Médias: Attention, une meute peut en cacher une autre (Boys on the bus redux: What elite media bubble ?)

11 mars, 2017

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Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Stéphane Hessel
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
Dans les médias de la communication, une chambre d’écho, ou chambre d’écho médiatique est une description métaphorique d’une situation dans laquelle l’information, les idées, ou les croyances sont amplifiées ou renforcées par la communication et la répétition dans un système défini. Il s’agit d’une analogie avec la chambre d’écho acoustique, ou chambre réverbérante, dans laquelle les sons sont réverbérés par les murs. À l’intérieur d’une chambre d’écho médiatique, les sources ne sont généralement pas remises en question et les points de vues opposés sont censurés ou sous-représentés. John Scruggs, lobbyiste chez le cigarettier Philip Morris, décrit en 1998 deux mécanismes de ce qu’il appelle les «chambres d’écho». Le premier consiste en la répétition d’un même message par différentes sources. Le second mécanisme consiste en la diffusion de messages similaires mais complémentaires par une seule source. Scruggs décrit la chambre d’écho comme stratégie pour augmenter la crédibilité de certaines informations au regard d’une audience cible. Avec la démocratisation de l’internet et l’arrivée des médias sociaux, les chambres d’écho se sont multipliées. Les algorithmes des réseaux sociaux agissent comme des filtres et engendrent ce qu’on a nommé des bulles de filtres. L’utilisateur à l’intérieur d’une telle bulle obtient de l’information triée à son insu en fonction de son activité sur un réseau. L’accessibilité accrue aux informations correspondant aux opinions des individus fait que ces derniers sont moins exposés à des opinions différentes des leurs. Dans les chambres d’échos, les opinions opposées à celles de la majorité sont peu diffusées et, lorsqu’elles le sont, sont souvent la cible d’attaques par cette majorité pour les discréditer. Lorsqu’une information est reprise par de nombreux médias, elle peut être déformée, exagérée, jusqu’à être plus ou moins dénaturée. En augmentant l’exposition à une fausse rumeur, sa crédibilité a tendance à augmenter. À l’intérieur d’une chambre d’écho, il peut ainsi arriver qu’une majorité d’individus croient en une version dénaturée d’une information véridique, ou en une information carrément fausse. Wikipédia
Les journalistes moyens à qui nous parlons ont 27 ans et leur seule expérience de journaliste, c’est de suivre les campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien. (…) Nous avons créé une chambre d’écho. Ils disaient des choses qui validaient ce que nous leur avions donné à dire.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
Une nouvelle couche de scandale est venue s’ajouter lundi aux soucis du président américain, lorsque l’agence de presse Associated Press a annoncé que deux mois de relevés d’appels de certains de ses journalistes avaient été saisis à l’instigation du parquet fédéral. L’agence a dénoncé une « intrusion massive et sans précédent », tandis que le département de la Justice s’est retranché derrière la nécessité de préserver « l’intégrité de l’enquête » dont les motifs restent encore flous. La Maison-Blanche a assuré n’avoir « aucune connaissance » de cette investigation. Toujours est-il que l’administration est « sous le feu » des critiques, constatait mardi le gros titre du journal USA Today. (…) Les services fiscaux américains (IRS) ont affirmé vendredi avoir ciblé environ 75 groupes proches de la mouvance conservatrice et anti-impôts du Tea Party. Lois Lerner, une responsable du fisc américain, a expliqué que des groupes comportant les mots « Tea Party » et « patriote » avaient été sélectionnés par les fonctionnaires d’une cellule centralisatrice à Cincinnati pour un examen approfondi, selon plusieurs médias. Les républicains ont bondi sur l’affaire et parlent déjà de scandale politique. « L’admission par l’administration Obama que le fisc a ciblé des opposants politiques fait écho à certains des abus de pouvoir les plus honteux de l’histoire américaine du 20e siècle », a déclaré John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants. Des enquêtes parlementaires vont être lancées au Congrès, y compris au Sénat, contrôlé par les alliés de Barack Obama. Certains conservateurs, élus ou éditorialistes, n’hésitent plus à évoquer ouvertement le fantôme du scandale du « Watergate » qui avait coûté sa présidence à Richard Nixon en 1974. Une enquête a été ouverte pour déterminer si l’administration fiscale américaine avait enfreint la loi, a annoncé mardi le ministre de la Justice, Eric Holder. Europe 1 (15 mai 2013)
The Guardian has learned that the FBI applied for a warrant from the foreign intelligence surveillance (FISA) court over the summer in order to monitor four members of the Trump team suspected of irregular contacts with Russian officials. The FISA court turned down the application asking FBI counter-intelligence investigators to narrow its focus. According to one report, the FBI was finally granted a warrant in October, but that has not been confirmed, and it is not clear whether any warrant led to a full investigation. The Guardian
With only days until Donald Trump takes office, the Obama administration on Thursday announced new rules that will let the NSA share vast amounts of private data gathered without warrant, court orders or congressional authorization with 16 other agencies, including the FBI, the Drug Enforcement Agency, and the Department of Homeland Security. The Intercept
Only days before the inauguration, President Obama also signed an executive order that allows the National Security Agency to share raw intercepts and data with the 16 other agencies in the intelligence community. NSA analysts used to filter out irrelevant information and minimize references to Americans. Now such material is being leaked anonymously. The Wall Street Journal
What you see in these leaks—David Ignatius of The Washington Post and others—are the intelligence agencies being manipulated by the left to destroy the Trump presidency and everybody around him. (…) The people that report on national intelligence at all the networks, including Fox—and I love Fox News—are scared of taking on the intelligence agencies because their sources will be cut off and they won’t have a profession anymore. Larry Klayman (Freedom Watch)
Les experts politiques ne sont pas un groupe très diversifié et ont tendance à accorder beaucoup de confiance aux opinions de leurs confrères et des autres membres de l’establishment politique. Une fois établi, le consensus tend à se renforcer jusqu’à et à moins que ne viennent l’interrompre des preuves absolument irréfutables. Les médias sociaux, Twitter en particulier, ne peuvent qu’aggraver encore le phénomène de pensée de groupe jusqu’à la création d’une véritable chambre d’écho. (…) Depuis au moins l’époque des « Boys on the bus, » le journalisme politique souffre d’une mentalité de meute. Les événements tels que les conventions et les débats rassemblent dans la même salle des milliers de journalistes; il suffit d’assister à l’un de ces événements pour presque littéralement sentir la nouvelle doxa se fabriquer en temps réel.  Nate Silver
Political experts aren’t a very diverse group and tend to place a lot of faith in the opinions of other experts and other members of the political establishment. Once a consensus view is established, it tends to reinforce itself until and unless there’s very compelling evidence for the contrary position. Social media, especially Twitter, can amplify the groupthink further. It can be an echo chamber. James Surowiecki’s book “The Wisdom of Crowds” argues that crowds usually make good predictions when they satisfy these four conditions: Diversity of opinion. “Each person should have private information, even if it’s just an eccentric interpretation of the known facts.” Independence. “People’s opinions are not determined by the opinions of those around them.” Decentralization. “People are able to specialize and draw on local knowledge.” Aggregation. “Some mechanism exists for turning private judgments into a collective decision.” Political journalism scores highly on the fourth condition, aggregation. While Surowiecki usually has something like a financial or betting market in mind when he refers to “aggregation,” the broader idea is that there’s some way for individuals to exchange their opinions instead of keeping them to themselves. And my gosh, do political journalists have a lot of ways to share their opinions with one another, whether through their columns, at major events such as the political conventions or, especially, through Twitter. But those other three conditions? Political journalism fails miserably along those dimensions. Diversity of opinion? For starters, American newsrooms are not very diverse along racial or gender lines, and it’s not clear the situation is improving much. And in a country where educational attainment is an increasingly important predictor of cultural and political behavior, some 92 percent of journalists have college degrees. A degree didn’t used to be a de facto prerequisite for a reporting job; just 70 percent of journalists had college degrees in 1982 and only 58 percent did in 1971. The political diversity of journalists is not very strong, either. As of 2013, only 7 percent of them identified as Republicans (although only 28 percent called themselves Democrats with the majority saying they were independents). And although it’s not a perfect approximation — in most newsrooms, the people who issue endorsements are not the same as the ones who do reporting — there’s reason to think that the industry was particularly out of sync with Trump. Of the major newspapers that endorsed either Clinton or Trump, only 3 percent (2 of 59) endorsed Trump. By comparison, 46 percent of newspapers to endorse either Barack Obama or Mitt Romney endorsed Romney in 2012. Furthermore, as the media has become less representative of right-of-center views — and as conservatives have rebelled against the political establishment — there’s been an increasing and perhaps self-reinforcing cleavage between conservative news and opinion outlets such as Breitbart and the rest of the media. Although it’s harder to measure, I’d also argue that there’s a lack of diversity when it comes to skill sets and methods of thinking in political journalism. Publications such as Buzzfeed or (the now defunct) Gawker.com get a lot of shade from traditional journalists when they do things that challenge conventional journalistic paradigms. But a lot of traditional journalistic practices are done by rote or out of habit, such as routinely granting anonymity to staffers to discuss campaign strategy even when there isn’t much journalistic merit in it. Meanwhile, speaking from personal experience, I’ve found the reception of “data journalists” by traditional journalists to be unfriendly, although there have been exceptions. Independence? This is just as much of a problem. Crowds can be wise when people do a lot of thinking for themselves before coming together to exchange their views. But since at least the days of “The Boys on the Bus,” political journalism has suffered from a pack mentality. Events such as conventions and debates literally gather thousands of journalists together in the same room; attend one of these events, and you can almost smell the conventional wisdom being manufactured in real time. (Consider how a consensus formed that Romney won the first debate in 2012 when it had barely even started, for instance.) Social media — Twitter in particular — can amplify these information cascades, with a single tweet receiving hundreds of thousands of impressions and shaping the way entire issues are framed. As a result, it can be largely arbitrary which storylines gain traction and which ones don’t. What seems like a multiplicity of perspectives might just be one or two, duplicated many times over. Decentralization? Surowiecki writes about the benefit of local knowledge, but the political news industry has become increasingly consolidated in Washington and New York as local newspapers have suffered from a decade-long contraction. That doesn’t necessarily mean local reporters in Wisconsin or Michigan or Ohio should have picked up Trumpian vibrations on the ground in contradiction to the polls. But as we’ve argued, national reporters often flew into these states with pre-baked narratives — for instance, that they were “decreasingly representative of contemporary America” — and fit the facts to suit them, neglecting their importance to the Electoral College. A more geographically decentralized reporting pool might have asked more questions about why Clinton wasn’t campaigning in Wisconsin, for instance, or why it wasn’t more of a problem for her that she was struggling in polls of traditional bellwethers such as Ohio and Iowa. If local newspapers had been healthier economically, they might also have commissioned more high-quality state polls; the lack of good polling was a problem in Michigan and Wisconsin especially. There was once a notion that whatever challenges the internet created for journalism’s business model, it might at least lead readers to a more geographically and philosophically diverse array of perspectives. But it’s not clear that’s happening, either. Instead, based on data from the news aggregation site Memeorandum, the top news sources (such as the Times, The Washington Post and Politico) have earned progressively more influence over the past decade: The share of total exposure for the top five news sources climbed from roughly 25 percent a decade ago to around 35 percent last year, and has spiked to above 40 percent so far in 2017. While not a perfect measure, this is one sign the digital age hasn’t necessarily democratized the news media. Instead, the most notable difference in Memeorandum sources between 2007 and 2017 is the decline of independent blogs; many of the most popular ones from the late ’aughts either folded or (like FiveThirtyEight) were bought by larger news organizations. Thus, blogs and local newspapers — two of the better checks on Northeast Corridor conventional wisdom run amok — have both had less of a say in the conversation. All things considered, then, the conditions of political journalism are poor for crowd wisdom and ripe for groupthink. Likewise, improving diversity is liable to be a challenge, especially because the sort of diversity that Surowiecki is concerned with will require making improvements on multiple fronts (demographic diversity, political diversity, diversity of skill sets). Still, the research Surowiecki cites is emphatic that there are diminishing returns to having too many of the same types of people in small groups or organizations. Teams that consist entirely of high-IQ people may underperform groups that contain a mix of high-IQ and medium-IQ participants, for example, because the high-IQ people are likely to have redundant strengths and similar blind spots. That leaves independence. In some ways the best hope for a short-term fix might come from an attitudinal adjustment: Journalists should recalibrate themselves to be more skeptical of the consensus of their peers. That’s because a position that seems to have deep backing from the evidence may really just be a reflection from the echo chamber. You should be looking toward how much evidence there is for a particular position as opposed to how many people hold that position: Having 20 independent pieces of evidence that mostly point in the same direction might indeed reflect a powerful consensus, while having 20 like-minded people citing the same warmed-over evidence is much less powerful. Obviously this can be taken too far and in most fields, it’s foolish (and annoying) to constantly doubt the market or consensus view. But in a case like politics where the conventional wisdom can congeal so quickly — and yet has so often been wrong — a certain amount of contrarianism can go a long way. Nate Silver
La presse accréditée à la Maison-Blanche est-elle victime du syndrome de Stockholm? Dans un livre devenu un classique du reportage politique américain, The Boys on the Bus, le reporter de Rolling Stone Timothy Crouse comparait en 1973 le convoi de la presse présidentielle sous Nixon à «un affreux petit camp de prisonniers de guerre, le chouchou du commandant, un officier débutant bien dressé et trop zélé, persécutant les prisonniers, étudiant leurs failles, récompensant leurs échecs, les punissant pour leurs succès et les encourageant à se dénoncer mutuellement». Jean-Marie Pottier

Ce dont est victime François Fillon, c’est d’un système qui a été mis en place depuis des années au Parlement et qui consiste à rémunérer ou à accorder des compléments de rémunération aux parlementaires à travers le système des collaborateurs.

Patrick Stefanini (ancien directeur de campagne de Fillon)

Il décrit quelque chose qui est bien ce qu’il a dit, pas spécialement pour Fillon. Mais quand vous avez l’indemnité du parlementaire plus la rémunération du collaborateur qui atterrit dans le même ménage et assez largement sur le même compte en banque…Je vais dire quelque chose qui n’est pas politiquement correct du tout, qui a été abordée maladroitement par Alain Minc ou Henri Guaino: y a-t-il une question sur le niveau de la rémunération des parlementaires en France? La réponse est oui! Je le pense, et je le dis! C’est très difficile à expliquer mais ce salaire, qui est confortable, met les parlementaires français parmi les moins payés en Europe, je le dis.

Hervé Mariton

Quand payera-t-on décemment le métier politique? (…) Non ce n’est pas assez compte tenu des contraintes. Je pense qu’il faudrait indexer la rémunération des parlementaires sur celle des plus hauts fonctionnaires. C’est de l’ordre de 10.000 euros. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui est là pour faire la loi est moins payé que quelqu’un qui est payé pour appliquer la loi.

Alain Minc

Il a existé un système, ou une absence de contrôles, c’est vrai, jusqu’à il y a quelques années à l’Assemblée nationale, puisque le système de gestion était différent au Sénat, et notamment pour les collaborateurs familiaux.. Il y avait la capacité, jusqu’à une somme dont je n’ai pas le chiffre en mémoire, de récupérer le solde de crédit qui était affecté aux collaborateurs, puisqu’il n’était pas géré, comme au Sénat par une association. Ce système, il y a été mis fin à l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs à la fois Bernard Accoyer et Claude Bartolone qui me l’ont expliqué.

Gérard Larcher

Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9 000 euros net par mois. La première chose à faire, c’est d’interdire aux parlementaires toute autre fonction que la leur. Donc impossible pour un député ou un sénateur d’exercer une profession, de diriger une boîte de conseil, sauf à travailler à titre gratuit. Je pense, par exemple, aux médecins qui pourraient continuer à opérer pour ne pas perdre la main. Mais, dans ce cas, ils ne seraient pas payés. (…) Quand on aura fait ça, alors on pourra proposer d’allouer une rémunération de 9 000 euros net aux parlementaires et une enveloppe de 3 000 euros mensuel de frais divers. C’est le montant que nous avions estimé il y a quelques années quand on s’était penché sur la question.
Julien Dray
Les députés disposent d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros destinée à rémunérer de 1 à 5 assistants. La répartition et l’usage de cette somme sont à discrétion de chaque député. Avant le 1er janvier 2013, comme l’indique le site de l’Assemblée Nationale, les députés pouvaient effectivement conserver les montants non dépensés, dans la limite d’un plafond de 5958 euros par an. Soit moins de 6% de l’enveloppe, relève Le Monde. Reste la question de l’enrichissement personnel par proximité familiale de l’employeur et de son assistant. La pratique existe, bien qu’elle soit contrôlée. Le règlement, mis à jour en 2011, indique que la rémunération d’un emploi familial ne peut pas excéder la moitié de l’enveloppe annuelle du député. La France n’est en effet pas en tête des pays où les parlementaires sont les mieux payés: elle se classe au neuvième rang en Europe, si l’on se reporte au comparatif dressé en décembre 2016 par le site d’information irlandais The Journal. Avec un salaire de base de 85 713 euros bruts par an pour les députés du Palais Bourbon, la France est largement derrière le trio de tête composé par l’Italie (125 220 euros), l’Autriche (121 608 euros) et l’Allemagne (108 984 euros). Tout en bas du classement on retrouve la Roumanie et la Bulgarie, dont les parlementaires gagnent autour de 20 000 euros bruts par an.  Le Figaro  
L’ouvrage-choc de Christian Chesnot et Georges Malbrunot sur les liens ambigus entre certains politiques français et les richissimes monarchies du Golfe persique fait des vagues. Des personnalités ont contacté, en vain, l’ambassade du Qatar à Paris pour que celle-ci démente les accusations contenues dans le livre. Le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen et la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet sont les seuls, jusqu’ici, à avoir déposé plainte pour diffamation contre les auteurs du livre « Nos très chers émirs » (ed. Michel Lafon). Ils font partie des personnalités -de droite comme de gauche- épinglées par Christian Chesnot et Georges Malbrunot qui les accusent d’avoir profité des largesses de l’ambassade du Qatar à Paris. Dans leur liste non exhaustive, les deux grand reporters, ex-otages en Irak, désignent aussi Rachida Dati, le député socialiste du Pas-de-Calais Nicolas Bays ou Dominique de Villepin, qui exigeait de voyager en « First ». «De 2007 à 2013, à l’époque de l’ancien ambassadeur Al-Kuwari, la représentation qatarie en France était devenue la boutique du Père Noël », affirment les auteurs. Cette générosité a été bien mal récompensée. Le petit émirat supporte mal le « Qatar bashing », sa mise en cause dans le financement du terrorisme islamiste, y compris par des politiques français. Le filon va se tarir avec l’avènement du jeune émir Tamin qui a ordonné au nouvel ambassadeur Meshal de mettre un terme à cette politique des « petits cadeaux ». Aujourd’hui, le Qatar cherche à redorer son blason et « le distributeur à billets de 500 euros » est fermé. Dès sa publication, l’enquête de Chesnot et Malbrunot a mis en effervescence le petit monde des « amis » français de l’émirat qui pleurent leur mise à l’écart et la diète qui s’en est suivie. Le lendemain de la sortie du livre, le 21 octobre, l’ex-ministre Rachida Dati a envoyé deux émissaires à l’ambassade du Qatar qui ont exigé d’être reçus par l’ambassadeur Meshal. (…) Du côté de Jean-Marie Le Guen, c’est un proche qui a contacté l’ambassade qatarie à Paris avec en substance ce message: « Ce n’est pas bien de balancer auprès de la presse. Après cela, la France va lâcher le Qatar quand il y aura des accusations contre le terrorisme. On ne vous soutiendra plus ». (…) «Entre les partis politiques, c’est l’omerta, confie un parlementaire. Des gens de droite et d’autres de gauche sont mouillés. Il y a un intérêt commun à étouffer l’affaire. » Seul le député non inscrit Nicolas Dupont-Aignan a réclamé la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée, tout en reconnaissant qu’il y avait peu de chance qu’elle aboutisse. Le député-maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromentin a posé pour sa part une question écrite au Premier ministre Manuel Valls. Depuis sa rupture avec l’UDI, il figure également parmi les indépendants à l’Assemblée. Quant au nouveau Parquet national financier, chargé de lutter contre la fraude et la corruption, il ne s’est encore saisi des graves accusations lancées par les deux journalistes. Paris Match
Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls. Medhi Meklat  (octobre 2012, sept mois après les meurtres de Merah)
Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde. Medhi Meklat (décembre 2002)
Cette génération qui vit sur Internet (…) et s’autorise les pires dérapages idéologiques sous prétexte qu’ils sont libres. Medhi Meklat (Minute)
J’espère qu’on m’accordera le crédit de la fiction,explique-t-il. Ce personnage [de Marcelin Deschamps] n’a pu exister que sur Twitter parce que c’était justement l’endroit de la fiction. (…) C’était un travail littéraire, artistique, on peut parler de travail sur l’horreur, en fait. Mehdi Meklat
Sur France Inter, ils ont longtemps relayé la voix des oubliés des banlieues. Dix ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, les jeunes reporters du Bondy Blog nous bousculent par leur ton libre et combatif. Ils sont les invités de “Télérama” cette semaine. Télérama
Mise à jour : Que savions nous des tweets de Mehdi Meklat lorsque nous l’avons interviewé, avec son compère Badroudine, en octobre 2015 ? En aucun cas, nous n’avions eu connaissance de ses messages antisémites, homophobes et racistes, récemment ressurgis des tréfonds de Twitter. Sinon, nous ne l’aurions pas cautionné. Cela va sans dire. Alors pourquoi le préciser ? Parce qu’au regard de ce qu’on sait aujourd’hui, une remarque, publiée dans cet entretien vieux d’un an et demi, prête malheureusement à confusion : « vous participez au bruit ambiant, disions-nous, en publiant sur Twitter des blagues parfois limites »… Sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps, Mehdi Meklat postait en effet des plaisanteries en cascade. Beaucoup étaient très drôles, mais d’autres étaient lestées d’une provocation aux franges de l’agressivité, ou d’une pointe de misogynie potache. C’est à cela que nous faisions allusion en parlant de « blagues limite ». A rien d’autre. Avons-nous à l’époque manqué de prudence ? Nous aurions pu passer des heures, voire des jours, à fouiller parmi ses dizaines de milliers de tweets déjà publiés, afin de vérifier qu’il ne s’y trouvait rien d’inacceptable. Mais pourquoi l’aurions-nous fait ? Tout, alors, dans sa production professionnelle (chroniques radio, documentaire, livre), témoignait au contraire d’un esprit d’ouverture qui nous a touchés. En octobre 2015, à nos yeux, Mehdi Meklat n’était absolument pas suspect d’intolérance. Découvrir aujourd’hui ses tweets haineux fut un choc pour nombre de nos lecteurs. Pour nous aussi. Ils sont aux antipodes des valeurs que Télérama défend numéro après numéro, depuis plus de soixante ans. Télérama
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur Mehdi Meklat, écrivain talentueux de 24 ans, « issu des cités », promu et encensé depuis 2012 par la presse culturelle unanime sur son talent littéraire et qui abreuvait Twitter de sentences ultraviolentes à caractère antisémite, homophobe, misogyne. Il appelait également à des agressions physiques contre certaines personnalités et fit l’apologie du génocide nazi et du terrorisme, le tout sous couvert d’un pseudonyme (« Marcelin Deschamps ») connu de tous ceux qui continuaient de le soutenir. Cela dans la période où le pays subissait l’assassinat de militaires et d’enfants juifs, les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes et la Belgique la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Citons quelques-uns de ces Tweet pour prendre la mesure de ce que cela signifie. « Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls », écrivait-il en octobre 2012 (sept mois après les meurtres de Merah), quand « madame Valls », de confession juive, passait pour« influencer » les positions de son mari sur la laïcité.« Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde »,trouve-t-on en décembre de la même année. (…) Les réseaux ­sociaux ont fait le relais. En d’autres ­termes, sans ces nouveaux médias, l’omerta serait restée entière. La faillite morale et professionnelle journalistique est totale. La question qui se pose est celle-ci : où, exactement, se trouve le vrai scandale ? Tâchons de raisonner de façon littéraire. Ouvrons Minute. Le livre imagine plusieurs personnages issus de classes sociales diverses dans la minute précédant l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il commence ainsi : « A quoi devaient servir les écrivains ? A apporter du temps et du style. Le temps était effréné, tellement présent dans nos vies ordinaires qu’il en devenait absent, dissous. » Le personnage s’exprimant de cette façon, « l’Ecrivain », n’est pas sans évoquer Renaud Camus (et parfois Houellebecq), dans la mesure où il a été au centre d’un scandale littéraire et est membre du Front national. Plus tard dans le livre, il croise « deux jeunes romanciers », Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, lesquels le jugent « raciste », tandis que lui ne voit en eux que les représentants « d’une génération qui vit sur Internet et s’autorise les pires dérapages ». Dans la réalité, bien sûr, tous ont raison. Plus troublant encore, c’est par un ­raisonnement fort proche de celui de Renaud Camus autrefois que Meklat a tenté de justifier ses Tweet, notamment dans l’interview donnée au site de Télérama dans les jours suivant le scandale. Marc Weizman
« La tolérance devient un crime lorsqu’elle s’étend au mal », écrit Thomas Mann dans La Montagne magique. Meh­di Meklat n’a pas seulement été toléré, il a été porté au pinacle par les organes du gauchisme culturel. Ceux-ci l’avaient élevé au rang de chantre ­semi-officiel de la «  culture de banlieue  ». Soit, pour eux, un mélange de cynisme roublard et de vulgarité ; la banalisation de l’insulte et de la menace ; le sens du «  respect  » dû au plus fort, au plus menaçant, au plus dangereux ; le mépris des femmes et des faibles, la haine des homosexuels. Bref, le côté «  racaille  » dans lequel ces journalistes à faible niveau culturel imaginent reconnaître les héritiers de la bohème antibourgeoise d’antan. Et qui sait  ? Une nouvelle avant-garde pleine de promesses. Il y avait un créneau. De petits malins dotés d’un fort sens du marketing se sont engouffrés dans la brèche. Ils ont compris qu’il y avait des places à prendre dans les médias pour peu que l’on puisse étaler une origine outre-­méditerranéenne et que l’on se conforme aux stéréotypes construits par le gauchisme culturel : «  racaille  », mais politisé. De la gauche qu’il faut. Pas celle qui a hérité des Lumières le goût de la raison droite et du savoir qui émancipe. Non, la gauche branchouille qui a métamorphosé l’antiracisme en multiculturalisme ; l’indifférence envers les origines et les couleurs de peau en autant d’«  identités  » reposant étrangement sur des détails anatomiques ; l’émancipation envers les origines en assignations identitaires. Une gauche aussi into­lérante et violente que ce «  fascisme  » dont elle ne cesse de poursuivre le fantôme. (…) Depuis longtemps, un certain nombre d’intellectuels, comme Pierre-André Taguieff, Alain Finkielkraut ou Georges Bensoussan, tentent de mettre en garde contre un des aspects les plus exécrables de cette soi-disant «  culture de banlieue  » : le racisme, l’antisémitisme. Mais leurs voix étaient couvertes, leurs propos dénoncés, quand ils n’étaient pas traînés en justice, comme Bensoussan et Pascal Bruckner, pour avoir dit que le roi est nu. (…) Il est entendu que, en Europe, en France, le racisme ne saurait provenir que de la société d’accueil. Du côté de l’immigration, il est convenu qu’on en est indemne et qu’on «  lutte pour ses droits  ». En outre, la théorie de la «  convergence des luttes  » implique que les combats des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques se recoupent et se conjuguent, sous la direction éclairée d’une extrême gauche qui a trouvé dans ces «  minorités  » son prolétariat de substitution. (…) Mehdi Meklat avait franchi à une vitesse accélérée tous les échelons de la notoriété médiatique : rond de serviette chez Pascale Clark à France Inter, couverture de Télérama avec son compère Badrou («  les révoltés du Bondy Blog  »), «  textes  » publiés aux éditions du Seuil, adoubement par Christiane Taubira, qui a accepté de poser en couverture des Inrocks avec les deux compères sans se renseigner plus avant sur eux. Cette carrière fulgurante vient de dérailler alors qu’elle semblait toucher au sommet. Invité à La Grande Librairie sur France 5, l’«  enfant prodigue de Bondy  » est démasqué pour ses dizaines de milliers de tweets. Le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Eugénie Bastié ont lancé une alerte : le héraut de la culture de banlieue avait tweeté des milliers de messages injurieux, menaçants, antisémites. Sous un pseudonyme – Marcelin Deschamps, que bien des gens connaissaient –, il avait appelé à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo, à «  enfoncer un violon dans le cul de madame Valls  », à «  enfoncer des ampoules brûlantes dans le cul de Brigitte Bardot. Jusqu’à ce qu’elle vomisse du sang  ». Il appelait à «  casser les jambes  » d’Alain Finkiel­kraut. Ajoutant : «  J’opte pour l’effet béquille pour Finkielkraut, car ainsi il pourra être immobilisé et souffrir dans l’indifférence générale.  » Il a tweeté : «  Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent.  » Et «  LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR ASAP  » (pour as soon as possible – dès que possible). On en est là  ? Oui, on en est là. Lentement mais sûrement, le niveau de tolérance envers les intolérants avait monté. La cote d’alerte était atteinte et nous ne l’avions pas vue. Si l’affaire Meklat pouvait au moins servir d’avertissement… Comme on le sait de triste expérience, le sort réservé aux juifs, dans toutes les sociétés, est comparable à ces canaris que les mineurs emportaient dans les mines de charbon. Le canari succombe par asphyxie avant que les mineurs aient pris conscience de la présence de gaz dans la galerie. Lorsque, dans une société donnée, la vie, pour les juifs, devient difficile ou dangereuse, c’est qu’elle est malade et menacée. C’est pourquoi il faut refuser absolument la banalisation de l’anti­judaïsme. Brice Couturier

Attention: un effet de meute peut en cacher un autre !

A l’heure où derrière les cris d’orfraie qui ont suivi les allégations du président Trump concernant la surveillance de ses communications pendant sa campagne électorale …

De la part d’une administration qui en son temps – qui s’en souvient ? –  n’avait pas hésité à lancer le fisc sur ses ennemis ou faire écouter certains journalistes …

Se confirme, jour après jour et fuite après fuite, la véritable campagne de déstabilisation de la nouvelle administration américaine par la collusion des services secrets et de la presse …

Comment ne pas saluer le courageux mea culpa d’un des analystes électoraux les plus respectés pour le véritable accident industriel qu’a constitué pour la presse américaine aussi bien que pour ses collègues l’élection totalement imprévue de Donald Trump …

Alors que l’on redécouvre 40 ans après sa mise au jour par le fameux livre du journaliste de Rolling Stone Timothy Crouse sur le convoi de la presse présidentielle sous Nixon (The Boys on the Bus, 1974) …

Que la sorte de syndrome de Stockholm qu’avait alors généré, de bus en avions et d’un site de campagne à l’autre, leur cohabitation étroite et forcée a désormais fait place ….

A l’image de la fameuse chambre d’écho dont était si fier le conseiller à la sécurité d’Obama Ben Rhodes pour son tristement fameux accord sur le nucléaire iranien …

A une véritable mentalité de meute, renforcée tant par l’incroyable consanguinité de ses membres (pas plus de 7 % de Républicains déclarés) que par l’effet homogénéisant des médias sociaux et notamment Twitter ?

Mais comment aussi ne pas voir le parallèle de ce côté-ci de l’Atlantique …

Avec les longues semaines de véritable chasse à l’homme médiatico-judiciaire dont vient d’être victime, à quelques mois d’une élection présidentielle où la gauche était logiquement donnée perdante, le seul candidat crédible de la droite ?

Comme avec l’incroyable emballement médiatique dont a si longtemps bénéficié jusqu’à sa découverte par une enseignante anonyme il y a un mois …

Le jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes Mehdi Meklat ?

Mehdi Meklat, l’enfant gâté du gauchisme culturel

Quels mécanismes peuvent expliquer l’ascension médiatique du jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes ? Enquête.

Brice Couturier*

03/03/2017
Le Point

Liberté d’expression: Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires (French historian sued for spilling the beans on Arab antisemitism)

10 février, 2017
deracinement
https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped. The Sun
Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ. Valeurs actuelles
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
À en croire, par ordre d’entrée en scène, Enzo Traverso, Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Edwy Plenel, Philippe Corcuff, Renaud Dély, Pascal Blanchard, Claude Askolovitch et Yvan Gastaut: les années 1930 sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Tous les auteurs que j’ai cités observent, comme l’écrit Luc Boltanski: «la présence de thèmes traditionalistes et nationalistes issus de la rhétorique de l’Action française et la réorientation contre les musulmans d’une hostilité qui fut dans la première moitié du XXe siècle principalement dirigé contre les juifs». Cette analogie historique prétend nous éclairer: elle nous aveugle. Au lieu de lire le présent à la lumière du passé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Il n’y avait pas dans les années 1930 d’équivalent juif des brigades de la charia qui patrouillent aujourd’hui dans les rues de Wuppertal, la ville de Pina Bausch et du métro suspendu. Il n’y avait pas d’équivalent du noyautage islamiste de plusieurs écoles publiques à Birmingham. Il n’y avait pas d’équivalent de la contestation des cours d’histoire, de littérature ou de philosophie dans les lycées ou les collèges dits sensibles. Aucun élève alors n’aurait songé à opposer au professeur, qui faisait cours sur Flaubert, cette fin de non-recevoir: «Madame Bovary est contraire à ma religion.» Il n’y avait pas, d’autre part, de charte de la diversité. On ne pratiquait pas la discrimination positive. Ne régnait pas non plus à l’université, dans les médias, dans les prétoires, cet antiracisme vigilant qui traque les mauvaises pensées des grands auteurs du patrimoine et qui sanctionne sous le nom de «dérapage» le moindre manquement au dogme du jour: l’égalité de tout avec tout. Quant à parler de retour de l’ordre moral alors que les œuvres du marquis de Sade ont les honneurs de la Pléiade, que La Vie d’Adèle a obtenu la palme d’or à Cannes et que les Femen s’exhibent en toute impunité dans les églises et les cathédrales de leur choix, c’est non seulement se payer de mots, mais réclamer pour l’ordre idéologique de plus en plus étouffant sous lequel nous vivons les lauriers de la dissidence. (…) Pour dire avec Plenel et les autres que ce sont les musulmans désormais qui portent l’étoile jaune, il faut faire bon marché de la situation actuelle des juifs de France. S’il n’y a pratiquement plus d’élèves juifs dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, c’est parce que, comme le répète dans l’indifférence générale Georges Bensoussan, le coordinateur du livre Les Territoires perdus de la République (Mille et Une Nuits), l’antisémitisme y est devenu un code culturel. Tous les musulmans ne sont pas antisémites, loin s’en faut, mais si l’imam de Bordeaux et le recteur de la grande mosquée de Lyon combattent ce phénomène avec une telle vigueur, c’est parce que la majorité des antisémites de nos jours sont musulmans. Cette réalité, les antiracistes officiels la nient ou la noient dans ses causes sociales pour mieux incriminer au bout du compte «la France aux relents coloniaux». Ce n’est pas aux dominés, expliquent-ils en substance, qu’il faut reprocher leurs raccourcis détestables ou leur passage à l’acte violent, c’est à la férocité quotidienne du système de domination. (…) Au début de l’affaire Dreyfus, Zola écrivait Pour les juifs. Après m’avoir écouté sur France Inter, Edwy Plenel indigné écrit Pour les musulmans. Fou amoureux de cette image si gratifiante de lui-même et imbu d’une empathie tout abstraite pour une population dont il ne veut rien savoir de peur de «l’essentialiser», il signifie aux juifs que ceux qui les traitent aujourd’hui de «sales feujs» sont les juifs de notre temps. Le racisme se meurt, tant mieux. Mais si c’est cela l’antiracisme, on n’a pas vraiment gagné au change. Et il y a pire peut-être: l’analogie entre les années 1930 et notre époque, tout entière dressée pour ne pas voir le choc culturel dont l’Europe est aujourd’hui le théâtre, efface sans vergogne le travail critique que mènent, avec un courage et une ténacité admirables, les meilleurs intellectuels musulmans. (…) Pendant ce temps, tout à la fierté jubilatoire de dénoncer notre recherche effrénée d’un bouc émissaire, les intellectuels progressistes fournissent avec le thème de «la France islamophobe» un bouc émissaire inespéré au salafisme en expansion. En même temps qu’il fait de nouveaux adeptes, l’Islam littéral gagne sans cesse de nouveaux Rantanplan. Ce ne sont pas les années 1930 qui reviennent, ce sont, dans un contexte totalement inédit, les idiots utiles. (…) Autrefois, on m’aurait peut-être traité de «sale race», me voici devenu «raciste» et «maurrassien» parce que je veux acquitter ma dette envers l’école républicaine et que j’appelle un chat, un chat. Entre ces deux injures, mon cœur balance. Mais pas longtemps. Mon père et mes grands-parents ayant été déportés par l’État dont Maurras se faisait l’apôtre, c’est la seconde qui me semble, excusez-moi du terme mais il n’y en a pas d’autres, la plus dégueulasse. (…) J’attends d’avoir fini le livre d’Eric Zemmour pour réagir. Mais d’ores et déjà, force m’est de constater que ceux qui dénoncent jour et nuit les amalgames et les stigmatisations se jettent sur l’analyse irrecevable que Zemmour fait du régime de Vichy pour pratiquer les amalgames stigmatisants avec tous ceux qu’ils appellent les néoréactionnaires et les néomaurrassiens. Ils ont besoin que le fascisme soit fort et même hégémonique pour valider leur thèse. Le succès de Zemmour pour eux vient à point nommé. Mais je le répète, ce n’est pas être fasciste que de déplorer l’incapacité grandissante de la France à assumer sa culture. Et ce n’est surement pas être antifasciste que de se féliciter de son effondrement. Alain Finkielkraut 
L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale (c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970. Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj». (…) En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison [sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier]. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France. Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…» (…) Mais ces lois [mémorielles] ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan, tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance. (…) Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne. (…) A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé. (…) A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours? Georges Bensoussan
En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. (…)  la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme. Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation (mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme? Georges Bensoussan
Nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion. (…) à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile. (…) Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941. (…) L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada. Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet. (…) il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs. (…) Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence. (…) Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante. Georges Bensoussan
La pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi. Saïd Ghallab (Les Temps modernes, 1965)
Cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ». Smain Laacher
L’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ». Georges Bensoussan
L’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit ». Il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant. Nacira Guénif (Paris VIII)
Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? Avocat du CCIF
Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! Alain Finkielkraut
Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pierre Nora
Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel. (…)  Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée. Boualem Sansal
Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! (…) Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? M° Michel Laval
La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles. (…) On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. (…) Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. (…) Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations. L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. (…) Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade. (…) Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». (…) Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice. Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement? Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste. Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ». Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits. Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste. Jacques Tarnero

Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires !

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote largement Trump

Et qu’après le lynchage médiatique du seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle …

La nouvelle coqueluche des médias pour mai prochain en est à nier l’existence même d’une culture française

Pendant que pris à son tour entre kippa, burkha et double nationalité dans les fausses équivalences morales dont raffolent nos médias, le parti des bonnes questions s’enferre à nouveau dans les mauvaises réponses

Et qu »à l’ONU sur fond d’épuration religieuse du Moyen-Orient, c’est la présence même des juifs sur leurs lieux les plus sacrés qu’on dénie …

Devinez qui désormais l’on traine, entre deux attentats ou menaces islamistes, devant nos tribunaux débordés …

Pour après les « territoires perdus » de nos écoles et les « territoires interdits » de nos services publics …

Avoir osé évoquer le secret de polichinelle de l’origine proprement familiale de l’antisémitisme de nombre de nos chères têtes blondes ?

Affaire Bensoussan: au bal des faux-culs antiracistes

SOS Racisme et la Licra au secours du CCIF

Jacques Tarnero est essayiste et auteur de documentaires.

Causeur

04 février 2017

Georges Bensoussan et Pascal Brucker sont traînés devant les tribunaux pour avoir dénoncé l’antisémitisme culturel d’une partie du monde arabo-musulman, banlieues françaises comprises. C’est affligeant. Mais que dire des authentiques antiracistes qui se joignent au choeur des pleureuses?

La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles.

Le procès d’une métaphore 

Cette audience de douze heures devant la 17ème chambre correctionnelle est à marquer d’une pierre noire : la justice fit procès, au nom de l’antiracisme, à un historien ayant dénoncé par ses travaux, l’antisémitisme. On retiendra ce moment symbolique: ce Durban-sur-Seine, en tous points semblable à ce qui s’est déroulé l’été 2001, à Durban, en Afrique du sud, lors d’une conférence de l’ONU, censée dénoncer le racisme, ce sont des « mort aux juifs » qui furent scandés au nom de l’antiracisme. Cette agonie de la lucidité, drapée  dans les vertueux habits de la justice et de la vérité, signifie une effroyable défaite intellectuelle, morale et politique. Les derniers mots de Georges Bensoussan, à la fin de l’audience, ont donné toute l’intensité symbolique à ce moment : « Ce soir, Madame la présidente, pour la première fois de ma vie, j’ai eu la tentation de l’exil. » On ne saurait mieux dire l’accablement ressenti car il était déjà minuit passé dans ce siècle qui commence.

Du début de l’après-midi jusqu’à une heure du matin, ce fut un concentré des mauvaises passions de l’époque qui fut exposé, trituré, contesté, plaidé. « L’antisémitisme n’est pas une pensée, c’est une passion. », ces mots de Sartre conservaient toute leur pertinence au Palais de justice. De ces passions toujours vives, cette audience en fut le miroir. Toute l’œuvre de l’historien Georges Bensoussan a consisté à démasquer, à révéler, à mettre à jour, à raconter l’antisémitisme. Directeur éditorial de la Revue d’histoire de la Shoah, Bensoussan fouille depuis trente ans les labyrinthes multiples de cette passion. Mais ce que Bensoussan ne savait peut-être pas, c’est qu’il existait en France, en 2017, des interdits de penser.

Un antisémitisme tabou

On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. On a cru un temps que l’immense manifestation du 11 janvier où tout le monde fut « Charlie », c’était sans compter avec la Nuit debout des cervelles éteintes.

Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. C’est bien connu. Depuis Mohamed Merah, depuis le Bataclan et l’Hyper casher, ce vivre-ensemble s’épanouit de jour en jour. C’est donc pour réinjecter l’espoir et la fraternité dans la République, que le MRAP, la Licra, SOS Racisme et la LDH se sont associés au  CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), pour poursuivre devant la XVIIe chambre correctionnelle ce raciste voilé nommé Georges Bensoussan.

De quoi Bensoussan était-il présumé coupable ?

Dans l’émission Répliques du 10 octobre 2015, produite et animée par Alain Finkielkraut sur France Culture, Georges Bensoussan débattait avec Patrick Weil de l’état de la France. Les propos mis en cause furent les suivants : « (…) l’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ».

En octobre 2015, à la suite d’une pétition hébergée par Mediapart et signée par une quinzaine de personnes, le MRAP déclarait qu’il entendait  « faire citer Georges Bensoussan devant le tribunal correctionnel pour injures racistes et provocation à la haine et à la violence raciste ». De leur côté, les sites internet Palestine solidarité et Oumma.com s’étaient associés à ces dénonciations dans des termes d’une extrême violence. Oumma.com avait publié un texte signé Jacques-Marie Bourget dont on peut aujourd’hui saisir toute la menace: «  Je n’ai pas entendu dire que le CSA ou la direction de France Culture, s’ils existent encore, avaient rappelé Finkielkraut à ne pas propager haine et mensonge. Car si l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit, il doit en aller de même de l’islamophobie la plus grotesque et primaire. À Smaïn Laacher, qui n’est pas Gandhi, on pourrait faire remarquer que ce que les musulmans français « tètent », ce n’est pas l’antisémitisme mais d’abord le lait d’amertume, celui de l’injustice historique faite au peuple palestinien. Si personne ne vient crier « halte à la haine », armons-nous et préparons dès maintenant la guerre civile ».

Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations.

Crime contre la pensée juste

L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. Il ne faisait qu’exprimer à travers une métaphore ce que celui-ci déclarait: “donc cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ».

Nulle part on ne peut trouver trace d’arguments « biologiques» pour nourrir ces constats et leur prêter une valeur « raciste ». L’expression “téter avec le lait de la mère”, est d’un usage courant dans la langue française depuis plusieurs siècles. Georges Bensoussan, en s’y référant, avait usé métaphoriquement de l’expression « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ». Ce crime contre « la pensée juste », Bensoussan, douze heures durant, va en savourer les effets.

Ce procès fut un grand moment judiciaire

Georges Bensoussan fut donc d’abord interrogé par la Présidente du Tribunal, Fabienne Siredey-Garnier, sur ses propos mais aussi sur ses travaux. Rappelant qu’il travaille depuis vingt-cinq ans sur les sujets liés à la Shoah, au nazisme, à l’antisémitisme et plus généralement aux mécanismes conduisant à la haine de l’autre. Il a élargi son champ de recherches, notamment, sur le statut des juifs dans les pays musulmans. Bensoussan devait citer l’expression utilisée en 1965 dans la revue les Temps modernes par l’auteur marocain Saïd Ghallab. Sous le titre Les juifs vont en enfer, qui écrivait alors : « ... la pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi… ». Désormais, en France, toutes les enquêtes réalisées sur l’antisémitisme par la Fondation pour la recherche politique, comme les témoignages multiples recueillis dans son enquête collective Les territoires perdus de la République ou son dernier ouvrage Une France soumise, attestent d’une croissance des préjugés antijuifs chez les jeunes de culture musulmane. La récente enquête de l’Institut Montaigne révélant que 28% de ces mêmes publics estiment que la loi islamique (la charia) prime les lois françaises, confirme la radicalisation en cours.

Bensoussan rappelait le contexte du moment : l’enlèvement et l’assassinat de Ilan Halimi, en 2006, dont la justice avait nié dans un premier temps le caractère antisémite, les crimes de Mohamed Merah, les attentats de l’Hypercasher et du Bataclan. Les élèves juifs désertent les écoles et les lycées publics des quartiers dits « sensibles ». Bensoussan conclut cette première déposition par ces mots : « Est-ce moi qui dois me trouver devant ce tribunal aujourd’hui ? N’est-ce pas l’antisémitisme qui nous a conduits à la situation actuelle qui devrait être jugé ? »

Des parties civiles très politiquement correctes

Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade.

Quelques perles à charge contre Bensoussan méritent d’être rapportées : une éminente universitaire de Paris VIII, Nacira Guénif, déclara pour commenter les propos de Smain Laacher, que l’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit », et qu’il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant »….

Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». Plus tard, dans sa plaidoirie, l’avocat du CCIF interpellera l’historien : « Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? »

Les choses sont dites. Sous Bensoussan, l’ennemi subliminal est nommé : Israël, dont Bensoussan a écrit l’histoire du mouvement national, le sionisme. En attribuant à Bensoussan une volonté de destruction de «  tous les moments positifs entre juifs et arabes. N’est-il pas en train d’écrire une histoire qui peut servir à des milieux douteux ? C’est un destructeur des ponts entre juifs et arabes. » En rejoignant à son tour le camp du déni du réel la Licra et Sifaoui effectuent un inquiétant retournement.

Ce fut surtout un grand moment politique

Cité en défense de Bensoussan, Alain Finkielkraut présentait tout l’enjeu de ce procès: « Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! » La jeune procureure de la République, dans son réquisitoire, était-elle du côté de ceux qui essaient de penser la complexité du moment présent ou bien s’est-elle conformée aux mécanismes du politiquement correct, à  l’idéologie dominante ? On peut craindre le pire tant son propos était empreint des mots et des clichés déjà énoncés par les parties civiles. Revendiquant fièrement qu’elle était l’auteur de la décision de poursuivre Bensoussan en justice, elle justifiait ce choix par « le passage à l’acte dans le champ lexical » opéré par Bensoussan. Ce très chic déplacement du propos juridique vers le jargon linguistique, est un indicateur de la finesse intellectuelle de l’accusation.

En rappelant que Georges Bensoussan avait dirigé deux publications de la Revue d’Histoire de la Shoah, consacrés au génocide des Arméniens et à celui commis au Rwanda contre les Tutsis, Elisabeth de Fontenay tint à mettre en valeur dans son témoignage, les qualités d’ouverture intellectuelle de l’historien : son travail n’obéit pas à une vision communautariste des choses, bien au contraire, il a su mettre en valeur la folie universelle du XXe siècle comme siècle des crimes contre l’humanité, des massacres de masse et des totalitarismes génocidaires. C’est aussi ce que Yves Ternon vint confirmer. Pour cet ancien chirurgien ayant soutenu le FLN pendant la guerre d’Algérie, le soutien aux victimes des fascismes, du colonialisme ne se partage pas. Le crime contre l’humanité et sa négation forment un ensemble problématique pour penser les parts maudites de histoire contemporaine. Georges Bensoussan fait ce travail de fouilles ? quitte à exhumer des vérités dérangeantes. Regarder au plus près les discours ayant conduit au crime ou pouvant y conduire, est-ce cela qui est reproché à Bensoussan ? Elisabeth de Fontenay et Yves Ternon disent leur stupéfaction devant l’accusation faite à Bensoussan. C’est ce que le témoignage écrit de Pierre Nora, lu par la présidente du tribunal, vint confirmer : « Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ».

Faut-il désespérer de la justice de la République ?

Dans sa plaidoirie en défense de Bensoussan, M° Michel Laval fit d’abord part de sa stupéfaction devant le moment qu’il était en train de vivre : « Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! »

Il fit aussi remarquer plusieurs erreurs bien plus ordinaires dans la citation à comparaitre signifiée à Bensoussan : il y était question d’une émission de radio nommée « les Répliques » qui aurait eu lieu en novembre 2015 (et non pas en octobre)

En assimilant les propos de Bensoussan à ceux d’Eric Zemmour, Madame la procureure ne fit pas preuve de finesse. Sans doute les grandes causes ne s’embarrassent pas de détails, portées qu’elles sont par le souffle puissant de leur générosité. En voulant caricaturer Georges Bensoussan, en le présentant comme un réactionnaire raciste, le ministère public s’est aligné sur l’idéologie du célèbre « mur des cons » bien connu pour son impartialité.

De cette accumulation d’accusations diffamatoires, M° Laval, fit son miel. Le ton se fit ensuite plus ironique devant la sottise et la posture morale de l’accusation, devant la « traque des mots » alors que « dans ce palais de justice la valeur la plus importante c’était la liberté de penser ! » M° Laval dénonça le moment présent, celui de la « perversion du système judiciaire par l’idéologie » « Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? »

Le témoignage du grand écrivain algérien Boualem Sansal, lue par la présidente, vint conclure la défense de Bensoussan : « Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel… » Boualem Sansal écrit ensuite : « Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée ». Sera-t-il poursuivi à la XVIIe chambre ?

Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice.

L’étrange défaite

Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement?

Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste.

Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ».

Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits.

Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste.

Voir aussi:

GEORGES BENSOUSSAN : »Si les juifs ont quitté en masse le Maroc, c’est parce qu’ils avaient peur »
Le Point

24/01/2017

INTERVIEW. Pour Georges Bensoussan, la tolérance de l’islam n’est qu’un mythe. La preuve, les souffrances subies par les juifs en terre musulmane.
PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE GOLLIAU

Mercredi 25 janvier, Georges Bensoussan passe devant un tribunal pour avoir dit que l’antisémitisme des musulmans était une transmission familiale. À tort ou à raison ? Ce spécialiste de l’histoire des juifs d’Europe de l’Est et de la Shoah est un historien engagé. En 2002, il rédigeait la postface des Territoires perdus de la République (Fayard), où des professeurs de collège témoignaient de la violence des adolescents, de leur racisme, leur antisémitisme et leur sexisme. Lui-même sort chez Albin Michel Une France soumise, un ouvrage collectif préfacé par Élisabeth Badinter « herself », où enseignants, policiers, travailleurs sociaux disent pourquoi ils ne peuvent plus exercer leur métier dans les écoles et les banlieues. Toujours à cause de cette violence et de ce rejet de l’autre – et particulièrement du Juif – , qui ne font que s’accentuer. Mais cette haine, d’où vient-elle ? Pour l’historien, comme il l’explique dans Les Juifs du monde arabe. La question interdite, qui paraît également cette semaine chez Odile Jacob, elle est directement liée au statut du dhimmi, imposé par le Coran au juif et au chrétien, soumission imposée qui s’est perpétuée jusqu’à la période coloniale, et qui est resté dans les consciences, même s’il a officiellement disparu des États modernes.

Le Point.fr : Pour vous, contrairement à ce qu’affirment nombre d’historiens, les juifs n’ont pas été bien traités dans le monde musulman…
Georges Bensoussan : Oui, nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion.

Vous ne pouvez nier pourtant que les sionistes ont largement œuvré pour que les juifs viennent s’installer en Israël…
Bien évidemment, et comment le leur reprocher ? Ils voulaient renforcer leur jeune État. Mais à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile.
L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme que l’attitude du sultan du Maroc, par contraste, en apparaissait presque bienveillante !

Le sultan du Maroc a pourtant la réputation d’avoir protégé les juifs entre 1939 et 1945, quand le pays était contrôlé par le gouvernement de Vichy…
Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941.

Si c’est une légende, elle est pourtant entretenue dans les milieux juifs d’origine marocaine…
En partie, oui, et pour plusieurs raisons. L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada.
Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman
Le statut de « dhimmi » imposé aux chrétiens et aux juifs par le Coran explique-t-il l’antisémitisme que vous dénoncez ?
Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet.

Mais leur situation était-elle la même partout ? Les Juifs de Salonique ont prospéré sous les Turcs et ont vu leur statut se détériorer quand les Grecs orthodoxes ont pris le contrôle de la ville, en 1922…
En effet, il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs.
Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux

Vous dénoncez l’antisémitisme des émigrés de la troisième génération en France, ce qui vous vaut d’ailleurs un procès pour racisme intenté par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF).
J’ai effectivement été assigné pour « propos racistes », parce que, lors d’une émission de France Culture, et à propos d’une partie de l’immigration maghrébine, j’ai usé de la métaphore d’un « antisémitisme tété avec le lait de sa mère ». Je ne faisais pourtant, par cette formule, que reprendre celle utilisée par le sociologue Smaïn Laacher qui, dans un documentaire diffusé sur France 3, parlait d’un antisémitisme « quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue […]. Bon, mais ça toutes les familles arabes le savent ! C’est une hypocrisie monumentale de ne pas voir que cet antisémitisme, il est d’abord domestique […] comme dans l’air qu’on respire ». Ces deux métaphores disaient la même chose, une transmission culturelle et non génétique : le lait n’est pas le sang. À ceci près que l’une est dite par un Arabe, l’autre par un juif. L’indignation est sélective… Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence.

Vos collègues vous reprochent de manquer de l’objectivité indispensable à l’historien…
Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante.

Les Juifs du monde arabe. La question interdite, Odile Jacob, 167 pages, 21,90 euros
Une France soumise – Les voix du refus, Albin Michel, 2017, 664 pages, 24,90 euros

Voir également:

Valeurs actuelles

8 février 2017

Islamisation. Selon une étude de l’institut britannique Chatham House repérée par RT, plus de la moitié des Européens sont d’accord avec l’idée de stopper l’immigration en provenance des pays à majorité musulmane.

 C’est ce que Donald Trump avait promis pendant la campagne présidentielle, et qui avait fait hurler tant de commentateurs : stopper l’immigration en provenance de certains pays à majorité musulmane, pour réduire la menace terroriste qui pèse sur les Etats-Unis. Depuis son élection, le décret pris par le président suscite l’indignation et l’opposition d’une large partie de la classe politique américaine, malgré le sceau apposé par le suffrage.

“Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”

Une telle mesure pourrait-elle être prise en Europe ? Le vieux continent a été touché depuis deux ans par une série d’attentats terroristes, commis le plus souvent par des individus visés par le controversé décret anti-immigration.

Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant.

“Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir”

Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”.

Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ.

Voir enfin:

The Jewish Chronicle

February 7, 2017

French Jewish scholar Georges Bensoussan is being sued by Muslim anti-racism groups for saying in a radio debate: “In French Arab families, babies suckle antisemitism with their mothers’ milk.”

Mr Bensoussan, who is the editor of the magazine The Shoah History Review, said he was roughly quoting Algerian sociologist Smain Laacher, but the groups suing him claim his statements amounted to incitement to hatred.

In a Paris court last week, Mr Bensoussan argued that many Muslim scholars “have said the same things that I have but they’re not being sued”.

Several scholars testified at the stand, some saying they were outraged to see Mr Bensoussan in court, others saying the historian had crossed red lines.

“I was shocked by his words. I am an Arab and I’m not an anti-Semite. My family has never taught me to hate Jews,” said journalist Mohamed Sifaoui. “I sent emissaries to Georges Bensoussan to ask him to apologize to those he has hurt but he refused. He’s a historian he should be more subtle. Of course many Muslims are anti-Semitic. Saying otherwise would be dishonest. But there are also Muslims who fight antisemitism. Denying that is also dishonest.”

But the judge noted that Mr Sifaoui himself had written in an article that “Arabs don’t visit Auschwitz” and that Arabs are either “swamped by a culture of indifference” or “they suckle on anti-Semitic hatred nipples”.

“My expression is completely different from the one Bensoussan used,” replied Mr Sifaoui.

“Many Muslim scholars have said the same things that I have but they’re not being sued. That’s racism!” argued Mr Bensoussan.

“I’m surprised I have to defend him in front of a court,” said philosopher Alain Finkielkraut who hosts the radio show on which Mr Bensoussan made the controversial statement. “Anti-racist groups want to ban all thought and debate. They say we’re accusing a whole community but Bensoussan says he’s fighting for integration. He’s quoting Arab scholars. If he’s convicted it would be an intellectual and moral catastrophe. Denying reality will only bring more division and hatred.”

“Georges Bensoussan is not a bigot. He signed petitions for peace in the Middle East. He dedicated several issued of the Shoah memorial magazine to the Armenian and Rwandan genocides. He’s denouncing a problem that exists. All those who cherish democracy should thank him,” said retired Professor Elisabeth de Fontenay.

Historian Yves Ternon, who has studied the Armenian genocide said he admired Mr Bensoussan. “We’ve worked together for decades, studying the scientific similarities between genocides,” said Ternon. “You know revisionists have tools: one of them is to accuse those who accuse them. Bensoussan is a whistleblower. When hatred against Jews spreads, everyone gets hurt.”

The judge read out a study showing that the far-right and Muslims tend to have antisemitic beliefs.

He said: “Nineteen per cent of the French population believes Jews have too much political power. The share is at 51 per cent among Muslims and 63 per cent among religious Muslims.”

“I don’t believe in that study but it’s true that among Muslims we use the expression ‘Jew – sorry!’ to disapprove of something. However that’s not really hatred. It’s an old expression which isn’t really considered as a hate insult today,” said Nacera Guenif, a sociologist testifying against the historian. “What’s important is that Mr Bensoussan is spreading a dangerous theory. When you say all Muslims behave in a bad way, you encourage suspicion that can lead to hate and violence. When you’re a historian, when you have a popular radio show you also have responsibilities.”

Mr Bensoussan told the court he had apologised several times to those who were hurt by his comments. He said he did not mean to generalise his remarks to all Muslims.

The court is due to rule on March 7.

Voir par ailleurs:

La victoire de l’Orientalisme
Richard Landes
(publié dans le Middle-East Quarterly du site Middle East Forum)
Hiver 2017
Traduction Magali Marc/Dreuz
The Augean Stables
29 janvier 2017

Que l’on considère l’impact d’Edward Saïd (1935-2003) sur le monde universitaire comme un grand triomphe ou comme une tragique catastrophe, peu de gens peuvent remettre en question l’étonnante portée et la pénétration de son magnum opus, L’Orientalisme.

En une génération, une transformation radicale a dominé les études du Moyen-Orient : une nouvelle catégorie d’universitaires «post-coloniaux», ayant une perspective libératrice et anti-impérialiste, a remplacé une génération d’érudits que Saïd a dénigrés en les traitant d’«Orientalistes».

Cette transformation ne se limitait pas aux études du Moyen-Orient : Saïd et son paradigme post-colonial réunissaient un large éventail d’acolytes dans de nombreux domaines des sciences sociales et humaines.

Pourtant, quand on examine les événements des deux dernières décennies, on peut dire que les héritiers académiques de Saïd se sont plantés de façon spectaculaire dans leurs analyses et prescriptions concernant la façon dont il fallait s’y prendre pour régler les problèmes du Moyen-Orient.

