizon 2020 » ou même l’Université Dauphine avec son projet de master, est toute trouvée.

Explication, dans un tout récent publireportage de « 20minutes », avec l’économiste et chef du projet de master de Paris-Dauphine Elyès Jouini.

Qui, loin des stupides et fâcheux amalgames avec un prétendu financement du terrorisme, montre comment la légendaire traçabilité de la finance hallal nous aurait non seulement évité une affaire Madoff (juif comme chacun sait de son état) mais toutes les guerres du monde puisqu’elle interdit les activités porteuses de vices comme l’armement.

Sans parler, ce que notre distrait publiciste aura oublié mais que précise le Canard enchainé, les impérissables innovations, fournies, denier du culte aidant, par les gardiens de la foi d’Al Azzar ou d’ailleurs.

Comme le « murabaha » qui permet aux acheteurs de verser des loyers aux banques en lieu des intérêts prohibés ou le « sukuk », sorte d’obligation où le taux d’intérêt est judicieusement rebaptisé « intéressement au profit » …

« L’islam défend d’investir dans l’armement »
Ilyes Jouini
Recueilli par Lise Martin
20 minutes
le 06.07.09

L’université Paris Dauphine s’apprête à lancer une formation en un an, de niveau master 2, intitulée « Principes et pratiques de la finance islamique ». Elyès Jouini, son responsable, explique les enjeux de ce secteur et de ce diplôme.

Sur quels principes repose la finance islamique ?

Il s’agit d’une finance qui respecte les principes du droit musulman. Elle exclut par exemple le prêt à intérêt, puisqu’elle interdit de séparer le risque et le gain. Elle bannit aussi les prises de risque excessives. Enfin, elle défend d’investir dans des activités considérées comme porteuses de vices, comme l’armement ou les alcooliers. Attention cependant aux amalgames avec « islamiste » et financement du terrorisme. Ils sont non fondés, mais j’admets que la terminologie française est malheureuse.

Pourquoi l’université Dauphine lance-t-elle dans cette formation ?

Nous avons voulu nous adresser aux étudiants qui ont déjà un master en poche mais aussi aux professionnels de la banque et des assurances, musulmans ou non. Dans la situation de crise actuelle, il est probable que de nombreux financiers vont avoir envie de se reconvertir. Et en France, il y a une clientèle potentielle d’épargnants importante pour la finance islamique.

Ne s’agit-il pas plutôt d’un phénomène de mode ?

Elle est en fait déjà très présente dans les institutions financières françaises, qui pratiquent ce type d’opérations à l’étranger et qui aimeraient profiter du potentiel français. Je pense aussi que parmi les raisons qui ont mené à la crise actuelle, il y a eu la perte du lien entre le risque et le gain. La finance islamique, qui permet la traçabilité des risques, pourrait être une source d’inspiration comme une autre. Une affaire Madoff ne pourrait pas se produire dans ce contexte.

Voir aussi:

BIG BIZNESS
Criminels, terroristes, dictateurs… et banquiers
Blanchiment
Woodward et Newton
Backchich
9 juillet 2009

En temps de crise, il s’agit de montrer patte blanche chez les banquiers. Non au blanchiment des grands truands ! Ou aux terroristes genre Ben Laden. En revanche pour les dictateurs, on fait un geste…

Alors qu’on mobilise, ces derniers jours, tous les experts reconnus en méthode Coué pour nous prédire, entre deux prévisions de déficit budgétaire, les prémisses des débuts de bruissement de sortie de crise, les grandes institutions internationales s’échinent à nous saper le moral et à nous convaincre que nous avons eu tort de venir en aide à un secteur bancaire décidément indigne de notre confiance.

C’est d’abord Antonio Maria Costa, le « Monsieur Drogue et Criminalité » de l’ONU, qui a ouvert le bal il y a quelques semaines : « les banquiers ont fait quelque chose qui s’avère à la fois stupide et diabolique » , a-t-il affirmé. « Ils ont permis à l’économie souterraine mondiale de pénétrer l’économie globale. Les banques d’investissements, les gestionnaires de fonds, les courtiers en matières premières et les promoteurs immobiliers ont permis aux syndicats du crime de blanchir leurs revenus criminels et de devenir des partenaires financiers fréquentables ». Forçant son penchant naturel pour un langage diplomatique onusien, il en a même rajouté une petite couche pour le fun : « en développant des instruments financiers complexes, les banques ont délibérément rendu les marchés financiers plus opaques et plus vulnérables. Grâce à elles, et au blanchiment, le crime organisé s’est transformé en multinationales ; une sorte de mafia borghese ou de criminalité en col blanc… ». Diantre…
Le football, nouvelle victime du blanchiment

Comme pour lui faire écho sur le thème de la vulnérabilité, c’est le Gafi (Groupe d’action financière) qui a apporté sa petite contribution défaitiste à l’édifice. Sans doute impressionnés par le montant des transferts de Ronaldo et de Kaka qui ont alimenté les fantasmes du début du mercato estival, les membres de l’organisation internationale de lutte contre le blanchiment ont ajouté une petite dose de sinistrose. Le football est devenu très vulnérable aux opérations de blanchiment ont-ils décrété dans leur livraison de juillet 2009 (Money Laundering through the Football Sector – Juillet 2009). Des propos pseudo-alarmistes et certes peu étayés, si ce n’est par quelques citations de l’excellent roman de plage de D. Robert (Le Milieu du terrain) que la « terreur de Clearstream » avait commis il y a peu pour se changer les idées.

Le rapport du Gafi aurait plutôt tendance à faire sourire les bons connaisseurs des dessous du Beau Jeu. D’un autre côté, si la bluette servie par le Gafi en guise de cahiers de vacances constitue l’état exact des connaissances de ses enquêteurs, il y a toutes les raisons d’avoir les chocottes sur la situation réelle.
Les paradis fiscaux en ligne de mire

D’autant que le Gafi est vaguement sous pression. En février 2009, sur proposition des Néerlandais, son président Antonio Gustavo Rodrigues a accepté de bonne grâce que l’organisation se penche plus spécifiquement sur la manière dont la crise financière a affecté la lutte contre le blanchiment. Sous entendus, les paradis fiscaux ont peut être bon dos et les prêts usuraires octroyés par les organisations criminelles aux petits commerçants d’Italie et d’ailleurs abandonnés par leurs banquiers ne seraient-ils pas la forme la plus récente d’un blanchiment à l’échelle mondiale ?

