Polémique Arte: Vous avez dit accablant ? (The worst documentary on antisemitism, except for all the others)

23 juin, 2017

Présidence Macron: Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir (French-German broadcaster drops documentary for spilling the beans on the inherently anti-Semitic nature of anti-Zionism)

14 juin, 2017

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a "pro-Israel" light.

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The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings. The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves. The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003. The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ (…) In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation. In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts. That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation. By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum. (…) The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact. Amy Elman
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Mais est ce-que quelqu’un peut penser raisonnablement que élu président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti ? Moi je n’y crois pas. Mais non seulement ça n’est pas possible, mais ça n’est pas souhaitable, car ce serait un hold-up. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. Corinne Lepage (2004)
« Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire. Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires. Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique. Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite. Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique. C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. (…) Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus. « On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ». De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles. La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. (…) Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul. Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019? Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen. The Huffington Post
The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives. These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us. Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities? In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges. Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all? The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance. In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent. Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.” Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists). But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”. (…) We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations. Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society. So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood. We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all. The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives. Melanie Phillips
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Souvenez-vous, le 25 mars dernier, un camion avait roulé sur une dizaine de tombes juives dans le cimetière de Pantin. Des sites communautaires avaient alors crié au scandale, même s’il avait été clairement établi qu’il ne s’agissait que d’un simple accident. Le 4 avril, soit une semaine plus tard, on apprend la mort de cette femme. Cette affaire intervient dans un moment de doute et de peur du FN. Les sites communautaires basculent en faveur de Macron. Médias et institution judiciaire se montrent alors extrêmement prudents sur ce meurtre. Au fond, tout le monde redoute que cette affaire ne fasse exploser les votes en faveur du FN. Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption. (…) L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits. (…) Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister… Céline Pina
L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules. C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée. Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables. C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».  (…) Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière… Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public. Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…» Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes». Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république. Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique» On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire. (…) Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique. Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…» Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche. C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier. Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés. Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter. Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs. À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive». De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux. Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison. Gilles-William Goldnadel 
Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. Ahmad Mansour (psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé)
Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée. Marco Nassivera (directeur de l’information d’Arte)
Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé. Alain Le Diberder (directeur des programmes d’Arte)
Ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.(…) cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter. Catherine Dupeyron
La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme. On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders. Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs. Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes. Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (…)  Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord (…) Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (…), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris… Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune… (…) Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle … Luc Rosenzweig
Je vais donner un exemple français. Parce qu’on ne voit plus que la Shoah, on ne comprend pas que l’antisémitisme qui se développe en France n’est pas de même nature. Ca n’est pas nazi, ça n’est pas la Nuit de Cristal, c’est autre chose. Je vous donnerai un exemple. Dans ce domaine, qui illustre mon propos au moment du meurtre d’Ilan Halimi en 2006, qui est un meurtre crapuleux mais aussi un meurtre antisémite. Non, on a du mal à comprendre que l’histoire ne se répète jamais, absolument jamais, et que donc que les formes de l’antisémitisme et ou de tout autre phénomène d’ailleurs, sont toujours nouvelles. Ca nous empêche de penser le présent, si vous voulez. C’est ça, le paradoxe. Ce qui était normalement une leçon d’histoire qui nous permettrait de mieux comprendre le présent, nous empêche aujourd’hui de le comprendre. c’est à force de l’enseignement de ne présenter les juifs que comme des victimes, on finit par croire qu’il n’y a pas de civilisation juive et que les juifs n’ont pas de raison d’existence que pour mourir. (…) L’histoire du sionisme est totalement inculpé. Finalement, à force de présenter les juifs essentiellement comme de victimes, on les socialise comme des victimes et c’est une façon qu’en les défendant on finit presque par justifier la persécution à venir demain. Georges Bensoussan
Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter. (…) Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France (…) la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien … Valeurs actuelles

Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir !

Alors qu’après le hold up électoral que l’on sait à la présidentielle

Entre, au premier comme au deuxième tour, assassinat politique et excommunication des adversaires …

Et la mise à l’écart de plus de la moitié des électeurs qui a suivi au premier tour des législatives …

La machine infernale médiatico-juridique est en train de dévorer à son tour ceux là mêmes qu’elle avait portés au pouvoir

Y compris, l’histoire est décidément sans pitié, le nouveau ministre de la justice

Au moment même où il s’apprête à présenter sa loi de moralisation de la vie publique …

Quel meilleur et plus inquiétant exemple …

De la continuation sous la présidence Macron …

De ce déni du réel devenu devoir civique

Après l’occultation pendant la campagne de la défenestration par l’un de ses voisins musulmans d’une vieille dame juive en plein coeur de Paris …

Que ce reportage qu’Arte vient de déprogrammer …

Pour ne s’être pas « cantonné à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite » …

Et d’avoir révélé derrière la nouvelles alliance entre les gauchistes en perte de vitesse idéologique et leur nouveau prolétariat messianique chez les enfants d’immigrés musulmans …

La nature intrinsèquement antisémite de l’antisionisme actuel ?

CACHEZ CET ANTISÉMITISME QUE JE NE SAURAIS VOIR
Allegra
On sait maintenant la chape de plomb médiatique qui a pesé sur l’affaire du meurtre atroce de Sarah Halimi. Cet antisémitisme-là ne peut pas être mis en lumière. Parce qu’il l’avait illustré, Georges Bensoussan en a fait les frais. Comme on doit faire silence sur la traite négrière quand elle n’est pas le fait de l’Occident. Sinon, il vous en coûtera. Vous serez mis sur la sellette, et accusé de racisme.Ce que l’on connaît moins  c’est que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive…(celle qui sévit dans certains pays et dans une partie de la population française, pas celle qui existe souvent à l’extrême droite qui peut être nommée sans problème) était trop mise en lumière…Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.Luc Rosenzweig, ex-journaliste à Libération, devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite, explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»  (d’après William Goldnadel ici).Rosenzweig, qui a visionné le film, explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».Marlène Schiappa, la nouvelle Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes, s’empresse également  de pousser une certaine crasse antisémite sous le tapis, et elle peut alors bravement annoncer qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans les quartiers populaires.Nos idéologues sont pris le nez dans le pot de confiture, et pourtant ils disent qu’ils n’ont jamais vu ce pot.Mais le déni de réalité est un dangereux cancer continuellement alimenté par des choix idéologiques. Les cancers tuent. Jusqu’où nous conduira celui-ci ?
Voir aussi:

Censure. Un documentaire portant sur l’antisémitisme arabo-musulman aurait dû être diffusé prochainement sur Arte. Mais la chaine franco-allemande a décidé de le déprogrammer. Outre-Rhin, la polémique enfle et on demande les images.
Rachel Binhas 
Valeurs actuelles
12 juin 2017

Depuis quelques semaines, la controverse autour du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe (Auserwählt und ausgegrenzt – Der Hass auf Juden in Europa) ne faiblit pas au pays de Goethe, bien au contraire. Bild, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Der Spiegel… autant de titres allemands qui se sont emparés de l’affaire.

Le 26 avril dernier, Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte, prenait la décision de ne pas diffuser un documentaire pourtant commandé deux ans auparavant. Ecrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner, le projet, financé par la chaine allemande WDR, avait pourtant reçu la bénédiction d’Arte lors de la conférence des programmes. De l’Allemagne à la France, en passant par Israël et les territoires palestiniens, le documentaire dresse le tableau de l’antisémitisme qui a cours dans les milieux d’extrême droite et arabo-musulmans, à Gaza ou dans les banlieues françaises. Et c’est là où le bât blesse…

La chaine, à l’aise quand il s’agit de dénoncer l’Holocauste, n’aurait pas apprécié l’accent mis sur l’antisémitisme qui se cache derrière une obsession antisioniste.

Bras de fer avec Arte

Déjà, en 2015, Joachim Schroeder s’était heurté aux objections d’Arte France qui voyait d’un mauvais œil la production d’un film dont la ligne éditoriale semblait diverger avec celle de la chaine. “Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée” confiera le directeur de l’information d’Arte, Marco Nassivera, au cinéaste. Si Arte France est plus que réservé, Arte Allemagne appuie le projet. Cherchant à se rassurer, Alain Le Diberder exige un coauteur au film : Ahmad Mansour, psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé. Par manque de temps, celui-ci proposera à Joachim Schroeder d’assurer une mission de consultant à chaque étape de la réalisation. Sophie Hafner cosignera les 90 minutes.

En décembre 2016, le film est envoyé à la direction de l’information d’Arte qui refuse de le traduire. Le couperet tombe : “Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé” affirme Alain Le Diberder. Une première pour les réalisateurs.

Les images interdites

Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter.

“Je suis surpris qu’une chaîne publique renommée comme Arte ait un problème avec la réalité” réagit Ahmad Mansour. Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France, “ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.” Selon elle, la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien : “cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, regrette-t-elle, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter.”

Seul espoir à présent, que la chaine WDR, voyant la polémique grandir, trouve un accord avec Alain Le Diberder pour diffuser les 90 minutes. “J’ai espoir que les choses évoluent” confie Joachim Schroeder. Désormais, la balle est dans le camp d’Arte.

Voir également:

Antisémitisme en banlieue: Arte censure un documentaire

Pas en adéquation avec sa ligne éditoriale…

Luc Rosenzweig
Causeur

01 juin 2017

La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme.

On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte.

Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande.

Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders.

Sur Arte, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à parler du nazisme et à mettre en accusation toutes les déclinaisons de l’extrême droite, du FN à Geert Wilders

Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs.

Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes.

Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (Cet extrait est une traduction de la lettre adressée en allemand aux responsables du pôle allemand d’Arte, dont la direction, contactée par nos soins, a refusé de nous transmettre sa version originale en français.) Précisons qu’Alain Le Diberder ne parle pas un mot d’allemand, et que le film qu’il condamne n’a pas de version française…

Un film remarquable

Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord, il poursuit : « Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. »

Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (dont nous publions ci-dessous la réponse à nos questions), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris…

Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune…

Une mise au pas idéologique d’Arte

Cette lamentable affaire pourrait être une péripétie, un dérapage isolé au sein d’une institution médiatique publique, comme il ne peut manquer de s’en produire dans un monde soumis aux tensions et pressions à l’œuvre dans les sphères du pouvoir et dans la société.

Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle depuis le départ de Jérôme Clément et de ses principaux collaborateurs de la direction d’Arte. En témoigne l’exclusion des programmes de Daniel Leconte, producteur depuis deux décennies de documentaires pour des soirées Thema qui abordaient, sans complexes ni inhibitions, ce type de sujets dérangeants. La nouvelle présidente d’Arte, Véronique Cayla, voulait explicitement la peau de Leconte dès son arrivée. Et elle l’a eue. Dans le milieu des auteurs et producteurs de documentaires, il est maintenant acté qu’il y a des sujets impossibles à faire passer sur Arte. Seules la dureté du marché et la rareté des cases documentaires sur les chaînes de télé les retiennent, pour l’instant, de dénoncer publiquement cet état de fait.

Sabine Rollberg, elle aussi, jette l’éponge. Elle a demandé sa mise en retraite anticipée de la WDR, qui interviendra cet automne. Cette parfaite francophone, qui a participé à l’aventure d’Arte depuis sa création en 1992, est fatiguée de se battre, telle la chèvre de M. Seguin, contre le pôle allemand d’Arte qui considère cette chaîne comme une vache à lait destinée à financer des programmes conçus pour le seul public allemand, et une direction française qui a une conception du pluralisme dans la culture et l’information plus proche de celles d’unVladimir Poutine et d’un Recep Tayyip Erdogan que d’une grande démocratie occidentale.

Réponse d’Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte GEIE, à Causeur

Strasbourg, 5 mai 2017

ARTE, chaîne franco-allemande, n’est pas une chaîne comme les autres, au sens où ses programmes proviennent de plusieurs pôles, répartis sur une quinzaine de sites en France et en Allemagne. Dès lors, depuis 25 ans, elle a dû adopter un fonctionnement original par rapport à ses confrères, certes plus lourd mais tout à fait transparent et contrôlable par tous. Une conférence des programmes, composée de quatre Allemands et de quatre Français, se réunit une fois par mois et accepte des projets après concertation. Par ses textes fondateurs, ARTE s’interdit de diffuser un programme qui n’a pas été accepté par la conférence, ou qui ne serait pas tel qu’il a été accepté par la conférence.

ARTE, chaîne résolument engagée contre l’antisémitisme, comme 25 ans de programmation en font foi, a ainsi accepté la proposition de la chaîne allemande WDR d’un programme présentant un panorama de la montée récente de l’antisémitisme en Europe. Il devait s’intégrer aux nombreuses émissions qu’ARTE consacre à l’Europe, autre thème cher à la chaîne, en particulier en cette année 2017 aux enjeux particulièrement importants. Le programme qui a été livré porte essentiellement sur le Moyen-Orient. Nous ne pouvions donc pas l’accepter. Cette position n’a rien à voir avec un quelconque jugement sur la qualité du film, et encore moins sur les thèses qu’il défend. Mais nous ne pouvons pas laisser l’initiative à un tiers de ne pas respecter nos procédures, quel que soit le thème du film, et de décider tout seul ce que nous devons ou pouvons diffuser. Ces « procédures » ne sont pas bureaucratiques, mais sont destinées au contraire à éviter tout arbitraire. Il ne s’agit donc pas d’un « blocage de la diffusion » ni d’un quelconque jugement de fond, mais bien de l’exercice de nos responsabilités collectives, dans le cadre de nos textes fondateurs. 

Voir de plus:

Franco-German TV network drops film on antisemitism because it is ‘pro-Israel’

Benjamin Weinthal
The Jerusalem Post
June 7, 2017

Television network ARTE is facing some serious backlash after deciding to drop a film it commissioned about antisemitism in Europe.

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a « pro-Israel » light. . (photo credit:screenshot)

Editors from the Franco- German TV network ARTE have reneged on showing a widely acclaimed documentary on the explosion of lethal antisemitism in Europe, because the film is considered pro-Israel.

ARTE commissioned the 90-minute documentary, Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe, in 2015.

Joachim Schroeder, who filmed the documentary, told The Jerusalem Post on Tuesday that the editors failed to recognize that “modern antisemitism is anti-Zionism.”

He added that there is fierce opposition within European television outlets to refrain from bashing Israel.

“You can’t make a film on antisemitism without saying every three minutes that the Palestinians are the victims of Israelis.”

Le Monde wrote in its headline about the row: “ARTE, a hint of the censor.”

Schroeder, along with Sophie Hafner from his Munich-based Preview Production company, covered the most serious outbreaks of violent antisemitism in Europe in the film, including the Islamic-animated murders of French Jews and Israelis in Belgium and France.

European political support of antisemitism targeting Israel is presented in the film, including a speech by the Palestinian Authority’s Mahmoud Abbas who told European lawmakers that rabbis urged Israel’s government to poison Arab water supplies.

The European Parliament rewarded Abbas with a standing ovation.

According to The New York Times, Abbas’s speech of June 23, 2016, recalled “antisemitic claims that led to the mass killings of European Jews in medieval times.” Martin Schulz, then-president of the European Parliament and currently the Social Democratic challenger to Chancellor Angela Merkel for the leadership of the German government, praised Abbas’s speech.

The film shows the growth of the BDS campaign targeting the Jewish state. The research into the film covered a BDS event in Munich, which in 2015 provided city-funded space to Christoph Glanz, a leading BDS advocate, to call for the boycott of Israel.

The Simon Wiesenthal Center cited Glanz, a public school teacher in the northern city of Oldenburg, in its list of the Top Ten Worst Anti-Semitic/ Anti-Israel Incidents in 2016.

“Glanz, who has tried posing as a Jew to avoid charges of antisemitism, recently called for the eradication of the State of Israel and relocation of its Jews to southwestern Germany,” the Wiesenthal Center noted.

Leading experts on antisemitism, Islamism and German history endorsed the film as an outstanding exposé on the new forms of antisemitism plaguing Europe.

Writing in the Berliner Zeitung daily, Götz Aly, a German historian who has written books about antisemitism, said ARTE’s decision to not show the film “stinks to high heaven.” He spoke of a censor at work. ARTE and its sister outlet in Germany, WDR, are publicly funded outlets.

Israeli-Arab psychologist Ahmed Mansour, in an email to Sabine Rollberg, the Cologne-based editor-in-chief of WDR/ARTE, said the film was “great” and “long-overdue.”

Mansour lives in Germany and is an expert on radicalization among Muslims.

Rollberg faced massive criticism because she voted at an editorial meeting to show the film. According to German media reports, ARTE editors ultimately decided not to show Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe because “The film is a provocation,” “The film pours oil into the fire,” “The film shouldn’t be shown because of terrorism,” “The film is anti-Protestant, anti-Muslim and pro-Israeli,” “The film is biased.”

ARTE, in a statement on Tuesday, said the accusation of antisemitism leveled against it is “grotesque,” and that for it “can attest to its engagement against antisemitism for the past 25 years and it will continue to do so in the future.”

ARTE claimed that Schroeder violated its program plan and focused largely on the Middle East, and did not address antisemitism in Norway, Sweden, the UK, Hungary and Greece.

Schroeder flatly denied ARTE’s account, saying that he delivered by filming antisemitism in Germany and France. A 90-minute film can’t possibly cover antisemitism “from Oslo to Minsk,” he added.

WDR said it “respects ARTE’s decision” and “rejects the accusation of antisemitism.”

Alex Feuerherdt, a journalist who has written extensively on German antisemitism, rejected ARTE’s assertion that it fights antisemitism. “ARTE has always in the past showed films in its program that present Israel in a dark light,” he noted.

A Post query to Tom Buhrow, the head of WDR in Cologne, was not immediately returned.

Voir encore:

G-W Goldnadel : « Ce que révèle l’indifférence vis-à-vis de la mort de Sarah Halimi »
Gilles William Goldnadel
Le Figaro
22/05/2017

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Dans sa chronique, Gilles-William Goldnadel dénonce l’occultation de la réalité qui entoure le « nouvel antisémitisme » en France. Avocat de la famille de Sarah Halimi, il revient notamment sur son assassinat, d’une violence inouïe.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules.

C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée.

Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables.

C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».

Son auteur s’appelle Luc Rosenzweig. Après avoir officié longtemps dans les colonnes du journal Libération, il est devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite.

Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière…

Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.

Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»

Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».

Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république.

Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique»

On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire.

Je précise, pour mettre en perspective, que le CSA ne s’était pas saisi, pas plus qu’il n’a encore répondu à ma saisine, des appels au meurtre d’un président démocratiquement élu à la présidence des Etats-Unis tenus par Laurent Ruquier sur la deuxième chaîne nationale de service public.

Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique.

Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…»

Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche.

C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier.

Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés.

Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter.

Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs.

À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive».

De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux.

Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison.

Mais ce qui serre le plus le cœur de l’homme et de l’avocat, ce qui révolte son esprit, ce qui fait chavirer son âme pourtant douloureusement habituée, s’appelle l’indifférence publique.

Je ne parle pas de l’opinion. La malheureuse est égarée depuis trop longtemps par ceux qui la font et la trompent, et lui montrent ce qu’ils veulent, et lui cachent ce qu’ils ne veulent montrer.

L’idéologie est un mauvais génie.

Elle s’appelait Sarah Halimi.

Voir par ailleurs:

Meurtre de Sarah Halimi : un appel pour que la lumière soit faite

Une quinzaine d’intellectuels français ont signé un appel pour que la vérité autour de ce meurtre soit enfin dite. L’essayiste Céline Pina nous explique pourquoi.

Le Point

02/06/2017

Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption.

Pensez-vous que l ‘institution judiciaire a fait preuve d ‘un doute coupable sur ce dossier ?

L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits.

Est-ce un meurtre à caractère antisémite ? Un acte terroriste ? Un coup de folie ?

Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister…

Voir aussi:

Ferrand, Sarnez, Bayrou… La spirale sans fin de la moralisation

Même sans suite judiciaire, les soupçons sur l’exemplarité des ministres sont devenus un motif d’appel à la démission. Pour le meilleur et pour le pire
Geoffroy Clavel
The Huffington Post
31/05/2017

POLITIQUE – « Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires.

Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique.

La polémique Ferrand n’est pas l’affaire Fillon: et alors?

Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite.

Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique.

C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. « La loi, elle ne suffit pas, il faut un climat de confiance. Il faut trouver un moyen d’éradiquer le doute », a renchéri la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les Français ne leurs donnent pas tort. 70% des personnes interrogées par Harris Interactive pour RMC et Atlantico estiment que le ministre de la Cohésion des territoires doit démissionner contre 30% qui estiment qu’il peut rester en place. D’après cette enquête, 73% des personnes interrogées jugent que les faits reprochés à Richard Ferrand sont graves.

Une dénonciation politique se mue en motif de démission

Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus.

« On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ».

De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles.

La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. Selon l’étude Harris Interactive, 65% des Français jugent que les faits qui lui sont reprochés sont graves. 62% estiment qu’elle devrait démissionner.

La mise en examen, un critère bancal de démission

Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul.

Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019?

Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen.

Voir de même:

Gilles Kepel : « Les islamo-gauchistes, ces charlatans ! »

Dans l’entretien qu’il nous accordait à l’occasion de la sortie de son livre « la Fracture », Gilles Kepel accusait une partie des intellectuels de gauche, idéologues utiles des islamistes, de minimiser le phénomène djihadiste. Une cécité criminelle, dénonce le spécialiste de l’islam.

Sara Daniel
L’Obs
02 novembre 2016

Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’Ecole normale supérieure et professeur à Sciences-Po, Gilles Kepel publie cette semaine chez Gallimard « la Fracture », un livre conçu autour des chroniques radiophoniques qu’il a tenues chaque semaine sur France-Culture. Entretien.

Dans votre livre, vous dénoncez violemment « les autruches de la pensée dénégationniste », qui situent la cause du mal absolu dans l’islamophobie, notion que les islamistes et leurs compagnons de route ont fini par imposer pour interdire, dites-vous, tout débat sur la deuxième religion de France. A l’heure où le débat politique sur l’islam n’en finit pas de se crisper, y avait-il urgence à dénoncer le fonctionnement de ceux que vous qualifiez d' »islamo-gauchistes » ?

Oui, car ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ».

Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe.

Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche.

Selon vous, la fracture culturelle et civilisationnelle de la société française apparaît à la faveur des attentats du 7 janvier?

Précisément, ce qui fait que, du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ».

Dans votre livre, vous revisitez l’incroyable enchaînement des faits de l’été 2016 : de l’attentat de Nice à l’irruption de la question du burkini dans le débat public.

L’attentat à Nice le 14 juillet tue 86 personnes sur la promenade des Anglais, parmi lesquels du reste plus du tiers sont des musulmans (30 personnes). La cible est double. D’un côté, c’est le symbole de la « fête païenne » du 14-Juillet. La Révolution française se produit au même moment que l’émergence du wahhabisme en Arabie saoudite, c’est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle, et en est l’exact contraire. Une victoire de la laïcité détestée. En même temps, l’attentat survient sur le lieu emblématique de l’hédonisme mondialisé. La promenade des Anglais, comme son nom l’indique, c’est international, c’est connu dans le monde entier. La French Riviera, la Côte d’Azur… Un attentat contre la civilisation hédoniste européenne.

Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau.

Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes.

Vous dites que se produit alors un refoulement psychanalytique, qui est l’occultation des attentats?

Oui, ce qui me ramène à une expérience personnelle. Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan.

Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar.

Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire.

Qui est Marwan Muhammad ?

C’est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix.

Certains positionnements par rapport à l’affaire du burkini ont ainsi été conditionnés par la perspective des élections législatives de 2017.

Selon vous, l’affaire du burkini a donc été instrumentalisée à la fois par les islamistes au service d’une stratégie de construction identitaire et par les politiques par calcul électoral?

Oui, et aussi, pour certains politiciens, par idéologie. Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental.

Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite.

D’ailleurs, dans un de vos livres précédents, « Passion française », vous décriviez la présence de candidats soraliens musulmans en banlieue aux élections de 2012…

Oui, ils s’inventent une vision du monde commune et paradoxale sur la base d’une « alliance anticapitaliste et antisioniste ». Lorsque Daech égorge des gens dans des vidéos, Soral et Dieudonné se gaussent de l’horreur que ressent la société en disant : mais, après tout, ça nous rappelle quelque chose, la « Terreur » n’était-elle pas le fondement de la Révolution ? Et la démocratie, la laïcité dont on se gargarise, sont bâties sur la décapitation de Louis XVI. Rachid Kassim, qui tient les têtes des chiites qu’il a exécutés, avant de faire un slam qu’il adresse à François Hollande, s’inscrirait dans cette continuité.

Comment expliquer l’omniprésence de l’islam dans les débats de la campagne électorale?

Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité.

A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues.

En 2012, les électeurs se déclarant musulmans ont voté majoritairement à gauche. Et, en 2017, comment vont-ils voter?

En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement.

La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme.

C’est la grande question qui déchire les spécialistes de l’islam : le salafisme conduit-il au jihadisme ? Peut-on dire qu’il est en expansion en France ?

Le mouvement salafiste émerge en France dans les années 1990, après que beaucoup de jeunes musulmans de l’époque ont soutenu Saddam Hussein contre l’Arabie saoudite, qui pourtant avait abondamment financé les mosquées. Pour regagner les cœurs, les Saoudiens vont envoyer de nombreux prédicateurs avec beaucoup d’argent pour développer des allégeances au salafisme en France. Ils ciblent les populations fragiles et en particulier les enfants de harkis, que ceux du FLN stigmatisent comme des agents de la France. Certains jeunes descendants de harkis, à ce moment-là, vont voir dans l’exacerbation de l’identité islamique une occasion de se défendre contre les gosses du FLN en se drapant dans le manteau du salafisme. Ce salafisme va se répandre dans la jeunesse en même temps que la situation sociale se dégrade dans les quartiers populaires. Lorsque j’ai publié en 1987 « les Banlieues de l’islam », les marqueurs de la salafisation (barbes, djellabas et niqabs) étaient inexistants. Un quart de siècle plus tard, ils sont monnaie courante.

Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront.

Olivier Roy réfute la thèse selon laquelle le jihadisme découle d’une radicalisation religieuse, et vous accuse de tout islamiser…

Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays.

Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène.

Donc vous rejetez complètement la thèse qui explique la tentation jihadiste par l’islamisation de la radicalité d’une partie de la jeunesse, et dont le meilleur argument, semble-t-il, réside dans le constat de l’analphabétisme doctrinal des terroristes ?

Mais au nom de quoi les jihadistes devraient-ils tous être des docteurs d’université !? Ça n’a jamais été le cas. Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément.

Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde.

Comment combattre cette tentation jihadiste ?

En posant d’abord un diagnostic juste sur ce qui se passe en France. Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites.

Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent…

L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans…

Propos recueillis par Sara Daniel

* Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’École normale supérieure et professeur à Sciences-Po.

Voir aussi:

The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all?

The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam. Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing some of them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”.

In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

The chances of any of these measures being taken, though, are slim. There will be inevitable claims that judge-made human rights law, which has often protected the “rights” of extremists rather than their victims, cannot be set aside without “destroying British values”.

Jihadist terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

 Voir également:

What must be done to stop terror in Londonistan

June 7, 2017

In the wake of the latest Islamist atrocities in Britain, the murderous vehicular rampage on London Bridge and then the frenzied stabbing of people enjoying a Saturday night out in local eateries, the ensuing blame game has merely highlighted the need to start facing up to what it takes to defend a free society.

Join me here for my take on these grievous events and what Britain should now be doing. A transcript follows below the video.

Does the Prime Minister read my column? In yesterday’s Times, I wrote that the chances of Theresa May doing what needs to be done to tackle Islamist extremism and terrorism are slim because of the constraints of human rights law.

Lo and behold: last night Mrs May announced she would take further condign measures, such as making it easier to deport extremists and restricting the movements of terrorism suspects when there was evidence they posed a threat but which wasn’t enough to present to a court.

“If human rights laws get in the way of doing those things,” she said, “we will change those laws to make sure we can do them”.

Well, I’ll believe that when I see it. The hue and cry that she is proposing to “rip up human rights laws”, as the Guardian put it in its usual tendentious manner, has already started.

The former Director of Public Prosecutions and Labour’s shadow Brexit spokesman, Sir Keir Starmer, claimed on the Today programme this morning (0810) that human rights law had never prevented any Islamist extremist from being properly dealt with. Yet in case after case human rights law has prevented deportations from taking place on the grounds that the suspect’s right to family life takes precedence, or the absence of human rights in the country to which he would be deported meant he couldn’t be sent there, and so on.

The Labour leader, Jeremy Corbyn, says would-be terrorists won’t be deterred by restricting our rights at home. Instead he’s been blaming Mrs May for failing to keep Britain safe from terrorist attacks.

Coming from him, this charge is just astounding. For Corbyn and his Labour party colleagues, backed by the judiciary and the civil liberties lobby, opposed just about every single attempt over the years to beef up security on the grounds that these measures supposedly eroded fundamental human rights. The human rights, that is, of the extremists and terrorists rather than their victims’ right to life and safety.

Faced with the courts’ refusal to deport, the government wanted to lock upon foreign terror suspects. Faced with protests that such detention without trial breached suspects’ human rights, the government introduced control orders. Face with protests that control orders breached suspects’ human rights, the government introduced the deeply inadequate T-PIM restrictions. Yet despite having helped emasculate, cripple and paralyse Britain’s security, the Corbyn Labour party has the gall to pose, on the eve of the general election, as the guardians of public safety.

In the wake of the recent atrocities in London and Manchester there are indeed legitimate and necessary questions to be asked about intelligence and policing mistakes. We’ve learned, for example, that some of these terrorists were on the security radar for a while but then dropped off.

But the police and security service have been foiling plot after Islamist plot: five over the last three months, in addition to the three attacks that tragically did succeed during this period. Maybe there are just too many Islamists in Britain nowadays to cope with. MI5 is monitoring no fewer than 3,500 homegrown terrorist suspects. So it’s not surprising that Britain’s top counter-terrorism police officer, Mark Rowley, says Britain needs to radically rethink its strategy because the terrorism threat is now at a “completely different” level of danger.

But any such new strategy will also fail unless basic assumptions change. Because the elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge attack, Britain is still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers” or “sick cowards”, as some have described them. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In an article in The Times, the Communities Secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions” and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s really the case then why should Muslims need to do anything at all?

The west views Islam through its own cultural prism which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

In Australia Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia Muslim cleric who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadi Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world.

Which is why in 2015 Egypt’s President Abdel Fattah al Sisi remarkably told the imams of al Azhar university in Cairo – the epicentre of Islamic doctrinal edicts – that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants” and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam.

Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. A poll of British Muslims last year found that nearly a quarter wanted sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent – equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. Only one in three would report to the police someone supporting terrorism in Syria.

In other words, we need to see jihadi Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw sharia courts because, since sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

Subversion is the attempt to undermine and overthrow our free society. But the very concept of subversion has become identified with a suppression of free speech. The website of MI5 states:

“During much of the 20th century, subversion was a major concern for MI5. This threat diminished sharply following the end of the Cold War. We no longer undertake counter-subversion work, and would only resume doing so if our monitoring of emerging threats suggested an increase in the subversive threat”.

But the Islamic jihad aims to overthrow and conquer western society through both violence and cultural takeover. The Muslim Brotherhood has a stated programme of infiltrating western institutions to achieve that end. I’d say that represented a pretty major increase in the subversive threat, wouldn’t you? Isn’t it time the government banned the Muslim Brotherhood from Britain? Isn’t it time MI5 woke up from its politically-correct torpor to bring counter-subversion back from exile?

As I’ve said, though, any such measures will be opposed with inevitable claims that they will “cause social division” or “destroy British values”. Such protests are already being made.

Jihadi terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

Voir enfin:

Macron: “La langue française n’a pas à être protégée”

Notre entretien exclusif sur la France (1/2)

Causeur

12 avril 2017

Causeur. Après la polémique suscitée par vos déclarations en Algérie, vous avez tenu à revenir sur la question identitaire avec une tribune dans Le Figaro et un entretien auJDDC’est que, vous le savez, définir et préserver ce qui fait de nous un peuple importe à beaucoup de Français. Toutefois, on a l’impression que ces sujets ne vous passionnent pas et ne vous parlent guère. Vous dites que « notre nation est faite d’enracinement et d’ouverture » mais, au-delà de quelques gestes symboliques, vous êtes plus perçu comme le candidat de la nouveauté et de l’ouverture que comme celui de l’enracinement historique. Acceptez-vous ce diagnostic ?

Emmanuel Macron. Je ne l’accepte pas, mais il ne me surprend guère ! D’abord, sommes-nous si sûrs que l’identité n’est pas au cœur de la campagne ? J’entends, moi, le discours deMme Le Pen sur les frontières ou les propos de M. Fillon sur le « racisme antifrançais ». Si vous avez l’impression que ce discours ne prospère pas, c’est qu’il n’atteint pas les profondeurs du peuple français. Le génie français n’est pas dans ce culte rétréci d’une identité idéalisée. Il ne réside pas non plus dans le multiculturalisme, cette superposition de communautés hermétiques. Le génie français, c’est un imaginaire partagé. Cet imaginaire s’ancre dans notre langue commune. C’est notre premier enracinement. Il s’ancre dans une histoire, des territoires, des paysages. C’est notre second enracinement. Mais notre langue, notre histoire, nos territoires, nos paysages ne sont pas univoques. Ils ne sont pas une serge brute ni un patchwork mal cousu. La culture française est une moire. Alors oui, je le concède, la stérile opposition entre identité et multiculturalisme dans laquelle on veut nous enfermer et qui ne correspond à rien ne me passionne guère. La culture française me passionnelorsqu’elle est ce carrefour de sensibilités, d’expériences et d’influences. C’est ce que j’appelle l’ouverture. Je vois bien cependant l’usage politique que certains veulent faire de notre héritage commun pour l’opposer aux communautarismes : la passion de certains pour une identité française univoque et transhistorique est un geste de résistance aux dissolvants du multiculturalisme mondialisé. Eh bien, en ce qui me concerne, je ne souhaite pas transiger : je prends la culture française telle qu’elle est, avec ses complexités et ses confluences, et je l’oppose fièrement aux communautarismes rétrécis comme aux nationalismes simplistes.

Donc, vous aimez la culture comme carrefour. « Le fondement de la culture française,écrivez-vous, c’est une ouverture sans pareil. » Nous, c’est l’Autre. Alain Finkielkraut s’interroge et vous interroge : « Que partage-t-on quand on partage une ouverture ? »Vous dites aussi que la culture française est « un fleuve avec de nombreux confluents », mais vous semblez refuser l’idée que le fleuve, même ainsi enrichi, suit son propre cours…

Il est impossible de faire un pas dans notre culture sans tomber sur l’Autre. Cela en navrera certains mais c’est une vérité historique. Faut-il mentionner la civilisation romaine qui nous a façonnés ? Les invasions diverses qui ont irrigué nos territoires ? L’irruption de l’Italie au cœur de notre art ? La fascination de nos écrivains pour l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, la Russie, le Japon, le Maghreb, les États-Unis et tant d’autres cultures ? Nous nous sommes construits dans un tressage infini d’influences et d’attirances vertigineuses. Nous sommes un grand pays de passeurs et de traducteurs. Nous n’avons eu de cesse de sonder le génie de Shakespeare avec Stendhal et Hugo, celui de Dostoïevski avec Gide et Sartre, celui de Joyce avec Larbaud… mais notre creuset ultime reste la langue française, ce grand fleuve qu’alimentent tous ces confluents. Il y a influence, donc confluence. Ce n’est pas être multiculturaliste, cela. C’est regarder en face la vérité de notre culture. Les adeptes du repli identitaire trahissent notre génie national lorsqu’ils réduisent le panthéon de nos références culturelles à un corpus amaigri, excluant ce qui ne colle pas avec le projet politique qu’ils veulent porter. Voilà ce qu’on partage lorsqu’on partage l’ouverture : cette curiosité insatiable, cette recherche de l’autre qui n’est autre qu’une quête inlassable de l’universel. C’est cela, notre humanisme. D’autres cultures ont préféré explorer leurs racines, leur folklore, et s’inventer une identité où prime l’enracinement des générations, le legs ancestral d’une mémoire linéaire. Ils ont forgé une mythologie du sol et du sang. Le génie français ne repose pas sur le droit du sang.

Notre pays triomphe, dites-vous, avec des écrivains contemporains appelés Marie NDiaye, Leïla Slimani, Alain Mabanckou. Votre bibliothèque, comme le premier gouvernement de Sarkozy, ressemble à un casting. Et si on parle d’écrivains contemporains, il semble étonnant d’oublier des noms comme Houellebecq ou Carrère…

Permettez-moi de sourire devant tant d’assurance normative… Je vous laisse libre de votre jugement mais vous m’autoriserez à n’y pas souscrire. Ndiaye (dont la mère est française), Slimani (dont la mère est franco-algérienne), Mabanckou (qui est franco-congolais) sont advenus à la culture française par la langue française et ils y occupent une place éminente. C’est cela qui me semble essentiel. On devient français par la langue française. Michel Houellebecq fait par ailleurs partie des écrivains pour lesquels j’ai une admiration sincère car ses œuvres décryptent les vertiges et les peurs contemporains. Dans la même phrase, j’ai cité Kessel, Troyat et Apollinaire (sans doute encore un « casting »). J’aurais pu ajouter ici Alain Finkielkraut. Il est lui-même la preuve que sans avoir derrière soi des générations d’enracinés, on advient à la culture française d’éminente manière. Dans la langue française il a trouvé une mémoire, une sensibilité, une vision du monde, des valeurs qu’il a faites siennes et dont il est aujourd’hui un thuriféraire zélé et inquiet. Que l’Académie française l’ait accueilli dans ses rangs aux côtés d’héritiers patentés – qu’on songe à la longue histoire des d’Ormesson – est un motif de fierté nationale. Nous devons donc chérir notre héritage, mais faut-il oublier qu’il agrège des mémoires diverses ? La culture française n’a eu de cesse de se construire dans la contre-culture, de Villon à Artaud en passant par Sade et Baudelaire. La même année, Les Fleurs du mal et Madame Bovary furent condamnés et censurés par la justice. C’est cela, aussi, la France. Faut-il que la peur de la désagrégation nous fasse renoncer aux aspects subversifs de notre culture ? Faut-il que le désir d’opposer une identité marmoréenne aux aléas de la mondialisation nous fasse reconstruire une culture et une mémoire officielles ? On tombe dans les travers du casting lorsqu’on asservit notre culture à la visée politique de répliquer aux dérives multiculturalistes. Charles Péguy et Jeanne d’Arc deviennent les porte-enseignes de combats qu’ils n’ont jamais voulu livrer. Dans ma bibliothèque, comme vous dites, Saint-Simon côtoie Beckett, Ionesco fréquente Corneille, Proust voisine avec Kundera. Il n’y a là aucun relativisme culturel : simplement la certitude que notre culture, dont le socle est notre langue, n’a rien à gagner en s’efforçant de se réduire aux critères contemporains d’une « identité », c’est-à-dire à se ravaler elle-même au rang d’une communauté. Il n’y a pas de « communauté française », mais une nation et une culture qui transcendent absolument la géométrie réductrice des communautarismes.

Justement, vous affirmez la langue française est notre trésor commun. Fort bien. Que ferez-vous pour la protéger ? Que pensez-vous du slogan « Made for sharing » choisi pour la candidature de Paris aux JO ? Tout le monde a ricané sur la « clause Molière » mais si elle est une mauvaise réponse, n’y a-t-il pas une bonne question ?

La langue française n’a pas à être « protégée » : elle est la troisième langue la plus parlée dans le monde. Mais elle doit être enseignée avec intransigeance, car la cohésion nationale repose sur la maîtrise de la langue. Lire et écrire le français n’est pas seulement un passeport pour le marché du travail. C’est le vecteur premier d’intégration dans notre société. C’est pourquoi je souhaite que la lecture et l’écriture soient le premier combat de l’école. C’est pourquoi aussi j’assume une discrimination positive à l’égard de ceux qui sont les plus éloignés de la langue : c’est là un enjeu de reconquête républicaine comparable à celle menée dans nos campagnes reculées par les hussards noirs de Ferry. Ce combat, nous ne devons pas le perdre. Si nous ne partageons pas tous la langue française et ce qu’elle charrie de notre culture, notre pays se fragmentera en communautés hermétiques. La langue française est le remède antighetto. C’est pourquoi aussi je rétablirai l’enseignement du grec et du latin, qui en sont l’armature. C’est pourquoi enfin je souligne souvent la nécessité de revenir à l’histoire « chaude », celle des grandes figures et des héros de notre histoire : autour de ces figures, qu’il s’agisse de Bayard ou de Jean Moulin, nous construisons du commun. Je souhaite également que l’obtention de la nationalité repose sur la maîtrise de notre langue ; j’y veillerai. Enfin, je crois que la puissance publique doit donner l’exemple de l’amour et du soin de la langue française. J’ai ainsi proposé que l’emblématique château de Villers-Cotterêts, aujourd’hui laissé dans un état d’abandon contre lequel la mairie Front national se mobilise bien peu, devienne un haut lieu de la langue française et de la francophonie. Cela répond à votre question sur le choix fait par la Mairie de Paris. Quant à la clause dite Molière, elle me semble relever de Tartuffe : elle n’a rien à voir avec la promotion de la langue française et tout à voir avec la lutte contre les travailleurs détachés illégaux. Prenons ce problème économique à la racine au lieu de le faire par des voies de contournement un peu absurdes. Un travailleur détaché parlant français reste un travailleur détaché et cela ne résout pas le problème de fond.

Macron: “La France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle”

Notre entretien exclusif sur la France (2/2)

Causeur. On a souvent l’impression que vous tentez de satisfaire des aspirations opposées, ce qui est peut-être louable quand on prétend représenter et protéger l’intérêt général. Néanmoins, sur ce qui fait la cohésion culturelle de notre société, toutes les options ne sont pas conciliables. Historiquement, la France a préféré le modèle républicain (assimilation, puis intégration), qui demande aux nouveaux arrivants et à leurs enfants de s’adapter, au multiculturalisme, ce qui signifie que l’égalité entre les individus n’entraîne pas l’égalité entre les cultures. Ce modèle est-il rendu obsolète par la diversité de notre société ? Devons-nous rompre avec cette tradition pour accueillir des populations musulmanes venant de cultures plus « lointaines » ?

Emmanuel Macron. Le modèle républicain français repose sur l’intégration. Cela ne saurait être remis en cause. À son origine, il a pris pour s’imposer des mesures coercitives. Il a éliminé les parlers régionaux, uniformisé et centralisé les programmes scolaires, délégué dans les provinces nos hussards noirs. Puis, nous avons séparé l’Église et l’État pour asseoir la laïcité. Ce fut la République de conquête et de combat ; il le fallait. La victoire de la morale républicaine est passée par une certaine réécriture de l’histoire nationale, par la formation de canons littéraires un peu figés. La vision de l’identité nationale par la IIIe République, jacobine et laïque, put certes vaincre les communautarismes mais elle fit grincer des dents : l’Action Française lui opposa les beautés du félibrige et d’une France millénaire bâtie par la chrétienté. Il y a quelque miracle aujourd’hui à trouver dans le même camp des héritiers de Lavisse et des héritiers de Maurras. Les cris de joie des maurrassiens lorsque la IIIeRépublique s’effondra devraient à jamais séparer ces lignées. Mais la crainte du multiculturalisme communautariste aujourd’hui les réunit, et notamment le communautarisme musulman. Aux uns il semble défier radicalement les lois de la République, aux autres il semble contradictoire avec les racines chrétiennes de la France. Et lorsque je dis que je ne fais pas de la laïcité une arme de combat mais une arme de liberté, lorsque je dis que la France n’existe pas uniquement par ses racines chrétiennes, je déplais simultanément à M. Finkielkraut et à M. Buisson. Je suis en butte à la fois à Jacques Julliard et à Éric Zemmour. N’est-ce pas étonnant ?

Mais si vous êtes un défenseur de la langue française et de la laïcité, qu’est-ce qui vous distingue d’eux ?

La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique.

Tout de même, quand vous déclarez qu’il n’y a pas de culture française mais une culture en France, vous penchez vers le modèle multiculturel. Voilà ce qu’a écrit Alain Finkielkraut dans Causeur : « Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. Autrement dit, pour ceux qui se retrouvent sous cette bannière, la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace. L’espace-France accueille la diversité et sur cette diversité des goûts, des pratiques, des musiques, des origines, nulle antériorité ne saurait prévaloir, nulle hiérarchie n’est en droit de s’exercer. Tout est égal et puisque tout est différent, tout est pareil. De “français” à “en France”, il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle. Au nom du progrès, Emmanuel Macron nous invite à franchir ce pas. Au lieu de s’inquiéter de la désintégration française qui se produit sous nos yeux, il l’accompagne, il la conceptualise, il en recouvre la violence par l’éloge du multiple. » Que lui répondez-vous ?

Je regrette que le grand lecteur qu’est M. Finkielkraut n’ait pas fourni l’effort de lire mes propos plus attentivement. Il aurait constaté de lui-même que ce fantasme de l’égalisation culturelle, du « tout se vaut », du déracinement ne fait pas partie de mes valeurs ni de mes propositions. Il aurait vu combien le devenir de la langue française m’importe. Il m’aurait entendu dire combien j’aspire à ce que les enfants les plus éloignés de la culture s’en rapprochent – et non sous les dehors d’une culture adaptée à leur sociologie comme le rap ou le hip-hop, mais à travers le contact véritable avec les grandes œuvres. Si M. Finkielkraut m’avait lu, il saurait d’où je viens et sur quoi je fonde ma vision de la culture française. Il saurait par exemple que mon propos sur la « culture en France » s’oppose justement à la réduction par les identitaristes de notre culture à un arbre sans branches. André Chastel, dans son Introduction à l’histoire de l’art français, dit-il autre chose que cela ? Je le cite : « La France filtre. Elle reçoit et elle tamise. De tous les côtés, elle est pénétrable. Ses ouvriers, sûrs d’eux-mêmes, se servent à droite et à gauche, comme si tout leur appartenait de droit. En art, il n’y a jamais lieu d’établir des factures et de s’inquiéter de ses dus. On va de l’avant, outil en main. Cette démarche est constante dans le pays composite et riche de contraires qu’est la France. Si on la néglige, si on cherche une définition de l’art français en dehors de ces mouvements d’acquisitions et de filtrage, on n’arrive qu’à une notion pauvre et plutôt décevante, qui s’épuise vite dans la célébration de la finesse et de la clarté. » Ainsi, M. Finkielkraut a raison : je ne m’inquiète pas de la désagrégation française. Nous restons ces ouvriers sûrs d’eux-mêmes qui ne craignent pas de se dissoudre dans le divers, parce que nous avons derrière nous une histoire, un héritage, une force enfin qui nous préservent de la désagrégation. À nous de faire valoir cette force et cette volonté de poursuivre ensemble ce qui nous a fait. Craindre, s’inquiéter, redouter n’a jamais conduit à rien.

Si, à voir la réalité telle qu’elle est, y compris quand elle nous déplaît. Un certain nombre de Français pensent que notre identité collective est menacée par la montée de l’islam radical. Ont-ils tort ? Est-ce de l’islamophobie ?

Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille.

Cela suffira-t-il à endiguer la montée d’une forme de piété et de rigorisme qui tend à isoler du reste de la société. Au-delà du terrorisme, il y a un séparatisme pacifique. Le combattrez-vous et comment ? 

Le rôle d’un président de la République n’est pas de combattre les croyances mais de combattre les propos et les pratiques qui se placent en dehors de l’ordre public républicain. Si les courants religieux que vous décrivez aboutissent à remettre en cause l’ordre républicain, notamment dans la place qu’ils assignent à la femme, ils seront sanctionnés durement. Certains le sont déjà. Il faudra poursuivre. Pour détecter ces dérives, nous avons besoin de rétablir une police et des services de renseignements au plus proche du terrain. Je les rétablirai.

Notre pays est fracturé, là-dessus tout le monde est d’accord. Que proposez-vous pour faire aimer la France à tous les Français, ceux des banlieues et ceux de la Manif pour tous… ?

Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable.

Voir par ailleurs:

How European Agencies Suppress Key Anti-Semitism Data

Interview with Professor Amy Elman: The EU Agency repeatedly asked the Center for Research on Anti-Semitism to alter their ‘divisive’ findings connecting Muslims with the phenomenon.

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Dr. Manfred Gerstenfeld
Israel national news
23/09/14 06

“From the year 2000 on, anti-Semitic incidents in many European Union member states increased substantially. They were fired up by the second Palestinian intifada, the anti-Israel incitement at the 2001 Durban world anti-racism conference and 9/11. Admission by official European bodies of this ‘new’ anti-Semitism’s impact, and exposure of the originators was slow and often distorted.

“The European Monitoring Center for Racism and Xenophobia (EUMC) was officially established through a European Council Regulation in 1997. Its creation coincided with the 1997 Year against Racism, an outgrowth of the 1994/5 Commission on Racism and Xenophobia (the Kahn Commission).  In 2002, the EUMC embarked on a study on anti-Semitism. Its handling of the findings led to an international scandal.”

R. Amy Elman is the Weber Professor in Social Science at Kalamazoo College, Michigan. Her upcoming book The European Union, Anti-Semitism and the Politics of Denial explores the EU’s efforts against anti-Semitism and their consequences.[1]

“The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings.

“The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves.

“The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003.

“The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ The CRA also suffered as the EUMC had characterized its research – of which the EUMC itself had established the parameters – as ‘methodologically unsound.’

“In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation.

“In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts.

“That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation.

“By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum.

“Nowadays, the EUMC’s successor, the European Agency for Fundamental Rights (FRA) also seems reluctant to identify anti-Semitism and classify its perpetrators. In 2013, the FRA disavowed its predecessor’s working definition of anti-Semitism months before releasing its own report on anti-Semitism. Furthermore in a fact sheet summary of the methodology and key findings of the 2013 report (‘Jewish people’s experience of discrimination and hate crime in European Union Member States’) data pertaining to the perceived perpetrators is conspicuously absent.

“The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact.”

