Arabie saoudite: Cachez cette croix que je ne saurai voir ! (World’s best-kept secret: Guess why you probably never heard of the recent French archeological find confirming the Judeo-Christian origins of Arabic writing in Saudi Arabia 150 years before the rise of Islam ?)

26 avril, 2019
 spread_of_religions600Jesus Palestinianhttps://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/58374239_1676880679125217_3985717405736239104_n.png?_nc_cat=106&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=a77a3a5c8f7978f65b9a00c0de479d0c&oe=5D2EA585Notre-Dame pendant l'incendie du 15 avril 2019
Veiled New Zealand PMMillionaire Srilankan suicide bomber Inshaf Ibrahim with tycoon fatherjohn_paul_ii_kisses_koranQu’on ne se fie à aucun de ses frères; car tout frère cherche à tromper… Jérémie 9: 4
Les ennemis de Juda et de Benjamin apprirent que les fils de la captivité bâtissaient un temple à l’Éternel, le Dieu d’Israël. Ils vinrent auprès de Zorobabel et des chefs de familles, et leur dirent: Nous bâtirons avec vous; car, comme vous, nous invoquons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis le temps d’Ésar Haddon, roi d’Assyrie, qui nous a fait monter ici. Mais Zorobabel, Josué, et les autres chefs des familles d’Israël, leur répondirent: Ce n’est pas à vous et à nous de bâtir la maison de notre Dieu; nous la bâtirons nous seuls à l’Éternel, le Dieu d’Israël, comme nous l’a ordonné le roi Cyrus, roi de Perse. Alors les gens du pays découragèrent le peuple de Juda; ils l’intimidèrent pour l’empêcher de bâtir, et ils gagnèrent à prix d’argent des conseillers pour faire échouer son entreprise. Il en fut ainsi pendant toute la vie de Cyrus, roi de Perse, et jusqu’au règne de Darius, roi de Perse. Sous le règne d’Assuérus, au commencement de son règne, ils écrivirent une accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem. Et du temps d’Artaxerxès, Bischlam, Mithredath, Thabeel, et le reste de leurs collègues, écrivirent à Artaxerxès, roi de Perse. Esdras 4: 1-15
Nul ami tel qu’un frère ; nul ennemi comme un frère. Proverbe indien
Nous avons tendance à penser naïvement les rapports fraternels comme une affectueuse complicité. Mais les exemples mythologiques, littéraires et historiques dessinent une autre réalité et donnent d’innombrables exemples de conflits violents. Nous citions Caïn et Abel ou Jacob et Esaü mais il y a aussi Romus et Romulus, Etéocle et Polynice, Richard Cœur de lion et Jean sans terre.…  Même quand ils ne sont pas des jumeaux, les frères ont de nombreux attributs en commun qui les confondent : ils ont le même père, la même mère, le même sexe, la même position relative dans la société. Cette proximité et cette parenté les rendent ennemis, concurrents. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le point intéressant est l’attitude des Palestiniens. Il me semble que ceux-ci sont attirés par deux attitudes extrêmes: l’une est la négation pure et simple de la Shoah, dont il y a divers exemples dans la littérature palestinienne ; l’autre est l’identification de leur propre destin à celui du peuple juif. Tout le monde a pu remarquer, par exemple, que la Déclaration d’indépendance des Palestiniens en novembre 1988 était calquée sur la Déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. C’est dans cet esprit qu’il arrive aux dirigeants palestiniens de dire que la Shoah, ils savent ce que c’est, puisque c’est ce qu’ils subissent au quotidien. J’ai entendu M. Arafat dire cela, en 1989, à un groupe d’intellectuels, dont je faisais partie. Pierre Vidal-Naquet
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. Genèse 22 :1-2
Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit: ‹Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses›. (Ismaël) dit: ‹Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants› (…) Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux. Le Coran, 37, 101-102 & 112
Le Coran partage avec les apocryphes chrétiens de nombreuses scènes de vie de Marie et d’enfance de Jésus : la consécration de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 31 et le Proto-évangile de Jacques, la vie de Marie au Temple dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 32 et la Sourate XIX, Marie, 16 et le Proto-évangile de Jacques, le tirage au sort pour la prise en charge de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 39 et le Proto-évangile de Jacques, la station sous un palmier dans la Sourate XIX, Marie, 23 et l’Évangile du pseudo-Matthieu, Jésus parle au berceau dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 41 et la Sourate XIX, Marie, 30 et l’Évangile arabe de l’enfance, Jésus anime des oiseaux en argile dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 43 et la Sourate V, La Table, 110 et l’Évangile de l’enfance selon Thomas… Wikipedia
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Je n’aime pas parler de violence islamique : si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents ; tous les catholiques ne sont pas violents. Je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Mais on ne peut pas dire — je crois que cela n’est pas vrai et que ce n’est pas juste — que l’islam est terroriste. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
Un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)». On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens. Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)» Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu. Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion. Rémi Brague
Les Chrétiens et les juifs parlent d’un livre «inspiré» par Dieu mais nullement une œuvre de Dieu. Pour les musulmans, le Coran est un «miracle» qui «éblouit le monde», c’est-à-dire une œuvre purement divine, incréée et présente depuis l’éternité. Il est donc par définition infaillible. Il n’a pas à être interprété ou analysé, la Parole de Dieu ne peut l’être, elle ne peut qu’être suivie. (…) Du point de vue coranique, un terroriste musulman n’est pas en contradiction avec les préceptes du Coran et reste donc un bon musulman. D’ailleurs les fatwas touchent des démocrates et tout à fait exceptionnellement des terroristes musulmans, il a fallu attendre jusqu’à mars 2005 pour qu’une fatwa soit lancée contre Oussama Ben Laden, émanant de la commission islamique d’Espagne. Louis Chagnon
C’est une religion aux préceptes assez simples et convaincants. Un seul Dieu, qui ordonne toute chose dans le monde… Pour adhérer à l’islam, il suffit de prononcer une formule : « J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu et que Mahomet est son prophète. » Avec cela, vous êtes musulman. Il est de coutume de circoncire les nouveaux fidèles. Mais ce n’est pas obligatoire. Si les soldats de Napoléon ne se sont pas convertis à l’islam, c’est que les savants musulmans, en fait très ennuyés par la perspective d’une conversion aussi massive, ont imposé deux conditions : la circoncision et l’interdiction de boire du vin. Cette dernière était inacceptable. Et voilà pourquoi les Français sont chrétiens et pas musulmans.  Maxime Rodinson
D’après les théologiens musulmans, le Coran vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain. Mohammed l’a récité alors qu’il était analphabète. Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé. Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges. (…) L’alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mohammed que trois voyelles longues : a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture, nommée scriptio defectiva, est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte. (…) C’est vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran. Le Coran a donc été primitivement écrit en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible. Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran. L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a donc fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale. (…) À l’époque de Mohammed, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin. Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin. André Frament
D’après la théologie musulmane, Mohammed, venant à la suite d’une longue suite de prophètes, n’aurait fait qu’un « rappel », rendu nécessaire parce que les hommes oublient. On peut donc penser que des révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mohammed ont du laisser des traces. D’autre part, des historiens pensent que les nouveaux systèmes d’idées se développent à partir d’ébauches antécédentes. Quelle que soit l’hypothèse choisie, il a dû exister une sorte de pré-islam qu’il est intéressant de rechercher. (…) De fait,certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et deuxième siècles de notre ère. Voir comment ces idées ont cheminé dans cette région du monde a donné un éclairage supplémentaire. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, est une seule et même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint-Esprit, est déclarée dans le Coran formée, du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et d’autres de la sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs traditions différentes, comme on peut l’observer pour d’autres livres anciens. (…) Les messianismes juifs se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Leur théologie présente cinq idées centrales qui, durent encore de nos jours: · La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques. · La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev-Sinaï. · La troisième idée était la conquête de Jérusalem. · La quatrième était la libération complète de la Palestine juive. · La cinquième était la conquête du monde entier. Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes. Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles. (…) Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes. Toutes ces idées sont présentes dans l’islam. De plus, un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se retrouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis… (…) Le mot musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement. La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens. (…) Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, viendrait de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. Or, à l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens. (…) Il est très douteux que les Arabes du VIIe siècle soient des polythéistes étrangers aux traditions biblique ou chrétienne. Par leur commerce, ils sont, en effet, depuis plus de six siècles en contact avec des juifs et depuis six siècles en contact avec des chrétiens. Ils ne pouvaient pas ignorer la révélation judéo-chrétienne. André Frament
La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là – 622 semble-t-il – a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82. E.-M. Gallez
C’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut – la première de l’Histoire – s’est explicitée. (…) Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise. (…) Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » – au moins leurs chefs – sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen. EM Gellez
Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents – parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux – ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujourd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties – le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier. EM Gellez
Du fait de l’hyperspécialisation, très peu d’islamologues s’étaient intéressés aux textes de la mer Morte qui, particulièrement dans leur version la plus récente, reflètent une parenté avec le texte coranique ; et, en sens inverse, tout aussi peu de qoumranologues, d’exégètes ou de patrologues avaient porté de l’intérêt au Coran et à l’Islam. Or ces deux côtés de la recherche s’éclairent mutuellement, ils constituent en quelque sorte le terminus a quo et le terminus ad quem de celle-ci, renvoyant à une même mouvance religieuse : celle que des ex-judéo-chrétiens ont structurée vers la fin du Ier siècle. On la connaît surtout sous la qualification de “nazaréenne” ; les membres de cette secte apocalyptico-messianiste avaient en effet gardé l’appellation de nazaréens que les premiers judéo-chrétiens avaient portée (durant très peu d’années) avant de s’appeler précisément chrétiens d’après le terme de Messie (c’est-à-dire christianoï ou Mesihayé). Il s’agit évidemment des naçârâ du texte coranique selon le sens qu’y avait encore ce mot avant le VIIIe siècle et selon le sens qu’indiquent certains traducteurs à propos de passages où l’actuelle signification de chrétiens ne convient visiblement pas ; au reste, à propos de ces nazaréens, même certains sites musulmans libéraux en viennent aujourd’hui à se demander si leur doctrine n’était pas celle de Mahomet. À la suite de Ray A. Pritz, l’auteur préconise l’appellation de judéo-nazaréens pour éviter toute ambiguïté ; l’avantage est également de rappeler l’origine judéenne (ainsi qu’un lien primitif avec la communauté de Jacques de Jérusalem, selon les témoignages patristiques). Signalons en passant que l’auteur établit un parallélisme avec une autre mouvance qui prend sa source dans les mêmes années, le gnosticisme ; ceci offre un certain intérêt car les deux mouvances partent dans des directions qu’il présente comme radicalement opposées. L’apparition de l’islam tel qu’il se présente aujourd’hui s’explique de manière tout à fait cohérente dans le cadre de cette synthèse. À la suite de la rupture bien compréhensible avec les judéonazaréens, les nouveaux maîtres arabes du Proche-Orient ont été obligés d’inventer des références exclusivement arabes pour justifier leur pouvoir, explique l’auteur. Ceci rend compte en particulier d’une difficulté à laquelle tout islamologue est confronté, à savoir la question du polythéisme mecquois. Comment les Mecquois pouvaient-ils être convaincus par une Révélation qui leur aurait été impossible à comprendre ? Le détail du texte coranique ne s’accorde pas avec un tel présupposé. À supposer justement que Mahomet ait vécu à La Mecque avant que l’Hégire le conduise à Yathrib-Médine (en 622) : la convergence de nombreuses études, généralement récentes, oriente dans une autre direction. Le travail de recoupement et de recherche effectué par l’auteur débouche sur un tableau d’ensemble ; celui-ci fait saisir pourquoi la biographie du Prophète de l’Islam, telle qu’elle s’est élaborée et imposée deux siècles après sa mort, présente le contenu que nous lui connaissons. M.-Th. Urvoy
Christoph Luxenberg considère (…) que des pans entiers du Coran mecquois seraient un palimpseste d’hymnes chrétiennes. Avant lui, Günter Lüling avait tenté d’établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiennes répondant à une christologie angélique. Cela me paraît trop automatique et trop rapide. En revanche, Christoph Luxenberg m’a convaincu sur l’influence syriaque dans plusieurs passages du Coran, notamment dans la sourate 100 dans laquelle il voit une réécriture de la première épître de saint Pierre (5,8-9). On reconnaît dans le Coran des traces évidentes de syriaque. À commencer par le mot Qur’an qui, en syriaque, signifie «recueil» ou «lectionnaire». Cette influence me semble fondamentale. D’autre part, Angelika Neuwirth [NDLR spécialiste du Coran, université de Berlin] a bien souligné la forme liturgique du Coran. Et des chercheurs allemands juifs ont noté une ressemblance forte entre le Coran mecquois et les psaumes bibliques. Serait-il un lectionnaire, ou contiendrait-il les éléments d’un lectionnaire? Je suis enclin à le penser. Sans l’influence syriaque comment comprendre que le Coran ait pu reprendre le thème des sept dormants d’Éphèse qui sont d’origine chrétienne? De plus, la christologie du Coran est influencée par le Diatessaron de Tatien et par certains évangiles apocryphes. On peut penser que le groupe dans lequel le Coran primitif a vu le jour était l’un des rejetons de groupes judéo-chrétiens attachés à une christologie pré-nicéenne, avec aussi quelques accents manichéens. Claude Gilliot
Il est vrai que le mouvement national arabe n’a aucun contenu positif. Les dirigeants du mouvement sont tout à fait indifférents au bien-être de la population et à la fourniture de leurs besoins essentiels. Ils n’aident pas  le fellah ; au contraire, les dirigeants sucent son sang et l’exploitent la prise de conscience populaire pour en tirer un avantage. Mais nous faisons une erreur si nous mesurons les arabes [palestiniens] et leur mouvement à l’aune de nos normes. Chaque peuple est digne de son mouvement national. La caractéristique évidente d’un mouvement politique, c’est qu’il sait mobiliser les masses. Il n’y a aucun doute que nous sommes confrontés à un mouvement politique, et nous ne devrions pas sous-estimer ce potentiel. (…) Un mouvement national mobilise les masses, et c’est la chose principale. Les Arabes [palestiniens] ne sont pas un parti de renouveau et leur valeur morale est douteuse. Mais dans un sens politique, c’est un mouvement national. David Ben Gourion (premier Premier ministre israélien)
La grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays. Yitzhak Ben Zvi (second président de l’Etat d’Israël, 1929)
La grande majorité et les principales structures de la Falahin musulmane dans l’Ouest Eretz Israël nous présentent un brin racial et une unité d’ensemble ethnique, et il n’y a aucun doute que beaucoup de sang juif coule dans leurs veines, le sang de ces agriculteurs Juifs, « profanes »,  qui pris dans la folie de l’époque ont choisi d’abandonner leur foi afin de rester sur leurs terres. David Ben Gourion et Ytzhak Ben Zvi
Une très vaste étude anthropologique, diverses études génétiques, une recherche démographique historique et une enquête historique et géographique (…) renforcent une œuvre antérieure de David Ben-Gurion (le premier premier ministre d’Israël) et d’autres, dans leurs conclusions très surprenantes : une vaste majorité de Palestiniens (80-90 %) sont les descendants du peuple d’Israël qui sont restés dans le pays après la destruction du Second Temple juif. Les ancêtres de la plupart des Palestiniens ont été contraints de se convertir à l’Islam. L’Engagement
Oui, ils sont tous d’ascendance juive. Et comme ils n’avaient pas le choix, ils se sont convertis à l’Islam. Vous savez, cela date de plusieurs siècles; ce n’est pas récent, c’est rien de nouveau. Par exemple, nous n’allumions pas de feu le jour du Sabbat. Ma mère et ma grand-mère, je me rappelle, quand j’étais enfant. Elles avaient un bain spécial (mikveh). Bédouin
Cela semble très certainement surréaliste, parce qu’extrêmement révolutionnaire de dire aux gens que leurs pires ennemis sont actuellement leurs frères. Donc, il n’y a pas le choix. Ce travail surréaliste doit être fait tout comme le sionisme qui paraissait à ses débuts surréaliste. Tsvi Misinai
Il devient clair qu’une part significative des Arabes en Israël sont actuellement descendants des juifs qui ont été forcés de se convertir à l’Islam au fil des siècles. Il y a des études qui indiquent que 85% de ce groupe sont d’origine juive. Certains prétendent que ce pourcentage est moins élevé. Rabbin Dov Stein (Secrétaire du nouveau Sanhédrin)
Quand un Empire conquiert un pays, il exile l’élite et laisse les classes populaires et c’est ce qui est arrivé après la destruction du Premier comme du Second Temple. Ben Gurion disait avec le zèle qu’on lui connait: beaucoup de sang juif coule dans les veines de ces fermiers. Ils aimaient tant Israël qu’ils ont abandonné leur religion mais seulement parce qu’il leur fallut choisir entre la religion et la terre et ils firent le choix de la terre. Elon Jarden (bibliste israélien)
Nous avons constaté que bien que les Juifs ont été dispersés partout dans le monde pendant deux mille ans, ils ont maintenu toujours continuité génétique au cours des âges. Et une autre chose qui nous a surpris aussi était la proximité élevée des Arabes vivant dans les terres — les Palestiniens. (…) Le même chromosome peut apparaître dans les Juifs ashkénazes et les Palestiniens. (…) Il est clair que nous sommes tous de la même famille, mais malheureusement, les familles ont aussi leurs conflits; ce n’est pas rare que des frères et soeurs se battent entre eux. Professeur Ariella Oppenheim (Université hébraïque)
Souvenons-nous que les tribus d’Arabie étaient chrétiennes. Les meilleurs poètes et écrivains étaient chrétiens, tout comme nombre de guerriers et de philosophes (…) Ce sont eux qui portaient la bannière du panarabisme. La première université palestinienne a été créée par des chrétiens. Abd Al-Nasser Al-Najjar (Al-Ayyam)
La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. (…) Tout lie Israël à cette région: la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu: des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix. Masri Feki
Si l’intervention militaire en Irak et le renversement du régime chauviniste de Saddam Hussein a apporté un quelconque résultat positif, hormis le déclenchement timide d’un processus politique démocratique, c’est sans doute le dévoilement de la grande diversité confessionnelle, ethnique et culturelle du Moyen-Orient qui demeure une réalité résiliente. (…) En réalité, les Egyptiens ne sont pas plus Arabes que ne sont Espagnols les Mexicains et les Péruviens. Ce qui fonde la nation, c’est la référence à une entité géographique, le partage de mêmes valeurs, une communauté de convenances politiques, d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et de rêves communs. A contre-courant de toutes les expériences nationalistes venant couronner des faits nationaux, objectifs et observables, le nationalisme panarabe est plus le créateur que la création de la nation arabe. Sa conception arbitraire de la nation qui veut que l’on soit Arabe malgré soi, pour la simple raison que l’on fait usage de la langue arabe met à l’écart d’importants récits historiques et de légitimes revendications nationales. Masri Feki
Comme le génocide des Arméniens qui l’a précédé et le génocide des Cambodgiens qui lui a succédé, et comme tant d’autres persécutions de tant d’autres peuples, les leçons de l’Holocauste ne doivent jamais être oubliées. Ronald Reagan (22 avril 1981)
Aujourd’hui, je devrais le nommer « génocide arménien » ». « Je crois que nous – le gouvernement des Etats-Unis – devons à nos concitoyens une discussion honnête et sans détours sur ce problème. Je vous le dis en tant que personne qui a étudié le sujet – je n’ai aucun doute sur ce qui est arrivé. » « Je crois qu’il est malvenu pour nous, les Américains, de jouer avec les mots dans ce cas « . « Je crois qu’il nous faut dire les choses telles qu’elles sont. John Evans (Ambassadeur des Etats-Unis en Arménie, Berkeley, 19.02. 2005)
Aujourd’hui, nous commémorons le Meds Yeghern et honorons la mémoire de ceux qui ont souffert de l’une des pires atrocités de masse du 20e siècle. À partir de 1915, un million et demi d’Arméniens ont été déportés, massacrés ou condamnés à mort au cours des dernières années de l’Empire ottoman. En ce jour de commémoration, nous nous associons une nouvelle fois à la communauté arménienne d’Amérique et du monde entier pour porter le deuil des nombreuses vies perdues. En cette journée, nous honorons et reconnaissons également le travail de ceux qui ont essayé de mettre fin à la violence, ainsi que ceux qui ont cherché à garantir que de telles atrocités ne se reproduisent plus, à l’instar du militant des droits de l’homme et avocat, Raphael Lemkin. Nous rappelons les contributions d’Américains généreux qui ont aidé à sauver des vies et à reconstruire les communautés arméniennes. En honorant la mémoire de ceux qui ont souffert, nous nous inspirons également du courage et de la résilience du peuple arménien qui, face à une terrible adversité, a construit des communautés dynamiques dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Nous nous engageons à tirer les leçons des tragédies du passé pour ne pas les répéter. Nous nous félicitons des efforts des Arméniens et des Turcs pour reconnaître et tenir compte de leur histoire douloureuse. Et nous nous associons au peuple arménien pour rappeler les vies perdues pendant le Meds Yeghern et réaffirmons notre engagement en faveur d’un monde plus pacifique. Donald Trump (24.04.2019)
Israël a toujours refusé de reconnaître les événements d’Arménie comme un génocide. Cette décision est moins une tentative de revendication du monopole de la souffrance (ou une volonté de présenter la Shoah comme un événement historique sans précédent) qu’une basse manœuvre politique des plus cyniques. Pendant bien des années, Israël a refusé de reconnaître ce génocide de peur de s’attirer les foudres de la Turquie. Depuis la fin des années 1950, Ankara était devenu un allié stratégique particulièrement solide de l’État hébreu –l’un de ses seuls amis dans le monde musulman. Les milieux du renseignement et de la sécurité intérieure des deux pays entretenaient des liens étroits; la Turquie constituait par ailleurs l’un des principaux clients de l’industrie de l’armement israélienne. À chaque fois qu’une personne israélienne (qu’elle soit députée, militante des droits humains ou historienne) plaidait pour une reconnaissance du génocide arménien, le pouvoir tuait l’initiative dans l’œuf. Plusieurs gouvernements successifs (quelle que soit leur idéologie et leur orientation politique) ont tout fait pour préserver cette bonne entente avec la Turquie (et les contrats de vente d’armes), préférant leur intérêt économique aux valeurs universelles. Lorsqu’ils évoquaient les événements, ils ne parlaient donc pas de «génocide», mais de «tragédie». Au fil de la dernière décennie, les relations entre Israël et la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan se sont toutefois refroidies. Les contrats d’armement ne sont plus à l’ordre du jour et la coopération clandestine des deux services de renseignement contre l’ennemi commun (la Syrie) a été interrompue. Les relations turco-israéliennes sont aujourd’hui au plus bas: le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son fils Yair invectivent Erdoğan sur Twitter et ce dernier le leur rend bien (ils se traitent mutuellement de «tyran» et de «meurtrier», entre autres noms d’oiseaux). Et pourtant, Israël n’en démord pas: il refuse de reconnaître le génocide arménien. Il invoque désormais une nouvelle excuse: l’Azerbaïdjan, qui a perdu une grande partie de son territoire au profit de l’Arménie entre 1991 et 1994. Ce pays musulman à majorité chiite s’est tourné vers Israël pour moderniser ses équipements militaires et l’État hébreu s’est empressé d’accepter de lui vendre son matériel dernier cri: non seulement l’Azerbaïdjan représentait un nouveau marché particulièrement prometteur, mais il se trouvait aux portes de l’Iran –l’ennemi juré d’Israël. Cette relation nouvelle a d’abord été tenue secrète; les censeurs militaires israéliens ont imposé un blackout médiatique total aux journalistes locaux. Le secret a finalement été éventé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev (qui est la cible de nombreuses critiques; on l’accuse notamment de corruption, d’abus de pouvoir et de violations des droits humains). C’est lors d’une conférence de presse, en décembre 2016, pendant une visite officielle de Netanyahou, qu’il a annoncé que l’Azerbaïdjan achetait pour cinq milliards de dollars d’armements israéliens. Pour Israël, ce pays occupe désormais peu ou prou la place qu’occupait autrefois la Turquie: un marché lucratif, ouvert à leurs équipements. (…) En échange, l’Azerbaïdjan vend du pétrole à Israël et permet aux services de renseignement israéliens de lancer des opérations contre l’Iran depuis son territoire. Netanyahou, qui a été réélu ce mois-ci pour un cinquième mandat de Premier ministre, craint qu’une reconnaissance du génocide arménien ne compromette la manne du marché azerbaïdjanais; Aliyev, qui s’entend à merveille avec Erdogan, pourrait en outre décider de fermer les portes de son pays au renseignement israélien. Yossi Melman
Mon cœur est brisé par la Nouvelle-Zélande et la communauté musulmane mondiale. Nous devons continuer à lutter contre la perpétuation et la normalisation de l’islamophobie et du racisme sous toutes ses formes. Hillary Clinton
En cette semaine sainte pour de nombreuses religions, nous devons rester unis contre la haine et la violence. Je prie pour toutes les personnes touchées par ces terribles attaques contre les fidèles et les voyageurs de Pâques au Sri Lanka. Hillary Clinton
Michelle et moi-même adressons nos condoléances au peuple néo-zélandais. Nous sommes profondément bouleversés par vous et par la communauté islamique dans son ensemble. Nous devons tous rester contre la haine sous toutes ses formes. Barack Hussein Obama
Les attaques contre les touristes et les fidèles de Pâques sont des attaques contre l’humanité. En cette journée consacrée à l’amour, à la rédemption et au renouveau, nous prions pour les victimes et restons avec le peuple du Sri Lanka. Barack Hussein Obama
The acts of violence against churches and hotels in Sri Lanka are truly appalling, and my sympathies go out to all of those affected at this tragic time. Theresa May
It remains unclear who carried out the attacks. The BBC
Sri Lanka church bombings stoke far-Right anger in the West (…) far-Right groups began to describe the attacks in specifically religious terms. To some, it was further proof that Christians in many parts of the world are under attack. The Washington Post
Islamist terrorists, bombs strapped to their backs, had gone into churches on the holiest day in the Christian calendar with the express purpose of murdering as many innocents as possible. There was also carnage at hotels popular with Western tourists. “It remains unclear who carried out the attacks,” the BBC website was still insisting 12 hours after the massacres. We knew. And they knew. But if you stayed tuned to the news all day, you would not hear the word “terrorist” and certainly not the most inflammatory term of all: “Christian”. The contrast with the reporting of the mosque shootings in New Zealand could not have been more striking. Back in March, there was no doubt that the massacres in Christchurch, by a lone gunman during Friday prayers, were motivated by hatred of Muslims. One evil man’s actions were swiftly used to extrapolate an entire theory of racism on the Right. Journalists like me, who had dared to criticise the burka, or the grievous failure of integration (finally admitted by Tony Blair this week, I see), were said by Leftists to be guilty of Islamophobia and therefore “implicated” in the murder of 50 men, women and children. When it’s the other way around, though, the denial is deafening. Theresa May tweeted, “The acts of violence against churches and hotels in Sri Lanka are truly appalling, and my sympathies go out to all of those affected at this tragic time.” But they weren’t acts of violence against buildings, were theyPrime Minister? If you detonate a bomb inside a church on Easter Sunday, the result does tend to be that you kill an awful lot of followers of Jesus Christ. When a vicar’s daughter decides that it’s wiser not to mention the C-word, you know that fear is now greater than faith. Compare and contrast the reaction of Hillary Clinton to the two tragedies. On Sunday, she tweeted, “I’m praying for everyone affected by today’s horrific attacks on Easter worshippers and travellers in Sri Lanka.” Easter worshippers? That’s a clunking new euphemism for Christians. When the mosques in Christchurch were targeted, did Clinton talk of Ramadan worshippers? No, she wrote, “My heart breaks for New Zealand and the global Muslim community.” I’m afraid that politicians like Clinton and May are paralysed by a terrible dilemma. It’s too scary to admit that militant Islamists are at war with Christianity and Western civilization, that vandalism of churches is rife across Europe and that, according to the Pew Report, Christianity is the world’s most persecuted religion. In order to cover up this inconvenient truth, politicians and the police increasingly try to create a false equivalence between terrorism committed by the far-Right and by Islamists. It’s a downright lie. In the UK alone, intelligence officers have identified 23,000 jihadist extremists, at least 3,000 of whom are believed to pose an active threat. Scores of foul fiends must have plotted and carried out the Sri Lankan attacks. This is deeply uncomfortable for the liberal media, which responds with shifty obfuscation. On Monday, The Washington Post ran a bizarre story about the Easter Sunday massacre with the headline, “Sri Lanka church bombings stoke far-Right anger in the West”. That was wildly premature, but it inadvertently revealed their overwhelming concern: not that so many had been slaughtered, but that such horrors would provoke a backlash against Muslims. The Post continued, “far-Right groups began to describe the attacks in specifically religious terms”. Possibly not unrelated to the fact that the Sri Lankan authorities had just blamed a militant Islamist group. “To some”, the paper opined gingerly, “it was further proof that Christians in many parts of the world are under attack.” Well, yes, the cold-blooded murder of more than 290 people, most of them Christians in their place of worship, does tend to give credence to the theory that a certain religion is “under attack”. Sorry. You know, we had been thinking of taking a holiday this Easter in Sri Lanka because so many friends, some of them Sri Lankans, had urged us to go. We could easily have been the Nicholsons. Mum, Anita with her adorable son and daughter, Alex and Annabel, having breakfast in their Colombo hotel while dad, Ben, popped up to the room, or back to the buffet. A beautiful family wiped out in a split second, leaving him to wonder why he was spared. In that same restaurant, Anne Storm Pedersen, the wife of Danish billionaire, Anders Holch Povlsen, cried out for people to pray for three of her four children who had just been murdered. The mind melts at the thought of such intolerable suffering. Allison Pearson
Après les terribles série d’attentats à la bombe dimanche de Pâques (21), au Sri Lanka, qui compte déjà 310 morts et plus de 500 blessés, des représentants de l’aile démocratique des Etats-Unis ont décidé de se prononcer sur le fait, mais sans reconnaître les véritables motivations et la cible du massacre: l’église persécutée. Alors que le terme « islamophobie » a été repris après une attaque contre une mosquée à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars dernier, les principaux médias et les représentants démocrates refusent également de parler de « cristophobie ». (…) S’agissant du massacre au Sri Lanka, Hillary Clinton et l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, ont refusé de reconnaître que parmi les principales victimes de ces attaques, il y avait des chrétiens. Tous deux ont préféré appeler ces gens « des fidèles de Pâques ». Les mêmes personnalités qui avaient omis d’utiliser le terme « chrétiens » dans leurs déclarations pour le remplacer par « adorateurs de Pâques » n’ont pas hésité à déplorer les violences à l’encontre de la « communauté islamique » après l’attaque de la mosquée Christchurch en Nouvelle-Zélande. Selon le chroniqueur Rodrigo Constantino, cette disparité dans les commentaires des démocrates américains est due à une vision dans laquelle les chrétiens ne peuvent être considérés comme victimes de rien. Ichrétien
Israël a hypnotisé le monde. Ilhan Omar (2012)
It’s all about the Benjamins baby. Puff Daddy (billets de cent dollars à l’effigie de Benjamin Franklin, retweeté par Ilhan Omar pour désigner AIPAC, le lobby pro-israélien aux États-Unis)
L’antisémitisme est réel et je suis reconnaissante à mes alliés et collègues juifs qui me donnent une leçon sur cette histoire douloureuse de rhétorique antisémite. Mon intention n’était pas d’offenser mes administrés ou les juifs américains. Il faut toujours être prêt à reculer et à réfléchir aux critiques, comme j’attends des gens qu’ils m’écoutent quand on m’attaque à cause de mon identité. (…) le rôle problématique des lobbyistes dans notre système politique, que ce soit l’AIPAC, la NRA ou l’industrie des énergies fossiles. Ça dure depuis trop longtemps et on doit être prêt à le régler. Ilhan Omar
CAIR a été créé après le 11 septembre 2001, parce qu’ils ont reconnu que certaines personnes avaient fait quelque chose et que nous commencions tous à perdre la jouissance de nos libertés civiles. Ilhan Omar
As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin. (…) I am also interested in how white Christians feel about images of Christ. How do you feel about the possibility that Christ may not have looked the way he has been portrayed for centuries in the United States and Europe? If you’ve seen Christ depicted as a man of color, what was your reaction? Eric V Copage
Don’t they know we’re Christian too? Do they even consider us human? Don’t they know Jesus was a Palestinian? Omar Suleiman (Southern Methodist University, retweeted by Ihlan Omar)
I am amazed that the author of this article cannot simply state that Jesus was a Jew. He uses the anachronistic term ‘Palestinian.’ During Jesus’ lifetime the Romans called the province which they controlled ‘Judea.’ Later they renamed it ‘Syria Palestina.’ Referring to Jesus as ‘Palestinian’ is simply misleading in the context of his era. Jewish Times reader
The claim that Jesus was a Palestinian is so bizarre that the question becomes what one gains by making that allegation. For people who have no theological or historical rooting, the idea that Jesus was a Palestinian creates a new narrative for Palestinian history, which otherwise does not date back very far. If one can say that Jesus was Palestinian 2,000 years ago, then that means the Jews are occupying Palestinian land. For people who don’t like Jews to begin with, it is a deadly combination of the Jews killed Jesus and now they are doing the same to his progeny. From a political and propaganda point of view, there is something to be gained. The myth that Jesus was a Palestinian dates back to the days of Yasser Arafat, when his trusted Christian-Palestinian adviser Hanan Ashrawi made the claim. Since then, the idea resurfaces now and again. The absurdity of it is breathtaking. Jesus was born in Bethlehem, think about who his parents were – his mother, Mary, was betrothed to Joseph, a carpenter. In the Gospels, there is no mention of Palestine, only Judea, which is where Jews lived. If the Palestinians admit that Jesus was a Jew, then the idea that the Jews only arrived in Israel in 1948 and occupied Palestinian indigenous land becomes an absurdity. Omar knows this narrative is false but also that it has an inherent power to it. The ‘Benjamins,’ the big lie of dual loyalty, Jesus is a Palestinian – it is all rewriting history to plant in people’s minds that the Palestinian people go back thousands of years. She is a very clear person. Ilhan Omar is a clever antisemite, so truth does not play much of a role anyway. When an elected member of the US Congress retweets such a thing, that takes things to the next level. (…) I’m surprised The New York Times allowed Copage to publish an op-ed with such a line, and expected such information only to be shared on platforms like Facebook and Twitter, where users can get away with much more before it is identified – if it is ever identified – as fake news. The solution: education. It is extremely important for world Jewry and Jewish families to teach their own and go over our amazing love affair between the people and her land that stands for more than 3,000 years, it is the responsibility of educated Jews and Christians to counter such falsehoods. Rabbi Abraham Cooper (Simon Wiesenthal Center)
Au début du 20e siècle, les Arabes de la région ne se définissaient pas comme des Palestiniens. « Falastin » en arabe désignait alors la région du mandat britannique sur la Palestine, qui était habitée par des Arabes palestiniens, et des Juifs palestiniens… Le journal juif « Jerusalem Post » s’appelait alors « Palestine Post ». Dans les années 1960, soit dix-huit siècles après la popularisation du terme Palestine par les Romains, tandis que les Juifs de Palestine étaient devenus des Israéliens, les Arabes de Palestine adoptèrent le terme de Palestiniens. L’étymologie fournie par France-Soir est trompeuse puisqu’elle implique que « Palestine » soit un mot arabe, et par extension que la région ait été arabe avant même la présence des Romains. Il n’en est rien et c’est le mot latin « Palaestina » qui a été transcrit en arabe par « Falastin », pas l’inverse. L’arabe ne connaissant pas le son « P », la transcription depuis le latin l’a transformé en « F » – qui est un son proche (en hébreu, une seule lettre est d’ailleurs utilisée pour les deux sons avec une simple ponctuation pour les différencier). L’article raille ceux qui mettent en doute la légitimité historique de la « Palestine » comme entité arabe en se basant sur l’étymologie du mot. Mais une fois démontrée, la falsification de l’histoire nécessaire à l’invalidation de ce point de vue semble bien atteindre l’effet inverse… D’autant que, juste derrière la phrase en question, l’article contient un deuxième passage tout aussi aberrant. Un internaute a fait remarquer, non sans ironie, qu’aucune lettre de l’hébreu ne pouvait retranscrire le son “j”. En conséquence, Jérusalem (qui se prononce “Yerushalayim”) ne se trouve pas en Israël. C’est évidemment le nom original hébreu « Yerushalayim » qui a été transcrit en français par « Jérusalem »; le « J » du français est une adaptation issue de l’hébreu. Le grec « Hierosólyma » avait gardé la trace de la prononciation hébraïque, tout comme l’allemand qui l’écrit « Jerusalem » comme en français mais où le « J » se prononce « I ». Dire que Jérusalem ne se trouve pas en Israël est par ailleurs faux quelle que soit la justification (au minimum, tout le monde hormis les haïsseurs d’Israël reconnaît que la partie occidentale de la ville est israélienne)… Infoequitable
En 2014, des chercheurs, faisant parti d’une expédition franco-saoudienne étudiant des inscriptions sur les roches, du sud de l’Arabie saoudite, ont annoncé avoir découvert ce qui pourraient bien être les textes les plus anciens écrits en alphabet arabe. Or cette découverte est restée très confidentielle. Sans doute parce que ce que révèle le contenu des textes est quelque peu embarrassant pour certains. (…) Quelques médias dont les médias français et arabes en ont parlé, qualifiant le texte de «chaînon manquant» entre l’arabe et les alphabets antérieurs utilisés dans la région, comme le Nabatéen. La plupart des articles étaient accompagnés de photos d’autres sites archéologiques ou inscriptions anciennes. En effet, il est presque impossible de trouver une photo de cette inscription là en ligne. Impossible aussi de trouver une quelconque référence au contenu réel du texte. Ce n’est qu’en explorant le rapport de 100 pages qui rend compte des travaux de cette saison archéologique, publié en décembre par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres – qui d’ailleurs soutient ces recherches, – qu’il est possible de trouver une référence à cette découverte et d’en savoir plus. Selon le rapport, le texte arabe, griffonné sur une grosse pierre rectangulaire, se résume simplement à un nom, “Thawban (fils de) Malik”, suivi d’une date Décevant? Eh bien non. Car l’inscription est aussi précédée d’une grande croix, indubitablement chrétienne. Une autre croix identique apparaît sur l’autre stèle, qui date plus ou moins de la même période. Les sentiments des fonctionnaires saoudiens, confrontés à une découverte importante pour leur patrimoine sont mitigés et traduisent leur embarras. D’où la communication si discrète autour de cette découverte. Que l’origine de l’alphabet utilisé pour écrire leur livre sacré soit liée à un chrétien, quelque 150 ans avant l’Islam, les embarrasse. Plus consternant encore pour eux, est de devoir admettre que ces textes sont non seulement un patrimoine hérité d’une communauté chrétienne autrefois importante, mais qu’ils sont également liés à l’histoire d’une ancienne royauté juive, qui régnait autrefois sur une grande partie de ce qu’est aujourd’hui le Yémen et l’Arabie Saoudite. Le Coran et la tradition musulmane tardive ne nient pas la présence de communautés juives et chrétiennes à travers la péninsule, à l’époque de Mahomet. Mais l’image générale de l’Arabie préislamique qu’ils convoquent, est celle du chaos et de l’anarchie. La région est décrite comme ayant été dominée par jahilliyah – l’ignorance – l’anarchie, l’analphabétisme et des cultes païens barbares. Les décennies précédant le début du calendrier islamique, qui débute à la “hijra” de Mahomet, c’est-à-dire sa migration de La Mecque vers Médine, en 622, ont été marquées par un affaiblissement des sociétés et des Etats centralisés, en Europe et au Moyen-Orient. Et ce, en partie à cause de la peste, les pandémies et la guerre incessante entre les empires byzantin et perse. La sombre représentation que la tradition fait de l’Arabie pré-islamique est moins une description précise, qu’une métaphore littéraire, dont le but est de souligner la puissance unificatrice et éclairante du message de Mahomet. Le réexamen d’œuvres de l’époque, tant par des chercheurs musulmans que chrétiens, au cours de ces dernières années, ainsi que des découvertes comme celle-ci, en Arabie Saoudite, permet de se faire une image beaucoup plus élaborée et nuancée de la région avant la montée de l’Islam, et de redécouvrir son histoire riche et complexe. C’est le cas du royaume de Himyar, souvent oublié, qui est pourtant au cœur de l’une des périodes clés de l’Arabie. Établi vers le 2ème siècle EC, au 4ème siècle il s’était imposé comme une puissance régionale. Etabli là où se trouve aujourd’hui le Yémen, Himyar avait conquis les États voisins, y compris l’ancien royaume de Sheba (dont la légendaire reine est au centre d’une réunion biblique avec Salomon). Dans un récent article intitulé «Quelle sorte de judaïsme en Arabie?», Christian Robin, un historien français qui dirige également l’expédition à Bir Hima, révèlent que la plupart des érudits, s’entendent sur le fait que vers 380, les élites du royaume de Himyar s’était converti à une forme de judaïsme. Les dirigeants himyarites ont pu voir dans le judaïsme une force unificatrice potentielle pour leur nouvel empire, culturellement divers, et y ont trouvé de quoi se forger une identité fédératrice, leur permettant de résister contre le désir rampant d’hégémonie des chrétiens byzantins et éthiopiens, ainsi que de l’empire zoroastrien de Perse. (…) Pour ce qui est des premiers textes arabes découverts à Bir Hima, qui constituaient probablement un genre de monument commémoratif, l’équipe franco-saoudienne note que le nom de Thawban fils de Malik apparaît sur huit inscriptions, avec les noms d’autres chrétiens. Selon les chroniqueurs chrétiens, vers 470 (date de l’inscription Thawban), les chrétiens de la ville voisine de Najran auraient subi une vague de persécutions, perpétrée par des Himyarites. Les experts français soupçonnent Thawban et ses compagnons chrétiens d’avoir été martyrisés à cette occasion.  (…) En dépit de la domination chrétienne et musulmane, les Juifs ont continué à représenter une forte présence dans la péninsule arabique. Cela ressort clairement des relations de Mahomet (souvent conflictuelles) avec eux, mais aussi de l’influence du judaïsme sur les rituels et les interdits de la nouvelle religion (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc). Ariel David
Selon les sources arabes, avant l’islam régnaient en Arabie anarchie, paganisme, obscurantisme et illetrisme, le tout résumé sous le terme de ‘jâhiliyya’(= ère de l’ignorance): cette présentation apologétique tendait à faire contraste avec la brillante civilisation islamique qui a suivi. De leur côté les sources externes faisaient état des principaux évènements militaires survenus dans la péninsule: conquêtes d’un roi de Babylone au nord (550 av JC); projet de conquête par Alexandre le grand (323 av JC); raid romain au Yémen (25 av JC); crise entre les royaumes de Yémen et d’Ethiopie (520 ap JC). Enfin les sources archéologiques, bien que nombreuses, restaient peu exploitées car leur datage imprécis rendait leur interprétation fragile.De très nombreuses découvertes sont venues depuis 1970 remettre en cause l’image traditionnelle de l’Arabie préislamique. Monnaies, monuments, gravures rupestres, archives, et surtout innombrables inscriptions de toutes sortes sont venues fournir du travail aux épigraphistes pour des décennies. Seule une partie de ces découvertes a déjà fait l’objet de publications, car les chercheurs compétents (un peu en Europe, un peu dans le royaume Saoudien, aucun aux USA) sont en nombre très insuffisant. Avant l’ère chrétienne, les écritures propres à la péninsule arabique dérivaient de l’ougaritique. Elles se caractérisaient par des lettres très géométriques et des mots séparés par des barres. (…) Très différente des précédentes, l’écriture araméenne se diffuse dans la péninsule Arabique au début de l’ère chrétienne. C’est une écriture beaucoup moins géométrique, sans voyelles, sans séparation entre les mots. Sa forme cursive est l’ancêtre de l’arabe, lui-même dérivé du nabatéen, une variété de l’araméen. La plus ancienne inscription en langue arabe (encore assez éloignée de sa forme actuelle)a pu être datée de 470 ap JC . C’est seulement depuis 1989, après un siècle de décantation (datation au carbone 14, traduction des inscriptions), qu’on est arrivé à faire une chronologie approximative de l’ensemble des civilisations de la péninsule Arabique. Certaines inscriptions portent des dates. Pour d’autres on se fonde sur le stade atteint dans l’évolution de l’écriture. Par ailleurs certains souverains cités, aux noms caractéristiques, sont aussi mentionnés dans les archives assyriennes, ce qui permet de dater avec sûreté les inscriptions. Enfin des inscriptions se réfèrent à des événements que l’on peut dater. (…) Situé au SO de la péninsule arabique, le Yémen en constitue la partie fertile, en raison de son altitude (moyenne 2000 m) et de son régime de pluies de mousson. Divisé en 3 ou 4 royaumes dans l’Antiquité, il a été totalement unifié vers 300 sous le nom de royaume de Himyar (capitale Zafâr). A la suite des campagnes des princes Yaz’anides (320-360), il s’est soumis durablement toute la péninsule arabique. Sa religion dominante est devenue le judéo-monothéisme vers 380. Contraint de se soumettre au royaume chrétien d’Aksûm (Ethiopie) vers 500, il a connu la révolte du roi juif Joseph en 522 et la persécution des chrétiens qui l’a accompagnée. Cette révolte a été matée par les Ethiopiens, qui ont installé le roi chrétien Abraha (535-565). En 570 le royaume de Himyar s’est soumis aux perses Sassanides et a disparu de l’Histoire. Le paganisme a laissé de nombreuses traces au Yémen (temples, inscriptions). Voici par exemple des images du temple considérable de Ma’arib, dans lequel on a trouvé plus de mille inscriptions très instructives. A noter que ce paganisme s’interdisait toute représentation divine sous forme humaine ou animale: le dieu était figuré par un trône vide, seule la représentation de ses messagers ailés étant admise.L’une des premières inscriptions monothéistes recensées (‘Avec l’aide d’Ilân, maître du Ciel’) date de 330 EC. Si en parallèle on relève les dates des dernières inscriptions trouvées dans les temples païens du Yémen, on arrive à la conclusion que presque tous ces temples ont été abandonnés au 3e siècle, les derniers et les plus grands l’ayant été à la fin du 4e siècle : la dernière inscription païenne date de 380 EC. (…) On a des preuves nombreuses de la présence juive en Arabie. Ainsi dans la nécropole juive de Bet She’arîm (découverte en Galilée à la fin des années 30, mais oubliée par la suite), on a trouvé un caveau réservé aux juifs Himyarites (ou Homérites). Par ailleurs sur le site de Hasî (près de Zafâr, au Yémen), on a trouvé la très belle inscription suivante: ‘Le prince a concédé au Seigneur du Ciel quatre parcelles, à côté de ce rocher, en descendant jusqu’à la clôture de la zone cultivée, pour y enterrer les juifs, avec l’assurance qu’on évitera d’y enterrer avec eux un non-juif ‘(‘rmy=araméen=païen). Voilà donc le témoignage explicite qu’une autorité (juive?) a accordé sa protection aux communautés juives et s’est senti une obligation de leur créer un cimetière réservé. Un grand nombre d’inscriptions sont dues aux rois de Himyar. (…) Les rois de Himyar utilisent toujours des formules monothéistes, sans que l’on puisse dire s’ils sont juifs ou non. En revanche les inscriptions rédigées par des particuliers présentent toute la gamme entre ce monothéisme neutre et un judaïsme affirmé. Comme aucune inscription ne mentionne une orientation religieuse différente, la société apparaît ainsi fortement judaïsée. Le judéomonothéisme de Himyar a une maison qui lui est consacrée en propre: le mikrâb. Elle sert au culte, à l’enseignement, et peut-être à l’hébergement des voyageurs. On trouve un mikrâb dans les cimetières juifs. Le nom de mikrâb n’est attesté dans les inscriptions que pendant la période judéomonothéiste. On a la certitude que le mikrâb est partagé entre les juifs fidèles de la Torah et les judéomonothéistes, considérés par les premiers comme des ‘craignant Dieu’. (…) Par le mikrâb, la communauté juive, sans doute minoritaire, était en relation étroite avec les monothéistes plus nombreux qui adhéraient aux principes de morale de la Torah, mais pas à l’ensemble de ses prescriptions. (…) Le judaïsme dans le nord-ouest de la péninsule arabique, attesté par des sources externes, a laissé lui aussi de nombreuses traces dans les inscriptions. Par exemple sur une stèle trouvée à Tayma, une grande oasis du nord de l’Arabie, l’inscription dit: ‘Ceci est le mémorial d’Isaïe, fils de Joseph, prince de Tayma, qu’ont érigé sur lui Amram et Rashim ses frères’. Le terme traduit par ‘prince’ désigne plus précisément le premier magistrat de la cité; il est utilisé dans ce sens sur une inscription du site voisin de Madâ’in Salih. Tous les noms étant juifs, on est assuré que le premier magistrat d’une grande oasis de l’Arabie du nord était juif en 203 EC. (…) Près de Tayma, on a trouvé une menorah avec les ustensiles caractéristiques du judaïsme qui l’accompagnaient. A Rome l’édit de tolérance de Milan est promulgué en 314, Constantin se fait baptiser en 337, son successeur Constance II devient le premier empereur chrétien, et le paganisme est interdit dans le monde romain vers 380. A Aksûm, le souverain éthiopien devient officiellement chrétien vers 360. Et à Himyar le roi se déclare juif vers 380. Cette suite de conversions montre que les royaumes d’Aksûm et d’Himyar évoluent à un rythme voisin de celui du monde méditerranéen. Circulations de personnes et échanges commerciaux font que les exigences spirituelles du monde romain touchent également les populations de l’Ethiopie et de la péninsule Arabique. Si l’on recense tous les mots religieux présents dans les inscriptions du Yémen, on trouve un grand nombre de fois ceux de ‘prière’ et d’aumône légale’. Deux des cinq piliers de l’islam étaient donc déjà fortement enracinés en Arabie quelque 250 ans avant la prédication de Mahomet. Le paganisme grossier accolé à la période préislamique ne correspond en rien à la réalité. Vers 500 le royaume de Himyar, qui domine toute l’Arabie, devient tributaire du royaume éthiopien d’Aksûm, lequel est chrétien. En 522 le roi himyarite Joseph que les Ethiopiens ont installé sur le trône se révolte et se déclare juif. Au cours de ses campagnes, il massacre les soutiens des Ethiopiens, qui sont le plus souvent chrétiens. La tradition a notamment retenu le martyre de la population chrétienne de Najrân. Mais Joseph est vaincu par les troupes Aksûmites en 525, et leur chef Abraha (531-570) impose la domination chrétienne sur toute l’Arabie. Les archives permettent de situer la plupart des sièges épiscopaux de cette époque, ainsi que la localisation de nombreuses églises. Les vestiges de plusieurs d’entre elles ont été mis au jour par les archéologues (cf oratoire d’Al Jubayl sur le Golfe). Trait piquant: on a trouvé une inscription explicite de cette soumission à un pouvoir chrétien à Yathrib (=Médine), inscription datée de 552, soit 70 ans seulement avant que Mahomet ne fasse de Médine sa capitale. Peu après sa prise de pouvoir, Abraha transféra sa capitale de Zafar à Sanaa et y bâtit une vaste église à la gloire de la religion chrétienne. (…) Plusieurs équipes d’archéologues ont travaillé ces dernières années sur la grande mosquée de Sanaa. Ils ont mis en évidence les réemplois des chapiteaux de l’ancienne église d’Abraha, avec leurs croix caractéristiques. Un fragment retrouvé de la plaque de fondation de cette église la date de 559-560. (…) Enfin dans une inscription trouvée à Murayghân et datant de 552, on ne lit plus que : ‘Avec la puissance du Miséricordieux et de son Messie’. Illustration du caractère officiel de la religion chrétienne dans l’Himyar d’Abraha, l’inscription monumentale ci-dessous, gravée en plein désert d’Arabie centrale, commence par une croix. Cette prégnance générale du judéo-christianisme a forcément influencé le fondateur de l’islam quelques décennies plus tard. Dans la région de Najrân (frontière Arabie-Yémen), sur le site désertique de Himà, on a découvert de nombreuses inscriptions que l’on peut dater de 470. Elles ont suscité un vif intérêt à un double titre. D’une part elles étaient rédigées en arabe, alors qu’on pensait jusque-là que l’écriture arabe ne s’était diffusée dans la péninsule Arabique qu’avec l’islam. D’autre part ces inscriptions, où figurait systématiquement la croix, étaient chrétiennes. Parmi elles, une grande inscription de 1 m de haut, visible de loin, répétait le nom d’un certain Thawbân, fils de Malik. Qui était ce personnage, objet de vénération dans le christianisme local? Sans doute un martyr, car cette époque (468-480) est celle de la première répression juive contre les chrétiens (cf martyre d’Azqîr). Ces inscriptions en arabe archaïque accompagnées d’une croix suggèrent par ailleurs un lien entre la diffusion de l’écriture arabe et celle du christianisme. En conclusion, l’idée d’une Arabie préislamique livrée au paganisme et à l’ignorance a été complètement ruinée par les découvertes archéologiques récentes. Le terreau judéo-chrétien y était largement présent bien avant la naissance de l’islam. Christian Robin
Cachez cette croix que je ne saurai voir !