Le président du Gafi s’est montré très réceptif à la proposition batave. Dès décembre 2008, il avait d’ailleurs déclaré devant le Conseil de l’Europe « l’absolue et constante nécessité de protéger nos systèmes financiers contre les criminels et les terroristes », pointant, là encore, un doigt vengeur en direction des paradis fiscaux, ces trous noirs du capitalisme…

Criminalité et terrorisme d’accord ont répondu à l’unisson des banquiers dans leurs petits souliers… Mais quid des dictateurs exotiques corrompus jusqu’à la moelle et qui pillent allègrement les richesses des Etats qu’ils « gouvernent » ? Là on sent de la part des banquiers un brin penauds, que la belle unanimité de façade pour lutter contre criminalité et terrorisme se lézarde méchamment lorsqu’il s’agit de combattre les ripoux de tous calibres et la bonne vieille corruption ordinaire.
Hypocrisie au sommet

On les comprend ; le manque à gagner pourrait être considérable. Un seul exemple suffit à s’en convaincre : le 19 mai 2009, dans une déposition écrite devant le Comité des services financiers de la Chambre des représentants US, qui consacrait ses travaux au délicat sujet intitulé « pertes en capital, corruption et le rôle des institutions financières occidentales », Anthea Lawson, un chercheur de l’ONG Global Witness, a mis les pieds dans le plat sans ménagement. Il était fortement question de Téodore Obiang, président de Guinée-Equatoriale, 3ème producteur africain de pétrole, et de son fiston, Téodore Nguema Obiang, ministre de son père au salaire mensuel officiel de 4000 dollars, dans un pays où l’espérance de vie de la population n’excédait pas 50 ans en 2005…

On apprend en effet qu’Obiang Junior avait la chance d’être titulaire d’un compte bancaire ouvert dans les livres de la Barclays Bank ; mais attention, pas à Gibraltar ou à Nassau s’il vous plait ! Non, plus modestement, à l’agence Ternes Saint Honoré, sise 217 rue du Faubourg Saint Honoré ! Un compte alimenté par son salaire de laborieux ministre guinéen. Qui lui a tout de même permis de faire l’acquisition d’une modeste propriété de 35 millions de dollars à Malibu en Californie et d’une flotte de voitures de fonction comprenant entre autres une Ferrari, partiellement payée à partir du compte Barclays parisien, et de 3 Bugatti Veyron payées 1,2 millions de dollars chacune…

Les parlementaires ricains ont fait mine d’être surpris en apprenant que le solde du prix de la 1ère Ferrari avait été réglé à partir d’un autre compte parisien ouvert à la BNP Paribas. Et qu’une seconde Ferrari avait été intégralement payée par un chèque tiré sur un compte ouvert au CCF devenu HSBC en 2000. Interrogées par Global Witness sur la nature des vérifications effectuées quant à l’origine des fonds alimentant les comptes bancaires d’Obiang Junior, les banques parisiennes concernées se sont abstenues de répondre. C’est leur droit le plus strict. Tout comme celui de ne s’en remettre qu’à elles-mêmes quand il s’agit de faire face aux conséquences de leurs actes et de refuser l’aide de la puissance publique…


Honduras: Hollywood vs. Torture Academy (If one is under 25 and not a socialist, he has no heart)

8 juillet, 2009
Cleaning up after BushSi à moins de vingt-cinq ans on n’est pas socialiste, on n’a pas de cœur, mais si à plus de 25 ans, on l’est encore, c’est qu’on n’a pas de tête. George Bernard Shaw
Putsch, coup d’Etat, « Torture Academy », théologie de la libération, Hollywood …

Quel formidable bol de jouvence, cet Obama – son maitre Salinski comme le coco invétéré Shaw lui-même s’en retourneraient dans leur tombe de plaisir!

Alors que, dans son obsession de se démarquer du cowboy Bush honni (pardon: de « nettoyer, comme Carter après les infamies du Vietnam, les écuries d’Augias de l’ère Bush ») et devant l’enthousiasme de ses alliés européens, l’entriste de choc actuellement à la Maison Blanche n’a rien trouvé de mieux que la privatisation accrue de ses guerres en Irak et en Afghanistan …

Pendant qu’avec la mise en bière dorée à l’or fin en mégavision de l’un des leurs, le gotha des cracheurs dans la soupe, racistes et antisémites comme il se doit, nous ont de Farrakhan à Shartpton fait redécouvrir nos jeunes années « We are the world » sans lesquelles l’Afrique ne serait probablement pas ce qu’elle est aujourd’hui…

Retour, avec la traduction par nos soixante-huitards de service de Backchich d’un papier de Doug Ireland, sur cette incroyable et inespérée bouffée de nos bonnes vieilles années 70 et 80 avec le dernier coup bas de la « Torture Academy » sur le « USS Honduras ».

Où, avec la résurrection de l’union sacrée Hollywood-catholicisme de gauche, le refus de voir son pays rejoindre les dictatures populistes (pardon- « républiques populaires ») à la cubo-vénézuélienne suite à la tentative de « putsch légal » de son ancien président est immédiatement assimilé, avec la bénédiction de notre agent de La Havane, au retour aux coups d’Etat des années 70 par, je vous le donne en mille, des diplômés de l’infâme « Torture Academy »…

Les putschistes au Honduras formés à la « Torture Academy »
Coup d’Etat au Honduras
Doug Ireland
Backchich
8 juillet 2009

Depuis un demi-siècle, les Etats-Unis forment des militaires sud-américains avec un net penchant pour la dictature au sein de la School of Americas, une annexe du Pentagone. Le responsable du coup d’Etat au Honduras en est issu.

Ainsi, les États-Unis n’auraient pas de responsabilité dans le coup d’Etat militaire du 28 juin dernier qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Honduras ? Faux et archi faux !

Comme l’a rapporté l’hebdomadaire National Catholic Reporter du 29 juin, l’homme qui a fait ce coup, le général Romeo Orlando Vasquez Velasquez, commandant de l’armée, a été diplômé à deux reprises de l’infâme School of the Americas (L’École des Amériques), une succursale du Pentagone située à Fort Benning dans l’Etat de Géorgie et tristement célèbre école de torture d’où sont sortis une belle brochette de dictateurs et d’affairistes militaires en Amérique centrale et latine. Un autre leader du coup d’Etat est, lui aussi, diplômé de la même école : il s’agit du général Luis Javier Prince Suazo, chef des forces aériennes et responsable du transport du président déchu, Manuel Zelaya, en dehors du pays.

Relique de la Guerre Froide, la School of the Americas a été créée il y a un demi-siècle afin, disait-on, de former des militaires, des policiers et des agents de renseignement des pays au sud des États-Unis afin qu’ils conduisent la lutte contre les « insurrections » étiquetées « communistes » par le Pentagone. Mais dans les faits, les diplômés de cette école ont toujours constitué les troupes de choc de la répression politique contre la gauche dans ces pays hispanophones.

