Gaza: Quand la condamnation tourne à l’incitation (Behind the smoke and mirrors, guess who’s abetting Hamas’s carefully planned and orchestrated military operation to break through the border of a sovereign state and commit mass murder in the communities beyond using their own civilians as cover ?)

19 mai, 2018
Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume! Esaïe 5: 20
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. […] Mais il n’est pas question que le national-socialisme se mette un jour à singer la religion en établissant une forme de culte. Sa seule ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison […] Il n’est donc pas opportun de nous lancer maintenant dans un combat avec les Églises. Le mieux est de laisser le christianisme mourir de mort naturelle. Une mort lente a quelque chose d’apaisant. Le dogme du christianisme s’effrite devant les progrès de la science. La religion devra faire de plus en plus de concessions. Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à prouver que dans la nature il n’existe aucune frontière entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de l’univers se sera largement répandue, quand la plupart des hommes sauront que les étoiles ne sont pas des sources de lumière mais des mondes, peut-être des mondes habités comme le nôtre, alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité […] Tout bien considéré, nous n’avons aucune raison de souhaiter que les Italiens et les Espagnols se libèrent de la drogue du christianisme. Soyons les seuls à être immunisés contre cette maladie. Adolf Hitler
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey et Dominic Rohner
Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk. History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years. (…) Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades. James Alan Fox (Northeastern University)
Hélas les morts ne sont que d’un seul côté. Benoit Hamon
A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides » (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001)
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur, daté du 8 novembre 2001, Sara Daniel a publié un reportage sur le « crime d’honneur » en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides. Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel, actuellement en reportage en Afghanistan, fait savoir qu’elle déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée. Une mise au point de Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 15 novembre 2001)
Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine. Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza. Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles. Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes. C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute. Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas. (…) Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité. Sara Daniel
En novembre 2004, des civils ivoiriens et des soldats français de la Force Licorne se sont opposés durant quatre jours à Abidjan dans des affrontements qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. À la suite d’une mission d’enquête sur le terrain, Amnesty International a recueilli des informations indiquant que les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force alors qu’elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers. Amnesty international (26.10.05)
Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l’hôtel ivoire de la grande tour que nous n’occupions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n’ont pas été de notre fait. Général Poncet (Canal Plus 90 minutes 14.02.05)
Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. Colonel Gérard Dubois (porte-parole de l’état-major français, le 15 novembre 2004)
On n’arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules étaient déjà immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d’intimidation dans sa direction ; l’individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L’ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d’intimidation ». (…) seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. (…) Mes hommes n’ont pu faire cela. Nous n’avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre. Colonel Destremau (Libération, 10.12.04)
In a surreal split-screen moment, the Israeli prime minister, Binyamin Netanyahu, was exulting over the opening of America’s embassy in Jerusalem, calling it a “great day for peace”. It is surely right to hold Israel, the strong side, to high standards. But Palestinian parties, though weak, are also to blame. Every state has a right to defend its borders. To judge by the numbers, Israel’s army may well have used excessive force. But any firm conclusion requires an independent assessment of what happened, where and when. The Israelis sometimes used non-lethal means, such as tear-gas dropped from drones. But then snipers went to work with bullets. What changed? Mixed in with protesters, it seems, were an unknown number of Hamas attackers seeking to breach the fence. What threat did they pose? Any fair judgment depends on the details. Just as important is the broader political question. The fence between Gaza and Israel is no ordinary border. Gaza is a prison, not a state. Measuring 365 square kilometres and home to 2m people, it is one of the most crowded and miserable places on Earth. It is short of medicine, power and other essentials. The tap water is undrinkable; untreated sewage is pumped into the sea. Gaza already has one of the world’s highest jobless rates, at 44%. The scene of three wars between Hamas and Israel since 2007, it is always on the point of eruption. Many hands are guilty for this tragedy. Israel insists that the strip is not its problem, having withdrawn its forces in 2005. But it still controls Gaza from land, sea and air. Any Palestinian, even a farmer, coming within 300 metres of the fence is liable to be shot. Israel restricts the goods that get in. Only a tiny number of Palestinians can get out for, say, medical treatment. Israeli generals have long warned against letting the economy collapse. Mr Netanyahu usually ignores them. Egypt also contributes to the misery. The Rafah crossing to Sinai, another escape valve, was open to goods and people for just 17 days in the first four months of this year. And Fatah, which administers the PA and parts of the West Bank, has withheld salaries for civil servants working for the PA in Gaza, limited shipments of necessities, such as drugs and baby milk, and cut payments to Israel for Gaza’s electricity. Hamas bears much of the blame, too. It all but destroyed the Oslo peace accords through its campaign of suicide-bombings in the 1990s and 2000s. Having driven the Israelis out of Gaza, it won a general election in 2006 and, after a brief civil war, expelled Fatah from the strip in 2007. It has misruled Gaza ever since, proving corrupt, oppressive and incompetent. It stores its weapons in civilian sites, including mosques and schools, making them targets. Cement that might be used for reconstruction is diverted to build underground tunnels to attack Israel. Hamas all but admitted it was not up to governing when it agreed to hand many administrative tasks to the PA last year as part of a reconciliation deal with Fatah. But the pact collapsed because Hamas is not prepared to give up its weapons. Israel, Egypt and the PA cannot just lock away the Palestinians in Gaza in the hope that Hamas will be overthrown. Only when Gazans live more freely might they think of getting rid of their rulers. Much more can be done to ease Gazans’ plight without endangering Israel’s security. But no lasting solution is possible until the question of Palestine is solved, too. Mr Netanyahu has long resisted the idea of a Palestinian state—and has kept building settlements on occupied land. It is hard to convince Israelis to change. As Israel marks its 70th birthday, the economy is booming. By “managing” the conflict, rather than trying to end it, Mr Netanyahu has kept Palestinian violence in check while giving nothing away. When violence flares Israel’s image suffers, but not much. The Trump administration supports it. And Arab states seeking an ally against a rising Iran have never had better relations with it. Israel is wrong to stop seeking a deal. And Mr Trump is wrong to prejudge the status of Jerusalem. But Palestinians have made it easy for Israel to claim that there is “no partner for peace”, divided as they are between a tired nationalist Fatah that cannot deliver peace, and an Islamist Hamas that refuses to do so. Palestinians desperately need new leaders. Fatah must renew itself through long-overdue elections. And Hamas must realise that its rockets damage Palestinian dreams of statehood more than they hurt Israel. For all their talk of non-violence, Hamas’s leaders have not abandoned the idea of “armed struggle” to destroy Israel. They refuse to give up their guns, or fully embrace a two-state solution; they speak vaguely of a long-term “truce”. With this week’s protests, Hamas’s leaders boasted of freeing a “wild tiger”. They found that Israel can be even more ferocious. If Hamas gave up its weapons, it would open the way for a rapprochement with Fatah. If it accepted Israel’s right to exist, it would expose Israel’s current unwillingness to allow a Palestinian state. If Palestinians marched peacefully, without guns and explosives, they would take the moral high ground. In short, if Palestinians want Israel to stop throttling them, they must first convince Israelis it is safe to let go. The Economist
Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste. « Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé. Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués. Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ». « Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ». Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum. Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré. Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ». La Libre Belgique
The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis. But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk? Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical. The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind? Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven? That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations. No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation. Bret Stephens
The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948. (…) Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union. (…) Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren. (…) Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.” (…) Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members. (…) as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas. (…) In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel. (…) despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. Yair Rosenberg
On the night of May 14, … headlines suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip. Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.” So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn. It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital. Shmuel Rosner
Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal. Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation. (…) Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it. (…) The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film. (…) About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60. (…) Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing. (…) The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for. (…) The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences (…) Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon. (…) Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand? These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better. For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times. Matti Friedman
Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période. Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs. Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens. (…) La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël. L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique. Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ». (…) Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils. Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens. (…) Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes. (…) Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois. Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjouées par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés. Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture. Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. (…) Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements. Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer. Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population. (…) Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière. La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves. Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). (…) Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité. (…) Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate. La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment. Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité. Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés. (…) – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger. (…) Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force. Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace. Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises. Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire. (…) Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier. (…) La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence. Richard Kemp

Attention: une effroyable imposture peut en cacher une autre !

En ces temps étranges où l’on voit des manipulations et des complots partout …

Et où à coup d’images juxtaposées nos médiasfaussaires notoires compris – et nos belles âmes rivalisent d’ingéniosité …

Pour noircir – jusqu’à regretter qu’il n’ait pas de morts de son côté – le seul pays que vous savez et son actuel et rare défenseur à la Maison Blanche …

Pendant que dans l’enthousiasme d’un « succès » médiatique aussi inespéré mais aussi la menace directe de frappes directes sur leurs bunkers dissimulés sous les hôpitaux de Gaza …

Les cyniques tireurs de ficelle du Hamas peuvent se payer le luxe de lever temporairement la mobilisation de leur chair à canon …

Et de révéler – en arabe pour motiver les troupes et ne pas trop effrayer leurs nombreux idiots utiles occidentaux – une partie même de la réalité de leur prétendues manifestations pacifiques …

Comment ne pas s’étonner …

Avec le colonel à la retraite britannique Richard Kemp …

Et l’un des rares militaires occidentaux à oser mettre, contrairement à tous les autres qui se taisent ou laissent dire n’importe quoi, ses compétences de professionnel au service de la vérité …

Du peu d’intérêt que semble soulever chez nos apprentis conspirationnistes …

L’effroyable – et bien réelle – imposture à laquelle se prêtent contre le seul Etat israélien nos médias et autres bonnes âmes des organisations internationales …

Mais aussi, sans compter l’effet directement incitatif, qui n’est pas sans rappeler tant d’autres phénomènes de nature mimétique comme les fusillades scolaires, de l’intérêt médiatique et de la présence des caméras elles-mêmes …

La proprement criminelle incitation, augmentant d’autant à chaque fois le nombre des victimes collatérales, …

Qu’une telle unanimité d’injustes condamnations ne peut que générer ?

Fumée et miroirs : six semaines de violence à la frontière de Gaza
Richard Kemp
Gatestone institute
14 mai 2018
Traduction du texte original: Smoke & Mirrors: Six Weeks of Violence on the Gaza Border

Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période.

Une tempête parfaite

Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs.

Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens.

Outre la zone frontalière, les Palestiniens ont prévu de mener des actions violentes à la même période, à Jérusalem et en Cisjordanie. Bien que le 15 mai soit considéré comme le point culminant de six semaines de violence à la frontière de Gaza, les Palestiniens ont fait savoir qu’ils entendaient maintenir un niveau de violence frontalière élevé tout au long du mois de Ramadan.

Prétexte et réalité

La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël.

L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique.

Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ».

Les tactiques terroristes du Hamas

Dans le cadre de cette stratégie, le Hamas a mis au point différentes tactiques, qui passent par des tirs de roquettes depuis Gaza sur les villes israéliennes et la construction de tunnels d’attaque sophistiqués qui débouchent au-delà de la frontière, à proximité de villages israéliens voisins. Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils.

Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens.

Même stratégie, nouvelles tactiques

Après les roquettes et les tunnels d’attaque utilisés dans trois conflits majeurs (2008-2009, 2012 et 2014), sans oublier plusieurs incidents mineurs, de nouvelles tactiques ont été mises au point qui ont toutes le même objectif fondamental. Les « manifestations » à grande échelle combinées à des actions agressives sont destinées à provoquer une réaction israélienne qui conduit à tuer et à blesser les civils de Gaza, malgré les efforts énergiques des FDI (Forces de défense d’Israël) pour réduire les pertes civiles.

Cette nouvelle tactique s’avère plus efficace que les roquettes et les tunnels d’attaque. Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes.

Comme à leur habitude, ces cibles-là se montrent toujours disposées à se laisser leurrer par ce stratagème. Depuis le début de cette vague de violence, des condamnations véhémentes ont été émises par l’ONU, l’UE et la CPI ; mais aussi plusieurs gouvernements et organisations des droits de l’homme, notamment Amnesty International et Human Rights Watch ; sans parler de nombreux journaux et stations de radio. Leurs protestations incluent des demandes d’enquête internationale sur les allégations de meurtres illégaux ainsi que des accusations de violation du droit humanitaire international et des droits de l’homme par les FDI.

Les tactiques du Hamas sur le terrain

Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois.

Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjoues par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés.

Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture.

Cerfs-volants et ballons incendiaires

Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. Seules des conditions de vent défavorables ont empêché le déploiement de ces cerfs-volants empêchant ainsi des dommages sérieux potentiels.

Dans plusieurs cas, les cerfs-volants en feu ont provoqué des incendies. Ainsi, le 16 avril, un champ de blé a été incendié côté israélien. Le 2 mai, un cerf-volant incendiaire parti de Gaza a provoqué un incendie majeur dans la forêt de Be’eri dévastant de vastes zones boisées. Dix équipes de pompiers ont été nécessaires pour juguler l’incendie. Des ballons incendiaires ont également été utilisés par le Hamas, notamment le 7 mai, l’un d’eux a réussi à incendier un champ de blé près de la forêt de Be’eri. Israël évalue à plusieurs millions de shekels, les dommages économiques résultants des incendies causés par les cerfs-volants et les ballons.

Si le Hamas a traversé

Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements.

Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer.

Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population.

Forces de défense d’Israel (IDF) : une risposte graduée

Les FDI ont été obligées d’agir avec une grande fermeté – pour empêcher toute pénétration – y compris à l’aide de tirs réels (qui ont parfois été meurtriers) et malgré une condamnation internationale lourde et inévitable.

Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière.

La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves.

Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). Dans tous les cas, les forces de Tsahal fonctionnent selon des procédures opérationnelles standard, rédigées en fonction des circonstances et compilées en collaboration avec diverses autorités des FDI.

Néanmoins, ces échanges de tirs ont généré des morts et de nombreux blessés. Les autorités palestiniennes affirment qu’une cinquantaine de personnes ont été tuées jusqu’à présent et que plusieurs centaines d’autres ont été blessées. Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité.

Condamnation internationale, aucune solution

Beaucoup ont estimé qu’Israël n’aurait pas dû répondre comme il l’a fait à la menace. Mladenov, envoyé des Nations Unies au Moyen-Orient, a jugé la riposte d’Israël « scandaleuse ». Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, a condamné l’usage d’une « force excessive ». Le Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a affirmé que « la violence contre les civils – dans une situation comme celle qui prévaut à Gaza – pourrait constituer un crime au regard du Statut de Rome de la CPI ».

Pourtant, en dépit de leurs condamnations, aucun de ces fonctionnaires et experts, n’a été en mesure de proposer une riposte adaptée viable pour empêcher le franchissement violent des frontières israéliennes.

Certains affirment que les troupes israéliennes ont fait un usage de la force disproportionné en tirant à balles réelles sur des manifestants qui ne menaçaient personne. L’UE a ainsi exprimé son inquiétude sur l’utilisation de balles réelles par les forces de sécurité israéliennes. Mais les soi-disant « manifestants » représentaient une menace vitale réelle.

Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate.

La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment.

Échec de la compréhension par la communauté internationale

Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité.

Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés.

Le Hamas a passé des années et dépensé des millions de dollars à creuser des tunnels d’attaque souterrains pour tenter d’entrer en Israël – une menace sérieuse qui implique des pelles, pas des armes à feu. Tout en continuant à creuser des tunnels, ils ont agi au grand jour mais fondus au sein d’une population civile utilisée couverture – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger.

Des critiques ont été formulées (en particulier par Human Rights Watch) à l’encontre de responsables israéliens qui auraient sciemment accordé leur feu vert aux agissements illégaux des soldats. Par exemple, HRW cite comme preuve certains commentaires publics du chef d’état-major de Tsahal, du porte-parole du Premier ministre et du ministre de la Défense.

Il ne leur est sans doute pas venu à l’esprit que ces fonctionnaires exercent leur autorité par des canaux de communication privés et non à travers des médias publics. Par ailleurs, leurs commentaires ne sont pas des instructions aux troupes mais des avertissements lancés aux civils de Gaza pour réduire le niveau de violence et apaiser les craintes légitimes des Israéliens vivant en zone frontalière. Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force.

Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace.

Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises.

Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire.

Faire le jeu du Hamas

Nombreux aussi ont été ceux qui ont affirmé que le gouvernement israélien a refusé de mener une enquête officielle sur les décès survenus. Encore une fois l’assertion est complètement fausse. Les Israéliens ont déclaré qu’ils examineraient les incidents sur la base de leur système juridique, lequel jouit d’un respect unanime au plan international. En revanche, le gouvernement israélien a explicitement refusé une enquête internationale, tout comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou toute autre démocratie occidentale l’aurait fait dans la même situation.

Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier.

Plus de violence à venir ?

Cette campagne du Hamas peut entraîner des pertes massives dans la population palestinienne. Il est non moins probable que la condamnation des médias, des organisations internationales et des groupes de défense des droits de l’homme va se généraliser. Ceux qui ont un agenda anti-américain et anti-israélien lieront inévitablement cette violence à la décision du président Trump d’ouvrir l’ambassade américaine à Jérusalem.

Action future

La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence.

Il faut s’attendre à des condamnations supplémentaires de la part d’acteurs internationaux, tels que les divers organismes des Nations Unies, ainsi que des rapports spécifiques produits par des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Des tentatives d’inciter le Procureur de la CPI à examiner ces incidents auront lieu, ainsi que des initiatives de procédures judiciaires lancées par différents États (en utilisant la « compétence universelle ») pour tenter de diffamer et même d’arrêter des responsables militaires et des politiciens israéliens.

Inévitablement, le Hamas et d’autres groupes palestiniens vont renouveler cette tactique à l’avenir. Pour atténuer cela, Israël se prépare à renforcer la frontière de Gaza pour rendre toute tentative de pénétration plus difficile sans recourir à la force létale. (Ils travaillent déjà sur une barrière souterraine pour empêcher la pénétration par effet tunnel.) Cependant, il s’agit d’un projet à long terme et la possibilité d’étanchéifier la frontière au point de la rendre impénétrable demande à être clarifiée.

En outre, Tsahal porte aujourd’hui une attention accrue aux armes non létales. Mais en dépit d’importantes recherches menées au plan international, aucun système viable et efficace ne peut fonctionner dans de telles circonstances.

Les amis et alliés d’Israël peuvent agir pour contrer la propagande anti-israélienne du Hamas, et faire pression sur les dirigeants politiques, les groupes de défense des droits de l’homme, les organisations internationales et les médias pour éviter une fausse condamnation d’Israël ; il faut également lutter contre les réclamations d’une action internationale comme d’une enquête unilatérale des Nations Unies et ses résolutions. Un tel rejet, de préférence accompagné d’une forte condamnation de la tactique violente du Hamas, pourrait contribuer à décourager l’utilisation de tels plans d’action. Bien entendu, face à un agenda anti-israélien aussi profondément enraciné, de telles recommandations sont plus faciles à formuler qu’à mettre en pratique.

Le colonel Richard Kemp commandait les forces britanniques en Irlande du Nord, en Afghanistan, en Irak et dans les Balkans. Cette analyse a été publiée à l’origine sur le site Web de HIGH LEVEL MILITARY GROUP. Elle est reproduite ici avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Voir aussi:

Falling for Hamas’s Split-Screen Fallacy

Matti Friedman

Mr. Friedman, a journalist, is the author of the memoir “Pumpkinflowers: A Soldier’s Story of a Forgotten War.”

JERUSALEM — During my years in the international press here in Israel, long before the bloody events of this week, I came to respect Hamas for its keen ability to tell a story.

At the end of 2008 I was a desk editor, a local hire in The Associated Press’s Jerusalem bureau, during the first serious round of violence in Gaza after Hamas took it over the year before. That conflict was grimly similar to the American campaign in Iraq, in which a modern military fought in crowded urban confines against fighters concealed among civilians. Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal.

Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation.

Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it.

The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film.

About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60.

Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing.

The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for.

The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences.

Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon.

Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand?

These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better.

For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times.

Voir encore:

The cacophony that accompanies every upsurge in the Israeli-Palestinian conflict can make it seem impossible for outsiders to sort out the facts. Recent events in Gaza are no exception. The shrillest voices on each side are already offering their own mutually exclusive narratives that acknowledge some realities while scrupulously avoiding others.

But while certain facts about Gaza may be inconvenient for the loudest partisans on either side, they should not be inconvenient to the rest of us.

To that end, here are 13 complicated, messy, true things about what has been happening in Gaza. They do not conform to one political narrative or another, and they do not attempt to conclusively apportion all blame. Try, as best you can, to hold them all in your mind at the same time.

1. The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948.

2. The Israeli blockade of Gaza goes well beyond what is necessary for Israel’s security, and in many cases can be capricious and self-defeating. Import and export restrictions on food and produce have seesawed over the years, with what is permitted one year forbidden the next, making it difficult for Gazan farmers to plan for the future. Restrictions on movement between Gaza, the West Bank, and beyond can be similarly overbroad, preventing not simply potential terrorist operatives from traveling, but families and students. In one of the more infamous instances, the U.S. State Department was forced to withdraw all Fulbright awards to students in Gaza after Israel did not grant them permission to leave. Today, official policy bars Gazans from traveling abroad unless they commit to not returning for a full year. It is past time that these issues be addressed, as outlined in part in a new letter from several prominent senators, including Bernie Sanders and Elizabeth Warren.

3. Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union.

4. The overbearing Israeli blockade has helped impoverish Gaza. So has Hamas’s utter failure to govern and provide for the basic needs of the enclave’s people. Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren.

5. Many of the thousands of protesters on the Gaza border, both on Monday and in weeks previous, were peaceful and unarmed, as anyone looking at the photos and videos of the gatherings can see.

6. Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.”

7. A significant number of the protesters were armed, which is how they did things like this:

Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members.

Contrary to certain Israeli talking points, however, these facts do not automatically justify any particular Israeli response or every Palestinian casualty or injury. They simply establish the reality of the threat.

8. It is facile to argue that Gazans should be protesting Hamas and its misrule instead of Israel. One, it is not a binary choice, as both actors have contributed to Gaza’s misery. Two, as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas.

9. In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel.

10. A lot of what you’re seeing on social media about what is transpiring in Gaza isn’t actually true. For instance, a video of a Palestinian “martyr” allegedly moving under his shroud that is circulating in pro-Israel circles is actually a 4-year old clip from Egypt. Likewise, despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. In the era of fake news, readers should be especially vigilant about resharing unconfirmed content simply because it confirms their biases.

11. There are constructive solutions to Gaza’s problems that would alleviate the plight of its Palestinian population while assuaging the security concerns of Israelis. However, these useful proposals do not go viral like angry tweets ranting about how Palestinians are all de facto terrorists or Israelis are the new Nazis, which is one reason why you probably have never heard of them.

12. A truly independent, respected inquiry into Israel’s tactics and rules of engagement in Gaza is necessary to ensure any abuses are punished and create internationally recognized guidelines for how Israel and other state actors should deal with these situations on their borders. The United Nations, which annually condemns Israel in its General Assembly and Human Rights Council more than all other countries combined, and whose notorious bias against Israel was famously condemned by Obama ambassador to the U.N., Samantha Power, clearly lacks the credibility to administer such an inquiry. Between America, Canada, and Europe, however, it should be possible to create one.

13. But because the entire debate around Israel’s conduct has been framed by absolutists who insist either that Israel is utterly blameless or that Israel is wantonly massacring random Palestinians for sport, a reasonable inquiry into what it did correctly and what it did not is unlikely to happen.

***

You can help support Tablet’s unique brand of Jewish journalism. Click here to donate today.

Voir également:

Jerusalem Celebrates, Gaza Burns

On the night of May 14, the leading headline of The Washington Post said, “More than 50 killed in Gaza protests as U.S. opens its new embassy in Jerusalem.” Headlines of other newspapers were not much different.

There is no doubt the headlines were factually accurate. But so would a headline saying, “More than 50 killed in Gaza as the moon was a waning crescent,” or “More than 50 killed in Gaza as Arambulo named co-anchor of NBC4’s ‘Today in LA.’ ” Were they unbiased? Not quite. They suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.

There are arguments one could make against President Donald Trump’s decision to move the American embassy to Jerusalem. People in Gaza getting killed is not one of them. A country such as the United States, a country such as Israel, cannot curb strategic decisions because of inconveniences such as demonstrations. Small things can be postponed to prevent anger. Small decisions can be altered to avoid violent incidents. But not important, historic moves.

At the end of this week, no matter the final tally of Gazans getting hurt, only one event will be counted as “historic.” The opening of a U.S. embassy in Jerusalem is a historic decision of great symbolic significance. Lives lost for no good reason in Gaza — as saddening as it is — is routine. Eleven years ago, on  May 16, 2007, I wrote this about Gaza: “The Gaza Strip is burning, drifting into chaos, turning into hell — and nobody seems to have a way out of this mess. Dozens of people were killed in Gaza in the last couple of weeks, the victims of lawlessness and power struggles between clans and families, gangsters and militias.” Sounds familiar? I assume it does. This is what routine looks like. This is what disregard for human life feels like. And that was 11 years to the week before a U.S. embassy was moved to Jerusalem.

Why were so many lives lost in Gaza? To give a straight answer, one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip.

As this column was written, the afternoon of May 15, the IDF had achieved its objective: No one was able to cross the border into Israel. The price was high. It was high for the Palestinians. Israel will get its unfair share of criticism from people who have nothing to offer but words of condemnation. This was also to be expected. And also to be ignored. Again, not because criticism means nothing, but rather because there are things of higher importance to worry about. Such as not letting unauthorized hostile people cross into Israel.

Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.”

So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn.

It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital.

Gaza’s Miseries Have Palestinian Authors
Bret Stephens

The New York Times
May 16, 2018

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

In 2007, Hamas took control of Gaza in a bloody coup against its rivals in the Fatah faction. Since then, Hamas, Islamic Jihad and other terrorist groups in the Strip have fired nearly 10,000 rockets and mortars from Gaza into Israel — all the while denouncing an economic “blockade” that is Israel’s refusal to feed the mouth that bites it. (Egypt and the Palestinian Authority also participate in the same blockade, to zero international censure.)

In 2014 Israel discovered that Hamas had built 32 tunnels under the Gaza border to kidnap or kill Israelis. “The average tunnel requires 350 truckloads of construction supplies,” The Wall Street Journal reported, “enough to build 86 homes, seven mosques, six schools or 19 medical clinics.” Estimated cost of tunnels: $90 million.

Want to understand why Gaza is so poor? See above.

Which brings us to the grotesque spectacle along Gaza’s border over the past several weeks, in which thousands of Palestinians have tried to breach the fence and force their way into Israel, often at the cost of their lives. What is the ostensible purpose of what Palestinians call “the Great Return March”?

That’s no mystery. This week, The Times published an op-ed by Ahmed Abu Artema, one of the organizers of the march. “We are intent on continuing our struggle until Israel recognizes our right to return to our homes and land from which we were expelled,” he writes, referring to homes and land within Israel’s original borders.

His objection isn’t to the “occupation” as usually defined by Western liberals, namely Israel’s acquisition of territories following the 1967 Six Day War. It’s to the existence of Israel itself. Sympathize with him all you like, but at least notice that his politics demand the elimination of the Jewish state.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

Voir par ailleurs:

Un haut responsable du Hamas a affirmé mercredi que la très grande majorité des Palestiniens tués cette semaine lors de manifestations et heurts avec l’armée israélienne dans la bande de Gaza appartenaient au mouvement islamiste, qui dirige l’enclave.

L’armée et le gouvernement israéliens, confrontés à une vague de réprobation après la mort de 59 Palestiniens sous des tirs israéliens lundi, se sont saisis de ces propos pour contester le caractère pacifique des évènements et maintenir que ceux-ci étaient orchestrés par le Hamas.

Des milliers de Palestiniens ont débuté le 30 mars dans la bande de Gaza un mouvement de plus de six semaines contre le blocus israélien et pour le droit des Palestiniens à revenir sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Les violences de lundi ont coïncidé avec l’inauguration controversée à Jérusalem de la nouvelle ambassade américaine, démarche qui a rompu avec des décennies de consensus international.

Le Guatemala a également inauguré mercredi à Jérusalem sa nouvelle ambassade en Israël, s’attirant la colère de la direction palestinienne qui a accusé le gouvernement guatémaltèque de se placer du côté des « crimes de guerre israéliens ».

« Agression israélienne »

Les violences à Gaza lundi, journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014, ont continué à susciter l’inquiétude ou la colère à l’étranger.

Le pape François s’est dit « très préoccupé par l’escalade des tensions en Terre Sainte » et le président russe Vladimir Poutine a appelé à « renoncer à la violence ». Les ministres arabes des Affaires étrangères devaient tenir jeudi au Caire une réunion extraordinaire sur « l’agression israélienne contre le peuple palestinien ».

La tension est retombée dans la bande de Gaza à la veille du ramadan, le mois de jeûne musulman, mais la situation demeure hautement volatile.

Des chars israéliens ont frappé plusieurs positions du Hamas dans la bande de Gaza, en réponse à des tirs d’armes à feu, a dit notamment l’armée.

Le Hamas a dit soutenir la mobilisation, tout en assurant qu’elle émanait de la société civile et qu’elle était pacifique.

L’armée israélienne accuse de son côté le Hamas, qu’il considère comme « terroriste », de s’être servi du mouvement pour mêler à la foule des hommes armés ou disposer des engins explosifs le long de frontière.

Elle assure n’avoir fait que défendre les frontières, ses soldats et les civils contre une éventuelle infiltration de Palestiniens susceptibles de s’attaquer aux populations riveraines de l’enclave ou de prendre un otage.

Après la mort par balles des Palestiniens, Israël s’est retrouvé en butte aux condamnations et aux appels à une enquête indépendante.

Dans ce contexte, Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste.

La vérité « dévoilée »

« Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé.

Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués.

Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ».

« Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ».

Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum.

Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré.

Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ».

Voir de même:

Gaza, le massacre des oubliés

EDITO. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné le peuple palestinien.

Sara Daniel

Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine.

Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza.

Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles.

Une violence inouïe et inutile

Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes.

C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute.

Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas.

« Nous considérons que ces marches pacifiques sont aujourd’hui le meilleur moyen d’atteindre les points faibles de notre ennemi », disait-elle au début du mouvement.

Une population excédée, désespérée

Dans le même esprit que les campagnes BDS qui prônent le boycott de produits israéliens, la nouvelle génération de militants a pensé que c’était par cette approche non violente dans la filiation de Gandhi que la cause palestinienne aurait une chance de revenir sur le devant de la scène internationale.

Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité.

Voir enfin:

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting

School shootings, however horrific, are not the new normal. Santa Fe killings are part of a bloody contagion that will pass.

James Alan Fox

USA Today

May 18, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.

Publicités

« Marche du retour »: The show must go on (From Gaza to Iran, it’s all smoke and mirrors, stupid !)

9 mai, 2018

 

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)
Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge. Le futur de l’Iran appartient à son peuple et les Iraniens méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire. (…) Nous n’allons pas laisser un régime qui scande « Mort à l’Amérique » avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre. Donald Trump
La paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée. Donald Trump
Un écran de fumée désigne, dans le domaine militaire, une tactique utilisée afin de masquer la position exacte d’unités à l’ennemi, par l’émission d’une fumée dense. Cette dernière peut-être naturelle mais est le plus souvent produite artificiellement à partir de grenades fumigènes (composées notamment d’acide chlorosulfurique). Certains véhicules blindés, en général des chars, disposent de lance-grenades spécifiquement conçus à cet effet, mais utilisent surtout l’injection de carburant Diesel dans l’échappement de leur moteur pour produire des écrans de fumée pouvant atteindre 400 m de long et persister plusieurs minutes. Par exemple, le T-72 soviétique injecte dix litres de carburant à la minute pour créer ses écrans de fumée. Dans les temps anciens, des simples feux de broussailles bien nourris suffisaient parfois à faire l’affaire.Wikipedia
More ink equals more blood, newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey and Dominic Rohner
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour. Mahmoud Abbas
 Récemment, un certain nombre de rabbins en Israël ont tenu des propos clairs, demandant à leur gouvernement d’empoisonner l’eau pour tuer les Palestiniens. Mahmoud Abbas
Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde. Communiqué Autorité palestinienne
Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils disent: « parce que nous sommes juifs » (…) L’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale, leurs fonctions sociales liées aux banques et intérêts. Mahmoud Abbas
Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses. Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Mahmoud Abbas
J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie. Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte. Sylvan Adams
Amer anniversaire. Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures. Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque. (…) Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré. La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe. Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie. Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine. Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne. La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque. (…) Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel. Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain. S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine. L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi. Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël. Libération
Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine. Libération
Le monde a basculé ce 8 mai 2018. Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, i l retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.  Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux. L’Obs
Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it. The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition. “The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015 (…) In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior. But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen. The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding? Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts. Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning. (…) Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sunday reported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston. The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied. (…) Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through. Bret Stephens
Hello ! Welcome to the show ! Al Jazeera
It was supposed to be a peaceful day. But as then. Unarmed protesters marched towards the border fence, Israeli soldiers opened fire. Al Jazeera journalist
We will continue to sacrifice the blood of our children. Hamas leader
All impure Jews are dogs. They should be burned. They are dirty. Palestinian woman
Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. Ahmed Abou Irtema
Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban. Moïn Abou Okal (ministère de l’intérieur de Gaza et membre du comité de pilotage de la marche)
 Les gens sont plein de fureur et de colère, dit  On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. Ghazi Hamad (responsable des relations internationales du Hamas)
Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. (…) En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre. Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression. L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais. Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. (…) Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités. (…) Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation. (…) de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage (…) affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. Le Monde
Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés». (…) Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme. Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies. À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas. Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé.Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable? Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué? En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler. Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux. Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa. Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens. L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement! Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants. Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars. Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent. Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas. Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables. Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition. Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin. Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place. Pierre Rehov
Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation. Pierre Rehov
I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts. Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. Pierre Rehov
Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations. The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty. It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people. It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers. Jerusalem Post
Pour ceux qui croyaient encore que les écrans ou rideaux de fumée étaient une tactique militaire
Infiltration de terroristes armés, sabotage de la barrière de sécurité, destruction de champs israéliens via l’envoi de cerf-volants enflammés, torture et incinération d’animaux, boucliers humains de femmes et d’enfants, miroirs, écran de fumée …
A l’heure où après avoir le mensonge de 70 ans du refus des ambassades étrangères à Jérusalem …
Et l’imposture entre une accusation d’empoisonnement de puits sous les ovations du Parlement européen et une justification de l’antisémitisme européen sous celles de son propre parlement …
D’un président d’une Autorité palestinienne et auteur enfin reconnu d’une thèse négationniste sur le génocide juif …
Le va-t-en-guerre de la Maison blanche vient, entre – excusez du peu – le retour nord-coréen à la table des négociations, la libération de trois otages américains et avec 57% le plus haut taux d’optimisme national depuis 13 ans, d’éventer la supercherie de 40 ans du programme prétendument pacifique …
D’un régime qui, sous couvert d’un accord jamais avalisé par le Congrès américain mais soutenu par les quislings et gros intérêts économiques européens et entre deux « Mort à l’Amérique ! » et menaces de rayement de la carte d’Israël, multiplie les essais balistiques et du Yemen au Liban met le Moyen-Orient à feu et à sang …
Pendant qu’entre dénonciation de son 70e anniversaire et médisance sur la première venue d’un grand évènement sportif dans la seule démocratie du Moyen-Orient …
Nos médias rivalisent dans la mauvaise foi et la désinformation
Bienvenue au grand barnum de la « Marche du retour » !
Cet incroyable de mélange de fête de l’Huma et kermesse bon enfant …
Qui monopolise depuis six semaines nos écrans et les unes de nos journaux …
Et qui comme le montre l’excellent petit documentaire du réalisateur franco-israélien Pierre Rehov
Se révèle être un petit joyau de propagande et de prestidigitation …
Miroirs et écrans de fumée compris …
Des maitres-illusionistes du Hamas et de nos médias !

WATCH: Exclusive footage from inside Gaza reveals true face of protests

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already. »

Juliane Helmhold
The Jerusalem Post
May 7, 2018 13:13

The short movie Behind the Smoke Screen by filmmaker Pierre Rehov shows exclusive images from inside the Gaza Strip, aimed at changing the international perception of the ongoing six-week protests dubbed the « Great March of Return » by Hamas.

« I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts, » the French filmmaker told The Jerusalem Post.

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. »

Rehov, who also writes regularly for the French daily Le Figaro, has been producing documentaries about the Arab-Israeli conflict for 18 years, many of which have aired on Israeli media outlets, including The Road to Jenin, debunking Mohammad Bakri’s claim of a massacre in Jenin, War Crimes in Gaza, demonstrating Hamas’ use of civilians as human shields and Beyond Deception Strategy, exploring the plight of minorities inside Israel and how BDS is hurting Palestinians.

Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations.Behind The Smoke Screen (Pierre Rehov/Youtube)

« Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation, » the video introduces the subject matter in the opening remarks.

The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty.

It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people.

It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »

It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers.

« I want to present facts, and one image is worth 1000 words, » the filmmaker emphasized.

Voir aussi:

Pierre Rehov : un autre regard sur Gaza

Pierre Rehov
Le Figaro
20/04/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le reporter Pierre Rehov s’attaque, dans une tribune, à la grille de lecture dominante dans les médias français des événements actuels à Gaza. Selon lui, la réponse d’Israël est proportionnée à la menace terroriste que représentent les agissements du Hamas.

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.

Les organisations islamistes qui s’attaquent à Israël ont toujours eu le sens du vocabulaire dans leur communication avec l’Occident. Convaincus à juste titre que peu parmi nous sont capables, ou même intéressés, de décrypter leurs discours d’origine révélateur de leurs véritables intentions, ils nous arrosent depuis des décennies de concepts erronés, tout en puisant à la source de notre propre histoire les termes qui nous feront réagir dans le sens qui leur sera favorable. C’est ainsi que sont nés, au fil des ans, des terminologies acceptées par tous, y compris, il faut le dire, en Israël même.

Prenons par exemple le mot «occupation». Le Hamas, organisation terroriste qui règne sur la bande de Gaza depuis qu’Israël a retiré ses troupes et déraciné plus de 10 000 Juifs tout en laissant les infrastructures qui auraient permis aux Gazaouites de développer une véritable économie indépendante, continue à se lamenter du «fait» que l’État Juif occupe des terres appartenant «de toute éternité au Peuple Palestinien». Il s’agit là, évidemment, d’un faux car les droits éventuels des Palestiniens ne sauraient être réalisés en niant ceux des Juifs sur leur terre ancestrale.

Le terme «occupation» étant associé de triste mémoire à l’Histoire européenne, lorsqu’un lecteur, mal informé, se le voit asséner à longueur d’année par les médias les ONG et les politiciens, la première image qui lui vient est évidemment celle de la botte allemande martelant au pas de l’oie le pavé parisien ou bruxellois.

Cette répétition infligée tout autant qu’acceptée d’un terme erroné a pour but d’occulter un fait essentiel, gravé dans l’Histoire: selon la loi internationale, ces territoires dits «occupés» ne sont que «disputés». Car, afin d’occuper une terre, encore eût-il fallu qu’elle appartînt à un pays reconnu au moment de sa conquête. La «Palestine», renommée ainsi par l’Empereur Hadrien en 127 pour humilier les Juifs après leur seconde révolte contre l’empire romain, n’était qu’une région de l’empire Ottoman jusqu’à la défaite des Turcs en 1917. Ce sont les pays Arabes dans leur globalité qui, en rejetant le plan de partition de l’ONU en 1947, ont empêché la naissance d’une «nation palestinienne» dont on ne retrouve aucune trace dans l’histoire jusqu’à sa mise au goût du jour, en 1964, par Nasser et le KGB.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire « pacifiste ».

Lorsqu’à l’issue d’une guerre défensive, Israël a «pris» la Cisjordanie et Gaza en 1967, ces deux territoires avaient déjà été conquis par la Jordanie et l’Égypte. Ce qui nous conduit à remettre en question une autre révision sémantique. Pourquoi des terres qui, pendant des siècles, se sont appelées Judée-Samarie deviendraient-elles, tout à coup, Cisjordanie ou Rive Occidentale, de par la seule volonté du pays qui les a envahies en 1948 avant d’en expulser tous les Juifs dans l’indifférence générale? Serait-ce pour effacer le simple fait que la Judée… est le berceau du judaïsme?

Mais revenons à Gaza.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés».

J’ai déjà abondamment écrit, y compris dans ces pages, sur cette aberration tragique perpétuée au profit de l’UNWRA, une agence onusienne empêchant, dans sa forme actuelle, l’établissement et le développement des Arabes de Palestine sur leurs terres d’accueil. Je n’y reviendrai que par une phrase. Pourquoi un enfant, né à côté de Ramallah ou à Gaza, de parents nés au même endroit, ou pire encore, né à Brooklyn ou à Stockholm de parents immigrés, serait-il considéré comme «réfugié» – comme c’est le cas dans les statistiques de l’UNRWA – si un enfant Juif né à Tel Aviv, de parents nés à Bagdad, Damas ou Tripoli, et chassés entre 1948 et 1974 n’a jamais bénéficié du même statut?