En ces temps étranges …

Où l’émotion planétaire suscitée par l’immolation en direct, suite à une invraisemblable série de négligences, de ce qui était largement devenu une attraction touristique

Fait oublier les profanations quotidiennes des lieux de culte, tombes ou symboles chrétiens dans ce qui reste de la Fille ainée de l’Eglise 

Mais derrière leur générosité controversée (et les habituelles prières et bonnes paroles des monopolistes des biens du salut du côté du Vatican), la rivalité proprement mimétique de nos barons voleurs semble avoir inspiré celle d’un fonds pour églises noires victimes d’incendie de Lousiane leur permettant d’atteindre en quelques minutes leur objectif de 1, 8 millions de dollars avec quelque 37 000 contributeurs …

Où le meurtre en série des 50 musulmans de Christchurch déclenche, voiles compris, plus d’hystérie médiatique

Que le massacre de plusieurs centaines de chrétiens (pardon: « fidèles de Pâques ») par les fils à papa musulmans de Colombo …

Où la promesse de commémoration future et d’ouverture d’archives du côté français …

Est censée faire oublier l’absence présente et surtout la contribution passée il y a 25 ans tout juste du Pays des droits de l’homme au génocide rwandais

Où l’arbre de la commémoration toujours implicite côté américain, Reagan excepté mais Trump comme Israël compris, du génocide d’un million et demi de chrétiens turcs il y a un peu plus d’un siècle …

Nous cache la forêt de l’actuel génocide silencieux, désormais à l’échelle de la planète entière, de la première religion du monde …

Où alors que les printemps arabes initiés en Irak par le président Bush atteignent enfin dix ans après les peuples algérien ou soudanais, l’appel au renforcement des sanctions contre les dernières dictatures de la planète à Cuba, au Venezuela ou en Iran se voient à nouveau dénoncées, anti-trumpisme primaire et intérêts économiques obligent, par les enfants gâtés de la démocratie en Europe ou au Canada

Et où, redoublant dans la crasse ignorance et entre deux éloges du mythe notamment de l’Andalousie tolérante, nos valeureux « fact-checkers » des médias proposent de corriger un simplisme étymologique par un autre, attribuant une origine prétendue arabe à une appellation évidemment romaine au terme de Palestine

Pendant que pour effacer son origine décidément bien trop juive de l’autre côté de l’Atlantique, un ancien journaliste du NYT nous proclame un « Jésus palestinien à la peau sombre »

A la grande joie, entre deux déclarations ou tweets antisémites, d’une jeune élue du Congrès seule à porter le voile islamique et prônant le boycott d’israël …

Devinez …

A la veille d’un nouveau Ramadan …

Où, sans compter les emprunts explicites aux diverses pratiques et rituels (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc) et bien sûr aux écrits bibliques, nos amis musulmans vont mimétiquement nous rejouer la version militaire du jeûne du Yom Kippour

A l’heure où au risque de l’éventer le Pays des coupeurs de tête ouvre son territoire au tourisme et aux rallyes automobiles

Et où dans les territoires dits « palestiniens » eux-mêmes, tant les traditions bédouines que les analyses de sang confirment la filiation juive de nombre des descendants de « conversos » arabes qui les habitent aujourd’hui ….

Quel indicible secret peuvent bien cacher …

Comme vient de le confirmer, croix comprises, une équipe d’archéologues français …

Tant la multiplication, en bons frères ennemis, des imprécations et des massacres des uns …

Que l’ignorance et l’auto-censure intéressées, en bons idiots utiles, des autres ?

Quand l’Arabie saoudite était juive
Ariel David
Haaretz (traduction Jforum)
Déc 21, 2017

En 2014, des chercheurs, faisant parti d’une expédition franco-saoudienne étudiant des inscriptions sur les roches, du sud de l’Arabie saoudite, ont annoncé avoir découvert ce qui pourraient bien être les textes les plus anciens écrits en alphabet arabe. Or cette découverte est restée très confidentielle. Sans doute parce que ce que révèle le contenu des textes est quelque peu embarrassant pour certains.

Une douzaine d’inscriptions ont été gravées dans le grès tendre, le long des cols situés autour de Bir Hima. C’est un site archéologique, situé à environ 100 kilomètres au nord de la ville de Najran, qui a été recouvert de milliers d’inscriptions, par des voyageurs et des fonctionnaires. Au moins deux des premiers pétroglyphes arabes qui ont été découverts là, citent des dates d’un calendrier ancien, et les experts épigraphistes ont rapidement calculé que la plus ancienne correspondait à l’année 469 ou 470 de l’EC.

Cette découverte est sensationnelle: les premières inscriptions anciennes utilisant cette calligraphie préislamique de l’écriture arabe découvertes à ce jour, dataient au moins d’un demi-siècle plus tard. De plus, elles se trouvaient toutes en Syrie, ce qui suggérait que l’alphabet utilisé pour écrire le Coran avait été développé loin du lieu de naissance de l’Islam et de son prophète.

Or, l’annonce de cette découverte est restée très confidentielle. Quelques médias dont les médias français et arabes en ont parlé, qualifiant le texte de «chaînon manquant» entre l’arabe et les alphabets antérieurs utilisés dans la région, comme le Nabatéen. La plupart des articles étaient accompagnés de photos d’autres sites archéologiques ou inscriptions anciennes. En effet, il est presque impossible de trouver une photo de cette inscription là en ligne. Impossible aussi de trouver une quelconque référence au contenu réel du texte.

Thawban fils de Malik, le chrétien

Ce n’est qu’en explorant le rapport de 100 pages qui rend compte des travaux de cette saison archéologique, publié en décembre par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres – qui d’ailleurs soutient ces recherches, – qu’il est possible de trouver une référence à cette découverte et d’en savoir plus.

Selon le rapport, le texte arabe, griffonné sur une grosse pierre rectangulaire, se résume simplement à un nom, “Thawban (fils de) Malik”, suivi d’une date.

Décevant? Eh bien non. Car l’inscription est aussi précédée d’une grande croix, indubitablement chrétienne. Une autre croix identique apparaît sur l’autre stèle, qui date plus ou moins de la même période.

Les sentiments des fonctionnaires saoudiens, confrontés à une découverte importante pour leur patrimoine sont mitigés et traduisent leur embarras. D’où la communication si discrète autour de cette découverte. Que l’origine de l’alphabet utilisé pour écrire leur livre sacré soit liée à un chrétien, quelque 150 ans avant l’Islam, les embarrasse.

Plus consternant encore pour eux, est de devoir admettre que ces textes sont non seulement un patrimoine hérité d’une communauté chrétienne autrefois importante, mais qu’ils sont également liés à l’histoire d’une ancienne royauté juive, qui régnait autrefois sur une grande partie de ce qu’est aujourd’hui le Yémen et l’Arabie Saoudite.

Juifs contre chrétiens dans le désert

Le Coran et la tradition musulmane tardive ne nient pas la présence de communautés juives et chrétiennes à travers la péninsule, à l’époque de Mahomet. Mais l’image générale de l’Arabie préislamique qu’ils convoquent, est celle du chaos et de l’anarchie. La région est décrite comme ayant été dominée par jahilliyah – l’ignorance – l’anarchie, l’analphabétisme et des cultes païens barbares.

Les décennies précédant le début du calendrier islamique, qui débute à la “hijra” de Mahomet, c’est-à-dire sa migration de La Mecque vers Médine, en 622, ont été marquées par un affaiblissement des sociétés et des Etats centralisés, en Europe et au Moyen-Orient. Et ce, en partie à cause de la peste, les pandémies et la guerre incessante entre les empires byzantin et perse.

La sombre représentation que la tradition fait de l’Arabie pré-islamique est moins une description précise, qu’une métaphore littéraire, dont le but est de souligner la puissance unificatrice et éclairante du message de Mahomet.

Le réexamen d’œuvres de l’époque, tant par des chercheurs musulmans que chrétiens, au cours de ces dernières années, ainsi que des découvertes comme celle-ci, en Arabie Saoudite, permet de se faire une image beaucoup plus élaborée et nuancée de la région avant la montée de l’Islam, et de redécouvrir son histoire riche et complexe.

C’est le cas du royaume de Himyar, souvent oublié, qui est pourtant au cœur de l’une des périodes clés de l’Arabie. Établi vers le 2ème siècle EC, au 4ème siècle il s’était imposé comme une puissance régionale. Etabli là où se trouve aujourd’hui le Yémen, Himyar avait conquis les États voisins, y compris l’ancien royaume de Sheba (dont la légendaire reine est au centre d’une réunion biblique avec Salomon).

Dans un récent article intitulé «Quelle sorte de judaïsme en Arabie?», Christian Robin, un historien français qui dirige également l’expédition à Bir Hima, révèlent que la plupart des érudits, s’entendent sur le fait que vers 380, les élites du royaume de Himyar s’était converti à une forme de judaïsme.

Unis dans le judaïsme

Les dirigeants himyarites ont pu voir dans le judaïsme une force unificatrice potentielle pour leur nouvel empire, culturellement divers, et y ont trouvé de quoi se forger une identité fédératrice, leur permettant de résister contre le désir rampant d’hégémonie des chrétiens byzantins et éthiopiens, ainsi que de l’empire zoroastrien de Perse.

Ce qui est sûr, c’est qu’à l’époque, dans la capitale himyarite de Zafar (au sud de Sanaa), les références aux dieux païens disparaissent en grande partie des inscriptions royales et des textes sur les bâtiments publics, et sont remplacées par des écrits qui se réfèrent à une seule divinité.

Utilisant principalement la langue sabéenne locale (et dans de rares cas l’hébreu), ce dieu unique est alternativement décrit comme Rahmanan – le Miséricordieux – le «Seigneur des Cieux et de la Terre», le «Dieu d’Israël» et le «Seigneur des Juifs». Les prières invoquent ses bénédictions sur le «peuple d’Israël» et ces invocations se terminent souvent par Shalom et Amen.

Au cours du siècle et demi suivant, le royaume himyarite étend son influence à l’Arabie centrale, au golfe Persique et au Hedjaz (région de La Mecque et de Médine), comme en témoignent les inscriptions royales de ses rois, qui ont été retrouvées non seulement à Bir Hima, juste au nord du Yémen, mais aussi près de Riyad, qui est aujourd’hui la capitale saoudienne.

Thawban le martyr

Pour ce qui est des premiers textes arabes découverts à Bir Hima, qui constituaient probablement un genre de monument commémoratif, l’équipe franco-saoudienne note que le nom de Thawban fils de Malik apparaît sur huit inscriptions, avec les noms d’autres chrétiens.

Selon les chroniqueurs chrétiens, vers 470 (date de l’inscription Thawban), les chrétiens de la ville voisine de Najran auraient subi une vague de persécutions, perpétrée par des Himyarites. Les experts français soupçonnent Thawban et ses compagnons chrétiens d’avoir été martyrisés à cette occasion. Le choix de l’écriture arabe ancienne pour commémorer ces martyrs représente, en soi, un puissant symbole de défi.

Cet alphabet pré-islamique est également appelé arabe nabatéen, car il s’est construit à partir de la langue utilisée par les Nabatéens. Cette nation, autrefois puissante, a bâti la cité de Pétra et a assis sa domination sur les routes commerciales du sud du Levant au nord de l’Arabie ,avant d’être annexée par les Romains au début du 2ème siècle. Utilisé jusqu’aux portes du Yémen, cet alphabet du nord se distingue des inscriptions faites par les souverains himyarites, dans leur Sabaean natal.

“L’adoption d’une nouvelle écriture voulait témoigner de la distance qu’il voulait prendre avec le royaume de Himyar et de leur réconciliation avec le reste des Arabes”, écrivent les chercheurs français dans leur rapport. “Les inscriptions de Hima révèlent un fort mouvement d’unification culturelle des Arabes, de l’Euphrate à Najran, qui se manifeste par l’utilisation de la même écriture.”

Joseph le rebelle

Les pressions extérieures croissantes ont fini par se faire sentir sur Himyar. Vers l’an 500, le royaume tombe aux mains des envahisseurs chrétiens du royaume éthiopien d’Axoum.

Dans une dernière tentative pour sauver l’indépendance du royaume, en 522, un chef juif himyarite, Yousuf As’ar Yath’ar, s’est rebellé contre le dirigeant fantoche intronisé par le Négus et passe les troupes d’Aksoumite par le fil de l’épée. Puis il assiège Najran, qui avait refusé de lui fournir des troupes, et massacre une partie de sa population chrétienne. Un martyre qui a suscité l’indignation des ennemis de Yusuf et a précipité la vengeance de l’Ethiopie.

En 2014, l’expédition franco-saoudienne à Bir Hima a découvert une inscription laissant entendre qu’ après le massacre de Najran, Yousuf aurait été retrouvé marchant vers le nord dans le désert d’Arabie entouré de 12 000 hommes, pour tenter de récupérer le reste de son royaume. Après cela, nous perdons sa trace. Mais les chroniqueurs chrétiens pointent qu’aux environs de 525 EC les Ethiopiens auraient rattrapé puis vaincu le chef rebelle.

Selon différentes traditions, le dernier roi juif d’Arabie aurait été tué au combat ou se serait suicidé en se précipitant avec sa monture dans la mer rouge au galop

Au siècle suivant, Himyar fut un royaume chrétien qui continua à dominer l’Arabie. Au milieu du VIe siècle, l’un de ses souverains, Abraha, traversa Bir Hima, laissant au passage des inscriptions sur les pierres représentant l’éléphant d’Afrique à la tête de sa puissante armée. Une inscription postérieure, datée 552 et trouvée en Arabie centrale, fait la liste des nombreux lieux qu’il a conquis, y compris Yathrib, l’oasis du désert qui, 70 ans plus tard, deviendra Madinat al-Nabi (la ville du prophète) – ou, plus simplement , Médina.

Étaient-ils de «vrais» Juifs?

Une grande question demeure au sujet des Juifs de Himyar : quel genre de Judaïsme   pratiquaient ils. Observaient ils le Sabbat? Ou les règles de la cashroute ?

Certains érudits, comme l’orientaliste judéo-français du 19ème siècle Joseph Halevy, refusèrent de croire qu’un roi juif aurait persécuté et massacré ses sujets chrétiens, et nient l’appartenance des Himyarites  à l’une des nombreuses sectes dans chrétiennes du début du christianisme.

Robin, l’épigraphiste français, écrit dans son article que la religion officielle de Himyar peut être décrite comme étant un “judéo-monothéisme” – “une variété minimaliste de judaïsme” qui a suivi certains des principes de base de la religion.

Le fait est que les quelques inscriptions trouvées jusqu’à présent, ainsi que les écrits de chroniqueurs postérieurs, qui ont pu être biaisés contre les Himyarites, ne permettent pas aux érudits de se faire une image claire de l’orientation spirituelle du royaume.

Mais on peut considérer cette question sous un autre angle.

En dépit de la domination chrétienne et musulmane, les Juifs ont continué à représenter une forte présence dans la péninsule arabique. Cela ressort clairement des relations de Mahomet (souvent conflictuelles) avec eux, mais aussi de l’influence du judaïsme sur les rituels et les interdits de la nouvelle religion (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc) .

Au Yémen, au cœur du vestige du royaume Himyarites, la communauté juive a été persécutée pendant des siècles, jusqu’en 1949-1950, quand presque tous ses membres restants – environ 50 000 personnes, ont été acheminées par avion vers Israël lors de l’opération Magic Carpet (tapis volant). Et bien qu’ils continuent d’observer des rituels et des traditions uniques, qui les distinguent des juifs ashkénazes et séfarades, il est indéniable qu’ils sont bien juifs, et les derniers descendants du royaume juif perdu de Himyar.

Voir aussi:

Juifs et chrétiens en Arabie à la veille de l’Islam : nouveautés archéologiques’

(Conférence donnée le 26 novembre 2016 par Christian Robin, historien de l’Orient ancien, membre de l’Institut)

Les recherches archéologiques en Arabie

Les premières recherches ont commencé au milieu du 19e siècle et se sont interrompues en 1914. Elles s’effectuaient surtout dans les régions dominées par les Ottomans, l’insécurité régnant ailleurs. L’Ecole biblique de Jérusalem a joué alors un rôle important avec les expéditions de Jaussen et Savignac (cf conférence précédente). Quelques expéditions ont pu se dérouler en 1951-52 après un long arrêt. Philby, conseiller du roi d’Arabie, a réussi à persuader le souverain de faire explorer le sud du pays par des archéologues belges (missions Philby-Ryckmans-Lippens). Par la suite une école archéologique locale a vu le jour, dotée de moyens considérables. Les découvertes se sont multipliées à partir de 1970, remettant largement en cause la représentation que l’on se faisait de l’Arabie préislamique.

Les idées traditionnelles sur l’Arabie préislamique

Avant 1970, ces idées s’appuyaient sur trois types de sources. Selon les sources arabes, avant l’islam régnaient en Arabie anarchie, paganisme, obscurantisme et illétrisme, le tout résumé sous le terme de ‘jâhiliyya’(= ère de l’ignorance): cette présentation apologétique tendait à faire contraste avec la brillante civilisation islamique qui a suivi. De leur côté les sources externes faisaient état des principaux évènements militaires survenus dans la péninsule: conquêtes d’un roi de Babylone au nord (550 av JC); projet de conquête par Alexandre le grand (323 av JC); raid romain au Yémen (25 av JC); crise entre les royaumes de Yémen et d’Ethiopie (520 ap JC). Enfin les sources archéologiques, bien que nombreuses, restaient peu exploitées car leur datage imprécis rendait leur interprétation fragile.

Des découvertes considérables depuis 1970, et notamment d’innombrables inscriptions……

De très nombreuses découvertes sont venues depuis 1970 remettre en cause l’image traditionnelle de l’Arabie préislamique. Monnaies, monuments, gravures rupestres, archives, et surtout innombrables inscriptions de toutes sortes sont venues fournir du travail aux épigraphistes pour des décennies. Seule une partie de ces découvertes a déjà fait l’objet de publications, car les chercheurs compétents (un peu en Europe, un peu dans le royaume Saoudien, aucun aux USA) sont en nombre très insuffisant.

les plus anciennes en langue arabique…

Avant l’ère chrétienne, les écritures propres à la péninsule arabique dérivaient de l’ougaritique. Elles se caractérisaient par des lettres très géométriques et des mots séparés par des barres. Dans leur version monumentale, elles sont sans doute à l’origine de l’écriture décorative islamique. Des milliers d’inscriptions de ce type ont été trouvés au Yémen. Parmi elles, un poème rimé de 27 vers qui semble le plus ancien de la littérature universelle (100 ap JC).

Les musées ont recueilli près de 10000 versions cursives de ces écritures, rédigées sur support bois dans un but d’archives. En raison de la pénurie signalée d’épigraphistes compétents, seul un millier a fait l’objet de publications. A ces archives, il faut ajouter d’innombrables inscriptions rupestres éparses dans les rochers du désert. Les échelles sont hallucinantes: sur le seul site de Himà en cours d’inventaire, on découvre des milliers d’inscriptions, et il y a des centaines de sites similaires. On nomme ces langues préislamiques selon les royaumes mentionnés dans les inscriptions quand elles sont suffisamment explicites (ex: le sabéen pour la langue du royaume de Saba, le hagarite pour celle du royaume deHagar), ou à défaut selon la géographie. A noter que des langues arabiques issues du tronc ancien (et donc sans aucun rapport avec l’arabe moderne) perdurent aujourd’hui dans le sud de la péninsule: suqutrite, jibbâlite… …

les plus récentes (ère chrétienne) en langue araméenne

Très différente des précédentes, l’écriture araméenne se diffuse dans la péninsule Arabique au début de l’ère chrétienne. C’est une écriture beaucoup moins géométrique, sans voyelles, sans séparation entre les mots. Sa forme cursive est l’ancêtre de l’arabe, lui-même dérivé du nabatéen, une variété de l’araméen. La plus ancienne inscription en langue arabe (encore assez éloignée de sa forme actuelle)a pu être datée de 470ap JC (cf infra).

Comment dater les inscriptions

C’est seulement depuis 1989, après un siècle de décantation (datation au carbone 14, traduction des inscriptions), qu’on est arrivé à faire une chronologie approximative de l’ensemble des civilisations de la péninsule Arabique. Certaines inscriptions portent des dates. Pour d’autres on se fonde sur le stade atteint dans l’évolution de l’écriture. Par ailleurs certains souverains cités, aux noms caractéristiques, sont aussi mentionnés dans les archives assyriennes, ce qui permet de dater avec sûreté les inscriptions. Enfin des inscriptions se réfèrent à des événements que l’on peut dater.

Par exemple une inscription relate qu’un ambassadeur du royaume de Saba s’est rendu à Chypre où il a réchappé à une guerre entre Ioniens et Chaldéens: on peut ainsi la dater entre 600 et 550 av JC.

Autre exemple: un commerçant du royaume de Mâ’in (Yémen) relate qu’il a survécu à une révolte des Egyptiens contre les Mèdes, ce qui permet de dater l’inscription vers 350-340 av JC. Autre exemple : des gens d’Arabie orientale gravent des inscriptions au Yémen et les datent du roi Séleukos, soit 298 av JC. On apprend au passage que l’Arabie orientale était à cette date sous domination séleucide.

Le royaume de Himyar: bref historique

Situé au SO de la péninsule arabique, le Yémen en constitue la partie fertile, en raison de son altitude (moyenne 2000 m) et de son régime de pluies de mousson. Divisé en 3 ou 4 royaumes dans l’Antiquité, il a été totalement unifié vers 300 sous le nom de royaume de Himyar (capitale Zafâr). A la suite des campagnes des princes Yaz’anides (320-360), il s’est soumis durablement toute la péninsule arabique. Sa religiondominante est devenue le judéo-monothéisme vers 380. Contraint de se soumettre au royaume chrétien d’Aksûm (Ethiopie) vers 500, il a connu la révolte du roi juif Joseph en 522 et la persécution des chrétiens qui l’a accompagnée. Cette révolte a été matée par les Ethiopiens, qui ont installé le roi chrétien Abraha (535-565). En 570 le royaume de Himyar s’est soumis aux perses Sassanides et a disparu de l’Histoire.

Le paganisme disparaît entre le 3è et le 4è siècle

Le paganisme a laissé de nombreuses traces au Yémen (temples, inscriptions). Voici par exemple des images du temple considérable de Ma’arib, dans lequel on a trouvé plus de mille inscriptions très instructives. A noter que ce paganisme s’interdisait toute représentation divine sous forme humaine ou animale: le dieu était figuré par un trône vide, seule la représentation de ses messagers ailés étant admise.L’une des premières inscriptions monothéistes recensées (‘Avec l’aide d’Ilân, maître du Ciel’) date de 330 EC. Si en parallèle on relève les dates des dernières inscriptions trouvées dans les temples païens du Yémen, on arrive à la conclusion que presque tous ces temples ont été abandonnés au 3e siècle, les derniers et les plus grands l’ayant été à la fin du 4e siècle : la dernière inscription païenne date de 380 EC.

A partir de 380, de nombreuses inscriptions commémorent des personnages officiels juifs

Premier exemple : un personnage qui s’appelle Yehuda construit un palais dans la capitale Zafâr et invoque le nom du roi. Ce haut personnage de la cour royale porte un nom juif. D’ailleurs le petit texte situé dans le monogramme central est gravé en hébreu et se termine par ‘Amen, shalom, amen’.

Autre exemple (tombe découverte au sud de la mer Morte). Le texte dit: ’Puisse reposer l’âme de Yoseh, fils d’Awfa, qui trépassa dans la ville de Zafâr, dans le pays des Himyarites, partit pour le pays d’Israël et fut enterré le jour de la veille du Sabbat, le 29e jour du mois de Tammuz, la 1ère année de la semaine d’années égale à l’an 400 de la destruction du Temple’. Donc voilà quelqu’un qui est mort dans le pays des Himyarites et dont les restes ont été transportés au voisinage de ce qui était considéré comme le pays d’Israël.

Nécropoles et cimetières juifs

On a des preuves nombreuses de la présence juive en Arabie. Ainsi dans la nécropole juive de Bet She’arîm (découverte en Galilée à la fin des années 30, mais oubliée par la suite), on a trouvé un caveau réservé aux juifs Himyarites (ou Homérites). Par ailleurs sur le site de Hasî (près de Zafâr, au Yémen), on a trouvé la très belle inscription suivante: ‘Le prince a concédé au Seigneur du Ciel quatre parcelles, à côté de ce rocher, en descendant jusqu’à la clôture de la zone cultivée, pour y enterrer les juifs, avec l’assurance qu’on évitera d’y enterrer avec eux un non-juif ‘(‘rmy=araméen=païen). Voilà donc le témoignage explicite qu’une autorité (juive?) a accordé sa protection aux communautés juives et s’est senti une obligation de leur créer un cimetière réservé.

Sans être religion officielle, le judaïsme de Himyar apparaît religion dominante

Un grand nombre d’inscriptions sont dues aux rois de Himyar. Celle-ci-contre (384) dit simplement: ‘Avec l’aide deson seigneur, le Seigneur des Cieux’. Les rois de Himyar utilisent toujours des formules monothéistes, sans que l’on puisse dire s’ils sont juifs ou non. En revanche les inscriptions rédigées par des particuliers présentent toute la gamme entre ce monothéisme neutre et un judaïsme affirmé. Comme aucune inscription ne mentionne une orientation religieuse différente, la société apparaît ainsi fortement judaïsée.

Juifs orthodoxes et judéo-monothéistes partagent le ‘mikrâb’

Le judéomonothéisme de Himyar a une maison qui lui est consacrée en propre: le mikrâb. Elle sert au culte, à l’enseignement, et peut-être à l’hébergement des voyageurs. On trouve un mikrâb dans les cimetières juifs. Le nom de mikrâb n’est attesté dans les inscriptions que pendant la période judéomonothéiste.

On a la certitude que le mikrâb est partagé entre les juifs fidèles de la Torah et les judéomonothéistes, considérés par les premiers comme des ‘craignant Dieu’. Dans l’un des plus anciens mikrâb édifiés par un roi, on a trouvé l’inscription suivante: ’Et pour que Dieu, seigneur du ciel et de la Terre, leur accorde la crainte de son nom et le salut de leurs personnes.’Par le mikrâb, la communauté juive, sans doute minoritaire, était en relation étroite avec les monothéistes plus nombreux qui adhéraient aux principes de morale de la Torah, mais pas à l’ensemble de ses prescriptions.

Particularités du judaïsme himyarite

‘Que bénissent et soient bénis le nom de Rahmânân qui est au Ciel, Israël et son Dieu, le Seigneur des juifs…’Par ailleurs on a découvert la trace d’une grande vénération des familles sacerdotales juives chargées du culte au Temple de Jérusalem: à Bayt Hâdir (près de Sanaa), une inscription enregistre soigneusement les noms des 24 familles de prêtres et de leurs villages d’origine, tous galiléens. C’est la seule inscription de ce type trouvée en dehors du territoire d’Israël.

Le judaïsme est aussi attesté dans le nord de l’Arabie dès le 3e siècle

Le judaïsme dans le nord-ouest de la péninsule arabique, attesté par des sources externes, a laissé lui aussi de nombreuses traces dans les inscriptions. Par exemple sur une stèle trouvée à Tayma, une grande oasis du nord de l’Arabie, l’inscription dit: ‘Ceci est le mémorial d’Isaïe, fils de Joseph, prince deTayma, qu’ont érigé sur lui Amram et Rashim ses frères’. Le terme traduit par ‘prince’ désigne plus précisément le premier magistrat de la cité; il est utilisé dans ce sens sur une inscription du site voisin de Madâ’in Salih. Tous les noms étant juifs, on est assuré que le premier magistrat d’une grande oasis de l’Arabie du nord était juif en 203 EC. Autres exemples: on a trouvé une stèle (356) dédiée à une descendante de Samuel, prince de Higrâ. Là aussi on a un nom typiquement juif qui est porté par un personnage occupant une position de premier plan. Près de Tayma, on a trouvé une menorah avec les ustensiles caractéristiques du judaïsme qui l’accompagnaient.

La conversion du roi de Himyar vers 380 est contemporaine de celle des monarques de l’époque

A Rome l’édit de tolérance de Milan est promulgué en 314, Constantin se fait baptiser en 337, son successeur Constance II devient le premier empereur chrétien, et le paganisme est interdit dans le monde romain vers 380. A Aksûm, le souverain éthiopien devient officiellement chrétien vers 360. Et à Himyar le roi se déclare juif vers 380. Cette suite de conversions montre que les royaumes d’Aksûm et d’Himyar évoluent à un rythme voisin de celui du monde méditerranéen. Circulations de personnes et échanges commerciaux font que les exigences spirituelles du monde romain touchent également les populations de l’Ethiopie et de la péninsule Arabique. Si l’on recense tous les mots religieux présents dans les inscriptions du Yémen, on trouve un grand nombre de fois ceux de ‘prière’ et d’aumône légale’. Deux des cinq piliers de l’islam étaient donc déjà fortement enracinés en Arabie quelque 250 ans avant la prédication de Mahomet. Le paganisme grossier accolé à la période préislamique ne correspond en rien à la réalité.

De 535 à 570 sous le roi Abraha, l’Arabie Himyarite devient un royaume chrétien …

Vers 500 le royaume de Himyar, qui domine toute l’Arabie, devient tributaire du royaume éthiopien d’Aksûm, lequel est chrétien. En 522 le roi himyarite Joseph que les Ethiopiens ont installé sur le trône se révolte et se déclare juif. Au cours de ses campagnes, il massacre les soutiens des Ethiopiens, qui sont le plus souvent chrétiens. La tradition a notamment retenu le martyre de la population chrétienne de Najrân. Mais Joseph est vaincu par les troupes Aksûmites en 525, et leur chef Abraha (531-570) impose la domination chrétienne sur toute l’Arabie. Les archives permettent de situer la plupart des sièges épiscopaux de cette époque, ainsi que la localisation de nombreuses églises.

Les vestiges de plusieurs d’entre elles ont été mis au jour par les archéologues (cf oratoire d’Al Jubayl sur le Golfe). Trait piquant: on a trouvé une inscription explicite de cette soumission à un pouvoir chrétien à Yathrib (=Médine), inscription datée de 552, soit 70 ans seulement avant que Mahomet ne fasse de Médine sa capitale.

Essais de reconstitution de la grande église de Sanaa

Peu après sa prise de pouvoir, Abraha transféra sa capitale de Zafar à Sanaa et y bâtit une vaste église à la gloire de la religion chrétienne. La tradition arabe dit que ce fut pour rivaliser avec le pèlerinage de La Mecque, mais il est possible au contraire que le pèlerinage de La Mecque n’ait vraiment prospéré qu’après la mort d’Abraha. Plusieurs équipes d’archéologues ont travaillé ces dernières années sur la grande mosquée de Sanaa. Ils ont mis en évidence les réemplois des chapiteaux de l’ancienne église d’Abraha, avec leurs croix caractéristiques. Un fragment retrouvé de la plaque de fondation de cette église la date de 559-560. En s’appuyant sur la description détaillée d’un auteur islamique et sur les vestiges des églises de Najrân (Yémen) et d’Aksûm (Ethiopie), l’architecte Ch. Darles en a proposé une reconstitution: podium carré, bâtiment fermé, cour intérieure, grande salle transversale… Les archéologues aimeraient faire des sondages dans la grande mosquée, ce qui est bien sûr problématique. Ils ont néanmoins trouvé récemment que certains bois du plafond étaient largement préislamiques, ce qui veut dire que non seulement les chapiteaux, mais aussi les décors de plafond de la mosquée sont des réemplois de l’église d’Abraha.

Christologie des inscriptions d’Abraha

Plusieurs inscriptions du 6e siècle suggèrent une évolution du contenu de la foi officielle au cours du règne d’Abraha. La première (530) dit: ‘Au nom et avec la protection du Miséricordieux, de son fils Christ vainqueur, et de l’Esprit Saint’. Elle est d’une orthodoxie rigoureuse. Dans sa grande inscription de 548, et sans doute pour des raisons politiques, Abraha recourt pour la 2e personne de la Trinité, à une formulation acceptable aussi bien par les chrétiens que par les juifs: ‘Avec la puissance, l’aide et la clémence du Miséricordieux,de son Messie, et de l’Esprit de Sainteté’. Enfin dans une inscription trouvée à Murayghân et datant de 552, on ne lit plus que : ‘Avec la puissance du Miséricordieux et de son Messie’. Illustration du caractère officiel de la religion chrétienne dans l’Himyar d’Abraha, l’inscription monumentale ci-dessous, gravée en plein désert d’Arabie centrale, commence par une croix. Cette prégnance générale du judéo-christianisme a forcément influencé le fondateur de l’islam quelques décennies plus tard.

Un lieu de vénération d’un martyr chrétien

Dans la région de Najrân (frontière Arabie-Yémen), sur le site désertique de Himà, on a découvert de nombreuses inscriptions que l’on peut dater de 470. Elles ont suscité un vif intérêt à un double titre. D’une part elles étaient rédigées en arabe, alors qu’on pensait jusque-là que l’écriture arabe ne s’était diffusée dans la péninsule Arabique qu’avec l’islam. D’autre part ces inscriptions, où figurait systématiquement la croix, étaient chrétiennes. Parmi elles, une grande inscription de 1 m de haut, visible de loin, répétait le nom d’un certain Thawbân, fils de Malik. Qui était ce personnage, objet de vénération dans le christianisme local? Sans doute un martyr, car cette époque (468-480) est celle de la première répression juive contre les chrétiens (cf martyre d’Azqîr). Ces inscriptions en arabe archaïque accompagnées d’une croix suggèrent par ailleurs un lien entre la diffusion de l’écriture arabe et celle du christianisme. Peut-être le recours à cette écriture a-t-il permis aux chrétiens d’affirmer une certaine identité par rapport au Yémen qui était alors juif?

En conclusion, l’idée d’une Arabie préislamique livrée au paganisme et à l’ignorance a été com-plètement ruinée par les découvertes archéologiques récentes. Le terreau judéo-chrétien y était largement présent bien avant la naissance de l’islam.

Voir également:

Was Jesus a Palestinian and why would Congresswoman Ilhan Omar care?

These are questions that Rabbi Abraham Cooper, associate dean and director of global social action agenda for the Simon Wiesenthal Center, asked this week.

Maayan Jaffe-Hoffman
The Jerusalem Post
April 25, 2019

These are questions that Rabbi Abraham Cooper, associate dean and director of global social action agenda for the Simon Wiesenthal Center, asked this week, after the congresswoman retweeted a New York Times op-ed by Eric V. Copage, which claimed that “Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.”

The writer was exploring why Jesus is so often illustrated as a white man with blue eyes, but Cooper contends that Omar likely had another agenda in sharing the article, which she did with the following message: “Don’t they (Christians) know Jesus was a Palestinian?”

“The claim that Jesus was a Palestinian is so bizarre that the question becomes what one gains by making that allegation,” Cooper told The Jerusalem Post. “For people who have no theological or historical rooting, the idea that Jesus was a Palestinian creates a new narrative for Palestinian history, which otherwise does not date back very far. If one can say that Jesus was Palestinian 2,000 years ago, then that means the Jews are occupying Palestinian land.”

Cooper said that for people who “don’t like Jews to begin with, it is a deadly combination of the Jews killed Jesus and now they are doing the same to his progeny,” he continued. “From a political and propaganda point of view, there is something to be gained.”
The myth that Jesus was a Palestinian dates back to the days of Yasser Arafat, when his trusted Christian-Palestinian adviser Hanan Ashrawi made the claim. Since then, the idea resurfaces now and again, according to Cooper.

“The absurdity of it is breathtaking,” Cooper said of Jesus being a Palestinian. “Jesus was born in Bethlehem, think about who is parents were – his mother, Mary, was betrothed to Joseph, a carpenter. In the Gospels, there is no mention of Palestine, only Judea, which is where Jews lived.”

Cooper said that if the Palestinians admit that Jesus was a Jew, then the idea that the Jews only arrived in Israel in 1948 and occupied Palestinian indigenous land becomes an absurdity.

He said Omar “knows this narrative is false but also that it has an inherent power to it,” said Cooper. “The ‘Benjamins,’ the big lie of dual loyalty, Jesus is a Palestinian – it is all rewriting history to plant in people’s minds that the Palestinian people go back thousands of years.”

“She is a very clear person,” Cooper continued. “Ilhan Omar is a clever antisemite, so truth does not play much of a role anyway.”
He added that, “When an elected member of the US Congress retweets such a thing, that takes things to the next level.”
Some people came out in defense of Omar, such as American Muslim scholar, civil rights activist, writer and speaker Omar Suleiman. He tweeted a speech by American Protestant Minister William J. Barber II, who likewise made the claim that “Jesus, a brown-skinned Palestinian Jew” and called out the misplaced hate directed at Omar.

Cooper said he was surprised The New York Times allowed Copage to publish an op-ed with such a line, and expected such information only to be shared on platforms like Facebook and Twitter, where users can get away with much more before it is identified – if it is ever identified – as fake news.

The solution: education, he said.

“It is extremely important for world Jewry and Jewish families to teach their own and go over our amazing love affair between the people and her land that stands for more than 3,000 years,” said Cooper, noting that is the responsibility of educated Jews and Christians to counter such falsehoods.

Voir de même:

NewYork Times Claims Jesus Was ‘Likely a Palestinian’

Ira Stoll
Algemeine
April 23, 2019

A New York Times article claiming that Jesus “was most likely a Palestinian man with dark skin” is generating a fierce push-back from the Jewish community.

The executive director of Boston’s Jewish Community Relations Council, Jeremy Burton, tweeted, “Important to point out that no, Jesus did not identify as Palestinian. He was a Judean Jew and for him, the term Palestine was that of the Roman occupier.”

A professor of Jewish history at Yeshiva University, Steven Fine, responded on the Times comments page that “for sure” Jesus “was a youngish Jewish man” who “looked like other Jews of his place and time.”

Another Jewish Times reader responded in the comments section, “I am amazed that the author of this article cannot simply state that Jesus was a Jew. He uses the anachronistic term ‘Palestinian.’ During Jesus’ lifetime the Romans called the province which they controlled ‘Judea.’ Later they renamed it ‘Syria Palestina.’ Referring to Jesus as ‘Palestinian’ is simply misleading in the context of his era.”

The editorial director of the Times reader center, Hanna Ingber, responded to the complaint: “You are of course right that Jesus was Jewish. We never intended to imply that he wasn’t, and we didn’t leave that detail out to make a point, as some readers wondered. The article was focused on what he physically looked like. But again, we do hear your concern.”

A journalist with the Jewish Chronicle in London, Daniel Sugarman, has described the “Jesus was a Palestinian” claim as “idiocy” and “deliberate historical revisionism designed to deny the Jewish connection to the Holy Land.”

An official at the Simon Wiesenthal Center, Rabbi Abraham Cooper, told The Jewish Journal newspaper that the claim Jesus was a Palestinian is a “grotesque insult.” The Journal observed this claim is being made not only by the Times but by a Muslim-American Democratic congresswoman who supports the movement to boycott, divest from, and impose economic sanctions on Israel — Ilhan Omar.

Noah Pollak, in a tweet cited by The Daily Wire, called the New York Times article “crazy.” Pollak insisted, “Jesus was not an Arab.”

Personally, I’m tempted to quip that if the Palestinians want him, they can have him. It’s a little unseemly, or at least somewhat ironic, for Jews to be scrambling to claim credit for the founder of a non-Jewish religion. So far as the story can be discerned, though, he does appear to have started out as a Jew. As time went on, at least as told in the Christian Bible, though, he seems to have been doing more of his own thing. His followers turned it into something definitively different from Judaism.

Even so, using the term “Palestinian” to describe Jesus is indeed anachronistic, to the point of being misleading. The Times using its columns to push that false claim is enough to make readers wonder if the Times agenda here has less to do with the ancient history of early Christianity, and more to do with taking sides in the present-day conflict between Israel and Palestinian Arabs.

Ira Stoll was managing editor of The Forward and North American editor of The Jerusalem Post. More of his media critique, a regular Algemeiner feature, can be found here.

Voir de plus:

As a Black Child in Los Angeles, I Couldn’t Understand Why Jesus Had Blue Eyes
As Christians prepare to celebrate Easter, a Times journalist wonders how others first visualized Jesus as a child — and what those images mean now. Share your experience in the comments.
Eric V Copage
NYT
April 19, 2019

I must have been no older than 6. I was in church in my hometown, Los Angeles. Parishioners fanned themselves to stay cool in the packed, stuffy room.

On one side of each fan was an illustration of an Ozzie and Harriet-like American family — father, mother, son, daughter. All were black, like the parishioners in the church. On the other side was an illustration of Jesus Christ — fair skinned, fair haired, blue eyed.

Something seemed amiss to me about that depiction of Christ. Why was he white? Why was he not black, like my family, like me?

As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.

Many black Americans I met over the years not only embraced that image, but also insisted upon it. In a July 2002 episode of the radio show “This American Life,” an artist, Milton Reed, who made his living painting murals inside people’s apartments in public housing projects in Chicago, said black clients often asked him to paint Jesus — and insisted that Mr. Reed paint him white.

[Use the comments to tell us what you see when you visualize Christ. Your response may be highlighted in this article.]

With the approach of Easter, and these memories at the front of my mind, I decided to dig a little into this topic.

George Yancy, who edited “Christology and Whiteness,” a collection of essays about race and Christianity, told me the desire — sometimes the psychological need — of some black Americans to see Christ as white may “simply be a habit.”

“The first time I saw images of a black Christ it was shocking,” Dr. Yancy, who is black, told me. “It was like, ‘How dare they!’ But when you’ve seen a white Jesus all your life you think that can be the only acceptable image.”

Dr. Yancy, a philosophy professor at Emory University, also said that the social cultural soup all Americans are immersed in equates white with good and pure and black with bad and evil. Consciously or subconsciously some black Americans might have bought into that.

“If you internalized that worldview,” he said, “how could a dark-skinned Christ wash sins away?”

In a few black American churches the image of a white Jesus never took root, and for at least 100 years, those churches have been depicting Christ as black, as reported in a 1994 Washington Post article.

Since the 1960s, with the civil rights and black power movements and black liberation theology, the trend to show Christ as black has steadily grown.

“It would seem to follow that as black people came to rethink and embrace their own beauty, their own self-representation, that the image of a black Christ would naturally follow,” Dr. Yancy said.

Now, even though cultures across the world may at times show a Jesus that reflects their own story, a white Jesus is still deeply embedded in the Western story of Christianity. It has become often impossible to separate Jesus and white from the American psyche.

I remain interested in the depiction of Christ among blacks, Hispanics, East Asians, South Asians and other communities of color, both American born and immigrant.

I am also interested in how white Christians feel about images of Christ. How do you feel about the possibility that Christ may not have looked the way he has been portrayed for centuries in the United States and Europe? If you’ve seen Christ depicted as a man of color, what was your reaction?

In the comments section of this article, I encourage you to share how the age-old debate over the identity of Jesus is playing out in your life and religious community.

Please include where you’re from. We may highlight a selection of responses in this article.

Voir encore:

Pelosi défend Omar : « Pas de trace » d’antisémitisme au sein du Parti démocrate

Dans la querelle entre le président américain et la nouvelle représentante au Congrès Ilhan Omar, la présidente démocrate de la Chambre a accusé Trump d’être à « court d’idées »

La Présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré mercredi qu’il n’y avait « aucune trace » d’antisémitisme au sein du Parti démocrate et a accusé le président américain Donald Trump de politiser cyniquement la question.

Trump a attaqué à plusieurs reprises la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, en la qualifiant d’antisémite, et a tweeté vendredi une vidéo qui l’attaquait pour des propos qu’elle avait tenus le mois dernier et qui auraient présenté une description désinvolte des attaques terroristes du 11 septembre.

L’attaque a suscité une défense de Pelosi, la première démocrate au Congrès, et de nombreux autres membres du parti, qui a déclaré que Trump avait dénaturé les propos d’Omar.

Lundi matin, Trump a encore intensifié les tensions en accusant Omar d’antisémitisme dans un tweet qui disait : « Avant que Nancy, qui a perdu tout contrôle sur le Congrès et qui ne fait rien, ne décide de défendre sa représentante, Omar, elle devrait jeter un œil aux déclarations antisémites, anti-Israël et de haine ingrates des États-Unis qu’Omar a faites. »

« Je ne pense pas que la députée soit antisémite. Je ne les mettrais même pas dans la même catégorie », a déclaré Mme Pelosi lors d’une interview accordée à CNN mercredi à Dublin, en Irlande, où elle est en déplacement.

« Il n’y a aucune trace de cela au Parti démocrate », a-t-elle dit, « et ce n’est pas parce qu’ils veulent accuser quelqu’un de cela qu’on doit se laisser faire. » Les accusations de Trump, a-t-elle ajouté, montrent qu’il est « à court d’idées ».

Omar, une Somalo-Américaine et l’une des premières femmes musulmanes élues au Congrès, a été largement condamnée au cours des derniers mois pour des remarques affirmant que des Américains pro-israéliens avaient payé des membres du Congrès pour soutenir Israël, parmi d’autres tropes considérées comme antisémites par la communauté juive.

Lors d’une visite au Minnesota lundi, Trump a profité de cette occasion pour dire à KSTP-TV qu’il ne regrettait pas d’avoir tweeté la vidéo du 11 septembre.

« Elle a été très irrespectueuse envers ce pays », a dit Trump. « Elle a été très irrespectueuse, franchement, envers Israël… Elle a une façon de faire qui est très, très mauvaise, je pense, pour notre pays. Je pense qu’elle est extrêmement antipatriotique et extrêmement irrespectueuse envers notre pays. »

Ni le tweet de Trump ni la vidéo ne comprenaient la citation complète d’Omar ou le contexte. Le 23 mars, elle a déclaré au Council on American-Islamic Relations (CAIR) [Conseil des relations américano-islamiques] que de nombreux musulmans avaient vu leurs libertés civiles érodées après les attentats du 11 septembre.

« CAIR a été créé après le 11 septembre 2001, parce qu’ils ont reconnu que certaines personnes avaient fait quelque chose et que nous commencions tous à perdre la jouissance de nos libertés civiles », a-t-elle dit. Bien que CAIR a été fondé en 1994, selon son site Web, ses membres ont grimpé en flèche après les attentats.

La défense d’Omar par Pelosi mercredi a fait suite à une défense partielle du sénateur Bernie Sanders, qui est Juif, lors d’une assemblée publique télévisée en Pennsylvanie, lundi. Sanders a dit qu’il ne considérait pas Omar comme antisémite, mais a ajouté qu’elle devait « apprendre à mieux parler à la communauté juive ».

À l’hôtel de ville, interrogé par la chaîne conservatrice Fox News, Sanders a également pris ses distances avec Omar. Sanders a réfuté la description que le modérateur Brett Baier a faite de lui comme étant un « partisan convaincu » d’Omar, en disant : « J’ai parlé à Ilhan environ deux fois dans ma vie. »

Sanders, comme Omar, a critiqué le gouvernement israélien pour sa politique envers les Palestiniens. Il a déclaré avant les élections nationales de la semaine dernière en Israël qu’il espérait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu perde les élections.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir et j’espère que tous les membres du Congrès lutteront non seulement contre l’antisémitisme, mais aussi contre le racisme et les activités anti-musulmanes afin de créer une société non-discriminatoire », a dit Sanders. « Mais ce n’est pas de l’antisémitisme que de critiquer un gouvernement de droite en Israël. Ce n’est pas antisémite. »

Depuis le tweet de Trump sur le 11 septembre, Omar a déclaré qu’elle était confrontée à des menaces de mort de plus en plus nombreuses, beaucoup d’entre elles citant cette vidéo.

« Cela met des vies en danger », a-t-elle déclaré dimanche soir, accusant Trump de fomenter l’extrémisme de droite. « Il faut que ça s’arrête. »

Un homme du nord de l’État de New York a récemment été accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre Omar.

Suite à ces menaces, Mme Pelosi a demandé à la police du Capitole de prendre des mesures pour protéger la sécurité de la députée et a demandé à M. Trump de retirer la vidéo. Peu de temps après, la vidéo a disparu sous la forme d’un tweet épinglé en haut du fil Twitter de Trump, mais elle n’a pas été supprimée.

L’attachée de presse de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a défendu Trump dimanche, affirmant que le président avait le devoir de mettre en lumière les antécédents d’Omar qui a tenu des propos que certains jugent antisémites ou offensants et qu’il ne souhaitait aucun « mal » à la législatrice dont c’est le premier mandat.

France-Soir falsifie l’étymologie du mot « Palestine »

Le fils du Premier ministre israélien a émis un tweet dans lequel il affirmait qu’il n’y avait pas de « Palestine » parce qu’il n’y avait pas de lettre « P » en arabe.

Si le raisonnement peut être vu comme simpliste et le style offensif (raisons pour lesquelles le tweet a ensuite été supprimé ?), la réponse de France-Soir est carrément fausse.

Voulant démontrer que le rejeton du dirigeant israélien avait tort, France-Soir s’est engagé dans un débat étymologique.

 

Décrivant des « réponses moqueuses » au tweet de Yaïr Netanyahu, dont l’opinion est ainsi tournée en ridicule, France-Soir procède à un supposé « fact-checking » :

Le mot Palestine provient en effet de l’arabe Falastin, avant d’être transcrit en latin Palaestina (voir ici) d’où provient la transcription Palestine dans les langues européennes.

Mais l’étymologie est affaire de chronologie : il s’agit de trouver l’origine d’un mot.

Or le nom latin « Palaestina » a été donné en 135 par l’empereur romain Hadrien à la région auparavant dénommée Judée (pays des Judéens, c’est à dire des Juifs). Les Romains, qui venaient de subjuguer les Juifs qui leur avaient opposé une résistance très dure, entendaient effacer le lien des vaincus avec cette région. Ils choisirent « Palaestina » en référence aux Philistins, peuple qui avait été un ennemi des Juifs et qui s’était éteint déjà plusieurs siècles auparavant, dont on pense que le nom signifiait « envahisseurs » (les Philistins étaient probablement à l’origine un peuple provenant de l’actuelle Grèce). Le nom latin « Palaestina » dérivait du grec « Παλαιστίνη Palaistínē », provenant lui-même de l’hébreu « פְּלֶשֶׁת – p’léshet ». Le terme « P-l-s-t » ou « P-r-s-t » sans doute équivalent a aussi été retrouvé sur des inscriptions égyptiennes prédatant d’un millénaire le choix du mot par les Romains. Après les Romains, succédant aux Byzantins, c’est au 7e siècle que les Arabes ont envahi la région qu’eux appelaient « Sham », le Levant.

Et c’est bien plus tard que le terme latin a été transcrit dans d’autres langues dont l’arabe. Au début du 20e siècle, les Arabes de la région ne se définissaient pas comme des Palestiniens. « Falastin » en arabe désignait alors la région du mandat britannique sur la Palestine, qui était habitée par des Arabes palestiniens, et des Juifs palestiniens… Le journal juif « Jerusalem Post » s’appelait alors « Palestine Post ». Dans les années 1960, soit dix-huit siècles après la popularisation du terme Palestine par les Romains, tandis que les Juifs de Palestine étaient devenus des Israéliens, les Arabes de Palestine adoptèrent le terme de Palestiniens.

 

 

L’étymologie fournie par France-Soir est trompeuse puisqu’elle implique que « Palestine » soit un mot arabe, et par extension que la région ait été arabe avant même la présence des Romains. Il n’en est rien et c’est le mot latin « Palaestina » qui a été transcrit en arabe par « Falastin », pas l’inverse.

L’arabe ne connaissant pas le son « P », la transcription depuis le latin l’a transformé en « F » – qui est un son proche (en hébreu, une seule lettre est d’ailleurs utilisée pour les deux sons avec une simple ponctuation pour les différencier).

L’article raille ceux qui mettent en doute la légitimité historique de la « Palestine » comme entité arabe en se basant sur l’étymologie du mot. Mais une fois démontrée, la falsification de l’histoire nécessaire à l’invalidation de ce point de vue semble bien atteindre l’effet inverse…

D’autant que, juste derrière la phrase en question, l’article contient un deuxième passage tout aussi aberrant.

Un internaute a fait remarquer, non sans ironie, qu’aucune lettre de l’hébreu ne pouvait retranscrire le son “j”. En conséquence, Jérusalem (qui se prononce “Yerushalayim”) ne se trouve pas en Israël.

France Soir ne donne pas le nom de « l’internaute » auteur du tweet en question. Mais un lien pointe vers une page du site anti-israélien Middle East Eye (sobrement présenté par France-Soir comme un « média anglo-saxon »). On peut y lire le tweet original…

 

 

… et découvrir son auteur.

 

Antisioniste et fier de l’être

 

Il s’agit de Miko Peled, un activiste antisioniste connu qui ajoutait même dans son message dont la traduction a été tronquée par France Soir que les Juifs ne pouvaient pas faire partie d’Israël. Forcément, puisque Miko Peled, bien que né en Israël dans une famille autrefois sioniste, est contre l’existence même de l’Etat juif. De là à en faire une source crédible pour un média d’information…

C’est évidemment le nom original hébreu « Yerushalayim » qui a été transcrit en français par « Jérusalem »; le « J » du français est une adaptation issue de l’hébreu. Le grec « Hierosólyma » avait gardé la trace de la prononciation hébraïque, tout comme l’allemand qui l’écrit « Jerusalem » comme en français mais où le « J » se prononce « I ». Dire que Jérusalem ne se trouve pas en Israël est par ailleurs faux quelle que soit la justification (au minimum, tout le monde hormis les haïsseurs d’Israël reconnaît que la partie occidentale de la ville est israélienne).

InfoEquitable a écrit à la rédaction de France-Soir pour demander la rectification de cet article (correction de l’étymologie du mot « Palestine » et suppression du paragraphe mensonger sur Jérusalem). Nos lecteurs peuvent également écrire pour appuyer cette demande.

Voir de plus:

The Claim That Jesus Was A Palestinian Is Just Plain Ignorant!
Jeff Dunetz
Lidblog
Apr 25, 2019

Originally presented by Yasser Arafat’s PR woman Hannan Ashrawi in 2001, the claim that Jesus Christ was a Palestinian has been back in the news lately. But it is a claim that is historically impossible and designed to erase the historical connections between the Jewish people and the holy land.