La torture enseignée à la School of the Americas

Bien avant les horreurs d’Abou Ghraïb en Irak, les pires techniques de torture étaient enseignées à la School of the Americas. En mai 2004, les manuels d’interrogatoire utilisés par l’école ont été rendus publics par le National Security Archive, un institut de recherche indépendant, après un procès qui s’est tenu selon la loi du Freedom of Information Act, intenté par des médias réputés comme le Baltimore Sun. Ces manuels, traduits en espagnol et dont des milliers d’exemplaires ont été distribués aux alliés hispanophones de Washington, donnaient des consignes explicites pour torturer, bastonner et assassiner.

La longue histoire de ces supplices pratiqués par les voyous diplômés de la School of the Americas a également été bien documentée par d’autres organismes, notamment Amnesty International dans son rapport intitulé « Unmatched Power, Unmet Principles » (Pouvoir incomparable, Principes abandonnés), ainsi que dans les excellents ouvrages « Hidden Terrors » (Terreurs cachées) de A.J. Langguth (un ancien reporter du New York Times), « Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower « (publié en France sous le titre L’État voyou : un guide de la seule superpuissance mondiale) par William Blum, ancien diplomate du Département d’Etat, ou encore « A Miracle, A Universe ») (Un miracle, un univers) par Lawrence Weschler (l’expert Amérique latine du New Yorker).

L’enseignement de la torture dans cette école été suspendu par le président Jimmy Carter en 1977, mais réintroduit par Ronald Reagan quatre ans plus tard. En 2000, suite à des enquêtes sur cette école par des médias tels que le Washington Post et le Baltimore Sun et grâce à une opposition grandissante à son encontre au Congrès, le Pentagone en a relifté le nom et l’a rebaptisé Western Hemisphere Institute for Security Cooperation (WHINSEC). Mais comme le disait à l’époque le sénateur Paul Coverdale de l’Etat de Géorgie, un conservateur membre du Parti républicain, cette soi-disant « réforme » n’était qu’« essentiellement superficielle ». D’ailleurs, aujourd’hui, tout le monde en dehors du Pentagone continue d’appeler l’école par son ancien nom.

Des généraux-dictateurs diplômés de cette annexe du Pentagone

Le coup d’Etat du 28 juin au Honduras est le troisième dans l’histoire de ce petit pays de 7 millions d’habitants, dont 50 % vivent dans une pauvreté extrême. En 1975, le général Juan Megler Castro, diplômé de la School of the Americas, est devenu le dictateur militaire de ce Honduras. Puis, entre 1980-1982, le chef de la dictature était un autre diplômé de « l’école de torture », Policarpo Paz Garcia. Ses principaux faits d’armes consistent à avoir intensifié la répression et semé la terreur avec le Bataillon 3-16, l’un des plus terrifiants escadrons de la mort de toute l’Amérique latine fondé par des diplômés honduriens de la School of the Americas, avec l’aide de diplômés argentins de cette école. Car cette dernière n’a pas essaimé qu’au Honduras. Loin de là.

Parmi les soixante mille et quelques militaires qui y sont passés, on compte plusieurs dictateurs avérés : les généraux Noriega et Trujillo au Nicaragua, le général Hugo Banzer Suarez en Bolivie, le général Guido Vildoso Calderon au Pérou, le général Efrain Rios Montt au Guatemala et les généraux Leopoldo Galtieri et Roberto Viola en Argentine.

La lutte pour fermer cette école immonde est menée depuis vingt ans par l’association School of the Americas Watch, animée par des catholiques de gauche et fondée par un prêtre, le père Roy Bourgeois, lui-même une ancienne victime des tortionnaires de cette institution au Salvador, après les meurtres de quatre bonnes sœurs catholiques et de l’évêque Oscar Romero par des escadrons de la mort organisés et commandés par le colonel Roberto D’Aubuisson, un autre diplômé de l’école et auteur des pires crimes commis pendant la guerre civile salvadorienne.

Hollywood se mobilise

Des manifestations récentes qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes demandant sa fermeture devant les portes de l’école ont attiré la participation des personnalités comme l’actrice Susan Sarandon, l’acteur Martin Sheen et la sœur Helen Prejean, auteur du livre « Dead Man Walking » devenu un film célèbre avec Sean Penn (La Dernière Marche, de Tim Robbins).

Pour comprendre les dessous du coup d’Etat du 28 juin, il faut savoir que le président Zelaya du Honduras, comme l’a rapporté le National Catholic Reporter dans son article cité plus haut, « était un homme d’affaires qui penchait plutôt à droite quand il a été élu en 2006. Mais il a surpris beaucoup de monde quand il a commencé à desserrer les liens entre le Honduras et les Etats-Unis qui contrôlait le pays à tel point qu’on le surnommait “U.S.S. Honduras”. »

De plus, Zelaya avait augmenté le Smic local de 60 %, ce qui a rendu l’élite économique du pays folle de rage puis s’est « heurté aux multinationales pétrolières et à l’ambassade des États Unis quand il a tenté de réduire le prix du pétrole pour les Honduriens », comme l’a écrit le National Catholic Reporter.

La dernière fois qu’il y a eu un vote au Congrès américain pour stopper le financement de la School of the Americas — en 2007 — sept voix ont manqué pour fermer l’école. Mais lors des élections législatives de 2008, une trentaine de ses supporters ont perdu leurs sièges.

Ainsi, si le président Obama est vraiment sérieux au sujet de son auto-proclamé « nouveau départ » en politique étrangère, rien ne l’empêche du point de vue électoral de fermer immédiatement la School of the Americas. Mais jusqu’ici la Maison-Blanche est muette sur ce sujet.
Pour l’administration américaine, il n’y a pas eu de coup d’Etat au Honduras

Même si Barack Obama a déclaré que le renversement du président Zelaya n’était « pas légal », il l’a fait dans des termes bien moins forts que l’Organisation des États Américains, qui représente les 34 pays indépendants de l’hémisphère.