Sources:

[1] University of Nebraska Press, 2015


Antiracisme: Cette invention appelée blancheur (From Black lives matter to Jesse Williams: When all else fails, blame whiteness)

12 décembre, 2016

Protestors rally during a Black Lives Matter demonstration, Sunday, July 10, 2016, in Cincinnati. More than a thousand protested against the shootings of black men by police officers. (AP Photo/John Minchillo)

Protesters march on 5th Avenue during the Millions March NYC on December 13, 2014 in New York. Thousands of people marched in Washington and New York on Saturday to demand justice for black men who have died at the hands of white police, the latest in weeks of demonstrations across the United States. AFP PHOTO/DON EMMERT (Photo credit should read DON EMMERT/AFP/Getty Images)

A poster with photographs of Joanne Chesimard, a fugitive for more than 30 years, is on display during a news conference giving updates on the search of Chesimard, Thursday, May 2, 2013, in Newark, N.J. The reward for the capture and return of convicted murderer Chesimard, one of New Jersey¿s most notorious fugitives, was doubled to $2 million Thursday on the 40th anniversary of the violent confrontation that led to the slaying of a New Jersey state trooper. The FBI also announced it has made Chesimard, now living in Cuba as Assata Shakur, the first woman on its list of most wanted terrorists. (AP Photo/Julio Cortez) NJ Trooper Shot Cuba

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Justin Timberlake holding Janet Jackson's costume after he pulled it off at the 2004 NFL Superbowl MTV Halftime program at Reliant Stadium, in Houston, Texas on February 1, 2004. (AP Photo/David Drapkin)

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Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’amour, comme la violence, abolit les différences. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Aujourd’hui quand dans une rue sombre j’entends un pas derrière moi, je suis soulagé s’il s’agit d’un Blanc. Après tout ce que nous avons traversé. Juste de penser que nous ne pouvons pas marcher dans nos propres rues, quelle humiliation ! Jessie Jackson (1993)
I gotta have you naked by the end of this song. Justin Timberlake
Karim says his idea for what became YouTube sprang from two very different events in 2004: Janet Jackson’s « wardrobe malfunction, » during a Super Bowl show, and the Asian tsunami. USA Today
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Ma grand-mère (…) est une personne blanche typique. Barack Hussein Obama
Quand j’ai lu le livre de Houellebecq, quelques jours après les assassinats à Charlie Hebdo, il m’a semblé que ses intuitions sur la vie politique française étaient tout à fait correctes. Les élites françaises donnent souvent l’impression qu’elles seraient moins perturbées par un parti islamiste au pouvoir que par le Front national. La lecture du travail de Christophe Guilluy sur ces questions a aiguisé ma réflexion sur la politique européenne. Guilluy se demande pourquoi la classe moyenne est en déclin à Paris comme dans la plupart des grandes villes européennes et il répond: parce que les villes européennes n’ont pas vraiment besoin d’une classe moyenne. Les emplois occupés auparavant par les classes moyennes et populaires, principalement dans le secteur manufacturier, sont maintenant plus rentablement pourvus en Chine. Ce dont les grandes villes européennes ont besoin, c’est d’équipements et de services pour les categories aisées qui y vivent. Ces services sont aujourd’hui fournis par des immigrés. Les classes supérieures et les nouveaux arrivants s’accomodent plutôt bien de la mondialisation. Ils ont donc une certaine affinité, ils sont complices d’une certaine manière. Voilà ce que Houellebecq a vu. Les populistes européens ne parviennent pas toujours à développer une explication logique à leur perception de l’immigration comme origine principale de leurs maux, mais leurs points de vues ne sont pas non plus totalement absurdes. (…) ce qui se passe est un phénomène profond, anthropologique. Une culture – l’islam – qui apparaît, quels que soient ses défauts, comme jeune, dynamique, optimiste et surtout centrée sur la famille entre en conflit avec la culture que l’Europe a adoptée depuis la seconde guerre mondiale, celle de la «société ouverte» comme Charles Michel et Angela Merkel se sont empressés de la qualifier après les attentats du 22 Mars. En raison même de son postulat individualiste, cette culture est timide, confuse, et, surtout, hostile aux familles. Tel est le problème fondamental: l’Islam est plus jeune, plus fort et fait preuve d’une vitalité évidente. (…) Pierre Manent (…) a raison de dire que, comme pure question sociologique, l’Islam est désormais un fait en France. Manent est aussi extrêmement fin sur les failles de la laïcité comme moyen d’assimiler les musulmans, laïcité qui fut construite autour d’un problème très spécifique et bâtie comme un ensemble de dispositions destinées à démanteler les institutions par lesquelles l’Église catholique influençait la politique française il y a un siècle. Au fil du temps les arguments d’origine se sont transformés en simples slogans. La France invoque aujourd’hui, pour faire entrer les musulmans dans la communauté nationale, des règles destinées à expulser les catholiques de la vie politique. Il faut aussi se rappeler que Manent a fait sa proposition avant les attentats de novembre dernier. De plus, sa volonté d’offrir des accomodements à la religion musulmane était assortie d’une insistance à ce que l’Islam rejette les influences étrangères, ce qui à mon sens ne se fera pas. D’abord parce que ces attentats ayant eu lieu, la France paraîtrait faible et non pas généreuse, en proposant un tel accord. Et aussi parce que tant que l’immigration se poursuivra, favorisant un établissement inéluctable de l’islam en France, les instances musulmanes peuvent estimer qu’elles n’ont aucun intérêt à transiger. (…) L’Europe ne va pas disparaître. Il y a quelque chose d’immortel en elle. Mais elle sera diminuée. Je ne pense pas que l’on puisse en accuser l’Europe des Lumières, qui n’ a jamais été une menace fondamentale pour la continuité de l’Europe. La menace tient pour l’essentiel à cet objectif plus recent de «société ouverte» dont le principe moteur est de vider la société de toute métaphysique, héritée ou antérieure (ce qui soulève la question, très complexe, de de la tendance du capitalisme à s’ériger lui-même en métaphysique). A certains égards, on comprend pourquoi des gens préfèrent cette société ouverte au christianisme culturel qu’elle remplace. Mais dans l’optique de la survie, elle se montre cependant nettement inférieure. Christopher Caldwell
« Securing the historic Paris climate agreement. » The accord was never submitted to Congress as a treaty. It will be ignored by President-elect Trump. « Achieving the Iran nuclear deal. » That « deal » was another effort to circumvent the treaty-ratifying authority of Congress. It has green-lighted Iranian aggression, and it probably ensured nuclear proliferation. Iran’s violations will cause the new Trump administration to either scrap the accord or send it to Congress for certain rejection. « Reopening Cuba. » The recent Miami celebration of the death of Fidel Castro, and Trump’s victory in Florida, are testimonies to the one-sided deal’s unpopularity. The United States got little in return for the Castro brothers’ propaganda coup. « Destroying ISIL » and « dismantling al Qaeda. » We are at last making some progress against some of these « jayvee » teams, as Obama once described the Islamic State. Neither group has been dismantled or destroyed. Despite the death of Osama bin Laden, the widespread reach of radical Islam into Europe and the United States remains largely unchecked. « Ending combat missions in Afghanistan and Iraq. » The Afghan war rages on. The precipitous withdrawal of all U.S. peacekeepers in 2011 from a quiet Iraq helped sow chaos in the rest of the Middle East. We are now sending more troops back into Iraq. (…) « Rebalancing to the Asia-Pacific region. » The anemic « Asia Pivot » failed. The Philippines is now openly pro-Russian and pro-Chinese. Traditional allies such Japan, Taiwan and South Korea are terrified that the U.S is no longer a reliable guarantor of their autonomy. (…) « Strengthening cybersecurity. » Democrats claimed Russian interference in the recent election. If true, it is proof that there is no such thing as « cybersecurity. » The WikiLeaks releases, the hacked Clinton emails and the Edward Snowden disclosures confirm that the Obama administration was the least cybersecure presidency in history. (…) « Making sure our politics reflect America’s best. » The 2016 presidential campaign was among the nastiest on record. WikiLeaks revealed unprecedented collusion between journalists and the Clinton campaign. Earlier, Obama had been the first president in U.S. history to refuse public campaign money. He was also the largest fundraiser of private cash and the greatest collector of Wall Street money in the history or presidential campaigns. (…) « Promoting immigrant and refugee integration and citizenship awareness. » The southern U.S. border is largely unenforced. Immigration law is deliberately ignored. The president’s refugee policy was unpopular and proved a disaster, as illustrated by the Boston Marathon bombings, the San Bernardino attack, the Orlando nightclub shooting and the recent Ohio State University terrorist violence. (…) So Obama now departs amid the ruin of the Democratic Party into a lucrative post-presidency: detached and without a legacy. Victor Davis Hanson
Si des gens noirs tuent des gens noirs chaque jour, pourquoi n’y aurait-il pas une semaine pour tuer des gens blancs? Sister Souljah (1992)
Pour accompagner le lancement de BET France et assurer l’animation d’un des programmes de la chaîne, Hedia Charni, Franco-Tunisienne, et Raphäl Yem, d’origine cambodgienne, ont été recrutés. Des choix que déplore Yan Boss. « Pour faire la promotion de la culture noire, il faut un minimum de Noirs à l’antenne. Vous ne pouvez pas ouvrir un restaurant halal et mettre des chinois à l’intérieur. » BET est un symbole fort lié à l’histoire des Afro-Américains. Fondée en 1980 par Robert Johnson, BET apparaît à une époque où les Noirs sont peu présents à la télévision américaine. Pour Yan Boss, le contexte français est similaire à celui des Etats-Unis dans les années 1980. (…) A la mi-octobre BET France avait tenté d’étouffer la polémique en affirmant que d’autres présentateurs issus de la « black culture » rejoindraient l’antenne. Seulement, l’emploi du terme « black » n’a pas non plus fait l’unanimité. Le Monde
Nous sommes des Noirs, il y a des Blancs. Moi, je ne dis pas “white”. J’ai le sentiment qu’en France, le Noir dérange. Christian Dzellat
During the finale of the Super Bowl XXXVIII halftime show, entertainers Justin Timberlake and Janet Jackson performed a song and dance routine to Timberlake’s song « Rock Your Body. » As Timberlake ended the duet by singing « gonna have you naked by the end of this song, » he tore away a portion of Jackson’s bustier, momentarily revealing her breast. The performers subsequently strained the credulity of the public by terming the episode a « wardrobe malfunction. » Chief Justice Roberts
What do we want? Dead cops. When do we want it? Now. Slogan (Millions March, New York, December 2014)
Pigs in a blanket, fry ’em like bacon. Bassem Masri
America is an empire that uses war to expand territory and power. American wars are unjust [and] destructive to Black communities globally . . . . The military industrial complex offers massive profits to private corporations from the death of our global diaspora . . . . The interlinked systems of white supremacy, imperialism, capitalism and patriarchy shape the violence we face. As oppressed people living in the US, the belly of global empire, we are in a critical position to build the necessary connections for a global liberation movement. Until we are able to overturn US imperialism, capitalism and white supremacy, our brothers and sisters around the world will continue to live in chains. Black Lives Matter
Black Lives Matter doesn’t condone shooting law enforcement. But I have to be honest: I understand why it was done. I don’t encourage it, I don’t condone it, I don’t justify it. But I understand it. Sir Maejor (BLM organizer)
The Black Panther Party emerged out of a love for their people and a devotion to empowering them. This powerful display of the human spirit, rooted in heart, is what compelled me to communicate this story accurately . . . . Nearly half a century later, we find our voices in a renewed chorus for justice and equality. We continue to witness a state apparatus that perpetuates a culture of fear and aggression with frequent and unwarranted displays of racial violence and oppression. Stanley Nelson
Le FBI a annoncé ce jeudi 2 mai avoir ajouté Joanne Chesimard à sa liste des «terroristes les plus recherchés», avec une récompense de 2 millions de dollars offerte pour sa capture. Joanne Chesimard a l’honneur douteux d’être la première femme sur la liste, qui existe depuis 2001 et sur laquelle ont figuré les noms tristement célèbres de Khalid Sheikh Mohammed, Oussama ben Laden, Ayman al-Zawahiri, et Adam Gadahn. Joanne Chesimard, qui était membre d’un groupe appelé la Black Liberation Army (l’Armée de libération noire), a été ajoutée à la liste quarante ans jour pour jour après la date où elle est accusée d’avoir tiré sur un policier d’Etat, et de l’avoir tué, sur une autoroute du New Jersey. (…) Joanne Chesimard, qui a désormais la soixantaine et est également connue sous le nom d’Assata Shakur –elle est aussi la marraine de feu Tupac Shakur–, a fini par être arrêtée et condamnée pour le meurtre de Werner Foerster. Elle est aussi devenue plus ou moins célèbre à cause des doutes sur sa culpabilité –elle nie avoir tué le policier– et des rumeurs selon lesquelles elle aurait été maltraitée en prison (elle est toujours relativement célèbre. En 2000, le rappeur Common a sorti une chanson sur elle, appelée A song for Assata, ce qui a mis le commentateur conservateur Bill O’Reilly très en colère). En 1979, Joanne Chesimard s’est échappée de prison. Les autorités pensent qu’elle est depuis 1984 cachée à Cuba, qui a pour habitude de donner asile aux fugitifs américains qui épousent des dogmes quasi-révolutionnaires. Slate
In too many places in this country, black boys and black men, Latino boys, Latino men . . . experience being treated differently by law enforcement—in stops and in arrests, and in charges and incarcerations. The statistics are clear, up and down the criminal-justice system; there’s no dispute. Barack Hussein Obama (2005)
We don’t really do a good job right now in collecting national data on a real-time basis, but we now have the tools and the technology to do it better. Barack Hussein Obama
The common assumption by the media and by the public was that the flash of nudity was an attention-grabbing publicity ploy; the question was by whom. Some signs seemed to point to MTV. Before the show, a few of the producers had entertained themselves by mock-ripping their clothes off at Timberlake’s final line. And in rehearsals, they had tried a move where Timberlake tore off Jackson’s kilt. Then there was an article on MTV’s website beforehand in which Jackson’s choreographer promised « shocking moments. » Marin Cogan
‘Stripping of cultures aside, the emblems that stood out most were the ones that came from Asia — specifically China. The dragon that Elsa Hosk wore wrapped around her body, the embroidered stiletto boots seen on Adriana Lima, the tail made of flames worn by Kendall Jenner. There’s a lot of talk of China as a dominant world power of the 21st century, and the U.S. government, Hollywood, and now Victoria’s Secret, it seems, are pivoting to face a new reality. But the Orientalism on display here doesn’t show an understanding or an attempt at dialogue. It doesn’t close any gaps. What condescension, for Victoria’s Secret to think that by wrapping a model in a dragon, it could connect directly with a new consumer in China. Don’t let yourself be hoodwinked by Victoria’s Secret’s brazen attempt to re-label what is clearly cultural appropriation by turning it into a celebration of ‘culture.The brand and its creative leads shamelessly cherry-picked imagery, breaking apart aesthetic references from wherever they wanted and stitching them back together again. They’re telling us its worldliness. It’s not, it’s a hack job. The fact is that even as the world gets more connected, a sexist, patriarchal, mostly white corporation continues to take what it wants for its own gain. Helin Jung
Nous savons qu’en cas d’al­ter­ca­tion, la police arrive toujours, d’une manière ou d’une autre, à désa­mor­cer le conflit, à désar­mer, et à ne pas tuer de Blancs. Ce qui va se passer, c’est que nous allons avoir des droits égaux et la justice dans notre propre pays. (…) Alors ne me parlez pas du progrès qui a été fait quand du personnel payé par l’Etat peut tirer depuis sa voiture sur un gamin de 12 ans seul dans un parc en plein jour. Qui peut le tuer et rentrer ensuite se faire un sandwich ? (…) On a passé des siècles à prier, des marques plein le corps. Et maintenant, nous payons pour nous barder le corps de marques [de vêtements] Il n’y a aucune guerre que nous n’ayons pas combattue, (…) aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucun impôt que nous n’ayons pas payé. (…) Mais la liberté est en quelque sorte toujours conditionnelle ici. Vous êtes libre, continuent-ils à nous dire, mais elle aurait été en vie si elle n’avait pas agi librement. (…) Si vous critiquez la résistance, notre résistance, alors vous feriez mieux d’avoir un argumentaire solide sur la critique de notre oppression. Si vous n’êtes pas intéressés par l’égalité Noirs-Blancs, alors gardez-vous de conseiller ceux qui le sont. (…) On a fini de regarder et d’attendre pendant que cette invention appelée la blancheur nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s’il s’agissait de pétrole, d’or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges. Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels. Jesse Williams
Jesse Williams a craché un discours raciste et haineux envers la loi et les blancs durant les BET Awards. Si ça avait été une personne blanche qui avait fait le même discours sur un afro-américain, il aurait été viré et réprimandé comme il le fallait, mais il n’y a eu aucun suivi concernant les actes de William. Aucun organisme ne s’est levé contre ses remarques racistes, et aucune action n’a été prise contre son attitude négative. Erin Smith
Le docteur sexy de la série médicale « Grey’s anatomy » s’est vu récompensé aux BET Awards, hier à Los Angeles, pour son engagement contre le racisme que connait les Etats-Unis. (…) En 2014, le jeune homme avait rejoint la marche de protestation qui dénonçait la mort du jeune afro-américain de 18 ans, Michael Brown, tué à Ferguson par un policier blanc. (…) Il a également produit cette année un film documentaire sur le mouvement militant « Black Lives Matter » (en français, « les vies Noires comptent »), intitulé « Stay Woke: The Black Lives Matter Movement« . C’est donc sans véritable surprise que l’on apprend la nomination de l’ancien instituteur pour le prix de l’humanitaire cette année. L’un des points forts de cette cérémonie qui récompensait les artistes afro-américains de l’année est donc le discours prononcé par Jesse Williams lors de sa remise de prix. L’acteur de Django Unchained et de Pulp fiction, Samuel L. Jackson a même avoué ne pas avoir entendu de pareil discours depuis les années 1960 (années qui ont marqué la combat pour l’égalité des droits avec Martin Luther King). Jesse Williams a ainsi débuté son discours en rappelant Tamir Rice, ce petit garçon de 12 ans, mort pour avoir osé jouer avec un pistolet en plastique devant un policier. (…) Le lauréat poursuit ensuite son discours en dénonçant fortement les violences commises par la police américaine, qui avait tué 967 personnes et dont 40% de victimes non armées étaient noires, sur la seule année 2015, selon le site d’information belge RTL Info. (…) Le « docteur Avery » a ensuite entamé une phase aux mots encore plus sévères, chewing-gum en bouche, mais digne des Black Panters, où il fait référence à l’esclavage qu’ont connu les communautés noires aux USA, notamment avec le commerce triangulaire du XVIIIème siècle et où il dénonce l’ironie de notre société de consommation. (…) sous un tonnerre d’applaudissements en brandissant son trophée. Nouvel Obs
Un discours «puissant» selon «Time». «L’un des plus mémorables» de l’histoire des prix, titre le «Washington Post». Jesse Williams, alias Jackson Avery de «Grey’s Anatomy», a reçu dimanche l’Humanitarian BET Award 2016, récompensant son engagement notamment contre le racisme. En effet, l’acteur est sur le devant de la scène depuis la mort le 9 août 2014 de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans –pas armé- par un policier blanc à Ferguson (Missouri). Il est notamment engagé en faveur du mouvement Black Lives Matter – né après ce drame et d’autres meurtres de Noirs par la police. Une cause qui lui tient vraiment à cœur comme en témoigne la tirade inspirée qu’il a délivrée en recevant son prix. Le métisse de 34 ans l’a dédiée à «tous les activistes, toutes les ONG de défense des droits de l’Homme, tous les parents qui se battent, les familles, les enseignants, les étudiants qui réalisent qu’un système construit pour nous diviser, nous appauvrir et nous détruire ne peut pas résister si nous le faisons.» Il a ensuite fait référence à Tamir Rice, qui aurait eu 14 ans samedi, mais aussi à d’autres victimes de ces «bavures», de Rekia Boyd à Eric Garner, en passant par Sandra Bland. Puis a élargi sa plaidoirie sur la cause des Noirs à notre époque. «Il n’y a aucune guerre que nous (les Noirs) n’ayons pas combattue, (…) aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucun impôt que nous n’ayons pas payé. (…) Mais la liberté est en quelque sorte toujours conditionnelle ici. Vous êtes libre, continuent-ils à nous dire, mais elle aurait été en vie si elle n’avait pas agi librement», a-t-il lancé, appelant les Afro-Américains à se battre pour obtenir l’égalité une bonne fois pour toutes. Et gare aux Blancs qui dénigreraient l’importance de cette lutte. «Si vous critiquez la résistance, notre résistance, alors vous feriez mieux d’avoir un argumentaire solide sur la critique de notre oppression. Si vous n’êtes pas intéressés par l’égalité Noirs-Blancs, alors gardez-vous de conseiller ceux qui le sont», s’est-il emporté, ovationné par le public. «Et nous avons fini de regarder, et d’attendre pendant que cette invention appelée blancheur use et abuse de nous ; (…) garde les Noirs hors de sa vue et son esprit, pendant qu’ils pillent notre culture, nos dollars, notre pétrole (…) ghettoïsent et dévalorisent nos créations puis les volent», a-t-il poursuivi avant de conclure : «Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels». Paris Match
“What we’ve been doing,” said Williams, “is looking at the data and we know that police somehow manage to de-escalate, disarm and not kill white people everyday.” The problem is that the “data” say the opposite. The police do kill whites every day. And given the fact that whites account for 10 percent of violent crime, but are 50 percent of those who die at the hand of the police, white people actually have more to complain about than Mr. Williams. “Adjusted for the homicide rate,” says criminology professor Peter Moskos, “whites are 1.7 times more likely than blacks to die at the hands of police.” The “data” from the Centers for Disease Control shows that in 2014, the latest year data are available, 131 blacks and 261 whites were killed by cops. From 1999 to 2013, the totals were 1,724 black and 3,160 white. As to 2015, there are as of yet no official numbers. But the Washington Post says — according to its own tally — that 965 people were killed by police and less than 4 percent were white cops killing unarmed black men. The top preventable cause of death for young white men is car accidents. For young black men it’s homicide — almost always by other young blacks. Nearly 50 percent of all homicides are black-on-black. As to Williams’ implied clam of anti-black racial profiling, a 2013 report by the DOJ’s National Institute of Justice found that any racial differences in traffic stops can be ascribed to « differences in offending »: blacks are more likely to commit traffic offenses — speeding, no license, no child restraint, DUI, headlights out, expired tags and so on.  (…) If « whiteness » is « extracting our culture, » should Snoop Dogg apologize for getting rich by selling rap to whites? And didn’t Run-D.M.C. « culturally extract » their hit, « Walk This Way, » from Aerosmith? White folk, rise up! Did Williams, born to a white mom and black dad, really whine about the “invention called whiteness »? His mom was « invented » while his black father was “magic”? So a half-white actor whined about oppression on a black awards show, on a cable channel owned by a corporation whose largest shareholder is a family headed by patriarch Sumner Redstone, — a Jew. Only in America. (…) Is it too much to ask for the names of the oppressors who operate the “system »? After all, we’ve had a black president for seven years, plus back-to-back black attorneys general. Is Obama complicit? (…) What does it say that Obama’s Department of Justice has not filed civil rights charges against any of the officers involved in the death of the blacks Williams cited. Larry Elder
Japanese prints had, as everybody is taught in class, an enormous influence on French Impressionist art in the middle of the 19th Century. They were, exactly, an exotic appropriation.Well, it turns out that they weren’t really exotic at all. They were the product of the Japanese infatuation with Western perspective drawing and graphics, which had only recently arrived in Japan on ships and boats as part of the Japanese opening to the West. The Japanese artists saw them, and saw expressive possibilities in them that the Western artists were too habituated to the system to notice. The Japanese appropriated Western perspective in ways that Westerners would never have imagined. Then the Japanese pictures got sent back to Europe, where they looked wonderfully exotic, and re-made the Western art they originally hailed from. It’s exactly the same process that happened in our own lifetime when Howlin’ Wolf and Big Bill Broonzy records sailed over to Liverpool and the suburbs of London and were heard by boys who barely understood their context but loved their attitude. Ten years later you got Mick Jagger and John Lennon. Innocent imitation is always the engine of cultural innovation. Nor is it just that the borrowings can be beautiful. The things we borrow show us the things we are. Having passed through Chuck Berry, The Beatles and the Stones could better claim their own distinctive Englishness. In the same way, distinctly English food – all those real beers and farmhouse cheddars – has only gotten better because restaurants that served real Italian food helped showed how wonderful a coherent seasonal market-based cuisine could be. If we want to be ourselves, we have to travel – and nowadays, we do much of our travelling internally. Adam Gopnik
The concept of cultural appropriation emerged in academia in the late 1970s and 1980s as part of the scholarly critique of colonialism. By the mid-1990s, it had gained a solid place in academic discourse, particularly in the field of sociology. Some of this critique was rightly directed at literal cultural theft — the pilfering of art and artifacts by colonial powers — or glaring injustices, such as white entertainers in the pre-civil rights years profiting off black musical styles while black performers’ careers were hobbled by racism. Critics such as Edward Said offered valuable insight into Orientalism, the West’s tendency to fetishize Asians as exotic stereotypes. But the hunt for wrongdoing has gone run amok. The recent anti-appropriation rhetoric has targeted creative products from art to literature to clothing. Nothing is too petty for the new culture cops: I have seen them rebuke a Filipina woman who purchased a bracelet with a yin-yang symbol at a fair and earnestly discuss whether it’s appropriation to eat Japanese, Indian or Thai food. Even Selena Gomez, a Latina artist, was assailed a couple of years ago for sporting a Hindu forehead dot, or bindi, in a Bollywood-style performance. In some social-justice quarters, the demonization of “appropriative” interests converges with ultra-reactionary ideas about racial and cultural purity. I once read an anguished blog post by a well-meaning young woman racked with doubt about her plans to pursue a graduate degree in Chinese studies; after attending a talk on cultural appropriation, she was unsure that it was morally permissible for a white person to study the field. This is a skewed and blinkered view. Yes, most cross-fertilization has taken place in a context of unequal power. Historically, interactions between cultures often took the form of wars, colonization, forced or calamity-driven migration and subordination or even enslavement of minority groups. But it is absurd to single out the West as the only culprit. Indeed, there is a paradoxical and perverse Western-centrism in ignoring the history of Middle Eastern and Asian empires or the modern economic and cultural clout of non-Western nations — for instance, the fact that one of the top three entertainment companies in the U.S. market is Japanese-owned Sony.It is also far from clear that the appropriation police speak for the people and communities whose cultural honor they claim to defend. The kimono protest, for instance, found little support from Japanese Americans living in the Boston area; indeed, many actively backed the museum’s exhibit, as did the Japanese consulate. Most critics of appropriation, including some anti-kimono protesters, say they don’t oppose engagement with other cultures if it’s done in a “culturally affirming” way. A Daily Dot article admonishes that “an authentic cultural exchange should feel free and affirming, rather than plagiarizing or thieving.” A recent post on the Tumblr “This Is Not China” declares that “cultural appropriation is not merely the act of wearing or partaking in cultural symbols & practices that do not belong to you, it’s a system of exploitation & capitalisation on cultural symbols & practices that do not a) originate from b) benefit c) circle back to the culture in question.” It makes sense to permit behaviors that encourage empathy and genuine interest while discouraging those that caricature or mock a sampled-from culture. But such litmus tests leave ample room for hair-splitting and arbitrary judgments. One blogger’s partial defense of “Kimono Wednesdays” suggests that while it was fine to let visitors try on the kimonos, allowing them to be photographed while wearing them was a step too far. This fine parsing of what crosses the line from appreciation into appropriation suggests a religion with elaborate purity tests. What will be declared “problematic” next? Picasso’s and Matisse’s works inspired by African art? Puccini’s “Orientalist” operas, “Madama Butterfly” and “Turandot”? Should we rid our homes of Japanese prints? Should I take offense at other people’s Russian nesting dolls? And while we’re at it, why shouldn’t a wide range of cultural minorities within Western society demand control over access to their heritage, too? Can Catholics claim appropriation when religious paintings of Jesus or the Virgin Mary are exhibited in a secular context, or when movies from “The Sound of Music” to “Sister Act” use nuns for entertainment?Appropriation is not a crime. It’s a way to breathe new life into culture. Peoples have borrowed, adopted, taken, infiltrated and reinvented from time immemorial. The medieval Japanese absorbed major elements of Chinese and Korean civilizations, while the cultural practices of modern-day Japan include such Western borrowings as a secularized and reinvented Christmas. Russian culture with its Slavic roots is also the product of Greek, Nordic, Tatar and Mongol influences — and the rapid Westernization of the elites in the 18th century. America is the ultimate blended culture. Cathy Young
Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu’à un moment tout est appropriation. Rien de ce que nous faisons en ce monde n’est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel. (…)  on s’intéresse aujourd’hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique. Michael North
Miley Cyrus peut-elle « twerker » (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d’Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une « soirée tequila » en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ? Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d’ « appropriation culturelle » ou « cultural appropriation », une expression qui s’est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times.  » (…)  Récemment, c’est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d’appropriation culturelle : la mode occidentale s’est toujours inspirée d’autre cultures (comme l’a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). (…) En septembre, la question de l’appropriation culturelle s’est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L’auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l’indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s’étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d’un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l’intervention, une écrivain d’origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l’attitude de l’auteur « découle de la suprématie raciale. » (…) Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey’s Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l’appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l’actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d’appropriation culturelle. (…) Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s’est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l’événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La « Nuit à Bangkok » est devenue un soirée « Métropole tropicale ». « Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture, » raconte Kae Burke, l’une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une « femme blanche américaine privilégiée » et précise qu’elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir « collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée. » Burke a de l’empathie pour ceux qui se sont offusqués de l’appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, « nous organisons des fêtes dans un club. Nous n’essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays, » explique-t-elle. « Lorsqu’ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée. » France Télévisions
If black and Latino males are “treated differently,” we might ask, Differently from whom? Statistically, they are more likely to be arrested and incarcerated than white males, but that disparity is dwarfed by another: the disparity with black and Latino females. There are more than 10 times as many males incarcerated as females. Could that difference be explained by factors other than discrimination against males? Bearing in mind, then, that there might be reasons for disparities other than prejudice, let us consider the Washington Post’s database on the use of deadly force by police, since this is the issue around which Black Lives Matter and the larger national debate revolve. The Post found that police killed 990 people in 2015. Of these, 494 were white, 258 black, 172 Hispanic, and 38 “other.” This means there were twice as many whites killed as blacks. On the other hand, since there are five or six times as many whites as blacks in America, clearly blacks were more likely to be killed, roughly three times as likely. But people killed by police are almost invariably in the process of being arrested or about to be arrested. This suggests that the relevant baseline against which to compare police killings is not the proportions of blacks and whites in the general population, but rather their presence in the population of arrestees. The FBI compiles national data on arrests. For 2015, the ratio of white to black arrestees for all crimes was 70 percent to 27 percent, a ratio of about 2 1/2 to 1. If we use that as the baseline for comparison, then police kill blacks slightly more often than their numbers would warrant. However, the Washington Post lists Hispanics as a third category parallel to whites and blacks. Confusingly, the FBI, which assembles crime data, does not do so. In presenting racial statistics, it assigns Hispanics to either the white or black category while offering separate tables dividing populations between Hispanic and non-Hispanic without respect to color. When forced into the bivariate categories of black and white, Hispanics overwhelming categorize as white. (According to the census, 20 times more Hispanics self-identity as white than as black.) If those listed by the Post as Hispanic were instead assigned to one racial category or the other, it would bring the ratio of whites to blacks killed by police still into nearly perfect alignment with racial ratio of arrestees in FBI data. The one area in which the Post reported finding a greater racial disparity was among unarmed individuals killed by police. In 2015, police killed 38 blacks and 32 whites. This ratio is out of line with the racial ratios of arrestees, but it is hard to know what to make of it. For one thing, the numbers are small and thus perhaps of little significance. For another, the Post’s “unarmed” category includes arrestees “holding an object unlikely to inflict serious injury, such as a stick or a broom handle.” In the moment, that broomstick might have felt more threatening to the officer than it appeared to the Post researcher who sorted the data. “Unarmed” does not always tell the whole story. Michael Brown was unarmed, but had he overpowered Officer Wilson, Brown might have seized Wilson’s gun. Several officers are killed each year with their own weapons. So even an unarmed arrestee can present a threat to an officer. What makes this disparity particularly unlikely to reflect racial bias is the contrast with the numbers for arrestees who were armed. In this category, the Post found 406 whites and 188 blacks killed by police officers, a ratio closely reflecting the population of arrestees. If anti-black bias were at work, why would it cause police to kill unarmed black people but not armed ones? Moreover, scholarly examinations of police behavior point to only modest racial disparities in the treatment of suspects, with no clear pattern. For example, a Rand Corporation study of New York’s stop-and-frisk program in 2006 found that “black pedestrians were stopped at a rate that is 20 to 30 percent lower than their representation in crime-suspect descriptions.” However, “Hispanic pedestrians were stopped disproportionately more, by 5 to 10 percent.” Whites were slightly less likely to be frisked or arrested after being stopped but slightly more likely to receive a summons. More recently, Roland Fryer Jr. a 39-year-old African-American economist at Harvard, completed studies of Houston police, showing that they were somewhat (16 to 25 percent) more likely to use force against black suspects (handcuff them, push them to the ground, and the like) but somewhat (22 percent) less likely to shoot them. One other realm in which numbers have been tossed around in the search for racial bias is in the composition of police forces. The New York Times produced a database on “the race gap in America’s police departments.” Elaborate graphs were presented online showing the racial composition of “local police departments from 17 metropolitan areas, sorted so that departments with the largest percentage-point differences of white officers to white residents are at the top.” But according to Justice Department data, in the United States as a whole, the proportion of police who are black is 12 percent, exactly the black percentage in the population. While the Times compiled a list of cities in which blacks are “underrepresented” in police departments, the law of averages means there must be roughly as many where blacks are “overrepresented.” While it is surely beneficial to have ethnically diverse police departments, this has no bearing on the core issue of Black Lives Matter. Several studies have shown that black police officers are more likely to shoot, not less. The criminologist Heather Mac Donald cites the example of the Detroit Police Department, which was subject to federal oversight for 11 years, dating back to the George W. Bush administration, “for alleged abuse of civilians, including a pattern of unjustified shootings.” That department, she notes, is two-thirds black. There is precious little evidence that racial bias determines the use of lethal force or other actions of police. This is not to say that all killings by police are justified. The South Carolina policeman who fired five rounds into the back of a fleeing Walter Scott is being tried for murder, rightly so, and this, alas, is surely not the only incident of its kind. But the large disparities between the races in all manner of unhappy encounters with the criminal-justice system are accounted for mainly by disparities in the rates of criminal behavior. Although there are five to six times as many whites as blacks in America, more murders are committed by blacks than whites. Blacks, in fact, are about seven times more likely than whites to commit murder. The same seems to be true for robberies, based on the FBI’s national database of arrests. For other crimes, more whites than blacks are arrested. But controlling for population size, blacks are three times more likely to be arrested for aggravated assault, and other assaults, and 2.5 times more likely for rape, burglary, or larceny and other property crimes. Not only are blacks far more likely to run afoul of the law, their victims are mostly blacks. According to FBI statistics, blacks murdered nearly five times as many blacks as they murdered whites in 2015. Criminologist Peter Moskos prepared for his vocation by working for more than a year as a policeman in Baltimore’s roughest neighborhood. He offers this stunning datum: “Each year in Baltimore’s Eastern District approximately one in every 160 men aged 15 to 34 is murdered. At this rate, more than 10 percent of men in Baltimore’s Eastern District are murdered before the age of thirty-five.” Ironically, despite the specter of black-on-white crime, a white person is as likely to be killed by a police officer as by a black civilian. A black person on the other hand is about ten times more likely to be killed by another black civilian than by an officer. Anyone taking to heart the sanctity of black lives might well endorse stricter courts and policing rather than the reverse. (…) A 2014 study by the House Budget Committee found that the federal government alone had spent 799 billion dollars on such programs, meaning the total with state and local funds must exceed one trillion a year. All of these efforts including affirmative action presumably have contributed to a measurable narrowing of the disparities. How to narrow them further is a matter that deserves far-reaching consideration, but this inquiry will not be advanced by demagoguery including the absurd notion that American society, or any substantial part of it, doubts that black lives matter. Commentary

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

« Puissant », « mémorable », « émouvant », « bouleversant », « poignant »

En cette fin de règne des catastrophiques années Obama et Hollande …

Où face à la montée des périls …

Comme du matraquage multiculturaliste ….

Ou de la censure anti-conservatrice de nos médias …

La réaction des peuples se voit traitée de tous les noms …

Et où de l’actuel supposé leader du Monde libre au premier rappeur venu ou à la création de  Youtube

Tout n’est que métissage et effacement des différences

Quelle meilleure illustration …

De l’étrange schizophrénie du monde dit progressiste …

Que les tombereaux d’éloges qui ont salué en juin dernier la récompense par une industrie fondée tout entière sur le succès de transfuges blancs à la Justin Timberlake ou Eminem

De l’auteur d’une vidéo encensant un mouvement se réclamant explicitement, entre deux appels au meurtre de policiers ou invitations à la Maison Blanche, d’une criminelle en fuite

Qui de par ses origines: fruit de l’union d’un père noir et d’une mère suédoise …

Comme de par sa position: docteur sexy, noir et aux yeux bleus, de la série médicale « Grey’s anatomy » …

Incarne littéralement à lui tout seul l’appropriation culturelle qu’il dénonce …

Et se paie en plus le luxe – véritable petit joyau de racisme à l’envers – de fustiger …

L’ « invention appelée blancheur » et son « système construit pour divi­ser, appau­vrir et détruire » ?

Enorme claque : Jesse Williams livre un incroyable discours sur le racisme aux Etats-Unis
Le docteur sexy de la série médicale « Grey’s anatomy » s’est vu récompensé aux BET Awards, hier à Los Angeles, pour son engagement contre le racisme que connait les Etats-Unis.
Laure Blachier
Nouvel Obs
28/06/2016

Vous le connaissez sûrement sous le nom de « Docteur Jackson Avery« , mais c’est bien son interprète, Jesse Williams, qui a été récompensé hier au BET Awards pour son engagement contre le racisme. Il a ainsi reçu le prix de l’humanitaire.

Un prix mérité
L’acteur de 34 ans s’était déjà fait remarquer par sa forte mobilisation quant à la question d’inégalité raciale. En 2014, le jeune homme avait rejoint la marche de protestation qui dénonçait la mort du jeune afro-américain de 18 ans, Michael Brown, tué à Ferguson par un policier blanc. Cette tragédie avait ensuite été suivie d’une série d’événements tristement similaires.

Mais l’implication de Jesse Williams ne s’est pas arrêtée là. Il a également produit cette année un film documentaire sur le mouvement militant « Black Lives Matter » (en français, « les vies Noires comptent »), intitulé « Stay Woke: The Black Lives Matter Movement« . C’est donc sans véritable surprise que l’on apprend la nomination de l’ancien instituteur pour le prix de l’humanitaire cette année.

Un discours émouvant et fort

L’un des points fort de cette cérémonie qui récompensait les artistes afro-américains de l’année est donc le discours prononcé par Jesse Williams lors de sa remise de prix. L’acteur de Django Unchained et de Pulp fiction, Samuel L. Jackson a même avoué ne pas avoir entendu de pareil discours depuis les années 1960 (années qui ont marqué la combat pour l’égalité des droits avec Martin Luther King).

Jesse Williams a ainsi débuté son discours en rappelant Tamir Rice, ce petit garçon de 12 ans, mort pour avoir osé jouer avec un pistolet en plastique devant un policier.

Hier, ça aurait du être le quatorzième anniversaire du jeune Tamir Rice.

Le lauréat poursuit ensuite son discours en dénonçant fortement les violences commises par la police américaine, qui avait tué 967 personnes et dont 40% de victimes non armées étaient noires, sur la seule année 2015, selon le site d’information belge RTL Info.

Alors ne me parlez pas du progrès qui a été fait quand du personnel payé par l’Etat peut tirer depuis sa voiture sur un gamin de 12 ans seul dans un parc en plein jour. Qui peut le tuer et rentrer ensuite se faire un sandwich ?

Le « docteur Avery » a ensuite entamé une phase aux mots encore plus sévères, chewing-gum en bouche, mais digne des Black Panters, où il fait référence à l’esclavage qu’ont connu les communautés noires aux USA, notamment avec le commerce triangulaire du XVIIIème siècle et où il dénonce l’ironie de notre société de consommation.

Le truc, c’est que nous gagnons tous de l’argent ici, mais ça ne suffit pas à arrêter tout ça. Dédier nos vies à gagner de l’argent et le donner uniquement pour se barder le corps de marques de vêtements, alors qu’on a passé des siècles à prier avec des vraies marques sur le corps… et maintenant nous payons pour avoir ces marques sur nous.

C’est ensuite une ode à la liberté qu’entame, Jesse Williams, qui rappelle bien qu’elle n’a jamais été aussi fragile aux Etats-Unis, avançant que les changements de mentalité sont beaucoup trop lents.

« Il n’y a pas de guerre où nous ne sommes pas battus, et ne sommes pas morts en première ligne. Il n’y a aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucune taxe qu’ils ne nous ont pas prélevé et nous les avons toutes payées. Mais la liberté est toujours conditionnelle ici. ‘Vous être libres !’ Continuent-ils de dire. Mais elle serait vivante, si elle n’avait pas agit aussi librement justement. La liberté vient dans l’au-delà, mais l’au-delà est une arnaque : nous, nous la voulons maintenant !

Nous maintenons ce pays à flot de crédits pour des siècles et nous en avons marre d’attendre pendant que cette invention appelée blancheur use et abuse de nous, en enterrant les Noirs loin des yeux et loin du coeur, pendant qu’ils nous soutirent notre culture, nos dollars, nos divertissements… Comme le pétrole ! De l’or NOIR justement. Ils nous enferment dans des ghettos, dévalorisent nos créations, les volent, embourgeoisent notre génie, avant d’abonner nos corps comme des écorces de fruits étranges.

C’est pensé, c’est comme ça. Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels.

A ainsi conclu Jesse Williams sous un tonnerre d’applaudissements en brandissant son trophée.

Meilleur des discours (intégralité du discours de Jesse Williams)

Cette soirée a été aussi marquée par la prestation étonnante de Beyoncé et de Kendrick Lamar qui ont également rendu hommage à Martin Luther King en ouvrant la cérémonie sur une partie de son discours I have a dream. 

Voir aussi:

Vidéo – Jesse Williams, son boule­ver­sant discours contre le racisme
Gala

Jesse Williams a boule­versé les spec­ta­teurs et télé­spec­ta­teurs du BET Awards avec son discours. L’acteur de Grey’s Anatomy a notam­ment dénoncé les violences poli­cières dont sont victimes les Afros-améri­cains, sous les hour­ras de la foule.

Ce week-end, Jesse Williams (aussi connu sous le nom de Dr Avery dans la série Grey’s Anatomy) a pratique­ment volé la vedette à Beyoncé et Kendrick Lamar aux BET Awards. Non pas grâce à ses compé­tences de méde­cin sur petit écran, mais pour son soutien au mouve­ment Black Lives matters. Pour cela il a reçu l’Hu­ma­ni­ta­rian Award, un prix qui récom­pense chaque année un artiste pour son impli­ca­tion liée aux droits civiques et aux ques­tions sociales. Alors qu’il monte sur scène, le comé­dien s’est fendu d’un discours boule­ver­sant. Et a notam­ment dénon­cé les persé­­cu­­tions poli­­cières dont sont victimes les Afro-améri­­cains. “Nous savons qu’en cas d’al­ter­ca­tion, la police arrive toujours, d’une manière ou d’une autre, à désa­mor­cer le conflit, à désar­mer, et à ne pas tuer de Blancs. Ce qui va se passer, c’est que nous allons avoir des droits égaux et la justice dans notre propre pays”, a-t-il sommé.

Jesse Williams a notam­ment dédie son prix “aux acti­vistes, aux avocats des droits civiques, aux parents en diffi­culté, aux familles, aux ensei­gnants, aux étudiants qui se rendent compte qu’un système construit pour divi­ser, appau­vrir et détruire ne peut pas tenir si nous y résis­tons”.

Le comé­dien s’est ensuite lancé dans une diatribe enflam­mée, où il a mis en avant les injus­tices et les décon­si­dé­ra­tions auxquelles font face les Noirs-Améri­cains. “On en a marre d’at­tendre pendant que cette inven­tion appe­lée ‘blan­cheur’ use et abuse de nous, enter­rant les Noirs loin des yeux et loin du cœur pendant qu’ils nous soutirent notre culture, nos dollars, nos diver­tis­se­ments, comme le pétrole – l’or noir juste­ment! Ils nous enferment dans des ghet­tos, déva­lo­risent nos créa­tions, les volent embour­geoisent notre génie.”

Plus tard lors de la soirée, Samuel L. Jack­son a salué le discours de Jesse Williams. “Le speech de Jesse ressemble à ceux des acti­vistes des années 60. Ce frère a raison, et il dit vrai.”

Voir également:

Le poignant discours de Jesse Williams contre le racisme
Paris Match
27/06/2016

L’acteur Jesse Williams, récompensé dimanche pour son engagement, a livré un discours enflammé pour l’égalité raciale.

Un discours «puissant» selon «Time». «L’un des plus mémorables» de l’histoire des prix, titre le «Washington Post». Jesse Williams, alias Jackson Avery de «Grey’s Anatomy», a reçu dimanche l’Humanitarian BET Award 2016, récompensant son engagement notamment contre le racisme. En effet, l’acteur est sur le devant de la scène depuis la mort le 9 août 2014 de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans –pas armé- par un policier blanc à Ferguson (Missouri). Il est notamment engagé en faveur du mouvement Black Lives Matter – né après ce drame et d’autres meurtres de Noirs par la police. Une cause qui lui tient vraiment à cœur comme en témoigne la tirade inspirée qu’il a délivrée en recevant son prix.

Le métisse de 34 ans l’a dédiée à «tous les activistes, toutes les ONG de défense des droits de l’Homme, tous les parents qui se battent, les familles, les enseignants, les étudiants qui réalisent qu’un système construit pour nous diviser, nous appauvrir et nous détruire ne peut pas résister si nous le faisons.» Il a ensuite fait référence à Tamir Rice, qui aurait eu 14 ans samedi, mais aussi à d’autres victimes de ces «bavures», de Rekia Boyd à Eric Garner, en passant par Sandra Bland. Puis a élargi sa plaidoirie sur la cause des Noirs à notre époque.

« La liberté est toujours conditionnelle ici »

«Il n’y a aucune guerre que nous (les Noirs) n’ayons pas combattue, (…) aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucun impôt que nous n’ayons pas payé. (…) Mais la liberté est en quelque sorte toujours conditionnelle ici. Vous êtes libre, continuent-ils à nous dire, mais elle aurait été en vie si elle n’avait pas agi librement», a-t-il lancé, appelant les Afro-Américains à se battre pour obtenir l’égalité une bonne fois pour toutes. Et gare aux Blancs qui dénigreraient l’importance de cette lutte. «Si vous critiquez la résistance, notre résistance, alors vous feriez mieux d’avoir un argumentaire solide sur la critique de notre oppression. Si vous n’êtes pas intéressés par l’égalité Noirs-Blancs, alors gardez-vous de conseiller ceux qui le sont», s’est-il emporté, ovationné par le public.

«Et nous avons fini de regarder, et d’attendre pendant que cette invention appelée blancheur use et abuse de nous ; (…) garde les Noirs hors de sa vue et son esprit, pendant qu’ils pillent notre culture, nos dollars, notre pétrole (…) ghettoïsent et dévalorisent nos créations puis les volent», a-t-il poursuivi avant de conclure : «Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels».

Voir encore:

The Twisted Fantasy World of Jesse Williams
His white mother was « invented » while his black father was “magic”?
Larry Elder
Frontpage magazine
July 5, 2016

According to Time Magazine, actor Jesse Williams, in accepting a humanitarian award from Black Entertainment Television, gave a “powerful” speech about police misconduct and black oppression. The speech ran nearly 4 minutes.

The take-way? The police routinely and illegally use deadly force against blacks while treating similarly situated whites in a different, less deadly way. Williams insisted that the facts back up this claim. “What we’ve been doing,” said Williams, “is looking at the data and we know that police somehow manage to de-escalate, disarm and not kill white people everyday.”

The problem is that the “data” say the opposite. The police do kill whites everyday. And given the fact that whites account for 10 percent of violent crime, but are 50 percent of those who die at the hand of the police, white people actually have more to complain about than Mr. Williams. “Adjusted for the homicide rate,” says criminology professor Peter Moskos, “whites are 1.7 times more likely than blacks to die at the hands of police.”

The “data” from the Centers for Disease Control shows that in 2014, the latest year data are available, 131 blacks and 261 whites were killed by cops. From 1999 to 2013, the totals were 1,724 black and 3,160 white. As to 2015, there are as of yet no official numbers. But the Washington Post says — according to its own tally — that 965 people were killed by police and less than 4 percent were white cops killing unarmed black men.

The top preventable cause of death for young white men is car accidents. For young black men it’s homicide — almost always by other young blacks. Nearly 50 percent of all homicides are black-on-black. As to Williams’ implied clam of anti-black racial profiling, a 2013 report by the DOJ’s National Institute of Justice found that any racial differences in traffic stops can be ascribed to « differences in offending »: blacks are more likely to commit traffic offenses — speeding, no license, no child restraint, DUI, headlights out, expired tags and so on.

So much for “the data.”

Williams also said:

“This invention called whiteness uses and abuses us, burying black people out of sight and out of mind while extracting our culture, our dollars, our entertainment like oil — black gold — ghettoizing and demeaning our creations then stealing them, gentrifying our genius and then trying us on like costumes before discarding our bodies like rinds of strange fruit. The thing is though … the thing is that just because we’re magic doesn’t mean we’re not real.”

Um-m, could you repeat that?

If « whiteness » is « extracting our culture, » should Snoop Dogg apologize for getting rich by selling rap to whites? And didn’t Run-D.M.C. « culturally extract » their hit, « Walk This Way, » from Aerosmith? White folk, rise up! Did Williams, born to a white mom and black dad, really whine about the “invention called whiteness »? His mom was « invented » while his black father was “magic”? So a half-white actor whined about oppression on a black awards show, on a cable channel owned by a corporation whose largest shareholder is a family headed by patriarch Sumner Redstone, — a Jew. Only in America.

Williams also talked about “the activists, the civil rights attorneys, the struggling parents, the families, the teachers, the students that are realizing that a system built to divide and impoverish and destroy us cannot stand if we do.” He proclaimed: “The burden of the brutalized is not to comfort the bystander. … If you have a critique for the resistance, for our resistance, then you better have an established record of critique of our oppression.”

Is it too much to ask for the names of the oppressors who operate the “system »? After all, we’ve had a black president for seven years, plus back-to-back black attorneys general. Is Obama complicit? Williams said:

“I don’t want to hear anymore about how far we’ve come when paid public servants can pull a drive-by on 12-year-old playing alone in a park in broad daylight, killing him on television and then going home to make a sandwich. Tell Rekia Boyd how it’s so much better to live in 2012 than it is to live in 1612 or 1712. Tell that to Eric Garner. Tell that to Sandra Bland. Tell that to Dorian Hunt.”

What does it say that Obama’s Department of Justice has not filed civil rights charges against any of the officers involved in the death of the blacks Williams cited?

Not everything Williams said was incoherent or factually wrong, At the beginning of his speech he actually put his finger on the real problem in the black community. He said, “For the black women in particular who have spent their lifetimes dedicated to nurturing everyone before themselves — we can and will do better for you,”

He appeared to be urging black fathers to step up.

Seventy-one percent of black children were born to unmarried mothers in 2014, as opposed to 25 percent in 1965. Obama said, “Children who grow up without a father are five times more likely to live in poverty and commit crime, nine times more likely to drop out of schools and 20 times more likely to end up in  prison.” In an interview with Kweisi Mfume, then the president of the NAACP, I asked, “As to the presence of white racism or the absence of black fathers, which poses the bigger threat to the black community?” Without hesitation, Mfume said, “The absence of black fathers.”