On Saturday, the anti-Semitic, anti-America Rep Ilhan Omar, retweeted a tweet from Omar Suleiman, an adjunct professor of Islamic Studies at Southern Methodist University,

Just 24 hours earlier the NY Times published an op-ed by Eric Copage, which said in part:

“As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.”

The claim is not new, during the 2016 Democratic convention Rev. William Barber II received cheers during his speech when he said:

Jesus, a brown-skinned Palestinian Jew called us to preach good news to the poor, the broken, and the bruised, and all those who are made to feel unexpected.

Wrong! 

Being Jewish and living around 2,000 years after Jesus’ death I can’t speak to what Jesus taught or the color of his skin. But considering when and where he lived Copage’s description of Jesus’ physical appearance is probably correct. In fact, scientists who have looked into it believe that Jesus looked like a typical Middle Eastern Judean, as opposed to the way he is normally portrayed as a European. (Yes Judean. The country was called Judea, that’s where the term “Jews” comes from).

After the Bar Kochba revolt in 135 CE, the Romans punished the Judeans (Jews) for revolting for the second time in sixty years. To poke those rebellious Judeans in the eye, the Romans changed the name of their country from Judea to Syria Palaestina. The Romans used Palaestina after the ancient enemy of the Jews, the Philistines. Not that there were Philistines around anymore (they had disappeared from existence around eight hundred years earlier).

The Romans also threw out many of the Judeans creating the Jewish exile that lasted till 1948. The Byzantine Empire took control of the holy land around the year 330 C.E., and in the year 638, it was conquered by Muslim Arab forces.

Putting the timeline together it is clear to anyone with basic math skills that it is impossible for Jesus to have been a Palestinian. There was no piece of land called Palestine until 100 years after Jesus died, and the area wasn’t controlled by Muslims until 600 years after his death.

if Jesus was a Palestinian, Christians couldn’t claim that he was from the line of King David, one of the Jewish Messiah requirements.

The people claiming that Jesus was a Palestinian are trying to create a new history for the Palestinians. If they can convince people of the falsehood that Palestinians were around for two millennia, then the lie that Jews are occupying Palestinian land becomes almost logical.

Anyone who says that Jesus was a Palestinian hasn’t the slightest idea of history and/or is trying to delegitimize the 3.500+ year Jewish heritage in the holy land. Both Jews and Christians believe that Jesus was a nice Judean (Jewish) boy who went into his father’s business. The real disagreement between the two faiths is his father’s occupation.

Voir encore:

Signes des temps par Marc Weitzmann
Tous les dimanches de 12h45 à 13h30

L’imaginaire de Notre-Dame de Paris et la fabrique de l’identité française
21/04/2019

Alors que la France et le monde pleurent les dommages causés par les flammes à Notre-Dame de Paris, « Signes des temps » s’intéresse aux multiples réinventions de la cathédrale, à ses légendes, au mythe réel qu’elle est devenu.

« La France est foutue », pouvait-on lire sur Facebook au lendemain de l’incendie qui a ravagé une partie de Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier « C’est la fin de la civilisation »; « Notre-Drame, titrait Libération le même jour tandis que dans le Figaro Fabrice Luchini s’écriait « Avec cet incendie, on pourrait presque penser à un signe », et qu’Arielle Dombasle se filmait sur Facebook en train de chanter l’Ave Maria. « Il faut parfois des tragédies pour sortir les peuples décadents de leur frilosité amnésique », a renchéri Yvan Rioufol dans Le Figaro vendredi dernier avant d’ajouter « l’occasion est donnée aux Français de retrouver le goût de la transmission et des racines. Rien n’est plus disruptif que de tenter d’être à nouveau à la hauteur des humbles bâtisseurs du Moyen-Age. » Va-t-on vraiment réapprendre l’art des bâtisseurs du Moyen-Age pour sauver la civilisation française ? Illuminée par les flammes de la cathédrale, la France se découvre depuis une semaine au miroir de  son Histoire ou plutôt du souvenir qu’elle en garde à travers les romans, les films, les photos qui ont fait de Notre-Dame de Paris un monument unique en son genre, mais quoi ? Y a-t-il vraiment des racines cachées sous notre Dame ou bien, comparée aux cathédrales de Chartres, de Reims ou de Strasbourg, Notre-Dame est-elle en fait un objet unique, où le souvenir de l’histoire réelle se mêle aux légendes et à la littérature pour fabriquer un monument à mi-chemin entre songe et architecture, un rêve de pierre exhibant l’histoire comme fiction nécessaire ?

Voir aussi:

Des centaines d’actes de profanation d’églises sont passés inaperçus en 2018

En France, 1063 actes contre des églises ont été perpétrés en 2018. L’incendie de Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris dimanche dernier, lance le débat autour de la «christianophobie»
Javet Victoria
Le Temps
22 mars 2019

Peu médiatisées, les insultes et profanations contre des lieux de culte chrétiens se multiplient et atteignent des proportions effrayantes. En février dernier, le gouvernement français recensait 1063 délits de ce type rien que pour l’année 2018. Un phénomène passant quelque peu inaperçu, notamment face aux scandales de pédophilie qui plongent l’Eglise catholique dans la tourmente. Pourtant, le nombre de ces actes délictueux est sensiblement en hausse par rapport à 2017.

Le mois dernier, quatre lieux de culte ont été saccagés en moins d’une semaine dans l’Hexagone. Le 4 février, c’est l’église Saint-Nicolas à Houilles, dans les Yvelines, qui était touchée, puis la cathédrale Saint-Alain-de-Lavaur le lendemain. Notre-Dame-des-Enfants le 6 février. Notre-Dame à Dijon le 9 février. Une liste préoccupante et qui ne représente qu’une petite partie du phénomène.

La presse espagnole a par ailleurs vivement réagi face à ces profanations. De nombreux articles sont parus cette semaine, qualifiant sans détour ces crimes de «vandalisme antichrétien». Le média espagnol ABC titrait notamment mardi «Une douzaine d’églises profanées depuis une semaine».

900 000 euros de dégâts pour Saint-Sulpice

L’incendie de Saint-Sulpice est celui qui a été le plus relayé par les médias et sur les réseaux sociaux. Le feu se serait déclaré aux alentours de 13h40, dimanche, au niveau de la porte de l’édifice. Le départ de feu, qui a pu être rapidement maîtrisé dimanche soir, serait d’origine «humaine». La piste criminelle est, pour l’heure, privilégiée par les enquêteurs.

Tout l’intérieur de cette église située dans le VIe arrondissement de Paris a été recouvert de suie et sali, mais seule l’imposante porte d’entrée du lieu de culte a été détruite. Toutefois, les dégâts ont été estimés à près de 900 000 euros.

Prudence et discrétion de l’Eglise

De son côté, l’Eglise préfère rester discrète sur ces événements. Elle justifie cette position en invoquant un possible risque d’imitation si les faits étaient trop médiatisés.

Contrairement aux actes antisémites, qui exploitent des symboles de haine tels que la croix gammée, les délits visant des édifices chrétiens (catholiques pour la plupart d’entre eux) ne sont presque jamais signés. Il est ainsi extrêmement difficile de remonter la source des coupables, souligne le quotidien ABC. Dimanche soir, après que le feu a été maîtrisé, l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, s’exprimait également avec prudence sur les circonstances de l’incendie.

Voir également:

Notre-Dame: une sous-estimation du risque par certains responsables aux conséquences dévastatrices

Katrin Bennhold and James Glanz
NYT
April 20, 2019

PARIS — L’architecte qui a supervisé la conception du système de sécurité incendie à Notre-Dame a reconnu que des responsables avaient sous-estimé la vitesse à laquelle un feu pouvait démarrer et se propager dans la cathédrale, avec pour conséquence un incendie bien plus dévastateur qu’anticipé.

Le système reposait sur l’hypothèse que si la cathédrale venait à prendre feu, les anciennes poutres de chêne dans les combles brûleraient lentement, laissant largement assez de temps pour que les flammes soient maîtrisés, d’après Benjamin Mouton, l’architecte en chef des monuments historiques qui supervisa la mise en place des sécurités incendie.

Contrairement à ce qui existe sur certains sites sensibles aux États-Unis, les alarmes incendie à Notre-Dame n’étaient pas directement reliées à une caserne de pompiers. Il fallait d’abord qu’un agent de sécurité de la cathédrale gravisse une série d’escaliers raides pour atteindre les combles – un trajet qu’une personne ‘sportive’ met six minutes à effectuer, explique M. Mouton.

Ce n’est qu’après qu’un incendie était constaté que les pompiers étaient avertis et déployés. Autrement dit, même une réaction impeccable à un incendie intégrait un délai d’environ 20 minutes – entre le moment où l’alarme retentissait, et celui où les pompiers étaient arrivés et montés jusqu’aux combles avec des kilos de lances à incendie et de matériel, pour enfin s’attaquer aux flammes.

Ce délai s’est avéré dévastateur.

“Là où j’étais stupéfait c’est de la rapidité avec laquelle le chêne de Notre-Dame a brûlé,” dit M. Mouton. “Un chêne aussi vieux; ça ne peut pas brûler comme une allumette. C’est absolument incompréhensible.”

Certains experts en sécurité incendie affirment cependant que M. Mouton et son équipe avaient sous-estimé le risque – et que la procédure de sécurité qu’ils avaient conçu était bien trop lente pour que le feu puisse être combattu à temps.

“Ça n’a aucun sens,” affirme Jonathan Barnett, un responsable de sécurité incendie chez Basic Expert en Australie. “Vingt minutes avant que les gens n’interviennent; c’est un délai énorme. Quand de la charpente lourde se met à brûler, on ne peut pas l’éteindre. Donc je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle ils ont prévu ce délai.”

François Chatillon, un architecte en chef des monuments historiques impliqué dans la restauration de nombreux monuments en France, signale également qu’il était bien connu que les poutres de chêne sous le toit en plomb de Notre-Dame présentaient un risque élevé d’incendie.

Une fois le feu démarré, dit-il, “c’est comme jeter une allumette dans une boite qui en est remplie, c’est impossible à éteindre.”

Pour lui, ce qui est surprenant ce n’est pas que Notre-Dame ait brûlé cette semaine, mais qu’elle “n’ait pas brûlé plus tôt.”

M. Mouton et son équipe n’étaient les seuls en charge de la sécurisation d’un monument aussi précieux que Notre-Dame. Au minimum, leurs plans devaient être validés par leur hiérarchie au ministère de la Culture.

Charlotte Hubert, présidente de la compagnie des architectes en chef des monuments historiques, souligne que la sécurité dans de tels bâtiments est étroitement réglementée.

“On ne laisse pas les clés à l’architecte en chef pour qu’il fasse exactement ce qu’il veut,” explique-t-elle.

Toujours est-il, selon des experts en sécurité incendie, que deux des principaux responsables à l’époque – M. Mouton et le Lieutenant-Colonel Régis Prunet, ancien pompier et conseiller en sécurité incendie pour le ministère de la Culture – semblent avoir mal évalué les mesures anti-feu nécessaires pour protéger un bâtiment aussi atypique, complexe et irremplaçable que Notre-Dame.

Selon des scientifiques consultés par le New York Times, bien qu’un bois dense puisse mettre du temps à se consumer entièrement, un feu allait se propager naturellement et très rapidement parmi les vieilles poutres de Notre-Dame. Supposer le contraire, disent-il, était une erreur.

M. Mouton, l’architecte en chef des monuments historiques, supervisa une rénovation de la sécurité incendie alors qu’il était responsable de Notre-Dame, entre 2000 et 2013.

“Le sujet de la sécurité incendie a été posé à partir de mon arrivée,” dit M. Mouton. “J’ai géré le sujet de bout en bout.”

M. Prunet, en tant que conseiller en sécurité incendie à la direction générale des patrimoines, au sein du ministère de la Culture, travailla avec M. Mouton et son équipe.

Les deux hommes faisaient face à une tâche monumentale. Il n’y avait pas de plan approprié en place pour la protection contre le feu, ni même pour évacuer les touristes et les fidèles en cas d’incendie, explique M. Prunet. C’était un miracle que rien ne fût déjà arrivé, dit-il, et, selon lui, une grande ironie que cela arrive si rapidement après qu’un plan soit finalement en place.

M. Mouton et M. Prunet expliquent avoir eu main libre pour concevoir le système de protection incendie le plus efficace possible. L’argent n’était pas un problème.

Quand le budget s’avéra plus conséquent que prévu, les autorités françaises trouvèrent les financements, et le délai d’installation du nouveau système de sécurité passa de deux à quatre ans se rappelle M. Mouton.

“Le projet n’a pas été réduit pour des questions financières, je vous le certifie absolument,” dit-il.

Même si aucun coût ne fut épargné, la question de la préservation de la vieille charpente fut abordée de façon conservatrice, pour la laisser dans son état d’origine. Les concepteurs tenaient à ce que les combles ne soient pas altérées par des mesures de protection, avec des extincteurs automatiques ou des murs coupe-feu.

Si le choix avait été fait de sacrifier cette ‘pureté’ de la charpente, en d’autre termes de trouver un compromis entre ce qui était possible il y a 850 ans et ce qui convient aujourd’hui, la flèche aurait pu, selon des experts, être sauvée .

Si des murs coupe-feu ont pu être placés ailleurs dans la cathédrale; ils ne l’ont pas été dans les combles. D’après M. Prunet, la taille et la complexité de leur structure était d’une toute autre ampleur.

“Pour la cathédrale de Paris, c’était compliqué parce que vous aviez un enchaînement de poutres en chêne, ce qu’on appelle la forêt,” explique-t-il.

Mais M. Mouton a surtout renoncé à installer des murs coupe-feu car cela risquait d’être “mutilant” pour la structure, selon lui.

“Il est vrai que ça avait été évoqué mais ça n’a pas été retenu,” dit-il. “Ça change l’apparence mais aussi les éléments car pour mettre en place une cloison il faut aussi couper les bois, c’est mutilant.”

Et selon M. Prunet, des extincteurs automatiques n’ont pas été rajoutés parce que “le problème, c’est que vous noyez la structure.”

Au lieu de cela, expliquent-ils, leur équipe avait misé sur la prévention et la détection. C’était un choix délibéré.

Deux agents de sécurité étaient sur le site pour surveiller, jour et nuit, la délicate charpente du toit, tel le coffre-fort d’une banque.

Un réseau de détecteurs de fumée et de chaleur était réparti de par la cathédrale. Trois fois par jour, quelqu’un montait vérifier que le système fonctionnait.

M. Mouton affirme qu’il avait même testé le temps qu’il fallait pour qu’un agent fasse une levée de doute, en faisant la course avec l’un d’entre eux jusqu’en haut des combles.

“Ça met un certain temps, y compris pour quelqu’un de très sportif,” dit-il. “Cette solution m’avait paru raisonnable en considérant que c’est du vieux chêne, donc ça ne brûlait pas comme ça.”

Par ailleurs, le système d’alerte semble également avoir été défaillant, en commençant par la réponse à la première alerte de 18h20, lundi dernier.

L’agent de sécurité, ne constatant pas de feu, avait donné une fin d’alerte et était redescendu.

Mais selon Glenn Corbett, professeur associé et spécialiste de la science du feu au John Jay College of Criminal Justice à New York, quand une alarme retentit, il est impératif d’identifier l’origine et la cause de son déclenchement, y compris si c’est une défaillance ou si un insecte s’est introduit dans l’appareil.

“La cause de la première alarme n’a pas été assez recherchée ,” dit M. Corbett. “C’est probablement leur plus grande erreur.”

On peut supposer qu’à ce moment-là, un feu couvait vraisemblablement déjà quelque part dans les combles et commençait à se propager. Son origine reste à déterminer.

Certains experts en sécurité incendie ne comprennent pas comment M. Mouton a pu croire qu’un feu se propagerait lentement sur du vieux bois dur.

M. Corbett explique qu’on a longtemps cru que les feux de charpente dans des bâtiments du 19ème siècle étaient forcément de ‘combustion lente’, une croyance largement remise en cause de nos jours.

M. Barnett, l’expert australien, souligne que le temps qu’il faut pour qu’un un épais morceau de charpente soit entièrement brûlé diffère entièrement de la vitesse de propagation du feu.

“Il a sous-estimé le fait que c’est une très grande surface,” explique M. Barnett. “Il y a beaucoup d’énergie, et ça se propage très rapidement.”

Le temps que la deuxième alarme sonne à 18h43, et qu’un agent de sécurité remonte les escaliers, le feu s’était déjà mû en brasier.

Les pompiers n’ont été alertés qu’à 18h51.

“On aurait pu éviter tout cela avec un système de détection moderne,” assure Guillaume Poitrinal, président de la Fondation du Patrimoine.

La technologie de détection rapide en place à Notre-Dame était un système d’aspiration de la fumée fourni par Siemens en 2013, mais l’entreprise affirme qu’elle n’avait pas signé de contrat de maintenance et qu’elle ne peut pas s’exprimer sur de potentielles questions opérationnelles.

Les alarmes à incendie en France ne préviennent jamais automatiquement les pompiers, confirme un porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris.

“Il peut y avoir des fausses alertes, c’est pourquoi les pompiers demandent que quelqu’un aille vérifier,” explique Gabriel Plus, le porte-parole.

Mais pour des experts extérieurs, dans le cas de Notre-Dame, la procédure de sécurité incendie choisie ne prévoyait pas suffisamment de temps pour cela.

Une autre solution aurait pu être envisagée: la présence permanente de pompiers sur le site.

C’est le cas dans certains bâtiments encourant “un risque significatif” lors d’un incendie, explique M. Plus, comme par exemple le Louvre, le Palais de Justice, l’Assemblée Nationale et la Bibliothèque Nationale.

Notre-Dame, dit-il, n’en faisait pas partie.

M. Mouton reconnaît qu’une veille de pompiers sur le site aurait été la seule façon fiable d’éviter tout dégât par le feu, mais que cela ne pouvait se justifier “alors qu’il y a des incendies qui s’allument partout à Paris et en banlieue.”

Il fallait accepter une part de risque, dit-il. “Ça fait partie de la relativité des choses.”

“Je suis très embarrassé par ce qui arrive,” confie M. Mouton.

Avec le recul, aurait-il conçu le système de façon différente aujourd’hui?

“La détection serait restée la même,” dit-il. “Mais c’est la gestion qui change.”

“Bien sûr, c’est les premières minutes qui comptent,” dit-il, avant de marquer une pause. “A posteriori on a toujours tort et on aurait sûrement fait mieux. “

Katrin Bennhold a fait ce reportage depuis Paris, et James Glanz depuis New York. Ont contribué à ce reportage depuis Paris: Adam Nossiter, Liz Alderman, Aurélien Breeden et Elian Peltier.

Voir de même:

Etats-Unis

Hillary Clinton et Barack Obama ne reconnaissent pas la persécution des chrétiens

Tous deux ont parlé des attaques terroristes au Sri Lanka, mais ont préféré désigner les chrétiens comme des « fidèles de Pâques ».

Après les terribles série d’attentats à la bombe dimanche de Pâques (21), au Sri Lanka , qui compte déjà 310 morts et plus de 500 blessés, des représentants de l’aile démocratique des Etats-Unis ont décidé de se prononcer sur le fait, mais sans reconnaître les véritables motivations et la cible du massacre: l’église persécutée.Alors que le terme « islamophobie » a été repris après une attaque contre une mosquée à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars dernier, les principaux médias et les représentants démocrates refusent également de parler de « cristophobie ». »Jusqu’à présent, 290 morts dans des attaques contre des églises catholiques au Sri Lanka. Personne dans la presse n’a utilisé le terme « cristophobie » pour décrire les attaques commises à la Pâques « , a commenté le rédacteur en chef de l’organisation Brasil Paralelo, Guilherme Macalossi.S’agissant du massacre au Sri Lanka, Hillary Clinton et l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, ont refusé de reconnaître que parmi les principales victimes de ces attaques, il y avait des chrétiens. Tous deux ont préféré appeler ces gens « des fidèles de Pâques ». »En cette semaine sainte pour de nombreuses religions, nous devons rester unis contre la haine et la violence. Je prie pour toutes les personnes touchées par ces terribles attaques contre les fidèles et les voyageurs de Pâques au Sri Lanka », a commenté Hillary Clinton sur Twitter.

« Les attaques contre les touristes et les fidèles de Pâques sont des attaques contre l’humanité. En cette journée consacrée à l’amour, à la rédemption et au renouveau, nous prions pour les victimes et restons avec le peuple du Sri Lanka », a écrit Obama.

« Islamophobie »

Les mêmes personnalités qui avaient omis d’utiliser le terme « chrétiens » dans leurs déclarations pour le remplacer par « adorateurs de Pâques » n’ont pas hésité à déplorer les violences à l’encontre de la « communauté islamique » après l’attaque de la mosquée Christchurch en Nouvelle-Zélande.

« Mon cœur est brisé par la Nouvelle-Zélande et la communauté musulmane mondiale. Nous devons continuer à lutter contre la perpétuation et la normalisation de l’islamophobie et du racisme sous toutes ses formes », a écrit Clinton à l’époque.

« Michelle et moi-même adressons nos condoléances au peuple néo-zélandais. Nous sommes profondément bouleversés par vous et par la communauté islamique dans son ensemble », a déclaré Obama au même moment. « Nous devons tous rester contre la haine sous toutes ses formes.

Selon le chroniqueur Rodrigo Constantino, cette disparité dans les commentaires des démocrates américains est due à une vision dans laquelle les chrétiens ne peuvent être considérés comme victimes de rien.

« Obama, Clinton et les autres démocrates de gauche ne peuvent même pas parler d’un chrétien pour définir une victime d’un attentat, car un chrétien dans son récit brutal doit toujours être à blâmer. En même temps, ils refusent de désigner l’Islam comme responsable de quoi que ce soit. mauvaise nouvelle, alors qu’ils se précipitent pour les voir comme des victimes. C’est ce que la gauche a résumé aujourd’hui: des conseillers de presse de radicaux islamistes! « , a déclaré le chroniqueur.

Voir enfin:

Le tourisme, nouveau carburant de l’Arabie saoudite

Benjamin Barthe

Riyad mise sur l’immense site antique d’Al-Ula pour ouvrir le pays au tourisme haut de gamme. Un enjeu politique majeur pour le prince héritier Mohammed Ben Salman.

Dans le nord-ouest de la péninsule arabique, en plein désert, à mille kilomètres des tours de Riyad, les Saoudiens investissent dans un nouveau filon. Sa valeur ne se mesure pas en barils de pétrole mais en regards éblouis et en silences béats. L’endroit s’appelle Al-Ula, et c’est une mine d’or : un territoire grand comme la Belgique et quasiment vierge, jalonné de tombeaux antiques taillés dans la roche, de graffitis plurimillénaires, de palmeraies verdoyantes et de concrétions aux formes spectaculaires.Ce trésor jailli des sables, jumeau de la célèbre nécropole nabatéenne de Pétra, dans le sud de la Jordanie, devrait bientôt briller sur la carte du tourisme mondial.Avec l’aide de la France, le royaume a entrepris de le transformer en une destination de voyage haut de gamme, mêlant villégiatures de luxe, découverte de l’Arabie préislamique et expéditions au grand air.Lancé il y a bientôt deux ans, le projet a commencé à se concrétiser cet hiver. Une série de concerts ont été organisés au milieu des rochers, avec en têtes d’affiche le pianiste chinois Lang Lang, le violoniste français Renaud Capuçon et le ténor italien Andrea Bocelli. Echelonnés sur plusieurs week-ends, entre décembre 2018 et février, ces récitals et les activités organisées en parallèle ont attiré près de 30 000 amateurs de musique et de vieilles pierres, venus de trente pays différents. Cet échantillon test, logé dans des camps bédouins cinq étoiles, s’est prêté de bon cœur aux strictes traditions locales, notamment le port de l’abaya, le manteau noir imposé aux femmes.

Vocation de porte-étendard

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, alias « MBS », s’est rendu sur place le 10 février. Pour lui, le développement du site tombe à pic : c’est l’occasion de remettre en avant ses ambitions modernisatrices, éclipsées par l’assassinat, début octobre 2018, à Istanbul, d’un journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, par des barbouzes venues de Riyad. A l’instar de Neom, la cité futuriste à 500 milliards de dollars (445 milliards d’euros) en chantier plus au nord, Al-Ula a vocation à être le porte-étendard d’un pays qui change.

Car en Arabie saoudite, le tourisme ne va pas de soi. Une grande partie de la société, nourrie de rigorisme wahhabite, a grandi dans l’idée que le culte des antiquités est une activité idolâtre, surtout quand il s’agit de reliques antéislamiques.

L’entrée des étrangers sur le territoire national a longtemps été limitée à quelques catégories de personnes très précises, comme les riverains du Golfe, les pèlerins musulmans et les hommes d’affaires. Passer outre cette règle non écrite, c’était souiller le berceau de l’islam. Ou du moins s’exposer à cette accusation…


Médias: Attention, un négationnisme peut en cacher un autre ! (After France inter, Télérama presents Galilee and Nazareth as « Israeli colonies »)

4 janvier, 2019

Secondhandsmoke
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
Ce qui est grave dans le texte de l’abbé Pierre, c’est quand il parle de la Shoah de Josué. C’est abominable. Bien entendu, les textes sur Josué sont effrayants, mais ce sont des textes qui sont absolument courants dans la littérature de l’époque. Si vous prenez inversement la stèle de Mesha, roi de Moab, qui est au Louvre, vous avez les mêmes appels à l’extermination du voisin… On est donc dans cet univers-là. Alors parler de la Shoah à ce sujet est extrêmement grave. Les révisionnistes et les négationnistes français (…) ont une spécificité, qui les distingue des Italiens ou des Américains : leur filiation n’est pas d’extrême droite. Leur public, ceux qui les entendent et les suivent, est celui de Le Pen, pour appeler les choses par leur nom. Mais les intellectuels qui fournissent à ce public des denrées viennent en fait de l’ultra-gauche. Rassinier, cet ancien député socialiste devenu le père du révisionnisme, a fait, dans les années 50, le pont entre l’extrême droite et l’ultra-gauche. Pierre Vidal-Naquet
Alors là, je trouverai le fond du problème de la sensibilité d’un Juif, en lui disant : toutes vos énergies se trouvent mobilisées par la réinstallation du grand temple de Salomon à Jérusalem, bref, de l’ancienne cité du roi David et du roi Salomon. Or vous vous basez pour cela sur tout ce qui dans la Bible parle de Terre promise. Or, je ne peux pas ne pas me poser cette question : que reste-t-il d’une promesse lorsque ce qui a été promis, on vient de le prendre en tuant par de véritables génocides des peuples qui y habitaient, paisiblement, avant qu’ils y entrent ? Les jours … Quand on relit le livre de Josué, c’est épouvantable ! C’est une série de génocides, groupe par groupe, pour en prendre possession ! Alors foutez-nous la paix avec la parole de Terre promise ! Je crois que – c’est çà que j’ai au fond de mon coeur – que votre mission a été – ce qui, en fait, s’est accompli partiellement – la diaspora, la dispersion à travers le monde entier pour aller porter la connaissance que vous étiez jusqu’alors les seuls à porter, en dépit de toutes les idolâtries qui vous entouraient, etc. Abbé Pierre (passage censuré dans Dieu et les Hommes, publié dans Le secret de l’abbé Pierre de Michel-Antoine Burnier et Cécile Romane, Mille et une nuits)
Détestés à mort de toutes les classes de la société, tous enrichis par la guerre, dont ils ont profité sur le dos des Russes, des Boches et des Polonais, et assez disposés à une révolution sociale où ils recueilleraient beaucoup d’argent en échange de quelques mauvais coups. De Gaulle (détaché auprès de l’armée polonaise, sur les juifs de Varsovie, lettre à sa mère, 1919)
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967)
Est-ce que tenter de remettre les pieds chez soi constitue forcément une agression imprévue ? Michel Jobert
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Pourquoi accepterions-nous une troisième guerre mondiale à cause de ces gens là? Daniel Bernard (ambassadeur de France, après avoir qualifié Israël de « petit pays de merde », Londres, décembre 2001)
Les Israéliens se sont surarmés et en faisant cela, ils font la même faute que les Américains, celle de ne pas avoir compris les leçons de la deuxième guerre mondiale, car il n’y a jamais rien de bon à attendre d’une guerre. Et la force peut détruire, elle ne peut jamais rien construire, surtout pas la paix. Le fait d’être ivre de puissance et d’être seul à l’avoir, si vous n’êtes pas très cultivé, enfant d’une longue histoire et grande pratique, vous allez toujours croire que vous pouvez imposer votre vision. Israël vit encore cette illusion, les Israéliens sont probablement dans la période où ils sont en train de comprendre leurs limites. C’était Sharon le premier général qui s’est retiré de la bande de Gaza car il ne pouvait plus la tenir. Nous défendons absolument le droit à l’existence d’Israël et à sa sécurité, mais nous ne défendons pas son droit à se conduire en puissance occupante, cynique et brutale … Michel Rocard (Al Ahram, 2006)
Ecoutez, je rentre de Lyon plein d’indignation à l’égard de cet attentat odieux qui voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. C’est un acte qui mérite d’être sévèrement sanctionné. Raymond Barre (le 3 octobre 1980, TFI, suite à l’attentat de la synagogue parisienne de la rue Copernic, 4 morts, 20 blessés)
C’était des Français qui circulaient dans la rue et qui se trouvent fauchés parce qu’on veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les juifs. Mais pas du tout, ils font un attentat aveugle et y a 3 Français, non juifs, c’est une réalité, non juifs. Et cela ne veut pas dire que les Juifs, eux ne sont pas Français. (…) C’est « une campagne » « faite par le lobby juif le plus lié à la gauche » (…) « je considère que le lobby juif – pas seulement en ce qui me concerne – est capable de monter des opérations qui sont indignes et je tiens à le dire publiquement. Raymond Barre (20 février 2007, France Culture, diffusée le 1er mars)
J’ai tellement entendu les propos de M. Gollnisch à Lyon que cela finissait par ne plus m’émouvoir. Quand on entend à longueur de journée tout ce qui se dit à droite et à gauche, à la fin on n’y porte plus attention. Raymond Barre (01.03.2007)
Comme tous les ans durant la période de Noël, des milliers de pèlerins et touristes du monde entier convergent vers la ville de Bethléem. Mais pour les chrétiens de Gaza, soumis à des restrictions de mouvements, cette possibilité semble désormais relever du privilège. L’accès au territoire palestinien est en effet rigoureusement contrôlé par les autorités militaires israéliennes qui délivrent des permis d’entrée et de sortie. Chaque année, un certain nombre d’entre eux est concédé aux chrétiens de Gaza souhaitant se rendre à Jérusalem ou en Cisjordanie pour les fêtes de Noël et de Pâques. Pour Noël 2018, 500 permis de sortie ont été promis par Israël, mais en pratique, seuls 220 ont été effectivement délivrés pour le moment à des personnes âgées entre 16 et 35 ans ou de plus de 55 ans, ce qui donne lieu à des situations problématiques au sein de plusieurs familles: le père obtenant un permis mais pas la mère et inversement, ou des permis accordés aux enfants mais pas aux parents et inversement. Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine avoue ne pas saisir la politique choisie par Israël dans ce domaine. «C’est une logique d’occupation que nous ne comprenons pas, ni ne justifions», assène-t-il. Pouvoir se rendre à Bethléem pour fêter Noël devrait être un droit naturel pour un chrétien gazaoui et non pas un privilège, déplore l’évêque italien. Mgr Marcuzzo se trouvait d’ailleurs à Gaza dimanche dernier, en compagnie de l’administrateur apostolique du patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, pour célébrer Noël avec la petite communauté latine locale, selon une tradition désormais bien installée. Le vicaire patriarcal évoque une atmosphère générale empreinte de tristesse, même si la médiation égyptienne et qatarie entreprise ces derniers jours a fait baisser la tension dans le territoire palestinien, après des semaines de fièvre et d’affrontements liés aux «marches du retour». La présence chrétienne quant à elle s’amoindrit sensiblement. Face à des conditions de vie précaires et au manque évident de perspectives, l’émigration reste une tentation inexorable. On comptait il y a encore quelques années environ 3 000 chrétiens de toute confessions à Gaza; ils ne représentent aujourd’hui que 1 200 âmes, dont 120 catholiques latins. Vatican news
A Gaza également, l’ambiance est sombre (…) Une partie de la communauté chrétienne de la bande Gaza ne pourra pas se rendre dans la ville natale du Christ en raison des restrictions de circulation imposées par Israël qui comme chaque année n’a délivré des permis qu’au compte-gouttes. (…) Tous aimeraient être à Béthléem pour Noël, mais cette année seules 600 personnes ont reçu des permis, plus d’un tiers de la toute petite communauté chrétienne de l’enclave s’apprête donc à passer le réveillon sur place et sans grand enthousiasme.  (…) Un Noël maussade dans une bande de Gaza soumise à un sévère blocus israélien et ces restrictions de circulation concernent plus de deux millions de Palestiniens (…) Une situation qui a contribué à l’exode des chrétiens de Gaza. On en comptait 3.500 il y a 15 ans, selon les estimations, ils ne seraient plus qu’un millier aujourd’hui. France Inter
La radio du service public avait diffusé un reportage décrivant trois localités de Galilée comme des « colonies ». Suite à la mobilisation des lecteurs d’InfoEquitable, France Inter a corrigé cette faute en leur accordant désormais le statut bien plus représentatif de « villes ». (…) Nous indiquions que France Inter n’avait corrigé que la version écrite du reportage mais pas la bande audio. Or il s’avère que, presque à la même heure où nous publiions ces lignes, la médiatrice de Radio France annonçait, dans un échange avec un auditeur qui avait certainement suivi notre appel à protester auprès d’elle, que le son du reportage allait aussi être modifié. Deux heures après la parution de notre article, c’est ce qui a été fait et le reportage audio parle désormais aussi de « villes » et non plus de « colonies ». Aurélien Colly, le journaliste auteur du reportage, a également reconnu l’usage d’un terme inapproprié. Merci à Radio France d’avoir réagi et à nos lecteurs d’avoir permis la correction de cette erreur. Nous sommes satisfaits de la reconnaissance de cette erreur par la radio. Cependant, la correction sur le site ne s’accompagne d’aucun commentaire pour faire savoir aux lecteurs que le texte initial comportait une erreur importante. Plus grave, la chronique audio inchangée est toujours en ligne. Or, comme l’expliquait InfoEquitable dans l’article qui a poussé France Inter à réagir, le reportage reste très tendancieux. En particulier, il donne la parole à un « vieux forgeron libanais » supposément âgé d’une soixantaine d’année qui raconte des souvenirs qu’il ne pourrait avoir que s’il avait au moins 75 ans, traite les Juifs (pas les Israéliens, les Juifs !) de voleurs de terres et fait comprendre qu’Israël doit « redevenir la Palestine » (argument trompeur puisque la Palestine antérieure à 1948 fut une région sous mandat britannique et non un Etat arabe). L’homme appelle donc à éliminer l’Etat d’Israël et cela ne suscite aucun commentaire critique de la part du journaliste Aurélien Colly, envoyé spécial permanent de France Inter à Beyrouth, qui interviewe par ailleurs également un membre du Hezbollah sans préciser que ce mouvement est considéré comme terroriste par de nombreuses autorités dont celles de l’Union européenne… Au vu du reste de la chronique, le recours au terme de « colonies » pour désigner des localités situées sur le territoire internationalement reconnu d’Israël n’est pas anodin. Davantage qu’une simple erreur factuelle, il se situe en conformité avec la ligne du Hezbollah qui nie le droit aux Juifs d’avoir un Etat : raison pour laquelle nous avions intitulé notre première critique « France Inter reprend la propagande du Hezbollah ». Cette correction a minima suscite d’autres questions pour France Inter Est-ce que cette identification sans distanciation avec le narratif d’une organisation terroriste correspond aux standards journalistiques de France Inter, une radio financée par les contributions du public français ? Le journaliste a-t-il été sanctionné par la rédaction pour cette faute qui peut avoir des conséquences, en France, sur la sécurité des Juifs qui sont diabolisés dans le reportage (rappelons les paroles du « forgeron » : « Quand on était petit, on allait en Palestine. (…) Les Juifs n’étaient pas comme aujourd’hui, ils étaient sages, ils n’attaquaient personne, ne prenaient les terres de personne. ») ? Nous ne manquerons pas de publier une éventuelle réponse de France Inter à ces questions. InfoEquitable
Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir [NDLR la réalisatrice] de cerner une ville comme pétrifiée par l’occupation israélienne, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %. Télérama (première version)
Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir de cerner une ville, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %. Télérama (version corrigée)
En novembre dernier, un correspondant de France Inter avait décrit trois localités de Galilée comme des « colonies ». La Galilée fait partie d’Israël depuis l’indépendance de ce pays en 1948 et cette description revenait à faire de l’Etat d’Israël dans son intégralité une colonie – sous-entendu, un pays occupant de manière illégitime un territoire ne lui appartenant pas ; un pays implicitement appelé à disparaître, donc. Après la révélation de cette erreur par InfoEquitable, la radio avait reconnu le problème et corrigé le reportage. Moins de deux mois plus tard, Télérama commet exactement la même erreur. Dans le numéro 3596 du 12 décembre 2018, le critique Pierre Murat donne son avis sur le film « Wajib : l’invitation au mariage ». L’histoire se déroule à Nazareth. Commençant par évoquer les personnages du film, Pierre Murat enchaîne : Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir [NDLR la réalisatrice] de cerner une ville comme pétrifiée par l’occupation israélienne, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %.  Nazareth, occupée par Israël ? Nazareth se trouve en Galilée, dans le district nord d’Israël. Elle en est la plus grande ville. Depuis 1948, cette région fait partie de l’Etat d’Israël. Il est courant que la Cisjordanie (ou Judée-Samarie, région occupée par la Jordanie de 1949 jusqu’à la victoire israélienne de 1967 qui fut obtenue après une guerre provoquée et perdue par la Jordanie et ses alliés arabes), soit décrite comme « territoire occupé par Israël ». Bien que cette terminologie nous paraisse inappropriée, elle peut se comprendre lorsqu’elle s’applique à la Cisjordanie du point de vue des partisans de la « solution à deux Etats », qui disent souhaiter un retrait total israélien de cette région, mais la coexistence d’un futur « Etat de Palestine » avec un Etat d’Israël restreint à ses frontières « d’avant 1967 ». Mais Nazareth n’est pas située en Cisjordanie (West Bank sur la carte ci-dessous). La ville, tout en étant habitée presque exclusivement par des minorités nationales (arabes musulmane et chrétienne), se trouve de façon incontestable dans les frontières internationalement reconnues de l’Etat juif. A moins de considérer Paris comme occupée par la France, ou Tokyo par le Japon, la seule manière de comprendre la désignation de Nazareth comme une ville occupée est la volonté de ne pas reconnaître la légitimité du pays dont elle fait partie, l’Etat d’Israël, et donc de le voir disparaître. Infoequitable
Dans son numéro 3598, daté du 12 décembre 2018, Télérama « aime beaucoup » Wajib : l’invitation au mariage, un film palestinien sorti sur les écrans en 2017 et dont l’actualité est la sortie en DVD. Dire que Télérama adôôôre tout ce qui est palestinien relève du pléonasme, mais ce qui va sans dire semble aller encore mieux pour l’hebdomadaire d’opinion quand il peut enfoncer le clou avec un maillet fabriqué du bois dont on fait la propagande antisioniste « Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir (la réalisatrice, NDLR) de cerner une ville comme pétrifiée par l’occupation israélienne, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %. (Télérama) » explique le critique, Pierre Murat. La ville « pétrifiée par l’occupation israélienne », c’est Nazareth, surnommée « la capitale arabe d’Israël » (les mots importants –au pluriel, car il y en a deux– sont « arabe » et « Israël »). Capitale arabe d’Israël ? Oui. En 2017, cette ville israélienne comptait 76.551 habitants, majoritairement des Arabes israéliens, 69% musulmans et 30,9% chrétiens. En termes administratifs, Nazareth est la capitale régionale de la Galilée et c’est la seule zone urbaine israélienne de plus de 50.000 habitants qui possède une majorité arabe (Wikipédia). Dans la doxa antisioniste téléramienne (excusez encore le pléonasme), une ville à majorité arabe ne peut exister qu’en territoire occupé. De plus, si l’on constate une tension (qu’elle soit réelle ou cinématographique) entre musulmans et chrétiens, seuls les Juifs peuvent en être responsables, preuve que Nazareth est occupée. C’est ainsi qu’on boucle une boucle idéologique dans le groupe Le Monde. Cette annexion de Nazareth par une Palestine fantasmée est-elle seulement une grossière erreur de culture générale dans un magazine culturel ou bien une répétition à vocation pédagogique, consistant à faire entrer subliminalement dans l’inconscient du lecteur le substantif « occupation » chaque fois que l’adjectif « israélien » est utilisé ? Dans le narratif palestino-téléramien présentant Nazareth comme « occupée », la précision sur les populations en présence sert aussi à agréger musulmans et chrétiens comme victimes égalitaires du joug de l’occupant et à exonérer l’une des deux communautés ARABES (on le souligne) d’avoir lâché un rôdeur nommé tension. Au cas où le film lui-même (palestinien, on le rappelle, donc peut-être partial ?) ne suffirait pas à induire chez le spectateur, ou simplement chez le lecteur du magazine d’opinion, une animosité vis-à-vis de l’État juif, le critique en rajoute une couche : « Le fils ne peut supporter que son père, par prudence, par lâcheté, songe à inviter au mariage un ami juif — en fait, un « inspecteur du savoir » (sic) qui, depuis des années, surveille et censure son enseignement. » Décryptons : 1) Il est impossible qu’un Palestinien ait un ami juif. 2) Les Juifs sont tellement mauvais que survivre à la cohabitation avec eux implique une prudence confinant à la lâcheté. 3) Un Juif et un Palestinien ne sauraient avoir d’autres rapports que dominant/dominé. Le critique de Télérama partage probablement la croyance de son parti en l’apartheid de la part des Israéliens vis-à-vis des pauvre palestiniens. Même si aucun fait réel n’y apporte le moindre crédit, cela n’empêche pas le prosélytisme. En revanche, bien que les chiffres et les témoignages abondent de la maltraitance subie par les chrétiens d’Orient en général et ceux des Territoires palestiniens en particulier, il ne peut pas, il ne veut pas y croire. Pourtant, si Nazareth est bien la « capitale arabe d’Israël », si cette ville à majorité musulmane est la capitale régionale de la Galilée, c’est parce que les citoyens israéliens vivent dans un pays démocratique et que rien n’empêche une minorité au plan national de représenter une majorité au plan régional ou local. En revanche, s’il existe, en Cisjordanie, des implantations juives protégées par l’armée (ce qui se traduit en palestinolâtrie et donc en Télérama dans le texte par « colonies »), c’est parce que des Juifs seraient aussitôt assassinés s’ils tentaient d’y vivre comme le font les musulmans de l’autre côté de la Ligne verte. Comme Pierre Murat de Télérama ne veut pas le savoir, nulle allusion perfide autre qu’antisioniste ne salit sa critique. Cela dit, Annemarie Jacir a situé son film dans la Nazareth israélienne, où toutes les religions sont libres et égales devant la loi, pas dans la Bethléem palestinienne, où une seule minorité dhimmie est tolérée pour des raisons 100% économiques. Bethléem est située à environ 10 km au sud de Jérusalem. 30.000 habitants y vivaient en 2006 sous l’administration de l’Autorité palestinienne. 30.000 habitants en immense majorité musulmans, en immense majorité de moins en moins tolérants vis-à-vis de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. La ville étant un lieu de pèlerinage chrétien, qui lui rapporte l’essentiel de ses revenus hors charité internationale, cette communauté survit encore. En revanche, le tombeau de la matriarche Rachel, situé à l’entrée de la ville, n’est accessible aux pèlerins juifs du monde entier qu’à leurs risques et périls, le péril encouru par les juifs israéliens étant la mort. Dans toute la Cisjordanie, y compris à Bethléem, la proportion des chrétiens baisse fortement. Ils ne représentent plus, dans la ville où est né Jésus, qu’un pourcentage de la population inférieur à 10% (La Croix), contre plus de 30% en 1993. Les chiffres ci-dessous montrent l’évolution de la population israélienne avec la part qu’y occupe chaque religion (Bureau des statistiques, Israël). En Israël, pas en Territoire palestinien, car Gaza est devenue Judenrein et quasiment Christianrein. Quant à l’Autorité palestinienne, elle « convainc » les chrétiens d’émigrer de Cisjordanie par harcèlement et persécutions, mais pas de façon assez ostensible pour se voir privée des subventions internationales. Liliane Messika

Attention: un négationnisme peut en cacher un autre !

Alors qu’après France inter (désinformation, avec Radio Vatican, comprise sur le Noël de Gaza) …
Télérama présente la Galilée et Nazareth (première ville israélienne à majorité arabe) comme « colonies israéliennes » (erreurs depuis corrigées, mais sans le préciser, sous la pression du site Infoequitable et peut-être aussi de l’excellente critique du blog de Liliane Messika) …
Comment ne pas repenser …
Au tristement fameux lapsus barrien des « Français innocents » bien sûr …
Dont, on s’en souvient, l’ancien premier ministre et maire de Lyon avait déploré la mort suite à l’attentat de la synagogue parisienne de la rue Copernic il y a bientôt 40 ans …
Mais également à ce tout aussi révélateur aveu du même un quart de siècle plus tard
Lorsque défendant sa défense de son ancien collègue et conseiller municipal Bruno Gollnish condamné pour négationnisme (mais blanchi deux ans plus tard) …
Il avait involontairement donné l’une des sources possibles de sa pensée en expliquant avoir « tellement entendu les propos de M. Gollnisch à Lyon que cela finissait par ne plus l’émouvoir et que « quand on entend à longueur de journée tout ce qui se dit à droite et à gauche, à la fin on n’y porte plus attention » …
A savoir cette sorte d’antisémitisme passif (comme le tabagisme du même nom dont la science médicale nous dit qu’il pourrait presque être pire que l’actif) ou involontaire, inconscient ou par défaut, devenu tellement ordinaire que l’on n’est est même plus conscient …
Qui n’est pas sans rappeler ces fameuses « piqûres de moustiques » de « l’oppression mentale totalitaire » dont Klemperer nous avait appris, on s’en souvient, qu’elles avaient été le  » moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme » pour son adoption par le plus grand nombre « de façon mécanique et inconsciente » …
Mais qui sous sa forme modernisée et plus présentable de l’anti-israélisme, 80 ans plus tard, se diffuserait à jet continu et par petites touches homéopathiques et donc presque imperceptibles …
Et dont apparemment seraient à présent victimes …
Les médias mêmes qui en sont les principaux diffuseurs ?

L’idéologie à géographie variable de Télérama

Dans son numéro 3598, daté du 12 décembre 2018, Télérama « aime beaucoup » Wajib : l’invitation au mariage, un film palestinien sorti sur les écrans en 2017 et dont l’actualité est la sortie en DVD. Dire que Télérama adôôôre tout ce qui est palestinien relève du pléonasme, mais ce qui va sans dire semble aller encore mieux pour l’hebdomadaire d’opinion quand il peut enfoncer le clou avec un maillet fabriqué du bois dont on fait la propagande antisioniste.

Que c’est beau Nazareth, dans la nuit de l’intelligence

« Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir (la réalisatrice, NDLR) de cerner une ville comme pétrifiée par l’occupation israélienne, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %. (Télérama) » explique le critique, Pierre Murat.

La ville « pétrifiée par l’occupation israélienne », c’est Nazareth, surnommée « la capitale arabe d’Israël » (les mots importants –au pluriel, car il y en a deux– sont « arabe » et « Israël »). Capitale arabe d’Israël ? Oui. En 2017, cette ville israélienne comptait 76.551 habitants, majoritairement des Arabes israéliens, 69% musulmans et 30,9% chrétiens. En termes administratifs, Nazareth est la capitale régionale de la Galilée et c’est la seule zone urbaine israélienne de plus de 50.000 habitants qui possède une majorité arabe (Wikipédia).

Dans la doxa antisioniste téléramienne (excusez encore le pléonasme), une ville à majorité arabe ne peut exister qu’en territoire occupé. De plus, si l’on constate une tension (qu’elle soit réelle ou cinématographique) entre musulmans et chrétiens, seuls les Juifs peuvent en être responsables, preuve que Nazareth est occupée. C’est ainsi qu’on boucle une boucle idéologique dans le groupe Le Monde[1].

Étude d’une sourate de Télérama

Cette annexion de Nazareth par une Palestine fantasmée est-elle seulement une grossière erreur de culture générale dans un magazine culturel[2] ou bien une répétition à vocation pédagogique, consistant à faire entrer subliminalement dans l’inconscient du lecteur le substantif « occupation » chaque fois que l’adjectif « israélien » est utilisé ?

Dans le narratif palestino-téléramien présentant Nazareth comme « occupée », la précision sur les populations en présence sert aussi à agréger musulmans et chrétiens comme victimes égalitaires du joug de l’occupant et à exonérer l’une des deux communautés ARABES (on le souligne) d’avoir lâché un rôdeur nommé tension.

Au cas où le film lui-même (palestinien, on le rappelle, donc peut-être partial ?) ne suffirait pas à induire chez le spectateur, ou simplement chez le lecteur du magazine d’opinion, une animosité vis-à-vis de l’État juif, le critique en rajoute une couche : « Le fils ne peut supporter que son père, par prudence, par lâcheté, songe à inviter au mariage un ami juif — en fait, un « inspecteur du savoir » (sic) qui, depuis des années, surveille et censure son enseignement. »

Décryptons : 1) Il est impossible qu’un Palestinien ait un ami juif. 2) Les Juifs sont tellement mauvais que survivre à la cohabitation avec eux implique une prudence confinant à la lâcheté. 3) Un Juif et un Palestinien ne sauraient avoir d’autres rapports que dominant/dominé.

Apartheid fantasmé et apartheid excusé, les deux mamelles de Télérama

Le critique de Télérama partage probablement la croyance de son parti en l’apartheid de la part des Israéliens vis-à-vis des pauvrepalestiniens. Même si aucun fait réel n’y apporte le moindre crédit, cela n’empêche pas le prosélytisme. En revanche, bien que les chiffres et les témoignages abondent de la maltraitance subie par les chrétiens d’Orient en général et ceux des Territoires palestiniens en particulier, il ne peut pas, il ne veut pas y croire.

Pourtant, si Nazareth est bien la « capitale arabe d’Israël », si cette ville à majorité musulmane est la capitale régionale de la Galilée, c’est parce que les citoyens israéliens vivent dans un pays démocratique et que rien n’empêche une minorité au plan national de représenter une majorité au plan régional ou local.

En revanche, s’il existe, en Cisjordanie, des implantations juives protégées par l’armée (ce qui se traduit en palestinolâtrie et donc en Télérama dans le texte par « colonies »), c’est parce que des Juifs seraient aussitôt assassinés s’ils tentaient d’y vivre comme le font les musulmans de l’autre côté de la Ligne verte.

Comme Pierre Murat de Télérama ne veut pas le savoir, nulle allusion perfide autre qu’antisioniste ne salit sa critique.

Cela dit, Annemarie Jacir a situé son film dans la Nazareth israélienne, où toutes les religions sont libres et égales devant la loi, pas dans la Bethléem palestinienne, où une seule minorité dhimmie[3] est tolérée pour des raisons 100% économiques.

Bethléem est située à environ 10 km au sud de Jérusalem. 30.000 habitants[4] y vivaient en 2006 sous l’administration de l’Autorité palestinienne. 30.000 habitants en immense majorité musulmans, en immense majorité de moins en moins tolérants vis-à-vis de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. La ville étant un lieu de pèlerinage chrétien, qui lui rapporte l’essentiel de ses revenus hors charité internationale, cette communauté survit encore. En revanche, le tombeau de la matriarche Rachel, situé à l’entrée de la ville, n’est accessible aux pèlerins juifs du monde entier qu’à leurs risques et périls, le péril encouru par les juifs israéliens étant la mort.

Télérama ne laisse ni faits ni chiffres interférer avec son idéologie

Dans toute la Cisjordanie, y compris à Bethléem, la proportion des chrétiens baisse fortement. Ils ne représentent plus, dans la ville où est né Jésus, qu’un pourcentage de la population inférieur à 10% (La Croix), contre plus de 30% en 1993.

Les chiffres ci-dessous montrent l’évolution de la population israélienne avec la part qu’y occupe chaque religion (Bureau des statistiques, Israël). En Israël, pas en Territoire palestinien, car Gaza est devenue Judenrein et quasiment Christianrein. Quant à l’Autorité palestinienne, elle « convainc » les chrétiens d’émigrer de Cisjordanie par harcèlement et persécutions, mais pas de façon assez ostensible pour se voir privée des subventions internationales.

tableau Télérama.jpg

Si l’augmentation du nombre de chrétiens en Israël depuis 1993 n’est pas visible en termes de pourcentages, c’est en raison de l’augmentation substantielle du nombre des citoyens des deux autres confessions.

Le dernier recensement de la population palestinienne a été publié le 29 mars 2018. « Le recensement, a dit la présidente du BCPS (Bureau central palestinien des statistiques, NDLR), Ola Awad, a révélé que 97,9 % des Palestiniens étaient musulmans, alors que la population chrétienne était estimée à moins de 1 %. (Times of Israel Rapporté au total (4,78 millions), cela fait environ 45.000 personnes.

En Israël, où les chrétiens représentent, en 2017, 2% de la population totale, cela correspond à 175.960 habitants, alors qu’en 1950, ils comptaient pour 2,6% d’une la population qui n’atteignait pas le million, soit 26.000 personnes.

C’est donc une augmentation de 677% (oui, SIX CENT SOIXANTE-DIX-SEPT pour cent !)

