« Marche du retour »: The show must go on (From Gaza to Iran, it’s all smoke and mirrors, stupid !)

9 mai, 2018

 

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)
Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge. Le futur de l’Iran appartient à son peuple et les Iraniens méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire. (…) Nous n’allons pas laisser un régime qui scande « Mort à l’Amérique » avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre. Donald Trump
La paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée. Donald Trump
Un écran de fumée désigne, dans le domaine militaire, une tactique utilisée afin de masquer la position exacte d’unités à l’ennemi, par l’émission d’une fumée dense. Cette dernière peut-être naturelle mais est le plus souvent produite artificiellement à partir de grenades fumigènes (composées notamment d’acide chlorosulfurique). Certains véhicules blindés, en général des chars, disposent de lance-grenades spécifiquement conçus à cet effet, mais utilisent surtout l’injection de carburant Diesel dans l’échappement de leur moteur pour produire des écrans de fumée pouvant atteindre 400 m de long et persister plusieurs minutes. Par exemple, le T-72 soviétique injecte dix litres de carburant à la minute pour créer ses écrans de fumée. Dans les temps anciens, des simples feux de broussailles bien nourris suffisaient parfois à faire l’affaire.Wikipedia
More ink equals more blood, newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey and Dominic Rohner
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour. Mahmoud Abbas
 Récemment, un certain nombre de rabbins en Israël ont tenu des propos clairs, demandant à leur gouvernement d’empoisonner l’eau pour tuer les Palestiniens. Mahmoud Abbas
Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde. Communiqué Autorité palestinienne
Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils disent: « parce que nous sommes juifs » (…) L’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale, leurs fonctions sociales liées aux banques et intérêts. Mahmoud Abbas
Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses. Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Mahmoud Abbas
J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie. Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte. Sylvan Adams
Amer anniversaire. Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures. Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque. (…) Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré. La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe. Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie. Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine. Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne. La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque. (…) Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel. Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain. S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine. L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi. Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël. Libération
Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine. Libération
Le monde a basculé ce 8 mai 2018. Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, i l retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.  Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux. L’Obs
Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it. The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition. “The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015 (…) In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior. But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen. The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding? Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts. Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning. (…) Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sunday reported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston. The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied. (…) Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through. Bret Stephens
Hello ! Welcome to the show ! Al Jazeera
It was supposed to be a peaceful day. But as then. Unarmed protesters marched towards the border fence, Israeli soldiers opened fire. Al Jazeera journalist
We will continue to sacrifice the blood of our children. Hamas leader
All impure Jews are dogs. They should be burned. They are dirty. Palestinian woman
Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. Ahmed Abou Irtema
Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban. Moïn Abou Okal (ministère de l’intérieur de Gaza et membre du comité de pilotage de la marche)
 Les gens sont plein de fureur et de colère, dit  On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. Ghazi Hamad (responsable des relations internationales du Hamas)
Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. (…) En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre. Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression. L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais. Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. (…) Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités. (…) Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation. (…) de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage (…) affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. Le Monde
Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés». (…) Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme. Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies. À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas. Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé.Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable? Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué? En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler. Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux. Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa. Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens. L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement! Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants. Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars. Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent. Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas. Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables. Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition. Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin. Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place. Pierre Rehov
Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation. Pierre Rehov
I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts. Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. Pierre Rehov
Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations. The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty. It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people. It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers. Jerusalem Post
Pour ceux qui croyaient encore que les écrans ou rideaux de fumée étaient une tactique militaire
Infiltration de terroristes armés, sabotage de la barrière de sécurité, destruction de champs israéliens via l’envoi de cerf-volants enflammés, torture et incinération d’animaux, boucliers humains de femmes et d’enfants, miroirs, écran de fumée …
A l’heure où après avoir le mensonge de 70 ans du refus des ambassades étrangères à Jérusalem …
Et l’imposture entre une accusation d’empoisonnement de puits sous les ovations du Parlement européen et une justification de l’antisémitisme européen sous celles de son propre parlement …
D’un président d’une Autorité palestinienne et auteur enfin reconnu d’une thèse négationniste sur le génocide juif …
Le va-t-en-guerre de la Maison blanche vient, entre – excusez du peu – le retour nord-coréen à la table des négociations, la libération de trois otages américains et avec 57% le plus haut taux d’optimisme national depuis 13 ans, d’éventer la supercherie de 40 ans du programme prétendument pacifique …
D’un régime qui, sous couvert d’un accord jamais avalisé par le Congrès américain mais soutenu par les quislings et gros intérêts économiques européens et entre deux « Mort à l’Amérique ! » et menaces de rayement de la carte d’Israël, multiplie les essais balistiques et du Yemen au Liban met le Moyen-Orient à feu et à sang …
Pendant qu’entre dénonciation de son 70e anniversaire et médisance sur la première venue d’un grand évènement sportif dans la seule démocratie du Moyen-Orient …
Nos médias rivalisent dans la mauvaise foi et la désinformation
Bienvenue au grand barnum de la « Marche du retour » !
Cet incroyable de mélange de fête de l’Huma et kermesse bon enfant …
Qui monopolise depuis six semaines nos écrans et les unes de nos journaux …
Et qui comme le montre l’excellent petit documentaire du réalisateur franco-israélien Pierre Rehov
Se révèle être un petit joyau de propagande et de prestidigitation …
Miroirs et écrans de fumée compris …
Des maitres-illusionistes du Hamas et de nos médias !

WATCH: Exclusive footage from inside Gaza reveals true face of protests

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already. »

Juliane Helmhold
The Jerusalem Post
May 7, 2018 13:13

The short movie Behind the Smoke Screen by filmmaker Pierre Rehov shows exclusive images from inside the Gaza Strip, aimed at changing the international perception of the ongoing six-week protests dubbed the « Great March of Return » by Hamas.

« I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts, » the French filmmaker told The Jerusalem Post.

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. »

Rehov, who also writes regularly for the French daily Le Figaro, has been producing documentaries about the Arab-Israeli conflict for 18 years, many of which have aired on Israeli media outlets, including The Road to Jenin, debunking Mohammad Bakri’s claim of a massacre in Jenin, War Crimes in Gaza, demonstrating Hamas’ use of civilians as human shields and Beyond Deception Strategy, exploring the plight of minorities inside Israel and how BDS is hurting Palestinians.

Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations.Behind The Smoke Screen (Pierre Rehov/Youtube)

« Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation, » the video introduces the subject matter in the opening remarks.

The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty.

It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people.

It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »

It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers.

« I want to present facts, and one image is worth 1000 words, » the filmmaker emphasized.

Voir aussi:

Pierre Rehov : un autre regard sur Gaza

Pierre Rehov
Le Figaro
20/04/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le reporter Pierre Rehov s’attaque, dans une tribune, à la grille de lecture dominante dans les médias français des événements actuels à Gaza. Selon lui, la réponse d’Israël est proportionnée à la menace terroriste que représentent les agissements du Hamas.

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.

Les organisations islamistes qui s’attaquent à Israël ont toujours eu le sens du vocabulaire dans leur communication avec l’Occident. Convaincus à juste titre que peu parmi nous sont capables, ou même intéressés, de décrypter leurs discours d’origine révélateur de leurs véritables intentions, ils nous arrosent depuis des décennies de concepts erronés, tout en puisant à la source de notre propre histoire les termes qui nous feront réagir dans le sens qui leur sera favorable. C’est ainsi que sont nés, au fil des ans, des terminologies acceptées par tous, y compris, il faut le dire, en Israël même.

Prenons par exemple le mot «occupation». Le Hamas, organisation terroriste qui règne sur la bande de Gaza depuis qu’Israël a retiré ses troupes et déraciné plus de 10 000 Juifs tout en laissant les infrastructures qui auraient permis aux Gazaouites de développer une véritable économie indépendante, continue à se lamenter du «fait» que l’État Juif occupe des terres appartenant «de toute éternité au Peuple Palestinien». Il s’agit là, évidemment, d’un faux car les droits éventuels des Palestiniens ne sauraient être réalisés en niant ceux des Juifs sur leur terre ancestrale.

Le terme «occupation» étant associé de triste mémoire à l’Histoire européenne, lorsqu’un lecteur, mal informé, se le voit asséner à longueur d’année par les médias les ONG et les politiciens, la première image qui lui vient est évidemment celle de la botte allemande martelant au pas de l’oie le pavé parisien ou bruxellois.

Cette répétition infligée tout autant qu’acceptée d’un terme erroné a pour but d’occulter un fait essentiel, gravé dans l’Histoire: selon la loi internationale, ces territoires dits «occupés» ne sont que «disputés». Car, afin d’occuper une terre, encore eût-il fallu qu’elle appartînt à un pays reconnu au moment de sa conquête. La «Palestine», renommée ainsi par l’Empereur Hadrien en 127 pour humilier les Juifs après leur seconde révolte contre l’empire romain, n’était qu’une région de l’empire Ottoman jusqu’à la défaite des Turcs en 1917. Ce sont les pays Arabes dans leur globalité qui, en rejetant le plan de partition de l’ONU en 1947, ont empêché la naissance d’une «nation palestinienne» dont on ne retrouve aucune trace dans l’histoire jusqu’à sa mise au goût du jour, en 1964, par Nasser et le KGB.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire « pacifiste ».

Lorsqu’à l’issue d’une guerre défensive, Israël a «pris» la Cisjordanie et Gaza en 1967, ces deux territoires avaient déjà été conquis par la Jordanie et l’Égypte. Ce qui nous conduit à remettre en question une autre révision sémantique. Pourquoi des terres qui, pendant des siècles, se sont appelées Judée-Samarie deviendraient-elles, tout à coup, Cisjordanie ou Rive Occidentale, de par la seule volonté du pays qui les a envahies en 1948 avant d’en expulser tous les Juifs dans l’indifférence générale? Serait-ce pour effacer le simple fait que la Judée… est le berceau du judaïsme?

Mais revenons à Gaza.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés».

J’ai déjà abondamment écrit, y compris dans ces pages, sur cette aberration tragique perpétuée au profit de l’UNWRA, une agence onusienne empêchant, dans sa forme actuelle, l’établissement et le développement des Arabes de Palestine sur leurs terres d’accueil. Je n’y reviendrai que par une phrase. Pourquoi un enfant, né à côté de Ramallah ou à Gaza, de parents nés au même endroit, ou pire encore, né à Brooklyn ou à Stockholm de parents immigrés, serait-il considéré comme «réfugié» – comme c’est le cas dans les statistiques de l’UNRWA – si un enfant Juif né à Tel Aviv, de parents nés à Bagdad, Damas ou Tripoli, et chassés entre 1948 et 1974 n’a jamais bénéficié du même statut?

Mais voici que des bus affrétés par le Hamas et la Jihad Islamique, et décorés de clés géantes et de noms enluminés de villages disparus censés symboliser ce «droit au retour» au sein d’un pays honni, viennent cueillir chaque vendredi devant les mosquées et les écoles de Gaza une population manipulée, prête aux derniers sacrifices afin de répondre à des mots d’ordre cyniques ou désuets.

Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme.

Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies.

À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas.

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire.

Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé .

Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable?

Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué?

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler.

Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux.

Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa.

Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens.

L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.

Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement!

Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants.

Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars.

Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent.

Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.

C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin.

Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place.

J’en veux, pour exemple, une anecdote affligeante.

En septembre 2017, une organisation regroupant des femmes arabes et israéliennes a organisé une marche en Cisjordanie (Judée-Samarie). Aucun parent n’aurait pu être indifférent aux images de ces mères juives et arabes qui avouent leur quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Durant la marche, aucun pneu brûlé, pas de lancement de pierres ou de cocktails Molotov, aucune tentative d’envahir Israël, aucun propos haineux. Tout le contraire. C’était une authentique manifestation pacifique.

Seulement, le Hamas a immédiatement condamné la marche en déclarant que «la normalisation est une arme israélienne».

L’ONU, de son côté, n’a pas cru bon promouvoir l’initiative. Pourquoi l’aurait-elle fait?

Il est davantage dans sa tradition, et certainement plus politiquement correct de condamner Israël pour ses «excès» en matière défensive tandis que le Moyen Orient, faute d’une vision honnête, bascule progressivement dans un conflit généralisé.

Voir encore:

Protestations sous haute tension prévues le long de la bande de Gaza

Vendredi, cinq zones, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande.

Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)

Le Monde

Le décor est planté. Le vent puissant éparpille les émanations de gaz lacrymogène. Les sardines empêchent les tentes de s’envoler. On est à la veille du grand jour à Gaza, celui craint par Israël depuis des semaines.

En ce jeudi 29 mars, deux cents jeunes viennent faire leurs repérages près du poste frontière fermé de Karni, en claquettes ou pieds nus. Perchés sur des monticules de sable, ou bien s’avançant vers les soldats israéliens qui veillent à quelques centaines de mètres derrière la clôture, ils semblent leur lancer un avertissement muet.

Le 30 mars est coché de longue date dans le calendrier palestinien : c’est le jour de la Terre, en mémoire de la confiscation de terres arabes en Galilée, en 1976, et des six manifestants tués à l’époque. Mais cette année, il marque surtout le début d’un mouvement à la force et aux développements imprévisibles, intitulé la « marche du retour ».

« Un tournant »

Cette marche doit culminer le 15 mai, jour de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël). Il s’agit d’un appel à des manifestations pacifiques massives pour réclamer le retour vers les terres perdues. Et ce alors que l’Etat hébreu, soutenu par Washington, souhaite une restriction drastique de la définition du réfugié palestinien.

Vendredi, cinq zones ouvertes, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande, de Jabaliya jusqu’à Rafah. Des mariages seront célébrés, des concerts et des danses organisés. On y parlera aussi politique, blessures familiales, droits historiques. Pour Bassem Naïm, haut responsable du Hamas :

« Ce rassemblement est un tournant. Malgré les divisions entre factions, malgré la politique américaine, nous pouvons être une nouvelle fois créatifs pour relancer la question palestinienne. Israël peut facilement s’en tirer dans un conflit militaire, contre les Palestiniens ou au niveau régional. Mais c’est un tigre de papier. Il est acculé face à la perspective d’une foule pacifique réclamant le respect de ses droits. »

Mélange de fébrilité et d’intoxication

« Acculé », le mot est excessif. Mais, depuis le début de la semaine, dans un mélange de fébrilité et d’intoxication, les autorités israéliennes n’ont cessé de dramatiser les enjeux de cette journée. Les compagnies de bus à Gaza ont reçu des coups de fil intimidants pour qu’elles ne transportent pas les manifestants. Le ministère des affaires étrangères a diffusé à ses ambassades des éléments de langage pour décrédibiliser l’événement. Il s’agirait d’une « campagne dangereuse et préméditée » par le Hamas, qui y consacrerait « plus de dix millions de dollars [plus de 8 millions d’euros] », notamment pour rémunérer les manifestants.

Du côté militaire, le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a averti dans la presse que « plus de cent snipers » seraient déployés le long de la clôture de sécurité frontalière, en plus des unités supplémentaires mobilisées pour l’occasion.

Il s’agit de justifier par avance l’usage possible de la violence, allant de moyens de dispersion classiques jusqu’aux balles réelles. Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Plusieurs alertes sérieuses

Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. Quant aux soldats, ils n’hésiteront pas à tirer à balles réelles si des Palestiniens se rapprochent. Huit personnes ont été ainsi tuées en décembre 2017.

En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre.

Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression.

L’idée d’un vaste rassemblement pacifique

L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais.

Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. « Il y a eu énormément de réactions, les associations se sont emparées de la proposition, puis les factions. Un comité de pilotage a vu le jour. »

Ahmed Abou Irtema a une vision, celle d’une foule marchant un jour – pas vendredi – vers ses anciennes terres :

« Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. »

Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités.

« Les gens sont plein de fureur et de colère »

Qu’ils aient peu de chance d’obtenir gain de cause ne les interroge pas. Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation.

« Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban », explique de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage.

Ce dernier affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. La vérité est que rien n’est écrit. Tout dépendra de la force de la mobilisation et de l’ampleur de la réaction israélienne. « Les gens sont plein de fureur et de colère, dit Ghazi Hamad, responsable des relations internationales du Hamas. On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. »

A l’aube du vendredi 30 mars, un Palestinien a été tué par une frappe israélienne avant le rassemblement prévu à Gaza.

Voir également:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

Le président américain a promis de « graves » conséquences à l’Iran s’il se dote de la bombe nucléaire ; l’Iran mérite un « meilleur gouvernement »

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié de « désastreux », et le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche.

Trump a démarré son discours par ces mots :

« Aujourd’hui, je veux informer les Américains de nos efforts afin d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur. Il exporte de dangereux missiles, alimente les conflits à travers le Moyen-Orient et soutient des groupes terroristes alliés et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les Talibans et Al-Qaïda. Au fil des années, l’Iran et ses mandataires ont bombardé des militaires et des installations américaines [et ont commis une série d’autres attaques contre les Américains et les intérêts américains]. »

« Le régime iranien a financé son long règne de chaos et de terreur en pillant la richesse de son peuple. Aucune mesure prise par le régime n’a été plus dangereuse que sa poursuite vers le nucléaire et ses efforts pour l’obtenir. »

Dans son discours, Trump a déclaré :

« En théorie, le soi-disant accord concernant l’Iran était censé protéger les Etats-Unis et leurs alliés de la folie d’une bombe nucléaire iranienne – une arme qui ne ferait que mettre en péril la survie du régime iranien.

« En fait, l’accord a permis à l’Iran de continuer à enrichir de l’uranium et, au fil du temps, d’atteindre un point de rupture en terme de nucléaire. Il a bénéficié de la levée de sanctions paralysantes en échange de très faibles efforts sur son activité nucléaire. Aucune autre limite n’a été fixé concernant ses autres activités malfaisantes.

« En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis disposaient d’un maximum de pouvoir, cet accord désastreux a apporté à ce régime – et c’est un régime de terreur – plusieurs milliards de dollars, dont une partie en espèces, ce qui représente un grand embarras pour moi en tant que citoyen et pour tous les citoyens des Etats-Unis. Un accord plus constructif aurait facilement pu être conclu à ce moment-là. »

Voici les principaux extraits de sa déclaration à la Maison Blanche.

Retrait

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien ».

« Le fait est que c’est un accord horrible et partial qui n’aurait jamais dû être conclu. Il n’a pas apporté le calme. Il n’a pas apporté la paix. Et il ne le fera jamais ».

Sanctions

« Dans quelques instants, je vais signer un ordre présidentiel pour commencer à rétablir les sanctions américaines liées au programme nucléaire du régime iranien. Nous allons instituer le plus haut niveau de sanctions économiques ».

Et « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a de son côté indiqué que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auraient quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Le Trésor américain a lui fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours.

« Vraie solution »

« Alors que nous sortons de l’accord iranien, nous travaillerons avec nos alliés pour trouver une vraie solution complète et durable à la menace nucléaire iranienne. Cela comprendra des efforts pour éliminer la menace du programme de missiles balistiques (de l’Iran), pour stopper ses activités terroristes à travers le monde et pour bloquer ses activités menaçantes à travers le Moyen-Orient ».

« Nous n’allons pas laisser un régime qui scande +Mort à l’Amérique+ avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre ».

« Mais le fait est qu’ils vont vouloir conclure un accord nouveau et durable, un accord qui bénéficierait à tout l’Iran et au peuple iranien. Quand ils (seront prêts), je serai prêt et bien disposé. De belles choses peuvent arriver à l’Iran ».

« Preuve »

« Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge ».

Régime contre peuple

« Le futur de l’Iran appartient à son peuple » et les Iraniens « méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire ».

« Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur ». « Il soutient des terroristes et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les talibans et Al-Qaïda ».

L’ancien président américain Barack Obama a qualifié mardi de « grave erreur » la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, jugeant que ce dernier « fonctionne » et est dans l’intérêt de Washington.

« Je pense que la décision de mettre le JCPOA en danger sans aucune violation de l’accord de la part des Iraniens est une grave erreur, » a indiqué l’ex-président américain, très discret depuis son départ de la Maison Blanche, dans un communiqué au ton particulièrement ferme.

Voir de même:

Donald Trump furieux contre Mahmoud Abbas suite à un « mensonge »

 
Des sources palestiniennes ont réfuté cette publication

Le président américain Donald Trump aurait fustigé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de leur réunion à Bethléem, rapporte dimanche Channel 2.

Selon la chaîne, citant des sources israéliennes, Trump aurait « crié » sur Abbas, car ce dernier lui aurait « menti ».

« Vous m’avez menti à Washington lorsque vous avez parlé de l’engagement pour la paix, mais les Israéliens m’ont montré que vous étiez personnellement responsable de l’incitation », aurait déclaré Trump.

Les sources palestiniennes ont cependant contredit la publication de Channel 2, affirmant que la rencontre entre les deux dirigeants avait été calme.

Dans son discours après la réunion avec Abbas, Trump a insisté sur le fait que « la paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée ». Une déclaration considérée comme une critique du financement de l’Autorité palestinienne destiné aux familles de terroristes emprisonnés ou tués.

Ce rapport intervient alors que le président américain a affirmé hier que les deux parties sont prêtes à « parvenir à la paix ».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, « m’a assuré qu’il est prêt à faire la paix avec Israël, et je le crois », a déclaré Trump ajoutant que Benyamin Netanyahou a de son coté « assuré qu’il était prêt à parvenir à la paix ».

Voir encore:

Territoires palestiniens: Abbas s’excuse après ses propos jugés antisémites

Ses propos ont fait l’objet de vives critiques dans le monde entier ces derniers jours. En début de semaine, dans un discours prononcé devant des représentants de l’Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas avait estimé que les massacres dont les juifs avaient été victimes en Europe, et notamment l’Holocauste, étaient dus au « comportement social » des juifs et non à leur religion. Il évoquait notamment leurs activités bancaires. Des propos largement condamnés sur la scène internationale par les dirigeants israéliens, par les Etats-Unis, l’Union européenne, l’ONU et la France notamment.

De notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Finalement, ce vendredi, le président de l’Autorité palestinienne a décidé de présenter ses excuses. Depuis mardi soir, les critiques se succédaient et les mots employés étaient parfois très forts. Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix avait condamné des propos « inacceptables ». Il s’agissait pour lui de « certaines des insultes antisémites les plus méprisantes ». Quant au Premier ministre israélien, il estimait pour sa part que « un négationniste reste un négationniste » et il disait souhaiter voir « disparaître » Mahmoud Abbas.

Face à ce tollé, le président de l’Autorité palestinienne n’a d’abord rien dit. Puis après deux jours de silence, ce vendredi, il a choisi de s’excuser. « Si des gens ont été offensés par ma déclaration (…), spécialement des personnes de confession juive, je leur présente mes excuses », écrit Mahmoud Abbas dans un communiqué. « Je réitère mon entier respect pour la foi juive et les autres religions monothéistes », poursuit-il.

Le président de l’Autorité palestinienne se défend de tout antisémitisme. « Nous le condamnons sous toutes ses formes » assure-t-il. Il tient également à « réitérer », dit-il, sa « condamnation de longue date de l’Holocauste » qu’il qualifie de « crime le plus odieux de l’Histoire ».

Voir de même:

Abbas revient sur ses propos relatifs aux rabbins voulant “empoisonner” les puits palestiniens

Après avoir été accusé de diffamation, le dirigeant de l’AP rétracte son affirmation “sans fondement”, et ajoute ne pas avoir voulu “offenser le peuple juif”

Le président du parlement européen Martin Schulz (à droite) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au parlement de l’Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a retiré samedi ses propos concernant des rabbins ayant appelé à empoisonné l’eau des Palestiniens, disant qu’il n’avait pas eu l’intention d’offenser les juifs, après qu’Israël et des organisations juives ont affirmé qu’il faisait la promotion de tropes diffamatoires et antisémites.

« Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Pendant un discours prononcé devant le Parlement de l’Union européenne à Bruxelles jeudi, Abbas avait affirmé que les accusations d’incitations [à la violence] palestiniennes étaient injustes puisque « les Israéliens le font aussi… Certains rabbins en Israël ont dit très clairement à leur gouvernement que notre eau devait être empoisonnée afin de tuer des Palestiniens. »

Un article publié en juin dans la presse turque affirmait qu’un rabbin avait fait un tel appel, mais l’histoire s’était rapidement révélée fausse.

Son bureau a déclaré qu’il « rejetait toutes les accusations formulées à son encontre et à celle du peuple palestinien d’offense au judaïsme. [Il] a également condamné toutes les accusations d’antisémitisme. »

En revanche, Abbas n’a pas retiré son affirmation, également prononcée pendant son discours devant le Parlement européen, que le terrorisme mondial serait éradiqué si Israël se retirait de Cisjordanie et de Jérusalem Est.

Israël a dénoncé jeudi Abbas, le qualifiant de colporteur de mensonges, le bureau du Premier ministre déclarant qu’il « a montré son vrai visage », et qu’il « ment quand il affirme que ses mains sont tendues vers la paix. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accusé jeudi Abbas de « propager des diffamations au parlement européen ».

« Israël attend le jour où Abbas cessera de colporter des mensonges et d’inciter [à la haine contre Israël]. D’ici là, Israël continuera à se défendre contre les incitations palestiniennes, qui alimentent le terrorisme », pouvait-on lire dans le communiqué du bureau du Premier ministre.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vitrine politique de la première communauté juive d’Europe, avait accusé vendredi Abbas de « propager les caricatures anti juives d’autrefois […] dont on sait qu’elles nourrissent la haine antisémite ».

Voir de plus:

« Jusqu’à son dernier jour », Abbas payera les « familles des martyrs prisonniers »

 Le président de l’Autorité palestinienne a rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré jeudi qu’il ne renoncera pas aux salaires reversés aux terroristes et aux familles des terroristes ayant été emprisonnés en Israël pour avoir mené des attentats, ou ayant tenté de tuer des Israéliens.

« Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour », a déclaré M. Abbas, d’après les médias israéliens.

Le financement par l’Autorité palestinienne de subventions pour les familles des terroristes est un point de discorde entre les Palestiniens et l’administration Trump. Pendant sa visite dans la région plus tôt cette année, le président des Etats-Unis avait souligné que son pays ne tolérerait pas ces rétributions.

Cette déclaration du président de l’AP survient alors que des émissaires américains conduits par Jared Kushner, proche conseiller du président américain, ont rencontré à nouveau cette semaine les dirigeants israéliens et palestiniens.

Après avoir rencontré des responsables saoudiens, émiratis, qataris, jordaniens et égyptiens, la délégation américaine a été reçue jeudi par Benyamin Netanyahou et a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah.

M. Trump « est déterminé à parvenir à une solution qui apportera la prospérité et la paix à tout le monde dans cette zone », a déclaré Jared Kushner, au début de ses entretiens avec le Premier ministre israélien à Tel-Aviv, selon une vidéo diffusée par l’ambassade américaine.

Le bureau de Benyamin Netanyahou a qualifié les discussions de « constructives et de substantielles » sans autre détail, indiquant qu’elles allaient se poursuivre « dans les prochaines semaines » et remerciant le président américain « pour son ferme soutien à Israël ».

Le président Abbas a pour sa part rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump et a affirmé que « cette délégation (américaine) œuvre pour la paix ». « Nous savons que c’est difficile et compliqué mais ce n’est pas impossible », a-t-il fait savoir.

(Avec agence)

Voir par ailleurs:

Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures.

Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque.

Lors d’une cérémonie à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué ce qu’il a appelé les «vrais germes de la paix» qui selon lui commençaient à pousser parmi certains pays arabes.

Il n’a pas donné plus de détails mais des signes de réchauffement, tout particulièrement avec Ryad, ont été récemment enregistrés, alors qu’Israël comme le royaume saoudien voit en l’Iran une grave menace.

Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré.

La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe.

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis que cette attaque ne resterait «pas sans réponse».

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, des dizaines de frappes à distance dans ce pays sont attribuées à Israël, qui se garde communément de les confirmer ou démentir. Elles visent des positions syriennes et des convois d’armes au Hezbollah libanais, qui comme l’Iran et la Russie, aide militairement le régime Assad.

– Les «conseils» de Lieberman –

Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie.

Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine.

Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne.

La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque.

L’armée a décidé par précaution de renoncer à envoyer des chasseurs F-15 à des manœuvres prévues en mai aux Etats-Unis, a rapporté la radio militaire.

Sans évoquer une menace iranienne immédiate, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu: «Nous ne cherchons pas l’aventure», mais «je conseille à nos voisins au nord (Liban et Syrie) et au sud (bande de Gaza) de tenir sérieusement compte» de la détermination à défendre Israël.

– «Forteresse» –

Le 70e anniversaire est l’occasion pour Israël de célébrer le «miracle» de son existence, sa force militaire, la prospérité de la «nation start-up» et son modèle démocratique.

Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel.

Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine.

L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi.

Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël.

«Israël a été établi pour que le peuple juif, qui ne s’est presque jamais senti chez soi nulle part au monde, ait enfin un foyer», a déclaré l’écrivain David Grossman lors d’une cérémonie mardi soir à Tel-Aviv troublée par des militants de droite protestant contre la présence de familles palestiniennes.

«Aujourd’hui, après 70 ans de réussites étonnantes dans tant de domaines, Israël, avec toute sa force, est peut-être une forteresse. Mais ce n’est toujours pas un foyer. Les Israéliens n’auront pas de foyer tant que les Palestiniens n’auront pas le leur».

Cyclisme

Giro : Israël, braquet à l’italienne

Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine.

Pierre Carrey et Guillaume Gendron, correspondant à Tel-Aviv

Plus de doute, avec Benyamin Nétanyahou qui fait des acrobaties à vélo, le départ du Tour d’Italie (Giro d’Italia) de Jérusalem ce vendredi est bien une affaire politique. «Il faut que je m’entraîne», plaisante le Premier ministre dans une vidéo diffusée fin avril sur les réseaux sociaux où on le voit enfourcher un VTT bleu avec casque et costume-cravate. Etonnamment agile pour ses 68 ans, «Bibi» (en réalité, sa doublure) accomplit le tour d’un rond-point sur la roue arrière… Et exhorte l’équipe d’Israel Cycling Academy, dont deux coureurs sur les huit engagés sont israéliens : «Je vais vous aider à gagner !»

Le big start («grand départ») du Giro à Jérusalem est un big deal pour Israël. Trois jours de course : un contre-la-montre de 9,7 km dans les quartiers ouest de la ville «trois fois sainte», une étape de 167 km reliant le port de Haïfa, au nord, avec les plages de Tel-Aviv et enfin 226 km de canyons désertiques entre Beer Sheva et la station balnéaire d’Eilat, au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Le tracé s’arrête à la «ligne verte» et évite soigneusement les Territoires palestiniens ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem (mais longera cependant ses murs) et sa partie Est, dont l’annexion par Israël en 1980 n’a jamais été acceptée par la communauté internationale. En principe donc, pas de plans d’hélico des toits rouges des colonies de Cisjordanie ou du mur de séparation…

Cet événement d’envergure (évalué à 120 millions de shekels, soit 27 millions d’euros, l’équivalent de la somme dépensée mi-avril par l’Etat hébreu pour fêter ses 70 ans) est tout à la fois le premier départ d’un grand tour cycliste hors d’Europe, l’une des plus grandes manifestations sportives ou culturelles jamais organisées en Israël et potentiellement l’événement le plus sécurisé de son histoire (protégé par 6 000 policiers et agents privés). Plus encore que les funérailles d’Yitzhak Rabin, le Premier ministre assassiné en 1995. Question retombées, le gouvernement espère une hausse du tourisme grâce à une audience de la course complètement fantasmée, évaluée à un milliard de téléspectateurs.

De son côté, la société italienne RCS Sport, organisatrice de l’épreuve, entend tenir le Giro, simple «événement sportif», «à l’écart de toute discussion politique». Le consul général d’Italie à Tel-Aviv appuyait ces propos lundi, tout en répétant son attachement à l’antienne de la communauté internationale, soit la solution à deux Etats. A l’inverse, le milliardaire Sylvan Adams, qui a attiré le Giro à Jérusalem, envoie valser cette supposée neutralité et annonce la couleur : «On va contourner les médias traditionnels en s’adressant directement aux fans de sport qui n’en ont rien à faire du conflit et veulent juste admirer nos beaux paysages.»

«Un pays normal»

Ce riche héritier canadien de 59 ans s’est installé en Israël en 2016. Une alyah autant motivée par une fibre sioniste proclamée à tout instant que par une certaine affinité avec la fiscalité israélienne : le magnat de l’immobilier a fait sa valise en s’acquittant d’un redressement de 64 millions d’euros auprès du Trésor québécois. Depuis son arrivée, Adams, six fois champion cycliste canadien chez les vétérans, a décidé de financer une école de vélo, une équipe de deuxième division mondiale – celle que rencontre Nétanyahou dans la vidéo -, la construction d’un vélodrome olympique à Tel-Aviv et, point d’orgue, une grande partie du départ du Giro. Un programme supposé transformer Israël en nation de vélo, ce qu’elle n’était pas jusque-là, mais aussi destiné à soutenir l’effort de communication national, soit une version cycliste de l’hasbara (terme hébraïque signifiant «explication» et «propagande»).

Face à la presse, à Tel-Aviv, Sylvan Adams a dicté fin avril les éléments de langage : «J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie.» Normal, il faut le dire vite. Lors de la présentation du tracé à Milan, fin 2017, l’emploi de l’appellation «Jérusalem-Ouest» avait suscité la fureur d’Israël, qui avait obtenu gain de cause (suscitant, en retour, l’indignation des Palestiniens). Désormais, sur les documents officiels, la distinction n’est plus faite. «Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest, s’agace Adams. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte.» Représentant de RCS en Israël, Daniel Benaim va dans le même sens : «Quand les hélicoptères vont filmer Jérusalem, ils vont filmer la beauté du tout, on ne va pas diviser la ville !»

Le mouvement propalestinien BDS («Boycott, désinvestissement, sanctions») accuse l’épreuve de «normaliser l’occupation» israélienne, en utilisant des images du Dôme du Rocher ou de la porte de Damas, symboles palestiniens de la Vieille Ville. Haussement d’épaules côté organisateurs. Benaim : «Le BDS a essayé de faire du bruit en Italie, mais ça ne prend pas. Nous sommes heureux de dire qu’il y a une participation totale des équipes.» Deux groupes sportifs ont néanmoins hésité à s’engager, Bahrain-Merida et le Team UAE (Emirats arabes unis), tous deux dirigés par des managers italiens mais financés par des pétromonarchies du Golfe, qui ne reconnaissent pas officiellement Israël. Elles seront finalement au départ. «Les équipes n’ont pas le choix, rappelle le patron d’une formation concurrente. Quand nous avons appris que le Tour d’Italie partait de Jérusalem [peu après les remous causés par la reconnaissance de la ville comme capitale israélienne par Donald Trump, ndlr], nous nous sommes demandé comment on osait envoyer nos coureurs dans cette zone instable. Hélas, les équipes WorldTour [première division mondiale] sont tenues de participer à toutes les épreuves du calendrier. C’est une règle à changer dans un futur proche pour éviter de subir ces parcours absurdes.»

En façade, le milieu du vélo s’attache à éteindre les controverses. Fabio Aru, coureur originaire de Sardaigne, membre du Team UAE qui aurait pu déclarer forfait, sur Sportfair.it : «On m’a demandé si j’avais peur. Au contraire, je suis enthousiaste […]. Le sport peut aider à réconcilier les peuples.» Le Néerlandais Tom Dumoulin (Team Sunweb), vainqueur sortant du Giro, sur Cyclingnews.com : «Je ne suis pas du genre à me mêler de politique ; je suis cycliste. Si une course démarre d’Israël, on doit être au départ.»

Prime secrète

En off, plusieurs concurrents expriment leurs craintes. Pas tant d’être pris pour cible (d’ailleurs, le dispositif de sécurité était en apparence allégé aux abords de leurs hôtels jeudi) mais inquiets de l’effort physique supplémentaire à consentir. Entre les quatre heures de vol retour qui vont entamer leur récupération lundi (direction la Sicile) et la chaleur attendue dimanche dans le désert. Daniel Benaim rejette : «Je les ai vu monter des cols en Sardaigne sous 36 degrés…» Le silence gêné du peloton s’explique peut-être par la récurrence des courses dans des environnements climatiques et politiques discutables. En particulier à Dubaï et Abou Dhabi, où RCS Sport met sur pied des épreuves, ou encore au Qatar qui fut de 2002 à 2016 le terrain de jeu d’Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour de France. Mais il est aussi possible que cette discrétion soit tenue par des arrangements financiers.

La tête d’affiche de l’épreuve, le Britannique Chris Froome (Team Sky, lire ci-contre) aurait ainsi empoché de 1,4 à 2 millions d’euros de prime de participation selon plusieurs médias spécialisés. Menacé de sanctions pour un contrôle positif, le quadruple vainqueur de la Grande Boucle est accueilli à bras ouverts par des organisateurs misant sur sa notoriété. Théoriquement interdite par l’Union cycliste internationale (les coureurs étant rémunérés par leur équipe et non par les patrons d’épreuves), la pratique s’est banalisée. RCS est ainsi soupçonné d’avoir versé, en 2009, de 1 à 3 millions d’euros à Lance Armstrong, directement ou par l’intermédiaire de sa fondation contre le cancer. Par ailleurs, Libération a appris que l’organisateur italien gonfle depuis des années les frais de participation des équipes pour les inciter à aligner leurs stars sur le Giro.

RCS nie toute prime secrète. Ce qui pourrait laisser penser que, si chèque il y a, il a été signé par les Israéliens. Très excité, Sylvan Adams annonçait : «On espère avoir Froome, même si ça coûte cher. C’est comme faire jouer Messi dans sa ville, sauf que là on l’a pour trois jours avec notre beau pays en toile de fond et pas juste un stade anonyme.» Les images doivent être belles à tout prix. Même celles affichant un optimisme forcé (ou naïf), peu raccord avec l’enlisement actuel du processus de paix. Interrogé par le site Insidethegames.biz, le président de l’UCI, le Français David Lappartient veut y croire : «Espérons que le cyclisme permette de promouvoir la paix, comme les JO l’ont fait en Corée.»


Chris Froome, favori des soupçons

«Je n’ai rien fait de mal.» Christopher Froome va bouffer toujours les mêmes questions et répandre toujours la même odeur de petit scandale au long des 3 600 km du Tour d’Italie qui s’élance de Jérusalem ce vendredi. Le Britannique s’attaque à un exploit jamais vu, hors Eddy Merckx et Bernard Hinault : remporter trois grands tours d’affilée. S’il enlève l’épreuve italienne fin mai, Froome signerait un triplé après le Tour de France (en juillet) et celui d’Espagne (en septembre). A moins qu’il perde tout : le leader de l’équipe Sky est accusé d’abus médicamenteux – pour ne pas dire de dopage -, depuis que des doses élevées de salbutamol ont été retrouvées dans ses urines le 7 septembre. Il avance la prise de ventoline pour soigner son asthme et réussit pour le moment à gagner du temps avec ses avocats. Mais Froome devrait tôt ou tard être sanctionné. Donc certainement, si on s’en réfère au cas d’Alberto Contador en 2012, perdre le bénéfice de sa victoire au Tour d’Espagne. Et celle, peut-être à venir, au Tour d’Italie. Dès lors, pourquoi courir le Giro ? Froome le sait : le public retient les victoires acquises sur le terrain et oublie lorsqu’elles sont effacées a posteriori. Et puis, il y a cette histoire de prime de participation secrète que Froome aurait perçue de la part des organisateurs, pour lesquels le scandale constitue manifestement un argument marketing. P.C.

Voir aussi:

A Courageous Trump Call on a Lousy Iran Deal

Bret Stephens
New York Times

May 8, 2018

Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it.

“Our”?

The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition.

“The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015, referring to the deal by its formal name. It’s questionable whether the deal has any legal force at all.

Build on political sand; get washed away by the next electoral wave. Such was the fate of the ill-judged and ill-founded J.C.P.O.A., which Donald Trump killed on Tuesday by refusing to again waive sanctions on the Islamic Republic. He was absolutely right to do so — assuming, that is, serious thought has been given to what comes next.

In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior.

But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen.

The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding?

Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts.

Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning.

Why? Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sundayreported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston.

The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied.

All this means the administration is in a strong position to negotiate a viable deal. But it missed an opportunity last month when it failed to deliver a crippling blow to Bashar al-Assad, Iran’s puppet in Syria, for his use of chemical weapons. Trump’s appeals in his speech to the Iranian people also sounded hollow from a president who isn’t exactly a tribune of liberalism and has disdained human rights as a tool of U.S. diplomacy. And the U.S. will need to mend fences with its European partners to pursue a coordinated diplomatic approach.

The goal is to put Iran’s rulers to a fundamental choice. They can opt to have a functioning economy, free of sanctions and open to investment, at the price of permanently, verifiably and irreversibly forgoing a nuclear option and abandoning their support for terrorists. Or they can pursue their nuclear ambitions at the cost of economic ruin and possible war. But they are no longer entitled to Barack Obama’s sweetheart deal of getting sanctions lifted first, retaining their nuclear options for later, and sponsoring terrorism throughout.

Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through.

Voir également:

Trump now needs to bring Iran’s economy to its knees

President Trump’s declaration Tuesday that he would exit the 2015 Iran nuclear deal was more than just a fulfillment of a campaign promise; it was a much-needed shift in US foreign policy. The message to the world: The era of appeasement is over.

The Joint Comprehensive Plan of Action was among the worst deals negotiated in modern times. In exchange for the suspension of America’s toughest economic sanctions, Iran needed only freeze its nuclear program for a limited amount of time — keeping its nuclear capabilities on standby while perfecting its missile arsenal, increasing support to terrorism and expanding its military footprint throughout the Middle East.By withdrawing from the agreement, Trump unshackled America’s most powerful economic weapons and restored US leverage to push back on the entire range of Iran’s malign activities. Trump must now implement a new strategy that forces Iran to withdraw from Syria and Yemen, verifiably and irreversibly dismantle its nuclear and missile programs, end its sponsorship of terrorism and improve its human-rights record.

Sustained political warfare, robust military deterrence and maximum economic pressure will all be necessary. Pressure will build steadily as our re-imposed sanctions take hold.

Under the laws passed by Congress before the nuclear deal, banks throughout the world risk losing their access to the US financial system if they do business with the Central Bank of Iran or in connection with Iran’s energy, shipping, shipbuilding and port sectors. Companies providing insurance and re-insurance for Iran-connected projects face US sanctions as well, as do gold and silver dealers to Iran.

Iran will see its oil-export revenue decline as importers are forced to significantly reduce their purchases. Worse than anything for the regime, Iran’s foreign-held reserves will be on lock-down. Money paid by its oil customers must sit in foreign escrow accounts. Banks that allow Iran to repatriate, transfer or convert these payments to other currencies face the full measure of US financial sanctions.

What happens to a country that is cut off from hard currency and faces declining export revenues? In 2013, we saw the result: a balance-of-payments crisis. What happens, however, when these sanctions are imposed amid a raging liquidity crisis while the Iranian currency is in free-fall and the regime is drawing down its foreign-exchange reserves? The Trump administration is hoping for a situation that makes the mullahs choose between economic collapse and wide-ranging behavioral change.

The strategy just might work, but it’ll take a lot more than just re-imposing sanctions to succeed. Sanctions are only effective if they are enforced. The sooner the Trump administration identifies a sanctions-evading bank and cuts it off from the international financial system, the sooner a global chilling effect will amplify the impact of American sanctions. The same goes for underwriters and gold-traders.

Beyond enforcement, the Trump administration will need key allies to fully implement this pressure campaign. The Saudis, under attack by Iranian missiles from Yemen, should be a willing partner in the effort to drive down Iran’s oil exports — ensuring Saudi production increases to replace Iranian contracts and stabilize the market. Saudi Arabia, the UAE and Bahrain should also combine their market leverage to force European and Asian investors to choose between doing business in their countries or doing business in Iran.Trump will also need Europeans to act on one key issue which, given their opposition to his withdrawal from the deal, may present a diplomatic challenge. Under US law, the president may impose sanctions on secure financial messaging services — like the Brussels-based SWIFT service — if they provide access to the Central Bank of Iran or other blacklisted Iranian banks.

In 2012, when Congress first proposed the idea, the European Union ordered SWIFT to disconnect Iranian banks, which closed a major loophole in US sanctions. Now that Trump has left the deal, SWIFT must once again disconnect Iran’s central bank. If SWIFT refuses, Trump should consider imposing sanctions on the group’s board of directors.

Trump’s Iran pivot from appeasement to pressure offers America the best chance to fundamentally change Iranian behavior and improve our national security. If his administration implements the strategy effectively, the Iranian regime will have a choice: meet America’s demands or face economic collapse.

Richard Goldberg, an architect of congressionally enacted sanctions against Iran, is a senior adviser at the Foundation for Defense of Democracies.

Voir encore:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

OLJ/Agences
08/05/2018

Donald Trump a annoncé mardi soir  le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien au risque d’ouvrir une période de vives tensions avec ses alliés européens et d’incertitudes quant aux ambitions atomiques de Téhéran.

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l’avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après 21 mois de négociations acharnées. « J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, annonçant le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire. Le locataire de la Maison Blanche n’a donné aucune précision sur la nature des sanctions qui seraient rétablies et à quelle échéance mais il a mis en garde: « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».
Dénonçant avec force cet accord « désastreux », il a assuré avoir la « preuve » que le régime iranien avait menti sur ses activités nucléaires.

Un peu plus tard, le département du Trésor américain a précisé que les Etats-Unis allaient rétablir une large palette de sanctions concernant l’Iran à l’issue de périodes transitoires de 90 et 180 jours, qui viseront notamment le secteur pétrolier iranien ainsi que les transactions en dollar avec la banque centrale du pays. Dans un communiqué et un document publiés sur son site internet, le Trésor précise que le rétablissement des sanctions concerne également les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce de métaux avec ce pays ainsi que toute tentative de Téhéran d’obtenir des dollars US.

(Lire aussi : Derrière l’accord nucléaire, l’influence de l’Iran en question)

Son allocution était très attendue au Moyen-Orient où beaucoup redoutent une escalade avec la République islamique mais aussi de l’autre côté de planète, en Corée du Nord, à l’approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la péninsule. A ce sujet, le chef de la Maison Blanche a également indiqué que le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo arrivera en Corée du Nord d’ici « une heure » pour préparer le sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un. « En ce moment même, le secrétaire Pompeo est en route vers la Corée du Nord pour préparer ma future rencontre avec Kim Jong Un », a-t-il déclaré. « On en saura bientôt plus » sur le sort des trois prisonniers américains, a-t-il ajouté.

Réactions

L’Iran souhaite continuer à respecter l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, après l’annonce de la décision de Donald Trump, a réagi le président iranien, Hassan Rohani. « Si nous atteignons les objectifs de l’accord en coopération avec les autres parties prenantes de cet accord, il restera en vigueur  (…). En sortant de l’accord, l’Amérique a officiellement sabordé son engagement concernant un traité international », a dit le président iranien dans une allocution télévisée. »J’ai donn é pour consigne au ministère des Affaires étrangères de négocier avec les pays européens, la Chine et la Russie dans les semaines à venir. Si, au bout de cette courte période, nous concluons que nous pouvons pleinement bénéficier de l’accord avec la coopération de tous les pays, l’accord restera en vigueur », a-t-il continué.
M. Rohani a ajouté que Téhéran était prêt à reprendre ses activités nucléaires si les intérêts iraniens n’étaient pas garantis par un nouvel accord après des consultations avec les autres parties signataires du « Plan d’action global conjoint » (JCPOA) de 2015.

La Syrie a également « condamné avec force » l’annonce du retrait des Etats-Unis, affirmant sa « totale solidarité » avec Téhéran et sa confiance dans la capacité de l’Iran à surmonter l’impact de la « position agressive » de Washington.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, dit « soutenir totalement » la décision « courageuse » du président américain. « Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire » avec la République islamique, a dit M. Netanyahu en direct sur la télévision publique dans la foulée de la déclaration de M. Trump.

L’Arabie saoudite a également salué mardi soir la décision de Donald Trump de rétablir les sanctions contre l’Iran et de dénoncer l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, a fait savoir la télévision saoudienne. Les Emirats arabes unis et Bahreïn, alliés de l’Arabie saoudite dans le Golfe, ont emboîté le pas à Riyad en saluant par la voix de leur ministère des Affaires étrangères la décision de M. Trump. Bahreïn accueille la 5e flotte américaine.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni « regrettent » la décision américaine de se retirer de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, a, de son côté, réagi Emmanuel Macron sur Twitter, évoquant sa volonté de travailler collectivement à un « cadre plus large » sur ce dossier. « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu », a estimé le chef de l’Etat français, qui s’était entretenu au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May à 19h30 heure de Paris, peu avant la prise de parole de Donald Trump. « Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak », a-t-il ajouté, toujours sur Twitter.

Un peu plus tard, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré, depuis Rome, que l’UE est « déterminée à préserver » l’accord nucléaire iranien. L’accord de Vienne de 2015 « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver », a insisté Mme Mogherini, lors d’une brève déclaration à la représentation de la Commission européenne à Rome, en se disant « particulièrement inquiète » de l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran..

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, quant à lui, appelé les six autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien « à respecter pleinement leurs engagements », après le retrait des Etats-Unis. « Je suis profondément préoccupé par l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord JCPOA (en référence à l’acronyme en anglais ndlr) et de la reprise de sanctions américaines », a aussi souligné le patron des Nations unies dans un communiqué.

Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a, de son côté, estimé que « le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire est une décision qui va causer de l’instabilité et de nouveaux conflits ». « La Turquie va continuer de s’opposer avec détermination à tous types d’armes nucléaires », a ajouté le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan.

Le ministère russe des Affaires étrangères a, pour sa part, déclaré que la Russie est « profondément déçue » par la décision du président américain.
« Nous sommes extrêmement inquiets que les Etats-Unis agissent contre l’avis de la plupart des Etats (…) en violant grossièrement les normes du droit international », selon le texte.  Selon Moscou, cette décision de Donald Trump « est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington de négocier » et les « griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques » avec Téhéran.

Quelles répercussions?

A l’exception des Etats-Unis, tous les signataires ont défendu jusqu’au bout ce compromis qu’ils jugent « historique », soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. En contrepartie des engagements pris par Téhéran, Washington a suspendu ses sanctions liées au programme nucléaire iranien. Mais la loi américaine impose au président de se prononcer sur le renouvellement de cette suspension tous les 120 ou 180 jours, selon le type de mesures punitives. Certaines suspensions arrivent à échéance samedi, mais le gros d’entre elles restent en théorie en vigueur jusqu’à mi-juillet.

Dès mardi soir, le nouvel ambassadeur américain en Allemagne a écrit, sur Twitter, que les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran. Le président américain Donald Trump « a dit que les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l’économie de l’Iran. Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement », a commenté Richard Grenell qui a pris ses fonctions hier.

Airbus a, de son côté, annoncé qu’il allait examiner la décision prise par Donald Trump avant de réagir. « Nous analysons attentivement cette annonce et évaluerons les prochaines étapes en cohérence avec nos politiques internes et dans le respect complet des sanctions et des règles de contrôle des exportations », a dit le responsable de la communication d’Airbus, Rainer Ohler. « Cela prendra du temps », a-t-il ajouté. Un peu plus tard, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer à Airbus et à Boeing les autorisations de vendre des avions de ligne à l’Iran.

En janvier, l’ancien magnat de l’immobilier avait lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant jusqu’au 12 mai pour « durcir » sur plusieurs points ce texte signé par Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne). En ligne de mire: les inspections de l’AIEA; la levée progressive, à partir de 2025, de certaines restrictions aux activités nucléaires iraniennes, qui en font selon lui une sorte de bombe à retardement; mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement au programme de missiles balistiques de Téhéran ni à son rôle jugé « déstabilisateur » dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

L’annonce de mardi va avoir des répercussions encore difficiles à prédire. Les Européens ont fait savoir qu’ils comptent rester dans l’accord quoi qu’il advienne. Mais que vont faire les Iraniens?
Pour l’instant, Téhéran, où cohabitent des ultraconservateurs autour du guide suprême Ali Khamenei et des dirigeants plus modérés autour du président Hassan Rohani, ont soufflé le chaud et le froid.
La République islamique a menacé de quitter à son tour l’accord de 2015, de relancer et accélérer le programme nucléaire, mais a aussi laissé entendre qu’elle pourrait y rester si les Européens pallient l’absence américaine.

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Accord sur le nucléaire iranien : 10 conséquences de la (folle) décision de Trump

Le monde a basculé le 8 mai 2018, avec la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Voici ce qui risque de se passer maintenant.

Vincent Jauvert

Le monde a basculé ce 8 mai 2018.

Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, il retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables.