Nulle part cela n’a été aussi évident que dans la lecture erronée du désastreux «processus de paix» israélo-palestinien d’Oslo et des fameux «printemps arabes» qui se sont rapidement détériorés en vagues de guerres tribales et sectaires, créant des millions de réfugiés, dont beaucoup ont littéralement détruit les malheureux rivages de l’Europe.

Une grande partie de cet échec peut être attribuée aux restrictions imposées par la pensée postcoloniale sur la capacité de discuter de la dynamique sociale et politique du Moyen-Orient. Si les experts et les journalistes ont été hypnotisés par les perspectives de paix arabo-israélienne et le mirage d’une vague de démocratisation arabe, c’est en partie parce qu’ils avaient systématiquement sous-estimé le rôle de la culture d’honneur et de honte dans les sociétés arabes et musulmanes et son impact sur la religiosité islamique.

La dynamique «honneur-honte» dans les dimensions politique et religieuse
Les termes honneur-honte désignent des cultures où l’acquisition, l’entretien et la restauration de l’honneur public triomphent de toutes les autres préoccupations.

Alors que tout le monde se soucie de ce que les autres pensent et veut sauver la face même si cela signifie mentir, dans les cultures d’honneur et de honte, ces préoccupations dominent le discours public : il n’y a pas de prix trop élevé à payer– y compris la vie– pour préserver l’honneur.

Dans de telles cultures politiques, l’opinion publique accepte, attend, exige même que le sang soit versé pour l’honneur.

Dans de telles sociétés, quand les gens critiquent publiquement ceux qui sont au pouvoir– ceux qui ont l’honneur– ils attaquent leur être même. Si ces derniers ne répondaient pas– de préférence par la violence– ils perdraient la face.

Les sociétés autoritaires permettent donc à leurs mâles dominants de supprimer violemment ceux dont les paroles les offensent.

Conséquemment, les cultures d’honneur et de honte ont une immense difficulté à tolérer la liberté d’expression, de religion, de la presse tout autant que de traiter avec les sociétés qui pratique cette tolérance.

Dans les cultures où les gens se font eux-mêmes justice, cette insistance sur l’honneur peut signifier tuer quelqu’un qui a tué un parent, et dans la culture japonaise, l’honneur peut signifier se suicider.

Cependant, dans certaines cultures d’honneur, cette préoccupation signifie tuer un membre de la famille pour sauver l’honneur de la famille. Le «jugement public», dont le verdict détermine le sort de la communauté demeure le vecteur qui motive le besoin de sauver la face, et définit les façons de faire. Le terme arabe pour «commérage» est kalam an-nas, (la parole du peuple), qui est souvent sévère dans son jugement des autres.

À ce sujet, le psychologue Talib Kafaji a écrit :

«La culture arabe est une culture de jugement, et tout ce qu’une personne fait est sujet au jugement… induisant de nombreuses peurs… avec de graves conséquences sur la vie individuelle. Éviter ce jugement peut être la préoccupation constante des gens, presque comme si toute la culture était paralysée par le kalam [an] –nas.»

Autrement dit, dans la société arabe, tous les individus sont les otages les unes des autres.

En dépit de sa résonnance «orientaliste», cette attention à un jugementalisme paralysant et omniprésent fournit des aperçus importants sur les dysfonctionnements du monde arabe d’aujourd’hui.

Les cultures d’honneur et de honte ont tendance à être à somme nulle : les hommes d’honneur gardent jalousement leur honneur et considèrent l’ascension des autres comme une menace pour eux-mêmes. Dans les cultures à somme nulle de «bien limité», l’honneur pour une personne signifie la honte pour les autres. Si l’autre gagne, vous perdez. Afin que vous ayez le dessus, l’autre doit perdre.

Ceux qui sont juste en dessous continuent de défier ceux qui sont juste au-dessus, et l’ascension n’est possible que par l’agression. Tu n’es pas un homme tant que tu n’as pas tué un autre homme. La prise des biens d’autrui –par le vol ou le pillage– est supérieure à la production. Domine ou soit dominé. Le visage noirci (de la honte) est lavé dans le sang (de l’honneur).

Cette même mentalité dite «à somme nulle», «gouverne-ou-soit-gouverné», qui domine la plupart des interactions dans la politique des cultures d’honneur et de honte, a son analogie dans la religiosité du triomphalisme, la croyance que la domination de sa religion sur les autres constitue la preuve de la vérité de cette religion.

De la même manière que les chrétiens ont pris la conversion de l’Empire romain au Christianisme comme un signe que leurs revendications sur les Juifs avaient triomphé ; les musulmans triomphalistes, dans une expression suprême de la religiosité inspirée par l’honneur, croient que l’islam est une religion de domination destinée à gouverner le monde.

Cette dynamique d’honneur et de honte explique en grande partie l’hostilité arabe et musulmane envers Israël, ainsi qu’envers l’Occident.

Israël, un État de Juifs libres (c’est-à-dire, des infidèles non-dhimmis), vivant à l’intérieur du Dar al-Islam historique (royaume de la soumission), constitue un blasphème vivant. La capacité d’Israël à survivre aux efforts répétés des Arabes pour le détruire constitue un état permanent de honte arabe devant toute la communauté mondiale. Cela fait de l’hostilité musulmane triomphaliste envers Israël un cas particulièrement grave d’une hostilité généralisée envers les infidèles et les musulmans «modérés».

Tout effort pour comprendre ce qui se passe dans le monde arabe aujourd’hui doit tenir compte de cette dynamique religio-culturelle.

Pourtant, dans l’ensemble, cette dynamique n’est pas seulement ignorée, mais ceux qui en parlent sont réprimandés pour (prétendument) contribuer à aggraver le conflit plutôt que de le comprendre.

Une grande partie de cette ignorance (à la fois active et intransitive) remonte à Saïd, qui a fait de l’analyse «honneur-honte» un péché «orientaliste» particulièrement impardonnable.

Avant même que n’arrive la contribution de Saïd, l’anthropologie s’était éloignée de cette analyse. Lui en a fait un dogme. A tel point que, dans le dernier tiers du XXe siècle, il est devenu paradoxalement honteux– voire raciste– qu’un anthropologue discute de l’«honneur et de la honte» arabe ou musulmane.

La honte de Saïd et la désorientation de l’Occident
L’Orientalisme de Saïd a exploité une tendance occidentale à l’autocritique morale concernant l’analyse des autres cultures, dans le but de protéger son peuple de la honte. Pour lui, la critique des Arabes ou des musulmans reflète les préjugés ethnocentriques de l’Occident et de son projet culturel discriminatoire de domination impérialiste.

Ce n’était pas ce que les orientalistes croyaient faire, eux pensaient qu’ils offraient des observations précises concernant les caractéristiques et les conditions d’une autre culture et de son histoire.

Pour Saïd, au contraire, tout contraste entre les cultures de l’Occident démocratique et celles des Arabes et des musulmans– certainement ceux qui montraient ces derniers sous une lumière peu flatteuse– étaient des exemples lamentables de xénophobie hostile dirigée contre des «inférieurs», et ne pouvaient pas constituer une réflexion sur une réalité sociale.

À propos du dix-neuvième siècle, Saïd a écrit : «Tout Européen qui parlait de l’Orient était raciste, impérialiste et presque totalement ethnocentrique».

Saïd a lancé un plaidoyer en faveur d’une alternative : il fallait à tout prix éviter d’orientaliser l’Orient, encore et encore.

Sans l’«Orient» il y aurait des érudits, des critiques, des intellectuels, des êtres humains pour lesquels les distinctions raciales, ethniques et nationales seraient moins importantes que l’entreprise commune dans la promotion de la communauté humaine.

Bien compris, cet appel demande aux chercheurs de ne pas parler de différences ethniques, raciales ou religieuses, alors que la plupart des moyen-orientaux vous diront que ce sont des questions culturelles très importantes pour eux.

Ainsi, dans la nouvelle édition d’«Orientalisme» publiée en 1994, SaÏd se plaignait-il de la focalisation croissante de l’Occident sur le danger que représente l’islam : «les médias électroniques et imprimés ont été inondés par des stéréotypes dégradants qui amalgament l’islam et le terrorisme, les Arabes et la violence, l’Orient et la tyrannie.»
Ces phénomènes, insistait Saïd, ne faisaient pas partie de l’ensemble de l’image et se concentrer sur eux «était humiliant et déshumanisant pour les gens en situation d’infériorité… qui se trouvaient niés, supprimés, déformés.»

En substance, Saïd exhortait ses collègues non-musulmans à ignorer les questions mêmes qu’ils avaient le plus besoin de comprendre afin de suivre les développements du XXIe siècle.

De ce fait, les facteurs qui prédominent aujourd’hui dans la culture politique arabe et musulmane– le zèle religieux, la violence, le terrorisme, l’autoritarisme débridé et l’exploitation des faibles, y compris des femmes, des réfugiés et bien sûr de ces victimes permanentes de la culture politique arabe, les Palestiniens, ne doivent pas être mentionnés parce que cela déprécierait les Arabes et les musulmans et les heurterait dans leur sensibilité.

Ceux qui violent ces nouvelles directives anti-orientalistes déclenchent la colère de ceux qu’ils critiquent et les protestations véhémentes, quoique moins violentes, de leurs concitoyens, les accusant lorsqu’ils critiquent l’islam de faire preuve de racisme et de rejeter le blâme sur les victimes. Ceux qui critiquent le discours haineux musulman sont accusés d’aggraver le conflit.

Ainsi, les traits que les esprits racistes ont développés en Orient et qui font leur force, ne sont discutés qu’à contrecœur par les mandarins des études du Moyen-Orient et les universitaires post-coloniaux, et seulement quand ils sont poussés à le faire, principalement pour les minimiser. Avec pour conséquence, que les auditoires occidentaux demeurent à ce jour mal informés sur les Arabes et sur les musulmans.

Alors que Saïd a formulé sa critique de l’Occident en termes postmodernistes et humanistes, elle pourrait bien être reformulée en fonction de la dynamique culturelle de l’honneur et de la honte. Le «kalam an-nas»– l’opinion publique dont la désapprobation est si douloureuse– contribue à expliquer la direction qu’a prise la pensée de Saïd menant à l’orientalisme.

En tant qu’Arabe qui a connu un grand succès en se servant des règles occidentales, entouré de collègues admiratifs (son «monde d’honneur»), Saïd a vécu la défaite arabe catastrophique de la guerre des Six Jours de 1967 comme une «punition du destin».

Le tissu de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique, d’idéologie déshumanisante qui règne chez les Arabes ou les musulmans est très fort, et c’est ce tissu que chaque Palestinien en est venu à ressentir comme étant son destin exclusif et punitif.

Aucun universitaire américain ne s’était identifié sans réserve avec les Arabes culturellement et politiquement.

Il y a certainement eu des identifications à un certain niveau, mais elles n’ont jamais pris une forme «acceptable» comme l’a fait l’identification de la gauche américaine avec le sionisme.

En tant que «Palestinien», Saïd avait perdu la face dans cette catastrophe. Sa réponse d’honneur ne fut pas de porter un regard autocritique sur les attitudes et les acteurs arabes qui avaient contribué à la fois à cette guerre inutile et à cette défaite catastrophique, mais fut plutôt d’exprimer sa colère envers ceux qui pensaient du mal des Arabes et qui prétendaient occuper le haut du pavé en matière de morale.

En conséquence, il ne s’est pas préoccupé de savoir si la cause palestinienne qu’il soutenait «sans réserve» en souhaitant que les autres suivent reflétait (ou dédaignait) les valeurs de la gauche auxquelles il avait fait appel.

Pour celui qui défend son honneur, la défense d’un côté ou un autre dans un conflit n’est pas basée sur l’intégrité ou sur les valeurs de la gauche, mais sur l’idée de sauver l’honneur, sur la façon dont on sauve la face.

Il n’est donc pas surprenant que peu de sujets aient autant enflammé Saïd que la discussion sur le rôle de la culture arabe dans la recherche, le maintien et la reconquête de l’honneur et l’évitement et l’élimination de la honte.

Étant donné que des traits culturels tels que le patriarcat misogyne, les homicides d’honneur, les querelles sanglantes, l’esclavage, les massacres de civils, etc., ne semblaient pas très bons aux gauchistes occidentaux, Saïd devait sauver la face arabe en évitant ce regard occidental hostile.

Il a eu l’idée brillante de rendre honteux pour les universitaires occidentaux le fait même de se référer à ces questions dans la discussion du monde arabe, en qualifiant ce type de questionnement de raciste.

Ses règles du jeu de l’orientalisme, au contraire, exigeaient une action positive et morale. En conséquence, Saïd et ses acolytes réprimandaient quiconque osait expliquer l’obsession périlleuse musulmane arabe de détruire Israël en termes de questions culturelles. «Comment osez-vous les traiter comme un groupe de sauvages, d’irréductibles, de fous superstitieux qui se nourrissent de fantasmes de vengeance génocidaire pour rétablir l’honneur perdu et retrouver leur situation de domination ?!»

Au contraire, disait Saïd «la relation entre Arabes, musulmans et terrorisme» que tant d’orientalistes établissent est «entièrement factice».

Pour tout outsider, soupçonner les dirigeants palestiniens (ou Arabes ou musulmans) de comportements belliqueux constitue pour les post-coloniaux, une agression inacceptable, une forme de racisme. Selon eux, le conflit concerne l’impérialisme israélien et la résistance naturelle qu’il provoque.

Grâce à cette brillante sauvegarde de la «face» arabe, à cette façon d’utiliser le kalam an-nas, l’orientalisme de Saïd a su contourner les vecteurs du jugement négatif paralysant.

D’une part, cette défense protégeait les Arabes des critiques publiques, de l’autre, elle faisait de l’Occident «impérialiste» (et de son avant-garde supposée les «colons» israéliens), l’objet d’une critique implacable.

Son succès à cet égard a donné naissance à une génération de spécialistes du Moyen-Orient, y compris des universitaires, qui ont décrit les mondes arabe et musulman comme des «sociétés civiles florissantes», d’imminentes «démocraties» tout en décrivant l’Occident comme un monde raciste, impérialiste, qui a besoin d’être déconstruit, théoriquement et pratiquement.

Un tel mouvement a peut-être flatté l’image que les Arabes et les Occidentaux (gauchistes) avaient d’eux-mêmes, mais il a eu pour prix l’ignorance des réalités plus sombres sur le terrain.

Pourtant, pour beaucoup, cette ignorance semblait être un faible prix à payer. Après tout, le cadre de référence de Saïd offrait aux progressistes pacifistes un moyen d’éviter le choc des civilisations.

Donner aux Arabes et aux musulmans le bénéfice du doute, les traiter avec honneur plutôt que de les inciter gratuitement à la critique, voilà la façon de résoudre les conflits et d’apporter la paix.

Les éducateurs occidentaux qui adoptaient le discours de Saïd considéraient ses thèses comme une sorte de récit thérapeutique qui, en accentuant le positif et en dissimulant le négatif, encourageait l’autre plutôt que de l’aliéner.

Il s’agissait, entre autres, de traiter les Arabes et les musulmans comme si leur culture politique avait déjà atteint ce niveau de modernité, d’engagement sociétal envers les droits universels de l’homme, de paix par la tolérance, d’égalitarisme. Tout cela dans le but de favoriser les relations positives– alors qu’en réalité, une telle évaluation n’était pas objective.

Le monde postmoderne ne peut pas être (est même très éloigné) de toute évaluation objective (ce que, présumément, il prétend être).

De la «Paix» d’Oslo au Jihad
Peu de débâcles illustrent mieux la folie qui consiste à ignorer la dynamique de la honte et de l’honneur que le «processus de paix» d’Oslo qui a fondé sa logique sur le principe d’un échange de «terre pour la paix» : Israël céderait des terres aux Palestiniens (la plus grande partie de la Judée/Samarie et Gaza) afin de créer un État indépendant et les Palestiniens enterreraient la hache de guerre puisqu’ils obtiendraient ce qu’ils voulaient sans avoir à se battre.

Ainsi, les accords d’Oslo changeraient l’engagement palestinien défini par leur charte, de reconquérir l’honneur arabe et musulman en effaçant la honte qu’est Israël, et les amèneraient à accepter la légitimité de l’existence de l’État hébreu.

Un tel changement dépendait de la compréhension de ce que cette concession promise à Israël amènerait, étant donné que les Palestiniens «aspirent», à la liberté de se gouverner dans la paix et la dignité. Cela semblait être un contrat gagnant-gagnant si évident, que, comme Gavin Esler de la BBC l’avait déclaré, «le conflit allait être résolu avec un courriel.»

Ce que les architectes d’Oslo et leurs partisans occidentaux ont si complètement sous-estimé, c’est l’emprise que l’univers basé sur l’honneur aurait sur le président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat.

Ce manque de perspicacité a non seulement dominé la pensée dans les cercles occidentaux (eux qui n’étaient pas mis en danger par un tel pari), mais avait aussi cours dans les cercles politiques et du renseignement israélien, qui eux avaient beaucoup à perdre.

Il est clair que ce n’est pas seulement la direction politique d’Israël qui a été prise en otage par la conception chimérique de l’instauration d’une ère de paix avec l’Autorité palestinienne. Le système de sécurité militaire et le service de sécurité Shin Bet ont eu des difficultés à se libérer du même sentiment. Les fonctionnaires du renseignement n’étaient pas toujours disposés à laisser les faits perturber leur perception idéalisée de la réalité.

Le simple fait que les analystes occidentaux et israéliens aient négligé de leur prêter attention, cependant, ne signifie pas que les règles d’honneur et de honte aient cessé d’opérer.

Après la cérémonie de signature de l’entente sur la pelouse de la Maison-Blanche, le président de l’OLP, Arafat, s’est trouvé la cible d’une immense hostilité de la part de son groupe d’honneur arabe et musulman pour avoir porté la honte à tous les Arabes et à tous les musulmans.

Lorsqu’il est arrivé à Gaza en juillet 1994, le Hamas l’a dénoncé en ces termes : «Sa visite est honteuse et humiliante, car elle se produit dans l’ombre de l’occupation et à l’ombre de la soumission humiliante d’Arafat devant le gouvernement ennemi et sa volonté. Il veut présenter une défaite comme une victoire.»

Edward Saïd, fier membre du Conseil national palestinien, semi-parlement de l’OLP, a fait écho aux paroles du Hamas : les compromis impliquaient un acte humiliant et «dégradant… d’obéissance… Une capitulation… qui a produit un état d’abjection et d’obéissance… se soumettant honteusement à Israël.»

Ainsi l’intellectuel «post-colonial» a utilisé le langage tribal à somme nulle d’honneur et de honte arabe et musulmane, attaquant la négociation comme déshonorante. C’était la langue même dont les Occidentaux évitaient de discuter de peur qu’ils n’«orientassent l’Orient».

Et pourtant Arafat a utilisé le même langage d’honneur et de honte en arabe, dès que les accords ont été signés et que le Prix Nobel a été accordé.

Six mois après son retour de Tunisie en juillet 1994 à ce qui était devenu un territoire sous contrôle palestinien grâce aux accords d’Oslo, il a défendu sa politique devant des musulmans d’Afrique du Sud, non pas en parlant de la «paix des braves», mais plutôt en invoquant le traité de Mahaybiya de Muhammad, signé quand il était en position de faiblesse, rompu quand il fut en position de force.

Dans la mesure où les Arabes avaient accepté le processus d’Oslo, ils le considéraient comme un cheval de Troie, non pas comme une concession (nécessairement) humiliante. Un projet de guerre honorable et non pas de paix ignominieuse.

Dans les cultures où, pour l’honneur, «ce qui a été pris par la force doit être repris par la force», toute négociation est forcément honteuse et lâche.

De façon générale, les journalistes et les décideurs occidentaux, y compris le «camp de la paix» en Israël, et même les services de renseignement, ont ignoré les invocations répétées d’Arafat à Hudaybiya.

Les partisans de la paix les considéraient comme des railleries conçues pour apaiser l’opinion publique (en elle-même une chose qui méritait qu’on y réfléchisse) et étaient persuadés que, finalement, l’appel plus mature de la communauté internationale placerait Arafat du côté de la raison positive. Les praticiens du «journalisme de paix» en Israël, par exemple, ont délibérément évité des nouvelles décourageantes de ce genre et le sens de Hudaybiya en particulier.

Dans son mémoire de 800 pages sur l’échec d’Oslo, Dennis Ross, l’envoyé américain du Moyen-Orient le plus impliqué dans les négociations avec la direction palestinienne, n’a pas eu un mot à dire sur la controverse de Hudaybiya, en dépit du fait qu’il avait correctement jugé le comportement problématique d’Arafat et son «échec à préparer son peuple aux compromis nécessaires à la paix».

Le péché d’Arafat n’était pas d’omission, mais de commission : il préparait systématiquement son peuple à la guerre sous le nez des Israéliens et de l’Occident.

Plutôt que d’examiner les conséquences de cette contre-preuve, ceux qui appuyaient le processus attaquaient quiconque y attirait l’attention.

Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), une soi-disant organisation de défense des droits civils musulmans ayant des liens avec les mêmes confréries musulmanes dont le Hamas est une branche, a mené l’attaque au nom de la protection de la réputation du prophète Muhammad.

Daniel Pipes a écrit plusieurs textes concernant le discours de la mosquée de Johannesburg et le sens du traité de Hudaybiya, ainsi que sur les problèmes rencontrés par les Occidentaux quand ils osaient soulever ce sujet.

En dépit de son insistance à se montrer juste envers le prophète musulman sur des bases historiques, les écrits de Pipes lui ont amené une volée de condamnations furieuses et une accusation précoce d’islamophobie.

Les protestataires interdisaient essentiellement aux critiques d’examiner les preuves pertinentes à leurs préoccupations pressantes. Au lieu de cela, les enthousiastes de la paix voyaient Arafat et les dirigeants palestiniens comme des acteurs modernes à part entière qui souhaitaient avoir leur propre pays et leur liberté, et auxquels on pouvait faire confiance pour le respect de leurs engagements.

La plupart pensaient qu’Arafat, quand l’occasion se présenterait, choisirait l’imparfait, la somme positive, le gagnant-gagnant, plutôt que la somme nulle, tout ou rien, gagnant-perdant.

Ils «avaient foi» en la direction palestinienne et faisaient honte à quiconque osait suggérer que les Palestiniens s’accrochaient encore fermement à leur désir atavique de vengeance.

Ainsi, alors que Jérusalem et Washington se préparaient à une grande finale du processus de paix à Camp David à l’été 2000, alors même que les médias israéliens préparaient leur peuple à la paix, les médias d’Arafat préparaient les Palestiniens à la guerre. Et aucun des principaux décideurs n’y a porté attention.

L’incapacité à comprendre la dynamique du maintien de l’honneur (en luttant contre Israël) et à éviter la honte (provoquée par le compromis avec Israël) a condamné Oslo à l’échec dès le départ.

Les gens impliqués, qui pensaient que les deux parties étaient «si proches» et que si seulement Israël avait donné plus, les accords auraient réussi, ont été dupés.

Pour les décideurs palestiniens, ils n’ont jamais été proches. Même une entente réussie aurait mené à plus de guerres.

En effet, selon cette logique, plus l’accord favorisait les Palestiniens– c’est-à-dire, plus les Israéliens étaient affaiblis– plus l’agression accompagnerait leur mise en œuvre.

Une fois qu’Oslo a explosé, les Occidentaux qui se sont accrochés à leurs fantasmes ont continué à mal comprendre les événements ultérieurs.

Au lendemain du «non» retentissant mais prévisible d’Arafat à Camp David en juillet 2000, et à plusieurs reprises après le déclenchement de sa guerre de terreur (minimisée en tant qu’«Intifada al-Aqsa») fin septembre, les apologistes ont fait des efforts héroïques afin d’interpréter son comportement comme étant rationnel et d’ignorer sa planification délibérée de la guerre de terreur, et ont blâmé Israël.

Dans le cadre de la contre-attaque, les critiques à l’encontre d’Arafat, en particulier pour son comportement caractéristique de la culture d’honneur et de honte, ont suscité des cris de racisme.

Par exemple, lors d’une interview avec l’universitaire israélien Benny Morris, l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak se plaignait des mensonges systématiques d’Arafat, qui faisait de chaque discussion un calcul entre la dénonciation des mensonges ou l’idée de les ignorer et d’accepter de se mettre en position de faiblesse.

Ces remarques ont agacé les observateurs du Moyen-Orient, Hussein Agha et Robert Malley :

Les mots de [Barak] dans l’entretien initial étaient sans équivoque. «Ils sont le produit d’une culture dans laquelle dire un mensonge… ne crée pas de dissonance». «Ils ne souffrent pas du problème du mensonge tel qu’il existe dans la culture judéo-chrétienne. La vérité est perçue comme non pertinente.» etc. Mais, clairement, la précision factuelle et la cohérence logique n’étaient pas souhaitées par Morris et Barak. Ce qui importe, c’est l’autojustification de quelqu’un qui a choisi de faire carrière– et peut-être de revenir– en se livrant à la vilification d’un peuple tout entier».

C’est du classique Edward Saïd : attaquez les motifs de vos critiques (souvent par projection) ; clamez que vous subissez une blessure morale à cause de l’insulte, et dans le processus, détournez l’attention de la précision des remarques orientalistes.

Bien qu’appuyées sur des preuves tangibles de l’utilisation étendue et typiquement palestinienne de mensonges évidents lors des négociations, l’accusation de Barak devenait, dans les mains des apologistes d’Arafat, la «vilification d’un peuple entier».

Le succès de cette utilisation de ce que l’on pourrait appeler la «carte raciste» signifie que la littérature académique sur le mensonge dans la culture arabe, qui devrait couvrir les murs des bibliothèques (du moins dans les bibliothèques de nos services de renseignement) est sérieusement sous-développée. Si Oslo a échoué, c’est principalement parce que les Israéliens et les Américains ont refusé de croire que les Palestiniens leur mentaient –d’un bout à l’autre du processus.

Ignorance de la quête du califat
Pour cette raison, et bien des raisons analogues, lorsque les djihadistes sont sortis du ventre du cheval d’Oslo à la fin de septembre 2000, trop d’Occidentaux, désireux d’interpréter la violence comme le «désespoir» des combattants de la liberté dont les droits ont été niés, ont ignoré les preuves à l’effet qu’Arafat avait planifié la guerre, et ont jeté le blâme sur Israël.

En conséquence, de nombreux journalistes et spécialistes, qui ont dit à leurs auditoires occidentaux que l’Intifada al-Aqsa était un soulèvement national de libération contre l’occupation, semblaient n’avoir aucune idée (ou s’ils en avaient une, ont choisi de ne pas la révéler) que dans l’esprit de plusieurs de ces combattants l’intifada al-Aqsa était le lancement d’une nouvelle phase de djihad global apocalyptique dont l’objectif messianique était un califat mondial pour lequel la terreur des attaques suicides constituait l’arme la plus nouvelle et la plus puissante.

La réaction indifférente, voire négative, de la communauté d’experts aux premières études de la pensée apocalyptique du Hamas dans les années 1990, signifiait que la sphère publique occidentale allait devoir attendre la seconde décennie du XXIe siècle pour découvrir que le djihad global qui a créé un califat dans des parties substantielles de la Syrie et de l’Irak et qui ciblait les infidèles dans leur propre pays, était issu des mêmes visions apocalyptiques.

En fait, la plupart des observateurs ne savent toujours pas comment les djihadistes mondiaux ont exploité l’Intifada al-Aqsa pour alimenter leurs campagnes et leur recrutement.

Ainsi, au lieu de se méfier de ce nouvel impérialisme religieux violent et de condamner les opérations de martyre sauvage du djihad, les journalistes européens diffusent sa propagande de guerre antisioniste en tant que nouvelle tandis que les progressistes européens le saluent et l’encouragent.

Désinformés par les reportages des médias en avril 2002 du massacre supposé des forces de défense israéliennes à Jénine, les manifestants occidentaux marchaient dans les rues avec des simulations de ceintures explosives pour montrer leur solidarité avec les «martyrs» du Hamas.

Après la guerre du Liban en 2006, des savants comme la pacifiste Judith Butler, ont accueilli le Hamas et le Hezbollah dans la «gauche progressiste mondiale» en tant que «camarades dans la lutte anti-impérialiste».

Les progressistes malheureusement mal informés ont accueilli avec enthousiasme un djihad qui frappait alors Israël, mais qui maintenant hante le monde entier, et en particulier le monde musulman.

Les professionnels de l’information occidentaux– journalistes, experts, analystes politiques, même traducteurs– ont été tellement aveuglés par leur propre rhétorique post-coloniale, qu’ils ont été incapables d’identifier l’islam triomphaliste qui a constamment augmenté son élan vers un califat mondial dans cette génération et ce siècle.

S’ils se sont rendu compte de la présence de ces musulmans impérialistes, ils refusent d’en parler et attaquent quiconque le fait. Cette attitude prédominante a gravement endommagé la capacité de l’Occident à distinguer entre les faux modérés qui veulent réduire les infidèles du monde entier à la dhimmitude et les modérés qui veulent vraiment vivre en paix avec les non-musulmans.

Presque tout le monde conviendra que ces djihadistes qui recourent à l’épée, comme Al-Qaïda ou l’État islamique, ne sont pas des modérés.

Mais qu’en est-il de ceux qui s’en tiennent au da’wa (sommation à la conversion), et qui travaillent de manière non violente dans le même but ultime de rétablir le califat ?

Quand Yusuf Qaradawi des Frères Musulmans dit que «les États-Unis et l’Europe seront conquis non pas par le djihad, mais par le da’wa», cela fait-il de lui un modéré ? Et si le prédicateur du da’wa jouait juste au bon flic pendant que le djihadiste joue au méchant flic ? (NDT : good cop, bad cop)

Du point de vue de l’objectif millénaire d’un califat mondial, la différence entre les islamistes radicaux et les «modérés» est moins une question de vision que de calendrier, moins une question de buts différents que de tactiques différentes.

De telles connexions, cependant, ne s’inscrivent pas sur les écrans radars des professionnels de l’information qui demeurent fidèles aux réticences anti-orientalistes de Saïd. Ils nous poussent plutôt à les voir comme étant clairement distincts. Une telle approche tombe dans le piège djihadiste classique.

Lorsque les partisans du da’wa du califat dénonce les violences d’Al-Qaïda ou de l’ÉI, insistant sur le fait que ces djihadistes n’ont rien à voir avec l’islam, ils le font comme une tactique de guerre cognitive trompeuse.

Ils savent très bien que l’Islam qu’ils ont adopté est une religion de conquête. Ils ne veulent tout simplement pas que les «infidèles» occidentaux, leurs ennemis jurés et leurs cibles, reconnaissent cette hostilité implacable et impérialiste, du moins tant que le djihad mondial est militairement faible.

Ils préfèrent que les décideurs occidentaux renoncent au discours «islamophobe» de la domination mondiale et, apaisent plutôt les griefs des musulmans.

Beaucoup trop d’Occidentaux se sont conformés –en partant du discours de George W. Bush sur l’«Islam, religion de paix» juste après les attentats terroristes du 11 septembre, aux grands efforts de l’administration Obama pour ignorer, refuser et sublimer tout ce qui ressemble à de la violence islamique, jusqu’à une longue série d’universitaires qui auraient dû se hâter de corriger le dossier après la concession rhétorique de Bush et ont plutôt fait des efforts pour souligner la nature pacifique de l’Islam.

Les choses s’aggravent progressivement. L’insistance sur la similitude fondamentale de la culture arabe/musulmane et de la culture occidentale (la «grande majorité» des musulmans pacifiques, les «sociétés civiles dynamiques» en Syrie et en Irak) est passée d’une expérience thérapeutique à une formule dogmatique : la remettre en question est raciste et «islamophobe».

Ceux qui violent cette norme et qui discutent de ces choses désagréables sont punis, exclus, exilés. En effet, la crainte de l’accusation d’«islamophobie» est si forte qu’elle est venue jouer le rôle du serpent de mer qui a étranglé Laocoon quand il a essayé d’avertir les Troyens de la ruse du Cheval de bois offert par les Grecs.

Les politiciens, les policiers et les journalistes britanniques, par exemple, n’ont rien fait pour protéger des milliers de jeunes filles contre l’exploitation sexuelle pendant plus d’une décennie, afin d’éviter d’être qualifiés d’«islamophobes».

Peu d’incidents illustrent mieux cette cécité et cette incompétence auto-induites que la façon dont les professionnels de l’information occidentaux ont traité les soulèvements arabes de 2010-11. Dans une interprétation erronée des manifestations populaires, propulsées dans les médias sociaux, qui ont chassé certains dictateurs arabes de leurs perchoirs, les érudits ont interprété les soulèvements à la lumière des révolutions démocratiques européennes : le «Printemps des Nations» de 1848 et la libération de l’Europe de l’Est et de la Russie en 1989.

Rejetant systématiquement le danger que les Frères musulmans puissent prendre le pouvoir lors d’élections démocratiques, les commentateurs et les décideurs ont appelé à soutenir le mouvement islamiste, considéré par les professionnels de l’information post-coloniaux comme leur miroir, leur compagnon d’armes.

Si les «Orientalistes» pré-Saïd n’avaient (soi-disant) vu que le mauvais côté (des islamistes) par projection, après eux, les post-orientalistes ne pouvaient voir que le bien.

Cette approche politiquement correcte a même infecté les services de renseignements américains.

En février 2011, juste au moment où l’administration Obama prenait des décisions cruciales (et trompeuses) sur la façon de faire face à la crise égyptienne, James Clapper, directeur des renseignements au niveau national, a présenté une étonnante évaluation devant le Congrès (qu’il a reniée par la suite) :

«Le terme “Fraternité musulmane”… est un terme générique pour une variété de mouvements, dans le cas de l’Égypte, c’est un groupe très hétérogène, largement laïque, qui a évité la violence et a dénoncé Al Qaïda comme une perversion de l’islam ..»

Il est difficile de cataloguer les idées fausses impliquées dans cette déclaration étonnamment stupide. Elle traduit un manque de compréhension du comportement religieux triomphaliste et une application superficielle d’une terminologie inappropriée qui laisse l’observateur se demander s’il s’agissait d’un acte délibéré de désinformation ou d’un véritable produit de la collecte et de l’évaluation des renseignements des États-Unis.

Il est aussi difficile de séparer cette évaluation opérationnelle totalement désorientée de la discussion académique qui la sous-tend, largement influencée par le paradigme pénitentiel auquel Saïd exhortait l’Occident. Ici les dupes occidentaux doivent interpréter la non-violence comme un signe de modération musulmane et attribuer la violence musulmane à la provocation occidentale. Nous devons supposer que lorsque les musulmans dénoncent la violence, ils sont avec «nous» et non avec «eux», qu’ils ne partagent pas l’objectif djihadiste d’un califat mondial.

Plutôt que de combattre un ennemi aspirant à la domination mondiale, les islamistes exhortent l’Occident à s’attaquer au sentiment d’impuissance des musulmans en les habilitant.

Les résultats de cette méconnaissance aveugle de la réalité sur le terrain– le pouvoir des mouvements religieux inspirés par l’honneur ; le calcul variable de la violence selon que l’on se sent faible ou fort ; les réponses à la faiblesse perçue et à l’absence de détermination de la part des ennemis signifient que ce que les leaders de la pensée occidentale prenaient pour un printemps démocratique, qu’ils accueillaient avec enthousiasme, était en réalité le printemps de la guerre tribale et apocalyptique. Un djihad d’Oslo à grande échelle. Une guerre générationnelle, cataclysmique, «une Guerre des Trente ans» qui ne fait que commencer.

Où l’Occident est intervenu (Libye, Egypte), il a échoué, et où il n’est pas intervenu (la Syrie), la situation a explosé.

Alors que des millions de réfugiés sont jetés sur les rivages européens par ces bouleversements, les décideurs occidentaux restent captifs de leurs clichés suicidaires («nous ne pouvons simplement pas leur refuser l’entrée») qui témoignent d’une profonde ignorance de la culture arabe et musulmane, de ceux qui les font fuir, et de ceux qui ont le pouvoir, mais pas le désir de s’attaquer à cette destruction de leurs sociétés sous les coups du califat.

Conclusion
A travers la porte dérobée d’une préoccupation pour les «autres», sans réciprocité, les Occidentaux éduqués ont permis à un discours hostile, intimidant basé sur l’honneur et la honte d’occuper une grande partie de leur espace public : c’est l’«islamophobie», et non l’islamisme qui est le problème.

Les Palestiniens continuent de sauver la face et de retrouver leur honneur en salissant Israël qui, par son existence même et son succès, leur fait honte.

Pendant ce temps, de nombreux guerriers de la justice sociale, remplis de culpabilité post-coloniale et craignant le label «islamophobe», unissent leurs forces à la «brigade d’honneur» afin de pousser Israël au-delà des limites acceptables.

Dans le cadre plus large du développement civilisationnel, c’est lamentable. Il a fallu un millénaire d’efforts constants et douloureux pour que la culture occidentale apprenne à sublimer la libido dominandi de l’homme au point de créer une société tolérante à la diversité, qui résout les différends avec un discours d’équité plutôt que de violence et où l’échange est gagnant-gagnant. Les échanges à somme positive sont la norme souhaitée.

Insister, comme le font beaucoup de gauchistes, pour que cette réussite exceptionnelle soit considérée comme le mode par défaut de l’humanité, indépendamment de la mesure dans laquelle l’autre est éloigné de cet objectif précieux et de manière à exempter les ennemis de la démocratie de la responsabilité civique de l’autocritique au prix de redoubler son propre fardeau, fini par saper les libertés que la civilisation occidentale s’est données au cours des siècles.

À moins que les universitaires et les professionnels de l’information ne s’emparent et ne cultivent les champs de connaissance tels que la dynamique de la honte et de l’honneur et le triomphalisme islamiste, les Occidentaux ne pourront pas comprendre les sociétés arabes et islamiques et continueront d’accuser les critiques et non l’objectif légitime des critiques au risque de perdre leurs valeurs démocratiques et leurs intérêts nationaux.

L’incapacité de s’engager dans l’autocritique est la plus grande faiblesse des cultures basées sur l’honneur et la honte, et la capacité de le faire est la plus grande force de ceux qui croient fermement à l’intégrité.

Pourtant, maintenant, paradoxalement, l’incapacité des islamistes est devenue leur force, et notre surempressement à compenser est devenu notre faiblesse.


Circoncision de Jésus: Cachez cette judaïté que je ne saurai voir ! (The continuation of the final solution by other means ?)

1 janvier, 2017

Circumcision of christ (Giovanni Bellini's studio, Venice, 16th cent.)Epiphany I: Adoration of the Magi (Gottfried Helnwein, 1996) "Spoils of Jerusalem" (The Arch of Titus, Rome, c. 81 AD)https://i2.wp.com/static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2013/10/23/1382539023487/William-Kate-and-Prince-G-009.jpg

