Histoire: Héros des uns, méchants des autres (When our Thenardiers turn out to be heroes)

22 juin, 2020

Bernard Emile and his wife Yvonne

Cosette avec sa poupée chez les Thénardier | Paris MuséesJean Valjean, Cosette et son seau | Paris Musées
One man’s hero is another man’s villain. Dicton anglais
Il n’est rien sur la terre de si humble qui ne rende à la terre un service spécial ; il n’est rien non plus de si bon qui, détourné de son légitime usage, ne devienne rebelle à son origine et ne tombe dans l’abus. La vertu même devient vice, étant mal appliquée, et le vice est parfois ennobli par l’action. Shakespeare (Père Laurence, Roméo et Juliette, II, 3)
The difference between virtue and vice is far less radical than we would like to believe. Sometimes the most effective goodness…is carried out by those who have already compromised themselves with evil, those who are members of the very organization that set the ball rolling toward the abyss. Hence a strange and frustrating contradiction: that absolute goodness is often surprisingly ineffective, while compromised, splintered and ambiguous goodness, one that is touched and stained by evil, is the only kind that may set limits to mass murder. And while absolute evil is indeed defined by its consistent one-dimensionality, this more mundane sort of wickedness, the most prevalent sort, contains within itself also seeds of goodness that may be stimulated and encouraged by the example of the few dwellers of these nether regions who may have come to recognize their own moral potential. Omer Bartov
Countrymen is a fascinating study in the ambiguity of virtue. (…) There simply are no general answers to the question of why humans behave as they do in times of extremity. What Lidegaard’s story really demonstrates is that history and context are all. Denmark was Denmark: that is all one can truthfully say. Lidegaard makes the argument, in his conclusion, that had resistance been as strong elsewhere in Europe as it was in Denmark, the Nazis might never have been able to drive the Final Solution to its conclusion. (…) Countrymen is a story about a little country that did the right thing for complicated reasons, and got away with it for equally complicated reasons. It is a story that reinforces an old truth: solidarity and decency depend on a dense tissue of connection among people, on long-formed habits of the heart, on resilient cultures of common citizenship, and on leaders who marshal these virtues by their example. In Denmark, this dense tissue bound human beings together and indirect rule made it impossible for the Germans to rip it apart. Elsewhere in Europe, by contrast, it was destroyed in stages, first by ghettoizing and isolating the Jewish people and then by insulating bystanders from the full horror of Nazi intentions. Once Jews had been stripped of citizenship, property, rights, and social existence—once they could appeal only to the common humanity of persecutors and bystanders alike—it was too late. There is a sobering message in Lidegaard’s tale for the human rights era that came after these abominations. If a people come to rely for their protection on human rights alone, on the mutual recognition of common humanity, they are already in serious danger. The Danish story seems to tell us that it is not the universal human chain that binds peoples together in extremity, but more local and granular ties: the particular consciousness of time, place, and heritage that led a Danish villager to stand up to the Gestapo and say no, it will not happen here, not in our village. This extraordinary story of one small country has resonance beyond its Danish context. Countrymen should be read by anyone seeking to understand what precise set of shared social and political understandings can make possible, in times of terrible darkness, acts of civil courage and uncommon decency. Michael Ignatieff
Le bilan final – la perte de 25% de Juifs vivant en France, y compris 15% des citoyens juifs de France, dont de nombreux enfants – est plus lourd qu’il ne l’aurait été sans la participation de l’administration et de certains citoyens français. (…) il faut «s’élever contre l’idée qui se répand actuellement que Vichy a essayé dès le début d’épargner les Juifs anciennement établis en France. Il est vrai qu’en 1942, Vichy tente à quelques reprises de faire déporter les étrangers avant les citoyens français, mais ces efforts sont tardifs et peu efficaces. [Et au lieu] de se demander pourquoi tant de Juifs ont survécu en France (…) il faudrait plutôt se demander pourquoi tant ont péri. Robert Paxton
Ces êtres appartenaient à cette classe bâtarde composée de gens grossiers parvenus et de gens intelligents déchus, qui est entre la classe dite moyenne et la classe dite inférieure, et qui combine quelques-uns des défauts de la seconde avec presque tous les vices de la première, sans avoir le généreux élan de l’ouvrier ni l’ordre honnête du bourgeois. C’étaient de ces natures naines qui, si quelque feu sombre les chauffe par hasard, deviennent facilement monstrueuses. Il y avait dans la femme le fond d’une brute et dans l’homme l’étoffe d’un gueux. Tous deux étaient au plus haut degré susceptibles de l’espèce de hideux progrès qui se fait dans le sens du mal. Il existe des âmes écrevisses reculant continuellement vers les ténèbres, rétrogradant dans la vie plutôt qu’elles n’y avancent, employant l’expérience à augmenter leur difformité, empirant sans cesse, et s’empreignant de plus en plus d’une noirceur croissante. Cet homme et cette femme étaient de ces âmes-là. Victor Hugo (Les Misérables, 1862)
Thénardier est le patronyme d’une famille « misérable » que Victor Hugo met en scène et décrit dans son roman Les Misérables (1862). On découvre le couple aubergiste à Montfermeil quand Fantine lui confie la garde de sa fille Cosette qu’il va honteusement exploiter comme bonne à tout faire. À cette époque-là, le couple a deux petites filles, Éponine et Azelma, puis un garçon, Gavroche. Les Thénardier auront encore deux fils dont ils se débarrasseront et dont on ne connaîtra jamais les prénoms. Après la mort de Fantine, Jean Valjean soustrait Cosette à leur emprise moyennant une coquette somme d’argent. Après la faillite de leur auberge, on les retrouve à Paris se faisant passer pour la famille Jondrette, car le couple, accointé avec le milieu interlope et participant à divers faits criminels, se cache de la police tandis qu’il exploite ses filles pour pratiquer la mendicité. C’est le hasard qui mettra à nouveau la famille Thénardier en présence de Jean Valjean. (…) Le père est un ancien soldat devenu sergent et médaillé à la bataille de Waterloo grâce à la méprise du colonel Pontmercy qui, revenu à lui alors que Thénardier était occupé à le dépouiller (comme il le faisait sur tous les cadavres du champ de bataille), a cru que celui-ci le secourait. De ce fait, Thénardier se fait passer pour un bon samaritain (ayant échappé au risque d’être pris et fusillé comme pilleur), d’où le nom de son auberge qu’il affiche comme une gloire. Fantine ne peut pas garder son enfant, car elle retourne à Montreuil-sur-Mer, sa ville natale, pour y chercher du travail et, en 1818, une mère célibataire était rejetée par la société. Les Thénardier acceptent de prendre Cosette en pension moyennant le paiement de 7 francs par mois. Fantine « confie » un peu trop rapidement Cosette aux Thénardier après avoir aperçu la mère Thénardier attentionnée avec ses fillettes. Contrairement à la promesse qu’ils ont faite à Fantine de bien s’occuper de Cosette, ils jalousent cette jolie enfant, l’asservissent et la maltraitent. Cosette ne vit plus que dans la crainte et la tristesse tandis que le couple Thénardier réclame des sommes de plus en plus élevées à Fantine qui, pour continuer à leur verser une pension mensuelle devenue exorbitante, et après avoir perdu son emploi, vend ses cheveux et ses dents de devant, puis, à bout de ressources, va jusqu’à se faire fille publique avant de mourir en février 1823. Leur auberge fait faillite en 1828 après que Jean Valjean a réussi à arracher Cosette à leurs griffes (en la leur achetant) pour se réfugier à Paris à la fin de l’année 1823. Les Thénardier réapparaissent à Paris (année 1830), s’étant défaits, moyennant finances, de leurs deux plus jeunes fils, et ont changé de nom, ils sont désormais la « famille Jondrette » avec leurs enfants Azelma, Éponine et Gavroche. Ils vivent d’expédients avant de devenir les pires des malfrats en s’acoquinant avec la bande Patron-Minette. Dès le début, le couple Thénardier est décrit comme fourbe et sans scrupules, mais on peut penser que c’est un effet de la misère. Victor Hugo rend le ménage Thénardier antipathique alors qu’il s’apitoie sur leurs enfants exploités sans vergogne. Pour survivre, le couple n’hésite pas à recourir à toutes sortes de moyens criminels, du plus léger au rédhibitoire (exploitation éhontée de la pauvreté, vols, cambriolages, agressions, voire assassinat). De ce fait, la famille côtoie différents milieux interlopes (banditisme, prostitution), ce qui permet à Hugo de se pencher sur les causes sociales de ces comportements, de faire réfléchir le lecteur et de l’inciter à ne pas condamner systématiquement certains agissements (digression Le Mauvais Pauvre). Thénardier et sa fille Azelma, survivant à leur famille en juin 1833 (on ignore ce que sont devenus les deux plus jeunes fils perdus de vue durant l’insurrection de juin 1832), quittent la France pour s’expatrier aux États-Unis. L’injustice et le crime n’étant pas spécifiquement français, avec l’argent donné par Marius pour qu’ils disparaissent de leur vie (la vie de Cosette et Marius), homme de bien, l’ancien exploiteur de Fantine et de Cosette y devient trafiquant d’esclaves. Tout au long du roman, les destins de Jean Valjean, de Cosette, de Marius, ne cessent de croiser ceux des Thénardier qui joueront, en bien et en mal, un rôle essentiel dans la vie des trois protagonistes. (…) Ce nom aurait été inspiré à Victor Hugo par Louis Jacques Thénard, son contemporain et chimiste renommé, qui était opposé à la réduction du temps de travail des enfants proposée par Hugo.  Wikipedia
Pour le nouveau président de la Commission, ce n’était pas nécessaire de s’être comporté comme un héros pour obtenir l’honneur. Le grand nombre des cas signalés à Yad Vashem èroved qu’il y avait eu une réelle implication de nombreuses personnes, gens du commun, dans la tentative d’arracher les Juifs à l’extermination. Faire connaitre leurs histoires signifiait réfuter le mythe selon lequel l’opposition contre le nazisme était un acte impossible, que ce n’était pas une possibilité concrète d’aider les persécutés sans courir de risques extrêmes. Plusieurs fois, une petite intervention avait suffi pour empêcher une grande tragédie. C’est pourquoi il est important de valoriser publiquement chaque geste d’opposition qui a été fait en faveur des Juifs dans l’Europe occupée par les Nazis. (…) Mais comment juger qui a sauvé un juif et tué un autre homme après la guerre ? Ou la femme qui a caché les persécutés, alors qu’elle se prostituait avec les fonctionnaires nazis ? Ou ceux qui ont sauvé des dizaines de Juifs en Pologne sans nullement abandonner leurs opinions antisémites ? Ou également ceux qui ont aidé en échange d’argent ? Wikipedia
Cette médaille qui honore la famille Bernard honore aussi les habitants de Collonges-sous-salève. Représentant de la communauté israélite d’Annecy

Héros des uns, méchants des autres..

En ces temps devenus fous de furie et d’hystérie déboulonnatrice

Retour avec cette nouvelle édition retrouvée hier sur Facebook …

Du fameux livre de Paxton et Marrus il y a cinq ans …

Où contre la thèse révisionniste de Zemmour …

Créditant le régime de Pétain, à l’inverse de la Hollande ou de la Belgique, du sauvetage de quelque 75% de « ses » Juifs ….

Paxton rappelle dans sa nouvelle préface que le bilan final – dont de nombreux enfants – est plus lourd qu’il ne l’aurait été sans la participation de l’administration et de certains citoyens français …

Sur un souvenir personnel …

Rappelant l’irréductible ambiguïté du bien …

Avec ces gens connus dans mon enfance comme Thénardiers …

Et redécouverts bien après comme bons samaritains …

Yvonne Bernard et son mari Emile

Comité français pour Yad vashem

Emile et Yvonne Bernard, des adventistes du septième jour pratiquants possédaient une ferme dans le village de Collonges-sous-Salève en Haute-Savoie près de la frontière suisse. Les réfugiés juifs de Marseille savaient que ces personnes aidaient ceux qui devaient traverser la frontière clandestinement.

Peu après l’invasion du sud de la France par les Allemands, Raymond Katz, âgé de dix-sept ans, un refugié juif de Strasbourg, arriva en train de Marseille à Collonges. Il arriva sain et sauf à la ferme des Bernard le 25 novembre 1942. Emile et Yvonne Bernard l’accueillirent pendant deux jours sans rien attendre en retour. Alors qu’il était chez eux, un couple de Juifs âgés arriva à la ferme et fut également accueilli.

La nuit du deuxième jour, Emile Bernard proposa à Raymond Katz de lui faire traverser la frontière et  passer en Suisse. Il mit ses deux mains sur la tête du jeune homme et le bénit avant de partir. Raymond Katz marchait à environ cinquante mètres derrière Emile Bernard jusqu’à ce que ce dernier s’arrête et lui montre où traverser. Raymond Katz réussit à passer la frontière suisse. Les Allemands patrouillaient 24 heures sur 24 le long de la frontière qui séparait les deux pays et c’est grâce à sa très bonne connaissance de la région qu’Emile Bernard put guider Raymond vers un point de passage accessible.

Après la guerre, les Bernard furent totalement opposés à accepter la moindre reconnaissance de leurs actes de sauvetage. C’est seulement après leur décès qu’ils purent être honorés pour leurs actes nobles et courageux.

Le 3 Avril 2006 l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Emile Bernard et son épouse Yvonne.

Voir aussi:

Bernard Emile & Yvonne

Yad vashem

Emile and Yvonne Bernard, pious Seventh Day Adventists, owned a farm in the village of Collonges Sous Salève (Haute Savoie) close to the Swiss border. Their names were known among the Jewish refugees in Marseilles as people who helped those in need smuggle across the border. One day, not long after the Germans occupied the south of France, 17-year-old Raymond Katz, a Jewish refugee from Strasbourg, traveled by train from Marseilles to Collonges. He arrived safely at the Bernards’ farm on November 25, 1942. They opened their home to him and hosted him for two days without expecting or receiving anything in return. While he was there, an elderly Jewish couple arrived at the farm and they too were taken into the farmhouse. At nightfall of the second day, Emile invited Katz to embark on his journey. Placing both his hands on the young man’s head, Bernard blessed him and they set out on their way. Katz kept about 50 meters behind Bernard until the latter stopped at a certain point and showed him where to cross. Katz successfully crossed the border into Switzerland. The Germans patrolled the border between France and Switzerland around the clock and it was because of Bernard’s intimate knowledge of the area that he was able to direct Katz to a suitable crossing point.
After the war, the Bernards were strenuously opposed to accepting any recognition for their rescue efforts; it was only after they both passed away that they could be honored for their noble and brave deeds.
On April 3, 2006, Yad Vashem recognized Emile and Yvonne Bernard as Righteous Among the Nations.
Voir enfin:

Vichy et les Juifs : Robert Paxton persiste et signe

L’historien américain publie ce 14 octobre aux côtés de Michael Marrus une seconde édition de la publication de 1981. Cette version actualisée vient contredire l’idée répandue depuis quelques temps, selon laquelle Pétain aurait protégé des Juifs français.

Hugo-Pierre Gausserand et Jacques de Saint Victor

Impossible d’évoquer la question du régime de Vichy et de son rapport à la «question juive», comme l’écrivait Jean-Paul Sartre en 1946, sans évoquer l’auteur Robert Paxton. Historien américain, il publie en 1973 dans le cadre de ses études le fruit de ses recherches quant au rôle du gouvernement de Pétain dans la Shoah, La France de Vichy.

Avec cette parution, Robert Paxton venait remettre en cause certaines versions plus favorables au régime de Vichy. S’appuyant sur de nombreuses archives, ses travaux devinrent très vite une référence. Pourtant, à l’époque, l’historien connaît un déferlement de haine en France, jusqu’à se voir empêché de s’exprimer à la télévision.

Telle une piqûre de rappel, il publie ce 14 octobre une seconde version de l’ouvrage Vichy et les Juifs qu’il co-signait en 1981 aux côtés de Michael Marrus. Ces travaux réédités ont pour ambition de tordre le cou aux récentes thèses selon lesquelles Pétain et son régime politique auraient protégé des Juifs français de la Shoah.

Une réponse au révisionnisme

La principale cible sous-entendue de ce réquisitoire? Eric Zemmour. L’éditorialiste, auteur du bestseller Le suicide français, est devenu le fer de lance de cette nouvelle lecture, «pétainiste» pour certains. Dans son essai, et, le 4 octobre 2014 sur le plateau d’On n’est pas couché, il déclarait: «Pétain a sauvé des Juifs français», ajoutant qu’une large majorité de ceux-là n’avaient pas connu le sort tragique des millions d’autres dans les autres pays occupés par les nazis.

Paxton et Marrus, dans la préface de leur nouveau livre, précisent: «Le bilan final – la perte de 25% de Juifs vivant en France, y compris 15% des citoyens juifs de France, dont de nombreux enfants – est plus lourd qu’il ne l’aurait été sans la participation de l’administration et de certains citoyens français». Les deux historiens ne reviennent pas sur la grande différence avec ce qui s’est passé dans d’autres pays, notamment en Hollande ou en Belgique, où la population juive a quasiment été entièrement décimée.

Selon eux, il faut «s’élever contre l’idée qui se répand actuellement que Vichy a essayé dès le début d’épargner les Juifs anciennement établis en France». Ils admettent cependant: «Il est vrai qu’en 1942, Vichy tente à quelques reprises de faire déporter les étrangers avant les citoyens français», ce qu’avait défendu Eric Zemmour, mais, ajoutent les deux historiens, «ces efforts sont tardifs et peu efficaces».

Les deux auteurs concluent sur une considération plus morale qu’historique, en trouvant «fâcheux que certains continuent de se demander pourquoi tant de Juifs ont survécu en France. Etant donné les opportunités de survie, il faudrait plutôt se demander pourquoi tant ont péri».

Robert Paxton dédie cette réédition «aux Français anonymes et admirables» ayant aidé les Juifs persécutés. L’auteur de La France de Vichy de conclure: «Beaucoup de Français en ont ras-le-bol de ces histoires et préfèrent ne plus y penser.»


Journée internationale de commémoration des victimes de l’Holocauste/75e: Détacher le judaïsme d’Israël, c’est en faire un cadavre sans vie dépourvu d’âme (After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous)

27 janvier, 2020
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Vous qui aimez l’Éternel, haïssez le mal! Psaume 97: 10
Celui qui est sans foyer n’est pas une personne. Le Talmud
Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. Je savais que, au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. Il fallait donc en être. Charles de Gaulle (avril 1941)
99% des migrants non européens s’intègrent parfaitement à la nation française (…) l’islam n’est pas une menace pour la France, il est une composante depuis le VIIIe siècle. (…) ce qui se cache aujourd’hui derrière le « souverainisme » désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, antipolonaise, antiarménienne, et antisémites des siècles passés. Jacques Attali
Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme. Jacques Attali
Ecoutez-les : ils se lamentent cette semaine sur la montée de l’antisémitisme ; mais ils s’arrangent pour ne pas désigner les coupables. Ainsi font les faux-culs de l’antiracisme. Leur silence vaut camouflage. Ce qu’ils cherchent à taire est, il est vrai, le résultat de leur idéologie. Car ils savent, ces prétendues belles âmes, que la haine du juif a muté avec leur consentement tacite. Elle n’est plus tant dans la vieille extrême droite nostalgique de fantômes vichyssois qu’au cœur de la nouvelle société arabo-musulmane issue de l’immigration. Un rapport de l’Ifop confirme ces jours-ci qu’un Français juif sur trois se sent menacé au quotidien. 84% des juifs âgés entre 18 et 24 ans disent avoir été victimes d’actes antisémites. Ce mercredi, Emmanuel Macron entame en Israël un court séjour à l’occasion du 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Mais les nazis d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. Certes, certains attentats commis à l’étranger contre des musulmans par des suprémacistes blancs – notamment ceux de Christchurch (Nouvelle Zélande) le 15 mars 2019 – permettent aux faussaires d’alerter sur le danger d’une renaissance de l’extrême droite. En France, Jacques Attali est de ces intellectuels qui s’emploient à brouiller les réalités. C’est lui qui a déclaré, le 3 octobre 2019 : « 99% des migrants non européens s’intègrent parfaitement à la nation française (…) l’islam n’est pas une menace pour la France, il est une composante depuis le VIIIe siècle ». Dans un tweet du 4 octobre, il a aussi assuré : « Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme ». Mais ceux qui n’osent nommer les ennemis des Juifs avalisent une ignominie. Ils sont les traîtres. Oui, les Français juifs ont été trahis par la République capitularde. Ils ont été trahis par ceux qui avaient pour mission de protéger la nation de cette authentique « lèpre qui monte » qu’est l’antisémitisme. Or, quand Macron emploie cette expression, c’est pour dénoncer les peuples qui se réveillent. Le président porte une lourde responsabilité dans l’occultation des sources. Dans mon essai – Les Traîtres – je rappelle les procédés ignobles qui furent ceux du chef de l’Etat quand il laissa croire, à l’instar de Bernard-Henri Lévy, que l’antisémitisme était porté par les Gilets jaunes et plus généralement par les populistes. Je reprends ici quelques lignes de mon livre : « Quand Macron rend hommage à Simone Veil devant le Panthéon, en juillet 2018, il évoque « les vents mauvais qui à nouveau se lèvent ». Mais il ne vise pas là, comme on pourrait s’y attendre vu les circonstances, la judéophobie islamique qui massacre des innocents en France et ailleurs. Non, il vise les populistes, les eurosceptiques, tous ceux qui ne le suivent pas. Pour la Macronie et ses désinformateurs agréés, l’antisémitisme est, forcément, au centre du mouvement des Gilets jaunes. Le chercheur Jean-Yves Camus a beau objecter : « Le mouvement des Gilets jaunes en tant que tel n’est pas antisémite », le bourrage de crâne élyséen ne changera rien à son réquisitoire hystérique. Voici dont un chef d’Etat qui accuse une partie de son peuple d’être porteur d’une maladie de l’esprit qui touche, en réalité, ceux qui se sont soumis à l’islam le plus rétrograde mais que Macron, en revanche, choisit d’épargner. ». Comment respecter un pouvoir qui démissionne, toute honte bue ? Ivan Rioufol
La participation de Donald Trump [à la ‘Marche pour la vie’] est entièrement opportuniste. Il ne me semble pas qu’il ait des convictions morales solides. Il a découvert que les chrétiens conservateurs évangéliques le soutiennent, ils sont eux-mêmes pro-vie donc finalement il leur donne ce qu’ils veulent. Il est peut-être hypocrite à propos du droit à l’avortement, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a nommé des juges pro-vie à la Cour Suprême. Et je préfère avoir un président hypocrite qui reste constant dans sa politique sur l’avortement, qu’un président qui soit sincèrement pro-vie mais qui ne soit pas suffisamment engagé pour cette cause… George W. Bush était fermement engagé pour la vie également. Il ne faut pas oublier que les alliés de Trump comme ses ennemis adorent les exagérations pour parler de lui… Et encore une fois, l’essentiel est dans ce qu’il fait et non pas dans la sincérité de ses actions. (…) l’avortement n’est pas une nouvelle fracture, c’est une ligne de clivage depuis les années 1980 lors de la première campagne électorale de Ronald Reagan. Le fait que l’avortement demeure une fracture depuis toutes ces années est particulièrement intéressant: le pays a beaucoup évolué, même au sujet de la libération sexuelle. Un rapport de 2003 publié dans The Atlantic par Thomas B. Edsall intitulé «Blue Movie» montre de manière éloquente comment les questions de sexualité, incluant l’avortement, permettent de prédire avec précision le parti pour lequel les personnes interrogées vont voter. Depuis, les États-Unis sont devenus plus libéraux sur ces questions. La pornographie s’est répandue et est devenue largement accessible. Le mariage homosexuel a gagné un soutien majoritaire à une vitesse fulgurante et particulièrement auprès des jeunes. Après l’arrêt Obergefell qui déclare le droit constitutionnel du mariage homosexuel, pour les chrétiens la question des droits des homosexuels n’est plus centrée sur l’homosexualité elle-même mais sur la confrontation entre les droits LGBT et la liberté de conscience des croyants. Tous les vieux combats culturels concernant les questions de sexualité ont été perdus par la droite… à l’exception de l’avortement. Étrangement, l’opinion publique à propos de l’avortement n’a pas véritablement évolué depuis 1973. La plupart des Américains sont favorables à l’avortement, qui est légalisé, mais en y appliquant des restrictions. Alors qu’en 1973 l’arrêt Roe v. Wade prévoit un avortement sans restrictions. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que même si les «millennials» sont bien plus libres sur les questions de sexualité que les générations précédentes, et malgré le fait qu’ils sont la génération la plus laïque de l’histoire des États-Unis, l’opposition à un avortement sans restriction demeure forte parmi eux. Je ne suis pas certain d’avoir la clef d’explication de ce phénomène mais je pense que la technologie est un élément de compréhension. Les avancées des échographies ont permis aux gens de véritablement voir pour la première fois ce qui se passe dans l’utérus et de prendre conscience qu’ils n’y voient pas qu’un morceau de chair mais un être humain en train de se développer. Les miracles de la médecine actuelle qui sauve la vie de bébés nés grands prématurés sont plus parlants pour cette génération que les sermons des prêtres. (…) La probabilité de la réélection de Donald Trump dépend de sa capacité à rallier sa base et à convaincre les conservateurs qui rechignent à voter démocrate, mais qui n’avaient pas voté pour lui en 2016 à cause de doutes profonds sur sa personne. Trump n’a pas été aussi mauvais que ce que je craignais. Pour autant je ne crois pas qu’il a été un bon président. Néanmoins, je vais sûrement voter pour lui en 2020, et ce pour une bonne raison: le parti démocrate est extrêmement hostile envers les conservateurs religieux et sociétaux mais aussi envers nos libertés fondamentales. Leur combat pour la théorie du genre et l’extension maximale des droits de la communauté LGBT sont les principaux piliers du programme démocrate. Les activistes progressistes ont désigné les chrétiens conservateurs comme leur principal ennemi. Sur ces questions et sur la protection de la liberté d’expression, on ne peut pas leur faire confiance. Ils sont devenus les ennemis de la liberté. Il est clair que le nombre d’Américains qui est d’accord avec les traditionalistes sur ces questions diminue. Je crois que dans les mois et les décennies à venir, les juges fédéraux conservateurs que Trump a nommés seront les seuls à offrir une véritable sauvegarde de la liberté religieuse aux États-Unis. Les Républicains au Congrès et à la Maison Blanche n’ont pas vraiment agi en faveur du renforcement de la liberté religieuse contre les revendications des droits LGBT. Ils sont terrifiés à l’idée de passer pour bigots. Malheureusement, beaucoup de chrétiens américains ont eu des faux espoirs avec le Grand Old Party, en pensant qu’il suffisait de voter républicain pour gagner sur ces questions. En réalité, dans tous les domaines, académiques, médicaux, juridiques, dans les entreprises, les droits LGBT et l’idéologie du genre sont triomphants. Voter républicain est le seul moyen de ralentir cette «Blitzkrieg» progressiste et peut être à travers des biais juridiques y mettre fin dans le futur. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment sur le front politique. (…) Il est vrai que Trump a la présidence, les Républicains tiennent la majorité au Congrès et pour ces deux raisons les Républicains nomment un certain nombre de juges fédéraux. C’est un élément important mais ce n’est pas suffisant face au pouvoir culturel immense que les progressistes détiennent de leur côté. Ils contrôlent les plus grands médias d’information et de divertissement, ils contrôlent les écoles et les universités, la médecine et le droit et aussi de manière assez improbable, les grandes entreprises. L’émergence d’un «woke capitalism», un capitalisme progressiste, est un des faits politiques les plus significatifs de la décennie. La majorité des conservateurs n’a pas conscience de leur puissance ni de la manière dont ils se sont clairement positionnés contre le conservatisme social. Ils sont encore attachés à l’ère reaganienne et à illusion que le monde des affaires est conservateur. Quand Ronald Reagan a été élu président en 1980, il a ouvert une nouvelle ère dans la politique américaine, dominée par la droite, plus précisément par les néolibéraux de la droite. Cette ère s’est achevée avec Obama et Trump, mais l’avenir n’est pas écrit. Si on avait dit à un électeur conservateur au moment de l’investiture de Reagan que 30 ans plus tard le christianisme serait déclinant en Amérique, que le mariage homosexuel et l’adoption seraient légaux, que la pornographie violente serait uniformément répandue et accessible à tous y compris aux enfants grâce aux smartphones, que les médecins seraient autorisés à retirer des poitrines féminines à des jeunes filles pour devenir des hommes transgenres, je pense que cet électeur ne croirait pas une seconde qu’un pays qui autorise cela puisse être véritablement conservateur. Et pourtant c’est la réalité de l’Amérique d’aujourd’hui. Si nous sommes un pays conservateur, pourquoi n’avons-nous pas eu un mouvement comme celui de la Manif pour tous, qui pourtant en France, au pays de la laïcité, a conduit des centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris pour manifester? J’ai le sentiment que nous sommes plus un pays houllebecquien, même si les conservateurs ne veulent pas l’admettre. Les chrétiens traditionnels, catholiques, protestants, orthodoxes, ont perdu la guerre culturelle. Nous devons nous préparer à une longue période d’occupation et de résistance. C’est ce que j’appelle choisir l’option bénédictine. Même si mon livre s’est bien vendu aux États-Unis, proportionnellement il a eu plus de succès en Europe. En France, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays européens mes lecteurs sont des catholiques de moins de 40 ans. Lorsque vous êtes aussi jeune et que vous allez encore à la messe, vous n’avez pas à être convaincu de la vérité du diagnostic que je porte sur le malaise culturel actuel. De même, vous n’avez pas besoin d’être convaincu de l’impuissance de l’église post-soixante-huitarde dans cette crise. En Amérique, les chrétiens n’ont pas encore vu pleinement cette vérité. Cela nous attend dans cette nouvelle décennie. Ce sera un choc douloureux mais nous ne serons pas en mesure de constituer une vraie résistance tant que nous n’accepterons pas cette réalité. Après Trump, le déluge. Rod Dreher
Le voyage de milliers de réfugiés juifs, en 1947, sur le vieux navire « Exodus » en direction de la Palestine. Otto Preminger retrace la naissance de l’État d’Israël dans une fresque majestueuse portée par Paul Newman et Eva Marie Saint. En 1947, des réfugiés juifs européens en partance pour la Palestine mandataire sont refoulés par les autorités britanniques et placés dans des camps d’internement sur l’île de Chypre. Alors que les Nations unies s’apprêtent à se prononcer sur le plan de partage de la Palestine, Ari ben Canaan, un agent de la Haganah, une organisation paramilitaire sioniste, se fait passer pour un officier anglais et embarque des centaines de réfugiés sur un vieux navire rebaptisé Exodus. Lorsque le subterfuge est découvert, Canaan menace de faire sauter le bateau et obtient ainsi du général Sutherland la levée du blocus britannique. L’infirmière américaine Kitty Fremont, qui s’est prise d’affection pour Karen, une jeune passagère à la recherche de son père biologique, fait partie du voyage vers Haïfa. Tandis que Kitty se rapproche d’Ari, sa protégée s’éprend de Dov, un rescapé d’Auschwitz qui, une fois à terre, s’engage dans les rangs de l’Irgoun, une organisation clandestine aux méthodes violentes… Fondée sur le best-seller de Leon Uris, dont Otto Preminger a confié l’adaptation – créditée – à Dalton Trumbo, scénariste inscrit sur la liste noire d’Hollywood, cette fresque de plus de trois heures entrelace destins individuels et grande histoire, amours contrariées et soubresauts politiques avec une fluidité époustouflante, dénuée de tout effet démonstratif. Si elle s’autorise quelques libertés avec les faits et dédaigne le point de vue des Arabes, cette épopée, tournée dans des décors naturels à Chypre et en Israël, dépeint avec finesse le traumatisme des rescapés de l’Holocauste – personnifié par Dov, interprété par Sal Mineo, dans une bouleversante séquence d’interrogatoire. Elle met aussi l’accent sur la confusion des autorités britanniques, les dissensions entre factions sionistes, les germes du conflit israélo-palestinien… Rythmé par la partition exaltée d’Ernest Gold et magnifiquement interprété par Paul Newman et Eva Maria Saint, l’un des chefs-d’œuvre d’Otto Preminger. Arte
Dans la réalité, le navire fut intercepté en 1947 au large de Haïfa par les autorités britanniques, et ses passagers furent tout d’abord transférés à Port-de-Bouc en France, puis redéployés dans des camps de déportés en Allemagne. Ce n’est qu’en 1948, après l’établissement de l’État d’Israël, qu’une première partie des réfugiés de l’Exodus parvint en Palestine. L’attentat de l’hôtel King David eut lieu avant l’affaire de l’Exodus, en juillet 1946, et non en juillet 1947 comme montré dans le film. Il causa notamment la fin du « Mouvement de la révolte hébraïque », réunion de la Haganah, de l’Irgoun, et du Lehi : la Haganah quitta ce mouvement après l’attentat, en protestation contre cette action. De même, l’attaque de la prison d’Acre eut lieu en mai 1947, toujours avant l’affaire de l’Exodus, et fut montée entièrement par l’Irgoun. La tentative de prise de Safed est montrée comme une attaque arabe alors que la ville a été prise par les forces juives en mai 1947 et sa population arabe expulsée. La principale critique de l’historien Larry Portis est que ce film ne présente qu’un côté du conflit, en nous montrant comment quelques rares membres de la Haganah, peu armés mais courageux et unis, parviennent à empêcher l’attaque d’un kibboutz par des Arabes fanatisés et encadrés par d’anciens soldats du Troisième Reich, alors que les Britanniques refusent d’intervenir. Les Arabes ne tueront que deux personnes autour du camp : l’innocente et très blonde Karen, tuée dans la nuit, et le mukhtar du village arabe voisin, Taha, ami d’enfance d’Ari Ben Canaan. Le village arabe est d’ailleurs mystérieusement abandonné, ce qui permet aux jeunes sionistes de se lancer à la défense de Safed dont on entend l’attaque dans le lointain. Wikipedia
Not only were both film and novel tremendous commercial successes, but they were conceived of as the two axes of a single, mutually reinforcing project.* The idea for the book was suggested to Leon Uris by Dore Schary, a top executive at Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). The motivation behind the project is described by Kathleen Christison. « The idea for the book » she says, « began with a prominent public-relations consultant who in the early 1950s decided that the United States was too apathetic about Israel’s struggle for survival and recognition. » Uris received a contract from Doubleday and went to Israel and Cyprus where he carried out extensive research. The book was published in September, 1958. It was first re-printed in October the following year. By 1964, it had gone through 30 re-printings. This success was undoubtedly helped by the film’s release in 1960, but not entirely, as Uris’s novel was a book-of-the-month club selection in September, 1959 (which perhaps explains the first re-printing). The film was to be made by MGM. But when the time came, the studio hesitated. The project was perhaps too political for the big producers. At this moment Otto Preminger bought the screen rights from MGM. He then produced and directed the film, featuring an all-star cast including Paul Newman, Eva Marie-Saint, Lee J. Cobb, Sal Mineo, Peter Lawford and other box-office draws of the moment. The film also benefited from a lavish production in “superpanavision 70” after having been filmed on location. The music was composed by Ernest Gold, for which he received an Academy Award for the best music score of 1960. The screenplay was written by Dalton Trumbo. In spite of its length—three and a half hours—the film was a tremendous popular and critical success. It is noteworthy that the release of “Exodus” the film in 1960 indicates that its production began upon Exodus the book’s publication. It is reasonable, therefore, to suppose a degree of coordination, in keeping with the origins of the project. In short, it was a major operation which brilliantly succeeded. It has been estimated that in excess of 20 million people have read the novel, and that hundreds of millions have seen the film. Not only was this success a financial bonanza, but its political impact has been equally considerable. There can be little doubt that “Exodus” the film has been one of the most important influences on US perceptions and understanding of the hostilities between the Israeli state and the Palestinian people. It is thusly illuminating to return to the message communicated by this film, in attempting to gage its role in ideological formation. “Exodus” is the story of the Exodus 1947, a ship purchased in the United States and used to transport 4,500 Jewish refugees to Palestine. In reality, the novel and film take great liberties with the original story. Intercepted by the British authorities in the port of Haïfa, the real-life refugees were taken to the French port of Sête, where they were held, becoming the object of intense Zionist agitation and propaganda. Eventually they were transported to Germany and held temporarily in transit camps. Although this incident was used by Uris as the point of departure for his novel, the book is a work of fiction. Not only were the characters invented, but the events did not correspond to reality except in the most general way. In Uris’s narrative, an intercepted ship (not named “Exodus”) is intercepted on the high sea and taken to Cyprus where the passengers are put in camps. Representatives of the Haganah, the secret Jewish army in Palestine, arrive secretly in Cyprus in order to care for, educate and mobilize the refugees. The agent-in-chief is Ari Ben Canaan, played by Paul Newman. Ben Canaan is the son of Barak Ben Canaan, prominent leader of the Yishuv, the Jewish, Zionist community in Palestine. Tricking the British with great intelligence and audacity, Ari Ben Canaan arranges for the arrival of a ship purchased in the United States, on which he places 600 Jewish refugee children—orphans from the Nazi extermination camps and elsewhere. Once the children are on the ship, Ben Canaan names the ship the “Exodus”, and runs up the Zionist flag. He then informs the British authorities that, if the ship is not allowed to depart for Palestine, it will be blown up with all aboard. Before having organized this potential suicide bombing (of himself, the Haganah agents and the 600 children), Ben Canaan has met Kitty Fremont, an American nurse who has become fond of the children and, it must be said, of Ari Ben Canaan. This love interest is carefully intertwined with the major theme: the inexorable need and will of the Jewish people to occupy the soil of Palestine. As it might be expected, the British give in. After some discussion between a clearly anti-semitic officer and those more troubled by the plight of the refugees, the ship is allowed to depart for Palestine. It arrives just before the vote of the United Nations Organization recommending the partition of Palestine between the Jewish and non-Jewish populations. As the partition is refused by the Palestinians and the neighbouring Arab states, war breaks out and the characters all join the ultimately successful effort against what are described as over-whelming odds. Even Kitty and Major Sutherland, the British officer who tipped the balance in favour of releasing the “Exodus,” join the fight. Sutherland’s participation, representing the defection of a British imperialist to the zionist cause, if particularly symbolic. Why did Sutherland jeopardize his position and reputation, and then resign from the army? His humanitarian was forged by the fact that he had seen the Nazi extermination camps when Germany was liberated and, more troubling, his mother was Jewish, although converted to the Church of England. Sutherland has a belated identity crisis which led him, too, to establish himself in the naitive Israel. The other major characters is the film similarly represent the “return” of Jewish people to their “promised land.” For example, Karen, the young girl who Kitty would like to adopt and take to the United States, is a German Jew who was saved by placement in a Danish family during the war. Karen will elect to stay with her people, in spite of her affection for Kitty. Karen is also attached to Dov Landau, a fellow refugee, 17 year-old survivor of the Warsaw ghetto and death camps. Once in Palestine, Dov joins a Zionist terrorist organization (based on the Irgun) and, in the book and film (but not, of course, in reality), places a bomb in the wing of King David Hotel housing the British Command, causing considerable loss of life. The role of human agency, leadership and the nature of decision-making, are a dimension of “Exodus” that is particularly revealing of the propagandistic intent of the film. Most noteworthy is the fact that all the major characters are presented as exceptional people, and all are Jewish, with the exception of Kitty. However, it is not as individuals that the protagonists of the film are important, but rather as representatives of the Jewish people. In this respect, in its effort to portray Jewishness as a special human condition distinguishing Jews and Jewish culture from others, that “Exodus” is most didactic. Ari Ben Canaan is clearly a superior being, but he merely represents the Jewish people. They are, collectively, just as strong, resourceful and determined as Ari. This positive image is highlighted by the portrayal of other ethnic groupings present in the film. The British, for example, are seen, at best, as divided and, at their worst, as degenerate products of national decay and imperialistic racism. The most striking contrast to the collective solidarity, intellectual brilliance, and awesome courage of the Jews is, with the “Arabs.” In spite of their greater numbers, the culture and character of the Arabs show them to be clearly inferior. Ari, who is a “sabra”—a Jewish person born in Palestine—and, as a consequence, understands the Arab character, knows that they are no match for determined Jews. “You turn 400 Arabs loose,” he says, and “they will run in 400 different directions.” This assessment of the motional and intellectual self-possession of the Arabs was made prior to the spectacular jail break at Acre prison. The very indiscipline of the Arabs would cover the escape of the determined Zionists. The Arab leaders are equally incapable of effective action, as they are essentially self-interested and uncaring about their own people. In the end, it is this lack of tolerance and human sympathy in the non Jews that most distinguishes Jews and Arabs. In Exodus the novel, Arabs are constantly, explicitly, and exclusively, described as lazy and shiftless, dirty and deceitful. They have become dependant upon the Jews, and hate them for it. In “Exodus” the film, however, this characterization is not nearly as insisted upon, at least not in the dialogue. Still, way they are portrayed on the screen inspires fear and distrust. (…) What is absent from Preminger’s film—the moral misery, the existential despair, the doubts and confusion of the survivors of the Judeocide—is focused upon in Gitaï’s film. Conversely, what is absent from Gitaï’s film—the expression of Zionist ideals, aspirations and dogma, the glorifications of one ethnic group at the expense of others—is the very point of Preminger’s. This thematic inversion is particularly evident in reference to two aspect of the films: firstly, in the use of names and, secondly, in the dramatic monologues or soliloquies which end both films. In “Exodus”, the use of names for symbolic purposes is immediately evident. “Exodus” refers to the biblical return of the Jews from slavery to the Holy Land—their god-given territory, a sacred site. This sacred site is necessary to Jewish religious observance and identity. Only here, it is explained in “Exodus,” can Jews be safe. Only here, it is asserted, can they throw-off invidious self-perceptions, imposed by antisemitism and assimilation pressures, and become the strong, self-reliant and confident people they really are. This vision of Jewish identity propagated by Zionism is implicitly challenged in Kedma. Again, the title of the film is symbolically significant. “Kedma” means the “East” or “Orient”, or “going towards the East.” The people on the Kedma—Jewish refugees from Europe, speaking European languages and Yiddish—were arriving in another cultural world an alien one, in the East. The result would be more existential disorientation and another ethnically conflictual environment. The difference in perspective manifest in the two films is found also in the names given to the protagonists. In Kedma, an example is given of the abrupt Hebrewization of names as the passengers arrived in the new land, thus highlighting the cultural transformation central to the Zionist project. In “Exodus,” there is much explicit discussion of this aspect of Zionism, and some of the names given to central characters reveal the heavy-handedness of its message. It is, of course, a well-established convention to give evocative names to the protagonists of a literary or cinematographic work. Where would be, for example, Jack London’s The Iron Hell, without his hero, Ernest Everhard? The answer is that the novel might be more impressive without such readily apparent propagandistic trappings. And the same is true for Exodus. Leon Uris’s chief protagonist is Ari Ben Canaan, Hebrew for “Lion, son of Canaan.” This role model for Jewish people everywhere is thusly the direct heir of the ancient Canaanites, precursors of the Jewish community in the land of Palestine. This historical legacy and patrimony established, Paul Newman had only to play the strong fighter—ferocious, hard and wily—with his blond mane cut short, in the military style. The object of Ari’s affections, however ambivalent they may be, is Kitty Fremont, played by Eva Marie Saint. Not only does the pairing of the earnest and ever-hard Ari, the “Lion,” and the compliant but faithful “Kitty” imply a classic gender relationship, but the coupling of this prickly Sabra and the cuddly American symbolizes the special relationship between the United States and native state of Israel that has come to be called the “fifty-first state” of the union. The other major character, played by the baby-faced Sal Mineo, is “Dov Landau,” the 17-year-old survivor of the Warsaw ghetto and Auschwitz. This name evokes the dove of peace and the infancy indirectly evoked by the term “landau” (baby carriage?). The irony is that the angelic Dov, alights on Palestinian soil with the fury of a maddened bird of prey. He is the consummate terrorist—angry and bloodthirsty. Dov’s conversion to Zionism as a collective project, as opposed to a vehicle for his personal vengeance, comes at the end of the story when peace has been (temporarily) achieved through unrelenting combat. Dov then leaves Israel for MIT (Massachusetts Institute of Technology) where he will perfect the engineering skills learned building bombs in Warsaw and in Palestine. Peace means refining the technical capacity for the new nation’s defence. In the meantime, Dov’s fiancee, the soft and sweet Karen, has been cruelly murdered by the Arabs. « Exodus » and « Kedma » differ most notably in the latter’s avoidance of the kind of crude propaganda that Leon Uris and Otto Preminger so heavily developed. Rather than forcing his viewers to accept a vision of the birth of Israel founded upon characters, distortions and omissions from historical reality, Amos Gitaï chose to simply place characters that we see briefly in a specific situation which is the real focus of the film. Whereas Preminger symbolized the destiny of a people in the story of strong characters, Gitaï illustrated the tragedy of an historical conjuncture in which the historical actors were largely incidental. We see this aspect of Gitaï’s thematic inversion of Preminger’s film in the soliloquies delivered in both films. At the very end of “Exodus,” Ari Ben Canaan delivers a speech at Karen’s graveside, in which he justifies the Zionist project as the just and prophetic return of a people forced to err in a hostile world for 2000 years. The resistance encountered to this project, he explains, is only the result of evil, self-interested individuals (such as the Grand Mufti of Jerusalem) who are afraid of losing their privileges once the Arabs learn that Jewish settlement is in their interest. Ari concludes: “I swear that the day will come when Arab and Jew will live in Peace together.” The film then ends with a military convey receding into the distance, towards a new battle in the just cause. In Kedma, there are two soliloquies, delivered not by strong and self-composed leaders, but by distraught, frightened people, caught in a web woven by the apprentice sorcerers in the background—the real architects of the situations in which destinies are sealed and lives are broken. The first speech is made by a middle-aged Polish Jew. Appalled by the new cycle of suffering he witnessed upon arrival in Palestine, he shouts that suffering, guilt and martyrdom have become essential to the Jewish character. Without it, he cries, the Jewish people “cannot exist.” This is their tragedy. The second expression of despair is made by an aged Palestinian peasant, pushed off his land, fleeing the combat. Disregarding the danger, he says: “we will stay here in spite of you. Like a wall, and we will fill the streets with demonstrations, generation after generation.” How to reconcile the Holocaust (the fascist judeocide) and the Nakba (the Palestinian « disaster » of the Zionist ethnic cleansing)? Gitaï’s « Kedma » places the contemporary dilemma within its historical and existential context. Preminger’s “Exodus” did everything not to provide movie-goers with the elements necessary to informed understanding. This is the difference between, on the one hand, demagogy and propaganda and, on the other hand, a call to reason and justice. Representations of leadership in « Exodus » were carefully contrived to create support, in the United States and elsewhere for the State of Israel. It is for this reason that the machinations and tractations of the world leaders who created the situation are conspicuously absent from the story. In « Kedma, » on the contrary, the absence of leaders and any characterization of leadership is designed to have an entirely different effect: namely the evocation of the hatred and human suffering caused when people are instrumental in the service of political and ideological projects. Larry Portis
‘En parler jamais, y penser toujours !’… A l’inverse du «communautarisme», politiquement impensé en France, mais quotidiennement évoqué («communautés» gay, juive, musulmane, arménienne, etc.), la pensée commune française est infectée par la pensée communautaire. Considérée comme étant d’origine anglo-saxonne, cette pensée a pourtant façonné (et miné) la société coloniale en Afrique du Nord. Ce n’était pas «classe contre classe» dans l’égalité citoyenne comme en métropole, mais religion contre religion, dans l’inégalité statutaire et juridique (« citoyens français», «Européens», «israélites», «sujets français musulmans», «indigènes»)… Des millions de Français et d’étrangers habitant aujourd’hui en France ont vécu dans cette pratique politique quotidienne, inconsciemment transmise à leurs enfants. Que l’héritage du communautarisme colonial provienne du refoulé politique français, qu’il ait été fécondé par la pensée politique musulmane (statut des dhimmis ou «protégés»), ou par le communautarisme institutionnel ottoman, a aujourd’hui peu d’importance. Ce qui importe en revanche, c’est qu’au Maghreb, depuis 1945, le communautarisme a conduit à son terme naturel, une épuration ethnique soft, c’est-à-dire au départ concomitant (Algérie) ou successif (Tunisie, Maroc) des «communautés» française, européenne et israélite. Les deux premières ont quitté le Maghreb dans le cadre de la légitime lutte d’indépendance ; la dernière a été délégitimée par son identité extra-musulmane. Les guerres du Proche-Orient ne sont pas étrangères au phénomène (au moins au Maroc et en Tunisie) : elles ont produit une insécurité de basse intensité qui, en trente ans, a vidé le Maghreb de ses communautés juives bimillénaires. Le résultat est connu. Alors que l’Afrique du Sud a préservé son miracle multiethnique, et est aujourd’hui le géant économique de l’Afrique, le Maghreb s’est économiquement réduit comme peau de chagrin. Son PIB n’excède pas celui des Bouches-du-Rhône (90 milliards d’euros), département nourri et irrigué par l’apport des migrants de toute la Méditerranée (« israélites», pieds-noirs, musulmans nord-africains, arméniens…). La violence antisémite qui frappe aujourd’hui en France est moralement et politiquement insupportable. Elle est d’autant plus dramatique que les jeunes beurs qui la mettent en oeuvre rejouent (inconsciemment ?) des scènes qui ont vidé l’Afrique du Nord de ses communautés… Le gouvernement israélien prend acte de cet état de fait, mais Israël n’a-t-il pas justement été créé pour cela ? La perspective d’un départ programmé des juifs de France, ne serait-ce que d’une importante minorité d’entre eux, serait l’échec le plus retentissant de la République française depuis Vichy. Mais cette violence est aussi économiquement et intellectuellement catastrophique. Faut-il rappeler que la nation américaine, la plus riche du monde, est aussi la plus brassée ? Le Proche-Orient, entré il y a plus d’un demi-siècle dans un processus de purification ethnico-religieuse, s’abîme dans les crises et la récession économique, au fur et à mesure que le quittent ses minorités : Européens, juifs d’Europe, Arméniens, juifs arabes, et maintenant chrétiens d’Orient. Intellectuellement, il est plus insupportable encore, qu’en dehors des plus hautes autorités de l’Etat français, il revienne aux intellectuels juifs de France de lancer des signaux d’alarme. Le principe de la démocratie confie à des médiateurs ou représentants (du peuple) la défense de tous les citoyens. Confier la défense d’une «communauté» agressée à ses propres médiateurs est une régression. Il est vrai que traditionnellement, les israélites d’Europe ont été interdits d’activités productives et cantonnés aux services et activités d’échange. L’émancipation des juifs de France au XIXe siècle, puis les traumatismes du XXe siècle, alliés aux fantastiques progrès de l’école, ont accompagné la «montée en gamme» de cette population. Les intellectuels d’origine juive (ou de judaïsme revendiqué) animent aujourd’hui largement le débat public national (au grand dam de Tariq Ramadan), et il va sans dire que leur départ vers les Etats-Unis ou Israël serait une perte incalculable. La France généreuse accueille 80 % de migrants avec un niveau d’études infrasecondaire (quand plus de 80 % des migrants aux Etats-Unis sont diplômés du supérieur), peut-elle de surcroît se permettre de se vider d’une partie croissante de ses forces vives intellectuelles ? Pierre Vermeren
Il y a un syndrome de Jérusalem des dirigeants français. Le syndrome en question, bien connu des psychiatres, projette le visiteur dans un univers mystico-fantasmatique où il se sent illico investi d’une mission sacrée. Certes, ni Jacques Chirac en 1996, ni Emmanuel Macron, aujourd’hui, ne se sont pris pour le Messie. Pourtant, leur passage, dans des contextes bien différents, se sera déroulé avec les mêmes réflexes, suscitant la même vague d’émotion. Au terme d’une longue balade, le 22 janvier, dans la vieille ville, après force accolades et mots profonds – « en ce petit lieu, tant de jaillissements… »- le président, euphorique, s’est rendu à l’Eglise Sainte-Anne. Edifiée par les Croisés, puis transformée en mosquée par Saladin, elle fut offerte à la France en 1856 par les Ottomans de la Sublime Porte, alors maitres de la Palestine, pour services rendus contre l’Empire russe pendant la guerre de Crimée. Et là, divine surprise pour les témoins palestiniens qui n’apprécient guère de voir reconnue par près de 40 chefs d’Etat la centralité d’Israël dans la mémoire du génocide ! Emmanuel Macron, endossant sans le savoir tout en le sachant les habits du Jacques Chirac de 1996, s’est engueulé – ce mot trivial est cependant le seul qui convienne – avec les gardes de la sécurité israélienne. Ces derniers étaient sur les dents depuis des jours. Il y avait de quoi. Recevoir les grands de ce monde dans une capitale sous haute tension n’est pas une mince affaire. La veille, le quotidien palestinien Al Hayat al Jedida, organe officiel de l’Autorité palestinienne, avait publié sans complexe l’édito d’un certain Yahya Rabah qui écrivait mot pour mot, à propos de ce Forum sur le génocide : « Un coup de feu perturbera la cérémonie et un cadavre annulera l’événement ». Le Shin Bet, le renseignement intérieur, prend tout au sérieux et, quoiqu’on puisse en dire sur les réseaux sociaux marqués du sceau de la haine d’Israël, sans la vigilance du Shin Bet, les citoyens de l’Etat hébreu et ses visiteurs auraient du souci à se faire. L’Eglise Sainte-Anne est bel et bien domaine français mais en matière d’anti-terrorisme, les Israéliens sont au parfum. Les agents pénètrent donc dans les lieux, ce qui est à la fois illégitime et compréhensible. Voire « souhaitable » nous confie une source française anonyme, consciente des dangers de la ville sainte et habituée au professionnalisme des collègues israéliens. C’est alors qu’Emmanuel Macron voit rouge. Jérusalem baignait, cette après-midi là, dans une lumière de Golgotha. Les cieux déversaient les eaux du déluge sur la terre promise. Le protocole français, fine mouche, avait prévu 200 parapluies. Il y eut une éclaircie. Macron vit se profiler dans les nuées la silhouette de Chirac et entendit à travers l’orage l’impayable apostrophe, en english dans le texte, de son prédécesseur en 1996. Les hommes du Shin Bet, à l’époque, redoutaient comme aujourd’hui l’incident mortel et s’interposaient entre le « Rais » gaulois et la foule palestinienne. Ce fut alors que tonna l’immortel : « You want me to back to my plane ?????? ». Saisi par l’éternel syndrome de Jérusalem, Macron à son tour gronda : « I don’t like what you did in front of me », « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi ! » et ordonna qu’on vire illico de Sainte-Anne, territoire français, les agents de l’Etat hébreu, ces étrangers, ces provocateurs. L’affaire fit la Une de la presse israélienne, palestinienne et, forcément, française. Comme de bien entendu, on loua d’un côté la merveilleuse colère du frenchie face à ces gros bras israéliens tandis qu’on s’étonna, de l’autre, d’une telle similitude avec l’affaire Chirac. En réalité, nous sommes en mesure de prouver que le président a été saisi de ce fameux syndrome qui fait les saints, les martyrs et les bonnes consciences. C’était en effet diablement compliqué, en même temps que l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide (l’historienne Annette Wievorka a écrit là-dessus une fort belle tribune dans les colonnes du Monde), très compliqué d’assurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard. Le Macron version Forum de la Shoah pourfend l’antisémitisme, ce qui, du reste, ne rassure pas un instant les Français juifs, en dehors des représentants peu représentatifs des institutions communautaires, mais le Macron version Eglise Sainte-Anne entonne le grand air de la résistance à l’occupation. Bien joué. Enfin, dernier aspect du syndrome de Jérusalem des dirigeants français : le retour du refoulé de la fille ainée de l’Eglise. Il n’a jamais été admis et ne sera sans doute jamais admis au tréfonds des consciences que les juifs aient pu défier le temps, l’oubli et la mort, pour retrouver la Jérusalem biblique et en arpenter les rues en êtres libres et souverains. Que musulmans et chrétiens palestiniens y vivent avec eux dans la même dignité constitue l’espérance naturelle des hommes de paix. Cette espérance, un jour, finira par être comblée. Mais la paix, justement, ne pourra se négocier et s’accomplir qu’en abandonnant les préjugés tenaces, la vision des Israéliens comme venus d’ailleurs et non comme fils fidèles de cette ville. En oubliant ce très politique et très démago syndrome de Jérusalem. Martine Gozlan
Mon identité relationnelle séduisait une foule de gauche qui me considérait comme un rabbin en phase avec les temps modernes, quelqu’un qui rendait la religion accessible et pertinente. Ma défense d’Israël plaisait à un public opposé de conservateurs qui considéraient Israël comme injustement diffamé par la gauche. Les chrétiens évangéliques affluaient vers le message d’Israël en tant que phare de la liberté et bastion des droits de l’homme. Cependant, plus je défendais Israël, en particulier par le biais d’annonces dans les médias, plus mes amis et admirateurs libéraux commençaient à me déserter. Comment mon message universel d’une famille humaine pouvait-il s’intégrer à ma défense passionnée d’un État-nation juif? Comment ma croyance en l’égalité de toute l’humanité pouvait-elle coexister avec ce qu’ils considéraient comme le déplacement des Palestiniens par Israël? L’accord nucléaire du président Barack Obama avec l’Iran de l’époque a mis ce conflit en exergue. Les libéraux se sont réjouis de son élection et de sa politique. Ceux qui l’aimaient et le soutenaient étaient les mêmes personnes qui étaient d’accord avec mes réflexions sur le judaïsme, soutenaient mes campagnes anti-génocide dans des endroits tels que le Rwanda et approuvaient ma poursuite de l’éducation sur l’Holocauste. Alors, comment pouvais-je m’opposer si fermement à Obama sur l’Iran? N’avais-je pas compris que ce leader éclairé faisait la paix? Le dédain que les gens ressentaient pour mon opposition féroce à la politique iranienne d’Obama était pour eux une déception non pas de mes vues politiques, mais de ma foi. Le judaïsme n’est-il pas une religion de paix? Comment pouvions-nous haïr les mollahs iraniens? J’ai soudain ressenti le choc de deux identités. Mon identité juive et rabbinique me disait de suivre Ésaïe, de battre des épées en socs de charrue, remplissant le monde d’amour et d’harmonie. Mais en regardant la menace existentielle qui pèse sur Israël, je ne sentais plus que les paroles d’Isaïe étaient immédiatement pertinentes; les paroles du roi David dans les Psaumes semblaient plus appropriées: «Ceux qui aiment Dieu détestent le mal. Alors que nous publiions plus d’annonces – y compris avec Elie Wiesel – contre l’accord avec l’Iran, soulignant l’abomination de donner au premier parrain du terrorisme au monde 150 milliards de dollars d’actifs non gelés – en grande partie en espèces – je me sentais perdre ma base libérale autrefois fidèle. « Peut-être que Shmuley nous avait trompés et était un fondamentaliste extrémiste depuis le début. »  (…) Le judaïsme a permis au peuple juif d’être la première et seule nation à survivre par la croyance plutôt que par les frontières, avec des rabbins plutôt que des combattants, et la Bible et les prophètes plutôt qu’une économie et des marchés. Mais Theodor Herzl est arrivé et a gâché la fête. Quel genre d’existence était-ce, a-t-il demandé, alors qu’il examinait l’humiliation sans fin des Juifs européens – même ceux qui, comme Alfred Dreyfus, avaient pensé qu’ils pourraient s’assimiler et être accepté des non juifs ? C’est une vie misérable, pensait Herzl. Nous n’avons aucune dignité. Nous avons besoin d’un État-nation. Un foyer juif. Un endroit où les Juifs peuvent vivre avec la prospérité et la sécurité fournies par leur propre armée. Les rabbins ont crié à la faute. Est-ce à dire qu’Israël remplacerait le judaïsme? En effet, nombre des premiers sionistes étaient farouchement laïcs. Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Ils pensaient que le judaïsme avec sa dépendance ultime en Dieu plutôt que les efforts de l’individu freinait le peuple juif. Herzl prédisait un État juif avant 50 ans. Il s’était trompé de cinq ans. Cependant, ces cinq années critiques sont arrivées avec un événement: l’Holocauste. Si Israël avait respecté sa prédiction, 6 millions de vies juives auraient pu être épargnées. La politique nazie était l’émigration juive avant son anéantissement. C’est juste qu’aucun pays – y compris les États-Unis – ne voulait les accepter. Ils ont donc été tués à raison de 10 000 par jour. En fait, ce qu’Herzl avait fait, c’est de révéler la profonde erreur de Zakkai. Oui, le judaïsme a permis au peuple juif de survivre – jusqu’à ce qu’il soit gazé et transformé en cendres dans les crématoires d’Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen et Dachau. Après l’Holocauste, tout argument selon lequel les Juifs peuvent survivre en tant que religion sans État est profondément ridicule, c’est pourquoi le Neturei Karta, en plus d’être un embarras pour le judaïsme alors qu’il traîne avec des tueurs tels que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, est également profondément ignorant. Le monde n’est pas habitué à voir les Juifs se défendre et préférerait que nous soyons le peuple du livre plutôt que le peuple des Uzi. Je suis rabbin. Je veux que le peuple juif soit une lumière pour les nations. Je crois que le judaïsme a des enseignements rédempteurs à partager avec le monde sur la famille, la sexualité, le mariage, la dignité humaine, la mise en perspective de l’accumulation de richesses, l’égalité des femmes, le respect de tous les enfants de Dieu, la haine du mal et la lutte contre les violations des droits de l’homme. (…) Mais alors que le monde se tournait vers Israël, j’ai ressenti l’appel de mon peuple. Comment pourrais-je ne pas défendre l’État juif, où deux de mes enfants ont servi dans l’armée et où mon peuple réalisait l’ancien rêve de retourner en Israël et à Sion? Je me suis lancé dans les guerres d’Israël via des débats publics sur le campus, des débats publics sur CNN, Fox et MSNBC et des campagnes publicitaires mondiales qui ont défendu l’État juif. Cette décision a entraîné la perte d’une grande partie de mon public de gauche. Comment une personne éclairée comme moi pouvait  parler des droits de l’homme et du sauvetage des relations personnelles et ne pas me soucier des Palestiniens, mes critiques, qui étaient aussi les critiques d’Israël. Comment pouvais-je justifier l’agression d’Israël? Ma réponse selon laquelle Israël est le grand espoir arabe est tombée sur une sourde oreille. Je crois que l’épanouissement d’une démocratie au Moyen-Orient avec tous les droits pour tous ses citoyens arabes et musulmans ferait mentir les dictateurs arabes qui prétendent que des choses comme la liberté de la presse sont impossibles au Moyen-Orient. Il y avait un parti pris contre Israël qui semblait difficile à surmonter. (…) Alors que le monde se retournait contre Israël et que l’antisémitisme se développait à travers le monde, être un combattant pour Israël signifiait souvent perdre l’opportunité d’être une lumière pour les nations. Le monde dans son ensemble n’allait pas écouter quelqu’un l’accuser d’antisémitisme. Le monde n’allait pas voir quelqu’un qui défendait Israël – qu’il diffamait comme un occupant de l’apartheid – comme une lumière morale et spirituelle. Comme mon fils Mendy me l’a dit, c’est presque comme si les nations du monde étaient si brutales envers nous qu’elles ont complètement réorienté notre mission nationale de la propagation de la parole de Dieu à la survie de base. Et après qu’ils nous aient forcés à survivre, ils nous ont reproché de riposter et ont dit que ceux qui se battent n’ont pas le droit de prêcher un message spirituel d’unité universelle et de guérison cosmique. L’élection du président Donald Trump a amplifié ce fossé. Ces Juifs reconnaissants à Trump d’avoir déplacé l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem; le retrait de l’accord nucléaire iranien catastrophique; l’arrêt de la diffamation d’Israël aux Nations Unies; l’arrêt du financement de l’Autorité palestinienne tant qu’elle utilise cet argent  pour récompenser l’assassinat de Juifs; et la reconnaissance des hauteurs du Golan, sont traités comme indignes d’un rabbin.  (…) Nous ne devons pas renoncer à expliquer que la spiritualité juive et sa réussite à soutenir le peuple juif sont intimement liées à Israël. Oui, le monde n’est pas habitué à voir les Juifs se défendre et préférerait que nous soyons le peuple du livre plutôt que le peuple des uzis. Un cynique pourrait dire que le monde ne déteste pas tant les Juifs que les Juifs qui détiennent le pouvoir et se défendent pour eux-mêmes. Prenez Hollywood, par exemple. Presque tous les mois, l’industrie sort un excellent film sur la tragédie de l’Holocauste – mais elle n’a produit aucun film positif sur Israël depuis que Paul Newman a joué dans «Exodus». Des juifs avec des étoiles jaunes de David sur eux mourant et étant gazés touchent les scénaristes, réalisateurs et producteurs hollywoodiens. Les Juifs qui se battent dans les chars Merkava sur les hauteurs du Golan, ou les commandos israéliens qui prennent d’assaut les avant-postes terroristes à Gaza pour s’assurer qu’ils ne seront plus jamais abattus, est considéré non pas aussi héroïque mais oppressant pour les voisins d’Israël. D’un autre côté, avoir des guerriers israéliens a considérablement amélioré le judaïsme. Avoir une maison pour laquelle nous sommes prêts à nous battre et à nous défendre dans les relations publiques mondiales a donné au peuple juif une dignité que nous ne possédions pas auparavant lorsque nous étions une nation pitoyable. Les évangéliques chrétiens affluent désormais non seulement pour soutenir l’État juif, mais aussi pour en apprendre davantage sur la judéité de Jésus. (…) Sans Israël, le peuple juif – et la religion juive par extension – n’aurait pas l’impact qu’il a sur les chrétiens évangéliques. De même, sans Israël, il n’y aurait pas une véritable renaissance du judaïsme – non seulement avec les centaines de yeshivots et de séminaires qui ont ouvert, mais avec les communautés juives du monde entier qui ont renforcé leurs liens avec leur foi en raison de l’inspiration d’Israël. Pour le moment, nous ne gagnerons pas nécessairement les mondialistes alors que nous nous battons pour Israël. Ils nous puniront pour notre défense de nous-mêmes. Mais je crois qu’avec le temps, cela va changer. Il y aura un retour de bâton contre le libéralisme faux et frauduleux d’aujourd’hui qui diabolisait Israël alors qu’il fêtait l’Iran, la Turquie et la Chine. Quant au prix que nous paierons jusque-là, je pense qu’il en vaut vraiment la peine. Israël en vaut la peine. La patrie juive en vaut la peine. L’État juif en vaut la peine. Non seulement parce que sans Israel, il n’y aurait pas de sanctuaire pour les Juifs à l’ère de la persécution mondiale, mais parce que, comme le dit le Talmud, ‘Celui qui est sans foyer n’est pas une personne.’ Même pour les Juifs qui vivent dans la diaspora, c’est Israël qui donne à notre identité juive sa dignité. C’est Israël qui donne un sens à notre observance juive. Et c’est Israël qui donne à chaque homme, femme et enfant juif la plus grande fierté. Quel sens auraient nos prières quotidiennes sans la supplication de la présence divine retournant à Jérusalem? Comment pouvons-nous chercher à être connectés aux enseignements d’Abraham sans comprendre qu’ils proviennent d’un lieu et d’un temps particuliers en Israël? Détacher le judaïsme d’Israël, c’est faire de notre religion un cadavre sans vie dépourvu d’âme. Tant que le monde ne verra pas la vertu d’Israël – un événement rendu beaucoup plus difficile par l’antisémitisme mondialement ancré – mon avis est que nous ne pouvons pas abandonner la bataille pour joindre les deux. Nous ne devons pas renoncer à expliquer que la spiritualité juive et sa réussite à soutenir le peuple juif sont intimement liées à Israël. Rabbin Shmuley Boteach
My relationships identity appealed to a liberal crowd that saw me as a rabbi in tune with modern times, someone who made religion accessible and relevant. My defense of Israel appealed to an opposite audience of conservatives that saw Israel as being unfairly maligned by the left. Evangelical Christians flocked to the message of Israel as a beacon of freedom and bastion of human rights. However, the more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me. How did my universal message of one human family mesh with my passionate defense of a Jewish nation state? How did my belief in the equality of all humankind coexist with what they saw was Israel’s displacement of the Palestinians? Then-President Barack Obama’s nuclear deal with Iran brought this conflict into stark relief. Liberals delighted in his election and his policies. Those who loved him and supported him were the same people who agreed with my thoughts on Judaism, supported my anti-genocide campaigns in places such as Rwanda, and agreed with my furtherance of Holocaust education. So how could I so strongly oppose Obama on Iran? Did I not understand this enlightened leader was making peace? The disdain people felt for my ferocious opposition to Obama’s Iran policy was a disappointment not in my politics, but my faith. Is Judaism not a religion of peace? How could we hate the Iranian mullahs? I suddenly felt the clash of two identities. My Jewish, rabbinical identity told me to follow Isaiah, beating swords into plowshares, filling the world with love and harmony. But in looking at the existential threat facing Israel, I did not feel the words of Isaiah were immediately relevant; the words of King David in Psalms seemed more appropriate: “Those who love God hate evil.” As we took out more ads — including with Elie Wiesel — against the Iran deal, pointing out the abomination of giving the world’s foremost sponsor of terror $150 billion in unfrozen assets — much of it in cash — I felt myself losing my once-stalwart liberal base. “Perhaps Shmuley had bamboozled us and was an extremist fundamentalist all along.” (…) Judaism ensured the Jewish people would be the first and only nation to survive by belief rather than borders, with rabbis rather than fighters, and the Bible and Prophets rather than an economy and markets. But along came Theodor Herzl and spoiled the party. What kind of existence is this, he asked, as he surveyed the never-ending humiliation of European Jewry — even those who, like Alfred Dreyfus, had thought they might assimilate into non-Jewish acceptance? This is a wretched life, Herzl thought. We have no dignity. We need a nation state. A Jewish home. A place where Jews can live with prosperity and security provided by their own army. The rabbis cried foul. Does this mean Israel would replace Judaism? Indeed, many early Zionists were fiercely secular. It’s not hard to understand why. They felt Judaism with its ultimate reliance on God rather than the efforts of the individual was holding back the Jewish people. Herzl predicted a Jewish state within 50 years. He was off by about five. However, those critical five came with an event: the Holocaust. If Israel had met his prediction, 6 million Jewish lives might have been spared. The Nazi policy was Jewish emigration before it was annihilation. It’s just that no country — including the United States — would take them in. So they were killed at a rate of about 10,000 per day. In effect, what Herzl did was expose Zakkai’s decision as profoundly incorrect. Yes, Judaism allowed the Jewish people to survive — until they were gassed and turned into ash in the crematoria of Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen and Dachau. After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous, which is why the Neturei Karta, aside from being an embarrassment to Judaism as they hang out with killers such as former Iranian President Mahmoud Ahmadinejad, also are profoundly ignorant. The world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. I am a rabbi. I want the Jewish people to be a light unto the nations. I believe Judaism has redemptive teachings to share with the world on family, sexuality, marriage, human dignity, putting the accumulation of wealth in perspective, equality of women, respect for all of God’s children, hatred of evil and fighting human rights abuses. (…) But as the world turned on Israel, I felt the call of my people. How could I not stand up for the Jewish state, where two of my children served in the army and where my people were fulfilling the ancient dream of returning to Israel and Zion? I threw myself into the Israel wars via public debates on campus, public debates on CNN, Fox and MSNBC and global advertising campaigns that defended the Jewish state. With that decision came the loss of much of my liberal audience. How could I, an enlightened person who spoke about human rights and rescuing relationships, not care about the Palestinians, my critics, who were also Israel’s critics. How could I justify Israel’s aggression? My response that Israel is the great Arab hope was met with deaf ears. I believe the flourishing of a democracy in the Middle East with full rights for all its Arab and Muslim citizens would give lie to Arab dictators who claim that things such as press freedom are impossible in the Middle East. There was a bias against Israel that seemed hard to surmount. (…) As the world turned against Israel and as anti-Semitism sprang up around the world, being a fighter for Israel often meant forfeiting the opportunity to be a light unto the nations. The world at large was not going to listen to someone accusing it of anti-Semitism. The world was not going to see someone who defended Israel — which it vilified as an apartheid occupier — as a moral and spiritual light. As my son Mendy told me, it’s almost as if the nations of the world were so brutal toward us that they completely reoriented our national mission from spreading the word of God to basic survival. And after they forced us into survival mode, they faulted us for fighting back and said those who fight have no right to preach a spiritual message of universal oneness and cosmic healing. The election of President Donald Trump has magnified this divide. Those Jews thankful to Trump for moving the American embassy in Israel to Jerusalem; withdrawing from the catastrophic Iran nuclear deal; stopping the vilification of Israel at the United Nations; ceasing the funding to the Palestinian Authority as long as it channels that money in a pay-for-slay policy for killing Jews; and recognizing the Golan Heights, are treated as unworthy of the mantle of Jewish teacher. If you show the Jewish virtue of hakarat hatov, basic gratitude, toward a president who has strengthened and legitimized Israel immeasurably, especially at the United Nations, you are promoting darkness to the nations rather than serving as a light. (…) We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel. Yes, the world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. A cynic might say the world does not so much hate Jews as hate Jews who have power and stick up for themselves. Take Hollywood, for example. Nearly every month, the industry releases an excellent movie about the tragedy of the Holocaust — yet it has not produced one positive movie about Israel since Paul Newman starred in “Exodus.” Jews with yellow Stars of David on them dying and being gassed moves and touches Hollywood writers, directors and producers. Jews battling in Merkava tanks on the Golan Heights, or Israeli commandos storming terrorist outposts in Gaza to ensure they never again are slaughtered, is seen not so much as heroic but as oppressive to Israel’s neighbors. On the other hand, having Israel warriors has greatly enhanced Judaism. Having a home for which we are prepared to fight and stand up for ourselves in global PR has given the Jewish people a dignity we previously did not possess when we were a pitied nation. Christian evangelicals now flock not only to support the Jewish state but to learn about the Jewishness of Jesus. (…) Were it not for Israel, the Jewish people — and the Jewish religion by extension — would not have the impact it is having on evangelical Christians. Likewise, were it not for Israel, there would not be a true renaissance of Judaism — not only with the hundreds of yeshivot and seminaries that have opened but with Jewish communities the world over that have strengthened their bonds to their faith because of Israel’s inspiration. (…) Right now, we may not necessarily win over the globalists as we fight for Israel. They will punish us for standing up for ourselves. But I believe that in time, this will change. There will be a backlash against the false and fraudulent liberalism of today that would demonize Israel even as it fetes Iran, Turkey and China. As for the price we pay until then, I feel it absolutely is worth it. Israel is worth it. The Jewish homeland is worth it. The Jewish state is worth it. Not only because without Israe there would be no sanctuary for Jews in an age of global persecution, but because as the Talmud says, “He who is without a home is not a person.” Even for Jews who live in the Diaspora, it is Israel that gives our Jewish identity dignity. It is Israel that gives our Jewish observance meaning. And it is Israel that gives every Jewish man, woman and child the greatest pride. What meaning would our daily prayers have without the supplication of the divine presence returning to Jerusalem? How do we seek to be connected to the teachings of Abraham without understanding that they stemmed from a particular place and time in Israel? To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul. Until such time as the world comes to see Israel’s virtue — an event made much harder by globally ingrained anti-Semitism — my advice is that we cannot give up the battle on joining the two. We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel. Rabbi Shmuley Boteach

Cachez cet Israël que je ne saurai voir !

En ce 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz …

Au lendemain d’un forum où l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide …

Qui vit à nouveau syndrome de Jérusalem oblige …

Selon l’heureuse formule de Martine Gozlan du magazine Marianne …

Un président français « entonner à nouveau,  pour rassurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard, le grand air de la résistance à l’occupation » …

Mais aussi de la rafraichissante rediffusion sur Arte

Avec ses distorsions historiques, ses Arabes fanatisés et encadrés par d’anciens soldats du Troisième Reich et ses Britanniques refusant d’intervenir …

D’un Exodus avec toute la force et la passion bien vivantes de l’idéal sioniste  …

Et à l’heure où comme le rappelait Pierre Vermeren il y a déjà 16 ans …

Une France généreuse qui accueille 80 % de migrants au niveau d’études infrasecondaire contre plus de 80 % de diplômés du supérieur aux Etats-Unis …

Est en train de payer le prix à nouveau, après les pays arabes avant elle et sur fond de cécité redoublée, de la fuite de ses élites juives …

Pendant que le meilleur défenseur qu’ait connu tant le peuple juif qu’iranien ou même chrétien depuis Reagan …

Se voir moquer comme le premier idiot du village venu …

Comment ne pas voir avec le rabbin américain Shmuley Boteach …

Qu’ « après l’Holocauste, tout argument selon lequel les Juifs peuvent survivre en tant que religion sans État est profondément ridicule » …

Et que « détacher le judaïsme d’Israël, c’est faire d’en faire un cadavre sans vie dépourvu d’âme « ?

The Clash Over Support for Israel
Have the Jews paid a price for defending Israel?
Rabbi Shmuley Boteach
Jewish Journal
Jan 22, 2020

I am a lover and supporter of Israel. I dedicate much of my life and waking hours to defending, supporting and promoting Israel. I say this not to brag or take credit, but to be crystal clear that in asking whether Israel has helped or hurt Judaism, I am not querying whether the state of Israel should exist or whether it has been a blessing to the Jewish people.

Israel is the greatest modern miracle of the Jewish nation. Its existence has saved countless lives. It is the sole democracy in the Middle East and is a global bastion of human rights. Had Israel existed in 1940, 6 million Jews may not have died, and the Holocaust might not have occurred. Israel is the pride and joy of the Jewish people. Those who do not agree with this statement likely are ignorant of Jewish history and blind to Jewish purpose.

But what is the price Judaism has paid for the state of Israel? Is it possible for the Jewish people to remain a light for other nations as they engage in daily struggles to protect and promote their nation state as it is assailed from all sides?

I joined the Chabad movement as a boy, attending summer camp and meeting the Rebbe, Menachem Mendel Schneerson, when I was about 10 years old. The Rebbe’s universal message of globally spreading Judaism appealed to me. By 14, I had switched to a full-time, live-in Chabad yeshiva in Los Angeles. By 19, I was the Rebbe’s student emissary in Sydney, and by 22, along with my wife, Debbie, his full-time rabbinical emissary at Oxford University.

I reveled in making Judaism a light unto the nations. Why should Christianity and Islam, daughter religions of Judaism, make all the impact, with Judaism getting no credit? Where was the Jewish message for non-Jews about passionate marriages, kosher sex, raising inspired children and creating close-knit communities? Why was Judaism a spiritual backwater that appealed only to Jews?

My intention was not to proselytize non-Jews to Judaism. To the contrary, I wanted everyone to find purpose in their own identities and backgrounds. I wanted everyone to — as my friend Marianne Williamson once said — “honor their own incarnation.” But I also wanted universal Jewish values to influence them.

To that extent, I diverged from the traditional Hillel and Chabad campus model of focusing almost exclusively on Jews, and created a student organization that had thousands of non-Jews. Within two years of its creation, the Oxford L’Chaim Society had grown to become the second largest in Oxford’s history.

At that time, the late 1980s, I was keenly aware my beloved Israel was under attack. I was astonished by how much hatred the Jewish state engendered. I dedicated myself and our organization to Israel’s defense. In 11 years, we hosted six men who had or would serve as Israel’s prime ministers: Benjamin Netanyahu, Ariel Sharon, Ehud Olmert, Shimon Peres, Yitzhak Shamir and Yitzhak Rabin. This was in addition to hundreds of other pro-Israel speakers and debaters.

The more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me.

We trained students to be Israel’s spokespeople at important forums such as the Oxford Union. Some of our student leaders and participants went on to be top political officials, including Ambassador Ron Dermer, Mayor Eric Garcetti of Los Angeles and Sen. Cory Booker (D-N.J.), who was one of Israel’s greatest champions before turning on Israel with his support for the Iran nuclear agreement and his vote against the Taylor Force act in Senate committee.

While I continued to defend Israel, I published books on sex, relationships and marriage. I was wearing two hats: Hebrew warrior and relationship guru. The two peacefully coexisted — until about a decade ago, when they began to sharply diverge.

My relationships identity appealed to a liberal crowd that saw me as a rabbi in tune with modern times, someone who made religion accessible and relevant. My defense of Israel appealed to an opposite audience of conservatives that saw Israel as being unfairly maligned by the left. Evangelical Christians flocked to the message of Israel as a beacon of freedom and bastion of human rights.

However, the more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me. How did my universal message of one human family mesh with my passionate defense of a Jewish nation state? How did my belief in the equality of all humankind coexist with what they saw was Israel’s displacement of the Palestinians?

Then-President Barack Obama’s nuclear deal with Iran brought this conflict into stark relief. Liberals delighted in his election and his policies. Those who loved him and supported him were the same people who agreed with my thoughts on Judaism, supported my anti-genocide campaigns in places such as Rwanda, and agreed with my furtherance of Holocaust education.

So how could I so strongly oppose Obama on Iran? Did I not understand this enlightened leader was making peace? The disdain people felt for my ferocious opposition to Obama’s Iran policy was a disappointment not in my politics, but my faith. Is Judaism not a religion of peace? How could we hate the Iranian mullahs?

After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous.

I suddenly felt the clash of two identities. My Jewish, rabbinical identity told me to follow Isaiah, beating swords into plowshares, filling the world with love and harmony. But in looking at the existential threat facing Israel, I did not feel the words of Isaiah were immediately relevant; the words of King David in Psalms seemed more appropriate: “Those who love God hate evil.”

As we took out more ads — including with Elie Wiesel — against the Iran deal, pointing out the abomination of giving the world’s foremost sponsor of terror $150 billion in unfrozen assets — much of it in cash — I felt myself losing my once-stalwart liberal base. “Perhaps Shmuley had bamboozled us and was an extremist fundamentalist all along.”

But the clash here was not about Shmuley-the-relationship-counselor versus Shmuley-the-Hebrew-warrior; it was a clash of Shmuley the rabbi, representing the universalist goals of Judaism, with Shmuley the Israel fighter, representing the existential survival needs of the Jewish nation-state.

As many saw it, it was a conflict between Jewish universalism and Hebrew parochialism; Judaism as a religion for all people versus Israel as a state for only Jewish people.

It was at this point I recalled the story of Roman Emperor Vespasian and the greatest rabbi of the last years of the Second Temple, Rabbi Yochanan ben Zakkai.

The gist of the story is this: It’s 2,000 years ago and the Romans have surrounded Jerusalem. They are about to invade, annihilate the population and destroy the Holy Temple. The Jewish rebels fighting the Romans have made it a capital offense for anyone — including the greatest rabbis — to leave Jerusalem, for fear traitors will seek terms with the Romans or betray the Jewish cause.

Zakkai decides the Jewish cause is lost. The Romans will destroy everything. He fakes his death and is taken out of Jerusalem in a coffin, as bodies cannot be buried in the holy city. He is granted an audience with Vespasian, who is then a general, and greets him with the words, “Hail, Caesar.” Vespasian says the rabbi deserves death for giving him the imperial salutation when he is only a commanding general. Just then, a messenger comes in from Rome and says, “Hail, Caesar. The Roman emperor in the capital city has been deposed. You have been proclaimed the new emperor by your troops.”

Vespasian looks at Zakkai and is impressed, thinking the man is some kind of prophet. Vespasian agrees to grant the rabbi three wishes, the most important of which is Zakkai’s request that even if Jerusalem is destroyed, Vespasian will allow the rabbis and teachers to go to the city of Yavneh and establish a yeshiva there for the continuity of Judaism, the religion, unmolested by Rome.

But wait. What about the Temple? What about Israel? What about Jerusalem? What about the Jewish nation state? Clearly, Zakkai made a decision. Israel was lost, but Judaism would remain. The Jewish people would live on not through borders, an army and a capital, but through Jewish mitzvot and Torah observance. The people would survive through rabbis rather than soldiers, through scripture rather than a state, through the minute strictures of the halachah rather than the borders of a country.