  1. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.
  2. Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales.
  3. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
  4. D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux.
  5. En Iran, le président « réformateur » Rohani, qui avait défendu bec et ongles l’accord en promettant des retombées économiques mirifiques pour son pays et accepté, par cet accord, que son pays démonte les deux tiers de ses centrifugeuses et se sépare de 98% de son uranium enrichi, est humilié. Tandis que le clan des « durs » pavoise.
  6. L’accord dénoncé, l’Iran va donc probablement relancer au plus vite son programme nucléaire militaire en commençant par réassembler les centrifugeuses et les faire tourner dans un bunker enterré très profondément.
  7. Ce qui devrait être le déclencheur d’une course folle à l’armement atomique dans tout le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite, grâce au Pakistan, et la Turquie, grâce à son développement économique, ne voudront pas être dépassées par l’Iran et voudront, donc, devenir elles aussi des puissances nucléaires. Si bien qu’Emmanuel Macron a eu raison d’évoquer « un risque de guerre » (dans le « Spiegel » samedi dernier) si les Etats-Unis se retiraient de l’accord. De fait, le risque est grand que cette dénonciation unilatérale, alliée à un retour en force des « conservateurs » à Téhéran, ne précipite un affrontement militaire de grande envergure entre Israël et l’Iran – affrontement qui a déjà commencé à bas bruit, ces dernières semaines, par les frappes de Tsahal contre des bases du Hezbollah en Syrie.
  8. La milice chiite pro-iranienne qui vient de remporter les élections législatives au Liban pourrait profiter de cette victoire électorale inattendue et du retrait unilatéral américain – gros de menaces militaires – pour attaquer le nord d’Israël.
  9. Et, ainsi soutenu politiquement par le président américain, le gouvernement israélien pourrait décider de frapper ce qui reste des installations nucléaires iraniennes, ainsi qu’il l’avait sérieusement envisagé plusieurs fois avant l’accord de 2015. Autrement dit, la seule question est peut-être désormais de savoir lequel des deux pays, l’Iran ou Israël, va lancer la vaste offensive en premier. A moins que les Etats-Unis ne décident de frapper eux-mêmes « préventivement » la République islamique, avec les conséquences géopolitiques que l’on n’ose imaginer. Vous croyez cela impossible ? N’oubliez pas que Donald Trump vient de se choisir un nouveau conseiller à la sécurité. Il s’agit d’un certain John Bolton, un néoconservateur qui milite depuis le 11-Septembre pour que les Etats-Unis renversent le « régime des mollahs »…
  10. Evidemment, cette décision de Trump éloigne un peu plus encore l’espoir d’un règlement politique du conflit syrien. Et augmente les risques sur le terrain d’affrontements militaires entre milices iraniennes et soldats occidentaux – dont les forces spéciales françaises.

     Voir enfin:

    Remarks by President Trump on the Joint Comprehensive Plan of Action

    My fellow Americans: Today, I want to update the world on our efforts to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon.

    The Iranian regime is the leading state sponsor of terror. It exports dangerous missiles, fuels conflicts across the Middle East, and supports terrorist proxies and militias such as Hezbollah, Hamas, the Taliban, and al Qaeda.

    Over the years, Iran and its proxies have bombed American embassies and military installations, murdered hundreds of American servicemembers, and kidnapped, imprisoned, and tortured American citizens. The Iranian regime has funded its long reign of chaos and terror by plundering the wealth of its own people.

    No action taken by the regime has been more dangerous than its pursuit of nuclear weapons and the means of delivering them.

    In 2015, the previous administration joined with other nations in a deal regarding Iran’s nuclear program. This agreement was known as the Joint Comprehensive Plan of Action, or JCPOA.

    In theory, the so-called “Iran deal” was supposed to protect the United States and our allies from the lunacy of an Iranian nuclear bomb, a weapon that will only endanger the survival of the Iranian regime. In fact, the deal allowed Iran to continue enriching uranium and, over time, reach the brink of a nuclear breakout.

    The deal lifted crippling economic sanctions on Iran in exchange for very weak limits on the regime’s nuclear activity, and no limits at all on its other malign behavior, including its sinister activities in Syria, Yemen, and other places all around the world.

    In other words, at the point when the United States had maximum leverage, this disastrous deal gave this regime — and it’s a regime of great terror — many billions of dollars, some of it in actual cash — a great embarrassment to me as a citizen and to all citizens of the United States.

    A constructive deal could easily have been struck at the time, but it wasn’t. At the heart of the Iran deal was a giant fiction that a murderous regime desired only a peaceful nuclear energy program.

    Today, we have definitive proof that this Iranian promise was a lie. Last week, Israel published intelligence documents long concealed by Iran, conclusively showing the Iranian regime and its history of pursuing nuclear weapons.

    The fact is this was a horrible, one-sided deal that should have never, ever been made. It didn’t bring calm, it didn’t bring peace, and it never will.

    In the years since the deal was reached, Iran’s military budget has grown by almost 40 percent, while its economy is doing very badly. After the sanctions were lifted, the dictatorship used its new funds to build nuclear-capable missiles, support terrorism, and cause havoc throughout the Middle East and beyond.

    The agreement was so poorly negotiated that even if Iran fully complies, the regime can still be on the verge of a nuclear breakout in just a short period of time. The deal’s sunset provisions are totally unacceptable. If I allowed this deal to stand, there would soon be a nuclear arms race in the Middle East. Everyone would want their weapons ready by the time Iran had theirs.

    Making matters worse, the deal’s inspection provisions lack adequate mechanisms to prevent, detect, and punish cheating, and don’t even have the unqualified right to inspect many important locations, including military facilities.

    Not only does the deal fail to halt Iran’s nuclear ambitions, but it also fails to address the regime’s development of ballistic missiles that could deliver nuclear warheads.

    Finally, the deal does nothing to constrain Iran’s destabilizing activities, including its support for terrorism. Since the agreement, Iran’s bloody ambitions have grown only more brazen.

    In light of these glaring flaws, I announced last October that the Iran deal must either be renegotiated or terminated.

    Three months later, on January 12th, I repeated these conditions. I made clear that if the deal could not be fixed, the United States would no longer be a party to the agreement.

    Over the past few months, we have engaged extensively with our allies and partners around the world, including France, Germany, and the United Kingdom. We have also consulted with our friends from across the Middle East. We are unified in our understanding of the threat and in our conviction that Iran must never acquire a nuclear weapon.

    After these consultations, it is clear to me that we cannot prevent an Iranian nuclear bomb under the decaying and rotten structure of the current agreement.

    The Iran deal is defective at its core. If we do nothing, we know exactly what will happen. In just a short period of time, the world’s leading state sponsor of terror will be on the cusp of acquiring the world’s most dangerous weapons.

    Therefore, I am announcing today that the United States will withdraw from the Iran nuclear deal.

    In a few moments, I will sign a presidential memorandum to begin reinstating U.S. nuclear sanctions on the Iranian regime. We will be instituting the highest level of economic sanction. Any nation that helps Iran in its quest for nuclear weapons could also be strongly sanctioned by the United States.

    America will not be held hostage to nuclear blackmail. We will not allow American cities to be threatened with destruction. And we will not allow a regime that chants “Death to America” to gain access to the most deadly weapons on Earth.

    Today’s action sends a critical message: The United States no longer makes empty threats. When I make promises, I keep them. In fact, at this very moment, Secretary Pompeo is on his way to North Korea in preparation for my upcoming meeting with Kim Jong-un. Plans are being made. Relationships are building. Hopefully, a deal will happen and, with the help of China, South Korea, and Japan, a future of great prosperity and security can be achieved for everyone.

    As we exit the Iran deal, we will be working with our allies to find a real, comprehensive, and lasting solution to the Iranian nuclear threat. This will include efforts to eliminate the threat of Iran’s ballistic missile program; to stop its terrorist activities worldwide; and to block its menacing activity across the Middle East. In the meantime, powerful sanctions will go into full effect. If the regime continues its nuclear aspirations, it will have bigger problems than it has ever had before.

    Finally, I want to deliver a message to the long-suffering people of Iran: The people of America stand with you. It has now been almost 40 years since this dictatorship seized power and took a proud nation hostage. Most of Iran’s 80 million citizens have sadly never known an Iran that prospered in peace with its neighbors and commanded the admiration of the world.

    But the future of Iran belongs to its people. They are the rightful heirs to a rich culture and an ancient land. And they deserve a nation that does justice to their dreams, honor to their history, and glory to God.

    Iran’s leaders will naturally say that they refuse to negotiate a new deal; they refuse. And that’s fine. I’d probably say the same thing if I was in their position. But the fact is they are going to want to make a new and lasting deal, one that benefits all of Iran and the Iranian people. When they do, I am ready, willing, and able.

    Great things can happen for Iran, and great things can happen for the peace and stability that we all want in the Middle East.

    There has been enough suffering, death, and destruction. Let it end now.

    Thank you. God bless you. Thank you.

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Cinéma: Pallywood tous les jours sur un écran chez vous (It’s just standard evacuation practice, stupid ! – complete with shouts of pain and Allahu akbar)

7 avril, 2018
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
Pendant 24 mn à peu près on ne voit que de la mise en scène … C’est un envers du décor qu’on ne montre jamais … Mais oui tu sais bien que c’est toujours comme ça ! Entretien Jeambar-Leconte (RCJ)
Au début (…) l’AP accueillait les reporters à bras ouverts. Ils voulaient que nous montrions des enfants de 12 ans se faisant tuer. Mais après le lynchage, quand des agents de l’AP firent leur possible pour détruire et confisquer l’enregistrement de ce macabre événement et que les Forces de Défense Israéliennes utilisèrent les images pour repérer et arrêter les auteurs du crime, les Palestiniens donnèrent libre cours à leur hostilité envers les Etats-Unis en harcelant et en intimidant les correspondants occidentaux. Après Ramallah, où toute bonne volonté prit fin, je suis beaucoup plus prudent dans mes déplacements. Chris Roberts (Sky TV)
La tâche sacrée des journalistes musulmans est, d’une part, de protéger la Umma des “dangers imminents”, et donc, à cette fin, de “censurer tous les matériaux” et, d’autre part, “de combattre le sionisme et sa politique colonialiste de création d’implantations, ainsi que son anéantissement impitoyable du peuple palestinien”. Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980)
Il s’agit de formes d’expression artistique, mais tout cela sert à exprimer la vérité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques les plus élevés auxquels nous nous sommes engagés, de dire la vérité et rien que la vérité. Haut responsable de la Télévision de l’Autorité palestinienne
Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple. Talal Abu Rahma (lors de la réception d’un prix, au Maroc, en 2001, pour sa vidéo sur al-Dura)
Karsenty est donc si choqué que des images truquées soient utilisées et éditées à Gaza ? Mais cela a lieu partout à la télévision, et aucun journaliste de télévision de terrain, aucun monteur de film, ne seraient choqués. Clément Weill-Raynal (France 3)
Nous avons toujours respecté (et continuerons à respecter) les procédures journalistiques de l’Autorité palestinienne en matière d’exercice de la profession de journaliste en Palestine… Roberto Cristiano (représentant de la “chaîne de télévision officielle RAI, Lettre à l’Autorité palestinienne)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Dans la guerre moderne, une image vaut mille armes. Bob Simon
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
J’ai travaillé au Liban depuis que tout a commencé, et voir le comportement de beaucoup de photographes libanais travaillant pour les agences de presse m’a un peu troublé. Coupable ou pas, Adnan Hajj a été remarqué pour ses retouches d’images par ordinateur. Mais, pour ma part, j’ai été le témoin de pratique quotidienne de clichés posés, et même d’un cas où un groupe de photographes d’agences orchestraient le dégagement des cadavres, donnant des directives aux secouristes, leur demandant de disposer les corps dans certaines positions, et même de ressortir des corps déjà inhumés pour les photographier dans les bras de personnes alentour. Ces photographes ont fait moisson d’images chocs, sans manipulation informatique, mais au prix de manipulations humaines qui posent en elles-mêmes un problème éthique bien plus grave. Quelle que soit la cause de ces excès, inexpérience, désir de montrer de la façon la plus spectaculaire le drame vécu par votre pays, ou concurrence effrénée, je pense que la faute incombe aux agences de presse elles-mêmes, car ce sont elles qui emploient ces photographes. Il faut mettre en place des règles, faute de quoi toute la profession finira par en pâtir. Je ne dis pas cela contre les photographes locaux, mais après avoir vu ça se répéter sans arrêt depuis un mois, je pense qu’il faut s’attaquer au problème. Quand je m’écarte d’une scène de ce genre, un autre preneur de vue dresse le décor, et tous les autres suivent… Brian X (Journaliste occidental anonyme)
Pour qui nous prenez-vous ? Nous savons qui vous êtes, nous lisons tout ce que vous écrivez et nous savons où vous habitez. Hussein (attaché de presse du Hezbollah au journaliste Michael Totten)
L’attaque a été menée en riposte aux tirs incessants de ces derniers jours sur des localités israéliennes à partir de la zone visée. Les habitants de tous les villages alentour, y compris Cana, ont été avertis de se tenir à l’écart des sites de lancement de roquettes contre Israël. Tsahal est intervenue cette nuit contre des objectifs terroristes dans le village de Cana. Ce village est utilisé depuis le début de ce conflit comme base arrière d’où ont été lancées en direction d’Israël environ 150 roquettes, en 30 salves, dont certaines ont atteint Haïfa et des sites dans le nord, a déclaré aujourd’hui le général de division Gadi Eizenkot, chef des opérations. Tsahal regrette tous les dommages subis par les civils innocents, même s’ils résultent directement de l’utilisation criminelle des civils libanais comme boucliers humains par l’organisation terroriste Hezbollah. (…) Le Hezbollah place les civils libanais comme bouclier entre eux et nous, alors que Tsahal se place comme bouclier entre les habitants d’Israël et les terroristes du Hezbollah. C’est la principale différence entre eux et nous. Rapport de l’Armée israélienne
Après trois semaines de travail intense, avec l’assistance active et la coopération de la communauté Internet, souvent appelée “blogosphère”, nous pensons avoir maintenant assez de preuves pour assurer avec certitude que beaucoup des faits rapportés en images par les médias sont en fait des mises en scène. Nous pensons même pouvoir aller plus loin. À notre avis, l’essentiel de l’activité des secours à Khuraybah [le vrai nom de l’endroit, alors que les médias, en accord avec le Hezbollah, ont utilisé le nom de Cana, pour sa connotation biblique et l’écho du drame de 1996] le 30 juillet a été détourné en exercice de propagande. Le site est devenu en fait un vaste plateau de tournage, où les gestes macabres ont été répétés avec la complaisance des médias, qui ont participé activement et largement utilisé le matériau récolté. La tactique des médias est prévisible et tristement habituelle. Au lieu de discuter le fond de nos arguments, ils se focalisent sur des détails, y relevant des inexactitudes et des fausses pistes, et affirment que ces erreurs vident notre dossier de toute valeur. D’autres nous étiquètent comme de droite, pro-israéliens ou parlent simplement de théories du complot, comme si cela pouvait suffire à éliminer les éléments concrets que nous avons rassemblés. Richard North (EU Referendum)
Lorsque les médias se prêtent au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement ils sacrifient les Libanais innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais ils nuisent aussi à la société civile de par le monde. D’un côté ils nous dissimulent les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah, ce qui permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah. De l’autre, ils encouragent les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial. La température est montée de cinq degrés sur l’échelle du Jihad mondial quand les musulmans du monde entier ont vu avec horreur et indignation le spectacle de ces enfants morts que des médias avides et mal inspirés ont transmis et exploité. Richard Landes
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
On Friday, the Palestinian terror group Hamas, which controls the Gaza Strip, is inaugurating what it is calling “The March of Return.” According to Hamas’s leadership, the “March of Return” is scheduled to run from March 30 – the eve of Passover — through May 15, the 70th anniversary of Israel’s establishment. According to Israeli media reports, Hamas has budgeted $10 million for the operation. Throughout the “March of Return,” Hamas intends to send thousands of civilians to the Israeli border. Hamas is planning to set up tent camps along the border fence and then, presumably, order participants to overrun it on May 15. The Palestinians refer to May 15 as “Nakba,” or Catastrophe Day. (…) what is it trying to accomplish by sending them into harm’s way? Why is the terror group telling Gaza residents to place themselves in front of the border fence and challenge Israeli security forces charged with defending Israel? The answer here is also obvious. Hamas intends to provoke Israel to shoot at the Palestinian civilians it is sending to the border. It is setting its people up to die because it expects their deaths to be captured live by the cameras of the Western media, which will be on hand to watch the spectacle. In other words, Hamas’s strategy of harming Israel by forcing its soldiers to kill Palestinians is predicated on its certainty that the Western media will act as its partner and ensure the success of its lethal propaganda stunt. Given widespread assessments that Iran is keen to start a new round of war between Israel and its terror proxies, Hamas in Gaza and Hezbollah in Lebanon, it is possible that Hamas intends for this lethal propaganda stunt to be the initial stage of a larger war. By this assessment, Hamas is using the border operation to cultivate and escalate Western hostility against Israel ahead of a larger shooting war. (…) The real issue revealed by Hamas’s planned operation — as it was revealed by the Mavi Marmara, as well as by Hamas’s military campaigns against Israel in 2014, 2011 and 2008-09 —  is not how Israel will deal with it. The real issue is that Hamas’s entire strategy is predicated on its faith that the Western media and indeed the Western left will side with it against Israel. Hamas is certain that both the media and leftist activists and politicians in Europe and the U.S. will blame Israel for Palestinian civilian casualties. And as past experience proves, Hamas is right to believe the media and leftist activists will play their assigned role. So long as the media and the left rush to indict Israel for its efforts to defend itself and its citizens against its terrorist foes, who turn the laws of war on their head as a matter of course, these attacks will continue and they will escalate. If this border assault does in fact serve as the opening act in a larger terror war against Israel, then a large portion of the blame for the bloodshed will rest on the shoulders of the Western media for empowering the terrorists of Hamas and Hezbollah to attack Israel. Caroline Glick
Je pense que les Palestiniens et les Israéliens ont droit à leur propre terre. Mais nous devons obtenir un accord de paix pour garantir la stabilité de chacun et entretenir des relations normales. Prince héritier Mohammed ben Salmane
A set of photos, below, has been spreading all over social media in the past week. Sometimes, the photos are reposted individually. However, they all send the same message: Israel is supposedly deceiving the world into thinking their soldiers are getting wounded in Gaza by using special effects makeup. Closer analysis of these photos, however, shows that none of them are recent, most were not even taken in Israel, and all of them are taken out of context. France 24
The video turned out to be from an art workshop which creates this health exercise annually in Gaza. The goal of the workshop is to recreate child injuries sustained in warzones so that doctors can get familiar with them and learn how to care for injured children, the owner of the workshop, Abd al-Baset al-Loulou said. Al Arabya
Dix-huit morts et au moins 1 400 blessés. La « grande marche du retour », appelée vendredi par la société civile palestinienne et encadrée par le Hamas, le long de la barrière frontalière séparant la bande de Gaza et Israël, a dégénéré lorsque l’armée israélienne a tiré à balles réelles sur des manifestants qui s’approchaient du point de passage. (…) Famille, enfants, musique, fête, puis débordements habituels de jeunes lançant des cailloux à l’armée. Lorsque les émeutiers sont arrivés à quelques centaines de mètres de la fameuse grille, les snipers israéliens sont entrés en action. L’un des garçons, « armé » d’un pneu, a été abattu d’une balle dans la nuque alors qu’il s’enfuyait. (…) Ce mouvement, qui exige le « droit au retour » et la fin du blocus de Gaza, doit encore durer six semaines. C’est long. Le gouvernement israélien compte peut-être sur l’usure des protestataires, la fatigue, le renoncement, persuadé que quelques balles en plus pourraient faire la différence. A-t-il la mémoire courte ? Selon la Torah, Moïse avait 80 ans lorsqu’a commencé la traversée du désert. Ces quarante années d’errance douloureuse sont au coeur de tous les Juifs. Espérer qu’après soixante-dix ans d’exil les Palestiniens oublient leur histoire à coups de fusil est aussi absurde que ne pas faire la différence entre une balle de 5,56 et une pierre calcaire … Le Canard enchainé (Balles perdues, 04.04.2018)
Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest… Telesur

C’est juste un entrainement à l’évacuation, imbécile !

A l’heure où devant le désintérêt croissant du Monde arabe ….

Le Hamas tente par une ultime mise en scène de faire oublier le fiasco toujours plus criant de leur régime  terroriste …

Et qu’entre deux leçons de théologie, nos belles âmes et médias en mal de contenu nous resservent le scénario réchauffé de la riposte disproportionnée d’Israël …

Alors que l’on redécouvre que nos anciens faussaires – certains ayant toujours pignon sur rue – n’avaient rien à envier à nos actuels Charles Enderlin

Retour sur la florissante industrie de fausses images palestinienne plus connue sous le nom de Pallywood …

After at least 20 were killed last Friday by Israeli forces, protesters ignited tires to create black smoke hoping to block visibility
Telesur
6 April 2018

At least four Palestinian protesters were killed, and over 200 have been wounded after Israeli troops opened fire on protesters along the Israel-Gaza border Friday. Five of the persons injured as thousands participated in the March of Return are said to be in critical condition according to medical officials.

The deaths in Friday’s protest follow 24 others, which took place in the first round of demonstrations last week, and add to the trend of severe violence from Israeli troops that led to over 1000 injuries over the same period. Thousands converged on Gaza’s border with Israel and set fire to mounds of tires, which were supposed to block the visibility of Israeli snipers and avoid more deaths, in the second week of demonstrations.

Israel’s violent response to peaceful protests has been heavily criticized over the last week. The United Nations High Commissioner for Human Rights has urged troops to exercise restraint, these calls, however, haven’t been heeded.

Israeli officials have attempted to portray the use of deadly force and firearms as a necessary measure to prevent “terrorists” from infiltrating into Israel and to « protect its border. »

An Israeli military spokesman said Friday they “will not allow any breach of the security infrastructure and fence, which protects Israeli civilians.”

However, the U.N. has reminded the Israeli government that an attempt to cross the border fence does not amount to “threat to life or serious injury that would justify the use of live ammunition.”

The U.N. has also stressed Israel remains the occupying force in Gaza and has the « obligations to ensure that excessive force is not employed against protestors and that in the context of a military occupation, as in the case in Gaza, the unjustified and unlawful recourse to firearms by law enforcement resulting in death may amount to willful killing. »

Israeli Defence Minister Avigdor Lieberman told Israeli public radio Thursday that « if there are provocations, there will be a reaction of the harshest kind like last week, » showing no sign that his government would reconsider their strategy when responding to unarmed protesters.

Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest.

Other claims advanced by Israeli authorities include accusing the political party Hamas, which Israel considers a terrorist organization, of being, behind the protests.

Asad Abu Sharekh, the spokesperson of the march, has countered the claim saying « the march is organized by refugees, doctors, lawyers, university students, Palestinian intellectuals, academics, civil society organizations and Palestinian families. »

Since March 30th, which marks Palestinian Land Day, thousands have set up several tent encampments within Gaza, some 65 kilometers away from the border.

The symbolic move is part of the Great March of Return which aims to demand the right of over 5 million Palestinian refugees to return to the lands from which they were expelled from after the formation of the state of Israel.

More than half of the 2 million Palestinians who live in Gaza under an over 10-year-long blockade are refugees.

Israel has denied Palestinian refugees this right because of what they call a “demographic threat.”

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Bonjour,

Dans un texte écrit en 1972, publié dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Edwy Plenel a, en effet, appelé à «défendre inconditionnellement» les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, qui ont eu lieu cette année-là. En ces termes :

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël (…) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (…) A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage ».

Voilà plusieurs années que ces mots, signés Joseph Krasny, nom de plume de Plenel dans Rouge, sont connus. C’est en 2008 dans Enquête sur Edwy Plenel, écrit par le journaliste Laurent Huberson, qu’ils sont pour la première fois exhumés. Quasiment un chapitre est consacré à l’anticolonialisme, l’antiracisme, et l’antisionisme radical du jeune militant Plenel. C’est dans ces pages que sont retranscrites ces lignes.

 

Aujourd’hui, elles figurent en bonne place sur la page Wikipedia du journaliste.

Depuis plusieurs jours, ils refont pourtant surface sur Twitter, partagés la plupart du temps par des comptes proches de l’extrême droite. Ce 3 avril, Gilles-William Goldnadel, avocat, longtemps chroniqueur à Valeurs Actuelles, qui officie aujourd’hui sur C8 dans l’émission de Thierry Ardisson Les Terriens du Dimanche, a interpellé le co-fondateur de Mediapart sur Twitter : «Bonsoir Edwy Plenel, c’est pour une enquête de la France Libre [la webtélé de droite lancée par l’avocat début 2018]. Pourriez-vous s’il vous plaît confirmer ou infirmer les infos qui circulent selon lesquelles vous auriez sous l’alias de Krasny féliciter dans Rouge Septembre Noir ?».

« Ce texte exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui »

Plenel n’a pas répondu à Goldnadel sur Twitter. Mais contacté par CheckNews, il a accepté de revenir, par ce mail, sur ce texte écrit en 1972.  En nous demandant de reproduire intégralement sa réponse, «car évidemment, cette campagne n’est pas dénuée d’arrière-pensées partisanes». Que pense donc le Plenel de 2018 des écrits de Krasny en 1972 ?

« Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël ».

On résume : le co-fondateur de Mediapart, sous le pseudo Joseph Krasny, a bien soutenu en 1972 l’action de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich. Cette chronique, exhumée en 2008 dans un livre critique sur Plenel, a refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Contacté par CheckNews, Edwy Plenel, récuse fermement ce texte aujourd’hui qui, selon lui, n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque.

Bien cordialement,

Robin A.


Cinéma-vérité: Avec « Le 15h17 pour Paris », Clint Eastwood reste à quai (Radical plainness tinged with Christian mystery which will resonate in the heartland: it’s the artlessness, stupid !)

1 mars, 2018

Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l’Éternel? (…) mon serviteur (…) s’est livré lui-même à la mort et (…) il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes et qu’il a intercédé pour les coupables. Esaïe (53: 1-12)
Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. Paul (Lettre aux Philippiens 2: 5-8)
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix ; là où est la haine, que je mette l’amour ; là où est l’offense, que je mette le pardon ; là où est la discorde, que je mette l’union ; là où est l’erreur, que je mette la vérité ; là où est le doute, que je mette la foi ; là où est le désespoir, que je mette l’espérance ; là où sont les ténèbres, que je mette la lumière ; là où est la tristesse, que je mette la joie. O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. Prière dite de Saint François
C’est peut-être dans la Bible qu’on trouverait des procédés littéraires nouveaux et l’art de laisser les choses à leur place. Marcel Schwob (lettre à Jules Renard, 1891)
Il va de soi que ce mélange des styles ne dénote aucune intention esthétique. Au contraire, il caractérise dès l’origine les écrits judéo-chrétiens ; il fut encore souligné par l’incarnation de Dieu dans un homme du dernier rang, par son existence terrestre parmi les humbles, par sa Passion ignominieuse au jugement du monde, et, par suite de la vaste diffusion et du puissant effet de ces écrits à une époque postérieure, agit naturellement de façon décisive sur la représentation du tragique et du sublime. (…) tout se joue entre des gens communs issus du peuple; une telle action, pour les Anciens, aurait fait la matière d’une farce ou d’une comédie. Et pourquoi n’avons-nous rien de tel ici? Pourquoi ce texte éveille-t-il en nous une profonde et grave sympathie? Parce qu’il représente quelque chose que ni la poésie antique ni l’historiographie antique n’ont jamais représenté: la naissance d’un mouvement spirituel dans les profondeurs du peuple, au sein des circonstances quotidiennes de l’existence du temps. Un nouveau cœur et un nouvel esprit naissent sous nos yeux. Ce que nous disons ici ne s’applique pas seulement au reniement de Pierre, mais à tous les faits que nous rapportent les livres du Nouveau Testament; dans chacun d’entre eux il s’agit toujours de la même question, toujours du même conflit, auquel tout homme se trouve forcément confronté et qui par là est un conflit toujours inachevé et infini. Il met en mouvement le monde entier des hommes, tandis que les enchevêtrements de destin et de passion que connaît l’antiquité gréco-romaine ne concernent directement qu’un seul individu, celui qui s’y trouve impliqué; c’est seulement en vertu d’une relation très générale, parce que nous sommes aussi des hommes, c’est-à-dire soumis au destin et aux passions, que nous ressentons de la terreur et de la pitié. Pierre, en revanche, ainsi que les autres personnages du Nouveau Testament sont plongés dans un mouvement général qui surgit des profondeurs, qui ne concerne d’abord qu’eux-mêmes et qui ne passe que très progressivement (les Actes des Apôtres illustrent le commencement de ce processus) au premier plan de l’histoire, mais qui dès le début est un mouvement sans limite qui aspire à toucher directement chaque homme et absorbe en lui tous les conflits purement personnels. Ainsi apparaît un monde d’une part tout à fait réel, quotidien, reconnaissable sous le rapport du temps, du lieu et des circonstances, et d’autre part ébranlé dans ses fondations, qui se transforme et se renouvelle sous nos yeux. Erich Auerbach (1946)
Pour restituer à la crucifixion sa puissance de scandale, il suffit de la filmer telle quelle, sans rien y ajouter, sans rien en retrancher. Mel Gibson a-t-il réalisé ce programme jusqu’au bout ? Pas complètement sans doute, mais il en a fait suffisamment pour épouvanter tous les conformismes. René Girard
Le cinéma ne peut-il pas être un des moyens de briser cette membrane qui nous isole les uns des autres, dans le métro ou dans la rue, dans l’escalier de l’immeuble ? La recherche du nouveau cinéma-vérité est du même coup celle d’un cinéma de la fraternité. Morin refuse donc un rapport lointain au spectateur et un regard vertical sur le sujet filmé. Qu’en est-il de la « vérité » dont il se réclame ? (…) Qu’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas seulement de donner à cette caméra cette légèreté du stylo qui permet au cinéaste de se mêler à la vie des hommes. […] Notre personnalité sociale est faite de rôles qui se sont incorporés à nous. Il est donc possible, à la manière du sociodrame, de permettre à chacun de jouer sa vie devant la caméra. Et comme dans un sociodrame, ce jeu a valeur de vérité psychanalytique. Edgar Morin
Dans un article pour France-Observateur en janvier 1960 intitulé « Pour un nouveau ‹ cinéma-vérité › », Morin emprunte à Dziga Vertov sa fameuse expression « Kino-Pravda », traduite par Sadoul par « cinéma-vérité » ou « ciné-vérité ». Ce terme ne désigne alors dans l’article de Morin que des films ethnographiques et sociologiques présentés au Festival de Florence. Cependant, compte tenu du ton prescriptif de l’article et de sa proximité avec le début du tournage de Chronique d’un été (mai 1960), ce texte a valeur de manifeste. Morin y présente les grands axes théoriques de ce nouveau type de films (…) Morin refuse donc un rapport lointain au spectateur et un regard vertical sur le sujet filmé. Qu’en est-il de la « vérité » dont il se réclame ? (…) Si les innovations techniques sont fascinantes, la nouveauté de ce cinéma repose donc avant tout sur un dispositif plus large, incluant l’implication du cinéaste et des protagonistes filmés qui, loin d’être passifs ou oublieux de la caméra, s’en servent pour laisser émerger leur « vérité profonde, […] la sève même de leur vie ». Séverine Graff
Why does all this matter? Because we are losing history. It is not the fault of Hollywood, as they used to call it, but Hollywood is a contributor to it. When people care enough about history to study and read it, it’s a small sin to lie and mislead in dramas. But when people get their history through entertainment, when they absorb the story of their times only through screens, then the tendency to fabricate is more damaging. Those who make movies and television dramas should start caring about this. It is wrong in an age of lies to add to their sum total. It’s not right. It will do harm. (…) President Nixon is portrayed as the villain of the story. And that is the opposite of the truth. Nixon did not start the Vietnam War, he ended it. His administration was not even mentioned in the Pentagon Papers, which were finished before he took office. When that dark, sad man tried to halt publication of the document, he was protecting not his own reputation but in effect those of others. Those others were his political adversaries—Lyndon Johnson and Ben Bradlee’s friend JFK—who the papers revealed had misled the public. If Nixon had been merely self-interested, he would have faked umbrage and done nothing to stop their publication. Even cleverer, he could have decried the leaking of government secrets while declaring and bowing to the public’s right to know. Instead, he did what he thought was the right thing—went to court to prevent the publication of secrets that might harm America’s diplomatic standing while it attempted to extricate itself from a war….His attempt to stop publication was wrong—the public did have a right to know. But he did what he thought was the responsible thing, and of course pays for it to this day. Were the makers of “The Post” ignorant of all this? You might think so if it weren’t for the little coda they tag on to the end. Suddenly a movie about the Pentagon Papers is depicting the Watergate break-in, which would take place a year later. As if to say: OK, Nixon isn’t really the villain of our story, but he became a villain soon enough. It struck me not as a failed attempt at resolving a drama but an admission of a perpetrated injustice. Peggy Noonan
Mumblecore est une mouvance du cinéma indépendant américain née au tournant du XXIe siècle1,2. Ces films sont caractérisés principalement par une production « fauchée » (souvent tournés en numérique), des sujets tournant autour des relations entre personnes de vingt à trente ans, des dialogues en partie improvisés et des acteurs non professionnels. Lynn Shelton, Andrew Bujalski, Mark Duplass, Jay Duplass, Aaron Katz, Joe Swanberg ou Barry Jenkins en sont les principales figures. Le mot mumblecore a été forgé en 2005 lors du festival du film de South by Southwest par Eric Masunaga, un ingénieur du son travaillant avec Bujalski (Mumble signifie marmonner en anglais). Ce fut Bujalski qui employa le premier le terme lors d’une interview avec indieWIRE2. Les metteurs en scène de ce genre de films sont aussi parfois regroupés sous le terme « mumblecorps, » à l’instar de press corps concernant les journalistes. Les critiques ont aussi employé les termes « bedhead cinema » (cinéma de tête de lit) et « Slackavetes », un mot-valise venant de Slacker, film des années 90, bavard et au son sale, et du nom du metteur en scène John Cassavetes. Wikipedia
“My sound mixer named the movement ‘mumblecore,’” Bujalski said, “which is pretty catchy.” (…) The interweaving of filmmakers committed to ambling narratives about young Americans who babble about their interpersonal problems more than they do anything constructive with their lives stood out more than ever.  That summer, roughly two years after Bujalski first casually dropped the term, mumblecore was everywhere. New York’s IFC Center showcased films by Bujalski, Swanberg and fellow chronicler of young adult anxieties Aaron Katz with a series entitled “The New Talkies,” which prompted The New York Times to run a feature headlined, “A Generation Finds Its Mumble.” But did it? While far from a premeditated movement, the perceptions associated with mumblecore stemmed from a real place: Several filmmakers less intrigued by the prospects of big budget studio filmmaking than naturalistic portraits of worlds they knew far better focused on similar topics; many of them worked within the confines of a tight-knit community, sharing resources and inspiration. The chatty, neurotic loners found in Bujalski’s first two movies wouldn’t seem out of place in Swanberg’s emerging universe of romantically confused twentysomethings, which could easily encompass the stars of the Duplass brothers’ “The Puffy Chair” or Katz’s “Quiet City.” Intentionally or not, mumblecore was an apt umbrella term that nailed these filmmakers’ predilection for lo-fi portraits of perpetual mumblers; the mumbling didn’t just take the place of the plot — it was the plot.  Yet the organic roots of this tendency, aided by the advance of loose production methods associated with cheaper, digitally-enhanced filmmaking methods, meant that it resisted storytelling conventions in favor of unvarnished realism. The very possibility that any of these movies reflected a generic formula was paradoxical. How could anyone turn ordinary people living ordinary lives into cookie-cutter fodder for a newfangled genre? Fortunately, pushback to the notion of mumblecore held back its potential to overwhelm any of its filmmakers’ careers, and they’ve continued to diversify. Indiewire
Back in 2002, Andrew Bujalski became known for pioneering the “mumblecore” movement with his debut film “Funny Ha Ha.” The term usually refers to indie films made on small budgets, featuring natural dialogue and starring amateur actors. (…) I feel like the military metaphor is always apt for filmmaking: what I’m used to, in a sense, is this guerrilla style, where it’s all hands on deck. Everybody is running and contributing and putting their hands on everything, and doing whatever it takes to survive in the jungle. Whereas, once you do have dozens of people on set, the structure becomes more hierarchical, and more about chain of command. It took some adjusting to; my job becomes like a general sitting behind a desk somewhere, while everyone else does all the work. The professional actors are very used to that; they live and breath in that zone. I’d say the biggest difference working with pros v. non-pros is all of their training, like they’re so used to getting dropped into unusual situations and adverse conditions and having to deliver something really strong without getting to take a breath. What’s nice about that is, they show up super-prepared and basically bulletproof. The drawback, of course, is that I was often looking to breath some vulnerability back in. With non-professionals, you’ve got plenty of vulnerability, and it’s all about working with them to get to a certain confidence and structure. And with professionals, that structure is all there, and if anything, we’re chipping away at that. (..) I never thought it [“mumblecore”] was a good descriptor. The word is 10 years-old now, I guess. So it’s been around long enough that it’s taken on its own life, and I don’t bristle so much at it as I used to. It felt so specifically affixed… it was just this thing I couldn’t get off of me, that was going to be on my gravestone. You spend years and years on something, you put your life into a movie, your blood, sweat, and tears, and then people say, “Hey, there’s this new mumblecore trend.” And that’s what people want to talk about. There’s a frustration there, mostly that springs from a fear that people are not going to see the movie. The word has enough cache now… and I don’t know that people care so much as they used to. I think the faddishness has come and gone, which is great. (…) I got a mortgage and I got two kids, so it would be cool if I could make movies and get paid for it. That seems to involve professional actors these days. My dreams and enthusiasm are kind of all over the place. I have dreams for things that might make sense as great big expensive movies, and I still have plenty of dreams for things that I should be doing in my backyard. It’s always a matter of what you think you can get away with at any moment. I think filmmakers, by their nature, are always sort of scam artists, looking for the angle, looking for where you can sneak in. Very rarely in the 21st century, almost never, is the path clear and easy. It’s always some trick you have to pull off.  Indiewire
Recent rumblings — perhaps one should say mumblings — indicate an emerging movement in American independent film. Specimens of the genre share a low-key naturalism, low-fi production values and a stream of low-volume chatter often perceived as ineloquence. Hence the name: mumblecore. More a loose collective or even a state of mind than an actual aesthetic movement, mumblecore concerns itself with the mundane vacillations of postcollegiate existence. It can seem like these movies, which star nonprofessional actors and feature quasi-improvised dialogue, seldom deal with matters more pressing than whether to return a phone call. (…) But what these films understand all too well is that the tentative drift of the in-between years masks quietly seismic shifts that are apparent only in hindsight. Mumblecore narratives hinge less on plot points than on the tipping points in interpersonal relationships. A favorite setting is the party that goes subtly but disastrously astray. Events are often set in motion by an impulsive, ill-judged act of intimacy. Artists who mine life’s minutiae are by no means new, but mumblecore bespeaks a true 21st-century sensibility, reflective of MySpace-like social networks and the voyeurism and intimacy of YouTube. It also signals a paradigm shift in how movies are made and how they find an audience. (…) Boosted in the last two years by enthusiastic word of mouth at film festivals and on blogs, movies like Mr. Katz’s have gained a following in the hipster enclaves where they are often set. (…) But for the most part mumblecore has stayed small precisely because it can. The need for traditional distribution deals is diminished when production costs are often as low as a few thousand dollars. (…) Mumblecore’s origin myth locates the watershed at the 2005 South by Southwest Film Festival in Austin, Tex., which screened a cluster of small, superficially similar films  (…) At a bar one night Mr. Bujalski’s sound mixer, Eric Masunaga, coined the word “mumblecore.” (…) It’s only fitting that the etymology should be a point of contention, since the films in question often deal with the fraught process of identity formation. Journalists and bloggers have floated other tags, including the self-explanatory “bedhead cinema” and “Slackavettes,” in homage to the patron saint of American indie auteurs, John Cassavetes. The IFC Center series, despite using “mumblecore” in its publicity materials, is officially called “The New Talkies: Generation D.I.Y. » (…) Despite the anti-Sundance image, mumblecore has ancestors in American indie cinema. Given that the films are often anthropological studies of 20-something mating rituals, attuned to the halting rhythms and circular digressions of actual speech, Richard Linklater is perhaps the most obvious forefather. (“Quiet City” is a scruffy cover version of Mr. Linklater’s meet-cute romance “Before Sunrise,” substituting the F train for the Eurostar.) Some critics have suggested loftier reference points like the French masters of talk Eric Rohmer and Jean Eustache. For potential haters, mumblecore offers plenty of ammunition. The films are modest in scope, but their concentration on daily banalities can register as narcissism. Despite the movement’s communitarian ethos, from the outside it can seem incestuous and insular. Hardly models of diversity, the films are set in mostly white, straight, middle-class worlds, and while female characters are often well drawn, the directors are overwhelmingly male. To their credit, most of these films offset their navel-gazing tendencies with a dose of skepticism. The filmmakers view their characters with empathy but don’t let them off the hook; Mr. Swanberg and Mr. Bujalski often assign themselves the least flattering roles available. “A lot of that is actual self-critique,” said Mr. Swanberg, whose “LOL” is a withering portrayal of masculine self-absorption in an age of high-tech addictions. Mumblecore’s inherent emphasis on the transitional periods of life should in theory save it from an ignominious middle age. Dennis Lim (NYT)
Mon Dieu est plus grand que vos statistiques ! Mère de Spencer Stone
D’une naïveté et d’une bonne conscience qu’on trouvera au choix admirables, ridicules ou abjectes, le film de Clint Eastwood recèle aussi d’étranges phénomènes. (…) Une grande partie du film est dédiée à l’enfance des trois garçons, élèves indisciplinés d’un collège religieux de l’Amérique profonde. On suit ensuite les tentatives finalement couronnées de succès du bouillant mais pieux Spencer pour intégrer l’armée de l’air. Promu personnage central, il sera le principal auteur de la mise hors de nuire du terroriste. Alek aussi intègre l’armée et est envoyé en Afghanistan, tandis que le troisième, Anthony, reste au pays sans qu’on en sache plus. Les trois se retrouvent en Europe, où ils font du tourisme et des selfies pour Instagram, draguent des filles, et fréquentent des boîtes de nuit survoltées, avant de monter dans le train Amsterdam-Paris. C’est d’un inintérêt qui frôle l’abstraction, ou le septième degré. Après, à bord du Thalys, c’est plié en trois coups les gros bras. Et puis c’est déplié, starring François Hollande. Le film se termine en effet par les images authentiques de la remise de la Légion d’honneur aux trois types, cérémonie qui eut effectivement lieu à l’Élysée le 24 août. C’est la meilleure scène du film. Pas parce qu’elle authentifie rétrospectivement l’action (dont il faut se réjouir sans réserve qu’elle ait eu lieu, évidemment, là n’est pas la question, la question est celle du film), mais parce qu’elle révèle un étrange phénomène. François Hollande a l’air si faux que c’en est effrayant. Il est un assez mauvais acteur (on le savait), mais il est surtout un acteur absolument décalé par rapport aux trois garçons –et au reste du film. Pourquoi décalé? Parce que loin d’avoir gagné quelque «effet de réel» que ce soit avec son choix audacieux de casting, le film a utilisé les trois jeunes gens exactement comme des personnages de film d’action, il les a hollywoodisés jusqu’à la moelle. Tout, absolument tout dans le film (la diction, la gestuelle, les éclairages, l’utilisation des décors, des personnages secondaires, des accessoires) est reformaté par ce qui caractérise l’esthétique hollywoodienne comme négation de la réalité. Et la présence de François Hollande agit là comme un révélateur. L’ex-président français aurait été assez médiocre interprète de, disons, Plus belle la vie –cela a sans doute largement contribué à l’infinie désaffection que lui auront voué ses concitoyens. Mais dans un film d’action américain, il est carrément à des années-lumière, pas sur la même planète, même pas dans la même galaxie. (…) Et il y a toute raison de supposer que les trois interprètes ont, eux, adoré avoir à jouer comme s’ils étaient Matt Damon ou Will Smith. C’est-à-dire endosser la persona de ces clichés d’une Amérique fière d’elle-même, de ses valeurs, de sa certitude d’être du côté du Bien, y compris vautrés devant un match de baseball avec une Budweiser, ou en offrant aux enfants des armes à feu, fausses ou vraies. C’est le véritable enjeu de ce qui apparaît comme un film de propagande où «l’événement Thalys» fait bizarrement figure d’incident presque surnuméraire, fortuit, mais venu rappeler à la planète esbaubie combien le mode de vie états-unien est admirable, puisque susceptible de fabriquer des héros au détour du couloir de n’importe quel transport en commun, même après une fiesta d’enfer dans un bar de pole dance. Et de manière vraiment bizarre, l’artifice nunuche du message est rendu plus criant encore par l’utilisation manipulatrice des «vrais» personnages, transformés en leur propre marionnette du showbiz. Le –triste– sens qu’on trouve à tout cela, le seul, est que ces gens-là (Clint Eastwood, les acteurs, le public auquel ils s’adressent) croient vraiment que le monde ressemble à cela – des cartes postales, un moralisme misérable lesté d’idéologie de l’action, and «God on our Side», of course. Face à la surenchère paradoxale de l’utilisation des faits réels et des vrais acteurs au service de ce tissu de simulacres stéréotypés, on s’abstiendra de ressasser que désormais le vrai est un moment du faux. En mémoire des nombreux grands films réalisés par Eastwood, on se contentera d’un sourire navré. Slate
Le Monde ne saisit pas pourquoi Clint Eastwood ne cherche pas à comprendre les motivations du tueur, ce qui fait qu’un musulman devient un terroriste islamiste, mais plutôt pourquoi de jeunes américains assez banals deviennent des héros, face justement à la violence du marocain en question. Cette incapacité à comprendre le fait que les héros soient ces héros-là, symbolise peut-être tout ce qui sépare la France de Paris et la France périphérique. La particularité fort intéressante du film, que des personnages soient joués par les personnes elles-mêmes, est réduite à la maladresse d’acteurs « non professionnels » dans tous les journaux, à croire qu’une fiche a circulé. Un film « impossible à sauver », Télérama, qui « assomme », Le Parisien, « Voyage au bout de l’ennui », pour La Croix qui, ainsi, ne masque pas son interprétation politique du film… Au fond, ce qui ne plaît pas dans les salles de rédaction parisiennes ? Les héros sont de jeunes américains, deux blancs et un métis, banals, croyants, évangélistes en appelant à Dieu, priant, venant de l’Amérique moyenne ou pauvre, militaires, patriotes… Tout ce que les médias libéraux libertaires français détestent. Des individus qui devraient plutôt être des suprématistes blancs adeptes du KKK, du moins pour deux d’entre eux, dans le logiciel de la presse dominante française. Le magazine RollingStone va plus loin encore que Le Monde dans la caricature du média libéral libertaire en écrivant que le « plus frustrant » est la présentation du terroriste comme « l’étranger tellement plus facile à rejeter ». On suppose que l’auteur de l’article ne se trouvait pas dans ce train. Devant ce film, les réactions des médias, en ne disant rien du film en tant qu’œuvre cinématographique, disent de fait beaucoup de l’état de l’esprit des milieux auxquels ils appartiennent. OJIM
Eastwood’s use of the actual citizen-heroes highlights the complexities of our national distrust and self-doubt. This development is part of the story he wants to tell, and thoughtful viewers have to deal with it. Since WWII hero Audie Murphy’s Hollywood sojourn from decorated amateur to marquee professional, the film industry’s official presentation of citizen-heroes has only become more conflicted (it took nearly a decade before Murphy eventually acted his own story in 1955’s To Hell and Back). This ambivalence intensified during the Vietnam years, when Hollywood was reluctant to lionize military veterans; instead it constantly disparaged the idea of service. The abolition of the draft gave way to civilian snark and snideness, which is different from draft-resister “principle.” New generations of performers — particularly comic actors — created a vogue that corroded the idea of military heroism and instead celebrated sarcasm and rebellion. By using comic actors as background, Eastwood intentionally flips the snideness so that we’re forced to look at American characters differently. Flashbacks set in the three heroes’ Sacramento, Calif., hometown must take place on the other side of the tracks from the scenes in Lady Bird: Two of the boys have single mothers, and they all attend a Christian school. Cagey Eastwood and screenwriter Dorothy Blyskal present school authorities as self-centered egotists, which implicitly satirizes the liberal pop psychology commonly associated with big-city, union-activist teachers. It’s odd, yet the comic actors (Judy Greer, Jenna Fischer, Thomas Lennon, Tony Hale, and Jaleel White) are enough to establish the film’s cunning. Eastwood’s essential project takes up the other, forgotten America, not the diversity vagrants who are everywhere in the media. Those multitudinous stereotypes of proto-Communist proles, all desperately in need of government assistance, seem spawned by the sentiments in socialist Michael Harrington’s 1962 book The Other America, which eventuated in last year’s insolent, bleeding-heart movie The Florida Project. Eastwood explores the beefy boys and articulate, domestic moms that mainstream media usually avoids — except for rare TV shows such as This Is Us or Roseanne. The 15:17 to Paris is iconoclastic; it wins back the humanity of conservative Americans — people who are usually caricatured by our hippest comics and media-makers. This means that The 15:17 to Paris’s essence is iconoclastic; it wins back the humanity of conservative Americans — people who are usually caricatured by our hippest comics and media-makers. When a teacher suggests medicating Spencer for his learning difficulties, his mom’s response — “My God is bigger than your statistics, so I don’t care about anything you have to say anymore!” — caused prominent liberals in the screening room to grumble their disagreement. (They were also unmoved during Spencer’s “Lord, make me an instrument of your peace” prayer.) Eastwood takes a tricky position — between acknowledgement of faith and a choice to not proselytize — but he needs a meticulous hybrid of documentary and drama, not the shameful mawkishness of United 93, to make this advance. It also needs to be a humanistic defense. Stone, Skarlatos, and Sadler are not movie-star types, yet they’re un-self-conscious before the camera. They smile winningly, and their untrained voices have a pleasingly familiar informal cadence and light sonority (not the Noo Yawkese most filmmakers associate with the working class). The film’s narrative structure (always shifting back to the train incident) avoids suspense and artfully draws us into the guys’ daily life and their fate. It’s a matter of normalizing the moral and social values that the liberal Hollywood filmmakers have rabidly abandoned. We see teenage Stone and Skarlatos wear camo T-shirts (which slim, stylish Sadler mocks), and they all like to play war. In a scene sure to unnerve Second Amendment haters, Stone brings out an arsenal of toy guns, casually adding a hunting rifle to the stash. It’s how the Other America gets acculturated — the opposite of radicalization — when pop trash is not dominant. The boys’ military fascination prepares them for their roles in the world. To match these uncomplicated characterizations, Eastwood profiles the train attacker Ayoub El Khazzani (Ray Corasani) without religious or ideological specifics but through synecdoche: black sneakers, white paratrooper-style running pants, curly dark hair, tan yet pale and hirsute arms. Big Spencer, quiet Alek, and wily Anthony are our guys, but the film is as simple as that. Eastwood treats their feats matter-of-factly and without rousing or piety. At the end, it all blends into seeing these men, ironically, with the depth perception that military medics tell Stone he lacks; it’s an almost native double vision: The characters they portrayed suddenly appear in documentary news footage, standing humbly, at the actual Légion d’Honneur ceremony with French president François Hollande. Most recent bio-pics switch to reality epigraphs as a cliché but while Eastwood’s climax gives the men their due, it also causes a profound reassessment of how we regard contemporary history and those who make it. The National Review
Eastwood– as he did in “American Sniper” and “Sully”– lays out their stories and backgrounds objectively. I’m already seeing in some reviews some idea that Eastwood is pushing a religious agenda or whatever. Nonsense. He’s accurately depicting these people. The mothers of the guys are religious– this is what they believe, it’s their right. No one is mocking them or judging them. This is who they are. (…) If there’s a problem with “15:17” it’s that it’s almost filmed like cinema verite, certainly as the story unfolds. There’s a lot of exposition and it seems slow. Again, a little patience wouldn’t hurt anyone. Because when the kids’ backstories switch to the main guys, Eastwood finds a groove. Forgive him if the entry seems clunky. (…) Eastwood once told me he likes “get up and go” type actors, ones who can snap to and do what he needs. In “15:17” he has amateurs and pros all doing that. He really pulled it off. I don’t know if “15:17” will one day be considered great art– I consider “Unforgiven” and “Gran Torino” great art– or an interesting experiment. But it’s well worth paying attention to. Eastwood obviously saw a lot in these guys– two of them as children are thought to have ADD, they’re screw ups, etc. And in the end, maybe with prayer, with military training and maturity, they reacted in a moment and made America proud, and themselves proud. And as for Clint– he’s eighty seven years old. This list of films in his ninth decade is utterly remarkable. This is the sixth movie he’s directed in eight years. Hello? Not all perfect– “Invictus” didn’t thrill me. But overall, there’s an extreme brilliance to his lean, mean execution of stories he knows will resonate in the heartland. Very, very cool. Roger Friedman
The practice of casting nonprofessionals in stories that closely mirror their own experiences has a long history — it’s a staple of Italian neorealism, the films of Robert Bresson and the Iranian cinema of the 1990s — but it remains a rarity in Hollywood. Usually the most we can expect is a poignant end-credits glimpse of the real people our favorite movie stars have pretended to be for the previous two hours. After all, part of the appeal of movies “inspired by true events” is the chance to admire the artistry of actors (like Tom Hanks’s, say, in Mr. Eastwood’s “Sully”) as they communicate the grit and gumption of ordinary Americans in tough circumstances. But the thing to admire about “The 15:17 to Paris” is precisely its artlessness. Mr. Eastwood, who has long favored a lean, functional directing style, practices an economy here that makes some of his earlier movies look positively baroque. He almost seems to be testing the limits of minimalism, seeing how much artifice he can strip away and still achieve some kind of dramatic impact. There is not a lot of suspense, and not much psychological exploration, either. A certain blunt power is guaranteed by the facts of the story, and Mr. Eastwood doesn’t obviously try for anything more than that. But his workmanlike absorption in the task at hand is precisely what makes this movie fascinating as well as moving. Its radical plainness is tinged with mystery. (…) To call what happens before the confrontation with the gunman a plot, in the conventional sense, does not seem quite accurate. Nor do Spencer, Anthony and Alek seem quite like movie characters. But they aren’t documentary subjects, either. Mr. Eastwood, famous for avoiding extensive rehearsals and retakes, doesn’t demand too much acting. Throughout the film, the principal performers behave with the mix of affability and reserve they might display when meeting a group of people for the first time. They are polite, direct and unfailingly good-natured, even when a given scene might call for more emotional intensity. In a normal movie, they would be extras. And on a normal day, they would have been — part of the mass of tourists, commuters and other travelers taking a quick ride from one European capital to another. At times, Spencer, the most restless of the three and the one whose life choices receive the most attention, talks about the feeling of being “catapulted” toward some obscure destiny. But “The 15:17 to Paris” isn’t a meditation on fate any more than it is an exploration of the politics of global terrorism. Rather, it is concerned with locating the precise boundary between the banal and the extraordinary, between routine and violence, between complacency and courage. The personalities of the main characters remain opaque, their inner lives the subject of speculation. You can wonder about the sorrow in Alek’s eyes, about the hint of a temper underneath Spencer’s jovial energy, about Anthony’s skeptical detachment. But at the end of the movie, you don’t really know them all that well. (You barely know Chris, a British passenger who helped subdue Mr. Khazzani, at all. He is seen but not named.) Producing the illusion of intimacy is not among Mr. Eastwood’s priorities. He has always been a natural existentialist, devoted to the idea that meaning and character emerge through action. At the end of “The 15:17 to Paris,” a speech by former President François Hollande of France provides a touch of eloquence and a welcome flood of feeling. But the mood of the film is better captured by Mr. Skarlatos’s account of it, published in news reports after the attack: “We chose to fight and got lucky and didn’t die.” A.O. Scott (NYT)
Le subterfuge du cauchemar, qui pollue nombre de thrillers médiocres, semble indigne de Clint Eastwood, cinéaste réputé pour son son laconisme et ses litotes. En fait, il marque un niveau supérieur d’accomplissement artistique. D’un exploit aéronautique, d’un fait divers tant répercuté par les médias qu’on a l’impression qu’il est vidé de tout sens, le réalisateur tire un récit post-traumatique aux vertus réparatrices doublé d’une fable politique amère, hantée, qui s’élève à la dimension parabolique. (…) le commandant Chesley «Sully» Sullenberger (…) sauve la vie des 155 passagers. L’opinion publique salue cet exploit unique dans l’histoire de l’aviation, fin de l’épisode. Outrepassant la canonisation médiatique, Clint Eastwood revient sur le drame pour interroger la figure héroïque du commandant de bord. «Je n’ai pas l’impression d’être un héros», dit Sully. Il a simplement fait son devoir – de pilote, de citoyen. Il reste un homme, doutant de sa propre réalité dans le miroir embué de la salle de bains. Il entretient avec sa femme une relation adulte. Elle ne minaude pas des «I love you» au téléphone, elle s’inquiète de l’hypothèque sur la maison… Une enquête administrative est ouverte: Sully n’aurait-il pas pu rallier un aéroport plutôt que de tenter cet exploit insensé? Quarante années d’aviation vont être jugées sur 208 secondes… Si sa responsabilité est établie, le pilote risque d’être mis à pied et de perdre sa pension. Ce procès est à haute valeur métaphorique. Sully jugé par les instances de l’aviation civile, c’est l’héroïsme jugé par la bureaucratie, le courage par le règlement, l’empirisme par le dogmatisme. Dans la salle d’audience se rejouent des conflits immémoriaux, celui de la classe ouvrière contre le patronat, du cow-boy contre le propriétaire terrien cadastrant la prairie, de l’homme contre la machine, du peuple contre les élites… Sully adopte une remarquable structure en flash-back. Le cauchemar initial est réitéré, l’amerrissage, extraordinairement impressionnant, montré deux fois, dont la seconde pendant les audiences, comme une illustration du contenu de la boîte noire. A cette manœuvre risquée, les ordinateurs opposent des trajets alternatifs plus orthodoxes vers les aéroports de la région. Dans leurs simulateurs de vol, des pilotes chevronnés démontrent qu’il aurait été possible de se poser à LaGuardia ou à Teterboro. L’affaire semble pliée, la faute démontrée, lorsque Sully tranche soudain: «Et si nous parlions sérieusement, maintenant?» Les logiciels de pilotage ont intégré tous les paramètres (altitude, vitesse du vent, poussée des réacteurs…) sauf un: le facteur humain. Les vols simulés virent vers les aéroports régionaux juste après la collision alors que Sully a eu besoin de 35 secondes pour comprendre ce qui se passait, évaluer les dégâts, en référer aux contrôleurs aériens et prendre sa folle décision… (…) Tom Hanks, grave, taiseux (…) incarne une nouvelle fois l’Américain moyen voué à l’héroïsme modeste. Républicain pur jus, Clint Eastwood fait montre d’une grande intelligence en choisissant Tom Hanks, démocrate inébranlable. L’année passée, dans American Sniper, énorme succès public, le cinéaste retraçait le destin de Chris Kyle, le plus talentueux des tireurs d’élite de l’armée américaine, en prenant garde de ne pas prendre position. Le surdoué de la gâchette était-il un défenseur de la démocratie ou un tueur stipendié par l’Etat? Ce film indéchiffrable a enthousiasmé l’Amérique conservatrice. Nouveau succès au box-office, Sully est apte à réconcilier les deux camps. Contrairement à Vol 93, de Paul Greengrass (…) Clint Eastwood s’abstient de trop personnaliser les passagers. Il les considère sous l’angle collectif. Tous unis avec les hôtesses de l’air, ils endossent leur responsabilité tandis que Sully tente l’impossible. «Tout le monde a fait son job», dira-t-il. Revu par Clint Eastwood, le vol 1549 se pose en métaphore d’une Amérique idéale dans laquelle chacun assume sa part de responsabilité derrière un pilote aux compétences supérieures. Curieusement, le pilote Trump auquel le cinéaste a apporté son soutien n’a pas la maîtrise de Sully. Le Temps
Avec Le 15h17 pour Paris, Eastwood semble conclure une trilogie du héros américain amorcée avec American Sniper (2014) puis poursuivie avec Sully (2016). Après avoir raconté l’histoire du plus redoutable tireur d’élite de l’histoire militaire américaine, puis celle du pilote ayant réussi à poser un avion en détresse sur le fleuve Hudson, il s’attaque cette fois à l’acte de bravoure de trois amis ayant réussi à empêcher, en été 2015, un attentat meurtrier. S’ils n’étaient pas parvenus à maîtriser un terroriste monté à bord d’un train à grande vitesse reliant Amsterdam à Paris, c’est probablement à un carnage qu’on aurait assisté. Le réalisateur explique avoir eu envie d’adapter le livre publié par les trois protagonistes sans penser à de possibles connexions avec ses deux précédents longs-métrages. Il estimait simplement qu’il s’agissait là d’une bonne histoire. Certes, mais elle est tellement ténue – l’action héroïque qui en constitue le cœur étant brève – qu’elle ne suffisait pas à remplir un film entier. C’était déjà le cas dans Sully, mais Eastwood parvenait alors à admirablement contourner cet obstacle grâce à la force de son personnage, subtilement incarné par Tom Hanks, devenu héros avant de devoir se justifier lors d’un procès où il devenait soudain coupable de n’avoir peut-être pas pris la meilleure décision. Rien de cela ici: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos ont sauvé les passagers d’un train, et c’est tout. Mais comme il fallait tenir les 90 minutes syndicales, Eastwood survole d’abord leur enfance, où l’on note qu’ils auraient pu mal tourner, puis reconstitue le voyage européen qui les a menés à monter, ce 21 août 2015, dans le Thalys 9364. Rome, Venise, Berlin puis Amsterdam: on a ainsi droit à une succession de vignettes sans intérêt aucun puisqu’elles ne servent qu’à amener au moment fatidique. Pire, elles sont filmées à la va comme je te pousse, comme si le réalisateur du définitif Impitoyable (1992), un des plus grands westerns de l’histoire, avait laissé les clés de la maison à un vidéaste amateur. Mais où est passée la maestria d’un des derniers grands tenants du classicisme américain, d’habitude capable en quelques plans savamment imbriqués de susciter le trouble, de laisser toujours planer le doute quant à l’interprétation que l’on peut faire de ses films? A l’image d’American Sniper, autrement plus subtil que la simpliste apologie du bon soldat US que certains avaient voulu y voir. Venons enfin à l’idée qui aurait pu amener ce fameux trouble «eastwoodien»: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos sont personnages, mais aussi acteurs. Ils jouent leur propre rôle, comme pour mieux souligner l’idée que des hommes ordinaires peuvent un jour être amenés à faire des choses extraordinaires. Reste que si souvent des non-professionnels ont pu s’avérer d’une rare intensité, ces trois-là manquent sérieusement du charisme nécessaire lorsqu’il s’agit de dépasser le cadre d’un récit de type docu-fiction et de faire œuvre de cinéma. Plus embarrassant encore, ce sous-texte déplaisant qui semble dire que si l’on se passionne depuis l’enfance pour la guerre et qu’on a la foi, on sera peut-être plus enclin que les autres à se comporter en héros. Le film se clôt alors comme s’est terminée la vraie histoire: sur la Légion d’honneur remise aux trois amis par François Hollande. Séquence qui permet à Eastwood de prendre une autre décision incompréhensible: voilà que dans un montage grossier, il entremêle les vraies images de la cérémonie – pour disposer de gros plans – et celles d’une reconstitution avec un faux Hollande. D’où des raccords hasardeux qui, alors que le moment est solennel et devrait être source d’émotion, s’avèrent risibles. Ne reste plus à espérer que ce ratage ne soit pas le testament filmique du grand Clint, qui fêtera fin mai son 88e anniversaire. Le Temps