Rant about that, Mr. Williams.

Voir de plus:

Culture & Civilization
The Truth About Black Lives Matter
The movement paints a false and disturbing portrait of America in order to justify its even more disturbing aims
Joshua Muravchik
Commentary
Nov. 16, 2016

A Call to Arms

On September 20, a police officer in Charlotte, North Carolina, shot and killed Keith Lamont Scott, a 43-year-old black man whom police said they had observed sitting in a parked car with a marijuana cigarette and a pistol. Members of Scott’s family immediately contradicted this description of events on social media, claiming he had no gun and had been holding only a book. In the flash of a muzzle, Charlotte became the stage for the next act in a wrenching national drama about race and law enforcement.

Charlotte is a vibrant, growing, integrated metropolis, the very image of the “new South.” The officer involved was black, as was the police chief. The chief had in fact come to his post expressing skepticism about police treatment of blacks and had instituted innovative community-relations programs and training to address the problem of “implicit bias.”

Nonetheless, within hours of the shooting, protestors bearing handmade signs saying “It was a book” filled the streets. Before long, the protests had devolved into riots. Police cars, city buses, and private vehicles were smashed, as were office buildings and the city’s convention center. Trucks were looted and burned. Ten young African-American men set upon a white man, robbing, beating, and stomping him—and landing him in the hospital. A 26-year-old black man was shot dead by someone else in the crowd. Although 16 police officers received injuries, only one rioter was arrested.

Charlotte’s demonstrators had taken to the streets spontaneously. But the national protest movement that has emerged on this issue over the past two years does have a group, or coalition of groups, at its core, and it is called Black Lives Matter.

The Black Lives Matter website and the Twitter hash tag #BlackLivesMatter had been launched in 2013 by Alicia Garza, Patrisse Cullors, and Opal Tomeki—all in their thirties and all veteran activists. Cullors, a performance artist based in Los Angeles, founded Dignity and Power Now, which she says has “achieved . . . victories for the abolitionist movement.” The word “abolitionist” here refers to a vision of doing away entirely with the law-enforcement and criminal-justice systems. Garza is an officer of the National Domestic Workers Alliance, having previously run a San Francisco group called People Organized to Win Employment Rights (POWER). She, too, speaks of abolishing the criminal-justice system, albeit more tentatively than she speaks of abolishing the present economic system. Opal Tomeki, who describes herself as a “believer and practitioner of liberation theology,” is the New York–based executive director of Black Alliance for Just Immigration.

They were inspired to create Black Lives Matter out of anguish over the acquittal of George Zimmerman, a neighborhood-watch volunteer, ethnically white and Hispanic, who had shot to death the black 17-year-old Trayvon Martin in February 2012. During its first year, the group drew little attention. Then came Ferguson.

In that Missouri city, on August 14, 2014, Michael Brown was shot dead by a white police officer. The 18-year-old and 300-pound Brown, described as a “gentle giant,” carried no weapon at the time of his death. And according to individuals who said they had witnessed the shooting, he had either been gunned down while running from the officer or facing him with his hands raised, pleading, “Hands up, don’t shoot.”

The next day, Ferguson was convulsed in rioting, and protests broke out in other cities. Black Lives Matter sponsored a series of “Freedom Rides” to Ferguson, and its Internet messages went viral. Suddenly it found itself at the center of what the New York Times called “the most formidable American protest movement of the 21st century.” On the ground in Ferguson, new leaders emerged, notably DeRay Mckesson, a former school administrator who became a peripatetic protestor in cities across the Midwest, the South, and his home town of Baltimore, and Johnetta Elzie, a 26-year-old Ferguson native.

President Obama embraced the group, inviting Mckesson, Elzie, and other Ferguson protestors to the White House on more than one occasion and appointing one, Brittany Packnett, to a task force on policing. He spoke in defense of the now ubiquitous slogan when others asked, Don’t all lives matter? And he went out of his way to defend the group at a memorial service two years later for five Dallas policemen murdered by a black sniper at a Black Lives Matter demonstration.

Those competing to succeed Obama followed his cue. Hillary Clinton met with a delegation of Black Lives Matter activists who, according to Time, inspired her to denounce “mass incarceration” and propose a “new New Deal” for ethnic minorities. Her rival for the Democratic presidential nomination, Bernie Sanders, also met with activists who came away saying that the senator was “very open to being pushed” toward their point of view. The campaign of Republican aspirant Jeb Bush claimed that he, too, had met with the group, but this was later disputed by activists.

The entertainment and news media lavished attention on the new movement. Beyoncé, Rihanna, Pharrell Williams, and dozens of others made a video of support while actor Jesse Williams won the Black Entertainment Network’s Humanitarian Award for a separate video that he had made about Black Lives Matter. He stole the show at BET’s annual award ceremony with a speech decrying “this invention called whiteness [that] uses and abuses us, burying black people out of sight,” an observation aired live to an audience of 7.2 million on BET, MTV, Comedy Central, and nine other U.S. networks and streamed online before being rebroadcast in the UK, France, and Africa.

The New York Times Magazine ran a cover story on Black Lives Matter while the Washington Post undertook a mammoth investigatory project to compile a complete data base on fatal police shootings, ferreting out twice as many as shown in FBI reports. In 2015, Time named Black Lives Matter a runner-up for its annual “Person of the Year.”

Where the journalists and entertainers go, philanthropists are likely to follow, and so it was in this case even as a variety of groups and advocates jostled for the Black Lives Matter banner. Google announced a half-million dollar grant to Cullors to monitor and combat police brutality. George Soros’s Open Society Institute gave $650,000 in 2015 to “groups at the core of the burgeoning #BlackLivesMatter movement.” And the Ford Foundation announced it was spearheading a consortium of donors pledging to raise $100 million over six years for the Movement for Black Lives, a self-described “united front” of the original Black Lives Matter together with some two dozen other kindred organizations.

In announcing its grant, Ford enthused: “The Movement for Black Lives has forged a new national conversation about the intractable legacy of racism, state violence, and state neglect of black communities in the United States.” But is that an accurate or complete description of the legacy of race relations with which we live? Is it true, as Black Lives Matter asserts and its very name suggests, that American society as a whole deems black lives to be devoid of value? Is it true, as it further asserts, that the deaths of blacks at the hands of police reflect racism and worse? And if these things are not true, then what is Black Lives Matter really after?

To explore this we must first look more closely at the story of Ferguson. The New Yorker’s Jelani Cobb labeled it “a case study of structural racism in America and a metaphor for all that had gone wrong since the end of the civil-rights movement.” Ferguson is a paradigm, to be sure, but not exactly for the things Cobb suggests it represents.

Ferguson

While a local grand jury declined to indict Darren Wilson, the officer who shot Michael Brown, Obama’s Justice Department conducted its own painstaking investigation with an eye to bringing charges under federal civil-rights law. What it found, perhaps to its own surprise, was not merely ambiguity, which might have prompted the grand jurors to vote against an indictment. Rather, the evidence lent decisive support to Officer Wilson’s contention that he had acted in self-defense, and it showed that the widely circulated narrative about Brown and the actions that led to his death was a tissue of lies.

A video from a convenience-store surveillance camera captured the first act in this drama. It shows Brown reaching across the counter and brazenly helping himself to boxes of cigarillos without offering to pay, then walking to the exit. When the diminutive clerk tries to head him off, Brown shoves the man away, then menacingly turns on him until the man backs off.

The clerk called police, and the robbery was broadcast on police radio. Officer Wilson heard the call just as Brown and his accomplice, Dorian Johnson, were walking toward the officer’s SUV, which Wilson then maneuvered to block their path. The Justice Department report details what happened next:

Brown . . . reached into the SUV through the open driver’s window and punched and grabbed Wilson. This is corroborated by bruising on Wilson’s jaw and scratches on his neck, the presence of Brown’s DNA on Wilson’s collar, shirt, and pants, and Wilson’s DNA on Brown’s palm . . . .Wilson [said] that he responded . . . by withdrawing his gun because he could not access less lethal weapons while seated inside the SUV.

At this point, the conflict intensified:

Brown then grabbed the weapon and struggled with Wilson to gain control of it. Wilson fired, striking Brown in the hand. Autopsy results and bullet trajectory, skin from Brown’s palm on the outside of the SUV door as well as Brown’s DNA on the inside of the driver’s door corroborate Wilson’s account.

The forensic evidence supported the officer’s account:

According to three autopsies, Brown sustained a close range gunshot wound to the fleshy portion of his right hand . . . . Soot from the muzzle of the gun found embedded in the tissue of this wound coupled with indicia of thermal change from the heat of the muzzle indicate that Brown’s hand was within inches of the muzzle of Wilson’s gun when it was fired. The location of the recovered bullet . . . also corroborates Wilson’s account of the struggle over the gun and when the gun was fired, as do witness accounts that Wilson fired at least one shot from inside the SUV.

Brown ran and Wilson began to pursue him, but Brown stopped after about a block and turned around, heading back toward Wilson. No one knows why, although the marijuana later found in his system may have influenced his judgment. Brown’s accomplice Johnson, meanwhile, had disappeared in a different direction. The report continues:

Several witnesses stated that Brown appeared to pose a physical threat to Wilson as he moved toward Wilson . . . . While credible witnesses gave varying accounts of exactly what Brown was doing with his hands as he moved toward Wilson—i.e., balling them, holding them out, or pulling up his pants—and varying accounts of how he was moving—i.e., “charging,” moving in “slow motion,” or “running”—they all establish that Brown was moving toward Wilson when Wilson shot him. Although some witnesses state that Brown held his hands up at shoulder level with his palms facing outward for a brief moment, these same witnesses describe Brown then dropping his hands and “charging” at Wilson.

The autopsy results confirm that Wilson did not shoot Brown in the back as he was running away because there were no entrance wounds to Brown’s back . . . . [S]ome of those accounts are inaccurate because they are inconsistent with the physical and forensic evidence; some of those accounts are materially inconsistent with that witness’s own prior statements with no explanation, credible or otherwise, as to why those accounts changed over time. Certain other witnesses who originally stated Brown had his hands up in surrender recanted their original accounts, admitting that they did not witness the shooting or parts of it, despite what they initially reported either to federal or local law enforcement or to the media.

The Justice Department reviewed physical evidence—crime scene, autopsy, DNA, dispatch recordings, ballistics, fingerprints, and audio recordings of the gunfire—and interviewed witnesses who saw or claimed to have seen the shooting. Eight of them confirmed Wilson’s testimony. The one white among them was disregarded as unreliable. But the other seven—five blacks and two identified as “bi-racial”—were deemed credible in that their versions were consistent internally and with the physical evidence.

These witnesses were almost all reluctant. According to the report, signs had been posted around the neighborhood that read “snitches get stitches.” Residents seemed to believe it. One of the seven “repeatedly refused to give formal statements to law enforcement for fear of reprisal should the . . . neighborhood find out that his account corroborated Wilson.” The report goes on: “Served with a county grand jury subpoena [he] refused to appear. . . . explain[ing] that he would rather go to jail than testify.” Another phoned in his account, but “prosecutors and investigators tried to no avail to interview” him. Another, when called before the grand jury, initially claimed memory loss. Another “was reluctant to identify herself and ultimately met with [detectives] in a library parking lot.” Yet another initially offered a version contrary to physical evidence; when confronted on this by FBI interrogators, she replied, “You’ve got to live the life to know it,” explaining that “she feared offering an account contrary to the narrative reported in the media that Brown had held his hands up in surrender.” In short, fear hung over the neighborhood.

The Justice Department interviewed 23 other witnesses who contradicted Wilson and inculpated him. But in the case of all 23—two whites and the rest black—investigators concluded that their stories were untrustworthy. Either their accounts changed upon retelling or were flatly contradicted by physical evidence or by well-established facts. Some may have been confused. Others were simply lying either to feel important or out of ulterior motives. Chief in the latter category was Dorian Johnson, Brown’s accomplice in the convenience-store robbery.

That Johnson was a practiced liar was already established by a prior conviction for “a crime of dishonesty” and illustrated charmingly when he told the New Yorker’s Jake Halpern that “before entering the [convenience store] he and Brown ‘never talked about stealing things’ [but] were instead immersed in a discussion ‘about the Bible and God.’” However, Johnson told Department of Justice investigators “that just prior to going to [the store], Brown engaged in a 25-minute conversation about marijuana” with a local contractor. (The stolen cigarillos were intended for use in smoking marijuana.)

It was Johnson who, according to the Justice Department report, “made multiple statements to the media immediately following the incident that spawned the popular narrative that Wilson shot Brown execution-style as he held up his hands in surrender,” a narrative that gave rise to the meme “hands up, don’t shoot.”

It is difficult to gauge how much of black Ferguson was represented by the witnesses who came forth with true accounts, and how much by those who circulated false narratives or rioted following the shooting and the grand jury’s non-indictment decision. This second round of mayhem was directly instigated by Brown’s stepfather, who can be seen on video addressing a rally, exhorting those gathered to “burn this bitch down.”

Clearly, however, a considerable part of the black community felt alienated from the police, and a second Justice Department report concluded that “Ferguson’s approach to law enforcement both reflects and reinforces racial bias.” In sustaining its accusation of “racism,” the report instanced six racially pointed jokes found in the email of police or city officials. If such reprehensible items were common, they might add up to a culture of racism, but a total of six over six years of email exchanges among scores of individuals amounts to much less.

Among arrestees who were armed, 406 whites and 188 blacks were killed by police in 2015, a ratio closely reflecting the population of arrestees.

The report’s focus rested on the city’s reliance for a significant part of its revenue on fines for petty violations, largely automobile-related. This practice is common in Missouri and elsewhere, and it puts a disproportionate burden on poor people, therefore on blacks. Such behavior raises the question of whether justice can be blind if it is self-interested. For these reasons, long before the events in Ferguson, some states had begun passing laws limiting the authority of municipalities to levy fines.

The report also noted that a large majority of the city’s officers are white while a majority of its citizenry is black, and that blacks “experience disparate impact in nearly every aspect of Ferguson’s law enforcement system,” notably that “African Americans account for 85 percent of vehicle stops, 90 percent of citations, and 93 percent of arrests made by FPD officers, despite comprising only 67 percent of Ferguson’s population.”
In relying on “disparate impact” as a measure of discrimination, the Ferguson report provided a microcosm of an argument that goes to the heart of much national debate about race and criminal justice. President Obama deployed it in a 2015 speech: “In too many places in this country, black boys and black men, Latino boys, Latino men . . . experience being treated differently by law enforcement—in stops and in arrests, and in charges and incarcerations. The statistics are clear, up and down the criminal-justice system; there’s no dispute.” This sense of certainty comported oddly with the president’s own lament five months later at a White House forum on race and criminal justice that “we don’t really do a good job right now in collecting national data.” There is, moreover, much to dispute about how to interpret “the statistics,” as the president’s formulation, itself, unwittingly illustrated.

If black and Latino males are “treated differently,” we might ask, Differently from whom? Statistically, they are more likely to be arrested and incarcerated than white males, but that disparity is dwarfed by another: the disparity with black and Latino females. There are more than 10 times as many males incarcerated as females. Could that difference be explained by factors other than discrimination against males?

Bearing in mind, then, that there might be reasons for disparities other than prejudice, let us consider the Washington Post’s database on the use of deadly force by police, since this is the issue around which Black Lives Matter and the larger national debate revolve.

Crime and Policing by the Numbers

The Post found that police killed 990 people in 2015. Of these, 494 were white, 258 black, 172 Hispanic, and 38 “other.” This means there were twice as many whites killed as blacks. On the other hand, since there are five or six times as many whites as blacks in America, clearly blacks were more likely to be killed, roughly three times as likely. But people killed by police are almost invariably in the process of being arrested or about to be arrested. This suggests that the relevant baseline against which to compare police killings is not the proportions of blacks and whites in the general population, but rather their presence in the population of arrestees.

The FBI compiles national data on arrests. For 2015, the ratio of white to black arrestees for all crimes was 70 percent to 27 percent, a ratio of about 2 1/2 to 1. If we use that as the baseline for comparison, then police kill blacks slightly more often than their numbers would warrant. However, the Washington Post lists Hispanics as a third category parallel to whites and blacks. Confusingly, the FBI, which assembles crime data, does not do so. In presenting racial statistics, it assigns Hispanics to either the white or black category while offering separate tables dividing populations between Hispanic and non-Hispanic without respect to color. When forced into the bivariate categories of black and white, Hispanics overwhelming categorize as white. (According to the census, 20 times more Hispanics self-identity as white than as black.) If those listed by the Post as Hispanic were instead assigned to one racial category or the other, it would bring the ratio of whites to blacks killed by police still into nearly perfect alignment with racial ratio of arrestees in FBI data.

The one area in which the Post reported finding a greater racial disparity was among unarmed individuals killed by police. In 2015, police killed 38 blacks and 32 whites. This ratio is out of line with the racial ratios of arrestees, but it is hard to know what to make of it. For one thing, the numbers are small and thus perhaps of little significance. For another, the Post’s “unarmed” category includes arrestees “holding an object unlikely to inflict serious injury, such as a stick or a broom handle.” In the moment, that broomstick might have felt more threatening to the officer than it appeared to the Post researcher who sorted the data. “Unarmed” does not always tell the whole story. Michael Brown was unarmed, but had he overpowered Officer Wilson, Brown might have seized Wilson’s gun. Several officers are killed each year with their own weapons. So even an unarmed arrestee can present a threat to an officer.

What makes this disparity particularly unlikely to reflect racial bias is the contrast with the numbers for arrestees who were armed. In this category, the Post found 406 whites and 188 blacks killed by police officers, a ratio closely reflecting the population of arrestees. If anti-black bias were at work, why would it cause police to kill unarmed black people but not armed ones?

Moreover, scholarly examinations of police behavior point to only modest racial disparities in the treatment of suspects, with no clear pattern. For example, a Rand Corporation study of New York’s stop-and-frisk program in 2006 found that “black pedestrians were stopped at a rate that is 20 to 30 percent lower than their representation in crime-suspect descriptions.” However, “Hispanic pedestrians were stopped disproportionately more, by 5 to 10 percent.” Whites were slightly less likely to be frisked or arrested after being stopped but slightly more likely to receive a summons. More recently, Roland Fryer Jr. a 39-year-old African-American economist at Harvard, completed studies of Houston police, showing that they were somewhat (16 to 25 percent) more likely to use force against black suspects (handcuff them, push them to the ground, and the like) but somewhat (22 percent) less likely to shoot them.

One other realm in which numbers have been tossed around in the search for racial bias is in the composition of police forces. The New York Times produced a database on “the race gap in America’s police departments.” Elaborate graphs were presented online showing the racial composition of “local police departments from 17 metropolitan areas, sorted so that departments with the largest percentage-point differences of white officers to white residents are at the top.” But according to Justice Department data, in the United States as a whole, the proportion of police who are black is 12 percent, exactly the black percentage in the population. While the Times compiled a list of cities in which blacks are “underrepresented” in police departments, the law of averages means there must be roughly as many where blacks are “overrepresented.”1

While it is surely beneficial to have ethnically diverse police departments, this has no bearing on the core issue of Black Lives Matter. Several studies have shown that black police officers are more likely to shoot, not less. The criminologist Heather Mac Donald cites the example of the Detroit Police Department, which was subject to federal oversight for 11 years, dating back to the George W. Bush administration, “for alleged abuse of civilians, including a pattern of unjustified shootings.” That department, she notes, is two-thirds black.

There is precious little evidence that racial bias determines the use of lethal force or other actions of police. This is not to say that all killings by police are justified. The South Carolina policeman who fired five rounds into the back of a fleeing Walter Scott is being tried for murder, rightly so, and this, alas, is surely not the only incident of its kind. But the large disparities between the races in all manner of unhappy encounters with the criminal-justice system are accounted for mainly by disparities in the rates of criminal behavior.

Although there are five to six times as many whites as blacks in America, more murders are committed by blacks than whites. Blacks, in fact, are about seven times more likely than whites to commit murder. The same seems to be true for robberies, based on the FBI’s national database of arrests. For other crimes, more whites than blacks are arrested. But controlling for population size, blacks are three times more likely to be arrested for aggravated assault, and other assaults, and 2.5 times more likely for rape, burglary, or larceny and other property crimes.

Not only are blacks far more likely to run afoul of the law, their victims are mostly blacks. According to FBI statistics, blacks murdered nearly five times as many blacks as they murdered whites in 2015. Criminologist Peter Moskos prepared for his vocation by working for more than a year as a policeman in Baltimore’s roughest neighborhood. He offers this stunning datum: “Each year in Baltimore’s Eastern District approximately one in every 160 men aged 15 to 34 is murdered. At this rate, more than 10 percent of men in Baltimore’s Eastern District are murdered before the age of thirty-five.”

Ironically, despite the specter of black-on-white crime, a white person is as likely to be killed by a police officer as by a black civilian. A black person on the other hand is about ten times more likely to be killed by another black civilian than by an officer. Anyone taking to heart the sanctity of black lives might well endorse stricter courts and policing rather than the reverse.

The Agenda

Black Lives Matter is aware of its critics’ arguments and on its website responds thus: “The continued focus on black-on-black crime is a diversionary tactic . . . . To reduce violent crime we must fight to change systems rather than demonizing people.” Indeed, changing the system is the essential goal of Black Lives Matter; police violence is a wedge issue around which to rally support. “Neither our grievances nor our solutions are limited to the police killing of our people,” the group declares. “We seek not reform but transformation.”

BLM proclaims the goal of a “radical transformation of American democracy” and the “radical organization and self-determination of our communities.” Yet the term “radical” scarcely captures the full extreme of its views. “Black Lives Matter is an ideological and political intervention,” declares a founding statement, “in a world where Black lives are systematically and intentionally targeted for demise.” It goes on: “Black folks . . . face . . . deadly oppression” and “genocide.” In another statement the group explains: “We came together because we were tired of Black death at the hands of the state . . . . Death by a system designed to kill Black people.” Hence the slogan: “End the war on Black people.”

This past summer, the Movement released a full-blown platform. It called for “reparations for past and continuing harms . . . . inflicted on Black people.” These would take the form of “full and free access for all Black people (including undocumented and currently and formerly incarcerated people) to lifetime education,” “a guaranteed minimum livable income for all Black people,” “corporate and government reparations focused on healing ongoing physical and mental trauma, and ensuring our access and control of food sources, housing and land.”

Additional planks “demand” “independent Black political power and Black self-determination in all areas of society . . . remaking the current U.S. political system in order to create a real democracy where Black people and all marginalized people can effectively exercise full political power.” The document’s writers further demand “direct democratic community control of local, state, and federal law enforcement agencies” and “a restructuring of the economy to ensure Black communities have collective ownership.”

The group’s foreign-policy plank was no less extreme. It called for ending aid to Israel, which it described as an “apartheid state” engaged in “genocide . . . against the Palestinian people.” Some liberal Jewish groups expressed anguish, feeling compelled to draw a line against a black movement that they otherwise wished to embrace. But BLM’s view of Israel was of a piece with its view of the United States:

America is an empire that uses war to expand territory and power. American wars are unjust [and] destructive to Black communities globally . . . . The military industrial complex offers massive profits to private corporations from the death of our global diaspora . . . . The interlinked systems of white supremacy, imperialism, capitalism and patriarchy shape the violence we face. As oppressed people living in the US, the belly of global empire, we are in a critical position to build the necessary connections for a global liberation movement. Until we are able to overturn US imperialism, capitalism and white supremacy, our brothers and sisters around the world will continue to live in chains.

It is hard to understand why liberal Jewish groups felt torn in rejecting a movement with views such as these. Radical Jewish groups, however, experienced no distress: They embraced it all. Jewish Voice for Peace endorsed the platform “in its entirety, without reservation.”

The radicalism of Black Lives Matter consists not only of extreme far-left rhetoric. The movement also exhibits an ambiguous attitude toward the use of violence. Its “freedom rides” to Ferguson often featured the implicitly threatening slogan, “no justice, no peace,” and its platform applauds “the bravery of those in Ferguson,” an apparent reference to rioters who vandalized property and burned businesses.

At a December 2014 New York protest called Millions March, which brought out large numbers of Black Lives Matter supporters, one contingent of marchers chanted, “What do we want? Dead cops. When do we want it? Now.” And another contingent assaulted and injured two isolated police officers on the Brooklyn Bridge who were trying, without using any weapon, to restrain a marcher from heaving a garbage can onto people below.

Days later, Ismaaiyl Brinsley, a BLM sympathizer, ambushed and killed two policemen (one Hispanic, the other Asian) in Brooklyn after declaring his intention on Instagram to put some “pigs in a blanket.” Hours later on the streets of St. Louis, a small contingent of marchers taunted police by chanting, “Pigs in a blanket, fry ’em like bacon.” The chant was reportedly led by Bassem Masri, a Palestinian American whom the New York Times identified as “perhaps Ferguson’s most famous live-streamer.” His face shrouded in a kaffiyeh, Masri also shouted that the police could not stand up to the “real men” of the “Palestinian resistance.” In August 2015, BLM marchers in St. Paul also broke into the “pigs in a blanket” chant.

Brinsley’s act, in declared retaliation for the death of Eric Garner after being put in a choke hold by a New York City officer trying to arrest him, was the first of a series of murders intended to retaliate for police killings of black civilians. In July 2016, five officers were killed and seven others wounded by a sniper in Dallas at a BLM protest, and in Baton Rouge days later, three officers were killed and three wounded in an ambush. In September in Phoenix, a black man ran over three police officers in an unprovoked vehicular attack, but all survived their injuries.

When the Dallas attack occurred, President Obama held a press conference in Poland, where he was attending a NATO meeting. He insisted: “Americans of all backgrounds are rightly outraged . . . . That includes protestors.” But in truth, Black Lives Matter expressed no outrage. Rather it merely dissociated itself from the murders and went on the offensive, declaring, “To assign the actions of one person to an entire movement is dangerous and irresponsible.” It did not so much as offer condolences to the fallen officers’ families. And the organizer of a BLM rally in Atlanta told CBS: “Black Lives Matter doesn’t condone shooting law enforcement. But I have to be honest: I understand why it was done.” He did not elaborate, but if the system is, as Black Lives Matter says, “designed to kill Black people” and is engaged in “genocide” against them, violence would be a reasonable response.

In the Footsteps of the Panthers

BLM applauds, and in some cases lionizes, an earlier generation of black militants whose entire métier was violence, in particular the murder of police officers.

The founding Black Lives Matter group treats Assata Shakur as something of patron saint. The group’s website features a quote from her, and Patrisse Cullors, one of its three co-leaders, recited the quote in a television interview, explaining:

This is how we close out every meeting, every event, every action. This is from our beloved Assata Shakur, who is on the FBI[’s] most wanted list, and she is a powerful leader who we are inspired by. Many of us have “Assata taught me” sweaters.

Indeed, according to the New York Times, “T-shirts and hoodies that read ‘ASSATA TAUGHT ME’ . . . .became part of [Black Lives Matter’s] protest iconography.”

The core of the ‘black liberation movement,’ which supplanted the civil-rights movement, was the Black Panther Party. BLM sees itself in its direct line of descent.

Assata Shakur, the former Joanne Chesimard, is the one female on the FBI’s list of Most Wanted Terrorists. She was convicted of murdering New Jersey state trooper Woerner Foster in 1973 and served several years in prison before being broken out by some of her comrades in the Black Liberation Army and finding her way to Cuba, where she has lived since. She was believed by law-enforcement officials to have been involved in more of the group’s crimes than the one murder for which she was convicted. Newsday quoted an unnamed former BLA “soldier” who described her as “the soul of the group. She was very active, and she was very strong.”

The Black Liberation Army, an outgrowth of the Black Panther Party, is accused by the Fraternal Order of Police of the murder of 13 police officers. The BLA did not dispute that it engaged in such activity. Rather, members described these actions as merely “soldiers fighting soldiers.”

Such braggadocio masked a still more vicious reality. Investigative journalist Bryan Burrough captured something of the group’s sick sadism in recounting for Politico the January 1972 murders of New York police officers Greg Foster (who was black) and Rocco Laurie, a crime for which the BLA took credit in a letter to news organizations:

A moment after the officers passed, the three [BLA “soldiers”] turned and drew pistols [and] began firing directly into their backs. Foster was hit eight times . . . Six bullets hit Rocco Laurie. . . . As the two men lay dying, their three assassins marched calmly toward them. A witness later claimed one of the shooters, hollered, “Shoot ’em in the balls,” and . . . all three again opened fire. Three bullets were fired directly into Greg Foster’s eyes; two more were shot into Rocco Laurie’s groin. When both men lay still, two of the assassins . . . ran toward a waiting Chrysler, while the third man, apparently intoxicated by the moment, reportedly danced a jig over the dead men’s bodies.

Shakur is not the only cop-killer whose cause is championed by the Movement for Black Lives. Its platform contains a call to “cease all current investigations and cold cases into former activists,” specifically listing “activists and freedom fighters . . . of the ’60s and ’70s.” The list included Imam Jamil Al Amin, Kamau Sadiki, and the San Francisco Eight. Al Amin, the former H. Rap Brown, had opened fire on two black police officers who were attempting to arrest him on a warrant. He killed one and wounded the other and was convicted of murder. Sadiki, the former Freddie Hilton, was a BLA member convicted of the ambush murder of Atlanta policeman James R. Greene. The San Francisco Eight were former BLA members charged in 2010 with the murder of a police sergeant who died at his desk in Ingleside, California, in 1971 when the station was bombed.

The Black Lives Matter website explains that the group is “working to (re)build the black liberation movement.” It does not mention the civil-rights movement, which vanquished Jim Crow by awakening the nation’s conscience and securing passage of the Civil Rights Act of 1964, the Voting Rights Act of 1965, and the Fair Housing Act of 1968. Having achieved its key goals, that movement was largely supplanted by the “black liberation movement,” which gave voice to black rage but accomplished little else.

The core of this later movement was the Black Panther Party, and Black Lives Matter sees itself in its direct line of descent. The parallel between Black Lives Matter and the Panthers was expressed by Ferguson organizer Johnetta Elzie, who, said the New York Times, “often wore dark lipstick, . . . oversize sunglasses and a leather jacket . . . channeling a Black Panther.” It was drawn explicitly by Stanley Nelson, the maker of The Black Panthers: Vanguard of a Revolution, a two-hour Public Broadcasting documentary aired this year. This film, like the Movement for Black Lives, was financed by the Ford Foundation, on whose website Nelson explained: “Given the events in this country over the last year and a half or so, using the Panthers as an organizing tool seemed natural.” Thus, rather than give time on camera to any Panther detractors, Nelson produced what The Daily Beast’s cultural editor Michael Moynihan called a “hagiography.” In a statement issued to accompany the film, Nelson left little doubt that this was precisely his intent:

The Black Panther Party emerged out of a love for their people and a devotion to empowering them. This powerful display of the human spirit, rooted in heart, is what compelled me to communicate this story accurately . . . . Nearly half a century later, we find our voices in a renewed chorus for justice and equality. We continue to witness a state apparatus that perpetuates a culture of fear and aggression with frequent and unwarranted displays of racial violence and oppression.

The connection was also drawn by the New York Times, which gave over much of the front page of its Arts section to a breathless review of Power to the People, “an important new book” of photos of the Black Panthers by an ardent devotee, Stephen Shames, in collaboration with former party chairman, Bobby Seale. The book, intoned the Times, “has much to say about the current racial crisis.” The reviewer continued: “During the past half-century much has changed, yet little has changed, as the campaign to end systemic racism and violence against minorities, exemplified by the Black Lives Matter movement, remains as vital as ever.”

Yet the truth about the Panthers could scarcely be uglier. Their signature slogan was “Off the pig,” meaning murder policemen, and murder they did. Party founder and guiding spirit Huey Newton was convicted of shooting to death an Oakland officer, a conviction that was overturned on the technicality that the judge had failed to inform the jury that it had the option of finding “involuntary manslaughter” if it believed Newton was impaired when firing. But Hugh Pearson, the black author of the most complete and dispassionate history of the Panthers, found two unrelated Newton associates who each said that Huey had confessed to them he had indeed murdered the officer.

Eldridge Cleaver, the party’s other most powerful leader, also gunned down a policeman, leading to a siege and protracted shootout in which one Panther was killed while trying either to surrender or escape. Typical of much racial discourse that persists to this day, a luminous list of literati at the New York Review of Books—Susan Sontag, Norman Mailer, Jessica Mitford, John Gunther, and scores more—rushed to declare that the Panthers “were victims of an attack by Oakland police.” But David Hilliard, the party’s chief of staff, acknowledged the true story in his memoirs: “Eldridge . . . gives me the plan . . . . We’ll transport a cache of guns from my house to West Oakland, catch a policeman on the way, and gun him down.”

The principal victims of Panther violence, however, may not have been police but black civilians. In Soul on Ice, the book that made him famous, Cleaver describes the act of raping white women as his personal “insurrection,” while explaining that he first raped a number of black women “for practice.” Newton, too, raped at least one black woman, a story recounted in the left-leaning New Times by liberal journalists who also detailed, as has Hugh Pearson, the toll of Panther violence. It ranged from Newton’s murder of a 17-year-old black prostitute and the pistol-whipping of a black tailor to a deadly feud between the Panthers and a rival armed group called US.

Panther apologists make much of the group’s health and education programs, but these were rackets. When an organization of legitimate black-owned businesses offered to provide food for the Panthers’ ballyhooed breakfast program, Newton insisted that it would take only cash.

Arguably, in fact, the victims of the Panthers’ most extreme violence were Panthers—those who dissented or were members of rival factions or were seen by Newton as competitors. Alex Rackley, to cite just one example, was accused of spying for the authorities. He was bludgeoned and scalded with boiling water over several days before being taken out and shot. Three Panthers confessed to the crime. Several others were gunned down in internecine struggles. Male party members were “disciplined” by terrible beatings and bullwhippings, females by being forced into prostitution.

The Real America

While Black Lives Matter is run by people who nonetheless seem to embrace the Panthers’ legacy, many of its adherents and sympathizers are motivated simply by revulsion over the various publicized cases in which police have killed blacks, and by the dismay at the situation that these events symbolize—enduring inequality between black and white in America. How to redress this inequality and to reduce the number of lethal acts by police are important questions. But their consideration is impeded rather than advanced by rhetoric about a “war on blacks” or the claim that endemic racism lies at the root of these problems.

In truth, this society has made enormous efforts to eliminate racial disparities and to compensate for the historical injustices done to blacks through slavery and discrimination. For some 40 years now, under the rubric “affirmative action,” blacks have received preference in admission to colleges and universities and in many jobs. In addition, federal, state, and local governments have spent immense sums toward the goal of assisting those in need. These programs affect more whites than blacks in absolute numbers, but relative to population, they affect more blacks, and this was often the intent. The entire “war on poverty” was initiated by the Johnson administration out of the momentum and spirit of the civil-rights revolution of the 1960s, that is, with the goal of closing the racial gap very much in mind. (Hilariously, Hugh Pearson reports that in 1967, “Newton, Seale, and Bobby Hutton took their paychecks from the antipoverty program and opened up the first Black Panther office.”)

A 2014 study by the House Budget Committee found that the federal government alone had spent 799 billion dollars on such programs, meaning the total with state and local funds must exceed one trillion a year. All of these efforts including affirmative action presumably have contributed to a measurable narrowing of the disparities. How to narrow them further is a matter that deserves far-reaching consideration, but this inquiry will not be advanced by demagoguery including the absurd notion that American society, or any substantial part of it, doubts that black lives matter.
1 The Times shifted between speaking of blacks and of “minorities.” It’s true that “minorities” as a whole are somewhat underrepresented, primarily because only 12 percent of police officers are Hispanic although Hispanics make up about 16 percent of the population. Does this disparity bespeak discrimination? A vastly larger percentage of Hispanics than of blacks or whites are immigrants, meaning that deficits in English fluency and educational background alone likely account for all or most of the shortfall of Hispanic police.

Voir de même:

Black Lives Matter: A Movement Built on Lies
When facts don’t matter
Frontpage mag
July 12, 2016

The clown show known as Black Lives Matter is akin to a paranoid maniac who: (a) dreams that his spouse is having a torrid, illicit affair; (b) then berates and beats his spouse upon waking up; and (c) finally, when reminded that it was all just a dream, becomes even more enraged at the betrayal he supposedly suffered while he slept. There’s really no point to continuing the charade of calling Black Lives Matter by the phony name it has exploited since its inception. If black lives truly mattered to the know-nothings who comprise this movement, they would have something—anything—to say about the fact that approximately 5,500 of the 6,095 black victims of homicide in 2014 were killed not by white devils, not by satanic ghouls in blue uniforms, but by other blacks. Instead, all they give us is a silent, collective yawn punctuated with a raised middle finger. So from this point forward, Black Lives Matter will be called by its correct name, “Facts Don’t Matter.”

The mouthpieces of Facts Don’t Matter say their mission is to demand “an immediate end” to “the murder of Black people” by the hordes of racists who purportedly comprise our nation’s police forces. They tell us that African Americans are a hunted and endangered species, mowed down by blue-uniformed white sadists who are animated by bloodlust, bigotry, and dreams of genocide. But wait. It turns out that of all the people who have been killed by police in the United States in recent years, about 42% were white, 20% were Hispanic, and 32% were black—even as blacks committed nearly 39% of the types of serious crimes most likely to result in a violent confrontation with police. Last year was typical: 494 whites and 258 blacks were killed by police. And what do the race-obsessed demagogues at Facts Don’t Matter have to say about this? Nothing. Facts Don’t Matter.

Facts Don’t Matter tells us that police are particularly inclined to gun down, in cold blood, African Americans who are unarmed and pose no threat to anyone. Of course, “unarmed” victims are sometimes shot while they’re physically assaulting an officer or trying to take away his gun. But still, let’s play along and look at—if you’ll excuse the expression—the facts. In 2015, there were 38 unarmed blacks and 32 unarmed whites who were shot and killed by police. These figures are roughly proportional to the respective numbers of violent crimes committed by blacks and whites nationwide. So why the outrage? Because Facts Don’t Matter. Remember?

And does it matter that statistically, the likelihood of a police officer being killed by a black male is 18.5 times greater than the likelihood of an unarmed black male being killed by a cop? Nope. Facts Don’t … well, you know how it goes.

The plain truth is that if you search for evidence of systemic racism in police shootings, you won’t find it anywhere outside the imaginations of the Facts Don’t Matter racists and the imbeciles who support them. The premise underlying Facts Don’t Matter’s mission is a lie, founded on a fantasy, stapled to a hallucination, wrapped inside a fairy tale, strapped to the wing of a unicorn.

But naturally, none of this prevented Barack Obama—in the aftermath of the recent police shootings in Minnesota and Louisiana—from doing what he does best: lament America’s intransigent white racism, and foment black hatred and mistrust of police officers. This is where the President always shines, and dutifully he trotted out several old favorites from his well-worn collection of hackneyed platitudes:

  • “[T]here’s a big chunk of our citizenry that feels as if, because of the color of their skin, they are not being treated the same.”
  • “[T]he data shows that black folks are more vulnerable to these kinds of incidents. There is a particular burden that is being placed on a group of our fellow citizens.”
  • “[T]hese fatal shootings are not isolated incidents. They are symptomatic of the broader challenges within our criminal justice system, the racial disparities that appear across the system year after year, and the resulting lack of trust that exists between law enforcement and too many of the communities they serve.

A few hours later, a dozen officers were gunned down at a Facts Don’t Matter rally in Dallas, and five of them lay lifeless in pools of their own blood.

This atrocity was just a natural extension of the toxic and deadly anti-police climate that Obama had previously helped cultivate with many similar statements over the years. And not surprisingly, law-enforcement officers throughout urban America have responded to this troubling climate by becoming less proactive in apprehending criminal suspects, particularly for low-level offenses. This, in turn, has led to a dramatic rise in crime rates in a number of U.S. cities. For 2015 as a whole, America’s 56 largest cities experienced a 17% rise in homicides; in 10 heavily black cities, murders increased by more than 60%. During the first quarter of this year, homicides in the nation’s 63 largest cities increased by another 9%, while non-fatal shootings were up 21%. In other words, immense harm has been done to the very same “black lives” on whose behalf Facts Don’t Matter claims to work.

If Barack Obama were something other than a racist Marxist revolutionary, he would state clearly and unequivocally that the Facts Don’t Matter movement is nothing more than a horde of know-nothing degenerates who should be ostracized as the moral equivalents of cross-burning Klansmen. But that’s a bit much to expect from a man who has made yet another prominent racist, Al Sharpton, his leading adviser on matters of race. So instead, Obama doffs his hat to the Facts Don’t Matter clowns, and treats them like dignitaries. Leaders of Facts Don’t Matter have visited the Obama White House many times since 2013, meeting with not only the President, but also with the First Lady and a number of high-level administration officials.

In September 2015, for instance, Facts Don’t Matter leader Brittany Packnett—fresh off her seventh visit to the Obama White House—told reporters that the President had “offered us a lot of encouragement” while urging the activists to “‘keep speaking truth to power.’” The following month, Obama lauded Facts Don’t Matter for addressing “a specific problem that’s happening in the African-American community that’s not happening in other communities.” Two months after that, he described Facts Don’t Matter as a positive force that was shining “sunlight” on the fact that “there’s no black family that hasn’t had a conversation around the kitchen table about driving while black and being profiled or being stopped” by police. And at a Black History Month event at the White House this past February, Obama welcomed Facts Don’t Matter representatives and extolled their “outstanding work.”

This is the pathetic condition to which the our nation has sunk under Barack Obama: The President of the United States openly and unequivocally supports a racist terror group that is committed to the slaughter of police officers and the breakdown of law-and-order—and, by logical extension, to a steep and swift rise in death-by-homicide rates among civilians in dozens of cities across the country. And he’s done it all in the name of “racial justice.” People don’t get any uglier—or dumber—than this.

Voir aussi:

L’appropriation culturelle fait débat dans l’Amérique post-Trump
France Télévisions, Washington, D.C.
22 novembre 2016

Depuis l’élection de Donald Trump, certains Américains redoutent la libération de la parole raciste. Dans ce contexte, nous revenons sur la notion d’ « appropriation culturelle » – l’appropriation de la culture d’une minorité par les blancs. Régulièrement critiquée par les médias conservateurs comme Breitbart (pro-Trump), elle s’est imposée depuis longtemps dans le débat public aux Etats-Unis.

Miley Cyrus peut-elle « twerker » (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d’Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une « soirée tequila » en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ?

Le twerk de Miley Cyrus
Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d’ « appropriation culturelle » ou « cultural appropriation », une expression qui s’est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times. « Je définis l’appropriation culturelle comme l’utilisation, sans autorisation, d’un élément d’une culture » minoritaire par la culture dominante, explique George Nicholas, un professeur canadien qui travaille sur les questions de propriété intellectuelle et d’héritage culturel.

Le dreadlock-gate chez Marc Jacobs

Récemment, c’est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d’appropriation culturelle : la mode occidentale s’est toujours inspirée d’autre cultures (comme l’a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). Alors, à quel moment ces emprunts deviennent-ils « inappropriés » ? « Depuis toujours, les sociétés humaines ont emprunté des éléments les unes aux autres. Le moment où cela devient problématique, c’est lorsque les héritages sont utilisés de manière systématique et sans que les héritiers de la culture puissent donner leur avis, » estime Nicholas, qui conseille aux designers de travailler avec les peuples concernés et partager leurs recettes avec eux.

En septembre, la question de l’appropriation culturelle s’est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L’auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l’indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s’étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d’un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l’intervention, une écrivain d’origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l’attitude de l’auteur « découle de la suprématie raciale. »

« Tous les lecteurs devraient se sentir offensés par le coup de Lionel Shriver avec le sombrero » juge Michael North, un professeur de littérature anglo-américaine qui travaille notamment sur la littérature post-coloniale, ajoutant que les bons auteurs se doivent d’éviter l’emploi de tels stéréotypes et « fausses généralisations ».

Pour autant, il ne porte pas un regard négatif sur les auteurs blancs qui se mettent dans la peau de personnages de couleur.  « Il existe des cas typiques dans la littérature, où un auteur anglo-saxon blanc a écrit des romans sous le nom de plume d’un amérindien, en s’appropriant l’expérience de groupes sans en avoir le droit, » raconte North. « Mais c’est aussi ridicule que de critiquer une auteur parce qu’elle écrit au sujet d’un homme. Aux Etats-Unis, on présuppose souvent que l’on n’a pas le droit de s’approprier l’expérience des autres peuples. » Il cite Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, parues en 1884. Le livre, concède-t-il, est très controversé aux Etats-Unis ou certains le qualifient de raciste, notamment car il emploie le mot « nègre ». Selon lui, cette critique « est en partie liée au fait que Twain mettait en scène un personnage Afro-Américain en s’exprimant pour son compte. »

Histoire et melting pot

Pourquoi la notion d’appropriation culturelle est-elle si courante aux Etats-Unis ? North met cela sur le compte d’une société très hétérogène, historiquement composée de nombreux migrants (et de leurs enfants). Selon le dernier recensement, 77% des Américains s’identifient comme blancs. Les minorités les plus nombreuses sont les hispaniques ou Latinos (17,6%) et les noirs (13,3%). « Nous avons aussi une histoire particulière avec les questions de race – une histoire exceptionnellement difficile » qu’il faut prendre en compte, affirme North.

Les plaies de cette histoire récente sont encore ouvertes. Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey’s Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l’appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. « On a fini de regarder et d’attendre pendant que cette invention appelée la blancheur [whiteness] nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s’il s’agissait de pétrole, d’or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges. »

Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l’actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d’appropriation culturelle. « Tout le monde s’approprie des choses… Les Japonais, les noirs, les Espagnols, nous nous approprions tous quelque chose les uns aux autres, » déclarait-elle alors. La sortie de Goldberg a déclenché une avalanche de critique sur les réseaux sociaux.

« Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu’à un moment tout est appropriation, » estime de son côté le professeur North. « Rien de ce que nous faisons en ce monde n’est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel. » Le spécialiste de la littérature pointe du doigt une « étrange incohérence »: « on s’intéresse aujourd’hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique. » Dans le même temps, la société américaine est plus sensible que jamais à l’appropriation culturelle.

Une nuit à Bangkok

Et en effet, cette incohérence peut donner lieu à des situations incongrues. Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s’est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l’événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La « Nuit à Bangkok » est devenue un soirée « Métropole tropicale ». « Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture, » raconte Kae Burke, l’une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une « femme blanche américaine privilégiée » et précise qu’elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir « collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée. »

Burke a de l’empathie pour ceux qui se sont offusqués de l’appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, « nous organisons des fêtes dans un club. Nous n’essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays, » explique-t-elle. « Lorsqu’ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée. »

Certains commentaires sont cinglants. « Les mêmes difficultés que les Thaïlandais combattent sur notre propre sol sont perpetuées, consommées et mises à profit… sur le sol américain, »  écrit อาลียา วัชร (ou alia vajra) sur Facebook. Elle cite des passages de la description de la soirée, dont certains font notamment allusion à la prostitution et au trafic sexuel.  « Quid de ceux qui n’ont jamais visité la Thailande ? (…) vos `features’ comme le thé glacé, le Pad Thai, les criquets frits et les allusions sexuelles, etc, seront [leur première impression ] d’une culture et d’un peuple qui est tellement plus complexe, » écrit-elle. « Bien que ce soit parti d’une bonne intention et d’une volonté de s’amuser, cela donne le sentiment d’être dégradant et réducteur. » Elle qualifie la description de l’événement de « propagande raciste ».

Le mot d’excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, « One night in Bangkok », en « Métropole tropicale ».

« Les choses ont changé, » conclut quant à elle, Kae Burke, la gérante du club. « Les gens sont beaucoup plus sensibles aux questions culturelles qu’il y a dix ans. Il y des personnes qui recherchent des raisons de se plaindre. Et nous, nous devons naviguer dans cette sorte de cri permanent et faire en sorte de respecter les sensibilités de chacun. Nous voulons être sexy et drôles et ne pas nous prendre trop au sérieux. Mais certaines choses ne sont tout simplement plus drôles. »

Voir également:

Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?
Ils dénoncent l’« appropriation culturelle », l’usage d’éléments folkloriques à des fins commerciales, pour « protéger » les cultures dominées. Jusqu’à museler la création ?
Violaine Morin
Le Monde
30.09.2016

Depuis plusieurs années, le débat sur « l’appropriation culturelle » ressurgit régulièrement. Dans l’industrie de la mode, la musique, le cinéma, la cuisine et les arts, l’usage d’un objet ou d’un motif venu d’ailleurs, d’un ornement, d’une mélodie, d’un instrument, d’un ingrédient, est dénoncé par certains comme un emprunt abusif à une culture dominée par la culture dominante (soit la culture occidentale).

Le rapport de force entre les deux cultures distingue l’appropriation culturelle de l’assimilation ou du métissage. La minorité n’a pas le choix d’accepter ou non l’appropriation par la majorité, il ne s’agit donc pas d’un échange d’égal à égal. On parle de « métissage » lorsque des éléments d’une culture donnée sont adoptés par une autre sans contexte de violence ou encore d’« assimilation » lorsqu’un membre d’une minorité adopte les codes culturels de la communauté dominante.

L’appropriation culturelle, elle, perpétue une forme d’oppression qui trouve ses origines dans la conquête ou la colonisation. Le terme est d’ailleurs apparu aux Etats-Unis dans les années 1980, avec l’essor des études post-coloniales, un champ de la recherche universitaire au croisement de la sociologie, de l’anthropologie et de l’histoire. L’un des cas d’appropriation culturelle les plus régulièrement soulevés est celui des éléments de la culture amérindienne, cette population ayant été victime de l’oppression puis de l’extermination par les colons d’origine européenne aux Etats-Unis.

Au cours du processus d’appropriation culturelle, le sens de l’élément emprunté se perd. A un deuxième niveau, l’appropriation peut donc être perçue comme irrespectueuse ou insultante par les membres de la communauté d’origine. L’élément est réduit à sa valeur esthétique et folklorique, dans le seul but de signifier l’exotisme. Et potentiellement de rapporter de l’argent, car c’est aussi la reconduction de « l’exploitation » de l’un par l’autre – l’un s’enrichissant aux dépends de l’autre – qui pose problème.

Des coiffes amérindiennes aux tatouages polynésiens

Les cas les plus emblématiques se trouvent dans l’industrie de la mode, qui emprunte des codes esthétiques, des motifs et des savoir-faire aux cultures traditionnelles. Un objet récurrent de discorde est la « coiffe » amérindienne. Cet élément de costume traditionnel n’est évidemment pas qu’un atour, il a un sens spirituel et social, souvent réservé aux anciens ou aux chefs de tribu. En 2012, un scandale a éclaté après un défilé de la maison de lingerie Victoria’s Secret, où l’une des mannequins portait une coiffe. Le chanteur Pharell Williams a également dû faire des excuses publiques après avoir porté une coiffe amérindienne en couverture du magazine Elle.

Mais d’autres polémiques plus récentes ont de nouveau agité ceux qui militent contre l’appropriation culturelle, de la collection Valentino à l’automne 2015 jusqu’à l’affaire des dreadlocks dans le défilé de la dernière collection Marc Jacobs à la Fashion Week de New York.