Ce chiffre vaut plus que mille mots (maux ?) écrits dans Télérama. LM♦

Liliane Messika, mabatim.info

[1] Télérama appartient au groupe Le Monde depuis 2003, comme Le Monde diplomatique, vaisseau amiral de la propagande antisioniste en langue française depuis toujours.
[2]Télérama est un magazine culturel français à parution hebdomadaire (Wikipedia)
[3] « Un dhimmi est un terme historique du Droit musulman qui désigne un citoyen non-musulman d’un État musulman, lié à celui-ci par un ‘’pacte de protection’’ discriminatoire. » (Akadem)
[4] Données détaillées les plus récentes du Palestinian Central Bureau of Statistics, les chiffres de 2018 ne concernant que la globalité de la Cisjordanie.

Voir aussi:

Nazareth, « ville comme pétrifiée par l’occupation israélienne » : il n’existe aucune justification à cette description, sauf à contester la légitimité de l’Etat d’Israël.

Mise à jour

Suite à l’article d’InfoEquitable, Télérama a corrigé sa phrase en supprimant dans la version internet de l’article la mention d‘occupation israélienne. InfoEquitable remercie la rédaction pour cette réaction.

 

 

Nous avons cependant demandé si un prochain numéro papier du magazine pourrait contenir un rectificatif à l’attention des lecteurs de l’édition du 12 décembre. Ce genre d’imprécision est en effet susceptible de nourrir le ressentiment contre Israël, et par extension contre les Juifs injustement accusés d’occuper un territoire ne leur appartenant pas. Les lecteurs de l’édition papier de Télérama méritent à notre avis d’être informés lorsqu’une telle erreur factuelle se produit. 

 

_ _ _

 

En novembre dernier, un correspondant de France Inter avait décrit trois localités de Galilée comme des « colonies ». La Galilée fait partie d’Israël depuis l’indépendance de ce pays en 1948 et cette description revenait à faire de l’Etat d’Israël dans son intégralité une colonie – sous-entendu, un pays occupant de manière illégitime un territoire ne lui appartenant pas ; un pays implicitement appelé à disparaître, donc. Après la révélation de cette erreur par InfoEquitable, la radio avait reconnu le problème et corrigé le reportage.

Moins de deux mois plus tard, Télérama commet exactement la même erreur. Dans le numéro 3596 du 12 décembre 2018, le critique Pierre Murat donne son avis sur le film « Wajib : l’invitation au mariage » (en complément à cette revue, nous recommandons à nos lecteur le décryptage, véritable « critique de la critique de Télérama », de Liliane Messika).

L’histoire se déroule à Nazareth. Commençant par évoquer les personnages du film, Pierre Murat enchaîne :

Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir [NDLR la réalisatrice] de cerner une ville comme pétrifiée par l’occupation israélienne, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %.

Nazareth, occupée par Israël ?

Nazareth se trouve en Galilée, dans le district nord d’Israël. Elle en est la plus grande ville. Depuis 1948, cette région fait partie de l’Etat d’Israël.

Il est courant que la Cisjordanie (ou Judée-Samarie, région occupée par la Jordanie de 1949 jusqu’à la victoire israélienne de 1967 qui fut obtenue après une guerre provoquée et perdue par la Jordanie et ses alliés arabes), soit décrite comme « territoire occupé par Israël ». Bien que cette terminologie nous paraisse inappropriée, elle peut se comprendre lorsqu’elle s’applique à la Cisjordanie du point de vue des partisans de la « solution à deux Etats », qui disent souhaiter un retrait total israélien de cette région, mais la coexistence d’un futur « Etat de Palestine » avec un Etat d’Israël restreint à ses frontières « d’avant 1967 ».

Mais Nazareth n’est pas située en Cisjordanie (West Bank sur la carte ci-dessous). La ville, tout en étant habitée presque exclusivement par des minorités nationales (arabes musulmane et chrétienne), se trouve de façon incontestable dans les frontières internationalement reconnues de l’Etat juif.

A moins de considérer Paris comme occupée par la France, ou Tokyo par le Japon, la seule manière de comprendre la désignation de Nazareth comme une ville occupée est la volonté de ne pas reconnaître la légitimité du pays dont elle fait partie, l’Etat d’Israël, et donc de le voir disparaître.

Est-ce ce que la rédaction de Télérama souhaite ? Nos lecteurs peuvent poser la question à Télérama ici.

Nous avons pour notre part peine à croire que ce soit le cas, et serons rassurés si, comme France Inter a su le faireTélérama corrige la phrase en question.

Voir également:

La radio du service public avait diffusé un reportage décrivant trois localités de Galilée comme des « colonies ». Suite à la mobilisation des lecteurs d’InfoEquitable, France Inter a corrigé cette faute en leur accordant désormais le statut bien plus représentatif de « villes ».

 

—-

Mise à jour

Nous indiquions que France Inter n’avait corrigé que la version écrite du reportage mais pas la bande audio. Or il s’avère que, presque à la même heure où nous publiions ces lignes, la médiatrice de Radio France annonçait, dans un échange avec un auditeur qui avait certainement suivi notre appel à protester auprès d’elle, que le son du reportage allait aussi être modifié. Deux heures après la parution de notre article, c’est ce qui a été fait et le reportage audio parle désormais aussi de « villes » et non plus de « colonies ». 

 

 

Aurélien Colly, le journaliste auteur du reportage, a également reconnu l’usage d’un terme inapproprié.

 

 

Merci à Radio France d’avoir réagi et à nos lecteurs d’avoir permis la correction de cette erreur.

 

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Nous sommes satisfaits de la reconnaissance de cette erreur par la radio.

Cependant, la correction sur le site ne s’accompagne d’aucun commentaire pour faire savoir aux lecteurs que le texte initial comportait une erreur importante.

Plus grave, la chronique audio inchangée est toujours en ligne. Or, comme l’expliquait InfoEquitable dans l’article qui a poussé France Inter à réagir, le reportage reste très tendancieux.

 

 

En particulier, il donne la parole à un « vieux forgeron libanais » supposément âgé d’une soixantaine d’année qui raconte des souvenirs qu’il ne pourrait avoir que s’il avait au moins 75 ans, traite les Juifs (pas les Israéliens, les Juifs !) de voleurs de terres et fait comprendre qu’Israël doit « redevenir la Palestine » (argument trompeur puisque la Palestine antérieure à 1948 fut une région sous mandat britannique et non un Etat arabe). L’homme appelle donc à éliminer l’Etat d’Israël et cela ne suscite aucun commentaire critique de la part du journaliste Aurélien Colly, envoyé spécial permanent de France Inter à Beyrouth, qui interviewe par ailleurs également un membre du Hezbollah sans préciser que ce mouvement est considéré comme terroriste par de nombreuses autorités dont celles de l’Union européenne…

Au vu du reste de la chronique, le recours au terme de « colonies » pour désigner des localités situées sur le territoire internationalement reconnu d’Israël n’est pas anodin. Davantage qu’une simple erreur factuelle, il se situe en conformité avec la ligne du Hezbollah qui nie le droit aux Juifs d’avoir un Etat : raison pour laquelle nous avions intitulé notre première critique « France Inter reprend la propagande du Hezbollah ».

Cette correction a minima suscite d’autres questions pour France Inter

Est-ce que cette identification sans distanciation avec le narratif d’une organisation terroriste correspond aux standards journalistiques de France Inter, une radio financée par les contributions du public français ?

Le journaliste a-t-il été sanctionné par la rédaction pour cette faute qui peut avoir des conséquences, en France, sur la sécurité des Juifs qui sont diabolisés dans le reportage (rappelons les paroles du « forgeron »« Quand on était petit, on allait en Palestine. (…) Les Juifs n’étaient pas comme aujourd’hui, ils étaient sages, ils n’attaquaient personne, ne prenaient les terres de personne. ») ?

Nous ne manquerons pas de publier une éventuelle réponse de France Inter à ces questions.

Voir enfin:

On aime beaucoup

55%
L’avis de la communauté

Télérama

La critique par Pierre Murat

Les marches sont rudes. Le vieux monsieur — il continue de fumer malgré sa récente opération du cœur — s’arrête, ahane, mais finit son ascension. Abu Shadi, prof renommé, sillonne les rues de Nazareth en compagnie de son fils, Shadi, spécialement rentré d’Italie, où il végète. Ces deux facteurs improvisés rencontrent des gens plus ou moins extravagants que la réalisatrice contemple avec tendresse : une vieille dame loufoque qui, pour Noël, a érigé, dans son salon, une crèche gigantesque ; un petit homme discret, tout gêné de devoir présenter à la compagnie son garçon, objet de railleries secrètes parce que « efféminé »… Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir de cerner une ville, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %.

Elle rôde aussi, et éclate par accès subits, entre les deux héros. Le père reproche au fils d’avoir fui, mais, surtout, de vivre à l’étranger avec la fille d’un membre influent de l’OLP. Le fils ne peut supporter que son père, par prudence, par lâcheté, songe à inviter au mariage un ami juif — en fait, un « inspecteur du savoir » (sic) qui, depuis des années, surveille et censure son enseignement. D’autres souvenirs, encore plus amers et douloureux, surgissent. C’est dire que la cigarette partagée par les deux hommes, tandis que le soir tombe sur Nazareth, ne résout rien. La réalisatrice semble offrir cet instant suspendu à ses héros (interprétés par deux comédiens formidables, père et fils dans la vie) comme une récréation. Une trêve inattendue. Un petit moment de paix illusoire, insensé et d’autant plus précieux.


Retrait américain de Syrie: Quelle mauvaise foi ? (Damned if you do, damned if you don’t: Guess who after being blamed for his war-mongering is now blamed for his non-interventionism ?)

28 décembre, 2018

No automatic alt text available.SyriaThere will be a strong, deliberate, and orderly withdrawal of U.S. forces from Syria — very deliberate, very orderly — while maintaining the U.S. presence in Iraq to prevent an ISIS resurgence and to protect U.S. interests, and also to always watch very closely over any potential reformation of ISIS and also to watch over Iran. We’ll be watching. (..) Now … the nations of the region must step up and take more responsibility for their future. While American might can defeat terrorist armies on the battlefield, each nation of the world must decide for itself what kind of future it wants to build for its people, and what kind of sacrifices they are willing to make for their children. America shouldn’t be doing the fighting for every nation on Earth not being reimbursed, in many cases, at all. (…) If they want us to do the fighting, they also have to pay a price — and sometimes that’s also a monetary price — so we’re not the suckers of the world. We’re no longer the suckers, folks. And people aren’t looking at us as suckers. Donald Trump
De l’extrême gauche anarchiste aux « identitaires » de la droite dure, tout le monde veut voir sa victoire dans le recul de Macron face aux gilets jaunes. Mais au-delà des agendas politiques français, ce sont bien les conservateurs américains qui voient leur vision du monde confortée ! Certains esprits ont vu dans le mouvement des gilets jaunes une exaltation des valeurs françaises. Rien de moins ! (…) Les acteurs les plus variés ont vu dans le mouvement des gilets jaunes l’expression populaire bienvenue de leurs propres revendications. Par exemple, lorsque les graves débordements éclatent à Paris, du NPA d’Olivier Besancenot à la droite identitaire, tous les radicaux se réjouissent et comptent leurs troupes en présence. Dans la partie plus présentable de l’échiquier politique, c’est un peu la même chose. Les libéraux ont vu dans le mouvement l’expression du trop-plein de taxes, amplifié par un président pourtant un temps identifié comme libéral. Les socialistes, eux, ont cru y voir le « retour de la question sociale », alors que le débat politique et intellectuel hexagonal était, selon eux, occupé par les questions d’identité ou de sécurité depuis des mois. On le voit : chacun a endossé son gilet jaune. Le philosophe Alain Finkielkraut déclare préférer les « ploucs » de province aux « bobos » parisiens. Il est gilet jaune. Mais le romancier Edouard Louis aussi, même si c’est dans une approche bien différente, et peut-être car il a des choses à se faire pardonner… Un soutien de plus, en tout cas. De peur apparaître « déconnectés » dans leurs rédactions parisiennes, les médiatiques n’ont jamais osé vraiment recadrer les propos parfois outranciers de certains gilets jaunes qui se pressaient devant les micros. Sans vouloir manifester ici le moindre mépris de classe, il faut reconnaître que les propos les plus crétins ont parfois été largement diffusés. De peur de passer pour « bourgeois » ou pour un « jaune » (le comble !), les esprits sensés se sont effacés devant les plus forts en gueule. Après les mesures lâchées, lundi soir, par un Macron en pleine tourmente, tout le monde devrait avoir remporté une grande victoire. Seul le président semble affaibli. Mais n’oublions pas que c’est notre chef pour encore quelques années. Macron voit le rythme des réformes de son quinquennat brutalement interrompu, tout comme son combat pour le « rafraîchissement » de la planète. (…) De leur côté, les conservateurs américains ne demandaient qu’à voir le programme de Trump appliqué dans leur coin… Même si la voix de la France ne porte plus tant que ça, ils ont été à de nombreuses reprises contrariés par les reproches français d’un Macron arrogant présenté comme le nouveau leader du monde libre (par une presse et une intelligentsia en sédition avec le pouvoir politique). Aussi, l’occasion était trop bonne : les conservateurs américains voient dans la situation sociale française actuelle une raison de plus de se détourner des politiques « vertes ». Outre-Atlantique, on ne se demande pas qui est gagnant ou perdant parmi les Français ou leurs élites politiques. C’est Trump : 1, Macron : 0. La croissance économique française déjà faiblarde ne pâtit-elle pas du mouvement social ? On évalue son impact à – 0,1 point. En termes d’image du pays à l’étranger ou de concorde civile, les dégâts sont désastreux et plus difficiles encore à mesurer. (…) Alors que la situation s’envenimait en France, Donald Trump s’est ainsi autorisé un tweet dont il a la recette à l’attention de son « ami » Emmanuel. Dans son esprit, les protestations des gilets jaunes et le recul de Macron ne font que confirmer ce qu’il disait des accords de Paris depuis deux ans. Les images de violence parisienne relayées par les télévisions comme Fox News sont l’illustration d’un petit peuple qui n’en peut plus d’être pressuré de taxes vertes et que l’administration Trump se garde bien d’imiter. Selon la rhétorique trumpiste, des élites technocratiques ont mis en place chez nous des politiques environnementales qui étranglent les familles modestes de la périphérie, bien contraintes d’utiliser leurs véhicules diesel. Pour les conservateurs américains, le peuple français rural – comme l’électorat de Trump – n’a pas d’autre choix pour aller travailler. Le mécontentement envers Macron était déjà grandissant : politique économique qui tarde à porter ses fruits et adoubement devant une vision mondialiste de l’économie qui fracasse les classes moyennes inférieures. Lesquelles entrent en révolte contre une élite qui les dirige depuis des métropoles où l’on se déplace en transport en commun… Martin Pimentel
L’idéologie encore dominante dans les médias de grande surface, mais en deuil de son pouvoir monopolistique à cause des courants d’information et d’opinion souterrains, aimerait pouvoir édicter de nouveaux principes moraux d’intimidation. C’est ainsi qu’il devrait être acquis sans discussions aux débats que les «fake news» relèvent précisément des réseaux underground et qu’il serait inconvenant parce qu’antidémocratique et complotiste de critiquer irrespectueusement les médias respectables. Malheureusement pour nous et eux, les grands cas de désinformation médiatique des dernières années proviennent des courants d’information de grande surface et sont précisément à l’origine de la profonde défiance publique souterraine. La semaine passée est tristement illustrative de cette réalité inavouée. C’est ainsi que Claas Relotius, l’un des journalistes vedettes du Spiegel, hebdomadaire emblématique de la gauche libérale allemande, vient d’être convaincu de falsifications et mensonges grossiers dans ses articles sur les orphelins syriens et les migrants mexicains refusés par Trump, sujets à haute teneur idéologique. En France, le 15 décembre, était découvert un trucage intervenu lors du journal télévisé «Soir 3» de la chaîne de service public France 3. Il est apparu en effet qu’une pancarte tenue par un gilet jaune et portant l’inscription «Macron dégage!» avait fait l’objet d’un nettoyage circonstancié et ne portait plus que l’improbable et laconique inscription «Macron»… La manipulation du soir mise à jour, la journaliste présentait le lendemain aux téléspectateurs mystifiés des excuses inexcusables car aggravantes, en invoquant, contre l’évidence aveuglante, une «erreur humaine» extravagante. Deux jours plus tard, avec une spontanéité relative, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, sentant venir le vent du boulet, réclamait des sanctions à l’égard d’une faute délibérée dont elle ne pouvait contester la gravité. Dans ce cadre médiatique rien moins que sécure, et où l’idéologie affleure, comment dès lors empêcher le public de douter de ceux qui l’informent en le désinformant? Comment ne pas voir que ce journalisme idéologique fait le jeu des conspirationnistes de tous poils, rien n’étant plus incontrôlable qu’un paranoïaque victime d’un apparent complot? Gilles William Goldnadel
Trump, le golem du business ? Pur produit du capitalisme le plus cynique, spéculateur immobilier sans scrupule, milliardaire ostentatoire et provocant, héros d’une émission de télé-réalité (The Apprentice) dont le leitmotiv symbolise le fantasme des patrons décomplexés – «you’re fired», «vous êtes viré» -, il échappe désormais à son milieu d’origine, jusqu’à angoisser la Bourse, éternel thermomètre des investisseurs. Ceux-ci l’avaient pourtant accueilli à bras ouverts, transportés de bonheur par les baisses d’impôt massives prévues dans son programme. Mais voici que ce capitaliste emblématique inquiète désormais les capitalistes eux-mêmes. Le monde des affaires aime la stabilité : l’imprévisibilité fantasque du Président heurte son amour de l’ordre ; les démissions qui se succèdent jettent un doute sur la santé mentale de celui qui gère la Maison Blanche avec la même devise que son émission ; ses attaques répétées contre le président de la Banque centrale américaine (qu’il a lui-même nommé) ébranlent cette institution que les épargnants voient comme un rempart contre les folies spéculatives ; son bras de fer avec la Chambre des représentants démocrate autour de la construction d’un mur à la frontière sud des Etats-Unis jette le désordre dans l’administration… Bref, l’hubris de ce président adepte plus qu’un autre des lois du marché vient troubler le bon fonctionnement dudit marché. Péché que les capitalistes jugent à tous égards… capital. Cela suffira-t-il à dessiller les yeux de la démocratie américaine ? Sans doute non. Trump est l’homme de la démagogie plus que des milieux d’affaires. A moins que son comportement n’en vienne à provoquer un véritable ralentissement économique. Auquel cas ses électeurs pourraient l’abandonner. Faudra-t-il une récession mondiale pour éviter la réélection de Trump ? Voilà le peu réjouissant paradoxe devant lequel nous sommes. Laurent Joffrin (Libération)
Le retour du balancier est en cours. Non seulement la montée des droites partout dans le monde a déjà pour effet de mater les excès de la rectitude, mais cette dernière commence à douter d’elle-même. La constance de Trump aux États-Unis n’y est pas étrangère. La victoire récente de Bolsonaro au Brésil non plus, de même que la résistance culturelle de certains pays d’Europe de l’Est. Trop longtemps refoulée, l’identité refait surface. L’identité malheureuse, diront certains, sera peut-être finalement l’identité victorieuse. Ils se sont employés à multiplier les tabous et les interdits. Ils ont surfé sur la vague de la déconstruction sans réaliser qu’ils déclencheraient un tsunami en sens inverse. Ils ont voulu assurer leur mainmise sur le langage, important des États-Unis une multitude de concepts que la population n’allait pas digérer. Ils ont décrit le monde avec des mots que le peuple ne connaissait pas, pour marquer sa distance avec lui et le faire passer pour ignorant. Ils ont décrit la France avec des mots qui niaient son universalité, pour lui dérober subtilement ce qui faisait sa grandeur. Ils ont racialisé tous les rapports sociaux au nom de l’antiracisme. Sont devenus presque courants en France les concepts de racisme systémique, de violence symbolique et d’appropriation culturelle, autant d’outils idéologiques destinés à cadenasser le débat. Au Québec, il y a quelques années, certains ont inventé la « laïcité ouverte » pour ne prôner rien d’autre que l’absence de laïcité. Si la première fonction du langage est de nommer la réalité, force est de constater que c’est de moins en moins vrai. Pour certains intellectuels, leur tâche n’est plus de décrire le réel, mais de faire abstraction des enjeux qui préoccupent les gens ordinaires. Le peuple a toujours tort prétendent des néo-progressistes, contrairement à ce que disait Rousseau. Comme dans le vaste monde de la sexualité, les tabous et les interdits ne produisent que des phénomènes de refoulement. Aux États-Unis, plusieurs observateurs ont déjà écrit que le phénomène Trump visait directement à rompre avec le politiquement correct. En fait, le refoulement lié aux interdits produit souvent des déviances. L’avènement de Trump est une extravagance de l’histoire venue répondre à un trop-plein. La gauche américaine en prendra-t-elle acte durant l’année qui vient ? (…) Il y a un parfum de conservatisme dans l’air, qui est de plus en plus difficile à ignorer un peu partout en Occident. Jérome Blanchet-Gravel
After only two years in office, in the face of unprecedented and relentless resistance from the Democrats, the media, and the metastasizing Mueller investigation, President Trump has accomplished more than many presidents accomplish in two terms. He has not, of course, achieved all of his goals. The most obvious disappointments involved Obamacare and the border wall. Yet, even in these areas, his administration has made measureable progress and there is good reason to believe that he will eventually overcome Democratic obstructionism and achieve his ultimate objectives. Meanwhile, Trump’s long list of unalloyed successes keeps growing. Trump’s most conspicuous successes have involved the economy. Under his predecessor GDP growth was characterized by the kind of malaise that prevailed during the Carter era, and we were told that a growth rate of about 2% and an unemployment rate of about 4.5% was the new normal. Trump rejected that prognosis and took steps to energize the economy. Now, despite the somewhat inexplicable meddling with interest rates by the Fed, GDP growth is at 3.4% and the unemployment rate is 3.7%. As Investor’s Business Daily points out, much of this is directly attributable to the Trump tax cuts so often maligned by the Democrats and the media: Contrary to Democrats’ claims, workers are clearly sharing in the tax-cut windfall. Not just through tax-cut bonuses and lower withholdings, but through increased opportunities and wage growth.… Average hourly wages are rising at 3.1%, the fastest rate since 1999. Unemployment rates are at lows not seen since 1969, and for minority groups, they’re lower than any time on record. Median household income is at all-time highs. This means job opportunities for the blue collar “deplorables” who voted for Trump. Of the more than 4 million jobs created during his tenure in the White House, at least 10% have been in the manufacturing sector that the Democrats long ago left for dead. And among the most delicious ironies of the Trump economy is its positive effect on the job prospects of minority voters ostensibly represented by the Democrats. Black and Hispanic unemployment rates are at all-time lows. Female unemployment and youth unemployment are at their lowest points in half a century. Meanwhile, household incomes are rising. Yet Nancy Pelosi insists that all this is bad news: From day one, the White House and Republicans in Congress have sold out working and middle class families to further enrich the wealthy and big corporations shipping jobs overseas.… At the same time, the President’s reckless policies are exploding gas prices, wiping out the few meager gains that some families should have received from the GOP tax scam, as wages remain stagnant.… Democrats will never stop fighting for the hard-working middle class families. Every syllable of this is nonsense, of course. Pelosi’s claim that Americans are experiencing “exploding gas prices,” for example, is Orwellian fiction. Either the presumptive Speaker of the House doesn’t read the news or she is just another Democrat fabulist. In reality gas prices are dropping all across the country. U.S. News & World Report advised its readers last week that the average cost of gas has hit its lowest level in six years: “The national average price of gas dropped below $2 Monday morning for the first time since 2009, according to AAA. The average price at the pump was $1.998 per gallon.” If that’s hurting us, beat us harder please. But Pelosi and the Democrats have no choice but to lie about the positive changes that have occurred on Trump’s watch. This is particularly true of the Tax Cuts and Jobs Act that he signed into law last year. They can’t admit that most of its $5.5 trillion in gross cuts eased the tax burden on families. They must mislead the voters about its dramatic increase in the standard deduction for individuals and families. They can’t admit that it doubled the child tax credit. They can’t tell the truth about the 85% of American workers who saw their paychecks increase as a result of the cuts, or the entrepreneurs who can now deduct 20% of their business income. Likewise, the Democrats can’t tell the truth about the President’s efforts to free Americans from the Obamacare gulag by expanding short-term, limited-duration health plans and enabling more small businesses to join Association Health Plans. The Democrats can’t talk honestly about the repeal of the law’s “death panel,” the Independent Payment Advisory Board (IPAB), whose sole purpose was the rationing of essential health care to the elderly. They must lie about the effective repeal of Obamacare’s individual insurance mandate when the President and Congress eliminated the law’s “tax-penalty” for failing to purchase exorbitantly priced health plans. Nor can the Democrats tell the truth about Trump’s progress in reforming the federal judiciary by appointing judges willing to follow the Constitution. They can’t talk about his nomination and the Senate’s confirmation of two Supreme Court Justices — Neil Gorsuch and Brett Kavanaugh. Nor can they discuss the President’s nomination and the Senate’s confirmation of 83 additional federal judges who will sit on United States Courts of Appeals and United States District Courts. And they certainly can’t breathe a word about the very real possibility that he may well have to appoint a third justice to the Supreme Court during the next two years. The Democrats must also remain mum about the benefits of Trump energy initiatives like the approval of the Keystone XL Pipeline, opening up the Alaska National Wildlife Refuge to energy exploration, withdrawing from the economically unsustainable Paris climate agreement, reforming National Ambient Air Quality Standards, rescinding his predecessor’s deliberately cumbersome hydraulic fracturing rule, expansion of offshore drilling, ad infinitum. They can’t admit that Trump has largely defanged the disastrous Dodd-Frank “reform” legislation that has been strangling credit unions, community banks, and regional financial institutions. And then there’s foreign policy and defense. The President moved the U.S. Embassy in Israel to Jerusalem. He withdrew from the outrageous Obama Iran deal and re-imposed nuclear-related sanctions. He initiated an historic summit with North Korean President Kim Jong-Un in an effort to denuclearize the Korean Peninsula. Trump changed the rules of engagement with regard to the fight against ISIS resulting in the liberation of virtually all Iraqi territory from the tender mercies of that terrorist group, and announced the withdrawal of U.S. forces from Syria. Finally, Trump dramatically increased military funding to more than $700 billion for FY 2018. The list of Trump’s accomplishments is far longer than the above, but the point should be obvious. So let’s wrap it up with Criminal Justice Reform, something to which several administrations have devoted earnest lip service. As Wayne Allyn Root put it a few days ago, “If Obama passed criminal justice reform, he’d be hailed as a hero by the media, black leaders, the black community and the ACLU.… Trump did. I hear crickets.” Instead, the Democrats, the media, and Robert Mueller want to take him down. Why? Precisely because he has been so successful. I think he’ll beat them in the end, and I know he’ll get my vote in 2020. David Catron
Many observers have asserted that the withdrawal gives victory in Syria to Russia, Iran and the Syrian government. That’s absurd. Bashar al-Assad’s regime already controls about two-thirds of Syria, including all of the major cities. The portion of Syria that U.S. forces control alongside their Syrian Democratic Forces (SDF) allies is mostly either desert or drought-prone plains. The oil fields there produce high-sulfur, low-value crude, and production has long been diminishing. Oil revenue made up only about 5 percent of Syrian gross domestic product before the 2011 uprising, according to the International Monetary Fund. In sum, holding northeastern Syria would not have enabled Washington to leverage any important concessions from Damascus, Tehran or Moscow. Stability, not a deeply embattled Syrian Kurdish autonomous zone, is the vital long-term U.S. interest in northeastern Syria. Turkey can accept with conditions the return of Syrian government forces into the area, as Russia and Iran want. Ankara dislikes the Assad government, but it dislikes more the prospect of an autonomous Kurdish region along its border. The United States’ erstwhile friends, the Syrian Kurds, have always allowed Damascus to keep its security offices open in northeastern Syria; the Kurds never closed that channel of communication. If anything, the Syrian Kurds prefer the deployment of Syrian government forces along the Turkish border to deter Ankara. Agile Russian diplomacy should be able to secure the deal for an orderly, perhaps gradual, deployment of those Syrian government forces into the region formerly controlled by the United States. Nor will the U.S. withdrawal be a game changer for Israeli security. Already, Yaakov Amidror, a former chief of Israeli military intelligence, noted that the U.S. troops’ contribution against the Iranian forces in Syria was “marginal to zero.” If Iran tries to build a land bridge from Tehran to its allies in Lebanon, the Israeli Air Force is more than capable of interdicting those convoys. Critics also warn that the U.S. withdrawal could lead to a resurgence of the Islamic State. This is possible, although in western Syria, which is under the control of the Syrian government and its allies, there is little visible Islamic State activity. In any case, U.S. troops can’t destroy the Islamic State ideology, and restraining future recruitment by the extremist group requires more than some infrastructure rehabilitation projects. Syrians had electricity and water when they rose up against Assad in 2011; it is Syria’s underlying societal problems that spawned the unrest and spurred Islamist extremist recruitment. Only Syrians, not U.S. troops and stabilization teams, can reverse that. We would do well to be humbler about our abilities, especially in the face of sustained, widespread regional hostility. Going forward, the Trump administration should use the next few weeks to support SDF fighters’ efforts to capture remaining villages in eastern Syria still held by the Islamic State. Meanwhile, the administration needs to deliver three messages to Moscow. First, it should offer Russia cooperation in smoothing the way for a deal between the SDF and Damascus that would allow Syrian troops to return to eastern Syria in a manner that meets Turkish security concerns and gives no new space to the Islamic State. Second, Washington could offer to share with the Russians actionable intelligence about the Islamic State in eastern Syria and arrange an effective hotline in case the United States decides that a strike force stationed in the region should hit Islamic State targets inside Syria. Third, it should inform the Kremlin that the United States will support Israeli moves to counter Iranian actions in Syria that threaten Israel’s security. Finally, the president needs to consider how his own foreign policy team got so far out ahead of him on Syria. He needs a National Security Council staff that can more clearly relay his cautions and concerns about U.S. foreign policy to the people in charge of executing it. That staff needs to make clear to officials in the departments that, while he hears various departments’ views, those departments must act on his guidance. Ensuring implementation is the NSC’s job. The president would benefit politically and, more importantly, U.S. national security would benefit from a more effective foreign policy team. Robert S. Ford (Middle East Institute and Yale University, U.S. ambassador to Syria from 2011 to 2014)
C’est là un paradoxe inédit : la Maison Blanche, longtemps critiquée pour son interventionnisme sous couvert de « bienfaisance » (ou de « Manifest Destiny), est aujourd’hui fustigée pour son attitude inverse ! Les contempteurs de Trump en appellent ainsi au rôle de « leader » dévolu aux États-Unis depuis la seconde guerre mondiale, et à défaut attendent du reste du monde qu’il reprenne le flambeau de la protection de « l’ordre mondial », de la démocratie et du libre marché. Alors que l’Union Européenne manœuvre pour contrecarrer la Russie perçue comme l’ennemi existentiel, soutient un projet mondialiste sous couvert de globalisation, les États-Unis montrent un sens de la mesure et de la realpolitik inédits. (…) Choqué, le Secrétaire de la Défense, James Mattis, dont on attendait qu’il émousse la vision « America First » du président Trump, a remis sa démission en signe de désaccord total. Les « alliés » occidentaux s’en inquiètent, car Mattis était vu comme un grand soutien de l’OTAN, là où Trump menaçait (bluff) parfois même d’en sortir, au motif que les pays membres de l’Alliance ne prennent pas leur part du fardeau financier, ce qui est la stricte vérité. Cette plainte n’est d’ailleurs pas nouvelle, car tous les présidents des États-Unis ont regretté depuis des décennies que le budget devant être alloué à la défense n’ait jamais été atteint par les pays membres, notamment ceux de la « vieille Europe ». (…) Les États-Unis supportent en fait près de 75% des coûts de l’OTAN, dont l’objectif est pourtant en premier lieu de défendre la sécurité européenne, objectif hérité de la guerre froide et qui n’a plus grand sens aujourd’hui pour certains. (…) Cependant, ceux qui, parmi les capitales occidentales moralisatrices, accusent Donald Trump « d’abandonner les Kurdes », se sont souvent bien gardés de dénoncer les agissements d’Erdogan contre les kurdes, et ce dans une logique du double standard devenue la norme à l’international ces dernières années. Ils se gardent également de noter qu’en réalité, le président américain respecte tout simplement le droit international, et en particulier celui des Nations Unies, en réitérant son attachement non seulement au « patriotisme » (« America first ») mais aussi par là même occasion, celui de l’intangibilité des frontières. Un principe fondateur du droit international que la plupart des prédécesseurs de « Donald » ont tous violé, à commencer par les Bush et les Clinton, que ce soit en Amérique latine, en Irak, ou en ex-Yougoslavie. Les kurdes ont certes combattu avec une bravoure remarquée par la « communauté internationale », mais leur désir de former un État indépendant ne pouvait signifier, en cas de victoire pour eux, que la fin de la Syrie telle qu’on la connaît, et de surcroit la déstabilisation des trois autres pays abritant des forces et populations kurdes travaillées par le désir séparatiste (Irak, Iran, Turquie). (…) Et l’aide militaire américaine apportée aux milices kurdes et FDS à l’est de l’Euphrate n’est pas pour autant totalement supprimée : tout dépendra en fait de la façon dont l’armée turque et le néo-Sultan Erdogan profitera de façon sage ou inconsidérée du vide stratégique laissé par le retrait américain. (…) de l’avis de nombre de ses soutiens et électeurs, globalement restés fidèles, les mesures prises par le président américain depuis le début de sa présidence ont eu un effet particulièrement positif pour les Américains : le taux de chômage est au plus bas – y compris chez les Noirs américains, le prix du carburant a chuté, et la bourse n’a cessé de progresser jusqu’à la très récente crise du shutdown. Comme le rappelle Randall Schweller dans Foreign Affairs, Trump respecte en fait son engagement de mettre fin à l’ère où « nos politiciens semblent plus intéressés de défendre les frontières d’autres pays que du leur ». C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’on peut comprendre le bras de fer actuel du président avec son administration visant à faire voter le financement du mur de la frontière sud avec le Mexique. Plutôt qu’un retrait du jeu mondial dont il laisserait la direction à d’autres, Trump entend en fait « responsabiliser » ses alliés, qu’ils soient latino-américains, européens ou asiatiques, et par conséquent redistribuer les cartes. (…) La triste ironie est que ces élites moralisatrices cosmopolitiquement correctes qui blâment les États-Unis de Donald Trump pour leur « manque d’engagement dans la grande lutte mondiale contre le réchauffement climatique » ou le fait de resserrer l’étau sur les tarifs douaniers avec la Chine, se couchent devant la Chine néo-impériale et feignent de nier la stratégie déloyale de Pékin qui pille les technologies occidentales, viole les règles de libre-échange de l’OMC, pratique un protectionnisme sournois et demeure de loin le plus grand pollueur au monde. A noter d’ailleurs que ce que les experts annonçaient comme un « désastre économique » pour les Américains a en fait été l’occasion de redresser un rapport de forces complètement déséquilibré entre la Chine et les États-Unis. En effet, Beijing a fini par céder en offrant à l’administration de Donald Trump d’augmenter ses importations de produits américains en échange du desserrement par les Etats-Unis de l’étau sur la douane et de la baisse sa taxe sur les voitures à 15 % (contre 25%, sachant que la taxe américaine équivalente était de 2,5% !). De même, alors que les États non-signataires du Pacte global sur les Migrations qui a tant fait jaser le « boboland » immigrationniste se voyaient sermonnés sur leur manque de vision – Donald Trump s’étant retiré de la table des négociations déjà un an avant le document final – on feint d’oublier que les États-Unis ont le plus haut pourcentage de migrants dans le monde. (…) Le recentrage voulu par Trump montre en fait que cette administration « isolationniste » est veut faire entrer les Etats-Unis dans une phase de maturité « multipolariste » alors que ses autres partenaires occidentaux (européens et canadien) de l’OTAN puis « l’Etat profond » démocrate-néo-cons américain s’enfonce dans ce qui ressemble très fort à de l’hubris. Il est facile de tout mettre sur le compte d’une « folie » du président américain, mais nombre des accords qu’il a répudiés (accord sur le nucléaire iranien, accord sur le climat, pacte global sur la migration) et des organisations qu’il critique étaient problématiques à plusieurs points de vue, et avant tout du point de vue américain lui-même qui en supporte le coût financier. Là où en Europe, on fait fi du contexte et de l’histoire, Donald Trump est finalement plus attentif à la situation actuelle de « multipolarisation » du monde de l’après-guerre froide. En effet, n’en déplaise à ceux qui s’évertuent à faire de Moscou l’œil de Sauron, la Guerre froide n’est plus, et le rôle de l’OTAN est donc à revoir de fond en comble. Ce qui ne veut pas dire détruire cette organisation, contrairement à ce que l’on a stupidement reproché à Donald Trump. La réelle aversion de Trump à faire usage de l’interventionnisme militaire et à privilégier la négociation (même très « hard » ou « cash »), dans un style souvent discutable, peut choquer, mais force est de constater son efficacité, comme on l’a vu par exemple avec la Corée du Nord, et peut être bientôt avec le régime totalitaire iranien, sur le point d’être économiquement à genoux. Alexandre Del Valle

Retrait de l’accord iranien, retrait du traité de Paris, transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, accord sur la Corée du nord, pressions sur les mauvais payeurs de l’OTAN, renégociation des traités avec Chine, Canada et Europe, records de croissance et de baisse du chômage, minorités comprises …

Y aura-t-il une gaffe aux conséquences catastrophiques annoncées que Trump n’aura pas faite ?

Et comment ne pas comprendre …

L’embarras et la rage décuplée de ses nombreux détracteurs et ennemis …

Entre une dénonciation de ses « fake news » et de sa dernière théorie du complot anti-Père Noël

Qui lorsqu’ils ne se voient pas complètement rejetés par leur propre population

En sont réduits pour le remettre enfin à sa place au rêve, souvent évoqué et à chaque fois démenti, d’une catastrophe boursière et financière américaine …

Et à lui reprocher aujourd’hui après son annonce du retrait de Syrie …

Après lui avoir si longtemps reproché hier son bellicisme…

Son coupable non-interventionnisme ?

Le président américain est en plein bras de fer avec son gouvernement, décidé à maintenir son shutdown jusqu’à ce que le budget devant financer le mur de la frontière sud avec le Mexique soit approuvé. Politique « à la force du poignet » ou façon de responsabiliser les acteurs tant au pays qu’à l’étranger

Alors que le retrait des troupes américaines de Syrie, annoncé le 19 décembre par Donald Trump, a largement été commenté ces derniers jours, Alexandre del Valle analyse l’envers d’une telle décision et dégage ce qu’elle signifie pour l’avènement d’un « monde multipolaire ». C’est là un paradoxe inédit : la Maison Blanche, longtemps critiquée pour son interventionnisme sous couvert de « bienfaisance » (ou de « Manifest Destiny), est aujourd’hui fustigée pour son attitude inverse ! Les contempteurs de Trump en appellent ainsi au rôle de « leader » dévolu aux États-Unis depuis la seconde guerre mondiale, et à défaut attendent du reste du monde qu’il reprenne le flambeau de la protection de « l’ordre mondial », de la démocratie et du libre marché. Alors que l’Union Européenne manœuvre pour contrecarrer la Russie perçue comme l’ennemi existentiel, soutient un projet mondialiste sous couvert de globalisation, les États-Unis montrent un sens de la mesure et de la realpolitik inédits. L’abandon des Kurdes – critiqué avec justesse – est, certes, le dommage collatéral de l’opposition entre deux visions du monde totalement opposées: l’hyper-globalisation d’un côté, le « pays » d’abord de l’autre.

Décidément, Donald Trump a le don de tenir ses promesses de campagne, au grand dam de ses contempteurs qui avaient cyniquement compté sur son « assagissement » post-victoire – c’est-à-dire escompté qu’il n’ait fait que de l’esbroufe pour gagner mais qu’il rentre dans les rangs par la suite et trahissent ainsi ses électeurs. Le président américain avait promis de mettre un terme aux guerres coûteuses et interminables menées par les États-Unis à l’étranger, et voilà qu’il retire ses troupes de Syrie. Il compte également réduire de moitié la présence des troupes américaines en Afghanistan, après 18 ans de guerre « interminable ». Choqué, le Secrétaire de la Défense, James Mattis, dont on attendait qu’il émousse la vision « America First » du président Trump, a remis sa démission en signe de désaccord total. Les « alliés » occidentaux s’en inquiètent,  car Mattis était vu comme un grand soutien de l’OTAN, là où Trump menaçait (bluff) parfois même d’en sortir, au motif que les pays membres de l’Alliance ne prennent pas leur part du fardeau financier, ce qui est la stricte vérité. Cette plainte n’est d’ailleurs pas nouvelle, car tous les présidents des États-Unis ont regretté depuis des décennies que le budget devant être alloué à la défense n’ait jamais été atteint par les pays membres, notamment ceux de la « vieille Europe ». Toutefois, Donald Trump, avec sa verve coutumière, l’a exprimé plus clairement encore, avec sa manière toute particulière de mener des « deals », c’est-à-dire des « propositions que l’on ne peut pas refuser », pour paraphraser un célèbre mafieux new yorkais… Les États-Unis supportent en fait près de 75% des coûts de l’OTAN, dont l’objectif est pourtant en premier lieu de défendre la sécurité européenne, objectif hérité de la guerre froide et qui n’a plus grand sens aujourd’hui pour certains.

L’abandon des forces kurdes qui ont combattu DAECH ?

Le retrait de Syrie pourrait signer le coup d’arrêt pour les forces Kurdes qui ont pourtant joué un rôle crucial dans les multiples défaites de l’Etat Islamique depuis 2016. D’un autre côté, sans leur allié américain, les Kurdes pourraient être amenés à reformer leur alliance avec les forces pro-gouvernementales afin de contrer la répression turque, Erdogan cherchant à les écraser des deux côtés de l’Euphrate. Ce serait donc l’opportunité pour le régime de Bachar Al-Assad de recouvrer l’entièreté du territoire syrien, avec bien sûr un fort appui russe, territoire pour l’instant laissé à la gestion des Forces de Défense Syriennes (principalement composées de Kurdes des YPG et de leurs alliés arabes locaux), ceci du fait de la faiblesse de l’armée syrienne qui devait privilégier l’ennemi principal, à savoir les jihadistes internationaux et les rebelles sunnites arabes et turcophones. Il est clair que sans les Américains sur le sol syrien, le jeu des forces en présence (Russie, Turquie, Iran) peut basculer à tout moment sans qu’on en connaisse l’issue.

Cependant, ceux qui, parmi les capitales occidentales moralisatrices, accusent Donald Trump « d’abandonner les Kurdes », se sont souvent bien gardés de dénoncer les agissements d’Erdogan contre les kurdes, et ce dans une logique du double standard devenue la norme à l’international ces dernières années. Ils se gardent également de noter qu’en réalité, le président américain respecte tout simplement le droit international, et en particulier celui des Nations Unies, en réitérant son attachement non seulement au « patriotisme » (« America first ») mais aussi par là même occasion, celui de l’intangibilité des frontières. Un principe fondateur du droit international que la plupart des prédécesseurs de « Donald » ont tous violé, à commencer par les Bush et les Clinton, que ce soit en Amérique latine, en Irak, ou en ex-Yougoslavie. Les kurdes ont certes combattu avec une bravoure remarquée par la « communauté internationale », mais leur désir de former un État indépendant ne pouvait signifier, en cas de victoire pour eux, que la fin de la Syrie telle qu’on la connaît, et de surcroit la déstabilisation des trois autres pays abritant des forces et populations kurdes travaillées par le désir séparatiste (Irak, Iran, Turquie).

Cette fois-ci, c’est peut-être donc l’occasion pour le régime syrien de contrôlée à nouveau l’ensemble de son territoire, ce que Trump semble bien avoir à la fois compris et accepté, voir négocié tant avec les Turcs qu’avec les Russes. En fait, en bon adepte de la Realpolitik, certes, non fait de bons sentiments mais de réalisme et de cynisme, le président étatsunien a de facto décidé de laisser la main haute aux deux puissances étrangères les plus décisives en Syrie : la Russie et la Turquie, lesquelles se sont elles-mêmes entendues depuis 2016 dans le cadre des accords d’Astana (militaires) et de Sotchi (politiques), alors qu’elles poursuivent au départ des intérêts totalement opposés en Syrie. De ce fait, si Ankara s’est vengée du soutien américain aux forces kurdes en se rapprochant depuis 2016 de Moscou (après une crise pourtant très grave en 2015), le retrait américain peut finalement rééquilibrer la donne et finalement mener à une sortie du conflit. Et l’aide militaire américaine apportée aux milices kurdes et FDS à l’est de l’Euphrate n’est pas pour autant totalement supprimée : tout dépendra en fait de la façon dont l’armée turque et le néo-Sultan Erdogan profitera de façon sage ou inconsidérée du vide stratégique laissé par le retrait américain.

Les Américains se retirent-ils du jeu mondial ?

Les réactions au retrait américain n’ont pas manqué, certains estimant que le « versatile » Donald Trump « lâchait » ses alliés. En réalité, les critiques viennent de deux camps opposés. D’une part, celle des néoconservateurs et des Démocrates, adeptes de l’interventionnisme américain, et qui voient dans le « repli » de leur Président « l’abandon » du rôle de « leader mondial » dévolu aux États-Unis, voire même un « manquement au devoir moral » de répandre la démocratie et le « bien » puis soutenir la « liberté dans le monde». Ce n’est d’ailleurs sans doute pas Donald Trump qui les détromperait : après tout, sa promesse est de mettre « l’Amérique d’abord », et l’on ne soigne jamais aussi bien son chez-Soi qu’en cessant de se dépenser pour le compte des Autres. L’autre camp des critiques est celui des Européens qui s’indignent de ce que les États-Unis ne jouent plus le « jeu mondial », celui de la globalisation d’abord, entendue non plus comme des moyens d’échanges mais comme un projet mondialiste, nuance que Trump a explicitement évoquée.

Or de l’avis de nombre de ses soutiens et électeurs, globalement restés fidèles, les mesures prises par le président américain depuis le début de sa présidence ont eu un effet particulièrement positif pour les Américains : le taux de chômage est au plus bas – y compris chez les Noirs américains, le prix du carburant a chuté, et la bourse n’a cessé de progresser jusqu’à la très récente crise du shutdown. Comme le rappelle Randall Schweller dans Foreign Affairs, Trump respecte en fait son engagement de mettre fin à l’ère où « nos politiciens semblent plus intéressés de défendre les frontières d’autres pays que du leur ».

C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’on peut comprendre le bras de fer actuel du président avec son administration visant à faire voter le financement du mur de la frontière sud avec le Mexique. Plutôt qu’un retrait du jeu mondial dont il laisserait la direction à d’autres, Trump entend en fait « responsabiliser » ses alliés, qu’ils soient latino-américains, européens ou asiatiques, et par conséquent redistribuer les cartes.

Trump à contre-courant de la grande unification « libérale »

Alors qu’en Europe les alliances se succèdent dans le sens d’un soutien idéologique à une globalisation effrénée qui cache mal un projet mondialiste, Trump a clairement montré son intention de recentrer la politique américaine sur les intérêts des citoyens américains. Qu’on le dénonce comme téméraire, imprudent ou irréfléchi ne le gêne pas outre-mesure, autre pied de nez à la règle informelle internationale du « (cosmo)politiquement correct » qui veut que « dénoncer » les trublions suffirait à les faire rentrer dans le rang. Or Donald Trump est bien décidé à mettre fin au multilatéralisme excessif, pas celui des années 1950 originel, mais celui, actuel, hérité de l’Après-Guerre froide, qui réduit la capacité des Etats à contrôler « leurs » affaires nationales propres par toute une série de contraintes morales et juridictionnelles.

Les Etats-Unis se sont ainsi retirée de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, de l’accord de Libre-échange pacifique TTIP ; des négociations sur le Pacte global sur la migration des Nations Unies, etc. En d’autres mots, Trump va entièrement à l’encontre du mouvement que poursuit l’Establishment européen, canadien et états-unien, plus soucieux d’ouvrir les frontières, de favoriser la « migration », et d’accélérer la globalisation que de répondre aux « passions » dangereuses et « identitaires » des citoyens lambdas que l’on doit de ce fait « rééduquer ». La triste ironie est que ces élites moralisatrices cosmopolitiquement correctes qui blâment les États-Unis de Donald Trump pour leur « manque d’engagement dans la grande lutte mondiale contre le réchauffement climatique » ou le fait de resserrer l’étau sur les tarifs douaniers avec la Chine, se couchent devant la Chine néo-impériale et feignent de nier la stratégie déloyale de Pékin qui pille les technologies occidentales, viole les règles de libre-échange de l’OMC, pratique un protectionnisme sournois et demeure de loin le plus grand pollueur au monde. A noter d’ailleurs que ce que les experts annonçaient comme un « désastre économique » pour les Américains a en fait été l’occasion de redresser un rapport de forces complètement déséquilibré entre la Chine et les États-Unis. En effet, Beijing a fini par céder en offrant à l’administration de Donald Trump d’augmenter ses importations de produits américains en échange du desserrement par les Etats-Unis de l’étau sur la douane et de la baisse sa taxe sur les voitures à 15 % (contre 25%, sachant que la taxe américaine équivalente était de 2,5% !).

De même, alors que les États non-signataires du Pacte global sur les Migrations qui a tant fait jaser le « boboland » immigrationniste se voyaient sermonnés sur leur manque de vision – Donald Trump s’étant retiré de la table des négociations déjà un an avant le document final – on feint d’oublier que les États-Unis ont le plus haut pourcentage de migrants dans le monde.

Deux visions du monde, deux types de gouvernance ?

Les critiques ne manquent pas, en particulier concernant le dédain supposé de Trump pour ses alliés. Or derrière cette critique, il convient de voir deux visions du monde – et du rôle joué par les États-Unis – qui s’opposent radicalement. Le respect des alliés est en fait l’autre face de l’interventionnisme américain sous couvert de « répandre » la démocratie – comme si l’on pouvait l’étaler à travers le monde, au mépris des spécificités géopolitiques et des jeux d’équilibres précaires propres à la région du Moyen-Orient.

Le recentrage voulu par Trump montre en fait que cette administration « isolationniste » est veut faire entrer les Etats-Unis dans une phase de maturité « multipolariste » alors que ses autres partenaires occidentaux (européens et canadien) de l’OTAN puis « l’Etat profond » démocrate-néo-cons américain s’enfonce dans ce qui ressemble très fort à de l’hubris. Il est facile de tout mettre sur le compte d’une « folie » du président américain, mais nombre des accords qu’il a répudiés (accord sur le nucléaire iranien, accord sur le climat, pacte global sur la migration) et des organisations qu’il critique étaient problématiques à plusieurs points de vue, et avant tout du point de vue américain lui-même qui en supporte le coût financier. Là où en Europe, on fait fi du contexte et de l’histoire, Donald Trump est finalement plus attentif à la situation actuelle de « multipolarisation » du monde de l’après-guerre froide. En effet, n’en déplaise à ceux qui s’évertuent à faire de Moscou l’œil de Sauron, la Guerre froide n’est plus, et le rôle de l’OTAN est donc à revoir de fond en comble. Ce qui ne veut pas dire détruire cette organisation, contrairement à ce que l’on a stupidement reproché à Donald Trump.

La réelle aversion de Trump à faire usage de l’interventionnisme militaire et à privilégier la négociation (même très « hard » ou « cash »), dans un style souvent discutable, peut choquer, mais force est de constater son efficacité, comme on l’a vu par exemple avec la Corée du Nord, et peut être bientôt avec le régime totalitaire iranien, sur le point d’être économiquement à genoux. C’est d’ailleurs peut-être le secrétaire d’État américain Michael Pompeo qui l’a le mieux exprimé, notamment lorsqu’il a parlé de la capacité de Donald Trump à discuter même avec ses adversaires les plus déterminés : comme Ronald Reagan en son temps, Trump a le mérite de mélanger la clarté morale et l’acuité diplomatique. Une forme de réalisme politique auquel on aimerait voir nos dirigeants revenir.

Voir aussi:

Gilets jaunes: le vrai gagnant, c’est Donald Trump?

Je vous l’avais bien dit que les gens ne voulaient pas de votre écologie!


Tout le monde a vu sa victoire dans la « défaite » de Macron. Mais le vrai gagnant du mouvement des gilets jaunes est peut-être à chercher ailleurs. De l’autre côté de l’Atlantique…


De l’extrême gauche anarchiste aux « identitaires » de la droite dure, tout le monde veut voir sa victoire dans le recul de Macron face aux gilets jaunes. Mais au-delà des agendas politiques français, ce sont bien les conservateurs américains qui voient leur vision du monde confortée !

Certains esprits ont vu dans le mouvement des gilets jaunes une exaltation des valeurs françaises. Rien de moins ! Les regroupements spontanés de nombreux citoyens sur les ronds-points de France font certes plaisir à voir. Mais tout de même : quelle France divisée ! N’oublions pas trop vite tous ceux qui ont pris peur en restant des samedis entiers devant BFM TV. Ni ceux qui regrettent qu’un mouvement de contestation ait pu arriver à ses fins en faisant plier le pouvoir. Mouvement d’autant plus inquiétant qu’il est complètement désorganisé et manipulé de toutes parts. Je reconnais pour ma pomme m’être uniquement réjoui que le pays ne soit pas complètement mort, finalement.