Et si ce génial ratage était justement le testament filmique du grand Clint qui fêtera fin mai son 88e anniversaire ?

« Reconstitution patraque mais fascinante »,  » échoue à en faire un grand film »,  » pale restitution cinématographique »,  » laid, déficient narrativement et idéologiquement absurde », « plus mauvais film »,  » laborieux », « voyage au bout de l’ennui, « nous assomme en s’éternisant sur la jeunesse de ses héros », « ritournelle biographique laborieuse », « longue séquence de springbreak européen », « mauvais soap juvénile des années 80 », « pub pour de la Budweiser », « apologie de la crétinerie », « naufrage », « étrange idée de épart », « fiasco », « gadget », bondieuseries ridicules », « extrême vacuité », « vignettes insipides », « démunis face au grand vide de l’exitence », « Mal livré sans autre perspective historique que la seule glorification des bons contre les méchants », »son plus mauvais film de cinéaste », « film impossible à sauver », « scénario de débutante »,  « naïveté »,  « bonne conscience », « Amérique profonde », « inintérêt qui frôle l’abstraction ou le septième degré »,  « jeunes gens  hollywoodisés jusqu’à la moelle », « négation de la réalité », « clichés », « certitude d’être du côté du Bien », « vautrés devant un match de baseball avec une Budweiser », « offrant aux enfants des armes à feu, fausses ou vraies », « film de propagande », ‘nunuche », « manipulateur », « marionnettes », « cartes postales », « moralisme misérable lesté d’idéologie de l’action », « God on our Side », « tissu de simulacres stéréotypés »…

A l’heure où au lendemain d’un énième massacre de 17 lycéens …

Présenté presque à l’unanimité comme 18e de l’année par une presse aussi moutonnière que mensongère …

Le président Trump se voit dénoncé pour avoir osé évoquer sa colère qu’ils aient pu être abandonnés à leur sort par les garde et premiers policiers censés les défendre et surestimé le courage de ses critiques (« et je pense que la plupart des gens ici aurait fait pareil« )…

Et que la même critique qui encense des films qui frisent la désinformation (un « Post » – « Pentagon papers » en vf – qui, au-delà d’un contexte de guere froide où il était question d’abandonner un nouveau peuple aux griffes et au goulag du communisme, s’acharne sur l’ambulance d’un Nixon pour des actes datant en fait de ses deux prédécesseurs démocrates Kennedy et Johnson) …

Ou qui,  derrière la vaine grandiloquence, le kitsch et le manichéisme, n’ont pour eux que la couleur de leurs héros (« Black panther ») …

N’a sauf exceptions que mépris pour le dernier film du réalisateur américain Clint Eastwood sur le meurtre de masse déjoué du Thalys d’il y a à peine trois ans …

Comment ne pas se désoler dans un premier temps …

Devant tant de déni et d’amnésie d’une presse française mais aussi américaine …

Mais aussi, rétrospectivement, de naïveté et d’insouciance face d’abord au véritable carnage qui a ainsi été évité dans un train qui transportait plus de 500 passagers dont bien sûr nombre d’enfants …

Par un terroriste entré en Europe avec certains des futurs auteurs des attentats du Bataclan et du Stade de France en se dissimulant dans un groupe de migrants et armé littéralement jusqu’aux dents (près de 300 munitions, kalachnikov, pistolet automatique, cutter, demi-litre d’essence) …

Mais comment aussi ne pas être épaté …

Par la rare perspicacité de la critique du journal genevois Le Temps (qui en plus vous offre 9 articles gratuits !) …

Qui, quasiment seule avec celle du New York Times, met le doigt sur le véritable ovni que constitue ce dernier film du monument qu’est devenu Clit Eastwood (une soixantaine de films, 4 Oscars, 5 Golden Globes, 3 Césars, une  Palme d’honneur) …

A savoir derrière le jeu de mots facile …

Qu’après son gros mais douteux succès d' »American sniper » (coupable d’avoir enthousiasmé l’Amérique conservatrice simpliste par son apparente « apologie du bon soldat US »)  …

Et son autre succès impeccablement rassembleur d’un pilote ayant sauvé 155 vies (Sully) …

Que dans cet apparent troisième volet (bonne pioche encore pour le critique du Temps !) d’une éventuelle trilogie …

Le réalisateur continue son exploration du héros ordinaire …

Mais cette fois, d’où l’énorme déception et très vite le dépit et le mépris, « reste à quai » …

Comme le repère admirablement, derrière le jeu de mots facile de son titre, le critique …

Qui hélas n’allant pas jusqu’au bout de sa géniale découverte …

Ne voit pas, comme l’avait bien vu son collègue pour le cauchemar qui ouvre « Sully », que le subterfuge des héros jouant leurs propres rôles qui semble si « indigne » d’un réalisateur à l’imposante filmographie  qui n’a plus rien à prouver marque peut-être un « niveau supérieur d’accomplissement artistique » …

Qui alors éclaire tout le reste …

Les non-professionnels sans « charisme » qui jouent leur propre rôle (pas moins de six entre les deux militaires américains et leur ami d’enfance, un universitaire américain, son épouse française et un passager britannique, sans compter les images d’archives du président français et, post-générique, la foule de leur ville natale de Sacramento et, dit-on, si les juges ne l’avaient empêché, le terroriste lui-même), mais pour justement « mieux souligner l’idée que des hommes ordinaires peuvent un jour être amenés à faire des choses extraordinaires » …

L’action héroïque de départ tellement ténue (10 minutes à peine, plans prémonitoires compris, pour le morceau de bravoure violent qui avait jusque là fait sa réputation !) …

L’enfance de « soap opera traditionnel » « survolée » (le « lourd lestage de réél », le « risque de l’ennui » « assumé ici avec une ferveur ascétique » dont parle le Monde, ces « bondieuseries », références devenues taboues et presque pornographiques à la religion, cette foi enfantine en son destin et cette conviction d’être poussé par une force mystérieuse vers « quelque chose de plus grand que lui ») …

La « succession de vignettes » de touristes en goguette « sans intérêt aucun puisqu’elles ne servent qu’à amener au moment fatidique » (avec leur selfies et leurs platitudes) …

La réalisation  » à la va comme je te pousse, comme si le réalisateur d’un des plus grands westerns de l’histoire, avait laissé les clés de la maison à un vidéaste amateur » …

Ce  « plus embarrassant encore » « sous-texte déplaisant qui semble dire que si l’on se passionne depuis l’enfance pour la guerre et qu’on a la foi, on sera peut-être plus enclin que les autres à se comporter en héros »……

Cet « incompréhensible » choix final d’un « montage grossier » d’images d’archives de la cérémonie de remise de la légion d’honneur et celles d’une « reconstitution avec un faux Hollande » avec « raccords hasardeux qui, alors que le moment est solennel et devrait être source d’émotion, s’avèrent risibles » (mais peut-il en être autrement rétrospectivement devant le ton presque badin d’un président décorant ces grands enfants, entre gentils boy scouts et touristes en goguette, d’Américains ?) ……

Et même, à l’image de Sully, le réalisateur lui-même sommé de « devoir se justifier lors d’un procès où il devenait soudain coupable de n’avoir peut-être pas pris la meilleure décision » (devant aussi bien la commision qui voulait condamner son film au classement R – interdit aux moins de 13 ans – que la justice elle-même avec la demande de censure et de saisie de l’avocate du terroriste au motif que le film porterait atteinte à la présomption d’innocence de son client – comment ne pas repenser à un autre « procès » qui avait visé aussi en son temps pour le péché similaire d’excès de réalisme, l’auteur, lui aussi américain, de « Passion ») …

D’expliquer « où est passée la maestria d’un des derniers grands tenants du classicisme américain, d’habitude capable en quelques plans savamment imbriqués de susciter le trouble, de laisser toujours planer le doute quant à l’interprétation que l’on peut faire de ses films » …

Et ce ratage tellement énorme qu’il pourrait justement bien être …

Comme le regrette explicitement notre critique qui n’a pas osé aller jusqu’au bout de sa géniale intuition …

Le « testament filmique du grand Clint qui fêtera fin mai son 88e anniversaire » …

On aurait alors affaire à l’insu de nos critiques pourtant si avides de nouveauté …

A l’aussi improbable qu’extraordinaire résurgence pour ne pas dire résurrection d’un genre qui au début des années 60 n’avait eu droit qu’à trois courte années de gloire …

Mis à part sa redécouverte, via sa version « mumblecore » par une nouvelle génération, dont un récent petit joyau de cinéma-vérité lui aussi basé à Sacramento …

A savoir le fameux cinéma-vérité théorisé par le sociologue Edgar Morin …

Selon lequel il s’agissait rien de moins que de « permettre à chacun de jouer sa vie devant la caméra » …

Mais aussi de la part de l’acteur devenu cinéaste …

A l’instar du sacrifice ultime de sa vie qu’il imposait à ce vétéran de la guerre de Corée raciste qui se sachant condamné par la médecine et après avoir confessé ses crimes de guerre (et dument légué sa maison et ses biens à l’église ainsi que sa chère Gran Torino à son jeune ami vietnamien Thao) se rachète en une sorte de sacrifice christique (en prononçant un dernier « Je vous salue, Marie ») à la fin en donnant sa vie pour sauver celle de son jeune voisin en perdition … .

A une sorte d’ultime dépouillement de soi (les théologiens parlent de « kénose »), de renoncement à soi mais qui est aussi un dépassement …

Le presque demi-siècle de carrière de l’acteur-cinéaste apparaissant alors comme un long détachement (dont son fameux laconisme et son amour immodéré des litotes et des paraboles) de son personnage de violent redresseur de torts …

Passant de rôles de hors la loi à celui de justicier puis de sauveteur (le héros d’ « American Sniper » utilise encore les armes à feu mais évoque l’image du chien de berger, par sa simple présence d’esprit et maitrise technique de pilote, Sully sauve 155 vies, Spencer Stone – qui serait probablement mort sans le miracle de la kalachnikov enrayée – et ses deux amis se contentent de maitriser à mains nues le terroriste, le tout sur fond du rappel de la fameuse prière attribuée à Saint François qui avait bercé son enfance: « c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie ») …

A l’image de ce Dieu chrétien qui comme l’avait magistralement repéré le philologue juif-allemand Erich Auerbach fuyant lui-même à Istanbul la déjudaïsation même des textes fondateurs de la littérature occidentale par les nazis et leurs affidés luthériens …

Pousse l’abnégation de soi jusqu’à « l’incarnation dans un homme du dernier rang, par son existence terrestre parmi les humbles, par sa Passion ignominieuse au jugement du monde » pour représenter  » quelque chose que ni la poésie antique ni l’historiographie antique n’ont jamais représenté: la naissance d’un mouvement spirituel dans les profondeurs du peuple, au sein des circonstances quotidiennes de l’existence du temps » …

Et ce faisant, via le style légendairement abrupt et aride du texte biblique et évangélique, fait accéder au sérieux et au sublime que l’Antiquité réservait au seul genre tragique le réalisme à la fois quotidien et universel …

Redonnant sa dignité, jusqu’à l’échec, la faute et la médiocrité, au plus intime et au plus trivial de l’expérience humaine …

Mais aussi derrière la formation un temps méprisée de secouriste de guerre ou de jiujitsu mais aussi inaboutie de soldat d’élite, la vocation jusque là refusée de toute une vie consistant à « sauver des vies »…

En réintégrant au passage dans la grandeur d’une nation, loin de la tyrannie dévoyée du politiquement correct et de l’hommage obligé à la sacro-sainte diversité à l’instar de l’élection-surprise du milliardaire honni Donald Trump, ces « pitoyables » et ces « accros aux armes à feu et à la religion » qu’avait rejetés dans le mépris le pouvoir précédent

Et finissant en somme par retrouver cette véritable source et inspiration du réalisme occidental …

Que triste ironie et bégaiement de l’histoire, nos nouveaux maitres tentent à leur tour de faire taire ?

Avec «Le 15h17 pour Paris», Clint Eastwood reste à quai
Le cinéaste américain raconte dans «Le 15h17 pour Paris» l’héroïsme de trois compatriotes ayant neutralisé le terroriste entré en août 2015 à bord d’un train à grande vitesse reliant Amsterdam à Paris. Embarrassant
Stéphane Gobbo
Le Temps
7 février 2018

Fait a priori unique au sein de l’imposante filmographie de Clint Eastwood, Le 15h17 pour Paris, en salle depuis ce mercredi, n’a pas été montré à la presse avant sa sortie. Une décision pas vraiment rassurante quant à la qualité du film… Et en effet, malgré toute la bonne volonté qu’on peut y mettre, difficile de sauver ce 37e long-métrage d’un cinéaste qui a signé en près de cinquante ans de carrière derrière la caméra un nombre assez impressionnant d’œuvres majeures.

Avec Le 15h17 pour Paris, Eastwood semble conclure une trilogie du héros américain amorcée avec American Sniper (2014) puis poursuivie avec Sully (2016). Après avoir raconté l’histoire du plus redoutable tireur d’élite de l’histoire militaire américaine, puis celle du pilote ayant réussi à poser un avion en détresse sur le fleuve Hudson, il s’attaque cette fois à l’acte de bravoure de trois amis ayant réussi à empêcher, en été 2015, un attentat meurtrier. S’ils n’étaient pas parvenus à maîtriser un terroriste monté à bord d’un train à grande vitesse reliant Amsterdam à Paris, c’est probablement à un carnage qu’on aurait assisté.

Vignettes sans intérêt

Le réalisateur explique avoir eu envie d’adapter le livre publié par les trois protagonistes sans penser à de possibles connexions avec ses deux précédents longs-métrages. Il estimait simplement qu’il s’agissait là d’une bonne histoire. Certes, mais elle est tellement ténue – l’action héroïque qui en constitue le cœur étant brève – qu’elle ne suffisait pas à remplir un film entier. C’était déjà le cas dans Sully, mais Eastwood parvenait alors à admirablement contourner cet obstacle grâce à la force de son personnage, subtilement incarné par Tom Hanks, devenu héros avant de devoir se justifier lors d’un procès où il devenait soudain coupable de n’avoir peut-être pas pris la meilleure décision.

Rien de cela ici: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos ont sauvé les passagers d’un train, et c’est tout. Mais comme il fallait tenir les 90 minutes syndicales, Eastwood survole d’abord leur enfance, où l’on note qu’ils auraient pu mal tourner, puis reconstitue le voyage européen qui les a menés à monter, ce 21 août 2015, dans le Thalys 9364. Rome, Venise, Berlin puis Amsterdam: on a ainsi droit à une succession de vignettes sans intérêt aucun puisqu’elles ne servent qu’à amener au moment fatidique.

Pire, elles sont filmées à la va comme je te pousse, comme si le réalisateur du définitif Impitoyable (1992), un des plus grands westerns de l’histoire, avait laissé les clés de la maison à un vidéaste amateur. Mais où est passée la maestria d’un des derniers grands tenants du classicisme américain, d’habitude capable en quelques plans savamment imbriqués de susciter le trouble, de laisser toujours planer le doute quant à l’interprétation que l’on peut faire de ses films? A l’image d’American Sniper, autrement plus subtil que la simpliste apologie du bon soldat US que certains avaient voulu y voir.

Personnages et acteurs

Venons enfin à l’idée qui aurait pu amener ce fameux trouble «eastwoodien»: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos sont personnages, mais aussi acteurs. Ils jouent leur propre rôle, comme pour mieux souligner l’idée que des hommes ordinaires peuvent un jour être amenés à faire des choses extraordinaires. Reste que si souvent des non-professionnels ont pu s’avérer d’une rare intensité, ces trois-là manquent sérieusement du charisme nécessaire lorsqu’il s’agit de dépasser le cadre d’un récit de type docu-fiction et de faire œuvre de cinéma. Plus embarrassant encore, ce sous-texte déplaisant qui semble dire que si l’on se passionne depuis l’enfance pour la guerre et qu’on a la foi, on sera peut-être plus enclin que les autres à se comporter en héros.

Le film se clôt alors comme s’est terminée la vraie histoire: sur la Légion d’honneur remise aux trois amis par François Hollande. Séquence qui permet à Eastwood de prendre une autre décision incompréhensible: voilà que dans un montage grossier, il entremêle les vraies images de la cérémonie – pour disposer de gros plans – et celles d’une reconstitution avec un faux Hollande. D’où des raccords hasardeux qui, alors que le moment est solennel et devrait être source d’émotion, s’avèrent risibles. Ne reste plus à espérer que ce ratage ne soit pas le testament filmique du grand Clint, qui fêtera fin mai son 88e anniversaire.

Le 15h17 pour Paris (The 15:17 to Paris), de Clint Eastwood (Etats-Unis, 2018), avec Spencer Stone, Anthony Sadler, Alek Skarlatos, 1h34.

Voir aussi:

«Sully», un portrait du vrai héros américain par Clint Eastwood
«Sully», un portrait du vrai héros américain par Clint Eastwood
A New York, en janvier 2009, un pilote posait son appareil sur l’Hudson River. De ce fait divers, Clint Eastwood tire un grand film politique avec Tom Hanks en vedette
Antoine Duplan
Le Temps
29 novembre 2016

Mayday! Mayday! Le film démarre dans le vif de l’action: un avion se crashe au cœur de Manhattan… Pas de panique! Cette réminiscence fracassante du 11-Septembre appartient à une réalité alternative sécrétée par un subconscient ébranlé. Le dormeur est arraché du sommeil, paniqué. Le subterfuge du cauchemar, qui pollue nombre de thrillers médiocres, semble indigne de Clint Eastwood, cinéaste réputé pour son son laconisme et ses litotes. En fait, il marque un niveau supérieur d’accomplissement artistique.

D’un exploit aéronautique, d’un fait divers tant répercuté par les médias qu’on a l’impression qu’il est vidé de tout sens, le réalisateur tire un récit post-traumatique aux vertus réparatrices doublé d’une fable politique amère, hantée, qui s’élève à la dimension parabolique.

Lire aussi notre portrait politique: Clint Eastwood, la victoire républicaine

L’événement, en janvier 2009
Le 15 janvier 2009, le commandant Chesley «Sully» Sullenberger réussit à poser sur les eaux glacées du fleuve Hudson son appareil qui, impacté au décollage par un vol d’oiseaux, a perdu ses deux réacteurs. Il sauve la vie des 155 passagers. L’opinion publique salue cet exploit unique dans l’histoire de l’aviation, fin de l’épisode.

Outrepassant la canonisation médiatique, Clint Eastwood revient sur le drame pour interroger la figure héroïque du commandant de bord. «Je n’ai pas l’impression d’être un héros», dit Sully. Il a simplement fait son devoir – de pilote, de citoyen. Il reste un homme, doutant de sa propre réalité dans le miroir embué de la salle de bains. Il entretient avec sa femme une relation adulte. Elle ne minaude pas des «I love you» au téléphone, elle s’inquiète de l’hypothèque sur la maison…

Le facteur humain

Une enquête administrative est ouverte: Sully n’aurait-il pas pu rallier un aéroport plutôt que de tenter cet exploit insensé? Quarante années d’aviation vont être jugées sur 208 secondes… Si sa responsabilité est établie, le pilote risque d’être mis à pied et de perdre sa pension. Ce procès est à haute valeur métaphorique. Sully jugé par les instances de l’aviation civile, c’est l’héroïsme jugé par la bureaucratie, le courage par le règlement, l’empirisme par le dogmatisme. Dans la salle d’audience se rejouent des conflits immémoriaux, celui de la classe ouvrière contre le patronat, du cow-boy contre le propriétaire terrien cadastrant la prairie, de l’homme contre la machine, du peuple contre les élites…

Sully adopte une remarquable structure en flash-back. Le cauchemar initial est réitéré, l’amerrissage, extraordinairement impressionnant, montré deux fois, dont la seconde pendant les audiences, comme une illustration du contenu de la boîte noire. A cette manœuvre risquée, les ordinateurs opposent des trajets alternatifs plus orthodoxes vers les aéroports de la région. Dans leurs simulateurs de vol, des pilotes chevronnés démontrent qu’il aurait été possible de se poser à LaGuardia ou à Teterboro.

L’affaire semble pliée, la faute démontrée, lorsque Sully tranche soudain: «Et si nous parlions sérieusement, maintenant?» Les logiciels de pilotage ont intégré tous les paramètres (altitude, vitesse du vent, poussée des réacteurs…) sauf un: le facteur humain. Les vols simulés virent vers les aéroports régionaux juste après la collision alors que Sully a eu besoin de 35 secondes pour comprendre ce qui se passait, évaluer les dégâts, en référer aux contrôleurs aériens et prendre sa folle décision…

Voué à l’héroïsme

Flanqué de l’excellent Aaron Eckhart en copilote truculent (le mot de la fin, fort drôle, lui revient, histoire de rappeler que le true american hero est aussi cool), Tom Hanks, grave, taiseux, tient le rôle-titre. Depuis trente ans, le comédien personnifie avec naturel les vertus de l’Amérique, qu’il soit un rédempteur au QI de crevette (Forrest Gump), un cador du Débarquement (Il faut sauver le soldat Ryan), un cosmonaute impavide (Apollo 13), un capitaine de marine marchande attaqué par des pirates (Capitaine Phillips), un gardien de prison à visage humain (La Ligne verte), un avocat défendant un espion russe pour démontrer la supériorité de l’Etat de droit sur le totalitarisme soviétique (Le Pont des espions), voire Walt Disney en personne (Dans l’ombre de Mary)… Dans Sully, il incarne une nouvelle fois l’Américain moyen voué à l’héroïsme modeste.

Eastwood le républicain avec Hanks le démocrate
Républicain pur jus, Clint Eastwood fait montre d’une grande intelligence en choisissant Tom Hanks, démocrate inébranlable. L’année passée, dans American Sniper, énorme succès public, le cinéaste retraçait le destin de Chris Kyle, le plus talentueux des tireurs d’élite de l’armée américaine, en prenant garde de ne pas prendre position. Le surdoué de la gâchette était-il un défenseur de la démocratie ou un tueur stipendié par l’Etat? Ce film indéchiffrable a enthousiasmé l’Amérique conservatrice. Nouveau succès au box-office, Sully est apte à réconcilier les deux camps.

Contrairement à Vol 93, de Paul Greengrass, qui, à travers des anecdotes feuilletonesques, imagine vainement ce qui s’est passé dans l’avion détourné et crashé en Pennsylvanie le 11 septembre 2001, Clint Eastwood s’abstient de trop personnaliser les passagers. Il les considère sous l’angle collectif. Tous unis avec les hôtesses de l’air, ils endossent leur responsabilité tandis que Sully tente l’impossible. «Tout le monde a fait son job», dira-t-il. Revu par Clint Eastwood, le vol 1549 se pose en métaphore d’une Amérique idéale dans laquelle chacun assume sa part de responsabilité derrière un pilote aux compétences supérieures. Curieusement, le pilote Trump auquel le cinéaste a apporté son soutien n’a pas la maîtrise de Sully.

Sully, de Clint Eastwood (Etats-Unis, 2016), avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney, 1h36.

Voir également:

Review: In ‘The 15:17 to Paris,’ Real Heroes Portray Their Heroism

The 15:17 to Paris
Directed by Clint Eastwood

Drama/ History/ Thriller
PG-13
1h 34m
A.O. Scott

The NYT
Feb. 7, 2018

On Aug. 21, 2015, Ayoub El Khazzani boarded a high-speed train en route to Paris, armed with a knife, a pistol, an assault rifle and nearly 300 rounds of ammunition. His attack, apparently inspired by ISIS, was thwarted by the bravery and quick thinking of several passengers, notably three young American tourists: Alek Skarlatos, Anthony Sadler and Spencer Stone.

Their heroism is at the center of Clint Eastwood’s new movie, “The 15:17 to Paris,” a dramatic reconstruction as unassuming and effective as the action it depicts. Based on a book written (along with Jeffrey E. Stern) by Mr. Sadler, Mr. Skarlatos and Mr. Stone, the film stars them, too.

The practice of casting nonprofessionals in stories that closely mirror their own experiences has a long history — it’s a staple of Italian neorealism, the films of Robert Bresson and the Iranian cinema of the 1990s — but it remains a rarity in Hollywood. Usually the most we can expect is a poignant end-credits glimpse of the real people our favorite movie stars have pretended to be for the previous two hours. After all, part of the appeal of movies “inspired by true events” is the chance to admire the artistry of actors (like Tom Hanks’s, say, in Mr. Eastwood’s “Sully”) as they communicate the grit and gumption of ordinary Americans in tough circumstances.

But the thing to admire about “The 15:17 to Paris” is precisely its artlessness. Mr. Eastwood, who has long favored a lean, functional directing style, practices an economy here that makes some of his earlier movies look positively baroque. He almost seems to be testing the limits of minimalism, seeing how much artifice he can strip away and still achieve some kind of dramatic impact. There is not a lot of suspense, and not much psychological exploration, either. A certain blunt power is guaranteed by the facts of the story, and Mr. Eastwood doesn’t obviously try for anything more than that. But his workmanlike absorption in the task at hand is precisely what makes this movie fascinating as well as moving. Its radical plainness is tinged with mystery.

Who exactly are these guys? They first met as boys in Sacramento, which is where we meet them, played by Cole Eichenberger (Spencer Stone), Paul-Mikel Williams (Anthony Sadler) and Bryce Gheisar (Alek Skarlatos). Alek and Spencer, whose mothers (Judy Greer and Jenna Fischer) are friends, pull their sons out of public school and enroll them in a Christian academy, where they meet Anthony, a regular visitor to the principal’s office.

Frustrated by the educational demands of both church and state, the boys indulge in minor acts of rebellion: toilet-papering a neighbor’s house, swearing in gym class, playing war in the woods. They are separated when Alek moves to Oregon to live with his father and Anthony changes schools, but the three stay in touch as Anthony attends college and Alek and Spencer enlist in the military. Spencer, stationed in Portugal, meets up with Anthony in Rome, and Alek, who is serving in Afghanistan, visits a girlfriend in Germany before joining his pals in Berlin. They go clubbing in Amsterdam, wake up hung over and, after some debate, head for Paris.

To call what happens before the confrontation with the gunman a plot, in the conventional sense, does not seem quite accurate. Nor do Spencer, Anthony and Alek seem quite like movie characters. But they aren’t documentary subjects, either. Mr. Eastwood, famous for avoiding extensive rehearsals and retakes, doesn’t demand too much acting. Throughout the film, the principal performers behave with the mix of affability and reserve they might display when meeting a group of people for the first time. They are polite, direct and unfailingly good-natured, even when a given scene might call for more emotional intensity. In a normal movie, they would be extras.

And on a normal day, they would have been — part of the mass of tourists, commuters and other travelers taking a quick ride from one European capital to another. At times, Spencer, the most restless of the three and the one whose life choices receive the most attention, talks about the feeling of being “catapulted” toward some obscure destiny. But “The 15:17 to Paris” isn’t a meditation on fate any more than it is an exploration of the politics of global terrorism. Rather, it is concerned with locating the precise boundary between the banal and the extraordinary, between routine and violence, between complacency and courage.

The personalities of the main characters remain opaque, their inner lives the subject of speculation. You can wonder about the sorrow in Alek’s eyes, about the hint of a temper underneath Spencer’s jovial energy, about Anthony’s skeptical detachment. But at the end of the movie, you don’t really know them all that well. (You barely know Chris, a British passenger who helped subdue Mr. Khazzani, at all. He is seen but not named.)

Producing the illusion of intimacy is not among Mr. Eastwood’s priorities. He has always been a natural existentialist, devoted to the idea that meaning and character emerge through action. At the end of “The 15:17 to Paris,” a speech by former President François Hollande of France provides a touch of eloquence and a welcome flood of feeling. But the mood of the film is better captured by Mr. Skarlatos’s account of it, published in news reports after the attack: “We chose to fight and got lucky and didn’t die.”

Voir aussi:

Le 15h17 pour Paris

Critique du 20/02/2018

Jacques Morice

Le sujet est énoncé par le soldat Spencer Stone dans un raccourci assez discutable : « Faire la guerre et sauver des vies. » L’histoire, on la connaît : c’est celle du Thalys parti d’Amsterdam pour Paris le 21 août 2015. Un terroriste belgo-marocain était prêt à y faire un carnage. Grâce à l’intervention héroïque d’un professeur franco-américain (Mark Moogalian), d’un employé de banque (resté anonyme), puis de trois jeunes Américains, l’attentat a été déjoué.

On comprend pourquoi Clint East­wood s’est intéressé à ce drame évité, lui qui explore depuis longtemps le statut du héros, sa part de courage mais aussi de mystère. L’action stricto sensu, dans le train, tient en à peine dix minutes. C’est plus que dans Sully, autre histoire de sauvetage, dont Eastwood parvenait malgré tout à tirer un film captivant sur l’après et sur l’étrange prix à payer par le sauveur. Ici, il filme surtout l’avant : des flash-back sur la longue amitié, remontant à l’enfance, des trois héros, interprétés à l’âge adulte par les vrais protagonistes. On apprend qu’ils étaient de bons gar­çons mais turbulents, aimant jouer à la guerre, mauvais élèves dans des éco­les religieuses (Anthony Sadler est le seul à avoir suivi des études). Que Spencer Stone et Alek Skarlatos ont été élevés par des mères célibataires et ont choisi une carrière dans l’armée, non sans frustration pour le premier.

Bref, des choses ordinaires, anecdotiques, rendues encore plus lisses par l’interprétation de ces acteurs d’un jour. Le pire étant les séquences du voyage touristique à Berlin et Venise, où les gars en goguette visitent les ­monuments, font des selfies à la chaîne, s’amusent en boîte et se demandent s’ils vont aller jusqu’à Paris, où les gens, leur dit-on, sont « malpolis ». Le seul inté­rêt tient à la part d’inconscience derrière l’héroïsme. Le personnage central, Spencer Stone, est une tête brûlée. Lorsqu’il fonce sur le terroriste, il n’a pas d’arme. L’ennemi a le temps de viser, tire, mais son fusil mitrailleur s’enraye. Le héros serait-il attiré par la mort ? Serait-il lui-même un fantôme ? Le film, hélas, ne fait qu’effleurer cette question.

Avec «Le 15h17 pour Paris», Eastwood semble conclure une trilogie du héros américain amorcée avec «American Sniper» (2014) puis poursuivie avec «Sully» (2016).

Voir également:

« Le 15h17 pour Paris » de Clint Eastwood : tellement mauvais que le meilleur passage, ce sont les images d’archive !

13 février 2018

Clairement, les critiques du « Masque et la Plume » ont jugé le dernier film de Clint Eastwood décevant, pour le moins. Extraits des critiques… ou comment torpiller un film, en quatre essais.

Le 21 août 2015, à bord du Thalys à destination de Paris, un terroriste djihadiste, armé d’une kalachnikov, est neutralisé par trois amis d’enfance américains : l’étudiant Anthony Sadler, les militaires Alek Skarlatos et Spencer Stone. En sauvant la vie de 500 passagers, ils deviennent des héros.

Clint Eastwood en a tiré un film, où il a demandé aux trois vrais héros de jouer leurs propres rôles…

Xavier Leherpeur : « Les Chtis à Marseille à côté, c’est un bonheur ! »

Ce n’est pas un film, ce n’est rien. Ça n’a aucun intérêt.

Donc il va raconter l’histoire de ces gamins (enfin surtout des deux militaires, l’étudiant noir, Clint Eastwood n’en a rien à faire), surtout le petit rondouillard qui a tout donné à l’armée, l’armée lui a si peu rendu en l’empêchant de devenir ce qu’il voulait être, mais il s’est musclé, il s’est endurci, il s’est valorisé, il aime Dieu. Donc : Dieu / l’armée / les armes : le gamin est un pur Ricain élevé au Kellogg’s, il est inattaquable.

Michel Ciment : « Les visites de la Place St-Marc, de St Pierre de Rome, etc : c’est du travelog sans aucun intérêt ». / 2016 Warner Bros.

Michel Ciment : « c’est un film raté »

C’est un faux pas d’Eastwood, c’est arrivé à de grands réalisateurs (Bergmann, Buñuel…) C’est un film raté, à mon avis essentiellement sur un scénario qui est d’une faiblesse invraisemblable. w

Je trouve que l’idée était intéressante : prendre des personnages et raconter leurs vies qui les amènent à cet acte. On peut se moquer des Américains héroïques mais ce sont des Américains héroïques. Ce sont des gens qui ont risqué leur vie pour empêcher une massacre de 500 personnes dans le Thalys. Il faut le reconnaître ; il n’y a pas besoin de faire de l’anti-américanisme à tout bout de champ.

Simplement, l’erreur du film, c’est qu’il faut remplir cette 1h30.

Eric Neuhoff : « on se pince en regardant ça ! »

C’est tellement mauvais que le meilleur passage ce sont les images d’archive avec François Hollande qui fait un discours à l’Élysée. Mais sinon c’est un film complètement nul, on se pince en regardant ça !

Eric Neuhoff : « Les héros sont des gars assommants. Ils boivent de la bière, ils font des selfies… » / 2016 Warner Bros

Pierre Murat : « désuet, plat et nul »

Les acteurs sont très mauvais, c’est quand même un problème, et la mise en scène… les derniers films de Clint Eastwood sont beaucoup moins biens.


Noël/2017e: Un film de Noël qui parle de Jésus ? (You know something’s wrong when truth is the new fake news or hate speech)

25 décembre, 2017
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Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d’étourdissement pour tous les peuples d’alentour, et aussi pour Juda dans le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples; tous ceux qui la soulèveront seront meurtris; et toutes les nations de la terre s’assembleront contre elle. Zacharie 12: 2-3
La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. C’est de l’Éternel que cela est venu: C’est un prodige à nos yeux. Psaume 118: 22-23
N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle; c’est du Seigneur que cela est venu, et c’est un prodige à nos yeux? C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. Jésus (Matthieu 21: 43-44)
Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Les nations (occidentales) voudraient réduire les revendications d’Israël sur la Judée et la Samarie à un problème politique. Mais pour Israël, le problème n’est pas politique, il est essentiellement moral, celui de la reconnaissance de son identité historique et métahistorique. (…) Le combat d’Israël contre la prétention palestinienne est en fait le combat de l’histoire contre l’anti-histoire, de la mémoire contre l’anti-mémoire, de l’homme contre l’illusion et le mensonge politiques. (…) Le temps du Retour est aussi un temps de rupture et de cassure… le monde nouveau du Retour surgit ainsi lentement du sein de la dégradation d’un monde moralement désemparé. (…)  La libération du Retour ne concerne d’ailleurs pas seulement le peuple juif. Au-delà d’Israël, elle concerne l’ensemble des peuples. Car le Retour d’Israël est, en vérité, l’espérance du monde. Avraham Livni
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position. Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu. De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni. Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens. Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour. Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis. (…) Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité. Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine. In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington. À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto. Le Devoir
Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance. Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien. Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés. Mahmoud Abbas
Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons. Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées. (…) Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc. En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne. Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient. Huff Post Maroc
#nycattack Expect more Muslims driving into crowds. This is the easiest way for them to kill multitudes. And they will not stop until they kill us all or we surrender. The solution is to declare Islam a terrorist creed and ban its practice. Faithfreedom.org
La journaliste de Canal + : Que pensez-vous de l’islam « modéré »? Moi: L’islam n’est pas arrivé à ce stade et on ne peut pas parler d’islam modéré. Journaliste: Mais j’ai des amis musulmans qui boivent de l’alcool et n’ont pas de problèmes. Comment ne pas les appeler « musulmans modérés »? Moi: Ce sont des musulmans pacifiques à ce stade, ni plus ni moins. Regardez les terroristes qui ont endeuillé Paris il y a deux ans. Vous auriez pu dire qu’ils étaient modérés, car ils fréquentaient les boites de nuits et buvaient de l’alcool jusqu’à quelques semaines avant de basculer et de commettre le massacre. Ils ont basculé dès que l’opportunité leur était offerte car ils ont reçu la violence à travers l’éducation islamique. Le problème c’est que l’islam est violent par définition, il est violent dans ses textes sacrés. Aujourd’hui, cette conversation a été coupée à l’antenne. Censure, crainte ou complaisance? Peu importe, le résultat est le même. On enterre la tête dans le sable pour ne pas voir le problème et continuer à dire qu’il n’existe pas. Al-Husseini Waalid
Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015. (…) Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico. L’Orient du jour
When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades. Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay. Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S. The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism. These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going. The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations. The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends. The WSJ
Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire. A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump. Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis. (…) les militants palestiniens (…) savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville. (…) Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux. (…) Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ? (…) Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte. Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ? Bassam Tawil
Once again, the Palestinians are disappointed with their Arab brothers. A declaration of war on the US, in the Palestinians’ view, would have been the appropriate response to US President Donald Trump’s December 6 announcement recognizing Jerusalem as Israel’s capital. (…) All they have gotten so far from the Arab and Islamic leaders and governments are demonstrations on the streets and statements of condemnations. Moreover, it does not look as if the Palestinians should be expecting more from their Arab and Muslim brothers. (…) Welcome to the Palestinian mindset, where an Arab leader who talks about peace with Israel is a traitor, while an Arab leader who talks about destroying Israel or launching rockets at it, like Saddam Hussein, is a « hero. » (…) The Palestinians have placed themselves on a collision course not only with the US, but also with the Arab world. The question now is: How will the Arab regimes respond to this latest charge of fratricide leveled against them by their Palestinian brothers? Khaled Abu Toameh
Les peuples de toute l’humanité ou presque se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde. Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump. Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible. Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans! (…) L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire. La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles. Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman, voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel. Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“: “Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“. La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations. Shmuel Trigano
Ouf ! On a évité le pire : des enfants auraient pu apprendre l’origine d’une des traditions les plus importantes de notre pays. Heureusement que les enseignants ont réagi à temps… Léo Castellote
Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes. Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait. Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… » Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque… Le Républicain-sud-Gironde

Attention: une énormité peut en cacher une autre !

En cette nouvelle fête de la Nativité

Qui ressemble toujours plus étouffée par sa gangue de guimauve et de papas Noël …

A un enterrement de première classe …

De l’énormité du décalage que 2 000 après l’on peine encore à mesurer …

Entre l’incroyable humilité d’une naissance de « pierre rejetée » et le véritable statut de « pierre angulaire »

Que paradoxalement à travers l’extrême abjection de sa mise à mort celle-ci a fini par acquérir …

Jusque dans ses dérives pour nos sociétés désormais mondialisées …

Tout en se demandant lucidement si à la fin des temps il « trouverait de la foi sur la terre » …

En ce monde étrangement inversé …

Où le président de la première puissance mondiale se voit mis au pilori …

Par la même ONU qui nous avait donné il y a  42 ans (et abrogée 16 ans après) sa tristement fameuse résolution sionisme = racisme

Abandonné par ses soi-disant alliés, Grande-Bretagne, France, Japon et Allemagne, se joignant pour cela à ses pires ennemis, Iran, Chine et Corée du nord …

D’abord pour avoir voulu, contrairement à son prédécesseur, préserver son territoire du terrorisme …

Quand nombre de pays musulmans peuvent interdire tout Israélien de leur sol pour leur simple appartenance nationale …

Puis sur Jérusalem avoir reconnu la simple réalité …

Et pointé les habits neufs du président Abbas …

Où le même empereur nu revendique haut et fort son inspiration de Jésus

Tout en redoublant, avec nos médias en mal d’images fortes, dans son incitation quotidienne à la violence

Pendant qu’entre Syrie, Yémen, Libye, Irak et Egypte et depuis six ans, c’est par centaines de milliers que se comptent les victimes des musulmans entre eux …

Où les seuls pays qui refusent de hurler avec les loups onusiens …

Se  font pour cause de fascisme présumé mettre au ban de l’Europe …

Où se voit traitée en victime une jeune Palestinienne prise en flagrant délit de gifle à un soldat israélien …

Qui lui tend christiquement l’autre joue …

Où pour avoir osé dire à la télévision, à l’instar d’un twitter américain, la vérité violente de l’islam …

Un dissident musulman réfugié au Pays des droits de l’homme voit ses paroles coupées au montage …

Où après avoir nettoyé ethniquement le Moyen-Orient de la quasi-totalité de ses juifs et chrétiens d’origine …

La Religion de paix vide, soutenue par ses idiots utiles, les banlieues françaises de leurs juifs

Pendant que dans un magazine pour les petits l’on apprend que comme la Corée du nord, Israël n’est « pas un vrai pays »

Quel meilleur et plus révélateur conte de Noël …

Que celui de ces écoliers d’une petite ville du sud-ouest de la France …

Qui sans l’incroyable sang froid et présence d’esprit de leurs enseignantes et projectionniste …

Auraient pu découvrir que le film de Noël que celles-ci par mégarde les avaient amenés voir …

Parlait en fait… de la naissance de Jésus ?

Langon : le film « L’Étoile de Noël » arrêté en pleine séance scolaire

Une séance scolaire du film d’animation américain sur la nativité « L’Étoile de Noël » a été stoppée en pleine projection au cinéma Le Rio à Langon.
Le Républicain-sud-Gironde
22 Déc 2017

Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes.

Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait.

Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… »

L’histoire de la nativité

Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque…

« J’avoue que je n’avais pas vu le film avant, il vient d’un grand studio américain », reconnaît le responsable du Rio, Emmanuel Raymond, qui a remboursé la séance.

Les écoliers sont retournés en classe et une autre séance de cinéma aura lieu l’an prochain.

Voir aussi:

Jérusalem: le retour des temps bibliques

Shmuel Trigano

Nous sommes aujourd’hui les témoins et les acteurs d’une histoire vraiment fascinante quand on l’approche à la lumière de l’histoire juive.

Je fais référence, bien sûr, à ce qui se passe sur le plan international, autour de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le pays le plus puissant du monde, les Etats-Unis.

En soi, cette reconnaissance est déjà un fait majeur, mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est l’unité de la planète contre cette décision, comme on a pu la constater au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale de l’ONU.

Réfléchissons à l’énormité de cet événement.
Reformulons-le objectivement: les peuples de toute l’humanité ou presque [1]se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire  toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde.

Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump.

Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible.

Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans!  Il y avait sans doute méprise sur son sens.

Et pas seulement auprès des non Juifs  – essentiellement les Occidentaux car le déni islamique est entier sur ce point-là – mais aussi de cette frange du peuple juif qui conçoit I’aventure israélienne comme une rupture avec l’histoire juive et la civilisation judaïque.

L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire.

La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles.

Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman,  voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel.

Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“:

Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“.

La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations.

Mais c’est ce peuple, l’Etat fantoche de Palestine, qui mobilisent la scène internationale et obtiennent l’assentiment de super-puissances pour faire d’Israël un hors-la-loi universel. Ici, c’est la figure d’Amalek qui resurgit dont le tradition nous dit qu’il avait fédéré toutes les nations de la terre pour détruire Israël au moment même où il se constituait, au sortir de la servitude égyptienne…

Le fait que tant de nations se liguent contre la réapparition d’Israël dans son lieu électif, celui où son existence prend tout son sens historique, a, certes, quelque chose d’accablant et d’inquiétant pour ce qu’il révèle de la haine à l’encontre des Juifs, mais si l’on reste dans l’esprit de cette philosophie de l’histoire, l’oracle biblique nous donne à privilégier une tout autre attitude: il nous enjoint, face à ce défi métaphysique, symbolique autant que politique, à ne pas abandonner nos habits de lumière.

*À partir d’une chronique sur Radio J, le 22 décembre 2017.

[1] 128 nations sur 193 (35 abstentions)

Voir également:

Next Year in Jerusalem
The U.N. reveals the depth of its anti-U.S., anti-Israel politics.
The Wall Street Journal
Dec. 22, 2017

When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades.
Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay.

Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S.
The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism.
“We will remember [this vote],” Ms. Haley said, “when we are called upon to once again make the world’s largest contribution to the United Nations. And we will remember it when so many countries come calling on us, as they so often do, to pay even more and to use our influence for their benefit.” President Trump said something similar at his cabinet meeting, that “we’ll save a lot” by cutting aid to countries that went against us.

These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going.
The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations.

The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends.

Voir encore:

Statut de Jérusalem: les États-Unis condamnés à l’ONU malgré les menaces de Trump
Francesco Fontemaggi – Agence France-Presse à Washington
Carole Landry – Agence France-Presse aux Nations unies

Le Devoir
21 décembre 2017

Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis.

« Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. « Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution » financière à l’ONU, a-t-elle lancé, menaçant à nouveau de « mieux dépenser » l’argent des Américains à l’avenir.