Le nouveau film d’animation de Walt Disney, qui sortira en novembre au cinéma, a lui aussi provoqué un débat, dans une tout autre région du monde. L’histoire de Vaiana, la légende du bout du monde, est située dans les îles polynésiennes et leur emprunte notamment la légende du demi-dieu Maui. A la mi-septembre, un costume du demi-dieu vendu dans les boutiques Disney a fait scandale. Le costume n’est plus en vente sur le site mais des captures d’écran diffusées par des médias anglo-saxons permettent de comprendre assez vite le problème : pour « ressembler » à Maui, qui n’est vêtu que d’un pagne et d’un collier, le costume est un simple tissu imprimé de nombreux tatouages.

Une aberration pour les Polynésiens, comme l’explique Arieta Tegeilolo Talanoa Tora Rika, journaliste originaire des îles Fidji et Tonga et fondatrice du site d’information Talanoa.com. Dans une interview à la BBC, la journaliste explique que les tatouages « racontent une histoire personnelle » et sont censés rappeler à ceux qui les portent leurs « valeurs » et leur identité. « Porter les marques d’un peuple ou d’un lieu auquel vous n’êtes pas relié physiquement ou spirituellement est considéré comme très irrespectueux. »

Dénoncer tout et son contraire

Les détracteurs de ce concept pourraient arguer du fait que les cultures modernes sont le fruit de métissages, et que l’on en vient à taxer d’« appropriation culturelle » à peu près tout et son contraire. Un exemple célèbre de « débordement » est l’affaire des cours de yoga dispensés aux étudiants en situation de handicap à l’université d’Ottawa, survenue à l’automne 2015. L’université a été obligée de supprimer un cours qui existait depuis de nombreuses années à la suite d’accusations d’appropriation culturelle.

Au-delà de la volonté légitime de protéger une culture menacée, ces attaques pourraient donc virer à la censure. Dans une tribune publiée par le Washington Post à l’été 2015, la journaliste russo-américaine Cathy Young accuse les « flics de la culture » d’ignorer l’histoire, de museler l’expression artistique et d’être un frein à la diversité.

« A une époque, ces critiques étaient destinées à des représentations vraiment injurieuses : les acteurs de cabaret grimés pour ressembler à des Africains, les caricatures, les expositions ethnologiques », déplore l’auteur, qui invite à faire la différence entre dénoncer des injustices réelles et traquer la moindre référence. Elle rappelle que le « métissage » se fait souvent au prix d’un rapport de force et d’une certaine violence : la colonisation, la guerre, la conquête territoriale sont les contextes historiques dans lesquels les cultures se sont mélangées.

Derrière la dénonciation de « l’appropriation culturelle », Cathy Young voit le spectre d’idées réactionnaires sur une supposée pureté raciale ou culturelle. « Quand on attaque les gens qui s’aventurent hors de leurs propres expériences culturelles, on entrave notre capacité à développer une tolérance et une compréhension de l’autre. »

Voir de plus:

To the new culture cops, everything is appropriation
Their protests ignore history, chill artistic expression and hurt diversity
Cathy Young
The Washington Post
August 21, 2015

Cathy Young is the author of two books, and a frequent contributor to Reason, Newsday, and RealClearPolitics.com.
A few months ago, I read “The Orphan’s Tales” by Catherynne Valente. The fantasy novel draws on myths and folklore from many cultures, including, to my delight, fairy tales from my Russian childhood. Curious about the author, I looked her up online and was startled to find several social-media discussions bashing her for “cultural appropriation.”There was a post sneering at “how she totally gets a pass to write about Slavic cultures because her husband is Russian,” with a response noting that her spouse isn’t even a proper Russian, because he has lived in the United States since age 10. In another thread, Valente was denounced for her Japanese-style LiveJournal username, yuki-onna, adopted while she lived in Japan as a military wife. In response to such criticism, a browbeaten Valente eventually dropped the “problematic” moniker.Welcome to the new war on cultural appropriation. At one time, such critiques were leveled against truly offensive art — work that trafficked in demeaning caricatures, such as blackface, 19th-century minstrel shows or ethnological expositions, which literally put indigenous people on display, often in cages. But these accusations have become a common attack against any artist or artwork that incorporates ideas from another culture, no matter how thoughtfully or positively. A work can reinvent the material or even serve as a tribute, but no matter. If artists dabble outside their own cultural experiences, they’ve committed a creative sin.To take just a few recent examples: After the 2013 American Music Awards, Katy Perry was criticized for dressing like a geisha while performing her hit single “Unconditionally.” Last year, Arab-American writer Randa Jarrar accused Caucasian women who practice belly dancing of “white appropriation of Eastern dance.” Daily Beast entertainment writer Amy Zimmerman wrote that pop star Iggy Azalea perpetrated “cultural crimes” by imitating African American rap styles.And this summer, the Museum of Fine Arts in Boston has been dogged by charges of cultural insensitivity and racism for its “Kimono Wednesdays.” At the event, visitors were invited to try on a replica of the kimono worn by Claude Monet’s wife, Camille, in the painting “La Japonaise.” The historically accurate kimonos were made in Japan for this very purpose. Still, Asian American activists and their supporters besieged the exhibit with signs like “Try on the kimono: Learn what it’s like to be a racist imperialist today!” Others railed against “Yellow-Face @ the MFA” on Facebook. The museum eventually apologized and changed the program so that the kimonos were available for viewing only. Still, activists complained that the display invited a “creepy Orientalist gaze.”

These protests have an obvious potential to chill creativity and artistic expression. But they are equally bad for diversity, raising the troubling specter of cultural cleansing. When we attack people for stepping outside their own cultural experiences, we hinder our ability to develop empathy and cross-cultural understanding.

* * *

The concept of cultural appropriation emerged in academia in the late 1970s and 1980s as part of the scholarly critique of colonialism. By the mid-1990s, it had gained a solid place in academic discourse, particularly in the field of sociology.

Some of this critique was rightly directed at literal cultural theft — the pilfering of art and artifacts by colonial powers — or glaring injustices, such as white entertainers in the pre-civil rights years profiting off black musical styles while black performers’ careers were hobbled by racism. Critics such as Edward Said offered valuable insight into Orientalism, the West’s tendency to fetishize Asians as exotic stereotypes.

But the hunt for wrongdoing has gone run amok. The recent anti-appropriation rhetoric has targeted creative products from art to literature to clothing. Nothing is too petty for the new culture cops: I have seen them rebuke a Filipina woman who purchased a bracelet with a yin-yang symbol at a fair and earnestly discuss whether it’s appropriation to eat Japanese, Indian or Thai food. Even Selena Gomez, a Latina artist, was assailed a couple of years ago for sporting a Hindu forehead dot, or bindi, in a Bollywood-style performance.

In some social-justice quarters, the demonization of “appropriative” interests converges with ultra-reactionary ideas about racial and cultural purity. I once read an anguished blog post by a well-meaning young woman racked with doubt about her plans to pursue a graduate degree in Chinese studies; after attending a talk on cultural appropriation, she was unsure that it was morally permissible for a white person to study the field.

This is a skewed and blinkered view. Yes, most cross-fertilization has taken place in a context of unequal power. Historically, interactions between cultures often took the form of wars, colonization, forced or calamity-driven migration and subordination or even enslavement of minority groups. But it is absurd to single out the West as the only culprit. Indeed, there is a paradoxical and perverse Western-centrism in ignoring the history of Middle Eastern and Asian empires or the modern economic and cultural clout of non-Western nations — for instance, the fact that one of the top three entertainment companies in the U.S. market is Japanese-owned Sony.

It is also far from clear that the appropriation police speak for the people and communities whose cultural honor they claim to defend. The kimono protest, for instance, found little support from Japanese Americans living in the Boston area; indeed, many actively backed the museum’s exhibit, as did the Japanese consulate.

Most critics of appropriation, including some anti-kimono protesters, say they don’t oppose engagement with other cultures if it’s done in a “culturally affirming” way. A Daily Dot article admonishes that “an authentic cultural exchange should feel free and affirming, rather than plagiarizing or thieving.” A recent post on the Tumblr “This Is Not China” declares that “cultural appropriation is not merely the act of wearing or partaking in cultural symbols & practices that do not belong to you, it’s a system of exploitation & capitalisation on cultural symbols & practices that do not a) originate from b) benefit c) circle back to the culture in question.”

It makes sense to permit behaviors that encourage empathy and genuine interest while discouraging those that caricature or mock a sampled-from culture. But such litmus tests leave ample room for hair-splitting and arbitrary judgments. One blogger’s partial defense of “Kimono Wednesdays” suggests that while it was fine to let visitors try on the kimonos, allowing them to be photographed while wearing them was a step too far. This fine parsing of what crosses the line from appreciation into appropriation suggests a religion with elaborate purity tests.

What will be declared “problematic” next? Picasso’s and Matisse’s works inspired by African art? Puccini’s “Orientalist” operas, “Madama Butterfly” and “Turandot”? Should we rid our homes of Japanese prints? Should I take offense at other people’s Russian nesting dolls?

And while we’re at it, why shouldn’t a wide range of cultural minorities within Western society demand control over access to their heritage, too? Can Catholics claim appropriation when religious paintings of Jesus or the Virgin Mary are exhibited in a secular context, or when movies from “The Sound of Music” to “Sister Act” use nuns for entertainment?

Appropriation is not a crime. It’s a way to breathe new life into culture. Peoples have borrowed, adopted, taken, infiltrated and reinvented from time immemorial. The medieval Japanese absorbed major elements of Chinese and Korean civilizations, while the cultural practices of modern-day Japan include such Western borrowings as a secularized and reinvented Christmas. Russian culture with its Slavic roots is also the product of Greek, Nordic, Tatar and Mongol influences — and the rapid Westernization of the elites in the 18th century. America is the ultimate blended culture.

So don’t let anyone tell you that there is art, literature or clothing that does not belong to you because of your racial, ethnic or religious identity. In other words: Appropriate away.

Voir aussi:

In the Beginning, There Was a Nipple
Ten years ago, 90 million people watching Super Bowl XXXVIII saw Janet Jackson’s breast for nine-sixteenths of a second. Our culture would never be the same
Marin Cogan
ESPN The Magazine
01/28/14

This story appears in ESPN The Magazine’s Feb. 3 Music Issue.

IF OUR CHILDREN or our children’s children ever dig up a time capsule from the beginning of the new millennium, they will find that in February 2004, America collectively lost its damn mind. Here’s what they’ll see: Janet Jackson on a stage in the middle of Houston’s Reliant Stadium, wearing a leather kilt and bustier, surrounded by dancers in corsets and bikini tops and bowler hats and helmets, looking like a ragtag steampunk army of cabaret chorus girls and Highlander extras and BDSM enthusiasts. They’re grinding their hips, Janet is caressing her corseted torso and 71,000 Super Bowl spectators are screaming themselves hoarse for the beatboxing of a 23-year-old white boy. Justin Timberlake emerges from an elevated platform beneath the stage in too-big khakis and a too-big jacket — pfff-ti-pff-ti-chk! pfff-ti-pff-ti-chk! pfff-ti-pff-ti-chk! pfff-ti-pff-ti-chk! — and a brass band blasts him into « Rock Your Body, » a song from his first solo album. He and Janet are romping across the stage, pausing their cat-and-mouse game every so often to work her booty into his hips. They’re singing call and response:

Talk to me boy …

No disrespect I don’t mean no harm

Talk to me boy …

I can’t wait to have you in my arms

Talk to me boy …

They’re marching up the steps, to a platform in the middle of the stage.

Hurry up ’cause you’re taking too long

Talk to me boy …

Better have you naked by the end of this song.

You know what happens next. Justin reaches over, grabs a corner of Janet’s right breast cup and gives it a hard tug. Her breast spills out. It’s way more than a handful, but a hand is the only thing Janet has available to cover it, so she clutches it with her left palm. The breast is on television for 9/16 of a second. The camera cuts wide. Fireworks explode from the stage. Cue the end of halftime. Cue the beginning of one of the worst cases of mass hysteria in America since the Salem witch trials.

Justin Timberlake never fully explained his role in exposing Janet Jackson, and Jackson said later she was upset that he remained mostly silent when people blamed her for Nipplegate. David Phillip/AP Images

THE WOMAN WHO planned the show wasn’t on the field to see her months of work go up in flames. Salli Frattini, an executive producer at MTV, which was contracted by the NFL to produce the halftime concert, was supervising from the production truck outside the stadium. She and her crew were riding high on the adrenaline of pulling off a 12-minute spectacular of music and choreography and pyrotechnics. When it ended, the truck erupted with cheering and high-fiving and hugging. The euphoria lasted just a few seconds before the phone rang. The officiating booth was calling, wanting to know whether they’d really just seen Janet Jackson’s boob.

The man on the phone was Jim Steeg, who had been head of special events for the NFL since the late 1970s, overseeing the evolution of the halftime show from a small-scale production featuring marching bands and dancing snowflakes and local heritage celebrations to full-scale rock extravaganzas starring the likes of Diana Ross, Michael Jackson and Aerosmith. When Nipplegate happened, Steeg was sitting next to the league’s head of officiating, who was TiVo-ing the event. « He rewound it for me, and then I immediately called Salli, » he says. « You could hear everyone screaming and hollering because what they pulled off and accomplished was over. I said to Salli, ‘Did you see what just happened?' »

« We were like, ‘Uh, we’re playing that back right now,' » Frattini says. « There was lots of chaos in the truck, and we played it back and we were like, ‘Oh, s — . What just happened?' »

Frattini stepped out of the truck and immediately ran into then-CBS Sports president Sean McManus. He looked her in the eye and asked gravely, « Did you guys know? » Frattini promised she had no idea that Jackson was going to be exposed. « Okay. That’s what I needed to know, » she remembers him saying.

Whether Frattini or the higher-ups at MTV, CBS and/or the NFL knew what was coming remains one of the enduring mysteries of the event — at least that’s the generous explanation for why millions of people watched the clip with the same intensity as that of JFK conspiracy theorists poring over the Zapruder footage. To this day it remains the most watched video in the history of TiVo, becoming such a touchstone that « wardrobe malfunction » soon earned a dictionary definition and Nipplegate became a household word. (For the record, not much areola was even visible underneath Jackson’s large starburst nipple shield.)

Wardrobe Malfunction The behind the scenes story of the Super Bowl XXXVIII halftime show.

The common assumption by the media and by the public was that the flash of nudity was an attention-grabbing publicity ploy; the question was by whom. Some signs seemed to point to MTV. Before the show, a few of the producers had entertained themselves by mock-ripping their clothes off at Timberlake’s final line. And in rehearsals, they had tried a move where Timberlake tore off Jackson’s kilt. Then there was an article on MTV’s website beforehand in which Jackson’s choreographer promised « shocking moments. »

To this day, everyone involved maintains the conspiracists have it wrong. The mock-ripping? That was their natural response to Timberlake’s closing lyric — « better have you naked by the end of this song » — not in anticipation of anything he might do. The tearing off of the kilt? It didn’t look good, so members of the production team say they killed it and never discussed another option. The article? The site was later updated with an editor’s note: « At the time of this report, MTV thought that the ‘shock’ was going to be the as-yet-unannounced appearance of Justin Timberlake as part of Janet’s performance. Janet Jackson’s subsequent performance was not what had been rehearsed, discussed or agreed to with MTV. »

In an on-camera apology after the event, Jackson backed up the producers, insisting she decided on the big reveal after the final rehearsal, without the knowledge of anyone at MTV. Timberlake was meant to pull off a piece of the costume, she later explained, but it was supposed to reveal only a lacy red undergarment; unfortunately, as it played out, that undergarment came off in Timberlake’s hand too. Timberlake also apologized but never offered his own version of events other than to coin the term « wardrobe malfunction. »

After the show, MTV producer Alex Coletti tried to find Jackson. « I tried to get in touch to make sure she was okay, » he says. « Her entire camp stopped answering the phones. I finally got to her tour manager, and they were already at the airport. » At first, Coletti assumed the singer was so mortified that she fled immediately. Then a new thought dawned on him. « No, she set us up and she’s out of here, » he says. « That was the last time I’ve seen or heard from Janet Jackson. »

Ultimately, it didn’t matter to the NFL whether the producers knew: The league decided that MTV would never again be involved in a halftime show. Says NFL corporate communications VP Brian McCarthy: « We turned over the keys to MTV, and they crashed the car. »

On Capitol Hill, then-FCC chairman Michael K. Powell called the halftime show « a new low for prime-time television. » Now he says the outrage was overblown. Michael Kleinfeld/UPI Photo/Landov

MICHAEL POWELL, THEN the chairman of the Federal Communications Commission, was watching the game at a friend’s house in northern Virginia. He’s a football fan and was excited to relax and watch the game after a rough couple of weeks. « I started thinking, Wow, this is kind of a racy routine for the Super Bowl! » he says, his voice pitching up in bemusement. « He was chasing her kind of with this aggressive thing — not that I personally minded it; I just hadn’t seen something that edgy at the Super Bowl. »

Then it happened. Powell and his friend gave each other quizzical looks. « I looked and I went, ‘What was that?’ And my friend looks at me and he’s just like, ‘Dude, did you just see what I did? Do you think she … ?’ And I kept saying, ‘My day is going to suck tomorrow.' » Powell went home and watched the moment again on TiVo. The same thought kept running through his mind: Tomorrow is going to really suck, he remembers thinking. « And it did. »

Typically, the FCC’s work is of little interest to people outside of the community of businesses, lawyers, lobbyists and Hill staffers involved in telecommunications policy. But L. Brent Bozell had been on a mission to make on-air indecency a cause for national outrage, and Jackson’s breast was his biggest opportunity yet.

Nine years earlier, Bozell had founded the Parents Television Council, an advocacy group dedicated to forcing advertisers, networks and the FCC to keep sleaze out of family-friendly TV programming. Just a year before Super Bowl XXXVIII, Bono, accepting a Golden Globe for best original song, called the moment « really, really f — ing brilliant » on a live NBC broadcast. PTC members filed a complaint, triggering an FCC investigation. Nine months later, Powell’s group determined that Bono’s fleeting F-word didn’t warrant a network fine. The PTC vehemently disagreed, and with its encouragement, members of Congress took to the House floor to call for action against indecency on TV. Two months before the Super Bowl, the Senate unanimously passed a resolution calling on the commission to reconsider the Bono decision (the FCC reversed its judgment in 2004 but still did not issue a fine) and to more strictly police indecency standards generally.

« We realized we’d really hit a nerve out there, and we weren’t alone in this thinking, » Bozell says. « That was all before Janet Jackson. Jackson was what lanced the boil. »

Previously, Powell says the FCC received only a handful of indecency complaints a year. It received 540,000 about Janet Jackson’s breast. The PTC launched a campaign to punish everyone involved. « An outraged public needs to make this backlash long and commercially painful, » Bozell wrote in an article. « The NFL needs to back off its trend of treating its fans with the lowest common denominator of sleaze. CBS affiliates need to worry about license revocations if these offenses keep repeating themselves. And MTV … ought to just be thrown out with the rest of the rusty garbage. »

Powell, a Republican whose father is Colin Powell, the then-secretary of state, hates when people remember the Nipplegate controversy as Republican-driven. For one of the only moments in recent memory, Congress was united, passing a bipartisan bill increasing the maximum fine for incidents of indecency from $32,500 to $325,000. In a Texas congressional race several months after the Super Bowl, a Democrat circulated newspaper clips about his Republican opponent — who’d written an op-ed decrying Jackson’s behavior — streaking as a college student.

Michael Powell himself immediately decried the show in no uncertain terms. « Like millions of Americans, my family and I gathered around the television for a celebration, » he said in a public statement. « Instead, that celebration was tainted by a classless, crass and deplorable stunt. » He announced an investigation of the show, promising it would be « thorough and swift. » He made the rounds in the media to underscore his point.

Today, Powell runs the National Cable and Telecommunications Association, the major trade association for the cable-TV industry. He loves reading about the latest developments in behavioral economics, neuroscience and mindfulness. He’s 50, but he looks no older than 35, dressed in gem-toned pants and glasses that look like they came from Warby Parker. Sitting in his office at the NCTA’s sleek modern building in DC, he does not look like a man who wants to spend his time policing boobs on TV. He does not sound like a man who wants to spend his time policing boobs on TV. Since leaving the FCC in 2005, he has declined almost every interview request to talk about boobs on TV. But 10 years later, Powell is finally ready to admit that he never wanted to police boobs on TV.

« I think we’ve been removed from this long enough for me to tell you that I had to put my best version of outrage on that I could put on, » he says, shrugging his shoulders and rolling his eyes. « Part of it was surreal, right? Look, I think it was dumb to happen, and they knew the rules and were flirting with them, and my job is to enforce the rules, but, you know, really? This is what we’re gonna do? »

Powell was driven in part by fear: The indecency statute is part of the criminal code, so someone convicted of broadcasting indecency could be imprisoned — as could an artist, at least theoretically. « As a leader, I thought that was really wrong, » Powell says. « I didn’t want this snowball, this juggernaut, to turn into pressure to go after Janet and Justin Timberlake. I thought we were getting into dangerous territory. » Launching an investigation into the halftime production quickly gave him some ground to stand on when members of Congress started asking why he wasn’t going after Jackson. Frattini and her team had to hand over their laptops; the government wanted access to every document and every bit of communication among the show’s creators. The FCC found nothing to suggest they had planned the moment and settled on a combined $550,000 fine for the 20 Viacom-owned stations — then the largest against a broadcaster in the commission’s history. Powell ended up testifying on the wardrobe malfunction more than anything else in his entire career, including his confirmation hearings. « I ended up testifying for nine hours on just this, » he says. « On 9/16 of a second. »


OF COURSE, OUR children and our children’s children will never need to dig up an actual time capsule to find out about the wardrobe malfunction. As soon as they hear about the time Janet Jackson’s breast was exposed on live TV, they’ll watch it online. And the reason they’ll watch it online is that in 2004, Jawed Karim, then a 25-year-old Silicon Valley whiz kid, decided he wanted to make it easier to find the Jackson clip and other in-demand videos. A year later, he and a couple of friends founded YouTube, the largest video-sharing site of all time.

Across the web, the moment went viral, back when that phenomenon was still somewhat novel. (Facebook was launched three days after the halftime show.) « Janet Jackson » became the most searched term and image in Internet history. And « we put TiVo on the map, » says MTV producer Coletti — TiVo enrolled 35,000 new customers in the aftermath of Nipplegate. When Coletti was having trouble with his service, he let slip to a customer service rep that he was the guy who produced the Super Bowl halftime show. TiVo gave him lifetime service and a special number to call in case he had any trouble.

The moment created other seismic cultural changes as well. Howard Stern — already a shock jock goliath with an audience of millions he built, in part, on testing the boundaries of the FCC — was dropped from Clear Channel two months following the Super Bowl, after the FCC fined the company $495,000 for a broadcast in which Stern discussed « sexual » and « excretory activity. » « Janet Jackson’s breast got me in a lot of trouble, » Stern told his listeners. Six months later, he signed a contract with fledgling satellite radio, framing the decision as an opportunity to break free from broadcast’s conservative constraints. As of early 2014, SiriusXM had 24.4 million subscribers, and Stern is credited as the media figure most responsible for introducing a new era in radio.

While Timberlake’s career as a solo artist took off after the Super Bowl, Jackson’s suffered. When her album Damita Jo debuted the month following the halftime show, low play counts led to online rumors that she’d been blacklisted by Viacom, the parent company of MTV and VH1. The record was her lowest-selling album since 1984. She withdrew from the Grammys under pressure, while Timberlake performed and accepted two awards. Throughout the controversy, the bodice-ripped Jackson suffered much more than the bodice-ripping Timberlake. « I personally thought that was really unfair, » Powell says. « It all turned into being about her. In reality, if you slow the thing down, it’s Justin ripping off her breastplate. »

Some critics saw gender and race at play and thought Timberlake ducked the heat. In a 2004 remix of the Jadakiss song « Why? » rapper Common asks, « Why did Justin sell Janet out and go to the Grammys? » Timberlake himself said he believed Jackson had taken a disproportionate amount of the backlash. « I probably got 10 percent of the blame, » he told MTV. « I think America’s probably harsher on women, and I think America is, you know, unfairly harsh on ethnic people. » After initially apologizing for the incident, Jackson told Oprah in 2006 she regretted taking the blame for an unplanned accident. Informed of Timberlake’s comments, Jackson smiled uncomfortably and confirmed that she felt her co-star hadn’t done enough to defend her. « Certain things you just don’t do to friends, » she said.

Clearly, it remains a sore subject for both artists. Jackson told Oprah she would never comment on the controversy again. When recently asked by The Mag about what he had taken away from the incident, Timberlake laughed nervously as his representative signaled to end the interview. « I take that I chose not to comment on it still, after 10 years, » he said. « I’m not touching that thing with a 10-foot pole, » he quickly added.

Meanwhile, for the people behind the media spectacle, the controversy never really went away. After the incident, Frattini and Coletti both left MTV to start their own production companies. « That was the last year I did the [MTV Video Music Awards], » Coletti says. « I’d produced six VMAs, all the highest-rated ones at the time. And all of a sudden, I wasn’t that guy anymore. »

The incident transformed how they work too: Frattini says she’s warier of talent, insists on knowing everything about their wardrobe before they perform and is careful to note every step of her production work in writing, cognizant that if anything goes wrong, government investigators may be reviewing her notes.

The wardrobe malfunction changed live television production too. Before then, most broadcasters employed audio delays only, but many began delaying video as well. The Grammys broadcast the Sunday after the Super Bowl used a five-minute delay, which Frattini says was an extreme example of a larger trend. Longer delays are more expensive and require more effort, but they became part of the cost of putting on live television.

Meanwhile, the NFL created contracts with more specific language about appropriate conduct, including wardrobe, and set stiff penalties for breaking them. The next six Super Bowl halftime performers were middle-aged men. One year after the league broke that streak with the Black Eyed Peas at Super Bowl XLV, M.I.A. raised her middle finger during Madonna’s 2012 performance and was sued by the NFL for $1.5 million.

The most common assumption was that the flash of nudity was just an attention-grabbing ploy. The question was by whom. David Drapkin/AP Images

THE MOST LASTING impact of the wardrobe malfunction was the way it highlighted the government’s inability to regulate indecency in our new digital democracy. The FCC has never had major control over regulating the media — the First Amendment prevents the commission from having a say over what appears in the newspaper, on cable networks or online. But in 1978, the Supreme Court ruled that because broadcasting was « uniquely intrusive, » the FCC had an obligation to regulate indecent content during the hours when children might be watching. The idea, Powell says, was that « you never know what’s going to come on, and so your kid can be in the audience, and then boom! By the time they get hit with it, the harm is done and your kid is blind. »

That gives broadcasters an amorphous obligation to act « in the public interest » and puts the FCC in the awkward position of judging indecency. It’s hard to imagine a legal theory less well-suited to the modern era, when TV guides are as anachronistic as rotary phones because everyone watches on demand, online and on their phones. « The Internet and YouTube have exploded the notion of balkanized living rooms — the Supreme Court’s original thesis that you can have this sanctity of your home and nothing should be able to invade you in that way, » Powell says. « I just think that’s probably a bygone era. »

As society has reached a consensus that there’s no way to control everything children see, the number of indecency complaints has decreased significantly. When Miley Cyrus twerked at the Video Music Awards last summer, the FCC received only 161 complaints (of course, as a cable channel, MTV doesn’t answer to the commission anyway). The moment became fodder for celebrity bloggers and morning show chatterboxes but was never treated as a problem that needed to be legislated away. The PTC dutifully issued a statement denouncing MTV for « sexually exploiting young women, » but no national outcry resulted. Perhaps not coincidentally, CBS never actually paid a fine in connection with Nipplegate — an appeals court ruled in 2008 and again in 2011 that CBS could not be held liable for the actions of contracted performing artists and that the FCC had acted arbitrarily in enforcing indecency policies. The Supreme Court declined to hear the case in 2012.

So for Powell, the halftime show represents « the last great moment » of a TV broadcast becoming a national controversy — the last primal scream of a public marching inexorably toward a new digital existence: « It might have been essentially the last gasp. Maybe that was why there was so much energy around it. The Internet was coming into being, it was intensifying. People wanted one last stand at the wall. It was going to break anyway. I think it broke.

« Is that all good? Probably not, but it’s not changeable either. We live in a new world, and that’s the way it is.

« They said the same thing when books became printed, right? They said it was the end of the world.

« But it wasn’t. »

Voir de même:

Zeitgeist
Justin Timberlake Finally Gets Called Out, 12 Years after Nipplegate
Emmanuel Hapsis
KQED

June 27, 2016

Nipplegate Revisited: Why America Owes Janet Jackson a Huge Apology
Justin Timberlake means a lot of things to people. Maybe he was your first crush back in the NSYNC days. Maybe he emboldened you to try out an all-denim look or an edgy Ramen noodle hairstyle. Or maybe he taught you a lesson about the Teflon nature of white male privilege and how, for some, nothing bad sticks.

But times are a-changing. Last night at the BET Awards, Jesse Williams delivered a speech that will blast your understanding of what getting goosebumps feels like to all-new stratospheric levels.

If you don’t have time to watch it in full, make time. If that’s not possible for some reason (nosy boss, bad internet connection, what have you), here are some choice lines that’ll give you an idea of what we’re working with here:

“Police somehow manage to deescalate, disarm and not kill white people everyday. So what’s going to happen is we are going to have equal rights and justice in our own country or we will restructure their function and ours.”
“The burden of the brutalized is not to comfort the bystander. That’s not our job, alright – stop with all that. If you have a critique for the resistance, for our resistance, then you better have an established record of critique of our oppression. If you have no interest in equal rights for black people, then do not make suggestions to those who do. Sit down.”
“We’ve been floating this country on credit for centuries, yo, and we’re done watching and waiting while this invention called whiteness uses and abuses us, burying black people out of sight and out of mind while extracting our culture, our dollars, our entertainment like oil – black gold, ghettoizing and demeaning our creations then stealing them, gentrifying our genius and then trying us on like costumes before discarding our bodies like rinds of strange fruit. Just because we’re magic doesn’t mean we’re not real.”
Justin Timberlake was presumably watching at home and felt moved, as anyone should. He decided to tweet from his glass house.Seems harmless. Jesse does deserve props for that speech. But there is an absurd lack of self-awareness at work here. One of the major points of Jesse’s speech is that black art is so often devalued, only to be appropriated by white people and reevaluated as suddenly worthy. No one knows this better than Justin Timberlake, who has made a career out of co-opting black culture and gaining the kind of success that is rarely afforded to those who originated it.

Twitter helpfully pointed this out for him:This is where Justin should have logged off. But no:

A one-two punch of condescension (“sweet soul”? really?!) and #AllLivesMatter / #We’reAllAfrican sentiment? Plus, a sardonic “bye” send-off? Justin, you are not Beyonce and people on Twitter speaking truth are not Felicia.

Yes, Justin, we are all human beings and should be treated equally, but that’s not our current reality. When someone from a marginalized group expresses his or her feelings on their lived experience, it is not appropriate to step in and say something that makes their message about you. Sometimes the best way to be an ally is to know when to stop talking and start listening.

For over a decade, Justin has gotten away with being mediocre (his last single, which is horrible, went straight to #1) and being a coward (lest we forget how he left Janet Jackson out to dry, after ripping her Super Bowl Halftime outfit). Judging by the response to an essay I wrote earlier this year about Nipplegate, it seems like many have forgotten. For those who missed it, here’s something to chew on:

When he sings, “Better have you naked by the end of this song,” he was supposed to pull Janet’s bustier to reveal a red lace bra, but both pieces ended up ripping off.

Then everyone got insanely mad at Justin for messing up. Oh, wait, sorry, I forgot about the patriarchy for a second. Let me try that again: then everyone got insanely mad at Janet for having breasts and no one ever really mentioned Justin again. For example, The Washington Post’s Tony Kornheiser wrote, “What Janet Jackson did was bizarre, deliberately flopping out of her costume like that.” Justin’s grabbing hand is entirely erased from the scene.

The senseless sexism didn’t end there. Janet was disinvited from that year’s Grammys. Meanwhile, Justin was not only allowed to attend, but also performed. Janet was blacklisted from radio and music video channels for the next several years, leading to multiple album flops, while Justin got to be goofy on SNL and become a movie star.
And what’s worse is that Justin let Janet take all the heat, more concerned with making it as a solo artist than doing the right thing. Granted, the way America so easily absolved him of any wrongdoing wasn’t really up to him and speaks to a national legacy of racism and sexism that’s far bigger than one single boy band member. But what was up to him was whether or not he used his privilege to highlight the unfair advantage he enjoys in this world and the hypocrisy of it all.

If Twitter had been around back in 2004, maybe Janet and Justin’s career trajectories would have taken different courses. Maybe so many wouldn’t have kept quiet as Justin moonwalked away from the mess he helped create, using Janet’s brother’s appropriated dance moves to boot. There’s no way to know.

Today, Justin apologized for his tweet and says he feels “misunderstood.” So does Janet. So do many African Americans. So do most people who aren’t straight white dudes.

It’s time for Justin to take a seat and some of his own medicine, the same dose he prescribed for Britney, another woman he used and then discarded to get to where he is today: Cry me a river.

Voir de plus:

Surprise! There’s a third YouTube co-founder
Jim Hopkins

USA TODAY

10/11/2006

SAN FRANCISCO — Jawed Karim doesn’t begrudge the spotlight on YouTube co-founders Chad Hurley and Steve Chen this week after they negotiated the video website’s sale to Google for about $1.7 billion.
After all, Hurley and Chen took the germ of an idea — famously hatched at a San Francisco dinner party — and turned it into a Silicon Valley company that became a global phenomenon in less than a year.

Still, Karim, 27, would like more people to know that he was YouTube’s third co-founder — and, he says, the guy who first suggested the idea that became the company. « It took the three of us, » he said Wednesday.

The story of YouTube’s birth, like that of many companies, is more nuanced than the one widely known. In many accounts, Hurley and Chen take center stage. If he’s mentioned at all, Karim is cast in a bit part, ending when he assumed an advisory role after leaving YouTube last year for graduate computer studies at Stanford.

Other entrepreneurs lost their place in history, too, says James Hoopes, a business history professor at Babson College near Boston. Historians and journalists « like to write about personalities, » so they often focus on individuals, brushing aside other co-founders. Popular wisdom, for example, says Bill Gates and Sam Walton single-handedly started Microsoft and Wal-Mart, respectively, but they were co-founders.

Karim says his idea for what became YouTube sprang from two very different events in 2004: Janet Jackson’s « wardrobe malfunction, » during a Super Bowl show, and the Asian tsunami.

YouTube fizzled in an early version, Karim says: A dating site called Tune In Hook Up drew little interest. The founders later developed the current site, now broadcasting 100 million short videos daily on myriad subjects.

YouTube says Karim was part of the « core » team that developed the idea for the company and notes that he is listed as one of three founders on its website. « There’s no question about that, » spokeswoman Julie Supan says.

Karim is one of the company’s biggest stockholders and is in line to get millions of dollars in Google shares when the deal announced Monday closes. He declined to reveal his stake, or the stakes of the other founders and venture-capital investors at Sequoia Capital.

Karim grew up in West Germany, and his family immigrated to Minnesota when Karim started high school. His Bangladeshi father is a chemist at 3M, and his German mother is a biochemistry research professor at the University of Minnesota. Karim got his bachelor’s in computer science and engineering in 2004 at the University of Illinois at Urbana-Champaign.

Hurley, 29, Chen, 28, and Karim met as early employees at PayPal, the payment service sold to eBay in 2002. The three, newly rich after leaving PayPal, talked about a start-up of their own, possibly a database venture, Karim says.

Voir par ailleurs:

Is this lingerie RACIST? Victoria’s Secret come under fire for ‘cultural appropriation’ over Chinese themes in blockbuster Paris show

Victoria’s Secret has been accused of ‘cultural appropriation’ and showcasing ‘racist’ underwear at its fashion show last night.

A whole host of famous faces including Kendall Jenner and Gigi Hadid were among the Victoria’s Secret Angels who modelled the lingerie company’s designs on the runway.

They wore elaborate creations, donning wings, tails, and statement jewellery as they walked the catwalk in Paris.

However, the exotic lingerie has fallen foul of some, who were unimpressed by the Asian and Mexican influences to some of the designs, and accused the brand of ‘cultural appropiation’.

In a piece entitled ‘Why Can’t Victoria’s Secret Stop Designing Racist Lingerie?’, which appears to have since been taken down online, Helin Jung criticised the brand in Cosmopolitan magazine.

Victoria’s Secret was also criticised for that giant dragon that Angel Elsa Hosk wore wrapped around her body

She accused the company of being condescending towards customers in China by borrowing from the country’s culture.

‘Stripping of cultures aside, the emblems that stood out most were the ones that came from Asia — specifically China,’ she wrote.

‘The dragon that Elsa Hosk wore wrapped around her body, the embroidered stiletto boots seen on Adriana Lima, the tail made of flames worn by Kendall Jenner.

‘There’s a lot of talk of China as a dominant world power of the 21st century, and the U.S. government, Hollywood, and now Victoria’s Secret, it seems, are pivoting to face a new reality.

‘But the Orientalism on display here doesn’t show an understanding or an attempt at dialogue. It doesn’t close any gaps.

‘What condescension, for Victoria’s Secret to think that by wrapping a model in a dragon, it could connect directly with a new consumer in China,’ Jung continued.

The exotic lingerie has fallen foul of some, who were unimpressed by the Asian and Mexican influences to some of the designs

The critical article has faced a fierce backlash with Twitter users rushing to defend the brand

‘The brand and its creative leads shamelessly cherry-picked imagery, breaking apart aesthetic references from wherever they wanted and stitching them back together again. They’re telling us its worldliness. It’s not, it’s a hack job,’ she added.

‘The fact is that even as the world gets more connected, a sexist, patriarchal, mostly white corporation continues to take what it wants for its own gain,’ she continued, ending by telling VS to stick to ‘thongs that don’t have cultural references.’

It is not the first time the brand has come under fire for something similar – in 2012 Victoria’ Secret attracted criticism after Karlie Kloss modelled a Native American-style headdress on the runway.

However, the article has faced a fierce backlash with Twitter users rushing to defend the brand.

Twitter users have criticised the article and defended the Victoria's Secret collection

Twitter users have criticised the article and defended the Victoria’s Secret collection

Sophie Sandor did not agreed that the catwalk show was 'racist, sexist  and patriarchal'

Sophie Sandor did not agreed that the catwalk show was ‘racist, sexist  and patriarchal’

Robby Soave wrote: ‘Not to be dramatic or anything but this article makes me fearful that we are entering a new Dark Ages.’

While Sophie Sandor ‏wrote: ‘Helin Jung tries to argue that Victoria’s Secret’s annual fashion show was racist, sexist & patriarchal. I’m searching for the reasons why.’

Victoria’s Secret has not yet responded to Cosmopolitan‘s allegation.

Footage from the event will air in 190 countries around the world, including the UK, on December 5.

Voir aussi:

Keith Ellison Will Help Republicans

The candidate to run the Democratic Party backed Farrakhan and always votes left.

There are two reasons. The first is that Mr. Ellison’s selection would mean the Democratic Party would be led by a left-winger’s left-winger, handing an early assist to the GOP and the Trump administration for the 2018 midterms.

After cataloging every vote cast by every congressman, the nonpartisan National Journal ranks the five-term Minnesota Democrat as among the House’s most left-wing members during his 10 years in Congress, and tied for the most liberal congressman in 2013 , 2011and 2008.

That’s why he went all-out for Sen. Bernie Sanders in the Democratic presidential primary. In return Mr. Ellison earned the backing of the avowed “democratic socialist,” as well as support from Sens. Elizabeth Warren and Harry Reid.

But this still leaves Mr. Ellison with a fundamental problem. This year’s exit polls found 28% of voters wanted the next president to continue Barack Obama’s policies while 47% wanted the new president to be more conservative. Only 17% said he should be more liberal. Mr. Ellison stands as the vanguard of that 17%, hardly the place to launch a decimated Democratic Party to political recovery.

He is unlikely to emphasize recruiting candidates who mirror the values of the flyover states that Democrats have been losing from the top of the ballot to the bottom. When then-Rep. Rahm Emanuel led the Democratic Congressional Campaign Committee in 2006, he knew his party could not regain the House majority unless it nominated candidates who could win moderate and even mildly conservative districts. So he refused to insist on ideological purity, even on issues like abortion and guns that are articles of faith to the Democratic left. But Keith Ellison is no Rahm Emanuel.

Nor is Mr. Ellison likely to craft a message that attracts middle-class voters in the political center. Instinctively, he’d rather appeal to avid readers of the Nation and Huffington Post.

Then there’s Mr. Ellison’s praise as a young man for the poisonous Nation of Islam leaderLouis Farrakhan. In a Nov. 30 interview with NPR, Mr. Ellison dismissed criticism of his support for Mr. Farrakhan as a “smear,” while acknowledging “at the time I didn’t pay close enough scrutiny to some of the other things he was saying.”

Here’s the problem with his explanation: Mr. Ellison defended the Nation of Islam founder for a decade, even calling him in a 1997 statement before the Minnesota Initiative Against Racism “a tireless public servant of Black people.” Ten years is a long time for Mr. Ellison to fail to grasp he was praising a bigot and anti-Semite.

This leaves the impression Mr. Ellison is not only radical but also duplicitous, especially after a transcript of a 2010 fundraising speech surfaced in which he said that while the U.S. should “be friends with Israel,” the U.S. “can’t allow another country to treat us like we’re their ATM.” He also complained that America’s Middle East policy “is governed by what is good or bad through a country of seven million people.”

Given all this, Mr. Ellison’s selection would further strain the Democratic Party’s relationship with the Jewish community, one of the party’s most loyal constituencies.

Mr. Ellison’s appearance at a 2000 fundraiser for the Legal Defense Fund of domestic terrorist Sara Jane Olson of the Symbionese Liberation Army, and his opposition to seeking extradition from Cuba of convicted cop killer Assata Shakur, may have contributed to the unease of some labor leaders. Officials of the firefighters and some of the building trades and hospitality industry unions have objected to the AFL-CIO’s efforts to jam through an endorsement of him.

Longer term, however, choosing Mr. Ellison as DNC chairman would likely catalyze a counter-reaction to the Sanders-Warren wing of the Democratic Party. It could lead more reasonable liberals to organize—sooner rather than later—an effort to reinvigorate their party as the Democratic Leadership Council did following Walter Mondale’s crushing 1984 defeat. That work eventually resulted in the 1992 election of Bill Clinton as president.

While the GOP might make short-term gains while Mr. Ellison is DNC chairman, the country would be better served in the long run by a healthy two-party system. That means Democratic Party leaders should pick a chairman who can actually rebuild the party instead of marching even further to the left and deeper into the political wilderness.

Mr. Rove helped organize the political-action committee American Crossroads and is the author of “The Triumph of William McKinley” (Simon & Schuster, 2015).

Voir encore:

BET France, une chaîne consacrée à la culture afro où « le Noir dérange »
Critiquée pour son absence d’animateurs noirs, la nouvelle chaîne BET France pose une nouvelle fois la question de la visibilité des Noirs dans les médias français.

Jacques-Alexandre Essosso (contributeur Le Monde Afrique)

Le Monde

28.10.2015

« Plein de journalistes noirs galèrent à trouver des emplois, ne serait-ce qu’un petit stage. Alors si même BET [Black Entertainment Television], une chaîne noire, s’y met, il y a un problème. » Pour Christian Dzellat, fondateur du portail d’information communautaire Nofi, l’absence d’animateurs noirs sur une chaîne consacrée à la culture afro est une insulte.

Le 21 octobre, après plusieurs jours de contestation, il est parvenu à rencontrer Thierry Cammas, président-directeur général de MTV Networks France (propriétaire de BET France), et Michael D. Armstrong, vice-président de BET US. Le soir même, Christian Dzellat a rapporté sur sa page Facebook que la nouvelle chaîne de télévision s’engageait à commencer une campagne de recrutement de « talents issus de la communauté noire ».

Appel au boycott
Le lendemain, la chaîne a formulé les mêmes engagements auprès du collectif Boycott BET France et du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). « Ils nous ont expliqué qu’il s’agissait d’une erreur de communication. Nous en doutons un peu, mais au moins ils ont pris en compte nos revendications », souligne Yan Boss, le porte-parole du collectif. Le mouvement a cessé ses actions mais reste vigilant.

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Boycott BET France est à l’origine de la contestation. Le 14 octobre, le groupe a créé une page Facebook pour dénoncer le casting de la chaîne. En quelques jours, la page a rassemblé 5 000 likes, soit 4 000 de plus que la page officielle de la chaîne. L’objectif était d’interpeller la version française de BET et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour leur faire part de leur mécontentement. La presse américaine a également eu vent de la polémique, le magazine Ebony lui a consacré un article. Sollicité par Le Monde Afrique, BET France n’a pas souhaité s’exprimer. « Nous avons envoyé une bonne dizaine de courriers au CSA. Lors de notre entretien, le patron de la chaîne nous a dit qu’il avait eu une réunion avec eux à la suite de cela », explique Yan Boss.

Loin de l’idée initiale
Pour accompagner le lancement de BET France et assurer l’animation d’un des programmes de la chaîne, Hedia Charni, Franco-Tunisienne, et Raphäl Yem, d’origine cambodgienne, ont été recrutés. Des choix que déplore Yan Boss. « Pour faire la promotion de la culture noire, il faut un minimum de Noirs à l’antenne. Vous ne pouvez pas ouvrir un restaurant halal et mettre des chinois à l’intérieur. »

BET est un symbole fort lié à l’histoire des Afro-Américains. Fondée en 1980 par Robert Johnson, BET apparaît à une époque où les Noirs sont peu présents à la télévision américaine. Pour Yan Boss, le contexte français est similaire à celui des Etats-Unis dans les années 1980.

Hedia Charni et Raphäl Yem ne sont pas les cibles directes de la page appelant au boycott. Mais dans un paysage audiovisuel français qui laisse déjà peu de places aux Noirs, leur mise en avant sur une chaîne dédiée à la culture afro divise. « Il peut y avoir des personnes qui ne sont pas noires mais au moins pour le lancement, envoyez un signal fort pour dire on vous respecte », développait Christian Dzellat avant de rencontrer la direction de BET France.

« Tout se fait sans nous »
Cette absence de Noirs à la télévision, Claudy Siar l’observe depuis de nombreuses années. L’animateur de radio a été délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer entre 2011 et 2012. « Nous sommes tous piégés dans ce concept de la diversité qui n’a fait que marginaliser une frange de la population française. Il y a un peuple de la normalité, français et blanc, et la diversité (asiatiques, noirs, arabes…) », regrette celui qui est aussi l’actuel vice-président du Conseil représentatif des Français de l’outre-mer (Crefom).

A la mi-octobre BET France avait tenté d’étouffer la polémique en affirmant que d’autres présentateurs issus de la « black culture » rejoindraient l’antenne. Seulement, l’emploi du terme « black » n’a pas non plus fait l’unanimité. « Nous sommes des Noirs, il y a des Blancs. Moi, je ne dis pas “white”. J’ai le sentiment qu’en France, le Noir dérange », dénonce Christian Dzellat.

BET France a repris en main sa communication et devrait bientôt annoncer l’arrivée de nouveaux visages à l’antenne. Mais pour Claudy Siar le problème ne s’arrête pas à la question des animateurs. « Y a t-il à la tête de ce média des gens qui peuvent défendre la culture noire ? (…) Tout se fait sans nous, dans notre dos, contre notre volonté. »

Voir aussi:

Facebook accusé de manipuler les sujets tendance, la polémique fait rage
AFPQC  |  Agence France-Presse
10/05/2016

Facebook est accusé d’avoir manipulé les sujets présentés comme des tendances sur son site, aux dépens notamment des conservateurs américains, ce que réfute le réseau social, sous le feu des critiques.

La rubrique « Trending », qui n’existe pas dans la version française de Facebook, est une petite pastille qui se trouve en haut à droite de la page et mentionne les sujets dont on parle le plus sur le réseau social.

Les thèmes choisis sont, en théorie, identifiés par un algorithme qui repère le nombre total de mentions mais aussi une forte augmentation sur un court laps de temps, à l’instar de ce qui se voit sur d’autres réseaux sociaux, Twitter en premier lieu.

Mais selon le site d’information Gizmodo, spécialisé dans la technologie et affilié au groupe Gawker, ce service fonctionne en réalité comme une rédaction qui opère des choix éditoriaux affirmés, certains individuels, d’autres collectifs.

Des personnalités conservatrices, telles que les républicains Mitt Romney (candidat en 2012), Ted Cruz et Scott Walker (candidats à l’investiture républicaine en 2016), ou l’éditorialiste radio Glenn Beck, lui aussi conservateur, ont ainsi été écartés de la liste sur décision individuelle alors que leur nom faisait surface sur Facebook, selon des témoignages cités par Gizmodo.

Les journalistes présents s’attachaient également à ne pas utiliser de sites réputés conservateurs comme source et n’intégraient un sujet aux tendances que s’il avait été traité par des médias considérés comme plus neutres, comme le New York Times, la BBC ou la chaîne d’information CNN.

Ce traitement éditorialisé n’était pas le résultat d’instructions données par l’encadrement mais de l’initiative de jeunes journalistes orientés par leurs opinions politiques marquées à gauche, assurent tous les témoins cités.

En revanche, des consignes ont bel et bien été données, selon les prestataires interrogés par Gizmodo, pour que des sujets qui ne suscitaient pas d’activité suffisante soient pourtant intégrés aux tendances.

Il s’agissait principalement de nouvelles traitées par les médias de référence, concernant notamment la Syrie ou le mouvement protestataire américain Black Lives Matter.

Gizmodo cite également l’exemple de l’attaque de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, relevée alors qu’elle ne faisait pas l’objet d’un intérêt global suffisant.

Règles rigoureuses

Les anciens prestataires indiquent que l’évolution de l’algorithme a eu pour effet de réduire sensiblement les interventions forcées durant leur passage au sein de Facebook de mi-2014 à fin 2015.

« Nous nous sommes penchés sur le sujet et avons conclu que ces allégations étaient infondées », a indiqué à l’AFP un porte-parole de Facebook.

Dans un message posté sur le réseau social, le responsable des « trending topics », ces fameuses tendances d’actualité, Tom Stocky, a assuré que son équipe était soumise à des « règles rigoureuses (…) pour assurer la cohérence et la neutralité » de la rubrique.

« Le travail de nos éditeurs est enregistré et vérifié, et violer ces règles peut être un motif de licenciement », a-t-il ajouté.

Les accusations de Gizmodo ont déclenché une vive polémique, nourrie par les médias identifiés comme conservateurs.

Le New York Post a même dédié sa Une au sujet mardi: « Vous ne lirez pas ça sur Facebook. Le site censure les informations ».

« Je me demande si le sondage Quinnipiac qui situe Trump au coude-à-coude avec Hillary (Clinton) en Floride, Ohio et Pennsylvanie est une tendance sur Facebook », a ironisé, sur Twitter, Ari Fleischer, ancien porte-parole de la Maison Blanche sous George W. Bush.

