Reconnaissance de Jérusalem: Encore ces juifs ! (Guess who alone with President Trump is supporting the Iranian people against their nearly 40 years of oppression ?)

2 janvier, 2018

L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Ni Gaza, ni le Liban, je voue ma vie à l’Iran ! Slogan iranien
Pahlavi! Pahlavi!  Slogan iranien
Un peuple qui n’a pas de roi, n’a pas d’organisation! Slogan iranien
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
L’Iran est le premier état terroriste de notre époque. Il pend les homosexuels, emprisonne les journalistes, subjugue les femmes, fomente le terrorisme à travers le monde. Avoir un tel régime, dont l’économie est 30 fois plus grande que celle de la Corée du Nord, avoir un régime voyou comme celui-là acquérir un arsenal d’armes nucléaires dans 10 ans, est une terrible folie. Je félicite donc le président d’avoir pris une décision historique et audacieuse pour éviter ce danger à temps. Il aurait pu cacher l’affaire sous le tapis, il aurait pu dire « cela ne se passera pas durant ma présidence, alors je vais laisser tomber. » Mais il ne l’a pas fait, et il fait face à ce danger. Benjamin Netanyahou
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
Il faut prendre garde à bien faire la différence entre le régime des mollahs et le gouvernement dirigé par le président Hassan Rohani, plutôt réformateur. L’ironie, c’est que les manifestations ont débuté à Mashhad, fief de Raïssi, opposant conservateur au président. Mais très vite, les slogans «Mort à Rohani» se sont diversifiés, touchant à quelque chose de beaucoup plus fondamental et ont gagné des groupes non politisés. Les manifestations peuvent aussi bien renforcer Rohani, qui rencontrait beaucoup d’oppositions pour réformer le pays. Lui comprend les revendications économiques et les aspirations à plus de liberté et de sécularisme. Il a été élu pour cela. Il a d’ailleurs rappelé le droit des opposants à manifester. Cela pourrait accélérer un certain nombre de réformes. Mais on peut aussi voir basculer la dominance du discours en sens inverse. L’impuissance du gouvernement à relever le pays de la crise économique dans laquelle l’ont plongé les sanctions internationales pourrait alimenter le retour du conservatisme, en tant que discours dominant. La part de la population soutenant l’accord sur le nucléaire est déjà passée de 80 à 60%. Beaucoup de gens sont déçus que l’ouverture n’ait pas eu de conséquences économiques positives. Le renforcement des sanctions par Donald Trump a eu un impact déterminant. (…) La grande différence est d’abord qu’il n’y a pas de leader contrairement au soulèvement postélectoral de 2009 où les opposants se réunissaient derrière la figure de Mir-Hossein Moussavi. C’est pourquoi d’ailleurs il est beaucoup plus difficile de prédire l’issue du mouvement actuel. Il n’y a pas de fondement purement et exclusivement politique contrairement à 2009. Le nerf de la révolte est économique. Les gens sont épuisés d‘être des victimes de la corruption. Certaines personnes ne sont pas payées depuis des mois. Je connais des gens titulaires de doubles doctorats, sans travail, qui vivent avec 200 euros par mois. La différence avec 2009, c’est que tous ceux qui avaient les moyens d’émigrer sont partis. Ceux qui restent et protestent sont ceux qui n’ont pas d’autre choix que de rester au pays. (…) Les Iraniens ont le sentiment que de larges sommes sont «confisquées» au peuple pour être investies ailleurs que dans le pays (construction d’infrastructures dans le sud du Liban, entretien des lieux saints chiites en Irak et en Syrie). Certes la population est rassurée du recul des «takfiri» (c’est ainsi que sont désignés les djihadistes) mais maintenant que la menace s’est éloignée notamment en Syrie, elle ne comprend plus très bien que tant d’argent soit dépensé pour soutenir le Hezbollah. À cet égard, cela peut ressembler au slogan de 2009 «Ni Gaza, ni le Liban, je voue ma vie à l’Iran», demandant à l’État de se concentrer sur les problèmes intérieurs du pays. (…) Cette contestation [antireligieuse] existe depuis la naissance de la république islamique. N’oublions pas que ces manifestations arrivent peu de temps après que le chef de la police de Téhéran a déclaré que les femmes qui portaient mal le voile ne seraient plus sanctionnées, ce qui revenait à normaliser un état de fait. Aujourd’hui les femmes qui accrochent leurs foulards à des bâtons dans les manifestations disent que ce genre de compromis ne leur suffit plus. L’Occident judéo-chrétien a pu se séculariser à partir de ses propres fondements. L’Iran est en train de faire la même chose à partir de ses propres racines culturelles, sans importer un sécularisme à l’occidentale. On reste dans une république islamique mais qui s’ouvre progressivement au pluralisme. (…) Certains manifestants crient en effet «Pahlavi! Pahlavi!» en référence à la dynastie fondée par Reza Khan en 1925, et qui a régné sur le pays jusqu’à l’avènement de la République islamique. Les véritables partisans de l’ancien régime restent marginaux. C’est d’abord une référence faite au «défroqueur de mollahs», Reza Shah ayant interdit le voile, obligé le port de la cravate, importé les standards de l’éducation occidentale. Il y a aussi derrière cette référence à la royauté une aspiration à voir apparaître une figure providentielle qui pourrait prendre la tête d’une révolte pour le moment éclatée. Enfin, un slogan se référant à la monarchie est aussi intéressant en ce qu’il désigne directement le manque d’ordre inhérent à la République islamique «Mellat ke shah nadarad, hesab ketab nadarad!», «Un peuple qui n’a pas de roi, n’a pas d’organisation!». Il s’agit là moins de manifester une aspiration à un retour à la monarchie que d’exprimer un regret d’avoir fait une révolution pour un nouveau régime où régnerait le désordre. Amélie Myriam Chelly
Obama extolled the virtues of American global leadership while abdicating our global responsibilities. Trump has done the opposite. Last week, former Obama national security advisor Susan Rice — she of the infamously shifting Benghazi explanations — published an op-ed in the New York Times dedicated to the proposition that Trump’s “America first” foreign policy has “relinquish[ed] the nation’s moral authority in these difficult times.” According to Rice, Trump has shifted away from seizing “opportunities to expand prosperity, freedom and security” around the globe. Yet when confronted with protests in Iran, it was Trump, not Obama, who took the hard-line approach in support of freedom. (…) Contrast Trump’s behavior with that of the Obama administration, which deliberately ignored anti-regime protests in 2009, choosing instead to cozy favor with the regime and maximize Tehran’s regional power. The administration even went so far as to give Tehran a legal pathway to a nuclear weapon. Obama stated that while he was “troubled” by violence against the protesters, it was “up to Iranians to make decisions about who Iran’s leaders will be,” and he hoped “to avoid the United States being the issue inside of Iran.” The administration would go on to allegedly leak Israeli plans to kill the commander of the Quds Force, Qasem Soleimani, to the Iranians, lie to the American public about contact with the “moderate” Iranian regime regarding a nuclear deal, and then ship pallets of cash to the greatest state sponsor of terror on the planet. So what do members of the Obama administration have to say about the newest Iranian protests? They present a solid combination of willful dissembling and shocking historical revisionism. Ben Rhodes, Obama’s former national-security guru, tweeted: “The Iranian people are rightfully demanding dignity, less corruption, more opportunity, and greater control over their lives. In look at US twitter, it seems lost on too many that this is about what Iranians want for Iran, not about us.” He seems to have missed the part of history where he personally strengthened the regime the Iranian people are protesting. Rice sounded off in the pages of the New York Times once again, this time to tell Trump to “be quiet” — because being quiet last time was so successful that the Iranian regime publicly shot dissenters in the streets with no serious blowback. This, then, is the irony of Trump’s foreign policy in contrast with Obama’s: Obama jabbered endlessly about American leadership while simultaneously “leading from behind.” Trump actually pursues American leadership while simultaneously claiming the isolationist mantle of “America first.”  (…) The Trump administration seems to have come to this correct conclusion from the wrong direction. Trump campaigned along isolationist lines, imitating the worst excesses of the Ron Paul crowd. But because he perceives himself to be a moral actor in the world, his foreign policy has followed the basic belief system Washington laid forth: Make alliances where possible, but pursue America’s interests above all. That’s why Iranian protesters now have an ally rather than an enemy in the White House. And that’s why America’s foreign policy is more moral under Trump than it was under Obama. Ben Shapiro
L’antisémite de droite reproche aux juifs d’avoir fait la révolution bolchévique. C’est vrai. Il y en avait beaucoup en 1917. L’antisémite de gauche reproche aux juifs d’être les propriétaires de Manhattan, les gérants du capitalisme. C’est vrai. Il y a beaucoup de capitalistes juifs. La raison est simple : La culture, la religion, l’idée révolutionnaire, d’un côté, les portefeuilles et les banques, de l’autre, sont les seules valeurs transportables, les seules patries possibles pour ceux qui n’ont pas de patrie. Maintenant qu’il en existe une, l’antisémitisme renaît de ses cendres, pardon, de Nos cendres, et s’appelle anti-sionisme. Il s’appliquait aux individus, Il s’applique à une nation. Israël est un Ghetto, Jérusalem c’est Varsovie. (…) Moi, juif de gauche, je n’en ai rien à faire d’une gauche qui veut libérer tous les hommes au détriment de certains d’entre eux, car je suis précisément de ceux-là. D’accord pour la lutte des classes mais aussi le combat pour le droit à la différence. Si la gauche veut me compter parmi les siens, elle ne peut pas faire l’économie de mon problème. Et mon problème est que depuis les déportations romaines du 1er siècle après Jésus Christ, nous avons été partout honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, convertis de force. Pourquoi ? Parce que Notre religion, Notre culture, étaient dangereuses. (…) A force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout. On extrapole et voilà : il n’est de nulle part. Nous sommes parmi les peuples comme l’enfant à l’assistance publique. Je ne veux plus être adopté. Je ne veux plus que ma vie dépende de l’humour de mes propriétaires. Je ne veux plus être citoyen-locataire. J’en ai assez de frapper aux portes de l’histoire et d’attendre qu’on me dise  » entrez  » ! Je rentre et je gueule ! Je suis chez moi sur terre, et sur terre j’ai ma terre : Elle m’a été promise, elle sera maintenue. Qu’est ce que le sionisme ? Ça se réduit à une simple phrase :  » L’an prochain à Jérusalem « . (…) Alors, le sionisme, c’est du racisme ? Laissez moi rire : Est-ce que  » Douce France, cher pays de mon enfance « , est un hymne raciste ? Le Sionisme, c’est le nom d’un combat de libération. Dans le monde, chacun a ses juifs. Les Français ont les leurs : ce sont les Bretons, les Occitans, les travailleurs immigrés. Les Italiens ont les Siciliens, les Yankees ont leurs noirs, les Espagnols leurs Basques. Nous, nous sommes les juifs de TOUS. A ceux qui me disent :  » Et les Palestiniens ?  » Je réponds :  » Je suis un Palestinien d’il y a 2 000 ans. Je suis l’opprimé le plus vieux du monde « . Je discuterai avec eux, mais je ne leur cèderai pas ma place. Il y a là bas de la place pour deux peuples et pour deux nations. Les frontières sont à déterminer Ensemble. Mais l’existence d’un pays ne peut en aucun cas exclure l’existence de l’autre. Les options politiques d’un gouvernement n’ont jamais remis en cause l ‘existence d’une nation. Alors pourquoi Israël ? Herbert Pagani

Vous avez dit emmerdeurs ?

Au lendemain de l’étrange unanimité

Qu’avait fait contre elle la reconnaissance, par le président Trump, de la seule capitale du pays que vous savez …

Et à l’heure où – devinez les exceptions ? – dans la même unanimité d’indifférence

Prétendus spécialistes et endormeurs professionnels compris …

Le peuple iranien tente de soulever un joug vieux bientôt de 40 ans …

Comment ne pas repenser (merci Roger) …

A l’émouvant mais oublié plaidoyer …

Qu’avait fait, sur le plateau de l’émission de Jacques Chancel, au lendemain d’une autre unanimité assassine

Celle de la tristement célèbre résolution onusienne dite sionisme = racisme

Par le regretté auteur-compositeur et fils de réfugié juif libyo-italien Herbert Pagani ?

Plaidoyer pour ma terre

Herbert Pagani

11 novembre 1975

Hier, j’étais dans le métro et j’entendais deux dames dire :
 » Encore ces juifs avec leurs histoires à l’ONU. Quels emmerdeurs ! « .

C’est vrai. Nous sommes des emmerdeurs. Ça fait des siècles qu’on emmerde le monde. C’est dans notre nature, que voulez-vous.
Abraham avec son dieu unique, Moïse avec ses tables de la loi, Jésus avec son autre joue toujours prête à la deuxième baffe. Puis Freud, Marx, et Einstein, tous ont été des gêneurs, des révolutionnaires, des ennemis de l’Ordre.
Pourquoi ? Parce que l’ordre, quel que fut le siècle, ne pouvait les satisfaire, puisque c’était un ordre dont ils étaient toujours exclus.
Remettre en question, voir plus loin, changer le monde pour changer le destin, tel fut le destin de mes ancêtres. C’est pourquoi ils sont haïs par tous les défenseurs de l’ordre établi.

L’antisémite de droite reproche aux juifs d’avoir fait la révolution bolchévique. C’est vrai. Il y en avait beaucoup en 1917.
L’antisémite de gauche reproche aux juifs d’être les propriétaires de Manhattan, les gérants du capitalisme. C’est vrai Il y a beaucoup de capitalistes juifs.

La raison est simple : La culture, la religion, l’idée révolutionnaire, d’un côté, les portefeuilles et les banques, de l’autre, sont les seules valeurs transportables, les seules patries possibles pour ceux qui n’ont pas de patrie.
Maintenant qu’il en existe une, l’antisémitisme renaît de ses cendres, pardon, de Nos cendres, et s’appelle anti-sionisme. Il s’appliquait aux individus, Il s’applique à une nation. Israël est un Ghetto, Jérusalem c’est Varsovie.

Les nazis qui nous assiègent mangent du couscous et parlent arabe, et si leur croissant se déguise parfois en faucille, c’est pour mieux piéger les gauches du monde entier. Moi, juif de gauche, je n’en ai rien à faire d’une gauche qui veut libérer tous les hommes au détriment de certains d’entre eux, car je suis précisément de ceux-là. D’accord pour la lutte des classes mais aussi le combat pour le droit à la différence. Si la gauche veut me compter parmi les siens, elle ne peut pas faire l’économie de mon problème.

Et mon problème est que depuis les déportations romaines du 1er siècle après Jésus Christ, nous avons été partout honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, convertis de force.
Pourquoi ? Parce que Notre religion, Notre culture, étaient dangereuses.

Eh oui ! Quelques exemples :
Le judaïsme a été le premier à créer le shabbath, c’est à dire le repos hebdomadaire obligatoire. Vous imaginez la joie des pharaons, toujours en retard d’une pyramide !
Le judaïsme interdit l’esclavage. Vous imaginez la sympathie des Romains ! Il est dit dans la Bible : la terre n’appartient pas à l’homme mais à Dieu. De cette phrase découle une loi : celle de la remise en cause de la propriété tous les 49 ans. Vous voyez l’effet d’une loi pareille sur les Papes du moyen âge et les bâtisseurs d’empire de la renaissance ; Il ne fallait pas que les peuples sachent. On commença par interdire la Bible. Puis ce fut la médisance. Des murs de calomnies qui devinrent murs de pierres : Les Ghettos, puis l’index, l’inquisition, les bûchers, et plus tard les étoiles jaunes. Auschwitz n’est qu’un exemple industriel de Génocide, mais il y a eut des génocides artisanaux par milliers. J’en aurais pour trois jours rien qu’a nommer tous les pogromes d’Espagne, de Russie, de Pologne et d’Afrique du Nord !

A force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout. On extrapole et voilà : il n’est de nulle part. Nous sommes parmi les peuples comme l’enfant à l’assistance publique. Je ne veux plus être adopté. Je ne veux plus que ma vie dépende de l’humour de mes propriétaires. Je ne veux plus être citoyen-locataire.
J’en ai assez de frapper aux portes de l’histoire et d’attendre qu’on me dise  » entrez  » ! Je rentre et je gueule !
Je suis chez moi sur terre, et sur terre j’ai ma terre : Elle m’a été promise, elle sera maintenue.

Qu’est ce que le sionisme ?
Ça se réduit à une simple phrase :
 » L’an prochain à Jérusalem « .
Non, ce n’est pas un slogan du club Méditerranée.
C’est écrit dans la Bible (le livre le plus vendu et le plus mal lu du monde) et cette prière est devenue un cri, un cri qui a plus de 2 000 ans , et le père de Christophe Colomb, de Kafka, de Proust, de Chagall, de Marx, d’Einstein et même de Kissinger l’ont répétée, cette phrase, au moins une fois par ans, le jour de Pâques.
Alors, le sionisme, c’est du racisme ? Laissez moi rire : Est-ce que  » Douce France, cher pays de mon enfance « , est un hymne raciste ?
Le Sionisme, c’est le nom d’un combat de libération.

Dans le monde, chacun a ses juifs. Les Français ont les leurs : ce sont les Bretons, les Occitans, les travailleurs immigrés. Les Italiens ont les Siciliens, les Yankees ont leurs noirs, les Espagnols leurs Basques.
Nous, nous sommes les juifs de TOUS. A ceux qui me disent :  » Et les Palestiniens ?  » Je réponds :  » Je suis un Palestinien d’il y a 2 000 ans. Je suis l’opprimé le plus vieux du monde « . Je discuterai avec eux, mais je ne leur cèderai pas ma place. Il y a là bas de la place pour deux peuples et pour deux nations. Les frontières sont à déterminer Ensemble. Mais l’existence d’un pays ne peut en aucun cas exclure l’existence de l’autre. Les options politiques d’un gouvernement n’ont jamais remis en cause l ‘existence d’une nation. Alors pourquoi Israël ?
Quand Israël sera Hors de danger, je choisirai parmi les juifs et mes voisins arabes, ceux qui me sont frères par les idées. Aujourd’hui, je me dois d’être solidaire avec tous les miens, même ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable : le racisme.

Descartes avait tort :
Je pense, donc je suis, ça ne veut rien dire.
Nous, ça fait 5 000 ans qu’on pense, et nous n’existons toujours pas.
Je me défends, donc, je suis.

Voir par ailleurs:

Trump Reverses the Obama Doctrine on Iran

The National Review

Ben Shapiro

January 2, 2018

Obama extolled the virtues of American global leadership while abdicating our global responsibilities. Trump has done the opposite. Last week, former Obama national security advisor Susan Rice — she of the infamously shifting Benghazi explanations — published an op-ed in the New York Times dedicated to the proposition that Trump’s “America first” foreign policy has “relinquish[ed] the nation’s moral authority in these difficult times.” According to Rice, Trump has shifted away from seizing “opportunities to expand prosperity, freedom and security” around the globe.

Yet when confronted with protests in Iran, it was Trump, not Obama, who took the hard-line approach in support of freedom.

In the past few days, thousands of Iranians have marched against the terrorist regime in Tehran. As of this writing, twelve of these Iranians have been murdered by the country’s Revolutionary Guard. Trump has tweeted his support for the protesters, spoken out in their favor, and made clear that he’d love to see them topple the regime itself.

Contrast Trump’s behavior with that of the Obama administration, which deliberately ignored anti-regime protests in 2009, choosing instead to cozy favor with the regime and maximize Tehran’s regional power.

The administration even went so far as to give Tehran a legal pathway to a nuclear weapon. Obama stated that while he was “troubled” by violence against the protesters, it was “up to Iranians to make decisions about who Iran’s leaders will be,” and he hoped “to avoid the United States being the issue inside of Iran.” Powered by The administration would go on to allegedly leak Israeli plans to kill the commander of the Quds Force, Qasem Soleimani, to the Iranians, lie to the American public about contact with the “moderate” Iranian regime regarding a nuclear deal, and then ship pallets of cash to the greatest state sponsor of terror on the planet.

So what do members of the Obama administration have to say about the newest Iranian protests? They present a solid combination of willful dissembling and shocking historical revisionism. Ben Rhodes, Obama’s former national-security guru, tweeted: “The Iranian people are rightfully demanding dignity, less corruption, more opportunity, and greater control over their lives. In look at US twitter, it seems lost on too many that this is about what Iranians want for Iran, not about us.” He seems to have missed the part of history where he personally strengthened the regime the Iranian people are protesting. Rice sounded off in the pages of the New York Times once again, this time to tell Trump to “be quiet” — because being quiet last time was so successful that the Iranian regime publicly shot dissenters in the streets with no serious blowback.

This, then, is the irony of Trump’s foreign policy in contrast with Obama’s: Obama jabbered endlessly about American leadership while simultaneously “leading from behind.” Trump actually pursues American leadership while simultaneously claiming the isolationist mantle of “America first.” Obama jabbered endlessly about American leadership while simultaneously ‘leading from behind.’ Trump actually pursues American leadership while simultaneously claiming the isolationist mantle of ‘America first.’

All of which prompts a question: What does it mean to exercise American leadership? Does it mean pursuing coalition-building above all, or does it mean going it alone? Does it mean taking hard-line stances that advance America’s interests or subsuming those interests to the greater global good?

Maybe American leadership doesn’t really exist at all. Is it possible that nations don’t follow America out of allegiance to our priorities, but out of their own political calculations? Is it possible that we’re the biggest dog in the room, and that nations calculate whether or not to follow us at their own peril? Is it possible that one way of controlling America’s foreign policy is redefining “universal principles” like liberty until they are unrecognizable, and then convincing American leaders to accept such perversions as the defining goals of American policy?

That was the seduction to which the Obama administration fell prey. Obama and his acolytes are moral relativists to the core, but they preached moral universalism in foreign policy. How, then, did they define those universals? With reference to the European consensus. We were to be tools of a European-defined morality. To buck that morality would be to buck the new international consensus.

The result was entirely predictable: Corpses piled up on the streets of Tehran, Mosul, Raqqa, Beirut, and Jerusalem, even as the Obama administration preached its own moral excellence.

George Washington warned of just this phenomenon. He predicted a time when America would lead the world in might. The danger, he said, would be getting sucked into the game of “international leadership” and into the notion that European-defined “universal principles” ought to govern our foreign policy rather than our own interests. Our own interests, Washington thought, would often serve those universal principles abroad, but not always. And allowing other nations to redefine liberty itself before making it a central pillar of our foreign policy pillar would be disastrous. That’s why Washington warned in his farewell address that the United States ought not “entangle our peace and prosperity in the toils of European ambition, rivalship, interest, humor or caprice.”

American leadership doesn’t mean alliance-building or going it alone, per se. It means pursuing our own interests, which will be more moral than those of other nations because we are a nation founded on a moral creed.

The Trump administration seems to have come to this correct conclusion from the wrong direction. Trump campaigned along isolationist lines, imitating the worst excesses of the Ron Paul crowd. But because he perceives himself to be a moral actor in the world, his foreign policy has followed the basic belief system Washington laid forth: Make alliances where possible, but pursue America’s interests above all. That’s why Iranian protesters now have an ally rather than an enemy in the White House. And that’s why America’s foreign policy is more moral under Trump than it was under Obama.

— Ben Shapiro is the editor-in-chief of the Daily Wire.

Voir encore:

«L’Iran est en train de se séculariser à partir de ses propres racines culturelles»

Eugénie Bastié

FIGAROVOX/ENTRETIEN -Le soulèvement populaire peut-il faire vaciller le régime des mollahs? La chercheuse spécialiste du chiisme politique Amélie Myriam Chelly décrypte les ressorts d’une révolte.


Amélie Myriam Chelly est docteur en sociologie et membre associée au CADIS (EHESS-CNRS). Elle a publié Iran, autopsie du chiisme politique (éd. du Cerf, 2017).


FIGAROVOX.- 21 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations populaires en Iran. Comment jugez-vous la situation? Le régime est-il en danger?

Amélie-Myriam CHELLY. – Il faut prendre garde à bien faire la différence entre le régime des mollahs et le gouvernement dirigé par le président Hassan Rohani, plutôt réformateur. L’ironie, c’est que les manifestations ont débuté à Mashhad, fief de Raïssi, opposant conservateur au président. Mais très vite, les slogans «Mort à Rohani» se sont diversifiés, touchant à quelque chose de beaucoup plus fondamental et ont gagné des groupes non politisés.

Les manifestations peuvent aussi bien renforcer Rohani, qui rencontrait beaucoup d’oppositions pour réformer le pays. Lui comprend les revendications économiques et les aspirations à plus de liberté et de sécularisme. Il a été élu pour cela. Il a d’ailleurs rappelé le droit des opposants à manifester. Cela pourrait accélérer un certain nombre de réformes. Mais on peut aussi voir basculer la dominance du discours en sens inverse. L’impuissance du gouvernement à relever le pays de la crise économique dans laquelle l’ont plongé les sanctions internationales pourrait alimenter le retour du conservatisme, en tant que discours dominant. La part de la population soutenant l’accord sur le nucléaire est déjà passée de 80 à 60%. Beaucoup de gens sont déçus que l’ouverture n’ait pas eu de conséquences économiques positives. Le renforcement des sanctions par Donald Trump a eu un impact déterminant.

En quoi la révolte actuelle diffère-t-elle de celle qui a eu lieu en 2009?

La grande différence est d’abord qu’il n’y a pas de leader contrairement au soulèvement postélectoral de 2009 où les opposants se réunissaient derrière la figure de Mir-Hossein Moussavi. C’est pourquoi d’ailleurs il est beaucoup plus difficile de prédire l’issue du mouvement actuel. Il n’y a pas de fondement purement et exclusivement politique contrairement à 2009. Le nerf de la révolte est économique. Les gens sont épuisés d‘être des victimes de la corruption. Certaines personnes ne sont pas payées depuis des mois. Je connais des gens titulaires de double doctorats, sans travail, qui vivent avec 200 euros par mois. La différence avec 2009, c’est que tous ceux qui avaient les moyens d’émigrer sont partis. Ceux qui restent et protestent sont ceux qui n’ont pas d’autre choix que de rester au pays.

On entend le slogan «Mort au Hezbollah!» . Pourquoi?

Les Iraniens ont le sentiment que de larges sommes sont «confisquées» au peuple pour être investies ailleurs que dans le pays (construction d’infrastructures dans le sud du Liban, entretien des lieux saints chiites en Irak et en Syrie). Certes la population est rassurée du recul des «takfiri» (c’est ainsi que sont désignés les djihadistes) mais maintenant que la menace s’est éloignée notamment en Syrie, elle ne comprend plus très bien que tant d’argent soit dépensé pour soutenir le Hezbollah. À cet égard, cela peut ressembler au slogan de 2009 «Ni Gaza, ni le Liban, je voue ma vie à l’Iran», demandant à l’État de se concentrer sur les problèmes intérieurs du pays.

Certains mettent en avant la dimension antireligieuse des manifestations. Le chiisme politique est-il affaibli? Faut-il s’attendre à une sécularisation du pays?

Cette contestation existe depuis la naissance de la république islamique. N’oublions pas que ces manifestations arrivent peu de temps après que le chef de la police de Téhéran a déclaré que les femmes qui portaient mal le voile ne seraient plus sanctionnées, ce qui revenait à normaliser un état de fait. Aujourd’hui les femmes qui accrochent leurs foulards à des bâtons dans les manifestations disent que ce genre de compromis ne leur suffit plus.

L’Occident judéo-chrétien a pu se séculariser à partir de ses propres fondements. L’Iran est en train de faire la même chose à partir de ses propres racines culturelles, sans importer un sécularisme à l’occidentale. On reste dans une république islamique mais qui s’ouvre progressivement au pluralisme.

On a pu entendre des slogans favorables à la monarchie. Existe-il une nostalgie de l’ancien régime des shahs dans le pays?

Certains manifestants crient en effet «Pahlavi! Pahlavi!» en référence à la dynastie fondée par Reza Khan en 1925, et qui a régné sur le pays jusqu’à l’avènement de la République islamique. Les véritables partisans de l’ancien régime restent marginaux. C’est d’abord une référence faite au «défroqueur de mollahs», Reza Shah ayant interdit le voile, obligé le port de la cravate, importé les standards de l’éducation occidentale. Il y a aussi derrière cette référence à la royauté une aspiration à voir apparaître une figure providentielle qui pourrait prendre la tête d’une révolte pour le moment éclatée. Enfin, un slogan se référant à la monarchie est aussi intéressant en ce qu’il désigne directement le manque d’ordre inhérent à la République islamique «Mellat ke shah nadarad, hesab ketab nadarad!», «Un peuple qui n’a pas de roi, n’a pas d’organisation!». Il s’agit là moins de manifester une aspiration à un retour à la monarchie que d’exprimer un regret d’avoir fait une révolution pour un nouveau régime où régnerait le désordre.

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Printemps persan: Khamenei, t’es foutu, le peuple est dans la rue ! (Time for change: While Trump calls the world to support the Iranian people, guess whose side France is on ?

1 janvier, 2018
PNG - 233.3 koMatroska Video - 82.4 MoMPEG4 - 979.3 koPNG - 80.3 koMatroska Video - 1.4 MoMPEG4 - 273 koComment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Reza Pahlavi
La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années. (…) Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord. Reza Pahlavi
The uprising, once again showed that overthrowing theocracy in Iran is a national demand. Prince Reza Pahlavi
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
C’est une grammaire de la paix et de l’espérance qu’il nous faut aujourd’hui réinventer dans nombre de continents (…) Mes chers concitoyens européens, 2018 est une année toute particulière et j’aurai besoin cette année de vous, je souhaite en effet que par ces consultations citoyennes vous puissiez vous exprimer, dire ce que vous voulez pour l’Europe (…) et permettre à vos gouvernants de dessiner un grand projet ». (…) Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour votre pays (…), dites-vous toujours que vous appartenez à un collectif plus fort, plus grand que lui, la nation française (…) et dites-vous à chaque instant que vous avez quelque chose à faire pour la nation, j’ai besoin de cet engagement (…), c’est pour cela que j’ai besoin de vous. Emmanuel Macron
Theories such as the J-curve — which argue that “revolution is most likely to occur when a long period of rising expectations and gratifications is followed by a period during which gratifications … suddenly drop off while expectations … continue to rise” — seek to explain popular mobilization in the face of contemporary poverty by linking it to previous levels of wealth for the same group. Accordingly, “the majority of revolutionaries thus are likely to be poor people at loose ends who have made some progress toward a new and better life and see themselves now failing to do so.” Here, the impact of oil price fluctuations on the shah’s regime is highly instructive. The shah’s vast, state-led development plans induced by the spike in oil revenue in the early 1970s radically increased money supply, causing spiraling inflation. Indeed, the average inflation between 1973 and 1977 was 15.66%, five times that of the preceding five-year period. When oil prices receded between 1975 and 1979, Iran suddenly experienced an economic contraction that forced the government to cut down on services even as inflation remained high. Consequentially, the relative position of the working and middle classes in Iranian society remained static, with members of these key groups seeing their ambitions thwarted as inflation eradicated anticipated socio-economic gains. That the shah, through radical measures, managed to contain inflation in 1978, one year before his fall, was evidently too little too late. As such, applied in the Iranian context, the J-curve theorem explains the revolutionary potential and fermentation of political opposition as a result of thwarted expectations of continuing increases of living standards. As such, inflation in itself is not likely to have ignited the protests in Iran. What should rather be considered is the element of thwarted expectations as a powerful and potentially motivating factor in the broader equation. To reiterate, drastically reduced inflation and the return of economic growth under Rouhani have not yet translated into sufficient job creation. This has occurred in an environment where higher anticipations about the future are clashing with a reality in which the promised dividends of the nuclear deal — which while greatly strengthening state finances — have yet to trickle down to the average Iranian. If parliament passes the Rouhani administration’s proposed budget bill for the Iranian year beginning March 21, 2018, citizens will not only face the prospect of higher fuel costs but also potentially being cut off from monthly cash subsidy payments. Despite these serious conundrums, both revolutionary theory and the Iranian experience show that although low living standards are a constant preoccupation, they are not a constant threat. Neither should socio-economic discontent be equated with effective political resistance. Without necessary resources to maintain autonomous collective organization(s) and form popular opposition that is channeled into effective political action, change remains a remote prospect. This is not to mention the absence of a forward-looking ideology that is understandable to the wider population, capable of providing a powerful alternative vision of societal order and narrative of state identity. Lastly, it should be noted that the protests come on the eve of the ninth of Dey in the Iranian calendar, marked by conservatives as the day when supporters of the political establishment decisively put an end to the protests after the 2009 elections by coming out in force. It is certainly a curious time for Ayatollah Ali Khamenei to be reminded of which constituency is the « real » bedrock of the Islamic Republic in times of crisis. Conversely, it could also serve as a reminder that the faction that is willing to put its own interests ahead of those of the broader political establishment has run its course. Regardless of the latter, given the current circumstances and the socio-economic realities of contemporary Iran, it is only a matter of when, and not whether, the protests will end. Al Monitor
Despite people’s passion and energy, no one knows what is happening in Iran. Analysts are confused and mostly silent. And the people on the streets are not supporting any individual or group; they have chanted slogans against Rouhani and Khamenei, but unlike in 2009, there are no leaders to guide them. Rouhani has, at the time of this writing, reportedly gathered his ministers and advisers to assess the situation. So far, Rouhani’s government has managed only to blame the demonstrations on its conservative critics. Rouhani’s vice president has implied that the hard-liners are using people’s economic problems to bring down the government. Some hard-liners have been happy about the anti-Rouhani slogans, but many of them have chastised protesters for chanting slogans against the supreme leader, who is supposed to be a sacred being. (…) The demonstrations have shown the dissatisfaction of Iranians with the regime as a whole — both the so-called pro-reform Rouhani and the conservative Khamenei. Dealing with this outbreak of hatred may unify the regime for a short while, but, inevitably, the factions will start their infighting again. Rouhani and Khamenei have different interests and bases of support. They cannot coexist peacefully and simultaneously cater to their constituencies. Rouhani cannot ignore the destructive role of the ayatollah’s cohorts in the Revolutionary Guard and their firm grip on the economy. The Guards practically run Iran’s policies in the wider region — including supporting Bashar al-Assad and Hezbollah – and they have made a mockery of Rouhani’s attempts at rapprochement with Iran’s neighbors and the West. The supreme leader, in turn, cannot satisfy millions of Iranians who want prosperity and freedom and also maintain the support of his fanatic die-hard supporters who have been enjoying power for the past four decades. Is it a revolution? Not yet. Iran’s government is its own worst enemy and the Iranian people know it. Economic woes leading to infighting can bring down this corrupt and brutal system. Different factions within the government will, most probably, and just the same as always, choose to dismiss the genuine economic grievances of the Iranian people and blame the protests on foreign agents and an international imperialist-Zionist conspiracy. The Iranian people have learned, after living almost 40 years under the Islamic Republic, to gradually and intelligently raise their voices in peaceful protests that will provoke the government to tear itself apart. Iran’s rulers may choose to blame foreigners and Zionists — but they hardly realize that the true danger to their power is right at home. Maziar Bahari
Avec l’Arabie Saoudite, (…) il n’y a pas de lien. La Syrie, en revanche, joue indirectement un rôle. La guerre est en train de s’y terminer et l’Iran fait partie des pays qui en sortent victorieux. Mais c’est parce que, depuis quelques années, le régime iranien se concentre sur ses affaires extérieures et dépense sans compter pour son investissement en Syrie, c’est là qu’était sa priorité. Un activisme vu d’un très mauvais œil par les Américains qui, du coup, n’ont pas levé les sanctions. Ce qui fait que l’économie iranienne n’a pas été relancée. Or, le président Rohani avait «vendu» l’accord sur le nucléaire avec le président Obama et la communauté internationale d’alors en disant que cela allait relancer l’économie du pays. Le gouvernement, qui associe réformateurs et conservateurs, ne s’est pas donné les moyens de réformer le pays, trop concentré sur l’international, et l’économie ne repart pas. Ces manifestations sont donc le fruit de la déception du peuple qui s’attendait à une explosion économique après l’accord sur le nucléaire et qui ne voit rien venir. Ils voient juste des dirigeants en place barricader leur fortune et verrouiller les systèmes de sécurité et de renseignement. (…) Ils ne manifestent pas vraiment pour ou contre le régime. Le débat est surtout entre réformateurs et conservateurs. Les Iraniens sont devenus républicains. Ils ont un système politique qui permet de passer de Mahmoud Ahmadinejad à Hassan Rohani. Des manifestations, il y en a tous les jours ou presque en Iran. Là, ça prend une proportion importante car les conservateurs occupent encore une large place au sein du régime. A Machhad, la grande cité sainte au nord est du pays, où le mouvement a démarré jeudi, le pouvoir politique est très réactionnaire. Au sein même du gouvernement on entend des voix demander le départ des plus conservateurs. Ce sont les fils des fondateurs de la république islamique, ceux qui sont nés après la révolution, qui arrivent aux affaires aujourd’hui. Pour eux, leurs pères ont fait la guerre pour l’indépendance de la république, et ils réalisent que le compte n’y est pas. (…) Soit le régime lui-même, et notamment le guide suprême, Ali Khamenei, réalise qu’il est en danger et donne carte blanche à Rohani pour réformer et s’ouvrir, soit le régime explique que ces manifestations sont manipulées par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis et en profitent pour tout verrouiller. La première possibilité est envisageable. L’Iran est un pays stable qui pourrait montrer sa maturité politique en donnant l’impression d’avoir entendu la colère de la population. Après les grandes manifestions de 2009, le régime s’est rendu compte qu’il y avait un problème, que l’opposition ne venait pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Que la population réclamait une république indépendante et plus de liberté. L’Iran est le premier pays du monde musulman à avoir fait l’expérience de l’islam politique. La question est de savoir si le régime acceptera de reconnaître que c’est un échec. Bernard Hourcade
It is fashionable today to cite the Islamic “golden age” – a direct result of its contact with Christian Europe, we should keep in mind – as a model, not just for what Islam could one day again become (unlikely, since militant Islam explicitly wishes to return to its seventh-century purity), but also as an apologia for Islam’s many and violent sins against the international order.  But until Islam casts off Saudi-fueled Wahhabism and Iranian Shi’a millenarianism, gives up its supremacist designs, and becomes willing to accommodate peaceful co-existence contact with West – beyond  its oil-driven importation of Mercedes-Benz and Maserati automobiles and Western firearms – this is unlikely. Michael Walsh
The end is near for the mullahs of Iran, which is bad news for the Islamic Republic of Iran, but good news for the Persian people, who have a chance to free themselves of the baleful effects of the Arab conquest and — finally — join the community of Western nations by casting off its imposed Islamic theocracy and, it is to be hoped, Islam itself. The late Shah of Iran attempted, in part, to de-Islamicize historic Persia of its foreign influences via the restoration of the Peacock Throne, but his revolution was overturned, in part via the Soviet-inspired meddling of the Iranian Tudeh Party, which left the gates open for the ayatollah Khomeini. Both the Russians and the Americans lost when Khomeini came to power, and Iran shortly thereafter seized the hostages at the U.S. Embassy, precipitating (among other events, including the disastrous American economy) the fall of the Carter administration and the election of Ronald Reagan. Ever since, Islamic Iran has been unremittingly hostile to the United States, as well as to its schismatic co-religionists elsewhere in the Muslim-conquest world, especially Sunni Iraq and, of course, Saudi Arabia. That’s been a triumph for Shi’ite Islam, but a disaster for the Iranian people, whose numbers include not only ethnic Persians but Jews, Assyrians, Kurds, and many others. The brief flowering of art, science, literature and poetry during the so-called « Golden Age » of Islamic Persia was soon enough snuffed out.  (…) As the Byzantine Emperor Manuel II Palaeologus — quoted by former Pope Benedict XVI in his controversial 2006 Regensburg lecture (controversial only to apologists for Islam, that is) — observed in 1391: Show me just what Muhammad brought that was new and there you will find things only evil and inhuman, such as his command to spread by the sword the faith he preached. Little more than half a century later, in 1453, Constantinpole fell to the Muslim Turks, marking the final end of the Roman Empire and the beginning of the long night of darkness that has enveloped the Middle East pretty much ever since. Christendom lost control of the lands of its origin, including the reconquered Crusader states of the Levant (one of which still survives, barely, as Lebanon), and the battle line between Europe and Islam was drawn from Gibraltar to the Balkans — the beginning of a long, uneasy truce that lasted until Sept. 11, 2001. (…) A lot has changed since then. For one thing, the Shi’ite-partial Obama is gone, having been replaced by his polar opposite in Donald Trump: For another, the Iranian exiles who fled their country in the late Seventies and early Eighties (taking a great deal of wealth with them) for the U.S. and elsewhere have given birth to a new generation of secularized Iranians, who are in no mood to trade in the liberties of the West for the repressively « theology » of militant Shi’ite Islam. Having seen what happened to their parents and grandparents, they are unlikely to feel a sudden surge of Islamic patriotism; in fact, it has been the prospect of losing these people for the ummah that lies behind so much of the Islamic propaganda that has been allowed to flourish, shamefully, in the U.S. and elsewhere in the West since 9/11. So let’s all root for the Iranians who are, once again, trying to overthrow their reactionary Islamic regime. A victory against the mullahs in Iran would have beneficial results for everybody except devout Shi’ite Muslims and their allies of convenience on the American, largely atheist and most certainly anti-Christian, Left. By removing the source of Hezbollah’s support, pressure would be relieved on Israel and on American forces still in the dar-al-Harb theaters of war. By demolishing rule-by-mullah, Iran would pose much less of a nuclear threat to civilized nations. And by freeing the Iranian people to choose a new government, the Western democracies could find a valuable new ally in a strategically important part of the world. For millennia, the people of Iran have been unable to decide where to cast their lot. In its attempts to move westward, the Zoroastrian Persian Empire was defeated repeatedly by the Greeks, by Alexander the Great, and by the Byzantines; later, Persia was conquered by the Muslim Arabs, by the Mongols (who really put paid to the « Golden Age ») and by Tamerlane, among others. If Iran can successfully overthrow the Islamic Republic, de-institutionalize Islam, rediscover its own genuine nationalism, and elect a real republic in its place, this historically pluralistic nation will likely find a warm welcome. Islam has brought nothing but misery to Iran. Perhaps it’s time for Iran to try something different. Michael Walsh
Every decade of the Islamist regime’s rule has seen one of its political factions lose its legitimacy through national uprisings. In the 1980s, the Islamic Republic waged a determined civil war against liberals and secularists who sought to redeem the revolution’s pledge of a democratic order. The student riots of 1999 ended the reformist interlude and Mohammad Khatami’s presidency, which had promised that the expansion of civil society and elections would harmonize faith and freedom. The reformists lingered as discredited enablers of a repressive regime, but no one believed in their promises of change from within. The hard-liners offered their own national compact, one that privileged economic justice over political emancipation. But the tumultuous presidency of Mahmoud Ahmadinejad produced only corruption and bellicosity. Then came Mr. Rouhani and his centrist disciples with their pledge to revive the economy, primarily through foreign investment. Mr. Rouhani needed a nuclear agreement to lift debilitating sanctions and stimulate commerce. The Obama administration was happy to deliver, and Iran received tens of billions of dollars in financial dividends, including $1.7 billion in paper currency. Instead of channeling that wealth into productive uses, Ayatollah Khamenei, the clerical establishment and the Islamic Revolutionary Guard Corps consumed much of it on foreign adventurism and corruption. Mr. Rouhani made a crucial mistake: overpromising and underdelivering on both economic and political reforms. His modest experiment in centrist rule has come crashing down, taking with it his injunction that all must trust the system. The regime is at an impasse. It has no more political actors—no establishment saviors—to offer its restless constituents. As with the Soviet Union in its last days, the Islamic Republic can no longer appeal to its ideals; it relies only on its security services for survival. That is deadly for a theocracy, by definition an ideological construct. Ideological authoritarian states need a vision of the future by which their enforcers can condone their own violence. The theocracy’s vast patronage system will not cure this crisis of legitimacy. In many ways, Mr. Rouhani was the ruling clergy’s last gasp, a beguiling mullah who could enchant Westerners while offering Iranians some hope. That hope has vanished. In the coming weeks, many in the commentariat will advise the Trump administration to remain silent and stay on the sidelines, as the Obama administration did in 2009. They will recommend that it is best to let the Iranian drama play itself out. If American officials weigh in, the argument goes, the regime would brand its detractors as agents of a foreign power. Such stale prescriptions miss the point that Iranians are looking toward America to support their struggle. Democratic dissidents always do so. In that regard, Iranians are no different from non-Muslim dissidents from the former Soviet Union to communist China, who have struggled against tyranny and ardently welcomed American and European support. Barack Obama has been rightly castigated for his silence during the Green Revolution. President Trump is right not to follow his predecessor’s discredited path. The White House should continue issuing condemnations daily, including through Persian-language media outlets, and follow up with sanctions targeting corruption and human-rights abuses. Congress should rediscover its once-bipartisan determination to hold the regime accountable for its crimes and push America’s European allies to overcome their mercantile greed and support Iranians striving to be free from theocracy. The Islamic Republic is a relic of a century that yielded multiple ideological regimes claiming to have mastered the forces of history. By now most of them are history. Mr. Trump entered office with an understanding of the Islamic Republic’s profound threat to American security. The most consequential legacy of his presidency may be a Middle East free of its most powerful unsavory regime. Mark Dubowitz and Ray Takeyh
Le peuple est dans la rue en Iran, « sans leadership », peut-on lire dans la presse française de ce matin. Ce n’est pas la vérité (…) sur ce mouvement qui a des objectifs clairs et un leadership incontestable. L’élection de Donald Trump a mis fin à 60 ans de la politique pro-islamique des États-Unis (…) Plusieurs personnalités américaines dont Paul Ryan, le président de la chambre des représentants a apporté leur soutien aux Iraniens. Puis ce fut le tour de Donald Trump de le faire et demander à tous les dirigeants du monde d’en faire autant ! Il a aussi averti les mollahs que le monde les observait et qu’ils ne pouvaient pas réprimer ce mouvement. La France a censuré l’appel de Trump et n’a rien publié sur les manifestations en Iran. Elle a préféré le business avec les mollahs sans avoir à l’idée qu’ils allaient tomber et que les contrats étaient bons pour la poubelle. Dans la soirée, le peuple a eu un nouveau slogan à Qom, la ville du clergé : Ey shah Iran, bargard beh Iran (Roi d’Iran reviens en Iran) et Iran keh shah nadareh, hessab Ketab nadareh (Iran sans roi n’a aucune gestion) ! (…) Trump a demandé le soutien de tous les pays au peuple iranien qui venait d’affirmer son choix. La France a manqué à l’appel en questionnant des experts liés au régime et en donnant la parole à des journalistes d’origine iranienne qui roulent pour les mollahs dans les médias français pour minimiser le mouvement et le priver du soutien des Français et le voir mourir ! (…) Les médias français ont parlé de grandes manifestations pro-régime partout en Iran ou d’un mouvement pro-Moussavi et Karroubi ! Nous espérons la diffusion de ce texte sur tous les réseaux sociaux pour forcer le président Macron à prendre la partie du peuple pour que l’aventure finisse avec le moins de victimes possible parmi nos vaillants compatriotes qui sont aujourd’hui dans la rue pour leur liberté et aussi pour débarrasser le monde de terroristes qui menacent l’économie du reste du monde par leurs missiles à l’entrée du Golfe persique. Mr. Macron, soutenez les Iraniens parce qu’il le faut, par humanisme ou du moins, par intérêt commercial pour votre peuple. Iran-Resist

18 minutes de voeux et pas un mot pour le peuple iranien !

Pendant qu’Emmanuel Macron joue à Kennedy, à Obama ou au président de l’Europe

Et que le peuple iranien joue sa liberté dans la rue …

Jusqu’à en appeler, scandant le nom du Prince Reza Phalavi, au retour de la dynastie du Shah …

Devinez qui seuls contre tous

Prétendus spécialistes et endormeurs professionnels à la Bernard Hourcade compris …

Persistent à les soutenir ?

L’IRAN bouge, mais la France soutient les mollahs !
01.01.2018

Le peuple est dans la rue en Iran, « sans leadership », peut-on lire dans la presse française de ce matin. Ce n’est pas la vérité. Voici un petit exposé sur la genèse de ce mouvement, ce qui se passe en Iran et pourquoi la France nie la vérité sur ce mouvement qui a des objectifs clairs et un leadership incontestable.

Nouvelle donne mondiale depuis l’arrivée de Trump

L’élection de Donald Trump a mis fin à 60 ans de la politique pro-islamique des États-Unis qui a commencé avec Mossadegh (ami des frères Musulmans) et devait en 1979 aboutir à une révolution islamique en Iran pour se répandre dans les régions limitrophes de ce pays afin d’exploser l’URSS et la Chine communiste. Mais cette politique n’avait pas pu parvenir à ses fins même avec la création de Daesh.

Les mollahs ont alors redoublé d’efforts terroristes en récupérant Daesh pour faire perdurer la crise en Syrie (contre Assad et la Russie), mais aussi en renforçant leurs liens avec le réseau Haqqani qui agit en Afghanistan et au Pakistan, en redoublant le soutien aux Houthis et enfin agitant le Kurdistan irakien.

Pour obtenir des soutiens diplomatiques, les mollahs ont alors baissé davantage le prix de leur baril et ont bradé les richesses du pays (les puits de pétrole, les terres agricoles du nord qui produisent plus que la Hollande, les usines héritées de l’époque du Shah). Ils ont enfin obtenu un certain succès en Europe notamment en France en achetant des centaines d’avions et d’autres équipements dont l’Iran n’a guère besoin !

En échange, ces pays qui profitaient des malheurs des mollahs terroristes n’ont cessé de diaboliser Trump et de faire les yeux doux à Rohani en qualifiant de modéré cet ex-patron des projets terroristes et nucléaires militaires du régime. Mais Trump a tenu bon et a su réunir tous ceux comme les Arabes qui souffraient de la violence des mollahs et de la déstabilisation qu’ils engendrent dans la région.

Le tir nucléaire réussi de l’État nord-coréen, principal fournisseur et conseiller des mollahs, et l’absence de condamnation par ces derniers et même l’affichage de leur missile à ce moment, a calmé un peu les européens. Trump en a profité pour publier une nouvelle politique étrangère pour l’Iran en annonçant des sanctions pour ces dirigeants terroristes et leurs alliés comme le Hezbollah, et en même temps un soutien sans faille au peuple iranien, première victime de ce régime infernal !

