2012 in review

31 décembre, 2012

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2012 de ce blog.

En voici un extrait :

Environ 55.000 touristes visitent le Liechtenstein chaque année. Ce blog a été vu 170 000 fois en 2012. S’il s’agissait du Liechtenstein, 3 ans seraient nécessaires pour que chacun y accède, votre blog a été plus visité qu’un petit pays Européen!

Cliquez ici pour voir le rapport complet.


Fin du monde/183e: L’astronomie nous a appris que l’univers n’était pas éternel (In the 20th century, the fear of man replaced the fear of God)

20 décembre, 2012
Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Jésus (Matthieu 24: 11)
C’est un très gros canular, mais l’on peut dire la même chose de toutes les prédictions qui ont précédé – 182 depuis la chute de l’Empire romain selon mon décompte. La dernière en date était celle de 2008, quand deux astrophysiciens avaient prédit que la mise en route du méga accélérateur de particules du Centre européen de physique nucléaire, à Genève, entraînerait un énorme trou noir qui avalerait la Terre. (…)  Il y en a un tas d’autres qui suivent. A vrai dire, on a autant de prédictions de fin du monde devant nous que derrière. (…) La fin du monde existe depuis le commencement du monde. C’est une permanence historique. Dans une perspective biblique, elle est même un mythe fondateur de l’humanité, puisque nous serions tous des rescapés du Déluge, c’est-à-dire d’une fin du monde. La fin du monde est étroitement liée aux religions monothéistes, qui ont une conception linéaire du temps, et non pas cyclique, comme c’est le cas des Mayas par exemple (qui soit dit en passant n’ont jamais prophétisé la fin du monde). L’Antiquité ne craignait pas non plus l’apocalypse, puisque les dieux du Panthéon grec faisaient partie du monde. Ils ont été engendrés par lui et non l’inverse. Pour les religions monothéistes, il y a la Genèse et le Jugement dernier. Dieu a créé le monde, Dieu le détruira. La peur de la fin du monde, c’est la peur du châtiment divin. (…) Au XXe siècle, la peur de l’homme se substitue à la peur de Dieu. Avec les deux guerres mondiales et l’apparition de la bombe atomique, l’homme a pris conscience du fait qu’il pouvait lui-même provoquer sa perte. La destruction de la planète est de l’ordre du possible. C’est le syndrome Hiroshima. La guerre froide a poussé à son paroxysme la peur de l’apocalypse nucléaire. (…)  Avec la chute de l’URSS (…) On est passé à une peur de la nature, du dérèglement climatique, amplifiée par la télévision qui nous inonde d’images apocalyptiques. Le tsunami de 2004, le séisme à Haïti, le cyclone Sandy, le séisme au Sichuan… On a l’impression que le monde est en catastrophe perpétuelle. En réalité, il n’y a pas plus de catastrophes qu’avant. Le tremblement de terre de Tangshan, en Chine, en 1976, ou l’éruption du Krakatoa, près de Sumatra, en 1883, ont été par exemple des catastrophes majeures, que l’on a relativement oubliées. (et) l’astronomie nous a appris que l’univers n’était pas éternel. Le soleil a une fin. Une supernova peut nous exploser sur le coin de la figure la semaine prochaine. Bref, le cosmos est un milieu hostile. La fin du monde s’est d’ailleurs déjà produite, il y a 65 millions d’années, quand un astéroïde tombé au Mexique (déjà !) a provoqué la disparition de plus de 70% des espèces, dont les dinosaures. (…) Si l’on parle de la disparition de la Terre, au plus tard dans cinq milliards d’années, quand elle se retrouvera dans le brasier solaire et ne sera plus qu’une boule de lave. Si l’on parle de la disparition de l’humanité, bien avant. Dans un milliard d’années, il fera dans les 100°C sur Terre. Luc Mary

A la veille d’une énième fin du monde annoncée (183e depuis la chute de l’empire romain) …

Retour, avec Luc Mary, sur la longue histoire d’un mythe vieux comme le monde …

Mais dont la possibilité divine ne date en fait que de la perspective linéaire introduite par la Bible, les autres traditions étant cycliques …

Avant, au siècle dernier, sa redécouverte cette fois astronomique (entre la disparition des dinosaures il y a 70 millions d’années et le Big crunch final dans 5 milliards d’années) ou purement humaine (avec la bombe atomique et nos capacités toujours plus grandes de perturbation de la planète) comme nous le rappelle chaque jour un peu plus clairement la science moderne et les unes de nos journaux …

« La fin du monde s’est déjà produite »

17 décembre 2012

Cordelia Bonal

Le 21 décembre 2012 ne sera jamais que la 183e fin du monde depuis la chute de l’Empire romain, a calculé Luc Mary. Historien des sciences, il est l’auteur du Mythe de la fin du monde, de l’Antiquité à 2012 (ed. Trajectoire, 2009).

Le 21 décembre, gadget médiatique ou vraie peur ?

Jamais une prédiction de fin du monde n’avait été aussi médiatisée. Le 21 décembre est d’ores et déjà une date dont on se souviendra. L’important est moins que la fin du monde survienne vraiment que le fait que certains y croient, qu’on en parle. Dans le cas présent, ce phénomène a été largement amplifié par Internet, bien sûr, mais aussi par les producteurs du film 2012. C’est un très gros canular, mais l’on peut dire la même chose de toutes les prédictions qui ont précédé – 182 depuis la chute de l’Empire romain selon mon décompte. La dernière en date était celle de 2008, quand deux astrophysiciens avaient prédit que la mise en route du méga accélérateur de particules du Centre européen de physique nucléaire, à Genève, entraînerait un énorme trou noir qui avalerait la Terre.

Et la prochaine ?

Le 10 avril 2014. Celle-là, c’est une prédiction des adeptes de la Kabbale, qui assurent que ce jour-là ce sera la revanche du diable. Il y en a un tas d’autres qui suivent. A vrai dire, on a autant de prédictions de fin du monde devant nous que derrière.

L’homme a-t-il toujours craint la fin du monde ?

La fin du monde existe depuis le commencement du monde. C’est une permanence historique. Dans une perspective biblique, elle est même un mythe fondateur de l’humanité, puisque nous serions tous des rescapés du Déluge, c’est-à-dire d’une fin du monde. La fin du monde est étroitement liée aux religions monothéistes, qui ont une conception linéaire du temps, et non pas cyclique, comme c’est le cas des Mayas par exemple (qui soit dit en passant n’ont jamais prophétisé la fin du monde). L’Antiquité ne craignait pas non plus l’apocalypse, puisque les dieux du Panthéon grec faisaient partie du monde. Ils ont été engendrés par lui et non l’inverse. Pour les religions monothéistes, il y a la Genèse et le Jugement dernier. Dieu a créé le monde, Dieu le détruira. La peur de la fin du monde, c’est la peur du châtiment divin.

N’est-ce pas l’espoir, aussi, d’un monde nouveau ? La fin d’un monde plutôt que la fin du monde ?

Oui, la fin du monde a deux faces. Elle est toujours d’un côté appréhendée comme un châtiment et de l’autre attendue comme une récompense, c’est toute son ambivalence. Le jugement dernier est un préambule à la résurrection des morts. Il y a donc l’idée du peuple élu. L’idée aussi de l’avènement d’un monde meilleur, plus juste, débarrassé de ses impuretés, de la luxure. C’était très présent notamment au moment des croisades. Au XIIe siècle, Joachim de Flore, un moine cistercien, prédit ainsi la fin du monde pour 1260. Inutile de dire que ça ne s’est pas produit. Dans les trois grandes religions monothéistes, il est question d’un âge d’or de l’humanité après le jugement dernier.

Y a-t-il dans l’histoire des pics de peurs de la fin du monde ?

Les périodes de crise sont bien sûr propices au prophétisme apocalyptique : famines, peste noire… Cela dit, tous les siècles sont égaux en matière eschatologique, tous ont eu leur lot de prédictions. Mais les XVIe et XXe siècles sont champions. Pour le XVIe siècle, cela s’explique par la crise de l’Eglise, doublée d’un mouvement de revendications sociales. Cela a alimenté l’aspiration à un monde créé sur d’autres bases. Pour les courants millénaristes allemands de cette époque, la révélation (apokalupsis signifie «la mise à nu, le dévoilement») rimait avec révolution. Le nouveau monde serait un monde juste, sans nobles ni nantis. La fin du monde se nourrit aussi d’utopies.

Au XXe siècle, la peur de l’homme se substitue à la peur de Dieu. Avec les deux guerres mondiales et l’apparition de la bombe atomique, l’homme a pris conscience du fait qu’il pouvait lui-même provoquer sa perte. La destruction de la planète est de l’ordre du possible. C’est le syndrome Hiroshima. La guerre froide a poussé à son paroxysme la peur de l’apocalypse nucléaire. Cela se retrouve dans les films de science-fiction des années 70. Mad Max, la Planète des Singes… Tous mettent en scène un monde postatomique.

Avec la chute de l’URSS, cette peur est retombée – il y a bien toujours la menace iranienne mais elle n’est pas de même nature. On est passé à une peur de la nature, du dérèglement climatique, amplifiée par la télévision qui nous inonde d’images apocalyptiques. Le tsunami de 2004, le séisme à Haïti, le cyclone Sandy, le séisme au Sichuan… On a l’impression que le monde est en catastrophe perpétuelle. En réalité, il n’y a pas plus de catastrophes qu’avant. Le tremblement de terre de Tangshan, en Chine, en 1976, ou l’éruption du Krakatoa, près de Sumatra, en 1883, ont été par exemple des catastrophes majeures, que l’on a relativement oubliées.

A girl plays at the Tangshan Earthquake Memorial in Tangshan, Hebei province, some 180 km (112 miles) east of Beijing, July 21, 2006. The Tangshan earthquake on July 28, 1976 struck in the dead of night and within seconds levelled the city of 1 million and killed more than 240,000. Thirty years on, the rebuilt coal mining centre bustles with traffic and commerce, but residents say memories of the earthquake still profoundly affect the city and its people. Photo taken July 21, 2006. REUTERS/Claro Cortes Le mémorial du tremblement de terre du 28 juillet 1976 à Tangshan, en Chine. (Photo Claro Cortes. Reuters)

Y a-t-il des constantes dans les scénarios de fin du monde ?

Oui, grosso modo l’apocalypse vient toujours du ciel ou des entrailles de la Terre. Tremblements de terre, éruptions volcanique, raz-de-marée, bolides divers qui foncent sur la Terre… Le 21 décembre, la planète Nibiru est ainsi censée nous tomber dessus. Je note qu’à l’heure qu’il est, on devrait déjà la voir puisqu’elle est censée faire cinq fois la Terre. Tout cela renvoie à la peur de l’inconnu, de l’invisible, de ce qu’on ne contrôle pas.

Ces croyances n’ont-elles pas reflué avec le développement de la science et le déclin des religions ?

Pas du tout, c’est même le contraire. D’abord parce que force est de constater que l’éducation scientifique n’est pas un acquis pour tout le monde, en tout cas pas pour nombre de prophètes de mauvais augure. Ensuite parce que l’astronomie nous a appris que l’univers n’était pas éternel. Le soleil a une fin. Une supernova peut nous exploser sur le coin de la figure la semaine prochaine. Bref, le cosmos est un milieu hostile. La fin du monde s’est d’ailleurs déjà produite, il y a 65 millions d’années, quand un astéroïde tombé au Mexique (déjà !) a provoqué la disparition de plus de 70% des espèces, dont les dinosaures.

L’humanité a-t-elle besoin de se faire peur ?

Oui, parce que dramatiser l’avenir est une façon de l’exorciser. Plutôt que d’imaginer le futur, on préfère le détruire.

La vraie fin du monde, c’est pour quand ?

Si l’on parle de la disparition de la Terre, au plus tard dans cinq milliards d’années, quand elle se retrouvera dans le brasier solaire et ne sera plus qu’une boule de lave. Si l’on parle de la disparition de l’humanité, bien avant. Dans un milliard d’années, il fera dans les 100°C sur Terre. Mais, d’ici là, l’homme aura peut-être trouvé le moyen de s’exiler ailleurs dans l’espace et nos lointains descendants auront peut-être oublié l’existence même de la Terre…


Polémique Depardieu: L’Etat a été fait pour l’homme et non l’homme pour l’Etat (Why can’t France’s top actor get at 64 his well-deserved rest in Belgium ?)

20 décembre, 2012

Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat. Jésus (Marc 2: 27)
Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’oeil de ton frère. Jésus (Matthieu 7: 3-5)
Ce projet a causé la désertion de 80 à 100 000 personnes de toutes conditions, qui ont emporté avec elles plus de trente millions de livres ; la mise à mal de nos arts et de nos manufactures. (…) Sire, la conversion des cœurs n’appartient qu’à Dieu … S. Le Prestre de Vauban (« Mémoire pour le rappel des Huguenots », 1689)
Le taux des prélèvements obligatoires supportés par les Français va atteindre son plus haut niveau historique en 2013 à 46,3%, selon le projet de loi de programmation des finances publiques. Ce taux va monter à 46,7% en 2015 puis diminuer légèrement à 46,3% en fin de quinquennat. (…) Avec ce taux de prélèvements obligatoires de 46,3%, la France prendrait la deuxième place du classement des pays de l’OCDE (Organisme de coopération et de développement économique). Jusqu’ici 5ème de cette hiérarchie, la France dépasserait notamment la Belgique (43,8% en 2010) et l’Italie (43%) et même la Suède (44,2% du PIB en 2012). Ce niveau reste cependant encore éloigné de celui du Danemark, de 48,2% en 2010. Thibaut Lamy
Il avait annoncé avec fracas qu’il quitterait la France si Nicolas Sarkozy devenait président de la République. Mais, bien avant cette élection, Yannick Noah avait déjà élu domicile à l’étranger, pour des raisons qui semblent plus financières que… politiques ! S’il reste la personnalité préférée des Français, selon un sondage Ifop, Yannick Noah n’est pas forcément une icône sur le plan fiscal. En effet, l’ancien numéro un français du tennis claironne régulièrement qu’il ne profite pas des lois fiscales suisses, beaucoup plus avantageuses que la législation française, contrairement à d’autres sportifs. Mais il oublie de dire qu’il en a, lui aussi, profité pendant des années. De 1988 à 1993, le champion se déclarait en effet résident fiscal suisse, comme nous l’assurait vendredi encore son avocat Me Alain Sarrazin, du barreau de Rouen. Ainsi échappait-il à nos impôts. Sauf que le fisc français, lui, estime que cette domiciliation était fictive. Résultat : les impôts lui réclament, depuis 1993, le versement d’un million d’euros, ramenés depuis à 500.000 €. France Soir
Si je suis parti à Los Angeles, c’est évidemment pour planquer mon fric. Omar Sy
Les politiques c’est de la merde, j’aime bien Nicolas Sarkozy, il a osé faire des choses incroyables, et tous les mecs qui sont là derrière, ou Martine Aubry, haleine de bière, ils sont un peu limite, submergés… Gérard Depardieu (Grand Journal, septembre 2010)
Je trouve ça assez minable. C’est une grande star, tout le monde l’aime comme artiste, mais se mettre juste de l’autre côté de la frontière, il y a quelque chose d’assez minable, tout ça pour ne pas payer d’impôt. Jean-Marc Ayrault
Minable, vous avez dit « minable »? Comme c’est minable. Je suis né en 1948, j’ai commencé à travailler à l’âge de 14 ans comme imprimeur, comme manutentionnaire puis comme artiste dramatique. J’ai toujours payé mes taxes et impôts quel qu’en soit le taux sous tous les gouvernements en place. À aucun moment, je n’ai failli à mes devoirs. Les films historiques auxquels j’ai participé témoignent de mon amour de la France et de son histoire. Des personnages plus illustres que moi ont été expatriés ou ont quitté notre pays. Je n’ai malheureusement plus rien à faire ici, mais je continuerai à aimer les Français et ce public avec lequel j’ai partagé tant d’émotions!Je pars parce que vous considérez que le succès, la création, le talent, en fait, la différence, doivent être sanctionnés. Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté. Tous ceux qui ont quitté la France n’ont pas été injuriés comme je le suis. Je n’ai pas à justifier les raisons de mon choix, qui sont nombreuses et intimes. Je pars, après avoir payé, en 2012, 85% d’impôt sur mes revenus. Mais je conserve l’esprit de cette France qui était belle et qui, j’espère, le restera. Je vous rends mon passeport et ma Sécurité sociale, dont je ne me suis jamais servi. Nous n’avons plus la même patrie, je suis un vrai Européen, un citoyen du monde, comme mon père me l’a toujours inculqué. Je trouve minable l’acharnement de la justice contre mon fils Guillaume jugé par des juges qui l’ont condamné tout gosse à trois ans de prison ferme pour 2 grammes d’héroïne, quand tant d’autres échappaient à la prison pour des faits autrement plus graves. Je ne jette pas la pierre à tous ceux qui ont du cholestérol, de l’hypertension, du diabète ou trop d’alcool ou ceux qui s’endorment sur leur scooter : je suis un des leurs, comme vos chers médias aiment tant à le répéter. Je n’ai jamais tué personne, je ne pense pas avoir démérité, j’ai payé 145 millions d’euros d’impôts en quarante-cinq ans, je fais travailler 80 personnes dans des entreprises qui ont été créées pour eux et qui sont gérées par eux. Je ne suis ni à plaindre ni à vanter, mais je refuse le mot « minable ». Qui êtes-vous pour me juger ainsi, je vous le demande monsieur Ayrault, Premier ministre de monsieur Hollande, je vous le demande, qui êtes-vous? Malgré mes excès, mon appétit et mon amour de la vie, je suis un être libre, Monsieur, et je vais rester poli. Gérard Depardieu
Là-bas, je ne suis pas un salaud qui a gagné de l’argent!  Gérard Depardieu
Le problème, Gérard, c’est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé: celui du « je pense qu’à ma gueule », celui du fric, des copains dictateurs, du pet foireux et de la miction aérienne, celui des saillies ultralibérales… Phillipe Torreton
Pour l’exemple, je pense que nous devrions confisquer les biens de ce monsieur, lui qui mord la main de la patrie qui l’a nourri et fait prospérer. Ce ne serait que justice après un tel comportement honteux (…) Quand on a autant d’argent qu’un homme comme lui, argent gagné grâce aux Français et à la France qui aide tant le cinéma et la création sur son territoire, il est parfaitement honteux de fuir au moment où l’on a besoin de toutes les énergies et contributions pour redresser notre pays si mal en point », justifie-t-il. « Je ne supporte pas ce comportement de la part d’un homme qui doit tout à la France et aux Français.  Jérome Lambert (député PS)
Est-ce-que vous avez interrogé quelqu’un lorsque Alain Delon est parti, quand Guy Forget est parti, quand toutes ces stars sont parties? Louis Nicollin (président du Montpellier Hérault Football Club)
C’est un emblème Gérard Depardieu. C’est le plus grand acteur du siècle. Phillipe Torreton à tort d’écrire ça, son discours est déplacé. Gérard fait ce qu’il fait et écrit ce qu’il veut. Moi je ne partirai en Belgique, mais lui si il a envie de le faire, il faut le laisser faire… Josée Dayan
Pourquoi il fallait crucifier Depardieu? Déjà parce qu’il a la prétention d’y être arrivé « tout seul » (non pas en Belgique mais dans « la vie »), de prétendre donc d’avoir du « talent » (mot en effet banni comme le « don ») alors que « Depardieu » ne serait « que » le « produit » de « la  » République en général, de « l’exception culturelle française » en particulier, mais oui, vous avez bien lu (il en est de même pour l’Allemagne qui, la « minable » a fait ses réformes « toute seule » et donc en a bénéficié -l’ingrate !- quand « la bise fut venue ») sauf que l’on ne comprend pas TRÈS bien pourquoi il n’existe pas dans ce cas des milliers de Depardieu, pourquoi le cinéma français va en fait bien mal malgré l’énorme subvention, pourquoi les grandes chaînes de salles font le chiffre d’affaires en majorité sur les friandises et boissons… Mais peu importe pour les excommuniateurs qui voulaient le déchoir le Depardieu avant qu’il ne le fasse lui-même et qu’il rende aussi sa carte vitale, ce que peu de médias ont relaté craignant que cela sache : mais quoi ? Qu’il est possible de choisir la sécurité sociale de son choix en Europe, mais la France refuse d’appliquer cette directive européenne (ce que démentiraient cependant et la France et la Commission européenne bien sûr)… En tout cas, cette chasse au Depardieu dévoile mieux que mille livres (qui existent cependant) son pesant de (faux) sterlings tirés sur la planche à billets idéologiques émis par la banque centrale de l’égalitarisme français actionnée, comble de l’absurde, par les plus élitistes « d’entre-nous », enfants à la meilleure école (l’Alsacienne, puis Henri IV ou Louis le Grand), ENA, Polytechnique, Sciencepo bien sûr, hormis ceux qui comme Depardiou (comme cela se dit aux USA) sont issus du peuple alors qu’il s’agit de répandre l’idée qu’il y a des riches uniquement parce qu’il y a des pauvres comme le dit cette « pauvre » Clémentine Hautain(e) (alors que cela n’a rien à voir et que cela peut s’inverser : il y a beaucoup de pauvres parce qu’il y a peu de riches…). Lucien Oulahbib
A sa décharge, contrairement à beaucoup d’autres qui n’avaient pas attendu tout ce temps après avoir fait fortune, Gérard Depardieu âgé de 64 ans a longtemps « résisté ». Certes, le moment n’est certainement pas très bien choisi, mais est-ce là la seule explication à cette ire si forte et généralisée? (…) Contrairement à ce que l’on peut penser, les meilleures explications se trouvent souvent à la périphérie. En l’espèce, on peut se demander si au delà du problème fiscal, sa nouvelle domiciliation en Belgique, juste à la frontière, qui plus est dans un ancien poste de douane, n’a pas sonné comme une provocation. Une sorte de bras d’honneur qui serait conforme à une personnalité sans nuance. Il y aurait là une certaine cohérence avec l’explication que lui-même a donnée à son départ en Belgique: « J’en avais mare d’être traité de salaud ». Un autre immense comédien parmi ceux qui l’ont soutenu, très très peu nombreux il est vrai, a été dans le même sens. Michel Galabru a dit sur France 5: « Si vous donnez un coup de pied au c…à un chien, il s’en va. » Il n’est pas impossible que les questions d’argent ne soient pas les seules en cause dans cette affaire. Peut-être ne savons-nous plus suffisamment honorer ou soutenir ceux qui comme Gérard Depardieu, artistes, sportifs, chefs d’entreprises, créateurs, donnent à la France, au-delà de l’aspect matériel des choses, une image qui contribue à sa grandeur. Les temps ne sont pas si lointains où des hommes de toutes conditions considéraient comme un honneur, le fait de donner leur vie pour leur pays, simplement par amour de la patrie. Aujourd’hui, il n’est plus question de donner sa vie, pas même son argent, même si l’on en possède beaucoup. Est-ce par égoïsme ou en réaction à un manque de considération dont ces hommes se sentent victimes, voire même d’un ressentiment qui pourrait exister à leur endroit, sans que l’on sache trop pourquoi? Peut-être faudrait-il alors mieux s’interroger sur les causes de ces départs qui devraient nous attrister au lieu de nous rendre agressifs. Un vent mauvais souffle sur la France. Il est le résultat d’une crise économique plus profonde qu’elle ne paraît. Il ne faudrait pas qu’à cette crise économique succède une crise morale. Gérard Pancrazi
Monsieur Lambert, (…) Qu’on ait de l’argent ou pas, on a jusqu’à nouvel ordre le droit d’aller résider où on le souhaite. Cet argent, il l’a gagné lui-même. Certes, l’État aide le cinéma et la création artistique, et bien d’autres choses encore, et je le déplore au moins autant que vous. Mais avez-vous pensé à le dénoncer plus tôt ? L’État a besoin de toutes les énergies et contributions, mais cela ne lui donne aucun droit sur la vie ou la richesse des Français. Au cas où vous l’auriez oublié, ce sont les impôts des Français qui financent l’État et non l’inverse. Les Français ne doivent rien à l’État et doivent tout à eux-mêmes ; l’État doit, lui, tout aux Français. Le pays est mal en point à cause de gens comme vous qui n’avez jamais su compter assez bien pour refuser de voter des budgets déficitaires. C’est vous qui mordez la main de ceux qui vous ont longtemps nourri par l’impôt et refusent aujourd’hui de le faire. Pensiez-vous que l’argent gratuit tombait du ciel, que les poches des Français seraient toujours à proximité pour que vous puissiez vous servir à l’envi ? L’expropriation que vous proposez est une remise en cause des principes fondateurs de la France, que vous prétendez pourtant aimer. Baptiste Créteur