Mais voici que des bus affrétés par le Hamas et la Jihad Islamique, et décorés de clés géantes et de noms enluminés de villages disparus censés symboliser ce «droit au retour» au sein d’un pays honni, viennent cueillir chaque vendredi devant les mosquées et les écoles de Gaza une population manipulée, prête aux derniers sacrifices afin de répondre à des mots d’ordre cyniques ou désuets.

Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme.

Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies.

À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas.

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire.

Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé .

Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable?

Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué?

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler.

Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux.

Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa.

Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens.

L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.

Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement!

Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants.

Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars.

Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent.

Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.

C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin.

Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place.

J’en veux, pour exemple, une anecdote affligeante.

En septembre 2017, une organisation regroupant des femmes arabes et israéliennes a organisé une marche en Cisjordanie (Judée-Samarie). Aucun parent n’aurait pu être indifférent aux images de ces mères juives et arabes qui avouent leur quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Durant la marche, aucun pneu brûlé, pas de lancement de pierres ou de cocktails Molotov, aucune tentative d’envahir Israël, aucun propos haineux. Tout le contraire. C’était une authentique manifestation pacifique.

Seulement, le Hamas a immédiatement condamné la marche en déclarant que «la normalisation est une arme israélienne».

L’ONU, de son côté, n’a pas cru bon promouvoir l’initiative. Pourquoi l’aurait-elle fait?

Il est davantage dans sa tradition, et certainement plus politiquement correct de condamner Israël pour ses «excès» en matière défensive tandis que le Moyen Orient, faute d’une vision honnête, bascule progressivement dans un conflit généralisé.

Voir encore:

Protestations sous haute tension prévues le long de la bande de Gaza

Vendredi, cinq zones, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande.

Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)

Le Monde

Le décor est planté. Le vent puissant éparpille les émanations de gaz lacrymogène. Les sardines empêchent les tentes de s’envoler. On est à la veille du grand jour à Gaza, celui craint par Israël depuis des semaines.

En ce jeudi 29 mars, deux cents jeunes viennent faire leurs repérages près du poste frontière fermé de Karni, en claquettes ou pieds nus. Perchés sur des monticules de sable, ou bien s’avançant vers les soldats israéliens qui veillent à quelques centaines de mètres derrière la clôture, ils semblent leur lancer un avertissement muet.

Le 30 mars est coché de longue date dans le calendrier palestinien : c’est le jour de la Terre, en mémoire de la confiscation de terres arabes en Galilée, en 1976, et des six manifestants tués à l’époque. Mais cette année, il marque surtout le début d’un mouvement à la force et aux développements imprévisibles, intitulé la « marche du retour ».

« Un tournant »

Cette marche doit culminer le 15 mai, jour de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël). Il s’agit d’un appel à des manifestations pacifiques massives pour réclamer le retour vers les terres perdues. Et ce alors que l’Etat hébreu, soutenu par Washington, souhaite une restriction drastique de la définition du réfugié palestinien.

Vendredi, cinq zones ouvertes, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande, de Jabaliya jusqu’à Rafah. Des mariages seront célébrés, des concerts et des danses organisés. On y parlera aussi politique, blessures familiales, droits historiques. Pour Bassem Naïm, haut responsable du Hamas :

« Ce rassemblement est un tournant. Malgré les divisions entre factions, malgré la politique américaine, nous pouvons être une nouvelle fois créatifs pour relancer la question palestinienne. Israël peut facilement s’en tirer dans un conflit militaire, contre les Palestiniens ou au niveau régional. Mais c’est un tigre de papier. Il est acculé face à la perspective d’une foule pacifique réclamant le respect de ses droits. »

Mélange de fébrilité et d’intoxication

« Acculé », le mot est excessif. Mais, depuis le début de la semaine, dans un mélange de fébrilité et d’intoxication, les autorités israéliennes n’ont cessé de dramatiser les enjeux de cette journée. Les compagnies de bus à Gaza ont reçu des coups de fil intimidants pour qu’elles ne transportent pas les manifestants. Le ministère des affaires étrangères a diffusé à ses ambassades des éléments de langage pour décrédibiliser l’événement. Il s’agirait d’une « campagne dangereuse et préméditée » par le Hamas, qui y consacrerait « plus de dix millions de dollars [plus de 8 millions d’euros] », notamment pour rémunérer les manifestants.

Du côté militaire, le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a averti dans la presse que « plus de cent snipers » seraient déployés le long de la clôture de sécurité frontalière, en plus des unités supplémentaires mobilisées pour l’occasion.

Il s’agit de justifier par avance l’usage possible de la violence, allant de moyens de dispersion classiques jusqu’aux balles réelles. Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Plusieurs alertes sérieuses

Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. Quant aux soldats, ils n’hésiteront pas à tirer à balles réelles si des Palestiniens se rapprochent. Huit personnes ont été ainsi tuées en décembre 2017.

En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre.

Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression.

L’idée d’un vaste rassemblement pacifique

L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais.

Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. « Il y a eu énormément de réactions, les associations se sont emparées de la proposition, puis les factions. Un comité de pilotage a vu le jour. »

Ahmed Abou Irtema a une vision, celle d’une foule marchant un jour – pas vendredi – vers ses anciennes terres :

« Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. »

Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités.

« Les gens sont plein de fureur et de colère »

Qu’ils aient peu de chance d’obtenir gain de cause ne les interroge pas. Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation.

« Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban », explique de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage.

Ce dernier affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. La vérité est que rien n’est écrit. Tout dépendra de la force de la mobilisation et de l’ampleur de la réaction israélienne. « Les gens sont plein de fureur et de colère, dit Ghazi Hamad, responsable des relations internationales du Hamas. On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. »

A l’aube du vendredi 30 mars, un Palestinien a été tué par une frappe israélienne avant le rassemblement prévu à Gaza.

Voir également:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

Le président américain a promis de « graves » conséquences à l’Iran s’il se dote de la bombe nucléaire ; l’Iran mérite un « meilleur gouvernement »

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié de « désastreux », et le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche.

Trump a démarré son discours par ces mots :

« Aujourd’hui, je veux informer les Américains de nos efforts afin d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur. Il exporte de dangereux missiles, alimente les conflits à travers le Moyen-Orient et soutient des groupes terroristes alliés et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les Talibans et Al-Qaïda. Au fil des années, l’Iran et ses mandataires ont bombardé des militaires et des installations américaines [et ont commis une série d’autres attaques contre les Américains et les intérêts américains]. »

« Le régime iranien a financé son long règne de chaos et de terreur en pillant la richesse de son peuple. Aucune mesure prise par le régime n’a été plus dangereuse que sa poursuite vers le nucléaire et ses efforts pour l’obtenir. »

Dans son discours, Trump a déclaré :

« En théorie, le soi-disant accord concernant l’Iran était censé protéger les Etats-Unis et leurs alliés de la folie d’une bombe nucléaire iranienne – une arme qui ne ferait que mettre en péril la survie du régime iranien.

« En fait, l’accord a permis à l’Iran de continuer à enrichir de l’uranium et, au fil du temps, d’atteindre un point de rupture en terme de nucléaire. Il a bénéficié de la levée de sanctions paralysantes en échange de très faibles efforts sur son activité nucléaire. Aucune autre limite n’a été fixé concernant ses autres activités malfaisantes.

« En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis disposaient d’un maximum de pouvoir, cet accord désastreux a apporté à ce régime – et c’est un régime de terreur – plusieurs milliards de dollars, dont une partie en espèces, ce qui représente un grand embarras pour moi en tant que citoyen et pour tous les citoyens des Etats-Unis. Un accord plus constructif aurait facilement pu être conclu à ce moment-là. »

Voici les principaux extraits de sa déclaration à la Maison Blanche.

Retrait

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien ».

« Le fait est que c’est un accord horrible et partial qui n’aurait jamais dû être conclu. Il n’a pas apporté le calme. Il n’a pas apporté la paix. Et il ne le fera jamais ».

Sanctions

« Dans quelques instants, je vais signer un ordre présidentiel pour commencer à rétablir les sanctions américaines liées au programme nucléaire du régime iranien. Nous allons instituer le plus haut niveau de sanctions économiques ».

Et « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a de son côté indiqué que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auraient quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Le Trésor américain a lui fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours.

« Vraie solution »

« Alors que nous sortons de l’accord iranien, nous travaillerons avec nos alliés pour trouver une vraie solution complète et durable à la menace nucléaire iranienne. Cela comprendra des efforts pour éliminer la menace du programme de missiles balistiques (de l’Iran), pour stopper ses activités terroristes à travers le monde et pour bloquer ses activités menaçantes à travers le Moyen-Orient ».

« Nous n’allons pas laisser un régime qui scande +Mort à l’Amérique+ avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre ».

« Mais le fait est qu’ils vont vouloir conclure un accord nouveau et durable, un accord qui bénéficierait à tout l’Iran et au peuple iranien. Quand ils (seront prêts), je serai prêt et bien disposé. De belles choses peuvent arriver à l’Iran ».

« Preuve »

« Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge ».

Régime contre peuple

« Le futur de l’Iran appartient à son peuple » et les Iraniens « méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire ».

« Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur ». « Il soutient des terroristes et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les talibans et Al-Qaïda ».

L’ancien président américain Barack Obama a qualifié mardi de « grave erreur » la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, jugeant que ce dernier « fonctionne » et est dans l’intérêt de Washington.

« Je pense que la décision de mettre le JCPOA en danger sans aucune violation de l’accord de la part des Iraniens est une grave erreur, » a indiqué l’ex-président américain, très discret depuis son départ de la Maison Blanche, dans un communiqué au ton particulièrement ferme.

Voir de même:

Donald Trump furieux contre Mahmoud Abbas suite à un « mensonge »

 
Des sources palestiniennes ont réfuté cette publication

Le président américain Donald Trump aurait fustigé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de leur réunion à Bethléem, rapporte dimanche Channel 2.

Selon la chaîne, citant des sources israéliennes, Trump aurait « crié » sur Abbas, car ce dernier lui aurait « menti ».

« Vous m’avez menti à Washington lorsque vous avez parlé de l’engagement pour la paix, mais les Israéliens m’ont montré que vous étiez personnellement responsable de l’incitation », aurait déclaré Trump.

Les sources palestiniennes ont cependant contredit la publication de Channel 2, affirmant que la rencontre entre les deux dirigeants avait été calme.

Dans son discours après la réunion avec Abbas, Trump a insisté sur le fait que « la paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée ». Une déclaration considérée comme une critique du financement de l’Autorité palestinienne destiné aux familles de terroristes emprisonnés ou tués.

Ce rapport intervient alors que le président américain a affirmé hier que les deux parties sont prêtes à « parvenir à la paix ».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, « m’a assuré qu’il est prêt à faire la paix avec Israël, et je le crois », a déclaré Trump ajoutant que Benyamin Netanyahou a de son coté « assuré qu’il était prêt à parvenir à la paix ».

Voir encore:

Territoires palestiniens: Abbas s’excuse après ses propos jugés antisémites

Ses propos ont fait l’objet de vives critiques dans le monde entier ces derniers jours. En début de semaine, dans un discours prononcé devant des représentants de l’Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas avait estimé que les massacres dont les juifs avaient été victimes en Europe, et notamment l’Holocauste, étaient dus au « comportement social » des juifs et non à leur religion. Il évoquait notamment leurs activités bancaires. Des propos largement condamnés sur la scène internationale par les dirigeants israéliens, par les Etats-Unis, l’Union européenne, l’ONU et la France notamment.

De notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Finalement, ce vendredi, le président de l’Autorité palestinienne a décidé de présenter ses excuses. Depuis mardi soir, les critiques se succédaient et les mots employés étaient parfois très forts. Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix avait condamné des propos « inacceptables ». Il s’agissait pour lui de « certaines des insultes antisémites les plus méprisantes ». Quant au Premier ministre israélien, il estimait pour sa part que « un négationniste reste un négationniste » et il disait souhaiter voir « disparaître » Mahmoud Abbas.

Face à ce tollé, le président de l’Autorité palestinienne n’a d’abord rien dit. Puis après deux jours de silence, ce vendredi, il a choisi de s’excuser. « Si des gens ont été offensés par ma déclaration (…), spécialement des personnes de confession juive, je leur présente mes excuses », écrit Mahmoud Abbas dans un communiqué. « Je réitère mon entier respect pour la foi juive et les autres religions monothéistes », poursuit-il.

Le président de l’Autorité palestinienne se défend de tout antisémitisme. « Nous le condamnons sous toutes ses formes » assure-t-il. Il tient également à « réitérer », dit-il, sa « condamnation de longue date de l’Holocauste » qu’il qualifie de « crime le plus odieux de l’Histoire ».

Voir de même:

Abbas revient sur ses propos relatifs aux rabbins voulant “empoisonner” les puits palestiniens

Après avoir été accusé de diffamation, le dirigeant de l’AP rétracte son affirmation “sans fondement”, et ajoute ne pas avoir voulu “offenser le peuple juif”

Le président du parlement européen Martin Schulz (à droite) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au parlement de l’Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a retiré samedi ses propos concernant des rabbins ayant appelé à empoisonné l’eau des Palestiniens, disant qu’il n’avait pas eu l’intention d’offenser les juifs, après qu’Israël et des organisations juives ont affirmé qu’il faisait la promotion de tropes diffamatoires et antisémites.

« Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Pendant un discours prononcé devant le Parlement de l’Union européenne à Bruxelles jeudi, Abbas avait affirmé que les accusations d’incitations [à la violence] palestiniennes étaient injustes puisque « les Israéliens le font aussi… Certains rabbins en Israël ont dit très clairement à leur gouvernement que notre eau devait être empoisonnée afin de tuer des Palestiniens. »

Un article publié en juin dans la presse turque affirmait qu’un rabbin avait fait un tel appel, mais l’histoire s’était rapidement révélée fausse.

Son bureau a déclaré qu’il « rejetait toutes les accusations formulées à son encontre et à celle du peuple palestinien d’offense au judaïsme. [Il] a également condamné toutes les accusations d’antisémitisme. »

En revanche, Abbas n’a pas retiré son affirmation, également prononcée pendant son discours devant le Parlement européen, que le terrorisme mondial serait éradiqué si Israël se retirait de Cisjordanie et de Jérusalem Est.

Israël a dénoncé jeudi Abbas, le qualifiant de colporteur de mensonges, le bureau du Premier ministre déclarant qu’il « a montré son vrai visage », et qu’il « ment quand il affirme que ses mains sont tendues vers la paix. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accusé jeudi Abbas de « propager des diffamations au parlement européen ».

« Israël attend le jour où Abbas cessera de colporter des mensonges et d’inciter [à la haine contre Israël]. D’ici là, Israël continuera à se défendre contre les incitations palestiniennes, qui alimentent le terrorisme », pouvait-on lire dans le communiqué du bureau du Premier ministre.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vitrine politique de la première communauté juive d’Europe, avait accusé vendredi Abbas de « propager les caricatures anti juives d’autrefois […] dont on sait qu’elles nourrissent la haine antisémite ».

Voir de plus:

« Jusqu’à son dernier jour », Abbas payera les « familles des martyrs prisonniers »

 Le président de l’Autorité palestinienne a rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré jeudi qu’il ne renoncera pas aux salaires reversés aux terroristes et aux familles des terroristes ayant été emprisonnés en Israël pour avoir mené des attentats, ou ayant tenté de tuer des Israéliens.

« Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour », a déclaré M. Abbas, d’après les médias israéliens.

Le financement par l’Autorité palestinienne de subventions pour les familles des terroristes est un point de discorde entre les Palestiniens et l’administration Trump. Pendant sa visite dans la région plus tôt cette année, le président des Etats-Unis avait souligné que son pays ne tolérerait pas ces rétributions.

Cette déclaration du président de l’AP survient alors que des émissaires américains conduits par Jared Kushner, proche conseiller du président américain, ont rencontré à nouveau cette semaine les dirigeants israéliens et palestiniens.

Après avoir rencontré des responsables saoudiens, émiratis, qataris, jordaniens et égyptiens, la délégation américaine a été reçue jeudi par Benyamin Netanyahou et a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah.

M. Trump « est déterminé à parvenir à une solution qui apportera la prospérité et la paix à tout le monde dans cette zone », a déclaré Jared Kushner, au début de ses entretiens avec le Premier ministre israélien à Tel-Aviv, selon une vidéo diffusée par l’ambassade américaine.

Le bureau de Benyamin Netanyahou a qualifié les discussions de « constructives et de substantielles » sans autre détail, indiquant qu’elles allaient se poursuivre « dans les prochaines semaines » et remerciant le président américain « pour son ferme soutien à Israël ».

Le président Abbas a pour sa part rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump et a affirmé que « cette délégation (américaine) œuvre pour la paix ». « Nous savons que c’est difficile et compliqué mais ce n’est pas impossible », a-t-il fait savoir.

(Avec agence)

Voir par ailleurs:

Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures.

Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque.

Lors d’une cérémonie à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué ce qu’il a appelé les «vrais germes de la paix» qui selon lui commençaient à pousser parmi certains pays arabes.

Il n’a pas donné plus de détails mais des signes de réchauffement, tout particulièrement avec Ryad, ont été récemment enregistrés, alors qu’Israël comme le royaume saoudien voit en l’Iran une grave menace.

Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré.

La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe.

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis que cette attaque ne resterait «pas sans réponse».

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, des dizaines de frappes à distance dans ce pays sont attribuées à Israël, qui se garde communément de les confirmer ou démentir. Elles visent des positions syriennes et des convois d’armes au Hezbollah libanais, qui comme l’Iran et la Russie, aide militairement le régime Assad.

– Les «conseils» de Lieberman –

Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie.

Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine.

Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne.

La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque.

L’armée a décidé par précaution de renoncer à envoyer des chasseurs F-15 à des manœuvres prévues en mai aux Etats-Unis, a rapporté la radio militaire.

Sans évoquer une menace iranienne immédiate, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu: «Nous ne cherchons pas l’aventure», mais «je conseille à nos voisins au nord (Liban et Syrie) et au sud (bande de Gaza) de tenir sérieusement compte» de la détermination à défendre Israël.

– «Forteresse» –

Le 70e anniversaire est l’occasion pour Israël de célébrer le «miracle» de son existence, sa force militaire, la prospérité de la «nation start-up» et son modèle démocratique.

Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel.

Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine.

L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi.

Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël.

«Israël a été établi pour que le peuple juif, qui ne s’est presque jamais senti chez soi nulle part au monde, ait enfin un foyer», a déclaré l’écrivain David Grossman lors d’une cérémonie mardi soir à Tel-Aviv troublée par des militants de droite protestant contre la présence de familles palestiniennes.

«Aujourd’hui, après 70 ans de réussites étonnantes dans tant de domaines, Israël, avec toute sa force, est peut-être une forteresse. Mais ce n’est toujours pas un foyer. Les Israéliens n’auront pas de foyer tant que les Palestiniens n’auront pas le leur».

Cyclisme

Giro : Israël, braquet à l’italienne

Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine.

Pierre Carrey et Guillaume Gendron, correspondant à Tel-Aviv

Plus de doute, avec Benyamin Nétanyahou qui fait des acrobaties à vélo, le départ du Tour d’Italie (Giro d’Italia) de Jérusalem ce vendredi est bien une affaire politique. «Il faut que je m’entraîne», plaisante le Premier ministre dans une vidéo diffusée fin avril sur les réseaux sociaux où on le voit enfourcher un VTT bleu avec casque et costume-cravate. Etonnamment agile pour ses 68 ans, «Bibi» (en réalité, sa doublure) accomplit le tour d’un rond-point sur la roue arrière… Et exhorte l’équipe d’Israel Cycling Academy, dont deux coureurs sur les huit engagés sont israéliens : «Je vais vous aider à gagner !»

Le big start («grand départ») du Giro à Jérusalem est un big deal pour Israël. Trois jours de course : un contre-la-montre de 9,7 km dans les quartiers ouest de la ville «trois fois sainte», une étape de 167 km reliant le port de Haïfa, au nord, avec les plages de Tel-Aviv et enfin 226 km de canyons désertiques entre Beer Sheva et la station balnéaire d’Eilat, au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Le tracé s’arrête à la «ligne verte» et évite soigneusement les Territoires palestiniens ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem (mais longera cependant ses murs) et sa partie Est, dont l’annexion par Israël en 1980 n’a jamais été acceptée par la communauté internationale. En principe donc, pas de plans d’hélico des toits rouges des colonies de Cisjordanie ou du mur de séparation…

Cet événement d’envergure (évalué à 120 millions de shekels, soit 27 millions d’euros, l’équivalent de la somme dépensée mi-avril par l’Etat hébreu pour fêter ses 70 ans) est tout à la fois le premier départ d’un grand tour cycliste hors d’Europe, l’une des plus grandes manifestations sportives ou culturelles jamais organisées en Israël et potentiellement l’événement le plus sécurisé de son histoire (protégé par 6 000 policiers et agents privés). Plus encore que les funérailles d’Yitzhak Rabin, le Premier ministre assassiné en 1995. Question retombées, le gouvernement espère une hausse du tourisme grâce à une audience de la course complètement fantasmée, évaluée à un milliard de téléspectateurs.

De son côté, la société italienne RCS Sport, organisatrice de l’épreuve, entend tenir le Giro, simple «événement sportif», «à l’écart de toute discussion politique». Le consul général d’Italie à Tel-Aviv appuyait ces propos lundi, tout en répétant son attachement à l’antienne de la communauté internationale, soit la solution à deux Etats. A l’inverse, le milliardaire Sylvan Adams, qui a attiré le Giro à Jérusalem, envoie valser cette supposée neutralité et annonce la couleur : «On va contourner les médias traditionnels en s’adressant directement aux fans de sport qui n’en ont rien à faire du conflit et veulent juste admirer nos beaux paysages.»

«Un pays normal»

Ce riche héritier canadien de 59 ans s’est installé en Israël en 2016. Une alyah autant motivée par une fibre sioniste proclamée à tout instant que par une certaine affinité avec la fiscalité israélienne : le magnat de l’immobilier a fait sa valise en s’acquittant d’un redressement de 64 millions d’euros auprès du Trésor québécois. Depuis son arrivée, Adams, six fois champion cycliste canadien chez les vétérans, a décidé de financer une école de vélo, une équipe de deuxième division mondiale – celle que rencontre Nétanyahou dans la vidéo -, la construction d’un vélodrome olympique à Tel-Aviv et, point d’orgue, une grande partie du départ du Giro. Un programme supposé transformer Israël en nation de vélo, ce qu’elle n’était pas jusque-là, mais aussi destiné à soutenir l’effort de communication national, soit une version cycliste de l’hasbara (terme hébraïque signifiant «explication» et «propagande»).

Face à la presse, à Tel-Aviv, Sylvan Adams a dicté fin avril les éléments de langage : «J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie.» Normal, il faut le dire vite. Lors de la présentation du tracé à Milan, fin 2017, l’emploi de l’appellation «Jérusalem-Ouest» avait suscité la fureur d’Israël, qui avait obtenu gain de cause (suscitant, en retour, l’indignation des Palestiniens). Désormais, sur les documents officiels, la distinction n’est plus faite. «Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest, s’agace Adams. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte.» Représentant de RCS en Israël, Daniel Benaim va dans le même sens : «Quand les hélicoptères vont filmer Jérusalem, ils vont filmer la beauté du tout, on ne va pas diviser la ville !»

Le mouvement propalestinien BDS («Boycott, désinvestissement, sanctions») accuse l’épreuve de «normaliser l’occupation» israélienne, en utilisant des images du Dôme du Rocher ou de la porte de Damas, symboles palestiniens de la Vieille Ville. Haussement d’épaules côté organisateurs. Benaim : «Le BDS a essayé de faire du bruit en Italie, mais ça ne prend pas. Nous sommes heureux de dire qu’il y a une participation totale des équipes.» Deux groupes sportifs ont néanmoins hésité à s’engager, Bahrain-Merida et le Team UAE (Emirats arabes unis), tous deux dirigés par des managers italiens mais financés par des pétromonarchies du Golfe, qui ne reconnaissent pas officiellement Israël. Elles seront finalement au départ. «Les équipes n’ont pas le choix, rappelle le patron d’une formation concurrente. Quand nous avons appris que le Tour d’Italie partait de Jérusalem [peu après les remous causés par la reconnaissance de la ville comme capitale israélienne par Donald Trump, ndlr], nous nous sommes demandé comment on osait envoyer nos coureurs dans cette zone instable. Hélas, les équipes WorldTour [première division mondiale] sont tenues de participer à toutes les épreuves du calendrier. C’est une règle à changer dans un futur proche pour éviter de subir ces parcours absurdes.»

En façade, le milieu du vélo s’attache à éteindre les controverses. Fabio Aru, coureur originaire de Sardaigne, membre du Team UAE qui aurait pu déclarer forfait, sur Sportfair.it : «On m’a demandé si j’avais peur. Au contraire, je suis enthousiaste […]. Le sport peut aider à réconcilier les peuples.» Le Néerlandais Tom Dumoulin (Team Sunweb), vainqueur sortant du Giro, sur Cyclingnews.com : «Je ne suis pas du genre à me mêler de politique ; je suis cycliste. Si une course démarre d’Israël, on doit être au départ.»

Prime secrète

En off, plusieurs concurrents expriment leurs craintes. Pas tant d’être pris pour cible (d’ailleurs, le dispositif de sécurité était en apparence allégé aux abords de leurs hôtels jeudi) mais inquiets de l’effort physique supplémentaire à consentir. Entre les quatre heures de vol retour qui vont entamer leur récupération lundi (direction la Sicile) et la chaleur attendue dimanche dans le désert. Daniel Benaim rejette : «Je les ai vu monter des cols en Sardaigne sous 36 degrés…» Le silence gêné du peloton s’explique peut-être par la récurrence des courses dans des environnements climatiques et politiques discutables. En particulier à Dubaï et Abou Dhabi, où RCS Sport met sur pied des épreuves, ou encore au Qatar qui fut de 2002 à 2016 le terrain de jeu d’Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour de France. Mais il est aussi possible que cette discrétion soit tenue par des arrangements financiers.

La tête d’affiche de l’épreuve, le Britannique Chris Froome (Team Sky, lire ci-contre) aurait ainsi empoché de 1,4 à 2 millions d’euros de prime de participation selon plusieurs médias spécialisés. Menacé de sanctions pour un contrôle positif, le quadruple vainqueur de la Grande Boucle est accueilli à bras ouverts par des organisateurs misant sur sa notoriété. Théoriquement interdite par l’Union cycliste internationale (les coureurs étant rémunérés par leur équipe et non par les patrons d’épreuves), la pratique s’est banalisée. RCS est ainsi soupçonné d’avoir versé, en 2009, de 1 à 3 millions d’euros à Lance Armstrong, directement ou par l’intermédiaire de sa fondation contre le cancer. Par ailleurs, Libération a appris que l’organisateur italien gonfle depuis des années les frais de participation des équipes pour les inciter à aligner leurs stars sur le Giro.

RCS nie toute prime secrète. Ce qui pourrait laisser penser que, si chèque il y a, il a été signé par les Israéliens. Très excité, Sylvan Adams annonçait : «On espère avoir Froome, même si ça coûte cher. C’est comme faire jouer Messi dans sa ville, sauf que là on l’a pour trois jours avec notre beau pays en toile de fond et pas juste un stade anonyme.» Les images doivent être belles à tout prix. Même celles affichant un optimisme forcé (ou naïf), peu raccord avec l’enlisement actuel du processus de paix. Interrogé par le site Insidethegames.biz, le président de l’UCI, le Français David Lappartient veut y croire : «Espérons que le cyclisme permette de promouvoir la paix, comme les JO l’ont fait en Corée.»


Chris Froome, favori des soupçons

«Je n’ai rien fait de mal.» Christopher Froome va bouffer toujours les mêmes questions et répandre toujours la même odeur de petit scandale au long des 3 600 km du Tour d’Italie qui s’élance de Jérusalem ce vendredi. Le Britannique s’attaque à un exploit jamais vu, hors Eddy Merckx et Bernard Hinault : remporter trois grands tours d’affilée. S’il enlève l’épreuve italienne fin mai, Froome signerait un triplé après le Tour de France (en juillet) et celui d’Espagne (en septembre). A moins qu’il perde tout : le leader de l’équipe Sky est accusé d’abus médicamenteux – pour ne pas dire de dopage -, depuis que des doses élevées de salbutamol ont été retrouvées dans ses urines le 7 septembre. Il avance la prise de ventoline pour soigner son asthme et réussit pour le moment à gagner du temps avec ses avocats. Mais Froome devrait tôt ou tard être sanctionné. Donc certainement, si on s’en réfère au cas d’Alberto Contador en 2012, perdre le bénéfice de sa victoire au Tour d’Espagne. Et celle, peut-être à venir, au Tour d’Italie. Dès lors, pourquoi courir le Giro ? Froome le sait : le public retient les victoires acquises sur le terrain et oublie lorsqu’elles sont effacées a posteriori. Et puis, il y a cette histoire de prime de participation secrète que Froome aurait perçue de la part des organisateurs, pour lesquels le scandale constitue manifestement un argument marketing. P.C.

Voir aussi:

A Courageous Trump Call on a Lousy Iran Deal

Bret Stephens
New York Times

May 8, 2018

Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it.

“Our”?

The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition.

“The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015, referring to the deal by its formal name. It’s questionable whether the deal has any legal force at all.

Build on political sand; get washed away by the next electoral wave. Such was the fate of the ill-judged and ill-founded J.C.P.O.A., which Donald Trump killed on Tuesday by refusing to again waive sanctions on the Islamic Republic. He was absolutely right to do so — assuming, that is, serious thought has been given to what comes next.

In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior.

But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen.

The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding?

Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts.

Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning.

Why? Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sundayreported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston.

The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied.

All this means the administration is in a strong position to negotiate a viable deal. But it missed an opportunity last month when it failed to deliver a crippling blow to Bashar al-Assad, Iran’s puppet in Syria, for his use of chemical weapons. Trump’s appeals in his speech to the Iranian people also sounded hollow from a president who isn’t exactly a tribune of liberalism and has disdained human rights as a tool of U.S. diplomacy. And the U.S. will need to mend fences with its European partners to pursue a coordinated diplomatic approach.

The goal is to put Iran’s rulers to a fundamental choice. They can opt to have a functioning economy, free of sanctions and open to investment, at the price of permanently, verifiably and irreversibly forgoing a nuclear option and abandoning their support for terrorists. Or they can pursue their nuclear ambitions at the cost of economic ruin and possible war. But they are no longer entitled to Barack Obama’s sweetheart deal of getting sanctions lifted first, retaining their nuclear options for later, and sponsoring terrorism throughout.

Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through.

Voir également:

Trump now needs to bring Iran’s economy to its knees

President Trump’s declaration Tuesday that he would exit the 2015 Iran nuclear deal was more than just a fulfillment of a campaign promise; it was a much-needed shift in US foreign policy. The message to the world: The era of appeasement is over.

The Joint Comprehensive Plan of Action was among the worst deals negotiated in modern times. In exchange for the suspension of America’s toughest economic sanctions, Iran needed only freeze its nuclear program for a limited amount of time — keeping its nuclear capabilities on standby while perfecting its missile arsenal, increasing support to terrorism and expanding its military footprint throughout the Middle East.By withdrawing from the agreement, Trump unshackled America’s most powerful economic weapons and restored US leverage to push back on the entire range of Iran’s malign activities. Trump must now implement a new strategy that forces Iran to withdraw from Syria and Yemen, verifiably and irreversibly dismantle its nuclear and missile programs, end its sponsorship of terrorism and improve its human-rights record.

Sustained political warfare, robust military deterrence and maximum economic pressure will all be necessary. Pressure will build steadily as our re-imposed sanctions take hold.

Under the laws passed by Congress before the nuclear deal, banks throughout the world risk losing their access to the US financial system if they do business with the Central Bank of Iran or in connection with Iran’s energy, shipping, shipbuilding and port sectors. Companies providing insurance and re-insurance for Iran-connected projects face US sanctions as well, as do gold and silver dealers to Iran.

Iran will see its oil-export revenue decline as importers are forced to significantly reduce their purchases. Worse than anything for the regime, Iran’s foreign-held reserves will be on lock-down. Money paid by its oil customers must sit in foreign escrow accounts. Banks that allow Iran to repatriate, transfer or convert these payments to other currencies face the full measure of US financial sanctions.

What happens to a country that is cut off from hard currency and faces declining export revenues? In 2013, we saw the result: a balance-of-payments crisis. What happens, however, when these sanctions are imposed amid a raging liquidity crisis while the Iranian currency is in free-fall and the regime is drawing down its foreign-exchange reserves? The Trump administration is hoping for a situation that makes the mullahs choose between economic collapse and wide-ranging behavioral change.

The strategy just might work, but it’ll take a lot more than just re-imposing sanctions to succeed. Sanctions are only effective if they are enforced. The sooner the Trump administration identifies a sanctions-evading bank and cuts it off from the international financial system, the sooner a global chilling effect will amplify the impact of American sanctions. The same goes for underwriters and gold-traders.

Beyond enforcement, the Trump administration will need key allies to fully implement this pressure campaign. The Saudis, under attack by Iranian missiles from Yemen, should be a willing partner in the effort to drive down Iran’s oil exports — ensuring Saudi production increases to replace Iranian contracts and stabilize the market. Saudi Arabia, the UAE and Bahrain should also combine their market leverage to force European and Asian investors to choose between doing business in their countries or doing business in Iran.Trump will also need Europeans to act on one key issue which, given their opposition to his withdrawal from the deal, may present a diplomatic challenge. Under US law, the president may impose sanctions on secure financial messaging services — like the Brussels-based SWIFT service — if they provide access to the Central Bank of Iran or other blacklisted Iranian banks.

In 2012, when Congress first proposed the idea, the European Union ordered SWIFT to disconnect Iranian banks, which closed a major loophole in US sanctions. Now that Trump has left the deal, SWIFT must once again disconnect Iran’s central bank. If SWIFT refuses, Trump should consider imposing sanctions on the group’s board of directors.

Trump’s Iran pivot from appeasement to pressure offers America the best chance to fundamentally change Iranian behavior and improve our national security. If his administration implements the strategy effectively, the Iranian regime will have a choice: meet America’s demands or face economic collapse.

Richard Goldberg, an architect of congressionally enacted sanctions against Iran, is a senior adviser at the Foundation for Defense of Democracies.

Voir encore:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

OLJ/Agences
08/05/2018

Donald Trump a annoncé mardi soir  le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien au risque d’ouvrir une période de vives tensions avec ses alliés européens et d’incertitudes quant aux ambitions atomiques de Téhéran.

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l’avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après 21 mois de négociations acharnées. « J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, annonçant le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire. Le locataire de la Maison Blanche n’a donné aucune précision sur la nature des sanctions qui seraient rétablies et à quelle échéance mais il a mis en garde: « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».
Dénonçant avec force cet accord « désastreux », il a assuré avoir la « preuve » que le régime iranien avait menti sur ses activités nucléaires.

Un peu plus tard, le département du Trésor américain a précisé que les Etats-Unis allaient rétablir une large palette de sanctions concernant l’Iran à l’issue de périodes transitoires de 90 et 180 jours, qui viseront notamment le secteur pétrolier iranien ainsi que les transactions en dollar avec la banque centrale du pays. Dans un communiqué et un document publiés sur son site internet, le Trésor précise que le rétablissement des sanctions concerne également les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce de métaux avec ce pays ainsi que toute tentative de Téhéran d’obtenir des dollars US.

(Lire aussi : Derrière l’accord nucléaire, l’influence de l’Iran en question)

Son allocution était très attendue au Moyen-Orient où beaucoup redoutent une escalade avec la République islamique mais aussi de l’autre côté de planète, en Corée du Nord, à l’approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la péninsule. A ce sujet, le chef de la Maison Blanche a également indiqué que le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo arrivera en Corée du Nord d’ici « une heure » pour préparer le sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un. « En ce moment même, le secrétaire Pompeo est en route vers la Corée du Nord pour préparer ma future rencontre avec Kim Jong Un », a-t-il déclaré. « On en saura bientôt plus » sur le sort des trois prisonniers américains, a-t-il ajouté.

Réactions

L’Iran souhaite continuer à respecter l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, après l’annonce de la décision de Donald Trump, a réagi le président iranien, Hassan Rohani. « Si nous atteignons les objectifs de l’accord en coopération avec les autres parties prenantes de cet accord, il restera en vigueur  (…). En sortant de l’accord, l’Amérique a officiellement sabordé son engagement concernant un traité international », a dit le président iranien dans une allocution télévisée. »J’ai donn é pour consigne au ministère des Affaires étrangères de négocier avec les pays européens, la Chine et la Russie dans les semaines à venir. Si, au bout de cette courte période, nous concluons que nous pouvons pleinement bénéficier de l’accord avec la coopération de tous les pays, l’accord restera en vigueur », a-t-il continué.
M. Rohani a ajouté que Téhéran était prêt à reprendre ses activités nucléaires si les intérêts iraniens n’étaient pas garantis par un nouvel accord après des consultations avec les autres parties signataires du « Plan d’action global conjoint » (JCPOA) de 2015.

La Syrie a également « condamné avec force » l’annonce du retrait des Etats-Unis, affirmant sa « totale solidarité » avec Téhéran et sa confiance dans la capacité de l’Iran à surmonter l’impact de la « position agressive » de Washington.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, dit « soutenir totalement » la décision « courageuse » du président américain. « Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire » avec la République islamique, a dit M. Netanyahu en direct sur la télévision publique dans la foulée de la déclaration de M. Trump.

L’Arabie saoudite a également salué mardi soir la décision de Donald Trump de rétablir les sanctions contre l’Iran et de dénoncer l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, a fait savoir la télévision saoudienne. Les Emirats arabes unis et Bahreïn, alliés de l’Arabie saoudite dans le Golfe, ont emboîté le pas à Riyad en saluant par la voix de leur ministère des Affaires étrangères la décision de M. Trump. Bahreïn accueille la 5e flotte américaine.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni « regrettent » la décision américaine de se retirer de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, a, de son côté, réagi Emmanuel Macron sur Twitter, évoquant sa volonté de travailler collectivement à un « cadre plus large » sur ce dossier. « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu », a estimé le chef de l’Etat français, qui s’était entretenu au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May à 19h30 heure de Paris, peu avant la prise de parole de Donald Trump. « Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak », a-t-il ajouté, toujours sur Twitter.

Un peu plus tard, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré, depuis Rome, que l’UE est « déterminée à préserver » l’accord nucléaire iranien. L’accord de Vienne de 2015 « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver », a insisté Mme Mogherini, lors d’une brève déclaration à la représentation de la Commission européenne à Rome, en se disant « particulièrement inquiète » de l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran..

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, quant à lui, appelé les six autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien « à respecter pleinement leurs engagements », après le retrait des Etats-Unis. « Je suis profondément préoccupé par l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord JCPOA (en référence à l’acronyme en anglais ndlr) et de la reprise de sanctions américaines », a aussi souligné le patron des Nations unies dans un communiqué.

Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a, de son côté, estimé que « le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire est une décision qui va causer de l’instabilité et de nouveaux conflits ». « La Turquie va continuer de s’opposer avec détermination à tous types d’armes nucléaires », a ajouté le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan.

Le ministère russe des Affaires étrangères a, pour sa part, déclaré que la Russie est « profondément déçue » par la décision du président américain.
« Nous sommes extrêmement inquiets que les Etats-Unis agissent contre l’avis de la plupart des Etats (…) en violant grossièrement les normes du droit international », selon le texte.  Selon Moscou, cette décision de Donald Trump « est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington de négocier » et les « griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques » avec Téhéran.

Quelles répercussions?

A l’exception des Etats-Unis, tous les signataires ont défendu jusqu’au bout ce compromis qu’ils jugent « historique », soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. En contrepartie des engagements pris par Téhéran, Washington a suspendu ses sanctions liées au programme nucléaire iranien. Mais la loi américaine impose au président de se prononcer sur le renouvellement de cette suspension tous les 120 ou 180 jours, selon le type de mesures punitives. Certaines suspensions arrivent à échéance samedi, mais le gros d’entre elles restent en théorie en vigueur jusqu’à mi-juillet.