calendrierlegaret2C’est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous, et ta postérité après toi: tout mâle parmi vous sera circoncis.Vous vous circoncirez; et ce sera un signe d’alliance entre moi et vous. A l’âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, selon vos générations, qu’il soit né dans la maison, ou qu’il soit acquis à prix d’argent de tout fils d’étranger, sans appartenir à ta race. Genèse 10: 12-17
Vous circoncirez donc votre coeur … Deutéronome 10: 16
L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton coeur et le coeur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur et de toute ton âme, afin que tu vives. Deutéronome 30: 6
Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
Il ne faut donc point que les Juifs s’imaginent aujourd’hui avoir eu quelque avantage sur le reste des nations. Quant à leur longue dispersion, il n’est point surprenant qu’ils aient subsisté si longtemps depuis la ruine de leur empire, puisqu’ils se sont séquestrés des autres peuples et se sont attiré leur haine, non-seulement par des coutumes entièrement contraires, mais par le signe de la circoncision qu’ils observent très-religieusement. Or, que la haine des nations soit pour les juifs un principe de conservation, c’est ce que nous avons vu par expérience. Un roi d’Espagne les ayant autrefois contraints ou de quitter son royaume ou d’en embrasser la religion, il y en eut une infinité qui prirent ce dernier parti. Et comme en se faisant chrétiens ils devenaient capables de tous les privilèges des autres citoyens et dignes de tous les honneurs, ils se mêlèrent si étroitement aux Espagnols qu’il ne reste plus d’eux aucune trace ni aucun souvenir. En Portugal il en a été tout autrement : car étant forcés d’embrasser le christianisme sans être admis aux privilèges et aux dignités de l’État, ils ont toujours vécu, quoique convertis, dans un état d’isolement par rapport aux autres Portugais. Le signe de la circoncision me paraît ici d’une telle conséquence que je le crois capable d’être à lui tout seul le principe de la conservation du peuple juif. Je dirai plus : si l’esprit de leur religion n’efféminait leurs âmes, je suis convaincu qu’une occasion favorable venant à se présenter, les Juifs pourraient (tant les choses humaines sont variables) reconstituer leur empire et devenir ainsi l’objet d’une seconde élection de Dieu. (…)  Au reste, si quelqu’un persiste à soutenir pour telle ou telle raison que l’élection des Juifs est une élection éternelle, je n’y veux pas contredire, pourvu qu’il demeure d’accord que cette élection, de quelque durée qu’elle soit, en tant qu’elle est particulière aux Juifs, ne regarde que les avantages temporels et l’établissement de leur empire (puisqu’il n’y a que ce seul point par où les nations se distinguent les unes des autres), mais qu’à l’égard de l’intelligence et de la vertu véritable, toutes les nations sont égales, Dieu n’ayant sur ce point aucune sorte de préférence ni d’élection pour personne. Baruch Spinoza
The Citizens of the United States of America have a right to applaud themselves for giving to Mankind examples of an enlarged and liberal policy: a policy worthy of imitation. All possess alike liberty of conscience and immunities of citizenship. It is now no more that toleration is spoken of, as if it was by the indulgence of one class of people that another enjoyed the exercise of their inherent natural rights. For happily the Government of the United States, which gives to bigotry no sanction, to persecution no assistance, requires only that they who live under its protection, should demean themselves as good citizens. (…) May the Children of the Stock of Abraham, who dwell in this land, continue to merit and enjoy the good will of the other Inhabitants; while every one shall sit under his own vine and fig tree, and there shall be none to make him afraid. (…) May the father of all mercies scatter light and not darkness in our paths, and make us all in our several vocations useful here, and in his own due time and way everlastingly happy. G. Washington
Prions aussi pour les Juifs perfides afin que Dieu Notre Seigneur enlève le voile qui couvre leurs cœurs et qu’eux aussi reconnaissent Jésus, le Christ, Notre-Seigneur. Prière du Vendredi saint (VIIe siècle)
Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance. Prière du vendredi saint (1970)
A blonde Madonna, dressed as if she were spending an evening at the opera, presents her child to the watchful eyes of Nazi SS Guards, One officer looks as if he were studying the child’s genitals, perhaps to see whether he has been circumcised. Dark hair parted severely to one side and fleshy baby cheeks lending a slight and comical hangdog expression, the young child presents something of an eerie resemblance to the Führer. (…) Gottfried Helnwein, responsible for these strange and unsettling images, is an Austrian artist born in the years immediately after World War Two.  (…) Helnwein is an artist who has never been afraid of causing outrage in those offended or made uncomfortable by talk of Germany’s Nazi past and of Austria’s complicity in it. Once, as a student, he paraded the streets of his home town dressed up as Hitler, spewing forth theatrical blood from his mouth – a memorably outrageous gesture at the time, if only for the fact that, like that famous Fawlty Towers sketch where all mention of « the war » was a closed one in front of its German guests, Austria would make no gesture to acknowledgement to it either. (Until the ’80s Austria had an official policy of denial, neglecting to address the subject even in school text books.) (…) For all Helnwein’s humanist proclamations, it must be said that his work is never quite so unequivocal. Standing in front of the works you’re never quite clear how to read Helnwein’s disturbing images. The surreal, uncomfortable juxtapositions of both Nazi and Christian iconography, never present straightforward interpretations. Nor are they merely polemical in any agit-prop sense. There is a sense in which Helnwein seems to court controversy; he also clearly delights in a certain moral ambiguity, a shadiness which perversely makes his images all the more compelling. An early turning point in his choice of imagery came for Helnwein in 1979. In this year Dr. Heinrich Gross was appointed Head of State Psychiatry in Austria. In an interview published in one of Austria’s major national newspapers, he was asked whether he had killed hundreds of children in mental hospitals under the Nazi euthanasia programme. Gross said yes, and commented that « at the time it was a different reality. Today I wouldn’t do it. » Asked if he had injected the children, he replied that he had « just mixed poison in their food », adding that since they were unaware of what was going on, the young victims had died humanely. That interview with Gross caused no reaction in Helnwein’s country. But it was in response to this interview that Helnwein first began using images of children in his painting, addressing their helplessness and pain by depicting them as broken, disfigured doll-like creatures. When he read Gross’ self-justification as a « humane » killer, Helnwein responded by producing a photorealist painting of a girl slumped in a plate of food. Only then was a debate initiated which ultimately led to Gross’ resignation. Though Helnwein is no mere polemicist, he clearly believes in an art which has the power not only to confront and challenge, but also to make some real changes. Fisen Güner
In his last will, the Austrian playwright Thomas Bernhard, who died in 1989, banned the production of his texts on home soil. Bernhard never hid his fury at Austria’s refusal to admit its history. Helnwein, born in 1948, clearly shares Bernhard’s view. He is furious about Austria’s self-image as victim of the Third Reich, rather than its willing collaborator. In 1965 posters for the Freedom Party, later led by Jörg Haider, demanded: « Forget about the past! Look ahead at the future. » Helnwein, then still a teenager, reacted by painting a portrait of Adolf Hitler that got him expelled from art school. His « crime » was to have reminded Austria of its best-known son.(…) Of all his paintings, the most disturbing is Epiphany (1996), for which he dips into our collective memory of Christianity’s most famous birth. This Austrian Catholic Nativity scene has no magi bearing gifts. Madonna and child are encircled by five respectful Waffen SS officers palpably in awe of the idealised, kitsch-blonde Virgin. The Christ toddler, who stands on Mary’s lap, stares defiantly out of the canvas. Helnwein’s baby Jesus is Adolf Hitler. Julia Pascal
Examined too casually, the stories of Plymouth Colony and Hanukkah seem to show heroes fighting for universal religious freedom. But the heroes of the Jewish story fought not only against a foreign persecutor. They also fought against fellow Jews who—perhaps more attracted to the cosmopolitan and sophisticated Greek culture than to the ways of their ancestors—cooperated with their rulers. Jon D. Levenson
The universal principle of religious liberty is hardly the message of the Jewish Maccabean revolt or of the miracles commemorated by Jews at Hanukkah. The revolt began when Mattityahu killed a fellow Jew who had attempted to sacrifice a pig to Zeus (1 Mac. 2:24–25). So much for religious liberty. Mattityahu then killed the Greek official who had ordered the assembled Jews to abandon their religion, and then launched a guerrilla war against the Greco-Syrian king. (…) A proper reading of the Jewish and historical record reveals that Mattityahu and the Maccabees revolted against not only religious oppression by Greek authorities but also Jewish assimilation to Hellenic culture. Jews do not celebrate Hanukkah for its generalizable message of religious freedom; Hanukkah is particular to Jews, not universal. It commemorates the reassertion of Jewish sovereignty and the liberation and rededication of the holy Temple with the aid of God. (…) It is this meaning that President Obama not only missed in his official statement but opposed through his actions at the U.N. The latter have been rightly condemned for breaking from decades of U.S. policy and nourishing Palestinian maximalism. The president decided to allow the U.N. Security Council to dismiss as “a flagrant violation under international law” Israeli presence in the Jews’ indigenous biblical heartland, including the Western Wall of the Temple for which the Maccabees fought. Apparently the president regards the Jewish Quarter of the Old City of Jerusalem as just another illegal “settlement.” How’s that for a Hanukkah gift? (…) The basic Israeli argument for control of East Jerusalem and parts of the West Bank has always been that Jews have a right to live, practice their religion, and self-govern in their indigenous homeland; in other words, Zionism — which, like Hanukkah, President Obama has never been able to understand without universalizing and overlooking the Jewish people’s particular attachment to their home… Elliot Kaufman
Obama despises Israel because at root, Obama despises the traditional Judeo-Christian underpinning of Western civilization. He breaks down Bible believers into two categories: fools and liars. The fools are the “bitter clingers,” the idiot masses who fall into racism and xenophobia and Bible jabber because they’re poor and stupid. The liars are the self-interested characters who want to do what they want to do while citing the Bible for their support. (…) Real Christians are leftists — as Obama said in 2006, “I believed and still believe in the power of the African-American religious tradition to spur social change. . . . The black church understands in an intimate way the biblical call to feed the hungry and clothe the naked and challenge powers and principalities.” Obama, then, is a religious leftist. He prefers a form of Christianity that rejects biblical centrality and that replaces the Bible with leftism at its heart. It’s not a coincidence that Obama attended Jeremiah Wright’s church for two decades. Wright preached hatred against Israel throughout his tenure, calling it an “apartheid” state and labeling all settlements “illegally occupied territories.” He labeled Jesus “a Palestinian” and argued that “the Palestinian people have had the Europeans come and take their country. . . . The youth in Ferguson and the youth in Palestine have united together to remind us that the dots need to be connected.” You can take Obama out of Jeremiah Wright’s church, but you can’t take Jeremiah Wright’s church out of Obama. Obama strongly mirrors that language himself, complaining about the “desperation and disorder of the powerless, how it twists the lives of children on the streets of Jakarta or Nairobi in much the same way as it does the lives of children on Chicago’s South Side.” To Obama, Bible believers who utilize religion as an excuse to cover for the real class oppression are merely cynical manipulators. You can take Obama out of Jeremiah Wright’s church, but you can’t take Jeremiah Wright’s church out of Obama. (…) And what is the ultimate repository of such manipulation of religion? The Jewish state. The Jews of Israel, Obama believes, are aggressors, using biblical writ as an excuse for oppression, hiding behind the Bible when it’s really naked self-interest at work. That’s why Obama stated at the Hiroshima Peace Memorial in Japan that “no religion has been spared from believers who have claimed their faith as a license to kill. . . . How easily we learn to justify violence in the name of some higher cause.” (…) To Obama, that’s what the Jews of Israel do. Because their control over Israel is inherently connected to biblical mandate, Obama must oppose them. He must side instead with a religion of social justice, not a religion of biblical principle. That means rejecting Jewish Jerusalem. That means rewriting the Bible, that document of sadism and oppression, to make it over into The Book of Obama. That means Israel must pay for the sin of worshiping its God over the god of warmed-over, amoral redistributionism. Obama’s likely to be disappointed. The Jews have been exiled from Jerusalem several times. Never again. Ben Shapiro
Alan Dershowitz, the famed Harvard professor, legal scholar and criminal lawyer whose judgment American Jews have long trusted and respected (…) now realizes that Obama had repeatedly duped him, and that through his endorsements of Obama, Dershowitz in turn duped many American Jews, helping to secure Obama’s election and re-election. Now Israel has been compromised as never before, with the United Nations through Obama’s manoeuvrings having declared that Jews have no right to live in the Jewish Quarter of Jerusalem, which they have inhabited for the greater part of 3,000 years, and that Israel has no rights to its holiest sites, including the Western Wall and the Temple Mount. Winning Jewish support wasn’t especially important to Obama and other Democrats in terms of votes — Jews represent just two per cent of the U.S. electorate, generally making their numbers inconsequential at the ballot box. But Jews are hugely important — even decisive — in their political giving. The Jewish two per cent — which is overwhelmingly liberal — accounts for about two-thirds of all donations received by the Democratic Party. Put another way, the Jewish two per cent donates twice as much to Democrats as the non-Jewish 98 per cent. The importance of Jewish money to Democratic fortunes explains why Obama waited to make his moves against Israel until after his two presidential campaigns and the presidential campaign of Hillary Clinton, whom he hoped would preserve his legacy. If Jews understood his real intentions toward Israel, Obama knew, many would withdraw their financial support. Obama’s prudent course — his only viable course — in realizing his desire to strip Israel of its paramount possessions, embodiments of its heritage, was to keep his intentions secret, all the while upping his rhetoric that “no president has ever done more for Israel.” Obama also needed to maintain this public pretence to keep his fellow Democrats in the dark, most of whom would blanche at the thought of offending, and losing, their Jewish backers. The American public’s general sympathy for Israel, and general antipathy toward Palestinians, also made any prior anti-Israel coming out a non-starter. (…) With this week’s passage of the anti-Israel UN resolution, the Dershowitz infatuation with Obama is over. The famed criminal lawyer finally sees the evidence that had been in plain sight all along, and now understands the extent of Obama’s deception. It was “so nasty. He pulled a bait-and-switch,” Dershowitz laments, in explaining how Obama in private pretended that it was “the settlements deep in the West Bank” that were negotiable, not the Jewish Quarter of Jerusalem, so core to Judaism and to Israel’s heritage. Lawrence Solomon
Le mouvement BDS ne cache pas son antisionisme. Mieux que ça, il le revendique. Omar Barghouti, co-fondateur du collectif de boycott anti-Israël, ne cesse de le répéter. Le fait qu’il soit diplômé de l’Université de Tel Aviv ne semble pas le gêner dans son entreprise de délégitimation d’Israël. Une preuve supplémentaire du prétendu apartheid fantasmé par BDS. Omar Barghouti veut la fin d’Israël en tant qu’Etat Juif. Pour cela, il préconise un Etat binational, ce qui aurait pour effet de légitimer le retour des descendants des réfugiés palestiniens de 1948. C’est d’ailleurs un point essentiel, mais rarement évoqué, de la charte du collectif. La suite, on la connaît. Faire augmenter la démographie arabe jusqu’à ce que les juifs soient en minorité et que le simple vote d’une loi permette de faire disparaître Israël légalement. M. Barghouti n’a rien inventé. Arafat avait cru bon d’imposer cette condition qu’il savait inacceptable (même pour le travailliste Ehoud Barak) et avait refusé de signer les accords de Camp David II en 2000 privant les Palestiniens de conditions inespérées et, à terme, d’un Etat. Dans une telle hypothèse, croire que les juifs continueraient à bénéficier des mêmes droits que le reste de la population est une chimère. Tous les jours en effet, les palestiniens de Gaza comme de Cisjordanie sont soumis à une violente propagande anti-juive et rien ne laisse présager la possibilité d’une cohabitation pacifique. L’antisémitisme virulent et constant des prêches et des discours officiels (mise en ligne du faux antisémite « Protocoles des Sages de Sion » sur un site affilié au Service gouvernemental palestinien de l’Information), les livres scolaires palestiniens – financés à coup de millions d’euros par l’Union Européenne – qui enseignent depuis des années à haïr les juifs, qui les affublent de tous les maux, les programmes télévisés pour la jeunesse, notamment sur Al-Aqsa TV, dans lesquels de jeunes enfants ânonnent que les juifs sont les descendants des singes et des porcs et qu’ils souhaiteraient mourir en martyrs en tuant le plus de juifs possible, tout cela illustre la volonté des dirigeants palestiniens, qu’ils soient islamistes ou à tendance nationaliste, de ne jamais accepter les juifs à leur côté. Les juifs devront alors fuir comme ils ont dû fuir les pays arabes après la création de l’Etat d’Israël non sans avoir auparavant été privés de leurs biens, de leurs commerces, de leur argent. 800.000 juifs chassés  d’Irak, de Syrie, d’Egypte, du Yémen, d’Algérie, du Liban, du Maroc dont personne ne se soucie du retour ni de l’indemnisation. Les juifs devront fuir, mais pour aller où ? En Europe où l’on crie à nouveau « mort aux juifs » dans les rues ? En Russie où l’on prétend que la guerre en Ukraine est un complot juif ? En Afrique où l’islamisation à l’œuvre dans de nombreux pays laisse libre cours à une propagande antisémite ? Récemment, sur les quais de Seine, des partisans de BDS déclaraient que les juifs devaient quitter la Palestine pour retourner « chez eux », c’est-à-dire nulle part précisément. Le Juif errant, voilà le seul juif supportable pour le BDS. C’est aussi en cela que l’antisionisme confine à l’antisémitisme. Mais BDS ne s’arrête pas là. Lors des dernières manifestations du BDS en Afrique du Sud, certains manifestants criaient « mort aux juifs » en brandissant des drapeaux palestiniens et du Hezbollah. À l’Université Libre de Bruxelles en mars 2015, des étudiants juifs étaient pris à partie, sans raison particulière, par des militants du BDS. En juin 2015, l’ancien député communiste Jean-Claude Lefort, Président honoraire de l’Association France-Palestine Solidarité et soutien indéfectible de BDS, appelait au boycott de produits cachers fabriqués en France. Mais surtout, la semaine dernière, sous la pression du BDS local, le festival de reggae espagnol Rototom Sunsplash de Benicassim a décommandé un chanteur juif américain, Matisyahu, après avoir exigé qu’il fasse une déclaration en faveur d’un État Palestinien et qu’il se « positionne » au sujet du sionisme. Pourquoi lui ? Parce qu’il est juif. Aucun autre artiste n’a eu à subir ce diktat. Le festival a reconnu qu’il avait agi ainsi en raison d’une « campagne de pression, coercition et menaces » de la part de BDS qui l’avait « empêché de raisonner clairement ». BDS demande-t-il à Jamel Debbouze, parce qu’il est musulman, de condamner publiquement la chasse aux chrétiens en Syrie, la mise en esclavage des yazidis en Irak, les meurtres de coptes en Egypte, le massacre des animistes au Sud-Soudan avant de monter sur scène ?  Oudy Ch. Bloch (27.08.2015)
Est-ce vraiment la volonté de Dieu qu’il n’existe plus aucun judaïsme dans le monde? Serait-ce vraiment le triomphe de Dieu si les rouleaux n’étaient plus sortis de l’arche  et si la Torah n’était plus lue dans les synagogues, si nos anciennes prières hébraïques, que Jésus lui-même utilisa pour adorer Dieu , n’étaient plus récitées, si le Seder de la Pâque n’était plus célébré dans nos vies, si la loi de Moïse n’était plus observée dans nos foyers?  Serait-ce vraiment ad majorem Dei gloriam d’avoir un monde sans Juifs? Abraham Heschel
Au IVe siècle, on disait aux Juifs; « Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous en tant que juifs ». A partir du Moyen-Age jusqu’au XIXe siècle, on disait aux Juifs; « Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous. » A l’époque nazie, on disait aux Juifs: « Vous n’avez pas le droit de vivre. » Paul Hillburg
Il a fallu la « solution finale » des nazis allemands pour que les chrétiens commencent à prendre conscience que le prétendu problème juif est en réalité un problème chrétien et qu’il l’a toujours été. Alice L. Eckardt
Après Auschwitz, (…) demander aux juifs de devenir chrétiens est une manière spirituelle de les effacer de l’existence et ne fait donc que renforcer les conséquences de l’Holocauste. (…)  Après Auschwitz et la participation des nations à ce massacre, c’est le monde chrétien qui a besoin de conversion. Gregory Baum
Tant que l’Eglise chrétienne se considère comme le successeur d’Israël, comme le nouveau peuple de Dieu, aucun espace théologique n’est laissé aux autres confessions et surtout à la religion juive. Gregory Baum
Si la loi du sabbat appartient au cérémoniel et n’est plus obligatoire, pourquoi remplacer le sabbat par un autre jour? (…) Si la grâce chrétienne a mis fin à la loi juive, si le dimanche chrétien a abrogé le sabbat juif, si la notion d’un Dieu invisible indéfiniment suspendu à une croix a remplacé la notion du Tout-puissant invisible, si le salut et son emphase sur le spirituel l’a emporté sur la création, sur a nature et sur le corps, si le Nouveau Testament a supprimé l’Ancien, si les païens ont remplacé Israël; alors les juifs ont eu théologiquement raison, et ont encore raison aujourd’hui, de rejeter la religion chrétienne. Jacques Doukhan
A l’époque de la peste noire, on tua des étrangers, on massacra des Juifs et, deux siècles plus tard, on fit brûler des sorcières, et cela pour des raisons parfaitement identiques à celles qu’on a rencontrées dans nos mythes. Tous ces malheureux se retrouvèrent indirectement victimes des tensions internes engendrées par les épidémies de peste et autres catastrophes collectives dont ils étaient tenus responsables par leurs persécuteurs. Les crimes imaginaires et les châtiments réels de ces victimes ne sont autres que les crimes et châtiments qu’on trouve dans la mythologie. Pourquoi donc, dans le cas de la seule mythologie, faudrait-il croire que, si les crimes sont imaginaires, les punitions et les victimes ne sauraient elles-mêmes être réelles ? Tout indique que le contraire est vrai. Les textes qui témoignent d’atrocités historiques, les archives judiciaires relatives à la chasse aux sorcières, par exemple, comportent les mêmes accusations extravagantes que les mythes, la même indifférence aux preuves matérielles et le même sentiment massif et irréfléchi que tout est exact, sentiment souvent exprimé, même s’il n’est pas effectivement partagé, par les boucs émissaires eux-mêmes. Tous les indices trahissant la victimisation d’individus imparfaitement assimilés – étrangers, handicapés physiques ou mentaux – sont présents dans ces documents, tout comme ils le sont dans la mythologie, pour autant qu’on puisse le vérifier ; à nous, observateurs d’aujourd’hui, ils livrent la vraie nature de ce qui s’est passé. (…) Je suis convaincu que la plupart des données d’ordre culturel sont pertinentes pour l’étude du sacrifice, y compris dans une société comme la nôtre qui ne pratique pas d’immolations sacrificielles. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est notre propre interrogation du sacrifice ici même. Il y a forcément un rapport entre cette interrogation et le fait que les sacrifices sanglants sont de nos jours perçus comme odieux, non seulement par une petite élite, mais par l’ensemble de notre société, laquelle est désormais en voie de mondialisation rapide. Malgré ce sentiment d’horreur, une grande part de nos coutumes et pratiques et une bonne part de notre pensée peuvent encore être reliées au sacrifice d’une façon que nous ne soupçonnons pas. J’estime que notre histoire fourmille de phénomènes si clairs de ce point de vue qu’on ne saurait les exclure d’une enquête sur le sujet. C’est le cas, par exemple, de notre attitude envers certaines formes de persécution collective, de la façon dont nous comprenons et condamnons les préjugés collectifs et toutes les pratiques d’exclusion. Je crois également à la pertinence de nombreux textes littéraires, comme la tragédie grecque ou le théâtre de Shakespeare. Je pense aussi que la Bible et surtout le Nouveau Testament ont joué un rôle important dans tous les progrès que nous avons déjà faits, et que nous ferons demain, dans la recherche d’une meilleure compréhension du sacrifice. René Girard
En 1947 pour apaiser les tensions, les Nations Unies ont séparé la région en deux, Israël voit alors le jour. La Jordanie, elle, cède un bout de son territoire la Cisjordanie, cela doit devenir le futur État Palestinien. Mais en 1967, Israël entre en guerre contre ses voisins et annexe la Cisjordanie, c’est le début de l’occupation des territoires palestiniens. M6
« Eschatologique » désigne généralement la « fin des temps ». Je n’irais peut-être pas jusque là mais sans doute entrons-nous dans la fin d’un temps. De nombreux signes nous montrent que cette année signera en effet la fin de l’époque que la chute du mur de Berlin (1989) a ouverte, elle-même la suite de l’après deuxième guerre mondiale, deux périodes charnières qui nous ont fait entrer dans un monde encore inconnu. Entre 1989 et 2017, nous avons subi l’effet d’une même utopie qui s’est cristallisée autour de l’attente millénariste que le passage du bi-millénaire avait suscitée en 2000 et que l’on peut définir comme le post-modernisme. Un rêve de toute puissance et de fusion massifiante s’est alors emparée de l’Occident démocratique qui a cru à la fin de toute limite, à la maitrise totale du destin et de la nature humaines, à l’Etat mondial, à la fin des frontières et des territoires,… Une véritable ivresse de toute puissance. La montée en force de la Russie, la décomposition annoncée de l’Union Européenne, scène principale de cette frénésie et de ce drame, le spectacle digne d’une légende de l’armée de « migrants » qui, l’an dernier, l’envahissait en rangs serrés, l’effondrement de l’Etat arabe de toutes parts, l’agression planétaire de l’islam font entendre les craquements de l’ordre ancien. Nous sommes passés de l’affrontement entre des Etats à l’affrontement entre des blocs massifs, des civilisations, des empires ou aspirants à l’empire.  En Europe, c’est le choc UE-Russie, au Moyen Orient Iran-Arabie, Turquie-Iran, Chiites-Sunnites, Islam-Occident, sans oublier la Chine confrontée aux Etats-Unis. Les mondes concurrents se recentrent chacun sur soi, en même temps que progresse la mondialisation comme si chacun s’apprétait à bondir sur son voisin. Une étrange atmosphère s’est emparée de l’Occident, où tout le monde rivalise de « moralité », de pureté, de reconnaissance d’autrui mais où le double discours et la perversion des valeurs montrent chaque jour leurs effets. (…) Comme toujours, le peuple d’Israël est le révélateur de l’état de l’humanité. Ce qui lui arrive en est le symptôme. Deux scènes, très semblables, illustrent de façon théâtrale cette perversion du langage et de la réalité :  le vote de la reconnaissance de l’Etat imaginaire de Palestine par le parlement français et le vote anti-israélien du Conseil de sécurité, les deux en standing ovation, puis, demain la conférence de Paris. Qu’avaient-ils donc tant à se féliciter pour un tel vote? Combien cette joie exprime-t-elle de haine rentrée et de mépris, expression irrépressible d’une animosité atavique envers le peuple juif redevenu souverain et échappant au patronage de la magnanimité compassionnelle de l’Occident ? Que sont donc ces Palestiniens, pour jouer les victimes favorites de toute la planète où d’infiniment plus graves situations sont laissées à l’abandon? Sinon parce qu’ils représentent un Israël substitutif qu’ils envisagent de substituer à Israël dans son propre être et son propre territoire? Le « nouvel israël » des postcolonialistes! Car l’inimitié fondamentale des Palestiniens est de l’ordre de l’évidence. Cet acharnement a gravi les échelons : d’abord à l’UNESCO puis à l’ONU, qui décrète que les Juifs sont des colons à Jérusalem et qu’ils le sont sur la Terre d’Israël. Le sort de Jerusalem décide stratégiquement, en effet, du sort de toute ce territoire. Quelle sera la prochaine étape sinon l’annihilation morale et juridique d’Israël? 
On le montrait aux femmes grosses, enchâssé dans un reliquaire d’argent, afin de les faire accoucher sans travail ; et ce prépuce était d’un bon revenu. Collin de Plancy
La première génération chrétienne fut confronté à un problème difficile lorsque se convertirent en masse des personnes d’origine non juive. Après un débat animé, les non-juifs furent dispensés de la circoncision par une assemblée tenue à Jérusalem au milieu du Ier siècle, traditionnellement appelée « Concile de Jérusalem » (Actes des Apôtres, chapitre XV). Cependant même après cette date persistèrent des tensions à ce sujet, comme on le voit dans les Épîtres de Saint Paul, qui continue à argumenter à l’encontre des chrétiens « judaïsants » : seule est nécessaire la « circoncision du cœur » (Romains 2, 28-29, adapté de Deutéronome 10, 16-17 et 30, 6), ou encore : « La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien ; ce qui compte, c’est de garder les commandements de Dieu. » (1 Corinthiens, VII, 19), car il n’y a plus « ni juifs, ni païens », mais un seul corps dans le Christ Jésus. Wikipedia
Le saint Prépuce (en latin Sanctum Praeputium) – également appelé « sainte Vertu »1 (Sanctam Virtutem) ou « saint Vœu » – est le nom donné à différentes reliques relatives au prépuce issu de la circoncision de Jésus de Nazareth. À l’instar de plusieurs reliques corporelles du Christ – comme le cordon ombilical ou ses dents de lait – sa détention a été revendiquée par plusieurs lieux de culte chrétiens, particulièrement dans l’Occident médiéval. (…) à l’abbaye de Coulombs, une croyance locale prêtait au saint prépuce le pouvoir d’apporter la fécondité aux femmes stériles8 et un accouchement sans difficulté aux femmes enceintes9. Alors que Catherine de Valois était enceinte en 1421, son mari, le roi Henri V d’Angleterre, à qui une bulle du pape Martin V accordait le privilège de pouvoir déplacer les reliques10, fit emprunter et apporter à son épouse, en Angleterre, le saint prépuce de l’abbaye de Coulombs11. La relique fut ensuite renvoyée en France et exposée à la Sainte-Chapelle, à Paris1. Les moines bénédictins de Coulombs durent s’adresser en 1427 au duc de Bedford, régent du jeune Henri VI, pour la faire transférer à l’abbaye Saint-Magloire de Paris, puis en 1441 au roi de France Charles VII pour en reprendre possession, sans toutefois pouvoir lui faire quitter Paris. C’est Jean Lamirault, abbé de Coulombs de 1442 à 144614, qui fit revenir la relique à Coulombs. Wikipedia
Dans l’ordonnance réformée du temps de Noël, il nous semble que tous doivent tourner leur attention vers la réinstauration de la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu ; ainsi placée au 1er janvier selon l’ancienne coutume de la liturgie de Rome, elle est destinée à célébrer la part qu’a eue Marie au mystère du salut et à exalter la dignité particulière qui en découle pour la « Mère très sainte… qui nous a mérité d’accueillir l’Auteur de la vie ». Elle constitue par ailleurs une excellente occasion pour renouveler notre adoration au Nouveau-Né, Prince de la Paix, pour écouter à nouveau le joyeux message des anges (cf. Lc 2, 14), pour implorer de Dieu, par la médiation de la Reine de la Paix, le don suprême de la paix. C’est pour cette raison qu’en l’heureuse coïncidence de l’octave de la Nativité du Seigneur et du 1er janvier, journée de vœux, nous avons institué la Journée mondiale de la Paix, qui reçoit de plus en plus d’adhésions et produit déjà dans le cœur de beaucoup des fruits de paix. Pape Paul VI (1974)
Le corps d’un enfant est modifié durablement et de façon irréparable par la circoncision. Cette modification est contraire à l’intérêt de l’enfant qui doit décider plus tard par lui même de son appartenance religieuse. Le droit de l’enfant à son intégrité physique prime sur le droit des parents. Tribunal de Cologne
Les jeunes Suédois ne sont pas autorisés à voter avant 18 ans, ne peuvent pas acheter d’alcool avant 20 ans, toutefois un projet est en cours pour autoriser les enfants à déposer une demande de changement juridique de genre dès 12 ans. Bien que les Suédois soient choqués par la mutilation génitale subie par de nombreuses filles immigrées, le gouvernement suédois semble vouloir légiférer sur une autre sorte de mutilation génitale des enfants : les opérations de changement de sexe ou, pour utiliser un terme plus politiquement correct,  le « gender reassignment surgery » (GRS), la chirurgie de réaffectation sexuelle. Les Observateurs
Ce commandement (celui de la circoncision) est-il si essentiel à la définition de l’identité juive au point de demander aux parents juifs de s’exposer à d’éventuelles poursuites pénales afin de le respecter ? En tant que rabbin, il me semble, en effet, que tel soit le cas. Cela fait à présent des années que les Juifs et les faiseurs d’opinions européens se font mutuellement croire que le judaïsme d’un côté et la charte des droits fondamentaux et les valeurs morales et éthiques de l’autre, cohabitent en parfaite harmonie. Nous voyons aujourd’hui les limites de cette fausse supposition, dans la mesure où – pour être totalement honnête – l’interdiction de la circoncision est parfaitement conforme à l’esprit et à la lettre de la charte des droits fondamentaux. Ce dont nous avons besoin (…) c’est d’un dialogue qui permette (…) d’expliquer non pas simplement pourquoi la tradition juive est attachée à la pratique de la circoncision mais surtout pourquoi le judaïsme ne peut ‘cautionner’ la charte des droits fondamentaux. Rabbin David Meyer
The Anti-Defamation League (ADL) and B’nai B’rith International condemned a resolution and report of the Parliamentary Assembly of the Council of Europe (PACE) in Strsbourg, which calls the Jewish ritual circumcision a “violation of children’s physical integrity,” undermining the religious freedom to perform circumcision on newborn boys. … Circumcision is not discretionary, but rather central, in Jewish life and practice throughout history,” added B’nai B’rith International Executive Vice President Daniel S. Mariaschin. “It must be made clear what those who support the criminalizing of circumcision in Europe are proposing: Discrimination against the Jewish community in Europe. EPL
Un tribunal allemand a condamné fin juin un médecin et des parents musulmans pour la circoncision de leur enfant, estimant que ceux-ci avaient enfreint le droit de l’enfant à une éducation sans « violence ». Cette décision vient renforcer la position de ceux qui militent pour que la loi interdise aux parents de procéder à la circoncision de leurs garçons avant leur majorité. Cette position est fondée sur l’idée que la circoncision est une mutilation comparable à l’excision chez la petite fille. Ni juif ni musulman, mais agnostique de famille catholique, je pense qu’il s’agit d’une question grave dont on doit penser les différentes dimensions. La dimension sanitaire : qu’est-ce que la circoncision ? Quel est son rapport bénéfices-risques ? La circoncision consiste en l’excision du prépuce, petit repli cutané qui recouvre le gland. C’est aujourd’hui une intervention chirurgicale bénigne, mais dont les complications peuvent être sérieuses si l’acte chirurgical est réalisé par des praticiens peu qualifiés ou mal équipés. La circoncision est créditée d’un certain nombre d’effets bénéfiques : limitation du risque de transmission hétérosexuelle de l’infection par le VIH chez l’homme (Organisation mondiale de la santé, 2007), prévention des fréquents paraphimosis (inflammation du prépuce) de l’enfance ; prévention de certains problèmes sexuels chez les jeunes hommes en rapport avec les fréquents prépuces serrés. De surcroît, jamais depuis le début de l’ère de la médecine scientifique la pratique de la circoncision par le corps médical n’a été contestée par lui comme non éthique. (…) Tout d’abord, sur le plan sémantique : la circoncision est-elle une mutilation ? Selon la définition du dictionnaire « mutilation : retranchement d’un membre ou d’une autre partie du corps », il s’agit bien d’une mutilation mineure. Mais ce terme comporte une forte connotation péjorative, évoquant un univers de tortures et de blessures de guerre, de douleurs et de séquelles, sans aucun bénéfice. L’utiliser dans une discussion sur la circoncision, qui comporte indéniablement certains bénéfices, apparaît déjà comme un jugement de valeur. Cette analyse montre aussi qu’il n’est pas possible de comparer la circoncision à l’excision clitoridienne dont les bénéfices sanitaires sont nuls face aux risques hémorragiques, infectieux mais surtout sexuels. Cette mutilation, car c’en est une, limite en effet pour sa vie entière le plaisir sexuel de la petite fille qui en est l’objet. Sur les plans religieux et culturel, quelle est la place de la circoncision dans l’islam et le judaïsme ? Bien que n’étant pas mentionnée dans le Coran, la circoncision est pratiquée dans l’ensemble du monde musulman, où elle est considérée comme une prescription de la tradition de l’islam, et la plupart des familles y sont très attachées. Elle revêt un caractère central dans la culture, la religion et l’identité juives, dont elle constitue l’un des principaux marqueurs. Rappelons que des milliers d’hommes juifs ont payé de leur vie l’existence de cette scarification reconnaissable entre toutes, qui témoigne de l’alliance avec Dieu. Si les familles juives ont continué à marquer ainsi leurs garçons, malgré les risques mortels, c’est pour que chaque juif soit reconnu comme tel par les juifs comme par les non-juifs. La mise en cause de la liberté de faire circoncire leurs garçons par les familles juives est une remise en question de leur identité la plus intime, la plus mémorielle, alors même que s’éteignent peu à peu les regards qui ont vu la Shoah. Enfin, la dimension familiale : a-t-on le droit de décider de circoncire ses enfants à leur place ? Tout parent sait que l’éducation des enfants est une perpétuelle tentative d’évaluation angoissée du rapport entre les bénéfices et les risques de ce qu’on leur commande, laisse faire ou interdit. Elever un enfant, c’est réfléchir en permanence à ce qu’on peut et à ce qu’on doit lui transmettre, en pesant chaque jour sa liberté d’aujourd’hui à l’aune de celle de demain. Les parents décident, en faisant circoncire leurs garçons, d’inscrire dans leur corps la marque d’une identité plurimillénaire, considérant sans doute que la dimension sanitaire du problème, qu’ils ne méconnaissent pas, est très secondaire par rapport à cette transmission religieuse et culturelle. Veut-on vraiment que la loi décide à leur place ? (…) Vouloir limiter la discussion sur la circoncision à sa seule dimension sanitaire aboutit à nier a priori son rôle dans la transmission de l’identité religieuse et à une remise en cause majeure de celle-ci. C’est comme si on réduisait la question du voile islamique à un débat sur la santé des cheveux, le débat sur la burqa au rapport bénéfices-risques du soleil sur la peau, vitamine D d’un côté, mélanome de l’autre, ou encore, comme si on remettait en question la pratique du carême, de la cacherout ou du ramadan pour des raisons nutritionnelles. Ce type de raisonnement, qui met en avant des arguments sanitaires aux dépens des pratiques religieuses et culturelles, pour le bien des populations, sonne de façon familière aux oreilles de ceux qui connaissent les rhétoriques totalitaires : élimination des malades mentaux sous couvert d’eugénisme dans l’Allemagne nazie, rhétorique sur la « régénération » des citadins par l’hygiène du travail de la terre chez les massacreurs khmers rouges, reprise en main des jeunes Français par l’hygiénisme des chantiers de jeunesse sous le régime de Vichy, les exemples ne manquent pas. Loin de moi l’idée d’assimiler à des adeptes du totalitarisme tous ceux qui seraient prêts à interdire la circoncision avant la majorité des garçons, mais ont-ils pesé toutes les dimensions du problème ? Et que savent-ils des motivations profondes des leaders, Michel Onfray par exemple, qui accompagnent les campagnes militantes visant à cette interdiction, dont on peut parfois se demander jusqu’où peut conduire leur haine des « monothéismes » ? Richard Guédon
Les premières réactions de la communauté juive face à la décision du 26 juin d’un tribunal allemand interdisant la circoncision ont été l’incrédulité, puis la colère. Certains rabbins européens ont d’ailleurs décrit la décision d’un tribunal local de Cologne, qui définit la circoncision comme un acte criminel entrainant une « mutilation irréversible » de l’enfant, comme « la pire attaque à l’encontre des Juifs depuis la Shoah ». Il me semble important, aujourd’hui, d’appréhender avec plus de retenue les termes et les concepts utilisés par les magistrats allemands afin de juger dans quelle mesure la nouvelle réalité juridique remet en question notre culture juive en Europe ainsi que nos croyances et pratiques. (…) En tout premier lieu, l’interdiction de la circoncision engendrée par cette décision juridique pourrait inciter certains – au sein même de la communauté juive – à remettre en cause le concept de dina demalkhuta dina (littéralement, « la loi du pays est la loi »), selon lequel les Juifs se doivent de respecter les lois séculières des lieux de leurs résidences. Il ne s’agirait pas pourtant de la première fois que la « loi du pays » serait profondément en contradiction avec la loi juive. A titre d’exemple, nous savons que la Halakhah stipule que les défunts doivent être inhumés sans cercueil, et que l’enterrement doit avoir lieu le jour du décès. Cependant, dans la plupart des pays occidentaux, la loi impose la mise en bière, et l’enterrement est rarement autorisé le jour du décès. Face à cette réalité juridique, les rabbins d’autrefois avaient estimé que la volonté de respect des traditions funéraires juives ne devait pas aller jusqu’à compromettre la présence juive en Europe. Ils choisirent donc de se conformer au principe de dina demalkhuta dina, s’accommodant des régulations funéraires de l’occident. Qu’en est-il de la circoncision ? Ce commandement est-il si essentiel à la définition de l’identité juive au point de demander aux parents juifs de s’exposer à d’éventuelles poursuites pénales afin de le respecter ? En tant que rabbin, il me semble, en effet, que tel soit le cas. Cependant, je demeure conscient qu’il sera de notre devoir, en tant que rabbins et penseurs juifs, d’expliquer, tant à notre communauté qu’à la société européenne en général, la raison pour laquelle la circoncision constitue un élément indispensable de l’existence juive. Cette tâche relève de la gageure. Devant la possibilité d’une crise profonde et potentiellement dangereuse entre l’Europe et le judaïsme, les parents et les communautés juives méritent mieux et surtout plus qu’un simple rappel biblique évoquant le lien entre la brit milah [cironcision] et le symbole de l’Alliance. La situation actuelle soulève également une question importante pour l’Europe. La formulation de la décision juridique allemande indique clairement que l’ »atteinte irréversible » que la circoncision porte au corps de l’enfant sans le consentement de ce dernier constitue un acte illégal. Cet acte, selon le tribunal, est criminel et enfreint la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, dans la mesure où il expose le nourrisson à « des dangers physiques potentiels » au nom des convictions religieuses de ses parents. S’il en est ainsi, ne pourrait-on pas en dire autant à propos de la notion même d’identité juive ? Après tout, la plupart des Juifs sont simplement nés juifs, sans qu’ils en aient eu le choix. Compte tenu de l’histoire européenne, où le simple fait d’être juif suffît à occasionner la violence et la mort, il serait légitime de se demander si donner naissance à un enfant juif pourrait, involontairement, exposer ce dernier à « des dangers physiques potentiels ». En privilégiant – à l’excès – les droits de l’enfant et la nécessité constante du « consentement », les magistrats allemands ont amené leur société sur un terrain de discorde avec l’identité juive, qui, de par sa nature, ne repose pas sur le choix de l’individu. Cela fait à présent des années que les Juifs et les faiseurs d’opinions européens se font mutuellement croire que le judaïsme d’un côté et la charte des droits fondamentaux et les valeurs morales et éthiques de l’autre, cohabitent en parfaite harmonie. Nous voyons aujourd’hui les limites de cette fausse supposition, dans la mesure où – pour être totalement honnête – l’interdiction de la circoncision est parfaitement conforme à l’esprit et à la lettre de la charte des droits fondamentaux. Les responsables politiques européens ne peuvent donc être capables de comprendre pourquoi, soudainement, cet arrêt juridique sur la circoncision met le peuple juif dans un tel émoi. Ce dont nous avons besoin à présent, c’est d’un dialogue qui permette, pour la première fois, d’expliquer non pas simplement pourquoi la tradition juive est attachée à la pratique de la circoncision mais surtout pourquoi le judaïsme ne peut « cautionner » la charte des droits fondamentaux. Ceci afin que l’Europe puisse comprendre que ce document – qu’elle veut fondateur et surtout universel – n’a pas été rédigé dans un esprit de consultation véritable et honnête avec les autorités religieuses. La véritable question est d’ordre philosophique et ne touche que très partiellement la problématique de la circoncision. L’Europe peut-elle faire place, en son sein, à une tradition comme la nôtre, basée sur une identité qui n’est pas fondée sur la notion de choix ? La question est délicate. L’absence de choix inhérente à l’existence juive offre une véritable résistance à la pensée européenne moderne. En tant que Juifs, nous rappelons à l’Europe dans laquelle nous vivons depuis deux mille ans, que tout dans la vie ne repose pas nécessairement sur un choix. Si le judaïsme et l’Europe osent affronter honnêtement ces questions délicates, en cherchant à y répondre au niveau intellectuel et pas uniquement émotionnel, la décision du tribunal allemand sur la circoncision pourrait représenter une étape importante dans l’évolution de l’identité juive européenne. Cette décision nous abattra-t-elle en tant que peuple se voulant fidèle à une tradition, ou serons-nous capables de parvenir à une plus grande confiance et une meilleure compréhension entre les traditions juives et européennes ? David Meyer
Un tiers des bébés admis à l’hôpital avec de l’herpès ont été infectés durant le rite de la circoncision. Le Grand Rabbinat, avec le ministère de la Santé, a ainsi émis une nouvelle recommandation pour le mohel (rabbin en charge de la circoncision): de retirer le sang de la plaie à l’aide d’une paille et non plus avec la bouche. Une étude réalisée par des experts de l’hôpital « Wolfson », a déclaré cette semaine avoir analysé des données provenant de cinq cliniques dans le centre d’Israël pour les 8 dernières années et a constaté que pendant ce temps, 22 nourrissons ont été hospitalisés pour de l’herpès. Dans un tiers des cas, l’infection est survenue au cours de la brit-mila. Les parents d’enfants infectés ont informés que le mohel n’a pas utilisé un tube ou une pipette pour enlever le sang de la plaie, et l’ont fait conformément à la tradition juive par la bouche. Selon la tradition juive, qui remonte à cinq mille ans, après la cérémonie de la circoncision, mohel doit aspirer le sang de la plaie pour prévenir l’infection.La plupart des mohel le font à la main, avec une pipette ou un tube. Cependant, beaucoup de mohel protègent la version originale du rituel – avec la bouche. Dans ce cas, les médecins disent que l’infection à l’herpès d’un nouveau-né peut causer des maladies graves et même la mort. En 2005, aux Etats-Unis, suite à une  infection par l’herpès pendant le rite de la circoncision, un nouveau-né est mort. En août 2012, l’Association des pédiatres Israël a exigé de mettre un terme à la pratique de la succion orale du sang après la circoncision. JJSNews
Nous concluions en 2012 que ce jugement attestait d’un contexte où se télescopaient de manière brutale traditions religieuses et liberté relative de religion, mutilations génitales et santé publique, et où étaient de plus en plus contestées certaines pratiques religieuses ou coutumières peu compatibles avec l’éthique de mise de nos jours à l’égard des êtres humains comme des animaux — qu’il s’agisse de l’ablation du clitoris, de la circoncision ou de l’abattage rituel de viande cacher ou halal… On ne pouvait ignorer de ce point de vue, écrivions-nous, le rapport délicat entretenu à l’égard de l’islam et du judaïsme par l’opinion occidentale — et les racines chrétiennes d’une part de l’ethos européen n’y sont pas étrangères, qui ont abandonné l’inscription dans le corps de l’homme de l’alliance avec Dieu qui se trouve être au cœur de l’héritage juif et musulman, et ce au bénéfice d’une « éthique de l’intention », selon les mots de Max Weber. Une relation où l’altérité se joue sur des registres anthropologiques autant qu’idéologiques — la difficulté à accepter le voile islamique l’a bien montré — et qui ne pouvait manquer d’interroger aussi une différence identitaire marquée dans la chair de l’individu mâle, vingt ans après les premières polémiques sur la « différence » des filles voilées. Depuis, si le Bundestag a adopté en décembre 2012 un texte de loi qui permet d’encadrer la pratique de la circoncision dans un environnement médicalisé et si le débat s’est quelque peu tari en Allemagne, il a resurgi au plan européen. Car le dossier n’est pas clos pour autant. D’abord en Allemagne même, dans la mesure où l’adoption de la loi voulue par la chancelière, si elle a permis de sortir de l’insécurité juridique que l’arrêt colonais avait mise en lumière, coupe court à toute réflexion en profondeur sur ses enjeux sous-jacents et surtout entre toujours en contradiction avec des textes internationaux auxquels la République fédérale a souscrit, et qui protègent l’enfant de toute atteinte non nécessaire et irréversible à son intégrité physique. Ensuite parce qu’un jour ou l’autre, d’autres pays européens seront confrontés à la contradiction entre la tolérance prévalant généralement à l’égard de la circoncision des jeunes garçons et certains textes légaux, d’ordre interne ou international. D’autres débats, proches et non moins sensibles, qui touchent au plus profond des obligations que s’imposent certaines communautés religieuses, se déploient aujourd’hui ou émergeront en effet à l’avenir, comme celui du refus des transfusions sanguines, ou celui de l’abattage rituel — amplement discuté depuis quelques années en Norvège ou en Suisse, mais aussi en Suède ou en Pologne, et menant parfois à des interdictions, car si la loi européenne impose l’étourdissement préalable de l’animal avant sa mise à mort tout en prévoyant des exceptions « au nom de la pratique religieuse » pour les abattages rituels juif et musulman, elle laisse également à tout pays de l’Union européenne le choix d’adopter une législation plus rigoureuse en la matière. (…) Ce débat au Conseil de l’Europe avait, sans doute maladroitement, entraîné une mise en équivalence des mutilations sexuelles féminines et de la circoncision. La circoncision masculine, si elle n’entraîne bien évidemment, dans l’immense majorité des cas, ni conséquences sanitaires graves, ni perte du plaisir sexuel, et si elle ne répond pas à une volonté patriarcale — ou matriarcale — de soumission comme c’est le cas du sexe féminin avec l’excision ou l’infibulation, n’en demeure pas moins disent ses adversaires, quand elle est pratiquée sans consentement avant l’âge adulte, une atteinte au corps de l’enfant, puisqu’il s’agit de l’ablation de tissus sains et fonctionnels du corps humain. Et ce sans compter une question qui préoccupe beaucoup notre époque, celle de la souffrance, puisque l’ablation hors hôpital, qui est la norme hormis en Amérique du Nord, est pratiquée sans anesthésie autre que superficielle et, pour une partie des interventions, dans un cadre non médicalisé — rappelons que l’arrêt colonais n’avait ainsi pas rejeté l’ablation du prépuce à des fins médicales. Le plus souvent, la circoncision rituelle, sans être autorisée expressément en droit, n’est pas non plus interdite en Europe. En principe, comme toute atteinte non médicalement justifiée à l’intégrité physique d’une personne, elle devrait tomber sous le coup du code pénal. Or, pour diverses raisons — bien que pourrait être visé, outre l’atteinte à l’inviolabilité du corps humain, l’exercice illégal de la médecine par les circonciseurs non médecins —, la tolérance prévaut, assimilant la circoncision à une pratique coutumière et non médicale. Cette pratique pose toute la question de l’identité, entre choix et contrainte, puisqu’elle est ici marquée dans le corps de l’individu — les réactions des organisations juives à l’arrêt de Cologne l’ont bien montré qui, à l’instar de celles du Parlement juif européen ou du Conseil central des Juifs d’Allemagne, y ont vu une « ingérence inacceptable dans les prérogatives des communautés religieuses », concernant « un rite qui touche au plus profond » de la tradition juive, alors que l’une des plus importantes organisations musulmanes de la République fédérale voyait dans l’arrêt de Cologne pas moins que la « criminalisation » d’une coutume musulmane et juive millénaire. Ce qui entraîne de facto la question de la mainmise d’un groupe social ou religieux sur les corps des individus, afin de signifier dans leur chair l’appartenance à une communauté. Le terme « irréparable», qui figurait dans les attendus du jugement de Cologne pour qualifier l’atteinte au corps de l’enfant, met quant à lui en évidence l’opposition entre une tradition qui inscrit irrévocablement dans la chair de l’homme une appartenance à une communauté, et une démocratie moderne qui accorde des droits aux individus et non aux collectivités et considère que les appartenances et les identités puissent être révocables et librement choisies — butant dès lors sur les limites non seulement à la liberté religieuse, mais aussi à l’étendue de l’exercice de l’autorité parentale. En décrétant que la modification irréparable qu’apportait la circoncision était « contraire à l’intérêt de l’enfant, qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse », le tribunal de Cologne a considéré que les droits des parents en matière d’éducation, tout comme la liberté religieuse, n’étaient pas remis en cause dès lors que l’enfant était en âge de décider lui-même de procéder ou non à cette mutilation — la liberté religieuse étant ainsi, si l’on suit l’interprétation qu’en ont fait les juges colonais, renforcée plutôt que diminuée. Ce qui rejoint les questions soulevées dans le débat portant sur l’avortement ou l’euthanasie, relativement à la liberté d’un jeune à disposer de son corps. La loi allemande a aussi mis en lumière un élément assez peu relevé en matière de débat sur la diversité culturelle. A savoir la capacité de chaque religion — ou de tout responsable religieux, ou de tout croyant — à trouver un accommodement entre le respect de ses obligations et la loi civile et à faire primer cette dernière en cas de contradiction insurmontable. Jean-Philippe Schreiber

La continuation de la solution finale par d’autres moyens ?

En cette fête du Nouvel An …

Qui cette année coïncidait, comme Noël pour son début, à la fin de la fête juive de Hanouka

Que le soi-disant « plus grand ami des Juifs » s’obstine comme à son habitude à réduire à une improbable lutte pour les droits civiques

Et au lendemain de la pire résolution onusienne depuis l’infâme résolution – de 1975 – abrogée seize ans plus tard – sur le sionisme comme racisme …

Qui après leur islamisation par l’UNESCO illégalise les lieux saints juifs les plus sacrés, Mur du Temple de Jérusalem et Tombeau des patriarches d’Hébron compris …

Et appelle, nouvelle étoile jaune entre deux reportages à charge dans nos médias, à l’étiquetage d’infâmie pour les seuls produits israéliens  …

Avant la criminalisation qui se prépare, au-delà de risques réels mais aisément évitables et monarchie britannique exceptée, d’une pratique identitaire millénaire  …

Sur fond de tolérance complice, entre excision et castration chimique, pour les pires mutilations …

Qui se souvient …

Que pendant des siècles …

Entre Saint Prépuce, couteau ou pierre de circoncision vénérés comme des reliques …

Sujet d’une myriade d’oeuvres picturales …

Fête officielle catholique et inscription dans le calendrier …

Ou objet d’une procession annuelle dans la village italien de Calcata  jusqu’au vol du reliquaire en 1983 …

Et jusqu’à sa suppression et son remplacement par une énième  fête mariale par le pape Paul VI en 1974 …

Le 1er janvier était en fait comme le rappelle très justement Alain Legaret sur Facebook …

L’un des dernières fêtes chrétiennes à rappeler le plus explicitement du monde …

La judaïté du fondateur de notre ère chrétienne – pardon – commune ….

A savoir la fête de la Circoncision ?

Le débat européen sur la circoncision

Jean-Philippe Schreiber (ULB)

Fabienamnet

4 février 2014

ORELA s’était fait l’écho des prémisses du débat européen sur la circoncision, et ce dès la publication de l’arrêt du tribunal de Grande Instance de Cologne, en juin 2012, qui statuait que « le corps d’un enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision », une modification « contraire à l’intérêt de l’enfant, qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse ». Cet arrêt, on s’en souvient, avait créé une situation jurisprudentielle inédite en Allemagne, interdisant alors de facto toute intervention de ce type en offrant pour la première fois une base légale à toute appréciation en la matière.

Nous concluions en 2012 que ce jugement attestait d’un contexte où se télescopaient de manière brutale traditions religieuses et liberté relative de religion, mutilations génitales et santé publique, et où étaient de plus en plus contestées certaines pratiques religieuses ou coutumières peu compatibles avec l’éthique de mise de nos jours à l’égard des êtres humains comme des animaux — qu’il s’agisse de l’ablation du clitoris, de la circoncision ou de l’abattage rituel de viande cacher ou halal… On ne pouvait ignorer de ce point de vue, écrivions-nous, le rapport délicat entretenu à l’égard de l’islam et du judaïsme par l’opinion occidentale — et les racines chrétiennes d’une part de l’ethos européen n’y sont pas étrangères, qui ont abandonné l’inscription dans le corps de l’homme de l’alliance avec Dieu qui se trouve être au cœur de l’héritage juif et musulman, et ce au bénéfice d’une « éthique de l’intention », selon les mots de Max Weber. Une relation où l’altérité se joue sur des registres anthropologiques autant qu’idéologiques — la difficulté à accepter le voile islamique l’a bien montré — et qui ne pouvait manquer d’interroger aussi une différence identitaire marquée dans la chair de l’individu mâle, vingt ans après les premières polémiques sur la « différence » des filles voilées.

Depuis, si le Bundestag a adopté en décembre 2012 un texte de loi qui permet d’encadrer la pratique de la circoncision dans un environnement médicalisé et si le débat s’est quelque peu tari en Allemagne, il a resurgi au plan européen. Car le dossier n’est pas clos pour autant. D’abord en Allemagne même, dans la mesure où l’adoption de la loi voulue par la chancelière, si elle a permis de sortir de l’insécurité juridique que l’arrêt colonais avait mise en lumière, coupe court à toute réflexion en profondeur sur ses enjeux sous-jacents et surtout entre toujours en contradiction avec des textes internationaux auxquels la République fédérale a souscrit, et qui protègent l’enfant de toute atteinte non nécessaire et irréversible à son intégrité physique. Ensuite parce qu’un jour ou l’autre, d’autres pays européens seront confrontés à la contradiction entre la tolérance prévalant généralement à l’égard de la circoncision des jeunes garçons et certains textes légaux, d’ordre interne ou international.

D’autres débats, proches et non moins sensibles, qui touchent au plus profond des obligations que s’imposent certaines communautés religieuses, se déploient aujourd’hui ou émergeront en effet à l’avenir, comme celui du refus des transfusions sanguines, ou celui de l’abattage rituel — amplement discuté depuis quelques années en Norvège ou en Suisse, mais aussi en Suède ou en Pologne, et menant parfois à des interdictions, car si la loi européenne impose l’étourdissement préalable de l’animal avant sa mise à mort tout en prévoyant des exceptions « au nom de la pratique religieuse » pour les abattages rituels juif et musulman, elle laisse également à tout pays de l’Union européenne le choix d’adopter une législation plus rigoureuse en la matière.

Au Parlement européen, les débats relatifs au rapport sur la liberté de religion et de conviction dû à une eurodéputée lituanienne du Parti populaire européen (PPE), Laima Liucija Andrikiené, avaient suscité là aussi de vives réactions et mené à de nombreux amendements au texte initial, qui faisait la part trop belle à une interprétation  lato sensu de la liberté religieuse, au point de conduire, outre des accommodements religieux dans l’enseignement ou la promotion du créationnisme, à la tolérance à l’égard de pratiques médicales dangereuses mues par le respect de prescrits religieux. L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, à Strasbourg, a elle aussi été à son tour le théâtre d’un débat houleux sur la circoncision, en janvier dernier, mettant aux prises, devant la Commission des questions sociales et de la santé, des porte-paroles juifs et musulmans d’une part, des parlementaires défenseurs de l’intégrité physique des enfants d’autre part — sans compter des experts divisés —, et ce suite à une résolution controversée adoptée en octobre 2013, considérant la circoncision comme une violation du droit des enfants à l’intégrité physique.

Ce débat au Conseil de l’Europe avait, sans doute maladroitement, entraîné une mise en équivalence des mutilations sexuelles féminines et de la circoncision. La circoncision masculine, si elle n’entraîne bien évidemment, dans l’immense majorité des cas, ni conséquences sanitaires graves, ni perte du plaisir sexuel, et si elle ne répond pas à une volonté patriarcale — ou matriarcale — de soumission comme c’est le cas du sexe féminin avec l’excision ou l’infibulation, n’en demeure pas moins disent ses adversaires, quand elle est pratiquée sans consentement avant l’âge adulte, une atteinte au corps de l’enfant, puisqu’il s’agit de l’ablation de tissus sains et fonctionnels du corps humain. Et ce sans compter une question qui préoccupe beaucoup notre époque, celle de la souffrance, puisque l’ablation hors hôpital, qui est la norme hormis en Amérique du Nord, est pratiquée sans anesthésie autre que superficielle et, pour une partie des interventions, dans un cadre non médicalisé — rappelons que l’arrêt colonais n’avait ainsi pas rejeté l’ablation du prépuce à des fins médicales.

Le plus souvent, la circoncision rituelle, sans être autorisée expressément en droit, n’est pas non plus interdite en Europe. En principe, comme toute atteinte non médicalement justifiée à l’intégrité physique d’une personne, elle devrait tomber sous le coup du code pénal. Or, pour diverses raisons — bien que pourrait être visé, outre l’atteinte à l’inviolabilité du corps humain, l’exercice illégal de la médecine par les circonciseurs non médecins —, la tolérance prévaut, assimilant la circoncision à une pratique coutumière et non médicale. Cette pratique pose toute la question de l’identité, entre choix et contrainte, puisqu’elle est ici marquée dans le corps de l’individu — les réactions des organisations juives à l’arrêt de Cologne l’ont bien montré qui, à l’instar de celles du Parlement juif européen ou du Conseil central des Juifs d’Allemagne, y ont vu une « ingérence inacceptable dans les prérogatives des communautés religieuses », concernant « un rite qui touche au plus profond » de la tradition juive, alors que l’une des plus importantes organisations musulmanes de la République fédérale voyait dans l’arrêt de Cologne pas moins que la « criminalisation » d’une coutume musulmane et juive millénaire. Ce qui entraîne de facto la question de la mainmise d’un groupe social ou religieux sur les corps des individus, afin de signifier dans leur chair l’appartenance à une communauté.

Le terme « irréparable», qui figurait dans les attendus du jugement de Cologne pour qualifier l’atteinte au corps de l’enfant, met quant à lui en évidence l’opposition entre une tradition qui inscrit irrévocablement dans la chair de l’homme une appartenance à une communauté, et une démocratie moderne qui accorde des droits aux individus et non aux collectivités et considère que les appartenances et les identités puissent être révocables et librement choisies — butant dès lors sur les limites non seulement à la liberté religieuse, mais aussi à l’étendue de l’exercice de l’autorité parentale. En décrétant que la modification irréparable qu’apportait la circoncision était « contraire à l’intérêt de l’enfant, qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse », le tribunal de Cologne a considéré que les droits des parents en matière d’éducation, tout comme la liberté religieuse, n’étaient pas remis en cause dès lors que l’enfant était en âge de décider lui-même de procéder ou non à cette mutilation — la liberté religieuse étant ainsi, si l’on suit l’interprétation qu’en ont fait les juges colonais, renforcée plutôt que diminuée. Ce qui rejoint les questions soulevées dans le débat portant sur l’avortement ou l’euthanasie, relativement à la liberté d’un jeune à disposer de son corps.

La loi allemande a aussi mis en lumière un élément assez peu relevé en matière de débat sur la diversité culturelle. A savoir la capacité de chaque religion — ou de tout responsable religieux, ou de tout croyant — à trouver un accommodement entre le respect de ses obligations et la loi civile et à faire primer cette dernière en cas de contradiction insurmontable. A ce propos, un rabbin et théologien pourtant réputé fort libéral, David Meyer, avait écrit dans un point de vue publié par le journal Le Monde, au lendemain de l’arrêt de Cologne : « Ce commandement (celui de la circoncision) est-il si essentiel à la définition de l’identité juive au point de demander aux parents juifs de s’exposer à d’éventuelles poursuites pénales afin de le respecter ? En tant que rabbin, il me semble, en effet, que tel soit le cas ». Ce qui en d’autres termes constituait un encouragement, dans le chef d’une autorité spirituelle, à transgresser la loi au nom d’une obligation religieuse que l’on considère plus fondamentale — le rabbin Meyer y voyant tout à la fois, en citoyen responsable et en intellectuel engagé dans la cité, un germe de « crise profonde et potentiellement dangereuse » entre le judaïsme et son environnement.

Courageusement, le rabbin Meyer a mis en lumière ce que d’aucuns ne veulent ou n’osent pas voir, à savoir qu’au bout des deux logiques, civile et religieuse, il n’y a quelquefois pas d’accommodement possible, et qu’il faudra bien trancher laquelle s’impose à l’autre : « Cela fait à présent des années, écrit encore David Meyer, que les Juifs et les faiseurs d’opinions européens se font mutuellement croire que le judaïsme d’un côté et la charte des droits fondamentaux et les valeurs morales et éthiques de l’autre, cohabitent en parfaite harmonie. Nous voyons aujourd’hui les limites de cette fausse supposition, dans la mesure où – pour être totalement honnête – l’interdiction de la circoncision est parfaitement conforme à l’esprit et à la lettre de la charte des droits fondamentaux ». Et de conclure, de son point de vue : « Ce dont nous avons besoin (…) c’est d’un dialogue qui permette (…) d’expliquer non pas simplement pourquoi la tradition juive est attachée à la pratique de la circoncision mais surtout pourquoi le judaïsme ne peut ‘cautionner’ la charte des droits fondamentaux ». On ne pouvait être plus clair.

Voir aussi:

La circoncision religieuse est-elle une mutilation sexuelle?

C’est en tout cas ce que semble penser le Tribunal de grande instance de Cologne dans un jugement appelé à faire jurisprudence. La communauté juive, scandalisée, monte au créneau. En Europe, la question des rites juifs et musulmans fait débat un peu partout.
« Le corps d’un enfant est modifié durablement et de façon irréparable par la circoncision. Cette modification est contraire à l’intérêt de l’enfant qui doit décider plus tard par lui même de son appartenance religieuse. Le droit de l’enfant à son intégrité physique prime sur le droit des parents ». Trois petites phrases qui provoquent un véritable tollé chez les juifs et les musulmans d’Allemagne. La circoncision, rite central du judaïsme, se retrouve ainsi sur la sellette par une décision de justice.En Europe, les rites propres aux communautés juive et musulmane sont malmenés un peu partout sous couvert d’intentions louables.
En Suisse, l’abattage rituel du bétail est proscrit depuis 1894, même si l’importation de viande casher (mais pas hallal) est autorisée; les volailles, elles, peuvent être abattues selon les rites juif et musulman. En Norvège, en Suède, en Islande, en Grèce, au Luxembourg et dans six provinces autrichiennes, l’abattage rituel est également interdit par la loi. Les Pays-Bas ont failli le proscrire également l’année dernière, et le débat reste vif en Grande-Bretagne, au Danemark et… en Allemagne.
Car pour nos sociétés sécularisées, abattage rituel et circoncision sont des vestiges archaïques de fonctionnements tribaux peu adéquats avec les valeurs occidentales, même si bien peu le disent tout haut, comme François Fillon l’avait fait juste avant la présidentielle en qualifiant ces pratiques de « traditions ancestrales appelées à s’adapter au monde actuel ». Les rabbins européens s’inquiètent depuis longtemps de la croisade anti-hallal qui rassemble dans un drôle d’attelage protecteurs des animaux et sympathisants d’extrême-droite. « La circoncision sera visée dans la foulée de la shehita (rite d’abattage israélite) », pouvait-on lire dans le Jerusalem Post dès le mois de janvier dernier. L’actualité vient de leur donner raison.
Mais en filigrane, c’est une autre question qui est soulevée par ce jugement. Si l’enfant est de plus en plus considéré comme un individu dont il faut préserver l’intégrité physique, morale et spirituelle, est-il encore possible pour ses parents, quelle que soit leur religion ou leur culture, de lui imposer une éducation? Ou bien toute inscription rituelle dans une communauté donnée va-t-elle être considérée comme une violence à son encontre, puisque ses parents choisissent pour lui jusqu’à un certain âge?
Voir également:

Expliquer la circoncision

Le débat sur la circoncision en révèle un autre: la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne a été négociée sans discussion avec les autorités religieuses. Il est temps d’y remédier.

David Meyer, rabbin

Le Monde

25.09.2012

Les premières réactions de la communauté juive face à la décision du 26 juin d’un tribunal allemand interdisant la circoncision ont été l’incrédulité, puis la colère. Certains rabbins européens ont d’ailleurs décrit la décision d’un tribunal local de Cologne, qui définit la circoncision comme un acte criminel entrainant une « mutilation irréversible » de l’enfant, comme « la pire attaque à l’encontre des Juifs depuis la Shoah« . Il me semble important, aujourd’hui, d’appréhender avec plus de retenue les termes et les concepts utilisés par les magistrats allemands afin de juger dans quelle mesure la nouvelle réalité juridique remet en question notre culture juive en Europe ainsi que nos croyances et pratiques.

Le livre de l’Ecclésiaste (3:1-3) nous enseigne que « toutes choses ont leur temps (…) un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ». La décision allemande semble effectivement vouloir « abattre » l’une des pratiques cardinales du judaïsme. Mais cette décision peut-elle également  « bâtir » quelque chose ? Pourrions-nous saisir cette occasion pour renouveler et renforcer notre identité juive en Europe ? Face à cette tâche, deux éléments sont en jeu. Le premier concerne la communauté juive, le second concerne l’Europe.

En tout premier lieu, l’interdiction de la circoncision engendrée par cette décision juridique pourrait inciter certains – au sein même de la communauté juive – à remettre en cause le concept de dina demalkhuta dina (littéralement, « la loi du pays est la loi »), selon lequel les Juifs se doivent de respecter les lois séculières des lieux de leurs résidences. Il ne s’agirait pas pourtant de la première fois que la « loi du pays » serait profondément en contradiction avec la loi juive. A titre d’exemple, nous savons que la Halakhah stipule que les défunts doivent être inhumés sans cercueil, et que l’enterrement doit avoir lieu le jour du décès. Cependant, dans la plupart des pays occidentaux, la loi impose la mise en bière, et l’enterrement est rarement autorisé le jour du décès. Face à cette réalité juridique, les rabbins d’autrefois avaient estimé que la volonté de respect des traditions funéraires juives ne devait pas aller jusqu’à compromettre la présence juive en Europe. Ils choisirent donc de se conformer au principe de dina demalkhuta dina, s’accommodant des régulations funéraires de l’occident.

Qu’en est-il de la circoncision ? Ce commandement est-il si essentiel à la définition de l’identité juive au point de demander aux parents juifs de s’exposer à d’éventuelles poursuites pénales afin de le respecter ? En tant que rabbin, il me semble, en effet, que tel soit le cas. Cependant, je demeure conscient qu’il sera de notre devoir, en tant que rabbins et penseurs juifs, d’expliquer, tant à notre communauté qu’à la société européenne en général, la raison pour laquelle la circoncision constitue un élément indispensable de l’existence juive. Cette tâche relève de la gageure. Devant la possibilité d’une crise profonde et potentiellement dangereuse entre l’Europe et le judaïsme, les parents et les communautés juives méritent mieux et surtout plus qu’un simple rappel biblique évoquant le lien entre la brit milah [cironcision] et le symbole de l’Alliance.

La situation actuelle soulève également une question importante pour l’Europe. La formulation de la décision juridique allemande indique clairement que l’« atteinte irréversible » que la circoncision porte au corps de l’enfant sans le consentement de ce dernier constitue un acte illégal. Cet acte, selon le tribunal, est criminel et enfreint la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, dans la mesure où il expose le nourrisson à « des dangers physiques potentiels » au nom des convictions religieuses de ses parents. S’il en est ainsi, ne pourrait-on pas en dire autant à propos de la notion même d’identité juive ? Après tout, la plupart des Juifs sont simplement nés juifs, sans qu’ils en aient eu le choix. Compte tenu de l’histoire européenne, où le simple fait d’être juif suffît à occasionner la violence et la mort, il serait légitime de se demander si donner naissance à un enfant juif pourrait, involontairement, exposer ce dernier à « des dangers physiques potentiels ». En privilégiant – à l’excès – les droits de l’enfant et la nécessité constante du « consentement », les magistrats allemands ont amené leur société sur un terrain de discorde avec l’identité juive, qui, de par sa nature, ne repose pas sur le choix de l’individu.

Cela fait à présent des années que les Juifs et les faiseurs d’opinions européens se font mutuellement croire que le judaïsme d’un côté et la charte des droits fondamentaux et les valeurs morales et éthiques de l’autre, cohabitent en parfaite harmonie. Nous voyons aujourd’hui les limites de cette fausse supposition, dans la mesure où – pour être totalement honnête – l’interdiction de la circoncision est parfaitement conforme à l’esprit et à la lettre de la charte des droits fondamentaux. Les responsables politiques européens ne peuvent donc être capables de comprendre pourquoi, soudainement, cet arrêt juridique sur la circoncision met le peuple juif dans un tel émoi. Ce dont nous avons besoin à présent, c’est d’un dialogue qui permette, pour la première fois, d’expliquer non pas simplement pourquoi la tradition juive est attachée à la pratique de la circoncision mais surtout pourquoi le judaïsme ne peut « cautionner » la charte des droits fondamentaux. Ceci afin que l’Europe puisse comprendre que ce document – qu’elle veut fondateur et surtout universel – n’a pas été rédigé dans un esprit de consultation véritable et honnête avec les autorités religieuses.

La véritable question est d’ordre philosophique et ne touche que très partiellement la problématique de la circoncision. L’Europe peut-elle faire place, en son sein, à une tradition comme la nôtre, basée sur une identité qui n’est pas fondée sur la notion de choix ? La question est délicate. L’absence de choix inhérente à l’existence juive offre une véritable résistance à la pensée européenne moderne. En tant que Juifs, nous rappelons à l’Europe dans laquelle nous vivons depuis deux mille ans, que tout dans la vie ne repose pas nécessairement sur un choix. Si le judaïsme et l’Europe osent affronter honnêtement ces questions délicates, en cherchant à y répondre au niveau intellectuel et pas uniquement émotionnel, la décision du tribunal allemand sur la circoncision pourrait représenter une étape importante dans l’évolution de l’identité juive européenne. Cette décision nous abattra-t-elle en tant que peuple se voulant fidèle à une tradition, ou serons-nous capables de parvenir à une plus grande confiance et une meilleure compréhension entre les traditions juives et européennes ?

David Meyer, rabbin à Bruxelles et professeur de littérature rabbinique à l’Université grégorienne pontificale de Rome.

Voir de même:

Il ne faut pas interdire la circoncision

« Vouloir limiter cette discussion à sa seule dimension sanitaire aboutit à nier a priori son rôle dans la transmission de l’identité religieuse et à une remise en cause majeure de celle-ci », estime Richard Guédon.

Richard Guédon, docteur en médecine

Le Monde

 28.08.2012

Un tribunal allemand a condamné fin juin un médecin et des parents musulmans pour la circoncision de leur enfant, estimant que ceux-ci avaient enfreint le droit de l’enfant à une éducation sans « violence ». Cette décision vient renforcer la position de ceux qui militent pour que la loi interdise aux parents de procéder à la circoncision de leurs garçons avant leur majorité. Cette position est fondée sur l’idée que la circoncision est une mutilation comparable à l’excision chez la petite fille.

Ni juif ni musulman, mais agnostique de famille catholique, je pense qu’il s’agit d’une question grave dont on doit penser les différentes dimensions. La dimension sanitaire : qu’est-ce que la circoncision ? Quel est son rapport bénéfices-risques ?

La circoncision consiste en l’excision du prépuce, petit repli cutané qui recouvre le gland. C’est aujourd’hui une intervention chirurgicale bénigne, mais dont les complications peuvent être sérieuses si l’acte chirurgical est réalisé par des praticiens peu qualifiés ou mal équipés. La circoncision est créditée d’un certain nombre d’effets bénéfiques : limitation du risque de transmission hétérosexuelle de l’infection par le VIH chez l’homme (Organisation mondiale de la santé, 2007), prévention des fréquents paraphimosis (inflammation du prépuce) de l’enfance ; prévention de certains problèmes sexuels chez les jeunes hommes en rapport avec les fréquents prépuces serrés.

De surcroît, jamais depuis le début de l’ère de la médecine scientifique la pratique de la circoncision par le corps médical n’a été contestée par lui comme non éthique. Tâchons néanmoins de répondre à certaines questions que pourrait soulever cette pratique.

Tout d’abord, sur le plan sémantique : la circoncision est-elle une mutilation ? Selon la définition du dictionnaire « mutilation : retranchement d’un membre ou d’une autre partie du corps », il s’agit bien d’une mutilation mineure. Mais ce terme comporte une forte connotation péjorative, évoquant un univers de tortures et de blessures de guerre, de douleurs et de séquelles, sans aucun bénéfice. L’utiliser dans une discussion sur la circoncision, qui comporte indéniablement certains bénéfices, apparaît déjà comme un jugement de valeur.

Cette analyse montre aussi qu’il n’est pas possible de comparer la circoncision à l’excision clitoridienne dont les bénéfices sanitaires sont nuls face aux risques hémorragiques, infectieux mais surtout sexuels. Cette mutilation, car c’en est une, limite en effet pour sa vie entière le plaisir sexuel de la petite fille qui en est l’objet.

Sur les plans religieux et culturel, quelle est la place de la circoncision dans l’islam et le judaïsme ? Bien que n’étant pas mentionnée dans le Coran, la circoncision est pratiquée dans l’ensemble du monde musulman, où elle est considérée comme une prescription de la tradition de l’islam, et la plupart des familles y sont très attachées.

Elle revêt un caractère central dans la culture, la religion et l’identité juives, dont elle constitue l’un des principaux marqueurs. Rappelons que des milliers d’hommes juifs ont payé de leur vie l’existence de cette scarification reconnaissable entre toutes, qui témoigne de l’alliance avec Dieu. Si les familles juives ont continué à marquer ainsi leurs garçons, malgré les risques mortels, c’est pour que chaque juif soit reconnu comme tel par les juifs comme par les non-juifs. La mise en cause de la liberté de faire circoncire leurs garçons par les familles juives est une remise en question de leur identité la plus intime, la plus mémorielle, alors même que s’éteignent peu à peu les regards qui ont vu la Shoah.

Enfin, la dimension familiale : a-t-on le droit de décider de circoncire ses enfants à leur place ? Tout parent sait que l’éducation des enfants est une perpétuelle tentative d’évaluation angoissée du rapport entre les bénéfices et les risques de ce qu’on leur commande, laisse faire ou interdit. Elever un enfant, c’est réfléchir en permanence à ce qu’on peut et à ce qu’on doit lui transmettre, en pesant chaque jour sa liberté d’aujourd’hui à l’aune de celle de demain. Les parents décident, en faisant circoncire leurs garçons, d’inscrire dans leur corps la marque d’une identité plurimillénaire, considérant sans doute que la dimension sanitaire du problème, qu’ils ne méconnaissent pas, est très secondaire par rapport à cette transmission religieuse et culturelle. Veut-on vraiment que la loi décide à leur place ?

Pour se faire une opinion, il faut intégrer toutes ces dimensions. Vouloir limiter la discussion sur la circoncision à sa seule dimension sanitaire aboutit à nier a priori son rôle dans la transmission de l’identité religieuse et à une remise en cause majeure de celle-ci. C’est comme si on réduisait la question du voile islamique à un débat sur la santé des cheveux, le débat sur la burqa au rapport bénéfices-risques du soleil sur la peau, vitamine D d’un côté, mélanome de l’autre, ou encore, comme si on remettait en question la pratique du carême, de la cacherout ou du ramadan pour des raisons nutritionnelles.

Ce type de raisonnement, qui met en avant des arguments sanitaires aux dépens des pratiques religieuses et culturelles, pour le bien des populations, sonne de façon familière aux oreilles de ceux qui connaissent les rhétoriques totalitaires : élimination des malades mentaux sous couvert d’eugénisme dans l’Allemagne nazie, rhétorique sur la « régénération » des citadins par l’hygiène du travail de la terre chez les massacreurs khmers rouges, reprise en main des jeunes Français par l’hygiénisme des chantiers de jeunesse sous le régime de Vichy, les exemples ne manquent pas.

Loin de moi l’idée d’assimiler à des adeptes du totalitarisme tous ceux qui seraient prêts à interdire la circoncision avant la majorité des garçons, mais ont-ils pesé toutes les dimensions du problème ? Et que savent-ils des motivations profondes des leaders, Michel Onfray par exemple, qui accompagnent les campagnes militantes visant à cette interdiction, dont on peut parfois se demander jusqu’où peut conduire leur haine des « monothéismes » ?

Richard Guédon, docteur en médecine

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Santé

Un rituel juif de circoncision à l’origine de la mort de deux bébés aux Etats-Unis

Deux nouveau-nés sont morts ces dix dernières années à New York d’herpès transmis pendant une cérémonie juive de circoncision, lors de laquelle l’officiant a recueilli dans sa bouche le sang du bébé.

Le Progrès

  • 07/06/2012
  • En outre, onze enfants ont été atteints du HSV-1, le virus responsable de la plupart des herpès oro-faciaux. Ces cas ont tous été recensés dans le même quartier de New York, entre 2000 et 2011. L’un des deux nouveau-nés décédés avait été circoncis en même temps que son frère jumeau au cours d’une cérémonie traditionelle pendant laquelle le « mohel », chargé de l’opération, a procédé à l’ablation de son prépuce, puis sucé le sang de son pénis.
    «Alors qu’ils avaient huit jours, les jumeaux ont été circoncis par un « mohel », qui a ensuite procédé à une succion orogénitale. Huit jours plus tard, les jumeaux avaient de la fièvre et portaient des lésions sur l’abdomen, les fesses, le périnée et les organes génitaux», relèvent les CDC dans leur étude.
    Après examen, il s’est avéré que les bébés étaient porteurs du HSV-1 et le premier jumeau à avoir été circoncis est décédé.
    Leur mère n’avait d’herpès ni au moment de l’accouchement, ni après. Les 14 employés de l’hôpital où les bébés ont été soignés n’étaient pas non plus porteurs du virus. En revanche, le mohel qui avait procédé à la circoncision et à la succion était atteint du HSV-1. L’autre enfant décédé des suites d’un herpès serait mort en 2011, mais compte tenu du fait que le mohel n’a pu être testé, il s’agit pour les autorités d’un cas «probable» et non avéré.