Et pourquoi, au vénérable âge de 64 ans (pour un acteur tout au moins), le comédien le plus titré de France (170 films, 2 césars au compteur!) n’aurait pas droit lui aussi à un repos bien mérité en Belgique?

Non coloré (comme un certain fraudeur fiscal nommé Noah planqué à New York ou un Omar Sy à Los Angeles), non de gauche (Noah et Sy encore) et ayant de plus ouvertement soutenu Sarkozy …

A l’heure où, des apprentis-sorciers qui nous servent actuellement de gouvernants aux pensionnaires des théâtres subventionnés et de la télévision d’Etat ou du Conseil PS de Paris à la Torreton et à de rares exceptions près, tout le monde y va de son fiel …

Sur le dernier exilé fiscal en date qui a le mahleur non seulement d’avoir mal choisi son moment mais, pas toujours propre sur lui, d’avoir soutenu le président précédent …

Après les sportifs (Alési, Boetsch, Clément, Escudé, Forget, Gasquet, Killy, Leconte, Loeb, Mathieu, Moreau, Mauresmo, Peterhansel, Pioline, Santoro), les chanteurs (Aznavour, Halliday jr., Kaas, Laforêt, Pagny, Polnareff), les acteurs/auteurs: (Auteil, Béart, Casta, Delon, Garcia, Martin, Jacq, Lévy, Clavel) et enfin les patrons (Arnault, Grimaldi, Mulliez, Peugeot, Baud, Miram, Castel, Nonancourt, Cohen, Pigozzi, Payre, Darty, Hersant, Bouygues, Bich, Berda, Defforey, David, Hechter, Reybier, Zacharias, Guerlain, Badin, etc.) …

Comment ne pas voir, derrière la victime de la pathétique attaque de l’ancien professeur qui nous sert actuellement de premier ministre, le profil idéal de bouc émissaire?

Mais surtout l’inquiétant aveuglement, comme le rappelle si justement Baptiste Créteur sur le site Contrepoints, de toute une partie de notre classe politique …

Qui semble avoir oublié l’une des fondations de nos démocraties, à savoir que … « ce sont les impôts des Français qui financent l’État et non l’inverse » ?

Depardieu : la paille, la poutre et le député Jérôme Lambert

Jérôme Lambert, élu charentais, donne aux Français, par sa réaction au départ de Gérard Depardieu, l’occasion de comprendre la rhétorique étatiste dans toute sa splendeur.

Baptiste Créteur.Contrepoints

19/12/2012

Le député Jérôme Lambert, élu charentais, donne aux Français l’occasion de comprendre la rhétorique étatiste dans toute sa splendeur.

« C’est la surenchère chez les députés socialistes au sujet de l’exil fiscal de Gérard Depardieu. Plus fort que son collègue qui propose de lui retirer son passeport, qu’il a de toute façon décidé de rendre, Jérôme Lambert a une autre idée: « pour l’exemple, je pense que nous devrions confisquer les biens de ce monsieur, lui qui mord la main de la patrie qui l’a nourri et fait prospérer. Ce ne serait que justice après un tel comportement honteux », écrit l’élu charentais sur son mur Facebook.

« Quand on a autant d’argent qu’un homme comme lui, argent gagné grâce aux Français et à la France qui aide tant le cinéma et la création sur son territoire, il est parfaitement honteux de fuir au moment où l’on a besoin de toutes les énergies et contributions pour redresser notre pays si mal en point », justifie-t-il. « Je ne supporte pas ce comportement de la part d’un homme qui doit tout à la France et aux Français. » »

Monsieur Lambert, souffrez que j’apporte à votre propos quelques corrections. J’espère qu’elle vous aideront à vous rendre compte de l’ampleur de votre bêtise au moment où vous avez écrit ces quelques lignes.

Qu’on ait de l’argent ou pas, on a jusqu’à nouvel ordre le droit d’aller résider où on le souhaite. Cet argent, il l’a gagné lui-même. Certes, l’État aide le cinéma et la création artistique, et bien d’autres choses encore, et je le déplore au moins autant que vous. Mais avez-vous pensé à le dénoncer plus tôt ?

L’État a besoin de toutes les énergies et contributions, mais cela ne lui donne aucun droit sur la vie ou la richesse des Français. Au cas où vous l’auriez oublié, ce sont les impôts des Français qui financent l’État et non l’inverse. Les Français ne doivent rien à l’État et doivent tout à eux-mêmes ; l’État doit, lui, tout aux Français. Le pays est mal en point à cause de gens comme vous qui n’avez jamais su compter assez bien pour refuser de voter des budgets déficitaires. C’est vous qui mordez la main de ceux qui vous ont longtemps nourri par l’impôt et refusent aujourd’hui de le faire. Pensiez-vous que l’argent gratuit tombait du ciel, que les poches des Français seraient toujours à proximité pour que vous puissiez vous servir à l’envi ?

L’expropriation que vous proposez est une remise en cause des principes fondateurs de la France, que vous prétendez pourtant aimer. J’espère que vous rougissez à l’heure qu’il est et vous fendrez, comme nombre de vos amis l’ont fait à demi-mot, d’excuses. Cela ne suffira pas.

Les Français, Monsieur, ne vous rendront pas leur passeport, ils vous le jetteraient à la figure s’ils n’en avaient tant besoin pour partir.

Voir aussi:

« Pourquoi tant de haine envers Gérard Depardieu ? »

Gerard Pancrazi

L’Express

18/12/2012

Pour notre contributeur Gerard Pancrazi, l’ire suscitée par le départ de Gérard Depardieu en Belgique trouve ses racines dans la crise financière, voire morale, que travers la France. Explications.

Pour notre contributeur Gerard Pancrazi, l’ire suscitée par le départ de Gérard Depardieu en Belgique trouve ses racines dans la crise financière, voire morale, que travers la France. Explications.

Il est des sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder. Ils sont déplaisants par quelque bout qu’on les prenne. Celui concernant Gérard Depardieu en fait partie. Soit on l’accable et l’on rejoint la cohorte des accusateurs qui ont surgi de toutes parts, ce qui serait facile mais sans grand panache, soit on prend le parti de s’interroger sur son comportement, et aussi, par la même, sur celui des innombrables artistes, comédiens, hommes d’affaires, sportifs, qui ont pris le chemin de l’exil fiscal. Le hic, c’est que l’on court très vite le risque d’être accusé de les soutenir.

En y allant sur la pointe des pieds, je ne résiste cependant pas à poser une question qui fait grand débat depuis le 10 décembre, date de la diffusion de l’information du départ du comédien français pour la Belgique. Pour quelle(s) raison(s) Gérard Depardieu a-t-il suscité une colère si forte, alors que la plupart des quelques 2000 autres exilés fiscaux qui l’ont précédé dans ce pays, quelle que soit leur notoriété, ont été épargnés – sauf quelques uns qui furent tancés, mais sans commune mesure avec ce qui se passe à l’heure actuelle pour l’interprète sacré du cinéma français?

Cette question paraît d’autant plus pertinente, qu’à sa décharge, contrairement à beaucoup d’autres qui n’avaient pas attendu tout ce temps après avoir fait fortune, Gérard Depardieu âgé de 64 ans a longtemps « résisté ». Certes, le moment n’est certainement pas très bien choisi, mais est-ce là la seule explication à cette ire si forte et généralisée?

Si Gérard Depardieu est reconnu comme un immense comédien, il n’est pas de ceux qui suscitent la sympathie. On peut encore noter qu’il a eu lors des dernières présidentielles, un engagement politique qui l’a desservi. D’une façon générale, les Français n’aiment pas le mélange des genres, sauf exceptions, surtout lorsque le candidat soutenu a perdu. Mais est-ce suffisant?

Aujourd’hui, il n’est plus question de donner sa vie, pas même son argent, même si l’on en possède beaucoup.

Contrairement à ce que l’on peut penser, les meilleures explications se trouvent souvent à la périphérie. En l’espèce, on peut se demander si au delà du problème fiscal, sa nouvelle domiciliation en Belgique, juste à la frontière, qui plus est dans un ancien poste de douane, n’a pas sonné comme une provocation. Une sorte de bras d’honneur qui serait conforme à une personnalité sans nuance.

Il y aurait là une certaine cohérence avec l’explication que lui-même a donnée à son départ en Belgique: « J’en avais mare d’être traité de salaud ». Un autre immense comédien parmi ceux qui l’ont soutenu, très très peu nombreux il est vrai, a été dans le même sens. Michel Galabru a dit sur France 5: « Si vous donnez un coup de pied au c…à un chien, il s’en va. »

Il n’est pas impossible que les questions d’argent ne soient pas les seules en cause dans cette affaire. Peut-être ne savons-nous plus suffisamment honorer ou soutenir ceux qui comme Gérard Depardieu, artistes, sportifs, chefs d’entreprises, créateurs, donnent à la France, au-delà de l’aspect matériel des choses, une image qui contribue à sa grandeur. Les temps ne sont pas si lointains où des hommes de toutes conditions considéraient comme un honneur, le fait de donner leur vie pour leur pays, simplement par amour de la patrie. Aujourd’hui, il n’est plus question de donner sa vie, pas même son argent, même si l’on en possède beaucoup. Est-ce par égoïsme ou en réaction à un manque de considération dont ces hommes se sentent victimes, voire même d’un ressentiment qui pourrait exister à leur endroit, sans que l’on sache trop pourquoi?

Peut-être faudrait-il alors mieux s’interroger sur les causes de ces départs qui devraient nous attrister au lieu de nous rendre agressifs. Un vent mauvais souffle sur la France. Il est le résultat d’une crise économique plus profonde qu’elle ne paraît. Il ne faudrait pas qu’à cette crise économique succède une crise morale.

Voir également:

Pourquoi il fallait crucifier Depardieu

Lucien SA Oulahbib

Resilience tv

17/12/2012

Déjà parce qu’il a la prétention d’y être arrivé « tout seul » (non pas en Belgique mais dans « la vie »), de prétendre donc d’avoir du « talent » (mot en effet banni comme le « don ») alors que « Depardieu » ne serait « que » le « produit » de « la  » République en général, de « l’exception culturelle française » en particulier, mais oui, vous avez bien lu (il en est de même pour l’Allemagne qui, la « minable » a fait ses réformes « toute seule » et donc en a bénéficié -l’ingrate !- quand « la bise fut venue ») sauf que l’on ne comprend pas TRÈS bien pourquoi il n’existe pas dans ce cas des milliers de Depardieu, pourquoi le cinéma français va en fait bien mal malgré l’énorme subvention, pourquoi les grandes chaînes de salles font le chiffre d’affaires en majorité sur les friandises et boissons… Mais peu importe pour les excommuniateurs qui voulaient le déchoir le Depardieu avant qu’il ne le fasse lui-même et qu’il rende aussi sa carte vitale, ce que peu de médias ont relaté craignant que cela sache : mais quoi ? Qu’il est possible de choisir la sécurité sociale de son choix en Europe, mais la France refuse d’appliquer cette directive européenne (ce que démentiraient cependant et la France et la Commission européenne bien sûr)…

En tout cas, cette chasse au Depardieu dévoile mieux que mille livres (qui existent cependant) son pesant de (faux) sterlings tirés sur la planche à billets idéologiques émis par la banque centrale de l’égalitarisme français actionnée, comble de l’absurde, par les plus élitistes « d’entre-nous », enfants à la meilleure école (l’Alsacienne, puis Henri IV ou Louis le Grand), ENA, Polytechnique, Sciencepo bien sûr, hormis ceux qui comme Depardiou (comme cela se dit aux USA) sont issus du peuple alors qu’il s’agit de répandre l’idée qu’il y a des riches uniquement parce qu’il y a des pauvres comme le dit cette « pauvre » Clémentine Hautain(e) (alors que cela n’a rien à voir et que cela peut s’inverser : il y a beaucoup de pauvres parce qu’il y a peu de riches…).

Mais l’Idéologie reste droite dans ses bottes en avançant que ceux qui sont des « produits », acteurs, médecins (le mois dernier) doivent payer, expier le fait d’avoir du talent, (bientôt les grands et les belles devront payer une taxe comme l’avait proposé sans succès un Japonais). C’est cela qui se joue : le fait de faire payer celui qui a réussi parce qu’il y est arrivé par « inégalité » volontaire ou involontaire peu importe puisque la volonté dans ce schéma là n’existe plus.

Il n’y a donc pas qu’en économie et en démocratie que la France a des années de retard (élections à l’UMP) : en sciences humaines et sociales aussi. Elle est même de plus en plus la risée du monde. Mais, chut ! ne dites pas aux Français qu’ils ont du retard car leur papa-maman (et leur maman-papa) leur ont dit que ce n’était « même pas vrai ». Du tout.

Voir encore:

A French paradox: multicultural celebrities are popular, but so is Le Pen

John Lichfield

2 January 2012

Racist? The French? Hardly, if a popular annual poll of the most admired celebrities in France is to be believed.

The survey, published each New Year in the Journal du Dimanche, has produced a remarkable result: two of the top seven celebrities are black; two are Jewish; and two are of North African origin. Only one person in the top seven is ethnically French: the actor Jean Dujardin, whose silent movie The Artist has been a triumph worldwide.