From that fork in the road where Zakkai could have asked Vespasian to spare the country instead of sparing the Torah and teachers comes our present dilemma. For 2,000 years, Zakkai’s gamble — for which he was strongly criticized by fellow Talmudists — more or less worked. The Jewish people survived in exile through their Judaism.

I say “more or less” because survival came at the price of humiliation, expulsion, persecution, constant attack and finally, annihilation in the Holocaust. Yet for all those immeasurable and unspeakable horrors, Judaism and the Jewish people survived, even as millions did not.

Judaism ensured the Jewish people would be the first and only nation to survive by belief rather than borders, with rabbis rather than fighters, and the Bible and Prophets rather than an economy and markets.

But along came Theodor Herzl and spoiled the party. What kind of existence is this, he asked, as he surveyed the never-ending humiliation of European Jewry — even those who, like Alfred Dreyfus, had thought they might assimilate into non-Jewish acceptance? This is a wretched life, Herzl thought. We have no dignity. We need a nation state. A Jewish home. A place where Jews can live with prosperity and security provided by their own army.

The rabbis cried foul. Does this mean Israel would replace Judaism? Indeed, many early Zionists were fiercely secular. It’s not hard to understand why. They felt Judaism with its ultimate reliance on God rather than the efforts of the individual was holding back the Jewish people.

Herzl predicted a Jewish state within 50 years. He was off by about five. However, those critical five came with an event: the Holocaust. If Israel had met his prediction, 6 million Jewish lives might have been spared. The Nazi policy was Jewish emigration before it was annihilation. It’s just that no country — including the United States — would take them in. So they were killed at a rate of about 10,000 per day.

In effect, what Herzl did was expose Zakkai’s decision as profoundly incorrect. Yes, Judaism allowed the Jewish people to survive — until they were gassed and turned into ash in the crematoria of Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen and Dachau.

After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous, which is why the Neturei Karta, aside from being an embarrassment to Judaism as they hang out with killers such as former Iranian President Mahmoud Ahmadinejad, also are profoundly ignorant.

The world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi.

I am a rabbi. I want the Jewish people to be a light unto the nations. I believe Judaism has redemptive teachings to share with the world on family, sexuality, marriage, human dignity, putting the accumulation of wealth in perspective, equality of women, respect for all of God’s children, hatred of evil and fighting human rights abuses.

As a religion, we can and should impart those values. No one gave us the opportunity to do so when authorities shoved us into ghettos, resulting in poverty-level existence. However, the emancipation of European Jewry provided that opportunity. Judaism finally might be heard.

Jewish luminaries such as philosopher Moses Mendelssohn (1729-86) began the process, even as they compromised some of the core of Judaism in an effort to make it more palatable. The creation of the United States gave Jews full rights and acceptance, and for the first time in 2,000 years, there arose the possibility that rabbis and Jewish thinkers might go public via TV, radio and later, the internet, as well as publish books that profoundly impact hundreds of millions of non-Jews.

Modern media and a new, open, liberal mindset allowed Judaism — for the first time in history — to become a light unto the nations, without having to influence the world through the medium of Christianity or Islam.

I firmly jumped on this bandwagon, using Jewish wisdom to counsel non-Jewish families on a national TV show. I sought to rescue faltering marriages, restore lost intimacy and passion from monogamous relationships, and help parents inspire their children with values.

But as the world turned on Israel, I felt the call of my people. How could I not stand up for the Jewish state, where two of my children served in the army and where my people were fulfilling the ancient dream of returning to Israel and Zion?

I threw myself into the Israel wars via public debates on campus, public debates on CNN, Fox and MSNBC and global advertising campaigns that defended the Jewish state.

With that decision came the loss of much of my liberal audience. How could I, an enlightened person who spoke about human rights and rescuing relationships, not care about the Palestinians, my critics, who were also Israel’s critics. How could I justify Israel’s aggression?

My response that Israel is the great Arab hope was met with deaf ears. I believe the flourishing of a democracy in the Middle East with full rights for all its Arab and Muslim citizens would give lie to Arab dictators who claim that things such as press freedom are impossible in the Middle East. There was a bias against Israel that seemed hard to surmount.

The quandary I faced took me back two millennia to Zakkai, sitting before Vespasian. Would I be silent on Israel so I could remain a rabbi to the gentiles? Would I allow Israel to suffer while I spoke on television about kosher sex? Would I allow my closest friend and former student president Cory Booker to betray Israel and the United States by voting to give the killer mullahs in Tehran $150 billion so Booker’s many admirers would continue to see me as the enlightened Chassidic rabbi who mentored him? Would I be silent to remain popular among the Hollywood set while Israelis were blown up on buses and in cafes?

No, I would not. I would not remain silent, regardless of personal cost.

But this wasn’t primarily about me and the price I personally paid. It was about a choice. As the world turned against Israel and as anti-Semitism sprang up around the world, being a fighter for Israel often meant forfeiting the opportunity to be a light unto the nations. The world at large was not going to listen to someone accusing it of anti-Semitism. The world was not going to see someone who defended Israel — which it vilified as an apartheid occupier — as a moral and spiritual light.

As my son Mendy told me, it’s almost as if the nations of the world were so brutal toward us that they completely reoriented our national mission from spreading the word of God to basic survival. And after they forced us into survival mode, they faulted us for fighting back and said those who fight have no right to preach a spiritual message of universal oneness and cosmic healing.

The election of President Donald Trump has magnified this divide. Those Jews thankful to Trump for moving the American embassy in Israel to Jerusalem; withdrawing from the catastrophic Iran nuclear deal; stopping the vilification of Israel at the United Nations; ceasing the funding to the Palestinian Authority as long as it channels that money in a pay-for-slay policy for killing Jews; and recognizing the Golan Heights, are treated as unworthy of the mantle of Jewish teacher. If you show the Jewish virtue of hakarat hatov, basic gratitude, toward a president who has strengthened and legitimized Israel immeasurably, especially at the United Nations, you are promoting darkness to the nations rather than serving as a light.

There now is an undeniable conflict between being an Israel warrior and serving as an exponent of Judaism, such that the more one engages in the former, the less effective he or she is in the latter. And one is forced to choose?

To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul.

Don’t believe me? Take a look at Hillel and Chabad on campus. They care deeply about Israel. Still, they pay, at best, lip service to the battle against the boycott, divestment and sanctions movement on college campuses without mounting any serious and coordinated national campaign to combat it. Why? Their local directors will say — in their minds, with good cause — that if they stand for Israel or fight openly against Israel Apartheid Week, then students won’t come for chicken soup on Friday night. Hillel directors and Chabad rabbis feel they are forced to choose between advocating for Israel and losing more liberal-minded Jewish students, or forfeiting the fight for Israel and getting Jewish students to come to Torah classes or lectures on the Holocaust.

I cannot tell you how many college campus activists have expressed to me privately that Israel now is so toxic a subject on campuses that mixing it with their Jewish activities would cause them to lose more than half their participants.

To these Chabad rabbis and Hillel directors, I responded, “But, wait. If you’re going to cut out Israel from your programs — with the exception for some meaningless tokenism like having a falafel party on Yom HaAtzmaut — then you’ve cut out the heart of Judaism. Israel is central to everything Judaism stands for. What’s next? If God is offensive to atheists and makes you look backward and unscientific for your beliefs, do you drop Him as well? If mikveh is misunderstood by women as a belief that their menses make then unclean, do we cut out that, too? Or the Sabbath, if people believe it’s a day of idleness for people who are lazy and don’t want to work, will the Sabbath also be stripped out of Judaism?”

To this, one of Hillel’s most generous benefactors told me, “Look. I would never say this in public, but the battle for Israel on campus is lost. We should have woken up two decades ago. But we didn’t. And now, if we prioritize fighting for Israel, we cannot be impactful with teaching Judaism.”

So what can we do? Is Israel an unqualified blessing, or has its creation come at the expense of Jewish globalism? Has the creation of a nation-state in our ancient homeland in the Middle East compromised the universal impact we Jews were meant to make as a religion? Has Israel made us parochial rather than global? Myopic rather than universal? Limited rather than expansive? Controversial rather than popular?

Has Israel and the battle we must wage for Israel undermined the Jewish people’s capacity to use Jewish spirituality to influence the nations? The answer is yes and no.

We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel.

Yes, the world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. A cynic might say the world does not so much hate Jews as hate Jews who have power and stick up for themselves. Take Hollywood, for example. Nearly every month, the industry releases an excellent movie about the tragedy of the Holocaust — yet it has not produced one positive movie about Israel since Paul Newman starred in “Exodus.” Jews with yellow Stars of David on them dying and being gassed moves and touches Hollywood writers, directors and producers. Jews battling in Merkava tanks on the Golan Heights, or Israeli commandos storming terrorist outposts in Gaza to ensure they never again are slaughtered, is seen not so much as heroic but as oppressive to Israel’s neighbors.

On the other hand, having Israel warriors has greatly enhanced Judaism. Having a home for which we are prepared to fight and stand up for ourselves in global PR has given the Jewish people a dignity we previously did not possess when we were a pitied nation.

Christian evangelicals now flock not only to support the Jewish state but to learn about the Jewishness of Jesus. In my book “Kosher Jesus,” I argue, based on Christian scripture and the New Testament, that Jesus was a Jewish patriot who fought for the freedom of Israel against the Roman oppressors and was put to death by Roman proconsul Pontius Pilate for his defiance.

Were it not for Israel, the Jewish people — and the Jewish religion by extension — would not have the impact it is having on evangelical Christians. Likewise, were it not for Israel, there would not be a true renaissance of Judaism — not only with the hundreds of yeshivot and seminaries that have opened but with Jewish communities the world over that have strengthened their bonds to their faith because of Israel’s inspiration.

But for those who are more liberally minded and are true globalists, yes, standing up for Israel has somewhat impaired our ability to influence them with Jewish values. For example, the World Economic Forum at Davos, Switzerland, may be the ultimate statement of globalist influence. When I was last there three years ago, Iranian President Hassan Rouhani was treated as a global celebrity, feted by world leaders, even as Benjamin Netanyahu, who spoke two hours after him, couldn’t fill half the room because attendees were boycotting his appearance.

Right now, we may not necessarily win over the globalists as we fight for Israel. They will punish us for standing up for ourselves. But I believe that in time, this will change. There will be a backlash against the false and fraudulent liberalism of today that would demonize Israel even as it fetes Iran, Turkey and China.

As for the price we pay until then, I feel it absolutely is worth it. Israel is worth it. The Jewish homeland is worth it. The Jewish state is worth it. Not only because without Israe there would be no sanctuary for Jews in an age of global persecution, but because as the Talmud says, “He who is without a home is not a person.” Even for Jews who live in the Diaspora, it is Israel that gives our Jewish identity dignity. It is Israel that gives our Jewish observance meaning. And it is Israel that gives every Jewish man, woman and child the greatest pride.

What meaning would our daily prayers have without the supplication of the divine presence returning to Jerusalem? How do we seek to be connected to the teachings of Abraham without understanding that they stemmed from a particular place and time in Israel? To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul.

Until such time as the world comes to see Israel’s virtue — an event made much harder by globally ingrained anti-Semitism — my advice is that we cannot give up the battle on joining the two. We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel.

We Jews create strong families because we understand bonds that stretch across time and space, like our connection to Israel. We understand holiness because of the holy land of Israel. We understand ecstasy and longing because every year, we read of Moses’ ecstatic longing to enter Israel. We understand the need to keep one’s word and fulfill one’s promises — because after 2,000 years of exile, God kept his promise and returned us to the glorious, beautiful and majestic land of Israel, even as we continue to wait for the long-promised complete redemption of our people with the Messiah, when Israel and all the nations of the Earth will live in peace, men will beat their swords into plowshares, and no man will ever again teach his son the art of war.

May it happen now.


Rabbi Shmuley Boteach is the author of 33 books, including “Judaism for Everyone,” “Renewal: A Guide to the Values-Filled Life,” “Kosher Sex,” “Kosher Adultery” and “Lust for Love,” co-authored with actress and activist Pamela Anderson. Follow him on Twitter and Instagram @RabbiShmuley. 

Voir aussi:

Colère de Macron : le syndrome de Jérusalem des présidents français
Martine Gozlan
Marianne
23/01/2020

Rédactrice en chef
Travaille sur les questions et les pays d’Islam et couvre le conflit israélo-palestinien. A publié de nombreux livres sur l’islamisme, entre autres Pour comprendre l’intégrisme islamiste (Albin Michel 2002), Le sexe d’Allah ( Grasset 2004), Le désir d’islam (Grasset 2005), Sunnites-Chiites, pourquoi ils s’entretuent (Le Seuil 2008), L’imposture turque (Grasset 2011), ainsi qu’un récit sur l’Etat hébreu Israël contre Israël (L’Archipel, 2012) et une biographie Hannah Szenes l’étoile foudroyée (l’Archipel 2014).

En marge du sommet international sur la mémoire de la Shoah et l’antisémitisme qui réunit une quarantaine de chefs d’Etat en Israël, le président français a eu une vive altercation ce 22 janvier, comme Jacques Chirac en 1996, avec la sécurité israélienne, cette fois à la basilique Sainte-Anne, domaine français au cœur de la vieille ville.

Il y a un syndrome de Jérusalem des dirigeants français. Le syndrome en question, bien connu des psychiatres, projette le visiteur dans un univers mystico-fantasmatique où il se sent illico investi d’une mission sacrée. Certes, ni Jacques Chirac en 1996, ni Emmanuel Macron, aujourd’hui, ne se sont pris pour le Messie. Pourtant, leur passage, dans des contextes bien différents, se sera déroulé avec les mêmes réflexes, suscitant la même vague d’émotion. Au terme d’une longue balade, le 22 janvier, dans la vieille ville, après force accolades et mots profonds – « en ce petit lieu, tant de jaillissements… »- le président, euphorique, s’est rendu à l’Eglise Sainte-Anne. Edifiée par les Croisés, puis transformée en mosquée par Saladin, elle fut offerte à la France en 1856 par les Ottomans de la Sublime Porte, alors maitres de la Palestine, pour services rendus contre l’Empire russe pendant la guerre de Crimée. Et là, divine surprise pour les témoins palestiniens qui n’apprécient guère de voir reconnue par près de 40 chefs d’Etat la centralité d’Israël dans la mémoire du génocide ! Emmanuel Macron, endossant sans le savoir tout en le sachant les habits du Jacques Chirac de 1996, s’est engueulé – ce mot trivial est cependant le seul qui convienne – avec les gardes de la sécurité israélienne. Ces derniers étaient sur les dents depuis des jours. Il y avait de quoi.

Recevoir les grands de ce monde dans une capitale sous haute tension n’est pas une mince affaire. La veille, le quotidien palestinien Al Hayat al Jedida, organe officiel de l’Autorité palestinienne, avait publié sans complexe l’édito d’un certain Yahya Rabah qui écrivait mot pour mot, à propos de ce Forum sur le génocide : « Un coup de feu perturbera la cérémonie et un cadavre annulera l’événement ». Le Shin Bet, le renseignement intérieur, prend tout au sérieux et, quoiqu’on puisse en dire sur les réseaux sociaux marqués du sceau de la haine d’Israël, sans la vigilance du Shin Bet, les citoyens de l’Etat hébreu et ses visiteurs auraient du souci à se faire. L’Eglise Sainte-Anne est bel et bien domaine français mais en matière d’anti-terrorisme, les Israéliens sont au parfum. Les agents pénètrent donc dans les lieux, ce qui est à la fois illégitime et compréhensible. Voire « souhaitable » nous confie une source française anonyme, consciente des dangers de la ville sainte et habituée au professionnalisme des collègues israéliens.

La colère du Frenchie

C’est alors qu’Emmanuel Macron voit rouge. Jérusalem baignait, cette après-midi là, dans une lumière de Golgotha. Les cieux déversaient les eaux du déluge sur la terre promise. Le protocole français, fine mouche, avait prévu 200 parapluies. Il y eut une éclaircie. Macron vit se profiler dans les nuées la silhouette de Chirac et entendit à travers l’orage l’impayable apostrophe, en english dans le texte, de son prédécesseur en 1996. Les hommes du Shin Bet, à l’époque, redoutaient comme aujourd’hui l’incident mortel et s’interposaient entre le « Rais » gaulois et la foule palestinienne. Ce fut alors que tonna l’immortel : « You want me to back to my plane ?????? ». Saisi par l’éternel syndrome de Jérusalem, Macron à son tour gronda : « I don’t like what you did in front of me », « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi ! » et ordonna qu’on vire illico de Sainte-Anne, territoire français, les agents de l’Etat hébreu, ces étrangers, ces provocateurs.

L’affaire fit la Une de la presse israélienne, palestinienne et, forcément, française. Comme de bien entendu, on loua d’un côté la merveilleuse colère du frenchie face à ces gros bras israéliens tandis qu’on s’étonna, de l’autre, d’une telle similitude avec l’affaire Chirac. En réalité, nous sommes en mesure de prouver que le président a été saisi de ce fameux syndrome qui fait les saints, les martyrs et les bonnes consciences. C’était en effet diablement compliqué, en même temps que l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide (l’historienne Annette Wievorka a écrit là-dessus une fort belle tribune dans les colonnes du Monde), très compliqué d’assurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard. Le Macron version Forum de la Shoah pourfend l’antisémitisme, ce qui, du reste, ne rassure pas un instant les Français juifs, en dehors des représentants peu représentatifs des institutions communautaires, mais le Macron version Eglise Sainte-Anne entonne le grand air de la résistance à l’occupation. Bien joué.

Enfin, dernier aspect du syndrome de Jérusalem des dirigeants français : le retour du refoulé de la fille ainée de l’Eglise. Il n’a jamais été admis et ne sera sans doute jamais admis au tréfonds des consciences que les juifs aient pu défier le temps, l’oubli et la mort, pour retrouver la Jérusalem biblique et en arpenter les rues en êtres libres et souverains. Que musulmans et chrétiens palestiniens y vivent avec eux dans la même dignité constitue l’espérance naturelle des hommes de paix. Cette espérance, un jour, finira par être comblée. Mais la paix, justement, ne pourra se négocier et s’accomplir qu’en abandonnant les préjugés tenaces, la vision des Israéliens comme venus d’ailleurs et non comme fils fidèles de cette ville. En oubliant ce très politique et très démago syndrome de Jérusalem.

Voir également:

Le coût du communautarisme
Pressions et violences contre les juifs peuvent amputer une nation d’une de ses forces vives.
Pierre Vermeren
Libération
13 juillet 2004

«En parler jamais, y penser toujours !»… A l’inverse du «communautarisme», politiquement impensé en France, mais quotidiennement évoqué («communautés» gay, juive, musulmane, arménienne, etc.), la pensée commune française est infectée par la pensée communautaire. Considérée comme étant d’origine anglo-saxonne, cette pensée a pourtant façonné (et miné) la société coloniale en Afrique du Nord. Ce n’était pas «classe contre classe» dans l’égalité citoyenne comme en métropole, mais religion contre religion, dans l’inégalité statutaire et juridique (« citoyens français», «Européens», «israélites», «sujets français musulmans», «indigènes»)… Des millions de Français et d’étrangers habitant aujourd’hui en France ont vécu dans cette pratique politique quotidienne, inconsciemment transmise à leurs enfants. Que l’héritage du communautarisme colonial provienne du refoulé politique français, qu’il ait été fécondé par la pensée politique musulmane (statut des dhimmis ou «protégés»), ou par le communautarisme institutionnel ottoman, a aujourd’hui peu d’importance.

Ce qui importe en revanche, c’est qu’au Maghreb, depuis 1945, le communautarisme a conduit à son terme naturel, une épuration ethnique soft, c’est-à-dire au départ concomitant (Algérie) ou successif (Tunisie, Maroc) des «communautés» française, européenne et israélite. Les deux premières ont quitté le Maghreb dans le cadre de la légitime lutte d’indépendance ; la dernière a été délégitimée par son identité extra-musulmane. Les guerres du Proche-Orient ne sont pas étrangères au phénomène (au moins au Maroc et en Tunisie) : elles ont produit une insécurité de basse intensité qui, en trente ans, a vidé le Maghreb de ses communautés juives bimillénaires.

Le résultat est connu. Alors que l’Afrique du Sud a préservé son miracle multiethnique, et est aujourd’hui le géant économique de l’Afrique, le Maghreb s’est économiquement réduit comme peau de chagrin. Son PIB n’excède pas celui des Bouches-du-Rhône (90 milliards d’euros), département nourri et irrigué par l’apport des migrants de toute la Méditerranée (« israélites», pieds-noirs, musulmans nord-africains, arméniens…).

La violence antisémite qui frappe aujourd’hui en France est moralement et politiquement insupportable. Elle est d’autant plus dramatique que les jeunes beurs qui la mettent en oeuvre rejouent (inconsciemment ?) des scènes qui ont vidé l’Afrique du Nord de ses communautés… Le gouvernement israélien prend acte de cet état de fait, mais Israël n’a-t-il pas justement été créé pour cela ? La perspective d’un départ programmé des juifs de France, ne serait-ce que d’une importante minorité d’entre eux, serait l’échec le plus retentissant de la République française depuis Vichy.

Mais cette violence est aussi économiquement et intellectuellement catastrophique. Faut-il rappeler que la nation américaine, la plus riche du monde, est aussi la plus brassée ? Le Proche-Orient, entré il y a plus d’un demi-siècle dans un processus de purification ethnico-religieuse, s’abîme dans les crises et la récession économique, au fur et à mesure que le quittent ses minorités : Européens, juifs d’Europe, Arméniens, juifs arabes, et maintenant chrétiens d’Orient. Intellectuellement, il est plus insupportable encore, qu’en dehors des plus hautes autorités de l’Etat français, il revienne aux intellectuels juifs de France de lancer des signaux d’alarme. Le principe de la démocratie confie à des médiateurs ou représentants (du peuple) la défense de tous les citoyens. Confier la défense d’une «communauté» agressée à ses propres médiateurs est une régression.

Il est vrai que traditionnellement, les israélites d’Europe ont été interdits d’activités productives et cantonnés aux services et activités d’échange. L’émancipation des juifs de France au XIXe siècle, puis les traumatismes du XXe siècle, alliés aux fantastiques progrès de l’école, ont accompagné la «montée en gamme» de cette population. Les intellectuels d’origine juive (ou de judaïsme revendiqué) animent aujourd’hui largement le débat public national (au grand dam de Tariq Ramadan), et il va sans dire que leur départ vers les Etats-Unis ou Israël serait une perte incalculable. La France généreuse accueille 80 % de migrants avec un niveau d’études infrasecondaire (quand plus de 80 % des migrants aux Etats-Unis sont diplômés du supérieur), peut-elle de surcroît se permettre de se vider d’une partie croissante de ses forces vives intellectuelles ?

Voir encore:

Absent Leaders: Heroes and Villains in Otto Preminger’s “Exodus” and Amos Gitaï’s Kedma

Larry Portis

Events in the Middle East have become more and more difficult to ignor. They are unquestionably vital, not only to our interests, but to our ideals. For this reason our understanding of the history of the region, and our vision of it, should be a major preoccupation. The problem is that, given the centrality of the region in contemporary geo-political relations, it is difficult to distinguish between historical facts and the ideological distortions of them. This is why a backward look at the film “Exodus” is both timely and important. Produced and directed by Otto Preminger, « Exodus » was released in 1960, and had enormous success. In evaluating this success, we are helped by the release in 2002 of another film, « Kedma », directed by Amos Gitaï. These two films treat the same subject—the clandestine arrival of Jewish refugees in Palestine in 1947 in the midst of armed conflict. This was the eve of the partition of Palestine, proposed by the United Nations Organization but rejected by the non Jewish (or, rather, non-zionist) population and states of the entire eastern mediterranean region. Following the British announcement of their withdrawal from the protectorate established in 1920 by the mandate system of the treaty of Verseille, the stage was set for a defining event of the short, brutal twentieth century : the creation of the state of Israel and the population transfers and ethnic conflicts that accompanied it. Comparison of the two films, both in terms of their genesis as artistic creations and as political statements, elucidates aspects of a complex process of ideological formation. Seen terms of representations of leadership, the two films are extremely different. “Exodus” is a glorification of a certain type of leadership, at a certain level of decision-making. It works only at the level of strategic and tactical zionist command within Palestine immediately before, during and after the war for the creation of the state of Israel. The film is discrete relative to a higher level (higher in terms of power relations)—that of international diplomacy. Although decisions of the British military administration are implicitly criticized in the film, such criticism is not allowed to call into question Britain itself as an actor on the international stage. When either the British or the United-Statesians (and the French and Italians) are referred to, it is always as individuals, not representatives of overall national sentiments. Representations of leadership, and this includes tacit representations of the absence of leadership and/or the absence of leaders, are important in the films both in relation to their narrative content and to the ideological or perceptual effects intended by their directors. In Kedma, representations of leadership are only implicit. Amos Gitaï was concerned to present an historical situation by depicting a single incident, the origins of which are not explained directly and, in the course of which, individuals are shown to be subordinate to developments over which they have no real control. The incident in question is the illegal arrival of a ship, “Kedma,” on the coast of Palestine. There is an important qualification to make before any attempt to compare these films. The problem is that a discussion of the narrative content of Preminger’s film “Exodus” would not be legitimate without speaking of Exodus the novel, written by Leon Uris. Not only were both film and novel tremendous commercial successes, but they were conceived of as the two axes of a single, mutually reinforcing project.* The idea for the book was suggested to Leon Uris by Dore Schary, a top executive at Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). The motivation behind the project is described by Kathleen Christison. « The idea for the book » she says, « began with a prominent public-relations consultant who in the early 1950s decided that the United States was too apathetic about Israel’s struggle for survival and recognition. » Uris received a contract from Doubleday and went to Israel and Cyprus where he carried out extensive research. The book was published in September, 1958. It was first re-printed in October the following year. By 1964, it had gone through 30 re-printings. This success was undoubtedly helped by the film’s release in 1960, but not entirely, as Uris’s novel was a book-of-the-month club selection in September, 1959 (which perhaps explains the first re-printing). The film was to be made by MGM. But when the time came, the studio hesitated. The project was perhaps too political for the big producers. At this moment Otto Preminger bought the screen rights from MGM. He then produced and directed the film, featuring an all-star cast including Paul Newman, Eva Marie-Saint, Lee J. Cobb, Sal Mineo, Peter Lawford and other box-office draws of the moment. The film also benefited from a lavish production in “superpanavision 70” after having been filmed on location. The music was composed by Ernest Gold, for which he received an Academy Award for the best music score of 1960. The screenplay was written by Dalton Trumbo. In spite of its length—three and a half hours—the film was a tremendous popular and critical success. It is noteworthy that the release of “Exodus” the film in 1960 indicates that its production began upon Exodus the book’s publication. It is reasonable, therefore, to suppose a degree of coordination, in keeping with the origins of the project. In short, it was a major operation which brilliantly succeeded. It has been estimated that in excess of 20 million people have read the novel, and that hundreds of millions have seen the film. Not only was this success a financial bonanza, but its political impact.

has been equally considerable. There can be little doubt that “Exodus” the film has been one of the most important influences on US perceptions and understanding of the hostilities between the Israeli state and the Palestinian people. It is thusly illuminating to return to the message communicated by this film, in attempting to gage its role in ideological formation. “Exodus” is the story of the Exodus 1947, a ship purchased in the United States and used to transport 4,500 Jewish refugees to Palestine. In reality, the novel and film take great liberties with the original story. Intercepted by the British authorities in the port of Haïfa, the real-life refugees were taken to the French port of Sête, where they were held, becoming the object of intense Zionist agitation and propaganda. Eventually they were transported to Germany and held temporarily in transit camps. Although this incident was used by Uris as the point of departure for his novel, the book is a work of fiction. Not only were the characters invented, but the events did not correspond to reality except in the most general way. In Uris’s narrative, an intercepted ship (not named “Exodus”) is intercepted on the high sea and taken to Cyprus where the passengers are put in camps. Representatives of the Haganah, the secret Jewish army in Palestine, arrive secretly in Cyprus in order to care for, educate and mobilize the refugees. The agent-in-chief is Ari Ben Canaan, played by Paul Newman. Ben Canaan is the son of Barak Ben Canaan, prominent leader of the Yishuv, the Jewish, Zionist community in Palestine. Tricking the British with great intelligence and audacity, Ari Ben Canaan arranges for the arrival of a ship purchased in the United States, on which he places 600 Jewish refugee children—orphans from the Nazi extermination camps and elsewhere. Once the children are on the ship, Ben Canaan names the ship the “Exodus”, and runs up the Zionist flag. He then informs the British authorities that, if the ship is not allowed to depart for Palestine, it will be blown up with all aboard. Before having organized this potential suicide bombing (of himself, the Haganah agents and the 600 children), Ben Canaan has met Kitty Fremont, an American nurse who has become fond of the children and, it must be said, of Ari Ben Canaan. This love interest is carefully intertwined with the major theme: the inexorable need and will of the Jewish people to occupy the soil of Palestine. As it might be expected, the British give in. After some discussion between a clearly anti-semitic officer and those more troubled by the plight of the refugees, the ship is allowed to depart for Palestine. It arrives just before the vote of the United Nations Organization recommending the partition of Palestine between the Jewish and non-Jewish populations. As the partition is refused by the Palestinians and the neighbouring Arab states, war breaks out and the characters all join the ultimately successful effort

against what are described as over-whelming odds. Even Kitty and Major Sutherland, the British officer who tipped the balance in favour of releasing the “Exodus,” join the fight. Sutherland’s participation, representing the defection of a British imperialist to the zionist cause, if particularly symbolic. Why did Sutherland jeopardize his position and reputation, and then resign from the army? His humanitarian was forged by the fact that he had seen the Nazi extermination camps when Germany was liberated and, more troubling, his mother was Jewish, although converted to the Church of England. Sutherland has a belated identity crisis which led him, too, to establish himself in the naitive Israel. The other major characters is the film similarly represent the “return” of Jewish people to their “promised land.” For example, Karen, the young girl who Kitty would like to adopt and take to the United States, is a German Jew who was saved by placement in a Danish family during the war. Karen will elect to stay with her people, in spite of her affection for Kitty. Karen is also attached to Dov Landau, a fellow refugee, 17 year-old survivor of the Warsaw ghetto and death camps. Once in Palestine, Dov joins a Zionist terrorist organization (based on the Irgun) and, in the book and film (but not, of course, in reality), places a bomb in the wing of King David Hotel housing the British Command, causing considerable loss of life. The role of human agency, leadership and the nature of decision-making, are a dimension of “Exodus” that is particularly revealing of the propagandistic intent of the film. Most noteworthy is the fact that all the major characters are presented as exceptional people, and all are Jewish, with the exception of Kitty. However, it is not as individuals that the protagonists of the film are important, but rather as representatives of the Jewish people. In this respect, in its effort to portray Jewishness as a special human condition distinguishing Jews and Jewish culture from others, that “Exodus” is most didactic. Ari Ben Canaan is clearly a superior being, but he merely represents the Jewish people. They are, collectively, just as strong, resourceful and determined as Ari. This positive image is highlighted by the portrayal of other ethnic groupings present in the film. The British, for example, are seen, at best, as divided and, at their worst, as degenerate products of national decay and imperialistic racism. The most striking contrast to the collective solidarity, intellectual brilliance, and awesome courage of the Jews is, with the “Arabs.” In spite of their greater numbers, the culture and character of the Arabs show them to be clearly inferior. Ari, who is a “sabra”—a Jewish person born in Palestine—and, as a consequence, understands the Arab character, knows that they are no match for determined Jews. “You turn 400 Arabs loose,” he says, and “they will run in 400 different directions.” This assessment of the emotional and intellectual self-possession of the Arabs was made prior to the spectacular jail break at Acre prison. The very indiscipline of the Arabs would cover the escape of the determined Zionists. The Arab leaders are equally incapable of effective action, as they are essentially self-interested and uncaring about their own people. In the end, it is this lack of tolerance and human sympathy in the non Jews that most distinguishes Jews and Arabs. In Exodus the novel, Arabs are constantly, explicitly, and exclusively, described as lazy and shiftless, dirty and deceitful. They have become dependant upon the Jews, and hate them for it. In “Exodus” the film, however, this characterization is not nearly as insisted upon, at least not in the dialogue. Still, way they are portrayed on the screen inspires fear and distrust. The contrast between the ethnic stereotyping exhibited in “Exodus” and the portrayal of characters in Amos Gitaï’s Kedma could not be greater. In Kedma, there is no discussion of strategy or tactics, and thusly no invidious reflections upon one ethnic group’s capacity in relation to another’s. People simply find themselves in situations, and attempt to survive. This is how the survivors of the Judeocide perpetrated by the German government describe their experiences during the voyage, before the Kedma arrives. This is how all the characters—European Jews and Palestinians—react once the ship has disembarked its passengers. In Kedma, there are no leaders visible. Their existence can only be supposed. Their plans, strategies and justifications are unexplained. They remain in the background as part of a larger tragedy produced by forces over which “ordinary” people seemingly have little or no control. Gitaï’s film expresses a lack of confidence in leadership and, in this way, Kedma can be understood as a reading (and viewing) of « Exodus. » There is, in fact, a remarkable parallel development of the two films. What is absent from Preminger’s film—the moral misery, the existential despair, the doubts and confusion of the survivors of the Judeocide—is focused upon in Gitaï’s film. Conversely, what is absent from Gitaï’s film—the expression of Zionist ideals, aspirations and dogma, the glorifications of one ethnic group at the expense of others—is the very point of Preminger’s. This thematic inversion is particularly evident in reference to two aspect of the films: firstly, in the use of names and, secondly, in the dramatic monologues or soliloquies which end both films. In “Exodus”, the use of names for symbolic purposes is immediately evident. “Exodus” refers to the biblical return of the Jews from slavery to the Holy Land—their god-given territory, a sacred site. This sacred site is necessary to Jewish religious observance and identity. Only here, it is explained in “Exodus,” can Jews be safe. Only here, it is asserted, can they throw-off invidious self-perceptions, imposed by anti-semitism and assimilation pressures, and become the strong, self-reliant and confident people they really are. This vision of Jewish identity propagated by Zionism is implicitly challenged in Kedma. Again, the title of the film is symbolically significant. “Kedma” means the “East” or “Orient”, or “going towards the East.” The people on the Kedma—Jewish refugees from Europe, speaking European languages and Yiddish—were arriving in another cultural world an alien one, in the East. The result would be more existential disorientation and another ethnically conflictual environment. The difference in perspective manifest in the two films is found also in the names given to the protagonists. In Kedma, an example is given of the abrupt Hebrewization of names as the passengers arrived in the new land, thus highlighting the cultural transformation central to the Zionist project. In “Exodus,” there is much explicit discussion of this aspect of Zionism, and some of the names given to central characters reveal the heavy-handedness of its message. It is, of course, a well-established convention to give evocative names to the protagonists of a literary or cinematographic work. Where would be, for example, Jack London’s The Iron Hell, without his hero, Ernest Everhard? The answer is that the novel might be more impressive without such readily apparent propagandistic trappings. And the same is true for Exodus. Leon Uris’s chief protagonist is Ari Ben Canaan, Hebrew for “Lion, son of Canaan.” This role model for Jewish people everywhere is thusly the direct heir of the ancient Canaanites, precursors of the Jewish community in the land of Palestine. This historical legacy and patrimony established, Paul Newman had only to play the strong fighter—ferocious, hard and wily—with his blond mane cut short, in the military style. The object of Ari’s affections, however ambivalent they may be, is Kitty Fremont, played by Eva Marie Saint. Not only does the pairing of the earnest and ever-hard Ari, the “Lion,” and the compliant but faithful “Kitty” imply a classic gender relationship, but the coupling of this prickly Sabra and the cuddly American symbolizes the special relationship between the United States and native state of Israel that has come to be called the “fifty-first state” of the union. The other major character, played by the baby-faced Sal Mineo, is “Dov Landau,” the 17-year-old survivor of the Warsaw ghetto and Auschwitz. This name evokes the dove of peace and the infancy indirectly evoked by the term “landau” (baby carriage?). The irony is that the angelic Dov, alights on Palestinian soil with the fury of a maddened bird of prey. He is the consummate terrorist—angry and bloodthirsty. Dov’s conversion to Zionism as a collective project, as opposed to a vehicle for his personal vengeance, comes at the end of the story when peace has been (temporarily) achieved through unrelenting combat. Dov then leaves Israel for MIT (Massachusetts Institute of Technology) where he will perfect the engineering skills learned building bombs in Warsaw and in Palestine. Peace means refining the technical capacity for the new nation’s defence. In the meantime, Dov’s fiancee, the soft and sweet Karen, has been cruelly murdered by the Arabs. « Exodus » and « Kedma » differ most notably in the latter’s avoidance of the kind of crude propaganda that Leon Uris and Otto Preminger so heavily developed. Rather than forcing his viewers to accept a vision of the birth of Israel founded upon characters, distortions and omissions from historical reality, Amos Gitaï chose to simply place characters that we see briefly in a specific situation which is the real focus of the film. Whereas Preminger symbolized the destiny of a people in the story of strong characters, Gitaï illustrated the tragedy of an historical conjuncture in which the historical actors were largely incidental. We see this aspect of Gitaï’s thematic inversion of Preminger’s film in the soliloquies delivered in both films. At the very end of “Exodus,” Ari Ben Canaan delivers a speech at Karen’s graveside, in which he justifies the Zionist project as the just and prophetic return of a people forced to err in a hostile world for 2000 years. The resistance encountered to this project, he explains, is only the result of evil, self-interested individuals (such as the Grand Mufti of Jerusalem) who are afraid of losing their privileges once the Arabs learn that Jewish settlement is in their interest. Ari concludes: “I swear that the day will come when Arab and Jew will live in Peace together.” The film then ends with a military convey receding into the distance, towards a new battle in the just cause. In Kedma, there are two soliloquies, delivered not by strong and self-composed leaders, but by distraught, frightened people, caught in a web woven by the apprentice sorcerers in the background—the real architects of the situations in which destinies are sealed and lives are broken. The first speech is made by a middle-aged Polish Jew. Appalled by the new cycle of suffering he witnessed upon arrival in Palestine, he shouts that suffering, guilt and martyrdom have become essential to the Jewish character. Without it, he cries, the Jewish people “cannot exist.” This is their tragedy. The second expression of despair is made by an aged Palestinian peasant, pushed off his land, fleeing the combat. Disregarding the danger, he says: “we will stay here in spite of you. Like a wall, and we will fill the streets with demonstrations, generation after generation.” How to reconcile the Holocaust (the fascist judeocide) and the Nakba (the Palestinian « disaster » of the Zionist ethnic cleansing)? Gitaï’s « Kedma » places the contemporary dilemma within its historical and existential context. Preminger’s “Exodus” did everything not to provide movie-goers with the elements necessary to informed understanding. This is the difference between, on the one hand, demagogy and propaganda and, on the other hand, a call to reason and justice. Representations of leadership in « Exodus » were carefully contrived to create support, in the United States and elsewhere for the State of Israel. It is for this reason that the machinations and tractations of the world leaders who created the situation are conspicuously absent from the story. In « Kedma, » on the contrary, the absence of leaders and any characterization of leadership is designed to have an entirely different effect: namely the evocation of the hatred and human suffering caused when people are instrumental in the service of political and ideological projects.

Voir enfin:

La thèse mortifère de l’envahissement de la France

Il faut à tout prix dénoncer les discours délirants, d’Eric Zemmour, de William Goldnadel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut, écrit Jacques Attali. Tant les discours hostiles aux musulmans en France sont mortifères.

Jacques Attali
Les Echos
3 oct. 2019

Quand on parle de « souverainisme », beaucoup de gens veulent croire qu’on ne parle, en Europe, que d’une maîtrise des importations et d’un refus des disciplines communautaires. En réalité, dans la plupart des cas, ceux qui en font l’apologie parlent en fait ainsi à mots couverts d’un refus des migrants, et plus largement, d’un refus des musulmans.

Rien ne serait pourtant plus terrible, en particulier dans la société française, que de laisser dénoncer impunément la présence musulmane, et de transformer une (légale) critique de l’islam en un (illégale) racisme antiafricain (et en particulier antiarabe).

L’islam n’est pas une menace

D’abord, les discours ainsi tenus sont faux. Il n’y a aucun envahissement de la France ni de l’Europe par l’Islam ou par l’Afrique. Les migrants non européens en France ne représentent pas, en solde net annuel, 450.000 personnes, comme le prétendent les extrêmes, mais moins de 185.000 personnes (et encore, en tenant compte des naturalisations, qui en représentent la moitié), soit moins d’un demi pour cent de la population française.

99 % d’entre eux s’intègrent parfaitement dans la nation française ; ils font des études, fondent des familles, parlent en français à leurs enfants, créent des entreprises, deviennent professeurs ou médecins. Les mères musulmanes et africaines ne sont pas de moins bonnes mères que les autres françaises ou résidentes en France. Et les musulmans ne sont pas beaucoup plus pratiquants que ne le sont aujourd’hui les fidèles des autres monothéismes.

L’islam n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le VIIIe siècle. C’est même par lui, et par les philosophes juifs, que la pensée grecque est arrivée en France au tournant du premier millénaire. Et jamais le monde ne s’est mieux porté que quand judaïsme, chrétienté et Islam travaillaient ensemble à faire triompher la raison sur l’obscurantisme.

Bien sûr, on doit tout faire pour faciliter l’intégration des migrants, favoriser la réussite de leurs enfants ; et s’opposer à toutes les tentatives religieuses, d’où qu’elles viennent, pour imposer une conception du monde, ou un mode de vie, contraires aux règles de la laïcité, non respectueuses des droits des femmes ou, plus généralement, violant les lois de la République. Ce n’est pas le cas en France de la quasi-totalité des gens de foi, quelle que soit leur foi. Et en particulier ce n’est pas le cas des musulmans.

Discours hostiles

Ces discours hostiles aux musulmans de France sont mortifères. En particulier quand ils viennent de Juifs, qui devraient ne pas oublier que l’antisémitisme vise à la fois les uns et les autres. Il faut donc à tout prix dénoncer les discours délirants d’Eric Zemmour, de William Goldnadel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut ; et de tant d’autres.

En particulier, il est triste de voir des descendants de Juifs d’Algérie oublier le rôle magnifique que les musulmans algériens ont joué pour soutenir et protéger leurs parents, aux temps horribles de l’antisémitisme triomphant en métropole, et plus encore en Algérie, sous Vichy, sous Giraud, et même sous de Gaulle.

Il ne serait pas de l’intérêt de la communauté juive française que les musulmans de France en viennent à penser que leurs concitoyens juifs se joignent à ceux qui veulent les chasser du pays, alors que les deux communautés sont encore considérées par d’autres Français comme des nouveaux venus indésirables. Ce serait aussi faire le jeu de ce qui aimerait importer en Europe le tragique conflit du Moyen-Orient.

Ne pas oublier le passé

La France ne se résume pas à un passé, souvent insupportable, ni à une histoire, souvent critiquable. La France n’est pas à prendre en bloc, à vénérer en tant que telle. Elle doit savoir critiquer son propre rôle dans l’esclavage, dans le colonialisme, dans la xénophobie, dans l’antisémitisme, dans la collaboration, dans la destruction de la nature. Elle ne doit pas céder à ces fantasmes de « grand remplacement », et elle doit se souvenir qu’elle porte le nom d’un peuple envahisseur, et qu’elle est, depuis son origine, le lieu privilégié d’installation d’innombrables peuples, dont chaque Français, d’où qu’il vienne, est l’héritier.

Elle ne doit pas oublier non plus que ce qui se cache aujourd’hui derrière le « souverainisme » désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, antipolonaise, antiarménienne, et antisémites des siècles passés.

La France est un devenir dont le passé ne peut être pris en bloc, mais doit être soigneusement trié, selon des critères que, justement, la République française a contribué à construire.

La France n’est grande que quand elle est ouverte, accueillante, sûre d’elle-même. Quand elle se construit, siècle après siècle en confiance, dans le brassage et l’intégration d’idées et de familles nouvelles, venues enrichir la communauté nationale. Quand elle permet de donner à la mondialisation la dimension qui lui manque tant, celle de la démocratie, de la justice sociale, et de la défense des libertés, contre toutes les dictatures.

Voir par ailleurs:

Rod Dreher: « Les Américains sont-ils redevenus conservateurs? »

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Donald Trump participe ce vendredi à la «Marche pour la vie» de Washington, et la Cour suprême des États-Unis est redevenue majoritairement conservatrice sous son mandat. L’essayiste américain Rod Dreher nuance pourtant ce basculement politique.
Paul Sugy
Le Figaro
24 janvier 2020

Rod Dreher est un journaliste et écrivain américain, éditorialiste à l’American Conservative. Il a publié Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus: le pari bénédictin (Artège, 2017).


FIGAROVOX. – Donald Trump assiste ce vendredi à la «Marche pour la vie» à Washington. C’est la première fois qu’un président américain y participe. Pourtant il y a quelques années, il se déclarait «pro-choix»…

Rod DREHER. – La participation de Donald Trump est entièrement opportuniste. Il ne me semble pas qu’il ait des convictions morales solides. Il a découvert que les chrétiens conservateurs évangéliques le soutiennent, ils sont eux-mêmes pro-vie donc finalement il leur donne ce qu’ils veulent. Il est peut-être hypocrite à propos du droit à l’avortement, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a nommé des juges pro-vie à la Cour Suprême. Et je préfère avoir un président hypocrite qui reste constant dans sa politique sur l’avortement, qu’un président qui soit sincèrement pro-vie mais qui ne soit pas suffisamment engagé pour cette cause…

Est-il réellement «le président le plus pro-vie de l’histoire» comme l’a expliqué Russel T. Vought au Daily Wire?

Je ne connais pas la réponse à cette question. Il se peut qu’il le soit, mais George W. Bush était fermement engagé pour la vie également. Il ne faut pas oublier que les alliés de Trump comme ses ennemis adorent les exagérations pour parler de lui… Et encore une fois, l’essentiel est dans ce qu’il fait et non pas dans la sincérité de ses actions.

Le droit à l’avortement est-il une nouvelle ligne de fracture pour la politique américaine?

Non, l’avortement n’est pas une nouvelle fracture, c’est une ligne de clivage depuis les années 1980 lors de la première campagne électorale de Ronald Reagan. Le fait que l’avortement demeure une fracture depuis toutes ces années est particulièrement intéressant: le pays a beaucoup évolué, même au sujet de la libération sexuelle.

Tous les vieux combats culturels concernant les questions de sexualité ont été perdus par la droite… à l’exception de l’avortement.

Un rapport de 2003 publié dans The Atlantic par Thomas B. Edsall intitulé «Blue Movie» montre de manière éloquente comment les questions de sexualité, incluant l’avortement, permettent de prédire avec précision le parti pour lequel les personnes interrogées vont voter. Depuis, les États-Unis sont devenus plus libéraux sur ces questions. La pornographie s’est répandue et est devenue largement accessible. Le mariage homosexuel a gagné un soutien majoritaire à une vitesse fulgurante et particulièrement auprès des jeunes. Après l’arrêt Obergefell qui déclare le droit constitutionnel du mariage homosexuel, pour les chrétiens la question des droits des homosexuels n’est plus centrée sur l’homosexualité elle-même mais sur la confrontation entre les droits LGBT et la liberté de conscience des croyants. Tous les vieux combats culturels concernant les questions de sexualité ont été perdus par la droite… à l’exception de l’avortement. Étrangement, l’opinion publique à propos de l’avortement n’a pas véritablement évolué depuis 1973. La plupart des Américains sont favorables à l’avortement, qui est légalisé, mais en y appliquant des restrictions. Alors qu’en 1973 l’arrêt Roe v. Wade prévoit un avortement sans restrictions.

Les miracles de la médecine actuelle qui sauve la vie de bébés nés grands prématurés sont plus parlants pour cette génération que les sermons des prêtres.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que même si les «millennials» sont bien plus libres sur les questions de sexualité que les générations précédentes, et malgré le fait qu’ils sont la génération la plus laïque de l’histoire des États-Unis, l’opposition à un avortement sans restriction demeure forte parmi eux. Je ne suis pas certain d’avoir la clef d’explication de ce phénomène mais je pense que la technologie est un élément de compréhension. Les avancées des échographies ont permis aux gens de véritablement voir pour la première fois ce qu’il se passe dans l’utérus et de prendre conscience qu’ils n’y voient pas qu’un morceau de chair mais un être humain en train de se développer. Les miracles de la médecine actuelle qui sauve la vie de bébés nés grands prématurés sont plus parlants pour cette génération que les sermons des prêtres.

Dans la campagne pour sa réélection, Donald Trump va-t-il tenter de rallier un électorat profondément conservateur?

Oui évidemment, il n’a plus grand monde à convaincre. La probabilité de la réélection de Donald Trump dépend de sa capacité à rallier sa base et à convaincre les conservateurs qui rechignent à voter démocrate, mais qui n’avaient pas voté pour lui en 2016 à cause de doutes profonds sur sa personne.

Les activistes progressistes ont désigné les chrétiens conservateurs comme leur principal ennemi.

Trump n’a pas été aussi mauvais que ce que je craignais. Pour autant je ne crois pas qu’il a été un bon président. Néanmoins, je vais sûrement voter pour lui en 2020, et ce pour une bonne raison: le parti démocrate est extrêmement hostile envers les conservateurs religieux et sociétaux mais aussi envers nos libertés fondamentales. Leur combat pour la théorie du genre et l’extension maximale des droits de la communauté LGBT sont les principaux piliers du programme démocrate. Les activistes progressistes ont désigné les chrétiens conservateurs comme leur principal ennemi. Sur ces questions et sur la protection de la liberté d’expression, on ne peut pas leur faire confiance. Ils sont devenus les ennemis de la liberté.

Il est clair que le nombre d’Américains qui est d’accord avec les traditionalistes sur ces questions diminue. Je crois que dans les mois et les décennies à venir, les juges fédéraux conservateurs que Trump a nommés seront les seuls à offrir une véritable sauvegarde de la liberté religieuse aux États-Unis. Les Républicains au Congrès et à la Maison Blanche n’ont pas vraiment agi en faveur du renforcement de la liberté religieuse contre les revendications des droits LGBT. Ils sont terrifiés à l’idée de passer pour bigots. Malheureusement, beaucoup de chrétiens américains ont eu des faux espoirs avec le Grand Old Party, en pensant qu’il suffisait de voter républicain pour gagner sur ces questions. En réalité, dans tous les domaines, académiques, médicaux, juridiques, dans les entreprises, les droits LGBT et l’idéologie du genre sont triomphants. Voter républicain est le seul moyen de ralentir cette «Blitzkrieg» progressiste et peut être à travers des biais juridiques y mettre fin dans le futur. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment sur le front politique.

À en croire les journaux français, les États-Unis vivent en ce moment un crépuscule du progressisme… Est-ce aussi votre sentiment?

C’est faux, mais je peux comprendre que cela semble apparaître de cette manière pour quelqu’un qui ne s’intéresse qu’au pouvoir politique. Il est vrai que Trump a la présidence, les Républicains tiennent la majorité au Congrès et pour ces deux raisons les Républicains nomment un certain nombre de juges fédéraux.

L’émergence d’un « woke capitalism  », un capitalisme progressiste, est un des faits politiques les plus significatifs de la décennie.

C’est un élément important mais ce n’est pas suffisant face au pouvoir culturel immense que les progressistes détiennent de leur côté. Ils contrôlent les plus grands médias d’information et de divertissement, ils contrôlent les écoles et les universités, la médecine et le droit et aussi de manière assez improbable, les grandes entreprises. L’émergence d’un «woke capitalism», un capitalisme progressiste, est un des faits politiques les plus significatifs de la décennie. La majorité des conservateurs n’a pas conscience de leur puissance ni de la manière dont ils se sont clairement positionnés contre le conservatisme social. Ils sont encore attachés à l’ère reaganienne et à illusion que le monde des affaires est conservateur.

Quand Ronald Reagan a été élu président en 1980, il a ouvert une nouvelle ère dans la politique américaine, dominée par la droite, plus précisément par les néolibéraux de la droite. Cette ère s’est achevée avec Obama et Trump, mais l’avenir n’est pas écrit. Si on avait dit à un électeur conservateur au moment de l’investiture de Reagan que 30 ans plus tard le christianisme serait déclinant en Amérique, que le mariage homosexuel et l’adoption seraient légaux, que la pornographie violente serait uniformément répandue et accessible à tous y compris aux enfants grâce aux smartphones, que les médecins seraient autorisés à retirer des poitrines féminines à des jeunes filles pour devenir des hommes transgenres, je pense que cet électeur ne croirait pas une seconde qu’un pays qui autorise cela puisse être véritablement conservateur. Et pourtant c’est la réalité de l’Amérique d’aujourd’hui.

Les chrétiens traditionnels, catholiques, protestants, orthodoxes, ont perdu la guerre culturelle.

Si nous sommes un pays conservateur, pourquoi n’avons-nous pas eu un mouvement comme celui de la Manif pour tous, qui pourtant en France, au pays de la laïcité, a conduit des centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris pour manifester? J’ai le sentiment que nous sommes plus un pays houllebecquien, même si les conservateurs ne veulent pas l’admettre. Les chrétiens traditionnels, catholiques, protestants, orthodoxes, ont perdu la guerre culturelle. Nous devons nous préparer à une longue période d’occupation et de résistance. C’est ce que j’appelle choisir l’option bénédictine. Même si mon livre s’est bien vendu aux États-Unis, proportionnellement il a eu plus de succès en Europe. En France, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays européens mes lecteurs sont des catholiques de moins de 40 ans. Lorsque vous êtes aussi jeune et que vous allez encore à la messe, vous n’avez pas à être convaincu de la vérité du diagnostic que je porte sur le malaise culturel actuel. De même, vous n’avez pas besoin d’être convaincu de l’impuissance de l’église post-soixante-huitarde dans cette crise. En Amérique, les chrétiens n’ont pas encore vu pleinement cette vérité. Cela nous attend dans cette nouvelle décennie. Ce sera un choc douloureux mais nous ne serons pas en mesure de constituer une vraie résistance tant que nous n’accepterons pas cette réalité. Après Trump, le déluge.


Hanouka/2184e: Trump invente le sionisme antisémite ! (Ultimate sleight of hand: How can opposition to the existence of an apartheid state be called racism ?)

23 décembre, 2019
tied willyPresident Trump at the Israeli American Council National Summit last week in Hollywood, Fla.En ces jours-là surgit d’Israël une génération de vauriens qui séduisirent beaucoup de personnes en disant : “Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent, car depuis que nous nous sommes séparés d’elles, bien des maux nous sont advenus.” (…) Plusieurs parmi le peuple s’empressèrent d’aller trouver le roi, qui leur donna l’autorisation d’observer les coutumes païennes. Ils construisirent donc un gymnase à Jérusalem, selon les usages des nations, se refirent des prépuces et renièrent l’alliance sainte pour s’associer aux nations. 1 Maccabées 1: 11-15
Il n’était même pas permis de célébrer le sabbat, ni de garder les fêtes de nos pères, ni simplement de confesser que l’on était Juif. On était conduit par une amère nécessité à participer chaque mois au repas rituel, le jour de la naissance du roi et, lorsqu’arrivaient les fêtes dionysiaques, on devait, couronné de lierre, accompagner le cortège de Dionysos. (…) Ainsi deux femmes furent déférées en justice pour avoir circoncis leurs enfants. On les produisit en public à travers la ville, leurs enfants suspendus à leurs mamelles, avant de les précipiter ainsi du haut des remparts. D’autres s’étaient rendus ensemble dans des cavernes voisines pour y célébrer en cachette le septième jour. Dénoncés à Philippe, ils furent brûlés ensemble, se gardant bien de se défendre eux-mêmes par respect pour la sainteté du jour. (…) Eléazar, un des premiers docteurs de la Loi, homme déjà avancé en âge et du plus noble extérieur, était contraint, tandis qu’on lui ouvrait la bouche de force, de manger de la chair de porc. Mais lui, préférant une mort glorieuse à une existence infâme, marchait volontairement au supplice de la roue,non sans avoir craché sa bouchée, comme le doivent faire ceux qui ont le courage de rejeter ce à quoi il n’est pas permis de goûter par amour de la vie. 2 Maccabées 6 : 6-20
On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Jean 10: 22
La crise maccabéenne n’est pas un affrontement entre un roi grec fanatique et des Juifs pieux attachés à leurs traditions. C’est d’abord une crise interne au judaïsme, d’un affrontement entre ceux qui estiment qu’on peut rester fidèle au judaïsme en adoptant néanmoins certains traits de la civilisation du monde moderne, le grec, la pratique du sport, etc.., et ceux qui au contraire, pensent que toute adoption des mœurs grecques porte atteinte de façon insupportable à la religion des ancêtres. Si le roi Antiochos IV intervient, ce n’est pas par fanatisme, mais bien pour rétablir l’ordre dans une province de son royaume qui, de plus, se place sur la route qu’il emprunte pour faire campagne en Égypte. (…) Là où Antiochos IV commettait une magistrale erreur politique, c’est qu’il n’avait pas compris qu’abolir la Torah ne revenait pas seulement à priver les Juifs de leurs lois civiles, mais conduisait à l’abolition du judaïsme. Maurice Sartre
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
I stand before you as the daughter of Palestinian immigrants, parents who experienced being stripped of their human rights – the right to freedom of travel, equal treatment. I cannot stand by and watch this attack on our freedom of speech and the right to boycott the racist policies of the government and the State of Israel. I love our country’s freedom of speech, madam speaker. Dissent is how we nurture democracy. and grow to be better and more humane and just. This is why I oppose resolution 243. All Americans have a right, a constitutional right guaranteed by the first amendment to freedom of speech. To petition their government and participate in boycotts. Speech in pursuit of civil rights at home and abroad is protected by our first amendment. That is one reason why our first amendment is so powerful. With a few exceptions the government is simply not allowed to discriminate against speech based on its viewpoint or speaker. The right to boycott is deeply rooted in the fabric of our country. What was the Boston tea party but a boycott ? Where would we be now with the civil rights activists in the 1950’s and 1960’s like the united farm workers grape boycott? Some of this country’s most important advances in racial equality and equity and workers’ rights has been achieved through collective action, protected by our constitution. Americans of conscience have long and proud history of participating in boycotts, specifically to advocate for human rights abroad. Americans boycotted nazi Germany in response to dehumanization, imprisonment, and genocide of Jewish people. In the 1980’s, many of us in this very body boycotted South African goods in the fight against apartheid. Our right to free speech is being threatened with this resolution. It sets a dangerous precedent because it attempts to delegitimatize a certain people’s political speech and to send a message that our government can and will take action against speech it doesn’t like. Madam speaker, the Supreme court has time and time again recognized the expressive conduct is protected by the constitution. from burning a flag to baking a cake, efforts to restrict and target that protected speech run the risk of eroding the civil rights that form the foundation of our democracy. All Americans have the right to participate in boycotts, and I oppose all legislative efforts that target speech. I urge congress, state governments, and civil rights leaders from all communities to preserve our constitution, preserve our bill of rights, and preserve the first amendment’s guaranteed of freedom of speech by opposing h. res. 246 and the boycott, anti-boycott efforts wherever they rise. Rashida Tlaib (July 23, 2019)
Melania and I send our warmest wishes to Jewish people in the United States, Israel and across the world as you commence the 8-day celebration of Hanukkah. More than 2,000 years ago, the Maccabees boldly reclaimed the Holy Temple in Jerusalem, securing a victory for the Jewish people and their faith. They proudly lit the menorah to rededicate the Second Temple. Even though there was only enough olive oil to burn for one day, through divine providence, the flames miraculously burned for eight nights. As the Jewish community gathers together to celebrate this special and sacred time of year, we are reminded of God’s message of hope, mercy, and love. Throughout the coming eight days, each candle to be lit on the menorah will signal to the world that freedom and justice will always shine brighter than hate and oppression. Today, the relationship between the United States and Israel, one of our most cherished allies and friends, is stronger than ever. We will continue to stand with the Jewish people in defending the God-given right to worship freely and openly. As our Jewish brothers and sisters gather around the menorah each night, we pray for a memorable and blessed celebration of the Festival of Lights. May the light of the menorah and the fellowship of family and friends fill your hearts with happiness and a renewed sense of faith. Happy Hanukkah! President Trump
Le président Donald J. Trump prend un décret présidentiel pour renforcer la lutte contre la montée de l’antisémitisme aux États-Unis. Le décret du président Trump indique clairement que le Titre VI de la loi sur les droits civils de 1964 s’applique à la discrimination antisémite fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale. Dans le cadre de l’application du Titre VI contre la discrimination antisémite dissimulée, les agences se référeront à la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) ainsi que ses exemples contemporains. (…) Ces dernières années, les Américains ont assisté à une augmentation inquiétante des incidents antisémites et à une montée de la rhétorique correspondante dans l’ensemble du pays. (…) Les incidents antisémites se sont multipliés en Amérique depuis 2013, en particulier dans les écoles et sur les campus universitaires. Il s’agit en particulier d’actes de violence horribles à l’encontre de Juifs américains et de synagogues aux États-Unis. 18 membres démocrates du Congrès ont coparrainé cette année une législation en faveur du mouvement antisémite « Boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS). Dans leur résolution, ces membres du Congrès comparaient de manière choquante le soutien à Israël à celui à l’Allemagne nazie. Ambassade des Etats-Unis en France
États-unis. Quand Trump voit le judaïsme comme une nationalité: Sous prétexte de combattre l’antisémitisme, le président américain signe un décret qui empêche toute critique d’Israël. L’Humanité
Le président Trump prévoit de signer mercredi un décret visant à cibler ce qu’il considère comme de l’antisémitisme sur les campus universitaires en menaçant de retenir l’argent fédéral des établissements d’enseignement qui ne parviennent pas à lutter contre la discrimination, ont déclaré mardi trois responsables de l’administration. L’ordonnance devrait effectivement interpréter  le judaïsme comme une race ou une nationalité, et pas seulement comme une religion, pour inciter une loi fédérale pénalisant les collèges et universités qui se dérobent à leur responsabilité à favoriser un climat ouvert pour les étudiants issus de minorités. Ces dernières années, le boycott, le désinvestissement et les sanctions – ou B.D.S. – le mouvement contre Israël a troublé certains campus, laissant certains étudiants juifs se sentir importuns ou attaqués. En signant l’ordonnance, M. Trump utilisera son pouvoir exécutif pour agir là où le Congrès ne l’a pas fait, reproduisant essentiellement une législation bipartite bloquée par le Capitol Hill depuis plusieurs années. D’éminents démocrates se sont joints aux républicains pour promouvoir un tel changement de politique afin de combattre l’antisémitisme ainsi que le mouvement de boycott d’Israël. Mais les critiques se sont plaints qu’une telle politique pourrait être utilisée pour étouffer la liberté d’expression et l’opposition légitime à la politique d’Israël envers les Palestiniens au nom de la lutte contre l’antisémitisme. La définition de l’antisémitisme utilisée dans l’ordonnance correspond à celle utilisée par le Département d’État et par d’autres nations, mais elle a été critiquée comme étant trop ouverte et trop générale. Par exemple, il y est décrit comme antisémite « nier au peuple juif son droit à l’autodétermination » dans certaines circonstances et offre comme exemple de ce comportement « affirmer que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste ». (…) Les responsables de l’administration, qui ont insisté sur l’anonymat pour discuter de l’ordonnance avant son annonce officielle, ont déclaré qu’elle n’était pas destiné à étouffer la liberté d’expression. La Maison Blanche a contacté certains démocrates et groupes militants qui ont critiqué le président pour obtenir un soutien à cette décision. (…) Au fil des ans, M. Trump a été accusé de faire des remarques antisémites, de fermer les yeux sur les tropes antisémites ou d’enhardir les suprémacistes blancs comme ceux de Charlottesville, en Virginie, en 2017. Le week-end dernier, il a été critiqué pour ses propos tenus en Floride devant le Conseil israélo-américain au cours de laquelle il a déclaré au public juif qu’ils n’étaient « pas des gens sympas » mais qu’ils appuieraient sa réélection parce que « vous n’allez pas voter pour l’impôt sur la fortune ». Mais il s’est également positionné comme un partisan indéfectible d’Israël et un champion des Juifs américains, en déplaçant l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, en soutenant les colonies en Cisjordanie et en reconnaissant la saisie des hauteurs du Golan. Il a également agressé la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, lorsqu’elle a déclaré que le soutien à Israël était « tout au sujet des Benjamins », ce qui signifie de l’argent. (…) L’ordonnance à signer par M. Trump habiliterait le Département de l’éducation à de telles actions. En vertu du titre VI de la loi sur les droits civils de 1964, le ministère peut retenir le financement de tout collège ou programme éducatif qui établit une discrimination «fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale». La religion n’était pas incluse dans les catégories protégées, donc l’ordre de Donald Trump aura pour effet d’embrasser un argument selon lequel les Juifs sont un peuple ou une race d’origine nationale collective au Moyen-Orient, comme les Italo-Américains ou les Polonais américains. La définition de l’antisémitisme qui doit être adoptée par le Département d’État et formulée à l’origine par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste comprend « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée comme de la haine envers les Juifs ». Cependant, elle ajoute que « des critiques d’Israël similaires à ce niveau contre tout autre pays ne peut pas être considéré comme antisémite ». (…) Bien qu’un ordre exécutif ne soit pas aussi permanent que la législation et puisse être annulé par le prochain président, l’action de M. Trump peut avoir pour effet d’étendre la politique au-delà de son administration, car ses successeurs peuvent trouver politiquement peu attrayant de le renverser. NYT
President Trump plans to sign an executive order on Wednesday targeting what he sees as anti-Semitism on college campuses by threatening to withhold federal money from educational institutions that fail to combat discrimination, three administration officials said on Tuesday. The order will effectively interpret Judaism as a race or nationality, not just a religion, to prompt a federal law penalizing colleges and universities deemed to be shirking their responsibility to foster an open climate for minority students. NYT
In an alternate universe, the idea of a presidential order designed to protect Jews from discrimination on college campuses would not necessarily create a firestorm of mutual recrimination and internecine political warfare. True, there is no consensus on whether “Jewish” is a religious, cultural, ethnic, or national identity. Most often, it is framed as a combination of at least three, but not always and certainly not in the views of all the various denominations and sects that accept the appellation. But there is no question that anti-Semitic acts are increasing across the United States, and they are being undertaken by people who could not care less about these distinctions. And there is nothing inherently objectionable about using the power of the federal government to try to protect people, including college students, from those incidents’ consequences. But in this universe, the guy who ordered this protection, Donald Trump, has revealed himself repeatedly to be an inveterate anti-Semite. (…) That’s on the one hand. On the other, Trump has been a perfect patsy for Israel’s right-wing government and its supporters in what is misnamed the American “pro-Israel” community. While previous presidents sought, without much success, to restrain Israel on behalf of a hoped-for future peace agreement with the Palestinians, Trump has given that nation’s most corrupt and extremist leadership in its 71-year-history carte blanche—peace and the Palestinians be damned. If the simultaneous embrace of anti-Semitism at home and philo-Semitism when it comes to Israel strikes one as contradictory, this is a mistake. Trump, like so many of today’s elected “populists,” sees considerable advantage in playing to hometown prejudices for personal gain while boosting Israel as a bulwark against worldwide Islam, which many of the president’s supporters consider an even greater offense to Christian belief than Jews are. Jews may be greedy and disloyal at home, but as long as Israel is out there kicking the shit out of the Arabs, it’s a trade-off that right-wing autocrats and their neofascist followers can get behind. (…) But the issue of the executive order is complicated by the fact that it is understood by all to be a means for the federal government to step in and quash the intensifying criticism of Israel on college campuses—most notably, criticism that takes the form of the boycott, divestment, and sanctions movement, or BDS. And it does this in part by insisting, as Jared Kushner recently argued in a New York Times op-ed, that all “anti-Zionism is anti-Semitism.” I’ve been an outspoken critic of the academic BDS movement for some time now. But if you ask me, the movement has been a spectacular failure in every respect, save one: It has succeeded in turning many college campuses into anti-Israel inculcation centers and therefore has scared the bejesus out of the Jewish parents paying for their kids to attend them. At the same time—even if you allow that occasional anti-Semitic comments and actions by some of BDS’s supporters are outliers and not indicative of most of its followers—I find the idea and, even more so, the practice of an academic boycott to be undeniably contradictory to universities’ philosophical commitment to freedom of expression and ideas. Nonetheless, the explicit and intellectually indefensible equation of anti-Zionism with actionable anti-Semitism is an obvious offense to the notion of freedom of expression, however much it cheers the tiny hearts of right-wing Jews and other Trump defenders. Jewish students already had all the protections they needed before Trump’s executive order. Title VI of the Civil Rights Act covers discrimination on the basis of a “group’s actual or perceived ancestry or ethnic characteristics” or “actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.” The New York Times’ early, inaccurate reporting on the executive order, in which the paper falsely stated that the order would “effectively interpret Judaism as a race or nationality,” deserves special mention here for creating the panic. But the result of the entire episode is that, yet again, the Trump administration has placed a stupid, shiny object before the media, and the hysteria that has ensued has divided Americans, Jews, liberals and conservatives, and free speech and human rights activists, all while the administration continues its relentless assault on our democracy and better selves. The Nation
US President Donald Trump thinks that anti-Semitism is a serious problem in America. But Trump is not so much concerned about neo-Nazis who scream that Jews and other minorities “will not replace us,” for he thinks that many white supremacists are “very fine people.” No, Trump is more worried about US college campuses, where students call for boycotts of Israel in support of the Palestinians. (…) In the first years of the Jewish state, Israel was popular among many leftists, because it was built on socialist ideas. Left-wing opinion in Europe and the United States began to turn against Israel after the Six-Day War in 1967, when Arab territories were occupied by Israeli troops. More and more, Israel came to be seen as a colonial power, or an apartheid state. One may or may not agree with that view of Israel. But few would deny that occupation, as is usually the case when civilians are under the thumb of a foreign military power, has led to oppression. So, to be a strong advocate for Palestinian rights and a critic of Israeli policies, on college campuses or anywhere else, does not automatically make one an anti-Semite. But there are extreme forms of anti-Zionism that do. The question is when that line is crossed. Some would claim that it is anti-Semitic to deny Jews the right to have their own homeland. This is indeed one of the premises of Trump’s presidential order. There are also elements on the radical left, certainly represented in educational institutions, who are so obsessed by the oppression of Palestinians that they see Israel as the world’s greatest evil. Just as anti-Semites in the past often linked Jews with the US, as the twin sources of rootless capitalist malevolence, some modern anti-Zionists combine their anti-Americanism with a loathing for Israel.In the minds of certain leftists, Israel and its American big brother are not just the last bastions of racist Western imperialism. The idea of a hidden Jewish capitalist cabal can also enter left-wing demonology as readily as it infects the far right. This noxious prejudice has haunted the British Labour Party, something its leader, Jeremy Corbyn, has consistently failed to recognize.In short, anti-Zionism can veer into anti-Semitism, but not all critics of Israel are anti-Zionist, and not all anti-Zionists are prejudiced against Jews.Quite where people stand on this issue depends heavily on how they define a Jew – a source of endless vagueness and confusion. (…)There is, in any case, something ill-conceived about the stress on race and nationhood in Trump’s order on combating anti-Semitism. Israel is the only state claiming to represent all Jews, but not all Jews necessarily identify with Israel. Some even actively dislike it. Trump’s order might suggest that such people are renegades, or even traitors. This idea might please Israel’s current government, but it is far from the spirit of the Halakha, or even from the liberal idea of citizenship.Defining Jews as a “race” is just as much of a problem. Jews come from many ethnic backgrounds: Yemenite, Ethiopian, Russian, Moroccan, and Swedish Jews are hard to pin down as a distinctive ethnic group. Hitler saw Jews as a race, but that is no reason to follow his example.To combat racism, wherever it occurs, is a laudable aim. But singling out anti-Semitism in an executive order, especially when the concept is so intimately linked to views on the state of Israel, is a mistake. Extreme anti-Zionists may be a menace; all extremists are. But they should be tolerated, as long as their views are peacefully expressed. To stifle opinions on campuses by threatening to withhold funds runs counter to the freedom of speech guaranteed by the US Constitution. This is, alas, not the only sign that upholding the constitution is not the main basis of the current US administration’s claim to legitimacy. Ian Buruma
Donald Trump has a knack for taking some of humanity’s most problematic ideas and turning them on their head to make them even worse. He has done it again. On Wednesday, he signed an executive order that will allow federal funds to be withheld from colleges where students are not protected from anti-Semitism—using an absurdly defined version of what constitutes anti-Semitism. Recent precedent and the history of legislative efforts that preceded the executive order would suggest that its main targets are campus groups critical of Israeli policies. What the order itself did not make explicit, the President’s son-in-law did: on Wednesday, Jared Kushner published an Op-Ed in the Times in which he stressed that the definition of anti-Semitism used in the executive order “makes clear what our administration has stated publicly on the record: Anti-Zionism is anti-Semitism.” Both Kushner and the executive order refer to the definition of anti-Semitism that was formulated, in 2016, by the International Holocaust Remembrance Alliance; it has since been adopted by the State Department. The definition supplies examples of anti-Semitism, and Kushner cited the most problematic of these as the most important: “the targeting of the state of Israel, conceived as a Jewish collectivity”; denial to “the Jewish people their right to self-determination, e.g. by claiming that the existence of a state of Israel is a racist endeavor”; and comparing “contemporary Israeli policy to that of the Nazis.” All three examples perform the same sleight of hand: they reframe opposition to or criticism of Israeli policies as opposition to the state of Israel. And that, says Kushner, is anti-Semitism. To be sure, some people who are critical of Israeli policies are opposed to the existence of the state of Israel itself. And some of those people are also anti-Semites. I am intimately familiar with this brand of anti-Semitism, because I grew up in the Soviet Union, where anti-Zionist rhetoric served as the propaganda backbone of state anti-Semitism. The word “Zionist,” when deployed by Pravda, served as incitement to violence and discrimination against Soviet Jews. All of this can be true at the same time that it is also true that Israel has effectively created an apartheid state, in which some Palestinians have some political rights and the rest have none. Human-rights organizations such as Breaking the Silence and B’Tselem—Israeli groups, founded and run by Jews—continue to document harrowing abuse of Palestinians in Israel, the occupied West Bank, and Gaza. One does not have to be an anti-Semite to be an anti-Zionist, but one certainly can be both an anti-Semite and an anti-Zionist. Trump, however, has inverted this formula by positioning himself as a pro-Zionist anti-Semite. Masha Gessen (New Yorker)
The key point we were making is that sometimes discrimination against Jews, Muslims, and others is based on a perception of shared race, ethnicity, or national origin, and in those cases it’s appropriate to think of that discrimination as race or national origin discrimination as well as religious discrimination. It doesn’t mean that the government is saying that the group is a racial or national group. The government is saying that the discrimination is based on the discriminator’s perception of race or national origin. That’s a very different matter from saying that anti-Israel or pro-Palestinian speech constitutes discrimination. Sam Bagenstos (University of Michigan Law School)
The text of the order, which leaked on Wednesday, does not redefine Judaism as a race or nationality. It does not claim that Jews are a nation or a different race. The order’s interpretation of Title VI—insofar as the law applies to Jews—is entirely in line with the Obama administration’s approach. It only deviates from past practice by suggesting that harsh criticism of Israel—specifically, the notion that it is “a racist endeavor”—may be used as evidence to prove anti-Semitic intent. There is good reason, however, to doubt that the order can actually be used to suppress non-bigoted disapproval of Israel on college campuses. Title VI bars discrimination on the basis of “race, color or national origin” in programs that receive federal assistance—most notably here, educational institutions. It does not prohibit discrimination on the basis of religion, an omission that raises difficult questions about religions that may have an ethnic component. For example, people of all races, ethnicities, and nationalities can be Muslim. But Islamophobia often takes the form of intolerance against individuals of Arab or Middle Eastern origin. If a college permits rampant Islamophobic harassment on campus, has it run afoul of Title VI? In a 2004 policy statement, Kenneth L. Marcus—then–deputy assistant secretary for enforcement at the Department of Education’s Office of Civil Rights—answered that question. “Groups that face discrimination on the basis of shared ethnic characteristics,” Marcus wrote, “may not be denied the protection” under Title VI “on the ground that they also share a common faith.” Put differently, people who face discrimination because of their perceived ethnicity do not lose protection because of their religion. The Office of Civil Rights, Marcus continued, “will exercise its jurisdiction to enforce the Title VI prohibition against national origin discrimination, regardless of whether the groups targeted for discrimination also exhibit religious characteristics. Thus, for example, OCR aggressively investigates alleged race or ethnic harassment against Arab Muslim, Sikh and Jewish students.” The Obama administration reaffirmed this position in a 2010 letter written by Assistant Attorney General Thomas E. Perez, who is now the chair of the Democratic National Committee. “We agree,” Perez wrote, with Marcus’ analysis. “Although Title VI does not prohibit discrimination on the basis of religion, discrimination against Jews, Muslims, Sikhs, and members of other religious groups violates Title VI when that discrimination is based on the group’s actual or perceived shared ancestry or ethnic characteristics, rather than its members’ religious practice.” Perez added that Title VI “prohibits discrimination against an individual where it is based on actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.” On Wednesday, I asked Perez’s former principal deputy, Sam Bagenstos—now a professor at University of Michigan Law School—whether he felt this reasoning equated any religious group of a nationality or race. “The key point we were making,” he told me, “is that sometimes discrimination against Jews, Muslims, and others is based on a perception of shared race, ethnicity, or national origin, and in those cases it’s appropriate to think of that discrimination as race or national origin discrimination as well as religious discrimination. It doesn’t mean that the government is saying that the group is a racial or national group. The government is saying that the discrimination is based on the discriminator’s perception of race or national origin. That’s a very different matter from saying that anti-Israel or pro-Palestinian speech constitutes discrimination.” Trump’s executive order mostly just reaffirms the current law. Trump’s EO does not deviate from this understanding of the overlap between discrimination on the basis of race or nationality and discrimination against religion. It only changes the law insofar as it expands the definition of anti-Semitism that may run afoul of Title VI. In assessing potential violations, the order directs executive agencies to look to the International Holocaust Remembrance Alliance’s definition—chiefly “hatred toward Jews” directed at individuals, their property, their “community institutions and religious facilities.” Agencies must also refer to the IHRA’s “Contemporary Examples of Anti-Semitism.” That list contains a number of obvious, unobjectionable examples. But it also includes two more controversial examples: “Denying the Jewish people their right to self-determination, e.g., by claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor,” and “Applying double standards by requiring of it a behavior not expected or demanded of any other democratic nation.” To the extent that anyone is alarmed by Wednesday’s order, these examples should be the focus of their concern. A tendentious reading of this rule could theoretically get students in trouble for severe condemnation of Israeli policy, even when it does not cross the line into a condemnation of Jews. But the order only directs agencies to consider the IHRA’s list “to the extent that any examples might be useful as evidence of discriminatory intent.” In other words, applying double standards to Israel alone would not trigger a Title VI investigation. Instead, the IHRA’s list would only come into play after an individual is accused of overt anti-Semitism with an ethnic component, and then only as evidence of bigoted intent. Moreover, the order states that agencies “shall not diminish or infringe upon any right protected under Federal law or under the First Amendment” in enforcing Title VI. Because political criticism of Israel is plainly protected speech, the impact of the order’s revised definition of anti-Semitism will likely be limited. In fact, it’s unclear whether Wednesday’s order will have any impact, given that it mostly just reaffirms the current law. The New York Times’ reporting provoked anger among many Jews, who feared that an order to “effectively interpret Judaism as a race or nationality” would stoke anti-Semitism. But the order does no such thing. It restates the federal government’s long-standing interpretation of Title VI to encompass some anti-Jewish bias. And it raises the faint possibility that, in some case down the road, a student’s sharp criticism of Israel may be used as evidence of anti-Semitic intent after he has been accused of targeting Jews because of their perceived race or nationality. Is this order red meat for Republicans who believe colleges are increasingly hostile to Jews? Probably. Will it quash the pro-Palestine movement on campuses or impose an unwanted classification on American Jews? Absolutely not.

Plus raciste que moi, tu meurs !

En cette première journée d’Hanoukah, la Fête des lumières juive célébrant la reconsécration du Temple par les Maccabées en décembre 165 avant notre ère suite à sa désécration par le roi Séleucide (syrien descendant des généraux d’Alexandre) Antiochus (ou Antiochos) IV dit Epiphane …

Qui derrière la tentative d’héllénisation forcée et les mesures d’une sorte de génocide culturel …

Et la véritable crise identitaire que déclencha, avant celle des Romains puis la nôtre aujourd’hui, cette première mondialisation …

Vit en fait au sein même d’Israël non seulement une révolte fiscale…

Mais une véritable guerre civile entre factions opposées du judaïsme (héllenisés contre traditionalistes) …

Les premiers allant jusqu’à faire appel à la puissante occupante des Séleucides pour arbitrer le conflit …

Et au lendemain de la retentissante et réjouissante remise aux poubelles de l’histoire par le peuple britannique …

De la véritable institutionnalisation de l’antisémitisme, derrière le parti de Jeremy Corbyn, de toute une gauche européenne et américaine …

Comment ne pas voir rejouer sous nos yeux, toutes proportions gardées, cette même guerre culturelle …

Au sein même de la communauté juive aussi bien américaine que mondiale …

Et, 70 ans après sa re-création, ce même refus d’une souveraineté juive restaurée

Suite aux premières fuites (d’un toujours aussi zélé NYT ayant conclu un peu hâtivement à une assimilation qui y aurait été faite du judaïsme à une race ou un groupe ethnique) d’un décret que vient de publier le président Trump contre l’antisémitisme  …

Qui, entre appels au boycott d’Israël et intimidation de toute parole pro-israélienne, continue ses ravages sur les campus américains …

Et comment ne pas découvrir horrifié derrière l’interdiction de l’antisionisme …

L’opposition à un « Etat d’apartheid » ne pouvant être, y compris on le sait à coup d’associations au nazisme, qualifié de racisme …

L’abomination de cette nouvelle race de super-racistes …

A savoir celle du… sioniste antisémite ?

Trump’s Racist Ban on Anti-Semitism
To combat racism, wherever it occurs, is a laudable aim. But singling out anti-Semitism in an executive order, especially when the concept is so intimately linked to views on the state of Israel, is a mistake.
Ian Buruma
Project syndicate
Dec 13, 2019

NEW YORK – US President Donald Trump thinks that anti-Semitism is a serious problem in America. But Trump is not so much concerned about neo-Nazis who scream that Jews and other minorities “will not replace us,” for he thinks that many white supremacists are “very fine people.” No, Trump is more worried about US college campuses, where students call for boycotts of Israel in support of the Palestinians.

Trump just signed an executive order requiring that federal money be withheld from educational institutions that fail to combat anti-Semitism. Since Jews are identified in this order as a discriminated group on the grounds of ethnic, racial, or national characteristics, an attack on Israel would be anti-Semitic by definition. This is indeed the position of Jared Kushner, Trump’s Jewish son-in-law, who believes that “anti-Zionism is anti-Semitism.”There are, of course, as many forms of anti-Semitism as there are interpretations of what it means to be Jewish. When Trump and his supporters rant in campaign rallies about shadowy cabals of international financiers who undermine the interests of “ordinary, decent people,” some might interpret that as a common anti-Semitic trope, especially when an image of George Soros is brandished to underline this message. Trump even hinted at the possibility that the liberal Jewish human rights promoter and philanthropist was deliberately funding “caravans” of refugees and illegal aliens so that they could spread mayhem in the US. In Soros’s native Hungary, attacks on him as a cosmopolitan enemy of the people are unmistakably anti-Semitic.Conspiracy theories about sinister Jewish power have a long history. The Protocols of the Elders of Zion, a Russian forgery published in 1903, popularized the notion that Jewish bankers and financiers were secretly pulling the strings to dominate the world. Henry Ford was one of the more prominent people who believed this nonsense.The history of extreme anti-Zionism is not so long. In the first years of the Jewish state, Israel was popular among many leftists, because it was built on socialist ideas. Left-wing opinion in Europe and the United States began to turn against Israel after the Six-Day War in 1967, when Arab territories were occupied by Israeli troops. More and more, Israel came to be seen as a colonial power, or an apartheid state.One may or may not agree with that view of Israel. But few would deny that occupation, as is usually the case when civilians are under the thumb of a foreign military power, has led to oppression. So, to be a strong advocate for Palestinian rights and a critic of Israeli policies, on college campuses or anywhere else, does not automatically make one an anti-Semite. But there are extreme forms of anti-Zionism that do. The question is when that line is crossed.