    Voir encore:

    Le Grand Rabbinat d’Israël émet de nouvelles directives pour les circoncisions.

    JSSNews
    13 avril 2013

    Un tiers des bébés admis à l’hôpital avec de l’herpès ont été infectés durant le rite de la circoncision. Le Grand Rabbinat, avec le ministère de la Santé, a ainsi émis une nouvelle recommandation pour le mohel (rabbin en charge de la circoncision): de retirer le sang de la plaie à l’aide d’une paille et non plus avec la bouche.

    Une étude réalisée par des experts de l’hôpital « Wolfson », a déclaré cette semaine avoir analysé des données provenant de cinq cliniques dans le centre d’Israël pour les 8 dernières années et a constaté que pendant ce temps, 22 nourrissons ont été hospitalisés pour de l’herpès. Dans un tiers des cas, l’infection est survenue au cours de la brit-mila. Les parents d’enfants infectés ont informés que le mohel n’a pas utilisé un tube ou une pipette pour enlever le sang de la plaie, et l’ont fait conformément à la tradition juive par la bouche.

    Selon la tradition juive, qui remonte à cinq mille ans, après la cérémonie de la circoncision, mohel doit aspirer le sang de la plaie pour prévenir l’infection.La plupart des mohel le font à la main, avec une pipette ou un tube. Cependant, beaucoup de mohel protègent la version originale du rituel – avec la bouche.

    Dans ce cas, les médecins disent que l’infection à l’herpès d’un nouveau-né peut causer des maladies graves et même la mort. En 2005, aux Etats-Unis, suite à une  infection par l’herpès pendant le rite de la circoncision, un nouveau-né est mort. En août 2012, l’Association des pédiatres Israël a exigé de mettre un terme à la pratique de la succion orale du sang après la circoncision. 

    Malgré tout, le Grand Rabbinat rappel, et à juste titre, que la plupart des « complications » suite à une circoncision, ont lieu après un acte fait par un médecin à l’hôpital et non par des rabbins.

    La circoncision, qui se fait à l’âge de 8 jours dans le judaïsme, est l’acte qui relie l’enfant à Dieu.

    Voir de plus:

     2016 a battu tous les records en termes d’inepties véhiculées contre Israël

    Intitulé Jérusalem, quand la ville sainte se déchire, le reportage est truffé d’erreurs aussi monumentales qu’invraisemblables. On se souvient peut-être que le 29 novembre 1947, les Nations unies ont adopté un plan de partition de ce qui restait de la Palestine, après que l’Angleterre en ait cédé les quatre cinquièmes à l’émir du Hedjaz en 1921. Ce dernier avait appelé son nouveau royaume la Transjordanie. Le plan de 1947 prévoyait la création d’un Etat juif et d’un Etat arabe. Personne ne parlait alors d’Etat palestinien. Un statut international était prévu pour Jérusalem. Problème : alors qu’Israël a accepté le plan, les Arabes l’ont rejeté. Toutefois selon M6, « en 1947, pour apaiser les tensions les Nations unies ont séparé la région en deux. Israël voit alors le jour. La Jordanie, elle, cède un bout de son territoire : la Cisjordanie. Cela doit devenir le futur Etat palestinien. » Nous sommes en plein dans le jeu des sept erreurs. En 1947, la Transjordanie se trouvait toujours de l’autre côté du Jourdain et Israël n’avait pas encore proclamé son indépendance. Après la déclaration de celle-ci le 14 mai 1948, l’Etat juif a été immédiatement attaqué par les armées de cinq pays arabes dont la Transjordanie qui a occupé la Cisjordanie et Jérusalem-Est et s’est empressée de les annexer avant de changer son nom en Jordanie. Et le documentaire de poursuivre : « En 1967 Israël entre en guerre contre ses voisins et annexe la Cisjordanie. C’est le début de l’occupation des territoires palestiniens. » Or, d’une part Israël n’a jamais annexé la Cisjordanie et de l’autre, ladite Cisjordanie incluant la totalité des territoires revendiqués aujourd’hui par Abou Mazen se trouvait, de 1948 à 1967, sous contrôle jordanien. Pourquoi un Etat palestinien n’a-t-il alors pas vu le jour ? La question ne sera évidemment pas posée par M6…

     Voir de même:

    2017, année eschatologique

    Shmuel Trigano
    JForum
    Jan 1, 2017

    Combien cette joie exprime-t-elle de haine rentrée et de mépris, expression irrépressible d’une animosité atavique envers le peuple juif redevenu souverain

    « Eschatologique » désigne généralement la « fin des temps ». Je n’irais peut-être pas jusque là mais sans doute entrons-nous dans la fin d’un temps. De nombreux signes nous montrent que cette année signera en effet la fin de l’époque que la chute du mur de Berlin (1989) a ouverte, elle-même la suite de l’après deuxième guerre mondiale, deux périodes charnières qui nous ont fait entrer dans un monde encore inconnu. Entre 1989 et 2017, nous avons subi l’effet d’une même utopie qui s’est cristallisée autour de l’attente millénariste que le passage du bi-millénaire avait suscitée en 2000 et que l’on peut définir comme le post-modernisme. Un rêve de toute puissance et de fusion massifiante s’est alors emparée de l’Occident démocratique qui a cru à la fin de toute limite, à la maitrise totale du destin et de la nature humaines, à l’Etat mondial, à la fin des frontières et des territoires,… Une véritable ivresse de toute puissance.

    La montée en force de la Russie, la décomposition annoncée de l’Union Européenne, scène principale de cette frénésie et de ce drame, le spectacle digne d’une légende de l’armée de « migrants » qui, l’an dernier, l’envahissait en rangs serrés, l’effondrement de l’Etat arabe de toutes parts, l’agression planétaire de l’islam font entendre les craquements de l’ordre ancien. Nous sommes passés de l’affrontement entre des Etats à l’affrontement entre des blocs massifs, des civilisations, des empires ou aspirants à l’empire.  En Europe, c’est le choc UE-Russie, au Moyen Orient Iran-Arabie, Turquie-Iran, Chiites-Sunnites, Islam-Occident, sans oublier la Chine confrontée aux Etats-Unis. Les mondes concurrents se recentrent chacun sur soi, en même temps que progresse la mondialisation comme si chacun s’apprétait à bondir sur son voisin. Une étrange atmosphère s’est emparée de l’Occident, où tout le monde rivalise de « moralité », de pureté, de reconnaissance d’autrui mais où le double discours et la perversion des valeurs montrent chaque jour leurs effets. Nous sommes à Sodome dont la cruauté était déguisée sous la morale. Le visiteur, nous dit la tradition juive,  y était accueilli mais forcé de dormir dans un lit trop petit pour les plus grands auxquels on coupait les pieds, trop grand pour les plus petits, dont on étirait les jambes jusqu’à ce que mort s’en suive…

    Comme toujours, le peuple d’Israël est le révélateur de l’état de l’humanité. Ce qui lui arrive en est le symptôme. Deux scènes, très semblables, illustrent de façon théâtrale cette perversion du langage et de la réalité :  le vote de la reconnaissance de l’Etat imaginaire de Palestine par le parlement français et le vote anti-israélien du Conseil de sécurité, les deux en standing ovation, puis, demain la conférence de Paris. Qu’avaient-ils donc tant à se féliciter pour un tel vote? Combien cette joie exprime-t-elle de haine rentrée et de mépris, expression irrépressible d’une animosité atavique envers le peuple juif redevenu souverain et échappant au patronage de la magnanimité compassionnelle de l’Occident ? Que sont donc ces Palestiniens, pour jouer les victimes favorites de toute la planète où d’infiniment plus graves situations sont laissées à l’abandon? Sinon parce qu’ils représentent un Israël substitutif qu’ils envisagent de substituer à Israël dans son propre être et son propre territoire? Le « nouvel israël » des postcolonialistes! Car l’inimitié fondamentale des Palestiniens est de l’ordre de l’évidence. Cet acharnement a gravi les échelons : d’abord à l’UNESCO puis à l’ONU, qui décrète que les Juifs sont des colons à Jérusalem et qu’ils le sont sur la Terre d’Israël. Le sort de Jerusalem décide stratégiquement, en effet, du sort de toute ce territoire. Quelle sera la prochaine étape sinon l’annihilation morale et juridique d’Israël?  Nous voyons se lever à nouveau la horde amalécite et le combat devient total car c’est au fondement même de l’existence du peuple d’Israël que l’humanité assemblée au Conseil de sécurité porte atteinte. La planète d’un côté, Israël de l’autre c’est un signe attendu de la fin des temps dans la tradition messianique juive, la condition d’Abraham. L’humanité réunie décrête qu’Israël est un étranger sur sa terre et s’apprête à le mettre en quarantaine s’il ne vient pas à récipiscence avant de lui porter le coup fatal. Situation prophétique, s’il en est! Alors qu’au nord pointe le museau d’un nouvel empire de Perse, « du nord éclatera le mal » (Jr 1,14) ) au point focal de la concurrence des empires, russe, iranien, turc.  Que fera le joker du destin, Trump?

    Voir encore:
    President Obama’s Two Hanukkah messages
    Elliot Kaufman
    National Review
    December 28, 2016
    He misunderstands the particular meaning that the holiday has for the Jewish people.
    President Obama blessed the Jewish people with two Hanukkah messages this year: one in a statement in advance of his annual Hanukkah party on Friday, and one at the United Nations.
    At the U.N., Obama abstained, leaving Israel to be denounced. This vote and its implications have been amply analyzed. The president’s official Hanukkah message and its implications, however, have flown under the radar. He mentioned the “Jewish people’s perseverance and the persistence of faith,” but the heart of his message was about religious liberty. “For more than two centuries,” the statement reads, the meaning of this holiday has inspired an American tradition of religious freedom — one codified in the Bill of Rights and chronicled in the enduring promise President George Washington made in his letter to the Jews of Newport, Rhode Island: that the United State “gives to bigotry no sanction, to persecution no assistance.”
    If that signals a renewed commitment from the president to preserve religious freedom, it should be lauded. This is, after all, the administration that fought the Little Sisters of the Poor all the way to the Supreme Court to coerce the nuns into paying for contraception.
    The problem with the president’s message is that he confuses the meaning of the Jewish holiday, attempting to draw from it a universalistic teaching, as he did last year when, generalizing, he said that “at its heart, Hanukkah is about the struggle for justice.” Both last year’s official greeting and this year’s reflect a tendency to overlook the particular ancient attachments of the Jewish people.
    The universal principle of religious liberty is hardly the message of the Jewish Maccabean revolt or of the miracles commemorated by Jews at Hanukkah. The revolt began when Mattityahu killed a fellow Jew who had attempted to sacrifice a pig to Zeus (1 Mac. 2:24–25). So much for religious liberty. Mattityahu then killed the Greek official who had ordered the assembled Jews to abandon their religion, and then launched a guerrilla war against the Greco-Syrian king. A proper reading of the Jewish and historical record reveals that Mattityahu and the Maccabees revolted against not only religious oppression by Greek authorities but also Jewish assimilation to Hellenic culture.
    Jews do not celebrate Hanukkah for its generalizable message of religious freedom; Hanukkah is particular to Jews, not universal. It commemorates the reassertion of Jewish sovereignty and the liberation and rededication of the holy Temple with the aid of God. Jews do not celebrate Hanukkah for its generalizable message of religious freedom; Hanukkah is particular to Jews, not universal.
    It is this meaning that President Obama not only missed in his official statement but opposed through his actions at the U.N. The latter have been rightly condemned for breaking from decades of U.S. policy and nourishing Palestinian maximalism. The president decided to allow the U.N. Security Council to dismiss as “a flagrant violation under international law” Israeli presence in the Jews’ indigenous biblical heartland, including the Western Wall of the Temple for which the Maccabees fought.
    Apparently the president regards the Jewish Quarter of the Old City of Jerusalem as just another illegal “settlement.” How’s that for a Hanukkah gift?
    When the Jordanians occupied the West Bank following Israel’s 1948 War of Independence, they expelled the Jews from their most cherished ancient communities. The moral heavyweights at the U.N. argue that those communities lie beyond the Green Line established by the terms of armistice in 1949. But the armistice lines simply reflect the location of troops following a failed Arab attempt to annihilate the inchoate Jewish state. At the insistence of the Arab powers, the armistice lines were explicitly defined as not constituting final political boundaries. Rather, the West Bank remained a disputed territory before and after Israel won it from Jordan in the Six-Day War, which was precipitated by Arab blockades in 1967.
    The basic Israeli argument for control of East Jerusalem and parts of the West Bank has always been that Jews have a right to live, practice their religion, and self-govern in their indigenous homeland; in other words, Zionism — which, like Hanukkah, President Obama has never been able to understand without universalizing and overlooking the Jewish people’s particular attachment to their home. As Leo Strauss reminded the editors of National Review in 1957, the moral spine of the Jews was in danger of being broken by the so-called emancipation which in many cases had alienated them from their heritage, and yet not given them anything more than merely formal equality; it had brought about a condition which has been called “external freedom and inner servitude”; political Zionism was the attempt to restore that inner freedom, that simple dignity, of which only people who remember their heritage and are loyal to their fate, are capable.
    Obama’s two Hanukkah messages do not reveal a hatred of Israel, as some have alleged, but rather a misunderstanding of its meaning to the Jewish people.

    — Elliot Kaufman is the managing editor of the Stanford Review.

    Voir aussi:

    Left-Wing Jews Are Embarrassing Judaism

    Dennis Prager

    November 15, 2016

    When you sit shiva over the election of a president, you’ve made a religion of politics.

    A highly respected American rabbi, Yitz Greenberg, used to tell American Jewish audiences, whether Reform, Conservative, Orthodox, “I don’t care what denomination you’re a member of, as long as you’re ashamed of it.”

    I have adopted that phrase and apply it to religions generally. One could just as easily say to Catholics, Protestants, and Muslims: “I don’t care what religion you identify with, as long as you’re ashamed of it.” Meaning, of course, ashamed of what many of its members have done to it.

    Just think of what has happened to much of mainstream Protestantism; to much of Catholicism, including, sadly, the current pope; and most especially to the Islamic world.

    Given the subject of this column — the destructive influence of leftism on Jews and Judaism — it is relevant to mention some of my Jewish involvement. Among other things, I taught Jewish history and religion at Brooklyn College, was the spokesman for the Student Struggle for Soviet Jewry, have written two books and hundreds of essays and columns on Jews and Judaism, received the American Jewish Press Association Award for Excellence in Jewish Commentary, have brought many thousands of Jews to Judaism, and have lectured to more Jewish groups in the past 40 years than almost any living Jew.

    So, I say this with only sadness: Many American Jews on the left, including rabbis and lay leaders, are embarrassing Jews and Judaism. I say this to ring an alarm in Jewish life and to tell non-Jewish America that these people represent leftism, not Judaism. Furthermore, I am talking only about leftist, not liberal, Jews. Unfortunately, however, both within and outside of Judaism, liberalism has become synonymous with leftism.

    This past week the embarrassing behavior of left-wing Jews reached a new level.

    The Israeli newspaper Haaretz reported that Jews and their clergy at various synagogues around America were gathering to “sit shiva” — the Hebrew and Jewish term for the seven-day period of grieving that Jews engage in after the loss of an immediate relative — because Donald Trump was elected president.

    Consider for a moment how childish and narcissistic this is: using the sacred ritual reserved for the death of one’s child or parent as a way to express disappointment over a presidential election.

    And, of course, there were the irresponsible, over-the-top outbursts by Jewish columnists and academics.

    Take Washington Post columnist Dana Milbank, who devoted his column after the election to writing an open letter to his twelve-year-old daughter. “As I watched the returns at Donald Trump’s celebration here Tuesday night,” Milbank began, “the hardest part was trying to reassure my seventh-grade daughter at home, via phone and text, that she would be okay.

    “She had expected to be celebrating the election of the first female president, but instead, this man she had been reading and hearing horrible things about had won, and she feared her own world could come apart.”

    The man’s twelve-year-old daughter “feared her own world could come apart” because of the election result. He reassured her, however, that her world would be fine, especially since she would be receiving so much love at her upcoming bat-mitzvah.

    Milbank’s daughter’s trauma was more than matched by the reaction of a Jewish adult, Jonathan Chait of New York Magazine. On November 12, he tweeted “This is the worst thing that has happened in my life.” Chait was 31 years old on 9/11.

    A response to his tweet by a woman named Bethany S. Mandel pretty well summarized the maturity level of Chait’s comment: “I took my mom off life support at 16 & dad hanged himself 3 yrs later. I’m sorry this election was so hard for you.”

    I am sure Ms. Mandel would join me in paying Mr. Chait a shiva call.

    Speaking of 9/11, New York Times columnist Thomas Friedman said on Bill Maher’s show that Trump’s victory was “a moral 9/11.” He suggested that Trump’s becoming president might be worse: 9/11 happened to us, but we “did this [elect Trump] to ourselves.”

    And his colleague at the New York Times, Paul Krugman, wrote that he now realizes that he “truly didn’t understand the country we live in.”

    Never have truer words been written. It’s tough to understand those for whom you only have contempt. When Jews abandoned Judaism, many of them did not abandon Judaism’s messianic impulse.

    Add similar comments made during the election by other Jewish leftists in the media and academia and you get the picture.

    How are we to understand this?

    Here’s one explanation:

    When Jews abandoned Judaism, many of them did not abandon Judaism’s messianic impulse. Beginning with Karl Marx, the grandson of two Orthodox rabbis, they simply secularized it and created secular substitutes such as Marxism, humanism, socialism, feminism, and environmentalism.

    If left-wing Jews want to sit shiva, they should do so for their religion, which, like much of Protestant Christianity and Roman Catholicism, has been so deeply and negatively influenced by leftism.

    — Dennis Prager is a nationally syndicated radio talk-show host and columnist. His latest book, The Ten Commandments: Still the Best Moral Code, was published by Regnery. He is the founder of Prager University and may be contacted at dennisprager.com

    Voir également:

    Obama Despises Israel Because He Despises the West

    Ben Shapiro
    National review
    December 28, 2016
    A religious leftist, he breaks down Bible believers into two categories: fools and liars.
    Barack Obama has done his best for nearly eight years to undermine the state of Israel. He’s signed a treaty that enshrines an Iranian path to a nuclear weapon while funding their global terrorist activities to the tune of tens of billions of dollars. He’s repeatedly undercut Israel’s image on the world stage, labeling Israel a mere outgrowth of the Holocaust and suggesting that Israeli intransigence stands as the chief obstacle to peace. He’s ushered Benjamin Netanyahu out the side door of the White House, attempted to undercut the prime minister’s speech before Congress, and then deployed an election team to Israel to try to defeat him in an election. Obama has tried to cut weapons shipments to Israel in the middle of a war against terrorists, forced Israel to apologize for stopping weapons shipments to Hamas terrorists, and funded the Palestinian terrorist unity government with American taxpayer dollars.
    Nonetheless, Israel has survived.
    Actually, Israel has thrived. It’s thrived, in part, because Obama’s absolute incompetence has created an alliance of convenience between Israel and its erstwhile enemies. Saudi Arabia is more fearful of a nuclear Iran than of Israel; Egypt worries more about the Muslim Brotherhood than about Israel; Jordan frets over the Palestinians more than it does over Israel. Even the Palestinian Authority is more concerned about Hamas and ISIS than about Israel.
    That means that there’s been very little pressure on Israel to make concessions to Palestinian terrorists in recent years.
    Until now.
    Obama’s animus for the state of Israel stretches beyond the typical internationalist leftist view of Israel as a colonialist outpost, a cancer growing in the heart of the Muslim Middle East. Most internationalist leftists think that Israel is the cause of Muslim ire, that if Israel were to disappear, suddenly the Muslim lands surrounding it would view the rest of the world with fresh, dewy eyes. This is the same general philosophy that blames the West for the problem of Islamic violence, that suggests that income maldistribution breeds discontent that in turn breeds terrorism. Obama may think that, but that’s not what drives him.
    Something deeper drives Obama when it comes to Israel. Why else would he spend the last few weeks of his presidency throwing gasoline on Israel and then lighting a match? Some might suggest ideological kinship with Islam. Obama isn’t a Muslim, of course, but he has bragged often and loudly about his heartfelt connection to the religion — and Muslims the world over, by polling data, see Israel as the chief threat to global peace. There are points of commonality between Obama’s philosophy and that of Muslim hardliners: Both see the Crusades as the instigation of the Islamic world’s war on the West; both believe that Israel has destroyed Muslim solidarity in the Middle East; both attribute democratic feeling to Islamist movements.
    Or perhaps even that explanation is insufficient: It doesn’t tell us why Obama is so eager to hand over control of Middle Eastern policy to Vladimir Putin and Russia, for example.
    Here’s the most plausible explanation: Obama despises Israel because at root, Obama despises the traditional Judeo-Christian underpinning of Western civilization. He breaks down Bible believers into two categories: fools and liars. The fools are the “bitter clingers,” the idiot masses who fall into racism and xenophobia and Bible jabber because they’re poor and stupid. The liars are the self-interested characters who want to do what they want to do while citing the Bible for their support.
    Real Christians are leftists — as Obama said in 2006, “I believed and still believe in the power of the African-American religious tradition to spur social change. . . . The black church understands in an intimate way the biblical call to feed the hungry and clothe the naked and challenge powers and principalities.”
    Obama, then, is a religious leftist. He prefers a form of Christianity that rejects biblical centrality and that replaces the Bible with leftism at its heart. It’s not a coincidence that Obama attended Jeremiah Wright’s church for two decades. Wright preached hatred against Israel throughout his tenure, calling it an “apartheid” state and labeling all settlements “illegally occupied territories.” He labeled Jesus “a Palestinian” and argued that “the Palestinian people have had the Europeans come and take their country. . . . The youth in Ferguson and the youth in Palestine have united together to remind us that the dots need to be connected.” You can take Obama out of Jeremiah Wright’s church, but you can’t take Jeremiah Wright’s church out of Obama.
    Obama strongly mirrors that language himself, complaining about the “desperation and disorder of the powerless, how it twists the lives of children on the streets of Jakarta or Nairobi in much the same way as it does the lives of children on Chicago’s South Side.” To Obama, Bible believers who utilize religion as an excuse to cover for the real class oppression are merely cynical manipulators. You can take Obama out of Jeremiah Wright’s church, but you can’t take Jeremiah Wright’s church out of Obama.
    And what is the ultimate repository of such manipulation of religion? The Jewish state. The Jews of Israel, Obama believes, are aggressors, using biblical writ as an excuse for oppression, hiding behind the Bible when it’s really naked self-interest at work. That’s why Obama stated at the Hiroshima Peace Memorial in Japan that “no religion has been spared from believers who have claimed their faith as a license to kill. . . . How easily we learn to justify violence in the name of some higher cause.”
    To Obama, that’s what the Jews of Israel do. Because their control over Israel is inherently connected to biblical mandate, Obama must oppose them. He must side instead with a religion of social justice, not a religion of biblical principle.
    That means rejecting Jewish Jerusalem. That means rewriting the Bible, that document of sadism and oppression, to make it over into The Book of Obama. That means Israel must pay for the sin of worshiping its God over the god of warmed-over, amoral redistributionism.
    Obama’s likely to be disappointed. The Jews have been exiled from Jerusalem several times. Never again.
    — Ben Shapiro is the editor in chief of the Daily Wire.
    Voir de même:

    Lawrence Solomon: How Barack Obama fooled the Jews and betrayed them once he had their money

    Lawrence Solomon

    National Post

    December 29, 2016

    “(President Obama) called me into the Oval Office before the election and he said to me, ‘Alan, I want your support. And I have to tell you, I will always have Israel’s back.’ I didn’t realize that what he meant was that he’d have (Israel’s) back to stab them in the back.”

    So spoke this week a livid Alan Dershowitz, the famed Harvard professor, legal scholar and criminal lawyer whose judgment American Jews have long trusted and respected. Dershowitz now realizes that Obama had repeatedly duped him, and that through his endorsements of Obama, Dershowitz in turn duped many American Jews, helping to secure Obama’s election and re-election. Now Israel has been compromised as never before, with the United Nations through Obama’s manoeuvrings having declared that Jews have no right to live in the Jewish Quarter of Jerusalem, which they have inhabited for the greater part of 3,000 years, and that Israel has no rights to its holiest sites, including the Western Wall and the Temple Mount.

    Winning Jewish support wasn’t especially important to Obama and other Democrats in terms of votes — Jews represent just two per cent of the U.S. electorate, generally making their numbers inconsequential at the ballot box. But Jews are hugely important — even decisive — in their political giving. The Jewish two per cent — which is overwhelmingly liberal — accounts for about two-thirds of all donations received by the Democratic Party. Put another way, the Jewish two per cent donates twice as much to Democrats as the non-Jewish 98 per cent.

    The importance of Jewish money to Democratic fortunes explains why Obama waited to make his moves against Israel until after his two presidential campaigns and the presidential campaign of Hillary Clinton, whom he hoped would preserve his legacy. If Jews understood his real intentions toward Israel, Obama knew, many would withdraw their financial support.

    Obama’s prudent course — his only viable course — in realizing his desire to strip Israel of its paramount possessions, embodiments of its heritage, was to keep his intentions secret, all the while upping his rhetoric that “no president has ever done more for Israel.” Obama also needed to maintain this public pretence to keep his fellow Democrats in the dark, most of whom would blanche at the thought of offending, and losing, their Jewish backers. The American public’s general sympathy for Israel, and general antipathy toward Palestinians, also made any prior anti-Israel coming out a non-starter.

    Persuading Dershowitz — an important step to winning over the Jewish community — could not have been an easy feat. Shortly after Dershowitz’s first endorsement of Obama, in the 2008 presidential election, Dershowitz became alarmed at Obama’s apparent willingness to let Iran develop nuclear weapons, coming to believe that Obama’s policies were dangerous for Israel and that Obama could be “remembered in history as the Neville Chamberlain of the 21st century, the person who didn‘t see the greatest evil, didn’t recognize the greatest evil of the 20th century.”

    Yet despite these concerns, coupled with pique that Obama had ties to anti-Semites and a staff that was hostile to Israel, Obama somehow managed to persuade Dershowitz that he would never, ever let Israel down. Dershowitz endorsed Obama for a second time and even campaigned for him against Mitt Romney, a true friend of Israel.

    After Obama’s reelection, Dershowitz again had buyer’s remorse, becoming ever more forceful in his criticisms of Obama, calling him a bully and an inept negotiator, to the point that when they met Obama “won’t look me in the eye.” Yet Dershowitz continued to have faith in Obama’s good intentions. Unlike America’s conservative Jews, most of whom saw Obama’s animus toward Israel early on — Obama combined a courtship of the Muslim states with deliberate slights of Israel and its prime minister — Dershowitz remained under Obama’s spell, seeing him as merely misguided, and persuadable.

    The Dershowitz delusion persisted with Obama’s successor, Hillary Clinton, whom Dershowitz backed despite her own close and questionable associations, including Huma Abedin, an aide and travelling companion who had worked for a radical Muslim publication, and Sid Blumenthal, who fed Hillary with the bigoted material of his son, Max Blumenthal, “a despicable anti-Semite and a horrible person,” in Dershowitz’s estimation.

    With this week’s passage of the anti-Israel UN resolution, the Dershowitz infatuation with Obama is over. The famed criminal lawyer finally sees the evidence that had been in plain sight all along, and now understands the extent of Obama’s deception. It was “so nasty. He pulled a bait-and-switch,” Dershowitz laments, in explaining how Obama in private pretended that it was “the settlements deep in the West Bank” that were negotiable, not the Jewish Quarter of Jerusalem, so core to Judaism and to Israel’s heritage.

    Dershowitz, and with him the great majority of America’s Jews, took the bait. The rest is history.

    Voir de plus:

    BDS : les masques tombent

    Quand l’antisionisme vire à l’antisémitisme

    Oudy Ch. Bloch

    Causeur

    27 août 2015

     

    Le mouvement BDS ne cache pas son antisionisme. Mieux que ça, il le revendique. Omar Barghouti, co-fondateur du collectif de boycott anti-Israël, ne cesse de le répéter. Le fait qu’il soit diplômé de l’Université de Tel Aviv ne semble pas le gêner dans son entreprise de délégitimation d’Israël. Une preuve supplémentaire du prétendu apartheid fantasmé par BDS.

    Omar Barghouti veut la fin d’Israël en tant qu’Etat Juif. Pour cela, il préconise un Etat binational, ce qui aurait pour effet de légitimer le retour des descendants des réfugiés palestiniens de 1948. C’est d’ailleurs un point essentiel, mais rarement évoqué, de la charte du collectif.

    La suite, on la connaît. Faire augmenter la démographie arabe jusqu’à ce que les juifs soient en minorité et que le simple vote d’une loi permette de faire disparaître Israël légalement. M. Barghouti n’a rien inventé. Arafat avait cru bon d’imposer cette condition qu’il savait inacceptable (même pour le travailliste Ehoud Barak) et avait refusé de signer les accords de Camp David II en 2000 privant les palestiniens de conditions inespérées et, à terme, d’un Etat.

    Dans une telle hypothèse, croire que les juifs continueraient à bénéficier des mêmes droits que le reste de la population est une chimère. Tous les jours en effet, les palestiniens de Gaza comme de Cisjordanie sont soumis à une violente propagande anti-juive et rien ne laisse présager la possibilité d’une cohabitation pacifique.

    L’antisémitisme virulent et constant des prêches et des discours officiels (mise en ligne du faux antisémite « Protocoles des Sages de Sion » sur un site affilié au Service gouvernemental palestinien de l’Information), les livres scolaires palestiniens – financés à coup de millions d’euros par l’Union Européenne – qui enseignent depuis des années à haïr les juifs, qui les affublent de tous les maux, les programmes télévisés pour la jeunesse, notamment sur Al-Aqsa TV, dans lesquels de jeunes enfants ânonnent que les juifs sont les descendants des singes et des porcs et qu’ils souhaiteraient mourir en martyrs en tuant le plus de juifs possible, tout cela illustre la volonté des dirigeants palestiniens, qu’ils soient islamistes ou à tendance nationaliste, de ne jamais accepter les juifs à leur côté.

    Les juifs devront alors fuir comme ils ont dû fuir les pays arabes après la création de l’Etat d’Israël non sans avoir auparavant été privés de leurs biens, de leurs commerces, de leur argent. 800.000 juifs chassés  d’Irak, de Syrie, d’Egypte, du Yémen, d’Algérie, du Liban, du Maroc dont personne ne se soucie du retour ni de l’indemnisation.

    Les juifs devront fuir, mais pour aller où ? En Europe où l’on crie à nouveau « mort aux juifs » dans les rues ? En Russie où l’on prétend que la guerre en Ukraine est un complot juif ? En Afrique où l’islamisation à l’œuvre dans de nombreux pays laisse libre cours à une propagande antisémite ?

    Récemment, sur les quais de Seine, des partisans de BDS déclaraient que les juifs devaient quitter la Palestine pour retourner « chez eux », c’est-à-dire nulle part précisément. Le Juif errant, voilà le seul juif supportable pour le BDS.

    C’est aussi en cela que l’antisionisme confine à l’antisémitisme. Mais BDS ne s’arrête pas là.

    Lors des dernières manifestations du BDS en Afrique du Sud, certains manifestants criaient « mort aux juifs » en brandissant des drapeaux palestiniens et du Hezbollah. À l’Université Libre de Bruxelles en mars 2015, des étudiants juifs étaient pris à partie, sans raison particulière, par des militants du BDS. En juin 2015, l’ancien député communiste Jean-Claude Lefort, Président honoraire de l’Association France-Palestine Solidarité et soutien indéfectible de BDS, appelait au boycott de produits cachers fabriqués en France.

    Mais surtout, la semaine dernière, sous la pression du BDS local, le festival de reggae espagnol Rototom Sunsplash de Benicassim a décommandé un chanteur juif américain, Matisyahu, après avoir exigé qu’il fasse une déclaration en faveur d’un État Palestinien et qu’il se « positionne » au sujet du sionisme. Pourquoi lui ? Parce qu’il est juif. Aucun autre artiste n’a eu à subir ce diktat. Le festival a reconnu qu’il avait agi ainsi en raison d’une « campagne de pression, coercition et menaces » de la part de BDS qui l’avait « empêché de raisonner clairement ».

    BDS demande-t-il à Jamel Debbouze, parce qu’il est musulman, de condamner publiquement la chasse aux chrétiens en Syrie, la mise en esclavage des yazidis en Irak, les meurtres de coptes en Egypte, le massacre des animistes au Sud-Soudan avant de monter sur scène ? Non.

    Il n’y a que les juifs, et non plus les israéliens – ce qui était déjà inepte -, que BDS boycotte ainsi.

    BDS est un mouvement antisémite. Structurellement. Il ne s’agit pas seulement de certains militants plus radicaux que d’autres qui abreuvent les réseaux sociaux de propos orduriers. Non, c’est bien plus que cela. Sous couvert de soutien au peuple palestinien, les actions mises en œuvre par les directions locales ou nationales de BDS tendent à légitimer le rejet et la haine.

    Les discours clivants et les vidéos outrancières se succèdent. Les pouvoirs publics, par manque de courage ou par calculs électoraux, l’un n’étant pas exclusif de l’autre, s’empressent de ne rien faire. Petit à petit, le poison se diffuse. Petit à petit, les réflexes antisémites s’installent. Les trop peu nombreuses réactions suite à l’indigne opération « Gaza Plage » montre à quel point la société civile est devenue perméable à ce genre de discours et s’en accommode.

    C’est un pas de plus vers le délitement de la cohésion nationale. Un de ceux qui nourrissent les extrêmes.

    Voir encore:

    Gottfried Helnwein, LONDON, 2000
    NEW KIDS OUT TO SHOCK
    Fisun Güner
    What’s On, London
    May 17, 2000

    A blonde Madonna, dressed as if she were spending an evening at the opera, presents her child to the watchful eyes of Nazi SS Guards, One officer looks as if he were studying the child’s genitals, perhaps to see whether he has been circumcised. Dark hair parted severely to one side and fleshy baby cheeks lending a slight and comical hangdog expression, the young child presents something of an eerie resemblance to the Führer.

    In another image, a young girl, wearing a white dress, lies prone on a table. She appears to be in a deep sleep and is surrounded by disfigured World War One veterans. Perhaps their calm, watchful presence suggests that the Great War led directly to the birth of a generation asleep to its own unspeakable atrocities.

    Gottfried Helnwein, responsible for these strange and unsettling images, is an Austrian artist born in the years immediately after World War Two. Despite achieving huge success and acclaim in the States, where he is exhibited regularly, Helnwein’s name and work are little known in the UK. In fact, his show at the Robert Sandelson Gallery is his very first solo exhibition here.

    Helnwein is an artist who has never been afraid of causing outrage in those offended or made uncomfortable by talk of Germany’s Nazi past and of Austria’s complicity in it. Once, as a student, he paraded the streets of his home town dressed up as Hitler, spewing forth theatrical blood from his mouth – a memorably outrageous gesture at the time, if only for the fact that, like that famous Fawlty Towers sketch where all mention of « the war » was a closed one in front of its German guests, Austria would make no gesture to acknowledgement to it either. (Until the ’80s Austria had an official policy of denial, neglecting to address the subject even in school text books.)

    « I know that individuals are poorly treated on this planet, » Helnwein has said. « They are being harmed and subdued. And all this is covered by optimistic propaganda. Long before I began painting I felt that humanity was in dire straits. The pain reaches out to everyone, even though it is rarely spoken of. Nonetheless, everyone wants to overcome pain, to transcend it. »

    For all Helnwein’s humanist proclamations, it must be said that his work is never quite so unequivocal. Standing in front of the works you’re never quite clear how to read Helnwein’s disturbing images. The surreal, uncomfortable juxtapositions of both Nazi and Christian iconography, never present straightforward interpretations. Nor are they merely polemical in any agit-prop sense. There is a sense in which Helnwein seems to court controversy; he also clearly delights in a certain moral ambiguity, a shadiness which perversely makes his images all the more compelling.

    An early turning point in his choice of imagery came for Helnwein in 1979. In this year Dr. Heinrich Gross was appointed Head of State Psychiatry in Austria. In an interview published in one of Austria’s major national newspapers, he was asked whether he had killed hundreds of children in mental hospitals under the Nazi euthanasia programme. Gross said yes, and commented that « at the time it was a different reality. Today I wouldn’t do it. » Asked if he had injected the children, he replied that he had « just mixed poison in their food », adding that since they were unaware of what was going on, the young victims had died humanely. That interview with Gross caused no reaction in Helnwein’s country.

    But it was in response to this interview that Helnwein first began using images of children in his painting, addressing their helplessness and pain by depicting them as broken, disfigured doll-like creatures. When he read Gross’ self-justification as a « humane » killer, Helnwein responded by producing a photorealist painting of a girl slumped in a plate of food. Only then was a debate initiated which ultimately led to Gross’ resignation.

    Though Helnwein is no mere polemicist, he clearly believes in an art which has the power not only to confront and challenge, but also to make some real changes.

    Voir de même:

    Nazi dreaming
    Art – Julia Pascal on the man set on reminding Austria of the past it would rather forget
    Julia Pascal
    New Statesman
    10 April 2006

    Gottfried Helnwein’s latest exhibition, « Face It », is the artist’s first show in his native Austria since 1985. A retrospective of 40 works from the 1970s to the present, it is more shocking than the Royal Academy’s infamous « Sensation » of 1997. Helnwein aims to disturb not with, say, an elephant-dung Madonna, as Chris Ofili did then, but with a far more controversial Virgin.

    In his last will, the Austrian playwright Thomas Bernhard, who died in 1989, banned the production of his texts on home soil. Bernhard never hid his fury at Austria’s refusal to admit its history. Helnwein, born in 1948, clearly shares Bernhard’s view. He is furious about Austria’s self-image as victim of the Third Reich, rather than its willing collaborator.

    In 1965 posters for the Freedom Party, later led by Jörg Haider, demanded: « Forget about the past! Look ahead at the future. » Helnwein, then still a teenager, reacted by painting a portrait of Adolf Hitler that got him expelled from art school. His « crime » was to have reminded Austria of its best-known son.

    Since then, Helnwein’s work has often provoked howls of anger at home. In the early 1970s, he was part of the Wiener Aktionisten (« Vienna Activists »). These dissenters were the interface between street theatre, public art and political protest. They threatened Austria’s collective amnesia. Most were either imprisoned or forced into exile. In 1971, protesters defaced his first public Aktion with stickers which, without a trace of irony, proclaimed the work as entartete Kunst – the Nazi term for degenerate art. The mayor of Vienna ordered the police to confiscate his canvases. A year later, another exhibition in Vienna closed prematurely after threats of local council strikes.

    Helnwein consistently refuses to allow Austria (and Germany) to whitewash the Hitler years. In 1988, on the 50th anni- versary of Kristallnacht, he constructed a four-metre-high, hundred-metre-long « picture wall » of enlarged photographic portraits of young children and erected the installation in central Cologne between the Museum Ludwig and the cathedral. He titled the work Selektion – a reference to those selected to be gassed in the concentration camps. Several photos got slashed. He further inflamed opinion by making a picture of a dead child slumped over a bowl of food. It was a direct accusation against Heinrich Gross, a leading psychiatrist who admitted in the 1970s that hundreds of children were poisoned at a Nazi-era hospital where he worked.

    Helnwein’s art is never easy entertainment. Varying his techniques, he uses oil, acrylics, collage, computer manipulation or digital print, and challenges audiences to make their own « readings ». A group of photographic self-portraits, Der Untermensch (1970-87), includes images of the artist in Nazi costume, his face a mask of black make-up except for a white mouth. There is a series of foetus images: one has a nose reminiscent of Julius Streicher’s stereotypical Jew. When, as a young man, Helnwein cut his face and hands on the edges of skis, or with razors or wood-engraving tools, it prompted him to paint bandaged figures starting with his own body. Immolation is a constant reference. The theme plays out on several levels.

    Certainly his presentation of damaged children evokes direct associations with Dr Mengele’s experiments, but he has also photographed young girls dressed in SS hats, thus provoking questions about the effect of the Third Reich on the next generation of Austrians and Germans. As the Russian art critic Alexander Borovsky notes, there is « no abstract existential angst » to Helnwein’s impulses. Rather, they are deliberate critiques of perversion, by Nazi culture and by our own.

    Although Helnwein’s work is rooted in the legacy of German expressionism, he has absorbed elements of American pop culture. In 1977 he became interested in adapting Disney cartoons. Of that time, he has said: « I learned more from Donald Duck than anything in school. » His earlier series Peinlich (« Embarrassing« ) – pencil, watercolour and India ink on cardboard – shows a typical 1950s little girl in a pink dress and carrying a comic. Her innocent appeal is destroyed by the gash deforming her cheek and lips. It is as if Donald Duck had met Mengele.

    Helnwein declares himself fascinated by the relationship between « high » and « trivial » art, and has enjoyed an important relationship with American celebrity, living between Los Angeles and Ireland. He met and photographed the Rolling Stones in London, and his portrait of John F Kennedy made the front cover of Time on the 20th anniversary of the president’s assassination. Andy Warhol and Muhammad Ali posed for him; he shot the cover for one of Michael Jackson’s albums. Examining his imagery from the 1970s to the present, one sees influences as diverse as Bosch, Goya, John Heartfield, Beuys and Mickey Mouse, all filtered through a postwar Viennese childhood.

    Helnwein also has a strong sense of theatre. He has worked in opera, designing sets and costumes for Maximilian Schell and working with the equally notorious Austrian choreographer Johann Kresnik. His poster for the 1988 production of Lulu at the Deutsches Schauspielhaus in Hamburg caused outrage across Europe. A tiny Sigmund Freud in a long coat stares up at a gigantic woman, who lifts her skirt to expose her vagina. The opposite of porn, it provocatively illustrates Wedekind’s view of a sexually ambiguous bourgeois society on the brink of destruction. This iconography overturns the 1929 screen image of Louise Brooks as Lulu in G W Pabst’s Pandora’s Box. Whereas that film presents us with a face, Helnwein shows the pubis.

    Of all his paintings, the most disturbing is Epiphany (1996), for which he dips into our collective memory of Christianity’s most famous birth. This Austrian Catholic Nativity scene has no magi bearing gifts. Madonna and child are encircled by five respectful Waffen SS officers palpably in awe of the idealised, kitsch-blonde Virgin. The Christ toddler, who stands on Mary’s lap, stares defiantly out of the canvas. Helnwein’s baby Jesus is Adolf Hitler.

    « Face It » is at the Lentos Kunstmuseum, Linz, Austria, until 5 June. For further details go to www.lentos.at/de or to www.helnwein.com

    Julia Pascal’s latest play, Crossing Jerusalem, is published by Oberon Books (£12.99)

    Voir par ailleurs:

    Jews in America:
    “To Bigotry No Sanction; to Persecution No Assistance”

    George Washington’s Letter to theJews of Newport, Rhode Island

    On August 17, 1790, Moses Seixas, the warden of Congregation Kahal Kadosh Yeshuat Israel, better known as the Hebrew Congregation of Newport, Rhode Island, penned an epistle to George Washington, welcoming the newly elected first president of the United States on his visit to that city. Newport had suffered greatly during the Revolutionary War. Invaded and occupied by the British and blockaded by the American navy, hundreds of residents fled, and many of those who remained were Tories. After the British defeat, the Tories fled in turn. Newport’s nineteenth-century economy never recovered from these interruptions and dislocations.

    Washington’s visit to Newport was largely ceremonial—part of a goodwill tour Washington was making on behalf of the new national government created by the adoption of the Constitution in 1787. Newport had historically been a good home to its Jewish residents, who numbered approximately 300 at the time of Washington’s visit. The Newport Christian community’s acceptance of Jewish worship was exemplary, although individual Jews such as Aaron Lopez and Isaac Elizer were unable to obtain full political equality as citizens of Rhode Island. The Jews of Newport looked to the new national government, and particularly to the enlightened president of the United States, to remove the last of the barriers to religious liberty and civil equality confronting American Jewry.

    Moses Seixas’s letter on behalf of the congregation – he described them as “the children of the Stock of Abraham” – expressed the Jewish community’s esteem for President Washington and joined “with our fellow citizens in welcoming [him] to New Port.” The congregation expressed its pleasure that the God of Israel, who had protected King David, had also protected General Washington, and that the same spirit which resided in the bosom of Daniel and allowed him to govern over the “Babylonish Empire” now rested upon Washington. While the rest of world Jewry lived under the rule of monarchs, potentates and despots, as American citizens the members of the congregation were part of a great experiment: a government “erected by the Majesty of the People,” to which they could look to ensure their “invaluable rights as free citizens.”

    Seixas expressed his vision of an American government in words that have become a part of the national lexicon. He beheld in the United States “a Government which to bigotry gives no sanction, to persecution no assistance—but generously affording to All liberty of conscience, and immunities of citizenship: – deeming every one, of whatever nation, tongue or language equal parts of the great Governmental Machine: – This so ample and extensive federal union whose basis is Philanthropy, mutual confidence, and public virtue, we cannot but acknowledge to be the work of the Great God, who ruleth the Armies of Heaven, and among the Inhabitants of the Earth, doing whatsoever seemeth [to Him] good.”

    Seixas closed his letter to the president by asking God to send the “Angel who conducted our forefathers through the wilderness into the promised land [to] conduct [Washington] through all the difficulties and dangers of this mortal life.” He told Washington of his hope that “when like Joshua full of days, and full of honour, you are gathered to your Fathers, may you be admitted into the Heavenly Paradise to partake of the water of life, and the tree of immortality.”

    Not surprisingly, it is Washington’s response, rather than Seixas’s epistle, which is best remembered and most frequently reprinted. Washington began by thanking the congregation for its good wishes and rejoicing that the days of hardship caused by the war were replaced by days of prosperity. Washington then borrowed ideas – and actual words – directly from Seixas’s letter:

    The Citizens of the United States of America have a right to applaud themselves for giving to Mankind examples of an enlarged and liberal policy: a policy worthy of imitation. All possess alike liberty of conscience and immunities of citizenship. It is now no more that toleration is spoken of, as if it was by the indulgence of one class of people that another enjoyed the exercise of their inherent natural rights. For happily the Government of the United States, which gives to bigotry no sanction, to persecution no assistance, requires only that they who live under its protection, should demean themselves as good citizens.

    Washington’s concluding paragraph perfectly expresses the ideal relationship among the government, its individual citizens and religious groups:

    May the Children of the Stock of Abraham, who dwell in this land, continue to merit and enjoy the good will of the other Inhabitants; while every one shall sit under his own vine and fig tree, and there shall be none to make him afraid.

    Washington closed with an invocation: “May the father of all mercies scatter light and not darkness in our paths, and make us all in our several vocations useful here, and in his own due time and way everlastingly happy.”

    The letter, a foundation stone of American religious liberty and the principle of separation between church and state, is signed, simply, “G. Washington.” Each year, Newport’s Congregation Kahal Kadosh Yeshuat Israel, now known as the Touro Synagogue, re-reads Washington’s letter in a public ceremony. The words deserve repetition.


    Résolution de la honte: La supercherie de l’occupation (From disputed to occupied territories: How Obama and Kerry lied America and the world into accepting the single largest US policy change since Carter)