Qui plus est, sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a refusé de le qualifier de « coup d’Etat » ce qui entraînerait automatiquement l’arrêt de toute aide économique et militaire au nouveau régime illégal du Honduras, selon la loi américaine qui régit l’aide aux pays étrangers. Le fait que Zelaya se soit laissé photographier souriant bras-dessus bras-dessous avec Hugo Chavez du Venezuela et Raul Castro de Cuba au sommet des gouvernements de gauche de l’Amérique latine en est sans doute pour quelque chose…

Les Honduriens privés de libertés publiques

A peine installés au pouvoir au Honduras, les militaires qui ont fait le coup d’Etat du 28 juin pour défendre l’oligarchie du pays ont montré leur caractère fascisant. Dès le 1er juillet, la liberté garantie par la Constitution hondurienne a été suspendue. Les citoyens n’ont désormais plus le droit de se rassembler ou se réunir quel que soit le motif et la soldatesque peut désormais investir quand elle le veut la maison de tous les citoyens. La télévision est sévèrement censurée et seuls les supporters du coup d’Etat sont autorisés à l’antenne. Des arrestations de masse ont eu lieu en province pour empêcher les pauvres et les syndicalistes qui soutiennent le président déchu Zelaya de rejoindre la capitale de Tegucigalpa et participer à des manifestations contre le coup d’Etat. La campagne populaire en faveur du retour de Zelaya au pouvoir, qui a mobilisé des dizaines de milliers de citoyens dans la rue, est accueillie par des balles et du gaz lacrymogène tiré par des armes « made in U.S.A. », avec un nombre inconnu de morts.

C’est que l’oligarchie hondurienne a peur des mouvements et institutions populaires qui ont vu le jour ces derniers décennies : trois confédérations syndicales, un puissant mouvement indigène, des organisations des droits de l’homme comme le Comité des parents des détenus disparus, des radios communautaires, des associations environnementales, etc. La menace que représente cette agitation de la base populaire pour l’oligarchie est détaillée dans un excellent article pour le magazine de gauche Monthly Review du 4 juillet.

Selon le New York Times l’administration d’Obama est en train de chercher un « compromis » avec le nouveau régime installé par les militaires. Obama s’est notamment abstenu de demander le retour immédiat du président Zelaya, démocratiquement élu, au pouvoir, préférant un appel évasif pour « un retour a l’ordre constitutionnel. » Selon des sources au Département d’Etat, cela signifie temporiser jusqu’aux élections prévues pour novembre prochain, sans exiger le retour immédiat de Zelaya au pouvoir. Mais la question que l’on doit poser à Obama est la suivante : peut-on vraiment se « compromettre » avec le fascisme sans perdre son âme et l’essentiel de la démocratie ? D.I.


Présidence Obama: Au secours, Chirac revient! (Chirac redux?)

6 juillet, 2009
Better read than deadNous exigeons l’interdiction absolue de l’arme atomique, arme d’épouvante et d’extermination massive des populations. Nous exigeons l’établissement d’un rigoureux contrôle international pour assurer l’application de cette mesure d’interdiction. Nous considérons que le gouvernement qui, le premier, utiliserait, contre n’importe quel pays, l’arme atomique, commettrait un crime contre l’humanité et serait à traiter comme criminel de guerre. Nous appelons tous les hommes de bonne volonté dans le monde à signer cet appel. “Appel de Stockholm” (1950, signé par le vendeur d’Humanité Jacques Chirac, trois ans après la 1ère bombe atomique et autant avant la 1ère bombe à hydrogène soviétiques)
La guerre est toujours la pire des solutions. (Jacques Chirac, Paris, 2003, soit 60 ans après Auschwitz et 9 ans après Kigali)
Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble dans un esprit de paix et d’amitié afin de construire un monde plus sûr. Hussein Obama (lettre à Jacques Chirac, mars 2009)
L’existence des milliers d’armes nucléaires est le legs le plus dangereux de la guerre froide. (…) Juste comme nous représentions la liberté au 20ème siècle, nous devons nous tenir ensemble pour le droit des personnes partout d’être libéré de la crainte au 21ème siècle. Et en tant que puissance nucléaire – la seule puissance nucléaire à avoir utilisé une arme nucléaire, les Etats-Unis ont une responsabilité morale d’agir. (…) Alors aujourd’hui, j’énonce clairement et avec conviction l‘engagement de l’Amérique pour la recherche de la paix et de la sécurité d’un monde sans armes nucléaires. Hussein Obama (Prague, avril 2009)

Ah, on comprend maintenant pourquoi lors de sa dernière visite à Paris le Pleurnicheur en chef s’ennuyait tant avec Sarkozy et tenait tant à rencontrer Chirac et son Sanctuaire du statu quo!

“Eternel opportuniste”,”aucune idéologie, aucune vision, aucune mission pour l’avenir”, “dissolution et référendum européen ratés”, “volonté d’éviter à tout prix un choc des civilisations”, “remise en question du pacte avec les Etats-Unis”, “un des derniers dinosaures de l’Europe politique qui a fait savoir avec arrogance aux nouveaux petits pays d’Europe qu’ils avaient ‘manqué une bonne occasion de se taire’ “, “pas officiellement donné son soutien” au candidat de son propre camp, “corruption gargantuesque”, “girouette”, “Caméléon Bonaparte”…

Tel est le portrait-bilan que dressaient les journalistes européens après les 10 interminables années de ce que nous croyons alors être le dernier Tyrannophilus Rex, signataire notoire de l’Appel de Stockholm …

Et qui, deux ans plus tard, semble étrangement approprié, comme le rappelle le NYT hier, à l’actuel champion toutes catégories de la capitulation préventive et de la dhimmitude.

Et ce à la veille de la rencontre de ce dernier avec les néokagébistes Poutine-Medvedev et, au lendemain du lâchage du peuple iranien à la sauvage répression islamiste, au moment où avec sa bénédiction l’Organisation des Etats Américains vient successivement de réintégrer la prison à ciel ouvert des frères Castro et d’exclure une petite démocratie pour s’être opposée à une tentative de « coup d’Etat légal » …

Obama’s Youth Shaped His Nuclear-Free Vision
William J. Broad And David E. Sanger
The New York Times
July 5, 2009

In the depths of the cold war, in 1983, a senior at Columbia University wrote in a campus newsmagazine, Sundial, about the vision of “a nuclear free world.” He railed against discussions of “first- versus second-strike capabilities” that “suit the military-industrial interests” with their “billion-dollar erector sets,” and agitated for the elimination of global arsenals holding tens of thousands of deadly warheads.

The student was Barack Obama, and he was clearly trying to sort out his thoughts. In the conclusion, he denounced “the twisted logic of which we are a part today” and praised student efforts to realize “the possibility of a decent world.” But his article, “Breaking the War Mentality,” which only recently has been rediscovered, said little about how to achieve the utopian dream.

Twenty-six years later, the author, in his new job as president of the United States, has begun pushing for new global rules, treaties and alliances that he insists can establish a nuclear-free world.

“I’m not naïve,” President Obama told a cheering throng in Prague this spring. “This goal will not be reached quickly — perhaps not in my lifetime. It will take patience and persistence.”