Paradoxically, another poll shows that Marine Le Pen, the leader of the xenophobic National Front, now has the support of one in five French people ahead of the two rounds of presidential elections in April and May.

In the celebrity poll, conducted by IFOP, a sample of 1,018 French people was asked to select their ten most favoured names from a list of 56 film, TV and sports stars and politicians.

The tennis star-turned-singer Yannick Noah, of French Caribbean (sic) origin, topped the poll for the eighth year in succession. The retired footballer Zinedine Zidane, born in Marseilles of Algerian parents, came second.

Third place went to a newcomer to the poll, Omar Sy, the actor and comedian who stars in the most successful French movie of 2011, Les Intouchables. Sy was born in a poor western Paris suburb to Senegalese parents.

Fourth was Simone Veil, 84, the Auschwitz survivor, former health minister and former president of the European parliament. Fifth was another French Jew, the Moroccan-born comedian Gad Elmaleh. Sixth was Dujardin and seventh was the Franco-Morroccan actor Jamel Debbouze.

The highest-placed active politicians were the Socialist presidential challenger François Hollande (48th) and President Nicolas Sarkozy (49th). Another IFOP poll yesterday made Mr Hollande favourite to win the first round of the presidential poll with 27.5 per cent, followed by Mr Sarkozy on 24 per cent and Ms Le Pen on 20 per cent.

The sociologist Jean Viard said the results of the celebrity poll should be treated with caution but suggested that France was « far less racist than people sometimes assume ».

Frédéric Dabi of IFOP said the result reminded him of the popularity of the « brown-white-black » French football team which won the World Cup in 2008. « But don’t forget that four years later, Jean-Marie Le Pen [Marine’s father] reached the second round of the presidential election, » he added.

Voir enfin:

Alors, Gérard, t’as les boules ?

Philippe Torreton

Libération

17 décembre 2012

Tu ne veux plus être français…? Tu quittes le navire France en pleine tempête ? Tu vends tes biens et tu pars avec ton magot dans un pays voisin aux cieux plus cléments pour les riches comme toi ? Evidemment, on cogne sur toi plus aisément que sur Bernard Arnault ou les héritiers Peugeot… C’est normal, tu es un comédien, et un comédien même riche comme toi pèse moins lourd ! Avec toi, on peut rattraper le silence gêné dont on a fait preuve pour les autres… C’est la nature de cette gauche un peu emmerdée d’être de gauche.

Mais Gérard, tu pensais qu’on allait approuver ? Tu t’attendais à quoi ? Une médaille ? Un césar d’honneur remis par Bercy ? Tu pensais que des pétitions de soutien de Français au RSA allaient fleurir un peu partout sur la Toile ? Que des associations caritatives allaient décrocher leur abbé Pierre, leur Coluche encadrés pour mettre ta tronche sous le plexi ? Le Premier ministre juge ton comportement minable, mais toi, tu le juges comment ? Héroïque ? Civique ? Citoyen ? Altruiste ? Dis-nous, on aimerait savoir…

Le Gérard «national», le rebelle de Châteauroux, le celui qui, s’il n’avait pas rencontré le cinéma, serait en taule à l’heure qu’il est comme tu le disais, le poète de l’écran la rose à la main quand ça devait faire bien d’en avoir une, qui nous sort un «c’est celui qui le dit qui y est»… Tu prends la mouche pour un petit mot et tu en appelles au respect, comme le fayot dans la cour de récré… Tu en appelles à tes gentils potes de droite pour que le grand méchant de gauche arrête de t’embêter… Tu voudrais avoir l’exil fiscal peinard, qu’on te laisse avoir le beurre et l’argent du beurre et le cul de la crémière qui tient le cinéma français… Tu voudrais qu’on te laisse t’empiffrer tranquille avec ton pinard, tes poulets, tes conserves, tes cars-loges, tes cantines, tes restos, tes bars, etc.

Et nous faire croire en tournant avec Delépine qu’un cœur social vibre encore derrière les excès et les turpitudes de l’homme… Nous faire avaler à coups de «han» de porteur d’eau que tu sèmes dans tes répliques trop longues, que l’homme poète, l’homme blessé, l’artiste est encore là en dépit des apparences… Le problème, Gérard, c’est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé : celui du «je pense qu’à ma gueule», celui du fric, des copains dictateurs, du pet foireux et de la miction aérienne, celui des saillies ultralibérales…

Tout le monde ne peut pas avoir l’auréole d’un Rimbaud qui, malgré ses trafics d’armes, fut et restera un poète… à jamais. Toi, tu resteras comme un type qui a fait une belle opération financière sur le cinéma français, un coup de Bourse, une OPA… Tu as transformé tes interprétations les plus réussies en stratégie de défiscalisation. Il doit y en avoir un florilège de répliques que tu as jouées et qui résonnent bizarrement maintenant !

Des répliques de poète, d’homme au grand cœur, d’yeux grands ouverts sur la misère du monde, orphelines de pensée et violées par leur interprète, parce que l’homme a les rognons couverts, mais l’acteur a fait faillite… L’homme est devenu riche mais sa fortune lui a pété à la gueule. Tu sais, ces gros pets foireux dont tu te vantes et que tu lâches sur les tournages en répondant à tes 12 téléphones au lieu de bosser ?

Tu votes pour qui tu veux, et tu fais ce que tu veux d’ailleurs, mais ferme-la, prends ton oseille et tire-toi, ne demande pas le respect, pas toi ! Sors de scène, Montfleury, «ce silène si ventru que son doigt n’atteint pas son nombril !» Et puisqu’on est dans Cyrano, te rappelles-tu de cette réplique, mon collègue, qu’il adressait à De Guiche sauvant sa peau au combat en s’étant débarrassé de son écharpe blanche ? Il demande à Cyrano ce qu’il pense de sa ruse et ce dernier lui répond… «On n’abdique pas l’honneur d’être une cible.» Tu t’en souviens ? Tu devrais… En ce temps-là, tu apprenais ton texte…

On va se démerder sans toi pour faire de ce pays un territoire où l’on peut encore, malgré la crise, se soigner correctement, où l’on peut accéder à la culture quelle que soit sa fortune, où l’on peut faire des films et monter des spectacles grâce à des subventions obtenues en prélevant l’impôt… Un pays que tu quittes au moment où l’on a besoin de toutes les forces, en plein siège d’Arras, sous les yeux des cadets médusés… Adieu.


Féminisme: Pas de galanterie, s’il vous plait, nous sommes des femmes ! (The bad news is that gentlemanly behavior makes people happy)

19 décembre, 2012
Dicksee-Chivalry-1885Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l’opprimé; faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. Esaïe 1: 17
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Mattieu 25: 40)
La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. Jacques 1: 27
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Cette chose absurde et magnifique, entre haut mal et bien suprême, qu’on nomme si légèrement amour. Denis de Rougemont
Ce qui m’a choqué, c’est de voir que des hommes ne laissaient pas monter les femmes et les enfants en premier dans les chaloupes. Michel Pavageau (naufragé du Concordia, 2012)
Les femmes et les enfants d’abord ? Cet adage semble ne pas se vérifier lors des naufrages. Des scientifiques suédois ont ainsi analysé 18 catastrophes maritimes et ont publié leurs conclusions lundi 30 juillet. Il en ressort qu’au cours de ces accidents, les hommes se sont principalement préoccupés de leur propre survie avant celle des autres passagers. Mikael Elindera et Oscar Erixson, de l’Université d’Uppsala, en Suède, ont ainsi étudié le taux de survie de 15 000 naufragés entre 1852 et 2011. Il en ressort que le naufrage le plus célèbre du siècle dernier, celui du Titanic, fait figure d’exception à la règle, en comptant 70% des femmes et des enfants qui ont survécu contre 20% des hommes. Terrafemina
The real big issue is that Mitt Romney is a terrible, terrible date, and single women, who are forced into the perpetual ghastly state of potential date appraisal, sensed that immediately. (…) chivalry is the opposite of good manners. It’s infantilizing. It’s contempt masquerading as politeness. The chivalrous guy is establishing roles; he is the protector, you are Limoges. Your job is to let him be masterful. In my experience, when you are standing on a pedestal, there’s not much room to move around. That’s by design. Gina Barreca
Previous research suggests that benevolent sexism is an ideology that perpetuates gender inequality. But despite its negative consequences, benevolent sexism is a prevalent ideology that some even find attractive. To better understand why women and men alike might be motivated to adopt benevolent sexism, the current study tested system justification theory’s prediction that benevolent sexism might have a positive linkage to life satisfaction through increased diffuse system justification, or the sense that the status quo is fair. A structural equation model revealed that benevolent sexism was positively associated with diffuse system justification within a sample of 274 college women and 111 college men. Additionally, benevolent sexism was indirectly associated with life satisfaction for both women and men through diffuse system justification. In contrast, hostile sexism was not related to diffuse system justification or life satisfaction. The results imply that although benevolent sexism perpetuates inequality at the structural level, it might offer some benefits at the personal level. Thus, our findings reinforce the dangerous nature of benevolent sexism and emphasize the need for interventions to reduce its prevalence. Kathleen Connelly and Martin Heesacker
Madame, by tipping my hat I was telling you several things. That I would not harm you in any way. That if someone came into this elevator and threatened you, I would defend you. That if you fell ill, I would tend to you and if necessary carry you to safety. I was telling you that even though I am a man and physically stronger than you, I will treat you with both respect and solicitude. But frankly, Madame, it would have taken too much time to tell you all of that; so, instead, I just tipped my hat. Samuel Proctor (pastor of Harlem’s Abyssinian Baptist Church in the 1970s and 1980s)
I don’t think most women actually want to live in a world where men don’t offer to help them lug heavy suitcases up staircases or hold doors for them or propose marriage — never mind going down with the Titanic. Katherine Connell
When social scientists discover something that increases life satisfaction for both sexes, shouldn’t they at least consider the possibility that they have come across something that is positive? Healthy? Something that might even conceivably be grounded in the nature of Homo sapiens? Charles Murray
We should have a clear notion of what chivalry is. It was a form of preferential treatment that men once accorded to women generations ago, inspired by the sense that there was something special about women, that they deserve added respect, and that not doing so was uncouth, cowardly and essentially despicable. Pier Massimo Forni
Chivalry arose as a response to the violence and barbarism of the Middle Ages. It cautioned men to temper their aggression, deploying it only in appropriate circumstances—like to protect the physically weak and defenseless members of society. As the author and self-described « equity feminist » Christina Hoff Sommers tells me in an interview, « Masculinity with morality and civility is a very powerful force for good. But masculinity without these virtues is dangerous—even lethal. » Chivalry is grounded in a fundamental reality that defines the relationship between the sexes, she explains. Given that most men are physically stronger than most women, men can overpower women at any time to get what they want. Gentlemen developed symbolic practices to communicate to women that they would not inflict harm upon them and would even protect them against harm. The tacit assumption that men would risk their lives to protect women only underscores how valued women are—how elevated their status is—under the system of chivalry. Emily Esfahani Smith

A l’heure, où après leur démolition en règle pendant des décennies et au nom de l’abolition de toute différence en laquelle est en train de dégénérer notre passion de l’égalité,  le mariage et la maternité (pardon: la procréation) sont maintenant devenues des valeurs à imposer à tous …

Retour, avec quelques attardés sociaux, sur une autre des valeurs promise, elle aussi, aux poubelles de l’histoire …

A savoir la galanterie, issue, comme l’indique bien le mot anglais, du code multiséculaire de la chevalerie …

Lui-même inspiré de cette singulière et étrange obsession judéo-chrétienne du souci du plus faible et de la victime …

The bad news is that gentlemanly behavior makes people happy

Charles Murray

November 29, 2012

Here’s the latest from the Psychology of Women Quarterly. It’s an abstract of an article by Kathleen Connelly and Martin Heesacker on benevolent sexism. If you’re wondering what “benevolent sexism” is, think gentlemanly behavior. I offer the abstract partly as a window onto the wonderful, wacky world of modern sociological prose and partly in despair at the use of the word “thus” to open the final sentence. I have put the key passages in bold.

Previous research suggests that benevolent sexism is an ideology that perpetuates gender inequality. But despite its negative consequences, benevolent sexism is a prevalent ideology that some even find attractive. To better understand why women and men alike might be motivated to adopt benevolent sexism, the current study tested system justification theory’s prediction that benevolent sexism might have a positive linkage to life satisfaction through increased diffuse system justification, or the sense that the status quo is fair. A structural equation model revealed that benevolent sexism was positively associated with diffuse system justification within a sample of 274 college women and 111 college men. Additionally, benevolent sexism was indirectly associated with life satisfaction for both women and men through diffuse system justification. In contrast, hostile sexism was not related to diffuse system justification or life satisfaction. The results imply that although benevolent sexism perpetuates inequality at the structural level, it might offer some benefits at the personal level. Thus, our findings reinforce the dangerous nature of benevolent sexism and emphasize the need for interventions to reduce its prevalence.

When social scientists discover something that increases life satisfaction for both sexes, shouldn’t they at least consider the possibility that they have come across something that is positive? Healthy? Something that might even conceivably be grounded in the nature of Homo sapiens?

Voir aussi:

Let’s Give Chivalry Another Chance

Emily Esfahani Smith

The Atlantic

It’s been unfairly maligned as sexist, but women and men alike would benefit from bringing it back.

College Humor

This past spring marked the 100th anniversary of the sinking of the Titanic. On April 14, 1912, as the ship was on its maiden journey from Southampton, UK, to New York City, it hit an iceberg in the North Atlantic. About three hours later, it sank. Three-quarters of the women on the ship survived; over three quarters of the men, by contrast, died. In Washington DC, there is a memorial to these men. The inscription on it reads: « To the brave men who perished in the wreck of the Titanic…They gave their lives that women and children might be saved. »

About a year ago, a group of today’s men were tested the way that the men on board the Titanic were. When the cruise ship Costa Concordia hit a rock and capsized off the coast of Isola del Giglio, Tuscany, last January, men pushed women and children out of the way to save themselves. One Australian woman on board reported at the time:

The people that pushed their way on to the boat were then trying to tell them to shut the door, not to let any more people on the [life] boat after they had pushed their way on…We just couldn’t believe it—especially the men, they were worse than the women.

This contrast is indicative of a larger trend—the decline of chivalry and the rise of boorish behavior among men. According to a 2010 Harris poll, 80 percent of Americans say that women are treated with less chivalry today than in the past. This is a problem that all women—especially feminists—should push back against.

***

After the women’s liberation movement of the 1960s, which insisted on the equal treatment of women in all domains of life, feminists dismissed chivalry as sexist. They still do. A new study, published in the feminist journal Psychology of Women Quarterly, questions the entire enterprise of male chivalry, which, in an Orwellian flourish, it calls « benevolent sexism. »

Chivalrous behavior is benevolent because it flatters women and leads to their preferential treatment. But it is sexist because it relies on the « gendered premise » that women are weak and in need of protection while men are strong. « Benevolent sexism, » Kathleen Connelly and Martin Heesacker of the University of Florida write in the study, « is an ideology that perpetuates gender inequality. » They advocate interventions to reduce its prevalence, even though, they found, chivalry is associated with greater life satisfaction and the sense that the world is fair, well-ordered, and a good place.

Charles Murray, the libertarian social scientist at the American Enterprise Institute, summed up the study with tongue-in-cheek, writing « the bad news is that gentlemanly behavior makes people happy. » He goes on to ask, « When social scientists discover something that increases life satisfaction for both sexes, shouldn’t they at least consider the possibility that they have come across something that is positive? Healthy? Something that might even conceivably be grounded in the nature of Homo sapiens? »

In an interview, Connelly tells me that despite Murray’s points, the problem with chivalry is that it assumes « women are wonderful but weak. » This assumption of female weakness puts women down, Connelly says.

Perhaps because of women’s ambivalence about chivalry, men have grown confused about how to treat women. Will holding doors open for them or paying for the first date be interpreted as sexist? Does carrying their groceries imply they’re weak? The breakdown in the old rules, which at one extreme has given rise to the hookup culture, has killed dating and is leaving a lot of well-meaning men and women at a loss.

***

Historically, the chivalry ideal and the practices that it gave rise to were never about putting women down, as Connelly and other feminists argue. Chivalry, as a social idea, was about respecting and aggrandizing women, and recognizing that their attention was worth seeking, competing for, and holding. If there is a victim of « benevolent sexism, » it is not the career-oriented single college-aged feminist. Rather, it is unconstrained masculinity.

« We should have a clear notion of what chivalry is, » argues Pier Massimo Forni, an award-winning professor of Italian literature and the founder of the Civility Institute at Johns Hopkins. « It was a form of preferential treatment that men once accorded to women generations ago, inspired by the sense that there was something special about women, that they deserve added respect, and that not doing so was uncouth, cowardly and essentially despicable. »

Chivalry arose as a response to the violence and barbarism of the Middle Ages. It cautioned men to temper their aggression, deploying it only in appropriate circumstances—like to protect the physically weak and defenseless members of society. As the author and self-described « equity feminist » Christina Hoff Sommers tells me in an interview, « Masculinity with morality and civility is a very powerful force for good. But masculinity without these virtues is dangerous—even lethal. »

Chivalry is grounded in a fundamental reality that defines the relationship between the sexes, she explains. Given that most men are physically stronger than most women, men can overpower women at any time to get what they want. Gentlemen developed symbolic practices to communicate to women that they would not inflict harm upon them and would even protect them against harm. The tacit assumption that men would risk their lives to protect women only underscores how valued women are—how elevated their status is—under the system of chivalry.

A story from the life of Samuel Proctor (d. 1997) comes to mind here. Proctor was the beloved pastor of Harlem’s Abyssinian Baptist Church. Apparently, he was in the elevator one day when a young woman came in. Proctor tipped his hat at her. She was offended and said, « What is that supposed to mean? »

The pastor’s response was: « Madame, by tipping my hat I was telling you several things. That I would not harm you in any way. That if someone came into this elevator and threatened you, I would defend you. That if you fell ill, I would tend to you and if necessary carry you to safety. I was telling you that even though I am a man and physically stronger than you, I will treat you with both respect and solicitude. But frankly, Madame, it would have taken too much time to tell you all of that; so, instead, I just tipped my hat. »

***

Some women are trying to bring back chivalry. Since 2009, for instance, a group of women at Arizona State University have devoted themselves to resuscitating gentlemanly behavior and chivalry on a campus whose social life is overwhelmingly defined by partying, frat life, and casual sex. Every spring for the past three years, these women have gathered for the « Gentlemen’s Showcase » to honor men who have acted chivalrously by, for example, opening the door for a woman or digging a woman’s car out of several feet of snow.

The event has spread to campuses nationwide. Its goal is « to encourage mutual respect between the sexes, » Karin Agness tells me in an interview. Agness is the founder and president of the Network of Enlightened Women, the organization that hosts Gentlemen’s Showcases at colleges each spring.