Chacun voit la victoire à sa porte

Les acteurs les plus variés ont vu dans le mouvement des gilets jaunes l’expression populaire bienvenue de leurs propres revendications. Par exemple, lorsque les graves débordements éclatent à Paris, du NPA d’Olivier Besancenot à la droite identitaire, tous les radicaux se réjouissent et comptent leurs troupes en présence. Dans la partie plus présentable de l’échiquier politique, c’est un peu la même chose. Les libéraux ont vu dans le mouvement l’expression du trop-plein de taxes, amplifié par un président pourtant un temps identifié comme libéral. Les socialistes, eux, ont cru y voir le « retour de la question sociale », alors que le débat politique et intellectuel hexagonal était, selon eux, occupé par les questions d’identité ou de sécurité depuis des mois.

On le voit : chacun a endossé son gilet jaune. Le philosophe Alain Finkielkraut déclare préférer les « ploucs » de province aux « bobos » parisiens. Il est gilet jaune. Mais le romancier Edouard Louis aussi, même si c’est dans une approche bien différente, et peut-être car il a des choses à se faire pardonner… Un soutien de plus, en tout cas. De peur apparaître « déconnectés » dans leurs rédactions parisiennes, les médiatiques n’ont jamais osé vraiment recadrer les propos parfois outranciers de certains gilets jaunes qui se pressaient devant les micros. Sans vouloir manifester ici le moindre mépris de classe, il faut reconnaître que les propos les plus crétins ont parfois été largement diffusés. De peur de passer pour « bourgeois » ou pour un « jaune » (le comble !), les esprits sensés se sont effacés devant les plus forts en gueule. Après les mesures lâchées, lundi soir, par un Macron en pleine tourmente, tout le monde devrait avoir remporté une grande victoire. Seul le président semble affaibli. Mais n’oublions pas que c’est notre chef pour encore quelques années.

Macron vertement affaibli

Macron voit le rythme des réformes de son quinquennat brutalement interrompu, tout comme son combat pour le « rafraîchissement » de la planète. Sarkozy, qui le conseillerait discrètement, aurait vu venir la catastrophe. Le 1er novembre dans Le Point, il déclarait : « A peine le président émerge-t-il que le système cherche à laffaiblir ou à le détruire à travers les réseaux sociaux. » Il ajoutait aussi : « Le modèle démocratique touche aujourdhui brutalement ses limites. » Prémonitoire ?

De leur côté, les conservateurs américains ne demandaient qu’à voir le programme de Trump appliqué dans leur coin… Même si la voix de la France ne porte plus tant que ça, ils ont été à de nombreuses reprises contrariés par les reproches français d’un Macron arrogant présenté comme le nouveau leader du monde libre (par une presse et une intelligentsia en sédition avec le pouvoir politique). Aussi, l’occasion était trop bonne : les conservateurs américains voient dans la situation sociale française actuelle une raison de plus de se détourner des politiques « vertes ».

Trump et les « rednecks » français

Outre-Atlantique, on ne se demande pas qui est gagnant ou perdant parmi les Français ou leurs élites politiques. C’est Trump : 1, Macron : 0. La croissance économique française déjà faiblarde ne pâtit-elle pas du mouvement social ? On évalue son impact à – 0,1 point. En termes d’image du pays à l’étranger ou de concorde civile, les dégâts sont désastreux et plus difficiles encore à mesurer. Il est connu que Trump se moque éperdument du rafraichissement du climat. Sur les questions d’écologie, si l’on caricature un peu, le plus important pour le président américain est de s’assurer qu’il pourra continuer à arroser les greens des nombreux golfs qu’il possède. Alors que la situation s’envenimait en France, Donald Trump s’est ainsi autorisé un tweet dont il a la recette à l’attention de son « ami » Emmanuel.

Dans son esprit, les protestations des gilets jaunes et le recul de Macron ne font que confirmer ce qu’il disait des accords de Paris depuis deux ans. Les images de violence parisienne relayées par les télévisions comme Fox News sont l’illustration d’un petit peuple qui n’en peut plus d’être pressuré de taxes vertes et que l’administration Trump se garde bien d’imiter. Selon la rhétorique trumpiste, des élites technocratiques ont mis en place chez nous des politiques environnementales qui étranglent les familles modestes de la périphérie, bien contraintes d’utiliser leurs véhicules diesel. Pour les conservateurs américains, le peuple français rural – comme l’électorat de Trump – n’a pas d’autre choix pour aller travailler. Le mécontentement envers Macron était déjà grandissant : politique économique qui tarde à porter ses fruits et adoubement devant une vision mondialiste de l’économie qui fracasse les classes moyennes inférieures. Lesquelles entrent en révolte contre une élite qui les dirige depuis des métropoles où l’on se déplace en transport en commun…

Selon le président américain, les manifestants français qui ont déboulé dans la capitale – qu’il adore – chantaient « We want Trump ! » dans les rues. Voilà autre chose ! Si j’en crois les nombreux comptes-rendus des journalistes français présents sur place, on a quand même envie de crier à la fake news…


Conflit israélo-palestinien: On ne peut pas faire la paix avec un pays qui n’a pas le droit à l’existence (The more we continue speaking about Zionism only as a European movement that rose in response to European anti-Semitism, the more we feed the anti-Zionist narrative which depicts Israel as a Western colonialist project)

21 août, 2018

L’État d’Israël est né du même processus légitime qui a créé les autres nouveaux états de la région, conséquence du démantèlement de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale. Conformément à la pratique traditionnelle des états victorieux, les puissances alliées, la France et l’Angleterre, ont créé le Liban, la Syrie, l’Irak et la Jordanie, et bien sûr Israël, pour consolider et protéger leurs intérêts nationaux. Ce droit légitime de réécrire la carte a peut-être été mal fait et à courte vue – des régions contenant de nombreuses sectes et groupes ethniques différents étaient de mauvais candidats pour devenir un État-nation, comme le prouve l’histoire de l’Irak et du Liban, alors que des candidats de premier plan pour le statut de nation comme les Kurdes ont été laissés de côté. Mais le droit de le faire a été conféré par la victoire des Alliés et la perte des Puissances centrales, le salaire vieux comme le monde du péché de ceux qui ont le malheur de déclencher une guerre et de la perdre. De même en Europe, l’Empire austro-hongrois a été démantelé et les nouveaux états de l’Autriche, de la Hongrie, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie ont été créés. Et l’Allemagne en tant qu’archi-agresseur a été punie par une perte substantielle de territoire, privant au passage quelque 10 millions d’Allemands de leur place légitime dans la patrie. Le titre de propriété d’Israël sur son propre pays est tout aussi légitime que celui de la Jordanie, de la Syrie et du Liban. Bruce Thornton
The Second Intifada brought the right back to power and nearly destroyed the Israeli left, something the international community still hasn’t internalized. Today our political debate isn’t between the right and the left anymore, but between the right and the center. The Labor Party, the founding party of Israel, is no longer capable of winning an election. That’s all a consequence of the Second Intifada, whose impact on my generation of Israelis was similar to the impact of 1947-48 on the founding generation of Israelis: It convinced us that there was no possibility for finding partners for partition among the current Palestinian leadership. (…) The Jewish people is divided into two camps. One is defending the Israeli narrative, the other is fighting for peace. The argument of this book is that the two are related: Peace won’t happen so long as our narrative is negated by the other side. You can’t make peace with a country that has no right to exist. (…) I live in the Middle East. I look around at my borders. I see Hezbollah, Hamas, Iranian Revolutionary Guards. I see a Palestinian national movement that still doesn’t accept the Jewish people’s right to define ourselves as a nation, as a people — and that’s true for all parts of the Palestinian national movement, from Fatah through Hamas. I don’t know any Israeli who’s optimistic about the immediate future. (…) If anything, we’re most likely heading toward war in the coming period, because of Iran’s growing military presence on our northern border. But at the same time we’re also seeing an unimagined shift in parts of the Arab world in attitudes toward Israel, thanks to a shared fear of an imperial Iran. Who would have imagined even two years ago that Saudi Arabia would be reaching out to Israel? This is the one unintended positive outcome of the disastrous Iranian deal: It brought the Sunnis and the Israelis together, against the deal. So we may well be heading toward war and peace simultaneously. This creates openings for us to tell our story. (…) In my writing and lecturing, going back to the 1990s Oslo years, I’ve warned about the delusions of a one-way peace process. My public life has been devoted to upholding what I consider an essential realism about Israel’s dilemma – that we can’t permanently rule another people but also can’t make peace with a Palestinian national movement that denies our right to exist as a sovereign nation. Now the Middle East is radically changing – we don’t yet know how. But we need to be smart and flexible in our approach. We need a combination of the openness of the left and the wariness of the right. That is what I would call a centrist sensibility. My experience in teaching Judaism and Jewish identity to Muslim American leaders over the last six years has taught me that the Muslim world generally doesn’t understand the relationship in Judaism between religion, peoplehood, land, and national sovereignty. The elements that we take for granted in our identity are almost entirely misunderstood in the Muslim world, where Jews are seen as a religious minority, rather than as a people with a religious identity, which is how Jews have traditionally seen themselves. (…) The notion that Judaism is more than a religion is a revelation to Muslims. That a Jew can be an atheist seems to Muslims inconceivable. If you’re a Muslim, or for that matter a Christian, you can’t be an atheist. So Judaism works differently than the other monotheistic faiths, because of the foundational identity of peoplehood. What does it mean that we’re a particularist faith rather than a universalist faith? Christianity and Islam believe that in the end of time everyone will be Christian or Muslim. Jews never imagined remaking humanity in our literal image. We believe that we have a universal goal that we’re working toward, which is the manifestation of the Divine Presence for all of humanity. That’s the vision of Isaiah: We’re a “peoplehood strategy” for a universal goal. (…) We’re marking 70 years of Israel’s existence – and also 70 years of siege and delegitimization against Israel. Zionism’s great and irreversible achievement is to have re-indigenized the Jewish people in this land. We’re here to stay – and so are our neighbors. Can we begin the long and painful process of finding a new language in which we can speak about the conflict and about a solution? (…) Like most Israelis, I don’t believe a Palestinian state can be created anytime soon. The most likely result of creating a Palestinian state now would be a Hamas takeover, creating another hostile entity on our border – our most sensitive border. With one Arab country after another self-destructing, we need to proceed with extreme caution. My model for how the Jewish people should interact with our neighbors comes from the biblical patriarch, Jacob. When Jacob was facing his brother Esau, and he wasn’t sure whether Esau was coming in peace or in war, Jacob divided his camp into two. One camp brought gifts, and the other camp was armed. (…) There is no Palestinian leader I can see who can or would give us what we minimally need for a deal, and that’s agreeing to confine Palestinian “right of return” to a Palestinian state. In the absence of that concession, there can be no deal. So I’m writing for the long term. (…) The more we continue speaking about Zionism only as a European movement that rose in response to European anti-Semitism, the more we feed the anti-Zionist narrative which depicts Israel as a Western colonialist project. If we keep relying on the Holocaust to justify Israel’s existence, we leave ourselves open to accusation that the Palestinians and the Arab world paid the price for what Europe did to the Jews. The narrative that we need to start telling is much more nuanced and more faithful to what Israel actually is. It’s a narrative that needs to take into account that, yes, while political Zionism did rise in Eastern Europe as an attempt to try to prevent the disaster we now call the Holocaust, in fact Zionism largely failed to save the Jews of Europe – but it did succeed in saving the Jews of the Middle East. Can you imagine if there were still large Jewish communities in Aleppo, in Sana’a, in Baghdad, in Benghazi? (…) Look at the fate of almost every minority in the Middle East today. What would the fate of the Jews of Syria or Iraq have been if they’d stayed? The notion that Zionism ruined the lives of the Jews of the Middle East is a 20th century story told by Israel’s enemies. The story we need to tell in the 21st century is: Thank God that Zionism extracted the Jews from societies that were going to implode 60-70 years later. It’s only in the last few years that we can fully appreciate Zionism’s rescue mission of the Jewish communities of this region. (…) Another example of how the old 20th century narrative does us a deep disservice is how we downplay the Zionism of longing. Zionism was the meeting point between need and longing. We have told the story of the Zionism of need. But we’ve neglected the story of the Zionism of longing. We’ve half-forgotten the story of how we managed to preserve the centrality of the land of Israel in Jewish consciousness, in every corner of the globe where Jews lived. It’s one of the most astonishing stories in human history. This book tries to retell the story of the Zionism of longing. That’s a story we need to tell our neighbors. It’s also a story we need to tell ourselves. (…) The exile didn’t end in 1948, with the creation of the state, but only in 1989, with the fall of the Soviet empire. With the fall of Communism, there were no longer large Jewish communities that were forcibly denied the right to emigrate, the right to choose between life in the Diaspora or Israel. Since 1989, almost every Jew now has that choice, for the first time in 2,000 years. There is no exile anymore. I not only celebrate our national rebirth, but also thriving Jewish communities around the world. We’re a very strange people. We lived with the centrality of the land of Israel in our consciousness, in our faith, and yet we lived as a people outside the land for most of our history. So diaspora is no less a part of us than homeland. To be a healthy people, we need a creative tension between these two parts of our being. Still, I wonder whether Jewish life in Europe is sustainable anymore. We’re being hit from so many directions there – the Islamists, the far left, the far right – that we may be seeing the last generation of European Jewry. The post-Holocaust European Jewish rebirth was a brave experiment, an act of trust in the new Europe. I fear that that experiment has failed. (…) One of my nightmares – Israelis have a list – is the disintegration of the American Jewish-Israeli relationship. We’re not there yet, but we seem to be heading that way. To some extent the tensions between our two communities are an unavoidable function of geography. American Jews live in the safest, most accepting diaspora in history, and we live in the most dangerous region on the planet. And so each community has developed a strategy that makes sense for its geography. American Jews have become flexible and open to their environment. Israelis have become the toughest kid on the block. Our dilemma is that the tactics we need to use to keep ourselves relatively safe in the Middle East are undermining our moral credibility among many American Jews, and that’s a different kind of strategic threat. My fear is that each community will take on the attributes of its geographical circumstances. That we will become brutal, and American Jews will become what my father, a Holocaust survivor, used to call “stupid Jews” – Jews who have forgotten the instincts of survival. (…) What can help American Jews and Israelis get to a more mature relationship – a relationship among Jewish grown-ups – is to remember that we live in one of the most interesting and fateful moments in Jewish history. Most of the dreams and fears of our ancestors have been fulfilled. For 2,000 years, Jews carried two great dreams and one great fear. The two dreams were that we would return home, or that we would find safe refuge outside our homeland. And the great fear was that the hatred against us would reach a tipping point and our non-Jewish neighbors would finally destroy us. Those dreams and that nightmare were realized before we were born. The only great dream that hasn’t yet happened is the coming of the messiah, and of course some Jews argue that we’re now in the messianic era. We live in a moment of profound confusion in Jewish life. That confusion is an entirely appropriate response to the reality we’ve inherited. I see our greatest challenge as understanding and re-adapting our story to these radically changed circumstances. What does it mean when some of the most significant elements of our story have been fulfilled? What do we do with that? What is our purpose in the world as a people? My intuition is that we have something urgent to say to the world about survival This is the first time in history that humanity has the ability to destroy itself. The Jewish people is history’s great survivor. Our job is to figure out what is the Jewish wisdom we need to share with the world. But for that to happen, we need to start seriously thinking about the meaning of our story. Yossi Klein Halevi

A l’heure ou, contrairement à un Monde arabe qui semble se réveiller …

Il n’y a guère plus que l’Occident pour crier au racisme concernant la loi de nationalité dont vient de se doter Israël …

Et à vouloir imposer à la seule véritable démocratie du Moyen-Orient …

Une paix impossible avec des gens qui n’ont, Arabes israéliens et leur drapeau palestinien compris, que sa destruction à la bouche …

Il faut lire d’urgence le dernier livre de Yossi Klein Halevi …

Rappelant les effets pervers aussi bien au Moyen-Orient même qu’en Occident …

D’une présentation du sionisme comme mouvement purement européen …

Qui fait en réalité le jeu des ennemis d’un Etat d’Israël réduit à un projet colonialiste occidental ..

Et partant a une punition infligée aux Arabes pour les crimes de l’Europe …

Alors que simple produit, comme la plupart des autres pays de la région ou même de nombre de pays européens, de l’application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes suite au démantèlement des grands empires ottoman ou austro-hongrois précipité par leur défaite lors de la Première guerre mondiale …

Il antédate non seulement sa renaissance européenne de plusieurs millénaires …

Mais c’est en fait au Moyent-Orient et au Maghreb qu’il a protégé les juifs d’un probable autre anéantissement …

New book coincides with storm over incendiary Abbas comments

Who we are, why we’re here: Israeli author explains Zionism to the Palestinians

We’re rightly outraged by enemy attacks on our legitimacy, says Yossi Klein Halevi. But we’ve never bothered to tell them our story. Hence his ‘Letters to My Palestinian Neighbor’

The Jerusalem-based author and journalist spent 11 years writing his previous book, “Like Dreamers” — which told the story of Israel’s evolution after the Six Day War through the lives of seven paratroopers who fought to reunite Jerusalem. By contrast, Klein Halevi says, “Letters” spilled out of him in what felt like 11 weeks. It was a book waiting to be written, he believes, a book he had spent his 35 years in Israel — half the lifespan of the modern Jewish state — preparing to write.

Its goal is nothing less than to explain to our Palestinian neighbors — some of whom he can literally see out of the window of his home in northern Jerusalem’s French Hill neighborhood — who we Jews are and what we are doing here. With Palestinian Authority President Mahmoud Abbas working assiduously to delegitimize the Jews’ presence here, the imperative could hardly be more pressing.

In an earlier book, “At the Entrance to the Garden of Eden,” Klein Halevi spent time with Christians and, far more dramatically, with Muslims in the Holy Land, listening, learning and trying to understand them. With this new book, he hopes that they will listen to him.

Unprecedentedly, however, Klein Halevi, 64, does not envisage this volume as a one-way street. His declared goal is for the book, with its chapter-letters, to prompt a dialogue with these Palestinian neighbors of ours. Therefore, it is being translated into Arabic. It will be made available online — on The Times Of Israel’s Arabic website – for free downloading. The author hopes that Palestinians and others across the Arab and Muslim world will respond to it. If they write, he promises, he will respond in kind — initiating an ongoing conversation, enabling our conflicted sides to better understand each other, and, thus, one day, perhaps even to accept and live peaceably alongside each other.

Klein Halevi takes pains to emphasize that he comes from the political right, that he is no naive believer in the possibilities of peace in the foreseeable future. But buoyed by his experiences in recent years heading a remarkable program at Jerusalem’s Hartman Institute that teaches visiting groups of American Muslim leaders about Judaism and Israel, he rejects the idea that the Arab world “hates us and always will hate us” as self-defeating, especially when he feels we Israeli Jews have made no real effort to tell our story to them.

Hence the book. Hence the weight of responsibility.

But that’s not all.

Despite the title and the key imperative of explaining Judaism and Zionism to our neighbors, Klein Halevi says he’s also written this book for us — for us Jews and Zionists who, he believes, have lost sight of central elements of our own story. We do ourselves and our cause a terrible disservice, he argues, by misrepresenting modern Israel as a story founded in European Jewry and the Holocaust; in fact Zionism patently failed to save European Jewry. What we should be internalizing, and explaining to others, is the unique fulfillment of what he calls the “Zionism of longing” — the “half-forgotten story of how we managed to preserve the centrality of the land of Israel in Jewish consciousness, in every corner of the globe where Jews lived” for thousands of years. “It’s one of the most astonishing stories in human history.”

I’ve known Yossi Klein Halevi for most of his 35 years in Israel, worked with him as a journalist, documented his groundbreaking Muslim Leadership Initiative at Hartman, interviewed him numerous times. He is one of the most articulate of thinkers, and one of the most insightful, graceful and careful of writers. What follows here is a transcript of a conversation we had in his Hartman office a few days ago, before he set off to the US to begin promoting this book.

Reading over our interview, I’m struck by the wisdom in almost every answer he offers to my questions, and by the originality of much of what he says — formulations that seem so necessary and obvious once you’ve read them, but that others have not managed to produce before.

As you’ll see high up in our conversation, two of his previous books were cursed by poor timing. Given those dark precedents, and given the immense potential benefit of Klein Halevi’s “Letters” for Palestinians, Israelis and anybody else who seeks a wiser, better world, one has to hope that this new book is blessed.

The Times of Israel: The book is due to come out when?

Yossi Klein Halevi: May 15.

And the Jerusalem embassy of the United States opens on?

May 14!

Okay, and this is a fortuitous set of circumstances, you think, or underlines why the book is so important, or…?

My mother-in-law said I should give the world fair warning before I publish another book. (Laughs)

Remind us: Because your book about your teenage membership in the Jewish Defense League came out around the time of the Rabin assassination…

“Memoirs of a Jewish Extremist,” my first book, came out two days after the Rabin assassination. My second book, “At the Entrance to the Garden of Eden,” which was about a journey I took into Islam and Christianity, came out on September 11, 2001. My last book, “Like Dreamers,” managed to avoid historic disasters.

Your second book presumably informed this new book, and maybe gave you the confidence to write it. And then there’s your work with Imam Abdullah Antepli and the Muslim Leadership Initiative at the Hartman Institute. Did that work give you the confidence that this book would not be a condescending and ignorant outreach to your Palestinian neighbor?

I see this book as a kind of sequel to the book I wrote about my journey into Palestinian Islam. That happened in the late ’90s, just before the Second Intifada, when it was still physically and emotionally possible to make that kind of journey. I spent a year in Palestinian society, listening to people’s stories, trying to see the conflict as much as possible through their eyes. And trying to experience something of Muslim devotional life, because that’s what interested me as a religious Jew, to see whether we could create a shared language for reconciliation that drew on our religious traditions.

This book is a belated sequel, almost two decades later. A lot has happened in the interim – especially the Second Intifada, which transformed Israeli society. The wound of the Second Intifada wasn’t just that we got the worst wave of terrorism in our history, but that the terrorism followed two Israeli offers for Palestinian statehood. And that shut me down, exhausted my capacity for outreach to the other side.

The Second Intifada brought the right back to power and nearly destroyed the Israeli left, something the international community still hasn’t internalized. Today our political debate isn’t between the right and the left anymore, but between the right and the center. The Labor Party, the founding party of Israel, is no longer capable of winning an election. That’s all a consequence of the Second Intifada, whose impact on my generation of Israelis was similar to the impact of 1947-48 on the founding generation of Israelis: It convinced us that there was no possibility for finding partners for partition among the current Palestinian leadership.

Presumably after writing your second book, you became deeply disillusioned with the chance of peace, because of the Second Intifada and all that has since played out. So does this book represent some kind of tentative revival of optimism, or would that be too strong a word?

This book isn’t about optimism or pessimism but an attempt to explain the Jewish and Israeli story to our neighbors – why the Jewish people never gave up its claim to this land even from afar, why I left my home in New York City in 1982 to move here. In my previous book I tried to listen to my neighbors. In this book I’m asking my neighbors to listen to me.

In all these years of conflict, no Israeli writer has written directly to our Palestinian neighbors, and to the Arab and Muslim worlds generally, explaining who we are and why we’re here

In all these years of conflict, no Israeli writer has written directly to our Palestinian neighbors, and to the Arab and Muslim worlds generally, explaining who we are and why we’re here. We defend our story to the whole world, but we don’t bother explaining ourselves to our neighbors. We’re rightly outraged by the daily attacks on our history and legitimacy that fill the Palestinian media and the Arab world’s media. But we’ve never tried to tell them our story.

This book combines the two commitments of my life: explaining and defending the Jewish narrative, and seeking partners in the Muslim world. The Jewish people is divided into two camps. One is defending the Israeli narrative, the other is fighting for peace. The argument of this book is that the two are related: Peace won’t happen so long as our narrative is negated by the other side. You can’t make peace with a country that has no right to exist.

Does this book not mark you out as some kind of inveterate optimist? That after all those years when you were too battered by reality, the optimism has resurfaced?

I live in the Middle East. I look around at my borders. I see Hezbollah, Hamas, Iranian Revolutionary Guards. I see a Palestinian national movement that still doesn’t accept the Jewish people’s right to define ourselves as a nation, as a people — and that’s true for all parts of the Palestinian national movement, from Fatah through Hamas. I don’t know any Israeli who’s optimistic about the immediate future.

We may well be heading toward war and peace simultaneously

If anything, we’re most likely heading toward war in the coming period, because of Iran’s growing military presence on our northern border. But at the same time we’re also seeing an unimagined shift in parts of the Arab world in attitudes toward Israel, thanks to a shared fear of an imperial Iran. Who would have imagined even two years ago that Saudi Arabia would be reaching out to Israel? This is the one unintended positive outcome of the disastrous Iranian deal: It brought the Sunnis and the Israelis together, against the deal. So we may well be heading toward war and peace simultaneously. This creates openings for us to tell our story.

In my writing and lecturing, going back to the 1990s Oslo years, I’ve warned about the delusions of a one-way peace process. My public life has been devoted to upholding what I consider an essential realism about Israel’s dilemma – that we can’t permanently rule another people but also can’t make peace with a Palestinian national movement that denies our right to exist as a sovereign nation.

Now the Middle East is radically changing – we don’t yet know how. But we need to be smart and flexible in our approach. We need a combination of the openness of the left and the wariness of the right. That is what I would call a centrist sensibility.

My experience in teaching Judaism and Jewish identity to Muslim American leaders over the last six years has taught me that the Muslim world generally doesn’t understand the relationship in Judaism between religion, peoplehood, land, and national sovereignty. The elements that we take for granted in our identity are almost entirely misunderstood in the Muslim world, where Jews are seen as a religious minority, rather than as a people with a religious identity, which is how Jews have traditionally seen themselves.

My book tries to explain the elements of Jewish identity, what our 4,000-year story means to me. This is my personal take on our story. As a Jewish writer living in a time when our story is under growing assault, I felt it was my responsibility to try to offer a Jewish and Israeli narrative.

The notion that Judaism is more than a religion is a revelation to Muslims. That a Jew can be an atheist seems to Muslims inconceivable. If you’re a Muslim, or for that matter a Christian, you can’t be an atheist. So Judaism works differently than the other monotheistic faiths, because of the foundational identity of peoplehood.

What does it mean that we’re a particularist faith rather than a universalist faith? Christianity and Islam believe that in the end of time everyone will be Christian or Muslim. Jews never imagined remaking humanity in our literal image. We believe that we have a universal goal that we’re working toward, which is the manifestation of the Divine Presence for all of humanity. That’s the vision of Isaiah: We’re a “peoplehood strategy” for a universal goal.

This lack of understanding of Jewish identity has direct bearing on the Muslim rejection of the legitimacy of Israel, the expression of the Jewish people’s national aspirations.

The elements of our identity that we take for granted are exactly what we need to explain about ourselves: Who are we? What is our relationship to this land? What does it mean that we maintained a kind of vicarious indigenousness with this land through 2,000 years of exile? What is Zionism? What is the relationship between Zionism and Judaism? Why are we the only people in history that managed, after thousands of years, to return to its land? In short: What is our story? And for me, the essence of Judaism is its story. I would define the Jews as a story we tell ourselves about who we think we are.

Our current prime minister and maybe some of his predecessors, however politely, would deride that approach. Netanyahu would say, you can explain until you’re blue in the face, and you can strive for morality, which is a lovely thing, but the only reason that we have survived, and the only way we will survive, is by being strong and exuding strength. It’s not about having them understand our narrative. It is about projecting strength. Sadat only made peace because he didn’t defeat us in the 1973 war…

I would agree with everything you’ve said except one word — “only.” The basis for our survival in the Middle East is our ability to defend ourselves. Beyond that, though, how are we going to navigate our relationships with those in the Arab world who may be prepared, for whatever reasons, to reexamine their relationships with us?

This notion of “they hate us and always will hate us,” when we haven’t made any real effort to explain our story, strikes me as self-defeating

For us to sit back and say, What’s the point in bothering to explain ourselves to our neighbors? They will never understand us” – it goes against what I’ve learned teaching American Muslims. This notion of “they hate us and always will hate us,” when we haven’t made any real effort to explain our story, strikes me as self-defeating.

So your book is directed not only at your Palestinian neighbors but the Arab world, the region, ideally?

Very much so. The book is being translated into Arabic. As you know, it will be put online — on The Times of Israel’s Arabic website – for free downloading, and that should be ready around the time that we release the book in English. And I am inviting Palestinians, Arabs, Muslims to respond. I will have somebody translating letters that come in response, and I will do my best to respond. I’ve already begun showing the book to Palestinians and getting written responses. If the responses are interesting enough, I may publish the exchanges as a sequel.

And I will try to bring this to Arab media, to start the first public conversation between an Israeli writer and our neighbors about who we are, why we see ourselves as indigenous to this land, and what is our shared future in the region.

Did you ever think about doing a program, similar to the one you do for American Muslim leaders, for Palestinian Muslim leaders?

Outside of my window, on the edge of my neighborhood in French Hill, is the separation barrier – a wall. That wall is both concrete and metaphorical. In the State of Israel, there are many efforts to bring together Jewish and Arab Israelis, but beyond that, it’s hard to initiate Palestinian-Israeli engagement on any level, let alone create a program for Palestinians that will teach Judaism and Jewish identity. We are occupying the Palestinians, while their national movement doesn’t accept our right to exist. I’d be delighted to do a program like that. But that is certainly premature.

In a way, the ideal version of this book would be a joint book, by an Israeli and a Palestinian author. You write about two states for two narratives. Yours is one of the narratives. Would you want to be able, five years from now, to publish the second edition of this, which is actually the two narratives?

I initially wanted to do a joint book, and I had a few Palestinian partners in mind. In the end I decided against it. I felt the need to have my own space to tell our story, to counter the assault on our narrative. What is happening to us in the twenty-first century is that the Jewish story of the twentieth century is being turned into its opposite – not a story of courage and faith and persistence but of evil. And so I needed to tell our story on its own, as a first step.

But I see this book as only a first step – an opening to a project that will be a conversation with our neighbors. In order to start a conversation, I needed to set out my beliefs: This is who I am. This is why I live in Israel. This is why my people returned home. This is how mainstream Israelis understand what happened here in 1948, in 1967, in 2000. And I needed to say that on its own, without being engaged at least initially in a debate or even a dialogue. All that will hopefully follow.

And where does this project go five years from now?

I’m open to taking this in any direction. Maybe there won’t be any substantive response and this will go nowhere. But I sense that this is a conducive time to test the waters.

We’re marking 70 years of Israel’s existence – and also 70 years of siege and delegitimization against Israel. Zionism’s great and irreversible achievement is to have re-indigenized the Jewish people in this land. We’re here to stay – and so are our neighbors. Can we begin the long and painful process of finding a new language in which we can speak about the conflict and about a solution?

Where does leadership fit into the context in which you wrote this book? Essentially it’s an indictment of failed leadership — on the other side, I would say.

On both sides. On the Palestinian side, the failure has been consistent, since the conflict began. There is no national movement that I can think of, anywhere, that has rejected more offers for statehood than the Palestinian leadership.

On our side, I fault our current leadership for not continuing the policy of previous governments, which was to state without equivocation to the Palestinians: We’re serious about a deal, if you are. A Palestinian state is a standing, ongoing offer, and we’re not going to undermine it by expanding settlement building into areas that we say, in principle, would be part of that state, whenever conditions make that possible.

Like most Israelis, I don’t believe a Palestinian state can be created anytime soon. The most likely result of creating a Palestinian state now would be a Hamas takeover, creating another hostile entity on our border – our most sensitive border. With one Arab country after another self-destructing, we need to proceed with extreme caution.

My model for how the Jewish people should interact with our neighbors comes from the biblical patriarch, Jacob. When Jacob was facing his brother Esau, and he wasn’t sure whether Esau was coming in peace or in war, Jacob divided his camp into two. One camp brought gifts, and the other camp was armed

But we also need to not take steps that will prevent the possibility of a two-state solution. And we need to make efforts to strengthen the Palestinian economy, to reach out to the wider region to involve Arab countries in an eventual arrangement.

My model for how the Jewish people should interact with our neighbors comes from the biblical patriarch, Jacob. When Jacob was facing his brother Esau, and he wasn’t sure whether Esau was coming in peace or in war, Jacob divided his camp into two. One camp brought gifts, and the other camp was armed.

Our relationship with the Muslim world is going to largely determine the physical safety of the Jewish people in the 21st century. It’s astonishing to me that we haven’t seriously begun to think about how do we live with 1.7 billion Muslims. Are there people in the Muslim world who might be open to a new kind of relationship with us? Shouldn’t we be exploring that possibility?

You write: “Israelis need to recognize the deep pain we’ve caused in pursuing our security needs…”

I’ve tried to create a language for reconciliation with our neighbors that centrist Israelis like myself can feel comfortable with. I have forced myself to go past my anger and resentment that is the legacy of the Second Intifada, and to try again to see my neighbors.

What I learned during the Second Intifada was how not to see them. I look at the hill outside my window every day — Palestinian villages on the hill just beyond the wall. I taught myself to see over them, to the desert view past them. That was an emotional protection during the years of suicide bombings. Without forgetting the bitter lessons that we learned during those years, without forgoing the deep necessity for wariness and self-protection, I am trying to teach myself how to see again, trying to teach myself how to be empathetic with my neighbors’ suffering, without sacrificing the integrity of my Israeli narrative.

I understand why Palestinians hang maps without Israel, because my internal map doesn’t have the word “Palestine”

This book is an attempt to explain how Israelis experience this conflict, how I experience this conflict, why I think peace hasn’t happened, and yet, why I still believe in the need for a two-state solution, as bad as that solution is.

My starting point in thinking conceptually about our conflict with the Palestinians is the same as the settlers’: All the land between the river and the sea belongs to us, by right. But I also acknowledge that there’s another people between the river and the sea that believes that all of this land is theirs. I understand why Palestinians hang maps without Israel, because my internal map doesn’t have the word “Palestine.”

My question to all of us, Israelis and Palestinians, is: What is our endpoint? We share maximalist claims to the whole land. But if the maximalist claim is a starting point and not the endpoint, then we can talk.

Partition has been on the table almost from the beginning of this conflict. It is not a good solution. Creating two states in this one little land – it’s a nightmare for both peoples. But the alternative – a one-state solution in which Israelis and Palestinians devour each other – seems to me worse.

If there’s going to be a two-state solution, it has to come from a place where both sides understand that the other has sacrificed something essential in its historic claim. For Israel to give up Judea and Samaria is an amputation. I grew up on the right. As a teenager I wore a necklace with a silver map of the whole land of Israel according to the old Revisionist Zionist plan – both banks of the Jordan River. That’s my emotional legacy.

If you look at the dynamic of how peace has been made in this country, so far it has only been the right that has succeeded in withdrawing from territory. That’s because the public trusts the right — not only for security reasons, but for emotional and historic reasons. If I’m going to have a prime minister who will cede territory, I want that leader to say, I’m giving up something that belongs to me. Before I celebrate peace, I will mourn the loss of parts of my homeland.

Being very practical, then, do you think that Israel’s current prime minister would be prepared to make that amputation?

I once would have replied with a cautious yes. Netanyahu was never an ideological right-winger. At crucial moments in our history, the most important divide politically hasn’t been between left and right, but between the pragmatic right and the ideological or religious right.

The great threat to the religious right has always come from the pragmatic right. Think of Menachem Begin in Sinai and Ariel Sharon in Gaza. The settlers have been wary of Netanyahu too, and for good reason.

But the political tragedy of Netanyahu — there are other Netanyahu tragedies — is his failure to fashion a pragmatic right in his image. On his watch, large parts of Likud have turned hard right. If he would try to enter into a substantive peace process, much of his party would revolt. And so no, I don’t think he can do it, even if he wanted to.

The bigger “but,” of course, which is why you wrote the book, is with whom would he be entering a peace process?

There is no Palestinian leader I can see who can or would give us what we minimally need for a deal, and that’s agreeing to confine Palestinian “right of return” to a Palestinian state. In the absence of that concession, there can be no deal. So I’m writing for the long term.

Aren’t you writing to try and create a climate in which…?

I’m trying to model a Jewish conversation with Palestinians that is both empathic toward their suffering and affirming of our story.

I’ve written this book because this is the story I had to tell. And I hope there’ll be people on the other side who will hear it. What the results will be… You write and let it go.

One of the bittersweet experiences of writing a book is that as soon as it appears, it’s no longer yours. You sit with this creation in the privacy of your room, nobody sees it, and you can imagine all kinds of outcomes. But as soon as you release the book, it doesn’t belong to you anymore. I almost never go back to my other books. They’re strangers to me in a certain way. Every so often somebody will tell me something that they’ve read in one of the books, and I’ll say, Oh yeah, that was a good line! (Laughs.)

Writing this book was an interesting experience. “Like Dreamers” took me 11 years. This feels like it was written in 11 weeks … It’s a much shorter book. I call this the Twitter version of “Like Dreamers,” which was a very long book. I never imagined that I could just sit down and write a book quickly, but this one poured out. I couldn’t keep up with it. I’ve never had that writing experience before. I’m a very slow and plodding writer. So, in a way, this book wrote itself.

But in another sense, I’ve been writing this book for years. Along with celebrating the 70th anniversary of the state I’m marking a personal milestone — my thirty-fifth anniversary of moving to Israel, which is to say that I’ve lived in Israel for half the life of the state. This book really took me thirty-five years to write.

Thirty-five years of living in Israel.

Unbelievable. When I first came I thought I’d missed the story – the rest would be anti-climactic. Looking back on the Israeli roller-coaster of the last 35 years, that seems pretty funny.

What have you learned about our story?

One thing I’ve learned is that we’re telling ourselves and the world an outdated story. We’re still speaking about Israel as essentially a European Jewish story. Zionism begins in response to the pogroms and culminates in the Holocaust, which leads to the creation of Israel. That story already became obsolete to a great extent when Israel became a Mizrahi-majority state, which happened in the 1950s.

We’re just beginning culturally to absorb that fact. And it’s time for us to absorb that in our narrative as well.

Zionism largely failed to save the Jews of Europe – but it did succeed in saving the Jews of the Middle East

The more we continue speaking about Zionism only as a European movement that rose in response to European anti-Semitism, the more we feed the anti-Zionist narrative which depicts Israel as a Western colonialist project. If we keep relying on the Holocaust to justify Israel’s existence, we leave ourselves open to accusation that the Palestinians and the Arab world paid the price for what Europe did to the Jews.

The narrative that we need to start telling is much more nuanced and more faithful to what Israel actually is. It’s a narrative that needs to take into account that, yes, while political Zionism did rise in Eastern Europe as an attempt to try to prevent the disaster we now call the Holocaust, in fact Zionism largely failed to save the Jews of Europe – but it did succeed in saving the Jews of the Middle East. Can you imagine if there were still large Jewish communities in Aleppo, in Sana’a, in Baghdad, in Benghazi?

Let me play devil’s advocate: Yes, but they only became threatened because of this foreign, colonial enterprise called Israel, planted in the midst of the Middle East.

Look at the fate of almost every minority in the Middle East today. What would the fate of the Jews of Syria or Iraq have been if they’d stayed? The notion that Zionism ruined the lives of the Jews of the Middle East is a 20th century story told by Israel’s enemies. The story we need to tell in the 21st century is: Thank God that Zionism extracted the Jews from societies that were going to implode 60-70 years later. It’s only in the last few years that we can fully appreciate Zionism’s rescue mission of the Jewish communities of this region.

We’ve half-forgotten the story of how we managed to preserve the centrality of the land of Israel in Jewish consciousness, in every corner of the globe where Jews lived. It’s one of the most astonishing stories in human history

Another example of how the old 20th century narrative does us a deep disservice is how we downplay the Zionism of longing. Zionism was the meeting point between need and longing. We have told the story of the Zionism of need. But we’ve neglected the story of the Zionism of longing. We’ve half-forgotten the story of how we managed to preserve the centrality of the land of Israel in Jewish consciousness, in every corner of the globe where Jews lived. It’s one of the most astonishing stories in human history. This book tries to retell the story of the Zionism of longing. That’s a story we need to tell our neighbors. It’s also a story we need to tell ourselves.

Do you think Zionism’s salvation role is over now? Or when you look at parts of Europe and maybe even America…?

I hope it’s over. I hope that Jews will come to Israel not because they’re fleeing persecution or threat but because they want to join the most amazing experiment in Jewish history, which is the recreation of a people after two thousand years of dispersion and shattering.

The exile didn’t end in 1948, with the creation of the state, but only in 1989, with the fall of the Soviet empire. With the fall of Communism, there were no longer large Jewish communities that were forcibly denied the right to emigrate, the right to choose between life in the Diaspora or Israel. Since 1989, almost every Jew now has that choice, for the first time in 2,000 years. There is no exile anymore.

I not only celebrate our national rebirth, but also thriving Jewish communities around the world. We’re a very strange people. We lived with the centrality of the land of Israel in our consciousness, in our faith, and yet we lived as a people outside the land for most of our history. So diaspora is no less a part of us than homeland. To be a healthy people, we need a creative tension between these two parts of our being.

Still, I wonder whether Jewish life in Europe is sustainable anymore. We’re being hit from so many directions there – the Islamists, the far left, the far right – that we may be seeing the last generation of European Jewry. The post-Holocaust European Jewish rebirth was a brave experiment, an act of trust in the new Europe. I fear that that experiment has failed.

And the United States?

One of my nightmares – Israelis have a list – is the disintegration of the American Jewish-Israeli relationship. We’re not there yet, but we seem to be heading that way.

Our dilemma is that the tactics we need to use to keep ourselves relatively safe in the Middle East are undermining our moral credibility among many American Jews, and that’s a different kind of strategic threat

To some extent the tensions between our two communities are an unavoidable function of geography. American Jews live in the safest, most accepting diaspora in history, and we live in the most dangerous region on the planet. And so each community has developed a strategy that makes sense for its geography. American Jews have become flexible and open to their environment. Israelis have become the toughest kid on the block. Our dilemma is that the tactics we need to use to keep ourselves relatively safe in the Middle East are undermining our moral credibility among many American Jews, and that’s a different kind of strategic threat.

My fear is that each community will take on the attributes of its geographical circumstances. That we will become brutal, and American Jews will become what my father, a Holocaust survivor, used to call “stupid Jews” – Jews who have forgotten the instincts of survival. I think my father, who died many years ago, would have been appalled by Netanyahu’s cynical manipulation of desperate African asylum seekers. And I don’t have to imagine what he would have said about those American Jews who have publicly sided with Linda Sarsour. Why is it so hard for some Jews to understand that decency and self-preservation aren’t mutually exclusive?

One of the reasons I sit at the Hartman Institute is because I am committed – unconditionally – to the American Jewish-Israeli relationship. Sometimes I get furious at American Jews, just as they get furious at us. During the Iran deal, which I see as an existential threat to Israel, I was so angry at American Jews for failing to stop it that I wrote an op-ed essentially saying what some American Jews have been saying to Israel: I’ve had it with you, I can’t continue this relationship. Fortunately I never published it, and my fit passed.

Each side can find lots of reasons to be disappointed with the other. But I don’t have any other Jewish people. We need to stop obsessing only on the failures of each community and also celebrate each community’s remarkable achievements. The emergence of either American Jewry or the State of Israel would have been enough to change Jewish life for centuries. The simultaneous emergence of these two great Jewish experiments is unprecedented in Jewish history.

What can help American Jews and Israelis get to a more mature relationship – a relationship among Jewish grown-ups – is to remember that we live in one of the most interesting and fateful moments in Jewish history. Most of the dreams and fears of our ancestors have been fulfilled. For 2,000 years, Jews carried two great dreams and one great fear. The two dreams were that we would return home, or that we would find safe refuge outside our homeland. And the great fear was that the hatred against us would reach a tipping point and our non-Jewish neighbors would finally destroy us. Those dreams and that nightmare were realized before we were born.

The only great dream that hasn’t yet happened is the coming of the messiah, and of course some Jews argue that we’re now in the messianic era. We live in a moment of profound confusion in Jewish life. That confusion is an entirely appropriate response to the reality we’ve inherited. I see our greatest challenge as understanding and re-adapting our story to these radically changed circumstances.

What does it mean when some of the most significant elements of our story have been fulfilled? What do we do with that? What is our purpose in the world as a people? My intuition is that we have something urgent to say to the world about survival.

This is the first time in history that humanity has the ability to destroy itself. The Jewish people is history’s great survivor. Our job is to figure out what is the Jewish wisdom we need to share with the world. But for that to happen, we need to start seriously thinking about the meaning of our story.


Iran: La syrianisation a commencé (Death to farmers: As in Syria, water mismanagement and massive corruption could finally tip the balance against the Iranian regime)

2 juillet, 2018

 En plein cœur du lit de la mythique Zayandeh rud, la rivière qui a donné naissance à l'ancienne cité d'Ispahan. (Yann Leymarie)

Station d’approvisionnement en eau dans un village non loin de Khasab (Sultanat d’Oman), dans le détroit d’Ormuz, face à l’Iran, le 1er mai 2008 | REUTERS/Ahmed Jadallah
Où est passée notre rivière? Slogan de paysans iraniens
Mort aux paysans ! Vivent les oppresseurs ! Slogan (ironique) de manifestants paysans iraniens
Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre, et comme s’il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé, et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets après une oppression longue. Le mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Tout ce qu’on ôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant : le mal est devenu moindre, il est vrai, mais la sensibilité est plus vive. La féodalité dans toute sa puissance n’avait pas inspiré aux Français autant de haine qu’au moment elle allait disparaître. Les plus petits coups de l’arbitraire de Louis XVI paraissaient plus difficiles à supporter que tout le despotisme de Louis XIV. Le court emprisonnement de Beaumarchais produisit plus d’émotion dans Paris que les dragonnades. Tocqueville (L’ancien régime et la révolution, 1856)
La révolution à plus de chances de se produire quand une période prolongée de progrès économiques et sociaux est suivie par une courte période de retournement aigu, devant laquelle le fossé entre les attentes et les gratifications s’élargit rapidement, devenant intolérable. La frustration qui en résulte, dès lors qu’elle s’étend largement dans la société, cherche des modes d’expression dans l’action violente. James Chowning Davies
De nombreux sociologues contemporains reprennent cette analyse de Tocqueville, en expliquant les conflits sociaux par la frustration résultant de l’écart croissant « entre ce que les gens désirent et ce qu’ils ont ». Pour Ted Gurr (Why men rebel, 1970), la révolution de 1917 serait due au contraste entre les attentes suscitées par les progrès accomplis depuis les années 1880 et la situation réelle de la paysannerie, du prolétariat naissant ou de l’intelligentsia. Pour James Davies (Toward a theory of Revolution, 1962), le concept de frustration relative trouvé chez Tocqueville a une plus grande portée que celui de frustration absolue attribué à Marx; il explique en effet que les révoltes naissent rarement dans les populations écrasées de misère mais chez ceux qui relèvent la tête et réalisent ce qui leur manque car ils ont plus. (…) Les grands conflits sociaux ou les changements révolutionnaires s’expliquent donc moins par des mécontentements à propos de grandes inégalités que par des sentiments « relatifs » basés sur des différences minimes, ou réduites par l’égalisation des conditions. Jean-Pierre Delas
Une opposition classique met en vis-à-vis la lecture marxienne, selon laquelle la dégradation des conditions de vie agirait comme facteur déterminant et explicatif des soulèvements révolutionnaires, à celle de Tocqueville, pour qui, au contraire, l’amélioration des situations économiques serait à l’origine des évènements révolutionnaires. James Chowning Davies, sociologue américain, tente une synthèse des deux points de vue dans un modèle associant l’idée d’une genèse progressive (liée à l’amélioration des conditions de vie sur plusieurs décennies) d’aspirations sociales longtemps contenues et la thèse des frustrations surgissant plus brutalement à l’occasion de retournements de conjonctures. Le modèle psycho-sociologique de James C. Davies (« Toward A Theory of Revolution » …) tente d’expliquer les renversements de régimes politiques par l’augmentation soudaine d’un écart entre les attentes de populations motivées par des progrès économiques et les satisfactions réelles brutalement réduites par un retournement de conjoncture économique (ex. : mauvaises récoltes, récession économique…) ou politique (ex. : répression brutale, défaite militaire…). (…) James C. Davies schématise sa théorie par une courbe devenue fameuse, dite « courbe de Davies » formant comme un « J » Inversé (…), qui pointe la période « t2 » comme début probable de la dynamique révolutionnaire. La première étude James C. Davies porte sur la rébellion conduite par Thomas W. Dorr – dite « Rébellion Dorr » – au milieu du 19e siècle à Rhode Island dans le nord-est des Etats-Unis. Durant la première moitié du 19e siècle l’industrie du textile se développe et prospère, attirant vers la ville des populations rurales jusqu’en 1835/1840 quand s’amorce une période déclin. La Rebellion Dorr, en 1841/1842 fut durement réprimée. A partir de cette étude de cas, l’auteur construit sont modèle et l’utiliser pour interpréter la Révolution française de 1789, la révolution du Mexique de 1911, la révolution russe de 1917, le coup d’état nassérien de 1952. L’exemple de la révolution russe lui permet de montrer que l’écart est d’autant plus fort que des progrès économiques importants marquèrent le XIXe siècle : à partir du milieu du 19e siècle les serfs s’émancipèrent, l’exode rural entraîna une processus d’urbanisation, le nombre d’ouvriers travaillant en usine augmenta en leur apportant des salaires supérieurs à ce qu’ils gagnaient comme paysans et des conditions de vie également améliorées. Ainsi la période allant de 1861 à 1905 peut être considérée comme celle d’une progression des aspirations sociales jusqu’à une conjoncture de frustrations qui intervient au début du XXe siècle dans différents groupes sociaux : intelligentsia choquée par la répression brutale des manifestations de 1905, paysannerie affectée par les effets des réformes et par une succession de mauvaises récoltes, armée humiliée par la défaite dans la guerre contre le Japon. La détresse et la famine qui affectent la majorité de la population pendant la Première Guerre mondiale achèvent d’agréger ces frustrations de préparer ainsi la révolution de 1917. Jérome Valluy
Many of the wars of this century were about oil, but wars of the next century will be about water. Ismail Serageldin (former World Bank vice-president of the World Bank, 1995)
La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années. (…) Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord. Reza Pahlavi
The uprising, once again showed that overthrowing theocracy in Iran is a national demand. Prince Reza Pahlavi
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
What’s called drought is more often the mismanagement of water. And this lack of water has disrupted people’s income. Varzaneh journalist
Towns and villages around Isfahan have been hit so hard by drought and water diversion that they have emptied out and people who lived there have moved. Nobody pays any attention to them. And people close to Rouhani told me the government didn’t even know such a situation existed and there were so many grievances. Hadi Ghaemi (Center for Human Rights in Iran)
Farmers accuse local politicians of allowing water to be diverted from their areas in return for bribes. While the nationwide protests in December and January stemmed from anger over high prices and alleged corruption, in rural areas, lack of access to water was also a major cause, analysts say. In Syria, drought was one of the causes of anti-government protests which broke out in 2011 and led to civil war, making the Iranian drought particularly sensitive. Approximately 97 percent of the country is experiencing drought to some degree, according to the Islamic Republic of Iran Meteorological Organization. Rights groups say it has driven many people from their homes. A United Nations report last year noted, “Water shortages are acute; agricultural livelihoods no longer sufficient. With few other options, many people have left, choosing uncertain futures as migrants in search of work.” In early January, protests in the town of Qahderijan, some 10 km (6 miles) west of Isfahan, quickly turned violent as security forces opened fire on crowds, killing at least five people, according to activists. One of the dead was a farmer, CHRI said, and locals said water rights were the main grievance. Hassan Kamran, a parliamentarian from Isfahan, publicly criticised energy minister Reza Ardakanian this month, accusing him of not properly implementing a water distribution law. “The security and intelligence forces shouldn’t investigate our farmers. The water rights are theirs,” he told a parliamentary session. In early March, Ardakanian set up a working group comprising four ministers and two presidential deputies to deal with the crisis. Since the January protests, Rouhani has repeatedly said the government will do what it can to address grievances. But there is no quick fix for deeply rooted environmental issues like drought, observers say. Reuters
According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement. Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion. The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects ». Al Jazeera (2003)
Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes. (…) Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. (…) En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées. La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. (…) Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée. Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau. (…) Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime. Et pourtant l’Iran avait beaucoup appris d’Israël mais il a préféré choisir la rupture totale pour des motifs purement idéologiques. En raison de son climat semi-désertique, Israël avait beaucoup souffert d’un manque d’eau, même si certaines années les pluies ont été, par exception, abondantes. L’angoisse de la pénurie d’eau a poussé Israël à mettre en œuvre les techniques de dessalement de l’eau de mer parce que les risques de guerre à cause de l’eau grandissaient. Il s’est fondé sur les éléments qui ont conduit à la Guerre des Six Jours. La décision des Arabes et de l’Union soviétique de se livrer à un chantage avec les eaux du Jourdain ont créé la dynamique qui a conduit à la guerre en 1967. Régler les problèmes de l’eau, c’est éloigner les risques de guerre. Les gouvernements israéliens, avec l’aide de l’entreprise française Veolia, ont créé quatre usines de dessalement durant ces dix dernières années et une cinquième doit être mise en service à la fin de cette année 2015. La production couvrira 70% de l’eau consommée par les ménages israéliens. Par ailleurs, les efforts de traitement de 90% des eaux de récupération ont donné un coup de fouet à l’agriculture israélienne, qui a bénéficié d’une quantité d’eau presque illimitée provenant du recyclage des eaux usées. La plus grande usine mondiale de dessalement, par osmose inverse, a vu le jour en 2013 à Sorek. Elle est devenue la vitrine technologique d’Israël pour de nombreux pays du monde. Alors certains se mettent à rêver. (…) Israël en tant que plus gros producteur mondial d’eau désalinisée pourrait apporter son expertise à l’Iran dans le traitement de l’eau de mer. Israël s’était trouvé dans une situation comparable, avec 60% du pays occupé par le désert. Or, aujourd’hui, il dispose d’un trop-plein d’eau, qui lui permet, d’une part, de développer ses cultures de fruits et légumes à l’exportation pour plusieurs milliards de dollars et, d’autre part, d’exporter son eau en Jordanie, à Gaza et en Cisjordanie. La coopération n’est pas un leurre puisqu’elle a déjà existé jusqu’à la révolution islamique de 1979 avec des projets d’eau en Iran conçus et gérés par les Israéliens. Le Shah avait conscience de ce problème et, en 1960, il avait demandé de l’aide à la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui lui a envoyé trois experts israéliens. Ces ingénieurs ont alors prôné le creusement de puits et ont parallèlement enseigné aux agriculteurs iraniens la technique pour augmenter les rendements tout en consommant moins d’eau. Il a alors fait appel aux hydrologues et aux ingénieurs de l’eau de l’université de Ben Gourion, dans le Néguev, qui travaillèrent en Iran depuis 1962 pour ensuite quitter le pays in extremis par le dernier vol direct Téhéran-Tel Aviv en 1979. Les experts israéliens étaient intervenus dans la province de Qazvin dès 1962 après le tremblement de terre qui avait fait 12.000 morts et détruit tout le réseau de tunnels d’eau. (…) Les Iraniens ont alors collaboré sans complexes avec les Israéliens, qui ont formé pendant dix-sept ans des hydrologues iraniens. Longtemps après la Révolution, ils ont gardé d’excellentes relations avec les techniciens iraniens, dont beaucoup, d’ailleurs, se sont exilés, ce qui explique leur absence aujourd’hui en Iran. Jacques Benillouche
Où est passée notre rivière ?