Les Arabes ont salué cette politique à venir !Les Russes et les Chinois ont consenti par leur silence et leur refus de payer les mollahs en dollar ! Les Européens ne pouvaient pas ne pas adhérer et ont dû freiner leurs achats aux mollahs ! Les pays victimes de leur terrorisme ont rouvert les dossiers des dirigeants du régime ! Les mollahs et les chefs Pasdaran exposés à la condamnation à mort pour terrorisme se sont retrouvés plus isolés que jamais et leurs ressources d’argent se sont vite taries.

Isolement & pénuries, les deux sources de la crise actuellep

Les mollahs, condamnés à mort et ruinés par la faute de leurs pots-de-vin géants et le manque de dollars, n’ont pu continuer à importer tous les produits alimentaires qu’ils avaient cessé de produire pour en acheter à l’étranger et bénéficier des soutiens diplomatiques de leurs fournisseurs. Rohani et ses patrons cléricaux ont dissimulé la pénurie qui pouvait provoquer des émeutes fatales au régime en annonçant une politique de prix libre pour revigorer l’économie totalement en panne par leur faute.

En complément, Rohani et ses patrons cléricaux ont aussi récupéré les épargnes de leurs agents de base (principalement des miliciens très fidèles) grâce à des organismes de crédit très rémunérateurs validés par la Banque Centrale iranienne (BCI), avant d’annoncer la faillite de ces organismes pour priver ces miliciens et diminuer leur pouvoir d’achat afin de garder secret leur incapacité à approvisionner leur marché. Le régime a aussi coupé les pensions des retraités pour la même raison.

Ces épargnants miliciens (policiers et autres) ont commencé à manifester depuis un certain temps ! Le régime est devenu instable.

Rupture de la base et Fuite en avant des chefs acculés de toute part

Les députés du régime ont constaté dans le même temps que les dirigeants sortaient leur argent du pays notamment vers la Thaïlande et des banques situées à Pataya et qu’ils pouvaient fuir et les laisser sur place pour payer à leur place. Ils ont alors joint leurs voix à leurs camarades trahis par les dirigeants. Les cadres miliciens qui seraient en danger en cas de fuite des mollahs, ont aussi mis leurs médias comme Javan Qods, Jahan Farda (monde du demain) et leur site d’info « FARS », le plus lu en Iran au service du dénigrement du régime en révélant ses faillites et en rappelant les glorieuses victoires économiques du pays sous le Shah !

Dernièrement après les accusations d’ingérence des mollahs au Liban, les chefs Pasdaran ont tenté de rompre et rejoindre Trump sous un format pakistanais, mais Trump n’a pas accepté cette main tendue. Ils sont revenus vers les mollahs….

Trump a alors déstabilisé cette union forcée en attaquant la présence du régime au Liban et en Syrie grâce à un pacte avec Poutine puis en évoquant son plan de paix israélo-palestinien.

Les mollahs et les chefs Pasdaran ont alors augmenté leur approvisionnement en missiles aux terroristes Houthis pour dominer l’entrée du golfe Persique et prendre en otage l’approvisionnement pétrolier mondial.

Ce dernier choix fou des dirigeants menacés par les grandes puissances et abandonnés par leur base a permis à Trump d’annoncer sa Nouvelle Stratégie sécuritaire (NSS) où il les désignait comme les principales menaces pour les États-Unis. Aucun pays au monde n’a volé au secours des mollahs. La Russie, qu’ils ne cessent de présenter comme une alliée sûre, a même rejoint le camp des pays inquiets par leurs choix lors d’une réunion au Conseil de Sécurité ! Le régime a censuré ces défaites. Les cadres miliciens les ont révélées.

Les mollahs ont alors inondé la bourse de fonds (1155 millions $ en tout) et ont baissé le dollar pour satisfaire leurs divers collaborateurs nantis afin de les dissuader de rompre. En parallèle, ils ont aussi cherché à provoquer une crise en Nakhichivan pour influencer la Turquie, l’Azerbaïdjan ou la Russie et obtenir leur soutien au sein de l’OCI (l’organisation de coopération islamique) pour contrer les alliés arabes de Trump avant de contrer le conseil de sécurité de l’ONU.

Mais les mollahs n’y sont pas arrivés. Tous les pays leur sont restés hostiles donc de facto en faveur de Trump. Les mollahs et les chefs Pasdaran ont pris peur et sont devenus aimables et serviables par peur d’être attaqués alors qu’ils n’ont plus le soutien de leurs miliciens de base. Leurs promesses de droits civiques ou d’argent n’ont pas apaisé ces compagnons de base qu’ils négligent et les riches qui craignent leur fuite.

Combinaison des mécontentements : le début des manifestions

La contestation au sein du régime a augmenté de manière exponentielle avec des rapports cinglants sur les détournements de fonds par les mollahs sous la direction de leur dernier pion, Rohani.

Les Parlementaires et les cadres miliciens dont l’ancien négociateur nucléaire Jalili ou encore Ahmadinejad qui n’a plus la cote (pour bénéficier du plan de fuite des mollahs) ont soulevé les points noirs du dernier budget de Rohani qui prévoit une hausse de 60 % du prix de l’essence pour diminuer l’accès aux carburants et dissimuler son incapacité à continuer à en importer près de 10 millions litres par jour pour ses besoins.

Ces critiques se sont renforcées la semaine dernière après une hausse générale de 38 % pour tous les produits alimentaires, dont l’œuf et le poulet. Les cadres miliciens ont dans le même temps dévoilé que les dirigeants avaient exempté d’impôt les plus riches et eux-mêmes en refusant de taxer leurs transactions financières et leurs très vastes domaines fonciers ! Ils ont aussi mis l’accent sur le train de vie des dirigeants notamment l’importation de voitures de très grandes luxes avant leur chute prévisible).

Retour sur 4 jours décisifs : du 27 au 30 décembre 2017

Mercredi dernier, 27 décembre 2017 (6 Dey 1396), le clergé, très inquiet par cette évolution, a eu peur qu’il ne bénéficie d’aucune mobilisation 4 jours plus tard pour la journée officielle de refus d’une révolution de couleur made in régime !

Le Guide, porte-parole du clergé, a réuni les plus hauts responsables, chargés de la promotion et organisation de la journée de 9 Dey, pour lancer un avertissement aux agents en colère en les accusant de mensonges et de fausses déclarations sur l’état économique du pays ! Le Guide a dit qu’ils ne pouvaient pas devenir des opposants en une nuit après avoir été les responsables du pays depuis 40 ans et qu’ils allaient devoir payer pour les malheurs du peuple !

Le jeudi 28 décembre 2017 (7 Dey 1396), les petites gens du régime, qui ne voulaient pas devenir les boucs émissaires, du régime sont descendus en masse dans la rue le lendemain matin à Mashad, à Neyshapour et à Shahroud pour crier contre Rohani (Mort à Rohani) et même Mort à la république islamique qui les trahissait après les avoir utilisés.

Les gens du peuple à Mashad qui n’avaient jamais entendu ce slogan dans la bouche de partisans de la fausse opposition le Mouvement Vert de Moussavi et Karroubi ont rejoint le mouvement.

Quelques miliciens ont essayé d’imposer le slogan d’Allah Akbar, mais le peuple a crié Rouhat shad Reza Shah Benni soit l’âme de Reza Shah, se rattachant au fondateur de la fondation de la dynastie Pahlavi qui avait soumis le clergé déjà au pouvoir notamment à Mashad en laïcisant les institutions du pays avant de le moderniser en quelques années sans aucune revenue pétrolière !

D’autres villes ont rejoint le mouvement devenu populaire notamment la ville kurde de Kermanshâh, car il a récemment beaucoup souffert d’un important séisme sans recevoir de secours. Des centaines de gens s’étaient suicidés, car ils n’avaient tout perdu et reçu aucune aide. Ils ont crié le même slogans.

Rouhat shad Reza Shah s’est propagé dans toutes les villes ! Les cadres miliciens n’ont pas désavoué ce slogan qui s’est propagé dans toutes les villes ! Le Mouvement a cessé d’être sans leader seulement quelques heures après sa naissance !

Le soir même les jeunes criaient contre le régime dans d’autres villes : on ne veut pas d’une République islamique !

Les dirigeants sont restés cachés, car les chefs de la milice n’annonçaient rien contre ces cris hostiles. L’armée restait passive ! Les mollahs ont alors annoncé l’incendie d’une salle de prière près de Téhéran pour fédérer les intégristes pour riposter et avoir des gens dans la rue le samedi 9 Dey. Les images ont montré qu’il s’agissait d’une fausse nouvelle, car la structure métallique de la salle n’avait pas fondu et sa façade était intacte !

Mais le lendemain, le vendredi 29 décembre 2017, 8 Dey 1396, il n’y a pas eu de mouvement intégriste contre le peuple royaliste au point que le régime a mis en scène une mini manifestation avant d’oublier cette affaire.

Les Parlementaires ont continué à dénigrer le régime alors que les dirigeants de tout bord étaient restés cachés ! Les manifestations ont continué avec les mêmes slogans.

Plusieurs personnalités américaines dont Paul Ryan, le président de la chambre des représentants a apporté leur soutien aux Iraniens. Puis ce fut le tour de Donald Trump de le faire et demander à tous les dirigeants du monde d’en faire autant ! Il a aussi averti les mollahs que le monde les observait et qu’ils ne pouvaient pas réprimer ce mouvement.N-RESIST.ORG

La France a censuré l’appel de Trump et n’a rien publié sur les manifestations en Iran. Elle a préféré le business avec les mollahs sans avoir à l’idée qu’ils allaient tomber et les contrats étaient bons pour la poubelle.

Dans la soirée, le peuple a eu un nouveau slogan à Qom, la ville du clergé :
Ey shah Iran, bargard beh Iran (Roi d’Iran revient en Iran) et
Iran keh shah nadareh, hessab Ketab nadareh (Iran sans roi n’a aucune gestion) !IRAN-RESIST.ORG

La direction de la milice n’a pas bougé et un expert de la milice a parlé du « respect des gens en Iran pour le Prince Reza Pahlavi » , car il n’a jamais parlé de ses ambitions, mais a toujours agi pour aider le peuple à exprimer ses ambitions ! Énorme non !

Trump a demandé le soutien de tous les pays au peuple iranien qui venait d’affirmer son choix. La France a manqué à l’appel en questionnant des experts liés au régime et en donnant la parole à des journalistes d’origine iranienne qui roule pour les mollahs dans les médias français pour minimiser le mouvement et le priver du soutien des Français et le voir mourir !

Le samedi 30 décembre 2017, 9 Dey 1396, on a vu une très faible mobilisation en faveur du régime. Il n’y avait aussi aucun visage souriant lors de cette journée qui était censée être une fête pour le régime et ses fans ! IRAN-RESIST.ORG

En revanche, des manifestants qui ont mis le feu à des autos pour être vu et crier :
Fondamentalistes et Modérés, l’aventure est finie ! IRAN-RESIST.ORG

Les médias français ont parlé de grandes manifestations pro-régime partout en Iran ou d’un mouvement pro-Moussavi et Karroubi !

Malgré cela, le mouvement continue et l’aventure sera finie pour les mollahs, mais aussi pour leurs complices !

Nous espérons la diffusion de ce texte sur tous les réseaux sociaux pour forcer le président Macron à prendre la partie du peuple pour que l’aventure finisse avec le moins de victimes possible parmi nos vaillants compatriotes qui sont aujourd’hui dans la rue pour leur liberté et aussi pour débarrasser le monde de terroristes qui menacent l’économie du reste du monde par leurs missiles à l’entrée du golfe persique.

Mr. Macron, soutenez les Iraniens parce qu’il le faut, par humanisme ou du moins, par intérêt commercial pour votre peuple.

Voir aussi:

Iran’s Theocracy Is on the Brink
Every decade the Islamist regime has been in power, an uprising has cost it an element of its legitimacy.
Mark Dubowitz and Ray Takeyh
WSJ
Jan. 1, 2018

Iran has a peculiar habit of surprising Americans. It has done so again with the protests engulfing its major cities. The demonstrations began over economic grievances and quickly transformed into a rejection of theocracy.

The slogans must have unsettled the mullahs: “Death to Khamenei!” “Death to Rouhani!” “We will die to get our Iran back!” Imperialism has not revived the regime’s legitimacy, as the protesting Persians pointedly reject expending their meager resources on Arab wars: “Death to Hezbollah!” “No to Gaza, not Lebanon! Our life only for Iran!”

However the events on the streets unfold, their most immediate casualty will be the presidency of Hassan Rouhani and its false claim of pragmatic governance. In the aftermath of the Green Revolution of 2009, which rocked the foundations of the Islamic Republic, a sinister argument gradually pervaded Western salons and chancelleries. The convulsions of that summer, the claim went, were over no more than electoral irregularity. With the election of the so-called moderate Mr. Rouhani in 2013, the system rebalanced itself. Supreme Leader Ali Khamenei and his allies supposedly learned some hard lessons on the need to yield to popular mandates. Iranians want gradual change, we have been told, and believe that the system’s own constitutional provisions and plebiscites can be used to nudge it toward moderation. Then, last week, Iranians took to the streets.

Every decade of the Islamist regime’s rule has seen one of its political factions lose its legitimacy through national uprisings. In the 1980s, the Islamic Republic waged a determined civil war against liberals and secularists who sought to redeem the revolution’s pledge of a democratic order. The student riots of 1999 ended the reformist interlude and Mohammad Khatami’s presidency, which had promised that the expansion of civil society and elections would harmonize faith and freedom. The reformists lingered as discredited enablers of a repressive regime, but no one believed in their promises of change from within. The hard-liners offered their own national compact, one that privileged economic justice over political emancipation. But the tumultuous presidency of Mahmoud Ahmadinejad produced only corruption and bellicosity.

Then came Mr. Rouhani and his centrist disciples with their pledge to revive the economy, primarily through foreign investment. Mr. Rouhani needed a nuclear agreement to lift debilitating sanctions and stimulate commerce. The Obama administration was happy to deliver, and Iran received tens of billions of dollars in financial dividends, including $1.7 billion in paper currency.

Instead of channeling that wealth into productive uses, Ayatollah Khamenei, the clerical establishment and the Islamic Revolutionary Guard Corps consumed much of it on foreign adventurism and corruption. Mr. Rouhani made a crucial mistake: overpromising and underdelivering on both economic and political reforms. His modest experiment in centrist rule has come crashing down, taking with it his injunction that all must trust the system. The regime is at an impasse. It has no more political actors—no establishment saviors—to offer its restless constituents.

As with the Soviet Union in its last days, the Islamic Republic can no longer appeal to its ideals; it relies only on its security services for survival. That is deadly for a theocracy, by definition an ideological construct. Ideological authoritarian states need a vision of the future by which their enforcers can condone their own violence. The theocracy’s vast patronage system will not cure this crisis of legitimacy. In many ways, Mr. Rouhani was the ruling clergy’s last gasp, a beguiling mullah who could enchant Westerners while offering Iranians some hope. That hope has vanished.

In the coming weeks, many in the commentariat will advise the Trump administration to remain silent and stay on the sidelines, as the Obama administration did in 2009. They will recommend that it is best to let the Iranian drama play itself out. If American officials weigh in, the argument goes, the regime would brand its detractors as agents of a foreign power.

Such stale prescriptions miss the point that Iranians are looking toward America to support their struggle. Democratic dissidents always do so. In that regard, Iranians are no different from non-Muslim dissidents from the former Soviet Union to communist China, who have struggled against tyranny and ardently welcomed American and European support.

Barack Obama has been rightly castigated for his silence during the Green Revolution. President Trump is right not to follow his predecessor’s discredited path. The White House should continue issuing condemnations daily, including through Persian-language media outlets, and follow up with sanctions targeting corruption and human-rights abuses. Congress should rediscover its once-bipartisan determination to hold the regime accountable for its crimes and push America’s European allies to overcome their mercantile greed and support Iranians striving to be free from theocracy.
The Islamic Republic is a relic of a century that yielded multiple ideological regimes claiming to have mastered the forces of history. By now most of them are history. Mr. Trump entered office with an understanding of the Islamic Republic’s profound threat to American security. The most consequential legacy of his presidency may be a Middle East free of its most powerful unsavory regime.

Mr. Dubowitz is chief executive of the Foundation for Defense of Democracies. Mr. Takeyh is a senior fellow at the Council on Foreign Relations.

Voir encore:
Unexamined Premises

The end is near for the mullahs of Iran, which is bad news for the Islamic Republic of Iran, but good news for the Persian people, who have a chance to free themselves of the baleful effects of the Arab conquest and — finally — join the community of Western nations by casting off its imposed Islamic theocracy and, it is to be hoped, Islam itself. The late Shah of Iran attempted, in part, to de-Islamicize historic Persia of its foreign influences via the restoration of the Peacock Throne, but his revolution was overturned, in part via the Soviet-inspired meddling of the Iranian Tudeh Party, which left the gates open for the ayatollah Khomeini.

Both the Russians and the Americans lost when Khomeini came to power, and Iran shortly thereafter seized the hostages at the U.S. Embassy, precipitating (among other events, including the disastrous American economy) the fall of the Carter administration and the election of Ronald Reagan. Ever since, Islamic Iran has been unremittingly hostile to the United States, as well as to its schismatic co-religionists elsewhere in the Muslim-conquest world, especially Sunni Iraq and, of course, Saudi Arabia.

That’s been a triumph for Shi’ite Islam, but a disaster for the Iranian people, whose numbers include not only ethnic Persians but Jews, Assyrians, Kurds, and many others. The brief flowering of art, science, literature and poetry during the so-called « Golden Age » of Islamic Persia was soon enough snuffed out.  As I write in my forthcoming book, The Fiery Angel:

It is fashionable today to cite the Islamic “golden age” – a direct result of its contact with Christian Europe, we should keep in mind – as a model, not just for what Islam could one day again become (unlikely, since militant Islam explicitly wishes to return to its seventh-century purity), but also as an apologia for Islam’s many and violent sins against the international order.  But until Islam casts off Saudi-fueled Wahhabism and Iranian Shi’a millenarianism, gives up its supremacist designs, and becomes willing to accommodate peaceful co-existence contact with West – beyond  its oil-driven importation of Mercedes-Benz and Maserati automobiles and Western firearms – this is unlikely.

As the Byzantine Emperor Manuel II Palaeologus — quoted by former Pope Benedict XVI in his controversial 2006 Regensburg lecture (controversial only to apologists for Islam, that is) — observed in 1391:

Show me just what Muhammad brought that was new and there you will find things only evil and inhuman, such as his command to spread by the sword the faith he preached.

Little more than half a century later, in 1453, Constantinpole fell to the Muslim Turks, marking the final end of the Roman Empire and the beginning of the long night of darkness that has enveloped the Middle East pretty much ever since. Christendom lost control of the lands of its origin, including the reconquered Crusader states of the Levant (one of which still survives, barely, as Lebanon), and the battle line between Europe and Islam was drawn from Gibraltar to the Balkans — the beginning of a long, uneasy truce that lasted until Sept. 11, 2001.

As I wrote on Twitter (@dkahanerules) last week:

The events unfolding in Iran right now are therefore a long time coming, and ought to be welcomed not only by those fearful of the « Islamic bomb » that Iran is hell-bent on possessing and which the Obama administration’s disgraceful, faciliatory « deal » made all but inevitable, but by all adherents of the Western notion of freedom. During the last serious protests in Iran, the « green revolution » of 2009, Obama reacted supinely, standing idly by as the youthful demonstrators were shot in the streets of Tehran and the « clerics » restored iron-fist rule.

A lot has changed since then. For one thing, the Shi’ite-partial Obama is gone, having been replaced by his polar opposite in Donald Trump:

For another, the Iranian exiles who fled their country in the late Seventies and early Eighties (taking a great deal of wealth with them) for the U.S. and elsewhere have given birth to a new generation of secularized Iranians, who are in no mood to trade in the liberties of the West for the repressively « theology » of militant Shi’ite Islam. Having seen what happened to their parents and grandparents, they are unlikely to feel a sudden surge of Islamic patriotism; in fact, it has been the prospect of losing these people for the ummah that lies behind so much of the Islamic propaganda that has been allowed to flourish, shamefully, in the U.S. and elsewhere in the West since 9/11.

So let’s all root for the Iranians who are, once again, trying to overthrow their reactionary Islamic regime. A victory against the mullahs in Iran would have beneficial results for everybody except devout Shi’ite Muslims and their allies of convenience on the American, largely atheist and most certainly anti-Christian, Left. By removing the source of Hezbollah’s support, pressure would be relieved on Israel and on American forces still in the dar-al-Harb theaters of war. By demolishing rule-by-mullah, Iran would pose much less of a nuclear threat to civilized nations. And by freeing the Iranian people to choose a new government, the Western democracies could find a valuable new ally in a strategically important part of the world.

For millennia, the people of Iran have been unable to decide where to cast their lot. In its attempts to move westward, the Zoroastrian Persian Empire was defeated repeatedly by the Greeks, by Alexander the Great, and by the Byzantines; later, Persia was conquered by the Muslim Arabs, by the Mongols (who really put paid to the « Golden Age ») and by Tamerlane, among others. If Iran can successfully overthrow the Islamic Republic, de-institutionalize Islam, rediscover its own genuine nationalism, and elect a real republic in its place, this historically pluralistic nation will likely find a warm welcome.

 Islam has brought nothing but misery to Iran. Perhaps it’s time for Iran to try something different.
Voir encore:

Interview
«Les Iraniens ne manifestent pas vraiment pour ou contre le régime»
Alexandra Schwartzbrod
Libération
1 janvier 2018

Bernard Hourcade est directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’Iran. Pour lui, les manifestations de ces derniers jours sont le fruit de la déception de la population qui reproche au régime de s’intéresser davantage à sa place sur la scène internationale qu’à la santé économique et politique du pays.

Y a-t-il un lien entre ces manifestations en Iran et le regain de tension avec l’Arabie Saoudite ?

Avec l’Arabie Saoudite, non, il n’y a pas de lien. La Syrie, en revanche, joue indirectement un rôle. La guerre est en train de s’y terminer et l’Iran fait partie des pays qui en sortent victorieux. Mais c’est parce que, depuis quelques années, le régime iranien se concentre sur ses affaires extérieures et dépense sans compter pour son investissement en Syrie, c’est là qu’était sa priorité. Un activisme vu d’un très mauvais œil par les Américains qui, du coup, n’ont pas levé les sanctions. Ce qui fait que l’économie iranienne n’a pas été relancée. Or, le président Rohani avait «vendu» l’accord sur le nucléaire avec le président Obama et la communauté internationale d’alors en disant que cela allait relancer l’économie du pays. Le gouvernement, qui associe réformateurs et conservateurs, ne s’est pas donné les moyens de réformer le pays, trop concentré sur l’international, et l’économie ne repart pas. Ces manifestations sont donc le fruit de la déception du peuple qui s’attendait à une explosion économique après l’accord sur le nucléaire et qui ne voit rien venir. Ils voient juste des dirigeants en place barricader leur fortune et verrouiller les systèmes de sécurité et de renseignement.

C’est un changement de régime que réclament les manifestants ?

Ils ne manifestent pas vraiment pour ou contre le régime. Le débat est surtout entre réformateurs et conservateurs. Les Iraniens sont devenus républicains. Ils ont un système politique qui permet de passer de Mahmoud Ahmadinejad à Hassan Rohani. Des manifestations, il y en a tous les jours ou presque en Iran. Là, ça prend une proportion importante car les conservateurs occupent encore une large place au sein du régime. A Machhad, la grande cité sainte au nord est du pays, où le mouvement a démarré jeudi, le pouvoir politique est très réactionnaire. Au sein même du gouvernement on entend des voix demander le départ des plus conservateurs. Ce sont les fils des fondateurs de la république islamique, ceux qui sont nés après la révolution, qui arrivent aux affaires aujourd’hui. Pour eux, leurs pères ont fait la guerre pour l’indépendance de la république, et ils réalisent que le compte n’y est pas.

Comment voyez-vous la suite ?

Soit le régime lui-même, et notamment le guide suprême, Ali Khamenei, réalise qu’il est en danger et donne carte blanche à Rohani pour réformer et s’ouvrir, soit le régime explique que ces manifestations sont manipulées par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis et en profitent pour tout verrouiller. La première possibilité est envisageable. L’Iran est un pays stable qui pourrait montrer sa maturité politique en donnant l’impression d’avoir entendu la colère de la population. Après les grandes manifestions de 2009, le régime s’est rendu compte qu’il y avait un problème, que l’opposition ne venait pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Que la population réclamait une république indépendante et plus de liberté. L’Iran est le premier pays du monde musulman à avoir fait l’expérience de l’islam politique. La question est de savoir si le régime acceptera de reconnaître que c’est un échec.

Voir enfin:
A second revolution in Iran? Not yet.
Maziar Bahari
The Washington Post
December 30

Maziar Bahari is a former political prisoner and the editor of iranwire.com.

On Thursday, Dec. 28, a group of people gathered in the city of Mashhad and demonstrated against the Iranian government’s economic policies. This demonstration happened in a city that is holy for 250 million Shiite Muslims around the world; it is where Reza, the 8th Shiite imam, or saint, is buried. Imam Reza’s shrine is also a multi-billion-dollar conglomerate that owns a number of industries, banks, hospitals and, of course, seminaries across Iran. The conglomerate runs under the supervision of the supreme leader of Iran, Ayatollah Ali Khamenei.

The presence of the Imam Reza conglomerate makes Mashhad the third-most-important city in Iran, after the capital Tehran and the city of Qom, where most Iranian grand ayatollahs live. Different security and intelligence services, including Iran’s Ministry of Intelligence, as well as the Revolutionary Guard Intelligence Unit and the police, keep a close eye on Mashhad to make sure it is safe for the millions of pilgrims from across Iran and up to 2.5 million Shiites from other countries who visit the city every year.

The symbolism of Thursday’s protests was therefore not lost on millions of Iranians in other cities who suffer from the same economic distress. If the people of Mashhad with all their constraints could do it, people in Rasht, Kermanshah, Isfahan, Sari and many other cities could take to the streets as well. Interestingly, unlike the 2009 Green Movement, which started in the capital, the recent protests were mostly in the provinces.

Encouraged by the small measure of space provided by the government for demonstrations in Mashhad, thousands of Iranians expressed their dissatisfaction with the government’s economic and foreign policies, and their anger at the Islamist government that has been in power since 1979. The protesters have included government and private-sector employees who’ve seen prices going higher every day in recent years, retirees who don’t receive their pensions on time, people who have lost money in different investment schemes, and others who believe they’ve been deprived of their rights as Iranian citizens.

Many protesters chanted against recent developments that have served to only add insult to their injuries – both in terms of the government’s domestic policies and its dreams of hegemony in the region.

On Dec. 10, President Hassan Rouhani presented his budget, which essentially would make life more expensive for citizens and, at the same time, include generous allocations for religious organizations in Iran and elsewhere. The slogan “Not Gaza, Not Lebanon, I Give My Life for Iran” was repeated in the protests across different cities. Many Iranians regard their government’s generous help to the Palestinian Hamas, Lebanese Hezbollah, Syrian Assad regime and Yemeni Houthis as unnecessary and even treasonous.

Despite people’s passion and energy, no one knows what is happening in Iran. Analysts are confused and mostly silent. And the people on the streets are not supporting any individual or group; they have chanted slogans against Rouhani and Khamenei, but unlike in 2009, there are no leaders to guide them.

Rouhani has, at the time of this writing, reportedly gathered his ministers and advisers to assess the situation. So far, Rouhani’s government has managed only to blame the demonstrations on its conservative critics. Rouhani’s vice president has implied that the hard-liners are using people’s economic problems to bring down the government. Some hard-liners have been happy about the anti-Rouhani slogans, but many of them have chastised protesters for chanting slogans against the supreme leader, who is supposed to be a sacred being.

Hundreds of people have been arrested in cities around Iran in the past 48 hours. No one has been released as of this writing. It would be interesting to know what their interrogations have been about and what charges are being brought against them.

The demonstrations have shown the dissatisfaction of Iranians with the regime as a whole — both the so-called pro-reform Rouhani and the conservative Khamenei. Dealing with this outbreak of hatred may unify the regime for a short while, but, inevitably, the factions will start their infighting again. Rouhani and Khamenei have different interests and bases of support. They cannot coexist peacefully and simultaneously cater to their constituencies.

Rouhani cannot ignore the destructive role of the ayatollah’s cohorts in the Revolutionary Guard and their firm grip on the economy. The Guards practically run Iran’s policies in the wider region — including supporting Bashar al-Assad and Hezbollah – and they have made a mockery of Rouhani’s attempts at rapprochement with Iran’s neighbors and the West.

The supreme leader, in turn, cannot satisfy millions of Iranians who want prosperity and freedom and also maintain the support of his fanatic die-hard supporters who have been enjoying power for the past four decades.

Is it a revolution? Not yet. Iran’s government is its own worst enemy and the Iranian people know it. Economic woes leading to infighting can bring down this corrupt and brutal system. Different factions within the government will, most probably, and just the same as always, choose to dismiss the genuine economic grievances of the Iranian people and blame the protests on foreign agents and an international imperialist-Zionist conspiracy.

The Iranian people have learned, after living almost 40 years under the Islamic Republic, to gradually and intelligently raise their voices in peaceful protests that will provoke the government to tear itself apart. Iran’s rulers may choose to blame foreigners and Zionists — but they hardly realize that the true danger to their power is right at home.


Printemps persan: Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement (Trump effect: will Iran finally bring its own confirmation to Tocqueville’s law ?)

31 décembre, 2017
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En politique, ce qu’il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c’est ce qui se passe sous nos yeux. Tocqueville
Le désir d’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande. Tocqueville
Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre, et comme s’il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé, et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets après une oppression longue. Le mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Tout ce qu’on ôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant : le mal est devenu moindre, il est vrai, mais la sensibilité est plus vive. La féodalité dans toute sa puissance n’avait pas inspiré aux Français autant de haine qu’au moment elle allait disparaître. Les plus petits coups de l’arbitraire de Louis XVI paraissaient plus difficiles à supporter que tout le despotisme de Louis XIV. Le court emprisonnement de Beaumarchais produisit plus d’émotion dans Paris que les dragonnades. Tocqueville (L’ancien régime et la révolution, 1856)
La révolution à plus de chances de se produire quand une période prolongée de progrès économiques et sociaux est suivie par une courte période de retournement aigu, devant laquelle le fossé entre les attentes et les gratifications s’élargit rapidement, devenant intolérable. La frustration qui en résulte, dès lors qu’elle s’étend largement dans la société, cherche des modes d’expression dans l’action violente. James Chowning Davies
De nombreux sociologues contemporains reprennent cette analyse de Tocqueville, en expliquant les conflits sociaux par la frustration résultant de l’écart croissant « entre ce que les gens désirent et ce qu’ils ont ». Pour Ted Gurr (Why men rebel, 1970), la révolution de 1917 serait due au contraste entre les attentes suscitées par les progrès accomplis depuis les années 1880 et la situation réelle de la paysannerie, du prolétariat naissant ou de l’intelligentsia. Pour James Davies (Toward a theory of Revolution, 1962), le concept de frustration relative trouvé chez Tocqueville a une plus grande portée que celui de frustration absolue attribué à Marx; il explique en effet que les révoltes naissent rarement dans les populations écrasées de misère mais chez ceux qui relèvent la tête et réalisent ce qui leur manque car ils ont plus. (…) Les grands conflits sociaux ou les changements révolutionnaires s’expliquent donc moins par des mécontentements à propos de grandes inégalités que par des sentiments « relatifs » basés sur des différences minimes, ou réduites par l’égalisation des conditions. Jean-Pierre Delas
Une opposition classique met en vis-à-vis la lecture marxienne, selon laquelle la dégradation des conditions de vie agirait comme facteur déterminant et explicatif des soulèvements révolutionnaires, à celle de Tocqueville, pour qui, au contraire, l’amélioration des situations économiques serait à l’origine des évènements révolutionnaires. James Chowning Davies, sociologue américain, tente une synthèse des deux points de vue dans un modèle associant l’idée d’une genèse progressive (liée à l’amélioration des conditions de vie sur plusieurs décennies) d’aspirations sociales longtemps contenues et la thèse des frustrations surgissant plus brutalement à l’occasion de retournements de conjonctures. Le modèle psycho-sociologique de James C. Davies (« Toward A Theory of Revolution » …) tente d’expliquer les renversements de régimes politiques par l’augmentation soudaine d’un écart entre les attentes de populations motivées par des progrès économiques et les satisfactions réelles brutalement réduites par un retournement de conjoncture économique (ex. : mauvaises récoltes, récession économique…) ou politique (ex. : répression brutale, défaite militaire…). (…) James C. Davies schématise sa théorie par une courbe devenue fameuse, dite « courbe de Davies » formant comme un « J » Inversé (…), qui pointe la période « t2 » comme début probable de la dynamique révolutionnaire. La première étude James C. Davies porte sur la rébellion conduite par Thomas W. Dorr – dite « Rébellion Dorr » – au milieu du 19e siècle à Rhode Island dans le nord-est des Etats-Unis. Durant la première moitié du 19e siècle l’industrie du textile se développe et prospère, attirant vers la ville des populations rurales jusqu’en 1835/1840 quand s’amorce une période déclin. La Rebellion Dorr, en 1841/1842 fut durement réprimée. A partir de cette étude de cas, l’auteur construit sont modèle et l’utiliser pour interpréter la Révolution française de 1789, la révolution du Mexique de 1911, la révolution russe de 1917, le coup d’état nassérien de 1952. L’exemple de la révolution russe lui permet de montrer que l’écart est d’autant plus fort que des progrès économiques importants marquèrent le XIXe siècle : à partir du milieu du 19e siècle les serfs s’émancipèrent, l’exode rural entraîna une processus d’urbanisation, le nombre d’ouvriers travaillant en usine augmenta en leur apportant des salaires supérieurs à ce qu’ils gagnaient comme paysans et des conditions de vie également améliorées. Ainsi la période allant de 1861 à 1905 peut être considérée comme celle d’une progression des aspirations sociales jusqu’à une conjoncture de frustrations qui intervient au début du XXe siècle dans différents groupes sociaux : intelligentsia choquée par la répression brutale des manifestations de 1905, paysannerie affectée par les effets des réformes et par une succession de mauvaises récoltes, armée humiliée par la défaite dans la guerre contre le Japon. La détresse et la famine qui affectent la majorité de la population pendant la Première Guerre mondiale achèvent d’agréger ces frustrations de préparer ainsi la révolution de 1917. Jérome Valluy
Le régime des mollahs perd pied: il a ouvert une fenêtre pour aérer le système (…) et une bourrasque est entrée dans la maison. Iran-Resist
Bizarrement, je pense qu’Obama joue la montre et espère que les manifestants seront écrasés avant que la honte d’avoir fermé les yeux – parfois par son silence et parfois par ses banalités d’équivalence morale – sur la brutale théocratie iranienne ne devienne trop lourde, même pour lui, à supporter. (…) Personne ne demande qu’on envoie la cavalerie ou l’aviation mais juste un certain encouragement moral pour ne pas inciter des gens à descendre dans la rue et puis les abandonner à leur sort au moment où ils ont le plus besoin de notre soutien (comme en Hongrie ou pour les Chiites à Bagdad en 1991), mais à la place accorder notre reconnaissance à ceux qui d’eux-mêmes ont déjà pris cette décision dangereuse et méritent notre admiration en termes bien plus forts que ce que nous avons jusqu’ici vu de la Maison Blanche. (…) Cette crainte d’offenser des théocrates sanguinaires qui soutiennent le terrorisme est évidemment tout à fait ahurissante: un président de l’espoir et du changement se révèle faible et cynique à un moment critique où les pires racailles de la Corée du Nord au Venezuela nous observent attentivement et tentent d’évaluer nos capacités de réaction. Victor Davis Hanson
En une sorte d’ironie perverse, la menace la plus sérieuse que la République islamique ait jamais connue depuis sa création arrive au moment même où le premier président américain à accepter explicitement la légitimité du régime se trouve à la Maison Blanche. Quelque crédibilité que les mollahs aient perdue dans la rue, ils l’ont récupérée à Washington, où le président semble bizarrement moins enthousiaste pour un changement de régime en Iran que nombre d’Iraniens eux-mêmes. La timidité d’Obama témoigne d’une mauvaise conscience. À un certain niveau, il prend pour argent comptant la critique post-coloniale de l’Occident comme source des problèmes du monde en voie de développement et pense que nous n’avons pas l’autorité morale pour juger les gouvernements non-occidentaux qui nous en veulent et nous envient. Obama est parfaitement capable de lancer des attaques cinglantes et moralisantes uniquement contre son propre pays, particulièrement sous les mandats de son prédécesseur. Qui sommes-nous pour condamner ds exactions contre des manifestants pacifiques quand nous avons nous-mêmes torturé trois terroristes ? S’il n’y a aucun coût à payer pour la violation des normes internationales consistant à écraser des manifestants de chair et de sang, pourquoi y en aurait-t-il pour le non-respect flagrant des contraintes de papier de l’Agence internationale de l’énergie atomique? Rich Lowry
C’est aux Iraniens qu’il appartient de décider. Nous n’allons pas nous en mêler. (…) Mon approche c’est: attendons de voir. (…) Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en terme de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on ne l’a dit. Obama (16 juin 2009)
On tue et on bat les gens dans les rues de Téhéran et dans tout l’Iran et nous devrions les défendre. Comme nous l’avions fait pour les ouvriers polonais à Dantzig ou pour le peuple tchèque lors du printemps de Prague et comme nous avons défendu la liberté dans chaque partie du monde. Ce n’est pas ça que nous faisons en ce moment. John McCain
Those who do not observe the Islamic dress code will no longer be taken to detention centers, nor will judicial cases be filed against them. Gen. Hossein Rahimi (Tehran police chief)
Police in Iran’s capital said Thursday they will no longer arrest women for failing to observe the Islamic dress code in place since the 1979 revolution. The announcement signaled an easing of punishments for violating the country’s conservative dress code, as called for by the young and reform-minded Iranians who helped re-elect President Hassan Rouhani, a relative moderate, earlier this year. But hard-liners opposed to easing such rules still dominate Iran’s security forces and judiciary, so it was unclear whether the change would be fully implemented. (…) The semi-official Tasnim news agency said violators will instead be made to attend classes given by police. It said repeat offenders could still be subject to legal action, and the dress code remains in place outside the capital. For nearly 40 years, women in Iran have been forced to cover their hair and wear long, loose garments. Younger and more liberal-minded women have long pushed the boundaries of the official dress code, wearing loose headscarves that don’t fully cover their hair and painting their nails, drawing the ire of conservatives. Iran’s morality police— similar to Saudi Arabia’s religious police— typically detain violators and escort them to a police van. Their families are then called to bring the detainee a change of clothes. The violator is then required to sign a form that they will not commit the offense again. (…) Last year, police in Tehran announced plans to deploy 7,000 male and female officers for a new plainclothes division — the largest such undercover assignment in memory – to monitor public morality and enforce the dress code. AP
Anti-government protests broke out in Iran for the third day running on Saturday as separate state-sponsored rallies were staged to mark the end of unrest that shook the country in 2009, according to Iranian news agencies and state media. (…) Iranian authorities have arrested 50 people since protests erupted across the country on Wednesday. (…) State-sponsored mass rallies were scheduled in more than 1,200 cities and towns, state TV said – events held annually to commemorate the end of months of street protests that followed Mahmoud Ahmadinejad’s disputed re-election as president. (…) The Iranian government declared that trains and schools will be closed on Sunday because of the protests. Social Media reported in Farsi and Arabic that the protesters were shouting slogans that included “Not Gaza, Not Lebanon, my soul for Iran” and ”Leave Syria, think of how we are doing.”  Videos on social media showed Mashhad, the second largest city in Iran, where residents shouted “death to the president” and “death to the dictator.” In Qom, a holy city to Shi’ite Muslims and one of the most religious cities in Iran, residents also joined the protest against the Islamic republic. The Jerusalem Post
A durable truth about dictatorships is that their surface stability disguises discontent that needs only a spark to ignite. The world saw such an eruption in Iran in 2009 after a stolen election, and the last two days have seen outbursts in Iranian cities that again reveal simmering unhappiness with clerical rule. The protests started Thursday in Mashhad, Iran’s second-most populous city, ostensibly as a revolt against rising prices, corruption and unemployment. The demonstrations soon spread across the country and have grown into a broader display of discontent with Supreme Leader Ali Khamenei and President Hassan Rouhani’s repressive regime. Twitter has been a venue for videos of the protests in various cities, with demonstrators shouting slogans like “Death to the dictator!” One notable theme are denunciations of the Islamic Republic’s foreign adventurism. People in Mashhad shouted, “No Gaza, no Lebanon, our lives are devoted in Iran.” And in Kermanshah, an ethnic Kurdish city, they shouted “forget about Syria, think about us.” More than 500 people died in Kermanshah last month in an earthquake as buildings collapsed. Iran’s rulers promised that the financial windfall from the 2015 nuclear deal would rebuild the country after years of struggling under nuclear sanctions. Iran’s economy is growing again, but youth unemployment still exceeds 40%. And much of the growth is coming from foreign investment in energy development that isn’t benefiting the larger population. Iran’s Revolutionary Guard Corps, the regime’s paramilitary arm, is heavily involved in the economy and uses business to finance its operations and elite lifestyle. Iranians are also frustrated that the mullahs are spending so much of their national wealth to build a Shiite version of the Persian empire to dominate the Middle East. The Revolutionary Guards are financing the Hezbollah troops fighting as mercenaries to prop up Bashar Assad in Syria. They’re also financing militias in Yemen against the Saudis and in Iraq to guarantee Iranian influence in Baghdad. Religious imperialism is expensive, as is the ballistic-missile development the regime continues despite the nuclear deal. The regime is worried enough that it is blaming foreigners for the protests and sending basiji militia to make arrests. But videos from Tehran show protesters sitting down in front of police in defiance of a crackdown. Iranians need to know that the world supports their demands for freedom. Barack Obama shamed America when he stayed mute during the 2009 protests to curry favor with the regime. So full marks to the State Department Friday for condemning “the arrest of peaceful protesters” and calling for “all nations to publicly support the Iranian people and their demands for basic rights.” President Trump shouldn’t make Mr. Obama’s mistake. The WSJ
Many reports of peaceful protests by Iranian citizens fed up with regime’s corruption & its squandering of the nation’s wealth to fund terrorism abroad. Iranian govt should respect their people’s rights, including right to express themselves. The world is watching! President Donald Trump
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
Iran’s leaders have turned a wealthy country with a rich history and culture into an economically depleted rogue state whose chief exports are violence, bloodshed, and chaos. As President Trump has said, the longest-suffering victims of Iran’s leaders are Iran’s own people. Heather Nauert (State Department)
There are many reports of peaceful protests by Iranian citizens fed up with the regime’s corruption and its squandering of the nation’s wealth to fund terrorism abroad. The Iranian government should respect their people’s rights, including their right to express themselves. Sarah Huckabee Sanders (Press secretary)
The ayatollahs still can’t provide for the basic needs of their own people-perhaps because they’ve funneled so much of that money into their campaign of regional aggression in Syria, Lebanon, Iraq, and Yemen. The protests in Mashhad show that a regime driven by such a hateful ideology cannot maintain broad popular support forever, and we should support the Iranian people who are willing to risk their lives to speak out against it. Senator Tom Cotton
Theories such as the J-curve — which argue that “revolution is most likely to occur when a long period of rising expectations and gratifications is followed by a period during which gratifications … suddenly drop off while expectations … continue to rise” — seek to explain popular mobilization in the face of contemporary poverty by linking it to previous levels of wealth for the same group. Accordingly, “the majority of revolutionaries thus are likely to be poor people at loose ends who have made some progress toward a new and better life and see themselves now failing to do so.” Here, the impact of oil price fluctuations on the shah’s regime is highly instructive. The shah’s vast, state-led development plans induced by the spike in oil revenue in the early 1970s radically increased money supply, causing spiraling inflation. Indeed, the average inflation between 1973 and 1977 was 15.66%, five times that of the preceding five-year period. When oil prices receded between 1975 and 1979, Iran suddenly experienced an economic contraction that forced the government to cut down on services even as inflation remained high. Consequentially, the relative position of the working and middle classes in Iranian society remained static, with members of these key groups seeing their ambitions thwarted as inflation eradicated anticipated socio-economic gains. That the shah, through radical measures, managed to contain inflation in 1978, one year before his fall, was evidently too little too late. As such, applied in the Iranian context, the J-curve theorem explains the revolutionary potential and fermentation of political opposition as a result of thwarted expectations of continuing increases of living standards. As such, inflation in itself is not likely to have ignited the protests in Iran. What should rather be considered is the element of thwarted expectations as a powerful and potentially motivating factor in the broader equation. To reiterate, drastically reduced inflation and the return of economic growth under Rouhani have not yet translated into sufficient job creation. This has occurred in an environment where higher anticipations about the future are clashing with a reality in which the promised dividends of the nuclear deal — which while greatly strengthening state finances — have yet to trickle down to the average Iranian. If parliament passes the Rouhani administration’s proposed budget bill for the Iranian year beginning March 21, 2018, citizens will not only face the prospect of higher fuel costs but also potentially being cut off from monthly cash subsidy payments. Despite these serious conundrums, both revolutionary theory and the Iranian experience show that although low living standards are a constant preoccupation, they are not a constant threat. Neither should socio-economic discontent be equated with effective political resistance. Without necessary resources to maintain autonomous collective organization(s) and form popular opposition that is channeled into effective political action, change remains a remote prospect. This is not to mention the absence of a forward-looking ideology that is understandable to the wider population, capable of providing a powerful alternative vision of societal order and narrative of state identity. Lastly, it should be noted that the protests come on the eve of the ninth of Dey in the Iranian calendar, marked by conservatives as the day when supporters of the political establishment decisively put an end to the protests after the 2009 elections by coming out in force. It is certainly a curious time for Ayatollah Ali Khamenei to be reminded of which constituency is the « real » bedrock of the Islamic Republic in times of crisis. Conversely, it could also serve as a reminder that the faction that is willing to put its own interests ahead of those of the broader political establishment has run its course. Regardless of the latter, given the current circumstances and the socio-economic realities of contemporary Iran, it is only a matter of when, and not whether, the protests will end. Al Monitor
Protests against high unemployment, a stagnant economy with inflationary prices and expensive overseas military interventions are spreading unpredictably fast in several cities in Iran. On Friday, protests spread to Kermanshah in the west, Tehran, Esfahan in central Iran, Rasht in the north, Ahvaz in the southwest and even Qom, the religious capital of Shiite clergy in Iran. Some of the protesters, at least, chanted for a return of “Reza Shah,” the dynasty that was overthrown by the mullahs in 1979. We remember 2009, when Barack Obama, hell-bent on a fanciful alliance with the mullahs, shamefully betrayed the Iranians who rose up, expecting to be supported by us. The Trump administration’s response is of course a welcome contrast. But one wonders: why are Iranians rebelling now? Certainly they have economic grievances, but are these really new? What has happened, recently, to explain the current uprising? I wonder whether the Iranian rebellion has been incited, at least in part, by a conviction that there finally is an administration in Washington prepared to support them, at least morally and perhaps materially. Why would Iranians think that? No doubt they have paid close attention to President Trump’s willingness to stand up to their oppressors. And perhaps Trump’s recognition of Jerusalem as Israel’s capital sent a signal that there has been a changing of the guard in Washington… maybe the fact that we now have a president who is pro-United States and pro-freedom, instead of anti-United States and pro-mullahs/Muslim Brotherhood, etc., has inspired Iranians to march for liberation. It will be interesting to see how events play out in the days to come. John Hinderaker
One thing is certain: these demonstrations would already be over, and may never have begun, if Hillary Clinton were President of the United States right now. Confronted with those 2009 demonstrations that did not go as far or demand as much, Barack Obama betrayed the demonstrators to every grisly fate that the mullahs could devise for them in their torture chambers. Bent on concluding the disastrous nuclear deal that lined their oppressors’ pockets with billions and set the world on a path to a catastrophic nuclear attack, Obama ensured that the U.S. government didn’t lift a finger or offer a word of support for the protesters, even as they were being gunned down in the streets. What a difference a presidential election makes. President Trump has already made it clear in so many ways, most notably by recognizing Jerusalem as Israel’s capital, that he has a willingness his predecessors have not possessed to stand up to violent intimidation rather than to give in to it. Clinton, Bush, and Obama all spoke about Jerusalem being the capital of Israel, but backed off from recognizing the fact as official U.S. policy, for fear that Muslims would riot and kill innocent people, and that such a recognition would jeopardize the chimerical and fruitless “peace process.” Trump, by contrast, grasped the nettle, just as he has done so in confronting an establishment media bent on discrediting and destroying him, and a Democrat and Republic political establishment determined to do the same thing. He is a rare man of courage, and courage is inspiring. The Iranians who are risking their freedom and their very lives to stand up also against violent intimidation and take to the streets all over Iran the last few days are likewise manifesting immense courage, such that the world rarely sees these days. Yet as they stand for their freedom, if they are abandoned again, as Barack Obama abandoned the Iranian protesters in 2009, it will all come to naught. But Barack Obama is gone, and Donald Trump is President. For the people of Iran, have the man and the moment met? Robert Spencer

Vous avez dit effet Trump ?