Donald Trump avait pris les devants mercredi. « Ils prennent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous », avait tempêté le président américain. « Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup, cela nous est égal. »

Un deuxième désaveu en moins d’une semaine

Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité.

Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine.

In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington.

À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto.

Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain.

Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position.

Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu.

De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni.

Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens.

Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour.

Le texte adopté jeudi affirme que toute décision sur le statut de Jérusalem « n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée ». Il souligne que cet épineux statut doit faire partie d’un accord de paix final entre Israéliens et Palestiniens, ces derniers voulant établir à Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Menaces et pressions américaines

À l’approche du scrutin, Washington, qui assure que sa décision ne préjuge pas de l’issue de futures négociations de paix, a multiplié menaces et pressions. Des avertissements qui ont sidéré nombre de diplomates onusiens.

En réponse à la menace de Nikki Haley de « noter les noms » de ceux qui ont voté la résolution, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, a estimé que « l’Histoire note les noms » de « ceux qui défendent ce qui est juste » et de « ceux qui mentent ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, parmi les opposants les plus virulents à la position américaine malgré l’alliance entre Washington et Ankara, avait lui exhorté la communauté internationale à ne pas se « vendre » pour « une poignée de dollars » face aux menaces de Donald Trump de couper des aides financières.

L’impact des pressions américaines était diversement apprécié après le vote.

Les Palestiniens ont salué un « revers cinglant » pour les États-Unis. Cela « réaffirme que la juste cause des Palestiniens bénéficie du soutien du droit international », a réagi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, qui espère ainsi maximiser son poids lors d’une éventuelle reprise du processus de paix.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rejetant la décision de l’Assemblée générale de l’ONU, qualifiée de « maison des mensonges », a lui au contraire réagi « avec satisfaction face au nombre important de pays qui n’ont pas voté en faveur » de la résolution.

« Il est clair que de nombreux pays ont donné la priorité à leur relation avec les États-Unis par rapport à une tentative vaine de nous isoler », s’est aussi réjoui un porte-parole de la mission américaine à l’ONU à la lecture des résultats détaillés du vote.

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Abbas: “Nous sommes inspirés par le message de Jésus ..”

Le chef de l’entité terroriste “Autorité palestinienne”, Mahmoud Abbas, a présenté vendredi Jésus comme une source d’inspiration pour les Palestiniens luttant contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

“Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance”, a déclaré le dirigeant palestinien dans ses vœux de Noël adressés aux Chrétiens.

“Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien”, a-t-il expliqué

“Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir”, a-t-il poursuivi. “Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés”, a cité le dirigeant palestinien, en référence au Sermon sur la montagne prononcé par Jésus.

En 2015, un prêtre orthodoxe israélien, le Père Gabriel Naddaf, avait fustigé l’instrumentalisation politique de Jésus par les Palestiniens.

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Qui est Ahed Tamimi, l’activiste palestinienne jugée pour avoir giflé des soldats israéliens

PALESTINE – Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux.

Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons.

Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées.

Selon l’agence de presse palestinienne Maan, les soldats israéliens ont saisi des téléphones cellulaires, des organisateurs portables et des appareils photos au domicile de la jeune fille. D’après son père, Bassem Tamimi, les militaires auraient fait irruption dans la maison familiale avec « une extrême brutalité », auraient frappé Nariman Tamimi, la mère d’Ahed, ainsi que ses frères et sœurs, avant d’embarquer la jeune fille sans leur préciser où elle serait emmenée.

Le père a ajouté sur Facebook que sa fille était visée depuis qu’elle avait été attaquée par les médias israéliens, pour avoir protesté contre les soldats qui avaient abattu un adolescent de 14 ans d’une balle enrobée de caoutchouc à Nabi Saleh. Elle aurait pris la défense du jeune garçon, Mohammed Tamimi, plongé actuellement dans un coma artificiel.

Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc.

En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne.

Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient.

Voir par ailleurs:

La vraie réponse palestinienne au discours de Jérusalem de Trump
Bassam Tawil
Gatestone institute
21 décembre 2017
Traduction du texte original: The Real Palestinian Response to Trump’s Jerusalem Speech

Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire.

A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump.

Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis.

Si les photographes et les cameramen avaient boycotté l’embrasement « spontané » de la rue palestinienne et la mise à feu de l’effigie de Trump, les activistes palestiniens auraient tranquillement battu en retraite en direction de l’un ou l’autre des excellents cafés de Bethléem.

Mais les militants palestiniens n’avaient aucune inquiétude : ils savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville.

En laissant croire que la « cérémonie » du bucher de Trump était l’expression de la rage palestinienne, les médias internationaux ont à nouveau agi en complices des propagandistes palestiniens. Les dirigeants palestiniens et leurs porte-paroles veulent faire croire que la décision de Trump concernant Jérusalem va enflammer la région. Ils cherchent également à faire croire au peuple américain que la politique de leur président met leur vie de citoyens en danger. Là, encore et toujours, les médias se mettent au service des campagnes d’intimidation palestiniennes. Et l’écho qu’ils ont donné à la farce des affiches de Bethléem n’est que le début.

Maintenant que les Palestiniens ont réussi, avec l’aide des médias, à incruster ces images dans l’esprit de millions d’Américains, ils envisagent des manifestations plus importantes. L’objectif : terrifier le public américain et faire reculer Trump sur le statut de Jérusalem. Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux.

Aujourd’hui, journalistes palestiniens et occidentaux ont été invités à couvrir une série de manifestations que les Palestiniens ont organisé pour les jours et les semaines à venir. Photographes et reporters de télévision se sont vu remettre la liste et les horaires détaillés des événements prévus en différents endroits de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Palestiniens leur ont promis encore plus d’effigies de Trump et de drapeaux américains en flammes. Certains journalistes ont été informés des meilleurs « affrontements » entre émeutiers palestiniens et soldats des Forces de défense israéliennes. En d’autres termes, ils savent exactement ou se rendre pour filmer des Palestiniens en train de lapider les soldats – avec la riposte prévisible de Tsahal.

Le plus drôle est que si, pour une raison ou une autre, les caméras sont absentes, les « activistes » ne se montreront pas non plus. Dans le monde palestinien, il s’agit seulement d’enrôler et de manipuler les médias pour une cause unique : dénigrer Israël – et Trump avec.

Oui, les Palestiniens vont manifester contre Trump. Oui, ils descendront dans les rues et lanceront des pierres sur les soldats de Tsahal. Oui, ils vont brûler des images de Trump et des drapeaux américains. Oui encore, ils tenteront des attaques terroristes contre les Israéliens.,

Mais quand, confortablement installés ans nos salons nous verrons les « informations » en provenance de Cisjordanie et de la bande de Gaza, nous devrons nous poser la question : ces « événements » ne sont-ils pas en réalité des farces médiatiques ? Une question qui entraîne d’autres questions. Pourquoi les journalistes se laissent-ils duper par la machine de propagande palestinienne, qui crache haine et violence du matin au soir ? Et, pourquoi les journalistes amplifient-ils et aggravent-ils les menaces de violence et d’anarchie proférées par les Palestiniens ?

La première réponse à ces questions est que de nombreux journalistes répondent à la demande de leurs lecteurs et rédacteurs en chef en proposant des articles négatifs sur Israël. Certains journalistes sont également convaincus qu’une couverture anti-israélienne représente une voie royale pour obtenir les trophées et récompenses que décernent diverses organisations bien pensantes. Troisièmement, de nombreux journalistes pensent que des articles anti-israéliens leur donne la possiblité de copiner avec la gauche intellectuelle et de fréquenter des coteries soi-disant « éclairées » persuadées d’être dans « le sens de l’histoire ». Ils ne veulent surtout pas voir que, depuis plusieurs décennies, 21 États musulmans tentent de détruire un État juif ; ces plumitifs « de gauche » et à l’ « esprit ouvert » préfèrent se raconter l’histoire qu’il est de leur devoir de soutenir l’« opprimé », qui est selon eux « le Palestinien ». Enfin, la plupart des journalistes réduisent le conflit a une opposition entre les méchants (les Israéliens) et les gentils (les Palestiniens) ; ils croient de leur devoir de se ranger du côté des « gentils », peu importe que ces « gentils » pratiquent la violence et le terrorisme.

Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ?

Il serait temps que les médias se livrent à un minimum d’introspection : veulent-ils vraiment continuer à « servir la soupe » aux Arabes et aux musulmans qui intimident et terrorisent l’Occident ?

Les journalistes entrent en collusion avec l’Autorité palestinienne et le Hamas pour créer la fausse impression que la troisième guerre mondiale va éclater si l’ambassade américaine est déplacée à Jérusalem. Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ?

Bassam Tawil est un musulman basé au Moyen-Orient.

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400 attaques contre des Israéliens ont été déjouées en 2017 (Shin Bet)


Police israélienne
Selon la sécurité intérieure, le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Cisjordanie

Près de 400 attaques terroristes contre des Israéliens ont été déjoués en 2017, a indiqué dimanche le chef du service de sécurité intérieure (Shin Bet), Nadav Argaman.

« Le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Judée et en Samarie (Cisjordanie) et de porter atteinte à la stabilité » dans la région, a affirmé le responsable sécuritaire israélien lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Sécurité du Parlement.

« Le calme relatif que nous vivons est un calme trompeur. Sous la surface, les choses sont préoccupantes », a souligné Nadav Argaman.

Selon le chef du Shin Bet, 400 attaques terroristes significatives contre des Israéliens ont été déjouées en 2017, dont treize attentats-suicides, huit enlèvements et 94 attentats « sacrifices », qui désignent ceux au terme desquels les terroristes savent que leurs chances d’être encore en vie sont faibles.

Près de 100 terroristes isolés potentiels ont été neutralisés, et seulement 54 sont parvenus à mener une attaque, contre 108 l’année dernière.

« La période à venir va être très difficile », a conclu Argaman. « Il y a des troubles sur le terrain et une incitation à la violence de l’Autorité palestinienne qui fait descendre les Palestiniens dans la rue ».

« Il faut analyser la signification de l’échec du processus de réconciliation », a-t-il affirmé, faisant allusion au difficile rapprochement entre le Hamas et le Fatah, qui laisse présager ‘ »une période instable dans les prochains mois ».

Depuis l’annonce de la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël le 6 décembre dernier, des affrontements quasi-quotidiens entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens ont eu lieu en Cisjordanie et à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, faisant des centaines de blessés.

Onze Palestiniens ont perdu la vie au cours de ces violences, et des dizaines d’autres ont été arrêtés.

Lors d’une rare apparition télévisée, le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a exhorté jeudi les Palestiniens à attaquer les soldats israéliens et les civils qui vivent en Cisjordanie.

Cependant, malgré les appels à une troisième intifada des dirigeants du Hamas, les affrontements restent limités et le nombre d’émeutiers ne constituent pas une menace sérieuse pour l’instant, selon l’appareil sécuritaire israélien.

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L’Administration Obama a tenté d’entraver une vaste opération d’investigation visant le Hezbollah, assure Politico

Le magazine américain publie une grande enquête dans laquelle il explique pourquoi l’ancienne administration américaine a mis des bâtons dans les roues d’une vaste investigation visant les « activités criminelles » du Hezbollah à travers le monde.

L’Orient le jour

18/12/2017

Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015.

Politico, fondé en 2007, est un grand média américain qui se concentre sur l’actualité de la Maison Blanche, du Congrès américain et de la politique gouvernementale des États-Unis.

Le résultat de cette enquête, menée par Josh Meyer, est un long article divisé en trois parties. Dans la première, intitulée « L’émergence d’une menace mondiale », le journaliste décrit l’évolution du Hezbollah, la présentant comme une milice agissant principalement, dans un premier temps, pour des raisons politiques au Moyen-Orient, avant de se transformer en une plateforme de trafic de drogues et d’armes, finançant son expansion et blanchissant ses rentrées financières via un trafic de voitures en direction de plusieurs pays d’Afrique.

Dans cette première partie, Politico évoque notamment le Projet Cassandra, une campagne lancée en 2008, « après que la Drug Enforcement Administration (DEA) ait rassemblé des preuves que le Hezbollah s’était transformé d’organisation militaire et politique focalisée sur le Moyen-Orient en organisation criminelle internationale dont certains enquêteurs estimaient qu’elle tirait d’opérations de trafic de drogue, d’armes, de blanchiment et d’autres activités criminelles un bénéfice d’un milliard de dollars par an ».

Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico.

Des bâtons dans les roues
La seconde partie de l’article, intitulée « Partout et nulle part », revient sur l’expansion des réseaux criminels du Hezbollah en Amérique latine, en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis et sur les moyens déployés par le Projet Cassandra pour en découvrir toutes les ramifications.

Dans la troisième et dernière partie de son article, M. Meyer explique en détail les différents moyens mis en œuvre par l’administration Obama pour freiner l’avancée des enquêtes menées dans le cadre du Projet Cassandra, notamment en rejetant les demandes de poursuites criminelles contre des personnalités-clés du parti chiite libanais ou en refusant de mettre en place des stratégies pour les attirer vers des pays où ils auraient pu être arrêtés.

Les réticences de Barack Obama et de son administration étaient surtout liées à leur volonté de ne pas mettre à mal les négociations, alors en cours, avec Téhéran concernant le nucléaire, et qui ont mené, en juillet 2015 à la signature d’un accord entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni, France et Russie), l’Allemagne et l’Iran. Les obstacles placés par l’administration américaine de l’époque visaient également, selon des sources, la plupart anonymes, interrogées par Politico, à faciliter les pourparlers en cours pour la libération d’Américano-iraniens détenus par l’Iran. Politico évoque enfin le fait que l’Administration Obama voulait pouvoir compter sur l’Iran dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Kerry réfute
L’ancien secrétaire d’Etat, John Kerry, qui a supervisé tout le processus de négociations avec l’Iran, rejette les conclusions de l’enquête. « Les négociations nucléaires se sont faites de façon indépendante, aucune discussion n’a jamais eu lieu sur les liens existant entre ces négociations et d’autres dossiers », affirme-t-il. Mais un ancien officier de la CIA, qui était basé à l’époque au Moyen-Orient, assure à Politico que « très tôt dans les négociations, les Iraniens ont dit +Écoutez, vous devez relâcher la pression sur le Hezbollah+, ce que l’administration Obama a accepté de faire ». « Il s’agissait d’une décision stratégique visant (pour les Américains) à faire preuve de bonne volonté envers les Iraniens dans le cadre de la recherche d’un accord (sur le nucléaire iranien), ajoute-t-il. Et l’équipe d’Obama voulait vraiment, vraiment, vraiment, cet accord ».

Cet article intervient alors que l’Administration de Donald Trump est en passe de renforcer les sanctions contre le Hezbollah, et alors que le président américain dénonce régulièrement l’accord sur le nucléaire iranien, le « pire » conclu par les Etats-unis selon lui. Le 13 octobre dernier, il avait refusé d’endosser son application. S’il avait, à cette occasion, prononcé un discours virulent aux accents de déclaration de guerre contre Téhéran, M. Trump n’était cependant pas allé jusqu’à « déchirer » l’accord, comme il s’y était engagé pendant la campagne.

Lire ici l’intégralité de l’enquête de Politico

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Israël «pas un vrai pays» : le magazine Youpi retiré des ventes

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s’était ému auprès du groupe Bayard d’une carte du monde ne reconnaissant pas l’État hébreu comme un «vrai pays». L’éditeur a choisi de retirer la publication des kiosques dès mardi.
Le Figaro
25/12/2017

Le numéro de janvier du magazine pour enfants Youpi va être retiré de la vente mardi, après avoir écrit qu’Israël n’était «pas un vrai pays», a annoncé lundi le groupe Bayard, répondant favorablement à la requête du président du Crif, Francis Kalifat. L’édition de janvier du mensuel contient une carte du monde avec la légende suivante: «On appelle ces 197 pays des États, comme la France, l’Allemagne ou l’Algérie. Il en existe quelques-uns de plus, mais tous les autres pays du monde ne sont pas d’accord pour dire que ce sont de vrais pays (par exemple l’État d’Israël ou la Corée du Nord)».

«Une maladresse»

«On reconnaît une erreur, une maladresse, nous ne voulions évidemment en aucun cas contester l’existence de l’État d’Israël», a déclaré Pascal Ruffenach, président du groupe Bayard, qui édite le magazine Youpi. «Nous faisons acte de bonne volonté, c’est important de contribuer à l’esprit de pacification et d’apaisement», a-t-il ajouté. Contacté un peu plus tôt par l’AFP, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat avait annoncé qu’à sa demande, le groupe Bayard allait retirer le numéro 352 de Youpi de la vente. Francis Kalifat avait été avisé par des lecteurs de cette «contrevérité historique livrée à l’esprit de jeunes enfants entre 5 et 10 ans. Je me suis empressé d’écrire au rédacteur en chef du magazine et au président du groupe Bayard sur cette erreur flagrante qui y figurait et leur demander de rétablir les choses».

Francis Kalifat estime désormais qu’il s’agit d’«un non-évènement», jugeant qu’il n’y avait «plus matière à polémique». Le Crif a en outre demandé la publication dans le prochain numéro d’un «rectificatif ainsi qu’un article expliquant ce qu’est Israël et comment et pourquoi il est né», indique-t-il sur Facebook. Pascal Ruffenach n’a pas dit s’il donnerait suite à cette requête. «On a sorti le numéro de décembre dans lequel on expliquait les religions aux enfants. Nos publications suivent le rythme d’enfants de six ans, on verra comment faire au mieux pour les prochaines fois», a-t-il réagi.

L’État d’Israël a été proclamé en mai 1948 à la suite d’un vote de l’ONU sur le partage de la Palestine. Israël est membre de l’ONU depuis mai 1949.

Voir enfin:

A l’université, attention à « la banalisation de l’antisémitisme »
Dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels s’indigne de la multiplication de colloques à visées militantes. Un nouvel antiracisme assimile juifs et oppresseurs et ravive ainsi des clichés antisémites.
Alain Policar (Sociologue) et Emmanuel Debono (Historien)
Le Monde
30.11.2017

« Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? » (Université de La Rochelle).

Tribune. Nous souhaitons vivement attirer l’attention sur certains ­processus de banalisation de l’antisémitisme à l’université depuis quelques années. Fin 2012, à l’université de La Rochelle, des étudiants voulant critiquer la marchandisation du monde montaient une pièce de théâtre dans laquelle le prétendu rapport des juifs à l’argent était présenté comme une évidence. Malgré les protestations, l’université était restée impassible.

L’invitation d’Houria Bouteldja à l’université de Limoges, le 24 novembre, obéit à une logique semblable. Pour en défendre l’opportunité, le président de l’université – qui a dû, face aux protestations, se résoudre à annuler l’événement – a argué que « les séminaires de recherche doivent être l’occasion de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentes dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure ».

Discuter de tout est une chose. La question est de savoir avec qui et dans quel but. Quand approfondit-on la recherche et la visée de connaissance ? A partir de quand bascule-t-on dans l’idéologie et la propagande ? Peut-on suggérer, pour une prochaine rencontre, un débat entre un représentant du créationnisme et un théoricien de l’évolution ? Ou ­entre un négationniste et un historien de la Shoah ?

Car après avoir officiellement soutenu la « résistance du Hamas », déclaré, en 2012, « Mohamed Merah, c’est moi », après avoir fièrement posé à côté d’un graffiti « Les sionistes au goulag » et ­condamné les mariages mixtes, Houria Bouteldja a pu, dans son dernier livre, Les Blancs, les Juifs et nous (La Fabrique, 2016), renvoyer à longueur de pages les Blancs à leur indépassable « blanchité » et exprimer son obsession des juifs.

Elle se dit capable de reconnaître les juifs « entre mille », par leur « soif de vouloir se fondre dans la blanchité ». L’antisémitisme serait l’apanage des Blancs, l’antisionisme étant au contraire un instrument d’émancipation : « L’antisionisme est notre terre d’asile. Sous son haut patronage, nous résistons à l’intégration par l’antisémitisme tout en poursuivant le combat pour la ­libération des damnés de la terre. » Propos présentant l’intérêt d’être discutés « sans préjugés » ou appels caractérisés au mépris sinon à la haine ?

L’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme

Certains chercheurs ont répondu à cette question en trouvant quelque vertu à la pensée de la présidente du Parti des indigènes de la République (PIR). Déjà le 19 juin, sur Le Monde.fr, ils furent quelques-uns à lui témoigner leur soutien dans ce qui se voulait une vi­goureuse défense de l’antiracisme politique. La pensée de la militante était alors promue comme le début d’un travail d’émancipation à l’égard des catégories oppressives.

Critiquer cette perspective, c’était se détourner de la lutte en faveur des plus démunis, « prolétaires, paysans, chômeurs, laissés-pour-compte, sacrifiés de l’Europe des marchés et de l’Etat ». Qui trop embrasse… On voit mal pourtant comment concilier la mixophobie revendiquée et la « politique de l’amour ­révolutionnaire » chantée par l’auteure. Aveuglés, nous avions osé penser qu’il s’agissait là d’idées incompatibles !
D’étranges syndicalistes

La banalisation de l’antisémitisme emprunte le chemin d’une confusion des genres, d’un refus de hiérarchiser, lorsque l’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme. La multi­plication, depuis quelque temps, de ­colloques ou de journées d’études à visées militantes, faisant intervenir des proches du PIR ou des partisans de ses théories, a de quoi inquiéter.

Le phénomène a son pendant dans l’enseignement secondaire, où d’étranges syndicalistes ont tenté d’organiser des ateliers « en non-mixité raciale ». Car ce nouvel « antiracisme » a la particularité de réinvestir la pensée essentialisante et racisante, en circonscrivant la pro­blématique du racisme dans un rapport dominants-dominés que nourriraient l’ethnocentrisme, le capitalisme et les survivances du colonialisme.

Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? Force est alors de constater que les antisémites sont légion, mais que l’antisémitisme a disparu.

Lire aussi : En France, l’antisémitisme « du quotidien » s’est ancré et se propage

Il y a des chercheurs pour lesquels l’obsession d’une « question juive », l’idée d’un affrontement émancipateur entre « sionistes » et « indigènes », le recours à la racialisation et à la séparation en fonction des origines constitueraient des bases d’échange acceptables dans l’espace universitaire ou l’institution scolaire. Aussi ne sait-on plus vraiment si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des « opinions » ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom de la loi et des principes de la démocratie.

Le texte publié ce 24 novembre par ­Libération (« Contre le lynchage médiatique et les calomnies visant les anti­racistes ») participe de ce brouillage. Il ne serait pas permis de condamner, comme nous venons de le faire, les vecteurs de l’antisémitisme ordinaire sans être englobés dans la sphère identitaire fondamentalement xénophobe. Nous ne sommes pas de ceux-là : notre combat contre les idéologies d’exclusion profondément antirépublicaines, lesquelles témoignent de l’intolérance à la diversité visible, est sans concession.

Sont également co-signataires de cette tribune : Joëlle Allouche (psychosociologue), Claudine Attias-Donfut (sociologue), Martine Benoit (historienne), Antoine Bevort (sociologue), Claude Cazalé Bérard (italianiste), Vincenzo Cicchelli (sociologue), André Comte-Sponville (philosophe), Claudine Cohen (philosophe et historienne), Patricia Cotti (psychopathologue), Stéphanie Courouble Share (historienne), Laurence Croix (psychologue), Danielle Delmaire (historienne), Gilles Denis (historien et épistémologue), Michel Dreyfus (historien), Alexandre Escudier (historien et politiste), Christian Gilain (mathématicien), Yana Grinshpun (linguiste), Valérie Igounet (historienne), Gunther Jikeli (historien), Yann Jurovics (juriste), Andrée Lerousseau (germaniste), Jean-Claude Lescure (historien), Françoise Longy (philosophe), Marylène Mante Dunat (juriste), Céline Masson (psychopathologue), Isabelle de Mecquenem (philosophe), Sylvie Mesure (sociologue et philosophe), Denis Peschanski (historien), Christine Pietrement (pédiatre), Valéry Rasplus (sociologue), Bernard Reber (philosophe), Myriam Revault d’Allonnes (philosophe), Sophie Richardot (psychosociologue), Maryse Souchard (sciences de la communication), Christophe Tarricone (historien), Francis Wolff (philosophe), et Paul Zawadzki (politiste).


Le Brio/Yvan Attal: En fait, cette histoire, c’est la mienne (It’s pure religion and culture, stupid !)

29 novembre, 2017

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Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants. Deutéronome 6: 6-7
Fais de l’étude de la Torah ta principale occupation. Shammaï (10 avant JC)
Combattez ceux qui rejettent Allah et le jugement dernier et qui ne respectent pas Ses interdits ni ceux de Son messager, et qui ne suivent pas la vraie Religion quand le Livre leur a été apporté, (Combattez-les) jusqu’à ce qu’ils payent tribut de leurs mains et se considèrent infériorisés. Coran 9:29
Les musulmans n’en ont pas toujours conscience, mais ils se sont imposés les premiers en Europe comme concurrents, avec des aspirations dominatrices. La plupart des pays musulmans actuels étaient alors chrétiens – l’Egypte, la Syrie, la Turquie… Pendant longtemps, les musulmans ont été les plus forts, les plus riches, les plus civilisés. (…) L’Occident chrétien a définitivement emporté la partie quand, à partir des années 1800, sa domination technologique a été écrasante. En fait, quand les canons et les fusils occidentaux se sont mis à tirer plus vite. Maxime Rodinson
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Les islamistes tentent de rallier tout un peuple de victimes et de frustrés dans un rapport mimétique à l’Occident. Les terroristes utilisent d’ailleurs à leurs fins la technologie occidentale : encore du mimétisme. Il y a du ressentiment là-dedans, au sens nietzschéen, réaction que l’Occident a favorisée par ses privilèges. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays,des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Les pays arabes enregistrent un retard par rapport aux autres régions en matière de gouvernance et de participation aux processus de décision. La vague de démocratisation, qui a transformé la gouvernance dans la plupart des pays d’Amérique latine et d’Asie orientale dans les années quatre-vingts, en Europe centrale et dans une bonne partie de l’Asie centrale à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, a à peine effleuré les États arabes. Ce déficit de liberté va à l’encontre du développement humain et constitue l’une des manifestations les plus douloureuses du retard enregistré en terme de développement politique. La démocratie et les droits de l’homme sont reconnus de droit, inscrits dans les constitutions, les codes et les déclarations gouvernementales, mais leur application est en réalité bien souvent négligée, voire délibérément ignorée. Le plus souvent, le mode de gouvernance dans le monde arabe se caractérise par un exécutif puissant exerçant un contrôle ferme sur toutes les branches de l’État, en l’absence parfois de garde-fous institutionnels. La démocratie représentative n’est pas toujours véritable, et fait même parfois défaut. Les libertés d’expression et d’association sont bien souvent limitées. Des modèles dépassés de légitimité prédominent.(…) La participation politique dans les pays arabes reste faible, ainsi qu’en témoignent l’absence de véritable démocratie représentative et les restrictions imposées aux libertés. Dans le même temps, les aspirations de la population à davantage de liberté et à une plus grande participation à la prise de décisions se font sentir, engendrées par l’augmentation des revenus, l’éducation et les flux d’information. La dichotomie entre les attentes et leur réalisation a parfois conduit à l’aliénation et à ses corollaires, l’apathie et le mécontentement. (…) Deux mécanismes parallèles sont en jeu. La position de l’État tutélaire va en s’amenuisant, en partie du fait de la réduction des avantages qu’il est en mesure d’offrir aujourd’hui sous forme de garantie de l’emploi, de subventions et autres mesures incitatives. Par contre, les citoyens se trouvent de plus en plus en position de force étant donné que l’État dépend d’eux de manière croissante pour se procurer des recettes fiscales, assurer l’investissement du secteur privé et couvrir d’autres besoins essentiels. Par ailleurs, les progrès du développement humain, en dotant les citoyens, en particulier ceux des classes moyennes, d’un nouvel éventail de ressources, les ont placés en meilleure position pour contester les politiques et négocier avec l’État. Rapport arabe sur le développement humain 2002
Les pays arabes doivent combler «l’écart croissant de connaissances» en investissant de manière significative dans l’éducation et en encourageant un débat intellectuel ouvert, indique le rapport arabe sur le développement humain pour l’année 2003, publié aujourd’hui par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Selon le « Rapport arabe sur le développement humain 2003 » (RADH 2003), les États arabes devraient encourager une plus grande interaction avec d’autres pays, cultures et régions du monde. « L’ouverture, l’interaction, l’assimilation, l’absorption, la révision, la critique et l’examen ne peuvent que stimuler la production de connaissances créatives au sein des sociétés du Monde arabe », est-il indiqué. Centre d’actualités de l’ONU
C’est une expérience profondément émouvante d’être à Jérusalem, la capitale d’Israël. Nos deux nations sont séparées par plus de 5 000 miles. Mais pour un Américain à l’étranger, il n’est pas possible de ressentir un plus grande proximité avec les idéaux et les convictions de son propre pays qu’ici, en Israël. Nous faisons partie de la grande fraternité des démocraties. Nous parlons la même langue de liberté et de justice, et nous incarnons le droit de toute personne à vivre en paix. Nous servons la même cause et provoquons les mêmes haines chez les mêmes ennemis de la civilisation. C’est ma ferme conviction que la sécurité d’Israël est un intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis. Et notre alliance est une alliance fondée non seulement sur des intérêts communs, mais aussi sur des valeurs partagées. (…) Quand on vient ici en Israël et qu’on voit que le PIB par habitant est d’environ 21.000 dollars, alors qu’il est de l’ordre de 10.000 dollars tout juste de l’autre côté dans les secteurs gérés par l’Autorité palestinienne, on constate une différence énorme et dramatique de vitalité économique. (…) C’est la culture qui fait toute la différence. Et lorsque je regarde cette ville (Jérusalem) et tout ce que le peuple de cette nation (Israël) a accompli, je reconnais pour le moins la puissance de la culture et de quelques autres choses. Mitt Romney
 La vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed. Martin Hirsch
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Je suis venue ici en 1983, j’ai acheté mon cabinet dentaire avenue Niel et j’ai vu le quartier évoluer. Il y a deux ans, on a estimé la population juive du 17e à environ 40 000 personnes, soit à peu près 30 % des habitants de l’arrondissement. Et dans certains quartiers du 17e, le pourcentage est encore plus important, par exemple aux Ternes. Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerçant juif. Aux Batignolles, cela commence aussi. Il n’y a pas d’incidents – nombre de juifs se promènent librement avec des kippas, sans crainte. Le phénomène de l’ascension sociale de la communauté juive séfarade établie depuis les années soixante est fulgurant, on le mesure partout (…) Dans les 16e et 17e arrondissements, sur les plaques des médecins – un nom sur deux est à consonance juive, les docteurs, comme les dentistes. (…) Rue Barye, les gens rouspètent car les juifs font du bruit en sortant de la synagogue. Ce n’est pas de l’antisémitisme, mais parfois, néanmoins, je ressens un peu le ras-le-bol des riverains quand les portes et les fenêtres des synagogues restent ouvertes. Rue Fortuny, il y avait un immeuble où se tenaient les réceptions de mariages et de bar-mitsvot. Les voisins étaient furieux quand les invités sortaient dans la rue le dimanche soir en faisant du bruit à deux heures du matin. La rue était en ébullition. Murielle Schor (adjointe au maire du 17e et vice-présidente du Consistoire israélite de Paris)
Je suis arrivée dans le quartier au milieu des années 1980, venant du 20e arrondissement où des bandes d’Arabes et de Noirs se bagarraient entre eux et harcelaient les juifs. C’était très tendu. Comme je gagnais bien ma vie, je suis venue dans le 17e. Il y avait très peu de juifs ici à l’époque. Mon mari, arrivé directement de Tunisie, avait créé une synagogue du nom de sa jeune sœur tuée dans un accident de voiture en Israël. Au départ, il y avait une quarantaine de fidèles. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus et de nouveaux membres se joignent à nous en permanence, originaires d’autres quartiers de Paris et de banlieue. Francine Zana
Ici, au Kremlin-Bicêtre, de nombreuses familles sont parties qui ne supportaient plus l’atmosphère ambiante. Et nous ne sommes pourtant pas une des villes les plus sinistrées, l’immobilier reste cher, on y trouve un certain niveau de vie, mais la proportion d’immigrés musulmans est devenue très importante. Sur 25 000 habitants, on compte facilement 25 % de musulmans. Jusqu’aux années 1990, 10 % de la population était juive, aujourd’hui nous ne sommes que 5 ou 6 %. Albert Myara (Conseil des communautés juives de la région parisienne)
L’évolution démographique de la communauté juive française a fortement affecté le système scolaire juif privé, autrefois florissant. Avec le départ de certaines familles vers d’autres quartiers ou vers Israël, des écoles juives ont dû fermer ou regrouper des classes. (…) Les juifs n’ont pas supporté ces changements de physionomie sociale, cette insécurité, et sont partis dans les beaux quartiers. Ici, une dizaine de familles ont fait leur aliya et une cinquantaine ont déménagé vers des zones plus hospitalières, comme Neuilly, Levallois, Issy-les-Moulineaux, des quartiers où l’antisémitisme est tout à fait infime. Michel Elbaz (FSJU)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
Le Centre européen du judaïsme (CEJ) (…) comprendra trois entités sur une surface de près de 5 000 m². Une synagogue de 600 places, dont 200 pour les femmes en mezzanine, sera encadrée par deux bâtiments de cinq et sept étages : des bureaux et surtout un pôle culturel de 2 500 m² comprenant des salles de spectacle et d’exposition. Le coût est d’au moins 10 millions d’euros, dont quelque 2,7 millions supportés par des fonds publics (État et région) pour la partie culturelle. La ville de Paris a mis le terrain, de 1 650 m², à disposition du Consistoire, la principale instance du judaïsme français, qui porte le projet. (…) prédisant une inauguration entre Hanoukka, la fête des lumières, en décembre prochain, et Pessah, la Pâque juive, au printemps 2018. Dans les cartons de longue date, le projet a été vraiment lancé au printemps 2015. Soit quelques semaines après l’attaque jihadiste qui a fait quatre morts dans un supermarché casher de la porte de Vincennes. (…) L’émigration vers Israël, l’alyah, s’est nourrie de ce climat d’insécurité, atteignant environ 40 000 départs en dix ans depuis la France, soit un dixième de la communauté. Dans ce contexte, « faut-il construire ? », s’est interrogé lui-même Joël Mergui. Mais beaucoup de Juifs « sont là, restent là », entre « résistance » et « espoir ». (…) Le choix de l’arrondissement ne doit rien au hasard : le centre de gravité du judaïsme en Île-de-France s’est très sensiblement déplacé de l’Est populaire vers l’Ouest, plus cossu et jugé plus sûr. Le XVIIe arrondissement est prisé par la communauté, qui y trouve pléthore de commerces casher. The Times of Israel
60 000 des 350 000 juifs de Paris et sa région ont déménagé ces dix dernières années. Les communautés juives de banlieues ont été complètement désertées Des synagogues sont sur le point de fermer. Comme à Saint-Denis, La Courneuve, Peyrefitte, Stains, Villepinte, Aulnay sous-bois, Bagnolet, Blanc-Mesnil. Un grand nombre de juifs sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions, d’agressions physiques. Sammy Gozlan
On compte, grosso modo, deux grands axes de regroupement de cette population de banlieue. A l’Ouest, le 17e arrondissement qui est en pleine expansion, a fédéré autour de lui le 16e, Neuilly et Boulogne. À l’Est, autour du 12e arrondissement, s’ajoutent Saint-Mandé, Vincennes, et Charenton. Haïm Korsia (Grand rabbin de France)
Certains sont amenés à quitter la banlieue pour habiter dans des quartiers au cadre de vie plus agréable. Généralement, au terme d’une vie bien remplie et surtout quand le statut social s’est élevé. Ce parcours résidentiel d’ascension sociale n’est pas évidemment spécifique à la population juive. Cependant, le départ de familles juives du 93 vers Paris, notamment le 17e arrondissement, ou vers des communes aisées des Hauts-de-Seine (Levallois, Neuilly) ou du Val-de-Marne que sont Vincennes et Saint-Mandé, renvoie pour partie à ce phénomène. Il en va de même, par exemple, de certains déménagements de Sarcelles ou Garges vers Saint-Brice, dans le Val d’Oise, ou de Créteil vers la ville de Saint-Maur-des Fossés. Ces mouvements de population sont souvent numériquement conséquents et parfois se voient car ils changent la physionomie de certaines villes. La sécurité a-t-elle joué un rôle majeur dans ces migrations qui ont, finalement, redessiné l’implantation juive à Paris et en Ile-de-France ? Bien sûr, mais ce n’est pas l’unique motif. Jérôme Fourquet (IFOP)
Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerce juif ! Quand j’ai ouvert mon cabinet de chirurgien-dentiste en 1983, avenue Niel, ce quartier était mort. Ma clientèle était composée de plusieurs noms à particules. Des nobles ! Et j’avais seulement un petit noyau de juifs. Et, petit à petit, ces dix dernières années, ma clientèle juive s’est agrandie. Murielle Schor (chirurgien-dentiste, adjointe au maire)
Nous étions une famille heureuse. Toutes les grandes marques parisiennes étaient représentées, et les écoles étaient performantes. Nous n’avions même plus besoin de descendre à Paris ! Nous formions une communauté solidaire et joyeuse. Sarcelles était l’antichambre de Paris ! Petit à petit, une petite délinquance s’est développée, laquelle a entraîné la fermeture de ces grands magasins qui étaient le joyau de Sarcelles. Tout a disparu en cinq ans. Et nous sommes partis. De porte-à-porte, de mon cabinet à la maison, il y a exactement vingt minutes. Beaucoup de médecins, dentistes, kinés ont gardé leurs cabinets à Sarcelles et habitent le 17e. Ici nous sommes respectés et nous avons nos habitudes. La communauté s’est regroupée. Nous avons une vie sociale intéressante. Le salon Hoche où nous nous retrouvons pour Kippour, et le parc Monceau pour nos promenades. De petites échoppes chinoises de manucures et de pédicures, bon marché, se sont incrustées entre les commerces. André Cohen (kinésithérapeute)
On compte aujourd’hui 40 000 juifs pour 171 000 habitants de l’arrondissement, soit 23 %. Pourquoi ont-ils choisi le 17e ? Disons que les juifs de France s’y sentent bien, et surtout se sentent protégés. Mais je souhaite que les commerces soient un peu mieux répartis. Et qu’on ne refasse pas la rue des Rosiers ! Je fais un énorme travail pour entretenir un excellent lien entre les communautés. Le rabbin Haïm Korsia a débattu avec le curé Stéphane Biaggi dans le cadre du Lyons Club. Et au moment de l’attentat contre l’Hypermarché, le lycée Blanche de Castille a ouvert sa cour aux enfants de l’Ecole juive moderne. Brigitte Kuster (maire du 17e)
Au début, mon mari avait une petite synagogue, qui n’existe plus, où nous étions une quarantaine de membres. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus ! 400 membres ! C’est incroyable ! Francine Zana
On compte, ici, une vingtaine de synagogues, toutes fréquentées (…) on y trouve ce qu’on veut, des écoles de bons niveaux comme le Lycée Carnot, de nombreux restaurants cashers, et surtout nous avons une bonne qualité de vie.  Haïm Korsia 
Nous étions avant tout des Français juifs. Mais depuis la violente vague d’antisémitisme qui a déferlé en France avec les affaires Ilan Halimi, Mérah, l’Hyper Cacher, et bien d’autres, nous avons été déçus d’être considérés de cette façon. Alors forcément, nous cherchons à nous regrouper, à être solidaires, à vivre en communauté. Du communautarisme dites-vous ? Oui, mais comment voulez-vous faire autrement ? Je n’étais pas particulièrement pratiquante quand je suis arrivée ici, mais je le suis devenue depuis que j’y habite. En mangeant casher, je veux vivre pleinement mon judaïsme. Et cet arrondissement m’offre cette possibilité ! Isabelle Castro (décoratrice d’intérieur)
Tout est parti d’ici. Quand j’ai ouvert ici, rue Saussier Leroy, j’étais le seul restaurant casher Beth Din, uniquement tunisien ! Puis tout autour, se sont installés d’autres restaurants comme le Rendez-vous ou La Corniche, des synagogues, des agences de voyages, des boucheries, des écoles. Sans doute cela a-t-il incité beaucoup de juifs à venir. (…) Regardez bien ! Tout le beau monde est venu chez moi : Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Richard Berri, Sarkozy, Lionel Jospin. La liste est longue… Pourquoi viennent-ils ? Parce que c’est Nini ! Nous avons une clientèle fidèle. J‘en suis à ma 4e génération ! Viennent à nous des jeunes dont on a connu l’arrière-grand-mère ! Nini Laloum
Ce quartier huppé du sud du 17e a tout pour séduire les nouveaux venus. De grands boulevards, un parc Monceau aux allures de Central Park où courent des joggers tout au long de la journée, des immeubles cossus, plus de 30 restaurants casher – à peine moins que dans le 19e arrondissement –, quatre boucheries, 3 épiceries fines, 2 pâtisseries, une librairie Beit Hassofer, et l’impressionnant Musée Nissim de Camondo des frères Pereire au XIXe siècle. Sans oublier, trois écoles juives qui totalisent plus de 800 élèves. « Pour n’en citer qu’un seul exemple, l’Ecole juive moderne, ses effectifs sont en progression constante : ouverte en septembre 2007 avec 22 enfants, elle compte aujourd’hui plus de 160 enfants, précise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire au FSJU. Tous les établissements scolaires juifs, depuis janvier 2015, sont sous haute surveillance : rondes de militaires, cours pour préparer les enfants au pire, formation des parents à la vigilance… En effet, des équipes volontaires de parents protecteurs, créées en 2012, après la tuerie de l’école Ozar Hatorah, sont organisées par le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), et qui assure, en liaison avec la police, la sécurité des lieux juifs dans l’Hexagone. Dans le 17e, c’est l’opération Sentinelle qui est déployée, explique un membre du ministère de l’Intérieur qui veut garder l’anonymat. Devant les écoles, une garde statique de 3 militaires en armes pendant la durée des cours de 8 heures 30 à 16 heures 30. Dans tous les lieux publics, des patrouilles circulent, pour tout couvrir, sans passer au même endroit, au même moment, sinon ça ne sert à rien de patrouiller. Mais je ne peux vous en dire plus ! » (…) Si avec 40 000 juifs, le 17e compte le plus grand rassemblement de juifs de France, son caractère va encore s’intensifier avec… l’ouverture du Centre Européen du Judaïsme (CEJ), fin 2017. Un complexe pharaonique dont la construction a déjà commencé ! 4 900 m2, à l’angle de la commerçante rue de Courcelles et du boulevard Reims, avec des salles modulables pour les mariages et les fêtes, des salles d’expositions, un gymnase, un théâtre, une grande synagogue, un mikvé, une grande terrasse pour accueillir une soucca, une bibliothèque, une médiathèque, et même un jardin ! Coût : 10 millions d’euros, dont une contribution de 2,7 millions de l’État français. « Est-ce le bon moment pour construire ? », s’interroge Joël Mergui, Président du Consistoire de France pour qui ce Centre est l’aboutissement institutionnel de 2 000 ans de présence juive en France. « Oui, je le pense. Personne n’a le droit de juger ceux qui partent mais personne n’a le droit de décider de l’avenir de la majorité qui reste. Ce nouveau bâtiment, lieu de vie, et symbole d’espoir, montre que nous et personne d’autre, possédons cet avenir. Il ajoute que ce que le nazisme n’a pas réussi, l’islamisme radical n’y parviendra pas non plus, les juifs ne disparaîtront pas d’Europe. Nous, juifs français qui représentons la plus importante communauté juive d’Europe, voulons croire en l’avenir d’un Judaïsme européen bimillénaire ». Pour Murielle Schor, qui accompagne le projet depuis dix-sept ans, c’est la « réalisation d’un rêve et d’une intuition » que tous les maires de la capitale ont soutenu depuis qu’est née la possibilité d’avoir ce terrain. Tribune juive
Un fort courant de pensée dénonce le mauvais accueil que l’Europe réserverait aux musulmans, contribuant aux difficultés d’intégration de ces derniers. Ce courant inspire nombre d’études affirmant que les musulmans sont victimes d’« islamophobie ». Une telle approche vient d’être illustrée par un rapport élaboré par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). Le texte, intitulé « Second European Union Minorities and Discrimination Survey. Muslims – Selected finding », (septembre 2017), analyse les réponses de 10 527 personnes qui s’identifient elles-mêmes comme musulmanes dans quinze pays de l’Union. Or, dès qu’on examine de près les données recueillies, on voit qu’elles conduisent à des conclusions bien différentes de ce que le rapport prétend démontrer. L’étude s’appuie uniquement sur des déclarations relatives à ce qui est ressenti par les personnes interrogées. Pourtant, ce qui est déclaré est identifié à ce qui advient effectivement. On trouve sans cesse des affirmations telles que : « Les musulmans ayant répondu rencontrent de hauts niveaux de discrimination », comme s’il s’agissait d’un fait avéré. Or, on trouve chez les personnes interrogées des conceptions très larges de ce qu’elles entendent par discrimination, en y incluant des différences de traitement conformes à la loi, liées à la nationalité. Rien n’est mis en œuvre dans l’étude pour savoir si une attitude globale plutôt hostile envers la société d’accueil pousserait certains à qualifier de discrimination des réactions fondées en réalité sur des raisons nullement discriminatoires, tel un déficit de compétence. De surcroît, ceux qui affirment que les musulmans en général sont discriminés sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se déclarent discriminés personnellement. Dans cette étude, en France, 75 % des musulmans déclarent qu’il existe une discrimination sur la base de la religion alors que seulement 20 % déclarent s’être sentis personnellement discriminés sur cette base au cours des cinq dernières années. On trouve, en réponse aux mêmes questions, 72 % et 30 % en Suède, 59 % et 19 % en Belgique, 26 % et 10 % en Espagne, etc. La croyance, que l’on retrouve au sein de la population en général, selon laquelle les musulmans seraient discriminés en raison de leur religion outrepasse donc largement la réalité. (…) Ce n’est nullement l’ensemble, ni même la majorité des musulmans qui déclarent s’être sentis discriminés du fait de leur religion, mais une petite minorité : 17 % dans les cinq ans précédant l’enquête. On retrouve ce même caractère minoritaire quand il s’agit de harcèlement (du regard perçu comme hostile à l’acte de violence physique), ou encore des rapports avec la police. Dans ce dernier cas, parmi les personnes qui se déclarent musulmanes et qui ont été interrogées, seulement 16 % des hommes et 1,8 % des femmes indiquent se sentir discriminés. En fait, on a affaire à plusieurs sous-populations suscitant des réactions très contrastées. Tandis que la majorité ne se sent jamais discriminée, une minorité se sent discriminée à répétition – cinq fois par an en moyenne, jusqu’à quotidiennement pour une partie. Un tel contraste entre des groupes traités (ou qui se sentent traités) de manière aussi radicalement différente serait impossible si on avait affaire à une discrimination s’exerçant au hasard, liée au simple fait d’être musulman. Le rapport, en outre, fournit un ensemble de données distinguant les déclarations provenant de musulmans d’origines diverses (Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Turquie, Asie), hommes et femmes, et vivant dans les divers pays de l’Union étudiés. En moyenne, ceux qui viennent d’Afrique du Nord sont plus de deux fois plus nombreux que ceux venant d’Asie (21 %, contre 9 %) à se déclarer discriminés sur la base de la religion. On retrouve ces différences, encore plus amples, pour le harcèlement et les rapports avec la police. Or rien n’est dit sur ce que ces différences sont susceptibles de devoir à des divergences de manière d’être des personnes concernées. L’existence de limites au droit à l’expression des religions, spécialement dans l’entreprise, est bien notée. Mais il n’est jamais envisagé qu’une acceptation de ces limites chez les uns puisse coexister avec une rébellion à leur égard chez d’autres, cette différence d’attitude entraînant une différence de réactions des employeurs. Par ailleurs, les immigrés de seconde génération déclarent davantage rencontrer des réactions négatives du fait de leur religion que ceux de première génération (22 % contre 15 % pour les discriminations, 36 % contre 22 % pour le harcèlement). Mais il n’est jamais question, dans le rapport, de l’adoption, au sein de la seconde génération, d’une posture plus revendicative, susceptible de conduire à des comportements posant problème. En arrière-fond du rapport, la vision de l’intégration mise en avant est celle d’une « accommodation mutuelle ». Il est fait appel aux orientations du Conseil de l’Europe, « regardant l’intégration comme un processus dynamique à double sens d’accommodation mutuelle de tous les immigrants, y compris les musulmans, et des résidents » . Mais, en pratique, le rapport incite uniquement à réclamer une adaptation à la société d’accueil. Il est question de racisme, de xénophobie, de « crimes causés par la haine » . En réalité, l’interprétation qui paraît la plus sensée des données d’enquête est que la grande majorité des musulmans ne pose aucun problème à la société d’accueil ; et que, corrélativement, ses membres sont traités comme tout un chacun. C’est seulement une petite minorité qui est source de problèmes pour la société d’accueil et suscite, de ce fait, des réactions négatives. Il est vraisemblable que les membres de cette petite minorité, refusant de reconnaître ce qui est dû à leur manière d’être, se déclarent discriminés. En outre, l’interprétation, par le rapport, des sentiments à l’égard de la société d’accueil est toujours à sens unique. Les musulmans dans leur grande majorité déclarent se sentir à l’aise avec des voisins d’une religion différente ou prêts à voir leurs enfants épouser des non-musulmans. Selon le rapport, « presque tous (92 %) se sentent bien à l’idée d’avoir des voisins d’une autre religion » et presque un sur deux (48 %) n’aurait aucun problème « si un membre de sa famille épousait une personne non musulmane » . (…) Dans la comparaison ainsi faite, il n’est question que d’attitudes d’ouverture et de fermeture. L’étude ne porte aucune attention à la réalité des difficultés à vivre dans un univers où des personnes d’une autre culture peuvent tendre à imposer leurs mœurs. (…) l’intensité de la pression sociale dans certains quartiers où les musulmans tendent à régenter les tenues et les conduites n’est jamais évoquée. S’agissant du mariage, on ne trouve pas, dans l’étude, de questions séparées pour le mariage des filles et celui des garçons, alors que l’islam les distingue. On ne trouve pas davantage de mention des difficultés concrètes associées pour un non-musulman à un mariage avec un musulman : possibilité pour un conjoint musulman d’enlever les enfants en cas de séparation pour les amener dans un pays musulman, en étant protégé par la justice du pays en question ; pression à la conversion du conjoint non musulman. (…) La place que tient la haine envers l’Occident au sein du monde musulman n’est jamais évoquée. Le fait que ceux qui se déclarent le plus discriminés soient aussi ceux qui déclarent le moins d’attachement à la société d’accueil est interprété, comme si cela allait de soi, comme une relation de cause à effet. Ce serait ceux qui sont le plus discriminés qui, pour cette raison, s’attacheraient le moins à la société qui les accueille. Cette relation à sens unique est postulée, en particulier quand il s’agit de radicalisation islamiste. Il n’est pas envisagé qu’on ait affaire à un effet inverse : une attitude de rejet de la société d’accueil liée à une conception « dure » de l’islam, engendrant à la fois des comportements qui suscitent des réactions négatives et une tendance à interpréter ces réactions comme des discriminations. L’étude de l’Union européenne ne se demande jamais pourquoi il existe un tel contraste entre une grande majorité des musulmans qui déclare ne jamais se sentir discriminée et une petite minorité qui déclare l’être intensément. Ce contraste montre que l’on n’a pas affaire à des réactions globales à l’égard des musulmans en tant que tels, mais à des réactions différenciées, ce qui suggère que les manières d’être de chacun, considérées dans leur grande diversité, ont un rôle majeur. Pourtant l’étude affirme, comme si cela allait de soi, que les barrières à une pleine inclusion des musulmans dans les sociétés européennes ne sont imputables qu’à ces sociétés et sont exclusivement dues à « discrimination, harcèlement, violences motivées par la haine, fréquence des contrôles policiers ». Ce sont ces expériences qui peuvent à la longue réduire l’attachement des populations concernées au pays où elles résident, soutient l’étude. Le communiqué de presse diffusé à la suite de la parution de l’étude indique, comme première solution aux problèmes d’intégration des musulmans, « des sanctions efficaces contre les violations de la législation de lutte contre la discrimination » . Alors que l’intention affichée par l’étude, comme de manière générale à la famille d’études à laquelle elle appartient, est d’être au service d’une meilleure intégration des musulmans, son effet tend à être exactement inverse. Elle incite les musulmans à croire, à tort, que leurs efforts d’intégration sont vains et donc à nourrir du ressentiment et à les détourner d’accomplir de tels efforts. L’étude sert involontairement, par ailleurs, les stratégies des islamistes militants qui travaillent à la construction d’une contre-société islamique hostile aux pays d’accueil et plus généralement à l’Occident. Philippe d’Iribarne
Moi, j’ai eu envie de ce film parce qu’en fait cette histoire, c’est la mienne. J’ai grandi dans une famille – mes parents sont originaires d’Algérie aussi – où on m’a pas donné des livres, on m’a pas emmené à l’opéra. Et pour des raisons mystérieuses, j’ai eu envie d’être acteur et en allant dans un cours de théâtre, je suis tombé sur un professeur qui m’a fait découvrir des auteurs qui m’emmerdaient au lycée et qui tout d’un coup prenaient du sens. (…) C’était pas un Pierre Mazard. Il pouvait être humiliant, il pouvait être brutal. (…) Alors, on se protège de temps en temps et en même temps des fois on est bien obligé de se le prendre dans la figure et de se remettre en question parce que aussi les auteurs et les mots, c’est pas que les mots. Les mots, c’est aussi une façon de penser, une façon de comprendre. Yvan Attal
Cette histoire, c’est la mienne en fait. Je suis issu d’une famille d’Algérie, pas musulmane (de juifs séfarades, ndlr) qui arrive d’Algérie après l’indépendance avec rien. J’ai grandi dans une cité à Créteil à côte de la cité où on a tourné. Mes parents ne m’ont pas donné des livres à lire, ne m’ont pas amené à l’opéra et pour reprendre les dialogues du film, je n’ai pas eu la chance de faire du solfège et du char à voile à l’Ile de Ré. Pour des raisons mystérieuses j’ai eu envie d’être acteur, je me suis inscrit dans un cours de théâtre et là je suis tombé sur un professeur qui m’a fait découvrir Molière, Marivaux, Musset, Shakespeare et les autres. Et aujourd’hui, grâce à lui, je suis acteur et réalisateur. (…) Tout est possible, même si on est à une autre époque, qu’il y a des difficultés supplémentaires, même si on porte un nom qui est difficile à porter pour certains. On ne peut pas toujours brandir la carte de la discrimination toute la journée. Il faut se bouger le cul. (…)  Mazard n’est pas raciste, c’est un provocateur, c’est quelqu’un qui nous sort de notre zone de confort, même s’il dérape, évidemment, comme ces intellectuels qui pour nous démontrer une idée vont un peu trop loin mais peut-être que l’intention n’était pas mauvaise. (…) C’est un film chauvin, on fait référence au patrimoine culturel, à nos auteurs. Yvan Attal
Someone just wrote to me  » what did Jews bring to the world beside Palestinian holocaust ?… Well, maybe Jesus, Spinoza, Freud, Einstein and those guys… Let’s not even account Whatsapp, Facebook, Google, Vibber, Fiverr, and everything in ur cellphone. Pierre Rehov
All the world’s Muslims have fewer Nobel Prizes than Trinity College, Cambridge. They did great things in the Middle Ages, though. Richard Dawkins
That was unfortunate. I should have compared religion with religion and compared Islam not with Trinity College but with Jews, because the number of Jews who have won Nobel Prizes is phenomenally high. Race does not come into it. It is pure religion and culture. Something about the cultural tradition of Jews is way, way more sympathetic to science and learning and intellectual pursuits than Islam. That would have been a fair comparison. Ironically, I originally wrote the tweet with Jews and thought, That might give offense. And so I thought I better change it. (…) I haven’t thought it through. I don’t know. But I don’t think it is a minor thing; it is colossal. I think more than 20 percent of Nobel Prizes have been won by Jews. And especially if you don’t count peace prizes, which I think don’t count actually (…) Most of the ones that have gone to Muslims have been peace prizes, and the [number of Muslims] who have gotten them for scientific work is exceedingly low. But in Jews, it is exceedingly high. That is a point that needs to be discussed. I don’t have the answer to it. I am intrigued by it. I didn’t even know this extraordinary effect until it was pointed out to me by the [former] chief rabbi of Britain, Jonathan Sacks. (…) He shared it with due modesty, but I thought it was astounding, and I am puzzled about it. Richard Dawkins
As of 2017, Nobel Prizes have been awarded to 892 individuals, of whom 201 or 22.5% were Jews, although the total Jewish population comprises less than 0.2% of the world’s population. This means the percentage of Jewish Nobel laureates is at least 112.5 times or 11250% above average. Wikipedia
Si les apôtres, qui aussi étaient juifs, s’étaient comportés avec nous, Gentils, comme nous Gentils nous nous comportons avec les Juifs, il n’y aurait eu aucun chrétien parmi les Gentils… Quand nous sommes enclins à nous vanter de notre situation de chrétiens, nous devons nous souvenir que nous ne sommes que des Gentils, alors que les Juifs sont de la lignée du Christ. Nous sommes des étrangers et de la famille par alliance; ils sont de la famille par le sang, des cousins et des frères de notre Seigneur. En conséquence, si on doit se vanter de la chair et du sang, les Juifs sont actuellement plus près du Christ que nous-mêmes… Si nous voulons réellement les aider, nous devons être guidés dans notre approche vers eux non par la loi papale, mais par la loi de l’amour chrétien. Nous devons les recevoir cordialement et leur permettre de commercer et de travailler avec nous, de façon qu’ils aient l’occasion et l’opportunité de s’associer à nous, d’apprendre notre enseignement chrétien et d’être témoins de notre vie chrétienne. Si certains d’entre eux se comportent de façon entêtée, où est le problème? Après tout, nous-mêmes, nous ne sommes pas tous de bons chrétiens. Luther (Que Jésus Christ est né Juif, 1523)
Les Juifs sont notre malheur (…) Les Juifs sont un peuple de débauche, et leur synagogue n’est qu’une putain incorrigible. On ne doit montrer à leur égard aucune pitié, ni aucune bonté. Nous sommes fautifs de ne pas les tuer! Luther
C’est à regret que je parle des Juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre. Voltaire (Article « Tolérance »)
Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. Pierre-Joseph Proudhon (1849)
Observons le Juif de tous les jours, le Juif ordinaire et non celui du sabbat. Ne cherchons point le mystère du Juif dans sa religion, mais le mystère de sa religion dans le Juif réel. Quelle est donc la base mondaine du judaïsme ? C’est le besoin pratique, l’égoïsme. Quel est le culte mondain du Juif ? C’est le trafic. Quelle est la divinité mondaine du Juif ? C’est l’argent. Karl Marx
L’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister. Karl Marx
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. Jean Jaurès (La question juive en Algérie, Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne!” … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
Ce projet a causé la désertion de 80 à 100 000 personnes de toutes conditions, qui ont emporté avec elles plus de trente millions de livres ; la mise à mal de nos arts et de nos manufactures. (…) Sire, la conversion des cœurs n’appartient qu’à Dieu …Vauban (« Mémoire pour le rappel des Huguenots », 1689)
Dans la dispute entre ces races pour savoir à laquelle revient le prix de l’avarice et de la cupidité, un protestant genevois vaut six juifs. A Toussenel (disciple de Fourier, 1845)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne! … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
Luther rend nécessaire ce que Gutenberg a rendu possible : en plaçant l’Écriture au centre de l’eschatologie chrétienne, la Réforme fait d’une invention technique une obligation spirituelle. François Furet et Jacques Ozouf
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967)
Tout ce qui se passe dans le monde aujourd’hui est la faute des sionistes. Les Juifs Américains sont derrière la crise économique mondiale qui a aussi frappé la Grèce. Mikis Theodorakis (2011)
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
Les enfants de Trump doivent reprendre l’entreprise avec le conflit d’intérêt, ils pourront vendre des gratte-ciels au gouvernement israélien. Des immeubles luxueux à construire dans les territoires occupés, que le Président des États-Unis les aidera à occuper et il leur enverra des Mexicains pour nettoyer les chiottes. Charline Vanhoenacker
I am aware than I incur the risk of being accused of Jewish pretentiousness when I emphasize the fact that so many of the Nobel prize winners have been jews, but a Jew cannot, nowadays, afford to be squeamish. Stephan Zweig (1937)
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
L’Âge moderne est l’Âge des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. Il ne s’agit plus de cultiver les champs ou de surveiller les troupeaux, mais de cultiver les hommes et de veiller sur les symboles […] En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs. Yuri Slezkine
Written by economists Maristella Botticini and Zvi Eckstein, the paper explained Jewish success in terms of early literacy in the wake of Rome’s destruction of the Temple in 70 C.E. and the subsequent dispersion of Jews throughout the Roman empire – Jews who had to rely on their own rabbis and synagogues to sustain their religion instead of the high priests in Jerusalem. You may know a similar story about the Protestant Reformation: the bypassing of the Catholic clergy and their Latin liturgy for actual reading of Scripture in native languages and the eventual material benefits of doing so. Why is Northern Europe — Germany, Holland, England, Sweden — so much more prosperous than Southern Europe: Portugal, Italy, Greece, Spain? Why do the latter owe the former instead of the other way around? Might it have something to do with the Protestant legacy of the North, the Catholic legacy of the South? Paul Solman
The key message of “The Chosen Few” is that the literacy of the Jewish people, coupled with a set of contract-enforcement institutions developed during the five centuries after the destruction of the Second Temple, gave the Jews a comparative advantage in occupations such as crafts, trade, and moneylending — occupations that benefited from literacy, contract-enforcement mechanisms, and networking and provided high earnings. (…) the Jews in medieval Europe voluntarily entered and later specialized in moneylending and banking because they had the key assets for being successful players in credit markets: capital already accumulated as craftsmen and trade networking abilities because they lived in many locations, could easily communicate with and alert one another as to the best buying and selling opportunities, and literacy, numeracy, and contract-enforcement institutions — “gifts” that their religion has given them — gave them an advantage over competitors. Maristella Botticini and Zvi Eckstein
Wherever and whenever Jews lived among a population of mostly unschooled people, they had a comparative advantage. They could read and write contracts, business letters, and account books using a common [Hebrew] alphabet while learning the local languages of the different places they dwelled. These skills became valuable in the urban and commercially oriented economy that developed under Muslim rule in the area from the Iberian Peninsula to the Middle East. Maristella Botticini
En fait, ce que nous avons voulu démontrer, ma collègue Maristella Botticini, de la Bocconi, et moi, c’est que l’obligation d’étudier a un coût, et oblige donc l’individu rationnel à rechercher une compensation pour obtenir un retour sur investissement. Dans le cas des juifs, le problème se pose après la destruction du Temple de Jérusalem, en 70 de l’ère courante. La caste des prêtres qui constituait alors l’élite perd le pouvoir au profit de la secte des pharisiens, qui accorde une grande importance à l’étude. C’est de cette secte que vont sortir les grands rabbis, ceux qui vont pousser les juifs à se concentrer sur l’étude de la Torah, un texte dont la tradition veut qu’elle ait été écrite par Moïse sous la dictée de Dieu. Vers l’an 200, obligation est ainsi faite aux pères de famille d’envoyer leurs fils dès l’âge de 6 ans à l’école rabbinique pour apprendre à lire et étudier la fameuse Torah. Or l’essentiel des juifs sont des paysans, et pour les plus pauvres, cette obligation pèse très lourd car elle les prive de bras pour travailler aux champs. Beaucoup vont alors préférer se convertir au christianisme, d’où, on le voit dans les statistiques de l’époque, une baisse drastique de la population juive au Proche-Orient à partir du IIIe siècle alors que, jusqu’à la destruction du Temple, cette religion était en augmentation constante et multipliait les convertis. Pour ceux qui ont accepté le sacrifice financier que représente la dévotion, il va s’agir de valoriser leur effort. Or autour d’eux, ni les chrétiens ni, plus tard, les musulmans n’imposent à leurs enfants d’apprendre à lire et à écrire. Les juifs bénéficient donc d’un avantage compétitif important. C’est ainsi un juif converti à l’islam qui a servi de scribe à Mahomet et aurait mis par écrit pour la première fois le Coran. (…) Notre étude, fondée sur l’évolution économique et démographique du peuple juif, de l’Antiquité à la découverte de l’Amérique, remet en cause en fait la plupart des théories avancées jusqu’ici. Si les juifs sont médecins, juristes ou banquiers plus souvent qu’à leur tour, ce n’est pas parce qu’ils sont persécutés et condamnés à s’exiler régulièrement, comme l’a avancé l’économiste Gary Becker, ou parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être agriculteurs, comme l’a soutenu Cecil Roth. Car si dans certains pays, on les a empêchés de posséder des terres, c’était bien après qu’ils aient massivement abandonné l’agriculture, et s’ils ont pu être persécutés, cela ne justifie pas qu’ils soient devenus médecins ou juristes : les Samaritains, très proches des juifs et eux aussi traités comme des parias, sont demeurés paysans. De même, contrairement à ce que dit Max Weber, ce n’est pas parce qu’un juif ne peut pas être paysan du fait des exigences de la Loi juive. Les juifs du temps du Christ la respectaient alors qu’ils étaient majoritairement occupés à des travaux agricoles et à la pêche. C’est dans l’Orient musulman, sous les Omeyyades et les Abbassides, à un moment où ils sont particulièrement valorisés, que les juifs s’installent massivement dans les villes et embrassent des carrières citadines. Pourquoi ? Parce qu’ils peuvent alors tirer parti du fait d’être lettrés. D’un point de vue purement économique, il est alors beaucoup plus rentable de devenir marchand ou scientifique que de labourer la terre. D’où notre théorie : si les juifs sont devenus citadins et ont occupé des emplois indépendants de l’agriculture, c’est d’abord parce qu’ils étaient formés. Et s’ils étaient formés, c’est que leur religion exigeait qu’ils le soient. (…) ces professions étaient beaucoup plus rentables que le travail de paysan. Pour un juif du Moyen Âge, l’apprentissage de la Torah allait de pair avec le fait de faire des affaires. Rachi, le grand commentateur du Talmud, était un entrepreneur qui possédait des vignes. Ses quatre fils, tous érudits, se sont installés dans quatre villes différentes où ils ont tous fait du business, notamment de prêts d’argent, tout en étant rabbins. Grâce à leur connaissance des langues et leurs réseaux familiaux, les juifs ont pu rentabiliser leur formation, le fait de savoir lire et écrire, mais aussi raisonner, plus aisément que d’autres communautés. (…) Il est essentiel que la culture fasse partie intégrante de l’éducation quotidienne. Et en cela, la mère joue un rôle essentiel, toutes les études le montrent. C’est elle qui transmet les valeurs fondamentales. La probabilité que vous alliez à l’université est plus importante si votre mère a été elle-même à l’université. Donc, le fait que la mère ait un minimum d’éducation a représenté très tôt un avantage compétitif par rapport aux autres communautés religieuses où la femme n’en recevait pas. Nous étudions actuellement la période allant de la Renaissance à l’Holocauste. Et nous avons déjà découvert ceci : en Pologne, au XVIIe siècle, la population juive a fortement progressé par rapport à la population chrétienne. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mortalité infantile y était plus faible. Conformément à l’enseignement du Talmud, les enfants bénéficiaient en effet d’un soin tout particulier. Les femmes gardaient leur enfant au sein plus longtemps que les chrétiennes, et elles s’en occupaient elles-mêmes. Voilà un exemple tout simple des effets que peut avoir l’éducation. Zvi Eckstein
Pour faire face au danger que le christianisme et la romanisation faisaient courir à la survie du judaïsme, les Pharisiens imposèrent une nouvelle forme de dévotion. Tout chef de famille, pour rester fidèle à la foi judaïque, se devait d’envoyer ses fils à l’école talmudique, afin de perpétuer et d’approfondir, par un travail cumulatif de commentaire, la connaissance de la Torah. Cette nouvelle obligation religieuse a eu des répercussions socio-économiques considérables. Envoyer ses fils à l’école représentait un investissement coûteux qui n’était pas à la portée de la majorité des juifs, simples paysans comme les autres populations du Moyen-Orient au milieu desquelles ils vivaient. Ceux qui n’en avaient pas les moyens et restèrent paysans, s’éloignèrent du judaïsme. Ils  se convertirent souvent au christianisme.  C’est ce qui explique l’effondrement de la population juive durant l’Antiquité tardive. Ceux qui tenaient au contraire à remplir leurs obligations religieuses, durent choisir des métiers plus rémunérateurs. Ils devinrent commerçants, artisans, médecins et surtout financiers. Les juifs ne se sont pas tournés vers ces métiers urbains parce qu’on leur interdisait l’accès à la terre, comme on l’a dit souvent, mais pour pouvoir gagner plus d’argent et utiliser en même temps leurs compétences de lettrés. Ils étaient capables désormais de tenir des comptes, écrire des ordres de paiement, etc… (…) S’ils s’imposent partout dans le crédit, ce n’est pas parce que l’Eglise interdisait aux chrétiens le prêt à intérêt (en réalité l’islam et le judaïsme lui imposaient des restrictions comme le christianisme), mais parce qu’ils ont à la fois la compétence et le réseau pour assurer le crédit, faire circuler les ordres de paiements et les marchandises précieuses du fond du monde musulman aux confins de la chrétienté.  (…) c’est souvent à la demande des seigneurs ou évêques locaux qu’ils étaient venus s’installer dans les villes chrétiennes, parce qu’on recherchait leur savoir faire pour développer les échanges et l’activité bancaire. Les premières mesures d’expulsion des juifs par des princes chrétiens à la fin du XIII° siècle semblent avoir été guidées par la volonté de mettre la main sur leurs richesses beaucoup plus que par le désir de les convertir. (…) C’est pour des raisons religieuses que le judaïsme s’est imposé brusquement un investissement éducatif coûteux qui le singularise parmi les grandes religions du livre. Car ni le Christianisme qui  s’est donné une élite particulière, à l’écart du monde, vouée à la culture écrite, ni l’Islam n’ont imposé à leur peuple de croyants un tel investissement dans l’alphabétisation. Cet investissement a eu l’effet d’une véritable sélection darwinienne.  Il a provoqué une réorientation complète de l’activité économique du monde juif  en même temps  qu’il faisait fondre sa masse démographique. Il a surtout fait fleurir, par le miracle de l’éducation, des aptitudes intellectuelles précieuses qui en ont fait durablement une minorité recherchée et jalousée. André Burguière
A distinctively large proportion of Jewish youth go to college –  in the early 1970s, for example, 80 percent of American Jews of college age as compared with 40 percent for the college-age population as a whole (Lipset and Ladd
Protestants turn up among the the American-reared laureates in slightly greater proportion to their numbers in the general population. Thus 72 percent of the seventy-one laureates but about two thirds of the American population were reared in one or another Protestant denomination – mostly Presibterian, episcopalian, or lutheran, rather than Baptist or Fundamentalst. However, only I percent of the laureates came from a catholic background, one twenty-fifth the percentage of Americans counted as adherents to Roman catholicism (US bureau of the Census, 1958). jews, on the other hand, are overreprsented: comprising about 3 percent of the US population, they make up 27 percent of the Nobelists who were brought up in the United states. (…) These figures, it should be emphasized, refer to the religious origins of this scientific ultra-elite, not to their own religious preferences. Whatever those origins, laureates often describe themselves as agnostics, without formal religious affiliation or commitment to a body of religious doctrine. the large representation of Jews among laureates is by no means a uniquely American phenomenon. By rough estimates, Jews make up 19 percent of the 286 Nobelists of all natinalities named up to 1972, a percentage many times greater than than that found in the population of the countries from which they came and one that may be related to the often documented proclivity of jews for the leraned professions in general,and for science in particular. These data would begin to put in question the often expressed belief that the notable representation of jews among « American » laureates resulted from the great migration of talented young scientists in the wake of Hitler’s rise to power.. it is true that many scientists did escape to the United States where they significantly augmented the numbers of jews among the scientific elite as well as among the rank and file. but the refugees did not materially increase the proortion of Jews among the future laureates. Nineteen of the 71 laureates raised in the United States (27 percent) and seven of the 21 raised abroad (33 percent) were of Jewiish origin. The seven Jewish emigré laureates-to-be, though a substantial addition to the ultra-elite, raised the proportion of Jews among all ninety-two future laureates by only one percent. (…) Contributions by emigré scientists to the war effort and particularly to the development of the atom bomb have by now become the conventional measure of their first impact on American science. But (…) their influence was more farreaching. many made their mark not only by their own scintific work but also by training apprentices who would in turn make major scientific contributions. (…) Thus, gauge the true extent of « Hitler’s gift » requires that we take into account not only the scientific work of the emigrés themselves (during the war and afterward) but their multiplier effect as mentors to new generations of scientists, including a good many Nobelists. We should pause for a moment to consider how the same events can be considered from the complementary perspective of what the nazi hegemony meant for science in Germany. (…) Germany dominated the Nobel awards up to Worl War II. By 1933, the when the Nazis came to power, the combined total Nobels awarded to scientists who had done their prize-winning research in Germany came to thirty-one: 30 percent of the 103 prizes awarded since their founding in 1901. After 1934 and up to 1976, only nineteen who worked in Germany won prizes, or 9 percent of the total of 210 for the period. Part of this decline involves the drastic reduction in the number of Jewish laureates from nine to just two. in the number of Jewish laureates from nine to just two. Not even these two , max Borrn and Oto Stern, chose to ride out the strom in Germany. Born settled in Edinburgh in 1936, ten years after publishing his statistical interpretation of the wave function. Stern accepted a chair at Carnegie Institute of Technology  in the number of Jewish laureates from nine to just two. Not even these two , max Borrn and Oto Stern, chose to ride out the strom in Germany. Born settled in Edinburgh in 1936, ten years after publishing his statistical interpretation of the wave function. Stern accepted a chair at Carnegie Institute of technology and emigrated in 1933, having already developed the molecular beam method and mesaured the magnetic moment of the proton. While officially credited to both Great britain and the United states respectively, they should be counted as Germans since the research was done in Germany. More telling perhaps than the virtual elimination of Jewish laureates from Germany after 1933 is the fact that the number of Gentile laureates also declined by 20 percent. The Nazi effect on German science cannot be attributed exclusively to the persecution of Jews. The Nazis’ dismantling of much of the scietific establishment and the impoverished conditions prevailing after the war help to account for the decline in the numbers of German laureates. Harriet Zuckerman
Jews are a famously accomplished group. They make up 0.2 percent of the world population, but 54 percent of the world chess champions, 27 percent of the Nobel physics laureates and 31 percent of the medicine laureates. Jews make up 2 percent of the U.S. population, but 21 percent of the Ivy League student bodies, 26 percent of the Kennedy Center honorees, 37 percent of the Academy Award-winning directors, 38 percent of those on a recent Business Week list of leading philanthropists, 51 percent of the Pulitzer Prize winners for nonfiction. In his book, “The Golden Age of Jewish Achievement,” Steven L. Pease lists some of the explanations people have given for this record of achievement. The Jewish faith encourages a belief in progress and personal accountability. It is learning-based, not rite-based. Most Jews gave up or were forced to give up farming in the Middle Ages; their descendants have been living off of their wits ever since. They have often migrated, with a migrant’s ambition and drive. They have congregated around global crossroads and have benefited from the creative tension endemic in such places. No single explanation can account for the record of Jewish achievement. The odd thing is that Israel has not traditionally been strongest where the Jews in the Diaspora were strongest. Instead of research and commerce, Israelis were forced to devote their energies to fighting and politics. Milton Friedman used to joke that Israel disproved every Jewish stereotype. People used to think Jews were good cooks, good economic managers and bad soldiers; Israel proved them wrong. But that has changed. Benjamin Netanyahu’s economic reforms, the arrival of a million Russian immigrants and the stagnation of the peace process have produced a historic shift. The most resourceful Israelis are going into technology and commerce, not politics. This has had a desultory effect on the nation’s public life, but an invigorating one on its economy. Tel Aviv has become one of the world’s foremost entrepreneurial hot spots. Israel has more high-tech start-ups per capita than any other nation on earth, by far. It leads the world in civilian research-and-development spending per capita. It ranks second behind the U.S. in the number of companies listed on the Nasdaq. Israel, with seven million people, attracts as much venture capital as France and Germany combined. As Dan Senor and Saul Singer write in “Start-Up Nation: The Story of Israel’s Economic Miracle,” Israel now has a classic innovation cluster, a place where tech obsessives work in close proximity and feed off each other’s ideas. (…) Israel’s technological success is the fruition of the Zionist dream. The country was not founded so stray settlers could sit among thousands of angry Palestinians in Hebron. It was founded so Jews would have a safe place to come together and create things for the world. This shift in the Israeli identity has long-term implications. Netanyahu preaches the optimistic view: that Israel will become the Hong Kong of the Middle East, with economic benefits spilling over into the Arab world. And, in fact, there are strands of evidence to support that view in places like the West Bank and Jordan. But it’s more likely that Israel’s economic leap forward will widen the gap between it and its neighbors. All the countries in the region talk about encouraging innovation. Some oil-rich states spend billions trying to build science centers. But places like Silicon Valley and Tel Aviv are created by a confluence of cultural forces, not money. The surrounding nations do not have the tradition of free intellectual exchange and technical creativity. For example, between 1980 and 2000, Egyptians registered 77 patents in the U.S. Saudis registered 171. Israelis registered 7,652. The tech boom also creates a new vulnerability. As Jeffrey Goldberg of The Atlantic has argued, these innovators are the most mobile people on earth. To destroy Israel’s economy, Iran doesn’t actually have to lob a nuclear weapon into the country. It just has to foment enough instability so the entrepreneurs decide they had better move to Palo Alto, where many of them already have contacts and homes. American Jews used to keep a foothold in Israel in case things got bad here. Now Israelis keep a foothold in the U.S. David Brooks
Mais aussi derrière la remarquable ascension sociale de toute la génération qu’il incarne de juifs expulsés d’Algérie avec quasiment rien il y a plus de 50 ans …
L’incroyable aventure de ce petit peuple dont, à la suite de l’interminable liste d’antisémites de l’humanité et avant tout récemment le cadre du PS Gérard Filoche, de Gaulle lui-même avait perçu l’indiscutable domination intellectuelle …