« Facebook est une société privée qui peut faire ce qu’elle veut. Si elle veut mettre en avant un sujet ou un point de vue, c’est son droit comme c’est celui de Fox News ou du New York Times », considère Joel Kaplan, doyen associé de la Newhouse School de l’université de Syracuse.

« Je pense aussi que c’est une bonne chose que tout média ou agrégateur insiste sur un sujet dont il pense qu’il est important », ajoute-t-il.

La polémique pose la question de l’influence d’une plateforme consultée quotidiennement par 1,09 milliard d’internautes.

Pour Joel Kaplan, elle est limitée: « Les gens abordent l’information avec leurs biais et leur grille de lecture. C’est lorsque les gens font passer ce qu’ils ont vu à leurs amis que son impact est le plus grand. »

Dans ce cas seulement, « cela peut faire une différence », selon lui.

Voir de plus:

Assessing the Obama Legacy—Against His Own Mileposts
Victor Davis Hanson
Natinal review
December 8, 2016
The president’s stated priorities have not turned out well. In his 2016 State of the Union address, President Obama summarized his achievements. That same night, the White House issued a press release touting Obama’s accomplishments. Now that he will be leaving, how well did these initiatives listed in the press release actually work out?
“Securing the historic Paris climate agreement.” The accord was never submitted to Congress as a treaty. It will be ignored by President-elect Trump. “Achieving the Iran nuclear deal.” That “deal” was another effort to circumvent the treaty-ratifying authority of Congress. It has green-lighted Iranian aggression, and it probably ensured nuclear proliferation. Iran’s violations will cause the new Trump administration to either scrap the accord or send it to Congress for certain rejection.
“Securing the Trans-Pacific Partnership.” Even Democratic presidential nominee Hillary Clinton came out against this failed initiative. It has little support in Congress or among the public. Opposition to the TTP helped fuel the Trump victory.
“Reopening Cuba.” The recent Miami celebration of the death of Fidel Castro, and Trump’s victory in Florida, are testimonies to the one-sided deal’s unpopularity. The United States got little in return for the Castro brothers’ propaganda coup.
“Destroying ISIL” and “dismantling al Qaeda.” We are at last making some progress against some of these “jayvee” teams, as Obama once described the Islamic State. Neither group has been dismantled or destroyed. Despite the death of Osama bin Laden, the widespread reach of radical Islam into Europe and the United States remains largely unchecked. The precipitous withdrawal of all U.S. peacekeepers in 2011 from a quiet Iraq helped sow chaos in the rest of the Middle East.
“Ending combat missions in Afghanistan and Iraq.” The Afghan war rages on. The precipitous withdrawal of all U.S. peacekeepers in 2011 from a quiet Iraq helped sow chaos in the rest of the Middle East. We are now sending more troops back into Iraq. “Closing Guantanamo Bay.” This was an eight-year broken promise. The detention center still houses dangerous terrorists.
“Rebalancing to the Asia-Pacific region.” The anemic “Asia Pivot” failed. The Philippines is now openly pro-Russian and pro-Chinese. Traditional allies such Japan, Taiwan, and South Korea are terrified that the U.S is no longer a reliable guarantor of their autonomy. “Supporting Central American development.” The once-achievable promise of a free-market, democratic Latin America is moribund. Dictatorships in Venezuela, Cuba, and Nicaragua remain impoverished bullies. All have been appeased by the U.S.
“Strengthening cybersecurity.” Democrats claimed Russian interference in the recent election. If true, it is proof that there is no such thing as “cybersecurity.” The WikiLeaks releases, the hacked Clinton e-mails and the Edward Snowden disclosures confirm that the Obama administration was the least cybersecure presidency in history. Share article on Facebook share Tweet article tweet “Growing the Open Government Partnership.” The NSA scandal, the hounding of Associated Press journalists, some of the WikiLeaks troves, and the corruption at the IRS all reveal that the Obama administration was one of the least transparent presidencies in memory.
“Honoring our nation’s veterans.” Obama’s Department of Veteran Affairs was mired in scandal, and some of its nightmarish VA hospitals were awash in disease and unnecessary deaths. Secretary of Veterans Affairs Eric Shinseki was forced to resign amid controversy. Former Homeland Security Secretary Janet Napolitano apologized for issuing an offensive report falsely concluding that returning war vets were liable to join right-wing terrorist groups. The southern U.S. border is largely unenforced. Immigration law is deliberately ignored.
“Making sure our politics reflect America’s best.” The 2016 presidential campaign was among the nastiest on record. WikiLeaks revealed unprecedented collusion between journalists and the Clinton campaign. Earlier, Obama had been the first president in U.S. history to refuse public campaign money. He was also the largest fundraiser of private cash and the greatest collector of Wall Street money in the history of presidential campaigns.
“Protecting voting rights.” Riots followed the recent presidential election. Democrats, without merit, joined failed Green Party candidate Jill Stein’s recount in key swing states they lost. Progressives are berating the constitutionally guaranteed Electoral College. State electors are being subject to intimidation campaigns. “Strengthening policing.” Lethal attacks on police are soaring.
“Promoting immigrant and refugee integration and citizenship awareness.” The southern U.S. border is largely unenforced. Immigration law is deliberately ignored. The president’s refugee policy was unpopular and proved a disaster, as illustrated by the Boston Marathon bombings, the San Bernardino attack, the Orlando nightclub shooting, and the recent Ohio State University terrorist violence.
Note what Obama’s staff omitted: his doubling of the U.S. debt in eight years, the unworkable and soon-to-be-repealed Affordable Care Act, seven years of anemic economic growth, record labor nonparticipation, failed policy resets abroad, and a Middle East in ruins. Why, then, has the president’s previously sinking popularity suddenly rebounded in 2016? More Barack Obama Obama’s Second Term Was a Complete Failure Obama’s Mixed Anti-Terror Legacy A Response to Brian Beutler Obama disappeared from our collective television screens, replaced by unpopular candidates Clinton and Trump, who slung mud at each other and stole the limelight. As a result, Obama discovered that the abstract idea of a lame-duck Obama was more popular than the cold reality of eight-year President Obama. He wisely adjusted by rarely being heard from or seen for much of 2016. So Obama now departs amid the ruin of the Democratic party into a lucrative post-presidency: detached and without a legacy. —

Victor Davis Hanson is a classicist and historian at the Hoover Institution, Stanford University, and the author, most recently, of The Savior Generals.

Voir enfin:

De la construction sociale de la race à l’abolition de la blancheur (Whiteness)

En finir avec la blancheur
David Roediger

Parti des Indigènes de la république

17 novembre 2014

Nous publions, ci-dessous, la traduction d’une allocution faite par David Roediger durant le Socialist Week à l’Université Iowa State, durant l’automne 1992. Ce texte a aussi servi d’introduction au recueil d’articles de D.Roediger Towards the Abolition of Whiteness, publié pour la première fois en 1994 aux éditions Verso. Bien évidemment, la date à laquelle David Roediger a prononcé cette allocution n’est pas anodine. D’une part, cela permet de comprendre le contexte politique dans lequel ce texte fut produit ainsi que les références utilisées par Roediger, comme notamment les attaques de Bill Clinton contre la rappeuse américaine Sister Souljah, lorsque cette dernière avait déclaré, suite aux émeutes de Los Angeles en 1992 : « (…) si des gens noirs tuent des gens noirs chaque jour, pourquoi n’y aurait-il pas une semaine pour tuer des gens blancs ». D’autre part ce texte est également intéressant en cela que les analyses de la question raciale en France sont très récentes par rapport à un pays comme les États-Unis. David Roediger est considéré comme l’un des précurseurs de ce que l’on nomme les whiteness studies (études sur la blancheur), même si lui-même récuse cette position de précurseur, écrivant que :

« Les bonnes raisons pour renier cette place de fondateur (ou de co-fondateur) des critical whiteness studies sont nombreuses. Produire une telle généalogie revient à faire du moment de publications de travaux sur la blancheur par des blancs, dans les années 1990, l’origine d’une  »nouvelle » ère d’investigations scientifiques, alors que dans les faits des écrivains et militants de couleur ont étudié depuis longtemps les identités et les pratiques des blancs, en tant que problèmes devant être historicisés, analysés, théorisés et contrés.[1] »

En effet, bien que les whiteness studies aient été institutionnalisées au début des années 1990, grâce notamment à deux ouvrages majeurs The Wages of Whiteness. The Making of the American Working Class (1991) de David Roediger et How the Irish became White (1995) de Noël Ignatiev, celles-ci se placent dans une longue tradition théorique et n’ont pas été « inventées » par les blancs. S’il nous semble primordial de publier cette traduction c’est pour plusieurs raisons. D’une part, David Roediger est un auteur dont certains textes devraient nous servir de références théoriques mais également nous aider à développer notre pensée décoloniale. Bien qu’hélas les textes de David Roediger disponibles en français soient trop rares[2]. D’autre part, les travaux de David Roediger permettent de réaffirmer l’importance de la race lorsque l’on analyse les contradictions de classes, sans pour autant appeler abstraitement à une « articulation ». En effet, comme l’écrit Sadri Khiari « Dire que finalement toutes les exploitations et les oppressions s’adossent et se chevauchent les unes les autres ne suffit pas à en résoudre l’équation, en l’occurrence que, s’il y a sans doute des intérêts communs à tous les opprimés, il y a également des conflits d’intérêts entre eux.[3] ». C’est d’ailleurs l’un des apports principaux de Roediger, puisque dans son ouvrage The Wages of Whiteness, il s’interroge sur la raison pour laquelle les ouvriers blancs tiennent tant à leur blancheur. C’est cela qui lui a fait développer l’idée (qu’il reprend à W.E.B. Du Bois) d’un salaire de la blancheur dont bénéficient même les ouvriers blancs. Pourtant, bien que les analyses de Roediger soient le plus souvent brillantes et très utiles à notre compréhension du racisme, dans le texte que nous reproduisons ci-dessous, il importe de pointer deux faiblesses : d’une part Roediger semble considérer la race comme un pur produit idéologique, « ontologiquement vide » comme il l’écrit lui-même, refusant par-là de percevoir la réalité matérielle de la race – et donc son autonomie vis-à-vis de la question de la classe ; d’autre part Roediger semble offrir comme solution aux blancs de simplement refuser d’être blancs, d’être des traitres à leur race en somme. Pourtant, il semble évident, comme l’a noté Satnam Virdee dans son essai Racism, Class and the Dialectic of Social-Transformation, que dissoudre le « club » des blancs ne suffira pas à dissoudre la blancheur. Une telle analyse semble, en effet, ignorer les structures qui produisent et reproduisent le racisme dans la société capitaliste. Même si une majorité de blancs rejetaient leur blancheur, ils bénéficieraient toujours des privilèges liés à celle-ci. C’est d’ailleurs ce que précise Roediger à la fin de son texte lorsqu’il écrit que « en un certain sens, les blancs ne peuvent pas totalement renoncer à leur blancheur, même s’ils le souhaitent », prenant l’exemple de l’héroïne italo-américaine du film Jungle Fever.

Mais l’intérêt de ce texte réside dans le fait de rappeler qu’être blanc, c’est également faire partie d’une race sociale (une race dominante). Car, analyser la race blanche est un point qui manque hélas bien trop souvent à nos analyses politiques. Parmi les militants et théoriciens politiques qui prennent en compte la question raciale comme une question systémique, trop nombreux sont ceux qui utilisent le terme « racialisation » pour parler en réalité des non-blancs, comme si les blancs n’étaient pas une race. Cette question, n’est pas qu’un simple problème de vocabulaire mais interroge réellement notre théorie politique et les conséquences pratiques qui en découlent. En effet, nous utilisons régulièrement les expressions « rapport de forces », « lutte des races », etc. … Or, un rapport, une lutte, nécessite un camp contre lequel nous luttons. Considérer que seuls les indigènes sont racialisés revient en quelque sorte à individualiser les blancs en ne nous focalisant que sur leurs attitudes et non sur la race sociale qu’ils forment. Les blancs pourraient être racistes ou non. Or, puisque nous analysons le racisme à partir des privilèges qu’ont les blancs, il est important de garder en tête que leurs privilèges découlent de leur race sociale. Nous proposerons donc de parler « d’indigénisation » et de garder le terme « racialisation » pour parler du processus historique qui a permis la naissance des races sociales blanches et non-blanches. Par ailleurs, ce texte pose des questions importantes et notamment celle du fossé entre la « mode » des études sur la race et la pratique politique. Notre but n’est bien évidemment pas de faire de l’anti-intellectualisme primaire mais bien de nous interroger sur le lien entre théorie et pratique décoloniale.

Bien que ce texte comporte donc quelques faiblesses, nous pensons qu’il est important de le publier et de nous intéresser à son économie générale plutôt qu’à certains points qui peuvent sembler vieillis ou peu pertinents pour notre situation. Nous espérons ainsi, humblement, par ce texte participer à la continuation de notre réflexion et de notre théorie décoloniale en vue de faire progresser notre organisation politique, donc notre pratique.

Selim Nadi, membre du PIR

De la construction sociale de la race à l’abolition de la blancheur (Whiteness)

David Roediger

Une plaisanterie circulant parmi les universitaires Africains-Américains met l’accent sur la distance entre les modes académiques d’études sur la race et la vie dans « le monde réel ». « J’ai remarqué, dit cette blague, que mes recherches démontrant que la race est une construction sociale et idéologique ne m’aident pas vraiment à trouver un taxi tard le soir ». Cet humour est assez ironique en cela que la plaisanterie ne rejette pas l’idée qu’il est important d’écrire sur, et d’analyser la construction sociale de la race, mais elle met l’accent sur le fait que la race peut être plus facilement démystifiée sur le papier que désarmée dans la vie réelle.

La problématique soulevée par « la blague du taxi » fait partie intégrante d’un questionnement plus large de récentes études critiques se basant sur le fait que les attentes de ces travaux, bien que se voulant populaires et politiques, n’ont jusqu’à présent pas abouti à des résultats pouvant endiguer l’avancée de la réaction aux États-Unis. Parmi les critiques les plus importantes au sein de ces « nouveaux travaux », on trouve une tendance à voir principalement le manque d’impact politique comme une preuve que ce ne sont pas uniquement les études postmodernes, mais également les travaux universitaires mettant l’accent sur le genre ou la race, qui seraient au mieux frileusement apolitiques et au pire obscènement hypocrites dans leur radicalisme. De telles attaques nécessitent une réponse, car elles marquent effectivement un point à travers la critique du jargon hyper-académisé que l’on trouve dans les écrits les plus récents, mais également parce que les intellectuels radicaux devraient se tenir à un minimum d’engagement politique. Il serait aisé de démontrer que les critiques de ces nouveaux travaux manquent elles-mêmes bien souvent de propositions politiques cohérentes au-delà d’un vague populisme et d’une nostalgie pour un marxisme qui ne peut pas survivre dans un monde où les femmes et les personnes de couleur forment de plus en plus le corps de la classe ouvrière et de la gauche. De la même manière, il serait facile d’arguer qu’il est injuste d’attendre du petit nombre d’enseignants à l’université qu’ils influent sur les habitudes des conducteurs de taxis américains. Ce qui est plus compliqué, mais pourtant nécessaire, pour ceux d’entre nous qui pensent que ces récents travaux contribuent modestement au changement radical, est d’être bien plus précis sur la manière dont cela se produit et sur les implications politiques de nos travaux.

En relevant ce défi, j’aimerai me focaliser en particulier sur les implications politiques découlant de l’idée que la race acquiert son sens par les actions des êtres humains dans des contextes historiques et sociaux concrets, et n’est pas une catégorie biologique ou naturelle. Le développement de cette perception de la race constitue un accomplissement majeur pour les récents travaux, accomplissement qui traverse largement les frontières disciplinaires. Les étudiants peuvent ainsi apprendre cette leçon en biologie par les écrits de Stephen Jay Gould ou Donna Haraway ; en histoire via les études percutantes de Alexander Saxton et Edmund Morgan ou encore par l’essai majeur de Barbara Field ; en sociologie avec Richard Williams ; en littérature avec les travaux de Toni Morrison ou Hazel Carby ; dans les études féministes (women studies) avec bell hooks ou Vron Ware ; dans les études religieuses avec Cornel West ; dans les cours sur les Africains-Américains en lisant l’indispensable Slave Culture de Sterling Stuckey. La théorie post-structuraliste a enrichi le travail de certains de ces universitaires et a fait connaître les études d’Eric Lott, Colette Guillaumin et Coco Fusco, chacun ouvrant des dimensions importantes dans la « dénaturalisation » de la race.

Les étudiants commençant à comprendre que la race ne prend tout son sens que dans les sociétés humaines, plutôt que dans l’ADN, sont ceux qui relient généralement tout ce qu’ils ont appris dans un certain nombre de domaines. Cela prend souvent du temps avant que le déclic ne se produise. Même au sein d’étudiants à la sensibilité de gauche, l’idée que la race est naturelle est tellement enracinée que l’on retrouve souvent la proposition selon laquelle l’éducation libérale [N.d.T : dans le présent texte, le terme « libéralisme » est à comprendre dans son sens anglo-saxon] et même radicale doit s’efforcer d’enseigner que la race n’est pas quelque chose de très important, mais est néanmoins une réalité matérielle. Lorsque les étudiants « pigent » cela, ils sont souvent extrêmement enthousiastes. Voir la race comme une catégorie faisant constamment l’objet de luttes et de réassignation, leur fait ainsi prendre conscience que les possibilités d’action politique, en particulier, et de capacité d’agir (agency) des humains sont bien plus larges que ce qu’ils pensaient. Ils réfléchissent ainsi à la manière par laquelle les structures d’oppression sociale ont contribué à la voie tragique qui a donné tout son sens à la race. Ils en viennent ainsi souvent à accuser ces structures. Concernant le degré limité, mais important, auquel ces choses arrivent, un coup d’œil à l’extravagant cauchemar du Reader’s Digest/New Republic permet d’appréhender ce qui s’incarne dans l’éducation supérieure américaine « politiquement correcte ».

Mais, aussi importante que soit cette transformation, elle sert le plus souvent à se frayer une voie à travers les séminaires universitaires plutôt qu’à travers le reste de notre quotidien. Tout comme le suggère la plaisanterie d’ouverture de ce texte, en raison même de son manque de substance, la race est une idéologie très puissante. Si les étudiants espèrent que le potentiel de la race leur ouvrira la voie simplement car elle permet une démystification intellectuelle importante du concept, ils seront très vite déçus. Plus important encore, l’idée que la race est construite socialement est si fondamentale que par elle-même elle implique des conclusions politiques spécifiques. En l’absence d’un large mouvement étudiant ou ouvrier au sein duquel ils pourraient « tester » la manière de passer de vues générales à des actions spécifiques, les étudiants ayant ouvert les yeux concernant la race risquent d’apparaître sur le devant de la scène durant la campagne de Clinton, avec l’accent qu’il met à vouloir rassembler tous les Américains. Ils risquent ainsi de terminer dans de petites sectes socialistes, où l’acceptation que la race est une catégorie naturelle est contre-balancée par une insistance plus grande sur l’idée que la race est également manipulée et mise en avant par les employeurs et les politiciens afin de diviser les ouvriers – insistance qui légitime un argument sonnant comme une totale démystification de la race, basée en fait sur une seule compréhension de classe. Sur les campus, les étudiants ayant été éclairés par la race se trouvent en général en train de militer pour l’expansion des études afro-américaines, car ils sont fascinés par la manière dont l’idéologie raciale a conditionné l’histoire et la vie quotidienne. Inversement, ils arguent que tout ce qui est spécifique racialement (race-specific) est illusoire et dangereux. Ceux qui s’en prennent à l’existence de la race comme catégorie naturelle, quant à eux, développeront souvent des positions politiques confuses. L’édition spéciale de Newsweek sur la rébellion de Los Angeles de 1992, par exemple, suit la voie progressiste selon laquelle le « concept véritable de race » serait une « relique scientifiquement absurde » puisqu’« il n’y pas de catégorie telle que  »noirs » ou  »blancs » … qui ne définissent aucunement une race ». Puis, ce même article propose plus ou moins aléatoirement un ensemble de solutions familières et confuses contre la crise urbaine, les incitations fiscales pour les entreprises, les aides sociales, les zones franches industrielles, l’entraide, les valeurs familiales et l’accroissement des forces de police.

Bien évidemment, aucun texte des intellectuels radicaux ne peut se substituer à un mouvement pacifique dans lequel les idées peuvent être mises à l’épreuve de la réalité. Mais il incombe néanmoins à ceux d’entre nous qui défendent l’idée que la race est une construction sociale de reconnaître que c’est là une percée intellectuelle vitale afin de dire que nous pensons que cette percée peut avoir une visée politique. La présente introduction débute par le court récit d’exemples d’Angleterre et d’Afrique. Cette section veut montrer que l’idée que la race est une construction sociale « fonctionne » assez largement, en aidant à clarifier certaines questions, mais qu’elle n’aide pas, en elle-même, pour autant, à résoudre la question de la direction à prendre concernant la race et la classe. Revenant aux États-Unis, ce texte critique la tentative de minimiser l’accent mis sur la prétendue « division » ou « illusion » de la question raciale dans les luttes politiques américaines. Il défend l’idée selon laquelle l’implication politique centrale résultant de l’idée que la race est construite socialement est la nécessité politique de s’attaquer à la blancheur (whiteness) en tant qu’idéologie destructrice plutôt que de s’attaquer au concept de race de manière abstraite. Bien que reconnaissant le passé tragique et le barrage à la création d’une classe ouvrière non-blanche, le présent essai arrive à la conclusion que la conscience de la blancheur (whiteness) contient également les éléments d’une critique de cette conscience et que nous devrions encourager des politiques basées sur des signes allant vers l’abandon populaire de la blancheur.

Notes transatlantiques sur la construction sociale de la race

Il est aujourd’hui quasiment impossible de voyager loin sans se heurter à l’éclatante évidence que la race est une idéologie construite socialement plutôt qu’une catégorie déterminée biologiquement. Dans la région Ashanti du Ghana, où ces lignes sont écrites, nous sommes salués dans la rue par des enfants qui chantent « Oburoni koko maakye ». Les Ashantis anglophones traduisent souvent cela par « bonjour homme rouge-blanc ». De la même manière, oburon wawu, termes généralement utilisé pour les habits occidentaux, est traduit de manière charmante par « l’homme blanc qui est mort ». Quoi qu’il en soit, oburoni dérive du terme Aburokeyre, le mot Akan pour « de l’autre côté de l’eau » et n’est donc pas l’équivalent de l’usage du terme blanc par les Euro-Américains. Les nombreux Chinois, Coréens et Japonais qui vivent désormais au Ghana sont généralement également qualifiés de oburoni. Mais en débattant de la traduction, les Ashantis pointeront le fait que ce n’est pas juste parce qu’ils viennent « de l’autre côté de l’océan » mais bien parce qu’« ils sont blancs » – c’est-à-dire qu’ils sont perçus comme ressemblant et agissant comme des Européens et des Américains. Les visiteurs Afro-Américains présentent un cas intriguant car ils ont littéralement traversé l’océan pour rejoindre les Ashantis. Dans la plupart des cas aujourd’hui, ce ne sont que les visiteurs ayant la peau la plus claire qui seront appelés oburoni. Mais récemment, il y a apparemment eu une tendance à leur accoler ce terme en utilisant ce dernier dans son sens originel. Il est ainsi intriguant qu’un spectateur britannique des discours de Malcolm X au Ghana sur la célébration de son pèlerinage à la Mecque me disait que les Ghanéens étaient surpris qu’un oburoni puisse dire de telles choses. En effet, l’un de ses auditeurs se rappelle qu’écoutant Malcolm, il le qualifiait d’homme blanc aux idées stupéfiantes. Bien que de forts éléments de liesse traversent de telles caractérisations, elles doivent nous alerter sur la complexité et la réalité de la construction sociale de la race.

D’autres expériences transatlantiques montrent la manière dont la construction sociale de la race pénètre la politique. En 1984, lorsque nous vivions dans le quartier londonien de Brent, des immigrés et descendants d’immigrés de diverses nationalités se désignaient souvent eux-mêmes de « Noirs », car cette catégorie « raciale » se rapprochait de ce que le travail brillant de A. Sivanandan a caractérisé de « couleur politique » des opprimés. Les Indiens d’Asie, les Pakistanais, les Malaisiens, les Turcs, les Chinois, les Bangladais, les Arabes et même les Chypriotes et quelques Irlandais s’identifiaient ainsi. Alors que je faisais une tournée de conférences en Afrique du Sud, en 1989, nous avons remarqué la manière par laquelle les opposants à l’apartheid définissaient la catégorie inter-raciale (mixed-race), créée par le gouvernement, de « colorés » (coloured) comme une simple création idéologique, en prenant toujours soin d’utiliser l’expression « soi-disant colorés ». Nombreux furent ceux, au sein de la population « soi-disant colorée » qui insistèrent sur le fait qu’ils étaient des Africains. Lors de cette même visite en Afrique du Sud, le fils d’un ouvrier africain du port de Cape Town nous raconta une histoire qui, plus tard, illustrera magnifiquement de quelle manière la race est une idéologie produite, et reproduite. L’indication « RÉSERVÉ AUX BLANCS » (WHITES ONLY), comme le racontait son père, n’apparut sur le bord de mer de Cape Town qu’après avoir observé des marins blancs américains esquiver les équipements « réservés aux Européens ».

Chacun de ces exemples est précieux en cela qu’il montre que l’idée que la race est construite socialement est valable et importante. Mais ils permettent également de pousser nos discussions vers la complexité permettant à de tels savoirs d’avoir une application politique. En les étendant, et en les sondant, on voit que chaque exemple soulève ses propres problématiques. Nous devons, par exemple, réfléchir au fait que depuis le début des années 1980, les initiatives visant à bâtir une identité pan-noire (pan-Black identity) au sein des opprimés britanniques furent confisquées et même démantelées par une résurgence aiguë des particularismes ethniques. Comment les militants politiques, armés par la connaissance qu’ils ont que la race est une catégorie idéologique et mouvante devraient-ils évaluer ce changement ? Était-ce le résultat inévitable de la tentative de bâtir des résistances basées sur « l’illusion » de la « couleur politique » ? Le particularisme ethnique est-il une identité plus historique, voire plus « réelle », liée à la survie d’une tradition inventée de négritude (Blackness) commune ? Ou, comme le maintient avec force Sivanandan, la vraie possibilité d’unifier les exploités autour d’une conscience liée à la « couleur politique », basée sur la classe et la race, a-t-elle été renversée par des politiques publiques délibérées et par l’opportunisme dans les rangs des leaders ethniques (ethnic leaders) ?

On retrouve le même type de problèmes dans l’exemple sud-africain. Dans mes anciennes conférences là-bas, je tentais désespérément d’étendre l’expression « soi-disant colorés » à toutes les constructions raciales, je parlais ainsi de « soi-disant blancs » et de « soi-disant noirs ». Afin de mettre en lumière le fait que ces catégories étaient également produites historiquement, cela apparaissait alors sans doute comme une stratégie justifiable. Pourtant, en tant que contribution au débat politique au sein du mouvement de libération sud-africain, ce fut moins pertinent. Les meilleurs militants réclamaient alors un programme complet de discrimination positive (affirmative action) dans les écoles, les structures du mouvement et dans la société plus largement, tenant au fait que la voie vers le non-racialisme incluait de prendre en considération la race. Cependant, j’offrais une formulation qui risquait de conforter les idées de ceux qui croyaient qu’un futur non-racial pouvait émerger de l’ignorance de politiques basées sur la race et qui défendaient l’idée que la race était inutile et contre-productive. Aussi puissante qu’elle soit, l’idée que la race est une construction sociale ne nous informe pas de manière magique sur les stratégies à adopter pour surmonter l’oppression race-classe.

Le tournant de l’exemple ghanéen apparaît comme étant plus prosaïque. Lorsque nous marchions dans Kumasi, spécialement dans les quartiers où nous n’avions jamais été auparavant, les habitants criaient parfois jovialement, en anglais, « Eh, vous êtes blancs ! ». Cela me frappait comme si j’étais un exemple déroutant, et surprenant, de non sequitur, avant que je ne réalise que l’on ne voyait quasiment aucun blanc marcher sur une longue distance ici. Le fond de leur pensée était en réalité « Eh, vous êtes blancs et vous vous promenez ici ! » ou « Eh, vous êtes blancs et devez avoir une voiture ! ». Bien que ce commentaire semblait porter purement « sur la couleur » ou « sur la race », il portait en réalité sur un comportement qui faisait qu’il était important de tenir compte de la couleur. Ainsi, bien que la race soit construite idéologiquement, elle est construite à partir du véritable schéma, prévisible et répété, de la vie réelle. En effet, comme le montrent Barbara Fields et Walter Rodney, c’est l’interconnexion avec la réalité qui donne à la race un intérêt aussi puissant et idéologique. Les blancs ne sont pas biologiquement programmés pour avoir une voiture ou une moto, mais au Ghana il est rare qu’ils en manquent, et c’est ce qui rend la race si importante dans un endroit si chaud, montagneux et poussiéreux, où même marcher est un travail. Dire cela revenait « en réalité » à prédire que les revenus des propriétaires de voitures, leur liens avec les entreprises multinationales et leur rôle dans les organisations humanitaires, les projets des missionnaires ou la recherche académique ne dissoudraient que difficilement la perception de l’interconnexion entre une voiture et la couleur de peau. Comme le remarque la magistrale History of Guyanese Working People de Rodney, les perceptions du monde en terme de race ont prospéré car elles semblaient « constituées des expériences de la vie quotidienne des gens ». La race est donc à la fois irréelle et une réalité visible. Sa démystification ne peut donc pas être accomplie par des exemples intellectuels hermétiques, mais seulement par une lutte politique et culturelle très compliquée.

Pourquoi continuer à parler de la race ?

L’évidence que la race est construite socialement, qu’elle est idéologiquement puissante et traversée par la complexité, est désormais mieux acceptée, mais reste toujours aussi fascinante. Électoralement, comme l’ont montré Thomas et Mary Edsall ainsi que d’autres, la blancheur est devenue, pour reprendre l’expression de Sivanandan, une « couleur politique » qui éblouit la coalition disparate de la nouvelle droite (New Right) et leur permet d’attirer assez de votes des classes moyennes et ouvrières blanches effrayées et aigries, pour régner. De la réalisation de la législation des droits civiques du milieu des années 1960, jusqu’à 1992, seul un démocrate a occupé la maison blanche, et il a, après une manœuvre politique astucieuse, salué l’importance de la « pureté ethnique ». Depuis la « négligence » de Willie Horton, même l’engagement démocrate mitigé pour les droits civiques s’est évanoui du parti, si enclin à la suspicion d’être « laxiste sur la race » que son leadership s’est engagé pour huit ans dans une recherche plus ou moins ouverte à un candidat blanc inattaquable dans ce qui était appelé une stratégie sudiste (Southern strategy) mais qui est mieux comprise en tant que stratégie des banlieues.

La blancheur exerce une telle force politique, malgré son complet discrédit en tant que « couleur culturelle », malgré le fait qu’elle soit devenue le sujet de plaisanterie des comiques de stand-up qui mettent en avant la vacuité de la « culture blanche » dans une nation où beaucoup de ce qui est nouveau, excitant, excellent et populaire – dans la musique, la mode, l’éloquence, la danse, la langue vernaculaire, le sport et de plus en plus dans la littérature, les films et les essais – vient des Afro-Américains, des Asiatiques-Américains ou des communautés Latinos. Nous faisons face, en bref, à une folle et ahurissante situation dans laquelle l’attrait pour la blancheur est pitoyablement maigre mais où l’effectivité de cet attrait pour la blancheur – de Howard Beach à Simi Valley jusqu’aux urnes électorales – est à son paroxysme. Le grand écrivain américain Ralph Ellison avait vu cela arriver il y a déjà une dizaine d’années et formulait alors une question qui touche directement le cœur de la politique et de la culture américaine moderne, de manière très précise :

Que fait, par ailleurs, un jeune blanc qui, avec un transistor radio collé à son oreille, braillant un air de Stevie Wonder, hurlant des épithètes raciales à de jeunes noirs tentant de nager sur une plage publique – et cela au nom de la sainteté ethnique de ce qui a été déclaré comme le territoire du quartier ?

Incapable de répondre à cette question et fatigué après une longue période de règles réactionnaires au niveau racial, nous avons toutes les chances d’être tentés de glisser de l’idée que le race est une construction idéologique à la conclusion qu’il est largement temps de dénoncer celle-ci comme un piège et une illusion et de revenir à des politiques populistes de réformes économiques. Ainsi, s’attarder sur la race, ou réclamer des remèdes « spécifiques à la race » (race-specific) est suspecté d’être contre-productif et même malveillant. L’article fermement matérialiste de Barbara Fields dans la New Left Review sur les origines du racisme américain se clôt par la critique, étonnamment idéaliste, d’une mère ayant demandé à son enfant de quatre ans si une playmate est « noire » puis qui se mit à rire lorsque l’enfant lui répondit qu’elle était « brune ». « Le rire bienveillant de la jeune femme fut provoqué par l’innocence d’une jeunesse, corrompue bien trop tôt », écrit Fields, « mais malgré toute sa bienveillance, son rire accélère cette corruption ». Fields argue que la femme, de même que les intellectuels radicaux qui mettent en avant la race comme un « tragique fléau » aux États-Unis, donne une réalité à la race. Elle suggère plutôt qu’en faisant cela ils sont comme le Ku Klux Klan et les meurtriers blancs de l’adolescent noir Yusef Hawkins. D’autres disent que nous devrions refréner nos discussions sur les questions raciales car seules les questions économiques peuvent générer des succès électoraux. Les propositions concrètes varient largement sur ce qui devrait être mis en avant à la place de la race. Fields propose ainsi la stratégie intéressante, mais totalement fantasque, de la discrimination positive basée sur la classe, alors que pour William Julius Wilson et les nombreux penseurs politiques influents autour du journal libéral American Prospect, les questions pouvant désarmer la race sont celles dans lesquelles la classe moyenne blanche a un intérêt direct, notamment l’emploi et l’assurance santé.

De telles stratégies s’adaptent à l’humeur consternée et démoralisée du libéralisme américain contemporain, et elles font massivement appel aux électeurs Afro-Américains qui sont prêts à tout sauf au Reaganisme (malgré le taux de participation électorale très bas et le peu d’alternatives, ils supportent généralement la candidature de Bill Clinton). Néanmoins, selon moi, les initiatives évitant une discussion frontale sur la race n’ont que peu de chances de réussir, même dans leurs propres conditions limitées. L’absence d’un vote libéral des travailleurs – à la fois car peu d’ouvriers sont organisés, mais aussi parce qu’une majorité de ceux venant de foyers blancs, contenant un syndicaliste, ont voté pour Reagan et Bush lors des trois dernières élections – laisse présager d’une alliance peu propice en cours, modérément progressive et basée sur la classe. Les démocrates ne pourront pas non plus être plus silencieux sur la justice raciale qu’ils ne l’ont été lors des récentes campagnes. La réticence de Clinton à commenter les rebellions de Los Angeles est une opération standard (exception faite durant la campagne de Jackson) concernant la race dans les politiques présidentielles démocrates post-1972, et non pas un phénomène nouveau. La stratégie consistant à ignorer la race a, en ce sens, été réellement tentée.

De même, les républicains ne s’engagent pas plus dans des débats ouverts sur la race. Ils formulent leur appel à un « vote de blancs » en termes de réformes sociales, d’écoles de quartier, de dureté face aux crimes et aux naissances « illégitimes ». Dans la course pour devenir gouverneur du Mississippi de 1991, le gagnant de l’aile droite du parti républicain Kirk Fordice, conclut une campagne de publicité contre les aides publiques par une photographie d’une femme noire et de son bébé. Il invitait littéralement les Mississipiens à voter contre les Afro-Américains, mais fit cela sans parler directement de race. Dans le sillage des rebellions de Los Angeles de 1992, la déclaration la plus essentielle de Bush fut : « Pour tous ceux qui se soucient de notre jeunesse, il est douloureux qu’en 1960, le pourcentage de naissances chez les mères célibataires fut de 5% – et que désormais il soit de 27% ». Comme le correspondant américain du journal londonien Observer, Andrew Stephen, le nota, « Pour les millions d’Américains qui entendirent cette importante déclaration, ce qu’il disait en réalité était  »je parle, bien évidemment, des noirs ». ». Même le très célébré Willie Horton en commentant la campagne de 1988 de Bush ne dit rien sur la race. Durant la campagne de 1992, Dan Quayle réussi à instrumentaliser l’hostilité contre les mères noires bénéficiants de l’aide sociale en parlant, entre autres, du personnage de sitcom blanc Murphy Brown. Une attention sérieuse envers la race est donc déjà absente des politiques américaines, et c’est logiquement la droite qui en bénéficie.

Mais le contenu positif des programmes de réformes économiques ne risque-t-il par de sevrer les électeurs blancs des politiques basées sur la race, ouvrant ainsi la voie à des expériences dans les campagnes électorales susceptibles de traverser les frontières raciales (racial lines) pour nourrir l’idée selon laquelle la race ne doit pas diviser les ouvriers ? Une telle stratégie a sous-tendu une large partie de l’approche de la race et de la classe qu’avait la gauche blanche américaine durant les dernières décennies. Les syndicats furent notamment perçus comme inculquant aux ouvriers blancs que leurs intérêts économiques coïncident avec ceux des Africains-Américains et que mettre leurs organisations en danger par des assauts « prématurés » contre le racisme, fut perçu comme allant contre les intérêts non seulement de la justice de classe mais également de l’égalité raciale.

Dans la mesure où nous arguons que la blancheur et les diverses sortes « d’ethnicités blanches » sont des réactions à l’aliénation, un cas intéressant de cette stratégie, issue d’une longue tradition, consistant à surmonter la race en mettant en lumière la classe, peut être présenté ici. Nous pourrions insister, comme je le fais dans Wages of Whiteness, sur le rôle de l’impuissance dans le travail et l’engendrement d’un règlement qui leur fait croire qu’ils sont des « ouvriers blancs », ou nous pourrions suivre « Reification and Utopia in Mass Culture » de Frederic Jameson en insistant sur la manière dont l’aliénation produite par des structures bureaucratiques et une culture commercialisée aide à assurer un ersatz d’ethnicité chez les blancs. Dans tous les cas, il semble que la participation à d’authentiques luttes contre l’oppression et l’impuissance soit un antidote utile contre la blancheur. Lorsque par exemple, une supportrice « blanche de droite » de la tentative de David Duke de devenir gouverneur de Louisiane en 1991 stoppa sa litanie contre le mythe « des noirs et de l’aide sociale » (« Ils achètent de nouvelles voitures chaque année … ») dans une interview avec USA Today, elle ajouta : « L’État ne va pas s’occuper de moi ». Peut-être que s’il y avait un large mouvement pour un système de santé décent cette femme pourrait s’y joindre, mettre la pression sur l’État, gagner une sorte de pouvoir et, au cours de sa lutte aux côtés des pauvres noirs, remettre en question le mythe qu’elle récitait jusqu’alors.

Il est difficile d’imaginer une assaut efficace contre la suprématie blanche qui ne tiendraitpas compte des millions de petits miracles de ce type, et qui n’inclurait pas un ralliement autour des griefs liés à la classe. Mais plus problématique encore est la tendance à supposer que la redécouverte de la mise en lumière de questions économiques règle tous les problèmes, ou même à appréhender les questions de stratégie politique en ne tenant compte ni de la race ni de la classe. Le dossier historique des réalisations antiracistes à partir de réformes économiques est bien mince. Du National Labor Union jusqu’aux populistes de la CIO, peu importe ce que nous souhaitons qu’ils aient réalisé et peu importent leurs autres réalisations, de telles coalitions ne surent pas répondre aux attentes lorsque la justice raciale fut en jeu. Ce dossier ne montre d’ailleurs pas non plus que les luttes communes peuvent « enseigner » une humanité commune sur le long terme. L’aile Tom Watson des populistes apprit spectaculairement la leçon de l’unité noirs-blancs et, plus spectaculaire encore, l’oublia aussitôt. L’expérience de la défaite – et il n’y a aucune garantie que les mouvements de classe vont gagner – entraine avec elle une recrudescence de la suprématie blanche. La convention agonisante du National Labor Union envisageait sérieusement certaines propositions de l’intellectuel sudiste raciste Hinton Rowan Helper pour dégager les noirs des États-Unis, tandis que le Knights of Labor, si brillamment égalitariste dans ses heures les plus glorieuses, commença à décliner après avoir accepté une résolution pour coloniser les Afro-Américains en vue d’aider « le prolétariat blanc ». Le motif pour lequel la meilleure issue dans un nouvel effort de réformes économiques minimise l’emphase immédiate sur la justice raciale reste flou, en particulier étant donné que la substance des réformes mollassonnes sur l’offre des néolibéraux, qui sont le fer de lance des stratégies économiques, est rarement ce par quoi les grandes transformations dans la conscience politique sont faites.

Les partisans de l’importance croissante mise dans l’appel au réformisme économique et au silence continu autour de la race ont parfois internalisé une sorte de marxisme qui entend mettre l’accent sur la réalité objective des rapports de classe comme quelque chose s’opposant à l’idéologie de la race. Je n’ai aucun problème avec cette distinction, cependant en l’appliquant nous devons imaginer que les ouvriers voient objectivement le monde à travers leur expérience de classe, dans une part de leur cerveau, et subjectivement à travers le filtre distordant de la race d’autre part. À un certain niveau de conscience, la classe est tout sauf un reflet fidèle de la réalité objective. De plus, la manière subjective par laquelle les ouvriers blancs perçoivent et définissent la classe est, aux Etats-Unis, totalement façonnée par leur blancheur. Deux récentes études sur les ouvriers du New Jersey confirment par ailleurs ce point. Dans l’excellente étude sociologique de David Halle sur les ouvriers du secteur chimique, les ouvriers blancs s’identifient comme des « travailleurs » ou des « classes moyennes ». Ils ont tendance à voir leurs voisins blancs comme eux en termes de classe, que ces voisins soient ou non des ouvriers salariés. Ils voient les ouvriers noirs qui ont les mêmes emplois qu’eux – des travailleurs qui sont, plus que les voisins blancs, plus nombreux à partager une appartenance à l’AFL-CIO avec les ouvriers du secteur chimique – comme différents en termes de classe, comme des «fainéants» et des « intrus ». Plus frappante encore est la récente étude de Katherine Newman sur le déclin industriel, qui se base sur des entretiens avec d’anciens ouvriers blancs dont l’usine a fermé à Elizabeth, dans le New Jersey. Nombre de ces ouvriers analysent cette austère expérience de classe en disant que leur employeur fut forcé de partir car il était impossible de faire des profits tout en employant des noirs et des hispaniques. Un mouvement espérant déborder David Duke simplement en popularisant un type de plans contre le chômage et pour le système de santé qui bénéficierait aux blancs les plus durement touchés, qui forment une large part de sa circonscription, pour attaquer de front le problème que beaucoup des pauvres blancs accusent l’État Providence de bénéficier à « ces gens là » serait illusoire. En tant qu’étude influente citée par le Edsalls elle a, pour un secteur clé de l’électorat blanc, « redéfini virtuellement tous les symboles et thèmes progressistes en termes raciaux et péjoratifs ». Dans une telle situation, on peut aisément arguer qu’attaquer le racisme est une condition préalable à des réformes se basant sur la classe tout comme les réformes se basant sur la classe sont une précondition pour attaquer le racisme.

Il y a environ un demi-siècle, C.L.R. James critiquait la stratégie de la gauche traditionnelle concernant la race et la classe en écrivant que «  le slogan  »Noirs et Blancs, unissez-vous dans votre lutte » est irrécusable en principe … Mais il est souvent trompeur et parfois même offensant face à la réalité multiple, tumultueuse et souvent meurtrière de la réalité des rapports raciaux aux États-Unis ». Nombre de ceux souhaitant défendre aujourd’hui une emphase unique sur les griefs économiques communs devraient récuser des termes comme « luttes », lorsqu’ils mentionnent la race dans leurs slogans et devraient même carrément récuser ce terme de leurs slogans. Mais nous devrions tout de même partager le malaise de James avec toutes les stratégies politiques qui supposent que les griefs de classe aux États-Unis ne peuvent être combattus sans porter une attention complète à la race.

Le théoricien britannique Terry Eagelton a jugé que le genre et la nation, tout comme la classe, sont des identités socialement construites basées sur l’aliénation qui « annule les particularité de la vie individuelle dans un collectif anonyme ». Mais il a refusé de suivre « certaines des théories poststructuralistes contemporaines » en concluant que nous devrions par conséquent supposer que l’on peut « faire le tour » de ces identités plutôt que de « couper à travers elles ». Il argua que « puisque la vérité demeure que les femmes sont opprimées en tant que femmes – de telles catégories, bien que pouvant être ontologiquement vides, continuent à exercer une force implacable » – nous devons lutter pour le (et parler du) genre. Nous devons poursuivre une stratégie politique « prônant l’anéantissement des catégories les plus métaphysiques ». Je suggérerais, quant à moi, que la race est une autre de ces catégories « ontologiquement vide » et « métaphysique » à laquelle nous devons nous confronter pour l’abolir. Beaucoup de gauchistes ou de libéraux admettraient peut-être la vérité qui réside dans cette critique de l’économisme, mais continueraient cependant à arguer que, que cela vous plaise ou non, des politiques « spécifiquement raciales » ont été en pratique complètement discréditées par leur inapplicabilité. En faisant un sérieux effort pour localiser « l’aile gauche des possibles », ils pointent les réalités démographiques et les schémas du vote des blancs et mettent ainsi l’accent sur les dangers d’une « démarche solitaire » des minorités qui s’organiseraient autour de griefs spécifiques. En effet les Edsalls et d’autres écrivains récents qui soutiennent des stratégies économiques ne le font pas par rejet de l’importance de la suprématie blanche mais – comme le meilleur exemple récent de telles stratégies, Bayard Rustin – sans prendre en compte l’influence néfaste du racisme. Lors d’un important débat public – durant les récentes élections sénatoriales – avec le politicien démocrate de Caroline du Nord Harvey Grant, une victime de l’offensive contre la race de Jesse Helm, l’historien populiste Lawrence Goodwyn défendit les réformes économiques comme la seule stratégie démocrate viable car il ne voyait aucun autre moyen de se sortir du racisme de l’électorat américain.

En s’opposant à un tel économisme nous devons être assez humbles pour admettre qu’il a triomphé comme stratégie contre la réaction car les alternatives existant contre cette-dernière se sont montrées bien moins attrayantes. Un libéralisme se basant sur la poursuite d’une discrimination positive incomplète ne s’est pas montré plus attractif qu’un libéralisme basé sur des créations d’emplois ou un système de santé d’emplois incomplets. Les tentatives de combiner et de transcender ces deux approches au sein d’une coalition arc-en-ciel (Rainbow Coalition) se sont largement montrées paralysantes. Les initiatives pour unir les ouvriers autour de revendications économiques révolutionnaires, plutôt que réformistes, ont eu une audience bien moindre que les appels de David Duke. En tentant de stopper un Duke, ou un Georges Bush, les opposants à la réaction se mettent à graviter autour de réformes économiques presque par défaut. Soutenir le pâle populisme d’Eddie Edwards en Louisiane ou Bill Clinton au niveau national n’est pas tant la « politique du moins pire » que le dernier recours existant.

Mais aussi compréhensible que soit ce « dernier recours », il n’en reste pas moins une impasse. Cette stratégie échoue généralement, même selon ses propres termes, en n’empêchant pas les Helms, Bush et Reagan d’accéder à la victoire (elle n’arrive même pas à empêcher Duke de gagner une majorité des « votes des blancs »). Plus sérieusement, la prudence et la peur de discussions ouvertes sur la race, alimentées par une attention constante aux « possibilités » électorales immédiates nous aveuglent quant aux vraies tensions au sein de la suprématie blanche. Cela nous laisse dans l’incapacité d’évaluer la façon dont un vrai questionnement sur la blancheur dans la culture américaine ouvre l’opportunité de mobiliser les gens dans une opposition bien plus effective à la fois aux oppressions de race et de classe. Tirer avantage de telles possibilités requiert non seulement que nous continuions à parler de la race, mais également que nous nous intéressions à un aspect généralement négligé lorsque l’on s’intéresse à la race aux États-Unis, la question de savoir pourquoi les gens pensent qu’ils sont blancs et si oui ou non ils devraient arrêter de penser cela.

Vers un dépérissement de la blancheur

Lorsque les habitants des États-Unis parlent de la race, ils parlent, généralement, uniquement des Afro-Américains, des Amérindiens, des hispano-américains et des Asiatiques-Américains. Lorsque les blancs entrent dans le débat, c’est uniquement car ils se « comportent » d’une certaine manière envers les non-blancs. On suppose généralement que les blancs « n’ont pas de race », bien qu’ils puissent être racistes. Les propositions les plus critiques des récents travaux universitaires sur la construction sociale de la race sont survenus précisément parce que les écrivains ont voulu s’attaquer à l’idée qu’il suffirait d’expliquer pourquoi les gens sont considérés comme des Noirs, des Asiatiques, des Amérindiens ou des Hispaniques et non pas à ce que Theodore Allen a magistralement nommé « l’invention de la race blanche ». Coco Fusco résume cette importante idée et sa portée politique en écrivant que : « les identités raciales ne concernent pas seulement les Noirs, les Latinos, les Asiatiques, les Amérindiens, etc. … ; elles sont également blanches. Ignorer l’ethnicité blanche revient à donner encore plus de puissance à son hégémonie en naturalisant celle-ci. ».

Afin de contribuer de la manière la plus complète possible à l’émergence d’une nouvelle société, les militants qui s’appuient sur les idées voyant la race comme une construction sociale doivent focaliser leur énergie politique à exposer, démystifier et défaire l’idéologie bien particulière de la blancheur, plutôt que de parler de la race en général. En défendant cette position, trois points majeurs méritent que l’on s’arrête dessus. Le premier est que, bien que ni la blancheur ni la négritude (Blackness) ne soient des catégories raciales scientifiques (ou naturelles), la première est infiniment plus fausse que la seconde, et c’est justement cette fausseté qui la rend si dangereuse. Le deuxième point est qu’en considérant que la blancheur et la négritude sont « la même chose » nous sapons ce qui est devenu, via la notion de « racisme inversé » (reverse racism), un instrument majeur renforçant le refus populaire chez les blancs de s’attaquer à la fois au racisme et à eux-mêmes. Le dernier point est que la blancheur est désormais une forme particulièrement cassante et fragile de l’identité sociale et qu’elle peut être combattue.