Armée et Etat menacés de surengagement militaire (URSS, 1989), conflit ouvert y compris militaire avec ses voisins sunnites soutenus par la première puissance mondiale (Reagan, 1989), présence à la Maison Blanche d’un président qui contrairement à son prédécesseur et comme en témoigne sa toute récente reconnaissance de Jérusalem n’a plus peur (Reagan, 1989) du chantage à la violence de la rue arabe, inflation et chômage qui ne baissent toujours pas, population toujours plus frustrée de la corruption endémique de sa classe dirigeante et surtout de la non-matérialisation de retombées concrètes d’un accord nucléaire qui a pourtant débloqué des dizaines de milliards de dollars, annonce d’assouplissement de ses lois vestimentaires, fermeture des écoles, suspension des liaisons ferroviaires …
A l’heure où, énième ironie de l’histoire, l’anniversaire de l’écrasement de la tentative de soulèvement …
Qui dans la plus grande indifférence d’un Monde libre dont le leader préparait alors son tristement fameux accord nucléaire avec le régime …
 Avait failli un moment déborder la fausse révolution du Mouvement vert du printemps 2009 …
Se trouve coïncider avec un ensemble de manifestations dans tout le pays contre la vie chère et le chomage …
Mais aussi à certains endroits contre le régime islamique lui-même et son lot de corruption et d’aventurisme militaire …
Comment ne pas voir …
Même si l’on connait la particulière perversité d’un régime passé maitre dans la récupération de toute contestation
Et, aujourd’hui comme alors, la tout aussi grande naïveté de l’Occident et de ses innombrables idiots utiles
Les conditions peut-être enfin réunies d’une possible révolution après bientôt 40 ans d’oppression …
Comme une nouvelle application de la loi de Tocqueville
Ou avec sa courbe en J inversé, de sa mise à jour de 1962 par le sociologue américain James Chowning Davies (toujours pas de notice Wikipedia en français ?) …
Qui, à commencer par la Tunisie et avant la confiscation que l’on sait, avait lancé le Printemps arabe il y a justement huit ans …
A savoir que « le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer » ?

Robert Spencer: The End of the Islamic Republic?
Robert Spencer
Pamgeller.com
December 30, 2017

There is no way to tell now what will be the outcome of the massive protests that are sweeping Iran, but that they are undeniably momentous, despite the cavalier treatment they have received from the establishment media in the West. They have already led to the Tehran Police announcing that they will no longer enforce the dress codes for women that were imposed after the Islamic Revolution of 1979, and more could be coming, including the downfall of the Islamic regime itself – although the mullahs are mobilizing their military, and will not go down without a fight.

Whatever happens next, what has already happened is extraordinary. Unlike the 2009 Green Movement protests, which featured protesters shouting “Allahu akbar,” signaling that all they wanted was reform of the Islamic regime, not the end of the regime itself, the protesters over the last few days have been clear, chanting: “We don’t want an Islamic Republic!” “Clerics shame on you, let go of our country!” Some have even chanted: “Reza Shah, bless your soul!”

Reza Shah was the Shah of Iran from 1925 to 1941 and the father of Mohammed Reza Pahlavi, the Shah who was overthrown in the Islamic Revolution in 1979. Reza Shah admired Turkey’s Ataturk and set Iran on a similar path of Westernization and secularization. In chanting this, the protesters are emphasizing that they do not want an Islamic Republic, and demonstrating yet again that these protests are not just about government corruption or food prices.

One thing is certain: these demonstrations would already be over, and may never have begun, if Hillary Clinton were President of the United States right now. Confronted with those 2009 demonstrations that did not go as far or demand as much, Barack Obama betrayed the demonstrators to every grisly fate that the mullahs could devise for them in their torture chambers. Bent on concluding the disastrous nuclear deal that lined their oppressors’ pockets with billions and set the world on a path to a catastrophic nuclear attack, Obama ensured that the U.S. government didn’t lift a finger or offer a word of support for the protesters, even as they were being gunned down in the streets.

What a difference a presidential election makes. Trump has come out strongly in favor of the protesters, tweeting: Many reports of peaceful protests by Iranian citizens fed up with regime’s corruption & its squandering of the nation’s wealth to fund terrorism abroad. Iranian govt should respect their people’s rights, including right to express themselves. The world is watching!”

State Department spokesperson Heather Nauert said: “Iran’s leaders have turned a wealthy country with a rich history and culture into an economically depleted rogue state whose chief exports are violence, bloodshed, and chaos. As President Trump has said, the longest-suffering victims of Iran’s leaders are Iran’s own people.” Press secretary Sarah Huckabee Sanders added: “There are many reports of peaceful protests by Iranian citizens fed up with the regime’s corruption and its squandering of the nation’s wealth to fund terrorism abroad. The Iranian government should respect their people’s rights, including their right to express themselves.”

President Trump has already made it clear in so many ways, most notably by recognizing Jerusalem as Israel’s capital, that he has a willingness his predecessors have not possessed to stand up to violent intimidation rather than to give in to it. Clinton, Bush, and Obama all spoke about Jerusalem being the capital of Israel, but backed off from recognizing the fact as official U.S. policy, for fear that Muslims would riot and kill innocent people, and that such a recognition would jeopardize the chimerical and fruitless “peace process.”

Trump, by contrast, grasped the nettle, just as he has done so in confronting an establishment media bent on discrediting and destroying him, and a Democrat and Republic political establishment determined to do the same thing. He is a rare man of courage, and courage is inspiring. The Iranians who are risking their freedom and their very lives to stand up also against violent intimidation and take to the streets all over Iran the last few days are likewise manifesting immense courage, such that the world rarely sees these days. Yet as they stand for their freedom, if they are abandoned again, as Barack Obama abandoned the Iranian protesters in 2009, it will all come to naught.

But Barack Obama is gone, and Donald Trump is President. For the people of Iran, have the man and the moment met?

Robert Spencer is the director of Jihad Watch and author of the New York Times bestsellers The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades) and The Truth About Muhammad. His new book is Confessions of an Islamophobe. Follow him on Twitter here. Like him on Facebook here.

Voir aussi:

Iranians Revolt. Why Now?

John Hineraker

Powerline

Demonstrations against that country’s regime have broken out across Iran. Radio Farda reports:

[P]rotests against high unemployment, a stagnant economy with inflationary prices and expensive overseas military interventions are spreading unpredictably fast in several cities in Iran….
***
On Friday, protests spread to Kermanshah in the west, Tehran, Esfahan in central Iran, Rasht in the north, Ahvaz in the southwest and even Qom, the religious capital of Shiite clergy in Iran.

Some of the protesters, at least, chanted for a return of “Reza Shah,” the dynasty that was overthrown by the mullahs in 1979.

https://www.radiofarda.com/embed/player/0/28946293.html?type=video

Senator Tom Cotton urged support for the protesters:

Referring to the “billions in sanctions relief the Islamic republic secured through the nuclear deal”, Arkansas Republican senator Tom Cotton wrote on his Twitter account, the ayatollahs still can’t provide for the basic needs of their own people-perhaps because they’ve funneled so much of that money into their campaign of regional aggression in Syria, Lebanon, Iraq, and Yemen”.

Senator Cotton has also insisted, “The protests in Mashhad show that a regime driven by such a hateful ideology cannot maintain broad popular support forever, and we should support the Iranian people who are willing to risk their lives to speak out against it.”

We certainly should, and the Trump administration has. Via InstaPundit, this is the strong statement released by the State Department’s spokeswoman:

We remember 2009, when Barack Obama, hell-bent on a fanciful alliance with the mullahs, shamefully betrayed the Iranians who rose up, expecting to be supported by us. The Trump administration’s response is of course a welcome contrast. But one wonders: why are Iranians rebelling now? Certainly they have economic grievances, but are these really new? What has happened, recently, to explain the current uprising?

I wonder whether the Iranian rebellion has been incited, at least in part, by a conviction that there finally is an administration in Washington prepared to support them, at least morally and perhaps materially. Why would Iranians think that? No doubt they have paid close attention to President Trump’s willingness to stand up to their oppressors. And perhaps Trump’s recognition of Jerusalem as Israel’s capital sent a signal that there has been a changing of the guard in Washington.

This is pure speculation, but maybe the fact that we now have a president who is pro-United States and pro-freedom, instead of anti-United States and pro-mullahs/Muslim Brotherhood, etc., has inspired Iranians to march for liberation. It will be interesting to see how events play out in the days to come.

Voir également:

Tehran police: No more arrests for flouting dress code

TEHRAN, Iran (AP) — Police in Iran’s capital said Thursday they will no longer arrest women for failing to observe the Islamic dress code in place since the 1979 revolution.

The announcement signaled an easing of punishments for violating the country’s conservative dress code, as called for by the young and reform-minded Iranians who helped re-elect President Hassan Rouhani, a relative moderate, earlier this year.

But hard-liners opposed to easing such rules still dominate Iran’s security forces and judiciary, so it was unclear whether the change would be fully implemented.

“Those who do not observe the Islamic dress code will no longer be taken to detention centers, nor will judicial cases be filed against them.” Tehran police chief Gen. Hossein Rahimi was quoted as saying by the reformist daily Sharq.

The semi-official Tasnim news agency said violators will instead be made to attend classes given by police. It said repeat offenders could still be subject to legal action, and the dress code remains in place outside the capital.

For nearly 40 years, women in Iran have been forced to cover their hair and wear long, loose garments. Younger and more liberal-minded women have long pushed the boundaries of the official dress code, wearing loose headscarves that don’t fully cover their hair and painting their nails, drawing the ire of conservatives.

Iran’s morality police— similar to Saudi Arabia’s religious police— typically detain violators and escort them to a police van. Their families are then called to bring the detainee a change of clothes. The violator is then required to sign a form that they will not commit the offense again.

Men can also be stopped by the police if they are seen wearing shorts or going shirtless.

Last year, police in Tehran announced plans to deploy 7,000 male and female officers for a new plainclothes division — the largest such undercover assignment in memory – to monitor public morality and enforce the dress code.

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Associated Press writer Aya Batrawy in Dubai, United Arab Emirates contributed to this report.

Voir encore:

Iran Pulse
Protests in Iran unlikely to bring about change
Despite their sudden spread, protests in Iran are unlikely to instigate the change that demonstrators desire.
Mohammad Ali Shabani
Al Monitor
December 29, 201

Following months of scattered, issue-specific protests across Iran over matters such as unpaid wages and lost deposits amid bankruptcies of unlicensed credit and financial institutions, the northeastern city of Mashhad saw protests on Dec. 28, mainly over “high prices,” with smaller rallies held in regional towns like Neyshabur and Birjand. The day after, similar protests were also held in other cities around the country. So far, the protests appear provincial: The security deputy of Tehran’s governor said fewer than 50 people gathered at a public square in the capital on Dec. 29.

Iranian authorities have stated that the protests were organized via the popular smartphone app Telegram, pointing the finger at “counter-revolutionaries.” Meanwhile, the administration of President Hassan Rouhani believes that its conservative foes are the culprits behind the unrest.

It has not been lost on observers that the initial protests featured relatively rare chants, such as “Death to Rouhani.” Mashhad is home to conservative cleric Ebrahim Raisi, Rouhani’s main rival in the May 2017 presidential election, and Raisi’s father-in-law, radical cleric Ahmad Alamolhoda, who has defied governmental authority on matters such as the holding of concerts. In this vein, the protests erupted one day after the Tehran police chief announced, in a seismic policy shift, that women would no longer be arrested over “improper veiling” but rather sent to educational classes.

Referring to Rouhani’s conservative rivals, First Vice President Eshaq Jahangiri said, “When a social and political movement is launched on the streets, those who started it will not necessarily be able to control it in the end.” He added, “Those who are behind such events will burn their own fingers. They think they will hurt the government by doing so.”

Apart from targeting high prices, chants at the rallies have also included criticism of Iran’s involvement abroad. But these slogans are not new; they predate Iran’s involvement in Iraq and Syria. Such slogans also clash with surveys that show the Iranian public strongly supports the deployment of military personnel to aid the regime of Bashar al-Assad.

Thus, rather than focusing on the idea of a conservative ploy to undermine Rouhani or that foreign policy is the driver of discontent, one should perhaps focus on the main grievance of the protesters — namely, « high prices. »

It is often assumed that low living standards and desperation will induce political mobilization. Yet protests are rarely triggered by the level of poverty in itself — namely, absolute poverty — but rather poverty on a relative contextual basis.

Enter the role of inflation. Theories such as the J-curve — which argue that “revolution is most likely to occur when a long period of rising expectations and gratifications is followed by a period during which gratifications … suddenly drop off while expectations … continue to rise” — seek to explain popular mobilization in the face of contemporary poverty by linking it to previous levels of wealth for the same group. Accordingly, “the majority of revolutionaries thus are likely to be poor people at loose ends who have made some progress toward a new and better life and see themselves now failing to do so.”

Here, the impact of oil price fluctuations on the shah’s regime is highly instructive. The shah’s vast, state-led development plans induced by the spike in oil revenue in the early 1970s radically increased money supply, causing spiraling inflation. Indeed, the average inflation between 1973 and 1977 was 15.66%, five times that of the preceding five-year period.

When oil prices receded between 1975 and 1979, Iran suddenly experienced an economic contraction that forced the government to cut down on services even as inflation remained high. Consequentially, the relative position of the working and middle classes in Iranian society remained static, with members of these key groups seeing their ambitions thwarted as inflation eradicated anticipated socio-economic gains. That the shah, through radical measures, managed to contain inflation in 1978, one year before his fall, was evidently too little too late. As such, applied in the Iranian context, the J-curve theorem explains the revolutionary potential and fermentation of political opposition as a result of thwarted expectations of continuing increases of living standards.

In post-revolutionary Iran, inflation has stubbornly remained in the double digits, with few exceptions. During the Iran-Iraq War, from 1980-88, inflation averaged 17.8%. In the subsequent reconstruction era, under then-President Akbar Hashemi Rafsanjani (1989-97), it averaged 25.28%, with a record peak of 49.4% in the Iranian year ending March 1996. Under Reformist President Mohammad Khatami (1997-2005), inflation was contained at an average of 15.76%. Then, under conservative President Mahmoud Ahmadinejad (2005-13) — who oversaw unprecedented oil revenues and a massive increase in money supply with his signature Mehr Housing Scheme, not to mention a 300% devaluation of the rial triggered by sanctions — inflation averaged 17.66%, peaking above 30% in his final year in office.

When Rouhani first took office in August 2013, annual inflation ran at 34.7%. Discounting this annus horribilis, Iran has experienced an average inflation of 11.9% since March 2014 — the lowest under any Iranian president. In the previous Iranian year ending March 20, 2017, it averaged 8.9%.

Yet while he has slashed inflation by 70% since taking office, living costs have still risen under Rouhani amid increased unemployment, which has particularly hit women, the young and the educated. Despite strong economic growth, joblessness is projected by the International Monetary Fund to remain around 12% in coming years, partly due to the large number of job market entrants, given Iran’s demographic profile. Bloomberg has an excellent graphic on the dynamic between the cut in inflation and the rising cost of living.

As such, inflation in itself is not likely to have ignited the protests in Iran. What should rather be considered is the element of thwarted expectations as a powerful and potentially motivating factor in the broader equation.

To reiterate, drastically reduced inflation and the return of economic growth under Rouhani have not yet translated into sufficient job creation. This has occurred in an environment where higher anticipations about the future are clashing with a reality in which the promised dividends of the nuclear deal — which while greatly strengthening state finances — have yet to trickle down to the average Iranian. If parliament passes the Rouhani administration’s proposed budget bill for the Iranian year beginning March 21, 2018, citizens will not only face the prospect of higher fuel costs but also potentially being cut off from monthly cash subsidy payments.

Despite these serious conundrums, both revolutionary theory and the Iranian experience show that although low living standards are a constant preoccupation, they are not a constant threat. Neither should socio-economic discontent be equated with effective political resistance. Without necessary resources to maintain autonomous collective organization(s) and form popular opposition that is channeled into effective political action, change remains a remote prospect. This is not to mention the absence of a forward-looking ideology that is understandable to the wider population, capable of providing a powerful alternative vision of societal order and narrative of state identity.

Lastly, it should be noted that the protests come on the eve of the ninth of Dey in the Iranian calendar, marked by conservatives as the day when supporters of the political establishment decisively put an end to the protests after the 2009 elections by coming out in force. It is certainly a curious time for Ayatollah Ali Khamenei to be reminded of which constituency is the « real » bedrock of the Islamic Republic in times of crisis. Conversely, it could also serve as a reminder that the faction that is willing to put its own interests ahead of those of the broader political establishment has run its course. Regardless of the latter, given the current circumstances and the socio-economic realities of contemporary Iran, it is only a matter of when, and not whether, the protests will end.

Mohammad Ali Shabani is Al-Monitor’s Iran Pulse Editor and a doctoral researcher at SOAS, University of London, where he focuses on Iranian foreign policy. His work has appeared in outlets such as the New York Times, National Interest and BBC World News. He has also offered commentary on CNN and Al Jazeera English among other leading channels. On Twitter: @mashabani

Voir de plus:

Iranian protests escalate, government cancels schools and trains

Social Media in Farsi and Arabic reported that the protesters are shouting the slogan not Gaza, Not Lebanon, my soul for Iran.’
Reuters, Yasser Okbi/Maariv
The Jerusalem Post
December 30, 2017

DUBAI – Anti-government protests broke out in Iran for the third day running on Saturday as separate state-sponsored rallies were staged to mark the end of unrest that shook the country in 2009, according to Iranian news agencies and state media.

State television showed a rally in the capital Tehran as well as marchers carrying banners in support of Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei in Mashhad, Iran’s second largest city where protests over prices turned political on Thursday.
Iranian authorities have arrested 50 people since protests erupted across the country on Wednesday.

US President Donald Trump Tweeted that « the good people of Iran » want change.

State-sponsored mass rallies were scheduled in more than 1,200 cities and towns, state TV said – events held annually to commemorate the end of months of street protests that followed Mahmoud Ahmadinejad’s disputed re-election as president.

The Iranian government declared that trains and schools will be closed on Sunday because of the protests.

Social Media reported in Farsi and Arabic that the protesters were shouting slogans that included “Not Gaza, Not Lebanon, my soul for Iran” and ”Leave Syria, think of how we are doing.”

Videos on social media showed Mashhad, the second largest city in Iran, where residents shouted “death to the president” and “death to the dictator.”

In Qom, a holy city to Shi’ite Muslims and one of the most religious cities in Iran, residents also joined the protest against the Islamic republic.

The Iranian authorities warned citizens not to take part in any “unlawful assemblies” and cautioned that people who take part in protests might cause problems to themselves and others.

Openly political protests are rare in the Islamic Republic, where security services are omnipresent.

But there is considerable discontent over high unemployment, inflation and alleged graft. Some of the new protests have turned political over issues including Iran’s costly involvement in regional conflicts such as those in Syria and Iraq.

Joblessness has risen and annual inflation is running at about 8 percent, with shortages of some foods contributing to higher prices and hardship for many families.

Voir de même:

http://www.tabletmag.com/scroll/252332/why-cant-the-american-media-cover-the-protests-in-iran »>Why Can’t the American Media Cover the Protests in Iran?
Because they have lost the ability to cover real news when it
Lee Smith
Tabletmag
December 30, 2017

As widespread anti-regime protests in Iran continue on into their third day, American news audiences are starting to wonder why the US media has devoted so little coverage to such dramatic—and possibly history-making—events. Ordinary people are taking their lives in their hands to voice their outrage at the crimes of an obscurantist regime that has repressed them since 1979, and which attacks and shoots them dead in the streets. So why aren’t the protests in Iran making headlines?

The short answer is that the American media is incapable of covering the story, because its resources and available story-lines for Iran reporting and expertise were shaped by two powerful official forces—the Islamic Republic of Iran, and the Obama White House. Without government minders providing them with story-lines and experts, American reporters are simply lost—and it shows.

It nearly goes without saying that only regime-friendly Western journalists are allowed to report from Iran, which is an authoritarian police state that routinely tortures and murders its political foes. The arrest and nearly two-year detention of Washington Post reporter Jason Rezaian drove this point home to American newsrooms and editors who might not have been paying attention. The fact that Rezaian was not an entirely hostile voice who showed “the human side” of the country only made the regime’s message more terrifying and effective: We can find you guilty of anything at any time, so watch your step.

The Post has understandably been reluctant to send someone back to Iran. But that’s hardly an excuse for virtually ignoring a story that threatens to turn the past eight years of conventional wisdom about Iran on its head. If the people who donned pink pussy hats to resist Donald Trump are one of the year’s big stories, surely people who are shot dead in the streets in Iran for resisting an actual murderous theocracy might also be deserving of a shout-out for their bravery.

Yet the Post’s virtual news blackout on Iran was still more honorable than The New York Times, whose man in Tehran Thomas Erdbrink is a veteran regime mouthpiece whose official government tour guide-style dispatches recall the shameful low-point of Western media truckling to dictators: The systematic white-washing of Joseph Stalin’s monstrous crimes by Times Moscow correspondent Walter Duranty.

Here’s the opening of Erdbrink’s latest dispatch regarding the protests:

Protests over the Iranian government’s handling of the economy spread to several cities on Friday, including Tehran, in what appeared to be a sign of unrest.

“Appeared”? Protests are by definition signs of unrest. The fact that Erdbrink appears to have ripped off the Iran’s government news agency Fars official coverage of the protests is depressing enough—but the function that these dispatches serve is even worse. What Iranians are really upset about, the messaging goes, isn’t the daily grind of living in a repressive theocratic police state run by a criminal elite that robs them blind, but a normal human desire for better living standards. Hey, let’s encourage European industry to invest more money in Iran! Didn’t the US overthrow the elected leader of Iran 70 years ago? Hands off—and let’s put more money in the regime’s pocket, so they can send the protesters home in time for a hearty dinner, and build more ballistic missiles, of course. Erdbrink is pimping for the regime, and requesting the West to wire more money, fast.

Selling the protesters short is a mistake. For 38 years Iranian crowds have been gathered by regime minders to chant “Death to America, Death to Israel.” When their chant spontaneously changes to “Down with Hezbollah” and “Death to the Dictator” as it has now, something big is happening. The protests are fundamentally political in nature, even when the slogans are about bread. But Erdbrink can hardly bring himself to report the regime’s history of depredations since his job is to obscure them. He may have been a journalist at one point in time, but now he manages the Times portfolio in Tehran. The Times, as Tablet colleague James Kirchik reported for Foreign Policy in 2015, runs a travel business that sends Western tourists to Iran. “Travels to Persia,” the Times calls it. If you’re cynical, you probably believe that the Times has an interest in the protests subsiding and the regime surviving—because, after all, anyone can package tours to Paris or Rome.

Networks like like CNN and MSNBC which have gambled their remaining resources and prestige on a #Resist business model are in even deeper trouble. Providing media therapy for a relatively large audience apparently keen to waste hours staring at a white truck obscuring the country club where Donald Trump is playing golf is their entire business model—a Hail Mary pass from a business that had nearly been eaten alive by Facebook and Google. First down! So it doesn’t matter how many dumb Trump-Russia stories the networks, or the Washington Post, or the New Yorker get wrong, as long as viewership and subscriptions are up—right?

The problem, of course, is that the places that have obsessively run those stories for the past year aren’t really news outfits—not anymore. They are in the aromatherapy business. And the karmic sooth-sayers and yogic flyers and mid-level political operators they employ as “experts” and “reporters” simply aren’t capable of covering actual news stories, because that is not part of their skill-set.

The current media landscape was shaped by years of an Obama administration that made the nuclear deal its second-term priority. Talking points on Iran were fed to reporters by the White House—and those who veered outside government-approved lines could expect to be cut off by the administration’s ace press handlers, like active CIA officer Ned Price. It’s totally normal for American reporters to print talking points fed to them daily by a CIA officer who works for a guy with an MA in creative writing, right? But no one ever balked. The hive-mind of today’s media is fed by minders and validated by Twitter in a process that is entirely self-enclosed and circular; a “story” means that someone gave you “sources” who “validate” the agreed upon “story-line.” Someone has to feed these guys so they can write—which is tough to do when real events are unfolding hour by hour on the ground.

The United States has plenty of real expertise about Iran—not just inside think-tanks but throughout the country. The Los Angeles area alone hosts some 800,000 people of Iranian heritage, none of whom are among the “Iran experts” who are regularly featured in the press. Most of the “experts” tapped by the media to comment on Iranian matters have been credentialed and funded by pro-Iran deal organizations like Trita Parsi’s National Iranian American Council. They are propagandists for the regime. Others, like Hooman Majd and Hussein Moussavian, were actually regime functionaries, who now distribute a more sophisticated brand of pro-regime propaganda inside the US.

The election of Rouhani represents a moderate trend in Iranian politics that the United States should encourage. The cash windfall that will come to the regime as a result of sanctions relief will be spent to repair the economy and address the needs of the Iranian people. Etc Etc.

Americans were systematically bombarded by craven regime “talking points” on mainstream and elite media throughout the Obama presidency—because the president had his eye on making a historic deal with Iran that would secure his “legacy.” Anyone who suggested that there was no real difference between Iranian moderates and hardliners, that the regime will spend its money on its foreign wars, not its own people, was shouted down. Anyone who also belonged to the pro-Israel community—meaning that they cared, among other things, about democratic governance in the Middle East—was denounced as a deceitful dual loyalist who thirsted to send innocent American boys off to war. You know, like those hook-nosed banker cartoons that once enlivened the pages of German newspapers.

Of course it’s difficult to understand what’s happening in Iran now—the Obama White House and the press sidelined anyone who was not on board with the president’s main political goal. To sell the public on the Iran Deal, the Obama administration promoted hack “reporters” and “experts” who would peddle its fairy-tale story-lines, while setting social media mobs on whoever was brave or stupid or naïve or well-informed enough to cast doubt on its cock-eyed picture of Iran—including independent reporters like David Sanger of the Times, as well as the president’s entire first-term foreign policy cabinet.

The current coverage of the protests sweeping across Iran is bad by design. The Obama administration used the press to mislead the American public in order to win the president’s signature foreign policy initiative. The bill for that program of systematic misinformation is still coming in, and the price is much higher than anyone could have imagined, including more than 500,000 dead in Syria and an American press incapable of understanding, never mind reporting, that this death toll was part of Obama’s quid pro quo for the nuclear deal.

And what was gained? America enriched and strengthened a soon-to-be nuclear regime that murders its neighbors abroad while torturing, oppressing, and impoverishing its own citizens. Whether the current wave of protests is successful or not, they show that the Iranian people are heartily sick of the regime that Obama and his servants spent eight years of his Presidency praising and propping up.

Lee Smith is the author of The Consequences of Syria.

Voir enfin:

Les Temps Modernes

2011/3 (n° 664)


« Il aimait flâner dans l’attente de l’imprévisible. […] La pensée d’affronter les autorités l’emplissait même d’une singulière allégresse. […] La fureur était bannie de cette foule qui se mouvait dans l’éternité ; elle semblait animée d’une joie savante, qu’aucune torture, aucune oppression ne parvenait à éteindre. »

Albert Cossery, Mendiants et Orgueilleux, 1955

L’étude comparée des révolutions et des changements de régime livre des enseignements précieux pour comprendre les révoltes arabes actuelles et les dynamiques politiques en cours au Moyen-Orient. La loi primordiale des révolutions est qu’il n’y a pas de lois des révolutions [1][1] Charles Tilly, Les Révolutions européennes, 1492-1992,…. Tout processus révolutionnaire contient un élément d’imprévisibilité pour ses protagonistes, y compris les plus actifs, qui voient s’ouvrir heure après heure, au fil de ce qu’ils qualifient alors d’événements, des possibles inédits. De cette ouverture en cascades d’horizons nouveaux vient l’impression, partagée, y compris par des observateurs lointains, du caractère inouï — d’une improbabilité radicale — de la révolte.

Dans le cas des récents soulèvements arabes, ce sentiment s’est exprimé de deux manières. D’un côté, par l’exaltation enthousiaste de la puissance intemporelle de la rébellion — juste reconnaissance, il est vrai, du courage et de la résolution déployés par les insurgés et les manifestants. De l’autre, par l’étonnement, presque automatique lui aussi — et teinté de scepticisme —, face à des actions jugées impensables dans un espace et des sociétés où l’on tenait jusqu’alors la soumission pour un trait culturel et la démocratie pour une impossibilité structurelle. Que des Arabes ou des musulmans se révoltent, ce devait être inconcevable ou bien louche. Et gare sinon aux avancées discrètes et dangereuses des factions islamistes …

Révolutions inéluctables ou sinon héroïques ? Ou bien révolutions impossibles ou pour le moins douteuses ? Quels que soient les temps et les lieux, ce sont là les images les plus courantes pour se représenter ces conjonctures d’effervescence politique. Sur le terrain des analyses historiques également, il y a ceux qui voient ces ruptures comme le produit de forces contenues dans l’épaisseur du temps : lois immanentes d’engendrement des moments critiques, permanence quasi ontologique d’une disposition au refus. Mais il y a aussi ceux qui partent au contraire avec l’idée que les révoltes collectives sont naturellement rares et fragiles à cause du coût élevé des engagements — la mort parfois — au regard de la faiblesse des espérances de gains. A moins que n’existe déjà une avant-garde du commun pour compenser cette propension à faire cavalier seul en dehors des mouvements sociaux : des hommes, des femmes, des groupes littéralement « extraordinaires », résistants de la première ou de la dernière heure, capables d’en entraîner d’autres ou de continuer le combat par-delà les défaites [2][2] Entre autres formulations plus ou moins sophistiquées….

Rien n’est par conséquent plus difficile, face aux phénomènes vécus ou observés de révoltes populaires, que d’éviter ces jeux de miroir ou de balancier allant de l’enchantement au désenchantement, ces hésitations entre représentations héroïques et conceptions déterministes de l’histoire. C’est que de telles oscillations constituent la matière même des crises politiques [3][3] Michel Dobry, Sociologie des crises politiques, Paris,…. Toutes les grandes ruptures historiques sont en effet tissées d’expériences cruciales où la peur et l’espérance changent de camp, où la courbure des affects et des jugements inverse son cours et prend soudainement une direction opposée. Identifier, localiser ces points d’inflexions dans les fils entremêlés des révoltes arabes actuelles est ce qui permet de situer leur singularité historique et la manière dont elles bouleversent nos connaissances préalables sur les mobilisations et les révolutions.

Bien que les soulèvements réussis ne suivent, dans l’histoire, aucune loi générale, il n’est pas impossible de rechercher leurs conditions d’apparition. Dans la tradition des études politiques, ces conditions des révoltes et des révolutions ont été généralement rapportées à plusieurs facteurs plus ou moins indépendants : la structure sociale, le système politique, l’économie, la géographie, la démographie, la psychologie des populations, la culture ou même le climat, etc. Dans le cas des révoltes tunisiennes ayant conduit à la chute du Président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011, et des mobilisations égyptiennes ayant provoqué moins d’un mois plus tard l’abandon du pouvoir par Hosni Moubarak, la plupart de ces causes ont été convoquées après coup pour rendre compte, comme si leur force avait toujours déjà été anticipée, de la propension particulière de ces deux sociétés à changer de régime.

On a noté ainsi, sur le plan démographique, qu’il existait une corrélation forte entre les demandes démocratiques et trois facteurs indépendants : la hausse de l’alphabétisation, la baisse de la fécondité — particulièrement faible en Tunisie et est passée au Maghreb de six enfants par femmes au début des années 1980 à un peu plus de deux aujourd’hui — et la baisse de l’endogamie qui se traduirait par une extension des chaînes de confiance entre les individus et leurs groupes [4][4] Youssef Courbage, Emmanuel Todd, Le Rendez-vous des…. A ces tendances de longue durée, on pourrait ajouter des éléments de conjoncture économique comme la flambée récente des prix agricoles appauvrissant des populations qui, dans la moyenne durée, sont moins rurales qu’autrefois, même en Egypte, et parfois urbanisées, comme dans les monarchies pétrolières. Les régimes autoritaires qui ont été renversés, ou qui sont en crise actuellement, ont déjà connu par le passé des émeutes de la faim réprimées dans le sang. La période actuelle se caractérise aussi par une pauvreté absolue encore importante et croissante dans plusieurs pays, puisqu’elle touche par exemple plus d’un cinquième de la population en Egypte et près de la moitié au Yémen. Alors que la jeunesse de moins de vingt-cinq ans est majoritaire dans la plupart des pays du Moyen-Orient, les taux de chômage de cette tranche d’âge sont très importants, atteignant environ 30 % en Egypte, selon les sources, ou 32 % au Maroc, avec de fortes disparités géographiques qui font que près de deux tiers des habitants sont sans emploi dans certaines régions tunisiennes. L’immolation dans ce pays le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, de Mohamed Bouazizi, jeune marchand de fruits et légumes, est symptomatique du désespoir de la jeunesse de plusieurs pays arabes. Mais la paupérisation absolue ou relative d’une population plus alphabétisée n’est que la première pierre des explications des révoltes arabes actuelles.

La situation spécifique des jeunes diplômés fait apparaître un autre facteur. Dans le cas tunisien — exemplaire de ce point de vue — 60 000 diplômés de l’enseignement supérieur arrivent chaque année sur le marché du travail, alors que plusieurs dizaines de milliers sont inscrits à l’Agence nationale de l’emploi et du travail indépendant (ANETI). Selon une étude réalisée par Carnegie Moyen-Orient, ces jeunes diplômés sont plus affectés par le chômage que la moyenne des Tunisiens : tandis que l’absence d’emploi formel concerne 13,3 % de la population, 21,1 % des jeunes ayant obtenu une qualification sont chômeurs. En Algérie, les jeunes diplômés sans emploi sont deux fois plus nombreux que dans des pays ayant le même niveau de revenu par habitant. Nombreux sont les commentateurs ayant eu recours à l’image de la bombe à retardement lorsqu’ils évoquaient ces données sur la jeunesse.

L’étude des révolutions, depuis Tocqueville, considère en effet ce type de situations comme explosives. Il est en fait courant d’interpréter les situations révolutionnaires non pas comme le produit d’une frustration absolue liée par exemple à la paupérisation, mais comme celui d’une « frustration relative » où des réalités sociales négatives viennent briser la course des anticipations positives de l’avenir [5][5] James C. Davies, « The J-Curve of Rising and Declining…. Les jeunes diplômés de la société tunisienne auraient ainsi nourri des aspirations d’ascension sociale par l’investissement éducatif, aspirations qui sont aujourd’hui désajustées par rapport aux opportunités effectives offertes par le marché de l’emploi national [6][6] C’est le principal schème explicatif déployé dans Pierre…. Or, cet investissement dans l’enseignement supérieur avait été réalisé par leurs parents au prix d’importantes privations. Le désespoir de la jeunesse diplômée constitue donc une cause d’emblée intergénérationnelle et en partie interclassiste concernant une grande partie de la population.

La déception au sujet des rendements de l’investissement éducatif touche principalement les classes moyennes. Ces groupes ont, depuis plusieurs générations, le sentiment d’un profond déclassement qui aurait agi dans le « printemps arabe » comme un ressort supplémentaire de la révolte. N’a-t-on pas souligné le rôle des professions libérales — avocats mais aussi médecins — dans les mobilisations d’Egypte, mais également en Iran pendant les grandes révoltes de l’hiver 2009 ou au Maroc avec les jeunes journalistes le 25 mars dernier, et encore en Libye, à Benghazi par exemple ? Le processus de la révolte a rendu possible localement, dans les assemblées populaires ou les places publiques occupées par les mouvements, des jonctions improbables et parfois inédites entre fractions éduquées des classes moyennes et lumpenprolétaires urbains. Or il n’existe pas de moments révolutionnaires sans ce type de coalitions entre groupes qui, en temps ordinaire, ne se rencontrent pas, ni sans la mobilisation d’une fraction d’intellectuels déclassés. C’est aussi la raison pour laquelle la rencontre des étudiants et des prolétaires insatisfaits reste, depuis 1968 en Occident, l’horizon imaginaire des révoltés. Et dans les mouvements arabes actuels, le déclassement partagé par des jeunes issus de milieux sociaux différents aurait favorisé cette alliance improbable.

Il reste que toutes ces données psychologiques et sociologiques au sujet des espérances déçues et des convergences éphémères d’intérêts entre groupes sociaux ne deviennent agissantes que dans la mesure où le système politique est incapable d’en canaliser la charge éventuelle. La sociologie comparée des révolutions est ici catégorique : il n’existe pas de ruptures révolutionnaires ayant eu lieu dans des démocraties entendues comme des régimes non autoritaires où la compétition politique est pluraliste [7][7] Jeff Goodwin, No Other Way Out. States and Revolutionary… ; les révolutions de l’après-guerre dans le monde, singulièrement dans les pays du Sud, ont presque toujours eu lieu face à des régimes qui concentraient les pouvoirs [8][8] John Foran, Taking Power : On the Origins of Third…. Les révoltes arabes en cours ne font pas exception à cette règle. Dans plusieurs de ces sociétés, les moins de trente ans ont connu un seul dirigeant politique dans leur vie. Or Ben Ali, avant ses derniers jours de pouvoir, n’avait donné aucune limite au nombre potentiel de ses réélections. Quant à Moubarak, il avait prévu d’instituer une dynastie familiale. En tenant compte de leur âge, ces projets témoignaient de la fermeture durable de l’espace politique.

Les révoltes arabes ont lieu dans des systèmes politiques à la fois plébiscitaires et sécuritaires où les groupes qui monopolisent la coercition violente ont un rôle considérable dans la société : la police en Tunisie, les forces de sécurité en Egypte, la Garde républicaine, les forces de sécurité centrales et la Garde spéciale du Président au Yémen, des forces civiles armées dans les deux premiers pays (comme les pasdarans en Iran) et des forces paramilitaires ou des mercenaires étrangers, parfois, comme en Libye. Dans tous ces pays, la force du complexe sécuritaire a été renforcée par les politiques américaines et occidentales postérieures au 11 septembre 2001 et par les croisades antiterroristes. On estime ainsi qu’une personne sur cent en Tunisie travaillait d’une manière ou d’une autre pour le ministère de l’Intérieur.

La pénétration de l’Etat sécuritaire et de ses réseaux dans les sociétés arabes doit également être mise en relation avec le reflux de l’Etat dans les domaines sociaux, éducatifs et de santé. L’Egypte, la Tunisie et plusieurs pays qui connaissent aussi une crise politique ont appliqué docilement, depuis les années 1980, les recettes néo-libérales du « Consensus de Washington ». Mais ce qu’on appelle néo-libéralisme n’est pas un retrait simple de l’Etat. C’est plutôt le produit d’un mouvement contradictoire d’intervention active et permanente pour diminuer ses prérogatives et les transférer auprès d’opérateurs privés [9][9] Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Paris,…. C’est dans ce contexte qu’il faut interpréter la croissance notable du nombre des ONG au Moyen-Orient, comme en Egypte, par exemple, où elles sont aujourd’hui 20 000, mais également en Syrie, en Tunisie, au Maroc. Le développement de ce tissu est politiquement ambivalent. La formule politique axiomatique du néo-libéralisme est la mise en concurrence. Dans les pays du Sud, cela s’est traduit depuis les années 1990 par une promotion de la part des institutions internationales comme la Banque mondiale, d’organes de la société civile qui se substituent à l’Etat pour l’action publique et de règles du jeu politique formellement plus démocratiques [10][10] Nicolas Guilhot, The Democracy Makers. Human Rights…. Les régimes autoritaires du monde arabe se sont donc « mis à jour » : ils ont répondu à ces injonctions en autorisant des partis, en organisant des élections, en incitant au développement des ONG [11][11] Steven Heydemann, « Upgrading Authoritarianism in the…. Ces nouveaux acteurs civils ne sont souvent que des sous-traitants ou des auxiliaires de l’Etat. Il serait d’ailleurs possible de situer ainsi l’importance des confréries musulmanes et leur rôle dans l’éducation et la santé des populations en Egypte. Voilà pourquoi la concentration des fonctions sécuritaires se juxtapose à l’éclatement de la régulation politique de la société. Mais ce hiatus de plus en plus criant depuis dix ans a certainement été de nature à renforcer la propension à la révolte.

L’affaissement préalable de l’Etat est une autre condition absolue de déclenchement des processus révolutionnaires [12][12] « Pour que la révolution éclate, écrivait Lénine, il…. Au Yémen, par exemple, l’Etat est en proie depuis longtemps à des conflits armés. En Jordanie, il est appauvri. En Libye, il n’a jamais été constitué comme entité relativement autonome par rapport aux intérêts du clan de Kadhafi. De ce point de vue, la configuration libyenne exprime à l’extrême un des traits saillants des régimes qui sont actuellement contestés, comme la Syrie ou l’Algérie : l’appropriation par les dirigeants et leur proche entourage des revenus de l’Etat, le degré élevé de corruption à son plus haut niveau. Ici encore cette tendance a été renforcée par les politiques néolibérales, dans la mesure où elles favorisent les collusions entre hauts fonctionnaires ou ministres et acteurs privés qui bénéficient de la démonopolisation de certaines activités antérieurement publiques. Dans certains cas, comme en Tunisie et une partie de l’Egypte, l’expérience de la corruption des pouvoirs publics est presque quotidienne car la protection d’intérêts particuliers par l’Etat existe à tous les niveaux de la machine bureaucratique, y compris coercitive [13][13] Béatrice Hibou, La Force de l’obéissance. Economie….

Le sentiment d’avoir été abandonné par les pouvoirs publics et la colère contre l’appropriation des ressources nationales par de petites cliques sont des éléments fondamentaux des révoltes actuelles. En Tunisie, en Egypte, en Syrie, au Maroc, des figures d’hommes d’affaires ou bien de membres de la famille au pouvoir, comme les Trabelsi en Tunisie — clan de la seconde épouse du Président déchu —, ou bien ayant bénéficié des largesses de celle-ci, comme Rami Makhlouf en Syrie — cousin de Bachar Al-Assad —, ont été dénoncées publiquement pendant les mobilisations. Dans les jours qui ont accompagné la chute des régimes, les biens et les résidences de ces nouveaux accapareurs et de ces trafiquants ont constitué des cibles de choix pour les manifestants. Le gel et la récupération des fonds des dirigeants et de leur entourage font partie d’une des premières revendications des mouvements victorieux.

Que l’universalité supposée de l’Etat soit autant bafouée explique aussi l’importance, constatée par plusieurs observateurs, de l’identification nationale dans les mouvements égyptiens et tunisiens ainsi que dans d’autres révoltes arabes encore indécises [14][14] Olivier Roy, « Révolution postislamiste », Le Monde,…. L’agitation des drapeaux nationaux sur les places publiques occupées et dans les affrontements de rue permet d’affirmer une unité collective perdue — les nationalismes sont en reflux au Moyen-Orient depuis la fin des années 1960 — et d’opposer l’image idéalisée d’un peuple indivis à la réalité brutale d’un Etat privatisé. En Libye, les insurgés ont ainsi ressuscité le drapeau que s’était donné le pays avant que Kadhafi n’y conquière le pouvoir il y a quarante deux ans. Car c’est une autre condition nécessaire, quoique insuffisante, des processus révolutionnaires que de ménager un espace d’identification commun, au sein duquel il devient possible ensuite de s’affronter, même violemment, mais dans les limites d’un attachement primordial partagé.

L’étiologie des révoltes arabes ne peut donc faire l’économie d’une réflexion sur les rebelles et leurs communautés. Il n’y a jamais eu de révolutions sans l’existence ou la formation d’une culture d’opposition politique au régime en place [15][15] John Foran, op. cit.. Or la plupart des experts et des commentateurs occidentaux ont insisté sur la faiblesse des forces politiques de contestation des autorités arabes : partis d’opposition fantoches, leaders réprimés ou exilés, espaces publics muselés, société civile sous contrôle ou, dans le cas libyen, défaut d’organisation des mouvements spontanés de résistance, etc. Avec l’invocation de l’importance des moyens coercitifs des Etats, cette déploration représente toujours la raison principale du scepticisme vis-à-vis du mouvement historique en cours : elle justifiait hier les pronostics pessimistes quant à la probabilité d’une chute de régime en Tunisie et surtout en Egypte ; elle explique aujourd’hui les éventuelles déceptions de demain quant au caractère plus ou moins démocratique de la transition. Il reviendra aux historiens du futur de préciser, dans chaque cas national, la logique de formation de ces cultures d’opposition et la part exacte qu’ont tenue les événements les plus récents par rapport à des tendances plus profondes. D’ores et déjà cependant, la surprise généralisée provoquée par ces mouvements permet de souligner la limite du discours sceptique et de soulever quelques problèmes intéressants pour l’analyse des processus révolutionnaires.

Le premier concerne la formation des réseaux qui ont rendu possibles les mobilisations du Moyen-Orient. Si l’époque incline à l’explication réticulaire ou médiacentrée du monde social, cette tendance est ici renforcée par le fait que la mise en valeur, dans les analyses sociales et politiques du monde arabe, des contre-sociétés à fort « esprit de corps » (asabiyya) est une constante depuis Ibn Khaldoun. L’insistance des commentateurs porte surtout sur les nouveaux médias et les réseaux sociaux comme Facebook ou de chaînes de télévision comme Al Jazeera. N’est-ce pas le chef du marketing de l’entreprise multinationale Google au Proche-Orient, Waël Ghonim, qui a créé en 2009 la page Facebook « Nous sommes tous des Khaled Saïd », après la mort de ce jeune homme tabassé par la police à Alexandrie devant un cybercafé ? C’est un slogan analogue qui est repris après la mort de Mohamed Bouazizi en Tunisie. Et Ghonim fut également l’un de ceux qui ont lancé l’idée d’une manifestation publique de rue le 25 janvier dernier, dix-huit jours seulement avant la chute du régime de Moubarak. Si l’action des réseaux sociaux de la jeunesse éduquée et d’autres médias intervient certainement dans la mobilisation collective du monde arabe, elle dépend néanmoins du taux d’équipement des populations (inférieur à 10 % en Egypte et moindre encore pour les téléphones portables) et des usages socialement très différenciés de ces médias.

Les nouveaux médias se superposent à des réseaux plus anciens qui structurent depuis longtemps les sociabilités du Moyen-Orient : syndicats, comme l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) ; groupes d’ouvriers grévistes, comme ceux des usines textiles de Mahallah El-Kubra dans le nord de l’Egypte, mobilisés en 2007 ; universités ; cercles des notabilités locales périphériques plus puissantes qu’autrefois à cause du retrait de l’Etat et du gonflement des classes intermédiaires ; quartiers des villes moyennes de province et des grandes métropoles, dont la mixité sociale est souvent beaucoup plus importante qu’en Occident, comme dans certaines parties du Caire, etc. Et s’il est vrai qu’il n’existe pas d’« alternative associative » aux partis et aux mouvements d’opposition souvent inexistants [16][16] Michel Camau, « Sociétés civiles “réelles” et téléologie…, le développement des ONG a pu toutefois représenter une infrastructure mobilisable dans les révoltes en cours — en particulier dans certains mouvements de défense des droits de l’homme, comme la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, ou chez leurs avocats et des organisations semblables en Syrie, au Maroc, en Iran. Absente des débuts du mouvement égyptien, la confrérie des Frères musulmans représente aussi un des plus puissants réseaux de solidarité, bien qu’il ait été politiquement dominé sous le pouvoir antérieur.

Autre approche de la révolte : est-il possible de la relier à des actes de la vie quotidienne, des engagements locaux ou à peine perceptibles, des discours cachés critiquant le pouvoir et ses représentants, des passions culturelles apparemment sans visée publique ou politique, bref à tout un continent pratique qualifié parfois d’« infrapolitique », dont les sociétés arabes seraient porteuses depuis plusieurs années, particulièrement chez les jeunes [17][17] James C. Scott, La Domination et les arts de la résistance…. ? Dans le cas égyptien, le politiste Asef Bayat insiste par exemple sur l’importance des « pratiques sans mouvements » (non movements practices) à côté de mouvements sociaux défendant la démocratie comme « Kefaya » en 2005 : auto-organisation de prolétaires urbains mettant en place un service de parkings, indépendance relative de certaines femmes musulmanes vis-à-vis du port du hijab, arrangements de la jeunesse avec la morale religieuse pour se retrouver dans des fêtes ou pour partager une sexualité, fraternité entre chrétiens et musulmans dans plusieurs banlieues du Caire, etc [18][18] Asef Bayat, Life as Politics : How Ordinary People…. Selon Bayat, les transformations sociales et politiques en cours depuis les années 1990 s’appuient sur ces cultures diffuses, minoritaires et postislamistes. Les militants de la place Tahrir avaient pour slogan « Notre révolution est civile, ni violente, ni religieuse », remarque-t-il.

Mark Levine a trouvé récemment des signes de ce postislamisme en examinant la culture de la musique Heavy Metal dans dix pays du Moyen-Orient [19][19] Mark Levine, Heavy Metal Islam, New York, Three Rivers…. « Nous jouons du Heavy Metal, parce nos vies sont heavy metal », c’est-à-dire oppressantes, lui expliquait Reda Zine, une des célébrités marocaines du genre. Dans son enquête, Levine a découvert la même jeunesse que celle dont il est question lors des dernières révoltes arabes : éduquée, anglophone, se donnant des rendez-vous clandestins sur Internet, en lutte contre la censure et le jugement des autorités et des pouvoirs religieux, non représentative aussi … A Dubaï comme à Téhéran, Rabat et Le Caire, elle conçoit les musiques occidentales extrêmes comme un asile. En Egypte, elle n’est pas condamnée par les fractions les plus jeunes des Frères musulmans qui revendiquent une « élasticité » morale et culturelle. Depuis 2005 ces militants, eux-mêmes plus éduqués que leurs pairs, sont souvent favorables à la démocratie politique dans la mesure où la défense des droits des musulmans face au régime ne semblait pas envisageable sans défendre les droits de tous. Les événements récents apparaîtront peut-être dans quelques mois comme le résultat de ce nouveau parti pris de la confrérie. Il n’empêche que les liens idéologiques ou sociaux unissant les contre-cultures passées à la révolte présente sont un des mystères les plus épais des événements en cours. Concevoir l’orchestration éventuelle qui a fédéré des pratiques très éparses, et peut-être différents pays, sera une tâche encore plus ardue. Plus radicalement alors, c’est à l’idée d’un terreau antérieur favorable aux mobilisations qu’il faudra en définitive renoncer. Car l’histoire des révolutions livre également une autre leçon qui n’a pas encore été évoquée : ce ne sont pas les révolutionnaires qui font les révolutions, mais les révolutions qui font les révolutionnaires [20][20] Timothy Tackett, Par la volonté du peuple. Comment….