Some would claim that it is anti-Semitic to deny Jews the right to have their own homeland. This is indeed one of the premises of Trump’s presidential order. There are also elements on the radical left, certainly represented in educational institutions, who are so obsessed by the oppression of Palestinians that they see Israel as the world’s greatest evil. Just as anti-Semites in the past often linked Jews with the US, as the twin sources of rootless capitalist malevolence, some modern anti-Zionists combine their anti-Americanism with a loathing for Israel.

In the minds of certain leftists, Israel and its American big brother are not just the last bastions of racist Western imperialism. The idea of a hidden Jewish capitalist cabal can also enter left-wing demonology as readily as it infects the far right. This noxious prejudice has haunted the British Labour Party, something its leader, Jeremy Corbyn, has consistently failed to recognize.In short, anti-Zionism can veer into anti-Semitism, but not all critics of Israel are anti-Zionist, and not all anti-Zionists are prejudiced against Jews.Quite where people stand on this issue depends heavily on how they define a Jew – a source of endless vagueness and confusion. According to Halakha, or Jewish law, anyone with a Jewish mother, or who has converted to Judaism, is Jewish. That is the general Orthodox view. But more liberal Reform Jews allow Jewish identity to pass through the father as well.On the other hand, while most Orthodox Jews consider a person to be Jewish even if they convert to another religion, Reform Jews do not. Israel’s Law of Return grants “every Jew” the right to immigrate, but refrains from defining Jewishness. Since 1970, even people with one Jewish grandparent have been eligible to become Israeli citizens. In the infamous Nuremberg laws, promulgated by the Nazis in 1935, people with only one Jewish parent could retain German citizenship, while “full” Jews could not.The whole thing is so complicated that Amos Oz, the Israeli novelist, once sought to simplify the matter as follows: “Who is a Jew? Everyone who is mad enough to call himself or herself a Jew, is a Jew.”There is, in any case, something ill-conceived about the stress on race and nationhood in Trump’s order on combating anti-Semitism. Israel is the only state claiming to represent all Jews, but not all Jews necessarily identify with Israel. Some even actively dislike it. Trump’s order might suggest that such people are renegades, or even traitors. This idea might please Israel’s current government, but it is far from the spirit of the Halakha, or even from the liberal idea of citizenship.Defining Jews as a “race” is just as much of a problem. Jews come from many ethnic backgrounds: Yemenite, Ethiopian, Russian, Moroccan, and Swedish Jews are hard to pin down as a distinctive ethnic group. Hitler saw Jews as a race, but that is no reason to follow his example.To combat racism, wherever it occurs, is a laudable aim. But singling out anti-Semitism in an executive order, especially when the concept is so intimately linked to views on the state of Israel, is a mistake. Extreme anti-Zionists may be a menace; all extremists are. But they should be tolerated, as long as their views are peacefully expressed. To stifle opinions on campuses by threatening to withhold funds runs counter to the freedom of speech guaranteed by the US Constitution. This is, alas, not the only sign that upholding the constitution is not the main basis of the current US administration’s claim to legitimacy.

Voir aussi:

The Real Purpose of Trump’s Executive Order on Anti-Semitism
The President’s new order will not protect anyone against anti-Semitism, and it’s not intended to. Its sole aim is to quash the defense—and even the discussion—of Palestinian rights.
Masha Gessen
The New Yorker
December 12, 2019

Donald Trump has a knack for taking some of humanity’s most problematic ideas and turning them on their head to make them even worse. He has done it again. On Wednesday, he signed an executive order that will allow federal funds to be withheld from colleges where students are not protected from anti-Semitism—using an absurdly defined version of what constitutes anti-Semitism. Recent precedent and the history of legislative efforts that preceded the executive order would suggest that its main targets are campus groups critical of Israeli policies. What the order itself did not make explicit, the President’s son-in-law did: on Wednesday, Jared Kushner published an Op-Ed in the Times in which he stressed that the definition of anti-Semitism used in the executive order “makes clear what our administration has stated publicly on the record: Anti-Zionism is anti-Semitism.”

Both Kushner and the executive order refer to the definition of anti-Semitism that was formulated, in 2016, by the International Holocaust Remembrance Alliance; it has since been adopted by the State Department. The definition supplies examples of anti-Semitism, and Kushner cited the most problematic of these as the most important: “the targeting of the state of Israel, conceived as a Jewish collectivity”; denial to “the Jewish people their right to self-determination, e.g. by claiming that the existence of a state of Israel is a racist endeavor”; and comparing “contemporary Israeli policy to that of the Nazis.” All three examples perform the same sleight of hand: they reframe opposition to or criticism of Israeli policies as opposition to the state of Israel. And that, says Kushner, is anti-Semitism.

To be sure, some people who are critical of Israeli policies are opposed to the existence of the state of Israel itself. And some of those people are also anti-Semites. I am intimately familiar with this brand of anti-Semitism, because I grew up in the Soviet Union, where anti-Zionist rhetoric served as the propaganda backbone of state anti-Semitism. The word “Zionist,” when deployed by Pravda, served as incitement to violence and discrimination against Soviet Jews. All of this can be true at the same time that it is also true that Israel has effectively created an apartheid state, in which some Palestinians have some political rights and the rest have none. Human-rights organizations such as Breaking the Silence and B’Tselem—Israeli groups, founded and run by Jews—continue to document harrowing abuse of Palestinians in Israel, the occupied West Bank, and Gaza.

In August, I went on a tour designed by Breaking the Silence that aims to show Israelis and foreigners what the occupation looks like. This particular tour ended in a Palestinian village which has been largely overtaken by an Israeli settlement that is illegal under international law. One of the Palestinian houses ended up on territory claimed by the settlers, so the settlers built a chain-link cage around the house, the yard, and the driveway. A young Palestinian child, who is growing up in a house inside a cage, waved to us through the fencing. Comparing this sort of approach to Nazi policies may not make for the most useful argument, but it is certainly not outlandish. The memory of the Holocaust stands as a warning to humanity about the dangers of dehumanizing the other—and invoking that warning in Palestine is warranted.

One does not have to be an anti-Semite to be an anti-Zionist, but one certainly can be both an anti-Semite and an anti-Zionist. Trump, however, has inverted this formula by positioning himself as a pro-Zionist anti-Semite. He has proclaimed his support often for the state of Israel. His Administration’s policies, which have included moving the U.S. Embassy to Jerusalem and, more recently, declaring that the U.S. does not view Israeli settlements in the West Bank as illegal, have pleased the state of Israel, especially its most militantly expansionist citizens. Over the weekend, however, at the Israeli American Council National Summit, in Florida, Trump gave a speech that brimmed with Jewish stereotypes: Jews and greed, Jews and money, Jews as ruthless wheeler-dealers. “A lot of you are in the real estate business because I know you very well,” he said. « You’re brutal killers, not nice people at all.” It was the kind of stuff that requires no definitions, op-eds, or explanations—it was plain, easily recognizable anti-Semitism. And it was not the first time that Trump trafficked in anti-Semitic stereotypes. The world view behind these stereotypes, combined with support for Israel, is also recognizable. To Trump, Jews—including American Jews, some of whom vote for him—are alien beings whom he associates with the state of Israel. He finds these alien beings at once distasteful and worthy of a sort of admiration, perhaps because he ascribes to them many of the features that he also recognizes in himself.

It should come as no surprise that anti-Semitic incidents in the U.S. increased by sixty per cent during the first year of Trump’s Presidency, according to the Anti-Defamation League. The current year is on track to set a record for the number of anti-Semitic attacks. The latest appears to have occurred on Tuesday, when shooters reportedly connected to a fringe group targeted a kosher supermarket in Jersey City, killing four people.

The new executive order will not protect anyone against anti-Semitism, and it’s not intended to. Its sole aim is to quash the defense—and even the discussion—of Palestinian rights. Its victim will be free speech.

Voir également:

No, the Trump Administration Is Not Redefining Judaism as a Nationality

Its executive order on anti-Semitism won’t change much at all.

The New York Times published a bombshell report on Tuesday claiming that President Donald Trump planned to sign an executive order that interpreted Judaism “as a race or nationality” under Title VI of the Civil Rights Act of 1964. Title VI governs federally funded educational programs, so the Times warned that the order might be deployed to squelch anti-Israel speech on campus. “Mr. Trump’s order,” the Times further claimed, “will have the effect of embracing an argument that Jews are a people or a race with a collective national origin in the Middle East, like Italian Americans or Polish Americans.”

That turned out to be untrue. The text of the order, which leaked on Wednesday, does not redefine Judaism as a race or nationality. It does not claim that Jews are a nation or a different race. The order’s interpretation of Title VI—insofar as the law applies to Jews—is entirely in line with the Obama administration’s approach. It only deviates from past practice by suggesting that harsh criticism of Israel—specifically, the notion that it is “a racist endeavor”—may be used as evidence to prove anti-Semitic intent. There is good reason, however, to doubt that the order can actually be used to suppress non-bigoted disapproval of Israel on college campuses.

Title VI bars discrimination on the basis of “race, color or national origin” in programs that receive federal assistance—most notably here, educational institutions. It does not prohibit discrimination on the basis of religion, an omission that raises difficult questions about religions that may have an ethnic component. For example, people of all races, ethnicities, and nationalities can be Muslim. But Islamophobia often takes the form of intolerance against individuals of Arab or Middle Eastern origin. If a college permits rampant Islamophobic harassment on campus, has it run afoul of Title VI?

In a 2004 policy statement, Kenneth L. Marcus—then–deputy assistant secretary for enforcement at the Department of Education’s Office of Civil Rights—answered that question. “Groups that face discrimination on the basis of shared ethnic characteristics,” Marcus wrote, “may not be denied the protection” under Title VI “on the ground that they also share a common faith.” Put differently, people who face discrimination because of their perceived ethnicity do not lose protection because of their religion. The Office of Civil Rights, Marcus continued, “will exercise its jurisdiction to enforce the Title VI prohibition against national origin discrimination, regardless of whether the groups targeted for discrimination also exhibit religious characteristics. Thus, for example, OCR aggressively investigates alleged race or ethnic harassment against Arab Muslim, Sikh and Jewish students.”

The Obama administration reaffirmed this position in a 2010 letter written by Assistant Attorney General Thomas E. Perez, who is now the chair of the Democratic National Committee. “We agree,” Perez wrote, with Marcus’ analysis. “Although Title VI does not prohibit discrimination on the basis of religion, discrimination against Jews, Muslims, Sikhs, and members of other religious groups violates Title VI when that discrimination is based on the group’s actual or perceived shared ancestry or ethnic characteristics, rather than its members’ religious practice.” Perez added that Title VI “prohibits discrimination against an individual where it is based on actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.”

On Wednesday, I asked Perez’s former principal deputy, Sam Bagenstos—now a professor at University of Michigan Law School—whether he felt this reasoning equated any religious group of a nationality or race. “The key point we were making,” he told me, “is that sometimes discrimination against Jews, Muslims, and others is based on a perception of shared race, ethnicity, or national origin, and in those cases it’s appropriate to think of that discrimination as race or national origin discrimination as well as religious discrimination. It doesn’t mean that the government is saying that the group is a racial or national group. The government is saying that the discrimination is based on the discriminator’s perception of race or national origin. That’s a very different matter from saying that anti-Israel or pro-Palestinian speech constitutes discrimination.”

Trump’s EO does not deviate from this understanding of the overlap between discrimination on the basis of race or nationality and discrimination against religion. It only changes the law insofar as it expands the definition of anti-Semitism that may run afoul of Title VI. In assessing potential violations, the order directs executive agencies to look to the International Holocaust Remembrance Alliance’s definition—chiefly “hatred toward Jews” directed at individuals, their property, their “community institutions and religious facilities.”

Agencies must also refer to the IHRA’s “Contemporary Examples of Anti-Semitism.” That list contains a number of obvious, unobjectionable examples. But it also includes two more controversial examples: “Denying the Jewish people their right to self-determination, e.g., by claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor,” and “Applying double standards by requiring of it a behavior not expected or demanded of any other democratic nation.” To the extent that anyone is alarmed by Wednesday’s order, these examples should be the focus of their concern. A tendentious reading of this rule could theoretically get students in trouble for severe condemnation of Israeli policy, even when it does not cross the line into a condemnation of Jews.

But the order only directs agencies to consider the IHRA’s list “to the extent that any examples might be useful as evidence of discriminatory intent.” In other words, applying double standards to Israel alone would not trigger a Title VI investigation. Instead, the IHRA’s list would only come into play after an individual is accused of overt anti-Semitism with an ethnic component, and then only as evidence of bigoted intent. Moreover, the order states that agencies “shall not diminish or infringe upon any right protected under Federal law or under the First Amendment” in enforcing Title VI. Because political criticism of Israel is plainly protected speech, the impact of the order’s revised definition of anti-Semitism will likely be limited.

In fact, it’s unclear whether Wednesday’s order will have any impact, given that it mostly just reaffirms the current law. The New York Times’ reporting provoked anger among many Jews, who feared that an order to “effectively interpret Judaism as a race or nationality” would stoke anti-Semitism. But the order does no such thing. It restates the federal government’s long-standing interpretation of Title VI to encompass some anti-Jewish bias. And it raises the faint possibility that, in some case down the road, a student’s sharp criticism of Israel may be used as evidence of anti-Semitic intent after he has been accused of targeting Jews because of their perceived race or nationality. Is this order red meat for Republicans who believe colleges are increasingly hostile to Jews? Probably. Will it quash the pro-Palestine movement on campuses or impose an unwanted classification on American Jews? Absolutely not.

Voir de même:

In an alternate universe, the idea of a presidential order designed to protect Jews from discrimination on college campuses would not necessarily create a firestorm of mutual recrimination and internecine political warfare. True, there is no consensus on whether “Jewish” is a religious, cultural, ethnic, or national identity. Most often, it is framed as a combination of at least three, but not always and certainly not in the views of all the various denominations and sects that accept the appellation. But there is no question that anti-Semitic acts are increasing across the United States, and they are being undertaken by people who could not care less about these distinctions. And there is nothing inherently objectionable about using the power of the federal government to try to protect people, including college students, from those incidents’ consequences.

But in this universe, the guy who ordered this protection, Donald Trump, has revealed himself repeatedly to be an inveterate anti-Semite. Just a few days before he issued the executive order, he told supporters of the Israeli-American Council, “You’re brutal killers, not nice people at all…. Some of you don’t like me. Some of you I don’t like at all, actually.” He went on to insist nevertheless that the Jews gathered to hear him were “going to be my biggest supporters,” because Democrats were proposing to raise taxes on the superwealthy. In other words, Jews are greedy and care only about their personal fortunes. Trump, of course, was playing to type. He, his party, and his highest-profile supporters have repeatedly demonized Jews in political advertisements, deploying age-old anti-Semitic tropes that have been used to stir up violence against vulnerable Jewish communities in Europe and elsewhere. In addition, Trump frequently implies that Jews are not “real” Americans. He tells Jews that Bibi Netanyahu is “your prime minister” and complains that Jewish Democrats—which is most Jews—are “disloyal to Israel.”

That’s on the one hand. On the other, Trump has been a perfect patsy for Israel’s right-wing government and its supporters in what is misnamed the American “pro-Israel” community. While previous presidents sought, without much success, to restrain Israel on behalf of a hoped-for future peace agreement with the Palestinians, Trump has given that nation’s most corrupt and extremist leadership in its 71-year-history carte blanche—peace and the Palestinians be damned.

If the simultaneous embrace of anti-Semitism at home and philo-Semitism when it comes to Israel strikes one as contradictory, this is a mistake. Trump, like so many of today’s elected “populists,” sees considerable advantage in playing to hometown prejudices for personal gain while boosting Israel as a bulwark against worldwide Islam, which many of the president’s supporters consider an even greater offense to Christian belief than Jews are. Jews may be greedy and disloyal at home, but as long as Israel is out there kicking the shit out of the Arabs, it’s a trade-off that right-wing autocrats and their neofascist followers can get behind.

Most American Jews understandably want no part of this devil’s bargain. They are not interested in having their patriotism questioned. They remain among the most loyal and liberal constituencies in what is left of the decidedly tattered New Deal coalition that Franklin Roosevelt constructed back in the 1930s. And most hold Trump and his alt-right supporters accountable for the atmosphere of menace that has led to horrific attacks on Jews, like the massacre at a Pittsburgh synagogue last year.

But the issue of the executive order is complicated by the fact that it is understood by all to be a means for the federal government to step in and quash the intensifying criticism of Israel on college campuses—most notably, criticism that takes the form of the boycott, divestment, and sanctions movement, or BDS. And it does this in part by insisting, as Jared Kushner recently argued in a New York Times op-ed, that all “anti-Zionism is anti-Semitism.”

I’ve been an outspoken critic of the academic BDS movement for some time now. But if you ask me, the movement has been a spectacular failure in every respect, save one: It has succeeded in turning many college campuses into anti-Israel inculcation centers and therefore has scared the bejesus out of the Jewish parents paying for their kids to attend them. At the same time—even if you allow that occasional anti-Semitic comments and actions by some of BDS’s supporters are outliers and not indicative of most of its followers—I find the idea and, even more so, the practice of an academic boycott to be undeniably contradictory to universities’ philosophical commitment to freedom of expression and ideas.

Nonetheless, the explicit and intellectually indefensible equation of anti-Zionism with actionable anti-Semitism is an obvious offense to the notion of freedom of expression, however much it cheers the tiny hearts of right-wing Jews and other Trump defenders. Jewish students already had all the protections they needed before Trump’s executive order. Title VI of the Civil Rights Act covers discrimination on the basis of a “group’s actual or perceived ancestry or ethnic characteristics” or “actual or perceived citizenship or residency in a country whose residents share a dominant religion or a distinct religious identity.”

The New York Times’ early, inaccurate reporting on the executive order, in which the paper falsely stated that the order would “effectively interpret Judaism as a race or nationality,” deserves special mention here for creating the panic. But the result of the entire episode is that, yet again, the Trump administration has placed a stupid, shiny object before the media, and the hysteria that has ensued has divided Americans, Jews, liberals and conservatives, and free speech and human rights activists, all while the administration continues its relentless assault on our democracy and better selves.

The president’s order would allow the government to withhold money from campuses deemed to be biased, but critics see it as an attack on free speech.

Peter Baker and

NYT

WASHINGTON — President Trump plans to sign an executive order on Wednesday targeting what he sees as anti-Semitism on college campuses by threatening to withhold federal money from educational institutions that fail to combat discrimination, three administration officials said on Tuesday.

The order will effectively interpret Judaism as a race or nationality, not just a religion, to prompt a federal law penalizing colleges and universities deemed to be shirking their responsibility to foster an open climate for minority students. In recent years, the Boycott, Divestment and Sanctions — or B.D.S. — movement against Israel has roiled some campuses, leaving some Jewish students feeling unwelcome or attacked.

In signing the order, Mr. Trump will use his executive power to take action where Congress has not, essentially replicating bipartisan legislation that has stalled on Capitol Hill for several years. Prominent Democrats have joined Republicans in promoting such a policy change to combat anti-Semitism as well as the boycott-Israel movement.

But critics complained that such a policy could be used to stifle free speech and legitimate opposition to Israel’s policies toward Palestinians in the name of fighting anti-Semitism. The definition of anti-Semitism to be used in the order matches the one used by the State Department and by other nations, but it has been criticized as too open-ended and sweeping.

For instance, it describes as anti-Semitic “denying the Jewish people their right to self-determination” under some circumstances and offers as an example of such behavior “claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor.”

Yousef Munayyer, the executive director of the U.S. Campaign for Palestinian Rights, said Mr. Trump’s order is part of a sustained campaign “to silence Palestinian rights activism” by equating opposition to Israeli treatment of Palestinians with anti-Semitism.

“Israeli apartheid is a very hard product to sell in America, especially in progressive spaces,” Mr. Munayyer said, “and realizing this, many Israeli apartheid apologists, Trump included, are looking to silence a debate they know they can’t win.”

Administration officials, who insisted on anonymity to discuss the order before its official announcement, said it was not intended to squelch free speech. The White House reached out to some Democrats and activist groups that have been critical of the president to build support for the move.

Among those welcoming the order on Tuesday was Jonathan Greenblatt, the chief executive of the Anti-Defamation League, who said the group recorded its third-highest level of anti-Semitic episodes in the United States last year.

“Of course we hope it will be enforced in a fair manner,” he said. “But the fact of the matter is we see Jewish students on college campuses and Jewish people all over being marginalized. The rise of anti-Semitic incidents is not theoretical; it’s empirical.”

David Krone, a former chief of staff to Senator Harry Reid of Nevada when he was Senate Democratic leader, has lobbied for years for such a policy change and praised Mr. Trump for taking action.

“I know people are going to criticize me for saying this,” Mr. Krone said, “but I have to give credit where credit is due.” He added, “It’s too important to let partisanship get in the way.”

Mr. Reid helped push for legislation similar to the order called the Anti-Semitism Awareness Act of 2016. It passed the Senate in December 2016 unanimously but died in the House as that session of Congress ended. It has been reintroduced by Democrats and Republicans but has made little progress to Mr. Trump’s desk.

Mr. Krone continued to work on the issue after Mr. Reid retired and reached out through a mutual friend last summer to Jared Kushner, the president’s son-in-law and senior adviser. The Jewish grandson of Holocaust survivors, Mr. Kushner embraced the idea, which also had been explored over the past year by the president’s domestic policy aides. With Mr. Kushner’s support, the White House drafted the order and Mr. Trump agreed to sign it.

Mr. Trump over the years has been accused of making anti-Semitic remarks, turning a blind eye to anti-Jewish tropes or emboldening white supremacists like those in Charlottesville, Va., in 2017. Just last weekend, he drew criticism for remarks in Florida before the Israeli American Council in which he told the Jewish audience they were “not nice people” but would support his re-election because “you’re not going to vote for the wealth tax.”

But he has also positioned himself as an unflinching supporter of Israel and a champion of Jewish Americans, moving the United States Embassy to Jerusalem, supporting settlements in the West Bank and recognizing the seizure of the Golan Heights. He also assailed Representative Ilhan Omar, Democrat of Minnesota, when she said support for Israel was “all about the Benjamins,” meaning money.

Jeremy Ben-Ami, the president of J Street, a liberal Israel advocacy group, said the president’s order was a cynical effort to crack down on critics, not to defend Jews from bias. “It is particularly outrageous and absurd for President Trump to pretend to care about anti-Semitism during the same week in which he once again publicly spouted anti-Semitic tropes about Jews and money,” he said in a statement.

The president’s action comes soon after the Education Department ordered Duke University and the University of North Carolina at Chapel Hill to remake their joint Middle East studies program on the grounds that it featured a biased curriculum. The move was part of a broader campaign by Betsy DeVos, the education secretary, and her civil rights chief, Kenneth L. Marcus, to go after perceived anti-Israel bias in higher education.

The order to be signed by Mr. Trump would empower the Education Department in such actions. Under Title VI of the Civil Rights Act of 1964, the department can withhold funding from any college or educational program that discriminates “on the ground of race, color, or national origin.” Religion was not included among the protected categories, so Mr. Trump’s order will have the effect of embracing an argument that Jews are a people or a race with a collective national origin in the Middle East, like Italian Americans or Polish Americans.

The definition of anti-Semitism to be adopted from the State Department and originally formulated by the International Holocaust Remembrance Alliance includes “a certain perception of Jews, which may be expressed as hatred toward Jews.” However, it adds that “criticism of Israel similar to that leveled against any other country cannot be regarded as anti-Semitic.”

The American Civil Liberties Union was among the groups that opposed using the definition in the 2016 legislation, deeming it overly broad. “It cannot and must not be that our civil rights laws are used in such a way to penalize political advocacy on the basis of viewpoint,” the group said in a letter to Congress at the time. Kenneth S. Stern, the original lead author of the definition, also objected to using it, saying that “students and faculty members will be scared into silence, and administrators will err on the side of suppressing or censuring speech.”

But Representative Ted Deutch, Democrat of Florida, who was among the sponsors of the 2016 legislation, wrote in an op-ed article in The Times of Israel last week that the definition “was drafted not to regulate free speech or punish people for expressing their beliefs.” Instead, he wrote, “This definition can serve as an important tool to guide our government’s response to anti-Semitism.”

Last week, a group of 80 education, civil rights and religious organizations sent a letter to Ms. DeVos complaining that some Middle East studies centers on college campuses financed by the government under Title VI have sought to boycott Israel or shut down their universities’ study abroad programs in Israel.

“Recent incidents have demonstrated the willingness of faculty across the country to implement the academic boycott of Israel on their campuses,” the letter said.

The president is expected to be joined at the signing by several prominent Republican lawmakers, including Senators Tim Scott of South Carolina and James Lankford of Oklahoma and Representative Doug Collins of Georgia. But Democrats who have advocated the legislation in the past are not expected, including Representative Jerrold Nadler of New York, who on Tuesday released articles of impeachment against Mr. Trump.

While an executive order is not as permanent as legislation and can be overturned by the next president, Mr. Trump’s action may have the effect of extending the policy beyond his administration anyway because his successors may find it politically unappealing to reverse.

Peter Baker reported from Washington, and Maggie Haberman from Hershey, Pa.

Etats-Unis/Antisémitisme – Donald Trump cible l’antisémitisme et le boycott israélien sur les campus universitaires

L’ordonnance du président permettrait au gouvernement de retenir de l’argent sur les campus réputés biaisés, mais les critiques y voient une attaque contre la liberté d’expression.

Publié le 10 décembre dans le New York Times sous le titre Trump Targets Anti-Semitism and Israeli Boycotts on College Campuses

Traduction proposée par le Crif

Le président Trump prévoit de signer mercredi un décret visant à cibler ce qu’il considère comme de l’antisémitisme sur les campus universitaires en menaçant de retenir l’argent fédéral des établissements d’enseignement qui ne parviennent pas à lutter contre la discrimination, ont déclaré mardi trois responsables de l’administration.

L’ordonnance interprétera efficacement le judaïsme comme une race ou une nationalité, et pas seulement comme une religion, pour inciter une loi fédérale pénalisant les collèges et universités réputés pour se dérober à leur responsabilité afin de favoriser un climat ouvert pour les étudiants issus de minorités. Ces dernières années, le boycott, le désinvestissement et les sanctions – ou B.D.S. – le mouvement contre Israël a troublé certains campus, laissant certains étudiants juifs se sentir importuns ou attaqués.

En signant l’ordonnance, M. Trump utilisera son pouvoir exécutif pour agir là où le Congrès ne l’a pas fait, reproduisant essentiellement une législation bipartite bloquée par le Capitol Hill depuis plusieurs années. D’éminents démocrates se sont joints aux républicains pour promouvoir un tel changement de politique afin de combattre l’antisémitisme ainsi que le mouvement de boycott d’Israël.

Mais les critiques se sont plaints qu’une telle politique pourrait être utilisée pour étouffer la liberté d’expression et l’opposition légitime à la politique d’Israël envers les Palestiniens au nom de la lutte contre l’antisémitisme. La définition de l’antisémitisme utilisée dans l’ordonnance correspond à celle utilisée par le Département d’État et par d’autres nations, mais elle a été critiquée comme étant trop ouverte et trop générale.

Par exemple, il y est décrit comme antisémite « nier au peuple juif son droit à l’autodétermination » dans certaines circonstances et offre comme exemple de ce comportement « affirmer que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste ».

Yousef Munayyer, directeur exécutif de la Campagne américaine pour les droits des Palestiniens, a déclaré que l’ordonnance de M. Trump faisait partie d’une campagne soutenue « pour faire taire l’activisme pour les droits des Palestiniens » en assimilant l’opposition au traitement israélien des Palestiniens à l’antisémitisme.

« L’apartheid israélien est un produit très difficile à vendre en Amérique, en particulier dans les espaces progressistes« , a déclaré M. Munayyer, « et réalisant cela, de nombreux apologistes de l’apartheid israélien, Trump inclus, cherchent à faire taire un débat qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner… « 

Les responsables de l’administration, qui ont insisté sur l’anonymat pour discuter de l’ordonnance avant son annonce officielle, ont déclaré qu’elle n’était pas destiné à étouffer la liberté d’expression. La Maison Blanche a contacté certains démocrates et groupes militants qui ont critiqué le président pour obtenir un soutien à cette décision.

Mardi, Jonathan Greenblatt, directeur général de la Ligue anti-diffamation, a déclaré que le groupe avait enregistré son troisième épisode antisémite aux États-Unis l’année dernière.

« Bien sûr, nous espérons qu’il sera appliqué de manière équitable », a-t-il déclaré. « Mais le fait est que nous voyons des étudiants juifs sur les campus universitaires et des Juifs partout marginalisés. La montée des incidents antisémites n’est pas théorique; c’est empirique. « 

David Krone, ancien chef de cabinet du sénateur Harry Reid du Nevada lorsqu’il était leader démocrate du Sénat, a fait pression pendant des années pour un tel changement de politique et a félicité M. Trump d’avoir pris des mesures.

« Je sais que les gens vont me critiquer pour avoir dit cela », a déclaré M. Krone, « mais je dois donner du crédit là où le mérite est dû ». Il a ajouté: « Il est trop important de laisser la partisanerie faire obstacle. »

M. Reid a aidé à faire pression pour une législation similaire à l’ordonnance appelée Anti-Semitism Awareness Act of 2016. Elle a été adoptée à l’unanimité par le Sénat en décembre 2016, mais est décédée à la Chambre à la fin de cette session du Congrès. Il a été réintroduit par les démocrates et les républicains mais a peu progressé sur le bureau de M. Trump.

M. Krone a continué de travailler sur la question après que M. Reid a pris sa retraite et a contacté l’été dernier un ami commun avec Jared Kushner, gendre du président et conseiller principal. Le petit-fils juif des survivants de l’Holocauste, M. Kushner, a adopté l’idée, qui avait également été explorée au cours de l’année écoulée par les aides à la politique intérieure du président. Avec le soutien de M. Kushner, la Maison-Blanche a rédigé l’ordonnance et M. Trump a accepté de la signer.

Au fil des ans, M. Trump a été accusé de faire des remarques antisémites, de fermer les yeux sur les tropes antisémites ou d’enhardir les suprémacistes blancs comme ceux de Charlottesville, en Virginie, en 2017. Le week-end dernier, il a critiqué les propos tenus dans La Floride devant le Conseil israélo-américain au cours de laquelle il a déclaré au public juif qu’ils n’étaient « pas des gens sympas » mais qu’ils appuieraient sa réélection parce que « vous n’allez pas voter pour l’impôt sur la fortune ».

Mais il s’est également positionné comme un partisan indéfectible d’Israël et un champion des Juifs américains, en déplaçant l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, en soutenant les colonies en Cisjordanie et en reconnaissant la saisie des hauteurs du Golan. Il a également agressé la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, lorsqu’elle a déclaré que le soutien à Israël était « tout au sujet des Benjamins », ce qui signifie de l’argent.

Jeremy Ben-Ami, président de J Street, un groupe de défense libéral d’Israël, a déclaré que l’ordre du président était un effort cynique pour réprimer les critiques, pas pour défendre les Juifs contre les préjugés. « Il est particulièrement scandaleux et absurde que le président Trump prétende se préoccuper de l’antisémitisme au cours de la même semaine au cours de laquelle il a de nouveau publiquement jeté des tropes antisémites sur les Juifs et l’argent », a-t-il déclaré dans un communiqué.

L’action du président intervient peu de temps après que le département de l’éducation a ordonné à l’Université Duke et à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill de refaire leur programme d’études conjointes sur le Moyen-Orient au motif qu’il comportait un programme biaisé. Cette décision faisait partie d’une campagne plus large menée par Betsy DeVos, la secrétaire à l’Éducation, et son chef des droits civiques, Kenneth L. Marcus, pour s’attaquer aux préjugés anti-Israël perçus dans l’enseignement supérieur.

L’ordonnance à signer par M. Trump habiliterait le Département de l’éducation à de telles actions. En vertu du titre VI de la loi sur les droits civils de 1964, le ministère peut retenir le financement de tout collège ou programme éducatif qui établit une discrimination «fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale». La religion n’était pas incluse dans les catégories protégées, donc l’ordre de Donald Trump aura pour effet d’embrasser un argument selon lequel les Juifs sont un peuple ou une race d’origine nationale collective au Moyen-Orient, comme les Italo-Américains ou les Polonais américains.

La définition de l’antisémitisme qui doit être adoptée par le Département d’État et formulée à l’origine par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste comprend « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée comme de la haine envers les Juifs« . Cependant, elle ajoute que « des critiques d’Israël similaires à ce niveau contre tout autre pays ne peut pas être considéré comme antisémite ».

L’American Civil Liberties Union faisait partie des groupes qui se sont opposés à l’utilisation de la définition dans la législation de 2016, la jugeant trop large. « Il ne peut et ne doit pas être que nos lois sur les droits civils sont utilisées de manière à pénaliser le plaidoyer politique sur la base du point de vue », a déclaré le groupe dans une lettre au Congrès de l’époque. Kenneth S. Stern, l’auteur principal de la définition, s’est également opposé à son utilisation, affirmant que « les étudiants et les professeurs seront effrayés dans le silence, et les administrateurs se tromperont du côté de la suppression ou de la censure du discours. »

Mais le représentant Ted Deutch, démocrate de Floride, qui était parmi les sponsors de la législation de 2016, a écrit dans un article d’opinion dans le Times of Israel la semaine dernière que la définition « avait été rédigée pour ne pas réglementer la liberté d’expression ou punir les gens pour avoir exprimé leur opinion ». Au lieu de cela, il a écrit: « Cette définition peut servir d’outil important pour guider la réponse de notre gouvernement à l’antisémitisme ». 

La semaine dernière, un groupe de 80 organisations de l’éducation, des droits civils et des organisations religieuses a envoyé une lettre à Mme DeVos se plaignant que certains centres d’études du Moyen-Orient sur les campus universitaires financés par le gouvernement au titre VI ont cherché à boycotter Israël ou à fermer les programmes d’études de leurs universités à l’étranger en Israël.

« Les récents incidents ont démontré la volonté des professeurs à travers le pays de mettre en œuvre le boycott universitaire d’Israël sur leurs campus », indique la lettre.

Le président devrait être rejoint lors de la signature par plusieurs éminents législateurs républicains, dont les sénateurs Tim Scott de Caroline du Sud et James Lankford d’Oklahoma et le représentant Doug Collins de Géorgie. Mais les démocrates qui ont préconisé la législation dans le passé ne sont pas attendus, y compris le représentant Jerrold Nadler de New York, qui a publié mardi des articles de destitution contre M. Trump.

Bien qu’un ordre exécutif ne soit pas aussi permanent que la législation et puisse être annulé par le prochain président, l’action de M. Trump peut avoir pour effet d’étendre la politique au-delà de son administration, car ses successeurs peuvent trouver politiquement peu attrayant à renverser.

Voir de plus:

Donald Trump signe un décret controversé pour élargir la définition de l’antisémitisme sur les campus

Alors que le décret présidentiel vise à défendre les étudiants juifs, les détracteurs de Donald Trump dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.

Le Monde avec AFP

12 décembre 2019

Le président américain se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse. Donald Trump a signé, mercredi 11 décembre, un décret visant à lutter contre l’antisémitisme sur les campus américains. Ce texte élargit la définition de l’antisémitisme utilisée par le ministère de l’éducation lorsqu’il fait appliquer la loi sur les droits civiques de 1964. Il ordonne en particulier d’utiliser la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

« C’est notre message aux universités : si vous voulez bénéficier des énormes sommes que vous recevez chaque année de la part de l’Etat fédéral, vous devez rejeter l’antisémitisme », a déclaré M. Trump à l’occasion d’une cérémonie à la Maison Blanche pour célébrer Hanouka, la fête des lumières. Avec ce décret, Donald Trump « défend les étudiants juifs » et « indique clairement que l’antisémitisme ne sera pas toléré », a insisté son gendre et conseiller Jared Kushner dans une tribune publiée dans le New York Times.

Un décret pour « limiter » les critiques visant Israël

Mais des défenseurs de la liberté d’expression redoutent qu’une définition trop large et trop vague de l’antisémitisme soit utilisée pour interdire tous les propos critiques envers la politique du gouvernement israélien.

Pour Jeremy Ben-Ami, président de l’organisation progressiste juive J-Street, le décret présidentiel « semble moins destiné à combattre l’antisémitisme qu’à limiter la liberté d’expression et sévir sur les campus contre les critiques visant Israël ».

Voir encore:

Ambassade des Etas-Unis en France

« Le poison vil et haineux de l’antisémitisme doit être condamné et combattu quel que soit le lieu et le moment auquel il surgit. »

Président Donald J. Trump

COMBATTRE L’ANTISÉMITISME : Le président Donald J. Trump prend un décret présidentiel pour renforcer la lutte contre la montée de l’antisémitisme aux États-Unis.

  • Le décret du président Trump indique clairement que le Titre VI de la loi sur les droits civils de 1964 s’applique à la discrimination antisémite fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale.
  • Dans le cadre de l’application du Titre VI contre la discrimination antisémite dissimulée, les agences se référeront à la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) ainsi que ses exemples contemporains.
  • Le président demande également aux agences fédérales d’identifier d’autres moyens par lesquels le gouvernement peut utiliser ses pouvoirs en matière de lutte contre la discrimination pour combattre l’antisémitisme.
  • Cette action démontre en outre l’engagement indéfectible du président Trump et de son administration à lutter contre toutes les formes d’antisémitisme.

LUTTER CONTRE LA MONTÉE DE LA HAINE : Ces dernières années, les Américains ont assisté à une augmentation inquiétante des incidents antisémites et à une montée de la rhétorique correspondante dans l’ensemble du pays.

  • Au cours des quelques dernières années, on a assisté à une tendance inquiétante à la montée de l’antisémitisme aux États-Unis.
  • Les incidents antisémites se sont multipliés en Amérique depuis 2013, en particulier dans les écoles et sur les campus universitaires.
  • Il s’agit en particulier d’actes de violence horribles à l’encontre de Juifs américains et de synagogues aux États-Unis.
  • 18 membres démocrates du Congrès ont coparrainé cette année une législation en faveur du mouvement antisémite « Boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS).
    • Dans leur résolution, ces membres du Congrès comparaient de manière choquante le soutien à Israël à celui à l’Allemagne nazie.

AGIR : Le président Trump et son administration ont pris des mesures à plusieurs reprises pour lutter contre la haine et soutenir la communauté juive.

  • Lors du discours sur l’état de l’Union de cette année, le président Trump a promis de « ne jamais ignorer le vil poison de l’antisémitisme ou ceux qui répandent cette idéologie venimeuse ».
  • Depuis janvier 2017, la division des droits civils du département de la Justice a obtenu 14 condamnations dans des affaires d’attentats ou de menaces contre des lieux de culte.
    • La division a également obtenu 11 condamnations dans des affaires de crimes motivés par la haine en raison des convictions religieuses des victimes.
  • Le département de la Justice a lancé un nouveau site web complet qui constitue un portail centralisé permettant aux forces de l’ordre, aux médias, aux groupes de défense des droits et à d’autres organismes d’accéder à des ressources sur les crimes motivés par la haine.
  • Le service des relations avec la communauté du département de la Justice a facilité 17 forums axés sur la protection des lieux de culte et la prévention des crimes motivés par la haine depuis septembre 2018.
  • Le président a signé la loi JUST Act en faveur des efforts de restitution à la suite de l’Holocauste.
  • L’administration Trump a expulsé le dernier criminel nazi connu des États-Unis.
    Voir enfin:

    NYT

    WASHINGTON — The House, brushing aside Democratic voices of dissent over American policy in the Middle East, on Tuesday overwhelmingly passed a bipartisan resolution condemning the boycott-Israel movement as one that “promotes principles of collective guilt, mass punishment and group isolation, which are destructive of prospects for progress towards peace.”

    The 398-to-17 vote, with five members voting present, came after a debate that was equally lopsided; no one in either party spoke against the measure. The House’s two most vocal backers of the boycott movement — Representatives Rashida Tlaib of Michigan and Ilhan Omar of Minnesota, freshman Democrats and the first two Muslim women in Congress — did not participate in the floor debate.

    However, earlier in the day, Ms. Tlaib, who is Palestinian-American, delivered an impassioned speech in defense of the boycott movement. She branded Israel’s policies toward Palestinians “racist” and invoked American boycotts of Nazi Germany, among others, as an example of what she described as a legitimate economic protest to advance human rights around the world.

    “I stand before you as the daughter of Palestinian immigrants, parents who experienced being stripped of their human rights, the right to freedom of travel, equal treatment,” Ms. Tlaib said. “So I can’t stand by and watch this attack on our freedom of speech and the right to boycott the racist policies of the government and the state of Israel.”

    The Boycott, Divestment and Sanctions, or B.D.S., movement is intended, among other things, to pressure Israel into ending the occupation of the West Bank, and backed by some who advocate a single state with equal rights for all, instead of a Palestinian state alongside Israel. Opponents warn it would lead to the destruction of Israel as a Jewish state; during Tuesday’s debate, they repeatedly quoted from a founder of the movement, Omar Barghouti, who has argued for the creation of a “secular democratic state” and has called for Israel to “accept the dismantling of its Zionist apartheid regime.”

    “Boycotts have been previously used as tools for social justice in this very country,” said Representative Ted Deutch, Democrat of Florida and a backer of the resolution. “But B.D.S. doesn’t seek social justice. It seeks a world in which the state of Israel doesn’t exist.”

    For months, Ms. Tlaib and Ms. Omar have been the target of intense criticism for statements about Israel and Israel’s supporters that many have regarded as anti-Semitic tropes, including insinuations that Jews have dual loyalty to the United States and Israel. Ms. Omar drew the condemnation of House Democratic leaders, and was forced to apologize after invoking an ancient trope about Jews and money by suggesting that American support for Israel was “all about the Benjamins” — a reference to $100 bills.

    At a hearing last week, Ms. Omar spoke out forcefully against Israel, and the resolution.

    “We should condemn in the strongest terms violence that perpetuates the occupation, whether it is perpetuated by Israel, Hamas or individuals,” she said. “But if we are going to condemn violent means of resisting the occupation, we cannot also condemn nonviolent means.”

    Ms. Tlaib, Ms. Omar and two other freshman Democratic women of color — Representatives Ayanna S. Pressley of Massachusetts and Alexandria Ocasio-Cortez of New York — have lately been under fire from President Trump, who has accused them of being anti-American and suggested they should “go back” to their home countries, even though just one of them, Ms. Omar, was born outside the United States. Ms. Ocasio-Cortez voted against the resolution, as did a number of other progressives; Ms. Pressley voted in favor.

    The timing of the vote drew complaints from Palestinian rights activists and supporters of Ms. Omar and Ms. Tlaib, who said House Democratic leaders were effectively isolating them. Both women have also joined with Representative John Lewis, Democrat of Georgia and a civil rights icon, in introducing a measure affirming that “all Americans have the right to participate in boycotts in pursuit of civil and human rights at home and abroad,” as protected by the First Amendment.

    “They are displaying leadership even as the president is attacking and marginalizing people of color,” said Yousef Munayyer, the executive director of the U.S. Campaign for Palestinian Rights.

    But Democratic backers of Israel were eager to have their votes on record before Congress goes home for its six-week August recess. Earlier Tuesday, Representative Josh Gottheimer, an ardent supporter of Israel, was joined in his home state, New Jersey, by Elan Carr, the State Department’s envoy to combat anti-Semitism, at an event billed to address anti-Semitism.

    The coming vote proved to be a central topic.

    “There is of course nothing wrong about having a robust debate about our foreign policy, as I said, but that debate veers into something much darker when there is talk of dual loyalty or other ancient tropes,” Mr. Gottheimer said. “These are not legitimate opinions about our foreign policy. We have often seen such anti-Semitic tropes and rhetoric when it comes to the global B.D.S. movement.”

    Asked if he thought the timing of the vote was inopportune, Mr. Gottheimer said, “We should look for any moment to stand up to anti-Semitism, and I think, to me, the sooner the better.”

    Backers of the boycott movement say the resolution threatens free speech rights, and they argue that boycotts are a legitimate form of economic protest. In her remarks, Ms. Tlaib cited civil rights boycotts, boycotts of apartheid South Africa and American boycotts of Nazi Germany “in response to dehumanization, imprisonment and genocide of Jewish people” — a comment that raised eyebrows among Republicans.

    Proponents of the resolution argue that nothing in it abridges the right to free speech; indeed, House Democrats rejected a more far-reaching bill, passed by the Republican-led Senate, that would allow state and local government to break ties with companies that participate in the boycott movement.

    The chief sponsor of the Senate bill, Senator Marco Rubio, Republican of Florida, on Tuesday accused Speaker Nancy Pelosi of promoting a watered-down measure and allowing “the radical, anti-Semitic minority in the Democratic Party to dictate the House floor agenda.”

    During Tuesday’s floor debate, many Republicans, including Representative Lee Zeldin of New York and Representative Steve Scalise of Louisiana, the Republican whip, argued for the Rubio measure. But in a rare moment of House comity, both sounded eager to join with Democrats in passing the bipartisan resolution.

    “If a boycott is being used to advance freedom, that’s one we should support,” Mr. Scalise said. “But if a boycott is being used to undermine the very freedoms that exist in the only real elective democracy in the Middle East, we all need to rise up against that.”


Corbyn/Mélenchon: La synthèse mène au désastre (A long tradition of communist accommodation with antisemitism: how the demagogues from the race-card playing left made the private prejudices of conservative Muslim voters respectable)

17 décembre, 2019

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L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; (il) donne la permission d’être démocratiquement antisémite. Qui dit mieux ? Il est désormais possible de haïr les Juifs au nom du progressisme ! Il y a de quoi avoir le vertige : ce renversement bienvenu, cette introuvable inversion ne peuvent qu’enfermer Israël dans une nouvelle solitude. Vladimir Jankélévitch
La nation juive n’est pas civilisée, elle est patriarchale, n’ayant point de souverain, n’en reconnaissant aucun en secret, et croyant toute fourberie louable, quand il s’agit de tromper ceux qui ne pratiquent pas sa religion. Elle n’affiche pas ses principes, mais on les connaît assez. Un tort plus grave chez cette nation, est de s’adonner exclusivement au trafic, à l’usure, et aux dépravations mercantiles […] Tout gouvernement qui tient aux bonnes mœurs devrait y astreindre les Juifs, les obliger au travail productif, ne les admettre qu’en proportion d’un centième pour le vice: une famille marchande pour cent familles agricoles et manufacturières; mais notre siècle philosophe admet inconsidérément des légions de Juifs, tous parasites, marchands, usuriers, etc.Charles Fourier (Analyse de la civilisation, 1848)
Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. Pierre-Joseph Proudhon (1849)
Observons le Juif de tous les jours, le Juif ordinaire et non celui du sabbat. Ne cherchons point le mystère du Juif dans sa religion, mais le mystère de sa religion dans le Juif réel. Quelle est donc la base mondaine du judaïsme ? C’est le besoin pratique, l’égoïsme. Quel est le culte mondain du Juif ? C’est le trafic. Quelle est la divinité mondaine du Juif ? C’est l’argent. Karl Marx
L’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister. Karl Marx
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. Jean Jaurès (La question juive en Algérie, Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
Le Brexit et Trump étaient inextricablement liés en 2016 et ils sont inextricablement liés aujourd’hui. Johnson annonce une grande victoire de Trump. Les classes populaires sont fatiguées de leurs élites de new York, de Londres et de Bruxelles, qui leur expliquent comment vivre et comment faire. (…) Si les démocrates n’en tirent pas les leçons, Trump voguera vers une victoire à la Reagan en 1984. Steve Bannon
Avec Johnson, on se retrouve paradoxalement avec une bonne chance d’avoir une social-démocratie modérée. La victoire de Johnson pourrait être, comme le Brexit en 2016, l’indicateur d’une tendance capable de se répéter à nouveau outre-Atlantique. Dans les deux cas, les deux hommes ont été incroyablement sous-estimés par leurs adversaires et les observateurs, qui les ont volontiers présentés comme des clowns. Mais Boris Johnson n’a pas le caractère brutal de Trump et son côté incontrôlable. Il offre de ce point de vue un visage optimiste et décent à la révolte populiste et montre à la droite européenne qu’il est possible de la chevaucher sans quelle dérive vers quelque chose d’illibéral. C’est une bonne nouvelle. David Goodhart
Donald Trump, in his telling, could have shot somebody on Fifth Avenue and won. Boris Johnson could mislead the queen. He could break his promise to get Britain out of Europe by Oct. 31. He could lie about Turks invading Britain and the cost of European Union membership. He could make up stories about building 40 new hospitals. He could double down on the phantom $460 million a week that Brexit would deliver to the National Health Service — and still win a landslide Tory electoral victory not seen since Margaret Thatcher’s triumph in 1987. The British, or at least the English, did not care. Truth is so 20th century. They wanted Brexit done; and, formally speaking, Johnson will now take Britain out of Europe by Jan. 31, 2020, even if all the tough decisions on relations with the union will remain. Johnson was lucky. In the pathetic, emetic Jeremy Corbyn, the soon-to-depart Labour Party leader, he faced perhaps the worst opposition candidate ever. In the Tory press, he had a ferocious friend prepared to overlook every failing. In Brexit-weary British subjects, whiplashed since the 2016 referendum, he had the perfect receptacle for his “get Brexit done.” (…) The British working class, concentrated in the Midlands and the North, abandoned Labour and Corbyn’s socialism for the Tories and Johnson’s nationalism. In the depressed provinces of institutionalized precariousness, workers embraced an old Etonian mouthing about unleashed British potential. Not a million miles from blue-collar heartland Democrats migrating to Trump the millionaire and America First demagogy. That’s not the only parallel with American politics less than 11 months from the election. Johnson concentrated all the Brexit votes. By contrast, the pro-Remain vote was split between Corbyn’s internally divided Labour Party, the hapless Liberal Democrats, and the Scottish National Party. For anybody contemplating the divisions of the Democratic Party as compared with the Trump movement’s fanatical singleness of purpose, now reinforced by the impeachment proceedings, this can only be worrying. The clear rejection of Labour’s big-government socialism also looks ominous for Democrats who believe the party can lurch left and win. The British working class did not buy nationalized railways, electricity distribution and water utilities when they could stick it to some faceless bureaucrat in Brussels and — in that phrase as immortal as it is meaningless — take back their country. (…)That’s the story of our times. Johnson gets and fits those times better than most. He’s a natural. “Brexit and Trump were inextricably linked in 2016, and they are inextricably linked today,” Steve Bannon told me. “Johnson foreshadows a big Trump win. Working-class people are tired of their ‘betters’ in New York, London, Brussels telling them how to live and what to do. Corbyn the socialist program, not Corbyn the man, got crushed. If Democrats don’t take the lesson, Trump is headed for a Reagan-like ’84 victory.” I still think Trump can be beaten, but not from way out left and not without recognition that, as Hugo Dixon, a leader of the now defeated fight for a second British referendum, put it: “There is a crisis of liberalism because we have not found a way to connect to the lives of people in the small towns of the postindustrial wasteland whose traditional culture has been torn away.” Johnson, even with his 80-seat majority, has problems. His victory reconciled the irreconcilable. His moneyed coterie wants to turn Britain into free-market Singapore on the Thames. His new working-class constituency wants rule-Britannia greatness combined with state-funded support. That’s a delicate balancing act. The breakup of Britain has become more likely. The strong Scottish National Party showing portends a possible second Scottish referendum on independence. (…) As my readers know, I am a passionate European patriot who sees the union as the greatest achievement of the second half of the 20th century, and Britain’s exit as an appalling act of self-harm. But I also believe in democracy. Johnson took the decision back to the people and won. His victory must be respected. The fight for freedom, pluralism, the rule of law, human rights, a free press, independent judiciaries, breathable air, peace, decency and humanity continues — and has only become more critical now that Britain has marginalized itself irreversibly in a fit of nationalist delusion. Roger Cohen
Britain’s election on December 12th was the most unpredictable in years—yet in the end the result was crushingly one-sided. As we went to press the next morning, Boris Johnson’s Conservative Party was heading for a majority of well over 70, the largest Tory margin since the days of Margaret Thatcher. Labour, meanwhile, was expecting its worst result since the 1930s. Mr Johnson, who diced with the possibility of being one of Britain’s shortest-serving prime ministers, is now all-powerful. The immediate consequence is that, for the first time since the referendum of 2016, it is clear that Britain will leave the European Union. By the end of January it will be out—though Brexit will still be far from “done”, as Mr Johnson promises. But the Tories’ triumph also shows something else: that a profound realignment in British politics has taken place. Mr Johnson’s victory saw the Conservatives taking territory that Labour had held for nearly a century. The party of the rich buried Labour under the votes of working-class northerners and Midlanders. After a decade of governments struggling with weak or non-existent majorities, Britain now has a prime minister with immense personal authority and a free rein in Parliament. Like Thatcher and Tony Blair, who also enjoyed large majorities, Mr Johnson has the chance to set Britain on a new course—but only if his government can also grapple with some truly daunting tasks. Mr Johnson was lucky in his opponent. Jeremy Corbyn, Labour’s leader, was shunned by voters, who doubted his promises on the economy, rejected his embrace of dictators and terrorists and were unconvinced by his claims to reject anti-Semitism. But the result also vindicates Mr Johnson’s high-risk strategy of targeting working-class Brexit voters. Some of them switched to the Tories, others to the Brexit Party, but the effect was the same: to deprive Labour of its majority in dozens of seats. Five years ago, under David Cameron, the Conservative Party was a broadly liberal outfit, preaching free markets as it embraced gay marriage and environmentalism. Mr Johnson has yanked it to the left on economics, promising public spending and state aid for struggling industries, and to the right on culture, calling for longer prison sentences and complaining that European migrants “treat the UK as though it’s basically part of their own country.” Some liberal Tories hate the Trumpification of their party (the Conservative vote went down in some wealthy southern seats). But the election showed that they were far outnumbered by blue-collar defections from Labour farther north. This realignment may well last. The Tories’ new prospectus is calculated to take advantage of a long-term shift in voters’ behaviour which predates the Brexit referendum. Over several decades, economic attitudes have been replaced by cultural ones as the main predictor of party affiliation. Even at the last election, in 2017, working-class voters were almost as likely as professional ones to back the Tories. Mr Johnson rode a wave that was already washing over Britain. Donald Trump has shown how conservative positions on cultural matters can hold together a coalition of rich and poor voters. And Mr Johnson has an extra advantage in that his is unlikely to face strong opposition soon. Labour looks certain to be in the doldrums for a long time.The Economist
En juin 2016, le coup de tonnerre du Brexit avait précédé l’ouragan Trump, révélant le caractère transatlantique de la révolte nationaliste et populiste qui souffle sur l’Occident. Trois ans plus tard, la retentissante victoire de Boris Johnson annonce-t-elle à son tour une nouvelle prouesse de Donald Trump en novembre 2020? Beaucoup en Amérique accueillent l’idée avec horreur, mais certains commencent à envisager sérieusement l’hypothèse, en observant l’obstination avec laquelle ses électeurs lui restent fidèles, de la même manière que les électeurs du Brexit sont restés fidèles à leur désir de «sortir» de l’Union européenne. Les dérapages de Trump et les gigantesques efforts de ses adversaires pour lui ôter toute légitimité sont loin d’avoir fait bouger les lignes, peut-être même le contraire, à en croire de récents sondages favorables au président américain. Au Royaume-Uni, le slogan résolu de Boris Johnson, «Faisons le Brexit», a de son côté fait merveille, malgré tous les efforts des partisans du maintien dans l’Union qui voient leur rêve de « nouveau référendum » à nouveau fracassé. « Le Brexit et Trump étaient inextricablement liés en 2016 et ils sont inextricablement liés aujourdhui. Johnson annonce une grande victoire de Trump. Les classes populaires sont fatiguées de leurs élites de new York, de Londres et de Bruxelles; qui leur expliquent comment vivre et comment faire. (…) Si les démocrates n’en tirent pas les leçons, Trump voguera vers une victoire à la Reagan en 1984, déclare l’idéologue du national-populisme américain Steve Bannon à l’éditorialiste du New York Times Roger Cohen », qui semble partager à contre-coeur partager son pronostic.Même si on fait difficilement plus américain que Donald Trump, ni plus britannique que Boris Johnson, il y a incontestablement des parallèles saisissants entre les deux hommes et ils sont loin de se limiter à leur tignasse blonde, qui fait le régal des photographes. Premier point commun, les deux hommes appartiennent à l’élite « libérale » de leur pays, mais se sont définis en patriotes réalistes, surfant sur le désir viscéral du retour à la nation de l’électorat et offrant la promesse d’un pays « reprenant le contrôle » de son destin. Tous deux ont également joué de leurs personnalités hétérodoxes et charismatiques pour passer allègrement le Rubicon du politiquement correct et se poser en défenseurs du « petit peuple », grand perdant de la globalisation et de l’ouverture des frontières à l’immigration. Allant à rebours de la doxa du libre-échange pur et dur, ils ont engagé à la hussarde une redéfinition révolutionnaire de l’ADN de leur partis respectifs, instaurant un virage à gauche sur la question du commerce et du protectionnisme, tout en se situant à droite sur les questions sociétales et culturelles. La carte de leur électorat s’en trouve alors métamorphosée par le ralliement à la bannière conservatrice de régions traditionnellement acquises au Labour britannique ou au parti démocrate américain. De ce point de vue, l’humeur de la classe ouvrière des Midlands et du nord de l’Angleterre est presque un copié-collé du ressenti des ouvriers déclassés de l’industrie sidérurgique d l’Ohio ou de la Pennsylvanie. Boris comme Donald ont aussi séduit les petites villes et le pays rural, ce pays dit « périphérique » qui est en réalité « majoritaire », rappelle Christophe Guilluy. « Avec Johnson, on se retrouve paradoxalement avec une bonne chance d’avoir une soicial-démocratie modérée », note l’essayiste David Goodhart. Comme Steve Bannon, l’intellectuel anglais n’exclut pas que la victoire de Johnson soit, comme le Brexit en 2016, ‘l’indicateur d’une tendance capable de se répéter à nouveau outre-Atlantique ». Dans les deux cas, les deux hommes ont été incroyablement sous-estimés par leurs adversaires et les observateurs, qui les ont volontiers présentés comme des clowns, souligne l’intellectuel. Laure Mandeville
While Ken Livingstone was forcing startled historians to explain that Adolf Hitler was not a Zionist, I was in Naz Shah’s Bradford. A politician who wants to win there cannot afford to be reasonable, I discovered. He or she cannot deplore the Israeli occupation of the West Bank and say that the Israelis and Palestinians should have their own states. They have to engage in extremist rhetoric of the “sweep all the Jews out” variety or risk their opponents denouncing them as “Zionists”. George Galloway, who, never forget, was a demagogue from the race-card playing left rather than the far right, made the private prejudices of conservative Muslim voters respectable. Aisha Ali-Khan, who worked as Galloway’s assistant until his behaviour came to disgust her, realised how deep prejudice had sunk when she made a silly quip about David Miliband being more “fanciable” than Ed. Respect members accused her of being a “Jew lover” and, all of a sudden in Bradford politics, that did not seem an outrageous, or even an unusual, insult. Where Galloway led, others followed. David Ward, a now mercifully forgotten Liberal Democrat MP, tried and failed to save his seat by proclaiming his Jew obsession. Nothing, not even the murder of Jews, could restrain him. At one point, he told his constituents that the sight of the Israeli prime minister honouring the Parisian Jews whom Islamists had murdered made him “sick”. (He appeared to find the massacre itself easier to stomach.)Naz Shah’s picture of Israel superimposed on to a map of the US to show her “solution” for the Israeli-Palestinian conflict was not a one-off but part of a race to the bottom. But Shah’s wider behaviour as an MP – a “progressive” MP, mark you – gives you a better idea of how deep the rot has sunk. She ignored a Bradford imam who declared that the terrorist who murdered a liberal Pakistani politician was a “great hero of Islam” and concentrated her energies on expressing her “loathing” of liberal and feminist British Muslims instead. (…) Liberal Muslims make many profoundly uncomfortable. Writers in the left-wing press treat them as Uncle Toms, as Shah did, because they are willing to work with the government to stop young men and women joining Islamic State. While they are criticised, politically correct criticism rarely extends to clerics who celebrate religious assassins. As for the antisemitism that allows Labour MPs to fantasise about “transporting” Jews, consider how jeering and dishonest the debate around that has become. When feminists talk about rape, they are not told as a matter of course “but women are always making false rape accusations”. If they were, they would suspect that their opponents wanted to deny the existence of sexual violence. Yet it is standard in polite society to hear that accusations of antisemitism are always made in bad faith to delegitimise justifiable criticism of Israel. I accept that there are Jews who say that all criticism of Israel is antisemitic. For her part, a feminist must accept that there are women who make false accusations of rape. But that does not mean that antisemitism does not exist, any more than it means that rape never happens. Challenging prejudices on the left wing is going to be all the more difficult because, incredibly, the British left in the second decade of the 21st century is led by men steeped in the worst traditions of the 20th. When historians had to explain last week that if Montgomery had not defeated Rommel at El Alamein in Egypt then the German armies would have killed every Jew they could find in Palestine, they were dealing with the conspiracy theory that Hitler was a Zionist, developed by a half-educated American Trotskyist called Lenni Brenner in the 1980s. When Jeremy Corbyn defended the Islamist likes of Raed Salah, who say that Jews dine on the blood of Christian children, he was continuing a tradition of communist accommodation with antisemitism that goes back to Stalin’s purges of Soviet Jews in the late 1940s. It is astonishing that you have to, but you must learn the worst of leftwing history now. For Labour is not just led by dirty men but by dirty old men, with roots in the contaminated soil of Marxist totalitarianism. If it is to change, its leaders will either have to change their minds or be thrown out of office. Put like this, the tasks facing Labour moderates seem impossible. They have to be attempted, however, for moral as much as electoral reasons. (…) Not just in Paris, but in Marseille, Copenhagen and Brussels, fascistic reactionaries are murdering Jews – once again. Go to any British synagogue or Jewish school and you will see police officers and volunteers guarding them. I do not want to tempt fate, but if British Jews were murdered, the leader of the Labour party would not be welcome at their memorial. The mourners would point to the exit and ask him to leave. If it is incredible that we have reached this pass, it is also intolerable. However hard the effort to overthrow it, the status quo cannot stand. Nick Cohen
Corbyn (…) a dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires. (…) Tel est le prix pour les « synthèses » sous toutes les latitudes. Ceux qui voudraient nous y ramener en France perdent leur temps. En tous cas je n’y céderai jamais pour ma part. Retraite à point, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogantes des communautaristes du CRIF : c’est non. Et non c’est non. Jean-Luc Mélenchon
Most people I know who used to be staunch Labour are now saying no way Jeremy Corbyn. It’s not our party any more. Same label, different bottle. Steve Hurt (engineer)
Because they hate Corbyn that much. The biggest message they can send to him is to elect a Tory government. Activist
Jeremy Corbyn and his supporters have talked a good deal about winning back these working class voters, but his policy positions haven’t been designed to appeal to them. I’m not just talking about his ambivalence on Brexit—there’s a widespread feeling among voters who value flag, faith and family that Corbyn isn’t one of them. Toby Young
It’s the same story across England—working class electors deserting Labour en masse. We won’t have a breakdown of how people voted according to income and occupation for a while yet, but a few of the opinion polls in the run-up to election day contained some astonishing findings. For instance, a Deltapoll survey for the Mail on Sunday last month showed the Conservatives outpolling Labour by 49 per cent to 23 per cent in the C2DE social grades—the bottom half of the National Readership Survey classification system that ranks people according to their occupation. That is to say, people in the bottom half of the NRS distribution—skilled, semi-skilled and unskilled manual workers, state pensioners and people on benefits—were intending to vote Conservative rather than Labour by a ratio of more than two to one. (Exit polls suggest the actual figure was closer to 1.5 to one.) A taste of things to come was provided on Tuesday when a clandestine recording was released of Jon Ashworth MP, Labour’s shadow health spokesman, telling a friend how “dire” things were for the party outside urban, metropolitan areas. “It’s abysmal out there,” he said. “They can’t stand Corbyn and they think Labour’s blocked Brexit.” Ashworth described the electoral map of Britain as “topsy turvey,” a reference not just to the anticipated losses in traditional Labour areas, but to the uptick in support for Labour in middle class cities like Canterbury. One of the other startling features of the opinion polls was Labour’s lead among graduates. As a general rule, the higher the concentration of graduates in an area, the more likely it was to skew Left on Thursday—and vice versa. (Labour held on to Canterbury.) The crumbling of the ‘Red Wall’ is the big story of this election and some commentators are describing it as a “one off.” The conventional wisdom is that working class voters have “lent” their votes to the Conservatives and, barring an upset, will give them back next time round. It’s Brexit, supposedly, that has been the game-changer—an excuse leapt on by Corbyn’s outriders in the media, who are loathe to blame Labour’s defeat on their man. If you look at the working class constituencies that turned blue, most of them voted to leave the European Union in 2016 by a significant margin—Great Grimsby, for instance, an English sea port in Yorkshire, where Leave outpolled Remain by 71.45 to 28.55 per cent. Labour’s problem, according to this analysis, is that it didn’t commit to taking Britain out of the EU during the campaign but instead said it would negotiate a new exit deal and then hold a second referendum in which the public would be able to choose between that deal and Remain. This fudge may have been enough to keep graduates on side, but it alienated working class Leave voters in England’s rust belt. This analysis doesn’t bear much scrutiny. To begin with, the desertion of Labour by its working class supporters—and its increasing popularity with more affluent, better educated voters—is a long-term trend, not an aberration. The disappearance of Labour’s traditional base isn’t just the story of this election, but one of the main themes of Britain’s post-war political history. At its height, Labour managed to assemble a coalition of university-educated liberals in London and the South and low-income voters in Britain’s industrial heartlands in the Midlands and the North—“between Hampstead and Hull,” as the saying goes. But mass immigration and globalization have driven a wedge between Labour’s middle class and working class supporters, as has Britain’s growing welfare bill and its membership of the European Union. Jeremy Corbyn and his supporters have talked a good deal about winning back these working class voters, but his policy positions haven’t been designed to appeal to them. I’m not just talking about his ambivalence on Brexit—there’s a widespread feeling among voters who value flag, faith and family that Corbyn isn’t one of them. Before he became Labour leader in 2015, he was an energetic protestor against nearly every armed conflict Britain has been involved in since Suez, including the Falklands War. He’s also called for the abandonment of Britain’s independent nuclear deterrent, the withdrawal of the UK from NATO and the dismantling of our security services—not to mention declining to sing the National Anthem at a Battle of Britain service in 2015. From the point of view of many working class voters, for whom love of country is still a deeply felt emotion, Corbyn seems to side with the country’s enemies more often than he does with Britain. Corbyn’s victory in the Labour leadership election was followed by a surge in party membership— from 193,754 at the end of 2014 to 388,103 by the end of 2015. But the activists he appeals to are predominantly middle class. According to internal Party data leaked to the Guardian, a disproportionate number of them are “high status city dwellers” who own their own homes. A careful analysis of the policies set out in Labour’s latest manifesto reveals that the main beneficiaries of the party’s proposed increase in public expenditure—which the Conservatives costed at an eye-watering £1.2 trillion—would be its middle class supporters. For instance, the party pledged to cut rail fares by 33 per cent and pay for it by slashing the money spent on roads. But only 11 per cent of Britain’s commuters travel by train compared to 68 per cent who drive—and the former tend to be more affluent than the latter. Corbyn also promised to abolish university tuition fees at a cost of £7.2 billion per annum, a deeply regressive policy which, according to the Institute of Fiscal Studies, would benefit middle- and high-earning graduates with “very little” upside for those on low incomes. It’s also worth noting that Corbyn’s interests and appearance—he’s a 70-year-old vegetarian with a fondness for train-drivers’ hats who has spent his life immersed in protest politics—strike many working class voters as “weird,” a word that kept coming up on the doorstep according to my fellow canvasser in Newcastle. He’s also presided over the invasion of his party by virulent anti-Semites and Labour is currently in the midst of an investigation by Britain’s Equality and Human Rights Commission thanks to his failure to deal with this. One of his supporters has already blamed the Jews for Labour’s defeat. But Corbyn isn’t the main reason C2DE voters have turned away from Labour, any more than Brexit is. Rather, they’ve both exacerbated a trend that’s been underway for at least 45 years, which is the fracturing of the “Hampstead and Hull” coalition and the ebbing away of Labour’s working class support. Another, related phenomenon that’s been overlooked is that these “topsy turvey” politics are hardly unique to Britain. Left-of-center parties in most parts of the Anglosphere, as well as other Western democracies, have seen the equivalent of their own ‘Red Walls’ collapsing. One of the reasons Scott Morrison’s Liberals confounded expectations to win the Australian election last May was because Bill Shorten’s Labour Party was so unpopular in traditional working class areas like Queensland, and support for socially democratic parties outside the large cities in Scandinavia has cratered over the past 15 years or so. Thomas Piketty, the French Marxist, wrote a paper about this phenomenon last year entitled ‘Brahmin Left vs Merchant Right: Rising Inequality and the Changing Structure of Political Conflict’ and it’s the subject of Capital and Ideology, his new book. His hypothesis is that politics in the US, Britain, and France—he confines his analysis to those three countries—is dominated by the struggle between two elite groups: the Brahmin Left and the Merchant Right. He points out that left-wing parties in the US, Britain and France used to rely on ‘nativist’ voters to win elections—low education, low income—but since the 1970s have begun to attract more and more ‘globalist’ voters—high education, high income (with the exception of the top 10 per cent of income earners). The nativists, meanwhile, have drifted to the Right, forming a coalition with the business elite. He crunches the data to show that in the US, from the 1940s to the 1960s, the more educated people were, the more likely they were to vote Republican. Now, the opposite is true, with 70% of voters with masters degrees voting for Hilary in 2016. “The trend is virtually identical in all three countries,” he writes. In Piketty’s view, the electoral preferences of the post-industrial working class—the precariat—is a kind of false consciousness, often engendered by populist snake-charmers like Matteo Salvini and Viktor Orban. He’s intensely suspicious of the unholy alliance between super-rich “merchants” and the lumpen proletariat, and similar noises have been made about the levels of support Boris has managed to attract. Plenty of better writers than me — Douglas Murray, John Gray — have debunked the notion that the only reason low-income voters embrace right-wing politics is because they’re drunk on a cocktail of ethno-nationalism and false hope (with Rupert Murdoch and Vladimir Putin taking turns as mixologists). It surely has more to do with the Left’s sneering contempt for the “deplorables” in the flyover states as they shuttle back and forth between their walled, cosmopolitan strongholds. As Corbyn’s policy platform in Britain’s election showed, left-wing parties now have little to offer indigenous, working class people outside the big cities—and their activists often add insult to injury by describing these left-behind voters as “privileged” because they’re white or cis-gendered or whatever. So long as parties like Labour pander to their middle-class, identitarian activists and ignore the interests of the genuinely disadvantaged, they’ll continue to rack up loss after loss. Get woke, go broke. Will the Democrats learn fdrom Labour’s mistake and make Jo Biden the candidate—or even Pete Buttigieg? I wouldn’t bet on it. The zealots of the post-modern Left have a limitless capacity to ignore reality even when it’s staring them in the face. As I said to a friend last night after the election results starting rolling in, fighting political opponents like Jeremy Corbyn is a bit like competing in a round-the-world yacht race against a team that thinks the earth is flat. It can be kind of fun, even exhilarating. But until they acquire a compass and learn how to read a map, it’s not really a fair fight. Toby Young
C’est signe de naïveté que voir dans l’enseignement de la Shoah le moyen de faire reculer l’antisémitisme. Asséner l’histoire de la Shoah aux élèves comme une forme de catéchisme moral censé les protéger de l’antisémitisme est un non-sens. D’une part, parce que la compassion ne protège de rien : dans nos sociétés, une émotion chasse l’autre. D’autre part, parce qu’à force d’asséner cette histoire sous une forme moraliste on semble oublier que tout catéchisme provoque le rejet. On semble oublier aussi qu’on alimente une concurrence mémorielle qui nourrit le communautarisme. Enfin, qu’enfermer le peuple juif dans une essence de victime ne protège pas de la violence, mais tout au contraire y expose davantage. Georges Bensoussan
Je sais bien que les gens en ont par dessus de la tête de ces juifs qui se plaignent de l’antisémitisme, comme s’il n’y avait pas de trucs plus importants dans la vie. Qu’un type qui avait un peu abusé du chichon jette une vieille dame par dessus son balcon en hurlant qu’elle est le diable, qu’un autre mitraille des petits enfants dans une école confessionnelle ou qu’un troisième fasse un carton sur les clients d’un supermarché casher, et paf, les voilà à nouveau en train de jérémier sur les plateaux de télé…Forcément, ça agace. Regardez les élections en Grande-Bretagne, la gauche les perd dans les grandes largeurs, vraisemblablement parce que son programme de collectivisation des moyens de production était naze et son leader aussi charismatique et enthousiasmant qu’un bonnet de nuit en pilou, eh bien qui entend-on pousser des hauts-cris ? Les juifs. Et pourquoi donc ? Parce que pour l’état-major du Labour, les porteurs de kippa seraient en réalité les deus ex machina de la défaite. Mais bon sang, si on ne peut plus accuser les juifs d’être derrière tout ce qui ne nous fait pas plaisir dans la vie sans les entendre se lamenter devant leur mur, où va-t-on ? Et puis, franchement, il doit avoir un peu raison quelque part, l’ancien maire de Londres Ken Livingstone, lorsqu’il évoque ce satané « vote juif » sans lequel Corbyn serait aujourd’hui Premier ministre à la place de cette crapule de Boris Johnson. D’accord, il n’y a que 300 000 juifs dans tout le pays, les socialistes ont perdu par 4 millions de voix, mais on imagine tout de même que pour un « peuple élu », manipuler un scrutin doit être un jeu d’enfant… D’ailleurs, même notre gauche radicale à nous est d’accord avec l’analyse : les juifs, ils sont tous de droite. Ces Marx, ces Trotski, ces Mendès-France, ces Krivine, ces Cohn-Bendit, ces Bernie Sanders… Tous des fachos notoires. Du coup, on comprend que Mélenchon pousse un coup de gueule sur son blog en commentant le terrible résultat : chez nos voisins du dessus, la gauche a été laminée à cause du « grand rabbin et des réseaux d’influence du Likoud » (un parti politique israélien dont tous les juifs à travers le monde deviennent membres de droit dès leur circoncision). Mieux encore, c’est le Crif français, avec ses « oukases arrogantes » qui imposent « des génuflexions », qui a certainement tenu la main de ces pauvres électeurs britanniques. Fichu cosmopolitisme… D’autant plus que le point de vue de l’insoumis en chef doit être pas mal répandu : zéro réaction chez nos politiques de droite ou de gauche à ses propos ; pas le moindre froncement de sourcil dans la presse « comme il faut »… Un vrai « détail de l’histoire », son commentaire outragé façon Protocole des sages de Sion. Alors, est-ce qu’il est antisémite, le Méluche ? Au sens où, il rêverait d’une solution ultime au problème que pose la terrible engeance dont j’ai moi-même presque honte de faire partie ? Évidemment non. Les antisémites, les vrais, sont de droite (comme les juifs d’ailleurs, mais c’est pour ça qu’on a inventé le mot paradoxe). Non, il n’est pas antisémite. Il constate juste que les juifs utilisent leurs immenses moyens de pression financiers et médiatiques pour accomplir leurs noirs desseins colonialistes et qu’il est temps d’arrêter de se mettre à plat ventre devant eux par faiblesse. C’est tout. On ne va pas en faire un cheddar. Mélenchon, en fait, il dit juste tout haut ce que les gens pensent tout bas, comme le suggérait un autre bateleur d’estrade autrefois. Il dit juste que si Corbyn a perdu, c’est à cause du Crif, des rabbins, du Likoud et des oukases ! Prenez-vous ça dans la gueule, les juifs ! Si vous pensez vraiment qu’on n’a pas vu votre petit jeu ! Retournez manger votre pain azyme dans vos synagogues et arrêtez de vous mettre en travers de la justice sociale, non mais ! Hughes Serraf
Si la volte-face récente de Jean-Luc Mélenchon est un calcul électoraliste, alors ce calcul est une erreur. Car lorsque la Maison Mélenchon multiplie les ententes avec des activistes communautaristes, du strict point de vue électoraliste elle se tire une balle dans chaque pied: d’une, cela ne lui fait rien gagner du côté des Français de confession musulmane ; de deux, cela lui fait perdre massivement des électeurs de gauche qui, musulmans ou pas, sont restés fermes sur la défense de la laïcité et de l’égalité femmes-hommes. Il existe cependant une autre hypothèse que le calcul électoraliste: celle de l’erreur provoquée par un fonctionnement à la va-vite. Peut-être que tous ces députés LFI ont signé en bloc l’appel à marcher contre l’islamophobie parce qu’ils n’ont pas lu le texte avec suffisamment d’attention: ils ont donc cru signer un appel antiraciste habituel, sans en repérer les ambiguïtés. Et aussi, parce qu’ils ne se sont pas renseignés sur les idées d’une partie des porteurs du texte, idées pour le moins problématiques quand on est de gauche. Puis, après coup, Jean-Luc Mélenchon aura tenté de limiter la casse en trouvant des explications plus ou moins vraisemblables à cette catastrophique sortie de route. Toujours est-il que tout cela est incompréhensible venant de Jean-Luc Mélenchon, lui qui plaida rigoureusement contre le concept d’islamophobie au motif qu’on doit avoir, je cite, «le droit de ne pas aimer l’islam». Du reste, il n’y aurait eu aucune polémique et aucun problème si la marche et l’appel à manifester avaient invoqué le racisme anti-maghrébins ou le racisme anti-musulmans, plutôt que ce concept d’islamophobie dont le sens et la légitimité sont l’objet de controverses. Toute cette affaire, c’est vraiment dommage. Car assurément, lors de cette marche, plusieurs milliers de gens ont défilé sincèrement contre le racisme et pas du tout pour le communautarisme d’une partie des initiateurs. Chez LFI et ailleurs, les activistes communautaristes sont en réalité très peu nombreux. Et comme je vous le disais à l’instant, la population qu’ils prétendent défendre, dans sa très large majorité, ne veut pas de leurs idées. Pour compenser cette faiblesse numérique et ce rejet de leurs thèses par ceux qu’ils disent représenter, ils pratiquent donc un entrisme très agressif: partis, facultés, syndicats, médias, etc. Lorsqu’une structure va bien, les activistes communautaristes n’arrivent pas à y avoir une influence: leur entrisme a par exemple échoué dans presque tous les grands médias. Lorsqu’une structure est affaiblie ou en crise, en revanche, ils parviennent à y prendre pied: c’est arrivé à des petits partis et à des syndicats. Or, précisément, après deux années d’erreurs accumulées, la Maison Mélenchon est extrêmement affaiblie. C’est un astre mort, pareil à ces étoiles dont vous percevez encore la lumière alors qu’elles sont déjà éteintes. Au lendemain de la présidentielle de 2017, elle pouvait mobiliser au moins 50 000 militants de terrain dans toute la France pour une opération d’envergure nationale. Actuellement, elle peut difficilement en mobiliser 5 000 et peine à constituer des listes en vue des élections municipales de 2020. L’influence croissante des activistes communautaristes est un signe supplémentaire du fait que la Maison Mélenchon est affaiblie. Dans ce contexte, alors que les activistes communautaristes étaient encore fermement contenus en marge de l’appareil LFI juste après la présidentielle de 2017, aujourd’hui ils y prospèrent. Ce qui ne fait que faciliter la chute de la Maison Mélenchon puisque encore une fois, ni les Français en général, ni les Français de confession musulmane en particulier, ne veulent du communautarisme. Autrement dit, plutôt qu’un problème en soi, l’influence croissante des activistes communautaristes est plutôt un signe supplémentaire du fait que la Maison Mélenchon est affaiblie: l’hémorragie électorale, l’exode massif de militants, l’autodestruction de l’image d’homme d’État de Jean-Luc Mélenchon, ont probablement fait trop de dégâts pour que cela soit réparable. J’ai rejoint La France insoumise à l’été 2017. Je l’ai fait par idéal, parce que j’étais profondément d’accord avec le programme du mouvement: L’Avenir en commun. J’étais très enthousiaste et je me suis mis à la disposition du mouvement pour aider. Charlotte Girard, responsable du programme, m’a confié la formation politique des militants en tandem avec Manon Le Bretton. Pendant un an je ne me suis occupé que de cela. J’étais dans mon coin, et ce d’autant plus que le fonctionnement de l’appareil central est extrêmement cloisonné. Je n’avais des contacts avec le siège que pour des questions logistiques, et de temps en temps pour valider le planning ou les intervenants. Et puis, en été 2018, m’étant porté volontaire pour être l’un des candidats LFI à l’élection européenne, j’ai commencé à fréquenter régulièrement l’appareil central, avec des réunions de coordination, des échanges fréquents avec des cadres, etc. C’est à partir de là que j’ai eu de plus en plus de voyants rouges allumés, au fur et à mesure de ce que je voyais. C’est bien simple: la Maison Mélenchon pratique systématiquement en interne le contraire des valeurs qu’elle affiche. C’est orwellien. Dans les paroles, elle plaide pour une vraie démocratie, pour le respect des droits de l’opposition, pour l’émancipation humaine. Dans les actes, en interne, elle pratique le fonctionnement dictatorial, l’interdiction d’exprimer une parole critique sous peine d’encourir une «purge», et des façons de traiter les gens qui souvent sont humainement détestables. Je raconte par exemple dans un chapitre de mon livre comment les lanceurs d’alerte, qui exigeaient de passer à un fonctionnement démocratique, ont été systématiquement placardisés, calomniés, bannis, ou un mélange des trois. On m’objecte parfois que les tendances dictatoriales de Jean-Luc Mélenchon étaient évidentes dès 2017. Mais ce n’est pas vrai. Dès 2017, certes, chacun voyait qu’il était manifestement un homme à poigne et sujet à des grosses colères. Mais le fonctionnement interne systématiquement dictatorial de LFI, lui, n’était pas encore connu du grand public. On m’objecte plus souvent que ma désillusion aurait dû être plus rapide. Mais c’est négliger plusieurs choses. D’abord, le travail de lucidité est ralenti par le problème du double langage permanent des cadres de l’appareil: telle instance verrouillée est déguisée en instance aux participants «tirés au sort» ; tel congrès où il est interdit de proposer un autre texte que celui de la direction, est déguisé en exercice de démocratie participative ; telle purge pour se débarrasser d’un cadre trop critique, est déguisée en mesure disciplinaire «pour avoir tenu des propos sexistes» ; et ainsi de suite. Il faut donc le temps d’identifier une novlangue interne systématique et d’identifier la réalité autoritaire, centralisée, verrouillée, qu’elle sert à cacher. Ensuite, comme je vous le disais l’appareil est extrêmement opaque, cloisonné. Et les cadres ont souvent peur d’exprimer leurs critiques même entre eux. Comprendre le fonctionnement réel de la machine est donc matériellement difficile – et prend d’autant plus de temps. Enfin, si des dizaines de milliers de militants ont mis du temps avant de quitter La France insoumise, c’est aussi à cause du déni. Quand vous rejoignez un mouvement par idéal, vous devez d’abord épuiser en vous toutes les autres explications possibles, même tordues, avant d’accepter de regarder en face que c’est une vaste escroquerie politique qui trahit l’idéal au nom duquel vous vous êtes engagé. Au premier tour de la présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon a frôlé les 20 % malgré sa stratégie, et non pas grâce à elle. Au départ, la Maison Mélenchon a décidé de faire, par rapport à la campagne de 2012, ce qu’on appelle en marketing un «rebranding». Ils ont abandonné le vocabulaire, le message et les symboles de la campagne «Fier d’être de gauche» de 2012. Ils ont remplacé tout cela par une campagne «Fédérer le peuple contre les 1%», avec un message au-delà du clivage gauche-droite, apaisé sur la forme. C’est ce qu’on appelle la stratégie du «populisme de gauche». Jean-Luc Mélenchon est resté malgré lui un candidat d’union de la gauche. Résultat: cela a échoué. En janvier 2017, Jean-Luc Mélenchon reconstitue en intentions de vote son score de la présidentielle de 2012, ce qui signifie que malgré un changement profond de message et de mise en scène, c’est encore l’électorat de gauche radicale qu’il réunifie. Se produit alors cet effet-domino: quelques points d’électorat de centre-gauche abandonnent progressivement le vote Hamon pour le vote Macron, essentiellement par peur de Marine Le Pen et dans l’idée qu’Emmanuel Macron sera un meilleur candidat de barrage au FN. Ce qui fait baisser Benoît Hamon de 17 à 12-13, jusqu’à se trouver à touche-touche avec Jean-Luc Mélenchon. Par conséquent l’effet «vote utile de gauche», qui protège habituellement le candidat du PS contre tout rival de gauche, ne joue plus. Arrivent les débats de premier tour de la présidentielle: Hamon et Mélenchon disent en substance la même chose, mais Mélenchon est meilleur sur le fond et sur la forme. Mélenchon passe donc de quelques points devant Hamon dans les sondages – vraisemblablement un transfert d’électorat «aile gauche du PS». Enfin, dans la dernière ligne droite, Mélenchon étant devenu le candidat le mieux placé à gauche, l’effet «vote utile de gauche» se reconstitue dans la dernière ligne droite à son avantage, et le catapulte à presque 20 %. Il faut souligner que bien sûr, cette montée en puissance n’aurait pas été possible sans les talents d’orateur du candidat, son charisme hors normes, et son grand talent de pédagogue politique sur scène. Toujours est-il qu’ainsi, ce que Jean-Luc Mélenchon a dit, c’est qu’il allait fédérer le peuple par-delà le clivage gauche-droite – mais ce qu’il a fait, c’est être malgré lui un candidat d’union de la gauche. Une fois qu’on a compris cela, on comprend aussi que, lorsque la Maison Mélenchon a interprété ce score comme un nouveau socle de 20 % d’adhésion à la stratégie du «populisme de gauche», c’était une erreur. Puisque Jean-Luc Mélenchon avait été, certes malgré lui, un candidat d’union de la gauche, il fallait former une coalition de type «Front populaire» dès les législatives. Au lieu de cela, La France insoumise a préféré partir seule au combat des législatives, ce qui a mécaniquement abouti à un groupe parlementaire croupion. De même, pendant deux ans, le message politique martelé en boucle, celui de l’appel au soulèvement populaire, n’a correspondu qu’aux attentes de l’électorat de gauche radicale: c’est-à-dire moitié moins que les 20 % de 2017, ce qui a contribué à rétrécir l’espace électoral de LFI. La situation politique de l’Europe est très diverse, sans qu’on constate une dynamique commune à tout le continent. À cela s’ajoute un problème spécifique d’illisibilité du cap fixé. Par exemple, il fut tour à tour question de refuser les alliances avec d’autres forces de gauche, puis de les souhaiter, puis de les refuser à nouveau, et ainsi de suite. Autre exemple, concernant la stratégie «plan A plan B» face à l’Union européenne, il en a existé de 2017 à 2019 presque autant d’interprétations qu’il existe de porte-paroles de LFI. À la longue, cette ligne erratique a nécessairement conduit à ce que des électeurs, rendus méfiants par le flou, se détournent de LFI. rien n’indique un grand effondrement européen de la gauche. 2019 a vu plusieurs victoires. En Espagne, les législatives ont été gagnées par la gauche sociale-démocrate et elle vient de signer un accord de principe avec la gauche radicale pour gouverner ensemble. Au Portugal, les législatives ont été gagnées par la coalition sortante de gauche. En Italie, sans passer par des législatives, un nouveau gouvernement a été installé, sur une coalition du Mouvement 5-Etoiles et de la gauche. On pourrait ainsi multiplier les exemples. On pourrait cependant multiplier aussi les exemples de succès de la droite et dans une moindre mesure de l’extrême droite. Ni vague brune, ni vague bleue, ni vague rose, ni vague rouge: la situation politique de l’Europe, aujourd’hui, est tout simplement très diverse, sans qu’on constate une dynamique commune à tout le continent. Thomas Guénolé
L’antisémitisme de la gauche est un sujet tabou. Depuis longtemps, elle s’est dressée en pourfendeuse du racisme, forcément de droite, oubliant, par exemple, que la chambre du Front Populaire avait voté les pleins pouvoirs à Pétain, vite rejoint à Vichy par Laval, Déat, Marquet, Doriot, Luchaire, Belin et Bousquet. S’il y eut un antijudaïsme catholique, des antisémitismes agnostique (Voltaire) et protestant (Luther), l’un des plus virulents avec celui de l’extrême droite fut révolutionnaire et socialiste. Dans La question juive, Marx dénonce «l’essence du judaïsme et la racine de l’âme juive, l’opportunité et l’intérêt personnel qui se manifeste dans la soif de l’argent». Dans une lettre à Engels, il décrit le socialiste allemand Ferdinand Lassalle comme «un vrai juif de la frontière slave, (…) sa manie de masquer le juif crasseux de Breslau sous toutes sortes de pommades et de fard». Proudhon, qui va inspirer Jaurès, dénonce «l’ennemi du genre humain», une «race» qu’ «il faut renvoyer en Asie ou exterminer» . Staline, idole, sa vie entière, du PCF, lance en 1948 une campagne «anti-cosmopolite», prélude aux exécutions des «blouses blanches» et des intellectuels juifs «incapables de comprendre le caractère national russe». Dans l’entre-deux-guerres, les «néo-socialistes», tous pacifistes, sont aussi à l’œuvre chez nous: Déat souligne le «byzantinisme» de Léon Blum et sa «passivité tout orientale» ; c’est l’époque où la SFIO est accusée de subir une «dictature juive», et que le maire de Bordeaux, Marquet, lui reproche de «pousser à la guerre pour l’URSS et la juiverie». Mais parmi les figures emblématiques de l’antisémitisme de gauche, Jaurès tient une place de choix. Le sujet est tabou par excellence, tant l’idole du socialisme français est encaustiquée! Son journal, La Petite République, désigne le député Reinach comme un «juif ignoble» . Lors de son voyage en Algérie, en avril 1895, Jaurès décrit les juifs qui, «par l’usure, l’infatigable activité commerciale et l’abus de l’influence politique, accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois publics (…). Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus» . Son historien «officiel», Gilles Candar, excusera la diatribe par la «fatigue» de son auteur! L’explication, si facile, par le «contexte» ne tient pas: Clemenceau ne tiendra jamais de tels propos. Dans son discours au Tivoli en 1898, Jaurès est plus caricatural encore: «nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, (…) manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion» . Longtemps convaincu de la culpabilité de Dreyfus, qui aurait échappé à la peine capitale grâce «au prodigieux déploiement de la puissance juive», Jaurès dénonce à la tribune de la Chambre la «bande cosmopolite»! Il sera d’ailleurs sanctionné pour ses propos! Après avoir, une dernière fois, souligné que «l’odeur du ghetto est souvent nauséabonde» , Jaurès opère un revirement tardif lors du procès de Zola, assigné en Justice par le Président Félix Faure en représailles du «J’accuse» paru dans L’Aurore. Devenu dreyfusard, Jaurès, le repenti, obtiendra le soutien financier magnanime du banquier Louis Dreyfus pour son journal l’Humanité… Anne Hidalgo envisageait de débaptiser la rue Alain pour les accents antisémites du journal intime du philosophe. Le fera-t-elle aussi pour Jaurès? L’antisionisme est-il aujourd’hui pour les islamo-gauchistes le cache-sexe de l’antisémitisme? La cause palestinienne est en tout cas mal servie! On se souviendra seulement que les enfants de Marx ont pris, comme Edwy Plenel, dans son journal «Rouge», la défense «inconditionnelle» des terroristes de Septembre Noir. Ceux qui, en 1973, aux JO de Munich, ont assassiné onze athlètes israéliens. Un acte «justifié», disait Sartre, parce que c’étaient des soldats. Bernard Carayon
Il faut distinguer deux choses. L’antisionisme est-il une forme d’antisémitisme dicible ? Et faut-il légiférer en la matière ? Il y a donc deux réponses distinctes. En premier lieu, définir l’antisionisme : c’est l’hostilité à l’idée d’un État juif. Les premiers milieux antisionistes, c’est à l’intérieur du monde juif qu’on les trouve et de bords opposés, d’une part dans les milieux de l’orthodoxie religieuse, de tendance hassidique ou non, d’autre part dans les milieux de la gauche juive, socialiste révolutionnaire ou issue du mouvement bundiste (le parti socialiste juif ouvrier, ndlr) né en 1897, l’année du premier congrès sioniste. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs parallèlement et même immédiatement de voir se déclencher un antisionisme virulent du côté de l’Église catholique et des milieux d’extrême droite. Il faut rappeler que les Protocoles des Sages de Sion ont été rédigés dans la foulée du premier congrès sioniste. Ils sont nés du fantasme d’une domination universelle des Juifs à partir du projet de création d’un « foyer national » juif. S’il s’agit de s’opposer à la création d’un État juif, l’antisionisme est donc un débat légitime jusqu’au 14 mai 1948. Ensuite, il perd toute raison d’être puisque l’État existe. Si la polémique persiste, alors cela signifie en bonne logique que l’on est opposé à l’existence de l’État d’Israël. Et dans ce cas, on n’est plus dans un débat politique mais dans un projet meurtrier parce que la disparition d’un Etat, c’est le mot doucereux pour dire expulsions, spoliations et massacres. En ce sens, et depuis 1948, le débat sur la validité ou non du sionisme est clos puisque l’État est là. On peut certes continuer à discuter à l’infini sur ce qu’a représenté le projet sioniste, son bien-fondé ou non, mais on ne peut plus remettre en cause son résultat pratique, la création d’un Etat et d’une société nouvelle forte de neuf millions d’habitants. Pour autant, faut-il légiférer ? Je ne crois pas. L’antisionisme joue d’une ambiguïté, celle de faire croire qu’il se limite à la critique de la politique israélienne quand, en réalité, c’est le droit à l’existence de ce pays que l’antisionisme remet en cause, quelle que soit la politique de ses dirigeants et les concessions qu’ils feront demain. La critique de la politique israélienne, c’est autre chose, ce n’est pas de l’antisionisme ni de l’antisémitisme mais tout simplement la critique légitime de la politique d’un État. Légiférer dans ce domaine est une erreur dès lors que l’on n’a pas expliqué correctement ce que recouvrait le mot antisionisme, un appel à la destruction d’un État et non la critique de sa politique. Légiférer va conférer en effet un caractère intouchable à l’État juif qui ne peut qu’alimenter le fantasme complotiste. Il vaut mieux expliquer comment l’antisémitisme qui n’est plus dicible depuis Auschwitz se dissimule derrière le mot sioniste, comment le mot juif est systématiquement remplacé par le mot sioniste dans une démarche mystificatrice. Pour percer à jour cette supercherie intellectuelle, l’arsenal législatif contre l’antisémitisme suffisait amplement. Je crois surtout que la diabolisation de l’État d’Israël est l’héritage laissé par l’intense propagande communiste. Reste aussi qu’on aura mis cinquante ans à découvrir cette mystification. Léon Poliakov l’avait dit dès 1968, l’antisionisme militant était le refus à peine masqué de l’existence d’un Etat juif. Et plus encore dix ans plus tard le philosophe Vladimir Jankélévitch qui s’exprimait en ces termes : « L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; (il) donne la permission d’être démocratiquement antisémite. Qui dit mieux ? Il est désormais possible de haïr les Juifs au nom du progressisme ! Il y a de quoi avoir le vertige : ce renversement bienvenu, cette introuvable inversion ne peuvent qu’enfermer Israël dans une nouvelle solitude [1]. » La doxa actuelle a fait de l’antisionisme un de ses credo de base pour des raisons profondes. Je ne pense pas qu’une loi puisse infléchir cette tendance. Il est préférable de la comprendre pour désamorcer la part inquiétante de ce raisonnement spécieux. Je crois surtout que la diabolisation de l’État d’Israël est l’héritage laissé par l’intense propagande communiste, aujourd’hui oubliée, en particulier celle de l’ex-Union soviétique qui entre les années 1950 et 1990, a produit une immense « littérature » anti-israélienne imprégnée du vieil antisémitisme russe mâtiné d’anticapitalisme. La diabolisation de l’État juif tient aussi au nouveau rapport de force démographique qui s’est instauré en Europe par le biais d’une immigration arabo-musulmane importante, en particulier en France, le pays qui abrite la plus importante communauté musulmane d’Europe (25% des musulmans d’Europe vivent en France) comme aussi la plus importante communauté juive. Dans leur immense majorité, cette immigration vient du monde arabe et en particulier du Maghreb où la haine de l’État d’Israël est diffuse et quotidienne, en particulier en Algérie. Par surcroit, cette récusation a été sourdement et silencieusement favorisée par la culpabilité née de la Shoah. Dans un autre ordre d’idées, l’État d’Israël a été fondé après la Seconde Guerre mondiale à contre-courant du principe de l’État-nation. Il représente le principe même de l’identité nationale, de la filiation et des racines, un principe qui a été puissamment récusé en Europe par le multiculturalisme dominant. On en veut à l’Etat juif de représenter le principe de l’État-nation dont beaucoup considèrent qu’il est porteur de guerre. D’un autre bord, on lui en veut aussi d’avoir perpétué ce qui est perdu en Europe aujourd’hui et dont on garde une nostalgie mais qui est difficile à dire en ce temps de pensée correcte : l’identité culturelle, l’enracinement et l’amour de la patrie. Des mots qui pourraient vous classer d’emblée à l’extrême droite dans ce tribunal permanent qu’est devenue la vie intellectuelle dans la France d’aujourd’hui. Je reviens sur cette diabolisation de l’État d’Israël comme forme sécularisée, profane et dicible, de l’antique stigmatisation du signe juif qui a participé à la matrice culturelle de l’Europe chrétienne. La restauration de l’indépendance nationale juive est le démenti infligé à l’abaissement d’Israël, partie intrinsèque de la théologie chrétienne comme de la théologie musulmane. Malédiction de l’origine… Il est difficile de sortir de ce moule. Ce n’est toutefois pas impossible à la condition de mettre les mots pour ne plus être parlé par ces mythologies. Il faut faire ici un sort particulier à la passion anti-israélienne qui anime certains Juifs de la diaspora dans leur relation torturée à leur identité juive. Je trouve particulièrement fallacieux d’avancer, par exemple, que les Juifs qui ne vivent pas en Israël sont antisionistes. Non, ils sont au mieux a-sionistes, certainement pas antisionistes. Avoir fait un autre choix que celui de s’établir dans l’État d’Israël ne signifie pas qu’on récuse le projet sioniste, mais simplement qu’on a d’autres attaches, d’autres enracinements, d’autres intérêts et d’autres filiations qui nous interdisent d’émigrer. Ce tour de passe-passe sémantique (tout Juif qui n’habite pas Israël est décrété « antisioniste ») participe d’une logique strictement idéologique. Près de 52% des Juifs du monde vivent aujourd’hui en Israël. En 1948, c’était à peine 5%. L’effectif du peuple juif dans le monde n’est pas de seize millions d’individus mais de treize millions au maximum. Sur ce chiffre, plus de 6,5 millions vivent aujourd’hui dans l’État juif. La seconde incohérence est de continuer à raisonner comme à l’époque d’avant l’État juif. Car la naissance de l’État d’Israël a modifié considérablement l’identité juive, l’identité de tous les Juifs du monde et pas seulement des Juifs citoyens israéliens. Y compris les plus hostiles au concept d’État juif. On est étonné que des militants antisionistes de profession, qui se situent généralement à gauche, se montrent aussi étrangers à la dialectique. Car la création de l’État d’Israël a bouleversé le regard que les Juifs portent sur leur propre identité, elle leur a donné une assurance et une force qu’ils ne connaissaient pas jusque-là. Elle les a transformés. C’est aussi pourquoi l’immense majorité d’entre eux est attachée à la vie et à la survie de l’État juif même s’ils n’ont aucune intention de s’y installer. Qu’on interroge les communautés juives de par le monde et l’on verra combien l’attachement à l’État d’Israël est puissant et va au-delà des vicissitudes de tel ou tel gouvernement, il est ancré dans la quasi-totalité des communautés juives de la diaspora en dépit du regard critique qu’elles peuvent porter sur la politique de l’État juif. Son existence est devenue chose vitale pour la quasi-totalité des Juifs du monde. Qu’on se souvienne par exemple des mots de Raymond Aron à ce sujet à la veille de la Guerre des Six Jours en 1967. Trois points me semblent essentiels. En premier lieu, cette augmentation de 74 % en 2018, une année où il n’y a pas eu de conflit majeur entre Israël et ses voisins, malgré quelques flambées de fièvre avec le Hamas à Gaza, rien toutefois qui ressemble à une véritable guerre comme en 2014, et a fortiori comme en 2006 avec le Hezbollah au Liban. Autrement dit, connecter perpétuellement la flambée d’actes antijuifs commis en France avec le conflit israélo-arabe est un leurre. L’antisémitisme qui sévit aujourd’hui en France se nourrit de lui-même, il peut certes être aggravé par l’actualité proche-orientale mais il n’en est pas né. Il n’a pas été créé par elle. Il est endogène. En matière d’actes agressifs, leurs auteurs sont connus et pour l’essentiel, sinon l’immense majorité d’entre eux, ils ne viennent pas de l’extrême droite. On s’abstiendra donc de désigner les antisémites tout en condamnant bien sûr l’antisémitisme. En deuxième lieu, l’arsenal législatif français est suffisant pour punir sévèrement les auteurs d’actes délictueux. C’est au pouvoir politique et à la justice de faire leur travail. De ne pas tergiverser sur la nature antisémite de crimes pour lesquels, on le sait, une dimension antisémite était avérée comme dans le cas de Sarah Halimi dont l’agresseur a traversé l’appartement de ses voisins maliens sans leur faire de mal pour aller frapper « la Juive » de l’immeuble qu’il bat à mort en la traitant de Sheitan (diable en arabe) avant de la défenestrer. Si ce n’était qu’une bouffée délirante, il s’en serait pris au premier voisin venu. Ce ne fut pas le cas : c’était à « la Juive » qu’il en voulait et à elle seule. Et jusqu’à ce jour, près de trois ans après les faits, on continue à débattre du caractère antisémite ou non de l’agression. En d’autres termes, si l’arsenal législatif suffit, mais si les actes ne suivent pas, c’est que la volonté politique est faible et qu’elle s’appuie sur cette maladie répandue mais qui prend en France une forme aiguë : le déni. Cette faiblesse a des causes profondes, mais elle est camouflée par des discours de compassion, souvent émouvants, qui de la droite à la gauche nous signifient que « la France sans les Juifs ne saurait être la France ». Dans la réalité, on a oublié ce sondage récent, il y a deux ans à peine, qui nous montrait que 67 % des Français étaient indifférents au départ des Juifs. Certes, seule une minorité infime s’en réjouissait et un bon tiers le déplorait. Mais le chiffre de 67 % était là, écrasant qui montrait la force de l’indifférence, ce moteur du malheur. Je doute fort que la loi puisse faire quoique en matière d’évolution sociétale. Nous sommes en présence d’une vague de fond, elle porte à terme l’abandon des Juifs sans qu’entre ici une part d’antisémitisme militant. Cet abandon n’est d’ailleurs que le signe avancé d’une fracturation et d’une désaffiliation françaises plus vastes. Mais c’est un autre sujet. En troisième lieu, c’est signe de naïveté que voir dans l’enseignement de la Shoah le moyen de faire reculer l’antisémitisme. Asséner l’histoire de la Shoah aux élèves comme une forme de catéchisme moral censé les protéger de l’antisémitisme est un non-sens. D’une part, parce que la compassion ne protège de rien : dans nos sociétés, une émotion chasse l’autre. D’autre part, parce qu’à force d’asséner cette histoire sous une forme moraliste on semble oublier que tout catéchisme provoque le rejet. On semble oublier aussi qu’on alimente une concurrence mémorielle qui nourrit le communautarisme. Enfin, qu’enfermer le peuple juif dans une essence de victime ne protège pas de la violence, mais tout au contraire y expose davantage. Georges Bensoussan
 Attention: une synthèse peut en cacher une autre !
Au lendemain du véritable triomphe de Boris Johnson et des Conservateurs britanniques …
Et surtout du désastre du leader travailliste Jeremy Corbyn …
Pendant que refusant d’y reconnaitre le funeste résultat de décennies de radicalisation à l’instar de l’ancien maire de Londres travailliste Jonathan Livingstone, Jean-Luc Mélenchon y va de sa dénonciation des tentatives de synthèse de Corbyn avec la gauche modérée du parti …
Et après avoir défilé le mois dernier contre la prétendue islamophobie, achève son coming out antisémite dans une violente dénonciation des « ukases arrogantes (sic) des communautaristes du CRIF » …
Comment ne pas y voir, du Brexit à l’élection de Trump – et avant sa probable réélection – jusqu’au mouvement des gilets jaunes en France, la continuation d’une révolte de toute une classse ouvrière et moyenne abandonnée par la gauche boboïsée et caviardisée ?
Et comment ne pas se réjouir de ces électeurs de cette même classe …
Qui déjouant toutes les accusations de xénophobie et de racisme dont ils sont régulièrement l’objet …
Ont su au nom des valeurs oubliées de leur classe des « trois F » (family, faith and flag) …
Retrouver le simple sens de la décence qu’oublient justement aujourd’hui leurs accusateurs de gauche …
Et démasquer enfin, de Livingstone à Galloway et Corbyn …
Mais aussi de Marx, Proudhon, Guesde, Jaurès et Lénine et Staline …
Cachée derrière le cache-sexe de l’antisionisme qui, puisque l’État d’Israël existe comme le rappelle Georges Bensoussan, ne vise plus que la disparition d’un Etat, et les expulsions, spoliations et massacres qu’elle suppose …
Cette nouvelle et pourtant si ancienne synthèse du fameux socialisme des imbéciles
Contre laquelle toute nouvelle législation comme le catéchisme moral ne fera que relancer le fantasme complotiste …
Entre la prétendue gauche antifasciste et antiraciste et les plus radicaux des immigrés musulmans dont il lorgnent les votes ?