Et qui à l’instar de leur surreprésentation dans la super élite des prix Nobel (plus de 20% pour moins de 0,2% de la population mondiale !) …

A contraint jusqu’au plus virulent des athées de la planète à avouer sa perplexité et à reconnaitre que cela ne pouvait être qu’une question de « pure religion et de culture » ?

Voir également:

A remarkable week for Jewish Nobel Prize winners

The Jewish chronicle

October 10, 2013

No less than six Jewish scientists were awarded Nobel Prizes this week, and two others came very close.

Belgian-born Francois Englert won the accolade in physics for his groundbreaking work on the origins of sub-atomic particles.

Prof Englert, 80, spent decades studying the Higgs boson particle, and was recognised “for the theoretical discovery of a mechanism that contributes to our understanding of the origin of the mass of subatomic particles”.

Prof Englert, who is a Holocaust survivor, shared the prize with Edinburgh University professor Peter Higgs, after whom the particle is named.

“At first I thought I didn’t have it because I didn’t see the announcement,” said a “very happy” Prof Englert.

The theoretical physicist teaches at Tel Aviv University and is emeritus professor at the Université libre de Bruxelles, where he graduated as an engineer and received a PhD in physical sciences in the 1950s.

Born into a Belgian Jewish family, Prof Englert survived the Nazi occupation by hiding in orphanages and children’s homes in Dinant, Lustin and Stoumont until Belgium was liberated by the US army.

Also this week, two American Jews were awarded the Nobel Prize in medicine, pipping two Israelis to the post.

James Rothman and Randy Schekman, together with German researcher Thomas Suedhof, were awarded the prize for their work on how proteins and other materials are transported within cells.

Hebrew University professors Aharon Razin and Howard Cedar were very close contenders.

Professor Rothman is based at Yale University and Professor Schekman teaches at the University of California.

The Nobel committee said their research on “traffic” within cell vesicles — bubbles within the cells — helped scientists understand how “cargo is delivered to the right place at the right time”.

Prof Schekman said he planned to celebrate the award with his colleagues. “I called my lab manager and I told him to go buy a couple bottles of Champagne and expect to have a celebration with my lab,” he said.

The trio have been working on cell transportation “over years, if not decades”, Prof Rothman told Associated Press.

Meanwhile, three Jewish-American scientists, Arieh Warshel, Michael Levitt and Martin Karplus, shared the Nobel Prize in chemistry.

The trio won the award for their work on computer simulations that enable the closer study of complex reactions such as photosynthesis and combustion, and the design of new drugs.

Prof Warshel, who has Israeli citizenship, studied at the Weizmann Institute in Rehovot. Prof Levitt also holds an Israeli passport and taught at the Weizmann Institute throughout the 1980s. Vienna-born Prof Karplus, who received his PhD from the California Institute of Technology, fled the Nazi occupation of Austria as a child in 1938.

IT’S A WIN-WIN SITUATION

An estimated 190 Jewish or half-Jewish people have received Nobel Prizes since they were first handed out in 1901.

Jews have won more than 20 per cent of the 850-plus prizes awarded, despite making up just 0.2 per cent of world’s population.

The first Jewish recipient was Adolf von Baeyer, who received the prize in chemistry in 1905.

Other notable recipients include writer and Holocaust survivor Elie Wiesel, physicist Alfred Einstein, playwright Harold Pinter, novelist Saul Bellow and Israeli President Shimon Peres.

Jews have received awards in all six categories, with the most won in medicine.

Voir encore:

One-of-five Nobel Prize Laureates are Jewish
Israel High-Tech & Investment Report

December 2004

In the 20th century, Jews, more than any other minority, ethnic or cultural, have been recipients of the Nobel Prize, with almost one-fifth of all Nobel laureates being Jewish. Of the total Israel has six Nobel laureates.

In December 1902, the first Nobel Prize was awarded in Stockholm to Wilhelm Roentgen, the discoverer of X-rays. Alfred Nobel, 1833-1996, a Swedish industrialist and inventor of dynamite, bequeathed a $9 million endowment to fund prizes of $40,000 in 1901. Today the prize has grown to $1 million, to those individuals who have made the most important contributions in five areas. The sixth, « economic sciences, » was added in 1969.

Nobel could hardly have imagined the almost mythic status that would accrue to the laureates. From the start « The Prize » (as it was sensationalized in Irving Wallace’s 1960 novel) became one of the most sought-after awards in the world, and eventually the yardstick against which other prizes and recognition were to be measured.

A total of nearly 700 individuals and 20 organizations have been Nobel recipients, including two who refused the prize (Leo Tolstoy in 1902 and Jean-Paul Sartre in 1964.) Thirty women have won Nobels. The United States has about one-third of all winners. Also remarkable is the fact that 14 percent of all the laureates in a 100-year span have been Californians, most of them affiliated with one or more of the world-class higher education and research institutions in that state.

Jewish names appear 127 times on the list, about 18 percent of the total. This is an astonishing percentage for a group of people who add up to 1/24th of 1 percent of the world’s population. But this positive disproportion is echoed even further in the over-representation of Jews, compared to the general population, in such fields as the physical and social sciences, and in literature. An examination of the large professional communities from which Nobel laureates are selected would reveal an even more dominant disproportion. As an example, it is estimated that about one-third of the faculty at Harvard Medical School is Jewish.

The figure for the total number of Jewish nobel Prize winners varies slightly, depending on the strictness of the « Who’s a Jew? » definition. But the figure cited most frequently is 161, or 22 percent of Nobel Prizes in all categories awarded between 1901-2003. With the 2004 additions, the total stands at 166.

Voir de même:

As the Nobel Prize marks centennial, Jews constitute 1/5 of laureates

Throughout the 20th century, Jews, more so than any other minority, ethnic or cultural group, have been recipients of the Nobel Prize — perhaps the most distinguished award for human endeavor in the six fields for which it is given. Remarkably, Jews constitute almost one-fifth of all Nobel laureates. This, in a world in which Jews number just a fraction of 1 percent of the population.

This year’s winners for physics, chemistry, physiology or medicine, literature, economics and peace are being announced this week.

To mark the 100th anniversary of the Nobel Prize, an all-day California Nobel Prize Centennial Symposium will be held Friday, Oct. 26 at the Palace of Fine Arts Theatre in San Francisco. More than 12 Nobel laureates are expected to attend the event, which will include panel and roundtable discussions and excerpts from a documentary film in progress.

The event is presented by the Exploratorium and the Consulates General of Sweden in Los Angeles and San Francisco, in cooperation with several Bay Area universities, Lawrence Livermore Lab and KQED-TV.

Laureates will include economist Milton Friedman of the Hoover Institution, Stanford molecular biologist Paul Berg and U.C. Berkeley physicist Donald Glaser, among others.

It is ironic that this international recognition has rewarded Jewish accomplishment in the same century that witnessed pogroms, the Holocaust and wars that killed millions for no other reason than that they were Jewish. Certainly the Nobel Prize was not awarded to Jews because they were entitled to it, were smarter or better educated than everyone else, or because they were typically over-represented in the six fields honored by the award.

Rather, all Nobel laureates have earned their distinction in a traditionally fierce competition among the best and the brightest, although politics and controversy have not infrequently followed in the wake of the Nobel.

In December 1902, the first Nobel Prize was awarded in Stockholm to Wilhelm Roentgen, the discoverer of X-rays. Alfred Nobel (1833-96), a Swedish industrialist and inventor of dynamite, had bequeathed a $9 million endowment to fund significant cash prizes ($40,000 in 1901, about $1 million today) to those individuals who had made the most important contributions in five domains; the sixth, in « economic sciences, » was added in 1969.

Nobel could hardly have imagined the almost mythic status that would accrue to the laureates. From the start « The Prize » (as it was sensationalized in Irving Wallace’s 1960 novel) became one of the most sought-after awards in the world, and eventually the yardstick against which other prizes and recognition were to be measured.

Certainly the roster of Nobel laureates includes many of the most famous names of the 20th century: Marie Curie, Albert Einstein, Mother Teresa, Winston Churchill, Albert Camus, Boris Pasternak, Albert Schweitzer, the Dalai Lama and many others.

The list of American Nobel laureates in literature alone is a pantheon of our writers, including Sinclair Lewis, Eugene O’Neill, Pearl Buck, William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Saul Bellow, Isaac Bashevis Singer and Toni Morrison. American peace laureates include Presidents Theodore Roosevelt and Woodrow Wilson, Jane Addams, Ralph Bunche, Linus Pauling (a two-time winner, also awarded a Nobel for chemistry), Martin Luther King Jr., Henry Kissinger and Jody Williams.

A total of nearly 700 individuals and 20 organizations have been Nobel recipients, including two who refused the prize (Leo Tolstoy in 1902 and Jean-Paul Sartre in 1964.) Thirty women have won Nobels. The United States has had about one-third of all winners. Also remarkable is the fact that 14 percent of all the laureates in a 100-year span have been Californians, most of them affiliated with one or more of the world-class higher education and research institutions in our state.

Jewish names appear 127 times on the list, about 18 percent of the total. This is an astonishing percentage for a group of people who add up to 1/24th of 1 percent of the world’s population. But this positive disproportion is echoed even further in the over-representation of Jews, compared to the general population, in such fields as the physical and social sciences, and in literature. An examination of the large professional communities from which Nobel laureates are selected would reveal an even more dominant disproportion. As an example, it is estimated that about one-third of the faculty at Harvard Medical School is Jewish.

How to account for Jewish proficiency at winning Nobels? It’s certainly not because Jews do the judging: All but one of the Nobels are awarded by Swedish institutions (the Peace Prize by Norway). The standard answer is that the premium placed on study and scholarship in Jewish culture inclines Jews toward more education, which in turn makes a higher proportion of them « Nobel-eligible » than in the larger population. There is no denying that as a rule the laureates in all six domains are highly educated, although there are notable exceptions, such as Mother Teresa. Nevertheless, in a world where so many millions have university degrees it is difficult to see why on that basis alone Jews should prevail in this high-level competition.

Another question is why the physical sciences admired by Alfred Nobel are so attractive to Jewish scientists. Albert Einstein, the successor to Newton, Galileo and Copernicus and the greatest name in modern science, was Jewish. This is more than a matter of historic pride; it is an enormous statistical improbability. And such achievements were not always attained on a level playing field. For example, the Nazis dismissed relativity as « Jewish physics » and caused the uprooting and exile (mostly to the United States) of a generation of German scientists who happened to be Jewish.

In literature and peace as well, Jews are disproportionately represented among the winners. Jewish writers honored include Henri Bergson, Boris Pasternak, S.Y. Agnon, Nelly Sachs, Saul Bellow, Isaac Bashevis Singer, Joseph Brodsky and Nadine Gordimer. Peace laureates include Henry Kissinger, Menachem Begin, Elie Wiesel, Yitzhak Rabin and Shimon Peres. In economics, for which the Nobel has been awarded for only the last 31 years, 13 laureates are Jewish, more than 40 percent of the total, including Paul Samuelson, Herbert Simon and Milton Friedman.

But it still seems insufficient to credit all this to reverence for education, skill at theoretical thinking or competitive instincts forged in a millennial-old struggle to survive and prosper.

Perhaps the desire to understand the world is also a strong or defining Jewish cultural trait, leading to education and careers suited to exploration and discovery. Science may have furnished an opportunity to not only understand but to lead, and to have one’s work judged without bias in collegial communities that have no use for religious intolerance.

Whatever the reasons, Jewish successes in the high-stakes world of the Nobel Prize are nothing short of astonishing, and a source of understandable pride to Jews throughout the world. Consider the scorecard: 37 awards in physics, 21 in chemistry, 39 in physiology and medicine, 10 in literature, seven in peace and 13 in economics.

Listings and descriptions of the contributions of the Jewish laureates may be found in Burton Feldman’s recently published book, « The Nobel Prize: A History of Genius, Controversy, and Prestige » (Arcade Publishing).

Other information about the Nobel Prize — its history, institutions, background on the winners and their work, acceptance speeches, etc. can be found on the Internet at www.nobel.se For California centennial activities, visit www.calnobel.org

 Voir enfin:
Hebrew University study reveals global Jewish population reached 13.75 million in past year; about 43% of world’s Jewish community lives in Israel

About 43% of the world’s Jewish community lives in Israel, making Israel the country with the largest Jewish population.

The Central Bureau of Statistics reported on the eve of Rosh Hashana, the Jewish New Year 5773, that the total population of Israel in 2012 grew to nearly 8 million. About 73% of the population is native born.

The Israeli Jewish population stands at 5,978,600, up 1.8%; the Arab population numbers at 1,636,600, up 2.4%; and the rest of the population including Christians and non-Jews reached 318,000 people, up 1.3%. Israel’s Jewish population makes up 75% of the state’s total people.

In all, the Jewish state’s population increased by 96,300 people in 2012, a growth rate that did not diverge from the average rate in the past eight years.

Part of Israel’s population increase comes in part of the new immigrants that have arrived to the country. In 2011, Israel welcomed 16,892 new immigrants as citizens, with the largest populations coming from Russia (3,678), followed by Ethiopia (2,666), United States (2,363), Ukraine (2,051) and France (1,775).Israel’s population is relatively young compared to populations in other western countries, with 28% of the population aged 0-14. Israel’s life expectancy is one of the highest of the international Organization for Economic Cooperation and Development’s (OECD) 34 member states, with Jewish males’ life expectancy 4.2 years higher than their Arab counterparts.

The Central Bureau of Statistics also found that 40% of Israel’s population lives in the center of the country, with Tel Aviv as Israel’s densest region, while 17 % lives in the north, 14% in the south, 12% in Jerusalem and Haifa, and 4% in Judea and Samaria.

Over 47,885 couples married in Israel in the past year, of which 75% were Jewish and 21% Muslim. In 2011, there were 166, 296 babies born in Israel.The world’s principal religious populations divide as follows according to the Central Intelligence Agency (CIA) in 2012: Christians at 33% or 2.1 billion, Muslims at 24% or 1.65 billion, Hindus at 14% or 900 million, and Buddhists at 6% or 350 million. At least one billion people in the world do not ascribe to any religion at all.

Voir par ailleurs:

« Les musulmans sont-ils discriminés ? »
Philippe d’Iribarne
Le Figaro
26/11/2017

Un fort courant de pensée dénonce le mauvais accueil que l’Europe réserverait aux musulmans, contribuant aux difficultés d’intégration de ces derniers. Ce courant inspire nombre d’études affirmant que les musulmans sont victimes d’« islamophobie ». Une telle approche vient d’être illustrée par un rapport élaboré par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). Le texte, intitulé « Second European Union Minorities and Discrimination Survey. Muslims – Selected finding », (septembre 2017), analyse les réponses de 10 527 personnes qui s’identifient elles-mêmes comme musulmanes dans quinze pays de l’Union. Or, dès qu’on examine de près les données recueillies, on voit qu’elles conduisent à des conclusions bien différentes de ce que le rapport prétend démontrer. L’étude s’appuie uniquement sur des déclarations relatives à ce qui est ressenti par les personnes interrogées. Pourtant, ce qui est déclaré est identifié à ce qui advient effectivement. On trouve sans cesse des affirmations telles que : « Les musulmans ayant répondu rencontrent de hauts niveaux de discrimination », comme s’il s’agissait d’un fait avéré. Or, on trouve chez les personnes interrogées des conceptions très larges de ce qu’elles entendent par discrimination, en y incluant des différences de traitement conformes à la loi, liées à la nationalité. Rien n’est mis en œuvre dans l’étude pour savoir si une attitude globale plutôt hostile envers la société d’accueil pousserait certains à qualifier de discrimination des réactions fondées en réalité sur des raisons nullement discriminatoires, tel un déficit de compétence. De surcroît, ceux qui affirment que les musulmans en général sont discriminés sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se déclarent discriminés personnellement. Dans cette étude, en France, 75 % des musulmans déclarent qu’il existe une discrimination sur la base de la religion alors que seulement 20 % déclarent s’être sentis personnellement discriminés sur cette base au cours des cinq dernières années.

On trouve, en réponse aux mêmes questions, 72 % et 30 % en Suède, 59 % et 19 % en Belgique, 26 % et 10 % en Espagne, etc. La croyance, que l’on retrouve au sein de la population en général, selon laquelle les musulmans seraient discriminés en raison de leur religion outrepasse donc largement la réalité. Par ailleurs, « les musulmans » en général sont supposés traités sans distinction par les sociétés d’accueil, en tant que musulmans ou vraisemblablement musulmans. L’état même de musulman est censé engendrer une réaction négative. Dès sa première phrase, le rapport annonce : « Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez postulé pour un emploi ? Vous pouvez avoir craint que vos compétences informatiques soient insuffisantes, ou vous vous êtes tracassé à propos d’une faute d’orthographe dans votre CV. Mais, si vous êtes musulman ou d’origine musulmane et vivez dans l’Union européenne, votre nom peut suffire pour rendre certain que vous ne recevrez jamais d’invitation à un entretien d’embauche. » Or, en réalité, les données mêmes de l’enquête montrent qu’on observe, dans les pays de l’Union, des réactions très différenciées à l’égard de ceux qui se déclarent musulmans. Ce n’est nullement l’ensemble, ni même la majorité des musulmans qui déclarent s’être sentis discriminés du fait de leur religion, mais une petite minorité : 17 % dans les cinq ans précédant l’enquête. On retrouve ce même caractère minoritaire quand il s’agit de harcèlement (du regard perçu comme hostile à l’acte de violence physique), ou encore des rapports avec la police. Dans ce dernier cas, parmi les personnes qui se déclarent musulmanes et qui ont été interrogées, seulement 16 % des hommes et 1,8 % des femmes indiquent se sentir discriminés. En fait, on a affaire à plusieurs sous-populations suscitant des réactions très contrastées.

Tandis que la majorité ne se sent jamais discriminée, une minorité se sent discriminée à répétition – cinq fois par an en moyenne, jusqu’à quotidiennement pour une partie. Un tel contraste entre des groupes traités (ou qui se sentent traités) de manière aussi radicalement différente serait impossible si on avait affaire à une discrimination s’exerçant au hasard, liée au simple fait d’être musulman. Le rapport, en outre, fournit un ensemble de données distinguant les déclarations provenant de musulmans d’origines diverses (Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Turquie, Asie), hommes et femmes, et vivant dans les divers pays de l’Union étudiés. En moyenne, ceux qui viennent d’Afrique du Nord sont plus de deux fois plus nombreux que ceux venant d’Asie (21 %, contre 9 %) à se déclarer discriminés sur la base de la religion. On retrouve ces différences, encore plus amples, pour le harcèlement et les rapports avec la police. Or rien n’est dit sur ce que ces différences sont susceptibles de devoir à des divergences de manière d’être des personnes concernées. L’existence de limites au droit à l’expression des religions, spécialement dans l’entreprise, est bien notée. Mais il n’est jamais envisagé qu’une acceptation de ces limites chez les uns puisse coexister avec une rébellion à leur égard chez d’autres, cette différence d’attitude entraînant une différence de réactions des employeurs. Par ailleurs, les immigrés de seconde génération déclarent davantage rencontrer des réactions négatives du fait de leur religion que ceux de première génération (22 % contre 15 % pour les discriminations, 36 % contre 22 % pour le harcèlement). Mais il n’est jamais question, dans le rapport, de l’adoption, au sein de la seconde génération, d’une posture plus revendicative, susceptible de conduire à des comportements posant problème. En arrière-fond du rapport, la vision de l’intégration mise en avant est celle d’une « accommodation mutuelle » . Il est fait appel aux orientations du Conseil de l’Europe, « regardant l’intégration comme un processus dynamique à double sens d’accommodation mutuelle de tous les immigrants, y compris les musulmans, et des résidents » . Mais, en pratique, le rapport incite uniquement à réclamer une adaptation à la société d’accueil. Il est question de racisme, de xénophobie, de « crimes causés par la haine » . En réalité, l’interprétation qui paraît la plus sensée des données d’enquête est que la grande majorité des musulmans ne pose aucun problème à la société d’accueil ; et que, corrélativement, ses membres sont traités comme tout un chacun. C’est seulement une petite minorité qui est source de problèmes pour la société d’accueil et suscite, de ce fait, des réactions négatives. Il est vraisemblable que les membres de cette petite minorité, refusant de reconnaître ce qui est dû à leur manière d’être, se déclarent discriminés. En outre, l’interprétation, par le rapport, des sentiments à l’égard de la société d’accueil est toujours à sens unique. Les musulmans dans leur grande majorité déclarent se sentir à l’aise avec des voisins d’une religion différente ou prêts à voir leurs enfants épouser des non-musulmans. Selon le rapport, « presque tous (92 %) se sentent bien à l’idée d’avoir des voisins d’une autre religion » et presque un sur deux (48 %) n’aurait aucun problème « si un membre de sa famille épousait une personne non musulmane » . Ce fait est l’objet d’une interprétation laudative.

Le rapport dénonce, par contraste, les réactions peu favorables de l’ensemble de la population envers les musulmans, une personne sur cinq n’aimant pas avoir des musulmans parmi ses voisins et 30 % n’appréciant pas que son fils ou sa fille ait une relation amoureuse avec une personne musulmane. Selon le rapport, ces réponses prouvent que les musulmans sont plus ouverts et tolérants que les membres des sociétés d’accueil. Dans la comparaison ainsi faite, il n’est question que d’attitudes d’ouverture et de fermeture. L’étude ne porte aucune attention à la réalité des difficultés à vivre dans un univers où des personnes d’une autre culture peuvent tendre à imposer leurs mœurs. Il est bien noté, certes, que l’environnement institutionnel est sans doute meilleur dans les pays d’accueil que dans les pays d’origine et que cela peut intervenir dans le haut niveau de confiance que les personnes interrogées expriment envers les institutions du pays d’accueil. Mais l’intensité de la pression sociale dans certains quartiers où les musulmans tendent à régenter les tenues et les conduites n’est jamais évoquée. S’agissant du mariage, on ne trouve pas, dans l’étude, de questions séparées pour le mariage des filles et celui des garçons, alors que l’islam les distingue. On ne trouve pas davantage de mention des difficultés concrètes associées pour un non-musulman à un mariage avec un musulman : possibilité pour un conjoint musulman d’enlever les enfants en cas de séparation pour les amener dans un pays musulman, en étant protégé par la justice du pays en question ; pression à la conversion du conjoint non musulman. Quand des sentiments de haine sont évoqués par le rapport, c’est toujours envers les musulmans et jamais provenant d’eux. Il est question de « harcèlement provoqué par la haine » , de « harceleurs motivés par la haine » . La place que tient la haine envers l’Occident au sein du monde musulman n’est jamais évoquée. Le fait que ceux qui se déclarent le plus discriminés soient aussi ceux qui déclarent le moins d’attachement à la société d’accueil est interprété, comme si cela allait de soi, comme une relation de cause à effet. Ce serait ceux qui sont le plus discriminés qui, pour cette raison, s’attacheraient le moins à la société qui les accueille. Cette relation à sens unique est postulée, en particulier quand il s’agit de radicalisation islamiste. Il n’est pas envisagé qu’on ait affaire à un effet inverse : une attitude de rejet de la société d’accueil liée à une conception « dure » de l’islam, engendrant à la fois des comportements qui suscitent des réactions négatives et une tendance à interpréter ces réactions comme des discriminations. L’étude de l’Union européenne ne se demande jamais pourquoi il existe un tel contraste entre une grande majorité des musulmans qui déclare ne jamais se sentir discriminée et une petite minorité qui déclare l’être intensément. Ce contraste montre que l’on n’a pas affaire à des réactions globales à l’égard des musulmans en tant que tels, mais à des réactions différenciées, ce qui suggère que les manières d’être de chacun, considérées dans leur grande diversité, ont un rôle majeur. Pourtant l’étude affirme, comme si cela allait de soi, que les barrières à une pleine inclusion des musulmans dans les sociétés européennes ne sont imputables qu’à ces sociétés et sont exclusivement dues à « discrimination, harcèlement, violences motivées par la haine, fréquence des contrôles policiers ». Ce sont ces expériences qui peuvent à la longue réduire l’attachement des populations concernées au pays où elles résident, soutient l’étude. Le communiqué de presse diffusé à la suite de la parution de l’étude indique, comme première solution aux problèmes d’intégration des musulmans, « des sanctions efficaces contre les violations de la législation de lutte contre la discrimination » . Alors que l’intention affichée par l’étude, comme de manière générale à la famille d’études à laquelle elle appartient, est d’être au service d’une meilleure intégration des musulmans, son effet tend à être exactement inverse. Elle incite les musulmans à croire, à tort, que leurs efforts d’intégration sont vains et donc à nourrir du ressentiment et à les détourner d’accomplir de tels efforts. L’étude sert involontairement, par ailleurs, les stratégies des islamistes militants qui travaillent à la construction d’une contre-société islamique hostile aux pays d’accueil et plus généralement à l’Occident. *

Philippe d’Iribarne est l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs sont devenus des classiques, tels « La Logique de l’honneur. Gestion des entreprises et traditions nationales » (1989) et « L’Étrangeté française » (2006).

Voir par ailleurs:

La mobilité géographique des juifs de France
Aujourd’hui, plus que jamais, les juifs de l’Hexagone sont sur le départ. Mais tous ne mettent pas le cap sur Israël. Depuis une quinzaine d’années, ils sont des dizaines de milliers à avoir changé de quartier, poussés par l’hostilité de leurs voisins arabes, ou entraînés par une ascension sociale fulgurante
Bernard Edinger
The Jerusalem Post
January 5, 2016

Les quartiers multiethniques se vident peu à peu de leurs juifs. Ces quinze dernières années, le mouvement migratoire s’est accéléré : des communautés entières ont déserté les banlieues multiraciales de la capitale. Beaucoup ont quitté la France, entre autres pour Israël – les immigrants en provenance de l’Hexagone constituant désormais le plus grand groupe d’arrivants de l’Etat juif. Mais plus nombreux encore sont ceux qui ont changé de lieu de résidence pour rester en France, avec l’émergence de communautés flambant neuves dans des quartiers aisés comme l’élégant 17e arrondissement de Paris.

Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples, explique Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, l’un des principaux groupes de défense de la communauté juive. « Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens », poursuit Ghozlan, commissaire de police à la retraite, également président du Conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis.

Et de préciser : « La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. » Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître.
« En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour », pointe Ghozlan. C’est d’ailleurs dans un quartier délabré du centre de la localité que la police française a perquisitionné, le 18 novembre dernier, l’appartement dans lequel Abdelhamid Abaaoud – le cerveau islamiste présumé du massacre de 130 personnes quelques jours plus tôt à Paris – s’était retranché. C’est là qu’il a été traqué et tué, avec deux de ses complices. « Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département », affirme Ghozlan, qui partage désormais son temps entre la France et Israël.

Les attaques du 13 novembre, au Bataclan, au Stade de France et dans plusieurs cafés et restaurants populaires parisiens, n’ont pas eu lieu dans des quartiers juifs ou dotés d’institutions notables de la communauté. Peut-être parce que les synagogues et les écoles juives, protégées par des soldats français équipés de fusils d’assaut, n’auraient pas constitué une cible aussi « facile » que ces lieux de loisirs et divertissement, laminés sans opposition à l’arme automatique.

Quitter la banlieue à tout prix

Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays.

Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux.
Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration.

Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français.
Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés.

Cap sur le 17e, quartier chic

L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe. « Je suis venue ici en 1983, j’ai acheté mon cabinet dentaire avenue Niel et j’ai vu le quartier évoluer. Il y a deux ans, on a estimé la population juive du 17e à environ 40 000 personnes, soit à peu près 30 % des habitants de l’arrondissement. Et dans certains quartiers du 17e, le pourcentage est encore plus important, par exemple aux Ternes. Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerçant juif. Aux Batignolles, cela commence aussi », explique Murielle Schor, adjointe au maire du 17e et vice-présidente du Consistoire israélite de Paris.

Le Consistoire ne dénombre d’ailleurs pas moins de 29 restaurants, charcuteries et boulangeries cachers dans l’arrondissement. Un kiosque à journaux, installé sur l’élégante avenue de Wagram bordée d’arbres, affiche bien en évidence des publications juives comme Israël Magazine, L’Arche ou Actualité juive. Et la rue Jouffroy d’Abbans abrite de savoureuses épiceries fines, comme Berbèche et Charles Traiteur, cachers et spécialisés dans les délices d’Afrique du Nord. Sans oublier la librairie Beit Hasofer, qui vend des livres religieux et propose des services de vérifications de mezouzot. « Il n’y a pas d’incidents – nombre de juifs se promènent librement avec des kippas, sans crainte », conclut Schor.