Avant de tester la validité de cette leçon, il faut souligner l’importance des contextes sociaux et politiques nationaux dans lesquels tous les facteurs qui viennent d’être mentionnés sont plus ou moins présents avec des poids relatifs différents sur les événements. Le clivage le plus pertinent pour approcher la probabilité que les révoltes entraînent des changements de régime paraît être la rente pétrolière. Certes, dans les monarchies du Golfe aussi, les jeunes connaissent un déclassement dû en partie au boom immobilier des années 2000 et à la hausse des prix du logement. Le monde des élites politiques et économiques qui envoie leurs enfants étudier à l’étranger est par ailleurs extrêmement clos. Les inégalités économiques et sociales sont gigantesques. Bahreïn, Oman, Iran, Arabie saoudite, Algérie : dans ces pays, les révoltes sont durement réprimées. Mais l’importance des ressources pétrolières disponibles offre toujours une marge de man œuvre, celle de la redistribution économique d’urgence dans le but de calmer la contestation. Signe éventuel de l’importance de ce volant d’apaisement : les révoltes ont été plus fortes à Bahreïn où les réserves financières sont les plus faibles.

Une autre ligne de clivage sépare les Etats en fonction de leur dépendance économique envers l’Occident, en particulier les Etats-Unis. On oublie parfois que les révolutions et les changements de régime sont fortement dépendants des rapports de force internationaux. Dans son étude comparée des révolutions du tiers monde depuis 1945, John Foran a identifié l’absence de changement de comportement du système international vis-à-vis du pays en révolte comme un des deux seuls facteurs d’échec certain des processus révolutionnaires (avec l’absence d’une culture politique d’opposition) [21][21] John Foran, op. cit., p. 243.. Les révoltes arabes n’auraient probablement pas conduit à des renversements de régime sans l’inversion des positions américaines et européennes envers les leaders concernés. Une comparaison avec les émeutes les plus importantes des décennies précédentes en Egypte (1986, 2008) ou en Tunisie (1984, 2008) pourrait le confirmer. Des puissances régionales sont également intervenues, comme le Qatar qui finance des pans importants du secteur humanitaire en Libye ou la chaîne Al Jazeera, l’Iran, ou bien l’Arabie saoudite dont l’armée a servi la répression des révoltes au Bahreïn. Les crises ont été plus fortes dans les sociétés qui bénéficient d’une aide importante de la part des Etats-Unis, comme l’Egypte, le Yémen, la Jordanie. En Libye et en Tunisie, c’est l’aide européenne qui semble avoir fragilisé les régimes en place. Et lorsque ces soutiens financiers extérieurs sont moins importants, comme en Iran, au Maroc, en Syrie, les régimes semblent au contraire plus solides jusqu’à ce jour.

La liste des facteurs externes ou internes des révoltes arabes de 2011 pourra toujours être allongée, affinée, corrigée ou spécifiée selon les sociétés. Mais les explications produites ainsi risqueront toujours de manquer l’essentiel : les raisons d’activation à un moment précis du cours de l’histoire des différentes variables de structure sociale et politique qui ont été mentionnées. Seule la dynamique endogène des séquences critiques permet de comprendre que des facteurs déjà présents dans le passé des révoltes ne restent pas constants dans le temps, qu’ils soient eux-mêmes métamorphosés, recomposés, propulsant, dans certains cas, les premiers mouvements qu’ils ont déclenchés au-delà d’eux-mêmes. Pourquoi dès lors s’appesantir autant sur l’étiologie des révoltes arabes ? C’est que les schèmes explicatifs proposés jusqu’ici ne sont pas l’apanage des experts. Sous des formes plus ou moins simplifiées, ils sont aussi mobilisés par les journalistes, les commentateurs et les protagonistes des révoltes qui bricolent leurs anticipations quotidiennes avec des bouts de toutes ces théories. Pendant des événements critiques dont « le résultat est rarement net », comme dit Sartre, les analyses et les jugements portés sur ce qui se passe ne se réduisent pas en effet à de simples décorations des faits [22][22] « Par la raison que [dans la Révolution française]…. Ce sont des forces vives dans le jeu de l’histoire, capables de faire basculer les motivations ainsi que les conduites des acteurs. L’ambiguïté est ce qui définit l’événement, la rupture historique, l’effervescence révolutionnaire. Dans ces moments d’exception, les jugements habituels peuvent s’inverser et ce qui était perçu en temps normal comme une raison de retrait ou de fuite apparaît alors comme une raison d’engagement et de lutte. Il y a eu, dans les révoltes tunisiennes et égyptiennes, au moins une séquence identifiable où les anticipations collectives oscillaient jusqu’à s’inverser. C’est ce qu’illustrent les réactions à certains discours télévisés de Ben Ali et de Moubarak. Appelons points d’inflexion de tels moments. Toute théorie de la révolution se doit de comprendre la logique d’apparition et de disparition de ces points.

Le 28 décembre dernier, onze jours après le début des manifestations de Sidi Bouzid, le Président tunisien intervient pour dénoncer des « agitateurs extérieurs », puis il limoge quatre ministres le lendemain. Deux jours plus tard, il fait de nouvelles concessions à la télévision, en matière sociale notamment. Le 10 janvier, il s’en prend au terrorisme qui percerait derrière les manifestations et parle de créer 300 000 emplois. Trois jours plus tard, une dernière intervention en arabe dialectal promet pêle-mêle sa non-représentation aux élections de 2014, la liberté de la presse, l’arrêt de la répression, la levée de la censure sur Internet, l’abaissement du prix des denrées alimentaires de base ainsi que la création de commissions d’enquête sur les « dépassements » et la corruption. Mais le lendemain, le 14 janvier, le chef d’Etat tunisien n’a pas d’autre choix que de quitter le pays.

La séquence égyptienne est plus rapide encore. Trois jours après la chute du régime tunisien, des Egyptiens tentent à leur tour de s’immoler. Les 25 et 28 janvier, des manifestations sont organisées dans plusieurs villes du pays qui prennent une ampleur inattendue, compte tenu de l’Etat d’urgence permanent. Fin janvier, dans une première allocution télévisée, le raïs annonce qu’il dissout le gouvernement et qu’il nomme son chef des services de renseignements, Omar Souleiman, comme vice-président. Quelques jours plus tard, il dénonce l’influence pernicieuse des islamistes et de forces étrangères, promet qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections présidentielles de septembre et que son fils ne lui succèdera pas. Le jeudi 3 février, il intervient auprès d’une journaliste américaine à qui il se dit « fatigué du pouvoir », mais craignant le « chaos ». Souleiman engage parallèlement des discussions avec des forces d’opposition dont les Frères musulmans, alors que cette organisation avait été pénalisée pendant plusieurs décennies et disqualifiée aux dernières élections à cause des fraudes du pouvoir. Le 10 février, Moubarak fait une dernière intervention télévisée où il délègue ses pouvoirs « constitutionnellement » à son vice-président, mais il doit pourtant quitter son poste le lendemain.

Ces deux récits ont des différences, mais ils se caractérisent par le fait que les concessions publiques faites par le pouvoir n’entraînent pas une diminution de la mobilisation, comme l’espèrent les dirigeants. La révolte s’étend malgré les « gestes » des présidents. Leur calcul ne fonctionne pas alors qu’il est identique dans d’autres pays de la zone. Le Maroc a doublé ses subventions aux produits de première nécessité (gaz, sucre, farine). L’Arabie saoudite a débloqué 36 milliards de dollars d’aides sociales aux fonctionnaires, aux chômeurs, aux étudiants et promis 400 milliards de dollars pour la santé et l’éducation dans les années qui viennent. La Jordanie a annoncé des hausses de salaires, des retraites et des baisses des prix de première nécessité. La Syrie a limogé fin mars son Premier ministre et fait miroiter une levée de la loi d’urgence en vigueur depuis quarante-huit ans. Mais en Tunisie et en Egypte, l’exposition publique des concessions politiques et économiques a davantage conforté les manifestants qu’elle ne les a apaisés. Elle a même étendu la contestation. On s’est demandé récemment pourquoi, dans des pays où les services de renseignements et le complexe sécuritaire étaient si développés, l’ampleur de la révolte n’avait pu être anticipée [23][23] Gilles Kepel, « Vers un nouveau monde arabe », Le Monde,…. C’est bien que les révoltés arabes d’aujourd’hui n’avaient rien avant ces événements de révoltés typiques. Comment dès lors interpréter cette transition soudaine, manifeste — on se souvient des chaussures brandies de la place Tahrir lors du dernier discours de Moubarak —, de l’obéissance à la défiance ?

De tels points d’inflexion peuvent être formalisés comme les résultats de jeux complexes dans lesquels les choix tactiques des protagonistes sont interdépendants. Ces situations, que l’on retrouverait dans les crises financières ou bien dans les concours de beauté — selon la parabole de Keynes —, sont telles que les comportements d’un individu sont déterminés par l’idée qu’il se fait de ce que seront les comportements des autres joueurs. Dans ces conjonctures de grande incertitude, il faut anticiper sur les anticipations d’autrui. La Grande Peur de 1789 est un exemple connu de ce mimétisme des attitudes en situation révolutionnaire. A son sujet, l’historien Georges Lefebvre a montré, comme le remarquait Sartre, que les offensives populaires de l’été 1789 étaient « fondamentalement des journées défensives [24][24] Jean-Paul Sartre, op. cit., p. 83. ». Le peuple parisien craignait d’être massacré par une armée de contre-révolutionnaires et la rumeur d’un complot aristocratique entraîna des pillages et des jacqueries antiféodales dans toute la France. Même si la thèse de Lefebvre est aujourd’hui contestée [25][25] Timothy Tackett, « La Grande Peur et le complot aristocratique…, on peut faire l’hypothèse que la défiance soudaine et déterminée envers les dirigeants égyptiens et tunisiens est en partie liée à une « grande peur » semblable.

Avant d’être le résultat d’une rumeur, cette peur s’appuie sur l’expérience concrète de la répression. Déjà forte avant les mobilisations récentes, elle s’est accrue pendant celles-ci, faisant plusieurs centaines de morts et entraînant des arrestations et des emprisonnements par milliers. Les concessions apparentes des discours présidentiels étaient contredites par la réalité des actions policières du régime. Ensuite, faute de libertés de l’information, les rumeurs prévalaient quant au nombre de morts, de blessés et d’incarcérés. Et chaque promesse ostentatoire de la part du dirigeant pouvait sembler dissimuler le véritable complot répressif. Enfin, l’action ordinaire de la police ou de ses forces auxiliaires était également prolongée par des citoyens complices (ou par des mercenaires étrangers comme en Libye) et parfois par d’anciens policiers en civil inquiets pour leur futur — on se souvient des miliciens pro-Moubarak attaquant la place Tahrir le 2 février —, défendant le régime jusqu’aux derniers jours, voire après sa chute comme en Tunisie. D’où cette question : et si les révoltes arabes étaient devenues offensives en se croyant avant tout défensives ? N’est-ce pas la peur qui leur a conféré la force de ne pas céder aux concessions, d’avancer alors même que le pouvoir attendait qu’elles reculent ? Les formalisations contemporaines sur les croyances collectives en situation d’incertitude confirment que l’emprise de la peur sur celles-ci est bien plus mobilisatrice que ne peut l’être l’espérance [26][26] Jon Elster, Explaining Social Behavior. More Nults….

En Libye, la promesse télévisée de Kadhafi de plonger sa population dans un « bain de sang » a sans doute aussi servi le camp des insurgés. Mais dans ce cas, comme en Syrie, les signaux émis par le pouvoir sont trop contradictoires et imprévisibles pour faire basculer les citoyens. Fin mars, juste après l’engagement militaire occidental en Libye, on rapportait même que les opposants armés ne savaient plus « si c’était la fête ou si c’était la guerre ». La désorientation est alors totale et les possibilités d’inflexion de la révolte maximales. Les citoyens et les dirigeants manquent d’informations et d’appuis pour asseoir leur choix. Car si les discours présidentiels à la télévision ont certainement infléchi, en Tunisie et en Egypte, l’obéissance aux régimes, ils ne suffisent pas à faire basculer les comportements vers la révolte ou vers le soutien aux manifestants. D’autres signaux sont également nécessaires pour diminuer le sentiment d’incertitude des protagonistes et pour aligner leurs anticipations.

Plusieurs des ressorts complexes de cet « alignement » ont été identifiés dans les analyses les plus récentes des changements de régime [27][27] Ivan Ermakoff, Ruling Oneself Out. A Theory of Collective…. L’un d’entre eux peut venir, dans certaines conditions, des prises de position de porte-parole reconnus comme légitimes pour représenter un groupe et capables, à ce titre, d’incarner l’inflexion nécessaire de l’histoire. Dans des pays où les forces d’opposition ont été muselées, décimées ou discréditées, ces individus sont souvent venus de l’étranger : anciens exilés de partis interdits, figures internationales comme Mohamed El-Baradei, le prix Nobel égyptien de la Paix de 2005, participant au Caire aux premières grandes manifestations de révoltes de son pays. Cette distance offre toutefois un crédit fragile, toujours susceptible d’être contesté par des personnalités de l’espace politique intérieur. C’est pourquoi les défections de ministres, de militaires, de diplomates ou de dignitaires variés, issus des hauts rangs des régimes contestés, sont une autre information susceptible d’offrir des repères aux indécis. Le refus du général Rachid Ammar, le 13 janvier, de tirer sur la foule tunisienne participe de ces choix qui encouragent d’autres refus. Au Yémen, lorsque le général Ali Mohsen, demi-frère du président Ali Abdallah Saleh, rejoint la contestation avec les partis d’opposition, des parlementaires, des diplomates, des cheikhs tribaux, il offre un second souffle aux manifestants. Sur le seul plan stratégique, le retrait progressif de la police tunisienne et surtout le ralliement des armées aux manifestations populaires en Tunisie et en Egypte ont été décisifs. A contrario, dans les pays où l’armée et la police ne paraissent pas divisées, les chances de rupture historique sont, à ce stade, beaucoup plus faibles. Dans les autres cas, l’identification à des porte-parole n’est pas toujours suffisante, car leur crédibilité est elle-même incertaine et leurs prises de position pas toujours diffusées à l’intérieur des pays.

Les arènes sociales sont un autre ressort capable de produire la résorption des incertitudes et l’alignement des croyances [28][28] Voir l’analyse des dynamiques de groupe de la place…. L’occupation des places publiques a ainsi constitué un répertoire d’action quasi systématique des révoltes arabes. Des capitales comme Sanaa ou Tripoli ont subitement été partagées entre deux centres politiques, celui des opposants et celui des manifestants pro-régime. La première jonction, place Tahrir au Caire, de mouvements scindés par la police, le jour où le gouvernement égyptien avait intégralement coupé les communications par le réseau Internet et par les téléphones portables, a constitué un moment important pour la survie du mouvement. Surtout, l’ajustement sur ces places des différents jugements individuels au sujet de la situation agit comme un ressort des engagements (et des désengagements). Au point que ces places libérées sont elles-mêmes devenues un acteur politique à part entière, s’autodésignant comme porte-parole du peuple à elles seules.

La chaîne de télévision Al Jazeera a certainement contribué à légitimer ces nouveaux espaces et ces acteurs politiques dans les pays en crise et à l’étranger. Elle a également servi, au jour le jour, de canal des anticipations nouvelles pour ses seuls spectateurs, rendant envisageable leur passage à l’action. Même si, comme ces chaînes, Facebook ou Twitter ne touchent qu’une faible minorité de la population, ils occupent aussi avec d’autres réseaux sociaux une fonction dans le processus d’alignement des croyances et de construction de crédibilités alternatives à celles des détenteurs de pouvoir. Car ces réseaux ne servent pas seulement d’outils de communication et de mobilisation, comme il a été souvent dit. Les différentes listes qu’ils abritent fonctionnent comme des pétitions. Elles ont pu servir à comparer les forces en présence avant de manifester dans la rue. Elles offraient une anticipation des anticipations d’autruis et permettaient aux indécis de choisir leur camp. Est-ce la raison pour laquelle Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche, critiqua ouvertement son allié égyptien le 29 janvier dernier, quand ce dernier avait coupé l’accès à Internet la veille ? Nous n’en saurons rien. Mais il lui demanda instamment de rétablir les connexions. Une telle intervention de la puissance américaine pourrait bien être significative de la place stratégique accordée, dans ces moments critiques, aux arènes d’alignement des opinions les plus larges mais également les plus protégées. Une autre image des réseaux sociaux ressort de ces analyses : plus que des pourvoyeurs d’information, ce sont des simulateurs des forces engagées dans la bataille politique et des espaces moins risqués que la rue où rendre publiques ses prises de position.

S’est-on jamais demandé pourquoi les grandes mobilisations libéraient la parole ? Bien entendu, les révoltes, même en régimes autoritaires, ouvrent de nouveaux espaces de communication. Mais si l’on parle tant pendant ce type d’événements, c’est qu’il n’y a guère d’autres moyens de savoir comment définir la situation ou bien que faire et pourquoi le faire. La « prise de parole » ne témoigne pas nécessairement de la croyance, dont parlait de Certeau à propos de Mai 68, qu’avec elle on peut faire l’histoire et prendre la Bastille [29][29] Michel de Certeau, La Prise de parole et autres écrits…. Mais elle est bien cette ressource ultime, et quasiment inépuisable, qui limite dans les moments d’effervescence politique l’expérience de l’incertitude et l’oscillation des sentiments.

Et maintenant ? Maintenant qu’ont été soulignés quelques mécanismes par lesquels l’imprévisible de ces révoltes est devenu possible et à quelles conditions ils pourraient s’étendre au-delà de la Tunisie, de l’Egypte et des autres pays où une crise politique est en cours. Maintenant que sont mieux connus les ressorts qui ont infléchi le sentiment des peuples arabes au point de leur donner le courage de vouloir la chute de leur régime. Que reste-t-il ? Les porte-parole, les arènes, les mesures de l’opinion ne se sont-ils pas depuis multipliés ? Même si ses règles ont changé, le jeu politique ordinaire n’a-t-il pas repris ses droits ? Après l’euphorie, l’hésitation n’a-t-elle pas à nouveau gagné les esprits ? La courbe de l’histoire du Moyen-Orient ne risque-t-elle pas de connaître rapidement, si ce n’est déjà fait, une nouvelle inflexion ? Et ces révoltes seront-elles alors vraiment des révolutions ?

Ici encore, l’analyse comparée des grandes crises politiques peut offrir un critère intéressant d’appréciation de ces questions : les processus révolutionnaires sont longs, ils prennent souvent plusieurs années, mais il n’en est pas un qui n’ait débouché sur une issue révolutionnaire sans passer par une polarisation politique au sein des forces contestataires [30][30] Timothy Tackett, op. cit., pp. 284-285.. Il y a bien, à l’heure actuelle, des divisions importantes au sein des révoltes tunisienne et égyptienne. Dans les deux pays, les anciennes élites administratives et politiques sont loin d’avoir disparues. Ce qui était le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Tunisie, ou bien les hiérarques de l’armée égyptienne participent à la transition. Derrière les clivages entre anciens et modernes, les partages générationnels sont flagrants. Combien de temps des porte-parole âgés pourront-ils représenter des révoltes portées par des populations jeunes ? Les divisions entre classes paraissent, elles aussi, plus accusées encore qu’avant la révolution, comme en témoignent les vagues de grève qui se sont poursuivies après le départ des dirigeants en Egypte et en Tunisie. Il ne faut pas oublier enfin que les révoltes n’ont nulle part été confinées aux capitales, qu’elles ont connu une ampleur territoriale souvent sans précédent. Dans des pays où les mégalopoles et les grandes villes côtoient des régions très rurales et des déserts, les divisions territoriales ne sont pas mortes avec les événements, comme le montrerait sans doute la situation libyenne, puisque le Conseil de transition national y est organisé en régions. Il reste qu’aucune de ces divisions n’est en soi, ni à elle seule, un antagonisme politique, a fortiori si aucune organisation n’en transfère les oppositions dans les arènes de la transition : places publiques, assemblées constituantes éventuelles, « Instance nationale pour la réalisation des objectifs de la révolution » tunisienne, institutions et entreprises politiques traditionnelles, etc. En outre, alors que la peur était mobilisatrice juste avant la chute du régime, elle représente aujourd’hui plutôt un frein à la politisation des différences sociales dont certains craignent qu’elle fasse sombrer le pays dans le chaos.

On peut alors se demander pourquoi ces révoltes ont été si rapidement qualifiées de révolutions. « Ce n’est pas une affaire de prix du pain », affirmèrent d’abord les manifestants tunisiens et égyptiens, rejetant d’emblée la comparaison, imposée par les régimes en place, de leurs premiers rassemblements avec les émeutes de la faim. « Ce qu’on veut, c’est une transition totale », ont poursuivi quelques autres. Une « transition totale » plutôt qu’une transition partielle ou bien simplement démocratique ? Une « transition totale » plutôt qu’une révolution ? C’est bien de cela qu’il s’agit : inventer une dénomination inédite pour le processus en cours. Ne pas laisser la définition des événements par les acteurs internationaux, les médias, les détenteurs du pouvoir, l’emporter sur les événements. Trop d’incertitude entrave l’action dans le temps de la révolte. Mais trop de certitude ferme la situation et interdit toute inflexion. Rien n’est plus puissant en effet qu’une qualification d’événements portée avec suffisamment de légitimité ou de force pour limiter l’ouverture de l’histoire. L’étiquette de « révolution », si contestée lorsqu’il fallait caractériser la chute du bloc soviétique après 1989, s’est pourtant banalisée pour parler de ces révoltes arabes. Elle les aura peut-être privées de leur élan, si bien que la « révolution » y paraît déjà comme quelque chose à conserver plutôt qu’à construire, et la forme politique de l’Assemblée constituante un « moindre mal » plutôt qu’une arme du changement [31][31] « M. Essebsi, “heureux d’avoir contribué à l’avènement…. Quant à la « transition totale », nul ne sait encore de quoi il s’agit et c’est très bien ainsi : rien n’est plus conforme à l’indétermination des moments de révoltes que de les désigner par un signifiant vide.

Le 6 avril 2011

Notes

[1]

Charles Tilly, Les Révolutions européennes, 1492-1992, Paris, Le Seuil, coll. « Faire l’Europe », 1993, p. 366.

[2]

Entre autres formulations plus ou moins sophistiquées de ce « paradoxe de l’action collective », voir la plus célèbre : Mancur Olson, Logique de l’action collective, Paris, Presses universitaires de France, 1971 [1966].

[3]

Michel Dobry, Sociologie des crises politiques, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2e édition, 1992.

[4]

Youssef Courbage, Emmanuel Todd, Le Rendez-vous des civilisations, Paris, Le Seuil, coll. « La République des Idées », 2007.

[5]

James C. Davies, « The J-Curve of Rising and Declining Satisfactions as a Cause of Revolution and Rebellion », in Hugh D. Graham, Ted R. Gurr (ed.), Violence in America. Historical and Comparative Perspective, Beverly Hills (Ca.)/London, Sage, 1979, pp. 415-436.

[6]

C’est le principal schème explicatif déployé dans Pierre Bourdieu, Homo Academicus, Paris, Minuit, 1984.

[7]

Jeff Goodwin, No Other Way Out. States and Revolutionary Movements, 1945-1991, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, pp. 300-301.

[8]

John Foran, Taking Power : On the Origins of Third World Revolutions, Cambridge, Cambridge University Press, 2005.

[9]

Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Paris, Le Seuil/ Gallimard, 2004.

[10]

Nicolas Guilhot, The Democracy Makers. Human Rights and the Politics of Global Order, New York, Columbia University Press, 2005.

[11]

Steven Heydemann, « Upgrading Authoritarianism in the Arab World », Analysis Paper, 13, The Saban Center for Middle East Policy at Brookings Institution, october 2007, 38 p.

[12]

« Pour que la révolution éclate, écrivait Lénine, il ne suffit pas que la “base ne veuille plus” vivre comme auparavant, mais il importe encore que le “sommet ne le puisse plus”. » Dans Theda Skocpol, Etats et révolutions sociales. La révolution en France, en Russie et en Chine, Paris, Fayard, coll. « L’espace du politique », 1985 [1979].

[13]

Béatrice Hibou, La Force de l’obéissance. Economie politique de la répression en Tunisie, Paris, La Découverte, 2006.

[14]

Olivier Roy, « Révolution postislamiste », Le Monde, 12 février 2011 ; Jean-Pierre Filiu, « L’intifada démocratique arabe est un mouvement de libération nationale », Le Monde, 10 mars 2011.

[15]

John Foran, op. cit.

[16]

Michel Camau, « Sociétés civiles “réelles” et téléologie de la démocratisation », Revue internationale de la politique comparée, vol. 2, n° 9, 2002, pp. 212-232.

[17]

James C. Scott, La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Paris, éditions Amsterdam, 2008 [1992].

[18]

Asef Bayat, Life as Politics : How Ordinary People Change the Middle East, Stanford, Stanford University Press, 2009.

[19]

Mark Levine, Heavy Metal Islam, New York, Three Rivers Press, 2008.

[20]

Timothy Tackett, Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, coll. « L’Evolution de l’humanité », 1997 [1996].

[21]

John Foran, op. cit., p. 243.

[22]

« Par la raison que [dans la Révolution française] chaque comportement d’un groupe dévoilé dépasse le comportement du groupe adverse, se modifie par tactique en fonction de celui-ci et, en conséquence, modifie les structures du groupe lui-même, l’événement, dans sa pleine réalité concrète, est l’unité organisée d’une pluralité d’oppositions qui se dépassent réciproquement. […] A partir de là […], il faut considérer l’événement comme un système en mouvement qui entraîne les hommes vers son propre anéantissement, le résultat est rarement net […]. » Dans Jean-Paul Sartre, Critique de la raison dialectique, Paris, Gallimard, 1960, pp. 83-84.

[23]

Gilles Kepel, « Vers un nouveau monde arabe », Le Monde, 4 avril 2011.

[24]

Jean-Paul Sartre, op. cit., p. 83.

[25]

Timothy Tackett, « La Grande Peur et le complot aristocratique sous la Révolution française », Annales historiques de la Révolution française, no 335, janvier-mars 2004, pp. 1-17.

[26]

Jon Elster, Explaining Social Behavior. More Nults and Bolts for the Social Sciences, Cambridge, Cambridge University Press, 2007, pp. 384-385.

[27]

Ivan Ermakoff, Ruling Oneself Out. A Theory of Collective Abdication, Durham (NC), Duke University Press, 2008.

[28]

Voir l’analyse des dynamiques de groupe de la place de la Kasbah de Tunis proposée dans ce numéro par Choukri Hmed.

[29]

Michel de Certeau, La Prise de parole et autres écrits politiques, Paris, Le Seuil, coll. « Points-Essais », 1994.

[30]

Timothy Tackett, op. cit., pp. 284-285.

[31]

« M. Essebsi, “heureux d’avoir contribué à l’avènement de la IIe République” en Tunisie », Le Monde, 11 mars 2011.


Présidence Macron: Cherchez la femme ! (Face à la révolution des dupes, qui saura réunir la droite populaire libérale et sociale ?)

20 mai, 2017
Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques
Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville. Marie-Christine (retraitée, 78 ans)
Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante. Élisa (étudiante, 19 ans)
Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable. Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité. Mère de famille
Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner. Militante
Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris. Anne Souyris (groupe écologiste de Paris)
«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. Le Figaro
Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris. ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…” ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine. Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles. Cela doit cesser. Pétition de femmes du quartier parisien de la Chapelle
Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer le portrait dans une sorte d’entonnoir. On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ? C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Daniel Schneidermann
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
La diffusion sur France Télévisions – qui est une télévision publique financée en très grande partie par l’argent public -, des messes et différents programmes religieux (…) est une infraction à la laïcité (…). C’est de la théologie et c’est finalement la promotion du fait religieux et de l’oppression des femmes. Marlène Schiappa (future secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes)
Je crois que si cela est fait dans le bon ordre, de manière intelligente, c’est une opportunité pour nous. C’est d’abord notre dignité et c’est aussi une opportunité économique car ce sont des femmes et des hommes qui ont aussi des qualifications remarquables. Je veux faire ici la distinction: il s’agit principalement de réfugiés, c’est-à-dire de femmes et d’hommes qui, pour des raisons politiques, fuient leur pays. Pas de migrants économiques. Emmanuel Macron (i24 news, 07.09.2015)
Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier, il faut parler, il faut « partager » des désaccords. Emmanuel Macron
Je suis favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Emmanuel Macron
Nous ouvrirons la PMA à toutes les femmes et combattrons l’homophobie du quotidien grâce à des tests aléatoires au travail. Benjamin Griveaux (porte-parole d’En Marche !)
Il [François Fillon] a fait tout ce qu’il a pu. Mais il reconnaît quelques erreurs, notamment de ne pas avoir envoyé assez de signaux vis-à-vis des classes populaires dans son programme. Elu parisien
Le soutien de l’Allemagne ne peut pas se substituer à la politique en France. La France doit prendre ses propres décisions et prendra ses propres décisions. Angela Merkel
Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit. Jean-Claude Juncker
Les critères d’attribution des logements sociaux doivent être revus parce que dans certains quartiers périphériques, on risque de créer des ghettos avec un tiers d’Italiens et un tiers d’étrangers hors Union européenne. (…) Le modèle français des banlieues est un échec. (…) Les familles rom qui n’envoient pas leurs enfants à l’école doivent être punies. Et parmi les punitions, on retire aussi le logement. Ce n’est pas une question de racisme, c’est une question de civilisation. Dario Nardella (maire de Florence)
Quand un bobo achète les services d’une nounou africaine, cette « exploitation traditionnelle du prolétariat » sera habillée d’« interculturalité ». Mais si Fatoumata garde les enfants de la petite bourgeoisie, qui gardera les enfants de Fatoumata ? Christophe Guilluy
Le monde virtuel a eu beau agir sur le monde réel, la fâcheuse sphère électronique en a limité considérablement les effets. Les foules, sans doute dans leur souvenir confus des meurtres de masse, n’ont pas eu le cœur à faire la liesse. La parenthèse magique et anesthésique va bientôt se refermer. Déjà, dans quelques jours, une autre consultation aura lieu, où la part artistique sera plus congrue. La pleine saison va reprendre pour la délinquance et l’immigration forcée de masse, et l’islam radical comme la dette n’accorderont aucun délai de grâce. Le multiculturalisme n’a pas encore définitivement gagné la partie, mais en dépit de l’opposition d’une majorité du pays, par la grâce médiatique et artistique, il n’a pas perdu. Quand l’heure sera venue de lui dire vraiment non, c’est peut-être parce qu’il sera trop tard. Gilles-William Goldnadel
Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger. Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires. Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus. Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori. (…) Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN. (…) Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. (…) L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice. Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. (…) Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement. Céline Pina
Le nouveau président, après avoir mis KO debout le Parti socialiste, est en train de faire éclater la droite. Nul n’ignore que la nomination d’Edouard Philippe, que l’on présente en un saisissant oxymore comme un «héritier spirituel d’Alain Juppé», vient habilement redonner au camp du centre-droit désavoué par les électeurs des primaires, de nouvelles perspectives. Sans surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Jean-Louis Borloo ont affiché depuis quelques jours leur volonté de saisir la perche tendue par Emmanuel Macron, et Bruno Lemaire a franchi le Rubicon en héritant d’un portefeuille-clef avec Bercy, mais qui mouille habilement la droite dans la responsabilité de la lutte contre le chômage. En réalité, ce centre-droit est cohérent: rien, absolument rien, ne le distingue du centre-gauche que Macron a miraculeusement sorti du bourbier dans lequel le désastreux quinquennat de François Hollande l’avait enlisé. Un même libéralisme économique doctrinaire et rigide, soumis aux injonctions de Bruxelles, un même refus de remettre en question le dévoiement d’une construction européenne qui est allée dans le mur, une même volonté de progressisme sociétal, un même manque d’imagination et de volonté pour réduire la fracture sociale. Cette situation serait pain bénit pour le Front national, si le débat du 3 mai n’avait fait éclater la grande supercherie en faisant la démonstration de l’incompétence et de la vulgarité de Marine Le Pen. Si l’on ajoute le retrait de Marion Maréchal Le Pen – dont on peut souhaiter qu’il lui permettra de prendre du champ face à une histoire politique et familiale dont elle semble prisonnière – on assiste peut-être au début du déclin de ce parti qui depuis plus de trente ans a d’abord servi à distiller de l’amertume, à déconsidérer l’amour de la patrie et à stériliser toute tentative de refuser la logique impérialiste de la grande marchandisation. Le FN aura beau revendiquer la justesse de son analyse sur «l’UMPS», il n’est pas certain qu’il soit en état de profiter de cette situation aux prochaines législatives. Paradoxalement, le gouvernement nommé par Emmanuel Macron et Edouard Philippe pourrait au contraire permettre à la droite de procéder à une saine clarification. Le scénario optimiste pour celle-ci serait que le traditionnel attelage entre ce qu’on appelait le RPR et l’UDF montre son caractère bancal et oblige à une recomposition en profondeur. A côté de ce centre-droit logiquement rallié (si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain) à la majorité présidentielle, une droite au discours résolument patriote, décidée à refonder l’Europe sur le respect des nations, faisant de la réduction de la fracture sociale une priorité, conservatrice sur les valeurs qui fondent notre société (amour de la France, défense de la famille, refondation de l’école) a un boulevard théorique devant elle: entre, d’un côté, le sentiment des électeurs de droite d’avoir été volés de «leur élection» avec l’explosion en plein vol de la fusée Fillon, d’avoir été trahis par ses élites, et, de l’autre, la décrédibilisation du Front National, la marge de manœuvre est réelle. C’est ce qu’a bien compris par exemple Laurent Wauquiez. Mais c’est là où le bât blesse. A part ce dernier, dont la sincérité politique manque de crédibilité, aucune grande voix à droite ne vient porter un projet de rupture. Celle de François Fillon est devenue inaudible, et, comme je l’avais écrit ici au sortir des primaires, avant les affaires, son discours était trop imprécis par rapport à sa conception de l’Europe, et trop peu volontariste sur la question sociale, pour avoir pu parfaitement incarner cette aspiration à un changement en profondeur. Toujours est-il que celui que les électeurs des primaires avaient plébiscité est aujourd’hui discrédité. Il faut bien le reconnaître: depuis la disparition de Philippe Séguin, plus personne n’incarne cette droite gaulliste, patriote et sociale. Pour se recomposer, la droite doit avoir de vrais leaders. Elle en manque cruellement. Le scénario catastrophe pour elle serait d’être aspirée dans le sillage de la nouvelle donne imposée par Macron. Soit elle échouera avec lui, et elle sera d’autant plus affaiblie qu’elle hérite de la responsabilité de l’économie dans le gouvernement Philippe ; et alors, la route sera réellement ouverte aux extrêmes de droite et de gauche. Soit le président réussira et il se pourrait qu’il en recueille toute la gloire. Dans les deux cas, ce pourrait être une recomposition manquée et une décomposition plus ou moins complète. (…) Réussir pour la France signifierait rien moins que de restaurer le sens du politique, le souci du bien commun, l’amour du pays, la protection des plus fragiles ; reprendre sur de nouvelles bases la construction européenne, au service des nations ; avoir le courage de réformer l’Etat en reconstruisant et en préservant les plus pauvres. François Huguenin
Je pense que la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires. C’était la synergie qu’avait réussie Nicolas Sarkozy en 2007. Indéniablement, il y a des gagnants et des perdants de la mondialisation, une fracture territoriale, une France périphérique, une fracture mondialistes-patriotes, mais je crois que la droite traditionnelle et les classes populaires ont un souci commun, c’est celui de leur identité. Pas l’identité comme un folklore artificiel ou comme un musée qu’on dépoussière, mais comme un ciment social. L’identité, c’est ce qui nous donne le sentiment d’être un peuple, en dépit de lieux de vie différents, de modes de vie différents. Et ce ciment social a été brisé à plusieurs égards. L’enjeu essentiel de civilisation, à mon sens, est de savoir comment conserver, protéger, transmettre et vivifier ce ciment social. C’est là qu’intervient la question de l’école, de la transmission, de la culture, de nos traditions, de notre patrimoine, d’un certain mode de vie. (…) La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai, avec des symboles, la Marseillaise, la devise, notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terre, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison. Ces deux dimensions sont complémentaires. Pour parler de stratégie, le souci commun de l’électorat de la droite conservatrice et de la France périphérique, qui n’ont pas le même rapport à la mondialisation, c’est le souci de la transmission de leur patrimoine matériel et immatériel. À partir de ce constat, on peut imaginer des passerelles pour les rassembler et apporter des réponses en commun.(…) Quand une partie de la France conservatrice défend le mariage et la filiation, elle défend aussi une partie de l’identité française avec une certaine idée des rapports humains basée sur le bien commun et l’intérêt du plus faible plutôt que sur la jouissance et l’envie de l’individu dans une liberté sans limite. C’est donc un combat identitaire, qui peut rejoindre le combat identitaire des classes populaires plus axé sur les questions liées à l’immigration et au multiculturalisme. Bien sûr, il peut y avoir des divergences économiques, mais les moteurs de vote sont essentiellement spirituel, culturel et identitaire : les masses ne bougent pas autour de l’économie. Ce qui relie ces deux électorats, c’est donc le conservatisme. Il peut s’agir de conservation de l’identité, d’un mode de vie, mais aussi du patrimoine, des entreprises, d’un modèle économique à défendre en régulant la mondialisation. (…) je défends la conservation de ce qui est beau et juste dans notre histoire, je souhaite conserver les leçons de nos expériences passées ainsi qu’une certaine vision de l’homme, de sa dignité, du refus de sa marchandisation, d’ailleurs partagée par une majorité de Français. (…) Je pense que les courants de droite et de gauche continuent d’exister et de structurer la vie politique, car il y a des héritages philosophiques, culturels, des références et des logiciels qui continuent d’irriguer la vie politique française. C’est un clivage qui continue d’exister mais qui est inexact dans la structuration actuelle des partis. Pour caricaturer un peu, je reprendrais la phrase de l’historien Ghislain de Diesbach : « Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite. » Pour être plus exacte, je dirais que les deux grands partis, Les Républicains et le PS, se retrouvent aujourd’hui dans un grand bloc centre droit, centre gauche en accord sur tous les sujets fondamentaux. (…) Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, cette union patriotique que j’appelle de mes vœux n’a pas de sens en prenant en compte les partis actuels : je ne vois pas comment le FN pourrait faire une alliance nationale avec Les Républicains au regard de la façon dont ils gouvernent et du logiciel qui est le leur. (…) Ce qui reste possible, c’est l’union des hommes. Il existe aujourd’hui une zone blanche, entre certains courants chez Les Républicains, que je qualifierais de droite nationale conservatrice, Nicolas Dupont-Aignan, ceux qui sortent du champ politique, comme Philippe de Villiers, certains élus et cadres de la droite, et le FN. Dans cette zone blanche, il y a une recomposition à opérer, qui s’apparenterait à l’union de certaines droites. Mais sans doute pas avec cette droite des Républicains, qui est une droite reniée. (…) La présence du FN contraint la droite à mener une certaine politique et à se remettre en question. La réalité, c’est que la droite a été sous la coupe psychologique de la gauche pendant des années et que le poids du FN la force aujourd’hui à se repositionner. [la tentative de structurer une droite “hors les murs”, à mi-chemin entre Les Républicains et le FN]  ne pouvait marcher que dans l’optique d’être une passerelle entre la droite et le FN, or Les Républicains ne sont pas suffisamment en difficulté électorale pour accepter de bouger. La droite a une clientèle électorale, notamment chez les personnes âgées, qui lui reste très fidèle, lui permettant de survivre, en l’empêchant d’envisager cette recomposition. Les choses seront peut-être différentes dans dix ans. La génération qui vient a déjà mis un bulletin FN dans l’urne, elle est complètement décomplexée, plus du tout sensible à la diabolisation, n’a pas baigné dans le rêve européen et n’a rien à perdre. Dans les dix ans qui viennent, les cartes seront totalement rebattues… (…) Je crois que nous sommes confrontés aujourd’hui à une élite d’émigrés spirituels, au sens où, spirituellement, ceux qui nous dirigent ne sont plus nos compatriotes. Leur vie est à l’échelle mondiale, ils passent leur temps dans les business class entre New York, Doha et Singapour, la France est étriquée à leurs yeux, ils ne raisonnent plus à l’échelle nationale. Leur cynisme est d’autant plus fort que ces gens se sont évertués à briser les frontières des Français pour fabriquer de nouvelles frontières à leur profit grâce à l’argent. Ils ont, eux, des frontières géographiques, vivent dans les meilleurs quartiers en se préservant des problèmes liés à l’immigration et aux tensions culturelles qu’ils imposent aux Français. Ils ont, eux, des frontières sociales, se cooptent aux meilleurs postes, alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de fils d’ouvriers dans les grandes écoles. Ils ont, eux, des frontières scolaires, mettent leurs enfants dans les écoles privées quand les enfants des Français doivent subir les lamentables programmes et méthodes qu’ils ont mis en place. Et je trouve cela profondément injuste. En face, les patriotes sont tout simplement les partisans de l’enracinement, ce qui n’empêche pas d’être lucide sur les défis de la mondialisation. (…) Macron en est une belle incarnation. J’aime la formule de Finkielkraut : pour Macron, « la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace ». À ses yeux, la France est une start-up multiculturelle, un business, qui doit être le plus rentable possible. S’il faut faire rentrer un million d’immigrés dans le pays parce que c’est rentable, quelles que soient les conséquences sociales, il le fera. Pour lui, la France est un territoire, pas une patrie ; c’est une population, pas un peuple ; ce sont des individus, pas des personnes. (…) Macron accomplit Mai 68. Avec lui, c’est l’idéologie du progrès, le culte du renouveau, qui implique nécessairement de faire table rase du passé. C’est l’idée soixante-huitarde selon laquelle l’homme ne peut s’émanciper que s’il se délie de tout héritage, de toute autorité, de tout cadre culturel. Je pense que c’est une erreur fondamentale. (…) Macron considère que la société apaisée, qui fonctionne, est celle dans laquelle les liens sociaux sont uniquement régis par les liens économiques, les liens égoïstes, le contrat. L’État est réduit au minimum, c’est le libéralisme intégral, une idéologie née à gauche, où l’individu prime sur toute autre considération. Macron ne voulait d’ailleurs pas avoir de programme, mais proposait un « contrat avec la nation ». Cela a des conséquences politiques très claires : quand vous avez une distension brutale du lien social, avec le terrorisme par exemple, que répond M. Macron ? Qu’il faut deux points de PIB en plus, qu’il faut réduire le chômage et investir dans les banlieues françaises. Il apporte une réponse strictement économique, alors qu’en fait, cette distension du lien social ne relève pas principalement de l’économie, mais du domaine moral et culturel. Ces gens-là n’arriveront pas à répondre à ces défis, ils sont à côté de la plaque, ils sont dans la négation anthropologique. Ce qui fait un peuple, ce n’est pas le contrat, c’est la pure gratuité. C’est, selon la formule de Renan, « d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ». C’est ce sentiment commun qui permet naturellement le civisme, la politesse et la solidarité sans y avoir nécessairement un intérêt égoïste. Marion Maréchal-Le Pen
Contrairement aux «quinze membres maximum» qu’il avait annoncés, le président a nommé un gouvernement composé de dix-huit ministres. Il a également renoncé au «ministère plein et entier des Droits des femmes». (…) «Il y aura un ministère plein et entier des Droits des Femmes», avait également assuré Emmanuel Macron en avril sur Twitter, promettant de faire de cette question une «cause nationale du quinquennat». Il s’est pourtant «contenté» d’un secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, confié à Marlène Schiappa. Le Figaro
Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016. (…) Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire. (…) Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays. (…) Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.  (…) La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…  (…) À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République ! Jérome Fourquet
Il existe une différence importante entre le fait d’incarner arithmétiquement la première force d’opposition, ce qui est à ce stade le cas du FN, et incarner, aux yeux des électeurs, l’alternance la plus souhaitée. Sans une stratégie d’union des droites, dont la mise en œuvre ne dépend d’ailleurs pas que de lui, le FN est encore loin du pouvoir. Parce que le mode de scrutin législatif limite le nombre des sièges qu’il peut gagner à un seuil inférieur à son poids réel. Mais aussi parce que, face à une recomposition politique visant a dépasser le clivage droite-gauche, celui qui sera à la tête de l’opposition doit se situer résolument à droite, pas «ailleurs». La constitution d’un groupe parlementaire serait déjà une réussite. Ensuite, si c’est pour que ledit groupe se retrouve, comme en 1986-88, totalement isolé dans le travail parlementaire, cela limite forcément le résultat à une visibilité accrue et a la rétribution symbolique de ceux qui sont élus. À moins que certains élus Républicains acceptent de travailler avec les élus frontistes . C’est possible sur les enjeux identitaires, presque impossible sur la sortie de l’UE. [la «ligne Philippot» a gagné] À court terme, sans doute, puisque c’est celle des deux campagnes. Mais avec un coût, qui est de crédibilité (un débat télévise absolument manqué) et de contestation interne, avec la mise en retrait de Marion Maréchal-Le Pen. Car il ne fait aucun doute qu’elle n’est pas encore sortie du jeu. Elle a une ligne politique, une popularité et le temps devant elle. Nous pourrons mesurer en juin les effets électoraux de son départ dans la région qu’elle avait choisie, et plus tard si elle et ses proches ont l’intention de se préparer pour 2022 en créant une structure propre. Si c’est son choix au moins, elle n’aura pas dégainé la première, puisque Florian Philippot a lancé la sienne. Les changements de nom sont monnaie courante en politique! Ce qui compte, c’est la ligne idéologique, qui peut être soit nationale-républicaine avec l’entourage présent de Marine Le Pen, soit libérale-identitaire avec Marion Maréchal-Le Pen. Sur la base de ce qu’on voit ailleurs en Europe, en Autriche en particulier, c’est le second positionnement qui marche le mieux. Or le FPO n’a pas changé de nom. Son passé et celui de ses dirigeants sont assumés. Et les électeurs suivent. Laurent Wauquiez n’a pas lancé de signaux en direction de Marion Maréchal-Le Pen et (…) n’est pas celui qui tire la campagne des Républicains! La grande implosion de ceux-ci est l’espoir du FN. Il ne se réalise pas pour l’instant car les électeurs de droite croient dans leur majorité, que leur parti est réformable de l’intérieur. C’est bien pour cela que Fillon a gagné la primaire. Jean-Yves Camus
Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre. (…) Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste. Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui. Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes. (…)  Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences. (…) L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles. L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol. Barbara Lefebvre
La France qui gagne a gagné. (…) Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président. (…) Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français. (…) pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale. (…) à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. (…) Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme. (…) Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens. (…) Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine. (…) En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs. (…) [Marine Le Pen] aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai. Elisabeth Lévy
C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission. Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République. Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique ».  Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ? (…) La duperie (…) a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien ». (…) Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ? Ivan Rioufol

Cherchez la femme !

A l’heure où après la farce démocratique et la comédie antifasciste que l’on sait …

Comme le déluge hagiographique qui a suivi …

Nos nouveaux dirigeants redécouvrent, entre sondages trumpiens et rappels à l’ordre européens,  la dure réalité qu’ils croyaient avoir quittée …

Et où, entre plan secret du refus éventuel du résultat des urnes, dénonciation des messes à la télévision ou imposition de la PMA pour tous, le nouveau pouvoir commence à montrer ses vraies couleurs

Pendant qu’à l’instar de la si discrète parité de la photo du nouveau gouvernement, les femmes se voient littéralement exclues de certains quartiers

Comment ne pas voir avec l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol

Contre la « révolution » des dupes et la capitulation préventive en cours face  au totalitarisme islamique …

Et le fourvoiement gauchisant que l’on sait de la droite nationale-républicaine …

Pour commencer à réunir enfin …

Une droite populaire à la fois et authentiquement libérale et sociale …

L’option qui devrait logiquement s’imposer …

Bientôt débarrassée peut-être de son désormais encombrant héritage …

De la future ex-plus jeune députée de la Ve République ?

La Chapelle & Pajol : Les femmes, espèce en voie de disparition au coeur de Paris

Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris

ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…”
ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine.

Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants.

Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles.

Cela doit cesser!

Nous demandons aux autorités, Mairie de Paris, Préfecture de Police, Procureur de la République, de faire enfin respecter lois et règlements, notamment dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières, de renforcer le nombre et les moyens des policiers affectés à ce secteur
Les femmes de la Chapelle et leurs ami(e)s, compagnons, maris, pères, enfants et voisins des 10ème et 18ème arrondissements

Pétition soutenue par les Associations Demain La Chapelle et SOS La Chapelle

A l’attention de :

Monsieur Emmanuel Macron – Président de la République Française

Monsieur Edouard Philippe – Premier Ministre

Monsieur Gérard Collomb – Ministre de L’Intérieur

Monsieur François Bayrou – Garde des Sceaux Ministre de la Justice

Madame Marlène Schiappa –Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les Femmes et les Hommes

Monsieur François Molins – Procureur de la République

Monsieur Michel Delpuech – préfet de police de Paris

Madame Anne Hidalgo – Maire de Paris

Monsieur Eric Lejoinde – Maire du 18ème arrondissement de Paris

Monsieur Rémi Féraud- Maire du 10ème arrondissement de Paris

Voir aussi:

Femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol : le cri d’alarme de Céline Pina

  • Céline Pina
  • Le Figaro
  • 19/05/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Alors que les lycées organisent une « journée de la jupe » pour dénoncer le sexisme, Céline Pina rappelle que dans certains quartiers de Paris, sortir de chez elle pour une femme est une provocation, et dénonce l’indifférence des élus.


Céline Pina est ancienne conseillère régionale d’Ile-de-France. Elle s’intéresse particulièrement aux questions touchant à la laïcité, à l’égalité, au droit des femmes, à la santé et aux finances sociales. Elle est l’auteur de Silence Coupable (éditions Kero).


Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger.

Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires.

Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus.

Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori.

À Cologne, la Maire conseilla aux femmes de se faire discrètes et de se tenir à l’écart des hommes. Comme si elles étaient en partie responsable des violences qu’elles subissaient. Et aujourd’hui, savez-vous ce que l’on répond, en France, à ces femmes qui, habitant la capitale de notre pays, ne jouissent déjà plus des droits que la loi est censée accorder à tous les citoyens? D’abord que porter plainte ne sert à rien. Donc, en France, on peut vous ôter la liberté de vous déplacer parce que vous êtes une femme dans la plus totale indifférence. Nul ne peut rien y faire, parce que les autorités publiques s’en moquent et que cette question est anecdotique pour le pouvoir. Voilà ce que signifie le «porter plainte ne sert à rien». On parle bien d’opérations de police à répétition dans l’article, plus de 110 depuis janvier mais elles n’ont aucun effet. Pourtant, si celles-ci se traduisaient plus souvent par des expulsions ou de véritables sanctions, nul doute qu’elles changeraient la donne. Mais si les interpellés en sont quittes pour revenir quelques heures ou jours après, cela devient un jeu qui signe plus l’impuissance des autorités que leur utilité et finit par valider ce qu’il est censé empêcher.