L’antisionisme est-il un antisémitisme ? Grand entretien avec Georges Bensoussan

Désespérant et indéracinable, l’antisémitisme progresse en France, en Europe et aux Etats-Unis. Une résolution assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme a été adoptée par le Parlement, suscitant une vive polémique. Le décryptage de Georges Bensoussan.

Cet entretien avec l’historien Georges Bensoussan apporte un nouvel éclairage sur un débat sulfureux. Rappelant que l’antisémitisme se dissimule effectivement derrière le mot sioniste, il doute néanmoins de l’efficacité d’une loi faussement protectrice qui risque au contraire d’alimenter le fantasme complotiste.

Georges Bensoussan est historien et auteur de nombreux ouvrages, tant sur la mémoire du génocide que sur la situation des juifs dans les pays arabes. Après le prémonitoire Les territoires perdus de la République (2002), il a dirigé l’ouvrage Une France soumise (Albin Michel, 2017) A paraître en janvier : L’alliance israélite universelle. Juifs d’Orient, Lumieres d’Occident (Albin Michel).


Marianne : Quel regard portez-vous sur la loi assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme, qui fait polémique ?

Georges Bensoussan : Il faut distinguer deux choses. L’antisionisme est-il une forme d’antisémitisme dicible ? Et faut-il légiférer en la matière ? Il y a donc deux réponses distinctes. En premier lieu, définir l’antisionisme : c’est l’hostilité à l’idée d’un État juif. Les premiers milieux antisionistes, c’est à l’intérieur du monde juif qu’on les trouve et de bords opposés, d’une part dans les milieux de l’orthodoxie religieuse, de tendance hassidique ou non, d’autre part dans les milieux de la gauche juive, socialiste révolutionnaire ou issue du mouvement bundiste (le parti socialiste juif ouvrier, ndlr) né en 1897, l’année du premier congrès sioniste. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs parallèlement et même immédiatement de voir se déclencher un antisionisme virulent du côté de l’Église catholique et des milieux d’extrême droite. Il faut rappeler que les Protocoles des Sages de Sion ont été rédigés dans la foulée du premier congrès sioniste. Ils sont nés du fantasme d’une domination universelle des Juifs à partir du projet de création d’un « foyer national » juif.

S’il s’agit de s’opposer à la création d’un État juif, l’antisionisme est donc un débat légitime jusqu’au 14 mai 1948. Ensuite, il perd toute raison d’être puisque l’État existe. Si la polémique persiste, alors cela signifie en bonne logique que l’on est opposé à l’existence de l’État d’Israël. Et dans ce cas, on n’est plus dans un débat politique mais dans un projet meurtrier parce que la disparition d’un Etat c’est le mot doucereux pour dire expulsions, spoliations et massacres. En ce sens, et depuis 1948, le débat sur la validité ou non du sionisme est clos puisque l’État est là. On peut certes continuer à discuter à l’infini sur ce qu’a représenté le projet sioniste, son bien-fondé ou non, mais on ne peut plus remettre en cause son résultat pratique, la création d’un Etat et d’une société nouvelle forte de neuf millions d’habitants.

Pour autant, faut-il légiférer ?

Je ne crois pas. L’antisionisme joue d’une ambiguïté, celle de faire croire qu’il se limite à la critique de la politique israélienne quand, en réalité, c’est le droit à l’existence de ce pays que l’antisionisme remet en cause, quelle que soit la politique de ses dirigeants et les concessions qu’ils feront demain. La critique de la politique israélienne, c’est autre chose, ce n’est pas de l’antisionisme ni de l’antisémitisme mais tout simplement la critique légitime de la politique d’un État. Légiférer dans ce domaine est une erreur dès lors que l’on n’a pas expliqué correctement ce que recouvrait le mot antisionisme, un appel à la destruction d’un État et non la critique de sa politique. Légiférer va conférer en effet un caractère intouchable à l’État juif qui ne peut qu’alimenter le fantasme complotiste. Il vaut mieux expliquer comment l’antisémitisme qui n’est plus dicible depuis Auschwitz se dissimule derrière le mot sioniste, comment le mot juif est systématiquement remplacé par le mot sioniste dans une démarche mystificatrice. Pour percer à jour cette supercherie intellectuelle, l’arsenal législatif contre l’antisémitisme suffisait amplement.

Je crois surtout que la diabolisation de l’État d’Israël est l’héritage laissé par l’intense propagande communiste

Reste aussi qu’on aura mis cinquante ans à découvrir cette mystification. Léon Poliakov l’avait dit dès 1968, l’antisionisme militant était le refus à peine masqué de l’existence d’un Etat juif. Et plus encore dix ans plus tard le philosophe Vladimir Jankélévitch qui s’exprimait en ces termes : « L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; (il) donne la permission d’être démocratiquement antisémite. Qui dit mieux ? Il est désormais possible de haïr les Juifs au nom du progressisme ! Il y a de quoi avoir le vertige : ce renversement bienvenu, cette introuvable inversion ne peuvent qu’enfermer Israël dans une nouvelle solitude [1]. »

Cette mesure votée à l’instigation du député Sylvain Maillard souhaitait lutter contre une préoccupante diabolisation d’Israël…

La doxa actuelle a fait de l’antisionisme un de ses credo de base pour des raisons profondes. Je ne pense pas qu’une loi puisse infléchir cette tendance. Il est préférable de la comprendre pour désamorcer la part inquiétante de ce raisonnement spécieux.

Je crois surtout que la diabolisation de l’État d’Israël est l’héritage laissé par l’intense propagande communiste, aujourd’hui oubliée, en particulier celle de l’ex-Union soviétique qui entre les années 1950 et 1990, a produit une immense « littérature » anti-israélienne imprégnée du vieil antisémitisme russe mâtiné d’anticapitalisme.

La diabolisation de l’État juif tient aussi au nouveau rapport de force démographique qui s’est instauré en Europe par le biais d’une immigration arabo-musulmane importante, en particulier en France, le pays qui abrite la plus importante communauté musulmane d’Europe (25% des musulmans d’Europe vivent en France) comme aussi la plus importante communauté juive. Dans leur immense majorité, cette immigration vient du monde arabe et en particulier du Maghreb où la haine de l’État d’Israël est diffuse et quotidienne, en particulier en Algérie.

D’autres facteurs d’explication ne s’y ajoutent-ils pas ? La haine de l’État d’Israël renvoie également à une disposition très ancienne dans la culture occidentale…

Oui : la stigmatisation du signe juif. Par surcroit, cette récusation a été sourdement et silencieusement favorisée par la culpabilité née de la Shoah. Dans un autre ordre d’idées, l’État d’Israël a été fondé après la Seconde Guerre mondiale à contre-courant du principe de l’État-nation. Il représente le principe même de l’identité nationale, de la filiation et des racines, un principe qui a été puissamment récusé en Europe par le multiculturalisme dominant. On en veut à l’Etat juif de représenter le principe de l’État-nation dont beaucoup considèrent qu’il est porteur de guerre. D’un autre bord, on lui en veut aussi d’avoir perpétué ce qui est perdu en Europe aujourd’hui et dont on garde une nostalgie mais qui est difficile à dire en ce temps de pensée correcte : l’identité culturelle, l’enracinement et l’amour de la patrie. Des mots qui pourraient vous classer d’emblée à l’extrême droite dans ce tribunal permanent qu’est devenue la vie intellectuelle dans la France d’aujourd’hui.

La diabolisation de l’État juif tient aussi au nouveau rapport de force démographique qui s’est instauré en Europe par le biais d’une immigration arabo-musulmane importante, en particulier en France

Je reviens sur cette diabolisation de l’État d’Israël comme forme sécularisée, profane et dicible, de l’antique stigmatisation du signe juif qui a participé à la matrice culturelle de l’Europe chrétienne. La restauration de l’indépendance nationale juive est le démenti infligé à l’abaissement d’Israël, partie intrinsèque de la théologie chrétienne comme de la théologie musulmane. Malédiction de l’origine… Il est difficile de sortir de ce moule. Ce n’est toutefois pas impossible à la condition de mettre les mots pour ne plus être parlé par ces mythologies.

L’antisionisme est par ailleurs hautement revendiqué par des cercles juifs, se proclamant tels et se réclamant des souffrances passées pour stigmatiser l’État hébreu…

Il faut faire ici un sort particulier à la passion anti-israélienne qui anime certains Juifs de la diaspora dans leur relation torturée à leur identité juive. Je trouve particulièrement fallacieux d’avancer, par exemple, que les Juifs qui ne vivent pas en Israël sont antisionistes. Non, ils sont au mieux a-sionistes, certainement pas antisionistes. Avoir fait un autre choix que celui de s’établir dans l’État d’Israël ne signifie pas qu’on récuse le projet sioniste, mais simplement qu’on a d’autres attaches, d’autres enracinements, d’autres intérêts et d’autres filiations qui nous interdisent d’émigrer. Ce tour de passe-passe sémantique (tout Juif qui n’habite pas Israël est décrété « antisioniste ») participe d’une logique strictement idéologique. Près de 52% des Juifs du monde vivent aujourd’hui en Israël. En 1948, c’était à peine 5%. L’effectif du peuple juif dans le monde n’est pas de seize millions d’individus mais de treize millions au maximum. Sur ce chiffre, plus de 6,5 millions vivent aujourd’hui dans l’État juif.

La seconde incohérence est de continuer à raisonner comme à l’époque d’avant l’État juif. Car la naissance de l’État d’Israël a modifié considérablement l’identité juive, l’identité de tous les Juifs du monde et pas seulement des Juifs citoyens israéliens. Y compris les plus hostiles au concept d’État juif. On est étonné que des militants antisionistes de profession, qui se situent généralement à gauche, se montrent aussi étrangers à la dialectique. Car la création de l’État d’Israël a bouleversé le regard que les Juifs portent sur leur propre identité, elle leur a donné une assurance et une force qu’ils ne connaissaient pas jusque-là. Elle les a transformé. C’est aussi pourquoi l’immense majorité d’entre eux est attachée à la vie et à la survie de l’État juif même s’ils n’ont aucune intention de s’y installer. Qu’on interroge les communautés juives de par le monde et l’on verra combien l’attachement à l’État d’Israël est puissant et va au-delà des vicissitudes de tel ou tel gouvernement, il est ancré dans la quasi-totalité des communautés juives de la diaspora en dépit du regard critique qu’elles peuvent porter sur la politique de l’État juif. Son existence est devenue chose vitale pour la quasi-totalité des Juifs du monde. Qu’on se souvienne par exemple des mots de Raymond Aron à ce sujet à la veille de la Guerre des Six Jours en 1967.

Les actes antisémites ont augmenté de 74 % en 2018. Croyez-vous à des mesures capables d’endiguer le phénomène ? Si oui, lesquelles ?

Trois points me semblent essentiels.

En premier lieu, cette augmentation de 74 % en 2018, une année où il n’y a pas eu de conflit majeur entre Israël et ses voisins, malgré quelques flambées de fièvre avec le Hamas à Gaza, rien toutefois qui ressemble à une véritable guerre comme en 2014, et a fortiori comme en 2006 avec le Hezbollah au Liban. Autrement dit, connecter perpétuellement la flambée d’actes antijuifs commis en France avec le conflit israélo-arabe est un leurre. L’antisémitisme qui sévit aujourd’hui en France se nourrit de lui-même, il peut certes être aggravé par l’actualité proche-orientale mais il n’en est pas né. Il n’a pas été créé par elle. Il est endogène. En matière d’actes agressifs, leurs auteurs sont connus et pour l’essentiel, sinon l’immense majorité d’entre eux, ils ne viennent pas de l’extrême droite. On s’abstiendra donc de désigner les antisémites tout en condamnant bien sûr l’antisémitisme.

C’est au pouvoir politique et à la justice de faire leur travail. De ne pas tergiverser sur la nature antisémite de crimes pour lesquels, on le sait, une dimension antisémite était avérée comme dans le cas de Sarah Halimi

En deuxième lieu, l’arsenal législatif français est suffisant pour punir sévèrement les auteurs d’actes délictueux. C’est au pouvoir politique et à la justice de faire leur travail. De ne pas tergiverser sur la nature antisémite de crimes pour lesquels, on le sait, une dimension antisémite était avérée comme dans le cas de Sarah Halimi dont l’agresseur a traversé l’appartement de ses voisins maliens sans leur faire de mal pour aller frapper « la Juive » de l’immeuble qu’il bat à mort en la traitant de Sheitan (diable en arabe) avant de la défenestrer. Si ce n’était qu’une bouffée délirante, il s’en serait pris au premier voisin venu. Ce ne fut pas le cas : c’était à « la Juive » qu’il en voulait et à elle seule. Et jusqu’à ce jour, près de trois ans après les faits, on continue à débattre du caractère antisémite ou non de l’agression.

En d’autres termes, si l’arsenal législatif suffit, mais si les actes ne suivent pas, c’est que la volonté politique est faible et qu’elle s’appuie sur cette maladie répandue mais qui prend en France une forme aiguë : le déni. Cette faiblesse a des causes profondes, mais elle est camouflée par des discours de compassion, souvent émouvants, qui de la droite à la gauche nous signifient que « la France sans les Juifs ne saurait être la France ». Dans la réalité, on a oublié ce sondage récent, il y a deux ans à peine, qui nous montrait que 67 % des Français étaient indifférents au départ des Juifs. Certes, seule une minorité infime s’en réjouissait et un bon tiers le déplorait. Mais le chiffre de 67 % était là, écrasant qui montrait la force de l’indifférence, ce moteur du malheur.

Je doute fort que la loi puisse faire quoique en matière d’évolution sociétale. Nous sommes en présence d’une vague de fond, elle porte à terme l’abandon des Juifs sans qu’entre ici une part d’antisémitisme militant. Cet abandon n’est d’ailleurs que le signe avancé d’une fracturation et d’une désaffiliation françaises plus vastes. Mais c’est un autre sujet.

Enfermer le peuple juif dans une essence de victime ne protège pas de la violence, mais tout au contraire y expose davantage

En troisième lieu, c’est signe de naïveté que voir dans l’enseignement de la Shoah le moyen de faire reculer l’antisémitisme. Asséner l’histoire de la Shoah aux élèves comme une forme de catéchisme moral censé les protéger de l’antisémitisme est un non-sens. D’une part, parce que la compassion ne protège de rien : dans nos sociétés, une émotion chasse l’autre. D’autre part, parce qu’à force d’asséner cette histoire sous une forme moraliste on semble oublier que tout catéchisme provoque le rejet. On semble oublier aussi qu’on alimente une concurrence mémorielle qui nourrit le communautarisme. Enfin, qu’enfermer le peuple juif dans une essence de victime ne protège pas de la violence, mais tout au contraire y expose davantage.


[1] In Quelque part dans l’inachevé, entretiens avec Béatrice Berlowitz,Gallimard, 1978, p.143.

 Voir aussi:

Mélenchon et le poison antisémite : la fin d’un républicain

Les démons antisémites de la gauche anticapitaliste ont décidément du mal à mourir. Jean-Luc Mélenchon vient d’y ajouter sa pierre.

La peste ou le choléra ? C’est un peu le choix qui s’offrait aux Britanniques opposés au Brexit lors du vote pour les législatives du 12 décembre dernier. Impossible de finasser avec un scrutin à un tour, il fallait voter utile. Mais entre un Corbyn sur une ligne archéo-socialiste et démagogique, nageant dans les eaux troubles de l’antisémitisme, et un Boris Johnson déterminé à mener le Brexit jusqu’à bout, en trouvant un accord avec l’Union européenne, avait-on vraiment le choix ?

On peut déplorer la victoire éclatante des conservateurs lorsqu’on est attaché à l’Europe et qu’on regrette le Brexit. On ne peut que se réjouir de l’échec cuisant de Jeremy Corbyn lorsqu’on est attaché à l’Europe démocratique. La Grande-Bretagne, qui incarna l’honneur de l’Europe dans la bataille contre le nazisme, gouvernée par un antisémite ? Un scénario glaçant qui heureusement ne s’est pas réalisé.

« Ukases arrogantes des communautaristes du CRIF »

Commentant sur son blog la défaite de Jeremy Corbyn, son compagnon de lutte, Jean-Luc Mélenchon, commence par une analyse politique qui ne manque pas d’intérêt. À l’inverse de ceux qui pensent que c’est le radicalisme de Jeremy Corbyn qui l’a mené à la défaite, le patron de la France insoumise estime au contraire que c’est parce qu’il n’a pas osé être l’homme d’un véritable Brexit de gauche qu’il a perdu. Le flou, les tentatives de rapprochement et de synthèse avec la gauche modérée du parti, les ambivalences de son discours : tout cela a désarçonné le vote populaire qui a préféré (en partie) se rallier au Brexit clair et net de Boris Johnson.

Et puis brusquement, Mélenchon commet la faute : « Corbyn a dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires ». Et pour finir la grandiose estocade : « Retraite à point, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogantes des communautaristes du CRIF : c’est non. Et non c’est non. »

Le CRIF ? Le Conseil Représentatif des Institutions juives de France ? Le CRIF, ennemi du peuple français comme le grand rabbin d’Angleterre et les réseaux du Likoud sont les ennemis du peuple anglais ? Le CRIF, responsable du malheur du peuple au même titre que les institutions européennes ? Que l’Allemagne honnie ? Le CRIF, allié du capitalisme et de l’ultralibéralisme ?

Les démons antisémites de la gauche anticapitaliste

Il ne manque plus qu’un montage photo avec la banque Rothschild, les sacs de dollars et le drapeau israélien ; mais cela a déjà été fait en 2017 par Gérard Filoche, qui avait posté sur son compte Twitter un consternant visuel accusant Emmanuel Macron de collusion avec le capital. (Tweet qu’il avait retiré face au tollé provoqué.)

Les démons antisémites de la gauche anticapitaliste (celle de Guesde, de Proudhon et même de Jaurès) ont décidément du mal à mourir. Jean-Luc Mélenchon vient d’y ajouter sa pierre. Car contrairement à ce qu’affirme le leader de la France insoumise, Jeremy Corbyn n’a pas dû « subir » une grossière accusation d’antisémitisme « à travers le grand rabbin d’Angleterre ». Jeremy Corbyn a un lourd passif de déclarations antisémites et de proximité avec des antisémites et des négationnistes notoires.

«  La dérive antisémite du parti travailliste n’est pas un fantasme : sa haine d’Israël et son obsession pro-palestinienne ont conduit aux extrêmes. »

La dérive antisémite du parti travailliste n’est pas un fantasme : sa haine d’Israël et son obsession pro-palestinienne ont conduit aux extrêmes. Des militants juifs ont été chassés du parti, soupçonnés de sionisme. Luciana Berger, dont le grand-oncle fut le ministre travailliste de la nationalisation du charbon, a quitté le parti.

Tout comme Louise Ellman, connue pour son combat de défense de l’hôpital public de Liverpool, qui démissionna après 55 ans de militantisme, ne supportant plus d’être la cible des militants pro-palestiniens à l’intérieur du parti. Meurtris par les commentaires antisémites virulents postés sur Facebook par les militants et sympathisants du Labour, de nombreux juifs ont quitté le Labour, devenu pour eux « institutionnellement antisémite ».

Le Labour de Corbyn s’est compromis dans l’antisémitisme

Jeremy Corbyn et sa grande bienveillance pour le Hamas et le Hezbollah. Jeremy Corbyn déposant une gerbe de fleurs sur la tombe des terroristes du groupe Septembre Noir, responsables de la mort de 11 athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972.

Jeremy Corbyn qui déclarait en 2013 : « Les sionistes britanniques ont clairement deux problèmes. Premièrement, ils ne veulent pas étudier l’histoire et deuxièmement, bien qu’ayant vécu dans ce pays depuis très longtemps, probablement toute leur vie, ils ne comprennent pas non plus l’ironie anglaise. » Comprendre : ce pays qui n’est pas le leur, cette culture qui n’est pas la leur, puisqu’ils sont juifs.

« Jean-Luc Mélenchon a brûlé ses derniers vaisseaux républicains. Il a basculé dans le clientélisme de bas étage. »

Tout cela n’a rien à voir avec une « grossière » campagne d’intimidation du grand rabbin d’Angleterre. Tout cela constitue une faute morale du Labour qui s’est compromis dans l’antisémitisme depuis que Corbyn en a pris la tête. Le nier est de l’aveuglement idéologique. Dénoncer le lobby juif représenté par le CRIF, allié de la finance et ennemi du peuple, c’est exactement se mettre au même niveau que Corbyn.

Qu’espère Jean-Luc Mélenchon ? Sauver son parti en se ralliant à la bannière de l’antisionisme dont on sait qu’il représente une permission d’être « démocratiquement antisémite » selon la formule utilisée en 1978 par le philosophe Vladimir Jankélévitch : « L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; (il) donne la permission d’être démocratiquement antisémite. » (1)

Il fut un temps où la radicalité de la France insoumise, son lyrisme révolutionnaire, sa passion robespierriste n’empêchaient pas de nous imaginer, sur quelques points essentiels comme la laïcité, l’égalité hommes-femmes, le combat contre le racisme et l’antisémitisme, dans une même famille républicaine. La défense par Jean-Luc Mélenchon de la République, de la nation, des valeurs humanistes de la France était, pensait-on, sincère. Cette époque est révolue. Jean-Luc Mélenchon a perdu tous ses repères.

La France insoumise préfère le déshonneur à ses valeurs pour éviter l’échec. Elle aura les deux.

Il a brûlé ses derniers vaisseaux républicains. Il a basculé dans le clientélisme de bas étage. Il s’est définitivement rallié à l’aile la plus anti-républicaine de son parti. Celle de l’islamo-gauchisme clientéliste qui espère rallier les voix des musulmans en plébiscitant la lutte contre l’« islamophobie », alors que ce terme est une génuflexion de la gauche envers la religion et non pas un engagement contre le racisme.

Celle qui pointe le « lobby juif et sioniste » de façon infamante en espérant caresser dans le sens du poil ceux qui, dans les quartiers, sont les familiers de ces thèses antisémites. Celle du courant décolonialiste « racisé », acquis aux thèses indigénistes, découpant la France en communautés. Celle du courant qui n’hésite pas à creuser les haines identitaires, à pêcher sur les terres du Rassemblement national, à renier l’universalisme dont la France des Lumières et la gauche humaniste sont issues.

La France insoumise espère-t-elle ainsi freiner la dégringolada qu’elle subit aux élections depuis deux ans ? C’est un calcul perdant. Elle préfère le déshonneur à ses valeurs pour éviter l’échec. Elle aura les deux.

1 Cité par George Bensoussan dans l’interview réalisée par Martine Gozlan in Marianne, 14 décembre 2019.

 Voir de plus:

L’antisémitisme, une histoire vieille comme la gauche

FIGAROVOX/ANALYSE – Bernard Carayon, auteur de Comment la gauche a kidnappé Jaurès, rappelle à quel point l’antisémitisme a pu trouver sa place dans la pensée de certains hommes de gauche.

Bernard Carayon

Bernard Carayon est avocat, maire (LR) de Lavaur et ancien député du Tarn. Il est l’auteur de Comment la gauche a kidnappé Jaurès (Privat, 2014).


L’antisémitisme de la gauche est un sujet tabou. Depuis longtemps, elle s’est dressée en pourfendeuse du racisme, forcément de droite, oubliant, par exemple, que la chambre du Front Populaire avait voté les pleins pouvoirs à Pétain, vite rejoint à Vichy par Laval, Déat, Marquet, Doriot, Luchaire, Belin et Bousquet. S’il y eut un antijudaïsme catholique, des antisémitismes agnostique (Voltaire) et protestant (Luther), l’un des plus virulents avec celui de l’extrême droite fut révolutionnaire et socialiste. Dans La question juive, Marx dénonce «l’essence du judaïsme et la racine de l’âme juive, l’opportunité et l’intérêt personnel qui se manifeste dans la soif de l’argent». Dans une lettre à Engels, il décrit le socialiste allemand Ferdinand Lassalle comme «un vrai juif de la frontière slave, (…) sa manie de masquer le juif crasseux de Breslau sous toutes sortes de pommades et de fard».

Proudhon, qui va inspirer Jaurès, dénonce «l’ennemi du genre humain», une «race» qu’ «il faut renvoyer en Asie ou exterminer» . Staline, idole, sa vie entière, du PCF, lance en 1948 une campagne «anti-cosmopolite», prélude aux exécutions des «blouses blanches» et des intellectuels juifs «incapables de comprendre le caractère national russe».

Parmi les figures emblématiques de l’antisémitisme de gauche, Jaurès tient une place de choix.

Dans l’entre-deux-guerres, les «néo-socialistes», tous pacifistes, sont aussi à l’œuvre chez nous: Déat souligne le «byzantinisme» de Léon Blum et sa «passivité tout orientale» ; c’est l’époque où la SFIO est accusée de subir une «dictature juive», et que le maire de Bordeaux, Marquet, lui reproche de «pousser à la guerre pour l’URSS et la juiverie».

Mais parmi les figures emblématiques de l’antisémitisme de gauche, Jaurès tient une place de choix. Le sujet est tabou par excellence, tant l’idole du socialisme français est encaustiquée! Son journal, La Petite République, désigne le député Reinach comme un «juif ignoble» . Lors de son voyage en Algérie, en avril 1895, Jaurès décrit les juifs qui, «par l’usure, l’infatigable activité commerciale et l’abus de l’influence politique, accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois publics (…). Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus» . Son historien «officiel», Gilles Candar, excusera la diatribe par la «fatigue» de son auteur! L’explication, si facile, par le «contexte» ne tient pas: Clemenceau ne tiendra jamais de tels propos.

Dans son discours au Tivoli en 1898, Jaurès est plus caricatural encore: «nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, (…) manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion» . Longtemps convaincu de la culpabilité de Dreyfus, qui aurait échappé à la peine capitale grâce «au prodigieux déploiement de la puissance juive», Jaurès dénonce à la tribune de la Chambre la «bande cosmopolite»! Il sera d’ailleurs sanctionné pour ses propos! Après avoir, une dernière fois, souligné que «l’odeur du ghetto est souvent nauséabonde» , Jaurès opère un revirement tardif lors du procès de Zola, assigné en Justice par le Président Félix Faure en représailles du «J’accuse» paru dans L’Aurore. Devenu dreyfusard, Jaurès, le repenti, obtiendra le soutien financier magnanime du banquier Louis Dreyfus pour son journal l’Humanité…

Anne Hidalgo envisageait de débaptiser la rue Alain pour les accents antisémites du journal intime du philosophe. Le fera-t-elle aussi pour Jaurès?

Un doute sur le diagnostic ? Il est possible de demander une nouvelle analyse.

On se souviendra seulement que les enfants de Marx ont pris, comme Edwy Plenel la défense des terroristes de Septembre Noir.

L’antisionisme est-il aujourd’hui pour les islamo-gauchistes le cache-sexe de l’antisémitisme? La cause palestinienne est en tout cas mal servie! On se souviendra seulement que les enfants de Marx ont pris, comme Edwy Plenel, dans son journal «Rouge», la défense «inconditionnelle» des terroristes de Septembre Noir. Ceux qui, en 1973, aux JO de Munich, ont assassiné onze athlètes israéliens. Un acte «justifié», disait Sartre, parce que c’étaient des soldats.

Voir encore:

Mélenchon et les élections britanniques : le grand rabbin, le Crif et le Likoud ont-ils fait chuter la gauche ?

Hugues Serraf
14 décembre 2019

Je sais bien que les gens en ont par dessus de la tête de ces juifs qui se plaignent de l’antisémitisme, comme s’il n’y avait pas de trucs plus importants dans la vie. Qu’un type qui avait un peu abusé du chichon jette une vieille dame par dessus son balcon en hurlant qu’elle est le diable, qu’un autre mitraille des petits enfants dans une école confessionnelle ou qu’un troisième fasse un carton sur les clients d’un supermarché casher, et paf, les voilà à nouveau en train de jérémier sur les plateaux de télé…

Forcément, ça agace.

Regardez les élections en Grande-Bretagne, la gauche les perd dans les grandes largeurs, vraisemblablement parce que son programme de collectivisation des moyens de production était naze et son leader aussi charismatique et enthousiasmant qu’un bonnet de nuit en pilou, eh bien qui entend-on pousser des hauts-cris ? Les juifs. Et pourquoi donc ? Parce que pour l’état-major du Labour, les porteurs de kippa seraient en réalité les deus ex machina de la défaite.

Mais bon sang, si on ne peut plus accuser les juifs d’être derrière tout ce qui ne nous fait pas plaisir dans la vie sans les entendre se lamenter devant leur mur, où va-t-on ?

Et puis, franchement, il doit avoir un peu raison quelque part, l’ancien maire de Londres Ken Livingstone, lorsqu’il évoque ce satané « vote juif » sans lequel Corbyn serait aujourd’hui Premier ministre à la place de cette crapule de Boris Johnson. D’accord, il n’y a que 300 000 juifs dans tout le pays, les socialistes ont perdu par 4 millions de voix, mais on imagine tout de même que pour un « peuple élu », manipuler un scrutin doit être un jeu d’enfant…

D’ailleurs, même notre gauche radicale à nous est d’accord avec l’analyse : les juifs, ils sont tous de droite. Ces Marx, ces Trotski, ces Mendès-France, ces Krivine, ces Cohn-Bendit, ces Bernie Sanders… Tous des fachos notoires. Du coup, on comprend que Mélenchon pousse un coup de gueule sur son blog en commentant le terrible résultat : chez nos voisins du dessus, la gauche a été laminée à cause du « grand rabbin et des réseaux d’influence du Likoud » (un parti politique israélien dont tous les juifs à travers le monde deviennent membres de droit dès leur circoncision). Mieux encore, c’est le Crif français, avec ses « oukases arrogantes » qui imposent « des génuflexions », qui a certainement tenu la main de ces pauvres électeurs britanniques. Fichu cosmopolitisme…

D’autant plus que le point de vue de l’insoumis en chef doit être pas mal répandu : zéro réaction chez nos politiques de droite ou de gauche à ses propos ; pas le moindre froncement de sourcil dans la presse « comme il faut »… Un vrai « détail de l’histoire », son commentaire outragé façon Protocole des sages de Sion.

Alors, est-ce qu’il est antisémite, le Méluche ? Au sens où, il rêverait d’une solution ultime au problème que pose la terrible engeance dont j’ai moi-même presque honte de faire partie ? Évidemment non. Les antisémites, les vrais, sont de droite (comme les juifs d’ailleurs, mais c’est pour ça qu’on a inventé le mot paradoxe). Non, il n’est pas antisémite. Il constate juste que les juifs utilisent leurs immenses moyens de pression financiers et médiatiques pour accomplir leurs noirs desseins colonialistes et qu’il est temps d’arrêter de se mettre à plat ventre devant eux par faiblesse. C’est tout. On ne va pas en faire un cheddar.

Mélenchon, en fait, il dit juste tout haut ce que les gens pensent tout bas, comme le suggérait un autre bateleur d’estrade autrefois. Il dit juste que si Corbyn a perdu, c’est à cause du Crif, des rabbins, du Likoud et des oukases ! Prenez-vous ça dans la gueule, les juifs ! Si vous pensez vraiment qu’on n’a pas vu votre petit jeu ! Retournez manger votre pain azyme dans vos synagogues et arrêtez de vous mettre en travers de la justice sociale, non mais !

Corbyn : la synthèse mène au désastre

J’avoue que je ne suis pas étonné par le terrible revers électoral du parti travailliste et de Jeremy Corbyn. Il doit servir de leçon.

Première leçon : l’avant-gardisme bien-pensant ne mène nulle part. Ils ont fait du Tsípras avant même d’être élu. Annoncer qu’il voulait un nouveau référendum sur le Brexit, c’était inviter ceux qui veulent le Brexit à voter directement pour ceux qui le mettent en œuvre. Surtout que Corbyn a précisé qu’en cas de vote, il ne s’en mêlerait pas. On ne pouvait faire pire. À quoi bon des leaders qui ne s’engagent pas à propos de l’avenir de leur pays ? Les bastions ouvriers du nord qui votaient PS ont basculé dans le vote conservateur parce que ceux-ci leur garantissaient le Brexit. C’était toujours ça de pris !

Deuxième leçon. Pourquoi ont-ils fait une aussi grossière faute ? C’est le résultat des jeux d’appareils internes au Labour. Le Labour, c’est le PS anglais. Corbyn aurait du le refondre totalement au lieu de composer avec lui. Ou bien le quitter. Les vieux appareils bureaucratiques comme le Labour Party produisent des jeux d’appareils et rien de plus. Construire son raisonnement politique en fonction des points d’équilibre interne, c’est se tromper à coup sûr. Les problèmes comme les solutions sont dans les masses populaires, leurs attentes, leur volonté, leurs besoins. C’est là que Corbyn aurait du aller chercher ses consignes. Il a voulu plaire aux importants. En vain.

Corbyn a passé son temps à se faire insulter et tirer dans le dos par une poignée de députés blairistes. Au lieu de riposter, il a composé. Il a du subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires.

Cette envie de bonne réputation, je l’ai vue de près. Quand je lui ai rendu visite, nous avons parlé en espagnol de ce qui se passait dans le monde. Il a publié un communiqué à ma sortie se félicitant de notre intérêt commun pour l’investissement public dans les entreprises. Ce genre de façon, je l’ai connu souvent. À l’étranger et en France. Ça ne mène nulle part ceux qui les adoptent. Au contraire. Les gens sérieux regardent en coin et comprennent qu’il y a anguille sous roche. Comment croire que nous ayons discuté d’investissement public alors que reposait sur nous l’espoir d’une bascule de notre famille dans le camp du changement des règles du jeu du monde ?

Tel est le prix pour les « synthèses » sous toutes les latitudes. Ceux qui voudraient nous y ramener en France perdent leur temps. En tous cas je n’y céderai jamais pour ma part. Retraite à point, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogante des communautaristes du CRIF : c’est non. Et non c’est non.

Voir par ailleurs:

Britain’s Labour Party Got Woke—And Now It’s Broke

Quillette
December 13, 2019

The Conservatives’ resounding victory in yesterday’s British General Election won’t come as a surprise to anyone who spent time canvassing in the ‘Red Wall.’ That’s the name given to a thick wedge of seats in the Midlands and North of England, some of which have been held by the Labour Party for over 75 years. Seats like Penistone and Stockbridge in Sheffield, once the home of the British steel industry, and Bishop Auckland in County Durham, a former coal town. Both turned blue in this election, as did a large number of seats in Labour’s post-industrial heartland. Not so much a ‘Red Wall’ now as a Mondrian painting made up of blue and red squares. It was the voters in those constituencies—many of them working minimum wage jobs and living in social housing—that provided Boris Johnson’s Conservatives with their highest number of seats since 1983.

Not that they have much love for the blond-haired leader. A friend of mine was standing as the Conservative candidate in Newcastle upon Tyne North, where the Labour incumbent won a 10,000 majority two years ago, and I knocked on a few doors for him last week. Every person I spoke to said they were going to vote Tory. In some cases, it was because they wanted to “get Brexit done,” which has been the Conservatives’ endlessly repeated campaign slogan over the past six weeks, but in others it was because of their visceral dislike for Labour’s leader.

“Most people I know who used to be staunch Labour are now saying no way Jeremy Corbyn,” said Steve Hurt, an engineer. “It’s not our party any more. Same label, different bottle.”

According to the activist I was with, that had been the reaction wherever he went. He had knocked on 100 doors in a council estate earlier that day and all but three people he’d spoken to told him they intended to vote Conservative—and this in a city where 26 per cent of the population are among the most deprived in England. I asked why, if these electors disliked Corbyn, they didn’t simply abstain? Why were they planning to brave the elements on a cold day in December to vote for a party led by an old Etonian toff?

“Because they hate Corbyn that much,” he said. “The biggest message they can send to him is to elect a Tory government.”

It’s the same story across England—working class electors deserting Labour en masse. We won’t have a breakdown of how people voted according to income and occupation for a while yet, but a few of the opinion polls in the run-up to election day contained some astonishing findings. For instance, a Deltapoll survey for the Mail on Sunday last month showed the Conservatives outpolling Labour by 49 per cent to 23 per cent in the C2DE social grades—the bottom half of the National Readership Survey classification system that ranks people according to their occupation. That is to say, people in the bottom half of the NRS distribution—skilled, semi-skilled and unskilled manual workers, state pensioners and people on benefits—were intending to vote Conservative rather than Labour by a ratio of more than two to one. (Exit polls suggest the actual figure was closer to 1.5 to one.)

A taste of things to come was provided on Tuesday when a clandestine recording was released of Jon Ashworth MP, Labour’s shadow health spokesman, telling a friend how “dire” things were for the party outside urban, metropolitan areas. “It’s abysmal out there,” he said. “They can’t stand Corbyn and they think Labour’s blocked Brexit.”

Ashworth described the electoral map of Britain as “topsy turvey,” a reference not just to the anticipated losses in traditional Labour areas, but to the uptick in support for Labour in middle class cities like Canterbury. One of the other startling features of the opinion polls was Labour’s lead among graduates. As a general rule, the higher the concentration of graduates in an area, the more likely it was to skew Left on Thursday—and vice versa. (Labour held on to Canterbury.)

The crumbling of the ‘Red Wall’ is the big story of this election and some commentators are describing it as a “one off.” The conventional wisdom is that working class voters have “lent” their votes to the Conservatives and, barring an upset, will give them back next time round. It’s Brexit, supposedly, that has been the game-changer—an excuse leapt on by Corbyn’s outriders in the media, who are loathe to blame Labour’s defeat on their man.

If you look at the working class constituencies that turned blue, most of them voted to leave the European Union in 2016 by a significant margin—Great Grimsby, for instance, an English sea port in Yorkshire, where Leave outpolled Remain by 71.45 to 28.55 per cent. Labour’s problem, according to this analysis, is that it didn’t commit to taking Britain out of the EU during the campaign but instead said it would negotiate a new exit deal and then hold a second referendum in which the public would be able to choose between that deal and Remain. This fudge may have been enough to keep graduates on side, but it alienated working class Leave voters in England’s rust belt.

This analysis doesn’t bear much scrutiny. To begin with, the desertion of Labour by its working class supporters—and its increasing popularity with more affluent, better educated voters—is a long-term trend, not an aberration. The disappearance of Labour’s traditional base isn’t just the story of this election, but one of the main themes of Britain’s post-war political history. At its height, Labour managed to assemble a coalition of university-educated liberals in London and the South and low-income voters in Britain’s industrial heartlands in the Midlands and the North—“between Hampstead and Hull,” as the saying goes. But mass immigration and globalization have driven a wedge between Labour’s middle class and working class supporters, as has Britain’s growing welfare bill and its membership of the European Union.

At the October election in 1974, 49 per cent of skilled workers (C2) and 57 per cent of semi-skilled and unskilled workers (DE) voted Labour; by 2010, those numbers had fallen to 29 per cent and 40 per cent respectively. Among middle class voters (ABC1), support for the Conservatives fell over the same time period from 56 per cent in 1974 to 39 per cent in 2010. In 1974, Labour enjoyed a 23-point lead among skilled working class voters (C2), but by 2010 the Conservatives had overtaken them in this demo to lead by eight points—a pattern repeated in 2017. Among graduates, by contrast, Labour led by 17 points in 2017, up from a two-point lead in 2015. (See this data table compiled by Ipsos MORI, a polling company.)

Jeremy Corbyn and his supporters have talked a good deal about winning back these working class voters, but his policy positions haven’t been designed to appeal to them. I’m not just talking about his ambivalence on Brexit—there’s a widespread feeling among voters who value flag, faith and family that Corbyn isn’t one of them. Before he became Labour leader in 2015, he was an energetic protestor against nearly every armed conflict Britain has been involved in since Suez, including the Falklands War. He’s also called for the abandonment of Britain’s independent nuclear deterrent, the withdrawal of the UK from NATO and the dismantling of our security services—not to mention declining to sing the National Anthem at a Battle of Britain service in 2015. From the point of view of many working class voters, for whom love of country is still a deeply felt emotion, Corbyn seems to side with the country’s enemies more often than he does with Britain.

Corbyn’s victory in the Labour leadership election was followed by a surge in party membership— from 193,754 at the end of 2014 to 388,103 by the end of 2015. But the activists he appeals to are predominantly middle class. According to internal Party data leaked to the Guardian, a disproportionate number of them are “high status city dwellers” who own their own homes.

A careful analysis of the policies set out in Labour’s latest manifesto reveals that the main beneficiaries of the party’s proposed increase in public expenditure—which the Conservatives costed at an eye-watering £1.2 trillion—would be its middle class supporters.

For instance, the party pledged to cut rail fares by 33 per cent and pay for it by slashing the money spent on roads. But only 11 per cent of Britain’s commuters travel by train compared to 68 per cent who drive—and the former tend to be more affluent than the latter. Corbyn also promised to abolish university tuition fees at a cost of £7.2 billion per annum, a deeply regressive policy which, according to the Institute of Fiscal Studies, would benefit middle- and high-earning graduates with “very little” upside for those on low incomes.

It’s also worth noting that Corbyn’s interests and appearance—he’s a 70-year-old vegetarian with a fondness for train-drivers’ hats who has spent his life immersed in protest politics—strike many working class voters as “weird,” a word that kept coming up on the doorstep according to my fellow canvasser in Newcastle. He’s also presided over the invasion of his party by virulent anti-Semites and Labour is currently in the midst of an investigation by Britain’s Equality and Human Rights Commission thanks to his failure to deal with this. One of his supporters has already blamed the Jews for Labour’s defeat.

But Corbyn isn’t the main reason C2DE voters have turned away from Labour, any more than Brexit is. Rather, they’ve both exacerbated a trend that’s been underway for at least 45 years, which is the fracturing of the “Hampstead and Hull” coalition and the ebbing away of Labour’s working class support.

Another, related phenomenon that’s been overlooked is that these “topsy turvey” politics are hardly unique to Britain. Left-of-center parties in most parts of the Anglosphere, as well as other Western democracies, have seen the equivalent of their own ‘Red Walls’ collapsing. One of the reasons Scott Morrison’s Liberals confounded expectations to win the Australian election last May was because Bill Shorten’s Labour Party was so unpopular in traditional working class areas like Queensland, and support for socially democratic parties outside the large cities in Scandinavia has cratered over the past 15 years or so.

Thomas Piketty, the French Marxist, wrote a paper about this phenomenon last year entitled ‘Brahmin Left vs Merchant Right: Rising Inequality and the Changing Structure of Political Conflict’ and it’s the subject of Capital and Ideology, his new book. His hypothesis is that politics in the US, Britain, and France—he confines his analysis to those three countries—is dominated by the struggle between two elite groups: the Brahmin Left and the Merchant Right. He points out that left-wing parties in the US, Britain and France used to rely on ‘nativist’ voters to win elections—low education, low income—but since the 1970s have begun to attract more and more ‘globalist’ voters—high education, high income (with the exception of the top 10 per cent of income earners). The nativists, meanwhile, have drifted to the Right, forming a coalition with the business elite. He crunches the data to show that in the US, from the 1940s to the 1960s, the more educated people were, the more likely they were to vote Republican. Now, the opposite is true, with 70% of voters with masters degrees voting for Hilary in 2016. “The trend is virtually identical in all three countries,” he writes.

In Piketty’s view, the electoral preferences of the post-industrial working class—the precariat—is a kind of false consciousness, often engendered by populist snake-charmers like Matteo Salvini and Viktor Orban. He’s intensely suspicious of the unholy alliance between super-rich “merchants” and the lumpen proletariat, and similar noises have been made about the levels of support Boris has managed to attract.

The Conservatives didn’t win in Hull or Hampstead on Thursday, but the party polled 43.6 per cent of the popular vote, which is its highest share since 1979. Labour, meanwhile, saw its seat tally fall to 203, the Party’s worst result since 1935.

Plenty of better writers than me—Douglas Murray, John Gray—have debunked the notion that the only reason low-income voters embrace right-wing politics is because they’re drunk on a cocktail of ethno-nationalism and false hope (with Rupert Murdoch and Vladimir Putin taking turns as mixologists). It surely has more to do with the Left’s sneering contempt for the “deplorables” in the flyover states as they shuttle back and forth between their walled, cosmopolitan strongholds. As Corbyn’s policy platform in Britain’s election showed, left-wing parties now have little to offer indigenous, working class people outside the big cities—and their activists often add insult to injury by describing these left-behind voters as “privileged” because they’re white or cis-gendered or whatever. So long as parties like Labour pander to their middle-class, identitarian activists and ignore the interests of the genuinely disadvantaged, they’ll continue to rack up loss after loss. Get woke, go broke.

Will the Democrats learn from Labour’s mistake and make Jo Biden the candidate—or even Pete Buttigieg? I wouldn’t bet on it. The zealots of the post-modern Left have a limitless capacity to ignore reality even when it’s staring them in the face. As I said to a friend last night after the election results starting rolling in, fighting political opponents like Jeremy Corbyn is a bit like competing in a round-the-world yacht race against a team that thinks the earth is flat. It can be kind of fun, even exhilarating. But until they acquire a compass and learn how to read a map, it’s not really a fair fight.

Voir aussi:

Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise: les raisons d’un naufrage

FIGAROVOX/ENTRETIEN – C’est le livre qui fait trembler les dirigeants de La France insoumise. Dans un essai intitulé La chute de la Maison Mélenchon, Thomas Guénolé accuse le parti de Jean-Luc Mélenchon de pratiques dictatoriales, et lui reproche une stratégie vouée à l’échec.

Alexandre Devecchio

Thomas Guénolé est politologue, maître de conférences à Sciences Po et docteur en Science politique (CEVIPOF). Ancien membre de La France Insoumise,il vient de publier La Chute de la Maison Mélenchon: Une machine dictatoriale vue de l’intérieur (Albin Michel, novembre 2019).


FIGAROVOX.- En participant à la marche contre l’islamophobie de dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon semble précipiter la chute que vous annoncez dans votre livre. Comment expliquez-vous la participation de celui qui récusait le terme d’«islamophobie» il y a encore peu? S’agit-il d’un calcul électoraliste à courte vue ou est-il prisonnier d’une partie de sa base?

Thomas GUÉNOLÉ.- Les enquêtes d’opinion les plus récentes indiquent qu’aujourd’hui, près des trois quarts des Français de confession musulmane ne veulent pas que des règles religieuses musulmanes s’imposent aux lois de la République. 70 % soutiennent le principe de laïcité. Plus largement, la très large majorité ne souhaitent pas être une «communauté musulmane» à part: ils demandent juste à être des citoyens à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres. Et d’ailleurs, toutes les tentatives de lancer un «parti des musulmans», sans exception, se sont soldées par des raclées électorales.

Autrement dit, il est manifeste que l’écrasante majorité des Français de confession musulmane ne veulent pas du communautarisme ; et que les activistes communautaristes ne sont donc absolument pas représentatifs des gens qu’ils prétendent représenter.

Par conséquent, si la volte-face récente de Jean-Luc Mélenchon est un calcul électoraliste, alors ce calcul est une erreur. Car lorsque la Maison Mélenchon multiplie les ententes avec des activistes communautaristes, du strict point de vue électoraliste elle se tire une balle dans chaque pied: d’une, cela ne lui fait rien gagner du côté des Français de confession musulmane ; de deux, cela lui fait perdre massivement des électeurs de gauche qui, musulmans ou pas, sont restés fermes sur la défense de la laïcité et de l’égalité femmes-hommes.

Mélenchon se tire une balle dans chaque pied.

Il existe cependant une autre hypothèse que le calcul électoraliste: celle de l’erreur provoquée par un fonctionnement à la va-vite. Peut-être que tous ces députés LFI ont signé en bloc l’appel à marcher contre l’islamophobie parce qu’ils n’ont pas lu le texte avec suffisamment d’attention: ils ont donc cru signer un appel antiraciste habituel, sans en repérer les ambiguïtés. Et aussi, parce qu’ils ne se sont pas renseignés sur les idées d’une partie des porteurs du texte, idées pour le moins problématiques quand on est de gauche. Puis, après coup, Jean-Luc Mélenchon aura tenté de limiter la casse en trouvant des explications plus ou moins vraisemblables à cette catastrophique sortie de route.

Toujours est-il que tout cela est incompréhensible venant de Jean-Luc Mélenchon, lui qui plaida rigoureusement contre le concept d’islamophobie au motif qu’on doit avoir, je cite, «le droit de ne pas aimer l’islam». Du reste, il n’y aurait eu aucune polémique et aucun problème si la marche et l’appel à manifester avaient invoqué le racisme anti-maghrébins ou le racisme anti-musulmans, plutôt que ce concept d’islamophobie dont le sens et la légitimité sont l’objet de controverses.

Toute cette affaire, c’est vraiment dommage. Car assurément, lors de cette marche, plusieurs milliers de gens ont défilé sincèrement contre le racisme et pas du tout pour le communautarisme d’une partie des initiateurs.

Quand vous étiez cadre de LFI, vous étiez l’un des rares à être très clair et très ferme dans le refus de toute compromission avec les communautaristes. Quel est aujourd’hui le poids du courant indigéniste à l’intérieur du mouvement?

Chez LFI et ailleurs, les activistes communautaristes sont en réalité très peu nombreux. Et comme je vous le disais à l’instant, la population qu’ils prétendent défendre, dans sa très large majorité, ne veut pas de leurs idées. Pour compenser cette faiblesse numérique et ce rejet de leurs thèses par ceux qu’ils disent représenter, ils pratiquent donc un entrisme très agressif: partis, facultés, syndicats, médias, etc.

Lorsqu’une structure va bien, les activistes communautaristes n’arrivent pas à y avoir une influence: leur entrisme a par exemple échoué dans presque tous les grands médias. Lorsqu’une structure est affaiblie ou en crise, en revanche, ils parviennent à y prendre pied: c’est arrivé à des petits partis et à des syndicats.

Or, précisément, après deux années d’erreurs accumulées, la Maison Mélenchon est extrêmement affaiblie. C’est un astre mort, pareil à ces étoiles dont vous percevez encore la lumière alors qu’elles sont déjà éteintes. Au lendemain de la présidentielle de 2017, elle pouvait mobiliser au moins 50 000 militants de terrain dans toute la France pour une opération d’envergure nationale. Actuellement, elle peut difficilement en mobiliser 5 000 et peine à constituer des listes en vue des élections municipales de 2020.

L’influence croissante des activistes communautaristes est un signe supplémentaire du fait que la Maison Mélenchon est affaiblie.

Dans ce contexte, alors que les activistes communautaristes étaient encore fermement contenus en marge de l’appareil LFI juste après la présidentielle de 2017, aujourd’hui ils y prospèrent. Ce qui ne fait que faciliter la chute de la Maison Mélenchon puisque encore une fois, ni les Français en général, ni les Français de confession musulmane en particulier, ne veulent du communautarisme.

Autrement dit, plutôt qu’un problème en soi, l’influence croissante des activistes communautaristes est plutôt un signe supplémentaire du fait que la Maison Mélenchon est affaiblie: l’hémorragie électorale, l’exode massif de militants, l’autodestruction de l’image d’homme d’État de Jean-Luc Mélenchon, ont probablement fait trop de dégâts pour que cela soit réparable.

Au-delà de cette dérive précise, vous dénoncez «le fonctionnement dictatorial du mouvement». Pourquoi l’avoir soutenu si longtemps?

J’ai rejoint La France insoumise à l’été 2017. Je l’ai fait par idéal, parce que j’étais profondément d’accord avec le programme du mouvement: L’Avenir en commun. J’étais très enthousiaste et je me suis mis à la disposition du mouvement pour aider. Charlotte Girard, responsable du programme, m’a confié la formation politique des militants en tandem avec Manon Le Bretton. Pendant un an je ne me suis occupé que de cela. J’étais dans mon coin, et ce d’autant plus que le fonctionnement de l’appareil central est extrêmement cloisonné. Je n’avais des contacts avec le siège que pour des questions logistiques, et de temps en temps pour valider le planning ou les intervenants.

Et puis, en été 2018, m’étant porté volontaire pour être l’un des candidats LFI à l’élection européenne, j’ai commencé à fréquenter régulièrement l’appareil central, avec des réunions de coordination, des échanges fréquents avec des cadres, etc. C’est à partir de là que j’ai eu de plus en plus de voyants rouges allumés, au fur et à mesure de ce que je voyais.

Telle purge pour se débarrasser d’un cadre trop critique, est déguisée en mesure disciplinaire « pour avoir tenu des propos sexistes  » ; et ainsi de suite.

C’est bien simple: la Maison Mélenchon pratique systématiquement en interne le contraire des valeurs qu’elle affiche. C’est orwellien. Dans les paroles, elle plaide pour une vraie démocratie, pour le respect des droits de l’opposition, pour l’émancipation humaine. Dans les actes, en interne, elle pratique le fonctionnement dictatorial, l’interdiction d’exprimer une parole critique sous peine d’encourir une «purge», et des façons de traiter les gens qui souvent sont humainement détestables. Je raconte par exemple dans un chapitre de mon livre comment les lanceurs d’alerte, qui exigeaient de passer à un fonctionnement démocratique, ont été systématiquement placardisés, calomniés, bannis, ou un mélange des trois.

On m’objecte parfois que les tendances dictatoriales de Jean-Luc Mélenchon étaient évidentes dès 2017. Mais ce n’est pas vrai. Dès 2017, certes, chacun voyait qu’il était manifestement un homme à poigne et sujet à des grosses colères. Mais le fonctionnement interne systématiquement dictatorial de LFI, lui, n’était pas encore connu du grand public.

On m’objecte plus souvent que ma désillusion aurait dû être plus rapide. Mais c’est négliger plusieurs choses.

D’abord, le travail de lucidité est ralenti par le problème du double langage permanent des cadres de l’appareil: telle instance verrouillée est déguisée en instance aux participants «tirés au sort» ; tel congrès où il est interdit de proposer un autre texte que celui de la direction, est déguisé en exercice de démocratie participative ; telle purge pour se débarrasser d’un cadre trop critique, est déguisée en mesure disciplinaire «pour avoir tenu des propos sexistes» ; et ainsi de suite. Il faut donc le temps d’identifier une novlangue interne systématique et d’identifier la réalité autoritaire, centralisée, verrouillée, qu’elle sert à cacher.

Ensuite, comme je vous le disais l’appareil est extrêmement opaque, cloisonné. Et les cadres ont souvent peur d’exprimer leurs critiques même entre eux. Comprendre le fonctionnement réel de la machine est donc matériellement difficile – et prend d’autant plus de temps.

Enfin, si des dizaines de milliers de militants ont mis du temps avant de quitter La France insoumise, c’est aussi à cause du déni. Quand vous rejoignez un mouvement par idéal, vous devez d’abord épuiser en vous toutes les autres explications possibles, même tordues, avant d’accepter de regarder en face que c’est une vaste escroquerie politique qui trahit l’idéal au nom duquel vous vous êtes engagé.

Jean-Luc Mélenchon avait réuni 19 % des suffrages à la présidentielle. Comment expliquez-vous son effondrement? Cela tient-il à sa personnalité ou à un problème de stratégie?

Au premier tour de la présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon a frôlé les 20 % malgré sa stratégie, et non pas grâce à elle.

Au départ, la Maison Mélenchon a décidé de faire, par rapport à la campagne de 2012, ce qu’on appelle en marketing un «rebranding». Ils ont abandonné le vocabulaire, le message et les symboles de la campagne «Fier d’être de gauche» de 2012. Ils ont remplacé tout cela par une campagne «Fédérer le peuple contre les 1%», avec un message au-delà du clivage gauche-droite, apaisé sur la forme. C’est ce qu’on appelle la stratégie du «populisme de gauche».

Jean-Luc Mélenchon est resté malgré lui un candidat d’union de la gauche.

Résultat: cela a échoué. En janvier 2017, Jean-Luc Mélenchon reconstitue en intentions de vote son score de la présidentielle de 2012, ce qui signifie que malgré un changement profond de message et de mise en scène, c’est encore l’électorat de gauche radicale qu’il réunifie.

Se produit alors cet effet-domino: quelques points d’électorat de centre-gauche abandonnent progressivement le vote Hamon pour le vote Macron, essentiellement par peur de Marine Le Pen et dans l’idée qu’Emmanuel Macron sera un meilleur candidat de barrage au FN. Ce qui fait baisser Benoît Hamon de 17 à 12-13, jusqu’à se trouver à touche-touche avec Jean-Luc Mélenchon. Par conséquent l’effet «vote utile de gauche», qui protège habituellement le candidat du PS contre tout rival de gauche, ne joue plus.

Arrivent les débats de premier tour de la présidentielle: Hamon et Mélenchon disent en substance la même chose, mais Mélenchon est meilleur sur le fond et sur la forme. Mélenchon passe donc de quelques points devant Hamon dans les sondages – vraisemblablement un transfert d’électorat «aile gauche du PS». Enfin, dans la dernière ligne droite, Mélenchon étant devenu le candidat le mieux placé à gauche, l’effet «vote utile de gauche» se reconstitue dans la dernière ligne droite à son avantage, et le catapulte à presque 20 %.

Il faut souligner que bien sûr, cette montée en puissance n’aurait pas été possible sans les talents d’orateur du candidat, son charisme hors normes, et son grand talent de pédagogue politique sur scène.

Toujours est-il qu’ainsi, ce que Jean-Luc Mélenchon a dit, c’est qu’il allait fédérer le peuple par-delà le clivage gauche-droite – mais ce qu’il a fait, c’est être malgré lui un candidat d’union de la gauche. Une fois qu’on a compris cela, on comprend aussi que, lorsque la Maison Mélenchon a interprété ce score comme un nouveau socle de 20 % d’adhésion à la stratégie du «populisme de gauche», c’était une erreur.

Puisque Jean-Luc Mélenchon avait été, certes malgré lui, un candidat d’union de la gauche, il fallait former une coalition de type «Front populaire» dès les législatives. Au lieu de cela, La France insoumise a préféré partir seule au combat des législatives, ce qui a mécaniquement abouti à un groupe parlementaire croupion. De même, pendant deux ans, le message politique martelé en boucle, celui de l’appel au soulèvement populaire, n’a correspondu qu’aux attentes de l’électorat de gauche radicale: c’est-à-dire moitié moins que les 20 % de 2017, ce qui a contribué à rétrécir l’espace électoral de LFI.

La situation politique de l’Europe est très diverse, sans qu’on constate une dynamique commune à tout le continent.

À cela s’ajoute un problème spécifique d’illisibilité du cap fixé. Par exemple, il fut tour à tour question de refuser les alliances avec d’autres forces de gauche, puis de les souhaiter, puis de les refuser à nouveau, et ainsi de suite. Autre exemple, concernant la stratégie «plan A plan B» face à l’Union européenne, il en a existé de 2017 à 2019 presque autant d’interprétations qu’il existe de porte-paroles de LFI. À la longue, cette ligne erratique a nécessairement conduit à ce que des électeurs, rendus méfiants par le flou, se détournent de LFI.

La chute de LFI s’inscrit-elle dans un effondrement européen plus large de la gauche, et ceci qu’elle soit sociale-démocrate, radicale ou populiste?

Non, rien n’indique un grand effondrement européen de la gauche. 2019 a vu plusieurs victoires. En Espagne, les législatives ont été gagnées par la gauche sociale-démocrate et elle vient de signer un accord de principe avec la gauche radicale pour gouverner ensemble. Au Portugal, les législatives ont été gagnées par la coalition sortante de gauche. En Italie, sans passer par des législatives, un nouveau gouvernement a été installé, sur une coalition du Mouvement 5-Etoiles et de la gauche. On pourrait ainsi multiplier les exemples. On pourrait cependant multiplier aussi les exemples de succès de la droite et dans une moindre mesure de l’extrême droite. Ni vague brune, ni vague bleue, ni vague rose, ni vague rouge: la situation politique de l’Europe, aujourd’hui, est tout simplement très diverse, sans qu’on constate une dynamique commune à tout le continent.

Family, faith and flag

The Labour Party lost four million voters in England between 1997 and 2010. To win them back, it nee

New Statesman
7 April 2011

Not so long ago, few people outside the academic world had heard of Maurice Glasman. Since the turn of the year, however, when he was unexpectedly ennobled by Ed Miliband, the London Metropolitan University lecturer has been much discussed and even hailed as the “intellectual godfather” of a new kind of left-wing thinking.

To win again in England, argue Glasman and others like him, Labour needs to look back to before 1945, to a time before the left fell in love with big government, and to a forgotten « conservative socialism that places family, faith and work at the heart of a new politics of reciprocity, mutuality and solidarity ». Just as Phillip Blond’s short-lived « Red Tory » boom captured the imagination of commentators a couple of years ago, so what Glasman calls « Blue Labour » has become the subject of admiring features, including a special edition of BBC Radio 4’s Analysis that was broadcast on 21 March.

Like many other intellectual exercises in self-renewal, Glasman’s vision, which strives to capture a sense of Englishness amid the hurly-burly of globalisation, has something deeply backward-looking about it (see profile, page 34). The narrow political self-interest is hardly surprising. Between 1997 and 2010, as David Mili­band noted in a strikingly Glasmanesque piece for this magazine last summer, Labour lost four million English voters and 137 English MPs. By the time Gordon Brown faced the electorate, the party had lost the ability to talk to the people it once took for granted – not just aspirational Middle England, but also thousands of white working-class people in cities who looked instead to the Conservatives or the British National Party, or stayed at home. Once again, Labour is in danger of turning into a party of the industrial north and the Celtic fringe.

Beyond that, however, Glasman’s emphasis on looking back seems eminently familiar. Talking to the BBC, Roy Hattersley dismissed Blue Labour as an exercise in mere nostalgia, mocking “the idea of Arcadian England, the idea that there was some mythical time when we all loved each other”. And yet, contrary to what we might think, nostalgia has long been a central part of the left-wing political tradition. Despite the forward-looking, modernising connotations of the name, “progressives” have enjoyed looking back. As early as 1883, Henry Hyndman, the founder of the Social Democratic Federation and populariser of Marxism, insisted that he saw himself as working in a distinctly English radical tradition dating back to the Peasants’ Revolt, the Wars of the Roses and the 16th-century Commotion Time uprisings. “Tyler, Cade, Ball, Kett . . .” he wrote, “read to me like sound English names: not a foreigner in the whole batch. They all held opinions which our capitalist-landlord House of Commons would denounce as direct pla­giarism from ‘foreign revolutionists’. We islanders have been revolutionists, however, and will be again, ignorant as our capitalists are of the history of the people.”