Francine Zana, est un membre actif de la communauté juive. « Je suis arrivée dans le quartier au milieu des années 1980, venant du 20e arrondissement où des bandes d’Arabes et de Noirs se bagarraient entre eux et harcelaient les juifs. C’était très tendu. Comme je gagnais bien ma vie, je suis venue dans le 17e », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Il y avait très peu de juifs ici à l’époque. Mon mari, arrivé directement de Tunisie, avait créé une synagogue du nom de sa jeune sœur tuée dans un accident de voiture en Israël. Au départ, il y avait une quarantaine de fidèles. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus et de nouveaux membres se joignent à nous en permanence, originaires d’autres quartiers de Paris et de banlieue. »

Selon Murielle Schor, « le phénomène de l’ascension sociale de la communauté juive séfarade établie depuis les années soixante est fulgurant, on le mesure partout (…) Dans les 16e et 17e arrondissements, sur les plaques des médecins – un nom sur deux est à consonance juive, les docteurs, comme les dentistes. » Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités.
Murielle Schor note que les relations avec les églises locales sont excellentes. Certains voisins non juifs se plaignent toutefois auprès de la municipalité de l’arrondissement de ces voitures garées en double voire triple file, à proximité des magasins d’alimentation juifs peu avant chabbat. « Rue Barye, les gens rouspètent car les juifs font du bruit en sortant de la synagogue. Ce n’est pas de l’antisémitisme, mais parfois, néanmoins, je ressens un peu le ras-le-bol des riverains quand les portes et les fenêtres des synagogues restent ouvertes. Rue Fortuny, il y avait un immeuble où se tenaient les réceptions de mariages et de bar-mitsvot. Les voisins étaient furieux quand les invités sortaient dans la rue le dimanche soir en faisant du bruit à deux heures du matin. La rue était en ébullition. »

Pas tous des nantis

Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. L’Etat français a contribué au projet à hauteur de 2,7 millions d’euros, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présidé en juin dernier, aux côtés de la maire de Paris Anne Hidalgo, un dîner organisé par la communauté juive dans le but de lever des fonds privés supplémentaires.

Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs.

Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris, dont Albert Myara préside la communauté. Il est également le secrétaire général du Conseil des communautés juives du Val-de-Marne et coordinateur des CCJ de la région parisienne.
« Ici, au Kremlin-Bicêtre, de nombreuses familles sont parties qui ne supportaient plus l’atmosphère ambiante. Et nous ne sommes pourtant pas une des villes les plus sinistrées, l’immobilier reste cher, on y trouve un certain niveau de vie, mais la proportion d’immigrés musulmans est devenue très importante. Sur 25 000 habitants, on compte facilement 25 % de musulmans. Jusqu’aux années 1990, 10 % de la population était juive, aujourd’hui nous ne sommes que 5 ou 6 % », explique Myara.
L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes, et un magasin expose les tenues traditionnelles des femmes musulmanes, y compris des robes de style burqa. Beaucoup de passants conversent en arabe. « Les juifs n’ont pas supporté ces changements de physionomie sociale, cette insécurité, et sont partis dans les beaux quartiers. Ici, une dizaine de familles ont fait leur aliya et une cinquantaine ont déménagé vers des zones plus hospitalières, comme Neuilly, Levallois, Issy-les-Moulineaux, des quartiers où l’antisémitisme est tout à fait infime », poursuit-il.

L’évolution démographique de la communauté juive française a fortement affecté le système scolaire juif privé, autrefois florissant, ajoute Michel Elbaz, directeur de l’action sociale au FSJU, qui chapeaute les associations d’entraide juive en France. Avec le départ de certaines familles vers d’autres quartiers ou vers Israël, des écoles juives ont dû fermer ou regrouper des classes, explique-t-il.
On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane.

Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français.

Voir enfin:

Le 17ème : nouveaux venus dans un arrondissement très branché

Depuis l’installation croissante de nombreuses familles juives, le 17e a le vent en poupe. Enquête.

Alain Chouffan

Depuis des années, on le sait, les juifs de France sont inquiets. Beaucoup partent en Israël. D’autres, poussés par l’hostilité de leurs voisins arabes, déménagent de la banlieue vers Paris, pour des quartiers où il fait bon vivre comme dans l’élégant 17e.

Et ils sont nombreux ! « 60 000 des 350 000 juifs de Paris et sa région ont déménagé ces dix dernières années, diagnostique Sammy Gozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme. Les communautés juives de banlieues ont été complètement désertées Des synagogues sont sur le point de fermer. Comme à Saint-Denis, La Courneuve, Peyrefitte, Stains, Villepinte, Aulnay sous-bois, Bagnolet, Blanc-Mesnil. Un grand nombre de juifs sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions, d’agressions physiques. »

Alors déménager ? Oui, pour aller où ? À Paris, de préférence. « On compte, grosso modo, deux grands axes de regroupement de cette population de banlieue, analyse Haïm Korsia, Grand rabbin de France : à l’Ouest, le 17e arrondissement qui est en pleine expansion, a fédéré autour de lui le 16e, Neuilly et Boulogne. À l’Est, autour du 12e arrondissement, s’ajoutent Saint-Mandé, Vincennes, et Charenton. » La sécurité a-t-elle joué un rôle majeur dans ces migrations qui ont, finalement, redessiné l’implantation juive à Paris et en Ile-de-France ? Bien sûr, mais ce n’est pas l’unique motif. Jérôme Fourquet y rajoute une « logique d’ascension sociale ». Selon le directeur du département Opinion de l’IFOP « certains sont amenés à quitter la banlieue pour habiter dans des quartiers au cadre de vie plus agréable. Généralement, au terme d’une vie bien remplie et surtout quand le statut social s’est élevé. Ce parcours résidentiel d’ascension sociale n’est pas évidemment spécifique à la population juive. Cependant, le départ de familles juives du 93 vers Paris, notamment le 17e arrondissement, ou vers des communes aisées des Hauts-de-Seine (Levallois, Neuilly) ou du Val-de-Marne que sont Vincennes et Saint-Mandé, renvoie pour partie à ce phénomène. Il en va de même, par exemple, de certains déménagements de Sarcelles ou Garges vers Saint-Brice, dans le Val d’Oise, ou de Créteil vers la ville de Saint-Maur-des Fossés. Ces mouvements de population sont souvent numériquement conséquents et parfois se voient car ils changent la physionomie de certaines villes. » (1)

Cette volonté de jouir d’un cadre de vie plus agréable, pour soi et sa famille, explique cet engouement pour le 17e arrondissement. « C’est sûr que si je ne gagnais pas bien ma vie, je n’aurais jamais pu habiter le 17e arrondissement. Croyez-moi, c’est cher ! », avoue ce jeune publicitaire de 45 ans qui a créé sa propre agence de pub et qui habite rue de Courcelles. C’est vrai que l’ascension sociale de la communauté juive séfarade, établie depuis les années soixante, est fulgurante. « On le mesure partout ! Dès qu’une boutique se libère, elle est prise par un commerce juif !, confirme Murielle Schor, chirurgien-dentiste, doyenne du 17e, adjointe au maire, la plus connue, et la plus militante de cet arrondissement. On le constate aussi dans les 16e et 17e arrondissements sur les plaques des médecins, comme des dentistes ? Quand j’ai ouvert mon cabinet de chirurgien-dentiste en 1983, avenue Niel, ce quartier était mort. Ma clientèle était composée de plusieurs noms à particules. Des nobles ! Et j’avais seulement un petit noyau de juifs. Et, petit à petit, ces dix dernières années, ma clientèle juive s’est agrandie. »

André Cohen fait partie de ce noyau. Quand ce kinésithérapeute de 60 ans a pris, en 1997, la décision de s’installer dans le 17e, il habitait Sarcelles depuis plus de vingt ans. « Nous étions une famille heureuse, raconte-t-il avec nostalgie. Toutes les grandes marques parisiennes étaient représentées, et les écoles étaient performantes. Nous n’avions même plus besoin de descendre à Paris ! Nous formions une communauté solidaire et joyeuse. Sarcelles était l’antichambre de Paris ! Petit à petit, une petite délinquance s’est développée, laquelle a entraîné la fermeture de ces grands magasins qui étaient le joyau de Sarcelles. Tout a disparu en cinq ans. Et nous sommes partis. » Mais, il a voulu garder, à Sarcelles, son cabinet de kinésithérapeute. De porte-à-porte, de mon cabinet à la maison, il y a exactement vingt minutes. Beaucoup de médecins, dentistes, kinés ont gardé leurs cabinets à Sarcelles et habitent le 17e. Ici nous sommes respectés et nous avons nos habitudes. La communauté s’est regroupée. Nous avons une vie sociale intéressante. Le salon Hoche où nous nous retrouvons pour Kippour, et le parc Monceau pour nos promenades. De petites échoppes chinoises de manucures et de pédicures, bon marché, se sont incrustées entre les commerces. »

Depuis l’installation croissante de nombreuses familles juives, le 17e a le vent en poupe. C’est Françoise de Panafieu, l’ancienne maire (2001-2008) du 17e qui a favorisé et facilité l’arrivée des juifs dans ce quartier. « On compte aujourd’hui 40 000 juifs pour 171 000 habitants de l’arrondissement, soit 23 %, affirme Brigitte Kuster qui lui a succédé (2). Pourquoi ont-ils choisi le 17e ? Disons que les juifs de France s’y sentent bien, et surtout se sentent protégés. Mais je souhaite que les commerces soient un peu mieux répartis. Et qu’on ne refasse pas la rue des Rosiers ! Je fais un énorme travail pour entretenir un excellent lien entre les communautés. Le rabbin Haïm Korsia a débattu avec le curé Stéphane Biaggi dans le cadre du Lyons Club. Et au moment de l’attentat contre l’Hypermarché, le lycée Blanche de Castille a ouvert sa cour aux enfants de l’Ecole juive moderne. »

Ce quartier huppé du sud du 17e a tout pour séduire les nouveaux venus. De grands boulevards, un parc Monceau aux allures de Central Park où courent des joggers tout au long de la journée, des immeubles cossus, plus de 30 restaurants casher – à peine moins que dans le 19e arrondissement –, quatre boucheries, 3 épiceries fines, 2 pâtisseries, une librairie Beit Hassofer, et l’impressionnant Musée Nissim de Camondo des frères Pereire au XIXe siècle. Sans oublier, trois écoles juives qui totalisent plus de 800 élèves. « Pour n’en citer qu’un seul exemple, l’Ecole juive moderne, ses effectifs sont en progression constante : ouverte en septembre 2007 avec 22 enfants, elle compte aujourd’hui plus de 160 enfants, précise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire au FSJU.

Tous les établissements scolaires juifs, depuis janvier 2015, sont sous haute surveillance : rondes de militaires, cours pour préparer les enfants au pire, formation des parents à la vigilance… En effet, des équipes volontaires de parents protecteurs, créées en 2012, après la tuerie de l’école Ozar Hatorah, sont organisées par le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), et qui assure, en liaison avec la police, la sécurité des lieux juifs dans l’Hexagone. Dans le 17e, c’est l’opération Sentinelle qui est déployée, explique un membre du ministère de l’Intérieur qui veut garder l’anonymat. Devant les écoles, une garde statique de 3 militaires en armes pendant la durée des cours de 8 heures 30 à 16 heures 30. Dans tous les lieux publics, des patrouilles circulent, pour tout couvrir, sans passer au même endroit, au même moment, sinon ça ne sert à rien de patrouiller. Mais je ne peux vous en dire plus ! »

Alors, des gens heureux dans cet écrin bourgeois du 17e ? Sans doute. À voir tous ces jeunes, assis autour d’une table, chez Schwartz Deli, un delicatessen new-yorkais, avenue Niel, et dont ils ont fait leur quartier général le week-end, on pourrait le penser. « C’est pour moi, l’arrondissement le plus branché de Paris », s’exclame d’une voix enjouée, Johanna, 20 ans, étudiante en droit, tout en continuant à manger un cheese cake qu’elle trouve « grave bon ». Un bonheur qui se reflète aussi sur le visage de Francine Zana dont le mari gère les synagogues de la rue Barye, et qui habite le 17e depuis 1986.

« Au début, raconte-t-elle, mon mari avait une petite synagogue, qui n’existe plus, où nous étions une quarantaine de membres. Aujourd’hui, nous sommes dix fois plus ! 400 membres ! C’est incroyable ! » « On compte, ici, une vingtaine de synagogues, toutes fréquentées », précise Haïm Korsia qui sait de quoi il parle puisqu’il habite le 17e, qu’il trouve plus accessible, « car on y trouve ce qu’on veut, des écoles de bons niveaux comme le Lycée Carnot, de nombreux restaurants cashers, et surtout nous avons une bonne qualité de vie. »

Isabelle Castro, 54 ans, décoratrice d’intérieur, y habite depuis une vingtaine d’années. Si elle a choisi cet arrondissement, c’est parce qu’il lui permet de retrouver son identité juive. Jusque-là, elle n’en éprouvait pas le besoin. Elle s’en explique : « Nous étions avant tout des Français juifs. Mais depuis la violente vague d’antisémitisme qui a déferlé en France avec les affaires Ilan Halimi, Mérah, l’Hyper Cacher, et bien d’autres, nous avons été déçus d’être considérés de cette façon. Alors forcément, nous cherchons à nous regrouper, à être solidaires, à vivre en communauté. Du communautarisme dites-vous ? Oui, mais comment voulez-vous faire autrement ? Je n’étais pas particulièrement pratiquante quand je suis arrivée ici, mais je le suis devenue depuis que j’y habite. En mangeant casher, je veux vivre pleinement mon judaïsme. Et cet arrondissement m’offre cette possibilité ! ».

Installé depuis plus de 31 ans, le restaurant Nini est à lui tout seul une institution. Par sa notoriété, il rayonne dans tout l’arrondissement. « Tout est parti d’ici, dit fièrement le patron, Nini Laloum, un Tune jovial et accueillant. Quand j’ai ouvert ici, rue Saussier Leroy, j’étais le seul restaurant casher Beth Din, uniquement tunisien ! Puis tout autour, se sont installés d’autres restaurants comme le Rendez-vous ou La Corniche, des synagogues, des agences de voyages, des boucheries, des écoles. Sans doute cela a-t-il incité beaucoup de juifs à venir. » Il se lève pour chercher son livre d’or et s’exclame : « Regarder bien ! Tout le beau monde est venu chez moi : Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Patrick Bruel, Vincent Lindon, Richard Berri, Sarkozy, Lionel Jospin. La liste est longue… Pourquoi viennent-ils ? Parce que c’est Nini ! Nous avons une clientèle fidèle. J‘en suis à ma 4e génération ! Viennent à nous des jeunes dont on a connu l’arrière-grand-mère ! »

Si avec 40 000 juifs, le 17e compte le plus grand rassemblement de juifs de France, son caractère va encore s’intensifier avec… l’ouverture du Centre Européen du Judaïsme (CEJ), fin 2017. Un complexe pharaonique dont la construction a déjà commencé ! 4 900 m2, à l’angle de la commerçante rue de Courcelles et du boulevard Reims, avec des salles modulables pour les mariages et les fêtes, des salles d’expositions, un gymnase, un théâtre, une grande synagogue, un mikvé, une grande terrasse pour accueillir une soucca, une bibliothèque, une médiathèque, et même un jardin ! Coût : 10 millions d’euros, dont une contribution de 2,7 millions de l’État français. « Est-ce le bon moment pour construire ? », s’interroge Joël Mergui, Président du Consistoire de France pour qui ce Centre est l’aboutissement institutionnel de 2 000 ans de présence juive en France. « Oui, je le pense. Personne n’a le droit de juger ceux qui partent mais personne n’a le droit de décider de l’avenir de la majorité qui reste. Ce nouveau bâtiment, lieu de vie, et symbole d’espoir, montre que nous et personne d’autre, possédons cet avenir. Il ajoute que ce que le nazisme n’a pas réussi, l’islamisme radical n’y parviendra pas non plus, les juifs ne disparaîtront pas d’Europe. Nous, juifs français qui représentons la plus importante communauté juive d’Europe, voulons croire en l’avenir d’un Judaïsme européen bimillénaire ».

Pour Murielle Schor, qui accompagne le projet depuis dix-sept ans, c’est la « réalisation d’un rêve et d’une intuition » que tous les maires de la capitale ont soutenu depuis qu’est née la possibilité d’avoir ce terrain. Le 29 juin 2015, un « dîner des donateurs » a eu lieu dans les salons de l’Hôtel de Ville (3) où les recevait Anne Hidalgo pour qui « Paris a une âme juive et une culture juive ». Parmi les invités, Brigitte Kuster, bien sûr, qui a « beaucoup aidé à faire avancer le projet et qui se félicite aujourd’hui de voir la réalisation d’un centre culturel et cultuel juif », les ministres Bernard Cazeneuve, Christiane Taubira et Harlem Désir, Moshe Kantor, Président du Congrès juif européen, Anne Sinclair, directrice éditorialiste du Huffington Post, qui pense que « notre place est ici, la tête haute et la parole libre.Bâtir ce Centre Européen, ouvert, culturel, tolérant du judaïsme, en ces temps troublés est une initiative très symbolique que je soutiens avec force ». Maurice Lévy, Président du directoire Publicis, Claude Berda (AB production), Mara Carfagna, députée italienne, Jean-Claude Darmon, Sydney Tolédano (groupe Dior), David de Rothschild, Alexandre Elicha (The Kooples) ou Enrico Macias. Les noms des Fondateurs seront gravés sur un mur de pierres de Jérusalem. Enfin, François Hollande, recevant le jour même à l’Élysée, Moshé Kantor, lui déclarait en évoquant le CEJ (4) : « C’est la meilleure réponse pour ceux qui pensent que l’avenir des Juifs de France est ailleurs. Les Juifs français méritent de vivre ici, de rester ici, et être sûrs et en sécurité. » Un ensemble de déclarations qui rassureront, certainement, les plus inquiets….

(1) Jérôme Fourquet/Sylvain Manternach, L’an prochain à Jérusalem ? » Editions de l’Aube. Un livre sur les inquiétudes des juifs de France qui n’ont cessé de croître depuis une trentaine d’années.

(2) Auteur du livre Madame le ou la maire ? Appelez-moi Brigitte (Editions Panthéon)

(3) Deux siècles après l’Assemblée des notaires et le grand Sanhédrin qui participèrent à la fondation du judaïsme français et à la naissance du Consistoire.

(4) Times of Israël. Juillet 2015.


Affaire Weinstein: Attention, une histoire peut en cacher une autre (A new manifestation of a much older story)

23 octobre, 2017

Alfred Hitchcock and Tippi Hedren, arrive at the festival theatre in Cannes, France, for the screening of The Birds in 1963

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Thémistocle offrait un sacrifice devant la trière amirale, quand on amena trois prisonniers de guerre d’une grande beauté, magnifiquement vêtus et couverts de bijoux. C’étaient, disait-on, les fils de Sandacè, la sœur du Grand Roi, et d’Artayctès. Le devin Euphrantidès les aperçut […], il saisit la main de Thémistocle et lui ordonna de consacrer les jeunes gens et de les immoler tous à Dionysos Mangeur de chair crue, en donnant à entendre le vœu de cette divinité. Un tel sacrifice, disait-il, assurerait aux Grecs le salut et la victoire. Thémistocle en fut stupéfait, comme par une prophétie grande et terrible ; mais la multitude, comme souvent dans les graves dangers et les situations difficiles, espérait son salut de l’irrationnel plus que des voies raisonnables : invoquant le dieu d’une seule voix, elle poussa les prisonniers devant l’autel, et força Thémistocle à accomplir le sacrifice, comme le devin l’avait ordonné. Plutarque
Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain; tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. Deutéronome 5: 21
Si le Décalogue consacre son commandement ultime à interdire le désir des biens du prochain, c’est parce qu’il reconnait lucidement dans ce désir le responsable des violences interdites dans les quatre commandements qui le précèdent. Si on cessait de désirer les biens du prochain, on ne se rendrait jamais coupable ni de meurtre, ni d’adultère, ni de vol, ni de faux témoignage. Si le dixième commandement était respecté, il rendrait superflus les quatre commandements qui le précèdent. Au lieu de commencer par la cause et de poursuivre par les conséquences, comme ferait un exposé philosophique, le Décalogue suit l’ordre inverse. Il pare d’abord au plus pressé: pour écarter la violence, il interdit les actions violentes. Il se retourne ensuite vers la cause et découvre le désir inspiré par le prochain. René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée. Proust
Vous nous avez fait faire tout ce chemin pour nous montrer quoi: un triangle à la française ? Eglinton (Ulysse, James Joyce)
Elle était belle comme la femme d’un autre. Paul Morand
En 1974, un accident de la circulation impliquant le président Giscard d’Estaing, qui conduisait lui-même une voiture aux côtés d’une conquête, au petit matin dans une rue de Paris avait fait les titres de la presse satirique. (…) Mitterrand, entre deux dossiers, consacrait beaucoup de temps à son harem. Chirac nommait ses favorites au gouvernement. Ses disparitions nocturnes entraînaient l’inévitable question de Bernadette : « Savez-vous où est mon mari ce soir? » C’est ainsi: en France, sexe, amour et politique sont indissociables. Sexus Politicus
From the day the McMartin Pre-School molestation story broke on KABC-TV, on Feb. 2, 1984, the media have been major players in the story, influencing events as well as chronicling them, both by the stories they have published and broadcast and by the stories they haven’t. That is the conclusion of a three-month Times investigation completed and, except for a few relatively minor changes, written before the jury verdicts were announced Thursday. (…) Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Ca fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit. Frédéric Mitterrand
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)

J’étais chaque fois avec des gens de mon âge ou de cinq ans de moins. (…) Que vienne me jeter la première pierre celui qui n’a pas commis ce genre d’erreur. Parmi tous les gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n’aurait pas commis ce genre d’erreur au moins une seule fois ? (…) « Ce n’est ni un roman, ni des Mémoires. J’ai préféré laissé les choses dans le vague. C’est un récit, mais au fond, pour moi, c’est un tract : une manière de raconter une vie qui ressemble à la mienne, mais aussi à celles de beaucoup d’autres gens.
 Frédéric Mitterrand
La rumeur, Frédéric Mitterrand, c’est qu’on dit ‘Frédéric Mitterrand, il aime les petits garçons. On dit, il est pédophile’. Franz-Olivier Giesbert
C’est pas vrai. Quand les gens disent les garçons, on imagine alors les petits garçons. Ça fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit qui fait que l’on veut toujours noircir le tableau, ça n’a aucun rapport. (…) Evidemment, je cours le risque de ce genre d’amalgame. Je le cours d’autant plus facilement ce risque-là puisqu’il ne me concerne pas. (…) Il faudrait que les gens lisent le livre et ils se rendraient compte qu’en vérité c’est très clair. Frédéric Mitterrand (émission « Culture et dépendances », le 6 avril 2005)
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
He told me this is how things work in Hollywood and all of the actresses that have made it have made it this way. He told me first I would have sex with him, then he would take me to parties and show me who I would sleep with after that. I didn’t think anyone would believe me. I was nobody. Why would they? Heather Kerr
J’ai honte de n’avoir rien dit à ce moment-là […] J’imagine que c’était parce que ça ne m’étais pas arrêtée à moi et donc je pensais que ce n’était pas à moi de le dire. (…) J’ai rencontré Weinstein quand j’étais déjà âgée, mais il s’intéressait plutôt aux jeunes femmes parce qu’elles sont plus vulnérables. Jane Fonda
C’était plus que les rumeurs habituelles, les ragots. (…) Je savais qu’il avait fait plusieurs de ces choses. (…) J’en savais suffisamment pour réagir plus que ce que j’ai fait. (…) ‘aimerais avoir agi de façon responsable après ce que j’ai entendu. Pour faire ce que j’aurais dû faire, il aurait fallu que je ne travaille pas avec lui. Quentin Tarantino
Let us now consider the peculiar politics of Harvey Weinstein, the disgraced movie producer. Today Weinstein is in the headlines for an astonishing array of alleged sexual harassment and assaults, but once upon a time he was renowned for something quite different: his generous patronage of liberal politicians and progressive causes. This leading impresario of awful was an enthusiastic supporter of Barack Obama and Hillary Clinton. He was a strong critic of racism, sexism and censorship. He hosted sumptuous parties to raise money for the fight against Aids. In 2004 he was a prominent supporter of a women’s group called “Mothers Opposing Bush”. And in the aftermath of the terrorist attack against the French magazine Charlie Hebdo, he stood up boldly for freedom of the press. Taking to the pages of Variety, Weinstein announced that “No one can ever defeat the ability of great artists to show us our world.” To call this man a hypocrite is to state the obvious. This champion of women is now accused of sexual harassment on an epic scale. This defender of the press was excellent at manipulating it and on one memorable occasion is said to have physically roughed up a reporter asking tough questions. (…) What explains Weinstein’s identification with progressive causes? Perhaps it was all about cozying up to power, the thrill of being a friend of Bill Clinton. Perhaps it was all about moral absolution, in the same way that lists of corporations-that-care always turn out to be led by outfits like Walmart, Goldman Sachs and Exxon-Mobil. In the world of the wealthy, liberalism is something you do to offset your rapacious behavior in other spheres. It’s no coincidence that, in Weinstein’s desperate first response to the accusations against him, he thought to promise war against the National Rifle Association and to support scholarships for women. But it’s also something deeper than that. Most people on the left think of themselves as resisters of authority, but for certain of their leaders, modern-day liberalism is a way of rationalizing and exercising class power. Specifically, the power of what some like to call the “creative class”, by which they mean well-heeled executives in industries like Wall Street, Silicon Valley and Hollywood. Worshiping these very special people is the doctrine that has allowed Democrats to pull even with Republicans in fundraising and that has buoyed the party’s fortunes in every wealthy suburb in America. That this strain of liberalism also attracts hypocrites like Harvey Weinstein, with his superlative fundraising powers and his reverence for “great artists”, should probably not surprise us. Remember, too, that Weinstein is the man who once wrote an essay demanding leniency for Roman Polanski, partially on the grounds that he too was a “great artist”.  Harvey Weinstein seemed to fit right in. This is a form of liberalism that routinely blends self-righteousness with upper-class entitlement. That makes its great pronouncements from Martha’s Vineyard and the Hamptons. (…) Countless people who should have known better are proclaiming their surprise at Harvey Weinstein’s alleged abuses. But in truth, their blindness is even more sweeping than that. They are lost these days in a hall of moral mirrors, weeping tears of admiration for their own virtue and good taste. Thomas Frank
Hollywood a du mal à expliquer comment l’une de ses personnalités les plus célèbres a pu s’en sortir en toute impunité en agissant de la sorte depuis si longtemps. (…) Est-ce l’équivalent à Hollywood du « mur du silence » en matière policière, ou bien y a-t-il quelque chose de plus clinique à l’œuvre ? Une réponse possible se trouve dans les résultats de récentes études en psychologie. Selon des scientifiques aux États-Unis et en Israël, il existe certains traits de personnalité, les « trois composantes obscures » du narcissisme, de la psychopathie et du machiavélisme, qui sont le plus souvent associées à un comportement sexuellement violent. Une découverte intéressante dans les résultats de cette recherche, publiée en 2016 dans le journal Personality and Individual Differences (La personnalité et les différences individuelles), c’est que les traits de personnalité associés à un penchant au harcèlement peuvent être des « adaptations psychologiques spécialisées » qui permettent aux individus d’exploiter des « niches » dans la société. En d’autres termes, certains prédateurs sexuels pourraient faire carrière dans certains secteurs d’activité spécifiques qui leur permettent d’exploiter les autres. Les chercheurs ont également constaté que la disposition qui motive la réussite d’une personne peut également comprendre certains traits de personnalité qui expliquent sa tendance à exploiter les autres. Les traits nécessaires pour remporter les Academy Awards, par exemple, peuvent être semblables aux traits d’une personne qui recherche un grand nombre de partenaires sexuels et des relations qui nécessitent peu d’engagement.En ce sens, cette étude suggère que nous ne devrions pas être surpris de retrouver un parallèle semblable dans bien d’autres aspects de la société. Ce n’est pas seulement à Hollywood que les caractéristiques qui font d’une personne une star peuvent faire de la même personne un agresseur. (…) Lorsque les agresseurs sont démasqués, ils cherchent souvent à rejeter leur responsabilité. Prétendre souffrir d’un trouble tel que « l’addiction sexuelle » ou suivre un programme de réadaptation dans une clinique de réadaptation pour un « traitement », comme Weinstein vient apparemment de le faire, correspond à une réponse machiavélique classique. Si les allégations se confirment, Weinstein serait un exemple extrême d’agresseur aux « trois composantes obscures ». Mais cette combinaison de traits de caractère n’est pas si rare. En fait, de puissants prédateurs pourraient bien rôder en ce moment même autour de la machine à café. Selon une enquête de 1994 menée sur les employés du gouvernement fédéral des États-Unis, citée dans l’étude sur les « trois composantes obscures », 44 % des femmes et 19 % des hommes parmi les employés ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail au cours deux années précédentes. Comme nous le rappellent les auteurs de l’étude de 2016, le harcèlement sexuel ne consiste pas toujours à essayer d’obtenir des faveurs sexuelles. Mais ce sont plutôt des motivations psychologiques, notamment le besoin d’accroître le sentiment d’estime de soi, l’attrait, ou la masculinité, qui peuvent conduire à des conduites d’abus de pouvoir de la part des prédateurs, lors de rapports visant à dominer ou à rabaisser les autres. Ce qui peut être particulièrement utile pour comprendre l’affaire Weinstein, quelle qu’en soit l’issue, c’est que Hollywood est bel et bien une bulle d’énergie narcissique. Les psychologues pourraient soutenir que cette caractéristique explique l’aveuglement dont certains ont fait preuve envers les soupçons de comportement pervers de l’un de leurs collègues. Le harcèlement sexuel est la priorité immédiate dans l’affaire Weinstein, comme il se doit, étant donné la gravité des soupçons de crimes et la détresse infligée aux victimes. Mais pour les psychologues qui cherchent à comprendre l’apparente connexion entre le succès et les maltraitances, l’apparente chute Weinstein n’est que la partie émergée d’un iceberg d’analyse.
L’exploitation est omniprésente dans le cinéma, c’est pourquoi nous devons lui refuser notre soutienCes projets au budget faramineux donnent à certains un pouvoir immense, utilisé pour briser des jeunes femmes. On devrait refuser d’exposer nos esprits à ce genre de choses. Si vous voulez des histoires à visage humain, lisez un livre. Ann Althouse
Combien de secteurs disposent d’un terme précis pour désigner l’échange de faveurs sexuelles contre un emploi ? interroge John Podhoretz. Est-ce un hasard si la pratique est tellement répandue dans le milieu du cinéma qu’elle a donné lieu à la locution ‘casting couch’, [un équivalent de notre ‘promotion canapé’] ? Dans combien de secteurs organise-t-on des réunions dans des chambres d’hôtel en dehors des heures de bureau ? Et lors de ces rendez-vous, dans combien de secteurs un patron dit-il à une jeune femme qu’elle ne doit pas hésiter à se dénuder devant lui, car l’emploi qu’elle brigue exigera d’elle qu’elle soit nue face à des millions de personnes ? John Podhoretz
The commentariat’s reaction to the Weinstein revelations has been desperately confused, and for once, the confusion is constructive, because there are strange ideological and moral convergences. The most extreme argument has it that he’s really not a unique monster, that every working woman in America has encountered a Weinstein, and that the problem derives from a culture of “toxic masculinity.” This attitude is an outgrowth of the now-fashionable view that there have been no real gains for women and minorities over the past half-century, that the gains are illusory or tokenish, and that something more revolutionary is required to level the playing field. As a matter of fact in the Weinstein case, this view is false. Women have indeed encountered boors and creeps in their workplaces. But a wolf-whistler is not a rapist. Someone who leers at a woman isn’t the same as someone who masturbates in front of her. Coping with grotesque and inappropriate co-workers and bosses is something every human being, regardless of gender, has had to deal with, and will have to deal with until we are all replaced by robots. It’s worse for women, to be sure. Still, no one should have to go through such experiences. But we all have and we all do. It’s one of the many unpleasant aspects of being human. Still, the extreme view of “toxic masculinity” contains a deeper truth that is anything but revolutionary. It takes us right back to Hobbes. His central insight—indeed, the insight of civilization itself—is that every man is a potential Weinstein. This clear-eyed, even cold-eyed view of man’s nature is the central conviction of philosophical conservatism. Without limits, without having impressed upon us a fear of the legal sanction of punishment or the social sanction of shame and ostracism, we are in danger of seeking our earthly rewards in the state of nature. The revolutionary and the conservative also seem to agree there’s something viscerally disturbing about sex crimes that sets them apart. But here is where the consensus between us breaks down. Logically, if the problem is that we live in a toxic culture that facilitates these crimes, then the men who commit them are, at root, cogs in an inherently unjust system. The fault ultimately is the system’s, not theirs. Harvey Weinstein is an exceptionally clever man who spent decades standing above and outside the system, manipulating it and gaming it for his own ends. He’s no cog. Tina Brown once ran Weinstein’s magazine and book-publishing line. She wrote that “strange contracts pre-dating us would suddenly surface, book deals with no deadline attached authored by attractive or nearly famous women, one I recall was by the stewardess on a private plane.” Which means he didn’t get into book publishing, or magazine publishing, to oversee the production of books and articles. He did it because he needed entities through which he would pass through payoffs both to women he had harassed and molested and to journalists whose silence he bought through options and advances. His primary interest wasn’t in the creation of culture. It was the creation of conditions under which he could hunt. Which may explain his choice of the entertainment industry in the first place. In how many industries is there a specific term for demanding sexual favors in exchange for employment? There’s a “casting couch”; there’s no “insurance-adjustor couch.” In how many industries do people conduct meetings in hotel rooms at off hours anyway? And in how many industries could that meeting in a hotel room end up with the dominant player telling a young woman she should feel comfortable getting naked in front of him because the job for which she is applying will require her to get naked in front of millions? Weinstein is entirely responsible for his own actions, but his predatory existence was certainly made easier by the general collapse of most formal boundaries between the genders. Young women were told to meet him in private at night in fancy suites. Half a century earlier, no young woman would have been permitted to travel alone in a hotel elevator to a man’s room. The world in which that was the norm imposed unacceptable limitations on the freedoms of women. But it did place serious impediments in the paths of predators whose despicable joy in life is living entirely without religious, spiritual, cultural, or moral impediment. Hobbes was the great philosopher of limits. We Americans don’t accept his view of things; we tend to think better of people than he did. We tend to believe in the greater good, which he resolutely did not. We believe in self-government, which he certainly did not. But what our more optimistic outlook finds extraordinarily difficult to reckon with is behavior that challenges this complacency about human nature. We try to find larger explanations for it that place it in a more comprehensible context: It’s toxic masculinity! It’s the residue of the 1960s! It’s the people who enabled it! The truth is that, on occasion—and this is one such occasion—we are forced to come face to face with the worst of what any of us could be. And no one explanation suffices save Hamlet’s: “Use every man after his desert, and who should ’scape whipping?” John Podhoretz
Exiling one mogul won’t bury this question: If people realize the system is exploitative and inhuman, will they still watch movies? For his misbehavior, film mogul Harvey Weinstein has been expelled from the Academy of Motion Picture Arts and Sciences. This is a pretty big deal, considering that director Roman Polanski, who pleaded guilty to rape charges involving a 13-year-old girl, is still a member. Hollywood has stood by Polanski for decades, even as other rape accusations surfaced. Whoopi Goldberg famously remarked eight years ago that his crime, in which he drugged and anally raped the girl, wasn’t “rape-rape.” Yet Hollywood has turned, with blinding speed, on Weinstein. He has been cast out in a way that previous Hollywood figures have not.  Why is this? I think it’s because Weinstein wasn’t as unusual as they’d like us to believe. I think it’s because Hollywood has figured out that the world is different now, and that the tame entertainment press and Hollywood publicists can’t control stories anymore. I think it’s because they hope that if they’re hard enough on Weinstein, the story will go away and the public won’t realize that he was part of an ecosystem of exploitation, part of business as usual, not a departure from it. They aren’t turning on Weinstein because they suddenly found out what he was like. They always knew. They’re turning on Weinstein because America found out what he was like, and they’re hoping to distract people before they draw the correct conclusion about what Hollywood in general is like. I don’t think it will work. Harvey Weinstein is a very large man, but he is not large enough to carry away all of Hollywood’s sins. (…) Hollywood is the way it is because the nature of the work — a lot of judgment calls, without much in the way of transparency or objective standards — means that people who want to abuse their power can do so. Having a mogul on your side, or sometimes even a talent agent or assistant producer, can make a career; having one of them mad at you can sink it. Weinstein seems to be an exceptionally unpleasant man, prone to bullying and abusing both men and women, in sexual and non-sexual ways. Even his sexual assaults seem more about humiliating his victims than about achieving straightforward sexual gratification. Weinstein’s actions seem more de Sade than Don Juan. But they were facilitated by scores or hundreds of accomplices: assistants, producers, actors and actresses, talent agents — kept under his influence with development deals and options and the like. And they did this because while Weinstein might have been an exceptional jerk, his behavior wasn’t so unusual for the industry. Hollywood folks hope you won’t draw that conclusion, but as further accusations involving other Hollywood figures come out, the conclusion will be hard to avoid. And that raises Hollywood’s biggest worry: Once people realize that the system that produces movies is exploitative and inhuman, will they still watch movies? Or are motion pictures the ”blood diamonds” of the entertainment world? As Ann Althouse wrote on her blog, “Because movies are shot through with human exploitation, we should withhold our patronage. These big expensive projects create immense power that is used to grind up young women, and we should not want to expose our mind to this material. If you need stories about human beings, read.”People reading instead of going to movies? That’s scarier to Hollywood than the worst of Harvey Weinstein’s deeds. No wonder they moved fast. Glenn Harlan Reynolds
Il n’a fallu que quelques jours aux puissants du cinéma américain pour mettre au ban le célèbre producteur, accusé de harcèlement sexuel et de viol. Est-ce pour mieux détourner l’attention de la vraie nature d’Hollywood ? Les transgressions du producteur Harvey Weinstein lui ont coûté sa place à l’Académie des Oscars. Ce n’est pas rien, quand on pense qu’elle compte encore parmi ses membres le réalisateur Roman Polanski, qui a plaidé coupable [de détournement de mineur] dans l’affaire du viol d’une adolescente de 13 ans. Alors même que d’autres accusations de viol ont fait surface, Hollywood soutient Polanski depuis des dizaines d’années. En 2009, Whoopi Goldberg a même déclaré à propos du crime – Polanski avait drogué et sodomisé la jeune fille – que ce n’était pas “vraiment” un viol. Pourtant, Hollywood s’est retourné contre Weinstein à une vitesse ahurissante. Il subit un ostracisme auquel ont échappé d’autres personnalités de son milieu. Pourquoi ? À mon avis, c’est parce que le cas de Weinstein n’est pas aussi inhabituel qu’on veut nous le laisser croire. Hollywood a dû comprendre que le monde avait changé et que les médias people et les attachés de presse dociles ne pouvaient plus étouffer ces histoires. De mon point de vue, ils espèrent qu’en se montrant intransigeants avec Weinstein l’affaire se dissipera. Ils veulent éviter que le grand public se rende compte que cet homme fait partie d’un système d’exploitation bien ancré et qu’il ne relève pas de l’exception. Ces individus n’ostracisent pas Weinstein parce qu’ils ont soudain découvert sa vraie nature. Ils l’ont toujours connue. Ils se retournent contre lui parce que le grand public a découvert sa vraie nature. Ils espèrent détourner l’attention de l’opinion avant qu’elle ne découvre le véritable visage d’Hollywood. À mon avis, cela ne fonctionnera pas. Harvey Weinstein est très fort, mais il ne l’est pas assez pour endosser tous les péchés d’Hollywood.“Combien de secteurs disposent d’un terme précis pour désigner l’échange de faveurs sexuelles contre un emploi ? interroge John Podhoretz. Est-ce un hasard si la pratique est tellement répandue dans le milieu du cinéma qu’elle a donné lieu à la locution ‘casting couch’, [un équivalent de notre ‘promotion canapé’] ? Dans combien de secteurs organise-t-on des réunions dans des chambres d’hôtel en dehors des heures de bureau ? Et lors de ces rendez-vous, dans combien de secteurs un patron dit-il à une jeune femme qu’elle ne doit pas hésiter à se dénuder devant lui, car l’emploi qu’elle brigue exigera d’elle qu’elle soit nue face à des millions de personnes ?” Le milieu hollywoodien est ce qu’il est car la nature du travail – les jugements personnels, peu de transparence, peu de normes objectives – permet à ceux qui le veulent d’abuser de leur position dominante. Avoir un magnat dans son camp, voire un agent ou un producteur adjoint, peut propulser une carrière – mais l’inverse est aussi vrai. Weinstein semble être un homme extrêmement désagréable, un habitué du harcèlement et des agressions à l’encontre des femmes comme des hommes, que ces actes soient sexuels ou non. (…) Mais ses comportements ont été facilités par des dizaines voire des centaines de complices : des assistants, des producteurs, des acteurs, des actrices et des agents qui sont restés sous son influence car ils en tiraient divers contrats et projets. Et tous l’ont fait car, bien que Weinstein soit peut-être un connard fini, ses agissements n’étaient pas exceptionnels dans le secteur. Les puissants d’Hollywood espèrent que vous ne tirerez pas cette conclusion, mais elle sera difficilement évitable face aux multiples accusations contre d’autres figures du cinéma américain. En découle la plus grande inquiétude du milieu : si les gens comprennent que le système qui produit des films est abusif, continueront-ils à en regarder ? Les films sont-ils les “diamants du sang” du monde du divertissement ? Glenn Harlan Reynolds
Aurais-je cédé à l’air du temps, et passé du côté de la délation et du déballage, moi qui, comme tant d’autres, ai pris mon clavier et tracé ces mots sur ma page Facebook, #MoiAussi, en donnant les âges auxquels ça m’est arrivé : 8, 24 et 35 ans. Faudrait-il trier le bon grain de l’ivraie, et séparer celles qui comme moi, ont utilisé le hashtag #MeToo, n’ont dénoncé personne et n’ont pas même exposé les faits, et celles qui ont choisi, au contraire, d’utiliser à plein la force humoristique de #balancetonporc, raconté sans détour ce qui leur était arrivé, et parfois même (très rarement, il faut le souligner) nommé celui qui les avait agressées ? Pour moi, la réponse est claire : entre la sobriété et la provocation, la retenue et le récit, c’est une simple question de style, peut-être d’âge ou de sensibilité – peu importe, au fond. Le fait important, c’est justement la rencontre évidente, amicale, solidaire de ces façons d’agir différentes. Ce que nous disons, ce que nous faisons en ce moment, est pour l’essentiel identique. Nous témoignons. Il n’y a pas moins de pudeur chez les unes que chez les autres, pas plus de vulgarité chez les autres que chez les unes. J’ai choisi #MoiAussi, mais plus j’y pense, plus j’apprécie le chic de #balancetonporc : pour toutes celles qui, parmi nous, ont reçu la vulgarité extrême au plus intime de leur corps, et qui en ont intériorisé la honte, y compris à leur esprit défendant, la respiration est plus libre depuis que ce remarquable retour à l’envoyeur a été balancé comme un direct du droit. Par le simple fait de dire que nous avons subi, nous faisons advenir quelque chose de neuf. La honte, peu à peu, change de camp. Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant. Nous le savions déjà par nos discussions entre amies, mais quelque chose est absolument différent quand se dit au grand jour toute la gamme des choses subies, qui va des mots obscènes et des mains aux fesses aux agressions sexuelles, aux viols et aux menaces de mort. Ce qui change, depuis quelques jours, c’est justement que cette parole, longtemps privée, change de statut. Qu’elle devienne publique. Qu’elle soit posée là, dans l’espace commun, et qu’elle place chacune et chacun devant ses responsabilités. Prendre la mesure d’un héritage. Affronter la complexité du présent. Dessiner l’espoir du futur. Prendre la mesure d’un héritage. Aucune nostalgie du passé n’est décente. Car il y a toujours eu un envers sombre à la galanterie aristocratique célébrée depuis tant d’années par M. Finkielkraut. Cet envers se nommait la division des femmes en deux, celles qu’on respecte et celles qu’on méprise. Celles qu’on épouse et celles qu’on baise. Celles qui sont l’honneur de la famille et celles qui sont perdues de réputation. Ce grand partage n’était pas un accident, mais un véritable principe organisateur de la société, dans un monde fondé sur la complémentarité hiérarchique des sexes et qui désignait les femmes comme les responsables et les coupables de la sexualité des hommes. Séparation des femmes par classes. Quand le viol des « femmes de qualité » était férocement réprimé, le gibier à portée de main se nommait domestiques, lavandières, filles de ferme, employées, ouvrières, secrétaires. Séparation plus secrète des forts et des faibles dans le secret des familles, des institutions religieuses et des pensionnats, où l’on comprend que l’envers du décor, c’était le continent noir de la violence sexuelle sur certains des plus jeunes, des plus fragiles, petites filles mais aussi petits garçons. Division enfin des femmes par état matrimonial, dignes épouses et mères de familles d’un côté, filles perdues et filles-mères, catins et prostituées de l’autre. Ce principe de division a été dénoncé, et avec quel courage, par celles qui savent mieux que quiconque que naguère encore, leur métier les plaçait du côté de celles qu’on n’épouse pas. Nous ne devrons jamais oublier ce que nous devons aux actrices. Affronter la complexité du présent. Le point central, qui échappe manifestement à ceux qui s’indignent, est que dans ces témoignages, la volonté de faire tomber des têtes est très peu présente. Il ne s’agit pas principalement de traîner en justice, pas même de désigner des individus à la vindicte. Et, même si tout a démarré par l’affaire Weinstein, il faut savoir écouter au-delà. Réécouter, par exemple, le témoignage de Florence Darel à l’émission « Quotidien », exemplaire de dignité et de pudeur. Elle ne venait pas lyncher un homme déjà à terre, elle venait parce qu’une chaîne de solidarité se tisse anneau par anneau, et que seul le fait d’ajouter un témoignage personnel à un autre peut renverser le principe de l’omerta. Je redoute, bien sûr, que des injustices soient commises. Mais affronter ce risque ne peut pas être une raison de renoncer. Dessiner l’espoir du futur. J’ai entendu Laure Adler le dire magnifiquement un matin à la radio, mais aussi Anne Nivat à la télévision. Ce qui se passe aujourd’hui est une question de société, de culture, de civilisation. Pour celles qui parlent, c’est la fin d’une longue épreuve, dont on sent rétrospectivement à quel point elle était lourde. Mais en aucun cas ce qui domine n’est une plainte victimaire : c’est un geste de fierté, de foi en l’avenir et un pari sur l’intelligence collective. (…) Et c’est notre chance que cela ait été dit en premier par les actrices, ces incarnations de la séduction, dont nous admirons les silhouettes, dont nous aimons qu’elles montrent leurs jambes et leurs décolletés. Les comédiennes n’acceptent plus comme une fatalité de risquer les pelotages et les violences. Elles ne sont pas du gibier pour libidineux de petite ou de grande catégorie. Leurs témoignages sont comme ceux de milliers d’anonymes, et comme le mien aussi : l’appel à une nouvelle civilité sexuelle. Irène Théry
Où étaient ceux qui s’extasient lorsque des centaines de femmes étaient agressées sexuellement à Cologne ? Silence gêné. Où étaient-ils lorsque Libération publiait récemment une tribune appelant à ne pas dénoncer le harcèlement de rue au risque de faire des constats racistes ? Silence gêné. Où étaient-ils lorsque Marlène Schiappa niait tout simplement l’existence d’un harcèlement de rue à La Chapelle après la publication de témoignages très précis ? Où étaient-ils ensuite lorsque Caroline de Haas accusait finalement les trottoirs trop étroits plutôt que les hommes qui les occupent ? Silence gêné, encore et toujours. Qui peut honnêtement découvrir aujourd’hui qu’Hollywood est l’empire du vice et que le refus systématique de toute limite finit par produire des monstres ? Hollywood savait et le monde entier s’en doutait : comment s’étonner de l’absence de vertu dans un monde qui met un point d’honneur à la moquer, à repousser sans cesse les limites de la décence, à tourner tout sacré en ridicule, toute normalité en modèle dépassé, toute célébration de la fidélité en retour de l’ordre moral et qui qualifie de progressiste tout abandon des règles qui organisent l’humanité depuis la nuit des temps ? L’opulence, le refus de la contrainte et l’obsession d’une libération sexuelle toujours plus totale finissent par créer des “porcs”, quelle surprise…  Mais l’hypocrisie ne s’arrête pas là. Récemment, des dizaines de spécialistes étaient réunis à Rome pour un congrès international interdisciplinaire sur les dangers sexuels guettant des enfants hyperconnectés. Certains ont alors évoqué les conséquences désastreuses d’une exposition toujours plus précoce et fréquente à des films pornographiques et violents : modification du cerveau, délitement des liens affectifs ou tout simplement sociaux, corrélation entre violence et sexualité… Rares sont ceux qui ont relevé : quel crédit apporter à l’indignation des mondes médiatique et politique qui détournent ainsi le regard dans des domaines où ils pourraient agir concrètement ? Charlotte d’Ornellas
Ils n’ont rien dit pendant des années, se sont tus pendant des décennies par peur de perdre leur job. Ils, ce sont les hommes d’Hollywood qui retrouvent la mémoire depuis que le producteur le plus puissant de Hollywood, Harvey Weinstein, est accusé de viols et d’agressions sexuelles par de nombreuses actrices. Le réalisateur britannique Michael Caton-Jones a témoigné à son tour dans BuzzFeed. Le cinéaste devait diriger le film «B. Monkey» pour les studios Miramax. Il avait choisi Sophie Okonedo pour tenir le rôle principal féminin. Une actrice métisse britannique qui avait joué dans le film précédent du metteur en scène, «Le Chacal». Mais Harvey Weinstein ne voulait pas en entendre parler. «Harvey me dit : « penses-tu qu’elle est baisable ? »», décrit Michael Caton-Jones, qui lui répond qu’elle est «la meilleure actrice pour le rôle». Le désaccord pousse Harvey Weinstein à débarquer le récalcitrant du poste de réalisateur en l’annonçant dans le journal professionnel «Variety». Michael Caton-Jones va tenter de donner sa propre version des faits aux journalistes, mais ceux-ci ont préféré en rire. «B. Monkey» sera bien produit et mis en scène, par Michael Radford, avec l’actrice Asia Argento dans le rôle titre. Dans les colonnes du «New Yorker», la comédienne italienne accuse Harvey Weinstein de l’avoir violée en 1997… lors de la production de «B Monkey». «Comme j’avais ce film qui arrivait, je ne voulais pas me fâcher avec lui», expliquait-elle. Asia Argento était persuadée que le prédateur pouvait ruiner sa carrière si elle ne cédait pas à ses avances sexuelles. Ce que raconte Michael Caton-Jones prouve que tout un système était admis et su à Hollywood. Paris Match
 #Moiaussi, ou #metoo : c’est le hashtag qui fédère en ce moment les femmes dont la parole se libère enfin. Des femmes de tous âges, de toutes origines et de tous milieux sociaux témoignent avoir été victimes d’agressions sexuelles ou de harcèlement, de la part d’hommes de leur entourage ou d’inconnus. Chaque témoignage est glaçant, mais ce qui est pire que tout, c’est leur nombre, leur déferlement ininterrompu. Toutes les femmes, ou presque, ont connu cela. Le bâillon est tombé, et les récits pleuvent. Et j’ai l’espoir que ce soit le grand soir de la cause féministe, le séisme qui ébranlera enfin le vieux monde misogyne. La première agression, ou le « malentendu »J’ai treize ans. (…) le soir, nous nous retrouvons dans sa chambre. Sa mère est sortie. Nous sommes seuls. Que dire, si ce n’est que je ne contrôle plus rien ? Que les choses vont plus loin que ce que je voulais ? Je dis non, je lui dis « je préfèrerais garder mes vêtements », il réinsiste. (…) Il n’y a aucune violence, juste ma passivité, ma froideur pétrifiée qu’il ne comprend pas. Je n’ai pas hurlé « lâche-moi », j’ai juste attendu. Je crois qu’il ne sait même pas que je n’étais pas d’accord.  (…) La troisième agression (…) j’ai été agressée par un ancien ministre Ce n’est pas la « pire », mais celle qui m’a intellectuellement le plus ébranlée. Parce que les deux premières fois, je me disais que c’était peut-être ma faute. Je n’avais pas su dire non. Je n’avais qu’à prendre une veste. Mais cette fois-là, j’ai compris que ça pouvait arriver à n’importe quelle femme, dans n’importe quelle circonstance, que personne n’était à l’abri. Il faut que je vous détaille le contexte, pour que vous compreniez à quel point c’était inouï, à quel point cela révèle le sentiment d’impunité des prédateurs, et tout particulièrement, des prédateurs puissants. (…) Je repasse en boucle ce qui vient de se passer. Je suis fille d’un ministre en exercice, dans la rangée VIP d’un des lieux les plus huppés de la capitale, en pleine lumière. L’homme assis à côté de moi a occupé les plus hautes fonctions de l’Etat, est unanimement respecté, et accompagné de son épouse. Et il m’a agressée pendant tout un premier acte, malgré ma résistance vigoureuse. Je mesure soudain ce que cela signifie, et j’ai le vertige. Si cela m’arrive ici, maintenant, à moi, par lui, c’est que cela peut arriver à n’importe quelle femme, partout. Que personne n’est à l’abri. Ariane Fornia
Peu de voyageurs visitent Salvation mountain, si loin de tout, mais il y a un groupe de trois baroudeurs en survêtement douteux, deux jeunes et un vieux, qui me racontent être sur les routes depuis un an, et vouloir se poser quelques jours à Slab City. Ils me proposent un joint, une pipe de crack, ou de coucher avec l’un des trois (ou avec tous, c’est selon). Je décline avec ma politesse désormais habituelle et songe que si ça dégénère, j’irai me réfugier auprès du soldat de Jésus avec ses trois molosses. Mais ils acceptent mon refus avec une résignation gracieuse. Depuis que je suis seule en Californie, on m’a proposé toutes les drogues et tout le kamasutra. Je réponds non merci comme s’il s’agissait d’une tasse de thé. (…)  A mon retour au Joshua Tree Inn, je trouve près du feu de jardin deux couples qui étaient à la soirée karaoké, et qui me hèlent « eh Ziggy Stardust, viens t’asseoir avec nous » ! I Ils ont mon âge, l’âge où on a merdé sa vingtaine, ne sait pas trop où on en est de sa vie et part pour des virées dans le désert avant d’atteindre une trentaine sans gloire. On se dit qu’à nos âges, nos parents avaient des carrières, des plans de vie ambitieux, qu’ils étaient lancés. Nous avons fait des études passionnantes et sans issue et nous sommes des jeunes gens intelligents, cultivés et complètement inutiles à une société qui a de moins en moins besoin de main d’œuvre humaine. Nous ne croyons en rien, si ce n’est peut-être à l’amour. Ariane Fornia
Elles, ce qu’elles voulaient, c’était réussir (…) ou certainement faire un casting plus facilement parce qu’elles n’avaient pas fait d’études de cinéma. Mickaël Chemloul (ancien chauffeur français de Harvey Weinstein)
Je dois dire que j’ai été choquée par les faits les plus graves qui sont rapportés – à savoir que certaines d’entre elles accusent Harvey Weinstein de les avoir violées. Des facettes d’Harvey, j’en connais beaucoup, vu que j’ai travaillé avec lui à plusieurs reprises. Au tout début, quand je l’ai connu, il avait créé Miramax avec son frère et distribuait des films européens et étrangers importants aux Etats-Unis. C’est lui qui, par exemple, a fait connaître là-bas Krzysztof Kieslowski, Jane Campion, lui qui a distribué Les Amants du Pont-Neuf, de Leos Carax, sans toucher à son montage, contrairement à la réputation qui lui était faite. Il était, à cette époque, le seul distributeur américain que je connaissais qui avait un tel enthousiasme pour le cinéma d’auteur, le seul qui s’en donnait les moyens, car il y croyait. A l’époque, je ne me suis jamais sentie en danger avec lui, car je pense que j’étais déjà armée. La seule fois où j’ai entendu une insinuation sexuelle verbale de sa part, je ne l’ai pas prise au sérieux, j’ai répondu immédiatement par un revers de balle hors jeu. (…) Je me souviens qu’une actrice m’en a fait part un jour. (…) Comme toutes les filles, j’ai fait mes classes, j’ai appris à me détourner, à me rebeller, à m’insurger face à l’impunité masculine. Finalement, ces batailles-là m’ont permis de me positionner et souvent, la rage n’était pas loin. Ce sont des blessures, certes, mais c’est aussi une chance d’avoir pu me structurer rapidement par l’expérience de ces épreuves, qui ne sont évidemment pas souhaitables. Mais parfois, malheureusement, tout le monde n’a pas cette repartie, et certaines situations peuvent devenir beaucoup plus destructrices. Au cinéma, l’exercice du pouvoir est très particulier. Le producteur a un pouvoir, le metteur en scène a un pouvoir, l’acteur a un pouvoir. S’approcher de ces pouvoirs-là, c’est un peu comme des trous noirs dans l’espace, ils dégagent une énergie qu’il faut savoir décrypter, sentir, on peut tourner en orbite, mais gare à ne pas se laisser happer  Tout cela pour dire que quand j’ai travaillé avec Harvey Weinstein, je sentais qui j’avais en face. Le genre de type avec lequel je n’irai jamais m’amuser. J’ai déjeuné avec lui une fois en tête-à-tête dans sa suite, je n’ai pas senti de danger, mais je n’ai pas compris pourquoi il tenait à me voir. (…) Chaque situation est différente, ce serait dangereux de généraliser. Mais face à la corpulence d’Harvey, face à son énergie, sa voix, son débit, face aux mots qu’il utilise, à ses croyances, en s’approchant d’un tel pouvoir, il faut savoir où on met les pieds et éveiller son intelligence à ne pas se faire piéger. (…) C’est un homme que j’ai connu dans différentes situations. Une fois, je l’ai vu pleurer parce qu’il se sentait honteux, mais je l’ai vu aussi généreux, et également menteur. C’est un être complexe et tout aussi bizarrement attachant. Mais je savais aussi très bien quelle bête il y avait en lui. (…) Il y a peut-être des actrices qui sont plus influençables et moins préparées aux situations avec les gens de pouvoir, surtout quand on débute. Mais ce genre d’argument ne m’a jamais convaincu, peut-être parce que j’ai appris tôt à être responsable. Je n’ai jamais mis la parole de mon agent avant la mienne. J’écoute, mais je n’obéis pas. Sinon, c’est comme s’approcher d’un volcan. Si tu veux t’approcher du volcan, tu peux le faire, mais tu te brûleras, immanquablement. (…) Je précise que ça m’est arrivé de ne pas être prise dans des films parce que je n’avais pas répondu aux coups de genou sous la table, parce que je n’ai pas appelé le numéro de portable qu’on m’avait donné après avoir répété. J’ai raté quelques films comme ça. (…) C’est un métier dangereux. C’est pourquoi l’intuition est primordiale, ce n’est pas la tête qui doit opérer, c’est l’intuition. Et se poser les vraies questions qui authentifient votre parcours. (…) Le cinéma américain d’aujourd’hui est un cinéma du désir de puissance et de pouvoir, et, malheureusement, qui fait des petits un peu partout dans le monde. Le cinéma américain et son esprit dominent le monde. Juliette Binoche
I think working with actors is a little bit how a chef would work with a potato or a piece of meat. You have to kind of have a look at the potato or the piece of meat and see what kind of possibilities are in the ingredient. I know I’m using the wrong metaphor. I think my job is to see what potato is there and from there, just work under their conditions. I don’t think I have forced anybody. Bjork I may have forced here and there. For the good of the film, I just need to give them what they need. Lars von Trier
It was embarrassing and insulting—there were a lot of reasons why I didn’t want to tell the story. I didn’t want it to be taken advantage of, twisted, turned and made into an even uglier situation than it was. It wasn’t until years later that I told Donald the story. (…) He is absolutely true and honest in this book. Tippi Hedren
He was a misogynist. That man was physically so unattractive. I think to have a mind that thought of himself as an attractive, romantic man and then to wake up in the morning and look at that face and that body was tough. I think he had a whole lot of problems. (…) Well, I don’t know that I’ve gotten any revenge on him. Maybe this movie is a bit. But I’m not the first one this happened to. Other actresses never made any overt statements about it. What he did with his life is astounding. There is no one in this world that did films like he did. Nobody. (…) I have a strong Lutheran background, and my parents instilled in me strong morals. This was something I could never have done. I was not interested in him that way at all. I was fortunate enough to work with him, and as far as I was concerned, he ruined everything. (…) I said, I’ve got to get out of the contract. He said, I’ll ruin your career. And he did. He wouldn’t let me out of the contract. I’d be a really big star if he hadn’t stopped my career. There were so many people who wanted me for their films. All he said was, “She isn’t available.” That’s a mean, mean man. (…) That couple was an enigma to all of Hollywood. At one point, she came to me during “Marnie” and said, “I’m so sorry you have to go through all of this,” and I looked at her and said, “Alma, you could stop it.” Her eyes just glazed over, and she turned and left. (…) He ruined my career, but he didn’t ruin my life. That time of my life was over. I still admire the man for who he was. Teppi Hedren
In an hour and a half, there wasn’t enough time. There were times when it was absolutely delightful and wonderful. Hitchcock had a charm about him. He was very funny at times. He was incredibly brilliant in his field. I learned so much from that man about motion pictures, and how you make a motion picture. So there are things that weren’t able to be in the film to say, ‘Why would she stick around for all of this?’ It wasn’t a constant barrage of harassment. If it had been constantly the way we have had to do it in this film, I would have been long gone. (…) I hadn’t had any acting experience, except in commercials. To break down a script, to delve into how you become another character, the relationship of different characters in the film, was something that I didn’t know how to do. And to have as brilliant a genius as Alfred Hitchcock as my drama coach . . . It was something that I had never experienced before. I don’t know what to call it. I certainly gave no indication that I would ever be interested in any kind of a relationship with him. People have said, ‘Was he in love with you?’ No, he wasn’t. When you love someone, you treat them well. I think we’re dealing with a mind here that is incomprehensible, and I certainly am not capable of discerning what was going through his mind or why. I think he was an extremely sad character. As I said, we are dealing with a brain here that is unusual, genius, and evil, deviant almost to the point of dangerous because of the effect that he can have on people that are totally unsuspecting. (…) As far as seeing (The Girl), I was apprehensive. I have to say that when I first heard Toby’s voice as Alfred Hitchcock, my body just froze. It was hard to go through all of those years that had been eclipsed into an hour and a half. (…) I hope that young women who do see this film know that they do not have to acquiesce to anything that they do not feel is morally right, or that they are dissatisfied with, or simply wanting to get out of that situation, that you can have a strength, and you deserve it. (…) There was absolutely nothing I could do legally, whatsoever. There were no laws about this kind of a situation. If this had happened today, I would be a very rich woman. But I can look at myself in the mirror, and I can be proud. I feel strong. I lived through it beautifully. He ruined my career, but he didn’t ruin my life. Tippi Hedren
Cohn said to me, ‘I don’t think this is going to be a good movie, but Alfred Hitchcock’s a good director, so I’ll let you do it.’ I was happy to get away from Columbia for a while, because he was such a tyrant. (…) I didn’t find him controlling whatsoever. I found him a joy. (…) on how to interpret the character, he gave us complete freedom and trust. (…) I feel bad about all the stuff people are saying about him now, that he was a weird character. I did not find him to be weird at all. I never saw him make a pass at anybody or act strange to anybody. And wouldn’t you think if he was that way, I would’ve seen it or at least seen him with somebody? I think it’s unfortunate when someone’s no longer around and can’t defend themselves. Kim Novak
Alfred Hitchcock was a brilliant and wildly successful filmmaker but he also used his power for terrible things, according to actress Tippi Hedren and the new HBO film, The Girl. Hitchcock sexually harassed Tippi, one of his supposedly favorite actresses (she starred in two of his films) for years. The new film, starring Sienna Miller, shows this disturbing relationship between the famous actress and director. The film will hopefully show women how lucky they are today in terms of laws prohibiting sexual harassment and may act as a wake up call to others. The acknowledgement of sexual harassment is barely 40 years old. The first historical use of the term wasn’t until 1973 when MIT reports first addressed the gender issue and specific procedures were instated as ways to both protecting the victims and handling it. Tippi began working with Alfred in the early 1960s. (…) The Girl is based on the book Spellbound by Beauty,” by Donald Spoto. Screenwriter Gwyneth Hughes interviewed several people familiar with the Hitchcock-Hedren dynamic, including costume supervisor Rita Riggs, actress Diane Baker, and Hitchcock’s first assistant director Jim Brown. The film shows Hitchcock aggressively forcing a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming of The Birds, and later demanding that she “make yourself available to me sexually.” The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances. (…) In one scene, he sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning her. Another sequence shows him forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren suffered multiple cuts, including to her face, in both cases, according to the film. (…) But The Birds launched Tippi’s career as an actress and the “It Girl” of the moment. However, it didn’t last long. After she finished shooting Marnie with Hitchcock in 1963, she wanted to get out of her contract with Hitchcock but he wouldn’t let her. Back then there were no laws to protect her. He threatened her and said he would ruin her career, and according to Hedren he did. He told directors like Francis Truffaut that she wasn’t available for work. Her career did stall after those two very successful films. Hedren believes she is one of many actresses harassed by the cinematic legend. After Psycho, she said, actress Vera Miles refused to ever work with the director again. Hedren also said Suzanne Pleshette told her during The Birds filming, “It isn’t always like this.” But on the bright side, Sienna Miller thinks a lot has changed for women in film today. (…) But have things really improved for women? New research shows that women are starting to let sexual harassment roll off their back, or at the very least don’t let it affect them as much as men do. Men who are exposed to sexual harassment are more likely to find jokes and inappropriate touching “distressing,” while women just find it “bothersome.” Researcher Isis Settles, an associate professor of psychology at Michigan state says that the finding “suggests that sexual harassment is such a widespread problem that women have figured out ways to deal with it so it doesn’t interfere with their psychological well-being. The Grindstone
It’s no secret to those who take an interest in Hitchcock film lore that his leading ladies didn’t always think very highly of him; rumors have churned for years that he was mentally abusive to those who refused his advances and took his frustrations out the only way he could: by punishing the beautiful stars of his movies with extra-long hours on set and cruel stunts. And while some directors show tough love to their actors in order to get the very best performance out of them–I’m talking to you, Stanley Kubrick–actress Tippi Hedren insists that Hitchcock was deliberately evil to her and anyone else who went against him. Now, Hedren–who starred in « The Birds » and is also Melanie Griffith’s mother–is speaking out about the odd practices of the iconic director against the backdrop of a newly-finished HBO movie, « The Girl », which tells the behind-the-scenes stories of some of his most famous films. (…) Although she says there were good times in those days–such as being under his tutelage–sometimes the bad outweighed the good, especially when he used his long arm of influence to keep her from getting another job once she refused to work with him after their second film together. Back then, women had about as many rights in Hollywood as they did anywhere else; which is to say, not many. Webpronews
She was once his muse but when young Tippi Hedren refused legendary director Alfred Hitchcock’s sexual advances he ruined her career. Veteran actress Hedren, 82, says she would have been a rich woman if sexual harassment laws existed in 1963 when ‘The Birds’ was filmed. Her comments came as production of a television drama about her relationship with the ‘Psycho’ director is wrapping up. She claims he ruined her career when she refused to bow to his advances, but said he failed ruin her life. (…) Tippi Hedren spoke about the rampant sexual harassment as she joined the cast of ‘The Girl’, a collaboration between BBC and American network HBO which looks into the relationship she had with Hitchcock while making ‘The Birds’. At the time of filming Tippi, born Natalie Kay Hedren, was 34 years old, more than 30 years younger than Hitchcock, and engaged to be married to her second husband. The knowledge of this this did not stop his advances, something which becomes clear in ‘The Girl’. The film, based on the book ‘Spellbound by Beauty’ by Donald Spoto, portrays the director as a predator who demands sexual favours of his leading lady. (…) In one scene Hitchcock aggressively forces a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming and later orders her to make herself ‘available sexually’. The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances. In one scene, the director sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning Tippi. Another sequence shows her forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren had been told mechanical birds would be used, only to find live birds were let loose – again with no prior warning. Hedren, now aged 82, said there were times of delight working for Hitchcock while filming ‘The Birds’ and her only other film for him, ‘Marnie’. But once she rejected his advances, and refused to make another film with him, he effectively ended her career by stopping her working for two years. (…) He signed her to a personal contract which he upheld when she refused to work for him. For two years she sat a home unable to work despite offers from other Hollywood studios. While she was able to resume her career she never became a major star although she went on to make 50 films and has had guest appearances on TV shows including CSI: Crime Scene Investigators. The Daily Mail
Il était nécessaire que tout le début soit volontairement un peu long, tout ce qui concerne le vol de l’argent et la fuite de Janet Leigh, afin d’aiguiller le public sur la question : est-ce que la fille se fera prendre ou non ? […] On tourne et on retourne le public, on le maintient aussi loin que possible de ce qui va réellement se dérouler. Je vous parie tout ce que vous voudrez que dans une production ordinaire, on aurait donné à Janet Leigh l’autre rôle, celui de la soeur qui enquête, car il n’est pas d’usage de tuer la vedette au premier tiers du film. Moi, j’ai fait exprès de tuer la star, car ainsi le meurtre était encore plus inattendu. Alfred Hitchcock
La construction de ce film est très intéressante, et c’est mon expérience la plus passionnante de jeu avec le public. Avec Psycho, je faisais de la direction de spectateurs…  Alfred Hitchcock
Le film est sorti dans l’atmosphère de conformité sombre et étouffante des années 1950. […] Le couteau de Norman Bates était la force primale venue déchirer la tiédeur répressive des années 1950, aussi sûrement qu’Elvis. Owen Gleiberman (Entertainment Weekly)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
Hitchcock considérait le monde comme une machine morale très imparfaite. Il avait ce sens presque biblique de la fatalité et du châtiment qui s’abat sur ceux qui s’adonnent au péché avec désinvolture. Guillermo del Toro
Director Karyn Kusama describes the shower scene as “the first expression of the female body under assault.” (…) and the rest of “78/52”  offers piercing insight into “Psycho’s” extraordinary firstness. Before “Psycho,” horror was something out there (a monster, a haunted house, a force of otherworldly power coming at you). The film’s spectacular joke is that it played with all that 19th-century horror imagery (the Victorian house on the hill, the demon at large), only the monster was now us. It was in our heads. Death could arrive instantly, anywhere, even in the bathroom, with blood spilling into the water like inky raindrops and your soul spiraling down the drain. Hitchcock (…) took a leap into the pitch-black void, doing his own variation on Clouzot’s “Diabolique” (1955), another slimy nightmare about a corpse that won’t stay dead. (…) Then, of course, there’s the hole he peers through in the wall: The analysis presented of the painting he removes is a testament to how Hitchcock draped each scene with hidden symbolic layers — more than anyone could take in. (No one even mentions that almost every line in the first 40 minutes of “Psycho” can be read as a double entendre; that’s what gives the film its subliminal “dirty” dread.) (…) The scene lasts less than one minute but took seven days to film. These were clearly 45 seconds that shook the world. Philippe’s many interviewees (including film directors Peter Bogdanovich and Guillermo Del Toro, and Leigh’s daughter Jamie Lee Curtis) make a very good case that if you want to understand attitudes to sex, mothers and politics in early 1960s America, this is the only place to begin. Hitchcock’s decision to kill off a major Hollywood star a third of the way through a film in which she is seemingly the lead character was startling enough. It’s the manner of the death – the queasy, voyeuristic intensity of the scene – that still takes you by surprise, however many times you watch it. (…) There’s an interview with Leigh’s body double, Marli Renfro, who talks in very matter-of-fact way about how she was looked over by Hitchcock and Leigh and then given the job. However, close to 60 years after the film was made, many are still clearly startled by its raw power. The Independent
Il ferma la chambre à clef et après l’avoir fermée il me jeta sur le bord du lit en me frappant sur la poitrine avec une main, me mit un genou entre les cuisses pour que je ne puisse pas les serrer et me releva les vêtements, qu’il eut beaucoup de mal à m’enlever, me mit une main à la gorge et un mouchoir dans la bouche pour que je ne crie pas et il me lâcha les mains qu’il me tenait avant avec l’autre main, ayant d’abord mis les deux genoux entre mes jambes et appuyant son membre sur mon sexe il commença à pousser et le mit dedans, je lui griffai le visage et lui tirai les cheveux et avant qu’il le mette encore dedans je lui écrasai le membre en lui arrachant un morceau de chair. Artemisia Gentileschi
Loin de l’élégante douceur serpentine de Raphaël, la figure de Suzanne expose son malheureux corps à l’avidité des  regards. De fait,  notre héroïne est une femme désirable avec cette chevelure ondulée et dénouée, ces courbes toutes de rondeurs épanouies  jusqu’à ces plis encadrant l’abdomen qui soulignent la suavité des chairs. Alors que Lorenzo Lotto (1) avait choisi la représentation d’un modèle archaïque (femme au fond peu voluptueuse parce que réduite à la thématique symbolique), et qu’Alessandro Allori nous montrait sans guère de retenue la concrétisation d’évidents fantasme nés du récit (2, fig.3), Gentileschi   associe les données : tout en peignant le traumatisme d’une femme harcelée dans sa féminité, elle assume pleinement  l’érotisme inhérent au personnage. Le mouvement de ses bras indique non seulement  qu’elle a renoncé à préserver ce qui lui reste de pudeur mais aussi qu’elle cherche  à ne pas entendre les chuchotements sinistres de ses agresseurs. Ainsi, toute la partie centrale qui décrit le  corps comme objet de convoitise  nous renvoie à la séquence supérieure qui énonce l’esprit, tourmenté par cette parole annonciatrice de l’acte. (…) Harcèlement, violence, lâcheté, loi du silence : ce sont bien les termes du viol que l’on retrouve ici et ils résonnent avec des accents prémonitoires car, lorsqu’elle peint Suzanne et les vieillards  dans l’atelier romain de son père Orazio,  Artemisia Gentileschi  alors âgée de dix-sept ans, n’a pas encore été la proie des  outrages  d’Agostino Tassi et du lamentable procès qui suivit. Les actes qui nous sont parvenus témoignent de l’humiliante et sordide procédure qui devait prouver son statut de victime. Eternelle histoire  du sexe faible, coupable de l’innocence. Depuis, et c’est justice, cette figure est progressivement devenue une icône de la sensibilité féministe, et certains observateurs n’ont d’ailleurs pas toujours su éviter une lecture trop littérale de son œuvre en mettant en exergue la fréquence du thème vengeur de Judith tranchant la tête d’Holopherne. Delapeinture
Few artistic themes have offered so satisfying an opportunity for legitimized voyeurism as Susanna and the Elders. The subject was taken up with relish by artists from the sixteenth through the eighteenth centuries as an opportunity to display the female nude…with the added advantage that the nude’s erotic appeal could be heightened by the presence of two lecherous old men, whose inclusion was both iconographically justified and pornographically effective. Mary Garrard
The story is overdetermined as a Hitchcock motif, containing, as it does, so many of his signature themes. There is a long tradition in Western visual art of reading this biblical narrative as a rape scene, and this painting joins the number of classical rape paintings that adorn the back wall of Norman’s office, all of which signal the history of anti-woman violence, and that this hideous history is being made in the present. David Greven
We know from the subsequent actions that his vision has excited not only his lust but also his guilt and impulse toward punishment, triggering the murder of Marion, punishing her for a sexual titillation entirely due to Norman’s own voyeurism (like the plot of the Elders against Susanna). Thus guilt and violence of the sort depicted in the painting serve as a screen to block and transform the image of desire, a visual filter that darkens and perverts the sexual impulse. Gunning
In the original 1960 trailer for Psycho, Alfred Hitchcock notifies us that the parlor of the Bates Motel was Norman Bates’ (Anthony Perkins) « favorite spot, » then suggests that we visit the parlor with him. Once there, he points to a painting on the wall and says « This picture has great significance, because… » before lowering his eyes and changing the subject, leaving his audience to wonder what, if any, the great significance may be. The image is a copy of the 1731 painting Susanna and the Elders by Willem van Mieris (…), and the placement of the object itself is significant to the narrative of Psycho since it covers the hole through which Norman spies on Marion Crane (Janet Leigh). At the same time, the story of Susanna and its depictions in art have intertextual ramifications that extend in many directions, connecting this painting, and the other paintings in the parlor, with the characters and events in the film. For centuries, paintings of Susanna and the Elders have subtly played on the sympathies of viewers, inducing them to identify both with Susanna and with the Elders. By placing this painting so prominently in this scene, Psycho picks up this complicated identification of the spectator as it manipulates its own audience into identifying with both Norman and Marion. In the paintings and in the film, viewers find themselves identifying with both victim and perpetrator in acts of gendered violence.  (…) Thwarted rape is, in fact, the central event of the Susanna story, though it has often been euphemized as an « attempted seduction, » and many painters preferred to depict a moment of voyeurism rather than a physical attack. (…) The numerous versions of Susanna painted in Europe in the sixteenth and seventeenth centuries can be divided into two basic categories: those in which the elders spy on Susanna as she is unaware of their presence, and those that depict some moment after the elders have approached her. Those in the latter category can then be arranged along a scale of degrees of violence: there are many in which the elders are merely talking to Susanna as she listens, others in which they are rushing toward her and reaching out for her, and still others in which they are grabbing at her, pulling away her clothing and assaulting her quite forcefully. The Susanna painting on Norman’s wall would occupy a position toward the more violent end of this spectrum, serving as a subtle warning to the audience that Norman’s voyeurism will have a violent end (…) The violence in Norman’s Susanna prefigures his impending violence against Marion, while Susanna’s nudity prefigures Marion’s own. (…) The paintings in the parlor scene in Psycho reconnect Venus and Susanna, positioning Marion Crane as the third vertex in a triangle. Like Venus, Marion holds her arm diagonally across her chest; like Susanna, Marion is spied on and then attacked as she washes herself. Like both, she is desirable, which the psychiatrist at the end gives as the explanation for the crime perpetrated against her. In European paintings of the early modern period, both Venus and Susanna are almost always depicted as blondes, which underlines their visual symmetry to Marion and many other Hitchcock heroines/victims. (…) The Bible is ambiguous as to whether or not there was any physical contact between the elders and Susanna before she cried for help, thwarting any attempt they may have made to rape her by force rather than by coercion. There is no ambiguity, however, about the fact that they carry out the threat they made to her, accusing her of adultery and testifying to it at her trial, willing to see her executed for this imaginary crime once she had spurned their advances. Marion has refused Norman’s request that she remain in the parlor « just a little while longer, just for talk, » and a moment later he spies on her and then, like the elders, unleashes violence against her. Psycho echoes both the voyeurism and the misogynistic violence referred to in the Susanna story, but Norman’s use of it as the screen that hides his peephole makes the voyeurism connection especially sly, as Tom Gunning points out: « The congruence between the painting’s subject and the use Norman Bates puts it is so exact that it strikes one as a Hitchcockian joke » (…) The Bible plainly states that Susanna’s beauty is the cause of the elders’ crime: « Every day the two elders used to see her, going in and walking about, and they began to lust for her. They suppressed their consciences and turned away their eyes from looking to Heaven or remembering their duty to administer justice » (…). This scene in Psycho tells a similar story, using the Susanna painting as a metonymy: Marion is beautiful, Norman wishes to see more of her, so he peers illicitly through the wall; as a result, he is so inflamed with desire that he acts recklessly and violently against the woman he desires. As Gunning observes, the art serves both to hide the act of voyeurism and to twist it into something more sinister. That a work of art could inspire and motivate a man’s desire is an idea with a long history. Lynda Nead summarizes several accounts of men lusting after art: There are a number of myths, which are frequently recirculated, concerning the stimulating effects on male viewers of nude female statues and paintings. In his Natural History Pliny describes an assault on Praxiteles’ statue of Aphrodite of Cnidos. It seems that a young man had become so infatuated with the statue that he hid himself one night in the shrine and masturbated on the statue…In another permutation of this fantasy of male arousal there is the case from sixteenth-century Italy, of Aretino, who so admired the exceptional realism of a painted nude Venus by Sansorino that he claimed « it will fill the thoughts of all who look at it with lust. » Over two centuries later, there is the example of the bibliophile Henry George Quin, who crept into the Uffizi in Florence when no one was there, in order to admire the Medici Venus and who confessed to having « fervently kissed several parts of her divine body. » (…) as the Susanna paintings in the parlor have warned us, the prying eyes of men will seek out beautiful women wherever they go — they do not really have any safe and private spaces. Hitchcock pulls the entire audience into this sense of insecurity, thrusting them into a vulnerability parallel to Marion’s at the same moment that he leaves them no choice but to now identify with Norman. (…) In the novel by Robert Bloch on which Psycho is based, the character of Marion is named Mary, and her death happens in one sentence. Toles examines how Hitchcock’s film adaptation gives this event center stage: « Is Marion’s shabby, useless death a proper occasion for a virtuoso set piece? Surely an abbreviated, less conspicuously artful presentation would honor the victim more, if the meaning(in human terms) of what transpired figured at all in the artist’s calculations » (128). Even if Psycho has no moral as such, a young woman’s sudden death still means something, and the film distracts us from this by showing us a dazzling work of art. (…) In a similar way, Tintoretto’s breathtaking Susanna draws us in with its luminosity and makes us forget what the story was about. As Garrard observes: « Even when a painter attempted to convey some rhetorical distress on Susanna’s part… he was apt to offset it with a graceful pose whose chief effect was the display of a beautiful nude » (…). Garrard argues that the pleasure agenda of the male artists and their male patrons overwhelmed the meaning of the Susanna story, and the female painter Artemisia Gentileschi was the only one to identify with Susanna rather than the elders. (…) Much as Hitchcock elected to cast the charming, handsome young Perkins as Norman, Renaissance painters tended to paint the elders as venerable old men, who seem fairly respectable even as they perpetrate their crime against Susanna. Tintoretto’s elders bear a strong resemblance to St. Peter and other esteemed older religious figures who appear in his other canvases. Just as the viewer’s shared voyeurism with them made the painting more alluring and the elders more relatable, the elders’ appearance as nice, grandfatherly figures makes it difficult to judge them too harshly. In van Mieris’ painting, the elders are temporarily disfigured by wanton expressions, and their postures are more openly transgressive than they are in many other Susanna canvases. But the painting’s presence in the film carries with it all of the cultural freight of its history, and these ramifications remain on the screen as a result. The audience’s identification with Norman parallels the earlier identification viewers had with the Elders. Even if the viewer’s sympathies are split between the male violator and the female victim, these two stories form a part of the larger tradition of the perpetrators of violence against women being seen as somewhat sympathetic. (…)  Whether or not the full cultural impact of the Susanna story was familiar to the audience or the filmmakers of Psycho, it makes the film that much richer and more complex. As Wood writes: « [Hitchcock] himself — if his interviews are to be trusted — has not really faced up to what he was doing when he made the film. This, needless to say, must not affect one’s estimate of the film itself…Hitchcock (again, if his interviews are to be trusted) is a much greater artist than he knows » (…). Again, Hitchcock cast Anthony Perkins to make it that much easier — and more perilous — for the viewer to sympathize with Norman, as well as with Marion. This dual identification with both the victim and the perpetrator is emphasized by the Susanna paintings, linking Norman to the elders, which in turn links him to an expansive artistic and literary tradition that extends across many centuries and cultures. Hitchcock may not have known the full extent of the multilayered connections he was making by including these images, yet they hang on the walls of the Bates Motel, indicating that Norman’s crime is a new manifestation of a much older story. Katrina Powers