Pour ceux qui n’ont toujours qu’Israël et que le nucléaire à la bouche …

Et qui s’étonnent de voir se soulever
Après 40 ans de corruption et de mauvaise gestion …
Des paysans iraniens ruinés par la pénurie d’eau …
Pendant qu’outre leur gaz et leur pétrole, leurs dirigeants bradent au plus offrant pour remplir leurs poches …
Comme au Koweit voisin depuis 15 ans 900 millions de litres d’eau par jour
Comment ne pas voir le scénario syrien qui s’annonce …
Pour un régime qui tout occupé à ses jeux géopolitiques en Syrie/Irak ou contre Israël …
S’obstine à refuser de voir comme son homologue de Damas avant lui …
La catastrophe depuis longtemps annoncée ?

Pour l’Iran, l’essentiel n’est pas le nucléaire mais l’eau

Régler les problèmes de l’eau, c’est éloigner les risques de guerre. Notamment en passant par une collaboration (renouvelée) entre l’Iran et Israël.

Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes.

Infrastructures insuffisantes

Les dirigeants, à tous les échelons, prennent au sérieux la pénurie d’eau. Le Guide suprême lui-même s’en inquiète car aucune mesure concrète n’est pour l’instant planifiée. Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. En février 2015, l’adjoint du ministre de l’Énergie, Hamid-Reza Janbaz, a reconnu que «les villes de Bandar-Abbas [au sud], Sanandaj [à l’ouest] et Kerman [au sud-est] ainsi que 547 villes et villages à travers le pays sont confrontés à un problème de manque d’eau». En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées.

La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. Le conseiller militaire de Khamenei, Rahim Safavi, a précisé que «des projets étaient en préparation pour échanger avec le Tadjikistan de l’eau contre le pétrole. Les crises de l’eau et de l’énergie sont étroitement liées avec la sécurité nationale et la défense». Mais il s’agit de mesures temporaires purement externes au pays. Le directeur de l’administration chargée de la gestion de l’eau potable et des eaux usées de la ville de Téhéran a prévenu, le 14 août, que les réserves d’eaux disponibles dans les barrages pouvaient seulement satisfaire les besoins des habitants de la capitale pendant un mois. Cinq barrages de la province de Khorasan sont totalement à sec, privant d’eau beaucoup de villes. Pour les mollahs, le problème de l’eau est devenu une question de sécurité d’État.

Nappes phréatiques vides

Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée.

Pour les mollahs, le problème de l’eau est devenu une question de sécurité d’État

Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau.

Isa Kalantari, l’un des conseillers du président Rohani, avait mis en garde les dirigeants iraniens contre les conséquences d’une pénurie d’eau sur la population de 75 millions d’habitants. Cet expert, agronome de formation, avait réussi à sensibiliser les gouvernements dont il a fait partie en tant que ministre de l’Agriculture de 1989 à 1997 sous la présidence de Rafsandjani et de 1997 à 2001 sous le président Mohammad Khatami. Il a bien fait comprendre que le régime jouait gros et qu’il pouvait tomber sur cette question parce qu’elle était minimisée face au problème du nucléaire. Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime.

Iran partenaire d’Israël

Et pourtant l’Iran avait beaucoup appris d’Israël mais il a préféré choisir la rupture totale pour des motifs purement idéologiques. En raison de son climat semi-désertique, Israël avait beaucoup souffert d’un manque d’eau, même si certaines années les pluies ont été, par exception, abondantes. L’angoisse de la pénurie d’eau a poussé Israël à mettre en œuvre les techniques de dessalement de l’eau de mer parce que les risques de guerre à cause de l’eau grandissaient. Il s’est fondé sur les éléments qui ont conduit à la Guerre des Six Jours. La décision des Arabes et de l’Union soviétique de se livrer à un chantage avec les eaux du Jourdain ont créé la dynamique qui a conduit à la guerre en 1967. Régler les problèmes de l’eau, c’est éloigner les risques de guerre.

Les gouvernements israéliens, avec l’aide de l’entreprise française Veolia, ont créé quatre usines de dessalement durant ces dix dernières années et une cinquième doit être mise en service à la fin de cette année 2015. La production couvrira 70% de l’eau consommée par les ménages israéliens. Par ailleurs, les efforts de traitement de 90% des eaux de récupération ont donné un coup de fouet à l’agriculture israélienne, qui a bénéficié d’une quantité d’eau presque illimitée provenant du recyclage des eaux usées. La plus grande usine mondiale de dessalement, par osmose inverse, a vu le jour en 2013 à Sorek. Elle est devenue la vitrine technologique d’Israël pour de nombreux pays du monde.

Les Israéliens ont formé pendant dix-sept ans des hydrologues iraniens

Alors certains se mettent à rêver. À présent que le problème du nucléaire est réglé pour au moins dix ans, Israël en tant que plus gros producteur mondial d’eau désalinisée pourrait apporter son expertise à l’Iran dans le traitement de l’eau de mer. Israël s’était trouvé dans une situation comparable, avec 60% du pays occupé par le désert. Or, aujourd’hui, il dispose d’un trop-plein d’eau, qui lui permet, d’une part, de développer ses cultures de fruits et légumes à l’exportation pour plusieurs milliards de dollars et, d’autre part, d’exporter son eau en Jordanie, à Gaza et en Cisjordanie.

La collaboration entre l’Iran et Israël sur le problème de l’eau est une question de volonté nouvelle malgré les antagonismes politiques car elle a déjà fonctionné dans le passé. Le côté commercial ne serait pas le seul soulevé. Sur le plan politique, cette nouvelle coopération pourrait rassurer les Israéliens face au projet nucléaire de l’Iran et satisferait les États-Unis, qui cherchent d’une part à réduire l’influence des pays arabes en réintroduisant l’Iran dans le concert des Nations et d’autre part à mettre fin à l’isolement d’Israël. Pour les États-Unis, l’Iran n’est plus l’ennemi; il a été remplacé par Daech et ses troupes sanguinaires.

Une expérience sous le Shah

La coopération n’est pas un leurre puisqu’elle a déjà existé jusqu’à la révolution islamique de 1979 avec des projets d’eau en Iran conçus et gérés par les Israéliens. Le Shah avait conscience de ce problème et, en 1960, il avait demandé de l’aide à la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui lui a envoyé trois experts israéliens. Ces ingénieurs ont alors prôné le creusement de puits et ont parallèlement enseigné aux agriculteurs iraniens la technique pour augmenter les rendements tout en consommant moins d’eau. Il a alors fait appel aux hydrologues et aux ingénieurs de l’eau de l’université de Ben Gourion, dans le Néguev, qui travaillèrent en Iran depuis 1962 pour ensuite quitter le pays in extremis par le dernier vol direct Téhéran-Tel Aviv en 1979.

Les experts israéliens étaient intervenus dans la province de Qazvin dès 1962 après le tremblement de terre qui avait fait 12.000 morts et détruit tout le réseau de tunnels d’eau. Au Moyen Âge, Qazvin était surnommée la «ville aux réservoirs d’eau». Sur la centaine de réservoirs d’eau (Ab anbar), seulement dix survivent aujourd’hui, Qazvin était le grenier de Téhéran mais la catastrophe avait laissé les agriculteurs sans eau. Les Iraniens ont alors collaboré sans complexes avec les Israéliens, qui ont formé pendant dix-sept ans des hydrologues iraniens. Longtemps après la Révolution, ils ont gardé d’excellentes relations avec les techniciens iraniens, dont beaucoup, d’ailleurs, se sont exilés, ce qui explique leur absence aujourd’hui en Iran.

Filière des eaux lacunaires

Malgré la richesse tirée de son pétrole, l’Iran n’a jamais investi pour former de bons professionnels de l’eau et ceux qui ont été en contact avec les Israéliens avaient une formation très insuffisante pour faire de bons techniciens. Ils avaient besoin au préalable d’une formation en mathématiques avancée, en géologie, en hydrologie et en chimie. Les Israéliens avaient progressivement comblé ces lacunes et ils avaient tellement passé de temps à Qazvin que les commerçants avaient fini par apprendre l’hébreu pour faciliter les contacts et le commerce. Immédiatement après la Guerre de Six Jours, le Shah avait fait l’honneur d’une visite à Qazvin pour rencontrer et remercier les Israéliens pour leur excellent travail. Il avait par la suite préconisé l’envoi de militaires et de scientifiques iraniens en Israël pour apprendre les techniques avancées. Mais, signe annonciateur des futures relations, les Israéliens avaient été introduits dans tous les milieux sauf dans les milieux religieux. Les ordres venaient de Khomeiny en exil, qui avait besoin du soutien de Yasser Arafat pour sa conquête du pouvoir.

Malgré la richesse tirée de son pétrole, l’Iran n’a jamais investi pour former de bons professionnels de l’eau

L’expérience iranienne avait permis à Israël de commercialiser ses techniques de pointe en créant le groupe Tahal (planification de l’eau pour Israël), spécialisé dans le traitement de l’eau et devenu rapidement une multinationale. Cette société avait ensuite hérité d’un contrat complémentaire consistant à distribuer du gaz dans les appartements de la deuxième grande ville d’Iran, Machhad. Mékorot, la compagnie israélienne des eaux, avait obtenu de son côté le contrat pour le percement et l’installation de conduites d’eau en Iran tandis que le constructeur Solel Boneh avait été chargé de la réalisation de barrages. Toute la filière des eaux était sous la responsabilité israélienne mais elle n’a pas survécu à leur départ.

En effet, durant l’année 1968, la société gouvernementale israélienne, IDE, avait construit trente-six petites unités de dessalement d’eau de mer sur commande des forces aériennes iraniennes. Le hasard a voulu que les Iraniens contactent en 2007 l’un des dirigeants d’IDE, à une foire commerciale en Europe, pour chercher une ouverture avec sa société. Ils lui avaient précisé que les unités de dessalement construites par les Israéliens avaient vieilli et qu’ils n’avaient pas réussi à les reconstruire, sous-entendu qu’ils étaient prêts à trouver un nouvel accord si les véritables maîtres-d’œuvre apparaissaient masqués. Ils avouaient en fait que l’Iran avait perdu cette technicité enseignée par les Israéliens, d’une part parce que les experts avaient fui le pays et, d’autre part, parce que d’autres avaient été exécutés pour des raisons obscures, sous accusation de complicité avec les sionistes.

L’industrie de l’eau en Iran a subi un coup irréversible, qui a créé la pénurie. Les Iraniens peuvent toujours trouver des solutions temporaires touchant uniquement la population et pénalisant leur agriculture. Mais si les dirigeaient iraniens choisissaient le pragmatisme en s’adressant au spécialiste mondial qui a transformé la pénurie en excédent, alors ils sauveraient leur régime dans leur intérêt et celui de leur population. Mais il faudrait pour cela des mollahs courageux et pragmatiques qui cesseraient de vouer aux gémonies l’État juif. Seul le problème crucial de l’eau pourrait réconcilier les deux ennemis irréductibles.

Voir aussi:

La crise de l’eau en Iran : tensions sociales et impasses économiques (1/2)
Jonathan Piron

Les Clés du Moyen-orient

14/03/2018

Jonathan Piron est historien et politologue. Conseiller au sein d’Etopia, centre de recherche basé à Bruxelles, il y suit les enjeux liés à l’Iran.

L’Iran est aujourd’hui frappé par une série de dégradations environnementales, aux répercussions potentiellement déstabilisatrices. Parmi différents éléments, la question de l’accès à l’eau occupe un rôle central. Les pénuries dans les irrigations des terres agricoles, la diminution des nappes phréatiques et des zones humides, la déforestation et la désertification sont les principaux défis. Cette situation problématique s’aggraverait avec les effets des changements climatiques. La réduction des précipitations et l’élévation des températures pourraient rendre certaines régions inhabitables, entraînant une hausse des flux migratoires. Les conséquences en seraient un accroissement des tensions sociales et économiques voire politiques à l’échelle du pays.

Comprendre ces dynamiques en cours permet d’éclairer, sous un autre jour, les mutations actuelles en Iran. Cette approche se déclinera en quatre points, autour des causes et des impacts de cet épuisement des ressources en eau, suivi des réactions tant sociales que politiques.

1. Un épuisement généralisé des ressources en eau

Dans un premier temps, il est nécessaire de définir ce que l’on entend par « crises » de l’eau. Le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat général des Nations unies définit la rareté de l’eau comme étant « le point auquel l’impact de tous les utilisateurs affecte l’approvisionnement ou la qualité de l’eau selon les arrangements institutionnels existants dans la mesure où la demande de tous les secteurs ne peut être pleinement satisfaite (1) ». La pénurie d’eau peut être due à des phénomènes naturels ou humains voire une conjonction de ces deux facteurs. Parmi les facteurs humains affectant son accès figurent la distribution inégale de l’eau mais aussi le gaspillage, la pollution et une mauvaise gouvernance. Enfin, les changements climatiques ont une nouvelle influence sur ces ressources, plaçant un nombre croissant de régions dans une situation de manque parfois chronique.

L’Iran cumule plusieurs de ces causes. Sa situation géographique rend déjà le pays fragile par rapport à la disponibilité de ces ressources. Qualifié d’aride et semi-aride, l’Iran se caractérise par des précipitations annuelles variées : alors que la moyenne des précipitations est de 50mm par an sur le plateau central, certaines régions autour de la mer Caspienne affichent un taux de 1600mm par an. Avec une moyenne annuelle de 250mm, pour une moyenne mondiale de 860mm, l’Iran subit, en outre, différents autres phénomènes tels que l’évapotranspiration, empêchant une partie des eaux de pluie de descendre dans le sol.

Les changements climatiques affectent ces stocks d’eau disponibles, via un accroissement des températures et une diminution des précipitations. Au cours des 50 dernières années, le pays a fait face à 10 sécheresses sévères dont celle de 2001-2004 a eu de profonds impacts au sein de différents secteurs économiques. Sous le poids du réchauffement climatique, la récurrence de ces phénomènes tendrait à s’accroître. Rien qu’en 2017, près de 96% de la superficie totale de l’Iran aurait souffert de différents niveaux de sécheresse prolongée, selon le responsable de la gestion des sécheresses et des crises à l’Organisation météorologique iranienne (2). Les prévisions pour la prochaine décennie ne sont guère optimistes. Plusieurs projections semblent montrer qu’à moyen terme, en Iran, les précipitations continueraient à décroître alors que la température, de son côté, connaîtrait une tendance à la hausse, accroissant la fréquence des périodes de sécheresses.

Cette situation s’aggrave sous le poids de la surconsommation et de l’absence d’une gouvernance efficace dans la distribution de l’eau. Cette surconsommation, particulièrement problématique, est aussi bien individuelle que collective. Elle trouve une partie de ses origines dans la forte augmentation de la population iranienne en quarante ans. De 37 millions d’habitants en 1979, celle-ci est passée à près de 83 millions d’habitants en 2016. Cette hausse a d’autant plus réduit la quantité d’eau disponible par personne que les habitudes de consommation se sont accrues de leur côté. La consommation du pays est ainsi passée de 100 millions de m³ par an en 1979 à 11 milliards de m³ en 2014. Reportée par habitant, la moyenne de consommation était, en 2016, de 250 litres par personne par jour, avec une pointe à 400 litres par personne par jour à Téhéran.

Un secteur est particulièrement pointé du doigt : celui lié au milieu agricole. Ce dernier, à lui seul, exploite 90 % des ressources hydriques. Cette disproportion résulte d’un sous-investissement et d’un manque de stratégie sectorielle. En vue d’asseoir l’auto-suffisance du pays, une politique de subsides inadaptés, notamment envers les fertilisants, a dramatiquement endommagé nombre de terres arables. De plus, face à la hausse du prix de l’énergie, de nombreux agriculteurs n’ont eu d’autres choix que de recourir à des pompages illégaux, à la fois pour diminuer leurs frais mais également pour dégager de nouveaux accès face au tarissement de leurs nappes phréatiques. Les stocks d’eau restants se retrouvent confrontés à une pression accrue, échappant au contrôle des autorités publiques. Les zones asséchées sont finalement abandonnées, contribuant au processus de désertification. Cet assèchement des terres trouve une autre origine dans différents grands projets de constructions hydrauliques menés depuis les années 1990 et 2000. La construction frénétique de barrages a accéléré l’assèchement des rivières et des zones humides telles que marais, landes et lagunes dont le rôle écologique est pourtant important. En 2015, pas moins de 647 de ces ouvrages d’art étaient en service en Iran, dont l’utilité est aujourd’hui remise en question au regard de ces conséquences. Enfin, différents projets industriels ont gravement saccagé les rivières et nappes phréatiques de diverses régions. Dans le Lorestan, des rejets provenant d’installations minières ont pollué plusieurs sources irriguant des terres agricoles tandis que sur la rivière Karun, ces rejets ont rendu toxique une importante partie du cours d’eau.

2. Les conséquences : déstabilisations locales et migrations environnementales

Les conséquences de ces différentes perturbations sont lourdes. En 50 ans, l’Iran a épuisé 70 % des capacités aquifères de ses ressources souterraines. Sur les 32 provinces de la République islamique, 13 sont dans une situation critique. À l’est, dans la province de Kerman, 1 455 villages sur 2 064 ont vu les capacités de leurs réservoirs descendre sous le seuil du volume nécessaire à la population. En 2015, 541 villages de la province dépendaient d’un approvisionnement d’eau assuré par des camions citernes. Les économies locales et régionales en sortent directement affectées. Toujours dans l’est, des cultures comme celle de la pistache ou du safran souffrent de profonds problèmes d’irrigation. Les principaux lacs et rivières du pays sont tout autant mis à rude épreuve. Le lac Orumiyeh, un des plus grands lacs salés du Moyen-Orient, situé dans le nord-ouest de l’Iran, a quasiment disparu. Dans la province de Fars, la construction de barrages sur les rivières Pulvar et Kor afin d’irriguer les terres arides, a contribué à l’assèchement des lacs de Tashk et de Kâftar.

Confrontées à ces situations problématiques, de nombreuses communautés d’habitants n’ont souvent d’autres choix que de migrer, face à l’effondrement à la fois environnemental et économique. Les villages de moins de 100 habitants, parmi les plus vulnérables, se vident de leurs habitants, comme dans le sud du Khorasan. Dans la province de l’Azerbaïdjan, dans le nord-ouest de l’Iran, 3 millions d’habitants seraient susceptibles de quitter leur région suite à l’assèchement du lac Orumiyeh. Ces migrations environnementales intensifient l’exode rural vers les villes moyennes du pays, déjà soumises à un fort afflux de nouveaux habitants. Les migrants n’ont d’autres choix que de s’installer dans les banlieues des villes moyennes, saturées par un étalement urbain non coordonné. Pauvreté, chômage, manque d’accès aux services publics finissent par déstabiliser encore plus des couches sociales fragiles qui s’enfoncent dans le cercle vicieux de la précarité.

Enfin, à ce tableau doit s’ajouter un autre facteur, exogène. Les différents conflits dans la région, tel que le conflit afghan, ont eu à leur tour des conséquences néfastes sur les ressources en eau en Iran. Le lac Hamoun, à cheval sur la frontière irano-afghane, s’est retrouvé asséché suite aux conflits entourant le contrôle de l’Helmand, qui l’alimente depuis l’Afghanistan. Le recul des berges a entraîné des pertes d’emplois importantes pour les pécheurs et les familles de la région, ainsi que la disparition d’une faune et d’une flore stabilisant le biotope local. 800 villages aux alentours du lac ont ainsi été confrontés à un déplacement d’une partie de leurs habitants.

Notes :
(1) Water scarcity, in International Decade for Action « Water for life » 2005-2015, New York, United Nations Department of Economic and Social Affairs, 2014, [en ligne], http://www.un.org/waterforlifedecade/scarcity.shtml.
(2) « 96% of Iran experiencing prolonged drought : official » in Tehran Times, Téhéran, 8 janvier 2018, [en ligne], http://www.tehrantimes.com/news/420112/96-of-Iran-experiencing-prolonged-drought-official.

La crise de l’eau en Iran : tensions sociales et impasses économiques (2/2)

Jonathan Piron

Les Clés du Moyen-orient

14/03/2018

Jonathan Piron est historien et politologue. Conseiller au sein d’Etopia, centre de recherche basé à Bruxelles, il y suit les enjeux liés à l’Iran.

3. Mobilisations et contestations

Face à cet épuisement généralisé des ressources en eau, différentes mobilisations sociales se sont organisées pour tenter de dégager des solutions et interpeller les autorités. Des dynamiques traditionnelles ont refait surface, comme à Birjand dans le Khorasan, au début de l’année 2018, où une prière de la pluie a rassemblé plusieurs centaines de personnes appelant à la clémence de la providence face à la sécheresse en cours. Au-delà de ces mobilisations traditionnelles, d’autres modes de conscientisations se sont développés au cours des dernières années. Une forme nouvelle d’activisme, centré sur les enjeux environnementaux, est apparue en Iran depuis les années nonante, renforcée ces dernières années par l’ouverture que la présidence Rouhani a laissée aux associations et ONG diverses.

Ces différents groupes peuvent se décliner suivant deux catégories d’actions : la conscientisation du grand public face aux enjeux écologiques, d’une part, et l’action de lobbying, d’autre part, destiné à porter des demandes de réformes principalement au niveau local. Pour parvenir à porter ces actions, les réseaux sociaux se sont révélés être des outils utiles aux différents mouvements, via des plates-formes numériques telles que Facebook, Instagram, Twitter ou Telegram. Des groupes tels que Une goutte d’eau (Yek ghatreh ab) et Traces d’eau (Seda-ye pa-ye ab) sont ainsi spécialement dédiés aux enjeux hydriques. D’autres canaux, plus génériques, comme La voix du peuple (Seda-ye mardom) sur Telegram servent aussi de lieux d’échanges d’images et d’informations sur les sécheresses et le manque d’accès à l’eau. La presse joue également, de son côté, un rôle de diffuseur d’informations important. Loin d’être un tabou, la question environnementale fait l’objet de reportages et débats, aussi bien écrits que radiodiffusés. Des magazines spécialisés n’hésitent pas à s’emparer de la question, à l’image de Femmes d’aujourd’hui (Zanan-e Emrouz) via un focus sur le rôle que les femmes peuvent jouer dans de nouveaux modes de gestions efficaces.

À ces mobilisations pacifiques doivent s’ajouter des périodes de contestations remettant ouvertement en question l’autorité publique. Depuis plusieurs années, le nombre de manifestations dénonçant les carences et crises environnementales ne cesse de croître dans le pays. Touchant l’ensemble de l’Iran, ces manifestations rassemblent aussi bien des agriculteurs dénonçant l’absence de redistribution efficace d’eau pour les cultures (comme à Ramshir, Rafsanjan, Ispahan, Rabor, etc.) que des citoyens faisant part de leurs protestations face à la pollution des cours d’eau (comme à Ahvaz, Yasooj, Sarkhoon, Orumiah, etc.). En général non-violentes, ces manifestations rassemblant en moyenne une centaine de personnes, insistent sur l’importance de l’eau en tant qu’outil non seulement économique mais également en tant que droit dont l’accès doit être garanti à tous.

Certains événements prennent cependant plus d’ampleur. En février 2017, à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, la conjonction de coupures de courants, de tempêtes de poussières et de mauvaise gestion des ressources en eau a entraîné une série de protestations populaires s’étalant sur plusieurs jours. Ville d’un peu plus d’un million d’habitants, bordée par la seule rivière navigable d’Iran, le Karun, Ahvaz rassemble les différents éléments déstabilisant les écosystèmes iraniens. Profondément affectée par les périodes de sécheresse, la ville et sa région subissent les effets d’une construction de barrages mal planifiée, ayant provoqué l’assèchement des marais locaux, ce qui a augmenté le niveau de particules de poussière dans l’air jusqu’à atteindre des niveaux records. Conjugué au phénomène des tempêtes de poussières, ces facteurs ont entraîné une détérioration progressive des ressources en eau de la région ainsi qu’un accroissement de la pollution pour les sources restantes. Ces différentes tensions dues aux questions liées à l’eau pourraient également avoir alimenté les manifestations ayant secoué l’Iran en décembre 2017 et janvier 2018. Même si l’enjeu économique occupait la première place dans les récriminations des manifestants, les différentes cités touchées par ces rassemblements sont aussi celles faisant face à divers problèmes environnementaux, dont ceux liés à un approvisionnement correct en eau.

Plusieurs sondages réalisés début 2018 ont montré l’importance que revêt, pour nombre d’Iraniens, une prise en compte correcte des enjeux environnementaux, aussi bien en ce qui concerne un meilleur accès à l’eau que dans le cadre de la lutte contre la pollution ou du soutien aux agriculteurs en difficulté. Néanmoins, la défense de l’environnement reste un activisme encore difficile en Iran. Le pouvoir en place soutient peu les organisations environnementales. Celles-ci disposent de faibles moyens et ne reçoivent qu’un maigre écho de la part des autorités. En outre, les arrestations de militants environnementaux ne sont pas rares et peuvent avoir des conséquences tragiques comme avec le décès de Kavous Seyed Emami, environnementaliste renommé, mort en prison dans des circonstances floues en février 2018.

4. Quelle prise de conscience politique ?

Le régime iranien est cependant conscient des enjeux en cours. Déjà, la Constitution de la République islamique reprend plusieurs éléments en faveur de l’environnement. Les articles 45, 48 et 50 soutiennent que les éléments naturels doivent bénéficier au bien public. L’article 50, de son côté, met en avant le principe même de protection de l’environnement (1). Ensuite, loin d’être un tabou, cette crise environnementale fait l’objet de débats et d’interpellations dans les différents cercles du pouvoir, du Parlement (Majles) aux think-tanks proches de la présidence comme le Centre d’études stratégiques. Durant la précédente campagne présidentielle de 2017, plusieurs candidats pointaient la mauvaise gouvernance, l’exploitation effrénée des ressources et le manque d’entretien des plans d’eau comme étant les principales causes de ces dégradations. Le sommet du pouvoir insiste de son côté sur l’importance de ces questions. En 2015, dans une directive adressée à la présidence, au moment du Sommet climat de Paris, le guide de la Révolution, Ali Khamenei, insistait sur la nécessité de gérer les changements climatiques et les menaces environnementales telles que la désertification, en particulier la pollution par les poussières et la sécheresse.

Néanmoins, la politique du pouvoir en place se caractérise par une série de pratiques particulièrement dommageables pour les ressources en eau. Sous la présidence Ahmadinejad, malgré plusieurs aides accordées aux couches les plus précaires, les constructions industrielles endommageant les nappes phréatiques n’ont guère cessé. De son côté, la présidence Rouhani s’est caractérisée par la volonté de relancer avant tout la croissance économique, au risque de fragiliser à nouveau des espaces déjà menacés.

En outre, le régime manque non seulement de moyens mais peut-être surtout d’une vision stratégique concernant son avenir environnemental. À la différence de nombreux autres États, la République islamique ne dispose pas d’un Ministère de l’Environnement à part entière. Le Département de l’Environnement, sous l’autorité du Président de la République, pèse peu face à d’autres puissants ministères tels que celui du pétrole. L’administration est aussi faiblement efficace dans la poursuite des comportements polluants réalisés par certaines entreprises. Enfin, les luttes intestines entre différents départements traitant les questions économiques et environnementales ainsi que la corruption finissent par rendre inopérantes des mesures pourtant indispensables. Insistant prioritairement sur des investissements internationaux, notamment dans la promotion de l’énergie verte, les différents responsables iraniens semblent rétifs à promouvoir d’autres modes de gouvernance ou à engager une politique environnementale systémique, permettant une approche suffisamment efficace que pour répondre aux dégradations en cours. La crise de l’eau n’est, en effet, pas la seule crise environnementale à laquelle doit faire face le pays. D’autres phénomènes tels que l’accroissement des tempêtes de poussière, la déforestation et la pollution de l’air contribuent à plonger l’Iran dans une crise profonde. Cette conjonction de différents phénomènes complique à la fois la coordination des politiques à mettre en place tout en accroissant les tensions sur les ressources et milieux naturels du pays.

5. Un avenir incertain ?

L’Iran se retrouve confronté à de nombreuses incertitudes quant à ses moyens et à ses capacités à sortir de cette crise profonde. Le débat qui se pose aujourd’hui est celui de la sécurité environnementale présente et à venir. Un signe positif est la prise de conscience qui semble dorénavant acquise au vu de l’essor de mouvements sensibilisant à ces questions ainsi qu’aux différentes manifestations en cours. Loin d’être uniquement centré sur la question de l’accès aux ressources, ces débats touchent d’autres questions telles que celles liées aux emplois locaux et à la lutte contre les inégalités.

Des solutions existent autour de différentes politiques à soutenir et mettre en place. Tout d’abord via des investissements massifs tout d’abord dans des techniques agricoles plus responsables ainsi que dans la restauration des capacités hydriques des lacs et rivières. Les mécanismes de micro-crédits ainsi que la promotion de bonnes pratiques auprès des milieux agricoles sont une autre voie à suivre. Des expériences pilotes d’agriculture durable sont ainsi menées dans certaines régions du pays, dont les résultats semblent prometteurs (2). La valorisation du système des Qanats est aussi une autre piste. Galeries souterraines ancestrales acheminant les eaux des nappes phréatiques vers les zones à irriguer, les Qanats sont un système toujours en activité et reposant sur une gouvernance laissée aux mains des agriculteurs. Représentant encore 9 % du système d’extraction souterrain iranien, les 32.000 Qanats représentent donc aussi un potentiel pouvant aider à la sécurité hydrique de l’Iran. Enfin, une meilleure coopération internationale est une dernière voie à approfondir, autour d’une « diplomatie de l’eau » dont les effets positifs s’étendraient au-delà des seules frontières nationales.

La résolution de ces crises ne pourra passer par une approche unique. Seule une vision basée sur des politiques multiples, à différents niveaux, sera à même de répondre aux enjeux à court et moyen termes.

Lire la partie 1 : La crise de l’eau en Iran : tensions sociales et impasses économiques (1/2)

Notes :
(1) Qanun-e asasi-ye Djomhouri-ye Eslami-ye Iran, Téhéran, Islamic Parliament Research Center, [en ligne], http://rc.majlis.ir/fa/content/iran_constitution. Pour une version en français : La Constitution de la République Islamique d’Iran, Téhéran, Alhoda, 2010, [en ligne], http://www.imam-khomeini.com/web1/uploads/constitution.pdf.
(2) Tamara Kummer, Sustainable Agriculture Around Lake Parishan, New York, United Nations Development Programme, 2016, [en ligne], URL : http://www.ir.undp.org/content/iran/en/home/ourwork/Environment_sustainable_development/impacting_lives/env_success/.

 Voir aussi:

En Iran, la problématique de la gestion de l’eau devient une urgence

Les noms des personnes interrogées ont été modifiées afin de protéger leur identité. La problématique de l’eau est une question qui est prise très au sérieux en Iran, tout comme elle l’est dans l’ensemble de la région du Moyen-Orient et d’Asie Centrale.

Depuis plusieurs décennies et la Révolution de 1979, la République Islamique d’Iran est en proie à de nombreux challenges économiques et politiques majeurs. Entre négociations sur le nucléaire, crises géopolitiques en Syrie et au Yémen et manifestations pour les droits de l’Homme et de la Femme à l’intérieur du pays, le gouvernement d’Hassan Rohani a les bras plutôt chargés ces derniers temps. Cependant le pays est aussi confronté à un adversaire très silencieux mais absolument redoutable : le climat. De Kashan à Chiraz, nous avons visité plusieurs lieux en Iran à quelques jours du Norouz, le Nouvel An perse (célébrant l’arrivée du Printemps entre le 20 et le 21 mars), afin de constater les dégâts causés sur les ressources en eau du pays. Entre changement climatique, sanctions internationales, exploitation agricole critiquable, explosion démographique et gestion de l’eau déraisonnée, l’Iran est pour la première fois face à un adversaire qu’il ne peut plus combattre seul. Dans une région où la plupart les relations sont déjà très tendues sur la question de l’eau, il se pourrait bien que l’Iran apporte également son petit grain de sel dans les mois à venir.

Un système millénaire à la source de la gestion de l’eau

Si la question de l’eau fut souvent au cœur des histoires persanes, elle n’en fut pas toujours le problème. En effet, la civilisation perse a très souvent été à la pointe des avancées techniques et architecturales pour permettre une gestion raisonnée et adaptée de cette ressource très demandée. Déclarés patrimoine mondial par l’UNESCO en 2016, les qanats sont des réseaux souterrains vieux de 2700 ans pour certains permettant encore la diffusion des réseaux d’eau par les voies souterraines. Cependant l’explosion démographique et les besoins en agriculture ne permet plus à ces systèmes de fournir assez d’eau pour toutes les nouvelles demandes.

À Kashan, le lieu de fabrication de la très renommée eau de rose, les maisons possèdent des étages souterrains pour atteindre les sources d’eau souterraines plus facilement. De nombreux producteurs d’eau de rose utilisaient donc un moulin naturellement actionné par le débit de la rivière pour écraser les pétales de roses. Aujourd’hui la fabrication doit se faire artificiellement, comme nous l’explique Ardashir :

Le moulin a fonctionné avec l’eau de la source souterraine pendant plus de 100 ans, mais depuis 8 ans il n’y a plus assez de débit. C’est une architecture de plusieurs centaines d’années qui est mise en péril.

“L’eau est utilisée en en priorité pour l’agriculture, mais ils ne savent pas comment s’en servir”

Kaveh Madani est un expert environnemental au London Imperial College. Interrogé en plein milieu du lit asséché de la Zayandeh rud par la réalisatrice Gelareh Darabi et Al Jazeera, il est catégorique,  pour lui,  l’Homme est le premier responsable :

Je ne dis pas que la nature n’a pas d’effet sur cela mais nous avons épuisé l’eau en amont et c’est tout ce qu’il nous reste.

Cette situation de crise prend racine autour de trois problématiques majeures :

1. Une hausse rapide de la population : L’Iran est passé de 37 millions d’habitants en 1979 à plus de 80 millions en 2016 suite aux politiques gouvernementales pour booster la natalité. Après des années de vasectomies gratuites pour mettre un frein à l’explosion des naissances, l’Ayatollah Ali Khamenei se dit depuis prêt et voir le pays dépasser la barre des 150 millions d’habitants.

2. Un système agricole inadapté et improductif : Pendant longtemps le système agricole du pays fut l’un des piliers de la vie iranienne et notamment lors de la guerre avec l’Irak ; aujourd’hui c’est l’une des causes majeures de la pénurie en eau puisqu’elle utilise 92% des réserves en eau fraîche souterraine et n’obtient qu’un taux de rendement de 30%, soit moitié moins que la moyenne mondiale. Un point de vue défendu par Cyrus, vendeur de tapis au souk d’Ispahan :

La rivière a besoin d’eau et de neige, seulement aucune d’elles n’est venue. L’hiver est très sec. Et de toute façon, l’agriculture et les industries sont les priorités, il n’y a plus assez d’eau pour ouvrir la rivière.

Et partagé à Chiraz par Darius, le père de Xerxès :

L’eau est utilisée en en priorité pour l’agriculture, mais ils ne savent pas comment s’en servir. Ils noient les champs et l’eau s’évapore, c’est une perte énorme.

A l’extérieur de la ville, on retrouve en effet de nombreuses cultures de riz disséminées à travers celles de colza. La situation est ubuesque, il fait quasiment 25° dehors, le soleil est au zénith et l’on peut clairement observer des rizières baignant dans l’eau. Nous demandons donc à Xerxès de nous expliquer :

Même si la culture du riz est interdite par la loi ici, le gouvernement ne peut pas ou ne veut pas intervenir car la situation économique est déjà très mauvaise et le peuple doit survivre.

Dans une période délicate sur le plan politique et économique, le gouvernement iranien détourne donc le regard pour éviter d’envenimer une situation sociale déjà très tendue et ce, tout en faisant la promotion de cultures moins gourmandes en eau.

3. La mauvaise gestion de l’eau de manière générale :

Beaucoup de personnes ont des jardins privés autour de Chiraz. Quelques centaines de mètres carrés avec une construction et une piscine. C’est désormais illégal d’avoir une piscine sans permis et ces derniers ne sont plus délivrés ces temps-ci.

La phrase de Xerxès est symptomatique de la relation des Iraniens avec l’or bleu. Le pays a continué à utiliser ces ressources en eau sans se soucier de l’impact sur le long terme. Interrogée par Al Monitor, Claudia Sadoff, directrice générale de l’International Water Management Institute, explique ainsi que:

 90% de la population et de la production économique du pays se situent dans des zones de fortes, voire très fortes, contraintes en eau.

« Un jour le sol rejettera de l’eau salée et ce sera alors un véritable désastre »

Depuis début mars, les manifestations d’agriculteurs se succèdent à Ispahan, avec pour slogan une question simple : où est passée notre rivière ? Ces fermiers sont au chômage technique car il n’y a plus assez d’eau dans le réservoir pour satisfaire l’intégralité des demandes.
Et si le gouvernement annonçait sa volonté d’ouvrir Zayandeh rud pour le Nouvel An perse, les habitants n’étaient pas dupes. Cambyses, un jeune retraité, commentait laconiquement la main sur la télécommande et les yeux rivés sur les images de la manifestation du 9 mars :

Je ne pense pas (qu’ils pourront ouvrir la rivière), le réservoir est trop bas.

Il ne s’était pas trompé,  le lit de la rivière était toujours aussi aride le 20 Mars.

La situation à Ispahan est à l’image de la crise environnementale et sociale dans laquelle est plongée l’ensemble du pays ces dernières années, entre disparition des zones humides, assèchement des lacs et désertification de masse. À Chiraz, c’est le lac Maharloo qui sert de baromètre comme nous l’explique Xerxès :

Vous ne pouvez pas toujours juger les ressources en eaux par le débit de la rivière mais plus par sa destination finale. Nous les évaluons en fonction de la couleur du lac : s’il a une couleur « eau » alors c’est bon, s’il est rose (la couleur du sel et des autres minéraux) ce n’est pas bon signe.

Et lorsqu’on lui demande la couleur actuelle du lac à la fin de la saison des pluies, la réponse est directe :

Rose (rires)

Mais pour Darius, son père, le vrai risque est à prévoir sur le long terme :

C’est simple. Le sol ici repose sur des strates de sel, un jour il rejettera de l’eau salée et ce sera alors un véritable désastre.

« On a besoin d’aide »

Aujourd’hui le pays ne peut plus gérer la situation par lui-même et le risque de sécheresse devient extrêmement inquiétant, comme le montre la simulation ci-dessous :

Le pays ne possède pas les compétences nécessaires pour gérer la problématique de l’eau convenablement et la mise en place des sanctions est toujours un frein supplémentaire majeur. Alors qu’une crise financière nationale est toujours probable en Iran, il est particulièrement compliqué pour les donateurs internationaux de venir soutenir le gouvernement dans ses projets environnementaux. Si la Russie s’est toutefois présentée en 2015 pour permettre la recherche de nouvelles sources d’eau dans les zones désertiques, les experts demeurent sceptiques. En effet, plus que la pénurie de stocks d’eau, c’est bien la mauvaise gestion de la ressource qui apparaît comme la véritable source du problème.

Pour Darius, c’est un véritable appel au secours dont il est question :

On a besoin d’aide.

Voir également:

Kuwait to tap Iranian water

Kuwait and its Gulf neighbour Iran will sign an agreement at the weekend to supply the desert emirate with fresh water through a pipeline, Kuwait’s energy minister has said.

« I will lead a high-level delegation to Iran next week to sign an agreement for supplying Kuwait with fresh water from Iran, » Shaikh Ahmad Fahd al-Sabah said, quoted by the KUNA news agency on Tuesday.

KUNA said the visit would take place on Saturday.

The two countries signed a memorandum of understanding on the issue in January during a visit by Kuwait’s prime minister, Shaikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, who was then the foreign minister.

According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement.

Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion.

Vital project

The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects. »

Negotiations between Tehran and Kuwait City on the project began more than two years ago, when former Iraqi President Saddam Hussein was still in power.

According to initial plans, the pipeline will extend 330km across Iranian territory and then via a 210km pipeline under the Gulf to Kuwait, thus avoiding Iraqi territory.

Kuwait depends almost entirely on sea water desalination for its fresh water requirements which is sold to consumers at heavily subsidised prices.  The oil-rich emirate produces around 1.3 billion litres of desalinated water daily and consumes almost all of it.

The two countries are also locked in negotiations for exporting natural gas to Kuwait after signing a memorandum of understanding in January.

SOURCE: AFP


Reconnaissance de Jérusalem: Le NYT veut-il la paix au Moyen-Orient ? (Its track record so far gives little evidence that it has the temperament or skill to navigate such a nuanced position)

8 décembre, 2017

The Old City of Jerusalem. The United States, like the rest of the world, hasn’t recognized the city as Israeli territory (NYT)

Jews leaving a section of Jerusalem’s Old City in 1948 (NYT)

al Aqsa

Spot the error: Praying with their behinds towards their holy Muslim site?

Si je t’oublie, Jérusalem, Que ma droite m’oublie! Que ma langue s’attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie! Psaume 137: 5-6
Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d’étourdissement pour tous les peuples d’alentour, et aussi pour Juda dans le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples; tous ceux qui la soulèveront seront meurtris; et toutes les nations de la terre s’assembleront contre elle. Zacharie 12: 2-3
When the Muslims in Jerusalem pray in their mosques, even in the « Al Aktza » mosque built on the edge of Temple Mount, they actually stand with their back turned to Temple Mount. And, when they bow down in their prayers they show their behind to the site of the Holy Temple. How consistent is that with considering it a Muslim holy site? Holyland
Je partage l’attachement à Israël, de tous les juifs, mais d’un autre côté, la décision de Trump me paraît catastrophique parce qu’elle risque d’embraser la région, parce qu’elle risque d’empêcher la reprise des négociations entre les Palestiens et les Israéliens. Les Américains auraient dû procéder tout autrement. Benyamin Netanyahu ne propose rien aux Palestiniens. Il les pousse au désespoir et à l’extrémisme. Alain Finkielkraut
If nothing else, Donald Trump’s decision on Wednesday to recognize Jerusalem as Israel’s capital shows how disenthralled his administration is with traditional pieties about the Middle East. It’s about time. (…) What Jerusalem is is the capital of Israel, both as the ancestral Jewish homeland and the modern nation-state. When Richard Nixon became the first American president to visit the country in 1974, he attended his state dinner in Jerusalem. It’s where President Anwar Sadat of Egypt spoke when he decided to make peace in 1977. It’s what Congress decided as a matter of law in 1995. When Barack Obama paid his own presidential visit to Israel in 2013, he too spent most of his time in Jerusalem. So why maintain the fiction that Jerusalem isn’t the capital? The original argument, from 1947, was that Jerusalem ought to be under international jurisdiction, in recognition of its religious importance. But Jews were not allowed to visit the Western Wall during the 19 years when East Jerusalem was under Jordanian occupation. Yasir Arafat denied that Solomon’s Temple was even in Jerusalem, reflecting an increasingly common Palestinian denial of history. Would Jews be allowed to visit Jewish sites, and would those sites be respected, if the city were redivided? Doubtful, considering Palestinian attacks on such sites, which is one of the reasons why it shouldn’t be. The next argument is that any effort by Washington to recognize Jerusalem as Israel’s capital would set the proverbial Arab street on fire and perhaps lead to another intifada. But this misapprehends the nature of the street, which has typically been a propaganda tool of Arab leaders to channel domestic discontent and manipulate foreign opinion. And it also misrepresents the nature of the last intifada, which was a meticulously preplanned event waiting for a convenient pretext (Ariel Sharon’s September 2000 walk on the Temple Mount) to look like a spontaneous one. (…) Then again, recognition does several genuinely useful things. It belatedly aligns American words with deeds. It aligns word as well as deed with reality. And it aligns the United States with the country toward which we are constantly professing friendship even as we have spent seven decades stinting it of the most basic form of recognition. Recognition also tells the Palestinians that they can no longer hold other parties hostage to their demands. East Jerusalem could have been the capital of a sovereign Palestinian state 17 years ago, if Arafat had simply accepted the terms at Camp David. He didn’t because he thought he could dictate terms to stronger powers. Nations pay a price for the foolhardiness of their leaders, as the Kurds recently found out. (…) For the international community, that means helping Palestinians take steps to dismantle their current klepto-theocracy, rather than fueling a culture of perpetual grievance against Israel. Mahmoud Abbas is now approaching the 13th anniversary of his elected four-year term. Someone should point this out. Hamas has run Gaza for a decade, during which it has spent more time building rockets and terror tunnels than hotels or hospitals. Someone should point this out, too. It is indicative of the disastrous political choices that help explain 70 years of Palestinian failure. Meantime, Jerusalem is the capital of Israel. For those who have lived in denial, it must be some sort of shock. Bret Stephens
Although Israel’s government has been located in Jerusalem since its founding in 1948, the United States, like the rest of the world, hasn’t recognized the city as Israeli territory, even after the Arab-Israeli War in 1967, when Israel drove back Jordan from East Jerusalem and occupied it. Under the Oslo Accords, Israel promised to negotiate Jerusalem’s future as part of a peace agreement. It has been assumed that under any deal, the city would remain its capital. Palestinians anticipated being able to locate their capital in East Jerusalem and to have access to Muslim holy sites there. East Jerusalem was exclusively Arab in 1967, but Israel has steadily built settlements there, placing some 200,000 of its citizens among the Arab population and complicating any possible peace agreement. Mr. Trump boasts of being a consummate dealmaker, but dealmakers don’t usually make concessions before negotiations begin, as the president has here. The big winner is Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel, whose hard-line government has shown no serious interest in peace, at least not a two-state solution that could win Palestinian support. The blowback was swift. The Palestinian president, Mahmoud Abbas, warned of “dangerous consequences” to the peace process, while Jordan’s King Abdullah II, the royal palace said, cautioned against the move, “stressing that Jerusalem is the key to achieving peace and stability in the region and the world.” Turkey threatened to cut diplomatic ties with Israel; other criticism came from Egypt, the Arab League and France. King Salman of Saudi Arabia told Mr. Trump a decision on Jerusalem before a final peace deal would hurt talks and increase regional tensions. (…) But some analysts doubt Mr. Trump really wants a peace agreement and say any possible proposal may be intended as political cover so Israel and the Sunni Arabs, once enemies, can intensify their incipient collaboration against Iran. The constituency Mr. Trump is most clearly courting is his own political base of evangelicals and other pro-Israel hard-liners. His predecessors had also made pandering campaign promises in support of moving the American Embassy to Jerusalem. But once in office they chose not to prioritize their domestic politics over delicate peace diplomacy, and they put that promise on hold. Some optimists think that Mr. Trump could lessen the harm of a decision on Jerusalem by making clear he will not prejudge the future of East Jerusalem or other core questions like the borders of a Palestinian state. His track record so far gives little evidence that he has the temperament or skill to navigate such a nuanced position. The NYT
Seul contre tous. Donald Trump a ignoré tous les avertissements, polis ou pressants selon les dirigeants, toutes les suppliques, jusqu’à celle du pape François, avant d’annoncer, mercredi 6 décembre, sa décision de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël. Les réactions d’alarme et d’indignation qui ont accueilli cette décision au sein de la communauté internationale – à l’exception du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui a applaudi des deux mains – confirment, pour ceux qui en doutaient encore, que le président américain n’hésite à transgresser aucun tabou. Il est clair à présent que les Etats-Unis de Donald Trump ne se contentent pas de décider de façon unilatérale, en faisant fi de l’avis de leurs partenaires les plus proches. Ils ont entrepris le démantèlement d’un système de relations internationales qu’ils ont eux-mêmes édifié après la deuxième guerre mondiale. L’annonce de M. Trump sur Jérusalem est, tout simplement, un viol de la diplomatie comme mode de règlement des conflits. En vertu des accords d’Oslo, signés sous les auspices des Etats-Unis en 1993, Israël s’était engagé à négocier le statut futur de Jérusalem dans le cadre d’accords de paix. Le roi de Jordanie, l’un des dirigeants les plus modérés du Moyen-Orient, a souligné que la question de Jérusalem « est cruciale pour parvenir à la paix et la stabilité dans la région et dans le monde ». Le processus de paix lancé à Oslo est malheureusement aujourd’hui au point mort : il n’y a pas, à l’heure actuelle, de négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. Mais en rallumant l’étincelle de Jérusalem, le président américain prend ouvertement le risque d’accroître les tensions et de provoquer de nouvelles violences dans une région toujours au bord de l’explosion, sans pour autant préciser ses projets sur une relance d’un processus de paix. L’envoi du vice-président Michael Pence au Proche-Orient ne fait guère illusion à cet égard. Pis, par sa décision, M. Trump consacre la politique du fait accompli de M. Nétanyahou. Si le gouvernement israélien a été installé à Jérusalem dès 1948, Jérusalem-Est était entièrement arabe jusqu’à 1967. [sic] Depuis, à la faveur de colonies de peuplement construites par Israël, quelque 200 000 Israéliens se sont installés parmi les Palestiniens, rendant la question du statut de la ville encore plus complexe. Jérusalem capitale de l’Etat d’Israël est « une réalité », clame Donald Trump, évitant soigneusement de mentionner Jérusalem-Est comme possible capitale d’un Etat palestinien. Logiquement, ce raisonnement entérine aussi les colonies de peuplement dans les territoires occupés comme « une réalité », au mépris du droit international. Mais, pas plus que l’art de la diplomatie, le droit international n’entre visiblement pas dans les paramètres de la politique étrangère trumpienne, tout entière guidée par son obsession de rompre avec ses prédécesseurs et ses impératifs de politique intérieure – en l’occurrence le souci de satisfaire les chrétiens évangéliques et les lobbys pro-israéliens. La liste des engagements internationaux auxquels M. Trump a tourné le dos depuis son entrée en fonctions, en janvier, s’allonge (…) Le moment est venu de prendre acte de cette réalité. Comme cela se fait déjà pour l’accord sur le climat, il faut apprendre à contourner une administration fédérale américaine engagée dans une dangereuse déstabilisation de la communauté internationale. Le Monde
Amidst some questionable journalism about the American move to acknowledge the location of Israel’s capital, a passage in yesterday’s New York Times editorial stands out as particularly stunning and perverse. The editorial, titled « Does Trump Want Peace in the Middle East, » effectively ratifies the cleansing of Jews from Jerusalem’s Old City and other formerly Jewish areas of Jerusalem during the 1948 Independence War. In a paragraph criticizing the return of Jews to what the newspaper describes as « settlements » in those parts of Jerusalem, the editorial bases its disapproval on the fact that « East Jerusalem was exclusively Arab in 1967. » It is true that this section of Jerusalem was exclusively Arab in 1967. This is because Jews, long a majority and plurality in these parts of the city, were forced out in 1948, when the area was seized by Jordanian troops. Jerusalem neighborhoods like the Jewish Quarter, Shimon Hatzadik, and Silan indeed became Jew-free, their synagogues razed and their cemeteries desecrated. To consider the 19-year period during which Jews were exiled from the Old City and surrounding areas as the starting point of history, and to use it as a bludgeon to attack Israel and delegitimize the presence of Jews in eastern Jerusalem, effectively communicates the newspaper’s acceptance of the expulsion of the Jews and seeming endorsement of an ethically cleansed eastern Jerusalem. In 1948, the New York Times published the following account of Jews pouring out from the Old City walls: Thus the Jews have been eliminated from the City of David for the first time since the sixteenth century. Except for sixty years in the sixteenth century they are believed to have been there continuously since the return from the Babylonian captivity. New Jerusalem was largely created in the last seventy years. All last night and early today the noncombatants were trekking out through the Zion Gate over Mount Zion and through the Valley of Hinnon to the Yemin Moshe quarter from where they were driven to billets in the Katamon quarter. They are mostly orthodox and poor. This is why « east Jerusalem was exclusively Arab in 1967, » as today’s editorial writers who represent the voice of The New York Times know. To omit the purge of Jews from their neighborhoods and holy places while approvingly citing the ethnically « exclusive » nature of eastern Jerusalem amounts to the promotion of a revisionist history by The Times. Camera

Attention: un nettoyage ethnique peut en cacher un autre !