Hyndman made an unlikely heir to the English radical tradition. The son of a rich businessman, he attended Trinity College, Cambridge and played cricket for Sussex, making him probably the only Marxist to have been a first-class right-handed batsman. He funded the Social Democrats almost single-handedly, their fortunes waxing and waning with his investments. A staunch anti-capitalist, he was also a committed patriot, his support for the First World War horrifying many of his colleagues. He stood for parliament five times, losing on everyoccasion, not least because he alienated voters by bombarding them with Virgil – in the original Latin. Even so, his example has echoed down the decades.

In the 1950s and 1960s, the Marxist historians E P Thompson and Christopher Hill celebrated “the long and tenacious revolutionary tradition of the British commoner”, stretching from the Lollards to the Levellers and on to the Chartists and the suffragettes.

Amid the apocalyptic headlines and candle-lit evenings of the three-day week in 1974, Tony Benn immersed himself in books on the English Revolution, lamenting that « the Levellers lost and Cromwell won, and Harold Wilson or Denis Healey is the Cromwell of our day, not me ». Five years ago, promoting his radical English manifesto The Progressive Patriot, the folk singer Billy Bragg told readers that their freedoms « had to be fought for, from the Peasants’ Revolt to the Diggers and the Levellers, to the Chartists and the suffragettes ».

Given that the idea of a radical English tradition is so deeply embedded in the left’s collective memory, it is odd that people keep insisting it has been forgotten. To be fair, Labour in recent years has hardly been a party struggling under the weight of its own nostalgia. Tony Blair often seemed embarrassed even to recall that his party had a history before 1994, and despite Brown’s doctorate in history and eagerness to tell us about his “values”, he rarely harked back to the party’s past. Perhaps it is not surprising that, since their Scottish-educated masters left the stage, Labour’s bright young Englishmen are so keen to look backwards.

And yet it is hard, rereading David Miliband’s hymn of praise to a “specifically English story that points to the battle for social justice born of a proud tradition of personal liberty and independence”, to resist the feeling that this is merely another exercise in myth-making.

In truth, the idea of a golden thread of English radical action, stretching through the generations, is deeply problematic. Much of what we know about England’s most celebrated radical leaders comes from their opponents; after all, Wat Tyler and Jack Cade left no memoirs. As the historian Edward Vallance points out in his brilliantly provocative Radical History of Britain (2009), the idea of a simple « continuum of radicalism » is flawed.

Take, for example, the Peasants’ Revolt of 1381. It was, after all, a tax revolt – something we now associate more with the right than the left – originating in some of England’s most prosperous counties: Essex, Kent and Norfolk. Many of the rebels were not peasants: according to contemporary accounts, the first leader of the protests was a local landowner, Thomas Baker, while another leading agitator, Geoffrey Litster, held the title of bailiff and was a literate local official.

When the protesters arrived in London, they soon became absorbed in what Vallance calls “a carnivalesque orgy of violence and destruction”, particularly targeted at foreigners and immigrants. They are said to have butchered and beheaded 35 Flemish weavers in one street alone. Perhaps this is an exaggeration; even so, the rebels do not sound like the medieval equivalent of Guardian readers.

Look closely at the other early moments in the great radical tradition, and you will find the story is much the same. Jack Cade’s rebellion in 1450 was motivated not by crusading proto-socialist idealism, but by exasperation at Henry VI’s weak government and the loss of England’s conquests abroad. There were plenty of peasants among the rebels, but there were also shopkeepers, craftsmen and landowners, including a knight and two MPs.

Robert Kett – whose anti-enclosures rebellion in Norfolk a century later so impressed Norwich’s Labour aldermen of the 1940s that they put up a plaque in his honour – was a big local landowner and, by the standards of the day, a very rich man. He had even previously enclosed common land, and joined the rebels only after a rival landowner bribed them to smash up his enclosures.

Then there are Tony Benn’s favourite English radicals, the Levellers, whose martyrdom is celebrated every year in the faintly implausible surroundings of the Cotswold town of Burford. To him, these Roundhead ultras “anticipated by a century and a half the main ideas of the American and French Revolutions”.

It is certainly easy to see why the story of the Leveller mutineers, shot by Cromwell in Burford, would appeal to Benn, who spent much of the mid-1970s fulminating against the betrayal of socialism by such well-known conservative figures in Labour as Harold Wilson, James Callaghan and Michael Foot. Unfortunately, the notion of the Levellers as cuddly proto-Marxists has been long since debunked.

Many historians see the civil wars of the 1640s and 1650s as essentially a religious conflict, rather than one comprehensible in modern ideological or economic terms. Far from being an early rehearsal for Labour’s 1983 election manifesto, the 1647 Putney Debates – which were voted the « most neglected radical event in British history » in a recent Guardian competition – consisted largely of detailed discussions about army policy, understandable only within the context of the civil war.

Even the nickname « Levellers » was deeply resented by many of the protesters, who disliked the implication that they were opposed
to private ownership. They had « never had it in [their] thoughts to level men’s estates », wrote their spokesmen John Lilburne, Richard Overton and William Walwyn in 1649.

Finally, whatever Benn might think, there is no evidence that the Levellers influenced subsequent radicals, whether in Britain, France or America. Far from being celebrated, they remained forgotten until the 20th century.

It would be easy to go through the radical pantheon, picking holes and pointing out embarrassing family secrets, from the social arrogance of the Georgian populist John Wilkes (“I have given orders to keep away from the house and gardens all the rabble … You would start at the number of little thefts they make”) to the snobbery of the feminist Mary Wollstonecraft (“I have turned impatiently to the poor . . . but alas! what did I see! a being scarcely above the brutes”). Underpinning much of this, however, is a broader point that should make uncomfortable reading for many progressives. For while we typically see left-wing commitment in terms of enthusiasm for government intervention, most radicals in the English tradition were deeply and instinctively hostile to the state.

Take Thomas Spence, the 18th-century revolutionary who coined the phrase “the rights of man” long before Thomas Paine. Like so many others after him, Spence thought that private ownership of land was the source of England’s woes, but he never contemplated a grand system of centralised state ownership. Instead, he was an avowed localist, arguing that each parish should hold the land in trust: a case, one might think today, of parochialism taken to the extreme.

Indeed, many radicals were far less comfortable with collectivism than the idea of a golden tradition might lead us to think, largely because they had such distrust for the common people. Political associations, wrote the first modern anarchist, William Godwin, in the 1790s, were inherently dangerous: conviviality might easily turn into disorder, and there was “nothing more barbarous, cruel and bloodthirsty than the triumph of a mob”. The task of change, he thought, should be left to “a few favoured minds” – the classic position of the well-born and high-minded. You can imagine Sidney and Beatrice Webb nodding vigorously.

Yet it does not necessarily follow that the modern left has nothing to learn from such forerunners. Although we think of Labour as the liberal-minded, reforming champion of state intervention, it was not ever thus. As another academic, Martin Pugh, pointed out in his bracingly revisionist account of the party’s history published last year, there is a forgotten, pre-1945, even pre-1918 Labour story – just as Maurice Glasman argues. Glasman’s formula “Blue Labour” is well chosen precisely because Conservatives and Conservatism played such an important role in the party’s origins. That may sound odd, because Labour and the Tories are supposed to be implacable enemies. Surely Labour emerged as the working-class heir to Victorian Liberalism, picking up the baton of opposition to the Conservative ruling classes? Not at all. We remember that Foot and Benn came from a long line of Liberal nonconformists, yet often forget that many of Labour’s best-known figures came from public-school Tory, not Liberal, backgrounds.

Clement Attlee, who was educated at Hailey­bury and Oxford, was a Tory until he saw the poverty in the East End after becoming a manager at a children’s charitable foundation in Limehouse in his early twenties. Stafford Cripps, whose father was a Conservative MP, moved to the left only in his twenties, shocked by the plight of what he called “the poor slum-beings”. Hugh Dalton, son of John Neale Dalton, tutor tothe future George V, was another convert. At Eton, he later recalled, he was a “Joe Chamberlainite, a Tory Democrat, a self-confessed imperialist”, but when he went up to King’s College, Cambridge, he fell in with a more left-wing crowd, among them John Maynard Keynes, and became a keen member of the Fabian Society. Hugh Gaitskell came from a Conservative-voting family, as did Blair, the son of a Conservative Party activist in the north-east of England.

Seen in the light of the political journeys many Labour titans have made, talk of Blue Labour seems rather less outlandish. And there is more. In its early years, Labour often seemed a markedly conservative rather than socialist party. At the very first meeting of the Independent Labour Party in 1893, Ben Tillett, the future TUC president and MP for Salford, warned that if it was to be called “the Socialist Party he would repudiate it”. “The great mass of British workmen,” the meeting agreed, “do not understand Socialism and have rather a prejudice against it.” Other pioneers held similarly robust views, not least the supremely conser­vative socialist Robert Blatchford, whose bestselling left-wing manifesto Merrie England, published the following year, traduced “lily-livered Methodists”.

As David Marquand put it in the New Statesman last April, early socialists such as Blatchford « drew on a long line of working-class Toryism: a rollicking, rambunctious, fiercely patriotic and earthy tradition, at odds both with the preachy nonconformist conscience that saturated the culture of provincial liberalism and with the patronising, ‘we-know-best’ preconceptions of metropolitan intellectuals ».

Even at this early stage, they dreaded the influence of the well-meaning, clean-living recruits flooding over from the Liberal Party. If the ex-Liberals could select a king, warned Tillett, “he would be a feminist, a temperance crank, a nonconformist charlatan . . . an anti-sport, an anti-jollity advocate, a teetotaller, as well as a general wet blanket”. We can all think of people like that, some of them not so far away from the Labour leadership.

In this context, Blue Labour’s evocations of English voluntarism and self-help sound less like heretical borrowings from Margaret That­cher’s old speechwriters and more like a throwback to Labour’s early days.

The hard-drinking Ernest Bevin, a patriotic West Countryman who said that his foreign policy was to “take a ticket at Victoria Station and go anywhere I damn well please”, and who insisted that Britain have its own nuclear deterrent with a “bloody Union Jack on top of it”, would no doubt have agreed with Glasman’s prescription that, to win in England, Labour must wrap itself in “family, faith and the flag”.

The truth is that Glasman’s talk of « reciprocity, mutuality and solidarity », and even his vaguely Daily Mail-ish noises about the challenge of immigration in white working-class neighbourhoods, probably echo Labour’s founding values more closely than the anguish of the liberal elite. The academic is withering about the left’s record after 1945, which he calls « elitist, managerial [and] bureaucratic ». However, it was this managerial and bureaucratic mindset that built hundreds of thousands of homes, established the National Health Service and virtually eradicated the extreme poverty and disease that had blighted many lives before the Second World War.

All the same, it is hard to resist the feeling that Labour still suffers too much from a kind of knee-jerk Fabianism, preferring to meddle from Whitehall rather than to enable people to help themselves locally. To pick one small but telling example, we often forget that it was Harold Wilson’s 1970s Labour government that first toyed with the idea of allowing tenants to buy their council houses, even going so far as to have it discussed among ministers.

Years later, Wilson’s senior policy adviser Bernard Donoughue reflected that he had been desperate to give people “the freedom to decorate their homes as they wished and, very important, to move in pursuit of employment . . . It infuriated me when I raised this issue with my local Kentish Town Labour Party and was dismissed out of hand by a bunch of mainly left-wing activists, many of whom were prosperously middle-class and enjoyed the benefits of owning their own homes in nearby Hampstead and Camden Town.”

This was Blatchford and the Methodists all over again. The Methodists won; council house sales were shelved because they were deemed inegalitarian. “It was an own goal,” Donou­ghue’s Downing Street colleague Gavyn Davies conceded. “A monumental own goal.” Selling council houses – which would have allowed Wilson and his colleagues to plough the proceeds back into more social housing for the poor – is exactly the kind of counter-intuitive policy that their 21st-century successors need in order to rebuild their support in the English south and Midlands. For if the Labour leadership is serious about winning back even half of the four million English voters lost since 1997, sentimental evocations of a romanticised, radical tradition, or fond reminiscences of the Tolpuddle Martyrs and the miners’ strike, will not be enough.

Instead, a healthy scepticism about the capacity of the state, a renewed enthusiasm for localism and self-help and respect for working-class anxieties would go a long way. Contrary to what we often think, these values are not alien to the Labour Party’s history or to the English radical tradition; they are part of their DNA. Strange as it may sound, if the party of the left wants to reconnect with its heritage and win again in England, it needs to rediscover its forgotten conservatism.

Dominic Sandbrook is a contributing writer of the New Statesman

Voir de plus:

Laure Mandeville: «Entre le vote Trump et le vote Johnson, un saisissant parallèle»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Les deux hommes appartiennent à l’élite «libérale» de leur pays, mais se sont définis en patriotes réalistes.

Laure Mandeville
Le Figaro

En juin 2016, le coup de tonnerre du Brexit avait précédé l’ouragan Trump, révélant le caractère transatlantique de la révolte nationaliste et populiste
qui souffle sur l’Occident. Trois ans plus tard, la retentissante victoire de Boris Johnson annonce-t-elle à son tour une nouvelle prouesse de Donald Trump en novembre 2020?

Beaucoup en Amérique accueillent l’idée avec horreur, mais certains commencent à envisager sérieusement l’hypothèse, en observant l’obstination avec laquelle ses électeurs lui restent fidèles, de la même manière que les électeurs du Brexit sont restés fidèles à leur désir de «sortir» de l’Union européenne. Les dérapages de Trump et les gigantesques efforts de ses adversaires pour lui ôter toute légitimité sont loin d’avoir fait bouger les lignes, peut-être même le contraire, à en croire de récents sondages favorables au président américain. Au Royaume-Uni, le slogan résolu de Boris Johnson, «Faisons le Brexit», a de son côté fait merveille, malgré tous les efforts des partisans du maintien dans l’Union qui voirnt leur rêve de « nouveau référendum » à nouveau fracassé.

« Le Brexit et Trump étaient inextricablement liés en 2016 et ils sont inextricablement liés aujourdhui. Johnson annonce une grande victoire de Trump. Les classes populaires sont fatiguées de leurs élitesde new York, de Londres et de Bruxelles; qui leur expliquent comment vivre et comment faire. (…) Si les démocrates n’en tirent pas les leçons, Trump voguera vers une victoire à la Reagan en 1984, déclare l’idéologue du national-populisme américain Steve Bannon à l’éditorialiste du New York Times Roger Cohen », qui semble partager à contrecoeur partager son pronostic.

Même si on fait difficilement plus américain que Donald Trump, ni plus britannique que Boris Johnson, il y a incontestablement des parallèles saissssants entre les deux hommes et ils sont loin de se limiter à leur tignasse blonde, qui fait le régal des photographes. Premier point commun, les deux hommes appartiennent à l’élite « libérale » de leur pays, mais se sont définis en patriotes réalistes, surfant sur le désir viscéral du retour à la nation de l’électorat et offrant la promesse d’un pays « reprenant le contrôle » de son destin. Tous deux ont également joué de leurs personnalités hétérodoxes et charismatiques pour passer allègrement le Rubicon du politiquement correct et se poser en défenseurs du « petit peuple », grand perdant de la globalisation et de l’ouverture des frontières à l’immigration. Allant à rebours de la doxa du libre-échange pur et dur, ils ont engagé à la hussarde une redéfinition révolutionnaire de l’ADN de leur partis respectifs, instaurant un virage à gauche sur la question du commerce et du protectionnsime, tout en se situant à droite sur les questions sociétales et culturelles. La carte de leur électorat s’en trouve alors métamorphosée par le ralliement à la bannière conservatrice de régions traditonnellement acquises au Labour britannique ou au parti démocrate américain. De ce point de vue, l’humeur de la classe ouvrière des midlands et du nord de l’Angleterre est presque un copié-collé du ressenti des ouvriers déclassés de l’industrie sidérurgique d l’Ohio ou de la Pennsylvannie. Boris comme Donald ont aussi séduit les petites villes et le pays rural, ce pays dit « périphérique » qui est en réalité « majoritaire », rappelle Christophe Guilluy. « Avec Johnson, on se retrouve paradoxalement avec une bonne chance d’avoir une soicial-démocratie modérée », note l’essayiste David Goodhart.

Comme steve Bannon, l’intellectuel anglais n’exclut pas que la vicroire de Johnson soit, comme le brexit en 2016, ‘l’indicateur d’une tendance capable de se répéter à nouveau outre-Atlantique ». Dans les deux cas, les deux hommes ont été incroyablement sous-estimés par leurs adversaires et les observateurs, qui les ont volontiers présentés comme des clowns, souligne l’intellectuel. Mais Boris Johnson n’a pas « le caractère brutal de Trump et son côté incontrôlable », insiste Goodhart. Il offre de ce point de vue « un visage otpimiste et décent » à la révolte populiste et montre à la droite européenne qu’ « il est possible de la chevaucher sans quelle dérive vers quelque chose d’illibéral ». C’est une bonne nouvelle », conclut-il.

Voir encore:

Boris Johnson and the Coming Trump Victory in 2020
In the postindustrial wasteland, the working class embraced an old Etonian mouthing about unleashed British potential.
Roger Cohen
NYT
Dec. 13, 2019

Donald Trump, in his telling, could have shot somebody on Fifth Avenue and won. Boris Johnson could mislead the queen. He could break his promise to get Britain out of Europe by Oct. 31. He could lie about Turks invading Britain and the cost of European Union membership. He could make up stories about building 40 new hospitals. He could double down on the phantom $460 million a week that Brexit would deliver to the National Health Service — and still win a landslide Tory electoral victory not seen since Margaret Thatcher’s triumph in 1987.

The British, or at least the English, did not care. Truth is so 20th century. They wanted Brexit done; and, formally speaking, Johnson will now take Britain out of Europe by Jan. 31, 2020, even if all the tough decisions on relations with the union will remain. Johnson was lucky. In the pathetic, emetic Jeremy Corbyn, the soon-to-depart Labour Party leader, he faced perhaps the worst opposition candidate ever. In the Tory press, he had a ferocious friend prepared to overlook every failing. In Brexit-weary British subjects, whiplashed since the 2016 referendum, he had the perfect receptacle for his “get Brexit done.”

Johnson was also skillful, blunting Nigel Farage’s far-right Brexit Party, which stood down in many seats, took a lot of Labour votes in the seats where it did run, and ended up with nothing. The British working class, concentrated in the Midlands and the North, abandoned Labour and Corbyn’s socialism for the Tories and Johnson’s nationalism.

In the depressed provinces of institutionalized precariousness, workers embraced an old Etonian mouthing about unleashed British potential. Not a million miles from blue-collar heartland Democrats migrating to Trump the millionaire and America First demagogy.

That’s not the only parallel with American politics less than 11 months from the election. Johnson concentrated all the Brexit votes. By contrast, the pro-Remain vote was split between Corbyn’s internally divided Labour Party, the hapless Liberal Democrats, and the Scottish National Party. For anybody contemplating the divisions of the Democratic Party as compared with the Trump movement’s fanatical singleness of purpose, now reinforced by the impeachment proceedings, this can only be worrying.

The clear rejection of Labour’s big-government socialism also looks ominous for Democrats who believe the party can lurch left and win. The British working class did not buy nationalized railways, electricity distribution and water utilities when they could stick it to some faceless bureaucrat in Brussels and — in that phrase as immortal as it is meaningless — take back their country.

It’s a whole new world. To win, liberals have to touch people’s emotions rather than give earnest lessons. They have to cease being arid. They have to refresh and connect. It’s not easy.

Facebook reaches about one-third of humanity. It is more powerful than any political party — and it’s full of untruths, bigotry and nonsense. As Sacha Baron Cohen, the British actor, said last month of the social media behemoths: “The truth is that these companies won’t fundamentally change because their entire business model relies on generating more engagement, and nothing generates more engagement than lies, fear and outrage.”

That’s the story of Brexit, a national tragedy. That’s the story of Johnson, the man of no convictions. That’s the story of Trump, who makes puppets of people through manipulation of outrage and disregard for truth. That’s the story of our times. Johnson gets and fits those times better than most. He’s a natural.

“Brexit and Trump were inextricably linked in 2016, and they are inextricably linked today,” Steve Bannon told me. “Johnson foreshadows a big Trump win. Working-class people are tired of their ‘betters’ in New York, London, Brussels telling them how to live and what to do. Corbyn the socialist program, not Corbyn the man, got crushed. If Democrats don’t take the lesson, Trump is headed for a Reagan-like ’84 victory.”

I still think Trump can be beaten, but not from way out left and not without recognition that, as Hugo Dixon, a leader of the now defeated fight for a second British referendum, put it: “There is a crisis of liberalism because we have not found a way to connect to the lives of people in the small towns of the postindustrial wasteland whose traditional culture has been torn away.”

Johnson, even with his 80-seat majority, has problems. His victory reconciled the irreconcilable. His moneyed coterie wants to turn Britain into free-market Singapore on the Thames. His new working-class constituency wants rule-Britannia greatness combined with state-funded support. That’s a delicate balancing act. The breakup of Britain has become more likely. The strong Scottish National Party showing portends a possible second Scottish referendum on independence.

This time I would bet on the Scots bidding farewell to little England. And then there’s the small matter of what Brexit actually means. Johnson will need all his luck with that.

As my readers know, I am a passionate European patriot who sees the union as the greatest achievement of the second half of the 20th century, and Britain’s exit as an appalling act of self-harm. But I also believe in democracy. Johnson took the decision back to the people and won. His victory must be respected. The fight for freedom, pluralism, the rule of law, human rights, a free press, independent judiciaries, breathable air, peace, decency and humanity continues — and has only become more critical now that Britain has marginalized itself irreversibly in a fit of nationalist delusion.

Voir enfin:

Britain’s election
Victory for Boris Johnson’s all-new Tories

The Conservatives’ capture of the north points to a realignment in British politics. Will it last?

The Economist
December 13, 2019
Britain’s election on December 12th was the most unpredictable in years—yet in the end the result was crushingly one-sided. As we went to press the next morning, Boris Johnson’s Conservative Party was heading for a majority of well over 70, the largest Tory margin since the days of Margaret Thatcher. Labour, meanwhile, was expecting its worst result since the 1930s. Mr Johnson, who diced with the possibility of being one of Britain’s shortest-serving prime ministers, is now all-powerful.
 
The immediate consequence is that, for the first time since the referendum of 2016, it is clear that Britain will leave the European Union. By the end of January it will be out—though Brexit will still be far from “done”, as Mr Johnson promises. But the Tories’ triumph also shows something else: that a profound realignment in British politics has taken place. Mr Johnson’s victory saw the Conservatives taking territory that Labour had held for nearly a century. The party of the rich buried Labour under the votes of working-class northerners and Midlanders.
 
After a decade of governments struggling with weak or non-existent majorities, Britain now has a prime minister with immense personal authority and a free rein in Parliament. Like Thatcher and Tony Blair, who also enjoyed large majorities, Mr Johnson has the chance to set Britain on a new course—but only if his government can also grapple with some truly daunting tasks.
 
Mr Johnson was lucky in his opponent. Jeremy Corbyn, Labour’s leader, was shunned by voters, who doubted his promises on the economy, rejected his embrace of dictators and terrorists and were unconvinced by his claims to reject anti-Semitism.
 
But the result also vindicates Mr Johnson’s high-risk strategy of targeting working-class Brexit voters. Some of them switched to the Tories, others to the Brexit Party, but the effect was the same: to deprive Labour of its majority in dozens of seats.
 
Five years ago, under David Cameron, the Conservative Party was a broadly liberal outfit, preaching free markets as it embraced gay marriage and environmentalism. Mr Johnson has yanked it to the left on economics, promising public spending and state aid for struggling industries, and to the right on culture, calling for longer prison sentences and complaining that European migrants “treat the UK as though it’s basically part of their own country.” Some liberal Tories hate the Trumpification of their party (the Conservative vote went down in some wealthy southern seats). But the election showed that they were far outnumbered by blue-collar defections from Labour farther north.
 
This realignment may well last. The Tories’ new prospectus is calculated to take advantage of a long-term shift in voters’ behaviour which predates the Brexit referendum. Over several decades, economic attitudes have been replaced by cultural ones as the main predictor of party affiliation. Even at the last election, in 2017, working-class voters were almost as likely as professional ones to back the Tories. Mr Johnson rode a wave that was already washing over Britain. Donald Trump has shown how conservative positions on cultural matters can hold together a coalition of rich and poor voters. And Mr Johnson has an extra advantage in that his is unlikely to face strong opposition soon. Labour looks certain to be in the doldrums for a long time. The Liberal Democrats had a dreadful night in which their leader, Jo Swinson, lost her seat.
 
Yet the Tories’ mighty new coalition is sure to come under strain. With its mix of blue collars and red trousers, the new party is ideologically incoherent. The northern votes are merely on loan. To keep them Mr Johnson will have to give people what they want—which means infrastructure, spending on health and welfare, and a tight immigration policy. By contrast, the Tories’ old supporters in the south believe that leaving the EU will unshackle Britain and usher in an era of freewheeling globalism. Mr Johnson will doubtless try to paper over the differences. However, whereas Mr Trump’s new coalition in America has been helped along by a roaring economy, post-Brexit Britain is likely to stall.
 
Any vulnerabilities in the Tories’ new coalition will be ruthlessly found out by the trials ahead. Brexit will formally happen next month, to much fanfare. Yet the difficult bit, negotiating the future relationship with Europe, lies ahead. The hardest arguments, about whether to forgo market access for the ability to deregulate, have not begun. Mr Johnson will either have to face down his own Brexit ultras or hammer the economy with a minimal EU deal.
 
As he negotiates the exit from one union he will face a crisis in another. The Scottish National Party won a landslide this week, taking seats from the Tories, and expects to do well in Scottish elections in 2021. After Brexit, which Scots voted strongly against, the case for an independence referendum will be powerful. Yet Mr Johnson says he will not allow one. Likewise in Northern Ireland, neither unionists nor republicans can abide the prime minister’s Brexit plans. All this will add fuel to a fight over whether powers returning from Brussels reside in Westminster or Belfast, Cardiff and Edinburgh. The judiciary is likely to have to step in—and face a hostile prime minister whose manifesto promises that the courts will not be used “to conduct politics by another means or to create needless delays”.
 
Led all that way for birth or death?
There is no doubting the strength of Mr Johnson’s position. He has established his personal authority by running a campaign that beat most expectations. His party has been purged of rebels, and their places taken by a new intake that owes its loyalty to him personally. Having lost control of Parliament for years, Downing Street is once more in charge.
 
Mr Johnson will be jubilant about the scale of his victory, and understandably so. But he should remember that the Labour Party’s red wall has only lent him its vote. The political realignment he has pulled off is still far from secure.

 


Iran: Quel soulèvement national ? (Iranian thugs shoot unarmed protesters in Lebanon, Iraq and now Iran itself and guess who the whole world keeps denouncing ?)

19 novembre, 2019


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Les Iraniens sont dans les rues et manifestent contre le régime. Récemment, les mollahs ont perdu tous leurs alliés en raison de leurs tentatives de déstabilisation du Moyen-Orient et leur volonté permanente d’agiter les marchés pétroliers pour forcer leurs adversaires à capituler. Manquant de tout notamment de carburant pour produire de l’électricité nécessaire à leur régime et leur sécurité, ils ont repris le projet de paupérisation du peuple pour préserver les stocks existants de vivres et de carburant en augmentant par surprise le vendredi 15 novembre 2019 le prix du carburant de 300%. Les Iraniens dépités par cette décision inhumaine qui allait aggraver leur misère sont descendus dans la rue en attaquant les sièges de la milice du régime avec la ferme intention de mettre fin au pouvoir des mollahs et leurs associés. Le prince Reza Pahlavi qui est très aimé en Iran a apporté son soutien à ce mouvement et a appelé les forces de l’ordre à en faire autant. Sa mère, la reine Farah Pahlavi, encore plus populaire, en raison de la gigantesque popularité de son mari (le Shah d’Iran) et de son père, Reza Shah Reza Shah, depuis plusieurs années et aussi en raison des épreuves familiales qu’elle a endurées, a aussi apporté son soutien au peuple. Trump a aussi apporté son soutien au peuple, mais en revanche hélas pas les Européens. Cependant, les miliciens de base du régime se sont gardés de le défendre. Grâce à leur passivité bienveillante, il y a désormais des manifestations hostiles au régime dans tout le pays. Les rares miliciens fidèles au régime sont débordés. La chute du régime est vue comme possible à court terme. Le régime a coupé l’internet pour limiter le transfert des informations via les réseaux sociaux, mais les Iraniens se débrouillent et ont envoyé quelques vidéos pour montrer qu’ils comptaient continuer jusqu’à la chute du régime. Les rares miliciens restés fidèles au régime ne parviennent pas à contenir les manifestants. Le régime désespéré par le manque de sa capacité à réprimer les Iraniens leur envoie des SMS pour les avertir qu’ils pourraient les arrêter. Chers lecteurs français. Nous avons besoin de vous. Vos dirigeants ainsi que leurs collègues européens ne font rien pour aider la chute des mollahs. Nous comptons sur vous pour mettre fin à leur passivité car en dehors des considérations humanistes, la chute des mollahs, patrons du terrorisme islamique et de la propagande intégriste, permettra de sauver votre pays et de nombreux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient que vous aimez. Iran Resist
Les Iraniens sont dans les rues et manifestent contre le régime après une très forte hausse du carburant de 300% destinée à entraîner une forte hausse de tous les prix. Il y a une semaine, nous vous avons expliqué que les mollahs n’avaient plus d’alliés car les Irakiens et les Libanais se sont soulevés contre le Hezbollah et Russie et la Syrie se sont rapprochés de Trump… Dès lors, en attendant le succès de leurs provocations intimidantes ou un changement de la conduite du Hezbollah, les mollahs, manquant d’alliés pour obtenir des produits alimentaires qu’ils ont cessé de produire, de fait confrontés à un risque plus élevé de pénuries et d’émeutes, ont continué à ne pas payer les ouvriers et de nombreux fonctionnaires ou retraités pour limiter leur pouvoir d’achat afin d’éloigner les pénuries et les émeutes qu’elles provoqueraient. Ces mesures qui comme toujours punissaient le peuple sans peser sur les responsables du régime et les dévier de leur terrorisme régional ont renforcé la contestation du régime par les ouvriers et les fonctionnaires iraniens. Les routiers les ont aussi rejoints. Même des proches du régime rassemblés à Yazd pour applaudir Rohani l’ont hué à en début de la semaine dernière. La semaine dernière, ils ont aussi prélevé 1000 dollars sur les comptes d’épargne de tous les Iraniens notamment leurs cadres administratifs qu’ils avaient déjà siphonnés il y a un an en annulant les épargnes déposées dans des organismes de crédit. Le résultat a été le boycott interne de l’anniversaire de la prise de l’ambassade américaine : moins de 200 personnes à Téhéran et rien dans les autres villes car on a seulement vu des images pour Ardabil et il s’agissait des images d’archive étant donné que les gens étaient en chemisette alors que la température était de seulement 1° ! Les mollahs ont alors cherché à provoquer la panique dans la région en parlant de nouvelles armes disponibles pour les Houthis et le Hezbollah et d’un plus fort taux d’enrichissement pour faire reculer Trump et ses nouveaux alliés. Mais ils ont échoué et ont une la confirmation de leur isolement car le Hezbollah s’est gardé de les soutenir. La soudaine chute des températures il y deux jours parfois jusqu’à -12° les a exposés à une explosion de la consommation des carburants qu’ils ne produisent plus depuis des années pour en acheter aux pays industrialisés afin d’acheter leur soutien. Les mollahs, certains de ne pouvoir trouver de carburant pour l’alimentation des centrales thermiques qui produisent l’essentiel de l’énergie en Iran, ont intensifié le rationnement de l’essence en augmentant son prix de 1000 à 1500 tomans (+50%) pour une consommation limitée à 60 litres pour les particuliers et à 400 litres pour les taxis. Ils ont aussi fixé le prix à 3000 tomans (+200%) pour une consommation hors ces rations. Ils ont ainsi imposé indirectement une hausse de 50 à 200 % à tous les produits nécessitant des livraisons (essentiellement les produits alimentaires) et ont tenté de duper les Iraniens en affirmant qu’ils allaient leur distribuer les revenus de cette hausse !!! Les gens n’ont pas été dupes et ont immédiatement investi les rues en criant leur haine des mollahs et ont attaqué les dépôts de carburants des mollahs ainsi que les postes de la police ou les bureaux des renseignements de la milice ! Les mollahs n’ont pas trouvé assez de miliciens de base pour se défendre. On a même vu une vidéo d’un commandant de la police affirmant aux manifestants qui l’appelaient à les rejoindre qu’il était leur serviteur ! Le refus des miliciens de la police ou l’armée de frapper les manifestants a souligné la fragilité de leur régime ! Les mollahs ont demandé au peu de miliciens insolvables qui leur sont fidèles en raison de passé de tortionnaires d’intervenir et de tirer sur les manifestants. À l’heure actuelle, selon les nouvelles, il y aurait au moins 300 blessés et plus d’une vingtaine de morts dans plusieurs villes du pays. Depuis le régime est en état d’alerte au point que certains mollahs ont pris la défense du peuple après avoir été parmi ses bourreaux et ses voleurs pendant 40 ans ! Voici d’autres images du régime en danger et le peuple en révolte pour s’en débarrasser… Aidez-les svp en diffusant ces nouvelles sur tous les réseaux sociaux. Iran Resist
Protests have erupted across Iran after the government unexpectedly announced it was rationing petrol and increasing its price. At least one person has been killed and others injured in the violence. Officials say the changes, which have seen prices rise by at least 50%, will free up money to help the poor. Iran is already suffering economically due to stiff sanctions imposed by the US after Washington decided to pull out of the 2015 Iran nuclear deal. Protests erupted hours after the new policies were announced on Friday – with fresh demonstrations on Saturday in some cities. Fresh protests were held Saturday in the cities of Doroud, Garmsar, Gorgan, Ilam, Karaj, Khoramabad, Mehdishahr, Qazvin, Qom, Sanandaj, Shahroud and Shiraz, Irna reported. Footage posted on social media suggest other people may have been killed on Saturday. The semi-official Isna news agency reported that security officials have threatened to legally pursue social media users who were sharing footage online. On both days there were reports of angry motorists blocking some roads by turning off car engines or abandoning vehicles in traffic. Videos posted online purportedly showed motorists in the capital, Tehran, stopping traffic on the Imam Ali Highway and chanting for the police to support them. Another clip shows what appeared to be a roadblock across the Tehran-Karaj motorway, hit by the season’s first heavy snowfall. Other videos spreading online show clashes between security forces and protesters, and banks burning in several cities. Some pictures appeared to show police stations aflame in the southern city of Shiraz. Under the new fuel measures, each motorist is allowed to buy 60 litres (13 gallons) of petrol a month at 15,000 rials ($0.13; £0.10) a litre. Each additional litre then costs 30,000 rials. Previously, drivers were allowed up to 250 litres at 10,000 rials per litre, AP reports. The revenues gained from removing subsidies on petrol will be used for cash payments to low-income households, the government says. BBC
L’ancien système fondé sur les appartenances ethniques et religieuses ne fonctionne plus. Aujourd’hui la répartition de la population a changé et l’équilibre du pouvoir n’est plus le même entre les trois communautés du Liban : les chiites, les sunnites et les chrétiens. C’est vrai que ce système a fonctionné pendant longtemps, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. À cela s’ajoute également le fait qu’une grande partie des hommes politiques libanais sont à la fois corrompus et incompétents, incapables de gérer correctement les affaires du pays. C’est le cas aussi en Irak, où les dirigeants politiques sont gangrenés par la corruption. (…) Le Hezbollah sait qu’il va tout perdre en cas d’un véritable changement politique dans le pays. Le parti chiite a gagné la sympathie des Libanais en tenant tête à Israël. Mais il s’est montré incapable de gérer les affaires politiques du pays en temps de paix, il a donc perdu sa popularité. Les agents du Hezbollah sont peut-être de bons soldats, mais ils n’ont aucune compétence sur les plans politique, économique et social, comme d’ailleurs leurs frères iraniens. Le parti de Hassan Nassrallah est aussi corrompu et nul que les ayatollahs de Téhéran lorsqu’il s’agit de gérer les intérêts nationaux de leur pays. (…) La République islamique n’est pas de taille pour pouvoir imposer son ingérence dans la région. L’Iran d’aujourd’hui est un pays en plein chaos politique et économique à cause de quarante ans de politique belliqueuse de ses dirigeants et de leur incompétence légendaire en matière de gestion des affaires internes du pays. Ils ont plutôt intérêt à s’occuper de leur pays au lieu de s’ingérer dans le système politique des pays de la région comme l’Irak et le Liban. Les ayatollahs de Téhéran n’ont ni la capacité ni la légitimité de le faire. Les contestations massives des Libanais et des Irakiens montrent à quel point les peuples ne veulent pas de l’ingérence de la République islamique dans leur pays. Et cela est précisément en harmonie avec ce que les Iraniens ont toujours demandé de leurs dirigeants : Que faites-vous en Irak, au Liban, en Syrie ou ailleurs ? Pourquoi vous lapidez notre richesse ailleurs ? Pour les manipuler, pour semer les troubles chez eux ? Il s’agit d’une incompréhension totale des Iraniens envers les ayatollahs corrompus de Téhéran. En Iran, les gens ne peuvent pas exprimer leur colère face à un régime qui les réprime, qui les tue et qui verrouille toute possibilité de révolte politique populaire. C’est pour ça que les Iraniens jubilent en voyant ce qui se passe en Irak et au Liban. (…) La région est en train de sortir du système de gouvernance fondé sur les communautés ethniques et religieuses. Les Libanais ont pris conscience de cela. De même pour les Irakiens. Les manifestations au Liban et en Irak sont d’ordre éminemment politique et dévoilent la force de l’identité nationale, au-delà de toute appartenance ethnique ou religieuse. » Mahnaz Shirali
La police va massacrer les gens sur le campus. C’est Tiananmen bis. On ne sait pas du tout comment aider ceux restés sur place. On essaie tout ce qu’on peut, on essaie juste de gagner du temps. Jeune Hongkongaise
With virtually no chance Senate Republicans will vote to remove President Trump from office, House Democrats’ drive for impeachment is more likely aimed at creating a deluge of negative daily headlines hoping to cripple Trump going into next year’s election. If that is indeed Democrats’ goal, then the three broadcast networks are doing everything they can to help achieve this partisan objective… But while media coverage of the U.S. mission against al-Baghdadi was mostly positive, the President’s role in it was not. Out of nine evaluative statements about the President himself, two-thirds (67%) were negative. These focused on his refusal to brief congressional leaders, as well as his belittling description of the cruel ISIS leader’s last moments (“He died like a dog….He died like a coward….Whimpering, screaming and crying.”) “It’s possible that President Trump’s bellicose language about the manner in which he died could actually inspire some ISIS fighters to retaliate,” NBC’s Courtney Kube speculated on the October 27 Nightly News. (…) Silent on Economic Success: Despite record highs in the stock market and a fifty-year low in the unemployment rate, the President’s handling of the economy was given a stingy 4 minutes, 6 seconds of airtime during these six weeks, or less than one percent of all Trump administration news (645 minutes). Impeachment Diverting Airtime from 2020 Democrats: TV’s heavy coverage of impeachment has essentially smothered coverage of the Democratic presidential race, which drew a meager 110 minutes of coverage during these six weeks — barely a third of the airtime granted to the 2016 campaign during these same weeks in 2015 (312 minutes). Nearly half of this year’s campaign coverage (51 minutes) was about Joe Biden, his son and the Ukraine, leaving only 59 minutes for non-impeachment related topics. The next most-covered campaign event, Bernie Sanders’ heart attack, drew just 16 minutes of airtime. Boosting Biden: But when it came his Ukraine dealings, Biden has received the best press of his campaign (71% positive), as some journalists repeated a mantra that “there is no evidence of any wrongdoing” (ABC’s Jon Karl, September 24), while others traveled to the Ukraine to make the same point. “Did you ever see any evidence of wrongdoing by Joe Biden,” CBS’s Roxana Saberi asked an ex-deputy prosecutor. “Never, ever,” came the reply… Newsbusters
According to a recent Reuters/Ipsos poll, 36 percent of independents said they did not watch, read, or hear anything about the hearings. Of the 64 percent of independents who have paid some attention to the hearings, only 19 percent actually watched them. Seventeen percent said they watched or listened to news summaries, and 30 percent said they read or listened to news summaries. While the poll shows that most independents are paying attention, it also shows that they are not as engaged as other demographics.The poll showed that Democrats were the most engaged demographic — with 35 percent watching or listening to the hearing compared to only 26 percent of Republicans. And more Democrats than Republicans and independents watched, listened to, or read news summaries about the hearings. That could be bad news for Democrats who are hoping the hearings will sway the American public and persuade Republicans in the Senate to support impeachment. It could also be good news for Republicans, who do not think the American people care to tune into the hearings, which have often turned into history lessons on U.S.-Ukraine relations. Breitbart
Demander aux distributeurs d’ajouter « colonie israélienne » sur les produits en provenance « de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du Golan » relève d’un traitement discriminatoire appliqué au seul État d’Israël alors que de nombreux autres pays sont concernés par des conflits territoriaux similaires. Au moment où la paix dans la région est un enjeu essentiel, cette décision qui vise à isoler Israël ne répond pas à l’impartialité nécessaire pour prétendre jouer un rôle constructif et aura pour conséquence certaine le ralentissement des initiatives économiques dans ces territoires et un appauvrissement des Palestiniens qui travaillent dans ces entreprises. Le Crif rappelle que l’obsession anti-israélienne contribue à l’importation du conflit en France et attise la haine. Pour Francis Kalifat, Président du Crif, cette décision discriminatoire ne va pas dans le sens de l’apaisement et renforce le mouvement illégal BDS qui déverse sa haine et sa détestation d’Israël, appelant au mépris de la loi, au boycott et à la dé légitimation du seul état du peuple juif, pratiquant ainsi un antisionisme obsessionnel qui véhicule la forme moderne de l’antisémitisme. CRIF (29.11.2016)
Imposer l’étiquetage de produits israéliens alors qu’on ne le fait pas pour des denrées fabriquées au Tibet, à Chypre-Nord ou en Crimée, cela s’appelle de la discrimination. Ce type de décision est de nature à encourager ceux qui appellent au boycott pur et simple d’Israël, et à conforter leur obsession antisioniste. Francis Kalifat (CRIF)
C’est la fin d’une ambiguïté. Dans un arrêt rendu mardi à Luxembourg, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a tranché que les denrées alimentaires produites dans les colonies israéliennes de Cisjordanie et commercialisées sur le continent devront à l’avenir porter la mention explicite de leur origine. Cette décision est applicable non seulement en France, où le ministère des Finances avait pris les devants en réclamant un tel étiquetage dès novembre 2016, mais aussi dans les nombreux pays européens qui hésitaient jusqu’à présent à le mettre en œuvre. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a aussitôt dénoncé un arrêt «inacceptable à la fois moralement et en principe». «J’ai l’intention de travailler avec les ministres des Affaires étrangères européens afin d’empêcher la mise en œuvre de cette politique profondément erronée», a-t-il ajouté. Saeb Erekat, le négociateur en chef de l’Organisation de libération de la Palestine, s’est au contraire réjoui. «Nous appelons tous les pays européens à mettre en oeuvre cette obligation légale et politique», a-t-il déclaré, ajoutant : «Nous ne voulons pas seulement que ces produits soient uniquement identifiés comme provenant de colonies illégales, mais souhaitons qu’ils soient bannis des marchés internationaux». Plus de 400.000 Israéliens vivent dans la centaine de colonies de peuplement aménagées après la conquête de la Cisjordanie lors de la guerre des Six-Jours, en juin 1967. La communauté internationale considère, dans sa grande majorité, que l’occupation de ce territoire est illégale (ce que l’Etat hébreu conteste) et appelle à y créer un Etat palestinien, dans un cadré négocié. En l’absence de processus de paix, les ministres européens des Affaires étrangères sont tombés d’accord en 2011 pour promouvoir une politique de «différenciation» entre les denrées fabriquées dans les frontières d’Israël et celles qui sont produites en Cisjordanie occupée. En novembre 2015, la Commission européenne a fait un pas de plus en demandant aux Etats membres d’identifier celles-ci par un étiquetage explicite. Initiative aussitôt condamnée par les autorités israéliennes. Rejetant le principe même d’une telle différenciation, les viticulteurs de Psagot, une colonie édifiée en lisière de Ramallah, croyaient sans doute frapper un coup de maître lorsqu’ils saisirent la CJUE en juillet 2018. Objet de leur démarche : faire annuler le texte réglementaire par lequel la France a réclamé en novembre 2016 l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies. A court terme, l’initiative permet de geler son application. Mais elle va vite se retourner contre eux. En juin 2019, l’avocat général de la Cour, Gérard Hogan, prend fait et cause pour l’étiquetage. « De même que de nombreux consommateurs européens étaient opposés à l’achat de produits sud-africains à l’époque de l’apartheid avant 1994, écrit-il, les consommateurs d’aujourd’hui peuvent, pour des motifs similaires, s’opposer à l’achat de produits en provenance d’un pays donné ». Dans son arrêt rendu mardi, la CJUE estime que les denrées alimentaires produites dans des territoires occupés par l’Etat d’Israël devront dorénavant « porter la mention de leur territoire d’origine, accompagnée, lorsque ces denrées proviennent d’une colonie israélienne à l’intérieur de ce territoire, de la mention de cette provenance ». Il s’agit, précise la Cour, d’éviter toute ambiguïté susceptible d’«induire les consommateurs en erreur». «L’information doit permettre à ces derniers de se décider en toute connaissance de cause et dans le respect non seulement de considérations sanitaires, économiques, écologiques ou sociales, mais également d’ordre éthique ou ayant trait au respect du droit international». En saisissant une juridiction européenne qui s’était jusqu’à présent tenue à l’écart du dossier, les colons israéliens ont en quelque sorte marqué un but contre leur camp. Sa décision a en effet vocation à s’appliquer dans tous les Etats membres. Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, qui s’était associé à la démarche des viticulteurs de Psagot, a exprimé mardi sa «grande déception». «Imposer l’étiquetage de produits israéliens alors qu’on ne le fait pas pour des denrées fabriquées au Tibet, à Chypre-Nord ou en Crimée, cela s’appelle de la discrimination, estime-t-il. Ce type de décision est de nature à encourager ceux qui appellent au boycott pur et simple d’Israël, et à conforter leur obsession antisioniste». Le Figaro
Could uprisings in Iraq and Lebanon, coupled with US sanctions, permanently impair Iran’s influence in the region? In the past few weeks, frustrated and fed-up demonstrators have taken to the streets of Lebanon and Iraq to voice grievances against their governments. The perception of Iranian infiltration and influence certainly continues to impact this political shake-up in both regions. These protests have toppled two governments in just three days. Saad Hariri, Lebanon’s prime minister, announced his resignation last week. Iraq’s President Barham Salih stated that Prime Minister Adil Abdul-Mahdi had also agreed to resign from office once a successor is decided upon. (…) in both regions, prominent Shia parties are conjoined with Iran. Since protesters are demanding an end to their government’s power-sharing system, Tehran is in trouble. Supreme Leader Ali Khamenei announced via Twitter on Thursday that, “The people [protesters] have justifiable demands, but they should know their demands can only be fulfilled within the legal structure and framework of their country. When the legal structure is disrupted in a country, no action can be carried out.” This statement, riddled with irony, completely discounts the revolution which birthed the government Khamenei currently leads. The ayatollah also verified how deeply entrenched Hezbollah has become in Lebanon’s political makeup. For over two decades, Tehran has played the role of puppet-master in Beirut, attempting to counter the influence of its enemies: the US, Israel and Saudi Arabia. Hezbollah’s critical influence in the region was demonstrated during the 2006 war with Israel and with the Islamic Revolutionary Guard Corps’ (IRGC) intervention in the Syrian conflict. Although Hezbollah’s military wing was rightfully designated as a terrorist organization in April by US President Donald Trump, the organization’s military and political wings work in tandem to export the regime’s disturbing agenda. In 2017, the US State Department identified more than 250 operatives and 150 companies with Hezbollah ties. Last year, the details of Project Cassandra exposed the sophistication and breadth of Hezbollah’s billion-dollar criminal enterprise. Since Tehran heavily invests in Hezbollah’s role globally, these protests do not bode well for the regime. Iranian leadership clearly grasps the magnitude of these demonstrations since its officials have attempted to paint them as manifestations of foreign meddling. Khamenei has accused “US and Western intelligence services, with the financial backing of evil countries,” of orchestrating these protests. In Iraq, anti-Iran sentiment has monopolized the demonstrations. Last week in Baghdad, protesters were pictured torching an Iranian flag. On Sunday, they threw gasoline bombs at the Iranian Consulate in the country’s capital of Karbala. The former head of the Iraqi National Archives explained that, “the revolution is not anti-American, it is anti-Iran; it is anti-religion – anti-political religion, not religion as such.” Pro-Iranian paramilitary forces have violently intervened in recent demonstrations. Since October 1, the Iraqi High Commission for Human Rights reports that 301 protesters have been killed, and thousands more injured. As Tehran continues to dismiss these protests as inauthentic and foreign-led, demonstrators will only gain more momentum. While Iran grapples with the economic consequences of Trump’s maximum-pressure campaign, it may not be able to survive the coupled onslaught of these protests.
To summarize, the September 14 attack on the Saudi oil facilities was a brilliant feat of arms. It was precise, carefully-calibrated, devastating yet bloodless – a model of a surgical operation that reaped for Iran a rich political and military harvest at the minimal cost of a few cheap unmanned vehicles, yet with a low risk of retribution. The planning and execution of the operation was flawless. The Iranians managed to mask their own role, to divert responsibility to their Houthi allies, to sneak two flights of unmanned air vehicles into two of Saudi Arabia’s most important oil facilities, and to execute unprecedented precision strikes on their installations without even breaking a window in a nearby town. And all this with utter surprise, with no intelligence leaks and without being detected either upon launch or on the way to the targets. The US armed forces could not do any better. (…) While there is no information on who directed this feat of arms, there is no doubt that it was authorized by the highest level of government in Iran. Simply put, its strategic purpose was to knock Saudi Arabia out of the war. It stands to reason that this prospect became tempting after Iran’s success in knocking the UAE out of the war. In June 2019 the UAE announced that it was withdrawing most of its troops from Yemen and shifting from a “military first” to “diplomacy first” policy in that country. Speculations about UAE motives abounded. Yet the impact of the purported attacks on Dubai and Abu Dhabi international airports by long-range Houthi UAVs during the summer of 2018 cannot be dismissed. Whether these attacks actually took place is controversial. In May 2019 the Houthis released a video purporting to show security camera footage of an attack by a fairly large, straight-wing and most probably propeller-driven UAV on a truck park inside Abu Dhabi’s international airport, causing an explosion. The Emirati authorities conceded that an “incident involving supply trucks” had occurred in that airport but did not specify its nature or cause. The video could be fabricated. Abu Dhabi’s airport is almost 1400 km. away from Houthiland, and thus the prospects of a simple propeller UAV traversing this distance with no hitch are far from sure, and the video itself has some suspicious features. Yet, if the attack did occur, it might have damped the ardor of UAE to involve itself any further in the Yemen war. The UAE’s warning after the Sept 14 attack about the consequence of any attack on their major cities illustrates its concern. Iran took big political and military risks by launching an attack of such magnitude on September 14. Had its key role in this attack been exposed right away, it night have faced both military retaliation from the US and diplomatic censure from the international community. That Iran was ready to take this risk indicates Iranian confidence in its ability to hide its role as well as confidence in US passivity. The Iranians clearly sense US reluctance to use force in the region. After all, the US failed to retaliate significantly after Iran shot down a $220 million American UAV several months ago. This, coupled with the UAE withdrawal, may have emboldened Iran to raise the stakes in its struggle for regional hegemony. It now threatens to raise the stakes even further, by threatening through the Houthis to launch further and even more devastating attacks on Saudi Arabia’s oil facilities. Whether this will knock Saudi Arabia out of the war, leaving Iran the master of Yemen and the key holder of the Bab el-Mandeb straights remain to be seen. Nevertheless, this impressive feat of arms has raised Iran’s prestige in the region, and no less important within Iran itself, and this at a time when US sanctions are imposing hardships on the Iranian public. Judging by the hardly concealed glee in the tightly controlled Iranian press, the regime is exploiting its success to the hilt to ensure public resilience in face of the economic pressures. Evidently, the Houthis and their Iranian sponsors have discovered a chink in Saudi Arabia’s armor. Air and missile defense radars are configured to detect high-flying threats. Since they are not required to detect ground-hugging objects, they are usually aimed a few degrees above the horizon to avoid ground clutter from nearby topographic features. This creates a gap between the radar fence and the ground, through which low-flying air threats can sneak in undetected. The Iranians apparently used this technique in earlier operations deep inside Saudi Arabia. In May 2019 two Saudi oil pumping stations in Afif and Dawadimi (770 and 820 km. respectively from the Yemeni border) were struck by UAVs, causing a temporary surge in global oil prices. On August 17 the Shayba oil field in eastern Saudi Arabia, almost 1200 km. from Houthiland, was struck, causing gas fires. Regardless from where the UAVs came from – they might have been launched locally by dissidents or by Houthi raiders – the fact is that they succeeded to slip through whatever defenses may have been protecting those installations. In many senses, the May and August raids were the precursors of the more devastating September 14 attack. (…) Defense systems require detection and tracking of their targets. Without detection there is no engagement and no interception. It stands to reason, then, that the inactivity of the Saudi air defenses was an inevitable result of the lack of early warning and detection. This had nothing to do with any real or imaginary flaws in the US- and European-supplied Saudi air and missile defense systems but with the fact that they were not designed to deal with ground-hugging threats. Simply put, the Iranians outfoxed the defense systems. To summarize, the September 14 attack on the Saudi oil facilities was a brilliant feat of arms. It was precise, carefully-calibrated, devastating yet bloodless – a model of a surgical operation that reaped for Iran a rich political and military harvest at the minimal cost of a few cheap unmanned vehicles, yet with a low risk of retribution. The planning and execution of the operation was flawless. The Iranians managed to mask their own role, to divert responsibility to their Houthi allies, to sneak two flights of unmanned air vehicles into two of Saudi Arabia’s most important oil facilities, and to execute unprecedented precision strikes on their installations without even breaking a window in a nearby town. And all this with utter surprise, with no intelligence leaks and without being detected either upon launch or on the way to the targets. The US armed forces could not do any better. While there is no information on who directed this feat of arms, there is no doubt that it was authorized by the highest level of government in Iran. Simply put, its strategic purpose was to knock Saudi Arabia out of the war. It stands to reason that this prospect became tempting after Iran’s success in knocking the UAE out of the war. In June 2019 the UAE announced that it was withdrawing most of its troops from Yemen and shifting from a “military first” to “diplomacy first” policy in that country. Speculations about UAE motives abounded. Yet the impact of the purported attacks on Dubai and Abu Dhabi international airports by long-range Houthi UAVs during the summer of 2018 cannot be dismissed. Whether these attacks actually took place is controversial. In May 2019 the Houthis released a video purporting to show security camera footage of an attack by a fairly large, straight-wing and most probably propeller-driven UAV on a truck park inside Abu Dhabi’s international airport, causing an explosion. The Emirati authorities conceded that an “incident involving supply trucks” had occurred in that airport but did not specify its nature or cause. The video could be fabricated. Abu Dhabi’s airport is almost 1400 km. away from Houthiland, and thus the prospects of a simple propeller UAV traversing this distance with no hitch are far from sure, and the video itself has some suspicious features. Yet, if the attack did occur, it might have damped the ardor of UAE to involve itself any further in the Yemen war. The UAE’s warning after the Sept 14 attack about the consequence of any attack on their major cities illustrates its concern. Iran took big political and military risks by launching an attack of such magnitude on September 14. Had its key role in this attack been exposed right away, it night have faced both military retaliation from the US and diplomatic censure from the international community. That Iran was ready to take this risk indicates Iranian confidence in its ability to hide its role as well as confidence in US passivity. The Iranians clearly sense US reluctance to use force in the region. After all, the US failed to retaliate significantly after Iran shot down a $220 million American UAV several months ago. This, coupled with the UAE withdrawal, may have emboldened Iran to raise the stakes in its struggle for regional hegemony. It now threatens to raise the stakes even further, by threatening through the Houthis to launch further and even more devastating attacks on Saudi Arabia’s oil facilities. What was the secret of the Iranian’s success in the Sept 14 attack? While detailed information is still lacking, we can hazard some speculation about its ingredients. First is the successful maintenance of absolute secrecy which assured a complete surprise. The second factor is a good appreciation of the performance and vulnerabilities of Saudi Arabia air and missile defense systems. Third, a comprehensive intelligence picture of their deployment at the time of the attack. Fourth, a meticulous planning of flight paths to avoid terrain obstacles and to circumvent Saudi radars or fly below their horizons. Fifth, the last word in automatic optical homing to ensure surgical precision. Of these five factors, the most decisive factor is the undetected access to the targets. The surgical precision was useful but not crucial. Even with coarser GPS guidance, and armed with explosive warheads, the incoming UAVs could devastate the Khurais and Abqaiq facilities, albeit less elegantly and probably with some loss of Saudi lives. Simply put, good secret-keeping and good intelligence allowed the Iranians to exploit the gaps in Saudi Arabia air and missile defense. Could this happen to Israel?  As noted, UAVs are not hard to shoot down, provided they are detected in time. Simple, relatively low-tech radar guided anti-aircraft guns can destroy low flying UAVs once they are detected. A good example of a simple yet effective close air defense system that can shoot down low flying UAVs is the Russian “Panzir” (SA-22), comprised of a radar, two 30 mm. cannons and 12 short-range ground-to-air heat-seeking missiles mounted on a truck chassis. Comparable systems can be improvised in the West in short order. More readily but more expensively, the Patriot system can shoot down UAVs, as was demonstrated by Israel during the 2014 Gaza war. The key question then is not how to shoot down UAVs but how to detect them in time. The Iranians sneaked through the inherent, built-in gaps in Saudi detection systems. Do such gaps exist in Israel, and if so, can they be closed? When asked by CBS’s “Sixty Minutes” program why his county’s air defense systems failed to detect the incoming UAVs, Crown Prince Mohammed Bin Salman replied that “Saudi Arabia is almost the size of a continent. It is bigger than all of Western Europe. We have 360 degrees of threats. It’s challenging to cover all of this fully.” In other words, Saudi Arabia does not have a comprehensive, country-wide detection system, due to its huge size. There are probably only local “bubbles” of radar coverage, in between which low-flying raiders can penetrate. In contrast, Israel is one of the smallest countries in the world. Israel Air Force controllers routinely shush away civilian ultralight aircraft and paragliders that stray into no-fly zones – which are basically comparable to low-flying UAVs. It can therefore be deduced that Israel’s airspace is fully transparent to air force controllers, at least from a certain altitude and above. Whether there exists a gap between the detectability horizon of Israel’s airspace control radars and the ground, of the kind that allowed the Houthi and Iranian UAVs to sneak below radar coverage, is unknown. Still, even if such gap exists it can be easily closed by existing means such as inexpensive Doppler radars of the kind used in the US Marine Corps MRZR anti-drone system (These radars, incidentally, are of Israeli origin). The sophistication of the September 14 attack in Saudi Arabia stands in stark contrast to the desultory efforts of Iran’s Quds force to strike Israel in recent times. Quds forces fired 32 rockets on May 10, 2018 targeting the Golan Heights. Most failed to reach Israel and fell harmlessly in Syria while four were shot down by Israel’s Iron Dome system. In January 2019 Quds forces near Damascus fired one rocket at Israel’s Mount Hermon. The rocket was destroyed by Iron Dome. On August 25, 2019 Israel frustrated a Quds force drone attack on its territory by destroying the base near Damascus from which the attack was to originate. These feeble, low-scale operations were aimed to retaliate against effective (and painful) Israeli strikes on Quds assets in Syria. The contrast to the level of effort and ingenuity invested by Iran in the September 14 attack on Saudi Arabia cannot be sharper. This disparity begs an explanation. Perhaps the answer lies in Iran’s strategic priorities. It stands to reason that Yemen and the preservation of the Houthi regime takes precedence in Iran’s calculus; while confronting Israel is relegated, for the time being, to the back burner. There are important reasons for Iran to make this choice. The painful sanctions by the US probably contribute to its urgent need to break the logjam and bring Saudi Arabia to the negotiating table. When this is achieved, there is little doubt that Iran will turn westwards and ratchet-up its confrontation with Israel. No one can know when this might happen, but if and when it does, a September 14-style attack on Israel’s key infrastructures cannot be excluded. This is a serious threat. Israel’s successes thus far in the so-called “war between the wars” against Iran should not be taken for granted. Complacence is the mother of misfortune. The key to avoiding a Saudi-style debacle in Israel is prior intelligence and seamless early warning systems. Israel’s political and military leadership must draw the appropriate conclusions from Saudi Arabia’s “Black September.” Dr. Uzi Rubin
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Although much of this was known, the 700 pages of documents, translated from Farsi, show new details and, the report notes, shows how Iran got a firm grip on Iraq and is using it as a “gateway for Iranian power” that now stretches through Syria to Lebanon and increasingly threatens Israel. Iraq is the “near abroad” for Iran now, and Iran is building its own IRGC in Iraq, called the Popular Mobilization Units (PMU). The archive of documents comes from 2014-2015 and is from “officers of Iran’s Ministry of Intelligence and Security.” 2014-2015 was a pivotal year because it is when ISIS swallowed up a third of Iraq and threatened Baghdad. In response, Iran sent advisors, and Iraq’s Ayatollah Ali Sistani called for mass mobilization of Shi’ite men to fight. That became the PMU, which became part of the Iraqi Security Forces; now their party is the second largest in Iraq. 2015 was also the year of the Iran deal when Washington and Tehran appeared on the same page in Iraq. The US under the Obama administration supported the Iranian-backed Shi’ite sectarian Nouri al-Maliki to be prime minister and then supported his replacement Haider al-Abadi. In both cases, Washington wanted a “strong man” in Baghdad. And they got one. But so did Iran. Later, the US would encourage Abadi to attack the Kurds in Kirkuk, helping Iran’s Qasem Soleimani seize a strategic region of Iraq in 2017. The US thought it was empowering Baghdad to be “nationalist” and got Abadi a meeting with the Saudis. In fact, America was backing Iran’s influence, punishing its own Kurdish allies in a method that would replay itself in Syria. Iran didn’t have an uphill battle in Iraq, the documents show. Many leading Shi’ite Iraqis had aided Iran in the 1980s against the brutal Saddam Hussein regime. While Donald Rumsfeld was shaking hands with Saddam, men like Hadi al-Amiri were with the IRGC. Even current Prime Minister Adel Abdul-Mahdi had a “special relationship” with Iran, the documents note. In each case that means Tehran had an open door to most ministries, including key areas like the Interior and oil sector. IT’S HARD to know what “close ties to Iran,” means when Iran and Iraq are neighbors. Many American politicians may have close friends in Canada, but it doesn’t make them agents of Trudeau. Proximity and Shi’ite milieu make for close connections, as well as the clear militant link between leaders of the PMU and the IRGC. But Iran didn’t just want friends or allies. It wanted to know what the Americans were doing. To do that it needed men with a certain set of skills. In one quoted document, an informant was procured to try to insert themself into a place where they would become knowledgeable about US “covert operations” or to know what the State Department was doing. Iran even worked to find a “spy inside the State Department” and sought to roll up former CIA assets and put them on the dole. In the free-for-all days after the 2003 US invasion, Iran also “moved some of its best officers from both the intelligence ministry and from the Intelligence Organization of the Revolutionary Guards” to Iraq, the Intercept notes. The report characterizes some Iranian actions as silly, such as breaking into a German cultural institute, but not having the right codes. Is that more silly than the Watergate break in during the 1970s? The important thing is they tried to get to the Germans – and that Iran wanted to be everywhere. What were Iran’s goals? It wanted Iraq not to sink into chaos, as eventually happened in 2014. It wanted to stop an “independent Kurdistan,” which it did in 2017. It wanted to protect Shi’ites. It wanted to crush Sunni takfiri (apostates), and jihadists, like ISIS. It has done that. Win, win, win, and another win for Iran. Unsurprisingly, Tehran benefited not because it is some genius actor in Iraq but because it had a massive pool of recruits and sympathizers, and people that needed its largesse. When ISIS came knocking in 2014, it’s no surprise that Soleimani of the IRGC’s Quds Force was looked on as a savior by some in the Shi’ite sectarian militias. Iran also benefited from how the US tends to treat its friends in the Middle East. Because the US, through men like James Jeffrey at the State Department, view relationships with people in Iraq and Syria as “temporary, transactional and tactical, » the US doesn’t cultivate long-term friends. It uses locals and then discards them, thinking that this short-term planning will work. Iran played the long game, the one where you start in 1981 and you work your way to get to 2019. “The CIA had tossed many of its longtime secret agents out on the street, leaving them jobless,” the Intercept notes. Whoops. One man said that he had worked for the US for 18 months and been paid $3,000 a month. That’s a large amount in Iraqi terms. Oddly, the agent’s fake name was “Donnie Brasco,” named after an FBI agent who infiltrated the mob. In this case he apparently infiltrated Al Qaeda. Once again though, the reports of the agents reveal things that make sense. Another man, who apparently worked for Iraqi military intelligence, went to meet his Iranian “brothers” to tell them some details. His commander was happy, noting they are all fighting ISIS together. This wasn’t exactly clandestine. “All of the Iraqi army’s intelligence, consider it yours,” they told Tehran. To track the American efforts, the Iranians not only infiltrated Sunni Arab parties and offices in Baghdad, they also followed US movements. They were concerned that Washington would work with Sunnis as it had in the past. THE REAL coup for Iran was penetration of government institutions at all levels. In one discussion, in late 2014 or early 2015, the Iranians went down a list of Iraqi officials. At the Minister of Municipalities they didn’t need to worry: These were members of the Badr Organization, linked to the PMU and also to Amiri, allies of Iran. The Minister of Transport was close to Iran. Abdul-Mahdi was close to Iran. The foreign minister was close to Iran. The Minister of Health is from Maliki’s Dawa Party. He’s “loyal,” the note said. They were concerned about men close to Sadr, who now runs the largest party in Iraq. They preferred others. Iran had larger strategic considerations as well. It needed Iraqi airspace to supply the Syrian regime and also to get weapons to Hezbollah. Soleimani was sent to deal with the problem through the Ministry of Transport. It wasn’t even a discussion; the minister put a hand over his eyes to indicate that he would pretend not to see the flights. Soleimani kissed the man’s forehead. It was a tender moment. But Iran may have overstretched and been too arrogant. In 2015, an agent described the Sunnis in Iraq as “vagrants” and mocked their cities for having been destroyed by ISIS. They had little future. The Iranians would also outplay the Kurds in 2017 and use the Americans to help punish the Kurdish region. By 2018 they were supremely confident, but protests against Iran and its allied militias were beginning. Now those protests have grown. Soleimani went to Baghdad in October to help suppress them. 350 Iraqis have been gunned down by snipers, many allegedly backed by Iran. But it could backfire. Indeed, agents reported back to Iran that Soleimani’s star was fading. He was posting too much on social media. Iraqis, angry at Shia militia abuses were saying they would turn to America and “even Israel” to enter Iraq and save it from Iran. There, the seeds were sown in 2015 for the mass protests that have come in 2019. Iraq’s future is still unclear. But what is clear is that Iran sought total domination of Iraq. It grew arrogant through the open channels of support it had, often due to the legacy of the 1980s war. But a new generation was rising and they only knew Iran as the power in charge: not the liberator, not the underdog. For them, Soleimani, Amiri, Abu Mahdi al-Muhandis, Qais Khazali, Abadi, Maliki and so many others were not young men fighting the power of America and Saddam, but the big men running things. Iran now has to control Iraq, not be the one choosing the time and place of its battles. And Iraq is not easy to control. Seth J. Frantzman
A l’inverse, la situation de l’Iran se dégrade aussi concernant certains paramètres : il disposera de moins en moins de fonds pour payer l’entretien de ses milices (évaluées à 200.000 combattants au total) et la fourniture de services aux populations locales où elles sont cantonnées tant que des sanctions économiques américaines perdureront ; des mouvement de masse puissants et durables se sont développés au Liban et en Irak pour protester contre la présence de ses milices supplétives et son emprise sur les états nationaux, ce qui multiplie les aléas qui pèsent sur sa stratégie expansionniste et en augmentent le coût ; la dégradation de la situation économique de Téhéran ne peut pas manquer d’accroître l’instabilité intérieure du régime, ce qui devrait aussi modérer ses avancées régionales. Que veut exactement l’Iran ? Comme « partisan d’Ali » Khomeiny a donné à sa révolution la mission de rétablir l’essence divine de la succession du Prophète, c’est-à-dire d’amener les musulmans à rallier la vraie foi et d’écarter du pouvoir islamique suprême quiconque ne peut faire valoir un lien de filiation avec lui. Le rêve du régime est de chasser du Moyen-Orient le grand Satan américain pour agir sans entraves, de détruire le petit Satan israélien pour se poser en libérateur, et de retirer à la famille Saoud, dépourvue de tout lien familial avec Mohamed, la fonction de gardien des deux villes saintes de l’Islam, La Mecque et Médine. Il pourrait sur la base de ces victoires devenir le phare des musulmans et leur rendre leur foi épurée des 15 derniers siècles d’errements. C’est en cela qu’il s’agit d’un régime d’essence révolutionnaire et que tout ses actes doivent être rapportés à cette grille de lecture. Enfin, depuis plusieurs décennies, les Khomeynistes rêvent de sanctuariser leur pré carré et s’ouvrir des opportunités de conquête en développant un armement nucléaire et balistique moderne. Au-delà de ces rêves entretenus avec persévérance depuis 40 ans, les ayatollahs sont pragmatiques et opportunistes en même temps. Ils poursuivent aujourd’hui des objectifs d’étape très concrets. La destruction d’Israël n’est pas leur première urgence. Ils la voient comme le couronnement de leur emprise sur le Moyen-Orient dans un processus progressif d’isolement, de harcèlement et d’étranglement, car leur doctrine opérationnelle leur commande de masquer leurs coups et d’agir par procuration. Ils s’attachent actuellement à multiplier les sites d’origine de leurs possibles attaques, et à disperser des cibles toujours plus nombreuses pour compliquer la défense d’Israël. Mais pour sécuriser leur implantations en Irak et en Syrie exposées aux frappes israéliennes, ils pourraient lancer à n’importe quel moment des attaques à l’intérieur de l’État hébreu sur le modèle de celle qui a ébranlé l’Arabie saoudite le 14 septembre, ou sur une mode nouveau, moins prévisible. On peut anticiper leur agenda : le raid écrasant qu’ils ont mené le 14 septembre sur les champs pétroliers du cœur de l’Arabie avait sans doute pour objectif premier l’abandon par Riyad de son intervention au Yémen. D’ailleurs, après les Émirats arabes unis, ils semble que ce pays ait baissé les bras et soit en train de négocier sa sortie du théâtre yéménite d’importance majeure pour son avenir. Dans cette affaire, l’Iran trouve l’avantage de consolider le règne de son obligé Houthi qui lui offre des positions rêvées à l’entrée du détroit stratégique de Bab el-Mandel. Le second objectif, c’est d’obtenir un gel progressif des sanctions américaines en cours. Christopher Ford déclarait lors de la conférence de Tel Aviv évoquée plus haut que les États-Unis avaient proposé à l’Iran une offre de négociation comprenant : « l’allègement de toutes les sanctions[…] le rétablissement des relations diplomatiques et des relations de coopération semblables à celles avec les États normaux[…] Vous devez vous comporter comme un État normal, mais j’espère que l’Iran fera ce choix[à son tour]. » Les ayatollahs attendent sans doute pour acquiescer d’avoir la garantie, façon Obama, qu’un nouvel accord scellera la réconciliation sans vraiment brider la poursuite de leur programme nucléaire et balistique. L’Iran poursuivra naturellement l’édification du « cercle de feu » autour d’Israël en stabilisant les groupes armés supplétifs déjà déployés, en les équipant d’armes toujours plus avancées, en améliorant leur coordination et leur capacité de manœuvre. De ce point de vue, la Jordanie est dans l’œil du cyclone car elle dispose de longues frontières avec l’Irak et aussi avec Israël. On peut s’attendre à des opérations de subversion téléguidées depuis Téhéran pour contraindre ce royaume sunnite à intégrer « l’axe chiite ». Enfin, la campagne électorale américaine s’achèvera le 03 novembre 2020, dans un peu moins d’une année. Comme l’a bien précisé Christopher Ford, l’Iran aura dans cette période une totale liberté d’action y compris concernant la conduite de son programme nucléaire. Les ayatollahs pourraient parfaitement saisir cette fenêtre inespérée pour se projeter dans le « saut nucléaire », la construction de la bombe, qui nécessiterait théoriquement un an mais en réalité, chacun le sait, seulement quelques mois. Quelle stratégie pour Israël ? Dans un affrontement sur un théâtre stratégique aussi vaste, élargi encore de milliers de kilomètres par la portée nouvelle des missiles, l’un des impératifs est d’identifier les alliances possibles. Les premiers alliés potentiels d’Israël face à l’Iran devraient être les pays européens, pas par excès de sympathie pour l’État juif, mais parce qu’ils partagent avec lui d’importants intérêts communs. L’Europe est à portée des missiles intercontinentaux de l’Iran et elle sait que ces missiles risquent d’être bientôt garnis d’ogives nucléaires. Elle sait aussi avec quelle brutalité les ayatollahs poussent leurs pions. Les 58 soldats du poste Drakkar tués en 1983, les attentats de Paris de 1985/86 et les prises d’otage du Liban, l’attentat déjoué de Villepinte en 2018, sont dans les mémoires. Elle sait que l’Iran est en train de s’approcher de la Méditerranée, leurs arrière-cour en quelque sorte. Enfin, elle sait enfin qu’étant déployés dans le Golfe persique et aux abords de Bab el-Mandel, les Iraniens tiennent des routes maritimes stratégiques du sud qu’ils peuvent assaisonner à leur gré, provoquant s’il le faut un séisme dans l’économie mondiale dont l’Europe serait la première victime. Israël doit rechercher et nourrir cette alliance dans un esprit créatif. Par ailleurs, Israël doit se préparer à l’éventualité d’attaques massives par des vagues de missiles. On estime que le Hezbollah dispose au Liban de 130 à 150.000 missiles qui pour une part disposent d’un guidage de précision. En cas de guerre totale, le groupe terroriste, qui est en fait une armée, pourrait lancer 1.000 missiles par jour. Il est impossible d’interrompre ce genre d’offensive par des dispositifs antimissiles (qui seraient saturés) ni par l’aviation qui n’est pas configurée pour frapper une quantité indéterminée de micro cibles. La seule solution serait le déploiement immédiat de troupes au sol pour occuper au plus vite le terrain. Cela suppose un changement radical de doctrine militaire. Depuis 1982 la doctrine d’Israël est résumée en une formule, « Intel/Firepower », soit renseignement et frappes puissantes sur les cibles. Cette option permet d’économiser les déploiements au sol, donc la vie des soldats. Mais l’ennemi s’est adapté. Il sait disperser les cibles, il sait déployer de pseudo-cibles, il sait enterrer ses hommes et ses armes. D’où un rendement décroissant du couple Intel/Firepower. L’alternative est le retour à la doctrine antérieure des « résultats décisifs », c’est-à-dire combattre au sol sur le territoire de l’ennemi pour mettre un terme effectif à sa capacité de nuisance. La victoire dans la seconde Intifada est intervenue en avril 2002 avec l’opération « Rempart », quand après des centaines de victimes on a enfin consenti à envoyer les soldats dans les grandes villes palestiniennes d’où partaient les commandos jihadistes. La construction d’une armée conventionnelle capable d’exceller dans les manœuvres au sol est une option complexe qui prend du temps. L’état-major israélien en est parfaitement conscient. Le troisième aspect de la stratégie d’Israël est la défense contre les missiles de croisière et les drones d’attaque si difficiles à détecter. Si les satellites américains et saoudiens et les dispositifs au sol ont été incapables de détecter les deux essaims de missiles et de drones d’attaque iraniens qui approchaient de leurs cibles en volant près du sol, c’est en partie parce que la zone à couvrir était immense. La surface de l’Arabie saoudite est du même ordre que celle de l’Europe entière. De ce point de vue, Israël a deux avantages. D’un coté, il n’est pas soumis à l’effet de surprise puisque le raid en Arabie est antérieur et qu’il a été dument analysé. De l’autre, vu l’exigüité la zone à couvrir, la couverture actuelle est presque suffisante et il existe des radars Doppler bon marché, de conception israélienne, qui peuvent couvrir l’espace éventuel entre l’horizon de détectabilité des dispositifs actuels et le sol. Enfin, last but not least, quelle réponse apporter à un Iran qui aurait entrepris le « saut nucléaire », une hypothèse bien plausible, on l’a vu. L’état-major israélien connait ses propres moyens et les difficultés d’une telle entreprise. A trois reprises, de 2010 à 2012, Bibi Netanyahou et Ehoud Barak auraient commandé à l’armée des raids de destruction des installations du programme nucléaire des ayatollahs que les responsables de la défense Meir Dagan et Gabi Askhenazi en 2010, puis Benny Gantz en 2011, ont refusé d’exécuter. La troisième tentative en 2012 a avorté suite à un différend sur le calendrier entre Netanyahou et Barak. En 2019, l’opération est beaucoup plus compliquée car l’Iran s’est doté, 10 ans après, de moyens de défense et de riposte nouveaux. L’affaire est aujourd’hui entre les mains des hiérarchies politiques et militaires du pays. Ce qui est sûr c’est qu’il y a plusieurs façons de poser le problème iranien en général. A demi-mots Yaakov Amidror suggère une critique de la politique suivie dans la dernière décennie : une stratégie « prudente », donc perdante, a laissé le Hezbollah accumuler un arsenal offensif monstrueux sur la gorge de l’état juif. Ensuite, avec la guerre de Syrie, une « stratégie agressive », donc gagnante, a permis de freiner les transferts d’armes vers le nord, la diffusion des systèmes de guidage de précision des missiles et l’installation de bases militaires. Que nous suggère Yaakov Amidror ? « L’Iran s’est rendu compte qu’Israël a réussi en Syrie [à démanteler une machine de guerre], alors il a commencé à construire une branche de sa machine de guerre indépendante en Irak…. Pour l’Iran, l’idée est d’avoir une capacité militaire proche d’Israël, tout en restant à distance. Une question intéressante est de savoir quelle devrait être la réaction d’Israël dans une telle situation. Nous savons que la tête du serpent est en Iran. Israël va-t-il poursuivre des cibles en Syrie, en Irak, au Liban ou au Yémen ? Ou irons-nous directement à la tête du serpent ? » Jean-Pierre Bensimon
Cherchez l’erreur !
Alors qu’après les Libanais et les Irakiens, le peuple iranien lui-même se soulève contre 40 ans d’oppression de la part du principal Etat terroriste de la planète …
Et que dans l’indifférence générale à Hong Kong, nos amis chinois préparent tranquillement leur nouveau Tiananmen
Devinez entre le soporifique procès de Moscou du président Trump à la Chambre des repésentants américaine et l’infamante étoilejaunisation européenne des seuls produits israéliens
Quel camp la France et l’Europe ainsi que leurs laquais des médias ont à nouveau choisi ?

Iran : un soulèvement national (J+4)
Iran Resist
19.11.2019

Les Iraniens sont dans les rues et manifestent contre le régime. Récemment, les mollahs ont perdu tous leurs alliés en raison de leurs tentatives de déstabilisation du Moyen-Orient et leur volonté permanente d’agiter les marchés pétroliers pour forcer leurs adversaires à capituler. Manquant de tout notamment de carburant pour produire de l’électricité nécessaire à leur régime et leur sécurité, ils ont repris le projet de paupérisation du peuple pour préserver les stocks existants de vivres et de carburant en augmentant par surprise le vendredi 15 novembre 2019 le prix du carburant de 300%.
Les Iraniens dépités par cette décision inhumaine qui allait aggraver leur misère sont descendus dans la rue en attaquant les sièges de la milice du régime avec la ferme intention de mettre fin au pouvoir des mollahs et leurs associés.
Le prince Reza Pahlavi qui est très aimé en Iran a apporté son soutien à ce mouvement et a appelé les forces de l’ordre à en faire autant. Sa mère, la reine Farah Pahlavi, encore plus populaire, en raison de la gigantesque popularité de son mari (le Shah d’Iran) et de son père, Reza Shah Reza Shah, depuis plusieurs années et aussi en raison des épreuves familiales qu’elle a endurées, a aussi apporté son soutien au peuple. Trump a aussi apporté son soutien au peuple, mais en revanche hélas pas les Européens.
Cependant, les miliciens de base du régime se sont gardés de le défendre. Grâce à leur passivité bienveillante, il y a désormais des manifestations hostiles au régime dans tout le pays. Les rares miliciens fidèles au régime sont débordés. La chute du régime est vue comme possible à court terme.
Le régime a coupé l’internet pour limiter le transfert des informations via les réseaux sociaux, mais les Iraniens se débrouillent et ont envoyé quelques vidéos pour montrer qu’ils comptaient continuer jusqu’à la chute du régime.
Les rares miliciens restés fidèles au régime ne parviennent pas à contenir les manifestants. Le régime désespéré par le manque de sa capacité à réprimer les Iraniens leur envoie des SMS pour les avertir qu’ils pourraient les arrêter.
Chers lecteurs français. Nous avons besoin de vous. Vos dirigeants ainsi que leurs collègues européens ne font rien pour aider la chute des mollahs. Nous comptons sur vous pour mettre fin à leur passivité car en dehors des considérations humanistes, la chute des mollahs, patrons du terrorisme islamique et de la propagande intégriste, permettra de sauver votre pays et de nombreux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient que vous aimez.
Voir aussi:

Iran’s Islamic Regime Fires Upon Unarmed Protestors Against the Regime

The world is witnessing the biggest revolt against the Iranian regime since the Islamic revolution back in 1979. One can say that the economic sanctions are working. Iranians are protesting the horrific economic situation of the country. Ironically enough, the world is not really able to witness everything that is going on because the Islamic regime of Iran has shut down all internet access for the country. Iranians are outraged that they are suffering tremendously economically while the Shiite Islamic Republic of Iran invests billions of dollars in military programs to take over the Middle East. Iran spends money on developing nuclear weapons, it supports their proxy Shiite forces to destroy Israel, including Hizbullah in Lebanon as well as the Islamic Jihad and Hamas in Gaza, as well as supports the Houthis in Yemen, to pose a threat to Sunni Yemen and Saudi Arabia. Most Iranians do not support the Islamic regime. They want to live normal lives and they are against the fanatical Islamic agenda of their Shiite leaders.
Ironically, while today Iran is Israel’s biggest enemy, Iran used to be Israel’s biggest ally in the Middle East to counter their joint enemy, the Sunni Muslim states. Today, it is the Sunni Muslim states, like Saudi Arabia, Egypt, Jordan etc. that are reaching out to Israel for help to stop the Islamic regime of Iran! Israel has always said that Iranians are not the enemy, just the fanatical Shiite Muslim regime that leads Iran. They are the enemy.
Reports are also coming in that Lebanese and Iraqis are also protesting against the Islamic Regime of Iran right now. Both Lebanon and Iraq are basically Iranian proxy countries, a dangerous development that was allowed during the Obama regime, since former President Obama preferred partnering with Shiite Iran over the Sunni countries.
Why no international outrage?
Where is the United Nations and all the Western nations of the world decrying Iran for shooting innocent, unarmed protestors? There is total silence regarding this massive human rights abuse.
If Israel would as much as harm an Arab, even if he is a terrorist, then the world goes wild with UN resolutions against Israel. Just now, the UN passed 8 resolutions against Israel, following Israel’s killing 25 Islamic Jihad terrorists, and defending itself from more than 450 rocket attacks on its civilian population. Yet, the UN is silent about Iran murdering its own peaceful protestors in the street!
It is clear that the world has one standard for Israel and another standard for the rest of the world.
Voir encore:

Is Iran losing the Middle East?