Il y a bien une élue citée dans le reportage, l’adjointe à l’égalité hommes-femmes de la mairie de XVIIIeme. Elle conseille d’organiser une marche exploratoire pour faire le repérage des lieux où les femmes sont indésirables et maltraitées. Il parait même que «leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention». Je suis sûre que cette personne est consciente du caractère dérisoire de cette injonction qui invite ces femmes à se mettre en danger pour effectuer un tel relevé topographique et qu’elle a conscience que rien ne saurait moins incarner la loi et le devoir de protection qu’ont les élus envers leur population, qu’une telle attitude, mais elle n’a probablement rien d’autre à proposer. Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN.

Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. Et s’ils se sentent autorisés à le faire, c’est aussi parce que nul ne se soucie, chez ceux qui nous représentent, ni d’expliquer les règles aux nouveaux arrivants, encore moins de les faire respecter. Ceux-ci alors essaient de recréer un environnement qui leur est familier et, marginalisés et sans grandes perspectives, ils se donnent un sentiment de virilité et de prise sur le monde en exerçant leur pouvoir sur les femmes. Ils sont encouragés dans ces attitudes par les prédicateurs bas de plafond dont ils sont la cible et qui ont table ouverte dans notre pays. Alors il ne s’agit pas ici de dire que tous les migrants sont ainsi, ce serait aussi injuste qu’insultant, mais de s’interroger sur notre réticence à défendre ce que nous sommes face à des comportements qui ne sont ni respectables ni tolérables et nous renvoient à un obscurantisme et à une violence intrinsèquement méprisable et face à laquelle nos autorités ne devraient pas être tétanisées.

L’air est connu: souvenez-vous du reportage d’Antenne 2 tourné à Sevran et à Villeurbanne où un homme chassait des femmes d’un café en leur expliquant: «Ici c’est pas Paris, c’est comme au bled».

Ce qui signifie, non seulement cette zone nous appartient et tu dois savoir rester à ta place, donc chez toi. Mais aussi que sur certains territoires, la France n’existe plus et ses lois ne s’appliquent pas. Ainsi, l’espace public n’est plus partagé, commun. Sur certains territoires, il est réservé à ceux qui ont une existence sociale, donc aux mâles, pas à celles qui leur appartiennent et n’existent que dans la sphère de l’intime. Pour avoir dénoncé ces phénomènes dont seuls ceux qui nous représentent semblent totalement inconscients, la journaliste de France 2 et Nadia Remadna de la brigade des mères, ont été violemment attaquées par le Bondy Blog et ceux qui ont relayé ce reportage ont été comme d’habitude accusés de mensonges, de racisme et d’appartenir à la fachosphère. Et ce quand bien même les témoignages de cette tentative d’imposer un apartheid sexuel en France se multiplient.

L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice.

Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. Une des phrases que l’on entend le plus dans les zones sous influence des islamistes et des identitaires, c’est «chez nous, c’est comme ça» et ce «chez nous» n’évoquent pas la France, alors même que ceux qui tiennent ce discours sont Français, pas même forcément les règles du pays d’origine, mais ce mélange de tradition et de religion dont les islamistes entendent faire le fond d’écran des mentalités qu’ils façonnent. C’est ainsi que les passages à l’acte se multiplient, rite d’initiation du refus de la citoyenneté et de l’affirmation des valeurs patriarcales validées par les représentations religieuses, le tout sur fond d’impunité des agresseurs et de mise en accusation de ceux qui dénoncent l’abandon des autorités comme une faute politique majeure.

Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement.

Voir également:

Paris : des femmes victimes de harcèlement dans les rues du quartier Chapelle-Pajol
Cécile Beaulieu
Le Parisien
18 mai 2017

Des femmes de ce quartier de l’est de Paris se plaignent de ne pas pouvoir se déplacer sans essuyer des remarques et des insultes de la part des hommes. Ce sont plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes, et où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. Depuis plus d’un an, le quartier Chapelle-Pajol, à Paris (Xe- XVIIIe), a totalement changé de physionomie : des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes.

REACTIONS

Révoltées, des habitantes du quartier ont décidé de lancer une vaste pétition pour dénoncer la situation. Et un quotidien de plus en plus oppressant. Celui des jeunes filles, qui ne peuvent plus sortir seules, porter une jupe ou un pantalon trop près du corps sans recevoir une bordée d’injures : l’une d’elles raconte avoir subi un jet de cigarette allumée dans les cheveux.

«Des réflexions incessantes»

«Nous avons toutes droit à un traitement insupportable», souligne Nathalie, 50 ans, qui revendique trente années dans le quartier, et un climat «inédit» ces derniers mois : «Ce sont des injures, des réflexions incessantes. L’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles». A l’image de cette vieille dame de 80 ans, agressée sexuellement alors qu’elle rentrait dans son immeuble, et désormais retranchée dans son appartement.

«Un repaire masculin»

Aurélie, une jeune femme de 38 ans, avoue ne pas reconnaître le quartier où elle vit depuis 15 ans, rue Perdonnet (Xe) : «Le simple fait de circuler est devenu problématique. Le café, en bas de chez moi, un bistrot autrefois sympa, s’est transformé en repaire exclusivement masculin et en permanence bondé : j’ai droit à mon lot de remarques lorsque je passe devant, d’autant plus qu’ils boivent énormément : il y a quelques jours, le simple fait de me mettre à ma fenêtre a déclenché un flot d’injures, et j’ai dû m’enfermer dans mon appartement. Il y a quelque temps encore, j’empruntais le boulevard de la Chapelle depuis Stalingrad, même tard le soir… C’est impensable aujourd’hui».

Le métro Chapelle, Laure l’évite soigneusement. Comme la place du même nom : «Ces dernières semaines, j’ai été prise au milieu d’une bagarre de vendeurs à la sauvette. Affolée, je me suis mise à crier, et deux d’entre eux ont sorti des couteaux pour me menacer. J’ai cru que ma dernière heure était arrivée. Et ça fait des mois que ma fille de 12 ans ne va plus seule au collège, ni nulle part dans le quartier, d’ailleurs».

Porter plainte aurait peu d’effet
Comment lutter contre le phénomène ? Les femmes de La Chapelle le savent : porter plainte aurait peu d’effets. Alors, d’un commun accord, et sur les conseils de Nadine Mezence, adjointe à l’égalité hommes-femmes du maire (PS) du XVIIIe, elles ont décidé d’organiser prochainement une marche exploratoire. Ensemble, elles parcourront tous les lieux du quartier où elles sont indésirables. Puis, rendront compte, aux pouvoirs publics de leurs observations… En espérant être entendues. A la mairie d’arrondissement, on assure que leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention.

110 opérations de police depuis le mois de janvier
La question du harcèlement des femmes, et notamment celle de la présence de dizaines de migrants rue Pajol, sera évoquée ce lundi en conseil d’arrondissement par l’élu (LR), Pierre Liscia. Tandis qu’au cabinet du maire (PS) du XVIIIe, Eric Lejoindre, on reconnaît la complexité de la situation : «Les femmes ont un sentiment de vulnérabilité devant cette violence, souvent associée à l’alcoolisation, mais la réponse publique est essentiellement policière».

Précisément, depuis lancement du dispositif «Barbès respire», au mois de janvier, par le préfet de police avec déploiement de renforts sur le secteur, 110 opérations ont donné lieu à plus de 19 000 évictions de vendeurs à la sauvette et 884 personnes ont été arrêtées. Mais les habitantes, elles, veulent des opérations de plus vaste ampleur pour retrouver leur sérénité perdue…
Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris «Désormais, notre quartier est abandonné aux seuls hommes : plus une femme dans les cafés. Pas un enfant dans le square Louise-de-Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles».

Les habitantes de la Chapelle-Pajol viennent de rédiger une pétition, intitulée «Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris», qu’elles espèrent voir parapher par de nombreux soutiens et victimes avant de l’envoyer à la mairie, à la préfecture de police et au procureur de la République. Leur demandant de «faire enfin respecter lois et règlement dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières et de renforcer le nombre de moyens policiers affectés au secteur».

«Il y a les insultes dans toutes les langues, les vols, l’alcoolisme de rue. Les trafics qui s’enracinent, et les employés de ces trafics, qui nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Cela doit cesser.»

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«Macron, ou la “révolution” des dupes»
Ivan Rioufol
Le Figaro
18/05/2017

CHRONIQUE – Le courant juppéiste et centriste a toute sa place dans le camp Macron, qui a renoncé à assimiler les minorités culturelles.

Le savoir: Édouard Phillippe, choisi lundi par Emmanuel Macron comme premier ministre, pratique la laïcité flexible. Maire (LR) du Havre, il avait en 2012 fait jeter 8500 desserts destinés aux cantines parce qu’ils contenaient de la gélatine de porc. Plutôt que de s’en tenir à la neutralité républicaine, l’élu s’était soumis à l’interdit alimentaire de la charia (loi islamique). L’anecdote est à retenir: elle laisse craindre d’autres détournements de la laïcité, un des piliers de la civilisation française. Macron, élu par beaucoup pour faire échec au «fascisme» de Marine Le Pen, a promis une «bienveillance exigeante» avec l’idéologie islamique. Ce choix de l’apaisement guide, mezzo voce, la recomposition politique en cours. Philippe, proche d’Alain Juppé, partage avec lui la mondialisation heureuse, l’accommodement raisonnable, la discrimination positive. Le chef de l’État est sur cette même vision « inclusive ». « Je veux accompagner les mutations », a-t-il dit dimanche lors de sa prise de fonctions. Son gouvernement libéral mondialiste accélérera la cadence.

La marginalisation de Manuels Valls, qui voit la laïcité comme rempart à l’islamisme, confirme la stratégie arrangeante du macronisme. La République en marche a refusé son investiture à l’ancien premier ministre socialiste, qui n’aura néanmoins pas de concurrent face à lui. Commentaire de Valls (dans le JDD) : « Macron est méchant (…), il n’a pas de codes, donc pas de limites (…). Autant sur les questions économiques et sociales il n’y a pas de différence entre Macron et moi, autant sur l’identité on a un vrai désaccord. » Malek Boutih (PS), remarqué pour ses alertes contre l’emprise des prêcheurs de haine dans les cités, s’est pareillement vu écarter du parti gouvernemental, qui présentera un candidat face à lui. Durant sa campagne, Macron s’était gardé de désavouer le soutien de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), classée parmi les organisations terroristes par les Émirats arabes unis.

C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission . Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République.

Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique » .

Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ?

L’artifice de la théâtrocratie La théâtrocratie que privilégie le chef de l’État, maître des horloges et de ses  gestes, lui permet de demeurer dans  l’ambiguïté. C’est ainsi que la question  identitaire n’arrive pas à être abordée  de face. Les courtisans rappellent  l’homme de lettres et de culture qu’il  est. Son premier ministre ne raffole-t-il  pas de la série des  Trois Mousquetaires ,  qu’il dit relire tous les dix ans ? D’autres  thuriféraires croient reconnaître la  silhouette du premier consul dans son  « regard au profil d’aigle » . N’y a-t-il pas aussi, tant qu’on y est, un Bonaparte  dans cette manière qu’à Macron de  prendre l’oreille de ses grognards ?  Dimanche, Gérard Collomb (devenu  ministre de l’Intérieur) avait les larmes  aux yeux, tandis que le chef passait ses  briscards en revue en leur caressant  nuque et joue. Pour le téléspectateur  distrait, ces scénographies sur la  continuité historique font leur effet.  Il n’empêche : la vigilance devra être  de tous les instants, tant est grande  la tentation du président de voir dans  les  « quartiers  populaires »  l’unique  expression du peuple français et de son  destin. Dimanche, il a d’ailleurs boudé  la grande parade parisienne.

Là aussi est la duperie : dans l’artifice qui s’attache au macroniste quand il  parle de  « clarté » . Elle a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur ,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien » . Quant  à l’exigence de transparence et  de moralité qui ouvre ce quinquennat,  elle pèche aussi par ses exceptions.  Vouloir éviter les conflits d’intérêts en  exigeant des politiques qu’ils dévoilent  leurs éventuelles relations d’affaires est  une bonne chose. Cependant, le chef de  l’État ne dit rien de son réseau d’amis  banquiers, responsables du CAC 40,  créateurs de start-up, hommes  d’influence qui ont financé sa campagne  jusqu’à 15 millions d’euros  (voir mon  blog) . Par qui Macron a-t-il été soutenu  et pour quel objectif ? Question sans  intérêt probablement.

Clivage élitaire-populaire Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite  laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ?

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Polémique autour du retrait des grilles supposées empêcher l’installation de migrants
Alicia.Paule
Le Figaro
07/04/2017

REPORTAGE – La mairie de Paris va enlever en juin les grillages installés depuis plusieurs mois le long de la voie du métro entre Stalingrad et la Chapelle. Cette décision suscite l’inquiétude parmi les riverains qui craignent l’installation de nouveaux campements sauvages.

«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. «Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris», explique Anne Souyris, co-présidente du groupe écologiste de Paris.

Une initiative saluée par plusieurs associations humanitaires dont le collectif Solidarité Migrants Wilson. «Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner», confie au Figaro une militante.

Parmi les riverains du XIXème arrondissement de Paris, confrontés depuis plusieurs mois à l’arrivée massive de migrants dans leur arrondissement, la décision ne fait pas l’unanimité et suscite de nombreuses inquiétudes. «Elles sont indispensables! Si la mairie les enlève, les campements sauvages vont revenir et ça, ce n’est vraiment pas possible», s’insurge Didier, patron d’un bistrot situé près de la place de Stalingrad, qui a vu son chiffre d’affaires chuté de 12%.

«La mairie peut enlever les grilles, cela ne changera rien au problème. Les migrants reviendront se poser là. Je n’ai rien contre eux. Mais il faut être honnête depuis qu’ils se sont installés dans le coin, c’est devenu l’enfer pour nous. On a dû fermer plusieurs fois la pharmacie après que des bagarres ont éclaté entre eux et les forces de police», confie Myriam, qui travaille à la pharmacie située à l’angle de la rue d’Aubervilliers.

Colère partagée par Marie-Christine, qui habite sur l’avenue de Flandre (XIXe). «Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville», affirme la retraitée de 78 ans, membre de l’association Demain la Chapelle.

Élisa, étudiante qui loue une chambre depuis plus d’un an près du métro Stalingrad, estime quant à elle «avoir honte» de vivre dans ce quartier. «Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante», confie la jeune fille de 19 ans. Le long des grilles, des débris de verre, des sacs plastique, des restes de nourritures jonchent les trottoirs.

Deux centres d’accueil ouverts

«Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable», déplore une mère de famille. Pour elle, cette situation n’est pas la faute des migrants mais bien celle des politiques qui ne font rien pour les aider. «Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité», ajoute-t-elle.

Depuis le démantèlement de la «Jungle» de Calais en octobre 2016, la capitale a vu l’arrivée de plusieurs milliers de migrants. Ils sont originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Érythrée ou encore du Soudan. Les exilés ont établi des campements sur les trottoirs et sous les ponts de Paris. Leur point de chute: au carrefour du Xe, VIIIe et XIXe arrondissement, où se situe l’association France terre d’asile. Des installations précaires qui sont quotidiennement évacuées par les forces de police.

Face à cette crise, la mairie de Paris a ouvert depuis novembre deux centres d’accueil: l’un situé à Porte de la Chapelle, l’autre à Ivry-sur-Seine. Tout deux déjà dépassé par l’afflux des réfugiés. Amahr, un Syrien de 19 ans qui est arrivé en France il y a six mois, fait la queue tous les jours pour tenter d’avoir un hébergement pour lui et son jeune frère. «Je dors dans une tente juste à côté du centre d’accueil. Chaque jour, j’y vais pour obtenir une place pour mon frère, il n’a que dix ans à peine. Moi, je peux rester dehors, mais pour lui c’est dur», confie-t-il dans un français approximatif lors d’un repas solidaire organisé jeudi par l’association Positive Planet. Aujourd’hui, près de «8000 migrants sont actuellement hébergés en Ile-de-France, dont 90 % relèvent de la demande d’asile», selon les estimations de la préfecture de Paris.

Mais la mesure est jugée «bien trop insuffisante» pour Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile. «La situation ne s’arrangera pas tant qu’il n’y aura pas une politique publique adaptée. Il est nécessaire de créer des centres pour migrants plus grands et surtout répartis à travers la France».

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Elisabeth Lévy : «Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre»

  • Alexandre Devecchio
  • le Figaro
  • 20/05/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie du dernier numéro de la revue Causeur, Elisabeth Lévy revient pour FigaroVox sur le sacre d’Emmanuel Macron. Son analyse est caustique et sans concession.


Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro consacre un dossier à l’élection d’ Emmanuel Macron


Emmanuel Macron est donc le huitième président de la Ve République. Sa victoire n’est-elle pas un peu votre échec?

En tout cas, la France qui gagne a gagné. Le système est mort, vive le système!, pourrait-on ajouter. En effet, nous n’assistons pas à une révolution, plutôt à un changement de dynastie. Le président de la République incarne, avec talent, et surtout avec clarté, ce qu’on a appelé la «pensée unique», et le «cercle de la Raison», expression inventée je crois par Alain Minc. Il ne prétend pas renverser la table, en l’occurrence la technostructure – économique, administrative, culturelle – qui, derrière les élus, participe à la conduite de la société, il veut la sauver en lui donnant de nouveaux visages. Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président.

Qu’entendez-vous par «perdants», les pauvres, les chômeurs? Et que devrait faire le Président pour les rassurer?

Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français.

La France qui gagne, la France qui perd: n’est-ce pas un peu caricatural?

Peut-être, mais pas plus que le score réalisé par Macron à Paris: 90 %! Cependant, rassurez-vous, la frontière entre les deux France n’est pas étanche: même à Causeur, où règne cette aimable pagaille idéologique que l’on appelle pluralisme, il y a quelques macronistes du premier tour et de la première heure (j’espère qu’on s’en rappellera quand nous serons jugés pour dissidence). Ils ont essuyé force blagues pendant nos réunions de rédaction et maintenant, ils se paient notre tête. Ce sont les amusements de la démocratie. Plus sérieusement, pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale.

En attendant, il n’y a rien de très nouveau dans l’incantation européenne.

Sauf que, à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. Le mois dernier, l’excellent Basile de Koch écrivait ceci dans Causeur: «Non seulement il n’y a qu’une politique possible, mais personne n’a jamais réussi à l’appliquer.» Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme.

Au-delà de la synthèse libérale-libertaire réalisé depuis longtemps par des rebelles devenus publicitaires, comment définiriez-vous le progressisme de Macron?

En partie comme une façon de feindre d’organiser les mystères qui nous dépassent, c’est-à-dire d’adhérer au changement qui survient et que l’on tient pour inéluctable. Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens.

Que voulez-vous dire? Que cacherait ce déni?

Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine.

En attendant, il a gagné. Votre diagnostic sur la société française n’était-il pas complètement à côté de la plaque?

Voulez-vous dire, comme Zemmour l’a lancé à Finkielkraut l’autre soir, que nous sommes devenus désuets, ringards, et que la France, revigorée par un grand bol d’optimisme macronien, n’a que faire des attachements dont nous nous encombrons? Ringard vous-même! On verra si Macron est un antidote à la dépression identitaire. En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs.

Les questions identitaires ont été très peu abordées durant cette campagne. Est-ce seulement la faute des journalistes ou intéressent-elles finalement moins les Français que les questions économiques et sociales?

Il est difficile de répondre à cette question de poule et d’œuf mais le résultat est là. J’ai été atterrée par la focalisation de la campagne, en particulier des débats télévisés, sur les questions économiques ou plutôt micro-économiques, comme si on votait en fonction de ses seuls intérêts matériels: combien d’impôts, quelle retraite, quelles charges? Il est normal de se soucier de son niveau de vie et de celui de sa famille, mais la contribution de nos générations à l’histoire humaine sera-t-elle d’avoir inventé un homme qui se nourrisse exclusivement de pain? Que l’économie, c’est-à-dire l’organisation de la production, des échanges et de la redistribution, qui modèle l’ensemble de la société, soit au cœur de l’action publique, c’est légitime. Qu’elle en soit l’unique finalité, le seul critère, est un brin déprimant car cela entretient le feu croisé des ressentiments, chacun étant sans cesse invité à compter ce qu’il n’a pas, donc à recenser ce que son pays devrait faire pour lui. François Hollande a installé comme une évidence l’idée que sa réussite se mesurerait exclusivement à l’inversion de la courbe du chômage. Si, pour vaincre le chômage, la France devait devenir une petite province du marché mondial, parlerait-on de réussite? Pardon de sortir les grands mots, mais l’avenir de notre civilisation ne pourrait-il pas être l’un des horizons de la politique? L’élection présidentielle n’est pas l’entretien d’embauche d’un chef de service.

Emmanuel Macron a plutôt réussi ses premiers pas. Le soir de sa victoire, il a su s’adresser aux perdants de la mondialisation qui n’avaient pas voté pour lui. Lors de la passation de pouvoir, il a également fait preuve d’une verticalité qu’on ne lui connaissait pas. Pourriez-vous être séduite? Et si vous vous étiez trompée sur son compte …

Je serais enchantée d’être déçue en bien, comme on dit en Suisse. Et je ne l’exclus pas. Il faut peut-être rappeler que l’opposition n’a nullement besoin de détestation. Durant l’entre-deux tours, on a assisté à un déferlement de haines concurrentes: des «fachos» – ça c’est un devoir citoyen -, des ni-nistes, traqués comme traîtres à la sainte cause. Emmanuel Macron en a eu plus que sa part, que l’on songe à la tribune dans laquelle François Ruffin, auteur de Merci Patron et héros de la France insoumise, répète avec délectation: «Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï». Et pourquoi tant de haine? Parce que le chef de l’Etat a été banquier, un crime intolérable, et qu’il est «riche» – ce qui est assez relatif et parfaitement autorisé. Au-delà même de son projet, on peut trouver son côté premier de la classe – ou gendre idéal – agaçant et ses tics de langage insupportables. La haine, je n’achète pas.

Mais vous me demandez si je pourrais être séduite. On verra: on ne m’a pas si facilement, avec quelques jolies phrases! Je ne me lasse pas du spectacle de tous ces routiers du pouvoir s’extasiant et s’attendrissant sur la jeunesse et sur les innombrables qualités du jeune prince. Certes, cette jeunesse lui permet d’apprendre vite. De fait, il n’a pas répété au soir du 7 mai les erreurs qu’il avait commises le 23 avril. Et comme la verticalité est largement affaire de rituels, je vous accorde qu’il se verticalise, même si, comme l’observe Régis Debray, en même temps, il s’américanise. Cependant, nous n’allons pas passer le quinquennat à commenter les symboles du Président d’autant plus que, sur ce terrain là, le syndrome «en même temps» joue à plein, il suffit de gratifier chaque groupe de sa petite dose. Allez, je vous fais un aveu. Après François Hollande qui gouvernait sous la surveillance du Monde, que Macron tienne la dragée haute aux journalistes m’amuse beaucoup. Les sociétés de rédacteurs s’étranglent de rage parce que l’Elysée prétend, semble-t-il, choisir des interlocuteurs compétents, ce qui est assez outrecuidant, et, plus généralement, ne manifeste pas à l’égard de la profession la déférence à laquelle elle est habituée. Je trouve cette ingratitude très présidentielle. Et pour le coup passablement verticale.

Marine Le Pen s’est montrée brouillonne, agressive, grossière lors du débat. Ne vous étiez vous pas trompée également sur son compte? Comment expliquez-vous un tel naufrage?

La démocratie, c’est l’espace de l’engueulade civilisée. Ce soir-là, Emmanuel Macron avait l’air de quelqu’un avec qui on peut s’engueuler. Pas elle. Elle aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai.

Macron se dit, «Et de droite et de gauche» et refuse ainsi de confondre la gauche avec le camp du bien. Une absence de manichéisme qui devrait vous plaire …

Ah oui, quel grand Président! Blague à part, je sais gré à Emmanuel Macron d’avoir brisé le sortilège sémantique qui obligeait la plupart de ses anciens amis à attester régulièrement la ferveur de leur foi «de gauche». Quand Manuel Valls, cédant à l’intimidation, a longtemps donné des gages de la sienne, Macron, en avance sur ses camarades, se fichait de l’Église et de son clergé. Le plus triste est que la gauche laïque ait disparu dans la bataille: si République en marche ne présente pas de candidat face à Manuel Valls, ce n’est pas grâce à sa singularité laïque, mais malgré elle. Et que Malek Boutih n’ait pas bénéficié du même traitement est de fort mauvais augure. Reste que le mot magique qui a fait la pluie et le beau temps dans la vie intellectuelle – et empêché pas mal de monde de penser -, autrement dit, le mot «gauche», est en passe d’être sérieusement démonétisé. Il ne mordra plus personne. Tant mieux.

Le macronisme a également le mérite de clarifier le débat politique et de révéler les vrais clivages au-delà des petites guerres partisanes…

En effet, la recomposition qui commence est une clarification et je m’en félicite. Après avoir clamé pendant des années que la droite de la gauche et la gauche de la droite partageaient l’essentiel, et menaient, peu ou prou, la même politique dont tous assuraient que c’était la seule possible tout en jurant qu’elle tranchait radicalement avec celle de leurs adversaires, je ne vois pas comment on peut hurler à la trahison au prétexte que Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire et pourquoi pas demain NKM ou Juppé travaillent ensemble sous la houlette d’Emmanuel Macron. Reste à savoir ce qui se passera dans le reste du champ politique.

L’élection est également un défi pour Causeur et les idées que la revue défend. Sa victoire vous invite-t-elle à vous réinventer? La dérision et la contestation doivent-elles davantage laisser la place à la persuasion et la proposition?

D’abord nous ne pratiquons pas la dérision mais l’ironie et la critique. Nous ne sommes ni cyniques, ni méchants. Ensuite, cette élection et la situation qu’elle crée sont au contraire un puissant excitant pour qui aime réfléchir à la chose publique et au mouvement des idées. La seule question du libéralisme pourrait nous occuper tout le quinquennat. Et puis nous comptons bien jouer un rôle de vigie sur le front de la laïcité, de la République, des territoires perdus. Bref, Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre. D’ailleurs, grâce à lui nous avons connu les disputes les plus animées de toute l’histoire de Causeur. C’est un bon début, non?

Voir encore:

Macron a incarné le «dégagisme soft»

Entretien avec le sondeur Jérôme Fourquet

Daoud Boughezala
Causeur

19 mai 2017

Le président élu a su faire fructifier l’aspiration au renouvellement et l’espoir d’un retour à une certaine unité nationale. Mais il aurait tort d’oublier les inquiétudes identitaires des Français.

Propos recueillis par Daoud Boughezala

Causeur. Depuis plusieurs années, vous observez la droitisation de la société française. Or les scores cumulés de Marine Le Pen, François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan atteignent à peine 45 % au premier tour…

Jérôme Fourquet.1Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016.

Qu’entendez-vous par là ?

Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire.

Malgré cette forte demande d’autorité, Marine Le Pen a réalisé une performance en demi-teinte. Faut-il l’imputer à sa stratégie gauchisante ?

Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays.

Passons au tracé de la carte électorale. Pour être élu, notre nouveau président n’a pas séduit que des traders…

Quels que soient les couches sociales et les territoires, Emmanuel Macron a bénéficié d’un matelas minimum d’à peu près 15 % partout, avec des pointes beaucoup plus élevées dans les segments acquis. Cela tient au fait que ce vote s’est appuyé sur des ressorts très présents et assez consensuels dans la société française. On a ainsi un candidat qui se positionne comme l’incarnation du renouvellement. Dans un esprit de « dégagisme soft », il s’agissait avant tout de virer toutes les vieilles badernes. Deuxième élément, les enquêtes d’opinion montrent depuis longtemps qu’il y a une très forte aspiration à ce que tous les humanistes de bonne volonté se donnent la main et forment une grande coalition à l’allemande pour sortir le pays de l’ornière. Grâce au ralliement de socialistes, de centristes, de libéraux, Macron a alors incarné ce que Bayrou n’avait pas réussi à faire par le passé. Troisième élément: il a été le seul candidat à brandir le drapeau européen. Ce n’est pas quelque chose qui est très à la mode aujourd’hui, mais il reste une frange conséquente de la population attachée à l’idéal européen.

Y compris au sein de la France périphérique, que Christophe Guilluy estime très hostile à l’ UE ?

Certainement. Même à Vierzon, certes dans des proportions moindres qu’à Paris, on rencontre des profs qui ont fait Erasmus et trouvent ça génial. Là où je me distingue un peu de Christophe Guilluy, dont la grille d’analyste reste cependant pleinement opérante, c’est que les chiffres que je recueille ne s’inscrivent pas totalement dans une logique de système. Quand on regarde en détail les résultats électoraux, on a rarement du 90 %-10 % mais plutôt du 60 %-40 % ou 70 %-30 %. Même dans la France périphérique, il y a toujours un « résidu » au sens statistique du terme. 50 % des Français pensent que l’avenir du pays est sombre quand 50 % sont optimistes. Or on retrouve des optimistes partout même s’ils sont nettement moins nombreux dans la France périphérique qu’au cœur de Paris. Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.

C’est-à-dire ?

La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…

Les législatives arrivent. En marche ! et le président Macron auront-ils une majorité ?

À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République !…

Voir également:

Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques

L’idée n’est pas absurde, mais ce n’est pas au pouvoir d’en décider.

Daniel Schneidermann
Le Nouvel Obs
19 mai 2017

Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer     le portrait dans une sorte d’entonnoir.

On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ?

C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Evincer les journalistes politique

Son portrait tiré, le gouvernement ayant manifestement du temps libre, et sans doute pas assez de sujets sérieux à traiter, il s’est mis en tête de réformer le travail de la presse accréditée.

En substance, comme vous l’avez lu ici hier, de décider à la place des rédactions quels journalistes seraient autorisés à suivre John Fitzgerald Macron dans ses déplacements triomphaux. Objectif avoué : évincer les journalistes politiques au bénéfice des journalistes spécialisés (le rubricard santé dans une visite d’hôpital, le rubricard oenologie dans une exploitation viticole, etc).

Objectif, selon le communicant de l’Elysée Sylvain Fort, interrogé par @si : répondre à des questions « plus techniques, plus pertinentes ». Cet évincement des journalistes politiques est un fantasme ancestral des responsables politiques. Précisons : des politiques une fois parvenus au pouvoir. Autant le journaliste politique est indispensable à l’opposant, ou au challenger, pour « exister » médiatiquement, autant il est alors suralimenté en confidences, en offs, en gossips, en dézingages des rivaux, autant il devient encombrant aux yeux de l’homme de pouvoir, qui n’a plus pour objectif que de faire valoriser son « action », ses projets, ses plans, et ses rataplans.

La presse est assez grande

En elle-même, l’idée n’est pas absurde. Le poids des journalistes politiques, dans les rédactions, au détriment de tous les autres spécialistes, est une des raisons (la principale ?) de la superficialité de cette presse. 99 fois sur cent, les reportages sur un voyage ou un déplacement politiques se réduisent à une petite phrase sur la péripétie politicienne du jour, au détriment de l’usine pilote, du quartier réhabilité, de la ferme modèle, du service hospitalier innovant, sur lesquels on voulait attirer l’attention, et qui se réduisent à une sorte de vague décor estompé.

C’est totalement idiot, abêtissant pour les citoyens, et on comprend que ce soit rageant pour le pouvoir. Mais ce n’est évidemment pas au pouvoir d’en décider. Ce n’est pas au pouvoir de choisir le type de traitement médiatique dont il souhaite bénéficier.

Dans la nouvelle ère comme dans l’ancienne, la presse est bien assez grande pour se sauver, ou pour couler, toute seule.

Voir encore:

Non, cher Manuel Valls, les quartiers populaires ne sont pas antisémites
Huffington Post

22/07/2014
Marlène Schiappa Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ». Comme vous, j’ai grandi dans des quartiers que l’on qualifie pudiquement de « sensibles » et qui ont l’honneur de passer régulièrement dans des émissions du style: « Dans l’enfer des cités parisiennes où la police ne va plus ». Mon collège se trouvait en ZEP, et j’ai vécu à Lupino, un quartier chaud de Bastia, présenté comme « périphérique, difficile ». Façon polie de dire qu’il est ravitaillé par les corbeaux et que les enfants jouent dans les carcasses de voitures le soir en bas des barres d’immeubles.

Dans Le Livre de la Jungle, Kipling écrit « on peut sortir l’enfant du cœur de la jungle, mais on ne peut pas sortir la jungle du cœur de l’enfant. » Aujourd’hui, on peut sortir l’enfant du cœur du « quartier populaire », mais on ne peut pas sortir le « quartier populaire » du cœur de l’enfant. C’est pourquoi, même après être passée par un lycée du 16e arrondissement de Paris et même après avoir pris l’ ascenseur social jusqu’aux banlieues dorées des Hauts-de-Seine, j’ai toujours continué à travailler avec, pour et dans les « quartiers populaires ». Et quinconque a grandi dans une banlieue, dans une cité, ne peut s’empêcher de répondre quand son quartier est interpellé.

Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires.

L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athés vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. Voltaire parlait au XVIIIe siècle des Juifs comme du « peuple le plus abominable de la terre » et, si les Voltairiens évoquent l’ironie, il n’en reste pas moins que les écrits témoignent d’une haine des Juifs en France à son époque. En 1886, Edouard Drumont, alors directeur du journal Le Monde, publie « La France Juive », vendu à plus de 150.000 exemplaires et considéré comme une des bases de l’antisémitisme français. Il affirme par exemple que « La Révolution [française] a profité au Juif. Tout vient du Juif, tout revient au Juif. »

Dreyfus au XIXème siècle, condamné par qui? Par les habitants des quartiers populaires? Sont-ce les quartiers populaires qui gouvernaient sous Vichy? Qui ont édicté, de leur propre chef, des lois comme: Exclure les Juifs de la fonction publique, confisquer leurs biens, les dénaturaliser, les acheminer vers les camps… Non, monsieur le Premier Ministre, ces actes horribles que vous avez vous-même dénoncés hier ne sont pas le fait des habitants des quartiers populaires. Et ne sont pas plus tolérables quand ils viennent des beaux quartiers.

Les quartiers dits populaires sont les plus métissés de France. Dans le quartier des Sablons, au Mans, 27 nationalités vivent ensemble. Les habitants des quartiers populaires n’ont pas créé le communautarisme, ils en sont les victimes. Et quand enfin ils et elles pensent avoir un peu de répit, enfin, une trêve pour eux aussi, une pause dans les insoutenables rejets, refus, stigmatisations; non pas de logement pour vous, non pas de travail non plus, et pas d’entrée en soirées; quand enfin, les habitants des quartiers populaires s’imaginent avoir droit au respect et à une vie sereine, une loi interdit aux mères de famille voilées d’accompagner les sorties scolaires au nom de la laïcité dévoyée!

L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.

D’après l’Observatoire des Inégalités, le chômage est 2,5 fois plus élevé dans les quartiers populaires que partout ailleurs sur le territoire, atteignant 24% de la population. Les habitants des quartiers populaires subissent la discrimination à l’embauche concernant leur adresse, en plus parfois de leur origine ou de leur genre, voire de leur religion réelle ou supposée: « Français ou immigré, je ne recrute personne qui vienne de quartiers chauds, on va pas se mentir ce sont des fouteurs de merde et leurs RER sont toujours en retard » avait ainsi déclaré le DRH d’une grosse PME en marge d’une conférence sur l’emploi, l’an dernier.

Pour ces raisons ou parce que l’accès à une formation qualifiante y est plus difficile qu’ailleurs, chez les moins de 24 ans, dans les quartiers populaires, le chômage atteint même 45% de la classe d’âge! Le taux de pauvreté y atteint 40% d’après une étude du Centre d’observation et de mesure des politiques sociales pour la Gazette des communes. Et que dire de l’image renvoyée par certains grands médias? Acrimed note ainsi « En dépit de leur diversité, la plupart des médias diffusent une représentation tellement partielle et partiale des quartiers et des classes populaires que celle-ci renforce, en les justifiant ou en les banalisant, les formes d’injustice ou de discrimination dont elles sont par ailleurs l’objet. »

Oui, monsieur le Premier Ministre, les habitants des quartiers populaires vivent dans des conditions matérielles, financières, humaines, extrêmement difficiles; de Roubaix aux quartiers Nord de Marseille. Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine: « Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. » A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président.

On ne lutte pas contre l’intolérable stigmatisation des Juifs de France en stigmatisant tout aussi intolérablement les habitants des quartiers populaires. Les Roms, les Musulmans, les habitants des quartiers populaires ne doivent pas, pas plus que les Juifs, être désignés comme les ennemis publics de la République. Il devient urgent de nous souvenir de notre dénominateur commun, de ce qui nous fait vivre ensemble dans une République une et indivisible.

Non, monsieur le Premier Ministre, on ne répare pas une discrimination par une autre discrimination.

Voir de même:

Barbara Lefebvre : « L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France »

Co-auteure de « Une France soumise. Les voix du refus*», un recueil de témoignages et d’expertises sur l’offensive de l’islam radical, cette professeure d’histoire-géographie examine la sécession culturelle à l’œuvre sur le territoire.

Actualité Juive : En quinze ans, ce qui était alors des « territoires perdus » de la République se sont étendus plus largement dans le pays. Quelles ont été les dates charnières de ce pourrissement social et idéologique ?

Barbara Lefebvre : Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre.

A.J.: « Une France soumise » décrit par le menu la stratégie de grignotement des islamistes pour accroître leur domination dans les esprits mais aussi sur des pans entiers de territoire. « Une seconde société tente de s’imposer insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession », s’alarme la philosophe Elisabeth Badinter, dans la préface au livre. Comment les « voix du refus » auxquelles vous avez tendu l’oreille résistent-elles à cette offensive ?

B. L. : Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste.

Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui.

Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes.

A.J.: La fameuse injonction « pas de vague »…

B. L. : Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences.

Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol

A.J.: Ces quinze dernières années ont également vu progresser en France ce que vous qualifiez d’ « antisémitisme décomplexé ». De quelle manière cette judéophobie s’articule-t-elle au phénomène plus global de désagrégation que vous dénoncez ?

B. L. : L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles.

L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol.

Voir enfin:

Si Le Pen avait été élue… le plan secret pour « protéger la République »

Les pouvoirs publics, qui redoutaient, en cas de victoire du Front national, des manifestations violentes, avaient imaginé un scénario politique totalement inédit. Révélations.

Mathieu Delahousse
Nouvel Obs
17 mai 2017

Le plan n’a jamais été écrit noir sur blanc, mais tout était fin prêt. Son déroulé était si précisément envisagé qu’une poignée de membres du gouvernement, de directeurs de cabinet et de très hauts responsables de l’Etat peuvent encore le décrire de tête, étape par étape. Ce plan, qui pourrait s’intituler « Protéger la République », a été construit de façon informelle alors que la candidate du Front national grimpait dans les sondages et que des remontées d’informations faisaient craindre des troubles majeurs à l’ordre public si elle était élue. Un des hommes mis au courant de ce projet commente anonymement :

« C’était une fusée à plusieurs étages. La philosophie, et la priorité impérative, c’était de maintenir la paix civile en respectant totalement nos règles constitutionnelles. »

Pour en donner les détails, « l’Obs » a recoupé les éléments auprès de trois sources, au sein du gouvernement sortant et d’institutions de l’Etat.

Le pays au bord du chaos

Les stratèges qui ont conçu ce plan B anticipent qu’au lendemain de la victoire du Front national le pays risque de se retrouver au bord du chaos. Etat de sidération, manifestations républicaines, mais surtout violences extrêmes, notamment …

Sondage : Macron et Philippe privés d’état de grâce

  • Tristan Quinault Maupoil
  • Le Figaro
  • 18/05/2017

Le couple exécutif n’a pas la confiance de la majorité des Français au lendemain de sa victoire.

Un premier sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique (*) indique jeudi que les Français ne sont pas prêts à faire confiance les yeux fermés au nouveau couple exécutif. Le président de la République bénéficie de 45% de cote de confiance. 46% des Français ne lui font pas confiance, 9% sont sans opinion. Au même stade de son mandat, François Hollande obtenait, en 2012, un meilleur taux de confiance (58%). De même pour Nicolas Sarkozy en 2007 (59%) ou encore Jacques Chirac (61% en 1995 et 53% au début de son deuxième mandat en 2002). «On sent un certain attentisme des Français et face à eux, un président de la République et un premier ministre qui vont avant tout devoir faire leurs preuves», commente Yves-Marie Cann, le directeur des études politiques d’Elabe cité par Les Echos.

Sans surprise, c’est chez ses électeurs du premier tour qu’Emmanuel Macron obtient sa meilleure cote de confiance (92%). Viennent ensuite les électeurs de Benoît Hamon (56%) puis les électeurs de François Fillon (49%). «La double déception, suite à la fois au quinquennat de Nicolas Sarkozy à droite et celui de François Hollande à gauche, fait que les Français ne se contentent plus des promesses et ne s’attendent pas à ce que la situation s’améliore sous le seul effet de l’élection», juge Yves-Marie Cann.

Le score d’Edouard Philippe n’est pas plus positif, loin de là. Le premier ministre obtient seulement 36% de confiance. A noter que 21% des personnes interrogées se disent «sans opinion» à son egard, preuve que le maire du Havre pâtit d’un manque de notoriété. Lorsque Jean-Marc Ayrault est arrivé à Matignon, il bénéficiait d’une cote de 56%.

Issu des rangs de la droite, Edouard Philippe ne parvient pas à obtenir la confiance de tous les électeurs de François Fillon. 45% lui font confiance, quand 40% ne la lui accordent pas. C’est chez les électeurs d’Emmanuel Macron qu’il obtient le meilleur score (73%).

Législatives: la majorité présidentielle en hausse

Si les taux de confiance du couple exécutif ne sont pas très élevés, cela n’empêche pas les électeurs d’envisager de voter pour la majorité présidentielle aux élections législatives de juin. 32% envisagent de le faire selon une enquête Harris Interactive pour France télévisions, publiée jeudi (**). C’est trois points de plus que lors de la précédente enquête du 11 mai et six points de plus que dans l’enquête du 7 mai. Surtout, c’est huit points de plus que le score d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle.

À l’inverse, les Républicains et l’UDI sont crédités de 19% des voix (-3 points par rapport au 7 mai). Un score et une tendance identiques pour le Front national. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon progresse (15%; +2 points) et le Parti socialiste continue sa descente infernale, crédité de 6% des voix (-2points).

(*) Sondage réalisé les 16 et 17 mai auprès d’un échantillon de 999 personnes, par Internet, selon la méthode des quotas.

(**) Enquête réalisée en ligne du 15 au 17 mai 2017 (après la nomination d’Édouard Philippe comme premier ministre, et avant la présentation du nouveau gouvernement), auprès d’un échantillon 5 015 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus comprenant un échantillon de 4 598 inscrits sur les listes électorales.


Médias: Le Monde ressuscite l’Index (Who will fact-check the fact-checkers ?)

12 février, 2017
decodex
Exemple de fiabilité pour le site de «Valeurs actuelles» et le blog «les Crises»le-monde-decodexNous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Nous avons recensés 600 sites, majoritairement français mais aussi anglais et américains et quelques allemands, avec cinq niveaux de fiabilité, repérés par cinq couleurs. Nous distinguons en gris les sites collectifs, donc non classés, comme Wikipedia, en bleu les sites parodiques, comme Le Gorafi ou NordPresse, en rouge les sites pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs, comme le portail IVG.net qui, sous couvert d’informations, veut manipuler les femmes pour les décourager d’avorter, en orange les sites peu fiables ou très orientés, type FdeSouche, ou les attrape-clics qui republient des informations non recoupées, et enfin en vert les sites très fiables. C’est n’est pas un jugement sur leur opinion, mais sur leur démarche journalistique. L’idée n’est pas de faire du clic ni de l’argent, c’est une démarche citoyenne. Samuel Laurent
L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563). Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi. La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée. (…) Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral. C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“. Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans. Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression. Et puis Le Monde a ressuscité l’Index… Les Crises
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie. (…) Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton. Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet. (…) Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra. Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ? Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée. Daniel Schneidermann
Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? (…) C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique. Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien. Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie. En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité. Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder ! Elisabeth Lévy

Vous en aviez rêvé, Le Monde l’a fait !

Au lendemain d’une revanche des bouseux

Qui a décidément, du côté des mauvais perdants, beaucoup de mal à passer …

Et ce, malgré l’accumulation, entre accusation de piratage russe ou du système électoral, des excuses et des coups bas …

Devinez ce que viennent de nous sortir les décodeurs du Monde ?

Non content de s’écrire désormais avec l’histoire et la sociologie dans les prétoires …

Le journalisme va enfin pouvoir disposer, digne de la Sorbonne ecclésiastique des plus beaux jours, de son propre Index à lui tout seul  !

I. Quand le Monde ressuscite l’Index librorum prohibitorum

L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563).

Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi.

La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée.

On a ainsi pu trouver parmi les centaines d’auteurs dans l’Index : René Descartes, Daniel Defoe, Blaise Pascal, Pierre-Joseph Proudhon, Jean de La Fontaine, Johannes Kepler, Alexandre Dumas, Érasme, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, François Rabelais, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Pierre Larousse, Fénelon, Gustave Flaubert, Fontenelle, John Locke, Martin Luther, Jean Calvin, Anatole France, Baruch Spinoza, Nicolas Machiavel, Frédéric II de Prusse, André Gide, Auguste Comte, Condorcet, Nicolas Copernic, Thomas Hobbes, David Hume, Emmanuel Kant, Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola…

J’ai une pensée émue pour toutes ces personnes, qui, un jour, ont découvert qu’elles étaient mises à l’Index et que c’était diabolique de les lire – vous comprenez pourquoi.

Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral.

C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“.

Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans.

Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression.

Et puis Le Monde a ressuscité l’Index…

Voir aussi:

Au Monde, on décode à pleins tubes!

Decodex est en ligne

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Causeur

02 février 2017

Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? En tout cas, pour Causeur, les paris sont ouverts. J’avoue qu’une pastille verte me vexerait presque.

Un léger conflit d’intérêt

C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique.

FDesouche classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté »

Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien.

Pas de problème pour Les Inrocks ou l’Humanité

Problème de référence?

Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie.

En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité.

Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder !

Voir aussi:

Chronique «Médiatiques»
Decodex décodé
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie.

Daniel Schneidermann

Libération

5 février 2017

Dans le monde merveilleux des surveillants surveillés et des fact-checkeurs fact-checkés, amusons-nous aujourd’hui à décoder Decodex. Decodex, c’est le nouveau joujou mis en ligne la semaine dernière par le Monde, et qui partage les médias en ligne entre plutôt fiables et pas fiables du tout. Vous arrivez sur pipeule.com ou sur bidon.fr, et le joujou, pardon l’extension, vous le classe en vert ou en rouge, avec quelques lignes d’explication de vote.

C’est un pari audacieux. Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton.

Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet.

Première objection : Decodex ne convaincra que les convaincus. Seuls la téléchargeront ceux qui font a priori confiance au Monde, pour discerner la bonne de la mauvaise info. Objection rejetée : entre les convaincus de la fiabilité, par nature, de la presse traditionnelle, et les convaincus de sa congénitale propension au mensonge et à la manip, reste heureusement le grand marais de tous ceux qui doutent, cherchent, tâtonnent, hésitent, recoupent. Et donc, oui, il existe pour une initiative de ce genre un public intéressé.

Objection de rechange : auprès de la seconde catégorie, l’anathème jeté par Decodex sur les sites «douteux» n’aura aucun effet. Il ne fera que les conforter dans leur certitude que l’objet de cet anathème est digne de confiance, du fait même de l’anathème d’un «média du système». Objection retenue cette fois, mais c’est un risque à courir.

Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra.

Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ?

Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée.

Voir également:

«Qui fact-checkera les fact-checkeurs ?» : le Decodex du Monde suscite des critiques

Des journalistes ont exprimé leur scepticisme envers la démarche du Monde qui consiste à établir le degré de fiabilité des sites d’information sur internet. Certains acteurs mis à l’index se demandent ce qui fonde la légitimité du Monde à distribuer les bons points.

«Un premier pas vers la vérification de masse de l’information». C’est ainsi que se définit «Decodex» le nouvel outil du Monde pour décrypter la fiabilité de l’information sur internet et lutter contre les intox qui pullulent sur le web. La démarche, qui se veut pédagogique, prend notamment la forme d’un moteur de recherche, le logiciel classe les sites soumis en plusieurs couleurs: vert pour «plutôt fiable», jaune pour «peu fiable» rouge pour «très peu fiable» ou bleu pour «parodique». Ainsi le site Gorafi reçoit une pastille bleue, tandis que «Fdesouche», la revue de presse identitaire, reçoit une gommette jaune, et le site ivg.net, dans le viseur du gouvernement parce qu’il culpabiliserait les femmes désirant avorter, une pastille rouge. La liste de tous les sites classés par Decodex assortis des commentaires a par ailleurs été publiée par un blog.

Labellisation du bon journalisme

A première vue, l’idée de séparer le bon grain de l’ivraie journalistique peut paraître louable. Mais très vite, des voix se sont élevées pour dénoncer un monopole de la labellisation du «bon journalisme» assez contestable. Où est la part de la ligne éditoriale dans le jugement de ce qu’est un site fiable? Par exemple le site «Valeurs

actuelles» d’abord classé en vert, s’est vu attribuer la gommette orange «peu fiable» quelques jours plus tard. En cause, la condamnation de l’hebdo pour «provocation à la haine raciale» pour sa Une sur les Roms en 2015. «Certaines enquêtes ou reprises d’autres médias sont à prendre avec précaution.» indique le «Decodex».