Dès mardi soir, le nouvel ambassadeur américain en Allemagne a écrit, sur Twitter, que les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran. Le président américain Donald Trump « a dit que les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l’économie de l’Iran. Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement », a commenté Richard Grenell qui a pris ses fonctions hier.

Airbus a, de son côté, annoncé qu’il allait examiner la décision prise par Donald Trump avant de réagir. « Nous analysons attentivement cette annonce et évaluerons les prochaines étapes en cohérence avec nos politiques internes et dans le respect complet des sanctions et des règles de contrôle des exportations », a dit le responsable de la communication d’Airbus, Rainer Ohler. « Cela prendra du temps », a-t-il ajouté. Un peu plus tard, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer à Airbus et à Boeing les autorisations de vendre des avions de ligne à l’Iran.

En janvier, l’ancien magnat de l’immobilier avait lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant jusqu’au 12 mai pour « durcir » sur plusieurs points ce texte signé par Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne). En ligne de mire: les inspections de l’AIEA; la levée progressive, à partir de 2025, de certaines restrictions aux activités nucléaires iraniennes, qui en font selon lui une sorte de bombe à retardement; mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement au programme de missiles balistiques de Téhéran ni à son rôle jugé « déstabilisateur » dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

L’annonce de mardi va avoir des répercussions encore difficiles à prédire. Les Européens ont fait savoir qu’ils comptent rester dans l’accord quoi qu’il advienne. Mais que vont faire les Iraniens?
Pour l’instant, Téhéran, où cohabitent des ultraconservateurs autour du guide suprême Ali Khamenei et des dirigeants plus modérés autour du président Hassan Rohani, ont soufflé le chaud et le froid.
La République islamique a menacé de quitter à son tour l’accord de 2015, de relancer et accélérer le programme nucléaire, mais a aussi laissé entendre qu’elle pourrait y rester si les Européens pallient l’absence américaine.

Voir de plus:

Accord sur le nucléaire iranien : 10 conséquences de la (folle) décision de Trump

Le monde a basculé le 8 mai 2018, avec la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Voici ce qui risque de se passer maintenant.

Vincent Jauvert

Le monde a basculé ce 8 mai 2018.

Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, il retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables.

  1. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.
  2. Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales.
  3. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
  4. D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux.
  5. En Iran, le président « réformateur » Rohani, qui avait défendu bec et ongles l’accord en promettant des retombées économiques mirifiques pour son pays et accepté, par cet accord, que son pays démonte les deux tiers de ses centrifugeuses et se sépare de 98% de son uranium enrichi, est humilié. Tandis que le clan des « durs » pavoise.
  6. L’accord dénoncé, l’Iran va donc probablement relancer au plus vite son programme nucléaire militaire en commençant par réassembler les centrifugeuses et les faire tourner dans un bunker enterré très profondément.
  7. Ce qui devrait être le déclencheur d’une course folle à l’armement atomique dans tout le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite, grâce au Pakistan, et la Turquie, grâce à son développement économique, ne voudront pas être dépassées par l’Iran et voudront, donc, devenir elles aussi des puissances nucléaires. Si bien qu’Emmanuel Macron a eu raison d’évoquer « un risque de guerre » (dans le « Spiegel » samedi dernier) si les Etats-Unis se retiraient de l’accord. De fait, le risque est grand que cette dénonciation unilatérale, alliée à un retour en force des « conservateurs » à Téhéran, ne précipite un affrontement militaire de grande envergure entre Israël et l’Iran – affrontement qui a déjà commencé à bas bruit, ces dernières semaines, par les frappes de Tsahal contre des bases du Hezbollah en Syrie.
  8. La milice chiite pro-iranienne qui vient de remporter les élections législatives au Liban pourrait profiter de cette victoire électorale inattendue et du retrait unilatéral américain – gros de menaces militaires – pour attaquer le nord d’Israël.
  9. Et, ainsi soutenu politiquement par le président américain, le gouvernement israélien pourrait décider de frapper ce qui reste des installations nucléaires iraniennes, ainsi qu’il l’avait sérieusement envisagé plusieurs fois avant l’accord de 2015. Autrement dit, la seule question est peut-être désormais de savoir lequel des deux pays, l’Iran ou Israël, va lancer la vaste offensive en premier. A moins que les Etats-Unis ne décident de frapper eux-mêmes « préventivement » la République islamique, avec les conséquences géopolitiques que l’on n’ose imaginer. Vous croyez cela impossible ? N’oubliez pas que Donald Trump vient de se choisir un nouveau conseiller à la sécurité. Il s’agit d’un certain John Bolton, un néoconservateur qui milite depuis le 11-Septembre pour que les Etats-Unis renversent le « régime des mollahs »…
  10. Evidemment, cette décision de Trump éloigne un peu plus encore l’espoir d’un règlement politique du conflit syrien. Et augmente les risques sur le terrain d’affrontements militaires entre milices iraniennes et soldats occidentaux – dont les forces spéciales françaises.

     Voir enfin:

    Remarks by President Trump on the Joint Comprehensive Plan of Action

    My fellow Americans: Today, I want to update the world on our efforts to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon.

    The Iranian regime is the leading state sponsor of terror. It exports dangerous missiles, fuels conflicts across the Middle East, and supports terrorist proxies and militias such as Hezbollah, Hamas, the Taliban, and al Qaeda.

    Over the years, Iran and its proxies have bombed American embassies and military installations, murdered hundreds of American servicemembers, and kidnapped, imprisoned, and tortured American citizens. The Iranian regime has funded its long reign of chaos and terror by plundering the wealth of its own people.

    No action taken by the regime has been more dangerous than its pursuit of nuclear weapons and the means of delivering them.

    In 2015, the previous administration joined with other nations in a deal regarding Iran’s nuclear program. This agreement was known as the Joint Comprehensive Plan of Action, or JCPOA.

    In theory, the so-called “Iran deal” was supposed to protect the United States and our allies from the lunacy of an Iranian nuclear bomb, a weapon that will only endanger the survival of the Iranian regime. In fact, the deal allowed Iran to continue enriching uranium and, over time, reach the brink of a nuclear breakout.

    The deal lifted crippling economic sanctions on Iran in exchange for very weak limits on the regime’s nuclear activity, and no limits at all on its other malign behavior, including its sinister activities in Syria, Yemen, and other places all around the world.

    In other words, at the point when the United States had maximum leverage, this disastrous deal gave this regime — and it’s a regime of great terror — many billions of dollars, some of it in actual cash — a great embarrassment to me as a citizen and to all citizens of the United States.

    A constructive deal could easily have been struck at the time, but it wasn’t. At the heart of the Iran deal was a giant fiction that a murderous regime desired only a peaceful nuclear energy program.

    Today, we have definitive proof that this Iranian promise was a lie. Last week, Israel published intelligence documents long concealed by Iran, conclusively showing the Iranian regime and its history of pursuing nuclear weapons.

    The fact is this was a horrible, one-sided deal that should have never, ever been made. It didn’t bring calm, it didn’t bring peace, and it never will.

    In the years since the deal was reached, Iran’s military budget has grown by almost 40 percent, while its economy is doing very badly. After the sanctions were lifted, the dictatorship used its new funds to build nuclear-capable missiles, support terrorism, and cause havoc throughout the Middle East and beyond.

    The agreement was so poorly negotiated that even if Iran fully complies, the regime can still be on the verge of a nuclear breakout in just a short period of time. The deal’s sunset provisions are totally unacceptable. If I allowed this deal to stand, there would soon be a nuclear arms race in the Middle East. Everyone would want their weapons ready by the time Iran had theirs.

    Making matters worse, the deal’s inspection provisions lack adequate mechanisms to prevent, detect, and punish cheating, and don’t even have the unqualified right to inspect many important locations, including military facilities.

    Not only does the deal fail to halt Iran’s nuclear ambitions, but it also fails to address the regime’s development of ballistic missiles that could deliver nuclear warheads.

    Finally, the deal does nothing to constrain Iran’s destabilizing activities, including its support for terrorism. Since the agreement, Iran’s bloody ambitions have grown only more brazen.

    In light of these glaring flaws, I announced last October that the Iran deal must either be renegotiated or terminated.

    Three months later, on January 12th, I repeated these conditions. I made clear that if the deal could not be fixed, the United States would no longer be a party to the agreement.

    Over the past few months, we have engaged extensively with our allies and partners around the world, including France, Germany, and the United Kingdom. We have also consulted with our friends from across the Middle East. We are unified in our understanding of the threat and in our conviction that Iran must never acquire a nuclear weapon.

    After these consultations, it is clear to me that we cannot prevent an Iranian nuclear bomb under the decaying and rotten structure of the current agreement.

    The Iran deal is defective at its core. If we do nothing, we know exactly what will happen. In just a short period of time, the world’s leading state sponsor of terror will be on the cusp of acquiring the world’s most dangerous weapons.

    Therefore, I am announcing today that the United States will withdraw from the Iran nuclear deal.

    In a few moments, I will sign a presidential memorandum to begin reinstating U.S. nuclear sanctions on the Iranian regime. We will be instituting the highest level of economic sanction. Any nation that helps Iran in its quest for nuclear weapons could also be strongly sanctioned by the United States.

    America will not be held hostage to nuclear blackmail. We will not allow American cities to be threatened with destruction. And we will not allow a regime that chants “Death to America” to gain access to the most deadly weapons on Earth.

    Today’s action sends a critical message: The United States no longer makes empty threats. When I make promises, I keep them. In fact, at this very moment, Secretary Pompeo is on his way to North Korea in preparation for my upcoming meeting with Kim Jong-un. Plans are being made. Relationships are building. Hopefully, a deal will happen and, with the help of China, South Korea, and Japan, a future of great prosperity and security can be achieved for everyone.

    As we exit the Iran deal, we will be working with our allies to find a real, comprehensive, and lasting solution to the Iranian nuclear threat. This will include efforts to eliminate the threat of Iran’s ballistic missile program; to stop its terrorist activities worldwide; and to block its menacing activity across the Middle East. In the meantime, powerful sanctions will go into full effect. If the regime continues its nuclear aspirations, it will have bigger problems than it has ever had before.

    Finally, I want to deliver a message to the long-suffering people of Iran: The people of America stand with you. It has now been almost 40 years since this dictatorship seized power and took a proud nation hostage. Most of Iran’s 80 million citizens have sadly never known an Iran that prospered in peace with its neighbors and commanded the admiration of the world.

    But the future of Iran belongs to its people. They are the rightful heirs to a rich culture and an ancient land. And they deserve a nation that does justice to their dreams, honor to their history, and glory to God.

    Iran’s leaders will naturally say that they refuse to negotiate a new deal; they refuse. And that’s fine. I’d probably say the same thing if I was in their position. But the fact is they are going to want to make a new and lasting deal, one that benefits all of Iran and the Iranian people. When they do, I am ready, willing, and able.

    Great things can happen for Iran, and great things can happen for the peace and stability that we all want in the Middle East.

    There has been enough suffering, death, and destruction. Let it end now.

    Thank you. God bless you. Thank you.


Politiquement correct: Attention, un esclavage peut en cacher un autre (No white slaves, please, we’re Americans !)

24 avril, 2018
Slave-table
A worksheet given to an eigth 
Penny Lane is in my ears and in my eyes There beneath the blue suburban skies… Paul McCartney (1967)
In America you’ll get food to eat Won’t have to run through the jungle And scuff up your feet You’ll just sing about Jesus and drink wine  all day It’s great to be an American Ain’t no lions or tigers ain’t no mamba snake Just the sweet watermelon and the buckwheat cake Everybody is as happy as a man can be Climb aboard little wog sail away with me. Randy Newman
I wrote about slave trade from the view of the recruiter from the slave trade. He is talking, you know, come to America and then talks about using that and I didn’t see another way to do it. I mean, you could say the slave trade is bad, horrendous or a great crime of the nation, but I chose to do differently. Randy Newman
I had this idea of a slave ship and a sea shanty – this guy standing in a clearing, singing to a crowd of natives. These people in my songs don’t know they’re bad. They think they’re fine. I didn’t just want to say, ‘Slavery is awful.’ It’s too easy. I wasn’t doing Roots. Randy Newman
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Malgré le titre général, en effet, dès l’article 1, seules la traite transatlantique et la traite qui, dans l’océan Indien, amena des Africains à l’île Maurice et à la Réunion sont considérées comme « crime contre l’humanité ». Ni la traite et l’esclavage arabes, ni la traite interafricaine, pourtant très importants et plus étalés dans le temps puisque certains ont duré jusque dans les années 1980 (au Mali et en Mauritanie par exemple), ne sont concernés. Le crime contre l’humanité qu’est l’esclavage est réduit, par la loi Taubira, à l’esclavage imposé par les Européens et à la traite transatlantique. (…) Faute d’avoir le droit de voter, comme les Parlements étrangers, des « résolutions », des voeux, bref des bonnes paroles, le Parlement français, lorsqu’il veut consoler ou faire plaisir, ne peut le faire que par la loi. (…) On a l’impression que la France se pose en gardienne de la mémoire universelle et qu’elle se repent, même à la place d’autrui, de tous les péchés du passé. Je ne sais si c’est la marque d’un orgueil excessif ou d’une excessive humilité mais, en tout cas, c’est excessif ! […] Ces lois, déjà votées ou proposées au Parlement, sont dangereuses parce qu’elles violent le droit et, parfois, l’histoire. La plupart d’entre elles, déjà, violent délibérément la Constitution, en particulier ses articles 34 et 37. (…) les parlementaires savent qu’ils violent la Constitution mais ils n’en ont cure. Pourquoi ? Parce que l’organe chargé de veiller au respect de la Constitution par le Parlement, c’est le Conseil constitutionnel. Or, qui peut le saisir ? Ni vous, ni moi : aucun citoyen, ni groupe de citoyens, aucun juge même, ne peut saisir le Conseil constitutionnel, et lui-même ne peut pas s’autosaisir. Il ne peut être saisi que par le président de la République, le Premier ministre, les présidents des Assemblées ou 60 députés. (…) La liberté d’expression, c’est fragile, récent, et ce n’est pas total : il est nécessaire de pouvoir punir, le cas échéant, la diffamation et les injures raciales, les incitations à la haine, l’atteinte à la mémoire des morts, etc. Tout cela, dans la loi sur la presse de 1881 modifiée, était poursuivi et puni bien avant les lois mémorielles. Françoise Chandernagor
Les « traites d’exportation » des Noirs hors d’Afrique remontent au VIIe siècle de notre ère, avec la constitution d’un vaste empire musulman qui est esclavagiste, comme la plupart des sociétés de l’époque. Comme on ne peut réduire un musulman en servitude, on répond par l’importation d’esclaves venant d’Asie, d’Europe centrale et d’Afrique subsaharienne. Olivier Pétré-Grenouilleau
A la différence de l’islam, le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d’organisation sociale, il ne l’a pas non plus interdit. Pourtant, l’idée d’une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l’esclavage, qui disparaît de France avant l’an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l’emploi d’une main-d’oeuvre libre venue de France. L’importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. Jean-Louis Harouel
Si Dieudonné plaçait l’Histoire au-dessus de son fantasme mémoriel, comment l’humoriste franco-camerounais, né dans la banlieue parisienne, pourrait-il se revendiquer « descendant d’esclave »?  Géraldine Faes et Stephen Smith
Concernant le passé, les historiens s’inquiètent pour la vérité historique et pour leur liberté de recherche du fait de l’intrusion du législateur et du juge dans leur domaine. La loi Taubira procède en effet d’une lecture partielle en n’évoquant que «la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe». D’une tragédie qui appartient à la longue histoire de l’humanité elle ne retient, sur une séquence courte, que les faits imputables aux seuls Blancs européens, laissant de côté la majorité des victimes de l’esclavage. La terrible traite transatlantique, du XVe au XIXe siècle, ne constitue malheureusement qu’une partie de l’histoire de l’esclavage, qui comprend également la traite arabo-musulmane, laquelle a duré du VIIe au XXe siècle, et la traite intra-africaine, toutes deux plus meurtrières. Le risque de voir cette histoire partielle, donc partiale, devenir histoire officielle a mobilisé les historiens quand l’un des meilleurs spécialistes actuels des traites négrières, Olivier Pétré-Grenouilleau, a été attaqué en justice au nom de la loi Taubira. Parce qu’il rappelait que la quasi-totalité des esclaves africains avaient été razziés non par des Blancs, mais par des négriers africains et que le commerce des esclaves était une routine sur le continent noir bien avant l’arrivée des négriers européens. Il lui était aussi reproché de réfuter l’application du terme de «génocide» aux traites négrières, contredisant ainsi le parallèle implicite entre l’esclavage et l’extermination des juifs qu’évoque l’exposé des motifs de la loi Taubira. (…) Les enjeux du présent expliquent ces relectures du passé. Christiane Taubira déclare sans ambages qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les «jeunes Arabes» «ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes». Ces logiques communautaires influent aussi sur le projet mémoriel La Route de l’esclave, décidé en 1993 par l’Unesco: Roger Botte, chercheur au Centre d’études africaines du CNRS, constate qu’il privilégie également la traite transatlantique du fait de «la pression des représentants du monde arabe et des Etats africains». Les démarches identitaires d’associations revendiquant le statut de victimes de l’Histoire transforment les débats. Dieudonné et les Indigènes de la République ont ainsi avancé l’expression très problématique de «descendant d’esclave». Empruntée aux Noirs américains – chez qui elle correspond à une réalité historique – cette notion ne peut, avec des nuances, s’appliquer en France qu’aux populations originaires des départements d’outre-mer, mais pas à celles de l’immigration africaine, n’ayant aucun rapport généalogique avec l’esclavage, sinon une éventuelle filiation avec des marchands d’esclaves. (…) Que signifie en effet revendiquer une identité victimaire et invoquer une «souffrance» avec cinq ou six générations de décalage? Est-elle assimilable aux souffrances et traumatismes transmis ou vécus directement, d’une génération à l’autre ou entre contemporains, qu’ont connus juifs, Arméniens, Bosniaques, Rwandais ou victimes du communisme? Et à quoi correspond l’application, à des siècles de distance, de la notion de «crime contre l’humanité», définie en 1945? Là réside le paradoxe le plus gênant, quand l’obsession pour un passé réinventé sert de substitut aux urgences du présent: le concept de crime contre l’humanité est une catégorie pénale dont l’objet est la poursuite de criminels; elle a ainsi permis de pourchasser au bout du monde les derniers criminels nazis. Or les criminels esclavagistes n’appartiennent malheureusement pas tous au passé lointain. Si l’histoire des traites européennes, qui se caractérise par sa relative brièveté et par leur abolition, est terminée depuis plus d’un siècle et demi, l’esclavage s’est prolongé dans de nombreux pays (dont l’Arabie saoudite) jusqu’au milieu du XXe siècle – c’est pour le dénoncer qu’Hergé a publié Coke en stock, en 1958. Et il persiste de nos jours dans certains pays, dont le Soudan, le Niger et la Mauritanie, qui l’a pourtant aboli officiellement en 1960, et de nouveau en 1980. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, il y aurait toujours plusieurs millions d’adultes en esclavage dans le monde et plusieurs associations humanitaires ont aujourd’hui pour objet le rachat d’esclaves: l’une d’elles a récemment racheté, au Soudan, un millier d’esclaves à raison de 50 dollars chacun dans la province de Bar el-Ghazal et, au Niger, les membres de Timidria continuent de lutter contre l’esclavage, malgré son abolition, en 1999 (…). Ces militants anonymes ont le tort de vouloir libérer les victimes oubliées d’une histoire qui écrase encore plutôt que d’instrumentaliser une histoire révolue. Eric Conan
The slaves were not meant to be killed, or even worked to death (though many did die); there was no effort to wipe out a race. Still, as the writer William St Clair points out, in one way the analogy with Nazi death camps works—in “the organised fictions, hypocrisies and self-deceptions that enabled otherwise reasonably decent people to condone, to participate and to benefit.” For most Europeans the existence of the slave trade, and slavery itself, was barely known. In England there was no slavery, so there was no particular reason for most people to face the ugly truth. The means by which sugar lumps arrived on tables in polite society were carefully hidden. (…) Those fine feelings were spared from reality by careful euphemisms. There were no slave-traders; only “adventurers” in the “Africa” or “Guinea” trade. Prints of the gleaming white Cape Coast Castle made it look like a European palace; there was no hint at its real role. Shackles used to string captives together were just “collars”. The “Company of Merchants”, which ran Britain’s slave trade, had on its logo an elephant and a beehive—denoting Africa and America—but nothing about slaves. (…) But there was still a pervasive feeling that, despite all the evasions, those involved in the trade were doing something deeply wrong. In the courtyard of Cape Coast Castle lies the tomb of Philip Quaque, the chaplain to the officers and men of the castle for 42 years in the second half of the 18th century. During all that time he failed to bring a single officer to the Christian rite of Holy Communion. In a letter he reflected that this had nothing to do with his (black) skin-colour, and more to do with a mood of shame: “The only plea they offer is that while they are here acting against Light and Conscience they dare not come to that holy Table.” This sense of guilt was to prove the Achilles heel of the slave trade in Europe. The task the abolitionists set themselves was to expose the reality of the trade to an ignorant public. They thought the moral sense of ordinary people would do the rest, and in part they were right. But lighting the spark of conscience needs brave individuals—like Thomas Clarkson, the moving spirit behind the founding of the Society for Effecting the Abolition of Slavery in 1787. He had been a student at Cambridge University two years before. He entered the university’s Latin essay contest, set by a vice-chancellor who was also an early abolitionist. The title was: Is it lawful to make slaves of others against their will? After two months’ research, he not only won the prize but also dedicated the rest of his long life to the cause of abolition. (…) Even the Quakers, the first abolitionists, were impressed by his zeal. It was essentially the alliance of Clarkson, an Anglican, and the Quakers, with their existing network of preachers and supporters, that made up the abolitionist movement; in an ironic nod to their success, slavers would call their ships the Willing Quaker and the Accomplished Quaker. Clarkson fixed the strategy of the campaign. His first task was to gather evidence about the slave trade, not easy when things were so hidden from public view. He spent long periods in Liverpool and Bristol, trying to gather testimony from the captains or doctors of slave ships, or freed slaves. Almost nobody would talk to him, but over the years small chinks opened in the wall of silence. One who came forward was John Newton, a former slave captain turned Anglican priest. His descriptions of the trade were very influential. Just as important was Clarkson’s gathering of the physical evidence of the slave trade to confirm the oral and written accounts he collected. In Liverpool he picked up “collars”, thumbscrews and a device for force-feeding slaves, which he would display at the hundreds of public lectures that he gave all over Britain, and France too. But Clarkson’s greatest coup was to get hold of a “plate”, or diagram, of the slave-ship Brookes, owned by a Liverpool family of that name, which operated between the Gold Coast and Jamaica. Clarkson and others reworked the plate to show the Brookes loaded with 482 slaves, lined up in rows and squashed together. As always, Clarkson and the abolitionists were strictly accurate; the ship had once carried over 600 slaves in even closer confinement, but they did not want to be accused of exaggeration. In 1789 they published 700 posters of this image and it was a sensation; nobody could now deny the horrors of the “middle passage”, during which many slaves either killed themselves or died of disease, starvation and cruel treatment. It became the abiding image of the campaign, rather like the thin and haunting faces of the newly freed inmates of the Belsen concentration camp. Clarkson also organised what was probably the first ever consumer-goods boycott, of slave-grown sugar, to bring home to ordinary Britons at their tea tables the message that they were paying a dreadful price in human cruelty for indulging a sweet tooth. At one time more than 300,000 people joined the boycott, also designed to hit the profits of the plantation owners. And he inspired the parliamentary movement against slavery, recruiting as spokesman a young Tory, William Wilberforce (see article), who brought successive bills before Parliament to abolish the slave trade until one was passed in 1807. (…) For all the fervour of its opponents, the slave trade would not have collapsed without rebellions by the victims. The most important was in 1791 on St Domingue. Within two months the slaves had taken control of the island, led by the remarkable Toussaint L’Ouverture. His guerrillas saw off the two greatest imperial armies of the day, the French and British; this led to the establishment of the republic of Haiti in 1804 and to the emancipation of about 500,000 slaves. It was clear that European armies would find it hard to contain many more uprisings, a point proved again on the British islands of Grenada and Barbados. Samuel Sharpe’s uprising on Jamaica in 1831 was put down at great cost; the British feared that if slavery continued, they would lose some colonies altogether. So in 1833 slavery was abolished throughout their empire. Britain was not the first to outlaw the slave trade in its territory; the Danes had done so in 1803, the French temporarily in 1794 and several northern American states had also done so before 1807. But as Britain was the big sea power of the day, it alone could enforce abolition throughout the world, as its navy resolutely tried to do for the rest of the 19th century. Other European nations, notably the Portuguese, persisted with the trade into the 1860s. (…) Most European states have tried to face up to the past, but slavery’s legacy is in some ways even more poisonous in places like modern Ghana. A smokescreen still covers the African role in this pernicious trade. It is an awkward fact that the traffic could not have existed without African chiefs and traders. Europeans rarely went far from their forts; slaves were brought to them. Indeed, when the Europeans arrived the slave trade and slavery were already integral parts of local tribal economies. One of the few Ghanaian historians to touch these issues, Akosua Adoma Perbi, writes that “slavery became an important part of the Asante state [the Gold Coast’s most powerful] right from its inception. For three centuries, Asante became the largest slave-trading, slave-owning and slave-dealing state in Ghana.” (…) Most of the slaves sold to Europeans in later centuries were men and women captured in battles between tribes like the Asante and the Acan. Many of the captives were kept as slaves by the victors, where they were treated relatively well and could gain some social standing within their new families. Still, the proliferation of wars between the tribes was, as Ms Perbi writes, “mostly aimed at acquiring slaves for sale to the European companies and individual European merchants”. So integral did the slave trade become to the local chiefs’ welfare that its abolition hit hard. In 1872, long after abolition, Zey, the king of Asante, wrote to the British monarch asking for the slave trade to be renewed. Yaw Bedwa of the University of Ghana says there has been a “general amnesia in Ghana about slavery”. The role of the chiefs is particularly sensitive, as they still play a big role in Ghana. “We don’t discuss slavery,” says Barima Kwame Nkye XII, a paramount chief in the town of Assin Mauso. He defends domestic slavery in the past as a generally benevolent institution, and insists that the chiefs had little to do with the slave trade. (…) Mr Bedwa faces anger from African-Americans who come to Ghana looking for roots, only to be confronted with the role of Africans in the slave trade. Mr Bedwa tells them that Africans who did not suffer from slavery were still victims of colonialism, poverty and disease. But, as in every exploitative system, some had it worse than others. The Economist
La déportation pénale est un procédure pénale consistant à transporter une personne condamnée hors d’un pays vers un bagne. La France a envoyé des condamnés à l’Île du Diable et en Nouvelle-Calédonie. Le Royaume-Uni, des années 1610 jusqu’aux années 1770, a aussi déporté des condamnés vers ses colonies américaines, puis vers l’Australie entre 1788 et 1868. Wikipedia
L’engagisme est à l’origine un concept juridique de l’Ancien Régime français et une réalité sociale, dans les colonies françaises et britanniques, notamment en Amérique du Nord et dans les Antilles, et apparenté au servage1. Dans le cas de la France il fut pratiqué dans le peuplement européen de la Nouvelle-France et des Antilles. À la suite de son abolition pendant la Révolution française, c’est devenu une forme de salariat de travailleurs natifs des colonies (anciens esclaves) ou immigrés provenant principalement d’Afrique, d’Inde, ou du bassin asiatique pour les grands propriétaires terriens des Antilles françaises et des Mascareignes qui ont été confrontés à des problèmes de main-d’œuvre à la suite de l’abolition de l’esclavage en France en 1848. L’indenture est un système équivalent dans le monde anglo-saxon. Afin de fournir une main-d’œuvre qualifiée et à bon marché aux seigneuries de la Nouvelle-France, le Royaume de France fit appel à des engagés. On les appelait alors les « trente-six mois ». Cette méthode de recrutement fut très populaire au XVIIe siècle, puis redevint à la mode peu après le traité d’Utrecht. Le 20 mars 1714, une ordonnance royale ordonna aux capitaines de navires marchands de transporter aux Amériques « depuis trois engagés jusqu’à six suivant le port de leurs vaisseaux ». Une surveillance se faisait tant au départ de la France qu’à l’arrivée à Québec. Une fois la période de trente-six mois écoulée, les engagés étaient libres d’acheter des terres s’ils disposaient d’argent, de devenir censitaires, ou bien de retourner en France. Le nombre d’engagés vers la Nouvelle-France fut toutefois peu élevé, la majorité d’entre eux choisissant les Antilles comme destination. Wikipedia
La déportation pénale est un procédure pénale consistant à transporter une personne condamnée hors d’un pays vers un bagnenote. La France a envoyé des condamnés à l’Île du Diable et en Nouvelle-Calédonie. Le Royaume-Uni, des années 1610 jusqu’aux années 1770, a aussi déporté des condamnés vers ses colonies américaines, puis vers l’Australie entre 1788 et 1868. Wikipedia
From the early 1600s until the American Revolution of 1776, the British colonies in North America received transported British criminals. In the 17th century transportation was carried out at the expense of the convicts or the shipowners. The Transportation Act 1717 allowed courts to sentence convicts to seven years’ transportation to America. In 1720, an extension authorised payments by the Crown to merchants contracted to take the convicts to America. The Transportation Act made returning from transportation a capital offence. The number of convicts transported to North America is not verified – John Dunmore Lang has estimated 50,000, and Thomas Keneally has proposed 120,000. Maryland received a larger felon quota than any other province. Many prisoners were taken in battle from Ireland or Scotland and sold into indentured servitude, usually for a number of years. The American Revolution brought transportation to an end. The remaining British colonies in what is now Canada were close to the new United States of America, thus prisoners sent there might have become hostile to British authorities. British gaols became overcrowded, and dilapidated ships moored in various ports were pressed into service as floating gaols known as « hulks ». An experiment in transporting convicted prisoners to West Africa proved unsuccessful. As a result, the British Government decided to look elsewhere. In 1787, the « First Fleet » of convict ships departed from England to establish the first British settlement in Australia, as a penal colony. The fleet arrived at Port Jackson (Sydney) on 26 January 1788, a date now celebrated as Australia Day. Wikipedia
In 1620, four small children, under the age of eight, were brought to New England shores as indentured servants to work as planters in Virginia. Ellen More was only eight; Jasper was seven, Richard, six, and Mary was four years old. The siblings were listed as servants. Three of the More children died during the bitter cold, one winter onboard the Mayflower anchored in the harbor, and six-year old Richard More was the only survivor of the four siblings. (…) The story of how these four children came to be on the Mayflower is heartbreaking. Their father purposely disposed of the children by banishing them to work the fields of Virginia. London was a microcosm of Britain’s social ills, decrepit laws, and those left in the wake of the pursuit of 17th century expansionism. The gentrified landowners paid laborers a pittance, and the death and neglect of unwanted children was rampant. Beggar waifs blighted the streets, and to rid cities of crime, authorities rounded up little children and condemned them to labor in the colonies. But the four More children aboard the Mayflower were not poor street waifs, as their families were wealthy landowners. (…) When Samuel More discovered that wife, Katherine, had committed adultery with tenant Jacob Blaskeway, he denied the four children were his kin, disowning them by claiming a strong likeness to the putative father, Jacob. Katherine admitted her illegal liaison, and confirmed they were Jacob’s children. Enraged, Samuel approached Lord Zouche, head of Privy Council, and an investor in the Virginia Company in America. They devised a plan for the disposal of the four ‘bastard’ children in retaliation against his wife’s betrayal. Samuel More also cut the children from all inheritance, and denied their very existence. (…) The More children were put in the care of four families as indentured servants aboard the vessel. Alive magazine
A Place Called Freedom is a work of historical fiction by Ken Follett. Set in 1767, it follows the adventures of an idealistic young coal miner from Scotland who believes there must be more to life than working down the pit. The miner, Mack McAsh, eventually runs away in order to find work and a new life in London. Eventually McAsh becomes a leader amongst the working classes of the city and becomes a target for those vested interest groups who do not share his point of view. McAsh is framed for a crime he did not commit and sent to serve seven years hard labour in the Colony of Virginia where he is forced to find a new life. The novel initially deals with subject of the Payment of Arles, a form of serfdom for miners in the 18th century which meant that once a miner started work in a coal mine he was bound to the mine for the rest of his life. It was a custom for the master or landowner of the mine to give a gift to parents at the time of a child’s baptism. The gift would then bind the child to work alongside the parents when they came of age. (…) After being caught in the middle of a riot, McAsh is captured and sentenced to transportation to America, a form of punishment which was often seen as an effective alternative to the death penalty during that period. Once arriving in the Colony of Virginia, McAsh is made to work as a field hand before escaping to the West. Wikipedia
Livar told HuffPost that Great Hearts staff invited his family and other concerned parents to a meeting on Thursday to discuss the matter, and that Manu was “commended for his action of bringing this to light and was even told he was ‘very brave.’” However, he noted that his son has been “attacked by many at his school” for supposedly harming its reputation. Livar, who said he and his family are Mexican-American and identify as Chicano, chalked the whole ordeal up to a lack of diversity at the school among the student body and staff. He added that he sees what happened as a sign of problems stemming beyond his son’s school. “These issues are not isolated to one school or one book,” Livar said. “These issues are systemic and continue up the chain all the way to the Texas School Board of Education”. Huffington Post
Relations between the rulers and the working class in the 18th century were so appalling that, even if you’re a modern conservative, you have to sympathise with the rebels. The main character, Mack McAsh, is a coal miner. At that time, coal miners were slaves in Scotland. Mack escapes to London and ends up in America. I set out to write an adventure story about a man coming from a very narrow environment, (a mining village in Scotland), and crossing the world to become a pioneer in America. The prologue, about finding an iron collar in a twentieth-century garden, is quite unusual and people often ask me if it’s true. It’s not. Many 18th century novels pretended to be real and the prologue uses the same literary device. It gives the reader a sense of how much time has elapsed since the historical period of the story. People who know me realise I couldn’t possibly have found a collar in a flower bed because I’ve never done any gardening in my life. I used a similar device at the end of The Man from St Petersburg, when I said that Charlotte is still alive and you can go see her. The idea is to remind the reader that someone who was a young woman in 1914 might still be alive today. Ken Follett
Defoe bluntly stated that the white servant was a slave. He was not. The servant’s loss of liberty was of limited duration, the Negro was [a] slave for life. The servant’s status could not descend to his offspring, Negro children took the status of the mother. The master at no time had absolute control over the person and liberty of his servant as he had over his slave. The servant had rights, limited but recognised by law and inserted into a contract. He enjoyed, for instance, a limited right to property. In actual law the conception of the servant as a piece of property never went beyond that of personal estate and never reached the stage of a chattel or real estate. The laws in the colonies maintained this rigid distinction and visited co-habitation between the races with severe penalties. The servant could aspire, at the end of his term, to a plot of land, though, as Wertenbaker points out for Virginia, it was not a legal right, and conditions varied from colony to colony. The serf in Europe could therefore hope for an early freedom in America which villeinage could not afford. The freed servants became small yeoman farmers, settled in the back country, a democratic force in a society of large aristocratic plantation owners, and were pioneers in westward expansion. Eric Williams (Capitalism and Slavery, 1944)
Unlike the slave the indentured servant was bound to labor for his master merely for the period of time expressly stated in his contract or, in the absence of a formal contract, as laid down by custom or statute. At the expiration of his service he was a free man. Richard B. Morris (Government and Labor in Early America, 1946)
Contemporary slavery is the complete control of a person, for economic exploitation, by violence, or the threat of violence. Kevin Bales
“Slavery (…) the “peculiar institution” is one of humanity’s oldest. It has, however, evolved and manifested itself quite distinctly in different periods of history. In contrast to historical views of slavery that are associated with Chattel Slavery, numerous forms fall under the umbrella term of contemporary slavery. The United Nations (U.N.) Working Group recognizes such radically new forms as: child labor, children in conflict, trafficking in persons, sexual exploitation, and the sale of children. The International Labor Office (ILO) approaches the topic through the lens of forced labor. The ILO recognizes slavery and abductions, compulsory participation in public works projects, forced labor in agriculture, domestic workers, bonded labor, forced labor imposed by the military, forced labor in the trafficking of persons, as well as some aspects of prison labor and rehabilitation through work. (…) Economic conditions are decisive in the formation of slavery. Chattel slavery emerged as a disturbing manifestation of a push for labor-intensive goods created in the new world. Slaves were seen as property—as a form of investment. The ensuing ownership created a myriad of costs for slave traders and owners. These costs included cargo, shipment, and insurance during delivery, as well as the costs of maintaining the investment (food, medical treatment, and clothing) on behalf of the slave owner. Nearly forty million Africans lost their lives due to horrific conditions on slaving vessels (Anti-Slavery International 2005). Massive slave insurrections significantly added to the costs nations incurred in enforcing the trade. These economic realities, coupled with strong domestic opposition, eventually led slave traders and politicians in Great Britain to re-evaluate the desirability of the trade. This ultimately led to slavery’s abolition in Great Britain and in subsequent countries around the world. A new set of economic forces arose from the ashes of the Trans-Atlantic trade, as slave traders demonstrated their ability to adapt to a changing environment. During the post-abolition era, the colonial holdings of the world’s imperial powers began to display an evolution towards slave-like practices. Forced labor by the state, debt bondage, and prison labor emerged to take the place of chattel slavery. These forms were markedly different for exactly what they lacked—namely, the immense costs and direct legal involvement in a trade that had been officially abolished. Imperial powers found these advantages to be economically and socially attractive. However, two devastating wars and the era of decolonization all but ended this period by the 1970s. (…) Massive inequality and poverty have set the stage for the most profitable form of slave trading ever seen. Slaves today are, in purely economic terms, short term, low-capital investments with incredibly high rates of return. For example, slaves in the U.S. Antebellum South cost, in real terms, around $40,000; today, a slave goes for around $90 (…). This is due to the enormous supply of slaves on the market today. In contrast to chattel slavery, ownership is now officially avoided. However, illegitimate contracts are used to keep victims in subjugation. Although a dizzying array of slave-like practices are recognized, the dominating form of slavery today is debt bondage. It is estimated that a staggering fifteen million of the world’s slaves can be found in India, Nepal, Pakistan, and Bangladesh combined (…)  The economic power wielded by the modern age slave holder is due to the seemingly unlimited supply of slaves in the world. According to the U.N., half of the world’s six and a half billion people survive on less than two dollars per day. It is from this mass of desperately poor people that the world’s slaves are culled. Never in history has there b een a segment of society that is as vulnerable as today’s poor. (…) As opposed to the later eighteenth and early nineteenth centuries, when slavery was confined to colonies and peripheral territorial holdings, contemporary slavery has permeated countries at every level of development in the global economy. Conservative estimates put the number of modern slaves alive today at 27 million (…). Some human rights organizations have the number as high as 200 million (…). This is more than all of the slaves who were captured and forced into slavery during the entirety of the Trans-Atlantic slave trade. Justin Guay
Popular among racists, white supremacists, neo-Nazis, white nationalists and neo-confederate groups, the “Irish slave” trope is often accompanied by statements to the effect of, “Our ancestors suffered and we got over it, why can’t you?” According to Liam Hogan — a librarian and scholar who has tracked the myth — references to these “Irish slaves” are used to derail conversations about racism and inequity. “The principle aim of this propaganda, which aligns with that of the international far-right, is to empty the history of the transatlantic slave trade of its racial element,” says Hogan. The meme has become increasingly visible since 2013. Its trajectory has paralleled the rise of Black Lives Matter and has even used that movement’s language with graphics, t-shirts and Facebook groups that proclaim, “Irish Lives Matter.” (…) Those who traffic in this lie minimize and ignore the realities that made slavery distinct from other forms of servitude in the British colonies. African slaves were considered property; Irish indentured servants were not. And though they faced inhumane working conditions, Irish indentured servants could typically decide if they wanted to enter into their labor contracts. Unlike the Africans forced to come to the US as slaves, the servitude of Irish people in the US did not span their entire lifetimes, and did not bind their children to a life of servitude. The Irish-as-slaves meme has a curious anatomy that Hogan has traced back to self-published books, family genealogy blogs and white supremacist news sites. He attributes much of the misinformation behind the meme to an article published by the Centre for Research on Globalization, a Canadian-based organization that touts its focus on education and humanitarianism. (…) The Global Research article is illustrated by the cover of a book, “White Cargo: The Forgotten History of Britain’s White Slaves in America,” which was published by NYU Press in 2008. The book’s cover, dramatically illustrated with two white fists bound by rope manacles, often appears alongside articles that perpetuate the “Irish slave” myth. The authors of the book are British filmmakers Don Jordan and Michael Walsh, who argue that slavery is more a feeling than a system. “Slavery,” they claim, “is not defined by time but by the experience of the subject.” Scholars discredit this assessment. In a review in “The Historian,” Dr. Dixie Ray Haggard says the book uses sound primary sources to draw conclusions that are plagued by “fatal flaws.” The most egregious, he writes, is that it “deliberately conflates indentured servitude with slavery. … Rather than explore the complexity of labor and social relations in colonial America and increase our understanding of these institutions, these authors chose to oversimplify and confuse.” Still, the book was reviewed favorably in mainstream news outlets including The New York Times, Publishers Weekly and The New York Review of Books. Co-author Walsh qualified his claims in an interview with NPR that “We’re not saying the Whites ever suffered quite as much as the worst treated Blacks.” Yet the book helped popularize the idea that Irish indentured servants had it just as bad, if not worse, than African slaves. This “Irish slave” narrative is the latest in a long history of Irish Americans affirming their own group identity at the expense of black people. In his book, “How the Irish Became White,” Noel Ignatiev shows how in 19th century America, when racial identities had as much to do with national origin as skin color, Irish immigrants strove to be socially classed as white. In order to achieve this status and the privileges that came with it, they routinely and deliberately differentiated themselves from black people by — at times violently — forcing them into an even lower ranking in the American social order. They sought to minimize the horrors of slavery then too. Irish workers in antebellum America self-identified as “wage slaves,” claiming they had it far worse than actual slaves because they weren’t entitled to “benefits” like the material comfort and the assurance of work they said slaves enjoyed. Decades later in 1921, W.E.B. Du Bois wrote that Irish anti-blackness has been expressed so “continuously and emphatically” that “there can be no doubt of the hostility of a large proportion of Irish Americans toward Negroes.” PRI
High school American history classes present indentured servitude as a benignly paternalistic system whereby colonial immigrants spent a few years working off their passage and went on to better things. Not so, this impassioned history argues: the indentured servitude of whites was comparable in most respects to the slavery endured by blacks. Voluntary indentures arriving in colonial America from Britain were sold on the block, subjected to backbreaking work on plantations, poorly fed and clothed, savagely punished for any disobedience, forbidden to marry without their master’s permission, and whipped and branded for running away. Nor were indentures always voluntary: tens of thousands of convicts, beggars, homeless children and other undesirable Britons were transported to America against their will. Given the hideous mortality rates, the authors argue, indentured contracts often amounted to a life sentence at hard labor—some convicts asked to be hanged rather than be sent to Virginia. The authors, both television documentarians, don’t attempt a systematic survey of the subject, and their episodic narrative often loses its way in colorful but extraneous digressions. Still, their exposé of unfree labor in the British colonies paints an arresting portrait of early America as gulag. Publishers weekly
In my view the most damning feature of this book it that it does not inform the reader in a coherent or timely manner what the profound differences are between racialised chattel slavery and indentured servitude or penal servitude. I believe that this was purposefully done to gird support for the book’s thesis that “white slavery” preceded “black slavery” in Colonial America. Their narrative of a supposed transition from a system of “white slavery” to black slavery is not supported by the historical evidence and this narrative’s inherent false equivalence is as ahistorical as it is troubling. The transition that occurred was from white indentured servitude to black chattel slavery. It is worth noting that the transition is related to which bonded labour system dominated, not which preceded the other, for Africans were held in lifetime bondage in Anglo America from the very beginning and indentured servitude was reintroduced in the British West Indies after the abolition of slavery in the 1830s. To be sure, these institutions were interrelated; they existed on the same continuum of unfreedom and labour exploitation in colonial realms. But they are not interchangeable and they cannot be equated or conflated without doing enormous damage to the historical record. (…) The authors of White Cargo try to get around this by concluding that one should refer to indentured servants in Colonial America (both voluntary and involuntary) as “white slaves” by (1) redefining slavery in this context as a “feeling” and not a socio-legal status and (2) arguing that servants should be called “slaves” because Daniel Defoe said so. (…) as Williams clarified over seventy years ago, indentured servitude was never racialised, was mostly voluntary and always time-limited. Colonial Slavery in the Early Modern Atlantic world was perpetual, hereditary and was justified and sustained by anti-black racism. (…) Frustratingly the authors of White Cargo are all too aware of the fundamental differences between slavery and servitude. A closer review reveals that these differences are buried in an erratic fashion throughout the book but never explained in any detail. It must be immensely confusing for any reader (especially those unfamiliar with the issues) to follow what is going on when after approximately one hundred pages of conflation the authors redraw their definitions by explaining that “one of the fundamental differences drawn between white indentured servitude and black slavery [is that black slavery means forever].” While it is not until page 176 that they admit that there was no transition from “white slavery” to black slavery as instead they note that there was a “shift from time-limited servitude of Englishmen to the lifetime slavery of Africans” which of course contradicts the book’s central thesis. These inconsistencies are present at various points throughout the text. To put it bluntly, White Cargo’s simplistic “servants were slaves, convicts were slaves and slaves were slaves” rationale is historically and semantically insupportable. Such reductionism and lack of adequate qualification or nuance collapses the distinctions between these different forms of bondage by default. (…) This confusion is also reflected in some of the uncritical media coverage the book received when it was first published. NPR labelled their promotional piece “America’s First Slaves: Whites” and then concurred with the authors that “the slavery of Europeans was a prelude to the mass slavery of Africans in the Americas.” NPR thus used White Cargo to present this false equivalence of slavery and servitude to their audience as being historically legitimate, yet by the second sentence they refer to it as “white indentured servitude.” Liam Hogan
In April 1775, two days after the American War of Independence began, a notice appeared in the Virginia Gazette offering rewards for the return of 10 runaways. Two were « Negro slaves », but the other eight were white servants, including Thomas Pearce, a 20-year-old Bristol joiner, and William Webster, a middle-aged Scottish brick-maker. Whether they were ever found remains a mystery; almost nothing is known about them but their names. But their irate master was to become very famous indeed, for the man pursuing his absconding servants was called George Washington. Pearce and Webster were indentured servants, the kind of people often ignored in patriotic accounts of colonial America. In the 17th and 18th centuries, tens of thousands of men, women and children lived as ill-paid, ill-treated chattels, bound in servitude to their colonial masters. It is a sobering illustration of human gullibility that, in return for vague promises of a better life, men would sign away their lives for 10 years or more. Once in the New World, they were effectively items of property to be treated as their masters saw fit. Brutal corporal punishment was ubiquitous: every Virginia settlement had its own whipping post. One man was publicly scourged for four days with his ears nailed to the post. He had been flirting with a servant girl. Briskly written by Don Jordan and Michael Walsh, a pair of television documentary producers, White Cargo is harrowing reading. For while thousands of servants signed up for the colonies of their own will, thousands more were shipped across by force. We associate transportation with Australia but, by the time of independence, perhaps one in 100 Americans was a convict. English officials were open in their determination to send the « scum » of their booming cities to the colonies. During the Georgian era they exiled 1,000 prisoners across the Atlantic every year. Some of these people were hardened criminals, but not all. Hundreds of girls sent over in the 1620s were probably child prostitutes dragged off the London streets. James I ordered that 100 « rowdy youths » from Newmarket be shipped across to Virginia; in fact, they were just exuberant local lads whose horseplay had annoyed the king. Most shocking of all, thousands of poor London children were rounded up by the constables and thrown on to the nearest ship. Urchins as young as five were shipped to America, where they spent most of their lives in backbreaking service. Few lived long enough to reach adulthood. And yet this horrifying enterprise had some impressive advocates. « It shall sweep your streets, and wash your doors, from idle persons, and the children of idle persons, » declared the poet John Donne. Yet although Jordan and Walsh present their material in a breezy fashion, this is an unsatisfying book. (…) The book is subtitled and marketed as the « forgotten history of Britain’s white slaves in America ». Yet as the authors admit, indentured servants were not slaves. It is true that they were dreadfully treated; indeed, Barbados planters often treated their slaves better than their servants, because the former were so vital to their economic success. The authors are right to remind us that African slavery was one form of bondage among many, rather than a unique and unprecedented condition. All the same, it was almost always much better to be a European servant than an African slave. Not only were servants transported in better conditions, they could also hope to be free men, if they survived their term of service. Above all, they were white, which meant that they were automatically different from the West African slaves. As the servants would have pointed out, the racial codes of the American colonies were a lot more than window-dressing. Dominic Sandbrook 