Hezbollah is certainly the Islamic Republic of Iran’s most successful export.

Could uprisings in Iraq and Lebanon, coupled with US sanctions, permanently impair Iran’s influence in the region?
In the past few weeks, frustrated and fed-up demonstrators have taken to the streets of Lebanon and Iraq to voice grievances against their governments. The perception of Iranian infiltration and influence certainly continues to impact this political shake-up in both regions.

These protests have toppled two governments in just three days. Saad Hariri, Lebanon’s prime minister, announced his resignation last week. Iraq’s President Barham Salih stated that Prime Minister Adil Abdul-Mahdi had also agreed to resign from office once a successor is decided upon.

In both Iraq and Lebanon, political factions are divided by religions and sects. These government systems are designed to limit sectarian conflicts by ensuring a sharing of power to different communities. However, in both regions, prominent Shia parties are conjoined with Iran. Since protesters are demanding an end to their government’s power-sharing system, Tehran is in trouble.
Supreme Leader Ali Khamenei announced via Twitter on Thursday that, “The people [protesters] have justifiable demands, but they should know their demands can only be fulfilled within the legal structure and framework of their country. When the legal structure is disrupted in a country, no action can be carried out.”

This statement, riddled with irony, completely discounts the revolution which birthed the government Khamenei currently leads. The ayatollah also verified how deeply entrenched Hezbollah has become in Lebanon’s political makeup.

Hezbollah is certainly the Islamic Republic of Iran’s most successful export. For over two decades, Tehran has played the role of puppet-master in Beirut, attempting to counter the influence of its enemies: the US, Israel and Saudi Arabia. Hezbollah’s critical influence in the region was demonstrated during the 2006 war with Israel and with the Islamic Revolutionary Guard Corps’ (IRGC) intervention in the Syrian conflict.

Although Hezbollah’s military wing was rightfully designated as a terrorist organization in April by US President Donald Trump, the organization’s military and political wings work in tandem to export the regime’s disturbing agenda. In 2017, the US State Department identified more than 250 operatives and 150 companies with Hezbollah ties. Last year, the details of Project Cassandra exposed the sophistication and breadth of Hezbollah’s billion-dollar criminal enterprise.

Since Tehran heavily invests in Hezbollah’s role globally, these protests do not bode well for the regime. Iranian leadership clearly grasps the magnitude of these demonstrations since its officials have attempted to paint them as manifestations of foreign meddling. Khamenei has accused “US and Western intelligence services, with the financial backing of evil countries,” of orchestrating these protests.

In Iraq, anti-Iran sentiment has monopolized the demonstrations. Last week in Baghdad, protesters were pictured torching an Iranian flag. On Sunday, they threw gasoline bombs at the Iranian Consulate in the country’s capital of Karbala. The former head of the Iraqi National Archives explained that, “the revolution is not anti-American, it is anti-Iran; it is anti-religion – anti-political religion, not religion as such.” Pro-Iranian paramilitary forces have violently intervened in recent demonstrations. Since October 1, the Iraqi High Commission for Human Rights reports that 301 protesters have been killed, and thousands more injured.

As Tehran continues to dismiss these protests as inauthentic and foreign-led, demonstrators will only gain more momentum. While Iran grapples with the economic consequences of Trump’s maximum-pressure campaign, it may not be able to survive the coupled onslaught of these protests.

The writer is a master’s candidate in counter-terrorism and homeland security at IDC Herzliya’s Lauder School of Government. She is also associate producer and analyst at the Center for Security Policy in Washington.

Voir par ailleurs:
Communiqués de presse
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#Crif – Communiqué de presse : Halte à la discrimination d’Israël

CRIF

29 Novembre 2016

Le Crif condamne avec la plus grande fermeté la décision du gouvernement français.

Le Crif rappelle que l’obsession anti-israélienne contribue à l’importation du conflit en France et attise la haine

Le Crif condamne avec la plus grande fermeté la décision du gouvernement français de rendre obligatoire le double étiquetage des produits en provenance d’Israël.
Demander aux distributeurs d’ajouter « colonie israélienne » sur les produits en provenance « de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du Golan » relève d’un traitement discriminatoire appliqué au seul État d’Israël alors que de nombreux autres pays sont concernés par des conflits territoriaux similaires.
Au moment où la paix dans la région est un enjeu essentiel, cette décision qui vise à isoler Israël ne répond pas à l’impartialité nécessaire pour prétendre jouer un rôle constructif et aura pour conséquence certaine le ralentissement des initiatives économiques dans ces territoires et un appauvrissement des Palestiniens qui travaillent dans ces entreprises.
Le Crif rappelle que l’obsession anti-israélienne contribue à l’importation du conflit en France et attise la haine.
Pour Francis Kalifat, Président du Crif, cette décision discriminatoire ne va pas dans le sens de l’apaisement et renforce le mouvement illégal BDS qui déverse sa haine et sa détestation d’Israël, appelant au mépris de la loi, au boycott et à la dé légitimation du seul état du peuple juif, pratiquant ainsi un antisionisme obsessionnel qui véhicule la forme moderne de l’antisémitisme.

La justice européenne impose l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies israéliennes

La haute juridiction avait été saisie en juillet 2018 par des viticulteurs de Psagot (Cisjordanie), qui contestaient un texte réglementaire français.

Cyrille Louis

C’est la fin d’une ambiguïté. Dans un arrêt rendu mardi à Luxembourg, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a tranché que les denrées alimentaires produites dans les colonies israéliennes de Cisjordanie et commercialisées sur le continent devront à l’avenir porter la mention explicite de leur origine. Cette décision est applicable non seulement en France, où le ministère des Finances avait pris les devants en réclamant un tel étiquetage dès novembre 2016, mais aussi dans les nombreux pays européens qui hésitaient jusqu’à présent à le mettre en œuvre.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a aussitôt dénoncé un arrêt «inacceptable à la fois moralement et en principe». «J’ai l’intention de travailler avec les ministres des Affaires étrangères européens afin d’empêcher la mise en œuvre de cette politique profondément erronée», a-t-il ajouté. Saeb Erekat, le négociateur en chef de l’Organisation de libération de la Palestine, s’est au contraire réjoui. «Nous appelons tous les pays européens à mettre en oeuvre cette obligation légale et politique», a-t-il déclaré, ajoutant : «Nous ne voulons pas seulement que ces produits soient uniquement identifiés comme provenant de colonies illégales, mais souhaitons qu’ils soient bannis des marchés internationaux».

Une décision saluée par les autorités palestiniennes

Plus de 400.000 Israéliens vivent dans la centaine de colonies de peuplement aménagées après la conquête de la Cisjordanie lors de la guerre des Six-Jours, en juin 1967. La communauté internationale considère, dans sa grande majorité, que l’occupation de ce territoire est illégale (ce que l’Etat hébreu conteste) et appelle à y créer un Etat palestinien, dans un cadré négocié. En l’absence de processus de paix, les ministres européens des Affaires étrangères sont tombés d’accord en 2011 pour promouvoir une politique de «différenciation» entre les denrées fabriquées dans les frontières d’Israël et celles qui sont produites en Cisjordanie occupée. En novembre 2015, la Commission européenne a fait un pas de plus en demandant aux Etats membres d’identifier celles-ci par un étiquetage explicite. Initiative aussitôt condamnée par les autorités israéliennes.

Rejetant le principe même d’une telle différenciation, les viticulteurs de Psagot, une colonie édifiée en lisière de Ramallah, croyaient sans doute frapper un coup de maître lorsqu’ils saisirent la CJUE en juillet 2018. Objet de leur démarche : faire annuler le texte réglementaire par lequel la France a réclamé en novembre 2016 l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies. A court terme, l’initiative permet de geler son application. Mais elle va vite se retourner contre eux. En juin 2019, l’avocat général de la Cour, Gérard Hogan, prend fait et cause pour l’étiquetage. « De même que de nombreux consommateurs européens étaient opposés à l’achat de produits sud-africains à l’époque de l’apartheid avant 1994, écrit-il, les consommateurs d’aujourd’hui peuvent, pour des motifs similaires, s’opposer à l’achat de produits en provenance d’un pays donné ».

Dans son arrêt rendu mardi, la CJUE estime que les denrées alimentaires produites dans des territoires occupés par l’Etat d’Israël devront dorénavant « porter la mention de leur territoire d’origine, accompagnée, lorsque ces denrées proviennent d’une colonie israélienne à l’intérieur de ce territoire, de la mention de cette provenance ». Il s’agit, précise la Cour, d’éviter toute ambiguïté susceptible d’«induire les consommateurs en erreur». «L’information doit permettre à ces derniers de se décider en toute connaissance de cause et dans le respect non seulement de considérations sanitaires, économiques, écologiques ou sociales, mais également d’ordre éthique ou ayant trait au respect du droit international».

En saisissant une juridiction européenne qui s’était jusqu’à présent tenue à l’écart du dossier, les colons israéliens ont en quelque sorte marqué un but contre leur camp. Sa décision a en effet vocation à s’appliquer dans tous les Etats membres. Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, qui s’était associé à la démarche des viticulteurs de Psagot, a exprimé mardi sa «grande déception». «Imposer l’étiquetage de produits israéliens alors qu’on ne le fait pas pour des denrées fabriquées au Tibet, à Chypre-Nord ou en Crimée, cela s’appelle de la discrimination, estime-t-il. Ce type de décision est de nature à encourager ceux qui appellent au boycott pur et simple d’Israël, et à conforter leur obsession antisioniste».

Voir enfin:

Qui attaquera qui ? L’Iran et le destin d’Israël, Jean-Pierre Bensimon

Publié le 15 novembre 2019 par danilette’s

Il faut lire cet analyse magistrale, très documentée
de Jean-Pierre Bensimon !

L’éventualité d’une attaque iranienne imminente est la question que se posent avec plus d’acuité que jamais les responsables politiques et militaires israéliens. Dans les derniers mois le paysage stratégique a changé radicalement. A l’occasion de l’installation de la 22ème Knesset le 3 octobre dernier, Netanyahou soulignait : « Nous sommes confrontés à un énorme défi sécuritaire, qui en fait s’intensifie de semaine en semaine. ». Le chef d’état major Aviv Kochavi confirmait cette évolution le 24 octobre : « Sur les fronts Nord et Sud, la situation est fragile et tendue et pourrait dégénérer en confrontation »[1] Son directeur des opérations, le général Aaron Haliva, précisa « Il y a des menaces qui pèsent sur notre Est, notre Nord et notre Sud… L’année prochaine ne sera pas favorable à la sécurité d’Israël… il y a des forces iraniennes sur le plateau du Golan, ce n’est pas de l’alarmisme, ils sont là. »[2] Dans le même temps, Yaakov Amidror, l’un des experts les plus remarquables du pays, observait que l’Iran veut construire autour de l état juif un « cercle de feu ».[3] De leur coté les Iraniens multiplient les variations autour de leur promesse éradicatrice. Pour Hossein Salami, le chef des Gardes de la révolution, « le sinistre régime doit être rayé de la surface de la terre, et ce n’est plus un rêve lointain, ….mais un but atteignable. »[4]. Deux jours plus tôt son adjoint chargé des opérations, Abbas Nilforoushan, se vantait dans le même esprit : « l’Iran a encerclé Israël de quatre cotés. Il ne restera rien d’Israël. »[5]

Les données de l’affrontement israélo-iranien avant l’été 2019

En fait si le tableau de l’affrontement s’est radicalement modifié à l’été 2019, on doit rappeler les données de la situation antérieure pour comprendre ce qui est en train de se passer.

A la suite de l’accord nucléaire de Vienne de juillet 2015, l’Iran a bénéficié d’un redressement spectaculaire de ses finances. Outre 100 milliards de dollars restitués en cash et 15 milliards offerts en récompense de son consentement à négocier, Téhéran recevait une pléthore d’investissements en provenance d’Europe, de Chine, de Russie, etc. Fort de ses victoires diplomatiques et financières, profitant de la faiblesse de ses partenaires occidentaux et d’abord du calcul de Barack Obama qui voulait en fait lui remettre les clés de la région, l’avenir s’éclairait pour le régime des ayatollahs. Allait-il penser à l’existence quotidienne de son peuple ou à la modernisation de sa société ? Il fallait un certain penchant pour l’élucubration, souvent présente chez l’occidental post-moderne et universaliste, pour le croire. L’Autre ne voit pas ce que vous imaginez qu’il voit, quand vous portez vos lunettes noires. Le régime iranien avait fait dès sa naissance le choix idéologique de servir le triomphe planétaire de l’islam. « l’Armée de la République islamique d’Iran et le Corps des Gardes de la Révolution islamique … seront responsables, non seulement de la garde et de la préservation des frontières du pays, mais aussi de l’exécution de la mission idéologique du jihad sur la voie de Dieu, c’est-à-dire de l’expansion de la souveraineté de la Loi de Dieu à travers le monde… » [6]

Concrètement, l’Iran se fixait en juillet 2015 le double objectif de précipiter son effort nucléaire et redoubler ses menées expansionnistes dans la région. Concernant l’armement nucléaire, il se focalisait sur les technologies et les moyens qui lui manquaient encore : l’usinage de la bombe, sa miniaturisation[7] et un système de missiles balistiques intercontinentaux. Concernant la région, il allait déclencher des guerres pour investir en profondeur de nouveaux espaces, la Syrie, l’Irak et le Yémen. Ainsi, le parlementaire Ali Reza Zakani  ou l’ayatollah Ali Yunesi, conseiller de Rohani, se vanteront dès 2015 de contrôler Beyrouth, Damas, Bagdad, et Sanaa.

Les tactiques de guerre de l’Iran sont originales à cette échelle. Elles consistent grossièrement à créer ou à contrôler des groupes, partis, milices, tribus, clans, qui feront la guerre pour son compte par procuration, sur le modèle du Hezbollah iranien, du Djihad islamique palestinien ou des Houthi yéménites. C’est ce qui permet aux ayatollahs de ne pas s’afficher en première ligne dans les campagnes ordonnées aux supplétifs, ni d’endosser les horreurs qu’ils commettent. En même temps, ils économisent hommes et finances dans ces conflits relativement peu coûteux. Dans cette logique, l’Iran n’hésite pas à transférer massivement les armes et les technologies les plus avancées à ses milices. Par exemple, après avoir abondamment doté en missiles le Hezbollah, il lui apporte aujourd’hui le savoir-faire et les équipements pour ajouter sur place des systèmes de guidage de précision sur les engins de son arsenal, ce qui en multiplie la dangerosité.

Aujourd’hui les Occidentaux sont alarmés par une disposition de l’accord de Vienne qui limite à cinq ans l’embargo sur les livraisons d’armes avancées à l’Iran. La Chine et la Russie auront à ce terme le feu vert pour livrer des engins avancés comme les missiles de croisière et les technologies connexes à Téhéran, lequel s’empressera de les confier à ses « proxies ». Bian Hook, le représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, a mis en garde la commission des affaires étrangères du Sénat à ce sujet : « Depuis 2017, l’Iran a élargi ses activités en matière de missiles balistiques à ses partenaires dans toute la région. »[8] L’embargo devra être levé le 18 octobre 2020, et ni la Chine, ni la Russie, qui ont droit de veto à l’ONU ne semblent disposés à le proroger. Les armes concernées peuvent frapper Israël, mais l’Europe tout aussi bien.

Ainsi, les guerres de l’Iran par supplétifs interposés, en marge du droit et des conventions internationales, qu’on les appelle asymétriques ou terroristes, lui permettent de réaliser la fusion inouïe, entre le rôle de mentor d’une politique révolutionnaire et celui de membre de la communauté internationale, entre le statut de seigneur de la subversion et celui de zélateur de l’ordre international.[9]

La stratégie israélienne de guerre entre deux guerres

de son coté, Israël ne peut pas accepter trois implications de la poussée des fous de Dieu chiites après 2015 :

  1. a) que l’Iran devienne nucléaire. En effet la bombe atomique peut infliger des dommages immenses à un pays  exigu, où les populations et les infrastructures sont aussi concentrées. Sans même l’utiliser directement, elle constituerait un moyen de chantage imparable rendant vite la vie impossible dans l’état juif. Et même, strictement cantonnée à la défense d’un Iran mythique qui serait prudent et rationnel, son déploiement se terminerait inéluctablement en apocalypse comme l’a démontré avec finesse Steven R. Davis ;[10]
  2. b) que se forme à sa frontière Nord avec la Syrie et au-delà en Irak, un second front sur le modèle de celui du Liban-sud, avec le déploiement de milices pro-iraniennes à sa frontière et de missiles à moyenne distance ;
  3. c) que des arsenaux de missiles dotés d’un guidage de précision soient déployés à portée de son « interland » mettent ses populations, ses villes, et ses infrastructures à la merci des supplétifs du Guide suprême iranien.

C’est ainsi que les stratèges de Jérusalem ont inventé et appliqué le concept de « guerre entre deux guerres »[11], c’est-à-dire d’opérations ponctuelles interdisant à proximité des frontières, le déploiement de troupes ou d’infrastructures ennemies et les transports d’armes conventionnelles et de systèmes de guidage « game changers », c’est-à-dire susceptibles de bouleverser l’équilibre des forces militaires. Les opérations sont parfois militaires mais elles peuvent aussi bien consister en cyber-attaques, en guerre psychologique, économique et même diplomatique. Pour rester « entre deux guerres » ces initiatives ne doivent pas déboucher sur une guerre générale et elles sont soigneusement sélectionnées pour obéir à cette condition. Mais la non-guerre n’est pas la paix ; c’est le moment « gris » où l’on agit ponctuellement pour ne pas aborder la guerre suivante dans des conditions défavorables. Ainsi, selon des rapports étrangers, on ne compte pas moins de 300 cibles frappées par Israël en Syrie seulement. D’autres rapports évoquent une activité encore plus importante. Yaakov Amidror, cité plus haut, se félicite des résultats de cette stratégie « agressive » mais regrette à demi-mots la stratégie antérieure de « prudence » qui a laissé le Hezbollah accumuler de 130 à 150.000 missiles au Liban sud.[12] Cependant il semble bien que depuis que l’Iran a fait savoir qu’il riposterait aux attaques sur ses forces ou ses installations, Israël fasse preuve d’une retenue inhabituelle. Selon certains observateurs, trop de choses ont changé, la guerre entre deux guerre est un concept désormais caduc.[13] Pour eux, il faut revoir d’urgence la doctrine stratégique du pays et l’ajuster à la situation nouvelle.

Les grands changements de l’été 2019

Dès le mois de juin, l’Iran est passé à l’offensive, bouleversant la politique américaine au point que Donald Trump est passé de la position de celui qui impose des négociations à l’Iran à celui qui les quémande. Abandonnant du même coup ses alliés traditionnels, il a perdu toute fiabilité à leurs yeux. Cela les a incités à rechercher des relations directes avec l’Iran pour obtenir des accommodements. De plus Téhéran a montré des capacités tactiques inattendues . Déjouant par un coup de maître stupéfiant tous les systèmes de détection américains et saoudiens il a paralysé en quelques minutes par des frappes ponctuelles, 50% du potentiel pétrolier de Riyad, sans faire de morts ni de blessés, sans même casser une vitre dans un bâtiment des environs.[14] Sa liberté d’action est désormais si totale qu’il n’hésite plus à se libérer ouvertement des contraintes de l’accord nucléaire.

Le naufrage de Donald Trump

Le 8 mais 2018 Donald Trump s’était retiré de l’accord iranien conformément à son engagement électoral de refuser le « pire des accords ». Il avait auparavant demandé à Téhéran, sans succès, une réouverture des négociations. Il voulait revenir sur le caractère temporaire des restrictions de la production iranienne de matière fissile (sunset clauses) et élargir la discussion aux missiles à longue portée et aux activités subversives des ayatollahs dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Devant le refus persistant de ces derniers, il annonçait un retour progressif au régime des sanctions dans les 180 jours. Plusieurs trains de ces mesures ont fini par créer une situation où l’Iran, désertée par les multinationales qui développaient des projets sur son sol, était privé d’exportation de son pétrole, les pays étrangers acheteurs y compris la Chine risquant eux-mêmes des sanctions.

Ce régime de « pressions maximales » devait amener Téhéran à accepter d’entrer en négociation dans les termes voulus par Donald Trump. Mais l’Iran a tout de suite exigé le retrait préalable des sanctions avant d’envisager l’opportunité d’une négociation. La situation était bloquée et l’ardeur d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel qui ajoutaient une soulte de 15 milliards de $ pour complaire aux ayatollahs ne fit pas avancer les choses d’un pouce.

Au lieu de s’incliner, l’Iran choisit l’offensive. Une série d’opérations d’intimidation intervenaient à partir du mois de mai 2019, juste après l’expiration des autorisations provisoires d’achat de pétrole iranien accordées pour 6 mois à quelques pays. Très agressives, elles allaient du sabotage de pétroliers en mer, à la capture de cargos et de pétroliers, et aux frappes sur des terminaux en l’Arabie saoudite. Pour couronner le tout, un drone de surveillance Global Hawk aux couleurs américaines, particulièrement onéreux, était abattu le 20 juin 2019. L’Iran ne reconnait jamais qu’il est l’auteur ou l’inspirateur de ces opérations de guérilla étatique. Il oppose aux accusations un déni moqueur, y compris dans le cas du drone américain abattu, l’accusant d’avoir violé son espace aérien.

L’Iran a démontré à Trump qu’il pouvait paralyser les routes maritimes de la zone du Golfe, ouvrir divers fronts dans la région, et l’entrainer dans le bourbier d’une guerre asymétrique, le cauchemar absolu du Pentagone et du candidat à la réélection en 2020.

Résumons : Trump a cru qu’il pourrait faire plier l’Iran avec des sanctions économiques. L’Iran a répondu en menaçant de le contraindre à une guerre asymétrique globale par procuration qui lui coûterait sa réélection. Khamenei a ainsi triomphé de Trump par ippon.

S’ouvrait l’ère du recul. KO debout, Donald Trump a commencé par s’abstenir de répondre militairement aux perturbation des routes maritimes, aux sabotages, aux captures de pétroliers, à la destruction d’un drone d’observation aux couleurs de l’Amérique, à la frappe du 14 septembre au cœur du territoire de son allié saoudien. La première mesure administrative de cette marche arrière date du 1er août 2019. Ce jour-là le président américain renouvela les dérogations (waivers) autorisant certains pays à coopérer avec l’Iran dans le nucléaire civil, l’une des voies identifiées de la poursuite clandestine de son programme nucléaire militaire. Selon Michael Doran, l’un des experts américains les plus pointus, « Pour Khamenei, alors, les dérogations sont la pierre angulaire de l’accord nucléaire, la structure qui procure une couverture internationale pour le programme d’armes nucléaires de l’Iran. ”[15] C’est cette pierre angulaire que Trump n’a toujours pas osé renverser en révoquant les fameux « waivers » à l’échéance de la fin octobre, alors que les Iraniens s’autorisent officiellement une reprise des activités nucléaires interdites à Fordow et à Arak, deux infrastructures nucléaires majeures de leur programme d’armement.[16] En cohérence avec ce rétropédalage général, il avait déjà congédié le 10 septembre son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, un partisan d’une ligne de fermeté.[17]

Les « pressions maximales » ne sont désormais rien de plus qu’un slogan. Lors de la session de rentrée de l’Assemblée générale de l’Onu à Washington, Trump s’humiliait en quémandant un entretien téléphonique  à Hassan Rohani dans son hôtel, lequel ne daigna pas prendre l’appel.

Comment expliquer ce désastre historique ? On peut évoquer la campagne électorale en cours, Trump ayant promis à ses électeurs de retirer les États-Unis des guerres entamées par ses prédécesseurs et de ne pas en engager de nouvelles. Il y a aussi la perte de valeur relative de la région moyen-orientale pour des États-Unis désormais autosuffisants en pétrole. Il y a l’habile stratégie iranienne de refus du rapport des forces, de montée aux extrêmes, attitude totalement inimaginable pour un artiste du business. Il y a la nécessaire focalisation des moyens américains sur l’Asie où la Chine leur taille des croupières. Cependant, ces contraintes ne justifient nullement les choix hasardeux de l’actuel locataire de la Maison Blanche.

Fondamentalement, les failles de Trump ont été de deux ordres : l’ignorance de l’histoire, l’absence d’une vision d’un coté, des méthodes de travail qui confinent à la légèreté de l’autre. Sa conception du leadership se limite à l’art du deal, à gagner sur le tapis une série ininterrompue de conflits matériels. Elle néglige la vision de l’avenir et le poids des éléments immatériels. Le président ne saisit visiblement pas la force mentale des convictions partagées ni la puissance des postures comme le respect des engagements, la distinction entre amis et ennemis, la dissuasion à l’endroit de l’ennemi, la coïncidence entre les paroles et les actes, etc. En matière de prise de décision, ce qui frappe c’est son amateurisme : incapable d’envisager le second et le troisième coup qui suivent une décision, sa méconnaissance de l’histoire est flagrante comme son incapacité à stabiliser et à animer les travaux de ses équipes de conseillers. Plus que le cynisme, c’est la médiocrité qu’il faut incriminer.

La liberté d’action de l’Iran et sa maîtrise des technologies militaires de pointe

La déconfiture de Trump a eu un effet immédiat : l’impunité de l’Iran. L’héritier de la Perse antique  ne craint plus les représailles potentiellement redoutables de l’Amérique quelles que soient ses prises de risque dans la région. Il a pu frapper impunément à Abqaiq et Khurais le vieil allié du Pacte du Quincy de 1945 avec une arrogance inouïe, privant la communauté internationale de 5% de ses ressources en hydrocarbures. Il a pu abattre impunément le fameux drone d’observation. Il a pu fournir impunément aux Houthi des armes avancées, se comporter en occupant en Irak, etc.

La seconde liberté d’action obtenue par Téhéran est le produit de la déconfiture de ses adversaires sunnites directs l’Arabie, Bahreïn,  et les Émirats arabes Unis, exposés à ses coups de boutoir. Ils sont allés à Canossa, c’est-à-dire à la cour de Khamenei, pour s’épargner de nouvelles volées de bois vert iranien. « Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a confirmé sur Twitter que l’Arabie saoudite a relayé un message à l’Iran via un  » pays frère « , à savoir que l’Arabie saoudite a toujours recherché la stabilité et la sécurité régionales. »[18] Les ayatollahs n’ont plus de souci à se faire de ce coté là, du moins à court terme, car l’antagonisme ancré dans les appartenances religieuses est trop profond pour être si aisément résolu.

Restent deux questions : 1) l’Amérique de Trump restera-t-elle neutre si l’Iran attaque Israël ? 2) Restera-t-elle en dehors du jeu si l’Iran décide de passer au « saut nucléaire » ?

Des réponses assez nettes ont été apportées par les dirigeants des deux pays. Netanyahou ne se fait aucune illusion : il aurait déclaré au membres du cabinet « que le président américain Donald Trump n’agirait pas contre l’Iran avant les élections générales américaines de novembre 2020 au plus tôt … »[19] Christopher Ford, secrétaire d’État adjoint à la non prolifération des États-Unis participait à Tel Aviv à une conférence de l’INSS (Institute for National Security Studies) le 11 novembre dernier. Interrogé sur l’attitude des États-Unis face à la violation croissante par l’Iran des limitations de l’accord nucléaire, il répondit que ceux-ci « ne peuvent pas forcer l’Iran à revenir sur l’impasse que connait l’accord nucléaire… nous avons mis autant de contraintes que possible sur le comportement de l’Iran… » Visiblement il faut entendre que les États-Unis ne veulent utiliser, même dans les cas les plus graves, d’autres moyens de contrainte, les moyens militaires par exemple.[20] Le général Yaakov Amidror qui participait à la même réunion que le secrétaire d’état américain n’est pas allé par quatre chemins : « Il se peut que nous devions agir directement en Iran pour arrêter les Iraniens… Le monde n’est pas prêt à agir, ..ni l’Otan, ni les USA… ils préfèrent fermer les yeux. » ajoutant « si le monde n’empêchait pas l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite et la Turquie le feraient aussi et de nombreux pays du Moyen-Orient auraient éventuellement des armes qui pourraient potentiellement dévaster Moscou, Berlin et Washington. »[21]

Comment se présente en définitive le théâtre du Moyen-Orient pour Israël à la fin de l’été 2019 ?

  1. Son principal allié, l’Amérique, qui a perdu son influence dissuasive sur les acteurs locaux, laisse une liberté d’action entière à l’Iran, y compris s’il s’engage dans le « saut nucléaire »;
  2. L’Iran maîtrise des technologies militaires comme le traitement avancé du renseignement et l’emploi de missiles et de drone de croisière particulièrement indétectables. Il représente donc une menace stratégique toute nouvelle qu’Israël ne sait pas forcement traiter ;
  3. Les alliés arabes, coalisés face à l’Iran sous l’aile américaine, se débandent désormais et négocient avec les ayatollahs, ce qui permettra d’attendre d’eux, au mieux, une certaine neutralité dans l’affrontement d’Israël avec l’Iran ;
  4. La « guerre entre deux guerres » qui limitait l’arrivée des armes avancées, l’incrustation des milices sur le Golan et les tirs venant d’Irak, semble être ravalée par l’Iran à un casus belli, retirant à Jérusalem une option pour se défendre tout en évitant la  guerre ouverte ;
  5. Les capacités offensives des milices supplétives de l’Iran au Liban, à Gaza, en Syrie, en Irak et au Yémen sont en progression rapide puisque l’Iran leur transfère systématiquement des armes avancées (en partie missiles de croisière, drones d’attaque) et les technologies pour les produire sur place ;
  6. Les origines géographiques possibles de la menace se sont élargies puisque le Yémen, destinataire de missiles iraniens à longue portée, s’est ajouté à la liste des pays d’où l’Iran peut lancer ses attaques, par le sud cette fois-ci, prenant à revers les défenses israéliennes plutôt orientées contre une menace venant du nord.

A l’inverse, la situation de l’Iran se dégrade aussi concernant certains paramètres :

  1. Il disposera de moins en moins de fonds pour payer l’entretien de ses milices (évaluées à 200.000 combattants au total) et la fourniture de services aux populations locales où elles sont cantonnées tant que des sanctions économiques américaines perdureront ;
  2. Des mouvement de masse puissants et durables se sont développés au Liban et en Irak pour protester contre la présence de ses milices supplétives et son emprise sur les états nationaux , ce qui multiplie les aléas qui pèsent sur sa stratégie expansionniste et en augmentent le coût ;
  3. La dégradation de la situation économique de Téhéran ne peut pas manquer d’accroître l’instabilité intérieure du régime, ce qui devrait aussi modérer ses avancées régionales.

Que veut exactement l’Iran ?

Comme « partisan d’Ali » Khomeiny a donné à sa révolution la mission de rétablir l’essence divine de la succession du Prophète, c’est-à-dire d’amener les musulmans à rallier la vraie foi et d’écarter du pouvoir islamique suprême quiconque ne peut faire valoir un lien de filiation avec lui.

Le rêve du régime est de chasser du Moyen-Orient le grand Satan américain pour agir sans entraves, de détruire le petit Satan israélien pour se poser en libérateur, et de retirer à la famille Saoud, dépourvue de tout lien familial avec Mohamed, la fonction de gardien des deux villes saintes de l’Islam, La Mecque et Médine. Il pourrait sur la base de ces victoires  devenir le phare des musulmans et leur rendre leur foi épurée des 15 derniers siècles d’errements. C’est en cela qu’il s’agit d’un régime d’essence révolutionnaire et que tout ses actes doivent être rapportés à cette grille de lecture.

Enfin, depuis plusieurs décennies, les Khomeynistes rêvent de sanctuariser leur pré carré et s’ouvrir des opportunités de conquête en développant un armement nucléaire et balistique moderne.

Au-delà de ces rêves entretenus avec persévérance depuis 40 ans, les ayatollahs sont pragmatiques et opportunistes en même temps. Ils  poursuivent aujourd’hui des objectifs d’étape très concrets. La destruction d’Israël n’est pas leur première urgence. Ils la voient comme le couronnement de leur emprise sur le Moyen-Orient dans un processus progressif d’isolement, de harcèlement et d’étranglement, car leur doctrine opérationnelle leur commande de masquer leurs coups et d’agir par procuration. Ils s’attachent actuellement à multiplier les sites d’origine de leurs possibles attaques, et à disperser des cibles toujours plus nombreuses pour compliquer la défense d’Israël. Mais pour sécuriser leur implantations en Irak et en Syrie exposées aux frappes israéliennes, ils pourraient lancer à n’importe quel moment des attaques à l’intérieur de l’État hébreu sur le modèle de celle qui a ébranlé l’Arabie saoudite le 14 septembre, ou sur une mode nouveau, moins prévisible.

On peut anticiper leur agenda : le raid écrasant qu’ils ont mené le 14 septembre sur les champs pétroliers du cœur de l’Arabie avait sans doute pour objectif premier l’abandon par Riyad de son intervention au Yémen. D’ailleurs, après les Émirats arabes unis, ils semble que ce pays ait baissé les bras et soit en train de négocier sa sortie du théâtre yéménite d’importance majeure pour son avenir. Dans cette affaire, l’Iran trouve l’avantage de consolider le règne de son obligé Houthi qui lui offre des positions rêvées à l’entrée du détroit stratégique de Bab el-Mandel.

Le second objectif, c’est d’obtenir un gel progressif des sanctions américaines en cours. Christopher Ford déclarait lors de la conférence de Tel Aviv évoquée plus haut que les États-Unis avaient proposé à l’Iran une offre de négociation comprenant : « l’allègement de toutes les sanctions[…] le rétablissement des relations diplomatiques et des relations de coopération semblables à celles avec les États normaux[…] Vous devez vous comporter comme un État normal, mais j’espère que l’Iran fera ce choix[à son tour]. »[22] Les ayatollahs attendent sans doute pour acquiescer d’avoir la garantie, façon Obama, qu’un nouvel accord scellera la réconciliation sans vraiment brider la poursuite de leur programme nucléaire et balistique.

L’Iran poursuivra naturellement l’édification du « cercle de feu » autour d’Israël en stabilisant les groupes armés supplétifs déjà déployés, en les équipant d’armes toujours plus avancées, en améliorant leur coordination et leur capacité de manœuvre. De ce point de vue, la Jordanie est dans l’œil du cyclone car elle dispose de longues frontières avec l’Irak et aussi avec Israël. On peut s’attendre à des opérations de subversion téléguidées depuis Téhéran pour contraindre ce royaume sunnite à intégrer « l’axe chiite ».

Enfin, la campagne électorale américaine s’achèvera le 03 novembre 2020, dans un peu moins d’une année. Comme l’a bien précisé Christopher Ford, l’Iran aura dans cette période une totale liberté d’action y compris concernant la conduite de son programme nucléaire. Les ayatollahs pourraient parfaitement saisir cette fenêtre inespérée pour se projeter dans le « saut nucléaire », la construction de la bombe, qui nécessiterait théoriquement un an mais en réalité, chacun le sait, seulement quelques mois.

Quelle stratégie pour Israël ?

Dans un affrontement sur un théâtre stratégique aussi vaste, élargi encore de milliers de kilomètres par la portée nouvelle des missiles, l’un des impératifs est d’identifier les alliances possibles. Les premiers alliés potentiels d’Israël face à l’Iran devraient être les pays européens, pas par excès de sympathie pour l’État juif, mais parce qu’ils partagent avec lui d’importants intérêts communs. L’Europe est à portée des missiles intercontinentaux de l’Iran et elle sait que ces missiles risquent d’être bientôt garnis d’ogives nucléaires. Elle sait aussi avec quelle brutalité les ayatollahs poussent leurs pions. Les 58 soldats du poste Drakkar tués en 1983, les attentats de Paris de 1985/86 et les prises d’otage du Liban, l’attentat déjoué de Villepinte en 2018, sont dans les mémoires. Elle sait que l’Iran est en train de s’approcher de la Méditerranée, leurs arrière-cour en quelque sorte. Enfin, elle sait enfin qu’étant déployés dans le Golfe persique et aux abords de Bab el-Mandel, les Iraniens tiennent des routes maritimes stratégiques du sud qu’ils peuvent assaisonner à leur gré, provoquant s’il le faut un séisme dans l’économie mondiale dont l’Europe serait la première victime. Israël doit rechercher et nourrir cette alliance dans un esprit créatif.

Par ailleurs, Israël doit se préparer à l’éventualité d’attaques massives par des vagues de missiles. On estime que le Hezbollah dispose au Liban de 130 à 150.000 missiles qui pour une part disposent d’un guidage de précision. En cas de guerre totale, le groupe terroriste, qui est en fait une armée, pourrait lancer 1.000 missiles par jour. Il est impossible d’interrompre ce genre d’offensive par des dispositifs antimissiles (qui seraient saturés) ni par l’aviation qui n’est pas configurée pour frapper une quantité indéterminée de micro cibles. La seule solution serait le déploiement immédiat de troupes au sol pour occuper au plus vite le terrain.

Cela suppose un changement radical de doctrine militaire. Depuis 1982 la doctrine d’Israël est résumée en une formule, « Intel/Firepower », soit renseignement et frappes puissantes sur les cibles. Cette option permet d’économiser les déploiements au sol, donc la vie des soldats. Mais l’ennemi s’est adapté. Il sait disperser les cibles, il sait déployer de pseudo-cibles, il sait enterrer ses hommes et ses armes. D’où un rendement décroissant du couple Intel/Firepower. L’alternative est le retour à la doctrine antérieure des « résultats décisifs », c’est-à-dire combattre au sol sur le territoire de l’ennemi pour mettre un terme effectif à sa capacité de nuisance. La victoire dans la seconde Intifada est intervenue en avril 2002 avec l’opération « Rempart », quand après des centaines de victimes on a enfin consenti à envoyer les soldats dans les grandes villes palestiniennes d’où partaient les commandos jihadistes. [23]La construction d’une armée conventionnelle capable d’exceller dans les manœuvres au sol est une option complexe qui prend du temps. L’état-major israélien en est parfaitement conscient.

Le troisième aspect de la stratégie d’Israël est la défense contre les missiles de croisière et les drones d’attaque si difficiles à détecter. Si les satellites américains et saoudiens et les dispositifs au sol ont été incapables de détecter les deux essaims de missiles et de drones d’attaque iraniens qui approchaient de leurs cibles en volant près du sol, c’est en partie parce que la zone à couvrir était immense. La surface de l’Arabie saoudite est du même ordre que celle de l’Europe entière. De ce point de vue, Israël a deux avantages. D’un coté, il n’est pas soumis à l’effet de surprise puisque le raid en Arabie est antérieur et qu’il a été dument analysé[24]. De l’autre, vu l’exigüité la zone à couvrir, la couverture actuelle est presque suffisante et il existe des radars Doppler bon marché, de conception israélienne, qui peuvent couvrir l’espace éventuel entre l’horizon de détectabilité des dispositifs actuels et le sol.

Enfin, last but not least, quelle réponse apporter à un Iran qui aurait entrepris le « saut nucléaire », une hypothèse bien plausible, on l’a vu. L’état-major israélien connait ses propres moyens et les difficultés d’une telle entreprise. A trois reprises, de 2010 à 2012, Bibi Netanyahou et Ehoud Barak auraient commandé à l’armée des raids de destruction des installations du programme nucléaire des  ayatollahs que les responsables de la défense Meir Dagan et Gabi Askhenazi  en 2010, puis Benny Gantz en 2011, ont refusé d’exécuter. La troisième tentative en 2012 a avorté suite à un différend sur le calendrier entre Netanyahou et Barak.[25] En 2019, l’opération est beaucoup plus compliquée car l’Iran s’est doté, 10 ans après,  de moyens de défense et de riposte nouveaux. L’affaire est aujourd’hui entre les mains des hiérarchies politiques et militaires du pays.

Ce qui est sûr c’est qu’il y a plusieurs façons de poser le problème iranien en général. A demi-mots Yaakov Amidror suggère une critique de la politique suivie dans la dernière décennie : une stratégie « prudente », donc perdante, a laissé le Hezbollah accumuler un arsenal offensif monstrueux sur² la gorge de l’état juif. Ensuite, avec la guerre de Syrie, une « stratégie agressive », donc gagnante, a permis de freiner les transferts d’armes vers le nord, la diffusion des systèmes de guidage de précision des missiles et l’installation de bases militaires. Que nous suggère Yaakov Amidror ? « L’Iran s’est rendu compte qu’Israël a réussi en Syrie [à démanteler une machine de guerre], alors il a commencé à construire une branche de sa machine de guerre indépendante en Irak…. Pour l’Iran, l’idée est d’avoir une capacité militaire proche d’Israël, tout en restant à distance. Une question intéressante est de savoir quelle devrait être la réaction d’Israël dans une telle situation. Nous savons que la tête du serpent est en Iran. Israël va-t-il poursuivre des cibles en Syrie, en Irak, au Liban ou au Yémen ? Ou irons-nous directement à la tête du serpent ? »[26]

[1] Israel’s army chief stands alone against security threats Ben Caspit October 25, 2019  https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2019/10/israel-security-threat-us-withdrawal-iran-russia-kochavi.html#ixzz64rLtM5eE

[2] Idf Operations Head: Threat Posed By Iran Is Not ‘Fear-Mongering’ https://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/IDF-Operations-Head-Threat-posed-by-Iran-is-not-fear-mongering-606991

[3] Foreign-policy experts predict that an Iranian attack on Israel is just a matter of time  Israel Kasnett, JNS, 4 nov 2019 https://www.jns.org/foreign-policy-experts-predict-that-an-iranian-attack-on-israel-is-just-a-matter-of-time/

[4] Iran Guards chief: Destroying Israel now not a dream but an ‘achievable goal’ AFP andTOI STAFF30 Sept. 2019, https://www.timesofisrael.com/iran-guards-chief-says-destroying-israel-is-not-a-dream-but-an-achievable-goal/

[5] ibi

[6] Préambule de la constitution iranienne du 24 octobre 1979 http://www.servat.unibe.ch/icl/ir00000_.html

[7] Pour être tranquilles, les Iraniens interdirent aux inspecteur de l’AIEA l’accès des sites militaires où ces recherché étaient menées, sans que les vertueux pays négociateurs de l’accord de Vienne s’en émeuvent…

[8] Iranian Mayhem Is About to Get Worse, Eli Lake, 24 Octobre 2019 https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2019-10-24/iranian-mayhem-in-the-middle-east-is-about-to-get-worse

[9] Ce thème est développé dans le remarquable rapport de l’International Institute for Strategic Studies Iran’s Networks of Influence in the Middle East, 7 Nov. 2019, https://www.iiss.org/publications/strategic-dossiers

[10]Armed and Dangerous: Why a Rational, Nuclear Iran Is an Unacceptable Risk to Israel , Prof. Steven R. David,  1er Novembre 2013 https://besacenter.org/wp-content/uploads/2013/11/MSPS104.pdf

[11] The Campaign Between Wars: How Israel Rethought Its Strategy to Counter Iran’s Malign Regional Influence, Gadi Eisenkot et Gabi Siboni, PolicyWatch 3174, 04 Sept. 2019, https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/view/the-campaign-between-wars-how-israel-rethought-its-strategy-to-counter-iran

[12] Foreign-policy experts predict that an Iranian attack on Israel is just a matter of time  Israel Kasnett op. cit.

[13] Israel’s restraint comes with a price by Yoav Limor, Israel Hayom, 07 nov 2019 https://www.israelhayom.com/2019/11/07/israels-restraint-comes-with-a-price/

[14] Saudi Arabia’s Black September, Dr. Uzi Rubin, 15 oct. 2019, https://jiss.org.il/en/rubin-saudi-arabias-black-september/

[15] What Iran Is Really Up To, Michael Doran, June 24 2019 https://mosaicmagazine.com/observation/politics-current-affairs/2019/06/what-iran-is-really-up-to/

[16]  Trump renews sanctions waivers to allow Russia, China and Europe to continue nuclear work in Iran, Negar Mortazavi, 31 October 2019, https://www.independent.co.uk/news/world/americas/trump-iran-nuclear-work-russia-china-europe-sanction-a9180121.html

[17] The Purge of John Bolton, Dr. Jiri et Leni Valenta, 15 oct. 2019, https://www.gatestoneinstitute.org/15021/bolton-purge-trump-obama-moments

[18] A Possible Thaw in Iranian-Saudi Tensions: Ramifications for the Region and for Israel, Yoel GuzanskySima Shine, INSS Insight No. 1222, November 3, 2019 https://www.inss.org.il/publication/a-possible-thaw-in-iranian-saudi-tensions-ramifications-for-the-region-and-for-israel

[19] Netanyahu told ministers Trump can’t be counted on to act against Iran, TOI STAFF,  01 November 2019,https://www.timesofisrael.com/netanyahu-told-ministers-us-cant-be-counted-on-against-iran-report/

[20] Top Us Official: We Can’t Force Iran To Change, But Have Cornered It, YONAH JEREMY BOB,  NOVEMBER 11, 2019 https://www.jpost.com/Middle-East/Top-US-official-We-cant-force-Iran-to-change-but-have-cornered-it-607529

[21] Top Us Official: We Can’t Force Iran To Change, But Have Cornered It op. cit.

[22] Top Us Official: We Can’t Force Iran To Change, But Have Cornered It op. cit.

[23] Prepare For War – The Right Way, David M. Weinberg,  25 oct. 2019, https://www.jpost.com/Opinion/Prepare-for-war-the-right-way-605734

[24] Saudi Arabia’s Black September, op. cit.

[25] Israel’s true failures on Iran , Dr. Limor Samimian-Darash, 10 oct. 2019 https://www.israelhayom.com/opinions/israels-true-failures-on-iran/

[26] Foreign-policy experts predict that an Iranian attack on Israel is just a matter of time, Israel Kasnett JNS 04 nov. 2019 https://www.jns.org/foreign-policy-experts-predict-that-an-iranian-attack-on-israel-is-just-a-matter-of-time/


Caricatures: Un antisémite est caché dans ce dessin, sauras-tu le retrouver ? (Looking back with Plantu at Le Monde’s long tradition of antisemitic cartoons)

3 novembre, 2019

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Related imageRelated imageImage result for Plantu caricatures antisémites 29 juillet 2015L’antisémitisme, c’est de prendre l’exemple d’une caractéristique ou d’une action qui est répandue, sinon universelle, et de n’en accuser que les Juifs. Alan Dershowitz
Le Monde should be mindful that what started as cartoons in the 1930’s ultimately led to violence and unspeakable tragedy. French Jewry has seen enough in the way of terror and violence and anti-Semitic vitriol, undoubtedly fueled by hateful cartoons like these. It’s not only libelous, it’s reckless and dangerous in light of the terror attacks earlier this year. There is an ignorance and prejudice buried in the image itself. It says more about the preconception in the mind of the illustrator than the reality on the ground. Joe Hyams (HonestReporting)
A political cartoon is one of the most effective tools of communication. People see an image and remember it longer than an article or an essay. Unfortunately, it’s also an extremely effective way of passing misinformation. And that’s the problem with a recent cartoon in Le Monde, France’s paper of record. The cartoon shows an IDF soldier firing his gun at Palestinian civilians, who appear to be dying in the rubble in front of him. The soldier is joined by a stereotypical religious Jew, depicted with a long beard, hat and coat, and even a rifle on his shoulder. The religious Jew is also holding a suitcase labeled New Settlements, and he’s telling the soldier: “Can’t you shoot any quicker? I’m in a hurry to move in!” In the background, an Israeli helicopter is firing on Palestinian buildings. The meaning of the cartoon is unmistakable: Israel is intentionally killing Palestinians in order to steal the land for its own use. The cartoon, by veteran cartoonist Jean Plantureux (known as Plantu), is shocking not only because of its false and gruesome depiction of Israeli soldiers and its caricature of the religious but also because it comes at a time of deep soul searching in Israel over the death of a Palestinian baby, who was killed in a house fire widely believed to have been set by Jewish extremists. The incident was widely condemned across Israeli society and led to stricter security measures against Israeli extremists. To present Israeli soldiers as wanton killers and religious Jews as promoters of genocide is a crass distortion of Israel that will breed more hate towards Jews and less understanding of the complex reality in the region. The death of the baby does not appear to be referenced in the cartoon. Instead, it may have been triggered by an announcement of plans for 300 new units in the settlements, which took place as Israeli security forces grappled with the removal of Jewish homes in Beit El. Honest reporting

Un antisémite est caché dans ces dessins, sauras-tu le retrouver ?

Suite à l’invitation de Plantu lui-même sur sa page Facebook

Avec la reproduction de son dessin faussement didactique de l’Express de 2015 …

Intitulé « Un Etat palestinien est caché dans ce dessin, sauras-tu le retrouver ? » …

Et dénonçant les nouvelles implantations (pardon: « colonies » israéliennes) dans les territoires occupés (pardon: « palestiniens ») …

Petit retour en images …

Les quelques exceptions qui confirment la règle mises à part …

Sur la longue tradition à laquelle …

Entre deux caricatures anti-américaines

Il a largement contribué avec Le Monde

Israel Accused of Genocide in Outrageous Cartoon

A political cartoon is one of the most effective tools of communication. People see an image and remember it longer than an article or an essay. Unfortunately, it’s also an extremely effective way of passing misinformation. And that’s the problem with a recent cartoon in Le Monde, France’s paper of record.

The cartoon shows an IDF soldier firing his gun at Palestinian civilians, who appear to be dying in the rubble in front of him. The soldier is joined by a stereotypical religious Jew, depicted with a long beard, hat and coat, and even a rifle on his shoulder. The religious Jew is also holding a suitcase labeled New Settlements, and he’s telling the soldier: “Can’t you shoot any quicker? I’m in a hurry to move in!” In the background, an Israeli helicopter is firing on Palestinian buildings.

The meaning of the cartoon is unmistakable: Israel is intentionally killing Palestinians in order to steal the land for its own use.

The cartoon, by veteran cartoonist Jean Plantureux (known as Plantu), is shocking not only because of its false and gruesome depiction of Israeli soldiers and its caricature of the religious but also because it comes at a time of deep soul searching in Israel over the death of a Palestinian baby, who was killed in a house fire widely believed to have been set by Jewish extremists.

The incident was widely condemned across Israeli society and led to stricter security measures against Israeli extremists. To present Israeli soldiers as wanton killers and religious Jews as promoters of genocide is a crass distortion of Israel that will breed more hate towards Jews and less understanding of the complex reality in the region.

The death of the baby does not appear to be referenced in the cartoon. Instead, it may have been triggered by an announcement of plans for 300 new units in the settlements, which took place as Israeli security forces grappled with the removal of Jewish homes in Beit El.

It’s actually the third straight cartoon by Plantu on the settlement issue, but the first directly accusing Israel of genocide.

HonestReporting CEO Joe Hyams condemned Le Monde for spreading hateful propaganda that reinforces a false narrative.

“Le Monde should be mindful that what started as cartoons in the 1930’s ultimately led to violence and unspeakable tragedy,” Mr Hyams said. “French Jewry has seen enough in the way of terror and violence and anti-Semitic vitriol, undoubtedly fueled by hateful cartoons like these.

“It’s not only libelous, it’s reckless and dangerous in light of the terror attacks earlier this year. There is an ignorance and prejudice buried in the image itself. It says more about the preconception in the mind of the illustrator than the reality on the ground,” he added.

CALL TO ACTION:

We call on Le Monde to remove the cartoon and acknowledge the damage to the Jewish community. Let the editors know what you think on their Facebook page at https://www.facebook.com/lemonde.fr

This is not the first time Israel has been demonized through political cartoons. The slidshow below looks at some of the recent examples.


Cherchez l’erreur: Des imams ont organisé un rassemblement en hommage aux familles des victimes et… personne n’est venu ! (In France, the most radical voice of social cohesion may very well be the ‘imam of the Jews’ who refuses to shut up and pray)

12 octobre, 2019
L’imam français Hassen Chalghoumi et Reuven Rivlin, président de l’Etat d’Israël. (Crédit photo : Facebook / Hassen Chalghoumi)

La majorité silencieuse, (…) on ne [la] voit jamais à la télévision. On ne montre que les barbus, les fanatiques, ceux qui affirment que je suis isolé et font régner un climat de peur. Hassam Chalghoumi
Ce rassemblement a pour but de montrer que nous sommes tous ensemble. Soutiens aux victimes et à leurs familles. Nous sommes tous contre l’islamisme, qui est une maladie de l’Islam malheureusement. Un assassin tue au nom de ma religion, il prend en otage les musulmans. C’est nous les musulmans les premières victimes. J’invite les fidèles à sortir pour dénoncer l’islamisme, dire : ‘ma vision de l’Islam n’a rien à voir avec ces criminels et ces assassins, cette minorité qui gangrène nos jeunesses, qui manipule. L’islamisme c’est la parole de la haine, c’est des fachos. Nous on ne veut pas ça’. Quelqu’un qui n’a pas une vision républicaine, qui n’aime pas la France, qu’est-ce qu’il fait ici ? Il peut partir ailleurs, il nous laisse en paix. Hassam Chalghoumi (conférence des imams sans mosquée de France)
J’accuse la chaîne Al Jazeera, avec sa propagande de haine et celle du Hamas, celle de tous les sites islamistes… Al Jazeera m’a qualifié de traître, de vendu et j’ai été obligé de déposer une plainte pour menace de mort. (…) parce que nous avons dénoncé la mascarade des islamistes et leurs manipulations. Nous voulons montrer le côté positif de l’islam. Il y a trop de sites qui expriment leur haine notamment contre Israël, mais cette jeunesse ne va pas s’arrêter là, parce nous allons faire une tournée à travers la France pour poursuivre notre mission et transmettre ce que nous avons vu en Israël. A ceux qui me menacent de mort, je veux leur dire qu’ils ne me font pas peur, et je ne baisserai jamais les bras, j’avance vers le dialogue, je suis un homme de paix, et telle est ma vision de l’islam. Hassen Chalghoumi
Il faut faire attention aux amalgames et aux surenchères: la société américaine surtout celle de Manhattan est ouverte et tolérante… Il y a des racistes et des fascistes évangélistes… Ce n’est pas une raison pour jouer avec le feu, à la provocation… On peut construire une mosquée n’importe où, mais pas à coté d’un charnier, d’un mémorial de la barbarie terroriste des islamistes d’Al-Qaïda. (…) Aucun texte coranique ne parle de la burqa. Il faut faire la différence entre la religion musulmane et les traditions de certains musulmans. Dans l’islam sunnite, il y quatre écoles théologiques: les quatre disent que la burqa n’est pas une obligation. Tous les savants musulmans disent que le visage de la femme n’est pas une partie intime… Alors, il y a plus important et plus sacré dans notre religion qu’un bout de tissu. (…) Si vous dites le contraire, citez le verset coranique qui parle de la burqa! Il n’y en a aucun. La burqa est un phénomène étranger au coran, étranger à l’islam du Maghreb, étranger à l’islam qui n’a rien à cacher, étranger à l’islam des Lumières. [un islam de France] C’est un Islam libre des ingérences étrangères et des ingérences policières ; Libéré des manipulations des politiques et des gesticulations des fanatiques ; Libéré du paternalisme post-colonialistes des indigènes-nihilistes et des idiots-arrivistes ; Libéré des intégristes et des affairistes ; Libéré des surenchères gauloises et des compromissions munichoises ; l’Islam de France est Contre les racistes musulmans et les extrémistes islamistes. (…) Il y a beaucoup d’imams qui pensent comme moi, malheureusement ils ont peur. Certains ont pris position comme moi, ils ont été « chassés » de leurs mosquées, ou insultés, ou menacés… Et puis ils ont vu un mauvais exemple dans la mosquée de Drancy: assiégée, agressée pendant plusieurs mois sous le regard impuissant des pouvoirs publics… Et puis il y a des imams fonctionnaires, salariés des gouvernements étrangers… Et surtout certains représentants de notre Etat et certains représentants de notre nation préfère fricoter avec les intégristes et les affairistes de l’UOIF. (…) j’ai condamné les « BRUITS ET LES ODEURS » de certains politiciens français, j’ai condamné les surenchères irresponsables et les dérapages intolérables des Estrosi et des Lefevre… Malheureusement, nous les musulmans de France, nous n’avons pas un média digne qui fait entendre notre voix. [l’influence des Frères Musulmans en France] elle est dangereuse, elle est grandissante, elle est lâche, elle est usurpatrice… La majorité des musulmans de France n’appartiennent pas à cette secte intégriste et populiste qui a fait 200 000 morts en Algérie par exemple, mais la cécité et la lâcheté des pouvoirs publiques ont laisser s’épanouir et grandir ce monstre qui mange ses enfants. (…) Nous sommes des Français… Et il faut imposer au gouvernement français nos vrais problèmes et surtout le racisme. Par exemple, SOS Racisme doit commencer à s’intéresser réellement au racisme que subissent plusieurs catégories de Français au lieu de jouer aux apparatchiks idéologiques de la morale sélective. SOS Racisme doit comprendre que le racisme que subissent les musulmans n’est pas celui que subissent des assassins menacés par la perte de leurs papiers de nationalités, ni les regards choqués ou mêmes haineux que subissent certaines femmes dont le regard et le visage sont cachés par une insupportable burqa, ni la discrimination réelle à l’entrée des discothèques. Le vrai racisme, c’est ce que subissent nos enfants à l’école, nos familles au logement, nos salariés au travail, nos diplômés à la promotion sociale… (…) Le président actuel a sauvé la Tunisie de la guerre civile algérienne. Les mêmes intégristes tunisiens voulaient instaurer la même barbarie talibane et provoquer la même guerre civile algérienne… La Tunisie est un pays libre et moderne… Il y a même des Français qui vont se soigner la bas… L’islam de la Tunisie est l’islam modèle, celui de la modération et de la modernité….. Je suis imam français et je suis fier de mon pays d’origine la Tunisie qu’Allah protège. (..) Je déteste l’expression « les quartiers », ce que vous appelez ainsi, sont une partie de la France, que plusieurs gouvernement de notre France ont négligé, et que les Frères Musulmans soutenus par des gouvernements étrangers sont en train de gangrener. (…) Ce n’est pas le combat d’un seul homme, ni de la seule communauté musulmane, ni seulement du gouvernement… Tout le monde doit concourir à combattre les extrémistes, surtout en luttant d’abord contre le racisme. Le département du 93 est le symbole de la diversité, il est le thermomètre de l’intégration: Les représentants de l’Etat et de la nation doivent réussir à faire de ce département un modèle économique, social et républicain, un modèle du vivre ensemble. Dans le 93, il y a le siège de tous les mouvements, sectes et organisations musulmanes ou islamistes. Je demande que les intégristes islamistes ne restent pas les interlocuteurs exclusifs des représentants de la Nation. Il y a parmi nous, les musulmans français, des cadres républicains, des hauts fonctionnaires, des patrons, des professeurs de médecine, des professeurs émérites d’université, des créateurs de richesses et des vecteurs de sagesse, des personnes méritantes qui aiment la France et qui respectent l’islam. Il n’y a pas que des intégristes qui font du business avec l’islam. (…) Regardez les vidéos postées par les intégristes du collectif Cheikh Yassin et vous écouterez les messages de haine contre les juifs. il faut être courageux pour admettre que les intégristes islamistes détestent les juifs comme ils détestent les femmes d’ailleurs. (…) Le terme charia est très manipulé et galvaudé… Pour des imbéciles, la charia c’est le mariage du libertinage et la lapidation des femmes adultères… La charia est le chemin de la religion. Alors il faut réformer notre façon de voir les choses… Il faut réformer nos visions… Il faut nous réformer nous musulmans, parfois indignes d’une belle et grande religion qu’est l’islam. (…) Vous me parlez de Tariq Ramadan qui est un intégriste suisse et non pas un musulman français.. Lui et sa secte dangereuse, les Frères Musulmans, ont perverti la religion au point de pousser les Suisses à devenir racistes et à interdire les minarets. Est-il normal que ce Tariq Ramadan aille soutenir le voyou polygame de Nantes qui a insulté notre religion en déclarant que l’islam autorise les maitresses ? J’ai honte. (…) il n’y a pas de dirigeant de l’islam de France… le CFCM est une catastrophe honteuse, une coquille vide gangrenée par l’UOIF. Le Président de notre République a bien fait de créer cette institution, mais ce n’est pas à lui de remplacer les intégristes ou les fonctionnaires étrangers qui la dirigent pas des musulmans français compétents… C’est un vrai problème. (…) J’aimerais remercier particulièrement le maire de Drancy, l’un des hommes politiques français les plus courageux et les plus républicains… Il a résisté avec moi aux racistes et aux islamistes. Il mérite de remplacer la catastrophe qu’est devenue Fadela Amara, car la Politique de la Ville mérite des hommes ou des femmes compétents et non des guignols, sinon le racisme et l’islamisme vont s’accroitre, se nourrir mutuellement et nous mettre TOUS en danger. Hassen Chalghoumi
As right-wing rabble rousers throughout Europe make themselves known to media, it’s time to tell the more surprising stories. Here’s one: in France, the most radical voice of social cohesion may very well be an imam. Yup, a Muslim cleric. Hassen Chalghoumi deserves to become a household name in America. Chalghoumi is the imam of Drancy, a suburban Parisian town that deported Jews to their death during World War II. Imam Chalgoumi seeks to preserve this history so that it’s never forgotten. In fact, we met him at the Holocaust Memorial in Drancy, where he recited the opening verses of the Qur’an. The imam later told us that the Holocaust isn’t only a Jewish issue; it’s a human one that Muslims must honestly grapple with if they want credibility when complaining about Islamophobia. Coming from an imam, such a statement is more than rare. It’s refreshing. But Chalghoumi’s platform doesn’t end in Drancy. He founded the French Conference of Imams, has written several books in French and Arabic, and intends to speak with American audiences as his English improves. We can only hope that he’ll be welcomed, since he seeks to unite Muslims, Christians and Jews to conquer what he calls the real enemy: fanaticism, including the Islamist kind. His message of peace has its detractors. Opponents sarcastically describe Chalghoumi as the “Imam of the Jews.” He frequently faces death threats via voicemail. His house was trashed soon after he led a 2006 Holocaust remembrance. Later, vandals doused his car with gasoline. More polite pushback comes in the form of counsel to stop appearing publicly and to end interfaith dialogue. Translation: shut up and pray. Chalghoumi follows half that advice. The other half, Chalghoumi flouts: He brought 20 French imams to Jerusalem’s Yad Vashem Holocaust memorial, where they proclaimed that life is more important than doctrine. The intensity of his moral courage doesn’t really reveal itself in Chalghoumi’s background. Born in Tunisia, he served as a conflict mediator for France’s national rail system. Then he opened a pizzeria, which became a neighborhood hotspot. In a gesture of sweetness but not necessarily backbone, Chalghoumi reached out to the local cops bearing gifts of pastry. On further reflection, though, we detect a pattern. The imam’s adult life is suffused with his intention to open lines of communication between seeming rivals. It’s a pattern rooted firmly in faith: in Islam, proper intention (known as “niyyah”) is at least as significant as action. But Chalghoumi also walks the talk, embodying the bold declaration that human dignity trumps religious identity. Irshad Manji and Antonio Marrero
Militants et intellectuels, une quinzaine de personnalités lancent un appel à la démission de Hassen Chalghoumi du poste de Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy. Dans la ville de Drancy, le député-maire en place Jean-Christophe Lagarde, centriste de droite, maintient depuis 2008 le très controversé Hassen Chalghoumi à ses côtés en tant que Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy. Ce faisant, il expérimente ce que Nicolas Sarkozy préconisait au niveau national : subventionner le culte musulman pour mieux le domestiquer. Le tout dans le mépris de la loi de 1905. Pari réussi, M. Chalghoumi n’a eu de cesse de servir le pouvoir en place contre les intérêts légitimes de la communauté musulmane à exercer son culte de manière indépendante et paisible. En janvier 2010, dans un contexte d’islamophobie porté par le pouvoir en place, il se prononce en faveur de la loi liberticide interdisant le port du voile intégral en France. Il avait par ailleurs activement soutenu le dictateur Ben Ali, alors que le régime réprimait dans le sang les manifestations pacifiques de la révolution tunisienne. En novembre 2011, alors que les Tunisiens élisent démocratiquement leurs représentants politiques, il agite l’épouvantail de l’islamisme et met en garde l’Occident contre la volonté d’Ennahda d’imposer la charia en Tunisie. Pendant les élections présidentielles de 2012, il milite avec M. Lagarde pour la candidature de Nicolas Sarkozy, par sa présence ostensible aux meetings du président sorti. Dernièrement en collaboration avec le CRIF, il va parader en Israël où il apparaît notamment aux côtés de Caroline Fourest, d’Elisabeth Levy et d’Alain Finkielkraut, personnalités dont les prises de position à caractère islamophobes ne sont plus à démontrer. Les actes de M. Chalghoumi dénotent une compromission avec un pouvoir dévoyé. Ils sont totalement incompatibles avec l’exercice de responsabilités au sein de l’association culturelle des musulmans de Drancy qui a vocation à permettre l’affirmation d’un islam empreint des valeurs de dignité, d’éthique, de justice et de liberté. L’instrumentalisation de M. Chalghoumi dans le déni de la laïcité, la gestion coloniale et l’ingérence politique de Jean-Christophe Lagarde à l’égard du culte musulman sont contraires à notre vision de la morale, de l’éthique politique et trahissent les valeurs de la République. Pour toutes ces raisons, nous exigeons la démission de Hassen Chalghoumi du poste de Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy et la désignation consensuelle à cette fonction d’une personne intègre et légitime choisie par la communauté musulmane. Nous appelons les élus à ne pas instrumentaliser plus longtemps les institutions de culte dans le respect des valeurs de la République. Collectif pour la dignité des musulmans
Farid Hannache balance sec. L’ancien conseiller de Hassen Chalghoumi, sans qui son premier livre « Pour l’islam de France » sorti en 2010 n’aurait pas été possible, a décidé de sortir de l’ombre et de faire des révélations, sur le ton de la dénonciation, quant au passé du président de l’association gestionnaire de la mosquée de Drancy. Invité au micro de Beur FM mardi 26 février, Farid Hannache a ainsi fermement attesté que Hassen Chalghoumi a mené campagne pour Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale de 2012. Une information qui ne surprend guère puisqu’il est un des soutiens du maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, engagé en 2012 pour la réélection de l’ancien chef de l’Etat. « C’est l’une des personnes qui a envoyé un bus de la mosquée de Drancy au meeting de Villepinte » en mars 2012 où « il était assis au premier rang avec les ministres et Sarkozy lui-même est venu le saluer », affirme-t-il, révélant que M. Chalghoumi est un de ceux qui auraient véhiculé le « fameux sms » dans lequel il était mentionné « les 10 raisons de ne pas voter PS ». « Dans l’immédiat, il critique Sarkozy car il roule pour Valls. Parce que ce que cherchent les politiques, ce sont des béni-oui-oui. » Sur son passé, Farid Hannache en dit long. Il affirme qu’à l’époque où il fut un prédicateur du mouvement des Tablighs, « il était tellement fiché intégriste que le ministère de l’Intérieur avait décidé de l’expulser » mais « ce sont les bons offices de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France, aujourd’hui décrié par M. Chalghoumi, ndlr), par l’intermédiaire de l’ancien président Lhaj Thami Breze, qui ont convaincu le ministère de ne pas l’expulser ». Toutefois, « il est interdit de séjour aux Etats-Unis malgré qu’il ait été reçu à Tel Aviv sur tapis rouge », selon M. Hannache qui raconte que l’ancien imam du foyer Sonacotra de Bobigny, employé en 2002 pour la société Fedex, s’était même vu retirer son permis de travail à l’aéroport Charles De Gaulle « parce qu’il était fiché dans la liste rouge des RG ». M. Chalghoumi fut bien manutentionnaire. Pourquoi se manifester que maintenant ? Celui qui fut la plume de Hassen Chalghoumi a déclaré vouloir « faire pénitence » auprès de tous ceux qui l’ont écouté du temps où il soutenait le président de la mosquée de Drancy. Il entend ainsi dénoncer « la gestion policière de l’islam de France et sa gestion néocolonialiste avec la prédominance des lobbies sionistes qui sont en train d’imposer qui doit parler ou non au nom des musulmans ». Sa sortie médiatique lui permet également, à bien des égards, de ne plus voir son nom associé à l’impopulaire Hassen Chalghoumi. Ce dernier, si décrié des musulmans, est adulé des médias à l’heure où le livre d’entretien « Agissez avant qu’il ne soit trop tard » signé David Pujadas jouit d’une belle promotion. Les failles dans sa communication font jour. Les révélations de Farid Hannache ne manqueront pas d’éclabousser « l’imam de Drancy ». Saphir news
L’imam Hassen Chalghoumi est particulièrement choyé par les médias et de nombreux responsables politiques. Il est censé représenter un islam modéré, sans interférence de l’étranger. Il veut également promouvoir le dialogue judéo-musulman, apaiser les tensions communautaires qui traversent notre pays et contribuer à combattre la mauvaise image de l’islam en France. Un récent sondage montrait que 74% des Français expriment un sentiment de défiance à l’égard de cette religion. Ces intentions sont louables. Mais son action et sa mise en scène vont à l’encontre des buts recherchés. L’imam Chalghoumi est largement ignoré, voire violemment rejeté par ses coreligionnaires. Début décembre 2012, j’avais pointé l’écart entre son exposition médiatique forte et son enracinement pathétique sur les réseaux sociaux (à l’époque 37 followers pour Twitter et 105 mentions « j’aime » sur Facebook). Pas vraiment un leader populaire. Il n’est en rien représentatif des musulmans. Ce sont les médias et quelques responsables politiques qui le désignent comme tel. D’où un grand malaise provoquant un rejet, les musulmans refusant de se voir assigner par des non-musulmans un représentant qu’ils n’acceptent pas. Si Chalghoumi est rejeté, ce n’est pas parce qu’il est modéré, comme certains veulent le faire croire, mais parce qu’il est illégitime. Il est désigné représentant d’une communauté par ceux qui n’y appartiennent pas. Chalghoumi est ce que la sociologie américaine appelle un « native informant », ces figures qui occupent la parole d’une communauté dont ils n’ont pas le soutien, mais qui tirent leur légitimité des médias et des milieux politiques dominants. Il dit ce que la majorité a envie d’entendre de la part d’une minorité, mais pas ce qu’elle pense réellement. Les « informateurs indigènes » valident les stéréotypes que la majorité véhicule sur leur communauté. On parle également des « rented negroes », ces noirs américains qui monopolisent le paysage médiatique pour donner « un visage de noir pour une opinion de blanc ». Chalgoumi est loué dans les deux sens du terme et l’un parce que l’autre ! Si la communauté concernée commence à être informée, comme le sont aujourd’hui les musulmans français, la manœuvre ne marche plus. Cette manipulation de l’information devient un défi démocratique. De surcroit, elle conforte les stéréotypes que l’on dit vouloir combattre. Le message qui est envoyé au public c’est qu’un imam modéré est rejeté par ses coreligionnaires qui sont donc, dans leur majorité, extrémistes. La mise en scène de Chalghoumi, loin de combattre le préjugé d’un islam radical et intolérant, le conforte puissamment. Développer le dialogue judéo-musulman est une bonne chose. Le faire comme Chalghoumi ne créé pas un pont, mais creuse le fossé. Cela accrédite l’idée que le conflit du Proche-Orient est d’essence religieuse. Le problème de ce conflit n’est pas l’islam. C’est l’occupation israélienne des Territoires palestiniens. Chalghoumi renforce l’idée que si les musulmans étaient plus modérés, le conflit pourrait être résolu, et la France préservée de son importation. Il est considéré comme une vedette par les représentants institutionnels de la communauté juive, où il a plus de soutien que parmi les musulmans. Cela n’est pas sans poser un problème de légitimité de représentation. Il ne s’est jamais élevé contre l’occupation israélienne. Il est muet sur les appels à une solidarité inconditionnelle avec le gouvernement israélien lancés régulièrement par les responsables institutionnels de la communauté juive. Son partenariat avec les institutions juives n’est en rien équilibré ou réciproque. Il fait allégeance et obtient en retour une reconnaissance politique et médiatique nationale personnelle, mais rien pour sa communauté ou pour la cause palestinienne. Il accrédite l’idée qu’un musulman « modéré » ne critique pas le gouvernement israélien, et que ceux qui le font sont des extrémistes. L’immense majorité des musulmans, tout en étant critiques à l’égard de la politique israélienne, condamnent l’antisémitisme et les actes antisémites. Ils ne peuvent donc se considérer comme représentés par Chalghoumi. En favorisant Chalghoumi, le CRIF privilégie le soutien à Israël sur la lutte contre l’antisémitisme. Chalghoumi, faisant une mission de paix en plein bombardement israélien sur Gaza en novembre dernier, n’a pas condamné ces derniers. Richard Prasquier, président du CRIF, se félicite de l’avoir connu au moment de l’époque de « Plomb durci ». Il dit qu’il fallait « avoir beaucoup de courage pour afficher ses relations avec la communauté juive » – mais donc aussi beaucoup d’opportunisme pour ne pas dire un mot sur (ou contre) les bombardements israéliens sur Gaza par l’armée israélienne. Il est au dialogue judéo-musulman ce que les bourgeois de Calais étaient au dialogue franco-britannique. Encore que ces derniers n’avaient guère le choix. Pascal Boniface
Votre livre est aussi intéressant par les sujets qu’il évite. On y chercherait en vain quoi que ce soit sur plusieurs sujets qui rendent l’islam inacceptable au sein de nos démocraties : L’absence de liberté de conscience. L’absence de liberté religieuse : l’interdiction faite à un musulman de renoncer à l’islam. Tout ce qui dans le Coran – ne parlons même pas de la sunna – est crime contre les droits de l’homme, les très nombreux versets qui appellent à la guerre pour discrimination religieuse, l’autorisation donnée aux maris de battre leurs épouses, le droit de flageller la femme adultère… tout cela disparaît dans votre islam tronqué, truqué, inventé seulement pour servir de leurre dans une guerre subversive. Il faudrait un volume aussi épais que le vôtre pour relever vos filouteries. J’espère que les quelques perles que j’ai relevées permettront de se faire une idée de l’ignominie de votre attitude à l’égard d’un pays où vous vivez, que vous avez le front de dire aimer, que vous trahissez au profit d’un totalitarisme, dont les Français ne veulent pas et qu’ils n’accepteront jamais. Une remarque encore : l’actualité nous a appris que certains musulmans de Drancy s’étaient dressés contre vous et vos prêches. Je ne veux pas croire qu’il s’agit là d’un coup monté par vos soins, pour mieux vous distinguer, vous « le modéré, le moderniste, le républicain, le laïque », des « islamistes » que, hors l’Islam, le monde entier exècre. Je pense sincèrement que vos agresseurs étaient des musulmans ordinaires, sincèrement soucieux du bon renom de leur religion et de leur civilisation : ils se sont sentis insultés par vos propos, qui présentent l’islam et son prophète sous des traits outrageants par leur fausseté ; ils ne savaient pas que vous jouiez un double jeu à l’intention des infidèles. Ce sont là les risques de la taqiyya. On peut supposer que vous les connaissiez quand, il y a une vingtaine d’années, vous avez décidé de partir en mission pour la France afin d’y accomplir un devoir, sacré en votre âme et conscience, ordonné précisément dans votre Livre saint : œuvrer à l’asservissement, puis à l’anéantissement de toute communauté autre que l’umma, la communauté totalitaire islamique. Riposte laïque
Hassen Chalghoumi, l’imam solitaire, le prêcheur de Drancy (…) incarne aujourd’hui un islam modéré et se bat depuis des années pour favoriser le dialogue entre jeunes des banlieues, musulmans et juifs. (…) à Drancy (…) En 2002, à la recherche d’un lieu de prière pour ses fidèles qui se comptent en milliers, il reçoit l’aide du maire de l’époque, Jean-Christophe Lagarde. (…) Chaque vendredi, son prêche attire quelque 4 000 Musulmans : 2 000 dans l’édifice, et autant dans les jardins de ce qu’il appelle la “mosquée de la paix”. Chalghoumi parle d’amour, entre les hommes et envers Dieu. Ses fidèles ? “La majorité silencieuse, celle qu’on ne voit jamais à la télévision. On ne montre que les barbus”, déplore-t-il, “les fanatiques, ceux qui affirment que je suis isolé et font régner un climat de peur”. En 2010, alors qu’il cristallise les passions par ses prises de position en faveur de l’interdiction du niqab, les caméras accourent à Drancy. Et ne montrent à l’écran que cette minorité visible que Chalghoumi dénonce pourtant. Les fils de Ouma.com, qu’il rebaptise “Haine.com”. Ou ceux du Collectif Cheikh Yassine. L’imam en colère pointe du doigt cinq ou six sites fanatiques, connus de tous, financés par les Frères musulmans ou d’autres mouvances salafistes. Des vecteurs d’intégrisme dont Merah serait le produit direct pour s’y être gavé de vidéos, affirme-t-il. “Pourquoi, pour l’amour du Ciel, le gouvernement ne ferme-t-il pas une fois pour toutes ces plates-formes web ? Par manque de courage politique ?”. La France doit balayer devant sa porte, insiste-t-il. “Il faut arrêter de chercher les coupables en Afghanistan, ils sont chez nous, dans nos prisons”. Les cellules constituent les terres de chasse des Frères musulmans, estime Chalghoumi. Et là encore, il en appelle au gouvernement : “Nous devons protéger notre avenir pour que la France reste la France de Voltaire”. Sa solution : créer un islam de France. Former des imams français. Car, explique-t-il, “on ne veut pas d’ingérence étrangère dans nos villes”. Celle de pays arabes, “comme l’Algérie, qui gère la Grande mosquée de Paris”. Ou celle, surtout, des Frères musulmans, ramifiés, infiltrés, omniprésents dans la capitale et ses zones satellites, mais aussi en province. Et de partir en croisade contre ceux qui se revendiquent de l’islam, “mais ont vendu leur âme à la haine, à l’antisémitisme”. Il faut prendre exemple sur la communauté juive, revendique Chalghoumi. Selon lui, “la communauté musulmane est à la traîne”. Des propos chocs, encensés par les uns, conspués par les siens. Peu importe, l’imam se bat pour ses idées : ôter toute stigmatisation sur les Juifs de la part des jeunes Arabes de banlieue qui exportent le conflit moyen-oriental, une fois encore, en toute méconnaissance du sujet. La Shoah, cela fait près de dix ans qu’il essaie d’en parler auprès des Musulmans de Drancy. Une évidence, selon lui. Par respect, pour contrer l’oubli. Et celui que d’aucuns taxent “d’islamo-guignol”, de “Sioniste”, “d’imam des Juifs”, a même fait la démarche de venir en Israël, en juin dernier. Invité par l’Institut français, à l’occasion du Forum de la Démocratie, Chalghoumi savait que son déplacement attiserait les foudres de ses détracteurs. Aux Israéliens venus le saluer et le remercier de ses prises de position courageuses, il répondait, la main sur le coeur, “souhaitez-moi bonne chance pour le retour”. Et de fait, il était attendu par des articles incendiaires dans la presse tunisienne et des insultes de certains groupes propalestiniens français. (…) A ceux qui lui attribuent une période intégriste dans sa jeunesse, il rétorque : “Il ne faut pas croire tout ce que vous pouvez lire sur Internet. Je suis obligé de payer une société pour remettre à jour régulièrement ma fiche Wikipédia, hackée par les Frères musulmans”. Certes, il a roulé sa bosse dans les madrasas de Syrie, Turquie, Inde, Iran ou Pakistan. Mais ce Tunisien sunnite d’origine, né dans une famille modeste traditionaliste, inscrit dans un lycée alaouite jusqu’au bac, présente cela comme un parcours initiatique. A la recherche de sa foi. A Damas, il s’immerge pendant deux ans au coeur du nationalisme arabe, évolue de mouvances en mouvements, se familiarise avec les différents courants. Avant de séjourner quelques mois en Turquie, où il sera “très touché par l’islam turc, assez proche de l’islam tunisien”. Puis l’Iran, en 1993. Un passage “terrible” pour celui qui se déclare être en désaccord avec le Régime des Mollahs et leurs manipulations de pouvoir, surtout depuis l’avènement de Khomeiny. Il déplore le voile et le sort réservé aux femmes, les barbus et leur “Islam de l’apparence, fait de provocations”. Pour Chalghoumi, la religion se porte dans le coeur et s’exprime par les actes. Aujourd’hui, cet imam de 40 ans est régulièrement la cible des intégristes français dont il est devenu l’ennemi numéro 1. Sa vie est périodiquement menacée. Sa femme a par deux fois été agressée, victime de crachats au marché. Ses cinq enfants sont inscrits dans une école catholique privée, “par mesure de sécurité”. Et lui-même évolue sous protection policière. Dans le camp extrémiste musulman, les appels à sa démission sont légion. En vain, clame-t-il : “rien ne saura me faire taire”. Chalghoumi refuse de céder à l’intimidation. Bien décidé à parler, jusqu’au bout. Pour distiller son message de paix, d’amour et de tolérance, et contrer les déviances de l’islam. “Il faut avoir le courage de dire la vérité”, ponctue l’imam, “peut-être que le courage a manqué en France, en 1940, pour dénoncer ce qui était en train de se passer. Aujourd’hui, je suis prêt à parler envers et contre tout, pour que de telles horreurs, comme la Shoah ou la tragédie de Toulouse ne se reproduisent pas”. Jerusalem Post
Cherchez l’erreur !
Des imams ont organisé comme l’annoncent TF1 ou RTL
Un rassemblement en hommage aux familles des victimes de la récente attaque de la préfecture de police de Paris ….
Et nos médias nous parlent…
De l‘appel à manifester en soutien à l’égorgeur !
Mais mis à part les médias sulfureux de la fachosphère ou de la néoPravda poutiniste RT ou Sputnik news
Qui prendra la peine de rendre compte …
Non seulement de la ridicule, mais ô combien significative, faiblesse de la mobilisation ….
Mais du statut, tout aussi significatif malgré son passé effectivement radical, d’ « imam sans mosquée » opposé au port du voile intégral et contraint de vivre sous protection policière du principal organisateur
Pour avoir commis l’irréparable péché …
D’avoir poussé la volonté de dialogue avec les sionistes …
Jusqu’à en fréquenter, entre Elisabeth Levy et Alain Finkielkraut, les personnalités les plus islamophobes
Et, comme le rappelle notre Pacal Boniface national, de s’être non seulement rendu en Israël …
Mais d’avoir, injure suprême, refusé de condamner l’abjecte occupation des Territoires palestiniens ?

Des imams rendent un hommage aux familles des victimes de l’attaque de la Préfecture de police

Des imams ont organisé sur la place Saint-Michel de Paris, un rassemblement aux familles des victimes de la récente attaque de la préfecture de police de Paris. L’un de ces imams, Hassen Chalghoumi, s’est dit déçu par la faiblesse de la mobilisation.

Pour exprimer leur solidarité aux familles des victimes de l’attaque de la préfecture de police de Paris, des imams ont organisé une mobilisation le 10 octobre 2019, sur la place Saint-Michel de Paris.

L’un de ces organisateurs, Hassen Chalghoumi, président de la Conférence des imams de France, s’est dit lui-même déçu par le faible nombre de personnes ayant répondu à l’appel. Et pour cause : ils n’étaient qu’une poignée – dont l’écrivain Marek Halter – sur la place parisienne, en fin d’après-midi, déployant une banderole indiquant : «Citoyens musulmans contre la radicalisation» et «Soutiens aux victimes et leurs familles».

L’ancien imam de la mosquée de Drancy Hassen Chalghoumi, dont la légitimé au sein de la communauté musulmane française ne fait pas l’unanimité, a déclaré que la mobilisation constituait «un appel à joindre le discours du président de la République de s’engager».

Les imams à l’origine du rassemblement ont réalisé une prière en hommage aux victimes de la tuerie de la préfecture.