Yet no previous American president has set out a step-by-step agenda for the eventual elimination of nuclear arms. Mr. Obama is starting relatively small, using a visit to Russia that starts Monday to advance an intense negotiation, with a treaty deadline of the year’s end, to reduce the arsenals of the nuclear superpowers to roughly 1,500 warheads each, from about 2,200. In an interview on Saturday, Mr. Obama, conscious of his critics, stressed that “I’ve made clear that we will retain our deterrent capacity as long as there is a country with nuclear weapons.”

But reducing arsenals, he insisted, would be the first step toward giving the United States and a growing body of allies the power to remake the nuclear world. Among the goals: halting weapons programs in North Korea and Iran, discouraging states from abandoning the Nuclear Nonproliferation Treaty and ending global production of fuel for nuclear arms, a step sure to upset Pakistan, India and Israel.

Even before those battles are joined, opposition is rising. “This is dangerous, wishful thinking,” Senator Jon Kyl, Republican of Arizona, and Richard Perle, an architect of the Reagan-era nuclear buildup that appalled Mr. Obama as an undergraduate, wrote last week in The Wall Street Journal. They contend that Mr. Obama is, indeed, a naïf for assuming that “the nuclear ambitions of Kim Jong-il or Mahmoud Ahmadinejad would be curtailed or abandoned in response to reductions in the American and Russian deterrent forces.”

In the interview, the president described his agenda as the best way to move forward in a turbulent world.

“It’s naïve for us to think,” he said, “that we can grow our nuclear stockpiles, the Russians continue to grow their nuclear stockpiles, and our allies grow their nuclear stockpiles, and that in that environment we’re going to be able to pressure countries like Iran and North Korea not to pursue nuclear weapons themselves.”

Realist or dreamer, Mr. Obama has an interest in global denuclearization that arises from what can best be described as a lost chapter of his life. Though he has written two memoirs, he has volunteered few details about his two years at Columbia.

“People assume he’s a novice,” said Michael L. Baron, who taught Mr. Obama in a Columbia seminar on international politics and American policy around the time he wrote the Sundial article. “He’s been thinking about these issues for a long time. It’s not like one of his advisers said, ‘Why don’t you throw this out?’ ”

In a paper for Dr. Baron, Mr. Obama analyzed how a president might go about negotiating nuclear arms reductions with the Russians — exactly what he is seeking to do this week.

At critical junctures of Mr. Obama’s career, the subject of nuclear disarmament has kept reappearing. Now both he and his agenda face the ultimate test: limiting nuclear arms at the very moment many experts fear the beginning of a second nuclear age and a rush of new weapons states — especially if Iran proves capable of making atomic warheads.

The Seminar

“I personally came of age,” Mr. Obama wrote in “The Audacity of Hope,” his second memoir, “during the Reagan presidency.”

It was a time when President Ronald Reagan began a trillion-dollar arms buildup, called the Soviet Union “an evil empire” and ordered scores of atomic detonations under the Nevada desert. Some Reagan aides talked of fighting and winning a nuclear war.

The popular response was the nuclear freeze movement. Dozens of books warned that Mr. Reagan’s policies threatened to end civilization and most life on Earth. In June 1982, a million protesters gathered in Central Park, their placards reading “Bread Not Bombs” and “Freeze or Burn.” The nation’s Roman Catholic bishops issued a pastoral letter denouncing nuclear war.

Many Columbia students campaigned for the freeze movement, which sought a halt to additional nuclear arms deployments. Mr. Obama explored going further.

In the interview, Mr. Obama noted that he was too young to “remember having to do drills under the desk.” But as a student “interested broadly in foreign policy,” he recalled, he focused on “a central question: how would the United States and the Soviet Union effectively manage these nuclear arsenals, and were there ways to dial down the dangers that humanity faced?”

In his senior year, he began Dr. Baron’s seminar on presidential decision-making in American foreign policy. The first semester, starting in fall 1982, covered such cold-war flashpoints as the Cuban missile crisis — a dramatic study in the decision-making style of President John F. Kennedy. In the second semester, students focused on particular topics, and Mr. Obama wrote a lengthy paper about how to negotiate with the Soviets to cut nuclear arsenals.

“His focus was the nature of the strategic talks and what kind of negotiating positions might be put forward,” Dr. Baron said. “It was not a polemical paper — not arguing that the U.S. should have this or that position. It was how to get from here to there and avoid misperception and conflict.

“He got an A,” recalled Dr. Baron, who now runs a digital media business. Later, he wrote Mr. Obama a recommendation for Harvard Law School.

It was during that seminar that Mr. Obama wrote his Sundial article, profiling two campus groups, Arms Race Alternatives and Students Against Militarism. Photographs with the March 1983 article showed students at an antiwar rally in front of Butler Library.

The Article

Mr. Obama’s journalistic voice was edgy with disdain for what he called “the relentless, often silent spread of militarism in the country” amid “the growing threat of war.” The two groups, he wrote, “visualizing the possibilities of destruction and grasping the tendencies of distorted national priorities, are throwing their weight into shifting America off the dead-end track.”

Despite Mr. Obama’s sympathetic portrayal of the two groups, the article seemed to question the popular goal of freezing nuclear arsenals rather than reducing them, the topic of his seminar paper. Mr. Obama wondered if the freeze movement “stems from young people’s penchant for the latest ‘happenings.’ ”

What clearly excited him was the Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty, which would have ended the testing and development of new weapons, and thus, in the minds of arms controllers, the nuclear arms race.

The Reagan administration vehemently opposed the treaty. One Columbia activist, Mr. Obama wrote, argued that the United States should initiate the ban “as a powerful first step towards a nuclear free world.”

That phrase — a “nuclear free world,” which was Mr. Obama’s paraphrase — would re-emerge decades later as the signature item of his nuclear agenda.

The article was lost for years — some of Mr. Obama’s campaign advisers said they had heard of its existence and went looking for it, presumably to see if it contained anything that might prove embarrassing. It came to light on the Internet just before the inauguration, and some conservative bloggers called it naïve, anti-American and blind to the Soviet threat.

Precisely how the article found its way onto the Internet is unclear. But late last year, a Columbia alumni publication said it had learned of it from an alumnus, Stephen M. Brockmann, who also had an article in the same Sundial issue. Dr. Brockmann, now a professor of German at Carnegie Mellon University, said he found the issue “while rummaging through some old stuff.” When he saw the Obama article, he recalled, “I could hardly believe my eyes.”

The Senator

After the Sundial article, Mr. Obama went silent on nuclear issues for the next two decades. In Chicago, where he worked as a community organizer, topics like remaking the schools, the welfare system and health care seemed a lot more urgent. The cold war ended. So did the protests.