L’analyse moderne la plus pénétrante sur la blancheur est de loin un essai de seulement deux pages publié dans un magazine de société (lifestyle magazine). Écrivant dans Essence en 1984, James Baldwin réfléchissait sur le fait d’ « Être  »blanc » et autres mensonges » (On Being  »White » and Other Lies) et mit immédiatement le doigt sur ce qui fait de la blancheur une catégorie à part en tant que phénomène social américain. « La crise du leadership dans la communauté blanche est assez remarquable – et terrifiante – » écrivit Baldwin dès le début de son texte, « car il n’y a, en fait, aucune communauté blanche ». Il ne s’agit pas simplement de dire que la blancheur est oppressive et illusoire ; mais qu’elle n’est rien d’autre que cela. Nous parlons de la culture et de la communauté Afro-Américaines, et c’est très bien comme cela. En effet, la construction de divers groupes ethniques africains au sein du peuple Afro-Américain, si lucidement décrite par Sterling Stuckey, est l’authentique histoire d’un melting pot américain. Dans son attaque passionnée du concept de race Afro-Américaine et de race blanche, Barbara Fields caractérise les Afro-Américains de « nation ». C’est précisément ce que les blancs ne sont pas. Il y a bien une culture américaine, mais elle est assez « mulâtre » (Mulatto), pour reprendre la fine description qu’en fait Albert Murray. S’il y a une culture sudiste elle est encore plus métissée que la culture américaine. Il y a des chansons irlando-américaine, des quartiers italien-américains, des traditions slaves-américaines, des villages allemands-américains, etc. … Mais de telles cultures ethniques sont toujours menacées d’être englouties par le mensonge de la blancheur. La blancheur désigne, de Little Big Horn jusqu’à Simi Valley, non pas une culture mais précisément une absence de culture. C’est une attente assez vide, et donc terrifiante, que celle de bâtir une identité à partir de ce que quelqu’un n’est pas et de se demander comment freiner cela.

Quasiment aucune initiative de gauche n’a interpellé les ouvriers blancs afin de critiquer, et encore moins d’abandonner, leur blancheur. Le commentaire magnifique de Baldwin dans le film The Price of the Ticket selon lequel « tant que vous pensez que vous êtes blancs, il n’y a aucun salut pour vous », semble plus poétique que politique pour les radicaux qui ont trop longtemps confiné leurs luttes à encourager les blancs à s’unir aux noirs et qui ont trouvé qu’il était difficile de désarmer le racisme, et encore plus de penser à abolir la blancheur. Pourtant une politique hautement poétique est exactement ce qui est requis dans une situation où les ouvriers qui s’identifient comme blancs sont tenus de battre en retraite face à une réelle unité de classe et un antiracisme conséquent. Dans un essai fascinant de 1974, soulignant les conditions requises à l’émergence d’une unité des luttes des travailleurs, le grand théoricien vivant à Londres A.Sivanandan s’opposa aux formulations habituelles des rapports entre race et classe, écrivant que « en recouvrant son sens de l’oppression, à la fois de l’aliénation technologique et d’une culture blanche, la classe ouvrière blanche arrive à une certaine conscience de l’oppression raciale ». Sur ce point, le rejet de l’oppression raciale par les ouvriers blancs ne doit pas uniquement émaner de la participation commune à la lutte des classes, ou même à la lutte antiraciste, aux côtés des noirs, mais également d’une critique de la culture vide de la blancheur elle-même. Rejeter la blancheur fait ainsi partie d’un processus qui permet à la fois de renforcer la lutte contre le racisme et de recouvrir un vrai « sens de l’oppression » au sein des ouvriers blancs.

Tant qu’elle n’implique par une critique de la blancheur, la remise en cause du racisme se montre généralement superficielle et limitée. En effet, à ce point de jonction horrifiant dans les rapports de race, la plupart des blancs se décrivent eux-mêmes comme « non-racistes ». Même la suprématie blanche de David Duke, qui se traduit par la National Association for the Advancement of White People, permet à leurs soutiens de sentir que, comme l’un d’eux le déclarait à USA Today, ils ne font que la « même chose » que les Noirs dans la NAACP. Même certains membres assumés du Klan se décrivent désormais comme « non-racistes ». À St Louis, de jeunes blancs appellent les noirs « nègres » en partant du postulat « non raciste » qu’ils décrivent des attitudes et non pas de la génétique. « Les noirs sont gentils et polis », disent-ils, « mais les nègres sont de la vermine ». Il est facile de voir de tels raisonnement comme de la pure hypocrisie, notamment venant de la bouche de David Duke, mais nous devrions également affronter le fait que de nombreux blancs se sentent totalement étrangers à ceux que l’on nomme « intolérants » ou « racistes ». Pour la plupart des étudiants blancs ces termes impliquent le fait d’être « extrémistes », « violents » ou « en dessous de la moyenne ». La plupart de ces étudiants sont persuadés de ne pas être concernés par ces termes.

L’expression destructrice de « racisme inversé » grandit de plus en plus avec l’assurance qu’ont les blancs d’avoir dépassé la race. Ils sont persuadés de voir le monde à partir du seul mérite, alors que les multiculturalistes, les défenseurs de la discrimination positive, les pécheurs amérindiens, les nationalistes noirs et les leaders libéraux « ramènent la race dans le débat ». Une analyse qui se contente simplement de démystifier les conceptions de la race, sans se concentrer sur la critique de la blancheur, court le risque de renforcer ces notions très répandues.

Toute la lutte contre le concept de « racisme inversé » est en fait terriblement difficile lorsque nous échouons à questionner réellement la blancheur et qu’au lieu de cela nous restons sur le terrain politique habituel. Les conservateurs, comme le disait bizarrement Martin Luther King, occultant le fait qu’il était lui-même un défenseur de la discrimination positive, croient réellement en des normes sans race se basant ainsi sur un « contenu individuel ». Nous tentons donc d’argumenter à partir d’exemples historiques pour un auditoire qui n’est pas forcément disposé à voir sur le long terme. Nous pensons que le racisme implique le pouvoir systématique de dominer et que puisque les personnes de couleur n’ont pas un tel pouvoir, le racisme inversé n’est pas un concept pertinent. Pourtant, cet argument tout à fait valable tombe souvent dans les oreilles d’un sourd puisque les premiers à croire en l’idée d’un « racisme inversé » sont généralement les blancs persuadés d’être eux même sans pouvoir. Souvent, désespérés, nous commençons notre dernière phrase par « Mais vous refusez de voir que … ».

Mais ceux qui se sentent victimes du « racisme inversé » voient bien, eux. Ils voient bien, avec juste la bonne dose d’aveuglement, que le fait qu’ils soient blancs (mais non racistes) et qu’ils aient des privilèges de blancs, leur demande d’ouvrir les yeux. Lors du procès de la Simi Valley, ils virent Rodney King se faire rouer de coups, mais comme l’a montré un juré, d’une façon ou d’une autre King semblait tout de même « contrôler » la situation et menacer les policiers blancs. Lorsque Bill Clinton fit référence à sa blancheur, lors de sa comparution devant la coalition arc-en-ciel afin de s’en prendre à la rappeuse Sister Souljah, il espérait faire appel à des vues partagées par de nombreux blancs. Ou peut-être que ce n’était là que sa façon de voir. Il s’en prit au commentaire de Sister Souljah selon qui il est banal que de jeunes noirs de South Central à Los Angeles qui s’attaquent et se tuent mutuellement, puissent envisager de faire la même chose aux blancs pendant une semaine. En lui-même, le commentaire de Souljah n’est rien d’autre qu’un exercice introductif à la sociologie, mais le son de cloche de Clinton semblait comparer Souljah à David Duke. Sa demande que les auditeurs imaginent une situation qui serait inversée et que Duke fasse le même commentaire que Souljah était d’une certaine manière totalement absurde. Qu’est ce qui serait « inversé » dans cette situation? Duke irait-il à Simi Valley ou à Beverly Hills en disant qu’il est banal que des blancs qui s’attaquent entre eux toute l’année veuillent attaquer des noirs pendant une semaine ? La situation ne peut tout simplement pas être inversée. La police n’isole pas les blancs pour les harceler racialement et les brutaliser. On ne tue pas des centaines de jeunes blancs dans des guerres contre la drogue ou des guerres de gangs. Seuls les blancs peuvent prendre le commentaire de Clinton au sérieux. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils font.

Mais l’incident de Sister Souljah doit également nous alerter sur le fait que nous ne devons pas capituler devant la blancheur. La coalition arc-en-ciel, devant laquelle a parlé Clinton, arrive à mobiliser des dizaines de milliers de blancs non seulement autour de politiques sociales démocratiques mais également autour de l’idée que la lutte contre le Reaganisme devrait inclure des personnes de couleur en tant que constituante centrale et comme leaders. Le succès le plus spectaculaire de la coalition arc-en-ciel dans la mobilisation de jeunes ouvriers blancs vers l’idée que le style de lutte du mouvement de libération noir était bien plus en phase avec leurs conditions sociales que n’importe quelle politique blanche – la mobilisation d’ouvriers automobiles du Midwest dans des rassemblements impressionnants en 1988 – ne s’est pas, il est vrai, toujours traduit en votes. La désorganisation de cette coalition, son manque de démocratie et sa timidité politique combinés au pouvoir continu de la mentalité raciale chez les blancs ont limité l’étendue jusqu’à laquelle les ouvriers blancs acceptent les non-blancs politiquement, mais la possibilité qu’ils puissent faire cela dans une organisation se mobilisant à la fois sur les questions de classe et de race, était clairement présente.

Nous pourrions penser que beaucoup de blancs aiment des artistes hip-hop comme Sister Souljah bien plus qu’ils n’apprécient Bill Clinton. L’énorme popularité de la musique et du style hip-hop dans la jeunesse blanche a souvent été décrite comme une fascination pour la violence et le sexisme au sein des jeunes hommes blancs de banlieue ; pourtant il semble que cela aille bien plus loin. La variété des messages des rappeurs attirent des hommes et des femmes des classes moyennes et ouvrières blanches, du collège à l’âge adulte. Contrairement au rock, qui amena les blancs à la musique Afro-Américaine mais qui dilua rapidement les influences noires de ce style musical, les blancs s’approprient le hip-hop sans pour autant vouloir le changer. En cela, le parallèle est plus proche de l’attrait de la classe ouvrière blanche pour la musique soul des années 1960 et 1970 (et c’est toujours le cas, voir notamment le film The Commitments) et peut-être pour le reggae également. Le hip-hop offre aux jeunes blancs non seulement la spontanéité, l’expérimentation, l’humour, le danger, la sexualité, les mouvements physiques et la rébellion, qui sont absents de ce que l’on considère comme la culture blanche, mais le hip-hop offre également une critique explicite et sévère de la blancheur.

Il serait bien évidemment ridicule de clamer que chaque fan de hip-hop blanc puisse trouver le chemin de sortie de la blancheur, sans parler du racisme. Il n’y a pas de solution miracle au racisme en Amérique et il est important de pointer les limites, comme les possibilités. Le « guido » de la sous-culture dans le New York Italo-américain, très bien décrit dans les récents écrits de Donald Tricarico, est un exemple ambigu de ces possibilités et de ces limites. Les Guidos ont pour la plupart adopté les codes du hip-hop et affirmé une identité italo-américaine distincte contre les « prétendants » blancs américains. Ils parlent d’eux même comme étant des Guinéens tournant les insultes anti-italiens, anti-noirs comme autant de signes honorifiques. Mais la rupture avec le racisme est loin d’être complète. Comme le souligne Tricario, en de nombreux points, les Guidos, « résistent à l’identification avec les jeunes noirs » et « mordent la main-même qui a nourri leur style ».

Historiquement, l’utilisation d’une image (souvent distordue) d’un mode de vie Afro-Américain afin d’exprimer une critique de la « culture blanche », ou le désir d’un mode de vie différent, n’a jamais réellement été un antidote au racisme. Ce vaudeville reflète de tels désirs sous le masque noir (blackface) tout en continuant à mépriser les Afro-Américains dans une parfaite illustration de la sage observation de Herman Melville que «  … l’envie et l’empathie, deux passions irréconciliables en théorie, se rejoignent néanmoins pour ne former plus qu’une ». En un sens, plus ce désir est fort, plus la réaffirmation de la blancheur et de la suprématie est forte. L’usage de la culture Afro-américaine pour critiquer la blancheur, comme le montre Norman Mailer, de manière largement involontaire, dans « The White Negro », n’est jamais sans superficialité, superstition et paternalisme. La perte de la blancheur peut avoir la même beauté que dans le film de John Waters Hairspray ou la même faiblesse et arrogance que dans Soul Man. Et ces deux extrêmes n’apparaissent pas qu’entre, mais aussi au sein, des individus blancs. Finalement, en un certain sens, les blancs ne peuvent pas totalement renoncer à leur blancheur, même s’ils le souhaitent. L’héroïne italo-américaine du film de Spike Lee Jungle Fever est un exemple de traitre à sa race ; pourtant lorsque la police arrive, elle reste blanche.

Mais même en prenant en compte tous ces problèmes, on ne peut pas ignorer les implications politiques du questionnement de masse de la blancheur comme une mode ainsi qu’une possibilité aux États-Unis. Dans diverses situations, y compris la campagne de Duke, les blancs avouent leur confusion quant à savoir si cela vaut vraiment la peine d’être blanc. Nous devons affirmer que cela n’en vaut pas la peine et que nombre d’entre nous ne souhaitent pas être blancs. Des initiatives contre un Duke ou un Bush ne devraient pas seulement être orientées vers une classe ou vers l’antiracisme, mais devraient en un sens être explicitement anti-blancs, avec une attention particulière sur la mise en lumière de la manière dont la blancheur installe une sorte d’apathie chez les blancs dans les politiques et la misère de la vie quotidienne. Lorsqu’un Clinton favorise la blancheur, nous ne devrions pas le laisser s’en tirer à si bon compte, pour la simple raison que ses commentaires sont racistes. Notre opposition devrait se focaliser sur le contraste entre la banqueroute des politiques blanches et les possibilités de non-blancheur. Nous devrions pointer non seulement que les blancs et les personnes de couleurs ont souvent des intérêts communs mais que les personnes de couleur agissent en faveur de ces intérêts bien plus conséquemment – dans la politique, au travail, et de manière très forte dans les luttes communautaires – précisément parce qu’ils ne sont pas embourbés dans la blancheur. Nous devrions transformer le « racisme inversé » d’un juron en une injonction (renversez le racisme!), faire campagne pour la discrimination positive sur la base à la fois de lutte pour la justice et du combat contre les privilèges qui reproduisent tragiquement la blancheur. Les coalitions pour des réformes économiques doivent être considérées non seulement comme des relais pour des mobilisations de classe et pour désarmer le racisme, mais également comme des lieux où les blancs apprennent que les non-blancs font généralement plus de connections entre la classe et la communauté que les blancs et tiennent donc une place centrale dans les mouvements insurgés. Si même MTV réalise qu’il existe une audience de masse pour la critique de la blancheur, nous ne pouvons pas ne pas nous rallier à, et ne pas apprendre d’un engagement constitutif à son abolition.

David Roediger

Notes

[1]David ROEDIGER, Accounting for the Wages of Whiteness. U.S. Marxism and the Critical History of Race » In : Wulf D. HUND, Jeremy KRIKLER et David ROEDIGER (dir.), Wages of Whiteness & Racist Symbolic Capital, Lit Verlag, 2011.

[2]On peut cependant noter : Elizabeth ESCH et David Roediger, « Pour déracialiser il faut penser la race », Période, http://revueperiode.net/pour-deracialiser-il-faut-penser-la-race-et-la-classe/ , Juin 2014. Ainsi que : David Roediger, « L’éclipse de la race et de la classe » In : Félix BOGGIO ÉWANJÉE-ÉPÉE et Stella MAGLIANI-BELKACEM (dir.), Race et capitalisme, Syllepse, 2012.

[3]Sadri KHIARI, « Les mystère de « l’articulation » races-classes », Parti des Indigènes de la République, http://indigenes-republique.fr/les-mysteres-de-l-articulation-races-classes/ , Juin 2011.

Voir de plus:

Joanne Chesimard, première femme sur la liste des «terroristes les plus recherchés» du FBI

Soupçonnée d’être cachée à Cuba, la sexagénaire condamnée pour avoir tué un policier est aussi la marraine de feu le rappeur Tupac Shakur.

Le FBI a annoncé ce jeudi 2 mai avoir ajouté Joanne Chesimard à sa liste des «terroristes les plus recherchés», avec une récompense de 2 millions de dollars offerte pour sa capture.

Joanne Chesimard a l’honneur douteux d’être la première femme sur la liste, qui existe depuis 2001 et sur laquelle ont figuré les noms tristement célèbres de Khalid Sheikh Mohammed, Oussama ben Laden, Ayman al-Zawahiri, et Adam Gadahn.

Joanne Chesimard, qui était membre d’un groupe appelé la Black Liberation Army (l’Armée de libération noire), a été ajoutée à la liste quarante ans jour pour jour après la date où elle est accusée d’avoir tiré sur un policier d’Etat, et de l’avoir tué, sur une autoroute du New Jersey.

«Joanne Chesimard est une terroriste intérieure qui a tué un agent des forces de l’ordre en l’exécutant», a dit l’agent spécial Aaron Ford dans un communiqué de presse.

«Aujourd’hui, date de l’anniversaire de la mort de Werner Foerster, nous voulons que le public sache que nous ne nous arrêterons pas jusqu’à ce que cette fugitive soit devant la justice.»

Joanne Chesimard, qui a désormais la soixantaine et est également connue sous le nom d’Assata Shakur –elle est aussi la marraine de feu Tupac Shakur–, a fini par être arrêtée et condamnée pour le meurtre de Werner Foerster. Elle est aussi devenue plus ou moins célèbre à cause des doutes sur sa culpabilité –elle nie avoir tué le policier– et des rumeurs selon lesquelles elle aurait été maltraitée en prison (elle est toujours relativement célèbre. En 2000, le rappeur Common a sorti une chanson sur elle, appelée A song for Assata, ce qui a mis le commentateur conservateur Bill O’Reilly très en colère).

En 1979, Joanne Chesimard s’est échappée de prison. Les autorités pensent qu’elle est depuis 1984 cachée à Cuba, qui a pour habitude de donner asile aux fugitifs américains qui épousent des dogmes quasi-révolutionnaires.

En 2005, elle a été designée «terroriste intérieure» par le FBI. Cette appellation aussi vague que flexible lui a probablement été appliquée parce que ses crimes étaient fondés sur une idéologie anti-gouvernement. A l’époque, une récompense d’un million de dollars avait été offerte pour sa capture. Une récompense qui a donc doublé.

Mais à quoi bon? Si Joanne Chesimard est bien à Cuba, elle est hors d’atteinte du FBI. Le gouvernement cubain ne va pas la laisser tomber. Par ailleurs, si le FBI était réellement intéressé par le fait d’alerter le public et de lui demander de guetter Joanne Chesimard, l’agence aurait probablement rendu très clair le fait qu’elle se fait désormais appeler Assata Shakur. A la place, le FBI l’appelle «Joanne Chesimard» dans tout son communiqué de presse, et note seulement à la fin que ce n’est plus son nom d’usage.

Ce communiqué montre en fait que les listes des criminels les plus recherchés du FBI servent autant aux relations publiques qu’à attraper des criminels. Elles sont des rappels symboliques que certains crimes sont trop horribles pour être oubliés, peu importe la date à laquelle ils ont été commis.

Les agents des forces de l’ordre n’aiment particulièrement pas qu’on oublie les gens qui ont été condamnés pour meurtre de policier, puis se sont échappés de prison, et sur qui on a écrit des chansons. Comme la branche du FBI de Newark l’a dit dans un autre communiqué:

«La justice n’a pas de date d’expiration, et notre détermination à capturer Joanne Chesimard ne diminue pas avec le temps qui passe. Au contraire, elle augmente encore plus quand on sait que cette tueuse continue à vivre libre.»

Je doute fort que le FBI s’attende à ce qu’ajouter Joanne Chesimard à sa liste des terroristes les plus recherchés l’aide à l’attraper. C’est probablement un geste symbolique, quelque chose qui fera plaisir à la police d’Etat du New Jersey, rassurera la famille de Werner Foerster, et dira au monde que si vous êtes condamné pour le meurtre d’un policier, le FBI ne vous lâchera pas jusqu’à ce que vous soyez au tribunal. D’une manière ou d’une autre.

Justin Peters

Traduit par Cécile Dehesdin

Voir encore:

 pop music

American music has always been a great and complex exchange. But who, exactly, gets to borrow from whom, and under what conditions, has become increasingly controversial. Paul Simon’s Graceland album — about to celebrate its 30th anniversary — was criticized at the time of its release for Simon’s use of “African” musical elements. Now? It’s almost impossible to imagine a white musician even attempting a similar experiment. The cultural stakes are too fraught, a point underscored by Grey’s Anatomy actor and activist Jesse Williams during a speech at the BET Awards in June in which he criticized white “gentrification” of black culture. What sounds to one listener like homage can sound to another like theft or, more politely, appropriation. And with the white-rapper likes of Macklemore and Iggy Azalea earning Best Rap Album Grammy nominations (as well as millions of dollars) — that can be hard to swallow for those who see hip-hop as a black form.

The appropriation issue, recently renewed and given a new energy by the passionate rhetoric of Black Lives Matter, has been around since at least the early 20th century. But are we just talking in circles? Is there a way forward? Here, New York pop-music critic Craig Jenkins and Vulture music columnist Frank Guan wrestle with the subject.

What is gained and what is lost by an increased sensitivity to cultural appropriation? What does acceptable cultural borrowing look like? Is it possible? Or even particularly desirable?

Craig Jenkins: I’m glad to have Gracelandto point to, because for me it’s an example of cultural exchange that — for all the complaints about the exploitative implications of a then-floundering white American folk musician sneaking off to South Africa and coming back with mountains of cash and the Grammy for Album of the Year — effected a net good. Sure, Simon broke boycotts intended to pressure the apartheid ruling power, but Graceland also put a human face on the struggle and introduced millions of Americans to the rich music of Africa. He helped make Ladysmith Black Mambazo international stars in the process.

If you’re an artist dabbling in a culture you weren’t born into, you should make yourself a conduit of the people’s art and journey. Simon’s Graceland move is leagues more mindful than the similarly culturally voracious move of someone like Iggy Azalea, for instance, who it’s clear is reveling in the language and mannerisms of hip-hop without expressing much concern for the history of the culture, the plight of the people in the cities that fuel it, or her own curious place in it. When she walks off with a string of chart-toppers — while remaining unapologetic in the face of conversations about how her path has been made easier by being an attractive white woman in the entertainment business — it feels like she’s made off with them at black art’s expense.

In response to Williams’s speech, Justin Timberlake made a gaffe on Twitter for which he was roasted online and for which he was compelled to apologize. This attests to a third kind of cultural borrowing in pop music that’s quickly coming under fire as politically savvy people are finding a voice on Twitter. Timberlake is a white artist who gives all appearances of being “down” with black culture, who benefits from a light coat of black inner-city flavor, but, as a former child star, reverts to media-coached, America’s-sweetheart mode when controversy arises. I think about Justin Bieber turning very publicly to Jesus when his hip-hop-inflected bad-boy persona started drawing court cases. I wonder how we would’ve weathered Gwen Stefani’s and Fergie’s squeaky-clean early-aughts hip-hop incarnations in this climate. Or Madonna’s “La Isla Bonita” video. I think I know acceptable cultural exchange when I see it, and it looks like collaboration, not costume, like advocacy, not avoidance. But I wonder if these nuances matter anymore.

Frank Guan: It seems to me that the question of what constitutes “permissible” borrowing of black-American music is something that black Americans decide among themselves through a continuous process of informal dialogue. If their music is rooted in their social position and represents a mode of political resistance, then it’s not just chords or rhythms or postures that are at stake for black Americans when their culture is (sometimes beautifully, but most times ineptly) replicated by the white majority for its own benefit: Their spiritual identities are on the line in a way that white Americans’ would not be if a black musician adopted, say, a Burt Bacharach tune for his or her own purposes. To my mind, great art fails to embody a better world, but it carries the promise of such a world and encourages its audience to be worthy of it. Mediocre art, on the other hand, reiterates the world as it already is: Lacking transformative energy, it can only reflect the stinginess and squeamishness of its society of origin.

In the end, I suspect that the more profoundly one is influenced by an artist from a different culture, the more one recognizes the foreign artist as someone intelligent enough to understand the consequences of choices of technique and feeling, and as someone mature enough to accept those consequences. It’s hard to do all that without accepting the other artist as, at the very least, a fellow human being. And it’s very hard to imagine anyone who could seriously resent the existence of albums like Graceland or the Talking Heads’ Afro-beat-indebted Remain in Light (or of individual songs like Bowie’s James Brown–influenced “Fame” or Kurt Cobain’s version of “Where Did You Sleep Last Night,” a traditional Appalachian song made famous by Lead Belly) simply because the artists are white while their musical influences are black. Quality matters in itself, but in these cases the excellence of the music testifies to the depth of the artists’ engagement with, and acceptance of, black humanity. Likewise, regarding the more recent artists that Craig cites, it’s difficult not to suspect that the lack of quality reflects a carelessness and obliviousness regarding black people so typical in society that its aesthetic reiteration, however profitable, is ultimately pointless.

Perhaps a more interesting question has to do with why, in the 30 years between now and Graceland, the number of instances where white musicians combine the genius of black musical culture with their own seems to have diminished. Is it just the ascendance of hip-hop, or is there something more at work?

Jenkins: I don’t think musicians are ever going to stop dabbling and borrowing, especially where there’s money to be made. Look at all the country guys talk-singing over programmed drums in the last three years. What is going to happen — is happening already — is that artists who employ aspects of, let’s say, hip-hop, without having to don the social and political stigmas that come with blackness, are going to have to do more reading about and listening to and speaking out for the culture that inspires them. The relationship needs to be reciprocal, and for many stars who’ve gotten very rich through some measure of cultural siphoning, it isn’t. And people are tired of that. And they have a means of carrying their displeasure directly to the offending parties and drumming up bad press without much effort. You used to have to mail off a letter when you were mad at a musician. Now a simple tweet will suffice.

There are nuances to being an ally, too. Many rap fans found Macklemore’s advocacy for black and gay rights a touch disingenuous, particularly after he made a big show of regretting having won Grammys he thought would go to Kendrick Lamar. He came off as too considerate to be believed, and that was just as upsetting for people as “Thrift Shop” burning up charts and racking up Grammys. For all his faults, Eminem in the first few years of his fame (before he became crabby and exasperating) is an example of a white rapper who approached the intersection of his race and fame smartly. He tapped Dr. Dre as his mentor, lent his stardom to lesser-known artists through his Shady Records label, and worked doggedly at his craft. If all of this seems like coincidence, consider his care in choosing sparring partners: Insane Clown Posse, Everlast, Fred Durst, Moby, *NSYNC — see a pattern?

It’s like a cookout. Come, laugh, and eat till you’re stuffed. And, especially if you’re thoughtful enough to bring something to the table and to show some respect, you’ll be fine.

Guan: Agreed: It’s not what you take so much as what you give back. It might be possible to interpret Jesse Williams’s speech, and other statements along those lines, as the assertion of some kind of total embargo on the importation of black culture by nonblack people, but I don’t think that’s really the issue. The issue concerns a very specific set of artists, occupying a superior social position to the artists and culture whose posturing and sounds they mimic, who leverage their status to garner fame and fortune — a fame and fortune they then deploy to obscure their lack of cultural intelligence and/or aesthetic value.

To take your cookout analogy and run with it, Craig, there’s a difference between, on the one hand, borrowing (hopefully with the appropriate level of tact and gratitude) someone else’s wine to add flavor to a dish of your own creation and, on the other hand, simply watering down that wine and then selling it to your well-off friends at a markup. I can’t be mad at the RZA and the rest of the Wu-Tang Clan for re-creating Asian martial-arts films in their own image, because they’re clearly doing something new and excellent; moreover, as far as I can tell, they’ve always been forthright about what they owe to Chinese culture. Or take the instrumental to A$AP Rocky’s “Peso,” which sounds like alternate background music for Chun-Li’s stage in the Street Fighter video game. It sounds heavenly, and that’s enough; it doesn’t matter that “Peso” helped pave the way for Rocky to be rich and famous. Who knows, it might not even matter that the four Englishmen in Led Zeppelin achieved enormous wealth and celebrity in part by copying the blues (and Celtic music, and Indian music, and funk, and reggae) so long as their music is superb. It’s arguable, at the very least, and there’s no way to win that argument decisively. But a demonstrably mediocre pilferer of other people’s music who, by capitalizing on easy access to a larger, wealthier, less-discerning core audience, converts their social superiority into bogus cultural achievement? In such a case I think we can firmly conclude that, speaking morally or aesthetically, we could stand to hear a lot less.

The question of who gets to speak about what (and how) only seems to get harder to answer and more tortured. The recent online arguments over who should be allowed to pass judgment on Beyoncé’s most recent album and who shouldn’t aren’t quite the same thing as the appropriation debate, but they’re touching on similar issues. How has the conversation about appropriation affected the way we talk about, and understand, artists?

Jenkins: Appropriation, underrepresentation, and disenfranchisement are all different parts of the same beast, and when people tire of fighting against the one, the patience to weather the others evaporates. The hand-wringing about who should write about the Beyoncé album, for instance — I caught flak for writing about it here, myself — was about black women in media feeling like there isn’t enough space for them in arts journalism. When you juxtapose these writers’ sentiments with black artists’ feeling constrained in their success by their race, it, to me, looks to be a different version of the same thing.

Another recent, poignant example: Kanye West taking umbrage at the reviews of The Life of Pablo in February. The album got rave reviews, but after earning a rare 9.0 (out of 10) from Pitchfork, West went off on Twitter, saying, “Pitchfork, the album is a 30 out of 10,” which a lot of people understandably took for another bit of textbook Kanye haughtiness. But his follow-up tweet was more pointed: “To Pitchfork, Rolling Stone, New York Times, and any other white publication. Please do not comment on black music anymore … I love love love white people but you don’t understand what it means to be the great grandson of ex slaves and make it this far.” The response from the majority of music blogs, which mystified me, was to run the remarks as another Kanye outburst and move along. This was a missed opportunity to unpack what it means for a prominent black artist to view outlets that cover his music as “white publications” covering a culture they weren’t born into. What he’s saying, albeit crassly, is that there are aspects of blackness that are not universally understood, and that this should be taken into consideration, however loosely, in the coverage of music. This isn’t a new sentiment: Prince used to send music publications scrambling because he would specifically request black journalists to do his interviews. (Never the easiest subject to cover, Prince also used to forbid journalists, of any race, to record the interviews they’d done with him.)

Now, cordoning off the coverage of music and the creation of music by race might solve one problem, but it creates others. It’s a bad idea, ultimately, because it doesn’t allow for the freest exchange of ideas. (I say this as a black Harlemite who, in the space of four days, followed up going to a Garth Brooks show with a Schoolboy Q concert.) We have to be respectful of and curious about our differences, and constantly and vigilantly look for ways to promote inclusiveness, and one day — maybe — the nagging feeling that the arts (and the thinking and writing about those arts: that is, their criticism) could stand to look a little more representative of the society they come from will start to fade away.

Guan: A critic who shares a social background with the artist they’re reviewing has an innate advantage over a critic who doesn’t. Criticism is a blend of formal analysis and empathy, and a social group defines itself in part by a higher capacity for empathy for those within it than without.

With that being said, cultural advantages aren’t necessarily decisive. Receptiveness to art is as much a personal matter, something to be tested and improved in solitude, as it is a matter of group solidarity. And, as much as I wish it weren’t the case, bad writing and slipshod thinking are the only things that are irrefutably capable of transcending all social and cultural boundaries.

In the end, the challenge for writers — and listeners — is the same: to be maximally receptive and convincing when presenting one’s perspective. When it comes to writing about black musicians, the obstacles are different for the white writer who’s socially empowered but culturally peripheral and for the black writer who’s socially peripheral but culturally at home. The former needs to develop literacy in black culture; the latter has to find a way to express specific cultural knowledge while also remaining accessible. Neither is an easy task.

Of course, it’s hard for any people who are socially dispossessed not to feel extra possessive when it comes to their cultural icons and their reception by a more socially dominant audience, particularly when there’s ample evidence of those same icons being celebrated (and dismissed) by the majority in an ignorant way. It’s kind of bleak right now: You have a tug-of-war between black cultural preeminence and white social dominance, and it’s hard to see how either side can give way.

*This article appears in the July 25, 2016 issue of New York Magazine.

Voir de même:

A Point of View: When does borrowing from other cultures become ‘appropriation’?

Adam Gopnik

  • BBC
  • 11 March 2016

A series of cases where Westerners (mainly white people) have been accused of stealing other people’s cultures, leads Adam Gopnik to wonder what wrong has been committed.

You may have heard of the current kerfuffle here in America about the sin of what is being called « cultural appropriation ». Some students at Bowdoin, a small liberal arts college in chilly Maine, were punished recently for wearing Mexican sombreros at a Mexican theme party. They had appropriated Mexican culture as a white person’s prerogative.

Then, at the Boston Museum of Fine Arts, the practice of trying on a kimono for a selfie in front of a Monet painting of a French woman wearing a kimono was declared verboten for Boston, so to speak. It was a form of cultural appropriation of what belongs to Japan, while a production of Gilbert and Sullivan’s « Mikado » was closed down for the same reason. It showed only a racist stereotype of Japan, as imperially imagined by Victorians. There have been more incidents, many at liberal arts colleges, involving Chinese food and the art form we wrongly call « belly dancing » and even the hugely popular practice of yoga. They belong to Others, and we cannot have them, or take them, for ourselves.

Now, I am not about to launch into a tirade against the « politically correct ». I am old enough to recall that political correctness actually began as a term of self-mockery used by the hyper-sensitive, ruefully, against themselves, lightly guying their own good efforts at eliminating the casual sadism of daily interactions. « I guess I’m just being a little politically correct here, but… » someone almost always a woman) would say in the 1980s, and then point out an instance of unconscious sexism somewhere in the room. And in truth, « politically correct » is almost always these days synonymous with « sensitively courteous ». We know this because when someone says « I am not going to be politically correct! », what he – and it is always a he – really means is, « I am not going to be sensitively courteous to anyone’s feelings except my own and that of my gang! » We have a demonstration of this principle every night on our screens over here these days, and it is a nightmare.

Nonetheless, I would be lying if I did not say that the practice we call PC has its absurd aspects. It is funny because it puts more weight on the words we use than the actions we take, always a mistake. My son’s dormitory at his liberal arts college has a live-in resident of deliberately indeterminate gender who wants to be referred to neither as « he » nor « she » – they are imprisoning patriarchal categories – nor as « it « (that would be an objectifying put-down) but as « they » and  » them ». This is at least convivial. When he – no, she – no, they – are there, it’s always a party.



There is something funny about this undue weight given to words, because we can’t be endlessly sensitive and attentive and courteous in every interaction we have in life. People who try end up seeming insipid and exasperating rather than entirely admirable. My own wife, Martha, for instance, who does try to be so in every exchange, is, though much loved, also famous for the length of time it takes her to extricate herself from a social occasion, having first to be certain that she has been nice to everyone. This leads her, perversely, to avoid many social occasions for fear of wearing herself out from attentiveness – the price of such niceness can be very high. Prolonged punctiliousness is exhausting to all, particularly to husbands – er, mates – er, partners – er, co-habitating life colleagues.

But the idea that cultures – recipes or poses or even hats – belong to one group rather than another is something worse than a moment in a comedy of manners – or, rather, it misses the way that a larger comedy of manners has always shaped what we mean by culture. Cultural mixing – the hybridisation of hats, if you like – is the rule of civilisation, not some new intrusion within our own. Healthy civilisations have always been mongrelised, cosmopolitan, hybrid, corrupted and expropriated and mixed. Healthy societies seek out that kind of corruption because they know it is the secret of pleasure. They count their health in the number of imported spices on their shelves.



One of my favourite stories of how healthy cultural hybrids happen involves Japan and the West, though not, in this case, the Mikado. You know those beautiful 19th Century Japanese prints, by Hiroshige or Hokusai or their friends, poetically depicting everyday events, or favourite places, all in charming comic book colour, with Mount Fuji often delicately if secretively included in every view (like a kind of sublime Where’s Wally). Those delicate black-edged figures and long almost cartoonish faces, those startling juxtapositions of foreground and distance, that informal and haiku-like lyricism – Japanese prints had, as everybody is taught in class, an enormous influence on French Impressionist art in the middle of the 19th Century. They were, exactly, an exotic appropriation.

Well, it turns out that they weren’t really exotic at all. They were the product of the Japanese infatuation with Western perspective drawing and graphics, which had only recently arrived in Japan on ships and boats as part of the Japanese opening to the West. The Japanese artists saw them, and saw expressive possibilities in them that the Western artists were too habituated to the system to notice. The Japanese appropriated Western perspective in ways that Westerners would never have imagined. Then the Japanese pictures got sent back to Europe, where they looked wonderfully exotic, and re-made the Western art they originally hailed from. It’s exactly the same process that happened in our own lifetime when Howlin’ Wolf and Big Bill Broonzy records sailed over to Liverpool and the suburbs of London and were heard by boys who barely understood their context but loved their attitude. Ten years later you got Mick Jagger and John Lennon. Innocent imitation is always the engine of cultural innovation.

Nor is it just that the borrowings can be beautiful. The things we borrow show us the things we are. Having passed through Chuck Berry, The Beatles and the Stones could better claim their own distinctive Englishness. In the same way, distinctly English food – all those real beers and farmhouse cheddars – has only gotten better because restaurants that served real Italian food helped showed how wonderful a coherent seasonal market-based cuisine could be. If we want to be ourselves, we have to travel – and nowadays, we do much of our travelling internally.

If all you know is your provincial culture, you don’t know enough to know if your culture is provincial or not. When it ceases to be, you’re not wise enough to recognise it. Appropriation is far more often empowering than oppressing. There’s no cheaper way to get the drop on a bad guy than to borrow his hymns and habits and make them your own. That’s what diaspora Jews have done throughout their history. It’s how German bred with Hebrew to become Yiddish and Yiddish became the great language of Jewish folk tale and protest.

So cultures cannot be corrupted enough, civilizations cannot be appropriated too often. Nor is this only seen in heroic acts of original innovation. It’s a nightly act of healthy practice. Last night, for instance, I made a Burmese curry, which combines Indian spices – cumin and turmeric – with the Chinese technique of stir-frying. The ingredients came from our local New York City Greenmarket – and I always mix butter in with the cooking oil, a habit picked up in Paris. The recipe also calls for yogurt, but my wife, of Icelandic extraction, prefers skyr, and it’s all put together by me, while I amuse no one but myself by doing my very bad international accents. So it’s actually a Jewish-Icelandic-Chinese-Indian-Burmese -French emigre-New York state stir-fry. All in one pot, and five minutes.

That’s the norm of cooking. That’s the norm of life. Blurring the boundaries of culture is what cooking does. When we do the same thing in ways that last longer than dinner, we call it art. Done often enough, it makes what we call civilisation.

So wear sombreros and kimonos and Mormon underwear beneath, if you so like. Eat Chinese food with Indian spices and French butter and celebrate the range of being human. We are mixed in nature, many in our very essence. We can’t help it. To be human is to be hybrid. It is as close to a rule of life as you can ever hope to find.

Voir enfin:

In defence of cultural appropriation

Our cultures show that we can select who we are and who we want to be – but can they also be misused?

Yo Zushi

Kim Jong-il may have been the Dear Leader but Elvis was the King. On a visit to North Korea, the English journalist Michael Breen found that few ordinary citizens of the Democratic People’s Republic had ever heard of Presley (or even Charlie ­Chaplin). Yet there in one of the 17 palaces and mansions owned by the dictator, among his collection of 20,000 DVDs that included Friday the 13th and Rambo, was a prized cache of Elvis movies – mostly cornball romances. Elsewhere were littered Elvis records. Kim liked to wear ten-centimetre platform shoes and had a fondness for American-style shades. Clifford Coonan, writing for the Independent, was not alone in comparing his “bouffant hair” with that of the King.

For all Kim’s possible (and laughable) debt to Elvis when it came to his personal appearance, his regime was unenthusiastic about North Koreans’ adoption of “foreign” fashions. “People who wear others’ style of dress and live in others’ style will become fools and [their] nation will come to ruin,” the state-owned Rodong Sinmun newspaper warned in 2005, during a months-long government campaign to halt the infiltration of “corrupt, capitalist ideas” into communist hearts through shoes, hairstyles and clothing. Your “ideological and mental state”, said the host of the radio show Dressing in Accordance With Our People’s Emotion and Taste, was manifested in what you wore and the way you wore it. So choose your trousers wisely – or else.

The policing of appearance is nothing new. In the mid-1920s, the then Mexican president, Plutarco Elías Calles, forbade Catholic priests from wearing clerical collars outdoors; more recently, on 14 September 2010, the French Senate passed the Loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, better known in the English-speaking world as “the burqa ban”. What is curious, however, is that the latest round of strictures on how individuals can present themselves comes not from repressive, dictatorial regimes or panicked politicians but from those who consider themselves progressives: liberals united against the menace of “cultural appropriation”.

In August, a student committee at Western University in Canada announced a ban on the wearing of cultural symbols such as turbans, dreadlock wigs and ethnic headdresses by white volunteers during orientation week. The sale of Native American headdresses has also been proscribed at Glastonbury Festival, after an online petition that garnered just 65 signatures persuaded organisers that offering them as a “costume” was insensitive. (The Canadian festival Bass Coast has similarly issued a prohibition on guests wearing the war bonnets.) Pharrell Williams came under fire on Twitter when he posed in a feather headdress for an Elle cover in 2014 – a striking image that the magazine initially boasted was the singer’s “best-ever shoot” – and was forced to apologise. “I respect and honour every kind of race, background and culture,” he said. “I am genuinely sorry.”

From Katy Perry’s adoption of geisha garb at the 2013 American Music Awards to Lena Dunham’s cornrows and their supposed flaunting of racial identity theft, all cultural cross-pollination now seems to be fair game for a drubbing at the hands of the new race activists. Recently in the Guardian, Julianne Escobedo Shepherd denounced the adoption of the Mexican-American chola style – dark-outlined lips, crucifixes, elaborate fringes, teardrop tattoos – by fashion labels and the pop star Rihanna as a “fashion crime” that amounted to an “ignorant harvesting” of the self-expression of others; she then mocked Sandra Bullock’s admission that she would “do anything to become more Latina”. Back off, whitey.

At a time of heightened racial tensions across the world, with police shootings of black men in the United States and Islamophobia (and phobias of all kinds) seemingly on the rise, this rage against cultural appropriation is understandable: no right-minded liberal wants to cause unnecessary offence, least of all to minorities. Yet simply to point out instances of appropriation in the assumption that the process is by its nature corrosive seems to me a counterproductive, even reactionary pursuit; it serves no end but to essentialise race as the ultimate component of human identity.

I’m Japanese but I felt no anger when I read that the Museum of Fine Arts in Boston was holding kimono try-on sessions to accompany its recent exhibition “Looking East: Western Artists and the Allure of Japan” – after all, it was a show that specifically set out to examine the orientalist gaze. However, some protesters (carrying signs that read “Try on the kimono, learn what it’s like to be a racist imperialist today!” and “This is orientalism”) evidently did. Their complaints against the show, which was organised in collaboration with NHK, Japan’s national broadcaster, swiftly led to the cancellation of the “Kimono Wednesday” sessions. “We thought it would be an educational opportunity for people to have direct encounters with works of art and understand different cultures and times better,” said Katie Getchell, the justifiably surprised deputy director of the museum.

“Stand against yellowface!” the protesters declaimed on blogs and on Facebook. Elsewhere, the white rapper Iggy Azalea – like Elvis and Mick Jagger before her – was accused of “blackfacing” her way to stardom, after she became the fourth solo female hip-hop artist ever to reach the top of the Billboard Hot 100 with her 2014 single “Fancy”. At the end of that year, the African-American rapper Azealia Banks suggested that Azalea’s “cultural smudging” was yet another careless instance of cross-racial stealing; that white adoption of a historically black genre had an “undercurrent of kinda like, ‘Fuck you.’ There’s always a ‘fuck y’all, niggas. Y’all don’t really own shit . . . not even the shit you created for yourself.’”

Many of those calling out cultural appropriation of all kinds – from clothing and hair to musical genres – seem to share this proprietorial attitude, which insists that culture, by its nature a communally forged and ever-changing project, should belong to specific peoples and not to all. Banks is doubtless correct to feel this “undercurrent” of racial persecution by an industry that prefers its stars to be white and what they sell to be black, yet there is also truth in the second part of that undercurrent: “Y’all don’t really own shit.” When it comes to great movements in culture, the racial interloper is not wrong. None of us can, or should, “own” hip-hop, cornrows, or the right to wear a kimono.

Speaking to the website Jezebel, the law professor Susan Scafidi of Fordham University in New York explained that appropriation involves “taking intellectual property, traditional knowledge, cultural expressions or artefacts from someone else’s culture without permission”. Yet such a definition seems to assume the existence of mythical central organisations with absolute mandates to represent minority groups – a black HQ, an Asian bureau, a Jewish head office – from which permissions and authorisations can be sought. More troubling is that it herds culture and tradition into the pen of a moral ownership not dissimilar to copyright, which may suit a legalistic outlook but jars with our human impulse to like what we like and create new things out of it.

Elvis, Kim Jong-il’s hero, liked black music. While other kids dashed around at school picnics, the juvenile Presley would sit off by himself, “plunking softly at that guitar”, as one teacher later recalled. He shared with the Sun Records founder, Sam Phillips, the opinion that African-­American music was of that magic kind in which “the soul of man never dies”, and when he launched into a hopped-up version of Arthur Crudup’s blues “That’s All Right” at the tail end of a recording session in 1954, it was a natural, uncalculated act of cultural appropriation. “Elvis just started singing this song, jumping around and acting the fool,” remembered the guitarist Scotty Moore, who played on the single that many credit as the foundation stone of rock’n’roll.

It wasn’t the first of its kind. Rock’n’roll grew organically out of the miscegenation of rhythm’n’blues and hillbilly music, and other contenders for that title include Goree Carter’s “Rock Awhile” (1949) and Jackie Brenston’s “Rocket ‘88’” (1951). Both Carter and Brenston were black – but they are now largely forgotten. The smoking gun in the periodically revived argument that Elvis should be condemned for having participated in interracial plundering is Phillips’s often quoted remark: “If I could find a white man who had the Negro feel, I could make a billion dollars.” Yet the studio owner’s remark was, if anything, more a groan of exasperation than the blueprint for a robbery. He had tried to make a billion dollars before he recorded Elvis, with B B King, Howling Wolf and other black musicians; indeed, it was Phillips who recorded Brenston’s song. The racism wasn’t in the studio or cut into the record grooves. It was out there, woven into American life in the 1950s.

That tainted life was altered for the better by the emergence of rock’n’roll, whose enormous popularity forced many previously white-oriented labels to sign African-American artists and changed for ever the social interactions of black and white teenagers. It gave them a common culture based less on skin colour than on the spirit of youth, frightening reactionaries who were perturbed precisely by what they viewed as an unnatural cultural appropriation. After Elvis performed the “Big Mama” Thornton song “Hound Dog” on national television on 5 June 1956, Congressman Emanuel Celler stated disapprovingly, “Rock’n’roll has its place: among the coloured people.” Many white fans of the music, appropriators all, could not help but realise that their place and that of “coloured” fans were one and the same.

What was so with rock’n’roll goes also for rap, fashion and even that packet of tortilla chips you ate at the movies or the shish kebab you had on the way home. Appropriation tests imaginary boundaries. It questions them and exposes, just as Judith Butler did in relation to gender, the performative aspects of our racial and cultural identity: much of our yellowness, brownness, blackness or whiteness is acted out and not intrinsic to our being. It shows that we can select who we are and who we want to be. By opposing it unilaterally under the banner of racial justice, activists often end up placing themselves on the side of those who insist on terrifying ideals of “purity”: white and black should never mix and the Australian-born Iggy Azalea should leave rap alone. She should stick to performing . . . what, exactly? Perhaps she should consult a family tree. But how far back is she expected to go? And should we impose some sort of one-drop rule?

It is true that cultural appropriation can hurt those whose traditions, religions and ways of life have been lifted, taken out of context and repackaged as a new aesthetic trend or exotic bauble. The feather headdress, for instance, has deep symbolic value to many Native Americans and to see it balancing on the wobbly head of a drunk, white festivalgoer might feel like an insult. Yet is it a theft at all, when that original value is still felt by the Native American tribe? Little of substance has been taken away. To the white reveller, those feathers probably signify something as simple as: “I am trying my best to have fun.” There is no offence intended. If it channels anything of the headdress’s origins, it is no doubt a distant echo of some ancient myth that placed “Indians” as the other, the sworn enemies of the “cowboys”.

Appropriations of this sort can, if unchallenged, entrench negative racial mythologies. But such myths are part of the language of human culture and their potential for harm can only truly be diffused by putting forward stronger, newer narratives about ourselves and by tackling the systemic injustices that oppress us: in law, in government, in the workplace. I can live in the knowledge that the Mikado myth continues to have some currency and that films, songs and books still toy with the orientalist fantasy of Japan. That is partly because their sting has been dulled by an ever-increasing understanding in the west of what real life in east Asia is like. I accept that our culture can be transformed and absorbed into the folklore of another people – and when this happens, we have only a limited claim on that folklore. Like it or not, it becomes theirs as much as ours. Sometimes, we have to let culture do its thing.

Yo Zushi’s latest album, “It Never Entered My Mind”, is released by Eidola Records

Yo Zushi is a sub-editor of the New Statesman. His work as a musician is released by Eidola Records.