Le 3 octobre, Mickaël Harpon, qui travaillait depuis 2003 à la préfecture, a tué quatre de ses collègues avec un couteau (en métal et non en céramique, comme indiqué pendant un temps dans les médias), avant d’être abattu. Cet informaticien de 45 ans s’était converti à l’islam depuis une dizaine d’années et fréquentait des membres de la mouvance «islamiste salafiste», selon les enquêteurs. L’enquête menée conjointement par la brigade criminelle et la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sur l’attentat aurait révélé, selon le Parisien, que Mickaël Harpon avait en sa possession à son domicile une clé USB contenant des vidéos de propagande de l’organisation terroriste djihadiste Daesh.

Voir aussi:

Chalghoumi, l’imam qui dérange l’islam de France

Les organisations musulmanes représentatives dénoncent l’activisme et « l’autoflagellation » du responsable de la mosquée de Drancy, Hassen Chalghoumi.

Aziz Zemouri

Le Point

Prêcher l’exemple

Alors que l’antisémitisme reprend du galon dans une France qui peine à gérer ses extrêmes, Hassen Chalghoumi, l’imam qui dérange, confirme son discours pacifié

Nathalie Blau
Jerusalem Post
August 1, 2012
Agression dans un train, plaque médicale taguée, ces derniers temps, la France enregistre une recrudescence des actes antisémites. Plus 46 % entre janvier et avril 2012 par rapport à 2011. Si elle n’est pas nouvelle, cette haine du Juif semble trouver sa source dans un racisme primaire, essentiellement confessionnel. Le 12 juillet dernier, le Grand Rabbin de France faisait ainsi part de son inquiétude au nouveau président de la République. Certes, “la très grande majorité de la communauté musulmane vit en bonne entente avec la communauté juive”, déclarait le leader cultuel, qui avait toutefois tenu à dénoncer “certains propos qui tentent de mythifier la personne de Merah”. Mohammed Merah. L’assassin de Jonathan Sandler et ses deux garçonnets, de la jeune Myriam Montenegro et de trois gendarmes. Merah, la brute meurtrière, née sur le sol français, qui semble bien faire des émules. Suite à ses actes barbares de mars dernier, le ministère de l’Intérieur a relevé “un pic” des agressions antisémites.
Récemment, à l’occasion des 70 ans de la Rafle du Vel’ d’Hiv, François Hollande prononçait un discours symbolique et largement salué, hormis quelques voix discordantes. Mais la demande du Grand Rabbin de France reste plus actuelle que jamais : il appelle la communauté musulmane à témoigner haut et fort “sa prise de distance, sa récusation pleine et entière de tout ce qui peut de près ou de loin rappeler l’intégrisme, le fondamentalisme et la violence que portent certains courants de l’islam”.
S’il est un homme qui remplit précisément cette mission, c’est bien Hassen Chalghoumi, l’imam solitaire, le prêcheur de Drancy. Celui qui incarne aujourd’hui un islam modéré et se bat depuis des années pour favoriser le dialogue entre jeunes des banlieues, musulmans et juifs.
“On n’est pas français” 
En 1997, quand il pose ses valises en France, à Bobigny où son frère réside, il sonde sa communauté : “connaissezvous d’autres religions ?” La réponse est non. Chalghoumi n’aura alors de cesse que de créer des ponts inter-confessionnels. Aller à la rencontre des hommes d’Eglises et de synagogues. Trois ans plus tard, il fait l’acquisition d’un petit pavillon de banlieue et s’installe à Drancy. En 2002, à la recherche d’un lieu de prière pour ses fidèles qui se comptent en milliers, il reçoit l’aide du maire de l’époque, Jean- Christophe Lagarde. Objectif : créer un foyer musulman pour les jeunes du quartier à la dérive. Leur proposer une alternative aux sirènes du fanatisme et qu’ils évitent d’aller gonfler les rangs de l’islamisme radical. Avant tout, martèle Chalghoumi, leur donner envie d’être français. Très vite, ce Tunisien d’origine qui a embrassé une nationalité française revendiquée, constate un malaise dans sa banlieue. Un blocage identitaire et social qui fait le lit, selon lui, des recruteurs d’Al-Qaïda.
Au sein de cette communauté maghrébine, d’origine algérienne pour une bonne part, l’allégeance à la patrie de Voltaire n’est pas systématique. “On n’est pas français”, disent-ils. Beaucoup ont un père, un frère moudjahidin, assassiné par soldats de l’armée française. Comment alors, pour eux, honorer ce pays d’adoption sans avoir le sentiment de trahir leur famille ? Chalghoumi parle aussi de ces Maliens, ou autres Sénégalais qui ne se retrouvent pas dans la culture française. Des immigrés sans repères, en manque de reconnaissance. “Il faut les valoriser”, pointe l’imam, “leur rappeler que le chiffre zéro a été inventé par les Arabes”.
Et cette jeunesse à l’identité multiple et complexe se caractérise aussi par une méconnaissance totale de l’islam, note Chalghoumi. Elle constitue alors une proie facile pour les rabatteurs des mouvances radicales, qui viennent recruter leurs combattants de Dieu dans les zones urbaines sensibles. En France, mais aussi en Europe. “C’est plus simple qu’avec les jeunes des pays arabes, et ce sont eux qui sont ensuite les auteurs de la majorité des attentats commis”. Chalghoumi s’échine, lui, à leur rappeler que la religion n’a rien à voir avec le pays d’adoption. “Aimez votre patrie”, clame l’imam au discours républicain qui se déclare en faveur de l’éducation dans les écoles publiques, “on peut s’intégrer en gardant ses valeurs”.
Fermez ces sites, pour l’amour du Ciel ! 
Chaque vendredi, son prêche attire quelque 4 000 Musulmans : 2 000 dans l’édifice, et autant dans les jardins de ce qu’il appelle la “mosquée de la paix”. Chalghoumi parle d’amour, entre les hommes et envers Dieu. Ses fidèles ? “La majorité silencieuse, celle qu’on ne voit jamais à la télévision. On ne montre que les barbus”, déplore-t-il, “les fanatiques, ceux qui affirment que je suis isolé et font régner un climat de peur”. En 2010, alors qu’il cristallise les passions par ses prises de position en faveur de l’interdiction du niqab, les caméras accourent à Drancy. Et ne montrent à l’écran que cette minorité visible que Chalghoumi dénonce pourtant. Les fils de Ouma.com, qu’il rebaptise “Haine.com”. Ou ceux du Collectif Cheikh Yassine.
L’imam en colère pointe du doigt cinq ou six sites fanatiques, connus de tous, financés par les Frères musulmans ou d’autres mouvances salafistes. Des vecteurs d’intégrisme dont Merah serait le produit direct pour s’y être gavé de vidéos, affirme-t-il. “Pourquoi, pour l’amour du Ciel, le gouvernement ne ferme-t-il pas une fois pour toutes ces plates-formes web ? Par manque de courage politique ?”. La France doit balayer devant sa porte, insiste-t-il. “Il faut arrêter de chercher les coupables en Afghanistan, ils sont chez nous, dans nos prisons”. Les cellules constituent les terres de chasse des Frères musulmans, estime Chalghoumi. Et là encore, il en appelle au gouvernement : “Nous devons protéger notre avenir pour que la France reste la France de Voltaire”. Sa solution : créer un islam de France. Former des imams français. Car, explique-t-il, “on ne veut pas d’ingérence étrangère dans nos villes”. Celle de pays arabes, “comme l’Algérie, qui gère la Grande mosquée de Paris”.
Ou celle, surtout, des Frères musulmans, ramifiés, infiltrés, omniprésents dans la capitale et ses zones satellites, mais aussi en province. Et de partir en croisade contre ceux qui se revendiquent de l’islam, “mais ont vendu leur âme à la haine, à l’antisémitisme”. Il faut prendre exemple sur la communauté juive, revendique Chalghoumi. Selon lui, “la communauté musulmane est à la traîne”. Des propos chocs, encensés par les uns, conspués par les siens. Peu importe, l’imam se bat pour ses idées : ôter toute stigmatisation sur les Juifs de la part des jeunes Arabes de banlieue qui exportent le conflit moyen-oriental, une fois encore, en toute méconnaissance du sujet. La Shoah, cela fait près de dix ans qu’il essaie d’en parler auprès des Musulmans de Drancy. Une évidence, selon lui. Par respect, pour contrer l’oubli.
Et celui que d’aucuns taxent “d’islamo-guignol”, de “Sioniste”, “d’imam des Juifs”, a même fait la démarche de venir en Israël, en juin dernier. Invité par l’Institut français, à l’occasion du Forum de la Démocratie, Chalghoumi savait que son déplacement attiserait les foudres de ses détracteurs. Aux Israéliens venus le saluer et le remercier de ses prises de position courageuses, il répondait, la main sur le coeur, “souhaitez-moi bonne chance pour le retour”. Et de fait, il était attendu par des articles incendiaires dans la presse tunisienne et des insultes de certains groupes propalestiniens français. Celle qui lui fait le plus mal ? “Traître”, répond-il. “Un traître, c’est un homme politique qui a trahi son parti. Je suis un homme de religion qui n’a jamais trahi sa foi. Le Coran, c’est la paix. Certains le transforment en haine”.
L’ennemi numéro 1 
A ceux qui lui attribuent une période intégriste dans sa jeunesse, il rétorque : “Il ne faut pas croire tout ce que vous pouvez lire sur Internet. Je suis obligé de payer une société pour remettre à jour régulièrement ma fiche Wikipédia, hackée par les Frères musulmans”. Certes, il a roulé sa bosse dans les madrasas de Syrie, Turquie, Inde, Iran ou Pakistan. Mais ce Tunisien sunnite d’origine, né dans une famille modeste traditionaliste, inscrit dans un lycée alaouite jusqu’au bac, présente cela comme un parcours initiatique. A la recherche de sa foi.
A Damas, il s’immerge pendant deux ans au coeur du nationalisme arabe, évolue de mouvances en mouvements, se familiarise avec les différents courants. Avant de séjourner quelques mois en Turquie, où il sera “très touché par l’islam turc, assez proche de l’islam tunisien”. Puis l’Iran, en 1993. Un passage “terrible” pour celui qui se déclare être en désaccord avec le Régime des Mollahs et leurs manipulations de pouvoir, surtout depuis l’avènement de Khomeiny. Il déplore le voile et le sort réservé aux femmes, les barbus et leur “Islam de l’apparence, fait de provocations”. Pour Chalghoumi, la religion se porte dans le coeur et s’exprime par les actes. Aujourd’hui, cet imam de 40 ans est régulièrement la cible des intégristes français dont il est devenu l’ennemi numéro 1. Sa vie est périodiquement menacée.
Sa femme a par deux fois été agressée, victime de crachats au marché. Ses cinq enfants sont inscrits dans une école catholique privée, “par mesure de sécurité”. Et lui-même évolue sous protection policière. Dans le camp extrémiste musulman, les appels à sa démission sont légion. En vain, clame-t-il : “rien ne saura me faire taire”. Chalghoumi refuse de céder à l’intimidation. Bien décidé à parler, jusqu’au bout. Pour distiller son message de paix, d’amour et de tolérance, et contrer les déviances de l’islam. “Il faut avoir le courage de dire la vérité”, ponctue l’imam, “peutêtre que le courage a manqué en France, en 1940, pour dénoncer ce qui était en train de se passer. Aujourd’hui, je suis prêt à parler envers et contre tout, pour que de telles horreurs, comme la Shoah ou la tragédie de Toulouse ne se reproduisent pas”.
Voir de même:

L’imam français Hassen Chalghoumi menacé de mort après sa visite en Israël

Le responsable a dénoncé un « tsunami de haine » suite à son séjour la semaine dernière – durant lequel il a visité une implantation et rencontré Reuven Rivlin

Dans une interview à la chaine I24News, l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, a dénoncé un « tsunami de haine » suite à sa visite en Israël la semaine dernière, durant laquelle il était accompagné d’une délégation de responsables musulmans et de jeunes belges et français.

« J’accuse la chaîne Al Jazeera, avec sa propagande de haine et celle du Hamas, celle de tous les sites islamistes… Al Jazeera m’a qualifié de traître, de vendu et j’ai été obligé de déposer une plainte pour menace de mort », a-t-il expliqué.

Il a également salué le courage des participants au voyage « parce que nous avons dénoncé la mascarade des islamistes et leurs manipulations ».

« Il y a trop de sites qui expriment leur haine notamment contre Israël, mais cette jeunesse ne va pas s’arrêter là, parce que nous allons faire une tournée à travers la France pour poursuivre notre mission et transmettre ce que nous avons vu en Israël, a-t-il ajouté. A ceux qui me menacent de mort, je veux leur dire qu’ils ne me font pas peur, et je ne baisserai jamais les bras, j’avance vers le dialogue, je suis un homme de paix, et telle est ma vision de l’islam. »

Durant son voyage en Israël et dans les Territoires palestiniens, Hassen Chalghoumi s’est notamment rendu dans le nord de la Cisjordanie suite à l’invitation d’un responsable d’implantations. L’imam a expliqué que le soutien au boycott anti-Israël était contraire à la loi coranique.

Le voyage avait été organisé par ELNET (European Leadership Network), une organisation qui cherche à renforcer les liens entre Israéliens et Européens. Il s’est conclu par une rencontre avec Reuven Rivlin, président de l’Etat d’Israël.

« Nous devons travailler ensemble. Nous devons lutter contre l’antisémitisme. Le judaïsme n’a jamais été en guerre avec l’islam. Le judaïsme et l’islam sont des religions sœurs, et nous devrions nous comprendre de cette façon », a notamment déclaré le dirigeant israélien.

Connu en France pour son implication dans des forums et dans des initiatives interconfessionnelles, Hassen Chalghoumi a reçu un grand nombre de menaces de mort pour les liens amicaux qu’il entretient avec le CRIF, l’organisation-cadre qui représente les communautés juives françaises, et pour s’être rendu en Israël à plusieurs occasions.

Chalghoumi a expliqué durant ce récent séjour qu’il espérait encourager le dialogue entre Israéliens et Palestiniens de manière à ce que plus jamais « aucune mère – qu’elle soit Israélienne ou Palestinienne – ne verse de larmes » à l’avenir.

Chers amis,La fin de notre voyage en Israël et en Palestine, avec les 40 jeunes belges et français s’est conclue par…

פורסם על ידי ‏‎Imam Hassen Chalghoumi‎‏ ב- יום שני, 17 ביוני 2019

Il a également critiqué le rejet par les Palestiniens de la conférence sur la paix au Bahreïn. « Je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Il faut toujours aller discuter, s’asseoir autour de la table. Même si vous n’êtes pas d’accord – le dialogue pourra nous sauver », a-t-il clamé.

Chalghoumi est quelque peu un cas particulier dans le discours religieux musulman, et il a été remarqué pour avoir soutenu l’interdiction de la burka en France, qui recouvre entièrement le visage.

Voir de plus:

L’Imam de Drancy: « La burqa est un phénomène étranger à l’islam des Lumières »

Hassen Chalghoumi, Imam de Drancy et président de la Conférence des imams de France a discuté de « L’islam de France » avec les metronautes.

Métronews

15-09-2010

Halima77 : Bonjour. Ca consiste en quoi le travail d’imam?
L’imam explique l’islam et aide les musulmans à pratiquer la religion surtout les cultes collectifs.

Mad : Le projet de construction d’une mosquée près de Ground Zéro et le pasteur qui voulait brûler le Coran ont crée une vive polémique, au delà des frontières américaines. Derrière ces affaires, de hauts responsables religieux se sont inquiétés d’une récente montée « du sentiment anti-musulman » aux USA. Que pensez-vous de ces deux affaires et comment expliquez-vous ce sentiment ? Ce climat est-il aussi palpable en France ?
Il faut faire attention aux amalgames et aux surenchères: la société américaine surtout celle de Manhattan est ouverte et tolérante… Il y a des racistes et des fascistes évangélistes… Ce n’est pas une raison pour jouer avec le feu, à la provocation… On peut construire une mosquée n’importe où, mais pas à coté d’un charnier, d’un mémorial de la barbarie terroriste des islamistes d’Al-Qaïda.

Niche : Quelles sont vos arguments pour une loi contre le burqa?
Aucun texte coranique ne parle de la burqa. Il faut faire la différence entre la religion musulmane et les traditions de certains musulmans. Dans l’islam sunnite, il y 4 écoles théologiques: les 4 disent que la burqa n’est pas une obligation. Tous les savants musulmans disent que le visage de la femme n’est pas une partie intime… Alors, il y a plus important et plus sacré dans notre religion qu’un bout de tissu.

Barbu : Dire que le niqab n’est pas une obligation en islam, cela relève d’une interprétation juridique. Mais comment osez-vous affirmer qu’il soit étranger aux textes de référence, à savoir le Coran et la Sounnah ?
Si vous dites le contraire, citez le verset coranique qui parle de la burqa! Il n’y en a aucun. La burqa est un phénomène étranger au coran, étranger à l’islam du Maghreb, étranger à l’islam qui n’a rien à cacher, étranger à l’islam des Lumières.

Lila : C’est quoi pour vous un islam de France?
C’est un Islam libre des ingérences étrangères et des ingérences policières ; Libéré des manipulations des politiques et des gesticulations des fanatiques ; Libéré du paternalisme post-colonialistes des indigènes-nihilistes et des idiots-arrivistes ; Libéré des intégristes et des affairistes ; Libéré des surenchères gauloises et des compromissions munichoises ; l’Islam de France est Contre les racistes musulmans et les extrémistes islamistes.

Kjaiber : L’islam est-il divisé en islam de chaque pays?
L’islam est universel, intemporel, mais il s’adapte. L’islam algérien n’est pas l’islam saoudien, l’islam marocain n’est pas l’islam taliban, l’islam tunisien n’est pas l’islam iranien.

Popof : Est-ce que la polygamie est autorisée par le coran?
Elle est est EXCEPTIONNELLEMENT autorisée, et elle est autorisée CONDITIONNELEMENT… de telle façon qu’elle est presque dure à accepter… surtout si des gens utilisent la polygamie pour se faire un harem, pour faire du mal aux femmes, aux enfants et à la société.

Barbu : Sourate Al Ahzab Verset 59. Lorsque ce verset a été révélé, les femmes du Prophète ont rabattu un voile noir sur leur visage. Que doit-on en déduire ?
Vous parlez des Femmes du Prophète, Prière sur lui.. dans le même verset, AlLLAH s’adresse aux femmes du Prophète leur disant que vous n’êtes pas comme les autres femmes… J’espère que vous pensez comme notre Dieu que les femmes du Prophète ne sont pas comme les autres femmes ; alors ce qui s’applique à elles ne peut pas s’appliquer à toutes les femmes.

Hanniy : Bonjour Mr l’Imam. Etes-vous seul à penser ça ou y’a t’il d’autres imams qui partagent votre opinion mais qui n’osent prendre la parole ? Et qu’en pensent vos supérieurs religieux ? Je voulais saluer votre courage, l’image que vous donnez : juifs et arabes n’ont aucune raison d’être ennemis. Bravo !
Merci. Il y a beaucoup d’imams qui pensent comme moi, malheureusement ils ont peur. Certains ont pris position comme moi, ils ont été « chassés » de leurs mosquées, ou insultés, ou menacés… Et puis ils ont vu un mauvais exemple dans la mosquée de Drancy: assiégée, agressée pendant plusieurs mois sous le regard impuissant des pouvoirs publiques… Et puis il y a des imams fonctionnaires, salariés des gouvernements étrangers… Et surtout certains représentants de notre Etat et certains représentants de notre nation préfère fricoter avec les intégristes et les affairistes de l’UOIF.

Bachir : L’islam est une religion qui condamne les actes blâmables, pourquoi ne vous entendons donc pas sur la vindicte politique dont les Roms et les gens du voyage sont victimes?
Si, j’ai condamné les « BRUITS ET LES ODEURS » de certains politiciens français, j’ai condamné les surenchères irresponsables et les dérapages intolérables des Estrosi et des Lefevre… Malheureusement, nous les musulmans de France, nous n’avons pas un média digne qui fait entendre notre voix.

Sony : Quelle est l’influence des Frères Musulmans en France ?
Elle est dangereuse, elle est grandissante, elle est lâche, elle est usurpatrice… La majorité des musulmans de France n’appartiennent pas à cette secte intégriste et populiste qui a fait 200 000 morts en Algérie par exemple, mais la cécité et la lâcheté des pouvoirs publiques ont laisser s’épanouir et grandir ce monstre qui mange ses enfants.

Oula : C’est bien gentil tous ces discours mais au quotidien comment faire quand on est toujours considéré comme des étrangers qui volent le pain des « vrais » français?
Nous sommes des Français… Et il faut imposer au gouvernement français nos vrais problèmes et surtout le racisme. Par exemple, SOS Racisme doit commencer à s’intéresser réellement au racisme que subissent plusieurs catégories de Français au lieu de jouer aux apparatchiks idéologiques de la morale sélective. SOS Racisme doit comprendre que le racisme que subissent les musulmans n’est pas celui que subissent des assassins menacés par la perte de leurs papiers de nationalités, ni les regards choqués ou mêmes haineux que subissent certaines femmes dont le regard et le visage sont cachés par une insupportable burqa, ni la discrimination réelle à l’entrée des discothèques. Le vrai racisme, c’est ce que subissent nos enfants à l’école, nos familles au logement, nos salariés au travail, nos diplômés à la promotion sociale…

Bachir : Vous êtes Tunisien, que pensez-vous du despotisme exercé par le président en place, et des pressions et répressions exercées sur les musulmans en Tunisie?
Le président actuel a sauvé la Tunisie de la guerre civile algérienne. Les mêmes intégristes tunisiens voulaient instaurer la même barbarie talibane et provoquer la même guerre civile algérienne… La Tunisie est un pays libre et moderne… Il y a même des Français qui vont se soigner la bas… L’islam de la Tunisie est l’islam modèle, celui de la modération et de la modernité….. Je suis imam français et je suis fière de mon pays d’origine la Tunisie qu’Allah protège.

Alison : Que pensez-vous de l’ouverture de restaurant uniquement halal ?
Ce n’est pas du communautarisme, c’est une affaire de business. Plusieurs restaurants ont été sauvés du dépôt de bilan en s’adressant directement à une certaine clientèle. Il ne faut donc pas en faire un fromage et laisser les musulmans manger tranquillement.

Niche : Les quartiers ne sont-ils pas en train de se radicaliser? Comment expliquez-vous cette « extrémisation »?
Je déteste l’expression « les quartiers », ce que vous appelez ainsi, sont une partie de la France, que plusieurs gouvernement de notre France ont négligé, et que les Frères Musulmans soutenus par des gouvernements étrangers sont en train de gangrener.

Chian : Comment entendez -vous lutter contre les extrémismes?
Ce n’est pas le combat d’un seul homme, ni de la seule communauté musulmane, ni seulement du gouvernement… Tout le monde doit concourir à combattre les extrémistes, surtout en luttant d’abord contre le racisme. Le département du 93 est le symbole de la diversité, il est le thermomètre de l’intégration: Les représentants de l’Etat et de la nation doivent réussir à faire de ce département un modèle économique, social et républicain, un modèle du vivre ensemble. Dans le 93, il y a le siège de tous les mouvements, sectes et organisations musulmanes ou islamistes. Je demande que les intégristes islamistes ne restent pas les interlocuteurs exclusifs des représentants de la Nation. Il y a parmi nous, les musulmans français, des cadres républicains, des hauts fonctionnaires, des patrons, des professeurs de médecine, des professeurs émérites d’université, des créateurs de richesses et des vecteurs de sagesse, des personnes méritantes qui aiment la France et qui respectent l’islam. Il n’y a pas que des intégristes qui font du business avec l’islam.

Barbu : Ce qui vous est reproché, ce sont vos liens avec le CRIF, sous marin de la droite israélienne en France, pas vos relations avec la communauté juive. pourquoi entretenez-vous cet amalgame ?
regardez les vidéos postés par les intégristes du collectif Cheikh Yassin et vous écouterez les messages de haine contre les juifs. il faut être courageux pour admettre que les intégristes islamistes détestent les juifs comme ils détestent les femmes d’ailleurs.

Amina : Y-a-t’il plus de fidèle dans votre mosquée depuis tout ces évènements ?
Pendant l’Aid, il y avait plus de 6 000 fidèles. Chaque vendredi, il y a plus de 3 000 fidèles. La mosquée de Drancy est celle d’ALLAH et ceux qui aiment ALLAH ne vont pas suivre le diable pour fermer ou détruire cette mosquée comme ont voulu faire les islamistes ou des naïfs manipulés par les Frères Musulmans.

Amina : Pourquoi avez-vous dit que dans la mosquée de Drancy, il n’y avait aucune femme qui porte ni la burqa ni le niqab, alors que j’ai pu m’y rendre et voir le contraire ?
Avant la tentative de putsch et l’explosion de la fitna dans la mosquée de Drancy, il n’y avait pas de femmes en burqa, pendant les émeutes, certaines sont venues en provocation… Je dis certaines, peut-être que c’était des hommes déguisés en burqa, qui sait?

Pitou002 : Ne faudrait-il pas que des intellectuels musulmans réforment la charia qui n’est pas d’origine divine pour la mettre en conformité au 21ème siècle et en conformité avec les lois de la République?
Le terme charia est très manipulé et galvaudé… Pour des imbéciles, la charia c’est le mariage du libertinage et la lapidation des femmes adultères… La charia est le chemin de la religion. Alors il faut réformer notre façon de voir les choses… Il faut réformer nos visions… Il faut nous réformer nous musulmans, parfois indignes d’une belle et grande religion qu’est l’islam.

Bachir : Economiquement et socialement, vous êtes de quel clivage politique?
je suis du Juste milieu, pas le Nouveau Centre que je respecte, mais LE JUSTE MILIEU qui est l’expression que notre Dieu a utilisé dans le Coran pour qualifier les musulmans.

Amina : Certains tel que Tariq Ramadan ont été contre la burqa et le niqab, et pourtant il n’ont pas été critiqués…
Vous me parlez de Tariq Ramadan qui est un intégriste suisse et non pas un musulman français.. Lui et sa secte dangereuse, les Frères Musulmans, ont perverti la religion au point de pousser les suisses à devenir racistes et à interdire les minarets. Est-il normal que ce Tariq Ramadan aille soutenir le voyou polygame de Nantes qui a insulté notre religion en déclarant que l’islam autorise les maitresses ? J’ai honte.

Bachir : Hassen Chelgoumi, ne pensez-vous pas que le fait de vous montrer véhément à l’encontre d’autres musulmans qui ne demandent qu’à pratiquer leur religion dans la bienséance islamique constitue un acte de niffaq (Hypocrisie)?
Le Nifaq, c’est le double discours…

Pseudo modéré : Pourquoi ,lorsque des abus liés à la charia ont lieu dans des républiques islamiques, tant à l’encontre des musulmans eux-mêmes que des chrétiens qui y vivent, n’entend t-on jamais les protestations des dirigeants de l’Islam de France ?
Malheureusement vous avez raison, mais il n’y a pas de dirigeant de l’islam de France… le CFCM est une catastrophe honteuse, une coquille vide gangrenée par l’UOIF. Le Président de notre République a bien fait de créer cette institution, mais ce n’est pas à lui de remplacer les intégristes ou les fonctionnaires étrangers qui la dirigent pas des musulmans français compétents… C’est un vrai problème.

Rez : L’extrémisme religieux en France a disparu en même temps que la foi, pensez-vous que les musulmans peuvent devenir plus modérés en continuant à peupler les mosquées ?
Oui car l’islam est religion pas une idéologie… La mosquée doit être un carrefour musulman et non un maquis islamiste.

Un dernier mot Hassen Chelgoumi?
J’aimerai remercier particulièrement le maire de Drancy, l’un des hommes politiques français les plus courageux et les plus républicains… Il a résisté avec moi aux racistes et aux islamistes. Il mérite de remplacer la catastrophe qu’est devenue Fadela Amara, car la Politique de la Ville mérite des hommes ou des femmes compétents et non des guignols, sinon le racisme et l’islamisme vont s’accroitre, se nourrir mutuellement et nous mettre TOUS en danger.

Hassen Chalghoumi, avec la collaboration de Farid Hannache, « Pour un islam de France ». Ed. Le cherche midi, 412p; 18 euros.

Voir encore:

Collectif pour la dignité des musulmans
Saphir news
9 Juin 2012


Militants et intellectuels, une quinzaine de personnalités lancent un appel à la démission de Hassen Chalghoumi du poste de Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy.

Voir encore:

Hassen Chalghoumi a perdu un de ses valeureux soutiens en la personne de Farid Hannache, son ex-plume qui dit aujourd’hui s’être repenti d’avoir suivi les pas du « faux imam de Drancy ». Ce dernier, qui s’est distingué mardi 26 février sur les ondes de Beur FM [l’enregistrement plus bas], ne cache rien de son amertume à l’encontre de l’actuel chouchou des médias dont la côté d’impopularité auprès des musulmans est au plus haut.

Hanan Ben Rhouma

Saphir news
27 Février 2013

Farid Hannache balance sec. L’ancien conseiller de Hassen Chalghoumi, sans qui son premier livre « Pour l’islam de France » sorti en 2010 n’aurait pas été possible, a décidé de sortir de l’ombre et de faire des révélations, sur le ton de la dénonciation, quant au passé du président de l’association gestionnaire de la mosquée de Drancy.

Invité au micro de Beur FM mardi 26 février, Farid Hannache a ainsi fermement attesté que Hassen Chalghoumi a mené campagne pour Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale de 2012. Une information qui ne surprend guère puisqu’il est un des soutiens du maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, engagé en 2012 pour la réélection de l’ancien chef de l’Etat.

« C’est l’une des personnes qui a envoyé un bus de la mosquée de Drancy au meeting de Villepinte » en mars 2012 où « il était assis au premier rang avec les ministres et Sarkozy lui-même est venu le saluer », affirme-t-il, révélant que M. Chalghoumi est un de ceux qui auraient véhiculé le « fameux sms » dans lequel il était mentionné « les 10 raisons de ne pas voter PS ». « Dans l’immédiat, il critique Sarkozy car il roule pour Valls. Parce que ce que cherche les politiques, ce sont des béni-oui-oui. »

Un homme au passé sulfureux

Sur son passé, Farid Hannache en dit long. Il affirme qu’à l’époque où il fut un prédicateur du mouvement des Tablighs, « il était tellement fiché intégriste que le ministère de l’Intérieur avait décidé de l’expulser » mais « ce sont les bons offices de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France, aujourd’hui décrié par M. Chalghoumi, ndlr), par l’intermédiaire de l’ancien président Lhaj Thami Breze, qui ont convaincu le ministère de ne pas l’expulser ».

Toutefois, « il est interdit de séjour aux Etats-Unis malgré qu’il ait été reçu à Tel Aviv sur tapis rouge », selon M. Hannache qui raconte que l’ancien imam du foyer Sonacotra de Bobigny, employé en 2002 pour la société Fedex, s’était même vu retirer son permis de travail à l’aéroport Charles De Gaulle « parce qu’il était fiché dans la liste rouge des RG ». M. Chalghoumi fut bien manutentionnaire

Pourquoi se manifester que maintenant ? Celui qui fut la plume de Hassen Chalghoumi a déclaré vouloir « faire pénitence » auprès de tous ceux qui l’ont écouté du temps où il soutenait le président de la mosquée de Drancy. Il entend ainsi dénoncer « la gestion policière de l’islam de France et sa gestion néocolonialiste avec la prédominance des lobbies sionistes qui sont en train d’imposer qui doit parler ou non au nom des musulmans ». Sa sortie médiatique lui permet également, à bien des égards, de ne plus voir son nom associé à l’impopulaire Hassen Chalghoumi.

Ce dernier, si décrié des musulmans, est adulé des médias à l’heure où le livre d’entretien « Agissez avant qu’il ne soit trop tard » signé David Pujadas jouit d’une belle promotion. Les failles dans sa communication font jour. Les révélations de Farid Hannache ne manqueront pas d’éclabousser « l’imam de Drancy ».

Voir aussi:

Comment l’imam Chalghoumi renforce malgré lui les préjugés sur les musulmans
LE PLUS. Hassen Chalghoumi est un des imams les plus connus de France, notamment grâce à une importante médiatisation de ses positions. Mais cela sert-il vraiment la communauté dont il se fait le représentant ? Non, répond Pascal Boniface, directeur de l’Iris, jugeant au contraire son action contre-productive.

Pascal Boniface
Directeur de l’IRIS

L’Obs

14-02-2013

L’imam Hassen Chalghoumi est particulièrement choyé par les médias et de nombreux responsables politiques. Il est censé représenter un islam modéré, sans interférence de l’étranger. Il veut également promouvoir le dialogue judéo-musulman, apaiser les tensions communautaires qui traversent notre pays et contribuer à combattre la mauvaise image de l’islam en France. Un récent sondage montrait que 74% des Français expriment un sentiment de défiance à l’égard de cette religion.

Ces intentions sont louables. Mais son action et sa mise en scène vont à l’encontre des buts recherchés.

Chalghoumi, un « native informant »

L’imam Chalghoumi est largement ignoré, voire violemment rejeté par ses coreligionnaires. Début décembre 2012, j’avais pointé l’écart entre son exposition médiatique forte et son enracinement pathétique sur les réseaux sociaux (à l’époque 37 followers pour Twitter et 105 mentions « j’aime » sur Facebook). Pas vraiment un leader populaire.

Il n’est en rien représentatif des musulmans. Ce sont les médias et quelques responsables politiques qui le désignent comme tel. D’où un grand malaise provoquant un rejet, les musulmans refusant de se voir assigner par des non-musulmans un représentant qu’ils n’acceptent pas. Si Chalghoumi est rejeté, ce n’est pas parce qu’il est modéré, comme certains veulent le faire croire, mais parce qu’il est illégitime. Il est désigné représentant d’une communauté par ceux qui n’y appartiennent pas.

Chalghoumi est ce que la sociologie américaine appelle un « native informant », ces figures qui occupent la parole d’une communauté dont ils n’ont pas le soutien, mais qui tirent leur légitimité des médias et des milieux politiques dominants. Il dit ce que la majorité a envie d’entendre de la part d’une minorité, mais pas ce qu’elle pense réellement. Les « informateurs indigènes » valident les stéréotypes que la majorité véhicule sur leur communauté.

On parle également des « rented negroes », ces noirs américains qui monopolisent le paysage médiatique pour donner « un visage de noir pour une opinion de blanc ». Chalgoumi est loué dans les deux sens du terme et l’un parce que l’autre !

La position de Chalghoumi conforte les préjugés contre l’islam

Si la communauté concernée commence à être informée, comme le sont aujourd’hui les musulmans français, la manœuvre ne marche plus. Cette manipulation de l’information devient un défi démocratique. De surcroit, elle conforte les stéréotypes que l’on dit vouloir combattre.

Le message qui est envoyé au public c’est qu’un imam modéré est rejeté par ses coreligionnaires qui sont donc, dans leur majorité, extrémistes. La mise en scène de Chalghoumi, loin de combattre le préjugé d’un islam radical et intolérant, le conforte puissamment.

Développer le dialogue judéo-musulman est une bonne chose. Le faire comme Chalghoumi ne créé pas un pont, mais creuse le fossé. Cela accrédite l’idée que le conflit du Proche-Orient est d’essence religieuse. Le problème de ce conflit n’est pas l’islam. C’est l’occupation israélienne des Territoires palestiniens. Chalghoumi renforce l’idée que si les musulmans étaient plus modérés, le conflit pourrait être résolu, et la France préservée de son importation.

Il est considéré comme une vedette par les représentants institutionnels de la communauté juive, où il a plus de soutien que parmi les musulmans. Cela n’est pas sans poser un problème de légitimité de représentation. Il ne s’est jamais élevé contre l’occupation israélienne. Il est muet sur les appels à une solidarité inconditionnelle avec le gouvernement israélien lancés régulièrement par les responsables institutionnels de la communauté juive. Son partenariat avec les institutions juives n’est en rien équilibré ou réciproque. Il fait allégeance et obtient en retour une reconnaissance politique et médiatique nationale personnelle, mais rien pour sa communauté ou pour la cause palestinienne. Il accrédite l’idée qu’un musulman « modéré » ne critique pas le gouvernement israélien, et que ceux qui le font sont des extrémistes.

L’immense majorité des musulmans, tout en étant critiques à l’égard de la politique israélienne, condamnent l’antisémitisme et les actes antisémites. Ils ne peuvent donc se considérer comme représentés par Chalghoumi. En favorisant Chalghoumi, le CRIF privilégie le soutien à Israël sur la lutte contre l’antisémitisme.

Chalghoumi, faisant une mission de paix en plein bombardement israélien sur Gaza en novembre dernier, n’a pas condamné ces derniers. Richard Prasquier, président du CRIF, se félicite de l’avoir connu au moment de l’époque de « Plomb durci ». Il dit qu’il fallait « avoir beaucoup de courage pour afficher ses relations avec la communauté juive » – mais donc aussi beaucoup d’opportunisme pour ne pas dire un mot sur (ou contre) les bombardements israéliens sur Gaza par l’armée israélienne.

Il est au dialogue judéo-musulman ce que les bourgeois de Calais étaient au dialogue franco-britannique. Encore que ces derniers n’avaient guère le choix.

Voir enfin:

Quand une taupe nous dévoile sans le vouloir la stratégie de conquête de la France par la taqiyya

Lettre ouverte à Hassen Chalghoumi,
imam à Drancy, président de la Conférence des imams de France

Monsieur l’imam,

Merci, mille fois merci !
Une taupe comme vous, j’en rêvais.
Musulman, d’origine étrangère, formé à l’étranger (Tunisie, Syrie, Pakistan…), installé chez nous depuis peu, parlant mal notre langue, ne pouvant l’écrire qu’avec l’aide d’un nègre, vous prétendez donner des leçons de patriotisme et de légalité républicaine aux Français. Ne connaissant ni les Français ni la France, croyant que notre civilisation se réduit à l’image qu’en donnent les quelques élus frileux, idiots utiles, benêts divers qui vous témoignent leur allégeance, vous dévoilez au grand public, sans le vouloir, par vos maladresses, vos patauderies, vos insistances, votre manque de précautions dans l’expression…, la stratégie de l’islam en guerre par la taqiyya.
Monsieur l’imam, les 424 pages de votre livre Pour l’islam de France m’ont comblé.

L’action psychologique contre la France : une mécanique simple

En fait, l’action psychologique des djihadistes à destination des Français, au stade actuel du conflit, est simple dans sa conception et d’application facile pour les taupes. Elle s’articule en quatre axes de communication, toujours les mêmes, qui s’entrecroisent pour, d’une part déstabiliser les Français, entamer leur volonté d’agir contre l’invasion dont ils sont l’objet, d’autre part les convaincre d’accorder toujours plus à l’islam chez eux. Ces axes (ils seront exposés ci-après) sont étayés et alimentés par des séries d’affirmations non prouvées, de mensonges et de dissimulations. Le ton doit être assuré (celui qui osera douter ou contredire sera forcément un « raciste », un « islamophobe »…). Mais chaque interprète a loisir de mâtiner la partition comme il le souhaite par des appels aux grands sentiments, de l’érudition, des témoignages…

Vous, vous avez choisi, pour la tonalité générale de votre texte, l’hyperbole, le lyrisme, les oriflammes et les cuivres. Du coup, tout ce que vous avancez est écrit au crayon gras et les rouages de votre mécanique de propagande en deviennent si voyants que n’importe qui est en mesure de les démonter. (D’autres taupes sont plus habiles, laissez-moi vous le dire, et vos chefs pourraient être mécontents d’une balourdise qui compromet leur stratégie de sape.)

Premier axe de communication : les Français doivent accepter la « religion » islamique chez eux

Les taupes – toutes les taupes – affirment toujours la même fausseté pour nous piéger : l’islam est une « religion » et, toutes les taupes, toujours, invitent aussitôt les Français à prendre acte d’un fait : l’islam est désormais bien implanté chez nous.
Ce que vous, monsieur l’imam, résumez ainsi : « L’islam n’est plus la religion des immigrés ou des colonisés.
L’islam est la religion de millions de citoyens français.
L’islam en France est l’affaire de la France. »

Selon vous, les Musulmans sont, sur notre sol, « peut-être dix millions ».

L’islam serait simplement une « religion » ? Aussitôt, nous voici désarmés devant les prétentions des musulmans à prendre toutes leurs aises dans notre patrie. Une religion, c’est pour nous quelque chose qui ressortit à l’intime, à la liberté de conscience, au droit privé. Donc, pour nous, interdiction de regarder la chose d’un peu près et, surtout, de légiférer à son endroit. Or, vous le savez parfaitement, l’islam n’est pas une religion au sens où nous l’entendons. C’est une idéologie et un système de gouvernement des communautés et des hommes qui mêlent, de manière insécable, identité, religion, droit, politique, mœurs, morale ; c’est un «totalitarisme ». Le piège « islam-religion » a beaucoup servi aux musulmans en guerre contre nous pour dissimuler leur volonté colonisatrice et leurs manoeuvres. Il commence à être quelque peu usé. Mais, vous, vous pensez qu’il peut encore servir et vous allez en jouer tout au long de votre plaidoyer en faveur de votre totalitarisme.

Quant à l’incitation à tenir compte du fait accompli, elle revient à nous dire :

– Vous, Français, certes vos dirigeants ne vous ont jamais consultés sur votre sentiment à l’égard de cette présence étrangère à votre culture, certes vous pouvez pensez qu’elle est inopportune, qu’elle menace l’unité de votre nation, la paix intérieure… mais les faits sont là : vous devez en prendre acte et vous soumettre au réel, vous incliner devant la réalité que nous représentons.

Une objurgation qui comporte en filigrane une menace, c’est évident. Sinon, pourquoi gonfler les chiffres au-delà de la vraisemblance ? (A moins que… Et si les organismes officiels français chargés d’évaluer le nombre des Musulmans présents dans l’hexagone nous trompaient sciemment ?)

Ces préalables étant posés sans être aucunement discutés ou seulement mis en doute, arrive une autre affirmation : les effets positifs de l’immigration musulmane ? Vous soulignez « les richesses qu’ils [les Musulmans] apportent à notre nation », ajoutant avec une emphase qui est votre marque et qui aurait réjoui Molière : « La liaison entre nos concitoyens musulmans et la France n’est plus les flux migratoires, mais l’adhésion patriotique et la pratique méritoire des valeurs et des talents de la République. »

Suit, après cela, comme une explication du phénomène : par les origines religieuses communes – toujours l’antienne de l’islam-religion – : « Les trois Dieux ne sont en réalité qu’un Seul. Les trois Prophètes, Moïse, Jésus et Mohamed, ne sont que les arrière petits frères d’Abraham. La fraternité qui existe entre ces prophètes doit exister entre leurs disciples. » « N’avons-nous pas le même Dieu ? » (sauf que, nuance parmi d’autres, Allah n’a pas fait « l’homme à son image »). « Ne partageons-nous pas les mêmes prophètes ? » (sauf que Mahomet, « le sceau de la Prophétie », les corrige tous selon vous), « le même monothéisme » (sauf que, pour les Musulmans, les chrétiens sont associateurs, mushrikûn, polythéistes). »

Incidemment, posez-vous la question, monsieur l’imam : Quel Français se définirait aujourd’hui prioritairement comme « enfant d’Abraham » ? Et oseriez vous affirmer en toute honnêteté que le ‘Isâ de votre Coran (simple homme, jamais crucifié ni ressuscité) est le Jésus, le Yasû‘, des chrétiens ? Et placez-vous hors de la nation les athées, les agnostiques, les indifférents en matière religieuse ? Et n’avez-vous jamais entendu parler de nos héritages grec, celte, latin ? des Lumières ?

Force vous est de prendre acte que des Français demeurent rétifs à la présence de l’islam chez eux, « qu’il y aura toujours des imbéciles qui envisageront les musulmans français comme une immigration de colonisation ou comme un cheval de Troie de l’islamisme ». Ceux-là sont, purement et simplement, des « racistes » (le mot est sans fondement : l’islam n’est pas une race, que l’on sache ; il est cependant répété souvent). Honte donc aux Français qui « stigmatisent, clouent au pilori, bannissent en banlieue une communauté, presque entièrement suspecte ; certains vomissent des inepties parfois abjectes. » Par leur refus de l’immigration musulmane, ce sont même des assassins : « La Méditerranée est remplie de cadavres d’immigrés clandestins. »

Axe 2 : les Musulmans aiment la France et la république

Autre maillon dans la chaîne des affirmations assénées : les Musulmans présents en France, non seulement aiment le pays qui les accueille, mais, même, ils adhèrent à la République. Vous êtes vous-même un républicain exemplaire.

Avec quelle violence vous rejetez le communautarisme, « le clanisme » – alors que vous prêchez pour la reconnaissance d’une communauté musulmane de plein droit !
Et vous rendez hommage à… la laïcité, à la loi de 1905, que les Musulmans « doivent respecter ».
(Cependant, ajoutez-vous, «ceux qui se réfèrent à la loi de 1905 ou le Bleu-Blanc-Rouge « pour prétendre sauver l’identité et la Patrie » sont des racistes. »)

Inutile d’insister : par qui ferez-vous admettre que l’islam, qui place toute vie humaine sous tous ses aspects dans le devoir d’obéissance à une Révélation d’origine divine, est compatible avec la République, avec la laïcité ? Bien sûr, vous mentez. Vous mentez effrontément, appliquant le principe d’un des grands maîtres de la propagande politique, Joseph Goebbels, qui affirmait : « Plus gros est un mensonge, plus facilement il est accepté » ?

Axe 3 : condamnation de l’islam tel que nous le constatons

Dans leurs opérations d’enfumage, les taupes de l’islam se trouvent, à un moment ou à un autre, dans la nécessité de prendre leur distance avec l’image, très négative, que les autres civilisations se font de l’islam à la lumière de l’actualité et de l’histoire. Vous ne manquez pas à cette tâche de désaveu, de reniement.

Vous avez des mots extrêmement durs pour condamner l’islam à l’étranger. Quelle variété d’islam, quel grand pays musulman échappe à votre vitriol ? Un Occidental qui s’exprimerait avec votre fureur serait immédiatement traîné en justice pour incitation à la haine raciale.
Khomeiny ne songeait qu’à « domestiquer son peuple ». (Il est vrai qu’il était shiite, un hérétique pour le sunnite que vous êtes.)
L’islam pakistanais est « gangrené par la radicalisation »
La pratique religieuse des talibans est « inhumaine, antimusulmane ».
Vous énumérez les « crimes » commis par les radicaux en Algérie.
La Ligue islamique mondiale est « la voix et le bras de la propagande wahhabite, mélangeant le caritatif et le politique ».
Al-Karadâwi, président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, est un « propagandiste de la haine », (certainement, mais vous ne dites pas qu’il est aussi président de l’Union internationale des Savants musulmans – les oulémas –, ce qui en fait une des plus grandes références pour les dogmes, la Loi et les pratiques de l’islam).
Le salafisme : « l’intégrisme religieux ».
Les Frères musulmans : « à la fois une secte religieuse et un groupuscule politique », « qui pratique le double langage ».
Etc.

Vous êtes aussi sévère pour l’islam en France.
Le Conseil français du Culte musulman, dirigé « par un musulman d’une nationalité étrangère », est « une usine à gaz, organe schizophrène, infantile, liberticide », « estropié ou embourbé ».
L’UOIF, qui y domine, c’est « l’islamisme politique ».
La main et l’argent de l’étranger sont partout : « La gestion financière des mosquées, ou des lieux de culte, même les plus petits, provoque et entretient un climat délétère dans plusieurs villes. »
(Mais la faute à qui ? « Depuis l’arrivée massive et précaire de l’islam combattant pour libérer la France ou exécutant tous les métiers pénibles pour construire la France, l’État français a préféré abandonner la gestion de l’islam aux chancelleries. »)
Vous ne niez pas les turbulences et les incivilités de la « communauté musulmane » : Les dérapages des pro-palestiniens « risquent de compromettre la paix civile ici ». (Vos « frères juifs » ont droit à une cinquantaine de pages d’affilée : « L’antijudaïsme, l’antisémitisme, l’antisionisme et le négationnisme s’abreuvent habituellement dans le même marécage. »)
Les « jeunes » de banlieue doivent savoir que le vandalisme est un délit « et surtout, un acte illicite, harâm, puni par Allâh ».

Vous paraissez presque prêt à désapprouver les prières publiques de la rue Myrrha : « Le Prophète a interdit les assemblées sur les routes, qui peuvent aussi être des rassemblements dans les halls d’immeuble, des attroupements dans les cages d’escalier, car l’esprit de l’islam est d’interdire la nuisance, physique u sonore, matérielle ou même visuelle. »
Vous déplorez la « victimisation » où se complaisent tant d’immigrés : « Nous sommes les premiers coupables de nos malheurs.
Etc.

Voilà pour le constat. Mais, foin de tout cela ; l’islam a été défiguré pour des raisons politiciennes ou matérielles. L’islam authentique est bien différent.

Axe 4 : l’islam authentique qui sera celui de la France

Comment définissez-vous cette merveille ?
« Une religion de la paix et de la justice », car « le cœur de l’islam est la paix ».
Une affirmation que vous seriez bien en peine de justifier. Décidément, vous semblez tenir l’aphorisme de Goebbels pour une vérité opérationnelle !

Une religion de paix ? Vous évacuez le Coran et ses appels à la guerre contre les juifs, les chrétiens, les polythéistes…, ainsi que la sunna du prophète, « le beau modèle » (Coran : XXXIII. 21), qui, à Médine, ne cessa de conduire le jihâd, et avec quel acharnement !

Et seulement une religion ? Votre culot va jusqu’à « refuser catégoriquement » dans l’islam « la confusion entre le sacré et le profane, entre le religieux et le politique », « cette dérive abyssale et souvent sanglante », alors que votre système, comme le Coran d’où il est issu, place toute la vie humaine sous la Loi d’Allah. Vous écrivez : « La vraie religion musulmane, celle qui n’est pas travestie par la politique et celle qui ne pervertit pas la politique ; celle qui n’est pas instrumentalisée par l’Etat et celle qui ne cherche pas à manipuler l’Etat ».
En conséquence de l’islam réduit à la religion, l’imam ne doit s’occuper que « du culte ». Mais comment définirez-vous ce mot, qui n’a aucun sens dans un système qui régente autant le port de la barbe ou le maillot de bain des femmes que la prière ou le jeûne ?
Et, je le répète, vous approuvez la laïcité, la loi de 1905, puisque l’islam n’est qu’une religion qui ne se mêle pas de politique

Vos mensonges et dissimulations sont particulièrement éhontés en ce qui concerne votre Prophète : « Le Messager Mohammed a amené avec lui l’amour et la paix » quand le hadîth et la sîra, jamais discutés en Terre d’islam, lui imputent à gloire batailles, massacre et assassinats ciblés.
Il est un exemple « d’amour et de tolérance ».

Et son attitude à l’égard des femmes ?
Une affirmation incroyable : « L’islam a révolutionné le statut des femmes en instituant pour elle (sic) les droits de propriété, de succession, d’éducation, de divorce », alors que, avant l’islam, à La Mekke, la première épouse de Mahomet, Khadîja, dirigeait une entreprise et gérait seule sa fortune, ce qui sera interdit aux musulmanes. « L’islam a apporté aux Arabes du VIIe siècle l’humanité et la modernité. »

Le Prophète, qui aurait eu, selon la sîra, une vingtaine d’épouses et de concubines, s’est marié uniquement « pour des raisons politiques, sociologiques ou familiales ». Autrement dit, il était opposé à la polygamie et, en multipliant les partenaires sexuels, il n’aurait fait que se sacrifier dans l’intérêt de sa communauté. Mais alors, quid de ses unions, à Médine, en 627, avec la juive Râhina et, à Khaybar, l’année suivante, avec une autre juive, Safiyya, deux femmes dont les bourreaux de l’islam avaient exécuté le mari le jour même ?

Et son mariage, avec Aicha ? Vous désapprouvez un moufti marocain qui, en 2008, a autorisé le mariage des filles à partir de neuf ans. (De « la pédophilie », dites vous justement.). Mais vous négligez de préciser que ce saint homme se référait à l’exemple de son Prophète qui a défloré Aicha à cet âge.

Sur ce chapitre, sensible aux yeux des Occidentaux, du statut des femmes, vous poussez la tartufferie jusqu’à affirmer : « Les femmes et les hommes sont égaux dans la pratique de l’islam ». Et ceci, écrit sans une démonstration (impossible) : « Les versets [du Coran] concernant l’égalité entre les femmes et les hommes sont nombreux et clairs ».
Vous-même êtes contre la burqa, mais vous êtes pour le voile, dont le symbolisme est le même : l’inégalité homme-femme, l’interdiction pour une musulmane d’épouser un non-musulman. Par une très brève allusion, nous apprenons que votre épouse est voilée.

Sur l’histoire de l’islam après Mahomet, sur le statut des dhimmis, vos triches sont innombrables. Jadis, « les juifs et les Arabes vivaient en bonne intelligence, dans le partage de la science et de la paix ». Le deuxième calife du Prophète, Omar Ibn Al-Khattab, « a établi un pacte garantissant aux juifs et aux chrétiens la liberté du culte et le respect de leur statut ». Une insulte au martyre des dhimmis.

Rien sur les questions de fond

Votre livre est aussi intéressant par les sujets qu’il évite. On y chercherait en vain quoi que ce soit sur plusieurs sujets qui rendent l’islam inacceptable au sein de nos démocraties :
L’absence de liberté de conscience.
L’absence de liberté religieuse : l’interdiction faite à un musulman de renoncer à l’islam.

Tout ce qui dans le Coran – ne parlons même pas de la sunna – est crime contre les droits de l’homme, les très nombreux versets qui appellent à la guerre pour discrimination religieuse, l’autorisation donnée aux maris de battre leurs épouses, le droit de flageller la femme adultère… tout cela disparaît dans votre islam tronqué, truqué, inventé seulement pour servir de leurre dans une guerre subversive.

Il faudrait un volume aussi épais que le vôtre pour relever vos filouteries. J’espère que les quelques perles que j’ai relevées permettront de se faire une idée de l’ignominie de votre attitude à l’égard d’un pays où vous vivez, que vous avez le front de dire aimer, que vous trahissez au profit d’un totalitarisme, dont les Français ne veulent pas et qu’ils n’accepteront jamais.

Les risques de la taqiyya

Une remarque encore : l’actualité nous a appris que certains musulmans de Drancy s’étaient dressés contre vous et vos prêches. Je ne veux pas croire qu’il s’agit là d’un coup monté par vos soins, pour mieux vous distinguer, vous « le modéré, le moderniste, le républicain, le laïque », des « islamistes » que, hors l’Islam, le monde entier exècre. Je pense sincèrement que vos agresseurs étaient des musulmans ordinaires, sincèrement soucieux du bon renom de leur religion et de leur civilisation : ils se sont sentis insultés par vos propos, qui présentent l’islam et son prophète sous des traits outrageants par leur fausseté ; ils ne savaient pas que vous jouiez un double jeu à l’intention des infidèles.
Ce sont là les risques de la taqiyya. On peut supposer que vous les connaissiez quand, il y a une vingtaine d’années, vous avez décidé de partir en mission pour la France afin d’y accomplir un devoir, sacré en votre âme et conscience, ordonné précisément dans votre Livre saint : œuvrer à l’asservissement, puis à l’anéantissement de toute communauté autre que l’umma, la communauté totalitaire islamique.

Jérôme Capistran

Voir par ailleurs:

Moral Courage: Imam for Peace

A Muslim cleric from France hopes to unite Muslims, Christians and Jews in the fight against fanaticism.

 

As right-wing rabble rousers throughout Europe make themselves known to media, it’s time to tell the more surprising stories. Here’s one: in France, the most radical voice of social cohesion may very well be an imam. Yup, a Muslim cleric. Hassen Chalghoumi deserves to become a household name in America.

Chalghoumi is the imam of Drancy, a suburban Parisian town that deported Jews to their death during World War II. Imam Chalgoumi seeks to preserve this history so that it’s never forgotten. In fact, we met him at the Holocaust Memorial in Drancy, where he recited the opening verses of the Qur’an. The imam later told us that the Holocaust isn’t only a Jewish issue; it’s a human one that Muslims must honestly grapple with if they want credibility when complaining about Islamophobia. Coming from an imam, such a statement is more than rare. It’s refreshing.

But Chalghoumi’s platform doesn’t end in Drancy. He founded the French Conference of Imams, has written several books in French and Arabic, and intends to speak with American audiences as his English improves. We can only hope that he’ll be welcomed, since he seeks to unite Muslims, Christians and Jews to conquer what he calls the real enemy: fanaticism, including the Islamist kind.

His message of peace has its detractors. Opponents sarcastically describe Chalghoumi as the “Imam of the Jews.” He frequently faces death threats via voicemail. His house was trashed soon after he led a 2006 Holocaust remembrance. Later, vandals doused his car with gasoline. More polite pushback comes in the form of counsel to stop appearing publicly and to end interfaith dialogue. Translation: shut up and pray.

Chalghoumi follows half that advice. The other half, Chalghoumi flouts: He brought 20 French imams to Jerusalem’s Yad Vashem Holocaust memorial, where they proclaimed that life is more important than doctrine.

The intensity of his moral courage doesn’t really reveal itself in Chalghoumi’s background. Born in Tunisia, he served as a conflict mediator for France’s national rail system. Then he opened a pizzeria, which became a neighborhood hotspot. In a gesture of sweetness but not necessarily backbone, Chalghoumi reached out to the local cops bearing gifts of pastry.

On further reflection, though, we detect a pattern. The imam’s adult life is suffused with his intention to open lines of communication between seeming rivals. It’s a pattern rooted firmly in faith: in Islam, proper intention (known as “niyyah”) is at least as significant as action. But Chalghoumi also walks the talk, embodying the bold declaration that human dignity trumps religious identity.

Think we’re exaggerating? Watch this video clip from Moral Courage TV. For English subtitles, click “cc” at the bottom of the video:


Mort de Jacques Chirac: La France qui triche a trouvé son héros (As amnesic France goes gaga over the death of its first former head of state to be convicted since Petain, ex-British spy chief confirms ‘Grand Philanderer’ Chirac was ‘a roguish individual who manoeuvred very cleverly’)

29 septembre, 2019

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Une droite qui voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale. Richard Ferrand (14.04.2017)
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Un père, ça peut être une femme, une grand-mère. Agnès Buzyn (ministre française de la Santé)
L’enfant a le droit à un nom dès la naissance. Il a également le droit d’ acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Convention internationale des droits de l’enfant (article 7, 1989)
La loi ne doit pas mentir sur l’origine de la vie. Conférence des évêques
Une droite qui voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale. Richard Ferrand (14.04.2017)
Le président Chirac incarna une certaine idée de la France. (…) Jacques Chirac était un destin français. (…) Jacques Chirac portait en lui l’amour de la France et des Français. Emmanuel Macron
Dans une autre publication, il tenait à peu près les mêmes propos concernant le candidat LR: “nous disons à François Fillon qu’il a perdu toute autorité morale pour diriger l’État et parler au nom de la France”. Lundi 30 septembre 2019 est une journée de deuil national à la suite du décès de M. Jacques CHIRAC, ancien Président de la République. Durant cette journée, les enseignants qui le souhaitent peuvent consacrer un cours à l’évocation de la mémoire de l’ancien chef de l’État. A cette fin, éduscol vous propose des ressources pédagogiques permettant de revenir sur la biographie de Jacques Chirac, son engagement politique national et international, sa relation à l’histoire des arts… Ministère de l’Education nationale
C’est très français au fond. La seule chose que l’on retiendra de la présidence de Jacques Chirac est une belle bravade sans conséquence: son refus spectaculaire de la guerre américaine en Irak. Laquelle, pour le coup, en eut de fâcheuses. Dieu sait combien Jacques Chirac représentait le caractère national. Au milieu de beaucoup de compromissions, ce fut une parenthèse de gloire, de panache et d’honneur. Cela n’a servi à rien mais le geste en était d’autant plus beau. Chirac eut quelque chose de Cyrano de Bergerac au cours de cet hiver 2002-2003, entraînant la Russie de Poutine et l’Allemagne de Schröder et bien d’autres nations derrière lui. Villepin, au contraire, avait peur de se fâcher avec l’Amérique. Il n’a pas troqué le retour de la France dans le comité militaire de l’Otan en échange de quelques postes honorifiques. Il a osé renouveler la dissuasion nucléaire française. C’est en souvenir de ces moments-là que la France est encore écoutée dans le monde. (…) Jacques Chirac avait un grand mérite: il connaissait l’histoire du monde et de ses civilisations. Il savait que l’Irak est un des berceaux de l’humanité et qu’on ne pouvait la détruire sans commettre l’irréparable. Il savait aussi que la démocratie ne se construit pas sur le sable d’une occupation militaire et que tôt ou tard, les chiites d’Irak se tourneraient vers leurs coreligionnaires iraniens, entraînant une terrible guerre de religions. Ce qui devait advenir arriva: la rage cumulée des pétromonarchies du golfe et des terroristes wahhabites a redoublé de violence. Daech et les destructions de Mossoul, Palmyre et Alep sont des contrecoups de la folle expédition de Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Tout le Moyen-Orient a souffert de cette lamentable aventure mais pas seulement. Après les attentats de 2004-2005 et 2015-2016 en Europe, nous sommes loin d’avoir retrouvé l’équilibre. Depuis 2003, le Moyen-Orient est une région en guerre de religion, fracturée et travaillée par le terrorisme, minée par les migrations, incapable de se coordonner et d’avancer ensemble. Chirac avait au long de sa carrière noué des relations fidèles avec les chefs d’États d’Afrique et d’Asie. Il était soucieux du sort des Palestiniens, lui qui était intraitable avec l’antisémitisme. (…) Chirac s’intéressait et comprenait les relations internationales, sans avoir peur de quiconque. Le Figaro
Nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans, et mon adversaire de 2002 est quelqu’un qui aurait dû être condamné à la prison. Le Pen
Attendu que la responsabilité de Jacques Chirac, maire de París, découle du mandat reçu de la collectivité des Parisiens ; qu’elle résulte également de l’autorité hiérarchique exercée par lui sur l’ensemble du personnel de la Ville de Paris et singulièrement sur ses collaborateurs immédiats au premier rang desquels son directeur de cabinet ; Attendu que le dossier et les débats ont établi que Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts ; que sa culpabilité résulte de pratiques pérennes et réitérées qui lui sont personnellement imputables et dont le développement a été grandement favorisé par une parfaite connaissance des rouages de la municipalité ainsi que la qualité des liens tissés avec les différents acteurs administratifs et politiques au cours de ses années passées à la tête de la Ville de Paris ; qu’en multipliant les connexions entre son parti et la municipalité parisienne, Jacques Chirac a su créer et entretenir entre la collectivité territoriale et l’organisation politique une confusion telle qu’elle a pu entraîner ses propres amis politiques ; que le gain en résultant, nonobstant les économies des salaires payés par la mairie de Paris, a pu prendre la forme soit d’un renforcement des effectifs du parti politique dont il était le président soit d’un soutien à la contribution intellectuelle pour l’élaboration du programme politique de ce parti ; Attendu que par l’ensemble de ces agissements, Jacques Chirac a engagé les fonds de la Ville de Paris pour un montant total d’environ 1 400 000 euros ; Attendu que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel de Jacques Chirac, l’indemnisation de la Ville de Paris par l’UMP et Jacques Chirac, ce dernier à hauteur de 500.000 euros, l’âge et l’état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant les douze années ayant immédiatement suivi la période de prévention, sont autant d’éléments qui doivent être pris en considération pour déterminer la sanction qu’il convient d’appliquer à son encontre ; Attendu que ces éléments ne sauraient occulter le fait que, par son action délibérée, en ayant recours au cours de ces cinq années à dix neuf emplois totalement ou partiellement fictifs, Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens ; que dans ces conditions, le recours à une peine d’emprisonnement avec sursis dont le quantum sera fixé à deux années apparaît tout à la fois adapté à la personnalité du prévenu et ainsi qu’à la nature et la gravité des faits qu’il a commis. Verdict de la 11e chambre correctionnelle de Paris (15.12.11)
Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, a écopé ce jeudi matin de deux ans de prison avec sursis. Dans un communiqué, Jacques Chirac a annoncé qu’il ne ferait pas appel, même si « sur le fond [il] conteste catégoriquement ce jugement ». Il explique ne plus avoir « hélas, toutes les forces nécessaires pour mener par [lui-même], face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité ». Nouvel obs
Janvier 1975. C’est l’époque du journalisme politique à la Françoise Giroud, la patronne de L’Express envoie alors de jeunes et jolies reporters pour faire parler les politiques. Jacqueline Chabridon, journaliste au Figaro, est mandatée par son rédacteur en chef pour suivre Jacques Chirac et en tirer un portrait du jeune Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Elle n’en a guère envie, le voit comme « un soudard, un prêt-à-tout (…) sentencieux et ringard au possible », écrivent les auteurs. De son côté, il veut vérifier à qui il a affaire. Il la met au défi d’engloutir les copieuses portions de tête de veau trônant sur la table aussi vite que lui. Elle s’y colle, en bonne vivante. Il est séduit par cette petite jeune femme de 34 ans. Comme le dit son ami Jacques Toubon, alors conseiller technique à Matignon, « c’est le charme fait femme ». Pauline de Saint-Rémy d’expliquer : « On s’était imaginé une femme impressionnante, très élégante, très intello. Avec sa voix fluette, sa petite taille, elle est en fait très simple. Au sens noble du terme. » C’est peut-être cela qui plaît alors au Premier ministre. Elle est d’origine modeste, auvergnate, fille de communistes. Affirme simplement son goût pour la vie. « Jacques et Jacqueline, c’est aussi et avant tout une complicité de classe, relatent les journalistes dans leur livre. Une sorte de reconnaissance mutuelle. » De son côté, Jacqueline voit désormais derrière le technocrate ambitieux un homme qui a « du goût pour les gens ». Très vite, « son envie de la revoir vire à l’obsession. Il la veut à ses côtés, en public comme en privé », lit-on dans Jacques et Jacqueline (1). On prête à Chirac un parcours de séducteur « mais avec elle, ça a été différent, affirment Laureline Dupont et Pauline de Saint-Rémy. Pour elle, il a failli tout quitter ; ça a eu des répercussions sur sa vie politique, dans un moment charnière. » Le livre raconte l’appartement aménagé pour eux rue de Marignan, à Paris : c’est là qu’il installe sa collection d’ouvrages de la Pléiade, un mur entier. Il l’emmène en escapade à La Rochelle. Elle le suit dans ses déplacements, en tant que journaliste. Fin 1975, il organise même, selon les auteurs, un voyage de presse aux Antilles pour passer Noël en sa compagnie ! Les reporters présents sur place s’agacent des nombreux « briefings » du chef du gouvernement. Dans l’ouvrage, Jacques Toubon se souvient des chuchotements qu’il surprend alors : « Il [Chirac] n’a rien à nous dire… » « C’est ridicule ! C’est juste pour la voir. » Le couple fait face à l’incompréhension de son entourage devant cette histoire qui dure, devant ce mariage qu’il lui aurait promis. Jacqueline Chabridon, dont les premières noces avec le socialiste Charles Hernu ont été célébrées par François Mitterrand, se fait rabrouer par ses amis de gauche, expliquent les auteurs. Chirac, lui, encaisse l’hostilité de sa conseillère Marie-France Garaud. Elle s’inquiète. Et si l’affaire s’ébruitait ? « Beaucoup de gens savaient, à l’époque, souligne Laureline Dupont. Le sujet fait jaser dans les dîners parisiens. » Toujours selon le livre, Le Nouvel Observateur s’apprête à publier en avril 1976 un court article intitulé « La garçonnière du Premier ministre ». La publication sera stoppée. Mais c’en est trop pour les conseillers. Trop pour Bernadette Chirac aussi. Dans Jacques et Jacqueline, on la voit faire front commun avec Marie-France Garaud pour éloigner la maîtresse. Et puis à l’époque, on ne divorce pas. Surtout si l’on envisage la plus haute fonction… Été 1976. Jacqueline Chabridon découvre l’appartement vidé. Leur correspondance a disparu. Le choc. Dans un bureau anonyme, il lui annonce que c’est fini. Certains y ont vu la pression de ses proches. Les auteurs livrent une autre hypothèse : « De nombreux témoins nous ont dit que Chirac, qui s’apprêtait à lancer le RPR (Rassemblement pour la République, ndlr) – il venait de démissionner de Matignon pour ça -, avait besoin d’avoir le coeur et les mains libres. Parce qu’il entretenait un rapport charnel et chaleureux aux électeurs. Notre théorie, c’est qu’il a été rattrapé par son ambition, plus que par son entourage. » Apporter un autre éclairage sur Jacques Chirac, c’était un des objectifs des deux journalistes : « Il est plus humain et plus complexe qu’il n’y paraît, perclus de passions contraires. » Fallait-il pour autant, quarante ans après, remettre cet amour sous le feu des projecteurs ? « Certains seront heurtés car on est sur le terrain de la vie privée. Mais c’est un récit politique, pas un livre sulfureux, répond Pauline de Saint-Rémy. Nous voulions aussi donner un autre éclairage à cette époque politico-médiatique en nous intéressant à la petite histoire dans la grande histoire. » Jacqueline Chabridon, elle, a poursuivi la sienne. Le coeur à gauche. « Elle qui pensait ne jamais pouvoir voter pour lui a fini par le faire en avril 2002. Mais on a compris que ça lui avait fait un peu mal. » Aujourd’hui encore, elle est proche des socialistes. Voit François Hollande régulièrement. Et Laureline Dupont de conclure : « Elle a 75 ans et a l’air très heureuse. » Grazia
Voici un homme qui a dû se représenter à  sa réélection l’an dernier afin de préserver son immunité  présidentielle des poursuites judiciaires pour de graves accusations de corruption. Voici un homme qui a aidé Saddam Hussein à construire un réacteur nucléaire et qui savait très bien ce qu’il comptait en faire. Voici un homme à la tête de la France qui est en fait ouvertement à vendre. Il me fait penser au banquier de « L’Education Sentimentale » de Flaubert : un homme si habitué à la corruption qu’il payerait pour le plaisir de se vendre lui-même. Ici, également, est un monstre positif de vanité. Lui et son ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, ont mielleusement déclaré que la « force est toujours le dernier recours.  » Vraiment ? Ce n’était pas la position de l’establishment français quand des troupes ont été envoyées au Rwanda pour tenter de sauver le client-régime qui venait de lancer un ethnocide contre les Toutsis. Ce n’est pas, on présume, la position des généraux français qui traitent actuellement comme leur fief  la population et la nation ivoiriennes. Ce n’était pas la position de ceux qui ont commandité la destruction d’un bateau désarmé, le Rainbow à l’ancre dans un port de Nouvelle Zélande après les manifestations contre la pratique officielle française d’essais nucléaires atmosphériques dans le Pacifique. (…) Nous nous rendons tous compte du fait que Saddam Hussein doit beaucoup d’argent à des compagnies françaises et à l’Etat français. Nous espérons tous que le parti Baath irakien n’a fait aucun cadeau privé à des personnalités politiques françaises, même si le moins qu’on puisse dire c’est que de tels scrupules des deux côtés seraient une anomalie. Est-il possible qu’il y ait plus en jeu que cela ? Il est très possible que le futur gouvernement de Bagdad ne se considère plus tellement responsable des dettes de Saddam. Ce seul fait conditionne-t-il la réponse de Chirac à une fin de régime en Irak ? (…) Charles de Gaulle avait un égo colossal, mais il se sentit obligé à un moment crucial de représenter une certaine idée de la  France à un moment où cette nation avait été trahie dans le servitude et la honte par son establishment politique et militaire. (…) Il avait un sens de l’histoire. Aux intérêts permanents de la France, il tenait à joindre une certaine idée de la liberté aussi. Il aurait approuvé les propos de Vaclav Havel – ses derniers en tant que président tchèque – parlant hardiment des droits du peuple irakien. Et on aime à penser qu’il aurait eu un mépris  pour son pygmée de successeur, l’homme vain, poseur et vénal qui, souhaitant jouer le rôle d’une Jeanne d’Arc travestie, fait de la France le proxénète abject de Saddam. C’est le cas du rat qui voulait rugir. Christopher Hitchens (2003)
Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.» (…) A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». (…) Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité. (…) «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.» (…) Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation. » Libération
Chirac’s opposition to the Iraq War put him at loggerheads with George W. Bush and Tony Blair. As President he made a historic apology for France’s role in the Holocaust but his term was also marked by riots and a stinging defeat over EU integration. He also had a reputation as a womaniser and philanderer who repeatedly cheated on his long-suffering wife Bernadette during their 63 years of marriage. His reputed partners included Italian sex symbol Claudia Cardinale and there were rumours about a series of relationships with journalists and politicians. Chirac was also known for a love of fine living, revelling in the trappings of power including luxury trips abroad and life at the presidential palace. After leaving office, Chirac was found guilty of corruption dating back to his time as mayor of Paris and given a two-year suspended prison sentence. The Daily Mail
How many times have certain Western politicians cast an envious glance at Jacques Chirac and thought: just how the hell did he get away with it? France is in deep mourning following the news that its flamboyant, philandering former centre-Right president has died at the age of 86. World leaders joined in a chorus of tributes yesterday. Precisely what and whom they are mourning, however, remains as opaque as ever. Former French President Jacques Chirac was often seen in the company of beautiful women such as legendary actress Brigitte Bardot (….) The first ex-president in French history to be convicted of corruption, he managed to espouse contradictory opinions on just about everything during four decades in politics. Here was the great peacemonger – famous for keeping France out of the 2003 invasion of Iraq – who also flogged nuclear technology to Iraq’s Saddam Hussein and who obliterated a South Pacific coral atoll with his own nuclear weapons. (…) He was the self-styled champion of human rights and the developing world who also sucked up to the most appalling tyrants, argued that ‘Africa is not ready for democracy’ and deplored the ‘noise and smell’ of workshy immigrants. And all the while, he was the family man who enjoyed affairs with umpteen women – from humble secretaries and party workers to film stars. As mayor of Paris, he kept a mayoral bus with a bedroom for assignations and used public funds to rent a flat for a political journalist from Le Figaro who was his then mistress. As president, so it was claimed by one biographer, he would never want for ‘naked women, burning with desire’ on board the presidential jet. On a state visit to Tunisia, he managed to bring along both his long-suffering wife, Bernadette, and his mistress du moment on the same trip. The two women did not exchange a word. Not that he would ever allow himself to be distracted from his work for long. Following the publication of the memoirs of the presidential chauffeur, Chirac could never quite shake off the nickname he acquired thereafter: ‘Five minutes – including shower’ (to add insult to injury, this was later reduced from ‘five’ to ‘three’). Routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’, Chirac would never have got where he got – or lasted as long as he did – in British politics. It was his good fortune to be blessed with a French media which seldom subjected him to the same scrutiny endured by his British counterparts. It also helped that he was sleeping with quite a few of them. (…) In 2011, he received a two-year prison sentence for abuse of trust and public funds, though the sentence was suspended. The Daily Mail
There were strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam. His recent obituaries are saying that Chirac got it right [on Iraq] and the rest of us got it wrong. But I am saying that Chirac’s motive for getting it right may not appear to be what it is.’‘He had this questionable relationship with Saddam Hussein. It raises a lot of questions as to what his motives were for opposing the UN Resolution in the build-up to the invasion. It was not a matter of conscience, it was his reputation. If it came out in the wash [that he received money from Saddam], it would have been damaging to him as a politician. It was a dimension which at the time was politically worrying – Chirac had a longstanding relationship with Saddam, which was not state to state, it was personal. He was a roguish individual who manoeuvred very cleverly.  Sir Richard Dearlove
J’ai un principe simple en politique étrangère. Je regarde ce que font les Américains et je fais le contraire. Alors, je suis sûr d’avoir raison. Jacques Chirac
Le multipartisme est une erreur politique, une sorte du luxe que les pays en voie de développement, qui doivent concentrer leurs efforts sur leur expansion économique n’ont pas les moyens de s’offrir. Jacques Chirac (Abidjan, février 1990)
Si les valeurs des droits de l’homme sont universelles, elles peuvent s’exprimer sous des formes différentes. Jacques Chirac (Paris, 1996, visite de Li Peng)
Ici, le message millénaire de l’islam rejoint l’héritage et les valeurs de la République. Jacques Chirac (Grande Mosquée de Paris, 9/4/02)
La guerre … est toujours la pire des solutions … Jacques Chirac (Paris, 17 janvier 2003, au côté de Hans Blix, président exécutif de la commission de contrôle de vérification et d’inspection des Nations Unies en Irak et de Mohamed El Baradei, directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique)
Cette institution met la Russie au premier rang des démocraties, pour le respect dû aux peuples premiers, pour le dialogue des cultures et tout simplement pour le respect de l’autre. Jacques Chirac (Saint-Pétersbourg, juin 2003, inauguration de l’Académie polaire)
Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat. De ce point de vue, la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays. Jacques Chirac (Tunis, le 3 décembre 2003, jour où l’opposante Radhia Nasraoui entrait dans son 50e jour de grève de la faim)
Je n’ai pas à juger les choix de politique intérieure d’un homme démocratiquement élu. Mais je sais une chose : il a rendu sa dignité à un peuple privé de ses droits et de son identité.» Il « a rendu sa dignité à son peuple ». « On ne peut pas vouloir des élections au suffrage universel et contester leurs résultats. Jacques Chirac (sur le président bolivien Evo Morales, Brasilia, 25 mai 2006)
Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. Jacques Chirac
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique Galouzeau de Villepin (Paris, automne 2001)
La France condamne les attaques du Hezbollah et toutes les actions terroristes unilatérales, où qu’elles se mènent, contre des soldats ou des populations civiles. Oui, ces attaques sont terroristes, et la France souhaite que la réplique frappe aussi peu que possible les populations civiles. Epargner les populations civiles est une contrainte que s’efforce de respecter Israël. Lionel Jospin (Jérusalem, 24 février 2000)
On his visit to Birzeit University, Lionel Jospin had the gall to speak of the Hizbullah fighters as terrorists, also expressing his « understanding » of Israel’s actions against Lebanon. Edward Said
Soudain, une pluie de pierres s’abat sur le groupe, petites d’abord, puis de plus en plus grosses. Les gardes du corps déploient aussitôt leur protection en kevlar. Le premier ministre disparaît littéralement sous les corps massés « en tortue » de sa protection rapprochée, avant d’être précipité à l’arrière de la Mercedes blindée qui l’attend. Une voiture, posée en travers de la route, barre le départ du cortège et immobilise quelques longues secondes celle de M. Jospin, criblée de pierres et de coups de pied, tandis qu’un enseignant, debout sur le toit du véhicule, lève les bras pour tenter de calmer les manifestants. Une vitre est atteinte par un pavé. Un photographe de l’Agence France-Presse, Manoucher Deghati, est renversé, la jambe cassée. Il sera transféré à l’hôpital de Jérusalem. Dans le hurlement des sirènes et sous les insultes des manifestants, le cortège repart, enfin. Le Monde
Vous savez bien que l’Irak est un pays pacifique géré par des gens pacifiques. Jacques Chirac (Journal marocain, septembre 1980)
Il y a un problème, c’est la possession probable d’armes de destruction massive par un pays incontrôlable, l’Irak. La communauté internationale a raison de s’émouvoir de cette situation. Et elle a eu raison de décider qu’il fallait désarmer l’Irak. (…) Il faut laisser aux inspecteurs le temps de le faire. Jacques Chirac
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin (05.02.03)
Les visées militaires du programme nucléaire iranien ne font plus de doute mais les possibilités de négociations avec le régime de Téhéran n’ont pas été épuisées. (…) De l’avis des experts, d’ici deux à trois ans, l’Iran pourrait être en possession d’une arme nucléaire. Rapport parlementaire français (17 décembre 2008)
Même aux pires moments de notre relation, quand le général De Gaulle a quitté l’OTAN, critiqué la guerre du Vietnam et voulu remplacer le dollar par l’étalon-or, il n’est jamais allé aussi loin. Il n’a jamais tenté, lui, de monter une coalition contre nous. Kissinger (Paris, automne 2003)
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
L’affaire Boidevaix-Mérimée est-elle l’arbre qui cache la forêt ? Certaines sources au Quai d’Orsay l’insinuent. « Il est impossible que Mérimée se soit mouillé pour une telle somme (156 000 dollars), qui n’est pas si importante au regard des risques encourus et des profits possibles », estime un diplomate qui a côtoyé l’ancien représentant de la France au Conseil de sécurité. « Nous sommes plusieurs à penser que les sommes en jeu sont en réalité colossales. » Olivier Weber (Le Point 01/12/05)
A senior U.S. official said France’s refusal to join in threatening force against Iraq doomed the united front assembled in November and convinced Iraqi President Saddam Hussein that he could split the international community and avert war without divulging his programs to develop weapons of mass destruction. (…) As the United States and Britain lobbied for a second U.N. resolution that would authorize the use of force, France played hardball, openly competing for Security Council votes and trying to intimidate supporters of the U.S. position among Eastern European countries. It wasn’t just France’s anti-war stance that Washington resented, but the « gleeful organizing against us, » a senior U.S. official said. This generated even more disfavor within the Bush administration than was reserved for Russia, which opposed the war less aggressively. (…) U.S.-French strains did not start with Iraq, and are unlikely to end anytime soon. Determined to act as a counterweight to American power in Europe and to preserve its influence among former colonies in Africa and the Middle East, France has long viewed the United States and its power with a mixture of gratitude, Old World disdain and sheer mischievousness. President Charles de Gaulle set the relationship on its rocky course in 1966 when he pulled France out of the military arm of the U.S.-led North Atlantic Treaty Organization while remaining part of its political umbrella, the North Atlantic Council, and providing troops and equipment for NATO missions. In the years since, France has refused to give unblinking support for U.S. actions, even blocking the use of its airspace when the United States, under President Ronald Reagan, bombed Libya in 1986. The Baltimore Sun (09.05.2003)

Attention: un mensonge peut en cacher beaucoup d’autres !

Longue allocution présidentielle, unes et dossiers spéciaux médiatiques, drapeaux en berne, extinction de la Tour Eiffel, photo géante sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, messe, journée de deuil national, minute de silence dans les écoles …

A l’heure où après le mariage pour tous, l’on s’apprête à mentir à nos enfants sur leurs propres origines

Où jusque dans leurs salles de classe …

Une France étrangement amnésique multiplie, aussi hypocrites les uns que les autres, hagiographies et hommages …

Et où pour faire oublier le long feuilleton des gilets jaunes et le retour des affaires, la Macronie tente de nous refaire le coup des funérailles quasi-nationales de Johnny il y a deux ans …

Merci au Daily Mail et à l’ancien patron des services secrets britanniques …

Pour leur salutaire remise des pendules à l’heure …

Sur, entre le pillage systématique de la mairie de Paris pendant 20 ans et la fourniture de l’arme nucléaire puis, contre espèces sonnates et trébuchantes, l’indéfectible soutien au tyran Saddam …

Le maitre ès escrocqueries et repris de justice Chirac !

Saddam Hussein ‘bribed Jacques Chirac’ with £5million in bid to make the former French President oppose the US-led Iraq war

Jacques Chirac (pictured) was paid millions of pounds in bribes by Saddam Hussein to oppose the US-led war in Iraq, according to Britain’s former spy chief

Jacques Chirac was paid millions of pounds in bribes by Saddam Hussein to oppose the US-led war in Iraq, according to intelligence revealed for the first time by Britain’s former spy chief.

Sir Richard Dearlove – head of MI6 in the run-up to the invasion of Iraq in 2003 – spoke out as recent obituaries for the former French President cited his principled opposition to US President George Bush’s plans for military action.

But the former spymaster, speaking exclusively to The Mail on Sunday, revealed that Chirac’s true motive for opposing the Gulf War was because he accepted ‘substantial amounts’ of cash from the Iraqi tyrant for his election campaigns.

Sir Richard, who made the sensational revelation only days after the French statesman’s death on Thursday aged 86, said: ‘There were strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam.

‘His recent obituaries are saying that Chirac got it right [on Iraq] and the rest of us got it wrong. But I am saying that Chirac’s motive for getting it right may not appear to be what it is.’