Attention: une histoire peut en cacher une autre !

A l’heure où entre libération salutaire de la parole et risque de basculement dans la vengeance purificatrice et souvent sélective

L’actualité des dernières semaines nous fait (re)découvrir révélation après révélation …

Le secret de polichinelle du sexisme de cette industrie incroyable où les entretiens d’embauche peuvent se faire après les heures de bureau et dans les chambres d’hôtel …

Mais en fait loupe grossissante de tous ces lieux où s’accumulent des pouvoirs désormais mondialisés …

Pendant que nos gouvernants et leurs amis prônant alors la pédophilie n’ont rien d’autre à faire que de nous préparer une énième commémoration d’un mai 68 dont c’est en bonne partie l’héritage …

Comment – hasard du calendrier ? – ne pas être surpris …

Par cet incroyable panagérique – un documentaire de 90 mn sur Arte hier soir – à la gloire de la fameuse scène de la douche de l’oeuvre maitressse d’Alfred Hitchcock …

Qui à l’aide de fascinantes interviews de réalisateurs et techniciens dissèque une scène qui prit 78 plans et 52 plans de coupe d’où le titre du film – et une semaine à réaliser …

Mais fait quasiment l’impasse sur la réputation sulfureuse du maitre du suspense …

Et notamment sa tumultueuse relation pourtant explicitement rappelée par un téléfilm de HBO il y a cinq ans …

Evec une Tippi Hedren dont il était obsédé et dont suite au refus de ses avances il ruinera la carrière ?

Et comment ne pas y voir …

Entre l’ancienne playmate et doublure de la scène en question qui raconte tranquillement comment pour obtenir le poste elle a dû se déshabiller devant Hitchcock et ses collaborateurs …

Le célèbre réalisateur et historien du cinéma Peter Boganovitch qui dit s’être senti violer à la première projection mais se félicite d’un « cinéma tueur de femmes » …

Ou le romancier Bret Easton Ellis qui y salue l’accession du meurtre au statut de spectacle respectable …

Et la cinéaste qui y voit « la première et la plus pure expression moderne du corps féminin agressé » …

Et avant la scène dite « culte » où la promesse affriolante d’une douche purificatrice suite à sa décision de rendre l’argent volé …

Se transforme sous nos yeux à la fois terrifiés et titillés face à la vulnérabilité totale de sa nudité …

En la plus terrifiante des punitions pour une femme doublement voleuse (d’argent et de mari) …

La « manifestation nouvelle », comme le rappelle l’universitaire américaine Katrina Power, « d’une histoire bien plus ancienne » …

A savoir derrière la référence qui y est faite (y compris explicitement par Hitchcock lui-même dans l’une des bandes-annonces) à l’un des tableaux qui décore le salon du héros criminel …

Celle de l’épisode biblique (mais non retenu par la tradition hébraïque ou protestante) de Suzanne et de ses vieillards concupiscents prêts pour avoir refusé leurs avances à la faire condamner à mort …

Qui, après des générations entières de peintres et à l’instar d’Hitchcock et de son héros criminel comme de leurs innombrables émules, a servi à dissimuler et justifier tant de voyeurisme et de mysogynie …

Mais cette fois à la dimension proprement exponentielle et planétaire de l’accumulation de pouvoir et de capital que permettent désormais la mondialisation et le dispositif tant filmique que médiatique …

(ce n’est plus avec le juge du coin mais avec potentiellement la planète entière des spectateurs que nos hypermimétiques Bill Gates du sexe peuvent désormais ravir leurs femmes-trophées)

Exception faite toutefois de l’oeuvre de la seule femme à avoir peint la scène …

A savoir la célèbre peintre caravagiste et première peintre femme à part entière Artemisia Gentileschi

Qui, dès 1610 et à dix-sept ans à peine mais apparemment déjà consciente de l’expérience qui allait plus tard être la sienne d’un viol (par un ami de son père) et d’un procès humiliant, en tira sa première et magistrale oeuvre…

Et  contre les facilités lascives des autres peintres fut la seule à avoir saisi et représenté …

Harcèlement, violence, lâcheté et loi du silence compris, toute la vérité proprement criminelle de cette tentative de viol ?

Marion, Venus, and Susanna in the Mirror:
The Paintings in the Parlor of The Bates Motel

Americana: The Journal of American Popular Culture (1900-present), Fall 2016, Volume 15, Issue 2
Katrina Powers
University of Chicago

In the original 1960 trailer for Psycho, Alfred Hitchcock notifies us that the parlor of the Bates Motel was Norman Bates’ (Anthony Perkins) « favorite spot, » then suggests that we visit the parlor with him. Once there, he points to a painting on the wall and says « This picture has great significance, because… » before lowering his eyes and changing the subject, leaving his audience to wonder what, if any, the great significance may be. The image is a copy of the 1731 painting Susanna and the Elders by Willem van Mieris (see Figure 1), and the placement of the object itself is significant to the narrative of Psycho since it covers the hole through which Norman spies on Marion Crane (Janet Leigh). At the same time, the story of Susanna and its depictions in art have intertextual ramifications that extend in many directions, connecting this painting, and the other paintings in the parlor, with the characters and events in the film. For centuries, paintings of Susanna and the Elders have subtly played on the sympathies of viewers, inducing them to identify both with Susanna and with the Elders. By placing this painting so prominently in this scene, Psychopicks up this complicated identification of the spectator as it manipulates its own audience into identifying with both Norman and Marion. In the paintings and in the film, viewers find themselves identifying with both victim and perpetrator in acts of gendered violence.

After Marion arrives at the Bates Motel, Norman brings her some sandwiches and milk then invites her into the parlor behind the motel’s office. Norman steps into the dimly lit parlor carrying the tray, which he sets down before switching on a lamp. In the doorway, Marion casts mildly surprised glances at the stuffed birds mounted high on the walls. The paintings in the parlor do not capture her or the camera’s prolonged attention, but they remain in the background in this scene and others. While Norman and Marion are talking, the camera cuts from him to her and back, never showing both of them in the same frame. Behind Norman, we see an owl perched menacingly in the corner. Beneath the owl and somewhat overshadowed by it hangs a small framed painting, which we never see close up and which has received much less critical attention than the Susanna painting has (see Figure 1). William Rothman does not attempt to identify this painting, but observes that « the nude in the painting on the wall is Marion’s stand-in in this frame [which] will be confirmed when Marion strikes that figure’s exact pose » (283). After she has finished eating, Marion holds her left arm diagonally across her chest, as we can see the woman in the painting is doing. While Rothman notes this figure’s pose but does not offer any interpretation of it, Neil Hurley sees the woman’s crossed arm as a pudicagesture: « On the wall is a picture of a nude woman modestly wrapping her arms around her body in a protective gesture; Marion is seen with one arm similarly gripping her other arm in a subconscious posture of self-defense » (240). Marion may be feeling defensive, but the woman in the picture is making this gesture for other reasons.

The picture behind Norman, next to the Susanna, is a copy of Titian’s Venus with aMirror, now in the National Gallery in Washington, D.C. (see Figure 2). In Titian’s painting, Cupid holds up a mirror as Venus poses, smiling with satisfaction at her reflection. Another Cupid figure reaches out to Venus from behind the mirror to lay a crown of flowers on her head. Venus is wrapped in a sumptuous red velvet cape bordered with fur and extravagant gold and silver embroidery, which covers the lower half of her body but appears to have fallen off of her right shoulder, leaving her torso bare. She holds her left hand up to her chest, perhaps to admire the gold bracelet and ring that adorn it, and check to see how well they go with her pearl earrings and the gold and pearl decorations she wears in her blonde hair. Venus’s crossed arm is neither shielding her nudity nor defending her, but is striking perhaps one of many poses as she contemplates her own loveliness. Her posture is reminiscent of the Medici Venus and the Capitoline Venus, both copies of Praxiteles’ ancient Venus Pudica statue, in which Venus uses her hands to cover her nudity from the eyes of an unknown observer. Thus the painting not only connects Marion to an idealized vision of feminine beauty, but also alludes to the relationship between Venus and Cupid, an ambiguously sexual mother-son relationship parallel to the one Norman is describing to a disquieted Marion. Later, we will see a small statue of cupid in the foyer of the Bates house.

When the parlor conversation begins, we see Norman from the front, more or less from Marion’s point of view. After Norman has finished his speech about private traps, Marion glances toward the house — in the direction of the Venus, but without seeming to see it — and says: « If anyone ever talked to me the way I heard… » For the first time, we see Norman in profile as he listens. He is leaning forward, blocking the Susanna with his torso, so that we can only see the Venus in front of him as he expresses his frustration with his mother. He says he would like to leave her forever, or at least defy her, then pauses and leans back, revealing the Susanna behind him. « But I know I can’t, » he concludes. Marion asks him why he doesn’t go away, and he inquires whether he should seek a private island, like her. « No, » Marion replies, setting down her sandwich and folding her left arm across her chest, « Not like me. »

Even as the audience reflects on Marion’s secret, her journey, and her possible repentance, Norman sees her as a reflection of the ideal of feminine beauty that hangs on his wall. George Toles has commented on  « the omnipresence of mirrors and reflections in Psycho. Beginning with Marion’s decision to steal forty thousand dollars, which she arrives at while looking at herself in the mirror, almost every interior scene prominently features a mirror that doubles as a character’s image, but that no one turns to face » (134). In the painting, Venus is looking at herself in a mirror. As Norman looks at Marion, he sees his images of Venus and Susanna reflected in her, or projected onto her.  Norman has been looking at these paintings for years, during the solitary hours he has presumably spent in the parlor, arranging his stuffed birds and peeping on previous guests. As Hitchcock told us in the trailer, it is his favorite spot. He’s not looking at the painting of Venus in this shot, but he is looking at Marion, casting his gaze — freighted with the remembered image of this painting — in her direction. Perhaps unconsciously reacting to his gaze, heavy with the reflections of these symbolic images, Marion crosses her arms, hugging herself protectively. Later, in the shower, she will strike a pudica pose reminiscent of many Venuses and Susannas as she folds her left arm across her chest, trying to shield herself from her attacker and also, conveniently, shielding her breasts from the viewer.

Titian’s image of Venus is reflected again in the painting hanging on the wall next to it, which the viewer of the film sees only when Norman leans back with his resigned, « But I can’t. » This painting depicts the story of Susanna and the Elders, as many critics have concurred. The story of Susanna, found in Chapter 13 of the Book of Daniel in the Catholic Bible and as Susanna in the Apocrypha, tells of a beautiful, married woman who was in the habit of walking in her garden, as two elders of the community would watch her in secret. One hot day, she decided to take a bath, and sent her maids inside to get oil and ointment. Seeing that she was alone, the two elders came out of their hiding places and threatened to blackmail her if she did not give in to their sexual demands. Susanna cried out for help, and her servants came running, only to hear the elders claim that they had caught her committing adultery with a young man, who had escaped. Susanna was convicted of this crime and sentenced to death by stoning, but young Daniel stood up at her trial and proved that the elders were lying. Her death sentence was then transferred to them.

Many scholars of Psycho have pointed out some of the important allusions that the painting makes. Donald Spoto, for example, underlines the connection between voyeurism, desire, and violence in both the painting and the film: « And so that we have no doubt about his intention, Hitchcock makes everything clear: Norman removes from the wall a replica of ‘Susanna and the Elders’…Norman, in other words, removes the artifact of deadly voyeurism and replaces it with the act itself. So much for ‘mere’ spying » (322). That this « artifact of deadly voyeurism » has been hanging in the parlor of the Bates Motel for some time suggests that it indicates some predisposition in Norman, as the uninitiated viewer will not fully understand until the end of the film. But there are further connections, as Erik Lunde and Douglas Noverr observe: « Indeed, a close reading of the Biblical story from the thirteenth chapter of the Book of Daniel reveals several themes elucidated in Psycho: voyeurism, wrongful accusation, corrupted innocence, power misused, secrets, lust and death » (101). Citing this passage from Lunde and Noverr, Michael Walker argues: « I would focus, rather, on the significance of the painting for Norman. The voyeurism theme is certainly relevant, but in the original story Susanna resists their sexual assault…it would be more accurate to describe the painting as depicting a rape fantasy, a fantasy which is unfulfilled; hence its particular relevance for Norman » (327). Thwarted rape is, in fact, the central event of the Susanna story, though it has often been euphemized as an « attempted seduction, » and many painters preferred to depict a moment of voyeurism rather than a physical attack.

In the Bible, the elders try to extort sex from Susanna by threatening a false accusation that will lead to death for her and dishonor for her family. Therefore, as Jennifer Glancy has shown, « their very real threat of force defines their action as attempted rape, not attempted seduction » (289). The Bible does not mention any physical contact taking place between the elders and Susanna. This part of the story states the following: « When the maids had gone out, the two elders got up and ran to her. They said, ‘Look, the garden doors are shut, and no one can see us. We are burning with desire for you; so give us your consent, and lie with us' » (Susanna 19-21). The passage only gives the words spoken between the elders and Susanna, so it is left to the reader to imagine whether or not some degree of contact occurred at the same time.

The numerous versions of Susanna painted in Europe in the sixteenth and seventeenth centuries can be divided into two basic categories: those in which the elders spy on Susanna as she is unaware of their presence, and those that depict some moment after the elders have approached her. Those in the latter category can then be arranged along a scale of degrees of violence: there are many in which the elders are merely talking to Susanna as she listens, others in which they are rushing toward her and reaching out for her, and still others in which they are grabbing at her, pulling away her clothing and assaulting her quite forcefully. The Susanna painting on Norman’s wall would occupy a position toward the more violent end of this spectrum, serving as a subtle warning to the audience that Norman’s voyeurism will have a violent end (see Figure 3).

Italian Renaissance paintings of the story tend to be tranquil and pastoral, often showing the elders spying on an oblivious Susanna. As the Baroque style became widespread in the seventeenth century, the theme of Susanna and the Elders remained popular but took a turn toward the dramatic and tenebrist, with wild elders emerging from deep shadows to grapple with a Susanna who struggles against them, her body and garments twisting attractively as they do in the version on Norman Bates’s wall. Roland-François Lack identified this Susanna as a 1731 canvas by Willem van Mieris, formerly housed in a museum in Perpignan but stolen in 1972 (n.p.).

The violence in Norman’s Susanna prefigures his impending violence against Marion, while Susanna’s nudity prefigures Marion’s own. However, the Bible indicates that the elders approached Susanna as soon as she had announced her intentions to take a bath to her two maids, and thus would not have had time to disrobe or actually begin bathing. Of course, the mere mention of a bath opened a window of opportunity that Renaissance artists would exploit as fully as possible, or as Tom Gunning puts it, « the theme also provided a religious alibi for painting the nude in the sixteenth through eighteenth centuries » (28). Ellen Spolsky concludes that the bath never happens in the Bible, but that it is « the painterly parallel of Susanna’s own desire to bathe in the heat of the day, and the Elders’ wish-fulfillment slander. The story spoke clearly to them [i.e. the painters] of the enjoyment of a woman’s body, of the lust of the eyes, and they represented it as they saw it in the mind’s eye » (115). The idea that Susanna actually took a bath and that the elders spied on her as she was bathing has become the version of the story most people know, or what Alice Bach terms the doxa. As Bach explains: « By doxa I mean one’s idea of a narrative plot point or character or place from some remembered version of it, such as thinking that Delilah cut off Samson’s hair…Often the doxic version becomes cultural baggage for the reader, setting up assumptions that blind one to what appears in the actual text » (4). The doxic version of the Susanna story is the one depicted in many paintings, that she was nude and in the bath as the elders spied on her or approached her.

While the Biblical text does not clearly justify painting a nude Susanna, the early modern art market did. Mary Garrard explains a further dimension of appeal that the story offered:

Few artistic themes have offered so satisfying an opportunity for legitimized voyeurism as Susanna and the Elders. The subject was taken up with relish by artists from the sixteenth through the eighteenth centuries as an opportunity to display the female nude…with the added advantage that the nude’s erotic appeal could be heightened by the presence of two lecherous old men, whose inclusion was both iconographically justified and pornographically effective. (149-150)
Many popular paintings depict Susanna as bathing in a lush garden while the elders are hidden among the foliage, creating a tranquil, pastoral scene in which the viewer of the painting may identify with the elders and their desire to sneak a peek at the lovely Susanna. An especially famous version of the scene by Tintoretto, now in Vienna, is emblematic of these erotically charged Renaissance Susannas (see Figure 4). Garrard notes that « Tintoretto…offers a representative depiction of the theme in his emphasis upon Susanna’s voluptuous body and upon the Elders’ ingenuity in getting a closer look at it » (150). The notion that the (presumed heterosexual male) viewer of the paintings is expected to see himself in the elders and thus feel some kind of empathy for them, although they are the villains of the story, is one that will resonate especially deeply in Psycho.

In Tintoretto’s image, Susanna sits poolside, one leg languorously dangling in the water as she smiles into a mirror. She is surrounded by jewelry, combs, perfume, and luxurious fabrics, and her blonde hair is pulled into an ornate, pearl-festooned arrangement. Spolsky points out the significance of these items: « In the paintings by Tintoretto…for example, the presence of conventional references to Venus (mirrors, jewels, peacocks, cupids), suggests that the beauty of the woman be read as mitigation of the Elders’ crime » (102). Tintoretto’s Vienna Susanna bears an especially strong resemblance to Venus in the Venus with a Mirror painted by Tintoretto’s fellow Venetian, Titian, a copy of which hangs adjacent to Norman’s Susanna. Indeed, in Tintoretto’s painting, Susanna’s mirror is propped against the hedge that one of the elders is hiding behind. As he pokes his head surreptitiously around the corner, he echoes the figure of Cupid in Titian’s painting, holding the mirror up so Venus can admire herself.

As mentioned, many painted Susannas of the sixteenth and seventeenth centuries seek to delight the heterosexual male viewer by inviting him to see himself in the elders’ position as voyeur, simultaneously making this intrusion seem less heinous by presenting Susanna as passive, or even willing. Giving attributes and postures of Venus to Susanna enhances this effect. Garrard observes that Rembrandt’s 1647 version of the story, in Berlin, is more sympathetic to Susanna’s plight, « Yet even Rembrandt implants in the pose of Susanna, whose arms reach to cover her breasts and genitals, the memory of the Medici Venus, a classical model that was virtually synonymous with female sexuality » (153). If Susanna is « virtually synonymous with female sexuality, » then how can anyone expect the elders not to spy on her? The paintings in the parlor scene in Psycho reconnect Venus and Susanna, positioning Marion Crane as the third vertex in a triangle. Like Venus, Marion holds her arm diagonally across her chest; like Susanna, Marion is spied on and then attacked as she washes herself. Like both, she is desirable, which the psychiatrist at the end gives as the explanation for the crime perpetrated against her. In European paintings of the early modern period, both Venus and Susanna are almost always depicted as blondes, which underlines their visual symmetry to Marion and many other Hitchcock heroines/victims.

The connection between Venus and Susanna is reinforced by the doubling of these two figures in two other paintings in the parlor. There appears to be a second Susanna hanging on the parlor wall opposite the Venus with a Mirror and the van Mieris Susanna. I have not been able to identify this extremely tenebrist version, though it bears a resemblance to Susannas by Anthony van Dyck and Mattia Preti. We first see this painting after Marion leaves, when Norman goes to the office to check the alias with which she signed the register, then steps back into the parlor (see Figure 5). We see the second Venus only when Arbogast (Martin Balsam) briefly inspects the parlor alone: it hangs next to the door that leads to the office (see Figure 6). This painting is only seen fleetingly, but the composition evokes the central part of Botticelli’s Primavera, depicting Venus and the Three Graces. Interestingly, this painting remains the only one we ever see in the frame with Arbogast; the private detective is not subjected to a visual association with the elders, as Norman repeatedly is.

While Norman and Marion are talking, we first see Norman in profile as he leans forward in his chair, and we see only Venus. When he leans back, revealing the Susanna image, this action suggests a progression from the Venus (serene, static, admiring herself in the mirror) and the Susanna (turbulently assaulted, still able to assume an attractive contrapposto in her distress). Female beauty can exist at peace so long as it remains unseen by unpredictable masculine energies, but once that happens, violence seems to be a natural part of the sequence. Raymond Durgnat cites Hitchcock as having a similar attitude toward the disruptive powers of feminine beauty: « As Hitchcock once said, ‘A beautiful woman is a force for evil.’ She may not be evil in herself, but male sexual desire is, and she can’t help provoking it. She’s the innocent cause of evil in others » (80). At the end of the film, the psychiatrist says, « He killed her because he desired her. » This connection between feminine beauty and male violence against it underlies the entire tradition of Susanna paintings.

When Norman first enters the parlor, however, the camera follows him as he crosses in front of the Susanna first, then bends down to set down his tray and turn on the lamp. As he bends, the Venus becomes visible behind him. He first goes quickly from Susanna to Venus, but then we see the paintings in the reverse order, more slowly, as he is sitting and conversing with Marion. After she retires for the night, the camera focuses on the Susanna for one moment, before Norman removes it to watch Marion undressing. As David Greven observes:

The story is overdetermined as a Hitchcock motif, containing, as it does, so many of his signature themes. There is a long tradition in Western visual art of reading this biblical narrative as a rape scene, and this painting joins the number of classical rape paintings that adorn the back wall of Norman’s office, all of which signal the history of anti-woman violence, and that this hideous history is being made in the present. (97)
The Bible is ambiguous as to whether or not there was any physical contact between the elders and Susanna before she cried for help, thwarting any attempt they may have made to rape her by force rather than by coercion. There is no ambiguity, however, about the fact that they carry out the threat they made to her, accusing her of adultery and testifying to it at her trial, willing to see her executed for this imaginary crime once she had spurned their advances. Marion has refused Norman’s request that she remain in the parlor « just a little while longer, just for talk, » and a moment later he spies on her and then, like the elders, unleashes violence against her.

Psycho echoes both the voyeurism and the misogynistic violence referred to in the Susanna story, but Norman’s use of it as the screen that hides his peephole makes the voyeurism connection especially sly, as Tom Gunning points out: « The congruence between the painting’s subject and the use Norman Bates puts it is so exact that it strikes one as a Hitchcockian joke » (28). Joseph Stefano’s screenplay calls for the parlor to be decorated with « paintings…nudes, primarily, and many with a vaguely religious overtone » (n.p.), but does not specify Susanna. When Norman removes a picture from the wall, the screenplay only says « a picture » (n.p.). Art director Robert Clatworthy recalled that Hitchcock was « far more finicky about odd unsettling details of decor — such as the kitschy sculpture of hands folded in prayer in Mother’s room — than with the structures themselves. Crucial for Hitchcock, too, were the sets for Norman’s parlor behind the motel office, the bathroom, and Mother’s room » (Rebello 95). It seems likely, then, that the inclusion of only images of Susanna and Venus — doubled ones at that, echoing the many other doubles in the film — rather than any other vaguely religious nudes that might have been chosen was indeed Hitchcock’s joke, and not anyone else’s.

Gunning analyzes the relationship between Norman’s voyeurism and his violence against Marion:

We know from the subsequent actions that his vision has excited not only his lust but also his guilt and impulse toward punishment, triggering the murder of Marion, punishing her for a sexual titillation entirely due to Norman’s own voyeurism (like the plot of the Elders against Susanna). Thus guilt and violence of the sort depicted in the painting serve as a screen to block and transform the image of desire, a visual filter that darkens and perverts the sexual impulse. (29-30)
The Bible plainly states that Susanna’s beauty is the cause of the elders’ crime: « Every day the two elders used to see her, going in and walking about, and they began to lust for her. They suppressed their consciences and turned away their eyes from looking to Heaven or remembering their duty to administer justice » (Susanna 8-9). This scene in Psycho tells a similar story, using the Susanna painting as a metonymy: Marion is beautiful, Norman wishes to see more of her, so he peers illicitly through the wall; as a result, he is so inflamed with desire that he acts recklessly and violently against the woman he desires. As Gunning observes, the art serves both to hide the act of voyeurism and to twist it into something more sinister.