« The current framework is not generating healthy relationships, » Blayne Bennett, the organizer of ASU’s first Gentlemen’s Showcase, has said. « I believe that chivalry provides the positive framework to maximize the overall happiness of men and women. »

Women, she said, « want to be treated like ladies. »

Bennett and her fellow chivalry advocates have the right idea. « If women give up on chivalry, it will be gone, » Sommers tells me. « If boys can get away with being boorish, they will, happily. Women will pay the price. »

If feminists want to level the playing field between men and women, they should find common cause with traditionalist women, like those at ASU, on the issue of chivalry. Both groups are concerned with how men treat women. They just differ in what that means: Feminists want men to treat women as equals; traditionalists want men to treat women like ladies. Are the two mutually exclusive?

Chivalry is about respect. It is about not harming or hurting others, especially those who are more vulnerable than you. It is about putting other people first and serving others often in a heroic or courageous manner. It is about being polite and courteous. In other words, chivalry in the age of post-feminism is another name we give to civility. When we give up on civility, understood in this way, we can never have relationships that are as meaningful as they could be.

If women today—feminists and non-feminists alike—encouraged both men and women to adopt the principles of civil and chivalrous conduct, then the standards of behavior for the two sexes would be the same, fostering the equality that feminists desire. Moreover, the relations between the sexes would be once again based on mutual respect, as the traditionalists want. Men and women may end up being civil and well-mannered in different ways, but at least they would be civil and well-mannered, an improvement on the current situation.

Through a tragic event that occurred last summer, our nation was jolted into recognizing chivalry’s enduring power. During a screening of the Dark Knight, a deranged gunman opened fire in an Aurora, Colorado, theater, murdering twelve innocent people. Three men, all in their twenties, were in the audience that day with their girlfriends. When the shots rang out across the theater, these men threw themselves over their girlfriends, saving the women’s lives. All three of the men died.

At the time, Hanna Rosin noted that what these men did was « deeper » than chivalry. It was heroic. I agree. But heroism and chivalry share a basic feature in common—the recognition, a transcendent one, that there is something greater than the self worth protecting, and that there is something greater than the self worth sacrificing your own needs, desires, and even life for. If we can all agree that the kind of culture we should aspire to live in is one in which men and women protect and honor each other in the ways that they can—and not one in which men are pushing past women and children to save their own lives—then that is progress that women everywhere should support.

Voir aussi:

A Plan to Reboot Dating

Emily Esfahani Smith

A lot of women and men are dissatisfied with hook-up culture. Here’s a way to encourage an alternative.

In the spring of 2008, when I was a junior in college, I was sitting in the student center, waiting to meet up with a friend—let’s call her Nicole—for coffee. Nicole was a freshman girl who had graduated from an elite northeastern high school at the top of her class. She came to school hoping to study economics. In the nine months that had passed since she first stepped foot on campus, she had become a different person. She talked less. She stopped exercising. And she started walking around with her eyes to the ground. The lively girl I had known in the fall, who reminded me of so many freshman girls I had met as editor of a campus publication and vice president of my sorority, had recently been placed on suicide watch by the university health clinic.

What had happened?

Not long after she arrived on campus in September, Nicole had started hooking up with a guy who belonged to one of the more popular fraternities on campus. As she explained to me over coffee that day, one night in the fall, she got drunk and ended up having sex with this guy in his dingy frat room, which was littered with empty cans of Keystone Light and pizza boxes. She woke up the next morning to find a used condom tangled up in the sheets. She couldn’t remember exactly what had happened that night, but she put the pieces together. She smiled, looked at the frat brother, and lay back down. Eventually, she put her clothes on and walked back to her dorm. Mission accomplished: She was no longer a virgin.

This was a routine she repeated for months. Every weekend night, and on some weekday nights, she would drink so heavily that she could remember only patches of what happened the night before and then would have sex with the same fraternity brother. One night, she was talking with someone else at the frat when the brother interrupted her and led her upstairs to have sex. On another occasion, they had sex at the frat, but Nicole was too drunk to find her clothes afterward, so she started walking around the house naked, to the amusement of all of the other brothers. She was too drunk to care. Eventually, everything went dark. Next weekend, she returned to the frat.

On that spring day, as Nicole told me these stories, she didn’t make eye contact with me.

When I asked Nicole if she was still hooking up with the same frat boy, she shook her head. She explained that the entire time she was having sex with him he never once spoke to her or acknowledged her outside of his fraternity’s basement. Not in the library, not in the dining hall, not at the bookstore.

« One time, I waved at him in front of the food court and said hi, but he just ignored me. »

« Was he with anyone? » I asked—as though that would make a difference.

« A bunch of his friends. »

I later told Nicole’s story to a close guy friend. « What a jerk, right? » My friend, also a frat brother, objected: « After the first time, it starts becoming the girl’s fault, too. » Nicole and the frat brother were just hooking up, after all—what didn’t I get?

***

In her Atlantic article « Boys on the Side » (September 2012), Hanna Rosin argues that the social progress of women depends on the hook-up culture. Women in their 20s and 30s are, for the first time, more successful than their male peers. These alpha females not only outnumber men on college campuses, they have also overtaken men as the majority of the work force. This would not have been possible without sexual liberation, which has let women delay marriage and child-rearing to pursue their educational and career ambitions without worrying about the emotional burdens of a relationship. Women are better off in part because of the hook-up culture, the argument goes.

But are they really?

On most college campuses, the hook-up culture is the norm; there is little to no dating. Various academic studies have found that anywhere between 65 to 75 percent of undergraduates nationwide have participated in the hook-up culture. Part of the reason the culture is so widespread is, as Rosin correctly notes, because women are choosing to have casual sex. But in another respect, they don’t have a choice. Women make the hook-up culture possible, but men are the beneficiaries of it.

The balance of power in the hook-up culture lies with the men, an issue that has become more pronounced as women outnumber men on campuses, creating a surplus of girls and a scarcity of guys. According to a 2010 report by the American Council on Education, 57 percent of all undergraduates are female. Robert Epstein, a professor of psychology at Harvard and an expert in relationships, said in an interview with me that the more women there are on campus, the more prevalent the hook-up culture is: « You have a situation in which relationships are bound to fail and men keep switching off from one woman to the next, » he told me. What motivation do men have to ask women out on a date when sex is so widely and easily available?

The feminist sociologist Lisa Wade, based at Occidental College, who did a qualitative study of 44 of her freshman students (33 of them women), found that most of them were « overwhelmingly disappointed with the sex they were having in hook ups. This was true of both men and women, but was felt more intensely by women. » College women today, as Wade points out, feel « disempowered instead of empowered by sexual encounters. They didn’t feel like equals on the sexual playground, more like jungle gyms. » According to a 2010 study by Carolyn Bradshaw of James Madison University, only 2 percent of women strongly prefer the hook-up culture to a dating culture.

Miriam Grossman, author of the 2006 book Unprotected, reports that women long for emotional involvement with their partner twice as often as men following a hook up; 91 percent of women experience regret; 80 percent of women wish the hook-up hadn’t happened; and 34 percent of women hope the hook-up develops into a relationship. NYU sociologist Paula England, whom Rosin cites, says that 66 percent of women and 58 percent of men want their hook up to develop into « something more. »

When it doesn’t, problems arise. A 2010 psychology study out of Florida State University found that students who have casual sex experience more physical and mental health problems, defined as eating disorders, alcohol use, stress, depression, suicidal feelings, than those who are in committed long-term relationships. Put bluntly, the ethos of the culture is: « Hook up now; get therapy later, » as one of my fellow students, writing in the campus newspaper her sophomore year, declared.

Rosin admits that the hook-up culture is not satisfying to all college women, who eventually want relationships, not just a string of meaningless sexual encounters. But overturning the hook-up culture comes at too great a price, says Rosin: « The hookup culture is too bound up with everything that’s fabulous about being a young woman in 2012—the freedom, the confidence, the knowledge that you can always depend on yourself. »

As a young woman in 2012—and as a feminist—I think that the hook-up culture has the opposite effect as that described by Rosin. Sexual liberation may be indispensable to female progress, but the hook-up culture is not empowering for all women. This isn’t to say that early marriage or abstinence is the solution. But these are not the only alternatives to the hook-up culture, either. There is a middle way: meaningful sex in the context of a non-marital relationship.

In other words, the solution is a dating culture, which still allows women to delay marriage and pursue their careers, and also lets them have those intimate relationships with men that they don’t want to delay. « I’ve tired of hookup culture’s dictatorial reign over modern courtship. It doesn’t feel so free when it doesn’t feel like an intentional choice, » writes Tracy Clark-Flory in Salon. Clark-Flory, who spent her 20s hooking up, has discovered that courtship is not such a bad deal: « I’m a feminist, but I really like flowers. Next time, I’m getting him some, » she says, referring to a guy who asked her out on a date and brought her a bouquet. While Clark-Flory is not interested in getting rid of the hook-up culture, she wishes that traditional courtship were more of an option for young women and men. As she writes, « I’m an outspoken defender of casual sexual culture, but there are times—like when encountering more traditional courtship—that it seems less about a pursuit of pleasure than an avoidance of actual intimacy. »

The problem today is that it’s not clear how to get a dating culture now that the hook-up culture is the entrenched norm. Should women ask the guys they like out on dates? Should they wait for men to ask them out?

***

Curious about how campus authorities view the hook-up culture, I spoke to a woman who works at the Center for Women and Gender at Dartmouth (where I went to college) and acts as an advisor to female students. Her official line is that the point of hooking up is « for both people to get something out of it. If it’s to get off, then that’s great. . . . If it’s to work some issue out—like sexual assault—then that’s great. It’s basically to get pleasure and enjoyment out of it . . . the hook-up culture is good for experimentation, and what someone does for experimentation is up to them. »

I ask her, « What role does love play? »

She said, « I don’t think [love is] necessary. Yeah, you know—it’s nice. But if you’re talking about sex and the hook-up culture, it’s not needed. The point of the hook-up culture is not to get attached—no strings attached. »

« Is that possible? »

« I know people who think it is. My personal experience—no. » Then she added apologetically, « but I might be different. The point of sex is to get something out of it. For me, hooking up was not the best way to do it, if you’re asking me personally. » She added: « When I have that kind of a bond with somebody, I’m not capable of not thinking ‘I don’t want him to be with somebody else.' »

She concluded on a different note: « Women need to take some responsibility—they’re allowing themselves to be used. It can lead to sexual assault. »

Hooking up, in fact, shares the defining feature of a sexual assault: using another person for your own sexual gratification, without any regard as to what that person wants or how he or she feels. The philosopher Immanuel Kant—who warns against using another person as a mere means to some end—was closer to the truth than many of today’s sexual health experts when he wrote that sex « taken by itself … is a degradation of human nature. »

While sex necessarily involves another person, in the hook-up culture, it is predicated on the disregard of another person. « If all you are is your sexual nature, » a male student tells me, « you’re not a human anymore. You have no dignity. » If you only think of your hook-up buddy as a sexual object, then you have deprived that person of dignity, too.

***

Is it possible to move beyond the hook-up culture? Not back to 1950s-style courtship, parietal rules, and early marriage—but forward, to sex founded on friendship, dating, and relationships?

Most of the women I spoke to have resigned themselves to the fact that the hook-up culture is here to stay. They don’t see the social and cultural landscape of college campuses changing anytime soon.

One friend tells me that the girls on campus would prefer a culture of dating to one of hooking up, but they would never admit it or ask for it. If girls demanded dating before hooking up, guys would be unmoved, she explained. « There are always going to be other girls for them to hook up with so we’ll just get left behind. »

These women are looking at the problem the wrong way, I think. They need to realize that, in spite of campus sex ratios and prevailing cultural trends, they hold the power when it comes to the hook up culture. They hold the power when it comes to sex.

This was the insight of Lysistrata, the shrewd heroine of Aristophanes’ marvelous play by the same name. Lysistrata was able to diagnose a problem in her society and to take actions and overcome obstacles to solve it.

In the heat of the Peloponnesian War, Lysistrata gathered the women of various Greek city-states at a meeting and proposed that they withhold sex from their husbands until these men end the war. The women, though reluctant at first, agree. Throughout the play, though they desire sex just like the men do, they resist the temptation to break their oath with Lysistrata. The Athenian and Spartan men eventually become so desperate for sex that they begin peace talks. The women’s strategy works.

Lysistrata, a tough and independent woman, understood how the sexual marketplace works, and harnessed that knowledge to get what she wanted. Many men want sex with women. As Lysistrata knew, women have the power to say yes—or no (assuming men respect their wishes, of course. There are far too many examples of times men disregard women’s « no »s). They set and execute the terms to which the men surrender.

Today’s American women have reached a stage where they can be sexually free, and also selective and strategic in how they deploy their sexuality. But many of them are missing this critical second piece.

If women refused to spend time with men who disrespect women, if they refused to hook up with guys who don’t acknowledge them the next day—then they could begin to resurrect a culture where dating and romance, not casual sex, are the norm.

The question is, will they?

Editor’s note: Two Dartmouth administrators have responded to this story here.

Voir également:

No Chivalry, Thanks!

Nerdy feminist

January 25, 2012

This post is a part of my “Out of the Kitchen” weekly column at The Progressive Playbook in which various news and pop culture items will be examined through a feminist lens.

Those of us who openly identify as feminist must be prepared to encounter misconceptions and stereotypes. The « f-word » has been unfortunately dragged through the mud in an attempt to break the strength our message has. In this spirit, I’d like to take a moment to focus on a specific realm of anti-feminism: chivalry. The two biggest criticisms I see thrown at feminists regarding chivalry fall into two camps:

The « cake and eat it too » complaint: This anti-feminist argument says that women want to be independent and strong when it’s convenient for them, but they don’t want to lose the option for men to buy them dinner, open doors, and all around make them feel special. We want all the rights afforded to men, but that we also want to be treated better than men. Feminists want special, not equal, treatment, or in other words, they want their cake and to eat it too.

The « feminists hate manners! » complaint: Other anti-feminists have chosen to smack-talk feminism by claiming that any stance which truly speaks out against chivlary is actually an affront to good manners. (At this point I was going to link to a « men’s rights » group–which was actually an anti-woman group–and quote them. However, they way they offhandedly referred to women bitches made me realize, I have no interest in contributing anything to their page views, even if it would substantiate my claims.)

I’d like to dismantle these complaints. I, of course, cannot speak for all of « feminism » as a monolith, because no such truly unified theory exists. However, I can speak to my perspective on these issues.

The core of my disdain for chivalry is that it’s rooted in a gendered premise. Its very notion is that women need special assistance and wooing, which I flat out disagree with. Given this, I can say fully that I do not want or expect chivalry. In that way, the « cake and eat it too » complaint is nonsense to me. I do not want any person to look at me and treat me differently based off of my gender, even if that treatment is favorable. The same goes for stereotypes of all sorts–just because something is « nice » (ie Asians are so smart!) doesn’t make it any less racist. So with chivalry, just because it’s « friendly, » doesn’t make it any less sexist.

The second complaint (feminists hate manners!) is equally nonsensical to me. There is a big difference between behaving in a generally polite and respectful manner to your fellow human being and chivalry, which is rooted in that gendered premise. I’d like to use the opening-a-door-for-someone example to illustrate the differences as I see them.

Scenario 1, opening a door for someone to be polite: Two people, a man and a woman, approach a door. The person who gets to the door first opens it for both of them. They both enter. Versus, scenario 2, opening a door for someone as chivalry: Two people, a man and a woman, approach a door. Despite the woman being closer to the door, the man reaches out in front of her to open it for her. She enters, he follows. And scenario 3, again opening a door for someone as chivalry: Two people, a man and a woman, approach a door. The woman is closer to the door so she opens it for both of them. The man will not enter, but instead grabs the door and says « No. After you, » waiting for the woman to enter.

In these cases, I’m saying that scenario 1 is fine. Scenario one is polite and displays manners and supports a kind, respectful society. Scenario one has no gender charge. However, scenarios 2 and 3 are sexist (and sometimes annoying.) I have scenario 3 happen to me regularly and it is just weird. I mean, I try to do something polite for another person and we end up having to go through some production of him eventually taking control of the door. I think that’s one thing that really gets me about chivalry; it’s manifested in a way which reinforces male control of the situation. He’s driving the actions and the woman is passive–receiving his gestures and being coddled or protected.

I know that talking about door holding at length seems nitpicky and meaningless, but these small examples are tied to bigger issues. As Jill said at Feministe several years ago in a very detailed account of chivalry,

There’s a difference between being chivalrous and being nice or polite. Opening a door for someone because you got to the door first is both nice and polite; making a huge production of opening a door for a woman in the hopes that she’ll see what a chivalrous dude you are and fuck you (and then getting all pissy when she doesn’t respond how you want her to) is not polite or nice. And that’s the thing with chivalry: It always demands something in return. If you’re being nice to me because you like me and you’re the kind of person who is nice to people you like, then that’s great. If you’re being nice to me because you’re hoping to get something out of it, or if you think you’re entitled to sex or a relationship with me because you were nice and “chivalrous,” you can go fuck yourself. See how that works?

She’s brought up a great point. Often chivalry is founded on a quid pro quo/entitlement mentality, which carries expectations that were not welcomed by the woman involved. That’s a huge problem which further illustrates both the gendered nature and differentiates it from pure politeness (which doesn’t demand something in return.)

One last thing I would like to make clear is that asking for the end of chivalry is not the same thing as ending romance. In my view, healthy romantic relationships are reciprocal and equal in nature. Both parties should make loving gestures for the other, and that’s great! Most of us want to be treated romantically by a significant other, but why should the favorable treatment only flow in in one direction? There is great happiness that can be achieved by giving. A traditionally chivalrous situation would result in a female partner who would be robbed of the joy of making gestures for her male partner. (It would also rest on the premise that the woman is lesser and deserving of protection, which puts things at an unequal balance from the start.) I advocate for relationships which don’t rest on predetermined roles and allow each person to express their feelings naturally and individualistically. Besides–there are clearly many relationships which do not contain one man and one woman, and they are equally valid and romantic.

All in all, I simply feel that chivalry and feminism are inherently incompatible. I would never expect to be treated both equally and special. That’s an oxymoron. In fact, I’m not entirely sure that there are women who actually are advocating for both. Yes, some women want chivalry, but I would suspect they do not typically identify as feminists. To me, it seems a to be a straw man situation, as is the claim that feminists are really attacking manners. Nevertheless, it is important for us to understand the arguments used against our viewpoints, no matter how trivial.

But seriously friends, if I impart nothing else, let it be this: just hold a door for someone when you can. And when it makes sense to have the door held for you, walk through it.


Crimes de guerre: Le monde va-t-il se rétrécir pour Obama le criminel de guerre ? (Will Obama’s world shrink too after assassinations revelations?)