Du côté de l’hebdo droitier, on préfère rire de cette mise à l’index. «Au début nous étions très inquiets d’être en vert, mais on s’est très vite rassurés en voyant qu’on était passé au orange», se gausse Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction. «Nous songeons d’ailleurs à Valeurs Actuelles à mettre en œuvre notre propre Decodex. Les Décodeurs du Monde y seraient en violet ou en marron», lâche-t-il.

Autre mécontent: Olivier Berruyer, blogueur et fondateur du site Les Crises, qui s’est vu lui carrément décerner l’infamante étiquette rouge «très peu fiable» en raison de la diffusion de «théories conspirationnistes, notamment sur la crise ukrainienne.». Il se retrouve dans le même sac qu’Égalité et réconciliation, le site d’Alain Soral, ou le site complotiste antisémite Panamza. Pour justifier son choix, Le Monde s’appuie sur une source unique: un article issu d’un blog hébergé par…. le Monde. Dans un article documenté, Olivier Berruyer, développe un long argumentaire contre ce qu’il appelle une «liste maccarthyste» et compare le Decodex à l‘Index librorum prohibitorum, la liste établie par l’Eglise des ouvrages que les catholiques n’avaient pas le droit de lire. «Je n’ai pas créé un site d’information, mais un simple blog personnel pour échanger avec les lecteurs ; et le Monde n’a pas à utiliser l’immense poids de son image pour tenter de me discréditer – sans fondement en plus.», se plaint le blogueur. La journaliste Aude Lancelin, auteur du Monde libre, un brûlot remarqué sur les dérives du journalisme, l’a soutenu.

Juge et partie

Outre les plaintes de réprouvés, Decodex suscite des doutes chez d’autres journalistes. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Qui veut discréditer un site trouvera toujours une fausse information quelque part.» remarque Vincent Glad qui tient un blog sur le site de Libération. Le journaliste fait remarquer que si le blog de l’économiste souverainiste Jacques Sapir est classé «orange» parce qu’il «il relaie parfois de fausses informations, niant la présence de soldats russes en Ukraine en 2014, pourtant établie», «il serait facile de rétorquer que Le Monde publie aussi à l’occasion de fausses informations, comme récemment le faux piratage par les Russes d’une centrale américaine.» On peut aussi noter que le magazine people France dimanche reçoit une pastille verte «plutôt fiable», alors que le journal avait annoncé en Une le divorce d’Emmanuel Macron, ce qui avait suscité une plainte de ce dernier.

«Au nom de quoi le service «Décodeurs» du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC?» se demande Élisabeth Lévy dans Causeur. Pour Daniel Schneiderman, fondateur du site de critique des médias Arrêts sur image, il y a également une difficulté à ce que Le Monde soit à la fois juge et partie. «De quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non? Quelle est sa fiabilité? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool», écrit-il dans Libération.

Derrière cette polémique, c’est toutes les mutations du journalisme contemporain qui sont en question. A l’ère des populismes, des réseaux sociaux, et de la «post-vérité», les médias traditionnels peuvent-ils garder le monopole de l’information? Y-a-t’il une définition «légale» du journalisme? Certains ont eu beau jeu de rappeler que Le Monde et Libération avaient applaudi en une l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh en 1975, et qu’il n’y a pas d’objectivité journalistique pure, définissable a priori.

D’aucuns soulignent qu’en plus d’être contestable, cette démarche pourrait bien être inefficace et ne prêcher que les convertis, à l’heure où la confiance des Français dans leurs médias n’a jamais été aussi faible. Ainsi, pour Jean-François Kahn, une telle opération ne peut être crédible que si les médias font leur mea-culpa. «Cette démarche pourrait être positive et courageuse si elle était précédée d’un examen de conscience», explique au Figaro l’ancien directeur de Marianne.

«Il y a une telle suspicion envers les médias qui se sont trompés qu’il faut reconquérir la confiance des gens. Il faudrait faire un grand examen de conscience médiatique sur le traitement de l’Irak, la Libye, la Syrie par exemple.» Il s’interroge aussi sur les modalités que pourrait prendre une éventuelle labellisation des sources: «Il faudrait que ce soit une institution, un genre de Conseil constitutionnel de journalistes, qui puisse élaborer cette classification.»

Voir encore:

Who will check Facebook’s ‘fact checkers?’

In response to recent concerns about “fake news” and opinion-swaying hoaxes, Facebook has unveiled new measures to address the issue. But unless done right, these steps may create more problems than they solve — and boost claims that the “fake news crisis” is an attempt to impose political controls on the media.

One Facebook measure gives power to consumers themselves: Anyone will be able to report a hoax by clicking the upper right hand corner of a post.

This may accomplish some good, but the potential for abuse is immediately obvious. People can flood the system with fake reports of fake news, either to punish websites and news organizations they dislike or to subvert the fake-news-flagging process itself

More than a few people on the right and the “anti-establishment” left will get a huge kick out of slapping the “fake news” label on The New York Times, The Washington Post or CNN.

However, Facebook’s main mechanism for “fake news” oversight will be a program involving third-party fact-checkers. These organizations will check stories submitted as “fake” by readers. If they are, in fact, determined to be fake, they will be flagged as “disputed by third parties.”

People will see the “disputed” warning when they are about to share a link to such a story and will be encouraged to read the fact-checking report. Opportunities for advertising revenue from “disputed” news items will be severely limited as well.

Of course, that brings us to the great question first posed by the Roman satirical poet Juvenal some 2000 years ago: Who will watch the watchmen?

The announcement that established fact-checking organizations will be in charge of classifying some stories as fake was quickly met with derision on the right.

Indeed, conservatives have long claimed that fact-checking was riddled with anti-conservative bias and even conflicts of interest (as when PolitiFact, one of Facebook’s six United States-based fact-checkers, shot down a critique of a Clinton Foundation initiative without disclosing that one of that program’s principal funders was a major donor to PolitiFact’s parent organization, the Poynter Institute).

Conservatives argue that most fact-checking is opinion dressed up in the mantle of “Just the facts” — a blatant liberal attempt to control the discourse.

Are those charges fair? Depends on how you look at it.

For instance, in 2013 the Center for Media and Public Affairs found that over a four-month period, PolitiFact had rated 32 percent of Republicans’ claims as totally false (“pants on fire”) compared to just 11 percent of claims by Democrats, while rating 22 percent of Democratic claims and just 11 percent of Republican claims as “entirely true.”

The CMPA did not evaluate these ratings but merely tabulated them. Does this mean that PolitiFact was biased, or that Democrats were actually more truthful? The only thing we know for sure is that the fact-checking is, to use Facebook’s terms, “disputed.”

A look at fact-checkers’ explanations of their ratings will show that truth and falsehood are rarely black and white, at least in the mouths of politicians. More often than not, the devil is in the details — or in the context.

In at least some cases, accusations of dishonest fact-checking have been based on highly tendentious interpretation.

For instance, fact-checkers from several organizations took a lot of flak for branding then-Republican presidential candidate Carly Fiorina a liar after she talked about watching a pro-life group’s video exposé of Planned Parenthood, supposedly showing:

“a fully formed fetus on the table, its heart beating, its legs kicking while someone says we have to keep it alive to harvest its brain.”

In fact, one of the videos showed a former Planned Parenthood technician, now a pro-life activist, claiming that she had witnessed such a scene; her account was illustrated by footage of an aborted fetus with its leg twitching.

Conservative critics argued that since the fetus in the clip was “the same gestational age” as in the former technician’s account, Fiorina’s assertion was fundamentally accurate. But an uncorroborated allegation illustrated by unrelated footage is not even close to a video record of an actual incident — which is what Fiorina claimed.

Those who side with Fiorina over the fact-checkers should try turning the political tables.

Suppose a Democratic candidate had described watching video footage of a white police officer hurling racial slurs while repeatedly firing his gun into an unarmed, helpless black man. Suppose the actual video showed an ex-cop turned Black Lives Matter activist asserting that he had witnessed such an incident, with his story accompanied by footage of a dead body from a different police shooting.

Would any conservatives rise to defend the Democrat’s truthfulness?

In other instances, the fact-checkers fully deserved the backlash.

Last year, PolitiFact gave Donald Trump a “pants on fire” rating for his claim that “crime is rising,” based on government crime data from 1993 to 2014 (which show a steady drop in both violent crime and property crimes).

In response, the American Enterprise Institute, a conservative think tank, pointed to preliminary data from 2015 which do, in fact, show an upward trend in crime statistics.

But PolitiFact stood by its rating, arguing that Trump’s claim was false since it was made in the context of “sweeping rhetoric about a nation in decline” and did not include such qualifiers as “recently” or “in the past year.”

That’s not fact-checking, it’s nit-picking.

You don’t have to like or support Trump to conclude that on this matter, PolitiFact was being more political than factual.

What lessons does this offer for fake news-checking?

Unlike claims by politicians, many “fake news” stories that have made the rounds in the past year have involved outright fabrications, not just skewed reporting.

Pope Francis endorsing Donald Trump, Hillary Clinton selling weapons to ISIS, or Trump rally-goers shouting anti-black slogans is not a matter of context or interpretation; these stories were simply made up.

If Facebook’s third-party fact-checkers limit themselves to flagging stories that are straightforward hoaxes, that will go a long way toward making them credible. Tendentious reporting is not “fake news;” it happens all the time, across the political spectrum, and the only answer to it is more critical thinking on the part of readers and viewers, not more social-media controls.

Adding more conservatives to fact-checking operations would also help.

A fact-checking panel made up of journalists and experts from news organizations and think tanks across the political spectrum would be an excellent addition to the media landscape. It would promote cooperation across ideological lines, something that is becoming regrettably rare.

Most importantly, it would allay fears that the pushback against “fake news” is a vehicle for censoring real news and opinion.

Cathy Young is a contributing editor for Reason magazine and a columnist for Newsday. Follow her on Twitter at @CathyYoung63.


Liberté d’expression: Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires (French historian sued for spilling the beans on Arab antisemitism)

10 février, 2017
deracinement
https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped. The Sun
Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ. Valeurs actuelles
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
À en croire, par ordre d’entrée en scène, Enzo Traverso, Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Edwy Plenel, Philippe Corcuff, Renaud Dély, Pascal Blanchard, Claude Askolovitch et Yvan Gastaut: les années 1930 sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Tous les auteurs que j’ai cités observent, comme l’écrit Luc Boltanski: «la présence de thèmes traditionalistes et nationalistes issus de la rhétorique de l’Action française et la réorientation contre les musulmans d’une hostilité qui fut dans la première moitié du XXe siècle principalement dirigé contre les juifs». Cette analogie historique prétend nous éclairer: elle nous aveugle. Au lieu de lire le présent à la lumière du passé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Il n’y avait pas dans les années 1930 d’équivalent juif des brigades de la charia qui patrouillent aujourd’hui dans les rues de Wuppertal, la ville de Pina Bausch et du métro suspendu. Il n’y avait pas d’équivalent du noyautage islamiste de plusieurs écoles publiques à Birmingham. Il n’y avait pas d’équivalent de la contestation des cours d’histoire, de littérature ou de philosophie dans les lycées ou les collèges dits sensibles. Aucun élève alors n’aurait songé à opposer au professeur, qui faisait cours sur Flaubert, cette fin de non-recevoir: «Madame Bovary est contraire à ma religion.» Il n’y avait pas, d’autre part, de charte de la diversité. On ne pratiquait pas la discrimination positive. Ne régnait pas non plus à l’université, dans les médias, dans les prétoires, cet antiracisme vigilant qui traque les mauvaises pensées des grands auteurs du patrimoine et qui sanctionne sous le nom de «dérapage» le moindre manquement au dogme du jour: l’égalité de tout avec tout. Quant à parler de retour de l’ordre moral alors que les œuvres du marquis de Sade ont les honneurs de la Pléiade, que La Vie d’Adèle a obtenu la palme d’or à Cannes et que les Femen s’exhibent en toute impunité dans les églises et les cathédrales de leur choix, c’est non seulement se payer de mots, mais réclamer pour l’ordre idéologique de plus en plus étouffant sous lequel nous vivons les lauriers de la dissidence. (…) Pour dire avec Plenel et les autres que ce sont les musulmans désormais qui portent l’étoile jaune, il faut faire bon marché de la situation actuelle des juifs de France. S’il n’y a pratiquement plus d’élèves juifs dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, c’est parce que, comme le répète dans l’indifférence générale Georges Bensoussan, le coordinateur du livre Les Territoires perdus de la République (Mille et Une Nuits), l’antisémitisme y est devenu un code culturel. Tous les musulmans ne sont pas antisémites, loin s’en faut, mais si l’imam de Bordeaux et le recteur de la grande mosquée de Lyon combattent ce phénomène avec une telle vigueur, c’est parce que la majorité des antisémites de nos jours sont musulmans. Cette réalité, les antiracistes officiels la nient ou la noient dans ses causes sociales pour mieux incriminer au bout du compte «la France aux relents coloniaux». Ce n’est pas aux dominés, expliquent-ils en substance, qu’il faut reprocher leurs raccourcis détestables ou leur passage à l’acte violent, c’est à la férocité quotidienne du système de domination. (…) Au début de l’affaire Dreyfus, Zola écrivait Pour les juifs. Après m’avoir écouté sur France Inter, Edwy Plenel indigné écrit Pour les musulmans. Fou amoureux de cette image si gratifiante de lui-même et imbu d’une empathie tout abstraite pour une population dont il ne veut rien savoir de peur de «l’essentialiser», il signifie aux juifs que ceux qui les traitent aujourd’hui de «sales feujs» sont les juifs de notre temps. Le racisme se meurt, tant mieux. Mais si c’est cela l’antiracisme, on n’a pas vraiment gagné au change. Et il y a pire peut-être: l’analogie entre les années 1930 et notre époque, tout entière dressée pour ne pas voir le choc culturel dont l’Europe est aujourd’hui le théâtre, efface sans vergogne le travail critique que mènent, avec un courage et une ténacité admirables, les meilleurs intellectuels musulmans. (…) Pendant ce temps, tout à la fierté jubilatoire de dénoncer notre recherche effrénée d’un bouc émissaire, les intellectuels progressistes fournissent avec le thème de «la France islamophobe» un bouc émissaire inespéré au salafisme en expansion. En même temps qu’il fait de nouveaux adeptes, l’Islam littéral gagne sans cesse de nouveaux Rantanplan. Ce ne sont pas les années 1930 qui reviennent, ce sont, dans un contexte totalement inédit, les idiots utiles. (…) Autrefois, on m’aurait peut-être traité de «sale race», me voici devenu «raciste» et «maurrassien» parce que je veux acquitter ma dette envers l’école républicaine et que j’appelle un chat, un chat. Entre ces deux injures, mon cœur balance. Mais pas longtemps. Mon père et mes grands-parents ayant été déportés par l’État dont Maurras se faisait l’apôtre, c’est la seconde qui me semble, excusez-moi du terme mais il n’y en a pas d’autres, la plus dégueulasse. (…) J’attends d’avoir fini le livre d’Eric Zemmour pour réagir. Mais d’ores et déjà, force m’est de constater que ceux qui dénoncent jour et nuit les amalgames et les stigmatisations se jettent sur l’analyse irrecevable que Zemmour fait du régime de Vichy pour pratiquer les amalgames stigmatisants avec tous ceux qu’ils appellent les néoréactionnaires et les néomaurrassiens. Ils ont besoin que le fascisme soit fort et même hégémonique pour valider leur thèse. Le succès de Zemmour pour eux vient à point nommé. Mais je le répète, ce n’est pas être fasciste que de déplorer l’incapacité grandissante de la France à assumer sa culture. Et ce n’est surement pas être antifasciste que de se féliciter de son effondrement. Alain Finkielkraut 
L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale (c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970. Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj». (…) En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison [sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier]. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France. Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…» (…) Mais ces lois [mémorielles] ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan, tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance. (…) Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne. (…) A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé. (…) A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours? Georges Bensoussan
En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. (…)  la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme. Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation (mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme? Georges Bensoussan
Nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion. (…) à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile. (…) Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941. (…) L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada. Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet. (…) il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs. (…) Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence. (…) Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante. Georges Bensoussan
La pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi. Saïd Ghallab (Les Temps modernes, 1965)
Cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ». Smain Laacher
L’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ». Georges Bensoussan
L’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit ». Il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant. Nacira Guénif (Paris VIII)
Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? Avocat du CCIF
Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! Alain Finkielkraut
Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pierre Nora
Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel. (…)  Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée. Boualem Sansal
Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! (…) Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? M° Michel Laval
La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles. (…) On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. (…) Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. (…) Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations. L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. (…) Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade. (…) Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». (…) Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice. Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement? Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste. Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ». Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits. Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste. Jacques Tarnero

Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires !

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote largement Trump

Et qu’après le lynchage médiatique du seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle …

La nouvelle coqueluche des médias pour mai prochain en est à nier l’existence même d’une culture française

Pendant que pris à son tour entre kippa, burkha et double nationalité dans les fausses équivalences morales dont raffolent nos médias, le parti des bonnes questions s’enferre à nouveau dans les mauvaises réponses

Et qu »à l’ONU sur fond d’épuration religieuse du Moyen-Orient, c’est la présence même des juifs sur leurs lieux les plus sacrés qu’on dénie …

Devinez qui désormais l’on traine, entre deux attentats ou menaces islamistes, devant nos tribunaux débordés …

Pour après les « territoires perdus » de nos écoles et les « territoires interdits » de nos services publics …

Avoir osé évoquer le secret de polichinelle de l’origine proprement familiale de l’antisémitisme de nombre de nos chères têtes blondes ?

Affaire Bensoussan: au bal des faux-culs antiracistes

SOS Racisme et la Licra au secours du CCIF

Jacques Tarnero est essayiste et auteur de documentaires.

Causeur

04 février 2017

Georges Bensoussan et Pascal Brucker sont traînés devant les tribunaux pour avoir dénoncé l’antisémitisme culturel d’une partie du monde arabo-musulman, banlieues françaises comprises. C’est affligeant. Mais que dire des authentiques antiracistes qui se joignent au choeur des pleureuses?

La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles.

Le procès d’une métaphore 

Cette audience de douze heures devant la 17ème chambre correctionnelle est à marquer d’une pierre noire : la justice fit procès, au nom de l’antiracisme, à un historien ayant dénoncé par ses travaux, l’antisémitisme. On retiendra ce moment symbolique: ce Durban-sur-Seine, en tous points semblable à ce qui s’est déroulé l’été 2001, à Durban, en Afrique du sud, lors d’une conférence de l’ONU, censée dénoncer le racisme, ce sont des « mort aux juifs » qui furent scandés au nom de l’antiracisme. Cette agonie de la lucidité, drapée  dans les vertueux habits de la justice et de la vérité, signifie une effroyable défaite intellectuelle, morale et politique. Les derniers mots de Georges Bensoussan, à la fin de l’audience, ont donné toute l’intensité symbolique à ce moment : « Ce soir, Madame la présidente, pour la première fois de ma vie, j’ai eu la tentation de l’exil. » On ne saurait mieux dire l’accablement ressenti car il était déjà minuit passé dans ce siècle qui commence.

Du début de l’après-midi jusqu’à une heure du matin, ce fut un concentré des mauvaises passions de l’époque qui fut exposé, trituré, contesté, plaidé. « L’antisémitisme n’est pas une pensée, c’est une passion. », ces mots de Sartre conservaient toute leur pertinence au Palais de justice. De ces passions toujours vives, cette audience en fut le miroir. Toute l’œuvre de l’historien Georges Bensoussan a consisté à démasquer, à révéler, à mettre à jour, à raconter l’antisémitisme. Directeur éditorial de la Revue d’histoire de la Shoah, Bensoussan fouille depuis trente ans les labyrinthes multiples de cette passion. Mais ce que Bensoussan ne savait peut-être pas, c’est qu’il existait en France, en 2017, des interdits de penser.

Un antisémitisme tabou

On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. On a cru un temps que l’immense manifestation du 11 janvier où tout le monde fut « Charlie », c’était sans compter avec la Nuit debout des cervelles éteintes.

Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. C’est bien connu. Depuis Mohamed Merah, depuis le Bataclan et l’Hyper casher, ce vivre-ensemble s’épanouit de jour en jour. C’est donc pour réinjecter l’espoir et la fraternité dans la République, que le MRAP, la Licra, SOS Racisme et la LDH se sont associés au  CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), pour poursuivre devant la XVIIe chambre correctionnelle ce raciste voilé nommé Georges Bensoussan.

De quoi Bensoussan était-il présumé coupable ?

Dans l’émission Répliques du 10 octobre 2015, produite et animée par Alain Finkielkraut sur France Culture, Georges Bensoussan débattait avec Patrick Weil de l’état de la France. Les propos mis en cause furent les suivants : « (…) l’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ».

En octobre 2015, à la suite d’une pétition hébergée par Mediapart et signée par une quinzaine de personnes, le MRAP déclarait qu’il entendait  « faire citer Georges Bensoussan devant le tribunal correctionnel pour injures racistes et provocation à la haine et à la violence raciste ». De leur côté, les sites internet Palestine solidarité et Oumma.com s’étaient associés à ces dénonciations dans des termes d’une extrême violence. Oumma.com avait publié un texte signé Jacques-Marie Bourget dont on peut aujourd’hui saisir toute la menace: «  Je n’ai pas entendu dire que le CSA ou la direction de France Culture, s’ils existent encore, avaient rappelé Finkielkraut à ne pas propager haine et mensonge. Car si l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit, il doit en aller de même de l’islamophobie la plus grotesque et primaire. À Smaïn Laacher, qui n’est pas Gandhi, on pourrait faire remarquer que ce que les musulmans français « tètent », ce n’est pas l’antisémitisme mais d’abord le lait d’amertume, celui de l’injustice historique faite au peuple palestinien. Si personne ne vient crier « halte à la haine », armons-nous et préparons dès maintenant la guerre civile ».

Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations.

Crime contre la pensée juste

L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. Il ne faisait qu’exprimer à travers une métaphore ce que celui-ci déclarait: “donc cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ».

Nulle part on ne peut trouver trace d’arguments « biologiques» pour nourrir ces constats et leur prêter une valeur « raciste ». L’expression “téter avec le lait de la mère”, est d’un usage courant dans la langue française depuis plusieurs siècles. Georges Bensoussan, en s’y référant, avait usé métaphoriquement de l’expression « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ». Ce crime contre « la pensée juste », Bensoussan, douze heures durant, va en savourer les effets.

Ce procès fut un grand moment judiciaire

Georges Bensoussan fut donc d’abord interrogé par la Présidente du Tribunal, Fabienne Siredey-Garnier, sur ses propos mais aussi sur ses travaux. Rappelant qu’il travaille depuis vingt-cinq ans sur les sujets liés à la Shoah, au nazisme, à l’antisémitisme et plus généralement aux mécanismes conduisant à la haine de l’autre. Il a élargi son champ de recherches, notamment, sur le statut des juifs dans les pays musulmans. Bensoussan devait citer l’expression utilisée en 1965 dans la revue les Temps modernes par l’auteur marocain Saïd Ghallab. Sous le titre Les juifs vont en enfer, qui écrivait alors : « ... la pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi… ». Désormais, en France, toutes les enquêtes réalisées sur l’antisémitisme par la Fondation pour la recherche politique, comme les témoignages multiples recueillis dans son enquête collective Les territoires perdus de la République ou son dernier ouvrage Une France soumise, attestent d’une croissance des préjugés antijuifs chez les jeunes de culture musulmane. La récente enquête de l’Institut Montaigne révélant que 28% de ces mêmes publics estiment que la loi islamique (la charia) prime les lois françaises, confirme la radicalisation en cours.

Bensoussan rappelait le contexte du moment : l’enlèvement et l’assassinat de Ilan Halimi, en 2006, dont la justice avait nié dans un premier temps le caractère antisémite, les crimes de Mohamed Merah, les attentats de l’Hypercasher et du Bataclan. Les élèves juifs désertent les écoles et les lycées publics des quartiers dits « sensibles ». Bensoussan conclut cette première déposition par ces mots : « Est-ce moi qui dois me trouver devant ce tribunal aujourd’hui ? N’est-ce pas l’antisémitisme qui nous a conduits à la situation actuelle qui devrait être jugé ? »

Des parties civiles très politiquement correctes

Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade.

Quelques perles à charge contre Bensoussan méritent d’être rapportées : une éminente universitaire de Paris VIII, Nacira Guénif, déclara pour commenter les propos de Smain Laacher, que l’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit », et qu’il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant »….

Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». Plus tard, dans sa plaidoirie, l’avocat du CCIF interpellera l’historien : « Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? »

Les choses sont dites. Sous Bensoussan, l’ennemi subliminal est nommé : Israël, dont Bensoussan a écrit l’histoire du mouvement national, le sionisme. En attribuant à Bensoussan une volonté de destruction de «  tous les moments positifs entre juifs et arabes. N’est-il pas en train d’écrire une histoire qui peut servir à des milieux douteux ? C’est un destructeur des ponts entre juifs et arabes. » En rejoignant à son tour le camp du déni du réel la Licra et Sifaoui effectuent un inquiétant retournement.

Ce fut surtout un grand moment politique

Cité en défense de Bensoussan, Alain Finkielkraut présentait tout l’enjeu de ce procès: « Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! » La jeune procureure de la République, dans son réquisitoire, était-elle du côté de ceux qui essaient de penser la complexité du moment présent ou bien s’est-elle conformée aux mécanismes du politiquement correct, à  l’idéologie dominante ? On peut craindre le pire tant son propos était empreint des mots et des clichés déjà énoncés par les parties civiles. Revendiquant fièrement qu’elle était l’auteur de la décision de poursuivre Bensoussan en justice, elle justifiait ce choix par « le passage à l’acte dans le champ lexical » opéré par Bensoussan. Ce très chic déplacement du propos juridique vers le jargon linguistique, est un indicateur de la finesse intellectuelle de l’accusation.

En rappelant que Georges Bensoussan avait dirigé deux publications de la Revue d’Histoire de la Shoah, consacrés au génocide des Arméniens et à celui commis au Rwanda contre les Tutsis, Elisabeth de Fontenay tint à mettre en valeur dans son témoignage, les qualités d’ouverture intellectuelle de l’historien : son travail n’obéit pas à une vision communautariste des choses, bien au contraire, il a su mettre en valeur la folie universelle du XXe siècle comme siècle des crimes contre l’humanité, des massacres de masse et des totalitarismes génocidaires. C’est aussi ce que Yves Ternon vint confirmer. Pour cet ancien chirurgien ayant soutenu le FLN pendant la guerre d’Algérie, le soutien aux victimes des fascismes, du colonialisme ne se partage pas. Le crime contre l’humanité et sa négation forment un ensemble problématique pour penser les parts maudites de histoire contemporaine. Georges Bensoussan fait ce travail de fouilles ? quitte à exhumer des vérités dérangeantes. Regarder au plus près les discours ayant conduit au crime ou pouvant y conduire, est-ce cela qui est reproché à Bensoussan ? Elisabeth de Fontenay et Yves Ternon disent leur stupéfaction devant l’accusation faite à Bensoussan. C’est ce que le témoignage écrit de Pierre Nora, lu par la présidente du tribunal, vint confirmer : « Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ».

Faut-il désespérer de la justice de la République ?

Dans sa plaidoirie en défense de Bensoussan, M° Michel Laval fit d’abord part de sa stupéfaction devant le moment qu’il était en train de vivre : « Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! »

Il fit aussi remarquer plusieurs erreurs bien plus ordinaires dans la citation à comparaitre signifiée à Bensoussan : il y était question d’une émission de radio nommée « les Répliques » qui aurait eu lieu en novembre 2015 (et non pas en octobre)

En assimilant les propos de Bensoussan à ceux d’Eric Zemmour, Madame la procureure ne fit pas preuve de finesse. Sans doute les grandes causes ne s’embarrassent pas de détails, portées qu’elles sont par le souffle puissant de leur générosité. En voulant caricaturer Georges Bensoussan, en le présentant comme un réactionnaire raciste, le ministère public s’est aligné sur l’idéologie du célèbre « mur des cons » bien connu pour son impartialité.

De cette accumulation d’accusations diffamatoires, M° Laval, fit son miel. Le ton se fit ensuite plus ironique devant la sottise et la posture morale de l’accusation, devant la « traque des mots » alors que « dans ce palais de justice la valeur la plus importante c’était la liberté de penser ! » M° Laval dénonça le moment présent, celui de la « perversion du système judiciaire par l’idéologie » « Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? »

Le témoignage du grand écrivain algérien Boualem Sansal, lue par la présidente, vint conclure la défense de Bensoussan : « Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel… » Boualem Sansal écrit ensuite : « Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée ». Sera-t-il poursuivi à la XVIIe chambre ?

Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice.

L’étrange défaite

Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement?

Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste.

Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ».

Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits.

Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste.

Voir aussi:

GEORGES BENSOUSSAN : »Si les juifs ont quitté en masse le Maroc, c’est parce qu’ils avaient peur »
Le Point

24/01/2017

INTERVIEW. Pour Georges Bensoussan, la tolérance de l’islam n’est qu’un mythe. La preuve, les souffrances subies par les juifs en terre musulmane.
PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE GOLLIAU

Mercredi 25 janvier, Georges Bensoussan passe devant un tribunal pour avoir dit que l’antisémitisme des musulmans était une transmission familiale. À tort ou à raison ? Ce spécialiste de l’histoire des juifs d’Europe de l’Est et de la Shoah est un historien engagé. En 2002, il rédigeait la postface des Territoires perdus de la République (Fayard), où des professeurs de collège témoignaient de la violence des adolescents, de leur racisme, leur antisémitisme et leur sexisme. Lui-même sort chez Albin Michel Une France soumise, un ouvrage collectif préfacé par Élisabeth Badinter « herself », où enseignants, policiers, travailleurs sociaux disent pourquoi ils ne peuvent plus exercer leur métier dans les écoles et les banlieues. Toujours à cause de cette violence et de ce rejet de l’autre – et particulièrement du Juif – , qui ne font que s’accentuer. Mais cette haine, d’où vient-elle ? Pour l’historien, comme il l’explique dans Les Juifs du monde arabe. La question interdite, qui paraît également cette semaine chez Odile Jacob, elle est directement liée au statut du dhimmi, imposé par le Coran au juif et au chrétien, soumission imposée qui s’est perpétuée jusqu’à la période coloniale, et qui est resté dans les consciences, même s’il a officiellement disparu des États modernes.

Le Point.fr : Pour vous, contrairement à ce qu’affirment nombre d’historiens, les juifs n’ont pas été bien traités dans le monde musulman…
Georges Bensoussan : Oui, nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion.

Vous ne pouvez nier pourtant que les sionistes ont largement œuvré pour que les juifs viennent s’installer en Israël…
Bien évidemment, et comment le leur reprocher ? Ils voulaient renforcer leur jeune État. Mais à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile.
L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme que l’attitude du sultan du Maroc, par contraste, en apparaissait presque bienveillante !

Le sultan du Maroc a pourtant la réputation d’avoir protégé les juifs entre 1939 et 1945, quand le pays était contrôlé par le gouvernement de Vichy…
Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941.

Si c’est une légende, elle est pourtant entretenue dans les milieux juifs d’origine marocaine…
En partie, oui, et pour plusieurs raisons. L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada.
Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman
Le statut de « dhimmi » imposé aux chrétiens et aux juifs par le Coran explique-t-il l’antisémitisme que vous dénoncez ?
Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet.

Mais leur situation était-elle la même partout ? Les Juifs de Salonique ont prospéré sous les Turcs et ont vu leur statut se détériorer quand les Grecs orthodoxes ont pris le contrôle de la ville, en 1922…
En effet, il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs.
Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux

Vous dénoncez l’antisémitisme des émigrés de la troisième génération en France, ce qui vous vaut d’ailleurs un procès pour racisme intenté par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF).
J’ai effectivement été assigné pour « propos racistes », parce que, lors d’une émission de France Culture, et à propos d’une partie de l’immigration maghrébine, j’ai usé de la métaphore d’un « antisémitisme tété avec le lait de sa mère ». Je ne faisais pourtant, par cette formule, que reprendre celle utilisée par le sociologue Smaïn Laacher qui, dans un documentaire diffusé sur France 3, parlait d’un antisémitisme « quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue […]. Bon, mais ça toutes les familles arabes le savent ! C’est une hypocrisie monumentale de ne pas voir que cet antisémitisme, il est d’abord domestique […] comme dans l’air qu’on respire ». Ces deux métaphores disaient la même chose, une transmission culturelle et non génétique : le lait n’est pas le sang. À ceci près que l’une est dite par un Arabe, l’autre par un juif. L’indignation est sélective… Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence.

Vos collègues vous reprochent de manquer de l’objectivité indispensable à l’historien…
Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante.

Les Juifs du monde arabe. La question interdite, Odile Jacob, 167 pages, 21,90 euros
Une France soumise – Les voix du refus, Albin Michel, 2017, 664 pages, 24,90 euros

Voir également:

Valeurs actuelles

8 février 2017

Islamisation. Selon une étude de l’institut britannique Chatham House repérée par RT, plus de la moitié des Européens sont d’accord avec l’idée de stopper l’immigration en provenance des pays à majorité musulmane.

 C’est ce que Donald Trump avait promis pendant la campagne présidentielle, et qui avait fait hurler tant de commentateurs : stopper l’immigration en provenance de certains pays à majorité musulmane, pour réduire la menace terroriste qui pèse sur les Etats-Unis. Depuis son élection, le décret pris par le président suscite l’indignation et l’opposition d’une large partie de la classe politique américaine, malgré le sceau apposé par le suffrage.

“Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”

Une telle mesure pourrait-elle être prise en Europe ? Le vieux continent a été touché depuis deux ans par une série d’attentats terroristes, commis le plus souvent par des individus visés par le controversé décret anti-immigration.

Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant.

“Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir”

Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”.

Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ.

Voir enfin:

The Jewish Chronicle

February 7, 2017

French Jewish scholar Georges Bensoussan is being sued by Muslim anti-racism groups for saying in a radio debate: “In French Arab families, babies suckle antisemitism with their mothers’ milk.”

Mr Bensoussan, who is the editor of the magazine The Shoah History Review, said he was roughly quoting Algerian sociologist Smain Laacher, but the groups suing him claim his statements amounted to incitement to hatred.

In a Paris court last week, Mr Bensoussan argued that many Muslim scholars “have said the same things that I have but they’re not being sued”.

Several scholars testified at the stand, some saying they were outraged to see Mr Bensoussan in court, others saying the historian had crossed red lines.

“I was shocked by his words. I am an Arab and I’m not an anti-Semite. My family has never taught me to hate Jews,” said journalist Mohamed Sifaoui. “I sent emissaries to Georges Bensoussan to ask him to apologize to those he has hurt but he refused. He’s a historian he should be more subtle. Of course many Muslims are anti-Semitic. Saying otherwise would be dishonest. But there are also Muslims who fight antisemitism. Denying that is also dishonest.”

But the judge noted that Mr Sifaoui himself had written in an article that “Arabs don’t visit Auschwitz” and that Arabs are either “swamped by a culture of indifference” or “they suckle on anti-Semitic hatred nipples”.

“My expression is completely different from the one Bensoussan used,” replied Mr Sifaoui.

“Many Muslim scholars have said the same things that I have but they’re not being sued. That’s racism!” argued Mr Bensoussan.

“I’m surprised I have to defend him in front of a court,” said philosopher Alain Finkielkraut who hosts the radio show on which Mr Bensoussan made the controversial statement. “Anti-racist groups want to ban all thought and debate. They say we’re accusing a whole community but Bensoussan says he’s fighting for integration. He’s quoting Arab scholars. If he’s convicted it would be an intellectual and moral catastrophe. Denying reality will only bring more division and hatred.”

“Georges Bensoussan is not a bigot. He signed petitions for peace in the Middle East. He dedicated several issued of the Shoah memorial magazine to the Armenian and Rwandan genocides. He’s denouncing a problem that exists. All those who cherish democracy should thank him,” said retired Professor Elisabeth de Fontenay.

Historian Yves Ternon, who has studied the Armenian genocide said he admired Mr Bensoussan. “We’ve worked together for decades, studying the scientific similarities between genocides,” said Ternon. “You know revisionists have tools: one of them is to accuse those who accuse them. Bensoussan is a whistleblower. When hatred against Jews spreads, everyone gets hurt.”

The judge read out a study showing that the far-right and Muslims tend to have antisemitic beliefs.

He said: “Nineteen per cent of the French population believes Jews have too much political power. The share is at 51 per cent among Muslims and 63 per cent among religious Muslims.”

“I don’t believe in that study but it’s true that among Muslims we use the expression ‘Jew – sorry!’ to disapprove of something. However that’s not really hatred. It’s an old expression which isn’t really considered as a hate insult today,” said Nacera Guenif, a sociologist testifying against the historian. “What’s important is that Mr Bensoussan is spreading a dangerous theory. When you say all Muslims behave in a bad way, you encourage suspicion that can lead to hate and violence. When you’re a historian, when you have a popular radio show you also have responsibilities.”

Mr Bensoussan told the court he had apologised several times to those who were hurt by his comments. He said he did not mean to generalise his remarks to all Muslims.

The court is due to rule on March 7.

Voir par ailleurs:

La victoire de l’Orientalisme
Richard Landes
(publié dans le Middle-East Quarterly du site Middle East Forum)
Hiver 2017
Traduction Magali Marc/Dreuz
The Augean Stables
29 janvier 2017

Que l’on considère l’impact d’Edward Saïd (1935-2003) sur le monde universitaire comme un grand triomphe ou comme une tragique catastrophe, peu de gens peuvent remettre en question l’étonnante portée et la pénétration de son magnum opus, L’Orientalisme.

En une génération, une transformation radicale a dominé les études du Moyen-Orient : une nouvelle catégorie d’universitaires «post-coloniaux», ayant une perspective libératrice et anti-impérialiste, a remplacé une génération d’érudits que Saïd a dénigrés en les traitant d’«Orientalistes».

Cette transformation ne se limitait pas aux études du Moyen-Orient : Saïd et son paradigme post-colonial réunissaient un large éventail d’acolytes dans de nombreux domaines des sciences sociales et humaines.

Pourtant, quand on examine les événements des deux dernières décennies, on peut dire que les héritiers académiques de Saïd se sont plantés de façon spectaculaire dans leurs analyses et prescriptions concernant la façon dont il fallait s’y prendre pour régler les problèmes du Moyen-Orient.

Nulle part cela n’a été aussi évident que dans la lecture erronée du désastreux «processus de paix» israélo-palestinien d’Oslo et des fameux «printemps arabes» qui se sont rapidement détériorés en vagues de guerres tribales et sectaires, créant des millions de réfugiés, dont beaucoup ont littéralement détruit les malheureux rivages de l’Europe.

Une grande partie de cet échec peut être attribuée aux restrictions imposées par la pensée postcoloniale sur la capacité de discuter de la dynamique sociale et politique du Moyen-Orient. Si les experts et les journalistes ont été hypnotisés par les perspectives de paix arabo-israélienne et le mirage d’une vague de démocratisation arabe, c’est en partie parce qu’ils avaient systématiquement sous-estimé le rôle de la culture d’honneur et de honte dans les sociétés arabes et musulmanes et son impact sur la religiosité islamique.

La dynamique «honneur-honte» dans les dimensions politique et religieuse
Les termes honneur-honte désignent des cultures où l’acquisition, l’entretien et la restauration de l’honneur public triomphent de toutes les autres préoccupations.

Alors que tout le monde se soucie de ce que les autres pensent et veut sauver la face même si cela signifie mentir, dans les cultures d’honneur et de honte, ces préoccupations dominent le discours public : il n’y a pas de prix trop élevé à payer– y compris la vie– pour préserver l’honneur.

Dans de telles cultures politiques, l’opinion publique accepte, attend, exige même que le sang soit versé pour l’honneur.

Dans de telles sociétés, quand les gens critiquent publiquement ceux qui sont au pouvoir– ceux qui ont l’honneur– ils attaquent leur être même. Si ces derniers ne répondaient pas– de préférence par la violence– ils perdraient la face.

Les sociétés autoritaires permettent donc à leurs mâles dominants de supprimer violemment ceux dont les paroles les offensent.

Conséquemment, les cultures d’honneur et de honte ont une immense difficulté à tolérer la liberté d’expression, de religion, de la presse tout autant que de traiter avec les sociétés qui pratique cette tolérance.

Dans les cultures où les gens se font eux-mêmes justice, cette insistance sur l’honneur peut signifier tuer quelqu’un qui a tué un parent, et dans la culture japonaise, l’honneur peut signifier se suicider.

Cependant, dans certaines cultures d’honneur, cette préoccupation signifie tuer un membre de la famille pour sauver l’honneur de la famille. Le «jugement public», dont le verdict détermine le sort de la communauté demeure le vecteur qui motive le besoin de sauver la face, et définit les façons de faire. Le terme arabe pour «commérage» est kalam an-nas, (la parole du peuple), qui est souvent sévère dans son jugement des autres.

À ce sujet, le psychologue Talib Kafaji a écrit :

«La culture arabe est une culture de jugement, et tout ce qu’une personne fait est sujet au jugement… induisant de nombreuses peurs… avec de graves conséquences sur la vie individuelle. Éviter ce jugement peut être la préoccupation constante des gens, presque comme si toute la culture était paralysée par le kalam [an] –nas.»

Autrement dit, dans la société arabe, tous les individus sont les otages les unes des autres.

En dépit de sa résonnance «orientaliste», cette attention à un jugementalisme paralysant et omniprésent fournit des aperçus importants sur les dysfonctionnements du monde arabe d’aujourd’hui.

Les cultures d’honneur et de honte ont tendance à être à somme nulle : les hommes d’honneur gardent jalousement leur honneur et considèrent l’ascension des autres comme une menace pour eux-mêmes. Dans les cultures à somme nulle de «bien limité», l’honneur pour une personne signifie la honte pour les autres. Si l’autre gagne, vous perdez. Afin que vous ayez le dessus, l’autre doit perdre.

Ceux qui sont juste en dessous continuent de défier ceux qui sont juste au-dessus, et l’ascension n’est possible que par l’agression. Tu n’es pas un homme tant que tu n’as pas tué un autre homme. La prise des biens d’autrui –par le vol ou le pillage– est supérieure à la production. Domine ou soit dominé. Le visage noirci (de la honte) est lavé dans le sang (de l’honneur).

Cette même mentalité dite «à somme nulle», «gouverne-ou-soit-gouverné», qui domine la plupart des interactions dans la politique des cultures d’honneur et de honte, a son analogie dans la religiosité du triomphalisme, la croyance que la domination de sa religion sur les autres constitue la preuve de la vérité de cette religion.

De la même manière que les chrétiens ont pris la conversion de l’Empire romain au Christianisme comme un signe que leurs revendications sur les Juifs avaient triomphé ; les musulmans triomphalistes, dans une expression suprême de la religiosité inspirée par l’honneur, croient que l’islam est une religion de domination destinée à gouverner le monde.

Cette dynamique d’honneur et de honte explique en grande partie l’hostilité arabe et musulmane envers Israël, ainsi qu’envers l’Occident.

Israël, un État de Juifs libres (c’est-à-dire, des infidèles non-dhimmis), vivant à l’intérieur du Dar al-Islam historique (royaume de la soumission), constitue un blasphème vivant. La capacité d’Israël à survivre aux efforts répétés des Arabes pour le détruire constitue un état permanent de honte arabe devant toute la communauté mondiale. Cela fait de l’hostilité musulmane triomphaliste envers Israël un cas particulièrement grave d’une hostilité généralisée envers les infidèles et les musulmans «modérés».

Tout effort pour comprendre ce qui se passe dans le monde arabe aujourd’hui doit tenir compte de cette dynamique religio-culturelle.

Pourtant, dans l’ensemble, cette dynamique n’est pas seulement ignorée, mais ceux qui en parlent sont réprimandés pour (prétendument) contribuer à aggraver le conflit plutôt que de le comprendre.

Une grande partie de cette ignorance (à la fois active et intransitive) remonte à Saïd, qui a fait de l’analyse «honneur-honte» un péché «orientaliste» particulièrement impardonnable.

Avant même que n’arrive la contribution de Saïd, l’anthropologie s’était éloignée de cette analyse. Lui en a fait un dogme. A tel point que, dans le dernier tiers du XXe siècle, il est devenu paradoxalement honteux– voire raciste– qu’un anthropologue discute de l’«honneur et de la honte» arabe ou musulmane.

La honte de Saïd et la désorientation de l’Occident
L’Orientalisme de Saïd a exploité une tendance occidentale à l’autocritique morale concernant l’analyse des autres cultures, dans le but de protéger son peuple de la honte. Pour lui, la critique des Arabes ou des musulmans reflète les préjugés ethnocentriques de l’Occident et de son projet culturel discriminatoire de domination impérialiste.

Ce n’était pas ce que les orientalistes croyaient faire, eux pensaient qu’ils offraient des observations précises concernant les caractéristiques et les conditions d’une autre culture et de son histoire.

Pour Saïd, au contraire, tout contraste entre les cultures de l’Occident démocratique et celles des Arabes et des musulmans– certainement ceux qui montraient ces derniers sous une lumière peu flatteuse– étaient des exemples lamentables de xénophobie hostile dirigée contre des «inférieurs», et ne pouvaient pas constituer une réflexion sur une réalité sociale.

À propos du dix-neuvième siècle, Saïd a écrit : «Tout Européen qui parlait de l’Orient était raciste, impérialiste et presque totalement ethnocentrique».

Saïd a lancé un plaidoyer en faveur d’une alternative : il fallait à tout prix éviter d’orientaliser l’Orient, encore et encore.

Sans l’«Orient» il y aurait des érudits, des critiques, des intellectuels, des êtres humains pour lesquels les distinctions raciales, ethniques et nationales seraient moins importantes que l’entreprise commune dans la promotion de la communauté humaine.

Bien compris, cet appel demande aux chercheurs de ne pas parler de différences ethniques, raciales ou religieuses, alors que la plupart des moyen-orientaux vous diront que ce sont des questions culturelles très importantes pour eux.

Ainsi, dans la nouvelle édition d’«Orientalisme» publiée en 1994, SaÏd se plaignait-il de la focalisation croissante de l’Occident sur le danger que représente l’islam : «les médias électroniques et imprimés ont été inondés par des stéréotypes dégradants qui amalgament l’islam et le terrorisme, les Arabes et la violence, l’Orient et la tyrannie.»
Ces phénomènes, insistait Saïd, ne faisaient pas partie de l’ensemble de l’image et se concentrer sur eux «était humiliant et déshumanisant pour les gens en situation d’infériorité… qui se trouvaient niés, supprimés, déformés.»

En substance, Saïd exhortait ses collègues non-musulmans à ignorer les questions mêmes qu’ils avaient le plus besoin de comprendre afin de suivre les développements du XXIe siècle.

De ce fait, les facteurs qui prédominent aujourd’hui dans la culture politique arabe et musulmane– le zèle religieux, la violence, le terrorisme, l’autoritarisme débridé et l’exploitation des faibles, y compris des femmes, des réfugiés et bien sûr de ces victimes permanentes de la culture politique arabe, les Palestiniens, ne doivent pas être mentionnés parce que cela déprécierait les Arabes et les musulmans et les heurterait dans leur sensibilité.

Ceux qui violent ces nouvelles directives anti-orientalistes déclenchent la colère de ceux qu’ils critiquent et les protestations véhémentes, quoique moins violentes, de leurs concitoyens, les accusant lorsqu’ils critiquent l’islam de faire preuve de racisme et de rejeter le blâme sur les victimes. Ceux qui critiquent le discours haineux musulman sont accusés d’aggraver le conflit.

Ainsi, les traits que les esprits racistes ont développés en Orient et qui font leur force, ne sont discutés qu’à contrecœur par les mandarins des études du Moyen-Orient et les universitaires post-coloniaux, et seulement quand ils sont poussés à le faire, principalement pour les minimiser. Avec pour conséquence, que les auditoires occidentaux demeurent à ce jour mal informés sur les Arabes et sur les musulmans.

Alors que Saïd a formulé sa critique de l’Occident en termes postmodernistes et humanistes, elle pourrait bien être reformulée en fonction de la dynamique culturelle de l’honneur et de la honte. Le «kalam an-nas»– l’opinion publique dont la désapprobation est si douloureuse– contribue à expliquer la direction qu’a prise la pensée de Saïd menant à l’orientalisme.

En tant qu’Arabe qui a connu un grand succès en se servant des règles occidentales, entouré de collègues admiratifs (son «monde d’honneur»), Saïd a vécu la défaite arabe catastrophique de la guerre des Six Jours de 1967 comme une «punition du destin».

Le tissu de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique, d’idéologie déshumanisante qui règne chez les Arabes ou les musulmans est très fort, et c’est ce tissu que chaque Palestinien en est venu à ressentir comme étant son destin exclusif et punitif.

Aucun universitaire américain ne s’était identifié sans réserve avec les Arabes culturellement et politiquement.

Il y a certainement eu des identifications à un certain niveau, mais elles n’ont jamais pris une forme «acceptable» comme l’a fait l’identification de la gauche américaine avec le sionisme.

En tant que «Palestinien», Saïd avait perdu la face dans cette catastrophe. Sa réponse d’honneur ne fut pas de porter un regard autocritique sur les attitudes et les acteurs arabes qui avaient contribué à la fois à cette guerre inutile et à cette défaite catastrophique, mais fut plutôt d’exprimer sa colère envers ceux qui pensaient du mal des Arabes et qui prétendaient occuper le haut du pavé en matière de morale.

En conséquence, il ne s’est pas préoccupé de savoir si la cause palestinienne qu’il soutenait «sans réserve» en souhaitant que les autres suivent reflétait (ou dédaignait) les valeurs de la gauche auxquelles il avait fait appel.

Pour celui qui défend son honneur, la défense d’un côté ou un autre dans un conflit n’est pas basée sur l’intégrité ou sur les valeurs de la gauche, mais sur l’idée de sauver l’honneur, sur la façon dont on sauve la face.

Il n’est donc pas surprenant que peu de sujets aient autant enflammé Saïd que la discussion sur le rôle de la culture arabe dans la recherche, le maintien et la reconquête de l’honneur et l’évitement et l’élimination de la honte.

Étant donné que des traits culturels tels que le patriarcat misogyne, les homicides d’honneur, les querelles sanglantes, l’esclavage, les massacres de civils, etc., ne semblaient pas très bons aux gauchistes occidentaux, Saïd devait sauver la face arabe en évitant ce regard occidental hostile.