Présidentielle américaine: Vous avez dit effet John Oliver ? (Love trumps hate: Even his Iraq combat vet wife couldn’t help brilliant Brit stand up from missing the story of a lifetime)

14 novembre, 2016
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S’il est clair que vous aimez la chose que vous critiquez, ça aide. John Oliver
How the fuck did we get here? Well clearly there are many possible answers to that question, including misleading forecasts that bred complacency, a flawed candidate who failed to appeal to white, rural, and working class voters, and – and this is worth repeating – deep racism and/or indifference to it. For those, including us, who were shocked by Tuesday, we’re going to be examining all of this for years. But for tonight, let’s look at just one narrow element that may have helped bring us here, because it will be important going forward, and that is our media. Specifically how a system that is supposed to catch a serial liar failed. (…) Weird conspiracy bullshit has always been bubbling under the surface. But Trump was the first major candidate to harness and fully legitimize it. And it’s obvious in hindsight: He came along and told millions of people every crazy email you’ve ever forwarded was true. And that, at least in part, is why he will be our next president. (…) So keep reminding yourself: This is not normal. Write it on a Post-It note, and stick it on your refrigerator. Hire a skywriter once a month. Tattoo it on your ass. Because a Klan-backed, misogynist internet troll is going to be delivering the next State of the Union address. And that is not normal, it is fucked up. John Oliver
We recognized much earlier than most that there was a little bit of a phenomenon to Donald Trump. I’d say that if we made a mistake last year it’s that we probably did put on too many of his campaign rallies in those early months unedited and just let them run. You never knew what he was going to say. You never knew what was going to happen. Jeff Zucker (president of CNN Worldwide)
It may not be good for America, but it’s damn good for CBS, that’s all i gotta say. (…) So what can I say? The money’s rolling in, this is fun. (…) They’re not even talking about issues. They’re throwing bombs at each other and I think the advertising reflects that. (…) I’ve never seen anything like this and this is going to be a very good year for us. Sorry. It’s a terrible thing to say, but bring it on, Donald, go ahead, keep going. Les Moonves (chief executive of CBS)
Attention, l’Amérique a la rage (…) La science se développe partout au même rythme et la fabrication des bombes est affaire de potentiel industriel. En tuant les Rosenberg, vous avez tout simplement esayé d’arrêter les progrès de la science. Jean-Paul Sartre (« Les animaux malades de la rage », Libération, 22 juin 1953)
L’Amérique des grandes villes, des jeunes et des minorités, n’est qu’une partie de ce grand pays. Elle cache une autre Amérique, plus continentale, plus blanche, qui remâche des haines recuites. Trump a été acclamé par les hommes blancs sans diplômes, souvent laissés pour compte de la mondialisation, et qui ont le sentiment d’être déclassés. (…) Avec beaucoup d’intuition, Trump s’est également emparé du déclassement du monde ouvrier américain, en promettant de dénoncer les traités internationaux, de construire des murs et de rouvrir les mines et les usines. Trump a été acclamé par les hommes blancs sans diplômes, souvent laissés pour compte de la mondialisation, dont la situation n’est pas toujours précaire, loin s’en faut, mais qui ont néanmoins le sentiment d’être déclassés. Cette Amérique-là a la «rage», pour reprendre une formule célèbre de Sartre. Pap Ndiaye
It was plainly wrong though to see the White House lit up in rainbow colors to celebrate the Supreme Court’s legalization of same-sex marriage. That was not cool to me. Tonya Register
Pour le dire crûment, les médias sont passés à côté. Le Washington Post
Toute la technologie éblouissante, l’utilisation des bases de données et la modélisation sophistiquée que les rédactions américaines ont apportées pour l’analyse de la politique pendant cette élection présidentielle, n’ont pas permis aux journalistes d’être à nouveau derrière l’histoire, derrière le reste du pays. (…) Les médias ont raté ce qu’il se passait autour d’eux (…) les chiffres n’étaient pas simplement un piètre guide pour la nuit électorale, ils étaient à mille lieues de ce qui se passait réellement. Le raté de ce mardi soir était beaucoup plus qu’un échec dans le scrutin, c’était aussi l’échec de la compréhension de la colère bouillante d’une grande partie de l’électorat américain, qui se sent laissée de côté par une récupération sélective et trahie par des accords commerciaux qu’elle considère comme des menaces à ses emplois. (…)  Les journalistes n’ont pas remis en question les sondages quant ils confirmaient leur intuition que Donald Trump ne pourrait jamais devenir président. Ils ont décrit les partisans du candidat qui croyaient encore qu’il avait une chance comme déconnectés de la réalité. En fait, c’était l’inverse. (…)  Si les médias ne parviennent pas à présenter un scénario politique basé sur la réalité, alors ils ont échoué dans l’accomplissement de leur fonction la plus fondamentale (…) l’Amérique profonde n’est pas un lieu, c’est un état d’esprit – c’est dans certaines parties de Long Island et Queens, beaucoup de Staten Island, certains quartiers de Miami ou même de Chicago. Et, oui, elle est largement – mais pas exclusivement – concerne les travailleurs de la classe blanche. Ils pensent que quelque chose va tellement mal que toutes les vérifications factuelles de M. Trump cette année, les innombrables rapports sur ses mensonges – qu’il a prononcés plus que Mme Clinton – et l’enquête vigoureuse de son entreprise et de ses transgressions personnelles, les a dérangés bienomins que les maux nationaux perçus que M. Trump a pointés et promis de traiter. Selon l’avis des électeurs américains, le gouvernement était cassé, le système économique était cassé, et nous l’avons entendu si souvent, les médias étaient cassés. Eh bien, quelque chose est sûrement rompu. Il peut être réparé, mais il faut le faire une bonne fois pour toutes. Le New York Times
Il y a même une partie de moi qui aime ce gars. John Oliver
Le problème, c’est que même lorsque l’on peut prouver par la démonstration que Trump a tort, cela n’a en quelque sorte pas d’importance. (…) Et c’est peut-être parce qu’il a passé des décennies à transformer son nom en une marque, synonyme de succès et de qualité (…), une marque dont il est lui-même la mascotte (…). Mais s’il faut vraiment qu’il soit le candidat républicain à l’élection présidentielle, il est urgent d’arrêter de penser à la mascotte et de commencer à regarder l’homme. Un candidat à la présidence doit proposer une série de propositions cohérentes. Quoi que vous pensiez de Marco Rubio ou de Ted Cruz, au moins, vous savez plus ou moins ce qu’ils pensent. Les opinions de Trump, à l’inverse, sont largement incohérentes. Il a été successivement pour et contre l’avortement, pour et contre l’interdiction de la vente de fusils d’assaut, pour l’immigration de réfugiés et pour l’idée de les expulser hors du pays. (…) Ce qui fait peur, c’est que nous n’avons aucun moyen de savoir lesquelles de ces opinions contradictoires il défendra s’il gagne l’élection. (…) Cette campagne a été dominée par les scandales, mais il est dangereux de penser qu’il y en a un nombre égal des deux côtés. Et vous pouvez être irrité par certains des scandales d’Hillary – c’est compréhensible – mais vous devriez alors être foutument scandalisé par ceux de Trump.  John Oliver
Il est évident que, sans la presse, tout ce que les journaux télévisés auraient à nous montrer, ce serait des présentateurs occupés à jouer à la baballe. (…) Nous devrons tôt ou tard payer pour le travail journalistique, ou alors nous finirons tous par en payer le prix. Non seulement cela laisserait la voie libre aux pires manipulations, mais, en plus, tous les futurs films de journalistes risqueraient de ressembler à ça. John Oliver
Voilà un type qui aime se saisir de sujets ennuyeux et les rendre intéressants. Si vous pouvez faire la même chose que ce qu’il s’est passé avec la FCC et la neutralité du Net, imaginez le niveau d’intérêt des gens pour des questions encore plus proches d’eux. Cyrus Habib
Il n’a pas les défauts d’autres animateurs satiriques. Il ne donne jamais l’impression qu’il méprise son public ou les gens dont il parle. Son humour n’est pas cynique, et ses sujets semblent magnifiquement enquêtés. Jean Lesieur (France 24)
Oliver a d’étonnantes audaces: parler plus de quinze minutes sans interruption face caméra, aborder des sujets techniques (le lobbying des télécoms,
la Cour suprême) ou controversés (les médicaments, le tabac). (…) John Oliver possède la distance nécessaire (un Anglais
 en Amérique) pour faire marrer, et en plus, il informe, sensibilise, et parvient même à déclencher l’engagement de ses téléspectateurs pour des combats politiques. A l’heure où l’on accuse de plus en plus l’infotainment de promouvoir des opinions (voire des mensonges) sous couvert d’humour, 
John Oliver aurait-il inventé la formule parfaite ? Grazia
John Oliver n’a pas peur d’aborder des thèmes polémiques qui divisent fortement la société américaine comme l’avortement ou la peine de mort. Et si ses vidéos culminent à plus de huit millions de vues sur Youtube en moyenne ce n’est pas par hasard. Plutôt que d’aborder rapidement le sujet, John et l’équipe de Last Week Tonight ont fait le choix de consacrer une vingtaine de minutes environ à un sujet précis, sur lequel ils enquêtent (comme de véritables journalistes) et qu’ils présentent de façon claire et argumentée. (…) La démarche d’Oliver s’inscrit dans un héritage, celui de la satire politique. Traduction : c’est terriblement drôle. La grande force du Britannique est de se présenter comme un comédien (c’est son métier après tout) et non pas un journaliste d’investigation. Il cherche à illustrer les absurdités d’une société où chacun cherche à imposer son point de vue de façon plus ou moins violente, et choisit comme arme l’humour. L’effet est garanti. (…) L’impertinence d’Oliver diffère à mon sens de celle d’un Yann Barthès par exemple, en ce qu’elle ne s’attaque pas qu’aux dérapages de représentants politiques ou de la vie civile, mais en ce qu’elle oblige la société américaine à affronter ses contradictions (aussi diverses soient-elles) et son hypocrisie manifeste. Y compris l’hypocrisie de l’axe politique que défend Oliver, celui des libéraux (qui correspondrait à la gauche en France). Ce que n’arrive pas à faire (ou ne souhaite pas?) le Petit Journal, précisément parce qu’exceptés les sketchs d’Eric et Quentin ou d’Alex Lutz et Bruno Sanchez, la rédaction est composée de journalistes, là où l’équipe d’Oliver s’appuie sur des auteurs et comédiens. Or, cette liberté de ton propre à l’exercice de la satire me parait plus efficace pour dénoncer les excès et dérapage d’une société. Louise Michel
L’animateur du “Last Week Tonight” (…) s’est fait le meilleur vulgarisateur des problèmes américains, dont les diatribes ont souvent des conséquences dans la vraie vie. C’est ce qu’on pourrait appeler le « John Oliver effect ». Provoquer une réaction citoyenne avec une simple tribune humoristique hebdomadaire en fin de soirée sur HBO – et qui recommence, pour une saison 3, ce dimanche 14 février. Depuis que l’acteur anglais a pris les commandes du Last Week Tonight en avril 2014, ses sermons dominicaux sur les problèmes qui minent les Etats-Unis (de la cause transgenre aux problèmes des insfrastructures publiques), ont réussi à faire changer les choses. Cet ancien disciple de Stephen Colbert et Jon Stewart n’a pas seulement fidélisé une solide base de téléspectateurs prêts à faire ce qu’il leur dicte, il a aussi poussé les politiques à se saisir de questions aussi austères qu’essentielles, qu’il traite avec son œil de citoyen britannique, émigré aux Etats-Unis depuis une quinzaine d’années et marié à une vétéran de la guerre d’Irak. Entouré d’une équipe qui travaille trois semaines sur des sujets dont il s’offusque, John Oliver ne souhaite pas forcément clouer son pays d’adoption au pilori : « Je ne cherche pas à ce que l’éviscération soit la caractéristique qui définisse notre boulot hebdomadaire », explique-t-il d’ailleurs à USA Today. Il réalise seulement un boulot unique, rigoureux et pédagogue. Et si le meilleur journaliste télé des Etats-Unis était en fait un humoriste ? Détail de ses coups d’éclat qui ont fait bouger les lignes. Télérama
John Oliver avait prévenu : la primaire ne l’intéresse qu’assez peu. Mais le présentateur du LastWeekTonight, le show le plus corrosif de la télévision américaine, pouvait difficilement s’abstenir de parler de Donald Trump. Alors que le candidat à la primaire républicaine remporte les Etats les uns après les autres (et pourrait de ce fait remporter le ticket – réponse partielle mardi 1er mars), il devenait de plus en plus urgent de s’intéresser à sa campagne et ses idées fluctuantes. Dans son émission du 28 février (que l’on n’espère pas noyée par les Oscars), avec la rigueur et la puissance comique qu’on lui connaît, l’Anglais émigré aux Etats-Unis a cliniquement dézingué l’homme politique, qualifié de « grain de beauté dans le dos » : « inoffensif il y a un an, tellement gros maintenant qu’il serait inconscient de l’ignorer ». Durant vingt minutes, John Oliver expose rigoureusement les faits, entrecoupés de piques comiques pour les appuyer. « Cet homme paraît séduisant… jusqu’à ce qu’on y regarde de plus près » : oui, Donald Trump est drôle, mais non, tout ce qu’il dit n’est pas vrai. Oui, il finance sa campagne, mais non, celle-ci ne repose pas que sur ses sous à lui. Oui, il est riche, mais non, il ne pèse pas 10 milliards de dollars (plutôt entre 150 et 250 millions). Oui, son nom est synonyme de succès, mais non, toutes ses affaires ne sont pas florissantes. On sent toutefois Oliver moins sarcastique qu’à l’accoutumé. Car l’heure est grave : « S’il devient vraiment le candidat républicain, il faut arrêter de penser à la mascotte Trump et commencer à penser à l’homme. » Un homme qui est, selon John Oliver, inconstant politiquement (tantôt pro-avortement, pro-migrants, pro-armes, et tantôt contre) et très trouble sur ses positions : « Il n’y a aucun moyen de savoir où se situeront ses convictions quand il sera à la Maison Blanche. » Et Oliver de sortir, l’air grave, le programme de Trump pour combattre l’Etat islamique (« Nous devons tuer leurs familles ») : « Ça, c’est le probable futur candidat républicain qui préconise un crime de guerre. » Prophétique, il prévient que le 20 janvier 2017, si Trump est élu et prête serment ce jour-là, « des voyageurs du futur viendront pour empêcher cela ». Aussi, pour tenter de saper l’influence de sa marque, qui capitalise sur le sens anglais de son nom (« trump » = atout), Oliver rappelle que celui-ci n’est pas le véritable nom d’origine de la famille : « Un de ses ancêtres a fait changer son nom de Drumpf à Trump. C’est bien moins magique et cela reflète sa personnalité. » Télérama
« Cette campagne cauchemardesque » et Donald Trump étaient du petit lait pour l’animateur britannique, qui a élevé le candidat républicain au rang de meilleur ennemi. Si, au début de la primaire républicaine, il s’est refusé à parler de lui, le comédien s’est finalement laissé aller à un portrait en forme de missile scud en février : vingt minutes de diatribe aussi jouissive qu’explosive. Les vannes étaient ouvertes : presque chaque semaine ensuite, l’élection aux mille noms a fait l’objet d’un traitement dont Trump avait les faveurs, défis et piques assassines en bonus. Jusqu’à l’émission de dimanche dernier, dans laquelle John Oliver avoue sa part de responsabilité : « Il y a quelques temps, on eut pu trouver drôle une candidature de Trump », explique l’Anglais, qui fait son mea culpa en diffusant des images de 2013. Alors animateur intérimaire du Daily Show, il appelait de ses vœux une candidature du milliardaire « à la coupe cheveux ridicule ». « Je suis un idiot », regrette-t-il, hilare, demandant aux Américains d’aller voter. Quand on connaît sa force de persuasion auprès de ses ouailles, on peut espérer qu’ils l’écoutent. Télérama
There is an outsider mentality as well as a faux authority thing that probably helps me comedically. (…) There’s a respect for authority in America that is a little odd to me. You respect the office, and never mind the person in it. That is not the case in England. In England, you always want to punch up. There is no respect for the office, the building, or any of the people who go in or out of it. There is much more deep-rooted contempt. (…) There is nothing I can accuse America of doing that Britain has not done worse in its history. So I’m coming from a point of self-criticism at the start. That helps in a way. And if it’s clear that you love the thing that you’re criticizing, that helps. John Oliver
She is very American with a capital A,” and “once you’ve bled for America, you definitely get to say you’re an American in a slightly louder tone of voice. (…) She grounds me in the fact that what I do doesn’t really matter at all, and also I’m a little more defensive of how America is perceived overseas. America takes a lot of [expletive], much of it well earned, from the rest of the world. And yet when something terrible goes down, people are waiting for Americans to fall out of the sky and help them. (…) If you don’t have anyone in your family who’s serving, you can very easily think that we’re not at war now. But we are. This is a country at war. There’s a massive disconnect between America and its military, and being married to a veteran removes that disconnect in a very substantial way. John Oliver
I can’t come home and say I had a really tough day at work today and see her roll her eyes and go, ‘Really?’ And she would be like, ‘I can’t imagine how difficult it was for you. You clown!’ Rightly, I have no place to whine about anything. That’s the problem with living with someone who has fought a war. You lose the moral high ground. John Oliver
It’s the most emasculating thing I could possibly do to go out with someone who has actually done something valuable with their life. John Oliver
There’s a long tradition of people from another nation being able to present their cultural criticism or satire as having a distance that a native seemingly doesn’t have. It feels like Oliver understands us differently than we do because he wasn’t born here. He’s seeing America as this other thing that he can hold at arm’s length. It creates the illusion of a perspective that he does a good job of playing up. He captures this outraged confusion at whatever crazy thing he’s talking about in current events. Jason Mittell (Middlebury College)
As a covert operative for the liberal elite, Oliver was working behind enemy lines at the RNC. When convention security chased after him for entering into a restricted area Oliver, who was still on a temporary work visa, found himself at risk for potential deportation. Attempting to avoid arrest and subsequent Breturn, the reporter and his camera crew happened upon a group of veterans who offered to help them hide. In a meet-cute befitting a beloved political satirist, one of those veterans was Oliver’s future wife—U.S. Army combat medic Kate Norley. After exchanging emails (aww, 2008) Oliver and Norley struck up a friendship; in 2010, the bespectacled Brit proposed in St. Thomas, and the couple tied the knot one year later. Norley, who Oliver describes as “Very American with a capital A,” is already a fan hero for (permanently!) saving her celebrity husband from deportation, but she’s also a straight-up American hero. At age 19, Norley enlisted in the military after the 9/11 attacks, serving as a combat medic in Fallujah and a mental health specialist in Ramadi, providing counsel to returning soldiers. In addition to being the only female combat-stress specialist, she was awarded the Combat Medic badge for providing medical care while under fire. Stateside, she worked as a veteran’s rights advocate for Vets for Freedom; the organization, which was founded in 2006, advocated on behalf of victory in the War on Terror, and promoted like-minded politicians. To say that Norley keeps Oliver grounded seems like an understatement. In classic self-effacing style, Oliver explained, “It’s the most emasculating thing I could possibly do to go out with someone who has actually done something valuable with their life.” Long-term emasculation aside, Norley’s combat experience gives the comedian some much-needed perspective: “I can’t come home and say I had a really tough day at work today and see her roll her eyes and go, ‘Really?’ And she would be like, ‘I can’t imagine how difficult it was for you. You clown!’ Rightly, I have no place to whine about anything. That’s the problem with living with someone who has fought a war. You lose the moral high ground.” When Oliver was offered his current gig hosting his own show, Last Week Tonight with John Oliver, at HBO, his Daily Show departure was huge entertainment news. But as Oliver tells it, Norley knew just how to keep him humble. As the comedian was making a career-defining move, his wife was on emergency deployment in the Philippines as a first responder to Typhoon Haiyan. “I got to speak to her once on this spotty satellite phone,” he recalls, “and she’s saying, ‘We had to do emergency C-sections and amputations and there are dead bodies everywhere, it’s worse than people are letting on, it’s just death, death, everywhere.’ And there’s no point at which you can go, ‘I’ve got some news as well!’ It just doesn’t matter.” Oliver distinguishes himself from the late night pack with his British accent, across-the-pond intellectualism, and genuine outsider’s confusion. But after eight years with a proud vet, Oliver has proven himself to be quite the patriot. After his 2013 break with The Daily Show was finalized, John and Kate headed to Afghanistan as part of the USO Tour. The unconventional second honeymoon found the Oliver’s sleeping in the barracks, eating with the troops, and performing at more than half a dozen forward operating bases. Last Week Tonight viewers might be surprised to learn that Oliver’s wife is a Republican—let alone a Republican who’s advocated on behalf of GOP politicians on Fox News. The unabashedly liberal HBO show has been credited with real change, otherwise known as the “John Oliver effect.” Oliver’s ability to synthesize and sensationalize under-reported topics into viral videos has led to political victories for causes ranging from unfair bail requirements to FCC regulations. And while Oliver is an equal opportunity satirist, his popular “Make Donald Drumpf Again” campaign suggests that He’s with Her. In an increasingly polarized political climate, it’s rare and refreshing to see bipartisan cooperation—let alone wedlock. And while Oliver hasn’t publicly commented on any political squabbles at home, he’s unequivocally supportive of his wife and her veteran activism: “Once you’ve bled for America, you definitely get to say you’re an American in a slightly louder tone of voice.” The Daily Beast

Attention: un effet peut en cacher un autre !

Anglais en Amérique, diplomé de Cambridge, monologues de 15 minutes face caméra et sans interruption, sujets techniques (lobbying des télécoms, 
Cour suprême) ou controversés (médicaments, tabac), distancié mais pas méprisant, désopilant mais pas cynique, sujets magnifiquement enquêtés qui parviennent à informer, sensibiliser et même mobiliser les téléspectateurs …

Au lendemain d’une élection américaine proprement historique par ses résultats aussi prévisibles qu’imprévus …

Et où après le fiasco des sondeurs et sans parler des différentes officines – y compris balkaniques – pressant jusqu’à la dernière goutte le citron de la Trumpmania …

C’est aux journalistes eux-mêmes de faire leur mea culpa …

Pendant qu’avec la même violence qu’ils reprochaient à leurs opposants, les partisans du pouvoir en place montrent leurs vraies couleurs …

Quelle meilleure mesure de la véritable hystérie collective et de l’auto-aveuglement massif …

Qui s’est emparé de nos belles âmes et de nos beaux esprits …

Que de voir comment le si longtemps célébré effet John Oliver

Ce mélange rare du meilleur de l’université (Cambridge, s’il vous plait !) et de l’humour (Monty Python) britanniques du plus brillant des animateurs satiriques de la télévision américaine …

Mais tristement réduit à la fin aux attaques ad hominem (sur la tête ou le nom du candidat) voire au degré zéro du simple juron

Qui réussissait, joignant la critique la plus implacable et le respect du public le plus exigeant, à avoir des conséquences dans la vraie vie …

A fini lui aussi, malgré son épouse ancienne combattante de la guerre d’Irak, par enfermer un peu plus son public dans son auto-aveuglement …

Son dézingage finalement assez convenu des notoires incohérences et  revirements du candidat républicain …

Lui faisant passer complètement à côté lui aussi de la colère et du profond rejet d’au moins la moitié de l’électorat américain …

Pour la condescendance et l’arrogance d’élites aussi bien-pensantes que protégées des effets de leurs idées complètement déconnectées du réel ?

Vu sur le web
John Oliver réussit une charge virulente contre Donald Trump
Jérémie Maire
Télérama
29/02/2016
Le présentateur du “LastWeekTonight” s’est (enfin) attaqué à Donald Trump. Brillant et nécessaire.

John Oliver avait prévenu : la primaire ne l’intéresse qu’assez peu. Mais le présentateur du LastWeekTonight, le show le plus corrosif de la télévision américaine, pouvait difficilement s’abstenir de parler de Donald Trump. Alors que le candidat à la primaire républicaine remporte les Etats les uns après les autres (et pourrait de ce fait remporter le ticket – réponse partielle mardi 1er mars), il devenait de plus en plus urgent de s’intéresser à sa campagne et ses idées fluctuantes.

Dans son émission du 28 février (que l’on n’espère pas noyée par les Oscars), avec la rigueur et la puissance comique qu’on lui connaît, l’Anglais émigré aux Etats-Unis a cliniquement dézingué l’homme politique, qualifié de « grain de beauté dans le dos » : « inoffensif il y a un an, tellement gros maintenant qu’il serait inconscient de l’ignorer ».

Durant vingt minutes, John Oliver expose rigoureusement les faits, entrecoupés de piques comiques pour les appuyer. « Cet homme paraît séduisant… jusqu’à ce qu’on y regarde de plus près » : oui, Donald Trump est drôle, mais non, tout ce qu’il dit n’est pas vrai. Oui, il finance sa campagne, mais non, celle-ci ne repose pas que sur ses sous à lui. Oui, il est riche, mais non, il ne pèse pas 10 milliards de dollars (plutôt entre 150 et 250 millions). Oui, son nom est synonyme de succès, mais non, toutes ses affaires ne sont pas florissantes.

On sent toutefois Oliver moins sarcastique qu’à l’accoutumé. Car l’heure est grave : « S’il devient vraiment le candidat républicain, il faut arrêter de penser à la mascotte Trump et commencer à penser à l’homme. » Un homme qui est, selon John Oliver, inconstant politiquement (tantôt pro-avortement, pro-migrants, pro-armes, et tantôt contre) et très trouble sur ses positions : « Il n’y a aucun moyen de savoir où se situeront ses convictions quand il sera à la Maison Blanche. » Et Oliver de sortir, l’air grave, le programme de Trump pour combattre l’Etat islamique (« Nous devons tuer leurs familles ») : « Ça, c’est le probable futur candidat républicain qui préconise un crime de guerre. » Prophétique, il prévient que le 20 janvier 2017, si Trump est élu et prête serment ce jour-là, « des voyageurs du futur viendront pour empêcher cela ».

Aussi, pour tenter de saper l’influence de sa marque, qui capitalise sur le sens anglais de son nom (« trump » = atout), Oliver rappelle que celui-ci n’est pas le véritable nom d’origine de la famille : « Un de ses ancêtres a fait changer son nom de Drumpf à Trump. C’est bien moins magique et cela reflète sa personnalité. » Son émission ne serait pas complète sans une tentative (vaine ?) de John Oliver pour changer les choses : « Nous avons rempli les dossiers nécessaires pour déposer le nom “Drumpf”, lâche-t-il, et nous avons ouvert le site DonaldJDrumpf.com sur lequel vous pouvez télécharger une extension pour votre navigateur, qui transformera les occurrences “Trump” en “Drumpf” [on a testé, ça marche, NDLR]. »

« Ne restons pas aveuglés par la magie de son nom, finit-il, déchaîné. Ne votez pas pour lui en gobant ce qu’il dit : c’est un artiste de la connerie. Monsieur Trump, j’attends votre procès. F*ck Donald Trump. »

Maintenant, il ne reste plus qu’à surveiller si le John Oliver effect prendra. Tout le monde retient son souffle.

Voir aussi:

Décryptage
John Oliver revient pour une troisième saison : va-t-il encore faire bouger les lignes ?
Jérémie Maire
Télérama
14/02/2016

L’animateur du “Last Week Tonight” rempile pour une troisième saison le 14 février sur HBO. En l’espace de deux ans et fort de téléspectateurs dévoués, l’humoriste s’est fait le meilleur vulgarisateur des problèmes américains, dont les diatribes ont souvent des conséquences dans la vraie vie.

C’est ce qu’on pourrait appeler le « John Oliver effect ». Provoquer une réaction citoyenne avec une simple tribune humoristique hebdomadaire en fin de soirée sur HBO – et qui recommence, pour une saison 3, ce dimanche 14 février. Depuis que l’acteur anglais a pris les commandes du Last Week Tonight en avril 2014, ses sermons dominicaux sur les problèmes qui minent les Etats-Unis (de la cause transgenre aux problèmes des insfrastructures publiques), ont réussi à faire changer les choses. Cet ancien disciple de Stephen Colbert et Jon Stewart n’a pas seulement fidélisé une solide base de téléspectateurs prêts à faire ce qu’il leur dicte, il a aussi poussé les politiques à se saisir de questions aussi austères qu’essentielles, qu’il traite avec son œil de citoyen britannique, émigré aux Etats-Unis depuis une quinzaine d’années et marié à une vétéran de la guerre d’Irak. Entouré d’une équipe qui travaille trois semaines sur des sujets dont il s’offusque, John Oliver ne souhaite pas forcément clouer son pays d’adoption au pilori : « Je ne cherche pas à ce que l’éviscération soit la caractéristique qui définisse notre boulot hebdomadaire », explique-t-il d’ailleurs à USA Today. Il réalise seulement un boulot unique, rigoureux et pédagogue. Et si le meilleur journaliste télé des Etats-Unis était en fait un humoriste ? Détail de ses coups d’éclat qui ont fait bouger les lignes.

Avoir – presque – fait disparaître le nom de Trump du web

Tout le monde l’attendait et il l’a enfin fait. Le 28 février, deux jours avant le premier « Super Tuesday » de ces primaires démocrates et républicaine, John Oliver s’attaque enfin à Donald Trump. Durant 20 minutes, l’Anglais, méticuleux et brillant, démonte les finances moribondes, les ambitions nauséabondes, l’inconstance politique crasse et même le véritable nom du candidat qui pourrait, malheureusement, prendre la tête du parti républicain en vu de l’élection présidentielle de novembre prochain. Finalement, Oliver rappelle que l’un des ancêtres de Trump a fait changer le nom de famille de Drumpf à Trump.

L’effet Oliver : De la même manière que Trump a transformé son nom en marque, Oliver propose, dans sa grandiloquence habituelle, de « Make Donald Drumpf again », ou, d’après le slogan de sa campagne « Make America great again », de rebaptiser Trump sur le Net. « C’est bien moins magique et cela reflète sa personnalité », explique-t-il et assure : « Nous avons rempli les dossiers nécessaires pour déposer le nom “Drumpf” et nous avons ouvert le site DonaldJDrumpf.com sur lequel vous pouvez télécharger une extension pour votre navigateur, qui transformera les occurrences “Trump” en “Drumpf” [on a testé, ça marche, NDLR]. »

Le résultat : Si l’efficace charge d’OIiver n’a pas empêcher Trump de sortir vainqueur du « Super Tuesday » du 1er mars, l’introduction du nom « Donald Drumpf », elle, a pleinement marché. Car, durant 24 heures, le nom « Donald Drumpf » a plus été recherché sur Google que les noms de Marco Rubio et Ted Cruz. « On peut dire que M. Oliver et son mouvement #MakeDonaldDrumpfAgain ont effectué une meilleure campagne que Ms Rubio et Cruz », ironise le New York Times qui révèlent les chiffres.

Avoir protégé la neutralité du web

Dans un segment consacré à l’épineux mais – avouons-le – très chiant problème de la neutralité du Net (pour faire simple : éviter un internet à deux vitesses, permettant à des sociétés qui paieraient plus aux fournisseurs de pouvoir envoyer leur contenu plus vite que les autres), John Oliver a accusé la FCC, le gendarme américain des télécoms, de vouloir mettre à mal ce principe. Il en a appelé, non sans lyrisme, les internautes à canaliser leur colère de façon utile, en se connectant et en écrivant, tous ensemble, à la FCC.

L’effet Oliver : Les téléspectacteurs et internautes ont pris au pied de la lettre les recommandations de John Oliver et se sont massivement rendus sur le site gouvernemental… au point de le faire planter.

Le résultat : Face à un tel effet – totalement inattendu même pour les équipes d’Oliver –, la FCC a finalement voté l’adoption de régulations pour la neutralité du Net. Chapeau.

S’être fait le héraut de la lutte anti-corruption à la Fifa

A une semaine de la Coupe du monde de foot au Brésil en juin 2014, John Oliver, en bon Anglais qui se respecte, crie tout l’amour qu’il porte au football, et en profite surtout pour dénoncer l’instance dirigeante du foot mondial. Une démonstration intelligente de la corruption (alors seulement soupçonnée) de ses leaders, de leur amour pour l’argent (« Imaginez l’argent comme des poils pubiens et la Fifa comme de la cire. Une fois que vous l’arrachez, elle emporte tout avec elle », explique-t-il, pédagogue), des méthodes cavalières de ses dirigeants, dont Sepp Blatter, pour imposer des propres lois aux pays hôtes, etc.

L’effet Oliver : Si le scandale de la Fifa a éclaté un an après sa diatribe grâce à une enquête des autorités américaines sur la base d’un indic au sein de l’organisation, John Oliver a tout de même le mérite d’avoir porté à la connaissance de ceux qui l’ignoraient le système mafieux qui régit le foot mondial. Et d’avoir fait connaître United Passions, le film à la gloire de la Fifa… produit par la Fifa.

Le résultat : L’occasion était trop belle pour ne pas y revenir au moment du scandale qui a coûté la tête de plusieurs de ses dirigeants, dont Sepp Blatter et Michel Platini. En fin d’édito, Oliver supplie Budweiser, sponsor historique de la Fifa au même titre qu’Adidas ou McDonald’s, de lâcher la Fédération : « Je ferai l’ultime sacrifice : si vous participez à l’éviction de Blatter, je boirai l’une de vos bières dégoûtantes. Si vous vous débarrassez de ce démon suisse, cette merde aura le goût de champagne. » La tête de Blatter a fini par tomber, et Oliver a tenu sa promesse.

Avoir limité les confiscations de biens personnels par la police

Aux Etats-Unis, et aussi curieux que cela puisse paraître, la police a le droit de confisquer les biens personnels (argent liquide, maison, voiture…) à des gens arrêtés sans qu’ils soient forcément accusés du moindre crime. Ces biens saisis sont automatiquement coupables (oui, comme un humain) jusqu’à ce que le citoyen prouve le contraire. Une aberration de la justice américaine que John Oliver a dénoncée durant seize minutes lors d’une émission en octobre 2014, en racontant des anecdotes plus folles les unes que les autres : un homme sur le point d’acheter un véhicule d’occasion dépossédé de son argent, un commando de police saisissant des voitures se rendant à une fête (avec vidéo de surveillance à l’appui) ou le témoignage surréaliste d’un policier qui avoue l’arbitraire de ces saisies (« Comme de l’argent tombé du ciel pour acheter des jouets » – une machine à margarita par exemple, histoire vraie). Si le « civil forfeiture » peut se montrer efficace dans la lutte contre le trafic de drogue, il reste « du vol organisé » dans la majeure partie des cas et a généré trois milliards de dollars entre 2008 et 2015. Pour appuyer son discours, Oliver a convoqué Jeff Goldblum dans une parodie de la série New York : unité spéciale des saisies de biens personnels.

L’effet Oliver : L’animateur s’est emparé du sujet à la suite de deux enquêtes du Washington Post et du New Yorker sur cet important vice du droit américain, donnant une visibilité sans précédent à ce système mis en place lors de « guerre contre la drogue » des années 1980.

Le résultat : En janvier 2015, le procureur général des Etats-Unis de l’époque, Eric Holder, a annoncé que les Etats et les officiers de police ne seraient plus autorisés à utiliser la loi fédérale pour saisir des biens sans preuve tangible qu’un crime a été commis. En juillet, le Montana et le Nouveau-Mexique ont changé leur droit : la saisie ne peut s’opérer que s’il y a conviction de crime et le bien accusé bénéficie de la présomption d’innocence. L’argent saisi n’est d’ailleurs plus encaissé par la police mais par le gouvernement local.

Avoir fait plier sur les cautions de prison

Si un citoyen est arrêté et suspecté, il a trois choix : payer une caution qui lui sera rendue s’il se présente à son jugement, plaider coupable et revenir se faire juger, ou attendre d’être jugé en prison. S’il a l’argent, tant mieux, sinon, et cela concerne les plus pauvres des Américains, c’est passage par la case prison ou par l’aveu de sa culpabilité. Un dilemme cornélien et un vieux « problème systémique » d’une justice à deux vitesses : un riche soupçonné de meurtre (par exemple, Robert Durst) peut vivre libre dans l’attente de son procès quand un pauvre ayant commis une infraction mineure (comme rouler avec un permis périmé) peut se retrouver à Rikers Island dans l’attente de son procès. Selon les chiffres sortis par Oliver, près de 40 % des détenus aux Etats-Unis le sont parce qu’ils ne peuvent payer leur caution. « La prison devrait être réservée aux dangereux criminels. Si 40 % d’un groupe ne correspond pas aux critères basiques pour y être, cela devrait changer votre perception de ce groupe », commente-t-il. Avec les conséquences dramatiques qu’une incarcération, même très courte, ou qu’un aveu de culpabilité peuvent engendrer : perte d’emploi, perte de logement, mise au ban de la société, etc. « La prison peut vous détruire. » Et Oliver de dénoncer le commerce parallèle des prêteurs sur gage, bien moins classieux que Robert Forster dans Jackie Brown, et de leurs corollaires, les chasseurs de prime.

L’effet Oliver : Diffusé en juin 2015, le message de l’émission, très remonté mais très pédagogue n’a pris qu’un seul mois à infuser, notamment dans l’esprit du maire de New York, Bill de Blasio.

Le résultat : En juillet 2015, Bill de Blasio et la municipalité de New York donnent le pouvoir aux juges de relâcher 3000 détenus à faible risque en attente de leur jugement des prisons du comté, et de les surveiller afin qu’ils se rendent bien à leur procès. « Ce système de caution est un vrai problème car certaines personnes sont emprisonnées sur la taille de leur compte en banque et non sur le risque qu’ils posent », a commenté le maire de la ville. La prison de Rikers se verrait ainsi délester de 200 détenus par jour.

Avoir financé des bourses pour les étudiantes ingénieures

Le saviez-vous ? Aux Etats-Unis, l’organisation qui gère l’élection de Miss America est le plus gros donateur de bourses pour femmes dans le monde. Selon elle, elle financerait, chaque année, 45 millions de dollars de bourses. Comme si le Comité Miss France donnait une partie de ses revenus en taxe d’apprentissage aux universités ou grandes écoles françaises. « C’est un peu bizarre parce que Miss America ne donne qu’aux femmes qui participent au concours », introduit Oliver dans son émission du 21 septembre 2014. Et cela pose un léger problème, car, pour participer à Miss America, les jeunes femmes doivent déclarer ne pas être mariées et ne pas être ou avoir été enceinte. Mais c’est surtout le chiffre de 45 millions de dollars qui a taraudé l’Anglais. Après examen minutieux et complet de milliers de pages d’impôts, l’équipe du Last Week Tonight, a en fait découvert que Miss America est loin, très loin, de donner autant d’argent. Tout juste 4 millions en 2012 selon leurs calculs. Mais, même si Miss America truque ses chiffres, la réalité est tout de même là : l’organisation reste bel et bien le plus gros donateur de bourses pour femmes dans le monde.

L’effet John Oliver : Lors de sa présentation, le présentateur a rappelé que les dons de Miss America dépassaient de loin ceux d’autres organisations plus respectables. Et de citer plusieurs fondations. « Vous pouvez tout à fait donner à ces organismes si vous voulez changer le fait que le plus gros donateur pour étudiantes leur demande de ne pas être mariées et d’avoir un utérus en parfait état. » Ce qu’ont écouté les téléspectateurs dans un effort de dons surnommé le « sursaut John Oliver ».

Le résultat : Ce « John Oliver bounce », appelé ainsi par la Société des femmes ingénieures de Chicago, a permis à cette organisation de récolter 25 000 dollars (soit 15% de leurs dons annuels) durant les seuls trois jours qui ont suivi la diffusion de l’émission. La fondation a aussi vu le trafic doubler sur son site web et sa présence sur les réseaux sociaux boostée.

Avoir fait un don de 70 000 dollars à Médecins sans frontières

La religion et les bigots, l’une des marottes de John Oliver. Dans un épisode d’août 2015, l’Anglais a minutieusement et durant vingt minutes présenté le pas très catholique business des télévangélistes, ces prédicateurs qui, en plus de promettre de guérir des cancers à travers les écrans de télévision, engrangent des millions de dollars soutirés à leurs ouailles (parfois vulnérables voire malades) pour acheter jets privés et villas. Ces demandes de dons sont parfaitement légales… et totalement nettes d’impôts. Le fisc américain est d’ailleurs très vague sur la notion d’église et n’est absolument pas regardant sur les croyances – même fantasques – qu’elles prônent. Aussi, après avoir correspondu pendant sept mois avec un télévangéliste (et envoyé près de 300 dollars), John Oliver a décidé de fonder lui-même sa propre église, Our Lady of Perpetual Exemption, et de récolter légalement les dons, nets d’impôts, de ses fidèles à lui.

L’effet John Oliver : Le pasteur Oliver a donc réclamé à ses fidèles téléspectateurs de « planter leurs graines » et de lui envoyer de l’argent, rappelant : « Tout ceci est très légal. » Ce qui est vrai.

Le résultat : Une semaine plus tard, John Oliver commence son émission par rappeler que son Eglise, fondée quelques jours auparavant, a rencontré un succès surprise : « Bizarrement, vous étiez plus nombreux à répondre que nous l’attendions. » Deux semaines plus tard, devant des boîtes pleines de courriers, de vrais sacs de graines et d’autres offrandes graveleuses, le pasteur Oliver annonce fermer son Eglise parce que quatre téléspectateurs ont trouvé malin d’envoyer leur véritable semence. « Fonder une Eglise est marrant jusqu’à ce que quelqu’un vous envoie son sperme dans une enveloppe », regrette-t-il. Mais l’honneur est sauf : avec sa fausse congrégation, John Oliver a réussi à récolter 70 000 dollars, entièrement reversés à Médecins sans frontières. En attendant, le fisc américain n’a pas touché à sa législation.

Rendre les suppliques citoyennes au gouvernement par vidéo possible

Toutes ces causes qui ont évolué grâce à des vidéos reprises en boucle sur Internet ont forcément donné des idées. En janvier 2015, le sénateur démocrate de l’Etat de Washington Cyrus Habib a demandé à introduire, dans un amendement, la possibilité aux citoyens d’envoyer, sous la forme de vidéos, leurs avis et leurs témoignages sur les lois en cours de vote. Le sénateur n’aurait ainsi qu’à se connecter sur une plateforme vidéo pour écouter les suppliques des électeurs, tandis que le citoyen n’aurait pas à se déplacer à son parlement local ou à faire appel à des lobbyistes pour se faire entendre. Pratique et surtout directement inspiré par John Oliver : « Voilà un type qui aime se saisir de sujets ennuyeux et les rendre intéressants, a expliqué Cyrus Habib. Si vous pouvez faire la même chose que ce qu’il s’est passé avec la FCC et la neutralité du Net, imaginez le niveau d’intérêt des gens pour des questions encore plus proches d’eux. »

Avec l’énorme boulot pour que le monde commence à tourner rond et la très grande base de fans prêts à faire tout ce qu’il leur demande, il y a fort à parier que la saison 3 réservera son lot de surprises. Et pourquoi pas permettre à l’effet Oliver de faire tomber de son piédestal sa tête de Turc favorite, le candidat Donald Trump.

Voir également:

Dernière salve
Election américaine : les dernières heures de la campagne vues par les late shows
Jérémie Maire
Télérama
08/11/2016

Avec parfois une dernière charge pour la route, les late shows américains ont géré de différentes manières l’avant-scrutin.

Ils ont multiplié les sketchs et les éditos engagés, fait commenter leurs invités du showbiz, et même reçus tous les candidats : les late shows, ces émissions de fin de soirée très appréciés par les téléspectateurs américains, ont joué un rôle important dans la campagne présidentielle. Mais Jimmy Fallon, Stephen Colbert, Jimmy Kimmel ou encore James Corden ont approché de manière très différente les derniers jours avant le scrutin.

Stephen Colbert, le plus droit dans ses bottes

Si le très politique animateur de CBS a tout de même invité Trump une fois sur son plateau – un passage presque obligé –, il s’est contenté par la suite de recevoir son double en dessin animé, tout aussi orange et vulgaire que l’original. Mais, pour sa dernière émission avant le scrutin, il est resté dans la droite lignée de son engagement anti-Trump : une nouvelle fois aidé par Jon Stewart, son prédécesseur (et mentor), Colbert a monté une mini-comédie musicale afin d’inciter les gens à voter… mais surtout à faire le bon choix et ne pas offrir sa voix à ce « connard en colère ».

Jimmy Fallon, le plus silencieux

Jimmy Fallon a beau être le présentateur de late show le plus efficace de la télé depuis qu’il a repris les rênes du Tonight Show en 2014, il a prouvé, lors de cette campagne, qu’il est aussi le plus complaisant. Dans le but d’être sympa avec tout le monde (et sûrement ne pas s’aliéner son public), il a aussi bien fait le foufou avec Hillary Clinton qu’avec Donald Trump, qu’il a, par exemple, décoiffé, tout évoquant, du bout des lèvres, certains points de son programme. Résultat, il s’est senti obligé de faire son mea culpa, insistant sur le fait qu’il n’« aime pas » le candidat républicain. On n’en doutait pas. Mais quand même : ses derniers shows étaient 100 % divertissement, 0 % politique, malgré quelques discrètesquoiqu’amusantes – allusions. Dommage. La veille de l’élection, il a tout de même reçu son confrère de HBO, le plus politique Bill Maher, qui a tenu à remettre les points sur les « I » : « Donald Trump n’est pas drôle. » Une pique à peine déguisée à Fallon, que celui-ci a prise toujours avec le sourire.

James Corden, le plus inattendu

On pourrait penser qu’avec ses karaokés de stars en voiture, ses talents de danseur et chanteur, et sa nationalité anglaise, James Corden ne s’aventurerait pas sur le terrain politique. Perdu. Même s’il n’a reçu aucun invité politique sur le plateau de son Late Late Show, il s’est tout de même placé sur le terrain de la campagne, avec quelques éditos et sketchs bien sentis (comme cette diatribe chantée contre Trump).

Pour sa dernière émission avant-scrutin, son compatriote Benedict Cumberbatch lui lit le Conte de l’élection 2016 : un résumé enfantin, mais drôle, très ironique, rigoureusement vrai et très, très anti-Trump. Ça vaut le coup d’œil :

John Oliver, le plus désolé

« Cette campagne cauchemardesque » et Donald Trump étaient du petit lait pour l’animateur britannique, qui a élevé le candidat républicain au rang de meilleur ennemi. Si, au début de la primaire républicaine, il s’est refusé à parler de lui, le comédien s’est finalement laissé aller à un portrait en forme de missile scud en février : vingt minutes de diatribe aussi jouissive qu’explosive. Les vannes étaient ouvertes : presque chaque semaine ensuite, l’élection aux mille noms a fait l’objet d’un traitement dont Trump avait les faveurs, défis et piques assassines en bonus.

Jusqu’à l’émission de dimanche dernier, dans laquelle John Oliver avoue sa part de responsabilité : « Il y a quelques temps, on eut pu trouver drôle une candidature de Trump », explique l’Anglais, qui fait son mea culpa en diffusant des images de 2013. Alors animateur intérimaire du Daily Show, il appelait de ses vœux une candidature du milliardaire « à la coupe cheveux ridicule ». « Je suis un idiot », regrette-t-il, hilare, demandant aux Américains d’aller voter. Quand on connaît sa force de persuasion auprès de ses ouailles, on peut espérer qu’ils l’écoutent.

Jimmy Kimmel, le plus malin

Entre Jimmy Fallon et Jimmy Kimmel, c’est une petite guerre. Qui sera le king du late show ? Si Fallon a peut-être une longueur d’avance sur le fun, Kimmel est plus fort sur le rire intelligent. Lui aussi a invité chacun des candidats (y compris des primaires) sur son plateau, blaguant avec eux. Lui aussi a été plutôt sympa avec Donald Trump, même s’il ne s’est pas privé pour le basher sur ses propostions invraisemblables. Mais, lui ne s’est jamais laissé compromettre. Régulièrement dans ses monologues ou ses sketchs, celui qui se rêve vice-président a étrillé le candidat républicain. Et dans cette dernière ligne droite, il a lancé une nouvelle séquence hilarante, Drunk Donald Trump, dans laquelle il s’amuse à ralentir les discours du candidat pour le faire passer pour un soulard. Lundi soir, Kimmel a fait encore plus fort : en remontant de vrais compliments faits par Trump à Clinton, il a transformé les propos du républicain en clip de soutien à son adversaire démocrate. A s’y méprendre mais plutôt naturel quand on sait que Trump est une girouette.

Seth Meyers, le plus radical

Dans le show qui suit Jimmy Fallon sur NBC, pas de compromission : Seth Meyers est résolument anti-Trump et ne s’est même pas embarrassé à l’inviter dans son Late Night. Armé du sourire narquois qui ne le quitte jamais, le fringant animateur s’est fait le pourfendeur du républicain dans pas loin de la totalité de ses A Closer Look, sorte d’édito quotidien au vitriol. Et pour son dernier, il ne s’est pas retenu, en reprenant les aberrations de Trump durant cette « chaotique » fin de campagne : ses soutiens (dont le rockeur sudiste aux sorties sexistes et antisémites Ted Nugent) bien miséreux à côté de ceux de Clinton, son compte Twitter qui lui est retiré par ses équipes de campagne, ses promesses de vengeance post-élection ou encore sa vaine tentative de récupération lors du retour du scandale des e-mails. Assez brillant.

Voir encore:

FALSE EQUIVALENCY

John Oliver: ‘Dangerous’ Donald Trump’s Scandals Far Worse Than Hillary Clinton’s

The ‘Last Week Tonight’ host broke down the so-called scandals associated with the two presidential candidates and found Trump’s to be far, far worse.

Marlow Stern

09.26.16

On the eve of the first presidential debate, a broadcast event moderated by NBC News’ Lester Holt that’s expected to attract as many as 100 million viewers, John Oliver returned to his Last Week Tonight hosting duties after a month-long hiatus (and one big Emmy win).

There was, of course, a lot for the comedian to unpack on Sunday night’s edition of his acclaimed HBO series, so Oliver chose to dedicate the meat of his program to the 2016 election, or as he called it: “The electoral equivalent of seeing someone puking so you start puking and then someone else is puking and pretty soon everyone is puking 2016.”

Oliver took it upon himself to inform the voting masses about the two scandal-ridden candidates, Hillary Clinton and Donald Trump, by running down all of their alleged scandals.

First came Hillary. “I do know that even talking about her scandals will irritate some of you, given that her opponent is an unambiguously racist scarecrow stuffed with scrunched-up copies of Jugs magazine, and that’s fair,” said Oliver. “But not being as bad as Donald Trump is a low bar to clear, and if you focus on nothing but him, you fail to vet a woman who might be president.”

The British political satirist then ran down the list of Hillary’s so-called scandals, many of which have already been “heavily litigated” in the past.

“For instance: Whitewater. More than six years of investigations by three different prosecutors and multiple committees failed to find sufficient evidence of wrongdoing,” offered Oliver. “Then there was Benghazi: Now, eight congressional investigations broadly concluded the State Department could have done more to increase security at the embassy but none found evidence of wrongdoing by Clinton. And then there is the problematic issue of the Swiss File Transfer, and while, yes, investigators found that Hillary was in Zurich at the time of the transfer, and documents show she was aware the transfer took place, and yes, the Clintons did have something to gain financially from it, the fact is the Swiss File Transfer is something I just made up right now, but the very fact that for a second you kind of remembered it says something about the tone of coverage surrounding Clinton.”

But the two big current scandals surrounding Clinton concern emailgate (or that Hillary used an unsecure private server to transmit classified information as secretary of state) and the Clinton Foundation pay-for-play allegations. Oliver found that these two scandals were pretty overblown.

“The FBI found 113 such emails [sent by Hillary that were classified in nature], though in fairness, only three of them had classification markers and were not in the header of the email as they should have been. And while the FBI found Clinton and her staff to be ‘extremely careless,’ they said they couldn’t ‘find a case that would support bringing criminal charges.’ So it’s not good, but it’s not as bad as it looks,” Oliver said of Clinton’s email scandal.

As far the Clinton Foundation, which has “helped millions around the world access lower-cost HIV treatment,” Oliver and his crack team of researchers went through the only seemingly legitimate allegation against the foundation—that the State Department approved the sale of a uranium mine to Putin’s Russia as a key player in the deal made four separate donations to the Clinton Foundation totaling $2.35 million.

“Not only was Hillary not involved in that decision,” said Oliver, “but eight other federal agencies—plus the Nuclear Regulatory Commission—also had to sign off, which they did. So this donation was legal, but very annoyingly handled. Any suggestion of pay-for-play fails to account for the separate actions of nine unrelated government agencies.”

“We’ve spent several frustrating weeks trolling through all the innuendo and exaggerations surrounding [Hillary’s] email and foundation scandals, and the worst thing you can say is: They both look bad, but the harder you look, the less you actually find,” continued Oliver. “There’s not nothing there; what is there is irritating rather than grossly nefarious. And this is where it’s instructive to compare her to her opponent: Donald Trump, America’s wealthiest hemorrhoid.”

Oliver added: “He’s quantifiably worse.”