But in 2003 Mr. Obama began his unlikely campaign for the United States Senate and answered a detailed questionnaire from the Council for a Livable World, an advocacy organization in Washington that evaluates candidates on arms control issues.

“He opposes building a new generation of nuclear weapons,” the organization said in a fund-raising letter supporting Mr. Obama’s candidacy. At the time, the Bush administration had proposed developing nuclear arms that could shatter deeply buried enemy bunkers.

“The United States has far more nuclear weapons than it needs,” the organization quoted Mr. Obama as saying, “and any attempt by the U.S. government to develop or produce new nuclear weapons only undermines U.S. nonproliferation efforts around the world.”

The organization said Mr. Obama also supported an American-financed effort to secure Russian nuclear arms, as well as ratification of the Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty, still in limbo two decades after Mr. Obama wrote about it.

When he became a senator in January 2005, Mr. Obama zeroed in on arms control, an issue with little traction in the Republican-controlled Senate. Mark Lippert, now chief of staff of the National Security Council, recalled the senator’s seeking his nuclear views when he applied for a Senate staff job.

Mr. Obama found a mentor in Senator Richard G. Lugar, Republican of Indiana, then chairman of the Senate Foreign Relations Committee and a longtime star of nuclear nonproliferation efforts. Later that year, Mr. Obama asked to accompany his Republican colleague on a trip to monitor Russian efforts to scrap nuclear arms and secure atomic materials from theft or diversion.

“When we got there, he was clearly all business — a very careful listener and note taker and a serious student,” Mr. Lugar recalled.

During the presidential campaign, Mr. Obama seized a new opportunity, and political cover, by aligning himself with four of the biggest names in national security. They had decided to campaign for the elimination of the nuclear arsenals they had built up and managed as cold warriors.

There were two Republicans, Henry A. Kissinger and George P. Shultz, secretary of state under Mr. Reagan, and two Democrats, William J. Perry, secretary of defense under President Bill Clinton, and former Senator Sam Nunn, who has made fighting proliferation his life’s work.

In a 2007 opinion article in The Wall Street Journal, the four men argued that the time was right to seek “A World Free of Nuclear Weapons,” as the headline put it. President George W. Bush never invited them to the White House to make their case.

But Mr. Obama embraced the four wholeheartedly, echoing their message in campaign speeches in places like Chicago and Denver and in Berlin, where he spoke in July 2008 as the presumptive Democratic nominee.

“This is the moment,” he told cheering Berliners, to seek “the peace of a world without nuclear weapons.”

The President

The nuclear world Mr. Obama studied and wrote about at Columbia bears little resemblance to the one he faces today.

Russia in many ways is the least of his challenges. Both Washington and Moscow want to renew the Strategic Arms Reduction Treaty, which expires late this year, and both say they want to shrink their arsenals.

More complex are problems posed by the rise of new nuclear states, chiefly North Korea, which has now conducted two nuclear tests, and Iran, which experts say will be able to build a warhead soon, if it cannot already. Pakistan has the fastest-growing arsenal, India’s is improving, and Israel’s nuclear capacity has never been publicly discussed, much less dealt with, by the United States.

The threat, Mr. Obama added in the interview, has “only been heightened with the emergence of extremist organizations such as Al Qaeda.”

Mr. Obama and his aides say they want to address all these issues — though they have only recently begun to discuss strategy.

“We tried the unilateral way, in the Bush years, and it didn’t work,” a senior administration official said recently. “What we are trying is a fundamental change, a different view that says our security can be enhanced by arms control. There was a view for the past few years that treaties only constrained the good actors and not the bad actors.”

Beyond the first step — deep cuts in American and Russian arsenals — is an agenda that has already provoked stirrings of discontent at home and abroad.

In January, in the journal Foreign Affairs, Defense Secretary Robert M. Gates, the lone holdover from the Bush cabinet, called for financing a new generation of longer-lasting and more dependable nuclear arms.

He was immediately overruled. Mr. Obama’s first budget declared that “development work on the Reliable Replacement Warhead will cease.”

Another focus of activity early this year was the Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty. Its ratification faces a tough Senate fight. But his aides are already building a case that advanced technologies obviate the need to detonate weapons as tests of the American arsenal and can verify that other countries also refrain.

Critics argue that the North Koreas of the world will simply defy the ban — and that the international community will fail to punish offenders.

“If the implications were not so serious, the discrepancy between Mr. Obama’s plans and real-world conditions would be hilarious,” said Frank J. Gaffney Jr., a Reagan-era Pentagon official who directs the Center for Security Policy, a private group in Washington. “There is only one country on earth that Team Obama can absolutely, positively denuclearize: Ours.”

Even more ambitious, Mr. Obama wants a Fissile Material Cutoff Treaty, which would bar all nations that sign it from making fuel for their atom bombs. But when asked how Mr. Obama would sell the idea to America’s allies — primarily Pakistan, India and Israel — administration officials grow silent.

All this is supposed to culminate, next year, in an American effort to rewrite crucial provisions of the 1968 Nuclear Nonproliferation Treaty. Mr. Obama wants to strengthen inspection provisions and close the loophole that makes it easy for countries to drop out, as North Korea did in 2003.

Each of those steps would require building a global consensus. It would also mean persuading countries to give up the coveted freedom to make fuel for reactors — and instead, probably, buy it from an international fuel bank.

Most of all, Mr. Obama and like-minded leaders will have to establish a new global order that will truly restrain rogue states and terrorist groups from moving ahead with nuclear projects.

“I don’t think I was that unique at that time,” the president said of his Columbia days, “and I don’t think I’m that unique today in thinking that if we could put the genie back in the bottle, in some sense, that there would be less danger — not just to the United States but to people around the world.”


ADM/Irak: Pas de révélations historiques d’importance (Saddam Lied, Saddam Died!)