 Au lendemain de la décision historique du Président Trump …
De reconnaitre enfin en Jérusalem une réalité juive plus que multi-millénaire …
Quelle meilleure illustration comme le montre bien la réponse du site de réinformation Camera
De la mauvaise foi d’une communauté occidentale largement hostile à toute réelle avancée de situation dans la région …
Que cet ultime éditorial du quotidien de référence américain …
Suivi le lendemain de son homologue parisien
Mettant en cause la veille même de ladite annonce la volonté et la compétence de leur président sur la question …
Et lui attribuant de sombres projets d’expulsion de la présence arabe de la Ville sainte …
A l’instar de la photo illustrant l’article …
En contredisant d’ailleurs une autre d’un article précédent lui aussi hautement révisionniste
Sur la base justement d’une présentation tronquée et trompeuse de ladite réalité sur le terrain …
 Omettant notamment de préciser que la réalité « exclusivement arabe » de la ville en 1967  (Vieille ville et Quartier juif compris) …
Sans compter la prière face à la Mecque et donc fesses à Al Aqsa
N’a non seulement duré que 19 ans …
Mais résultait d’une éviction forcée de sa population juive par l’Armée jordanienne ?
Does President Trump Want Peace in the Middle East?
The editorial board
NYT
Dec. 5, 2017
In the debate over a potential Israeli-Palestinian peace agreement, no issue is more charged with emotion than the future of Jerusalem. Should the holy city be the capital of the Israelis alone or shared with the Palestinians?
Yet now, with no serious peace talks underway, President Trump is reportedly planning to grant the Israelis’ wish and confound the Palestinians by recognizing Jerusalem as Israel’s capital and moving the American Embassy there from Tel Aviv, thereby tossing aside decades of American diplomacy. Why?
Mr. Trump insists he is committed to achieving the “ultimate” Middle East peace agreement that eluded his predecessors. But his decision to tip the scales toward Israel on this critical matter, communicated to Arab and Israeli leaders on Tuesday, almost certainly will make an agreement harder to reach by inflaming doubts about America’s honesty and fairness as a broker in negotiations, raising new tension in the region and perhaps inciting violence.
Although Israel’s government has been located in Jerusalem since its founding in 1948, the United States, like the rest of the world, hasn’t recognized the city as Israeli territory, even after the Arab-Israeli War in 1967, when Israel drove back Jordan from East Jerusalem and occupied it. Under the Oslo Accords, Israel promised to negotiate Jerusalem’s future as part of a peace agreement. It has been assumed that under any deal, the city would remain its capital.
Palestinians anticipated being able to locate their capital in East Jerusalem and to have access to Muslim holy sites there. East Jerusalem was exclusively Arab in 1967, but Israel has steadily built settlements there, placing some 200,000 of its citizens among the Arab population and complicating any possible peace agreement.
Mr. Trump boasts of being a consummate dealmaker, but dealmakers don’t usually make concessions before negotiations begin, as the president has here. The big winner is Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel, whose hard-line government has shown no serious interest in peace, at least not a two-state solution that could win Palestinian support. The blowback was swift. The Palestinian president, Mahmoud Abbas, warned of “dangerous consequences” to the peace process, while Jordan’s King Abdullah II, the royal palace said, cautioned against the move, “stressing that Jerusalem is the key to achieving peace and stability in the region and the world.” Turkey threatened to cut diplomatic ties with Israel; other criticism came from Egypt, the Arab League and France. King Salman of Saudi Arabia told Mr. Trump a decision on Jerusalem before a final peace deal would hurt talks and increase regional tensions.
That Saudi warning might be expected, given that Jerusalem is home to the Aqsa Mosque and that the Saudi king holds the title of custodian of Islam’s two other holiest mosques, in Mecca and Medina. A Saudi-sponsored Arab peace initiative still on the table calls for a full Israeli withdrawal from East Jerusalem as part of a far-reaching deal. Yet the Saudis may well be edging away from that position. Mohammed bin Salman, the crown prince, has close ties to Jared Kushner, Mr. Trump’s son-in-law and Middle East adviser, who is drafting a comprehensive peace plan.
While that plan is not yet public, Crown Prince Mohammed is said to have outlined a proposal to Mr. Abbas last month that favored the Israelis more than any proposal previously embraced by the American government. Palestinians would get limited sovereignty over a state that covers only noncontiguous parts of the West Bank. Most Israeli settlements in the West Bank, which most of the world considers illegal, would remain. The Palestinians would not get East Jerusalem as their capital, and there would be no right of return for Palestinian refugees and their descendants.
No Palestinian leader could accept such a plan and retain popular support, and the White House and Saudis denied they are working on such ideas. But some analysts doubt Mr. Trump really wants a peace agreement and say any possible proposal may be intended as political cover so Israel and the Sunni Arabs, once enemies, can intensify their incipient collaboration against Iran.
The constituency Mr. Trump is most clearly courting is his own political base of evangelicals and other pro-Israel hard-liners. His predecessors had also made pandering campaign promises in support of moving the American Embassy to Jerusalem. But once in office they chose not to prioritize their domestic politics over delicate peace diplomacy, and they put that promise on hold.
Some optimists think that Mr. Trump could lessen the harm of a decision on Jerusalem by making clear he will not prejudge the future of East Jerusalem or other core questions like the borders of a Palestinian state. His track record so far gives little evidence that he has the temperament or skill to navigate such a nuanced position.

Voir aussi:

Ignoring Exile of Jews, NY Times Approvingly Notes East Jerusalem « Was Exclusively Arab in 1967 »
Gilead Ini
Camera
December 7, 2017

Amidst some questionable journalism about the American move to acknowledge the location of Israel’s capital, a passage in yesterday’s New York Times editorial stands out as particularly stunning and perverse.

The editorial, titled « Does Trump Want Peace in the Middle East, » effectively ratifies the cleansing of Jews from Jerusalem’s Old City and other formerly Jewish areas of Jerusalem during the 1948 Independence War.

In a paragraph criticizing the return of Jews to what the newspaper describes as « settlements » in those parts of Jerusalem, the editorial bases its disapproval on the fact that « East Jerusalem was exclusively Arab in 1967. »

new york times exclusively arab editorial

It is true that this section of Jerusalem was exclusively Arab in 1967. This is because Jews, long a majority and plurality in these parts of the city, were forced out in 1948, when the area was seized by Jordanian troops. Jerusalem neighborhoods like the Jewish Quarter, Shimon Hatzadik, and Silan indeed became Jew-free, their synagogues razed and their cemeteries desecrated.

To consider the 19-year period during which Jews were exiled from the Old City and surrounding areas as the starting point of history, and to use it as a bludgeon to attack Israel and delegitimize the presence of Jews in eastern Jerusalem, effectively communicates the newspaper’s acceptance of the expulsion of the Jews and seeming endorsement of an ethically cleansed eastern Jerusalem.

In 1948, the New York Times published the following account of Jews pouring out from the Old City walls:

Thus the Jews have been eliminated from the City of David for the first time since the sixteenth century. Except for sixty years in the sixteenth century they are believed to have been there continuously since the return from the Babylonian captivity. New Jerusalem was largely created in the last seventy years.

All last night and early today the noncombatants were trekking out through the Zion Gate over Mount Zion and through the Valley of Hinnon to the Yemin Moshe quarter from where they were driven to billets in the Katamon quarter. They are mostly orthodox and poor.

This is why « east Jerusalem was exclusively Arab in 1967, » as today’s editorial writers who represent the voice of The New York Times know. To omit the purge of Jews from their neighborhoods and holy places while approvingly citing the ethnically « exclusive » nature of eastern Jerusalem amounts to the promotion of a revisionist history by The Times.
Voir également:

New York Times Downplays Judaism’s Ties to Jerusalem
Ricki Hollander, Tamar Sternthal
Camera
December 7, 2017

In advance of President Trump’s official recognition of Jerusalem as Israel’s capital, The New York Times engaged in historical revisionism about Jerusalem with the publication of a lengthy background essay that minimizes historic Jewish ties to the city (« The Conflict in Jerusalem Is Dinstinctly Modern: Here’s the History« ). The article was filled with erroneous assertions, misleading quotes and belittling aspersions about Jewish belief.

The article’s historical departure point is « 1917-48: British Mandate, » and it begins with a quote, devoid of context, to imply that Jerusalem was relatively unimportant to Jews both before and during that time:

« It was for the British that Jerusalem was so important – they are the ones who established Jerusalem as a capital, » said Prof. Yeshoshua Ben-Arieh, a historical geographer at Hebrew University. « Before, it was not anyone’s capital since the times of the First and Second Temples. »

Not mentioned in the article is that the same professor noted in his book, Jerusalem in the Nineteenth Century, that under the Ottoman empire, in the 19th century, « Jerusalem became the principal town of Eretz Israel (or Palestine, as it was then known). » He wrote that the Jewish population comprised a majority in Jerusalem’s Old City, which prompted construction of new Jewish neighborhoods outside the walls of the Old City to accommodate the population growth. « By the start of the First World War, » Ben-Arieh wrote, « the Jewish community in Jerusalem numbered about 45,000, out of a population of 70,000 (with 12,000 Muslims and 13,000 Christians). »

Why would so many Jews want to live in Jerusalem, if it was unimportant to them? As the author explained in his book:

The basis for the great increase in the Jewish population of Jerusalem was the intense yearning for the eternal city and the flow of immigrants into it, which began, for religious motives, in the 1840’s. Jews continued to come to Jerusalem in the periods of the First and Second Aliyah as well.

During the period of early Zionism, Ben-Arieh acknowledged, Jews flocked more to Jerusalem than to the agricultural settlements outside the city because « many Jews preferred to come and settle in Jerusalem. »

Contrary to the article’s implication, Jerusalem remained the central focus of tradition, prayer, and yearning for the nearly two millenia after the destruction of the second Jewish Temple in 70 CE. Daily prayers (said while facing Jerusalem and the Temple Mount, Judaism’s holiest site) and grace after meals include multiple supplications for the restoration of Jerusalem and the temple. Jews observe the ninth day of the Hebrew month of Av, the date on which both the First and Second Temples were destroyed, as a day of mourning. The Jewish wedding ceremony concludes with the chanting of the biblical phrase, « If I forget thee, O Jerusalem, let my right hand forget its cunning, » and the breaking of a glass by the groom to commemorate the destruction of the Temples. And Yom Kippur services and the Passover Seder conclude each year with the phrase « Next Year in Jerusalem. »

While ignoring the inconvenient facts mentioned in Ben Arieh’s book, the article continues to offer quotes from those identified as experts to suggest that early Zionists did not care for Jerusalem.

« Zionism recoiled from Jerusalem, particularly the Old City…Jerusalem was regarded as a symbol of the diaspora… »

« Jerusalem was something of a backwater, a regression to a conservative culture that they were trying to move away from… »

And later:

The early Israeli state was hesitant to focus too much on Jerusalem, given pressure from the United Nations and from the European powers, according to Issam Nassar, a historian at Illinois State University.

Having accepted the idea of international control of Jerusalem, the early Israeli leadership sought alternatives for a capital, perhaps Herzliya or somewhere in the south. They also realized that not having control of Jerusalem’s holy sites might have some advantages, according to Dr. Ramon.

These quotes and paraphrases, however, are completely belied by the direct statements of Israel’s early leaders. Although they accepted the temporary exclusion of Jerusalem as part of the partition proposal, they did so very reluctantly, with the hope and belief that the status of the city would change in the intended referendum following the planned 10-year-period of internationalization. Below are excerpts from their statements, ignored by the article, which eloquently articulate Jerusalem’s place in pre- and early-state Zionist thinking:

Chaim Weizmann (Statement to Jerusalem’s Advisory Council, December 1, 1948):

Jerusalem holds a unique place in the heart of every Jew. Jerusalem is to us the quintessence of the Palestine idea. Its restoration symbolizes the redemption of Israel. Rome was to the Italians the emblem of their military conquests and political organization. Athens embodies for the Greeks the noblest their genius had wrought in art and thought. To us, Jerusalem has both a spiritual and a temporal significance. It is the City of God, the seat of our ancient sanctuary. But it is also the capital of David and Solomon, the City of the Great King, the metropolis of our ancient commonwealth.

To the followers of the two other great monotheistic religions, Jerusalem is a site of sacred associations and holy memories. To us it is that and more than that. It is the centre of our ancient national glory. It was our lodestar in all our wanderings. It embodies all that is noblest in our hopes for the future. Jerusalem is the eternal mother of the Jewish people, precious and beloved even its desolation. When David made Jerusalem the capital of Judea, on that day there began the Jewish Commonwealth. When Titus destroyed it on the 9th of Av, on that day, there ended the Jewish Commonwealth. But even though our Commonwealth was destroyed, we never gave up Jerusalem….

…An almost unbroken chain of Jewish settlement connects the Jerusalem of our day with the Holy City of antiquity. To countless generations of Jews in every land of their dispersion the ascent to Jerusalem was the highest that life could offer. In every generation, new groups of Jews from one part or another of our far-flung Diaspora came to settle here. For over a hundred years, we have formed the majority of its population. And now that, by the will of God, a Jewish Commonwealth has been re-established, is it to be conceived that Jerusalem – Jerusalem of all places – should be out of it?

David Ben Gurion (Statement to Knesset, December 5, 1949):

…Jewish Jerusalem is an organic and inseparable part of the state of Israel, as it is an inseparable part of the history and religion of Israel and of the soul of our people. Jerusalem is the very heart of the State of Israel. We feel pride in that Jerusalem is sanctified – also in the eyes of adherents of other faiths, and we freely and willingly are ready to make all the necessary arrangements to enable the adherents of the other faiths to enjoy their religious needs in Jerusalem. Moreover, we will give to the United Nations all our assistance to assure this. But we cannot conceive that the United Nations will try to tear Jerusalem form Israel or to impair the sovereignty of Israel in its eternal capital.

David Ben Gurion (Statement to Knesset, December 13, 1949):

From the establishment of the Provisional Government we made the peace, the security and the economic consolidation of Jerusalem our principal care. In the stress of war, when Jerusalem was under siege, we were compelled to establish the seat of Government in Ha’Kirya at Tel Aviv. But for the State of Israel there has always been and always will be one capital only – Jerusalem the Eternal. Thus it was 3,000 years ago – and thus it will be, we believe, until the end of time.

The article further deceives by suggesting that Jewish attachment to the city is an invention of recent decades, following Israel’s victory in the Six-Day-War. The article deceptively talks of a « new emphasis on Jerusalem as integral to Israel’s identity. »

This is obviously false. The newspaper’s current journalists authors and editors would be well-served by acquainting themselves with the history they purport to write about, perhaps even by reading archived editions of their own newspaper. Nearly seventy years ago, the New York Times, reporting on the expulsion of Jews from eastern Jerusalem, wrote:

Because it was important to religious Jews and also to many non-religious Zionists that Jews should live in the « City of David » at the spiritual center of Zion beside the Wailing [Western] Wall, which they consider to be part of the western wall of King Solomon’s Temple, the army of Israel was willing to pay a high price to defend this quarter. (May 30, 1948)

But apparently, the current crop of journalists at the New York Times prefer to rely on Rashid Khalidi, a Palestinian-American propagandist  and PLO associate under Yasir Arafat  who is quoted in support of their false assertion:

« [After 1967] Jerusalem became the center of a cult-like devotion that had not really existed previously, » said Rashid Khalidi, a professor of modern Arab studies at Columbia University. « This has now been fetishized to an extraordinary degree as hard-line religious nationalism has come to predominate in Israeli politics, with the Western Wall as its focus. »

« Cult-like? » « Fetishized? » « Not existed previously? » Not only is this quote outrageously dishonest, it diminishes and deprecates the reverence for Judaism’s holiest sites. It is hard to imagine the Times relying on similar slurs about Muslim devotion to Mecca, Medina or even the Al Aqsa Mosque.

But double standards and dishonesty apparently rule the day, even in a news article purporting to provide historical background of current events. It is all part of the revisionist history offered by the increasingly agenda-driven New York Times
Voir également:

Jerusalem Denial Complex

If nothing else, Donald Trump’s decision on Wednesday to recognize Jerusalem as Israel’s capital shows how disenthralled his administration is with traditional pieties about the Middle East. It’s about time.
One piety is that “Mideast peace” is all but synonymous with Arab-Israeli peace. Seven years of upheaval, repression, terrorism, refugee crises and mass murder in Libya, Egypt, Yemen, Iraq and Syria have put paid to that notion.
Another piety is that only an Israeli-Palestinian peace deal could reconcile the wider Arab world to the Jewish state. Yet relations between Jerusalem and Riyadh, Cairo, Abu Dhabi and Manama are flourishing as never before, even as the prospect of a Palestinian state is as remote as ever.
A third is that intensive mediation by the United States is essential to progress on the ground. Yet recent American involvement — whether at the Camp David summit in 2000 or John Kerry’s efforts in 2013 — has had mostly the opposite effect: diplomatic failure, followed by war.
Which brings us to Jerusalem, and the piety that pretending it isn’t what it is can be a formula for anything except continued self-delusion.
What Jerusalem is is the capital of Israel, both as the ancestral Jewish homeland and the modern nation-state. When Richard Nixon became the first American president to visit the country in 1974, he attended his state dinner in Jerusalem. It’s where President Anwar Sadat of Egypt spoke when he decided to make peace in 1977. It’s what Congress decided as a matter of law in 1995. When Barack Obama paid his own presidential visit to Israel in 2013, he too spent most of his time in Jerusalem.
So why maintain the fiction that Jerusalem isn’t the capital?
The original argument, from 1947, was that Jerusalem ought to be under international jurisdiction, in recognition of its religious importance. But Jews were not allowed to visit the Western Wall during the 19 years when East Jerusalem was under Jordanian occupation. Yasir Arafat denied that Solomon’s Temple was even in Jerusalem, reflecting an increasingly common Palestinian denial of history.
Would Jews be allowed to visit Jewish sites, and would those sites be respected, if the city were redivided? Doubtful, considering Palestinian attacks on such sites, which is one of the reasons why it shouldn’t be.
The next argument is that any effort by Washington to recognize Jerusalem as Israel’s capital would set the proverbial Arab street on fire and perhaps lead to another intifada.
But this misapprehends the nature of the street, which has typically been a propaganda tool of Arab leaders to channel domestic discontent and manipulate foreign opinion. And it also misrepresents the nature of the last intifada, which was a meticulously preplanned event waiting for a convenient pretext (Ariel Sharon’s September 2000 walk on the Temple Mount) to look like a spontaneous one.
Finally there’s the view that recognition is like giving your college freshman a graduation gift: a premature reward for an Israeli government that hasn’t yet done what’s needed to make a Palestinian state possible.
But this also gets a few things wrong. It will have no effect on whether or how a Palestinian state comes into being, whatever the current histrionics in Ramallah. And it’s not much of a bargaining chip, since most Israelis couldn’t care less where the embassy is ultimately located.
Then again, recognition does several genuinely useful things.
It belatedly aligns American words with deeds. It aligns word as well as deed with reality. And it aligns the United States with the country toward which we are constantly professing friendship even as we have spent seven decades stinting it of the most basic form of recognition.
Recognition also tells the Palestinians that they can no longer hold other parties hostage to their demands. East Jerusalem could have been the capital of a sovereign Palestinian state 17 years ago, if Arafat had simply accepted the terms at Camp David. He didn’t because he thought he could dictate terms to stronger powers. Nations pay a price for the foolhardiness of their leaders, as the Kurds recently found out.
Peace and a Palestinian state will come when Palestinians aspire to create a Middle Eastern Costa Rica — pacifist, progressive, neighborly and democratic — rather than another Yemen: by turns autocratic, anarchic, fanatical and tragic.
For the international community, that means helping Palestinians take steps to dismantle their current klepto-theocracy, rather than fueling a culture of perpetual grievance against Israel. Mahmoud Abbas is now approaching the 13th anniversary of his elected four-year term. Someone should point this out.
Hamas has run Gaza for a decade, during which it has spent more time building rockets and terror tunnels than hotels or hospitals. Someone should point this out, too. It is indicative of the disastrous political choices that help explain 70 years of Palestinian failure.
Meantime, Jerusalem is the capital of Israel. For those who have lived in denial, it must be some sort of shock.
Voir par ailleurs:
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An aerial view of Jerusalem’s Old City. Credit Ariel Schalit/Associated Press

In December 1917 — 100 years ago this month — the British general Edmund Allenby seized control of Jerusalem from its Ottoman Turkish defenders. Dismounting his horse, he entered the Old City on foot, through Jaffa Gate, out of respect for its holy status.

In the century since, Jerusalem has been fought over in varying ways, not only by Jews, Christians and Muslims but also by external powers and, of course, modern-day Israelis and Palestinians.

It is perhaps fitting that President Trump appears to have chosen this week to announce that the United States will recognize Jerusalem as Israel’s capital, despite concerns from leaders of Arab countries, Turkey and even close allies like France.

Conflicts over Jerusalem go back thousands of years — including biblical times, the Roman Empire and the Crusades — but the current one is a distinctly 20th-century story, with roots in colonialism, nationalism and anti-Semitism. The New York Times asked several experts to walk readers through pivotal moments of the past century.

1917-48: British Mandate

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British soldiers awaiting the arrival of Gen. Edmund Allenby at
Jaffa Gate in 1917. Credit Culture Club/Getty Images
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Palestinian prisoners in the Old City of Jerusalem during the British Mandate.
Credit Fox Photos, via Getty Images
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The British authorities deported Jewish immigrants from Haifa
in 1947. Credit Pinn Hans/Agence France-Press – Getty Images
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Haganah fighters in Jerusalem in April 1948.
Credit Israeli Government Press Office, via Getty Images

“It was for the British that Jerusalem was so important — they are the ones who established Jerusalem as a capital,” said Prof. Yehoshua Ben-Arieh, a historical geographer at Hebrew University. “Before, it was not anyone’s capital since the times of the First and Second Temples.”

The three decades of British rule that followed Allenby’s march on Jerusalem saw an influx of Jewish settlers drawn by the Zionist vision of a Jewish homeland, while the local Arab population adjusted to the reality of the collapse of the Ottoman Empire, which had ruled the city since 1517.

“Paradoxically, Zionism recoiled from Jerusalem, particularly the Old City,” said Amnon Ramon, senior researcher at the Jerusalem Institute for Policy Research. “First because Jerusalem was regarded as a symbol of the diaspora, and second because the holy sites to Christianity and Islam were seen as complications that would not enable the creation of a Jewish state with Jerusalem as its capital.”

Many early Zionists were secular European socialists, motivated more by concerns about nationalism, self-determination and escape from persecution than by religious visions.

“Jerusalem was something of a backwater, a regression to a conservative culture that they were trying to move away from,” according to Michael Dumper, professor in Middle East politics at the University of Exeter in England. “Tel Aviv was the bright new city on a hill, the encapsulation of modernity.”

For Arabs, he said: “There was still something of the shock at not being in the Ottoman Empire. There was a reordering of their society. The local Palestinian aristocracy, the big families of Jerusalem, emerged as leaders of the Palestinian national movement, which was suddenly being confronted by Jewish migration.”

Opposition to that migration fueled several deadly riots by Palestinians, while Jews chafed at British rule and at immigration restrictions imposed in 1939 — restrictions that blocked many Jews fleeing the Holocaust from entering. After the war, in 1947, the United Nations approved a partition plan that provided for two states — one Jewish, one Arab — with Jerusalem governed by a “special international regime” owing to its unique status.

1948-67: A Divided City

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David Ben-Gurion reading Israel’s Declaration of Independence
on May 14, 1948, in Tel Aviv.
Credit Zoltan Kluger/Israeli Government Press Office, via Getty Images
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Damaged buildings in Ben Yehuda Street in central Jerusalem
after car bombs in February 1948.
Credit Hugo H. Mendelsohn/Agence France-Presse — Getty Images
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Palestinians in Jerusalem leaving the Jewish sector to go to Arab
territory around 1948. Credit Three Lions/Getty Images
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Jews leaving a section of Jerusalem’s Old City in 1948. Credit John Phillips/The LIFE Picture Collection, via Getty Images

The Arabs rejected the partition plan, and a day after Israel proclaimed its independence in 1948, the Arab countries attacked the new state. They were defeated. Amid violence by militias and mobs on both sides, huge numbers of Jews and Arabs were displaced.

Jerusalem was divided: The western half became part of the new state of Israel (and its capital, under an Israeli law passed in 1950), while the eastern half, including the Old City, was occupied by Jordan. “For the Palestinians, it was seen as a rallying point,” Professor Dumper said.

Israel and Jordan, he said, were largely focused elsewhere. Israel built up its prosperous coastal areas — including Haifa, Tel Aviv and Ashkelon — into a thriving commercial zone, while the Jordanian king, Abdullah I, focused on the development of Amman, Jordan’s capital.

The early Israeli state was hesitant to focus too much on Jerusalem, given pressure from the United Nations and from the European powers, according to Issam Nassar, a historian at Illinois State University.

Having accepted the idea of international control of Jerusalem, the early Israeli leadership sought alternatives for a capital, perhaps Herzliya or somewhere in the south. They also realized that not having control of Jerusalem’s holy sites might have some advantages, according to Dr. Ramon.

While Israel moved many government functions to Jerusalem during the country’s first two decades, foreign governments largely avoided Jerusalem and opened embassies in Tel Aviv, in recognition of the United Nations resolution.

1967-93: Two Wars and an Intifada

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Israeli soldiers at the Aqsa Mosque during the Arab-Israeli War of 1967.
Credit Gilles Caron/Gamma-Rapho, via Getty Images
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After Israel seized East Jerusalem in 1967, its soldiers carried a
confiscated portrait of King Hussein of Jordan.
Credit Leonard Freed/Magnum Photos
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A wall dividing East and West Jerusalem, near the Damascus Gate,
in 1967. Credit Micha Bar-Am/Magnum Photos
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Palestinians and Israelis clashing in Jerusalem in 1993.
Credit Menahem Kahana/Agence France-Presse — Getty Images

No event has shaped the modern contest over Jerusalem as much as the Arab-Israeli War of 1967, in which Israel not only defeated invading Arab armies but also seized control of the Gaza Strip and the Sinai Peninsula from Egypt; the West Bank and East Jerusalem from Jordan; and the Golan Heights from Syria.

“The turning points in 1967 were two: the great victory, including the fast shift from fears of defeat before the war to euphoria and the feeling that everything was possible, and the emotional impact of occupying the Old City,” said Menachem Klein, a political scientist at Bar-Ilan University in Israel.

Images of Israeli soldiers praying at the Western Wall, to which they had been denied access during Jordanian rule, became seared into Israel’s national consciousness.

“Jerusalem became the center of a cultlike devotion that had not really existed previously,” said Rashid Khalidi, a professor of modern Arab studies at Columbia University. “This has now been fetishized to an extraordinary degree as hard-line religious nationalism has come to predominate in Israeli politics, with the Western Wall as its focus.”

The victory of the right-leaning party Likud in 1977, under the leadership of Menachem Begin, helped solidify this new emphasis on Jerusalem as integral to Israel’s identity. Religious settlers became more prominent in political life in Israel, beginning a long ascendance that has never really halted. Old-line socialists with roots in Russia and Eastern Europe gave way to a more diverse — and also more religious — population of Israelis with origins in the Middle East, North Africa and other regions.

As part of this shift, Jerusalem’s symbolic importance intensified. Its role in Jewish history was emphasized in military parades and curriculums, and students from across Israel were taken there on school visits. This process culminated in 1980, when lawmakers passed a bill declaring that “Jerusalem, complete and united, is the capital of Israel” — although Israel stopped short of annexing East Jerusalem, a move that would most likely have drawn international outrage.

1993-present: Oslo and Beyond

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Israeli soldiers refusing Palestinians entry into Jerusalem from
the West Bank in 2016. Credit Daniel Berehulak for The New York Times
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Palestinians hurling shoes at the Israeli police at the Aqsa Mosque
in 2001, during the second intifada. Credit Getty Images
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The scene after a Palestinian suicide bomber blew himself up in
West Jerusalem in 2001. Credit Getty Images
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Construction work in a Jewish settlement in the mainly Palestinian
eastern sector of Jerusalem in November.
Credit Ahmad Gharabli/Agence France-Presse — Getty Images

The 1993 Oslo accords provided for the creation of a Palestinian Authority to govern the West Bank and the Gaza Strip, while deferring a resolution on core issues: borders, refugees and Jerusalem’s status. In the nearly quarter-century since, the prospects for a lasting peace deal have seemed ever more elusive.

A visit by the right-wing politician Ariel Sharon in 2000 to the sacred complex known to Jews as the Temple Mount and to Muslims as the Noble Sanctuary — which contains Al Aqsa Mosque and the Dome of the Rock — set off violent clashes and led to a second Palestinian uprising that claimed the lives of about 3,000 Palestinians and 1,000 Israelis over five years.

Palestinians say that Jewish settlers have encroached on East Jerusalem, and that Israel has compounded the problem by revoking residency permits. Even so, the ethnic composition of Jerusalem’s population has remained about 30 percent to 40 percent Arab.

“The entire international community has been in accord that Israeli annexation and settlement of East Jerusalem since 1967 is illegal, and refuses to recognize Jerusalem as Israel’s capital,” Professor Khalidi said. “If Trump changes this position, given the importance of Jerusalem to Arabs and Muslims, it is hard to see how a sustainable Palestinian-Israeli agreement or lasting Arab-Israeli normalization is possible.”

Professor Ben-Arieh says the conflict over the city is likely to endure. “The Arab-Jewish conflict escalated into a nationalistic conflict, with Jerusalem at its center,” he said. “Jerusalem was a city holy to three religions, but the moment that, in the land of Israel, two nations grew — the Jewish people and the local Arab people — both embraced Jerusalem. More than Jerusalem needed them, they needed Jerusalem. »

 Voir enfin:

Donald Trump, seul contre tous

Editorial. En décidant de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël, le président américain transgresse les règles de la diplomatie, piétine les accords passés et s’isole un peu plus.

Le Monde

Editorial du « Monde ». Seul contre tous. Donald Trump a ignoré tous les avertissements, polis ou pressants selon les dirigeants, toutes les suppliques, jusqu’à celle du pape François, avant d’annoncer, mercredi 6 décembre, sa décision de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël. Les réactions d’alarme et d’indignation qui ont accueilli cette décision au sein de la communauté internationale – à l’exception du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui a applaudi des deux mains – confirment, pour ceux qui en doutaient encore, que le président américain n’hésite à transgresser aucun tabou.

Il est clair à présent que les Etats-Unis de Donald Trump ne se contentent pas de décider de façon unilatérale, en faisant fi de l’avis de leurs partenaires les plus proches. Ils ont entrepris le démantèlement d’un système de relations internationales qu’ils ont eux-mêmes édifié après la deuxième guerre mondiale. L’annonce de M. Trump sur Jérusalem est, tout simplement, un viol de la diplomatie comme mode de règlement des conflits.

En vertu des accords d’Oslo, signés sous les auspices des Etats-Unis en 1993, Israël s’était engagé à négocier le statut futur de Jérusalem dans le cadre d’accords de paix. Le roi de Jordanie, l’un des dirigeants les plus modérés du Moyen-Orient, a souligné que la question de Jérusalem « est cruciale pour parvenir à la paix et la stabilité dans la région et dans le monde ». Le processus de paix lancé à Oslo est malheureusement aujourd’hui au point mort : il n’y a pas, à l’heure actuelle, de négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Mépris du droit international

Mais en rallumant l’étincelle de Jérusalem, le président américain prend ouvertement le risque d’accroître les tensions et de provoquer de nouvelles violences dans une région toujours au bord de l’explosion, sans pour autant préciser ses projets sur une relance d’un processus de paix. L’envoi du vice-président Michael Pence au Proche-Orient ne fait guère illusion à cet égard.

Pis, par sa décision, M. Trump consacre la politique du fait accompli de M. Nétanyahou. Si le gouvernement israélien a été installé à Jérusalem dès 1948, Jérusalem-Est était entièrement arabe jusqu’à 1967. Depuis, à la faveur de colonies de peuplement construites par Israël, quelque 200 000 Israéliens se sont installés parmi les Palestiniens, rendant la question du statut de la ville encore plus complexe. Jérusalem capitale de l’Etat d’Israël est « une réalité », clame Donald Trump, évitant soigneusement de mentionner Jérusalem-Est comme possible capitale d’un Etat palestinien. Logiquement, ce raisonnement entérine aussi les colonies de peuplement dans les territoires occupés comme « une réalité », au mépris du droit international.

Mais, pas plus que l’art de la diplomatie, le droit international n’entre visiblement pas dans les paramètres de la politique étrangère trumpienne, tout entière guidée par son obsession de rompre avec ses prédécesseurs et ses impératifs de politique intérieure – en l’occurrence le souci de satisfaire les chrétiens évangéliques et les lobbys pro-israéliens.

Contourner les Etats-Unis

La liste des engagements internationaux auxquels M. Trump a tourné le dos depuis son entrée en fonctions, en janvier, s’allonge : l’accord de libre-échange transpacifique ; l’accord de Paris sur le climat ; l’accord sur le nucléaire iranien ; l’Unesco, dont Washington et Israël ont annoncé leur retrait ; l’Organisation mondiale du commerce (OMC), où les délégués américains sont de plus en plus réfractaires, et, tout récemment, le pacte mondial sur la gestion des migrants et des réfugiés adopté à l’ONU. Sans parler du discours très offensif à l’égard du système multilatéral prononcé par M. Trump en septembre devant l’Assemblée générale des Nations unies et de la destruction de l’appareil diplomatique américain. Cette liste est suffisamment longue pour faire prendre conscience aux alliés des Etats-Unis que le monde est entré dans une nouvelle ère.

Le moment est venu de prendre acte de cette réalité. Comme cela se fait déjà pour l’accord sur le climat, il faut apprendre à contourner une administration fédérale américaine engagée dans une dangereuse déstabilisation de la communauté internationale.

Voir par ailleurs:

VIDÉO – Jérusalem, capitale d’Israël ? Pour Alain Finkielkraut, « la décision de Trump risque d’embraser la région »

PARTI PRIS – Invité de « L’Entretien d’Audrey » sur LCI ce dimanche, le philosophe Alain Finkielkraut a dénoncé la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Il a aussi jugé que le Crif avait outrepassé ses prérogatives en demandant à Emmanuel Macron de suivre la voie de son homologue américain.

« Catastrophique ». C’est l’adjectif employé par Alain Finkielkraut pour dénoncer la décision historique de Donald Trump de reconnaîre Jérusalem comme la capitale d’Israël. Invité ce dimanche de « L’Entretien d’Audrey » sur LCI, le philosophe et écrivain s’est prononcé contre le choix du président des États-Unis, qui a d’ailleurs ravivé les tensions autour de la bande de Gaza.

« Je partage l’attachement à Israël, de tous les juifs, mais d’un autre côté, la décision de Trump me paraît catastrophique parce qu’elle risque d’embraser la région, parce qu’elle risque d’empêcher la reprise des négociations entre les Palestiens et les Israéliens. Les Américains auraient dû procéder tout autrement », a-t-il regretté, fustigeant également la position du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu : « Il ne propose rien aux Palestiniens. Il les pousse au désespoir et à l’extrémisme. »

Dans la foulée de cette prise de position par Trump, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et le Consistoire ont appelé dès jeudi le président français Emmanuel Macron à faire de même. Une déclaration qui ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté juive, allant même jusqu’à la crisper, a estimé Finkielkraut. « Le Crif me semble sortir de ses prérogatives et je ne suis pas sûr qu’il soit répresentatif dans le monde juif. La plupart des juifs, pas tous, sont attachés à Israël, soucieux d’Israël et sont conscients de la vulnérabilité d’Israël (…). Il n’en reste pas moins que tous les juifs ne sont pas d’accord avec la politique de Netanyahu. Le Crif, au lieu de demander à Macron de s’aligner sur Trump, devrait lui ne pas s’aligner sur Netanyahu et le gouvernement d’Israël parce que ces décisions peuvent être et doivent être discutées.

Interrogé sur une (possible) montée de l’antisémitisme en France suite à ces deux décisions communes qu’il « dénonce », Alain Finkielkraut a estimé qu’il « était possible qu’elles alimentent cette haine ». « Aujourd’hui, il y a en effet un nouveau antisémiste qui prend prétexte de la situation faite aux Palestiniens pour attaquer, voire molester, des juifs comme on l’a vu tout récemment à Livry-Gargan (en Seine-Saint-Denis, ndlr). Ce prétexte palestinien ne doit pas être accepté. »


Syrie: Obama a menti, des milliers ont péri (With Syria and Iran, we’re coming to grips with the human and strategic price of the Obama administration’s mendacity)