Il a eu l’idée brillante de rendre honteux pour les universitaires occidentaux le fait même de se référer à ces questions dans la discussion du monde arabe, en qualifiant ce type de questionnement de raciste.

Ses règles du jeu de l’orientalisme, au contraire, exigeaient une action positive et morale. En conséquence, Saïd et ses acolytes réprimandaient quiconque osait expliquer l’obsession périlleuse musulmane arabe de détruire Israël en termes de questions culturelles. «Comment osez-vous les traiter comme un groupe de sauvages, d’irréductibles, de fous superstitieux qui se nourrissent de fantasmes de vengeance génocidaire pour rétablir l’honneur perdu et retrouver leur situation de domination ?!»

Au contraire, disait Saïd «la relation entre Arabes, musulmans et terrorisme» que tant d’orientalistes établissent est «entièrement factice».

Pour tout outsider, soupçonner les dirigeants palestiniens (ou Arabes ou musulmans) de comportements belliqueux constitue pour les post-coloniaux, une agression inacceptable, une forme de racisme. Selon eux, le conflit concerne l’impérialisme israélien et la résistance naturelle qu’il provoque.

Grâce à cette brillante sauvegarde de la «face» arabe, à cette façon d’utiliser le kalam an-nas, l’orientalisme de Saïd a su contourner les vecteurs du jugement négatif paralysant.

D’une part, cette défense protégeait les Arabes des critiques publiques, de l’autre, elle faisait de l’Occident «impérialiste» (et de son avant-garde supposée les «colons» israéliens), l’objet d’une critique implacable.

Son succès à cet égard a donné naissance à une génération de spécialistes du Moyen-Orient, y compris des universitaires, qui ont décrit les mondes arabe et musulman comme des «sociétés civiles florissantes», d’imminentes «démocraties» tout en décrivant l’Occident comme un monde raciste, impérialiste, qui a besoin d’être déconstruit, théoriquement et pratiquement.

Un tel mouvement a peut-être flatté l’image que les Arabes et les Occidentaux (gauchistes) avaient d’eux-mêmes, mais il a eu pour prix l’ignorance des réalités plus sombres sur le terrain.

Pourtant, pour beaucoup, cette ignorance semblait être un faible prix à payer. Après tout, le cadre de référence de Saïd offrait aux progressistes pacifistes un moyen d’éviter le choc des civilisations.

Donner aux Arabes et aux musulmans le bénéfice du doute, les traiter avec honneur plutôt que de les inciter gratuitement à la critique, voilà la façon de résoudre les conflits et d’apporter la paix.

Les éducateurs occidentaux qui adoptaient le discours de Saïd considéraient ses thèses comme une sorte de récit thérapeutique qui, en accentuant le positif et en dissimulant le négatif, encourageait l’autre plutôt que de l’aliéner.

Il s’agissait, entre autres, de traiter les Arabes et les musulmans comme si leur culture politique avait déjà atteint ce niveau de modernité, d’engagement sociétal envers les droits universels de l’homme, de paix par la tolérance, d’égalitarisme. Tout cela dans le but de favoriser les relations positives– alors qu’en réalité, une telle évaluation n’était pas objective.

Le monde postmoderne ne peut pas être (est même très éloigné) de toute évaluation objective (ce que, présumément, il prétend être).

De la «Paix» d’Oslo au Jihad
Peu de débâcles illustrent mieux la folie qui consiste à ignorer la dynamique de la honte et de l’honneur que le «processus de paix» d’Oslo qui a fondé sa logique sur le principe d’un échange de «terre pour la paix» : Israël céderait des terres aux Palestiniens (la plus grande partie de la Judée/Samarie et Gaza) afin de créer un État indépendant et les Palestiniens enterreraient la hache de guerre puisqu’ils obtiendraient ce qu’ils voulaient sans avoir à se battre.

Ainsi, les accords d’Oslo changeraient l’engagement palestinien défini par leur charte, de reconquérir l’honneur arabe et musulman en effaçant la honte qu’est Israël, et les amèneraient à accepter la légitimité de l’existence de l’État hébreu.

Un tel changement dépendait de la compréhension de ce que cette concession promise à Israël amènerait, étant donné que les Palestiniens «aspirent», à la liberté de se gouverner dans la paix et la dignité. Cela semblait être un contrat gagnant-gagnant si évident, que, comme Gavin Esler de la BBC l’avait déclaré, «le conflit allait être résolu avec un courriel.»

Ce que les architectes d’Oslo et leurs partisans occidentaux ont si complètement sous-estimé, c’est l’emprise que l’univers basé sur l’honneur aurait sur le président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat.

Ce manque de perspicacité a non seulement dominé la pensée dans les cercles occidentaux (eux qui n’étaient pas mis en danger par un tel pari), mais avait aussi cours dans les cercles politiques et du renseignement israélien, qui eux avaient beaucoup à perdre.

Il est clair que ce n’est pas seulement la direction politique d’Israël qui a été prise en otage par la conception chimérique de l’instauration d’une ère de paix avec l’Autorité palestinienne. Le système de sécurité militaire et le service de sécurité Shin Bet ont eu des difficultés à se libérer du même sentiment. Les fonctionnaires du renseignement n’étaient pas toujours disposés à laisser les faits perturber leur perception idéalisée de la réalité.

Le simple fait que les analystes occidentaux et israéliens aient négligé de leur prêter attention, cependant, ne signifie pas que les règles d’honneur et de honte aient cessé d’opérer.

Après la cérémonie de signature de l’entente sur la pelouse de la Maison-Blanche, le président de l’OLP, Arafat, s’est trouvé la cible d’une immense hostilité de la part de son groupe d’honneur arabe et musulman pour avoir porté la honte à tous les Arabes et à tous les musulmans.

Lorsqu’il est arrivé à Gaza en juillet 1994, le Hamas l’a dénoncé en ces termes : «Sa visite est honteuse et humiliante, car elle se produit dans l’ombre de l’occupation et à l’ombre de la soumission humiliante d’Arafat devant le gouvernement ennemi et sa volonté. Il veut présenter une défaite comme une victoire.»

Edward Saïd, fier membre du Conseil national palestinien, semi-parlement de l’OLP, a fait écho aux paroles du Hamas : les compromis impliquaient un acte humiliant et «dégradant… d’obéissance… Une capitulation… qui a produit un état d’abjection et d’obéissance… se soumettant honteusement à Israël.»

Ainsi l’intellectuel «post-colonial» a utilisé le langage tribal à somme nulle d’honneur et de honte arabe et musulmane, attaquant la négociation comme déshonorante. C’était la langue même dont les Occidentaux évitaient de discuter de peur qu’ils n’«orientassent l’Orient».

Et pourtant Arafat a utilisé le même langage d’honneur et de honte en arabe, dès que les accords ont été signés et que le Prix Nobel a été accordé.

Six mois après son retour de Tunisie en juillet 1994 à ce qui était devenu un territoire sous contrôle palestinien grâce aux accords d’Oslo, il a défendu sa politique devant des musulmans d’Afrique du Sud, non pas en parlant de la «paix des braves», mais plutôt en invoquant le traité de Mahaybiya de Muhammad, signé quand il était en position de faiblesse, rompu quand il fut en position de force.

Dans la mesure où les Arabes avaient accepté le processus d’Oslo, ils le considéraient comme un cheval de Troie, non pas comme une concession (nécessairement) humiliante. Un projet de guerre honorable et non pas de paix ignominieuse.

Dans les cultures où, pour l’honneur, «ce qui a été pris par la force doit être repris par la force», toute négociation est forcément honteuse et lâche.

De façon générale, les journalistes et les décideurs occidentaux, y compris le «camp de la paix» en Israël, et même les services de renseignement, ont ignoré les invocations répétées d’Arafat à Hudaybiya.

Les partisans de la paix les considéraient comme des railleries conçues pour apaiser l’opinion publique (en elle-même une chose qui méritait qu’on y réfléchisse) et étaient persuadés que, finalement, l’appel plus mature de la communauté internationale placerait Arafat du côté de la raison positive. Les praticiens du «journalisme de paix» en Israël, par exemple, ont délibérément évité des nouvelles décourageantes de ce genre et le sens de Hudaybiya en particulier.

Dans son mémoire de 800 pages sur l’échec d’Oslo, Dennis Ross, l’envoyé américain du Moyen-Orient le plus impliqué dans les négociations avec la direction palestinienne, n’a pas eu un mot à dire sur la controverse de Hudaybiya, en dépit du fait qu’il avait correctement jugé le comportement problématique d’Arafat et son «échec à préparer son peuple aux compromis nécessaires à la paix».

Le péché d’Arafat n’était pas d’omission, mais de commission : il préparait systématiquement son peuple à la guerre sous le nez des Israéliens et de l’Occident.

Plutôt que d’examiner les conséquences de cette contre-preuve, ceux qui appuyaient le processus attaquaient quiconque y attirait l’attention.

Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), une soi-disant organisation de défense des droits civils musulmans ayant des liens avec les mêmes confréries musulmanes dont le Hamas est une branche, a mené l’attaque au nom de la protection de la réputation du prophète Muhammad.

Daniel Pipes a écrit plusieurs textes concernant le discours de la mosquée de Johannesburg et le sens du traité de Hudaybiya, ainsi que sur les problèmes rencontrés par les Occidentaux quand ils osaient soulever ce sujet.

En dépit de son insistance à se montrer juste envers le prophète musulman sur des bases historiques, les écrits de Pipes lui ont amené une volée de condamnations furieuses et une accusation précoce d’islamophobie.

Les protestataires interdisaient essentiellement aux critiques d’examiner les preuves pertinentes à leurs préoccupations pressantes. Au lieu de cela, les enthousiastes de la paix voyaient Arafat et les dirigeants palestiniens comme des acteurs modernes à part entière qui souhaitaient avoir leur propre pays et leur liberté, et auxquels on pouvait faire confiance pour le respect de leurs engagements.

La plupart pensaient qu’Arafat, quand l’occasion se présenterait, choisirait l’imparfait, la somme positive, le gagnant-gagnant, plutôt que la somme nulle, tout ou rien, gagnant-perdant.

Ils «avaient foi» en la direction palestinienne et faisaient honte à quiconque osait suggérer que les Palestiniens s’accrochaient encore fermement à leur désir atavique de vengeance.

Ainsi, alors que Jérusalem et Washington se préparaient à une grande finale du processus de paix à Camp David à l’été 2000, alors même que les médias israéliens préparaient leur peuple à la paix, les médias d’Arafat préparaient les Palestiniens à la guerre. Et aucun des principaux décideurs n’y a porté attention.

L’incapacité à comprendre la dynamique du maintien de l’honneur (en luttant contre Israël) et à éviter la honte (provoquée par le compromis avec Israël) a condamné Oslo à l’échec dès le départ.

Les gens impliqués, qui pensaient que les deux parties étaient «si proches» et que si seulement Israël avait donné plus, les accords auraient réussi, ont été dupés.

Pour les décideurs palestiniens, ils n’ont jamais été proches. Même une entente réussie aurait mené à plus de guerres.

En effet, selon cette logique, plus l’accord favorisait les Palestiniens– c’est-à-dire, plus les Israéliens étaient affaiblis– plus l’agression accompagnerait leur mise en œuvre.

Une fois qu’Oslo a explosé, les Occidentaux qui se sont accrochés à leurs fantasmes ont continué à mal comprendre les événements ultérieurs.

Au lendemain du «non» retentissant mais prévisible d’Arafat à Camp David en juillet 2000, et à plusieurs reprises après le déclenchement de sa guerre de terreur (minimisée en tant qu’«Intifada al-Aqsa») fin septembre, les apologistes ont fait des efforts héroïques afin d’interpréter son comportement comme étant rationnel et d’ignorer sa planification délibérée de la guerre de terreur, et ont blâmé Israël.

Dans le cadre de la contre-attaque, les critiques à l’encontre d’Arafat, en particulier pour son comportement caractéristique de la culture d’honneur et de honte, ont suscité des cris de racisme.

Par exemple, lors d’une interview avec l’universitaire israélien Benny Morris, l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak se plaignait des mensonges systématiques d’Arafat, qui faisait de chaque discussion un calcul entre la dénonciation des mensonges ou l’idée de les ignorer et d’accepter de se mettre en position de faiblesse.

Ces remarques ont agacé les observateurs du Moyen-Orient, Hussein Agha et Robert Malley :

Les mots de [Barak] dans l’entretien initial étaient sans équivoque. «Ils sont le produit d’une culture dans laquelle dire un mensonge… ne crée pas de dissonance». «Ils ne souffrent pas du problème du mensonge tel qu’il existe dans la culture judéo-chrétienne. La vérité est perçue comme non pertinente.» etc. Mais, clairement, la précision factuelle et la cohérence logique n’étaient pas souhaitées par Morris et Barak. Ce qui importe, c’est l’autojustification de quelqu’un qui a choisi de faire carrière– et peut-être de revenir– en se livrant à la vilification d’un peuple tout entier».

C’est du classique Edward Saïd : attaquez les motifs de vos critiques (souvent par projection) ; clamez que vous subissez une blessure morale à cause de l’insulte, et dans le processus, détournez l’attention de la précision des remarques orientalistes.

Bien qu’appuyées sur des preuves tangibles de l’utilisation étendue et typiquement palestinienne de mensonges évidents lors des négociations, l’accusation de Barak devenait, dans les mains des apologistes d’Arafat, la «vilification d’un peuple entier».

Le succès de cette utilisation de ce que l’on pourrait appeler la «carte raciste» signifie que la littérature académique sur le mensonge dans la culture arabe, qui devrait couvrir les murs des bibliothèques (du moins dans les bibliothèques de nos services de renseignement) est sérieusement sous-développée. Si Oslo a échoué, c’est principalement parce que les Israéliens et les Américains ont refusé de croire que les Palestiniens leur mentaient –d’un bout à l’autre du processus.

Ignorance de la quête du califat
Pour cette raison, et bien des raisons analogues, lorsque les djihadistes sont sortis du ventre du cheval d’Oslo à la fin de septembre 2000, trop d’Occidentaux, désireux d’interpréter la violence comme le «désespoir» des combattants de la liberté dont les droits ont été niés, ont ignoré les preuves à l’effet qu’Arafat avait planifié la guerre, et ont jeté le blâme sur Israël.

En conséquence, de nombreux journalistes et spécialistes, qui ont dit à leurs auditoires occidentaux que l’Intifada al-Aqsa était un soulèvement national de libération contre l’occupation, semblaient n’avoir aucune idée (ou s’ils en avaient une, ont choisi de ne pas la révéler) que dans l’esprit de plusieurs de ces combattants l’intifada al-Aqsa était le lancement d’une nouvelle phase de djihad global apocalyptique dont l’objectif messianique était un califat mondial pour lequel la terreur des attaques suicides constituait l’arme la plus nouvelle et la plus puissante.

La réaction indifférente, voire négative, de la communauté d’experts aux premières études de la pensée apocalyptique du Hamas dans les années 1990, signifiait que la sphère publique occidentale allait devoir attendre la seconde décennie du XXIe siècle pour découvrir que le djihad global qui a créé un califat dans des parties substantielles de la Syrie et de l’Irak et qui ciblait les infidèles dans leur propre pays, était issu des mêmes visions apocalyptiques.

En fait, la plupart des observateurs ne savent toujours pas comment les djihadistes mondiaux ont exploité l’Intifada al-Aqsa pour alimenter leurs campagnes et leur recrutement.

Ainsi, au lieu de se méfier de ce nouvel impérialisme religieux violent et de condamner les opérations de martyre sauvage du djihad, les journalistes européens diffusent sa propagande de guerre antisioniste en tant que nouvelle tandis que les progressistes européens le saluent et l’encouragent.

Désinformés par les reportages des médias en avril 2002 du massacre supposé des forces de défense israéliennes à Jénine, les manifestants occidentaux marchaient dans les rues avec des simulations de ceintures explosives pour montrer leur solidarité avec les «martyrs» du Hamas.

Après la guerre du Liban en 2006, des savants comme la pacifiste Judith Butler, ont accueilli le Hamas et le Hezbollah dans la «gauche progressiste mondiale» en tant que «camarades dans la lutte anti-impérialiste».

Les progressistes malheureusement mal informés ont accueilli avec enthousiasme un djihad qui frappait alors Israël, mais qui maintenant hante le monde entier, et en particulier le monde musulman.

Les professionnels de l’information occidentaux– journalistes, experts, analystes politiques, même traducteurs– ont été tellement aveuglés par leur propre rhétorique post-coloniale, qu’ils ont été incapables d’identifier l’islam triomphaliste qui a constamment augmenté son élan vers un califat mondial dans cette génération et ce siècle.

S’ils se sont rendu compte de la présence de ces musulmans impérialistes, ils refusent d’en parler et attaquent quiconque le fait. Cette attitude prédominante a gravement endommagé la capacité de l’Occident à distinguer entre les faux modérés qui veulent réduire les infidèles du monde entier à la dhimmitude et les modérés qui veulent vraiment vivre en paix avec les non-musulmans.

Presque tout le monde conviendra que ces djihadistes qui recourent à l’épée, comme Al-Qaïda ou l’État islamique, ne sont pas des modérés.

Mais qu’en est-il de ceux qui s’en tiennent au da’wa (sommation à la conversion), et qui travaillent de manière non violente dans le même but ultime de rétablir le califat ?

Quand Yusuf Qaradawi des Frères Musulmans dit que «les États-Unis et l’Europe seront conquis non pas par le djihad, mais par le da’wa», cela fait-il de lui un modéré ? Et si le prédicateur du da’wa jouait juste au bon flic pendant que le djihadiste joue au méchant flic ? (NDT : good cop, bad cop)

Du point de vue de l’objectif millénaire d’un califat mondial, la différence entre les islamistes radicaux et les «modérés» est moins une question de vision que de calendrier, moins une question de buts différents que de tactiques différentes.

De telles connexions, cependant, ne s’inscrivent pas sur les écrans radars des professionnels de l’information qui demeurent fidèles aux réticences anti-orientalistes de Saïd. Ils nous poussent plutôt à les voir comme étant clairement distincts. Une telle approche tombe dans le piège djihadiste classique.

Lorsque les partisans du da’wa du califat dénonce les violences d’Al-Qaïda ou de l’ÉI, insistant sur le fait que ces djihadistes n’ont rien à voir avec l’islam, ils le font comme une tactique de guerre cognitive trompeuse.

Ils savent très bien que l’Islam qu’ils ont adopté est une religion de conquête. Ils ne veulent tout simplement pas que les «infidèles» occidentaux, leurs ennemis jurés et leurs cibles, reconnaissent cette hostilité implacable et impérialiste, du moins tant que le djihad mondial est militairement faible.

Ils préfèrent que les décideurs occidentaux renoncent au discours «islamophobe» de la domination mondiale et, apaisent plutôt les griefs des musulmans.

Beaucoup trop d’Occidentaux se sont conformés –en partant du discours de George W. Bush sur l’«Islam, religion de paix» juste après les attentats terroristes du 11 septembre, aux grands efforts de l’administration Obama pour ignorer, refuser et sublimer tout ce qui ressemble à de la violence islamique, jusqu’à une longue série d’universitaires qui auraient dû se hâter de corriger le dossier après la concession rhétorique de Bush et ont plutôt fait des efforts pour souligner la nature pacifique de l’Islam.

Les choses s’aggravent progressivement. L’insistance sur la similitude fondamentale de la culture arabe/musulmane et de la culture occidentale (la «grande majorité» des musulmans pacifiques, les «sociétés civiles dynamiques» en Syrie et en Irak) est passée d’une expérience thérapeutique à une formule dogmatique : la remettre en question est raciste et «islamophobe».

Ceux qui violent cette norme et qui discutent de ces choses désagréables sont punis, exclus, exilés. En effet, la crainte de l’accusation d’«islamophobie» est si forte qu’elle est venue jouer le rôle du serpent de mer qui a étranglé Laocoon quand il a essayé d’avertir les Troyens de la ruse du Cheval de bois offert par les Grecs.

Les politiciens, les policiers et les journalistes britanniques, par exemple, n’ont rien fait pour protéger des milliers de jeunes filles contre l’exploitation sexuelle pendant plus d’une décennie, afin d’éviter d’être qualifiés d’«islamophobes».

Peu d’incidents illustrent mieux cette cécité et cette incompétence auto-induites que la façon dont les professionnels de l’information occidentaux ont traité les soulèvements arabes de 2010-11. Dans une interprétation erronée des manifestations populaires, propulsées dans les médias sociaux, qui ont chassé certains dictateurs arabes de leurs perchoirs, les érudits ont interprété les soulèvements à la lumière des révolutions démocratiques européennes : le «Printemps des Nations» de 1848 et la libération de l’Europe de l’Est et de la Russie en 1989.

Rejetant systématiquement le danger que les Frères musulmans puissent prendre le pouvoir lors d’élections démocratiques, les commentateurs et les décideurs ont appelé à soutenir le mouvement islamiste, considéré par les professionnels de l’information post-coloniaux comme leur miroir, leur compagnon d’armes.

Si les «Orientalistes» pré-Saïd n’avaient (soi-disant) vu que le mauvais côté (des islamistes) par projection, après eux, les post-orientalistes ne pouvaient voir que le bien.

Cette approche politiquement correcte a même infecté les services de renseignements américains.

En février 2011, juste au moment où l’administration Obama prenait des décisions cruciales (et trompeuses) sur la façon de faire face à la crise égyptienne, James Clapper, directeur des renseignements au niveau national, a présenté une étonnante évaluation devant le Congrès (qu’il a reniée par la suite) :

«Le terme “Fraternité musulmane”… est un terme générique pour une variété de mouvements, dans le cas de l’Égypte, c’est un groupe très hétérogène, largement laïque, qui a évité la violence et a dénoncé Al Qaïda comme une perversion de l’islam ..»

Il est difficile de cataloguer les idées fausses impliquées dans cette déclaration étonnamment stupide. Elle traduit un manque de compréhension du comportement religieux triomphaliste et une application superficielle d’une terminologie inappropriée qui laisse l’observateur se demander s’il s’agissait d’un acte délibéré de désinformation ou d’un véritable produit de la collecte et de l’évaluation des renseignements des États-Unis.

Il est aussi difficile de séparer cette évaluation opérationnelle totalement désorientée de la discussion académique qui la sous-tend, largement influencée par le paradigme pénitentiel auquel Saïd exhortait l’Occident. Ici les dupes occidentaux doivent interpréter la non-violence comme un signe de modération musulmane et attribuer la violence musulmane à la provocation occidentale. Nous devons supposer que lorsque les musulmans dénoncent la violence, ils sont avec «nous» et non avec «eux», qu’ils ne partagent pas l’objectif djihadiste d’un califat mondial.

Plutôt que de combattre un ennemi aspirant à la domination mondiale, les islamistes exhortent l’Occident à s’attaquer au sentiment d’impuissance des musulmans en les habilitant.

Les résultats de cette méconnaissance aveugle de la réalité sur le terrain– le pouvoir des mouvements religieux inspirés par l’honneur ; le calcul variable de la violence selon que l’on se sent faible ou fort ; les réponses à la faiblesse perçue et à l’absence de détermination de la part des ennemis signifient que ce que les leaders de la pensée occidentale prenaient pour un printemps démocratique, qu’ils accueillaient avec enthousiasme, était en réalité le printemps de la guerre tribale et apocalyptique. Un djihad d’Oslo à grande échelle. Une guerre générationnelle, cataclysmique, «une Guerre des Trente ans» qui ne fait que commencer.

Où l’Occident est intervenu (Libye, Egypte), il a échoué, et où il n’est pas intervenu (la Syrie), la situation a explosé.

Alors que des millions de réfugiés sont jetés sur les rivages européens par ces bouleversements, les décideurs occidentaux restent captifs de leurs clichés suicidaires («nous ne pouvons simplement pas leur refuser l’entrée») qui témoignent d’une profonde ignorance de la culture arabe et musulmane, de ceux qui les font fuir, et de ceux qui ont le pouvoir, mais pas le désir de s’attaquer à cette destruction de leurs sociétés sous les coups du califat.

Conclusion
A travers la porte dérobée d’une préoccupation pour les «autres», sans réciprocité, les Occidentaux éduqués ont permis à un discours hostile, intimidant basé sur l’honneur et la honte d’occuper une grande partie de leur espace public : c’est l’«islamophobie», et non l’islamisme qui est le problème.

Les Palestiniens continuent de sauver la face et de retrouver leur honneur en salissant Israël qui, par son existence même et son succès, leur fait honte.

Pendant ce temps, de nombreux guerriers de la justice sociale, remplis de culpabilité post-coloniale et craignant le label «islamophobe», unissent leurs forces à la «brigade d’honneur» afin de pousser Israël au-delà des limites acceptables.

Dans le cadre plus large du développement civilisationnel, c’est lamentable. Il a fallu un millénaire d’efforts constants et douloureux pour que la culture occidentale apprenne à sublimer la libido dominandi de l’homme au point de créer une société tolérante à la diversité, qui résout les différends avec un discours d’équité plutôt que de violence et où l’échange est gagnant-gagnant. Les échanges à somme positive sont la norme souhaitée.

Insister, comme le font beaucoup de gauchistes, pour que cette réussite exceptionnelle soit considérée comme le mode par défaut de l’humanité, indépendamment de la mesure dans laquelle l’autre est éloigné de cet objectif précieux et de manière à exempter les ennemis de la démocratie de la responsabilité civique de l’autocritique au prix de redoubler son propre fardeau, fini par saper les libertés que la civilisation occidentale s’est données au cours des siècles.

À moins que les universitaires et les professionnels de l’information ne s’emparent et ne cultivent les champs de connaissance tels que la dynamique de la honte et de l’honneur et le triomphalisme islamiste, les Occidentaux ne pourront pas comprendre les sociétés arabes et islamiques et continueront d’accuser les critiques et non l’objectif légitime des critiques au risque de perdre leurs valeurs démocratiques et leurs intérêts nationaux.

L’incapacité de s’engager dans l’autocritique est la plus grande faiblesse des cultures basées sur l’honneur et la honte, et la capacité de le faire est la plus grande force de ceux qui croient fermement à l’intégrité.

Pourtant, maintenant, paradoxalement, l’incapacité des islamistes est devenue leur force, et notre surempressement à compenser est devenu notre faiblesse.


Investiture Trump: Evelyne Joslain a dit la vérité, elle sera exécutée (Journalist pays the price on French TV for spilling the beans on disastrous Obama legacy)

21 janvier, 2017

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Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête  était à la fête  Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas  C’est plus juste en somme  d’abattre un seul homme.  Ce jeune homme a dit la vérité  Il doit être exécuté… Guy Béart
C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
Obama est le premier président américain élevé sans attaches culturelles, affectives ou intellectuelles avec la Grande-Bretagne ou l’Europe. Les Anglais et les Européens ont été tellement enchantés par le premier président américain noir qu’ils n’ont pu voir ce qu’il est vraiment: le premier président américain du Tiers-Monde. The Daily Mail
Culturellement, Obama déteste la Grande-Bretagne. Il a renvoyé le buste de Churchill sans la moindre feuille de vigne d’une excuse. Il a insulté la Reine et le Premier ministre en leur offrant les plus insignifiants des cadeaux. A un moment, il a même refusé de rencontrer le Premier ministre. Dr James Lucier (ancien directeur du comité des Affaire étrangères du sénat américain)
Tout ce qu’on sait, c’est qu’on en sait  très peu sur Barack Obama et que ce qu’on sait est très différent de ce qui est allégué. Tous les présidents ont leurs mythographies, mais ils ont également un bilan et des experts  qui peuvent  distinguer les faits  de la fiction. Dans le cas d’Obama, on ne nous a nous jamais donné tous les faits et il y avait peu de gens dans la presse intéressés à les trouver. Comme le dit Maxwell Scott dans L’homme qui a tué Liberty Valance, ‘quand la légende devient fait, c’est la légende qu’il faut imprimer’.  Victor Davis Hanson
Même si ce livre repose principalement sur des journaux intimes ou sur des histoires orales de ma famille, les dialogues sont forcément approximatifs. Pour éviter les longueurs, certains personnages sont des condensés de personnes que j’ai connues et certains événements sont sans contexte chronologique précis. A l’exception de ma famille et certains personnages publics, les noms des protagonistes ont été changés par souci de respecter leur vie privée. Barack Hussein Obama jr. (préface des Rêves de mon père, 1995)
Je connais, je les ai vus, le désespoir et le désordre qui sont le quotidien des laissés-pour-compte, avec leurs conséquences désastreuses sur les enfants de Djakarta ou de Nairobi, comparables en bien des points à celles qui affectent les enfants du South Side de Chicago. Je sais combien est ténue pour eux la frontière entre humiliation et la fureur dévastatrice, je sais avec quelle facilité ils glissent dans la violence et le désespoir. Barack Hussein Obama jr. (préface de Rêves de mon père, l’histoire d’un héritage en noir et blanc, 2004)
Ma propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (2006)
Nous sommes toujours une nation jeune, mais, dans les mots de la Sainte Ecriture : le temps est venu de mettre de côté les choses de l’enfance. Barack Hussein Obama (janvier 2009)
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say. Ben Rhodes (conseiller-adjoint d’Obama à la sécurité nationale)
J’ai longtemps pensé à faire sauter la Maison Blanche. Madonna
Qu’est-ce que cela fait d’avoir un nouveau président des Etats-Unis qui sait lire ? Du bien. Cela fait du bien d’apprendre qu’il a toujours un livre à portée de la main. On a tellement flatté ses qualités d’orateur et ses dons de communicant qu’on a oublié l’essentiel de ce qui fait la richesse de son verbe : son côté lecteur compulsif. A croire que lorsqu’il sera las de lire des livres, il dirigera l’Amérique pour se détendre. Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times, d’ordinaire si dure avec la majorité des écrivains, est tout miel avec ce non-écrivain auteur de trois livres : deux textes autobiographiques et un discours sur la race en Amérique. Elle vient de dresser l’inventaire de sa « bibliothèque idéale », autrement dit les livres qui ont fait ce qu’il est devenu, si l’on croise ce qu’il en dit dans ses Mémoires, ce qu’il en confesse dans les interviews et ce qu’on en sait. Adolescent, il lut avidement les grands auteurs noirs James Baldwin, Langston Hugues, Ralph Ellison, Richard Wright, W.E.B. Du Bois avant de s’immerger dans Nietzsche et Saint-Augustin en marge de ses études de droit, puis d’avaler la biographie de Martin Luther King en plusieurs volumes par Taylor Branch. Autant de livres dans lesquels il a piqué idées, pistes et intuitions susceptibles de nourrir sa vision du monde. Ce qui ne l’a pas empêché de se nourrir en permanence des tragédies de Shakespeare, de Moby Dick, des écrits de Lincoln, des essais du transcendantaliste Ralph Waldo Emerson, du Chant de Salomon de la nobélisée Toni Morrison, du Carnet d’or de Doris Lessing, des poèmes d’un autre nobélisé Derek Walcott, des mémoires de Gandhi, des textes du théologien protestant Reinhold Niebuhr qui exercèrent une forte influence sur Martin Luther King, et, plus récemment de Gilead (2004) le roman à succès de Marylinne Robinson ou de Team of rivals que l’historienne Doris Kearns Goodwin a consacré au génie politique d’Abraham Lincoln, « la » référence du nouveau président. Pardon, on allait oublier, le principal, le livre des livres : la Bible, of course. Pierre Assouline
Pourquoi cette apparence anticipée de triomphe pour le candidat dont le bilan des votes au Sénat est le plus à gauche de tout le parti Démocrate? L´électorat américain a-t-il vraiment basculé? Comment expliquer la marge énorme de différence entre les instituts de sondage à 3% et ceux à 12%? L´explication, me semble-t-il, réside dans la détermination sans faille du «peuple médiatique»; comme Mitterrand parlait du «peuple de gauche», les uns, français, habitaient la Gauche, les autres, américains, habitent les media, comme les souris le fromage. Le peuple médiatique, l´élite politico-intellectuelle, le «paysage audiovisuel», comme on dit avec complaisance, ont décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat. Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux. C´est ainsi que toute assertion émise par Obama serait tenue pour parole d´Evangile. Le terroriste mal blanchi Bill Ayers? – «Un type qui vit dans ma rue», avait menti impudemment Obama, qui lui devait le lancement de sa carrière politique, et le côtoyait à la direction d´une fondation importante. Il semble même qu´Ayers ait été, si l´on ose oser, le nègre du best-seller autobiographique (!) d´Obama. Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons. Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Laurent Murawiec
The Obama memoir is revealed not really to be a memoir at all. Most of his intimate friends and past dalliances that we read about in Dreams From My Father were, we learn, just made up (“composites”); the problem, we also discover, with the president’s autobiography is not what is actually false, but whether anything much at all is really true in it. If a writer will fabricate the details about his own mother’s terminal illness and quest for insurance, then he will probably fudge on anything. For months the president fought the Birthers who insist that he was born in Kenya, only to have it revealed that he himself for over a decade wrote just that fact in his own literary biography. Is Barack Obama then a birther? Has any major public figure (57 states, Austrian language, corpse-men, Maldives for Falklands, private sector “doing fine,” etc.) been a more underwhelming advertisement for the quality of a Harvard education or a Chicago Law School part-time billet? Has any presidential candidate or president set a partisan crowd to laughing by rubbing his chin with his middle finger as he derides an opponent, or made a joke about killing potential suitors of his daughters with deadly Predator drones, or recited a double entendre “go-down” joke about a sex act? Victor Davis Hanson
Pourquoi cette apparence anticipée de triomphe pour le candidat dont le bilan des votes au Sénat est le plus à gauche de tout le parti Démocrate? L´électorat américain a-t-il vraiment basculé? Comment expliquer la marge énorme de différence entre les instituts de sondage à 3% et ceux à 12%? L´explication, me semble-t-il, réside dans la détermination sans faille du «peuple médiatique»; comme Mitterrand parlait du «peuple de gauche», les uns, français, habitaient la Gauche, les autres, américains, habitent les media, comme les souris le fromage. Le peuple médiatique, l´élite politico-intellectuelle, le «paysage audiovisuel», comme on dit avec complaisance, ont décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat. Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux. C´est ainsi que toute assertion émise par Obama serait tenue pour parole d´Evangile. Le terroriste mal blanchi Bill Ayers? – «Un type qui vit dans ma rue», avait menti impudemment Obama, qui lui devait le lancement de sa carrière politique, et le côtoyait à la direction d´une fondation importante. Il semble même qu´Ayers ait été, si l´on ose oser, le nègre du best-seller autobiographique (!) d´Obama. Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons. Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Laurent Murawiec
As his second marriage to Sexton collapsed in 1998, Sexton filed an order of protection against him, public records show. Hull won’t talk about the divorce in detail, saying only that it was « contentious » and that he and Sexton are friends. The Chicago Tribune (15.02.04)
Though Obama, the son of a Kenyan immigrant, lagged in polls as late as mid-February, he surged to the front of the pack in recent weeks after he began airing television commercials and the black community rallied behind him. He also was the beneficiary of the most inglorious campaign implosion in Illinois political history, when multimillionaire Blair Hull plummeted from front-runner status amid revelations that an ex-wife had alleged in divorce papers that he had physically and verbally abused her. After spending more than $29 million of his own money, Hull, a former securities trader, finished third, garnering about 10 percent of the vote. (…) Obama ascended to front-runner status in early March as Hull’s candidacy went up in flames amid the divorce revelations, as well as Hull’s acknowledgment that he had used cocaine in the 1980s and had been evaluated for alcohol abuse. The Chicago Tribune (17.03.04)
Axelrod is known for operating in this gray area, part idealist, part hired muscle. It is difficult to discuss Axelrod in certain circles in Chicago without the matter of the Blair Hull divorce papers coming up. As the 2004 Senate primary neared, it was clear that it was a contest between two people: the millionaire liberal, Hull, who was leading in the polls, and Obama, who had built an impressive grass-roots campaign. About a month before the vote, The Chicago Tribune revealed, near the bottom of a long profile of Hull, that during a divorce proceeding, Hull’s second wife filed for an order of protection. In the following few days, the matter erupted into a full-fledged scandal that ended up destroying the Hull campaign and handing Obama an easy primary victory. The Tribune reporter who wrote the original piece later acknowledged in print that the Obama camp had  »worked aggressively behind the scenes » to push the story. But there are those in Chicago who believe that Axelrod had an even more significant role — that he leaked the initial story. They note that before signing on with Obama, Axelrod interviewed with Hull. They also point out that Obama’s TV ad campaign started at almost the same time. The NYT (01.04.07)
After an unsuccessful campaign for Congress in 2000, Illinois state Sen. Barack Obama faced serious financial pressure: numerous debts, limited cash and a law practice he had neglected for a year. Help arrived in early 2001 from a significant new legal client — a longtime political supporter. Chicago entrepreneur Robert Blackwell Jr. paid Obama an $8,000-a-month retainer to give legal advice to his growing technology firm, Electronic Knowledge Interchange. It allowed Obama to supplement his $58,000 part-time state Senate salary for over a year with regular payments from Blackwell’s firm that eventually totaled $112,000. A few months after receiving his final payment from EKI, Obama sent a request on state Senate letterhead urging Illinois officials to provide a $50,000 tourism promotion grant to another Blackwell company, Killerspin. Killerspin specializes in table tennis, running tournaments nationwide and selling its own line of equipment and apparel and DVD recordings of the competitions. With support from Obama, other state officials and an Obama aide who went to work part time for Killerspin, the company eventually obtained $320,000 in state grants between 2002 and 2004 to subsidize its tournaments. Obama’s staff said the senator advocated only for the first year’s grant — which ended up being $20,000, not $50,000. The day after Obama wrote his letter urging the awarding of the state funds, Obama’s U.S. Senate campaign received a $1,000 donation from Blackwell. (…) Business relationships between lawmakers and people with government interests are not illegal or uncommon in Illinois or other states with a part-time Legislature, where lawmakers supplement their state salaries with income from the private sector. But Obama portrays himself as a lawmaker dedicated to transparency and sensitive to even the appearance of a conflict of interest. (…) In his book « The Audacity of Hope, » Obama tells how his finances had deteriorated to such a point that his credit card was initially rejected when he tried to rent a car at the 2000 Democratic convention in Los Angeles. He said he had originally planned to dedicate that summer « to catching up on work at the law practice that I’d left unattended during the campaign (a neglect that had left me more or less broke). » Six months later Blackwell hired Obama to serve as general counsel for his tech company, EKI, which had been launched a few years earlier. The monthly retainer paid by EKI was sent to the law firm that Obama was affiliated with at the time, currently known as Miner, Barnhill & Galland, where he worked part time when he wasn’t tending to legislative duties. The business arrived at an especially fortuitous time because, as the law firm’s senior partner, Judson Miner, put it, « it was a very dry period here, » meaning that the ebb and flow of cases left little work for Obama and cash was tight. The entire EKI retainer went to Obama, who was considered « of counsel » to the firm, according to details provided to The Times by the Obama campaign and confirmed by Miner. Blackwell said he had no knowledge of Obama’s finances and hired Obama solely based on his abilities. « His personal financial situation was not and is not my concern, » Blackwell said. « I hired Barack because he is a brilliant person and a lawyer with great insight and judgment. » Obama’s tax returns show that he made no money from his law practice in 2000, the year of his unsuccessful run for a congressional seat. But that changed in 2001, when Obama reported $98,158 income for providing legal services. Of that, $80,000 was from Blackwell’s company. In 2002, the state senator reported $34,491 from legal services and speeches. Of that, $32,000 came from the EKI legal assignment, which ended in April 2002 by mutual agreement, as Obama ceased the practice of law and looked ahead to the possibility of running for the U.S. Senate. (…) Illinois ethics disclosure forms are designed to reveal possible financial conflicts by lawmakers. On disclosure forms for 2001 and 2002, Obama did not specify that EKI provided him with the bulk of the private-sector compensation he received. As was his custom, he attached a multi-page list of all the law firm’s clients, which included EKI among hundreds. Illinois law does not require more specific disclosure. Stanley Brand, a Washington lawyer who counsels members of Congress and others on ethics rules, said he would have advised a lawmaker in Obama’s circumstances to separately disclose such a singularly important client and not simply include it on a list of hundreds of firm clients, even if the law does not explicitly require it. « I would say you should disclose that to protect and insulate yourself against the charge that you are concealing it, » Brand said. LA Times
One lesson, however, has not fully sunk in and awaits final elucidation in the 2012 election: that of the Chicago style of Barack Obama’s politicking. In 2008 few of the true believers accepted that, in his first political race, in 1996, Barack Obama sued successfully to remove his opponents from the ballot. Or that in his race for the US Senate eight years later, sealed divorced records for both his primary- and general-election opponents were mysteriously leaked by unnamed Chicagoans, leading to the implosions of both candidates’ campaigns. Or that Obama was the first presidential candidate in the history of public campaign financing to reject it, or that he was also the largest recipient of cash from Wall Street in general, and from BP and Goldman Sachs in particular. Or that Obama was the first presidential candidate in recent memory not to disclose either undergraduate records or even partial medical. Or that remarks like “typical white person,” the clingers speech, and the spread-the-wealth quip would soon prove to be characteristic rather than anomalous. Few American presidents have dashed so many popular, deeply embedded illusions as has Barack Obama. And for that, we owe him a strange sort of thanks. Victor Davis Hanson
Selon le professeur Dick Simpson, chef du département de science politique de l’université d’Illinois, «c’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe que le système prend racine». L’arrivée de larges populations immigrées peinant à faire leur chemin à Chicago pousse les politiciens à «mobiliser le vote des communautés en échange d’avantages substantiels». Dans les années 1930, le Parti démocrate assoit peu à peu sa domination grâce à cette politique «raciale». Le système va se solidifier sous le règne de Richard J. Daley, grande figure qui régnera sur la ville pendant 21 ans. Aujourd’hui, c’est son fils Richard M. Daley qui est aux affaires depuis 18 ans et qui «perpétue le pouvoir du Parti démocrate à Chicago, en accordant emplois d’État, faveurs et contrats, en échange de soutiens politiques et financiers», raconte John McCormick. «Si on vous donne un permis de construction, vous êtes censés “payer en retour”», explique-t-il. «Cela s’appelle payer pour jouer», résume John Kass, un autre éditorialiste. Les initiés affirment que Rod Blagojevich ne serait jamais devenu gouverneur s’il n’avait croisé le chemin de sa future femme, Patricia Mell, fille de Dick Mell, un conseiller municipal très influent, considéré comme un rouage essentiel de la machine. (…) Dans ce contexte local plus que trouble, Peraica affirme que la montée au firmament d’Obama n’a pu se faire «par miracle».«Il a été aidé par la machine qui l’a adoubé, il est cerné par cette machine qui produit de la corruption et le risque existe qu’elle monte de Chicago vers Washington», va-t-il même jusqu’à prédire. Le conseiller régional républicain cite notamment le nom d’Emil Jones, l’un des piliers du Parti démocrate de l’Illinois, qui a apporté son soutien à Obama lors de son élection au Sénat en 2004. Il évoque aussi les connexions du président élu avec Anthony Rezko, cet homme d’affaires véreux, proche de Blagojevich et condamné pour corruption, qui fut aussi le principal responsable de la levée de fonds privés pour le compte d’Obama pendant sa course au siège de sénateur et qui l’aida à acheter sa maison à Chicago. «La presse a protégé Barack Obama comme un petit bébé. Elle n’a pas sorti les histoires liées à ses liens avec Rezko», s’indigne Peraica, qui cite toutefois un article du Los Angeles Times faisant état d’une affaire de financement d’un tournoi international de ping-pong qui aurait éclaboussé le président élu. (…) Pour la plupart des commentateurs, Barack Obama a su naviguer à travers la politique locale «sans se compromettre. Le Figaro
La condamnation de M. Blagojevich met une fois de plus la lumière sur la scène politique corrompue de l’Etat dont la plus grande ville est Chicago. Cinq des neuf gouverneurs précédents de l’Illinois ont été accusés ou arrêtés pour fraude ou corruption. Le prédécesseur de M. Blagojevich, le républicain George Ryan, purge actuellement une peine de six ans et demi de prison pour fraude et racket. M. Blagojevich, qui devra se présenter à la prison le 16 février et verser des amendes de près de 22 000 dollars, détient le triste record de la peine la plus lourde jamais infligée à un ex-gouverneur de l’Illinois. Ses avocats ont imploré le juge de ne pas chercher à faire un exemple avec leur client, notant que ce dernier n’avait pas amassé d’enrichissement personnel et avait seulement tenté d’obtenir des fonds de campagne ainsi que des postes bien rémunérés. En plein scandale, M. Blagojevich était passé outre aux appels à la démission venus de son propre parti et avait nommé procédé à la nomination d’un sénateur avant d’être destitué. Mais le scandale a porté un coup à la réputation des démocrates dans l’Illinois et c’est un républicain qui a été élu l’an dernier pour occuper l’ancien siège de M. Obama. AFP (08.12.11)
Dès qu’un organisateur entre dans une communauté, il ne vit, rêve, mange, respire et dort qu’une chose, et c’est d’établir la base politique de masse de ce qu’il appelle l’armée. Saul Alinsky (mentor politique d’Obama)
Dans ce contexte local plus que trouble, Peraica affirme que la montée au firmament d’Obama n’a pu se faire « par miracle ». (…) « La presse a protégé Barack Obama comme un petit bébé. Elle n’a pas sorti les histoires liées à ses liens avec Rezko », s’indigne Peraica. Le Figaro
Lors de l’investiture du nouveau président américain, des « résistants » se sont dressés dans les rues de Washington. Oui des « résistants » selon les radios de service public ! Ils ont crié que Trump n’était pas « légitime ». Ils ont aussi brisé des vitrines et cassé du mobilier urbain (mais ça, pour le savoir, il faut lire le Washington Post et le New York Times). Ils n’étaient que quelques centaines (et ça aussi, pour le savoir, il faut se plonger dans la presse américaine). (…) L’Agence France Presse a mis sur son fil deux photos juxtaposées. L’une montrant la foule massée devant le Capitole pour l’investiture d’Obama. L’autre avec les centaines de milliers d’Américains venus assister à l’investiture de Trump. Sur la première, c’est noir de monde. Sur la seconde, c’est nettement plus clairsemé. Vous avez compris le message de l’AFP ? Ca c’est de l’information ! Ce que notre agence nationale a oublié de préciser, c’est qu’à Washington, où se trouve le Capitole, Trump n’a obtenu que 5 % des suffrages. Un oubli vraiment ? (…) Une chaîne de télévision française nous apprend qu’une des premières mesures de Donald Trump sera de faire adopter une loi permettant de « déporter » 2 millions d’étrangers en situation irrégulière. En français, le mot « déporter » est lourd de signification. Les « déporter » où ? Auschwitz a depuis longtemps fermé ses portes. Reste Guantanamo. Mais c’est tout petit et prévu seulement pour quelques centaines de personnes. Alors nous, on veut savoir où… (…) Il y a aux Etats-Unis une femme courageuse. Elle est française. Cocorico ! Sophie Théallet, c’est son nom, est créatrice de mode. Elle a fait savoir qu’elle refusait catégoriquement d’habiller Mélania Trump. Sophie Théallet a des valeurs. Et ce ne sont pas celles du président des Etats-Unis « raciste et sexiste ». Tous nos journaux saluent son « courage ». On a les Jeanne d’Arc qu’on mérite. Ce que les journaux ne disent pas, c’est que Mélania Trump n’a aucunement sollicité Sophie Théallet. Manifestement, cette information est sans importance. (…) Compte tenu de la défection de Sophie Théallet, le risque (si c’est un risque…) était grand de voir apparaître Mélania Trump nue lors du bal qui a suivi l’investiture de son époux. Mais ce délicieux spectacle nous a été épargné. Le couturier Hervé Pierre, français lui aussi, s’est dévoué. Mélania Trump portait une tenue dessinée par lui. Une robe crème, fendue, avec les épaules dénudées. La presse française n’a pas encore réagi à cette information qui fait honte à la réputation de notre pays. Mais ça ne va pas tarder, et nous apprendrons bientôt qu’Hervé Pierre ne mérite pas d’être français. Et que Mélania Trump est une allumeuse. Benoit Rayski
S’il est une raison pour laquelle Donald Trump devrait remporter cette élection, c’est bien celle-ci : en finir avec l’insoutenable discours élitiste et néo-progressiste qui considère qu’une moitié des électeurs sont des fous dangereux que la démocratie ne peut ni recevoir, ni regarder, ni entendre, ni convaincre à travers l’épreuve du pouvoir. Ce n’est pas prendre parti pour Trump que de le dire ainsi. C’est prendre parti contre un système de pensée qui ne cesse d’alimenter le spectre de la fin du monde et se montre foncièrement convaincu que sa vérité doit s’imposer à tous, quitte à l’affaiblir jusqu’à ce qu’elle finisse par devenir inaudible. La démocratie, on aime, ou pas. Stéphane Trano
Hillary Clinton, désormais concentrée sur sa démonstration que Donald Trump est coupable de délinquance fiscale, a beau ne pas avoir un adversaire à sa hauteur, elle n’en n’est pas moins en pleine démagogie. En effet, s’il avait un peu plus de faculté d’élaboration – ou de meilleurs conseillers – le candidat républicain pourrait aisément rétorquer que nombre de grandes entreprises américaines doivent une bonne partie de leurs succès colossaux à leurs pratiques de délocalisation et d’optimisation fiscale, Apple et Google en tête, et que la justice fiscale, aux Etats-Unis, est un concept très relatif. Donald Trump, de son côté, n’a aucunement tiré profit des arguments, potentiellement très efficaces, à l’encontre de la politique étrangère du couple Obama-Clinton, et de ses implications dans le chaos actuel au Moyen-Orient. Ces élections sont celles de la rancune républicaine et du désarroi démocrate : chaque camp lance ses dernières forces pour la victoire, conscient que quatre années de bataille féroce s’annonce au sein des institutions, mais qu’il faut sauver les meubles jusqu’au dernier. Elles n’ont en réalité qu’un seul gagnant, quelle qu’en soit l’issue : Barack Obama, dont le bilan a été épargné par une campagne sans analyse ni introspection, et qui s’apprête à sortir par la grande porte de l’Histoire. L’avenir, toutefois, dira si la légende cousue de fil blanc du 44ème président des Etats-Unis résiste. Les guerres dont ses deux mandats ont accouchés ne sont-elles pas aussi consternantes que celles de son prédécesseur qui l’ont mené au pouvoir ? La promesse jamais tenue d’une réforme du système d’immigration n’a-t-elle pas laissé un pays sur la brèche pour une génération au moins ? La violence raciste et raciale devait-elle être une part de l’héritage du premier président noir américain ? La réactivation de la guerre froide à travers une paranoïa sans limite à l’encontre du régime de Poutine était-elle vraiment à l’agenda des électeurs américains ? L’homme, énigmatique, laissera derrière lui une somme de mystères qu’un ridicule engouement populaire protègera un temps, mais le silence ne devrait pas résister aux années Clinton qui s’annoncent – sauf « surprise d’Octobre » toujours possible – comme la poursuite de son œuvre étrange. Stéphane Trano
En opérant une lecture terriblement réductrice de l’élection américaine 2016, l’immense majorité des médias – américains ou non – est passée à côté de sa signification profonde, car elle est trop inconfortable.  C’est, encore et toujours, une bataille entre les bien-pensants et les autres – les fameux « déplorables » – à laquelle on a assisté, ce qui rabaisse la démocratie au simple rang de lutte entre le bien et le mal, l’intelligence et la bêtise, la générosité et l’intolérance. Cela demande évidemment quelques explications. La plateforme politique adoptée par le parti républicain, pour cette élection, est l’une des plus « dures » jamais adoptée par les conservateurs. Rétrograde, elle est complètement déconnectée des réalités lorsqu’elle s’oppose à toute révision réglementaire de la vente et de l’usage des armes à feu ou lorsqu’elle raisonne, sur l’immigration, en termes de délinquance. Acide, elle s’accommode des positions les plus extrêmes contre l’avortement ou pour la peine de mort. Cynique, elle s’attaque à l’état fédéral pour ériger des hyper-pouvoirs locaux que rien n’arrête dans l’escalade vers des lois d’exception. Idiote, elle n’entend rien aux questions liées à l’environnement ou à l’éducation. Les Républicains, en somme, n’ont rien appris depuis leur défaite de 2008. Ils n’ont pas su effectuer la profonde mise à jour rendue nécessaire par l’élection de Barack Obama, où leur principale responsabilité était de s’adapter à une société nouvelle, un peu plus disposée à abandonner les vieilles antiennes propres à l’Amérique puritaine. Cependant, le sinistre visage offert par les Républicains trouve ses limites dans la désignation de Donald Trump, le candidat le moins idéologique de tous lors des primaires. Parce qu’il n’a ni l’expérience d’une carrière politique, ni la culture nécessaire pour forger un corpus d’idées et encore, moins, le discours nécessaire à forger des concepts, l’homme d’affaires a très vite été identifié par une grande partie des électeurs mobilisés lors de ces primaires, comme un candidat antisystème et briseur de tabous. (…) De cette situation, il faut tirer l’enseignement d’une profonde colère populaire, dans une société qui se sent étouffée par des discours écrasants de certitudes, condescendants et frustrants en termes de concrétisations. C’est là le second enseignement de cette campagne, où les grands médias n’ont eu de cesse de se lamenter du peu d’importance accordé par les électeurs de Trump à la « vérité » des faits. A trop confondre vérité et bienséance, on aboutit inévitablement au rejet par des gens qui ne manquent en général pas de bon sens, mais dont les frustrations, les peurs et les colères se heurtent en permanence à des discours perçus comme élitistes. Il est difficile de « vendre » aux opposants d’Obama l’idée que ses deux mandats ont constitué une ère de progrès social et de rétablissement pour les Américains, lorsque ceux-ci s’achèvent sur une série d’échecs aux conséquences très lourdes : la violence liée aux armes à feu est la plus haute depuis le début des années 80 ; la santé mentale est le parent pauvre de tout le système de santé américain ; la surpopulation carcérale est phénoménale ; la consommation de drogues ultra-dangereuses est un fléau ; le prix du médicament est incontrôlable ; les infrastructures publiques tombent en poussière ; les coûts des crèches ou des études dépassent l’entendement ; la disparition des petits commerces sous l’impact des géants tels qu’Amazon désertifient les quartiers commerçants ; les postures américaines dans le monde arabe sont illisibles et dramatiques dans leurs conséquences. La réponse des Démocrates face à ces constats est toujours la même : ils en nient la plupart et pour ceux qu’ils ne peuvent nier, tout est de la faute des Républicains et de leur politique d’obstruction systématique au Congrès. Les mêmes n’expliquent pas, alors, comment l’Obamacare a pu être voté, comment Obama a t-il pu pratiquer sa politique du vide au Moyen-Orient durant si longtemps, comment il a pu relancer la guerre froide à travers son obsession antirusse et ignorer une grande partie du monde au profit de son tropisme asiatique. Dire aux onze à quinze millions de « Dreamers » – ces immigrants perdus dans la zone grise de la politique d’immigration américaine, qu’Obama a été à la hauteur de ses promesses les concernant, est simplement une imposture. C’est précisément dans leur incapacité et dans leur répugnance à affronter ces questions parce qu’elles risquent de mettre en difficulté les forces du progrès », que les grands médias font le lit de la colère populaire. Le mur infranchissable des discours élitistes ruine toute velléité de débattre et ne laisse qu’une seule option à des électeurs qui n’ont plus confiance : rétorquer par un vote brutal, sans argumentaire, seulement destiné à démontrer que la raison de celui qui parle le mieux n’est pas toujours la plus forte, et que c’est bien cela, la démocratie. La démocratie, ce n’est pas un club fermé seulement accessible aux gens bien habillés et heureux. C’est un risque permanent et nécessaire. C’est le système de tous les risques, dans lequel la non-prise en compte des colères peut aboutir à de fortes secousses. La démocratie n’est pas la sérénité entre les hommes, c’est celle des institutions. Mais les élites la vivent comme leur citadelle assiégée. Tout sonne faux dans l’élection présidentielle américaine parce que tout est juste : la méfiance manifestée à l’encontre d’Hillary Clinton est juste ; la société inquiète que Barack Obama laisse derrière lui est juste, car l’homme si soucieux de sa légende n’a rien du grand pacifiste que l’on veut voir en lui au-delà de toutes les évidences ; la candidature de Donald Trump est juste, car elle défie les lois de l’élite médiatique. Tout ce qui a été dit dans cette campagne, et que beaucoup réduisent au tempérament quelque peu dérangeant de Trump, sera rejeté, lors de l’élection probable d’Hillary Clinton, par des tonnerres d’applaudissements et des cris d’autocongratulation de nos meilleurs journalistes. Une fois de plus, ils auront manqué le principal : de vague en vague, d’orage en orage, la colère populaire se renforce. A la considérer comme l’expression de gens déplorables, au fil de chaque élection, ils pissent sur la démocratie dont ils ont fait leur jouet et sur les pauvres gens, sûrs d’eux-mêmes et arrogants. Stéphane Trano
Navrés d’assister au phénomène de dynasties qui voit se succéder les Bush et les Clinton à quelques mandats d’écart, les Américains pourront légitimement, dans les temps qui viennent, s’interroger sur la vacuité de la présidence Obama, faite de symboles et modelée par une légende cousue du fil blanc de la communauté internationale, mais dont la réalité est plus fidèlement illustrée par la catastrophe syrienne que par l’Obamacare, par l’accélération de la mondialisation ultra-libérale plus que par la politique de l’Environnement. La liste des promesses non-tenues de ce président est sans aucun doute la plus longue dans l’Histoire de ce pays. Donald Trump et Bernie Sanders ont de toutes évidences pointés du doigt les extravagances du monde des 1% et ils l’ont fait sans manières, au grand dam d’une vaste clique de bien pensants  pour laquelle la démocratie n’est que le risque, à temps plus ou moins régulier, de perdre ses privilèges et ses conquêtes futiles au regard des souffrances endurées quotidiennement par des milliards de « déplorables ». Le journalisme corporatiste ne ressort pas grandi de cette nouvelle péripétie, empêtré dans sa haute estime d’une fonction qu’il sert si mal au quotidien. Nous sommes néanmoins satisfaits de n’avoir rien concédé, dans ces colonnes ouvertes par Marianne, à ces confrères suivistes et sans courage qui se rêvent en experts et ne sont que les échotiers à la petite semaine d’une vision largement dépassée. Stéphane Trano
Aucun président avant lui n’avait à ce point miné la Maison-Blanche avant son départ, massivement soutenu par les grands médias du pays. La victoire de Donald J. Trump est une claque pour tous les progressistes pour lesquels la colère des peuples est une marque d’indécence. Jusqu’au grand jour de leur cuisante défaite, les Démocrates américains et leurs puissants alliés de la presse corporatiste n’avaient eu de cesse de moquer le candidat républicain Donald J. Trump pour ses propos répétés selon lesquels le système politique américain était biaisé (en anglais, « rigged »).  Dès le lendemain de l’élection de ce dernier, les mêmes Démocrates et les mêmes alliés n’ont eu de cesse, sans complexe, de dénoncer un système politique biaisé. Tout y passe : la remise en cause du système du collège électoral auquel ils n’ont rien trouvé à redire dans le passé ; les prétendues « fausses informations » (« fake news ») ; et, bien entendu, un piratage informatique à grande échelle conduit par le pouvoir de Moscou. Cette litanie de « bobards » ne vise qu’à masquer leur profonde incompréhension de la défaite d’Hillary Clinton et leur incapacité de conduire leur autocritique. Comment le pouvoir russe a-t-il pu, concrètement, influencer l’élection du collège électoral et le vote de ce dernier pour le candidat Trump est un mystère absolu. Mais ce délire antirusse n’est que le prolongement de l’une des nombreuses obsessions de Barack Obama, qui le pousse à se comporter comme un président élu pour un troisième mandat, sans que l’on sache bien ce qu’il en attend. Lui qui, totalement absent de la scène israélo-palestinienne durant huit ans, se retire sur un acte à la fois cynique, brutal et néfaste à l’encontre des Israéliens, n’en n’est pas à une marque d’arrogance près. Mais le message est clair : loin de se retirer du monde politique, Obama est là pour longtemps encore et vient de montrer une capacité de nuisance qui porte bien au-delà de tous ses prédécesseurs. Qu’il fasse sourire ou qu’il effraie, qu’on comprenne ou non ses attitudes et les directions qu’il veut prendre, Donald J. Trump arrive dans quelques jours au pouvoir face à un pouvoir médiatique déchaîné, qui entend bien défendre la cause des « bons » Américains face au peuple des « déplorables » et, dès qu’il en aura l’occasion, le déstabiliser et ruiner sa majorité. Il y a, dans ce passage d’une ère progressiste sans grandes victoires mais avec d’immenses échecs, à une ère pragmatique sous haute tension, quelque chose de spectaculaire, qui tient à un état d’esprit propre aux élites et aux médias : une incapacité fondamentale de comprendre le monde d’aujourd’hui. Il ne vient pas à l’idée de ces maîtres à penser qu’un monde où la plupart des humains vivent au dix-neuvième siècle et où les plus chanceux vivent déjà au vingt-deuxième soit un monde sans lendemain. Ils ne comprennent pas que leurs combats futuristes – conduits avec d’autant plus d’aisance qu’ils n’ont guère à se soucier du quotidien – puissent attendre, afin de se préoccuper des délaissés de l’humanité. Ces petits aristocrates nourris au sein de la nouvelle économie ont les défaites qu’ils méritent. Stéphane Trano
Donald Trump et Bernie Sanders ne sont populistes et dangereux qu’aux yeux de journalistes et d’analystes qui se veulent gardiens de la morale et se répètent les uns les autres et qui sont eux-mêmes les acteurs de l’effondrement du politique. (…) Les deux candidats qui s’opposent au système washingtonien et qui n’ont cessé d’être caricaturés par le journalisme corporatiste sont portés par la force la plus consternantes pour les élites : le peuple lui-même. Les électeurs ont opposé une fin de non-recevoir à la mission civilisatrice des partisans d’une démocratie autoritaire et bien-pensante. (…) Le terme de populiste est le plus impropre qui puisse être employé par les nombreux détracteurs de l’homme d’affaires américain. Avec différents taux de réussite, Trump a néanmoins entrainé dans son sillage toutes les catégories de population, des mineurs du Midwest aux diplômés du Nord-Est, des afro-américains de Brooklyn aux Hispaniques du Sud, des femmes New Yorkaises aux militants LGBTQ, des plus jeunes aux plus âgés, ainsi que de nombreux indépendants et jusqu’à cent mille démocrates. Leur point commun : un rejet du « politiquement correct », une volonté de déblocage des institutions paralysées depuis près de huit années, un constat d’échec de la politique extérieure menée par Barack Obama, une méfiance profonde à l’encontre d’Hillary Clinton, et de manière plus générale, une exaspération face aux annonces apocalyptiques torrentielles engendrées par une intense campagne médiatique. Les plus fervents supporters de Donald Trump ne croient pas un instant qu’il souscrive lui-même à ses déclarations les plus outrancières. Ils ont mesuré avec une acuité très inhabituelle le sens de cette tactique qui a progressivement désarmé ses pires adversaires. (…) L’Amérique avance, sûre d’elle dans sa capacité à se renouveler et à défier l’ordre établi. Elle continue d’opposer son vote aux incantations moralisatrices et à appeler un chat un chat. Traitée de puritaine et intolérante, elle a offert, du côté républicain, un candidat noir, avec Ben Carson et deux candidats d’origine cubaine, avec Marco Rubio et Ted Cruz. Traitée d’interventionniste et de dominatrice, elle a porté loin dans la course un socialiste prônant l’égalité et la mise à contribution des pouvoirs financiers. Enferrée dans l’idéologie antirusse et pro-asiatique menée par Barack Obama, elle lui oppose un Trump pragmatique qui dénonce les guerres de ses prédécesseurs comme les plus grandes catastrophes de l’Histoire américaine. Passés à l’heure de la prise de parole populaire, les Américains viennent d’infliger une claque magistrale au journalisme intellectuel qui pour sa part, a démontré son incapacité corporatiste à penser son époque en dehors de ses réflexes habituels et de l’auto-contemplation. Stéphane Trano
On ne peut pas blâmer les Démocrates américains de tenter, par tous les moyens, de masquer la portée de leur échec en l’attribuant à toutes sortes de motifs, même les plus fantaisistes. La pilule est certes amère. Toutefois, la part la plus intéressante de cette hystérie collective est le phénomène d’auto-persuasion qui en est le moteur et que la plupart des grands médias du pays alimentent. L’argument numéro un des perdants est la faillite du système électoral et, en particulier, le fait que la candidate démocrate, Hillary Clinton, a remporté le scrutin populaire. C’est oublier que la situation, même si elle n’est pas commune, s’est produite à quatre reprises au cours de l’Histoire des Etats-Unis, et qu’elle ne constitue pas de difficulté particulière aux termes de la Constitution. De plus, le 115ème congrès, sorti des urnes le 8 novembre 2016 et en fonction depuis le 3 janvier 2017, a vu 52% des électeurs voter pour les Républicains au Sénat et 55% à la Chambre des représentants. Il n’y a donc aucune anomalie dans les élections de 2016 de ce point de vue. Le second argument est celui du piratage informatique à grande échelle des élections, sur ordre du président russe Vladimir Poutine, afin de faciliter l’élection de Donald J. Trump. Là encore, l’idée ne tient pas debout. Aucune trace de défaillance dans le nombre limité de votes électroniques aux élections n’a été décelée. (…) Hillary Clinton n’a eu besoin ni de Vladimir Poutine, ni de Julien Assange et encore moins de « pirates » pour perdre les élections de 2016. Ce ne sont pas de prétendues « fausses » informations qui ont heurté sa réputation déjà bien entamée auprès de nombreux électeurs américains, par exemple, dans l’affaire des emails, mais au contraire, son refus obstiné de prendre cette affaire au sérieux et de répondre aux interrogations. On ne voit pas, non plus, quelles « fausses » informations ont poussé l’électorat noir américain à se sous-mobiliser lors du vote du 8 novembre, ou les femmes et les plus jeunes à bouder sa candidature, après la défaite de Bernie Sanders lors des primaires démocrates. (…) Comment, en effet, se revendiquer de l’héritage de Barack Obama, lorsque cet héritage peine à brandir autre chose que l’Obamacare, dont même les démocrates savent qu’il n’est pas financé au-delà de 2017 et coûte, en réalité, une fortune au regard des bénéfices qu’il apporte ? Car au-delà de cette loi sur la santé qui n’est en rien un système généreux et égalitaire tel qu’on le pense du côté des Européens, c’est le vide. Même si le Secrétaire d’Etat John Kerry blâme ces derniers jours le gouvernement anglais, prétendant qu’il est à l’origine de l’incapacité d’Obama à agir plus concrètement et durablement au Moyen-Orient contre l’état islamique, la mémoire de tous est par chance encore assez fraîche pour se souvenir que les huit années de ce président ont été celles d’une grande hypocrisie diplomatique et militaire. Mais le déni, dans ce domaine comme dans bien d’autres, est plus puissant que la mémoire. Les âmes sensibles sont outrées par l’idée de construire un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. On a beau leur montrer les mille kilomètres de ce mur déjà construit, y compris sous le premier mandat d’Obama, cela n’a guère d’effet et n’entraîne aucune interrogation sur les raisons pour lesquelles le bon président n’en n’a pas retiré une seule pierre. Un autre exemple est celui de la crise financière de 2008 et du retour au « plein emploi » huit ans plus tard : quel président n’aurait point réussi ce « prodige » en creusant le déficit de son pays, comme Barack Obama l’a fait, de près de 5000 milliards de dollars ? (…) Alors, que reste t-il de cet héritage Obama, au juste ? Une posture, bien évidemment. Après George W. Bush et le mensonge irakien (sic), n’importe quel président aurait été auréolé de gloire. On attendait d’Obama, toutefois, un peu plus qu’un physique avenant, un talent rhétorique et l’humour dont il a tant usé. Car c’est à ce que laisse un président que l’on mesure son impact, pas à sa performance sur la scène du pouvoir. L’Amérique n’est pas plus sympathique dans le monde qu’elle ne l’était avant son arrivée, ni plus sûre, ni plus égalitaire. Mais elle a la chance d’être un pays pragmatique : en ramenant au pouvoir, contre toute attente, les Républicains, elle a flanqué une gifle magistrale aux « progressistes » qui se croyaient tout permis. Elle ne l’a pas fait par folie ou par irresponsabilité mais parce qu’elle a confiance dans la capacité de ses institutions à « encaisser » ce type de choix démocratique, si perturbant soit-il pour des milieux qui s’estiment mieux éduqués et éclairés que les autres. On appelle cela l’alternance, une banalité que les Démocrates veulent aujourd’hui faire passer pour un scandale et une catastrophe. Cherchez l’erreur. Stéphane Trano
Obama, franchement il fait partie des gens qui détestent l’Amérique. Il a servi son idéologie mais pas l’Amérique. Je remets en cause son patriotisme et sa dévotion à l’église qu’il fréquentait. Je pense qu’il était en désaccord avec lui-même sur beaucoup de choses. Je pense qu’il était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci. Evelyne Joslain
Ce sont des propos scandaleux. On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau. Elle nous a été recommandée par les “Republicans Overseas” puisqu’on cherchait à avoir une sensibilité pro-Trump sur le plateau. C’était une mauvaise recommandation. Pour nous ce sont des propos inacceptables sur notre antenne. On les condamne fermement. Hervé Béroud (directeur général de BFMTV)