18 décembre, 2012
Les tortionnaires peuvent courir, mais ils ne peuvent pas se cacher. Et peu importe qui ils sont ou aussi puissants soient-ils, ils seront montrés du doigt et à jamais poursuivis. En février 2011, l’ancien président américain George W Bush a annulé un voyage en Suisse, où les victimes présumées de torture avaient l’intention de déposer une plainte pénale à son encontre. Une enquête mettant en cause des responsables américains dans la torture est en cours en Espagne. Tout à coup et contre toute attente, Bush et des membres clés de son administration trouvent le monde un endroit beaucoup plus petit et hostile. Human Rights International (février 2011)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
Qu’est donc devenu cet artisan de paix récompensé par un prix Nobel, ce président favorable au désarmement nucléaire, cet homme qui s’était excusé aux yeux du monde des agissements honteux de ces Etats-Unis qui infligeaient des interrogatoires musclés à ces mêmes personnes qu’il n’hésite pas aujourd’hui à liquider ? Il ne s’agit pas de condamner les attaques de drones. Sur le principe, elles sont complètement justifiées. Il n’y a aucune pitié à avoir à l’égard de terroristes qui s’habillent en civils, se cachent parmi les civils et n’hésitent pas à entraîner la mort de civils. Non, le plus répugnant, c’est sans doute cette amnésie morale qui frappe tous ceux dont la délicate sensibilité était mise à mal par les méthodes de Bush et qui aujourd’hui se montrent des plus compréhensifs à l’égard de la campagne d’assassinats téléguidés d’Obama. Charles Krauthammer
I’m betting that Dick Cheney will love the new movie “Zero Dark Thirty.” Who could have predicted that? Hollywood, after all, is supposed to be a West Coast annex of the Democratic National Committee, and the makers of this gripping thriller, about the hunt for Osama bin Laden, were expected to repay the Obama administration for its indulgence of them with a tribute to the current president’s wisdom and grit. But the movie of the year is also the political conundrum of the year, a far, far cry from the rousing piece of pro-Obama propaganda that some conservatives feared it would be. “Zero Dark Thirty,” which opens in theaters on Dec. 19 and presents itself as a quasi-journalistic account of what really happened, gives primary credit for the killing of Bin Laden to neither the Bush nor the Obama administrations but to one obsessive C.I.A. analyst whose work spans both presidencies. And it presents the kind of torture that Cheney advocated — but that President Obama ended — as something of an information-extracting necessity, repellent but fruitful. Even as David Edelstein, the film critic for New York magazine, named “Zero Dark Thirty” the best movie of 2012 in a recent article, he digressed to say that it “borders on the politically and morally reprehensible,” because it “makes a case for the efficacy of torture.” The NYT
She was a real-life heroine of the CIA hunt for Osama bin Laden, a headstrong young operative whose work tracking the al-Qaeda leader serves as the dramatic core of a Hollywood film set to premiere next week. Her CIA career has followed a more problematic script, however, since bin Laden was killed. The operative, who remains undercover, was passed over for a promotion that many in the CIA thought would be impossible to withhold from someone who played such a key role in one of the most successful operations in agency history. The WP

Attention: un crime de guerre peut en cacher un autre !

Bombardements aériens, raids nocturnes, assassinats ciblés, attaques de drones en Afghanistan, camp de Guantanamo toujours ouvert …

Barack Obama va-t-il devoir renoncer à voyager dans tous les pays ayant signé la Convention des Nations unies contre les crimes de guerre ?

Alors que s’apprête à sortir aux Etats-Unis le nouveau film de Kathryn Bigelow sur la traque et l’élimination de Ben Laden (« Zero Dark Thirty ») confirmant des informations précédentes sur l’apport décisif de la torture contre des agents d’Al-Qaïda pour la localisation du cerveau du 11/9 …

Et que nos médias continuent leur campagne de désinformation contre un ancien président Bush livré à la vindicte planétaire

Alors que chaque jour qui passe le plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire qui avait tant dénoncé les mesures antiterroristes de son prédécesseur et s’était engagé à fermer Guantnamo, n’a non seulement fait ni l’un ni l’autre mais a, via les assassiants ciblés, radicalement réglé le problème de la détention préventive et de la torture en faisant plus de victimes que le nombre total de prisonniers de Guantanamo

Comment ne pas voir l’étrange deux poids deux mesures de médias qui, du temps de l’Administration précédente, n’avait jamais eu de mots assez durs pour dénoncer « Bush le tortionnaire »?

Torture : le film sur la mort de Ben Laden fait déjà polémique

François Krug

Rue89

13/12/2012

« Zero Dark Thirty », récit de la traque et de la mort d’Oussama Ben Laden, ne sort que la semaine prochaine aux Etats-Unis, mais il a déjà rouvert le débat sur les méthodes utilisées par la CIA. En cause : des scènes laissant penser que Ben Laden a été localisé et tué grâce à la torture d’agents d’Al-Qaïda.

La réalisatrice, Kathryn Bigelow, est connue pour son sens du réalisme. En 2009, elle avait déjà exploré les suites du 11-Septembre dans « Démineurs », qui suivait, comme le titre l’indique, une équipe de démineurs américains en Irak. Ce film avait triomphé aux Oscars avec six récompenses.

Dans « Zero Dark Thirty », qui sortira en France le 23 janvier, elle raconte donc la longue traque d’Oussama Ben Laden. Le film est fondé sur de nombreux témoignages et documents : une fiction d’apparence journalistique.

Les scènes de torture d’agents d’Al-Qaïda n’occupent qu’une petite partie du film, mais ce sont elles qui ont retenu l’attention des médias américains. Ces scènes-là relèvent-elles de la réalité ou de la fiction ?

Dans les jours qui avaient suivi la mort de Ben Laden, des défenseurs républicains de la torture affirmaient déjà que la torture avait prouvé son utilité : sans elle, la cachette du leader d’Al-Qaïda n’aurait jamais été découverte. Le problème, c’est qu’aujourd’hui encore, rien ne permettrait de le prouver.

« Un test de Rorschach national »

La torture n’a pas été « une composante centrale » dans l’opération, assure par exemple au New York Times la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, présidente de la commission du renseignement au Sénat. La commission vient pourtant de boucler un rapport de… 6 000 pages sur les interrogatoires de la CIA.

Les militants anti-torture sont eux aussi dubitatifs. Le film peut faire croire à « un rapport de cause à effet » entre la torture et la mise hors d’état de nuire de Ben Laden, regrette dans le même article du New York Times un des dirigeants de l’American Civil Liberties Union (ACLU). Le quotidien résume :

« “Zero Dark Thirty” […] est devenu un test de Rorschach national sur la question polémique de la torture. »

La version officielle, elle, ne fournit toujours que peu de détails. Après près de dix ans de recherches, les Etats-Unis auraient localisé Ben Laden après avoir identifié et pisté son messager. Comment ont-ils fait ? Secret défense.

La fin de « Zero Dark Thirty » devrait en revanche mettre tous les Américains d’accord (attention, spoiler). Le 1er mai 2011, en pleine nuit, un commando de Navy Seals, un corps d’élite de la marine, fait irruption dans la maison où se cachait Ben Laden à Abbottabad (Pakistan).

Quarante minutes plus tard, le leader d’Al-Qaïda était mort, et Barack Obama pouvait célébrer cette victoire à la télévision. En espérant peut-être que le douloureux débat sur la torture allait enfin être clos.

Voir aussi:

Ben Laden retrouvé grâce à la torture ? Les pro-Bush jubilent

Pierre Haski

Rue89

04/05/2011

Quel rôle l’usage de la torture a-t-il joué dans la localisation d’Oussama Ben Laden, conduisant à l’élimination de l’ennemi public numéro un des Etats-Unis ? Selon le New York Times, l’un des prisonniers d’Al Qaeda aux mains des Américains a été soumis 183 fois au supplice du « waterboarding », la torture par la noyade, afin de lui faire avouer l’identité du « courrier » qui a finalement permis l’opération de dimanche.

Le débat est relancé aux Etats-Unis, et jette une ombre polémique sur le succès du président Obama. Il est lancé notamment par John Yoo, un homme qui fait partie des « treize tortionnaires », accusés d’avoir décidé ou couvert l’usage de la torture – le mot n’est évidemment jamais prononcé – au temps de l’administration Bush.

Vice-Attorney General adjoint de 2001 à 2003, Yoo a rédigé les premiers mémorandums établissant les règles de la torture, et déterminant les pouvoirs illimités du Président en temps de guerre. Il a aussi rédigé les textes garantissant l’impunité pour les auteurs de ces actes.

« La politique de l’administration Bush confortée »

Sur le site conservateur National Review, John Yoo souligne que l’essentiel du crédit pour l’élimination de Ben Laden va à Obama, mais il ajoute :

« Cela conforte aussi la politique de l’administration Bush sur le terrorisme, et montre que le succès vient de la poursuite de cette politique, pas de leur rejet (comme Obama a tenté de le faire depuis deux ans). »

John Yoo est évidemment dans une démarche d’autojustification d’une politique qui a été décriée par les opposants à la guerre d’Irak, mais aussi par Barack Obama lui-même avant d’être Président. Même démarche de Peter King, élu républicain de New-York et président de la commission sur la sécurité intérieure à la Chambre des représentants.

Les détracteurs de l’administration Bush estimaient que l’Amérique perdait son âme dans la torture, et dénigraient également l’efficacité de cette méthode d’extorsion d’aveux, à Guantanamo ou dans les prisons secrètes de la CIA à l’étranger. Le cas de la guerre française d’Algérie était régulièrement cité en contre-exemple de l’inutilité de la torture des prisonniers.

Le retour du « waterboarding », dégât collatéral du succès Obama

Dans l’enquête qui a conduit à l’opération pakistanaise et à la mort annoncée dimanche soir de Ben Laden, le recours à ces méthode n’a semble-t-il pas été refusé par la nouvelle administration, malgré ses états d’âme passés.

Khalil Cheiikh Mohammed, un des chefs militaires d’Al Qaeda arrêté en 2003, a ainsi été soumis 183 fois au « waterboarding », technique dite de la « noyade », qui fait suffoquer le suspect sous l’eau pour l’amener à des aveux.

Cette « technique coercitive », selon l’euphémisme en vigueur à l’époque de Bush, avait été reconnue par ce dernier dans ses Mémoires, publiés l’an dernier, bien après son départ de la Maison Blanche, mais l’ancien Président avait nié qu’il s’agissait de « torture ». Comme l’écrivait alors sur Rue89 Jean-François Lisée :

« On ne peut lui reprocher d’esquiver sa responsabilité. Dans son livre autobiographique, “ Decision Points ”, l’ex-président George W. Bush admet – non, se vante – d’avoir autorisé la pratique dite de la noyade simulée dans les interrogatoires de membres présumés d’Al Qaeda par la CIA. »

Barack Obama, pour sa part, avait promis en janvier 2009 que les Etats-Unis ne pratiqueraient plus la torture.

Selon le New York Times, malgré l’intensité de ces pressions, Khalil Cheikh Mohammed n’aurait rien lâché, conduisant ses interrogateurs sur de fausses pistes. D’autres sources affirment au contraire que ses renseignements ont joué un rôle crucial.

Un autre chef militaire d’Al Qaeda soumis aux mêmes traitements dans cette affaire est Abu Faraj al-Libi, capturé en 2005. C’est en fait l’accumulation de renseignements qui a conduit les services américains sur la piste du « courrier » qui a mené, à son tour, à la résidence de Ben Laden au Pakistan.

La polémique sur la torture n’est pour l’instant qu’un dégât collatéral du succès de Barack Obama qui a réussi là où George W. Bush avait échoué. Mais il est clair qu’au-delà de l’euphorie qui a gagné une partie importante des Américains, et du booster de moral qu’a représenté la disparition de « l’homme du 11-Septembre “, la question des ‘moyens’ reste posée.

Le camp de Guantanamo toujours ouvert

Barack Obama avait promis de fermer le camp d’internement de Guantanamo, situé à Cuba et soumis à des législations particulières. Il a échoué, et, comme l’ont rappelé les documents rendus publics il y a quelques jours à peine par WikiLeaks, des dizaines de prisonniers y sont toujours gardés sans procès depuis des années, soumis à des traitements que l’actuel Président critiquait avant son élection.

Cette question ne menace pas de ternir le succès d’Obama au sein de l’opinion américaine qui estime, majoritairement, que la fin justifie les moyens, et cette fin-là – la mort de Ben Laden –, justifiait tout.

Parmi les minoritaires, la militante des droits de l’Homme Kathy Kelly qui, sur le Huffington Post cité par Lexpress.fr, rejette cette autosatisfaction des conservateurs :

‘Les bombardements aériens, raids nocturnes, assassinats et attaques de drones en Afghanistan des dix ans passés ont-ils été bénéfiques au peuple américain ? Ces bains de sang ont-ils aidé à retrouver Oussama Ben Laden ? Avons-nous mis fin au terrorisme ou au contraire avons-nous créé plus d’animosité contre nous ?’

Et de citer Matt Daloisio, responsable de la campagne ‘Témoins contre la torture’ :

‘Plus de 6 000 soldats tués ; des milliards de dollars gaspillés, la mort de centaines de milliers de civils […] et nous sommes supposés célébrer le meurtre d’une personne ? Non, je ne suis pas enthousiaste ; je suis profondément triste.’

Mais c’est surtout à l’extérieur des Etats-Unis, dans le monde arabo-musulman, que la question des moyens peut handicaper l’explication de texte américaine, après tous les efforts de diplomatie de Barack Obama, après son élection, pour ‘vendre’ une rupture avec l’ère Bush.

Voir encore:

Bin Laden, Torture and Hollywood

Frank Bruni

The New York Times

December 8, 2012

I’m betting that Dick Cheney will love the new movie “Zero Dark Thirty.”

Who could have predicted that? Hollywood, after all, is supposed to be a West Coast annex of the Democratic National Committee, and the makers of this gripping thriller, about the hunt for Osama bin Laden, were expected to repay the Obama administration for its indulgence of them with a tribute to the current president’s wisdom and grit.

But the movie of the year is also the political conundrum of the year, a far, far cry from the rousing piece of pro-Obama propaganda that some conservatives feared it would be. “Zero Dark Thirty,” which opens in theaters on Dec. 19 and presents itself as a quasi-journalistic account of what really happened, gives primary credit for the killing of Bin Laden to neither the Bush nor the Obama administrations but to one obsessive C.I.A. analyst whose work spans both presidencies. And it presents the kind of torture that Cheney advocated — but that President Obama ended — as something of an information-extracting necessity, repellent but fruitful.

Even as David Edelstein, the film critic for New York magazine, named “Zero Dark Thirty” the best movie of 2012 in a recent article, he digressed to say that it “borders on the politically and morally reprehensible,” because it “makes a case for the efficacy of torture.”

Edelstein isn’t the only critic in a morally complicated swoon over “Zero Dark Thirty.” Last week the New York Film Critics Circle awarded it the best movie of the year. So did the National Board of Review. Surprises atop surprises: not only does “Zero Dark Thirty” decline to toe a conventionally liberal line, but it is being embraced by many cultural arbiters who are probably at some level horrified by the conclusions it seems to reach.

Will they wrestle honestly with that, as Edelstein did? Or will they elect unsullied rapture for “Zero Dark Thirty” and either ignore or come up with a selective interpretation of its policy implications? That will be one of the fascinating wrinkles of the imminent debate about a movie that demands close examination.

With ample reason, we often dismiss what comes out of the commercially minded dream factory of Hollywood as simplistic, candied, trivial. Yet “Zero Dark Thirty” and “Lincoln,” another of the year-end movies at the center of the unfolding Oscar race, are dedicated to the ethical ambiguities and messy compromises of governing — to the muck and stink that sometimes go into the effort of keeping this mighty country of ours intact and safe.

“Lincoln” looks at that through the prism of our 16th president and the legislative art and chicanery by which he and his allies passed the 13th Amendment, ending slavery. “Zero Dark Thirty” uses the war on terror as its lens and raises big, complicated questions about whether one brand of evil excuses another and the preservation of freedom hinges on targeted applications of savagery. From Hollywood during the holiday season, we’re getting not just “The Hobbit” and the inevitable Tom Cruise vehicle. We’re getting a civics lesson.

“Zero Dark Thirty” takes its title from a military term for half past midnight, which is when Navy SEALs raided Bin Laden’s compound in Pakistan. It’s the work of the director Kathryn Bigelow and the screenwriter Mark Boal, who previously collaborated on “The Hurt Locker.” As they researched their new movie, they got considerable cooperation from the C.I.A. and the Defense Department, provoking complaints from some conservatives, who smelled an Obama hagiography in the making.

They smelled wrong. Obama isn’t a character in the movie but, rather, a part of the backdrop to a narrative about the bloody drama and bloodless tedium of intelligence gathering over the course of nearly 10 years between 9/11 and the killing of Bin Laden. It’s about finding a needle in a uniquely messy and menacing haystack. “Enhanced interrogation techniques” like waterboarding are presented as crucial to that search, and it’s hard not to focus on them, because the first extended sequence in the movie shows a detainee being strung up by his wrists, sexually humiliated, deprived of sleep, made to feel as if he’s drowning and shoved into a box smaller than a coffin.

The explicit detail with which all of this is depicted could, I suppose, be read as the moviemakers’ indictment of it, and to some extent “Zero Dark Thirty” will function as a Rorschach test, different viewers seeing in it what they want to see. But the torture sequence immediately follows a bone-chilling, audio-only prologue of the voices of terrified Americans trapped in the towering inferno of the World Trade Center. It’s set up as payback.

And by the movie’s account, it produces information vital to the pursuit of the world’s most wanted man. No waterboarding, no Bin Laden: that’s what “Zero Dark Thirty” appears to suggest. And the intelligence agents involved in torture seem not so much relieved as challenged by Obama’s edict that it stop. Their quest for leads just got that much more difficult.

That’s hardly a universally accepted version of events. “Some of the F.B.I. agents and C.I.A. officers involved in this program at the really gritty, firsthand level were the ones who blew the whistle on it, because they were really horrified,” said Jane Mayer, the author of the best-selling book “The Dark Side,” which is widely considered the definitive account of the interrogation program.

“Zero Dark Thirty” doesn’t convey that, nor does it reflect many experts’ belief that torture is unnecessary, yielding as much bad information as good. “The military, the F.B.I., the C.I.A. itself — along with G.O.P. hawks like McCain, who was himself tortured — say there’s no justification, no need and no excuse,” Mayer said.

And for the drone attacks that have been a favored tactic of the Obama administration, leading to the assassinations of people never tried or convicted? Is there ample justification for that? The end of “enhanced interrogation” wasn’t the end of methods seemingly outside the usual precepts of American law, and as “Zero Dark Thirty” reminds us, Obama ordered the raid that led to Bin Laden’s death without any guarantee that Bin Laden would be there and that the bullet-riddled bodies in that Pakistan compound would be his and his associates’.

In the name of our democracy, we have long done and we continue to do some ruthless cost-benefit analyses and some very ugly things, to which we should never turn a blind eye. Whatever “Zero Dark Thirty” gets wrong, it gets that much right.