    30 décembre, 2016
    https://i2.wp.com/anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1947-1949.1233585853.jpghttps://i2.wp.com/anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1967-1973.1233586037.jpgdisputed-territories-map
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    epa04712851 A handout picture made available by the Armed Forces of the Philippines (AFP) Public Affairs Office on 20 April 2015 shows construction at Mabini (Johnson) Reef in the disputed Spratley Islands in the south China Sea by China on 18 February 2015. Just before the opening of the Balikatan 2015 joint Philippines and US military exercises, Philippine military chief General Gregorio Pio Catapang showed the latest aerial photos of the expansive reclamation and building being done by China in at least seven disputed territories. The Philippines has alleged that China causes economic losses of at least 100 million dollars annually due to its reclamation activities, which have destroyed an estimated 120 hectares of coral reef systems in the Spratlys islands group. EPA/ARMED FORCES OF THE PHILIPPINES HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES
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    Le Conseil de sécurité (…) Déplore vivement qu’Israël persiste et s’obstine dans ces politiques et pratiques et demande au Gouvernement et au peuple israélien de rapporter ces mesures et démanteler les colonies de peuplement existantes, et en particulier, de cesser d’urgence d’établir, édifier et planifier des colonies de peuplement dans les terrioires arabes occupés depuis 1967, y compris Jérusalem ; (…) Demande à tous les Etats de ne fournir à Israël aucune assistance qui serait utilisée spécifiquement pour les colonies de peuplement des territoires occupés. Résolution 465 (1980)
    The American vote against Israel in the Security Council Friday was, in a sense, the essential Carter. There was no good reason of state for the United States to reverse its previous refusal (…) That issue is whether friends should be treated differently from enemies. It’s a tough one. That is, it’s a tough one for the United States and especially for the Carter administration. No other country — no other president — has so indulged the luxury of deciding whether to support friends on all occasions regardless of their failings or whether to apply ostensibly universal values and condemn them in particular cases when they are deemed to fall short. (…) it cannot be denied that there is a pack and that it hounds Israel shamelessly and that this makes it very serious when the United States joins it. Jimmy Carter has regularly anguished on this score. This time, in perhaps his last U.N. act of consequence, there was a suggestion in the air that he was finally doing what in his heart he has always wanted to do: vote for what he regarded as virtue. To whatever effect, Ronald Reagan will do it differently. He lacks Jimmy Carter’s general readiness to court the Third World and to grant it, or at least its left-leaning part, something of an exemption from the standards by which nations are usually measured. He is unlikely to regard the United Nations as necessarily the most proper and useful forum in which disputes involving the Third World can be treated in the American interest. Few would expect him to agonize at length over the question of whether the United States should keep off Israel’s back in loaded global forums, funneling its disagreements into bilateral channels, or whether it should join the jackals, as Mr. Carter did on Friday. The Washington Post (Dec. 21, 1980)
    On Saturday, March 2, 1980, the United Nations Security Council called a vote on a resolution condemning new Israeli settlements on the West Bank, the Gaza strip, and Jerusalem—in other words, the U.S. was siding with a resolution that denied Israeli sovereignty over Jerusalem.  Anti-Israel resolutions were a perennial at the U.N. in those years.  The U.S., torn between the desire to prod Israel to restrain new West Bank settlements and our longstanding general support for Israel, had abstained on previous similar resolutions.  This time Vance persuaded Carter that the time had come for the U.S. to signal its displeasure with Israel by voting in favor of the resolution.  The resolution passed unanimously, and all hell broke loose.  An angry Robert Strauss, Carter’s campaign chairman, told Carter, “Either this vote is reversed or you can kiss New York goodbye.” Invoking a parliamentary technicality, the U.S. managed to get a revote on the resolution the next day, and changed its vote from “yes” to “abstain.” Carter attempted to explain the “mistake” by claiming that the inclusion of settlements in Jerusalem was supposed to have been struck from the resolution, and said that the U.S. vote resulted from a “failure of communication.”  This story might be true, although it strains credulity.  Copies of the resolution with the Jerusalem language had been circulating at the State Department and the National Security Council well before the vote, making a clear instruction to U.N. Ambassador Donald McHenry an uncomplicated task.  Whatever the truth of the matter, the administration was either politically or diplomatically incompetent.  Vance didn’t help matters by defending the original yes vote to the Senate Foreign Relations Committee four days before the New York primary.  Jewish voters, who had never been enthusiastic about the southern Baptist president anyway, were outraged. Steven Hayward
    Nous nous opposons à la référence spécifique à Jérusalem dans cette résolution et nous continuerons à nous opposer à son insertion dans les résolutions futures. Nous ne sommes tout simplement pas d’accord avec le fait de décrire les territoires occupés par Israël lors de la Guerre des Six Jours comme des territoires palestiniens occupés. Madeleine Albright (ambassadeur américain auprès des Nations Unies, 1994)
    The Security Council, Shocked by the appalling massacre committed against Palestinian worshippers in the Mosque of Ibrahim in Hebron, on 25 February 1994, during the holy month of Ramadan, Gravely concerned by the consequent Palestinian casualties in the occupied Palestinian territory as a result of the massacre, which underlines the need to provide protection and security for the Palestinian people, Determined to overcome the adverse impact of the massacre on the peace process currently under way, Noting with satisfaction the efforts undertaken to guarantee the smooth proceeding of the peace process and calling upon all concerned to continue their efforts to this end, Noting the condemnation of this massacre by the entire international community, Reaffirming its relevant resolutions, which affirmed the applicability of the Fourth Geneva Convention of 12 August 1949 to the territories occupied by Israel in June 1967, including Jerusalem, and the Israeli responsibilities thereunder, 1.   Strongly condemns the massacre in Hebron and its aftermath which took the lives of more than 50 Palestinian civilians and injured several hundred others; 2.   Calls upon Israel, the occupying Power, to continue to take and implement measures, including, inter alia , confiscation of arms, with the aim of preventing illegal acts of violence by Israeli settlers; 94-13985 (E) /… S/RES/904 (1994) Page 2 3.   Calls for measures to be taken to guarantee the safety and protection of the Palestinian civilians throughout the occupied territory, including, inter alia , a temporary international or foreign presence, which was provided for in the Declaration of Principles (S/26560), within the context of the ongoing peace process … Resolution 904
    Condamnant toutes    les    mesures    visant    à    modifier    la    composition     démographique,  le  caractère  et  le  statut  du  Territoire  palestinien  occupé  depuis   1967,   y    compris   Jérusalem -Est,   notamment   la   construction   et   l’expansion   de    colonies de peuplement, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la  destruction de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit  internationa l humanitaire et des résolutions pertinentes, (…) Rappelant  également   l’obligation  faite  aux  forces  de  sécurité  de  l’Autorité   palestinienne  dans  la  Feuille  de  route  du  Quatuor  de  continuer  de  mener  des   opérations  efficaces  en  vue  de  s’attaquer  à  tous  ceux  qui  se  livrent  à  des  activités   terroristes  et  de  démanteler  les  moyens  des  terroristes,  notamment  en  confisquant   les armes illégales,  (…) Condamnant  tous les actes de violence visant des civils, y compris les actes de  terreur,  ainsi  que  tous  les  actes  de  provocation,  d’incitation  à  la  violence  et  de   destruction, (…) Réaffirme   que  la  création  par  Israël  de  colonies  de  peuplement  dans  le   Territoire  palestinien  occupé  depuis  1967,  y  compris  Jérusalem -Est,  n’a  aucun   fondement  en  droit  et  constitue  une  violation  flagrante  du  droit  international  et  un   obstacle  majeur  à  la  réalisation  de  la  solution  des  deux  États  et  à  l’instauration   d’une paix globale, juste et durable; 2. Exige  de  nouveau   d’Israël  qu’il  arrête  immédiatement  et  complètement   toutes  ses  activités  de  peuplement  dans  le  Territoire  palestinien  occupé,  y  compris   Jérusalem -Est,   et  respecte  pleinement  toutes  les  obligations  juridiques  qui  lui   incombent à cet égard (…) Appelle tous les États à faire la distinction, dans leurs relations, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 … Résolution 2234 (2016)
    In fact, this resolution simply reaffirms statements made by the Security Council on the legality of settlements over several decades; it does not break new ground. In 1978, the State Department legal advisor advised the Congress of his conclusion that the Israeli government’s program of establishing civilian settlements in the occupied territory is inconsistent with international law. We see no change since then to affect that fundamental conclusion. You may have heard some criticize this resolution for calling East Jerusalem occupied territory. But to be clear, there was absolutely nothing new in last week’s resolution on that issue. It was one of a long line of Security Council resolutions that included East Jerusalem as part of the territories occupied by Israel in 1967, and that includes resolutions passed by the Security Council under President Reagan and President George H.W. Bush. And remember that every U.S. administration since 1967 – along with the entire international community – has recognized East Jerusalem as among the territories that Israel occupied in the Six Day War. And I want to stress this point: we fully respect Israel’s profound historic and religious ties to the city and its holy sites. This resolution in no manner prejudges the outcome of permanent status negotiations on East Jerusalem, which must of course reflect those ties and realities on the ground. We also strongly reject the notion that somehow the United States was the driving force behind this resolution. The Egyptians and Palestinians had long made clear their intention to bring a resolution to a vote before the end of the year. The United States did not draft or originate this resolution, nor did we put it forward. It was drafted and ultimately introduced by Egypt, which is one of Israel’s closest friends in the region, in coordination with the Palestinians and others. During the course of this process, we made clear to others, including those on the Security Council, that we would oppose any resolution that did not include language on terrorism and incitement. Making such positions clear is standard practice with resolutions at the Security Council. The Egyptians, Palestinians and many others understood that if the text were more balanced, it was possible we would not block it. But we also made crystal clear that the President would not make a final decision about our own position until we saw the final text. In the end, we did not agree with every word in this resolution. There are important issues that are not sufficiently addressed – or addressed at all. But we could not in good conscience veto a resolution that condemns violence and incitement, reiterates what has long been the overwhelming consensus international view on settlements, and calls for the parties to start taking constructive steps to advance the two state solution on the ground.  Ultimately, it will be up to the Israeli people to decide whether the unusually heated attacks that Israeli officials have directed toward this administration best serve Israel’s national interests and its relationship with an ally that has been steadfast in its support. Those attacks, alongside allegations of a U.S.-led conspiracy and other manufactured claims, distract and divert attention from what the substance of this vote really was about. (…) Now, at the same time, we have to be clear about what is happening in the West Bank. The Israeli prime minister publicly supports a two-state solution, but his current coalition is the most right wing in Israeli history, with an agenda driven by the most extreme elements. The result is that policies of this government, which the prime minister himself just described as “more committed to settlements than any in Israel’s history,” are leading in the opposite direction. They’re leading towards one state. In fact, Israel has increasingly consolidated control over much of the West Bank for its own purposes, effectively reversing the transitions to greater Palestinian civil authority that were called for by the Oslo Accords. John Kerry
    En fait, cette résolution ne fait que réaffirmer les déclarations faites par le Conseil de sécurité sur la légalité des implantations depuis plusieurs décennies; il n’apporte rien de nouveau. En 1978, le conseiller juridique du Département d’État a informé le Congrès de sa conclusion selon laquelle le programme du gouvernement israélien consistant à établir des implantations civiles dans les territoires occupés était incompatible avec le droit international. Nous ne voyons aucun changement depuis lors pour affecter cette conclusion fondamentale. Vous avez peut-être entendu certains critiquer cette résolution pour avoir qualifié Jérusalem-Est de territoire occupé.  Mais pour être clair, il n’y avait absolument rien de nouveau dans la résolution de la semaine dernière sur cette question. Elle faisait partie d’une longue série de résolutions du Conseil de sécurité qui incluaient Jérusalem-Est comme faisant partie des territoires occupés par Israël en 1967, y compris des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité sous le président Reagan et le président George H.W. Bush. Et rappelez-vous que chaque administration américaine depuis 1967 – avec toute la communauté internationale – a reconnu Jérusalem-Est comme faisant parties des territoires qu’Israël a occupés lors de la guerre des Six Jours. Et je tiens à souligner ce point: nous respectons pleinement les liens historiques et religieux profonds d’Israël avec la ville et ses sites saints. Cette résolution ne préjuge en rien du résultat des négociations sur le statut permanent de Jérusalem-Est, qui doivent bien entendu refléter ces liens et ces réalités sur le terrain. John Kerry
    Knowing that the Obama administration was not going to restart the peace process, we told them that the least they could do is resurface the issue surrounding the illegality of settlements, something which hasn’t been said since the Carter administration. James Zogby (Arab American Institute)
    C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
    Cette motion est tout à fait opportune sur le plan électoral. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre à Gaza. Benoit Hamon
    Le texte que nous avons ne se concentre pas exclusivement sur les colonies. Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c’est un texte équilibré. L’objectif principal que nous avons ici est de préserver et de réaffirmer une solution à deux Etats » palestinien et israélien qui cohabiteraient dans la paix et la sécurité. François Delattre (ambassadeur de France auprès des Nations unies)
    Je salue le discours clair, courageux et engagé de John Kerry en faveur de la paix au Proche Orient et de la solution des deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. La France partage la conviction du Secrétaire d’Etat américain de la nécessité et de l’urgence de mettre en œuvre cette solution des deux Etats. C’est parce qu’elle constate elle aussi l’érosion de cette solution que la France a pris l’initiative d’accueillir en juin dernier une première conférence internationale et qu’elle recevra à nouveau ses partenaires à Paris, le 15 janvier prochain. Beaucoup des idées exprimées par John Kerry sont des rappels utiles et nécessaires pour faire avancer la cause de la paix dans cette région tant éprouvée. Comme toujours, la France est prête à y contribuer. Jean Marc Ayraut
    La paix entre Israël et la Palestine ne peut être négociée en se focalisant uniquement sur la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés. La Grande-Bretagne soutient une solution à deux Etats et considère comme illégale la construction par Israël de colonies dans les territoires palestiniens. Mais il est clair que la colonisation est loin d’être le seul problème dans ce conflit. En particulier, le peuple d’Israël mérite de vivre sans craindre la menace terroriste, à laquelle il est confronté depuis trop longtemps. Nous ne pensons donc pas que la meilleure façon de négocier la paix est de se concentrer sur un seul problème, dans ce cas ci la construction de colonies, alors que le conflit entre Israël et la Palestine est infiniment plus complexe. Nous ne pensons pas qu’il soit opportun d’attaquer un gouvernement allié et démocratiquement élu. Notre gouvernement estime que les négociations peuvent réussir uniquement si elles sont menées par les deux parties, avec le soutien de la communauté internationale. Porte-parole de Theresa May
    No Muslim leader can recognize the right of the Jews to any part of Israel or its ancient history because from a Muslim perspective, it is Muslim. Any Muslim who would permanently cede Muslim territory to non-Muslims would lose honor and respect as well as be subject to death. Americans are baffled by this. Arafat made this clear at Camp David with former President Bill Clinton. Mahmoud Abbas therefore needs to say whatever he needs to in order to pacify the Americans, but never give in to permanent territorial compromise. Harold Rhode
    En 1947 pour apaiser les tensions, les Nations Unies ont séparé la région en deux, Israël voit alors le jour. La Jordanie, elle, cède un bout de son territoire la Cisjordanie, cela doit devenir le futur État Palestinien. Mais en 1967, Israël entre en guerre contre ses voisins et annexe la Cisjordanie, c’est le début de l’occupation des territoires palestiniens. M6
    L’UNESCO est atteinte de deux maux qui risquent de la perdre: le reniement et le déni. Reniement de sa raison d’être en fermant les yeux sur l’éducation à la haine de certains de ses Etats membres, déni de l’histoire en amputant le peuple juif de son identité historique et culturelle. (…) L’Organisation se renie, se fait parjure lorsqu’elle ferme les yeux sur la propagation de la haine dans les manuels scolaires de la plupart des pays arabo-musulmans et de la Palestine. (…) Comment donner crédit à une Organisation qui tout en développant des programmes d’éducation à la paix et à la tolérance accepte que ses Etats-membre profèrent la haine? En rejoignant l’UNESCO les pays signataires ont adhéré aux fondements éthiques de l’Organisation tout en s’engageant à les mettre en œuvre notamment par l’éducation. (…) Reniement de ses valeurs lorsqu’il s’agit des pays arabo-musulmans, mais intransigeance lorsque Israël censure des contenus éducatifs qui appellent à sa destruction. (…) Maison des cultures du monde, de la pensée critique, du dialogue, l’UNESCO, dont un des grands programmes est consacré aux sciences sociales et humaines, joue dangereusement à réviser l’histoire, à se complaire dans un déni de réalité. Dans la pure tradition des révisionnistes, elle a fini par dénier tout lien entre le peuple juif et Jérusalem. Fin octobre 2015, par la décision 185 EX/15, elle a classé le caveau des Patriarches et la tombe de Rachel comme sites musulmans et palestiniens, et exigé qu’Israël les retire de son patrimoine national. Mais elle vient de franchir un pas supplémentaire dans le négationnisme. Le mois d’avril 2016 pourra être retenu dans son histoire comme le jour où le Conseil Exécutif, en grand falsificateur, a dénié tout lien entre les juifs, le Mont du Temple et le mur Occidental. Cette résolution 199 EX/19 a été adoptée par 33 pays, et parmi eux la France (mais pas l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande du Nord ni les Etats-Unis, qui ont voté contre). Ainsi nos «Lumières» s’estompent sous un épais voile de fumée. Et l’on se demande s’il ne faudrait pas recommander aux Etats-membres de l’UNESCO de promouvoir maintenant une résolution visant carrément à supprimer dans l’Histoire de l’humanité (éditions Unesco) tous les passages relatifs à la présence juive à Jérusalem et dans le royaume de Judée. Conscience intellectuelle des Nations, l’UNESCO est devenue une organisation sous influence, s’inscrivant dans la pure tradition des totalitarismes du XXème siècle. Perdant ainsi sa légitimité, a-t-elle encore sa raison d’être? Bernard Hadjadj
    There is one final thing to be said concerning the missing « the. » Some commentators have argued that since the French « version » of 242 does contain the phrase « the territories, » the resolution does in fact require total Israeli withdrawal. This is incorrect — the practice in the UN is that the binding version of any resolution is the one voted upon, which is always in the language of the introducing party. In the case of 242 that party was Great Britain, thus the binding version of 242 is in English. The French translation is irrelevant. Finally, it should also be noted that by withdrawing from Sinai after the peace treaty with Egypt, Israel has already vacated 91 percent of the territories it gained in 1967.
    L’Organisation des Nations unies, après avoir obtenu un cessez-le-feu durable à la Guerre des Six jours en 1967, a adopté la résolution 242 [archive], qui requiert selon sa version officielle en français, « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit » ; selon sa version officielle en anglais, « withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » ; selon ses versions officielles en espagnol, arabe, russe et chinois (autres langues officielles de l’ONU), un texte dont le sens est le même qu’en français. L’ONU connaît six langues officielles, mais l’anglais et le français ont une prééminence, à égalité, au sein du Conseil de sécurité. La divergence entre la version en anglais et la version française de la même résolution a conduit à des interprétations incompatibles entre elles. L’application de la résolution dans sa version en français signifierait le retrait d’Israël de la totalité des territoires occupés en 1967. La résolution dans sa version en anglais emploie l’expression « from territories » qui pourrait se traduire soit par « de territoires », soit par « des territoires » ; la première traduction sous-entendrait un retrait d’une partie des territoires seulement. Plusieurs diplomates anglo-saxons, protagonistes de la rédaction de la résolution, ont par la suite déclaré que l’absence de l’article défini était volontaire. Arthur Goldberg, ambassadeur des États-Unis à l’ONU à l’époque et Eugene Rostow (en), sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques sous le gouvernement Lyndon Johnson, ont défendu la position que l’absence de l’article défini afin de marquer qu’Israël n’était pas tenue d’évacuer l’ensemble des territoires occupés. Le diplomate britannique Hugh Foot, connu également en tant que Lord Caradon et parfois présenté comme « l’architecte » de la résolution a été interrogé plusieurs fois sur cette question précise, notamment dans une interview accordée au Journal of Palestine Studies (en) en 1976. Tout en réaffirmant le principe de « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre », il précise : « Nous aurions pu dire : ‘Bon, vous revenez à la ligne de 1967’. Mais je connais la ligne de 1967, et elle est mauvaise. On ne peut pas faire pire pour des frontières internationales permanentes. C’est juste là où les troupes se sont arrêtées une certaine nuit de 1948, sans aucun lien avec les besoins de la situation. (…) Si nous avions dit de retourner à la ligne de 1967 — ce qui se serait produit si nous avions spécifié que le retrait devait avoir lieu de tous les territoires — nous aurions eu tort (…) le retrait doit se faire sur la base de — lisons les mots attentivement — frontières sécurisées et reconnues ». Le Conseil de sécurité n’a depuis pas pris de résolution « interprétative » qui aurait levé l’ambiguïté entre les versions linguistiques et les résolutions ultérieures du conseil de sécurité conservent l’ambiguïté. Par exemple la résolution 476 du 30 juin 1980 indique dans sa version française que le Conseil de sécurité « [r]éaffirme la nécessité impérieuse de mettre fin à l’occupation prolongée des territoires arabes occupés par Israël depuis 1967, y compris Jérusalem » avec la locution « of Arab territories ». La résolution 478 du 20 août 1980 reprend dans son point 1 exactement la même formulation. Wikipedia
    L’Organisation des Nations unies (ONU) emploie la dénomination « territoires occupés » dans les résolutions 242 puis « territoires palestiniens occupés » depuis les années 1970. La résolution 58/292 du 14 mai 2004 de l’Assemblée générale des Nations unies avalise la notion de « territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est ». Les Israéliens y font référence par l’acronyme Yesha pour « Judée, Samarie, Gaza » ou les dénomment brièvement « les territoires ». Le gouvernement israélien y voit un « territoire disputé » au statut non défini. Wikipedia
    There are disagreements over what the Palestinian territories should be called. The United Nations, the European Union, International Committee of the Red Cross, and the government of the United Kingdom all refer to the « Occupied Palestinian Territory » or « Occupied Palestinian Territories ». The International Court of Justice refers to the West Bank, including East Jerusalem, as « the Occupied Palestinian Territory » and this term is used as the legal definition by the International Court of Justice in the ruling in July 2004. Other terms used to describe these areas collectively include « the disputed territories », and « Israeli-occupied territories ». Further terms include « Palestine », « State of Palestine », « Yesha » (Judea-Samaria-Gaza), « Yosh » (Judea and Samaria), the « Katif Bloc » (the south-west corner of the Gaza Strip), « Palestinian Autonomous Areas » (although this term is also used to specifically refer to Areas A and B), « Palestinian Administered Territories », « administered territories », « territories of undetermined permanent status », « 1967 territories », and simply « the territories ». Many Arab and Islamic leaders, including some Palestinians, use the designation « Palestine » and « occupied Palestine » to imply a Palestinian political or religious claim to sovereignty over the whole former territory of the British Mandate west of the Jordan River, including all of Israel. Many of them view the land of Palestine as an Islamic Waqf (trust) for future Muslim generations. A parallel exists in the aspirations of David Ben-Gurion, Menachem Begin, and other Zionists and Jewish religious leaders to establish Jewish sovereignty over all of Greater Israel in trust for the Jewish people. (…) Many Israelis object to the term « Occupied Palestinian Territories » and similar descriptions because they maintain such designations disregard Israeli claims to the West Bank and Gaza, or prejudice negotiations involving possible border changes, arguing that the armistice line agreed to after the 1948 Arab-Israeli War was not intended as a permanent border. Dore Gold wrote, « It would be far more accurate to describe the West Bank and Gaza Strip as « disputed territories » to which both Israelis and Palestinians have claims. » Wikipedia
    The American vote against Israel in the Security Council Friday was, in a sense, the essential Carter. There was no good reason of state for the United States to reverse its previous refusal (…) That issue is whether friends should be treated differently from enemies. It’s a tough one. That is, it’s a tough one for the United States and especially for the Carter administration. No other country — no other president — has so indulged the luxury of deciding whether to support friends on all occasions regardless of their failings or whether to apply ostensibly universal values and condemn them in particular cases when they are deemed to fall short. (…) it cannot be denied that there is a pack and that it hounds Israel shamelessly and that this makes it very serious when the United States joins it. Jimmy Carter has regularly anguished on this score. This time, in perhaps his last U.N. act of consequence, there was a suggestion in the air that he was finally doing what in his heart he has always wanted to do: vote for what he regarded as virtue. To whatever effect, Ronald Reagan will do it differently. He lacks Jimmy Carter’s general readiness to court the Third World and to grant it, or at least its left-leaning part, something of an exemption from the standards by which nations are usually measured. He is unlikely to regard the United Nations as necessarily the most proper and useful forum in which disputes involving the Third World can be treated in the American interest. Few would expect him to agonize at length over the question of whether the United States should keep off Israel’s back in loaded global forums, funneling its disagreements into bilateral channels, or whether it should join the jackals, as Mr. Carter did on Friday. The Washington Post (Dec. 21, 1980)
    Il y a bien un conflit israélo-arabe mais aucun conflit israélo-palestinien puisque la Palestine n’existe plus dès lors qu’elle a été remembrée en trois Etats : la Jordanie, Israël et la Cisjordanie. Quand un pays est démembré, son nom disparaît au profit des Etats nouveaux : la Tchécoslovaquie a disparu au profit de la Tchéquie et de la Slovaquie, la Corée a disparu au profit de la Corée du Nord et la Corée du Sud, la Yougoslavie, au profit de la Serbie, la Croatie, la Slovénie etc, et de même l’URSS remplacée par la Russie, la Bielorussie, l’Ukraine etc. Mais les « Palestiniens » ont tous les droits, en particulier celui de squatter le nom de Palestine, laquelle était juive bien avant qu’aucun Etat arabe existe et que la Jordanie et Israël la remplacent. La Jordanie a décidé de renoncer à la Cisjordanie. Dès lors ces territoires se libèrent et sont dits « disputés » et Israël a des droits indiscutables sur la Cisjordanie, et les Arabes qui y vivent aussi. Donc ils sont logiquement, réellement « disputés » comme le disait clairement d’ailleurs François Mitterrand. Là encore, la haine des Juifs et l’amour de ceux qui haïssent l’existence d’Israël font des miracles. Ces territoires sont dits « occupés » en omettant de préciser qu’ils sont occupés par les Juifs et et par les Arabes, et légitimement. Nessim Cohen-Tanugi
    In 1947, the UN declared that Palestine, as it was then known, would be partitioned into two states – an Arab state and a Jewish state. Notice, not a Palestinian state, but an Arab state. The Palestinians didn’t quite exist yet, and at least not on the international radar. And the Arabs went to war to destroy the Jewish state when it was created on May 14, 1948. And the city of Jerusalem was divided. The eastern part of the city was occupied by the Jordanians, the West Bank was occupied by the Jordanians. In June, 1967, the Jordanians attacked Israel again. Israel repulsed the attack, reunited Jerusalem under Israeli rule, and captured the West Bank, or as we call it, Judea and Samaria. It is not occupied [under] international law, because the West Bank and East Jerusalem [were] never part of a recognized sovereign country. Nobody in the world, except for Britain and Pakistan, recognized the Jordanian annexation of the West Bank and East Jerusalem. So the entire international law claim is spurious. But when Israel reunited the city…, the Western Wall is in the eastern part of the city. The old city is in the eastern part of the city. We certainly can’t consider our homeland for 3,000 years to be occupied territory. You know, tell a member of the Sioux Nation that his tribal lands are occupied and he can’t live on them. That’s what the UN is telling us. They’re telling us more than that, that by living in them, we’re criminals. Michael Oren
    The UNSC resolution sent the following message to the Palestinians: Forget about negotiating with Israel. Just pressure the international community to force Israel to comply with the resolution and surrender up all that you demand. (…) The UN’s highly touted « victory » is a purely Pyrrhic one, in fact a true defeat to the peace process and to the few Arabs and Muslims who still believe in the possibility of coexistence with Israel. Far from moving the region toward peace, the resolution has encouraged the Palestinians to move forward in two parallel paths — one toward a diplomatic confrontation with Israel in the international arena, and the other in increased terror attacks against its people. The coming weeks and months will witness mounting violence on the part of Palestinians toward Israelis — a harmful legacy of the Obama Administration. Khaled Abu Toameh
    L’origine du problème, c’est l’occupation israélienne. Mustafa Barghouti (Comité palestinien de Soutien Médical)
    Vous voulez la sécurité ? Arrêtez l’occupation ! Marwan Barghouti (Fatah, faction armée de l’OLP d’Arafat)
    Le Groupe Arabe souligne sa détermination de s’opposer à toute tentative d’assimiler la résistance à l’occupation à un acte de terrorisme. Ambassadeur de Libye aux Nations Unies (1er octobre 2001)
     Dans la mesure où le détenteur précédent du territoire avait pris possession de ce territoire de manière illégale, le nouveau détenteur, qui le prend ensuite, en exerçant son droit légal à l’autodéfense, a, par rapport au détenteur précédent, une plus grande légitimité. Stephen Schwebel (ancien président de Cour Internationale de Justice de La Haye, 1970)
    Au sens juridique du terme, l’expression “Cisjordanie occupée” est inexacte. Un territoire est occupé lorsqu’une partie ou l’ensemble d’un Etat souverain est conquis. Ce qui veut dire que cela ne s’applique pas à la rive occidentale du Jourdain, puisqu’avant 1967, elle ne faisait pas partie d’un Etat souverain. Il y a eu un vide juridique entre 1948 et 1967. Emmanuel Navon (Université de Tel Aviv)
    The American representative, Madeleine K. Albright, said that describing Jerusalem as « occupied Palestinian territory » implied Palestinian sovereignty over it and thus contradicted the undertaking Israel and the P.L.O. had reached in the declaration they signed in Washington last September, which said the city’s future would be decided in negotiations between them.  Although the Security Council has adopted many resolutions saying that Jerusalem is part of the Arab territories Israel occupied in the 1967 war, Ms. Albright made clear that the United States would oppose similar language in future United Nations texts. The Clinton Administration has been under strong Congressional pressure to veto the latest resolution because of its references to Jerusalem. A total of 82 Senators sent a letter to President Clinton today urging him to veto any Council resolution « that states or implies Jerusalem is « occupied territory. » The Israeli representative to the United Nations, Gad Yaacobi, told the Council that the reference to Jerusalem was incompatible with the agreement to settle the city’s future by negotiation as well as with Israel’s own position on the matter, which is that « Jerusalem will remain united under Israeli sovereignty as our eternal capital. » Speaking for the P.L.O., Nasser al-Kidwa, its United Nations observer, said every Council resolution dealing with Palestinians had described Jerusalem as part of the occupied territories. He complained that « any change in the language creates the danger of a change in policy » and expressed « disappointment and deep concern » at the American abstention. The New York Times (1994)
    The resolution called for Israel to “immediately and completely cease all settlement activities in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem.” East Jerusalem, which contains some of the holiest sites in Judaism, was seized by Israel in the Six-Day War of 1967. (…) Critics of the resolution argue that it’s been decades since the U.S. allowed a U.N. resolution to pass that says East Jerusalem and other lands taken in the 1967 war are occupied Palestinian territory. Previous resolutions the U.S. allowed to pass have instead tended to condemn specific actions of Israelis or the Israeli government, such as the bombing of an Iraqi nuclear reactor in 1981. In another example, a U.N. resolution condemning the 1994 massacre of Muslim worshipers by a Jewish terrorist was passed only when Madeleine Albright, then the U.S. ambassador, demanded a paragraph-by-paragraph vote on it to strip out language implying that Jerusalem was occupied territory. (…) However, the U.S. does not recognize Israeli claims to East Jerusalem either.  Albright’s comments run counter to a 1980 U.N. resolution – supported by the U.S. – that did refer to Jerusalem and other lands taken by Israel in 1967 as occupied territory. But that position was in a sense reversed by Albright’s comments in 1994. CBS news
    It’s true the U.S. has not allowed a U.N. Security Council resolution to that effect to pass since 1980, but U.S. policy has been consistent under every Democratic and Republican administration to date. Moreover, the U.S. has allowed other anti-Israel resolutions to pass on a number of occasions before and after 1980. President Obama was the first president to adopt a policy of vetoing all anti-Israel U.N.S.C. resolutions – until now. So not vetoing this resolution is a bit of a punch in the gut, but not a very hard one. It is in no way a change in U.S. policy about the conflict. Mark Mellman
    The United States on Friday abstained on a vote over a UN Security Council resolution demanding an end to Israeli settlements in Palestinian territory. By abstaining — instead of vetoing the resolution, as the United States has reliably done to similar measures for decades — the Obama administration allowed the highly symbolic measure to make it through the chamber by a unanimous 14-0 margin. It was the first time in nearly 40 years that the Security Council has passed a resolution critical of Israeli settlements. It was also a firm rebuke of both Netanyahu, who had strongly argued against the resolution, and Trump, who had taken the highly unprecedented move of weighing in on Thursday, before the vote, and pressing for the measure to be vetoed. The Jewish communities in question are in the West Bank and East Jerusalem, both of which were captured by Israel during 1967’s Six-Day War. They range in size from small outposts of just a few dozen people to Ariel, home to some 20,000 people and a thriving university. Two of the more controversial settlements lie inside and adjacent to Hebron, a large Palestinian city that houses the burial place of Abraham, making it one of the holiest sites in both Judaism and Islam. Dozens of Jews and Muslims have been killed in political violence there in recent decades. Israel’s construction of new neighborhoods throughout East Jerusalem is technically as illegal as its settlement building elsewhere in the West Bank, but many American policymakers from both parties have long acknowledged that Jewish neighborhoods in that part of the city would remain under Israeli control in any peace agreement. That’s particularly true of the Jewish Quarter of the Old City, home to the Western Wall, the most religiously important place in Judaism. (…) The resolution demands that Israel “immediately and completely cease all settlement activities in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem,” and declares that the establishment of settlements by Israel has “no legal validity and constitutes a flagrant violation under international law.” This is far stronger language than the United States has ever officially used to describe Israeli settlement activity before. Although the standard US position has for three decades been that such settlements, which are built on land intended to be part of a future Palestinian state, are “obstacles to peace,” the United States has always stopped short of describing them as “illegal” under international law. (…) The text also calls on all member states “to distinguish, in their relevant dealings, between the territory of the State of Israel and the territories occupied since 1967” — language that, as the Times of Israel’s Eric Cortellessa explains, “Israel fears will lead to a surge in boycott and sanctions efforts.” (…) The whole point of the resolution is to further solidify the longstanding international consensus that Israel’s settlement activity is illegal and a roadblock to achieving a peaceful solution to the decades-long Israel-Palestine conflict — in other words, to isolate Israel and show it that the whole world thinks what it is doing is wrong. The hope is that this will make Israel change its policies in order to get back into the good graces of the international community. (…) Still, the resolution could potentially have some longer-term legal and economic implications for Israel. For instance, Tel Aviv University law professor Aeyal Gross writes at Haaretz that the resolution could encourage the International Criminal Court to be more aggressive in its examination of settlement construction. (…) The push to bring this resolution before the Security Council in the last few remaining days of Obama’s term as president seems to have been a calculated move by Palestinian diplomats. The Wall Street Journal reports, “As early as October, Palestinian diplomats at the UN began assessing prospects for a Security Council resolution. They drafted two resolutions: one that would condemn Israel’s rapid expansion of settlements in disputed territories of West Bank and East Jerusalem, and another that would recognize Palestine as a state at the UN.” Arab diplomats told the Journal that the Palestinians ultimately decided to drop the statehood resolution because they believed it would inevitably be vetoed by the Obama administration. The Palestinians appear to have seen a path forward all the same, believing that Obama’s long-held opposition to the Israeli settlements — and deep animosity toward Netanyahu — meant the US president might allow a slightly watered-down resolution to make it through the Security Council. (…) It was decided that Egypt, as the only Arab member of the Security Council, should be the one to sponsor the resolution. And indeed, Egypt was the measure’s initial sponsor. However, on Thursday, just one day before the vote was scheduled to take place, Egypt suddenly announced that it was delaying the vote indefinitely. This was apparently in response to an unprecedented intervention by Trump, in the form of a personal phone call to Egyptian President Abdel Fattah el-Sisi urging him to table the vote. Netanyahu, who has developed a close relationship with Sisi, also pressed the Egyptian leader to withdraw the measure. The resolution was then reintroduced on Friday by four of the other non-permanent members of the Security Council — New Zealand, Malaysia, Venezuela, and Senegal — but not Egypt. (…) But beyond the White House’s formal statements on the matter, the move was widely seen as Obama’s parting shot at Netanyahu, with whom the president repeatedly clashed throughout his tenure. (…) But Obama’s parting shot was also aimed at Trump, who has indicated he wants to take a much stronger pro-Israel stance. (…) There is strong international consensus on the illegality of Israeli settlements. This is based on the Fourth Geneva Convention, which bans nations from the moving of populations into and the establishing of settlements in the territory of another nation won in war. Israel’s right-wing government, however, disputes that settlements in East Jerusalem and the West Bank are illegal, and maintains that their final status should be determined in future negotiations on Palestinian statehood, not by the United Nations. (…) But there’s another reason the Israeli government cares so much about what happens at the United Nations in particular: Netanyahu’s government believes that the United Nations, and the international community more generally, is biased against Israel, and that it unfairly singles out Israel for censure while ignoring egregious actions by other countries. This argument is not without merit. Indeed, UN Secretary General Ban Ki-moon, who is stepping down at the end of this year after having served two five-year terms, told the Security Council earlier this month that « [d]ecades of political maneuvering have created a disproportionate number of resolutions, reports and committees against Israel,” and said that “[i]n many cases, instead of helping the Palestinian issue, this reality has foiled the ability of the UN to fulfill its role effectively. » This latest action by the UN, then, is interpreted by the Israeli government as part of a broader campaign to delegitimize Israel on the international stage. That the United States, Israel’s closest and most powerful ally, stood aside and let the resolution pass — and, according to Netanyahu, may have even been instrumental in bringing the measure to the Security Council in the first place — makes it even more painful. (…) once in office, Trump could theoretically repeal the resolution by introducing a new resolution at the UN that completely revokes this one. He would then need to get at least eight other countries to vote for it, as well as ensure that none of the Security Council’s other permanent members — Russia, the United Kingdom, France, and China — veto it. (…) But it is extremely unlikely that Haley and the Trump administration would actually be able to get eight other countries on the Security Council to support a measure revoking this most recent resolution. That’s because, as mentioned above, the notion that Israeli settlements are illegal under international law is widely held by UN member countries. Vox
    Mr. Kerry claimed Wednesday that Resolution 2334 “does not break new ground.” The reality is that the resolution denies Israel legal claims to the land — including Jewish holy sites such as the Western Wall — while reversing the traditional land-for-peace formula that has been a cornerstone of U.S. diplomacy for almost 50 years. In the world of Resolution 2334, the land is no longer Israel’s to trade for peace. Mr. Kerry also called East Jerusalem “occupied” territory, which contradicts Administration claims in the 2015 Supreme Court case, Zivotofsky v. Kerry, that the U.S. does not recognize any sovereignty over Jerusalem. The larger question is what all this means for the prospects of an eventual settlement. Mr. Kerry made a passionate plea in his speech for preserving the possibility of a two-state solution for Jews and Palestinians. That’s a worthy goal in theory, assuming a Palestinian state doesn’t become another Yemen or South Sudan. But the effect of Mr. Kerry’s efforts will be to put it further out of reach. Palestinians will now be emboldened to believe they can get what they want at the U.N. and through public campaigns to boycott Israel without making concessions. Israelis will be convinced that Western assurances of support are insincere and reversible. WSJ
    Last week’s United Nations Security Council resolution on Israel is a weapon of war pretending to be a plea for peace. Israel’s enemies say it has no right to exist. They claim the whole state was built on Arab land and it’s an injustice for Jews to exercise sovereignty there. Palestinians still widely promote this untruth in their official television and newspapers, whether from the PLO-controlled West Bank or Hamas-controlled Gaza. That is the unmistakable subtext of Friday’s U.N. Resolution 2334, despite the lip service paid to peace and the “two-state solution.” The resolution describes Israel’s West Bank towns and East Jerusalem neighborhoods as settlements that are a “major obstacle” to peace. But there was a life-or-death Arab-Israeli conflict before those areas were built, and before Israel acquired the West Bank in the 1967 war. Arab opposition to Israel’s existence predated—indeed caused—that war. It even predated Israel’s birth in 1948, which is why the 1948-49 war occurred. Before World War I, when Britain ended the Turks’ 400-year ownership of Palestine, Arab anti-Zionists denied the right of Jews to a state anywhere in Palestine. Officials of Egypt (in 1979) and Jordan (in 1994) signed peace treaties with Israel, but anti-Zionist hostility remains strong. The Palestinian Authority signed the Oslo Accords in 1993 but continues to exhort its children in summer camps and schools to liberate all of Palestine through violence. Arab efforts to damage Israel have been persistent and various, including conventional war, boycotts, diplomatic isolation, terrorism, lower-intensity violence such as rock-throwing, and missile and rocket attacks. Israel’s defensive successes, however, have constrained Palestinian leaders to rely now chiefly on ideological war to de-legitimate the Jewish State. Highlighting the “occupied territories”—in U.N. resolutions, for example—implies moderation. It suggests an interest only in the lands Israel won in 1967. But the relatively “moderate” Palestinian Authority, in its official daily newspaper, Al-Hayat Al-Jadida, continually refers to Israeli cities as “occupied Haifa” or “occupied Jaffa,” for example. In other words, even pre-1967 Israel is “occupied territory” and all Israeli towns are “settlements.” When David Ben-Gurion declared Israel’s independence in 1948, he invoked the “historical connection of the Jewish people with Palestine,” as recognized in the Palestine Mandate approved in 1922 by the League of Nations. That connection applied to what’s now called the West Bank as it did to the rest of Palestine. Because no nation has exercised generally recognized sovereignty over the West Bank since the Turkish era, the mandate supports the legality of Jewish settlement there. That’s why attacking the settlements’ legality—as opposed to questioning whether they’re prudent—is so insidious. Arguing that it is illegal for Jews to live in the West Bank is tantamount to rejecting Israel’s right to have come into existence.  Friday’s U.N. resolution is full of illogic and anti-Israel hostility. It says disputed issues should be “agreed by the parties through negotiations.” Among the key open issues is who should control the West Bank and East Jerusalem. Yet the resolution calls these areas “Palestinian territory.” So much for negotiations. The resolution says that Jewish West Bank and Jerusalem “settlements” have “no legal validity.” On the basis of a skewed legal analysis that ignored pre-1967 Jewish claims, President Jimmy Carter called the settlements illegal. Knowing that Mr. Carter’s conclusion was wrong and hostile to Israel, President Ronald Reagan repudiated it, and all U.S. administrations since were careful to avoid it. Until now. By reviving Mr. Carter’s legal attack on the settlements, President Obama breaks with good sense and decades of U.S. policy.  The resolution exhorts all countries to distinguish between the territories on either side of the 1949 armistice lines. When Israel, before 1967, was confined within those lines, none of its Arab neighbors respected them as Israel’s legal borders. In each of the 1949 armistice agreements, at the Arab side’s insistence, there is language denying that the lines signify any party’s rights to any land. When the lines might have protected Israel, its neighbors, without U.N. protest, deprecated and violated them. Now that those armistice lines are long gone, the U.N. pretends that they are sacred. (…)  The cause of peace is not served by Israel’s appearing vulnerable. Harmonious U.S.-Israel relations are the best hope for convincing Israel’s enemies that their costly efforts to destroy the Jewish state will be fruitless. They won’t compromise if they believe they have another option. Douglas J. Feith
    Kerry’s address was a superbly Zionist and pro-Israel speech. Anyone who truly supports the two-state solution and a Jewish and democratic Israel should welcome his remarks and support them. It’s a binary incidence, with no middle ground. It’s no surprise that those who hastened to condemn Kerry even before he spoke and even more so afterward were Habayit Hayehudi chairman Naftali Bennett and the heads of the settler lobby. Kerry noted in his speech that it is this minority that is leading the Israeli government and the indifferent majority toward a one-state solution. Haaretz
    The recent statements by the European Union’s new foreign relations chief Catherine Ashton criticizing Israel have once again brought international attention to Jerusalem and the settlements. However, little appears to be truly understood about Israel’s rights to what are generally called the « occupied territories » but what really are « disputed territories. » That’s because the land now known as the West Bank cannot be considered « occupied » in the legal sense of the word as it had not attained recognized sovereignty before Israel’s conquest. Contrary to some beliefs there has never been a Palestinian state, and no other nation has ever established Jerusalem as its capital despite it being under Islamic control for hundreds of years. The name « West Bank » was first used in 1950 by the Jordanians when they annexed the land to differentiate it from the rest of the country, which is on the east bank of the river Jordan. The boundaries of this territory were set only one year before during the armistice agreement between Israel and Jordan that ended the war that began in 1948 when five Arab armies invaded the nascent Jewish State. It was at Jordan’s insistence that the 1949 armistice line became not a recognized international border but only a line separating armies. (…) After the war in 1967, when Jews started returning to their historic heartland in the West Bank, or Judea and Samaria, as the territory had been known around the world for 2,000 years until the Jordanians renamed it, the issue of settlements arose. However, Rostow found no legal impediment to Jewish settlement in these territories. He maintained that the original British Mandate of Palestine still applies to the West Bank. He said « the Jewish right of settlement in Palestine west of the Jordan River, that is, in Israel, the West Bank, Jerusalem, was made unassailable. That right has never been terminated and cannot be terminated except by a recognized peace between Israel and its neighbors. » There is no internationally binding document pertaining to this territory that has nullified this right of Jewish settlement since. And yet, there is this perception that Israel is occupying stolen land and that the Palestinians are the only party with national, legal and historic rights to it. Not only is this morally and factually incorrect, but the more this narrative is being accepted, the less likely the Palestinians feel the need to come to the negotiating table. Statements like those of Lady Ashton’s are not only incorrect; they push a negotiated solution further away. Danny Ayalon (Dec. 30, 2009)
    The state of Israel came into being by the same legitimate process that created the other new states in the region, the consequence of the dismantling of the Ottoman Empire after World War I. Consistent with the traditional practice of victorious states, the Allied powers France and England created Lebanon, Syria, Iraq, and Jordan, and of course Israel, to consolidate and protect their national interests. This legitimate right to rewrite the map may have been badly done and shortsighted––regions containing many different sects and ethnic groups were bad candidates for becoming a nation-state, as the history of Iraq and Lebanon proves, while prime candidates for nationhood like the Kurds were left out. But the right to do so was bestowed by the Allied victory and the Central Powers’ loss, the time-honored wages of starting a war and losing it. Likewise in Europe, the Austro-Hungarian Empire was dismantled, and the new states of Austria, Hungary, Yugoslavia, and Czechoslovakia were created. And arch-aggressor Germany was punished with a substantial loss of territory, leaving some 10 million Germans stranded outside the fatherland. Israel’s title to its country is as legitimate as Jordan’s, Syria’s and Lebanon’s. Bruce Thornton
    Il y a plus de 200 différends territoriaux dans le monde et l’Union européenne a décidé de se concentrer sur Israël et la Cisjordanie. Le conflit que nous avons avec les Palestiniens est connu et la seule manière d’essayer de le résoudre, c’est de s’assoir autour d’une table pour négocier et discuter. Le fait que les Palestiniens refusent de venir négocier – et notre Premier ministre les a invités à le faire à plusieurs reprises ces derniers mois – montre qu’il n’y a pas de réelle volonté politique en ce sens. Et le fait est que Mahmoud Abbas a pris une décision stratégique il y a deux ou trois ans quand il a choisi d’exercer via la communauté internationale une pression sur Israël en espérant que le gouvernement israélien serait poussé à faire des concessions. Malheureusement pour lui, les Israéliens ne cèdent pas à la pression et nous l’avons montré dans le passé. Quand on a été prêt à faire des concessions territoriales avec l’Egypte et la Jordanie, c‘était parce que la population israélienne se rendait compte que l’autre partie était de bonne foi, mais quand l’autre partie n’est pas vue comme étant de bonne foi, alors les chances de concessions sont vraiment minces. Aliza Bin-Noun (ambassadrice d’Israël en France)
    La stratégie des Arabes palestiniens, pour annihiler Israël, de plus en plus clairement, consiste à tabler sur la négation de la légitimité de la souveraineté juive en Terre d’Israël que les non juifs dénomment: « Palestine ». Ils comptent, pour ce faire, s’appuyer sur l’antisémitisme musulman et sur l’antisémitisme chrétien et ils les pratiquent et les diffusent à grande échelle. Ils estiment que leur meilleur argument serait d’ordre juridique contre l’ »occupation ». Il est temps de faire voler en éclats cette manipulation et ce mensonge repris avec constance par les gouvernements occidentaux. Rappelons une fois de plus que la seule base juridique consensuelle en Droit International Public (D.I.P.) quant à la reconnaissance par les Nations du droit imprescriptible du Peuple Juif sur sa patrie historique, est le Traité de San Remo adopté sous les auspices de la Société des Nations (S.D.N.), organisation internationale à vocation universelle, créée après la première guerre mondiale et la dislocation de l’Empire Ottoman. Faisant suite à une déclaration politique du Ministre des Affaires Etrangères de l’une des grandes puissances de cette époque, la Grande–Bretagne, à la demande du Mouvement Sioniste, avant-garde militante du Peuple d’Israël, la Déclaration Balfour, ce traité approuvé par toutes les puissances importantes, reconnaissait au Peuple Juif le droit de rétablir un « foyer national » dans son pays. Le territoire alloué aux Juifs comprenait le territoire israélien actuel, la Judée, la Samarie, Gaza et le territoire actuel de la Jordanie. La seule réserve à cette reconnaissance était le maintien des droits acquis des communautés non-juives. La première partition de la Palestine  par la Grande-Bretagne à qui le traité avait confié un « mandat » pour la mise en œuvre de ce programme, a été réalisée pratiquement dès son entrée en fonction, retirant aux Juifs les 3/5 de leur patrie en les cantonnant en Palestine occidentale, en violation du mandat. L’Etat de Jordanie créé de toutes pièces par la Grande-Bretagne en 1946 s’est emparé par la force et illégalement, avec l’aide empressée des Britanniques, dès la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948, de la Judée et de la Samarie. L’Egypte a fait de même pour la région de Gaza. Cette occupation de régions importantes de la Palestine occidentale par ces deux Etats, qui a duré 19 ans, constituait une violation du droit international. La résolution 181, de 1947, de l’A.G. des Nations-Unies, organisation qui a pris la suite de la S.D.N. après la seconde guerre mondiale, une recommandation sans effet obligatoire, prévoyait la création de deux Etats en Palestine occidentale, l’un juif et l’autre arabe et entendait priver les Juifs de leur capitale, Jérusalem, où ils constituaient depuis plus d’un siècle une large majorité des habitants. Tous les Etats arabes et les Arabes palestiniens ont refusé le plan de partage et ont lancé leurs armées pour détruire dans l’œuf l’Etat juif naissant et massacrer la communauté juive de Palestine. Après la signature de l’armistice de Rhodes en 1949, et la surprenante résistance des combattants juifs sortis de l’ombre, ni la Jordanie, ni l’Egypte n’ont songé un seul instant à constituer un Etat arabe palestinien dans les territoires de la Palestine occidentale qu’ils contrôlaient. Ils continuaient d’affirmer publiquement leurs intentions génocidaires contre Israël. Cette attitude a des conséquences de droit: elle rendait la résolution 181 obsolète. Ce qui fait que lorsque Israël répliqua en 1967 à une nouvelle tentative génocidaire massive et déclarée des armées égyptienne, syrienne, jordanienne, iraquienne et d’un contingent algérien, en libérant, entre autres, toute la Palestine occidentale, sur le plan du droit, il ne s’agissait en aucun cas de l’occupation de territoires appartenant à un autre Etat mais bien de terres attribuées au peuple Juif par le Traité de San Remo! C’est pourquoi sur cette base, les villes et villages juifs établis légalement sur ce territoire le sont sur des terres domaniales et évitent l’appropriation de terres appartenant à des communautés non juives par application dudit traité. Léon Rozenbaum
    Lorsqu’il s’agit du Proche-Orient, il faut parfois tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Doit-on avoir peur des mots? Doit-on redouter un déluge de critiques par l’emploi de tel ou tel vocabulaire? Rendre compte de l’actualité israélo-palestinienne relève d’une rigueur sémantique, afin d’éviter les imprécisions, les erreurs, les prises de position qui soulèvent alors la colère de tel ou tel camp. Celui qui tient à une certaine neutralité doit s’interroger sur le sens des mots choisis, mais aussi sur la terminologie entérinée par la presse française et la communauté internationale. Si Israël a gagné les conflits armés, la bataille des mots est pour l’Etat hébreu une lutte acharnée et perpétuelle. Le vocabulaire utilisé influence la perception du conflit, véhicule des idées (parfois erronées) et transmettent une représentation de la réalité. Par exemple, les termes de «Cisjordanie occupée» impliquent que la présence israélienne est illégale. A l’inverse, parler de «Judée Samarie» sous-entend le lien historique de cette terre avec le peuple juif. (…) Les colonies ou implantations israéliennes sont des communautés de peuplement, établies sur les territoires conquis à la suite de la guerre des Six Jours, en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est. Près de 350.000 habitants juifs vivent dans plus de 130 implantations de Cisjordanie et 180.000 dans une douzaine de quartiers de Jérusalem Est. Ces communautés de peuplement sont appelées «Israel settlement» ou «Jewish settlement» par les médias anglophones, ce qui sous-entend une connotation neutre. Le mot «settlement» se traduit en français par «colonie» ou encore «implantation». Les ouvrages spécialisés, les textes de l’ONU et la presse française utilisent généralement le mot «colonie». Mais les Israéliens dénoncent l’emploi de ce terme qui selon eux a un sens péjoratif et fait référence dans la mémoire collective à la colonisation européenne (notamment à la présence française en Algérie), dont l’image était très négative. Les Israéliens utilisent les mots «implantation» ou encore «avant-poste». Ils défendent une présence juive dans la région qui n’a pas cessé depuis plus de 3.000 ans. Si aux yeux de la communauté internationale les colonies sont illégales, l’État hébreu déclare, quant à lui, qu’aucun traité de paix n’a établi de statut juridique sur ces territoires, que la présence de communautés juives à Hébron est multiséculaire ou que leur création à Jérusalem ou en Samarie est attestée depuis le mandat britannique sur la Palestine. Le terme de «colons» pour désigner les habitants juifs des implantations est systématiquement fustigé par la droite israélienne. (…) L’expression «territoire occupé» renvoie aux territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours. Cette terminologie est largement utilisée par la communauté internationale et les médias français. Pour les Israéliens, la Cisjordanie est un «territoire disputé» ou «territoire contesté». Après la guerre des Six Jours, la résolution 242 est votée au Conseil de sécurité des Nations unies. De cette résolution, naît deux interprétations divergentes. Les discussions portent sur la formulation à donner au retrait israélien des territoires conquis. La version française fait état d’un retrait des «territoires occupés», ce qui sous entend de la totalité des territoires conquis en 1967. En anglais, le texte officiel parle d’une évacuation «from occupied territories» («de territoires occupés»), soit un retrait d’une partie des territoires seulement. Pour Israël, seule la traduction anglaise est la bonne. Alors que pour les Arabes, la formule française est la seule valable. Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques. (…) La résolution 58/292 du 14 mai 2004 de l’Assemblée générale des Nations unies utilise l’expression «territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est». L’emploi du singulier est d’importance car il reconnaît l’intégrité territoriale palestinienne, contrairement à l’appellation fréquemment utilisée de «territoires palestiniens». Lorsque la Transjordanie a annexé la Judée et la Samarie en 1948, aucun Etat, hormis la Grande-Bretagne et le Pakistan, n’a reconnu cette annexion. Les Israéliens rappellent qu’aucune souveraineté antérieure à 1967 n’a jamais été officiellement reconnue sur ces territoires. Les États arabes qui occupaient la région avait insisté en 1949 pour que la ligne d’armistice ne constitue «pas une frontière reconnue internationalement mais seulement une ligne séparant deux armées». (…) Israël est l’un des rares pays considérés comme force occupante dans le monde. Dans de nombreux autres conflits territoriaux, les diplomates évoquent plutôt des «territoires disputés». Il n’a jamais été question d’occupation au Cachemire, revendiqué par l’Inde et la Pakistan. On ne parle pas non plus d’occupation pour la région du Haut-Karabagh, revendiquée par l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ni pour la présence turque dans le nord de l’île de Chypre, depuis 1974. (…) La Cisjordanie  (…) est délimitée à l’est par le Jourdain et la Mer Morte; au nord, au sud et à l’ouest par la ligne verte de 1949. Elle couvre une surface de 5.860 km2 et compte en 2010 une population totale estimée à 2.514.845 personnes dont 350.000 Israéliens. La région englobe Jérusalem-Est, les villes de Bethléem, Hébron, Jéricho, Naplouse, Jénine, des implantations israéliennes, telles qu’Ariel, Maale Adumim, ainsi que de nombreux lieux saints des trois religions monothéistes. En novembre 1947, lors du plan de partage de la Palestine mandataire votée par les Nations unies, la Judée-Samarie est initialement attribuée à un futur Etat arabe. A la fin de la première guerre israélo-arabe, la région est annexée par la Transjordanie. En 1950, la Transjordanie prend le nom de Royaume Hachémite de Jordanie pour entériner cette annexion. A la fin de la guerre des Six Jours en 1967, les Jordaniens perdent la Judée-Samarie qui passe sous le contrôle de l’Etat d’Israël (qui ne l’a toutefois pas annexée pour des raisons démographiques). Judée et Samarie font référence aux territoires des deux royaumes bibliques, la Judée (capitale: Jérusalem) et Israël (capitale: Samarie). Elles sont des termes utilisés depuis l’Antiquité, pour désigner différentes parties de ces territoires de la rive occidentale du Jourdain. Ces termes ont été utilisés dans la résolution 181 des Nations unies pour désigner précisément certains des territoires dans le partage de la Palestine en 1948. Le terme Judée-Samarie était communément utilisée par les médias et les instances internationales jusqu’à l’annexion de la région par la Transjordanie. Depuis 1949, la Judée et la Samarie ont été rebaptisées Cisjordanie par la communauté internationale. Étymologiquement, «Cisjordanie» désigne la région «du même côté», la rive ouest du Jourdain, par opposition à «l’autre côté», la rive est du fleuve, la Jordanie. La Cisjordanie est donc un terme récent pour désigner les territoires à l’ouest du Jourdain. En Israël, le gouvernement et la population utilisent la dénomination de «Judée-Samarie», qui affirme le lien historique entre l’identité juive et ce territoire. Les anglophones utilisent l’expression «West Bank» —littéralement «rive ouest»— appellation également géographique et plus neutre vis-à-vis de l’autre rive du Jourdain. Kristell Bernaud
    Au cœur du combat diplomatique que les Palestiniens mènent contre Israël figure l’affirmation réitérée que les Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza résistent à « l’occupation ». (…) Cette argumentation se retrouve absolument partout et en toute occasion chez les porte-parole palestiniens, qui doivent faire face à un consensus grandissant dans l’opinion internationale contre l’utilisation du terrorisme comme instrument politique. Ce vocabulaire et cette logique ont également envahi la sphère diplomatique à l’ONU. En août 2001, un projet de résolution palestinienne au Conseil de Sécurité des Nations Unies reprenait la formulation palestinienne consacrée pour parler de la bande de Gaza et de la Cisjordanie comme de « territoires palestiniens occupés ». Des références à « l’occupation étrangère d’Israël » se retrouvent également dans le projet de résolution de Durban à la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme. Cette répétition systématique des termes «occupation», ou «territoires palestiniens occupés» semble avoir trois fonctions clairement identifiables. En premier lieu, les porte-parole palestiniens espèrent instaurer un contexte politique qui explique et même justifie le choix des Palestiniens d’adopter la violence et le terrorisme pendant l’Intifada en cours. Ensuite, l’exigence des Palestiniens qu’Israël «cesse l’occupation» ne laisse aucune place à un éventuel compromis territorial sur la bande de Gaza ou en Cisjordanie, comme le stipulait la formulation originale de la Résolution 242 du Conseil de Sécurité (…). Enfin, l’utilisation de l’expression « territoires palestiniens occupés » dénie à Israël la possibilité de revendiquer cette terre : si l’on utilisait l’expression « territoires disputés », Israël et les Palestiniens se retrouveraient sur un pied d’égalité. De plus, présenter Israël comme un « occupant étranger » a l’avantage supplémentaire de permettre aux partisans de la cause palestinienne de délégitimer le lien historique entre les Juifs et Israël. C’est devenu un point central des efforts diplomatiques palestiniens depuis l’échec du sommet de Camp David en 2000, et particulièrement depuis la conférence des Nations-Unies à Durban, en 2001. Incontestablement, à Durban, la campagne de délégitimation d’Israël a exploité le mot « occupation » pour évoquer l’occupation nazie de la France pendant la seconde guerre mondiale et l’associer à ce que fait Israël en Cisjordanie et à Gaza. Les termes politiquement connotés de « territoires occupés » ou de « occupation » semblent ne s’appliquer qu’à Israël, et ils ne sont jamais utilisés lorsque d’autres conflits territoriaux sont évoqués, et particulièrement par des tiers. Ainsi, le département d’Etat américain parle-t-il, à propos du Cachemire, de « territoires disputés ». De la même façon, dans son rapport sur les Droits de l’Homme dans les différents pays, le Département d’Etat se réfère à la partie d’Azerbaïdjan revendiquée par des séparatistes arméniens comme à « la région disputée de Nagorno-Karabakh ». (…) Bien sûr, chaque situation est unique, mais dans un grand nombre de cas différents mettant en scène des conflits territoriaux, du Nord de Chypre aux Iles Kourile, en passant par Abu Musa, dans le Golfe Persique (qui a déjà donné lieu à des affrontements armés), le terme « territoire occupé » n’est pas utilisé dans les discussions internationales. De ce fait, le cas de la Cisjordanie et de Gaza apparaît comme une exception unique dans l’histoire contemporaine. En effet, depuis la seconde guerre mondiale, les conflits territoriaux n’ont pas manqué, dans lesquels un territoire était antérieurement sous la souveraineté d’un autre état. Pourtant, cela n’a jamais donné lieu à l’utilisation du terme « territoire occupé » pour décrire le territoire qui était passé sous le contrôle militaire d’un autre Etat, à la suite d’un conflit armé. Israël est entré à Gaza et en Cisjordanie pendant la Guerre des Six jours, en 1967. Les experts juridiques israéliens refusèrent les pressions qui voulaient les amener à définir la bande de Gaza et la Cisjordanie comme des « territoires occupés », ou relevant des traités internationaux statuant sur les occupations militaires. (…) De fait, avant 1967, la Jordanie occupait la Cisjordanie et l’Egypte occupait la bande de Gaza. Leur présence sur ces territoires était le résultat de leur invasion illégale, en 1948, pour contrer la Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie, en 1950, ne fut reconnue que par la Grande Bretagne (à l’exclusion de Jérusalem) et par le Pakistan, et elle fut refusée par l’immense majorité du reste de la communauté internationale, Etats arabes inclus. (…) Le vocabulaire de « l’occupation » a permis aux porte-parole palestiniens d’obscurcir ces faits historiques. En parlant de façon répétitive d’une « occupation », ils ont réussi à renverser la causalité du conflit, et tout spécialement devant les opinions publiques occidentales. Ainsi, l’actuel conflit territorial est présenté mensongèrement comme étant le résultat d’une décision israélienne « d’occuper » un territoire, plutôt que comme le résultat d’une guerre imposée à Israël par une coalition d’Etats arabes, en 1967. Aux termes de la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 22 novembre 1967 (qui a servi de base à la Conférence de Madrid, en 1991, et à la Déclaration de Principes de 1993), il est seulement demandé à Israël de se retirer «DE territoires» jusqu’à des «frontières sûres et reconnues», et non «DES territoires», ou «DE TOUS les territoires» conquis lors de la guerre des Six jours. Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques méticuleuses.  Ainsi, le Conseil de Sécurité des Nations Unies reconnaît à Israël un droit légitime sur une partie de ces territoires, pour rendre ses frontières plus faciles à défendre. (…) Lorsqu’on la conjugue avec la Résolution 338, il est parfaitement clair que seules des négociations pourront déterminer quelles parties de ces territoires deviendront partie intégrante d’Israël et lesquelles seront gardées par l’homologue arabe d’Israël. En réalité, la dernière attribution de territoire, internationalement reconnue, incluant ce qui est aujourd’hui la Cisjordanie et la bande de Gaza, a eu lieu lors du Mandat pour la Palestine de la Société des Nations, en 1922, qui reconnaissait les droits du peuple juif sur l’ensemble des territoires concernés par le Mandat, en ces termes : « le lien historique entre le peuple juif et la Palestine et le bien-fondé de la reconstitution de leur foyer national dans ce pays ont été reconnus». De surcroît, les droits d’Israël ont également été préservés par les Nations-Unies, en vertu de l’article 80 de la charte des Nations Unies, malgré la dissolution de la Société des Nations en 1946. L’article 80 stipule que rien, dans la charte des Nations-Unies, ne peut être interprété de manière qui porte atteinte au droit de quelque peuple ou de quelque pays que ce soit, ou qui modifie les termes des traités internationaux en vigueur ». Ces droits n’ont pas été modifiés par la Résolution 181 de l’Assemblée Générale de l’ONU de novembre 1947 (« le plan de partage » [de la Palestine]) qui était une recommandation non contraignante, et qui a été, de toute façon, rejetée par les Palestiniens et les Etats arabes. D’après ces sources incontestées du droit international, Israël possède des droits légalement reconnus sur la Cisjordanie et Gaza, droits qui semblent être ignorés par ceux des observateurs internationaux qui répètent la formule « territoires occupés », sans avoir la moindre conscience des droits d’Israël à des revendications territoriales. Même si Israël cherche seulement des « frontières sûres » qui englobent une partie de la bande de Gaza ou de la Cisjordanie, il y a un monde de différence entre la situation dans laquelle Israël se présente à la communauté internationale en tant « qu’occupant étranger » sans droits territoriaux, et celle dans laquelle Israël a, sur cette terre, des droits historiques solides qui lui ont été reconnus par les principaux organes qui servent de source à la légitimité internationale depuis un siècle. Dans les années 1980, Herbert Hansell, conseiller juridique du Département d’Etat sous la présidence de Carter, chercha à déplacer la discussion sur l’occupation du territoire lui-même aux Palestiniens qui y vivaient. Il estima que la 4e Convention de Genève de 1949 concernant les occupations militaires s’appliquait à la Bande de Gaza et à la Cisjordanie puisque son objectif suprême était de « protéger la population civile d’un territoire occupé. » [Note: Sous l’administration Carter, cette distinction faite par Hansell entraîna, pour la première fois, une prise de position américaine déclarant illégales les implantations israéliennes, puisqu’elles étaient présentées comme contrevenant à l’Article 49 de la 4e Convention de Genève, qui stipule que « la puissance occupante ne doit pas expulser ni transférer une partie de sa population civile dans les territoires qu’elle occupe ». Ultérieurement, les administrations Reagan et Bush modifièrent la formulation de la période Carter, modifièrent le mode de vote américain à l’ONU, et refusèrent de qualifier d’illégales les implantations israéliennes, tout en continuant à formuler des objections contre cette pratique. Une des raisons de ce revirement était le fait que la 4e Convention s’appliquait à des situations du type de celle de l’Europe occupée par les Nazis, ce qui impliquait « des transferts forcés, la déportation ou le déplacement de masses de gens ». Cette opinion a été officiellement formulée le 1er février 1990 par l’ambassadeur américain aux Nations-Unies à Genève, Morris Abram, qui faisait partie du personnel américain aux procès de Nuremberg et pour qui, de ce fait, les motivations de la 4e Convention de Genève n’avaient pas de secret.] L’analyse juridique de Hansell fut abandonnée pas les administrations Reagan et Bush ; cependant, il avait, d’une certaine manière, changé l’angle sous lequel on considérait les choses, le projecteur passant du territoire à sa population. Même ainsi, les définitions officielles de ce qui est constitutif d’une population occupée ne conviennent pas, et d’autant moins depuis la mise en œuvre des Accords d’Oslo de 1993. A ce moment, Israël transféra les pouvoirs spécifiques de son gouvernement militaire en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza à l’Autorité Palestinienne nouvellement créée. Dès 1994, le Conseiller juridique de la Croix-Rouge, le Dr Hans-Peter Gasser, concluait que son organisation n’avait plus aucune raison de surveiller le respect, par Israël, de la 4e Convention de Genève dans la Bande de Gaza et dans la région de Jéricho, puisque la Convention ne s’appliquait plus, l’administration de ces zones étant passée sous contrôle palestinien. (…) Ces derniers mois, Israël a été obligé de continuer à exercer les pouvoirs qui lui restent uniquement en réponse à l’escalade de la violence et des attaques armées lancées par l’Autorité Palestinienne. De ce fait, tout redéploiement militaire défensif israélien est une conséquence directe de la décision palestinienne de se lancer dans une confrontation militaire croissante avec Israël et non la manifestation d’une continuation de l’occupation israélienne, comme le soutiennent les Palestiniens. Car une fois que l’Autorité Palestinienne aura pris la décision stratégique de mettre une fin à la vague de violence actuelle, il n’y a aucune raison pour que la présence militaire israélienne dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie ne retrouve pas son niveau d’avant Septembre 2000, un niveau qui avait une influence minimale sur la vie des Palestiniens. Décrire ces territoires comme « palestiniens » est certes positif pour les objectifs d’une des deux parties, mais cela préjuge des résultats des futures négociations territoriales telles que prévues par la Résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est aussi une façon de nier les droits fondamentaux d’Israël. De surcroît, la référence à une « résistance à l’occupation » est devenue un vulgaire stratagème utilisé par les porte-parole arabes et palestiniens pour justifier une campagne terroriste persistante contre Israël dans un contexte mondial où le consensus contre le terrorisme gagne en force depuis le 11 septembre 2001. Il serait beaucoup plus judicieux de décrire la Cisjordanie et la Bande de Gaza comme des « territoires contestés » sur lesquels les Israéliens et les Palestiniens ont des revendications. Dore Gold

    Attention: une supercherie peut en cacher une autre !

    Cachemire, Tibet, Taiwan, Kouriles, Paracels, Spratleys, Crimée, Géorgie, Ukraine, Ceuta, Mellila, Sahara occidental, Chypre, Guantanamo, Haut-Karabagh, Papouasie, Malouines, Gibraltar …

    Au lendemain d’une résolution onusienne saluée, sous couvert du vieux principe du « cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler » et entre annexion et militarisation de territoires ou d’ilots entiers, comme « équilibrée » …

    Et d’un discours du secrétaire d’Etat John Kerry présenté par le quotidien israélien Haaretz comme « superbement sioniste, pro-Israël et en retard de trois ans » …

    Mais dénoncé pour sa rare agressivité et partialité par un gouvernement britannique ayant pourtant approuvé la dite résolution …

    Alors qu’un gouvernement français lui aussi sur le départ se prépare à en rajouter une couche …

    Pendant qu’amalgamant des résolutions n’ayant jamais à une exception près (7 pour Johnson, 15 pour Nixon, 2 pour Ford, 14 pour Carter, 14 pour Reagan, 9 pour Bush père, 3 pour Clinton, 6 pour Bush fils contre 1 pour Obama) touché à des intérêts vitaux israéliens, nos maitres ès désinformation mettent en avant les précédentes condamnations d’Israël n’ayant pas subi le veto américain …

    Comment comprendre …

    La forte réaction des seuls Israéliens et d’une infime minorité de leurs soutiens extérieurs …

    Sans rappeler l’incroyable mensonge de la même Administration américaine qui s’était vantée un an plus tôt d’avoir retardé l’obtention de l’arme nucléaire à un pays appelant au rayage de la carte d’un de ses voisins …

    Prétendant qu’il n’y avait rien de nouveau dans cette résolution sur laquelle, assurant ainsi son passage, leur pays s’était abstenu …

    Alors que pour la première fois depuis 36 ans profitant, comme un certain Carter, de leurs dernières semaines au pouvoir  …

    Et revenant sur son explicite récusation quatre ans plus tard par l’Administration Clinton et sa secrétaire d’Etat Madeleine Albright …

    Comme sa retraduction spécifique dans la résolution onusienne en question par l’absence de référence à Jérusalem …

    Les Etats-Unis entérinent ce que l’ONU et le reste du monde ont fait depuis bien longtemps (« territoires occupés »: résolution 242, 1967;  « territoires palestiniens occupés »: années 1970; « territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est »: résolution 58/292, 2004)  …

    A savoir la supercherie arabe et palestinienne de l’occupation …

    Passant de la dénomination neutre, qui est la norme pour les plus de 125 conflits territoriaux de la planète, de « territoires disputés »

    A celle, pour le seul conflit israélo-arabe et sans compter la traduction déjà biaisée du français introduisant un article défini indu, de « territoires palestiniens occupés, incluant Jérusalem-Est »

    Entrainant dans la foulée, sans parler des campagnes de désinvestissement et boycott auxquelles elle appelle ouvertement comme de la probable radicalisation des exigences palestiniennes, la délégitimation commencée avec les récentes résolutions de l’UNESCO …

    Non seulement d’implantations qui seraient de toute façon, pour raisons de sécurité ou démographiques, conservées …

    Mais, du Mur occidental du Temple de Jérusalem au Tombeau des patriarches d’Hébron, des lieux les plus sacrés de l’Etat hébreu lui-même ?