Chirac had led an alliance of France, Germany and Russia against plans by the US and Britain to invade Iraq over suspicions that Saddam possessed weapons of mass destruction, which it would pass on to terrorist groups like Al Qaeda.

Sir Richard Dearlove said there had been 'strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam'. French Prime Minister Jacques Chirac, left, is seen with Iraqi President Saddam Hussein, right, after arriving in Bagdad in 1976

Sir Richard Dearlove said there had been ‘strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam’. French Prime Minister Jacques Chirac, left, is seen with Iraqi President Saddam Hussein, right, after arriving in Bagdad in 1976

The French President addressed his nation on television to declare that he would use France’s veto at the UN to prevent George Bush and Tony Blair gaining a resolution that sanctioned a military invasion.

Chirac’s anti-war stance caused a massive rift between France and the US, prompting American media to deride the French as ‘cheese-eating surrender monkeys’ and some restaurants to rename French fries as ‘Freedom fries’.

While the US and Britain went to war with Iraq without a UN resolution, France stayed out of the coalition.

At the time, MI6 and its US counterparts were gathering ‘reliable intelligence’ that Chirac had pocketed £5 million from the Iraqi dictator to fight his presidential elections in 1995 and in 2002.

The money came from Saddam’s own personal funds and was passed to Chirac through intermediaries, according to the intelligence.

Sir Richard told this newspaper that the ‘long relationship’ between Chirac and Saddam was the real reason why the French leader opposed the 2003 invasion of Iraq.

‘He [Chirac] had this questionable relationship with Saddam Hussein,’ said Sir Richard. ‘It raises a lot of questions as to what his motives were for opposing the UN Resolution in the build-up to the invasion.’

He added: ‘It was not a matter of conscience, it was his [Chirac’s] reputation. If it came out in the wash [that he received money from Saddam], it would have been damaging to him as a politician.

‘It was a dimension which at the time was politically worrying – Chirac had a longstanding relationship with Saddam, which was not state to state, it was personal.’

Sir Richard said obituaries on Chirac praised the former leader’s stance without knowing the full facts. He went on: ‘He was a roguish individual who manoeuvred very cleverly.’

The former spymaster, known as ‘C’ during his five-year spell as head of MI6, is due to give further details at the Cliveden Literary Festival later today.

Last night, France’s embassy in London declined to comment on the revelations, but spokeswoman Aurelie Bonal said: ‘History has shown who took the right decision.’

Former Foreign Secretary Sir Malcolm Rifkind said: ‘Regardless of personal reasons, Chirac would have opposed the war because the French public opposed it so vehemently.’

Voir aussi:

Adieu to Le Grand Philanderer: As Jacques Chirac dies at 86, ROBERT HARDMAN bids farewell to a president so priapic even his official jet had room for illicit trysts

How many times have certain Western politicians cast an envious glance at Jacques Chirac and thought: just how the hell did he get away with it?

France is in deep mourning following the news that its flamboyant, philandering former centre-Right president has died at the age of 86. World leaders joined in a chorus of tributes yesterday.

Precisely what and whom they are mourning, however, remains as opaque as ever.

Former French President Jacques Chirac was often seen in the company of beautiful women such as legendary actress Brigitte Bardot, pictured here in October 1990

The first ex-president in French history to be convicted of corruption, he managed to espouse contradictory opinions on just about everything during four decades in politics.

Here was the great peacemonger – famous for keeping France out of the 2003 invasion of Iraq – who also flogged nuclear technology to Iraq’s Saddam Hussein and who obliterated a South Pacific coral atoll with his own nuclear weapons.

Here was Chirac the ardent Eurosceptic who ended up a passionate advocate of a European superstate.

He was the self-styled champion of human rights and the developing world who also sucked up to the most appalling tyrants, argued that ‘Africa is not ready for democracy’ and deplored the ‘noise and smell’ of workshy immigrants.

And all the while, he was the family man who enjoyed affairs with umpteen women – from humble secretaries and party workers to film stars. As mayor of Paris, he kept a mayoral bus with a bedroom for assignations and used public funds to rent a flat for a political journalist from Le Figaro who was his then mistress.

Chirac, pictured here in 1987 with Madonna, was routinely satirised on a top French comedy show as 'Superliar'

Chirac, pictured here in 1987 with Madonna, was routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’

As president, so it was claimed by one biographer, he would never want for ‘naked women, burning with desire’ on board the presidential jet. On a state visit to Tunisia, he managed to bring along both his long-suffering wife, Bernadette, and his mistress du moment on the same trip. The two women did not exchange a word.

Not that he would ever allow himself to be distracted from his work for long. Following the publication of the memoirs of the presidential chauffeur, Chirac could never quite shake off the nickname he acquired thereafter: ‘Five minutes – including shower’ (to add insult to injury, this was later reduced from ‘five’ to ‘three’).

Routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’, Chirac would never have got where he got – or lasted as long as he did – in British politics. It was his good fortune to be blessed with a French media which seldom subjected him to the same scrutiny endured by his British counterparts. It also helped that he was sleeping with quite a few of them.

And even when scandals did emerge – be it bungs or mysterious six-figure payments for family entertainment – the publicity never seemed to do him lasting damage. As far as millions of what he called ‘my dear compatriots’ were concerned, he was a quintessentially French political chancer who put the gloire back in to French public life.

He may have enraged the wider world. The British public, for example, were appalled by his withering attack on the UK: ‘You can’t trust people who cook as badly as that.’ Yet it all played brilliantly to a domestic audience.

Chirac, pictured with the Princess of Wales in September 1995, criticised the UK with a withering remark: 'You can’t trust people who cook as badly as that'

Chirac, pictured with the Princess of Wales in September 1995, criticised the UK with a withering remark: ‘You can’t trust people who cook as badly as that’

And on the few occasions when his extra-marital infidelities did emerge into the public domain, they did little harm to his ratings. ‘Do you know where my husband is tonight?’ the aristocratic Bernadette, asked his chauffeur on the night in 1997 when Diana, Princess of Wales was killed in a Paris car crash. According to the chauffeur, the president was enjoying a tryst with an Italian actress. When the story emerged some time later, the French public shrugged.

Chirac was the only surviving child of a well-to-do middle class family who shone at school and university and beyond, passing through the French Army – where he was top of his officer intake – and the prestigious Ecole Nationale d’Administration, the training school for elite civil servants.

His determination, along with his political and bureaucratic skills, were soon spotted by the French prime minister, Georges Pompidou who made him chief of staff and gave him the first of his many nicknames: ‘Le Bulldozer’. Having entered the French parliament in 1967, he was promoted to agriculture minister in the early Seventies. He wisely backed the new president, Giscard d’Estaing, and was rewarded with the post of prime minister.

He soon had a formidable power base from which to stake his claim for the top prize (while also dishing out fake jobs to chums). In 1977, he was elected mayor of Paris and remained there for nearly 20 years.

Chirac became president in 1995 and set about trying to apply a mild dose of Thatcherism to France’s bloated state sector. An inevitable succession of strikes and U-turns ensured that little changed.

At the same time, Chirac decided to conduct a series of nuclear tests on a far-flung Pacific atoll in the French colony of French Polynesia – just before France was due to sign a test ban treaty. There was outrage around the world, although a handful of France’s allies – including Britain – refused to condemn him.

Months later, the British government invited Chirac and his wife on a state visit to London where he was given the full Buckingham Palace treatment. She was said to be charmed by Chirac and the English-speaking Bernadette. However, within a year, Chirac was touring China, deploring Britain’s imperial record in Hong Kong to secure contracts for French businesses in China.

Having seen off a far-Right challenge by the National Front’s Jean-Marie Le Pen, Chirac won a second term as president in 2002.

Soon afterwards, his refusal to join the US and the UK in invading Iraq saw his approval ratings soar at home. However, his decision provoked such contempt among allies that he was derided by the tabloid press as a ‘cheese-eating surrender monkey’.

There was also another trip to stay with the Queen as Britain and France marked the centenary of the bilateral friendship agreement known as the ‘Entente Cordiale’.

Yet, at the same time, he was cosying up to a man whom Britain was trying to ostracise from the rest of the world.

Zimbabwe despot Robert Mugabe had been banned from visiting Europe. Yet Chirac gave him a special pass to attend a meeting of African nations in Paris.

By now, reports of corruption during his days as Mayor of Paris were catching up. In 2011, he received a two-year prison sentence for abuse of trust and public funds, though the sentence was suspended. Thereafter, he disappeared from public view. Bernadette, meanwhile, would have the last word.

Four years ago, she let it be known that she was not a fan of her husband’s policies and that she supported his successor, Nicolas Sarkozy, whom Chirac loathed. She also accused her husband of ‘ruining her life’. His life in the public eye had certainly taken its toll on their two daughters, one of whom died in 2016 after a lifelong battle with anorexia.

In 2002, Bernadette had publicly acknowledged that she had been married to a serial womaniser. It had been difficult, she said but her husband had ‘always returned’ to her. ‘Anyway,’ she added, ‘I have often warned him: Napoleon lost everything on the day he abandoned Josephine.’

Voir également:

Death of a playboy president: France mourns as former head of state Jacques Chirac – famed for his love of fine living and many rumoured affairs – passes away aged 86

Former French President Jacques Chirac has died at the age of 86.

Chirac, who had suffered a series of health problems in recent years, died this morning ‘surrounded by his family’, his son-in-law Frederic Salat-Baroux said today.

In Paris a minute’s silence was held in the National Assembly when the former President’s death was announced this morning while mourners have brought flowers to his home in the capital.

In a long career on the French right, Chirac was twice Prime Minister of France before serving as head of state from 1995 to 2007.

Chirac’s opposition to the Iraq War put him at loggerheads with George W. Bush and Tony Blair. As President he made a historic apology for France’s role in the Holocaust but his term was also marked by riots and a stinging defeat over EU integration.

He also had a reputation as a womaniser and philanderer who repeatedly cheated on his long-suffering wife Bernadette during their 63 years of marriage.

His reputed partners included Italian sex symbol Claudia Cardinale and there were rumours about a series of relationships with journalists and politicians.

Chirac was also known for a love of fine living, revelling in the trappings of power including luxury trips abroad and life at the presidential palace.

After leaving office, Chirac was found guilty of corruption dating back to his time as mayor of Paris and given a two-year suspended prison sentence.

His two immediate successors both paid tribute today, Nicolas Sarkozy declaring that ‘a part of my life has disappeared’ while Francois Hollande said France was ‘losing a statesman’. Current President Emmanuel Macron will speak later.

Voir encore:

« Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité » : le jugement

Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics…

Augustin Scalbert

Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, a écopé ce jeudi matin de deux ans de prison avec sursis.

Dans un communiqué, Jacques Chirac a annoncé qu’il ne ferait pas appel, même si « sur le fond [il] conteste catégoriquement ce jugement ». Il explique ne plus avoir « hélas, toutes les forces nécessaires pour mener par [lui-même], face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité ».

Les réactions à cette première historique sous ce régime sont évidemment nombreuses. Certaines portent sur la sévérité du jugement.

Rue89 publie ci-dessous les attendus – c’est-à-dire les motivations – de la condamnation de Jacques Chirac, tels qu’ils ont été communiqués par la justice à l’Association de la presse judiciaire. (Les caractères gras sont de la rédaction.)

« Attendu que la responsabilité de Jacques Chirac, maire de París, découle du mandat reçu de la collectivité des Parisiens ; qu’elle résulte également de l’autorité hiérarchique exercée par lui sur l’ensemble du personnel de la Ville de Paris et singulièrement sur ses collaborateurs immédiats au premier rang desquels son directeur de cabinet ;

Attendu que le dossier et les débats ont établi que Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts ;

que sa culpabilité résulte de pratiques pérennes et réitérées qui lui sont personnellement imputables et dont le développement a été grandement favorisé par une parfaite connaissance des rouages de la municipalité ainsi que la qualité des liens tissés avec les différents acteurs administratifs et politiques au cours de ses années passées à la tête de la Ville de Paris ;

qu’en multipliant les connexions entre son parti et la municipalité parisienne, Jacques Chirac a su créer et entretenir entre la collectivité territoriale et l’organisation politique une confusion telle qu’elle a pu entraîner ses propres amis politiques ;

que le gain en résultant, nonobstant les économies des salaires payés par la mairie de Paris, a pu prendre la forme soit d’un renforcement des effectifs du parti politique dont il était le président soit d’un soutien à la contribution intellectuelle pour l’élaboration du programme politique de ce parti ;

Attendu que par l’ensemble de ces agissements, Jacques Chirac a engagé les fonds de la Ville de Paris pour un montant total d’environ 1 400 000 euros ;

Attendu que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel de Jacques Chirac, l’indemnisation de la Ville de Paris par l’UMP et Jacques Chirac, ce dernier à hauteur de 500.000 euros, l’âge et l’état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant les douze années ayant immédiatement suivi la période de prévention, sont autant d’éléments qui doivent être pris en considération pour déterminer la sanction qu’il convient d’appliquer à son encontre ;

Attendu que ces éléments ne sauraient occulter le fait que, par son action délibérée, en ayant recours au cours de ces cinq années à dix neuf emplois totalement ou partiellement fictifs, Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens ;

que dans ces conditions, le recours à une peine d’emprisonnement avec sursis dont le quantum sera fixé à deux années apparaît tout à la fois adapté à la personnalité du prévenu et ainsi qu’à la nature et la gravité des faits qu’il a commis. »

Voir enfin:

Chirac, le président qui a dit non à l’Amérique

FIGAROVOX/TRIBUNE – Jacques Chirac a tenu tête à George Bush en refusant d’engager la France dans la guerre en Irak. Pour l’essayiste Hadrien Desuin, si, encore aujourd’hui, on écoute la France dans le monde, c’est notamment grâce à l’acte de bravoure de cet ancien président, fin connaisseur des relations internationales.


Spécialiste des questions internationales et de défense, Hadrien Desuin est essayiste. Il a publié La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie (éd. du Cerf, 2017).


C’est très français au fond. La seule chose que l’on retiendra de la présidence de Jacques Chirac est une belle bravade sans conséquence: son refus spectaculaire de la guerre américaine en Irak. Laquelle, pour le coup, en eut de fâcheuses.

Dieu sait combien Jacques Chirac représentait le caractère national. Au milieu de beaucoup de compromissions, ce fut une parenthèse de gloire, de panache et d’honneur. Cela n’a servi à rien mais le geste en était d’autant plus beau. Chirac eut quelque chose de Cyrano de Bergerac au cours de cet hiver 2002-2003, entraînant la Russie de Poutine et l’Allemagne de Schröder et bien d’autres nations derrière lui. Villepin, au contraire, avait peur de se fâcher avec l’Amérique.

Il n’a pas troqué le retour de la France dans le comité militaire de l’Otan en échange de quelques postes honorifiques. Il a osé renouveler la dissuasion nucléaire française.

C’est en souvenir de ces moments-là que la France est encore écoutée dans le monde. Malheureusement, la geste irakienne n’a pas eu de suites. Que ce soit en Libye et en Syrie, les leçons du vieux Chirac n’ont pas été retenues.

» LIRE AUSSI – Jacques Chirac, le mousquetaire du monde multipolaire

Jacques Chirac avait un grand mérite: il connaissait l’histoire du monde et de ses civilisations. Il savait que l’Irak est un des berceaux de l’humanité et qu’on ne pouvait la détruire sans commettre l’irréparable. Il savait aussi que la démocratie ne se construit pas sur le sable d’une occupation militaire et que tôt ou tard, les chiites d’Irak se tourneraient vers leurs coreligionnaires iraniens, entraînant une terrible guerre de religions. Ce qui devait advenir arriva: la rage cumulée des pétromonarchies du golfe et des terroristes wahhabites a redoublé de violence. Daech et les destructions de Mossoul, Palmyre et Alep sont des contrecoups de la folle expédition de Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Tout le Moyen-Orient a souffert de cette lamentable aventure mais pas seulement. Après les attentats de 2004-2005 et 2015-2016 en Europe, nous sommes loin d’avoir retrouvé l’équilibre.

Depuis 2003, le Moyen-Orient est une région en guerre de religion, fracturée et travaillée par le terrorisme, minée par les migrations, incapable de se coordonner et d’avancer ensemble. Chirac avait au long de sa carrière noué des relations fidèles avec les chefs d’États d’Afrique et d’Asie. Il était soucieux du sort des Palestiniens, lui qui était intraitable avec l’antisémitisme.

L’ancien Premier ministre de Giscard et Mitterrand a aussi commis quelques erreurs. On pense notamment à sa gestion de la crise en Côte d’Ivoire ou lorsqu’il laissa l’Otan bombarder le Kosovo sans mandat des Nations unies.

Mais au moins Chirac s’intéressait et comprenait les relations internationales, sans avoir peur de quiconque.

Voir par ailleurs:

Richard Ferrand rattrapé par ses tweets sur la mise en examen de François Fillon

En 2017, il estimait que le candidat de la droite, alors mis en examen, avait « perdu toute autorité morale ».

Romain Herreros

Hufffington Post

12/09/2019

POLITIQUE – Les paroles s’envolent, les écrits restent. Après la mise en examen de Richard Ferrand ce jeudi 12 septembre, les réactions sont nombreuses dans la classe politique. Alors que la majorité et l’Elysée font bloc autour du président de l’Assemblée nationale, des responsables de l’opposition, à l’image du socialiste Olivier Faure ou du député LR Philippe Gosselin, estiment que l’élu du Finistère n’est plus en condition de diriger les débats sereinement.

Mais au delà de son maintien (ou non) au Perchoir, c’est la “présomption d’innocence” à géométrie variable de Richard Ferrand qui est pointée, notamment à droite. En cause, des tweets qu’il avait publiés en pleine campagne présidentielle, quand François Fillon, alors embourbé dans le “Penelope Gate”, avait été mis en examen pour détournement de fonds publics.

L’ex-député socialiste s’en prenait à cette droite qui “voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale”. Dans une autre publication, il tenait à peu près les mêmes propos concernant le candidat LR: “nous disons à François Fillon qu’il a perdu toute autorité morale pour diriger l’État et parler au nom de la France”.

Des propos qui intervenaient dans un contexte où le candidat de la droite avait promis qu’il jetterai l’éponge en cas de mise en examen, et qui avait attaqué Nicolas Sarkozy sur ce point lors de la primaire de la droite.

Voir enfin:

Profil

Gérard Fauré, une clientèle haut de came

L’ancien dealer et braqueur de banque, qui a croisé la route de Charles Pasqua ou de Johnny Hallyday publie son autobiographie. Son parcours hors norme laisse entrevoir les liens entre politique et voyoucratie.

Renaud Lecadre

Barnum garanti. Aujourd’hui sort en librairie l’autobiographie d’un beau voyou. Gérard Fauré (1), fils d’un médecin militaire, fut un authentique trafiquant de cocaïne, doublé d’un braqueur de banques, et tueur à gages à l’occasion. A ce titre, l’intitulé du bouquin, Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle (1), pourrait prêter à confusion. Il n’était pas que cela. Mais comme le souligne son éditeur, Yannick Dehée, «c’est la première fois qu’un voyou parle sur les politiques». Et pas n’importe lesquels : Charles Pasqua et Jacques Chirac.

Un quart du manuscrit initial a été expurgé, des noms ont été initialisés ou anonymisés. Demeure le name-dropping dans le milieu du show-biz, visant des personnalités déjà connues pour leur addiction à la coke. Certains lecteurs s’en délecteront, mais il y a mieux – ou pire : l’interférence entre la politique et la voyoucratie, fournisseuse de services en tous genres. «On entre dans le dur», souligne un spécialiste du secteur.

Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.»

L’auteur narre ainsi sa rencontre avec le politique, qu’il situe en 1978 : «Charles Pasqua donnait de sa voix tonitruante des ordres à tout le personnel, toutes les têtes brûlées de France et de l’Algérie française.» Et de lui lancer : «Alors, c’est toi le mec dont on me vante les mérites ? Bien. Tu vas reprendre du service dès aujourd’hui, avec tes amis, si tu veux bien. J’ai une mission de la plus haute importance, que tu ne peux pas te permettre de refuser, ni de rater. Compris ?»

Backgammon

A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». Il en garde un souvenir mi-épaté mi-amusé : «Zampa ou « le Belge », qui pourtant étaient des gangsters d’envergure internationale, se seraient fait descendre comme des mouches s’ils avaient eu la mauvaise idée de mettre les pieds en Colombie ou au Venezuela, car ils étaient prétentieux.» Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité.

Notre voyou prétend n’avoir jamais balancé, lui, du moins jusqu’à ce livre. «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.»

Hommage

Ce livre-confession est une authentique plongée dans le commerce de la drogue. Notre trafiquant, dix-huit ans de prison au compteur, connaît son produit : «Aucune coke ne ressemble à une autre. Certaines, comme la colombienne, vous donnent envie de danser, de faire l’amour, mais rendent très agressif, parano et méfiant. La bolivienne rend morose, triste, et pousse parfois au suicide. La meilleure est la péruvienne, qui augmente votre tonus, votre joie de vivre et pousse à la méditation, au questionnement. La vénézuélienne a des effets uniquement sur la performance sexuelle. Les autres, brésilienne, chilienne ou surinamienne, ne sont que des pâles copies.» Son mode de transport aussi : dans le ventre d’une chèvre, elle-même logée dans l’estomac d’un boa que les douaniers, à l’aéroport d’arrivée, prendront soin de ne pas réveiller. Puis, une fois le coup du boa connu des gabelous, le ventre d’un nourrisson – une technique brésilienne consistant à empailler un bébé mort pour le maintenir en bon état, et ainsi faire croire qu’il dort au moment de passer la frontière…

Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»

(1) Nouveau Monde, 224 pp., 17,90 €.


11 septembre/18e: Des gens avaient fait quelque chose (While the Ilhan Omars of this world never miss an opportunity to spit on their adopted countries, thank God for Mitchell Zuckoff’s attempt to ‘delay the descent of 9/11 into the well of history’)

11 septembre, 2019

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Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (…) Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. (…) S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. Jésus (Jean 15: 13-20)
Let’s roll ! Todd Beamer
You’ve got to turn on evil,when it’s coming after you, you’ve gotta face it down … Neil Young (« Let’s roll, 2001)
[Beamer’s wife Lisa] was talking about how he always used to say that (« let’s roll ») with the kids when they’d go out and do something, that it’s what he said a lot when he had a job to do. And it’s just so poignant, and there’s no more of a legendary, heroic act than what those people did. With no promise of martyrdom, no promise of any reward anywhere for this, other than just knowing that you did the right thing. And not even having a chance to think about it or plan it or do anything — just a gut reaction that was heroic and ultimately cost them all their lives. What more can you say? It was just so obvious that somebody had to write something or do something. Neil Young
In the normal course of events, Presidents come to this chamber to report on the state of the Union. Tonight, no such report is needed. It has already been delivered by the American people. We have seen it in the courage of passengers, who rushed terrorists to save others on the ground — passengers like an exceptional man named Todd Beamer. And would you please help me to welcome his wife, Lisa Beamer, here tonight. George W. Bush
Et immédiatement, le centre sacrificiel se mit à générer des réactions habituelles : un sentiment d’unanimité et de deuil. […] Des phrases ont commencé à se dire comme « Nous sommes tous Américains » – un sentiment purement fictif pour la plupart d’entre nous. Ce fut étonnant de voir l’unité se former autour du centre sacré, rapidement nommé Ground Zero, une unité qui se concrétisera ensuite par un drapeau, une grande participation aux cérémonies religieuses, les chefs religieux soudainement pris au sérieux, des bougies, des lieux saints, des prières, tous les signes de la religion de la mort. […] Et puis il y avait le deuil. Comme nous aimons le deuil ! Cela nous donne bonne conscience, nous rend innocents. Voilà ce qu’Aristote voulait dire par katharsis, et qui a des échos profonds dans les racines sacrificielles de la tragédie dramatique. Autour du centre sacrificiel, les personnes présentes se sentent justifiées et moralement bonnes. Une fausse bonté qui soudainement les sort de leurs petites trahisons, leurs lâchetés, leur mauvaise conscience. James Alison
La révolte contre l’ethnocentrisme est une invention de l’Occident, introuvable en dehors. (…) À la différence de toutes les autres cultures, qui ont toujours été ethnocentriques tout de go et sans complexe, nous autres occidentaux sommes toujours simultanément nous-mêmes et notre propre ennemi. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
J’ai l’impression que beaucoup de gens ont oublié le 11 Septembre – pas complètement, mais ils l’ont réduit à une espèce de norme tacite. Quand j’ai donné cet entretien au Monde, l’opinion générale pensait qu’il s’agissait d’un événement inhabituel, nouveau, et incomparable. Aujourd’hui, je pense que beaucoup de gens seraient en désaccord avec cette remarque. Malheureusement, l’attitude des Américains face au 11 Septembre a été influencée par l’idéologie politique, à cause de la guerre en Irak. Le fait d’insister sur le 11 Septembre est devenu « « conservateur » et « alarmiste ». Ceux qui aimeraient mettre une fin immédiate à la guerre en Irak tendent donc à le minimiser. Cela dit, je ne veux pas dire qu’ils ont tort de vouloir terminer la guerre en Irak, mais avant de minimiser le 11 Septembre, ils devraient faire très attention et considérer la situation dans sa globalité. Aujourd’hui, cette tendance est très répandue, car les événements dont vous parlez – qui ont eu lieu après le 11 Septembre et qui en sont, en quelque sorte, de vagues réminiscences – sont incomparablement moins puissants et ont beaucoup moins de visibilité. Par conséquent, il y a tout le problème de l’interprétation : qu’est-ce que le 11 Septembre ? (…) je le vois comme un événement déterminant, et c’est très grave de le minimiser aujourd’hui. Le désir habituel d’être optimiste, de ne pas voir l’unicité de notre temps du point de vue de la violence, correspond à un désir futile et désespéré de penser notre temps comme la simple continuation de la violence du XXe siècle. Je pense, personnellement, que nous avons affaire à une nouvelle dimension qui est mondiale. Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…)  [la guerre froide et le terrorisme islamiste] sont similaires dans la mesure où elles représentent une menace révolutionnaire, une menace globale. Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. Il faudrait beaucoup y travailler, car il n’y a pas de vraie réflexion sur la coexistence des autres religions, et en particulier du christianisme avec l’islam. Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner. En deçà de ces visions idéologiques, nos réflexions sur le 11 Septembre resteront superficielles. Nous devons réfléchir dans le contexte plus large de la dimension apocalyptique du christianisme. Celle-ci est une menace, car la survie même de la planète est en jeu. Notre planète est menacée par trois choses qui émanent de l’homme : la menace nucléaire, la menace écologique et la manipulation biologique de l’espèce humaine. L’idée que l’homme ne puisse pas maîtriser ses propres pouvoirs est aussi vraie dans le domaine biologique que dans le domaine militaire. C’est cette triple menace mondiale qui domine aujourd’hui. (…) Le terrorisme est une forme de guerre, et la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. En ce sens, le terrorisme est politique. Mais le terrorisme est la seule forme possible de guerre face à la technologie. Les événements actuels en Irak le confirment. La supériorité de l’Occident, c’est sa technologie, et elle s’est révélée inutile en Irak. L’Occident s’est mis dans la pire des situations en déclarant qu’il transformerait l’Irak en une démocratie jeffersonienne ! C’est précisément ce qu’il ne peut pas faire. Il est impuissant face à l’islam car la division entre les sunnites et les chiites est infiniment plus importante. Alors même qu’ils combattent l’Occident, ils parviennent encore à lutter l’un contre l’autre. Pourquoi l’Occident devrait-il s’investir dans ce conflit interne à l’islam alors que nous ne parvenons même pas à en concevoir l’immense puissance au sein du monde islamique lui-même ? (…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. L’Amérique devrait y réfléchir, car elle offre au monde ce que l’on considère de plus attrayant. Pourquoi cela ne fonctionne- t-il pas vraiment chez les musulmans ? Est-ce par ressentiment ou ont-ils, contre cela, un système de défense bien organisé ? Ou bien, leur perspective religieuse est-elle plus authentique et plus puissante ? Le vrai problème est là. (…) Je suis bien moins affirmatif que je ne l’étais au moment du 11 Septembre sur l’idée d’un ressentiment total. Je me souviens m’être emporté lors d’une rencontre à l’École Polytechnique lorsque je me suis mis d’accord avec Jean-Pierre Dupuy sur l’interprétation du ressentiment du monde musulman. Maintenant, je ne pense pas que cela suffise. Le ressentiment seul peut-il motiver cette capacité de mourir ainsi ? Le monde musulman pourrait-il vraiment être indifférent à la culture de consommation de masse ? Peut-être qu’il l’est. Je ne sais pas. Il serait sans doute excessif de leur attribuer une telle envie. Si les islamistes ont vraiment pour objectif la domination du monde, alors ils l’ont déjà dépassée. Nous ne savons pas si l’industrialisation rapide apparaîtra dans le monde musulman, ou s’ils tenteront de gagner sur la croissance démographique et la fascination qu’ils exercent. Il y a de plus en plus de conversions en Occident. La fascination de la violence y joue certainement un rôle. (…) Il y a là du ressentiment, évidemment. Et c’est ce qui a dû émouvoir ceux qui ont applaudi les terroristes, comme s’ils étaient dans un stade. C’est cela le ressentiment. C’est évident et indéniable. Mais est-ce qu’il représente l’unique force ? La force majeure ? Peut-il être l’unique cause des attentats suicides ? Je n’en suis pas sûr. La richesse accumulée en Occident, comparée au reste du monde, est un scandale, et le 11 Septembre n’est pas sans rapport avec ce fait. Si je ne veux donc pas complètement supprimer l’idée du ressentiment, il ne peut pas être l’unique explication. (…)  L’autre force serait religieuse. Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ». C’est ce qu’ils pensent et ils n’ont peut-être pas complètement tort. Il me semble qu’il y a quelque chose de juste dans ce propos. Finalement, je crois que la perspective chrétienne sur la violence surmontera tout, mais ce sera une épreuve importante. (…) Il faut faire attention à ne pas justifier le 11 Septembre en le qualifiant de sacrificiel. Je pense que Jean-Pierre Dupuy ne le dit pas. Il maintient une sorte de neutralité. Mais ce qu’il dit sur la nature sacrée de Ground Zero au World Trade Center est, je pense, parfaitement justifié. (…) Je pense que James Alison a raison de parler de la katharsis dans le contexte du 11 Septembre. La notion de katharsis est extrêmement importante. C’est un mot religieux. En réalité, cela veut dire « la purge » au sens de purification. Dans l’Église orthodoxe, par exemple, katharos veut dire purification. C’est le mot qui exprime l’effet positif de la religion. La purge est ce qui nous rend purs. C’est ce que la religion est censée faire, et ce qu’elle fait avec le sacrifice. Je considère l’utilisation du mot katharsis par Aristote comme parfaitement juste. Quand les gens condamnent la théorie mimétique, ils ne voient pas l’apport d’Aristote. Il ne semble parler que de tragédie, mais pourtant, le théâtre tragique traite du sacrifice comme un drame. On l’appelle d’ailleurs ‘l’ode de la chèvre’. Aristote est toujours conventionnel dans ses explications – conventionnel au sens positif. Un Grec très intelligent cherchant à justifier sa religion, utiliserait, je pense, le mot katharsis. Ainsi, ma réponse mettrait l’accent sur la katharsis au sens aristotélicien du terme. (…) pour le 11 Septembre, il y avait la télévision qui nous rendait présents à l’événement, et intensifiait ainsi l’expérience. L’événement était en direct, comme nous le disons en français. On ne savait pas ce qui allait advenir par la suite. Moi-même, j’ai vu le deuxième avion frapper le gratte-ciel, en direct. C’était comme un spectacle tragique, mais réel en même temps. Si nous ne l’avions pas vécu dans le sens le plus littéral, il n’aurait pas eu le même impact. Je pense que si j’avais écrit La Violence et le Sacré après le 11 Septembre, j’y aurais très probablement inclus cet événement. C’est l’événement qui rend possible une compréhension des événements contemporains, car il rend l’archaïque plus intelligible. Le 11 Septembre représente un étrange retour à l’archaïque à l’intérieur du sécularisme de notre temps. Il n’y a pas si longtemps, les gens auraient eu une réaction chrétienne vis-à-vis du 11 Septembre. Aujourd’hui, ils ont une réaction archaïque, qui augure mal de l’avenir. (…) L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. (…) mais (…) à la fin, la force religieuse est du côté du Christ. Cependant, il semblerait que la vraie force religieuse soit du côté de la violence. (…) Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. Comment le monde peut-il finir alors qu’il est tenu si fortement par les forces de l’ordre ? (…)  [La religion chrétienne], fondamentalement, c’est la religion qui annonce le monde à venir ; il n’est pas question de se battre pour ce monde. C’est le christianisme moderne qui oublie ses origines et sa vraie direction. L’apocalypse au début du christianisme était une promesse, pas une menace, car ils croyaient vraiment en un monde prochain. (…) Je suis pessimiste au sens actuel du terme. Mais en fait, je suis optimiste si l’on regarde le monde actuel qui confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. (…) Par exemple, nous avons moins de violence privée. Comparé à aujourd’hui, si vous regardez les statistiques du XVIIIe siècle, c’est impressionnant de voir la violence qu’il y avait. (…) le mouvement pacifiste est totalement chrétien, qu’il l’avoue ou non. Mais en même temps, il y a un déferlement d’inventions technologiques qui ne sont plus retenues par aucune force culturelle. Jacques Maritain disait qu’il y a à la fois plus de bien et plus de mal dans le monde. Je suis d’accord avec lui. Au fond, le monde est en permanence plus chrétien et moins chrétien. Mais le monde est fondamentalement désorganisé par le christianisme. (…) la pensée de Marcel Gauchet résulte de toute l’interprétation moderne du christianisme. Nous disons que nous sommes les héritiers du christianisme, et que l’héritage du christianisme est l’humanisme. Cela est en partie vrai. Mais en même temps, Marcel Gauchet ne considère pas le monde dans sa globalité. On peut tout expliquer avec la théorie mimétique. Dans un monde qui paraît plus menaçant, il est certain que la religion reviendra. Le 11 Septembre est le début de cela, car lors de cette attaque, la technologie n’était pas utilisée à des fins humanistes mais à des fins radicales, métaphysico-religieuses non chrétiennes. Je trouve cela incroyable, car j’ai l’habitude d’observer les forces religieuses et humanistes ensemble, et non pas en opposition. Mais suite au 11 Septembre, j’ai eu l’impression que la religion archaïque revenait, avec l’islam, d’une manière extrêmement rigoureuse. L’islam a beaucoup d’aspects propres aux religions bibliques à l’exception de la compréhension de la violence comme un mal non pas divin mais humain. Il considère la violence comme totalement divine. C’est pour cela que l’opposition est plus significative qu’avec le communisme, qui est un humanisme même s’il est factice et erroné, et qu’il tourne à la terreur. Mais c’est toujours un humanisme. Et tout à coup, on revient à la religion, la religion archaïque – mais avec des armes modernes. Ce que le monde attend est le moment où les musulmans radicaux pourront d’une certaine manière se servir d’armes nucléaires. Il faut regarder le Pakistan, qui est une nation musulmane possédant des armes nucléaires et l’Iran qui tente de les développer. (…) [la Guerre Froide est] complètement dépassée (…) Et la rapidité avec laquelle elle a été dépassée est incroyable. L’Union Soviétique a montré qu’elle devenait plus humaine lorsqu’elle n’a pas tenté de forcer le blocus de Kennedy, et à partir de cet instant, elle n’a plus fait peur. Après Khrouchtchev on a eu rapidement besoin de Gorbatchev. Quand Gorbatchev est arrivé au pouvoir, les oppositions ne se trouvaient plus à l’intérieur de l’humanisme. Les communistes voulaient organiser le monde pour qu’il n’y ait plus de pauvres. Les capitalistes ont constaté que les pauvres n’avaient pas de poids. Les capitalistes l’ont emporté. [Et ce conflit sera plus dangereux parce qu’il ne s’agit plus d’une lutte au sein de l’humanisme] bien qu’ils n’aient pas les mêmes armes que l’Union Soviétique – du moins pas encore. Le monde change si rapidement. Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. (…) Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. Cela veut donc dire que la violence apocalyptique vient de Dieu. Aux États-Unis, les fondamentalistes disent cela, mais les grandes églises ne le disent pas. Néanmoins, ils ne poussent pas suffisamment leur pensée pour dire que si la violence ne vient pas de Dieu, elle vient de l’homme, et que nous en sommes responsables. Nous acceptons de vivre sous la protection d’armes nucléaires. Cela a probablement été la plus grande erreur de l’Occident. Imaginez-vous les implications. (…) la dissuasion nucléaire. Mais il s’agit de faibles excuses. Nous croyons que la violence est garante de la paix. Mais cette hypothèse ne me paraît pas valable. Nous ne voulons pas aujourd’hui réfléchir à ce que signifie cette confiance dans la violence. [Après autre événement tel que le 11 Septembre] Je pense que les personnes deviendraient plus conscientes. Mais cela serait probablement comme la première attaque. Il y aurait une période de grande tension spirituelle et intellectuelle, suivie d’un lent relâchement. Quand les gens ne veulent pas voir, ils y arrivent. Je pense qu’il y aura des révolutions spirituelles et intellectuelles dans un avenir proche. Ce que je dis aujourd’hui semble complètement invraisemblable, et pourtant je pense que le 11 Septembre va devenir de plus en plus significatif.  (…) Il faut distinguer entre le sacrifice des autres et le sacrifice de soi. Le Christ dit au Père : « Vous ne vouliez ni holocauste, ni sacrifice ; moi je dis : “Me voici” » (cf. He 10, 6-7). Autrement dit, je préfère me sacrifier plutôt que de sacrifier l’autre. Mais cela doit toujours être nommé sacrifice. Lorsque nous utilisons le mot « sacrifice » dans nos langues modernes, c’est dans le sens chrétien. Dieu dit : « Si personne d’autre n’est assez bon pour se sacrifier lui plutôt que son frère, je le ferai. » Ainsi, je satisfais à la demande de Dieu envers l’homme. Je préfère mourir plutôt que tuer. Mais tous les autres hommes préfèrent tuer plutôt que mourir. (…)  Dans le christianisme, on ne se martyrise pas soi-même. On n’est pas volontaire pour se faire tuer. On se met dans une situation où le respect des préceptes de Dieu (tendre l’autre joue, etc.) peut nous faire tuer. Cela dit, on se fera tuer parce que les hommes veulent nous tuer, non pas parce qu’on s’est porté volontaire. Ce n’est pas comme la notion japonaise de kamikaze. La notion chrétienne signifie que l’on est prêt à mourir plutôt qu’à tuer. C’est bien l’attitude de la bonne prostituée face au jugement de Salomon. Elle dit : « Donnez l’enfant à mon ennemi plutôt que de le tuer. » Sacrifier son enfant serait comme se sacrifier elle-même, car en acceptant une sorte de mort, elle se sacrifie elle-même. Et lorsque Salomon dit qu’elle est la vraie mère, cela ne signifie pas qu’elle est la mère biologique, mais la mère selon l’esprit. Cette histoire se trouve dans le Premier Livre des Rois (3, 16-28), qui est, à certains égards, un livre assez violent. Mais il me semble qu’il n’y a pas de meilleur symbole préchrétien du sacrifice de soi par le Christ. (…) Je vois en cela le contraste du christianisme avec toutes les religions archaïques du sacrifice. Cela dit, la religion musulmane a beaucoup copié le christianisme et elle n’est donc pas ouvertement sacrificielle. Mais la religion musulmane n’a pas détruit le sacrifice de la religion archaïque comme l’a fait le christianisme. Bien des parties du monde musulman ont conservé le sacrifice prémusulman. (…) bien entendu. Il faut lire les romans de William Faulkner. Bien des gens croient que le sud des États-Unis est une incarnation du christianisme. Je dirais que le sud est sans doute la partie la moins chrétienne des États-Unis en termes d’esprit, bien qu’il en soit la plus chrétienne en termes de rituel. Il n’y a pas de doute que le christianisme médiéval était beaucoup plus proche du fondamentalisme actuel. Mais il y a beaucoup de manières de trahir une religion. En ce qui concerne le sud, cela est évident, car il y a un grand retour aux formes les plus archaïques de la religion. Il faut interpréter ces lynchages comme une forme d’acte religieux archaïque. (…) Le terme de « violence religieuse » est souvent employé d’une manière qui ne m’aide pas à résoudre les problèmes que je me pose, à savoir ceux d’un rapport à la violence en mouvement constant et également historique. (…) Je dirais que toute violence religieuse implique un degré d’archaïsme. Mais certains points sont très compliqués. Par exemple, lors de la première guerre mondiale, est-ce que les soldats qui acceptaient d’être mobilisés pour mourir pour leur pays, et beaucoup au nom du christianisme, avaient une attitude vraiment chrétienne ? Il y a là quelque chose qui est contraire au christianisme. Mais il y a aussi quelque chose de vrai. Cela ne supprime pas, à mon avis, le fait qu’il y a une histoire de la violence religieuse, et que les religions, surtout le christianisme, au fond, sont continuellement influencées par cette histoire, bien que son influence soit, le plus souvent, pervertie. René Girard
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
Relire aujourd’hui les principaux textes consacrés à ces attentats par des philosophes de renom constitue une étrange expérience. De manière prévisible, on y rencontre élaborations sophistiquées, affirmations grandioses ou péremptoires, performances rhétoriques bluffantes. Malgré tout, avec le recul, on ne peut qu’être saisi par un décalage profond entre ces performances virtuoses et la réalité rampante du terrorisme mondialisé que nous vivons à présent quotidiennement. Au fil des ans, un écart frappant s’est creusé entre discours subtils et réalités grossières, propos éthérés et faits massifs. Le 11 septembre devait être nécessairement considéré comme une énigme. Le philosophe français Jacques Derrida affirmait qu’« on ne sait pas, on ne pense pas, on ne comprend pas, on ne veut pas comprendre ce qui s’est passé à ce moment-là ». Il fallait d’abord récuser les évidences, considérées comme clichés idéologiques ou manipulations médiatiques. Ne parler donc ni de d’acte de guerre, ni de haine de l’Occident, ni de volonté de détruire les libertés fondamentales. Dialoguant à propos du 11 septembre avec Jürgen Habermas, qui centrait alors son analyse principalement sur la politique de l’Europe, Derrida, pour comprendre l’événement, s’attardait sur la notion d’Ereignis (« événement », ou « avenance ») dans l’histoire de l’être selon Heidegger et finissait par proposer une « hospitalité sans condition ». « C’est eux qui l’on fait, mais c’est nous qui l’avons voulu » soutenait pour sa part le sociologue Jean Baudrillard, attribuant aux rêves suicidaires de l’Occident l’effondrement des tours et la fascination des images des attentats. Pour celui voulait mettre en lumière « l’esprit du terrorisme », les « vrais » responsables étaient donc, au choix, les Etats-Unis, l’hégémonie occidentale ou chacun d’entre nous… D’autres se demandèrent aussitôt « à qui profite le crime » et conclurent que ce ne pouvait être qu’à la CIA, préparant ainsi les théories du complot qui firent florès. Ce ne sont que quelques exemples. Une histoire des lectures philosophiques du 11 septembre reste à écrire. Elle montrerait combien anti-américanisme et anti-capitalisme ont empêché tant d’esprits affutés de voir la nature religieuse du nouveau terrorisme comme les singularités de la nouvelle guerre. S’y ajoutaient la volonté de n’être pas dupe et la défiance envers les propagandes, transformées en déni systématique des informations de base. Les philosophes ont évidemment pour rôle indispensable d’être critiques, donc de démonter préjugés et fausses évidences, mais n’ont-ils pas pour devoir de ne jamais faire l’impasse sur les faits ? Au lieu de mettre en cause l’empire américain, l’arrogance des tours, le règne des images, il fallait scruter l’islamisme politique, les usages inédits de la violence, l’art terroriste de la communication. Quelques-uns l’ont fait, en parlant dans le désert. Aujourd’hui, il est urgent d’analyser ce qu’impliquent les changements intervenus depuis le 11 septembre. Car ce ne sont plus des symboles, comme les Twin Towers ou le Pentagone, qui sont ciblés, mais n’importe qui vivant chez les « impies » – dans la rue, aux terrasses, au concert, à l’école…. Les terroristes ne sont plus des commandos organisés d’ingénieurs formés au pilotage pour transformer des Boeing en bombes, mais de petits délinquants autogérés, s’emparant d’un couteau de cuisine ou d’un camion. Pour en venir à bout, il va falloir rattraper, au plus vite, le temps perdu à penser à côté de la plaque. Roger-Pol Droit
Le Cair a été fondé après le 11 Septembre parce qu’ils ont pris acte du fait que des gens avaient fait quelque chose et que nous tous allions commencer à perdre accès à nos libertés civiles. Ilhan Omar
Je pense que c’est un produit des médias sensationnalistes. Vous avez ces extraits sonores, et ces mots, et tout le monde les prononce avec une telle intensité, car ça doit avoir une signification plus grande. Je me souviens quand j’étais à la fac, j’ai suivi un cours sur l’idéologie du terrorisme. A chaque fois que le professeur disait « Al-Qaeda », ses épaules se soulevaient. Ilhan Omar
I was 18 years old when that happened. I was in a classroom in college and I remember rushing home after being dismissed and getting home and seeing my father in complete horror as he sat in front of that TV. And I remember just feeling, like the world was ending. The events of 9/11 were life-changing, life-altering for all of us. My feeling around it is one of complete horror. None of us are ever going to forget that day and the trauma that we will always have to live with. Ilhan Omar
9/11 was an attack on all Americans. It was an attack on all of us. And I certainly could not understand the weight of the pain that the victims of the families of 9/11 must feel. But I think it is really important for us to make sure that we are not forgetting, right, the aftermath of what happened after 9/11. Many Americans found themselves now having their civil rights stripped from them. And so what I was speaking to was the fact that as a Muslim, not only was I suffering as an American who was attacked on that day, but the next day I woke up as my fellow Americans were now treating me a suspect. Ilhan Omar
This book is painful to read. Even with the passage of nearly 18 years, reliving modern America’s most terrible day hits an exposed nerve that you thought had been fully numbed, only to discover that the ache was merely in remission. In “Fall and Rise: The Story of 9/11,” Mitchell Zuckoff relives each minute of that morning in 2001 through the perspectives of those who endured the worst: passengers and crew members on the four planes turned into missiles by Islamist hijackers; innocents trapped in the burning twin towers and the Pentagon; rescue workers who struggled valiantly but futilely and, in many cases, fatally; people in Shanksville, Pa., on whom death rained from a clear sky. As much as anything, “Fall and Rise” is a quilt work of futures unrealized, from the woman about to tell her parents she was pregnant to the doctor hoping to build a kidney dialysis center, from the retired bookkeeper set to move in with her daughter to the college student with dreams of becoming a child psychologist. Zuckoff, a professor of narrative studies at Boston University and the author of several nonfiction books, relies on his own interviews with survivors, but also leans heavily on government studies, trial transcripts, books and documentaries long in the public realm. And so the overall picture that he shapes is not really new. But freshness of detail seems less his objective than preservation of memory — an attempt, as he says, “to delay the descent of 9/11 into the well of history.” By design, this narrative of close to 500 pages is not encyclopedic. Big Picture grandiosity — how Sept. 11 changed America and the world — has been left to others. The terrorism puppet master Osama bin Laden gets scant attention. Actions (and inactions) of President George W. Bush and his team merit only a few pages. Rudolph Giuliani, who made a lucrative life for himself after 9/11, earns glancing mention. Flawed communications systems that doomed hundreds of New York’s emergency responders are not explored with the kind of detail that can be found in, say, “102 Minutes,” a 2005 work by the New York Times journalists Jim Dwyer and Kevin Flynn. Rather, this book derives its power from its focus on individuals in the main unknown to the larger world, who managed to survive the ordeal or who lost their lives simply because they were unlucky. With journalistic rigor, Zuckoff acknowledges what he doesn’t know, for example how exactly each group of hijackers seized control of its plane. His language is largely unadorned; then again, embellishment is neither needed nor wanted. Many details are hard to take: the melted flesh, the pulverized bodies, the scorched lungs and, for sure, the revived memory of scores of desperate victims leaping from on high to escape the World Trade Center inferno. But there are also inspiring moments, like the grit shown by those aboard United Airlines Flight 93. It was the plane that never reached its target, crashing in Shanksville after passengers revolted against the hijackers. Phone messages that they left “formed a spoken tapestry of grace, warning, bravery, resolve and love.” Heroes abound, though not in the way that word is routinely used and abused. Heroism, as we see here, is often a product of necessity. Some may ask if this book, covering territory already well traveled, needed to be written. For those who lived through the horror, perhaps not. But a full generation has come of age with no memory of that day. It needs to hear anew what happened, and maybe learn that time, in fact, does not heal all wounds. Clyde Haberman
I teach really engaged journalism students. I’m not sure how the generation as a whole reacts to it. My students approach it with curiosity and a little bit of uncertainty because they didn’t experience it. They are well-read and aware of things, but for them it is a little like Pearl Harbor. They know who was involved and can cite numbers. They can say 3,000 dead, 9/11, four hijacked planes, 19 hijackers. They got the test questions down very well. They don’t have the human connection or that feeling for it that I wish they did. I hope that’s what my book can do. Mitchell Zuckoff
There is this entire generation who didn’t live through this, who don’t have any independent memories of what happened those days. Some members of that generation are going off to war to fight in Afghanistan — a war that started after this — and they don’t have any direct connection to it. Right now, other than Osama bin Laden, is there a single name that’s a household name associated with 9/11?. Names are news, and we connect to them, and that is what’s so important about this: before the time passes, before the people who I could talk to were gone, dead or just not available, to capture this as one story. (…) People do I think know to some extent what happened on Flight 93, the 40 heroes of 93, who rose up and fought back to try to save themselves and ultimately ended up saving untold numbers of people, either at the Capitol or the White House, was the destination. But there in Shanksville — and I tell the story largely through Terry Shaffer, who was the volunteer fire chief there, who had been planning for something his whole life, and he thought it might be a pile-up on the Pennsylvania Turnpike. And he races toward the scene expecting to find casualties, expecting to find people he can help. The story of the people in Shanksville and how they came together, and sort of embraced the families of the Flight 93 victims, is I think one of the most beautiful stories I’ve ever heard. (…) One of the advantages of a book almost 18 years after the event is so much of the material has become public, that all the FAA records of the flight altitudes almost on a second-by-second basis, as we’re approaching Shanksville, Pennsylvania, the transcript of the cockpit recorder — which was enormously valuable, where we have the terrorist pilots discussing what they’re doing with each other, ‘Should we put it into the ground?’ All of those different things, because that and the the trial of Zacarias Moussaoui in 2006 [the so-called 20th hijacker,] certainly a conspirator even though he didn’t get on one of the planes. All of that material became available, and it was a mountain of material. But for me, it was priceless. (…) It was too important not to. It becomes a responsibility when you realize that there are so many people who don’t have a human connection to this story — the way I think of it is sometimes, 9/11 is becoming a story reduced to numbers: 9 and 11, four planes, 19 hijackers, 3,000 people killed. But you don’t connect names to it. And I felt if I could do that, if I could give people the story as it unfolded through the people that they could connect to, then I would have done something worthwhile. Mitchell Zuckoff

A ceux pour qui à chaque fois qu’il est prononcé, le nom « Al-Qaeda » soulève les épaules …

En cette 18e commémoration de l’abomination islamiste du 11 septembre 2001 …

Où, après l’avoir minimisé drapée dans son hijab, une membre du Congrès américain nous joue [avant comme à son habitude de se rétracter quatre jours plus tard – mise à jour du 15.09.2019] les sanglots longs de l’automne

Comment ne pas saluer les efforts ô combien méritoires de l’auteur d’un récent livre réunissant l’ensemble des témoignages possibles de l’évènement …

Contre les ravages du temps et les faiblesses et dérives de la psychologie et de la mémoire humaines …

Où à l’instar de ce journaliste de la radio publique américaine NPR qui n’avait en tête comme noms liés au 11/9 hormis Ben Laden, que le nom honni de Mohamed Atta …

Un peuple américain qui au lendemain de la tragédie avait plébiscité leur président jusqu’au score de popularité proprement soviétique ou africain de 99% le traine à présent dans la boue …

Et où, le même peuple qui avait, entre mémoriaux, noms d’écoles ou de bâtiments publics, films, livres, chansons ou tee-shirts, fait un véritable triomphe aux véritables héros du jour et aux dernières paroles de leur leader Todd Beamer (« Let’s roll !« ) …

En est à présent, via l’antisémite de service du Congrès américain Ilhan Omar et heureusement sauf exceptions, à minimiser l’attentat le plus proprement diabolique de leur histoire ?

‘Fall And Rise’ Seeks To Capture 9/11 As ‘One Story’ — And Keep It From Fading
Jeremy Hobson
WBUR
April 29, 2019

« There is this entire generation who didn’t live through this, who don’t have any independent memories of what happened those days, » Zuckoff (@mitchellzuckoff) tells Here & Now‘s Jeremy Hobson. « Some members of that generation are going off to war to fight in Afghanistan — a war that started after this — and they don’t have any direct connection to it. »

One of the driving forces behind the book was an effort to tie 9/11 into a single narrative before it was too late, Zuckoff says — and to ensure the attacks don’t fade too far from the public consciousness.

« Right now, other than Osama bin Laden, is there a single name that’s a household name associated with 9/11? » he says. « Names are news, and we connect to them, and that is what’s so important about this: before the time passes, before the people who I could talk to were gone, dead or just not available, to capture this as one story. »

Interview Highlights

On starting the book with what happened in the days leading up to Sept. 11

« That was very much by design, to start the book actually on September 10th, because what Mohamed Atta, what Ziad Jarrah, what the other terrorists were doing, all these machinations: training to fly planes coming here, living in this country and coming closer and closer — the circle is tightening — to get them in a position doing trial runs and making this plan which took very little money, a lot of planning but very little money, very little overhead, if you will, and to position themselves where they could be here in Boston, they could go up to Portland, Maine, and be ready to do these events.

« It’s not entirely clear [why they started their journey from Portland.] One strong suspicion we have is that the trip to Portland would allow them to avoid some suspicion. If you had eight Arab men all arriving at Boston’s Logan Airport at the same exact time for the same flights, they thought this might avoid some of that. But that is one of those unanswerable questions. »

« The idea of turning [a plane] into a guided missile wasn’t, quite literally, on the radar for anyone. And that’s unfortunately so sadly why it was so effective. »

Mitchell Zuckoff

On whether all of the hijackers knew the full extent of what they were doing

« I think it’s clear that all 19 knew exactly what was being planned, because it was a very coordinated attack. What happened on each one of the four planes was quite similar, where at a trigger moment, the muscle hijackers — the guys who were not flying the plane — went into attack mode. All of them had discussed … the preparations for purifying themselves for what they understood would be their last day. »

On the hijackers’ use of Mace in the cabin so that it would be more difficult for passengers to thwart the attack

« The Mace is an open question. There was some discussion they had it. A lot of it was just the element of surprise, was the greatest thing, and they committed an act of violence almost on every plane. They immediately cut someone’s throat to make it clear that they meant business. They said they had a bomb, they herded — these were very lightly attended planes, it was a random Tuesday morning to most people — they herded everyone into the back. And they also understood that the flight attendants and the crews would know that there was a standard protocol: You negotiate with terrorists. You expect that they’re going to want to land somewhere and exchange passengers and money for their freedom, or for their political aims. This was not part of anyone’s script except the terrorists.

« The idea of turning [a plane] into a guided missile wasn’t, quite literally, on the radar for anyone. And that’s unfortunately so sadly why it was so effective. »

On how communication failures shaped the way Sept. 11 unfolded

« Communication failures were rampant that day on every level, and that’s where really, that’s the sort of ground zero, if you will, of the communications failures — that people were calling saying what was going on. The airlines knew about it. And then even when it did finally reach the FAA, they weren’t alerting the military. So planes are still taking off. Things are still happening that [are] allowing one after another of these hijackings. The communication failures, they’re rampant, they’re across everything in terms of the communication failures at the towers, communication failures even before it happened.

« A fact that always stayed with me was on 9/11, the FAA had a list, a no-fly list, of a dozen people on it. The State Department had a list, its tip-off terrorists list of 60,000 people it was watching. The director of airline security for the FAA didn’t even know that State Department list existed. »

« Communication failures were rampant that day on every level. »

Mitchell Zuckoff

On stories about passengers on the planes that have stuck with him

« There are so many. One is from … United Flight 175, the second plane that [crashed into the World Trade Center,] took off from from Boston’s Logan Airport. And on that plane was a fellow named Peter Hanson and his wife Sue Kim and their daughter Christine. Christine was 2 years old and she was the youngest person directly affected by 9/11.

« While they were approaching the South Tower and it was clear something terrible was happening, they knew it, Peter called his father Lee in Connecticut, and the two phone calls between Peter and Lee are so poignant. And I spent time with Lee and Eunice Hanson in their home, in Peter’s boyhood bedroom, talking about those. Peter was actually first telling his father, ‘Please call someone, let them know what’s happening.’ And then Peter is actually comforting his father on the phone, when his wife and daughter are there huddled next to him in the back of this plane that they understand is flying too low, is heading toward the Statue of Liberty and toward the World Trade Center. »

On people in the first tower to be hit thinking they didn’t need to evacuate

« They were being told not to evacuate in both the towers. Some people were being told, ‘It’s over in the other tower.’ People didn’t know what was happening. And when the plane cut through, it knocked out the telecommunication system within the building that would have allowed people down in the basement and in the first floor to communicate to them. So the confusion began immediately, and people — some of them stayed in place for well over an hour. They didn’t know there was a ticking clock for the survival of the building.

« I spoke to a number of the Port Authority police officers who were the dispatchers that day who took those calls. They haunted by them still. And they are recorded calls, so I can hear them, I can see the transcripts. They’re remarkable in that they’re trying to keep these people calm, they’re trying to hope for the best. But there is no way up, and there’s no way out. »

On « the miracle of Stairwell B »

« One group of firefighters was Ladder 6, it was a unit in New York led by a remarkable guy named Jay Jonas, and Jay Jonas was a fire captain and he had this team of guys, a half dozen guys, and they’re sent into the North Tower, and they’re going up and they’re walking stair by stair. And when the South Tower collapses, Jay realizes, ‘I gotta get my guys out of here, quick.’

« On the way down, they pause to help a woman, Josephine Harris, who has been injured, who was exhausted, who can’t go any farther. But they slow their exit to help Josephine, and as they’re going farther and farther down through the building to get to the lobby, the North Tower starts to collapse. They’re inside this center stairwell, and they just huddled together, hold on for dear life, and the building literally peels away around them, just keeping a few floors of Stairwell B — which is exactly where they are. And Jay realizes that having slowed to help Josephine ended up saving all of them, because had they been in the lobby, the lobby was completely destroyed. Had they been just outside, they would have been wiped out as well. So it truly was a miracle. »

On what unfolded in Shanksville, Pennsylvania, on 9/11

« People do I think know to some extent what happened on Flight 93, the 40 heroes of 93, who rose up and fought back to try to save themselves and ultimately ended up saving untold numbers of people, either at the Capitol or the White House, was the destination. But there in Shanksville — and I tell the story largely through Terry Shaffer, who was the volunteer fire chief there, who had been planning for something his whole life, and he thought it might be a pile-up on the Pennsylvania Turnpike. And he races toward the scene expecting to find casualties, expecting to find people he can help. The story of the people in Shanksville and how they came together, and sort of embraced the families of the Flight 93 victims, is I think one of the most beautiful stories I’ve ever heard. »

On the difficulties of determining what exactly was happening on the planes

« One of the advantages of a book almost 18 years after the event is so much of the material has become public, that all the FAA records of the flight altitudes almost on a second-by-second basis, as we’re approaching Shanksville, Pennsylvania, the transcript of the cockpit recorder — which was enormously valuable, where we have the terrorist pilots discussing what they’re doing with each other, ‘Should we put it into the ground?’ All of those different things, because that and the the trial of Zacarias Moussaoui in 2006 [the so-called 20th hijacker,] certainly a conspirator even though he didn’t get on one of the planes. All of that material became available, and it was a mountain of material. But for me, it was priceless. »

On why he wrote this book

« It was too important not to. It becomes a responsibility when you realize that there are so many people who don’t have a human connection to this story — the way I think of it is sometimes, 9/11 is becoming a story reduced to numbers: 9 and 11, four planes, 19 hijackers, 3,000 people killed. But you don’t connect names to it. And I felt if I could do that, if I could give people the story as it unfolded through the people that they could connect to, then I would have done something worthwhile. »

Book Excerpt: ‘Fall And Rise’

by Mitchell Zuckoff

Just after 9 a.m., inside her hilltop house in rural Stoystown, Pennsylvania, homemaker Linda Shepley watched her television in shock. The screen showed smoke billowing from a gash in the North Tower as Today show anchor Katie Couric interviewed an NBC producer who witnessed the crash of American Flight 11.

“You say that emergency vehicles are there?” Couric asked Elliott Walker by phone.

“Oh, my goodness!” Walker cried at 9:03 a.m. “Ah! Another one just hit!”

Linda watched the terror in her living room beside her husband, Jim, a Pennsylvania Department of Transportation manager, who’d taken the day off to trade in their old car. The Shepleys saw a grim-faced President Bush speak to the nation from Booker Elementary School in Sarasota, Florida. Then Couric interviewed a terrorism expert but interrupted him for a phone call with NBC military correspondent Jim Miklaszewski, who declared at 9:39 a.m., “Katie, I don’t want to alarm anybody right now, but apparently, it felt just a few moments ago like there was an explosion of some kind here at the Pentagon.”

From the home where they’d lived for nearly three decades, the Shepleys could have driven to Washington in time for lunch or to New York City for an afternoon movie. Yet as the political and financial capitals reeled, those big cities felt almost as far away as the caves of Afghanistan. Jim went to the garage, to clean out the car he still planned to trade in that day. Linda hurried to finish the laundry before she accompanied Jim to the dealership.

Forty-seven years old, with kind eyes and three grown sons, Linda loved the smell of clothes freshly dried by the crisp Allegheny mountain air. As ten o’clock approached, she filled a basket with wet laundry and carried it to the clothesline in her backyard, two grassy acres with unbroken views over rolling hills that stretched southeast toward the neighboring borough of Shanksville. As Linda lifted a wet T-shirt toward the line, she heard a loud thump-thump sound behind her, like a truck rumbling over a bridge. Startled, she glanced over her left shoulder and saw a large commercial passenger plane, its wings wobbling, rocking left and right, flying much too low in the bright blue sky.

As the plane passed overhead at high speed, Linda saw the jet was intact, with neither smoke nor flame coming from either engine. Linda made no connection between the plane’s strange behavior and the news she’d watched minutes earlier about hijacked airliners crashing into the World Trade Center and the Pentagon. Instead, she suspected that a mechanical problem had forced the plane low and wobbly, on a flight path over her house that she’d never before witnessed. Maybe, Linda thought, the pilot was signaling distress and searching for someplace to make an emergency landing. Linda worried that their local airstrip, Somerset County Airport, was far too small to handle such a big plane. And if that was the pilot’s destination, she thought, he or she was heading the wrong way.

Linda didn’t know the plane was United Flight 93, and she couldn’t imagine that minutes earlier the passengers and crew had taken a vote to fight back. Or that CeeCee Lyles, Jeremy Glick, Todd Beamer, Sandy Bradshaw, and others on board had shared that decision during emotional phone calls, or that the revolt was reaching its peak, or that the four hijackers had resolved to crash the plane short of their target to prevent the hostages from retaking control.

Linda tracked the jet as sunlight glinted off its metal skin. Its erratic flight pattern continued. The right wing dipped farther and farther. The left wing rose higher, until the plane was almost perpendicular with the earth, like a catamaran in high winds. Linda saw it start to turn and roll, flipping nearly upside down. Then the plane plunged, nosediving beyond a stand of hemlocks two miles from where Linda stood. As quickly as the jet disappeared, an orange fireball blossomed, accompanied by a thick mushroom cloud of dark smoke.

“Jim!” Linda screamed. “Call 9-1-1!”

Her husband burst outside, fearing that their neighbor’s Rottweiler mix had broken loose from its chain and attacked her.

“A big plane just crashed!” Linda yelled.

“A small plane,” Jim said skeptically, as he regained his bearings. “No, no, no, no. It was a big one. It was a big one! I saw the engines on the wings.”

Jim rushed inside and grabbed a phone.

Heartsick, still clutching the wet T-shirt, Linda stared toward the rising smoke. Soon she’d wonder whether, in the last seconds before the crash, any of the men and women on board saw her hanging laundry on this glorious late-summer day.


Excerpted from the book FALL AND RISE by Mitchell Zuckoff. Copyright © 2019 by Mitchell Zuckoff. Republished with permission of HarperCollins Publishers.

Voir aussi:

The Many Tragedies of 9/11
Clyde Haberman
The NYT
May 3, 2019

FALL AND RISE
The Story of 9/11
By Mitchell Zuckoff

This book is painful to read. Even with the passage of nearly 18 years, reliving modern America’s most terrible day hits an exposed nerve that you thought had been fully numbed, only to discover that the ache was merely in remission.

In “Fall and Rise: The Story of 9/11,” Mitchell Zuckoff relives each minute of that morning in 2001 through the perspectives of those who endured the worst: passengers and crew members on the four planes turned into missiles by Islamist hijackers; innocents trapped in the burning twin towers and the Pentagon; rescue workers who struggled valiantly but futilely and, in many cases, fatally; people in Shanksville, Pa., on whom death rained from a clear sky. As much as anything, “Fall and Rise” is a quilt work of futures unrealized, from the woman about to tell her parents she was pregnant to the doctor hoping to build a kidney dialysis center, from the retired bookkeeper set to move in with her daughter to the college student with dreams of becoming a child psychologist.

Zuckoff, a professor of narrative studies at Boston University and the author of several nonfiction books, relies on his own interviews with survivors, but also leans heavily on government studies, trial transcripts, books and documentaries long in the public realm. And so the overall picture that he shapes is not really new. But freshness of detail seems less his objective than preservation of memory — an attempt, as he says, “to delay the descent of 9/11 into the well of history.”

By design, this narrative of close to 500 pages is not encyclopedic. Big Picture grandiosity — how Sept. 11 changed America and the world — has been left to others. The terrorism puppet master Osama bin Laden gets scant attention. Actions (and inactions) of President George W. Bush and his team merit only a few pages. Rudolph Giuliani, who made a lucrative life for himself after 9/11, earns glancing mention. Flawed communications systems that doomed hundreds of New York’s emergency responders are not explored with the kind of detail that can be found in, say, “102 Minutes,” a 2005 work by the New York Times journalists Jim Dwyer and Kevin Flynn.

Rather, this book derives its power from its focus on individuals in the main unknown to the larger world, who managed to survive the ordeal or who lost their lives simply because they were unlucky. With journalistic rigor, Zuckoff acknowledges what he doesn’t know, for example how exactly each group of hijackers seized control of its plane. His language is largely unadorned; then again, embellishment is neither needed nor wanted.

Many details are hard to take: the melted flesh, the pulverized bodies, the scorched lungs and, for sure, the revived memory of scores of desperate victims leaping from on high to escape the World Trade Center inferno. But there are also inspiring moments, like the grit shown by those aboard United Airlines Flight 93. It was the plane that never reached its target, crashing in Shanksville after passengers revolted against the hijackers. Phone messages that they left “formed a spoken tapestry of grace, warning, bravery, resolve and love.”

Heroes abound, though not in the way that word is routinely used and abused. Heroism, as we see here, is often a product of necessity.

Some may ask if this book, covering territory already well traveled, needed to be written. For those who lived through the horror, perhaps not. But a full generation has come of age with no memory of that day. It needs to hear anew what happened, and maybe learn that time, in fact, does not heal all wounds.

Clyde Haberman, the former NYC columnist for The Times, is a contributing writer for the newspaper.

FALL AND RISE
The Story of 9/11
By Mitchell Zuckoff
589 pp. Harper/HarperCollins Publishers. $29.99.

Voir également:

 

When the first of the World Trade Center towers collapsed on September 11 2001, paramedic Moussa Diaz was among thousands of people engulfed in the cloud of smoke and debris that surged from the wreckage.

Asphyxiating in the toxic swirl around him, he fought the urge to give up, staggering on until he saw a spotlight wielded by a man with a white beard and long hair.

“Are you Jesus Christ?” Diaz asked, convinced he must already be dead. “No,” came the reply. “I’m a cameraman.”

Those who have been close to death often talk of how the experience played tricks on their mind, including the fleeting belief that they could not possibly have survived and must already be in the afterlife.

Yet as Mitchell Zuckoff notes in his new book about 9/11, little of the extraordinary individual testimony from that awful day has worked its way into the public memory.

The average person may recall what they were doing on 9/11, and perhaps the names of hijackers such as Mohamed Atta, but would likely struggle to name a single one of the 2,977 people who died.

“Of the nearly three thousand men, women, and children killed on 9/11, arguably none can be considered a household name,” Zuckoff writes. “The best ‘known’ victim might be the so-called Falling Man, photographed plummeting from the North Tower.”

This is not because the world sought to forget: merely that in the avalanche of events triggered by the atrocity – Afghanistan was invaded less than a month later – the voices of the day itself got buried in the sheer weight of news coverage.

With that in mind, Zuckoff, who covered the attacks for the Boston Globe, has produced this doorstopper of a reconstruction, aimed partly at younger generations who feel no “personal connection” to what happened. He notes that for some of his students at Boston University, where he now teaches journalism, it seems “as distant as World War I”.

Rather like the investigators who searched the mountains of rubble for victims’ personal effects, it is a mammoth undertaking. As well as interviews with Diaz and others, Zuckoff sifts through official archives, trials of terror suspects, and countless news reports. The stories of rescuers and survivors are interwoven with the poignant last words of victims, many of whom left only desperate voice messages as their planes hit the towers.

This, however, is not a print version of United 93, the Hollywood take on the “Let’s roll” passenger rebellion, which brought down one hijacked plane before it could hit the White House. Reluctant to use journalistic licence for a topic of such gravitas, Zuckoff sticks strictly to the known facts.

As a result, his account of the “Let’s roll” incident favours accuracy over drama, relying partly on the more fragmentary version of events preserved by the cockpit voice recorder. The sounds of a struggle, followed by the hijacker-turned-pilot screaming “Hey, hey, give it to me!” suggests passengers may have got as far as wrestling the joystick from his control. But Zuckoff leaves us to fill in many of the gaps for ourselves.

Far more vivid are the scenes inside the burning towers, where witnesses are still alive to recreate what they saw. A dead lobby guard sits melted to his desk by the fireball from the planes’ fuel. Women have hair clips melted into their skulls by the heat. One paramedic, reminded of his own daughter by the sight of a girl’s severed foot inside a pink trainer, looks skywards to clear his mind, only to see people jumping from the towers.

In all, about 200 people ended their lives that way, one killing a firefighter as they landed. Ernest Armstead, a fire department medic, recalls a harrowing conversation with one female jumper who was somehow still alive, despite being little more than a head on a crumpled torso. When she saw him place a black triage tag around her neck, indicating she was beyond help, she shouted: “I am not dead!”

For many rescuers, it was clear early on that the entire crash scene was beyond help. As they contemplate the 1,000ft climb to the blazing North Tower impact zone – the lifts are out of action – firefighter-farmer Gerry Nevins speaks for all his colleagues when he says: “We may not live through today.” They shake hands, then start climbing nonetheless. Father-of-two Nevins was among the 420 emergency workers to perish.

For all the heroism, it was also a day of failures, not least in imagining that terrorists might use planes as bombs in the first place. Air safety chiefs considered hijackings a thing of the past, leading to lax security procedures that allowed the hijackers to carry knives on board.

A plan to stage an exercise where terrorists flew a cargo plane into the UN’s New York HQ had been ruled out as too fanciful. Boasts that the Twin Towers could withstand airline crashes failed to consider the thousands of gallons of burning jet fuel, which weakened their steel cores and caused them to collapse.

This book is not an easy read: heartwarming in parts, horrific in others and studiously cautious in those areas where only the dead really know what happened.

But as a definitive “lest we forget” account, it will take some beating. For those too young to remember where they were on 9/11, and for all future generations too, it should be required reading.

Voir encore:

Mitchell Zuckoff on Writing His 9/11 Magnum Opus

Adam Vitcavage
The Millions
July 10, 2019

The seniors graduating from high school this year know what 9/11 is. They know four planes, two towers, 3,000-plus victims, 19 terrorists, Osama bin Laden. They know all of that because they were taught it in history classes. Because, to them, that’s all it is: history.

With each passing year, the terrorist attacks that happened on the bright blue morning of September 11, 2001 become more of a history lesson than a lived experience. This year, most high school seniors were born in 2001. Eighteen years later, they have the facts memorized, but often fail to understand the emotional and lived experience of that day.

Fall and Rise: The Story of 9/11, a new book by former Boston Globe reporter and current Boston University professor Mitchell Zuckoff, aims to fix that. Fall and Rise reports the facts, but Zuckoff also weaves the lives of people affected by 9/11 to create a narrative not frequently seen on cable news channels or in documentaries.

Fall and Rise shares stories about pilots, passengers, and aviation professionals linked to American Airlines Flights 11 and 77, and United Airlines Flights 93 and 175. He reveals stories about Mohammed Atta and other terrorists. Zuckoff also dives into the stories of New Yorkers and other Americans who experienced that day in different ways. The result is a woven story that puts the humanity back into a day the history books won’t forget.

I spoke with Zuckoff about what he was doing the day of the attacks, what followed, and how a Boston Globe feature published five days after the attacks turned into an essential book more than 6,000 days later.

The Millions: What was the day of September 11, 2001 like for you?

Mitchell Zuckoff: I was on book leave from the Boston Globe trying to write my first book. When the first plane went in, I didn’t think much of it. It could have been an accident. When the second plane went in, I ran to the phone and it was ringing as I got there. Globe editor Mark Morrow was on the other line and said my book leave was over.

He told me to come to the paper and it became apparent that I was going to be in what we call the control chair to write the lead story for that day. It became a matter of trying to figure out what was going on by taking feeds from several of my colleagues, working closely with the aviation reporter, Matthew Brelis, who took the byline with me. It was an intense and confusing day.

This was personal, on top of everything, because two of the planes took off about a mile from the Globe office at Logan International Airport.

TM: You mention the confusion. When did it become clear to you that it was a coordinated terrorist attack?

MZ: I think when the second plane went in. I was still home. When the first plane went in, we didn’t know what size it was. There was speculation that it was some sightseeing plane that got confused. Then there was no way, 17 minutes apart, that two planes were going to hit two towers accidentally. When I got in my car, we didn’t know about the flight heading to the Pentagon or United 93.

TM: What exactly were you looking for in real time during an event like this?

MZ: Really, what we do on any story. We were trying to answer the who, what, when, where, why, and how of it in as much detail as possible. I was just trying to process it all. My desk is an explosion of papers and printers and notes from reporters. We want it to come out so our readers can digest it in a meaningful way.

TM: I was in seventh grade and in Arizona at the time, so I had no clue what was going on. I was hours back—

MZ: That’s significant. Really significant. Folks on the West Coast, by the time they woke up, it was essentially over. People on the East Coast were watching the Today Show or running to CNN to watch it unfold. It’s a different experience.

TM: I remember it as my mother waking me up for school. She said something, and to this day I remember it as being “They’re attacking us.” I always second-guessed myself, but as you said it was something being reported.

MZ: That would have been a good thing to say.

TM: As the day continued to unfold, how much of a rush was it to finish the initial report out there?

MZ: The adrenaline is flying. We had a rolling deadline because we knew we had as many editions as we needed. The first probably left my hands at 6:00 p.m. I continued to write through the story as it continued to unfold. There were little details—little edits like finding better verbs—that continued to be changed until about 1:00 a.m. or 2:00 a.m.

You can’t unwind after that. You walk around the newsroom waiting until it comes off the presses. I needed to let the adrenaline leave because I knew I wouldn’t be able to sleep.

TM: Then that first week, and this may be a dumb question, but how much did the events consume your writing life?

MZ: Completely. I wrote the lead story again the next day. I came back in and it was understood I would do it again. The next day, on Thursday the 13th, I approached the editors with the idea that I could keep doing the leads, but I had an idea for a narrative I could have done for Sunday’s paper. I needed to dispatch some reporters to help me, but I pitched them to weave a narrative. I wanted to weave together six lives: three people on the first plane and three people from New York: one who got out, one who we didn’t know, and a first responder.

That consumed me all day Thursday and Friday reporting it with those reporters. Then writing it Friday into Saturday for the lead feature in the Sunday paper.

TM: That’s what became the backbone of Fall and Rise. But, at the time, you were already reporting the facts. What was it like going into the humanity of those affected less than a week after the attacks?

MZ: Satisfying in a really deep way. I felt, as much as I valued writing the news, I felt we could do something distinctive and lasting with this narrative. I think all of us—not just reporting the news, but consuming the news—all of us were so inundated with information.

I felt we needed to reflect on the emotion of the moment. By talking about the pilot John Oganowsky and the other folks I focused in on, I felt it could be a bit cathartic. We were all numb and in shock. But this could help.

TM: Did you talk to the people in the narrative or was it strictly the other reporters?

MZ: It was the reporters. I was focused on telling the story of Mohammad Atta. I gave myself that assignment. I was guiding my four teammates to some extent. If someone came up with an important detail or timestamp, I would ask the other reporters to follow up with questions about that particular moment to build around it. I didn’t talk to the families until much later.

TM: When was the first time you talked to survivors or the families of victims?

MZ: I talked to some back then. I was teamed up two weeks after the attacks with Michael Rezendes, who was on the Spotlight team, to write about the terrorists. So, at that point, I wasn’t talking a lot with the families—I did some in 2001 and 2002—but really my deep dive into the families didn’t start until five years ago when I really began working on this book.

TM: What did focusing on the terrorists do to you mentally and emotionally?

MZ: It took a lot out of me. We were really trying to instill the journalistic impartiality to it. But you can’t be objective about this sort of thing. We could be impartial. We couldn’t be exactly sure of who these guys were. We had their identities, but we were aware people use false identities or other’s identities. We had to enforce this impartiality to it. We had to be detached in our work even as we were grieving in our hearts.

TM: With the toll it takes, why continue to write about 9/11 after all these years?

MZ: Exactly that reason: because it does take a toll. The way I process things is to write about them. I didn’t really have a let down for months. I was focused on the work before letting the emotion in. It never really left me. I was still talking about this story to my students. I was still talking about this to my family. There are certain stories that will never leave, but I have to instill something of value into it. I wanted to write something that outlasts me.

TM: You’ve had books come out over the years that weren’t related to 9/11—most notably 13 Hours: The Inside Account of What Really Happened in Benghazi. This comes out nearly 18 years later. What was the process like throughout all these years?

MZ: I was not writing directly on Fall and Rise during those years. I was working on those other books and projects. It was on a back processor in my mind. The lede story from 9/11 hangs in my office at Boston University. It’s in the corner of my eye. I think it was always playing in the back of my mind.

Once I dove into it in 2014, it was all consuming. It was the deepest dive I have ever taken on a story. As much as I care about all of the work I’ve done, I kind of knew I would never tell a more important story than this. I had to respect the stories of the people telling me about the worst day of their lives. That responsibility was with me day and night for these past five years.

TM: What were the families’ responses to a reporter coming to ask about the worst day of their lives after all this time?

MZ: It amazed me because overwhelmingly people said yes. There were some who understood what I was doing, but told me they couldn’t go there again. They couldn’t revisit that day. The ones who said yes were amazing. I know I was tearing open a wound. A lot of the interviews go for hours and hours. There were moments of weeping and I have no problem acknowledging I did so along with them.

TM: These stories aren’t necessarily widely known and now they’re preserved in this book. It’s so important because now 9/11 may just seem like an event students study in textbooks. Eighteen years…your college freshmen were born the year it happened or the year after, I suppose. How does this generation react to it?

MZ: I teach really engaged journalism students. I’m not sure how the generation as a whole reacts to it. My students approach it with curiosity and a little bit of uncertainty because they didn’t experience it. They are well-read and aware of things, but for them it is a little like Pearl Harbor. They know who was involved and can cite numbers. They can say 3,000 dead, 9/11, four hijacked planes, 19 hijackers. They got the test questions down very well. They don’t have the human connection or that feeling for it that I wish they did. I hope that’s what my book can do.

Voir enfin:

Tweets racistes de Trump : qu’a vraiment dit Ilhan Omar sur Al-Qaeda et le 11 Septembre ?

Pauline Moullot
Libération
17 juillet 2019

Le président américain a accusé une élue démocrate d’origine somalienne de «bomber le torse» en pensant à l’organisation terroriste.

Question posée par Annie le 16/07/2019

Bonjour,

Nous avons reformulé votre question, qui était : «Quels ont été les propos d’Ilhan Omar sur Al-Qaeda et sur le 11 Septembre, que Trump a cités par sous-entendu dans sa conférence de presse ?»

Dans une nouvelle saillie raciste lundi 15 juillet, Donald Trump a accusé la députée démocrate Ilhan Omar, née en Somalie, d’encenser Al-Qaeda. Pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut rembobiner au dimanche 14 juillet. Ce jour-là, le président américain s’en prend, sans les nommer, à quatre élues démocrates, toutes issues de minorités, à la Chambre des représentants : Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley. Il les appelle notamment à «retourner dans leur pays». La première, réfugiée somalienne, est devenue avec Rashida Tlaib l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès en novembre. Alexandria Ocasio-Cortez est la plus jeune représentante démocrate de l’histoire, et Ayanna Pressley, première élue afro-américaine au conseil municipal de Boston en 2009. Surnommées «The Squad» par la presse américaine, ces femmes non-blanches se sont démarquées par leur progressisme et leurs prises de position régulières contre la politique de Donald Trump sur l’immigration.

Le lendemain, le Président réitère ses injures racistes en conférence de presse, les appelant de nouveau à quitter les Etats-Unis. A ce moment-là, il assure qu’Ilhan Omar aurait défendu Al-Qaeda et les attentats du 11 Septembre.

A la question «que répondez-vous à ceux qui disent que vos tweets sont racistes ?», Trump rétorque ainsi : «Et bien, elles sont très malheureuses. Elles ne font que se plaindre à longueur de temps. Tout ce que je dis, c’est que si elles veulent partir, qu’elles partent. Elles peuvent partir. Je veux dire, je pense à Omar. Je ne sais pas, je ne l’ai jamais rencontrée. Je l’écoute parler d’Al-Qaeda. Al-Qaeda a tué beaucoup d’Américains. Et elle dit : « Vous pouvez bomber le torse, quand je pense à Al-Qaeda, je peux bomber le torse. » Quand elle parle des attentats du World Trade Center, elle dit « des gens ». Vous vous souvenez de ce fameux « des gens ». Ces personnes, à mon avis, détestent l’Amérique. Donc quand je les entends dire à quel point Al-Qaeda est merveilleux, quand je les entends parler de « ces gens » à propos du World Trade Center…»

Ses propos sur Al-Qaeda

Vous nous demandez ce qu’a vraiment dit Ilhan Omar à propos d’Al-Qaeda et du 11 septembre. L’équipe de Trump a indiqué à nos confrères américains de Politifact que le président faisait référence à deux déclarations d’Omar, largement reprises par les pro-Trump pour la décrédibiliser ces derniers mois.

La première remonte à 2013. Invitée sur une chaîne locale de Minneapolis, TwinCities PBS, Ilhan Omar commente les répercussions sur la communauté somalienne d’un attentat commis par les shebab somaliens au Kenya, affiliés à Al-Qaeda. Plusieurs extraits de cette interview de vingt-huit minutes ont été repris par ses opposants ces derniers mois. Elle ne parle pourtant pas une seule fois de bomber le torse en pensant à Al-Qaeda. Elle discute avec le présentateur du fait que l’on demande à la communauté somalienne aux Etats-Unis de condamner ces actes, et plus largement aux musulmans de condamner tous les actes terroristes. Elle parle alors de «cette supposition qui fait croire que nous sommes tous connectés à ces actes. […] La population générale doit comprendre qu’il y a une différence entre les personnes qui commettent ces actes diaboliques, car c’est un acte diabolique, et nous avons des gens diaboliques dans le monde. Et des gens norma