Voir enfin:

In ‘Zero Dark Thirty,’ she’s the hero; in real life, CIA agent’s career is more complicated

Greg Miller

The Washington Post

December 10, 2012

She was a real-life heroine of the CIA hunt for Osama bin Laden, a headstrong young operative whose work tracking the al-Qaeda leader serves as the dramatic core of a Hollywood film set to premiere next week.

Her CIA career has followed a more problematic script, however, since bin Laden was killed.

The operative, who remains undercover, was passed over for a promotion that many in the CIA thought would be impossible to withhold from someone who played such a key role in one of the most successful operations in agency history.

She has sparred with CIA colleagues over credit for the bin Laden mission. After being given a prestigious award for her work, she sent an e-mail to dozens of other recipients saying they didn’t deserve to share her accolades, current and former officials said.

The woman has also come under scrutiny for her contacts with filmmakers and others about the bin Laden mission, part of a broader internal inquiry into the agency’s cooperation on the new movie and other projects, former officials said.

Her defenders say the operative has been treated unfairly, and even her critics acknowledge that her contributions to the bin Laden hunt were crucial. But the developments have cast a cloud over a career that is about to be bathed in the sort of cinematic glow ordinarily reserved for fictional Hollywood spies.

The female officer, who is in her 30s, is the model for the main character in “Zero Dark Thirty,”a film that chronicles the decade-long hunt for the al-Qaeda chief and that critics are describing as an Academy Award front-runner even before its Dec. 19 release.

The character Maya, which is not the CIA operative’s real name, is portrayed as a gifted operative who spent years pursuing her conviction that al-Qaeda’s courier network would lead to bin Laden, a conviction that proved correct.

At one point in the film, after a female colleague is killed in an attack on a CIA compound in Afghanistan, Maya describes her purpose in near-messianic terms: “I believe I was spared so I could finish the job.”

Colleagues said the on-screen depiction captures the woman’s dedication and combative temperament.

“She’s not Miss Congeniality, but that’s not going to find Osama bin Laden,” said a former CIA associate, who added that the attention from filmmakers sent waves of envy through the agency’s ranks.

“The agency is a funny place, very insular,” the former official said. “It’s like middle-schoolers with clearances.”

The woman is not allowed to talk to journalists, and the CIA declined to answer questions about her, except to stress that the bin Laden mission involved an extensive team. “Over the course of a decade, hundreds of analysts, operators and many others played key roles in the hunt,” said agency spokeswoman Jennifer Youngblood.

Friction over mission, movie

The internal frictions are an unseemly aspect of the ongoing fallout from a mission that is otherwise regarded as one of the signal successes in CIA history.

The movie has been a source of controversy since it was revealed that the filmmakers — including director Kathryn Bigelow and writer Mark Boal — were given extensive access to officials at the White House, the Pentagon and the CIA.


Citations: Rendre à Mary ce qui est à Mary (Did John Lennon ever know he was ripping off his quote from Mary Worth ?)

16 décembre, 2012
next page mary worth, color.
Le christianisme disparaitra. Il s’évaporera, rétrécira. Je n’ai pas à discuter là-dessus. J’ai raison, il sera prouvé que j’ai raison. Nous sommes plus populaires que Jésus désormais. Je ne sais pas ce qui disparaitra en premier, le rock’n’roll ou la chrétienté. John Lennon (The Evening Standard, 1966)
Christ, tu sais que ce n’est pas facile! Tu sais comme ça peut être dur ! Vu comment ça se passe, ils vont finir par me crucifier ! John Lennon (The ballad of John and Yoko, 1969)
Life is what happens to us while we are making other plans. (La vie, c’est ce qui nous arrive pendant qu’on est en train de faire d’autre plans) Allen Saunders (Reader’s digest, 1957)
Life is what happens to you while you’re busy making other plans. « Beautiful Boy (Darling Boy) »; similar expressions were used by others prior to Lennon’s use of this line, and have been attributed to Betty Talmadge, Thomas La Mance, Margarate Millar, William Gaddis, and Lily Tomlin, but the earliest known published occurrence was the 1957 attribution of « Life is what happens to us while we are making other plans. » to Allen Saunders in Reader’s Digest, according to The Quote Verifier : Who Said What, Where, and When (2006) by Ralph Keyes. Wikipedia
I can’t even read it, let alone write it. (…) Laboring over the continuity, I chanced upon a happy idea one day. Instead of treacly melodrama, why not do stories of the sort that were used in popular magazines for women? No current story strip dealt with romance and psychological drama instead of action. … To test the idea of a story with which women readers could better identify, I wrote a sequence in which a passenger plane made a forced landing in a meadow. Conveniently, [Apple] Mary Worth lived nearby. One of the passengers to whom kindly Mary gave shelter was Leona Stockpool, the daughter, naturally, of a Wall Street stockbroker. The father hires Mary to help him cope with the headstrong Leona. (…) Soon after our team took over, we changed the name of the strip to Mary Worth’s Family. Later, it took on its present title, Mary Worth. In her new role, the old street merchant [Apple Mary] obviously was not usable. So Ken Ernst gave her a beauty treatment, some weight loss and a more appropriate wardrobe…. We put her applecart in storage, where it will remain, even in the event of another economic slump. Our Mary has more timely things to do than peddle pippins. Allen Saunders
I [always] thought Apple Mary was some standard-issue Depression bag lady who subsequently came into a little money and improved herself. Turns out she was a woman of refinement and breeding the whole time, a once-wealthy individual who had been cheated out of her properties and reduced to apple-selling to keep together body and soul. Apparently, at least early on, her efforts to restore herself to her accustomed station in life provided much of the heart-tugging drama of the thing. You live, you learn. Jay Maeder
She’s always been a force of compassion and wisdom, someone you can rely on. She does show human traits, like jealousy, self-doubt, fear and remorse. But she always handles herself with dignity. (…)  it’s easy to poke fun at a character who promotes ideals like compassion. This isn’t a very idealistic world, and some people gravitate toward characters that are sarcastic or bitter. Karen Moy
Who reads Mary Worth? The Simpsons

Attention: une citation peut en cacher une autre !

Qui sait (et probablement pas John Lennon lui-même lorsqu’il la reprit dans l’une de ses chansons) que l’une des plus célèbres et profondes citations du »working class hero » autoproclamé qui se prenait pour le Christ avant de se faire « crucifier » par le premier fan venu (lecteur un peu trop assidu lui-même du « Catcher in the rye« ) …

Venait en fait du père du genre, méprisé parmi les méprisés, de la « bande dessinée soap opera »?

Un certain Allen Saunders qui, victime lui aussi de la crise, se vit contraint de reprendre la bande dessinée « Apple Mary », qui tirait son surnom de l’emploi de vendeuse de pommes que l’héroïne et véritable chroniqueuse du coeur ambulante s’était vue contrainte de prendre par la Grande Dépression.

Et eut l’idée de remplacer le « mélodrame sirupeux » par des histoires tirées des magazines féminins, donnant naissance ainsi, sous le nom de « Mary Worth’s family » puis de « Mary Worth » (repris aujourd’hui par Karen Moy) …

A ce qui reste, près de 80 ans plus tard et dans quelque 350 quotidiens, à la fois la plus moquée et la plus appréciée des bandes dessinées américaines ?

One Good Apple Proves a Barrel’s Worth

R.C. Harvey
Jan 30, 2012

One of the commonly accepted tatters of cartooning lore is that Mary Worth began syndicated life as Apple Mary. At first blush, this seems an unlikely evolution. Mary Worth is a fashionably-attired little old gray-haired lady who is forever becoming involved in the romances of young men and women she meets as she rambles on through life. Apple Mary is a somewhat raggedy little old gray-haired lady who sells apples from a cart on a Chicago street corner during the early days of the Depression in the 1930s. She fusses around in other people’s lives, too, but is mostly absorbed with mere survival for her grandson Denny, who is crippled, and a cantankerous middle-aged hanger-on named Bill Biff.

The version of history that inspires this diatribe claims that Martha Orr, a niece of Chicago Tribune editorial cartoonist Carey Orr, started the comic strip that has always been dubbed the first soap opera strip. But she didn’t start it as a soaper; and it isn’t the first anyhow. Orr’s strip is the aforementioned Apple Mary, and it was launched in October 1934 and owed its being, doubtless, to a 1933 Frank Capra movie, Lady for a Day, which also starred a little old gray-haired lady who eked out a living during those hard times by selling apples from a cart she wheeled down the streets, broad and narrow. In her spare time, she helped everyone who stumbled into her path.

Orr had been born and raised, the third of six children, in Hillyard, Washington, where her father was a broker in lumber. Her uncle, recognizing her talent, brought her to Chicago and paid her way through the Art Institute. Soon thereafter, the Depression descended upon the nation, and Orr, after a decent interval, launched the apple-cart lady.

Martha Orr was not the first woman to draw a syndicated comic strip, but Apple Mary may have been the first comic strip with an all-girl orchestra. It was written and inked by Orr, pencilled by Dale Conner, and lettered by Ruth Belew, a retired ballet dancer. Orr eventually married a man named Hassel, and in 1939, she decided to give up the strip to devote her energies full-time to raising her family. Conner took over the drawing chores, and the syndicate recruited a new writer for the strip, a columnist on Ohio’s Toledo News-Bee named Allen Saunders, who, in his off-hours, was writing Big Chief Wahoo (eventually re-titled Steve Roper), and Saunders turned the strip into Mary Worth. In the fall of 1942, Conner left and Ken Ernst came on board to do the drawing, which he continued to do until he died in August 1985.

That’s the way the history books have it, but when Martha Orr died at the age of 92 on July 27, 2001, she unintentionally launched a minor ripple of controversy in the backwater of investigative comics research. In preparing Orr’s obituary, the Chicago Tribune reporter who wrote it had the presence of mind to phone King Features, the syndicate currently distributing the strip, where he talked to an unnamed official who denied, oddly, that the two strips were at all related. Mary Worth, so this personage claimed, was a replacement strip that was offered to client newspapers when Mrs. Hassel retired in 1939. This bland denial immediately got comics scholars’ wattles into an uproar: Apple Mary not Mary Worth? Who sez?

Well, we don’t know who said. Rick Hepp, the Tribune reporter, was somewhat puzzled by the syndicate assertion: he took pains to point out in his Orr obit that “several sources, including The Encyclopedia of American Comics” by Ron Goulart, record that Orr’s strip was Mary Worth’s precursor. Later, in the tiny flurry that resulted from the King Features’ claim, the truth, in all its various guises, emerged. And it is with the object of nailing that truth firmly to the wall for all to see that I take up the issue, again, here.

Allen Saunders never had any doubts about the matter: the two Marys are the same person. And he, if anyone, should know. His autobiography was published serially in Nemo magazine several years ago, and in No. 9 of that periodical, Saunders rehearses the details of his inheriting Apple Mary. When the syndicate (then Publishers, which distributed Big Chief Wahoo) asked Saunders to take on the writing task, he was nonplussed. “I can’t even read it,” Saunders responded, “let alone write it.” But since the Toledo News-Bee had recently sunk, taking Saunders’ writing berth with it, he had no regular newspaper gig anymore, so he agreed to take on the scripting.

“Laboring over the continuity,” he wrote, “I chanced upon a happy idea one day. Instead of treacly melodrama, why not do stories of the sort that were used in popular magazines for women? No current story strip dealt with romance and psychological drama instead of action. … To test the idea of a story with which women readers could better identify, I wrote a sequence in which a passenger plane made a forced landing in a meadow. Conveniently, [Apple] Mary Worth lived nearby. One of the passengers to whom kindly Mary gave shelter was Leona Stockpool, the daughter, naturally, of a Wall Street stockbroker.” The father hires Mary to help him cope with the headstrong Leona.

After some weeks of this sort of thing, the syndicate urged Saunders to keep on with it, and Leona marries a candidate for governor named John Blackston, which permitted Saunders to dabble in politics. The rest, as they say, is history (whether the unnamed King official likes it or not). But here’s the crucial passage from Saunders’ autobiography:

Soon after our team took over, we changed the name of the strip to Mary Worth’s Family. Later, it took on its present title, Mary Worth. In her new role, the old street merchant [Apple Mary] obviously was not usable. So Ken Ernst gave her a beauty treatment, some weight loss and a more appropriate wardrobe…. We put her applecart in storage, where it will remain, even in the event of another economic slump. Our Mary has more timely things to do than peddle pippins.

No one ever expects to get any closer to the horse’s mouth than this. Apple Mary is Mary Worth. And when I phoned the late Jay Kennedy, then King’s editor-in-chief, he was as dumbfounded by the obit’s claim to the contrary as I and all the rest of us dusty-shouldered delvers into comics history had been. Every history he’s ever read, he said, has Mary Worth morphing out of Apple Mary. So somebody in the King shop just goofed. It happens. And now that everything is sorted out satisfactorily, all is forgiven.

Still, a few doubters lingered at the fringes of this archival expedition. And then, happily, we got inside the horse’s mouth, right there amongst the molars and bicuspidors. At the New York Daily News, Jay Maeder, writer of Annie in her last days, was rummaging in his personal stash of old comic strip clippings and found some Apple Marys from 1935 and sent me copies, which are on display in this vicinity. From these strips, dated February, it is clear beyond quibble that Apple Mary is Mary Worth—and was from the very beginning. These February strips, appearing within four months of the strip’s debut, set the conditions of Mary Worth’s apple-peddling occupation before us. Maeder wrote me: “I [always] thought Apple Mary was some standard-issue Depression bag lady who subsequently came into a little money and improved herself. Turns out she was a woman of refinement and breeding the whole time, a once-wealthy individual who had been cheated out of her properties and reduced to apple-selling to keep together body and soul. Apparently, at least early on, her efforts to restore herself to her accustomed station in life provided much of the heart-tugging drama of the thing. You live, you learn.”

As have we all.

You may have noticed that the “team” Saunders refers to when they changed the strip’s name the first time evidently didn’t include Dale Conner. In the history of the feature, it did; but in Saunders recollection, she wasn’t there. Probably he knew that she didn’t want to be there.

Everyone seemed happy with Saunders’ transformation of Apple Mary into Mary Worth—with the restoration of the protagonist to her former station in life, that is—except Conner, who was then drawing the strip with a liquid line that sharply defined the milieu and the characters. She didn’t like Saunders’ changes to the strip. Writing to Milton Caniff, she said: “I’m so heart-sick over what Apple Mary has turned out to be. Working on it has become a chore. There’s no action to draw, only dull and childish conversation, and the plot is so inane that I gag as I try to make something of it. I dread seeing the proofs each week for my feeling shows in them.”

Conner preferred adventure stories—like Caniff’s Terry and the Pirates. By 1942 she was married and had endured Saunders’ scripts enough: her husband, Herb Ulrey, teamed with her to write a new strip that she drew, Hugh Striver, a epic about a high school athlete. It lasted until February 1945 whereupon the team concocted an airplane strip, Ayer Lane, which lasted only a little longer than their other effort.

Meanwhile, back for another Saunders’ Worth, we can report that the strip is still lunging along. It is so often published adjacent to Judge Parker and Rex Morgan on the funnies page that I am tempted to think the three come as a matched set. I half expect to open the paper someday and find Mary leaning over the windowsill panel border of her strip to give Rex or the Judge down below the benefit of her advice.

Mary, by the way, never married during the run of the strip. She came close once, though. In 1949 she meets a charming old coot named Drum Greenwood, who has piled up a fortune with his successful bubble-gum business. When he promises to endow in her name a slum clearance project, she agrees to the nuptials. But on her way to the church, the taxi gets in an accident, and Mary suffers amnesia. She is still, apparently, under its influence because she has never married old Greenwood.

Her grandson Denny, on the other hand, advanced in life. He lost his crutches along the way and earned himself a respected slot in a Neiman-Marcus sort of establishment, where he eventually married the fashion designer named September Smith. Lovely name.

Oh—when I said Mary Worth wasn’t, actually, the first soap opera, I was thinking of an earlier strip that oozed heartthrob and psychic agony: Sidney Smith’s The Gumps, which began its sudsy strain in the early 1920s. The strip started February 12, 1917, but it didn’t get genuinely soapy until four years later when Andy Gump’s rich Uncle Bim almost falls into the matrimonial clutches of the avaricious Widow Zander. But that’s another story for another day.

Voir aussi:

The Next Page: Every little thing she does

Barry Alfonso

The Pittsburgh Post-Gazette

March 4, 2007

Mary Worth seems to have always been with us. Generations have followed her activities (« adventures » seems too strong a word) in the pages of U.S. newspapers. She’s dispensed advice to her friends and neighbors since FDR was in the White House, remaining in the same 60-ish age range as wars and recessions have come and gone outside the confines of her two-panels-a-day world. Somehow, she’s survived the Darwinian laws of American entertainment that usually kill off the old, lame and slow. Lately, I’ve been wondering why.

The Post-Gazette readers’ poll conducted last fall helped crystallize my thinking about « Mary Worth. » It seems that her strip came in dead last in popularity — an achievement of sorts, considering how innocuous most comic strips are. As I’ve subsequently learned, other newspapers have discovered how Mary polarizes their readerships.

Last year, for instance, the Akron Beacon Journal received a flurry of angry letters after they dropped the strip. It’s clear that, despite her sweetness, the lady has both advocates and enemies. (About 350 papers carry the strip at present, incidentally.) Ever since I was a youngster, « Mary Worth » has been the butt of jokes. Forty years ago, Carol Burnett used to do skits on her TV program about « Mary Worthless »; more recently, « The Simpsons » has invoked her name as a symbol of stodginess. This sort of mockery only proves that she is a symbol — or more properly, an archetype.

The slightly doughy but innately elegant Mary embodies a civility that is fading out of real life. Moreover, the very pace of the strip conveys something profound: that time is a variable concept, regulated by perception. In this sense, the comic strip « Mary Worth » is more interactive and transformative than the most cutting-edge IT entertainment. Stories take months or entire seasons to unfold; a single afternoon inside Mary’s condo complex can translate to a week’s worth of strips. The reader must slow down — almost on a metabolic level — to get in sync with the proceedings.

Even by comic strip standards, « Mary Worth » moves at a leisurely pace — by comparison, the likes of « Rex Morgan, M.D. » hit the eyeballs with the velocity of a Jerry Bruckheimer action film. Like a Kabuki play, Mary Worth’s stories unfold rather formally, marked by ritualized speech and poses.

The strip’s characters are almost always shown from the waist up, contributing to the still-life portrait look of each panel. Plots advance by a sort of peristaltic motion toward crisis points — the strip is, after all, a soap opera. Emotional gales buffet the pale walls of the Charterstone Condominium Complex and swirl around Mary, sometimes nearly engulfing her. Last fall, the drama level picked up a bit — a confrontation with a Captain Kangaroo-lookalike stalker named Aldo Kelrast led to his death in a drunken driving accident.