    Des ‘Territoires occupés’ aux ‘Territoires disputés’

    Dore Gold
    26/05/2002

    Jerusalem Letter / Viewpoints
    No. 470 16 janvier 2002

    [Traduction française par Liliane Messika pour reinfo-israel.com]

    Original anglais : www.jcpa.org/jl/vp470.htm

    (Dore Gold est le Président du Jerusalem Center for Public Affairs. Auparavant, il avait été l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations-Unies, de 1997 à 1999.)

    [Nous recommandons chaudement la lecture de cet article – admirablement traduit par Liliane Messika, qui en a respecté toutes les nuances. En effet, il constitue la meilleure mise au point vulgarisée et relativement succincte que je connaisse concernant la situation juridique d’Israël au regard du droit international – qui n’est pas celle que traduit le discours ambiant des politiques et des médias. A ce titre, ce texte constitue la référence obligée pour démontrer l’inanité des accusations récurrentes qui stigmatisent Israël comme « occupant ». Il faut le lire, s’en imprégner et le diffuser largement. Menahem.]

    La supercherie de l’occupation

    Les porte-parole de l’OLP justifient régulièrement la violence de l’Intifada que Yasser Arafat a lancée contre Israël en septembre 2000 comme une « résistance à l’occupation ». L’argument palestinien est infondé car, jusqu’en septembre 2000, à travers la mise en œuvre des Accords d’Oslo, Israël ne gouvernait plus militairement les Palestiniens et avait transféré 40 des zones sous son contrôle à la nouvelle Autorité Palestinienne.

    En conséquence de quoi, d’après l’ancien Premier Ministre, Ehud Barak, 98% de la population palestinienne était sous l’autorité du gouvernement présidé par Yasser Arafat et non sous occupation militaire israélienne. Il est vrai que les Palestiniens n’avaient pas d’Etat, mais ils n’étaient pas non plus sous occupation militaire. En tout état de cause, rien ne peut justifier l’utilisation délibérée du terrorisme contre des civils israéliens, ni lui fournir un « contexte ».

    L’occupation, comme accusation

    Au cœur du combat diplomatique que les Palestiniens mènent contre Israël figure l’affirmation réitérée que les Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza résistent à « l’occupation ». Interviewé récemment sur CNN, dans l’émission « Larry King Weekend », Hanan Ashrawi émettait l’espoir que la guerre américaine contre le terrorisme mènerait à des initiatives qui s’occuperaient de ses « causes », de ses racines. Elle poursuivait en citant spécifiquement « l’occupation, qui dure depuis trop longtemps », comme exemple d’une des causes du terrorisme (1). En d’autres termes, selon Ashrawi, la violence de l’Intifada est une conséquence directe de l’occupation.

    Mustafa Barghouti, Président du Comité palestinien de Soutien Médical, également invité par CNN, affirme la même chose : « l’origine du problème, c’est l’occupation israélienne. » (2)

    Le 16 janvier 2002, c’est Marwan Barghouti, chef de la faction armée de l’OLP d’Arafat, le Fatah, pour la Cisjordanie, qui reprend le même thème dans le Washington Post sous le titre : « Vous voulez la sécurité ? Arrêtez l’occupation ! »

    Cette argumentation se retrouve absolument partout et en toute occasion chez les porte-parole palestiniens, qui doivent faire face à un consensus grandissant dans l’opinion internationale contre l’utilisation du terrorisme comme instrument politique.

    Ce vocabulaire et cette logique ont également envahi la sphère diplomatique à l’ONU. En août 2001, un projet de résolution palestinienne au Conseil de Sécurité des Nations Unies reprenait la formulation palestinienne consacrée pour parler de la bande de Gaza et de la Cisjordanie comme de « territoires palestiniens occupés ». Des références à « l’occupation étrangère d’Israël » se retrouvent également dans le projet de résolution de Durban à la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme.

    L’ambassadeur de Libye aux Nations Unies, s’exprimant au nom de la faction du Groupe Arabe, reprenait, le 1er octobre 2001, ce que les porte-parole palestiniens répétaient depuis longtemps sur les chaînes de télévision câblées : « Le Groupe Arabe souligne sa détermination de s’opposer à toute tentative d’assimiler la résistance à l’occupation à un acte de terrorisme ». (3)

    Cette répétition systématique des termes «occupation», ou «territoires palestiniens occupés» semble avoir trois fonctions clairement identifiables.

    En premier lieu, les porte-parole palestiniens espèrent instaurer un contexte politique qui explique et même justifie le choix des Palestiniens d’adopter la violence et le terrorisme pendant l’Intifada en cours.

    Ensuite, l’exigence des Palestiniens qu’Israël «cesse l’occupation» ne laisse aucune place à un éventuel compromis territorial sur la bande de Gaza ou en Cisjordanie, comme le stipulait la formulation originale de la Résolution 242 du Conseil de Sécurité (voir plus bas).

    Enfin, l’utilisation de l’expression « territoires palestiniens occupés » dénie à Israël la possibilité de revendiquer cette terre : si l’on utilisait l’expression « territoires disputés », Israël et les Palestiniens se retrouveraient sur un pied d’égalité. De plus, présenter Israël comme un « occupant étranger » a l’avantage supplémentaire de permettre aux partisans de la cause palestinienne de délégitimer le lien historique entre les Juifs et Israël. C’est devenu un point central des efforts diplomatiques palestiniens depuis l’échec du sommet de Camp David en 2000, et particulièrement depuis la conférence des Nations-Unies à Durban, en 2001. Incontestablement, à Durban, la campagne de délégitimation d’Israël a exploité le mot « occupation » pour évoquer l’occupation nazie de la France pendant la seconde guerre mondiale et l’associer à ce que fait Israël en Cisjordanie et à Gaza. (4)

    La terminologie en usage dans d’autres conflits territoriaux

    Les termes politiquement connotés de « territoires occupés » ou de « occupation » semblent ne s’appliquer qu’à Israël, et ils ne sont jamais utilisés lorsque d’autres conflits territoriaux sont évoqués, et particulièrement par des tiers. Ainsi, le département d’Etat américain parle-t-il, à propos du Cachemire, de « territoires disputés » (5). De la même façon, dans son rapport sur les Droits de l’Homme dans les différents pays, le Département d’Etat se réfère à la partie d’Azerbaïdjan revendiquée par des séparatistes arméniens comme à « la région disputée de Nagorno-Karabakh ». (6)

    Bien qu’en 1975, la Cour de Justice Internationale ait établi que le Sahara occidental n’était pas sous souveraineté marocaine, les incursions militaires marocaines dans cette ancienne colonie espagnole ne sont pratiquement jamais décrites comme un acte « d’occupation ». Dans une décision plus récente de cette même Cour Internationale de Justice, en mars 2001, l’île de Zubarah, dans le Golfe Persique, revendiquée à la fois par l’émirat de Bahrein et par le Qatar, était décrite par la Cour comme un « territoire disputé » jusqu’à ce qu’elle l’attribue finalement au Qatar. (7)

    Bien sûr, chaque situation est unique, mais dans un grand nombre de cas différents mettant en scène des conflits territoriaux, du Nord de Chypre aux Iles Kourile, en passant par Abu Musa, dans le Golfe Persique (qui a déjà donné lieu à des affrontements armés), le terme « territoire occupé » n’est pas utilisé dans les discussions internationales. (8)

    De ce fait, le cas de la Cisjordanie et de Gaza apparaît comme une exception unique dans l’histoire contemporaine. En effet, depuis la seconde guerre mondiale, les conflits territoriaux n’ont pas manqué, dans lesquels un territoire était antérieurement sous la souveraineté d’un autre état. Pourtant, cela n’a jamais donné lieu à l’utilisation du terme « territoire occupé » pour décrire le territoire qui était passé sous le contrôle militaire d’un autre Etat, à la suite d’un conflit armé.

    Aucune souveraineté antérieure officiellement reconnue dans les territoires

    Israël est entré à Gaza et en Cisjordanie pendant la Guerre des Six jours, en 1967. Les experts juridiques israéliens refusèrent les pressions qui voulaient les amener à définir la bande de Gaza et la Cisjordanie comme des « territoires occupés », ou relevant des traités internationaux statuant sur les occupations militaires. L’ancien Président de la Cour Suprême, Meïr Shamgar, écrivit, dans les années 1970, que la 4e Convention de Genève, celle de 1949, n’était juridiquement pas applicable dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, car cette convention « stipule expressément que, pour cela, un Etat souverain devait avoir été expulsé et qu’il devait avoir été un Etat souverain légitime ».

    De fait, avant 1967, la Jordanie occupait la Cisjordanie et l’Egypte occupait la bande de Gaza. Leur présence sur ces territoires était le résultat de leur invasion illégale, en 1948, pour contrer la Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie, en 1950, ne fut reconnue que par la Grande Bretagne (à l’exclusion de Jérusalem) et par le Pakistan, et elle fut refusée par l’immense majorité du reste de la communauté internationale, Etats arabes inclus.

    Sur l’insistance de la Jordanie, la ligne d’armistice de 1949, qui constituait la frontière entre Israël et la Jordanie jusqu’en 1967, n’était pas une frontière reconnue internationalement mais seulement une ligne séparant deux armées. L’accord d’armistice précisait textuellement : « Aucune disposition de ce traité ne pourra jamais préjuger des droits, revendications et positions d’aucune des parties, en ce qui concerne le règlement pacifique des problèmes de la Palestine, les disposition du présent accord étant dictées exclusivement par des considérations militaires » (c’est l’auteur qui souligne) (Article II.2)

    Comme nous le faisions remarquer plus haut, dans de nombreux cas de l’histoire récente dans lesquels des frontières internationalement reconnues ont été transgressées au cours de conflits armés, et des territoires souverains conquis, le terme « occupation » n’a jamais été utilisé, même quand il s’agit d’agressions caractérisées. Pourtant, dans le cas de la Cisjordanie et de Gaza, où aucune souveraineté reconnue internationalement ne s’exerçait auparavant, la stigmatisation de l’Etat d’Israël comme « occupant » est devenue monnaie courante.

    Agression au lieu d’autodéfense

    Les juristes internationaux établissent habituellement une distinction entre des situations qualifiées de « conquêtes agressives » et celles qui se produisent après une guerre d’autodéfense. Stephen Schwebel, qui, après avoir été conseiller juridique au Département d’Etat, a présidé la Cour Internationale de Justice de La Haye, écrivait, en 1970, à propos du cas d’Israël : « Dans la mesure où le détenteur précédent du territoire avait pris possession de ce territoire de manière illégale, le nouveau détenteur, qui le prend ensuite, en exerçant son droit légal à l’autodéfense, a, par rapport au détenteur précédent, une plus grande légitimité. » (9)

    C’est là que la chronologie historique des événements du 5 juin 1967 revêt toute son importance, car Israël n’a pénétré en Cisjordanie qu’après des tirs répétés d’artillerie et des mouvements de troupes jordaniens franchissant la ligne d’armistice séparant les deux pays. Les attaques jordaniennes ont commencé à 10 heures du matin. Un avertissement israélien a été adressés à la Jordanie, via les Nations Unies, à 11 heures. Malgré cela, les attaques jordaniennes ont continué, jusqu’à ce que les Israéliens réagissent militairement à 12 h 45. A cela il faut ajouter que les forces irakiennes avaient traversé le territoire jordanien et étaient en position pour entrer en Cisjordanie. Dans de telles circonstances, la ligne d’armistice provisoire de 1949 avait perdu toute validité au moment même où les forces jordaniennes violaient l’armistice et passaient à l’attaque. Ainsi, la prise de contrôle de la Cisjordanie par Israël est-elle la conséquence directe d’une guerre défensive.

    Le vocabulaire de « l’occupation » a permis aux porte-parole palestiniens d’obscurcir ces faits historiques. En parlant de façon répétitive d’une « occupation », ils ont réussi à renverser la causalité du conflit, et tout spécialement devant les opinions publiques occidentales. Ainsi, l’actuel conflit territorial est présenté mensongèrement comme étant le résultat d’une décision israélienne « d’occuper » un territoire, plutôt que comme le résultat d’une guerre imposée à Israël par une coalition d’Etats arabes, en 1967.

    Les droits d’Israël dans les Territoires

    Aux termes de la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 22 novembre 1967 (qui a servi de base à la Conférence de Madrid, en 1991, et à la Déclaration de Principes de 1993), il est seulement demandé à Israël de se retirer «DE territoires» jusqu’à des «frontières sûres et reconnues», et non «DES territoires», ou «DE TOUS les territoires» conquis lors de la guerre des Six jours. Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques méticuleuses. Par exemple, l’Union Soviétique voulait ajouter le mot «tous» devant «territoires», dans le projet britannique qui est devenu la Résolution 242. L’ambassadeur britannique de l’époque auprès de l’ONU, Lord Caradon, résista à ces efforts (10). Les soviétiques ayant échoué dans leur tentative d’utiliser un vocabulaire qui implique un retrait total, il n’y a aucune ambiguïté sur le sens de la clause concernant le retrait dans la Résolution 242, qui a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

    Ainsi, le Conseil de Sécurité des Nations Unies reconnaît à Israël un droit légitime sur une partie de ces territoires, pour rendre ses frontières plus faciles à défendre. George Brown, qui était ministre des Affaires Etrangères britannique en 1967, déclara, trois ans plus tard, que le sens de la Résolution 242 était que « Israël ne se retirerait pas de tous les territoires » (11). Lorsqu’on la conjugue avec la Résolution 338, il est parfaitement clair que seules des négociations pourront déterminer quelles parties de ces territoires deviendront partie intégrante d’Israël et lesquelles seront gardées par l’homologue arabe d’Israël.

    En réalité, la dernière attribution de territoire, internationalement reconnue, incluant ce qui est aujourd’hui la Cisjordanie et la bande de Gaza, a eu lieu lors du Mandat pour la Palestine de la Société des Nations, en 1922, qui reconnaissait les droits du peuple juif sur l’ensemble des territoires concernés par le Mandat, en ces termes : « le lien historique entre le peuple juif et la Palestine et le bien-fondé de la reconstitution de leur foyer national dans ce pays ont été reconnus». Les membres de la Société des Nations n’ont pas créé les droits du peuple juif, mais ont plutôt ratifié un droit préexistant, qui s’était exprimé par l’aspiration bimillénaire du peuple juif à recréer sa patrie.

    De surcroît, les droits d’Israël ont également été préservés par les Nations-Unies, en vertu de l’article 80 de la charte des Nations Unies, malgré la dissolution de la Société des Nations en 1946. L’article 80 stipule que rien, dans la charte des Nations-Unies, ne peut être interprété de manière qui porte atteinte au droit de quelque peuple ou de quelque pays que ce soit, ou qui modifie les termes des traités internationaux en vigueur ». Ces droits n’ont pas été modifiés par la Résolution 181 de l’Assemblée Générale de l’ONU de novembre 1947 (« le plan de partage » [de la Palestine]) qui était une recommandation non contraignante, et qui a été, de toute façon, rejetée par les Palestiniens et les Etats arabes.

    D’après ces sources incontestées du droit international, Israël possède des droits légalement reconnus sur la Cisjordanie et Gaza, droits qui semblent être ignorés par ceux des observateurs internationaux qui répètent la formule « territoires occupés », sans avoir la moindre conscience des droits d’Israël à des revendications territoriales. Même si Israël cherche seulement des « frontières sûres » qui englobent une partie de la bande de Gaza ou de la Cisjordanie, il y a un monde de différence entre la situation dans laquelle Israël se présente à la communauté internationale en tant « qu’occupant étranger » sans droits territoriaux, et celle dans laquelle Israël a, sur cette terre, des droits historiques solides qui lui ont été reconnus par les principaux organes qui servent de source à la légitimité internationale depuis un siècle.

    Après Oslo, les territoires peuvent-ils encore être qualifiés « d’occupés » ?

    Dans les années 1980, Herbert Hansell, conseiller juridique du Département d’Etat sous la présidence de Carter, chercha à déplacer la discussion sur l’occupation du territoire lui-même aux Palestiniens qui y vivaient. Il estima que la 4e Convention de Genève de 1949 concernant les occupations militaires s’appliquait à la Bande de Gaza et à la Cisjordanie puisque son objectif suprême était de « protéger la population civile d’un territoire occupé. » [12]

    L’analyse juridique de Hansell fut abandonnée pas les administrations Reagan et Bush ; cependant, il avait, d’une certaine manière, changé l’angle sous lequel on considérait les choses, le projecteur passant du territoire à sa population. Même ainsi, les définitions officielles de ce qui est constitutif d’une population occupée ne conviennent pas, et d’autant moins depuis la mise en œuvre des Accords d’Oslo de 1993.

    A ce moment, Israël transféra les pouvoirs spécifiques de son gouvernement militaire en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza à l’Autorité Palestinienne nouvellement créée. Dès 1994, le Conseiller juridique de la Croix-Rouge, le Dr Hans-Peter Gasser, concluait que son organisation n’avait plus aucune raison de surveiller le respect, par Israël, de la 4e Convention de Genève dans la Bande de Gaza et dans la région de Jéricho, puisque la Convention ne s’appliquait plus, l’administration de ces zones étant passée sous contrôle palestinien. (13)

    Lors de la signature du deuxième accord intérimaire, Oslo II, en septembre 1995, qui étendait l’administration palestinienne à toutes les autres villes de Cisjordanie, le Ministre des Affaires Etrangères, Shimon Peres, déclara : « une fois que cet accord sera mis en œuvre, les Palestiniens ne seront plus du tout sous notre domination. Ils se gouverneront eux-mêmes et nous retournerons à notre patrimoine » (14).

    Depuis lors, 98% de la population de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza sont sous juridiction palestinienne (15). Israël a transféré 40 domaines de l’autorité civile avec la responsabilité de la sécurité et de l’ordre public à l’Autorité Palestinienne, ne gardant sous son autorité que la sécurité extérieure et la sécurité des citoyens israéliens.

    La 4e Convention de Genève, de 1949 (article 6), stipule que la Puissance Occupante n’est soumise à ses dispositions que « tant que cette Puissance exerce les fonctions d’un gouvernement dans ces territoires ». Sous les Ordonnances de La Haye, de 1907, qui avaient précédé la Convention de Genève, un territoire n’était considéré comme occupé que lorsqu’il était véritablement sous le contrôle effectif de l’occupant. De ce fait, d’après les principaux textes internationaux consacrés à l’occupation militaire, le transfert de ses pouvoirs par Israël à l’Autorité Palestinienne a fait qu’il est difficile de continuer à définir la Cisjordanie et Gaza comme des territoires occupés.

    Ces derniers mois, Israël a été obligé de continuer à exercer les pouvoirs qui lui restent uniquement en réponse à l’escalade de la violence et des attaques armées lancées par l’Autorité Palestinienne (16). De ce fait, tout redéploiement militaire défensif israélien est une conséquence directe de la décision palestinienne de se lancer dans une confrontation militaire croissante avec Israël et non la manifestation d’une continuation de l’occupation israélienne, comme le soutiennent les Palestiniens. Car une fois que l’Autorité Palestinienne aura pris la décision stratégique de mettre une fin à la vague de violence actuelle, il n’y a aucune raison pour que la présence militaire israélienne dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie ne retrouve pas son niveau d’avant Septembre 2000, un niveau qui avait une influence minimale sur la vie des Palestiniens.

    Décrire ces territoires comme « palestiniens » est certes positif pour les objectifs d’une des deux parties, mais cela préjuge des résultats des futures négociations territoriales telles que prévues par la Résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est aussi une façon de nier les droits fondamentaux d’Israël. De surcroît, la référence à une « résistance à l’occupation » est devenue un vulgaire stratagème utilisé par les porte-parole arabes et palestiniens pour justifier une campagne terroriste persistante contre Israël dans un contexte mondial où le consensus contre le terrorisme gagne en force depuis le 11 septembre 2001.

    Il serait beaucoup plus judicieux de décrire la Cisjordanie et la Bande de Gaza comme des « territoires contestés » sur lesquels les Israéliens et les Palestiniens ont des revendications. Comme le déclarait Madeleine Albright, ambassadeur américain auprès des Nations Unies en 1994, « nous ne sommes tout simplement pas d’accord avec le fait de décrire les territoires occupés par Israël lors de la Guerre des Six Jours comme des territoires palestiniens occupés ».

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    Notes :

    (1) CNN Larry King Weekend, « La guérison de l’Amérique : Peut-on gagner la guerre contre le terrorisme ? », émission diffusée le 10/11/2001 (CNN.com/transcripts).
    (2) Mustafa Barghouti, « Le problème, c’est l’occupation », Al-Ahram, supplément du week-end, 6 décembre 2001.
    (3) Anne F. Bayefsky, « Terrorisme et racisme: l’après Durban », Jerusalem Viewpoints, n° 468, 16 décembre 2001.
    (4) Voir Bayefsky, op. cit. Les officiels américains et européens utilisent peut-être le terme « occupation » par souci humanitaire en référence aux besoins des Palestiniens, sans nécessairement se conformer au programme politique que l’OLP a appliqué à Durban, ou applique à l’ONU.
    (5) U.S. Department of State, Consular Information Sheet: India (travel.state.gov/india.html), 23 Novembre 2001.
    (6) 1999 Country Reports on Human Rights Practices: Azerbaijan, publié par le Comité pour la Démocratie, les Droits de l’Homme et du travail, Département d’Etat américain, 25 février 2000.
    (7) Cas concernant les questions de délimitations territoriales et maritimes entre le Qatar et Bahrain, 15 Mars 2001, Jugement sur les attendus, Cour Internationale de Justice, 16 Mars 2000, paragraphe 100.
    (8) Le ministre japonais des Affaires Etrangères n’utilise pas la formule « fin de l’occupation russe aux Iles Kourile ». Au lieu de cela, il parle de « résoudre le problème des Territoires du Nord »
    (www.mofa.go.jp/region/europe/russia/territory http://www.mofa.go.jp/region/europe/russia/territory). Le Département d’Etat américain, dans ses « Notes de conjoncture », décrit la République turque du Nord de Chypre comme « la zone Nord (qui est) une administration chypriote-turque appuyée par la présence de troupes turques ». Il ne parle pas « d’occupation turque ».
    (9) Stephen Schwebel, « Le poids de la conquête », American Journal of International Law, 64 (1970), pp. 345-347.
    (10) Vernon Turner, « Les dessous de la résolution 242 – Les points de vue des acteurs de la région », dans UN Security Council Resolution 242 : la construction du processus de paix (Washington: Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, 1993), p. 27.
    (11) Meir Rosenne, « Les interprétations légales de la résolution UNSC242, » in UN Security Council Resolution 242: la construction du processus de paix (Washington: Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, 1993), p. 31.
    (12) Sous l’administration Carter, cette distinction faite par Hansell entraîna, pour la première fois, une prise de position américaine déclarant illégales les implantations israéliennes, puisqu’elles étaient présentées comme contrevenant à l’Article 49 de la 4e Convention de Genève, qui stipule que « la puissance occupante ne doit pas expulser ni transférer une partie de sa population civile dans les territoires qu’elle occupe ». Ultérieurement, les administrations Reagan et Bush modifièrent la formulation de la période Carter, modifièrent le mode de vote américain à l’ONU, et refusèrent de qualifier d’illégales les implantations israéliennes, tout en continuant à formuler des objections contre cette pratique. Une des raisons de ce revirement était le fait que la 4e Convention s’appliquait à des situations du type de celle de l’Europe occupée par les Nazis, ce qui impliquait « des transferts forcés, la déportation ou le déplacement de masses de gens ». Cette opinion a été officiellement formulée le 1er février 1990 par l’ambassadeur américain aux Nations-Unies à Genève, Morris Abram, qui faisait partie du personnel américain aux procès de Nuremberg et pour qui, de ce fait, les motivations de la 4e Convention de Genève n’avaient pas de secret.
    (13) Dr. Hans-Peter Gasser, Conseiller juridique, Comité International de la Croix-Rouge, « sur l’applicabilité de la 4e Convention de Genève, après la Déclaration de principes et l’Accord du Caire », contribution présentée au Colloque International sur les Droits de l ‘homme, Gaza, 10-12 septembre 1994. Gasser n’a pas déclaré que, selon son opinion, les territoires n’étaient plus « occupés », il a seulement souligné les complications entraînées par la mise en oeuvre des Accords d’Oslo.
    (14) Discours du Ministre des Affaires Etrangères Shimon Peres, lors de la cérémonie de signature de l’accord intérimaire israélo-palestinien, Washington, D.C., 28 septembre 1995.
    (15) Ehud Barak, « Israel a besoin d’un véritable partenaire pour faire la paix », New York Times, 30 juillet 2001.
    (16) La violence de l’actuelle Intifada résulte d’une décision stratégique prise par Yasser Arafat, comme en témoigne de nombreux porte-parole palestiniens :
    – « Quiconque pense que l’Intifada a démarré à cause de la visite du méprisable Sharon à la mosquée Al-Aqsa a tort… Cette Intifada était planifiée depuis longtemps, très précisément depuis le retour du Président Arafat des négociations de Camp David », a admis le Ministre palestinien de l’information Imad Al-Faluji (Al-Safir, 3 mars 2001, traduction MEMRI). Auparavant, Al-Faluji avait expliqué que le lancement de l’Intifada était le résultat d’une décision stratégique prise par les Palestiniens (Al-Ayyam, décembre 6, 2000).
    – Arafat a commencé à appeler à une nouvelle Intifada dans les premiers mois de l’année 2000. Parlant devant la jeunesse du Fatah, à Ramallah, Arafat « a laissé entendre que les Palestiniens étaient susceptibles de recourir à l’option de l’Intifada » (Al-Mujahid, 3 avril 2000).
    – Marwan Barghouti, chef du Fatah de Cisjordanie, expliquait, début mars 2000: « Nous devons mener la bataille sur le terrain parallèlement à la bataille de la négociation… je veux dire la confrontation  » (Ahbar Al-Halil , 8 mars 2000). Durant l’été 2000, le Fatah a entraîné la jeunesse palestinienne en vue de la violence prochaine, dans 40 camps de formation.
    – L’édition de juillet 2000 du mensuel Al-Shuhada, diffusé dans les Services de Sécurité palestiniens, déclare: « De la délégation aux négociations, dirigée par le commandant et symbole, Abu Amar (Yasser Arafat), au courageux peuple palestinien : soyez prêts. La bataille pour Jérusalem a commencé ». Un mois plus tard, le commandant de la Police palestinienne déclarait au journal palestinien officiel Al-Hayat Al-Jadida : « La police palestinienne sera en tête avec les nobles fils du peuple palestinien, quand l’heure de la confrontation arrivera ». Freih Abu Middein, ministre de la Justice de l’Autorité Palestinienne, avertissait, le même mois: « La violence est proche et les Palestiniens sont disposés à sacrifier 5.000 victimes [s’il le faut] » (Al-Hayat al-Jadida, 24 août 2000 – MEMRI).
    – Une autre publication officielle de l’Autorité Palestinienne, Al-Sabah, en date du 11 septembre 2000, déclarait, plus de deux semaines avant la visite de Sharon [au Mont du Temple] : « Nous avancerons et décrèterons une Intifada générale pour Jérusalem. Le temps de l’Intifada est venu, le temps de l’Intifada est venu, le temps du Jihad est venu ».
    – Le conseiller d’Arafat, Mamduh Nufal, déclarait au Nouvel Observateur français (1er mars 2001): « Quelques jours avant la visite de Sharon à la Mosquée, quand Arafat nous a demandé d’être prêts à lancer une nouvelle confrontation, j’ai encouragé des démonstrations de masse, et je me suis opposé à l’utilisation d’armes à feu ». Bien entendu, Arafat a finalement opté pour l’utilisation d’armes à feu et les attaques à l’explosif contre les civils israéliens et le personnel de l’armée. Le 30 septembre 2001, Nufal précisait, dans al-Ayyam, qu’Arafat avait en fait donné des ordres aux commandants locaux, le 28 septembre 2000, en vue de confrontations violentes avec Israël.

    Voir aussi:

    Colonie ou implantation? Outre la guerre des images, la bataille sémantique fait rage au Proche-Orient. La terminologie diffère selon les parties. Elle peut devenir un véritable casse-tête.

    Il y a quelques temps, une journaliste fraîchement débarquée en Israël m’a demandé si j’employais le mot «colonie» ou «implantation». J’ai répondu que j’utilisais généralement le terme «implantation». «Pourquoi?», s’est interrogé ma collègue. Sa question m’a alors amenée à réfléchir sur la terminologie du conflit israélo-palestinien.

    Lorsqu’il s’agit du Proche-Orient, il faut parfois tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Doit-on avoir peur des mots? Doit-on redouter un déluge de critiques par l’emploi de tel ou tel vocabulaire? Rendre compte de l’actualité israélo-palestinienne relève d’une rigueur sémantique, afin d’éviter les imprécisions, les erreurs, les prises de position qui soulèvent alors la colère de tel ou tel camp.

    Celui qui tient à une certaine neutralité doit s’interroger sur le sens des mots choisis, mais aussi sur la terminologie entérinée par la presse française et la communauté internationale.

    Si Israël a gagné les conflits armés, la bataille des mots est pour l’Etat hébreu une lutte acharnée et perpétuelle. Le vocabulaire utilisé influence la perception du conflit, véhicule des idées (parfois erronées) et transmettent une représentation de la réalité. Par exemple, les termes de «Cisjordanie occupée» impliquent que la présence israélienne est illégale. A l’inverse, parler de «Judée Samarie» sous-entend le lien historique de cette terre avec le peuple juif.

    Alors, doit-on parler de colonie ou d’implantation? Dire terroriste ou activiste? Territoire occupé ou territoire disputé? Cisjordanie/Judée Samarie? Barrière de sécurité ou mur de l’Apartheid? Esplanade des Mosquées ou Mont du Temple? Indépendance d’Israël ou Nakba? Pour se faire une idée du sens de chaque terme, passons en revue l’essentiel des mots que se disputent les deux parties.

    Colonie/Implantation

    Les colonies ou implantations israéliennes sont des communautés de peuplement, établies sur les territoires conquis à la suite de la guerre des Six Jours, en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est. Près de 350.000 habitants juifs vivent dans plus de 130 implantations de Cisjordanie et 180.000 dans une douzaine de quartiers de Jérusalem Est.

    Ces communautés de peuplement sont appelées «Israel settlement» ou «Jewish settlement» par les médias anglophones, ce qui sous-entend une connotation neutre. Le mot «settlement» se traduit en français par «colonie» ou encore «implantation». Les ouvrages spécialisés, les textes de l’ONU et la presse française utilisent généralement le mot «colonie».

    Mais les Israéliens dénoncent l’emploi de ce terme qui selon eux a un sens péjoratif et fait référence dans la mémoire collective à la colonisation européenne (notamment à la présence française en Algérie), dont l’image était très négative. Les Israéliens utilisent les mots «implantation» ou encore «avant-poste». Ils défendent une présence juive dans la région qui n’a pas cessé depuis plus de 3.000 ans.

    Si aux yeux de la communauté internationale les colonies sont illégales, l’État hébreu déclare, quant à lui, qu’aucun traité de paix n’a établi de statut juridique sur ces territoires, que la présence de communautés juives à Hébron est multiséculaire ou que leur création à Jérusalem ou en Samarie est attestée depuis le mandat britannique sur la Palestine.

    Le terme de «colons» pour désigner les habitants juifs des implantations est systématiquement fustigé par la droite israélienne.

    Terroriste/Activiste, militant, résistant

    Le 19 octobre dernier, lorsque le soldat franco-israélien Gilad Shalit a été libéré contre plus de 1.000 prisonniers palestiniens, les Palestiniens ont fêté la libération de «résistants». Du point de vue israélien, Gilad Shalit était échangé contre des «terroristes», auteurs d’attaques contre l’Etat hébreu.

    Un terroriste est aux yeux de l’ennemi un résistant. Prenons l’exemple des membres du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne. Pour la presse internationale, il s’agit de «militant» ou «activiste du Hamas». Les médias palestiniens les qualifient de «résistant» (ou «martyr») tandis que pour la presse israélienne, ils sont des «terroristes».

    Le gouvernement israélien condamne régulièrement la presse internationale qui emploie frileusement le mot «terroriste».

    «Nous avons encore parfois des débats sur ce terme, avoue Marius Schattner, de l’Agence France Presse. Qui peut-on qualifier de terroriste ou pas?»

    Territoire occupé/Territoire disputé

    L’expression «territoire occupé» renvoie aux territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours. Cette terminologie est largement utilisée par la communauté internationale et les médias français. Pour les Israéliens, la Cisjordanie est un «territoire disputé» ou «territoire contesté».

    Après la guerre des Six Jours, la résolution 242 est votée au Conseil de sécurité des Nations unies. De cette résolution, naît deux interprétations divergentes. Les discussions portent sur la formulation à donner au retrait israélien des territoires conquis. La version française fait état d’un retrait des «territoires occupés», ce qui sous entend de la totalité des territoires conquis en 1967.

    En anglais, le texte officiel parle d’une évacuation «from occupied territories» («de territoires occupés»), soit un retrait d’une partie des territoires seulement. Pour Israël, seule la traduction anglaise est la bonne. Alors que pour les Arabes, la formule française est la seule valable (1).

    Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques. George Brown, qui était ministre des Affaires Etrangères britannique en 1967, déclara, trois ans plus tard, que le sens de la résolution 242 était qu’«Israël ne se retirerait pas de tous les territoires».

    Comme le déclarait Madeleine Albright, ambassadeur américain auprès des Nations unies en 1994, «nous ne sommes tout simplement pas d’accord avec le fait de décrire les territoires occupés par Israël lors de la Guerre des Six Jours comme des territoires palestiniens occupés» (2). La résolution 58/292 du 14 mai 2004 de l’Assemblée générale des Nations unies utilise l’expression «territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est» [PDF]. L’emploi du singulier est d’importance car il reconnaît l’intégrité territoriale palestinienne, contrairement à l’appellation fréquemment utilisée de «territoires palestiniens».

    Lorsque la Transjordanie a annexé la Judée et la Samarie en 1948, aucun Etat, hormis la Grande-Bretagne et le Pakistan, n’a reconnu cette annexion. Les Israéliens rappellent qu’aucune souveraineté antérieure à 1967 n’a jamais été officiellement reconnue sur ces territoires.

    Les États arabes qui occupaient la région avait insisté en 1949 pour que la ligne d’armistice ne constitue «pas une frontière reconnue internationalement mais seulement une ligne séparant deux armées». C’est ce que tentent d’expliquer deux vidéos israéliennes postées sur Internet: l’une émane de l’organisation des localités juives de Judée Samarie, Yesha Council:

    L’autre provient du vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon:

    Doit-on avoir un Etat pour être «occupé»? Emmanuel Navon, professeur de sciences politiques à l’Université de Tel Aviv, explique:

    «Au sens juridique du terme, l’expression “Cisjordanie occupée” est inexacte. Un territoire est occupé lorsqu’une partie ou l’ensemble d’un Etat souverain est conquis. Ce qui veut dire que cela ne s’applique pas à la rive occidentale du Jourdain, puisqu’avant 1967, elle ne faisait pas partie d’un Etat souverain. Il y a eu un vide juridique entre 1948 et 1967.»

    Ce à quoi certains répondent:

    «Mais qui dit qu’il faut avoir un Etat pour être occupé?»

    Après la guerre des Six Jours, Israël occupe militairement la Cisjordanie. Au regard des principes du droit international, l’utilisation de la guerre pour s’emparer de territoires fut condamnée par les résolutions 242 en 1967 et 338 en 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. En 2004, un avis de la Cour internationale de Justice des Nations unies rappelle la convention de La Haye de 1907:

    «Un territoire est considéré comme occupé lorsqu’il se trouve placé de fait sous l’autorité de l’armée ennemie.»

    Israël est l’un des rares pays considérés comme force occupante dans le monde. Dans de nombreux autres conflits territoriaux, les diplomates évoquent plutôt des «territoires disputés». Il n’a jamais été question d’occupation au Cachemire, revendiqué par l’Inde et la Pakistan. On ne parle pas non plus d’occupation pour la région du Haut-Karabagh, revendiquée par l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ni pour la présence turque dans le nord de l’île de Chypre, depuis 1974.

    Cisjordanie/Judée Samarie

    La région est délimitée à l’est par le Jourdain et la Mer Morte; au nord, au sud et à l’ouest par la ligne verte de 1949. Elle couvre une surface de 5.860 km2 et compte en 2010 une population totale estimée à 2.514.845 personnes dont 350.000 Israéliens.

    La région englobe Jérusalem-Est, les villes de Bethléem, Hébron, Jéricho, Naplouse, Jénine, des implantations israéliennes, telles qu’Ariel, Maale Adumim, ainsi que de nombreux lieux saints des trois religions monothéistes.

    En novembre 1947, lors du plan de partage de la Palestine mandataire votée par les Nations unies, la Judée-Samarie est initialement attribuée à un futur Etat arabe. A la fin de la première guerre israélo-arabe, la région est annexée par la Transjordanie. En 1950, la Transjordanie prend le nom de Royaume Hachémite de Jordanie pour entériner cette annexion.

    A la fin de la guerre des Six Jours en 1967, les Jordaniens perdent la Judée-Samarie qui passe sous le contrôle de l’Etat d’Israël (qui ne l’a toutefois pas annexée pour des raisons démographiques).

    Judée et Samarie font référence aux territoires des deux royaumes bibliques, la Judée (capitale: Jérusalem) et Israël (capitale: Samarie). Elles sont des termes utilisés depuis l’Antiquité, pour désigner différentes parties de ces territoires de la rive occidentale du Jourdain. Ces termes ont été utilisés dans la résolution 181 des Nations unies pour désigner précisément certains des territoires dans le partage de la Palestine en 1948.

    Le terme Judée-Samarie était communément utilisée par les médias et les instances internationales jusqu’à l’annexion de la région par la Transjordanie. Depuis 1949, la Judée et la Samarie ont été rebaptisées Cisjordanie par la communauté internationale. Étymologiquement, «Cisjordanie» désigne la région «du même côté», la rive ouest du Jourdain, par opposition à «l’autre côté», la rive est du fleuve, la Jordanie. La Cisjordanie est donc un terme récent pour désigner les territoires à l’ouest du Jourdain.

    En Israël, le gouvernement et la population utilisent la dénomination de «Judée-Samarie», qui affirme le lien historique entre l’identité juive et ce territoire. Les anglophones utilisent l’expression «West Bank» —littéralement «rive ouest»— appellation également géographique et plus neutre vis-à-vis de l’autre rive du Jourdain.

    Barrière de sécurité/Mur d’apartheid

    La barrière de sécurité est un mur construit depuis 2002 en Cisjordanie, pour délimiter Israël des territoires palestiniens. Sa construction a été décidée pendant la deuxième intifada, à la suite de la vague d’attentats-suicides qui frappaient le cœur d’Israël. L’objectif déclaré de ce mur est de protéger la population israélienne, en empêchant physiquement toute intrusion en provenance des territoires palestiniens. Les partisans de la construction du mur parlent de «barrière», de «clôture de sécurité», ou de «barrière anti-terroriste».

    Les opposants à cette barrière la surnomment «mur de la honte», voire «mur de l’apartheid», en référence au régime de ségrégation en vigueur en Afrique du Sud jusqu’en 1991. Les médias de l’Autorité palestinienne se réfèrent à cette barrière en langue arabe par la définition politique de «mur de séparation raciale» (jidar al-fasl al-‘unsuri).

    Les médias français utilisent généralement le terme de «barrière de sécurité» ou «mur de séparation».

    L’existence de cette barrière est contestée par la communauté internationale. En 2004, un avis de la Cour internationale de Justice la déclare «illégale». Son tracé soulève de nombreuses polémiques. Long de 730 km, la barrière suit la ligne verte, mais pénètre profondément à l’intérieur de la Cisjordanie pour intégrer des colonies juives.

    Le mur complique le quotidien des Palestiniens, entraînant des difficultés de déplacement, l’enclavement de certains villages palestiniens et la réquisition de terres palestiniennes.

    De son coté, le ministère israélien des Affaires étrangères affirme que la construction de la barrière de séparation a permis de sauver un grand nombre de vies et de réduire le nombre d’attentats-suicides en territoire israélien. En 2002, les bombes vivantes ont tuées 194 personnes, 104 en 2003 et 13 en 2005.

    Esplanade des Mosquées/Mont du Temple

    Situé dans la vieille ville de Jérusalem, l’Esplanade des Mosquées ou le Mont du Temple est l’endroit où selon la tradition juive et islamique, Abraham, père des trois religions monothéistes, est testé par Dieu qui lui demande de sacrifier son fils.

    Pour le peuple juif, le Mont du Temple est le premier lieu saint du judaïsme, l’endroit le plus sacré. C’est là qu’il y a près de 3.000 ans, le roi Salomon construisit le premier Temple de Jérusalem qui fut détruit par les Babyloniens en l’an 586 avant l’ère chrétienne. 70 ans plus tard, les juifs, de retour d’exil, édifièrent le deuxième Temple qui fut rasé par les Romains en 70 après JC. L’unique vestige du Temple de Jérusalem aujourd’hui est le mur occidental, appelé Mur des lamentations, devant lequel des milliers de Juifs viennent se prosterner chaque jour.

    Pour les musulmans, le Mont du Temple (en arabe Haram esh-Sharif) n’est autre que l’Esplanade des Mosquées. L’Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, abrite depuis le VIIe siècle le Dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa.

    Selon la tradition, c’est de là que Mahomet accompagné de l’ange Gabriel aurait effectué son voyage nocturne vers le paradis. La gestion de l’ensemble de l’Esplanade des Mosquées a été confiée au Waqf, fondation religieuse islamique.

    Ce lieu saint attise les passions et la convoitise des fidèles, juifs et musulmans, car l’Esplanade des Mosquées est construite là où se trouvait le Temple de Jérusalem. Dans le passé, il a été l’objet de violentes émeutes entre Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes. L’héritage de ce lieu est d’autant plus d’actualité que l’Unesco vient d’accepter la Palestine comme Etat membre à part entière. Les Israéliens redoutent que les Palestiniens proposent la candidature de l’Esplanade des Mosquées comme partie intégrante de leur patrimoine. Une initiative qui pourrait alors déclencher un conflit religieux.

    Indépendance d’Israël/Nakba

    Le 14 mai est le jour anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël (proclamée le 14 Mai 1948), appelé Yom Haatsmaout. La date varie chaque année en fonction du calendrier hébraïque. Dans l’ensemble du pays, cette journée est célébrée par de nombreuses festivités, des cérémonies officielles, démonstrations militaires ou encore concerts en plein air. Il est de tradition d’organiser des pique-niques barbecue.

    «Leur indépendance, c’est notre Nakba.» Chaque année, alors que les Israéliens célèbrent leur indépendance, les Palestiniens commémorent la «Nakba», la catastrophe en arabe, que représente pour eux la naissance de l’Etat d’Israël. La «Nakba» marque l’exode de la population arabe palestinienne (entre 700.000 et 900.000 Palestiniens; les Israéliens parlent officiellement de quelque 520.000 Arabes) des régions qui devinrent l’Etat Juif après la première guerre israélo-arabe de 1948. Tous les ans, la «Nakba» est marquée par des manifestations d’Arabes israéliens et des heurts entre l’armée israélienne et les Palestiniens.

    Au Proche-Orient, la guerre des mots est menée avec autant d’acharnement que celle des images.

    Kristell Bernaud

    (1) Charles Enderlin, Le grand aveuglement, Albin Michel.

    (2) Meir Rosenne, «Les interprétations légales de la résolution UNSC242» in UN Security Council Resolution 242: la construction du processus de paix (Washington: Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, 1993), p. 31

    Voir encore:

    Pourquoi le débat israélo-palestinien s’est focalisé sur la question des villes et villages israéliens en Judée-Samarie?

    La stratégie des Arabes palestiniens, pour annihiler Israël, de plus en plus clairement, consiste à tabler sur la négation de la légitimité de la souveraineté juive en Terre d’Israël que les non juifs dénomment: « Palestine ». Ils comptent, pour ce faire, s’appuyer sur l’antisémitisme musulman et sur l’antisémitisme chrétien et ils les pratiquent et les diffusent à grande échelle. Ils estiment que leur meilleur argument serait d’ordre juridique contre l’ »occupation ». Il est temps de faire voler en éclats cette manipulation et ce mensonge repris avec constance par les gouvernements occidentaux.

    Rappelons une fois de plus que la seule base juridique consensuelle en Droit International Public (D.I.P.) quant à la reconnaissance par les Nations du droit imprescriptible du Peuple Juif sur sa patrie historique, est le Traité de San Remo adopté sous les auspices de la Société des Nations (S.D.N.), organisation internationale à vocation universelle, créée après la première guerre mondiale et la dislocation de l’Empire Ottoman.

    Faisant suite à une déclaration politique du Ministre des Affaires Etrangères de l’une des grandes puissances de cette époque, la Grande–Bretagne, à la demande du Mouvement Sioniste, avant-garde militante du Peuple d’Israël, la Déclaration Balfour, ce traité approuvé par toutes les puissances importantes, reconnaissait au Peuple Juif le droit de rétablir un « foyer national » dans son pays.

    Le territoire alloué aux Juifs comprenait le territoire israélien actuel, la Judée, la Samarie, Gaza et le territoire actuel de la Jordanie. La seule réserve à cette reconnaissance était le maintien des droits acquis des communautés non-juives.

    La première partition de la Palestine  par la Grande-Bretagne à qui le traité avait confié un « mandat » pour la mise en œuvre de ce programme, a été réalisée pratiquement dès son entrée en fonction, retirant aux Juifs les 3/5 de leur patrie en les cantonnant en Palestine occidentale, en violation du mandat.

    L’Etat de Jordanie créé de toutes pièces par la Grande-Bretagne en 1946 s’est emparé par la force et illégalement, avec l’aide empressée des Britanniques, dès la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948, de la Judée et de la Samarie. L’Egypte a fait de même pour la région de Gaza. Cette occupation de régions importantes de la Palestine occidentale par ces deux Etats, qui a duré 19 ans, constituait une violation du droit international.

    La résolution 181, de 1947, de l’A.G. des Nations-Unies, organisation qui a pris la suite de la S.D.N. après la seconde guerre mondiale, une recommandation sans effet obligatoire, prévoyait la création de deux Etats en Palestine occidentale, l’un juif et l’autre arabe et entendait priver les Juifs de leur capitale, Jérusalem, où ils constituaient depuis plus d’un siècle une large majorité des habitants.

    Tous les Etats arabes et les Arabes palestiniens ont refusé le plan de partage et ont lancé leurs armées pour détruire dans l’œuf l’Etat juif naissant et massacrer la communauté juive de Palestine.

    Après la signature de l’armistice de Rhodes en 1949, et la surprenante résistance des combattants juifs sortis de l’ombre, ni la Jordanie, ni l’Egypte n’ont songé un seul instant à constituer un Etat arabe palestinien dans les territoires de la Palestine occidentale qu’ils contrôlaient. Ils continuaient d’affirmer publiquement leurs intentions génocidaires contre Israël.

    Cette attitude a des conséquences de droit: elle rendait la résolution 181 obsolète. Ce qui fait que lorsque Israël répliqua en 1967 à une nouvelle tentative génocidaire massive et déclarée des armées égyptienne, syrienne, jordanienne, iraquienne et d’un contingent algérien, en libérant, entre autres, toute la Palestine occidentale, sur le plan du droit, il ne s’agissait en aucun cas de l’occupation de territoires appartenant à un autre Etat mais bien de terres attribuées au peuple Juif par le Traité de San Remo! C’est pourquoi sur cette base, les villes et villages juifs établis légalement sur ce territoire le sont sur des terres domaniales et évitent l’appropriation de terres appartenant à des communautés non juives par application dudit traité.

    Les gouvernements occidentaux qui ont tous le moyen de connaître cette réalité de droit font cependant semblant de croire, contre toute logique juridique, qu’Israël occuperait ces territoires qui lui seraient étrangers, avec toutes les règles du D.I.P. qui en découlent. Ce faisant ils prolongent et aggravent le conflit.

    En effet les Arabes palestiniens peuvent dans ce cas légitimement croire qu’il leur suffit d’attendre et que tôt ou tard, la totalité de la Terre d’Israël tombera dans leurs rets. Pour eux, Tel-Aviv est une « colonie ». Ils vont même jusqu’à justifier ainsi leur refus de toute concession comparant leur attitude à celle de la mère véritable dans le fameux jugement du Roi hébreu Salomon!

    La tentative du gouvernement français actuel, si clairement en détresse, de fixer le sort d’Israël en convoquant une conférence internationale hors la présence de l’Etat juif souverain relève de la fantasmagorie où le mépris des Juifs est évident. Il est temps de signifier à tous ceux qui se trompent d’époque et de rapport de force militaire, que le royaume latin de Jérusalem a vécu. Les Juifs redevenus Hébreux sont rentrés chez eux pour l’éternité.

    Voir encore:

    Why are people so upset over the latest U.N. resolution about Israel?

    CBS News

    December 28, 2016

    The Obama administration’s decision to not veto a United Nations resolution sharply critical of Israeli settlements continues to stir debate. But was it really all that different than prior U.N. resolutions that criticized Israel that the U.S. let pass?

    The U.N. resolution condemning Israeli settlement activity passed the Security Council last week after the U.S. declined to use its veto power to stop it. Samantha Power, the U.S. ambassador to the U.N., instead cast the sole abstaining vote. All other nations on the Security Council voted in favor.

    The resolution called for Israel to “immediately and completely cease all settlement activities in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem.”

    East Jerusalem, which contains some of the holiest sites in Judaism, was seized by Israel in the Six-Day War of 1967. In a speech before the chamber, Power insisted that her vote did “not in any way diminish the United States’ steadfast and unparalleled commitment to the security of Israel.”

    Conservatives and pro-Israel advocates say the resolution signals a major and damaging reversal of U.S. policy in the region. “The White House has abandoned any pretense that the actual parties to the conflict must resolve their differences,” John Bolton, the former U.S. ambassador to the U.N., wrote in the Wall Street Journal on Monday.

    But Democrats have argued that conservative criticisms of the White House are unwarranted. As political consultant Mark Mellman pointed out on Twitter, for example, previous administrations have declined to exercise veto powers when it comes to resolutions critical of the Israelis.

    “Acting like this is some brand new policy or action just isn’t consistent with reality,” Mellman, who believes the decision to allow the resolution was wrongheaded, told CBS News. “Right or wrong, good or bad, since 1967 American policy has been that the West Bank, including East Jerusalem, and Gaza are occupied territories whose final status must be determined by the parties. And the U.S. has consistently opposed Israel’s settlement policy.”

    Critics of the resolution argue that it’s been decades since the U.S. allowed a U.N. resolution to pass that says East Jerusalem and other lands taken in the 1967 war are occupied Palestinian territory. Previous resolutions the U.S. allowed to pass have instead tended to condemn specific actions of Israelis or the Israeli government, such as the bombing of an Iraqi nuclear reactor in 1981.

    In another example, a U.N. resolution condemning the 1994 massacre of Muslim worshipers by a Jewish terrorist was passed only when Madeleine Albright, then the U.S. ambassador, demanded a paragraph-by-paragraph vote on it to strip out language implying that Jerusalem was occupied territory.

    “[W]e oppose the specific reference to Jerusalem in this resolution and will continue to oppose its insertion in future resolutions,” Albright said at the time.

    “We simply do not support the description of the territories occupied by Israel in the 1967 war as ‘occupied Palestinian territory,’” Albright said. However, the U.S. does not recognize Israeli claims to East Jerusalem either.

    Albright’s comments run counter to a 1980 U.N. resolution – supported by the U.S. – that did refer to Jerusalem and other lands taken by Israel in 1967 as occupied territory. But that position was in a sense reversed by Albright’s comments in 1994.

    “It’s true the U.S. has not allowed a U.N. Security Council resolution to that effect to pass since 1980, but U.S. policy has been consistent under every Democratic and Republican administration to date. Moreover, the U.S. has allowed other anti-Israel resolutions to pass on a number of occasions before and after 1980. President Obama was the first president to adopt a policy of vetoing all anti-Israel U.N.S.C. resolutions – until now,” Mellman said.

    “So not vetoing this resolution is a bit of a punch in the gut, but not a very hard one. It is in no way a change in U.S. policy about the conflict.”

    Voir de plus:

    9 questions about the UN vote on Israeli settlements you were too embarrassed to ask

    MIDEAST DIPLOMACY; U.N. Security Council Condemns the Hebron Slayings

    Paul Lewis
    The New York Times
    March 19, 1994

    UNITED NATIONS, March 18— After three weeks of tortuous negotiations, the Security Council condemned the Hebron massacre today. But the United States strongly disavowed a suggestion in the Council’s resolution that Jerusalem was part of the Israeli-occupied territories, and insisted that the city’s future must be negotiated.

    The United States said the language on the status of Jerusalem would have led it to veto the resolution if not for the decision by Syria, Jordan and Lebanon to resume discussions with Israel next month and the agreement between the Palestinian Liberation Organization and Israel to have high-level contacts aimed at restarting the stalled peace effort.

    In a maneuver not seen in the Security Council since a debate on Nicaragua in 1985, the United States insisted that the resolution be voted on paragraph by paragraph. Partial Abstention by U.S.

    That enabled the United States to abstain on a paragraph that implies that Jerusalem is part of the occupied territories by reaffirming the applicability of the Fourth Geneva Convention of 1949, which spells out the rights of civilians caught in war zones, « to the territories occupied by Israel in June 1967, including Jerusalem. »

    The United States also abstained on a paragraph that says the massacre three weeks ago « underlines the need to provide protection and security for the Palestinian people. » This language appears to support Palestinian demands for an international protection force in the occupied territories, which the United States opposes unless both sides agree.

    The 14 other Council members voted in favor of every paragraph. That enabled Jean-Bernard Merimee, the French representative to the United Nations and President of the Council this month, to declare the resolution adopted once all of its paragraphs had been approved.

    The American representative, Madeleine K. Albright, said that describing Jerusalem as « occupied Palestinian territory » implied Palestinian sovereignty over it and thus contradicted the undertaking Israel and the P.L.O. had reached in the declaration they signed in Washington last September, which said the city’s future would be decided in negotiations between them.

    Although the Security Council has adopted many resolutions saying that Jerusalem is part of the Arab territories Israel occupied in the 1967 war, Ms. Albright made clear that the United States would oppose similar language in future United Nations texts.

    The Clinton Administration has been under strong Congressional pressure to veto the latest resolution because of its references to Jerusalem. A total of 82 Senators sent a letter to President Clinton today urging him to veto any Council resolution « that states or implies Jerusalem is « occupied territory. »

    The Israeli representative to the United Nations, Gad Yaacobi, told the Council that the reference to Jerusalem was incompatible with the agreement to settle the city’s future by negotiation as well as with Israel’s own position on the matter, which is that « Jerusalem will remain united under Israeli sovereignty as our eternal capital. »

    Speaking for the P.L.O., Nasser al-Kidwa, its United Nations observer, said every Council resolution dealing with Palestinians had described Jerusalem as part of the occupied territories. He complained that « any change in the language creates the danger of a change in policy » and expressed « disappointment and deep concern » at the American abstention.

    The resolution today, which « strongly condemns the massacre in Hebron and its aftermath, » gives the Palestinians the firm condemnation they wanted — and in a formal resolution, as they insisted, rather than a statement.

    It also urges Israel to disarm settlers in the occupied territories as one way of preventing further « illegal acts of violence. »

    But while the resolution goes on to say that « a temporary international or foreign presence » is another measure that might be taken to secure the Palestinians’ safety, it makes clear that this should be the temporary foreign presence foreseen in the declaration signed by Israel and the Palestine Liberation Organization last September and « within the context of the ongoing peace process. »

    Photo: Madeleine K. Albright, the American delegate to the United Nations, raising her hand yesterday to abstain on the Jerusalem paragraph of the Security Council resolution on the Hebron massacre, after Sir David Hannay, the British delegate, front left, voted to approve the paragraph. (Don Hogan Charles/The New York Times)

    Voir de même:

    Analysis Kerry’s Speech Was Superbly Zionist, pro-Israel, and Three Years Too Late
    The outline presented by Kerry could have pushed Israel and Palestinians into an agreement, if he had put it on the table in 2014. But Netanyahu and Abbas’ hypocritical responses showed why his peace efforts failed
    Barak Ravid
    Haaretz
    Dec 29, 2016

    U.S. Secretary of State John Kerry chose to devote the main portion of his speech to his personal connection to Israel since his first visit as a young senator 30 years ago. He told of climbing up Masada, swimming in the Dead Sea, going from one biblical city to another, seeing the Holocaust atrocities at Yad Vashem, and even told of how he piloted an air force plane over Israel to understand its security needs.

    There aren’t too many other American politicians who know Israel the way John Kerry does. There isn’t a single serving American politician who has delved as deeply into the Israeli-Palestinian conflict and has invested in studying and trying to resolve it as John Kerry. These things were clearly reflected in his speech. The secretary of state gave a cogent analysis of where things stand in the peace process these days. He noted the deep distrust between the parties, the despair, anger and frustration on the Palestinian side, and the isolation and indifference on the Israeli side.

    Kerry’s address was a superbly Zionist and pro-Israel speech. Anyone who truly supports the two-state solution and a Jewish and democratic Israel should welcome his remarks and support them. It’s a binary incidence, with no middle ground. It’s no surprise that those who hastened to condemn Kerry even before he spoke and even more so afterward were Habayit Hayehudi chairman Naftali Bennett and the heads of the settler lobby. Kerry noted in his speech that it is this minority that is leading the Israeli government and the indifferent majority toward a one-state solution.

    Over the past four years, the American secretary of state often acted clumsily, obsessively and even with a touch of messianism, but he did so for a good and just cause. He tried with all his might to end 100 years of conflict to assure the future of Israel, America’s greatest ally, and end Palestinian suffering. Unfortunately, his two partners in this mission, Prime Minister Benjamin Netanyahu and Palestinian Authority President Mahmoud Abbas, simply didn’t want it as much as he did. Over the past four years, Abbas and Netanyahu were mirror images of each other. They focused on preserving the status quo, stayed entrenched in their positions and weren’t willing to take even the smallest risk or shift one millimeter to try and achieve a breakthrough.

    Kerry’s speech was long and detailed, but its heart was the outline for peace that he presented. The outline wasn’t intended to be an imposed solution, but to include the basic principles by which all future Israeli-Palestinian negotiations should be conducted. The outline was based on the framework document he had formulated in March 2014 after several months of talks with both parties.

    When you read Kerry’s words, you see immediately that he accepted a significant number of Israel’s demands, first and foremost the demand that any future peace agreement include Palestinian recognition of Israel as a Jewish state. Kerry also stated that a solution to the refugee problem would have to be just and practical, one that would not undermine the State of Israel’s character. He said that any future border would be based on leaving the large settlement blocs in Israel’s hands; he clarified that the permanent arrangement must constitute an end to the conflict and preclude any further Palestinian demands, and stressed security arrangements as a central component of any agreement.

    At the same time, Kerry’s outline includes a series of compromises that Israel would be required to make, first and foremost allowing Jerusalem to serve as the capital of both states. Kerry clarified that the borders of the Palestinian state would have to be based on the 1967 lines with agreed land swaps of equivalent size, and that Israel must recognize the suffering of the Palestinian refugees.

    The main problem with Kerry’s outline is that he presented it too late. He knows that he made a mistake when in March 2014 he did not officially put his framework document, with the same principles that he enumerated in his speech, on the table. His senior advisers admit that if he could go back 33 months in time, Kerry would have presented his peace outline to both sides and summoned them to negotiate on its basis.

    Such a “take it or leave it” move at that time would have forced both sides to make strategic decisions. Such a move would also have established the Kerry outline as the basis for all future talks. Its presentation only three weeks before Donald Trump enters the White House, as important as it is, gives it only symbolic worth.

    As in many instances in the past, Netanyahu didn’t even bother to listen to Kerry’s remarks or address their merits. He responded with an aggressive statement containing sharp personal criticism of Kerry. There are those who will say that the depths of his declarations reflect the depth of the investigations of him.

    Netanyahu’s criticism was spiced with hypocrisy and cynicism. The principles that Kerry enumerated in his address were the same ones Netanyahu agreed to accept in March 2014. The prime minister had reservations, which he planned to express publicly, but in practice he agreed to negotiate on the basis of this very same outline. To this day Netanyahu refuses to admit it.

    His political twin, Abbas, reacted with equal hypocrisy. When U.S. President Barack Obama presented the outline to Abbas in March 2014, Abbas promised to think about it and get back to Obama. To this day Obama is still waiting. Even after Kerry’s speech on Wednesday, Abbas refused to say if the outline was acceptable to him or not.