13 avril, 2017

Bush a menti, des milliers ont péri. Slogan bien connu (2003)
Il est 3 heures du matin, le téléphone sonne à la Maison Blanche. Qui voulez-vous voir au bout du fil ? Hillary Clinton
Chemical and biological weapons which Saddam is endeavoring to conceal have been moved from Iraq to Syria. Ariel Sharon (Israel’s Channel 2, Dec. 23, 2002)
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin (05.02.2003)
Damascus has an active CW development and testing program that relies on foreign suppliers for key controlled chemicals suitable for producing CW. George Tenet (CIA, March 2004)
Saddam transferred the chemical agents from Iraq to Syria. No one went to Syria to find it. Lieutenant General Moshe Yaalon
There are weapons of mass destruction gone out from Iraq to Syria, and they must be found and returned to safe hands. I am confident they were taken over. (…) Saddam realized, this time, the Americans are coming. They handed over the weapons of mass destruction to the Syrians. General Georges Sada (2006)
Comme l’exemple d’usage chimique contre les populations kurdes de 1987-1988 en avait apporté la preuve, ces armes avaient aussi un usage interne. Thérèse Delpech (mars 2003)
Les inspecteurs n’ont jamais pu vérifier ce qu’il était advenu de 3,9 tonnes de VX (…) dont la production entre 1988 et 1990 a été reconnue par l’Irak. Bagdad a déclaré que les destructions avaient eu lieu en 1990 mais n’en a pas fourni de preuves. En février 2003 (…) un document a été fourni [par Bagdad] à l’Unmovic pour tenter d’expliquer le devenir d’environ 63 % du VX manquant. Auparavant, les Irakiens prétendaient ne pas détenir un tel document. » Idem pour l’anthrax, dont l’Irak affirmait avoir détruit le stock en 1991. Mais, « en mars 2003, l’Unmovic concluait qu’il existait toujours, très probablement, 10 000 litres d’anthrax non détruits par l’Irak... Comme pour le VX, l’Irak a fourni à l’ONU, en février 2003, un document sur ce sujet qui ne pouvait permettre de conclure quelles quantités avaient été détruites … Thérèse Delpech (2004)
While Western governments were able to pressure Moscow to alter its weapons shipments, Bashar al-Assad may not have limited himself to over-the-counter weapons purchases. The Syrian military’s unconventional weapons arsenal already has a significant stockpile of sarin. The Syrian regime has also attempted to produce other toxic agents in order to advance its inventory of biological weapons. Several different intelligence sources raised red flags about suspicious truck convoys from Iraq to Syria in the days, weeks, and months prior to the March 2003 invasion of Iraq. These concerns first became public when, on December 23, 2002, Ariel Sharon stated on Israeli television, « Chemical and biological weapons which Saddam is endeavoring to conceal have been moved from Iraq to Syria. » About three weeks later, Israel’s foreign minister repeated the accusation. The U.S., British, and Australian governments issued similar statements. The Syrian foreign minister dismissed such charges as a U.S. attempt to divert attention from its problems in Iraq. But even if the Syrian regime were sincere, Bashar al-Assad’s previous statement— »I don’t do everything in this country, »—suggested that Iraqi chemical or biological weapons could cross the Syrian frontier without regime consent. Rather than exculpate the Syrian regime, such a scenario makes the presence of Iraqi weapons in Syria more worrisome, for it suggests that Assad might either eschew responsibility for their ultimate custody or may not actually be able to prevent their transfer to terrorist groups that enjoy close relations with officials in his regime. Two former United Nations weapon inspectors in Iraq reinforced concerns about illicit transfer of weapon components into Syria in the wake of Saddam Hussein’s fall. Richard Butler viewed overhead imagery and other intelligence suggesting that Iraqis transported some weapons components into Syria. Butler did not think « the Iraqis wanted to give them to Syria, but … just wanted to get them out of the territory, out of the range of our inspections. Syria was prepared to be the custodian of them. » Former Iraq Survey Group head David Kay obtained corroborating information from the interrogation of former Iraqi officials. He said that the missing components were small in quantity, but he, nevertheless, felt that U.S. intelligence officials needed to determine what reached Syria. Baghdad and Damascus may have long been rivals, but there was precedent for such Iraqi cooperation with regional competitors when faced with an outside threat. In the run-up to the 1991 Operation Desert Storm and the liberation of Kuwait, the Iraqi regime flew many of its jets to Iran, with which, just three years previous, it had been engaged in bitter trench warfare. Subsequent reports by the Iraq Survey Group at first glance threw cold water on some speculation about the fate of missing Iraqi weapons, but a closer read suggests that questions about a possible transfer to Syria remain open. The September 30, 2004 Duelfer report, while inconclusive, left open such a possibility. While Duelfer dismissed reports of official transfer of weapons material from Iraq into Syria, the Iraq Survey Group was not able to discount the unofficial movement of limited material. Duelfer described weapons smuggling between both countries prior to Saddam’s ouster. In one incident detailed by a leading British newspaper, intelligence sources assigned to monitor Baghdad’s air traffic raised suspicions that Iraqi authorities had smuggled centrifuge components out of Syria in June 2002. The parts were initially stored in the Syrian port of Tartus before being transported to Damascus International Airport. The transfer allegedly occurred when Iraqi authorities sent twenty-four planes with humanitarian assistance into Syria after a dam collapsed in June 2002, killing twenty people and leaving some 30,000 others homeless. Intelligence officials do not believe these planes returned to Iraq empty. Regardless of the merits of this one particular episode, it is well documented that Syria became the main conduit in Saddam Hussein’s attempt to rebuild his military under the 1990-2003 United Nations sanctions, and so the necessary contacts between regimes and along the border would already have been in place. Indeed, according to U.S. Defense Department sources, the weapons smuggling held such importance for the Syrian regime that the trade included Assad’s older sister and his brother-in-law, Assaf Shawqat, deputy chief of Syria’s military intelligence organization. Numerous reports also implicate Shawqat’s two brothers who participated in the Syrian-Iraqi trade during the two years before Saddam’s ouster. While the Duelfer report was inconclusive, part of its failure to tie up all loose ends was due to declining security conditions in Iraq, which forced the Iraq Survey Group to curtail its operations. The cloud of suspicion over the Syrian regime’s role in smuggling Iraq’s weapons—and speculation as to the nature of those weapons—will not dissipate until Damascus reveals the contents of truck convoys spotted entering Syria from Iraq in the run-up to the March 2003 U.S.-led invasion of Iraq. U.S. intelligence officials and policymakers also will not be able to end speculation until Bashar al-Assad completely and unconditionally allows international inspectors to search suspected depots and interview key participants in the Syrian-Iraqi weapons trade. Four repositories in Syria remain under suspicion. Anonymous U.S. sources have suggested that some components may have been kept in an ammunition facility adjacent to a military base close to Khan Abu Shamat, 30 miles (50 kilometers) west of Damascus. In addition, three sites in the western part of central Syria, an area where support for the Assad regime is strong, are reputed to house suspicious weapons components. These sites include an air force factory in the village of Tall as-Sinan; a mountainous tunnel near Al-Baydah, less than five miles from Al-Masyaf (Masyaf); and another location near Shanshar. While the Western media often focus on the fate of Iraqi weapons components, just as important to Syrian proliferation efforts has been the influx of Iraqi weapons scientists. The Daily Telegraph reported prior to the 2003 Iraq war that Iraq’s former special security organization and Shawqat arranged for the transfer into Syria of twelve mid-level Iraqi weapons specialists, along with their families and compact disks full of research material on their country’s nuclear initiatives. According to unnamed Western intelligence officials cited in the report, Assad turned around and offered to relocate the scientists to Iran, on the condition that Tehran would share the fruits of their research with Damascus. The Middle East Quarterly (Fall 2005)
Syria’s President Bashir al-Asad is in secret negotiations with Iran to secure a safe haven for a group of Iraqi nuclear scientists who were sent to Damascus before last year’s war to overthrow Saddam Hussein. Western intelligence officials believe that President Asad is desperate to get the Iraqi scientists out of his country before their presence prompts America to target Syria as part of the war on terrorism.The issue of moving the Iraqi scientists to Iran was raised when President Asad made a visit to Teheran in July. Intelligence officials understand that the Iranians have still to respond to the Syrian leader’s request.  A group of about 12 middle-ranking Iraqi nuclear technicians and their families were transported to Syria before the collapse of Saddam’s regime. The transfer was arranged under a combined operation by Saddam’s now defunct Special Security Organisation and Syrian Military Security, which is headed by Arif Shawqat, the Syrian president’s brother-in-law. The Iraqis, who brought with them CDs crammed with research data on Saddam’s nuclear programme, were given new identities, including Syrian citizenship papers and falsified birth, education and health certificates. Since then they have been hidden away at a secret Syrian military installation where they have been conducting research on behalf of their hosts. Growing political concern in Washington about Syria’s undeclared weapons of mass destruction programmes, however, has prompted President Asad to reconsider harbouring the Iraqis. American intelligence officials are concerned that Syria is secretly working on a number of WMD programmes. They have also uncovered evidence that Damascus has acquired a number of gas centrifuges – probably from North Korea – that can be used to enrich uranium for a nuclear bomb. Relations between Washington and Damascus have been strained since last year’s war in Iraq, with American commanders accusing the Syrians of allowing foreign fighters to cross the border into Iraq, where they carry out terrorist attacks against coalition forces. (…) Under the terms of the deal President Asad offered the Iranians, the Iraqi scientists and their families would be transferred to Teheran together with a small amount of essential materials. The Iraqi team would then assist Iranian scientists to develop a nuclear weapon. Apart from paying the relocation expenses, President Asad also wants the Iranians to agree to share the results of their atomic weapons research with Damascus. The Syrian offer comes at a time when Iran is under close scrutiny from the International Atomic Energy Agency (IAEA) which is investigating claims that Iran is maintaining a secret nuclear bomb programme.  The Daily Telegraph
The pilots told Mr. Sada that two Iraqi Airways Boeings were converted to cargo planes by removing the seats, Mr. Sada said. Then Special Republican Guard brigades loaded materials onto the planes, he said, including « yellow barrels with skull and crossbones on each barrel. » The pilots said there was also a ground convoy of trucks. The flights – 56 in total, Mr. Sada said – attracted little notice because they were thought to be civilian flights providing relief from Iraq to Syria, which had suffered a flood after a dam collapse in June of 2002. (…) Mr. Sada said that the Iraqi official responsible for transferring the weapons was a cousin of Saddam Hussein named Ali Hussein al-Majid, known as « Chemical Ali. » The Syrian official responsible for receiving them was a cousin of Bashar Assad who is known variously as General Abu Ali, Abu Himma, or Zulhimawe. (…) Syria is one of only eight countries that has not signed the Chemical Weapons Convention, a treaty that obligates nations not to stockpile or use chemical weapons. Syria’s chemical warfare program, apart from any weapons that may have been received from Iraq, has long been the source of concern to America, Israel, and Lebanon. The NY Sun
Even when viewed through a post-war lens, documentary evidence of messages are consistent with the Iraqi Survey Group’s conclusion that Saddam was at least keeping a WMD program primed for a quick re-start the moment the UN Security Council lifted sanctions. Iraqi Perpectives Project (March 2006)
By late 2003, even the Bush White House’s staunchest defenders were starting to give up on the idea that there were weapons of mass destruction in Iraq. But WikiLeaks’ newly-released Iraq war documents reveal that for years afterward, U.S. troops continued to find chemical weapons labs, encounter insurgent specialists in toxins and uncover weapons of mass destruction. Wired magazine (2010)
It’s more than a little ironic that, with its newest document dump from the Iraq campaign, WikiLeaks may have just bolstered one of the Bush administration’s most controversial claims about the Iraq war: that Iran supplied many of the Iraq insurgency’s deadliest weapons and worked hand-in-glove with some of its most lethal militias. The documents indicate that Iran was a major combatant in the Iraq war, as its elite Quds Force trained Iraqi Shiite insurgents and imported deadly weapons like the shape-charged Explosively Formed Projectile bombs into Iraq for use against civilians, Sunni militants and U.S. troops. A report from 2006 claims “neuroparalytic” chemical weapons from Iran were smuggled into Iraq. (It’s one of many, many documents recounting WMD efforts in Iraq.) Others indicate that Iran flooded Iraq with guns and rockets, including the Misagh-1 surface-to-air missile, .50 caliber rifles, rockets and much more. As the New York Times observes, Iranian agents plotted to kidnap U.S. troops from out of their Humvees — something that occurred in Karbala in 2007, leaving five U.S. troops dead. (It’s still not totally clear if the Iranians were responsible.) Wired (2010)
Les lamentations sur ce qui est advenu de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient passent à côté de l’essentiel. Le plus remarquable concernant la diplomatie du président Obama dans la région, c’est qu’elle est revenue au point de départ – jusqu’au début de sa présidence. La promesse d’ « ouverture » vers l’Iran, l’indulgence envers la tyrannie de Bashar Assad en Syrie, l’abandon des gains américains en Irak et le malaise systématique à l’égard d’Israël — tels étaient les traits distinctifs de l’approche du nouveau président en politique étrangère. A présent, nous ne faisons qu’assister aux conséquences alarmantes d’une perspective aussi malavisée que naïve. Fouad Ajami (oct. 2013)
The policy of “leading from behind” and the crudity of “We came, we saw, he [Qaddafi] died” have left a human tragedy in Libya. Backing the Muslim Brotherhood in Egypt was an inexplicable choice, and it almost ruined the country. The United States did not need to hound and jail an innocent video maker in order to concoct a myth to cover up the culpable lax security in Benghazi. Yemen was strangely declared a model of our anti-terrorism efforts — just weeks before it ignited into another Somalia or Congo. ISIS was airily written off as a jayvee bunch as it spread beyond Syria and Iraq. There is little need to do a detailed comparison of Iraq now and Iraq in February 2009 (when it was soon to be the administration’s “greatest achievement,” a “stable” and “self-reliant” nation); the mess in between is attributable to Obama’s use of the aftermath of the Iraq War for pre-election positioning. Ordering Assad to flee while ignoring the violence in Syria and proclaiming a faux red line has now tragically led to a million refugees in Europe (and another 4 million in the neighborhood) and more than 200,000 dead. Israel is now considered not an ally, not even a neutral, but apparently a hostile state worthy of more presidential invective than is Iran. We have few if any reliable friends any more in the Gulf. Iran will become a nuclear power. The only mystery over how that will happen is whether Obama was inept or whether he deliberately sought to make the theocracy some sort of a strategic power and U.S. ally. The Middle East over the next decade may see three or four additional new nuclear powers. The Russia of kleptocrat Vladimir Putin is seen in the region as a better friend than is the U.S. — and certainly a far more dangerous enemy to provoke. There is no easy cure for all this; it will take years just to sort out the mess. Victor Davis Hanson
Ce que les Rosenberg avaient fait pour Staline, Obama le fait aujourd’hui pour l’ayatollah Khamenei. Le méprisable accord nucléaire d’Obama avec l’Iran a déjà précipité l’agression iranienne dans la région. En réponse aux concessions faites par Obama, Hillary Clinton et John Kerry, l’Iran raidissait son attitude et devenait plus agressif. À l’heure actuelle, l’Iran est impliqué dans des guerres dans la région, entrainant déjà les États-Unis dans leur sillage. Si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, ces guerres s’aggraveront et deviendront beaucoup plus dévastatrices. Ce n’est pas seulement Chamberlain. C’est Quisling et Philippe Pétain. Il ne s’agit nullement d’un mauvais jugement. Il s’agit d’une trahison. (…) En ouvrant à l’Iran la voie vers la bombe nucléaire, Obama a transformé les conflits lents du terrorisme classique en crise de civilisations catastrophique. Une bombe nucléaire iranienne ne se faufilera pas discrètement comme le fait la crise démographique de la migration musulmane avec son complément de terrorisme. Ce ne sera pas un problème progressif. Une course aux armes nucléaires entre sunnites et chiites impliquant des terroristes des deux côtés qui emploient des armes nucléaires rendra insoutenable toute la structure de la civilisation occidentale. L’attaque du 11/9 a vu l’usage de quelques jets pour dévaster une ville. La prochaine vague d’armes pourrait tuer des millions, pas des milliers. Les traîtres qui ont fait de l’URSS une puissance capable de détruire le monde étaient motivés par le même agenda caché des partisans à l’accord nucléaire iranien. Ils croyaient que le monopole nucléaire américain conduirait à l’arrogance et au bellicisme. Ils étaient convaincus que la puissance américaine devrait être surveillée en s’assurant que l’union soviétique puisse égaler l’oncle Sam, nucléaire pour nucléaire. Ceux qui ont ouvert les portes du nucléaire à Téhéran aujourd’hui croient qu’un Iran nucléaire aura un effet dissuasif contre l’impérialisme américain dans la région. Leur nombre inclut Barack Obama.(…) Obama a trahi l’Amérique. Il a trahi les victimes américaines du terrorisme iranien. Il a trahi les soldats américains qui ont été assassinés, mutilés et torturés par les armées terroristes iraniennes. Il a trahi des centaines de millions d’Américains dans leur patrie, et qui seront contraints d’élever leurs enfants sous l’égide de la terreur nucléaire iranienne. Sa trahison nucléaire est non seulement une trahison de l’Amérique. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, elle ouvre les portes de l’assassinat en masse de millions d’américains par un ennemi vicieux. Obama a appauvri des millions d’Américains, il a le sang des soldats et des policiers sur ses mains, mais son héritage final peut être la collaboration dans un acte d’assassinat en masse qui pourrait rivaliser avec Adolf Hitler. Daniel Greenfield
Pour nous, la ligne rouge, c’est l’utilisation d’armes chimiques  ; ça changerait ma vision des choses. Barack Hussein Obama
Je suis convaincu que si cet accord-cadre mène à un accord total et définitif, notre pays, nos alliés et le monde seront plus en sécurité. L’Iran sera « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde. Si l’Iran triche, le monde le saura. Si nous voyons quelque chose de louche, nous mènerons des inspections.  Cet accord n’est pas basé sur la confiance, il est basé sur des vérifications sans précédent. Barack Hussein Obama (2015)
Il y a un manuel de stratégie à Washington que les présidents sont censés utiliser. (…) Et le manuel de stratégie prescrit des réponses aux différents événements, et ces réponses ont tendance à être des réponses militarisées. (…) Au milieu d’un défi international comme la Syrie, vous êtes jugé sévèrement si vous ne suivez pas le manuel de stratégie, même s’il y a de bonnes raisons. (…) Je suis très fier de ce moment.  Le poids écrasant de la sagesse conventionnelle et la machinerie de notre appareil de sécurité nationale était allés assez loin. La perception était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu. Et donc pour moi d’appuyer sur le bouton arrêt à ce moment-là, je le savais, me coûterait cher politiquement. Le fait que je pouvais me débarrasser des pressions immédiates et réfléchir sur ce qui  était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement à l’égard de la Syrie, mais aussi à l’égard de notre démocratie, a été une décision très difficile – et je crois que finalement, ce fut la bonne décision à prendre. (…) Je suppose que vous pourriez me qualifier de réaliste qui croit que nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde. Barack Hussein Obama (2016)
Je ne regrette pas du tout d’avoir dit que si je voyais Bachar al-Assad utiliser des armes chimiques contre son peuple, cela changerait mon évaluation sur ce que nous étions prêts à faire ou pas en Syrie. J’aurais fait une plus grande erreur si j’avais dit ‘Eh, des armes chimiques. Ça ne change pas vraiment mes calculs’. Je pense qu’il était important pour moi en tant que président des États-Unis d’envoyer le message qu’il y a bien quelque chose de différent sur les armes chimiques. Et malgré la façon dont ça s’est fini (…) ce qui est vrai c’est qu’Assad s’est débarrassé de ses armes chimiques. Barack Hussein Obama (15.01.2017)
Nous avons réussi à faire en sorte que le gouvernement syrien abandonne volontairement et de manière évidente son stock d’armes chimiques. Susan Rice (16.01.2017)
Cette interrogation n’en finit pas de tourmenter  Barack Obama. A-t-il pris, ce jour-là, la bonne décision  ? De cette décision il a affirmé être  « fier », mais il a aussi assuré, dans une même interview, que  le dossier syrien est  «  son plus grand regret  ».  Par prudence, mieux vaut dire tout et son contraire, car il  sait ce qu’on en pense  : sa décision a changé la face  du monde. La plus grave attaque chimique depuis  la Seconde Guerre mondiale demeurée impunie  ? La  victoire de Bachar el-Assad  ? L’ascension des djihadistes  ? La montée en puissance des Russes au Moyen- Orient, en Europe et au-delà  ? L’effacement de l’Occident  ? Peut-être même la victoire de Donald Trump  ?  Tout partirait de son choix, de cette journée-là. Le 30 août 2013 (…) Le matin même,  il a annoncé publiquement réfléchir à  «  une action limitée contre Bachar  ».  Ses alliés français, la Ligue arabe,  l’Australie fourbissent leurs armes. Kerry a quasiment  annoncé la réplique américaine  :  « La crédibilité du président comme celle des Etats-Unis sont engagées.  »  Et même  :  « L’Histoire nous jugerait sévèrement si on ne faisait rien » … A  vrai  dire,  il  n’aurait  jamais  pensé  se  retrouver  dans cette situation. Autour de la table, chacun a en  tête  sa  conférence  de  presse  donnée  un  an  auparavant, presque jour pour jour, le 20 août 2012, et une  phrase. Un journaliste lui avait demandé ce qui pourrait infléchir sa position, pour le moins prudente, sur  le conflit syrien, lui qui refuse d’armer les rebelles.  «  Pour nous, la ligne rouge, c’est l’utilisation d’armes chimiques  ; ça changerait ma vision des choses  »,  avait-il  répondu. A question imprévue réponse non préparée. Ses  conseillers avaient été interloqués. Certes, El-Assad  avait été mis en garde par des canaux discrets, mais  rendre  publique  une  ligne  rouge  n’est  jamais  une   bonne chose. On s’était promptement rassuré  ; le régime  syrien  semblait  tellement  affaibli  qu’il  n’oserait pas s’attirer les foudres du président des Etats-Unis. Il a pourtant osé, comme en témoignent les schémas et les photos satellites qu’on diffuse dans la salle  de crise. Il y a eu d’abord de petites attaques chimiques  au printemps. Puis, devant l’absence de réactions, le  21 août 2013, cette attaque d’ampleur dans la banlieue  de Damas, plus tard contestée  (…).  Bachar  a-t-il voulu tester les Etats-Unis  ? Ou, simplement, son  armée n’avait-elle pas d’autres moyens de terrifier sa  population insurgée  ? On ne sait pas. Auprès de Philip Gordon, Obama a insisté  :  «  Il nous faut des preuves.  »  «  Le président était hanté par l’Irak et ne voulait pas entrer  en  guerre  sur  la  base  de  simples  suspicions» ,  témoigne   Gordon. Mais les preuves sont là. Les obus au gaz sarin tirés par le camp loyaliste ont tué environ 1  400  personnes, dont beaucoup d’enfants, selon une note de  la CIA dont chacun, dans la pièce, a reçu une copie.  Plus  contraignantes  que  les  preuves,  les  images.   Atroces, elles ont fait le tour du monde. Ce père qui  tient sa fillette morte dans les bras et qui l’interpelle,  lui, le président des Etats-Unis  :  «  Je vous en prie  ! Ce  ne sont que des enfants  ! Ils n’ont encore rien vu de la vie.  Du chimique ! »  Il est contraint de répondre. Un tabou,  depuis la Seconde Guerre mondiale, a été transgressé,  les traités internationaux ont été violés, l’ordre du  monde menacé, l’Amérique défiée. (….) Tout le pousse à intervenir… Mais… Le Parlement  britannique  a  mis  son  veto  la  veille.  C’est  une  première alerte. (…) Il converse  pendant trois quarts d’heure avec son plus proche allié,  le  Français  François  Hollande,  dont  les  Rafale   chargent leurs missiles de croisière Scalp. Il l’assure  que rien n’est changé. L’après-midi s’achève. (…) Il n’aime guère  les  choix  tranchés,  préférant  le  consensus. (…) Il propose à un homme  de confiance d’aller se promener dans le jardin de la  Maison-Blanche. Cet homme, c’est son chef de l’ad ministration, Denis McDonough  : ni un militaire ni  un diplomate, mais son collaborateur le plus loyal.  Pendant une heure, il lui livre ses doutes. Tout cela  est trop incertain. Ne va-t-il pas engager son pays dans  une nouvelle guerre alors qu’il a été élu pour se dé sengager de conflits coûteux  ? Et puis, cela ne risque- t-il pas de mettre en péril son grand œuvre, l’accord  nucléaire avec l’Iran  ? Trop de risques. Il teste une idée  auprès de McDonough  : demander une autorisation  préalable au Congrès. Une manière de reculer, car chacun sait qu’un soutien du Congrès est plus qu’incertain. (…) En  début  de  soirée,  il  convoque  à  nouveau  ses   conseillers dans son bureau. L’ambiance est décontractée. Il leur annonce la nouvelle. Ils n’en reviennent  pas. Ils insistent  :  «  Ce sera dévastateur pour votre autorité politique »,  le préviennent-ils. Il tient bon. Gordon  nous avoue avoir été estomaqué. Devant lui, Obama  raisonne en politique  :  «  Si ça ne dissuade pas Assad de  recommencer, si des inspecteurs de l’Onu sont pris comme  boucliers humains, si on perd un pilote, j’aurai l’opinion,  le Congrès sur le dos. On me reprochera tout et son contraire,  d’être intervenu, de ne pas être intervenu plus fortement,  de ne pas être intervenu plus légèrement.  »  Gordon se souvient  d’un  autre  argument  du  président   :  le  risque   d’engrenage.  Si  Assad  ou  ses  parrains  russes  et  iraniens  décidaient  d’une  nouvelle  attaque  chimique   «  trois semaines plus tard  »,  alors  «  on devrait frapper de nouveau, et plus fort, et ainsi de suite  ».  Il ne serait plus  maître du processus, craint-il, alors qu’Assad le serait.  Cela, cet homme qui veut tout contrôler ne peut l’accepter. Et rien n’est moins contrôlable qu’une guerre. (…) Il prévient Kerry, qui est furieux.  «  L’Histoire nous jugera  avec une sévérité extrême  »,  lâche ce dernier à ses collaborateurs et à certains de ses homologues étrangers.  Le lendemain, à 18 heures, quelques heures avant l’attaque, il contacte aussi Hollande, qui tombe de haut.  (…) Puis (…) sur le perron de la Maison-Blanche, Barack Obama tient une conférence de presse  : « J’ai décidé d’intervenir,  proclame-t-il, avant d’ajouter  :  mais je demanderai que cet usage de la force soit approuvé par le Congrès.  »  Il s’est donné du temps. C’est fini. Il vient de changer l’ordre du monde sans pouvoir, à cet instant, le  deviner.  Certains  comprennent  en  revanche  que  rien ne sera plus comme avant. Sur les hauteurs de Damas, Bachar el-Assad comprend qu’il n’a plus rien à craindre des Occidentaux.  Il se paiera même le luxe d’utiliser de nouveau des  armes  chimiques  deux  ans  plus  tard.  L’opposition   «  modérée  », autour de l’Armée syrienne libre, sent  que l’Occident l’abandonne. Les djihadistes, mieux  armés, recrutent les déçus et montent en puissance,  scellant le piège qui permettra au président syrien de se présenter comme rempart contre le chaos. Au Kremlin, Vladimir Poutine se jette sur l’occasion. Aux Américains il offre de convaincre El-Assad  de  détruire  ses  armes  chimiques  contre  l’abandon  de tout projet d’intervention. Comment refuser, après  avoir reculé le 30 août  ? La Russie prend la main en  Syrie.  Plus  tard,  Poutine  estimera  ne  rien  redouter  du  président  américain  et  envahira  la  Crimée.  Les   Républicains et un certain Donald Trump, admirateur  de  Poutine,  ne  cesseront  de  dénoncer  ce  nouveau  Munich  et  ce  président  qui  a  affaibli  une   Amérique qu’il faudrait rendre  « great  again ». Il ne lui reste que des questions sans réponses. Que  se serait-il passé s’il avait frappé  ? Ce 30 août 2013 est-il  le jour où Obama a mis fin au règne des Etats-Unis  comme seule superpuissance mondiale  ? Le jour où  le  camp  des  démocraties  a  dû  renoncer  à  se  battre  pour ses valeurs  ? Antoine Vatkine
This is the president’s mendacity continuing to a degree that is really quite remarkable. « There are people on both sides and beyond » – so he means Republicans at home and Israelis – « who are against the diplomatic resolution ». That’s a lie. They are against this diplomatic resolution, the deal he’s doing, that any observer will tell you paves the road to an Iranian nuclear weapon that is legitimate and accepted by the international community. It is a disaster. That’s why it is opposed. People are not opposed to diplomacy, they are opposed to a specific deal. And to address this to Iranians as if Iran is a democracy when it’s a dictatorship that put down a democratic revolution in 2009 of which he turned his face and never supported is disgraceful. Charles Krauthammer
The disgusting aspect of the last eight years is that Obama mistook the sidelines for the moral high ground. So he would use all this lofty rhetoric about red lines and he would stand there would be people killing each other, slaughtering each other, dead babies and he’d stand there with his hand on his hip giving a speech. And he stripped words of their meaning. And Trump isn’t as articulate. He isn’t as polished but his words have meaning. And to do that while is he having dinner with the Chinese. You said did he tell him over the salad bowl, as I understand it, he told him over the creme brulee or the tiramisu. How cool is that to actually make the Chinese politburo sit through a night of American targeted bombing? I think he’s accomplished certain things. He sent a message to the Chinese as they are sitting across the dinner table from him. He sent a message to Putin, and, thereby, incidentally also made all these stupid investigations of investigations of investigations that the Senate and the House are chasing their tails and look absolutely ridiculous. You know, he has picked a fight with Putin at a when Congress has spent and Susan Rice has spent a year investigating whether he is Putin stooge. How stupid do they look? I think they understand this is really — last night was inauguration day. That America is back in the world. Mark Steyn
L’actualité de ces dernières semaines a mené certains à douter de la maîtrise de Trump sur son personnel et sur sa politique intérieure, tandis que d’autres le disaient carrément indifférent aux affaires étrangères. D’abord le fiasco Ryancare. Fidèle à ses promesses, Trump a voulu abroger l’Obamacare, mais mal lui en a pris de faire confiance au si peu fiable Speaker de la Chambre, Paul Ryan, et de s’engager à ses côtés, croyant pouvoir ainsi gagner des votes démocrates. Le « plan en 3 phases » du technocrate Ryan, trop compliqué et n’abrogeant pas les pires mesures de la loi d’Obama, ne pouvait que rencontrer l’opposition ferme du Freedom Caucus, la trentaine de représentants les plus conservateurs de la base électorale de Trump. L’échec est pour Ryan. Trump s’en sort plutôt bien, même si le poids fiscal d’Obamacare perdure et va donc le gêner dans sa réforme fiscale d’envergure. Au moins a-t-il appris, sur le tas, qu’il ne servait à rien de courtiser des démocrates obtus et qu’il valait mieux pour lui s’impliquer le moins possible dans les jeux du Congrès. Puis, font désordre les disputes de personnel au sein des divers ministères et le fait que Trump, soi-disant complètement ballotté entre des avis divergents, tarderait à débarrasser son administration « des restes d’Obama », même à des postes élevés, parce que, en gros, il subirait l’influence de Tillerson, Mattis, McMaster et Kushner (le « Premier Gendre »), tous des centristes-interventionnistes, en opposition radicale au nationaliste-isolationniste Bannon… Tout cela sur fond de l’exécrable Russiagate, servi tous les jours par les démocrates dans l’espoir de délégitimer Trump et de l’empêcher de gouverner. Lassant, le feuilleton se retourne contre ses auteurs avec le scandale des écoutes de l’équipe de transition de Trump : ex-ambassadeur à l’ONU et ex-Conseiller à la Sécurité nationale, l’incroyable Susan Rice, après avoir nié (ce n’était jamais que la 4e fois qu’elle mentait pour protéger Obama), reconnaît avoir « dévoilé » l’identité de plusieurs personnes et autorisé des fuites à la presse… Rappelons que les démocrates ne s’émouvaient pas des ingérences russes lorsque celles-ci semblaient favoriser leur candidate et que ce sont eux qui ont un long passé de connivence avec la Russie : de Roosevelt et Staline aux espions à la solde de l’URSS sous Truman, jusqu’à la « flexibilité » promise par Obama en 2012 à Medvedev, concrétisée en 2013 par l’abandon pur et simple de ses responsabilités au Moyen-Orient à Poutine… La réalité est que Trump peuple ses agences de gens d’avis opposés, exprès, afin d’appréhender toutes les possibilités pour trancher par lui-même. Pragmatique, mais n’hésitant pas à prendre des risques, il vient de prouver qu’il était bien maître à bord. Tous les pourparlers à l’amiable ayant échoué, Trump riposte à l’intolérable par les frappes de 59 missiles Tomahawk sur la base syrienne de Shayrat, chargée du largage de gaz sarin. Fait remarquable : sans toucher aux 5 autres bases aériennes de l’armée syrienne et sans causer le moindre dommage aux installations russes. Simple avertissement, parfaitement ciblé et mesuré, destiné à protéger les quelque mille militaires américains présents sur le théâtre d’opérations et à montrer que l’Amérique est de retour et qu’il faut désormais compter avec sa détermination. La Syrie et l’État islamique, mais aussi la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord peuvent en prendre note, tandis que les alliés traditionnels au Moyen-Orient et en Asie se rassurent, comme devraient se rassurer les Européens s’il leur restait quelque bon sens. Et c’est tout ! Il n’y a pas d’escalade, ni d’intention de régler les affaires de la Syrie, ni (hélas !) de reprendre le bâton de policier du monde. Seulement l’intention de ne plus rester passif face aux agressions… Evelyne Joslain
Syria is weird for reasons that transcend even the bizarre situation of bombing an abhorrent Bashar al-Assad who was bombing an abhorrent ISIS — as we de facto ally with Iran, the greater strategic threat, to defeat the more odious, but less long-term strategic threat, ISIS. Trump apparently hit a Syrian airfield to express Western outrage over the likely Syrian use of chemical weapons. Just as likely, he also sought to remind China, Russia, Iran, and North Korea that he is unpredictable and not restrained by self-imposed cultural, political, and ethical bridles that seemed to ensure that Obama would never do much over Chinese and Russian cyber-warfare, or Iranian interception of a U.S. warship or the ISIS terror campaign in the West or North Korea’s increasingly creepy and dangerous behavior. But the strike also raised as many questions as it may have answered. (…) Trump campaigned on not getting involved in Syria, deriding the Iraq War, and questioning the Afghan effort. Does his sudden strike signal a Jacksonian effort to hit back enemies if the mood comes upon us — and therefore acceptable to his base as a sort of one-off, don’t-tread-on-me hiss and rattle? Or does the strike that was so welcomed by the foreign-policy establishment worry his supporters that Trump is now putting his suddenly neocon nose in someone’s else’s business? And doing so without congressional authorizations or much exegesis? Does the Left trash Trump for using force or keep quiet, given the ostensible humanitarian basis for the strike, and the embarrassing contrast with Obama, whose reset with Russia led to inviting Putin into the Middle East to solve the WMD problem that we could not, and which Obama and Susan Rice not long ago assured us was indeed solved by our de facto friend at the time Putin? These dilemmas, apart from Obama’s prior confusion about Syria and Russia, arise in part because Trump never thought it wise or necessary to resolve contradictions in Trumpism — especially at what point the long overdue need to restore U.S. respect and deterrence to end “lead from behind” appeasement becomes overseas entanglements not commensurate with Trump’s “America First” assurances. Victor Davis Hanson
Now we’re coming to grips with the human and strategic price of the Obama administration’s mendacity. The sham agreement gave Assad confidence that he could continue to murder his opponents indefinitely without fear of Western reprisal. It fostered the view that his regime was preferable to its opponents. It showed Tehran that it could drive a hard diplomatic bargain over its nuclear file, given that the administration was so plainly desperate for face-saving excuses for inaction. And it left Mr. Obama’s successor with a lousy set of options. Rex Tillerson and Nikki Haley erred badly by announcing, just days before last week’s sarin attack, that the Trump administration had no plans to depose Assad. They gave the dictator reason to believe he had as little to fear from this U.S. president as he did from the last one. But, unlike their predecessors, the secretary of state and U.N. ambassador deserve credit for learning from that mistake—as does the president they serve. The core of the problem in Syria isn’t Islamic State, dreadful as it is. It’s a regime whose appetite for unlimited violence is one of the main reasons ISIS has thrived. To say there is no easy cure for Syria should not obscure the fact that there won’t be any possibility of a cure until Assad falls. Mr. Obama and his advisers will never run out of self-justifications for their policy in Syria. They can’t outrun responsibility for the consequences of their lies. Bret Stephens

Attention: un mensonge peut en cacher un autre !

Au terme d’une semaine à donner le tournis …

Où l’on redécouvre non seulement en Syrie les armes chimiques soi-disant inexistantes de Saddam Hussein

Mais où après avoir tant critiqué les guerres d’Irak – prétendus mensonges sur les ADM compris – et d’Afghanistan ou appelé à la retenue sur la Syrie …

Le champion de l’Amérique d’abord et de la non-ingérence surprend tout son monde …

Avec le bombardement d’une base aérienne syrienne d’où aurait été lancé une attaque chimique de populations civiles …

Comment au-delà des nombreuses questions que soulève le revirement du président Trump …

Ne pas voir l’incroyable propension au mensonge d’une Administration …

Qui sans compter la mise sur écoutes et l’autorisation de fuites à la presse concernant l’équipe de son futur successeur …

Se vantait jusqu’il y a trois mois de son accord d’élimination des ADM syriennes ?

Et surtout ne pas s’inquiéter de l’autre grand motif de fierté de ladite administration Obama …

A savoir l’accord prétendument sans faille sur le nucléaire iranien ?

The Price of Obama’s Mendacity
The consequences of his administration’s lies about Syria are becoming clear
Bret Stephens
The Wall Street Journal
April 10, 2017

Last week’s cruise-missile strike against a Syrian air base in response to Bashar Assad’s use of chemical weapons has reopened debate about the wisdom of Barack Obama’s decision to forgo a similar strike, under similar circumstances, in 2013.

But the real issue isn’t about wisdom. It’s about honesty.

On Sept. 10, 2013, President Obama delivered a televised address in which he warned of the dangers of not acting against Assad’s use of sarin gas, which had killed some 1,400 civilians in the Damascus suburb of Ghouta the previous month.

“If we fail to act, the Assad regime will see no reason to stop using chemical weapons,” Mr. Obama said. “As the ban against these weapons erodes, other tyrants will have no reason to think twice about acquiring poison gas, and using them. Over time, our troops would again face the prospect of chemical weapons on the battlefield. And it could be easier for terrorist organizations to obtain these weapons, and use them to attack civilians.”

It was a high-minded case for action that the president immediately disavowed for the least high-minded reason: It was politically unpopular. The administration punted a vote to an unwilling Congress. It punted a fix to the all-too-willing Russians. And it spent the rest of its time in office crowing about its success.

In July 2014 Secretary of State John Kerry claimed “we got 100% of the chemical weapons out.” In May 2015 Mr. Obama boasted that “Assad gave up his chemical weapons. That’s not speculation on our part. That, in fact, has been confirmed by the organization internationally that is charged with eliminating chemical weapons.” This January, then-National Security Adviser Susan Rice said “we were able to get the Syrian government to voluntarily and verifiably give up its chemical weapons stockpile.”

Today we know all this was untrue. Or, rather, now all of us know it. Anyone paying even slight attention has known it for years.

In June 2014 U.N. Ambassador Samantha Power noted “discrepancies and omissions related to the Syrian government’s declaration of its chemical weapons program.” But that hint of unease didn’t prevent her from celebrating the removal “of the final 8% of chemical weapons materials in Syria’s declaration” of its overall stockpile.

The following summer, The Wall Street Journal’s Adam Entous and Naftali Bendavid reported “U.S. intelligence agencies have concluded that the [Assad] regime didn’t give up all of the chemical weapons it was supposed to.” In February 2016, Director of National Intelligence James Clapper confirmed the Journal’s story, telling Congress “Syria has not declared all the elements of its chemical weapons program.”

Why did Mr. Obama and his senior officials stick to a script that they knew was untethered from the facts? Let’s speculate. They thought the gap between Assad’s “declared” and actual stockpile was close enough for government work. They figured a credulous press wouldn’t work up a sweat pointing out the difference. They didn’t imagine Assad would use what was left of his chemical arsenal for fear of provoking the U.S.

And they didn’t want to disturb the public narrative that multilateral diplomacy was a surer way than military action to disarm rogue Middle Eastern regimes of their illicit weapons. Two months after Mr. Obama’s climb-down with Syria, he signed on to the interim nuclear deal with Iran. The remainder of his term was spent trying not to upset the fragile beauty of his nuclear diplomacy.

Now we’re coming to grips with the human and strategic price of the Obama administration’s mendacity. The sham agreement gave Assad confidence that he could continue to murder his opponents indefinitely without fear of Western reprisal. It fostered the view that his regime was preferable to its opponents. It showed Tehran that it could drive a hard diplomatic bargain over its nuclear file, given that the administration was so plainly desperate for face-saving excuses for inaction.

And it left Mr. Obama’s successor with a lousy set of options.

Rex Tillerson and Nikki Haley erred badly by announcing, just days before last week’s sarin attack, that the Trump administration had no plans to depose Assad. They gave the dictator reason to believe he had as little to fear from this U.S. president as he did from the last one.

But, unlike their predecessors, the secretary of state and U.N. ambassador deserve credit for learning from that mistake—as does the president they serve. The core of the problem in Syria isn’t Islamic State, dreadful as it is. It’s a regime whose appetite for unlimited violence is one of the main reasons ISIS has thrived. To say there is no easy cure for Syria should not obscure the fact that there won’t be any possibility of a cure until Assad falls.

Mr. Obama and his advisers will never run out of self-justifications for their policy in Syria. They can’t outrun responsibility for the consequences of their lies.

Voir aussi:

Hall of Mirrors in Syria
Victor Davis Hanson
The National Review Corner
April 10, 2017

Syria is weird for reasons that transcend even the bizarre situation of bombing an abhorrent Bashar al-Assad who was bombing an abhorrent ISIS — as we de facto ally with Iran, the greater strategic threat, to defeat the more odious, but less long-term strategic threat, ISIS.

Trump apparently hit a Syrian airfield to express Western outrage over the likely Syrian use of chemical weapons. Just as likely, he also sought to remind China, Russia, Iran, and North Korea that he is unpredictable and not restrained by self-imposed cultural, political, and ethical bridles that seemed to ensure that Obama would never do much over Chinese and Russian cyber-warfare, or Iranian interception of a U.S. warship or the ISIS terror campaign in the West or North Korea’s increasingly creepy and dangerous behavior.

But the strike also raised as many questions as it may have answered.

Is Trump saying that he can send off a few missiles anywhere and anytime rogues go too far? If so, does that willingness to use force enhance deterrence? (probably); does it also risk further escalation to be effective? (perhaps); and does it solve the problem of an Assad or someone similar committing more atrocities? (no).

Was the reason we hit Assad, then, because he is an especially odious dictator and kills his own, or that the manner in which he did so was cruel and barbaric (after all, ISIS burns, drowns, and cuts apart its victims without much Western reprisals until recently)? Or is the reason instead that he used WMD, and since 1918 with a few exceptions (largely in the Middle East), “poison” gas has been a taboo weapon among the international community? (Had Assad publicly beheaded the same number who were gassed, would we have intervened?)

Do we continue to sort of allow ISIS to fight it out with Syria/Iran/Hezbollah in the manner of our shrug during the Iran-Iraq War and in the fashion until Pearl Harbor that we were okay with the Wehrmacht and the Red Army killing each other en masse for over five months in Russia? Or do we say to do so cynically dooms innocents in a fashion that they are not quite as doomed elsewhere, or at least not doomed without chance of help as is true in North Korea?

Trump campaigned on not getting involved in Syria, deriding the Iraq War, and questioning the Afghan effort. Does his sudden strike signal a Jacksonian effort to hit back enemies if the mood comes upon us — and therefore acceptable to his base as a sort of one-off, don’t-tread-on-me hiss and rattle?

Or does the strike that was so welcomed by the foreign-policy establishment worry his supporters that Trump is now putting his suddenly neocon nose in someone’s else’s business? And doing so without congressional authorizations or much exegesis?

Does the Left trash Trump for using force or keep quiet, given the ostensible humanitarian basis for the strike, and the embarrassing contrast with Obama, whose reset with Russia led to inviting Putin into the Middle East to solve the WMD problem that we could not, and which Obama and Susan Rice not long ago assured us was indeed solved by our de facto friend at the time Putin?

These dilemmas, apart from Obama’s prior confusion about Syria and Russia, arise in part because Trump never thought it wise or necessary to resolve contradictions in Trumpism — especially at what point the long overdue need to restore U.S. respect and deterrence to end “lead from behind” appeasement becomes overseas entanglements not commensurate with Trump’s “America First” assurances. At some point, does talking and tweeting toughly (“bomb the sh** out of ISIS”) require a Tomahawk missile to retain credibility? And does “Jacksonianism” still allow blowing some stuff up, but not doing so at great cost and for the ideals of consensual government rather than immediate U.S. security?

Most likely for now, Trump’s strike resembles Reagan’s 1986 Libyan bombing that expressed U.S. outrage over Libyan support for then recent attacks on Americans in Berlin. But Reagan’s dramatic act (in pursuit of U.S. interests, not international norms) did not really stop Moammar Qaddafi’s support for terrorists (cf. the 1988 likely Libyan-inspired retaliatory Lockerbie bombing) or do much else to muzzle Qaddafi.

About all we can say, then, about Trump’s action was that he felt like it was overdue — or like a high-school friend once put to me after unexpectedly unloading on a school bully who daily picked on weaklings, “It seemed a good idea at the time.”

Voir également:

La semaine de Trump.Virage à 180 degrés sur la Syrie
Gabriel Hassan
Courrier international
07/04/2017

Attaque à l’arme chimique en Syrie, rencontres avec les présidents égyptien et chinois : la semaine de Donald Trump a été très chargée sur le front diplomatique. Avec des déclarations à donner le tournis.

Le départ de Bachar El-Assad de Syrie ne faisait pas partie jusqu’ici des priorités du président Trump. L’attaque chimique qui a eu lieu dans la région d’Idlib pourrait changer les choses.

  • Les États-Unis attaquent Bachar El-Assad

Donald Trump change de cap. Trois jours après l’attaque chimique à Khan Cheikhoun, dans la région d’Idlib (nord-ouest de la Syrie), le président américain a ordonné le bombardement d’une base aérienne syrienne.

Dans la nuit de jeudi à vendredi – vers 20 h 40 heure de Washington – 59 missiles Tomahawk ont été tirés par la marine américaine. Il s’agit de “la première attaque américaine contre le régime de Bachar El-Assad depuis le début de la guerre en Syrie”, il y a six ans, souligne The Washington Post. Et de la première intervention militaire de la présidence Trump.

Le président américain a déclaré cette nuit qu’“il [était] dans l’intérêt national et vital des États-Unis de prévenir et de décourager la propagation et le recours aux armes chimiques mortelles”, rapporte The New York Times.

Réuni en urgence à l’Organisation des Nations unies mercredi soir, le Conseil de sécurité avait, à l’exception de la Russie, fermement condamné le régime de Bachar El-Assad. Brandissant des photos de victimes, l’ambassadrice américaine Nikki Haley avait assuré que les États-Unis étaient prêts à agir unilatéralement en cas de mésentente.

L’opération militaire de la nuit dernière constitue un revirement important. Il y a une semaine, Nikki Haley avait laissé entendre que Washington s’accommoderait de Bachar El-Assad, mais l’attaque à l’arme chimique perpétrée près d’Idlib, qui a fait des dizaines de victimes, semble avoir tout remis en question. Le 5 avril, Trump a déclaré que le président syrien avait franchi “beaucoup, beaucoup de lignes”, laissant ainsi entendre qu’il devrait peut-être partir.

  • Deux hommes forts en visite

Le président égyptien Abdelfattah Al-Sissi en début de semaine à la Maison-Blanche, le président chinois Xi Jinping jeudi 6 et vendredi 7 avril à Mar-a-Lago, en Floride : Trump aura reçu en quelques jours deux présidents très autoritaires.

Le dirigeant américain a fait un véritable éloge du leader égyptien, saluant son “boulot fantastique, dans une situation très difficile”. Pour une large partie de la presse américaine, ce soutien affiché à un régime brutal est une erreur, qui ne sert qu’en apparence les intérêts américains.

Les discussions s’annonçaient plus difficiles avec le président chinois, accueilli dans la résidence personnelle de Donald Trump en Floride. Sur Twitter, avant leur rencontre, le locataire de la Maison-Blanche avait mis la pression, car il a besoin de la coopération de Pékin en matière commerciale, et surtout concernant le brûlant dossier nord-coréen. Xi Jinping avait donc beaucoup de cartes en main. Et Trump ne pouvait pas cette fois pratiquer la “diplomatie du golf”, un sport mal vu chez les officiels chinois.

  • Lutte de clans à la Maison-Blanche

L’influence de Steve Bannon, l’éminence grise de Trump, n’est apparemment plus sans limite. Le stratège en chef de Donald Trump a été évincé le 5 avril du Conseil de sécurité nationale, où sa nomination avait fait polémique. Une victoire pour le conseiller de Trump pour la sécurité nationale, le lieutenant général H. R. McMaster.

À travers lui, c’est le clan des “nationalistes économiques”, tenants d’une ligne populiste, qui essuie un revers.

À l’inverse, Jared Kushner, gendre de Trump et membre, selon un chroniqueur du Washington Post, du clan des “New-Yorkais” ou “démocrates”, n’en finit plus d’accumuler les missions. À son programme : réformer l’État fédéral, instaurer la paix au Proche-Orient, servir d’intermédiaire avec la Chine ou le Mexique. Rien que cela… En visite en Irak en début de semaine, l’époux d’Ivanka Trump a même devancé le secrétaire d’État américain sur ce terrain hautement stratégique dans la lutte contre Daech.

  • Encore des accusations

Rares sont les semaines où Trump ne fait pas de déclaration polémique. Le président a encore émis des accusations sans preuve, visant cette fois Susan Rice, conseillère de Barack Obama pour la sécurité nationale. D’après lui, cette dernière pourrait avoir commis un crime en demandant à ce que soient dévoilés les noms de collaborateurs de Trump mentionnés de manière incidente dans des communications interceptées lors de la présidence d’Obama. Reprenant à son compte des accusations lancées par des médias conservateurs, Trump a déclaré au New York Times :

C’est une affaire tellement importante pour notre pays et pour le monde. C’est une des grandes affaires de notre temps.”

Pour ses détracteurs, cette assertion n’est que la dernière tentative en date pour détourner l’attention des questions au sujet des liens de son entourage avec la Russie. En mars, Trump avait accusé Obama de l’avoir “mis sur écoute” à la Trump Tower durant la campagne présidentielle.

  • Neil Gorsuch élu à la Cour suprême

C’était une promesse du candidat républicain Donald Trump : “Neil Gorsuch est devenu, vendredi 7 avril, le neuvième juge de la Cour suprême”, annonce le NewYork Times.

Depuis plus d’un an, démocrates et républicains s’opposaient sur le remplacement du juge Antonin Scalia, décédé soudainement en février 2016. Quelques jours après son investiture, le président américain avait annoncé la nomination de M. Gorsuch à laquelle s’opposaient farouchement les démocrates.

Minoritaires au Sénat – composé de 52 démocrates et 48 républicains – les partisans de Donald Trump avaient prévenu qu’ils passeraient en force. Chose faite ce vendredi : les républicains ont abaissé la majorité requise pour permettre ce scrutin, un changement historique des règles, explique le quotidien américain.

Favorables aux armes à feu et fermement opposé à l’avortement, Neil Gorsuch siégera donc dans la chambre haute du Congrès à partir de la mi-avril. Il a été nommé à vie.

  • Twitter poursuit Washington en justice

Le bras de fer se poursuit entre la Maison-Blanche et Twitter. Il y a quelques semaines, le président américain demandait au réseau social de lui fournir les données et l’identité des personnes qui se cachaient derrière les comptes hostiles à sa politique.

Mais, jeudi 6 avril, Twitter, refusant de fournir une quelconque information, a saisi la justice. La plateforme, citée par The Washington Post, rappelle que “les droits à la liberté d’expression accordés aux utilisateurs de Twitter et à Twitter lui-même en vertu du premier amendement de la Constitution incluent un droit à diffuser des propos politiques anonymes ou sous pseudonyme”. Donald Trump n’a, pour l’heure, pas rétorqué.

 Voir encore:

Trump peut-il gouverner ?
Evelyne Joslain
Les 4 vérités
10 avril, 2017

L’actualité de ces dernières semaines a mené certains à douter de la maîtrise de Trump sur son personnel et sur sa politique intérieure, tandis que d’autres le disaient carrément indifférent aux affaires étrangères.

D’abord le fiasco Ryancare. Fidèle à ses promesses, Trump a voulu abroger l’Obamacare, mais mal lui en a pris de faire confiance au si peu fiable Speaker de la Chambre, Paul Ryan, et de s’engager à ses côtés, croyant pouvoir ainsi gagner des votes démocrates.

Le « plan en 3 phases » du technocrate Ryan, trop compliqué et n’abrogeant pas les pires mesures de la loi d’Obama, ne pouvait que rencontrer l’opposition ferme du Freedom Caucus, la trentaine de représentants les plus conservateurs de la base électorale de Trump.

L’échec est pour Ryan. Trump s’en sort plutôt bien, même si le poids fiscal d’Obamacare perdure et va donc le gêner dans sa réforme fiscale d’envergure.

Au moins a-t-il appris, sur le tas, qu’il ne servait à rien de courtiser des démocrates obtus et qu’il valait mieux pour lui s’impliquer le moins possible dans les jeux du Congrès.

Puis, font désordre les disputes de personnel au sein des divers ministères et le fait que Trump, soi-disant complètement ballotté entre des avis divergents, tarderait à débarrasser son administration « des restes d’Obama », même à des postes élevés, parce que, en gros, il subirait l’influence de Tillerson, Mattis, McMaster et Kushner (le « Premier Gendre »), tous des centristes-interventionnistes, en opposition radicale au nationaliste-isolationniste Bannon…

Tout cela sur fond de l’exécrable Russiagate, servi tous les jours par les démocrates dans l’espoir de délégitimer Trump et de l’empêcher de gouverner. Lassant, le feuilleton se retourne contre ses auteurs avec le scandale des écoutes de l’équipe de transition de Trump : ex-ambassadeur à l’ONU et ex-Conseiller à la Sécurité nationale, l’incroyable Susan Rice, après avoir nié (ce n’était jamais que la 4e fois qu’elle mentait pour protéger Obama), reconnaît avoir « dévoilé » l’identité de plusieurs personnes et autorisé des fuites à la presse… Rappelons que les démocrates ne s’émouvaient pas des ingérences russes lorsque celles-ci semblaient favoriser leur candidate et que ce sont eux qui ont un long passé de connivence avec la Russie : de Roosevelt et Staline aux espions à la solde de l’URSS sous Truman, jusqu’à la « flexibilité » promise par Obama en 2012 à Medvedev, concrétisée en 2013 par l’abandon pur et simple de ses responsabilités au Moyen-Orient à Poutine…

La réalité est que Trump peuple ses agences de gens d’avis opposés, exprès, afin d’appréhender toutes les possibilités pour trancher par lui-même.

Pragmatique, mais n’hésitant pas à prendre des risques, il vient de prouver qu’il était bien maître à bord. Tous les pourparlers à l’amiable ayant échoué, Trump riposte à l’intolérable par les frappes de 59 missiles Tomahawk sur la base syrienne de Shayrat, chargée du largage de gaz sarin. Fait remarquable : sans toucher aux 5 autres bases aériennes de l’armée syrienne et sans causer le moindre dommage aux installations russes.

Simple avertissement, parfaitement ciblé et mesuré, destiné à protéger les quelque mille militaires américains présents sur le théâtre d’opérations et à montrer que l’Amérique est de retour et qu’il faut désormais compter avec sa détermination.

La Syrie et l’État islamique, mais aussi la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord peuvent en prendre note, tandis que les alliés traditionnels au Moyen-Orient et en Asie se rassurent, comme devraient se rassurer les Européens s’il leur restait quelque bon sens.

Et c’est tout ! Il n’y a pas d’escalade, ni d’intention de régler les affaires de la Syrie, ni (hélas !) de reprendre le bâton de policier du monde. Seulement l’intention de ne plus rester passif face aux agressions…

Et Trump gouverne bel et bien, malgré les obstacles et les commentaires malveillants.

La liste de ses accomplissements est déjà longue. Signe de confiance, les indices boursiers sont bons. Les emplois reviennent grâce aux dérégulations signées par décret exécutif. Les syndicats du privé sont apaisés et le climat est redevenu favorable aux petites entreprises, tandis que sont mis en œuvre des moyens nouveaux pour réduire le poids de l’État fédéral. Des milliers de récidivistes illégaux ont été déportés, 1 500 hackers pédophiles arrêtés…

En fait, les bonnes nouvelles n’arrêtent pas !

Voir par ailleurs:

Le jour où Obama a flanché
Exclusif.  En 2013, l’ex-président américain renonçait, au dernier  moment et malgré sa promesse, à frapper El-Assad. Le documentariste  Antoine Vitkine nous révèle les coulisses de cette volte-face
Antoine Vitkine
Le Point
13 avril 2017

Cette interrogation n’en finit pas de tourmenter  Barack Obama. A-t-il pris, ce jour-là, la bonne décision  ? De cette décision il a affirmé être  « fier », mais il a aussi assuré, dans une même interview, que  le dossier syrien est  «  son plus grand regret  ».  Par prudence, mieux vaut dire tout et son contraire, car il  sait ce qu’on en pense  : sa décision a changé la face  du monde. La plus grave attaque chimique depuis  la Seconde Guerre mondiale demeurée impunie  ? La  victoire de Bachar el-Assad  ? L’ascension des djihadistes  ? La montée en puissance des Russes au Moyen- Orient, en Europe et au-delà  ? L’effacement de l’Occident  ? Peut-être même la victoire de Donald Trump  ?  Tout partirait de son choix, de cette journée-là.

Le 30 août 2013, l’été s’achève à Washington dans  une épuisante touffeur. Tout juste rentré de quelques  jours de vacances sur l’île de Martha’s Vineyard, où il  a fait du VTT avec Michelle, il lui faut de nouveau assumer une charge harassante. A quoi bon cette réunion  ? Le sort n’en est-il pas jeté  ? Ce vendredi, en début  d’après-midi, dans la salle de crise de la Maison-Blanche,  il participe à une ultime réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’intervention militaire contre le régime syrien. Autour de lui, ses conseillers, dont Philip   Gordon, qui s’occupe du Moyen-Orient,  les dirigeants de l’armée, ses ministres les plus importants, dont John Kerry, son secrétaire d’Etat. Pour tous,  l’intervention ne fait aucun doute. Le matin même,  il a annoncé publiquement réfléchir à  «  une action limitée contre Bachar  ».  Ses alliés français, la Ligue arabe,  l’Australie fourbissent leurs armes. Kerry a quasiment  annoncé la réplique américaine  :  « La crédibilité du président comme celle des Etats-Unis sont engagées.  »  Et même  :  « L’Histoire nous jugerait sévèrement si on ne faisait rien » …

A  vrai  dire,  il  n’aurait  jamais  pensé  se  retrouver   dans cette situation. Autour de la table, chacun a en  tête  sa  conférence  de  presse  donnée  un  an  auparavant, presque jour pour jour, le 20 août 2012, et une  phrase. Un journaliste lui avait demandé ce qui pourrait infléchir sa position, pour le moins prudente, sur  le conflit syrien, lui qui refuse d’armer les rebelles.  «  Pour nous, la ligne rouge, c’est l’utilisation d’armes chimiques  ; ça changerait ma vision des choses  »,  avait-il  répondu. A question imprévue réponse non préparée. Ses  conseillers avaient été interloqués. Certes, El-Assad  avait été mis en garde par des canaux discrets, mais  rendre  publique  une  ligne  rouge  n’est  jamais  une   bonne chose. On s’était promptement rassuré  ; le régime  syrien  semblait  tellement  affaibli  qu’il  n’oserait pas s’attirer les foudres du président des Etats-Unis.

Il a pourtant osé, comme en témoignent les schémas et les photos satellites qu’on diffuse dans la salle  de crise. Il y a eu d’abord de petites attaques chimiques  au printemps. Puis, devant l’absence de réactions, le  21 août 2013, cette attaque d’ampleur dans la banlieue  de Damas, plus tard contestée  (voir ci-contre).  Bachar  a-t-il voulu tester les Etats-Unis  ? Ou, simplement, son  armée n’avait-elle pas d’autres moyens de terrifier sa  population insurgée  ? On ne sait pas. Auprès de Philip Gordon, Obama a insisté  :  «  Il nous faut des preuves.  »  «  Le président était hanté par l’Irak et ne voulait pas entrer  en  guerre  sur  la  base  de  simples  suspicions» ,  témoigne   Gordon. Mais les preuves sont là. Les obus au gaz sarin tirés par le camp loyaliste ont tué environ 1  400  personnes, dont beaucoup d’enfants, selon une note de  la CIA dont chacun, dans la pièce, a reçu une copie.  Plus  contraignantes  que  les  preuves,  les  images.   Atroces, elles ont fait le tour du monde. Ce père qui  tient sa fillette morte dans les bras et qui l’interpelle,  lui, le président des Etats-Unis  :  «  Je vous en prie  ! Ce  ne sont que des enfants  ! Ils n’ont encore rien vu de la vie.  Du chimique ! »  Il est contraint de répondre. Un tabou,  depuis la Seconde Guerre mondiale, a été transgressé,  les traités internationaux ont été violés, l’ordre du  monde menacé, l’Amérique défiée.

Devant ses conseillers, il assume sa phrase.  «  Il nous  a dit  : “Quand j’ai parlé d’une ligne rouge, c’est vraiment  ce  que  je  voulais  dire”   »,   se  souvient  Gordon.  Tous  le   poussent à agir, et d’abord les plus proches, les plus réalistes, Gordon, justement, ou l’avisé Antony Blinken, qui lâche  :  «  Une superpuissance ne bluffe pas.  » « La  frappe doit servir d’avertissement à l’Iran, au Hezbollah  ou à la Corée du Nord si un jour ils songeaient à recourir  à des armes de destruction massive  » , déclare pour sa part  Kerry. Ils lui présentent les différentes options. Le général Flynn, alors chef du renseignement militaire, a  participé à la sélection des cibles  : aéroports, centres  de commandement, bases militaires, dépôts d’armes.  «  Cela aurait été dévastateur et aurait considérablement  atténué la capacité du régime à frapper des non-combattants »,   nous  déclare-t-il.  Autour  de  la  table,  Martin   Dempsey, chef d’état-major, fait savoir  :  «  On a le doigt  sur la détente.  »  Faut-il une journée de frappes ou plusieurs  ? Les militaires prônent plusieurs jours d’intervention.  Il  suit  leur  avis.  Des  frappes  aériennes  en   Syrie seront déclenchées le lendemain dans la nuit, à  3  heures GMT. La réunion s’achève : les derniers choix  militaires  sont  arrêtés.  Les  conseillers  quittent  les   lieux. Remarquent-ils qu’il n’a pas donné d’ordre, qu’il  n’a pas dit  « allez-y »  et n’a pas encore signé d’ordre  ? Il  a laissé la décision se prendre toute seule, portée par  sa propre logique, se contentant de suivre l’avis géné ral. Il n’a rien dit des doutes qui l’assaillent.

Tout le pousse à intervenir… Mais… Le Parlement  britannique  a  mis  son  veto  la  veille.  C’est  une  première alerte. Et si le régime s’effondrait à la suite des  frappes  ? L’Amérique deviendrait responsable du chaos  qui pourrait en résulter, après l’Irak, après la Libye. Il  a entre les mains des rapports indiquant que le régime  syrien est plus fébrile que jamais. Des officiers expédient leurs familles hors de Damas. Les opposants se  disent prêts à fondre sur la capitale si le pouvoir, déjà  affaibli, flanchait. Quelle est l’alternative politique au  régime  ? Depuis plusieurs jours, les partisans du soutien à la rébellion ne ménagent pas leurs efforts pour  le rallier à leurs vues, comme Robert Ford, ex-ambassadeur américain à Damas  :  «  Au sein de l’administration,  certains  craignaient  que  les  djihadistes  prennent  le   pouvoir à Damas. Je n’y croyais pas. Les modérés étaient,  à ce moment-là, les plus forts  »,  explique-t-il. Quelques  jours plus tôt, il a rencontré Obama pour le persuader que  «  frapper convaincra le régime de négocier vraiment  à  Genève   ».   Ford  a  l’impression  d’avoir  réussi…   Gordon,  lui  aussi,  s’est  voulu  rassurant   :   « Quelques  jours de frappes ne suffiront pas à décapiter un régime qui  s’accroche au pouvoir.  »  Mais comment en être sûr  ?

L’agenda se rappelle à Barack Obama. Il converse  pendant trois quarts d’heure avec son plus proche allié,  le  Français  François  Hollande,  dont  les  Rafale   chargent leurs missiles de croisière Scalp. Il l’assure  que rien n’est changé. L’après-midi s’achève. Son emploi du temps lui laisse enfin un répit. Il n’aime guère  les  choix  tranchés,  préférant  le  consensus.  Mais  la   machine est lancée. Il est président, il peut encore faire marche arrière, mais il faut aller vite  et, cette fois, se décider.  «  J’ai dit  : “Pause. On réfléchit.  J’ai voulu m’extraire des pressions”  »,  confiera-t-il en 2016  au  journaliste  Jeffrey  Goldberg.  Il  a  besoin  de  marcher pour avoir les idées claires. Il propose à un homme  de confiance d’aller se promener dans le jardin de la  Maison-Blanche. Cet homme, c’est son chef de l’ad ministration, Denis McDonough  : ni un militaire ni  un diplomate, mais son collaborateur le plus loyal.  Pendant une heure, il lui livre ses doutes. Tout cela  est trop incertain. Ne va-t-il pas engager son pays dans  une nouvelle guerre alors qu’il a été élu pour se dé sengager de conflits coûteux  ? Et puis, cela ne risque- t-il pas de mettre en péril son grand œuvre, l’accord  nucléaire avec l’Iran  ? Trop de risques. Il teste une idée  auprès de McDonough  : demander une autorisation  préalable au Congrès. Une manière de reculer, car chacun sait qu’un soutien du Congrès est plus qu’incertain. McDonough approuve la prudence de son boss.

En  début  de  soirée,  il  convoque  à  nouveau  ses   conseillers dans son bureau. L’ambiance est décontractée. Il leur annonce la nouvelle. Ils n’en reviennent  pas. Ils insistent  :  «  Ce sera dévastateur pour votre autorité politique »,  le préviennent-ils. Il tient bon. Gordon  nous avoue avoir été estomaqué. Devant lui, Obama  raisonne en politique  :  «  Si ça ne dissuade pas Assad de  recommencer, si des inspecteurs de l’Onu sont pris comme  boucliers humains, si on perd un pilote, j’aurai l’opinion,  le Congrès sur le dos. On me reprochera tout et son contraire,  d’être intervenu, de ne pas être intervenu plus fortement,  de ne pas être intervenu plus légèrement.  »  Gordon se souvient  d’un  autre  argument  du  président   :  le  risque   d’engrenage.  Si  Assad  ou  ses  parrains  russes  et  iraniens  décidaient  d’une  nouvelle  attaque  chimique   «  trois semaines plus tard  »,  alors  «  on devrait frapper de nouveau, et plus fort, et ainsi de suite  ».  Il ne serait plus  maître du processus, craint-il, alors qu’Assad le serait.  Cela, cet homme qui veut tout contrôler ne peut l’accepter. Et rien n’est moins contrôlable qu’une guerre.

Il a désormais quelques annonces délicates à faire.  Il prévient Kerry, qui est furieux.  «  L’Histoire nous jugera  avec une sévérité extrême  »,  lâche ce dernier à ses collaborateurs et à certains de ses homologues étrangers.  Le lendemain, à 18 heures, quelques heures avant l’attaque, il contacte aussi Hollande, qui tombe de haut.  Présent, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, nous résume le contenu de la conversation  :  « Il  nous a dit  : c’est plus difficile que prévu, il faut que je consulte…  Bref, plus de ligne rouge. Il n’était pas question pour la  France d’agir seule. Le château de cartes s’est effondré.  » Puis, dans la fournaise d’une fin de journée d’été,  sur le perron de la Maison-Blanche, Barack Obama  tient une conférence de presse  : « J’ai décidé d’intervenir,  proclame-t-il, avant d’ajouter  :  mais je demanderai que cet usage de la force soit approuvé par le Congrès.  »  Il s’est donné du temps. C’est fini. Il vient de changer l’ordre du monde sans pouvoir, à cet instant, le  deviner.  Certains  comprennent  en  revanche  que  rien ne sera plus comme avant.

Sur les hauteurs de Damas, Bachar el-Assad comprend qu’il n’a plus rien à craindre des Occidentaux.  Il se paiera même le luxe d’utiliser de nouveau des  armes  chimiques  deux  ans  plus  tard.  L’opposition   «  modérée  », autour de l’Armée syrienne libre, sent  que l’Occident l’abandonne. Les djihadistes, mieux  armés, recrutent les déçus et montent en puissance,  scellant le piège qui permettra au président syrien de se présenter comme rempart contre le chaos.

Au Kremlin, Vladimir Poutine se jette sur l’occasion. Aux Américains il offre de convaincre El-Assad  de  détruire  ses  armes  chimiques  contre  l’abandon  de tout projet d’intervention. Comment refuser, après  avoir reculé le 30 août  ? La Russie prend la main en  Syrie.  Plus  tard,  Poutine  estimera  ne  rien  redouter  du  président  américain  et  envahira  la  Crimée.  Les   Républicains et un certain Donald Trump, admirateur  de  Poutine,  ne  cesseront  de  dénoncer  ce  nouveau  Munich  et  ce  président  qui  a  affaibli  une   Amérique qu’il faudrait rendre  « great  again ».

Il ne lui reste que des questions sans réponses. Que  se serait-il passé s’il avait frappé  ? Ce 30 août 2013 est-il  le jour où Obama a mis fin au règne des Etats-Unis  comme seule superpuissance mondiale  ? Le jour où  le  camp  des  démocraties  a  dû  renoncer  à  se  battre  pour ses valeurs  ? A-t-il été trop raisonnable dans une  période troublée où un homme d’Etat ne devrait pas  l’être  ? Ou bien est-ce le jour où lui, un sage président,  a évité au Moyen-Orient de vivre un chaos supplémentaire et à l’Amérique de s’y trouver empêtrée  ?

* Ecrivain, documentariste, a réalisé «  Bachar, moi ou le chaos. »


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