5 juillet, 2009
Saddam bluffed and lost
Comme l’exemple d’usage chimique contre les populations kurdes de 1987-1988 en avait apporté la preuve, ces armes avaient aussi un usage interne. Thérèse Delpech
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
Rédigé dans un style indirect avec quelques citations directes de l’interrogé, le compte-rendu du FBI ne contient pas de révélations historiques d’importance. Saddam Hussein répète ce dont chacun aujourd’hui convient, à savoir qu’il n’entretenait « aucune relation avec le zélote Oussama Ben Laden ». L’administration de George W. Bush avait tout tenté pour faire croire que Bagdad coopérait avec Al-Qaida. Le Monde
LE FBI DÉCLASSIFIE DES INTERROGATOIRES DU DICTATEUR Saddam Hussein était à Bagdad lors de l’entrée des troupes américaines Le Point
Au lendemain d’une fête nationale américaine qui a brillamment encore démontré le génie diplomatique du Pleurnicheur en chef avec les feux d’artifice dûment fournis, au mépris de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, par la Corée du Nord …
Et où, « vague Obama oblige, les Américains respirent de ne plus être les ‘Bush men’ de service » …
Retour, suite à la toute récente publication par le FBI des derniers entretiens de Saddam Hussein avant son éxécution, sur les révélations que nos médias Monde en tête qualifient de « pas de révélations historiques d’importance », les réduisant (oubliant pour une fois les ADM qui étaient la raison principale de la guerre) à ce que tout le monde savait, à savoir que Saddam n’avait jamais eu de contacts (directs) avec Al Qaeda.Passant naturellement sous silence (à l’exception partielle de l’Express qui, au-delà du gros titre, se garde bien de développer) la principale information du document, notamment que Saddam avait fait tout son possible pour faire croire au monde entier qu’il avait encore des ADM en sa possession.Mais on les comprend puisqu’il aurait fallu alors reconnaître que, comme l’Administration Bush, l’ensemble des services de renseignement occidentaux – français compris – n’avaient aucune raison de faire confiance aux dires du maitre-dissimulateur de Bagdad quand il prétendait avoir détruit ses ADM.

Que le jeu avec les inspections que tout le monde France en tête exigeait aurait pu continuer indéfiniment et que ce dernier étant par conséquent en flagrante violation des résolutions de l’ONU, devait logiquement, sans parler du simple principe de précaution, en subir les conséquences.

Et surtout que, compte tenu des (délibérément fausses) informations alors disponibles et contre le « camp de la paix » qui Chirac en tête avait très largement contribué à faitre croire à Saddam que son bluff avait une chance de marcher, c’est en fait le cowboy Bush honni et son « caniche » Blair qui avaient en défintive eu raison …

Les armes de Saddam Hussein, bluff visant l’Iran, selon le FBI
L’Express
Par Reuters
le 02/07/2009

WASHINGTON – Saddam Hussein pensait que l’Iran demeurait une grave menace pour l’Irak et préférait faire croire que son pays disposait d’armes de destruction massive plutôt que de laisser apparaître sa vulnérabilité, selon des documents du FBI portant sur les interrogatoires de l’ancien numéro un irakien.

Selon des documents du FBI portant sur les interrogatoires de Saddam Hussein, l’ancien numéro un irakien pensait que l’Iran demeurait une grave menace pour son pays et préférait faire croire que l’Irak disposait d’armes de destruction massive plutôt que de laisser apparaître sa vulnérabilité.

« Hussein pensait que l’Irak ne pouvait pas paraître faible à ses ennemis, notamment l’Iran », écrit un agent du FBI, George Piro, à propos d’un interrogatoire de l’ancien président irakien sur les armes de destruction massive (ADM) remontant à juin 2004.

D’après ces documents, sur lesquels le secret a été levé, Saddam Hussein pensait que l’Irak était menacé par d’autres pays de la région et devait se montrer à même de se défendre.

Dans ces documents, communiqués mercredi, Saddam Hussein déclarait craindre avant tout que l’Iran ne découvre la fragilité de l’Irak. Les répercussions que risquait d’avoir le refus de laisser revenir les inspecteurs des Nations unies en Irak pour y chercher des ADM l’inquiétaient moins.

« A ses yeux, les inspecteurs de l’Onu auraient directement désigné aux Iraniens à quels endroits ils pouvaient infliger le maximum de dommages à l’Irak », lit-on dans ces documents, rendus publics par l’institut de recherches non gouvernemental américain National Securité Archive.

Une guerre avait opposé de 1980 à 1988 l’Irak à l’Iran. Durant ce conflit, l’armée irakienne avait fait usage d’armes chimiques, classées parmi les ADM.

C’est en invoquant la menace d’armes de destruction massive irakiennes que l’ancien président américain George Bush a lancé en mars 2003 l’invasion de l’Irak. Aucune ADM n’a cependant jamais été découverte après la chute du régime de Saddam Hussein.

AUCUN LIEN AVEC BEN LADEN

Des agents spéciaux du FBI ont mené 20 interrogatoires officiels et au moins cinq « conversations impromptues » avec l’ancien dirigeant irakien, après sa capture par des militaires américains en décembre 2003.

Saddam Hussein, identifié comme « High Value Detainee #1 », partageait l’hostilité de Bush envers le régime des mollahs iraniens, selon les minutes de ces conversations, menées de février à juin 2004 entre Saddam et des agents du FBI parlant l’arabe, dans la cellule où il était détenu à l’aéroport international de Bagdad.

Saddam démentait par ailleurs tout lien avec le chef du réseau Al Qaïda, Oussama ben Laden, qu’il considérait comme un « fanatique ». La Corée du Nord, disait-il également, aurait été l’allié le plus fiable de l’Irak dans les périodes critiques.

Il se reconnaît personnellement responsable du tir de missiles Scud contre des objectifs israéliens pendant la « guerre du Golfe », au début 1991, cela parce qu’Israël et son influence sur les Etats-Unis étaient à ses yeux responsables de « tous les problèmes des Arabes ».

Dans ces interrogatoires et conversations, il rejette les exemples de ce qu’il considère comme des mythes. Ainsi l’utilisation de sosies pour le remplacer à certaines occasions. Selon ces documents, Saddam Hussein dit ne pouvoir se souvenir d’avoir eu recours au téléphone que deux fois depuis mars 1990 pour communiquer, ce qu’il faisait avant tout par des messagers.

Saddam a été exécuté en décembre 2006, après avoir été reconnu coupable de crimes contre l’humanité par la justice irakienne, pour la mort de 148 chiites à la suite d’une tentative d’assassinat contre lui en 1982.

Voir aussi:

Quand Saddam Hussein s’expliquait
Patrice Claude
Le Monde
04.07.09

C’est à cause de l’Iran, parce qu’il craignait d’exposer la « vulnérabilité » de son régime au vieil ennemi perse, que Saddam Hussein a laissé croire qu’il possédait encore des armes de destruction massive alors qu’elles avaient toutes été détruites au lendemain de la sévère défaite qui avait suivi l’invasion du Koweït en 1990. « Par Dieu !, s’exclame-t-il le 13 février 2004 lors d’un interrogatoire américain, si j’avais eu de telles armes, je les aurais utilisées contre vous ! » Bref, quand le dictateur décida, environ quatre mois avant l’invasion anglo-américaine de mars 2003, de laisser enfin les inspecteurs des Nations unies constater sa vulnérabilité partout, y compris dans les vingt palais de la République qu’il avait fait construire, « c’était trop tard ». « L’administration Bush, déclara-t-il, avait décidé de nous attaquer, quoi qu’il arrive. »

C’est l’une des « erreurs », fatales pour lui, que Saddam Hussein al-Tikriti, deux ans avant son exécution par pendaison en décembre 2006, a reconnu avoir commise en présence d’un agent du Federal Bureau of Investigation (FBI). Au nom de la loi américaine sur la libre circulation de l’information, c’est un véritable document pour l’histoire que l’agence fédérale a été contrainte de laisser mettre au jour.