Attention: un esclavage peut en cacher un autre !

En ces temps étranges …

Où entre concurrence victimaire et mimétisme ambiant, il faut à nouveau pour réussir son suicide le djihadiser et entrainer avec soi le maximum de victimes …

Et en ce toujours plus étrange Occident …

Dont les racines sont issues, fait unique dans l’Histoire humaine, d’une culture se revendiquant fille d’esclaves affranchis

Où entre esclavage sexuel et extortion de fonds, un mouvement sectaire peut prospérer, en plein coeur des Etats-Unis et dans la plus grande indifférence, pendant plus de 20 ans …

Mais où des enseignants peuvent se voir mis à pied pour avoir voulu faire réfléchir leurs élèves aux éventuels bénéfices de l’esclavage y compris pour ses victimes …

Retour en cette veille de commémoration de l’abolition, 15 ans après la Grande-Bretagne, de l’esclavage en France …

Où faisant l’impasse à l’instar de l’infâme loi Taubira sur les traites intra-africaine et arabe beaucoup plus importantes et prolongées dans le temps …

L’on va encore ne nous parler que de la seule traite transatlantique (14% du total quand même pour la seule partie française parquée discrètement dans ses DOMTOM, soit   1, 6 million  vs. 500 000 pour les Etats-Unis) …

Sur ces écrivains et journalistes récemment mis au pilori eux aussi pour avoir qualifié d’esclavage (certes temporaire) les conditions de travail de certains mineurs de l’Europe de la Révolution industrielle …

Ou, censés nettoyer Londres ou Paris de leurs « classes dangereuses » (repris de justice mais aussi filles ou enfants de rue – Mayflower compris),  d’ « engagés » et de « déportés pénaux » des Amériques …

Alors que contrairement à ce que nous présente la – compréhensible et nécessaire – propagande anti-esclavagiste, on ne voit pas bien l’intérêt de l’interminable série de sévices que leur vie était censée alors être quand les historiens nous apprennent qu’ils pouvaient représenter  pour leurs propriétaires un investissement et un capital se chiffrant en dizaines de milliers de nos dollars actuels …

Et que les instances mêmes d’organisme internationaux comme les Nations unies parlent allégrement aujourd’hui d’esclavage moderne pour des victimes qui ne présentent pourtant pas la caractéristique jusqu’ici déclarée nécessaire pour le faire de transmission héréditaire de leur condition …

Mais dont on peut effectivement imaginer les conditions de vie quand on sait qu’entre l’augmentation exponentielle de leur nombre et la réduction drastique de leur coût de transport, la valeur a été ramenée à quelque 90 dollars …

The forgotten history of Britain’s white slaves

Dominic Sandbrook reviews White Cargo: the Forgotten History of Britain’s White Slaves in America by Don Jordan and Michael Walsh

The Daily Telegraph

03 May 2007

In April 1775, two days after the American War of Independence began, a notice appeared in the Virginia Gazette offering rewards for the return of 10 runaways. Two were « Negro slaves », but the other eight were white servants, including Thomas Pearce, a 20-year-old Bristol joiner, and William Webster, a middle-aged Scottish brick-maker. Whether they were ever found remains a mystery; almost nothing is known about them but their names. But their irate master was to become very famous indeed, for the man pursuing his absconding servants was called George Washington.Pearce and Webster were indentured servants, the kind of people often ignored in patriotic accounts of colonial America. In the 17th and 18th centuries, tens of thousands of men, women and children lived as ill-paid, ill-treated chattels, bound in servitude to their colonial masters. It is a sobering illustration of human gullibility that, in return for vague promises of a better life, men would sign away their lives for 10 years or more. Once in the New World, they were effectively items of property to be treated as their masters saw fit. Brutal corporal punishment was ubiquitous: every Virginia settlement had its own whipping post. One man was publicly scourged for four days with his ears nailed to the post. He had been flirting with a servant girl.Briskly written by Don Jordan and Michael Walsh, a pair of television documentary producers, White Cargo is harrowing reading. For while thousands of servants signed up for the colonies of their own will, thousands more were shipped across by force. We associate transportation with Australia but, by the time of independence, perhaps one in 100 Americans was a convict. English officials were open in their determination to send the « scum » of their booming cities to the colonies. During the Georgian era they exiled 1,000 prisoners across the Atlantic every year.Some of these people were hardened criminals, but not all. Hundreds of girls sent over in the 1620s were probably child prostitutes dragged off the London streets. James I ordered that 100 « rowdy youths » from Newmarket be shipped across to Virginia; in fact, they were just exuberant local lads whose horseplay had annoyed the king.Most shocking of all, thousands of poor London children were rounded up by the constables and thrown on to the nearest ship. Urchins as young as five were shipped to America, where they spent most of their lives in backbreaking service. Few lived long enough to reach adulthood. And yet this horrifying enterprise had some impressive advocates. « It shall sweep your streets, and wash your doors, from idle persons, and the children of idle persons, » declared the poet John Donne.Yet although Jordan and Walsh present their material in a breezy fashion, this is an unsatisfying book. For one thing, the narrative feels very disjointed, not least because chapters of six pages or fewer are too short for a work of this kind. There are some splendid anecdotes, but they never knit into a coherent story or argument. It is telling that the book ends with a perfunctory two-paragraph conclusion that vaguely wonders whether the « present-day American psyche » owes something to « the harsh conditions of those early settlements », but doesn’t really provide an answer.A more serious problem is the whole business of slavery. The book is subtitled and marketed as the « forgotten history of Britain’s white slaves in America ». Yet as the authors admit, indentured servants were not slaves. It is true that they were dreadfully treated; indeed, Barbados planters often treated their slaves better than their servants, because the former were so vital to their economic success. The authors are right to remind us that African slavery was one form of bondage among many, rather than a unique and unprecedented condition.All the same, it was almost always much better to be a European servant than an African slave. Not only were servants transported in better conditions, they could also hope to be free men, if they survived their term of service. Above all, they were white, which meant that they were automatically different from the West African slaves. As the servants would have pointed out, the racial codes of the American colonies were a lot more than window-dressing. Calling them slaves might be a marketing ploy, but it stretches the meaning of slavery beyond breaking point.

Voir aussi:

The curious origins of the ‘Irish slaves’ myth

PRI’s The World

March 17, 2017

Natasha Varner

Irish Americans were slaves once too — or so a historically inaccurate and dangerously misleading internet meme would have you believe.
The meme comes in many varieties but the basic formula is this: old photos, paintings and engravings from all over the world are combined with text suggesting they are historic images of forgotten “Irish slaves.”

The myth underlying the meme holds that the Irish — not Africans — were the first American slaves. It rests on the idea that 17th century American indentured servitude was essentially an extension of the transatlantic slave trade.

Popular among racists, white supremacists, neo-Nazis, white nationalists and neo-confederate groups, the “Irish slave” trope is often accompanied by statements to the effect of, “Our ancestors suffered and we got over it, why can’t you?” According to Liam Hogan — a librarian and scholar who has tracked the myth — references to these “Irish slaves” are used to derail conversations about racism and inequity.

“The principle aim of this propaganda, which aligns with that of the international far-right, is to empty the history of the transatlantic slave trade of its racial element,” says Hogan.

The meme has become increasingly visible since 2013. Its trajectory has paralleled the rise of Black Lives Matter and has even used that movement’s language with graphics, t-shirts and Facebook groups that proclaim, “Irish Lives Matter.”

In a six-part series on Medium, Hogan deconstructs the images and claims that have fueled the meme. That picture of “Irish slave” children? That’s actually a photo of young coal mine workers in Pennsylvania in 1911. The one of the “Irish” man being beaten to death in front of a crowd in the 1800s? That’s really a black man tied to a whipping post and being tortured in the 1920s.While there is a growing awareness that these arguments are based on misinformation, the fiction is now seen by many as fact thanks to a strange web of mutually reinforcing lies. The lies have also taken on a life beyond the internet.

At a Confederate flag rally in Mississippi in July 2015 one protester told a reporter, “There were more white Irish slaves then there were blacks. And the Irish slaves were treated a lot worse than the black slaves.”

Those who traffic in this lie minimize and ignore the realities that made slavery distinct from other forms of servitude in the British colonies. African slaves were considered property; Irish indentured servants were not. And though they faced inhumane working conditions, Irish indentured servants could typically decide if they wanted to enter into their labor contracts. Unlike the Africans forced to come to the US as slaves, the servitude of Irish people in the US did not span their entire lifetimes, and did not bind their children to a life of servitude.

The Irish-as-slaves meme has a curious anatomy that Hogan has traced back to self-published books, family genealogy blogs and white supremacist news sites. He attributes much of the misinformation behind the meme to an article published by the Centre for Research on Globalization, a Canadian-based organization that touts its focus on education and humanitarianism. Hogan says that their frequently referenced 2008 article, “The Irish Slave Trade — The Forgotten ‘White’ Slaves,” has an outsized impact but “does not contain a single historically accurate claim or sentence.”

Even so, the article has been cited by mainstream news sites like Scientific American, Irish Examiner and Irish Central. In response, more than 80 scholars and supporters have signed an open letter debunking the Global Research article and asking the media to stop their practice of uncritically citing it and related sources. Scientific American responded by heavily revising their story on the topic and the Irish Examiner removed theirs altogether. But Irish Central has made no such revisions and did not respond to a request to comment for this story.

Screenshots of an article on GlobalResearch.ca, as archived by the Internet Archive on January 31, 2017 and March 3, 2017, after PRI reached out to them for comment on the article.
The editor of Global Research, Michel Chossudovsky, defends their decision to keep the story on their website. He wrote in an email that it was, “originally published by OpEd News, we do not necessarily endorse it, we have also published critiques of that article by several historians with a view to promoting debate.”

Shortly after he replied to PRI’s questions, the article was updated with a lengthy editorial note and links to the articles that “promote debate” on the basis of long-since discredited claims.

The Global Research article is illustrated by the cover of a book, “White Cargo: The Forgotten History of Britain’s White Slaves in America,” which was published by NYU Press in 2008. The book’s cover, dramatically illustrated with two white fists bound by rope manacles, often appears alongside articles that perpetuate the “Irish slave” myth.

The authors of the book are British filmmakers Don Jordan and Michael Walsh, who argue that slavery is more a feeling than a system. “Slavery,” they claim, “is not defined by time but by the experience of the subject.”

Scholars discredit this assessment. In a review in “The Historian,” Dr. Dixie Ray Haggard says the book uses sound primary sources to draw conclusions that are plagued by “fatal flaws.” The most egregious, he writes, is that it “deliberately conflates indentured servitude with slavery. … Rather than explore the complexity of labor and social relations in colonial America and increase our understanding of these institutions, these authors chose to oversimplify and confuse.”

Still, the book was reviewed favorably in mainstream news outlets including The New York Times, Publishers Weekly and The New York Review of Books. Co-author Walsh qualified his claims in an interview with NPR that “We’re not saying the Whites ever suffered quite as much as the worst treated Blacks.” Yet the book helped popularize the idea that Irish indentured servants had it just as bad, if not worse, than African slaves.

This “Irish slave” narrative is the latest in a long history of Irish Americans affirming their own group identity at the expense of black people. In his book, “How the Irish Became White,” Noel Ignatiev shows how in 19th century America, when racial identities had as much to do with national origin as skin color, Irish immigrants strove to be socially classed as white. In order to achieve this status and the privileges that came with it, they routinely and deliberately differentiated themselves from black people by — at times violently — forcing them into an even lower ranking in the American social order.

They sought to minimize the horrors of slavery then too. Irish workers in antebellum America self-identified as “wage slaves,” claiming they had it far worse than actual slaves because they weren’t entitled to “benefits” like the material comfort and the assurance of work they said slaves enjoyed.

Decades later in 1921, W.E.B. Du Bois wrote that Irish anti-blackness has been expressed so “continuously and emphatically” that “there can be no doubt of the hostility of a large proportion of Irish Americans toward Negroes.”

Now, as the “Irish slave” myth festers online and beyond, there is no visibly Irish American movement to answer it. There is no Irish American equivalent to Asians for Black Lives. Irish Americans participate in movements for the rights of African Americans, but they do not announce their heritage as loudly as do proponents of the “Irish slave” myth.

Leaders within the Catholic church, which has historically served as the moral compass for many Irish Americans, are beginning to grapple with this legacy of anti-blackness. Dr. Kevin Considine, professor of theology at Calumet College of St. Joseph, called for direct responses to “implicit, insidious racism” in an essay for US Catholic last summer.

“Do black lives matter to white Catholics? If so, we need to do more than say the right words,” he wrote.

Voir également:

White Cargo: The Forgotten History of Britain’s White Slaves in America by Don Jordan and Michael Walsh was published by the New York University Press in 2007. It is a work of popular history authored by a filmmaker and a journalist about what they claim is the “forgotten history” of unfree European labour in Colonial America, or as the authors now call them, “white slaves”. The blurb of the book asserts without qualification that white indentured servants were “chattels”, that white convicts were sold like “livestock” and that this history of “white slavery” has been “submerged under the overwhelming memory of black slavery.” The introduction goes on to state that “white servants were the first slaves in America” and that “today, tens of millions of white Americans are descended from such chattels.” Jordan and Walsh also claim that the brutalities associated with black slavery alone were perpetuated on whites throughout British rule.”To put it mildly these are simplistic, decontextualised and historically problematic assertions. Despite the author’s haphazard disclaimers to the contrary, their argument unavoidably draws a false equivalence between colonial slavery and colonial servitude. The book’s sensationalist and oversimplified approach to this complex topic means that this attempt at a relative comparison becomes an absolute equivalence in a general discussion. Since its publication ten years ago White Cargo has helped popularise the reductive fallacy that “slavery was slavery” in the history of British America. It has thus aided the growth of a deep misunderstanding and confusion about this history in wider society and has been seized upon at the fringes by White Nationalists and Neo-Confederates as “evidence” in their attempts to legitimate their racist worldview.

Academic criticism points towards a “Fatal Flaw”

I do not doubt that the authors’ hearts were in the right place and I’m convinced that White Cargo had the potential to be an important and accessible work about the broad history of unfree labour in British America and the exploitation of the poor and the vulnerable. Alas the fundamentally misguided decision to conflate the plight of its subjects with the history of racialised chattel slavery, while no doubt helping to garner greater media attention and sales, has critically damaged the book’s import. The American historian Dr. Dixie Ray Haggard noted this “fatal flaw” when he reviewed the book for The Historian journal in 2011 and he concluded how“This book deliberately conflates indentured servitude with slavery. The authors use a general definition of slavery, rather than an academic one, to prove their point that indentured servants were in essence slaves because of the way they were treated. They fail to acknowledge, or maybe understand, that each institution, slavery and indentured servitude, had its own purpose and position within the colonial economy and society.”Haggard also noted the book’s poor use of modern literature and scholarship and that the authors predominantly leaned on secondary sources, of which many were published in the mid-twentieth century.Prof Jerome Handler and Dr Matthew Reilly, scholars of the history of slavery in Barbados, singled out White Cargo in a recent academic article contesting the growing narrative of “white slavery” in the Caribbean. They argued that White Cargo has been “influential amongst transatlantic audiences in its central thesis” that slavery in British America was imposed “first for whites, then for blacks.” Handler and Reilly assessed that the book’s strategy to simplistically refer to white servants as slaves “deflects the experiences of millions of persons of African birth or descent.”Likewise the economic historian of slavery Dr. Stephen Mullen criticised the book’s “sensationalist interpretations” and he cited the American historian Michael Guasco who “recently suggested the text should be read in ‘conjunction with more analytical and thoroughly contextualised works’ — a diplomatic way of urging caution when considering the authors’ conclusions.” Mullen observed that some of the book’s sources were questionable, pointing out that the section about the transportation of Scottish Jacobites to the Americas in the 1700s relied almost exclusively on John Prebble’s “pseudo-historiographical victimology” rather than objective history. Correspondingly White Cargo lists Sean O’Callaghan’s pseudo-history To Hell or Barbados (2000) in its bibliography. I critiqued this work and found that O’Callaghan had jumbled history and fantasy together to help laminate a perfect victimology that equated indentured servitude with chattel slavery. Prof Don Akenson recently described O’Callaghan’s work as “an end-of-the-pier-act that is just a shade short of being hate literature” while Handler and Reilly delineated how To Hell or Barbados is

“…replete with historical inaccuracies, the frequent extension of documented information on enslaved Africans to all indentured servants without explanation or justification, distorted embellishments of historical incidents, reliance on questionable sources, and unsupported statements of alleged historical facts…”

British historian Dr. Dominic Sandbrook reviewedWhite Cargo for the Daily Telegraph and found it “unsatisfying” as it was built on “disjointed narratives” and anecdotes. He felt that its most “serious problem” was its decontextualisation of the term ‘slavery’ for polemical purposes. He concluded that “calling them slaves might be a marketing ploy, but it stretches the meaning of slavery beyond breaking point.”Although not referring to White Cargo directly, the Scottish historian Sir T.M. Devine also dealt with this increasingly popular conflation of servitude and slavery in the very first page of his introduction to Scotland’s Slavery Past: The Caribbean Connection (2015)

“Those modern skeptics who consider…the indentured white servants in the transatlantic colonies, to be just as oppressed as black slaves, fail to take into account that stark and fundamental distinction. Colonial servants were bondsmen, indentured to labour, often under harsh conditions, but their contracts were not for life but for specific periods, usually an average of four to seven years, and were enforceable at law.”

These are the only academic criticisms of White Cargo and its thesis that I could find and just one is a full length academic review. It was published four years after the book was available for sale and currently languishes behind a paywall. It is therefore understandable that so many people have been greatly influenced by this book in the wake of a subdued and much delayed critical response by professional historians.

A (brief) critique

In my view the most damning feature of this book it that it does not inform the reader in a coherent or timely manner what the profound differences are between racialised chattel slavery and indentured servitude or penal servitude. I believe that this was purposefully done to gird support for the book’s thesis that “white slavery” preceded “black slavery” in Colonial America. Their narrative of a supposed transition from a system of “white slavery” to black slavery is not supported by the historical evidence and this narrative’s inherent false equivalence is as ahistorical as it is troubling. The transition that occurred was from white indentured servitude to black chattel slavery. It is worth noting that the transition is related to which bonded labour system dominated, not which preceded the other, for Africans were held in lifetime bondage in Anglo America from the very beginning and indentured servitude was reintroduced in the British West Indies after the abolition of slavery in the 1830s.To be sure, these institutions were interrelated; they existed on the same continuum of unfreedom and labour exploitation in colonial realms. But they are not interchangeable and they cannot be equated or conflated without doing enormous damage to the historical record. Which is why Prof Gad Heuman and Prof Trevor Burnard, specialists of the history of plantation slavery in the Americas, take care to elucidate how

Slavery is a form of labour exploitation connected to, but significantly different from, other forms of labour exploitation, such as indentured servitude… (The Routledge History of Slavery, p. 7)

The authors of White Cargo try to get around this by concluding that one should refer to indentured servants in Colonial America (both voluntary and involuntary) as “white slaves” by (1) redefining slavery in this context as a “feeling” and not a socio-legal status and (2) arguing that servants should be called “slaves” because Daniel Defoe said so. The authors disagree with Dr Eric Williams who directly challenged Defoe’s view in Capitalism and Slavery (1944)

“Defoe bluntly stated that the white servant was a slave. He was not. The servant’s loss of liberty was of limited duration, the Negro was [a] slave for life. The servant’s status could not descend to his offspring, Negro children took the status of the mother. The master at no time had absolute control over the person and liberty of his servant as he had over his slave. The servant had rights, limited but recognised by law and inserted into a contract.”

Thus as Williams clarified over seventy years ago, indentured servitude was never racialised, was mostly voluntary and always time-limited. Colonial Slavery in the Early Modern Atlantic world was perpetual, hereditary and was justified and sustained by anti-black racism. Richard B. Morris, an economic historian and former president of the American Historical Association, also alluded to Defoe’s claim in Government and Labor in Early America, 1946.

“To the author of Moll Flanders white servitude and slavery were identical. In fact, the system of indentured servitude differed in certain important essentials from Negro slavery.”

In a prior section Morris spelled out one of these essential distinctions.

“Unlike the slave the indentured servant was bound to labor for his master merely for the period of time expressly stated in his contract or, in the absence of a formal contract, as laid down by custom or statute. At the expiration of his service he was a free man.”

Frustratingly the authors of White Cargo are all too aware of the fundamental differences between slavery and servitude. A closer review reveals that these differences are buried in an erratic fashion throughout the book but never explained in any detail. It must be immensely confusing for any reader (especially those unfamiliar with the issues) to follow what is going on when after approximately one hundred pages of conflation the authors redraw their definitions by explaining that

“one of the fundamental differences drawn between white indentured servitude and black slavery [is that black slavery means forever].”

While it is not until page 176 that they admit that there was no transition from “white slavery” to black slavery as instead they note that there was a “shift from time-limited servitude of Englishmen to the lifetime slavery of Africans” which of course contradicts the book’s central thesis. These inconsistencies are present at various points throughout the text.To put it bluntly, White Cargo’s simplistic “servants were slaves, convicts were slaves and slaves were slaves” rationale is historically and semantically insupportable. Such reductionism and lack of adequate qualification or nuance collapses the distinctions between these different forms of bondage by default. This extreme revisionist methodology inevitably leads to an unsustainable ahistorical narrative which explains why White Cargo repeatedly refers to “white slaves” as being “indentured servants” in the text. The irony is not lost on this writer that the only way the authors can clarify that they are referring to “white slaves” throughout the book (rather than actual slaves) is to refer to them as indentured servants, which they were to begin with.This confusion is also reflected in some of the uncritical media coverage the book received when it was first published. NPR labelled their promotional piece “America’s First Slaves: Whites” and then concurred with the authors that “the slavery of Europeans was a prelude to the mass slavery of Africans in the Americas.” NPR thus used White Cargo to present this false equivalence of slavery and servitude to their audience as being historically legitimate, yet by the second sentence they refer to it as “white indentured servitude.” Which is it, NPR? Is it not “white slavery”? If NPR already swallowed the false equivalence then why is there this immediate need to qualify it?

Sensationalism with sparse context = bad history

White Cargo contains a multitude of over-the-top declarations and bizarre anachronistic comparisons that only become possible when a writer is trying to string a narrative together rather than contextualise, interrogate and understand the primary sources. In one jaw-dropping case they find it necessary to follow the activist Theodore W. Allen down the rabbit hole by trawling back to thirteenth century Ireland in an attempt to equate the abuse of the Gaelic Irish by Anglo-Normans with the experience of racialised chattel slaves in Colonial America in the eighteenth century. This false analogy that spans half a millennium omits the basic historical context, which means that it’s not historical writing they are producing, it’s rhetoric.Their decision to include ‘Arbeilt [sic] Macht Frei’ in the text, implying that indentured servitude (whether voluntary or forced) in Barbados in the mid-seventeenth century could be as futile as the exterminating slave labour enforced at death camps during the Holocaust, is dramatic comparison at its most puerile. Indentured labour in Barbados was a brutal station, especially so when the plantations transitioned to the more labour intensive sugarcane. The various laws that were passed in the colonies to protect servants illustrates how many were abused. The very nature of this system of servitude meant that they were treated as a sort of commodity while bound and undoubtedly in the first few decades of settlement significant numbers of servants died of disease before their indenture had expired.But the author’s quip of “if only” in reference to the servant’s hope of being free goes way too far. The Cromwellian officer Colonel William Brayne wrote to Secretary Thurloe from Barbados on the 10 January 1657 and he noted that servants who had served out their time were being “continually made free” and that they were leaving Barbados on a daily basis to no doubt find paid work and possibly even some land in another colony. Underscoring this is the approximation that 17,000 whites voluntarily left Barbados between 1650 and 1666. Many of this number were undoubtedly former servants in search of better opportunities. This was a possibility that a slave could never have.

Voir de même:

The story of slavery in black and white
Val Hennessy
The Daily Mail
30 April 2007

Here’s a shock revelation: slavery was not confined to the black population. In fact, during the 17th and 18th centuries, thousands of white Britons were marketed like cattle and transported to Britain’s American colonies to work in the fields.With the aim of emptying England’s prisons and clearing up the city streets, the authorities rounded up vagrants, orphans, prostitutes, beggars and criminals, and sold them into servitude.In theory, they would be ‘indentured servants’ to their masters for four to ten years. In practice, many of those shipped abroad perished on the journey or within two years of beginning forced labour.As the authors make clear in their riveting history, ‘for decades this underclass was treated just as savagely as black slaves and, indeed, toiled, suffered and rebelled alongside them.’ The white slave trade was prompted by fears that England was in danger of being overwhelmed by the poor and lawless.During Elizabeth I’s reign, her favourites grew rich while recurring harvest disasters and land-grabbing left hordes of peasants and labourers on the edge of survival.In 1570, in Coventry alone there were 2,000 beggars on the streets. A desperate crowd of 20,000 hungry people congregated at a grand funeral begging for bread.What was to be done? Enter bloodstained villain Humphrey Gilbert, of whom your reviewer has never heard and who makes no appearance in school history books.Half-brother to Sir Walter Raleigh, he was sent to command English troops in Ireland. Ordered to seize Irish land for the Queen, he launched a gory ‘ethnic cleansing’ campaign to replace native Irish with England’s surplus peasants.As he gloated: ‘I slew all those that did belong to, feed, accompany or maintain any outlaws or traitors… putting man, woman and child to the sword.’ His victims’ heads were stuck on rows of pikes.Thousands died. Gilbert was knighted. Thus were seeded the Irish Troubles, as well as the practice of offloading the troublesome English to work the land in the Queen’s colonies.With information gleaned from contemporary letters, journals and court archives, White Cargo is packed with proof that the brutalities usually associated with black slavery were, for centuries, also inflicted on whites.For example, of 1,200 whites shipped to America in 1619, 800 perished in the first year, killed by native Americans, disease, beatings, starvation, and infections caught on ship.Particularly harrowing are details of the mass street roundups of vagrant children to be transported overseas.The city paid the masters £5 a head to take them off its hands as ‘apprentices’, ostensibly to learn a trade.In reality, most were destined for tobacco plantations. Few lived long enough to reach adulthood. Of the first 300 children shipped, only 12 were still alive four years on. Their sad fate is largely forgotten, yet they arrived on the plantations four months before the first shipload of West Indian slaves about whom book after book has been written.Those whites transported as ‘indentured servants’ or who volunteered as ‘good-willers’ after being promised better lives were, in theory at least, supposed to gain their freedom after completing their agreed stint.In practice, most of them died before their time was up, or had penalty years imposed for misbehaviour. Escape attempts or becoming a father, for example, meant three extra years.Becoming a mother meant your child became the plantation owner’s chattel until he or she was 21.The authors explain ‘the rape of a female slave was not a crime, but a mere trespass on the master’s property’. Discipline was barbaric – a mutinous servant, for instance, was sent to the pillory for four days, his ears nailed to the post and given daily public whippings.Libraries and archives are full of details of lashings and beatings. A white girl field worker was beaten to death in 1625. A youth died from a blow to the head by his master.By the 1640s, Irish and Scottish workers were being shipped to the Caribbean to clear tropical forests and plant sugar cane.Interestingly, by mid-1660, a high proportion of the working population in Barbados was Irish. To this day, people there have Irish names and are known as Red Legs, because of their blistering fair skin.This book will certainly make readers re-evaluate all the recent appeasement and hype about apologising for the slave trade.Where do you begin? How do you apologise to long-dead and exploited street children? It is sobering to remind ourselves that the wealth of America and Britain came about because thousands of powerless workers were made to sacrifice their rights and freedom so that others could become rich.Those workers hoped and believed that one day their turn would come, too. Sadly, for most of them, they died unremembered and in terrible servitude.

Voir aussi:

Master and Servant

Every schoolchild recognizes certain images of this nation’s darker side: slaves kidnapped from their native lands, shipped in disease-ridden holds, traded like animals, and then whipped and worked on America’s plantations.

Don Jordan and Michael Walsh, both of whom have made documentaries and both of whom live in London, retell that familiar tale — although the victims here are not Africans but English, Irish and Scottish people, sent to the colonies largely against their will in the 17th and 18th centuries.

School Apologizes For Asking Students To List ‘Positive Aspects’ Of Slavery

“To be clear, there is no debate about slavery. It is immoral and a crime against humanity,” the superintendent said in a statement. 

A charter school network has apologized for an assignment asking students to list the positive and negative aspects of slavery, calling the worksheet a “clear mistake.”

“To be clear, there is no debate about slavery,” Aaron Kindel, superintendent of Great Hearts Texas, said in a statement posted on Facebook Thursday. “It is immoral and a crime against humanity.”

On Wednesday, Roberto Livar posted a photo of a worksheet he said his son, Manu, was asked to complete in his eighth-grade American history class at Great Hearts Monte Vista in San Antonio. The worksheet is titled, “The Life of Slaves: A Balanced View.”

Livar told HuffPost that his son was uneasy about the nature of the assignment and felt compelled to bring it home and show his parents. Livar said he was “pissed” as soon as he saw the worksheet.

“We are fully aware that there is a concerted effort by the far-right nationally to reframe slavery as being ‘not that bad’ and trying to revise the civil war as being about ‘states rights’ and not about slavery,” he told HuffPost in a Facebook message. “We were concerned that this assignment fell in line with that ideology and were naturally concerned, as well as other parents.”

Other families and members of the community upset about the worksheet began sharing Livar’s post, including Rep. Joaquin Castro (D-Texas). Castro called the assignment “absolutely unacceptable” in a tweet on Thursday.

Kindel said in his statement that the incident was “limited to one teacher at just one campus,” and that the teacher has been put on leave while Great Hearts “collect[s] all the facts.”  He added that Great Hearts will “conduct an audit” of the book that inspired the worksheet to see if it should be permanently replaced.

Livar told HuffPost that Great Hearts staff invited his family and other concerned parents to a meeting on Thursday to discuss the matter, and that Manu was “commended for his action of bringing this to light and was even told he was ‘very brave.’”

However, he noted that his son has been “attacked by many at his school” for supposedly harming its reputation.

Livar, who said he and his family are Mexican-American and identify as Chicano, chalked the whole ordeal up to a lack of diversity at the school among the student body and staff.

He added that he sees what happened as a sign of problems stemming beyond his son’s school.

“These issues are not isolated to one school or one book,” Livar said. “These issues are systemic and continue up the chain all the way to the Texas School Board of Education.

Voir par ailleurs:

Debunking the imagery of the “Irish slaves” meme

Those that promote the myth of Irish perpetual hereditary chattel slavery in Colonial America use a variety of images entirely unrelated to indentured servitude to accompany their anti-history. I examined a selection of them.

(This is part one of my six-part series debunking the meme. See Part Two, Part Three, Part Four, Part Five and Part Six)


1. Sale of a Slave Girl in Rome by Jean-Léon Gérôme (1884)

The is the most common image that accompanies spurious “Irish: the Forgotten White Slaves” articles. It is cropped from a painting by Jean-Léon Gérôme. In this work, Gérôme imagined a scene in a Roman slave market from about two thousand years ago.

The original

2. The “Redlegs” of Barbados

The “Irish slaves” meme has been embraced by racists and white nationalists. The meme below was shared by a Tea Party Leader in 2013. It accompanied her advice to African Americans to “move on” from slavery.

But this photograph is not from the U.S., nor does it depict “White Irish slaves.”

Historian Matthew C. Reilly has done extensive research on the “poor white” community of Barbados. This photo was taken in Barbados in 1908, and as Reilly has noted none of those pictured have Irish surnames and these families appear to have both African and European ancestry. Reilly writes

“Photograph locally known as “The ‘Redlegs’ of Barbados”. Pictured are fishermen residents of Bath in the parish of St. John taken in 1908. Photo courtesy of Mr. Richard Goddard.”

“The photograph is widely known amongst island history buffs as well as those interested in family genealogy. On several occasions I encountered individuals who had traced their ancestry to one of the impoverished men pictured in the 1908 portrait of the “Redleg” fishermen. Until my conversation with Fred Watson (Figure 7.2), however, I had never heard it referred to as a “family photograph”. Represented are members of the Watson, Goddard, King, and Haynes families, surnames popular amongst the “Redleg” population for several generations and still present in St. John today. Fred was able to identify several of his father’s and mother’s brothers that were pictured in the photograph including his mother’s brother Simeon Goddard found on the lower left and his father’s brother Joe Watson found in center of the back row. The revelation that the photograph depicts an extended matrilineal kinship network was made more significant by the realization that phenotypes indicate that this network involved Afro-Barbadian as well as “poor white” genealogies.”