But it’s hard to imagine many people reading the strip for excitement. The effects of following « Mary Worth » are more subtle, more cumulative, like those of a time-released pill or a blow to the head that takes days to register.

As the decades have passed, Mary Worth has truly become sui generis. There is nothing else in American entertainment quite like it. In this era of quick spurts of hype and flash, when an « interactive Web-based serial » like « lonelygirl15 » can become the Flavor of the Nanosecond, Mary Worth stands apart as a true exotic. More than anything, it impresses by just continuing to continue.

Change doesn’t come easily to this hermetically sealed world — when it does, it’s definitely noticed. Joe Giella recalls what happened when he started drawing the strip in 1991: « My editor said, ‘Take out some of the lines in Mary Worth’s face.’ So I streamlined her. A lot of fans got upset — the L.A. Times ran a headline asking, ‘Who gave Mary Worth a face-tuck?’ I thought it was the end of my job. » Giella restored some of Mary’s wrinkles and weathered the firestorm.

« It was hard for me to get used to doing this strip, » he continues. « I’d been drawing super-heroes for a long time, and I don’t think anyone has thrown a punch in Mary Worth in 30 years. I said, ‘There’s nothing going on here.’ But now I’m into it. »

Giella follows a template that was largely established some 70 years ago. That’s the secret of the strip’s longevity, he feels: « It’s consistent — Mary doesn’t change. She’s just a good-hearted, helpful person. People are just used to seeing the strip and they stay loyal to it. »

It might surprise some to know that the recent stories in « Mary Worth » are fast-paced compared with those featured in past strips. John Saunders, son of the strip’s co-creator, would sometimes take up to 18 months to resolve a plot. After his death in 2004, Karen Moy took over the writing duties and began to pick up the tempo — about three stories are now completed each year, she says.

With Moy at the helm, « Mary Worth » has gingerly ventured into new territory. Traditionally, the focus of the strip has been on Mary’s friends, not Worth herself. Lately, though, her shadowy inner world has been explored — besides fending off a stalker, she’s dealt with feelings of resentments toward a new neighbor (nonagenarian psychic Ella Byrd) and proven her long-simmering affection for widowed doctor Jeff Corey by standing by him during a life-threatening illness at a clinic in Vietnam. Moy promises further plot twists and unexpected revelations in the future.

Whatever spice is added to the stories, the essential « Mary Worth » formula will continue to be adhered to. In my opinion, the plots are almost beside the point — the strip is read because of who Mary is, not for what she does. Moy doubtlessly speaks for longtime readers when she describes Mary’s appeal as a person: « She’s always been a force of compassion and wisdom, someone you can rely on. She does show human traits, like jealousy, self-doubt, fear and remorse. But she always handles herself with dignity. »

There’s a glow to Moy’s words that suggests she’s describing a saint, not a matronly condo-dweller. As is often true of revered personages, Mary has attracted loyalists who remain devoted over a lifetime. « It’s like a cult, » says Giella. « They watch everything I do — I get over 12-15 letters a month and they aren’t always complimentary. »

Conversely, Mary’s saint-like qualities are what make her a punch line: « Maybe it’s because it’s easy to poke fun at a character who promotes ideals like compassion, » says Moy. « This isn’t a very idealistic world, and some people gravitate toward characters that are sarcastic or bitter. »

I suspect that Mary’s selflessly giving nature is directly related to the pacing of her strip. In her world, there is time for long pauses between thoughts and actions, to carefully consider the needs of others before offering the right words of advice or solace. There is time to linger at your front door if a neighbor is in trouble — who cares if the conversation drags on for a week or two?

ll this goes against the grain of our age, of course. But I would suggest that reading « Mary Worth » can be a wake-up call as well as an act of daily meditation. We dismiss her at our peril.

Just as the glacial ice of the polar regions is melting under the effects of human-induced global warming, so the glacial pace of « Mary Worth » may be doomed in today’s overheated entertainment climate. And, as the great ice shelves are assets we cannot afford to lose, so the anachronistic tempo and quaint sense of decency in « Mary Worth » are something not lightly thrown away.

Here’s at least one reader who wishes Mary to remain right where she is, a little window into a lost world of torpid motion and gentle spirits.

« In every situation, I always try to do the kindest thing possible »

— Mary Worth

Like an angel, she exists on a higher plane, hovering on the edges of private thought and collective memory. She is a Presence in mass American culture, more enduring than typical three-dimensional celebrities and more familiar than most of our presidents. Millions have encountered her repeatedly and many would recognize her on sight. Some think she’s ridiculous; quite a few others consider her a comforter, a friend.

Barry Alfonso is a journalist and author living in Swissvale. (louminatti@earthlink.net)The Next Page is different every week.


Diplomatie: C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise diplomatie (If you treat him like a statesman, he’ll be one)

12 décembre, 2012
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2012/12/4e622-gide-urss.jpg?w=454&h=750C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature. André Gide
Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Foucault (dec. 1978)
Khomeini est une sorte de figure à la Gandhi. William Sullivan (ambassadeur américain à Téhéran)
Khomeini (…) n’est pas un ‘mujahid fou », mais un homme d’une intégrité et d’une honnêteté impeccables. James Bill (conseiller de Carter, Newsweek, February 12, 1979)
Supposer que l’Ayatollah Khomeiny est un dissimulateur est presque iconcevable. Son style politique est d’exprimer son point de vue réel d’une manière provocante  et sans concession. Peu importe les conséquences. Il a peu d’incitations pour devenir brusquement sournois pour flatter l’opinion publique américaine. Ainsi, le dépeindre comme fanatique, réactionnaire et porteur de préjugés bruts apparait heureusement et certainement faux. Aussi, ce qui est encourageant, c’est que son entourage de proches conseillers est uniformément composé d’individus modérés et progressistes. (…) En dépit de ces turbulences, beaucoup d’Iraniens non religieux parlent de cette période comme l’heure de gloire de l’Islam. Après avoir créé un nouveau modèle de révolution populaire fondée, pour l’essentiel, sur les tactiques nonviolentes, l’Iran pourrait bien finalement nous fournir le modèle de gouvernance humaine dont ont désespérément besoin  les pays du tiers-monde. Richard Falk (universitaire de Princeton et conseiller de Carter, « Trusting Khomeini », NYT, February 16, 1979)
Nombre des déclarations [de l’Iran] sont certes répréhensibles, mais elles ne constituent pas une incitation au génocide. Personne ne les a mises en oeuvre. Kenneth Roth (président de Human Rights Watch)
L’ex-otage britannique au Liban, Terry Waite, a effectué une visite à Beyrouth la semaine dernière, 25 ans après son enlèvement par le Jihad islamique, un groupe pro-iranien proche du Hezbollah, rapportait dimanche un journaliste du Sunday Telegraph qui l’a accompagné durant son voyage. (…) Au cours de sa visite, M. Waite, 73 ans, s’est réuni lundi dernier avec le responsable des relations internationales au sein du Hezbollah, Ammar Moussawi, pour des « discussions de réconciliation ». La réunion a duré près de deux heures. Il a affirmé au journal britannique avoir demandé au parti islamiste libanais d’aider les réfugiés chrétiens syriens qui ont fui les violences dans leur pays. Terry Waite est un ancien émissaire du chef de l’Église anglicane de l’époque, Robert Runcie. Il a été enlevé au Liban en 1987 alors qu’il tentait de négocier la libération de quatre otages occidentaux. Accusé d’être un espion, il a été détenu par le Jihad islamique pendant 1 760 jours avant d’être libéré en 1991. (…) Au cours de sa réunion avec M. Moussawi, le Britannique s’est montré très critique vis-à-vis des soulèvements en cours dans le monde arabe, dénonçant l’islamisation des révolutions. « Le Printemps arabe s’est transformé en un pouvoir d’oppression et non de liberté », a-t-il dit au responsable du Hezbollah qui l’a en retour qualifié de « grand homme ». L’Orient du jour
Lors de la crise des missiles de Cuba, les États-Unis n’ont pas été confrontés à Cuba, mais à l’Union Soviétique. Israël n’a pas été confronté à Gaza, mais à l’Iran. Michael B. Oren (ambassadeur israélien aux États-Unis et historien militaire)
Même pour les normes de l’Afrique des années 1990, le RUF avait mis la barre très haut pour la brutalité. Ses soldats étaient principalement des enfants enlevés à leurs parents, nourris à la cocaïne et aux amphétamines. Son financement provenait des diamants du sang. Il s’était fait une véritable réputation pour l’amputations des membres de ses victimes. Ses campagnes militaires portaient des noms comme « tout doit disparaitre ». En janvier 1999, six mois avant le témoignage de Mme Rice du Sénat, le RUF fit le siège de la capitale, Freetown. « Le RUF a incendié des maisons avec leurs occupants toujours à l’intérieur, découpé à la machette les membres ou arraché les yeux au couteau de ses victimes, violé les enfants et abattu de nombreuses personnes dans la rue, » a écrit Ryan Lizza dans The New Republic. « En trois semaines, le RUF tué quelques 6 000 personnes, principalement des civils. » Que faire avec un tel groupe? L’Administration Clinton a eu une idée. Amorcer un processus de paix. Il n’a pas semblé  faire problème que Sankoh était manifestement irrécupérable et probablement psychotique. Ni qu’il avait violé les accords antérieurs pour mettre fin à la guerre. « Si vous traitez Sankoh comme un homme d’État, il le deviendra », telle était la théorie opératoire au Département d’Etat, selon un membre du personnel du Congrès cité par M. Lizza. Au lieu de traiter Sankoh comme une partie du problème, sinon le problème lui-même, le Département allait le traiter comme faisant partie de la solution. Un représentant du RUF fut donc invité à Washington pour des entretiens. Jesse Jackson fut nommé au poste d’envoyé spécial du président Clinton. (…) Un mois plus tard, les voeux de Mme Ricefurent exaucés avec la signature de l’Accord de paix de Lomé. C’était un incroyable Il s’agissait d’un document. Au nom de la réconciliation, les combattants du RUF furent amnistiés. Sankoh devint vice-président de la Sierra Leone. Pour adoucir l’affaire, il était également chargé de la commission chargée de surveiller le commerce des diamants du pays. Tout cela fut imposé au Président Kabbah. En septembre 1999, Mme Rice salua les efforts de »pratiques » du pasteur Jackson, de l’ambassadeur américain Joe Melrose « et de beaucoup d’autres » pour avoir contribué à la signature de l’accord de Lomé. Pendant des mois par la suite, Mme Rice célèbra les accords à chaque occasion. le pasteur Jackson, dit-elle, avait « joué un rôle particulièrement important, » comme l’avait fait Howard Jeter, son adjoint au Département. Lors d’une séance de questions-réponses avec des journalistes africains le 16 février 2000, elle défendit la participation de Sankoh au gouvernement, notant que « il y a plusieurs cas où des accords de paix dans le monde ont envisagé la conversion de mouvements rebelles en partis politiques ». Qui plus est, les États-Unis étaient même prêts à donner un coup de main à Sankoh, pourvu qu’il se tienne bien. « Parmi les institutions de gouvernement que nous sommes prêts à aider, » dit-elle, « il y a bien sûr la Commission des ressources quel dirige M. Sankoh. » Bien entendu. Trois mois plus tard, le RUF prenait 500 casques bleus des Nations Unies en otage et menaçait à nouveau Freetown. L’Accord de Lomé était devenu lettre morte. Bret Stephens
La croissance économique qui a suivi la révolution était agitée et insoutenable, note Gaidar, reprenant un thème de son ouvrage précédent, « L’effondrement d’un Empire ». Dans « Russie: une vision à long terme, » il se tourne rapidement vers les mois qui ont suivi l’effondrement soviétique, citant les notes de service catastrophiques sur la famine imminente et la désintégration sociale qui s’entassaient sur son bureau en novembre 1991. Il réfute plusieurs idées sur ce qui s’est passé à cette époque, y compris l’affirmation fausse que la réforme économique avait provoqué la crise – i.e., que la stabilisation monétaire, la privatisation et la libéralisation des prix avaient entraîné une chute catastrophique de production. Une telle revendication, pour Gaidar, vient du fait de regarder le problème du mauvaise côté. L’argent soviétique n’était pas de l’argent réel, tout comme la production soviétique n’était pas de la vraie production. L’économie avait créé des produits et services dont personne ne voulait, par l’intermédiaire de processus qui détruisaient la valeur au lieu de le créer. L’arrêt des fausses incitations à produire ne pouvait que provoquerque l’effondrement de la production enregistrée. La réforme était nécessaire parce que les dirigeants soviétiques avaient hérité d’une crise qui menaçait l’existence même du pays. Gaidar conclut en évaluant les dirigeants actuels de la Russie. « Il n’est pas difficile d’être populaire et avoir un soutien politique », écrit-il, « lorsque vous disposez de dix années de croissance du revenu réel à 10 pour cent par an ». Mais cette époque est révolue. Le régime doit maintenant choisir entre répression (« tentant mais suicidaire ») et ce qu’il appelle « la libéralisation réglementée ». En particulier, il soutient que la Russie doit rétablir la liberté d’expression, ouvrir son processus de prise de décision, instituer un système judiciaire indépendant et mener une « guerre contre la corruption ». Taiwan, l’Espagne et le Chili sont pour lui des exemples à suivre. Edward Lucas
Reuel Marc Gerecht, de la Fondation pour la défense des démocraties et Brian Katulis du Center for American Progress soutenaient « Plutôt des islamistes élus que des dictateurs » (…) Katulis a accusé les dictatures d’encourager « les sortes d’idéologies » qui ont conduit au 9/11 et Gerecht a insisté que ce sont les juntes militaires, pas les islamistes, qui sont généralement « le véritable danger. … Le seul moyen d’obtenir un ordre plus libéral au Moyen-Orient, c’est par l’intermédiaire des électeurs croyants » qui portent les islamistes au pouvoir. Katulis a soutenu que les islamistes élus changent et deviennent moins idéologiques et plus pragmatiques ; que pris dans la mélée de la politique au jour le jour ils évoluent pour se concentrer sur les « besoins fondamentaux », tels que la sécurité et l’emploi.(…) En seulement trois mois, Morsi a montré qu’il aspire à des pouvoirs dictatoriaux supérieurs à ceux de Moubarak et que son règne laisse présager une encore plus grande calamité pour l’Égypte que Moubarak. Il a parfaitement justifié notre point de vue à Jasser et à moi qu’il vaut mieux des dictateurs que des islamistes élus. Comme je l’ai indiqué au cours du débat, les Occidentaux doivent fermer avec détermination la porte aux dictateurs idéologiques comme les islamistes tout en faisant pression sur les dictateurs avides pour qu’ils fassent place à la société civile. Telle est la la seule porte de sortie de ce faux choix entre deux formes de tyrannie. Daniel Pipes

A l’heure où, avec les missiles de Gaza, la révolution iranienne vient pour la énième fois de confirmer tout le potentiel qu’avait laissé escomter il y a plus de 40 ans son lancement franco-américain sur les fronts baptismaux  …

Et où, de l’ONU à l’ex-otage du Hezbollah Terry Waite, la même bien-pensance occidentale est repartie pour un tour avec l’adoubement d’organisations qui continuent à appeler à l’annihilation d’un de leurs voisins …

Comment ne pas être attendri avec l’islamologue Daniel Pipes commentant la nouvelle expérience en cours et en direct de l’Egypte

Par la confondante et indéfectible constance avec laquelle les belles âmes qui nous gouvernent …

Continuent à ignorer pour la diplomatie la leçon de Gide sur la littérature ?

Better Dictators than Elected Islamists

Daniel Pipes

The Washington Times

December 11, 2012

Washington Times title: « Islamists are worse than dictators »

Who is worse, President Mohamed Morsi, the elected Islamist seeking to apply Islamic law in Egypt, or President Husni Mubarak, the former dictator ousted for trying to start a dynasty? More broadly will a liberal, democratic order more likely emerge under Islamist ideologues who prevail through the ballot box or from greedy dictators with no particular agenda beyond their own survival and power?

Morsi’s recent actions provide an answer, establishing that Islamists are yet worse than dictators.

This issue came up in an interesting debate for Intelligence Squared U.S. in early October when Reuel Marc Gerecht of the Foundation for the Defense of Democracies and Brian Katulis of the Center for American Progress argued « Better elected Islamists than dictators, » while Zuhdi Jasser of the American Islamic Forum for Democracy and I argued the counter-argument. Well, no one really argued « for » anyone. The other team did not endorse Islamists, we certainly did not celebrate dictators. The issue, rather, was which sort of ruler is the lesser of two evils, and can be cudgeled to democracy.

Katulis blamed dictatorships for fostering « the sorts of ideologies » that led to 9/11 and Gerecht insisted that military juntas, not Islamists, generally are « the real danger. … The only way you’re going to get a more liberal order in the Middle East is through people of faith » who vote Islamists into office. Katulis argued that elected Islamists change and morph, becoming less ideological and more practical; they evolve in response to the rough and tumble of politics to focus on « basic needs » such as security and jobs.

President Mohamed Morsi meeting with Australia’s Prime Minister Julie Gillard in Sept. 2012.

In Iraq, Gerecht professed to find that « a tidal wave of people who were once hard core Islamists who … have become pretty profound democrats, if not liberals. » As for Egypt, he noted approvingly but inaccurately that « The Muslim Brotherhood is having serious internal debates because they haven’t figured out how to handle [their success]. That’s what we want. We want them to fight it out. »

Jasser and I replied to this catalogue of inaccuracies (military juntas led to 9/11?) and wishful thinking (true believers will compromise on their goals? a tidal wave of Iraqi Islamists became liberals?) by stating first that ideologues are « dictators on steroids » who don’t moderate upon reaching power but dig themselves in, building foundations to remain indefinitely in office. Second, ideologues neglect the very issues that our opponents stressed – security and jobs – in favor of implementing Islamic laws. Greedy dictators, in contrast, short on ideology and vision, do not have a vision of society and so can be convinced to move toward economic development, personal freedoms, an open political process, and rule of law (for example, South Korea).

Lo and behold, Morsi and the Muslim Brotherhood have followed exactly our script. Since taking power in August, Morsi (1) sidelined the military, then focused on entrenching and expanding their supremacy, most notably by issuing a series of orders on Nov. 22 that arrogated autocratic powers to him and spreading Zionist conspiracy theories about his opponents. He then (2) rammed through an Islamist-oriented constitution on Nov. 30 and called a snap referendum on it Dec. 15. Consumed with these two tasks, he virtually ignored the myriad issues afflicting Egypt, especially the looming economic crisis and the lack of funds to pay for imported food.

Morsi’s power grab stimulated anti-Islamist Egyptians to join forces as the « National Salvation Front » and confront Islamists in the most violent street clashes in six decades, forcing him partially to retreat from his Nov.22 orders. Ironically, after deftly sidelining the military in August, Morsi’s overreach created circumstances that returned ultimate authority to the generals, who can intervene for or against him. By choosing Islamist sympathizers as top officers and offering the military enhanced privileges in the proposed constitution, he has in all likelihood won their support. Martial law appears likely next.