First, as far as honesty goes, Oliver cited PolitiFact, which found that 13 percent of Hillary’s statements were flatly false throughout the course of the campaign, compared to 53 percent of Trump’s. Then there’s the issue of Trump’s taxes, which unlike his opponent, he has thus far refused to release—an unprecedented move among recent POTUS candidates.

“Bear in mind: We know nothing about Trump’s finances, and that is not good. He’s the first major party nominee since 1980 not to release his tax returns, and his justification is pathetic,” said Oliver, referencing Trump’s lame excuse that he can’t release his returns because they’re currently under audit (the IRS has explicitly said he still can release them).

“On top of Trump’s personal tax records, there are unanswered questions about his business dealings,” added Oliver. “As many experts have pointed out, his investments, debts, and business ties span the globe and could present unprecedented ethical challenges for a president.”

First, Trump has claimed that he wouldn’t place his financial holdings in a “blind trust”—instead stating time and again that his various companies would be run by his children, whom he’d undoubtedly have regular contact and communication with.

Then there is the matter of the Trump Foundation. “If the financial actions of the Clinton Foundation annoy you, let me introduce you to the Trump Foundation,” cracked Oliver.

The Washington Post’s investigations have found, among other things, that: Trump has not given any of his personal money to the foundation since 2008; that the foundation spent a quarter of a million dollars in donor money to settle lawsuits against Trump businesses; and that Trump used foundation money to purchase ridiculous items for himself—like $10,000 at a charity auction in 2014 for a Trump portrait painting (the second time he’d used charity funds to purchase a portrait of himself), as well as $12,000 for a signed Tim Tebow helmet. Trump’s foundation also donated $25,000 to Florida AG Pam Bondi around the time she was considering investigating Trump University.

“The thing is, we have barely scratched the surface of [Trump’s] scandals,” said Oliver, running out of time. “There is everything, from the ongoing lawsuits against that bullshit university, to the alleged use of undocumented workers when building Trump Tower, to the fact that he received an illegal $3.5 million loan from his father in the form of a purchase of chips from one of Trump’s casinos.”

“The point is, this campaign has been dominated by scandals, but it is dangerous to think there is an equal number on both sides,” he concluded. “You can be irritated by some of Hillary’s—that is understandable—but you should then be fucking outraged by Trump’s…He is ethically compromised to an almost unprecedented degree.”

How John Oliver Found Love in a Hopeless Place: The Republican National Convention

Last Week Tonight host John Oliver once found love in the unlikeliest of places: the Republican National Convention.

Amy Zimmerman

The Daily Beast

07.18.16

With a xenophobic Cheeto calling the shots, this year’s RNC is fated to be the most stripper-tastic, soul-crushing convention yet. But before Trump touches down in Sodom and Gomorrah aka Cleveland, let’s journey back to a more innocent time and place: St. Paul, Minnesota, 2008. John McCain was at the helm of the GOP, amateur geographer Sarah Palin was his first mate, and love was in the air.

At the time, comedian John Oliver was two years into his gig as Senior British Correspondent for The Daily Show with Jon Stewart. As a covert operative for the liberal elite, Oliver was working behind enemy lines at the RNC. When convention security chased after him for entering into a restricted area Oliver, who was still on a temporary work visa, found himself at risk for potential deportation. Attempting to avoid arrest and subsequent Breturn, the reporter and his camera crew happened upon a group of veterans who offered to help them hide. In a meet-cute befitting a beloved political satirist, one of those veterans was Oliver’s future wife—U.S. Army combat medic Kate Norley. After exchanging emails (aww, 2008) Oliver and Norley struck up a friendship; in 2010, the bespectacled Brit proposed in St. Thomas, and the couple tied the knot one year later.

Norley, who Oliver describes as “Very American with a capital A,” is already a fan hero for (permanently!) saving her celebrity husband from deportation, but she’s also a straight-up American hero. At age 19, Norley enlisted in the military after the 9/11 attacks, serving as a combat medic in Fallujah and a mental health specialist in Ramadi, providing counsel to returning soldiers. In addition to being the only female combat-stress specialist, she was awarded the Combat Medic badge for providing medical care while under fire. Stateside, she worked as a veteran’s rights advocate for Vets for Freedom; the organization, which was founded in 2006, advocated on behalf of victory in the War on Terror, and promoted like-minded politicians.

To say that Norley keeps Oliver grounded seems like an understatement. In classic self-effacing style, Oliver explained, “It’s the most emasculating thing I could possibly do to go out with someone who has actually done something valuable with their life.” Long-term emasculation aside, Norley’s combat experience gives the comedian some much-needed perspective: “I can’t come home and say I had a really tough day at work today and see her roll her eyes and go, ‘Really?’ And she would be like, ‘I can’t imagine how difficult it was for you. You clown!’ Rightly, I have no place to whine about anything. That’s the problem with living with someone who has fought a war. You lose the moral high ground.”
When Oliver was offered his current gig hosting his own show, Last Week Tonight with John Oliver, at HBO, his Daily Show departure was huge entertainment news. But as Oliver tells it, Norley knew just how to keep him humble. As the comedian was making a career-defining move, his wife was on emergency deployment in the Philippines as a first responder to Typhoon Haiyan. “I got to speak to her once on this spotty satellite phone,” he recalls, “and she’s saying, ‘We had to do emergency C-sections and amputations and there are dead bodies everywhere, it’s worse than people are letting on, it’s just death, death, everywhere.’ And there’s no point at which you can go, ‘I’ve got some news as well!’ It just doesn’t matter.”

Oliver distinguishes himself from the late night pack with his British accent, across-the-pond intellectualism, and genuine outsider’s confusion. But after eight years with a proud vet, Oliver has proven himself to be quite the patriot. After his 2013 break with The Daily Show was finalized, John and Kate headed to Afghanistan as part of the USO Tour. The unconventional second honeymoon found the Oliver’s sleeping in the barracks, eating with the troops, and performing at more than half a dozen forward operating bases.

Last Week Tonight viewers might be surprised to learn that Oliver’s wife is a Republican—let alone a Republican who’s advocated on behalf of GOP politicians on Fox News. The unabashedly liberal HBO show has been credited with real change, otherwise known as the “John Oliver effect.” Oliver’s ability to synthesize and sensationalize under-reported topics into viral videos has led to political victories for causes ranging from unfair bail requirements to FCC regulations. And while Oliver is an equal opportunity satirist, his popular “Make Donald Drumpf Again” campaign suggests that He’s with Her.

In an increasingly polarized political climate, it’s rare and refreshing to see bipartisan cooperation—let alone wedlock. And while Oliver hasn’t publicly commented on any political squabbles at home, he’s unequivocally supportive of his wife and her veteran activism: “Once you’ve bled for America, you definitely get to say you’re an American in a slightly louder tone of voice.”

Voir aussi:

7 Extraordinary Reasons Kate Norley Is Even More Badass Than Her Husband, John Oliver

Bustle

Despite the time off, Last Week Tonight host John Oliver has had a busy few months. He and his wife, Kate Norley, recently welcomed their first child into the world in November. And both have taken to parental duties, as the two are certainly a caring couple. Oliver has shown his compassion for others in his more vibrant Last Week Tonight segments, and, well, Norley’s kindness runs even deeper as an Iraq War veteran, veterans advocate, and all around awesome human being. It’s quite likely that Kate Norley is even more badass than John Oliver.

Her background is amazing, and her upbringing is simply unbelievable. The child of affluent parents, Norley has made it explicitly clear that money has never made for an easy, lazy life for her. She’s previously described her mother as being incredibly altruistic and committed to volunteering and has similarly taken to acts of kindness, such as her efforts with Project Rubicon, a nonprofit dedicated to providing disaster relief in some of the most dangerous, underserved areas in the world.

When Norley was just 16, a reckless driver collided with her while she was riding her bike. She subsequently suffered severe head trauma and was forced to relearn vital language components, including reading and writing. Norley somehow was able to use the devastating injury to motivate her altruistic efforts and dedication to serving, marveling that « the Army has given me a chance to do things I never dreamed I was capable of doing. » Here are just some of the many ways she’s excelled and seriously outshined Oliver.

She’s An Iraqi War Veteran

Norley enlisted shortly after the Sept. 11 attacks. She felt compelled to serve, she told Stars and Stripes, and soon found herself in a role with the 1st Cavalry Division’s 15th Forward Support Battalion in Baghdad working as a 91 X, or mental health specialist. The veteran spent a majority of her deployment helping her fellow soldiers suffering from combat fatigue.

She’s Also A Veterans Advocate

Norley’s advocacy position with Vets for Freedom is what led her to meet her husband. The two crossed paths at the 2008 Republican National Convention in St. Paul, Minnesota. Norley and her group helped hide Oliver and his crew when the then Daily Show correspondent saw security approaching. Realizing his work visa would put him in a precarious position and that he was in a restricted area, Oliver desperately sought help. Vets for Freedom came to their rescue, he and Norley began a correspondence, and were married three years later.

Her Heroic Efforts Include Helping Iraqi Citizens

Some of Norley’s most fulfilling moments while deployed were spent helping locals near Camp Blackjack in Baghdad, she’s said. It’s near the 1st Cavalry Division base that squatters and the underserved gather and where Norley spent her scant free time tending to Iraqi children.

She’s Part Of Team RubiconTeam Rubicon works to send veterans and qualified civilians with first responder skills to disaster sites and at-risk areas to perform relief efforts ranging from medical care to infrastructure repair. Given her background, it’s no wonder that Norley would take to the noble nonprofit’s cause and work with them.

She’s A Proud Half-Marathon Participant

This is Iraq War veteran and US Army medic Kate Norley Oliver. She’s racing hard and racing with resolve on the…

… And not just any half-marathon: the 2014 New York City Half-Marathon, which benefits the low-income homeowner advocacy nonprofit Rebuilding Together. In addition to successfully raising more than $1,000 and competing in the marathon, Norley was also able to participate in volunteer opportunities with Rebuilding Together as part of their Race2Rebuild initiative with the NYC Marathon and Half-Marathon.

Her Dream Is To Start A Women-Led Nonprofit

Outside of the armed forces, the veteran is reportedly looking to help even more women living in underserved areas through female empowerment. Norley’s ultimate dream is « to send American women to the Third World so other women can see what it’s like to have rights and power, » she said in a moving profile that appeared in Stars and Stripes.

Her Husband Is In Awe Of Her

Oliver has spoken repeatedly about how inspiring his wife is and how much the work she’s doing means to him. The Last Week Tonight host has stated that having a veteran spouse has changed his very idea of what it means to be an American and made him that much more appreciative of her current role as a veterans advocate. « When you’ve married someone who’s been at war, there is nothing you can do that compares to that level of selflessness and bravery, » Oliver stated in a late night appearance.

Voir également:

Ever since Briton John Oliver appeared as a correspondent on The Daily Show, I’ve wanted to see more of his work, and have hoped to some day be able to talk to him. Thanks to a Comedy Central special, I got to do both this past week. On Sunday, Mr. Oliver starred in his own one-hour stand-up special, “Terrifying Times,” in which he discussed the scariness that is world politics. Instead of crude humor, Mr. Oliver made intelligent observations about serious situations put in a comedic light. A few days before “Terrifying Times” aired, I was able to talk to Mr. Oliver by phone about his transition into comedy, his work on The Daily Show, and his new comedy special. Below is an excerpt.

The Tech: You went to Cambridge University. What was your major there and how did you go from Cambridge to comedy?

John Oliver: I did English there, which was easy because I’m already English. So I was bound to be good at it. And there’s quite a famous comedy troupe there called the Footlights, which gave birth to Peter Cook and Monty Python and many, many other people. I was involved in that, so I started doing comedy there at Cambridge writing.

TT: You mentioned in the special that comedians don’t choose comedy until all the career dreams of their parents are in the gutter. Did you choose comedy before your parents’ dreams for you died?

JO: What, were smashed? No, I think my dad probably realized that his dream for me was dying early. He desperately wanted me to become a football player. But I think it became pretty clear that I didn’t have the physical attributes for that … I guess by the time I got to university they had probably pretty much given up. I was putting all my eggs in one very shaky basket. And I think they knew I was going to do something stupid, like try a career in comedy.

TT: And how did you transition from comedy to The Daily Show?

JO: Well, I was writing and doing stand-up in London. And I’m not entirely sure how they heard of what I was doing over there … It’s the kind of thing you don’t want to ask too many questions about. I was flown over to meet them and I was offered a job on the spot. It was my favorite show before I came here — I’d never been to America before I came here to work here. It happened fast. I can’t really explain it now.

TT: When you were doing comedy in England, did you always do political humor?

JO: Maybe not, I guess, when I started off. But as I got better at writing, I started writing about what I cared about more, and I’ve always been interested in politics.

TT: Did your work include American political humor, or was it more focused on English politics?

JO: People in Europe and I guess around the world know more about American politics than Americans think they do. We have to because what happens here impacts our lives very directly, especially in Britain with our special, special relationship. And don’t think we’re not grateful for that every morning as well. So, yeah, it very much touched on American policies because America runs the world in the way that we used to.

TT: Do you have any vices?

JO: Vices! Not really. I don’t really drink. I don’t smoke. I’m emotionally repressed as any good British person is. So, I don’t know. I like sport. I really like sport, and I could watch sport all day, everyday, and in fact, can get pretty close to that … I’m about as far from [John] Belushi that you can be without becoming a Mormon.

TT: What is it like being a Daily Show correspondent?

JO: It’s great. It’s kind of my dream job, really. I guess my experience is slightly different because I’m a writer on the show as well. I come in at 9:00 every morning and we start the writing meetings. So then, if I’m on the show, I’ll be writing something for that. If I’m not, I’ll be writing something for somebody else.

TT: How are the correspondents chosen for each piece? Is there competition?

JO: No, not competition. Usually we kind of decide as we’re coming up with the bit; usually it’s pretty obvious who would be the best for it, then we’ll write for that person.

TT: Have you been surprised by your success on the show, and now having your own special?

JO: Yeah, of course. I mean, when I first moved over here, my manager in England advised me not to sign a lease or rent longer than a month because he reckoned I’d be fired within three weeks. So to be honest, anything from there became a surprise because my expectations were so low … I’ve been absolutely amazed by how it’s all gone, and I couldn’t be happier. I was fully expecting to be fired due to lack of talent and be back in England by now, by a long stretch.

TT: What are the biggest things that have surprised you about America and working on The Daily Show?

JO: The food in America has different flavors than I’m used to. I’m used to one flavor in food, and that flavor is nothing. So having anything more than that has been a great surprise. And in terms of working on The Daily Show, it’s just quite strange the kind of guests you end up meeting. I met [Pervez] Musharraf, the current prime minister of Pakistan. It’s very strange on days like that. None of us can understand why he’s here. That’s true of all the candidates when they come on. You feel it’s just a cable comedy show. We work in a small office above a small studio and we just try to make each other laugh all day. And then all of a sudden someone running for leader of the free world will show up to do a five minute bit. It’s very strange. We tend to be quite an enclosed community on this show, so it’s hard to — we tend not to think about the wider implications of what we’re doing at all.

TT: I hate to go back to the less political part of your answer, but what’s your favorite food?

JO: I like Indian food a lot because I come from England and the food we eat more than anything else is Indian food.

TT: Do you feel like Indian food is one of the better results of English imperialism?

JO: Definitely. We got some great trophies from our empire. Indian food, that was good. We also got carpets, and pretty much everything inside the British Museum was stolen. It’s basically like a warehouse for gangsters, the British Museum … There’s nothing in there that we genuinely legally own, other than perhaps the Magna Carta.

TT: In the special, you talk about being fascinated by an inflatable barbeque in a mall. Do you like to visit malls?

JO: No. I very much do not like visiting malls because they sap my will to live.

TT: Finally, where do you see yourself in five years?

JO: I’d like to still be here. I get asked that a lot by journalists, I guess because what other people have gone on to do — like [Steve] Carell or [Stephen] Colbert, and I guess [Ed] Helms now. If I was doing anything else in America, I would be trying to get on this show. So now I’m just trying not to get fired. I just don’t want to leave, so I’ll very happily be here in five years.

Voir encore:

Grazia

03 mars 2015

LA NOUVELLE STAR US

HBO a trouvé sa nouvelle star, et l’Amérique, un cousin d’une élégance rare au Petit Journal de Canal+. Début février a ainsi démarré la deuxième saison du Last Week Tonight, un « late show » né au printemps 2014 et mené par John Oliver. Comment ce « lunetteux » bien peigné à l’accent savoureusement britannique est-il devenu en quelques mois la coqueluche des médias, des téléspectateurs et des internautes (ses émissions dépassent régulièrement les 3 millions de vues sur YouTube)?

MERCI RICKY GERVAIS

Il a fallu tout le flair du comique anglais Ricky Gervais qui, en 2006, conseille 
à Jon Stewart, le pape de l’infotainment américain depuis 1999 avec son Daily Show (Yann Barthès lui rend un discret hommage en reproduisant chaque soir certaines de ses mimiques), de le recevoir pour un casting. Gervais ne le connaît pas, mais
 il l’a entendu car à l’époque, John Oliver tente de percer dans les médias britanniques en animant
 des chroniques de satire politique. Oliver débarque donc en Amérique pour incarner le « correspondant britannique senior » du Daily Show. La collaboration est si fructueuse que Jon Stewart décide de se faire remplacer par Oliver quelques semaines lorsqu’il part réaliser un film en 2013. L’enjeu est de taille : l’émission est l’une des plus influentes, dit-on, auprès des jeunes décideurs américains. Oliver livre une prestation d’une telle qualité qu’HBO lui propose aussitôt son propre show, avec toute la liberté qu’offre cette chaîne payante affranchie de la pub.

LE MARATHON DU TALK

C’est ainsi que démarre Last Week Tonight, où Oliver a d’étonnantes audaces: parler plus de quinze minutes sans interruption face caméra, aborder des sujets techniques (le lobbying des télécoms,
la Cour suprême) ou controversés (les médicaments, le tabac). « Il n’a pas les défauts d’autres animateurs satiriques, estime Jean Lesieur, cofondateur de France 24 et grand observateur des médias US. Il ne donne jamais l’impression qu’il méprise son public ou les gens dont il parle. Son humour n’est pas cynique, et ses sujets semblent magnifiquement enquêtés. » John Oliver possède la distance nécessaire (un Anglais
 en Amérique) pour faire marrer, et en plus, il informe, sensibilise, et parvient même à déclencher l’engagement de ses téléspectateurs pour des combats politiques. A l’heure où l’on accuse de plus en plus l’infotainment de promouvoir des opinions (voire des mensonges) sous couvert d’humour,
John Oliver aurait-il inventé la formule parfaite ?

Voir de plus:

Une émission américaine fait de la pub au Petit Journal… pour ridiculiser Shy’M
Allyson Jouin-Claude

Le Figaro

24/11/2015

LE SCAN TÉLÉ / VIDÉOS – La notoriété du programme de Yann Barthès dépasse nos frontières. Pour illustrer la chute de la chanteuse, l’animateur John Oliver a diffusé un extrait de l’émission de Canal+.

Après les attentats, le coup de gueule de John Oliver, animateur anglais qui officie dans un late-show américain sur HBO, a fait le tour du web et a fait du bien à la France. Il y insultait allègrement les terroristes et montrait un soutien franc et cocasse à la France.

D’ailleurs, lors de son émission spéciale, Le Petit Journal avait salué l’intervention de John Oliver en diffusant un extrait de son monologue incisif, parmi les nombreux hommages rendus à Paris.
Coïncidence amusante et sympathique clin d’œil, le week-end dernier, c’est John Oliver qui a, à son tour, diffusé un extrait du Petit Journal. Le but étant de… se moquer de la chute de la chanteuse Shy’M qui a fait rire la France (ou au moins une bonne grosse partie des internautes), la semaine dernière. En montrant le saut raté de l’artiste (et le fait que personne dans le public ne l’ait rattrapée), John Oliver a souligné: «Ça, c’est le Paris qu’on connaît et qu’on aime!». Et l’animateur a même diffusé l’extrait des comédiens Eric et Quentin qui se sont moqués de cette chute avec des riverains parisiens, provoquant le fou rire ces derniers. En clôturant, Oliver a précisé qu’il s’agissait «là du meilleur signe que la France irait mieux [après les attentats]».
Conclusions:

1. La chute de Shy’M fait rire le monde entier.

2. Le Petit Journal est devenu bon au point d’être (souvent) cité, même à l’étranger.

3. C’est bien joli de se faire des clins d’œil par émission interposée, mais à quand la rencontre Yann Barthès / John Oliver?

Voir enfin:

John Oliver – l’impertinence au service de l’information

J’invite tous ceux qui pensent lire ici une biographie de John Oliver, homme politique canadien né le 31 juillet 1856 à passer leur chemin, car cet article a pour sujet son non moins célèbre homonyme (John Oliver était sûrement célèbre aux yeux des paysans de la Colombie-Britannique au XIXe siècle) John William Oliver, comédien britannique originaire de Birmingham!

Le vrai John Oliver (pas le canadien mort au XIXe siècle)

Ceux qui me lisent sont donc déjà perdus et se demandent « mais qui est donc ce « je » qui nous harangue à coup de John Oliver? Déjà il ne peut y avoir qu’un John, notre Johnny national (je parle ici de l’homme primé aux Oscars pour son rôle dans Optic 2000 mon amour) et ensuite que peut m’apporter cet énergumène qui ressemble drôlement à Harry Potter? »

Pour des raisons de sécurité nationale, mon identité doit rester secrète, mais sachez qu’il m’arrive d’errer dans les couloirs de Louise Michel à mes heures perdues, afin de dispenser le peu de savoir dont je dispose. En réalité tout cela est beaucoup moins sexy que ça en a l’air. J’effectue ici un Service Civique (Allons enfants de la patriiiiie) dans le cadre d’une mission d’alphabétisation et d’aide aux devoirs.

En ce qui concerne ce cher John, je vous assure qu’il peut vous apporter beaucoup. Certes, il vit de l’autre coté de l’Atlantique. Certes, il s’exprime dans la langue de la Perfide Albion et tout le monde ne peut donc le suivre. Mais croyez-moi, ce brun ténébreux à lunettes (je m’emporte) constitue à lui seul une révolution dans l’univers des Late Show américains.

Mon totem

Ma première rencontre avec John date de l’époque où il travaillait encore au Daily Show with Jon Stewart, le grand satiriste de la vie politique américaine du XXIe siècle, le fabuleux Jon Stewart, celui que les Américains veulent voir comme modérateur du débat de la présidentielle de 2016 (autant dire que David Pujadas à côté c’est Popeye dans les Bronzés), un Mark Twain des temps modernes et mentor de John Oliver. Le Daily Show est donc un vrai-faux journal télévisé (un modèle dont s’est inspiré le Petit Journal de Yann Barthès) mais dont la volonté était de réellement informer ses téléspectateurs, notamment en dénonçant les excès (et stupidités) des médias américains (comme la chaîne d’information Fox News)

Un peu de bon sens dans ce monde de brutes

Informer donc, mais en s’amusant, contrairement à ce que pourraient faire de « vrais » journalistes. Et c’est dans cette verve que s’inscrit la démarche de Last Week Tonight, l’émission animée par John Oliver depuis 2014 sur la chaîne câblée HBO (vous savez, cette petite PME connue pour avoir produit une série sur les dragons et l’inceste).

Le décor est planté, le personnage peut monter sur scène et vous déclamer son texte. Car arrivés à ce stade de l’article (si vous n’avez pas renoncé entre-temps) vous vous dites sûrement : « c’est bien joli toute cette histoire de la satire politique aux Etats-Unis, mais de quoi parle Emmett Brickowoski? ».

De tout mes chers amis. De tout. John Oliver n’a pas peur d’aborder des thèmes polémiques qui divisent fortement la société américaine comme l’avortement ou la peine de mort. Et si ses vidéos culminent à plus de huit millions de vues sur Youtube en moyenne ce n’est pas par hasard. Plutôt que d’aborder rapidement le sujet, John et l’équipe de Last Week Tonight ont fait le choix de consacrer une vingtaine de minutes environ à un sujet précis, sur lequel ils enquêtent (comme de véritables journalistes) et qu’ils présentent de façon claire et argumentée.
Et si cela peut paraître rasoir de prime abord, n’oubliez pas ce que je vous ai dit plus tôt! La démarche d’Oliver s’inscrit dans un héritage, celui de la satire politique. Traduction : c’est terriblement drôle. La grande force du Britannique est de se présenter comme un comédien (c’est son métier après tout) et non pas un journaliste d’investigation. Il cherche à illustrer les absurdités d’une société où chacun cherche à imposer son point de vue de façon plus ou moins violente, et choisit comme arme l’humour. L’effet est garanti.

Par exemple si je vous parle de la neutralité du net, je parie que se réveille en vous une envie de fuir très loin. Au moins à Troyes. Et de rester cacher là-bas. Ou comme le dit John « je préférerais lire un livre de Thomas Friedman plutôt que d’en entendre parler, je préférerais m’asseoir avec ma nièce et regarder Caillou, un dessin animé sur la vie d’un enfant canadien chauve à qui il n’arrive absolument rien. »

Mais comme il le signale par la suite, « la neutralité sur le net est un enjeu très important. Concrètement, cela signifie que toutes les données sont traitées de façon égale, peu importe qui les créent. C’est pourquoi le monde d’internet est un grand terrain de jeu et c’est comme cela que des start-ups ont pu devancer des grandes marques de l’establishment. C’est comme cela que Facebook a supplanté MySpace, qui avait supplanté Friendster qui avait déjà supplanté le fait d’avoir des amis. Vous vous souvenez de l’amitié avec de vraies personnes en face de vous? C’était atroce, vous ne pouviez pas taper sur la tête des gens pour les faire partir ».

Un sujet de société en somme très sérieux et qui nous concerne tous (vous êtes actuellement sur internet) et qui paraitrait vraiment ennuyeux à n’importe qui s’il n’était pas traité sur le ton de l’humour. Or l’impact d’Oliver est réel, puisqu’il lance un appel aux trolls d’internet à la fin de cette vidéo, les exhortant à délivrer leur haine sur le site de la FFC, et cela fonctionne : le site a connu un bug monumental.

Petit message d’amour à la FFC « Ooops il semble que vous ayez crashé le site de la FFC, j’espère que vous êtes fiers de vous »

Pouvez-vous imaginer une émission de divertissement partir en guerre contre le CSA au nom de la liberté sur internet? Et tout cela en réussissant à vous faire rire et à vous faire découvrir Caillou (comment ne pas succomber au charme de ce crâne chauve)? Et à ceux qui me rétorquent que cette émission existe déjà en France et qu’elle est diffusée à partir de 20h10 sur Canal + du lundi au vendredi je répondrai un « gnnnn ce n’est pas tout à fait la même chose ».

L’impertinence d’Oliver diffère à mon sens de celle d’un Yann Barthès par exemple, en ce qu’elle ne s’attaque pas qu’aux dérapages de représentants politiques ou de la vie civile, mais en ce qu’elle oblige la société américaine à affronter ses contradictions (aussi diverses soient-elles) et son hypocrisie manifeste. Y compris l’hypocrisie de l’axe politique que défend Oliver, celui des libéraux (qui correspondrait à la gauche en France). Ce que n’arrive pas à faire (ou ne souhaite pas?) le Petit Journal, précisément parce qu’exceptés les sketchs d’Eric et Quentin ou d’Alex Lutz et Bruno Sanchez, la rédaction est composée de journalistes, là où l’équipe d’Oliver s’appuie sur des auteurs et comédiens. Or, cette liberté de ton propre à l’exercice de la satire me parait plus efficace pour dénoncer les excès et dérapage d’une société.

Je côtoie cet humoriste depuis quelques années maintenant et mon avis ne peut être parfaitement objectif à son sujet (je rappelle que j’ai un badge sur mon effigie sur mon sac à dos. Hello à tous les stalkeurs) mais je ne pense pas être la seule personne sensible à l’impertinence de John Oliver et à ce qu’il a pu (peut et pourra) apporter au paysage politique américain (et mondial!) dans son exercice critique. Mon ultime conseil sera donc de vous inviter fortement à aller voir ses vidéos sur YouTube (il suffit de taper Last Week Tonight dans le moteur de recherche et c’est la première chaîne qui s’affiche) d’abord pour rire et ensuite pour vous souvenir que les démocraties que nous défendons à cors et à cris ne sont pas exemptes de défauts substantiels. Le rire cristallin (et ironique) de ce  cher Britannique peut constituer une piqûre de rappel…

Lu sur le Web
Trump président : le “New York Times” et le “Washington Post” font déjà leur mea culpa
Jean-Baptiste Roch
Télérama
09/11/2016

Les deux journaux de référence, par la voix de leurs éditorialistes, soulignent l’aveuglement des journalistes, y compris de leur rédaction, face aux sondages tout-puissants. Et plus largement, l’incapacité de la presse à prendre le pouls du pays.

« Pour le dire crûment, les médias sont passés à côté.»  A l’heure où les Etats-Unis se sont endormis avec l’image de Donald Trump, leur nouveau Président, le constat de Margaret Sullivan, éditorialiste au Washington Post, est sans détour. Et sonne clairement comme un aveu d’échec, naissant, d’une partie de la presse américaine.

Le New York Times, autre grand quotidien de référence sur la côte Est – et qui s’était engagé comme son homologue de Washington en faveur d’Hillary Clinton –, exprime, quelques heures après la victoire de Trump, un sentiment similaire, par la voix de Jim Ruthenberg, le médiateur du journal, dans un article en forme de mea culpa. « Les médias d’informations ont échoué dans les grandes largeurs à comprendre ce qui était en train de se passer », déplore à chaud le journaliste.

On ne peut s’empêcher de penser que Sullivan, comme Ruthenberg, expriment une partie de l’auto-critique probablement à l’oeuvre – ou à venir – dans les rédactions américaines, qui avaient annoncé ces dernières semaines l’élection confortable d’Hillary Clinton, en dépit de signaux contraires et sur la foi de sondages érigés en majesté.

Au-delà de la confiance aveugle et excessive accordée à ces enquêtes d’opinions, les deux éditorialistes pointent du doigt l’incapacité des journalistes à prendre eux-mêmes le pouls du pays. « Ils ont échoué à capter la colère d’une large part de l’électorat américain, qui se sent mis de côté, (…) et ignoré par les élites de Washington, Wall Street et des médias de masse », analyse Ruthenberg.

Sullivan, elle, met en cause la sociologie même de la classe journalistique, comme un élément structurant de l’éloignement vis-à-vis de la réalité du terrain, et du peuple américain. « Les journalistes – diplômés, urbains, et pour une bonne part, libéraux [adjectif qui aux Etats-Unis désigne les partisans d’un état plutôt interventionniste, NDLR], sont encore susceptibles de vivre et travailler dans des villes comme New York, Washington ou sur la côté Ouest. Et bien que nous nous soyons tous rendus dans les Etats les plus favorables aux Républicains, ou que nous ayons interviewé des mineurs ou des chômeurs de l’industrie automobile dans la Rust Belt, la région ouvrière du Nord-Ouest des Etats-Unis, nous ne les avons pas pris au sérieux. Ou pas suffisamment.»

Et l’éditorialiste du Washington Post de citer les paroles récentes de Peter Thiel, le milliardaire qui a entraîné la faillite du défunt site Gawker. « Les médias ne prennent jamais Trump au sérieux, mais pourtant toujours au pied de la lettre.» Tandis que les électeurs américains, eux, sont allés au-delà de ses formules provocatrices : quand Trump promet la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, ils comprennent surtout qu’il s’empare de la question de l’immigration dans le pays.

« Trump – qui a qualifié les journalistes de déchets et corrompus – nous a tellement détourné de l’essentiel que nous n’étions pas capables de voir ce qui était pourtant sous nous yeux », conclut Sullivan. Une thèse que développait déjà en juin dernier Jack Shafer, journaliste à Politico, dans un article intitulé « Avons-nous créé Trump ? » , où il expliquait que ce dernier était certes un populiste, mais aussi un redoutable manipulateur des médias de masse. Il y citait notamment une réflexion du désormais président, prononcée en 1987 :  « Si vous êtes un peu différent, ou choquant… La presse parlera de vous ».

Voir de même:

Journalists didn’t question the polling data when it confirmed their gut feeling that Mr. Trump could never in a million years pull it off. They portrayed Trump supporters who still believed he had a shot as being out of touch with reality. In the end, it was the other way around.

It was just a few months ago that so much of the European media failed to foresee the vote in Britain to leave the European Union. Election 2016, thy name is Brexit.

Election Day had been preceded by more than a month of declarations that the race was close but essentially over. And that assessment held even after the late-October news that the Federal Bureau of Investigation was reviewing a new batch of emails related to Mrs. Clinton’s private server.

Mrs. Clinton’s victory would be “substantial but not overwhelming,” The Huffington Post had reported, after assuring its readers that “she’s got this.” That more or less comported with The New York Times’s Upshot projection early Tuesday evening that Mrs. Clinton was an 84 percent favorite to win the presidency.

Then came a profound shift, as mainstream media organizations scrambled to catch the bus that had just run them over. By 10:30 p.m., the Upshot projection had switched around, remarkably, to 93 percent in favor of Mr. Trump.

Other major sites also flipped from a likely Clinton victory to a likely Trump victory. John King of CNN proclaimed to his huge election night audience that during the previous couple of weeks, “We were not having a reality-based conversation” given the map he had before him, showing Mr. Trump with a clear opportunity to reach the White House.

That was an extraordinary admission; if the news media failed to present a reality-based political scenario, then it failed in performing its most fundamental function.

The unexpected turn in the election tallies immediately raised questions about the value of modern polling: Can it accurately capture public opinion when so many people are now so hard to reach on their unlisted cellphones?

“I think the polling was a mess,” Stanley Greenberg, a Democratic pollster, told me Tuesday night. “But I think a lot of it was interpretation of the polls.”

Mike Murphy, a Republican strategist, said on MSNBC, “My crystal ball has been shattered into atoms’’ because he predicted the opposite outcome. “Tonight data died,’’ he added.

Regardless of the outcome, it was clear that the polls, and the projections, had underestimated the strength of Mr. Trump’s vote, and the movement he built, which has defied all predictions and expectations since he announced his candidacy last year.

And that’s why the problem that surfaced on Tuesday night was much bigger than polling. It was clear that something was fundamentally broken in journalism, which has been unable to keep up with the anti-establishment mood that is turning the world upside down.

Politics is not just about numbers; data can’t always capture the human condition that is the blood of American politics. And it is not the sole function of political reporting to tell you who will win or who will lose. But that question — the horse race — has too often shadowed everything else, and inevitably colors other reporting, too.

You have to wonder how different the coverage might have been had the polls, and the data crunching, not forecast an almost certain Clinton victory. Perhaps there would have been a deeper exploration of the forces that were propelling Mr. Trump toward victory, given that so much of his behavior would have torpedoed any candidate who came before him.

Maybe we’d know a lot more about how Mr. Trump’s plan to build a wall along the southern border would fare in Congress, or what his proposal to make it easier to sue journalists might actually look like. How about his plan to block people from countries with links to terrorism?

Then there was the drop in the global stock market on Tuesday night, which wasn’t just figures on a screen but wealth being erased. The expectations were out of whack, and Wall Street doesn’t do out-of-whack well.

What’s amazing is how many times the news media has missed the populist movements that have been rocking national politics since at least 2008. It failed to initially see the rise of the Tea Party, which led to the Republican wave of elections of 2010 and 2014, which was supposed to be the year the so-called Republican establishment regained control over its intraparty insurgency.

Then, of course, there was Mr. Trump’s own unexpected rise to the nomination. And after each failure came a vow to learn lessons, and not ever allow it to happen again. And yet the lessons did not come fast enough to get it right when it most mattered.

In an earlier column, I quoted the conservative writer Rod Dreher as saying that most journalists were blind to their own “bigotry against conservative religion, bigotry against rural folks, and bigotry against working class and poor white people.”

Whatever the election result, you’re going to hear a lot from news executives about how they need to send their reporters out into the heart of the country, to better understand its citizenry.

But that will miss something fundamental. Flyover country isn’t a place, it’s a state of mind — it’s in parts of Long Island and Queens, much of Staten Island, certain neighborhoods of Miami or even Chicago. And, yes, it largely — but hardly exclusively — pertains to working-class white people.

They think something is so wrong that all the fact-checking of Mr. Trump this year, the countless reports of his lies — which he uttered more than Mrs. Clinton did — and the vigorous investigation of his business and personal transgressions, bothered them far less than the perceived national ills Mr. Trump was pointing to and promising to fix.

In their view the government was broken, the economic system was broken, and, we heard so often, the news media was broken, too. Well, something surely is broken. It can be fixed, but let’s get to it once and for all.

Voir par ailleurs:

The Surprising Origin of the Phrase ‘Flyover Country’
Everyone knows where it is, especially in an election year. But the people who call the heartland « flyover country » aren’t who you think.
The meaning of « flyover country » is obvious. Its origin is a bit more mysterious.
The National Geographic
March 14, 2016

The term « flyover country » is often used to derisively refer to the vast swath of America that’s not near the Atlantic or Pacific coasts. It sounds like the ultimate putdown to describe places best seen at cruising altitude, the precincts where political and cultural sophisticates visit only when they need to.

But in fact, as a saying, flyover country isn’t quite the elitist insult we imagine. And it’s not even all that old.

The Oxford English Dictionary’s first citation for flyover country is from 1980, 59 years after “fly-over” was first used to describe an aircraft passing over a place, and about 30 years after the advent of nonstop transcontinental commercial flights. Thomas McGuane began an Esquire article about the landscape painter Russell Chatham with the line: “Because we live in flyover country, we try to figure out what is going on elsewhere by subscribing to magazines.”

Note the “we.” McGuane was born in Michigan and, like Chatham, lived in Montana. “This must have come from the time I worked in movies, an industry that seemed to acknowledge only two places, New York and Los Angeles,” McGuane says when asked how he came to the phrase. “I recall being annoyed that the places I loved in America were places that air travel allowed you to avoid.”

A search through Google’s massive archive of scanned books and periodicals finds that many subsequent occurrences of flyover country come from people who, like McGuane, put the phrase in someone else’s mouth. Rarely is it ever used by a New Yorker or Angelino as a pejorative.

“It’s a stereotype of other people’s stereotypes,” lexicographer Ben Zimmer says. But it’s not as if the stereotypes are entirely imagined. Zimmer says the concept behind flyover country is present in older phrases, like middle America, “which has been used to talk about, geographically, the middle part of the U.S. since 1924, but then also has this idea of not only the geographic middle but the economic and social middle of the country as well, that kind of middle-ness that’s associated with the Midwest.” Another term for the same place, Zimmer notes, is heartland, which is “for people who want to valorize a particular social or political value.”

And the heartland gets a lot of attention when it has votes that can be won. Politicians across the spectrum paint this place as more real than the coasts. This year, Ted Cruz blasted fellow Republican presidential candidate Donald Trump’s “New York values.” And in 2008, vice presidential candidate Sarah Palin quoted columnist Westbrook Pegler’s heartland-boosting line “We grow good people in our small towns.” All this is a way of championing a set of values that is imagined to exist outside of big urban centers. It treats middle America like a time capsule from a simpler era, which, when you consider the Dust Bowl, the circumstances that led to the existence of Rust Belt, and the Civil Rights struggles before and after the Great Migration, never really existed for many people.

Romanticizing can also read as patronizing for people in the middle of the country.

“You know when you’re being ignored. You know when you’re being looked down on,” says journalist Sarah Kendzior, who grew up in Connecticut, but now lives in Missouri. Kendzior’s 2013 essay “The View From Flyover Country” details how easily outsiders overlook the nuances of the middle of the country. “It’s just ignored as a region unless it’s politically convenient. Unless something happens like a mass protest or a presidential primary, reporters don’t pay attention to it,” she says.

Hence the self-coining of flyover country—it’s a way for Midwesterners (and Southerners and people from the plains and mountains) to define themselves relative to the rest of the country. It’s defensive but self-deprecating, a way of shouting out for attention but also a means for identifying yourself by your home region’s lack of attention. It’s the linguistic nexus of Minnesota nice and Iowa stubborn. This self-identification has become a celebration. The country singer Jason Aldean angrily defended flyover states in a hit single, while indie singer Pokey LaFarge has reveled in his region’s slightly inconvenient time zone. (Both, perhaps, responses to the Talking Heads’ 1978 song “The Big Country,” which is—likely sarcastically—sung from the perspective of a person flying over the heartland.)

Aldean, LaFarge, Kendzior, and McGuane all come from different parts of the middle of the country, but they all belong to the same, self-identified place, a place rooted more in attitude than in soil. As a concept, flyover country can exist almost anywhere in the United States. As a phrase, it’s become almost a dare, a way for Midwesterners to cajole the coastal elites into paying attention to a place they might otherwise overlook. But it’s also a bond for Midwesterners—a way of forging an identity in a place they imagine being mocked for its lack of identity. It’s a response to an affront, real or imagined, and a way to say “Well, maybe we don’t think that much of you, either.

 Voir encore:

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Dix sites web innovants pour suivre différemment l’élection américaine
Romain Jeanticou
28/10/2016

D’Hillary Clinton et de Donald Trump, lequel livre le plus de données incorrectes ? Quel traitement accordent les médias à la campagne présidentielle ? Qui finance qui ? Autant de questions auxquelles répondent les dix sites Internet ici sélectionnés.

Qui finance la campagne d’Hillary Clinton ? Donald Trump pourra-t-il vraiment fermer l’entrée des Etats-Unis aux musulmans ? Pourquoi est-il interdit de faire un selfie dans l’isoloir ? Si vous vous passionnez pour l’élection américaine mais ne savez où trouver les informations face aux dantesques flux qui nous assaillent tous les jours, voici dix sites innovants pour suivre et comprendre en temps réel le duel entre Hillary Clinton et Donald Trump.

Pour les pronostics : FiveThirtyEight

Le statisticien Nate Silver, ancien blogueur du New York Times, est le roi du poker politique. Avec l’équipe de FiveThirtyEight, il analyse les tendances et les possibles aboutissants de l’élection à partir d’un seul et même matériau brut : les données. En croisant quotidiennement résultats passés, statistiques et sondages, le site s’engage directement sur le résultat de chacun des 50 Etats. En 2012, Silver avait correctement prédit l’issue du scrutin pour 49 d’entre eux, avant de faire un sans-faute à l’élection suivante. Cette année, c’est plus compliqué…

Pour le fact-checkingPolitiFact

PolitiFact fait partie des pionniers du fact-checking en ligne, ce type de journalisme qui s’attache à vérifier les assertions des personnalités publiques. Lancé en 2007 par le quotidien Tampa Bay Times en Floride, son succès tient à sa simplicité et à son aspect ludique : un baromètre juge la véracité de chaque affirmation sur une échelle allant de « vrai » à « flagrant délit de mensonge ». Un classement permet ensuite de visualiser quelle personnalité lance le plus de contre-vérités (spoiler : il a un prénom de palmipède).

Pour les finances : Crowdpac

Indépendant et non partisan, Crowdpac cherche à « rendre la politique aux citoyens » en mettant en lumière l’apport financier des lobbies et des grosses industries aux candidats. Sa page « Money race » offre toutes les indications numéraires liées au financement des campagnes, aux donateurs et aux systèmes d’influence. De quoi donner envie de se présenter soi-même, ce qu’encourage Crowdpac via divers outils de participation à la vie politique américaine.

Pour l’analyse : The Upshot, du New York Times

Cette section du grand quotidien américain a été créée en 2014 en préparation de l’élection présidentielle et en réaction au départ de son blogueur à succès Nate Silver, parti exporter ses statistiques sur son propre site (voir FiveThirtyEight). Porté par le puissant travail de data du New York Times, The Upshot n’est cependant pas une accumulation de graphiques et de pourcentages, l’expertise du journal permettant de tirer des chiffres, sélectionnés et éditorialisés, une analyse pour comprendre les tenants de la course à la Maison Blanche.

Pour les vidéos : la chaîne YouTube de Vox

L’excellent site d’information et d’opinion fondé par Ezra Klein a réussi à bâtir une jeune audience grâce à un ton informel et à une approche explicative de ses sujets. Les vidéos pleines de malice de Vox poussent encore davantage le curseur de la pédagogie, servies par une réalisation sans faille. Les thèmes traités ont très peu en commun, mais lorsqu’ils touchent à la politique ou au sociétal, les vidéos offrent un brillant éclairage sur les Etats-Unis, leur histoire et les déchirements qui les traversent.

Pour les rats de bibliothèque : Ballotpedia

Réservé aux plus assidus, Ballotpedia est, comme le suggère son titre, le Wikipedia de l’élection. Y sont rassemblées toutes les informations liées aux candidats, aux thèmes de la campagne, aux scrutins, aux institutions ou aux Etats. La quantité de contenu encyclopédique rebute un peu, mais l’internaute cherchant une précision particulière ou voulant tout savoir sur tout peut commencer par là.

Pour le plaisir des yeux : Election 2016 Graphics, du Wall Street Journal

Infographies, gifs, visualisation de données, contenus tirés des réseaux sociaux : l’équipe de graphistes et de développeurs du quotidien économique s’en donne à cœur joie pour offrir la couverture data la plus visuelle et la plus ludique de l’élection américaine. La mise en scène des données – tout en diversité d’angles et en couleurs flashy – aide à avaler la complexité des informations apportées.

Pour la politique pure et dure : RealClearPolitics

Les junkies des affaires publiques trouveront leur pain quotidien sur Real Clear Politics, agrégateur d’informations politiques et de sondages basé à Chicago. Très prisé des journalistes et des politiques eux-mêmes, le site rassemble les nouvelles études d’opinion liées à la campagne et une sélection éclectique d’articles tirés de publications aussi bien libérales que conservatrices et locales qu’internationales, proposant une revue de presse synthétique mais diversifée.

Pour les étudiants : PBS Election Central

Le réseau américain public de télévision PBS a mis en place un programme en ligne destiné aux professeurs et à leurs étudiants pour comprendre le système politique du pays, parfois kafkaïen, et son processus électoral tout aussi abscons. Un ensemble d’outils éducatifs en vidéos, cartes ou graphiques pour comprendre, débattre… et améliorer son anglais.

Pour la bataille médiatique : Election Tracker

La lorgnette par laquelle Election Tracker observe la campagne est médiatique. Il ne s’agit pas d’un site d’information mais d’une application créée par l’entreprise de gestion canadienne OpenText qui analyse en data la couverture de l’élection aux Etats-Unis. Temps de parole des candidats, mentions en une des journaux, sujets de prédilection, articles à charge ou à défense : tout est quantifié et comparé, offrant une cartographie du paysage médiatique américain et de son rapport à Clinton et Trump depuis le début de la campagne.

Voir enfin:

How Teens In The Balkans Are Duping Trump Supporters With Fake News
BuzzFeed News identified more than 100 pro-Trump websites being run from a single town in the former Yugoslav Republic of Macedonia.
Craig Silverman
Lawrence Alexander
BuzzFeed
Nov. 4, 2016

“This is the news of the millennium!” said the story on WorldPoliticus.com. Citing unnamed FBI sources, it claimed Hillary Clinton will be indicted in 2017 for crimes related to her email scandal.

“Your Prayers Have Been Answered,” declared the headline.

For Trump supporters, that certainly seemed to be the case. They helped the baseless story generate over 140,000 shares, reactions, and comments on Facebook.

Meanwhile, roughly 6,000 miles away in a small town in the former Yugoslav Republic of Macedonia, a young man watched as money began trickling into his Google AdSense account.

Over the past year, the Macedonian town of Veles (population 45,000) has experienced a digital gold rush as locals launched at least 140 US politics websites. These sites have American-sounding domain names such as WorldPoliticus.com, TrumpVision365.com, USConservativeToday.com, DonaldTrumpNews.co, and USADailyPolitics.com. They almost all publish aggressively pro-Trump content aimed at conservatives and Trump supporters in the US.

The young Macedonians who run these sites say they don’t care about Donald Trump. They are responding to straightforward economic incentives: As Facebook regularly reveals in earnings reports, a US Facebook user is worth about four times a user outside the US. The fraction-of-a-penny-per-click of US display advertising — a declining market for American publishers — goes a long way in Veles. Several teens and young men who run these sites told BuzzFeed News that they learned the best way to generate traffic is to get their politics stories to spread on Facebook — and the best way to generate shares on Facebook is to publish sensationalist and often false content that caters to Trump supporters.

As a result, this strange hub of pro-Trump sites in the former Yugoslav Republic of Macedonia is now playing a significant role in propagating the kind of false and misleading content that was identified in a recent BuzzFeed News analysis of hyperpartisan Facebook pages. These sites open a window into the economic incentives behind producing misinformation specifically for the wealthiest advertising markets and specifically for Facebook, the world’s largest social network, as well as within online advertising networks such as Google AdSense.

“Yes, the info in the blogs is bad, false, and misleading but the rationale is that ‘if it gets the people to click on it and engage, then use it,’” said a university student in Veles who started a US politics site, and who agreed to speak on the condition that BuzzFeed News not use his name.

Sample stories from US politics sites run by Macedonians.

Using domain name registration records and online searches, BuzzFeed News identified over 100 active US politics websites being run from Veles. The largest of these sites have Facebook pages that boast hundreds of thousands of followers.

BuzzFeed News also identified another 40 US politics domains registered by people in Veles that are no longer active. (An April report from the Macedonian website Meta.mk identified six pro-Trump sites being run from Veles. A Guardian report identified 150 politics sites.)

Their reasons for launching these sites are purely financial, according to the Macedonians with whom BuzzFeed News spoke.

“I started the site for a easy way to make money,” said a 17-year-old who runs a site with four other people. “In Macedonia the economy is very weak and teenagers are not allowed to work, so we need to find creative ways to make some money. I’m a musician but I can’t afford music gear. Here in Macedonia the revenue from a small site is enough to afford many things.”

Most of the posts on these sites are aggregated, or completely plagiarized, from fringe and right-wing sites in the US. The Macedonians see a story elsewhere, write a sensationalized headline, and quickly post it to their site. Then they share it on Facebook to try and generate traffic. The more people who click through from Facebook, the more money they earn from ads on their website.

Earlier in the year, some in Veles experimented with left-leaning or pro–Bernie Sanders content, but nothing performed as well on Facebook as Trump content.

“People in America prefer to read news about Trump,” said a Macedonian 16-year-old who operates BVANews.com.

BuzzFeed News’ research also found that the most successful stories from these sites were nearly all false or misleading.

For example, the most successful post BuzzFeed News found from a Macedonian site is based on a story from a fake news website. The headline on the story from ConservativeState.com was “Hillary Clinton In 2013: ‘I Would Like To See People Like Donald Trump Run For Office; They’re Honest And Can’t Be Bought.’” The post is a week old and has racked up an astounding 480,000 shares, reactions, and comments on Facebook. (To put that into perspective, the New York Times’ exclusive story that revealed Donald Trump declared a $916 million loss on his 1995 income tax returns generated a little more than 175,000 Facebook interactions in a month.)

The viral Clinton story was sourced from TheRightists.com, a site that admits it publishes both real and fake content. According to emails released by WikiLeaks, Clinton said in a private speech to Goldman Sachs that she would like to see more successful business people enter politics. But she did not mention Donald Trump in any way. The quote used in the headline is false.