3. Survivors of a Japanese POW camp during World War Two


4. Union Army soldier on his release from Andersonville Prison in May, 1865

Probably the most perverse co-option of all. Victims of the horror of the Confederate Andersonville prison appropriated by Neo-Confederates to support their racist meme. N.B. the Ferguson hashtag.


5. Child labourers on a Texan farm, 1913

This is another popular image. It is used here to promote an “Irish Slave Trade” movie idea. This photo of child labourers was taken in 1913 by the great Lewis Hine. The children were working on H.M. Lane’s farm near Bells, Texas. Their father (and uncle for some of the children) was working the plough nearby. This photo is sometimes used on Stormfront when discussing “white slaves.”


6. The East India Company logo

The ongoing “we were slaves too!” appropriation of the Atlantic Slave Trade led to this misfire. The East India Company logo tattooed as an “Irish slave” branding. I asked this tattooist about the relevance of the tattoo and he referred me to an inactive (and since deleted) Facebook page named “We Were Irish and Slaves”. This Facebook page was the source and inspiration for the tattoo design. The featured branding irons (first and second images) are from the Wilberforce Museum. The third image, the one that the tattoo is based on, is a stamp of the East India Company, not a branding iron. It goes without saying that indentured servants were not branded like slaves on their arrival in the colonies.


7. Former Enslaved Children in New Orleans, 1864

The comfort and ease at which some Irish and Irish-Americans appropriate the history of black chattel slavery is remarkable and disturbing. Guilty of the appropriation below is the “Ireland Long Held in Chains” Facebook page. They shared this photo of former “white” slave children in New Orleans and labelled it “Irish Slavery — Three Slaves”. This piece of anti-slavery propaganda during the American Civil War was aimed at a Northern white audience. These enslaved children were “the offspring of white fathers through two or three generations.” The fact that many slave owners in Louisiana were of Irish descent only makes this appropriation more reprehensible. In my review of Irish surnames and slave-ownership I found that 159 different Irish surnames were represented among slave owners in Louisiana in 1850. These included Brady, Burke, Carroll, Connolly, Collins, Cullen, Crowley, Darcy, Devane, Hickey, Hogan, Keane, Lynch, Mahoney, McCormack, and Murphy. You can read about the history of these photographs in Mary Niall Mitchell’s article in the New York Times.


8. Group portrait of child labourers in Port Royal, South Carolina (1911)

This “white slavery” meme (which appropriates the Zong Massacre) uses one of Lewis Hine’s photographs. Its caption reads “Group portrait of young girls working as oyster shuckers at the canning company at Port Royal, SC, 1911. From left to right: Josie, six years old, Bertha, six years old, and Sophie, 10 years old.”

Here is the original photograph.

This unbelievably ahistorical meme also suggests that in seventeenth Ireland “it was was no more [a] sin to kill an Irishman than a dog or any other brute.” This quote is not from the seventeenth century but the fourteenth, which makes it a full 300 years out of context. The original quote was made in 1317 in the Remonstrance of the Irish Chiefs to Pope John XXII. According to Diarmuid Scully (University College Cork) the Remonstrance described Domhnall, its author, as the ‘King of Ulster and by hereditary right the true heir to the whole of Ireland’ who “claims the support of the Irish élite and people, calls for papal backing against English rule and offers the kingship of Ireland to Edward Bruce of Scotland.” It wished to revoke the Laudabiliter. The Remonstrance accuses “the monks of the Cistercian order of Granard, in Ardagh diocese, so too the monks of Inch, of the same order, in Down diocese, shamelessly fulfil in deed what they proclaim in word. For, bearing arms publicly, they attack the Irish and slay them, and nevertheless they celebrate their masses.” This is to illustrate to the papal powers that some of the Christian orders in Ireland were murderous, heretical and did not warrant the Pope’s backing. This was a propagandic retort to Gerald of Wales’ infamous assertion that the English lay claim to Ireland as the Irish were not truly civilised or Christian. The Remonstrance inverts these slanderous justifications for the Cambro-Norman conquest of Ireland. William Petty alluded to this brutal 14th century colonial reality in the Political Anatomy of Ireland (1672)

“The English in Ireland before Henry the VII’s time, lived in Ireland as the Europeans do in America, or as several Nations do now upon the same Continent; so as an Englishman was not punishable for killing an Irish-man, and they were governed by different Laws; the Irish by the Brehon-Law, and the English there by the Laws of England…[then] English in Ireland, growing poor and discontented, degenerate into Irish; & vice versa; Irish, growing into Wealth and Favour, reconcile to the English.”


9. The HMS Owen Glendower, an anti-slave trade frigate

Irish Central decided to use a painting of the HMS Glendower to accompany their article about “forgotten white slaves”. It states that this ship was used to bring “human cargo to South American[sic] and the Indies.” This article repeats the absurd claim that an “Irish slave trade” ended in 1839. But the HMS Glendower was not a slave ship. In fact it was used from 1821 to 1824 to suppress the slave trade.


10. The Putumayo Atrocities, 1900s-1910s

The Ancient Order of Hibernians in Florida (State Board) appropriated an image of heavily chained Putumayo Indians, implying that they are “Irish slaves”.


11. Timucua men cultivating a field and Timucua women planting corn or beans (Florida, c. 1560)

This image of the Timucua people planting their fields appears on some “Irish slaves” and “white slaves” blogs. The Neo-Confederate Save Your Heritage website frames it as “white slaves” working in South Carolina.

Florida Indians planting seeds of beans or maize, c. 1560 by Theodor de Bry, (1528–1598) Engraver: Jacques Le Moyne de Morgues, (1533?-1588)

12. An illustration of Elizabeth Brownrigg, a torturer and murderer who was executed in England in 1767.

This “Irish slaves” meme uses an illustration of the infamous Elizabeth Brownrigg taken from The New Newgate Calendar, a sensationalist periodical which was published in England in the 1860s. The text of the meme is ridiculous; the values are apparently an invention, and it almost goes without saying that slaves were generally more expensive than servants because they were slaves. Lifetime ownership vs. 4–7 years indentures and slave-owners also claimed their children as their property. Although rare, in times of shortage (when labour demand/wages were high in Britain and thus migration unattractive) white servants’ contracts could be more expensive than slaves. It was a crime to murder a servant, but whipping was allowed as long as it was “moderate correction.” The claim that “African slaves were treated much better in Colonial America” is racist propaganda.

Here is the original image.


13. ‘Mulatto’ slave being whipped in an anti-slavery novel

This illustration is appropriated from the 19th century anti-slavery novel The White Slave; or, Memoirs of a Fugitive by Richard Hildreth. The protagonist being whipped is a ‘mulatto’ slave. His mother was enslaved and his father the enslaver.


14. Breaker boys working in Ewen Breaker of Pennsylvania Coal Co. (1911)

This is the newest version of the racist meme. It appeared online during Black History Month 2016 and has been shared 102,000 times so far. The photo does not depict “Irish slaves” but breaker boys working in Ewen Breaker of Pennsylvania Coal Co., South Pittston, Pennsylvania. The original photograph was taken by Lewis Hine in January 1911. Hine was the principle investigative photographer for National Child Labor Committee (NCLC).


15. A black man being whipped in Delaware (1920s)

This image is used by Neo-Nazis on this website to depict “Irish slaves”

from The Irish Slave Trade- White Cargo

Somehow it has made it from here into the mainstream.

But this image is clearly not an “Irish slave” in the 1800s. It was taken in Delaware in the 1920s and it shows an unnamed black man, fastened to a whipping post, being tortured.


16. A promotional photograph for a performance of Dion Boucicault’s play “The Octoroon” in London (c. 1862)

Here is a link to the original photograph. This satirical image was intended to challenge the audience by reversing racial stereotypes and it was used to promote the play during it’s run at the Adelphi theatre in London. Dion Boucicault is one of Ireland’s most famous playwrights and The Octoroon was his anti-slavery production based on Thomas Mayne Reid’s novel The Quadroon.


17. A stock photograph of a “crying black man” and a photo of Kevin Cunningham.

Racist meme that appeared on the “White History Month” Facebook Page (November 2015)

This exceptionally racist meme features a stock photograph and a photograph of Kevin Cunningham, an Irish-American who became famous after he started an online petition on change.org calling for the prosecution of George Zimmerman, the man who shot Trayvon Martin.


18. English Women being imported and sold to Planters in Colonial Virginia (1620s)

This meme of the “selling of Irish women” appears on multiple “Irish slaves” websites (inc. the Ancient Order of Hibernians) and across social media.

This image is actually taken from Barnes’ popular history of the United States of America

Barnes’ popular history of the United States of America, p. 38

The ratio of women to men was very low in the colony and so for the benefit of the colonial project, as Edmund S. Morgan describes it, a shipment was arranged by Virginia Company members “of a hundred willing maids, to be sold to the planters who could afford to buy a wife.” (American Slavery, American Freedom, p.95) So the image does not depict Irish women being sold into slavery. It depicts English women being sold into marriage. The planter was paying for the transport costs.

For more information about the role and limited rights of women in Colonial Virginia see Julie Richter’s overview.


19. Edwardian Servants, Byfield, Northamptonshire (c. 1920)

Some of these websites take the term ‘indentured servants’ literally…They turned this image of two maids photographed in a house in Byfield, Northamptonshire, sometime between 1896 and 1920….

…and made it into an awful “white slavery” meme.

from the Irish Slave Trade, Ancient Order of Hibernians (Florida)

20. Two women setting seed potatoes in Co. Antrim (1890s)

This is not an image of “Irish slaves” or indentured servants but of two women in Glenshesk, Co. Antrim planting potatoes. The photograph was taken by Robert J. Welch for the Congested Districts Boards in the late 1890s.


21. The Damm family, Los Angeles, 1987

The “Irish slaves” meme is also used to deny the existence of white privilege. It is often accompanied by an image of the Damm family taken by the photographer Mary Ellen Mark in Los Angeles in 1987.


22. Italian Miners in Belgium (c. 1900)

This photograph was recently published on the far-right “Against Globalist Agenda” Facebook page and appended with the title “Irish slaves imported to America”

But this photo actually depicts miners in Belgium in the early 20th century.


23. A photograph of the Cliffs of Moher

This meme uses a wistful photograph of the Cliffs of Moher. Here is the uncropped original.


24. An advert for two runaway Irish servants

“Make a toast to all the Irish Slaves who died making America great.”

“It says indented servants?”

“Shut up.”


25. An image from a Human Trafficking website and a photograph of President Obama’s visit to Moneygall, Ireland

This meme was created by conservative artist JP Hawkins in 2o13. https://twitter.com/jphawkins2009/status/615982442361413632
The caption reads “Obama visits Ireland, but fails to point out that the Irish were 1st slaves! Why?” The background image is a stock image taken from the Shutter Stock website and is tagged ‘Domestic Violence’.

26. A photo of the Irish actor Cillian Murphy

I know what you are thinking. I have no idea either.



Edwy Plenel: C’est la logique du bouc émissaire, imbécile ! (It’s scapegoating, stupid !)

16 avril, 2018
Chaillot
 
macron eveques islam laicite
N’allez pas croire que je suis venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et à la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemi les gens de sa famille. Jésus (Matthieu 10, 34-36)
Alors le roi dira (…) j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli; j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 34-40)
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
A cause de l’influence judaïque et chrétienne, le phénomène ne se produit plus à notre époque que de façon honteuse, furtive, clandestine. (…) Entre les phénomènes d’expulsion atténuée que nous observons tous les jours dans notre monde et le rite antique du bouc émissaire aussi bien que mille autres rites du même genre, les analogies sont trop parfaites pour  ne pas être réelles. Lorsque nous soupçonnons nos voisins de céder à la tentation du bouc émissaire, nous les dénonçons avec indignation. Nous stigmatisons férocement les phénomènes de bouc émissaire dont nos voisins se rendent coupable, sans  parvenir à  nous passer nous-mêmes de victimes de rechange. Nous essayons tous de croire que nous n’avons que des rancunes légitimes et des haines justifiées mais nos certitudes en ce domaine sont plus fragiles que celles de nos ancêtres. Nous pourrions utiliser avec délicatesse la perspicacité dont nous faisons preuve à l’égard de nos voisins, sans trop humilier ceux que nous prenons en flagrant délit de chasse au bouc émissaire mais, le plus souvent, nous faisons de notre savoir une arme, un moyen non seulement de perpétuer les vieux conflits mais de les élever au niveau supérieur de subtilité exigé par l’existence même de ce savoir, et par sa diffusion dans toute la société. Nous intégrons à nos système de défense, en somme, la problématique judéo-chrétienne. Au lieu de nous critiquer nous-mêmes, nous faisons un mauvais usage de notre savoir, nous le retournons contre autrui et nous pratiquons une chasse du bouc émissaire au second degré, une chasse aux chasseurs de bouc émissaire. La compassion obligatoire dans notre société autorise de nouvelles formes de cruauté. (…) La perspicacité au sujet des boucs émissaires est une vraie supériorité de notre société sur toutes les sociétés antérieures, mais, comme tous les progrès du savoir, c’est aussi une occasion de mal aggravé. Moi qui dénonce les boucs émissaires de mes voisins avec une satisfaction mauvaise, je continue à tenir les miens pour objectivement coupables. Mes voisins, bien entendu, ne se font pas faute de dénoncer chez moi la perspicacité sélective que je dénonce chez eux. Les phénomènes de bouc émissaire ne peuvent survivre dans bien des cas qu’en se faisant plus subtils, en égarant dans des méandres toujours plus complexes la réflexion morale qui les suit comme leur ombre. Nous ne pourrions plus recourir à un malheureux bouc pour nous débarrasser de nos ressentiments, nous avons besoin de procédures moins comiquement évidentes. C’est la privation des mécanismes victimaires et à ses conséquences terribles que Jésus fait allusion, je pense, quand il présente l’avenir du monde christianisé en termes de conflits entre les êtres les plus proches. Dans un univers privé de protections sacrificielles, les rivalités mimétiques se font souvent moins violentes mais s’insinuent jusque dans les rapports les plus intimes. (…) Loin de diminuer à mesure que le christianisme s’éloigne, son intensité augmente. (…) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d’abord sur les victimes qu’on s’accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l’hypocrisie  de toute lamentation; on se lamente enfin sur le christianisme, indispensable bouc émissaire car il n’est pas de rit sans victime et, de nos jours, la victime, c’est toujours lui: il est the scapegoast of last resort (…) Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont toujours celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (…) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête. (…) La surenchère permanente transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. (…)  L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le triomphe du souci des victimes, ce n’est pourtant pas le christianisme qui en profite dans notre monde, c’est ce qu’il faut appeler l’autre totalitarisme, le plus malin des deux, le plus riche d’avenir, de toute évidence, ausi bien que de présent, celui qui, au lieu de s’opposer ouvertement aux aspirations judéo-chrétiennes, les revendique, comme sa chose à lui, et conteste l’authenticité du souci des victimes chez les chrétiens (non sans sans une certaine apparence de raison au niveau de l’action concrète, de l’incarnation historique du christianisme réel au cours de l’histoire). Au lieu de s’opposer franchement au christianisme, l’autre christianisme le déborde sur sa gauche. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Dans le langage symbolique du Nouveau Testament, on peut dire que que, pour essayer de se rétablir et de triompher à nouveau, Satan dans notre monde emprunte le langage des victimes. Satan  imite de mieux en mieux le Christ et prétend le dépasser. (…) C’est le processus que le Nouveau Testament évoque dans le langage de l’Antéchrist. (…) L’Antéchrist se flatte d’apporter  aux hommes la paix et la tolérance que le christianisme leur promet mais ne leur apporte pas. En réalité, ce que le radicalisation de la victimologie contemporaine apporte, c’est un retour très effectif à toutes sortes d’habitudes païennes, l’avortement, l’euthanasie, l’indifférenciation sexuelle, les jeux de cirque à gogo, mais sans victimes réelles, grâce aux simulations electroniques, etc. Le néo-paganisme veut faire du Décalogue et de toute la morale judéo-chrétienne une violence intolérable  et leur abolition complète  est le premier de ses objectifs. L’observance fidèle de la loi morale est perçue comme une complicité avec les forces de persécution qui seraient essentiellement religieuses. Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. Ce néo-paganisme situe le bonheur dans l’assouvissement des désirs et, par conséquent, dans la suppression de tous les interdits. L’idée acquiert un semblant de vraisemblance dans le domaine limité des biens de consommation dont la multiplication prodigieuse, grâce au progrès technique, atténue certaines rivalités mimétiques, conférant une apparence de plausibilité à la thèse qui fait de toute loi morale un pur instrument de répression et de persécution. René Girard (Je vois Satan tomber comme l’éclair, pp. 241-279, 1999)
Depuis deux ans, selon notre sondage, la croyance en Dieu a progressé chez les jeunes Français âgés de 18 à 30 ans. Les croyants sont même devenus légèrement majoritaires, à 52 %, alors qu’ils n’étaient que 46 % en 2016. Et moins d’un jeune sur cinq (19 %) considère l’existence de Dieu comme totalement exclue (contre 23 % en 2016). Cette évolution s’accompagne d’une hausse importante du nombre de jeunes qui jugent importante la dimension spirituelle dans leur vie personnelle (39 %, + 9 % depuis juillet 2016). L’intérêt pour la foi de cette génération contraste aussi avec l’étude européenne réalisée par l’Institut catholique de Paris et l’université londonienne St Mary’s qui faisait apparaître une jeunesse éloignée des appartenances religieuses mais ne posait pas la question du rapport à Dieu. (…) Le sentiment d’appartenance à une religion est lui aussi en hausse : 57 % des Français de 18 à 30 ans déclarent avoir une religion. Ils étaient 53 % en 2016, et seulement 34 % il y a dix ans. Mais, en ce début de XXIe siècle, croire en Dieu ne signifie pas forcément se reconnaître dans une religion… Ainsi, près du quart des sondés se déclarant « sans religion » tiennent l’existence de Dieu pour « certaine ou probable ». (…) La deuxième vague de ce sondage montre également des jeunes très à l’aise avec le pluralisme religieux. En effet 63 % des personnes interrogées jugent « facile » d’échanger avec des personnes d’autres religions, et 56 % d’assumer son statut de croyant dans la société française (ils ne sont toutefois que 9 % à trouver cela « très facile »). Ces résultats en hausse par rapport au sondage de juillet 2016 montrent que, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les diverses controverses sur la laïcité qui ont émaillé l’actualité – crèches de Noël dans les mairies, menus sans porc dans les cantines, débat sur le « burkini » ou sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel – n’atteignent pas du tout les jeunes. (…) Le ressenti des jeunes concernant la facilité d’assumer sa croyance en France est toutefois à nuancer selon les religions. En effet, la majorité (57 %) des croyants non chrétiens – c’est-à-dire, pour l’essentiel, des musulmans – trouve difficile d’être croyant en France. Une différence significative apparaît aussi entre hommes et femmes, ces dernières n’étant que 48 % à assumer facilement leur croyance, contre 63 % des hommes. Quant au dialogue avec des personnes d’autres convictions religieuses que les siennes, il faut également noter qu’il apparaît plus difficile aux non-croyants (43 %) qu’aux croyants (29 %). La France, qui fut parmi les premiers pays en matière de sécularisation, connaît-elle désormais avant les autres un retour du religieux ? La Croix
Cette génération est plus pragmatique et moins idéologue que les précédentes. Pour eux, la prière et les rassemblements ont aussi une dimension esthétique. Des non-croyants vont aimer aller à la messe pour vivre une expérience culturelle un peu étrange, le silence par exemple. (…) Ils ne comprennent pas comment on peut avoir ce genre de débats aujourd’hui. Pour eux, ces polémiques sur la laïcité sont d’un autre âge. Ils n’associent pas l’Église au prosélytisme. (…) « Même s’il y a moins de préjugés qu’avant, le fait de n’avoir aucun contact avec les religions peut entretenir une peur, confirme Mgr Bordeyne. Ma génération a grandi avec des professeurs très laïques pour lesquels les religions étaient clivantes. Cette enquête, au contraire, montre que la religion ouvre davantage aux autres que l’absence de foi. C’est cela aussi qui fait que les jeunes s’y intéressent : ils voient bien que l’absence de religion ne favorise pas spécialement le dialogue. Mgr Philippe Bordeyne (Institut catholique de Paris)
Le Nord-Pas-de-Calais, certaines banlieues parisiennes, et les quartiers Nord de Marseille sont les lieux où nous avons mesuré la plus grande radicalité. Dans certains établissements, la proportion «d’absolutistes» monte à plus de 40 %. On note aussi un effet «ségrégation» : quand le taux d’élèves musulmans est très important dans un lycée, ceux-ci sont plus radicaux qu’ailleurs. Mais partout, les élèves musulmans sont plus radicaux religieusement que les autres. (…) L’«effet islam» explique bien mieux la radicalité que des facteurs socio-économiques. C’est un résultat important. Le niveau social de la famille, l’optimisme ou le pessimisme du lycéen face à l’emploi ou à ses résultats scolaires n’ont aucun effet sur le degré d’adhésion à des idées religieuses radicales. (…) le sentiment de discrimination (…) a tendance à augmenter, chez les jeunes musulmans, le niveau de radicalité religieuse et la tolérance à la violence religieuse. Nous avons aussi tenté d’explorer la piste de ce que certains chercheurs nomment «le malaise identitaire» : un groupe minoritaire peut se sentir l’objet de l’hostilité du groupe majoritaire, sans pour autant subir de discrimination. Nous avons ainsi demandé aux jeunes s’ils se sentaient français, s’ils étaient solidaires avec le peuple palestinien, quel était leur regard sur les tensions interreligieuses… Ces variables jouent, preuve qu’il y a donc bien un effet identitaire. Mais celui-ci n’efface pas la question religieuse. In fine, l’effet islam reste très marqué. Il faudrait maintenant mener des recherches complémentaires auprès des jeunes musulmans pour explorer de manière plus approfondie la façon dont ils investissent la religion.(…) Un effet religion existe bien puisque 8 % des chrétiens répondent qu’il est acceptable de combattre les armes à la main pour sa religion, ce n’est pas négligeable. On monte à 20 % des musulmans. Mais le facteur qui détermine le plus fortement le soutien à la violence religieuse est la tolérance à la violence et aux déviances en général : voler un scooter, tricher lors d’un examen, participer à une action violente pour défendre ses idées, affronter la police… C’est un résultat important, qui conduit à constater un indéniable «effet ZUS» [zone urbaine sensible, ndlr]. Dans certaines zones du territoire, on devine qu’une socialisation à la déviance et à la violence explique sans doute la perméabilité à la violence religieuse. On y observe une «culture déviante». (…) en France, les manifestations de radicalité religieuse concernent essentiellement le monde musulman, les autres sont très circonscrites.(…) je pense qu’une partie de la sociologie est aveugle, sous prétexte de ne pas stigmatiser. La discrimination existe, c’est prouvé scientifiquement. Mais il ne faut pas non plus envisager ces jeunes-là uniquement d’un point de vue victimaire. Sinon, on ne peut pas les considérer comme les acteurs sociaux qu’ils sont. Cette sociologie-là est trop idéologique, elle s’est appuyée trop exclusivement sur l’analyse des discriminations. La neutralité axiologique est importante, elle est trop souvent oubliée aujourd’hui. Olivier Galland
The general feeling shared by Jews, as individuals and as a community, is that anti-Semitism has entered a new phase, and is widespread in most parts of the world. In many parts of Europe, Jewish communities and institutions can only operate under strict security measures. Fences, surveillance and police and military protection have become part of our daily lives. In parallel, as our institutions become bunkers, helpless individuals become more vulnerable to isolated attacks. What evil can compel someone to commit some gruesome, despicable crimes? The answer is very clear, anti-Semitism de-humanizes Jews. And when people, Jews, we are de-humanized, anything goes. Dr. Moshe Kantor (European Jewish Congress)
Inciter les membres d’une religion à s’engager politiquement, dans un contexte d’entrisme politique de l’islam radical, est à la fois irresponsable et dangereux : le Président ne pouvait ignorer la résonance particulière de ces mots dans un contexte où l’église catholique est en plein recul sur fond de crise des vocations, quand le prosélytisme islamique, lui, ne cesse de s’étendre. Ce ne sont pas les luthériens ni les bouddhistes qui vont soudain vouloir s’emparer de cet appel à l’engagement politique des religieux, et l’équité entre les cultes que commande justement le principe de laïcité obligera le Président à prononcer les mêmes paroles et accorder les mêmes objectifs aux membres de toutes les religions. Le problème … réside dans la volonté de certains d’imposer leur vision de la spiritualité dans l’espace public : vêtements, comportements, intolérances, interdictions, évictions des femmes de certains espaces, violences contre les membres d’autres religions, mais aussi interventions dans le champ bio-éthique etc. La spiritualité ne dispense jamais mieux ses effets positifs sur la société que lorsqu’elle s’exerce dans le cadre privé. Paradoxalement, après un siècle de relations en effet très douloureuses entre les Eglises et l’Etat, c’est désormais la laïcité qui est le meilleur rempart protecteur pour les chrétiens, tout comme elle l’est également pour les juifs de France mais aussi pour les musulmans modérés : ne pas comprendre cette inversion historique du paradigme laïque engendré par l’entrisme islamiste c’est au mieux faire un contresens majeur sur la situation actuelle, et au pire donner les clés de la maison à la religion qui sera la plus véhémente dans son action politique. Anne-Marie Chazaud
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine. (…) Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire. Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement. Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus. Edwy Plenel
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel
Sur ces questions Mandela a été très ferme (…) En 2001, aux Etats-Unis, lors d’une conversation avec Thomas Friedman, un journaliste américain spécialisé dans le Proche-Orient, il lui dira: « C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus exactement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid » car, dit-il, « les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. » En revanche, il soulignait, sur les questions de la justice, de la terre, de l’occupation: « Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, que Jérusalem est toujours sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’Etat indépendant mais sont sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau, de la mer. (…) Israël, c’était  la conclusion de Mandela, ne pense pas à un « Etat » mais à une « séparation » avec des guillemets qui renvoient à l’apartheid. Je voudrais rappeler cela pour un peu déranger et montrer l’actualité de ces combats. Edwy Plenel
Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed. Julien Salingue
The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title. I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman. Arjan El Fassed
En adoubant Plenel, [Emmanuel Macron] intronise un homme qui, il y  quelques mois, quand les menaces de mort pleuvaient sur le journal de Charb pour cause de lèse-Ramadan (Tariq), a cru bon d’en rajouter en écrivant que Charlie menait « une guerre contre les musulmans ». Le patron de Mediapart ne voulait sans doute pas délivrer un blanc-seing aux assassins. Vexé comme un pou d’avoir été épinglé par Charlie avec l’ex-idole des jeunes musulmans, il avait réagi par un pétage de plomb ridicule et pathétique, invoquant, entre autres balivernes,  l’Affiche rouge des nazis sur le réseau Manouchian. Cet incident aurait dû, au minimum entamer son crédit. Mais, étrangement pour un homme qui a fait du « pas de pardon » le cœur de son éthique journalistique, Plenel survit à tous ses ratages – pour être polie. (…) Au moins sera-t-on d’accord avec lui sur un point, le patron de Mediapart n’est pas n’importe quel journaliste. Il est doublement idéologue, animé par une vision robespierriste du monde et de son métier. On suppose qu’il sera poli et se gardera de rappeler à son partenaire d’un soir, Jean-Jacques Bourdin, sa condition de salarié de Patrick Drahi. Convaincu d’incarner le seul et vrai journalisme, Plenel adore faire la leçon au reste de la profession et citer Mediapart comme l’étalon de la vertu. Mais on dirait que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est faire peur. C’est bien sûr un hasard si, sur certaines photos, il présente une ressemblance frappante avec Staline. Reste qu’au nom de l’intérêt supérieur de la démocratie dont il estime avoir la charge, il pratique un journalisme policier et redresseur de torts dont la réussite se mesure au nombre de têtes qu’il fait tomber. Il aimerait bien, en guise d’apothéose, faire rouler celle de Sarkozy, mais en dépit d’un acharnement qui a stimulé le zèle des juges, son affaire de financement libyen ne semble guère inquiéter l’entourage de l’ex-président. Plenel défend en outre une conception particulière de la France et du monde, qu’il a lui-même définie comme une forme de trotskisme culturel et qui est à la croisée du nuitdeboutisme et de l’indigénisme, le tout noyé dans un fond de sauce anticapitaliste et tiers-mondiste. Ainsi, depuis le 7 janvier 2015, s’évertue-t-il à nous expliquer que le principal danger qui menace la France, c’est l’islamophobie, tandis qu’une représentante de sa rédaction affirme candidement sur un plateau de télévision que « l’islam radical n’est pas un gros problème ». Toujours prompt à dénoncer le « racisme d’Etat » et la résurgence d’un pétainisme qu’il ne craint pas de déceler chez Alain Finkielkraut, Edwy Plenel prétend œuvrer « pour les musulmans », titre de l’un de ses ouvrages, mais il a choisi les fondamentalistes contre tous ceux et plus encore toutes celles qui, dans les quartiers islamisés, se battent contre la pesante domination des barbus. J’ignore quels sombres calculs de communicants ont présidé au choix de l’Elysée. On n’ose penser qu’il vise à neutraliser le pouvoir de nuisance plenélien. S’agit-il, pour Emmanuel Macron, d’apparaître comme le porte-parole de la gauche raisonnable ? De montrer qu’il ne craint pas d’affronter un adversaire dont les frisottis de moustache et les plissements d’yeux  en ont terrassé plus d’un ? Alors que la question de la laïcité et de la capacité de l’islam à s’y conformer organise un clivage bien plus existentiel que le clivage droite/gauche, alors que le séparatisme islamiste, et l’antisémitisme qui va avec, continuent à progresser, choisir comme interlocuteur un homme qui refuse de les nommer, c’est adresser un signal déplorable à l’ensemble du camp laïque. Et c’est une insulte à la mémoire de Charb, Cabu et de tous les morts de Charlie Hebdo. Elisabeth Lévy
Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans. Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République. Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français ! Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi. Roland Jaccard
Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême. Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne. Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice. Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle. Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (…). Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient. Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État. Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (…). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir. Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent. Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Médiapart
 Attention: un bouc émissaire peut en cacher un autre !
En ces temps étranges où le religieux semble faire son retour …
A Hollywood et dans le cinéma français
Comme, sondages à l’appui mais avec une sur-radicalité du côté musulman, dans la jeunesse française …
Et où après une première allocution où il  avait appelé, ouvrant la voie à d’autres communautés religieuses, à une plus grande mobilisation politique des catholiques …
Le président vient de nous  octroyer un entretien télévisé …
Présenté,  dans toute la simplicité art-déco du théâtre de Chaillot avec vue, s’il vous plait, sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars …

Comme en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle »…

Sous le feu roulant notamment des questions d’un journaliste qui il y a 40 ans appelait au soutien inconditionnel des terroristes des Jeux de Münich …
Ou, plus récemment, encensait un théologien islamiste actuellement en prison pour violences sexuelles présumées …
Comment ne pas repenser …
A la relecture de l’interview que ce dernier avait accordé à 20 minutes il y a quatre ans à l’occasion de son
J’accuse pour les musulmans …
Dans laquelle il dénonçait la bouc-émissarisation de ceux-ci par la société française …
A l’avertissement du regretté René Girard …
Sur la double face du savoir tout particulier que les textes judéo-chrétiens ont mis à la disposition de l’Occident et de proche en proche à la planète entière …
A savoir ce souci singulier et cette sensibilité proprement inouïe aux victimes …
Mais aussi la tentation d’utiliser un tel savoir comme arme …
Pour une sorte de « chasse au bouc émissaire au second degré » ?

Edwy Plenel: «C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe»

INTERVIEW Le cofondateur de Mediapart signe un pamphlet contre le silence sur la stigmatisation des musulmans de France…

Propos recueillis par Anissa Boumediene

20 minutes

Il lance un cri d’alarme contre ceux qui voudraient importer en France un choc des civilisations. Dans Pour les musulmans (éd. La Découverte), Edwy Plenel dénonce une «guerre des mondes qui désigne nos compatriotes musulmans comme les responsables indistincts des crimes et violences indûment commis au nom de l’islam» par des fanatiques ultra-minoritaires. Le journaliste revient pour «20 Minutes» sur l’objet de son indignation.

Pourquoi ce livre, et pourquoi maintenant ?

Pour se poser contre la banalisation dans les médias et dans le monde intellectuel d’une forme d’islamophobie bienséante, qui n’hésite pas à stigmatiser nos compatriotes musulmans. Il y a mille façons  d’être musulman, comme il y a mille façons d’être juif, chrétien ou non croyant.

C’est un geste de solidarité. Face à tout ce que l’on connaît, la montée de ces opinions xénophobes, que montre la Commission consultative des droits de l’homme, les agressions qui visent les musulmans de France, j’ai été choqué par le très grand silence et la trop grande indifférence qui fait qu’on les laisse seuls subir tout cela, sans se dresser pour dire que c’est inadmissible de construire « un problème musulman » aujourd’hui en France. C’est comme cela que commencent les pires perditions.

Comment expliquez-vous ce silence autour de l’islamophobie en général et par exemple autour de l’agression cette semaine de Maghrébins?

Je ne l’explique pas, je le constate. Il y a derrière cela un verrou que l’on n’a pas encore fait sauter, cet inconscient colonial qui fait qu’il y a un regard de supériorité posé sur cette partie de notre peuple qui est issue de notre relation à l’Afrique, à la Méditerranée. Une communauté envers laquelle nos dirigeants n’ont pas cette sensibilité spontanée de solidarité et d’égalité. Ils devraient réclamer pour ces compatriotes le droit de pouvoir se dire musulman et Français, l’un en même temps que l’autre, se réclamer d’un imaginaire français qui nous permette de penser dans l’égalité de chacun la richesse de notre diversité. C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine.

Pourquoi l’opinion dominante oppose-t-elle l’islam à la laïcité?

C’est un moyen de légitimer cette islamophobie. Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire.

Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement.  Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il  a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus.

La communauté musulmane peut-elle se sortir de ce malaise malgré ce contexte?

Je l’espère bien ! Elle compte parmi les forces vives de ce pays, crée des richesses et est au cœur de la vitalité populaire de la France. l faut cesser d’être indifférents à sa solitude, c’est un engrenage qui embarquera tout le monde : les Noirs, les juifs, les Roms et les musulmans. Et qui risque d’engendrer le repli. La stigmatisation crée en retour une quête de fierté, en réponse à l’humiliation, et engendre des radicalisations qui peuvent amener à des chemins de perdition. Il faut faire notre chemin ensemble, assumer la réalité de la France de la diversité et libérer la solidarité.

Voir aussi:

Valeurs actuelles

5 avril 2018 

Histoire. CheckNews de Libération revient sur la chronique du co-fondateur de Mediapart publiée dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), en 1972. A l’époque, l’organisation palestinienne, Septembre Noir, avait tué 11 athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.

Cette révélation a été faite en 2008 dans l’ouvrage Enquête sur Edwy Plenel, du journaliste Laurent Huberson. Mais elle refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. En 1972, Edwy Plenel, le co-fondateur de Mediapart, était chroniqueur dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il avait alors appelé à « défendre inconditionnellement » les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui avait assassiné 11 membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, cette même année.

« Nous devons défendre les militants de cette organisation »

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage », avait écrit à l’époque Edwy Plenel, sous le pseudonyme de Joseph Krasny.

Contacté par CheckNews de Libération, Edwy Plenel est revenu sur cette chronique. « Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui », a-t-il indiqué dans un mail. « Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël », a-t-il conclu.

Voir également:

Valeurs actuelles

6 novembre 2017

 Complicité. Le patron de Mediapart regrette “la diabolisation” du prédicateur islamiste, accusé de viol et de harcèlement sexuel.

“Je dénonce depuis des années la duplicité de Tariq Ramadan. Il aura fallu du temps, finalement, la triste vérité, celle-là”, a réagi Manuel Valls, invité ce dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/CNews. “À la justice, maintenant, de l’établir mais enfin, les faits semblent très concordants”, a ajouté l’ancien Premier ministre socialiste, en réaction aux accusations de viol et de harcèlement sexuel portées contre l’islamologue suisse controversé.

“Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit !”, a encore martelé le député de l’Essonne, également interrogé sur la une de Charlie Hebdo, dont les journalistes sont menacés de mort.

“C’est un intellectuel très respectable”, déclarait ainsi le patron de Mediapart sur le plateau du Petit Journal de Canal Plus (vidéo ci-dessous, à partir de 3:30), en janvier 2015, rappelle Europe 1. “Il y a quelque chose de très détestable à l’égard de Tariq Ramadan. Moi je lis, j’écoute tout ce qu’il a dit. On a parlé pendant trois heures et demi, nous n’avions aucun désaccord sur le fond. Il a été très ferme dans la solidarité, sur la liberté d’expression, dans la condamnation des attentats.”

“Je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté”

Edwy Plenel accusait même les détracteurs du théologien suisse d’user d’islamophobie. “Et qu’est-ce qu’on dit ? ‘Ah, il n’est pas clair. Ah, il a un double langage’. Encore une fois, je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté. Et il a fait plein de livres. Qu’est-ce que ça dit ce truc ‘il est ambigu ? Ah l’arabe, il est un peu fourbe. Ah l’arabe, il a double langage”, poursuivait-il. “Il ne faut pas diaboliser quelqu’un parce que c’est un intellectuel musulman.”

Sur le même sujet

Parmi les “complices” de Tariq Ramadan, Manuel Valls n’a pas oublié dimanche les médias de gauche qui ont promu ses idées radicales ces dernières années. “On est complice quand il y a de la complaisance par rapport à des individus, à des organisations comme les Frères musulmans, comme les Indigènes de la République”, a ajouté l’ancien Premier ministre.

“Quand une partie de la presse progressiste, une presse de qualité, je pense aux Inrockuptibles, au Bondy Blog, quand on reçoit et quand on a reçu Tariq Ramadan, y compris sur Europe 1 et c’est toujours le même journaliste Frédéric Taddeï qui le reçoit depuis des années comme avant il avait reçu des personnalités comme Dieudonné ou Soral, alors on abdique”, a-t-il conclu.

Mediapart et “l’épouvantail” Tariq Ramadan

Sur BFM TV, Edwy Plenel a, de son côté, réagi à l’affaire judiciaire et à la polémique. “Dans le cas de Tariq Ramadan, où il y a des témoignages consistants, où il y a des plaintes, où la justice va enquêter, si les faits sont totalement établis par la justice, (…) c’est très grave pour l’individu qui est Tariq Ramadan et qui devra en rendre compte”, a-t-il déclaré. “Il y a une gravité plus forte encore, et pour le dire tout net, qui ressemble au cas des prêtres pédophiles.”

Le patron de Mediapart s’est par ailleurs défendu d’avoir été au courant de rumeurs sur des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement. “Personne d’entre nous à Mediapart ne savait quand nous avons fait cette enquête”, a assuré le cofondateur du média, en référence à une enquête en cinq volets sur “l’épouvantail” Tariq Ramadan, publiée par le site en 2016 et qui revenait notamment sur “les fantasmes qui entourent l’islamologue” (sic).

Plenel regrette la “diabolisation” de Tariq Ramadan

“Je n’ai croisé M. Ramadan dans ma vie que deux fois”, a enfin rétorqué Edwy Plenel, en réaction aux propos de Manuel Valls. “De cela est fait un amalgame qui relève pour moi d’une chasse aux sorcières, comme du temps du McCarthysme ou de l’inquisition”, a-t-il critiqué, regrettant même sa “diabolisation” à la suite des propos de l’ex-Premier ministre. “J’ai toujours été contre sa diabolisation, comme je suis contre, au prétexte du terrorisme, de diaboliser nos compatriotes musulmans quels qu’ils soient”, a-t-il déclaré.

Pour défendre le théologien islamiste, le journaliste militant et ancien trotskiste avait même souligné, en 2015, que le livre “Déviances et incohérences chez les penseurs de la décadence”, qui contredit les thèses de Ramadan, avait été retrouvé chez le terroriste Amedy Coulibaly, un des auteurs des attentats de janvier 2015. Aujourd’hui, l’islamologue est visé par deux plaintes pour viol et accusé par quatre anciennes élèves d’avoir eu des relations sexuelles avec elles alors qu’elles étaient mineures.

Voir de même:

Macron, Bourdin, Plenel: le petit théâtre de bavards

L’interview présidentielle a viré au ridicule

Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans.

Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est…

Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français !

A lire aussi: Emmanuel Macron peut remercier Bourdin et Plenel

Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi.