    President-elect Trump, who seemed to accept the UN Security Council resolution on the settlements last week, responding to it with a faintly worded tweet, couldn’t restrain himself with Kerry’s speech. Only a short while before Kerry began to speak, Trump shot out three tweets that made his dissatisfaction clear.

    Over the past few months, Trump has repeatedly said that one of his goals is to achieve peace between Israel and the Palestinians. He made it clear that he wants to close “the mother of all deals” and end “the war that never ends” between the two sides. Trump even appointed his lawyer and close associate Jason Greenblatt as special envoy to the peace process. Trump and Greenblatt will soon discover that if they want to make this historic deal, it will probably look very much like the one Kerry sketched out in his address.

    Voir de plus:

    John Kerry’s Fitting Ending

    Trashing Israel on the way out the door is the perfect capstone to an ignoble career.

    Jim Geraghty

    National Review

    December 28, 2016

    John Kerry ends his long career in politics the same way he began it: disgracefully. Kerry debuted on the national stage in 1971 by telling the Senate Foreign Relations Committee and the American public that U.S. servicemen in Vietnam “raped, cut off ears, cut off heads, taped wires from portable telephones to human genitals and turned up the power, cut off limbs, [blew] up bodies, randomly shot at civilians, razed villages in fashion reminiscent of Genghis Khan.”

    It was a stunningly thinly sourced, hotly disputed, and broad accusation, echoing the propaganda of America’s enemies around the world. Perhaps only in the Democratic party of the 1970s could this be the perfect audition for a political career. He would speak for many on the hard left on the day when he declared, “There is no threat. The Communists are not about to take over our McDonald’s hamburger stands.”

    Over four decades, Kerry established himself as one of the Democratic party’s loudest, if not wisest, voices in foreign affairs. In 1991, he voted against authorizing military force to expel Iraq from Kuwait, predicting that future historians “will ask why there was such a rush to so much death and destruction when it did not have to happen.” Twelve years later, he voted for the Iraq War, then turned around and tried to run as an antiwar presidential candidate. In September 2003, Kerry sounded as if he supported wartime funding bills — “I don’t think any United States senator is going to abandon our troops and recklessly leave Iraq to whatever follows as a result of simply cutting and running” — but as the Democratic presidential primaries heated up, he decided to vote “no.” That led to his infamous quote, “I actually did vote for the $87 billion before I voted against it.”

    In 1997, he wrote a book titled The New War, which touched briefly on terrorism but predicted that the preeminent threat that would face America in the coming years was#…#international crime syndicates. In that book, he saluted “Yasser Arafat’s transformation from outlaw to statesman.” Three times before 9/11, he voted against allowing terrorists to face the death penalty. In his 2004 presidential campaign, Kerry asserted that U.S. interventions had to pass a “global test” for legitimacy.

    He loved to reach out to the world’s rogues. In 1985, he traveled to Nicaragua to meet and praise the country’s Communist strongman, Daniel Ortega, and to accuse the Reagan administration of funding terrorism.

    He praised the Clinton administration’s 1994 agreement to send aid to North Korea. Pyongyang’s violation of the agreement, a secret uranium-enrichment program, was discovered in 2002. Starting in 2009, he visited Syrian dictator Bashar al-Assad several times, and in 2011 he said Assad was “very generous with me in terms of the discussions we have had. . . . My judgment is that Syria will move; Syria will change, as it embraces a legitimate relationship with the United States and the West.”

    Against this ignoble record, one wonders why Kerry never seemed to get tired of giving dictators, terrorists, thugs, and brutal regimes the benefit of the doubt and having it blow up in his face.

    In some ways, Kerry in 2013 was a perfect choice for Obama’s second secretary of state. For the better part of three decades on the Senate Foreign Relations Committee, Kerry had spoken as if statecraft and international diplomacy were relatively easy tasks, and only the bunch of idiots in the current administration — Republican or Democrat — could mess it up like this. Finally, Kerry would get the chance to show everybody how it’s done.

    We see the results today: Syria is a charnel house. The Middle East has had plenty of bloody wars before, but only this one overwhelmed the countries of Europe with seemingly endless waves of desperate refugees. The preeminent form of Islamic fundamentalism used to be al-Qaeda, a bunch of extremists hiding in the mountains of Afghanistan. Now bloodthirsty Islamists run an actual state in the middle of the Arab world. Four years after the Benghazi attack, only one perpetrator has been brought to justice.

    Russia is emboldened, taking over Crimea, biting into Ukraine, and launching not-so-subtle cyber-warfare against the United States. The Iranians, too, are emboldened, despite the much-touted agreement on their nuclear program. China and North Korea keep rattling their sabers. Venezuela is collapsing. The Taliban continues to control swaths of Afghanistan after 15 years of war.

    Confronted with this litany of disaster, Kerry would probably point to four years of endless summits, meetings, joint statements, and — whether he’s honest enough to use these words or not — photo opportunities. Just as Hillary Clinton’s millions of miles traveled were supposed to represent some great accomplishment, Kerry will blur the distinction between activity and results. Kerry never seemed to get tired of giving brutal regimes the benefit of the doubt and having it blow up in his face.

    American foreign policy has been reduced to Ambassador to the United Nations Samantha Power’s asking whether Vladimir Putin’s Russia or the Ayatollah’s Iran have any shame. No, of course they don’t, and anyone who’s been paying any attention knows they don’t. The Iranians used children to clear minefields during the Iran–Iraq war. The Russians contaminated two British Airways jetliners with radioactive material in their successful plot to kill former Russian spy Alexander Litvinenko. What kind of administration would rely on the Russian and Iranian regimes’ sense of shame to protect civilians in Syria?

    Thus, it’s fitting that John Kerry’s last major act as secretary of state is a speech that offers up hot nonsense, a bitterly hostile address that called Israel’s government “the most right-wing in Israeli history, with an agenda driven by its most extreme elements.” (Mind you, the opposing side in this conflict elected Hamas, an actual terrorist group, to govern the Gaza Strip.)

    Kerry and the administration assented to a statement declaring that the Western Wall and Temple Mount are illegally occupied, then shamefully insisted “this administration has been Israel’s greatest friend and supporter.” After signing on to the Iran deal, Kerry claimed that “no American administration has done more for Israel’s security than Barack Obama’s.” (Why do Israelis disagree so vehemently?) Kerry warned that Israel had to recognize a Palestinian state or effectively wither under endless terror attacks: “If the choice is one state, Israel can either be Jewish or democratic — it cannot be both — and it won’t ever really be at peace.” He even seemed to suggest that those who support Israel’s current policies are un-American, asking, “How does the U.S. continue to defend that and still live up to our own democratic ideals?”

    The cement hardens on the Obama-Kerry foreign-policy legacy: They were toothless and hapless against ISIS, Bashar al-Assad, North Korea, Iran, Russia, China, and the world’s worst and most ruthless regimes. But as for Bibi Netanyahu, they came down on him like a ton of bricks.

    — Jim Geraghty is National Review’s senior political correspondent.

    Voir par ailleurs:

    L’émission Enquête Exclusive surprise en train de MENTIR

    Le dernier épisode de l’émission Enquête Exclusive diffusé sur M6 hier soir au sujet de Jérusalem est truffé de mensonges et d’inexactitudes (pour voir le documentaire sur le site de M6, Cliquez Ici). Nous vous les faisons découvrir :

    Les Mensonges :

    • Un mensonge historique :

    À 00:09:32, le narrateur présente de la façon suivante la création de l’État d’Israël :

    En 1947 pour apaiser les tensions, les Nations Unies ont séparé la région en deux, Israël voit alors le jour. La Jordanie, elle, cède un bout de son territoire la Cisjordanie, cela doit devenir le futur État Palestinien. Mais en 1967, Israël entre en guerre contre ses voisins et annexe la Cisjordanie, c’est le début de l’occupation des territoires palestiniens.

    C’est là un tel ramassis de MENSONGES que nous ne savons pas par où commencer:

    1. La Cisjordanie faisait partie du Mandat sur la Palestine confié à la Grande-Bretagne par la Société des Nations à la conférence de San Remo en 1922, avec pour objectif d’aider les Juifs à “reconstituer leur foyer national dans ce pays”. La Cisjordanie n’a donc pas été cédée par le Royaume de Jordanie pour créer un État Palestinien.
    2. Israël n’a pas vu le jour en 1947, mais le 14 mai 1948, suite à l’application du plan de partage de la Palestine voté lui le 29 novembre 1947. Immédiatement après sa création, Israël a été attaqué par les pays arabes voisins, mais l’emporte sur le champ de bataille : c’est la guerre d’Indépendance d’Israël.
    3. À la fin de la guerre, la Cisjordanie qui en effet devait faire partie du futur État Arabe créé par le plan de partage de la Palestine, a été annexée par le Royaume de Jordanie qui n’y a pas créé d’État Palestinien.
    • L’utilisation mensongère des cartes :

    À 00:49:18, le reportage présente à l’aide d’une série de cartes datées de 1967 à 2016, “l’érosion” des territoires palestiniens en Cisjordanie, après quoi le narrateur conclut :

    En 70 ans les territoires palestiniens ont fondu comme neige au soleil.

    Voici la première carte de la série montrant les “territoires palestiniens en 1967” :

    carte-1967

    La carte des territoires palestiniens en 1967

    Et la dernière carte de la série montrant la supposée érosion des territoires palestiniens en 49 ans :

    carte-2016

    La carte des territoires palestiniens en 2016

    Or Bernard de la Villardière fait mentir les cartes. En 1967, la Cisjordanie et Gaza n’étaient pas “les territoires palestiniens” d’un État Palestinien, mais deux régions occupées respectivement par la Jordanie et l’Égypte.

    Quant à la dernière carte, datée de 2016 et sensée illustrer l’érosion des territoires palestiniens causée par les Israéliens, elle représente en fait le territoire de l’Autorité Palestinienne, la première entité Palestinienne indépendante et souveraine de l’Histoire, entité créée par les Accords d’Oslo signés par le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le dirigeant de l’Organisation de Libération de la Palestine, Yasser Arafat dans les années 1990.

    Il s’agit donc encore une fois d’un MENSONGE.

    Les inexactitudes :

    • Une inexactitude chronologique :

    À 00:01:17, Bernard de la Villardière présente la situation du conflit Israélo-Palestinien de la façon suivante.

    “Alors en septembre 2015, Jérusalem s’est de nouveau embrasée en proie à ce que l’on a appelé l’Intifada des Couteaux”

    Or il s’agit d’une erreur, cette dernière vague de violence a débuté le 1er octobre 2015.

    • Le Temple n’a pas disparu par magie :

    À 00:07:45, le narrateur tient les propos suivant au sujet du Second Temple :

    C’est ce temple juif, disparu il y a près de 2000 ans, qui est au centre de l’inquiétude des Musulmans

    Non Monsieur de la Villardière, le Second Temple n’a pas disparu, il a été détruit par les Romains.

    “La destruction du Temple de Jérusalem”, peinture de Francesco Hayez, 1867

    • Non, le sergent Elor Azaria n’est pas sorti de prison :

    À 1:06:00, le narrateur dit la chose suivante au sujet de l’affaire du sergent Elor Azaria (voir ci-dessus)

    Le jeune soldat est autorisé à sortir de prison

    Cela laisse croire au spectateur que le sergent Azaria, mis en examen pour homicide involontaire, est sorti de prison, ce qui est faux. Il a eu une permission de 48 heures pour rendre visite à sa famille pour la Pâque juive. Son procès est toujours en cours.

    Le sergent Elor Azaria lors de la permission de 48 heures qui lui a été accordée pour passer la Pâque Juive en famille.

    • Ce n’est pas un mur de séparation, mais un mur de sécurité :

    À 01:24:15, le directeur de la très douteuse ONG B’Tselem, Haggai El-Ad, explique à Bernard de la Villardière la chose suivante :

    Nous avons construit un mur autour de Jérusalem il y a dix ans pour couper la route et isoler les communautés palestiniennes.

    Cela est faux, le mur a été construit afin d’empêcher les terroristes palestiniens de venir commettre des attentats-suicides en Israël au cours de la Seconde Intifada.

    • Non, les Palestiniens ne vont pas disparaître :

    À 01:28:40, le narrateur dit l’énormité suivante :

    Les Palestiniens semblent vouer à disparaître.

    Voilà une affirmation peu crédible, étant donné que le taux de fécondité en Palestine est de 4,1 enfants par femme et la croissance démographique annuelle est de 3 %. (Voir le rapport du Bureau Central de statistiques palestinien)

    Si Bernard de la Villardière avait pris le temps de vérifier le taux de naissance de la population palestinienne, il se rendrait compte que ces propos sont ahurissants.

    En conclusion, cet épisode d’Enquête Exclusive est extrêmement biaisé contre Israël, et contient une quantité incroyable de mensonges et d’inexactitudes. Nous avons contacté M6 pour leur demander des excuses publiques.

    Voir enfin:

    Le MENSONGE éhonté de Marie Verdier, journaliste à “La Croix”

    Il y a 130 ans, La Croix se proclamait “le journal le plus anti-juif de France”, et il aura fallu attendre 1998 pour que le quotidien fasse son mea culpa.

    Aujourd’hui, HonestReporting France s’interroge : est-ce que la “journaliste” Marie Verdier, qui est chargée des pays méditerranéens au quotidien, n’est pas une nostalgique de cette lointaine époque ? En effet, Marie Verdier a titré son dernier article de la façon suivante  :

    Un titre doublement mensonger, car :

    1. L’État d’Israël n’existe que depuis 1948.
    2. Israël a respecté et respecte de nombreuses résolutions de l’ONU.

    Prenons par exemple la Résolution 425 du Conseil de Sécurité de l’ONU :

    • Le contexte :

    Le 11 mars 1978, onze terroristes de de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) infiltrent Israël depuis le Liban. Ils prennent en otage un autobus qui circulait non loin de Tel Aviv, sur la route côtière (qui relie cette dernière à Haïfa), et foncent vers la ville. Bloqués par la police, les terroristes commettent alors un carnage et assassinent 38 civils dont 13 enfants. Cet attentat – le plus meurtrier dans l’histoire d’Israël – est connu sous le nom de “massacre de la route côtière”.

    Trois jours plus tard le 14 mars 1978, Tsahal riposte et lance une opération militaire au Sud-Liban afin de détruire les bases de l’OLP situées au sud du fleuve Litani afin de restaurer un climat de sécurité dans le nord d’Israël.

    Une carte montrant l’emplacement du fleuve Litani par rapport à la frontière israélo-libanaise

    Le 19 mars 1978, le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté la Résolution 425 qui notamment :

    Demande à Israël de cesser immédiatement son action militaire contre l’intégrité territoriale du Liban et de retirer sans délai ses forces de tout le territoire libanais

    Cette résolution créée aussi la Force intérimaire des Nations unies au Liban – plus connue sous son acronyme, la FINUL, dont la mission perdure jusqu’à ce jour. Les premières forces de la FINUL sont arrivées le 23 mars 1978, et peu après Israël s’est retiré du Sud-Liban, conformément à la Résolution adoptée par le Conseil de sécurité.

    • Conclusion :

    Non Madame Verdier, Israël ne fait pas fi des résolutions de l’ONU.

    Le problème, c’est que la journaliste persiste dans le mensonge, puisqu’elle écrit plus loin :

    Encore une fois, c’est un mensonge, et même un très gros mensonge :

    D’abord :

    • Le plan de partage de l’ONU a été accepté par les dirigeants de la communauté juive en Palestine mandataire.
    • Les États arabes ainsi que le Haut Comité arabe l’organe politique central de la communauté arabe de Palestine et “seul représentant de tous les Arabes de Palestine”, ont quant à eux rejeté ce plan.

    Le Plan de partage de l’ONU

    Ensuite :

    • La création de l’État d’Israël est intervenue le 14 mai 1948 mais immédiatement après la proclamation de l’indépendance, Israël a été attaqué par 5 pays arabes voisins (Égypte, Irak, Syrie, Jordanie et Liban) aidés de deux autres contingents arabes (palestiniens et saoudiens).
    • La Cisjordanie qui en effet devait faire partie du futur État Arabe créé par le plan de partage de la Palestine, a été annexée en 1950 par le Royaume de Jordanie qui n’y a pas créé d’État palestinien.
    • La bande de Gaza, qui devait aussi faire partie du futur État arabe, a été occupée militairement par l’Égypte.

    Marie Verdier, qui se présente sur son compte Twitter comme “Journaliste à @LaCroixCom. Service international, spécialiste #Balkans, #Europe du Sud, #Maghreb”, devrait aller relire ses cours d’Histoire et modifier sa description sur son Twitter, car elle ne semble être spécialiste de rien d’autre que du MENSONGE.

    PARTAGEZ cet article pour exiger de La Croix et de sa “journaliste” des excuses pour cet article diffamatoire.


    Résolution de la honte: Attention, une illégalité peut en cacher une autre (Of all the countries with disputed borders and displaced populations, guess which one is being singled out for universal condemnation !)

    29 décembre, 2016
    frenchdronesleagaret2legaret3legaretlegaret4calaiswall jerusalemwallLa France condamne l’action conduite contre Cheikh Ahmed Yassine qui a fait dix morts palestiniens comme elle a toujours condamné le principe de toute exécution extrajudiciaire, contraire au droit international. La pratique des exécutions extrajudiciaires viole les principes fondamentaux de l’Etat de droit sans lequel il n’y a pas de politique juste et efficace possible, y compris en matière de lutte contre le terrorisme. Cette pratique des forces armées israéliennes doit cesser. Au-delà de son caractère illégal, l’attaque d’hier risque d’être contre-productive au plan politique. Jean-Marc De La Sablière (représentant français à l’ONU, 2004)
    Quand Israël a éliminé les deux chefs précédents du Hamas, le ministre des affaires étrangères britannique a déclaré:  » les éliminations ciblées de cette sorte sont illégales et injustifiées. (…) Maintenant la Grande-Bretagne applaudit l’élimination ciblée d’un terroriste qui a mis en danger ses soldats et citoyens. Quelle est la différence, si ce n’est qu’Israël ne peut jamais trouver grâce aux yeux de beaucoup dans la communauté internationale. (…) Les dommages collatéraux sont inévitables quand les terroristes se cachent parmi des civils et les emploient comme boucliers humains. Israël et les Etats-Unis font de grands efforts pour réduire le nombre de dommages collatéraux mais ils ne réussissent pas toujours. Alan Dershowitz
    Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
    Rarement la France n’a autant parlé des assassinats ciblés commis par ses forces armées ou ses services secrets. Il y a d’abord eu les confidences de François Hollande qui ont fait dresser les cheveux sous les képis : quand les deux auteurs du livre «Un Président ne devrait pas dire ça…» lui demandent à la mi-2015 s’il a déjà ordonné des «mesures de vengeance», le chef de l’Etat répond par l’affirmative avant d’ajouter une formule sibylline : «Oui, l’armée, la DGSE, ont une liste de gens dont on peut penser qu’ils ont été responsables de prises d’otages ou d’actes contre nos intérêts. On m’a interrogé, affirme le Président. J’ai dit : « Si vous les appréhendez, bien sûr… »» Les auteurs racontent avoir pu consulter une liste, datée du 7 mars 2014, comportant «dix-sept « objectifs » appartenant à des groupes armées terroristes, des HVI (High Value Targets/Individuals, « cibles de haute valeur »)». Dans un étrange effet miroir, le nombre de jihadistes français ou francophones tués en Syrie ou en Irak dans des bombardements ciblés de la coalition s’est multiplié ces dernières semaines : trois ont été abattus début décembre –  ’un d’entre eux avait été condamné par la justice française qui le recherchait toujours (…) ; quelques jours plus tôt, l’un des plus hauts cadres français de l’organisation terroriste était lui aussi abattu par un drone américain ; le 6 octobre, une frappe de l’armée française éliminait un membre du groupe Etat islamique (EI) soupçonné d’avoir piloté à distance l’attentat raté contre une église de Villejuif… La guerre contre l’EI dans laquelle s’est engagé l’exécutif a sa part d’ombre, sensible, secrète, taboue. (…) Le général Gomart, directeur du renseignement militaire, le dit très clairement à Libération : «La France ne cible pas de HVT [« cibles de haute valeur »].» Contrairement aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne ou à Israël, la France ne pratiquerait donc pas d’assassinats ciblés. «Les dossiers d’objectif ne sont pas nominatifs, ni individuels», insiste le général. Ces fameux «dossiers d’objectifs» réunissent tous les renseignements disponibles sur une cible, qui sera ensuite détruite avec des moyens aériens. «Pour désorganiser l’adversaire, il vaut mieux cibler un poste de commandement qu’un camp d’entraînement. Il faut taper la tête : les centres de commandement, les usines de fabrication d’IED [engin explosif à distance, ndlr], les ressources financières», argumente le directeur du renseignement militaire, dont le service joue un rôle clé dans la préparation des bombardements. (…) Toujours selon le discours officiel, les jihadistes, notamment francophones, seraient tués de façon incidente, parce qu’ils se trouveraient, en quelque sorte, au mauvais endroit au mauvais moment. Une approche qui serait davantage conforme au droit international humanitaire (…). Le coordinateur national du renseignement, installé à l’Elysée, l’avait expliqué, sous serment, à la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 : «Lorsque le Président donne des instructions sur nos opérations militaires […], il n’est pas question de cibler des individus. On identifie […] les lieux stratégiques du point de vue logistique. Ce sont eux qui sont ciblés dans le cadre de la guerre que nous menons contre l’Etat islamique, en Syrie comme en Irak. Si par malheur – ou par bonheur – il se trouve que les individus dont nous parlons [les jihadistes qui cherchent à attaquer la France, ndlr] s’y trouvent, nous ne revendiquons pas explicitement, surtout s’ils sont français.» La clé est sans doute là : la France ne «revendique» pas ces assassinats ciblés. Pour Elie Tenenbaum, chercheur au laboratoire de recherche sur la défense à l’Institut français des relations internationales, des «blocages juridiques expliquent que les responsables français ne disent pas cibler des individus en tant que tels.» Ils craignent notamment que des familles de jihadistes français décident un jour de se retourner contre l’Etat, en justice, précise le chercheur. Une «kill list» française existe bel et bien selon le livre très documenté, paru en 2015, les Tueurs de la République (Fayard). Ce répertoire «ultra-secret contient les noms des personnes dont l’élimination a été secrètement approuvée», écrit l’auteur Vincent Nouzille, qui détaille des opérations contre des chefs terroristes en Afghanistan, en Somalie et dans le Sahel. (…) Dans le cadre de la coalition, la France verse aussi le renseignement dont elle dispose au «pot commun». Certaines frappes américaines sont ainsi réalisées, en partie, sur la base de renseignements français : «La France fournit des dossiers à la coalition qui les valide et les traite avec les moyens aériens à sa disposition, indique Elie Tenenbaum. Mais le commandement, américain, ne va forcément utiliser des moyens militaires français pour traiter des cibles fournies par Paris.» Outre la supériorité militaire américaine, capable de mobiliser plus de moyens plus vite, cette étroite collaboration avec Washington permet à la France d’éliminer des ennemis sans imprimer sa trace, et d’éloigner un peu plus l’éventualité de poursuites. Libération
    Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays. Déclaration Balfour (2 novembre 1917)
    Le Conseil de la Société des nations … Considérant que les Principales Puissances Alliées ont convenu que le Mandat est chargé d’appliquer la déclaration annoncée le 8 novembre 1917 par le Gouvernement Britannique et adoptée par les autres puissances alliées, en faveur de l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ; étant clairement entendu qu’aucune démarche ne devrait être entreprise pouvant porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont bénéficiaient les Juifs dans d’autres pays. Résolution de San Remo (24  avril 1920, confirmée par le Conseil de la Société des nations le 24 juillet 1922, mise en application en septembre 1923)
    3. Reconnaît que la dissolution de la Société des Nations mettra fin à ses fonctions en ce qui concerne les territoires sous mandat, mais note que des principes correspondant à ceux que déclare l’article 22 du Pacte sont incorporés dans les chapitres XI, XII et XIII de la Charte des Nations Unies; 4. Note que les Membres de la Société administrant actuellement des territoires sous mandat ont exprimé leur intention de continuer à les administrer, en vue du bien-être et du développement des peuples intéressés, conformément aux obligations contenues dans les divers mandats, jusqu’à ce que de nouveaux arrangements soient pris entre les Nations Unies et les diverses Puissances mandataires. Résolution de l’assemblée de la Société des nations (18 avril 1946)
    À l’exception de ce qui peut être convenu dans les accords particuliers de tutelle conclus conformément aux Articles 77, 79 et 81 et plaçant chaque territoire sous le régime de tutelle, et jusqu’à ce que ces accords aient été conclus, aucune disposition du présent Chapitre ne sera interprétée comme modifiant directement ou indirectement en aucune manière les droits quelconques d’aucun État ou d’aucun peuple ou les dispositions d’actes internationaux en vigueur auxquels des Membres de l’Organisation peuvent être parties. Chapitre XII : Régime international de tutelle (article 80, San Francisco, 26 juin 1945)
    Ayant en vue spécifiquement la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité du 16 Novembre 1948, les objectifs et principes suivants sont confirmés:
    1. Est reconnu le principe selon lequel aucun avantage militaire ou politique ne devrait être acquis pendant la trêve ordonnée par le Conseil de sécurité;
    2. Il est également reconnu, les dispositions du présent accord étant dictées exclusivement par des considérations militaires, qu’aucune disposition du présent Accord ne porte en rien atteinte aux droits, revendications et positions de l’une ni de l’autre Partie dans le règlement pacifique et final de la question palestinienne. Accord Jordano-israélien d’armistice général du 3 Avril 1949 (article II)
    La ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale. Accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 Février 1949 (Article V)
    À la fin du XIXe siècle, se structure un nationalisme juif, le sionisme, qui soutient la création d’un État-nation juif en Palestine qu’il définit comme « Terre d’Israël ». En 1917, les Britanniques, par l’intermédiaire de la Déclaration Balfour, se déclarent en faveur de l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif. En 1919, est signé l’Accord Fayçal-Weizmann en tant qu’élément de la Conférence de paix de Paris. Cet accord prévoit l’établissement d’une coopération judéo-arabe pour le développement d’une patrie juive et d’une nation arabe en Palestine. La même année se tient à Jérusalem le Congrès de la Palestine arabe qui exige l’annulation de la déclaration de Balfour et l’inclusion de la Palestine comme partie intégrante du gouvernement arabe indépendant de la Syrie et rejette le sionisme tout en acceptant l’aide britannique sous condition de ne pas empiéter sur la souveraineté arabe en Palestine envisagée en tant qu’élément d’un État syrien indépendant. La population arabe du pays s’oppose au projet. Des émeutes sont régulièrement organisées dans toute la Palestine dès 1919. En avril 1920, des émeutes à Jérusalem font une dizaine de morts et près de 250 blessés à la veille de la Conférence de San Remo qui doit étudier la question du futur de la Palestine. La Société des Nations s’y déclare favorable au projet d’établissement d’un foyer national juif et en 1922, elle officialise le mandat britannique sur la Palestine. Dès 1920, Mohammed Amin al-Husseini devient l’un des principaux leaders du nationalisme palestinien ayant pour but la création d’un État arabe palestinien indépendant; il s’oppose activement au sionisme et est considéré comme l’instigateur de 1921 à 1937 des émeutes violentes en réaction au projet de l’établissement d’un « Foyer juif » en Palestine. Il est réputé antisémite. En 1937, alors qu’il est recherché par la police britannique pour son rôle dans ces émeutes il s’enfuit en Syrie. En 1941, il se réfugie en Allemagne nazie et demande à Hitler de lui apporter son soutien contre la création d’un Foyer juif. En 1925, Izz al-Din al-Qassam, né en Syrie, prône la lutte armée comme action politique, en 1930 il fonde une organisation paramilitaire, La main noire qui se lance dans des attaques contre les juifs et les britanniques, prêchant la violence politique d’inspiration religieuse, le Jihad et l’anti-sionisme. En 1935 est fondé le Parti arabe palestinien créé par la famille Al-Husseini. L’opposition arabe palestinienne culmine avec la Grande Révolte de 1936-1939. Menée par les nationalistes palestiniens, elle s’oppose à la fois à la présence juive et britannique en Palestine et aux hommes politiques palestiniens se revendiquant d’un nationalisme panarabe. Le 18 février 1947, les Britanniques annoncent l’abandon de leur mandat sur la région et transfèrent la responsabilité sur la Palestine mandataire à l’ONU. Wikipedia
    Le rejet du plan de partition de 1947 était une erreur, l’erreur du monde arabe dans son ensemble, mais est-ce qu’ils [les Israéliens] nous punissent de cette erreur soixante-quatre ans plus tard ? Mahmoud Abbas (Président de l’Autorité palestinienne, 28 octobre 2011)
    L’argument fondamental que les Arabes utilisent contre Israël est que la seule raison de sa création aurait été d’apaiser la mauvaise conscience des Européens après la Shoah. Selon leurs dires, les Juifs n’auraient aucun droit sur la Terre d’Israël du point de vue légal, historique et moral. Or, cet argument est complètement faux ». (…) « La communauté internationale a reconnu les droits légaux, historiques et moraux du peuple juif sur la Terre d’Israël bien avant que quiconque ait jamais entendu parler d’Adolf Hitler. En 1922, la Société des Nations avait mandaté la « reconstitution » – et non la création – du foyer national juif sur la Terre d’Israël dans ses frontières historiques sur les deux rives du Jourdain. Caroline Glick
    The state of Israel came into being by the same legitimate process that created the other new states in the region, the consequence of the dismantling of the Ottoman Empire after World War I. Consistent with the traditional practice of victorious states, the Allied powers France and England created Lebanon, Syria, Iraq, and Jordan, and of course Israel, to consolidate and protect their national interests. This legitimate right to rewrite the map may have been badly done and shortsighted––regions containing many different sects and ethnic groups were bad candidates for becoming a nation-state, as the history of Iraq and Lebanon proves, while prime candidates for nationhood like the Kurds were left out. But the right to do so was bestowed by the Allied victory and the Central Powers’ loss, the time-honored wages of starting a war and losing it. Likewise in Europe, the Austro-Hungarian Empire was dismantled, and the new states of Austria, Hungary, Yugoslavia, and Czechoslovakia were created. And arch-aggressor Germany was punished with a substantial loss of territory, leaving some 10 million Germans stranded outside the fatherland. Israel’s title to its country is as legitimate as Jordan’s, Syria’s and Lebanon’s. Bruce Thornton
    Aux colonies et territoires qui, par suite de la guerre, ne sont plus sous la souveraineté des Etats qui les gouvernaient dans le passé et dont la population n’est pas encore capable de se gouverner elle-même, on appliquera le principe selon lequel le bien-être et le développement de ladite civilisation constitue une mission civilisatrice sacrée… La meilleure méthode pour accomplir cette mission sera de confier la tutelle de ces populations à des nations plus avancées… Article XXII de la Charte
    Il y a plus de 200 différends territoriaux dans le monde et l’Union européenne a décidé de se concentrer sur Israël et la Cisjordanie. Le conflit que nous avons avec les Palestiniens est connu et la seule manière d’essayer de le résoudre, c’est de s’assoir autour d’une table pour négocier et discuter. Le fait que les Palestiniens refusent de venir négocier – et notre Premier ministre les a invités à le faire à plusieurs reprises ces derniers mois – montre qu’il n’y a pas de réelle volonté politique en ce sens. Et le fait est que Mahmoud Abbas a pris une décision stratégique il y a deux ou trois ans quand il a choisi d’exercer via la communauté internationale une pression sur Israël en espérant que le gouvernement israélien serait poussé à faire des concessions. Malheureusement pour lui, les Israéliens ne cèdent pas à la pression et nous l’avons montré dans le passé. Quand on a été prêt à faire des concessions territoriales avec l’Egypte et la Jordanie, c‘était parce que la population israélienne se rendait compte que l’autre partie était de bonne foi, mais quand l’autre partie n’est pas vue comme étant de bonne foi, alors les chances de concessions sont vraiment minces. Aliza Bin-Noun (ambassadrice d’Israël en France)
    Des décennies de manœuvre politique ont créé un volume disproportionné de résolutions, rapports et conférences critiquant Israël. Dans de nombreux cas, plutôt que d’aider la cause palestinienne, cette réalité a gêné la capacité des Nations unies à remplir efficacement leur rôle. Ban Ki Moon
    Nous ne pouvons pas continuer à laisser Israël subir un tel mépris et un tel manque de respect. Les États-Unis ont été leur grand ami, mais ce n’est plus le cas. L’horrible accord avec l’Iran a été le début de la fin et maintenant il y a ça ! Reste fort, Israël, le 20 janvier arrivera vite.  Donald Trump
    No Muslim leader can recognize the right of the Jews to any part of Israel or its ancient history because from a Muslim perspective, it is Muslim. Any Muslim who would permanently cede Muslim territory to non-Muslims would lose honor and respect as well as be subject to death. Americans are baffled by this. Arafat made this clear at Camp David with former President Bill Clinton. Mahmoud Abbas therefore needs to say whatever he needs to in order to pacify the Americans, but never give in to permanent territorial compromise. Harold Rhode
    While Secretary Kerry mentioned Gaza in his speech, he seems to have forgotten the history of the settlements in Gaza, where the Israeli government forced settlers to withdraw from all settlements and the Palestinians responded by sending rockets into Israel. This is something that people of all political stripes in Israel vividly remember. While he may not have intended it, I fear Secretary Kerry, in his speech and action at the [United Nations], has emboldened extremists on both sides. Chuck Schumer (Incoming Senate Minority Leader)
    The lesson is that Jewish settlements are not the main obstacle to peace. If they were, Gaza would be on its way to becoming the Costa Rica of the Mediterranean. The obstacle is Palestinian rejection of Israel’s right to exist as a Jewish state in any borders. A Secretary of State who wishes to resolve the conflict could have started from that premise, while admonishing the Palestinians that they will never get a state so long as its primary purpose is the destruction of its neighbor. But that Secretary isn’t Mr. Kerry. Though he made passing references to Palestinian terror and incitement, the most he would say against it was that it “must stop.” If the Administration has last-minute plans to back this hollow exhortation with a diplomatic effort at the U.N., we haven’t heard about it. Contrast this with last week’s Security Council resolution, which the Obama Administration refused to veto and which substantively changes diplomatic understandings stretching to 1967. Mr. Kerry claimed Wednesday that Resolution 2334 “does not break new ground.” The reality is that the resolution denies Israel legal claims to the land — including Jewish holy sites such as the Western Wall — while reversing the traditional land-for-peace formula that has been a cornerstone of U.S. diplomacy for almost 50 years. In the world of Resolution 2334, the land is no longer Israel’s to trade for peace. Mr. Kerry also called East Jerusalem “occupied” territory, which contradicts Administration claims in the 2015 Supreme Court case, Zivotofsky v. Kerry, that the U.S. does not recognize any sovereignty over Jerusalem. The larger question is what all this means for the prospects of an eventual settlement. Mr. Kerry made a passionate plea in his speech for preserving the possibility of a two-state solution for Jews and Palestinians. That’s a worthy goal in theory, assuming a Palestinian state doesn’t become another Yemen or South Sudan. But the effect of Mr. Kerry’s efforts will be to put it further out of reach. Palestinians will now be emboldened to believe they can get what they want at the U.N. and through public campaigns to boycott Israel without making concessions. Israelis will be convinced that Western assurances of support are insincere and reversible. Mr. Kerry’s speech was preceded by a tweet from Donald Trump telling Israel to “stay strong” until he becomes President in 23 days. That’s an encouraging sign that Mr. Trump understands that the first rule of diplomacy is to do right by your friends, especially when they are embattled and bullied democracies. We hope Rex Tillerson is taking notes. The WSJ
    Last week’s United Nations Security Council resolution on Israel is a weapon of war pretending to be a plea for peace. Israel’s enemies say it has no right to exist. They claim the whole state was built on Arab land and it’s an injustice for Jews to exercise sovereignty there. Palestinians still widely promote this untruth in their official television and newspapers, whether from the PLO-controlled West Bank or Hamas-controlled Gaza. That is the unmistakable subtext of Friday’s U.N. Resolution 2334, despite the lip service paid to peace and the “two-state solution.” The resolution describes Israel’s West Bank towns and East Jerusalem neighborhoods as settlements that are a “major obstacle” to peace. But there was a life-or-death Arab-Israeli conflict before those areas were built, and before Israel acquired the West Bank in the 1967 war. Arab opposition to Israel’s existence predated—indeed caused—that war. It even predated Israel’s birth in 1948, which is why the 1948-49 war occurred. Before World War I, when Britain ended the Turks’ 400-year ownership of Palestine, Arab anti-Zionists denied the right of Jews to a state anywhere in Palestine. Officials of Egypt (in 1979) and Jordan (in 1994) signed peace treaties with Israel, but anti-Zionist hostility remains strong. The Palestinian Authority signed the Oslo Accords in 1993 but continues to exhort its children in summer camps and schools to liberate all of Palestine through violence. Arab efforts to damage Israel have been persistent and various, including conventional war, boycotts, diplomatic isolation, terrorism, lower-intensity violence such as rock-throwing, and missile and rocket attacks. Israel’s defensive successes, however, have constrained Palestinian leaders to rely now chiefly on ideological war to de-legitimate the Jewish State. Highlighting the “occupied territories”—in U.N. resolutions, for example—implies moderation. It suggests an interest only in the lands Israel won in 1967. But the relatively “moderate” Palestinian Authority, in its official daily newspaper, Al-Hayat Al-Jadida, continually refers to Israeli cities as “occupied Haifa” or “occupied Jaffa,” for example. In other words, even pre-1967 Israel is “occupied territory” and all Israeli towns are “settlements.” When David Ben-Gurion declared Israel’s independence in 1948, he invoked the “historical connection of the Jewish people with Palestine,” as recognized in the Palestine Mandate approved in 1922 by the League of Nations. That connection applied to what’s now called the West Bank as it did to the rest of Palestine. Because no nation has exercised generally recognized sovereignty over the West Bank since the Turkish era, the mandate supports the legality of Jewish settlement there. That’s why attacking the settlements’ legality—as opposed to questioning whether they’re prudent—is so insidious. Arguing that it is illegal for Jews to live in the West Bank is tantamount to rejecting Israel’s right to have come into existence. Friday’s U.N. resolution is full of illogic and anti-Israel hostility. It says disputed issues should be “agreed by the parties through negotiations.” Among the key open issues is who should control the West Bank and East Jerusalem. Yet the resolution calls these areas “Palestinian territory.” So much for negotiations. The resolution says that Jewish West Bank and Jerusalem “settlements” have “no legal validity.” On the basis of a skewed legal analysis that ignored pre-1967 Jewish claims, President Jimmy Carter called the settlements illegal. Knowing that Mr. Carter’s conclusion was wrong and hostile to Israel, President Ronald Reagan repudiated it, and all U.S. administrations since were careful to avoid it. Until now. By reviving Mr. Carter’s legal attack on the settlements, President Obama breaks with good sense and decades of U.S. policy. The resolution exhorts all countries to distinguish between the territories on either side of the 1949 armistice lines. When Israel, before 1967, was confined within those lines, none of its Arab neighbors respected them as Israel’s legal borders. In each of the 1949 armistice agreements, at the Arab side’s insistence, there is language denying that the lines signify any party’s rights to any land. When the lines might have protected Israel, its neighbors, without U.N. protest, deprecated and violated them. Now that those armistice lines are long gone, the U.N. pretends that they are sacred. (…) The cause of peace is not served by Israel’s appearing vulnerable. Harmonious U.S.-Israel relations are the best hope for convincing Israel’s enemies that their costly efforts to destroy the Jewish state will be fruitless. They won’t compromise if they believe they have another option.  Douglas J. Feith
    If any doubts remained about Obama’s malignant narcissism, historical ignorance, and geopolitical cretinism, the lame-duck-in-chief dispelled them with his abstention at the Security Council vote on a resolution slandering Israeli “settlements” as the foremost obstacle to peace. (…) Israeli intelligence has demonstrated that this diplomatic drive-by was orchestrated by Obama himself. (…) On the one hand, such back-door machinations are par for the course in the corrupt U.N. (…) But Obama has no such utilitarian motives. He’s done with running for office. His reasons for betraying Israel comprise petty spite at Netanyahu for stoutly and publicly resisting Obama’s policies and actions that endanger his beleaguered country; and obeisance to left-wing historical fantasies about “colonialism,” the “two-state solution,” and Palestinian Arab “national aspirations.” In other words, the clichés one would expect from a badly educated university adjunct professor for whom left-wing bromides function as fashion statements and status assertion. History, of course, tells a different story. There is no “Palestinian” people or “homeland.” There are Arabs whose historical homeland is the Arabian Peninsula. Any Arab living elsewhere is the descendant of invaders, colonizers, occupiers, and immigrants. There are no “occupied territories” or “borders,” but rather contested territories which are bounded by the 1967 armistice line, and the disposition of which will be decided through a negotiated settlement. The “West Bank” is a euphemism for the historical Jewish districts of Judea and Samaria. Jerusalem is not an Arab city, but for three thousand years has been the capital of the Jewish people, who have inhabited it continuously. The “settlements” are not colonial outposts created at the expense of their rightful owners, but towns and cities in the ancient Jewish homeland, most of them on land purchased from Arab landowners happy to make a profit on such barren tracts. Nor is Israel an “illegitimate” country. Its existence is the result of international law as created by treaties, conferences, the League of Nations, and the U.N. resolution which established an Arab and a Jewish state, the latter comprising one-quarter of the territory mandated for Israel in the postwar settlement. Israel is as legitimate, and in fact even more legitimate, than the other states created in the region like Jordan, Lebanon, Syria, and Iraq, or the states like Hungary, Austria, the Kingdom of Serbs and Croats, and Czechoslovakia created after the dismemberment of the Austro-Hungarian Empire. Moreover, Israel has had to fight off three armed attacks against it on the part of Arab countries that disregarded the U.N. resolution, Article 39 of the U.N. Charter, and numerous international treaties. Instead they tried to win by force land given to the despised dhimmi Jews they had oppressed and dominated for over a thousand years. They tried and lost, and and in 1967 suffered the eternal wages of failed aggressors––loss of territory. Only in this case, the territory the Arabs lost was theirs only by dint of conquest, not legitimacy, and its loss was no different from the Muslim loss of Spain to the Reconquista, or from Greece’s liberation from the Ottomans in 1832. But the land won by the Israelis in the defensive war had been Jewish since the 13th century B.C.So why this bizarre animus against Israel on the part of the West, this disdain if not hatred of what one French minister called a “shitty little country”? Short-sighted American “realists” don’t believe that defending the region’s only liberal democracy and respecter of human rights is worth antagonizing countries comprising five of the top ten global oil producers. Equally short-sighted European realists, faced with unassimilated Muslim immigrants who hate the West, think they can buy some peace (and access to Middle Eastern labor and business opportunities) by appeasing the Arabs through bullying and slandering Israel.  Leftists hate Israel because they think it is a stooge of neo-colonialist America, an outpost of imperialism oppressing the “natives,” and like America it is a graphic repudiation of leftism’s utopian delusions. Sentimental Third-Worldism prefers the exotic, quaint “other of color” and their more “authentic and vibrant” cultures over a go-getting, brash, innovative people wildly succeeding by adopting the modern Western paradigm of political freedom and open markets. Juvenile idealizers of romantic revolutionary violence are turned on by the “freedom-fighters” and a “resistance” that use action to achieve their aims, even if that violence is indiscriminate terrorism against innocents. The global diplomatic establishment sees Israel as the impediment to some grand diplomatic triumph that will validate their magical thinking about the superiority of talk over action. And don’t forget that post-Holocaust anti-Semitism has found a respectable camouflage in hating the idea of Zionism while ignoring the near-century of terrorist violence and aggression directed at flesh-and-blood Jewish people. Whether cold calculations of interest or irrational ideological compulsions and prejudices, none of these reasons for demonizing Israel is founded on coherent principle, consistent standards of judgment, or even historical fact. The conflict is not about “settlements” or “check-points” or “national aspirations.” It’s about Islamic-sanctioned Jew hatred, and Arab humiliation and resentment of a handful of refugee Jews who developed lands bare of resources into a nation more militarily powerful and economically successful than their Arab neighbors. No “two-state solution” is going to change these ancient and deep-seated religious beliefs and psychological wounds. Bruce Thornton
    There is a fundamental difference between this and other anti-Israel resolution that previous administrations allowed to be passed. The United States has always opposed the settlements and never recognized Jerusalem as Israel’s capital. But while other resolutions unfairly criticized the Jewish state, none of them specifically labeled the Jewish presence in territory Israel took control of in the 1967 Six Day War as illegal. This is significant because it means that hundreds of thousands of Jews living in decades-old Jewish neighborhoods in the city of Jerusalem or in settlement blocs that even Obama has conceded would remain inside Israel in the event of a peace treaty are now international outlaws. It will also mean that Jews living in the disputed territories or Israeli officials may be hauled into the International Criminal Court. It will put air in the sails of an anti-Semitic BDS (boycott, divest, sanction) movement that had seemed to be losing ground in recent years. Now, for the first time, it can claim to have the backing of the UN. Nor was the resolution balanced as Obama’s apologists claim. While it condemned attacks on civilians and incitement to violence, it also did not specify that the Palestinian Authority was guilty of fomenting and financing terror even as it did not hesitate to indict the state of Israel on false charges of damaging peace.  Just as important, it removes any incentive for the Palestinian Authority to budge from its refusal to negotiate peace with Israel. In effect, Obama, who has claimed to be a champion of the peace process, has effectively killed it. By colluding with the Palestinians in this UN gambit, Obama has endorsed their end-run around direct negotiations sponsored by the United States and has ensured they won’t be revived, no matter how many times Netanyahu reiterates his offer of talks. (…) No previous American government made a point, as Obama has consistently done, of attacking Israel’s position in Jerusalem. Under the terms of this resolution, the Western Wall and other Jewish holy places in Jerusalem are considered to be Palestinian. This isn’t merely offensive to Jews. It’s a not so thinly veiled endorsement of the vicious Palestinian campaign at UNESCO and other UN bodies to deny Jewish history and religion by claiming Jerusalem’s holy places are exclusively Muslim. As Obama knew full well, the mischief that will ensue from Resolution 2334 will not be able to be undone by his successor. He took this vindictive act in full knowledge that it was the Palestinians who have turned down numerous offers of statehood. It may also be followed up in the days before January 20 with an even more damaging resolution that could recognize Palestinian statehood in the 1967 lines without forcing them to make peace with Israel first. Though Obama and his apologists may believe this is necessary to “save Israel from itself,” what he has done could actually finish the already remote hopes for peace for another generation. This betrayal won’t cause Israel to surrender its rights or its security and it may well encourage President-elect Trump to take actions to retaliate against the UN and the Palestinians in order to restore some balance. But whatever else happens, it cannot be denied is that on Jerusalem and on peace, Barack Obama has done more to damage the U.S.-Israel relationship that any president in the last 60 years. Jonathan Tobin
    La guerre contre l’islamisme sera longue, difficile et douloureuse. La France, la Russie et Israël sont donc des pays très différents. Français, Russes et Israéliens, nous l’avons vu, n’ont pas les mêmes logiciels mentaux. C’est pour cela, que tout n’est bien sûr pas transposable mais si des idées sont bonnes, il est normal que la France s’en inspire. Cependant, elle peut tout aussi bien avoir ses propres solutions ou adapter les recettes israéliennes ou russes à la spécificité française. D’abord, en aval, je pense qu’il aurait fallu, profitant de l’effroi et de l’émotion générale qui ont suivi les attentats de janvier et novembre 2015, « frapper vite et fort » et imposer des mesures d’exception comme De Gaulle l’avait fait contre l’OAS dans les années 1960. Ainsi, nous aurions pu fermer nos frontières, expulser les étrangers dangereux, fermer la centaine de mosquées salafistes (toujours ouvertes) et, comme en Russie, interdire ce mouvement comme celui des Frères musulmans (interdit aussi en Arabie saoudite) sur le territoire. Avec des mesures d’exception, les 15 000 Fiches S et tous les djihadistes français qui reviennent et reviendront du Moyen-Orient pourraient être neutralisés d’une manière ou d’une autre et une bonne fois pour toute. Ensuite, il faudra réaffirmer l’autorité de l’Etat et en finir avec le laxisme pénal et la victimisation des délinquants, par exemple en alourdissant les peines, en rabaissant la majorité pénale à 15 ans et en coupant toute aide sociale (effet très dissuasif) aux familles des candidats du djihad et des apprentis terroristes. L’état d’urgence et l’autorisation donnée aux policiers de porter leurs armes en dehors du service ont été de bonnes choses. Pour le coup, nous pourrions ici nous inspirer de l’exemple israélien en revoyant la législation française sur la légitime défense et les armes, notamment pour nos sociétés de sécurité privées, tout en développant notre réserve citoyenne et pourquoi pas restaurer un service national qui renforcera par là même occasion notre cohésion nationale. En amont, peut-être faudra-t-il, aussi et surtout, une sorte de nouveau concordat avec la création d’un véritable Islam de France patriote, sans influences extérieures et dont l’organisation pourrait alors s’inspirer de l’Islam de Russie… Par ailleurs, il sera nécessaire d’entreprendre une véritable révolution dans la formation professionnelle et l’éducation nationale dans le fond (arrêt des repentances et de l’autoflagellation historiques si néfastes pour toute cohésion nationale) comme dans la forme, afin de redonner un roman national aux futurs citoyens français. Enfin, à l’international, il faut abandonner notre « Irréalpolitik », revoir nos relations et nos dépendances commerciales avec les monarchies du Golfe et se rapprocher de la Russie. Ainsi, comme elle, nous définirons et adopterons expressément une politique ambitieuse, claire et cohérente en Méditerranée (notre frontière la plus importante) et au Moyen-Orient, basée non plus sur nos seuls profits commerciaux mais sur la défense de nos intérêts vitaux, une lutte impitoyable contre l’islam radical et politique (dans notre intérêt et celui des musulmans) et sur une concrète « ingérence de la coopération ou du co-développement ». Ceci, afin de répondre rapidement et sérieusement, et avant qu’il ne soit vraiment trop tard, aux immenses défis que sont la démographie explosive du Sud et bien sûr le terrorisme que nous venons d’évoquer. Mais pour cela, il nous faut de vrais hommes d’Etat et non des petits gestionnaires à courte vue… Thomas Hegghammer
    Lutter contre le terrorisme islamiste est difficile. Ses adeptes n’ont aucun frein moral, quand nous sommes entravés par des sentiments de culpabilité – aggravés par les « idiots utiles de l’islamisme », pour qui les violents sont des victimes. C’est pourquoi ce combat sera long et souvent décourageant. Mais ce n’est pas en chantant des chansons sur l’amour et en proclamant notre désir de paix que nous viendrons à bout de ceux qui ont juré la perte de tout ce qui fait notre désir de vivre. Avec de tels ennemis, il n’y a pas d’espace pour la négociation et le compromis, dans la mesure où leur but est notre soumission. Nous gagnerions à nous inspirer des pays qui ont été contraints de prendre de l’avance. Israël jouit d’un triste privilège : c’est généralement sur son sol qu’apparaissent les innovations en matière de terrorisme. Ainsi, les attaques à la voiture, ou au camion-bélier, telle que celle qui vient d’endeuiller Berlin, y ont été très fréquentes en 2015, un peu moins en 2016, alors qu’elles faisaient leur apparition chez nous, à l’occasion de la fête nationale. Si on en dénombre une cinquantaine en deux ans, elles ont fait moins de victimes que le seul attentat de la promenade des Anglais, à Nice. C’est qu’Israël a aussi une longueur d’avance sur les moyens de défendre sa population. Pendant longtemps, nos médias ont refusé tout parallèle entre les attentats perpétrés là-bas et ceux qui désormais et de plus en plus souvent, nous frappent ici. « Ça n’a rien à voir ! », me lançaient mes collègues, indignés, lorsque j’essayais d’attirer leur attention sur la similitude des moyens employés, comme sur leurs motivations. À présent, les mêmes feignent de déplorer une « israélisation » des politiques de sécurité en Europe occidentale. Le « modèle israélien » nous entraînerait ver le « tout-sécuritaire », au détriment des libertés individuelles et du respect de la vie privée. La lutte contre le terrorisme nous aveuglerait, nous empêchant de traiter « les causes du terrorisme ». S’agirait-il, dans notre cas, des « territoires occupés » du 93 ? (…) Malgré une situation géostratégique bien plus exposée que la nôtre, Israël compte, cette année, bien moins de victimes du terrorisme que l’Europe occidentale. Voilà qui devrait nous faire réfléchir. Brice Couturier
    Now reports have surfaced that, yet more appallingly, Britain was actually instrumental in getting 2334 passed by helping draft the resolution and then stiffening New Zealand’s resolve in proposing it. It has put itself firmly behind the attempt to exterminate the State of Israel under the cowardly cover of vacuous pieties about supporting two democratic states and opposing terrorism and incitement. It has done this by endorsing the inflammatory falsehoods and legal and historic fictions deployed by those whose purpose is to destroy the State of Israel. It has shredded the concept of diplomatic integrity by delegitimising Israel’s legal actions in defence of its survival while legitimising the manifestly false claim to the land by those who want Israel gone. It has put rocket fuel behind the discriminatory and bigoted BDS movement whose aim is to delegitimise Israel and bring about its destruction. By declaring that Israel’s borders should be established on terms demanded by its mortal enemies, the British government has backed coerced surrender to aggressors bent on Israel’s extermination. Through this vote, your government has shown its contempt for international law. It has helped tear up the treaty obligation under the Oslo Accords to decide through negotiation the borders of Israel and the status of Jerusalem. Despite the wilful misreading by the Foreign Office of the Geneva Conventions through flagrantly twisting and distorting the meaning of the word “transfer” in that context, Israel’s settlements are legal several times over. Under the 1922 Mandate for Palestine, the British administration was instructed to “facilitate… close settlement by Jews on the land, including state lands and waste lands not required for public purposes”. The land on which the international community thus gave the Jews the right to settle included what is now Israel, the disputed territories of Judea and Samaria, and Gaza. That legal right has never been abrogated. Israel has no borders, only ceasefire lines which marked the cessation of hostilities in 1947 after it defeated the Arab attempt to destroy it at its rebirth. It continues to have no borders because the war of extermination mounted against it by the Arabs has never ended. A country is entitled under international law to occupy land it seizes from a belligerent enemy and retain it as long as the belligerency continues. That was why Israel was entitled to retain land beyond the ceasefire lines seized in the 1967 Six-Day War. UN resolution 242 called for Israel’s withdrawal merely from “territories” seized at that time. It deliberately eschewed the definite article, which would have required withdrawal from all “the” territories, on the understanding that they would only be yielded up if the Arabs ended their aggression. That has never happened. To this day, these territories are used as a launching pad for the mass murder of Israelis. Worse even than ignoring these legal realities, your government has now struck at the very heart of Jewish identity. The essence of the strategy to delegitimise and destroy Israel is the attempt to airbrush the Jewish people out of their own history in the land – a history which gives them and them alone the right to live there. In voting for this resolution, your government has now endorsed that pernicious endeavour. The resolution refers to “occupied Palestinian territory including East Jerusalem.” There is no such thing as “Palestinian territory” and never was. First of all, the term “Palestinian” is itself bogus. Palestinian identity was an artificial creation invented solely to destroy the Jewish entitlement to their own homeland. (…) Arabs who lived in pre-Israel Palestine were either nomadic or considered themselves Syria or pan-Arab. As many Arabs have acknowledged over the years, there is no such thing as a “Palestinian”. (…) the land in dispute never belonged to the “Palestinians” nor indeed to any Arab state. Jordan illegally occupied Judea and Samaria, which it renamed the West Bank, between 1949 and 1967. That territory is in effect no-man’s land. And given the terms of the British mandate which have never been overturned, it is only Israel which has any legal, moral or historical right to settle its people there. Obscenely, resolution 2334 deems all these places and more that were ethically cleansed of their ancient Jewish populations to be “Palestinian territory” and that it is against international law for any Israeli to live there. Prime Minister, in supporting this resolution the British government has made itself party to the proposed racist ethnic cleansing once again of the Jews from their own ancient land. Worse yet, it has also struck at the very heart of Jewish religious identity. By stating that everything beyond the 1949 ceasefire lines is “occupied Palestinian territory” the resolution denies the Jewish claim to the Old City of Jerusalem and thus to Temple Mount, the holiest place in Judaism. (…) other countries have disputed borders and displaced populations: Cyprus, for example, or western Sahara. Yet it is only Israel that is singled out for condemnation in this way. (…) the Israeli settlements are not the impediment to a solution of the Arab-Israel impasse. The war against the Jewish homeland started decades before Israel took over these disputed territories. A state of Palestine cannot possibly be the solution because the “Palestinians” have been repeatedly offered it; their only answer has always been to launch yet more wars or terrorist campaigns against Israel. As the Arabs have repeatedly made clear, the sole purpose of a state of Palestine is to bring about the extermination of the Jewish homeland. The Arab-Israel impasse continues principally because Britain, Europe and America have consistently sanitised, rewarded and incentivised Arab aggression against Israel while punishing it for trying to defend its right to the land. Britain bears primary responsibility for this. In the thirties, it betrayed its Mandate obligations by reneging on its treaty obligation to settle the Jews in the land and instead rewarded genocidal Arab aggression by offering the Arabs part of the Jews’ own entitlement to the land. Voting for UNSC resolution 2334 merely continues that history of British infamy… Melanie Phillips
    Although administration officials have been reluctant to explain the precise reasoning behind their last-minute series of attacks on Israel, as near as I can tell it rests on three assumptions. The first, as Kerry outlined in his speech, is that a freeze on Israeli settlement growth makes it easier for Palestinian negotiators to make painful compromises at the negotiating table. It supposedly does this by easing Palestinian suspicions that Israel either won’t make major territorial concessions at the negotiating table, or won’t implement these concessions once made Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu put this assumption to the test in November 2009 when he imposed a 10-month moratorium on new housing construction (East Jerusalem excepted) at the urging of the Obama administration. What happened? Palestinian Authority President Mahmoud Abbas refused to return to talks until the very end of the moratorium and remained every bit as intransigent as before. The main impediment to Palestinian compromise is not Palestinian suspicion; it is the fundamental unwillingness of Palestinian leaders across the spectrum to accept the existence of a Jewish state alongside their own. What’s more, a strong case can be made that some settlement growth actually makes it easier for Palestinian moderates to build public support for compromise by underscoring that a continuation of the status quo is untenable and injurious to Palestinian national aspirations in the long run. The Obama administration’s second assumption is that pressure from the international community or from the United States will bring about this supposedly desirable settlement freeze. However, by collapsing the distinction between East Jerusalem and bustling Israeli towns just inside the West Bank — which no major Israeli political party will contemplate abandoning — and the remaining settlements, most of which Israelis are willing to give up, this policy does the opposite. (…) Finally, even if it were true that a settlement freeze would make it easier for Palestinian negotiators to trust Israel and that international pressure would increase the willingness of Israeli leaders to accept such a freeze, these effects would be far overshadowed by the problems created by branding Israeli claims outside the 1949 armistice line illegal and invalid. Since Palestinian leaders already have trouble justifying to their people the abandonment of territorial claims to Ma’ale Adumim, the Jewish quarter in Jerusalem, and so forth, they will have double the trouble now that the United States has endorsed these demands. What Palestinian leader can sign away territory to which Washington and the Security Council have declared Israelis have no legitimate claim? (…) The more interesting question, sure to be the focus of congressional hearings next year, is why the administration used its last few weeks to damage relations with Israel. Gregg Roman
    Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté le 23 décembre 2016 une résolution (UNSC 2334) déclarant illégales toutes les mesures en termes d’aménagement du territoire, d’urbanisme, de peuplement ou de développement économique prises par Israël dans les territoires dont il a pris le contrôle à l’issue de la guerre des Six Jours. Cette résolution, qui s’applique notamment à tous les quartiers de Jérusalem situés au-delà de la ligne de démarcation en vigueur jusqu’au 4 juin 1967 – « Jérusalem-Est », c’est à dire aux deux tiers de cette ville – a été adoptée par quatorze membres du Conseil de Sécurité sur quinze. Le quinzième membre du Conseil, les Etats-Unis, s’est abstenu. Quand des résolutions analogues avaient été présentées dans le passé, les Etats-Unis leur avaient opposé leur veto, ce qui annulait purement et simplement la démarche. Cette fois-ci, la résolution est valide. Il y a lieu de penser que l’administration Donald John Trump, qui succédera l’administration Barack Hussein Obama le 20 janvier 2017, prendra des mesures pour empêcher l’exécution de la résolution UNSC 2334 ou pour imposer son abrogation. Si tel est le cas, le moyen le plus simple d’y parvenir est de contester non seulement la pertinence ou la légalité de cette résolution – qui, entre autres choses, viole et vide de son sens une résolution antérieure sur laquelle elle prétend s’appuyer, la résolution UNSC 242 du 22 novembre 1967 – , ou le fonctionnement actuel de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de plus en plus aberrant au regard de sa Charte constitutive, mais bien la légalité de toute démarche contestant la légalité de la présence juive en Cisjordanie et à « Jérusalem-Est ». La résolution UNSC 2334, comme la plupart des autres déclarations ou résolutions de l’ONU ou d’autres instances internationales prétendant mettre fin à « l’occupation israélienne » en Cisjordanie et à « Jérusalem-Est » et défendre « les droits du peuple palestinien », affirme de manière axiomatique qu’Israël n’est en l’occurrence que l’occupant militaire de territoires qui lui sont étrangers et sur lesquels il ne détient aucun autre droit. Or cette affirmation est fausse. En effet, aux termes du droit international, la Cisjordanie et « Jérusalem-Est » appartiennent toujours, le 23 décembre 2016 à la Palestine, telle qu’elle a été créée par une déclaration des Grandes Puissances adoptée lors de la Conférence de San Remo, le 25 avril 1920, et par un mandat de la Société des Nations (SDN) adopté le 24 juillet 1922. Cette Palestine est explicitement décrite dans ces deux documents comme le Foyer National du peuple juif. Et l’Etat d’Israël en est depuis 1948 le seul successeur légal. Quelles qu’aient été alors les arrière-pensées stratégiques ou politiques des Britanniques, des autres Grandes Puissances et des membres de la Société des Nations (SDN), quels qu’ait été par la suite leur attitude, la création sous leur égide d’une Palestine/Foyer national juif, et donc, à terme, d’un Etat d’Israël, est pleinement valide selon le droit international public. Et donc irréversible. (…) Le texte même du Mandat ne laisse aucune ambiguïté sur la population en faveur de laquelle la tutelle est organisée en termes politiques et qui doit donc disposer, à terme, d’un Etat indépendant : il s’agit exclusivement du peuple juif (articles II, IV, VI, VII, XI, XXII, XXIII), même si les droits civils des autres populations ou communautés, arabophones pour la plupart, sont expressément garantis. Cette décision n’a rien d’arbitraire ou d’injuste, dans la mesure ou d’autres Mandats sont établis au même moment en faveur de populations arabes du Levant et de Mésopotamie, sur des territoires plus étendus. Mais même si elle était arbitraire ou injuste, ou si la population non-juive n’était pas consultée ni autorisée à faire valoir son droit à l’autodétermination, elle n’en serait pas moins parfaitement conforme au droit. (…)  Une fois la Palestine dotée d’une personnalité en droit international public et érigée en Foyer national juif, personne, ni la puissance tutélaire britannique, ni les Puissances en général, ni la SDN en particulier, ni l’ONU en tant qu’héritière et successeur de la SDN depuis 1945, ne peut la dépouiller de ces caractères. C’est une application du principe le plus ancien et le plus fondamental du droit international public : les traités lient absolument et irrévocablement les Etats qui les concluent, et ont priorité sur leurs lois internes. Ou pour reprendre l’adage latin : pacta sunt servanda (« Il est dans la nature des traités d’être intégralement exécutés »). C’est aussi la conséquence de l’article 80 de la Charte des Nations Unies, qui stipule que les dispositions concernant les pays sous tutelle internationale ne peuvent être modifiées. Seul le bénéficiaire du Mandat – le peuple juif – peut librement et volontairement renoncer à ce qui lui a été octroyé. (…) La plupart des Etats actuels de l’Europe centrale et balkanique ont été créés arbitrairement et non sans diverses injustices par le traité de Versailles de 1919, puis modifiés, non moins arbitrairement et en vertu d’une justice non moins relative, par les vainqueurs de 1945 ; la quasi-totalité des Etats actuels du Proche et du Moyen-Orient, d’Asie du Sud, d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et d’Océanie ont été façonnés arbitrairement et souvent de manière injuste par les puissances occidentales dans le cadre du système colonial qui a prévalu jusqu’aux années 1940-1970. Pour autant, l’existence de ces Etats et la permanence de ces frontières sont tenues pour intangibles. (…)  Le 29 novembre 1947, les instances représentatives juives acceptent un plan de partage de la Palestine occidentale en trois entités – Etat juif, Etat arabe et zone internationale provisoire (corpus separatus) de Jérusalem – élaboré par une commission de l’ONU, et ratifiée par l’Assemblée générale de cette organisation. Si les instances représentatives arabes de Palestine et les pays de la Ligue arabe avaient également donné leur accord, les droits des Juifs à l’ensemble d’un territoire de Palestine, tels qu’ils avaient été énoncés par les actes internationaux de 1920 et 1922, auraient été définitivement restreints au seul Etat juif ainsi défini et dans une moindre mesure à Jérusalem. Mais ni les instances arabes palestiniennes ni les pays de la Ligue arabe n’ont accepté le plan de l’ONU. Or le droit international public prévoit une telle situation : la nature d’un traité étant d’être exécuté, un traité qui ne l’est pas, par suite du retrait ou de la défaillance de l’une des parties concernées, est réputé nul et non avenu, et la situation juridique antérieure, statu quo ante, est reconduite. Comme le note dans un télégramme au Quai d’Orsay un diplomate français en poste à Jérusalem pendant la guerre de 1947-1948, les dispositions du Mandat de 1923 redeviennent donc « la loi du pays ». Elles « s’accomplissent » immédiatement en Israël, tant dans le territoire attribué aux Juifs par le plan de partage de 1947 que dans les secteurs conquis en 1948 sur ce qui aurait pu être constitué en Etat arabe ou en zone internationale de Jérusalem : puisque le nouvel Etat est établi au profit et dans l’intérêt du peuple juif, conformément au Mandat, notamment en matière d’immigration. Elles restent en vigueur, bien qu’ « inaccomplies » et suspendues sine die,  dans les zones qui passent sous le contrôle d’Etats arabes : la plus grande partie de la Cisjordanie et les secteurs nord, est et sud de Jérusalem, occupés par les Transjordaniens (qui prennent à cette occasion le nouveau nom de Jordaniens) ; et la bande de Gaza,  occupée par l’Egypte. (…) en l’absence de traité, l’Etat juif garde ses prérogatives. Ce que révèle brusquement la guerre des Six Jours qui, en 1967, lui livre les trois territoires contestés, ainsi le Golan syrien et le Sinaï égyptien : tout en se conformant, en pratique et pour l’essentiel, aux obligations d’une « puissance occupante »,  telles qu’elles sont définies par les conventions de Genève, les Israéliens rappellent qu’ils détiennent des droits éminents sur toute l’ancienne Palestine mandataire. Ils s’en autorisent pour réunifier Jérusalem sous leur autorité, mais aussi pour « implanter » des localités civiles israéliennes en Cisjordanie et à Gaza. Sous un régime de simple occupation militaire, cela pourrait constituer une violation de la IVe Convention de Genève. Compte tenu du statut juridique originel de la Palestine, c’est au contraire un acte légitime. (…) En apportant son soutien à la résolution UNSC 2334, le président Obama donne à son successeur, le président Trump, l’opportunité de redéfinir clairement la doctrine diplomatique américaine sur la Palestine. Et d’exiger sans détours le respect du droit. Michel Gurfinkiel

    Attention: une illégalité peut en cacher une autre !