That a work of art could inspire and motivate a man’s desire is an idea with a long history. Lynda Nead summarizes several accounts of men lusting after art:

There are a number of myths, which are frequently recirculated, concerning the stimulating effects on male viewers of nude female statues and paintings. In his Natural History Pliny describes an assault on Praxiteles’ statue of Aphrodite of Cnidos. It seems that a young man had become so infatuated with the statue that he hid himself one night in the shrine and masturbated on the statue…In another permutation of this fantasy of male arousal there is the case from sixteenth-century Italy, of Aretino, who so admired the exceptional realism of a painted nude Venus by Sansorino that he claimed « it will fill the thoughts of all who look at it with lust. » Over two centuries later, there is the example of the bibliophile Henry George Quin, who crept into the Uffizi in Florence when no one was there, in order to admire the Medici Venus and who confessed to having « fervently kissed several parts of her divine body. » (87)
As Nead observes, in the Pliny and Quin examples, the covert aspect of the man’s access to the art enhances his excitement: « The excitement is produced, partly at least, by the transgression of and deviation from norms of public viewing and by the relocation of the work of art within the realm of the forbidden » (88). Norman uses his van Mieris Susanna to shield his realm of the forbidden, but also draws strength from it to perform forbidden actions: after he spies on Marion, we see him in profile and can only see the edge of the painting’s frame as he rehangs it on the wall. Then he looks at the image for a moment before glancing ominously toward the house. Norman has transferred his illicit desire for the Venuses and the Susannas onto the real person Marion Crane; the painting has given him courage to peep in the first place, and now the combination of the painting and his real life voyeurism have inspired him to do violence against her.

The trope of a work of art depicting violence against women being seen as an inspirational precedent is quite ancient. In Terence’s comedy The Eunuch, Chaerea disguises himself as a eunuch in order to gain access to prohibited spaces and be close to Pamphila, the girl he desires. Later, he recounts to his friend Antipho how seeing a painting strengthened his resolve to assault the girl:

Presently they made preparations for her bath. I urged them to hurry. While things were being got ready, the girl sat in the room, looking up at a painting; it depicted the story of how Jupiter sent a shower of gold into Danae’s bosom. I began to look at it myself, and the fact that he had played a similar game long ago made me all the more excited: a god had turned himself into human shape, made his way by stealth to another man’s roof, and come through the skylight to play a trick on a woman…Was I, a mere mortal,  not to do the same? I did just that — and gladly. (379-381)
The story Terence evokes is that of Zeus and Danaë, in which the latter’s father locks her in a tower to protect her virginity, but Zeus visits her in the form of a rain of gold. Whether or not Danaë is a willing participant in this union is unclear, though Renaissance paintings tend to depict her as quite receptive to the arrival of the rain. Danaë, Susanna, Bathsheba, Venus, Lucretia, Diana, and Actaeon, along with a few other stories from antiquity, were considered in the Renaissance to offer legitimate pretexts for painting female nudes. In Chaerea’s account, delivered to his friend after the fact, he does not describe the painting, so the audience can only wonder if Danaë showed any resistance in the image. It is clear, however, that Pamphila did resist: a woman in the household later complains that « the villain ripped her whole dress and tore her hair » (387) and « the girl is crying and doesn’t dare say what happened when you ask her » (387). This description reveals that Chaerea has perpetrated a violent rape, although by his own account he merely « play[ed] a trick on a woman » (379). The play in general characterizes him as an immature rascal who learns responsibility by marrying his victim, rather than as a vicious criminal who merits punishment.

Like Chaerea, Norman’s lust is excited by a painting, and it encourages him in his transgressions. Like Susanna, Danaë, and Pamphila, Marion thinks that she is shielded by the walls of her private space, but a woman’s private space is subject to intrusion by men who see their desire for her as a justification for their invasion of her privacy. Terence’s audience has little chance to identify with Pamphila, who has no lines in the play. In Psycho, at the time that Norman spies on Marion through his Susanna-defended peephole, we have just met him as a character while Marion has been, for forty-five minutes, the heroine of the film.

At the moment of her death, Marion extends a hand in search of support before collapsing in the shower. Toles analyzes the shocking effect on the audience of the loss of her as a main character: « Marion’s gesture to save herself answers our felt need [that she survive], then instantly turns that need against us. Part of Hitchcock’s complex achievement in the film is gradually to deprive us of our sense of what ‘secure space’ looks like or feels like » (120-121). The audience thought that they were safe in identifying with Marion, just as Marion thought she was safe in Cabin One. But as the Susanna paintings in the parlor have warned us, the prying eyes of men will seek out beautiful women wherever they go — they do not really have any safe and private spaces. Hitchcock pulls the entire audience into this sense of insecurity, thrusting them into a vulnerability parallel to Marion’s at the same moment that he leaves them no choice but to now identify with Norman.

This switch of audience identification from Marion to Norman has been much discussed. Robin Wood describes the spectator’s sense of disorientation at the moment of her death: « so engrossed are we in Marion, so secure in her potential salvation, that we can scarcely believe it is happening; when it is over, and she is dead, we are left shocked, with nothing to cling to, the apparent center of the film entirely dissolved » (146). As Philip Skerry points out, throughout the Bates Motel scene, between Marion’s arrival and her murder, the camera gradually switches to Norman’s point of view (173), preparing the audience to identify with him after her abrupt departure from the story.  As Norman spies on Marion getting undressed, Skerry continues, « Hitchcock kindly allows the audience to spy with him » (175). Hitchcock, like the Renaissance painters of Susanna, depicts a scene of voyeurism and invites the viewer to join in, assuming the voyeur’s point of view — and expects viewers to react to this « kindness » with gratitude.

Joseph Smith notes that the peeping scene « serves as an effective link between the two halves of the film…it’s our first opportunity to observe Norman alone, and thus to begin identifying with him. Yet like our identification with Marion, the connection we feel with Norman is troubling. As Norman watches Marion undress, we watch too, and thus we share his guilt » (67). Smith continues, « Hitchcock accentuates the culpability of viewers — or at least of those viewers who are male — by cutting away just as Marion is about to remove her brassiere » (68). The assumption that the heterosexual male viewer sees himself in the voyeur is a central feature of the majority of paintings of Susanna and the Elders, particularly those that depict a voyeuristic scene before the elders approach Susanna. By placing the two Susannas in the parlor, Hitchcock has added a layer of assistance to help his viewer see himself in Norman.

Even in the original Biblical tale of Susanna, as Amy-Jill Levine argues, the text forces readers to identify with the elders. The character of Susanna, she writes, is « compromised by the elders’ desires. For the story to function, their desire must be comprehensible to the reader, and thus Susanna must be a figure of desire to us as well. And once we see her as desirable, we are trapped: either we are guilty of lust, or she is guilty of seduction » (313). This victim-blaming aspect of the original story — that Susanna’s beauty was the cause of her misfortune — was exploited to its fullest potential by painters in the early modern period, luring the viewer of the painter in to the perspective of the elders. Spolsky observes that one of the elders often holds up a shushing finger, « extended toward the viewer, as if to say ‘Don’t disturb her’ — and at the same time, ‘Don’t be so quick to judge us — wouldn’t you also be enchanted by her?' » (102). This same shared culpability is exploited in Norman’s peeping scene in Psycho and implemented to steer the viewer toward identifying with him. Much as Norman sees the elders in his painting as a mirror of himself, the viewers of Psycho now see themselves reflected in Norman.

Hitchcock takes this point to an extreme close-up during the scene in which Norman spies on Marion, just after removing the van Mieris Susanna from the wall. As he peers into Marion’s brightly lit room, a beam of light from the peephole illuminates his face. We see a close-up of his eye from the side, the light shining into it as he watches her. First, we see Marion tossing aside her blouse, standing in the black bra and half-slip we saw her wearing in her room in Phoenix, just after deciding to steal the money. We see her as if through the peephole, but the camera cuts away just as she reaches to remove her bra: now we see only Norman’s eye for a moment, before cutting back to his view as she wraps a robe around herself. Here the film pushes the limits of what can be tolerated by a mainstream audience. Psycho cannot show Marion naked, but it makes clear that Norman has seen her so, and it invites its audience to envy him. Skerry analyzes this important moment:

Norman has seen Marion naked; he has seen what no audience for a commercial film had seen up through 1960. This extraordinary situation of having a character not only see what an audience cannot in the diegesis of the film, but also see what an audience could not in the extra-diegetic world of cinema in general, is unique in Hitchcock’s oeuvre. In this subscene, Norman is the principal viewer, but what he sees cannot be shown to us. (119)
During this scene, the camera cuts back and forth between a Norman’s-eye view of Marion, and views of Norman’s eye itself. This intercutting allows the audience not only to identify with Norman but also to fill in the gap of what he is seeing that cannot be shown. In the Susanna paintings where she is unaware of the elders’ presence, the painters included the elders so that the audience could identify with them and take pleasure in knowing that they were seeing something they were not allowed to see. In Psycho, Norman actually sees what the audience cannot be allowed to see. Instead, we gaze upon his single, fascinated eye for this one moment.

In the scene in which Norman spies on Marion as she undresses, Psycho uses the montage technique to splice out her contextually inevitable nudity, substituting a brief shot of Norman’s eye in such a way that the audience imagines what he sees. In the murder scene, Hitchcock further assaults Hollywood’s Production Code, using montage to suggest images of both violence and nudity without actually showing either. Hitchcock’s masterful use of editing makes this possible, as Skerry observes:

This kind of scene construction and editing [i.e. in which violence is suggested but not shown] had evolved over the years, and directors had utilized these techniques to circumvent the Code by suggesting violence and by transferring the action to the mind of the spectator. Eisenstein had perfected this technique in his theory and practice of montage: shot A + shot B (both on the screen) = shot C (in the mind of the audience). (7)
Sergei Eisenstei’s theorization of montage technique was not concerned with avoiding showing violence. Eisenstein and other early Soviet filmmakers had set out to understand how the art of the cinema worked, and they had reached the conclusion that film editing was the one quality that was unique to cinema. Eisenstein observed that the proponents of montage had « discovered a certain property in the toy [i.e. film editing] which kept them astonished for a number of years. This property consisted in the fact that two pieces of film of any kind, placed together, inevitably combine into a new concept, a new quality, arising out of that juxtaposition » (4, emphasis in original). He gives examples of combinations of words, images, or ideas that create associations or new concepts when they are combined, arguing that this idea is not new in the cinema nor unique to it. For instance, if we see a grave and a woman weeping, we assume that she is the widow of the man buried there (4-5). In montage, Eisenstein continues, « Piece A (derived from the elements of the theme being developed) and piece B (derived from the same source) in juxtaposition give birth to the image in which the thematic matter is most clearly embodied. » Expressed in the imperative, for the sake of stating a more exact working formula, this proposition would read: « Representation A and representation B must be so selected from all the possible features within the theme that is being developed, must be so sought for, that their juxtaposition — that is, the juxtaposition of those very elements and not of alternative ones — shall evoke in the perception and feelings of the spectator the most complete image of the theme itself » (11, emphasis in original).

In Eisenstein’s breakdown of the idea, the « image of the theme itself » or image C, the abstract concept that the filmmaker wishes to get across to his audience, is best created in the mind of the spectator. This way, spectators can tailor their own « image of the theme itself » according to their own perceptions and experiences. In Eisenstein’s famous Odessa steps montage in Battleship Potemkin, the juxtaposition of (A) mercilessly firing troops and (B) suffering people are meant to create an image (C) of the injustices of capitalist imperialism. Shot (C) is the goal of the film, but it does not exist in it anywhere. Rather, viewers construct it in their minds.

In the shower scene in Psycho, Skerry explains that the carefully crafted juxtaposition of very short pieces of film create a terrifying montage: « Hitchcock prided himself on not actually showing the knife stabbing Marion. He claims that the violence occurs inside the viewer’s mind (shot C, in the Eisensteinian sense). He also claims that the nudity is equally suggestive, never explicitly shown » (11). Unlike the class struggle in Battleship Potemkin, the knife entering Marion’s torso is not too abstract to film, as the hundreds of slasher films released since Psycho have demonstrated. The Production Code prohibited it, however, and Hitchcock’s pride in not showing it might stem in part from his use of montage to cleverly sidestep the Code’s restrictions. In his interview with Skerry, screenwriter Joseph Stefano says: « I asked [Hitchcock], ‘How will you get that across? The knife goes like this, and then we cut to a fake wound?’ And he said, ‘Oh no, no. We don’t need any of that. This is a murder that is taking place in the audience’s mind, and it should be just a flash' » (56). In addition to any concerns he may have had about the Code, Hitchcock appears to have also felt pride that, by leaving the stabbing unseen, he was forcing the viewers to create a more terrifying vision in their minds.

Hitchcock’s shower scene went against the precepts of the « Hollywood montage » (Dmytryk 135) that was prevalent in classical studio films. The Hollywood style evolved to favor editing that reduced the story to its essence in a way that flowed smoothly for the viewer. Ken Dancyger explains that early directors « discovered that it isn’t necessary to show everything. Real time can be violated and replaced with dramatic time » (350). Dancyger gives an example of how dramatic time can be employed in a film to avoid wearying the audience with a scene of a character traveling. Instead, she will be shown departing, then « the editor then cuts to a street sign or some other indication of the new location » (359). This type of montage sought to present seamlessly a narrative that allowed the viewer to suppose what happened during unseen intervals. Instead of shot (C) being an abstract or unshowable concept as in the artistic Soviet montage, in the Hollywood montage shot (C) consists of narrative details with which the viewers need not concern themselves. As Skerry tells us: « Hitchcock once said that cinema was life with the boring parts left out » (143). The process of splicing together shots filmed at different times and in different places is unique to film, but the idea of streamlining a narrative to boil it down to its most compelling elements is far older than cinema.

As I discussed earlier, the Bible’s description of the story of Susanna does not directly refer to Susanna disrobing or getting into the bath. It merely states that (A) the elders were watching her and that (B) Susanna decided to take a bath. To borrow Eisenstein’s terminology, the juxtaposition of these two details « evoke[d] in the perception and feelings » (11) of many Renaissance painters the alluring image (C) of a seductive, Venuslike Susanna bathing as the elders watched her. While the Biblical story leaves out the details to keep the story moving, in the Hollywood sense of narrative economy, the image of a bathing Susanna is shot (C) in the Eisensteinian sense. Similarly, the violent paintings in which the elders assault her show a scene that is neither described nor contradicted in the Bible; they were assembled in the painters’ minds based on detail (A) the elders went up to her and (B) they demanded that she satisfy their desires. Given these facts, the extrapolation that (C) they ripped off her clothes and physically assaulted her will naturally emerge as the « image of the theme itself » (Eisenstein 11) in the minds of many readers.

These details, so lavishly embellished by so many generations of painters, are missing from the Biblical account in such a way that they are neither explicitly there nor impossible to imagine. They do not appear to be narrative lacunae to the reader of the Book of Daniel or the Apocrypha’s Susanna; the narrative flows smoothly and briskly, squeezing a great deal of drama and tension into a compact tale. A precise description of the movements of Susanna and the elders at every moment would transform this gripping whirlwind into a tedious slog. The story’s original creators eliminated details in the interest of dramatic time — creating a smooth, Hollywood montage of the essentials of the story. But painters reinterpreted the elision of detail — creating a vast lacuna of detail in their minds, inserting a shot (C) that stretched the likelihood of what (A) and (B) appeared to suggest. The universal association born of juxtaposition that Eisenstein described became either a pastoral voyeurism fantasy or a rape fantasy.

In the novel by Robert Bloch on which Psycho is based, the character of Marion is named Mary, and her death happens in one sentence. Toles examines how Hitchcock’s film adaptation gives this event center stage: « Is Marion’s shabby, useless death a proper occasion for a virtuoso set piece? Surely an abbreviated, less conspicuously artful presentation would honor the victim more, if the meaning(in human terms) of what transpired figured at all in the artist’s calculations » (128). Even if Psycho has no moral as such, a young woman’s sudden death still means something, and the film distracts us from this by showing us a dazzling work of art.

In a similar way, Tintoretto’s breathtaking Susanna draws us in with its luminosity and makes us forget what the story was about. As Garrard observes: « Even when a painter attempted to convey some rhetorical distress on Susanna’s part… he was apt to offset it with a graceful pose whose chief effect was the display of a beautiful nude » (150). Garrard argues that the pleasure agenda of the male artists and their male patrons overwhelmed the meaning of the Susanna story, and the female painter Artemisia Gentileschi was the only one to identify with Susanna rather than the elders. In Psycho, the audience has identified with Marion up until she is murdered, but her murder in the center of the film forces them to begin to identify with Norman.

As I discussed above, Psycho’s audience already began to identify with Norman during the voyeurism scene. The success of this is demonstrated by how many male film scholars express envy of Norman’s ability to watch as Marion removes her underwear. After Marion dies, the viewers of the film do not know to whom they should cling. In his interview with Skerry, screenwriter Stefano says: « After the shower scene we’ve lost the person that we were with, that we identified with, that we cared about. Remember, we didn’t want that cop to arrest her. We wanted her to get away with the money. W’’re all such felons at heart » (55). Stefano believes that the audience’s desire to identify with the protagonist is stronger than any desire they are likely to have to identify with justice and the law. Stefano says he told Hitchcock, « At that time [i.e. after Marion’s death], the movie is over unless we get the audience to care about Norman » (55). Several new characters, notably Marion’s sister Lila Crane (Vera Miles), are introduced in the second half of the film, and Marion’s boyfriend Sam Loomis (John Gavin) reappears. Though Sam and Lila could have the potential to become our new protagonists as they investigate Marion’s disappearance, the audience has already latched on to Norman.

Seeking to make the audience care about Norman, Stefano reports that it was his idea to include Norman’s lengthy cleaning up sequence after the murder, recalling times in his childhood when he was forced to clean up after his alcoholic father (55). In Spoto’s account of viewing the film, Stefano’s technique is effective: « Just as we have conflicting feelings about Marion…so we have divided feelings about Norman. He does such a first-rate cleanup of Mother’s messy murder, doesn’t he, and with him we’re ever so relieved when Marion’s car, which was momentarily stuck in the swamp, finally sinks with a septic gurgle » (320). Watching the premiere of the film with his wife, Stefano says that he heard the audience gasp when Marion’s car stopped sinking. He turned to his wife and whispered: « You know, I got them! They love Norman now. They don’t care if he buries her in a swamp » (63).

At this point, as far as the viewer knows, poor Norman is concealing the crime perpetrated by his « ill » but « harmless » mother. Norman’s efforts to protect his mother, Wood writes, make it easier for the viewers to shift their identification to him: « Norman is an intensely sympathetic character, sensitive, vulnerable, trapped by his devotion to his mother — a devotion, a self-sacrifice, which our society tends to regard as highly laudable…He is a likable human being in an intolerable situation » (146). While the viewer may have disapproved of Norman’s peeping and wished he had respected Marion’s privacy, this infraction is not enough to erase all of the sympathy we feel for his helpless sweetness and his efforts to do the best he can with his awful lot in life. He is himself very attractive, to the extent that a viewer who is attracted to men may find their judgment clouded as the narrative continues to unfold. If the heterosexual man can’t blame Norman for being a voyeur, the heterosexual woman really wants him to be as kind and gentle as he seems to be. In any case, we have no choice but to hold on to him, as Skerry explains:

We know from many of Hitchcock’s comments about the film that he enjoyed « tricking » the audience into identifying with Marion so that when she dies, we are left hanging, in a sense… Thus, if we accept the notion of identification, which was first discussed in Aristotle’s Poetics in the analysis of catharsis, then we can conclude that the killing of Marion creates for the viewer what Ortega y Gasset calls « existential shipwreck. » (176)
After a shipwreck, Ortega y Gasset writes, survivors look for something to cling to and will grab at any piece of driftwood they can find (Skerry 176). In Psycho, Skerry continues, this driftwood to which the viewer must cling is « the seemingly innocent, naïve, charming, boyish, and attractive character of Norman. In the cinematic world of the late 1950s, Norman would be the perfect romantic protagonist…It is probably Hitchcock’s greatest casting decision to propose Anthony Perkins for Norman » (176). In Bloch’s novel, Norman is middle-aged, overweight, and an alcoholic. Hitchcock proposed Perkins for the role, baiting the trap into which the viewer falls by making them like this attractive young man who appears to be awkward but perhaps noble. As Hitchcock himself says in the trailer, « This young man — you had to feel sorry for him. » Perkins’s sweet face is hard to resist, especially for first-time viewers who are concerned for him and what his mother appears to be putting him through.

The actor invested careful thought in the role. Stephen Rebello describes how Perkins « developed a powerful affinity not only for the surface behavior of Norman Bates but also for the inner workings. ‘It was my idea to have Norman nervously chewing candy in the film,’ Perkins enthused about the character who was to become a national folk antihero. ‘He would not plot malice against anyone. He has no evil or negative intentions. He has no malice of any kind' » (118-119).

Rebello’s description of Bates as « a national folk antihero » is intriguing. Even among experienced viewers who know who he is, know what he has done, Bates remains a compelling figure. Hitchcock and Perkins so carefully crafted him to be likable that we still like him after we learn the truth, as Smith suggests in his personal anecdote of seeing Psycho III in a theater in 1986: « During the scene in which Norman finally climbs into bed with an attractive woman, one young male viewer called out cheerily, ‘Go for it, Norman!’ That viewers could still feel this way years after knowing the truth about Bates is ample testament to Perkins’s nuanced, sympathetic portrait » (55). Without a doubt, this is true. But it also testament to the dual consciousness produced in the viewer by the original film, evoked by the image of Susanna and the Elders: one feels for poor, innocent Susanna. But one also feels for the elders, whose actions are not quite pardonable, but may be understandable.

Much as Hitchcock elected to cast the charming, handsome young Perkins as Norman, Renaissance painters tended to paint the elders as venerable old men, who seem fairly respectable even as they perpetrate their crime against Susanna. Tintoretto’s elders bear a strong resemblance to St. Peter and other esteemed older religious figures who appear in his other canvases. Just as the viewer’s shared voyeurism with them made the painting more alluring and the elders more relatable, the elders’ appearance as nice, grandfatherly figures makes it difficult to judge them too harshly. In van Mieris’ painting, the elders are temporarily disfigured by wanton expressions, and their postures are more openly transgressive than they are in many other Susanna canvases. But the painting’s presence in the film carries with it all of the cultural freight of its history, and these ramifications remain on the screen as a result. The audience’s identification with Norman parallels the earlier identification viewers had with the Elders. Even if the viewer’s sympathies are split between the male violator and the female victim, these two stories form a part of the larger tradition of the perpetrators of violence against women being seen as somewhat sympathetic.

After Norman peeps on Marion and replaces the van Mieris Susanna on the wall, the audience does not see this painting again. The second Susanna, however, continues to haunt Norman from a distance in later scenes: it is seen through the door when Norman is talking to Arbogast in the office (see Figure 7), and again when he hangs up the phone after talking to Sheriff Chambers (John McIntire) while sitting in the parlor (see Figure 8). In these scenes, it is on the wall opposite the other Susanna, perpendicular to the wall separating the parlor from the office. Near the end of the film, it moves and now hangs next to the door when Sam Loomis confronts Norman in the office (see Figure 9).

Previously, when Arbogast was snooping in the vacant parlor, this same space was occupied by the second Venus; thus, the progression from the ideal of female beauty to the act of violence against it is repeated as the second Susanna takes the place of the second Venus. The second Venus is only seen when Arbogast is in the parlor. Arbogast is never shown in the frame with either of the Susannas; as far as we know, he is not a pervert, and thus he is free from association with the elders. The second Susanna changes position, as though it were insistently inserting itself into the frame with Norman, hounding him, hanging over his shoulder like a guilty conscience.

Like Chaerea in The Eunuch, Norman Bates sees a painting of a woman’s privacy being violated and is inspired to violate a real woman’s privacy. Like the elders, his desire for a woman converts into an act of violence against her. Whether or not the full cultural impact of the Susanna story was familiar to the audience or the filmmakers of Psycho, it makes the film that much richer and more complex. As Wood writes: « [Hitchcock] himself — if his interviews are to be trusted — has not really faced up to what he was doing when he made the film. This, needless to say, must not affect one’s estimate of the film itself…Hitchcock (again, if his interviews are to be trusted) is a much greater artist than he knows » (151). Again, Hitchcock cast Anthony Perkins to make it that much easier — and more perilous — for the viewer to sympathize with Norman, as well as with Marion. This dual identification with both the victim and the perpetrator is emphasized by the Susanna paintings, linking Norman to the elders, which in turn links him to an expansive artistic and literary tradition that extends across many centuries and cultures. Hitchcock may not have known the full extent of the multilayered connections he was making by including these images, yet they hang on the walls of the Bates Motel, indicating that Norman’s crime is a new manifestation of a much older story.

Works Cited

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Voir aussi:

SUZANNE ET LES VIEILLARDS D’ARTEMISIA GENTILESCHI
delapeinture

avril 23, 2009

1610, coll. Schonborn, Pommersfelden.

Voici une œuvre qui conduit le drame à l’essentiel. Artemisia Gentileschi, au demeurant bien jeune, assimile avec retenue le double héritage des leçons véristes du Caravage et de la peinture claire des Carrache. Rigueur et sobriété, construction et vérité.

Dans ce tableau marqué par une puissante diagonale,  Suzanne occupe les deux-tiers de l’ensemble, laissant aux vieillards le dernier tiers supérieur. Cette division horizontale se double d’une illusion de champ avec le rebord de pierre sur lequel la baigneuse est assise. Celui-ci déborde du simple rôle de repoussoir visant à  accuser la profondeur et structure les principaux plans du récit .La lecture, sans faire l’objet d’anacoluthe,  pourrait ainsi se lire de bas en haut, chacune des séquences correspondant à un tiers de la composition, avec la figure de  Suzanne comme élément central, laquelle opère un raccourci espace-temps.

Première séquence : Suzanne sortant du bain avec  ce mouvement   ascensionnel créé par le chevauchement des jambes et la torsion de l’ensemble du bassin qui valide la lecture d’un épisode autonome. Mais les muscles, tendus par un effort désordonné, trahissent  une vive émotion et le linge blanc qui s’enroule encore mollement  semble  prêt à glisser le long de la cuisse (fig.1).

Seconde séquence : la violente intrusion des vieillards a jeté l’effroi chez Suzanne, effroi qui s’inscrit dans la gestuelle par le biais d’un contrapposto  si brutal  qu’il désarticule le modèle (fig.2).

Cette séquence centrale  constitue bien la quintessence visuelle de l’épisode : loin de l’élégante douceur serpentine de Raphaël, la figure de Suzanne expose son malheureux corps à l’avidité des  regards. De fait,  notre héroïne est une femme désirable avec cette chevelure ondulée et dénouée, ces courbes toutes de rondeurs épanouies  jusqu’à ces plis encadrant l’abdomen qui soulignent la suavité des chairs. Alors que Lorenzo Lotto (1) avait choisi la représentation d’un modèle archaïque (femme au fond peu voluptueuse parce que réduite à la thématique symbolique), et qu’Alessandro Allori nous montrait sans guère de retenue la concrétisation d’évidents fantasme nés du récit (2, fig.3), Gentileschi   associe les données : tout en peignant le traumatisme d’une femme harcelée dans sa féminité, elle assume pleinement  l’érotisme inhérent au personnage. Le mouvement de ses bras indique non seulement  qu’elle a renoncé à préserver ce qui lui reste de pudeur mais aussi qu’elle cherche  à ne pas entendre les chuchotements sinistres de ses agresseurs. Ainsi, toute la partie centrale qui décrit le  corps comme objet de convoitise  nous renvoie à la séquence supérieure qui énonce l’esprit, tourmenté par cette parole annonciatrice de l’acte.

Troisième séquence: le chantage des vieillards  menaçant de faire comparaitre de faux témoins en cas de résistance (fig.4). Sordide complot à l’encontre des plus démunis. C’est ici le temps où la parole  devient ce glaive invisible  qui lui meurtrit le cou au point de faire ployer la tête, et Suzanne, dans sa déchéance, rejoint symétriquement  la figure d’Adam  de la Sixtine. Les mains dessinent un parallélogramme dont le côté supérieur manifeste l’agression et le coté  inférieur  exprime ce mélange de  refus et de défense. Mais il existe une autre figure géométrique et si l’on prête attention à ce quadrilatère élargi par la main gauche du protagoniste qui se penche sur son acolyte, on peut trouver les clefs du drame : en premier lieu, l’expression  de l’acte sexuel avec cette main qui s’emboite à distance avec celle de Suzanne (fig.5 et 6), ensuite le point central constitué par l’index qui de façon péremptoire appelle au silence. Pour accentuer l’idée d’intrusion, Gentileschi prend d’ailleurs soin de placer la tête du comploteur dans la partie supérieure de ce quadrilatère.

Tout entière soumise à la trame du récit, l’économie formelle des moyens se retrouve dans la sobre utilisation des couleurs, porteuses de significations symboliques. Surface dominée par des tonalités froides où   les chairs blêmes, comme surexposées à une lumière trop crue, se détachent sur le fond grisâtre de la pierre, analogie muette de la solitude et de l’épreuve (3). Opposition classique du rouge et du blanc. Et le ciel, d’un bleu délavé, suggère timidement  une  promesse de salut.

Harcèlement, violence, lâcheté, loi du silence : ce sont bien les termes du viol que l’on retrouve ici et ils résonnent avec des accents prémonitoires car, lorsqu’elle peint Suzanne et les vieillards  dans l’atelier romain de son père Orazio,  Artemisia Gentileschi  alors âgée de dix-sept ans, n’a pas encore été la proie des  outrages  d’Agostino Tassi et du lamentable procès qui suivit. Les actes qui nous sont parvenus témoignent de l’humiliante et sordide procédure qui devait prouver son statut de victime. Eternelle histoire  du sexe faible, coupable de l’innocence. Depuis, et c’est justice, cette figure est progressivement devenue une icône de la sensibilité féministe, et certains observateurs n’ont d’ailleurs pas toujours su éviter une lecture trop littérale de son œuvre en mettant en exergue la fréquence du thème vengeur de Judith tranchant la tête d’Holopherne.

Mais je voudrais simplement finir  par un silence, ce vrai silence qui demeure celui de la compassion pour Artemisia et de l’admiration pour cette peinture de  vérité.

Notes

1. 1517, Florence, Offices.
2. 1561, Dijon, Musée Magnin,
3. Les rinceaux qui apparaissent  derrière Suzanne peuvent aussi évoquer la palme des martyrs.

Voir également:

30 octobre 2016

Suzanne et les vieillards, 1610, collection SchönbornPommersfelden

La première œuvre attribuée à Artemisia, qu’elle signe dès l’âge de dix-sept ans (sûrement aidée par son père, déterminé à faire connaître ses dons artistiques précoces), est sa Suzanne et les vieillards, réalisée en 1610, et aujourd’hui conservée dans la collection Schönborn à Pommersfelden. La toile laisse entrevoir comment, sous la conduite paternelle, Artemisia, en plus d’assimiler le réalisme du Caravage, n’est pas indifférente au langage de l’école bolonaise, qui s’inscrit dans le mouvement d’Annibale Carracci.

Elle reprend et modifie plusieurs fois les œuvres de son père, auxquelles elle donne une touche d’une âpreté réaliste que celui-ci n’avait pas. Elle leur confère une atmosphère dramatique, si prisée par les Napolitains, en accentuant le clair-obscur à la manière du Caravage, contribuant ainsi à l’évolution de ce style d’une façon déterminante.

À dix-neuf ans, alors que l’accès à l’enseignement des Beaux-Arts, exclusivement masculin, lui est interdit, son père lui donne un précepteur privé, le peintre Agostino Tassi. Un scandale marque alors sa vie. Artemisia est violée par Tassi employé à cette époque avec Orazio Gentileschi à la réalisation des fresques des voûtes du « pavillon des Roses » dans le palais Pallavicini Rospigliosi de Rome.

Celui-ci promet d’abord de l’épouser pour sauver sa réputation, mais il ne tient pas sa promesse et le père d’Artemisia porte l’affaire devant le tribunal papal. L’instruction, qui dure sept mois, permet de découvrir que Tassi avait formé le projet d’assassiner son épouse, avait commis un inceste avec sa belle-sœur, et voulu voler certaines peintures d’Orazio Gentileschi. Pendant le procès, Artemisia est soumise à un humiliant examen gynécologique et « soumise à la question » pour vérifier la véracité de ses accusations. Elle résiste à la torture et maintient ses accusations. Tassi est condamné à un an de prison et à l’exil des États pontificaux.

Judith décapitant Holopherne, musée Capodimonte, Naples, 1612-14.

Les actes du procès, dont a été conservée l’exhaustivité des documents et témoignages, frappent par la crudité de la relation des faits énoncés par Artemisia et par le caractère inquisitorial des méthodes du tribunal. Leur lecture à la lumière des thèses féministes de la seconde moitié du xxe siècle a eu une grande influence sur l’analyse de la personnalité d’Artemisia Gentileschi.

  • Témoignage d’Artemisia lors du procès, quand bien même cet événement donna lieu à de nombreuses rumeurs1 :

La toile, conservée au musée Galerie des Offices (Galleria degli Uffizi), qui représente Judith décapitant Holopherne (ca.1612-16142), impressionnante par la violence de la scène, a été interprétée comme un désir de revanche par rapport à la violence subie.

Un mois après la conclusion du procès, Orazio arrange pour Artemisia un mariage avec Pietro Antonio Stiattesi, modeste peintre florentin, qui permet à Artemisia, violentée, abusée et dénigrée, de retrouver un statut honorable.

La Vierge à l’Enfant de la Galerie Spada date des débuts romains.

Peu après, le couple s’installe à Florence, où ils ont quatre enfants, dont seule la fille, Prudenzia, vécut suffisamment longtemps pour suivre sa mère lors de son retour à Rome puis à Naples.

Voir de même:

Une peinture au rayon X par Kathleen Gilje

Liminaire

Artemisia Gentileschi est née en 1593. Artemisia Gentileschi est la fille aînée d’Orazio Gentileschi, un des plus grands peintres de la Rome baroque, proche du Caravage. Artemisia Gentileschi a sans doute appris la peinture dès son plus jeune âge dans l’atelier de son père. En 1610, elle a 17 ans, elle signe sa première œuvre autonome, une Suzanne et les vieillards. « Son père l’a sans doute peinte avec elle mais a laissé sa fille signer pour lancer sa carrière », estime Francesco Salinas, co-commissaire de l’exposition Artemisia, 1593-1654, Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre, au Musée Maillol, à Paris en 2012.

Suzanne et les vieillards, peinture d’Artemisia Gentileschi
Artemisia Gentileschi a perdu sa mère jeune. Pour parfaire ses connaissances en perspective, son père engage un ami qui devient son associé, Agostino Tassi. Cet homme séduit la jeune fille puis la viole. Pour continuer à la voir, Agostino Tassi lui promet le mariage. Mais il est déjà marié. Il tente de faire assassiner sa femme mais n’y parvient pas. Le père d’Artemisia porte plainte contre Agostino Tassi plusieurs mois après. À cette époque les filles sont considérées comme « possessions » des pères, c’était donc à lui de porter plainte, puisque c’était lui qui subissait un préjudice. Le procès qui suit a longtemps été plus connu que les œuvres d’Artemisia. Pour prouver l’innocence de la victime la jeune fille est mise au supplice, procédure courante à l’époque. Doigts enserrés dans des entrelacs, torture qui aurait pu être dramatiques et la priver de la pratique de son art. Agostino Tassi est condamné à l’exil des états pontificaux au terme d’un long procès. [1] Ses protecteurs parviennent cependant à révoquer sa sentence et le peintre continuera à commettre vols, fraudes et à séduire d’autres jeunes femmes.

On associe souvent la thématique de l’œuvre d’Artemisia ainsi que son intérêt quasi exclusif pour les figures féminines à son parcours et à sa vie privée. Ce qui explique les nombreuses héroïnes qui peuplent les toiles de la peintre, parmi lesquelles Judith, Cléopâtre, Bethsabée, Suzanne ou bien encore Yaël. Son père lui avait appris les fondements de l’art de Caravage dans lequel elle avait puisé de manière très personnelle, la violence et la cruauté de sa peinture.

Suzanne et les vieillards, peinture d’Artemisia Gentileschi au rayon X
« Le sujet de son premier tableau est tiré de la Bible, Suzanne et les vieillards (1610, Pommersfelden, Schloss Weissenstein). Sa composition triangulaire traduit l’horreur de Suzanne face à la proposition des vieillards lubriques. Malgré la signature bien visible d’Artemisia, certains se sont demandé si une si jeune peintre pouvait réussir à ce point un tableau et l’ont attribué à son père. Peut-être a-t-il conseillé sa fille et ajouté un coup de pinceau ça et là, mais la figure féminine ne ressemble définitivement pas aux siennes. Le thème a souvent servi, paradoxalement, à peindre des nus féminins lascifs ; peu de peintres ont voulu représenter la surprise et l’indignation de Suzanne devant des propositions aussi inattendues que dégradantes. On a aussi rapproché le tableau de l’histoire personnelle d’Artemisia, ce qui est un procédé réducteur qui fait oublier l’apport réel de l’artiste. » [2]

C’est à cette époque qu’Artemisia peint ses œuvres les plus reconnues, notamment Judith décapitant Holofernes. L’histoire d’Holofernes, général Assyrien menant les troupes qui envahissent et détruisent Béthulie, la patrie de Judith. Cette dernière décide de gérer la situation en venant à lui, flirtant avec lui afin qu’il baisse sa garde et ensuite le gaver de nourriture et de vins. Après qu’il se soit endormi, Judith et sa servante prennent son épée et le décapite. Problème réglé. Le sujet était très populaire à l’époque.

« La Judith d’Artemisia ne correspond pas à ce type, écrit Pascale Beaudet, historienne et critique d’art. Elle est jeune, digne, concentrée et se fait assister par sa servante, qui elle aussi est jeune, ce qui est un changement par rapport à la tradition picturale. L’autre apport majeur d’Artemisia est la collaboration active qui unit la servante et la maîtresse, sans parler du côté spectaculaire de l’égorgement, qu’elle rend réaliste en s’inspirant du travail du Caravage. »

Artemisia Gentileschi est considéré comme une icône de l’art féministe, à la fois à cause de ses déboires personnels et des thèmes de ses œuvres. En 1998, l’artiste contemporaine et restauratrice d’art Kathleen Gilje lui rend hommage au Musée national des femmes artistes de Washington en exposant une copie méticuleuse de la peinture Suzanne et les vieillards d’Artemisia Gentileschi exposée à côté d’une radiographie de la peinture, montrant une toute autre version de la peinture.

Suzanne et les vieillards au rayon X, par Kathleen Gilje
Cette version au rayon X est bien évidemment une invention, une interprétation artistique de Kathleen Gilje qui souligne ainsi à quel point l’histoire personnelle d’Artemisia Gentileschi reflète celle du sujet de sa peinture tant le personnage qu’elle représente et l’artiste elle-même ont été soumis à la concupiscence des hommes plus âgés.

[1] Actes d’un procès pour viol en 1612, suivis des lettres de Artemisia Gentileschi, éditions des femmes, 1983

[2] Artemisia Gentileschi, artiste peintre et femme libre, Pascale Beaudet

Voir de plus:

The Girl Shows Alfred Hitchcock’s Blatant Sexual Harassment Of His Muse Tippi Hedren

  • Meredith Lepore
  • The Grindstone
  • Sep 10 2012

Alfred Hitchcock was a brilliant and wildly successful filmmaker but he also used his power for terrible things, according to actress Tippi Hedren and the new HBO film, The Girl. Hitchcock sexually harassed Tippi, one of his supposedly favorite actresses (she starred in two of his films) for years. The new film, starring Sienna Miller, shows this disturbing relationship between the famous actress and director. The film will hopefully show women how lucky they are today in terms of laws prohibiting sexual harassment and may act as a wake up call to others.

The acknowledgement of sexual harassment is barely 40 years old. The first historical use of the term wasn’t until 1973 when MIT reports first addressed the gender issue and specific procedures were instated as ways to both protecting the victims and handling it. Tippi began working with Alfred in the early 1960s.

“People have said, ‘Was he in love with you?’ No, he wasn’t. When you love someone, you treat them well,” Hedren said of Hitchcock. “I think he was an extremely sad character. We are dealing with a brain here that was an unusual genius, and evil, and deviant, almost to the point of dangerous, because of the effect that he could have on people that were totally unsuspecting.”

The Girl is based on the book Spellbound by Beauty,” by Donald Spoto. Screenwriter Gwyneth Hughes interviewed several people familiar with the Hitchcock-Hedren dynamic, including costume supervisor Rita Riggs, actress Diane Baker, and Hitchcock’s first assistant director Jim Brown. The film shows Hitchcock aggressively forcing a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming of The Birds, and later demanding that she “make yourself available to me sexually.” The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances. “It was horrifying. A horrible situation in which to be,” she says and shudders. “There were women who would have gone along with it, but I wasn’t one of those.”

In one scene, he sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning her. Another sequence shows him forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren suffered multiple cuts, including to her face, in both cases, according to the film. Hedren said: “Actually viewing the film, I have to say that when I first heard [actor Toby Jones’s] voice as Alfred Hitchcock, my body just froze. I had not talked about this issue with Alfred Hitchcock to anyone. Because all those years ago, it was still the studio kind of situation. Studios were the power. And I was at the end of that, and there was absolutely nothing I could do legally whatsoever. There were no laws about this kind of a situation. If this had happened today, I would be a very rich women.”

But The Birds launched Tippi’s career as an actress and the “It Girl” of the moment. However, it didn’t last long. After she finished shooting Marnie with Hitchcock in 1963, she wanted to get out of her contract with Hitchcock but he wouldn’t let her. Back then there were no laws to protect her. He threatened her and said he would ruin her career, and according to Hedren he did. He told directors like Francis Truffaut that she wasn’t available for work. Her career did stall after those two very successful films.

Hedren believes she is one of many actresses harassed by the cinematic legend. After Psycho, she said, actress Vera Miles refused to ever work with the director again. Hedren also said Suzanne Pleshette told her during The Birds filming, “It isn’t always like this.”

“He ruined my career but he didn’t ruin my life,” she said. “If this had happened today I would be a very rich woman.” But on the bright side, Sienna Miller thinks a lot has changed for women in film today. “I hope that young women who do see this film know that they do not have to acquiesce to anything that they do not feel is morally right or that they are dissatisfied with or simply wanting to get out of that situation, that you can have a strength, and you deserve it. I can look at myself in the mirror, and I can be proud. I feel strong. And I lived through it beautifully. He ruined my career, but he didn’t ruin my life,” said Hedren.

But have things really improved for women? New research shows that women are starting to let sexual harassment roll off their back, or at the very least don’t let it affect them as much as men do. Men who are exposed to sexual harassment are more likely to find jokes and inappropriate touching “distressing,” while women just find it “bothersome.” Researcher Isis Settles, an associate professor of psychology at Michigan state says that the finding “suggests that sexual harassment is such a widespread problem that women have figured out ways to deal with it so it doesn’t interfere with their psychological well-being.

Voir encore:

Hitchcock star Tippi Hedren says director was ‘evil’, and she’d be rich if sexual harassment laws applied in the 1960s

She was once his muse but when young Tippi Hedren refused legendary director Alfred Hitchcock’s sexual advances he ruined her career.

Veteran actress Hedren, 82, says she would have been a rich woman if sexual harassment laws existed in 1963 when ‘The Birds’ was filmed.

Her comments came as production of a television drama about her relationship with the ‘Psycho’ director is wrapping up.

She claims he ruined her career when she refused to bow to his advances, but said he failed ruin her life.

‘I think he was an extremely sad character.

‘We are dealing with a brain here that was an unusual genius, and evil, and deviant, almost to the point of dangerous, because of the effect that he could have on people that were totally unsuspecting.’

Tippi Hedren spoke about the rampant sexual harassment as she joined the cast of ‘The Girl’, a collaboration between BBC and American network HBO which looks into the relationship she had with Hitchcock while making ‘The Birds’.

At the time of filming Tippi, born Natalie Kay Hedren, was 34 years old, more than 30 years younger than Hitchcock, and engaged to be married to her second husband.

The knowledge of this this did not stop his advances, something which becomes clear in ‘The Girl’.

The film, based on the book ‘Spellbound by Beauty’ by Donald Spoto, portrays the director as a predator who demands sexual favours of his leading lady.

The 90 minute television drama has an impressive cast with Sienna Miller as Tippy Hedren, Toby Jones as Alfred Hitchcock, Imelda Staunton as Hitchcock’s wife, Alma, and Penelope Wilton as his loyal assistant, Peggy Robertson.

In one scene Hitchcock aggressively forces a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming and later orders her to make herself ‘available sexually’.

Filming with his birds: Hitchcock and Tippi Hedren on set where, the actress claims, he sexually harassed her

The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances.

In one scene, the director sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning Tippi.

Actress Tippi Hedren, pictured in 2007, says she would have sued Hitchcock if sexual harassment laws existed in the sixties

Another sequence shows her forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren had been told mechanical birds would be used, only to find live birds were let loose – again with no prior warning.

Hedren, now aged 82, said there were times of delight working for Hitchcock while filming ‘The Birds’ and her only other film for him, ‘Marnie’.

But once she rejected his advances, and refused to make another film with him, he effectively ended her career by stopping her working for two years.

‘He ruined my career but he didn’t ruin my life,’ she said.

‘If this had happened today I would be a very rich woman,’ she added, alluding to the protection afforded by sexual harassment laws today.

Given the unwanted advances she could have possibly sued Hitchcock who died aged 80 in 1980.

Hedren, mother of actress Melanie Griffith, was working as a successful model when she was chosen by Hitchcock to star in ‘The Birds’.

The director had been looking for another blonde actress to replace Grace Kelly who had starred in three of his previous films.

He signed her to a personal contract which he upheld when she refused to work for him.

For two years she sat a home unable to work despite offers from other Hollywood studios.

While she was able to resume her career she never became a major star although she went on to make 50 films and has had guest appearances on TV shows including CSI: Crime Scene Investigators.

Voir aussi:

Hitchcock and Hedren now an HBO movie
He started her career. And he ended it.
Rob Salem
The Star.com

Oct. 19, 2012

He started her career. And he ended it.

Director Alfred Hitchcock’s relationship with actress Tippi Hedren was, to say the least, complicated. He discovered her. He put her in pictures. And then he put her through sheer living hell.

It is fairly well known that Hitchcock had a particular obsession with icy blondes, and none more so than former model Hedren, whom he nurtured and transformed from mannequin into actress, and starred in two of his films, The Birds and Marnie.

But when Hedren rejected his clumsy sexual advances, he cut her off completely, tying her up in an exclusive contract that prohibited her from working for anyone else.

The story is told in some detail in The Girl, a fascinating new HBO movie that debuts on HBO Canada Saturday night.

Hedren is the first to tell you that it isn’t the whole story.

“In an hour and a half, there wasn’t enough time,” says the now 82-year-old actress.

“There were times when it was absolutely delightful and wonderful,” she insists. “Hitchcock had a charm about him. He was very funny at times. He was incredibly brilliant in his field. I learned so much from that man about motion pictures, and how you make a motion picture.

“So there are things that weren’t able to be in the film to say, ‘Why would she stick around for all of this?’ It wasn’t a constant barrage of harassment. If it had been constantly the way we have had to do it in this film, I would have been long gone.”

At first, she says, Hitchcock was a benevolent mentor. “I hadn’t had any acting experience, except in commercials. To break down a script, to delve into how you become another character, the relationship of different characters in the film, was something that I didn’t know how to do. And to have as brilliant a genius as Alfred Hitchcock as my drama coach . . .”

Then things got ugly.

“It was something that I had never experienced before,” Hedren says. “I don’t know what to call it. I certainly gave no indication that I would ever be interested in any kind of a relationship with him.

“People have said, ‘Was he in love with you?’ No, he wasn’t. When you love someone, you treat them well. I think we’re dealing with a mind here that is incomprehensible, and I certainly am not capable of discerning what was going through his mind or why.

“I think he was an extremely sad character. As I said, we are dealing with a brain here that is unusual, genius, and evil, deviant almost to the point of dangerous because of the effect that he can have on people that are totally unsuspecting.”

That part of the story the movie gets right, Hedren confirms. “I do want to say how pleased I am with this film, with Sienna (Miller)’s portrayal, with Julian (Jarrold)’s direction and, of course, Toby (Jones), with his brilliant character depiction of Alfred Hitchcock. They were all brilliant; just wonderful.

For The Girl’s lead actress Sienna Miller, playing a real-life role is never easy – she previously portrayed Warhol muse Edie Sedgwick in the 2006 biopic Factory Girl. Hedren presented a much greater challenge.

“I think it’s always difficult when you’re trying to imitate somebody else as dramatic and brilliant as Tippi,” Miller allows. “I definitely tried to capture an essence in the film. It wasn’t supposed to be an exact replica.

“It was difficult during certain scenes, but not nearly as difficult as it was for Tippi. The bird attack scenes took five long days for her. It was about five hours for me. So while I definitely suffered a little bit, it was nowhere near the real thing.”

The filming of the attack sequence in The Birds is perhaps the most notorious part of the Hitchcock/Hedren saga. The scene was only supposed to involve stuffed and mechanical birds, or so Hitchcock had assured her. Instead, she did her best to protect herself as the crew hurled real, living and probably very angry birds at her head.

Though their beaks had been bound, one of the birds gashed her cheek, narrowly missing her eye. She broke down on set and they shot around her for a week to give her time to recover.

But the emotional scars remain.

“As far as seeing (The Girl), I was apprehensive,” Hedren confesses. “I have to say that when I first heard Toby’s voice as Alfred Hitchcock, my body just froze. It was hard to go through all of those years that had been eclipsed into an hour and a half.”

But go through it she did, when HBO held a private screening for Hedren and her invited guests. “At the end of it, nobody moved,” she says. “Nobody said anything until my daughter, Melanie Griffith, jumped up and said, ‘Now I have to go back into therapy.’”

Hedren is hoping that The Girl will resonate with other victims of sexual harassment.

“I hope that young women who do see this film know that they do not have to acquiesce to anything that they do not feel is morally right, or that they are dissatisfied with, or simply wanting to get out of that situation, that you can have a strength, and you deserve it.”

For Hedren, it wasn’t that simple. It was the waning days of the old studio system, and actors were treated, as Hitchcock himself is often quoted, like cattle.

“There was absolutely nothing I could do legally, whatsoever,” adds Hedren. “There were no laws about this kind of a situation. If this had happened today, I would be a very rich woman.

“But I can look at myself in the mirror, and I can be proud. I feel strong. I lived through it beautifully.

“He ruined my career, but he didn’t ruin my life.”

Voir de plus:

The new HBO movie “The Girl” depicts your relationship with Alfred Hitchcock, who, after giving you your first movie role in “The Birds,” plants an unwanted kiss on you, tries to blackmail you for sex and stalks you. Why would he do these things? 

He was a misogynist. That man was physically so unattractive. I think to have a mind that thought of himself as an attractive, romantic man and then to wake up in the morning and look at that face and that body was tough. I think he had a whole lot of problems.

The film made me ponder the expression “Revenge is a dish best served cold.” Is there any satisfaction in exacting revenge on a man who has been dead 32 years? 

Well, I don’t know that I’ve gotten any revenge on him. Maybe this movie is a bit. But I’m not the first one this happened to. Other actresses never made any overt statements about it. What he did with his life is astounding. There is no one in this world that did films like he did. Nobody.

The worst abuse happened after you rebuffed his advances. Actors have been known to sleep with less powerful directors for advancement in show business. Did you ever consider it? 

I have a strong Lutheran background, and my parents instilled in me strong morals. This was something I could never have done. I was not interested in him that way at all. I was fortunate enough to work with him, and as far as I was concerned, he ruined everything.

There is a scene in “The Girl” — as well as in the Donald Spoto book it’s based on — in which Hitchcock informs you that you are to be sexually available to him any time, any place. How do you even respond to that? 

I said, I’ve got to get out of the contract. He said, I’ll ruin your career. And he did. He wouldn’t let me out of the contract. I’d be a really big star if he hadn’t stopped my career. There were so many people who wanted me for their films. All he said was, “She isn’t available.” That’s a mean, mean man.

You’ve said that his wife, Alma, knew of his obsession with you. 

That couple was an enigma to all of Hollywood. At one point, she came to me during “Marnie” and said, “I’m so sorry you have to go through all of this,” and I looked at her and said, “Alma, you could stop it.” Her eyes just glazed over, and she turned and left.

How did you react to the news of his death? 
Relief.

Of course, you must not have gone to his funeral. 
I did.

Why? I would assume the only reason you’d want to see his grave is to spit on it. 
You don’t get it. He ruined my career, but he didn’t ruin my life. That time of my life was over. I still admire the man for who he was.

Years later, you bought a huge piece of land in California, where you still live, acquired a number of big cats and spent a decade making a movie with them called “Roar.” During the filming, a lion scratched your daughter, Melanie Griffith, and she needed plastic surgery. The cinematographer was scalped, and your former husband was mauled. Were you naïve about the dangers? 

We had not a clue what we were doing. We really didn’t. We had wanted to use Hollywood acting animals, but because instinct dictates a cat will fight a cat they didn’t know, all of the cat trainers said: “I don’t want my cat hurt, and I don’t want to get hurt. Get your own animals to do the movie.” We were in a learning process.

There’s a photo of you and a teenage Melanie, whose head is six inches away from Neil, your first live-in lion. 
He was not a live-in lion. Sometimes I get so annoyed with you writers.

The caption from your book reads, “Melanie and I with Neil, our first live-in lion.” 
O.K., I missed that one. O.K.

Does Melanie ever say at Christmas, “Mom, thank God I wasn’t eaten by the lions”? 
Oh, we all say that. Thank God we made it. Thank God nobody was killed. We all say that.