Publié le 1er juillet sur son site Internet par The National Security Archive, un institut de recherche non-gouvernemental à Washington, le compte-rendu des vingt interrogatoires formels, plus cinq « conversations informelles » conduites dans la cellule même de l’ancien dictateur près de l’aéroport de Bagdad, n’apparaît sévèrement censuré qu’à une seule occasion, un interrogatoire effectué le 1er mai 2004. Un porte-parole du FBI a fait savoir le 2 juillet qu’il « ignorait » les raisons précises de cette retenue : « Question de sécurité nationale. »

Conduits en arabe par un certain Georges L. Piro, « l’un des rares agents spéciaux arabisants du FBI », note l’institut de recherche, les interrogatoires rendus publics ont été effectués entre le 7 février et le 28 juin 2004. L’ancien dictateur y apparaît libre de répondre ou non aux questions qui lui sont posées. D’autres interrogatoires, conduits avant et après ceux du FBI par la CIA et d’autres agents antiterroristes, n’ont pas été rendus publics.

Dans le document publié, c’est un Saddam Hussein tour à tour « présidentiel », – « Je suis toujours président de l’Irak et je ne peux pas répondre à cette question sans trahir mon pays » – arrogant, parlant de lui à la troisième personne, déclamant lui-même quelques-uns de ses poèmes, pathétiquement menteur quand il ne veut pas se souvenir de tel ou tel épisode sanglant de sa prise du pouvoir, parfois fataliste – « Je sais que ma vie est finie, elle est entre les mains de Dieu » -, parfois lâche et irresponsable.

« Je ne peux pas être tenu pour responsable des atrocités commises ici ou là par des officiers ou des soldats qui n’avaient pas d’ordre pour se comporter ainsi », dit-il à plusieurs reprises quand on l’interroge sur la répression qui s’est abattue à partir de 1991 sur les Kurdes et les communautés chiites en rébellion ouverte. A l’époque, le président Georges Bush père, qui venait de libérer le Koweït de l’occupation irakienne, avait lancé un imprudent appel au soulèvement de ces populations, sans d’ailleurs venir à leur secours lorsque les forces irakiennes réprimèrent la révolte au prix de milliers de morts. « Vous convenez donc que ces gens étaient traîtres à leur pays, puisqu’ils se soulevaient à l’appel d’un dirigeant étranger ? », rétorque le dictateur.

Rédigé dans un style indirect avec quelques citations directes de l’interrogé, le compte-rendu du FBI ne contient pas de révélations historiques d’importance. Saddam Hussein répète ce dont chacun aujourd’hui convient, à savoir qu’il n’entretenait « aucune relation avec le zélote Oussama Ben Laden ». L’administration de George W. Bush avait tout tenté pour faire croire que Bagdad coopérait avec Al-Qaida. « Je suis un croyant mais pas un zélote, dit Saddam. Je rejette le gouvernement par la religion comme celui de ces fanatiques en Iran. » Mais, demande l’agent du FBI, « vous auriez pu appliquer ce dicton selon lequel l’ennemi de mon ennemi est mon ami ? » Saddam Hussein sourit et réplique : « L’Amérique n’est pas mon ennemie, seulement sa politique actuelle. »

On apprend au passage, de la bouche de l’intéressé, que, contrairement à une légende tenace, il n’a jamais utilisé de sosie. « Ah ! Ah ! ça, c’est de la magie cinématographique ! Cela n’a existé que dans l’imagination d’Occidentaux. »

On comprend aussi que les grandes difficultés éprouvées par les services américains pour le localiser ont toujours tenu à trois précautions qu’il avait prises et suivies à la lettre pendant des années : d’abord la construction, après 1991, de plus d’une dizaine de palais supplémentaires à travers le pays – « Ainsi personne ne savait à l’avance où les réunions de notre leadership se tiendraient » -, ensuite, les incessants allers-retours qu’il opérait entre ses diverses résidences – « Je ne dormais jamais deux fois au même endroit » – et enfin la méfiance qu’il éprouvait envers le téléphone – « De 1990 à 2003, je ne l’ai utilisé que deux fois, je savais très bien que la technologie américaine aurait pu me localiser avec ça, je communiquais par messagers. »

L’ancien dictateur a aussi révélé que le « trou d’araignée » d’où des soldats américains l’avaient sorti, après huit mois de cavale, en décembre 2003, était le même qu’il avait utilisé pour se cacher cinquante ans plus tôt après une tentative d’assassinat du premier président de la république irakienne, en 1959.

Se décrivant comme « un révolutionnaire et non comme un politicien », Saddam Hussein se déclare enfin « certain » que son peuple l’aimera encore « pendant des siècles ».

Voir enfin:

Saddam Lied, Saddam Died!
James Taranto
WSJOL
Luly 2 ; 2009

Like Francisco Franco, Saddam Hussein is still dead, but the Washington Post reports on a new (all right, newly released) series of interviews with the Iraqi dictator, who was hanged in 2006 for crimes against humanity. The Post reports that Saddam acknowledged to an FBI interviewer « that he allowed the world to believe he had weapons of mass destruction because he was worried about appearing weak to Iran »:

Hussein, in fact, said he felt so vulnerable to the perceived threat from « fanatic » leaders in Tehran that he would have been prepared to seek a « security agreement with the United States to protect [Iraq] from threats in the region. » . . .

Hussein noted that Iran’s weapons capabilities had increased dramatically while Iraq’s weapons « had been eliminated by the UN sanctions, » and that eventually Iraq would have to reconstitute its weapons to deal with that threat if it could not reach a security agreement with the United States.

The bad news is that Iran continues to pursue nuclear weapons. The good news is that Iraq has reached a security agreement with the U.S.

This ought to (but will not) silence those who’ve been determined to rewrite history with the claim that Iraq’s weapons of mass destruction were an invention of President Bush. Bush did not lie; he made a mistake–the same mistake everyone else in the world made, and a mistake Saddam, now by his own admission, encouraged them to make.

If Saddam was a victim, it was not of American lies and aggression but of his own too-successful efforts at misdirection.


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