Voir de plus:

Macron face à Bourdin et Plenel : ce qu’il faut retenir de l’interview

C.Si.
Le Parisien
15 avril 2018

Près de trois heures d’entretien. Un ton parfois virulent, et beaucoup de dossiers traités, dont la Syrie et les multiples conflits sociaux. Notre résumé de l’entretien d’Emmanuel Macron avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin.

De la Syrie aux différents mouvements sociaux en passant par le port du voile, Emmanuel Macron a répondu dans une ambiance souvent électrique aux questions de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV et RMC) et Edwy Plenel (Mediapart).

LIRE AUSSI >Le fil de l’entretien minute par minute

Voici ce qu’il faut retenir de cette soirée au théâtre de Chaillot, thématique par thématique.

Les frappes sur la Syrie. Emmanuel Macron a défendu la « légitimité » de « l’action multilatérale » des troupes françaises, américaines et britanniques dans la nuit de vendredi à samedi sur trois sites liés au programme d’armement chimique syrien. Alors que certains lui reprochaient d’être intervenu hors du cadre de Nations Unies, « c’est la communauté internationale qui est intervenue », a rétorqué le chef des armées. « La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad », a-t-il rappelé dans la lignée de ses alliés.

S’il pousse la voie de la « solution politique », il a aussi accusé explicitement Vladimir Poutine et la Russie d’être «complices » des crimes en Syrie. Le président français s’est par ailleurs enorgueilli d’avoir « convaincu » Donald Trump de rester engagé « dans la durée » dans ce conflit, aux airs de bourbier, ayant déjà fait plus de 350 000 morts.

Mécontentements sociaux. C’est durant cette thématique que le ton s’est fait le plus offensif entre Emmanuel Macron comme d’Edwy Plenel. « Je conteste l’orientation de votre question qui viserait à voir une logique ou à vouloir créer une coagulation dans ces mécontentements », a lâché le président français. Pas de convergence des luttes donc. « Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l’hôpital qui dure depuis des années… ».

Comme jeudi midi sur TF1, il a également rappelé qu’il comptait mener à son terme la réforme abrasive de la SNCF, excluant au passage toute privatisation. « C’est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j’assume, une réforme que nous mènerons jusqu’au bout », a-t-il développé. « A partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra une partie de la dette », a également déclaré le chef d’Etat, comme il l’avait laissé entendre sur TF1.

Autre secteur en difficulté, le monde hospitalier ne fera pas l’objet d’économies « durant son quinquennat », a-t-il expliqué, promettant des « décisions précises » fin mai.

Une deuxième journée de solidarité ? « Je ne suis pas contre, je pense que c’est une piste intéressante, il faut le regarder », a assuré Emmanuel Macron. L’idée a déjà été évoquée jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de financer l’accompagnement des personnes âgées et des handicapés. La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.

Le débat « président des riches ». Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a dit assumer ses réformes et la théorie des « premiers de cordée ». Sur la réforme de l’ISF : « Les choix qui ont été faits, quels sont leurs objectifs ? Garder les talents et les attirer, et leur permettre de réinvestir dans l’économie. Je veux que les chefs d’entreprise avec leurs salariés soient en position de se décider. Il faut donc des règles qui favorisent les entrepreneurs et les investisseurs ». Sur la CSG : Macron « sait l’effort » qu’il a demandé aux retraités.

Il a également promis que la fiscalité n’augmenterait pas en France durant son quinquennat et qu’aucun nouvel impôt, ni local ni national, ne serait créé.

La colère des zadistes et des étudiants. « L’ordre républicain » et rien d’autre. Il a répété l’expression à l’envi au moment d’évoquer la contestation « illégitime » des zadistes expulsés à Notre-Dame-des-Landes et l’occupation de plusieurs universités françaises. Celles-ci seraient aux mains de « professionnels du désordre », les étudiants étant selon lui « souvent minoritaires ». Quant à Notre-Dame-des-Landes, « tout ce qui doit être évacué, le sera » à l’issue du nouveau délai d’expulsion.

Laïcité. Cette thématique a rapidement débordé sur celle de l’islam. Macron déclarant que le port du voile « n’était pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays ». « Je ne veux pas de loi qui l’interdise dans la rue, ce serait contre-productif, a-t-il poursuivi. La société n’est pas laïque et doit leur permettre de porter leur voile. Ce que je veux c’est qu’aucune femme ne soit obligée de le porter le voile ».

Interrogé sur des propos du ministre de l’Education, qui estime qu’un parent accompagnant ne devrait « normalement » pas porter de signe religieux, par exemple le voile pour une mère, M. Macron a qualifié cette position de « conviction personnelle » de Jean-Michel Blanquer.

Loi Asile et immigration. Comme depuis des semaines, Emmanuel Macron s’est appuyé sur tandem « humanisme » pour les personnes éligibles à l’asile et « efficacité » dans le renvoi des autres. Il a aussi indiqué vouloir « adapter » mais pas « supprimer » le délit de solidarité, distinguant ceux qui « aident consciemment ou inconsciemment les passeurs » des autres « qui sauvent des vies ».

Alors que le projet de loi doit être examinée par les députés à partir de lundi, le chef de file des élus macronistes a eu le droit aux félicitations du président. « Richard Ferrand fait son rôle de chef de groupe et il le fait très bien », a-t-il déclaré. Il y a quelques jours, M. Ferrand a menacé d’exclusion ceux qui voteraient contre ce texte.

L’instant Hollande. Emmanuel Macron a récusé dimanche toute « duplicité » lorsqu’il était conseiller puis ministre de François Hollande. Tout en considérant qu’être membre d’un gouvernement, ce n’est pas « être un obligé ». Il a précisé qu’il lirait « sans doute » le livre polémique de François Hollande. Un livre qui a « sa part de vérité » et un homme pour lequel il a « du respect ».

Voir également:

Macron face à Bourdin et Plenel : un drame en cinq actes

Au Théâtre national de Chaillot ce soir, le président de la République affronte deux journalistes qui ont juré sa perte. Un grand spectacle ?

Sylvain Courage

Trois comédiens, une table et deux heures de spectacle. Ô magie des tréteaux ! Le public du théâtre subventionné, rompu aux mises en scène exigeantes, ne sera pas surpris par l’unique représentation de « l’Interview », ce dimanche, à 20h35, au foyer du Théâtre national de Chaillot. Dans un décor art-déco grandiose avec vue sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars, Emmanuel Macron, l’étoile de l’Elysée, tiendra le rôle du jeune prince. Jean-Jacques Bourdin, héraut des matinées de BFMTV, incarnera le  tribun du peuple. Et Edwy Plenel, le tragédien de Mediapart, jouera le grand prêtre moustachu.

Une distribution exceptionnelle ! « On avait fait des propositions à l’Elysée depuis plusieurs mois, à l’occasion du premier anniversaire du quinquennat d’Emmanuel Macron. Et, il y a environ un mois maintenant, l’Elysée est revenu vers nous en nous faisant une proposition d’une émission avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel », a expliqué Hervé Béroud, directeur général de BFMTV et metteur en scène de la soirée événement.

Huit caméras à l’intérieur, deux à l’extérieur permettront de cerner le jeu des acteurs. « Le décor est fort mais l’interview très simple : un homme face à deux intervieweurs pendant deux heures. Il n’y aura ni sujets vidéos, ni interpellation des Français », a précisé Céline Pigalle, directrice de l’information de BFMTV. Des mots, rien que des mots !

Drame hyper-contemporain

Création originale et éphémère, « l’Interview » repose entièrement sur les capacités d’improvisation des acteurs. Pas de texte établi, pas de répétitions mais une série de problématiques dont s’empareront les acteurs et qui formeront la trame d’un drame hyper-contemporain. Mécontentement social, politique économique, laïcité, sécurité, terrorisme, questions migratoires, frappes en Syrie… La scénographie se veut en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle ». « Chacun doit être soi-même », insiste Hervé Béroud :

« On connaît Jean-Jacques Bourdin accrocheur et Edwy Plenel est quelqu’un de très engagé, qui aura envie de demander des comptes au président de la République. »Tandis que Bourdin et Plenel ont travaillé leur questionnement et leur placement en effectuant des exercices de respiration ventrale, Emmanuel Macron a opté pour la « construction du personnage » développée par Constantin Stanislavski. « Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, l’important c’est qu’il soit vrai », disait l’immense dramaturge russe.

Quelle est la routine du président pour puiser dans son subconscient ? « Il s’enferme dans son bureau avec ses fiches et il bachote comme un étudiant », explique son entourage. Le chef de l’Etat a aussi « beaucoup consulté » et « déjeuné avec François Bayrou et Marielle de Sarnez mercredi à l’Elysée pour avoir leurs remontées de terrain ». Ne laissant rien au hasard, l’artiste du Palais s’est aussi « renseigné sur les sujets phares des deux présentateurs, leurs marottes, histoire d’avoir quelques repères d’ici dimanche soir ».

Attelage fragile

Artiste militant, Edwy Plenel a dénoncé, par le passé, cet « exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ». Mais il dit avoir accepté le défi pour ne pas se « dérober » et « relayer le questionnement sans concession de la société » dans la grande tradition du Théâtre national populaire. Pas question d’oublier le peuple ! Dès 19 heures, la rédaction de Mediapart dressera le bilan de cette présidence « et de droite et de droite » en donnant la parole aux mouvements sociaux. Et l’entretien présidentiel sera suivi d’un plateau de commentatrices réservé aux femmes pour compenser le choix de deux intervieweurs « mâles de plus de 60 ans ». Qui dit mieux ?

Jean-Jacques Bourdin, lui, n’a pas ce genre de préventions. Viril et dominant, il a simplement promis de « cogner » le président et croit tenir enfin l’occasion de laver l’affront fait à sa profession par Laurent Delahousse, auteur en décembre dernier d’une interview de Macron qu’il a publiquement critiquée pour sa complaisance… « Michel Drucker l’aurait mieux fait ! », avait alors grincé Bourdin.

« Quand on fait du journalisme, qu’est-ce qu’on fait ? On pose des questions précises. Et celui qui est en face, qu’est-ce qu’il doit faire ? Il doit répondre à des questions précises. C’est comme ça que cela se passe. Sinon c’est pas la peine. » Ce Figaro parle comme la plèbe. Mais il se fait autant la voix des usagers de la SNCF pris en otage que des cheminots en lutte. Son théâtre populaire s’accordera-t-il avec celui de Plenel ? L’alliance des deux bêtes de scène est improbable. S’ils font cause commune, ils surjoueront. S’ils s’écharpent, ils passeront pour des cabots. C’est le dilemme dont Emmanuel Macron compte bien profiter. Les spadassins lancés à sa poursuite pourraient s’entretuer. Au cinquième acte, le jeune prince, qui les a manipulés, espère bien être couronné. Shakespearien !

Voir de même:

Entretien avec Emmanuel Macron, dimanche 15 avril: rendez-vous dès 19h sur Mediapart

Mediapart

6 avr. 2018

Emmanuel Macron répondra aux questions d’Edwy Plenel et de Jean-Jacques Bourdin dimanche soir 15 avril. Un rendez-vous exceptionnel à suivre dès 19h en direct sur Mediapart. Et qui sera précédé, le mercredi 11 avril, d’un MediapartLive entièrement consacré aux mouvements sociaux qui s’opposent à sa politique.

L’heure du premier bilan a sonné. Voilà presque un an qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République. À l’avant-veille de sa victoire, celui qui n’était encore que candidat était venu à Mediapart répondre aux questions de la rédaction. Dimanche 15 avril, à 20 h 35, il sera interrogé à Paris pendant deux heures par Edwy Plenel, aux côtés de Jean-Jacques Bourdin. Cet événement sera retransmis en direct sur notre site, BFM-TV et RMC. En amont, mercredi 11 avril, nous recevrons le mouvement social dans sa diversité. Explications à nos lecteurs.

Tout a commencé le 5 mai 2017, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen. Emmanuel Macron répond longuement aux journalistes de Mediapart (à lire ici et à voir ) : il déploie son argumentaire électoral tout en donnant des indications détaillées sur le type de chef de l’État qu’il entend être. Les jalons qu’il pose alors de sa « start-up nation » permettent aujourd’hui à chacun d’évaluer l’écart entre les promesses et les actes. À l’issue de l’entretien, notre hôte s’engage à revenir à Mediapart s’il est élu.

Un an plus tard, nous lui avons rappelé son « chiche ! ». Il ne nous a pas répondu « non », ce « non » qui nous est opposé par la plupart des ministres (à l’exception du premier d’entre eux, c’est à revoir ici), peu soucieux des règles d’une démocratie équilibrée supposant que les interrogations des citoyens, relayées par les journalistes, soient entendues. L’Élysée recourt à son traditionnel « en même temps », se disant prêt à l’exercice, mais dans un tout autre cadre.

Oui à un entretien avec Mediapart mais dans une formule différente, et en association avec un autre média, BFM-TV/RMC. Deux intervieweurs, donc : Edwy Plenel (président et directeur de la publication de Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (rédacteur en chef de RMC et animateur de « Bourdin Direct » sur BFM-TV). Et pas dans nos locaux, mais à l’Élysée ou dans un lieu culturel. Autrement dit, Mediapart n’est plus la puissance invitante, et la rédaction n’est pas conviée à la table de l’entretien. Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême.

Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne.

Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice.

Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle.

Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (revoir ici les rencontres de cet anniversaire et  notre colloque sur le droit de savoir).

Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient.

Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État.

Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (lire ici). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir.

Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent.

Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Une heure et demie avant la diffusion de l’entretien, l’équipe de Mediapart sera en direct depuis la rédaction pour présenter l’inventaire de la présidence Macron. À l’issue de l’interview du chef de l’État, qui commencera peu après 20 h 30, nous donnerons la parole à des acteurs engagés de la société civile et intellectuelle, qui nous aideront à décrypter ses réponses.

Pendant toute cette période, nous comptons sur nos abonnés : le Club de Mediapart est plus que jamais ouvert à toutes vos idées, remarques et suggestions.

Voir de plus:

Discours de Macron aux Évêques de France: la courte échelle aux islamistes


Cinéma: Pallywood tous les jours sur un écran chez vous (It’s just standard evacuation practice, stupid ! – complete with shouts of pain and Allahu akbar)

7 avril, 2018
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
Pendant 24 mn à peu près on ne voit que de la mise en scène … C’est un envers du décor qu’on ne montre jamais … Mais oui tu sais bien que c’est toujours comme ça ! Entretien Jeambar-Leconte (RCJ)
Au début (…) l’AP accueillait les reporters à bras ouverts. Ils voulaient que nous montrions des enfants de 12 ans se faisant tuer. Mais après le lynchage, quand des agents de l’AP firent leur possible pour détruire et confisquer l’enregistrement de ce macabre événement et que les Forces de Défense Israéliennes utilisèrent les images pour repérer et arrêter les auteurs du crime, les Palestiniens donnèrent libre cours à leur hostilité envers les Etats-Unis en harcelant et en intimidant les correspondants occidentaux. Après Ramallah, où toute bonne volonté prit fin, je suis beaucoup plus prudent dans mes déplacements. Chris Roberts (Sky TV)
La tâche sacrée des journalistes musulmans est, d’une part, de protéger la Umma des “dangers imminents”, et donc, à cette fin, de “censurer tous les matériaux” et, d’autre part, “de combattre le sionisme et sa politique colonialiste de création d’implantations, ainsi que son anéantissement impitoyable du peuple palestinien”. Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980)
Il s’agit de formes d’expression artistique, mais tout cela sert à exprimer la vérité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques les plus élevés auxquels nous nous sommes engagés, de dire la vérité et rien que la vérité. Haut responsable de la Télévision de l’Autorité palestinienne
Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple. Talal Abu Rahma (lors de la réception d’un prix, au Maroc, en 2001, pour sa vidéo sur al-Dura)
Karsenty est donc si choqué que des images truquées soient utilisées et éditées à Gaza ? Mais cela a lieu partout à la télévision, et aucun journaliste de télévision de terrain, aucun monteur de film, ne seraient choqués. Clément Weill-Raynal (France 3)
Nous avons toujours respecté (et continuerons à respecter) les procédures journalistiques de l’Autorité palestinienne en matière d’exercice de la profession de journaliste en Palestine… Roberto Cristiano (représentant de la “chaîne de télévision officielle RAI, Lettre à l’Autorité palestinienne)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Dans la guerre moderne, une image vaut mille armes. Bob Simon
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
J’ai travaillé au Liban depuis que tout a commencé, et voir le comportement de beaucoup de photographes libanais travaillant pour les agences de presse m’a un peu troublé. Coupable ou pas, Adnan Hajj a été remarqué pour ses retouches d’images par ordinateur. Mais, pour ma part, j’ai été le témoin de pratique quotidienne de clichés posés, et même d’un cas où un groupe de photographes d’agences orchestraient le dégagement des cadavres, donnant des directives aux secouristes, leur demandant de disposer les corps dans certaines positions, et même de ressortir des corps déjà inhumés pour les photographier dans les bras de personnes alentour. Ces photographes ont fait moisson d’images chocs, sans manipulation informatique, mais au prix de manipulations humaines qui posent en elles-mêmes un problème éthique bien plus grave. Quelle que soit la cause de ces excès, inexpérience, désir de montrer de la façon la plus spectaculaire le drame vécu par votre pays, ou concurrence effrénée, je pense que la faute incombe aux agences de presse elles-mêmes, car ce sont elles qui emploient ces photographes. Il faut mettre en place des règles, faute de quoi toute la profession finira par en pâtir. Je ne dis pas cela contre les photographes locaux, mais après avoir vu ça se répéter sans arrêt depuis un mois, je pense qu’il faut s’attaquer au problème. Quand je m’écarte d’une scène de ce genre, un autre preneur de vue dresse le décor, et tous les autres suivent… Brian X (Journaliste occidental anonyme)
Pour qui nous prenez-vous ? Nous savons qui vous êtes, nous lisons tout ce que vous écrivez et nous savons où vous habitez. Hussein (attaché de presse du Hezbollah au journaliste Michael Totten)
L’attaque a été menée en riposte aux tirs incessants de ces derniers jours sur des localités israéliennes à partir de la zone visée. Les habitants de tous les villages alentour, y compris Cana, ont été avertis de se tenir à l’écart des sites de lancement de roquettes contre Israël. Tsahal est intervenue cette nuit contre des objectifs terroristes dans le village de Cana. Ce village est utilisé depuis le début de ce conflit comme base arrière d’où ont été lancées en direction d’Israël environ 150 roquettes, en 30 salves, dont certaines ont atteint Haïfa et des sites dans le nord, a déclaré aujourd’hui le général de division Gadi Eizenkot, chef des opérations. Tsahal regrette tous les dommages subis par les civils innocents, même s’ils résultent directement de l’utilisation criminelle des civils libanais comme boucliers humains par l’organisation terroriste Hezbollah. (…) Le Hezbollah place les civils libanais comme bouclier entre eux et nous, alors que Tsahal se place comme bouclier entre les habitants d’Israël et les terroristes du Hezbollah. C’est la principale différence entre eux et nous. Rapport de l’Armée israélienne
Après trois semaines de travail intense, avec l’assistance active et la coopération de la communauté Internet, souvent appelée “blogosphère”, nous pensons avoir maintenant assez de preuves pour assurer avec certitude que beaucoup des faits rapportés en images par les médias sont en fait des mises en scène. Nous pensons même pouvoir aller plus loin. À notre avis, l’essentiel de l’activité des secours à Khuraybah [le vrai nom de l’endroit, alors que les médias, en accord avec le Hezbollah, ont utilisé le nom de Cana, pour sa connotation biblique et l’écho du drame de 1996] le 30 juillet a été détourné en exercice de propagande. Le site est devenu en fait un vaste plateau de tournage, où les gestes macabres ont été répétés avec la complaisance des médias, qui ont participé activement et largement utilisé le matériau récolté. La tactique des médias est prévisible et tristement habituelle. Au lieu de discuter le fond de nos arguments, ils se focalisent sur des détails, y relevant des inexactitudes et des fausses pistes, et affirment que ces erreurs vident notre dossier de toute valeur. D’autres nous étiquètent comme de droite, pro-israéliens ou parlent simplement de théories du complot, comme si cela pouvait suffire à éliminer les éléments concrets que nous avons rassemblés. Richard North (EU Referendum)
Lorsque les médias se prêtent au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement ils sacrifient les Libanais innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais ils nuisent aussi à la société civile de par le monde. D’un côté ils nous dissimulent les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah, ce qui permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah. De l’autre, ils encouragent les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial. La température est montée de cinq degrés sur l’échelle du Jihad mondial quand les musulmans du monde entier ont vu avec horreur et indignation le spectacle de ces enfants morts que des médias avides et mal inspirés ont transmis et exploité. Richard Landes
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
On Friday, the Palestinian terror group Hamas, which controls the Gaza Strip, is inaugurating what it is calling “The March of Return.” According to Hamas’s leadership, the “March of Return” is scheduled to run from March 30 – the eve of Passover — through May 15, the 70th anniversary of Israel’s establishment. According to Israeli media reports, Hamas has budgeted $10 million for the operation. Throughout the “March of Return,” Hamas intends to send thousands of civilians to the Israeli border. Hamas is planning to set up tent camps along the border fence and then, presumably, order participants to overrun it on May 15. The Palestinians refer to May 15 as “Nakba,” or Catastrophe Day. (…) what is it trying to accomplish by sending them into harm’s way? Why is the terror group telling Gaza residents to place themselves in front of the border fence and challenge Israeli security forces charged with defending Israel? The answer here is also obvious. Hamas intends to provoke Israel to shoot at the Palestinian civilians it is sending to the border. It is setting its people up to die because it expects their deaths to be captured live by the cameras of the Western media, which will be on hand to watch the spectacle. In other words, Hamas’s strategy of harming Israel by forcing its soldiers to kill Palestinians is predicated on its certainty that the Western media will act as its partner and ensure the success of its lethal propaganda stunt. Given widespread assessments that Iran is keen to start a new round of war between Israel and its terror proxies, Hamas in Gaza and Hezbollah in Lebanon, it is possible that Hamas intends for this lethal propaganda stunt to be the initial stage of a larger war. By this assessment, Hamas is using the border operation to cultivate and escalate Western hostility against Israel ahead of a larger shooting war. (…) The real issue revealed by Hamas’s planned operation — as it was revealed by the Mavi Marmara, as well as by Hamas’s military campaigns against Israel in 2014, 2011 and 2008-09 —  is not how Israel will deal with it. The real issue is that Hamas’s entire strategy is predicated on its faith that the Western media and indeed the Western left will side with it against Israel. Hamas is certain that both the media and leftist activists and politicians in Europe and the U.S. will blame Israel for Palestinian civilian casualties. And as past experience proves, Hamas is right to believe the media and leftist activists will play their assigned role. So long as the media and the left rush to indict Israel for its efforts to defend itself and its citizens against its terrorist foes, who turn the laws of war on their head as a matter of course, these attacks will continue and they will escalate. If this border assault does in fact serve as the opening act in a larger terror war against Israel, then a large portion of the blame for the bloodshed will rest on the shoulders of the Western media for empowering the terrorists of Hamas and Hezbollah to attack Israel. Caroline Glick
Je pense que les Palestiniens et les Israéliens ont droit à leur propre terre. Mais nous devons obtenir un accord de paix pour garantir la stabilité de chacun et entretenir des relations normales. Prince héritier Mohammed ben Salmane
A set of photos, below, has been spreading all over social media in the past week. Sometimes, the photos are reposted individually. However, they all send the same message: Israel is supposedly deceiving the world into thinking their soldiers are getting wounded in Gaza by using special effects makeup. Closer analysis of these photos, however, shows that none of them are recent, most were not even taken in Israel, and all of them are taken out of context. France 24
The video turned out to be from an art workshop which creates this health exercise annually in Gaza. The goal of the workshop is to recreate child injuries sustained in warzones so that doctors can get familiar with them and learn how to care for injured children, the owner of the workshop, Abd al-Baset al-Loulou said. Al Arabya
Dix-huit morts et au moins 1 400 blessés. La « grande marche du retour », appelée vendredi par la société civile palestinienne et encadrée par le Hamas, le long de la barrière frontalière séparant la bande de Gaza et Israël, a dégénéré lorsque l’armée israélienne a tiré à balles réelles sur des manifestants qui s’approchaient du point de passage. (…) Famille, enfants, musique, fête, puis débordements habituels de jeunes lançant des cailloux à l’armée. Lorsque les émeutiers sont arrivés à quelques centaines de mètres de la fameuse grille, les snipers israéliens sont entrés en action. L’un des garçons, « armé » d’un pneu, a été abattu d’une balle dans la nuque alors qu’il s’enfuyait. (…) Ce mouvement, qui exige le « droit au retour » et la fin du blocus de Gaza, doit encore durer six semaines. C’est long. Le gouvernement israélien compte peut-être sur l’usure des protestataires, la fatigue, le renoncement, persuadé que quelques balles en plus pourraient faire la différence. A-t-il la mémoire courte ? Selon la Torah, Moïse avait 80 ans lorsqu’a commencé la traversée du désert. Ces quarante années d’errance douloureuse sont au coeur de tous les Juifs. Espérer qu’après soixante-dix ans d’exil les Palestiniens oublient leur histoire à coups de fusil est aussi absurde que ne pas faire la différence entre une balle de 5,56 et une pierre calcaire … Le Canard enchainé (Balles perdues, 04.04.2018)
Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest… Telesur

C’est juste un entrainement à l’évacuation, imbécile !

A l’heure où devant le désintérêt croissant du Monde arabe ….

Le Hamas tente par une ultime mise en scène de faire oublier le fiasco toujours plus criant de leur régime  terroriste …

Et qu’entre deux leçons de théologie, nos belles âmes et médias en mal de contenu nous resservent le scénario réchauffé de la riposte disproportionnée d’Israël …

Alors que l’on redécouvre que nos anciens faussaires – certains ayant toujours pignon sur rue – n’avaient rien à envier à nos actuels Charles Enderlin

Retour sur la florissante industrie de fausses images palestinienne plus connue sous le nom de Pallywood …

After at least 20 were killed last Friday by Israeli forces, protesters ignited tires to create black smoke hoping to block visibility
Telesur
6 April 2018

At least four Palestinian protesters were killed, and over 200 have been wounded after Israeli troops opened fire on protesters along the Israel-Gaza border Friday. Five of the persons injured as thousands participated in the March of Return are said to be in critical condition according to medical officials.

The deaths in Friday’s protest follow 24 others, which took place in the first round of demonstrations last week, and add to the trend of severe violence from Israeli troops that led to over 1000 injuries over the same period. Thousands converged on Gaza’s border with Israel and set fire to mounds of tires, which were supposed to block the visibility of Israeli snipers and avoid more deaths, in the second week of demonstrations.

Israel’s violent response to peaceful protests has been heavily criticized over the last week. The United Nations High Commissioner for Human Rights has urged troops to exercise restraint, these calls, however, haven’t been heeded.

Israeli officials have attempted to portray the use of deadly force and firearms as a necessary measure to prevent “terrorists” from infiltrating into Israel and to « protect its border. »

An Israeli military spokesman said Friday they “will not allow any breach of the security infrastructure and fence, which protects Israeli civilians.”

However, the U.N. has reminded the Israeli government that an attempt to cross the border fence does not amount to “threat to life or serious injury that would justify the use of live ammunition.”

The U.N. has also stressed Israel remains the occupying force in Gaza and has the « obligations to ensure that excessive force is not employed against protestors and that in the context of a military occupation, as in the case in Gaza, the unjustified and unlawful recourse to firearms by law enforcement resulting in death may amount to willful killing. »

Israeli Defence Minister Avigdor Lieberman told Israeli public radio Thursday that « if there are provocations, there will be a reaction of the harshest kind like last week, » showing no sign that his government would reconsider their strategy when responding to unarmed protesters.

Pro-Israel organization StandWithUs has resorted to claiming Palestinians are faking injuries to garner international sympathy and supported their claims by posting videos showing « Palestinians practicing for the cameras. » The Palestinians in the video were actually practicing how to evacuate the wounded during the protest.

Other claims advanced by Israeli authorities include accusing the political party Hamas, which Israel considers a terrorist organization, of being, behind the protests.

Asad Abu Sharekh, the spokesperson of the march, has countered the claim saying « the march is organized by refugees, doctors, lawyers, university students, Palestinian intellectuals, academics, civil society organizations and Palestinian families. »

Since March 30th, which marks Palestinian Land Day, thousands have set up several tent encampments within Gaza, some 65 kilometers away from the border.

The symbolic move is part of the Great March of Return which aims to demand the right of over 5 million Palestinian refugees to return to the lands from which they were expelled from after the formation of the state of Israel.

More than half of the 2 million Palestinians who live in Gaza under an over 10-year-long blockade are refugees.

Israel has denied Palestinian refugees this right because of what they call a “demographic threat.”

Voir aussi:

 

Voir par ailleurs:

Votre question

Checknews
Libération

Bonjour,

Dans un texte écrit en 1972, publié dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Edwy Plenel a, en effet, appelé à «défendre inconditionnellement» les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, qui ont eu lieu cette année-là. En ces termes :

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël (…) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (…) A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage ».

Voilà plusieurs années que ces mots, signés Joseph Krasny, nom de plume de Plenel dans Rouge, sont connus. C’est en 2008 dans Enquête sur Edwy Plenel, écrit par le journaliste Laurent Huberson, qu’ils sont pour la première fois exhumés. Quasiment un chapitre est consacré à l’anticolonialisme, l’antiracisme, et l’antisionisme radical du jeune militant Plenel. C’est dans ces pages que sont retranscrites ces lignes.

 

Aujourd’hui, elles figurent en bonne place sur la page Wikipedia du journaliste.

Depuis plusieurs jours, ils refont pourtant surface sur Twitter, partagés la plupart du temps par des comptes proches de l’extrême droite. Ce 3 avril, Gilles-William Goldnadel, avocat, longtemps chroniqueur à Valeurs Actuelles, qui officie aujourd’hui sur C8 dans l’émission de Thierry Ardisson Les Terriens du Dimanche, a interpellé le co-fondateur de Mediapart sur Twitter : «Bonsoir Edwy Plenel, c’est pour une enquête de la France Libre [la webtélé de droite lancée par l’avocat début 2018]. Pourriez-vous s’il vous plaît confirmer ou infirmer les infos qui circulent selon lesquelles vous auriez sous l’alias de Krasny féliciter dans Rouge Septembre Noir ?».

« Ce texte exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui »

Plenel n’a pas répondu à Goldnadel sur Twitter. Mais contacté par CheckNews, il a accepté de revenir, par ce mail, sur ce texte écrit en 1972.  En nous demandant de reproduire intégralement sa réponse, «car évidemment, cette campagne n’est pas dénuée d’arrière-pensées partisanes». Que pense donc le Plenel de 2018 des écrits de Krasny en 1972 ?

« Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël ».

On résume : le co-fondateur de Mediapart, sous le pseudo Joseph Krasny, a bien soutenu en 1972 l’action de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d’assassiner onze athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich. Cette chronique, exhumée en 2008 dans un livre critique sur Plenel, a refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Contacté par CheckNews, Edwy Plenel, récuse fermement ce texte aujourd’hui qui, selon lui, n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque.

Bien cordialement,

Robin A.


La Rose blanche/75e: Après la tragédie, la farce (75 years after the WWII anti-nazi student group, Hollywood’s joke of an anti-sexual harassment movement picks up the white rose symbol)

26 février, 2018
Hans et Sophie Scholl et leur ami Christoph ProbstHegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Marx
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
La Rose blanche (en allemand Die Weiße Rose) est le nom d’un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce nom aurait été choisi par Hans Scholl en référence à la romance de Clemens Brentano (Les Romances du Rosaire, 1852), ou au roman de B. Traven La Rose blanche (1929). Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés. Wikipedia
We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance. Voices in Entertainment
 The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement. The Guardian
When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home. Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie. But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit. It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy. I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck. And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission. Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush. The Spectator
On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts. Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée. Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée. La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ». Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite. Zeev Sternhell
The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost. It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask. It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this. Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas. The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation. There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. Bret Stephens
Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes. Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes. Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. (…) Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive. S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux. Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins. Elisabeth Lévy
 Attention: une rose blanche peut en cacher une autre !

Au lendemain du 75e anniversaire de la décapitation du groupe de résistance d’étudiants antinazis dit de la Rose blanche

Et la reprise du même symbole par Hollywood et le monde de la chanson pour symboliser sa lutte contre le harcèlement sexuel …
Pendant que déguisé en acteur de Bollywood, la véritable caricature de progressisme qui sert actuellement de premier ministre à nos pauvres amis canadiens achevait de ridiculiser son pays sur la scène internationale …
Et qu’oubliant qu’il n’y avait pas dans les années 30 de « Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes », un historien israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts » se voit gratifié d’une tribune du Monde
Comment ne pas repenser …
Pour qualifier cette étrange époque que nous vivons entre « Génération Flocon de neige » et « idées chrétiennes devenues folles » …
Au fameux mot de Marx sur la répétition tragi-comique, par son premier président et dernier monarque de la nation française de neveu, du coup d’État du 18 brumaire par Napoléon un demi-siècle après ?

Zeev Sternhell, savant utile de l’antisionisme
L’historien israélien a comparé l’Etat hébreu au « nazisme à ses débuts »…
Elisabeth Lévy
Causeur
20 février 2018

Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une  pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes.

Sternhell, leur « bon juif » idéal

Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes.

Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. Saluons donc Bernard Guetta qui, ce mardi matin, a remis les pendules à l’heure.

Tout n’est pas faux, bien sûr, dans le libelle publié, lundi 19 février, par Le Monde sous le titre accrocheur : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ». Sternhell s’appuie sur des projets du gouvernement de geler par la loi et pour toujours le statut de Jérusalem, ainsi que sur des signes réels de la montée d’un nationalisme raciste. Mais, faute de regard historique (ou, dit plus simplement, de la prise en compte du contexte), il sort subrepticement de la route de l’argumentation pour dérouler un scénario qui conduit au mieux à l’apartheid et au pire suivez mon regard.

La hallalisation des esprits fait son chemin

Il y a en effet en Israël des rabbins qui ont appelé à l’assassinat d’Yitzhak Rabin, ou des élus qui réclament des salles d’accouchement séparées pour les Arabes et pour les Juives. Le nationalisme extrémiste, volontiers raciste sur les bords, progresse, y compris dans l’armée. En tout cas, la hallalisation des esprits (c’est-à-dire la propension à diviser le monde entre pur et impur) fait son chemin chez pas mal de juifs.

Mais il y a aussi des juifs pour la Palestine, des soldats militant pour la paix, une presse déchaînée, des ONG brailleuses et une intelligentsia raffinée, sans oublier une justice, une police et tout le reste, pour défendre l’Etat de droit s’il est menacé. Bref, toute une cacophonie judéo-israélienne dans laquelle on souhaite bonne chance à un dictateur.

Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive.

Sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif

S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux.

Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain  dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins.

Voir aussi:

Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »
Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
Zeev Sternhell (Historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme)
Le Monde
18.02.2018

[L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts. Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers. Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies. Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.]

Tribune. Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans. A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ? Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?

La réponse, dira peut-être l’historien, se trouve en microcosme dans les idées et les activités de deux importants députés de la majorité, Miki Zohar (Likoud) et Bezalel Smotrich (Le Foyer juif), fidèles représentants de la politique gouvernementale, récemment propulsés sur le devant de la scène. Mais ce qui est plus important encore, c’est le fait que cette même idéologie se trouve à la base des propositions de loi dites « fondamentales », c’est-à-dire constitutionnelles, que la ministre de la justice, Ayelet Shaked, avec l’assentiment empressé du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, se propose de faire adopter rapidement par la Knesset.

Shaked, numéro deux du parti de la droite religieuse nationaliste, en plus de son nationalisme extrême, représente à la perfection une idéologie politique selon laquelle une victoire électorale justifie la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale, depuis l’administration jusqu’à la justice, en passant par la culture. Dans l’esprit de cette droite, la démocratie libérale n’est rien qu’un infantilisme. On conçoit facilement la signification d’une telle démarche pour un pays de tradition britannique qui ne possède pas de Constitution écrite, seulement des règles de comportement et une armature législative qu’une majorité simple suffit pour changer.

« Il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que Mme Le Pen n’oserait pas proposer »

L’élément le plus important de cette nouvelle jurisprudence est une législation dite « loi sur l’Etat-nation » : il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que le nationalisme intégral maurrassien d’antan n’aurait pas renié, que Mme Le Pen, aujourd’hui, n’oserait pas proposer, et que le nationalisme autoritaire et xénophobe polonais et hongrois accueillera avec satisfaction. Voilà donc les juifs qui oublient que leur sort, depuis la Révolution française, est lié à celui du libéralisme et des droits de l’homme, et qui produisent à leur tour un nationalisme où se reconnaissent facilement les plus durs des chauvinistes en Europe.

L’impuissance de la gauche

En effet, cette loi a pour objectif ouvertement déclaré de soumettre les valeurs universelles des Lumières, du libéralisme et des droits de l’homme aux valeurs particularistes du nationalisme juif. Elle obligera la Cour suprême, dont Shaked, de toute façon, s’emploie à réduire les prérogatives et à casser le caractère libéral traditionnel (en remplaçant autant que possible tous les juges qui partent à la retraite par des juristes proches d’elle), à rendre des verdicts toujours conformes à la lettre et à l’esprit de la nouvelle législation.

Mais la ministre va plus loin encore : elle vient juste de déclarer que les droits de l’homme devront s’incliner devant la nécessité d’assurer une majorité juive. Mais puisque aucun danger ne guette cette majorité en Israël, où 80 % de la population est juive, il s’agit de préparer l’opinion publique à la situation nouvelle, qui se produira en cas de l’annexion des territoires palestiniens occupés souhaitée par le parti de la ministre : la population non-juive restera dépourvue du droit de vote.

Grâce à l’impuissance de la gauche, cette législation servira de premier clou dans le cercueil de l’ancien Israël, celui dont il ne restera que la déclaration d’indépendance, comme une pièce de musée qui rappellera aux générations futures ce que notre pays aurait pu être si notre société ne s’était moralement décomposée en un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque 300 000 colons.

Aujourd’hui, la gauche n’est plus capable de faire front face à un nationalisme qui, dans sa version européenne, bien plus extrême que la nôtre, avait presque réussi à anéantir les juifs d’Europe. C’est pourquoi il convient de faire lire partout en Israël et dans le monde juif les deux entretiens faits par Ravit Hecht pour Haaretz (3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) avec Smotrich et Zohar. On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts.

Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée.

Le spectre de l’apartheid

Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée.

Pour Miki Zohar, les Palestiniens “souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs”

La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ».

Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite.

Voir de même:
Don’t Count Bibi Out — Yet
Bret Stephens
The NYT
Feb. 23, 2018

If you follow the news from Israel, you might surmise that Benjamin Netanyahu’s days as prime minister are numbered. The police recommend that he be charged on multiple counts of bribery, fraud and breach of trust. Fresh charges may yet be brought in additional investigations. A former top aide to Netanyahu agreed this week to serve as a witness against him. Press reports suggest a man clinging to power.

Don’t be so sure. If an election were held tomorrow, Bibi — as Netanyahu is universally known in Israel — and his Likud party would likely win, according to recent polls. Roughly half of Israelis think the prime minister should quit, but that’s down from 60 percent in December. Netanyahu has no intention of resigning, even if the attorney general chooses to indict him. The Likud rank-and-file remain loyal to their leader. His coalition partners may detest him, but for now they see greater political advantage in a wounded prime minister than in a fresh one.

Besides, Bibi has been, for Israelis, a pretty good prime minister. Some indicators:

Economy: Since Netanyahu returned to power in 2009, the economy has grown by nearly 30 percent in constant dollars — nearly twice the growth rate of Germany or the United States. Some 3.6 million tourists visited Israel in 2017, a record for the Jewish state. On Monday, Israel announced a $15 billion dollar deal to export natural gas to Egypt from its huge offshore fields.

Diplomacy: Netanyahu’s personal ties to Indian Prime Minister Narendra Modi are exceptionally close, as they are with Japan’s Shinzo Abe. Israel’s relations with African countries and the Arab world are the best they’ve been in decades; reaction in Riyadh and Cairo to the Trump administration’s decision to move the U.S. embassy to Jerusalem amounted to a shrug. Netanyahu’s 2015 speech to Congress opposing the Iran deal, billed as an affront to the Obama administration, turned out to be an inspiration for Israel’s neighbors. And Netanyahu’s arguments against the deal now prevail in the current White House.

Security: In 2002, at the height of the second intifada, Israelis suffered more than 400 terrorism fatalities. In 2017 there were fewer than two dozen. Two wars in and around Gaza, both initiated by Hamas, were devastating for Palestinians but resulted in relatively few Israeli casualties. The Israeli Air Force lost an F-16 after coming under heavy Syrian antiaircraft fire, but that seems to have been a fluke. For the most part, Israel has been able to strike Syrian, Iranian and Hezbollah targets at will.

None of this makes much of an impression on non-Israelis. Diaspora Jews were infuriated last year by the government’s backtracking on a plan to let men and women pray together at the Western Wall. Israel’s bad decision to forcibly deport African migrants has stirred additional, and warranted, indignation.

And then there are the Palestinians. The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost.

It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask.

It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this.

Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas.

The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation.

There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. ☐

Voir également:

Justin Trudeau takes his Captain Snowflake act to India
Stephen Daisley
The Spectator
24 February 2018

If your week was less than fun, spare a thought for Justin Trudeau. The Canadian Prime Minister’s seven-day visit to India went down like an undercooked biriyani on the subcontinent.

When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home.

Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie.

But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit.

It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy.

I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck.

And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission.

Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush.

Voir encore:

White roses and black velvet: the Grammys red carpet
Monochrome dominated the award ceremony last night, as politics remained fashionable for celebrities
Lauren Cochrane
The Guardian
29 Jan 2018

On the Grammys red carpet on Sunday, celebrities spelt out messages in black and white. While the Golden Globes earlier this month saw black dominate as a protest in line with the Times Up campaign, music’s biggest award ceremony switched to monochrome as default setting.

Some stuck to the black dress code, such as Miley Cyrus, Beyoncé, Lady Gaga and Sarah Silverman.

Others went for the impact of white. SZA, Cardi B and Childish Gambino were in this camp, while Lana Del Rey took the angelic angle further. She wore a gown embroidered with silver stars, accessorised with a halo.

Some celebrities carried white roses with them, with men including Kendrick Lamar and Trevor Noah pinning them to their lapels, and Cyrus licking hers with that famous tongue.

This was a campaign in support of the Times Up initiative. The rose idea was pushed by Meg Harkins, senior vice president of marketing at Roc Nation, Karen Rait, head of rhythm promotions at Interscope Geffen A&M Records, and other high-profile women in the music industry. “We all agreed it was really necessary,” Harkins said. “We’ve all felt the political and cultural change in the last couple of months.” In an email sent to attendees of the Grammys, the collective explained their choice of the flower. “We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance,” it read.

The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement.

Beyoncé, never one to miss an opportunity to win at visual statements, skipped the red carpet and the white rose, but her six-year-old daughter, Blue Ivy, was dressed in head-to-toe white. Kesha – an artist who has firsthand experience of sexual misconduct – performed all in white, with a supporting cast including Cyndi Lauper and Camilla Cabelo also in the colour.

Other microtrends were noted too – there was an upswing of trousers for women, with Janelle Monae, Anna Kendrick and Kesha wearing them. This in itself is a protest against the pageant-y end of the red carpet. Burgundy seemed to be a sleeper colour, worn by both multiple winner Bruno Mars and Hillary Clinton during an onscreen cameo. Rihanna saw the opportunity to wear three outfits – a brown PVC wrap dress, pink slipdress and black and gold metallic co-ords.

White roses might be more discreet, and politics might have been less in the foreground for fashion at the Grammys, but the 2018 red carpet remains a place where protest can be signposted. These visual statements arguably stand with the signs on the Women’s March last weekend. As images that will be broadcast around the world, the optics are undeniable. This award season, a political issue remains the best accessory.

Voir enfin:

22 février 1943
Décapitation de la « Rose blanche »

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands d’une vingtaine d’années sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche » (Die Weiße Rose en allemand).

Comment, de juin 1942 à février 1943 une poignée de jeunes étudiants chrétiens ont-ils pu défendre les valeurs démocratiques au prix de leur vie ? Comment ont-ils pu diffuser six tracts incendiaires tout en écrivant le soir des slogans pacifistes et antinazis sur les murs de Munich ?

Pierre Le Blavec de Crac’h
Hérodote
2018-02-18

Les prémices de la résistance

Résidant à Ulm et âgé de 14 ans en 1933, le lycéen Hans Scholl n’est pas au début insensible aux discours de Hitler. Comme tous les jeunes Allemands de son âge, il s’engage avec sa soeur Sophie (12 ans) dans les Jeunesses Hitlériennes mais prend assez vite ses distances.

Aidé par ses parents et encouragé par l’éditeur Carl Muth du mensuel catholique Hochland, il rompt avec le national-socialisme et se consacre à ses études de médecine. Il lit les penseurs chrétiens (Saint Augustin, Pascal) et l’écriture sainte. Mais il est arrêté et emprisonné en 1938 pour sa participation à un groupe de militants catholiques.

Quatre ans plus tard, sa décision est prise. Il décide d’entrer en résistance par l’écrit après avoir lu des sermons de l’évêque de Münster Mgr von Galen dénonçant  la politique du gouvernement à l’égard des handicapés.

Un noyau dur se constitue autour de Hans et Sophie Scholl (protestants) et de trois étudiants en médecine que lie une solide amitié : Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d’un médecin de Munich) ; Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), et Willi Graf (24 ans, catholique). Il est bientôt rejoint par Traute Lafrenz, une amie de Hans.

En juin 1942, alors que Hitler est au sommet de sa puissance, le petit groupe décide d’appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de « dictature du mal ». Sophie se garde d’informer de ses actions son fiancé, un soldat engagé sur le front de l’Est.

La rose s’épanouit

En moins de quinze jours, les jeunes gens rédigent et diffusent 4 tracts, signés « La Rose blanche » (Die Weiße Rose). Imprimés dans l’atelier de Munich mis à leur disposition par l’écrivain catholique Théodore Haecker, ils sont diffusés de la main à la main, déposés chez des restaurateurs de la ville ou adressés par la poste à des intellectuels non-engagés, des écrivains, des professeurs d’université, des directeurs d’établissements scolaires, des libraires ou des médecins soigneusement choisis.

Les tracts font référence à d’éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citent parfois la Bible. Leurs lecteurs sont invités à participer à une « chaîne de résistance de la pensée » en les reproduisant et en les envoyant à leur tour au plus grand nombre possible de gens.

Willi Graf est enrôlé dans l’armée en juillet 1942 et découvre à cette occasion nombre d’atrocités. Quant à Hans Scholl et Alexander Schmorell, incorporés comme maréchal des logis dans la Wehrmacht en tant qu’étudiants en médecine, ils passent trois mois sur le front russe et constatent avec effroi l’horreur des traitements infligés aux juifs, aux populations locales et aux prisonniers soviétiques.

À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficient du soutien de leur professeur Kurt Huber (49 ans, catholique convaincu) de l’université de Munich, qui devient leur mentor. Ils impriment et diffusent leurs tracts à des milliers d’exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d’Augsbourg, Francfort, Graz, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin !

Le petit groupe collecte en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s’occupe de leurs familles. Il est toutefois déçu par le peu d’écho de ses initiatives au sein de la population étudiante.

Un cinquième tract intitulé « Tract du mouvement de résistance en Allemagne » est distribué à plusieurs milliers d’exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich ! Plus fort encore, en février 1943, Hans Scholl et Alexander Schmorell écrivent la nuit des slogans sur les murs du quartier universitaire : « Liberté ! Hitler massacreur des masses ! A bas Hitler !… »

Imprimé à plus de 2.000 exemplaires, distribué et envoyé par la poste, le sixième et dernier tract commente la défaite de Stalingrad, condamne les méthodes nazies et invite la jeunesse du pays à se mobiliser. Comme quelques centaines de ces tracts n’ont pu être expédiés, Hans Scholl décide de les diffuser dans l’Université de médecine.

Malheureusement, le matin du 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie sont aperçus par le concierge de l’université en train de jeter un dernier paquet de tracts du haut du deuxième étage donnant sur le hall. Ils sont aussitôt arrêtés avec leurs amis, livrés à la Gestapo (la police politique) et emprisonnés à Stadelheim.

Un procès expéditif

Le 22 février 1943, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof) chargé des « crimes politiques » se réunit pour un procès expéditif de trois heures.

Il est présidé par Roland Freisler, venu exprès de Berlin. Cet ancien communiste est l’un des chefs nazis les plus brutaux qui soient. Sophie Scholl, qui a eu une jambe brisée au cours de son « interrogatoire » par la Gestapo et comparaît sur des béquilles, lui fait face avec un courage inébranlable.

Freisler prononce lui-même la condamnation à mort pour trahison de Hans Scholl, de sa soeur et de leur ami Christoph Probst – baptisé quelques heures avant son exécution par un prêtre de la prison.

Sophie et Hans sont exécutés par les fonctionnaires de la prison de Stadelheim après avoir revu une dernière fois leurs parents, Robert et Magdalene Scholl. Hans Scholl s’écrie « Vive la Liberté ! » avant de mourir sur la guillotine (cet instrument a été importé de France en Bavière au XIXe siècle, à la suite des guerres napoléoniennes). Depuis, les trois jeunes martyrs reposent les uns à côté des autres dans le cimetière voisin de la forêt de Perlach.

Quelques mois plus tard, un second procès frappe quatorze accusés pris dans la même vague d’arrestations : le professeur Kurt Huber, Alexander Schmorell et son camarade Willi Graf sont condamnés à mort. À l’automne 1943, le réseau de Hambourg est lui aussi démantelé par la Gestapo.

Dix autres membres de la Rose Blanche – amis des Scholl, jeunes étudiants des universités d’Ulm et de Sarrebruck, ou sympathisants actifs comme Eugen Grimminger qui les avait aidés financièrement – sont envoyés en camp de concentration où ils paieront aussi de leur vie leur participation aux activités du mouvement.

Malgré son caractère confidentiel, la Rose Blanche bénéficie d’une notoriété nationale et même mondiale. Le 27 juin 1943, parlant de « la naissance d’une foi nouvelle, celle de l’honneur et de la liberté », l’écrivain allemand en exil Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC tandis que durant l’été 1943, l’aviation anglaise jette sur le pays un million d’exemplaires du dernier tract rédigé par le professeur Huber.

L’ami de coeur de Sophie, qui était sur le front de l’Est, obtient une permission sitôt qu’il apprend son arrestation mais il arrive à Munich deux heures après son exécution. Il va entrer dès lors dans la résistance au péril de sa vie…

La Rose Blanche a vécu à peine un an mais la mémoire d’une lutte héroïque – contre la résignation et pour la défense de la liberté d’opinion lorsqu’elle est menacée -, elle, ne s’éteindra jamais.

Un film émouvant et vrai

Sophie Scholl, le dernier jourLe cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, Sophie Scholl, les derniers jours (en allemand Sophie Scholl, die letzten Tage). Il relate l’arrestation du groupe de jeunes gens, l’instruction de leur procès et leur exécution.

Son film suit fidèlement la réalité historique telle que relatée dans le livre de souvenirs publié en 1953 par la soeur de Hans et Sophie Scholl : Die weisse Rose (mal traduit, l’ouvrage a répandu dans le public français quelques erreurs factuelles, notamment en traduisant le mot allemand Fallbeil par hache au lieu de guillotine).


Antisémitisme: C’est un Juif qui rencontre un autre Arabe (Happy as God in France: Guess the origins of France’s no.1 TV host and radio personality ?)

14 février, 2018
https://i2.wp.com/i.f1g.fr/media/eidos/orig/2017/12/20/XVMe43dfed6-e584-11e7-9ed5-769ce2ed529d-805x453.jpghttps://www.tuxboard.com/photos/2016/01/classement-personnalites-preferees-des-francais-2016.jpg
Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
 Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants. Deutéronome 6: 6-7
Fais de l’étude de la Torah ta principale occupation. Shammaï (10 avant JC)
Combattez ceux qui rejettent Allah et le jugement dernier et qui ne respectent pas Ses interdits ni ceux de Son messager, et qui ne suivent pas la vraie Religion quand le Livre leur a été apporté, (Combattez-les) jusqu’à ce qu’ils payent tribut de leurs mains et se considèrent infériorisés. Coran 9:29
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
De même que pour les juifs, ce sont les mêmes qui dénoncent les sorcières et qui recourent à leurs services. Tous les persécuteurs attribuent à leurs victimes une nocivité susceptible de se retourner en positivité et vice versa. René Girard
Certains trouvent encore intolérable d’admettre que le peuple juif se soit trouvé, à trois reprises, plus ou moins volontairement, un élément essentiel au patrimoine de l’humanité: le monothéisme, le marché et les lieux saints. Car il n’est pas faux de dire, même si c’est schématique, que les juifs ont été mis en situation d’avoir à prêter aux deux autres monothéismes, et à les partager avec eux, leur dieu, leur argent et leurs lieux saints. Et comme la meilleure façon de ne pas rembourser un créancier, c’est de le diaboliser et de l’éliminer, ceux qui, dans le christianisme et l’islam, n’acceptent toujours pas cette dette à l’égard du judaïsme, se sont, à intervalles réguliers, acharnés à le détruire, attendant pour recommencer que le souvenir de l’élimination précédente se soit estompé. Jacques Attali
Nobel Prizes have been awarded to over 850 individuals, of whom at least 22% (without peace prize over 24%) were Jews, although Jews comprise less than 0.2% of the world’s population (or 1 in every 500 people). Overall, Jews have won a total of 41% of all the Nobel Prizes in economics, 28% in medicine, 26% in Physics, 19% in Chemistry, 13% in Literature and 9% of all peace awards… Wikipedia
Ainsi partit le paysan, En traversant la nuit des temps A la recherche d’une terre. « Mes bras sont forts, j’ai du courage. J’accepte même un marécage… « Il ne trouva que des barrières. « T’es pas d’ici, t’as un accent. Fais-toi prêteur, fais-toi marchand Mais tu n’auras jamais de terre. On se méfie de ton trésor, Ton étoile d’or…  » Faute d’avoir un champ de blé, L’homme se mit à cultiver Son petit champ dedans sa tête. On le vit scribe et puis docteur Puis violoniste et professeur, Peintre, savant ou bien poète… Herbert Pagani
L’Âge moderne est l’Âge des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d’entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. Il ne s’agit plus de cultiver les champs ou de surveiller les troupeaux, mais de cultiver les hommes et de veiller sur les symboles […] En d’autres termes, la modernité, c’est le fait que nous sommes tous devenus juifs. Yuri Slezkine
En fait, ce que nous avons voulu démontrer, ma collègue Maristella Botticini, de la Bocconi, et moi, c’est que l’obligation d’étudier a un coût, et oblige donc l’individu rationnel à rechercher une compensation pour obtenir un retour sur investissement. Dans le cas des juifs, le problème se pose après la destruction du Temple de Jérusalem, en 70 de l’ère courante. La caste des prêtres qui constituait alors l’élite perd le pouvoir au profit de la secte des pharisiens, qui accorde une grande importance à l’étude. C’est de cette secte que vont sortir les grands rabbis, ceux qui vont pousser les juifs à se concentrer sur l’étude de la Torah, un texte dont la tradition veut qu’elle ait été écrite par Moïse sous la dictée de Dieu. Vers l’an 200, obligation est ainsi faite aux pères de famille d’envoyer leurs fils dès l’âge de 6 ans à l’école rabbinique pour apprendre à lire et étudier la fameuse Torah. Or l’essentiel des juifs sont des paysans, et pour les plus pauvres, cette obligation pèse très lourd car elle les prive de bras pour travailler aux champs. Beaucoup vont alors préférer se convertir au christianisme, d’où, on le voit dans les statistiques de l’époque, une baisse drastique de la population juive au Proche-Orient à partir du IIIe siècle alors que, jusqu’à la destruction du Temple, cette religion était en augmentation constante et multipliait les convertis. Pour ceux qui ont accepté le sacrifice financier que représente la dévotion, il va s’agir de valoriser leur effort. Or autour d’eux, ni les chrétiens ni, plus tard, les musulmans n’imposent à leurs enfants d’apprendre à lire et à écrire. Les juifs bénéficient donc d’un avantage compétitif important. C’est ainsi un juif converti à l’islam qui a servi de scribe à Mahomet et aurait mis par écrit pour la première fois le Coran. (…) Notre étude, fondée sur l’évolution économique et démographique du peuple juif, de l’Antiquité à la découverte de l’Amérique, remet en cause en fait la plupart des théories avancées jusqu’ici. Si les juifs sont médecins, juristes ou banquiers plus souvent qu’à leur tour, ce n’est pas parce qu’ils sont persécutés et condamnés à s’exiler régulièrement, comme l’a avancé l’économiste Gary Becker, ou parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être agriculteurs, comme l’a soutenu Cecil Roth. Car si dans certains pays, on les a empêchés de posséder des terres, c’était bien après qu’ils aient massivement abandonné l’agriculture, et s’ils ont pu être persécutés, cela ne justifie pas qu’ils soient devenus médecins ou juristes : les Samaritains, très proches des juifs et eux aussi traités comme des parias, sont demeurés paysans. De même, contrairement à ce que dit Max Weber, ce n’est pas parce qu’un juif ne peut pas être paysan du fait des exigences de la Loi juive. Les juifs du temps du Christ la respectaient alors qu’ils étaient majoritairement occupés à des travaux agricoles et à la pêche. C’est dans l’Orient musulman, sous les Omeyyades et les Abbassides, à un moment où ils sont particulièrement valorisés, que les juifs s’installent massivement dans les villes et embrassent des carrières citadines. Pourquoi ? Parce qu’ils peuvent alors tirer parti du fait d’être lettrés. D’un point de vue purement économique, il est alors beaucoup plus rentable de devenir marchand ou scientifique que de labourer la terre. D’où notre théorie : si les juifs sont devenus citadins et ont occupé des emplois indépendants de l’agriculture, c’est d’abord parce qu’ils étaient formés. Et s’ils étaient formés, c’est que leur religion exigeait qu’ils le soient. (…) ces professions étaient beaucoup plus rentables que le travail de paysan. Pour un juif du Moyen Âge, l’apprentissage de la Torah allait de pair avec le fait de faire des affaires. Rachi, le grand commentateur du Talmud, était un entrepreneur qui possédait des vignes. Ses quatre fils, tous érudits, se sont installés dans quatre villes différentes où ils ont tous fait du business, notamment de prêts d’argent, tout en étant rabbins. Grâce à leur connaissance des langues et leurs réseaux familiaux, les juifs ont pu rentabiliser leur formation, le fait de savoir lire et écrire, mais aussi raisonner, plus aisément que d’autres communautés. (…) Il est essentiel que la culture fasse partie intégrante de l’éducation quotidienne. Et en cela, la mère joue un rôle essentiel, toutes les études le montrent. C’est elle qui transmet les valeurs fondamentales. La probabilité que vous alliez à l’université est plus importante si votre mère a été elle-même à l’université. Donc, le fait que la mère ait un minimum d’éducation a représenté très tôt un avantage compétitif par rapport aux autres communautés religieuses où la femme n’en recevait pas. Nous étudions actuellement la période allant de la Renaissance à l’Holocauste. Et nous avons déjà découvert ceci : en Pologne, au XVIIe siècle, la population juive a fortement progressé par rapport à la population chrétienne. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mortalité infantile y était plus faible. Conformément à l’enseignement du Talmud, les enfants bénéficiaient en effet d’un soin tout particulier. Les femmes gardaient leur enfant au sein plus longtemps que les chrétiennes, et elles s’en occupaient elles-mêmes. Voilà un exemple tout simple des effets que peut avoir l’éducation. Zvi Eckstein
Pour faire face au danger que le christianisme et la romanisation faisaient courir à la survie du judaïsme, les Pharisiens imposèrent une nouvelle forme de dévotion. Tout chef de famille, pour rester fidèle à la foi judaïque, se devait d’envoyer ses fils à l’école talmudique, afin de perpétuer et d’approfondir, par un travail cumulatif de commentaire, la connaissance de la Torah. Cette nouvelle obligation religieuse a eu des répercussions socio-économiques considérables. Envoyer ses fils à l’école représentait un investissement coûteux qui n’était pas à la portée de la majorité des juifs, simples paysans comme les autres populations du Moyen-Orient au milieu desquelles ils vivaient. Ceux qui n’en avaient pas les moyens et restèrent paysans, s’éloignèrent du judaïsme. Ils  se convertirent souvent au christianisme.  C’est ce qui explique l’effondrement de la population juive durant l’Antiquité tardive. Ceux qui tenaient au contraire à remplir leurs obligations religieuses, durent choisir des métiers plus rémunérateurs. Ils devinrent commerçants, artisans, médecins et surtout financiers. Les juifs ne se sont pas tournés vers ces métiers urbains parce qu’on leur interdisait l’accès à la terre, comme on l’a dit souvent, mais pour pouvoir gagner plus d’argent et utiliser en même temps leurs compétences de lettrés. Ils étaient capables désormais de tenir des comptes, écrire des ordres de paiement, etc… (…) S’ils s’imposent partout dans le crédit, ce n’est pas parce que l’Eglise interdisait aux chrétiens le prêt à intérêt (en réalité l’islam et le judaïsme lui imposaient des restrictions comme le christianisme), mais parce qu’ils ont à la fois la compétence et le réseau pour assurer le crédit, faire circuler les ordres de paiements et les marchandises précieuses du fond du monde musulman aux confins de la chrétienté.  (…) c’est souvent à la demande des seigneurs ou évêques locaux qu’ils étaient venus s’installer dans les villes chrétiennes, parce qu’on recherchait leur savoir faire pour développer les échanges et l’activité bancaire. Les premières mesures d’expulsion des juifs par des princes chrétiens à la fin du XIII° siècle semblent avoir été guidées par la volonté de mettre la main sur leurs richesses beaucoup plus que par le désir de les convertir. (…) C’est pour des raisons religieuses que le judaïsme s’est imposé brusquement un investissement éducatif coûteux qui le singularise parmi les grandes religions du livre. Car ni le Christianisme qui  s’est donné une élite particulière, à l’écart du monde, vouée à la culture écrite, ni l’Islam n’ont imposé à leur peuple de croyants un tel investissement dans l’alphabétisation. Cet investissement a eu l’effet d’une véritable sélection darwinienne.  Il a provoqué une réorientation complète de l’activité économique du monde juif  en même temps  qu’il faisait fondre sa masse démographique. Il a surtout fait fleurir, par le miracle de l’éducation, des aptitudes intellectuelles précieuses qui en ont fait durablement une minorité recherchée et jalousée. André Burguière
Nous vivons une époque formidable, celle de l’indistinction. Aussi certains intellectuels ne savent-ils plus toujours si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des opinions ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom des droits humains ou, plus simplement, des principes de la démocratie. Mais c’est justement une incompréhension fondamentale sur la nature de cette dernière qui autorise cette interrogation. Tocqueville avait utilement alerté sur cette question: dans une société démocratique, expliquait-il, les individus vouent un véritable culte à l’égalité qui constitue une passion dominante. Ainsi «les théories conduisant à la conclusion que toutes les opinions doivent être respectées et traitées sur une base égalitaire, voire considérées comme équivalentes, tendent à être l’objet d’une attention sélective et à être retenues en priorité» (Raymond Boudon, «Les deux sociologies de la connaissance scientifique»). Ainsi, le fondamental principe d’égalité se corrompt trop souvent dans le désir, plus ou moins avoué, d’indistinction. Cette pente est particulièrement redoutable puisqu’elle incite au scepticisme radical, et elle tend à considérer l’éthique et l’épistémologie comme des illusions. La démocratie, qui, à beaucoup d’égards, peut être définie comme une organisation des séparations (par exemple du politique et de l’ethnico-religieux), a tout à perdre à promouvoir l’indistinct. C’est à l’aune de l’indistinction que nous pouvons comprendre l’apparition d’un phénomène nouveau: l’antisémitisme sans antisémites. Il est en effet frappant de constater le déni ou l’euphémisation (généralement par l’affirmation d’un antisionisme radical) devant le procès en antisémitisme. Ces attitudes (que l’on peut ne pas distinguer) sont généralement fondées, d’une part, sur l’incompréhension de la nature de l’antisémitisme, d’autre part, sur la distinction – dont nous montrerons l’inconsistance – entre antiracisme moral et antiracisme politique. Il va de soi que ces deux points entretiennent de profondes affinités. Le modèle dominant de lutte contre le racisme, développé à partir de 1945, établissait une équivalence structurelle entre colonisés et juifs dans leur fonction de détournement (mécanisme bien documenté du bouc-émissaire) de l’insatisfaction sociale. Dans cette stratégie argumentative, la spécificité du génocide des juifs constituait une réelle difficulté. Il fallait donc que le racisme nazi soit une forme particulière de racisme colonial. La distinction entre ces deux formes de racisme a été pourtant, dès 1967, posée avec vigueur par Jeanne Hersch («Sur la notion de race», dans Diogène). Dans une étude consacrée à la notion de race et à l’examen de deux textes établis sous l’égide de l’Unesco, elle montrait que dans le cas du racisme colonial les différences physiques stigmatisées par les colonialistes étaient manifestes, alors que celles dénoncées par les nazis étaient extrêmement imprécises. Elle ajoutait, en outre, que les colonialistes justifiaient l’exploitation de leurs victimes à l’aide d’un préjugé raciste, celui de l’infériorité intellectuelle des exploités, tandis que les nazis usaient comme moteur de leur haine l’envie qu’inspiraient les juifs, auxquels le préjugé raciste prêtait une supériorité intellectuelle dangereuse. Aussi, pour les colonialistes fallait-il maintenir la présence de l’«autre race» en tant que source de profit; alors que pour les nazis le but était son élimination et sa destruction. Pour le racisme d’extermination, c’est donc le caractère incertain des différences physiques de l’autre qui entretient une suspicion diffuse, une hantise du mélange. Or si ce racisme a désigné le juif comme l’ennemi absolu, c’est parce que la différence juive, hors du champ religieux, est insaisissable. Elle est, en conséquence, la plus dangereuse pour l’identité collective du groupe. Comme le notaient, il y a assez longtemps, P. H. Maucorps, A. Memmi et J. F. Held, les juifs parce qu’ils «constituent une minorité tellement fluide que très peu d’individus considérés comme tels réunissent toutes les déterminations réelles ou supposées de leur groupe sont objet de racisme en tant que simple incarnation de l’Altérité.» On voit, à travers ces lignes, la particularité de l’antisémitisme qu’avait, à sa manière, évoquée Édouard Drumont lorsqu’il écrivait: «Le juif dangereux, c’est le juif vague.» En d’autres termes, le plus grand péril pour le raciste, c’est le péril indiscernable. Le juif, trop semblable au point de ne pouvoir être distingué, exaspère chez l’antisémite l’horreur du métissage, la peur de la dégénérescence par l’effet du mélange. Aussi l’expression de l’hostilité à l’égard des juifs n’est-elle nullement soucieuse de donner une explication causale de la menace sociale, mais manifeste une crainte face à un danger mal compris susceptible de fissurer l’armature sociale de la communauté. (…) Il paraît, par conséquent, illusoire de penser aujourd’hui les tâches de l’antiracisme sans partir de cette réalité: l’antisémitisme appartient à un registre spécifique. La lutte contre lui ne peut être efficace que si elle est distinguée de la lutte contre les autres formes de racisme. Est-il utile de préciser que l’accent mis ici sur la particularité du registre antisémite n’induit nullement une volonté de méconnaître les autres expressions de la haine ou de hiérarchiser celles-ci à l’aune de leur malfaisance? (…) Autre intéressant registre rhétorique, l’antiracisme politique utilise quelques intellectuels juifs pour éloigner tout soupçon d’antisémitisme. (…) De même, l’idée, exprimée par un collectif de juifs «antiracistes et anticolonialistes», d’une «profonde rupture, après la Shoah, entre les Juifs et les autres peuples racisés» (voir «La bonne conscience des intellectuels juifs»), suggère également que les juifs ne sont pas des racisés comme les autres. Et s’ils ne sont pas comme les autres, c’est parce que pèse sur eux l’accusation de sionisme, sans que l’on sache très bien à quoi elle renvoie, tant le mot est polysémique. Mais on comprend aisément, nonobstant le nombre considérable de juifs critiques à l’égard de la politique de colonisation israélienne, que tout juif est un sioniste potentiel, autrement dit un ennemi du genre humain, comme l’était autrefois le «juif vague» cher à Drumont. La stratégie d’euphémisation, liée au discrédit de la notion de race, rend ainsi, pour un nombre de plus en plus grand de nos contemporains, l’antisémitisme respectable. La prolifération des thèses complotistes est un indicateur inquiétant de la fragilité d’une opinion démocratique, trop souvent incapable de se prémunir contre la corruption de l’égalité, celle de la dignité de chacun, dans l’indistinction, soit fondamentalement la confusion du vrai et du faux. Alain Policar
Underlying this pervasive point of view is the notion that Jews, who are often conflated with whites, should “check their privilege,” because anti-Semitism just isn’t as bad as other forms of racism. On campus, where the ADL notes an acute rise in anti-Jewish hostility, alarmed Jewish students are sidelined for being white and middle-class and the Holocaust is trivialized as “white on white crime.” Elsewhere, Jews who protest anti-Semitism are dismissed for failing to ante up sufficient concern about people of color. This erasure of anti-Semitism isn’t simply callous. It exposes a huge moral failure at the heart of the modern left. Under the enveloping paradigm of “intersectionality,” everyone is granularly defined by their various identities — everyone, that is, except white Jews, whose Jewishness is often overwritten by their skin color. Not simply a moral failing, this erasure is deeply hazardous, inasmuch as the fight against racism happens by and large in sectors where the left perspective dominates — the academy, pop culture and much of the news media. But this failure of the left is less a result of malice rather than unconscious wiring. As I will argue, the left is doomed to erase anti-Semitism because it’s ill-equipped to understand it. For in a key sense, regular racism — against blacks and Latinos, for example — is the opposite of anti-Semitism. While both ultimately derive from xenophobia, regular racism comes from white people believing they are superior to people of color. But the hatred of Jews stems from the belief that Jews are a cabal with supernatural powers; in other words, it stems from the models of thought that produce conspiracy theories. Where the white racist regards blacks as inferior, the anti-Semite imagines that Jews have preternatural power to afflict humankind. This is also why the left is blind to anti-Semitism. Anti-Semitism differs from most forms of racism in that it purports to “punch up” against a secret society of oppressors, which has the side effect of making it easy to disguise as a politics of emancipation. If Jews have power, then punching up at Jews is a form of speaking truth to power — a form of speech of which the left is currently enamored. In other words, it is because anti-Semitism pretends to strike at power that the left cannot see it, and is doomed to erase — and even reproduce — its tropes. (…) And it’s anti-Semitism’s source in conspiracy theory that renders it so different from non-conspiracist forms of racism, like anti-blackness. As with most racism, anti-black bias constructs an underclass to be exploited or avoided. It positions blacks as inferior to whites and charges them with stereotypes that signal weakness: They are libeled as lazy, stupid, lustful, criminal and animalistic. (…) Anti-Semitism imagines a diabolic overclass to be exposed and resisted. Above all else, anti-Semitism is a conspiracy theory about the maleficent Jewish elite. And it’s this that makes it easy to disguise as a politics of liberation, or, at least, to embed anti-Semitism quietly in efforts for social justice. (…) Anti-Semitism is a poor man’s revolution. (…)Americans are — thankfully — tuned to detect and deplore racism that punches down. But we must broaden our perspective if we want to reverse the progress of anti-Semitism, which punches up toward mass murder and extermination. Forward
Leonard Cohen avait écrit une chanson remplie de références à la Bible mais aussi connue pour ses sous-entendus érotiques (dans les strophes suivantes). Muhamad Al Hussayn a complètement réécrit la chanson de Leonard Cohen. « Ya illahi » ne signifie pas exactement « Hallelujah » (« louanges à Dieu », en hébreu), mais « Ô mon Dieu ». Finies les références à la Bible hébraïque et à ses personnages. Fini aussi le côté subversif (And remember when I moved in you / And the holy dove was moving too / And every breath we drew was Hallelujah). La suite de la version islamique que n’a pas chantée Mennel – mais que connaît sûrement une partie de son public à qui s’adressait le message ! – raconte l’histoire de quelqu’un qui a pêché et désobéi à Allah, puis décide de revenir vers lui. C’est du prosélytisme. Aux Français non initiés, Mennel a donc raconté le début d’une histoire poétique tirée des psaumes du roi David, qui régna sur un royaume juif à Jérusalem. Mais au public arabophone qui est nombreux à la suivre, l’artiste a diffusé un message religieux tout autre. Mennel est aussi l’auteure d’un clip de propagande, « Souris Palestine ». Plus question de roi David. La chanteuse y échange son « turban moderne » pour un hijab en bonne et due forme. Elle s’adresse aux « sœurs de Bosnie, frères de Bosnie ». Depuis, on a appris que la jeune chanteuse avait un penchant marqué pour les idées islamistes. « Les vrais terroristes, c’est notre gouvernement », a-t-elle écrit sur Facebook après l’assassinat du père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray. Quelques jours auparavant, elle avait nié le caractère terroriste de l’attaque de Nice qui fit plus de 80 morts le 14 juillet. La jeune femme partageait aussi des publications de Tariq Ramadan, Dieudonné, et d’organisations ou campagnes islamistes comme BarakaCity, Lallab ou HijabFirst. Tribune juive
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’ « A mort les juifs! », avril 2003)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. De Gaulle (conférence de presse du 27 novembre 1967
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah. Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs. La première fois, c’était en 1998 dans une classe de 5e. Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé : « On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures ! De toute façon, moi j’aime pas les juifs. » Je suis tombé des nues. Ce n’était que le début. Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada. Je me souviens précisément du 12 septembre 2001. La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication « complotiste » : « Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait. » Pour une minorité, c’était « bien fait pour les Américains et pour les juifs ». Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam. (…) En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite. Le déni est ce qui m’a le plus choqué. (…) On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs. Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème. Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas. Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets. Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites. Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois. Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante. Du genre : « C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ? » Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé. Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait « pas autant pour les enfants palestiniens » ? Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme. (…) Ces enfants sont les premiers à dire « le racisme c’est pas bien », mais ils ont une vision communautariste de la société. Pour eux il y a d’un côté les « Français », c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux. Quand un garçon me dit « les racistes du PSG c’est que des juifs ! », il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids. Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros. Iannis Roder (professeur d’histoire-géographie, Saint-Denis)
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
A l’occasion du chantier de réaménagement des salles de peintures françaises et nordiques au second étage de l’aile Richelieu, le musée du Louvre a décidé de consacrer deux salles à la présentation de tableaux récupérés en Allemagne, après la Seconde Guerre mondiale. Une sélection de 31 tableaux MNR (Musée Nationaux Récupération) est désormais exposée dans deux salles spécifiques. 76 tableaux sont également présentés dans le parcours permanent du musée, accompagnés d’une mention spécifique signalant leur origine. Entre 1940 et 1945, environ 100 000 biens de toute nature (parmi lesquels de nombreuses œuvres d’art) ont été spoliés en France par le régime nazi ou vendus sous la contrainte et transférés en Allemagne. La Commission de récupération artistique fut créée dès 1944 afin de retrouver ces objets et de les restituer à leur légitime propriétaire. Active jusqu’en 1949, cette commission a permis le retour en France de plus de 61 000 objets, dont plus de 45 000 furent rendus, suite aux demandes des victimes ou de leurs héritiers directs. Les biens non réclamés furent ensuite vendus pour une bonne part (environ 13 000) et l’administration conserva 2 143 objets qui furent enregistrés sur des inventaires spéciaux dits de la récupération (d’où le sigle MNR affectés à ces oeuvres, pour « Musées Nationaux Récupération »). Le musée du Louvre abrite ainsi 1 752 oeuvres MNR dans ses murs, dont 807 tableaux MNR : 296 sont conservés sur place tandis que les autres ont été déposés dans différents musées de France. Actuellement, un groupe de travail, mis en place par le ministère de la Culture et travaillant en lien avec la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS) créée en 1999, est chargé de retracer la provenance de ces œuvres, afin de déterminer lesquelles ont été spoliées et lesquelles ne l’ont pas été. Dans le cas des biens spoliés, le groupe s’attache également à identifier leur propriétaire au moment de la spoliation pour permettre leur restitution à leurs ayants droit. Pour la collection des peintures, plus d’une cinquantaine d’oeuvres ont ainsi pu être rendues depuis 1951. Le Louvre
An estimated 100,000 objects in France alone were looted by the Nazis or sold under duress and transferred to Germany — paintings, but also drawings, sculptures and antiquities. Many had belonged to Jewish families whose homes were raided during the Nazi occupation, or who were forced to sell art to survive or to flee the country. From 1945 to 1949, over 61,000 of those objects were returned to France, and about 45,000 were claimed by their owners. Many of the unclaimed pieces were sold at auction. But the French state kept 2,143 of them — even today, experts say it is unclear how they were chosen. The government placed them in an inventory called the Musées Nationaux Récupération, or M.N.R., and entrusted them to museums. The Louvre has 807 such paintings. A little over 100 looted objects, including about 50 paintings, have been returned to their legitimate owners or their descendants, since the 1950s, after the first wave of restitutions. The French authorities acknowledge the pace is slow.  (…) Curators at the Louvre say the new exhibition rooms are another step in the effort to make information about looted artworks more accessible to the public, and to the victims or their heirs. Some experts praised the idea — Ms. Bouchoux, the former senator, said it was “symbolically and politically positive” — but others said the exhibition rooms lacked context and failed to lay out the complex history that had left the paintings orphaned. Emmanuelle Polack, an art historian who did her doctoral thesis on the Parisian art market under Nazi occupation, noted that the explanatory text in the exhibition rooms did not say that most of the looted artwork belonged to Jewish families. Nor do the plaques beneath the paintings explain where and how each one was found in Germany, like the 19th-century portrait of two sisters by Jacques Augustin Pajou that was taken by the Nazi regime’s foreign minister, Joachim von Ribbentrop. Mr. Allard, the Louvre curator, acknowledged that the plaques and an existing sign were “insufficient,” but said the museum planned to put up a larger banner at the entrance to the rooms. NYT
J’ai tué un juif! J’irai au paradis! Adel (novembre 2003)
On est des Arabes et des Noirs, faut qu’on se soutienne. (…) Les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat et, moi, comme je suis noir, je suis considéré comme un esclave par l’Etat. Yousouf Fofana (février 2006)
Allah et son prophète, ils aiment pas les juifs. (…) Mort à Israël! Yousouf Fofana
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. Tribu Ka (novembre 2006)
Ils ont écrit ‘sale juif’ et ‘sale pédé’ sur son visage avec du Typex, avant de lui faire avaler des mégots de cigarette, un suppositoire, et de l’obliger à sucer un préservatif déroulé sur un bâton. Clarisse Grillon (secrétaire générale du tribunal de Nanterre, février 2008)
L’un d’entre eux s’est acharné contre Ilan en disant je n’aime pas les Feuj !! (…) Il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues (…) [alors qu’] un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi. Alexandre Lévy
Dans cette histoire, on retrouve tous les ingrédients du fonctionnement des ghettos : la logique du groupe qui fait commettre des actes qu’on ne commettrait pas individuellement, la présence d’un leader charismatique, la loi du silence, la peur, l’absence de solidarité avec des gens extérieurs au quartier et l’antisémitisme qui circule dans le groupe et d’une certaine façon le cimente, donnant à chacun l’illusion d’exister et d’être en possession d’une forme de compréhension supérieure qui échappe au commun des mortels. On est sur des logiques collectives assez classiques. (…) La focalisation sur les événements du Proche-Orient vient du fait que les gens sont antisémites, pas l’inverse. L’antisémitisme puise ses racines dans les conditions sociales et le vide politique qui règnent dans certaines banlieues. C’est une forme de ‘socialisme des imbéciles’ . Quand on écoute les gens tenir des propos antisémites, ils font leur portrait à l’envers : les juifs sont puissants, je suis faible ; ils sont partout, je suis nulle part; ils sont solidaires, je suis seul ; ils ont le droit de revendiquer leur identité, nous, au contraire, n’avons aucun droit, etc. Didier Lapeyronnie (sociologue)
J’ai tué le sheitan. Kobili Traoré
Je me sentais comme possédé. Je me sentais comme oppressé par une force extérieure, une force démoniaque. (…) « J’ai crié ‘Que Satan soit béni’. Ils s’enferment tous après. […] Moi je voulais rester, je ne sais pas pourquoi. (…) je me sentais pourchassé et je me suis mis à réciter des paroles du Coran (…) Je ne savais pas chez qui j’allais atterrir. C’est quand j’ai vu dans l’appartement une Torah, j’ai vu la dame qui s’est réveillée. (…) Je lui ai dit ‘Appelez la police, on va se faire agresser’. Elle a appelé d’un téléphone fixe. (…) Je l’ai tapée avec le téléphone, ensuite avec mes poings. Ensuite, je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai soulevée et jetée par la fenêtre. (…) Je pensais que c’était des démons. (…) Je ne suis pas antisémite. Ça aurait pu tomber sur n’importe qui. (…) C’est horrible. Je n’aurais jamais dû faire ça, c’est sans doute parce que j’avais fumé trop de cannabis. (…) Tout ce qu’on essaye de faire passer par les médias, c’est faux.  Kobili Traoré
A plusieurs reprises lors de son audition, il se retranche derrière des « je ne sais pas ». – Des voisins disent avoir entendu « Allah Akbar », lui fait remarquer la juge d’instruction. – Je ne me souviens pas d’avoir dit ça. De même, Kobili ne se rappelle pas avoir crié « Tu vas payer ». De nombreux témoins ont pourtant dit aux enquêteurs avoir entendu un mélange de hurlements, de menaces et de références religieuses, en français et en arabe. L’homme est interpellé à 5h35 par trois policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC), arrivés pourtant sur les lieux près d’une heure auparavant. (…) Interrogé sur ses liens avec la retraitée, le jeune tueur se montre plus prolixe. Oui, il savait qu’elle était sa voisine du dessus, depuis « au moins dix ans ». Oui, il avait connaissance de sa pratique religieuse assidue. Comment? « Sa façon de s’habiller, avec des habits traditionnels pour aller à la synagogue, ou ses enfants quand ils venaient et avaient la kippa. » En revanche, Kobili nie que la religion de Sarah Halimi ait motivé son geste. « Je ne suis pas antisémite. Ça aurait pu tomber sur n’importe qui », se défend-il, précisant n’avoir jamais eu de problèmes avec la communauté juive. L’Express
C’est un Juif qui rencontre un autre Arabe. Blague juive
Ma famille paternelle est originaire de Slovaquie. D’origine juive, mon grand-père a dû s’expatrier pour fuir les nazis. C’est comme cela qu’il est arrivé en France avant de rejoindre la clandestinité pendant la guerre. Il est arrivé dans les Alpes avec mon père qui avait alors 4 ans. Ironie du sort, c’est un curé qui s’est occupé de lui jusqu’à la fin de la guerre. (…) Et il deviendra même le premier directeur du premier Mammouth à Toulouse à la fin des années 1960. Jean-Luc Reichmann
Nagui, quand vous étiez petit, c’était le salon enfumé par les cigarettes de votre père, la table de travail de vos parents tous les deux profs, la table encombrée de copies à corriger, de fiches de cours… Vous faites vos devoirs et votre père vous dit: « Quel que soit le métier que tu feras, premier ministre ou balayeur, sois le meilleur ». Thierry Ardisson
Papa était prof de littérature à la fac, maman était prof de français, grec et latin au lycée, mais nous vivions dans l’attente du courrier qui apporterait la bonne ou la mauvaise nouvelle, à tel point que maman n’avait jamais complètement vidé nos malles. Quand le permis de séjour de mon père n’a pas été renouvelé, nous avons dû partir. Le Canada nous a accueillis et j’ai adoré. (…) j’ai grandi en voyageant. Je refuse les frontières, le racisme et l’exclusion. Je me sens citoyen du monde mais, à l’inverse, je n’ai eu de cesse d’avoir une maison à moi pour m’enraciner. A la naissance de chacun de mes enfants, j’ai planté un arbre. Notre maison de vacances, dans le Sud, est la maison d’enfance que je n’ai jamais eue. (…) Je ne me sentais pas bien physiquement, je ne supportais pas les moqueries. Nagui devenait Maguy à cause de la série télévisée. Fam, mon nom, se transformait en femmelette. Un jour, une fille m’a déclaré: ‘Si je t’épouse, je deviendrai Mme Fam. C’est super.’ Je me suis dit: ‘C’est vachement bien les filles!’ Je n’étais pas beau mec, la tchatche est devenue un moyen de séduction.(… [Mon frère] est analyste financier. Il a fait de brillantes études de commerce, celles que je n’ai pas terminées. Nous avons quatre ans d’écart. Il m’a donné le goût de la musique, du cinéma, de la compétition aussi: qui va le plus vite, qui gagne le plus d’argent pendant les vacances, qui a la plus jolie petite amie… Il est un repère d’autant plus essentiel que nous avons perdu nos parents. Nous sommes seuls en haut de la pyramide. (…) J’ai admiré le travail merveilleux de ma mère, j’ai lu le livre que mon père a écrit sur Lamartine. Mais je n’ai pas leur culture, leur intelligence, leur sens de la pédagogie. Je possède le dixième de leurs capacités intellectuelles. (…) Travailler avec acharnement pour être le meilleur, dans le respect et la tolérance des autres. La seule chose qui aurait pu les inquiéter et qui a longtemps inquiété maman, c’est la fragilité de ce métier. (…) Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans, ses institutions, ses représentants. Je ne comprends pas ceux qui s’efforcent à ne pas parler le français en France. Garder une langue maternelle que l’on parle entre soi, parce qu’on a un peu de nostalgie, je comprends. Mais il faut s’adapter à la société dans laquelle on vit. Sinon, cela crée de l’exclusion. Comme si les Bretons ne voulaient parler que le breton! (…) Il paraît que je salis la langue française, un comble pour un fils de profs de français! On m’écrit que je dois retourner dans mon pays, sinon on va m’égorger… Et comme certaines menaces ne sont même plus anonymes, j’ai fini par porter plainte. Mais, souvenez-vous aussi, j’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer. Ça ne m’a pas empêché de présenter ‘Je suis Charlie’ sur France 2 avec France Inter, le lendemain des attentats, pour dire haut et fort que la liberté de la presse doit permettre aux caricaturistes de se moquer de tout le monde. (…) [c’est un Juif qui rencontre un autre Arabe] l’histoire de Michel Boujenah (…) dit que j’ai mal quand j’entends des phrases faites pour nous dresser les uns contre les autres. Ma mère était aixoise, mon père égyptien. J’ai du sang français, italien protestant, arabe, juif polonais, copte, catholique. Et alors? Je suis un être humain qui respecte le pays dans lequel il vit et qui demande qu’on le respecte aussi. Le sentiment d’insécurité existe, mais il n’a pas une couleur de peau. J’ai cru que les choses iraient de mieux en mieux, c’est devenu faux. Aujourd’hui, le petit garçon que j’étais ne grandirait sûrement pas avec les mêmes chances. (…) Une étude démontre que, quand on fait du bien, ça nous fait du bien. Accueillir un enfant, donner un petit bout de chance, c’est quoi? Ajouter un lit dans une chambre, une assiette à table. C’est surtout un enrichissement, des liens créés qui perdurent. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé avant. (…) [Utiliser sa notoriété pour aider] Je le fais, bien sûr, à travers le Téléthon, en étant parrain de la Fondation pour la recherche médicale et du Secours populaire, mais il y a aussi d’autres actions moins visibles qui comptent beaucoup. (…) Au cours d’un enregistrement de ‘N’oubliez pas les paroles’, je m’étais adressé aux enfants pour leur dire que si un adulte posait la main sur eux d’une façon qui les mettait mal à l’aise, ils devaient appeler ce numéro: le 1, le 1 et le 9. J’ai reçu une lettre d’une maman qui me disait : ‘Je voulais vous remercier parce que ma fille est venue me parler et je ne savais pas ce qu’il se passait chez moi. Grâce à vous, nous allons nous occuper de ce scandale dans notre famille.’ Une enfant à qui j’ai pu être utile, ça me va. Je pourrais tout arrêter demain, j’aurai au moins fait ça. Nagui
En venant à la maison, certains de nos amis ont décidé, à leur tour, d’accueillir des enfants pour les vacances. J’accepte d’ailleurs d’en parler avec vous pour cette unique raison: encourager ceux qui liront ces lignes à le faire aussi, dans la mesure de leurs possibilités. Mélanie
La première chose qui fait plaisir au petit gars d’Alexandrie est de ne plus avoir peur de passer la douane quand il revient d’un pays étranger. (…) En effet, ce qui change c’est que, ceux qu’on appelle poliment, les diversités culturelles sont maintenant représentées. Tout le monde est là. Le trio de tête de ce classement était Roselmack – Nagui – Reichmann. Maintenant ce qui serait bien c’est d’arriver un jour à ne plus le remarquer. (…) La journée est très réglée : elle commence tôt à la maison avec les gamines à préparer et à déposer à l’école. Arrivée à 9 heures à Europe 1 pour préparer l’émission diffusée de 9h30 à 11h. Là je saute dans la voiture pour arriver au studio TV de La Plaine St Denis. J’ai dix minutes pour me changer, me maquiller et enregistrer « Tout le monde veut prendre sa place ». On enregistre cinq émissions en rafale, entrecoupé d’une pause déjeuner. J’essaie d’être à la maison vers 19 heures pour le bain des enfants. Un autre jour, je dois enregistrer « N’oubliez pas les paroles » de 13 heures à 20 heures. Un autre jour, il faudra enregistrer « Taratata » jusque vers 2 heures du matin. (…) le gros avantage d’un jeu est qu’il a une mécanique, des règles, un jalonnement précis et donc vous pouvez toujours retomber sur vos pattes si vous faites le fou au milieu de ces règles. S’il n’y a pas ce cadre là, et si je fais uniquement l’idiot, je me perds et l’auditeur ou le téléspectateur aussi. Cela devient alors n’importe quoi et très prétentieux car ce n’est construit qu’autour de celui qui fait ses vannes. Et là, je me suis pris des claques. D’autres sont beaucoup plus doués que moi pour faire ce genre d’émissions. Je pense à Ruquier, Baffie, Ardisson. Certains, comme moi, ont besoin de structure avec si je peux dire « un début, un milieu et une fin ». (…) [c’est quand même facile d’animer un jeu : tout le monde peut prendre votre place] c’est ce que Julien Courbet me disait : le premier qui vient me voir pour me dire qu’animer un jeu c’est facile, je lui pète la gueule. Julien travaille beaucoup pour être un très bon animateur de jeu qu’il est en train de devenir, vous le verrez sur France 2. Il sort de 15 ans de présentation de magazines de reportages. Il pensait avoir vu tout ce qu’il y avait de compliqué dans l’animation télé et là, dans les jeux, c’est la fatigue, la concentration et les changements d’humeur qui sont les plus déstabilisants. Mais en même temps on est payé pour rire et c’est quand même formidable. (…) Le téléspectateur a peut-être envie de s’amuser quand le quotidien n’est pas drôle et de gagner de l’argent quand il voit que tout est cher. Et puis pour une chaînes, un jeu coûte moins cher qu’une fiction, un documentaire, une variété ou des reportages. Donc le rapport coût/rendement est intéressant pour un chaîne et le rapport gain/divertissement peut être plaisant pour le téléspectateur. Donc si tant mieux tout le monde s’y retrouve et on arrive à cette mode des jeux. (…) Je vais vous dire la vérité: je me sens extrêmement proche du service public, les dirigeants actuels et la ligne éditoriale choisie. Sur le service public, le téléspectateur peut apprendre en s’amusant tout en corsetant cet amusement de limites qui s’appellent le respect et la décence. Les patrons du service public ont une ligne éditoriale avec des règles. Il y a des mots qu’on ne dit pas sur France 2 et que l’on dit plus facilement à Canal ou dans le privé. Et je suis conscient que pour les chaînes publiques je suis un peu « border-line ». (…) Je suis très heureux qu’Europe 1 m’ait donné cette chance. Et je vais être très honnête avec vous: ce sont les seuls. Ce sont les seuls fous qui sont venus me dire cet été « venez chez nous ». Avec le jeu que j’anime tous les matins sur Europe 1, je fais du divertissement et de la culture générale pour montrer qu’on peut s’amuser et apprendre des choses.  Nagui