In just three months, Morsi has shown that he aspires to dictatorial powers greater than Mubarak’s and that his rule portends to be an even greater calamity for Egypt than was Mubarak’s. He has neatly vindicated Jasser’s and my point: better dictators than elected Islamists. As I noted in the debate, Westerners should slam the door hard on ideological dictators like Islamists while pressuring greedy dictators to allow civil society. That offers the only exit from the false choice of two forms of tyranny.

Mr. Pipes (www.DanielPipes.org) is president of the Middle East Forum.

Voir aussi:

The Other Susan Rice File

How to embrace psychotic murderers and alienate a continent.

Bret Stephens

The WSJ

December 11, 2012

The trouble with a newspaper column lies in the word limit. Last week, I wrote about some of Susan Rice’s diplomatic misadventures in Africa during her years in the Clinton administration: Rwanda, Ethiopia, the Democratic Republic of Congo. But there wasn’t enough space to get to them all.

And Sierra Leone deserves a column of its own.

On June 8, 1999, before the Senate Foreign Relations Committee, Ms. Rice, then the assistant secretary of state for African affairs, delivered testimony on a range of issues, and little Sierra Leone was high on the list. An elected civilian government led by a former British barrister named Ahmad Kabbah had been under siege for years by a rebel group known as the Revolutionary United Front, led by a Libyan-trained guerrilla named Foday Sankoh. Events were coming to a head.

Even by the standards of Africa in the 1990s, the RUF set a high bar for brutality. Its soldiers were mostly children, abducted from their parents, fed on a diet of cocaine and speed. Its funding came from blood diamonds. It was internationally famous for chopping off the limbs of its victims. Its military campaigns bore such names as « Operation No Living Thing. »

In January 1999, six months before Ms. Rice’s Senate testimony, the RUF laid siege to the capital city of Freetown. « The RUF burned down houses with their occupants still inside, hacked off limbs, gouged out eyes with knives, raped children, and gunned down scores of people in the street, » wrote Ryan Lizza in the New Republic. « In three weeks, the RUF killed some 6,000 people, mostly civilians. »

What to do with a group like this? The Clinton administration had an idea. Initiate a peace process.

It didn’t seem to matter that Sankoh was demonstrably evil and probably psychotic. It didn’t seem to matter, either, that he had violated previous agreements to end the war. « If you treat Sankoh like a statesman, he’ll be one, » was the operative theory at the State Department, according to one congressional staffer cited by Mr. Lizza. Instead of treating Sankoh as part of the problem, if not the problem itself, State would treat him as part of the solution. An RUF representative was invited to Washington for talks. Jesse Jackson was appointed to the position of President Clinton’s special envoy.

It would be tempting to blame Rev. Jackson for the debacle that would soon follow. But as Ms. Rice was keen to insist in her Senate testimony that June, it was the Africa hands at the State Department who were doing most of the heavy lifting.

« It’s been through active U.S. diplomacy behind the scenes, » she explained. « It hasn’t gotten a great deal of press coverage, that we and others saw the rebels and the government of Sierra Leone come to the negotiating table just a couple of weeks ago, in the context of a negotiated cease-fire, in which the United States played an important role. »

A month later, Ms. Rice got her wish with the signing of the Lomé Peace Accord. It was an extraordinary document. In the name of reconciliation, RUF fighters were given amnesty. Sankoh was made Sierra Leone’s vice president. To sweeten the deal, he was also put in charge of the commission overseeing the country’s diamond trade. All this was foisted on President Kabbah.

In September 1999, Ms. Rice praised the « hands-on efforts » of Rev. Jackson, U.S. Ambassador Joe Melrose « and many others » for helping bring about the Lomé agreement.

For months thereafter, Ms. Rice cheered the accords at every opportunity. Rev. Jackson, she said, had « played a particularly valuable role, » as had Howard Jeter, her deputy at State. In a Feb. 16, 2000, Q&A session with African journalists, she defended Sankoh’s participation in the government, noting that « there are many instances where peace agreements around the world have contemplated rebel movements converting themselves into political parties. »

What was more, the U.S. was even prepared to lend Sankoh a helping hand, provided he behaved himself. « Among the institutions of government that we are prepared to assist, » she said, « is of course the Commission on Resources which Mr. Sankoh heads. »

Of course.

Three months later, the RUF took 500 U.N. peacekeepers as hostages and was again threatening Freetown. Lomé had become a dead letter. The State Department sought to send Rev. Jackson again to the region, but he was so detested that his trip had to be canceled. The U.N.’s Kofi Annan begged for Britain’s help. Tony Blair obliged him.

« Over a number of weeks, » Mr. Blair recalls in his memoirs, British troops « did indeed sort out the RUF. . . . The RUF leader Foday Sankoh was arrested, and during the following months there was a buildup of the international presence, a collapse of the rebels and over time a program of comprehensive disarmament. . . . The country’s democracy was saved. »

Today Mr. Blair is a national hero in Sierra Leone. As for Ms. Rice and the administration she represented, history will deliver its own verdict.

Voir également:

Dancing Around Genocide

David Feith

The WSJ

December 5, 2012

Is promoting genocide a human-rights violation? You might think that’s an easy question. But it isn’t at Human Rights Watch, where a bitter debate is raging over how to describe Iran’s calls for the destruction of Israel. The infighting reveals a peculiar standard regarding dictatorships and human rights and especially the Jewish state.

Human Rights Watch is the George Soros-funded operation that has outsize influence in governments, newsrooms and classrooms world-wide. Some at the nonprofit want to denounce Iran’s regime for inciting genocide. « Sitting still while Iran claims a ‘justification to kill all Jews and annihilate Israel’ . . . is a position unworthy of our great organization, » Sid Sheinberg, the group’s vice chairman, wrote to colleagues in a recent email.

But Executive Director Kenneth Roth, who runs the nonprofit, strenuously disagrees.

Asked in 2010 about Iranian President Mahmoud Ahmadinejad’s statement that Israel « must be wiped off the map, » Mr. Roth suggested that the Iranian president has been misunderstood. « There was a real question as to whether he actually said that, » Mr. Roth told The New Republic, because the Persian language lacks an idiom for wiping off the map. Then again, Mr. Ahmadinejad’s own English-language website translated his words that way, and the main alternative translation— « eliminated from the pages of history »—is no more benign. Nor is Mr. Ahmadinejad an outlier in the regime. Iran’s top military officer declared earlier this year that « the Iranian nation is standing for its cause that is the full annihilation of Israel. »

Mr. Roth’s main claim is legalistic: Iran’s rhetoric doesn’t qualify as « incitement »—which is illegal under the United Nations Genocide Convention of 1948—but amounts merely to « advocacy, » which is legal.

« The theory » to which Human Rights Watch subscribes, he has written in internal emails, « is that in the case of advocacy, however hateful, there is time to dissuade—to rebut speech with speech— whereas in the case of incitement, the action being urged is so imminently connected to the speech in question that there is no time to dissuade. Incitement must be suppressed because it is tantamount to action. »

Mr. Roth added in another email: « Many of [Iran’s] statements are certainly reprehensible, but they are not incitement to genocide. No one has acted on them. »

Really? What about the officials, soldiers and scientists behind Iran’s nuclear program? Mostafa Ahmadi Roshan was a senior nuclear scientist until his death in a car explosion this year. His widow afterward boasted: « Mostafa’s ultimate goal was the annihilation of Israel. »

Hezbollah, the Lebanese terror group founded by the Tehran regime, is also unabashed about its motivations. Then there’s Hamas, the Tehran-backed Palestinian terror group whose founding charter declares that « Israel will exist and will continue to exist until Islam will obliterate it, just as it obliterated others before it. »

If building nuclear weapons and deploying Hezbollah and Hamas aren’t « action » in Mr. Roth’s view, what is? « Incitement to genocide did occur in Rwanda, » he has written to colleagues. « Radio Milles Collines identified the locations of Tutsis and directed organized gangs to hunt them down, which they promptly did, in real time. »

So if genocidal talk isn’t causing genocidal action in « real time, » Human Rights Watch must sit on its hands. That approach seems to miss the purpose of both the Genocide Convention—to stop genocide before it happens, not simply litigate it afterward—and of human-rights activism generally.

For decades Human Rights Watch has done brave reporting behind the Iron Curtain, in Saddam Hussein’s Iraq, communist China and other dark corners. Yet its silence on Iran’s genocidal rhetoric fits a pattern toward Israel.

Mr. Roth, when asked to comment for this article, said that a Human Rights Watch committee may review Iran’s rhetoric, but in his view Tehran isn’t inciting genocide and claims to the contrary are « part of an effort to beat the war drums against Iran. » In other words, Tehran will continue to call for Israel’s obliteration—and Human Rights Watch will continue to sit back and watch.

Mr. Feith is an assistant editorial features editor at the Journal

Voir de plus:

Democracy Promotion or Islamist Promotion?
Bruce Thornton
Frontpage Magazine

December 12, 2012

The hope that democracy would bloom in Egypt following our collusion in removing Hosni Mubarak looks more and more delusional every day. Even our foreign policy wishful thinkers are no longer peddling the canard that the Islamist Muslim Brotherhood is “secular” and “moderate,” thus proving that Muslims devoted to the global expansion of Islam and illiberal Sharia law can be liberal democrats friendly to our interests. But despite being mugged by the Islamist reality, too many democracy promoters in the West still refuse to acknowledge that the Iranian Revolution, not the American Revolution, is the likely model for the so-called “Arab Spring.”

The latest moves by president Mohammed Morsi to aggrandize Muslim Brotherhood power in Egypt would not surprise anyone even casually familiar with that organization’s aims and ideology. But even those presumably in the know still cling to the Western narrative predicated on Western assumptions. For example, New York Times Cairo bureau chief David Kirkpatrick recently said, “The Brotherhood, they’re politicians. They are not violent by nature, and they have over the last couple of decades evolved more and more into a moderate — conservative but religious, but moderate — regular old political force.” It takes just such a massive failure of imagination to ignore the illiberal and Islamist implications of Morsi’s recent autocratic behavior, which is consistent with nearly 90 years of Muslim Brotherhood jihadist goals like “the Koran is our law” and “death for the sake of Allah is the highest of our aspirations.” Is that not an aim “violent by nature”? What other global “regular old political force” endorses such illiberal aspirations? Like many Westerners, Kirkpatrick confuses pragmatism for moderation.

And don’t be fooled by the fact that Morsi’s November 22 decree insulating his actions from judicial review has been partially rescinded. The decree already has served its purpose. The Islamist-dominated assembly has finished writing the new constitution that enshrines Sharia law, and a referendum on it will be held on Saturday. Ominously, Morsi has deployed the army as “security,” giving it the right to arrest civilians. As the Wall Street Journal reports, “If voters pass the constitution on Saturday, it could give Islamists a nearly free hand to redraft the architecture of Egypt’s nascent democracy.” Andrew McCarthy last week quoted Morsi adviser Khairat al-Shater to give us a hint at what purpose that new constitutional structure would serve: “to subjugate people to God on earth” and “to organize our life and the lives of the people on the basis of Islam,” which is “our main and overall mission as Muslim Brothers.” As for Kirkpatrick’s old-fashioned pol Morsi, Freedom Center Shillman Fellow Raymond Ibrahim recently reported that a Muslim Brotherhood official said on Egyptian television that “Supreme Guide” Muhammed Badie “rules Morsi.” If true, this means an Egyptian government hostile to Israel and supportive of the terrorist gang Hamas, which like Badie explicitly endorses genocide, and committed to the “Grand Jihad” of subverting Western civilization from within.

But what about the protesters in Tahrir Square? Don’t they represent a significant liberal opposition to an Iran-like state arising in Egypt? We will know after Saturday, when a postponement of the referendum, or a result rejecting the constitution, will demonstrate that the thousands protesting in Cairo we see on the news represent the preferences of 83 million Egyptians we don’t see. But as Andrew Bostom reports, research by Vote Compass Egypt suggests that 70% of Egyptians will vote for a constitution that legalizes religious intolerance and ignores fundamental human rights, an outcome consistent with several years of polling in Egypt that consistently has found widespread support for Sharia law. Perhaps that’s why the liberals are trying to postpone the vote and are calling for a boycott. They understand that “democracy” understood only as popular sovereignty will lead to illiberal and tyrannical results. If you don’t believe them, listen to influential cleric Sheik Yasser Borhami, who said of the new constitution, “This constitution has more complete restraints on rights than ever existed before in any Egyptian constitution. This will not be a democracy that can allow what God forbids, or forbid what God allows.”

Meanwhile, another venue of revolution against a brutal dictator, Syria, also looks more and more likely to result in chaos favorable not to liberal democracy, but to the Muslim Brotherhood and the more explicitly jihadist gangs fighting against Assad. According to the New York Times, the al-Qaeda franchise Al-Nusra Front “has become one of the uprising’s most effective fighting forces” since “its fighters, a small minority of the rebels, have the boldness and skill to storm fortified positions and lead other battalions to capture military bases and oil fields. As their successes mount, they gather more weapons and attract more fighters.” Other Islamist groups were recently seen in a video leading a sing-along extolling terrorism, the destruction of the World Trade Center, and the Taliban. More frightening still, another video has surfaced that — assuming it’s authentic — shows the Free Syrian Army killing rabbits with some sort of poison gas.

But don’t worry, the new “opposition alliance” endorsed by France and the US is lead by Moaz al–Khatib. As J.E. Dyer reports, Khatib is “a Muslim Brotherhood member with a history of anti-Semitic, anti-Western statements, who has castigated as ‘revisionists’ fellow Muslims (like Alawites) whose beliefs differ on the margins, and who believes that the bombing of Israelis is ‘evidence of God’s justice.’” Yet despite all the signs that, as Frontpage’s Daniel Greenfield wrote recently, “Syria is coming down to a race between the Iranian allied Syrian government, the Muslim Brotherhood and Al Qaeda,” according to the London Sunday Times, “The United States is launching a covert operation to send weapons to Syrian rebels for the first time,” including “mortars, rocket-propelled grenades and anti-tank missiles.” Some of the weapons come from “the stockpiles of Muammar Gaddafi” and “include SA-7 missiles, which can be used to shoot down aircraft.” It’s looking more and more like a reprise of the debacle in Libya, where US military power was used to arm and empower jihadist gangs like the one that assassinated 4 Americans in Benghazi.

So this is what ten years of democracy promotion in the Middle East have brought us: illiberal states increasingly dominated by unstable mixtures of jihadist terrorists and more tactically savvy Islamists like the Muslim Brotherhood who both share the goal of creating some version of Iran’s Islamic government. In short, we will have colluded in creating states hostile to our interests and security, and those of our closest ally in the region, Israel. Such are the fruits of foreign policy wishful thinking.

Voir enfin:

Shock Therapy’s Unsung Hero

Edward Lucas

The WSJ

December 11, 2012

The causes of modern economic growth are one great mystery, the sources of Russia’s plight another. Only someone with the intellectual ambition of Yegor Gaidar would try to penetrate both mysteries in a single volume.

Gaidar was for two decades one of the most important intellectual forces in Russia. As deputy prime minister he launched the country’s sprint to a market economy in November 1991, amid the ruins of the Soviet system. Personally austere and intellectually rigorous, he despised the corruption and cronyism that took root in Russia in the 1990s. But he was still more disillusioned by the authoritarian course plotted by Vladimir Putin after he became president in 2000. Gaidar died in 2009, at age 53.

« Russia: A Long View » synthesizes this remarkable man’s thinking about economics, history and politics. It ranges from the puzzles of slowing GDP per capita in the agrarian societies of the Neolithic Age to the quirks of alcohol consumption in 19th-century Germany. It is an uncompromising tombstone of a book, first published in Russia in 2005 but only posthumously in English, in an exemplary translation by Antonina W. Bouis.

Despite its Russo-centric title, Anders Åslund, the Swedish economist, describes « Russia: A Long View, » in the book’s foreword, as one of the best single-volume economic histories of the world ever written.

It opens with a survey of Marxist analysis of economic growth. Gaidar has some sympathy for Karl Marx himself, who in Gaidar’s view saw the weaknesses in his own theories more clearly than his followers did. But he blasts the Marxist simplicities that surrounded much Soviet-era thinking about economic development—in particular the Marxian assumption that economies conform to « the iron laws of history. » Far from obeying iron laws, Gaidar says, modern economies find themselves subject to « an incomplete, continuing process of dynamic transformations without precedent in world history. »

Having established his theoretical framework, Gaidar turns to the root causes of Russia’s backwardness. He places special emphasis on the eclipse of the self-governing medieval republic of Novgorod in northern Russia, a polity akin, he says, to Italy’s then-thriving city-states.

When Novgorod was subjugated by Moscow in the 15th century, becoming part of Russia’s vast feudal apparatus, Russia became separated « culturally, religiously, politically and ideologically from the center of innovation that Western Europe was rapidly becoming. » Whereas elements of a « taxpayers’ based democracy » were becoming entrenched in Europe, Russia’s system was of the « Eastern despotic type, » based on maximizing the resources that the state could extract from the peasant population.

In the years before the Russian Revolution, Gaidar argues, the country was beginning to shed the burden of its past, with urbanization and fast economic growth narrowing the gap with Europe. But communist economics brought a sharply different course, marked by the state ownership of property, the bureaucratic allocation of resources, forced industrialization, militarism and ruthless political repression.

The economic growth that followed the revolution was fitful and unsustainable, Gaidar notes, recapitulating a theme of his earlier book, « Collapse of an Empire. » In « Russia: A Long View, » he turns quickly to the months after the Soviet collapse, citing the graphic memorandums about impending famine and social breakdown that piled up on his desk in November 1991. He rebuts several ideas about what happened at that time, including the bogus claim that economic reform caused the crisis—i.e., that price liberalization, monetary stabilization and privatization resulted in a catastrophic fall in output.

Such a claim, Gaidar says, comes from viewing the problem the wrong way round. Soviet money wasn’t real money, just as Soviet output wasn’t real production. The economy created goods and services that nobody wanted via processes that destroyed value rather than creating it. Ending phony incentives to produce was bound to send recorded output crashing down. Reform was necessary because the Soviet leadership had bequeathed a crisis that threatened the country’s very existence.

Gaidar concludes by assessing Russia’s current leadership. « It is not hard to be popular and have political support, » he writes, « when you have ten years of growth of real income at 10 percent a year. » But that era is over. The regime must now choose between repression (« tempting but suicidal ») and what he calls « regulated liberalization. »

In particular, he argues that Russia needs to restore freedom of speech, open up its process of decision- making, institute an independent judiciary and wage a « war on corruption. » Taiwan, Spain and Chile, he says, offer examples of how to do it. It would be a task worthy of Gaidar’s own talents, if only he were around to offer them.

Mr. Lucas is the author of « Deception, » a new book on Russian espionage, and « The New Cold War: Putin’s Russia and the Threat to the West. »

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