Cachez cette vérité que je ne saurai voir !

Utilisation systématique des coups bas dès sa première élection au sénat, autobiographies largement bidonnées et écrites à plusieurs mains, utilisation massive et secrète des éliminations ciblées, mensonges ou non-dits électoralistes sur l’attentat de Benghazi, profilage du fisc pour les seuls groupes d’opposition,  mise sur écoute – presse comprise – de la planète entière, abandon de l’Irak et de la Syrie ouvrant la porte à la barbarie de l’Etat islamique et à la véritable invasion – terroristes compris – de l’Europe, auto-aveuglement quasi-pathologique et refus criminel de nommer même l’origine du terrorisme islamique, élargissement irresponsable et électoraliste de djihadistes notoires, passage en force et à tous prix de l’assurance universelle, aggravation abyssale du déficit fédéral, revirements démagogiques et imposition au plus haut niveau des aberrations du mariage pour tous et des toilettes transgenres, gesticulations hypocrites sur les armes à feu, utilisation systématique de la carte raciale, véritable sabordage de son propre parti (pas moins de 1042 sièges de parlementaire ou postes de gouverneur perdus), appels du pied secrets et reculs répétés devant les faits accomplis territoriaux tant russes que chinois, retour sur 40 ans de diplomatie américaine et abandon à la curée onusienne de la seule démocratie du Moyen-Orient, paiement secret de rançons et accord donnant accès à terme à l’arme nucléaire à un regime terroriste appelant ouvertement à l’annihilation d’un de ses voisins …

Au lendemain d’une intronisation du président Trump…

O combien rafraichissante après l’arrogance – dans le genre de l’instit qui siffle la fin de la récré – d’un 44e président appelant ses concitoyens, on s’en souvient, à « mettre de côté les choses de l’enfance » …

Qui contre la multiplication des coups bas de l’administration de son prédécesseur et de sa claque des médias ou du show business

Et dans une capitale fédérale de fonctionnaires acquise depuis toujours et à plus de 90% – allez savoir pourquoi – au parti démocrate …

Marquait le retour de toute une partie du peuple américain jusqu’ici dénigrée

Par des élites plus que jamais coupées de la réalité …

Et qui sur nos plateaux de télévision a donné lieu au déferlement que l’on sait …

De hargne pour celui que s’est librement choisi le peuple américain…

Comme de désinformation partisane pour celui que ledit peuple venait de rejeter …

Comment ne pas s’émerveiller de ce véritable ovni qui a traversé un temps nos petits écrans français …

Avec les propos de cette journaliste française spécialiste des Etats-Unis …

 Bien vite désavoués et censurés du site de BFMTV …

Pour avoir tout simplement osé rappeler …

La véritable imposture et le véritable accident industriel qu’aura été …

Avec la complicité active des médias et pendant huit longues années …

La présidence du fidèle de 20 ans de l’ancien pasteur Jeremiah Wright ?

Gros malaise

« Obama déteste l’Amérique » : une invitée virée du plateau de BFMTV

« Ce sont des propos scandaleux. On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau », a expliqué à Buzz Feed Hervé Béroud, directeur général de BFMTV.

BFMTV
20 Janvier 2017

À l’occasion de la passation du pouvoir entre Barack Obama et Donald Trump, l’auteure pro-Trump Evelyne Joslain était l’invitée de BFM TV. Elle devait commenter l’investiture du nouveau président des Etats-Unis. Cependant, tout ne s’est pas passé comme prévu sur le plateau de la chaîne.

En effet Evelyne Joslain a déclaré en plain direct : « Obama, franchement il fait partie des gens qui détestent l’Amérique. Il a servi son idéologie mais pas l’Amérique. » a-t-elle déclaré. Avant de continuer « Je remets en cause son patriotisme et sa dévotion à l’église qu’il fréquentait. Je pense qu’il était en désaccord avec lui-même sur beaucoup de choses. Je pense qu’il était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres

Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci. »

Inacceptable

Des propos très durs qui ont installé un certain malaise. D’après Buzz Feed, Evelyne Joslain a même été priée de quitter le plateau. « Ce sont des propos scandaleux. On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau. Elle nous a été recommandée par les “Republicans Overseas” puisqu’on cherchait à avoir une sensibilité pro-Trump sur le plateau. C’était une mauvaise recommandation. Pour nous ce sont des propos inacceptables sur notre antenne. On les condamne fermement « , a commenté Hervé Béroud, directeur général de BFMTV, contacté par Buzz feed.

Sur la Toile, les internautes ont également réagi.

Voir aussi:

Pour une intervenante de BFMTV, Obama est «musulman dans son cœur»
Evelyne Joslain, essayiste française pro-Trump invitée par BFMTV, a tenu des propos étranges —voire complotistes, à l’antenne de la chaîne.

Jules Darmanin

Buzzfeed

20 janvier 2017

Barack Obama quitte la Maison-Blanche ce vendredi 20 janvier, jour de l’investiture de Donald Trump en tant que 45e président des États-Unis. BFMTV couvre l’événement en direct avec plusieurs intervenants. Parmi eux, l’auteure et essayiste pro-Trump Evelyne Joslain.

Voici ce qu’elle avait à dire sur Obama et la religion.

«Je remets en cause son patriotisme et sa dévotion à l’église qu’il fréquentait. Je pense qu’il était en désaccord avec lui-même sur beaucoup de choses. Je pense qu’il était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci», a-t-elle dit avant d’être coupée par un présentateur sur le plateau, qui souhaitait changer de sujet.

Cet article de Newsweek explique bien le parcours religieux de Barack Obama, qui n’a pas été vraiment élevé dans un foyer religieux, mais qui s’est tourné vers le protestantisme réformiste alors qu’il était adulte.

Toutefois, en 2012, un sondage a montré que 17% des Américains pensaient que le président était musulman, ce qui a été une théorie du complot récurrente lors de son mandat.

Evelyne Joslain a également affirmé que le président sortant des États-Unis faisait «partie des gens qui détestent l’Amérique».

«Obama, franchement il fait partie des gens qui détestent l’Amérique. Il a servi son idéologie mais pas l’Amérique. (…) Le chômage n’est pas très important parce que vous croyez aux statistiques.»

Contacté par BuzzFeed News, Hervé Béroud, directeur général de BFMTV, a dénoncé des «propos inacceptables».

«Ce sont des propos scandaleux. On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau. Elle nous a été recommandée par les “Republicans Overseas” puisqu’on cherchait à avoir une sensibilité pro-Trump sur le plateau. C’était une mauvaise recommandation. Pour nous ce sont des propos inacceptables sur notre antenne. On les condamne fermement», a-t-il dit à BuzzFeed News.

Voir également:

Trump. Entretien avec Evelyne Joslain, auteur de Trump, pour le meilleur et pour le pire
Vivien Hoch
docteur en philosophie et consultant en communication politique
Les Observateurs
06.07.2016

Evelyne Joslain est spécialiste de la politique américaine. Elle nous accorde en entretien en exclusivité à l’occasion de la sortie de son dernier livre sur le phénomène Donald Trump.

1° LesObservateurs.ch – Après avoir publié des livres sur le Tea Party, vous vous attaquez à la « montagne » Donald Trump. Quel lien y a-t-il entre les deux ? Trump est-il la continuité du Tea Party, ou consacre-t-il une rupture avec ce mouvement ?
Evelyne Joslain. Mon livre est non seulement la suite du Tea Party car oui, le mouvement Trump englobe la plupart des groupes Tea Party, même si là aussi les élites du mouvement diffèrent quelque peu de leur base, mais aussi de mon Obama: de la Déconstruction de démocratie en Amérique. Trump exploite l’aversion viscérale du pays profond pour les « élites » corrompues qui leur ont failli en tout. J’explique tout cela dans le détail.
2° Votre livre s’intitule « Trump, pour le meilleur et pour le pire ». Le meilleur, d’accord. Mais pourquoi le pire ?
C’est la formule d’engagement et de foi dans le mariage. Si on épouse, c’est que le meilleur semble valoir largement de risquer le pire.
3° Trump provoque une haine sans précédent des médias et de la classe politique partout dans le monde. Cela n’est pas étonnant. Mais pourquoi tout une partie de la droite le déteste encore ?
Les médias français sont eux-mêmes totalement désinformés puisqu’ils ont pour source les MSM américains tous très à gauche et qui ont bradé l’éthique journalistique contre l’idéologie soixante-huitarde. C’est un des aspects de la guerre culturelle que j’aborde aussi longuement dans mon livre.
La droite française, comme le GOP, est intimidée par les médias. Et n’oubliez pas qu’elle en est encore à croire qu’Obama est un être cérébral, exceptionnel…, qu’elle ne comprend ni Brexit ni Trump, bref qu’elle a le même logiciel que la gauche sur presque tout.
 
4° A-t-il réellement des chances de battre le clan Clinton, Obama qui l’a rejoint, les médias, les financiers, le show-bizz, Georges Soros et le système quasiment tout entier ?
Les chances de Trump, mathématiquement, sont en effet très réduites car le jeu démocratique est pipé, corrompu jusqu’à la moelle et que les votes des 7 millions d’illégaux illégalement « légalisés » par Obama vont peser.
Seule, une poussée populaire massive menée par le Donald a une chance de faire sauter les verrous.
Comme pour Brexit, il faudra espérer qu’au tout dernier moment le bien l’emporte sur le mal.
D’ici là, la gauche vicieuse fera tout, absolument tout pour discréditer Trump et faire élire la femme politique la plus corrompue de l’histoire.

C’est un combat titanesque.

Evelyne Joslain, spécialiste des Etats-Unis, est l’auteur de Trump: pour le meilleur et pour le pire, explique le phénomène populaire outre-atlantique autour du candidat républicain.
 Europe 1
01 octobre 2016

INTERVIEW Cinq jours après le premier débat qui a opposé les deux candidats à l’élection présidentielle américaine, Évelyne Joslain, spécialiste des États-Unis, auteur de Trump: pour le meilleur et pour le pire*, explique, samedi au micro d’Europe 1, l’engouement populaire outre-atlantique autour du candidat républicain.

« Des gens attendent des heures sous la pluie pour le voir ». « Il existe une presse particulièrement biaisée sur Donald Trump », avance d’emblée Evelyne Joslain. Elle-même est membre des Republicans Overseas, une organisation créée en 2013 et permettant aux Américains vivant à l’étranger de suivre les élections, notamment ceux qui seraient tentés pas un vote républicain. La chercheuse ne cache pas son parti pris : « C’était la même chose en 2008, sauf que tout était en faveur d’Obama ».

Crédité de 38% d’intention de vote selon un dernier sondage, Donald Trump incarne, d’après Evelyne Joslain, le candidat qui fédère l’Amérique entière : « Des gens attendent des heures entières sous la pluie pour le voir puis entrent dans le calme dans les meetings », explique t-elle. « Clinton n’essaie même pas de faire la même chose, elle sait qu’elle ne réussirait pas ». Elle estime d’ailleurs que le débat qui l’a opposé à la candidate démocrate était peu favorable à Trump : « Le modérateur servait la soupe à Clinton et le public lui était hostile », regrette Evelyne Joslain. « On espère qu’il va régler son compte à Clinton, qui est une femme corrompue ».

OPA réussie sur le Parti républicain. Selon la spécialiste, pas de comparaison possible entre Donald Trump et les candidats de la droite française : « Le parallélisme est forcément réduit. A la limite, on pourrait penser au mouvement Ukip (le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, dirigé par Nigel Farage, ndlr) », précise t-elle. « Il est le candidat du changement face au déclin, qui a fait une OPA réussie sur le parti républicain », sourit Evelyne Joslain. « C’est un phénomène unique, propre aux Etats-Unis ».

« Pas que le candidat de l’Amérique blanche et rurale ». Evelyne Joslain l’assure, l’électorat ouvrier et blanc a réellement adhéré aux idées de Donald Trump. « Mais pas seulement », insiste la spécialiste : « Ses thèmes sont porteurs, il rassemble beaucoup d’autres gens, comme les intellectuels ». Pour elle, le candidat républicain n’est « pas que le candidat de l’Amérique rurale et blanche ». Et si Trump réunit autant de monde, c’est pour son programme, notamment « sa volonté de renégocier les marchés internationaux qui sont tous en défaveur des Etats-Unis », répète Evelyne Joslain, qui souhaite aussi montrer que le candidat républicain n’est pas seulement obsédé par l’immigration.

Quid de la politique étrangère ? « Il a des idées novatrices mais c’est là où on l’entend le moins », concède la spécialiste. « On ignore ce qu’il va faire et il reste très prudent ».

*Trump, pour le meilleur et pour le pire, Presse de la Délivrance, 2016.

Voir de plus:

Rares sont les observateurs européens à se prononcer ouvertement pour Donald Trump en vue de l’élection présidentielle américaine. L’essayiste Evelyne Joslain a expliqué pourquoi son choix s’est rapidement porté sur le milliardaire.

Europe 1

03 août 2016

INTERVIEW »J’ai toujours dit que c’était le meilleur. » Invitée d’Europe 1 mercredi matin, l’essayiste Évelyne Joslain n’a pas caché sa préférence pour Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche.

Seul capable de battre « le monstre Clinton ». Membre des Republicans Overseas, elle est l’une des premières observatrices de la politique américaine à avoir parié sur le milliardaire. « Dès son entrée en campagne le 15 juin 2015 », précise-t-elle, « parce que les seize autres candidats ne m’emballaient pas. Ils avaient tous de grandes qualités mais je n’en voyais aucun capable de battre le monstre Hillary Clinton« . Auteure du premier ouvrage pro-Trump, Trump, pour le meilleur et pour le pire, Évelyne Joslain s’agace du traitement médiatique que réserve la presse occidentale à son champion. « Les médias continuent à le présenter comme un clown. Ils restent tous récalcitrants à l’idée d’un président Trump », juge-t-elle.

Une confiance indéfectible. Les nombreuses polémiques à l’encontre de Donald Trump n’ont pas altéré la confiance de l’essayiste envers le candidat à la Maison-Blanche. Ses récents propos sur les parents d’un soldat américain musulman mort au combat lui ont attiré une vague de réactions indignées au sein même de son propre parti. Pas de quoi paniquer, selon Evelyne Joslain. « Il y a une minuscule fraction du parti républicain résolument anti-Trump – sans doute pour des intérêts particuliers – et qui est prête à lui sauter dessus encore plus férocement que la gauche. On ne peut pas les prendre au sérieux, ils ne sont que 5% », balaie l’essayiste. Donald Trump « ne veut pas rentrer dans un moule politiquement correct. Il ne veut pas être poli quand il est attaqué, comme par le père de ce soldat américain, vicieusement », affirme-t-elle.

Des polémiques qui servent Trump. À en croire Évelyne Joslain, ces multiples polémiques serviraient même les intérêts du milliardaire. « Donald Trump, lui, se moque éperdument qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas. Il a remarqué que tout ce qui était présenté comme une gaffe, une bavure ou une provocation, faisait un tollé dans la presse de gauche. Cela se manifestait ensuite par un gain de popularité et des voix supplémentaires », se réjouit-elle. En dépit des sondages – qui voient désormais Donald Trump devancé de huit points par Hillary Clinton – Évelyne Joslain en est certaine : « Trump a autant de chance de gagner qu’Hillary Clinton ».

Voir encore:

Feu sur la Maison Blanche !

Comment apprendre à haïr Donald Trump en 5 leçons…

C’est pas bien compliqué. Il suffit de lire nos journaux, d’écouter nos radios et de regarder nos télévisions.

Benoit Rayski

Causeur
21 Janvier 2017

1ère leçon. Lors de l’investiture du nouveau président américain, des « résistants » se sont dressés dans les rues de Washington. Oui des « résistants » selon les radios de service public ! Ils ont crié que Trump n’était pas « légitime ». Ils ont aussi brisé des vitrines et cassé du mobilier urbain (mais ça, pour le savoir, il faut lire le Washington Post et le New York Times). Ils n’étaient que quelques centaines (et ça aussi, pour le savoir, il faut se plonger dans la presse américaine).

2ème leçon. Elle est un peu plus compliquée et nécessite toute votre attention. L’Agence France Presse a mis sur son fil deux photos juxtaposées. L’une montrant la foule massée devant le Capitole pour l’investiture d’Obama. L’autre avec les centaines de milliers d’Américains venus assister à l’investiture de Trump. Sur la première, c’est noir de monde. Sur la seconde, c’est nettement plus clairsemé. Vous avez compris le message de l’AFP ? Ca c’est de l’information ! Ce que notre agence nationale a oublié de préciser, c’est qu’à Washington, où se trouve le Capitole, Trump n’a obtenu que 5 % des suffrages. Un oubli vraiment ?

3ème leçon. Une chaîne de télévision française nous apprend qu’une des premières mesures de Donald Trump sera de faire adopter une loi permettant de « déporter » 2 millions d’étrangers en situation irrégulière. En français, le mot « déporter » est lourd de signification. Les « déporter » où ? Auschwitz a depuis longtemps fermé ses portes. Reste Guantanamo. Mais c’est tout petit et prévu seulement pour quelques centaines de personnes. Alors nous, on veut savoir où…

4ème leçon. Il y a aux Etats-Unis une femme courageuse. Elle est française. Cocorico ! Sophie Théallet, c’est son nom, est créatrice de mode. Elle a fait savoir qu’elle refusait catégoriquement d’habiller Mélania Trump. Sophie Théallet a des valeurs. Et ce ne sont pas celles du président des Etats-Unis « raciste et sexiste ». Tous nos journaux saluent son « courage ». On a les Jeanne d’Arc qu’on mérite. Ce que les journaux ne disent pas, c’est que Mélania Trump n’a aucunement sollicité Sophie Théallet. Manifestement, cette information est sans importance.

5ème leçon. Compte tenu de la défection de Sophie Théallet, le risque (si c’est un risque…) était grand de voir apparaître Mélania Trump nue lors du bal qui a suivi l’investiture de son époux. Mais ce délicieux spectacle nous a été épargné. Le couturier Hervé Pierre, français lui aussi, s’est dévoué. Mélania Trump portait une tenue dessinée par lui. Une robe crème, fendue, avec les épaules dénudées. La presse française n’a pas encore réagi à cette information qui fait honte à la réputation de notre pays. Mais ça ne va pas tarder, et nous apprendrons bientôt qu’Hervé Pierre ne mérite pas d’être français. Et que Mélania Trump est une allumeuse.

Voir encore:

Le Grand Mensonge des Démocrates Américains

Stéphane Trano

Marianne

8 janvier 2017

On ne peut pas blâmer les Démocrates américains de tenter, par tous les moyens, de masquer la portée de leur échec en l’attribuant à toutes sortes de motifs, même les plus fantaisistes. La pilule est certes amère. Toutefois, la part la plus intéressante de cette hystérie collective est le phénomène d’auto-persuasion qui en est le moteur et que la plupart des grands médias du pays alimentent.

L’argument numéro un des perdants est la faillite du système électoral et, en particulier, le fait que la candidate démocrate, Hillary Clinton, a remporté le scrutin populaire. C’est oublier que la situation, même si elle n’est pas commune, s’est produite à quatre reprises au cours de l’Histoire des Etats-Unis, et qu’elle ne constitue pas de difficulté particulière aux termes de la Constitution. De plus, le 115ème congrès, sorti des urnes le 8 novembre 2016 et en fonction depuis le 3 janvier 2017, a vu 52% des électeurs voter pour les Républicains au Sénat et 55% à la Chambre des représentants. Il n’y a donc aucune anomalie dans les élections de 2016 de ce point de vue.

Le second argument est celui du piratage informatique à grande échelle des élections, sur ordre du président russe Vladimir Poutine, afin de faciliter l’élection de Donald J. Trump. Là encore, l’idée ne tient pas debout. Aucune trace de défaillance dans le nombre limité de votes électroniques aux élections n’a été décelée. Les services du renseignement américain, en dépit de leur conviction affichée selon lesquelles il existe un indice « haut » de confiance dans le fait qu’il y a eu piratage, ne sont pas tenus de produire le moindre élément de preuve au public, puisque de telles informations sont par essence classées « secret défense ». Il faut donc les croire sur parole.

Poussés par ceux qui demeurent sceptiques sur la manière dont on s’y prend pour influencer le résultat d’une élection par des moyens électroniques, des experts affirment, par dizaines, que le régime russe a répandu de « fausses informations » à grande échelle afin de porter atteinte à l’image de la candidate Hillary Clinton. Les mêmes sont incapables d’expliquer concrètement comment l’on s’y prend et pourquoi il faut des « hackers » pour influencer les esprits dans leur choix lors d’un vote.

Une mauvaise candidate

Hillary Clinton n’a eu besoin ni de Vladimir Poutine, ni de Julien Assange et encore moins de « pirates » pour perdre les élections de 2016. Ce ne sont pas de prétendues « fausses » informations qui ont heurté sa réputation déjà bien entamée auprès de nombreux électeurs américains, par exemple, dans l’affaire des emails, mais au contraire, son refus obstiné de prendre cette affaire au sérieux et de répondre aux interrogations. On ne voit pas, non plus, quelles « fausses » informations ont poussé l’électorat noir américain à se sous-mobiliser lors du vote du 8 novembre, ou les femmes et les plus jeunes à bouder sa candidature, après la défaite de Bernie Sanders lors des primaires démocrates.

Hillary Clinton, dont l’ambition n’est pas éteinte par la défaite, a affiché un visage froid, autoritaire et cassant, durant sa campagne. Elle n’a pas su développer un programme à la fois lisible et crédible, qui aurait pu emporter un vote, à la fois populaire et du collège électoral, si tranché qu’il n’y aurait eu aucune contestation. Comment, en effet, se revendiquer de l’héritage de Barack Obama, lorsque cet héritage peine à brandir autre chose que l’Obamacare, dont même les démocrates savent qu’il n’est pas financé au-delà de 2017 et coûte, en réalité, une fortune au regard des bénéfices qu’il apporte ?

Mensonges et déni

Car au-delà de cette loi sur la santé qui n’est en rien un système généreux et égalitaire tel qu’on le pense du côté des Européens, c’est le vide. Même si le Secrétaire d’Etat John Kerry blâme ces derniers jours le gouvernement anglais, prétendant qu’il est à l’origine de l’incapacité d’Obama à agir plus concrètement et durablement au Moyen-Orient contre l’état islamique, la mémoire de tous est par chance encore assez fraîche pour se souvenir que les huit années de ce président ont été celles d’une grande hypocrisie diplomatique et militaire. Mais le déni, dans ce domaine comme dans bien d’autres, est plus puissant que la mémoire.

Les âmes sensibles sont outrées par l’idée de construire un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. On a beau leur montrer les mille kilomètres de ce mur déjà construit, y compris sous le premier mandat d’Obama, cela n’a guère d’effet et n’entraîne aucune interrogation sur les raisons pour lesquelles le bon président n’en n’a pas retiré une seule pierre.

Un autre exemple est celui de la crise financière de 2008 et du retour au « plein emploi » huit ans plus tard : quel président n’aurait point réussi ce « prodige » en creusant le déficit de son pays, comme Barack Obama l’a fait, de près de 5000 milliards de dollars ?

La période 2008-2016 n’a pas non plus été celle de législations majeures en matière d’armes à feu, d’incarcérations, de recul de la peine de mort, de maîtrise des frais de scolarité ou de gestion des prêts étudiants parvenus à des hauteurs astronomiques.

Quel est donc ce succès dont les Démocrates se revendiquent au juste? Est-ce celui des villes défigurées sous les coups de boutoir du géant Amazon, à la fois propriétaire du puissant Washington Post et importateur massif de toutes les chinoiseries possibles qui inondent un marché américain ou l’on ne sait plus fabriquer une chaussette? Est-celui de Saint Zuckerberg, le jeune patron de Facebook, « le » média des « millénaires » qui ne savent plus à quoi ressemble un livre et qui entre désormais en politique avec de hautes ambitions? Est-ce celui du mariage gay et de la dépénalisation du cannabis, hautes priorités s’il en est dans un monde où tout le monde se fout des 250 000 morts du Sud Soudan, bien moins « sexy » que ceux de Syrie?

Quel héritage Obama?

Alors, que reste t-il de cet héritage Obama, au juste ? Une posture, bien évidemment. Après George W. Bush et le mensonge irakien, n’importe quel président aurait été auréolé de gloire. On attendait d’Obama, toutefois, un peu plus qu’un physique avenant, un talent rhétorique et l’humour dont il a tant usé. Car c’est à ce que laisse un président que l’on mesure son impact, pas à sa performance sur la scène du pouvoir. L’Amérique n’est pas plus sympathique dans le monde qu’elle ne l’était avant son arrivée, ni plus sûre, ni plus égalitaire. Mais elle a la chance d’être un pays pragmatique : en ramenant au pouvoir, contre toute attente, les Républicains, elle a flanqué une gifle magistrale aux « progressistes » qui se croyaient tout permis. Elle ne l’a pas fait par folie ou par irresponsabilité mais parce qu’elle a confiance dans la capacité de ses institutions à « encaisser » ce type de choix démocratique, si perturbant soit-il pour des milieux qui s’estiment mieux éduqués et éclairés que les autres. On appelle cela l’alternance, une banalité que les Démocrates veulent aujourd’hui faire passer pour un scandale et une catastrophe.

Cherchez l’erreur.

Voir enfin:

Josiane Filio

Riposte laïque

21 janvier 2017

C’est plus fort que tout ; ils n’arrivent pas à s’y faire et ont vraiment du mal à digérer l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique !

« Ils », ce sont les membres de l’auto proclamé « camp du bien », n’hésitant pas à maquiller le succès de la cérémonie de son investiture, en échec qui aurait fait rigoler la terre entière, grossissant les manifestations hostiles de quelques centaines d’intolérants à leur image, pour mieux masquer l’immense satisfaction des représentants bien plus nombreux du peuple américain, et ce malgré toutes leurs manipulations qui se sont révélées inutiles !

Défenseurs en France du plus ridicule ersatz de président qu’il nous fut donné d’avoir, ils se gaussent d’un homme ne présentant pas les critères de beauté en usage dans leur monde ; pourtant il me semblait bien qu’il était défendu de se moquer du physique d’une personne, sous peine d’avoir de gros ennuis avec la « justice ». Mais j’ai du mal comprendre, ou alors cette règle, comme beaucoup d’autres, n’est imputable qu’au citoyen lambda … membre du camp du mal, celui des patriotes ?

Allez savoir avec cette engeance !

En tout cas la machine à enfumer les citoyens marche à fond et ne va pas tarder à « péter une durite » s’ils continuent à cette cadence, totalement inconscients du ridicule offert par la bien-pensance aux sans-dents français qui se réjouissent.

Tenez, par exemple la chaine BFMTV qui n’a pas hésité à virer de son plateau Evelyne Joslain, spécialiste des États-Unis et pro-Trump, qu’ils avaient invitée pour leur édition spéciale consacrée à la cérémonie d’investiture … mais qui n’a pas tenu les propos « politiquement corrects » attendus !

Il est vrai que déclarer, en direct, « Je pense que Barack Obama était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci », doit être parfaitement intolérable aux oreilles des pisse-froid de la presse vendue aux pouvoirs, peu habituée aux contradictions puisque s’arrangeant toujours pour débattre « entre soi », permettant ainsi d’offrir une « vitrine » bien lisse et formatée selon la règle.

Madame Joslain, qui en sait bien plus long sur les Etats-Unis que les marionnettes de la chaîne, a certainement cru que cette invitation étant une preuve de leur ouverture aux autres, notamment aux contradicteurs (manœuvre grossière pour entuber une nouvelle fois les téléspectateurs) y est allée de bon cœur, aggravant son cas en ajoutant plus tard : « Barack Obama, franchement il fait partie des gens qui détestent l’Amérique. Il a servi son idéologie mais pas l’Amérique ».

La boulette !

Oser délaisser la langue de bois obligatoire sur cette chaîne, est carrément suicidaire ; c’est d’ailleurs ce qui est arrivé puisque le directeur général (un certain Hervé Béroud) a exprimé sa grosse colère par ces mots : « ce sont des propos scandaleux, inacceptables sur notre antenne, nous les condamnons fermement » … précisant tout de même que le but du jeu en invitant cette intervenante, c’était d’avoir sur le plateau « une sensibilité pro-Trump » ! Vous voyez le topo ?

Manque de bol, « ils » n’avaient pas pensé un instant que l’intéressée se laisserait aller ainsi avec autant de morgue en attaquant le si formidable ex-président … qui a pourtant donné ces jours derniers, au monde entier, toute  la mesure de sa rouerie et de sa dangerosité !

Comme Madame Joslain je suis heureuse qu’enfin « on en ait terminé avec lui ! ».

A signaler qu’Evelyne Joslain avait déjà provoqué le courroux des bisounours en Août 2016, en déclarant sur Europe 1 que Hillary Clinton était une femme corrompue.

http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/investiture-de-trump-bfmtv-vire-une-invit%C3%A9e-de-son-plateau-apr%C3%A8s-des-%C2%ABpropos-inacceptables%C2%BB/ar-AAm3Wui?li=BBwlBpb&ocid=spartanntp

Chez d’autres roquets aux basques du pouvoir, il y a aussi ceux qui se sont gaussés de l’épisode du cadeau de la belle Mélania Trump à Michelle Obama (qui elle aussi m’a bien déçue, alors que j’avais tant admiré son refus de porter le voile en visite en pays musulman), prouvant une nouvelle fois leur profond mépris pour qui n’est pas de leur caste.

https://www.youtube.com/watch?v=w8of8Ay35TA

Sur cette vidéo on constate qu’effectivement Michelle Obama ne sait trop quoi faire de ce cadeau puisque naturellement elle ne sait où le poser, mais les commentaires ajoutés sur celle figurant dans l’article du Huffingtonpost (lien ci-dessous) sont du plus mauvais goût.

http://www.huffingtonpost.fr/2017/01/20/michelle-obama-na-pas-pu-cacher-sa-gene-devant-le-cadeau-de-mel/

Mais ils peuvent bien tempêter, jurer, mentir encore et encore, tous ces minus qui ne lui arrivent pas à la cheville question courage ; le principal intéressé, grand bosseur devant l’éternel (4 heures de sommeil par nuit lui suffiraient), s’en fout comme de sa première chemise, et s’est déjà mis au boulot, notamment en signant dès vendredi, un premier décret concernant le système de santé américain, qui vise à entamer le démantèlement de l’ « Obamacare », une des réformes emblématiques du mandat de Barack Obama ; qualifiée par le nouveau président de « désastre complet » qui devrait être remplacé par « un système de santé bien moins cher et bien meilleur » … ce que ne disent pas ceux qui crient « au charron » devant cette décision.

Et ce n’est que le commencement !

Comparé à notre mollusque qui n’en branle pas une (si j’ose dire, oups !) hormis se pavaner aux quatre coins de la planète, à nos frais, cela laisse rêveur !

En revanche, du côté de ses fans, m’est avis qu’on n’a pas fini de sangloter dans les « chaumières » des beaux quartiers bobos ! Et rien que cela me donne un immense espoir pour l’avenir du monde entier, et bien évidemment de la France.


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