Heureux comme Dieu en France ?

Prénom arabe mais père égyptien copte et mère juive franco-italienne, arrivé en France à l’âge de quatre ans mais contraint pour des raisons de visa de repartir au Canada,  fils de professeurs de lettres mais considéré comme menace pour la langue française …

A l’heure où douze ans après l’odieux assassinat d’Ilan Halimi

Et, sans compter  les tueries de Toulouse ou de l’Hypercacher, un an après le tout odieux meurtre de son homonyme Sarah Halimi dont la justice refuse toujours de reconnaitre le caractère aussi évidemment antisémite …

Se poursuit, sous la pression du nouvel antisémitisme musulman qui monte et qui tue, l’exil forcé de la communauté juive en France …

Aussi bien extérieur (Israël, Canada ou Etats-Unis) qu’intérieur (vers les quartiers plus calmes de Paris ou de la région parisienne) …

Et que pour briller sur les plateaux télé les groupies des djihadistes coranisent les halleluias de Leonard Cohen …

Alors que pour présenter les toiles spoliées par les Nazis nos musées oublient de mentionner l’origine des victimes ..

Comment ne pas comprendre …

L’envie étant à la mesure du succès

La véritable prudence de sioux concernant leurs origines …

L’animateur préféré des Français compris …

 De tant de nos plus grandes célébrités ?

Nagui : « Mélanie ma chance, mon amour »
Ghislain Loustalot

Paris Match

12/10/2016

Mélanie et Nagui vivent ensemble depuis seize ans et ne peuvent envisager de passer même une nuit l’’un sans l’’autre.

Paris Match. Vous vous êtes mariés en 2010, mais votre histoire d’amour dure depuis seize ans. Comment a-t-elle démarré ?
Mélanie.Quand nous nous sommes rencontrés, je chaperonnais une copine qui ne voulait pas se rendre seule à une soirée chez lui. Nous avons joué à Taboo, c’était bon enfant. Même si j’ai été séduite, je n’étais pas du tout prête à me lancer dans une relation, d’autant qu’il avait, disons, une certaine réputation. Je ne voulais pas que ce soit facile. (Lire aussi : « Avant elle, je n’étais pas le même »)

« Mélanie m’a transformé humainement » Nagui

Nagui, étiez-vous un séducteur, un homme à femmes ?
Nagui. J’ai pris des “vestes” pendant des années. Je me trouvais moche. La télé ne m’a pas rendu beau mais… charmant. Je suis tombé dans le panneau. J’ai utilisé ce charme pour multiplier les dragues et les conquêtes. Par moments, j’ai cru être amoureux. Avec Mélanie, je me suis rendu compte de ce que cela signifie vraiment. Aujourd’hui, après seize années de vie commune, je n’envisage pas de passer une nuit sans elle. Si je dois m’absenter de Paris, je prends un avion tard le soir pour la rejoindre, un autre très tôt le lendemain pour retourner travailler. Nous ne supportons pas d’être l’un sans l’autre. (Lire aussi : Nagui déclare son amour – « Je suis un peu un boulet »)

Que vous a-t-elle apporté qui a bouleversé votre vie ?
Nagui. Elle m’a transformé humainement, donné l’appétit de découvrir et de comprendre. Je n’étais plus allé au musée depuis l’enfance. Son regard m’éclaire, y compris dans mes choix professionnels.
Mélanie. Il se faisait refouler mais tenait bon. Je le trouvais extraordinairement fort de ne rien lâcher quand il n’avait plus rien. Mon amour pour lui s’en est trouvé grandi : je n’avais jamais connu un homme aussi tenace et courageux…

Et vous, Mélanie, que vous a-t-il apporté qui a transformé votre existence?
Mélanie. L’amour, justement. Nous avons attendu quatre ans avant de faire un enfant. Nous avons construit notre couple d’abord, nous voulions être sûrs. Nous sommes complémentaires. Moi rêveuse, lui dans l’efficacité. Il me recadre.
Nagui. Elle est d’une rigueur inimaginable. Sur les horaires et l’organisation de la vie familiale, par exemple, alors que je suis plutôt laxiste. Mélanie est tout à la fois : épouse parfaite, maîtresse, pote avec qui je vais au foot, confidente. Et puis mère. Elle ne m’a pas seulement appris à éduquer nos enfants, j’ai également modifié, grâce à elle, ma façon de me comporter avec Nina, ma première fille. Et Mélanie est devenue pour elle une belle-maman exceptionnelle.

Mélanie, quelle a été votre formation avant qu’on vous découvre dans la série ‘Sous le soleil’?
Mélanie. La danse a été ma vocation première. A 16 ans, j’ai compris que j’adorais surtout être sur scène et je me suis dirigée vers le théâtre. J’ai pris des cours, passé des castings, tourné des pubs. J’ai travaillé très tôt. A 19 ans, j’étais indépendante.

Où avez-vous grandi?
Mélanie. Je suis née à Paris où mon père, anglais, et ma mère, australienne, se sont rencontrés. Elle était venue voyager en France après ses études et n’est plus repartie. Ils donnaient des cours d’anglais au sein de la CGM, une compagnie maritime. Puis, à la quarantaine, mon père a souhaité changer de vie. Devenu journaliste sportif, il a couvert le tennis et le golf pour ‘Le Monde’ et ‘Le Figaro’ en France, pour le ‘Guardian’ et ‘The Independent’ en Angleterre. Ma mère a suivi une voie similaire, elle a pris sa retraite anticipée, et a publié trois romans. J’ai une soeur qui, après des études de lettres, est devenue interprète. Elle parle français, anglais et japonais.
Nagui. J’aurais tellement aimé que Mélanie et ses parents rencontrent les miens ! Malheureusement, la vie en a décidé autrement.

Mélanie, vous êtes de retour sur scène dans ‘L’heureux élu’. Cela a été possible parce que les enfants ont grandi?
Mélanie. J’ai tourné dans quelques films alors que j’étais enceinte de Roxane, puis d’Annabel. Mais mon énergie passait dans leur éducation, d’autant plus que nous avons eu un troisième enfant. J’ai attendu qu’Adrien, qui a 4 ans, aille à l’école de façon régulière pour remettre la machine en route. Et elle s’est mise en route toute seule, puisque le metteur en scène Jean-Luc Moreau m’a demandé de jouer dans ‘L’heureux élu’.

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce corrosive sur la nature humaine?
Mélanie. J’ai adoré le pouvoir comique du texte d’Eric Assous, son regard sur notre société, sur l’hypocrisie de certains discours. Et puis mon personnage est complexe, passionnant à jouer. En tant que partenaire, Bruno Solo a été adorable.

Mélanie, pendant que vous êtes sur scène, quel genre de père est Nagui?
Mélanie. Très tendre, très tactile et câlin avec tous ses enfants, sans différence.
Nagui. J’ai un fils qui veut me tuer, je veux dire de manière oedipienne: il veut déjà tuer le père. Il est Superman, il veut être plus fort que moi.
Mélanie. Il cherche toujours la bagarre. En même temps, il a besoin d’un héros. Il y a un mimétisme incroyable entre Adrien et son père.

L’un de vos enfants aurait-il déjà une vocation artistique?
Mélanie. Il était important pour nous qu’ils fassent de la musique. C’est la meilleure école, celle de l’effort et de la rigueur.
Nagui. Ils se rendent compte que, grâce au travail, ils obtiennent des résultats, comme dans la vie. Mais rien n’est imposé, ils ont chacun choisi leur instrument.
« Pendant des années, j’ai pris des vestes. La télé ne m’a pas rendu beau mais charmant » Nagui

Comment réagissent-ils face à votre médiatisation?
Nagui. Il a fallu relativiser, éduquer. Ce n’est pas parce que je travaille à la télévision qu’ils doivent faire les crâneurs. Au début, nous préférions qu’ils ne parlent pas du métier de leurs parents à l’école. Mais ça ressemblait à de la culpabilité. Le plus compliqué, c’est de ne pas pouvoir marcher dans la rue en les tenant par la main, parce que quelqu’un va faire une photo pour l’envoyer sur les réseaux sociaux.
Mélanie. Maintenant, ils ont l’habitude. Ils repèrent avant nous la personne qui tente de nous photographier, se mettent de dos et nous préviennent.
Nagui. Si je ne refuse jamais de prendre la pose seul, je demande systématiquement aux gens d’effacer les photos des enfants. Ils n’ont pas à subir ça.

Vous êtes arrivé à 4 ans d’Egypte, où vous étiez né, mais votre famille a dû partir un moment au Canada. Pour quelles raisons?
Nagui. Papa était prof de littérature à la fac, maman était prof de français, grec et latin au lycée, mais nous vivions dans l’attente du courrier qui apporterait la bonne ou la mauvaise nouvelle, à tel point que maman n’avait jamais complètement vidé nos malles. Quand le permis de séjour de mon père n’a pas été renouvelé, nous avons dû partir. Le Canada nous a accueillis et j’ai adoré.

Est-ce que tout cela fait de vous un curieux du monde?
Nagui. Oui, parce que j’ai grandi en voyageant. Je refuse les frontières, le racisme et l’exclusion. Je me sens citoyen du monde mais, à l’inverse, je n’ai eu de cesse d’avoir une maison à moi pour m’enraciner. A la naissance de chacun de mes enfants, j’ai planté un arbre. Notre maison de vacances, dans le Sud, est la maison d’enfance que je n’ai jamais eue. Timide, donc tchatcheur, dites-vous de l’adolescent que vous

Timide, donc tchatcheur, dites-vous de l’adolescent que vous étiez. Pourquoi?
Nagui. Je ne me sentais pas bien physiquement, je ne supportais pas les moqueries. Nagui devenait Maguy à cause de la série télévisée. Fam, mon nom, se transformait en femmelette. Un jour, une fille m’a déclaré: ‘Si je t’épouse, je deviendrai Mme Fam. C’est super.’ Je me suis dit: ‘C’est vachement bien les filles!’ Je n’étais pas beau mec, la tchatche est devenue un moyen de séduction.

Vous aviez le sentiment d’être un usurpateur, dites-vous. Vos audiences vous feraient plutôt qualifier de sauveur…
Nagui. J’ai beaucoup de chance d’avoir la situation que j’ai, mais je sais que tout est fragile. J’ai connu les périodes où le téléphone ne sonne plus. Ça peut arriver de nouveau, je ne m’y suis pas préparé. Comment se préparer au désamour?

Etes-vous déjà retourné en Egypte?
Nagui. Une fois. Nous avions décidé d’organiser une seconde cérémonie de mariage. Avec mon frère, Carim, nous avons fondu en larmes sitôt débarqués de l’avion. Trop de souvenirs. Nous aurions tellement aimé que nos parents soient là…

Votre frère exerce-t-il le même genre de métier que vous?
Nagui. Il est analyste financier. Il a fait de brillantes études de commerce, celles que je n’ai pas terminées. Nous avons quatre ans d’écart. Il m’a donné le goût de la musique, du cinéma, de la compétition aussi: qui va le plus vite, qui gagne le plus d’argent pendant les vacances, qui a la plus jolie petite amie… Il est un repère d’autant plus essentiel que nous avons perdu nos parents. Nous sommes seuls en haut de la pyramide.

N’avez-vous pas été tenté de suivre la voie de Lotfy et Colette, vos parents enseignants?
Nagui. J’ai admiré le travail merveilleux de ma mère, j’ai lu le livre que mon père a écrit sur Lamartine. Mais je n’ai pas leur culture, leur intelligence, leur sens de la pédagogie. Je possède le dixième de leurs capacités intellectuelles.
« J’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer » Nagui

Quelles sont les valeurs qu’ils vous ont transmises?
Nagui. Travailler avec acharnement pour être le meilleur, dans le respect et la tolérance des autres. La seule chose qui aurait pu les inquiéter et qui a longtemps inquiété maman, c’est la fragilité de ce métier. Heureusement, elle est partie sans savoir que j’allais quitter Canal+ et affronter quelques années difficiles.

Pour vous, respect et tolérance, cela veut dire quoi?
Nagui. Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans, ses institutions, ses représentants. Je ne comprends pas ceux qui s’efforcent à ne pas parler le français en France. Garder une langue maternelle que l’on parle entre soi, parce qu’on a un peu de nostalgie, je comprends. Mais il faut s’adapter à la société dans laquelle on vit. Sinon, cela crée de l’exclusion. Comme si les Bretons ne voulaient parler que le breton!

Pourtant, vous recevez des lettres d’insultes et desmenaces de mort…
Nagui. Il paraît que je salis la langue française, un comble pour un fils de profs de français! On m’écrit que je dois retourner dans mon pays, sinon on va m’égorger… Et comme certaines menaces ne sont même plus anonymes, j’ai fini par porter plainte. Mais, souvenez-vous aussi, j’ai eu droit à une couverture de ‘Charlie’. Moi, en chameau, avec ce titre: ‘Nuit gravement à la santé.’ J’ai eu mal à en pleurer. Ça ne m’a pas empêché de présenter ‘Je suis Charlie’ sur France 2 avec France Inter, le lendemain des attentats, pour dire haut et fort que la liberté de la presse doit permettre aux caricaturistes de se moquer de tout le monde.

Vous racontez parfois cette histoire: c’est un Juif qui rencontre un autre Arabe. Que signifie-t-elle pour vous?
Nagui. Ah, l’histoire de Michel Boujenah! Elle dit que j’ai mal quand j’entends des phrases faites pour nous dresser les uns contre les autres. Ma mère était aixoise, mon père égyptien. J’ai du sang français, italien protestant, arabe, juif polonais, copte, catholique. Et alors? Je suis un être humain qui respecte le pays dans lequel il vit et qui demande qu’on le respecte aussi. Le sentiment d’insécurité existe, mais il n’a pas une couleur de peau. J’ai cru que les choses iraient de mieux en mieux, c’est devenu faux. Aujourd’hui, le petit garçon que j’étais ne grandirait sûrement pas avec les mêmes chances.
« Je respecte ce pays qui m’a accueilli il y a cinquante ans. Je ne comprends pas ceux qui ne s’efforcent pas de parler le français en France » Nagui

Vous accueillez, à travers le Secours catholique, des enfants qui ne peuvent pas partir en vacances. Pourquoi?
Nagui. Parce que, Mélanie…
Mélanie. Je ne supporte pas l’injustice. On va dans cette maison, dans le Midi, avec une piscine, de la place, la plage à proximité. On peut donner du bonheur à un enfant, lui ouvrir d’autres portes. Une richesse partagée. A l’époque, il y a dix ans, nous n’avions que Nina et Roxane, et, depuis, nous n’avons jamais cessé. La première jeune fille, qui a désormais 20 ans, fait des études de droit. Quand elle a vu la mer pour la première fois, une autre petite fille, qui vient depuis deux ans, s’est exclamée: ‘Elle est hypergrande cette piscine!’ C’était bouleversant.
Nagui. Une étude démontre que, quand on fait du bien, ça nous fait du bien. Accueillir un enfant, donner un petit bout de chance, c’est quoi? Ajouter un lit dans une chambre, une assiette à table. C’est surtout un enrichissement, des liens créés qui perdurent. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé avant.
Mélanie. En venant à la maison, certains de nos amis ont décidé, à leur tour, d’accueillir des enfants pour les vacances. J’accepte d’ailleurs d’en parler avec vous pour cette unique raison: encourager ceux qui liront ces lignes à le faire aussi, dans la mesure de leurs possibilités.

Utiliser sa notoriété pour aider, est-ce important?
Nagui. Je le fais, bien sûr, à travers le Téléthon, en étant parrain de la Fondation pour la recherche médicale et du Secours populaire, mais il y a aussi d’autres actions moins visibles qui comptent beaucoup.

Lesquelles?
Nagui. Au cours d’un enregistrement de ‘N’oubliez pas les paroles’, je m’étais adressé aux enfants pour leur dire que si un adulte posait la main sur eux d’une façon qui les mettait mal à l’aise, ils devaient appeler ce numéro: le 1, le 1 et le 9. J’ai reçu une lettre d’une maman qui me disait : ‘Je voulais vous remercier parce que ma fille est venue me parler et je ne savais pas ce qu’il se passait chez moi. Grâce à vous, nous allons nous occuper de ce scandale dans notre famille.’ Une enfant à qui j’ai pu être utile, ça me va. Je pourrais tout arrêter demain, j’aurai au moins fait ça.

Voir aussi:

MÉDIAS

20/12/2017 10:20 CET | Actualisé 20/12/2017 10:21 CET

Nagui reprend la tête du classement des animateurs préférés des Français

Il avait déjà atteint la tête du classement en décembre 2014 avant de céder la place à Michel Cymes.

MÉDIAS – Nagui est l’animateur préféré des Français en cette fin d’année 2017. Selon un sondage OpinionWay (représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus) qui paraîtra le 22 décembre dans TV Magazine, Nagui a rattrapé -de peu- Michel Cymes en tête du classement des animateurs préférés des français.

Selon le journal, qui publie deux fois par an cette étude recensant les 50 personnalités télé les plus populaires, l’animateur du « Journal de la Santé » de France 5 Michel Cymes, 28,9% des suffrages, a été dépassé d’un cheveu par Nagui (29% des suffrages).

Nagui avait déjà atteint la tête du classement en décembre 2014 avant de céder la place à Michel Cymes.

Chouchou des jeunes générations selon ce sondage, Nagui est très présent sur les ondes avec « La bande originale » à la mi-journée sur France Inter et les émissions de France 2 « Tout le monde veut prendre sa place », « N’oubliez pas les paroles » et « Taratata ».

Avec sa troisième place (24,5%), Élise Lucet est la première femme à accéder au podium depuis la création du Top 50 des animateurs dans TV Magazine.

La présentatrice de « Cash Investigation » et d‘ »Envoyé spécial » est suivie de près par Stéphane Plaza, l’animateur de « Recherche appartement ou maison » sur M6 qui remporte 24,3% des voix et arrive en tête chez les téléspectatrices et chez les 18-34 ans.

Jean-Luc Reichmann (23,7%), Laurent Delahousse (22,5%), Stéphane Bern (21,6%), Jean-Pierre Pernaut (21,1%), Yves Calvi (18%) suivent dans le classement, rejoints par Anne-Sophie Lapix (17,9%) qui a pris à la rentrée les rênes du 20H de France 2.

À noter que dans un sondage BVA pour la presse régionale et Foncia paru le 28 octobre dernier, Élise Lucet était désignée animatrice préférée des Français. L’animatrice de « Cash Investigation arrivait en tête du classement devant Nagui et Michel Cymes, ex-aequo.

Voir aussi:

« Je suis un enfant de Coluche »

Grand Sud – Solidarité. Jean-Luc Reichmann animera la soirée « Atout cœur » consacrée à l’économie sociale, le 17 mars prochain à Toulouse. Altruiste, la star de TF1 cultive la solidarité.

La Dépêche

Quelle est l’étincelle qui vous a révélé au métier de saltimbanque ?

J’ai un souvenir précis à 14 ans. J’ai acheté ma première mob en vendant de la saucisse que je faisais déguster crue sur le parking du Mammouth. J’en ai vendu quatre tonnes, ce qui a soufflé tout le monde. J’étais d’autant plus une attraction que j’étais le fils du directeur du magasin. Et en plus, j’avais du bagou…

Vous êtes né à Toulouse, mais vous avez des racines familiales beaucoup plus lointaines…

Oui, ma famille paternelle est originaire de Slovaquie. D’origine juive, mon grand-père a dû s’expatrier pour fuir les nazis. C’est comme cela qu’il est arrivé en France avant de rejoindre la clandestinité pendant la guerre. Il est arrivé dans les Alpes avec mon père qui avait alors 4 ans. Ironie du sort, c’est un curé qui s’est occupé de lui jusqu’à la fin de la guerre.

Ce père qui choisira beaucoup plus tard Toulouse…

Oui et il deviendra même le premier directeur du premier Mammouth à Toulouse à la fin des années 1960. Il y est resté et je reviens au moins deux fois par mois à Toulouse pour voir mes parents, ma petite sœur, mes neveux, mes copains. Je n’oublie pas que j’ai débuté sur la radio des Coteaux à Toulouse avant de passer à Radio Combos où j’avais hérité du délicieux surnom de « Boogie-chou ».

Est-ce que quelqu’un vous a donné la main pour réussir professionnellement ?

Non, je me suis fait tout seul avec des périodes de doute où j’aurais bien aimé que quelqu’un me parraine. Pour moi, « La brosse à dent », où je faisais la voix off, a été un vrai déclencheur, mais Nagui ne m’a pas spécialement aidé. C’est une profession où il faut se faire tout seul. Moi, je me suis beaucoup appuyé sur ma famille.

Dans votre vie, il y a un drame personnel qui a beaucoup compté…

Oui, à 20 ans, j’ai eu un accident de moto très grave. J’ai fait plusieurs jours de coma entre la vie et la mort. J’étais tombé très bas. Depuis, je « bouffe » la vie et je fonctionne à 300 %

Quand vous êtes arrivé à Paris, vous étiez un animateur à accent ?

Non, mais je savais en jouer. Ma différence, c’était ma tache sur le nez. Au début, je l’ai masquée au maquillage pour ressembler à tout le monde. À un moment, la production de l’émission « Les z’amours » m’a pourtant fortement suggéré de la faire traiter au laser. Finalement, j’ai décidé d’assumer et cela m’a rapproché de plein de gens.

Est-ce que, pour vous, la notoriété implique aussi des devoirs envers ceux qui vivent dans la précarité ?

Je passe à la télé tous les jours depuis 10 ans et je me suis toujours attaché à respecter les gens. Cela veut dire les écouter, respecter leur différence, avoir le souci de les valoriser à l’antenne. J’aime l’image de la main tendue, j’adore l’idée de faire plaisir, alors quand je peux rendre service pour la bonne cause, je n’hésite pas. Au moins deux fois par mois, je travaille avec des associations caritatives. Faire du bien aux gens, leur dire qu’il ne faut jamais baisser les bras, c’est mon message.

Vous êtes plutôt Coluche ou plutôt abbé Pierre ?

Le combat de l’abbé Pierre contre l’exclusion et la pauvreté est, bien sûr, admirable. Coluche, je l’avais vu à Toulouse sous chapiteau quand j’étais gamin. Il m’avait fait rire, pleurer et pleurer de rire. C’était un type exceptionnel, fin, profond qui pouvait être très violent quand il interpellait les politiques, mais plein de tendresse dans son soutien à tous les gens dans la colère. Oui, je me sens pour toujours un enfant de Coluche.


RENDEZ-VOUS

Atout cœur

L’association Toulouse Atout cœur a décidé cette année de soutenir les actions d’aide à la réinsertion sociale par le travail au cours d’une soirée qui sera organisée, jeudi prochain 17 mars, au centre des Congrès à Toulouse. Une vente aux enchères d’œuvres d’art permettra d’accompagner les projets de création de start up solidaires. La soirée rassemblera plus de 800 invités et sera présidée par Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Santé, et par Martin Hirsch, président de l’association Emmaüs.


Son parcours

RADIOS : Début à Toulouse en 1981 sur Radio des Coteaux et Radios Combos, Europe en 1996, Sur RMC en 2000. Depuis septembre 2002, RTL, à 19 h, « Vous avez deux minutes… ».

TELEVISION : De 1995 à 2000, « Les Z’amours » sur France 2, Jeux sans frontières (1 998) sur France 2, « Attention à la marche » depuis mars 2001 sur TF1.

VOIX : Les Guignols depuis 1989 sur Canal +. En voix off, « N’oubliez pas votre brosse à dents» sur France 2 avec Nagui, Bandes annonces de TF1, Publicité.

COMEDIE : Comédien, danseur, chanteur dans « Les précieuses ridicules », de Molière, en comédie musicale rock. Comédien dans Tribunal, Nestor Burma, Navarro, La trilogie de Pagnol.

LIVRE : « Sur 100 Français »,février 2004. « Éditions M. Lafon ».

ACTUALITE : Deux prime time sur TF1. Le 19 mars, il recevra des couples célèbres pour un « Attention à la marche » spécial. En préparation, une émission basée sur la ressemblance d’une mère et de sa fille. Casting prochainement à Toulouse. Envoyer candidatures à

Voir encore:

The Voice : Ce que Mennel a réellement chanté en arabe


Voir enfin:

PARIS — At first, it is unclear why curators at the Louvre chose to squeeze the 31 paintings into two small rooms. Dutch landscapes sit next to German portraits. Depictions of feasts, Roman ruins, a small child with a goat seem to collide.

What ties these pieces together is not style, school or subject, but a singular history. All were looted or bought by German occupiers during World War II, then recovered and brought back to France when the conflict ended.

While France has returned tens of thousands of looted artworks and other objects to their rightful owners, many remain orphaned, including these paintings, which until recently hung in the museum’s regular exhibition spaces, with only a small bit of explanatory text on their descriptive plaques.

“It seemed to us that if we didn’t create a permanent space, we were operating as we used to in the past,” said Sébastien Allard, director of the paintings department at the Louvre, which opened a dedicated space for looted works in December. Although museums are often suspected of wanting to keep the pieces, Mr. Allard said, “our goal is clearly to return everything that we can.”

Critics, while praising the intention, say the new rooms represent a missed opportunity because they do little to further the search for the rightful owners of the paintings or their heirs.

“Museums have really undergone a cultural revolution,” said Corinne Bouchoux, a former senator who wrote a 2013 report on France’s handling of looted artwork. “We’ve gone from an era where these paintings were either hidden or forgotten, to one where this history is accepted.”

“But for the paintings that we are certain were despoiled, the real question is: What is being done to find the descendants?” she said.

An estimated 100,000 objects in France alone were looted by the Nazis or sold under duress and transferred to Germany — paintings, but also drawings, sculptures and antiquities. Many had belonged to Jewish families whose homes were raided during the Nazi occupation, or who were forced to sell art to survive or to flee the country.

From 1945 to 1949, over 61,000 of those objects were returned to France, and about 45,000 were claimed by their owners. Many of the unclaimed pieces were sold at auction.

But the French state kept 2,143 of them — even today, experts say it is unclear how they were chosen. The government placed them in an inventory called the Musées Nationaux Récupération, or M.N.R., and entrusted them to museums. The Louvre has 807 such paintings.

A little over 100 looted objects, including about 50 paintings, have been returned to their legitimate owners or their descendants, since the 1950s, after the first wave of restitutions. The French authorities acknowledge the pace is slow.

“If you just look at the number of restitutions, there is obviously still a lot to do,” said Thierry Bajou, a curator at the Culture Ministry who works with a small team to identify the origins of looted art by combing through museum collections and archives, and by looking for markings, notes or labels on the backs of paintings.

“For a long time, the administration merely waited for the beneficiaries to claim a given work of art,” he said. “Now, we try to study the origin of the works and to identify who was despoiled at the time.”

Authorities collaborating on that effort include museums, the Culture and Foreign Ministries and the Commission for the Compensation of Victims of Spoliation, which was established in 1999 to examine reparation claims made by victims of France’s anti-Semitic laws during the war.

In 2015, the French government also struck a deal with a national organization of genealogists to help track down the heirs of despoiled families.

But French officials say the work is filled with obstacles, including the refusal of some art galleries to open their wartime archives. While some families saw their possessions looted by the Nazis, others were forced to sell their paintings, meaning the initial transaction can appear legitimate and can involve multiple intermediaries.

“We have a responsibility to give the right painting to the right person,” said Vincent Delieuvin, a curator at the Louvre who oversees looted or force-sold paintings. He said that museums did their best to retrace the history of their paintings, but that in many cases only families could provide proof that one was theirs.

An official catalog of the M.N.R. inventory was published in 2004, and a detailed online database is kept, named after Rose Valland, the French Resistance operative who kept a ledger of Nazi thefts.

Curators at the Louvre say the new exhibition rooms are another step in the effort to make information about looted artworks more accessible to the public, and to the victims or their heirs.

Some experts praised the idea — Ms. Bouchoux, the former senator, said it was “symbolically and politically positive” — but others said the exhibition rooms lacked context and failed to lay out the complex history that had left the paintings orphaned.

Emmanuelle Polack, an art historian who did her doctoral thesis on the Parisian art market under Nazi occupation, noted that the explanatory text in the exhibition rooms did not say that most of the looted artwork belonged to Jewish families.

Nor do the plaques beneath the paintings explain where and how each one was found in Germany, like the 19th-century portrait of two sisters by Jacques Augustin Pajou that was taken by the Nazi regime’s foreign minister, Joachim von Ribbentrop.

Mr. Allard, the Louvre curator, acknowledged that the plaques and an existing sign were “insufficient,” but said the museum planned to put up a larger banner at the entrance to the rooms. He also said the Louvre would look into ways of encouraging visitors to use their smartphones to search the Rose-Valland database.

Still, Ms. Polack said the Louvre had missed an opportunity to create an interactive or educational space that visitors might seek out, rather than accidentally stumble on it while in search of the “Mona Lisa.”

“What is interesting is their history, the fact that they belonged to people, that they were taken to Germany and then returned,” Ms. Polack said of the paintings. Their special interest, she added, is not in their aesthetic qualities.

“They are removed from their historical context, and so you can’t understand the enduring necessity of returning them,” she said. “They were witness to a story — tell us that story! »


%d blogueurs aiment cette page :