    Alors que se confirment les rumeurs de coup monté  …

    Du véritable hold up diplomatique que vient de commettre, un mois à peine avant la fin de son dernier mandat, le président Obama …

    Visant, après les avoir islamisés via l’UNESCO, à déligitimer juridiquement les lieux les plus saints du peuple juif …

    Pendant qu’après l’avoir si longtemps critiquée, l’Europe découvre à son tour, sous le feu du terrorisme islamique et entre checkpoints, murs et éliminations ciblées, les joies de l’israélisation

    Remise des pendules à l’heure avec Michel Gurfinkiel …

    Montrant  sur la base des résolutions de la Conférence de San Remo du 25 avril 1920 et du mandat de la Société des Nations du 24 juillet 1922 …

    A l’instar de la plupart des Etats actuels de l’Europe centrale et balkanique comme des Etats actuels du Proche et du Moyen-Orient, d’Asie du Sud, d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et d’Océanie …

    Qu’en l’absence de traité du fait du refus arabe du plan de partage de 1947 ou d’après …

    La situation juridique antérieure, statu quo ante, est reconduite…

    A savoir celle d’un « nouvel Etat établi au profit et dans l’intérêt du peuple juif, conformément au Mandat, notamment en matière d’immigration » …

    Rendant de ce fait illégale, sans compter les constructions palestiniennes illégales dont personne ne parle, toute mesure tendant à réduire la présence juive sur la Cisjordanie et « Jérusalem-Est » …

    A celle d’un simple « occupant militaire de territoires qui lui sont étrangers et sur lesquels il ne détient aucun autre droit » …

    La Palestine, Israël et le droit international

    Toutes les démarches contestant la légalité de la présence israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem sont illégales. A commencer par la résolution 2334 du Conseil de Sécurité.

    Michel Gurfinkiel

    Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté le 23 décembre 2016 une résolution (UNSC 2334) déclarant illégales toutes les mesures en termes d’aménagement du territoire, d’urbanisme, de peuplement ou de développement économique prises par Israël dans les territoires dont il a pris le contrôle à l’issue de la guerre des Six Jours. Cette résolution, qui s’applique notamment à tous les quartiers de Jérusalem situés au-delà de la ligne de démarcation en vigueur jusqu’au 4 juin 1967 – « Jérusalem-Est », c’est à dire aux deux tiers de cette ville – a été adoptée par quatorze membres du Conseil de Sécurité sur quinze. Le quinzième membre du Conseil, les Etats-Unis, s’est abstenu. Quand des résolutions analogues avaient été présentées dans le passé, les Etats-Unis leur avaient opposé leur veto, ce qui annulait purement et simplement la démarche. Cette fois-ci, la résolution est valide.

    Il y a lieu de penser que l’administration Donald John Trump, qui succédera l’administration Barack Hussein Obama le 20 janvier 2017, prendra des mesures pour empêcher l’exécution de la résolution UNSC 2334 ou pour imposer son abrogation. Si tel est le cas, le moyen le plus simple d’y parvenir est de contester non seulement la pertinence ou la légalité de cette résolution – qui, entre autres choses, viole et vide de son sens une résolution antérieure sur laquelle elle prétend s’appuyer, la résolution UNSC 242 du 22 novembre 1967 – , ou le fonctionnement actuel de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de plus en plus aberrant au regard de sa Charte constitutive, mais bien la légalité de toute démarche contestant la légalité de la présence juive en Cisjordanie et à « Jérusalem-Est ».

    La résolution UNSC 2334, comme la plupart des autres déclarations ou résolutions de l’ONU ou d’autres instances internationales prétendant mettre fin à « l’occupation israélienne » en Cisjordanie et à « Jérusalem-Est » et défendre « les droits du peuple palestinien », affirme de manière axiomatique qu’Israël n’est en l’occurrence que l’occupant militaire de territoires qui lui sont étrangers et sur lesquels il ne détient aucun autre droit. Or cette affirmation est fausse.

    En effet, aux termes du droit international, la Cisjordanie et « Jérusalem-Est » appartiennent toujours, le 23 décembre 2016 à la Palestine, telle qu’elle a été créée par une déclaration des Grandes Puissances adoptée lors de la Conférence de San Remo, le 25 avril 1920, et par un mandat de la Société des Nations (SDN) adopté le 24 juillet 1922. Cette Palestine est explicitement décrite dans ces deux documents comme le Foyer National du peuple juif. Et l’Etat d’Israël en est depuis 1948 le seul successeur légal.

    Quelles qu’aient été alors les arrière-pensées stratégiques ou politiques des Britanniques, des autres Grandes Puissances et des membres de la Société des Nations (SDN), quels qu’ait été par la suite leur attitude, la création sous leur égide d’une Palestine/Foyer national juif, et donc, à terme, d’un Etat d’Israël, est pleinement valide selon le droit international public. Et donc irréversible.

    Cela tient à trois raisons. Tout d’abord, la Grande-Bretagne et les Puissances alliées exercent une autorité légitime et absolue sur la Palestine au moment où elles prennent ces décisions. Par droit de conquête, ce qui est alors suffisant en soi, et par traité, la Turquie ayant renoncé à ce territoire à trois reprises : un armistice signé en 1918, le traité de Sèvres de 1920, et enfin le traité de Lausanne de 1923, qui se substitue au précédent. Certes, le texte de Lausanne n’a été formellement signé qu’en juillet 1923, après la promulgation du Mandat ; mais le gouvernement turc a fait savoir dès 1922 qu’il ne contestait celui de Sèvres qu’à propos de l’Anatolie, et acceptait au contraire ses dispositions sur les autres territoires qui relevaient jusqu’en 1914 de l’Empire ottoman, à commencer par le Levant.

    Ensuite, la Puissance ou le groupe de Puissances qui contrôle légitimement un territoire en dispose à sa guise. Ce principe ne fait l’objet d’aucune restriction avant et pendant la Première Guerre mondiale. A partir du traité de Versailles, en 1919, son application est tempérée par un autre principe, l’autodétermination des populations. Mais il reste en vigueur pour l’essentiel : l’autodétermination étant tenue pour souhaitable a priori, mais ne revêtant jamais de caractère obligatoire, et pouvant même être refusée (ce sera le cas de l’Autriche germanophone, à laquelle le traité de Versailles interdit, dès 1919, de s’unir à l’Allemagne). La Grande-Bretagne, les Puissances alliées et la SDN sont donc juridiquement en mesure de créer n’importe quelle entité dans les territoires dont la Turquie s’est dessaisie et l’attribuer à n’importe quel seigneur ou groupe humain. Ce qu’elles font, en établissant  plusieurs Etats arabes (Syrie puis Liban, Irak, Transjordanie) et un Etat juif (la Palestine) ; en installant à la tête de certains de ces Etats des souverains (Fayçal en Irak, Abdallah en Transjordanie) ou en réservant d’autres, de manière implicite ou explicite, à une communauté ethnico-religieuse particulière (les chrétiens au Liban, les druzes et les alaouites dans certaines régions de la Syrie, les Juifs en Palestine) ; en renonçant à créer un Etat arménien en Anatolie orientale, ou un Etat kurde aux confins de l’Anatolie et de la Mésopotamie ; en contraignant de manière arbitraire plusieurs ethnies et communautés à vivre au sein d’un même Etat en Irak.

    Enfin, une Puissance ou un groupe de Puissances peut disposer d’un territoire de deux façons : en lui refusant toute personnalité propre, à travers une annexion ou un statut de dépendance complète ; ou en la lui accordant. Dans le premier cas, elle peut lui imposer successivement, et pour ainsi dire à l’infini, les statuts les plus divers. Dans le second, elle ne peut revenir sur le statut initialement accordé. Les territoires non-européens conquis par les Alliés de la Première Guerre mondiale entrent tous dans cette dernière catégorie : qu’il s’agisse des colonies et dépendances allemandes d’Afrique et du Pacifique ou des possessions levantines, mésopotamiennes et arabiques de l’Empire ottoman. Ils ont tous été érigés en « territoires mandataires », dotés d’une personnalité et ayant vocation à l’indépendance en fonction de leur « niveau de développement ».

    Un mandat est un instrument par lequel une personne (le mandant) en charge une autre (le mandataire) d’exécuter une action. Par extension, ce peut être également un instrument par lequel une personne majeure, tutrice légale d’une personne mineure, charge une autre personne majeure d’exécuter une action au profit de sa pupille. C’est exactement la situation que décrit la Charte de la SDN quand elle crée des « territoires mandataires » dans le cadre du traité de Versailles. L’article XXII de la Charte déclare : « Aux colonies et territoires qui, par suite de la guerre, ne sont plus sous la souveraineté des Etats qui les gouvernaient dans le passé et dont la population n’est pas encore capable de se gouverner elle-même, on appliquera le principe selon lequel le bien-être et le développement de ladite civilisation constitue une mission civilisatrice sacrée… La meilleure méthode pour accomplir cette mission sera de confier la tutelle de ces populations à des nations plus avancées… » Il distingue ensuite entre des territoires mandataires susceptibles d’accéder rapidement à une existence indépendante (qui seront qualifiés par la suite de « mandats de la classe A »), d’autres où celle-ci ne pourra être assurée que dans un avenir plus lointain (« classe B ») et quelques-uns, enfin, qui pour telle ou telle autre raison, notamment l’absence d’une population substantielle, pourront être administrés, en pratique, comme une partie intégrante du territoire de la puissance mandataire (« classe C »).

    La Palestine, comme tous les territoires précédemment ottomans, fait partie de la classe A. Le texte même du Mandat ne laisse aucune ambiguïté sur la population en faveur de laquelle la tutelle est organisée en termes politiques et qui doit donc disposer, à terme, d’un Etat indépendant : il s’agit exclusivement du peuple juif ((articles II, IV, VI, VII, XI, XXII, XXIII), même si les droits civils des autres populations ou communautés, arabophones pour la plupart, sont expressément garantis.

    Cette décision n’a rien d’arbitraire ou d’injuste, dans la mesure ou d’autres Mandats sont établis au même moment en faveur de populations arabes du Levant et de Mésopotamie, sur des territoires plus étendus. Mais même si elle était arbitraire ou injuste, ou si la population non-juive n’était pas consultée ni autorisée à faire valoir son droit à l’autodétermination, elle n’en serait pas moins parfaitement conforme au droit. Comme la Cour internationale de justice devait le réaffirmer sans cesse par la suite, notamment une cinquantaine d’années plus tard, en 1975, à propos du Sahara Occidental, dont l’Espagne entendait se dessaisir au profit du Maroc et de la Mauritanie, sans consulter la population locale : « La validité du principe d’autodétermination, définie comme la nécessité de prendre en considération la volonté librement exprimée des peuples, n’est nullement affectée par le fait que dans certains cas l’autorité internationale a dispensé d’organiser une telle consultation auprès des habitants d’un territoire donné. Ces décisions ont été fondées soit sur la considération que la population en question ne constituait pas ‘un peuple’ jouissant du droit à l’autodétermination, soit sur la conviction qu’une consultation n’était pas nécessaire compte tenu de certaines circonstances ».

    Une fois la Palestine dotée d’une personnalité en droit international public et érigée en Foyer national juif, personne, ni la puissance tutélaire britannique, ni les Puissances en général, ni la SDN en particulier, ni l’ONU en tant qu’héritière et successeur de la SDN depuis 1945, ne peut la dépouiller de ces caractères. C’est une application du principe le plus ancien et le plus fondamental du droit international public : les traités lient absolument et irrévocablement les Etats qui les concluent, et ont priorité sur leurs lois internes. Ou pour reprendre l’adage latin : pacta sunt servanda (« Il est dans la nature des traités d’être intégralement exécutés »). C’est aussi la conséquence de l’article 80 de la Charte des Nations Unies, qui stipule que les dispositions concernant les pays sous tutelle internationale ne peuvent être modifiées. Seul le bénéficiaire du Mandat – le peuple juif – peut librement et volontairement renoncer à ce qui lui a été octroyé.

    (Il convient de noter, accessoirement, que la légalité ontologique des traités et décisions souveraines créant des Etats ou fixant leurs frontières, en dehors de toute considération logique ou éthique, s’applique à toutes les entités de droit international. La plupart des Etats actuels de l’Europe centrale et balkanique ont été créés arbitrairement et non sans diverses injustices par le traité de Versailles de 1919, puis modifiés, non moins arbitrairement et en vertu d’une justice non moins relative, par les vainqueurs de 1945 ; la quasi-totalité des Etats actuels du Proche et du Moyen-Orient, d’Asie du Sud, d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et d’Océanie ont été façonnés arbitrairement et souvent de manière injuste par les puissances occidentales dans le cadre du système colonial qui a prévalu jusqu’aux années 1940-1970. Pour autant, l’existence de ces Etats et la permanence de ces frontières sont tenues pour intangibles.)

    De fait, la politique réellement menée par les Britanniques en Palestine dès 1923 et jusqu’en 1947 semble bien avoir eu pour objet d’amener les instances représentatives du peuple juif en général, à commencer par l’Organisation sioniste mondiale, et du peuple juif palestinien en particulier, à renoncer volontairement à leurs droits sur la Palestine. Et elle a été largement couronnée de succès : ces instances ayant accepté ou toléré successivement l’amputation de la Palestine orientale  ou transjordanienne, en 1923, les restrictions diverses apportées à l’immigration juive, des projets de « partition » de la Palestine occidentale, entre Méditerranée et Jourdain – Plan Peel de 1937, Plan Woodhead de 1938 -, l’indépendance de la Transjordanie en 1946. Sans l’inique Livre Blanc de 1939, qui ne prétendait plus aménager le Mandat avec le concours plus ou moins forcé et contraint des Juifs, mais l’abolir, les Juifs palestiniens n’auraient pas probablement engagé, dès 1939 pour les uns, à partir de 1945 pour les autres, une action politique et militaire en vue de la transformation de la Palestine mandataire en Etat juif souverain.

    Cette action politique et militaire amène la Grande-Bretagne à renoncer le 2 avril 1947 au mandat sur la Palestine. Le 29 novembre 1947, les instances représentatives juives acceptent un plan de partage de la Palestine occidentale en trois entités – Etat juif, Etat arabe et zone internationale provisoire (corpus separatus) de Jérusalem – élaboré par une commission de l’ONU, et ratifiée par l’Assemblée générale de cette organisation. Si les instances représentatives arabes de Palestine et les pays de la Ligue arabe avaient également donné leur accord, les droits des Juifs à l’ensemble d’un territoire de Palestine, tels qu’ils avaient été énoncés par les actes internationaux de 1920 et 1922, auraient été définitivement restreints au seul Etat juif ainsi défini et dans une moindre mesure à Jérusalem.

    Mais ni les instances arabes palestiniennes ni les pays de la Ligue arabe n’ont accepté le plan de l’ONU. Or le droit international public prévoit une telle situation : la nature d’un traité étant d’être exécuté, un traité qui ne l’est pas, par suite du retrait ou de la défaillance de l’une des parties concernées, est réputé nul et non avenu, et la situation juridique antérieure, statu quo ante, est reconduite. Comme le note dans un télégramme au Quai d’Orsay un diplomate français en poste à Jérusalem pendant la guerre de 1947-1948, les dispositions du Mandat de 1923 redeviennent donc « la loi du pays ». Elles « s’accomplissent » immédiatement en Israël, tant dans le territoire attribué aux Juifs par le plan de partage de 1947 que dans les secteurs conquis en 1948 sur ce qui aurait pu être constitué en Etat arabe ou en zone internationale de Jérusalem : puisque le nouvel Etat est établi au profit et dans l’intérêt du peuple juif, conformément au Mandat, notamment en matière d’immigration. Elles restent en vigueur, bien qu’ « inaccomplies » et suspendues sine die,  dans les zones qui passent sous le contrôle d’Etats arabes : la plus grande partie de la Cisjordanie et les secteurs nord, est et sud de Jérusalem, occupés par les Transjordaniens (qui prennent à cette occasion le nouveau nom de Jordaniens) ; et la bande de Gaza,  occupée par l’Egypte.

    (Il existe, sur ce point, une jurisprudence de la Cour internationale de justice (ICJ) : l’opinion, rendue en 1950, sur le Sud-Ouest Africain – la Namibie actuelle -, colonie allemande devenue mandat de catégorie C à l’issue de la Première Guerre mondiale, que l’Afrique du Sud entendait annexer. La Cour internationale avait estimé à cette occasion qu’un mandat de la SDN, sans acception de catégorie, ne pouvait être éteint que par la réalisation de son objet premier, quel qu’il soit, même si les conditions géopolitiques s’étaient modifiées.)

    En 1949, Israël signe des cessez-le-feu avec tous ses voisins. Ces accords doivent être  suivis de traités de paix. Mais le chef d’Etat arabe le plus disposé à une telle évolution, le roi Abdallah de Jordanie, est assassiné dès 1951. Ses successeurs – son fils Talal, puis le Conseil de Régence qui prend le pouvoir en 1952 – interrompent les négociations. En Egypte, le régime fascisant instauré par Gamal Abd-el-Nasser en 1953 rejette toute normalisation avec Israël. Les autres pays arabes se raidissent à leur tour. Ce n’est qu’en 1979, trente ans après les cessez-le-feu de Rhodes, dix ans après la mort de Nasser, et après plusieurs autres guerres majeures, qu’un premier traité de paix israélo-arabe sera enfin signé à Washington : entre Israël et l’Egypte. Un second traité, avec la Jordanie, sera signé en 1994, quarante-cinq ans après Rhodes.

    La logique de 1947 s’applique à 1949. Si des traités de paix avaient confirmé les cessez-le-feu, dès les années 1950, et transformé les lignes d’armistice (la « ligne verte ») en frontière internationale, les dispositions du Mandat de 1923, un moment ranimées du fait de la non-application du plan de partage, se seraient définitivement éteintes en Cisjordanie, dans le secteur de jordanien de Jérusalem, et à Gaza ; Israël n’aurait pu exercer par la suite la moindre revendication sur ces territoires. Mais en l’absence de traité, l’Etat juif garde ses prérogatives. Ce que révèle brusquement la guerre des Six Jours qui, en 1967, lui livre les trois territoires contestés, ainsi le Golan syrien et le Sinaï égyptien : tout en se conformant, en pratique et pour l’essentiel, aux obligations d’une « puissance occupante »,  telles qu’elles sont définies par les conventions de Genève, les Israéliens rappellent qu’ils détiennent des droits éminents sur toute l’ancienne Palestine mandataire. Ils s’en autorisent pour réunifier Jérusalem sous leur autorité, mais aussi pour « implanter » des localités civiles israéliennes en Cisjordanie et à Gaza. Sous un régime de simple occupation militaire, cela pourrait constituer une violation de la IVe Convention de Genève. Compte tenu du statut juridique originel de la Palestine, c’est au contraire un acte légitime. Même s’il peut être considéré, politiquement ou géopolitiquement, pour inopportun.

    De nombreux juristes de premier plan souscrivent à cette analyse : notamment l’Américain Eugene Rostow, ancien doyen de la faculté de droit de Yale, et ancien sous-secrétaire d’Etat sous l’administration Johnson, et l’Australien Julius Stone, l’un des plus grands experts en droit international du XXe siècle. Cela amène les pays où le droit en soi joue un rôle dans le débat politique, notamment les Etats-Unis, à reconnaître explicitement les droits éminents du peuple juf sur l’ancienne Palestine mandataire – le Congrès américain votera en 1995, sous l’administration Clinton, une loi enjoignant l’installation de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem – , ou du moins réserver leur opinion, en parlant de« territoires contestés » (disputed areas) plutôt que de « territoires occupés » (occupied areas). Cela empêche, par ailleurs, le vote d’éventuelles sanctions contre Israël, dans des organisations internationales où les ennemis de l’Etat juif – pays arabes ou musulmans, Etats communistes jusqu’au début des années 1990, et pays dits « non-alignés » – disposent pourtant de « majorités automatiques ».

    Pour autant, les Israéliens ont longtemps hésité à faire de leurs droits éminents le cœur de leur argumentation diplomatique sur la question des territoires conquis en 1967.

    Leur principale motivation, à cet égard, a longtemps relevé de la politique intérieure. Cette question a servi jusqu’aux accords d’Oslo de 1993, voire même jusqu’au retrait de Gaza en 2005, de démarcation symbolique entre une droite populiste ou religieuse, décidée à les conserver, et une gauche élitiste et laïque, prête à les céder en échange de la paix : si bien que les hommes politiques,  diplomates et juristes de gauche ou du centre-gauche ont redouté, en insistant sur la notion de droits éminents, de faire le jeu de leurs adversaires de droite ou du centre-droit.

    Une seconde motivation était d’ordre technique : les Israéliens ont jugé plus simple d’exciper,  pour l’ancien secteur jordanien de Jérusalem, de la Cisjordanie et de Gaza, d’un statut de territoire au statut indéterminé. En effet, l’annexion des deux premiers territoires à la Jordanie n’a jamais été reconnue en droit international entre 1949 et 1967 ; et le troisième territoire, Gaza, a été placée pendant la même période sous une simple administration égyptienne. Mais en fait cette doctrine subsidiaire renvoie implicitement aux droits éminents, Israël faisant valoir sur ces territoires, outre son droit incontestable d’ « occupant belligérant » à la suite de la guerre de 1967, des « droits antérieurs » sur l’ensemble de la Palestine mandataire.

    En janvier 2012, le gouvernement israélien a demandé à une commission spéciale d’examiner le statut juridique de la Cisjordanie et des localités juives qui y ont été créées depuis le cessez-le-feu de 1967. Connue sous le nom de Commission Lévy du nom de son président, Edmund Lévy, ancien juge à la Cour suprême d’Israël, celle-ci a retenu explicitement, dans un rapport daté du 21 juin 2012 et rendu public le 9 juillet de la même année, la doctrine des droits éminents de l’Etat hébreu sur la Cisjordanie, et donc de la légalité absolue de ses localités juives. Le document a été ensuite examiné et approuvé par le Bureau du Conseiller juridique du Gouvernement, un organisme comparable, par ses attributions et son autorité, au Conseil d’Etat français.

    En apportant son soutien à la résolution UNSC 2334, le président Obama donne à son successeur, le président Trump, l’opportunité de redéfinir clairement la doctrine diplomatique américaine sur la Palestine. Et d’exiger sans détours le respect du droit.

    Annexe :

    Le Statut des Territoires de Judée et de Samarie (ou Cisjordanie) selon le droit international

    (Rapport de la Commission Lévy, 21 juin 2012)

    The Status of the Territories

    of Judea and Samaria

    according to International Law

    (As defined by the Levy Commission Report, 21 June 2012)

    In light of the different approaches in regard to the status of the State of Israel and its activities in Judea and Samaria, any examination of the issue of land and settlement thereon requires, first and foremost, clarification of the issue of the status of the territory according to international law.

    Some take the view that the answer to the issue of settlements is a simple one inasmuch as it is prohibited according to international law. That is the view of Peace Now (see the letter from Hagit Ofran from 2 April 2010); B’tselem (see the letter from its Executive Director Jessica Montell from 29 March 2012, and its pamphlet Land Grab: Israel’s Settlement Policy in the West Bank, published May 2002); Yesh Din and the Association for Civil Rights in Israel (ACRI) (see the letter from Attorney Tamar Feldman from 19 April 2012); and Adalah (see the letter from attorney Fatma Alaju from 12 June 2012).

    The approach taken by these organizations is a reflection of the position taken by the Palestinian leadership and some in the international community, who view Israel’s status as that of a “military occupier,” and the settlement endeavor as an entirely illegal phenomenon. This approach denies any Israeli or Jewish right to these territories. To sum up, they claim that the territories of Judea and Samaria are “occupied territory” as defined by international law in that they were captured from the Kingdom of Jordan in 1967. Consequently, according to this approach, the provisions of international law regarding the matter of occupation apply to Israel as a military occupier, i.e. Regulations concerning the Laws and Customs of War on Land. The Hague, 18 October 1907,1 which govern the relationship between the occupier the occupied territory, and the Fourth Geneva Convention Relative to the Protection of Civilian Persons in Time of War. Geneva, 12 August (1949).2

    According to the Hague Regulations, the occupying power, while concerning himself with the occupier’s security needs, is required to care for the needs of the civilian population until the occupation is terminated. According to these regulations, it is forbidden in principle to seize personal property, although the occupying power has the right to enjoy all the advantages derivable from the use of the property of the occupied state, and public property that is not privately owned without changing its fixed nature. Moreover, according to this approach, Article 49 of the Fourth Geneva Convention prohibits the transfer of parts of the occupying power’s own civilian population into the territory it occupies.3Accordingly, in their view, the establishment of settlements carried out by Israel is in violation of this article, even without addressing the type or status of the land upon which they are built.

    In this context, we were presented with an approach by some of the abovementioned organizations, whereby they do not accept the premise that the lands that do not constitute personal property are state lands. It was claimed that in the absence of orderly registration of most of the land in Judea and Samaria, and precise registration of the rights of the local inhabitants, it is reasonable to assume that the local population is entitled to benefit from land that is neither defined nor registered as privately owned land. From this it follows that the use of land for the purpose of the establishment of Israeli settlements impinges on the rights of the local population, which is a protected population according to the Convention, and Israel, as an occupying power, is obliged to safeguard these rights and not deny them by exploiting the land for the benefit of its own population.4

    If this legal approach were correct, we would, in accordance with our Terms of reference, be required to terminate the work of this Committee, since in such circumstances, we could not recommend regularizing the status of the settlements. On the contrary, we would be required to recommend that the proper authorities remove them.

    However, we were also presented with another legal position, inter alia by the Regavim movement (Attorneys Bezalel Smotritz and Amit Fisher) and by the Benjamin Regional Council (the expert legal opinion of Attorneys Daniel Reisner and Harel Arnon). They are of the view that Israel is not an “Occupying Power” as determined by international law inter alia because the territories of Judea and Samaria were never a legitimate part of any Arab state, including the kingdom of Jordan. Consequently, those conventions dealing with the administration of occupied territory and an occupied populations are not applicable to Israel’s presence in Judea and Samaria.

    According to this approach, even if the Geneva Convention applied, Article 49 was never intended to apply to the circumstances of Israel’s settlements. Article 49 was drafted by the Allies after World War II to prevent the forcible transfer of an occupied population, as was carried out by Nazi Germany, which forcibly transferred people from Germany to Poland, Hungary and Czechoslovakia with the aim of changing the demographic and cultural makeup of the population. These circumstances do not exist in the case of Israel’s settlement. Other than the fundamental commitment that applies universally by virtue of international humanitarian norms to respect individual personal property rights and uphold the law that applied in the territory prior to the IDF entering it, there is no fundamental restriction to Israel’s right to utilize the land and allow its citizens to settle there, as long as the property rights of the local inhabitants are not harmed and as long as no decision to the contrary is made by the government of Israel in the context of regional peace negotiations.

    Is Israel’s status that of a “military occupier” with all that this implies in accordance with international law? In our view, the answer to this question is no.

    After having considered all the approaches placed before us, the most reasonable interpretation of those provisions of international law appears to be that the accepted term “occupier” with its attending obligations, is intended to apply to brief periods of the occupation of the territory of a sovereign state pending termination of the conflict between the parties and the return of the territory or any other agreed upon arrangement. However, Israel’s presence in Judea and Samaria is fundamentally different: Its control of the territory spans decades and no one can foresee when or if it will end; the territory was captured from a state (the kingdom of Jordan), whose sovereignty over the territory had never been legally and definitively affirmed, and has since renounced its claim of sovereignty; the State of Israel has a claim to sovereign right over the territory.

    As for Article 49 of the Fourth Geneva Convention, many have offered interpretations, and the predominant view appears to be that that article was indeed intended to address the harsh reality dictated by certain countries during World War II when portions of their populations were forcibly deported and transferred into the territories they seized, a process that was accompanied by a substantial worsening of the status of the occupied population (see HCJ 785/87 Affo et al. v. Commander of IDF Forces in the West Bank et al. IsrSC 42(2) 1; and the article by Alan Baker: “The Settlements Issue: Distorting the Geneva Conventions and Oslo Accords, from January 2011.5)

    This interpretation is supported by several sources: The authoritative interpretation of the International Committee of the Red Cross (IRCC), the body entrusted with the implementation of the Fourth Geneva Convention,6 in which the purpose of Article 49 is stated as follows:

    “It is intended to prevent a practice adopted during the Second World War by certain Powers, which transferred portions of their own population to occupied territory for political and racial reasons or in order, as they claimed, to colonize those territories. Such transfers worsened the economic situation of the native population and endangered their separate existence as a race.”

    Legal scholars Prof. Eugene Rostow, Dean of Yale Law School in the US, and Prof. Julius Stone have acknowledged that Article 49 was intended to prevent the inhumane atrocities carried out by the Nazis, e.g. the massive transfer of people into conquered territory for the purpose of extermination, slave labor or colonization:7 8

    “The Convention prohibits many of the inhumane practices of the Nazis and the Soviet Union during and before the Second World War – the mass transfer of people into and out of occupied territories for purposes of extermination, slave labor or colonization, for example….The Jewish settlers in the West Bank are most emphatically volunteers. They have not been “deported” or “transferred” to the area by the Government of Israel, and their movement involves none of the atrocious purposes or harmful effects on the existing population it is the goal of the Geneva Convention to prevent.” (Rostow)

    “Irony would…be pushed to the absurdity of claiming that Article 49(6) designed to prevent repetition of Nazi-type genocidal policies of rendering Nazi metropolitan territories judenrein, has now come to mean that…the West Bank…must be made judenrein and must be so maintained, if necessary by the use of force by the government of Israel against its own inhabitants. Common sense as well as correct historical and functional context excludes so tyrannical a reading of Article 49(6.).” (Julius Stone)

    We are not convinced that an analogy may be drawn between this legal provision and those who sought to settle in Judea and Samaria, who were neither forcibly “deported” nor “transferred,” but who rather chose to live there based on their ideology of settling the Land of Israel.

    We have not lost sight of the views of those who believe that the Fourth Geneva Convention should be interpreted so as also to prohibit the occupying state from encouraging or supporting the transfer of parts of its population to the occupied territory, even if it did not initiate it.9 However, even if this interpretation is correct, we would not alter our conclusions that Article 49 of the Fourth Geneva Convention does not apply to Jewish settlement in Judea and Samaria in view of the status of the territory according to international law. On this matter, we offer a brief historical review.

    On 2 November 1917 –17 Heshvan 5678, Lord James Balfour, the British Foreign Secretary, published a declaration saying that:

     “His Majesty’s Government view with favor the establishment in Palestine of a national home for the Jewish people, and will use their best endeavors to facilitate the achievement of this object, it being clearly understood that nothing shall be done which may prejudice the civil and religious rights of existing non-Jewish communities in Palestine, or the rights and political status enjoyed by Jews in any other country.10 ’’

    In this declaration, Britain acknowledged the rights of the Jewish people in the Land of Israel and expressed its willingness to promote a process that would ultimately lead to the establishment of a national home for it in this part of the world. This declaration reappeared in a different form, in the resolution of the Peace Conference in San Remo, Italy, which laid the foundations for the British Mandate over the Land of Israel and recognized the historical bond between the Jewish people and Palestine (see the preamble):

    “The principal Allied powers have also agreed that the Mandatory should be responsible for putting into effect the declaration originally made on November 2nd, 1917, by the Government of His Britannic Majesty, and adopted by the said powers, in favor of the establishment in Palestine of a national home for the Jewish people, it being clearly understood that nothing should be done which might prejudice the civil and religious rights of existing non-Jewish communities in Palestine, or the rights and political status enjoyed by Jews in any other country. […] Recognition has thereby been given to the historical connection of the Jewish people with Palestine and to the grounds for reconstituting their national home in that country.”11

    It should be noted here that the mandatory instrument (like the Balfour Declaration) noted only that “the civil and religious rights” of the inhabitants of Palestine should be protected, and no mention was made of the realization of the national rights of the Arab nation. As for the practical implementation of this declaration, Article 2 of the Mandatory Instrument states:12

    “The Mandatory shall be responsible for placing the country under such political, administrative and economic conditions as will secure the establishment of the Jewish national home, as laid down in the preamble, and the development of self-governing institutions, and also for safeguarding the civil and religious rights of all the inhabitants of Palestine, irrespective of race and religion.”

    And Article 6 of the Palestine Mandate states:

    “The Administration of Palestine, while ensuring that the rights and position of other sections of the population are not prejudiced, shall facilitate Jewish immigration under suitable conditions and shall encourage, in co-operation with the Jewish agency referred to in Article 4, close settlement by Jews on the land, including State lands and waste lands not required for public purposes.”

    In August 1922 the League of Nations approved the mandate given to Britain, thereby recognizing, as a norm enshrined in international law, the right of the Jewish people to determine its home in the Land of Israel, its historic homeland, and establish its state therein.

    To complete the picture, we would add that upon the establishment of the United Nations in 1945, Article 80 of its Charter determined the principle of recognition of the continued validity of existing rights of states and nations acquired pursuant to various mandates, including of course the right of the Jews to settle in the Land of Israel, as specified in the abovementioned documents:

    ‘Except as may be agreed upon in individual trusteeship agreements […] nothing in this Chapter shall be construed in or of itself to alter in any manner the rights whatsoever of any states or any peoples or the terms of existing international instruments to which Members of the United Nations may respectively be parties” (Article 80, Paragraph 1, UN Charter).

    In November 1947, the United Nations General Assembly adopted the recommendations of the committee it had established regarding the partition of the Land of Israel west of the Jordan into two states.13 However, this plan was never carried out and accordingly did not secure a foothold in international law after the Arab states rejected it and launched a war to prevent both its implementation and the establishment of a Jewish state. The results of that war determined the political reality that followed: The Jewish state was established within the territory that was acquired in the war. On the other hand, the Arab state was not formed, and Egypt and Jordan controlled the territories they captured (Gaza, Judea and Samaria). Later,

    the Arab countries, which refused to accept the outcome of the war, insisted that the Armistice Agreement include a declaration that under no circumstances should the armistice demarcation lines be regarded as a political or territorial border.14 Despite this, in April 1950, Jordan annexed the territories of Judea and Samaria,15 unlike Egypt, which did not demand sovereignty over the Gaza Strip. However, Jordan’s annexation did not attain legal standing and was opposed even by the majority of Arab countries, until in 1988, Jordan declared that it no longer considered itself as having any status over that area (on this matter see Supreme Court President Landau’s remarks in HCJ 61/80 Haetzni v. State of Israel, IsrSC 34(3) 595, 597; HCJ 69/81 Bassil Abu Aita et al. v. The Regional Commander of Judea and Samaria et al., IsrSC 37(2) 197, 227).

    This restored the legal status of the territory to its original status, i.e. territory designated to serve as the national home of the Jewish people, which retained its “right of possession” during the period of the Jordanian control, but was absent from the area for a number of years due to the war that was forced on it, but has since returned.

    Alongside its international commitment to administer the territory and care for the rights of the local population and public order, Israel has had every right to claim sovereignty over these territories, as maintained by all Israeli governments. Despite this, they opted not to annex the territory, but rather to adopt a pragmatic approach in order to enable peace negotiations with the representatives of the Palestinian people and the Arab states. Thus, Israel has never viewed itself as an occupying power in the classic sense of the term, and subsequently, has never taken upon itself to apply the Fourth Geneva Convention to the territories of Judea, Samaria and Gaza. At this point, it should be noted that the government of Israel did indeed ratify the Convention in 1951, although it was never made part of Israeli law by way of Knesset legislation (on this matter, see CrimA 131/67 Kamiar v. State of Israel, 22 (2) IsrSC 85, 97; HCJ 393/82 Jam’iat Iscan Al-Ma’almoun v. Commander of the IDF Forces in the Area of Judea and Samaria, IsrSC 37(4) 785).

    Israel voluntarily chose to uphold the humanitarian provisions of the Convention (HCJ 337/71, Christian Society for the Holy Places v. Minister of Defense, IsrSC 26(1) 574; HCJ 256/72, Electricity Company for Jerusalem District v. Minister of Defense et al., IsrSC 27(1) 124; HCJ 698/80 Kawasme et al. v. The Minister of Defense et al., IsrSC 35(1) 617; HCJ 1661/05 Hof Aza. Regional Council et al. v. Knesset of Israel et al., IsrSC 59(2) 481).

    As a result, Israel pursued a policy that allowed Israelis to voluntarily establish their residence in the territory in accordance with the rules determined by the Israeli government and under the supervision of the Israeli legal system, subject to the fact that their continued presence would be subject to the outcome of the diplomatic negotiations.

    In view of the above, we have no doubt that from the perspective of international law, the establishment of Jewish settlements in Judea and Samaria is not illegal.

    1. 1  Convention (IV) respecting the Laws and Customs of War on Land and its annex: Regulations concerning the Laws and Customs of War on Land. The Hague, 18 October 1907.
    2. 2  http://www.icrc.org/ihl.nsf/INTRO/380
    3. 3  Individual or mass forcible transfers, as well as deportations of protected persons from occupied territory to the territory of the Occupying Power or to that of any other country, occupied or not, are prohibited, regardless of their motive. Nevertheless, the Occupying Power may undertake total or partial evacuation of a given area if the security of the population or imperative military reasons does demand. Such evacuations may not involve the displacement of protected persons outside the bounds of the occupied territory except when for material reasons it is impossible to avoid such displacement. Persons thus evacuated shall be transferred back to their homes as soon as hostilities in the area in question have ceased. The Occupying Power undertaking such transfers or evacuations shall ensure, to the greatest practicable extent, that proper accommodation is provided to receive the protected persons, that the removals are effected in satisfactory conditions of hygiene, health, safety and nutrition, and that members of the same family are not separated. The Protecting Power shall be informed of any transfers and evacuations as soon as they have taken place. The Occupying Power shall not detain protected persons in an area particularly exposed to the dangers of war unless the security of the population or imperative military reasons so demands. The Occupying Power shall not deport or transfer parts of its own civilian population into the territory it occupies.
    4. 4 The position of Peace Now. See also B’tselem: Under the Guise Of Legality: Israel’s Declarations of State Land in the West Bank, February 2012.
    5. 5 http://jcpa.org/article/the-settlements-issue-distorting-the-geneva-convention-and-the-oslo-accords/
    6. 6 ICRC Commentary to the Fourth Geneva Convention, edited by Jean S. Pictet ,(1958) at pages 3-9.
    7. 7  American Journal of International Law, Vol. 84, 1990, p. 719.
    8. 8  Phillips, « The Illegal Settlements Myth, » Commentary, 2010.
    9. 9  On this matter, see Alan Baker’s article noted above in note 5, regarding the addition of the words “directly or indirectly” to Article 8 of the Rome Statute of the International Criminal Court.. 10
    10. 10http://www.mfa.gov.il/MFA/Peace+Process/Guide+to+the+Peace+Process/The+Balfour+Declaration. htm
    11. 11 http://www.cfr.org/israel/san-remo-resolution/p15248 Link doesn’t work 12
    12. 12http://www.mfa.gov.il/MFA/Peace+Process/Guide+to+the+Peace+Process/The+Balfour+Declaration.
    13. 14 According to Article II (2) of the armistice agreement with Jordan: “…no provision of this Agreement shall in any way prejudice the rights ,claims and positions of either Party hereto in the ultimate peaceful settlement of the Palestine question, the provisions of this Agreement being dictated exclusively by military considerations. According to Article IV(9) of the agreement: The Armistice Demarcation Lines defined in articles V and VI of this Agreement are agreed upon by the Parties without prejudice to future territorial settlements or boundary lines or to claims of either Party relating thereto.
    14. 15 http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/arabs/jordanresolution.html

     Voir aussi:

    L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis l’affirme : les États-Unis étaient derrière l’attaque concertée contre Israël au Conseil de Sécurité. Qui a donné la résolution 2334, résolution inepte traçant des frontières sur les lignes d’armistice de 1949, faisant du Mur des Lamentations et du quartier juif de la Vielle Ville de Jérusalem des lieux « palestiniens ». Le gouvernement israélien en apportera les preuves à l’administration Trump mais un site égyptien publie les détails d’une rencontre au plus haut niveau au Département d’État avec une délégation de l’OLP. Joe Biden ayant, pour sa part, fait pression sur l’Ukraine pour obtenir son vote…

    Israël a les preuves de la trahison d’Obama

    Ron Dermer, ambassadeur d’Israël aux États-Unis l’a affirmé à maintes reprises depuis le vote de la résolution 2334 du Conseil de Sécurité qui, de fait, entend tracer des frontières entre Israël et les Palestiniens sur les lignes d’armistice de 1949 – souvent appelées lignes de 1967 – faisant du Kotel et du quartier juif de la Vielle Ville de Jérusalem des lieux palestiniens : Barak Obama et John Kerry sont derrière l’élaboration de cette résolution et son vote par quatorze membres du Conseil sur quinze et l’abstention américaine, au lieu du veto traditionnel.

    On a un exemple de ce qu’explique le représentant israélien dans cette interview sur CNN, un média de gauche, pro-Obama et qui a défendu Hillary Clinton lors de la campagne électorale pour la présidence des États-Unis qui vient de s’achever.

    Le gouvernement Netanyahu a les preuves de ce qu’il avance mais ne les donnera qu’à l’Administration Trump qui entre en fonctions le 20 janvier prochain.

    Révélations d’un site égyptien

    Toutefois, un site égyptien vient de publier un compte-rendu très détaillé de rencontres à Washington entre le Secrétaire d’État John Kerry, Susan Rice, conseillère à la la Sécurité nationale, Samantha Power, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies et une délégation de l’OLP conduite par Saeb Erekat, négociateur palestinien à vie, avec Ryad Mansour, observateur palestinien aux Nations unies et d’autres officiels palestiniens comme le directeur des renseignements et le chef de cabinet de Abbas et son conseiller aux affaires stratégiques. Rencontres ayant eu lieu, selon ce site, entre les 12 et 15 décembre 2016, soit quelques jours avant le vote du 23. Le directeur de la CIA a assisté à des rencontres, ainsi que d’autres responsables américains.

    Erekat a présenté des revendications, financières, réclamant plus d’argent, politiques, en demandant l’abrogation d’une loi de 1987 plaçant l’OLP sur une liste d’organisations terroristes, la création d’un comité mixte américano-palestinien pour des questions économiques, commerciales, d’enseignement, de santé, culture, etc.
    Des lauriers ont été dressés pour Mahmoud Abbas et les partenaires américains ont conseillé aux Palestiniens de ne pas dissoudre l’Autorité palestinienne, d’arrêter toute opération suicide, de ne pas s’adresser à la Cour pénale internationale et les ont mis en garde contre l’Administration Trump…

    Un site repris dans les médias israéliens mais sans que ces éléments aient été confirmés actuellement bien qu’il soit fait état de fuites provenant de milieux arabes. Pourtant le site publie aussi une déclaration commune du « Dialogue américano-palestinien », en anglais, faisant état d’une rencontre le 12 décembre 2016 à Washington. On retrouve cette même déclaration sur le site du Département d’État qui confirme la présence d’Erekat et des rencontres.

    On y lit avec stupeur que « les deux délégations condamnent vigoureusement le terrorisme »…Stupeur quand on sait que l’Autorité palestinienne incite quotidiennement à la violence anti-israélienne ou qu’au lendemain de l’adoption de cette résolution le Fatah enjoignait de tuer des Juifs…...

    Il y est aussi question d’une nécessaire « fin de l’occupation qui a commencé en 1967 », ce qui est au cœur de la résolution du Conseil de Sécurité, ainsi que de projets communs et de la nécessité de poursuivre ce dialogue politique en 2017….

    Pressions de Joe Biden sur l’Ukraine avant le vote

    Par ailleurs, concernant le vote de l’Ukraine en faveur de la résolution, une déceptions de taille ayant abouti à l’annulation par le Premier ministre israélien de la visite imminente de son homologue en Israël, on apprend que c’est le vice-Président américain qui a appelé le Président ukrainien pour faire pression sur lui, le convaincre de ne pas s’abstenir et de voter en faveur de la résolution. Ce que nie Joe Biden, bien que le bureau du Président Poroshenko confirme qu’il a bien appelé, sans vouloir confirmer s’ils ont parlé d’Israël ou pas=.

    Déclaration de John Kerry le 28 décembre

    Le 28 décembre au matin depuis le Département d’État John Kerry doit faire « des remarques sur la paix au Moyen-Orient…et donner sa vision globale sur la manière dont il croit que le conflit peut être résolu au Moyen-Orient… ». À noter qu’il ne parle apparemment ni de la Syrie, ni de l’Irak, où la situation est dramatique, les morts et déplacés se comptant par milliers, mais d’Israël et des Palestiniens. Certains craignent un nouveau coup porté à l’État hébreu… À moins que le Secrétaire d’État n’attende la conférence organisée à Paris le 15 janvier 2017 par une France qui a voté cette résolution aberrante, comme les résolutions tout aussi inacceptables à l’UNESCO, niant tout lien entre le peuple juif et Jérusalem…

    Mise à jour le 28 décembre 2016

    John Kerry a bien rencontré Saeb Erekat au Département d’État le 12 décembre pendant deux heures. Rencontre fermée à la presse. Ce qui est confirmé par son agenda officiel.
    Avec la déclaration conjointe du « dialogue politique américano-palestinien » du même jour, évoquant la nécessité par Israël « de mettre un terme à une occupation qui a commencé en 1967 » cela confirme le compte-rendu publié par le site égyptien cité plus bas.
    John Kerry doit faire une déclaration à 11h, heure locale, ce 28 décembre 2016.

    Voir également:

    An open letter to Theresa May

    December 28, 2016

    Dear Prime Minister,

    It was sickening to see that your government last week voted for the declaration of diplomatic war against Israel embodied in resolution 2334 passed by the UN Security Council.

    Bad enough that Britain didn’t use its position as a permanent SC member to vote against this vicious resolution and thereby stop it in its tracks. Worse, far worse was that your government voted for it. In doing so, Britain signed up to propositions that repudiate law, justice and truth.

    Now reports have surfaced that, yet more appallingly, Britain was actually instrumental in getting 2334 passed by helping draft the resolution and then stiffening New Zealand’s resolve in proposing it.

    I don’t know whether that is correct. I suspect it may well be. I think, nevertheless, that you spoke from the heart the other week when you told the Conservative Friends of Israel of your admiration for Israel as a “remarkable country” and a “beacon of tolerance” and your warm feelings towards the Jewish people.

    I also think, however, that you know little about the history of the Jews in the Middle East, the part played in that history by previous British governments or the infernal strategic aims of the people known as the “Palestinians”. I believe, therefore, you might not fully grasp the implications of supporting UNSC resolution 2334.

    So let me spell out exactly what your government has done by voting in this way.

    It has put itself firmly behind the attempt to exterminate the State of Israel under the cowardly cover of vacuous pieties about supporting two democratic states and opposing terrorism and incitement. It has done this by endorsing the inflammatory falsehoods and legal and historic fictions deployed by those whose purpose is to destroy the State of Israel.

    It has shredded the concept of diplomatic integrity by delegitimising Israel’s legal actions in defence of its survival while legitimising the manifestly false claim to the land by those who want Israel gone.

    It has put rocket fuel behind the discriminatory and bigoted BDS movement whose aim is to delegitimise Israel and bring about its destruction.

    By declaring that Israel’s borders should be established on terms demanded by its mortal enemies, the British government has backed coerced surrender to aggressors bent on Israel’s extermination.

    Through this vote, your government has shown its contempt for international law. It has helped tear up the treaty obligation under the Oslo Accords to decide through negotiation the borders of Israel and the status of Jerusalem.

    Prime Minister, your officials will not be informing you of crucial facts about the legal validity of Israel’s actions. So I will.

    Despite the wilful misreading by the Foreign Office of the Geneva Conventions through flagrantly twisting and distorting the meaning of the word “transfer” in that context, Israel’s settlements are legal several times over.

    Under the 1922 Mandate for Palestine, the British administration was instructed to “facilitate… close settlement by Jews on the land, including state lands and waste lands not required for public purposes”.

    The land on which the international community thus gave the Jews the right to settle included what is now Israel, the disputed territories of Judea and Samaria, and Gaza. That legal right has never been abrogated.

    Israel has no borders, only ceasefire lines which marked the cessation of hostilities in 1947 after it defeated the Arab attempt to destroy it at its rebirth. It continues to have no borders because the war of extermination mounted against it by the Arabs has never ended.

    A country is entitled under international law to occupy land it seizes from a belligerent enemy and retain it as long as the belligerency continues. That was why Israel was entitled to retain land beyond the ceasefire lines seized in the 1967 Six-Day War.

    UN resolution 242 called for Israel’s withdrawal merely from “territories” seized at that time. It deliberately eschewed the definite article, which would have required withdrawal from all “the” territories, on the understanding that they would only be yielded up if the Arabs ended their aggression. That has never happened. To this day, these territories are used as a launching pad for the mass murder of Israelis.

    Worse even than ignoring these legal realities, your government has now struck at the very heart of Jewish identity.

    The essence of the strategy to delegitimise and destroy Israel is the attempt to airbrush the Jewish people out of their own history in the land – a history which gives them and them alone the right to live there. In voting for this resolution, your government has now endorsed that pernicious endeavour.

    The resolution refers to “occupied Palestinian territory including East Jerusalem.” There is no such thing as “Palestinian territory” and never was.

    First of all, the term “Palestinian” is itself bogus. Palestinian identity was an artificial creation invented solely to destroy the Jewish entitlement to their own homeland.

    “Palestine” was invented by the Romans to rename Judea, in order to eradicate Jewish entitlement to land the Romans had conquered and to expunge all trace of its Jewish identity.

    Arabs who lived in pre-Israel Palestine were either nomadic or considered themselves Syria or pan-Arab. As many Arabs have acknowledged over the years, there is no such thing as a “Palestinian”.

    Second, the land in dispute never belonged to the “Palestinians” nor indeed to any Arab state. Jordan illegally occupied Judea and Samaria, which it renamed the West Bank, between 1949 and 1967. That territory is in effect no-man’s land. And given the terms of the British mandate which have never been overturned, it is only Israel which has any legal, moral or historical right to settle its people there.

    Prime Minister, the picture accompanying this letter is of a young girl who was one of the victims of the 1929 Hebron massacre. Hebron, one of the holiest places in Judaism, had a substantial Jewish community until in 1929 the Arabs carried out a three-day pogrom, slaughtering 67 Jews. The rest of the Jewish community was driven out, rendering Hebron empty of Jews for the first time in hundreds of years.

    During the war to destroy Israel in 1948, the Jewish residents of Gush Etzion were expelled and murdered. The Arabs similarly depopulated the Jewish villages of Kalya and Atarot, drove out the Jews living in the Jewish Quarter of the Old City of Jerusalem and blew up all of their synagogues.

    Obscenely, resolution 2334 deems all these places and more that were ethically cleansed of their ancient Jewish populations to be “Palestinian territory” and that it is against international law for any Israeli to live there. Prime Minister, in supporting this resolution the British government has made itself party to the proposed racist ethnic cleansing once again of the Jews from their own ancient land.

    Worse yet, it has also struck at the very heart of Jewish religious identity.

    By stating that everything beyond the 1949 ceasefire lines is “occupied Palestinian territory” the resolution denies the Jewish claim to the Old City of Jerusalem and thus to Temple Mount, the holiest place in Judaism.

    Nor is this the only way the British government has now struck not just at Israel but at the Jewish people. Recently, and with great fanfare, it officially adopted the definition of antisemitism by the International Holocaust Remembrance Alliance. Providing examples of where this definition might apply, the IHRA states that it may do so in respect of the State of Israel by “Applying double standards by requiring of it a behaviour not expected or demanded of any other democratic nation.”

    That double standard is precisely what the British government has applied in voting for resolution 2334. For other countries have disputed borders and displaced populations: Cyprus, for example, or western Sahara. Yet it is only Israel that is singled out for condemnation in this way. By the standard the British government has itself adopted, it therefore now stands condemned for an antisemitic act in voting for resolution 2334.

    Prime Minister, the Israeli settlements are not the impediment to a solution of the Arab-Israel impasse. The war against the Jewish homeland started decades before Israel took over these disputed territories. A state of Palestine cannot possibly be the solution because the “Palestinians” have been repeatedly offered it; their only answer has always been to launch yet more wars or terrorist campaigns against Israel.

    As the Arabs have repeatedly made clear, the sole purpose of a state of Palestine is to bring about the extermination of the Jewish homeland. The Arab-Israel impasse continues principally because Britain, Europe and America have consistently sanitised, rewarded and incentivised Arab aggression against Israel while punishing it for trying to defend its right to the land.

    Britain bears primary responsibility for this. In the thirties, it betrayed its Mandate obligations by reneging on its treaty obligation to settle the Jews in the land and instead rewarded genocidal Arab aggression by offering the Arabs part of the Jews’ own entitlement to the land. Voting for UNSC resolution 2334 merely continues that history of British infamy.

    There are now well-sourced reports that President Obama intends to take even more malicious action against Israel at the UN before he leaves office. Prime Minister, is your government intending to support those moves too? If so, it will be a dreadful irony that someone who is so obviously well-disposed towards the Jewish people should go down in history as one of its most bitter enemies.

    Voir encore: